Comme le veut la tradition, peu avant de prendre la route pour aller rejoindre Toulouse et répandre dans la ville rose civilisation, bon goût et bien évidemment bonheur pour les Toulousaines trop peu attentives à leurs boissons, l’un des blockbusters de l’été trouve sa place sur ce blog. Comme chaque année, je partagerai donc un verre avec mon bien aimable lectorat (je mets les informations en fin de spoiler, hop), mais en attendant, répondons à cette question lancinante :

"Avec 210 millions de dollars de budget, peut-on se planter comme une grosse buse sur un truc aussi élémentaire que le script ?"

La réponse est si mystérieuse ! Vite, Transformers 4, à mon aide !

Ni une, ni deux : spoilons mes bons !

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L’affiche : je crois que certains ont commencé à se rendre compte que les flammes sur l’affiche trahissaient le caca. Heureusement, les robots géants restent encore une valeur sûre de bouse.

Notre film débute quelque part dans l’espace, alors qu’une flotte de vaisseaux aliens qui a visiblement lancé le concours de qui serait le plus moche (le USS Charleroi est sur le coup) et le moins adapté à une rentrée atmosphérique approche de la Terre. Rassurez-vous, aucun humain ne va douiller, puisque nous sommes au temps lointain des dinosaures, ces créatures qui passaient leur temps à se courir après, pousser des cris bizarres ou encore communiquer entre eux par Tatoo. Oui mais voilà : les aliens ne font pas qu’approcher de la Terre, ils ont visiblement envie de faire du tourisme. Bien embêtés parce que New York n’existe pas encore et que c’est pourtant un peu l’astroport de tous les mauvais films, ils se retrouvent à survoler les plaines verdoyantes de notre petit bout d’univers, et alors que les dinosaures en sont encore à se demander ce que sont ces merdes volantes, voilà que les vaisseaux se mettent à tirer une sorte de super-napalm, qui transforme tout ce qu’il touche en métal. Les étendues majestueuses de la Terre sont donc bientôt transformées en désert métallique seulement peuplé de statues de dinosaures figés dans leur dernière position (ce n’était donc pas le moment de se curer le nez ou de lire Biba), et de quelques bestioles qui ont survécu malgré tout.

Cela étant dit, avançons un peu dans le temps.

Nous voici dans le présent, au Texas, où nous retrouvons Cade Yeager, un ingénieur fauché mais au cœur gros comme ça, et Lucas, son associé mi fou-fou, mi con-con. Tous deux se sont spécialisés dans la récupération de vieux matériel (ils possèdent ainsi un gigantesque stock de Sega Nomad) et pour le réparer et le revendre, ce pourquoi en ce beau jour ils se retrouvent pour aller inspecter un vieux théâtre encombrés de merdes accumulées au fur et à mesure des années et dont les propriétaires aimeraient grandement se débarrasser. Caméras datées, sièges usés et scripts corrects, autrement dit, uniquement des choses d’un autre âge les attendent mais au détour d’un couloir, voici que Cade repère… un camion.

Que personne n’avait remarqué.

Je peux tout à fait comprendre. Les 36 tonnes sont de la famille du ragondin et leur discrétion est proverbiale. Qui n’a jamais retrouvé un camion chez lui un matin après avoir laissé la fenêtre ouverte, ou n’a passé la nuit à chasser un poids lourd dans sa chambre la claquette à la main après l’avoir entendu vrombir près de votre oreille ?

Un classique.

Il faut donc croire que l’on a oublié de diffuser de la citronnelle dans le théâtre depuis un bail, ou même de mettre un piège électrique (une baraque à frites lumineuse) pour cramer le parasite, puisque le camion, bien qu’en piètre état, est bien installé. Cade l’inspecte et s’étonne, car non seulement le bousin est couvert de poussière, mais en plus, il y a des impacts sur la carcasse ainsi que des douilles d’obus à l’intérieur. Bon, rappelons que logiquement, on retrouve les douilles à côté du tireur et rarement dans la victime, mais bon, hein, on ne va pas chipoter, peut-être que le tireur a envoyé ses obus, puis ensuite, pour déconner, est allé enfoncer les douilles dans la margoulette de l’auguste véhicule.

Pour 150 dollars, Cade et Lucas repartent donc avec ce camion en piètre état avec le secret espoir de vendre des pièces du moteur, ou même, au poids du métal, m’est avis qu’ils ont fait une affaire. Dans tous les cas, ils s’en retournent vers la ferme familiale de Cade, où ils retrouvent Tessa Yeager, le fille de Cade, qui a 17 ans, un cœur gros comme ça et en plus des tenues courtes et moulantes pour le montrer. Elle skypait tranquillement avec son petit ami lorsque son père débarque avec son tas de ferraille, et elle descend donc gueuler un bon coup.

"Papa ! Qu’est-ce que c’est que ce gros machin ?
- Hé bien ça s’appelle un camion. Je le sais parce que je suis ingénieur. 
- Certes, mais Papa ! Nous n’avons déjà plus d’argent, on a encore reçu des relances d’impayés et nous allons perdre la maison ! Alors pourquoi encore acheter une merde ?
- C’est le principe de l’économie moderne mon amour. Et puis en plus, il y a plein de pièces à récupérer sur ce véhicule ! On va se faire plein de sous !
- Tu dis ça à chaque fois et à chaque fois tu te plantes, j’en ai assez d’être la seule ici à me comporter comme une adulte, bouhouhou !"

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Et vêtue de son minishort qui prouve que la famille n’a vraiment plus de quoi se payer le moindre tissu, elle s’en va bougonner pendant que Lucas et Cade traînent leur acquisition jusqu’à la grange de la ferme familiale. L’occasion de coller beaucoup de dialogues passionnants comme :

"Papa ? Tu travailles encore dans la grange ? Je t’ai apporté à manger.
- Ma chérie, c’est gentil mais je dois réussir pour nourrir ma famille, car j’ai promis à ta maman qui est morte de m’occuper de toi et de t’aider à obtenir tes examens, ce pourquoi je suis strict par rapport aux garçons qui te tournent autour et à tes sorties. Ta mère ne voudrait pas que tu fasses la même erreur que nous qui n’avons pas étudié parce que nous t’avons eu si jeunes !
- Tu n’as pas étudié ?
- Ben non, je viens de te le dire, c’est même pour ça que je me comporte comme ça avec toi, tu suis ou pas ?
- Oui mais alors, d’où tu es ingénieur ?
- … hooo, tu m’as apporté à manger ! Holala, comme cette pomme a l’air bonne !"

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Ou encore.

"Papa, tu dois te comporter en adulte !
- Hé, ho, qui t’as appris la mécanique ? La programmation ? La règle du hors-jeu ?
- Ah oui ? Et qui t’a appris à faire la compta de la maison ? A cuisiner sans ketchup ?
- Toi.
- …
- Il y a un problème ?
- Ben je ne sais pas, on dirait qu’en tant que femme, les seules compétences que j’ai pu t’enseigner concernent la bonne tenue d’un foyer. Ce ne serait pas un peu sex…
- Hohoho, hem, passons à un autre sujet !"

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On va faire comme dit Cade, et aller voir ce qu’il se passe ailleurs dans le monde.

Ainsi, la CIA, elle, ne chôme pas. Depuis Transformers 3, où Chicago avait pris cher à cause d’une invasion extra-terrestre de Decepticons (les méchants Transformers) arrêtée de justesse par les Autobots (les gentils Transformers) et leurs alliés humains, elle a créé une unité d’élite "Vent de cimetière"  nom qui j’imagine, a germé dans un ascenseur du Pentagone après une dégustation de fajitas à la cantoche. Leur mission ? Bourrer la gueule aux Decepticons survivants planqués aux quatre coins du pays. C’est ainsi que nous les suivons en train de pister la trace d’un vilain Transformers caché dans un port des Etats-Unis. Les bougres sont équipés : soldats d’élite, hélicoptères surarmés et même mini-drones avec détecteurs thermiques, autant vous dire que le Transformer est vite débusqué de l’épave d’un bateau où il se terrait.

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Après, quitte à envoyer des drones, vous pouvez en envoyer un comme ça, hein. Il vous repère son Transformers depuis 10 000 pieds, lui colle un missile dans le cucu avant même que l’autre ne le réalise, et tout le monde peut ensuite fêter la victoire à la cantoche sans bouger.

Sitôt repéré, le bougre tente de prendre la fuite, mais il se fait arroser par tous les humains, et même par…un autre Transformer mystérieux qui lui snipe le museau à distance !

"Arrêtez de tirer, je suis un Autobot !" s’exclame le pauvre robot, mais tout le monde a l’air de s’en moquer. Lorsqu’on lui demande pourquoi il fuyait, s’il est gentil, il explique "Parce qu’on a reçu un message d’Optimus Prime notre chef de rompre tout contact avec les humains ! On obéit donc." Mais visiblement, cela ne suffit pas à convaincre les humains, et encore moins le gros Transformer-sniper, dont le charisme est tel que nous l’appellerons Jean-Jacques, comme le veut la tradition. Ce dernier demande gravement "Dis-nous où est Optimus Prime !" mais face au refus de l’Autobot, il le bute purement et simplement.

Ah oui non mais, il est vraiment méchant. Et les humains ne mouftent pas car eux aussi sont très vilains.

Retournons donc du côté du Pentagone, où Harold Attinger, chef des opérations de la CIA et patron de Vent de Cimetière, ricane dans un bureau après ce qu’il estime être une victoire. Face à lui se trouve le timide nouveau chef de cabinet du président des Etats-Unis, qui est venu opérer une visite de courtoisie.

"Ouiii, alors bonjour, je venais vous dire que le Président aimerait BEAUCOUP vous avoir à la Maison Blanche pour dîner.
- C’est non.
- Heu… attendez, vous savez que c’est votre supérieur ?
- Oui mais je suis beaucoup trop cool et méchant pour obéir d’après le script.
- Ce n’est pas grave. Donc, sinon, le Président aimerait savoir comment avance la chasse aux Decepticons ?
- Ça avance.
- Il aimerait des détails.
- Non.
- … non, sans déconner, faites un effort. Allez, encore une question facile : pouvez-vous nous dire où est Optimus Prime ? Le Président aimerait l’inviter, c’est quand même le chef des Autobots.
- On ne vous dira rien.
- Bon ben c’est super, écoutez, merci pour ce formidable échange, je vous laisse continuer d’envoyer chier le Président sachant qu’il peut vous faire sauter à tout instant. En plus, le fait que vous cachiez plein de trucs n’est pas du tout suspect. Bonne journée, hein !"

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Vous savez quoi ? En fait on va laisser la CIA tranquille et retenter notre chance pour voir s’il se passe quelque chose de plus intelligent ailleurs. Tenez, si nous allions dans l’Arctique ? C’est bien, l’Arctique.

Car sur place, un hélicoptère se pose et en sort une scientifique, Germaine, qui vient étudier un chantier archéologique où l’on a fait une découverte révolutionnaire : un squelette de t-rex (déjà) tout en métal (en plus) ! Autant dire qu’aussitôt, Germaine repart à la multinationale qui finance ses recherches, KSI, pour expliquer à Joshua Joyce, son big boss, ce qu’elle vient de découvrir. Germaine explique donc sa théorie : il y a des millions d’années, ce n’est pas une météorite qui aurait aidé les dinosaures à disparaître, mais une invasion alien qui aurait transformé tout ce qui passait en métal mystérieux.

Le genre de théorie qui fait rarement un tabac en librairie, mais fait les beaux jours de Youtube.

"Pas si mystérieux !" intervient Joshua dont la mission est d’expliquer au spectateur plein de trucs que Germaine, qui bosse pour KSI depuis des années, est déjà censée savoir. Ce métal, c’est du Transformium, la matière dans laquelle sont faits les Transformers. Il y a un génome dedans, que Joshua a décodé, et il a ainsi commencé à créer des Transformers sur-mesure, meilleurs que les originaux, et contrôlés par les humains comme des drones. L’Etat l’aide même dans ses recherches en lui amenant tous les restes de Transformers pour qu’il les analyse. C’est ainsi qu’il a mis la main sur la tête de Megatron, le dernier vestige du plus grand Decepticon ayant vécu.

D’ailleurs, c’est rigolo parce du coup, Joshua a tenté de faire un super Transformer de combat, que nous baptiserons Grosétron, mais malgré tous ses efforts, l’engin ressemble… à un Decepticon.

"C’est bizarre."

Ah ben oui. Oui, tu as raison. Boh, tu essaies de produire un truc et à la place, ça en produit un autre connu pour être vaguement dangereux et avoir follement envie de te tuer, tu sais quoi ? Plutôt que de t’arrêter pour essayer de comprendre, continue. C’est bien. Et puis c’est tellement crédible, en plus "Ho bah pouf, c’est arrivé comme ça, mais bon, hein, c’est pas bien grave.". Bé non. Moi aussi, une fois, je voulais faire une tarte aux fraises et puis au final, je me suis retrouvé avec une kalachnikov. J’ai un peu regardé la pâte à tarte d’un drôle d’œil, mais pour tout dire, c’est vrai que ça s’est bien passé quand même : c’était pour un goûter d’anniversaire, les enfants ont adoré.

Ces surpuissantes explications étant faites, Joshua va retrouver le vil Harold Attinger de la CIA qui l’attend dans un coin, et tous deux se lancent dans une grande explication là encore pour aider le spectateurs entre deux poignées de pop-corn ou de Lexomil, c’est selon.

"Attinger ! Que faites-vous ici ? J’espère que vous m’apportez de bonnes nouvelles !
- Nous recherchons toujours Optimus Prime. Sitôt que nous l’aurons, nous le livrerons à Jean-Jacques le robot, qui en échange, nous donnera de quoi avoir autant de Transformium que vous le voulez.
- Il faut faire vite avant que le Président ne s’aperçoive que vous poursuivez les gentils Autobots pour arriver à nos fins…
- Nous l’aurons pas d’inquiétude.
- Je l’espère ! Car n’oubliez pas, si vous réussissez, Attinger, la valeur de vos actions chez moi atteindra 7 chiffres…"

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Une seconde ? Pas la valeur "d’une action" ? La valeur "de vos actions" ? Un total de 7 chiffres ?

Alors je ne sais pas vous, mais moi, pour une trahison interplanétaire, je trouve que ça fait un peu cheapos. Quelques millions tout au mieux, même pas une dizaine ? Pas de quoi s’acheter un yacht de kakou ou une villa de mauvais goût d’une quelconque starlette ? Nan mais, là, Attinger, c’est pas pour dire mon vieux mais vous êtes vraiment un méchant tout pourri. Quelques millions, ça fait toujours plaisir, mais là, bon, faut pas déconner. Pour un peu, Attinger pourrait rajouter "Et je pourrai avoir des tickets restaurants et un abonnement Navigo, aussi ?" sans que ça ne fasse tache.

C’est beau.

Bon, la CIA, l’Arctique, KSI, en fait, c’était tout aussi pourri que le reste : retournons donc au Texas.

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Le chef de cabinet du Président des Etats-Unis en plein entretien avec le chef des opérations de la CIA. "Non mais vraiment, vous voudriez pas nous dire ce que vous faites de tout notre pognon, sachant que vous êtes nos employés ? Non ? Bon ben c’est pas grave, c’est pas bien important."

Car en parlant de pognon, allons voir du côté de Cade qui dans sa grange, a fait une fort belle découverte en tentant de retaper le camion qu’il a acheté à vil prix : outre un vieux sapin à la vanille accroché au rétro et une vignette obligatoire de 1994, il s’est aperçu que celui-ci fonctionne encore plus ou moins malgré de gros dégâts et mieux encore, quand on lui envoie du jus, le camion se met à gueuler "A tous les Autobots : planquez vos miches, les humains veulent nous déboulonner !" ou quelque chose dans ce goût là.

Comme le disait le général Aussaresses : "C’est quand le courant passe que l’on peut discuter le mieux".

Mais bref. Notre héros fait donc part de sa découverte à son copain con-con ainsi qu’à sa fille, et tous deux sont un peu effrayés : depuis la bataille de Chicago et Transformers 3, le gouvernement demande à ce que l’on lui signale toute activité alien. Comme par exemple, les clips de Lady Gaga, les gens qui envoient des powerpoints par mail ou un camion qui parle.

"Et en plus, il y a une grosse récompense !" ajoute Lucas et son gyrophare sur la tête qui surmonte une pancarte "Je suis un traître".

C’est à peu près ce moment là que choisit le camion, qui en a marre qu’on lui envoie du jus, pour se transformer en Optimus Prime, le célèbre chef des Autobots (d’ailleurs, le camion est tout gris et sale, mais quand il se transforme, il est tout propre. Et inversement quand il reprend son apparence de camion, c’est fou, ce n’est plus Optimus Prime, c’est Elephant Bleu). Grognon et blessé, il distribue des coups un peu au hasard dans toute la grange, en hurlant qu’on ne peut pas faire confiance aux humains. Cade calme donc le robot en lui rappelant que déjà, c’est raciste, et en se proposant de le réparer. Il envoie donc sa fille faire du rien, et son pote Lucas en ville pour aller acheter des pièces de rechange, un nouveau carbu, deux pots d’échappement, une clé de 12, du lubrifiant, des préservatifs et de la biafine.

Lucas part donc, et revient très en retard, ce qui n’est pas du tout suspect, avec ce qu’on lui a demandé. Cade se met donc au travail, quand après un long moment, voici que s’engagent sur le chemin de la ferme une longue colonne de véhicules noirs marqués du logo "Vent de Cimetière" accompagnés d’hélicoptères armés de roquettes.

"Holala ! Quelqu’un a dû appeler le gouvernement ! Mais qui ?" se demande Cade en sortant de sa grange en urgence pendant que Lucas réajuste son gyrophare et sa pancarte.

Dans tous les cas, le chef de cette petite unité, un certain James Savoy, descend de la voiture avec ses hommes et leur ordonne de fouiller la ferme et la grange malgré les récriminations de Cade. Ils déploient-même leurs légendaires mini-drones, à la recherche de traces thermiques mais… ne trouvent rien. La grange est vide. La ferme aussi. Aucune trace d’Optimus Prime !

Qui s’est en fait caché sous le plancher de la grange, puisqu’il y avait là bien évidemment la place pour un robot géant. Il faudra que je pense à louer un emplacement comme celui-ci, ma cave commence à déborder.

Pardon ? Les détecteurs thermiques des mini-drones vous dites ? Non, ils n’arrivent pas à détecter Optimus Prime ? Pourquoi ?

Parce que.

Sauf que voilà : Cade trahit sans le vouloir son ami robotique, puisque lorsqu’on lui demande où est passé le camion qu’il retapait, il répond "Je n’en sais rien ! Il était là cette nuit encore, et là, il est parti…". Aussitôt, tous les méchants comprennent que Cade en sait plus qu’il ne veut bien le dire avec son "Il est parti", ce qui est un peu bizarre en VF, mais comme en VO, il dit "He’s gone" au lieu de "It’s gone"  semble-t-il, les vilains réalisent que Cade parlent du camion comme d’une personne et non d’un objet. Et pour le faire parler… menacent de coller une balle dans la tête de sa fille Tessa, ce qui au vu de ses répliques depuis le début du film, ne devrait pourtant pas être mortel. Mais bon. J’aurais plutôt menacé de la forcer à regarder le film, c’eut été plus cruel.

Optimus Prime, qui aime les oiseaux, les enfants et l’amour dans les prés ne peut supporter que cela arrive : il sort donc de sa cachette, tire dans tous les sens avec son gros canon (mais juste assez pour assommer les brigands avec le souffle, pas les tuer, parce qu’il est vraiment super gentil), et sort de la grange dans une fameuse explosion pour commencer à calmer la troupe de Vent de Cimetière. Cade et ses camarades profitent de l’occasion pour filer, et Cade arrive même à voler un mini-drone dans l’affaire (comme ça, hop). Mais pendant que Optimus met la zone comme un racaillou un soir de coupe du monde, étant donné que la ferme est isolée, Cade, Lucas et Tessa n’ont d’autre choix que de fuir à pieds à travers champs ! Ils n’ont aucune chance, poursuivis par les agents du gouvernement…

… quand soudain, une voiture de rallye surgit, saute une butte et assomme ainsi les vilains à coups de pneus (si, si)  ! Elle s’arrête, la portière s’ouvre et un certaine Shane Dyson ouvre la porte, jeune bellâtre qui n’est autre que le petit ami de Tessa.

"Vite, montez beau-papa ! Je vais vous sauver !
- Merci Shane. Nous l’avons échappé belle ! Tu es arrivé juste à temps ! D’ailleurs, que faisais-tu là ? Comment as-tu su qu’on avait besoin de toi ?
- Hahaha, hé bien c’est très simple, en fait je… vrouuuvrouvrouvrouuuum vraaaouuuum ! Ah, le bruit du moteur a couvert ma réponse, quel dommage !
- Tu viens de faire le bruit du moteur avec la bouche.
- Moi ? Noooon ! 
- D’accord, alors répond à ça : A) en supposant que tu aies su pour le gouvernement, comment es-tu arrivé aussi vite ? B) sachant qu’il y avait un robot géant en train de tirer partout atour de la ferme, comment as-tu compris que les vilains qui méritaient des coups de pneus, c’étaient les humains et pas le robot qui détruisait tout ? 
- VROUVROUVROUVROUVROUUUUM MEEE MEEEE MEEEMEEEEEEE !
- Tessa, il va falloir que l’on parle du choix de tes copains."

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Après une série de dialogues lolilol à base de "Comment, tu as un copain ? Je suis indigné, et oui, c’est ma première préoccupation même si on nous tire dessus !", la voiture de notre petite équipe rejoint Optimus Prime qui a pris la fuite sous sa forme de camion, sauvé par le fait que dans ce film, les roquettes tirées des hélicoptères vers lui partent droit vers leur cible mais dévient au dernier moment pour ne pas faire mal aux gentils sans raison valable autre que "Ce film est une bouse". La course-poursuite est longuette et finit par arriver en ville et continue au sein d’une ancien parking désaffecté dans lequel il se trouve qu’il y a un tremplin pour cascades, puisque Shane est pilote de métier, figurez-vous, et que c’est sa zone d’entraînement. Il s’en sert donc pour faire un super saut et atterrir au poil près là où il voulait parce qu’il est habitué à faire cette cascade avec Tessa à bord (et le fait qu’il y ait deux personnes de plus à l’arrière ne change pas, disons, le poids de la voiture ? Non ? Non.) et sème ainsi moult ennemis.

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L’arrivée de Shane en gros plan. Je sais, il ne manque que les néons sous la voiture. Moi aussi, ça me fait rêver.

Optimus Prime, lui, est bien surpris car lui tombe sur le coin du nez Jean-Jacques, le vilain robot de l’espace qui travaille avec Vent de Cimetière. Pour info, Jean-Jacques est super discret et n’hésite pas à se promener au milieu des humains sans que Vent de Cimetière ne l’engueule, des fois qu’un robot géant a l’air hostile, ça attire vaaaguement l’attention d’autres autorités que la CIA, voire que le Président commence à demander des explications.

Non, il faut croire que tout le monde s’en fout. Les scénaristes en premier, qui rajoutent juste des scènes au milieu d’humains pour bien hurler "ça coûte plus cher pour montrer qu’on est mauvais"

Bref, bagarre il y a entre les deux robots et non, Optimus Prime n’est plus blessé du tout quand bien même Cade n’as pas eu le temps de le réparer, à cause d’une certaine arrivée, justement, de Vent de Cimetière. Probablement que passer la nuit dans la grange compte comme une nuit dans une auberge et qu’il a donc récupéré tous ses points de vie. En tout cas, au final, la voiture de nos héros étant un peu pétée après toutes ses acrobaties, Optimus décide de laisser tomber la bataille pour se transformer en camion et les aider à fuir.

Et là, attention, jeu ! Concentre-toi ami lecteur.

Sachant que nous avons un camion avec trois places dans la cabine, que nos héros sont quatre, que trois d’entre eux sont une fille, son copain et beau papa, que tous trois sont plutôt beaux et gentils et que le quatrième est un traître con-con qui s’exclame "Boh, j’aurais pas dû appeler le gouvernement, en fait, il n’y a pas de récompense !", qui va mourir comme une merde dans les quinze prochaines secondes ?

Qui a répondu "Le noir" ? Il n’y a pas de noir, sacripan.

En attendant, voici la réponse : Jean-Jacques, vexé de voir Optimus abandonner le combat, balance une sorte de grenade qui se révèle être du super-napalm, comme au début du film ! Tout explose donc derrière nos héros… y compris Lucas, qui était à la traîne, et qui est instantanément figé dans sa course, transformé en métal alien. Il est donc mouru, voire carrément décédu. Nos héros grimpent donc dans la cabine d’Optimus (rien de sexuel, c’est strictement amical) et grâce à cette incroyable coïncidence scénaristique, il y a de la place pour tout le monde. Le camion peut donc s’enfuir.

Sans être poursuivi par Jean-Jacques, probablement parce qu’il a la flemme. Et que les autres voitures de Vent de Cimetière ont calé. Et que leurs hélicoptères se sont posés pour acheter des burritos. Et que les satellites de la CIA sont occupés à faire des zooms sur des piscines californiennes. Quelque chose comme ça, ou alors, c’est juste du caca, au choix.

Nos héros font donc une brève étape dans une station service désaffectée qui contient bien évidemment malgré tout encore des tonnes de trucs dont ils ont besoin, comme par exemple, du matériel informatique pour reprogrammer le mini-drone que Cade a volé aux méchants (et qui ne contenait aucune puce GPS pour le localiser, bien évidemment), lire sa mémoire et s’en servir eux-même. Vraiment, ils sont sympas ces pompistes qui abandonnent leur entreprise en laissant tout dedans histoire de dépanner d’éventuels fugitifs. Merci, valeureux hommes de l’ombre qui permettez toujours aux héros de trouver de quoi se fringuer, boire, manger, se soigner et bricoler tous les objets dont ils ont besoin.

Vous noterez aussi, car vous avez bien lu, que oui, Cade peut du coup lire la mémoire du drone. Et attention, hein, pas celle du jour : le drone emporte l’enregistrement de ses vols précédents, histoire de bien pouvoir livrer tous ses secrets si jamais il venait à s’égarer, par exemple, entre les  mains d’ennemis de Vent de Cimetière. C’est ainsi que Cade découvre, outre 2 Go de .avi d’une voisine bruyante et d’un plombier, l’enregistrement d’une précédente bagarre durant laquelle les méchants ont tué un Autobot. Sacrebleu ! Sitôt qu’Optimus Prime est mis au courant, il change d’apparence (en scannant un autre camion, reprenant des couleurs kitsch et affichant en plus le logo Autobots à l’avant, c’est dire s’il est con) et emmène Cade & co au fin fond des rocheuses où les derniers Autobots se sont réunis. On trouve parmi eux :

  • Grobill, l’Autobot gros bill qui a mille et une pétoires et peut se transformer en camion militaire
  • Samouraï, l’Autobot samouraï qui peut se transformer en hélicoptère et philosophe. Oui, c’est un Autobot du Japon médiéval. Non, ne me demandez pas pourquoi.
  • Bumblebee, l’Autobot relou et soi-disant drôle des trois précédents volets qui peut se transformer en voiture. Oui, c’est tout.
  • Corsaire, une sorte d’Autobot anarchiste-rebelle qui peut se transformer en voiture et là encore, c’est tout

Ce petit groupe est tout ce qu’il reste des Autobots sur Terre, autant dire, pas grand chose. Eux qui croyaient Optimus Prime mort sont heureux de le revoir et s’entretiennent avec lui pour savoir ce qu’il s’est passé ces derniers temps. Optimus Prime explique donc qu’il est tombé sans explication sur des humains qui lui ont tendu une embuscade, et que c’est pour cela qu’il a décidé de rompre tout contact avec eux et invité ses alliés à en faire de même. Mais pourquoi les humains, et plus particulièrement le gouvernement américain s’en prennent-ils à Optimus Prime, qui n’a pas pensé que si c’était juste un problème de gouvernement, quitter le pays pourrait aider ?

"J’ai la réponse !" explique Cade. "Regardez la vidéo de ce mini-drone : les Autobots sont tués, et ensuite, on voit une camionnette de KSI, société très proche du gouvernement, venir chercher les restes. La suite de notre enquête devrait donc se faire dans leurs locaux !"

 Ni une, ni deux, la fine équipe tente donc d’infiltrer la société avec des trucs comme "Ho ben tiens, en fait les mini-drones sont en fait équipés d’un scanner capable de scanner en moins d’une seconde n’importe quelle carte de sécurité et de la reproduire avec l’aide d’un Transformer" (pourquoi ? Mystère), "Ho ben ça alors, le mec qu’on a scanné au hasard dans la foule a pile accès au bon labo que l’on cherche" et "Toutes les coïncidences du monde vont dans notre sens, c’est merveilleux." Ainsi, Cade parvient assez aisément à rentrer dans les locaux de KSI, à découvrir que ces derniers fabriquent des Transformers, et que pour ce faire, ils ont besoin de transformium. Ce pourquoi lorsqu’ils tuent les Autobots, non seulement pour retrouver Optimus Prime mais aussi car… ils les font fondre pour récupérer la précieuse matière !

Alors certes, Cade se fait gauler, mais comme en même temps, les Transformers voient direct les images de Cade à l’intérieur de l’entreprise, et que l’on recycle les corps de leurs potes, ils deviennent tous foufous, tel le yorkshire face à la chaussure neuve.

Aussi Cade n’est pas retenu prisonnier par Joshua et la sécurité de KSI qui lui sont tombés dessus, car aussitôt, les Transformers déboulent et commencent à tout péter, avec de gros problèmes de réalisation, comme ce passage où des gardes sont en ligne au garde à vous dans un labo (alors que ça tire dans le bâtiment depuis 10mn), et qu’un Autobot déboule et commence à vider son chargeur dans le plafond ; il faut alors au moins 3 à 4 secondes aux gardes pour commencer à réagir, parce que quelqu’un a oublié de synchroniser l’effet spécial avec le jeu des acteurs bien réels. Du coup, c’est assez intéressant, on a l’impression que les gardes sont aussi ennuyés par le film que les spectateurs. Du genre "Rhooo, encore un Autobot berserk, bon, qui qui s’en charge ? Moi c’est l’heure de ma pause, alors demmerdez-vous."

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Ici, un convoi de Transformers s’avance discrètement sur une route. Leur furtivité est légendaire.

Cade est bien vite libéré par cet assaut aussi soudain que brutal, et les Autobots, eux, libèrent un minuscule des leurs qui était réduit en esclavage dans un laboratoire, que nous appellerons Minibot. Et se retrouvent enfin face à face avec Joshua, le patron de KSI, qui tente la diplomatie.

"Hoo hééé les Autobots ! Qu’est-ce que c’est que ce scandale ? Vous êtes en train de tout péter !
- Vous tuez les nôtres et utilisez leurs cadavres pour vous faire du fric. Par ailleurs, ce film est tellement rempli de placement de produits que rien que ça, ça donne envie de mitrailler.
- Oui mais non. Vous êtes gentils et vous ne tuez pas les humains.
- Mais…
- Et on vous bute si on veut.
- Mais…
- Et puis qui va passer le balai maintenant ? C’est vous peut-être ?
- Beuh… non ?
- Non, alors vous prenez vos boulons et vos durites et vous vous cassez. "

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Oui, le film pourrait s’arrêter là. Les Autobots ont découvert qui les butait et les décomposait, ils pourraient tout arrêter, mais parce qu’un humain, et accessoirement leur pire ennemi, leur dit de mettre les voiles…

Ils se barrent.

Mais ? Je… remboursez, pour voir ?

A peine les Autobots sont-ils partis qu’Attinger, qui traînait dans le coin, tape très fort sur l’épaule de Joshua Joyce en lui disant "Hé, hé ! Les Autobots vous ont attaqué ! Vous avez donc le droit de riposter, la CIA vous couvre ! C’est l’occasion de tester vos derniers prototypes, Stinger, le Transformer super rapide, et Grosétron le… le truc." L’affaire est entendue et quelques instants plus tard, deux véhicules sortent des locaux des prototypes de KSI : une voiture de sport rose et un gros camion gris, contrôlés à distance comme des drones par les agents de KSI. Bien vite, ils rattrapent les Transformers et à la surprise de ces derniers, s’avèrent plus rapide et plus adaptables que ces derniers, KSI ayant mis toute sa technologie au service de ses bébés !

Pour résumer, les Autobots partent se bastonner dans un coin avec Stinger, pendant qu’Optimus Prime se tabasse avec Grosétron qui… ne répond plus aux commandes de KSI, comme mû par une vie propre !

AHLALA ! JE ME DEMANDE BIEN POURQUOI, DIS !

Hem, pardon.

Le tout se passe sur une autoroute où, chose amusante, des voitures civiles passent mais sitôt qu’un Transformer les percute et qu’elles s’arrêtent, hop ! Elles sont vides ! Pas d’humains à bord ! Ça coûte moins cher et ça évite de gérer des trucs chiants dans le scénario. Mais alors que le combat fait rage, KSI rappelle à la base Stinger et Grosétron. Car au-dessus du champ de bataille, un gros vaisseau extra-terrestre vient d’apparaître, celui de Jean-Jacques le robot ! Qui colle une dérouillée à Optimus Prime, puis l’emmène à bord de son vaisseau à l’aide d’un…

D’un gros filet.

Oui, les mecs viennent de l’espace, ont des véhicules qui font la nique à la gravité et plus tard dans le film, on découvre qu’ils ont un rayon tracteur, mais là, pour déconner, ils sortent leur filet à sangliers géants, et ne me demandez même pas comment, en le larguant par au-dessus, ils arrivent à passer sous Optimus Prime, mais pif-pouf, ça marche. Seul problème, dans l’affaire, ils attrapent aussi une voiture endommagée qui traînait près d’Optimus Prime… et dans laquelle Tessa, la fille de Cade, se planquait ! Tous deux sont donc emmenés à bord contre leur gré, puis le vaisseau s’envole dans le lointain…

"On vous aura, gros bâtards !" râlent donc Cade et Shane au sol pendant que les Autobots les rejoignent. Et dépités, ils vont errer dans la campagne sans que plus personne ne s’intéresse à eux.

Non, Vent de Cimetière n’a plus rien à faire, ni de ces Autobots, ni de ces humains qui en savent trop. Là, ils sont sûrement occupés à passer la serpillière chez KSI ou à faire un bingo avec leur papy. Un truc du genre. Enfin, c’est l’occasion de discuter avec Minibot, qui révèle toute la subtilité du scénario à nos héros, sur pourquoi Jean-Jacques bosse avec la CIA, ou encore pourquoi Grosétron désobéit à ses créateurs.

"Alors, attendez que je résume. En fait, les Transformers ont été créés par une race, les Créateurs. Pour ce faire, ils ont semé dans l’univers des "graines" qui en explosant, transforment tout ce qui les entoure en ce métal que vous appelez Transformium. Ce sont donc eux qui ont pété les dinosaures, comme ça, pour déconner.
- Et donc, la Terre entière est devenue métal ?
- Oui.
- Et nos archéologues et géologues n’ont jamais rien remarqué ?
- Hééé bien… non. J’ai le droit de faire le bruit du moteur moi aussi pour les questions gênantes ?
- Non.
- Haaaan… bon, bref. Les Créateurs ont aussi créé les Prime, des super chevaliers, comme Optimus. Sauf que les Prime ont décidé de faire le bien tout seuls au lieu d’obéir aux Créateurs, du coup, ces derniers ont mis la tête des Primes à prix. Jean-Jacques est un de leurs chasseurs.
- Un chasseur de Prime ?
- Oui, c’est exactem… 
- Pfffrrrrr.
- Okay, j’ai compris. Super marrant les gars, wouh, grosse ambiance. Bon, je disais ? Ah oui ! Jean-Jacques est un chasseur intergalactique au service des Créateurs. Il s’est allié à Attinger et Joshua : ils l’aident à traquer les Autobots pour retrouver Optimus Prime, et en échange, il leur donnera une graine  des Créateurs capable, en explosant, de transformer tout un désert en mine de Transformium en plus des corps des Autobots tués. Bref, leur fortune sera faite.
- Les rascals ! Et pour Grosétron ?
- Hé bien Joshua m’a forcé à étudier les restes de Mégatron pour décoder la technologie Transformers. Sauf que Mégatron est encore plus ou moins conscient dans son corps tout mort, et il a certes donné toutes les données techniques, mais il a encore le contrôle sur de minuscules bots capables d’aller s’infiltrer dans les prototypes et de les pirater.
- Et évidemment, personne n’a rien remarqué de robots volants au milieu de laboratoires et de données brutalement modifiées.
- Vraiment ? Vrouvrouvrouuuuum ? Allez ?
- Non.
- Bon, bref. Pour résumer, Mégatron a corrompu le projet Grosétron pour s’en faire un nouveau corps. Et il s’est incarné dedans ! Donc KSI vient, sans le savoir, de ressusciter Mégatron. Et ce n’est pas eux qui le contrôle… c’est lui qui les manipule !
- HO BIN CA ALORS ! Vous voudriez dire que ce prototype qui sans explication, ressemblait à un Decepticon (mais que l’on produisait quand même) était en fait un Decepticon ? C’EST FOU !"

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J’espère que vous ne vous êtes pas fait mal en tombant sur votre chaise.

Heureusement, pendant ce temps, Jean-Jacques l’alien robotique ne chôme pas. Après avoir enfermé Optimus Prime dans une prison en s’exclamant "Hahaha, j’ai eu tous les autres Prime, tu es le dernier ! J’ai même volé votre vaisseau, ce vaisseau pour vous traquer, n’est-ce pas ironique ?", le vil personnage reçoit un rappel de son Google agenda : il doit appeler la CIA pour leur livrer la graine. Alors, c’est parti. 666-CIA.

"Oui allô ?
- Oui, bonjour Madame, je suis un robot de l’espace et j’aimerais parler au directeur des opérations. 
- Bien sûr, c’est à quel nom ?
- Jean-Jacques.
- Ne quittez pas.
- *musique d’attente quelque part entre Stromae et le générique de Pyramide*
- Allô ?
- Attinger ?
- C’est lui, à qui ai-je l’honneur ? Je suis un peu occupé à trahir des gens, là.
- Non non mais ne vous inquiétez pas, j’en ai pour cinq minutes. C’est pour vous dire que j’ai bien capturé Optimus Prime aux coordonnées où vous m’avez indiqué qu’il se battait avec les robots de KSI.
- C’est une bonne nouvelle, ça.
- Donc pour le paiement, où voulez-vous que je vous remette discrètement la graine qui prouve que vous avez passé un accord avec une puissance alien en toute illégalité ?
- Je vous propose de se donner rendez-vous dans un coin tranquille. Que diriez-vous d’emmener votre vaisseau géant au-dessus de cette petite bourgade que l’on appelle New York ?"

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Ho miséricorde. Celle là, elle est tellement mauvaise que je ne l’avais même pas vue venir.

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"Bon les mecs, les aliens viennent encooooore de débarquer à New York. Il faut que l’on relance notre programme touristique pour leur faire découvrir d’autres destinations majeures : Londres, Mexico, la Bourboule…"

Donc oui : Jean-Jacques arrive au-dessus de New York avec son vaisseau géant. La Maison Blanche s’inquiète un peu et appelle Attinger, qui encore une fois, refuse de leur donner des réponses : c’est donc okay, il conserve bien évidemment ses fonctions et peut trahir en toute tranquillité. Et au milieu de ce méphitique gloubiboulga, voici que les Autobots ont décidé eux aussi de s’inviter à la fête, et accompagnés de Cade et Shane, ils viennent libérer aussi bien Optimus Prime que Tessa. La mission d’infiltration commence donc à bord du vaisseau, et bien vite, l’équipe se divise en deux groupes.

"Bon alors, nous, les robots énormes et pas agiles, on va tenter de s’infiltrer dans le minuscule gouffre plein de lasers super espacés pour des humains mais super serrés pour des robots géants, et trouver la commande des ancres du vaisseau pour le bloquer le temps que l’on trouve les prisonniers. Et vous, les deux humains sans armes, vous allez affronter les gardes et libérer les copains, d’accord ?

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Ah mais oui, complètement. Super idée. Vraiment, chapeau.

Bref : les Autobots parviennent à larguer les ancres du vaisseau, qui sont en fait de gros grappins qui vont s’ancrer dans les buildings avoisinant (rien de dangereux, et, oui, les murs tiennent sans souci), retrouvent même Optimus Prime dans l’affaire, mais le mieux reste surtout Shane et Cade, qui tombent sur une salle d’armes pour Transformers. Et en fouillant, tombent sur… deux dagues ? Qui sont piles à leur taille y compris au niveau de la garde, dites-donc ! Ils sont forts ces Transformers d’avoir pensé à se faire des armes pas à leur taille. Mieux encore, ces dagues font aussi fusil d’assaut, et là ont carrément des détentes à taille humaine !

Vraiment, c’est fou.

La folle équipe, suite à diverses péripéties longues et ennuyantes que je vous passe, finit par fuir le nid des méchants sans que l’alerte ne soit donnée à tout le vaisseau. Jean-Jacques, inconscient de ce qu’il se passe, donne donc la graine à Attinger qui vient la chercher à bord en hélicoptère puis la transaction terminée, s’envole vers les étoiles. Il ne remarque pas que derrière-lui, toute la partie de son vaisseau qui faisait office de prison s’est détachée et est restée sur Terre avec tous nos amis victorieux à son bord. Enfin si, il le remarque, mais un peu tard, donc le temps qu’il fasse demi-tour et repasse au péage intergalactique, il n’est pas rendu. Nous le reverrons donc plus tard, dès qu’il aura réussi à régler son Tom-Tom.

Car déjà, Attinger va retrouver Joshua et propose de filer vers Hong Kong, où KSI a une autre antenne. Et après le bordel à New York (ah ! Ça y est, quelqu’un a réalisé que c’était très con ?), ils pensent que poursuivre leurs activités en Chine sera plus sûr, à part peut-être au niveau de la qualité des produits finaux mais là n’est pas la question En plus, ils comptent faire péter la graine au milieu du désert de Mongolie, histoire d’être tranquilles. Donc la Chine est définitivement une bonne solution de repli. Ils évacuent par conséquent leurs prototypes divers, Stinger et Grosétron, et partent pour Hong Kong en environ 10 minutes.

Oui, ils consomment moins de temps pour évacuer toute une industrie de pointe dans un pays étranger que vous n’en prenez pour vous préparer à aller au boulot.

Ils sont forts, on vous dit.

Les Autobots, eux, sont bien décidés à récupérer la graine. Car Minibot leur a révélé les plans de Mégatron : réincarné en Grosétron, il veut à tout prix que KSI ait la graine… pour la faire péter et avoir du Transformium pour lui, oui, mais à Hong Kong ! Pourquoi ? Parce que… qu’il… il est très méchant ?

Voilà.

Le vaisseau des Autobots file donc à Hong Kong, et Cade, en un seul coup de fil, parvient à retourner la situation.

"Allô, Joshua Joyce de KSI ?
- Oui ?
- Je suis Cade Yeager, celui qui vous a embêté jusqu’ici. J’ai trouvé votre numéro dans les pages blanches.
- Malheur ! Mais la partie est perdue, Cade. J’ai la graine, mes prototypes et je suis loin de vous !
- Non ! Car vous et moi, nous sommes deux ingénieurs, deux inventeurs !
- En fait, non : moi j’ai un diplôme et une société, vous vous êtes un plouc qui a du mal à payer sa ferme, si vous voyez ce que je veux dire. Je paie l’ISF, moi, Monsieur ! J’ai Jean-François Copé dans ma piscine le dimanche !
- On s’en fout, le script dit que cet argument suffit à vous convaincre : sachez que Grosétron est en fait Mégatron et qu’il va vous voler la graine et la faire péter à Hong Kong. Alors filez, et vite !"

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Instantanément, Joshua est convaincu, ce qui sous-entend qu’il vaut mieux ne pas faire de canulars téléphoniques à ce Monsieur de peur qu’ils ne marchent trop bien. Il file chez KSI récupérer la graine et demander à ce que l’on débranche Grosétron, mais aussitôt, celui-ci s’anime… et se met à commander à Stinger et aux 50 prototypes construits par KSI ! Nom d’une pipe, il y a un soulèvement robotique ! Joshua file avec la graine, ce qui déplaît fortement à Attinger, qui lui est si idiot que même en voyant les robots de KSI tenter de tout tuer, continue de se dire, que bon, allez, plutôt que de mettre les voiles, il va rester et tuer aussi bien Joshua, qui l’a trahit, que Cade qui s’approche avec les Autobots et leur vaisseau.

Oui entre "Sauvons nos vies" et "Tuons des gens qui essaient de sauver la Terre quand tout est perdu", Attinger a choisi son camp.

Pourquoi ?

Mais, parce qu’il est méchant bien sûr. Et parce qu’ils pourraient "ruiner sa carrière en révélant ce qu’ils savent !" ; oui, ou alors justement, tu les aides et vous vous faites des bisous.

Et LA tu les butes quand ils ne s’y attendent plus.

C’est quand même pas compliqué.

Enfin. A peine arrivé, le vaisseau Autobot est abattu par les robots de Grosétron et va s’écraser juste à côté de Hong Kong, à côté d’un monument supposé être vaguement plus loin que "juste à côté", mais passons, c’est un peu la signature des Transformers (rappelons que dans le 2, les héros depuis un monument en Jordanie aperçoivent les Grandes Pyramides d’Egypte et traversent la distance qui sépare les deux en courant en moins de 3 minutes).  Cade & co, eux, ont réussi à atterrir en ville avec Grobill et Bumblebee et c’est donc la baston générale.

Bim, bam boum, etc.

Dans l’affaire, Cade & co récupèrent Joshua et la graine, mais l’armée ennemie est trop nombreuse. Ils arrivent cependant quand même à tuer James Savoy, le vilain commandant de la force Vent de Cimetière et bras droit d’Attinger. Quel rebondissement pourri pourrait sauver nos héros ?

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Quelques mois auparavant, dans un bar.

"Les mecs, ont est arrivé à écrire 90% du scénario ! On a mis des robots géants, des explosions et des voitures de sport ! Qu’est-ce qu’on pourrait rajouter ?
- Des puuuuuuuutes… des putaaaaains de puuuuuuuuuuutes !
- John, tu es ivre. Rentre chez toi.
- Je suis pas… bourréééé ! Regarde… je touche mon nez… sous ma jambe… hop ! Tu vois ? Pas bourré ! Ha, merde, j’enverrais bien des SMS à mes ex !
- Ho bon sang. Il est rond comme une queue de pelle.
- J’m’en fous… j’ai plein d’idées… 
- Tais-toi on essaie de travailler !
- Des dinosaures… parce que les dinosaures… c’est cool ! Et des dinosaures mécaniques… géants… qui crachent du feu… montés par des robots géants !
- C’est… c’est complètement con. Je… on doit absolument le mettre !"

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Et c’est ainsi que de son côté, Optimus Prime retourne dans le vaisseau prison crashé pour aller ouvrir des cellules d’où sortent… des Transformers géants ! "Guerriers d’autrefois" qui après une courte baston pour se mettre d’accord, décident de servir Optimus Prime. Les trois se transforment en dinosaures géants (car rappelons qu’ils sont géants, même pour des Transformers),  dont l’un en bestiole volante à deux têtes (typique) et l’autre en T-rex qui crache du feu (normal) et c’est sur ce dernier que grimpe Optimus avant de lancer une charge héroïque sur Hong Kong.

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Si quelqu’un a mieux qu’un scénariste bourré pour expliquer cette image, je suis preneur.

Sachant que les Transformers prennent forme en scannant des objets autour d’eux, je serais curieux de savoir où et quand ils ont scanné un t-rex cracheur de feu, par exemple. Mais bon.

L’armée des méchants est balayée en deux-deux, sauf que voilà : soudain, un vaisseau géant (lui aussi ? Quelqu’un a quelque chose à compenser) apparaît dans le ciel ! C’est Jean-Jacques qui est de retour, car il n’aime pas trop qu’on s’échappe, qu’on lui vole ses prisonniers et un bout de son vaisseau surtout qu’en plus, c’est là qu’il a la boule pour la caravane, alors pour partir en vacances à Pornic, il en a besoin. Après avoir ravagé la moitié de la ville avec un aimant géant (je vous l’avais dit) pour tenter d’attirer les Transformers à lui, Jean-Jacques décide finalement de descendre régler tout cela lui-même lorsqu’Optimus fait exploser le rayon tracteur et que son vaisseau s’écrase.

Un duel s’engage entre Optimus et Jean-Jacques. Pendant la bagarre, Attinger qui passait par là tente de s’en prendre à Cade, mais après avoir trop longtemps parlé genre "Hahaha, je vais te tuer, j’ai gagné !", Optimus parvient à lui coller un gros obus dans le buffet et tue ainsi un humain, le seul qu’il avait juré de tuer pour tous les maux qu’il avait causé aux siens. Puis Optimus reprend son combat contre Jean-Jacques, qu’il gagne grâce à ses gentils alliés humains.

Bon ?

Jean-Jacques est mort, Grosétron-Mégratron s’enfuit dans un coin en criant "Vous avez balayé mon armée mais je me vengerai dans Transformers 5 !", les vaisseaux géants sont crashés et la planète est sauvée… Optimus décide donc de rejoindre ses camarades Autobots d’un coup de jetpack pour… pour…

Héla. Stop !

Comment ça "un jetpack" ? Tu pouvais voler depuis le début du film ? Bon, on va dire que tu pouvais juste faire un petit saut, une fois, et que c’est pour ça que tu ne l’as pas fait avant.

"Mes amis, la Terre est sauvée mais la graine des Créateurs ne doit pas revenir aux humains. Ils me cherchent ? Si je reste avec vous, ils renverront d’autres forces. Je pars donc dans l’espace grâce à mon jetpack pour les rencontrer ! Au revoir ! Et vous Autobots, prenez soin des humains, votre famille !"

Ah oui donc non. Optimus Prime part donc bien vers l’espace avec ce jetpack qu’il avait depuis le début du film, qui lui aurait permis d’aider tout le monde à échapper à Vent de Cimetière au début du film, à fuir Stinger et Grosétron après avoir attaqué KSI, à ne jamais te faire attraper par Jean-Jacques, à éviter de prendre bien des risques, et en fait, Optimus Prime, tu t’es juste bien foutu de la gueule de tout le monde.

C’est donc en regardant ce gros rabouin robotique s’envoler dans l’espace qu’enfin, après 2h45, le spectateurs prêt à se pendre mérite enfin son repos puisque…

… FIN !

_____________________

Vous êtes arrivés jusqu’ici en scrollant sans lire ?

C’est très mal, vous savez. Je vous ferais bien les gros yeux, mais je vous méprise trop pour vous accorder cette attention.

En attendant, et comme chaque année, pour ceux qui veulent boire un verre, parler mauvais cinéma, honteuse politique ou autres fascinantes activités, un rendez-vous sur Toulouse devrait se faire mardi 12 août après 18h (pour les travailleurs, tout ça) du côté du centre de Toulouse. Si vous avez un super plan de lieu correct où se poser, n’hésitez pas à m’envoyer un mail. Et pour les autres, tous les détails seront le jour même sur la page Facebook du blog, ou sur la page Twitter qui est non seulement consultable sans compte sauf erreur de ma part, mais au pire, s’affiche sur la droite du blog dans "L’Odieux Connard en ligne." Histoire de savoir dans quel rade exactement trouver votre serviteur en train de tenter d’expliquer  que "chocolatine" n’est pas un mot mais un nom de code pour un complot sataniste, et accessoirement, à quoi vous pourrez le reconnaître (à part à son légendaire charisme de vieux loup).

Et pour les autres, on se sépare sur cette critique professionnelle du film que nous venons de suivre :

Le meilleur film de la saga "Transformers"

4/5 – Cinéma Teaser

Je ne sais pas vous, mais moi, je cherche encore s’il s’agit d’un compliment ou d’une blague.

"Candidat suivant !"

Tirant sur sa cravate, Thorin Ecu-de-chêne se redressa dans son siège de cuir, avant d’adresser un sourire en coin à son ami Balin, assis à son côté. La porte du bureau s’ouvrit en grand et laissa apparaîtra une haute silhouette vêtue de gris, qui s’approcha tranquillement du siège situé en face de Thorin. Balin lécha son doigt pour tourner la page du cahier des candidatures, prêt à prendre de nouvelles notes, alors que Thorin jaugeait le nouvel arrivant.

"Bonjour Monsieur. Bon, je suppose que vous avez bien lu l’annonce ? Mon ami Balin et moi-même partons à l’aventure, d’où ces petits entretiens d’embauche pour se trouver de nouveaux compagnons. Alors Monsieur, à qui avons-nous l’honneur ?
- Gandalf. Gandalf le Gris.
- Très bien Monsieur Legris. Dites-nous ce que vous pensez que vous pouvez apporter à notre compagnie ?
- Je… je suis un magicien. Voilà.
- Un magicien ! C’est bien ça ! On a pas mal de guerriers pour l’instant, c’est vrai qu’un magicien, ce serait chouette. Alors, c’est quoi votre truc ? Les boules de feu ? La foudre ? Ho, peut-être la glace ?
- Non je… je fais pas les boules de feu.
- Ah non ?
- Pis pas la foudre. Pis pas la glace non plus. Mais j’fais des trucs supers hein !
- Heu… oui ? Vous auriez un exemple ?
- Hé bien… je peux faire de la lumière avec mon bâton ! Comme ça, s’il fait noir, hop ! Il fait plus noir !"

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Balin fit la moue avant de faire cliqueter son stylo quatre couleurs pour prendre des notes en rouge. Thorin toussota poliment en cherchant le meilleur moyen d’annoncer ce qu’il avait à dire au vieil homme à la mine ravie, qui s’attendait visiblement à les impressionner.

"En fait, nous sommes des nains, Monsieur Legris. Nous voyons naturellement dans le noir. Donc votre bâton à piles, là, à part pour vous et éventuellement pour nous faire repérer…
- Ah ? Non mais, je sais faire d’autres choses je… tenez, les boules de feu !
- Je croyais que vous n’en faisiez pas ?
- Ah non mais dans le genre, je peux… mettre le feu à des pommes de pin ! Ha ha !
- Et ensuite elles explosent ?
- Hein ? Ho non. Après, c’est juste des pommes de pin. En feu. C’est bien quand même, non ?"

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Balin prit doucement sa tête dans ses mains, tentant en vain de cacher son désespoir pendant que Thorin lui tapotait le dos.

"Monsieur Legris… écoutez, franchement, vous êtes un magicien un peu pourri quand même, non ?
- Woh non ! Une fois, j’ai tué des orques !
- Avec votre magie ?
- Bah non, avec mon épée pourquoi ?
- Je… je suis certain que vous pensez être un magicien Monsieur Legris. Vous êtes de bonne foi, vous avez l’air sympa et tout, mais les magiciens, ils ont pas besoin d’épée pour tuer des orques. Vous comprenez ? Il faut arrêter maintenant. 
- Mais… mais une fois face au roi gobelin, j’ai fait plein de vent ! C’est pas de la magie ça ?
- Gandalf… si vous faites du vent, c’est pas parce que vous êtes magicien, c’est parce que vous êtes tout vieux, vous comprenez ?
- Hooo… hoo ch’uis fatigué…
- Bon, vous savez quoi, on va faire un geste. On va faire un contrat de génération, là, le truc de Hollande, si on aide un vieux, on a des allègements de charges pour nos guerriers en CDI. Alors on vous emmène, et puis comme ça, ça vous fera votre sortie. Ça vous ira Gandalf ?
- Merci M’sieur Ecu-de-chêne… on part quand vous voulez, hein. On va où ?
- Taper un dragon."

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Et tout comme s’il y avait eu un roi gobelin dans la pièce, Gandalf déchaîna les vents.

Afin de suivre les aventures de nos amis des Terres du Milieu, il n’en faut pas moins que nous fassions le point sur le volume I de la trilogie. Allons-y donc !

Le Hobbit I : Bilbo Sacquet est un hobbit. Un jour, Gandalf le magicien sénile et 13 nains viennent le chercher en lui proposant de participer à une aventure pour aller reconquérir le Mont Solitaire, ancienne forteresse naine prise par le dragon Smaug il y a fort longtemps. Bilbo est recruté avec le titre de "cambrioleur" parce qu’en bon hobbit, il sait se faire petit et discret. En route, ils affrontent des géants, des gobelins, une salade niçoise, et sont pourchassés par le terrible Azog, un orque qui ferait mieux de se trouver un hobby. Bilbo trouve durant ces pérégrinations un anneau qui rend invisible, ce qui est fort pratique pour faire des blagues. Puis, alors qu’Azog manque de peu d’en finir avec leur compagnie, nos héros sont sauvés par des aigles qui les emmènent jusqu’à leur nid dans les montagnes, parce que ces branlos, sorte de RER B des terres du milieu, ne veulent pas aller plus loin parce que c’est dangereux. Ne pas aller plus loin que son nid, faut-y être con. Dans tous les cas, nous nous en étions arrêtés là. Et le spoiler était ici.

Tout vous revient ? Alors… spoilons, mes bons !

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L’affiche : du feu, même dans la pipe de Gandalf, ça compte dans la célèbre technique "Affiche en feu, film tout foireux".

Notre film s’ouvre dans la petite bourgade de Bree, située non loin de la Comté. En effet, par une nuit pluvieuse durant laquelle on peut croiser un Peter Jackson habilement grimé en villageois dès la première scène, une silhouette trapue s’avance dans les rues et va se poser dans une auberge. C’est Thorin, le chef des nains de l’épisode précédent ! Mais nous sommes quelques mois avant que notre aventure ne commence…

Alors que le bougre savoure pain et fromage en surveillant du coin de l’œil deux humains qui ont l’air de ne pas vouloir lui faire que des câlins, Gandalf le gris vient s’asseoir à sa table. Mais que veut le vieux magicien ?

"Thorin, fils de Thraïn ! Que faites-vous ici ?
- Je mange du fromage de Bree. Même si ça ne vaut pas la Comté !
- Que…
- C’était une blague naine. Non, en fait, je cherche mon père, Thraïn. Des rumeurs disent qu’on l’aurait aperçu par ici.
- Des rumeurs, Thorin. Votre père n’est jamais venu par ici, je vous le garantis, et je doute que vous le retrouviez un jour. Non, en fait, vous savez ce que vous devriez faire ?
- Demander aux habitants de Brie s’ils sont d’accord en hochant la tête ?
- De…
- Non parce que j’adore quand Bree hoche.
- … Thorin, encore une blague comme ça et je vous colle mon bâton dans l’œil.
- Ah non ! Il ne faut jamais coller quoi que ce soit à Bree. Je ne veux pas de Bree colle !"

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Une fois que l’aubergiste a séparé le petit vieux du nain sur lequel il tapait à coup de canne (qu’il appelle pompeusement "bâton"), la conversation peut reprendre, sans humour nain cette fois.

"Thorin, l’ennemi est là, dans l’ombre. Vous savez, les forces des ténèbres ont mis votre tête à prix.
- Ça expliquerait les humains qui me regardent bizarrement. Mais pourquoi ?
- Ils ne veulent pas que vous récupériez votre trône. L’ennemi aimerait que le dragon reste où il est… pour pouvoir le convaincre de rejoindre son camp.
- Ho !
- Hé oui. C’est pour ça que vous devez lever une armée pour reprendre votre trône. Et vous savez que les nains ne s’uniront que si vous leur présentez, l’Arkenstone, le plus beau joyau de votre ancien royaume ! Il va donc vous falloir pour ça réunir quelques amis pour retourner sur vos anciennes terres et… trouver un cambrioleur ! Prêt à quitter Bree pour une belle aventure, Thorin ?
- Pas encore, je suis aussi venu voir Martine.
- Martine ?
- Martine au Bree."

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Alors que Gandalf explose de fureur (d’où l’expression "coup de grisou", parviendra à dire Thorin avant d’être à demi battu à mort), maintenant que nous savons comment tout a commencé, revenons dans le présent, et prenons la suite du premier film.

Et nous voici par une sombre nuit quelque part, dans les montagnes jolies des Terres du Milieu. En effet, Gandalf, Bilbo et les treize nains sont bien embêtés : alors que jusqu’ici, ils ont cumulé bien des aventures et pensaient pouvoir continuer à cheminer en paix, voici que malgré tous leurs efforts, Azog, le vilain orque qui les poursuit depuis l’épisode précédent, a retrouvé leur trace. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que Bilbo, véritable guetteur de la troupe, a repéré une espèce d’ours monstrueux traînant dans le voisinage. Que de dangers ! Bilbo va donc faire son rapport à Gandalf et aux nains.

"Misère les amis ! Azog a retrouvé notre trace ! 
- Alors qu’on a volé sur des kilomètres et des kilomètres à dos d’aigle ? 
- Il… heu… oui. Tiens, c’est vrai ça. Bon, on va dire qu’il connaissait la direction générale où nous allions, et que donc, il nous a retrouvés.
- Dans 800 km² de montagnes au bas mot ? Ce serait pas juste pour rajouter des scènes de course-poursuite aussi inutiles qu’improbables au film, au hasard ?
- Ho. Hem je… écoutez Thorin, nous n’en sommes qu’au début, essayons d’être tolérants et changeons plutôt de sujet. Tenez, par exemple, j’ai repéré une sorte d’énorme ours non loin, je vous avoue que ça ne me rassure pas trop cette histoire.
- Mmmm.
- Gandalf…
- Mmmm… un ours, vous dites…
- Gandalf, écoutez, arrêtez de faire "mmm" pour prendre votre air mystérieux et crachez le morceau si vous savez quelque chose. Alors, cet ours, ami ou ennemi ?
- Ni l’un ni l’autre… mais par contre, cela me donne une idée : je connais une maison non loin où nous pourrons nous abriter pour échapper à Azog. 
- Ah oui ? Ah mais c’est chouette !
- Oui, alors suivez-moi, vite !"
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Gandalf, qui est âgé mais a encore de bonnes jambes, ce qui lui permet d’arriver le premier à La Poste le matin pour faire tomber sa monnaie, demander à voir tous les timbres disponibles ou autres activités de vieux, se lance donc dans une folle cavalcade aussitôt suivi par Bilbo et les nains. Je vous laisse donc deviner ce qu’il se passe : tout le monde court en file indienne sur fond de musique pompeuse, à savoir dans le cas présent au milieu d’une superbe plaine éclairée par le doux soleil qui…

… attendez, on était pas en pleine nuit et en montagne ?

Ce n’est pas grave, la scène est déjà passée, la plaine aussi, et nos héros courent à présent au milieu d’une forêt profonde,  oubliez la plaine qui est déjà loin, ce qui me laisse supposer que non seulement quand Gandalf dit "je connais une maison non loin", il faut comprendre "à moins de 1200 kilomètres" (le bougre doit être Canadien), mais qu’en plus lui et ses amis à courtes pattes ont une vitesse de croisière qui leur permet de doubler les chevaux à la course, ce qui doit aider Gandoulf à tricher au Quinté +. Toujours est-il qu’après cette folle épopée, nos larrons arrivent en vue d’une imposante masure au milieu d’une clairière, et se lançant dans une dernière course vers la porte, ils notent que le gros ours que Bilbo avait vu est derrière eux, et visiblement pas content. Pas de souci cependant, car sitôt la petite équipe entrée dans la maison, elle referme la lourde porte sur la gueule de l’ours. Celui-ci reste un peu coincé dans l’ouverture, mais personne n’en profite pour lui coller un coup d’épée dans la margoulette, ce qui est bien dommage. L’ours, blasé, se replie donc et va grogner aux alentours de la maison.

Pour rappel, voici Azog, l’orque qui a visiblement un jour confondu la grille du barbecue avec son blush. Je n’ai pas d’autre explication quant à la symétrie parfaite de ses cicatrices.

"Qu’est-ce que c’était, Gandalf ? On aurait dit un ours, mais en plus gros et plus en 3D.
- Ça les amis, c’était notre hôte."

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Que ne l’as-tu point dit durant vos 1200 kilomètres de cavalcade, ami Gandalf, parce que si un nain avait effectivement eut l’idée de sortir son épée, votre hôte aurait eut l’air fin (et vaguement mort). Gandalf explique donc l’affaire plus en détail : cet ours, c’est Béorn, un changeur de peau. On retient de lui qu’il peut se transformer en ours, mais qu’il ne se contrôle guère sous cette forme (ça doit pas être pratique quand il se réveille et qu’il trouve des étrons d’ours un peu partout dans sa maison "Raaah mais c’est pas vrai, mais faut que je me contrôle moi un peu !"), et qu’il n’aime pas trop les nains, ce qui est ballot. Mais qu’il n’aime pas trop les orques non plus, ce qui devrait tenir Azog et les siens à distance.

La petite équipe décide donc de dormir chez Béorn, en plus ou moins sécurité, et au petit matin, Bilbo entend la porte de la demeure s’ouvrir : c’est Béorn, sous apparence humaine ! Celui-ci est tout grand et tout poilu, mais surtout, il s’exprime avec l’accent picard, laissant supposer qu’il doit probablement être de Soissons. Béorn est un mec cool : non, il n’en veut pas aux nains de lui avoir mis sa propre porte sur la gueule. Et comme il est sympa, en plus, il partage sa table avec eux.

"Alôrs, lô nains, lô, c’quwô qu’vous fôtes pôr ici ?
- Voyez-vous Béorn, mes amis nains et le hobbit que vous voyez ici m’accompagnent pour une aventure. Et nous avons des orques à nos trousses, c’est embêtant. Ne pourriez-vous pas nous aider à atteindre Mirkwood, plus à l’est ?
- Si, Gandôlf, j’pô. J’pô vô prêter, des pôneys, lô.
- Parfait. Merci Béorn.
- Bon bin j’vô vô les cherchô dans mô harem.
- Haras.
- Chut Bilbo. Oui, Béorn, allez à votre harem, on va se resservir un peu de pain au miel pendant ce temps. Voilà, haha.
- Mais Gandalf, ne l’encouragez pas, on dit "haras" !
- Bilbo, à votre avis, qu’est-ce que vous croyez qu’un changeur de peau célibataire à l’accent picard fait avec 14 poneys chez lui ?
- Il… hoooo. 
- Maintenant, reprenez du pain au miel et faites semblant de rien."

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Après avoir trouvé un cheval à Gandalf et 14 poneys traumatisés à prêter aux petites gens qui l’accompagnent, Béorn prend la route de l’est pour accompagner ses nouveaux amis jusqu’à Mirkwood, prochaine étape sur la route du Mont Solitaire. Mais, laissons un peu nos amis de côté pour aller voir justement ce qu’Azog et ses orques font !

Car de leur côté, ça bougonne : depuis que la troupe est sous la protection de Béorn (qui a expliqué que tout son peuple de changeurs de peau a été exterminé par des orques, ce qui  laisse supposer que les orques savent comment lui meuler la moustache, mais bon), les orques se tiennent prudemment à distance. Et Azog voit une nuit un messager de son noir seigneur lui parvenir : il est convoqué à Dol Gudur, le repaire de celui qui se fait appeler "Le Nécromancien", à 19h en salle 203. Sur place (car oui, il y arrive dans la minute, pif pouf), son patron, qui a la forme d’une grosse ombre flottant en l’air, ce qui est pratique pour griller des places à la cantoche, lui annonce qu’il doit rester à Dol Guldur pour préparer "la guerre qui approche". Mais comme péter la gueule de Thorin est toujours d’actualité, Azog est remplacé au pied levé pour aller courser le nain par un de ses petits copains que nous appellerons Gérard l’orque. et Gérard part donc avec sa petite troupe pour aller tataner du nain.

Cela étant dit, revenons à Gandalf et sa troupe, qui arrivent à l’orée de Mirkwood, une forêt à la bien triste allure : sombre, aux arbres tordus… elle semble avoir été littéralement corrompue par quelque chose (celui qui a dit "Les Balkany" a perdu, mais je reconnais que c’était bien tenté). Sitôt qu’il la voit, Gandalf ordonne donc que l’on relâche les poneys – ils ne seront d’aucune utilité dans les bois – puis il a un flash-back de Galadriel qui lui dit que tiens, au fait Gandalf, ce serait bien de savoir qui est le nécromancien. Ah, quel courage Gandalf ! Une forêt qui fait un peu peur, et hop, ho bah, il se souvient qu’il a un autre truc à faire. Gandalf annonce donc à la troupe deux choses :

  • Il doit partir, c’est super important, quel dommage, lui qui était super impatient d’aller dans les bois qui font flipper, c’est trop bête !
  • Dans la forêt, il suffit de suivre le sentier. Sinon, c’est mal.

Gandalf salue donc ses amis, et alors que les nains lui font part de leur stock d’injures diverses, de remarques homophobes et que les premières paroles de la célèbre chanson "Gandalf a les chocottes" commencent à résonner, il s’éloigne de la troupe pour aller vaquer à ses occupations. Thorin en bon chef des nains prend donc le commandement de la troupe, et la fine équipe s’enfonce donc dans les bois épais. Hélas ! Gandalf ayant crié "surtout, ne perdez pas le sentier", évidemment, la première chose que font les nains consiste à perdre le sentier qui était cependant très mal balisé, j’en conviens. Ils errent donc dans les bois, incapables de retrouver leur chemin, jusqu’à ce que Bilbo note que, ho bin dis, il y a des arbres recouverts d’énormes toiles d’araignées. Tiens, si je jouais avec pour voir ce que ça fait ?

Oui, hein ? Il faut que je le dise ou ça ira ? C’est bien ce que je me disais.

Il ne faut donc pas attendre longtemps pour qu’une horde d’araignées géantes tombent donc sur notre petite troupe, et emmaillote tout ce petit monde dans un gros paquet de toile. Mais visiblement, celle qui s’est occupée de Bilbo n’était qu’une araignée géante faisant son stage de découverte de 3e  dans la forêt de Mirkwood : elle a donc non seulement oublié de piquer Bilbo, mais elle a aussi oublié de faire une toile vaguement solide autour de lui. Du coup, notre héros se réveille, jaillit de son cocon en hurlant, sort son épée et parvient à s’enfuir comme il le peut.

Là, vous allez me dire "Du coup, Bilbo doit sortir son anneau d’invisibilité de sa poche, et éviter d’être enquiquiné" ? Non, non, comme vous y allez.

"Concentre-toi Bilbo… tu ne dois pas te faire repérer, comment faire… raah, cet anneau d’invisibilité qui roule dans ma poche m’empêche de me concentrer !"

A la place, Bilbo se contente de se cacher derrière des branches et/ou de faire diverses acrobaties (et non, les araignées ne sentent plus la toile vibrer : elles on senti Bilbo jouer avec une petite toile à 15 kilomètres de distance, mais le même qui cavalcade à 2 mètres d’elles, hop, plus rien, elles doivent être presbytes de la patte), puis, à force, finit quand même par se dire que bon, allez, il va mettre son anneau, comme ça, pour voir, parce qu’il paraît que c’est pratique, l’invisibilité, quand on ne veut pas être vu. Mais ce n’est qu’une rumeur, on est pas trop sûr.

Et là, miracle ! Vous savez, l’anneau unique, il rend invisible ? Et bien visiblement, il a profité de l’année entre les deux films pour partir en Erasmus, parce que désormais, il fait aussi traducteur universel ! Mais oui, et visiblement, il a pris araignée géante en LV2 parce que du coup, Bilbo entend les bougresses en train de causer entre elles. Mais alors, de quoi ça parle, une araignée géante ?

"Hé les filles ! J’ai trouvé un blog su-per ! Ça s’appelle Margaux Motin, et c’est des jolis dessins, mais des fois, les personnages disent "ta mère" ! 
- Ho dis, c’est super rigolo ! C’est quoi l’adresse ? 
- Tu trouveras, c’est sur la toile !
- Hihihihihi !"

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Ah bin hé, vous avez vu l’humour nain, fallait pas vous attendre à grand chose non plus des araignées géantes, hein. Bref, que disions-nous ? Ah, oui.

"Bon, si on mangeait les nains ?
- Ho oui ! Avec un petit thé, devant Glee, ça va être choupi comme tout !
- Parfait ! Bon, allez allumer tout ça les filles, je ramène les nains."

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Bilbo entendant cela comprend que ses amis vont bientôt passer de vie à trépas, et ni une, ni deux, saisissant son épée, il jaillit au milieu des toiles, toujours invisible, et commence à planter les araignées ; celles-ci hurlent et donnent, bien malgré elles, un nom à son épée : "Dard" (si on devait nommer les armes en fonction de ce que les gens hurlent quand on s’en sert sur eux, une bonne partie de l’armement de Marseille s’appellerait "Bâtard") . Bon par contre, on ne sait pas trop pourquoi, Bilbo retire son anneau pour un oui ou pour un non, quitte à se mettre en danger pour rien, puis le remet, le retire à nouveau… bref. Toujours est-il qu’il parvient à libérer les nains l’un après l’autre, qui prennent alors les armes pour se défendre contre les arachnides. La bataille dure un bon moment (il faut bien remplir le film d’une manière ou d’une autre), et soudain, des renforts inattendus jaillissent des fourrés voisins : des elfes ! Qui mettent en déroute les araignées ! Avec à leur tête un certain… Legolas !

"Alors les nains, on se promène sur nos terres ? 
- Legolas ? Mais ? C’est affreux ! Qu’est-ce qui est arrivé à votre maquillage ?
- J’ai pris dix ans depuis le Seigneur des Anneaux, les gars.
- Oh. D’accord.
- En attendant, vous n’avez rien à faire ici : donnez-nous armes et équipement, nous vous collons au trou !"

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Les nains n’ayant clairement pas l’avantage, ils confient donc tout leur matériel aux elfes, chopines à bière compris, puis sont emmenés dans une forteresse au cœur des bois où on les enferme tranquillement l’un après l’autre. Mais Legolas note quelque chose qui l’embête un peu : il a des vues sur Tauriel, la jolie capitaine qui mène la garde, mais cette dernière a des vues sur Jean-Jacques, l’un des nains de la bande, qui l’a fait craquer au premier regard. Legolas feint donc l’indifférence, mais moyennement bien ("Mais enfin Legolas, notre amitié est trop précieuse, tu mérites tellement mieux que moi !"). Thorin, lui, a le droit a un entretien avec Thranduil, le roi des elfes du cru.

"Thorin Ecu-de-chêne ! Le célèbre roi sous la montagne, parti reconquérir son royaume… vous ici !
- En effet. Je souhaiterais pouvoir poursuivre mon chemin. C’est sympa chez vous, c’est coquet et tout, mais c’est pas tout ça, on a de la route. 
- Thorin, mon bon ami… voilà ce que je te propose : tu veux reconquérir ton trône ? Soit. Je t’y aiderai.
- Ah oui ? C’est bien, ça, dites-donc. 
- Oui, mais en échange… il y a dans le trésor de Smaug certaines pierres qui m’appartiennent… je souhaiterais les récupérer.
- ALORS CA JAMAIS !
- Je… attendez, mais ? Pourquoi vous vous énervez ?
- PARCE QUE VOUS N’AVEZ AUCUNE PAROLE ! Quand la montagne a été attaquée, vous n’avez pas accueilli les réfugiés ! Alors je sais que vous n’avez aucun honneur !
- Nan mais c’est-à-dire que c’est con, votre histoire : je vous parle de pierres que le dragon a. Ce qui signifie que je ne peux les récupérer QUE si je vous aide d’abord. Donc que je suis payé à la livraison. Donc, impossible pour moi de vous lâcher si je veux mon paiement. Du coup, c’est pas logique, votre grosse colère là.
- Ah bin oui. Mais le script dit que ni vous ni moi n’y pensons.
- Il dit quoi ensuite ?
- Il dit que vous me renvoyez au trou.
- Alors soit : au trou, le nain !"

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Et au trou, le nain, donc. Mais retrouvant Balin, son lieutenant, dans sa cellule, Thorin explique que rien n’est perdu : non pas parce que Gandalf peut encore les sauver, non, personne ne compte plus sur papy depuis longtemps, mais parce que les elfes n’ont pas capturé Bilbo ! Celui-ci a eu la bonne idée d’enfiler son anneau peu avant la capture du groupe, et a donc suivi les elfes jusqu’à leur forteresse… donc inutile de passer un marché avec les elfes, puisque Bilbo est là !

Oui, enfin les elfes se proposaient juste de t’aider à reprendre ta montagne directement. Un détail, sûrement : tu n’en as pas besoin. Bilbo va sûrement aussi latter le dragon tout seul.

"Tauriel, les nains que nous avons capturés… est-ce que c’est juste moi ou est-ce qu’ils sont un petit peu nerveux, voire carrément con-cons ?"

S’ensuit une petite scène durant laquelle Tauriel, la jolie elfe, vient discuter avec Jean-Jacques, le gentil nain en cellule. Evidemment, ils parlent de leurs rêves, de leurs déceptions, de la vie, de la mort, et bien évidemment de physique quantique, sans se rendre compte que Legolas a suivi la chose de loin. Aussi, sitôt que Tauriel a quitté le secteur où les nains sont enfermés, le bougre lui tombe dessus.

"Tauriel ! Je vois que ce nain ne te laisse pas indifférente.
- C’est que… il est plutôt grand et bien fait, pour un nain !
- Tu veux dire que tu es attirée par lui ?
- Hé bien je…
- Tauriel, je ne pensais pas devoir en arriver là un jour mais… sais-tu ce que cela donne lorsqu’un nain et une elfe s’aiment ?
- Non ?
- Regarde cette photo d’Eric Zemmour. Maintenant, redis-moi que ce n’est pas une connerie.
- Seigneur je… je vais y réfléchir Legolas je… je ne savais pas…"

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La discussion se poursuit, mais n’y prêtons pas attention : car Bilbo, lui, a bien avancé de son côté. Il a réussi à récupérer les clés des cellules de la forteresse qu’un geôlier avait laissées au clou, et a en plus appris que les elfes avaient un système pour évacuer les tonneaux de vin elfique vides par la rivière passant sous leur base d’opération qui lui a donné des idées. Ni une, ni deux, il va donc libérer ses amis (ce qui est facilité par le fait que tous les gardes que l’on voyait patrouiller avant doivent eux aussi avoir des anneaux d’invisibilité puisqu’ils ont tous disparu), puis les emmène vers les caves de la forteresses, en leur ordonnant de se glisser dans les tonneaux qui attendent sur une trappe d’être évacués par la rivière. Ça tombe bien, il y a… 13 tonneaux très exactement !

Retenez bien cette information. 13 nains, 13 tonneaux. Oui, ça tombe bien, j’en conviens.

Bilbo active donc le mécanisme de la trappe qui va bien, et les treize nains, protégés par leurs tonneaux, sont donc envoyés flotter sur la rivière rugissante. Et quelques instants plus tard, Bilbo les suit, sans tonneau pour sa part. De là, c’est parti pour la séquence "Peter Jackson est tellement mauvais que même les trucs simples, il n’y arrive pas." Ainsi, si l’on suit les pérégrinations sur les flots de nos amis nains (avec même une séquence en caméra go-pro, ça c’est du grand cinéma), selon les plans, le nombre de tonneau, pourtant facile à retenir, varie. Les nains s’arrêtent sur une grille qui leur bloque la route ? Hop ! Il y a soudainement beaucoup moins de tonneaux ! Un nain brise son tonneau ? Il y en a un vide qui l’attend ! Un plan large ? Des tonneaux disparaissent !

C’est tellement simple que se planter là-dessus en est consternant.

Mais en parlant de consternation, sachez qu’il se passe des choses en même temps, puisque les postes de garde elfes sur la rivière en bordure de la forteresse sont pris d’assaut par Gérard l’orque et sa troupe d’environ… 350 orques ? Parce que oui, les elfes ont repéré 13 nains au fond des bois, mais pas 350 orques directement chez eux. Probablement des orques ninjas. Ah, et au fait, sachant que les bois sont super hostiles, comment les orques ont trouvé la forteresse ? Oh, et puis tant qu’à faire, sachant que les nains ne se sont jamais arrêtés dans leur progression, et que là, même en se faisant capturer, ils s’évadent en moins d’une journée, cela veut dire qu’en plus du temps de trajet minimum pris par les nains, Gérard l’orque a trouvé le temps de :

  • attendre qu’Azog revienne au rapport lui passer la main
  • reprendre la route jusqu’à l’endroit où Azog avait arrêté la poursuite
  • retrouver la piste des nains
  • les chercher au fond des bois, pourtant qui rendent fou, le tout hors du sentier et sans se faire voir
  • de les suivre jusqu’à la forteresse elfique
  • de la contourner et de se positionner sur le fleuve, là encore, sans se faire repérer
  • et enfin de lancer l’assaut !

On peut dire que le garçon sait gérer son emploi du temps. Ou alors, c’est juste que c’est nul et complètement artificiel pour là encore, meubler un film creux. D’ailleurs, à ce moment là dans la salle, un intégriste du livre s’est levé et a tenté de s’immoler à l’aide des pages dudit ouvrage ; hélas, Bilbo le Hobbit n’est pas assez épais pour allumer un feu un minimum sérieux. Alors y trouver assez de pages pour faire une trilogie, il fallait bien rajouter quelque chose. Comme par exemple, et à tout hasard, du caca.

En tout cas, les elfes, à l’origine partis à la poursuite des tonneaux sur la rivière, se retrouvent donc à affronter les orques, avec évidemment de fameux passages comme "Legolas tirant des flèches sur les orques, le tout en équilibre sur la tête de deux nains dans leurs tonneaux dévalant la rivière". L’intégriste du livre qui s’était raté quelques instants auparavant est donc revenu, mais cette fois-ci avec un bidon de kérosène. J’en profite pour signaler que durant cette séquence, les nains arrivent à voler des armes aux orques qui leur sautent dessus, s’en servant pour affronter l’ennemi comme pour abattre les obstacles sur leur route. Ça aussi, ça servira plus tard.

Toujours est-il que les tonneaux finissent par s’éloigner, et que Legolas et Tauriel ne peuvent que contempler le spectacle des nains leur échappant, alors que les orques, eux, continuent de descendre la rivière à la poursuite des nains, mais en cherchant un peu moins le conflit avec les elfes. Mais l’un des méchants a été fait prisonnier, l’occasion pour nos amis aux oreilles pointues d’apprendre que les orques se sentent très forts, leur maître nécromancien leur assurant une prochaine victoire sur les peuples libres des Terres du Milieu. Il ajoute aussi qu’il a clairement vu dans la bataille sur la rivière un nain – et comme par hasard, celui qui provoque des palpitations chez Tauriel – se faire toucher par une flèche empoisonnée. Et que donc, bientôt, il ne sera plus, hohoho ! Ni une, ni deux, Tauriel, bientôt suivie par Legolas, décide donc de reprendre la route de la rivière pour aller porter secours au malheureux…

Mais sans emporter de quoi le soigner, hein, quand bien même l’orque a donné le nom du poison. Faudrait pas être trop futé non plus.

Dans l’immédiat, revenons, justement, à ce qu’il se passe chez nos amis trapus. En effet, la rivière locale débouche sur un lac, où les tonneaux des nains viennent s’échouer sur une espèce de petit îlot rocailleux. L’occasion pour eux de savourer la chose, car le lac où ils sont est situé non loin du Mont Solitaire, leur destination, l’aventure touchera bientôt à sa fin ! Mais déjà, ils sont bien embêtés : ils sont comme des couillons sur leur îlot, et n’ont plus le moindre équipement (voilà où je venais en venir : vous savez toutes les armes prises aux orques ? Elles ont disparu parce que ça arrange l’intrigue, hop !), vont-ils devoir manger Bilbo ? Heureusement pour notre héros, une large embarcation s’approche du roc sur lequel ils se sont abrités : elle est conduite par un humain, un certain Bard, qui explique à la petite troupe qu’il est bien étonné de les trouver là : lui, d’habitude, il vient juste ici récupérer les tonneaux que les elfes ont jeté à la rivière pour aller les vendre à Lacville, la cité la plus proche. Alors trouver des nains dans les tonneaux en question… il préfère ne pas trop s’en mêler, c’est un coup à avoir des emmerdes. Mais bon, c’est quand même moyen de la part des elfes de balancer leurs nains usagés à l’eau, c’est pas Fort Boyard ici, sacrebleu.

Sauf que Balin, en bon lieutenant de Thorin et fin diplomate, lui propose tout plein de pognon en échange d’un voyage vers Lacville et d’armes pour qu’ils puissent reprendre leur route.

"Soit ! J’accepte !" dit donc Bard, bateleur mais aussi contrebandier de son état. Le spectateur s’étonne donc en voyant les nains sortir des tonnes de pièces d’or pour le payer : ne venaient-ils pas justement d’expliquer qu’ils n’avaient plus rien sur eux puisque les elfes leur avaient tout pris ? Ils doivent probablement générer des pièces d’or aléatoirement. D’ailleurs, ce n’est pas la seule chose qu’ils génèrent, puisque ratages de bas étage toujours, Bard explique à ses nouveaux compagnons qu’ils doivent se faire discrets, et qu’il va donc les faire rentrer en ville, cachés dans leurs tonneaux. 13 nains, 13 tonneaux, vous vous souvenez (même en faisant fi de la scène précédente) ? Hé bien il y en a désormais, hop, pif pouf, un quatorzième juste pour Bilbo !

La réalisation insiste même avec des gros plans pour être sûr de ne laisser aucune chance à un extrapolator de passage. Le nombre est 13. Ni 12, ni 14.

Quoi, je chipote ? Hé, ho, qui se prétend un réalisateur d’envergure international faisant une trilogie à ouat’mille millions ? Bon, alors.

En tout cas, une fois la petite équipe camouflée, Bard emmène la troupe à Lacville, passant avec quelques ruses les différents postes de garde autour de la cité qui est une sorte de croisement entre Venise et Charleville-Mézières. En effet, s’il n’y a pas de rues, seulement des canaux, la ville est loin d’avoir la splendeur de la cité des doges : c’est plutôt un gros amoncellement de cabanes, le tout dirigé par le Maître, seigneur local qui a un certain goût pour l’argent, mais un peu moins pour le partage. Et à en croire les discussions que Bard a avec des gardes alors qu’il mène sa barque, la cité est au bord de la rébellion, puisque bon, le Maître, il est gentil, mais manger du poisson du lac matin midi et soir, ça va bien 5 minutes, tu t’es cru à Innsmouth pépé ?

Bard achève d’emmener nos amis nains jusqu’à chez lui, mais hélas, se fait repérer par quelques passants qui s’étonnent de voir des nains se promener en ville. En tout cas, à l’abri des murs de sa demeure, Bard leur présente sa petite famille (il a deux filles et un garçon), et propose de tenir sa parole en fournissant des armes aux nains : harpons, maillets, grappins… il leur donne tout ce qu’il a sous la main, mais notre fier humain a bien du mal à convaincre ses nouveaux amis que ses armes valent le prix qu’ils ont payé : eux, ils veulent des épées, des haches, des arcs… et pas ces trucs de récupération ! Petit arnaqueur, va ! Bard leur explique qu’il n’y a qu’un seul endroit dans la ville où il y a tout ça : l’armurerie. Mais qu’il n’ira pas la piller pour leur beaux yeux, faudrait voir à se calmer les barbichus.

En parlant d’arme, Thorin, lui, repère quelque chose par la fenêtre de la maison de Bard : une tour de garde de la ville surmontée d’une baliste… naine ! Bilbo, qui ne connaît pas grand chose à ces histoires là, a donc le droit à un petit récapitulatif : cette arme vient de Dale, la cité  humaine qui était en face du Mont Solitaire et que Smaug a détruit lorsqu’il est arrivé. C’est l’une des rares armes capables d’abattre un dragon pour peu qu’elle soit alimentée en flèches noires, des choses forgées spécialement par les nains. Et le jour où Smaug a attaqué Dale, le seigneur de la ville est allé en personne manier l’une des armes sauf que hélas, trois fois hélas, il n’a pas réussi à blesser la bête avec les 4 flèches noires qu’il avait à disposition !

"Attendez, vous voulez dire que les nains connaissaient des armes anti-dragons et en fabriquaient ?" me direz-vous ?

Oui oui, vous répondrais-je.

"Et vous voulez dire que ces blaireaux de nains ont confié l’arme en question aux humains, mais n’ont pas pensé à en équiper leur forteresse, pourtant appeau à dragons ?"

C’est exactement ça.

"Et qu’en plus, ils n’ont forgé qu’une baliste et 4 flèches en tout et pour tout pour défendre tant Dale que leur montagne ?"

Je suis consterné moi aussi, mais oui.

"Est-ce qu’il vous reste du brandy ? J’en aurais bien besoin, là."

Tenez, et accrochez-vous parce qu’on a pas fini.

Car si la famille de Bard intervient pour dire "Attendez, selon la légende, le Seigneur de Dale a arraché une écaille au dragon dans la bataille quand même !" (chapeau l’artiste, avec un peu de bol, il lui a aussi pété un ongle, quelle glorieuse escarmouche), les nains, eux ont déjà d’autres idées en tête. Comme par exemple, attendre que la nuit tombe pour aller cambrioler l’armurerie de la ville ! Ce qui se passerait bien si dès la première minute, une fois à l’intérieur, nos larrons ne se disaient "Alors, plutôt que de prendre chacun ce dont on a besoin, si on faisait un gros tas d’armes et qu’on filait le tout à… tiens, toi Jean-Jacques, qui a une jambe blessée et est empoisonnée, ça te dirait pas de tout porter dans l’escalier ?". Grâce à ce rebondissement qui prouve qu’encore une fois, Peter Jackson s’y connaît en qualité, le nain ne manque pas de se vautrer, et donc de donner l’alarme. Bien vite, la milice de la ville capture donc les nains et les emmène jusqu’au palais du Maître, qui les accueille sur son parvis.

"Tiens ! Des nains ! C’est pas banal. La rumeur courait en ville qu’il y avait des petits barbus qui courraient les rues était donc vraie…
- En effet. Je suis Thorin Ecu-de-chêne et voici ma fière compagnie.
- Thorin ! Le roi sous la montagne ! On a par ici une vieille prophétie qui dit que quand vous reviendrez, ce sera la fête chez vous, mais moyen pour nos gueules.
- Puis-je savoir d’où sort cette prophétie ?
- Heu… de… c’est… une prophétie. Voilà. 
- Qu’importe : aidez-moi à aller jusqu’au Mont Solitaire, donnez-nous armes et vivres, et lorsque mon royaume renaîtra, je partagerai mon or avec vous tous !
- Okay, tope-là gros."

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Le peuple est donc en liesse à l’idée de voir le royaume des nains renaître et le pognon à nouveau couler à flot, pour que leur ville redevienne une prospère cité marchande et non plus un vulgaire trou à pêche, mais Bard, lui, décide de venir casser l’ambiance, le saligaud.

"Arrêtez ! Bon sang, la prophétie dit que ça va être chaud cacao pour nos museaux, alors ne les laissons pas y aller !
- Ho, le relou !
- Mais pensez au dragon, crotte !
- Bon, écoute Bard… ou dois-je dire… "Bard-le-fils-du-seigneur-de-Dale-qui-a-tiré-comme-une-buse-sur-le-dragon", tu es gentil et tu vas jouer aux billes, ici, on fait la fête."

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Bard, son identité de fils de loser révélée, grommelle donc alors que la ville célèbre l’arrivée des nains chez elle, et dès le lendemain matin, elle équipe ceux-ci, leur confie armes et provisions, et bien évidemment, met à leur disposition une embarcation pour aller jusqu’au Mont Solitaire. Jean-Jacques le nain empoisonné étant tout malade, il reste sur place avec une paire d’autres nains pour prendre soin de lui, pendant que Thorin, Bilbo et les autres se mettent en route.

Commence donc la dernière partie du voyage : nous sommes "le jour de Durin", un jour bien précis de l’année où selon les informations de Thorin, lorsqu’ils auront trouvé le passage secret menant à l’intérieur de la montagne (je n’ai toujours pas compris pourquoi ils ne passaient pas par la grande porte, qui pour rappel, avait un trou béant là où le dragon était rentré, mais bon, hein, les passages secrets, c’est vrai que c’est plus cool), "la dernière lueur du jour de Thorin montrera la serrure". Il faut donc se dépêcher de trouver le passage secret ! Bilbo et les nains courent donc la montagne à la recherche d’un indice pouvant les mettre sur la piste d’ne éventuelle porte secrète mais hélas, ils font chou blanc.

Du moins, jusqu’à ce que Bilbo hurle "Regardez !" et que Thorin commente sa découverte par un "Vous avez de bons yeux maître Sacquet !"

Comment vous annoncer ce que Bilbo désigne et que personne n’avait vu ? Je… bon, je vais faire simple : Bilbo montre du doigt une statue de nain d’environ 150 mètres de haut qui était juste à côté d’eux. Non, je n’invente pas : on parle bien d’une statue de 150 mètres de haut que personne n’avait remarquée, quand bien même ils étaient à 20 mètres d’elle. Voilà voilà. Ah non mais quand on parle de mauvais film, là ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Et dire qu’il y a une version longue, je n’ose y penser.

Histoire d’illustrer mon propos, ça, c’est un bout de la statue, trop large pour l’écran. Les minuscules points sur le manche de la hache ou en bas à droite dans le simili escalier, ce sont nos héros. Voilà, voilà, difficile à repérer comme détail dans la montagne, donc, en effet.

Bref : nos héros grimpent donc sur la statue, qui avait un simili-escalier intégré, et arrivent au sommet de celle-ci pour découvrir une petite plate-forme taillée dans la montagne avec une forme dans la paroi évoquant une porte. La fin du voyage est là ! Ou du moins, devrait ; car Thorin a beau avoir avec lui la clé menant à la forteresse de son père, les nains n’arrivent pas à trouver la serrure, et même lorsque les dernières lueurs du soleil illuminent la porte (ils sont arrivés 2 minute avant la nuit)… nulle serrure n’apparaît. Et le soleil finit par disparaître derrière les montagnes.

"C’est fini." s’exclame donc Thorin. "Nous avons échoué. Partons.". Le bougre jette donc au sol la clé de son père, puis fait demi-tour et commence à s’en aller avec les autres nains.

Oui, là encore, vous avez bien lu : c’est tellement bien écrit que les mecs viennent de risquer leur vie durant des semaines pour arriver là, mais une fois devant la porte, ils n’insistent que deux minutes puis laissent tout tomber. Ah, on sent les mecs motivés, hein, pfou.

Evidemment, Bilbo, lui, est beaucoup plus insistant, et lorsque la lune se lève, c’est elle, "la dernière lueur du jour de Durin" ! Il voit donc une pâle lueur lui indiquer un trou dans la paroi, et appelant les nains pour leur signifier que c’est bon, il a trouvé la solution, il voit donc ces derniers revenir (avec une vitesse, encore une fois, frôlant la téléportation) et ramasser la clé de Thorin pour ouvrir la porte vers les profondeurs du Mont Solitaire… hooo ! Merci Bilbo, sans toi, on retournait chez nous jouer à la crapette jusqu’à la fin de nos jours.

Bilbo et ses amis s’enfoncent donc dans l’étroit passage, découvrant quelques bas-reliefs de leurs ancêtres ("Regardez, celui-ci raconte comment le roi un conçu la défense anti-dragon du royaume un soir de cuite !"), et Thorin explique alors à Bilbo pourquoi il est là : en tant que "cambrioleur" de l’équipe, c’est à lui de partir en éclaireur dans la cité naine abandonnée. Et de trouver le trésor de Smaug pour y prendre l’Arkenstone, le joyau de la montagne, et ramener celui-ci à Thorin pour qu’il puisse, si Smaug est encore vivant, réunir les armées des nains pour venir péter du dragon. Bilbo n’est pas très rassuré, mais allez, en route !

Notre fier hobbit traverse donc les couloirs abandonnés de la forteresse naine, avant de déboucher dans une immense salle, où tant de pièces et de bijoux sont accumulés que l’on pourrait penser à un épisode de La Bande à Picsou. Bilbo, qui n’a pour seule instruction que "Tu reconnaîtras l’Arkenstone au premier coup d’œil", ce qui est un peu flou, voire tout pourri, commence donc à escalader les montagnes d’or en inspectant quelques bijoux ici ou là, mais bientôt, ses mouvements finissent par provoquer de véritables mini-avalanches de pièces… révélant peu à peu le corps d’un immense dragon dormant au-dessous ! Et celui-ci se réveille doucement !

Alors que la majorité des spectateurs dans la salle sont en train d’hurler pêle-mêle des instructions visant à inciter Bilbo à mettre, par exemple, son anneau d’invisibilité (sur son doigt ou ailleurs, on sent une certaine tension) ou sont plus prosaïquement en train de faire des commentaires sur sa maman, le dragon achève donc de sortir de son sommeil, et Bilbo décide tout simplement de se cacher derrière une colonne de l’immense salle au trésor. Après un long moment, et alors que le dragon commence à parler – car oui, il parle ! – en disant "Mmm, il y a comme une odeur…" (les sphincters de Bilbo l’ont trahi), notre héros se décide enfin à mettre son anneau d’invisibilité… puis le retire dix minutes plus tard parce qu’il est un peu con, apparaissant ainsi au dragon, hop. Non mais… bon. C’est donc parti pour un petit moment de dialogue, où Bilbo tente de gagner du temps pour sauver sa vie, alors que du coin de l’œil, il a repéré un énorme joyau brillant d’une lumière surnaturelle : l’Arkenstone !

"Tu es donc là, petit voleur ! Tu sens le nain, mais tu as aussi une autre odeur… qu’es-tu ?
- Je ne suis pas un voleur, ho non, certainement pas ! 
-Alors, dis-moi ce que tu es et viens faire ici !
- Ho, je suis venu contempler votre grandeur, ô, Smaug ! Et je ne suis qu’un… un chevaucheur de tonneau, un ami des aigles, celui qui court sous la colline et par-dessus la colline et…
- Hmmm, j’aime les flatteries, mais ça ne te sauvera pas.  Par contre, tu sais ce que je n’aime pas ? Les réalisateurs qui réécrivent quasiment tous les dialogues d’un livre, mais en laissent des passages entiers dans le style littéraire de l’auteur là où ça les arrange. Parce que du coup mon petit Bilbo, depuis le début du film, jamais tu ne t’es exprimé comme ça, et ça sonne complètement faux.
- Je… heu… ouiii et… ô Smaug le gigantesque et… vous ai-je… ho, et si nous parlions de votre énoooorme sexe ?
- Rhooooohoho… bon, okay, les flatteries marchent un peu !"

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Je vous passe le long dialogue entre Smaug et Bilbo, et profitons-en pour aller voir ce qu’il se passe ailleurs. Comme par exemple, du côté de chez Gandalf ! Vous l’aviez oublié, n’est-ce pas ? Moi aussi ! Car celui-ci, après avoir gambadé à droite et à gauche, a découvert que la prison où les Nazguls, vils serviteurs du terrible sorcier Sauron, étaient enfermés depuis des siècles, avait été ouverte et que cela continue de lui donner des indices sur la mystérieuse identité du nécromancien de Dol Guldur (je me demande bien qui c’est, d’ailleurs. Sylvain Mirouf, peut-être ?). Notre vieux préféré décide donc de se rendre sur place pour en avoir le cœur net, accompagné de Radagast, le magicien amateur de ganja. Sur place, tous deux conviennent d’un plan.

"Radagast, va prévenir Galadriel que je vais explorer Dol Guldur. 
- Certes Gandalf, mais ça ne sentirait pas un peu le piège à con ?
- C’EST un piège à con !"

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"Meugneugneu Gandalf gneugneugneu piège à con gneugneu… j’ai un bâton qui fait de la lumière, il ne peut RIEN m’arriver !"

Là encore, je suis au regret de vous dire que je ne rigole pas : Gandalf dit bien à Radagast que oui, il est conscient que c’est un piège, mais qu’il y va quand même. Pourquoi ? La réponse est dans le dialogue précédent. Ou alors, il a peur que Radagast aussi connaisse les paroles de "Gandalf a les chocottes". C’est donc encore une fois sous les hurlements outrés de la salle de cinéma, alors qu’une partie des spectateurs tente en vain d’allumer des cocktails molotov à partir de Coca Zéro, que Gandalf rentre donc dans la forteresse en poussant de grands cris que l’on pourrait résumer à "HOUHOUUUU LES MECHAAANTS OU ETES VOUS ?" (là encore, c’est tristement véridique). Après avoir ainsi habilement enquêté, les méchants (comprendre : Azog et toute une armée) tombent sur Gandalf et lui distribuent des claques, ce qui étonne bien notre petit vieux. Pire encore, il voit une ombre apparaître et se moquer ouvertement de lui : il comprend alors que cette ombre, le nécromancien comme il se fait appeler, n’est autre que… Sauron !

Je sais, personne ne l’avait deviné. C’est… pfou, formidable.

Gandalf est donc capturé et voit les armées de Sauron quitter Dol Guldur pour aller embêter les peuples libres… flûte ! Merci de ton intervention Gandalf, c’était particulièrement constructif.

Tant qu’à en être à faire le tour de ce qu’il se déroule hors du Mont Solitaire, sachez qu’il se passe des choses du côté de Lacville ! En effet, Jean-Jacques le nain est toujours victime du poison orque, et est désormais en bien piètre état. Et alors que ses amis lui préparent un remède, Bard, lui, a son détecteur de dragon qui se réveille qui s’agite. Oui, comme ça, hop. Il sort donc du grenier… une flèche noire ! La dernière que son père n’avait pas eu le temps de tirer sur Smaug ! Et il court vers la baliste de la ville pour se préparer en cas d’attaque de dragon. Sauf qu’alors qu’il est en route, les gardes l’arrêtent et le mettent en tôle.

Pourquoi ?

Aucune explication. Non, vraiment : aucune. Enfin, si, moi j’ai en une. Elle s’appelle : "C’est juste un rebondissement pourri pour que, dans le prochain film, on puisse nous caser une scène de 15 minutes durant laquelle Bard doit sortir de prison pour aller sauver la ville au milieu de plein d’action." On prend les paris et on se retrouve l’année prochaine pour confirmer la médiocrité de cette trilogie.

Mauvaises scènes d’action toujours, sachez que des silhouettes étranges apparaissent sur les toits de Lacville : il s’agit de Gérard et de ses orques, venus en finir avec les nains ! Et non, là encore, aucun garde de Lacville n’a vu depuis les tours la centaine de mecs en train de se promener sur les toits, ou n’a remarqué les embarcations avec lesquelles ils sont probablement venus. Non, c’est même mieux : alors que jusqu’ici, Lacville grouillait de vie et de gardes, pouf ! Il n’y a plus âme qui vive dans les rues ou même dans les maisons, pas une voix, pas un cri ! C’est fou hein ? Et c’est pas la première fois que ça arrive dans ce film, alors vraiment, quel talent. Ça tombe bien, parce que les orques ne sont pas les seuls à arriver en ville : Legolas et Tauriel sont là ! Pif, pouf, paf, bang, les elfes tuent les orques par dizaines, le tout en prenant des poses cools, jusqu’à ce que l’ennemi soit repoussé. Tauriel peut donc se précipiter au chevet de Jean-Jacques pour le guérir, alors qu’il délire à moitié et débite des dialogues comme "Hooo, belle dame, je suis tout fiévreux mais vous me rappelez une belle elfe du nom de Tauriel, hooo, comme je souhaiterais qu’elle m’aime !".

Moi, je souhaiterais que l’auteur des dialogues meure dans son propre vomi de guimauve, chacun ses vœux mon petit Jean-Jacques. Pour ton cas particulier, j’espère que Legolas et sa photo d’Eric Zemmour vont vite revenir t’aider à comprendre ton erreur.

Mais, assez ! Retournons donc du côté du Mont Solitaire, où Bilbo est en bien mauvaise posture face au dragon, et continue de le flatter pour l’inciter à l’épargner un peu plus longtemps.

"Ô, Smaug le magnifique ! Le terrifiant ! Smaug le maître des airs ! Smaug le puissant ! Smaug le champion de Street Fighter II Turbo !
- Non, allons, tu me flattes trop… et puis je ne suis pas si fort que ça à l’édition Turbo, Balrog il est cheaté, comme on dit dans la Moria.
- …
- C’est de l’humour draconique.
- Il faut que je vous présente Thorin.
- THORIN ! Hahaha, j’étais sûr que ce vieux nain était ici ! Et je vois ce que tu regardes, petit voleur… l’Arkenstone !"

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De là, tout en parlant, Smaug s’amuse à regarder Bilbo cavaler comme une tanche (mais toujours en restant visible, encore une fois, l’invisibilité, pourquoi faire quand on est en danger de mort ?), alors que l’Arkenstone, suite à d’habiles mouvements de Smaug, tombe hors de sa portée à chaque fois qu’il va mettre la main dessus. Une telle précision me laisse supposer que Smaug est probablement une bête au mini-golf, mais passons. Après de très, très longs dialogues, Smaug décide qu’il est enfin temps de tuer Bilbo, et se propose donc de lui cramer le museau. Notre fier hobbit, à défaut de finir en merguez, parvient donc à s’échapper et à regagner l’accès au passage secret par lequel il est arrivé mais y trouve… Thorin ! Qui visiblement, est de mauvaise humeur.

"Bilbo… où est l’Arkenstone ?
- Je… Thorin, je suis un peu pressé là.
- Alors donne-moi l’Arkenstone.
- Je… je l’ai avec moi, oui oui, je ne pipeaute pas, elle est dans ma poche, si je te la donnais là-haut à l’abri ?
- Non, maintenant. Tiens, si je te menaçais avec mon épée pour appuyer ma demande ?
- Thorin… non…"

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"Vous me le dites si je vous fais chier tous les deux, hein !"

Oui, alors Bilbo, juste comme ça : la bonne réplique à donner, plutôt que de pipeauter tranquillement avec ton copain, c’était peut-être "SMAUG, IL EST DERRIÈRE MOI, BOUGE TOI BOUGRE DE CORNIAUD !", mais non, ça devait être un peu subtil. Du coup, soudain, Thorin et Bilbo voient surgir à côté d’eux l’énorme tête de Smaug… et décident donc bien naturellement, alors qu’ils sont juste à l’entrée du passage secret qui est sécurisé, de se mettre à courir dans la direction opposée, galopant dans toute la forteresse naine, bientôt rejoints par Balin et les autres nains de l’expédition, venus à leur rescousse. L’occasion pour moi de parler de l’architecture naine. Une seconde, j’allume mon cigare et prends mon air docte. Voilà.

L’architecture naine est un véritable joyau. Moins chargée qu’une cathédrale gothique mais plus complexe qu’une église romane, on note que celle-ci se caractérise par un certain amour des angles et du respect des règles géométriques basiques, le tout mêlé à un gros complexe d’infériorité qui pousse les nains à ne créer que des choses gigantesques : grosses statues, grandes salles, immenses colonnes… si j’étais Tauriel, je me méfierais. Mais surtout, l’architecture naine se caractérise par un goût certain pour les trucs pas pratiques.  Par exemple, on peut constater durant le film que la moindre passerelle est immense, lisse, et toujours au-dessus d’un vide immense. Ce qui explique le très fort taux de mortalité chez les nains qui, pour peu qu’ils trébuchent ou titubent pour rentrer chez eux, risquent à tout instant une chute de minimum 70 mètres. Idem, leur goût pour la grandeur fait que les mêmes passerelles ou escaliers sont toujours immenses. On en déduira bien volontiers que le nain ayant un besoin pressant doit probablement devoir parcourir des kilomètres avant de trouver des latrines (qui sont probablement immenses, elles aussi) : le risque d’implosion avant d’arriver à destination est donc particulièrement élevé. Surtout quand on connait les courtes pattes des personnages. Mais, assez de cours magistral, prenant un exemple de conception architecturale naine en nous penchant sur la scène suivante :

Thorin et ses amis finissent par se dire qu’ils ne vont pas errer pour l’éternité dans la forteresse en attendant de se faire croquer, et que damned, ils ont été bien cons de faire des salles si grandes en permanence, alors qu’une paire de petits couloirs auraient suffi à arrêter le dragon vu sa taille. Ils vont donc aller aux forges, et essayer d’y trouver quelque chose pour meuler Smaug. Ça tombe bien, non seulement les forges sont en parfait état de marche, mais il suffit d’un souffle de Smaug pour remettre toute la machinerie en route (et donc permettre, évidemment, à des nains de sauter dans tous les sens sur des tapis roulants en esquivant du métal en fusion et autres scènes dignes de Georges Lucas). Thorin ordonne donc à Bilbo d’aller "activer une manette de la forge". Hé bien même ça, ce n’est pas à côté de la forge ! Bilbo doit courir sur 100 mètres, gravir d’immenses escaliers, arriver sur un promontoire surplombant les forges et y trouver la manette !

On applaudit donc bien fort le type qui a dessiné les décors, qui a visiblement lui aussi quelque chose à compenser, mais il faudra que quelqu’un lui rappellequ’il est impossible de faire rallonger son Q.I.

Bref : activant la manette en question, Bilbo permet à une gigantesque quantité d’or fondu de ruisseler jusqu’à un imposant moule (tout était prêt, ça n’attendait plus que ça) derrière lequel bientôt, Thorin et ses amis vont s’abriter (Thorin, pour l’occasion, surfe sur l’or en fusion via un bouclier. Je crois que c’est à ce moment là que quelqu’un au premier rang a hurlé "Tolkien ackbar !" avant d’activer sa ceinture d’explosifs). Smaug ne comprend pas trop bien de quoi il retourne jusqu’à ce que Thorin n’active le système qui brise le moule, et ne se révèle une gigantesque (hé !) statue de nain en or. Qui au bout de quelques secondes, n’ayant pas eu le temps de refroidir, se liquéfie… et le métal en fusion tombe donc sur Smaug !

Le dragon se débat, s’ébroue, mais le liquide lui colle à la peau écaillée jusqu’à ce qu’il disparaisse sous le flot d’or fondu. Les nains sont déjà prêts à crier victoire, lorsque le dragon rejaillit de sous l’or, hurle que Thorin va payer, mais que déjà, il va aller s’occuper de Lacville, histoire de rappeler à la région qui est le patron. Les nains sont donc fort désappointés alors que le dragon, se débarrassant en quelques secondes de l’or qu’il a encore sur lui, quitte la forteresse puis s’envole dans la nuit, maugréant qu’il est la mort, la destruction, l’ouverture facile et autres synonymes de terreur chez les vivants.

Et mettant le cap sur Lacville, il se prépare à faire payer tout ce petit monde et…

… FIN !

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En cette période de fêtes ou certains doivent lire ces lignes, une part de bûche dans une main et un mouchoir imbibé de larmes de sang dans l’autre après cette lecture, je conclurai brièvement :

Que ? Qu’est-ce que c’était que CA ?

Spoiler Corp, salle de réunion, 15:32

Resserrant délicatement le noeud de ma cravate d’un air concentré, je fais fi des regards embarrassés tournés vers moi autour de la table. Certains jouent nerveusement avec les papiers empilés devant eux, quand d’autres semblent savourer leur café comme si c’était le dernier.

"Je crois vous avoir dit que j’attendais vos idées", dis-je tout en martelant la table de mes doigts. "Noël approche, et nous devrions pour l’occasion faire quelque chose de spécial sur les spoilers. Alors ?"

Après un long moment durant lequel tout le monde chercha à éviter de croiser mon regard en prenant l’air faussement concentré, une main se leva.

"Berthier ?
- On pourrait faire un lip-dub ?
- Et ma main dans la gueule, vous la voulez Berthier ? Vous vous croyez en 2010 ? Soyons sérieux. 
- Mais c’est sur quoi le spoiler cette semaine ?
- Bilbo.
- Vous allez faire un avertissement sur tous les relous qui vont obligatoirement comparer au film pour tout justifier, parce qu’ils pensent probablement que les films tirés d’un livre, il faut les regarder avec l’ouvrage sur les genoux ?
- Non, parce qu’ils le feront quand même dans tous les commentaires qu’ils pourront.
- Oh, j’y pense, patron, si pour une fois on mettait carrément des extraits entiers du film à spoiler ?
- Hmmm… Moui, c’est pas con, Ludivine. Et vous savez pourtant à quel point ça me fait mal de vous dire ça. Mais on a pas les droits par contre. Bon, Véronique, appelez-moi Peter Jackson.
- Tout de suite Monsieur Connard, hihihihi !"

0

La secrétaire gloussa tout en composant le numéro, avant d’enclencher le haut-parleur. Il y eut quelques toussotements nerveux avant que finalement, quelqu’un ne décroche.

"Hello ?
- Peter Jackson ? Ici Monsieur Connard, de la Spoiler Corp. Ecoutez, on aimerait bâcher votre film, là Bilbo, parce que bon, c’est quand même un peu un scandale. Vous pourriez nous filer les droits pour exploiter vos images ? Ça nous aiderait bien.
- What ? Fuck no !
- Allez Peter, un petit effort. L’esprit de Noël, tout ça, le partage, hein ? On ne connait pas ça chez les gros geeks barbus ?
- Listen you cocksucker, I’m not gonna give you a single picture for your shitty spoil.
- Ah oui mais non, parce que d’habitude j’utilise au moins des images, même si j’ai pas les vidéos.
- Then fuck you."

0

Il y eut un bruit de combiné puis le son strident de la ligne coupée dans le haut parleur.

"Alors, qu’est-ce qu’il a dit Monsieur Connard ? C’est oui ? Hihihihi !
- Véronique, je sais que vous maîtrisez fort mal l’anglais, mais sachez que chez ce peuple, étonnamment, "cocksucker" est souvent synonyme de négation. D’ailleurs, il ne veut même pas que nous utilisions les images de son film.
- Aucune ? Mais !
- Non, Berthier. Aucune.
- Mais… comment allez-vous faire ?"

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Me tournant vers une fenêtre pour observer la ville s’agitant en contrebas, je me contentais de répondre en ignorant les visages confus de mes conseillers.

"Je n’ai pas toujours eu un blog. Comment croyez-vous que je faisais avant ? Nous allons reprendre les vieilles méthodes.
- Ho non ! Vous n’allez pas…"

0

Ludivine manqua de peu de s’étrangler avec son café, et regarda son mug avec une terreur à peine contenue.

"Si Ludivine. Allez me chercher tous les mugs de l’étage : la cafette est réquisitionnée. Et si je choppe un seul employé à boire du café autrement que dans ses mains meurtries, vous pouvez lui dire qu’il est inutile qu’il revienne demain. Nous allons refaire les plus grandes scènes de ce film. Et vous verrez, il sera difficile de faire la différence avec l’original, à part éventuellement sur le nombre d’images à la seconde, ou alors il faudra vraiment être de mauvaise foi. Et pour une fois, ceux qui me reprochent d’écrire trop pourront se contenter des images."
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La petite troupe des employés s’ébroua rapidement, parcourant tout l’étage pour se saisir de tout ce qui ressemblait plus ou moins à un conteneur à café. La journée allait être longue pour beaucoup de salariés. Mais à la fin de celle-ci, il y aurait un spoil illustré. Tremble, Peter Jackson : tu vas voir comme il est aisé de réaliser des scènes meilleures que les tiennes !

Alors, pour celles et ceux qui souhaitant en savoir plus sur "Le Hobbit : un voyage inattendu", spoilons mes bons !

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Intro

Notre film s’ouvre sur la riante contrée de La Comté, verdoyante terre des hobbits, ces sympathiques petits êtres aux pieds velus qui passent leur temps à se rouler dans l’herbe ou à la fumer en fonction de l’humeur du jour (parfois les deux en même temps, auquel cas le hobbit se transforme instantanément en merveilleuse fontaine de jardin). Nous y retrouvons Bilbo Sacquet, vieux hobbit qui s’apprête à célébrer son anniversaire en compagnie de nombreux amis. Près de lui, son gros relou de neveu, Frodon, est occupé à farfouiller dans la maison pour des raisons qui lui appartiennent. Histoire de faciliter la narration, il balance aléatoirement des lignes de dialogue du genre "Ho bin hé, ce serait pas une vieille épée que je vois là ? Vite oncle Bilbo, raconte-moi toute ta vie et avec les détails s’il-te-plaît". Heureusement, Bilbo est déjà dans l’ambiance : il est en train de mettre la dernière touche à l’ouvrage qu’il a écrit sur la première aventure qu’il a vécue, celle qui lui permit, un jour, de découvrir l’anneau.

Les deux hobbits papotent de tout et de rien durant un moment, et le spectateur moyen s’emmerde déjà ferme, surtout quand les dialogues continuent de se vautrer du genre :

"Frodon, il faudra que tu veilles sur cette demeure quand je serai…
- Quand tu seras quoi oncle Bilbo ?".

0

Ah mais je ne sais pas mon petit Frodon, c’est tellement compliqué ! Tu t’attends à quoi ? Qu’il te réponde "Quand je serai aux putes ?". D’ailleurs, notez-le, c’est important : dans ce film, tout le monde parle comme Horacio Caine dans les Experts. A savoir qu’on aime bien tourner le dos à son interlocuteur en prenant un air philosophe, les yeux dans le soleil couchant. C’est rigolo la première fois, moins la septième surtout en moins d’une heure. J’en profite pour le souligner : sachez que pour faciliter ces scènes, le soleil est TOUJOURS en train de se lever ou de se coucher. Eunebeulibibeule.

Bref, alors que Bilbo est pensif, le regard tourné vers une fenêtre et que Frodon lâche nonchalamment "Mais vas-y pépé, prends ton temps, parce qu’on a un peu 9 heures de film à tenir avec 300 pages de bouquin, alors on est pas sorti des ronces", celui-ci décide finalement de congédier son couillon de neveu, et de reprendre le fil du livre de ses aventures. Une occasion parfaite pour nous la conter, donc (oui, Frodon voulait l’entendre et il lui demande donc de foutre le camp pour la raconter en paix à personne, c’est tellement logique), puisque figurez-vous que nous en sommes déjà à 10 minutes de film et le titre d’icelui apparaît seulement puisqu’il n’a pas commencé.

bilbofrodon

Nous voici donc quelques années auparavant, 60 pour être exact, alors que Bilbo est encore un jeune et fringuant hobbit qui, pour gagner du temps de film, débite les descriptions du livre en voix off (mais si, je ne blague pas) pendant que la caméra illustre son propos. Mais à cet âge là, Bilbo n’avait rien d’un aventurier, non : c’était un branleur de hobbit comme les autres, qui passait ses journées à fumer devant chez lui comme un vulgaire punk à chien devant Monoprix. Et rien n’aurait dû bousculer sa tranquillité, si ce n’est une vielle histoire (oui, remontons encore un peu dans le temps).

Autrefois, il existait un royaume prospère dans les Terres du Milieu : le royaume d’Erebor, royaume de nains installé sous une montagne sobrement appelée "Mont Solitaire" puisqu’au milieu de nulle part. Il s’agissait là, comme bien souvent chez les nains, d’une imposante forteresse souterraine, dont le portail vers la surface, à flanc de montagne, faisait face à une ville humaine nommée Dale qui profitait des richesses issues du royaume : or et argent en quantité, objets forgés avec un soin sans pareil, et surtout, une énorme marché potentiel de peignes à moustaches. Sauf qu’à force d’accumuler des richesses, y compris une splendide pierre semblable à nulle autre appelée "Coeur de la Montagne", cela a fini par attirer, non pas des traders, mais une bête un poil moins dangereuse : un dragon. Un beau matin, donc, à Dale on a humé l’air et on s’est dit "c’est marrant, ça sent un peu le bouc ce matin" ; sauf qu’avant même de pouvoir accuser les nains et leur hygiène contestable, une imposante créature ailée a plongé des cieux et a commencé à cramer un peu tout à l’aide de son haleine de chacal. Après avoir nettoyé le coin, la bête a défoncé les portes de la forteresse naine, et a commencé à distribuer des cachous au tout venant : malgré une résistance acharnée, les nains ne purent tenir la place, et bientôt, eux qui étaient riches et arrogants se retrouvèrent rejetés de leur foyer, sans abri ni richesses. Alors que le dragon s’endormait paisiblement au milieu de la salle au trésor de la forteresse désertée, parce que déféquer sur des lingots, c’est quand même la classe, des colonnes de réfugiés nains quittaient l’endroit et se dispersaient… mais l’un d’entre eux ne rêvait que de reprendre l’endroit : Thorin, dernier descendant du dernier roi local, et héritier de droit du trône d’Erebor. Il passa donc des années à échafauder un plan mais… revenons déjà à La Comté.

Car oui : à la Comté, le jeune Bilbo, occupé à profiter du banc devant chez lui pour fumer la pipe, voit bientôt débarquer devant chez lui un autre illustre branleur : Gandalf le gris, surnommé ainsi à cause de sa consommation abusive de schnaps. Après un dialogue sans intérêt sur le fait de ce que l’on entend lorsque l’on se dit bonjour, Gandalf explique qu’il ne passe pas tout à fait dans le coin par hasard : il est à la recherche d’un amateur d’aventures. Et même si Bilbo transforme son slip en bourbier à la seule évocation de ce mot, il pense que celui-ci serait le hobbit de la situation, tout simplement parce que…

… heu…

Gandalfbilbo

Moui. Non, en fait, il a juste décidé qu’un bourgeois fumeur de pipe et pétochard serait l’aventurier idéal. Il est comme ça Gandalf : vous voyez qu’il n’a pas usurpé son titre de "gris", le bougre. Bref : Bilbo en ayant assez de ces magiciens bourrés en guenilles qui déambulent sur les routes en ennuyant les honnêtes gens, et décide donc d’aller se réfugier derrière sa porte avant que le vieux ne commence à lui réclamer une ou deux pièces d’or pour rester propre. Sauf que c’est sans compter sur la légendaire lourdeur de Gandalf, qui est du genre à redemander trois fois le Petit Bonhomme en mousse (d’où son amour des hobbits) aux DJs en soirée, et qui s’avance donc vers la porte de Bilbo pour la saloper au cutter en y gravant un signe.

Oui. Vous voyez l’état du RER ? Ne cherchez plus : vous pouvez remercier Gandalf.

Bref, après avoir fait le relou, le magicien s’en va donc et laisse Bilbo finir sa journée en paix. Sauf qu’au soir tombé, voici que l’on frappe à la porte de notre hobbit ! Se dépêchant d’enfiler une robe de chambre pour aller ouvrir, le pauvret se retrouve nez-à-nez avec un nain au crâne rasé, couvert de tatouages, et parlant avec un fort accent de l’ex-URSS. Le bougre semble persuadé qu’une réunion doit se tenir chez Bilbo le soir-même, puisqu’il a bien vu sur la porte le signe gravé par Gandalf et entre sans trop écouter le hobbit gueuler qu’il salope le tapis, puis va taper dans son garde-manger. Quelques minutes plus tard, un autre nain débarque à son tour à la porte, et s’en va rejoindre son compère dans l’orgie de saucisson en cours. Bilbo n’a pas le temps de les traiter de malotrus, de sacripants, voire d’insulter leurs grosses mères que l’on frappe une fois encore : cette-fois, ce sont deux nains d’un coup qui arrivent. Puis 8, accompagnés de Gandalf en personne. Tous semblent heureux de se retrouver là, expliquent qu’ils se sont perdus de vue si longtemps, puis se lancent dans une orgie fromagère sans pareille. Enfin, un dernier nain arrive, l’air cool (comprendre : il regarde ailleurs et en tournant le dos quand on lui parle, donc) : Thorin, le dernier roi d’Erebor.

Gandalfexpert

Bilbo a donc désormais, en sus d’un magicien, 13 nains chez lui. Permettez-moi de les lister :

  • Thorin
  • Balin
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Fat-Jean-Jacques

Et donc, Thorin, c’est le boss (qui est tellement cool qu’il ne ressemble pas non plus à un nain, on dirait juste Aragorn avec une barbe et des chaussures orthopédiques) et Balin, c’est le vieux sage (qui sert à occuper l’espace que Gandalf laisse vide quand il est au bar). Les autres, vous pourriez les interchanger, vous en servir pour caler une porte ou autre, ça serait la même. Bref.

Arrivenains

En tout cas, sachez que les nains sont de joyeux compagnons amoureux de la chanson, et ils n’hésitent pas à se lancer en des choeurs joyeux tout en faisant la vaisselle (fascinant), à chanter en prenant l’air cool au garde-à-vous devant un feu de cheminée parce que leur foyer leur manque, ou autre. Rien de bien intéressant, donc. Finalement, tout de même, les nains acceptent d’expliquer à Bilbo pourquoi ils sont venu piller son frigo et boucher ses chiottes : c’est tout simplement parce que Gandalf leur a expliqué que Bilbo ferait un formidable 14e membre à leur compagnie, et qu’il s’agit d’un excellent cambrioleur, ce qui est toujours utile lorsque l’on veut s’infiltrer quelque part, fut-ce une ancienne forteresse.

"Nan mais attendez, attendez, on s’emballe pas les gars : je ne suis pas un cambrioleur. En fait, je n’ai même pas de métier : tout ce que l’on sait, c’est que je fume la pipe toute la journée en comptant mes orteils.
- Ah, oui, je vois, vous êtes un peu un branleur, en fait ?
- C’est ça.
- Et l’aventure, ça vous tente au moins, non ?
- Non, ça me fait même cordialement chier mes bons amis.
- Et bien formidable, merci Gandalf, bien joué les Ressources Humaines."

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Sauf que Gandalf étant un peu la béquille du scénario, il se contente de balancer "J’AI DIT QUE BILBO SERAIT SUPER ALORS VOUS DISCUTEZ PAS". Et de marmonner des trucs comme quoi Bilbo, c’est un hobbit donc un cambrioleur naturel, et qu’il a un coeur gros comme ça alors il sera parfait, même s’il ne le sait pas lui-même (oui, c’est nul, chut). Pas de problème : les nains soumettent donc à Bilbo un contrat lui expliquant son paiement en cas de succès de l’opération (1/14e des richesses trouvées, Gandalf étant bénévole). Il lui suffit de le signer pour accepter, mais le bougre hésite. Et continue d’écouter les nains causer de ce qu’est l’aventure exacte dans laquelle ils veulent le plonger.

Vous vous souvenez des colonnes entières de réfugiés nains qui quittaient le plus grand royaume de leur race il y a quelques paragraphes ? Et bien à l’idée d’aller le reconquérir, seuls 12 ont répondu à l’appel de Thorin. Ah bon, mais pourquoi ? On ne le saura jamais. Les autres avaient sûrement piscine. Et au fait, pourquoi le reconquérir maintenant ? Parce que les nouvelles disent que les oiseaux retournent se poser sur le Mont Solitaire, chose qu’ils ne faisaient plus du vivant du dragon qui y a élu domicile, Smaug. Et les prophéties disent que ces oiseaux revenant sur le mont sont le signal de la reconquête pour les nains. Thorin a donc une théorie : plus personne n’a vu Smaug sortir de sa tanière depuis 60 ans. Il est peut-être tout simplement mort de sa belle mort au milieu de ses richesses mal acquises, tel un vulgaire petit vieux devant un épisode de Derrick… et la forteresse et ses trésors sont donc sans protection ! Il faut par conséquent que les nains aillent vite réoccuper l’endroit, sinon, il sera pillé, et jamais Erebor ne renaîtra. Et pour cela, les nains ont deux outils dans leur quête : une carte pour les ramener chez eux, et supposée garder le secret d’un accès caché à la forteresse, ainsi qu’une clé pour ouvrir ledit passage. Ce qui est très pratique puisque "l’entrée principale est scellée".

Pardon ? Scellée ?

Attendez, on parle bien de l’entrée principale qu’un gros cul de dragon de plusieurs dizaines de tonnes a défoncé au début du film pour se frayer un chemin ? Celle où à chaque fois que Peter Jackson se sent obligé de faire un plan sur la forteresse abandonnée quand ils en parlent, on voit encore le trou géant dans la façade ? Et ne me dites pas que tout s’est effondré derrière le dragon quand il est rentré : on a eu droit à un beau plan de colonnes de réfugiés fuyant par ladite ouverture tout à l’heure. Mais c’est peut-être un dragon portugais qui, une fois son forfait accompli, a posé de petits parpaings derrière-lui, hein. Salauds de dragons qui prennent le travail des honnêtes artisans : on se souvient de la fois où ils ont construit le stade de France, ça commence à bien faire. Mais je m’égare.

Teufnain

En tout cas : l’idée de finir dans l’intestin grêle d’un dragon, malgré son exotisme, ne ravit pas Bilbo qui explique qu’il décline purement et simplement l’offre d’emploi. Il va plutôt aller se pieuter ; Et si demain les potes squatteurs de Gandalf (j’insiste : il tague, s’invite avec des potes, squatte et pille le frigo des honnêtes gens contre leur avis : il est quand même plus clodo grognon que magicien joyeux) sont encore là, il y aura distribution de coups de pieds velus au cul. Compris ?

Bilbo passe donc une nuit brève mais tranquille, et à son réveil, sa demeure est vidée des nains et autres magiciens, qui ont même pris le soin de nettoyer les traces de vomi de la veille. Trop heureux d’être ainsi de nouveau tranquille, le hobbit a du mal à contenir sa joie, mais finit cependant par croiser le chemin du contrat des nains l’invitant à rejoindre leur compagnie, qu’ils ont abandonné là. Le consultant, Bilbo fait un peu la moue, et puis allez : au diable la cohérence, après avoir bataillé des heures pour être tranquille, il décide de partir à l’aventure, allez hop !

Ne cherchez pas, c’est comme ça, pif pouf.

Bref : saisissant son manteau et ses affaires, le fier hobbit traverse donc la Comté en courant, tentant de rattraper la troupe des nains partie à l’aube. Et c’est heureux, car les petits barbus ne sont pas loin, et voyageant à dos de poney (seul Gandalf a un cheval pour se la péter), lui en ont même gardé un. Heureux de voir un nouveau membre rejoindre la troupe, même si celui-ci ne semble guère taillé pour l’aventure, nos héros cheminent donc lentement vers leur lointaine destination : l’intestin grêle de Smaug le Mont Solitaire.

La troupe voyage donc tranquillement jusqu’à un premier arrêt dans une forêt où nos héros entendent de lointains cris, que les nains identifient comme étant ceux d’orques. De petites troupes de ceux-ci écument en effet le pays, à la recherche d’or à piller, de fermes à brûler et de bons films à regarder. Autant vous dire qu’ils rentrent souvent bredouille sur ce dernier point mais là n’est pas la question. C’est l’occasion parfaite pour Balin, en vieux sage du groupe, d’expliquer que Thorin leur chef a trois ennemis jurés :

  • Les orques
  • Les elfes
  • Les utilisateurs d’Instagram

Les orques, déjà, parce que figurez-vous que quelques années après que les nains aient fui Erebor, le père de Thorin réunit une armée de vétérans de son royaume afin d’aller reconquérir… le royaume nain de la Moria, occupé par des orques.

Moui. Et sinon reconquérir TON royaume, non ? Non parce que je ne sais pas : tu aurais pu te rencarder sur comment buter un dragon et voir ce qu’il était possible de faire (du genre lui balancer du bétail empoisonné à grignoter). Non ? Mais peut-être préfères-tu aller tataner des types qui n’ont rien à voir avec la choucroute dans l’espoir de récupérer une forteresse probablement recouverte de fientes goblinoïdes au trésor dilapidé depuis des siècles ?

Qu’importe : durant la bataille, le père de Thorin est tombé sur le roi orque de la Moria, Azog, un gros orque albinos du genre bougon. Après avoir cordialement pété la gueule à papa Thorin, il tenta de tuer son fils. Sauf que Thorin réussit à se protéger d’un coup mortel en utilisant une branche de chêne qui traînait là, obtenant ainsi le surnom de "Thorin Ecu-de-Chêne", et contre-attaqua en tranchant le bras du margoulin. Dixit Thorin lui-même "Azog est probablement mort de ses blessures, hohoho, personne n’aurait pu survivre à celles-ci, même si on ne retrouva jamais son cadavre, hahaha".

Oui, vous venez bien de lire une phrase moisie issue des plus mauvais James Bond. Je me demande tellement si Azog est mort, holala ! Et si on va le revoir dans le film ! En tout cas, depuis, Thorin n’aime pas trop trop les orques (même si je doute qu’il les aimait avant, mais bon).

Donc sinon, Thorin n’aime pas trop non plus les elfes. Pas tant à cause de leur côté prout-prout ma chère que du fait que le jour où Smaug a attaqué la forteresse de ses ancêtres, les elfes s’étaient pointés avec toute une armée (Ah ?! Mais comment sont-ils arrivés si vite ? Nous ne le saurons jamais, tant chacun sait qu’en sus, une armée, c’est tellement rapide à déplacer) mais se sont dit qu’en fait, bof, les dragons c’est dangereux, cassons-nous. Et ce sous les yeux des réfugiés nains sortant encore à demi-cuits du royaume en flammes. Oui parce que non, les elfes ne se sont pas non plus dit "Tiens, des réfugiés, aidons-les" : non, ils se sont cassés en se disant que ça leur apprendrait l’humilité, à ces gros blaireaux de nains.

Du coup, Thorin leur en veut un peu, là encore.

Pour les utilisateurs d’Instagram, je crois qu’il n’y a même pas besoin d’explication : on comprend juste que Thorin est un nain de bon sens.

Flashback

Cela dit, on découvre que les orques qui traînent dans les bois ont repéré la troupe des nains. Chevauchant des ouargues, ces sortes d’énormes loups, ils restent à bonne distance et semblent très intéressés par cette cible, puisque l’un d’entre eux déclare "Préviens le maître que nous les avons trouvés".

Je me demande TERRIBLEMENT qui est le "maître", sachant qu’on vient d’évoquer un seul orque avec un nom qui en plus, ça tombe bien, est supposé être l’ennemi juré de Thorin. Dites bonjour à l’intrigue Hollywoodienne écrite sur un coin de nappe.

En tout cas, pas d’attaque cette nuit là : nos héros peuvent donc reprendre la route, sans que Bilbo ne fasse remarquer à Balin que c’est quand même curieux : il vient de lui raconter toute l’histoire de Thorin avec un accent de l’ex-URSS que certains nains semblent avoir et d’autres non, alors qu’ils sont tous originaires de la même forteresse. Mais bon, hein, s’il faut commencer à être cohérent aussi, pfou.

Le lendemain, la troupe qui progresse paisiblement finit par arriver à une ferme en ruine : visiblement, dans le coin, les orques se font plaisir. Gandalf propose donc aux nains de ne pas passer la nuit là, et de plutôt pousser jusqu’à Fondcombe, le havre elfique situé non loin.

"Comprenez-vous Thorin, il serait plus sûr de passer la nuit chez les elfes.
- Nan. On va dormir ici.
- Mais enfin, pourquoi ?
- Parce que les elfes, c’est rien que des gros pédés.
- Oui non mais d’accord, mais justement Thorin, pourquoi croyez-vous que j’ai envie de passer la nuit là-bas ? 
- … 
- Bien, bon, je vois, puisque c’est comme ça, moi, j’me casse, bande d’homophobes."

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Et ce qui est dit est fait, puisque vexé par ces nains qui refusent de l’écouter, Gandalf grimpe sur sa monture et quitte la compagnie. On sent bien que quelques nains ne sont pas d’accord avec leur chef et qu’ils aimeraient bien que le vieux grigou reste encore un peu pour leur raconter comment autrefois, il fut aussi Magneto, mais ils n’en disent rien. Et installent donc leur camp pour la nuit dans les ruines de la ferme ravagée.

L’ambiance est bonne, le souper correct, et Bilbo se retrouve chargé d’aller apporter leur pitance à Jean-Jacques et Jean-Jacques qui montent la garde près des poneys. Sauf qu’en arrivant, les deux compères ont l’air bien préoccupés : ils ont beau compter et recompter, il manque des poneys.

"Où sont-ils ?
- C’est bien le problème Bilbo, nous ne savons pas.
- Peut-être qu’ils sont partis parce qu’ils avaient un truc à faire. Genre regarder Koh-Lanta, non ?
- Bilbo, ce sont de fucking poneys. 
- Pardon.
- Les fuckings poneys ne regardent pas Koh-Lanta. Encore, on chevaucherait des yorkshires, je vous dirais que c’est crédible, mais là, non, vous racontez des conneries mon vieux Bilbo, les poneys sont beaucoup trop intelligents. Tenez, rendez-vous utile et inspectez les traces autour du campement, vous devez savoir faire ça, non ?"

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Et des traces, Bilbo, Jean-Jacques et Jean-Jacques en trouvent vite. Des grosses traces de panards d’un fort beau calibre à côté d’arbres renversés… la chose qui a fait ça devait être vaguement balaise. Et les nains vaguement sourds pour ne pas entendre des arbres que l’on déracine à 5 mètres d’eux. Mais je dis ça, hein, bon. En tout cas, en suivant les empreintes, nos héros aperçoivent la lumière d’un feu… et trois trolls en train de préparer un ragoût, les poneys manquants à côté d’eux prêts à être découpés !

"Bon, Bilbo, là ça va être chaud patate mon gars. 
- Hein ?
- Non parce que tu es un cambrioleur, c’est ça ?
- Même pas, non. Je suis juste une quiche avec du poil aux pattes.
- Parfait. Bon alors écoute, tu vas aller voler les poneys. 
- Super plan les mecs : c’est tellement crédible : les trolls ne vont pas DU TOUT le remarquer, après tout, ce n’est que leur repas, repas qui bouge, pue et fait du bruit. S’il se barre, ils vont sûrement rester là à se dire que ce soir ils mangeront des carottes. Non, moi j’ai un meilleur plan : on va chercher les autres et on leur éclate la gueule tant qu’on a l’avantage de la surprise. Parce que même si je réussis à les voler, les trolls vont comprendre qu’il se passe un truc et commencer à courir les bois. Et sachant qu’ils sont à 20 mètres de notre camp, ils ne nous rateront pas.
- Ta gueule Bilbo. Tiens t’en au script.
- Ah oui, pardon : "D’accord les amis, comptez sur moi !""

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Bilbo approche donc discrètement (comprendre "vêtu de sa veste rouge pétard") le camp des trolls, et note que ceux-ci parlent le langage commun, et sont en train de disserter sur la recette du soir. Faisant fi de leurs considérations culinaires, Bilbo s’approche donc des poneys et…

Non, attendez, je vous la fais.

Bilbo tente de détacher les poneys. Mais non, c’est risqué. Bon, il retente. Mais non, c’est vraiment risqué. Bon, allez : il retente. Ah non, un troll va le voir. Mais non. Bon, il reretente. Ah mais pfou, la corde est épaisse. Ah ! Un troll va le voir. Ah, non, c’est bon, rien en fait. Bon, il rereretente. Mais bon, c’est risqué. Tiens, un troll a un couteau ? Bon est-ce qu’il le vole ? Nan, déjà, il retente une fois encore de détacher les poneys. Mais non. Ah ! Un troll va le voir. Bon, le couteau ? Allez, il y va et s’avance. Non, en fait, non, il recule. Il retourne aux poneys. Ah, mais bon, le couteau quand même… bon, allez, il y va. Ah ! Un troll va le voir ! Vite, il se cache. C’est bon ? Allez, il va détacher les poneys. Tiens, la corde est trop épaisse ? Ah si seulement j’avais… ah mais oui, le couteau ! Bon allez : il y va. Oh ! Un troll va le voir ! Il se cache. Mais il le veut ce couteau ! Mais c’est risqué. Bon, il avance. Moui, non, il recule.

C’est chiant hein ? Imaginez-vous dans la salle face à cette scène sans fin. Vous le sentez poindre, le gros soupir ? Bon enfin en tout cas, voilà : maintenant, vous savez comment on peut faire 9 heures de film à partir d’un petit livre.

Bref : je vous passe encore les multiples hésitations et rebondissements sans intérêt : Bilbo finit par se faire attraper par les trolls lors d’une manoeuvre peu habile, et se retrouve comme une andouille.

Heureusement, Jean-Jacques et Jean-Jacques avaient surveillé la chose de loin, et prévenu leurs potes nains : ils volent donc à la rescousse du hobbit, les armes à la main, et s’ensuit une longue séance de combat sans intérêt, avec des passages "lol" hollywoodiens typiques, du genre l’un des nains un peu débilet qui combat… au lance-pierre. Okay, d’accord. Non mais en plus, c’est super drôle, hein, je viens de me péter deux côtes en le regardant tant le rire m’étreint. Voilà voilà. Merci, Peter Jackson.

Trolls

Donc, le combat dure encore et encore, jusqu’à ce que les trolls prennent Bilbo en otage, expliquant qu’ils vont un peu lui déchirer la gueule si les nains ne se calment pas tout de suite. Bien urbains, ces derniers obéissent… et finissent donc saucissonnés, prêts à être passés à la broche. A noter que les nains sont allongés à côté de leurs armes, mais ne pensent pas à essayer de défaire leurs liens avec les lames de ces dernières. Je… misère, c’était si dur de ne pas filmer les armes juste à côté pour virer une incohérence ? Allez, laissons tomber.

"Putain, bien joué Bilbo.
- Je parle bien aux nains qui viennent de faire une séquence de 5 minutes de combat avec des trolls qui n’ont même pas une égratignure à la cheville ?
- Ah oui, tiens, c’est rigolo. On dirait que le réalisateur a oublié de signaler que les coups d’épée dans la gueule, ça faisait vaguement mal. Je veux bien qu’ils aient la peau épaisse, mais dans le Seigneur des Anneaux, même des flèches les tuent. C’était pourtant lui aussi qui le réalisait, non ? Il devrait s’en souvenir, c’est ce qu’il racontait durant plus de 10 heures de film !
- Oui, mais en fait, c’est juste nul. 
- Ah oui, tiens."

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Un peu ennuyé à l’idée de se faire grignoter, Bilbo cherche une ruse pour gagner du temps car les trolls ont une faiblesse : ils se transforment en pierre à la lumière du jour ! Or, l’aube n’est pas loin… il tente donc sa chance pour gagner du temps.

"Attendez amis trolls ! Vous ne devez pas cuire les nains à la broche !
- Ah oui et pourquoi ?
- Parce que je suis Pierre Martinet, et que je suis un traiteur intraitable. 
- Ça se tient, on t’écoute mec.
- Et bien heu… pour cuisiner des nains il… heu… il faut les écorcher vif."

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Pardon ? Tu veux gagner du temps et tu demandes à ce que tous les nains soient tués, là, tout de suite, alors que jusqu’ici ils étaient seulement attachés à une broche (ils n’avaient même pas la broche dans le cucu, ce sont des trolls sympas) ? Mais tu es complètement con mon pauvre Bilbo ? Bon, qu’importe : il baratine encore un peu, et aperçoit du coin de l’oeil une forme qui fait woush-woush entre les arbres : Gandalf ! C’est aussi un ninja !

Aussi, après avoir fait gagner suffisamment de temps au magicien, Bilbo regarde avec bonheur celui-ci apparaître et fracasser une grosse pierre d’un seul coup de son bâton, découvrant derrière celle-ci la ligne d’horizon où, déjà, le soleil apparaît. A peine les rayons ont-ils touché les trolls que ceux-ci sont instantanément transformés en pierre : ouf ! La troupe est sauvée.

"Merci Gandalf ! T’assures chaussure !
- T’inquiète chaussette. Je suis comme ça moi, je suis…
- Oui enfin si tu pouvais nous détacher, ce serait cool aussi, hein."

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S’empressant d’effectuer la tâche demandée, le magicien gris libère ses compagnons et disserte avec eux : c’est étonnant, des trolls si loin de leurs cachettes habituelles, à savoir essentiellement les forums de Hardware.fr. Mais puisqu’ils vivaient dans le coin, ces trolls devaient sûrement avoir une caverne pour s’abriter des rayons du soleil. Et un butin ! Allez les gars, tous sur le loot !

En fouillant un peu, nos héros trouvent bien une cachette, contenant pas mal d’or et d’objets précieux pris sur des voyageurs malheureux, ainsi que quelques épées peu banales : Tranchegueule, une épée qui bourre pas mal et que Gandalf s’attribue, Pètegob, une lame célèbre pour avoir transformé du gobelin en kiwi tranché à la chaîne, que Thorin récupère, et enfin une petite épée elfique qui est remise à Bilbo, et dont la lame devient bleue à chaque fois que des ennemis sont proches. Une sorte de Tom-Tom, quoi "Bon sang Thorin, mon épée devient bleue, ralentit sinon la gendarmerie va flasher les poneys !".

Une fois tout le monde équipé, on décide d’enterrer l’or pour le récupérer plus tard, parce que ce n’est pas comme si on avait des poneys pour le transporter et que ça pourrait servir à acheter du matériel avant de se lancer à l’assaut du Mont Solitaire. Et ce n’est pas non plus comme si, en cas de réussite de la mission, les nains ne comptaient pas repasser par ici (bin oui, ils partent reconquérir leur terre natale, je le rappelle, c’est justement pour y rester). Bref, c’est très con. Mais on est plus à ça près.

Traveling

Car soudain, un bruit terrible se fait entendre : quelque chose d’autre approche au travers des bois à folle allure ! Un troll grognon ? Une meute d’orques ? Non ! Un truc qui n’a strictement rien à voir avec l’intrigue : Radagast le magicien brun et son traîneau tiré par des lapins !

Je… bon, oui, c’est nul, mais faisons semblant de rien quant au niveau consternant de ce film et détaillons un peu, car lors d’un bref flashback, nous apprenons qui est Radagast.

Figurez-vous que Gandalf le gris n’est pas le seul magicien des Terres du Milieu : il y a aussi Saroumane le blanc, le PDG de la United Magic Rabouins, et trois autres compères dont Radagast le brun. Lui, son truc, normalement, c’est de vivre au fond des bois complètement défoncé à la ganja. Comme c’est un film trop lolilol, les oiseaux lui font caca dessus et vivent dans ses cheveux. Bref, c’est un gros hippie.

Sauf que ces derniers temps, rien ne va plus dans la forêt jolie où il se pique habituellement : non pas qu’elle soit envahie d’autres toxicomanes, non, son vrai problème c’est que tous les animaux meurent. Et un jour, parmi les agonisants, Radagast a trouvé Kiki le hérisson, et a décidé de lui sauver la vie. Oui. Il est comme ça Radagast, à côté, Brigitte Bardot est une sorte d’Hitler animalier. Emmenant Kiki à l’abri de sa demeure, Radagast le tourne et retourne dans tous les sens, tentant de lui administrer moult remèdes voire de partager ses pétards avec lui pour apaiser ses souffrances. Hélas, l’animal finit tout de même par clamser : c’est la tristesse. Mais Radagast réalise une chose : si aucun remède n’a sauvé l’animal, c’est probablement que… il est en réalité victime d’un sort ! Vite : utilisant sa magie, le bougre tente d’exorciser le hérisson (je le redis, cette séance ne sert à rien) même s’il est mort, détail, et note que de sombres formes apparaissent devant ses fenêtres : des araignées géantes sont en train d’attaquer sa maison dans le même temps !

Et vous savez le plus fort ? C’est ce que ça n’a strictement aucun rapport ! Puisqu’alors que les bestioles commencent à tout péter pour rentrer tuer le mage, elles s’arrêtent net lorsqu’il finit d’exorciser le hérisson et que celui-ci se réveille. Et s’en vont tranquillement en sifflotant après avoir fait du rien.

Mais ? Pourquoi ? POURQUOI ? Si c’était pour tuer le mage, pourquoi s’arrêter ? Si c’était pour empêcher l’exorcisme de Kiki le hérisson, pourquoi ne pas savater son responsable ? Je… qui a pu écrire une telle merde ? Ça n’a strictement aucun sens.

Bon allez, on enchaîne : Radagast se demande ce que c’est que ce bordel, et décide d’aller suivre d’où venaient les araignées : d’une forteresse abandonnée dans les bois. Or, celle-ci a été réinvestie par un être maléfique : un nécromancien que nous appellerons Saucarré tellement il est difficile de deviner de qui il s’agit. Or, celui-ci a ramené à la vie des morts, dont un spectre qui tente de tabasser Radagast lorsque celui-ci approche de trop près. Heureusement, grâce au pouvoir de sa ganja enchantée, non seulement il parvient à se débarrasser du brigand, mais aussi à lui rabouiner son arme. Il s’en va donc en gambadant gaiement, bondit sur son ridicule traîneau à lapins, et fonce, fonce…

Jusqu’à arriver à Gandalf et aux nains près de la grotte des trolls (qu’il a localisés comment ? Ah oui : pouf), nous ramenant donc à notre aventure. Radagast conte donc son histoire, et même si Gandalf ne pige toujours pas ce que ces foutues araignées voulaient faire en défonçant la maison pendant l’exorcisme de Kiki le hérisson, il estime que tout cela est assez important à prendre en compte : il se passe quelque chose de louche dans les Terres du Milieu, et il compte bien identifier qui est ce mystérieux Monsieur Saucarré lorsqu’il en aura l’occasion.

Sauf que soudain, un autre bruit se fait entendre : encore ?!

Oui ! Cette fois, ce sont les orques sur ouargues qui ont rattrapé les nains et s’apprêtent à les boulotter : pas de souci, dit Radagast, j’ai un fucking traîneau à lapins, et vu mon odeur de pétard, je peux faire une diversion tranquille. Vous pendant ce temps : barrez-vous.

Plan qui est donc fidèlement suivi. Et qui permet donc à tous les ouargues et orques de courser un traîneau à lapins, ce qui non seulement donne l’air très con, mais les fait courir un moment. Ça ressemble un peu à une course de lévrier, sauf qu’au moins avec les lévriers, vous avez une petite chance de ne pas faire que perdre du fric à les regarder.

Radagast

"Mais ça doit pas être facile à manoeuvrer en forêt un traîneau, non ?" me direz-vous puisque vous méprisez mes comparaisons animalières de toute votre morgue. Mais soit, je vais répondre à votre légitime question car…

La forêt a disparu. Les trolls, tout ça, c’est fini. Tout le monde vient de se téléporter au milieu d’une sorte de lande désertique idéale pour filmer des courses poursuites. Je… oh la vache. C’est diablement mauvais. Mais, au montage, ils ne se sont pas dit "Tiens c’est rigolo, on a pas du tout fait les tournages aux mêmes endroits, ça va peut-être se voir ?" et bien non. Le fait de passer d’une forêt super dense à une lande sans un seul arbre jusqu’à l’horizon n’a visiblement choqué personne. Ou alors, ils se sont juste dit "Les spectateurs sont beaucoup trop cons, on s’en fout.".

Moi je penche déjà pour une option, je vous laisse deviner.

En tout cas, la diversion dure un moment, mais les orques finissent cependant par repérer les nains. Et Radagast par… heu… sortir du film. Voilà voilà.

Les nains, eux, se disent que ça fait beaucoup d’orques à affronter quand même, et heureusement, découvrent l’entrée d’une curieuse galerie dans le sol de la lande : ni une, ni deux, ils bondissent tous dedans, alors qu’au même moment, des elfes surgissent de nulle part (on ne les avait vus sur aucun des plans dévoilant tout jusqu’à l’horizon 15 secondes avant, alors qu’en fait, ils étaient à 50 mètres de là, c’est fou, on dirait encore que ce film n’a même pas la qualité de réalisation d’une série B, c’est magique) et boutent les orques qui tenteraient la poursuite.

Les nains, eux, peu pressés de rencontrer des elfes, décident d’explorer la galerie et de la poursuivre pour mieux tomber au bout de celle-ci sur…

Fondcombe.

Attendez, on parle bien de Fondcombe, la riante vallée elfique ? Celle que là encore, on aurait dû peut-être voir, si les nains étaient juste à côté, lors des plans larges sur la lande ? Non plus ? Surtout quand les personnages insistent tous sur le fait que "Ouah, on était juste à côté !" . Mais arrêtez ! Arrêtez le massacre ! Mais bordel, pourquoi est-ce que ce film semble être un enchaînement constant de ratages mis en évidence par les dialogues pour ceux qui les auraient loupés ?

Allez, je… bon, on est pas sorti. Continuons.

A Fondcombe, donc, les nains râlent un peu contre Gandalf, qui leur avoue que bon, okay, il a un peu tout fait pour les emmener dans cette direction, mais pour leur bien. Mais que l’on se rassure : les elfes se montrent accueillant avec leurs hôtes nains, et pardonnent même le côté bourru de Thorin, qui les traite en ennemis potentiels voire fait des commentaires sur tous ces elfes qui jouent à se claquer les fesses avec leurs serviettes dans les vestiaires après leur match hebdomadaire de croquet.

D’ailleurs, on notera que Peter Jackson a fait un effort : je ne sais pas si vous vous souvenez, mais dans Le Seigneur des Anneaux, le bougre avait un don pour prendre au casting des elfes qui avaient tout sauf des têtes d’elfes. Difficile de ne pas oublier le célèbre Elfe Gropif et son ami Elfe Fatass, ce dernier étant probablement la risée de la Lorien avec son bide en avant qui laissait supposer que contrairement aux autres elfes, il ne devait pas vraiment sauter de branche en branche, ou alors uniquement si on l’hélitreuillait. Encore un qui avait passé trop de temps vautré sur sa branche à mater du porn d’écureuils (le seul disponible sur place) au lieu de faire de l’exercice, mais passons.

Bref : à Fondcombe, Gandalf explique à Thorin que le maître des lieux, Elrond, est un érudit. Et comme la carte que les nains ont pour se rendre au Mont Solitaire est supposée contenir un message secret sur une entrée cachée selon Gandalf, il propose de demander de l’aide aux elfes. Thorin traîne un peu les pieds, et finit par accepter : à la lumière de la lune qui, ho bin ça tombe bien alors, est PILE alignée de la bonne manière pour lire le message caché sur la carte, il parvient à obtenir un message codé : "Quand la grive pète les cailloux, jouez donc du biniou" ou un truc du genre. Sûrement un message laissé derrière eux par les bretons, cet autre peuple mystérieux de la Terre du Milieu.

Bien : cela étant dit, Elrond invite Gandalf à le suivre. Car d’autres personnes sont ici et veulent le voir… à savoir Galadriel et Saroumane ! Gandalf fait donc sa tête de mauvais élève qui ne veut pas aller dans le bureau du directeur, et suit donc son hôte jusqu’à arriver face aux deux autres larrons assemblés autour d’une table.

"Alors Gandalf ! Comme ça on part à l’aventure son avertir son copain Saroumane ? C’est pas très sympa ça ! 
- Non mais désolé, mais en fait je voulais vous prévenir, mais en fait, tu vois, et bin le message, il a dû se perdre. Mais d’ailleurs, comment saviez-vous que l’on viendrait ici ?
- On a lu le scénario, comment veux-tu que l’on ait pu faire autrement ? Parce qu’en plus, c’est pas la porte à côté, hein.
- Okay. Bon, en attendant, je vous explique : j’accompagne les 13 nains parce que je pense qu’ils ont raison de vouloir reprendre leur royaume, et parce que si en plus on pouvait ne plus avoir Smaug le dragon sur les bras, ce serait pas mal cool.
- Moui. Autre chose ?
- Et bien en plus, figurez-vous que j’ai peur qu’une force maléfique ne soit en train de revenir en Terres du Milieu. Radagast m’a raconté qu’il a vu des morts se relever sous les ordres d’un mystérieux nécromancien qui avait l’apparence, le goût et l’odeur de Sauron. D’ailleurs, j’ai ramené comme preuve une épée que Radagast a fauchée à l’un des morts-vivants : une épée qui est supposée être enterrée avec son proprio depuis des plombes.
- Alors et d’une, ça prouve rien parce que Radagast, il est sous acide toute la journée, et de deux, si ça se trouve il a récupéré cette lame sur un mort après s’être découvert une passion nécrophile.
- Crédible.
- Oui, quant à Sauron, hohoho, hahaha ! Attendez, il a disparu et on a jamais retrouvé son corps ! Ca ne peut pas être lui !
- Vous avez remarqué comme dans tous les films, dès qu’un personnage dit cela, le mec dont il parle revient instantanément d’entre les morts ?
- Ah oui, c’est vrai que c’est très con. Une scène de plus avec des dialogues ratés ?
- C’est ça. Et je pense que c’est pas fini."

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Et en effet, on monte le niveau d’un cran. Galadriel, qui jusqu’ici n’avait servi à rien, décide de devenir… télépathe ! Comme ça, pif-pouf ! Ainsi, elle peut discuter avec Gandalf pendant que Saroumane grogne comme quoi il n’était pas au courant de cette histoire de nain, que c’est scandaleux, et qu’il va confisquer son carnet de correspondance pour mettre un mot à ses parents. Mais que dit Galadriel ?

"Gandaaaaalf… Gandaaaalf… je communique avec vos pensées ! 
- Mes ?
- Je me disais bien qu’il y avait de l’écho. Bon, je tenais juste à vous dire : je suis grave d’accord.
- De ?
- La quête, le dragon, Sauron, tout ça… j’approuve. Continuez votre quête. Et allez, avouez : vous restez ici à discuter avec nous juste pour nous occuper pendant que les nains se barrent. Comme ça, Saroumane ne pourra pas les arrêter.
- Ah bon, ils se b… hahaha, hem non : oui, complètement, c’était mon plan depuis le début."

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Et en effet : après avoir suivi Gandalf papoter encore quelques minutes pour dire du rien, et échanger avec Galadriel sur le fait qu’il lui suffit de l’appeler pour qu’elle apparaisse (quelle fille facile), le tout en tournant le dos à son interlocuteur en regardant le soleil se lever doucement, nous en revenons aux nains.

Fondcombe

Ces derniers se sont en effet barrés discrètement à l’aube, et marchent en file indienne sur un énième passage étroit pendant que la caméra tourne autour d’eux avec une musique pompeuse (… soupir). Après avoir traversé moult décors, nos héros finissent par une nuit de tempête à chercher un abri, errant sur une corniche glissante de montagne. Sauf qu’en réalité, il ne s’agit pas d’une corniche mais… d’une cavité dans la jambe d’un géant des montagnes assoupi ! Je vous passe les détails, mais le géant se lève, se tabasse avec des potes, se vautre, bref, encore 5mn de séquence hors de prix avec des géants qui se tapent sur la gueule probablement suite à un match de football des montagnes ayant mal tourné. A noter que durant l’affaire, Bilbo manque de peu de tomber, et ne doit son salut qu’à des nains qui lui tendent la main de justesse. Mais là encore, Peter Jackson  se vautre, en choisissant de mettre Bilbo en péril juste à côté de nains avec des lances. Et qui ne pensent pas à s’en servir pour lui tendre : à la place ils se contentent de faire l’habituel "Gnnn attrape ma main ! Aaaah mon bras est trop court !", etc. Non vraiment, c’est vu, déjà vu,  et même pas bon. Et gratuitement incohérent, donc. Vivement la prochaine fois : "Vite, mon bras est trop court ! Ah, et ces 12 mètres de corde enroulés sur mon épaule qui gênent mes mouvements !".

Nos nains s’en tirent malgré tout, et râlant sur le fait que Gandalf ne les ait pas encore rejoints, ils décident de s’abriter après ces aventures dans une grotte voisine, relativement petite et donc sûre puisque sans galeries inexplorées.

Profitons-en pour nous rendre complètement ailleurs : dans de vieilles ruines, loin de là, où les cavaliers orques et leurs ouargues sont venus faire leur rapport à leur chef… qui leur tourne le dos, l’air philosophe, mais en regardant la lune cette fois. Mais ? Bon sang, ça vous dirait pas de faire UNE SCENE où les gens se regardent quand ils se parlent ? C’est nul ! Nul ! Bon sang, vous allez voir, les mêmes mecs qui se moquent des Experts vont quand même réussir à trouver ce film génial alors qu’on y trouve les mêmes ficelles.

Bref, qui est le chef des orques ? Et bien figurez-vous – et là attention, c’est super incroyable – qu’il s’agit d’Azog, le seul orque avec un nom cité précédemment dans le film, et supposé mort ! Il lui manque toujours un bout de bras, mais les orques ayant de fichus chirurgiens, ils lui ont greffé à la place une pince à barbecue. Probablement pour animer les soirées de la Moria en agitant des merguez. Bon, c’est cool tout ça, mais à quoi sert cette scène ? Et bien aux orques à expliquer leur échec à leur maître :

"Seigneur Azog-main-de-merguez, nous avons échoué, huuu… les elfes… les elfes ont surgi alors que nous avions encerclé les nains… ils nous ont échappé !
- Alors tu mourras de ma main. Je veux la tête de Thorin Ecu de Chêne !"

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Et notre homme exécute en effet le serviteur défaillant d’un seul coup de sa puissante musculature, puis s’en retourne caresser son ouargue personnel, aussi albinos que lui, en continuant de contempler l’horizon nocturne.

"Et sinon chef, vous pourriez nous expliquer pourquoi, alors que vous êtes un peu le boss de la Moria,vous vous baladez avec quatre pauvres orques et cinq ouargues à travers tout le pays alors que vous êtes supposé être un seigneur de guerre surpuissant ? Vous n’avez rien de mieux à faire ? Vous avez pas de hobby ? Ça vous dirait pas d’essayer le ping-pong par exemple ? On peut vous greffer une raquette à la place de la main si vous voulez hein !"

Mais le chef orque n’aime pas le ping-pong, parce que ça oblige à regarder son adversaire en face. Aussi, la scène s’arrête ici.

Revenons à nos nains : alors que ces derniers pioncent tranquillement dans leur grotte de montagne, Bilbo se réveille, et note que la lame de son épée est devenue incroyablement bleue : ho bon sang, c’est qu’il y a pléthore d’ennemis à proximité ! Et en effet : soudain, le sol de la grotte s’ouvre littéralement en deux, et nos héros chutent tous dans une sorte d’immense toboggan en pierre (mais super patiné, hein, ils n’ont même pas une égratignure ou un accroc) et se retrouvent dans une cage au beau milieu d’une immense cavité sous la montagne où se balancent d’innombrables passerelles au-dessus d’un gouffre béant menant à une rivière souterrain.

Géant

Et nos héros ont à peine le temps de se demander ce qui leur l’arrive que des dizaines de gobelins jaillissent de partout et fondent sur eux, les empêchant de sortir leurs armes et les emmenant en une masse grouillante sur les passerelles vers une destination inconnue. Dans l’affaire, Bilbo parvient à s’échapper en… heu… marchant à 4 pattes. Et non, aucun gobelin ne remarque ce type en rouge vif entre eux, et ils le laissent donc derrière eux sans même le remarquer. Mais ? Mais ? Bouhouhou ! Arrêtez, s’il vous plait !

Bilbo se croit temporairement à l’abri, mais, erreur ! Un gobelin isolé l’a repéré se faufilant sur les passerelles, et bondit sur lui pour lui bourrer la gueule, oui ma bonne dame, le gobelin est comme ça. Hélas, la mêlée est si confuse entre les deux larrons que bientôt, ils tombent de leur passerelle et disparaissent dans l’immense gouffre au-dessous d’eux. Ouch.

C’est donc après une chute d’environ 400 mètres que nous retrouvons Bilbo, frais comme un gardon. Pardon ? Justifier sa survie ? Ahaha, mais non enfin, pourquoi ? On fait des incohérences à la pelle depuis deux heures maintenant, vous croyez vraiment qu’on va prendre le temps de faire un effort avec ce genre de détail ? Bref : Bilbo note que le gobelin qui l’avait agressé est tombé non loin… et qu’une autre créature est présente avec eux ! Elle, bien en forme : une créature grise et maigre aux yeux ronds qui donnent envie de la gifler qui tousse régulièrement en faisant "Gollum ! Gollum !". Le bougre n’a pas repéré Bilbo, et se contente de sourire devant le gobelin inconscient : après l’avoir fini à coups de caillou sur la face, il compte bien le manger, ce qui, disons le, effraie un peu notre héros témoin des évènements, qui ne comprend guère ce qu’est cette étrange créature. Créature qui en tabassant le gobelin, a perdu un curieux anneau derrière elle, ainsi que des clés de BMW.

Sitôt que la chose a disparu avec sa prise, Bilbo récupère son épée (qui par un fameux hasard, était non seulement tombée à côté de lui, mais en plus couverte par des champignons pour éviter que l’on ne puisse voir sa lumière bleutée, c’est quand même bien fait), l’anneau qui était à côté, mais pas les clés de la bagnole parce que dans ce film, aucune route ne semble faire plus de 40 cm de large pour obliger tout le monde à se balader en file indienne alors bon, ça ne servirait à rien. Puis, il commence à s’avancer dans les profondeurs de la montagne. Bien vite, le fanfaron tombe nez-à-nez avec un petit lac souterrain obscur, où Gollum est en train de s’apprêter à manger sa proie. Mais entrapercevant la lumière de la lame de Bilbo, il l’abandonne, et tel un ninja, disparaît dans l’obscurité avant de réapparaître à côté de notre héros quelques instants plus tard, prêt à lui caillasser la margoulette.

Sauf que Bilbo est vif : il parvient à pointer son épée vers lui, arrêtant instantanément la créature qui ne semble guère aimer les lames elfiques (sa pire phobie après le savon, les dialogues cohérents et les imitations pathétiques). Intrigué, Gollum se demande qui peut bien être ce petit visiteur qui prétend se nommer Bilbo Sacquet et être un hobbit. Mais notre héros n’a guère de temps à perdre : il veut avant tout sortir d’ici. Et comme Gollum s’ennuie, il propose un jeu à Bilbo. Un duel d’énigmes.

Enigmes

Remarquez, ça aurait pu aussi être une partie de Time’s up, alors quelque part, ne nous plaignons pas.

Si Bilbo gagne, Gollum lui montre la sortie. Si Gollum gagne, il lui montre son gosier. Il sortira aussi, d’une certaine manière, mais aura un peu moins de succès à la Comté, disons.

Soit, dit Bilbo. J’te prends quand tu veux.

Et c’est parti pour 6 énigmes. Pas une ou deux, hein : 6. Et à chaque fois, les personnages réfléchissent pendant de longues, longues minutes à base de "Rhoooo", "Attendez", "Mais si je le sais !" et hop, 15 minutes de meublées dites-donc. Cette scène est infernale, sans fin, et je vous avoue que j’ai prié pour que l’on me sorte de cette salle tant c’était non seulement nul, mais que les ficelles pour rallonger la sauce étaient si grosses que j’aurais pu me pendre avec. Et j’en ai vraiment eu envie.

Finalement, ce n’est que lorsque Bilbo pose la question "Qui c’est le plus fort, l’hippopotame ou l’éléphant ?" que Gollum sèche et que le concours est gagné. Mais le bougre étant mauvais perdant, il se dit que allez, bon : il va buter Bilbo quand même, parce que ça commence à bien faire les conneries quand même. Sauf que fouillant dans la poche de son pagne (si, si) pour y prendre l’anneau, son précieux, qui a le pouvoir de le rendre invisible, le bougre constate qu’il l’a perdu. Et que Bilbo l’a probablement volé. Ce gros bâtard.

C’est donc la grosse colère. Si.

Bilbo sent bien que tout cela flaire bon le pâté, et tente donc de s’enfuir, mais, las ! Gollum connait bien les tunnels et s’avère diablement rapide. Du moins, jusqu’à ce que, presque par hasard, Bilbo enfile l’anneau qu’il avait récupéré lorsque l’étrange personnage l’avait perdu, et devienne soudain invisible (d’ailleurs, si vous avez déjà vu le Seigneur des Anneaux, sachez que Peter Jackson recycle jusqu’au moindre plan : l’anneau qui tournoie au-dessus de Bilbo, la main dressée vers le ciel, l’objet qui ratterrit pile à son doigt, le tout au ralenti… Rrrzzz…) ! Suivant Gollum au travers du labyrinthe sous la montagne, celui-ci finit par l’amener devant une sortie. Sortie où Bilbo aperçoit… les nains !

Car pendant ce temps, il s’est passé des trucs du côté des nains, mais oui.

Après avoir été capturés par les gobelins, ceux-ci les ont emmenés devant Grogob, le roi local, qui s’est un peu moqué d’eux et a immédiatement reconnu Thorin (comment ? Probablement qu’ils ont Facebook sous la montagne), redoublant donc de mauvais esprit envers ce roi sans royaume. Il a quand même un peu flippé en notant que les nains se promenaient avec Pètegob, la lame connue pour être un peu le Baygon à gobelins. D’ailleurs, il a peur au point de reculer en hurlant rien qu’en la voyant posée au sol, alors que comme nous le verrons quelques minutes plus tard, la même dans les mains des nains, cette fois-ci grognons et équipés, ne lui fera pas du tout peur. Comme quoi, hein, mais bon : s’il fallait essayer de tenir plus d’une minute sans faire d’incohérences, aussi, hein…

Car justement : alors que les gobelins s’apprêtent à dépecer et torturer les nains histoire de déconner un peu, voici que soudain, une explosion lumineuse projette tout le monde au sol (mais sans les blesser, quand bien même ça désintègre tout ce qu’il y a à côté. Ah) c’est Gandalf ! Comment a-t-il su pour les nains prisonniers ? Comment est-il arrivé jusqu’à la salle du trône sans se faire croquer le cucu par les gobelins en maraude ? Et bien, c’est bien simple : ça ne mérite aucune explication !

"Allez les nains, remuez-vous le derche" leur hurle le magicien pistonné par le script bancal.

Aussi, sautant sur leurs pieds, nos héros se saisissent de leurs armes, et s’ensuit une bataille que je décrirai ainsi :

  1. Les nains courent sur une passerelle en essayant de fuir
  2. Soudain, 8D6 gobelins leur tombent dessus en faisant "Grrreeeuu"
  3. Grâce à d’habiles moulinets, tous les gobelins tombent dans le vide
  4. La troupe peut continuer

Répétez ça sur, disons, 12 passerelles, et vous avez l’intégralité de la scène. Oui, c’est assez chiant. Pas autant qu’un duel d’énigmes sans fin, mais pas loin quand même. Au final, le roi des gobelins, donc, qui a pour principal rôle de hurler le nom de chaque arme brandie par les gentils pour rappeler qu’ils ne se battent pas avec des couteaux à beurre (d’ailleurs, il ne donne pas qu’un nom c’est du genre "HO REGARDEZ ! ILS BRANDISSENT TRANCHEGUEULE, L’EPEE QUI MEULE SEVERE, AUSSI CONNUE SOUS LE NOM DE MARTEAU A MARGOULINS ! SAVIEZ-VOUS QUE CHEZ LES ELFES ON L’APPELLE N’GOLO, CE QUI SIGNIFIE AUSSI "FENDOIR A BLAIREAUX ?" : en fait, ils ne sont pas poursuivis par le roi des gobelins mais par Wikipédia) rattrape le petit groupe de fugitifs pour qu’ils ne puissent échapper à sa sapience. Et comme je vous le disais, le pauvre a beau hurler qu’il craint toutes ces lames plus que tout, même quand il n’y a personne pour les tenir, il n’est plus impressionné du tout sitôt qu’elles sont brandies face à lui par des guerriers expérimentés. Oui, c’est absolument nul, mais si vous ne le remarquez que maintenant, bon.

Bastonnains

Bref : en tout cas, après avoir vaincu le roi des gobelins super facilement, je vous passe les détails mais nos héros ont eux aussi tous chuté dans le gouffre sous les passerelles gobelines, tout comme Bilbo l’avait fait un moment plus tôt. Là encore, et après un curieux effet spécial bien raté, ils survivent tous à une chute de plusieurs centaines de mètres, et n’ont même pas un bleu lorsque le cadavre du roi des gobelins choit sur leur gueule depuis la même hauteur alors qu’il doit bien peser sa tonne cinq. Du détail on vous dit.

Par conséquent, c’est comme ça que Bilbo et les nains se sont retrouvés au même endroit. Et ont pu se retrouver près d’une sortie, qu’ils ont prise sans trop se faire prier.

A noter qu’une fois dehors, Bilbo n’a pas encore retiré son anneau et est donc encore invisible, aussi entend-t-il Thorin dire, lorsque Gandalf demande où est Bilbo, que "Cette petite fiente a probablement fui pour retourner dans son confort petit bourgeois". Il n’en faut pas plus à Bilbo pour aller retirer son anneau dans une cachette (il veut garder ce secret pour lui) et surgir en disant "Ahaha, et bien non Thorin, je suis là parce que je suis trop un mec cool."

Tout le monde embraierait bien sur le sujet, sauf que soudain, nos héros constatent une chose terrible : Azog et ses ouargues les ont retrouvés ! Vite, il n’y a pas une minute à perdre, fuyons !

Hélas, l’endroit n’est pas vraiment pratique pour ce genre d’exercice, puisque nos héros découvrent qu’ils sont en fait sur une falaise, et qu’il n’y a logiquement au bout de celle-ci que le vide… tant pis ! Gandalf donne l’ordre de grimper aux arbres, tant les ouargues sont connus pour être des quiches en escalade, puisqu’à l’école ils séchaient pour aller fumer derrière le gymnase. Les nains ont donc tôt fait d’agir en conséquence, et de noter qu’en effet, la troupe est bien commandée par Azog, le terrible ennemi de Thorin.

Histoire de quand même leur bourrer un peu la gueule et de riposter face aux ouargues, Gandalf utilise ses puissants pouvoirs de mage, non pas pour refaire une énorme explosion dans leur face mais pour… enflammer des pommes de pin. Hmm. Moui, d’accord. Bien bien bien. Jetant le tout dans la gueule des ouargues, ceux-ci reculent alors que le sol s’enflamme devant eux. Mais pour autant, rien n’est gagné. Car non seulement l’ennemi n’a reculé que de quelques mètres, mais en plus le grand arbre dans lequel la troupe a trouvé refuge commence à montrer des signes de faiblesse. Pas de problème : Gandalf décide d’en parler à un papillon.

"Papillon, petit papillon, pourrais-tu nous aider ?
- Ecoutez Gandalf, je suis un papillon. Vous croyez quoi, que je vais vous ramener un hélicoptère ? 
- Papillon, petit papillon, tu te bouges ou c’est Baygon."

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Un peu blasé, le papillon se casse donc. Et pendant ce temps, Thorin, lui, en a un peu marre de poireauter dans un arbre : il décide donc d’en descendre pour aller se détendre un peu, par exemple en cassant la gueule à Azog. Bon, petit détail : Azog (orque géant) monté sur Mirza (ouargue géant) charge à pleine vitesse le nain, et lui enfonce sa masse d’arme en plein dans la gueule.

Vous allez me dire "Ho non, Thorin meurt ?"

Non. Ça lui fait juste une coupure au nez.

Non, je ne déconne pas. Et puis pas une grosse coupure, hein, vous savez, ces blessures de film qui sont toujours entourées de noir comme si le mec avait à demi-brûlé en prenant le coup. Ah non mais c’est moisi jusqu’au bout, hein ! D’ailleurs, pour en rajouter une couche, Mirza choppe Thorin dans sa gueule et le mâchouille un petit moment, mais ça va, merci là encore, ça ne lui fait rien. Détail amusant : lorsque Thorin se libère de la gueule de l’animal et tombe au sol d’une hauteur d’environ un mètre cinquante… cela l’assomme.

Vous vous souvenez des chutes de 400 mètres il y a 10 minutes qui ne faisaient pas un bleu ? Oui, moi aussi.

Arbre

Bref, finalement, c’est Bilbo qui doit voler à la rescousse du nain, et s’il tient Azog à distance par le pouvoir de la coolitude, il ne parvient pas à le vaincre. Et alors que les ouargues vont en finir avec tous ces petits personnages… les renforts ramenés par l’ami gentil Papillon arrivent ! Il s’agit des aigles géants, les potes de Gandalf, qui devaient donc être juste à côté pour qu’un papillon vole jusqu’à eux en 2 minutes. En tout cas, ils emportent dans les airs les nains, conscients ou non, les magiciens et les hobbits, et les emmènent loin d’Azog et sa troupe, jusqu’à une plate-forme rocheuse en sécurité.

De là, et alors que le soleil venait à peine de se coucher, hop, il se relève déjà (non mais c’est si compliqué que ça à gérer ? Un stagiaire saurait le faire !) pour dévoiler un spectacle intéressant : au loin, le Mont Solitaire est visible !

"Voilà qui promet de belles aventures", s’exclament nos héros en regardant l’horizon, alors qu’une grive s’envole devant eux. "Même si comme à chaque film, Gandalf appelle les aigles à la fin au lieu de s’en servir de taxi aérien pour que l’on arrive à destination sans risquer 20 fois notre peau."

Et la grive, ignorant les trous de l’intrigue, volant jusqu’au Mont Solitaire, tape un escargot si fort contre la paroi rocheuse que cela résonne jusqu’au coeur de l’ancienne forteresse naine (oui, c’est un oiseau sous stéroïdes), où la caméra déambule jusqu’à la salle du trésor… où il y a du mouvement : un museau s’agite, un oeil s’ouvre : Smaug est encore vivant, et bien vivant, contrairement à 20% des spectateurs morts de vieillesse durant la scène des énigmes !

Et… FIN !

Aigles

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"Cate ! Cate ! Tournez-vous Cate ! Souriez !"

Les photographes se pressent sur les bords du tapis rouge, poussant sur le cordon de sécurité malgré la vigilance des agents chargés de s’assurer de l’intégrité d’icelui. Dans les derniers rangs des preneurs d’images, certains sont déjà occupés à contempler leurs prises du jour. "Radieuse", "épatante", "incroyable" : les mots ne manquent pas pour qualifier la photogénie naturelle de l’actrice. Pour les photographes, la journée a été bonne. Il est rare qu’une comédienne d’un tel niveau prenne autant de temps pour poser.

Une bien belle rencontre, en somme.

"Espèce de monstre !"

Lance cependant Cate au travers de son bâillon, alors que je la dépose dans le coffre de ma berline. "Que croyez-vous ? Tout le monde doit être à ma recherche à l’heure qu’il est ! Je suis supposée être en train de monter les marches, ils vont s’en apercevoir, toute la ville sera bientôt à vos trousses espèce de dégénéré !"

Me tournant vers l’agitation visible au coin de la rue, alors que des badauds vont et viennent en tournant les têtes vers les marches où l’on entend distinctement les cris de "Cate ! Par ici Cate ! Souriez, oui !", je me contentai de sourire vers elle.

"J’en doute, jeune fille. J’en doute."

Et refermant le coffre sur la malheureuse, j’imaginais déjà la magie du jour à venir.

Demain, les plus grands magazines auraient pour couverture une salade niçoise.

La neige tombe silencieusement sur la petite cité, couvrant les pavés pluriséculaires d’une couche uniforme blafarde.

Pourtant, il court sans se soucier de la quiétude étrange de cette fraîche nuit d’automne ; haletant, il ne considère la neige que comme une sorte d’ennemi glissant qui colle à ses souliers telle une boue gluante et glaireuse venue ralentir sa course. Jetant un regard paniqué derrière lui, il s’engage promptement dans une étroite ruelle sur sa gauche, semblant lui promettre une occasion de disparaître temporairement de la vue de son poursuivant. Épuisé, la respiration sifflante, il considère un instant les improbables quantités de buée qui semblent s’échapper de ses poumons avant de tourner brusquement la tête vers l’extrémité de l’antique rue où la neige vient de crisser.

Posté entre deux bornes de pierre supposées autrefois garder les piétons des roues des chariots, il aperçoit à la lueur orangée d’un luminaire proche la silhouette noire au manteau long qu’il n’a eu de cesse de vouloir semer. Fronçant les sourcils, il lâche un juron en tentant d’ignorer les battements sourds de son coeur fatigué par la course.

"C’est fini. Tu ne peux plus fuir, rends-toi" dit la silhouette. Il souffle encore quelques jurons avant de se redresser.

"Jamais ! Jamais à ceux de ton espèce ! Nous vaincrons ! Mon Seigneur vaincra !
- Ton Noir Seigneur est mort il y a longtemps, Sylvain Fumoir. Ton combat, comme ta fuite, était sans issue.
- Je ne me rendrai pas sans combattre, Odieux ! Les chasseurs de sorciers de ton espèce n’auront que…"
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Portant la main à sa poche, il en sort avec diligence une baguette en hêtre qu’il brandit au travers du vent lui rabattant les flocons au visage.

"Avada Ked…
- Hortefix !"
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Fumoir pousse un cri aigu en voyant sa baguette sauter de ses mains pour être expulsée vers Bamako. Un sort typique des écoles de magie française, pense t-il en frottant sa main endolorie.

"Soit, tu gagnes pour cette fois, Odieux, tu as été le plus rapide ! Mais peut-être as tu envie de voir une autre magie puissante à l’oeuvre : choisis une carte, n’importe laquelle, je vais la deviner.
- Non, Fumoir. Tes jeux ne m’amusent plus. Rends-toi où je…
- Raaah !"
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Profitant que son assaillant se soit rapproché, Sylvain Fumoir ramasse une poignée de neige sur un muret proche et la jette au visage de son adversaire avant de se jeter sur lui avec rage. Avant qu’il ne puisse l’atteindre, il distingue la baguette de son ennemi braquée vers lui.

"Tu l’auras voulu Mage Noir ! Je vais t’obliger à revivre un moment douloureux : le dernier Harry Potter !
- Nooooooon !
- Endoloris Cinematographicum ! Spoilons !"
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L'Affiche : moi aussi, à un moment, je voulais m'enfuir en courant dans les bois

Ainsi donc, Harry Potter et les Reliques de la Mort, partie I, est sorti dans les salles obscures ; la chose a fait grand bruit, et pourtant, je subodore que certains d’entre vous ne sont pas encore parfaitement au point sur Harry Potter ; je vous fais donc un résumé rapide :

Harry Potter est un orphelin qui le jour de ses 11 ans, est invité à suivre un vieux barbu au motif qu’il serait un sorcier (une vieille ruse de pédophile, comme chacun sait "Suis moi, je t’emmène apprendre la magie ! Monte dans le coffre !"). Ainsi, Harry est envoyé à Poudlard, l’école de magie officielle de Grande-Bretagne. Il s’y fait deux amis, Hermione et Ron, et surtout, découvre sous la direction de Dumbledore le sens du mot "discrimination" : dès leur arrivée, les élèves sont divisés en 4 "maisons" : Gryffondor (les gentils), Serpentard (les enculés), Maison Annexe #1 et Maison Annexe #2 (non, les deux dernières maisons n’ont aucun intérêt dans l’histoire, tout comme l’ensemble des personnages y appartenant, ce qui permet de vite savoir qui va avoir un rôle dans l’intrigue ou non), et n’ont dès lors même plus le droit de manger ensemble, afin de bien marquer leurs différences et d’apprendre le communautarisme.

Hélas, durant 7 livres, Harry va découvrir que le vilain sorcier qui a tué ses parents, Lord Voldemort (et non Susanna Sucre-d’Orge, on vous donne bien des noms vous permettant de repérer les méchants à l’avance), est toujours en vie, a toujours envie de le tuer (il l’avait loupé la première fois, et puis Voldemort n’ayant pas de nez, on sent bien qu’il est jaloux parce qu’Harry peut porter des lunettes, lui, sans que ça lui tombe sur la bouche, ça doit accroître sa haine), et veut toujours monter une armée pour dominer le monde. Au bout de 6 livres, Harry découvre donc que Voldemort a trouvé un moyen d’être immortel : il a planqué des bouts de son âme dans divers objets magiques, ce qui lui permet de ressusciter en cas d’urgence (ce sont des points de sauvegarde, donc). S’il veut en finir définitivement avec Voldy, Harry doit donc détruire ces objets. Et nous voici donc au début du 7e livre, début du film. En route !

Le film s’ouvre donc sur une conférence de presse du nouveau ministre de la magie, dont le nom importe peu, qui informe quantité de journalistes qu’à l’heure où Voldemort est une menace, les services de l’état sont là pour protéger les sorciers de l’armée des vilains. Qu’ils peuvent donc lui faire confiance pour mener sa mission à bien, et que Voldemort fera moins le malin quand il sera en garde à vue. Pendant ce temps à quelques kilomètres de là, Harry Potter regarde tranquillement la famille qui l’hébergeait depuis des années quitter la ville, tant l’insécurité grimpe à vitesse grand V depuis que de mystérieux meurtres ont lieu un peu partout (meurtres ayant un vague rapport avec le fait qu’une armée de sorciers maléfiques se promène à Londres ces derniers temps ; en France, on aurait déjà fait une loi sur les sorciers maléfiques afin de les interdire purement et simplement, ou pire les priver de leur nationalité. On ne rigole pas avec l’insécurité.). Ron Weasley, lui prend un air super pensif en regardant les champs autour de chez lui, parce que vraiment, ça fait trop cool au début d’un film de prendre une tête de philosophe maudit en contemplant l’horizon. Hermione Granger enfin, sentant ses parents, deux "moldus" (des gens sans pouvoirs magiques), en danger puisqu’ils pourraient être interrogés par Voldemort et ses potes pour essayer de localiser Ron, Hermione et Harry, décide d’employer les grands moyens et leur jette un sort d'"oubliette" qui leur fait oublier jusqu’au fait qu’ils avaient une fille. Allez savoir comment, le sort est si puissant qu’il fait même disparaître Hermione de toutes les photos, documents & co de la maison. Autant vous le dire, c’est une sorte de super GHB : on sent qu’en boîte de nuit, Hermione doit se la donner grave, cette coquine.

Pendant ce temps, au grand QG des méchants (un énorme manoir appartenant à une célèbre famille de méchants, entouré évidemment par une atmosphère lourde et un crépuscule constant), tout le monde est réuni autour d’une vaste table, présidée par Voldemort lui-même. Ce dernier accueille le dernier arrivant à la réunion du jour avec bienveillance, un certain professeur Rogue. Le bougre a rapporté de bonnes informations : il sait quand et comment Harry Potter va être évacué de son actuelle planque (attendez, une planque ? Vous parlez bien de la maison qu’il occupe depuis qu’il est enfant et où il y a son nom sur la boîte aux lettres ?) pour une autre. La chose devrait se faire la veille de ses 17 ans, et c’est à ce moment là qu’il sera le plus facile de frapper pour qu’enfin, Voldemort puisse tuer le jeune malandrin. Cependant, le Seigneur des Ténèbres sait qu’Harry et lui ont un problème de baguette (… Freud ? Freud, un commentaire ?), puisque leurs pouvoirs s’annulent mutuellement ; il décide donc d’utiliser une autre baguette, et emprunte celle d’un de ses serviteurs, un certain Lucius Malefoy. Cela étant dit, il est grand temps d’achever la réunion ; ne pouvant le faire d’un simple "bon après-midi à tous" au risque d’entacher sa réputation de chef des forces du mal, Voldemort décide plutôt d’exécuter une prisonnière qu’il avait gardé au chaud depuis le début de la réunion. Comme ça, pour le plaisir. Son décès signale que la séance est levée.

 

Chez les méchants, comme dans n'importe quelle autre réunion, on se fait chier en regardant un Powerpoint

Dites-donc, j’espère qu’ils se réunissent pas trop souvent, quand même.

D’ailleurs, sans vouloir être trop pointilleux : le QG des méchants, tout le monde sait où il est, et en plus si jamais quelqu’un doutait, il est recouvert de ténèbres façon manoir hanté histoire de bien lever toute hésitation. Alors pourquoi les gentils ne l’attaquent pas ? Ou, plus simplement, se contentent de faire passer un B-52 au-dessus de la maison ? Non parce que Voldemort et sa baguette, ils sont sûrement très gentils, mais pour le coup, je ne suis pas sûr que 4 tonnes de bombes, même pas magiques, hein,  tombant sur leur demeure par surprise ne leur fasse pas un peu de mal. Ou éventuellement, un bon vieux missile façon chasse aux talibans. Enfin.

Retournons plutôt voir Harry, car je vous sens inquiets ; sachez qu’il erre dans la grande maison vide de son enfance, s’emplissant l’esprit de souvenir des années passées… ah, nostalgie ! Cependant, ses rêveries sont rapidement interrompues par l’arrivée en masse de troupes de l’ordre du phénix (une brigade de gentils luttant contre Voldemort et ses amis depuis des années dans l’ombre), parmi lesquelles pas mal de ses vieux amis : Harry, Ron, le géant Hagrid, un sorcier black façon professeur N’Golo-Golo ("il fait revenir l’être aimé et tomber le kiki de l’ennemi par simple consultation téléphonique !") qui explique que bon, là, officiellement, il devrait servir de garde du corps au 1er ministre anglais, mais que protéger Harry est plus important.

Oui, c’est sûr : un attentat contre le 1er ministre britannique, c’est tellement peu important, ça n’aurait aucune conséquence. Mieux vaut que tu viennes aider tes potes à monter leur plan pourri, puisque comme nous allons le voir, il est vraiment tout naze.

Bref, nos larrons expliquent à Harry le plan du jour : plusieurs de ses amis vont utiliser une potion pour prendre son apparence, et se vêtir exactement comme lui. Ainsi, ils partiront ensuite par groupes de 2 (un déguisé en Harry, l’autre faisant office de garde du corps) chacun dans une direction différente et empêcheront ainsi les vilains qui guettent sûrement à l’extérieur de savoir lequel est le bon Harry à dessouder. Une fois le bon Potter arrivé à destination dans la nouvelle cachette où il sera plus en sécurité, les autres membres du groupes se téléporteront dans la dite cachette pour se regrouper.

Et là, lecteurs, vous m’arrêtez, vous me stoppez, vous tentez de m’ôter les mains du clavier afin de me dire "Attendez, de la téléportation ? Mais alors pourquoi s’ennuient ils à transporter Harry par voie normale et ainsi risquer d’être attaqués ?" ; la réponse est simple : Harry n’a pas encore 17 ans, je le rappelle, et chez les sorciers, avant ses 17 ans, on porte "la trace", un truc qui fait que l’on peut vous localiser automatiquement lorsque vous vous téléportez. Donc, Harry devant se cacher, l’idée est peu intéressante.

Donc là vous me dites "Aaaah, ok".

Sauf que non, pas ok, lecteurs inattentifs ! Après tout, on est à la veille de ses 17 ans ; alors ça va, Voldemort et ses copains ont été trop bêtes pour penser à attaquer la maison dans laquelle Harry habite depuis des années (je ne veux pas entendre "elle est protégée contre les vilains sorts !" ; vous croyez que ça la protège d’une voiture piégée ou d’un tir de fusil à lunette quand Harry sort les poubelles, hein ?), on peut bien attendre quelques heures de plus, comme ça, on le téléporte à 17 ans passés, et personne ne prend aucun risque.

Ultime solution : pourquoi s’emmerder à faire diversion en faisant prendre l’apparence d’Harry à plein de gens ? Il a une cape d’invisibilité, non ? C’est quand même pas plus pratique ? Non ? Bon.

En même temps, je ne leur en veux pas : après tout, à 11 ans, à un niveau CM2, on les a envoyé à Poudlard, école où on enseigne ni mathématiques, ni histoire, ni géographie, ni littérature, ni langues étrangères… bref, c’est une école qui forme des neuneus, oui, mais des neuneus magiques. On voit le résultat.

Bref ; nos héros suivent donc le plan, et prennent donc l’apparence d’Harry, y compris certaines jeunes filles, ce qui pour le coup, doit leur faire bizarre ; après une rapide inspection de leurs nouveaux corps et un coup d’oeil discret dans leurs slips respectifs, nos valeureux leurres se disent que, hé bé, ce soir, ils vont voyager plus légers qu’ils ne le pensaient. Harry a beau crier "Nan mais c’est parce qu’il fait froid, et tout", personne ne l’écoute. On échange donc quelques dernières consignes avant d’aller enfourcher les balais volants, et se préparer pour l’action. Le vrai Harry, lui, monte avec Hagrid, le géant qui a une moto volante, avec sidecar. C’est quand même autrement plus moderne. Mais passons.

 

Méfiez-vous : les petits cons qui font du bruit en scooter en bas de chez vous sont peut-être en fait de puissants mages ; la différence n'est pas flagrante

Tout le monde décolle en conséquence, prend de l’altitude et, alors qu’ils franchissent les premiers nuages bas, découvrent des hordes de sorciers maléfiques sur leurs balais en train de les attendre ; ça vole dans tous les sens, ça échange des éclairs, bref : c’est la bataille d’Angleterre. Harry et Hagrid tentent de semer leurs poursuivants à grands coups de turbo (J’en profite : oui, je sais, c’est du "feu de dragon" plus qu’un vrai turbo, que gnagnagna, ils le disent dans le livre, mais écoutez moi bien bande de crypto-intégristes : ici, on spoile le film ! Le film ! Pas une étude comparée avec le livre du genre "ah ouais mais dans le livre ils expliquent pourquoi, tous les spectateurs devraient l’avoir sur les genoux durant la séance"  ! Alors il suffit, je vous connais ; reprenons maintenant.), mais les brigands s’accrochent ; cependant, Hedwige, la chouette d’Harry, décide de se mêler de la bataille en essayant de venir protéger son maître en griffant le visage des poursuivants : grave erreur, puisque non seulement elle en meurt, mais elle révèle ainsi qui est son maître, l’andouille. Tous les vilains cessent donc la poursuite et c’est Voldemort en personne qui débarque pour essayer d’abattre Harry. Hélas, sa nouvelle baguette ne semble pas faire le poids comparé à celle du bon Potter, et l’objet de bois explose littéralement, obligeant Voldemort au repli.

2 choses : Voldemort, tu aurais utilisé je ne sais pas moi, un flingue ? Ou même, parce que tu es retro, une grosse épée, une arbalète, un arc magique, ou je ne sais quoi ? Tu n’aurais pas ce genre de soucis ! Ne serais tu pas un peu idiot par hasard ? Quant à toi Harry, c’est pareil : tu peux faire apparaître des cerfs magiques, changer d’apparence, jeter des éclairs, mais tu n’es pas foutu d’obtenir de quoi bourrer de plomb un sorcier ? Surtout que j’insiste : une bonne vieille pétoire, c’est quand même plus rapide qu’une baguette : l’autre en est encore à gueuler "Avada Ke…" que d’une simple pression sur une gâchette vous l’avez transformé en filtre à plombs. Ca vous dirait pas d’être efficace, un peu ?

Bon, revenons à nos moutons : Hagrid et Harry, ayant semé leurs poursuivants, finissent par poser leur moto volante qui a pris quelques coups dans la bataille à proximité de la cachette tant attendue : le Terrier, la maison de la famille Weasley qui…

… oh ? Attendez, c’est ça "la cachette" ? Mais ? Mais bon sang, ce n’est même plus une cachette, c’est un panneau clignotant "venez me tuer, je suis chez mon meilleur copain chez qui je passe toutes mes vacances d’habitude !" ; c’est définitif, nous n’avons pas la même notion de planque. Si c’était pour l’emmener là, je crois qu’il aurait été possible de téléporter Harry d’entrée de jeu, même si tout le monde était au courant : ça n’aurait pas fondamentalement changé l’affaire.

En tout cas, les autres duos faux Harry/garde du corps arrivent l’un après l’autre au Terrier en se téléportant ; tout le monde se porte bien, à l’exception d’un des frères de Ron, qui a eu une oreille coupée, et de Maugrey Fol-Oeil, un soi-disant formidable chasseur de mages noirs qui est tombé au champ d’honneur. A noter que Modingus, un membre de l’équipe un peu lâche, a lui tout simplement fui en se téléportant dès le début de la bataille dans un bruit de pet liquide paniqué. Tout le monde est un peu triste mais, bon, il est l’heure d’aller se coucher, alors on pleurera demain.

Dans la nuit, entre deux rêves érotiques, Harry a des flashbacks : guerre du Vietnam, soirée alcoolisée, et accessoirement, mort de Dumbledore ; il décide donc que les gens autour de lui meurent trop facilement ces derniers temps, et veut partir seul s’isoler pour ne plus mettre personne en danger : son vieux copain Ron le retient heureusement, lui expliquant qu’il est beaucoup trop con pour survivre seul, ce en quoi je ne lui donne pas tort.

Le lendemain, il est déjà temps de se changer les idées, puisque figure-vous que Bill, l’un des frères de Ron, ainsi que Fleur, sa copine, ont décidé de se marier. Un immense banquet et une cérémonie ont été organisés au Terrier où…

Attendez, attendez, ce n’est pas censé être une "planque" ? Vous organisez une fête géante dans la planque que vous ne voulez surtout pas que qui que ce soit découvre ? Je… heu… bon.  Bref, faisons comme si de rien n’était. Dans la journée en tout cas, le ministre de la magie en personne se rend sur place pour voir Harry (Je ! Et lui, comment est il au courant ? Les héros passent leur temps à dire qu’il ne faut surtout pas informer le ministère, qui est infiltré de partout par les méchants, et ils invitent le ministre lui-même à venir les visiter dans leur planque ? Non mais, je suis le seul à avoir entendu le mot "cachette", à un moment ? Même que c’était pour ça qu’il faisait un super plan à base de diversions il n’y a pas 15 minutes ?). L’homme politique vient lire à Ron, Hermione et Harry le testament de Dumbledore ; il le fait lui-même car il n’y a pas du tout de personnel pour, c’est connu, le ministère, ça doit juste être le ministre et sa secrétaire. Ainsi, nos héros apprennent que :

  • Ron hérite d’un déluminateur, objet qui peut faire disparaître et apparaître de la lumière à volonté
  • Hermione hérite d’un livre de contes pour enfants, Les Contes de Beedle le Barde
  • Harry hérite du premier vif d’or qu’il a attrapé au sport national des sorciers, le Quidditch, une petite boule dorée et aildée

Autant vous dire que le ministre repart au son des "Raaah, Dumbledore, vieil enfoiré, comment tu nous lègues de la daube, c’était bien la peine de se faire chier durant six livres, tiens ! On ira déféquer sur ta tombe !".

Le soir même, le banquet post-mariage a donc lieu, et chacun célèbre l’union de Bill et de Fleur autour d’une bonne coupe de champagne. Harry profite donc de la soirée pour se promener tranquillement au milieu de tous les invités, façon "Coucou, je suis là, si l’un d’entre vous est un agent de Voldemort, n’hésitez pas à lui dire où je me cache, si on peut encore appeler ça se cacher". Il rencontre rapidement un vieux, qui comme tous les vieux, a un truc à raconter entre deux effluves urinaires : Dumbledore avait une vieille amie qui le connaissait formidablement bien, et qui a donné quantité d’informations à une journaliste pour qu’elle écrive un livre sur lui. L’amie en question, Germaine, habite dans le village où Harry vivait jusqu’à la mort de ses parents. Rien de bien fascinant, jusqu’à ce que la cérémonie soit interrompue par l’arrivée d’une sorte de boule lumineuse au milieu de la piste de danse qui vient interrompre "Le Petit bonhomme en mousse" pour informer les convives d’une terrible nouvelle : Voldemort et ses troupes viennent d’attaquer avec succès le ministère de la magie, et l’ont renversé. L’objet mystique ajoute accessoirement "Maintenant, planquez vos fesses, car ils arrivent". Et effectivement, des dizaines de sorciers plutôt vilains arrivent aussitôt et commencent à se battre avec les convives à grands coups de sorts mortels. Harry, Ron et Hermione ont juste le temps de se téléporter en urgence vers un lieu lointain : une rue de Londres.

 

Pour ne pas casser l'ambiance, même les mauvaises nouvelles sont annoncées par une boule à facette

Coup de chance (de nombreux autres suivront) : Hermione s’est téléportée avec son gadget ultime : le sac à main sans fond, un sac dans lequel tu peux ranger tout ce que tu veux, de ton portefeuille à ta bibliothèque en passant par ta toile de tente. Il faudrait que je m’en trouve un comme ça pour mes soirées kidnappings. Même si je ne vous raconte pas le bordel pour retrouver ses clés là-dedans. En tout cas, elle, elle a mis moult affaires à l’intérieur, y compris des vêtements de rechange pour des garçons. Ne me demandez pas pourquoi elle a ça sur elle, la coquine.

Nos héros vont donc trouver un petit café pour se poser temporairement et discuter des derniers évènements ; cependant, ils sont rapidement attaqués par deux mages maléfiques, qu’ils parviennent à neutraliser assez rapidement (parce que les mages n’ont pas pensé à les attaquer pendant qu’ils ne regardaient pas alors qu’ils arrivaient dans leur dos, quelle idée saugrenue). Ils leur font tout oublier grâce au GHB magique d’Hermione, avant de se dire qu’il serait temps de trouver une cachette pour la nuit ; quoi de mieux que d’aller dans l’ancien QG de l’ordre du Phénix, l’ancien manoir de la famille Black ? Décision est prise, et les choses se passent plutôt bien sur place, malgré des bruits étranges dans la maison. Tant et si bien que comme toujours dans les grands films, quand il y a des tueurs qui rôdent et que les héros sont dans un manoir étrange, ils se séparent en groupes de 1.

Heureusement, ils ne trouvent que deux choses : tout d’abord, Kreatur, l’elfe de maison crasseux du manoir, pas très aimable mais condamné à obéir à Harry dont il est la possession suite à un héritage, et une inscription signifiant qu’habitait autrefois là un certain Regulus Arcturus Black, soit R.A.B, les initiales d’un type dont nos héros savent de source sûre, grâce à une anecdote du film précédent, qu’il possède l’un des Horcruxes contenant un bout d’âme de Voldemort, un petit médaillon. Oui, un petit médaillon choupi. Voldemort est comme ça ; des fois, il cache aussi son âme dans des Zhu Zhu Pets. Soit ! Ils interrogent donc Kreatur afin de savoir où est cet objet mais celui-ci les informe qu’il a été volé il y a un bail par un certain Modingus (mais si, le lâche du début du film !). Harry ordonne donc à Kreatur de retrouver le voleur, ce qu’il fait assez rapidement, car malgré leur statut d’esclaves, les elfes de maison sont surpuissants, allez savoir pourquoi.

Modingus est donc interrogé ; il ne résiste pas beaucoup (il est lâche), et Hermione regrette donc de ne pas pouvoir utiliser sa gégène avec pinces à testicules qu’elle avait emmené pour l’occasion. Ils apprennent donc que le médaillon a été confisqué par Dolores Ombrage, une vilaine du ministère de la magie, qui collabore avec joie avec les troupes de Voldemort.

Nos héros décident alors qu’il serait malin d’infiltrer le ministère afin d’aller y récupérer l’objet ; ils capturent donc 3 fonctionnaires de celui-ci et cachent leurs corps dans un entrepôt discret (pourtant annoté d’un gros panneau jaune pétard "attention, site sous surveillance vidéo"… non, vraiment, combien de fois vont ils faire des choix débiles ?), prennent leur apparence et s’en vont au ministère accomplir leur terrible mission.

Sur place, comment vous décrire le spectacle ? C’est facile, pour que l’on comprenne bien que nous sommes chez des vilains, c’est le IIIe Reich : outre la propagande pro-sorciers aryens, des hordes de types en tenue du Volkssturm (avec même le petit brassard rouge du parti au bras et la casquette d’infanterie, oui oui oui, c’est très recherché) circulent, attrapent des gens et les emmènent se faire interroger (avec un peu de torture, évidemment, parce que sinon, on rigole moins) afin qu’ils avouent s’ils cachent des sorciers au sang mêlé à celui des moldus, ou s’ils en sont eux-même. Subtil, n’est-ce pas ? Les murs sont accessoirements recouverts d’affiches invitant à capturer un certain Harry Potter, le célèbre magicien geek.

Cependant, rien n’arrête nos aventuriers qui infiltrent sans soucis les lieux, tant apparemment ils peuvent aller n’importe où sans qu’on leur demande de présenter un quelconque papier. Un ministère imitant le IIIe Reich, c’est connu, ça se visite comme on veut, c’est ouvert à tout vent. Ils arrivent donc à localiser, par un petit coup de chance (ça alors !), Dolorès Ombrage, qui est occupée à tenir un procès dans les sous-sols. Nos larrons débarquent avec toute la subtilité qui est la leur, paralysent tout le monde à coups de baguette (il n’y a aucune sécurité non plus, quelle idée de sécuriser un tribunal), et s’enfuient en emmenant le médaillon que la bougresse avait autour du cou. Cependant, durant leur fuite, la polymorphie arrête de faire effet, et tout le monde découvre Harry Potter et ses potes en plein milieu du ministère de la magie où ils sont recherchés ; une petite course poursuite s’engage avec les miliciens locaux, et l’un d’entre eux, plus tenace que les autres, arrive même à les attraper au moment où ils se téléportent. Hermione est donc obligée de le dégager une fois à destination avant de relancer une téléportation d’urgence vers une petite forêt, ce qui, étant fait un peu à la va vite, a tendance à poser quelques soucis ; dans le cas présent, c’est un bras de Ron qui est téléporté en oubliant plusieurs morceaux (je pense que des bouts de cerveau de plusieurs héros ont aussi refusé de faire le voyage, mais ce n’est que mon opinion). Heureusement, Hermione a de quoi le soigner (une bombe froide et une éponge magique), mais il reste tout de même très affaibli de cette affaire. Elle donne alors à Harry la consigne qui va ouvrir une séquence affreusement étirée qui donnera à certains des envies de s’ouvrir les veines : "Harry, va monter la tente", car oui, Hermione a toujours une tente Quechua dans son sac dimensionnel.

 

75% du film tient là-dedans.

Ainsi commence une longue, trèèèèèès longue période durant laquelle nos adolescents vont vivre tranquillement sous la tente en essayant de détruire le médaillon, mais sans pouvoir y parvenir (le bougre résiste aux sorts ; mais personne ne pense à essayer avec un gros caillou). Fugitifs, chaque soir, nos loulous jettent des sorts rendant leur campement invisible à autrui.

C’est con que vous n’ayez pas eu l’idée de jeter les mêmes sorts sur le banquet, au mariage, ou sur une quelconque de vos précédentes cachettes. J’imagine que ça aurait pu aider. Mais bon.

Un soir, Hermione entend du bruit non loin du camp, et étant de garde, décide de n’alerter personne et de se séparer des autres pour aller voir (dans une forêt, la nuit, avec des tueurs qui rôdent… non mais ce n’est plus un film, c’est un sketch de Jean-Marie Bigard ! Heureusement qu’Hermione est la plus intelligente). Elle tombe nez à nez avec une troupe de sorciers au service de Voldemort, des "rafleurs", mais ceux-ci ne la voient pas, puisqu’elle bénéficie du sort d’invisibilité du camping. Ils finissent donc par passer leur chemin. Cependant, la chose a fait suffisamment peur à nos héros (plusieurs slips ont connu une fin tragique ce soir là) pour qu’ils décident de se déplacer régulièrement ; ne pouvant se téléporter puisque Ron est encore un peu faible, ils vont à pieds au travers de fabuleux paysages, et visitent apparemment l’Ecosse en long, en large et en travers.

Harry, de son côté, a une idée stupide, comme bien souvent : "Heeey le médaillon qu’on a trouvé contenant un bout d’âme de Voldemort, si on le portait autour de notre cou en attendant de trouver comment le détruire au lieu de le laisser au fond du méga-sac magique d’Hermione qui sert à transporter tout le reste de nos affaires en toute sécurité ?" ; aussitôt dit, aussitôt fait. Mais comme le médaillon rend les gens nerveux et méchants, curieusement, personne ne pense à dire "Bon, c’était une idée de merde", et à la place on entend un "Portons le tour à tour, partageons ce fardeau". Ho oui M’sieur Frodon, partageons l’anneau, il est trop lourd pour vous, vivement qu’on atteigne le Mordor pour le détruire. Tiens ? Je me suis trompé de film ? Vous êtes sûrs ? Non parce que moi je n’ai pas l’impression. Enfin, si vous le dites.

Au final, le médaillon finit par accomplir sa mission, puisqu’il provoque une grosse crise de colère chez Ron (original n’est-ce pas ? De toute manière, quand il y a un piège ou quelqu’un qui doit tomber sur une peau de banane, c’est toujours pour Ron), qui soupçonne une liaison entre Hermione, sa copine (avec laquelle il ne couche pas malgré qu’ils soient bloqués en pleine nature depuis des semaines avec beaucoup d’hormones et peu d’activités, on reste quand même dans un monde gentillet ; des ados, de la magie, des pouvoirs d’agrandissement de certaines choses et de polymorphie, en général, ça dégénère vite), et Harry. Il décide donc d’abandonner tout le monde et en a marre de cette quête d’horcruxes alors qu’ils n’arrivent même pas à en détruire un : il se téléporte seul loin de là.

Ah le salopard : alors pour ça, il a la force de se téléporter, mais pour éviter à ses copains de marcher, jamais. Quel pourri.

Harry et Hermione n’étant plus retardés par leur ami à la chevelure de munster, ils se mettent à se déplacer en se téléportant eux aussi aux quatre coins du pays, sans pour autant avancer beaucoup plus dans leur aventure. Ils papotent, se font des câlins amicaux, dansent en écoutant la radio, mais jamais Harry n’arrive à obtenir d’Hermione quoi que ce soit, tant cette dernière reste quand même fondamentalement une truie frigide. Un soir, cependant, elle a une idée lumineuse : "Aaaah mais je sais ce qui pourrait détruire les horcruxes : l’épée magique de Gryffondor" (notez qu’il s’agit toujours d’une épée ou d’un truc médiéval ; le fusil à pompe enchanté de Gryffondor, vous pouvez toujours l’attendre. J’imagine qu’au moyen-âge, l’épée étant trop moderne, les sorciers se battaient à coups de gourdins et de silex magiques) ; seul soucis, l’épée magique a disparu depuis des mois, et personne ne sait où elle est.

Que faire en attendant ? Jouer à la crapette ? Regarder Avatar ? Ouvrir un skyblog ? Non : Harry a une idée. Peut-être que Dumbledore n’a pas tout dit avant sa mort sur les horcruxes et comment les détruire ; peut-être serait il temps d’aller rendre visite à Germaine, la vieille amie du vénérable mage qui semblait en savoir suffisamment sur lui pour aider une journaliste à écrire un livre à son sujet. Hermione souligne que se rendre dans le village où Harry a perdu ses parents est risqué, que l’ennemi risque d’y avoir placé des guetteurs, mais bon : qui ne tente rien n’a rien. En plus, comme c’est aussi un lieu important pour Voldemort, peut-être y a t-il laissé un autre horcruxe.

 

"Cher Père Noël, si tu pouvais m'apporter la MG-42 de Serpentard, ça me ferait bien plaisir"

C’est donc la nuit de Noël que nos deux pinpins s’en vont dans le village enneigé visiter les lieux ; ils repassent devant l’ancienne maison à demi-détruite de la famille Potter, mais ne trouvent rien d’intéressant. A part une petite vieille relativement louche, qui les invite à la suivre ; elle les emmène jusqu’à une petite maison isolée où, effectivement, il s’avère qu’elle est bien Germaine, la personne recherchée par nos héros (quel coup de bol ! Elle passait pile au bon endroit au bon moment !) ; seulement, elle est curieusement muette. Vous vous demandez pourquoi, hein ?

La réponse est simple : ce n’est pas vraiment Germaine : en fait, c’est l’anaconda domestique de Voldemort, déguisé en vieille, qui tend un piège à nos héros. Oui, un anaconda déguisé en vieille. Oui, moi aussi j’étais consterné, parce que bon, je m’y connais en anacondas, j’ai vu d’excellents documentaires sur le sujet, et jamais ils ne se font passer pour des vieilles, c’est pas le petit chaperon rouge, non mais. Bref ; une petite bataille s’engage, dans laquelle le serpent est repoussé par un puissant sort d’Hermione, mais qui détruit au passage la baguette d’Harry. Un repli stratégique via téléportation est donc effectué, et Harry pleure doucement qu’Hermione lui a brisé la baguette (oui ? Non, je n’ai pas fait ce commentaire. Pourquoi, je devrais ?).

Et c’est donc reparti pour encooooooore plus de camping. Raaah, laissez moi mourir, bon sang, qu’est-ce qu’on s’ennuie.

Un soir, Harry, de garde, entend du bruit dans les bois ; aussi malin qu’Hermione, lui aussi décide de ne surtout pas l’alerter (ça sert à ça, des gardes : à ne pas donner l’alerte) et de partir tout seul voir ce que c’est ; et bien figurez-vous qu’un patronus en forme de biche fantomatique (un patronus, c’est une sorte d’esprit défenseur que les sorciers peuvent faire apparaître) est là, au milieu des bois, à attendre Harry pour le guider gentiment. Bon, Harry, ça fait maintenant des mois qu’il n’a pas réussi à serrer la petite Hermione, alors il est un peu chaud et une biche, même fantomatique, ferait bien l’affaire : aussi la suit il sans se poser de questions.

Cette dernière le guide jusqu’à un étang gelé où, sous la glace, Harry aperçoit… l’épée de Gryffondor.

Oui, elle est là, tranquille : elle adore faire de la plongée en hiver, c’est son hobby. Ni une, ni deux, Harry décide d’aller la chercher ; pour cela, il veut plonger sous l’eau. Non, utiliser sa magie (il a emprunté la baguette d’Hermione, mais ne s’en sert pas) pour ramener l’épée, quitte à faire apparaître une épuisette, ça lui parait trop élaboré comme plan. Non, il va plutôt se mettre en slip et plonger par – 12°, histoire de rigoler un peu. En ne gardant sur lui qu’un seul objet : le médaillon de Voldemort (bin oui, tiens, c’est vrai qu’il est plus en sécurité là que dans la tente avec Hermione, hein ? Puis plus utile, aussi, sûrement). Or, une fois sous l’eau, curieusement, le médaillon n’a pas l’air d’apprécier qu’Harry essaie de récupérer une arme capable de le détruire ; il se débat donc, et essaie d’entraîner sous la glace Harry loin de l’épée et du trou qu’il avait fait pour plonger, histoire de le noyer.

Formidable coup de bol (encore un ? Non mais c’est fini ces télescopages ?), une main récupère et l’épée, et le Harry Potter et les sortent tous deux de l’eau en cherchant lequel des deux est con comme 2 kilos de métal : il s’agit de Ron, qui est revenu aider ses potes maintenant qu’il a fini de faire son petit caca nerveux. Il a su où était Harry grâce au déluminateur, qui apparemment, fait aussi GPS. Ne me demandez pas comment non plus. Harry propose alors à Ron de détruire le médaillon, maintenant qu’ils l’ont, ainsi que l’épée ! Notre rouquemoute accepte, mais comme Harry l’a dit : "attention, au moment où tu voudras le détruire, le médaillon risque de se défendre !" ; ouais, attention Ron, cet enfoiré va essayer de te mettre des coups de fermoir, il risque de te pincer. Trop cruel, Voldemort.

Sauf que non : Voldemort a mis bien plus de puissance dans ce médaillon ; celui-ci crée des illusions pour effrayer Ron (il fait apparaître sa terreur, des hordes d’énormes araignées), avant de, allez savoir pourquoi, changer de registre :

"Roooon… Roooon… ta copine, elle couche avec Harry ! C’est une coquine !
- …
- Regarde ! Je fais apparaître des images où elle et lui se font des bisous ! Ca t’énerve, hein ?
- Heu… c’est-à-dire qu’en fait, mon objectif, médaillon, c’est de te casser la gueule, alors chercher à m’énerver encore plus, c’est un peu incohérent. En plus les araignées, ça me faisait fuir, alors pourquoi tu arrêtes ?
- Regarde ta copine… bisouuus… elle roule des patins à Harry ! Attends, tu en veux plus ? Bouge pas, je te mets un petit fond sonore de basse, façon film porno. Alors, t’en penses quoi ? T’es vénér’ hein ?
- Mais enfin, médaillon, tu es idiot ? Pourquoi tu m’encourages à te détruire alors que tu dois faire l’inverse ?
- Okay, tu l’auras voulu : je rajoute des passages où Harry fait pouet’ pouet’ camion à Hermione. Tu veux que je fasse apparaitre un gros monsieur noir aussi pour se joindre à eux ? Ca t’énerverait un gros monsieur noir tout nu ?
- Bon."
0

Ron, lassé par l’incohérence totale du médaillon, le détruit donc d’un bon coup d’épée, et hop : finies les illusions d’Harry et Hermione à poil, mais pas trop non plus (le médaillon de Voldemort fait apparaître des illusions chastes : c’est un seigneur des ténèbres, mais militant actif chez Familles de France). Une fois cela fait, les deux garçons retournent au campement trouver Hermione, qui est certes heureuse de retrouver Ron et d’apprendre qu’il a détruit un horcruxe, mais surtout un peu en colère qu’il ait lâché tout le monde quelques semaines plus tôt. Elle boude donc.

Tiens, mais au fait, qui a créé cette biche fantomatique qui a guidé Harry au fond des bois pour trouver l’épée ? Comment cette personne savait que notre groupe camperait juste à proximité ? Que faisait l’épée là ? Mystère, dans l’immédiat.

 

Attention ! Dans cette image se cache un anaconda, sauras tu le retrouver ?

Sur ce, revenons à nos pérégrinations ; un jour, Hermione note dans le bouquin de contes pour enfants que lui a légué Dumbledore un signe curieux : un trait vertical, imbriqué dans un cercle, le tout placé dans un triangle… hmmm, mais qu’est-ce que c’est ? Harry se souvient avoir déjà vu M. Lovegood, le patron d’un journal pourri (une sorte de Public ou Closer local), porter ce signe en médaillon. Il pourrait donc être intéressant d’aller le voir pour l’interroger à ce sujet ; soit ! La petite troupe se rend donc promptement chez le personnage, accessoirement père de Luna, une de leurs camarades de classe. L’homme est un peu nerveux et dérangé (mais bien qu’il raconte n’importe quoi, bizarrement, il donne toujours de formidables infos 100% véridiques pile poil quand les héros en ont besoin), mais explique tout de même ce qu’est ce signe : il s’agit des "Reliques de la Mort" ; dans un vieux conte, trois frères ont obtenu de la Mort trois objets : la plus puissante baguette de sorcier du monde (symbolisée par le trait vertical), une pierre capable de ressusciter les morts (le rond), et une cape d’invisibilité (le triangle). Quiconque a ces 3 objets devient "le Maître de la Mort". Soit, se disent nos amis, et ces objets existeraient donc bel et bien ? Puisque Harry a déjà la cape d’invisibilité, semble t-il (même s’il ne s’en sert pas du tout dans ce film alors qu’elle aurait pu servir quasiment dans chaque scène, mais définitivement, Harry est un pur produit de Poudlard, l’école au programme consternant).  Effectivement ; mais la conversation n’ira guère plus loin : nos héros comprennent vite que leur hôte a une bonne raison d’être nerveux ; sa fille a été raflée par les vilains quelques temps plus tôt, et il espère, en dénonçant Potter et ses amis, obtenir sa libération. A peine a t-il révélé cela (tout est bien synchronisé, encore une fois) que la maison est bombardée de sorts plutôt offensifs par des mages noirs volant tout autour ; histoire de varier un peu les plaisirs, Hermione téléporte ses deux balourds de collègues et elle-même vers une destination forestière où…

… où allez savoir comment, ils sont attendus par les rafleurs qu’ils avaient vu dans les bois des mois auparavant. Comment les ont ils retrouvés ? Vous ne le saurez jamais ; en tout cas, une brève course poursuite s’engage, et nos élèves sorciers sont vite capturés : Hermione a juste le temps de jeter un sort de Bogdanovum à Harry (elle lui déforme le visage en le gonflant affreusement) afin que leurs agresseurs ne l’identifient pas tout de suite et ne le livrent ainsi pas aussitôt à Voldemort. Certes, il y a une trace de sa cicatrice, que ses agresseurs reconnaissent, mais dans le doute, ils se rendent au QG des méchants pour vérifier son identité.

Sur place, la chose semble compliquée, tant, quand même, Harry ne ressemble plus à rien (je vous ai entendu dire "c’était guère mieux avant", au fond, messieurs) ; aussi, lui et Ron sont envoyés en cellule en attendant que l’on prenne une décision. Bellatrix, l’une des grandes méchantes préférées de Voldemort, décide elle se s’amuser un peu avec Hermione, en la torturant parce que bon : elle est fille de moldus, même pas de sorciers, donc ça mérite bien une punition.

Pendant ce temps, dans leur cellule, Harry et Ron entendent du bruit et allument toutes les lumières grâce au déluminateur (… non… non… ne me dites pas que les forces du mal dans leur QG face à des sorciers, qui sont souvent des gens avec des objets magiques, n’ont même pas pensé à les fouiller ? Et bien non.), et constatent qu’ils ne sont pas les seuls prisonniers : il y en a 3 autres, parmi lesquels Luna Lovegood. Soudain, apparait au milieu d’eux Toby, l’elfe de maison idiot et pote d’Harry Potter, qui a le pouvoir (comme il est aussi surpuissant que tous les elfes de maison) de se téléporter où il veut, même dans cette cellule, qui doit pourtant être protégée. Toby cherchait Harry, et est fort content de lui tomber dessus ; il reçoit donc directement des instructions du bon Potter : 1 – évacuer les autres prisonniers vers une planque en bord de mer où ils sont déjà allés, et 2 – neutraliser le garde de la prison. En 10 secondes, l’elfe fait les deux. Balaise. Et vous n’avez pas encore tout vu, mais j’y reviens.

Nos deux adolescents vont donc rapidement porter secours à Hermione, et la sauvent de ses tortionnaires, aidés en cela par Toby, qui fait tomber des objets et confisque les baguettes de tous les sorciers – pourtant forts, maléfiques et expérimentés – présents à ce moment là. Bref, à lui seul ou quasiment, l’elfe vient de paralyser tout le QG de Voldemort et ses mages les plus costauds.

Bon, moi, à leur place, j’aurais déjà monté une armée d’elfes de maison et conquis le monde en moins de 45 minutes. Mais là encore, personne ne semble y penser.

 

Voilà : ça, ça vous maîtrise toute l'armée ennemie en moins d'une minute. Mais tout le monde semble l'oublier.

En tout cas, Hermione se relève péniblement, non sans que l’on ait pu voir un cheveu de Bellatrix en gros plan tomber sur son manteau. C’est super innocent, comme plan, pas vrai ? Ça ne va sûrement pas servir dans le prochain film, nooooon. C’est probablement juste un plan pris au hasard, comme ça, hop, genre "Tiens, si on filmait un cheveu ? C’est cool les cheveux, ça joue bien, ça me rappelle un peu Romain Duris".

Au final, tout le monde se rassemble autour de Toby pour se téléporter avec lui loin de là ; c’est sans compter sur Bellatrix qui, probablement anciennement employée au cirque Pinder, effectue un formidable lancer de couteau à la dernière seconde, provoquant la téléportation de la lame volante avec l’ensemble du groupe de fuyards.

A l’arrivée, tout le monde se retrouve donc comme prévu sur une plage balayée par les flots, avec comme seule perte Toby, qui a reçu la lame en plein dans son petit corps frêle ; il meurt donc dans les bras de Harry en contemplant l’océan, cette plage étant un peu son Omaha Beach ; pour les dialogues, ça donne grosso modo dans le "Ne meurs pas Toby ! Accroche toi ! Les hélicoptères arrivent ! " et les "Tu diras… argh… à ma femme que… je… je l’aime… tu lui diras, hein… Harry !" – "Toby ! Fais pas le con, écoute, on entend les rotors ! Ils vont te retaper, tu iras voir ta femme en permission avec une médaille et tu lui diras toi-même que tu l’aimes !"

Hélas, Toby meurt quand même. Harry sanglote donc d’avoir perdu son ami moche, niais, mais surpuissant, et s’en va lui creuser une tombe avec une bonne vieille pelle, quelque part dans les dunes, là où les gens font vider les intestins de leurs chiens lorsqu’ils se promènent sur la côte.

Mais, et Voldemort dans tout ça, hein ? Qu’est-ce qu’il faisait au lieu d’être à son QG ? Et bien, sachez-le : d’abord il est allé péter la gueule à un célèbre fabriquant de baguettes magiques en lui disant "Alors comme ça, tu pensais qu’avec une autre baguette je pourrais vaincre Harry ? Sauf que celle que j’ai utilisée au début du film, elle a fait pouf ! Je veux faire jouer ma garantie !" ; puis, réalisant qu’il lui faudrait tout simplement une baguette fort puissante, il s’est mis en quête de celle évoquée dans le conte des trois frères, la baguette des Reliques de la Mort. Le vieux marchand de baguettes a évoqué le fait qu’il avait bien cette baguette des années auparavant, mais que quelqu’un lui avait volé, probablement un roumain.

Voldemort part donc retrouver le voleur, devenu fort vieux mais toujours fort rabouin, et ce dernier lui annonce que la baguette avait fini dans les mains de Dumbledore. Et à sa mort, il avait été enterré avec.

C’est donc parti pour la séquence nécrophile du film : Voldemort va ouvrir le tombeau de son vieil ennemi, renifle un peu son cadavre encore en fort bon état, s’accouple un peu avec parce que bon, hein, il a beau être maléfique, il n’en reste pas moins homme, puis s’empare de la baguette avec laquelle il fait surgir moult éclairs du ciel dans un rire maléfique et…

FIN.

 

La scène finale de l'accouplement post-mortem

Ou plutôt à suivre. Oui, je sais, dans la bande-annonce, il y a plein de scènes d’action dont je n’ai pas parlé ici ; c’est normal, c’est pour le suivant. Parce qu’une bande-annonce juste avec les scènes de ce film, c’eut été affreusement chiant. Ça aurait ressemblé à Camping, en fait. Avec Emma Watson à la place de Franck Dubosc.

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Sylvain Fumoir, à quatre pattes dans la neige, soufflait lourdement après avoir subi toute la douleur d’un tel ennui cinématographique. Jamais il ne se serait douté que son adversaire lui infligerait une telle torture. Mais il n’avait pas joué sa dernière carte pour autant. Il jeta un regard à l’Odieux Connard derrière lui.

"Alors, on se rend ? Ne fais pas comme ton ami Jamax, qui a voulu résister inutilement…"

Fumoir eu un rictus invisible, tant sa face était à nouveau tournée dans une autre direction ; il était déjà concentré sur autre chose : relevant sa manche, il toucha de la main le tatouage en forme de souris blanche qu’il portait au poignet.  Il allait prouver que son Noir Seigneur était de retour.

Je n’eus pas le temps de me retourner en entendant le bruit caractéristique de quelqu’un se téléportant derrière moi.

"Yé vé té faire dichparaitre comme oune petite chouriche, hihihi !", entendis-je avant qu’un éclair ne vienne me frapper entre les omoplates.

Mon Dieu, Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, le maître de tous les sorciers maléfiques, celui qui surpassait amplement Voldemort était de retour :

GARCIMORE !

La jeune fille me regarde avec un sourire radieux.

Alors que pour ma part, j’avoue que je fais la moue. La même que celle que je fais lorsqu’une mouche tente d’amerrir dans mon brandy.

"Monsieur ?
- Oui bonsoir, je voudrais une place pour…
- Oui, pour quel film ?
- Pour heu…
- Oui ?
- HEM HEMTwiHEMlightHEMtrois.
- Pardon ?
- HEM Twaïla.. le.. le HEM le 3 ?
- ?
- Je… hmmm…Twilight 3, s’il vous plait"
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Elle se fend d’un sourire plus grand encore que le précédent et tapote sur sa machine.

"Ah oui ! Ah, vous allez voir, il est bien mieux que le 2 !"

Après avoir récupéré tant mon ticket que mon esprit, je me permets quelques pas vers les contrôleurs. "Mieux que le 2 ?" grommelle-je en fronçant les sourcils. "Mais comment diable serait il de toute manière possible de faire pire ?". Me frayant un chemin au travers de la marée de jeunes filles (jeunes physiquement ou mentalement), je finissais pas trouver une place libre dans la salle.

Je ne le savais pas encore, mais jamais je n’allais autant regarder ma montre lors d’une séance de cinéma. Et pas seulement parce que j’ai une superbe toquante. Mais vous n’avez que peu de goût pour ces considérations, alors comme le veut la tradition, constatez par vous-même : spoilons !

L'affiche : notez que le visage de l'héroïne n'est pas sans rappeler l'inexpression faciale de Nicolas Cage. Quel jeu d'acteur.

Notre histoire commence quelque part à Seattle, par une pluvieuse nuit. Riley, jeune homme sans histoires ni charisme, sort tranquillement d’un bar pour regagner son petit nid douillet ; pour ce faire, il n’hésite pas à passer par les rues les plus étroites et mal éclairées qu’il peut trouver sur son chemin, histoire de. Soudain, quelque chose le bouscule avant de disparaître ; qu’est-ce ? Un animal ? Un brigand ? Une racaille ? Non… "Y a quelqu’un ?" – marmonne t-il timidement – mais personne ne lui répond, si ce n’est le son des gouttes s’abattant sur les pavés. Il reprend donc sa route lorsque, ho ! Re-bousculade !  Notre Riley commence quelque peu à paniquer : il chuchote donc un "à l’aide !" mais juste une fois et pas trop fort, avant de commencer à courir car il sent que son agresseur invisible le poursuit. Alors qu’il débouche sur des docks, il est à nouveau attaqué et cette fois-ci, mordu au bras. Il tombe alors au sol en se tordant de douleur, car comme chacun sait, dans Twilight, lorsqu’un vampire vous mord n’importe où, le venin de ses canines vous transforme en créature de la nuit de manière super douloureuse : c’est donc ce qui est en train d’arriver au jeune homme. Diantre, ça commence fort.

Mais dirigeons nous plutôt vers Forks, riante cité bénie par un soleil éclatant, qui darde de ses rayons les champs de fleurs de la petite communauté. D’ailleurs, qui retrouvons nous au milieu des dites fleurs ? Edward Cullen et Isabella Swan bien sûr ! Et cette dernière est en train de lire un truc qu’elle a écrit, probablement pour son cours de français, qui se résume à "Si le monde doit se finir, ce sera dans les flammes ou dans la glace ; moi, je pense que ce sera dans le feu car je brûle d’amour, mais bon, si c’est la glace, ce sera pareil hihihihi" (ça aurait sa place sur un skyblog entre deux gifs animés clignotants tant c’est représentatif) ; Edward lui se contente de lui faire des bisous comme le gros vampire attardé qu’il est "Edward, j’essaie de réviser, arrête, hihihi" "Bisouuuu… bisouuuuu ! Huuhuhuhu, t’es trop belle baybay". Je regarde ma montre : ah, oui, nous n’en sommes même pas à la 5e minute et c’est d’ores et déjà consternant. Hmmm.

En attendant, entre deux bisous avec moult bruits de succion (c’est un peu le sceau d’un Twilight, le monde où les vampires doivent avoir des glandes salivaires hypertrophiées), Edward repose la question à Bella "Veux tu m’épouser ?" ; et la jeune fille de répondre que non, que d’abord, elle veut être transformée en vampire. Qu’ensuite, okay, mariage. Mais dans l’immédiat, non. En attendant, 16h approche et Bella doit rentrer chez Papa Swan, sinon elle sera privée de choco-BNs.

A l’heure dite, Bella franchit donc la porte du domicile paternel comme prévu, et va trouver son père qui souhaite s’entretenir avec elle ; en effet, ce dernier s’inquiète : elle ne voit plus qu’Edward ("Ouiii mais Edward, c’est ma vie ! On se connait depuis 6 mois alors c’est le big love !"), et plus du tout ses autres amis. Il insiste donc pour que la jeune fille aille voir au moins l’un de ses plus vieux et fidèles camarades: Jacob, le joyeux indien de la réserve (et accessoirement loup-garou amateur de sorties en slips).

Soit, dit Bella, il en sera ainsi ; elle va donc se saisir de son téléphone portable, et envoie à Jacob "Jakob, t ou ?" suivi de "Tu fé la gueul ? :o" avant d’expédier "apel moa mdr ;)" ; pourtant, nenni de réponse de la part de l’indien bodybuildé, aussi notre héroïne se décide t-elle à se rendre directement dans la réserve indienne à l’aide de son vieux pick-up personnel. Hélas, le véhicule ne démarre pas : et pour quelle raison je vous prie ? La réponse apparait vite sous la forme d’Edward (suis-je le seul à trouver que son nez ressemble à une pièce de Duplo ?), qui informe de son air psychopathe habituel (appuyé par ses énormes sourcils en scratch) qu’il a saboté le véhicule pour ne pas que Bella aille voir Jacob. Oui, il ne veut pas qu’elle visite ses amis, et est prêt à bousiller sa voiture pour ce faire : je pense que le vampire est aussi un pervers narcissique, mais passons.

Ce vieux conservateur de Charlie Swan aimerait que sa fille fréquente plus de gens vivants et moins de gens morts. Le naze.

Pendant ce temps, dans les bois de Forks (je vous rappelle que c’est là que se déroule 85% de l’intrigue), Victoria, la vilaine vampire rousse tueuse et avide de vengeance envers Bella et Edward (qui avaient tué son copain, James,  dans le premier volet) se promène. Hélas, impossible pour elle d’aller à la cueillette aux champignons comme elle le voudrait tant les vampires de la famille Cullen la pourchassent d’un côté et les loups-garous indiens de l’autre. Constatant que le coin est décidément peu accueillant avec tous ces gens qui cherchent à la tuer, elle met donc rapidement les voiles vers d’autres cieux.

Le lendemain au lycée, Jacob est là, attendant tranquillement devant l’entrée principale : cela rend immédiatement Edward bougrement nerveux, tant les tensions entre vampires et loups-garous sont grandes (non, Edward n’a même pas le minimum de self-control nécessaire malgré son siècle d’existence pour parler calmement à quelqu’un n’étant pas de son camp). Et Jacob raconte à Bella ce que le vampire choucrouté voulait lui cacher : Victoria est de retour. "Ho bin non alors !" s’exclame Bella, avant d’embrayer sans plus attendre sur le fait que l’indien ne répond pas à ses textos (moi aussi, quand on m’annonce que le tueur surnaturel psychopathe & immortel qui me recherche est dans le coin, j’ai envie de parler de qui répond à mes sms ou non). En conséquence de quoi, mademoiselle Swan décide d’accompagner Jacob dans sa réserve pour parler avec lui au calme. La discussion est assez sympathique, jusqu’à ce que Jacob commence à faire de subtils sous entendus comme "Holala, les garçons imprégnés d’une fille (oui, imprégnés) ne peuvent plus s’en passer, je connais un ami dont c’est le cas qui…" ; halala, on se demande trop s’il parle de son ami ou de lui dis donc tellement les dialogues sont bien écrits.

Accessoirement, Jacob apprend que Bella compte se faire vampiriser après son diplôme de fin d’année ("Hihihi mon Edwardou, si j’ai une mention tu me vampiriseras plus vite, hihihi ?") ; or, détestant les vampires, il s’oppose à cela, et signale qu’il préfèrerait Bella morte que vampire.

Ça tombe bien mon garçon : être vampire, c’est en général être mort. Tu vois, tout le monde va y trouver son compte.

Quelques jours plus tard, Bella se voit proposer par les Cullen deux billets d’avion pour aller voir une dernière fois sa mère avant de finir transformée en suceuse de sang. Officiellement, son prétexte pour disparaître est "Je pars étudier en Alaska". Quelle formidable excuse. Il y avait aussi "J’ai décroché un stage au Pôle Nord" suivi de "Je pars vivre à Roubaix". En tout cas, maman Swan est évidemment formidable, puisque c’est la meilleure amie de sa fille ; accessoirement, elle a une qualité merveilleuse : elle est incroyablement stupide. Par exemple, elle ne remarque à aucun moment, alors qu’Edward a accompagné Bella (tiens, je me demande comment il a fait pour prendre l’avion ; au dessus des nuages, il a dû prendre le soleil, non ?), que ce dernier brille de mille feux puisque la maison de maman Swan est bien vitrée et située dans une contrée particulièrement ensoleillée. Pratique. Elle n’a pas non plus fait attention au fait qu’il ne mangeait pas (un détail), qu’il était tout pâle (un autre détail), que ses yeux étaient d’une couleur surnaturelle (décidément) et qu’il n’avait pas dû se laver les cheveux depuis près d’un siècle. Par ailleurs, elle précise lors d’une discussion que "Hihihihi, Edward te regarde comme un gros pervers psychopathe, c’est trop chou !". Bravo maman, tu es décidément la digne mère d’Isabella Swan, à vous deux vous devez réussir à aligner le QI d’une truite. Tous les personnages de cette série me fascinent.

Maman & Fifille Swan sont trop des supers copines, hihihi, trop mégalol !

Pendant ce temps, à Seattle, il se passe des choses étranges : des gens disparaissent, des massacres sont effectués ici ou là, mais apparemment, personne ne sait qui remue ainsi la ville. En réalité, ce sont de jeunes vampires nouveaux-nés proliférant rapidement, que Riley (désormais mort-vivant, donc) tente de contrôler, et qui se nourrissent d’une manière bien barbare. A noter que malgré la non-furtivité des jeunes vampires, personne ne les remarque. C’est vrai que des mecs qui retournent des voitures en pleine rue avant de se ruer sur la gorge des passagers effarés, c’est incroyablement discret.

Dans tous les cas, le clan Cullen suit la chose à la télé. Ah oui, c’est malin : autant laisser les journalistes de TF1 mener l’enquête, vous avez raison les gars, c’est plus sûr. Jean-Pierre Pernaut dans son 13h devrait bien vous dégoter une information capitale sur la situation, comme par exemple un reportage sur le terrible meurtre du dernier fourreur de bottes de castor de Seattle.

Une nuit cependant, le jeune vampire Riley se rend donc à Forks afin de visiter discrètement la maison des Swan ; il y vole une culotte de Bella (ou une chemise, je ne suis plus sûr, je me souviens juste que c’était très laid et très sale) pour des motifs bien mystérieux (personnellement, je pense que c’est parce qu’il est aussi pervers qu’un Edward moyen). Sa présence est cependant reniflée par Edward, dont le mini-nez ne l’empêche pas de maxi-sentir ; afin de protéger Bella, il est décidé de la mettre sous surveillance. Mais pour les Cullen, comment faire pour protéger Bella, repousser les incursions de Victoria, chasser pour se nourrir et rester le cul devant la télé à regarder les reportages de TF1 sur Seattle en même temps ? Une seule solution : informer la tribu de Jacob de ce qu’il se passe. En conséquence de quoi, vampires & loups font une trêve et se relaient devant la maison de Bella pour faire le guet et la protéger de toute incursion vampirique.

Autre mesure pour protéger notre adolescente en folie : lui faire passer un maximum de temps dans la réserve indienne, où les loups peuvent s’assurer qu’il ne lui arrive rien d’affreux (comme tomber amoureuse d’un macchabée par exemple). Jacob en profite pour inviter la jeune fille à une soirée indienne durant laquelle Père Castor raconte les belles histoires de la tribu, à commencer par comment les indiens ont rencontré les vampires pour la première fois, et surtout, comment un jour, alors que le chef indien de l’époque était menacé par une vampire fourbe, sa femme se poignarda pour faire couler le sang et affoler les sens du prédateur nocturne ; la diversion et le sacrifice de la peau rouge permirent au chef tribal de tuer la vampire.

Remarquez, l’indienne était bien bête : faire couler le sang pour provoquer une diversion ne nécessite pas forcément de se poignarder dans le ventre, bande d’andouilles. Et après ça s’étonne de se faire exterminer. Tsss.

J’en profite pour vous annoncer, puisque nous n’allons pas toutes les faire, que régulièrement, le film est coupé par une scène cucu durant laquelle Edward demande encore à Bella de l’épouser, Bella qui lui répond que "Nan, je veux être transformée d’abord !" suivi de propos à base de "Tu es ma raison de vivre" (mais tu es mort, sombre margoulin !) et autres "Si je te transforme, tu seras immortelle et tu verras tous ceux que tu aimes mourir, je ne veux pas que cela t’arrive c’est trop dur". Ces séquences répètent toujours les mêmes choses, mais varient par le lieu où elles se déroulent : sur le lit de Bella, dans un bois, dans un salon, sur le capot de la benz-benz-benz… Ça dégouline de niaiserie.

La séquence niaise numéro 18. Ou 19. Ah, il y en a trop, je suis perdu.

Mais revenons à la réserve indienne, voulez-vous ? Un jour, Jacob emmène Bella dans un superbe coin sauvage, où elle ne pourra pas crier au viol. Là, l’indien lui révèle qu’il l’aime très fort, qu’elle devrait le choisir lui et pas le vilain vampire, car petit a, lui est un être vivant, et petit b, lui n’aura pas besoin de la transformer en vampire. Notant que ses paroles n’ont pas l’air d’atteindre le cœur de Bella, il se décide à passer à la seconde étape de son plan : le roulage de patin. Cela surprend notre jeune fille, qui se rebelle un peu et s’énerve : elle demande à repartir aussitôt, tant l’haleine de chien mouillé du bel indien lui a pourri les papilles.

Quelques heures plus tard, alors qu’elle regagne son domicile raccompagnée par Jacob, Edward débarque à toute allure et tout énervé en hurlant "t’as touché ma meuuuuuf beuaaar !" : en un mot comme en cent, c’est un peu la grosse colère. C’est finalement Charlie Swan, le shérif de père d’Isabella, qui viendra séparer et calmer les deux jeunes courtisans, aidé en cela par le charisme fabuleux que lui procure sa moustache. Tout se finira donc calmement pour cette fois.

Hélas mes bons amis, la fin d’année approche (mais pas la fin du film, ce qui est regrettable) ! Il est donc temps que nos chers élèves du lycée de Forks aillent chercher leurs diplômes lors de la célèbre cérémonie qui va bien. Pour l’occasion, la famille Cullen a organisé une grande fête chez eux où tous les élèves sont invités.

C’est bien normal : ce sont des vampires pluriséculaires ; ils passent donc évidemment leur temps à fréquenter et inviter des lycéens immatures. Par ailleurs, c’est une idée fabuleuse d’inviter une horde de trous du culs curieux & rebelles dans sa maison au fond des bois, celle où il n’y a aucun lit puisque chacun sait que les vampires ne dorment pas, et où sont entassées des milliers de photos & des peintures d’eux les représentant à différentes époques. Bref, le truc trop discret ; dites, vous voulez pas non plus leur montrer la pièce où vous stockez tous les diplômes que vous décrochez depuis plusieurs siècles et prouvant votre immortalité tant qu’à faire ? Celle que vous montriez à Bella dans le premier volet ? Ah, mais suis-je bête : des lycéens en quête d’un coin discret pour copuler finiront bien par la trouver par eux-même. Vous êtes décidément trop intelligents les Cullen, c’est fou.

Tiens d’ailleurs, en parlant de gens trop intelligents, que devient la famille royale des vampires, les Volturi ? Et bien figurez-vous qu’ils se sont déplacés à Seattle pour constater que ce sont bien des vampires qui mettent la ville à feu et à sang. Et en se renseignant un peu, ils comprennent vite qu’il s’agit d’une armée qui se prépare avant d’aller massacrer le clan Cullen. Et comme les Volturi n’aiment pas trop les Cullen, ils décident de laisser faire.

Excellent plan ! Car en les laissant faire leur petit bain de sang à Seattle, au vu et au su de centaines de témoins, qui c’est qui va bientôt se prendre sur la gueule tout ce qui ressemble à un chasseur de vampire/l’inquisition/des humains vengeurs sur la gueule ? Mais oui, tous les vampires, Volturi compris ! Dont le rôle était, je le rappelle, de s’assurer que les vampires restent discrets. Et qui étaient qualifiés de "subtils" et d'"intelligents". Définitivement, ils sont donc forts cons, comme ils ont su le prouver à chaque fois qu’on a entendu parler d’une de leurs décisions depuis trois films.

Les Volturi savent s'habiller pour ne pas éveiller l'attention des humains

Mais éloignons nous de ces considérations qui nécessitent un QI supérieur à 55 pour être prises en compte, et retournons voir les Cullen qui, comme toute bonne famille d’américains moyens, décide d’aller camper pour profiter de la nature sauvage. Ils laissent donc la maison pour un week-end à Edward et Bella, ce qui sent l’orgie à plein nez.

Incroyable coïncidence, c’est le jour où Papa Swan décide qu’il est temps de parler sexe, protection & petites abeilles à sa fille. Après un habile mouvement de moustache, il se décide donc à entamer la conversation (attention, nous arrivons sur le passage sexe, donc lourd) :

"Ma chérie tu… tu te protèges, hein ? Tu ne fais pas de bêtises ?
- T’inquiète papa !
- Oui mais avec Edward vous… heu… hein ?
- Papa ! Edward est de… la vieille école.
- Il préfère la sodomie ?
- Papaaaaa ! Enfin ! Il a dit pas avant le mariage ! Et puis je suis viergeuuuuh, d’abord !"
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Vierge, mais plus pour longtemps mes bons amis, car le week-end arrive, et Bella a bien envie de couchailler avec Edward. C’est à peu près à ce moment là que dans le cinéma, tous les mâles présents font "Ouiiii une érection alors que son cœur ne bat plus, hahaha, les nuls" ; oui en même temps les mecs, ça fait 1h30 que vous êtes devant un film ou un mec mort depuis un siècle au cœur qui ne bat effectivement plus marche, parle & éprouve des sentiments, alors bon, on est plus à ça près. Non, le vrai problème c’est que un, s’il s’accouple à une vierge et que la vue du sang le rend fou, il va vite y avoir un problème, et que je… attendez… qu’est-ce que je viens d’entendre ? Pourquoi Edward refuse de copuler ? "Je te mettrais en danger, je pourrais te faire mal" (véridique). Je… ha. Okay, donc notre bonhomme explique qu’il est tellement puissant qu’il risque de traverser sa dulcinée de part en part. Quel gros vantard. Je suis consterné. Vite, Edward, dis quelque chose qui nous sorte de ces grivoiseries, sois prompt, je t’en conjure ! Remonte le niveau !

Edward trouve donc une diversion parfaite pour calmer les hormones de Bella : la demander en mariage (allez, ça fait quoi depuis le début du film… la 7e ? La 8e fois ?). Et Bella accepte, car cette fois, la seule chose qui a changé par rapport aux autres tentatives, c’est que le beau vampire lui a offert une énorme bagouze. Non, elle n’est pas du tout vénale, pourquoi dites vous cela ?

En tout cas, j’ai dû être le seul à me souvenir que ça faisait une petite dizaine de fois que la demande en mariage avait été faite et plus ou moins acceptée ("si tu me vampirises d’abord", c’est déjà un oui), vu que les poufettes de la salle se sont toutes mises à applaudir. Consternant. En tout cas, j’imagine bien l’auteure:

"Les scènes de demandes en mariage, c’est trop choupinou. Tiens, je vais en mettre une. Tiens, deux. Allez, trois. Ho, et puis zou, une toute les vingt pages ; et puis entre les mêmes personnages, hein, je suis sûr que personne ne remarquera rien."

Quand on est lue par des huîtres, c’est vrai que ça passe. Sinon, non.

Edwaaaaaaard hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !

Sur ces entrefaits, maintenant qu’on a eu un peu de scène d’amour, mettons un peu de scène d’action : désormais, les Cullen savent  grâce à divers supers-pouvoirs que l’armée des vampires de Seattle leur en veut personnellement, ainsi qu’à Bella. Hélas, ils risquent de subir une sévère défaite, tant ils sont en infériorité numérique. Aussi décident ils de proposer une alliance aux loups-garous indiens (qui acceptent), au motif que tout cela est avant tout fait pour protéger Bella. Car ils savent que Riley, le chef de la meute de nouveaux-nés, a une culotte de la damoiselle et qu’il la fait renifler à ses troupes pour mieux la pister. Pauvres vampires.

Et les Cullen proposent aussi de s’entrainer car, figurez-vous que les vampires nouveaux-nés sont les plus forts de tous les vampires, puisque leurs tissus sont encore "gorgés de sang humain", ce qui les rend plus puissants. De là à en déduire que les Cullen sont de vieilles merdes sèches, il n’y a qu’un pas que je franchis au son du Bolero de Ravel. Cependant, ils disposent d’un atout de choix dans leurs rangs : Jasper, le vampire à la coupe de cheveux de jeune UMP (il en a changé, mais ça reste dans l’esprit), propose à l’assemblée de regarder un de ses flash-back où, comble du bonheur, figure brièvement Kirsten Prout ce qui est signe de bon goût. On y apprend qu’il était un major de l’armée confédérée, vampirisé par une vilaine dame qui levait des armées de nouveaux-nés. Or, lorsqu’ils avaient atteint l’âge d’un an et perdu leur force de vampire tout neuf, elle les faisait exécuter par Jasper, qui est donc devenu un expert dans la matière. Il donne donc de superbes conseils, que je vous cite (des fois que vous ayez à affronter des vampires nés de la dernière pluie) :

  • Ne jamais les prendre de front
  • Essayer au maximum de les prendre en traître
  • Rester attentif

Merci pour ces superbes conseils, dont je ne retiens qu’une chose : "Mieux vaut les attaquer par surprise". Soit.

Après cet entrainement, tout le monde rentre chez soi se coucher (enfin, surtout Bella puisque les vampires ne dorment pas), et notre héroïne a un rêve : celui de Victoria levant une armée de nouveaux-nés qui… ho ! Elle se réveille en sueur aux côtés d’Edward qui passe ses nuits à la mater (je pense sérieusement qu’il devrait consulter) à qui elle révèle tout : "Ah bin dis, ah bin en fait, si ça se trouve, p’têt’ que c’est Victoria qui lève l’armée des vampires, là, dis-donc !" "Pas con, j’y avais pas pensé", répond Edward, avant de lui commander de se rendormir afin qu’il puisse continuer de la regarder en marmonnant "Beeeelle….belle… fifille… greeuuuu…"

Les Cullen décident donc de mettre au point un plan : puisqu’il est crédible que Victoria soit la véritable chef de l’armée vampire, et non Riley, qui ne serait qu’un jouet qu’elle manipule (tout comme Jasper fut manipulé en son temps), et que Bella semble être la cible principale des assaillants, il faut :

  • Mettre Bella en sécurité, en la mettant avec Jacob loin du champ de bataille, son odeur de loup-garou pétomane masquant celle de la jeune fille en fleur
  • Choisir un terrain donnant l’avantage au clan Cullen et aux loups
  • Attaquer par surprise l’armée ennemie vu qu’ils sont trop forts de face

Okay, donc ça c’est le plan. Tout le monde est d’accord ? Oui ? Alors en route.

"Sacrebleu, vampires & loups montent la garde sur tous les bons coins à champignons, comment vais-je bien pouvoir faire ma quiche ?"

Edward installe la planque de Bella sous la forme d’une tente Quechua dans les hauteurs enneigées d’une montagne locale. Et évidemment, ce gros blaireau reste avec Bella, alors que du coup, ça fout tout le plan en l’air (Victoria connait l’odeur d’Edward et sait qu’il est accroché à Bella comme le gros parasite qu’il est), mais personne ne le fait remarquer.

La nuit venue, il fait moult froid sous la tente Quechua, et mademoiselle Swan grelotte. Edward, malgré ses 80 années au lycée, ne sait toujours pas que la neige et l’altitude, souvent, c’est pas très chaud. M’est avis qu’il redouble depuis 80 ans, qu’il n’est pas vraiment au lycée par choix, cette andouille. En plus, comme il est tout mort, il lui est difficile de réchauffer Bella avec sa chaleur corporelle (alors que ses sourcils en fourrure auraient pu servir de couverture supplémentaire, mais il n’y pense pas). Finalement, c’est donc Jacob, le célèbre indien en slip qui se pointe sous la tente et se propose de se coller contre Bella pour la réchauffer avec sa super température corporelle supérieure à la normale. Edward étant très jaloux, il refuse ; mais Jacob a un argument de choc "Si elle est malade, ce sera ta faute !" (véridique là encore) : apeuré qu’elle n’attrape un rhume, Edward laisse donc un gros indien bodybuildé en slip rentrer dans le sac de couchage de sa copine. Non mais vraiment, vraiment.

Et une fois Bella endormie, toutes les jeunes filles de la salle fantasment sur sa situation, puisqu’alors qu’elle dort à poings fermés contre les gros muscles de Jacob, ce dernier et Edward échangent entre beaux gosses sur le fol amour qu’ils partagent pour elle. Fabuleux.

Au matin venu, il a beau encore y avoir de la neige et du froid partout, Bella se promène en petit chemisier ouvert dehors : je confirme, elle ne doit pas avoir froid, hier soir elle faisait juste du gros chiqué pour attirer slip-man dans son lit. On sent que ses hormones en plein travail lui tiennent chaud. Mais pas le temps de rigoler cependant : l’armée de Victoria est en train d’arriver, et Jacob veut partir se battre ; Bella tente de le retenir pour ne pas qu’il soit blessé, et se propose même de lui rouler des pelles devant Edward si ça peut le faire rester (alors vieux vampire, on commence à comprendre que l’on s’est entiché d’une simple lycéenne en rut ?) ; Jacob prend les bisous et en profite bien, puis part quand même.

Oui, alors ma petite Bella, tu serais un peu moins salope chipie, il suffisait de dire "Le plan, c’est que tu restes ici pour cacher mon odeur, alors ne fout pas tout en l’air". Mais nous allons vite constater que le plan, tout le monde s’en tape.

Car oui, la stratégie des Cullen était de choisir un terrain à leur avantage et d’attaquer l’ennemi par surprise, et surtout pas de face. Je ne sais pas, comme par exemple, se planquer dans les arbres ou les fourrés et tomber sur l’ennemi dans les bois, là où le terrain l’empêchera de profiter pleinement de l’avantage du nombre et qui… quoi ? Pardon M. Cullen ? Vous allez plutôt les attendre à découvert et tous en ligne dans une clairière avant de les attaquer de face ? Mais dites donc, ce ne serait pas l’exact contraire de la stratégie que vous proposiez en fait ? Vous êtes tous profondément idiots dans cette famille ou bien ?

"Attendez les amis ! Et si on faisait l'exact contraire du plan prévu ? Ils ne s'attendent sûrement pas à ça !"

Il n’empêche que malgré toute l’incohérence de la situation, tout marche à la perfection : à grands coups de poings et de mâchoires de loups dans la gueule, les nouveaux-nés sont bien vite mis en déroute. Tiens, d’ailleurs, saviez-vous que lorsque l’on envoie un objet suffisamment vite dans la tête ou dans un membre d’un vampire, il explose comme de la pierre ? Si c’est le cas, pourquoi ne pas utiliser des armes à feu ? C’est comme des coups de poings surhumains, mais en mieux. Non ? Non.

Pendant ce temps, Victoria et Riley ont contourné le champ de bataille et ont foncé droit sur le campement Quechua de Bella & de son amant, qu’ils ont pu tranquillement trouver grâce à la vieille odeur de ce bon vieux Edward. Le combat est rude, Riley est rapidement vaincu, mais Victoria se montre plus fourbe et résistante et se retrouve à un moment en position de tuer Edward. Se souvenant de la vieille légende indienne, Bella se fait saigner au niveau du bras (tu vois, pas besoin de te poignarder, tu es définitivement plus maligne qu’une Pocahontas locale toi) et détourne ainsi l’attention de la vampire rousse, laissant ainsi juste le temps à Edward de la tuer. Ce dernier jette alors un briquet sur les corps fracassés des deux vilains vampires, qui prennent instantanément feu.

Ah ? Ça brûle si facilement que ça un vampire, au point qu’on dirait qu’ils sont imbibés d’essence ? Mais alors pourquoi ne pas se contenter de leur balancer des mégots de cigarette à la gueule plutôt que de se faire chier à les combattre à coups de poings ? Je suis déçu, ça serait tellement plus classe de s’en débarrasser ainsi.

Tout le monde décide cependant de se retrouver sur le champ de bataille, où les restes de l’armée de Riley finissent d’être massacrés. C’est alors que, lorsque le dernier d’entre eux est tué (non sans avoir légèrement blessé Jacob), les Volturi arrivent. Point intéressant, il faut savoir que les Volturi ont tous d’inutiles capuches qu’ils portent lorsqu’ils se déplacent et retirent lorsqu’ils parlent pour faire sombre et mystérieux. Mais alors, toutes les racailles à capuches seraient sombres & mystérieuses ? Ou même, seraient-ce des Volturi ? Diantre !

En attendant, les vampires royaux sont donc là. Alors qu’ils s’attendaient à trouver le clan Cullen et Bella mis en pièces, ils s’aperçoivent que les nouveaux-nés ont échoué. Zut, crotte de bique, s’exclament ils. Ils tentent donc le bluff : "Holala, on arrive trop tard pour vous aider à arrêter ces vilains vampires, zut alors" ; mais histoire d’appuyer leur bluff, ils constatent qu’une petite vampire s’est rendue aux Cullen : ils se proposent donc de l’exécuter. Et le font aussitôt, en prenant leur air le plus méchant, pour bien rappeler qu’ils sont habillés en noir et portent des capuches pour d’excellentes raisons de manichéisme visuel.

Quelques heures plus tard, nous retrouvons Jacob se remettant de ses blessures dans la réserve indienne, où Bella vient le visiter : il lui explique qu’il continuera de la protéger quoiqu’il advienne, même si elle devient une vilaine suceuse de sang. Sur ce, Bella retourne voir Edward dans le grand champ de fleurs où le film a commencé, et elle lui annonce avoir choisi la date de sa vampirisation et de son mariage : le 13 août, puisque c’est tout de même la journée internationale des gauchers, et qu’elle veut célébrer un jour pareil. Une fois cela fait, elle pourra profiter du haut de ses 17 ans de l’immortalité, c’est trop cool, hihihi, je t’aime mon Edwardounet, d’ailleurs je voulais te dire qu’en fait, je crois que j’ai toujours su que j’étais une petite vampire trop choupi au fond de moi, hihihi, allez viens, on va annoncer le mariage à mon père maintenant, hihihihi.

"Si ton père me refuse ta main, j'lui pète les vertèbres"

Et sur ce rire de niaise sous LSD…

FIN

C’est à ce moment précis que je suis retourné à l’entrée du cinéma pour vider deux chargeurs de Maüser dans le guichet de la jeune fille qui m’avait vendu le ticket.

"Mieux que le deux, hein ?" dis-je en écartant du pied une douille fumante qui achevait de rouler sur le sol.

J’aime pas trop qu’on se foute de ma gueule.

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