Spoiler Corp, salle de réunion, 15:32

Resserrant délicatement le noeud de ma cravate d’un air concentré, je fais fi des regards embarrassés tournés vers moi autour de la table. Certains jouent nerveusement avec les papiers empilés devant eux, quand d’autres semblent savourer leur café comme si c’était le dernier.

"Je crois vous avoir dit que j’attendais vos idées", dis-je tout en martelant la table de mes doigts. "Noël approche, et nous devrions pour l’occasion faire quelque chose de spécial sur les spoilers. Alors ?"

Après un long moment durant lequel tout le monde chercha à éviter de croiser mon regard en prenant l’air faussement concentré, une main se leva.

"Berthier ?
- On pourrait faire un lip-dub ?
- Et ma main dans la gueule, vous la voulez Berthier ? Vous vous croyez en 2010 ? Soyons sérieux. 
- Mais c’est sur quoi le spoiler cette semaine ?
- Bilbo.
- Vous allez faire un avertissement sur tous les relous qui vont obligatoirement comparer au film pour tout justifier, parce qu’ils pensent probablement que les films tirés d’un livre, il faut les regarder avec l’ouvrage sur les genoux ?
- Non, parce qu’ils le feront quand même dans tous les commentaires qu’ils pourront.
- Oh, j’y pense, patron, si pour une fois on mettait carrément des extraits entiers du film à spoiler ?
- Hmmm… Moui, c’est pas con, Ludivine. Et vous savez pourtant à quel point ça me fait mal de vous dire ça. Mais on a pas les droits par contre. Bon, Véronique, appelez-moi Peter Jackson.
- Tout de suite Monsieur Connard, hihihihi !"

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La secrétaire gloussa tout en composant le numéro, avant d’enclencher le haut-parleur. Il y eut quelques toussotements nerveux avant que finalement, quelqu’un ne décroche.

"Hello ?
- Peter Jackson ? Ici Monsieur Connard, de la Spoiler Corp. Ecoutez, on aimerait bâcher votre film, là Bilbo, parce que bon, c’est quand même un peu un scandale. Vous pourriez nous filer les droits pour exploiter vos images ? Ça nous aiderait bien.
- What ? Fuck no !
- Allez Peter, un petit effort. L’esprit de Noël, tout ça, le partage, hein ? On ne connait pas ça chez les gros geeks barbus ?
- Listen you cocksucker, I’m not gonna give you a single picture for your shitty spoil.
- Ah oui mais non, parce que d’habitude j’utilise au moins des images, même si j’ai pas les vidéos.
- Then fuck you."

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Il y eut un bruit de combiné puis le son strident de la ligne coupée dans le haut parleur.

"Alors, qu’est-ce qu’il a dit Monsieur Connard ? C’est oui ? Hihihihi !
- Véronique, je sais que vous maîtrisez fort mal l’anglais, mais sachez que chez ce peuple, étonnamment, "cocksucker" est souvent synonyme de négation. D’ailleurs, il ne veut même pas que nous utilisions les images de son film.
- Aucune ? Mais !
- Non, Berthier. Aucune.
- Mais… comment allez-vous faire ?"

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Me tournant vers une fenêtre pour observer la ville s’agitant en contrebas, je me contentais de répondre en ignorant les visages confus de mes conseillers.

"Je n’ai pas toujours eu un blog. Comment croyez-vous que je faisais avant ? Nous allons reprendre les vieilles méthodes.
- Ho non ! Vous n’allez pas…"

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Ludivine manqua de peu de s’étrangler avec son café, et regarda son mug avec une terreur à peine contenue.

"Si Ludivine. Allez me chercher tous les mugs de l’étage : la cafette est réquisitionnée. Et si je choppe un seul employé à boire du café autrement que dans ses mains meurtries, vous pouvez lui dire qu’il est inutile qu’il revienne demain. Nous allons refaire les plus grandes scènes de ce film. Et vous verrez, il sera difficile de faire la différence avec l’original, à part éventuellement sur le nombre d’images à la seconde, ou alors il faudra vraiment être de mauvaise foi. Et pour une fois, ceux qui me reprochent d’écrire trop pourront se contenter des images."
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La petite troupe des employés s’ébroua rapidement, parcourant tout l’étage pour se saisir de tout ce qui ressemblait plus ou moins à un conteneur à café. La journée allait être longue pour beaucoup de salariés. Mais à la fin de celle-ci, il y aurait un spoil illustré. Tremble, Peter Jackson : tu vas voir comme il est aisé de réaliser des scènes meilleures que les tiennes !

Alors, pour celles et ceux qui souhaitant en savoir plus sur "Le Hobbit : un voyage inattendu", spoilons mes bons !

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Intro

Notre film s’ouvre sur la riante contrée de La Comté, verdoyante terre des hobbits, ces sympathiques petits êtres aux pieds velus qui passent leur temps à se rouler dans l’herbe ou à la fumer en fonction de l’humeur du jour (parfois les deux en même temps, auquel cas le hobbit se transforme instantanément en merveilleuse fontaine de jardin). Nous y retrouvons Bilbo Sacquet, vieux hobbit qui s’apprête à célébrer son anniversaire en compagnie de nombreux amis. Près de lui, son gros relou de neveu, Frodon, est occupé à farfouiller dans la maison pour des raisons qui lui appartiennent. Histoire de faciliter la narration, il balance aléatoirement des lignes de dialogue du genre "Ho bin hé, ce serait pas une vieille épée que je vois là ? Vite oncle Bilbo, raconte-moi toute ta vie et avec les détails s’il-te-plaît". Heureusement, Bilbo est déjà dans l’ambiance : il est en train de mettre la dernière touche à l’ouvrage qu’il a écrit sur la première aventure qu’il a vécue, celle qui lui permit, un jour, de découvrir l’anneau.

Les deux hobbits papotent de tout et de rien durant un moment, et le spectateur moyen s’emmerde déjà ferme, surtout quand les dialogues continuent de se vautrer du genre :

"Frodon, il faudra que tu veilles sur cette demeure quand je serai…
- Quand tu seras quoi oncle Bilbo ?".

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Ah mais je ne sais pas mon petit Frodon, c’est tellement compliqué ! Tu t’attends à quoi ? Qu’il te réponde "Quand je serai aux putes ?". D’ailleurs, notez-le, c’est important : dans ce film, tout le monde parle comme Horacio Caine dans les Experts. A savoir qu’on aime bien tourner le dos à son interlocuteur en prenant un air philosophe, les yeux dans le soleil couchant. C’est rigolo la première fois, moins la septième surtout en moins d’une heure. J’en profite pour le souligner : sachez que pour faciliter ces scènes, le soleil est TOUJOURS en train de se lever ou de se coucher. Eunebeulibibeule.

Bref, alors que Bilbo est pensif, le regard tourné vers une fenêtre et que Frodon lâche nonchalamment "Mais vas-y pépé, prends ton temps, parce qu’on a un peu 9 heures de film à tenir avec 300 pages de bouquin, alors on est pas sorti des ronces", celui-ci décide finalement de congédier son couillon de neveu, et de reprendre le fil du livre de ses aventures. Une occasion parfaite pour nous la conter, donc (oui, Frodon voulait l’entendre et il lui demande donc de foutre le camp pour la raconter en paix à personne, c’est tellement logique), puisque figurez-vous que nous en sommes déjà à 10 minutes de film et le titre d’icelui apparaît seulement puisqu’il n’a pas commencé.

bilbofrodon

Nous voici donc quelques années auparavant, 60 pour être exact, alors que Bilbo est encore un jeune et fringuant hobbit qui, pour gagner du temps de film, débite les descriptions du livre en voix off (mais si, je ne blague pas) pendant que la caméra illustre son propos. Mais à cet âge là, Bilbo n’avait rien d’un aventurier, non : c’était un branleur de hobbit comme les autres, qui passait ses journées à fumer devant chez lui comme un vulgaire punk à chien devant Monoprix. Et rien n’aurait dû bousculer sa tranquillité, si ce n’est une vielle histoire (oui, remontons encore un peu dans le temps).

Autrefois, il existait un royaume prospère dans les Terres du Milieu : le royaume d’Erebor, royaume de nains installé sous une montagne sobrement appelée "Mont Solitaire" puisqu’au milieu de nulle part. Il s’agissait là, comme bien souvent chez les nains, d’une imposante forteresse souterraine, dont le portail vers la surface, à flanc de montagne, faisait face à une ville humaine nommée Dale qui profitait des richesses issues du royaume : or et argent en quantité, objets forgés avec un soin sans pareil, et surtout, une énorme marché potentiel de peignes à moustaches. Sauf qu’à force d’accumuler des richesses, y compris une splendide pierre semblable à nulle autre appelée "Coeur de la Montagne", cela a fini par attirer, non pas des traders, mais une bête un poil moins dangereuse : un dragon. Un beau matin, donc, à Dale on a humé l’air et on s’est dit "c’est marrant, ça sent un peu le bouc ce matin" ; sauf qu’avant même de pouvoir accuser les nains et leur hygiène contestable, une imposante créature ailée a plongé des cieux et a commencé à cramer un peu tout à l’aide de son haleine de chacal. Après avoir nettoyé le coin, la bête a défoncé les portes de la forteresse naine, et a commencé à distribuer des cachous au tout venant : malgré une résistance acharnée, les nains ne purent tenir la place, et bientôt, eux qui étaient riches et arrogants se retrouvèrent rejetés de leur foyer, sans abri ni richesses. Alors que le dragon s’endormait paisiblement au milieu de la salle au trésor de la forteresse désertée, parce que déféquer sur des lingots, c’est quand même la classe, des colonnes de réfugiés nains quittaient l’endroit et se dispersaient… mais l’un d’entre eux ne rêvait que de reprendre l’endroit : Thorin, dernier descendant du dernier roi local, et héritier de droit du trône d’Erebor. Il passa donc des années à échafauder un plan mais… revenons déjà à La Comté.

Car oui : à la Comté, le jeune Bilbo, occupé à profiter du banc devant chez lui pour fumer la pipe, voit bientôt débarquer devant chez lui un autre illustre branleur : Gandalf le gris, surnommé ainsi à cause de sa consommation abusive de schnaps. Après un dialogue sans intérêt sur le fait de ce que l’on entend lorsque l’on se dit bonjour, Gandalf explique qu’il ne passe pas tout à fait dans le coin par hasard : il est à la recherche d’un amateur d’aventures. Et même si Bilbo transforme son slip en bourbier à la seule évocation de ce mot, il pense que celui-ci serait le hobbit de la situation, tout simplement parce que…

… heu…

Gandalfbilbo

Moui. Non, en fait, il a juste décidé qu’un bourgeois fumeur de pipe et pétochard serait l’aventurier idéal. Il est comme ça Gandalf : vous voyez qu’il n’a pas usurpé son titre de "gris", le bougre. Bref : Bilbo en ayant assez de ces magiciens bourrés en guenilles qui déambulent sur les routes en ennuyant les honnêtes gens, et décide donc d’aller se réfugier derrière sa porte avant que le vieux ne commence à lui réclamer une ou deux pièces d’or pour rester propre. Sauf que c’est sans compter sur la légendaire lourdeur de Gandalf, qui est du genre à redemander trois fois le Petit Bonhomme en mousse (d’où son amour des hobbits) aux DJs en soirée, et qui s’avance donc vers la porte de Bilbo pour la saloper au cutter en y gravant un signe.

Oui. Vous voyez l’état du RER ? Ne cherchez plus : vous pouvez remercier Gandalf.

Bref, après avoir fait le relou, le magicien s’en va donc et laisse Bilbo finir sa journée en paix. Sauf qu’au soir tombé, voici que l’on frappe à la porte de notre hobbit ! Se dépêchant d’enfiler une robe de chambre pour aller ouvrir, le pauvret se retrouve nez-à-nez avec un nain au crâne rasé, couvert de tatouages, et parlant avec un fort accent de l’ex-URSS. Le bougre semble persuadé qu’une réunion doit se tenir chez Bilbo le soir-même, puisqu’il a bien vu sur la porte le signe gravé par Gandalf et entre sans trop écouter le hobbit gueuler qu’il salope le tapis, puis va taper dans son garde-manger. Quelques minutes plus tard, un autre nain débarque à son tour à la porte, et s’en va rejoindre son compère dans l’orgie de saucisson en cours. Bilbo n’a pas le temps de les traiter de malotrus, de sacripants, voire d’insulter leurs grosses mères que l’on frappe une fois encore : cette-fois, ce sont deux nains d’un coup qui arrivent. Puis 8, accompagnés de Gandalf en personne. Tous semblent heureux de se retrouver là, expliquent qu’ils se sont perdus de vue si longtemps, puis se lancent dans une orgie fromagère sans pareille. Enfin, un dernier nain arrive, l’air cool (comprendre : il regarde ailleurs et en tournant le dos quand on lui parle, donc) : Thorin, le dernier roi d’Erebor.

Gandalfexpert

Bilbo a donc désormais, en sus d’un magicien, 13 nains chez lui. Permettez-moi de les lister :

  • Thorin
  • Balin
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Fat-Jean-Jacques

Et donc, Thorin, c’est le boss (qui est tellement cool qu’il ne ressemble pas non plus à un nain, on dirait juste Aragorn avec une barbe et des chaussures orthopédiques) et Balin, c’est le vieux sage (qui sert à occuper l’espace que Gandalf laisse vide quand il est au bar). Les autres, vous pourriez les interchanger, vous en servir pour caler une porte ou autre, ça serait la même. Bref.

Arrivenains

En tout cas, sachez que les nains sont de joyeux compagnons amoureux de la chanson, et ils n’hésitent pas à se lancer en des choeurs joyeux tout en faisant la vaisselle (fascinant), à chanter en prenant l’air cool au garde-à-vous devant un feu de cheminée parce que leur foyer leur manque, ou autre. Rien de bien intéressant, donc. Finalement, tout de même, les nains acceptent d’expliquer à Bilbo pourquoi ils sont venu piller son frigo et boucher ses chiottes : c’est tout simplement parce que Gandalf leur a expliqué que Bilbo ferait un formidable 14e membre à leur compagnie, et qu’il s’agit d’un excellent cambrioleur, ce qui est toujours utile lorsque l’on veut s’infiltrer quelque part, fut-ce une ancienne forteresse.

"Nan mais attendez, attendez, on s’emballe pas les gars : je ne suis pas un cambrioleur. En fait, je n’ai même pas de métier : tout ce que l’on sait, c’est que je fume la pipe toute la journée en comptant mes orteils.
- Ah, oui, je vois, vous êtes un peu un branleur, en fait ?
- C’est ça.
- Et l’aventure, ça vous tente au moins, non ?
- Non, ça me fait même cordialement chier mes bons amis.
- Et bien formidable, merci Gandalf, bien joué les Ressources Humaines."

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Sauf que Gandalf étant un peu la béquille du scénario, il se contente de balancer "J’AI DIT QUE BILBO SERAIT SUPER ALORS VOUS DISCUTEZ PAS". Et de marmonner des trucs comme quoi Bilbo, c’est un hobbit donc un cambrioleur naturel, et qu’il a un coeur gros comme ça alors il sera parfait, même s’il ne le sait pas lui-même (oui, c’est nul, chut). Pas de problème : les nains soumettent donc à Bilbo un contrat lui expliquant son paiement en cas de succès de l’opération (1/14e des richesses trouvées, Gandalf étant bénévole). Il lui suffit de le signer pour accepter, mais le bougre hésite. Et continue d’écouter les nains causer de ce qu’est l’aventure exacte dans laquelle ils veulent le plonger.

Vous vous souvenez des colonnes entières de réfugiés nains qui quittaient le plus grand royaume de leur race il y a quelques paragraphes ? Et bien à l’idée d’aller le reconquérir, seuls 12 ont répondu à l’appel de Thorin. Ah bon, mais pourquoi ? On ne le saura jamais. Les autres avaient sûrement piscine. Et au fait, pourquoi le reconquérir maintenant ? Parce que les nouvelles disent que les oiseaux retournent se poser sur le Mont Solitaire, chose qu’ils ne faisaient plus du vivant du dragon qui y a élu domicile, Smaug. Et les prophéties disent que ces oiseaux revenant sur le mont sont le signal de la reconquête pour les nains. Thorin a donc une théorie : plus personne n’a vu Smaug sortir de sa tanière depuis 60 ans. Il est peut-être tout simplement mort de sa belle mort au milieu de ses richesses mal acquises, tel un vulgaire petit vieux devant un épisode de Derrick… et la forteresse et ses trésors sont donc sans protection ! Il faut par conséquent que les nains aillent vite réoccuper l’endroit, sinon, il sera pillé, et jamais Erebor ne renaîtra. Et pour cela, les nains ont deux outils dans leur quête : une carte pour les ramener chez eux, et supposée garder le secret d’un accès caché à la forteresse, ainsi qu’une clé pour ouvrir ledit passage. Ce qui est très pratique puisque "l’entrée principale est scellée".

Pardon ? Scellée ?

Attendez, on parle bien de l’entrée principale qu’un gros cul de dragon de plusieurs dizaines de tonnes a défoncé au début du film pour se frayer un chemin ? Celle où à chaque fois que Peter Jackson se sent obligé de faire un plan sur la forteresse abandonnée quand ils en parlent, on voit encore le trou géant dans la façade ? Et ne me dites pas que tout s’est effondré derrière le dragon quand il est rentré : on a eu droit à un beau plan de colonnes de réfugiés fuyant par ladite ouverture tout à l’heure. Mais c’est peut-être un dragon portugais qui, une fois son forfait accompli, a posé de petits parpaings derrière-lui, hein. Salauds de dragons qui prennent le travail des honnêtes artisans : on se souvient de la fois où ils ont construit le stade de France, ça commence à bien faire. Mais je m’égare.

Teufnain

En tout cas : l’idée de finir dans l’intestin grêle d’un dragon, malgré son exotisme, ne ravit pas Bilbo qui explique qu’il décline purement et simplement l’offre d’emploi. Il va plutôt aller se pieuter ; Et si demain les potes squatteurs de Gandalf (j’insiste : il tague, s’invite avec des potes, squatte et pille le frigo des honnêtes gens contre leur avis : il est quand même plus clodo grognon que magicien joyeux) sont encore là, il y aura distribution de coups de pieds velus au cul. Compris ?

Bilbo passe donc une nuit brève mais tranquille, et à son réveil, sa demeure est vidée des nains et autres magiciens, qui ont même pris le soin de nettoyer les traces de vomi de la veille. Trop heureux d’être ainsi de nouveau tranquille, le hobbit a du mal à contenir sa joie, mais finit cependant par croiser le chemin du contrat des nains l’invitant à rejoindre leur compagnie, qu’ils ont abandonné là. Le consultant, Bilbo fait un peu la moue, et puis allez : au diable la cohérence, après avoir bataillé des heures pour être tranquille, il décide de partir à l’aventure, allez hop !

Ne cherchez pas, c’est comme ça, pif pouf.

Bref : saisissant son manteau et ses affaires, le fier hobbit traverse donc la Comté en courant, tentant de rattraper la troupe des nains partie à l’aube. Et c’est heureux, car les petits barbus ne sont pas loin, et voyageant à dos de poney (seul Gandalf a un cheval pour se la péter), lui en ont même gardé un. Heureux de voir un nouveau membre rejoindre la troupe, même si celui-ci ne semble guère taillé pour l’aventure, nos héros cheminent donc lentement vers leur lointaine destination : l’intestin grêle de Smaug le Mont Solitaire.

La troupe voyage donc tranquillement jusqu’à un premier arrêt dans une forêt où nos héros entendent de lointains cris, que les nains identifient comme étant ceux d’orques. De petites troupes de ceux-ci écument en effet le pays, à la recherche d’or à piller, de fermes à brûler et de bons films à regarder. Autant vous dire qu’ils rentrent souvent bredouille sur ce dernier point mais là n’est pas la question. C’est l’occasion parfaite pour Balin, en vieux sage du groupe, d’expliquer que Thorin leur chef a trois ennemis jurés :

  • Les orques
  • Les elfes
  • Les utilisateurs d’Instagram

Les orques, déjà, parce que figurez-vous que quelques années après que les nains aient fui Erebor, le père de Thorin réunit une armée de vétérans de son royaume afin d’aller reconquérir… le royaume nain de la Moria, occupé par des orques.

Moui. Et sinon reconquérir TON royaume, non ? Non parce que je ne sais pas : tu aurais pu te rencarder sur comment buter un dragon et voir ce qu’il était possible de faire (du genre lui balancer du bétail empoisonné à grignoter). Non ? Mais peut-être préfères-tu aller tataner des types qui n’ont rien à voir avec la choucroute dans l’espoir de récupérer une forteresse probablement recouverte de fientes goblinoïdes au trésor dilapidé depuis des siècles ?

Qu’importe : durant la bataille, le père de Thorin est tombé sur le roi orque de la Moria, Azog, un gros orque albinos du genre bougon. Après avoir cordialement pété la gueule à papa Thorin, il tenta de tuer son fils. Sauf que Thorin réussit à se protéger d’un coup mortel en utilisant une branche de chêne qui traînait là, obtenant ainsi le surnom de "Thorin Ecu-de-Chêne", et contre-attaqua en tranchant le bras du margoulin. Dixit Thorin lui-même "Azog est probablement mort de ses blessures, hohoho, personne n’aurait pu survivre à celles-ci, même si on ne retrouva jamais son cadavre, hahaha".

Oui, vous venez bien de lire une phrase moisie issue des plus mauvais James Bond. Je me demande tellement si Azog est mort, holala ! Et si on va le revoir dans le film ! En tout cas, depuis, Thorin n’aime pas trop trop les orques (même si je doute qu’il les aimait avant, mais bon).

Donc sinon, Thorin n’aime pas trop non plus les elfes. Pas tant à cause de leur côté prout-prout ma chère que du fait que le jour où Smaug a attaqué la forteresse de ses ancêtres, les elfes s’étaient pointés avec toute une armée (Ah ?! Mais comment sont-ils arrivés si vite ? Nous ne le saurons jamais, tant chacun sait qu’en sus, une armée, c’est tellement rapide à déplacer) mais se sont dit qu’en fait, bof, les dragons c’est dangereux, cassons-nous. Et ce sous les yeux des réfugiés nains sortant encore à demi-cuits du royaume en flammes. Oui parce que non, les elfes ne se sont pas non plus dit "Tiens, des réfugiés, aidons-les" : non, ils se sont cassés en se disant que ça leur apprendrait l’humilité, à ces gros blaireaux de nains.

Du coup, Thorin leur en veut un peu, là encore.

Pour les utilisateurs d’Instagram, je crois qu’il n’y a même pas besoin d’explication : on comprend juste que Thorin est un nain de bon sens.

Flashback

Cela dit, on découvre que les orques qui traînent dans les bois ont repéré la troupe des nains. Chevauchant des ouargues, ces sortes d’énormes loups, ils restent à bonne distance et semblent très intéressés par cette cible, puisque l’un d’entre eux déclare "Préviens le maître que nous les avons trouvés".

Je me demande TERRIBLEMENT qui est le "maître", sachant qu’on vient d’évoquer un seul orque avec un nom qui en plus, ça tombe bien, est supposé être l’ennemi juré de Thorin. Dites bonjour à l’intrigue Hollywoodienne écrite sur un coin de nappe.

En tout cas, pas d’attaque cette nuit là : nos héros peuvent donc reprendre la route, sans que Bilbo ne fasse remarquer à Balin que c’est quand même curieux : il vient de lui raconter toute l’histoire de Thorin avec un accent de l’ex-URSS que certains nains semblent avoir et d’autres non, alors qu’ils sont tous originaires de la même forteresse. Mais bon, hein, s’il faut commencer à être cohérent aussi, pfou.

Le lendemain, la troupe qui progresse paisiblement finit par arriver à une ferme en ruine : visiblement, dans le coin, les orques se font plaisir. Gandalf propose donc aux nains de ne pas passer la nuit là, et de plutôt pousser jusqu’à Fondcombe, le havre elfique situé non loin.

"Comprenez-vous Thorin, il serait plus sûr de passer la nuit chez les elfes.
- Nan. On va dormir ici.
- Mais enfin, pourquoi ?
- Parce que les elfes, c’est rien que des gros pédés.
- Oui non mais d’accord, mais justement Thorin, pourquoi croyez-vous que j’ai envie de passer la nuit là-bas ? 
- … 
- Bien, bon, je vois, puisque c’est comme ça, moi, j’me casse, bande d’homophobes."

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Et ce qui est dit est fait, puisque vexé par ces nains qui refusent de l’écouter, Gandalf grimpe sur sa monture et quitte la compagnie. On sent bien que quelques nains ne sont pas d’accord avec leur chef et qu’ils aimeraient bien que le vieux grigou reste encore un peu pour leur raconter comment autrefois, il fut aussi Magneto, mais ils n’en disent rien. Et installent donc leur camp pour la nuit dans les ruines de la ferme ravagée.

L’ambiance est bonne, le souper correct, et Bilbo se retrouve chargé d’aller apporter leur pitance à Jean-Jacques et Jean-Jacques qui montent la garde près des poneys. Sauf qu’en arrivant, les deux compères ont l’air bien préoccupés : ils ont beau compter et recompter, il manque des poneys.

"Où sont-ils ?
- C’est bien le problème Bilbo, nous ne savons pas.
- Peut-être qu’ils sont partis parce qu’ils avaient un truc à faire. Genre regarder Koh-Lanta, non ?
- Bilbo, ce sont de fucking poneys. 
- Pardon.
- Les fuckings poneys ne regardent pas Koh-Lanta. Encore, on chevaucherait des yorkshires, je vous dirais que c’est crédible, mais là, non, vous racontez des conneries mon vieux Bilbo, les poneys sont beaucoup trop intelligents. Tenez, rendez-vous utile et inspectez les traces autour du campement, vous devez savoir faire ça, non ?"

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Et des traces, Bilbo, Jean-Jacques et Jean-Jacques en trouvent vite. Des grosses traces de panards d’un fort beau calibre à côté d’arbres renversés… la chose qui a fait ça devait être vaguement balaise. Et les nains vaguement sourds pour ne pas entendre des arbres que l’on déracine à 5 mètres d’eux. Mais je dis ça, hein, bon. En tout cas, en suivant les empreintes, nos héros aperçoivent la lumière d’un feu… et trois trolls en train de préparer un ragoût, les poneys manquants à côté d’eux prêts à être découpés !

"Bon, Bilbo, là ça va être chaud patate mon gars. 
- Hein ?
- Non parce que tu es un cambrioleur, c’est ça ?
- Même pas, non. Je suis juste une quiche avec du poil aux pattes.
- Parfait. Bon alors écoute, tu vas aller voler les poneys. 
- Super plan les mecs : c’est tellement crédible : les trolls ne vont pas DU TOUT le remarquer, après tout, ce n’est que leur repas, repas qui bouge, pue et fait du bruit. S’il se barre, ils vont sûrement rester là à se dire que ce soir ils mangeront des carottes. Non, moi j’ai un meilleur plan : on va chercher les autres et on leur éclate la gueule tant qu’on a l’avantage de la surprise. Parce que même si je réussis à les voler, les trolls vont comprendre qu’il se passe un truc et commencer à courir les bois. Et sachant qu’ils sont à 20 mètres de notre camp, ils ne nous rateront pas.
- Ta gueule Bilbo. Tiens t’en au script.
- Ah oui, pardon : "D’accord les amis, comptez sur moi !""

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Bilbo approche donc discrètement (comprendre "vêtu de sa veste rouge pétard") le camp des trolls, et note que ceux-ci parlent le langage commun, et sont en train de disserter sur la recette du soir. Faisant fi de leurs considérations culinaires, Bilbo s’approche donc des poneys et…

Non, attendez, je vous la fais.

Bilbo tente de détacher les poneys. Mais non, c’est risqué. Bon, il retente. Mais non, c’est vraiment risqué. Bon, allez : il retente. Ah non, un troll va le voir. Mais non. Bon, il reretente. Ah mais pfou, la corde est épaisse. Ah ! Un troll va le voir. Ah, non, c’est bon, rien en fait. Bon, il rereretente. Mais bon, c’est risqué. Tiens, un troll a un couteau ? Bon est-ce qu’il le vole ? Nan, déjà, il retente une fois encore de détacher les poneys. Mais non. Ah ! Un troll va le voir. Bon, le couteau ? Allez, il y va et s’avance. Non, en fait, non, il recule. Il retourne aux poneys. Ah, mais bon, le couteau quand même… bon, allez, il y va. Ah ! Un troll va le voir ! Vite, il se cache. C’est bon ? Allez, il va détacher les poneys. Tiens, la corde est trop épaisse ? Ah si seulement j’avais… ah mais oui, le couteau ! Bon allez : il y va. Oh ! Un troll va le voir ! Il se cache. Mais il le veut ce couteau ! Mais c’est risqué. Bon, il avance. Moui, non, il recule.

C’est chiant hein ? Imaginez-vous dans la salle face à cette scène sans fin. Vous le sentez poindre, le gros soupir ? Bon enfin en tout cas, voilà : maintenant, vous savez comment on peut faire 9 heures de film à partir d’un petit livre.

Bref : je vous passe encore les multiples hésitations et rebondissements sans intérêt : Bilbo finit par se faire attraper par les trolls lors d’une manoeuvre peu habile, et se retrouve comme une andouille.

Heureusement, Jean-Jacques et Jean-Jacques avaient surveillé la chose de loin, et prévenu leurs potes nains : ils volent donc à la rescousse du hobbit, les armes à la main, et s’ensuit une longue séance de combat sans intérêt, avec des passages "lol" hollywoodiens typiques, du genre l’un des nains un peu débilet qui combat… au lance-pierre. Okay, d’accord. Non mais en plus, c’est super drôle, hein, je viens de me péter deux côtes en le regardant tant le rire m’étreint. Voilà voilà. Merci, Peter Jackson.

Trolls

Donc, le combat dure encore et encore, jusqu’à ce que les trolls prennent Bilbo en otage, expliquant qu’ils vont un peu lui déchirer la gueule si les nains ne se calment pas tout de suite. Bien urbains, ces derniers obéissent… et finissent donc saucissonnés, prêts à être passés à la broche. A noter que les nains sont allongés à côté de leurs armes, mais ne pensent pas à essayer de défaire leurs liens avec les lames de ces dernières. Je… misère, c’était si dur de ne pas filmer les armes juste à côté pour virer une incohérence ? Allez, laissons tomber.

"Putain, bien joué Bilbo.
- Je parle bien aux nains qui viennent de faire une séquence de 5 minutes de combat avec des trolls qui n’ont même pas une égratignure à la cheville ?
- Ah oui, tiens, c’est rigolo. On dirait que le réalisateur a oublié de signaler que les coups d’épée dans la gueule, ça faisait vaguement mal. Je veux bien qu’ils aient la peau épaisse, mais dans le Seigneur des Anneaux, même des flèches les tuent. C’était pourtant lui aussi qui le réalisait, non ? Il devrait s’en souvenir, c’est ce qu’il racontait durant plus de 10 heures de film !
- Oui, mais en fait, c’est juste nul. 
- Ah oui, tiens."

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Un peu ennuyé à l’idée de se faire grignoter, Bilbo cherche une ruse pour gagner du temps car les trolls ont une faiblesse : ils se transforment en pierre à la lumière du jour ! Or, l’aube n’est pas loin… il tente donc sa chance pour gagner du temps.

"Attendez amis trolls ! Vous ne devez pas cuire les nains à la broche !
- Ah oui et pourquoi ?
- Parce que je suis Pierre Martinet, et que je suis un traiteur intraitable. 
- Ça se tient, on t’écoute mec.
- Et bien heu… pour cuisiner des nains il… heu… il faut les écorcher vif."

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Pardon ? Tu veux gagner du temps et tu demandes à ce que tous les nains soient tués, là, tout de suite, alors que jusqu’ici ils étaient seulement attachés à une broche (ils n’avaient même pas la broche dans le cucu, ce sont des trolls sympas) ? Mais tu es complètement con mon pauvre Bilbo ? Bon, qu’importe : il baratine encore un peu, et aperçoit du coin de l’oeil une forme qui fait woush-woush entre les arbres : Gandalf ! C’est aussi un ninja !

Aussi, après avoir fait gagner suffisamment de temps au magicien, Bilbo regarde avec bonheur celui-ci apparaître et fracasser une grosse pierre d’un seul coup de son bâton, découvrant derrière celle-ci la ligne d’horizon où, déjà, le soleil apparaît. A peine les rayons ont-ils touché les trolls que ceux-ci sont instantanément transformés en pierre : ouf ! La troupe est sauvée.

"Merci Gandalf ! T’assures chaussure !
- T’inquiète chaussette. Je suis comme ça moi, je suis…
- Oui enfin si tu pouvais nous détacher, ce serait cool aussi, hein."

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S’empressant d’effectuer la tâche demandée, le magicien gris libère ses compagnons et disserte avec eux : c’est étonnant, des trolls si loin de leurs cachettes habituelles, à savoir essentiellement les forums de Hardware.fr. Mais puisqu’ils vivaient dans le coin, ces trolls devaient sûrement avoir une caverne pour s’abriter des rayons du soleil. Et un butin ! Allez les gars, tous sur le loot !

En fouillant un peu, nos héros trouvent bien une cachette, contenant pas mal d’or et d’objets précieux pris sur des voyageurs malheureux, ainsi que quelques épées peu banales : Tranchegueule, une épée qui bourre pas mal et que Gandalf s’attribue, Pètegob, une lame célèbre pour avoir transformé du gobelin en kiwi tranché à la chaîne, que Thorin récupère, et enfin une petite épée elfique qui est remise à Bilbo, et dont la lame devient bleue à chaque fois que des ennemis sont proches. Une sorte de Tom-Tom, quoi "Bon sang Thorin, mon épée devient bleue, ralentit sinon la gendarmerie va flasher les poneys !".

Une fois tout le monde équipé, on décide d’enterrer l’or pour le récupérer plus tard, parce que ce n’est pas comme si on avait des poneys pour le transporter et que ça pourrait servir à acheter du matériel avant de se lancer à l’assaut du Mont Solitaire. Et ce n’est pas non plus comme si, en cas de réussite de la mission, les nains ne comptaient pas repasser par ici (bin oui, ils partent reconquérir leur terre natale, je le rappelle, c’est justement pour y rester). Bref, c’est très con. Mais on est plus à ça près.

Traveling

Car soudain, un bruit terrible se fait entendre : quelque chose d’autre approche au travers des bois à folle allure ! Un troll grognon ? Une meute d’orques ? Non ! Un truc qui n’a strictement rien à voir avec l’intrigue : Radagast le magicien brun et son traîneau tiré par des lapins !

Je… bon, oui, c’est nul, mais faisons semblant de rien quant au niveau consternant de ce film et détaillons un peu, car lors d’un bref flashback, nous apprenons qui est Radagast.

Figurez-vous que Gandalf le gris n’est pas le seul magicien des Terres du Milieu : il y a aussi Saroumane le blanc, le PDG de la United Magic Rabouins, et trois autres compères dont Radagast le brun. Lui, son truc, normalement, c’est de vivre au fond des bois complètement défoncé à la ganja. Comme c’est un film trop lolilol, les oiseaux lui font caca dessus et vivent dans ses cheveux. Bref, c’est un gros hippie.

Sauf que ces derniers temps, rien ne va plus dans la forêt jolie où il se pique habituellement : non pas qu’elle soit envahie d’autres toxicomanes, non, son vrai problème c’est que tous les animaux meurent. Et un jour, parmi les agonisants, Radagast a trouvé Kiki le hérisson, et a décidé de lui sauver la vie. Oui. Il est comme ça Radagast, à côté, Brigitte Bardot est une sorte d’Hitler animalier. Emmenant Kiki à l’abri de sa demeure, Radagast le tourne et retourne dans tous les sens, tentant de lui administrer moult remèdes voire de partager ses pétards avec lui pour apaiser ses souffrances. Hélas, l’animal finit tout de même par clamser : c’est la tristesse. Mais Radagast réalise une chose : si aucun remède n’a sauvé l’animal, c’est probablement que… il est en réalité victime d’un sort ! Vite : utilisant sa magie, le bougre tente d’exorciser le hérisson (je le redis, cette séance ne sert à rien) même s’il est mort, détail, et note que de sombres formes apparaissent devant ses fenêtres : des araignées géantes sont en train d’attaquer sa maison dans le même temps !

Et vous savez le plus fort ? C’est ce que ça n’a strictement aucun rapport ! Puisqu’alors que les bestioles commencent à tout péter pour rentrer tuer le mage, elles s’arrêtent net lorsqu’il finit d’exorciser le hérisson et que celui-ci se réveille. Et s’en vont tranquillement en sifflotant après avoir fait du rien.

Mais ? Pourquoi ? POURQUOI ? Si c’était pour tuer le mage, pourquoi s’arrêter ? Si c’était pour empêcher l’exorcisme de Kiki le hérisson, pourquoi ne pas savater son responsable ? Je… qui a pu écrire une telle merde ? Ça n’a strictement aucun sens.

Bon allez, on enchaîne : Radagast se demande ce que c’est que ce bordel, et décide d’aller suivre d’où venaient les araignées : d’une forteresse abandonnée dans les bois. Or, celle-ci a été réinvestie par un être maléfique : un nécromancien que nous appellerons Saucarré tellement il est difficile de deviner de qui il s’agit. Or, celui-ci a ramené à la vie des morts, dont un spectre qui tente de tabasser Radagast lorsque celui-ci approche de trop près. Heureusement, grâce au pouvoir de sa ganja enchantée, non seulement il parvient à se débarrasser du brigand, mais aussi à lui rabouiner son arme. Il s’en va donc en gambadant gaiement, bondit sur son ridicule traîneau à lapins, et fonce, fonce…

Jusqu’à arriver à Gandalf et aux nains près de la grotte des trolls (qu’il a localisés comment ? Ah oui : pouf), nous ramenant donc à notre aventure. Radagast conte donc son histoire, et même si Gandalf ne pige toujours pas ce que ces foutues araignées voulaient faire en défonçant la maison pendant l’exorcisme de Kiki le hérisson, il estime que tout cela est assez important à prendre en compte : il se passe quelque chose de louche dans les Terres du Milieu, et il compte bien identifier qui est ce mystérieux Monsieur Saucarré lorsqu’il en aura l’occasion.

Sauf que soudain, un autre bruit se fait entendre : encore ?!

Oui ! Cette fois, ce sont les orques sur ouargues qui ont rattrapé les nains et s’apprêtent à les boulotter : pas de souci, dit Radagast, j’ai un fucking traîneau à lapins, et vu mon odeur de pétard, je peux faire une diversion tranquille. Vous pendant ce temps : barrez-vous.

Plan qui est donc fidèlement suivi. Et qui permet donc à tous les ouargues et orques de courser un traîneau à lapins, ce qui non seulement donne l’air très con, mais les fait courir un moment. Ça ressemble un peu à une course de lévrier, sauf qu’au moins avec les lévriers, vous avez une petite chance de ne pas faire que perdre du fric à les regarder.

Radagast

"Mais ça doit pas être facile à manoeuvrer en forêt un traîneau, non ?" me direz-vous puisque vous méprisez mes comparaisons animalières de toute votre morgue. Mais soit, je vais répondre à votre légitime question car…

La forêt a disparu. Les trolls, tout ça, c’est fini. Tout le monde vient de se téléporter au milieu d’une sorte de lande désertique idéale pour filmer des courses poursuites. Je… oh la vache. C’est diablement mauvais. Mais, au montage, ils ne se sont pas dit "Tiens c’est rigolo, on a pas du tout fait les tournages aux mêmes endroits, ça va peut-être se voir ?" et bien non. Le fait de passer d’une forêt super dense à une lande sans un seul arbre jusqu’à l’horizon n’a visiblement choqué personne. Ou alors, ils se sont juste dit "Les spectateurs sont beaucoup trop cons, on s’en fout.".

Moi je penche déjà pour une option, je vous laisse deviner.

En tout cas, la diversion dure un moment, mais les orques finissent cependant par repérer les nains. Et Radagast par… heu… sortir du film. Voilà voilà.

Les nains, eux, se disent que ça fait beaucoup d’orques à affronter quand même, et heureusement, découvrent l’entrée d’une curieuse galerie dans le sol de la lande : ni une, ni deux, ils bondissent tous dedans, alors qu’au même moment, des elfes surgissent de nulle part (on ne les avait vus sur aucun des plans dévoilant tout jusqu’à l’horizon 15 secondes avant, alors qu’en fait, ils étaient à 50 mètres de là, c’est fou, on dirait encore que ce film n’a même pas la qualité de réalisation d’une série B, c’est magique) et boutent les orques qui tenteraient la poursuite.

Les nains, eux, peu pressés de rencontrer des elfes, décident d’explorer la galerie et de la poursuivre pour mieux tomber au bout de celle-ci sur…

Fondcombe.

Attendez, on parle bien de Fondcombe, la riante vallée elfique ? Celle que là encore, on aurait dû peut-être voir, si les nains étaient juste à côté, lors des plans larges sur la lande ? Non plus ? Surtout quand les personnages insistent tous sur le fait que "Ouah, on était juste à côté !" . Mais arrêtez ! Arrêtez le massacre ! Mais bordel, pourquoi est-ce que ce film semble être un enchaînement constant de ratages mis en évidence par les dialogues pour ceux qui les auraient loupés ?

Allez, je… bon, on est pas sorti. Continuons.

A Fondcombe, donc, les nains râlent un peu contre Gandalf, qui leur avoue que bon, okay, il a un peu tout fait pour les emmener dans cette direction, mais pour leur bien. Mais que l’on se rassure : les elfes se montrent accueillant avec leurs hôtes nains, et pardonnent même le côté bourru de Thorin, qui les traite en ennemis potentiels voire fait des commentaires sur tous ces elfes qui jouent à se claquer les fesses avec leurs serviettes dans les vestiaires après leur match hebdomadaire de croquet.

D’ailleurs, on notera que Peter Jackson a fait un effort : je ne sais pas si vous vous souvenez, mais dans Le Seigneur des Anneaux, le bougre avait un don pour prendre au casting des elfes qui avaient tout sauf des têtes d’elfes. Difficile de ne pas oublier le célèbre Elfe Gropif et son ami Elfe Fatass, ce dernier étant probablement la risée de la Lorien avec son bide en avant qui laissait supposer que contrairement aux autres elfes, il ne devait pas vraiment sauter de branche en branche, ou alors uniquement si on l’hélitreuillait. Encore un qui avait passé trop de temps vautré sur sa branche à mater du porn d’écureuils (le seul disponible sur place) au lieu de faire de l’exercice, mais passons.

Bref : à Fondcombe, Gandalf explique à Thorin que le maître des lieux, Elrond, est un érudit. Et comme la carte que les nains ont pour se rendre au Mont Solitaire est supposée contenir un message secret sur une entrée cachée selon Gandalf, il propose de demander de l’aide aux elfes. Thorin traîne un peu les pieds, et finit par accepter : à la lumière de la lune qui, ho bin ça tombe bien alors, est PILE alignée de la bonne manière pour lire le message caché sur la carte, il parvient à obtenir un message codé : "Quand la grive pète les cailloux, jouez donc du biniou" ou un truc du genre. Sûrement un message laissé derrière eux par les bretons, cet autre peuple mystérieux de la Terre du Milieu.

Bien : cela étant dit, Elrond invite Gandalf à le suivre. Car d’autres personnes sont ici et veulent le voir… à savoir Galadriel et Saroumane ! Gandalf fait donc sa tête de mauvais élève qui ne veut pas aller dans le bureau du directeur, et suit donc son hôte jusqu’à arriver face aux deux autres larrons assemblés autour d’une table.

"Alors Gandalf ! Comme ça on part à l’aventure son avertir son copain Saroumane ? C’est pas très sympa ça ! 
- Non mais désolé, mais en fait je voulais vous prévenir, mais en fait, tu vois, et bin le message, il a dû se perdre. Mais d’ailleurs, comment saviez-vous que l’on viendrait ici ?
- On a lu le scénario, comment veux-tu que l’on ait pu faire autrement ? Parce qu’en plus, c’est pas la porte à côté, hein.
- Okay. Bon, en attendant, je vous explique : j’accompagne les 13 nains parce que je pense qu’ils ont raison de vouloir reprendre leur royaume, et parce que si en plus on pouvait ne plus avoir Smaug le dragon sur les bras, ce serait pas mal cool.
- Moui. Autre chose ?
- Et bien en plus, figurez-vous que j’ai peur qu’une force maléfique ne soit en train de revenir en Terres du Milieu. Radagast m’a raconté qu’il a vu des morts se relever sous les ordres d’un mystérieux nécromancien qui avait l’apparence, le goût et l’odeur de Sauron. D’ailleurs, j’ai ramené comme preuve une épée que Radagast a fauchée à l’un des morts-vivants : une épée qui est supposée être enterrée avec son proprio depuis des plombes.
- Alors et d’une, ça prouve rien parce que Radagast, il est sous acide toute la journée, et de deux, si ça se trouve il a récupéré cette lame sur un mort après s’être découvert une passion nécrophile.
- Crédible.
- Oui, quant à Sauron, hohoho, hahaha ! Attendez, il a disparu et on a jamais retrouvé son corps ! Ca ne peut pas être lui !
- Vous avez remarqué comme dans tous les films, dès qu’un personnage dit cela, le mec dont il parle revient instantanément d’entre les morts ?
- Ah oui, c’est vrai que c’est très con. Une scène de plus avec des dialogues ratés ?
- C’est ça. Et je pense que c’est pas fini."

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Et en effet, on monte le niveau d’un cran. Galadriel, qui jusqu’ici n’avait servi à rien, décide de devenir… télépathe ! Comme ça, pif-pouf ! Ainsi, elle peut discuter avec Gandalf pendant que Saroumane grogne comme quoi il n’était pas au courant de cette histoire de nain, que c’est scandaleux, et qu’il va confisquer son carnet de correspondance pour mettre un mot à ses parents. Mais que dit Galadriel ?

"Gandaaaaalf… Gandaaaalf… je communique avec vos pensées ! 
- Mes ?
- Je me disais bien qu’il y avait de l’écho. Bon, je tenais juste à vous dire : je suis grave d’accord.
- De ?
- La quête, le dragon, Sauron, tout ça… j’approuve. Continuez votre quête. Et allez, avouez : vous restez ici à discuter avec nous juste pour nous occuper pendant que les nains se barrent. Comme ça, Saroumane ne pourra pas les arrêter.
- Ah bon, ils se b… hahaha, hem non : oui, complètement, c’était mon plan depuis le début."

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Et en effet : après avoir suivi Gandalf papoter encore quelques minutes pour dire du rien, et échanger avec Galadriel sur le fait qu’il lui suffit de l’appeler pour qu’elle apparaisse (quelle fille facile), le tout en tournant le dos à son interlocuteur en regardant le soleil se lever doucement, nous en revenons aux nains.

Fondcombe

Ces derniers se sont en effet barrés discrètement à l’aube, et marchent en file indienne sur un énième passage étroit pendant que la caméra tourne autour d’eux avec une musique pompeuse (… soupir). Après avoir traversé moult décors, nos héros finissent par une nuit de tempête à chercher un abri, errant sur une corniche glissante de montagne. Sauf qu’en réalité, il ne s’agit pas d’une corniche mais… d’une cavité dans la jambe d’un géant des montagnes assoupi ! Je vous passe les détails, mais le géant se lève, se tabasse avec des potes, se vautre, bref, encore 5mn de séquence hors de prix avec des géants qui se tapent sur la gueule probablement suite à un match de football des montagnes ayant mal tourné. A noter que durant l’affaire, Bilbo manque de peu de tomber, et ne doit son salut qu’à des nains qui lui tendent la main de justesse. Mais là encore, Peter Jackson  se vautre, en choisissant de mettre Bilbo en péril juste à côté de nains avec des lances. Et qui ne pensent pas à s’en servir pour lui tendre : à la place ils se contentent de faire l’habituel "Gnnn attrape ma main ! Aaaah mon bras est trop court !", etc. Non vraiment, c’est vu, déjà vu,  et même pas bon. Et gratuitement incohérent, donc. Vivement la prochaine fois : "Vite, mon bras est trop court ! Ah, et ces 12 mètres de corde enroulés sur mon épaule qui gênent mes mouvements !".

Nos nains s’en tirent malgré tout, et râlant sur le fait que Gandalf ne les ait pas encore rejoints, ils décident de s’abriter après ces aventures dans une grotte voisine, relativement petite et donc sûre puisque sans galeries inexplorées.

Profitons-en pour nous rendre complètement ailleurs : dans de vieilles ruines, loin de là, où les cavaliers orques et leurs ouargues sont venus faire leur rapport à leur chef… qui leur tourne le dos, l’air philosophe, mais en regardant la lune cette fois. Mais ? Bon sang, ça vous dirait pas de faire UNE SCENE où les gens se regardent quand ils se parlent ? C’est nul ! Nul ! Bon sang, vous allez voir, les mêmes mecs qui se moquent des Experts vont quand même réussir à trouver ce film génial alors qu’on y trouve les mêmes ficelles.

Bref, qui est le chef des orques ? Et bien figurez-vous – et là attention, c’est super incroyable – qu’il s’agit d’Azog, le seul orque avec un nom cité précédemment dans le film, et supposé mort ! Il lui manque toujours un bout de bras, mais les orques ayant de fichus chirurgiens, ils lui ont greffé à la place une pince à barbecue. Probablement pour animer les soirées de la Moria en agitant des merguez. Bon, c’est cool tout ça, mais à quoi sert cette scène ? Et bien aux orques à expliquer leur échec à leur maître :

"Seigneur Azog-main-de-merguez, nous avons échoué, huuu… les elfes… les elfes ont surgi alors que nous avions encerclé les nains… ils nous ont échappé !
- Alors tu mourras de ma main. Je veux la tête de Thorin Ecu de Chêne !"

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Et notre homme exécute en effet le serviteur défaillant d’un seul coup de sa puissante musculature, puis s’en retourne caresser son ouargue personnel, aussi albinos que lui, en continuant de contempler l’horizon nocturne.

"Et sinon chef, vous pourriez nous expliquer pourquoi, alors que vous êtes un peu le boss de la Moria,vous vous baladez avec quatre pauvres orques et cinq ouargues à travers tout le pays alors que vous êtes supposé être un seigneur de guerre surpuissant ? Vous n’avez rien de mieux à faire ? Vous avez pas de hobby ? Ça vous dirait pas d’essayer le ping-pong par exemple ? On peut vous greffer une raquette à la place de la main si vous voulez hein !"

Mais le chef orque n’aime pas le ping-pong, parce que ça oblige à regarder son adversaire en face. Aussi, la scène s’arrête ici.

Revenons à nos nains : alors que ces derniers pioncent tranquillement dans leur grotte de montagne, Bilbo se réveille, et note que la lame de son épée est devenue incroyablement bleue : ho bon sang, c’est qu’il y a pléthore d’ennemis à proximité ! Et en effet : soudain, le sol de la grotte s’ouvre littéralement en deux, et nos héros chutent tous dans une sorte d’immense toboggan en pierre (mais super patiné, hein, ils n’ont même pas une égratignure ou un accroc) et se retrouvent dans une cage au beau milieu d’une immense cavité sous la montagne où se balancent d’innombrables passerelles au-dessus d’un gouffre béant menant à une rivière souterrain.

Géant

Et nos héros ont à peine le temps de se demander ce qui leur l’arrive que des dizaines de gobelins jaillissent de partout et fondent sur eux, les empêchant de sortir leurs armes et les emmenant en une masse grouillante sur les passerelles vers une destination inconnue. Dans l’affaire, Bilbo parvient à s’échapper en… heu… marchant à 4 pattes. Et non, aucun gobelin ne remarque ce type en rouge vif entre eux, et ils le laissent donc derrière eux sans même le remarquer. Mais ? Mais ? Bouhouhou ! Arrêtez, s’il vous plait !

Bilbo se croit temporairement à l’abri, mais, erreur ! Un gobelin isolé l’a repéré se faufilant sur les passerelles, et bondit sur lui pour lui bourrer la gueule, oui ma bonne dame, le gobelin est comme ça. Hélas, la mêlée est si confuse entre les deux larrons que bientôt, ils tombent de leur passerelle et disparaissent dans l’immense gouffre au-dessous d’eux. Ouch.

C’est donc après une chute d’environ 400 mètres que nous retrouvons Bilbo, frais comme un gardon. Pardon ? Justifier sa survie ? Ahaha, mais non enfin, pourquoi ? On fait des incohérences à la pelle depuis deux heures maintenant, vous croyez vraiment qu’on va prendre le temps de faire un effort avec ce genre de détail ? Bref : Bilbo note que le gobelin qui l’avait agressé est tombé non loin… et qu’une autre créature est présente avec eux ! Elle, bien en forme : une créature grise et maigre aux yeux ronds qui donnent envie de la gifler qui tousse régulièrement en faisant "Gollum ! Gollum !". Le bougre n’a pas repéré Bilbo, et se contente de sourire devant le gobelin inconscient : après l’avoir fini à coups de caillou sur la face, il compte bien le manger, ce qui, disons le, effraie un peu notre héros témoin des évènements, qui ne comprend guère ce qu’est cette étrange créature. Créature qui en tabassant le gobelin, a perdu un curieux anneau derrière elle, ainsi que des clés de BMW.

Sitôt que la chose a disparu avec sa prise, Bilbo récupère son épée (qui par un fameux hasard, était non seulement tombée à côté de lui, mais en plus couverte par des champignons pour éviter que l’on ne puisse voir sa lumière bleutée, c’est quand même bien fait), l’anneau qui était à côté, mais pas les clés de la bagnole parce que dans ce film, aucune route ne semble faire plus de 40 cm de large pour obliger tout le monde à se balader en file indienne alors bon, ça ne servirait à rien. Puis, il commence à s’avancer dans les profondeurs de la montagne. Bien vite, le fanfaron tombe nez-à-nez avec un petit lac souterrain obscur, où Gollum est en train de s’apprêter à manger sa proie. Mais entrapercevant la lumière de la lame de Bilbo, il l’abandonne, et tel un ninja, disparaît dans l’obscurité avant de réapparaître à côté de notre héros quelques instants plus tard, prêt à lui caillasser la margoulette.

Sauf que Bilbo est vif : il parvient à pointer son épée vers lui, arrêtant instantanément la créature qui ne semble guère aimer les lames elfiques (sa pire phobie après le savon, les dialogues cohérents et les imitations pathétiques). Intrigué, Gollum se demande qui peut bien être ce petit visiteur qui prétend se nommer Bilbo Sacquet et être un hobbit. Mais notre héros n’a guère de temps à perdre : il veut avant tout sortir d’ici. Et comme Gollum s’ennuie, il propose un jeu à Bilbo. Un duel d’énigmes.

Enigmes

Remarquez, ça aurait pu aussi être une partie de Time’s up, alors quelque part, ne nous plaignons pas.

Si Bilbo gagne, Gollum lui montre la sortie. Si Gollum gagne, il lui montre son gosier. Il sortira aussi, d’une certaine manière, mais aura un peu moins de succès à la Comté, disons.

Soit, dit Bilbo. J’te prends quand tu veux.

Et c’est parti pour 6 énigmes. Pas une ou deux, hein : 6. Et à chaque fois, les personnages réfléchissent pendant de longues, longues minutes à base de "Rhoooo", "Attendez", "Mais si je le sais !" et hop, 15 minutes de meublées dites-donc. Cette scène est infernale, sans fin, et je vous avoue que j’ai prié pour que l’on me sorte de cette salle tant c’était non seulement nul, mais que les ficelles pour rallonger la sauce étaient si grosses que j’aurais pu me pendre avec. Et j’en ai vraiment eu envie.

Finalement, ce n’est que lorsque Bilbo pose la question "Qui c’est le plus fort, l’hippopotame ou l’éléphant ?" que Gollum sèche et que le concours est gagné. Mais le bougre étant mauvais perdant, il se dit que allez, bon : il va buter Bilbo quand même, parce que ça commence à bien faire les conneries quand même. Sauf que fouillant dans la poche de son pagne (si, si) pour y prendre l’anneau, son précieux, qui a le pouvoir de le rendre invisible, le bougre constate qu’il l’a perdu. Et que Bilbo l’a probablement volé. Ce gros bâtard.

C’est donc la grosse colère. Si.

Bilbo sent bien que tout cela flaire bon le pâté, et tente donc de s’enfuir, mais, las ! Gollum connait bien les tunnels et s’avère diablement rapide. Du moins, jusqu’à ce que, presque par hasard, Bilbo enfile l’anneau qu’il avait récupéré lorsque l’étrange personnage l’avait perdu, et devienne soudain invisible (d’ailleurs, si vous avez déjà vu le Seigneur des Anneaux, sachez que Peter Jackson recycle jusqu’au moindre plan : l’anneau qui tournoie au-dessus de Bilbo, la main dressée vers le ciel, l’objet qui ratterrit pile à son doigt, le tout au ralenti… Rrrzzz…) ! Suivant Gollum au travers du labyrinthe sous la montagne, celui-ci finit par l’amener devant une sortie. Sortie où Bilbo aperçoit… les nains !

Car pendant ce temps, il s’est passé des trucs du côté des nains, mais oui.

Après avoir été capturés par les gobelins, ceux-ci les ont emmenés devant Grogob, le roi local, qui s’est un peu moqué d’eux et a immédiatement reconnu Thorin (comment ? Probablement qu’ils ont Facebook sous la montagne), redoublant donc de mauvais esprit envers ce roi sans royaume. Il a quand même un peu flippé en notant que les nains se promenaient avec Pètegob, la lame connue pour être un peu le Baygon à gobelins. D’ailleurs, il a peur au point de reculer en hurlant rien qu’en la voyant posée au sol, alors que comme nous le verrons quelques minutes plus tard, la même dans les mains des nains, cette fois-ci grognons et équipés, ne lui fera pas du tout peur. Comme quoi, hein, mais bon : s’il fallait essayer de tenir plus d’une minute sans faire d’incohérences, aussi, hein…

Car justement : alors que les gobelins s’apprêtent à dépecer et torturer les nains histoire de déconner un peu, voici que soudain, une explosion lumineuse projette tout le monde au sol (mais sans les blesser, quand bien même ça désintègre tout ce qu’il y a à côté. Ah) c’est Gandalf ! Comment a-t-il su pour les nains prisonniers ? Comment est-il arrivé jusqu’à la salle du trône sans se faire croquer le cucu par les gobelins en maraude ? Et bien, c’est bien simple : ça ne mérite aucune explication !

"Allez les nains, remuez-vous le derche" leur hurle le magicien pistonné par le script bancal.

Aussi, sautant sur leurs pieds, nos héros se saisissent de leurs armes, et s’ensuit une bataille que je décrirai ainsi :

  1. Les nains courent sur une passerelle en essayant de fuir
  2. Soudain, 8D6 gobelins leur tombent dessus en faisant "Grrreeeuu"
  3. Grâce à d’habiles moulinets, tous les gobelins tombent dans le vide
  4. La troupe peut continuer

Répétez ça sur, disons, 12 passerelles, et vous avez l’intégralité de la scène. Oui, c’est assez chiant. Pas autant qu’un duel d’énigmes sans fin, mais pas loin quand même. Au final, le roi des gobelins, donc, qui a pour principal rôle de hurler le nom de chaque arme brandie par les gentils pour rappeler qu’ils ne se battent pas avec des couteaux à beurre (d’ailleurs, il ne donne pas qu’un nom c’est du genre "HO REGARDEZ ! ILS BRANDISSENT TRANCHEGUEULE, L’EPEE QUI MEULE SEVERE, AUSSI CONNUE SOUS LE NOM DE MARTEAU A MARGOULINS ! SAVIEZ-VOUS QUE CHEZ LES ELFES ON L’APPELLE N’GOLO, CE QUI SIGNIFIE AUSSI "FENDOIR A BLAIREAUX ?" : en fait, ils ne sont pas poursuivis par le roi des gobelins mais par Wikipédia) rattrape le petit groupe de fugitifs pour qu’ils ne puissent échapper à sa sapience. Et comme je vous le disais, le pauvre a beau hurler qu’il craint toutes ces lames plus que tout, même quand il n’y a personne pour les tenir, il n’est plus impressionné du tout sitôt qu’elles sont brandies face à lui par des guerriers expérimentés. Oui, c’est absolument nul, mais si vous ne le remarquez que maintenant, bon.

Bastonnains

Bref : en tout cas, après avoir vaincu le roi des gobelins super facilement, je vous passe les détails mais nos héros ont eux aussi tous chuté dans le gouffre sous les passerelles gobelines, tout comme Bilbo l’avait fait un moment plus tôt. Là encore, et après un curieux effet spécial bien raté, ils survivent tous à une chute de plusieurs centaines de mètres, et n’ont même pas un bleu lorsque le cadavre du roi des gobelins choit sur leur gueule depuis la même hauteur alors qu’il doit bien peser sa tonne cinq. Du détail on vous dit.

Par conséquent, c’est comme ça que Bilbo et les nains se sont retrouvés au même endroit. Et ont pu se retrouver près d’une sortie, qu’ils ont prise sans trop se faire prier.

A noter qu’une fois dehors, Bilbo n’a pas encore retiré son anneau et est donc encore invisible, aussi entend-t-il Thorin dire, lorsque Gandalf demande où est Bilbo, que "Cette petite fiente a probablement fui pour retourner dans son confort petit bourgeois". Il n’en faut pas plus à Bilbo pour aller retirer son anneau dans une cachette (il veut garder ce secret pour lui) et surgir en disant "Ahaha, et bien non Thorin, je suis là parce que je suis trop un mec cool."

Tout le monde embraierait bien sur le sujet, sauf que soudain, nos héros constatent une chose terrible : Azog et ses ouargues les ont retrouvés ! Vite, il n’y a pas une minute à perdre, fuyons !

Hélas, l’endroit n’est pas vraiment pratique pour ce genre d’exercice, puisque nos héros découvrent qu’ils sont en fait sur une falaise, et qu’il n’y a logiquement au bout de celle-ci que le vide… tant pis ! Gandalf donne l’ordre de grimper aux arbres, tant les ouargues sont connus pour être des quiches en escalade, puisqu’à l’école ils séchaient pour aller fumer derrière le gymnase. Les nains ont donc tôt fait d’agir en conséquence, et de noter qu’en effet, la troupe est bien commandée par Azog, le terrible ennemi de Thorin.

Histoire de quand même leur bourrer un peu la gueule et de riposter face aux ouargues, Gandalf utilise ses puissants pouvoirs de mage, non pas pour refaire une énorme explosion dans leur face mais pour… enflammer des pommes de pin. Hmm. Moui, d’accord. Bien bien bien. Jetant le tout dans la gueule des ouargues, ceux-ci reculent alors que le sol s’enflamme devant eux. Mais pour autant, rien n’est gagné. Car non seulement l’ennemi n’a reculé que de quelques mètres, mais en plus le grand arbre dans lequel la troupe a trouvé refuge commence à montrer des signes de faiblesse. Pas de problème : Gandalf décide d’en parler à un papillon.

"Papillon, petit papillon, pourrais-tu nous aider ?
- Ecoutez Gandalf, je suis un papillon. Vous croyez quoi, que je vais vous ramener un hélicoptère ? 
- Papillon, petit papillon, tu te bouges ou c’est Baygon."

0

Un peu blasé, le papillon se casse donc. Et pendant ce temps, Thorin, lui, en a un peu marre de poireauter dans un arbre : il décide donc d’en descendre pour aller se détendre un peu, par exemple en cassant la gueule à Azog. Bon, petit détail : Azog (orque géant) monté sur Mirza (ouargue géant) charge à pleine vitesse le nain, et lui enfonce sa masse d’arme en plein dans la gueule.

Vous allez me dire "Ho non, Thorin meurt ?"

Non. Ça lui fait juste une coupure au nez.

Non, je ne déconne pas. Et puis pas une grosse coupure, hein, vous savez, ces blessures de film qui sont toujours entourées de noir comme si le mec avait à demi-brûlé en prenant le coup. Ah non mais c’est moisi jusqu’au bout, hein ! D’ailleurs, pour en rajouter une couche, Mirza choppe Thorin dans sa gueule et le mâchouille un petit moment, mais ça va, merci là encore, ça ne lui fait rien. Détail amusant : lorsque Thorin se libère de la gueule de l’animal et tombe au sol d’une hauteur d’environ un mètre cinquante… cela l’assomme.

Vous vous souvenez des chutes de 400 mètres il y a 10 minutes qui ne faisaient pas un bleu ? Oui, moi aussi.

Arbre

Bref, finalement, c’est Bilbo qui doit voler à la rescousse du nain, et s’il tient Azog à distance par le pouvoir de la coolitude, il ne parvient pas à le vaincre. Et alors que les ouargues vont en finir avec tous ces petits personnages… les renforts ramenés par l’ami gentil Papillon arrivent ! Il s’agit des aigles géants, les potes de Gandalf, qui devaient donc être juste à côté pour qu’un papillon vole jusqu’à eux en 2 minutes. En tout cas, ils emportent dans les airs les nains, conscients ou non, les magiciens et les hobbits, et les emmènent loin d’Azog et sa troupe, jusqu’à une plate-forme rocheuse en sécurité.

De là, et alors que le soleil venait à peine de se coucher, hop, il se relève déjà (non mais c’est si compliqué que ça à gérer ? Un stagiaire saurait le faire !) pour dévoiler un spectacle intéressant : au loin, le Mont Solitaire est visible !

"Voilà qui promet de belles aventures", s’exclament nos héros en regardant l’horizon, alors qu’une grive s’envole devant eux. "Même si comme à chaque film, Gandalf appelle les aigles à la fin au lieu de s’en servir de taxi aérien pour que l’on arrive à destination sans risquer 20 fois notre peau."

Et la grive, ignorant les trous de l’intrigue, volant jusqu’au Mont Solitaire, tape un escargot si fort contre la paroi rocheuse que cela résonne jusqu’au coeur de l’ancienne forteresse naine (oui, c’est un oiseau sous stéroïdes), où la caméra déambule jusqu’à la salle du trésor… où il y a du mouvement : un museau s’agite, un oeil s’ouvre : Smaug est encore vivant, et bien vivant, contrairement à 20% des spectateurs morts de vieillesse durant la scène des énigmes !

Et… FIN !

Aigles

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"Cate ! Cate ! Tournez-vous Cate ! Souriez !"

Les photographes se pressent sur les bords du tapis rouge, poussant sur le cordon de sécurité malgré la vigilance des agents chargés de s’assurer de l’intégrité d’icelui. Dans les derniers rangs des preneurs d’images, certains sont déjà occupés à contempler leurs prises du jour. "Radieuse", "épatante", "incroyable" : les mots ne manquent pas pour qualifier la photogénie naturelle de l’actrice. Pour les photographes, la journée a été bonne. Il est rare qu’une comédienne d’un tel niveau prenne autant de temps pour poser.

Une bien belle rencontre, en somme.

"Espèce de monstre !"

Lance cependant Cate au travers de son bâillon, alors que je la dépose dans le coffre de ma berline. "Que croyez-vous ? Tout le monde doit être à ma recherche à l’heure qu’il est ! Je suis supposée être en train de monter les marches, ils vont s’en apercevoir, toute la ville sera bientôt à vos trousses espèce de dégénéré !"

Me tournant vers l’agitation visible au coin de la rue, alors que des badauds vont et viennent en tournant les têtes vers les marches où l’on entend distinctement les cris de "Cate ! Par ici Cate ! Souriez, oui !", je me contentai de sourire vers elle.

"J’en doute, jeune fille. J’en doute."

Et refermant le coffre sur la malheureuse, j’imaginais déjà la magie du jour à venir.

Demain, les plus grands magazines auraient pour couverture une salade niçoise.

La neige tombe silencieusement sur la petite cité, couvrant les pavés pluriséculaires d’une couche uniforme blafarde.

Pourtant, il court sans se soucier de la quiétude étrange de cette fraîche nuit d’automne ; haletant, il ne considère la neige que comme une sorte d’ennemi glissant qui colle à ses souliers telle une boue gluante et glaireuse venue ralentir sa course. Jetant un regard paniqué derrière lui, il s’engage promptement dans une étroite ruelle sur sa gauche, semblant lui promettre une occasion de disparaître temporairement de la vue de son poursuivant. Épuisé, la respiration sifflante, il considère un instant les improbables quantités de buée qui semblent s’échapper de ses poumons avant de tourner brusquement la tête vers l’extrémité de l’antique rue où la neige vient de crisser.

Posté entre deux bornes de pierre supposées autrefois garder les piétons des roues des chariots, il aperçoit à la lueur orangée d’un luminaire proche la silhouette noire au manteau long qu’il n’a eu de cesse de vouloir semer. Fronçant les sourcils, il lâche un juron en tentant d’ignorer les battements sourds de son coeur fatigué par la course.

"C’est fini. Tu ne peux plus fuir, rends-toi" dit la silhouette. Il souffle encore quelques jurons avant de se redresser.

"Jamais ! Jamais à ceux de ton espèce ! Nous vaincrons ! Mon Seigneur vaincra !
- Ton Noir Seigneur est mort il y a longtemps, Sylvain Fumoir. Ton combat, comme ta fuite, était sans issue.
- Je ne me rendrai pas sans combattre, Odieux ! Les chasseurs de sorciers de ton espèce n’auront que…"
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Portant la main à sa poche, il en sort avec diligence une baguette en hêtre qu’il brandit au travers du vent lui rabattant les flocons au visage.

"Avada Ked…
- Hortefix !"
0

Fumoir pousse un cri aigu en voyant sa baguette sauter de ses mains pour être expulsée vers Bamako. Un sort typique des écoles de magie française, pense t-il en frottant sa main endolorie.

"Soit, tu gagnes pour cette fois, Odieux, tu as été le plus rapide ! Mais peut-être as tu envie de voir une autre magie puissante à l’oeuvre : choisis une carte, n’importe laquelle, je vais la deviner.
- Non, Fumoir. Tes jeux ne m’amusent plus. Rends-toi où je…
- Raaah !"
0

Profitant que son assaillant se soit rapproché, Sylvain Fumoir ramasse une poignée de neige sur un muret proche et la jette au visage de son adversaire avant de se jeter sur lui avec rage. Avant qu’il ne puisse l’atteindre, il distingue la baguette de son ennemi braquée vers lui.

"Tu l’auras voulu Mage Noir ! Je vais t’obliger à revivre un moment douloureux : le dernier Harry Potter !
- Nooooooon !
- Endoloris Cinematographicum ! Spoilons !"
0

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L'Affiche : moi aussi, à un moment, je voulais m'enfuir en courant dans les bois

Ainsi donc, Harry Potter et les Reliques de la Mort, partie I, est sorti dans les salles obscures ; la chose a fait grand bruit, et pourtant, je subodore que certains d’entre vous ne sont pas encore parfaitement au point sur Harry Potter ; je vous fais donc un résumé rapide :

Harry Potter est un orphelin qui le jour de ses 11 ans, est invité à suivre un vieux barbu au motif qu’il serait un sorcier (une vieille ruse de pédophile, comme chacun sait "Suis moi, je t’emmène apprendre la magie ! Monte dans le coffre !"). Ainsi, Harry est envoyé à Poudlard, l’école de magie officielle de Grande-Bretagne. Il s’y fait deux amis, Hermione et Ron, et surtout, découvre sous la direction de Dumbledore le sens du mot "discrimination" : dès leur arrivée, les élèves sont divisés en 4 "maisons" : Gryffondor (les gentils), Serpentard (les enculés), Maison Annexe #1 et Maison Annexe #2 (non, les deux dernières maisons n’ont aucun intérêt dans l’histoire, tout comme l’ensemble des personnages y appartenant, ce qui permet de vite savoir qui va avoir un rôle dans l’intrigue ou non), et n’ont dès lors même plus le droit de manger ensemble, afin de bien marquer leurs différences et d’apprendre le communautarisme.

Hélas, durant 7 livres, Harry va découvrir que le vilain sorcier qui a tué ses parents, Lord Voldemort (et non Susanna Sucre-d’Orge, on vous donne bien des noms vous permettant de repérer les méchants à l’avance), est toujours en vie, a toujours envie de le tuer (il l’avait loupé la première fois, et puis Voldemort n’ayant pas de nez, on sent bien qu’il est jaloux parce qu’Harry peut porter des lunettes, lui, sans que ça lui tombe sur la bouche, ça doit accroître sa haine), et veut toujours monter une armée pour dominer le monde. Au bout de 6 livres, Harry découvre donc que Voldemort a trouvé un moyen d’être immortel : il a planqué des bouts de son âme dans divers objets magiques, ce qui lui permet de ressusciter en cas d’urgence (ce sont des points de sauvegarde, donc). S’il veut en finir définitivement avec Voldy, Harry doit donc détruire ces objets. Et nous voici donc au début du 7e livre, début du film. En route !

Le film s’ouvre donc sur une conférence de presse du nouveau ministre de la magie, dont le nom importe peu, qui informe quantité de journalistes qu’à l’heure où Voldemort est une menace, les services de l’état sont là pour protéger les sorciers de l’armée des vilains. Qu’ils peuvent donc lui faire confiance pour mener sa mission à bien, et que Voldemort fera moins le malin quand il sera en garde à vue. Pendant ce temps à quelques kilomètres de là, Harry Potter regarde tranquillement la famille qui l’hébergeait depuis des années quitter la ville, tant l’insécurité grimpe à vitesse grand V depuis que de mystérieux meurtres ont lieu un peu partout (meurtres ayant un vague rapport avec le fait qu’une armée de sorciers maléfiques se promène à Londres ces derniers temps ; en France, on aurait déjà fait une loi sur les sorciers maléfiques afin de les interdire purement et simplement, ou pire les priver de leur nationalité. On ne rigole pas avec l’insécurité.). Ron Weasley, lui prend un air super pensif en regardant les champs autour de chez lui, parce que vraiment, ça fait trop cool au début d’un film de prendre une tête de philosophe maudit en contemplant l’horizon. Hermione Granger enfin, sentant ses parents, deux "moldus" (des gens sans pouvoirs magiques), en danger puisqu’ils pourraient être interrogés par Voldemort et ses potes pour essayer de localiser Ron, Hermione et Harry, décide d’employer les grands moyens et leur jette un sort d’"oubliette" qui leur fait oublier jusqu’au fait qu’ils avaient une fille. Allez savoir comment, le sort est si puissant qu’il fait même disparaître Hermione de toutes les photos, documents & co de la maison. Autant vous le dire, c’est une sorte de super GHB : on sent qu’en boîte de nuit, Hermione doit se la donner grave, cette coquine.

Pendant ce temps, au grand QG des méchants (un énorme manoir appartenant à une célèbre famille de méchants, entouré évidemment par une atmosphère lourde et un crépuscule constant), tout le monde est réuni autour d’une vaste table, présidée par Voldemort lui-même. Ce dernier accueille le dernier arrivant à la réunion du jour avec bienveillance, un certain professeur Rogue. Le bougre a rapporté de bonnes informations : il sait quand et comment Harry Potter va être évacué de son actuelle planque (attendez, une planque ? Vous parlez bien de la maison qu’il occupe depuis qu’il est enfant et où il y a son nom sur la boîte aux lettres ?) pour une autre. La chose devrait se faire la veille de ses 17 ans, et c’est à ce moment là qu’il sera le plus facile de frapper pour qu’enfin, Voldemort puisse tuer le jeune malandrin. Cependant, le Seigneur des Ténèbres sait qu’Harry et lui ont un problème de baguette (… Freud ? Freud, un commentaire ?), puisque leurs pouvoirs s’annulent mutuellement ; il décide donc d’utiliser une autre baguette, et emprunte celle d’un de ses serviteurs, un certain Lucius Malefoy. Cela étant dit, il est grand temps d’achever la réunion ; ne pouvant le faire d’un simple "bon après-midi à tous" au risque d’entacher sa réputation de chef des forces du mal, Voldemort décide plutôt d’exécuter une prisonnière qu’il avait gardé au chaud depuis le début de la réunion. Comme ça, pour le plaisir. Son décès signale que la séance est levée.

 

Chez les méchants, comme dans n'importe quelle autre réunion, on se fait chier en regardant un Powerpoint

Dites-donc, j’espère qu’ils se réunissent pas trop souvent, quand même.

D’ailleurs, sans vouloir être trop pointilleux : le QG des méchants, tout le monde sait où il est, et en plus si jamais quelqu’un doutait, il est recouvert de ténèbres façon manoir hanté histoire de bien lever toute hésitation. Alors pourquoi les gentils ne l’attaquent pas ? Ou, plus simplement, se contentent de faire passer un B-52 au-dessus de la maison ? Non parce que Voldemort et sa baguette, ils sont sûrement très gentils, mais pour le coup, je ne suis pas sûr que 4 tonnes de bombes, même pas magiques, hein,  tombant sur leur demeure par surprise ne leur fasse pas un peu de mal. Ou éventuellement, un bon vieux missile façon chasse aux talibans. Enfin.

Retournons plutôt voir Harry, car je vous sens inquiets ; sachez qu’il erre dans la grande maison vide de son enfance, s’emplissant l’esprit de souvenir des années passées… ah, nostalgie ! Cependant, ses rêveries sont rapidement interrompues par l’arrivée en masse de troupes de l’ordre du phénix (une brigade de gentils luttant contre Voldemort et ses amis depuis des années dans l’ombre), parmi lesquelles pas mal de ses vieux amis : Harry, Ron, le géant Hagrid, un sorcier black façon professeur N’Golo-Golo ("il fait revenir l’être aimé et tomber le kiki de l’ennemi par simple consultation téléphonique !") qui explique que bon, là, officiellement, il devrait servir de garde du corps au 1er ministre anglais, mais que protéger Harry est plus important.

Oui, c’est sûr : un attentat contre le 1er ministre britannique, c’est tellement peu important, ça n’aurait aucune conséquence. Mieux vaut que tu viennes aider tes potes à monter leur plan pourri, puisque comme nous allons le voir, il est vraiment tout naze.

Bref, nos larrons expliquent à Harry le plan du jour : plusieurs de ses amis vont utiliser une potion pour prendre son apparence, et se vêtir exactement comme lui. Ainsi, ils partiront ensuite par groupes de 2 (un déguisé en Harry, l’autre faisant office de garde du corps) chacun dans une direction différente et empêcheront ainsi les vilains qui guettent sûrement à l’extérieur de savoir lequel est le bon Harry à dessouder. Une fois le bon Potter arrivé à destination dans la nouvelle cachette où il sera plus en sécurité, les autres membres du groupes se téléporteront dans la dite cachette pour se regrouper.

Et là, lecteurs, vous m’arrêtez, vous me stoppez, vous tentez de m’ôter les mains du clavier afin de me dire "Attendez, de la téléportation ? Mais alors pourquoi s’ennuient ils à transporter Harry par voie normale et ainsi risquer d’être attaqués ?" ; la réponse est simple : Harry n’a pas encore 17 ans, je le rappelle, et chez les sorciers, avant ses 17 ans, on porte "la trace", un truc qui fait que l’on peut vous localiser automatiquement lorsque vous vous téléportez. Donc, Harry devant se cacher, l’idée est peu intéressante.

Donc là vous me dites "Aaaah, ok".

Sauf que non, pas ok, lecteurs inattentifs ! Après tout, on est à la veille de ses 17 ans ; alors ça va, Voldemort et ses copains ont été trop bêtes pour penser à attaquer la maison dans laquelle Harry habite depuis des années (je ne veux pas entendre "elle est protégée contre les vilains sorts !" ; vous croyez que ça la protège d’une voiture piégée ou d’un tir de fusil à lunette quand Harry sort les poubelles, hein ?), on peut bien attendre quelques heures de plus, comme ça, on le téléporte à 17 ans passés, et personne ne prend aucun risque.

Ultime solution : pourquoi s’emmerder à faire diversion en faisant prendre l’apparence d’Harry à plein de gens ? Il a une cape d’invisibilité, non ? C’est quand même pas plus pratique ? Non ? Bon.

En même temps, je ne leur en veux pas : après tout, à 11 ans, à un niveau CM2, on les a envoyé à Poudlard, école où on enseigne ni mathématiques, ni histoire, ni géographie, ni littérature, ni langues étrangères… bref, c’est une école qui forme des neuneus, oui, mais des neuneus magiques. On voit le résultat.

Bref ; nos héros suivent donc le plan, et prennent donc l’apparence d’Harry, y compris certaines jeunes filles, ce qui pour le coup, doit leur faire bizarre ; après une rapide inspection de leurs nouveaux corps et un coup d’oeil discret dans leurs slips respectifs, nos valeureux leurres se disent que, hé bé, ce soir, ils vont voyager plus légers qu’ils ne le pensaient. Harry a beau crier "Nan mais c’est parce qu’il fait froid, et tout", personne ne l’écoute. On échange donc quelques dernières consignes avant d’aller enfourcher les balais volants, et se préparer pour l’action. Le vrai Harry, lui, monte avec Hagrid, le géant qui a une moto volante, avec sidecar. C’est quand même autrement plus moderne. Mais passons.

 

Méfiez-vous : les petits cons qui font du bruit en scooter en bas de chez vous sont peut-être en fait de puissants mages ; la différence n'est pas flagrante

Tout le monde décolle en conséquence, prend de l’altitude et, alors qu’ils franchissent les premiers nuages bas, découvrent des hordes de sorciers maléfiques sur leurs balais en train de les attendre ; ça vole dans tous les sens, ça échange des éclairs, bref : c’est la bataille d’Angleterre. Harry et Hagrid tentent de semer leurs poursuivants à grands coups de turbo (J’en profite : oui, je sais, c’est du "feu de dragon" plus qu’un vrai turbo, que gnagnagna, ils le disent dans le livre, mais écoutez moi bien bande de crypto-intégristes : ici, on spoile le film ! Le film ! Pas une étude comparée avec le livre du genre "ah ouais mais dans le livre ils expliquent pourquoi, tous les spectateurs devraient l’avoir sur les genoux durant la séance"  ! Alors il suffit, je vous connais ; reprenons maintenant.), mais les brigands s’accrochent ; cependant, Hedwige, la chouette d’Harry, décide de se mêler de la bataille en essayant de venir protéger son maître en griffant le visage des poursuivants : grave erreur, puisque non seulement elle en meurt, mais elle révèle ainsi qui est son maître, l’andouille. Tous les vilains cessent donc la poursuite et c’est Voldemort en personne qui débarque pour essayer d’abattre Harry. Hélas, sa nouvelle baguette ne semble pas faire le poids comparé à celle du bon Potter, et l’objet de bois explose littéralement, obligeant Voldemort au repli.

2 choses : Voldemort, tu aurais utilisé je ne sais pas moi, un flingue ? Ou même, parce que tu es retro, une grosse épée, une arbalète, un arc magique, ou je ne sais quoi ? Tu n’aurais pas ce genre de soucis ! Ne serais tu pas un peu idiot par hasard ? Quant à toi Harry, c’est pareil : tu peux faire apparaître des cerfs magiques, changer d’apparence, jeter des éclairs, mais tu n’es pas foutu d’obtenir de quoi bourrer de plomb un sorcier ? Surtout que j’insiste : une bonne vieille pétoire, c’est quand même plus rapide qu’une baguette : l’autre en est encore à gueuler "Avada Ke…" que d’une simple pression sur une gâchette vous l’avez transformé en filtre à plombs. Ca vous dirait pas d’être efficace, un peu ?

Bon, revenons à nos moutons : Hagrid et Harry, ayant semé leurs poursuivants, finissent par poser leur moto volante qui a pris quelques coups dans la bataille à proximité de la cachette tant attendue : le Terrier, la maison de la famille Weasley qui…

… oh ? Attendez, c’est ça "la cachette" ? Mais ? Mais bon sang, ce n’est même plus une cachette, c’est un panneau clignotant "venez me tuer, je suis chez mon meilleur copain chez qui je passe toutes mes vacances d’habitude !" ; c’est définitif, nous n’avons pas la même notion de planque. Si c’était pour l’emmener là, je crois qu’il aurait été possible de téléporter Harry d’entrée de jeu, même si tout le monde était au courant : ça n’aurait pas fondamentalement changé l’affaire.

En tout cas, les autres duos faux Harry/garde du corps arrivent l’un après l’autre au Terrier en se téléportant ; tout le monde se porte bien, à l’exception d’un des frères de Ron, qui a eu une oreille coupée, et de Maugrey Fol-Oeil, un soi-disant formidable chasseur de mages noirs qui est tombé au champ d’honneur. A noter que Modingus, un membre de l’équipe un peu lâche, a lui tout simplement fui en se téléportant dès le début de la bataille dans un bruit de pet liquide paniqué. Tout le monde est un peu triste mais, bon, il est l’heure d’aller se coucher, alors on pleurera demain.

Dans la nuit, entre deux rêves érotiques, Harry a des flashbacks : guerre du Vietnam, soirée alcoolisée, et accessoirement, mort de Dumbledore ; il décide donc que les gens autour de lui meurent trop facilement ces derniers temps, et veut partir seul s’isoler pour ne plus mettre personne en danger : son vieux copain Ron le retient heureusement, lui expliquant qu’il est beaucoup trop con pour survivre seul, ce en quoi je ne lui donne pas tort.

Le lendemain, il est déjà temps de se changer les idées, puisque figure-vous que Bill, l’un des frères de Ron, ainsi que Fleur, sa copine, ont décidé de se marier. Un immense banquet et une cérémonie ont été organisés au Terrier où…

Attendez, attendez, ce n’est pas censé être une "planque" ? Vous organisez une fête géante dans la planque que vous ne voulez surtout pas que qui que ce soit découvre ? Je… heu… bon.  Bref, faisons comme si de rien n’était. Dans la journée en tout cas, le ministre de la magie en personne se rend sur place pour voir Harry (Je ! Et lui, comment est il au courant ? Les héros passent leur temps à dire qu’il ne faut surtout pas informer le ministère, qui est infiltré de partout par les méchants, et ils invitent le ministre lui-même à venir les visiter dans leur planque ? Non mais, je suis le seul à avoir entendu le mot "cachette", à un moment ? Même que c’était pour ça qu’il faisait un super plan à base de diversions il n’y a pas 15 minutes ?). L’homme politique vient lire à Ron, Hermione et Harry le testament de Dumbledore ; il le fait lui-même car il n’y a pas du tout de personnel pour, c’est connu, le ministère, ça doit juste être le ministre et sa secrétaire. Ainsi, nos héros apprennent que :

  • Ron hérite d’un déluminateur, objet qui peut faire disparaître et apparaître de la lumière à volonté
  • Hermione hérite d’un livre de contes pour enfants, Les Contes de Beedle le Barde
  • Harry hérite du premier vif d’or qu’il a attrapé au sport national des sorciers, le Quidditch, une petite boule dorée et aildée

Autant vous dire que le ministre repart au son des "Raaah, Dumbledore, vieil enfoiré, comment tu nous lègues de la daube, c’était bien la peine de se faire chier durant six livres, tiens ! On ira déféquer sur ta tombe !".

Le soir même, le banquet post-mariage a donc lieu, et chacun célèbre l’union de Bill et de Fleur autour d’une bonne coupe de champagne. Harry profite donc de la soirée pour se promener tranquillement au milieu de tous les invités, façon "Coucou, je suis là, si l’un d’entre vous est un agent de Voldemort, n’hésitez pas à lui dire où je me cache, si on peut encore appeler ça se cacher". Il rencontre rapidement un vieux, qui comme tous les vieux, a un truc à raconter entre deux effluves urinaires : Dumbledore avait une vieille amie qui le connaissait formidablement bien, et qui a donné quantité d’informations à une journaliste pour qu’elle écrive un livre sur lui. L’amie en question, Germaine, habite dans le village où Harry vivait jusqu’à la mort de ses parents. Rien de bien fascinant, jusqu’à ce que la cérémonie soit interrompue par l’arrivée d’une sorte de boule lumineuse au milieu de la piste de danse qui vient interrompre "Le Petit bonhomme en mousse" pour informer les convives d’une terrible nouvelle : Voldemort et ses troupes viennent d’attaquer avec succès le ministère de la magie, et l’ont renversé. L’objet mystique ajoute accessoirement "Maintenant, planquez vos fesses, car ils arrivent". Et effectivement, des dizaines de sorciers plutôt vilains arrivent aussitôt et commencent à se battre avec les convives à grands coups de sorts mortels. Harry, Ron et Hermione ont juste le temps de se téléporter en urgence vers un lieu lointain : une rue de Londres.

 

Pour ne pas casser l'ambiance, même les mauvaises nouvelles sont annoncées par une boule à facette

Coup de chance (de nombreux autres suivront) : Hermione s’est téléportée avec son gadget ultime : le sac à main sans fond, un sac dans lequel tu peux ranger tout ce que tu veux, de ton portefeuille à ta bibliothèque en passant par ta toile de tente. Il faudrait que je m’en trouve un comme ça pour mes soirées kidnappings. Même si je ne vous raconte pas le bordel pour retrouver ses clés là-dedans. En tout cas, elle, elle a mis moult affaires à l’intérieur, y compris des vêtements de rechange pour des garçons. Ne me demandez pas pourquoi elle a ça sur elle, la coquine.

Nos héros vont donc trouver un petit café pour se poser temporairement et discuter des derniers évènements ; cependant, ils sont rapidement attaqués par deux mages maléfiques, qu’ils parviennent à neutraliser assez rapidement (parce que les mages n’ont pas pensé à les attaquer pendant qu’ils ne regardaient pas alors qu’ils arrivaient dans leur dos, quelle idée saugrenue). Ils leur font tout oublier grâce au GHB magique d’Hermione, avant de se dire qu’il serait temps de trouver une cachette pour la nuit ; quoi de mieux que d’aller dans l’ancien QG de l’ordre du Phénix, l’ancien manoir de la famille Black ? Décision est prise, et les choses se passent plutôt bien sur place, malgré des bruits étranges dans la maison. Tant et si bien que comme toujours dans les grands films, quand il y a des tueurs qui rôdent et que les héros sont dans un manoir étrange, ils se séparent en groupes de 1.

Heureusement, ils ne trouvent que deux choses : tout d’abord, Kreatur, l’elfe de maison crasseux du manoir, pas très aimable mais condamné à obéir à Harry dont il est la possession suite à un héritage, et une inscription signifiant qu’habitait autrefois là un certain Regulus Arcturus Black, soit R.A.B, les initiales d’un type dont nos héros savent de source sûre, grâce à une anecdote du film précédent, qu’il possède l’un des Horcruxes contenant un bout d’âme de Voldemort, un petit médaillon. Oui, un petit médaillon choupi. Voldemort est comme ça ; des fois, il cache aussi son âme dans des Zhu Zhu Pets. Soit ! Ils interrogent donc Kreatur afin de savoir où est cet objet mais celui-ci les informe qu’il a été volé il y a un bail par un certain Modingus (mais si, le lâche du début du film !). Harry ordonne donc à Kreatur de retrouver le voleur, ce qu’il fait assez rapidement, car malgré leur statut d’esclaves, les elfes de maison sont surpuissants, allez savoir pourquoi.

Modingus est donc interrogé ; il ne résiste pas beaucoup (il est lâche), et Hermione regrette donc de ne pas pouvoir utiliser sa gégène avec pinces à testicules qu’elle avait emmené pour l’occasion. Ils apprennent donc que le médaillon a été confisqué par Dolores Ombrage, une vilaine du ministère de la magie, qui collabore avec joie avec les troupes de Voldemort.

Nos héros décident alors qu’il serait malin d’infiltrer le ministère afin d’aller y récupérer l’objet ; ils capturent donc 3 fonctionnaires de celui-ci et cachent leurs corps dans un entrepôt discret (pourtant annoté d’un gros panneau jaune pétard "attention, site sous surveillance vidéo"… non, vraiment, combien de fois vont ils faire des choix débiles ?), prennent leur apparence et s’en vont au ministère accomplir leur terrible mission.

Sur place, comment vous décrire le spectacle ? C’est facile, pour que l’on comprenne bien que nous sommes chez des vilains, c’est le IIIe Reich : outre la propagande pro-sorciers aryens, des hordes de types en tenue du Volkssturm (avec même le petit brassard rouge du parti au bras et la casquette d’infanterie, oui oui oui, c’est très recherché) circulent, attrapent des gens et les emmènent se faire interroger (avec un peu de torture, évidemment, parce que sinon, on rigole moins) afin qu’ils avouent s’ils cachent des sorciers au sang mêlé à celui des moldus, ou s’ils en sont eux-même. Subtil, n’est-ce pas ? Les murs sont accessoirements recouverts d’affiches invitant à capturer un certain Harry Potter, le célèbre magicien geek.

Cependant, rien n’arrête nos aventuriers qui infiltrent sans soucis les lieux, tant apparemment ils peuvent aller n’importe où sans qu’on leur demande de présenter un quelconque papier. Un ministère imitant le IIIe Reich, c’est connu, ça se visite comme on veut, c’est ouvert à tout vent. Ils arrivent donc à localiser, par un petit coup de chance (ça alors !), Dolorès Ombrage, qui est occupée à tenir un procès dans les sous-sols. Nos larrons débarquent avec toute la subtilité qui est la leur, paralysent tout le monde à coups de baguette (il n’y a aucune sécurité non plus, quelle idée de sécuriser un tribunal), et s’enfuient en emmenant le médaillon que la bougresse avait autour du cou. Cependant, durant leur fuite, la polymorphie arrête de faire effet, et tout le monde découvre Harry Potter et ses potes en plein milieu du ministère de la magie où ils sont recherchés ; une petite course poursuite s’engage avec les miliciens locaux, et l’un d’entre eux, plus tenace que les autres, arrive même à les attraper au moment où ils se téléportent. Hermione est donc obligée de le dégager une fois à destination avant de relancer une téléportation d’urgence vers une petite forêt, ce qui, étant fait un peu à la va vite, a tendance à poser quelques soucis ; dans le cas présent, c’est un bras de Ron qui est téléporté en oubliant plusieurs morceaux (je pense que des bouts de cerveau de plusieurs héros ont aussi refusé de faire le voyage, mais ce n’est que mon opinion). Heureusement, Hermione a de quoi le soigner (une bombe froide et une éponge magique), mais il reste tout de même très affaibli de cette affaire. Elle donne alors à Harry la consigne qui va ouvrir une séquence affreusement étirée qui donnera à certains des envies de s’ouvrir les veines : "Harry, va monter la tente", car oui, Hermione a toujours une tente Quechua dans son sac dimensionnel.

 

75% du film tient là-dedans.

Ainsi commence une longue, trèèèèèès longue période durant laquelle nos adolescents vont vivre tranquillement sous la tente en essayant de détruire le médaillon, mais sans pouvoir y parvenir (le bougre résiste aux sorts ; mais personne ne pense à essayer avec un gros caillou). Fugitifs, chaque soir, nos loulous jettent des sorts rendant leur campement invisible à autrui.

C’est con que vous n’ayez pas eu l’idée de jeter les mêmes sorts sur le banquet, au mariage, ou sur une quelconque de vos précédentes cachettes. J’imagine que ça aurait pu aider. Mais bon.

Un soir, Hermione entend du bruit non loin du camp, et étant de garde, décide de n’alerter personne et de se séparer des autres pour aller voir (dans une forêt, la nuit, avec des tueurs qui rôdent… non mais ce n’est plus un film, c’est un sketch de Jean-Marie Bigard ! Heureusement qu’Hermione est la plus intelligente). Elle tombe nez à nez avec une troupe de sorciers au service de Voldemort, des "rafleurs", mais ceux-ci ne la voient pas, puisqu’elle bénéficie du sort d’invisibilité du camping. Ils finissent donc par passer leur chemin. Cependant, la chose a fait suffisamment peur à nos héros (plusieurs slips ont connu une fin tragique ce soir là) pour qu’ils décident de se déplacer régulièrement ; ne pouvant se téléporter puisque Ron est encore un peu faible, ils vont à pieds au travers de fabuleux paysages, et visitent apparemment l’Ecosse en long, en large et en travers.

Harry, de son côté, a une idée stupide, comme bien souvent : "Heeey le médaillon qu’on a trouvé contenant un bout d’âme de Voldemort, si on le portait autour de notre cou en attendant de trouver comment le détruire au lieu de le laisser au fond du méga-sac magique d’Hermione qui sert à transporter tout le reste de nos affaires en toute sécurité ?" ; aussitôt dit, aussitôt fait. Mais comme le médaillon rend les gens nerveux et méchants, curieusement, personne ne pense à dire "Bon, c’était une idée de merde", et à la place on entend un "Portons le tour à tour, partageons ce fardeau". Ho oui M’sieur Frodon, partageons l’anneau, il est trop lourd pour vous, vivement qu’on atteigne le Mordor pour le détruire. Tiens ? Je me suis trompé de film ? Vous êtes sûrs ? Non parce que moi je n’ai pas l’impression. Enfin, si vous le dites.

Au final, le médaillon finit par accomplir sa mission, puisqu’il provoque une grosse crise de colère chez Ron (original n’est-ce pas ? De toute manière, quand il y a un piège ou quelqu’un qui doit tomber sur une peau de banane, c’est toujours pour Ron), qui soupçonne une liaison entre Hermione, sa copine (avec laquelle il ne couche pas malgré qu’ils soient bloqués en pleine nature depuis des semaines avec beaucoup d’hormones et peu d’activités, on reste quand même dans un monde gentillet ; des ados, de la magie, des pouvoirs d’agrandissement de certaines choses et de polymorphie, en général, ça dégénère vite), et Harry. Il décide donc d’abandonner tout le monde et en a marre de cette quête d’horcruxes alors qu’ils n’arrivent même pas à en détruire un : il se téléporte seul loin de là.

Ah le salopard : alors pour ça, il a la force de se téléporter, mais pour éviter à ses copains de marcher, jamais. Quel pourri.

Harry et Hermione n’étant plus retardés par leur ami à la chevelure de munster, ils se mettent à se déplacer en se téléportant eux aussi aux quatre coins du pays, sans pour autant avancer beaucoup plus dans leur aventure. Ils papotent, se font des câlins amicaux, dansent en écoutant la radio, mais jamais Harry n’arrive à obtenir d’Hermione quoi que ce soit, tant cette dernière reste quand même fondamentalement une truie frigide. Un soir, cependant, elle a une idée lumineuse : "Aaaah mais je sais ce qui pourrait détruire les horcruxes : l’épée magique de Gryffondor" (notez qu’il s’agit toujours d’une épée ou d’un truc médiéval ; le fusil à pompe enchanté de Gryffondor, vous pouvez toujours l’attendre. J’imagine qu’au moyen-âge, l’épée étant trop moderne, les sorciers se battaient à coups de gourdins et de silex magiques) ; seul soucis, l’épée magique a disparu depuis des mois, et personne ne sait où elle est.

Que faire en attendant ? Jouer à la crapette ? Regarder Avatar ? Ouvrir un skyblog ? Non : Harry a une idée. Peut-être que Dumbledore n’a pas tout dit avant sa mort sur les horcruxes et comment les détruire ; peut-être serait il temps d’aller rendre visite à Germaine, la vieille amie du vénérable mage qui semblait en savoir suffisamment sur lui pour aider une journaliste à écrire un livre à son sujet. Hermione souligne que se rendre dans le village où Harry a perdu ses parents est risqué, que l’ennemi risque d’y avoir placé des guetteurs, mais bon : qui ne tente rien n’a rien. En plus, comme c’est aussi un lieu important pour Voldemort, peut-être y a t-il laissé un autre horcruxe.

 

"Cher Père Noël, si tu pouvais m'apporter la MG-42 de Serpentard, ça me ferait bien plaisir"

C’est donc la nuit de Noël que nos deux pinpins s’en vont dans le village enneigé visiter les lieux ; ils repassent devant l’ancienne maison à demi-détruite de la famille Potter, mais ne trouvent rien d’intéressant. A part une petite vieille relativement louche, qui les invite à la suivre ; elle les emmène jusqu’à une petite maison isolée où, effectivement, il s’avère qu’elle est bien Germaine, la personne recherchée par nos héros (quel coup de bol ! Elle passait pile au bon endroit au bon moment !) ; seulement, elle est curieusement muette. Vous vous demandez pourquoi, hein ?

La réponse est simple : ce n’est pas vraiment Germaine : en fait, c’est l’anaconda domestique de Voldemort, déguisé en vieille, qui tend un piège à nos héros. Oui, un anaconda déguisé en vieille. Oui, moi aussi j’étais consterné, parce que bon, je m’y connais en anacondas, j’ai vu d’excellents documentaires sur le sujet, et jamais ils ne se font passer pour des vieilles, c’est pas le petit chaperon rouge, non mais. Bref ; une petite bataille s’engage, dans laquelle le serpent est repoussé par un puissant sort d’Hermione, mais qui détruit au passage la baguette d’Harry. Un repli stratégique via téléportation est donc effectué, et Harry pleure doucement qu’Hermione lui a brisé la baguette (oui ? Non, je n’ai pas fait ce commentaire. Pourquoi, je devrais ?).

Et c’est donc reparti pour encooooooore plus de camping. Raaah, laissez moi mourir, bon sang, qu’est-ce qu’on s’ennuie.

Un soir, Harry, de garde, entend du bruit dans les bois ; aussi malin qu’Hermione, lui aussi décide de ne surtout pas l’alerter (ça sert à ça, des gardes : à ne pas donner l’alerte) et de partir tout seul voir ce que c’est ; et bien figurez-vous qu’un patronus en forme de biche fantomatique (un patronus, c’est une sorte d’esprit défenseur que les sorciers peuvent faire apparaître) est là, au milieu des bois, à attendre Harry pour le guider gentiment. Bon, Harry, ça fait maintenant des mois qu’il n’a pas réussi à serrer la petite Hermione, alors il est un peu chaud et une biche, même fantomatique, ferait bien l’affaire : aussi la suit il sans se poser de questions.

Cette dernière le guide jusqu’à un étang gelé où, sous la glace, Harry aperçoit… l’épée de Gryffondor.

Oui, elle est là, tranquille : elle adore faire de la plongée en hiver, c’est son hobby. Ni une, ni deux, Harry décide d’aller la chercher ; pour cela, il veut plonger sous l’eau. Non, utiliser sa magie (il a emprunté la baguette d’Hermione, mais ne s’en sert pas) pour ramener l’épée, quitte à faire apparaître une épuisette, ça lui parait trop élaboré comme plan. Non, il va plutôt se mettre en slip et plonger par – 12°, histoire de rigoler un peu. En ne gardant sur lui qu’un seul objet : le médaillon de Voldemort (bin oui, tiens, c’est vrai qu’il est plus en sécurité là que dans la tente avec Hermione, hein ? Puis plus utile, aussi, sûrement). Or, une fois sous l’eau, curieusement, le médaillon n’a pas l’air d’apprécier qu’Harry essaie de récupérer une arme capable de le détruire ; il se débat donc, et essaie d’entraîner sous la glace Harry loin de l’épée et du trou qu’il avait fait pour plonger, histoire de le noyer.

Formidable coup de bol (encore un ? Non mais c’est fini ces télescopages ?), une main récupère et l’épée, et le Harry Potter et les sortent tous deux de l’eau en cherchant lequel des deux est con comme 2 kilos de métal : il s’agit de Ron, qui est revenu aider ses potes maintenant qu’il a fini de faire son petit caca nerveux. Il a su où était Harry grâce au déluminateur, qui apparemment, fait aussi GPS. Ne me demandez pas comment non plus. Harry propose alors à Ron de détruire le médaillon, maintenant qu’ils l’ont, ainsi que l’épée ! Notre rouquemoute accepte, mais comme Harry l’a dit : "attention, au moment où tu voudras le détruire, le médaillon risque de se défendre !" ; ouais, attention Ron, cet enfoiré va essayer de te mettre des coups de fermoir, il risque de te pincer. Trop cruel, Voldemort.

Sauf que non : Voldemort a mis bien plus de puissance dans ce médaillon ; celui-ci crée des illusions pour effrayer Ron (il fait apparaître sa terreur, des hordes d’énormes araignées), avant de, allez savoir pourquoi, changer de registre :

"Roooon… Roooon… ta copine, elle couche avec Harry ! C’est une coquine !
- …
- Regarde ! Je fais apparaître des images où elle et lui se font des bisous ! Ca t’énerve, hein ?
- Heu… c’est-à-dire qu’en fait, mon objectif, médaillon, c’est de te casser la gueule, alors chercher à m’énerver encore plus, c’est un peu incohérent. En plus les araignées, ça me faisait fuir, alors pourquoi tu arrêtes ?
- Regarde ta copine… bisouuus… elle roule des patins à Harry ! Attends, tu en veux plus ? Bouge pas, je te mets un petit fond sonore de basse, façon film porno. Alors, t’en penses quoi ? T’es vénér’ hein ?
- Mais enfin, médaillon, tu es idiot ? Pourquoi tu m’encourages à te détruire alors que tu dois faire l’inverse ?
- Okay, tu l’auras voulu : je rajoute des passages où Harry fait pouet’ pouet’ camion à Hermione. Tu veux que je fasse apparaitre un gros monsieur noir aussi pour se joindre à eux ? Ca t’énerverait un gros monsieur noir tout nu ?
- Bon."
0

Ron, lassé par l’incohérence totale du médaillon, le détruit donc d’un bon coup d’épée, et hop : finies les illusions d’Harry et Hermione à poil, mais pas trop non plus (le médaillon de Voldemort fait apparaître des illusions chastes : c’est un seigneur des ténèbres, mais militant actif chez Familles de France). Une fois cela fait, les deux garçons retournent au campement trouver Hermione, qui est certes heureuse de retrouver Ron et d’apprendre qu’il a détruit un horcruxe, mais surtout un peu en colère qu’il ait lâché tout le monde quelques semaines plus tôt. Elle boude donc.

Tiens, mais au fait, qui a créé cette biche fantomatique qui a guidé Harry au fond des bois pour trouver l’épée ? Comment cette personne savait que notre groupe camperait juste à proximité ? Que faisait l’épée là ? Mystère, dans l’immédiat.

 

Attention ! Dans cette image se cache un anaconda, sauras tu le retrouver ?

Sur ce, revenons à nos pérégrinations ; un jour, Hermione note dans le bouquin de contes pour enfants que lui a légué Dumbledore un signe curieux : un trait vertical, imbriqué dans un cercle, le tout placé dans un triangle… hmmm, mais qu’est-ce que c’est ? Harry se souvient avoir déjà vu M. Lovegood, le patron d’un journal pourri (une sorte de Public ou Closer local), porter ce signe en médaillon. Il pourrait donc être intéressant d’aller le voir pour l’interroger à ce sujet ; soit ! La petite troupe se rend donc promptement chez le personnage, accessoirement père de Luna, une de leurs camarades de classe. L’homme est un peu nerveux et dérangé (mais bien qu’il raconte n’importe quoi, bizarrement, il donne toujours de formidables infos 100% véridiques pile poil quand les héros en ont besoin), mais explique tout de même ce qu’est ce signe : il s’agit des "Reliques de la Mort" ; dans un vieux conte, trois frères ont obtenu de la Mort trois objets : la plus puissante baguette de sorcier du monde (symbolisée par le trait vertical), une pierre capable de ressusciter les morts (le rond), et une cape d’invisibilité (le triangle). Quiconque a ces 3 objets devient "le Maître de la Mort". Soit, se disent nos amis, et ces objets existeraient donc bel et bien ? Puisque Harry a déjà la cape d’invisibilité, semble t-il (même s’il ne s’en sert pas du tout dans ce film alors qu’elle aurait pu servir quasiment dans chaque scène, mais définitivement, Harry est un pur produit de Poudlard, l’école au programme consternant).  Effectivement ; mais la conversation n’ira guère plus loin : nos héros comprennent vite que leur hôte a une bonne raison d’être nerveux ; sa fille a été raflée par les vilains quelques temps plus tôt, et il espère, en dénonçant Potter et ses amis, obtenir sa libération. A peine a t-il révélé cela (tout est bien synchronisé, encore une fois) que la maison est bombardée de sorts plutôt offensifs par des mages noirs volant tout autour ; histoire de varier un peu les plaisirs, Hermione téléporte ses deux balourds de collègues et elle-même vers une destination forestière où…

… où allez savoir comment, ils sont attendus par les rafleurs qu’ils avaient vu dans les bois des mois auparavant. Comment les ont ils retrouvés ? Vous ne le saurez jamais ; en tout cas, une brève course poursuite s’engage, et nos élèves sorciers sont vite capturés : Hermione a juste le temps de jeter un sort de Bogdanovum à Harry (elle lui déforme le visage en le gonflant affreusement) afin que leurs agresseurs ne l’identifient pas tout de suite et ne le livrent ainsi pas aussitôt à Voldemort. Certes, il y a une trace de sa cicatrice, que ses agresseurs reconnaissent, mais dans le doute, ils se rendent au QG des méchants pour vérifier son identité.

Sur place, la chose semble compliquée, tant, quand même, Harry ne ressemble plus à rien (je vous ai entendu dire "c’était guère mieux avant", au fond, messieurs) ; aussi, lui et Ron sont envoyés en cellule en attendant que l’on prenne une décision. Bellatrix, l’une des grandes méchantes préférées de Voldemort, décide elle se s’amuser un peu avec Hermione, en la torturant parce que bon : elle est fille de moldus, même pas de sorciers, donc ça mérite bien une punition.

Pendant ce temps, dans leur cellule, Harry et Ron entendent du bruit et allument toutes les lumières grâce au déluminateur (… non… non… ne me dites pas que les forces du mal dans leur QG face à des sorciers, qui sont souvent des gens avec des objets magiques, n’ont même pas pensé à les fouiller ? Et bien non.), et constatent qu’ils ne sont pas les seuls prisonniers : il y en a 3 autres, parmi lesquels Luna Lovegood. Soudain, apparait au milieu d’eux Toby, l’elfe de maison idiot et pote d’Harry Potter, qui a le pouvoir (comme il est aussi surpuissant que tous les elfes de maison) de se téléporter où il veut, même dans cette cellule, qui doit pourtant être protégée. Toby cherchait Harry, et est fort content de lui tomber dessus ; il reçoit donc directement des instructions du bon Potter : 1 – évacuer les autres prisonniers vers une planque en bord de mer où ils sont déjà allés, et 2 – neutraliser le garde de la prison. En 10 secondes, l’elfe fait les deux. Balaise. Et vous n’avez pas encore tout vu, mais j’y reviens.

Nos deux adolescents vont donc rapidement porter secours à Hermione, et la sauvent de ses tortionnaires, aidés en cela par Toby, qui fait tomber des objets et confisque les baguettes de tous les sorciers – pourtant forts, maléfiques et expérimentés – présents à ce moment là. Bref, à lui seul ou quasiment, l’elfe vient de paralyser tout le QG de Voldemort et ses mages les plus costauds.

Bon, moi, à leur place, j’aurais déjà monté une armée d’elfes de maison et conquis le monde en moins de 45 minutes. Mais là encore, personne ne semble y penser.

 

Voilà : ça, ça vous maîtrise toute l'armée ennemie en moins d'une minute. Mais tout le monde semble l'oublier.

En tout cas, Hermione se relève péniblement, non sans que l’on ait pu voir un cheveu de Bellatrix en gros plan tomber sur son manteau. C’est super innocent, comme plan, pas vrai ? Ça ne va sûrement pas servir dans le prochain film, nooooon. C’est probablement juste un plan pris au hasard, comme ça, hop, genre "Tiens, si on filmait un cheveu ? C’est cool les cheveux, ça joue bien, ça me rappelle un peu Romain Duris".

Au final, tout le monde se rassemble autour de Toby pour se téléporter avec lui loin de là ; c’est sans compter sur Bellatrix qui, probablement anciennement employée au cirque Pinder, effectue un formidable lancer de couteau à la dernière seconde, provoquant la téléportation de la lame volante avec l’ensemble du groupe de fuyards.

A l’arrivée, tout le monde se retrouve donc comme prévu sur une plage balayée par les flots, avec comme seule perte Toby, qui a reçu la lame en plein dans son petit corps frêle ; il meurt donc dans les bras de Harry en contemplant l’océan, cette plage étant un peu son Omaha Beach ; pour les dialogues, ça donne grosso modo dans le "Ne meurs pas Toby ! Accroche toi ! Les hélicoptères arrivent ! " et les "Tu diras… argh… à ma femme que… je… je l’aime… tu lui diras, hein… Harry !" – "Toby ! Fais pas le con, écoute, on entend les rotors ! Ils vont te retaper, tu iras voir ta femme en permission avec une médaille et tu lui diras toi-même que tu l’aimes !"

Hélas, Toby meurt quand même. Harry sanglote donc d’avoir perdu son ami moche, niais, mais surpuissant, et s’en va lui creuser une tombe avec une bonne vieille pelle, quelque part dans les dunes, là où les gens font vider les intestins de leurs chiens lorsqu’ils se promènent sur la côte.

Mais, et Voldemort dans tout ça, hein ? Qu’est-ce qu’il faisait au lieu d’être à son QG ? Et bien, sachez-le : d’abord il est allé péter la gueule à un célèbre fabriquant de baguettes magiques en lui disant "Alors comme ça, tu pensais qu’avec une autre baguette je pourrais vaincre Harry ? Sauf que celle que j’ai utilisée au début du film, elle a fait pouf ! Je veux faire jouer ma garantie !" ; puis, réalisant qu’il lui faudrait tout simplement une baguette fort puissante, il s’est mis en quête de celle évoquée dans le conte des trois frères, la baguette des Reliques de la Mort. Le vieux marchand de baguettes a évoqué le fait qu’il avait bien cette baguette des années auparavant, mais que quelqu’un lui avait volé, probablement un roumain.

Voldemort part donc retrouver le voleur, devenu fort vieux mais toujours fort rabouin, et ce dernier lui annonce que la baguette avait fini dans les mains de Dumbledore. Et à sa mort, il avait été enterré avec.

C’est donc parti pour la séquence nécrophile du film : Voldemort va ouvrir le tombeau de son vieil ennemi, renifle un peu son cadavre encore en fort bon état, s’accouple un peu avec parce que bon, hein, il a beau être maléfique, il n’en reste pas moins homme, puis s’empare de la baguette avec laquelle il fait surgir moult éclairs du ciel dans un rire maléfique et…

FIN.

 

La scène finale de l'accouplement post-mortem

Ou plutôt à suivre. Oui, je sais, dans la bande-annonce, il y a plein de scènes d’action dont je n’ai pas parlé ici ; c’est normal, c’est pour le suivant. Parce qu’une bande-annonce juste avec les scènes de ce film, c’eut été affreusement chiant. Ça aurait ressemblé à Camping, en fait. Avec Emma Watson à la place de Franck Dubosc.

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Sylvain Fumoir, à quatre pattes dans la neige, soufflait lourdement après avoir subi toute la douleur d’un tel ennui cinématographique. Jamais il ne se serait douté que son adversaire lui infligerait une telle torture. Mais il n’avait pas joué sa dernière carte pour autant. Il jeta un regard à l’Odieux Connard derrière lui.

"Alors, on se rend ? Ne fais pas comme ton ami Jamax, qui a voulu résister inutilement…"

Fumoir eu un rictus invisible, tant sa face était à nouveau tournée dans une autre direction ; il était déjà concentré sur autre chose : relevant sa manche, il toucha de la main le tatouage en forme de souris blanche qu’il portait au poignet.  Il allait prouver que son Noir Seigneur était de retour.

Je n’eus pas le temps de me retourner en entendant le bruit caractéristique de quelqu’un se téléportant derrière moi.

"Yé vé té faire dichparaitre comme oune petite chouriche, hihihi !", entendis-je avant qu’un éclair ne vienne me frapper entre les omoplates.

Mon Dieu, Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, le maître de tous les sorciers maléfiques, celui qui surpassait amplement Voldemort était de retour :

GARCIMORE !

La jeune fille me regarde avec un sourire radieux.

Alors que pour ma part, j’avoue que je fais la moue. La même que celle que je fais lorsqu’une mouche tente d’amerrir dans mon brandy.

"Monsieur ?
- Oui bonsoir, je voudrais une place pour…
- Oui, pour quel film ?
- Pour heu…
- Oui ?
- HEM HEMTwiHEMlightHEMtrois.
- Pardon ?
- HEM Twaïla.. le.. le HEM le 3 ?
- ?
- Je… hmmm…Twilight 3, s’il vous plait"
0

Elle se fend d’un sourire plus grand encore que le précédent et tapote sur sa machine.

"Ah oui ! Ah, vous allez voir, il est bien mieux que le 2 !"

Après avoir récupéré tant mon ticket que mon esprit, je me permets quelques pas vers les contrôleurs. "Mieux que le 2 ?" grommelle-je en fronçant les sourcils. "Mais comment diable serait il de toute manière possible de faire pire ?". Me frayant un chemin au travers de la marée de jeunes filles (jeunes physiquement ou mentalement), je finissais pas trouver une place libre dans la salle.

Je ne le savais pas encore, mais jamais je n’allais autant regarder ma montre lors d’une séance de cinéma. Et pas seulement parce que j’ai une superbe toquante. Mais vous n’avez que peu de goût pour ces considérations, alors comme le veut la tradition, constatez par vous-même : spoilons !

L'affiche : notez que le visage de l'héroïne n'est pas sans rappeler l'inexpression faciale de Nicolas Cage. Quel jeu d'acteur.

Notre histoire commence quelque part à Seattle, par une pluvieuse nuit. Riley, jeune homme sans histoires ni charisme, sort tranquillement d’un bar pour regagner son petit nid douillet ; pour ce faire, il n’hésite pas à passer par les rues les plus étroites et mal éclairées qu’il peut trouver sur son chemin, histoire de. Soudain, quelque chose le bouscule avant de disparaître ; qu’est-ce ? Un animal ? Un brigand ? Une racaille ? Non… "Y a quelqu’un ?" – marmonne t-il timidement – mais personne ne lui répond, si ce n’est le son des gouttes s’abattant sur les pavés. Il reprend donc sa route lorsque, ho ! Re-bousculade !  Notre Riley commence quelque peu à paniquer : il chuchote donc un "à l’aide !" mais juste une fois et pas trop fort, avant de commencer à courir car il sent que son agresseur invisible le poursuit. Alors qu’il débouche sur des docks, il est à nouveau attaqué et cette fois-ci, mordu au bras. Il tombe alors au sol en se tordant de douleur, car comme chacun sait, dans Twilight, lorsqu’un vampire vous mord n’importe où, le venin de ses canines vous transforme en créature de la nuit de manière super douloureuse : c’est donc ce qui est en train d’arriver au jeune homme. Diantre, ça commence fort.

Mais dirigeons nous plutôt vers Forks, riante cité bénie par un soleil éclatant, qui darde de ses rayons les champs de fleurs de la petite communauté. D’ailleurs, qui retrouvons nous au milieu des dites fleurs ? Edward Cullen et Isabella Swan bien sûr ! Et cette dernière est en train de lire un truc qu’elle a écrit, probablement pour son cours de français, qui se résume à "Si le monde doit se finir, ce sera dans les flammes ou dans la glace ; moi, je pense que ce sera dans le feu car je brûle d’amour, mais bon, si c’est la glace, ce sera pareil hihihihi" (ça aurait sa place sur un skyblog entre deux gifs animés clignotants tant c’est représentatif) ; Edward lui se contente de lui faire des bisous comme le gros vampire attardé qu’il est "Edward, j’essaie de réviser, arrête, hihihi" "Bisouuuu… bisouuuuu ! Huuhuhuhu, t’es trop belle baybay". Je regarde ma montre : ah, oui, nous n’en sommes même pas à la 5e minute et c’est d’ores et déjà consternant. Hmmm.

En attendant, entre deux bisous avec moult bruits de succion (c’est un peu le sceau d’un Twilight, le monde où les vampires doivent avoir des glandes salivaires hypertrophiées), Edward repose la question à Bella "Veux tu m’épouser ?" ; et la jeune fille de répondre que non, que d’abord, elle veut être transformée en vampire. Qu’ensuite, okay, mariage. Mais dans l’immédiat, non. En attendant, 16h approche et Bella doit rentrer chez Papa Swan, sinon elle sera privée de choco-BNs.

A l’heure dite, Bella franchit donc la porte du domicile paternel comme prévu, et va trouver son père qui souhaite s’entretenir avec elle ; en effet, ce dernier s’inquiète : elle ne voit plus qu’Edward ("Ouiii mais Edward, c’est ma vie ! On se connait depuis 6 mois alors c’est le big love !"), et plus du tout ses autres amis. Il insiste donc pour que la jeune fille aille voir au moins l’un de ses plus vieux et fidèles camarades: Jacob, le joyeux indien de la réserve (et accessoirement loup-garou amateur de sorties en slips).

Soit, dit Bella, il en sera ainsi ; elle va donc se saisir de son téléphone portable, et envoie à Jacob "Jakob, t ou ?" suivi de "Tu fé la gueul ? :o " avant d’expédier "apel moa mdr ;) " ; pourtant, nenni de réponse de la part de l’indien bodybuildé, aussi notre héroïne se décide t-elle à se rendre directement dans la réserve indienne à l’aide de son vieux pick-up personnel. Hélas, le véhicule ne démarre pas : et pour quelle raison je vous prie ? La réponse apparait vite sous la forme d’Edward (suis-je le seul à trouver que son nez ressemble à une pièce de Duplo ?), qui informe de son air psychopathe habituel (appuyé par ses énormes sourcils en scratch) qu’il a saboté le véhicule pour ne pas que Bella aille voir Jacob. Oui, il ne veut pas qu’elle visite ses amis, et est prêt à bousiller sa voiture pour ce faire : je pense que le vampire est aussi un pervers narcissique, mais passons.

Ce vieux conservateur de Charlie Swan aimerait que sa fille fréquente plus de gens vivants et moins de gens morts. Le naze.

Pendant ce temps, dans les bois de Forks (je vous rappelle que c’est là que se déroule 85% de l’intrigue), Victoria, la vilaine vampire rousse tueuse et avide de vengeance envers Bella et Edward (qui avaient tué son copain, James,  dans le premier volet) se promène. Hélas, impossible pour elle d’aller à la cueillette aux champignons comme elle le voudrait tant les vampires de la famille Cullen la pourchassent d’un côté et les loups-garous indiens de l’autre. Constatant que le coin est décidément peu accueillant avec tous ces gens qui cherchent à la tuer, elle met donc rapidement les voiles vers d’autres cieux.

Le lendemain au lycée, Jacob est là, attendant tranquillement devant l’entrée principale : cela rend immédiatement Edward bougrement nerveux, tant les tensions entre vampires et loups-garous sont grandes (non, Edward n’a même pas le minimum de self-control nécessaire malgré son siècle d’existence pour parler calmement à quelqu’un n’étant pas de son camp). Et Jacob raconte à Bella ce que le vampire choucrouté voulait lui cacher : Victoria est de retour. "Ho bin non alors !" s’exclame Bella, avant d’embrayer sans plus attendre sur le fait que l’indien ne répond pas à ses textos (moi aussi, quand on m’annonce que le tueur surnaturel psychopathe & immortel qui me recherche est dans le coin, j’ai envie de parler de qui répond à mes sms ou non). En conséquence de quoi, mademoiselle Swan décide d’accompagner Jacob dans sa réserve pour parler avec lui au calme. La discussion est assez sympathique, jusqu’à ce que Jacob commence à faire de subtils sous entendus comme "Holala, les garçons imprégnés d’une fille (oui, imprégnés) ne peuvent plus s’en passer, je connais un ami dont c’est le cas qui…" ; halala, on se demande trop s’il parle de son ami ou de lui dis donc tellement les dialogues sont bien écrits.

Accessoirement, Jacob apprend que Bella compte se faire vampiriser après son diplôme de fin d’année ("Hihihi mon Edwardou, si j’ai une mention tu me vampiriseras plus vite, hihihi ?") ; or, détestant les vampires, il s’oppose à cela, et signale qu’il préfèrerait Bella morte que vampire.

Ça tombe bien mon garçon : être vampire, c’est en général être mort. Tu vois, tout le monde va y trouver son compte.

Quelques jours plus tard, Bella se voit proposer par les Cullen deux billets d’avion pour aller voir une dernière fois sa mère avant de finir transformée en suceuse de sang. Officiellement, son prétexte pour disparaître est "Je pars étudier en Alaska". Quelle formidable excuse. Il y avait aussi "J’ai décroché un stage au Pôle Nord" suivi de "Je pars vivre à Roubaix". En tout cas, maman Swan est évidemment formidable, puisque c’est la meilleure amie de sa fille ; accessoirement, elle a une qualité merveilleuse : elle est incroyablement stupide. Par exemple, elle ne remarque à aucun moment, alors qu’Edward a accompagné Bella (tiens, je me demande comment il a fait pour prendre l’avion ; au dessus des nuages, il a dû prendre le soleil, non ?), que ce dernier brille de mille feux puisque la maison de maman Swan est bien vitrée et située dans une contrée particulièrement ensoleillée. Pratique. Elle n’a pas non plus fait attention au fait qu’il ne mangeait pas (un détail), qu’il était tout pâle (un autre détail), que ses yeux étaient d’une couleur surnaturelle (décidément) et qu’il n’avait pas dû se laver les cheveux depuis près d’un siècle. Par ailleurs, elle précise lors d’une discussion que "Hihihihi, Edward te regarde comme un gros pervers psychopathe, c’est trop chou !". Bravo maman, tu es décidément la digne mère d’Isabella Swan, à vous deux vous devez réussir à aligner le QI d’une truite. Tous les personnages de cette série me fascinent.

Maman & Fifille Swan sont trop des supers copines, hihihi, trop mégalol !

Pendant ce temps, à Seattle, il se passe des choses étranges : des gens disparaissent, des massacres sont effectués ici ou là, mais apparemment, personne ne sait qui remue ainsi la ville. En réalité, ce sont de jeunes vampires nouveaux-nés proliférant rapidement, que Riley (désormais mort-vivant, donc) tente de contrôler, et qui se nourrissent d’une manière bien barbare. A noter que malgré la non-furtivité des jeunes vampires, personne ne les remarque. C’est vrai que des mecs qui retournent des voitures en pleine rue avant de se ruer sur la gorge des passagers effarés, c’est incroyablement discret.

Dans tous les cas, le clan Cullen suit la chose à la télé. Ah oui, c’est malin : autant laisser les journalistes de TF1 mener l’enquête, vous avez raison les gars, c’est plus sûr. Jean-Pierre Pernaut dans son 13h devrait bien vous dégoter une information capitale sur la situation, comme par exemple un reportage sur le terrible meurtre du dernier fourreur de bottes de castor de Seattle.

Une nuit cependant, le jeune vampire Riley se rend donc à Forks afin de visiter discrètement la maison des Swan ; il y vole une culotte de Bella (ou une chemise, je ne suis plus sûr, je me souviens juste que c’était très laid et très sale) pour des motifs bien mystérieux (personnellement, je pense que c’est parce qu’il est aussi pervers qu’un Edward moyen). Sa présence est cependant reniflée par Edward, dont le mini-nez ne l’empêche pas de maxi-sentir ; afin de protéger Bella, il est décidé de la mettre sous surveillance. Mais pour les Cullen, comment faire pour protéger Bella, repousser les incursions de Victoria, chasser pour se nourrir et rester le cul devant la télé à regarder les reportages de TF1 sur Seattle en même temps ? Une seule solution : informer la tribu de Jacob de ce qu’il se passe. En conséquence de quoi, vampires & loups font une trêve et se relaient devant la maison de Bella pour faire le guet et la protéger de toute incursion vampirique.

Autre mesure pour protéger notre adolescente en folie : lui faire passer un maximum de temps dans la réserve indienne, où les loups peuvent s’assurer qu’il ne lui arrive rien d’affreux (comme tomber amoureuse d’un macchabée par exemple). Jacob en profite pour inviter la jeune fille à une soirée indienne durant laquelle Père Castor raconte les belles histoires de la tribu, à commencer par comment les indiens ont rencontré les vampires pour la première fois, et surtout, comment un jour, alors que le chef indien de l’époque était menacé par une vampire fourbe, sa femme se poignarda pour faire couler le sang et affoler les sens du prédateur nocturne ; la diversion et le sacrifice de la peau rouge permirent au chef tribal de tuer la vampire.

Remarquez, l’indienne était bien bête : faire couler le sang pour provoquer une diversion ne nécessite pas forcément de se poignarder dans le ventre, bande d’andouilles. Et après ça s’étonne de se faire exterminer. Tsss.

J’en profite pour vous annoncer, puisque nous n’allons pas toutes les faire, que régulièrement, le film est coupé par une scène cucu durant laquelle Edward demande encore à Bella de l’épouser, Bella qui lui répond que "Nan, je veux être transformée d’abord !" suivi de propos à base de "Tu es ma raison de vivre" (mais tu es mort, sombre margoulin !) et autres "Si je te transforme, tu seras immortelle et tu verras tous ceux que tu aimes mourir, je ne veux pas que cela t’arrive c’est trop dur". Ces séquences répètent toujours les mêmes choses, mais varient par le lieu où elles se déroulent : sur le lit de Bella, dans un bois, dans un salon, sur le capot de la benz-benz-benz… Ça dégouline de niaiserie.

La séquence niaise numéro 18. Ou 19. Ah, il y en a trop, je suis perdu.

Mais revenons à la réserve indienne, voulez-vous ? Un jour, Jacob emmène Bella dans un superbe coin sauvage, où elle ne pourra pas crier au viol. Là, l’indien lui révèle qu’il l’aime très fort, qu’elle devrait le choisir lui et pas le vilain vampire, car petit a, lui est un être vivant, et petit b, lui n’aura pas besoin de la transformer en vampire. Notant que ses paroles n’ont pas l’air d’atteindre le cœur de Bella, il se décide à passer à la seconde étape de son plan : le roulage de patin. Cela surprend notre jeune fille, qui se rebelle un peu et s’énerve : elle demande à repartir aussitôt, tant l’haleine de chien mouillé du bel indien lui a pourri les papilles.

Quelques heures plus tard, alors qu’elle regagne son domicile raccompagnée par Jacob, Edward débarque à toute allure et tout énervé en hurlant "t’as touché ma meuuuuuf beuaaar !" : en un mot comme en cent, c’est un peu la grosse colère. C’est finalement Charlie Swan, le shérif de père d’Isabella, qui viendra séparer et calmer les deux jeunes courtisans, aidé en cela par le charisme fabuleux que lui procure sa moustache. Tout se finira donc calmement pour cette fois.

Hélas mes bons amis, la fin d’année approche (mais pas la fin du film, ce qui est regrettable) ! Il est donc temps que nos chers élèves du lycée de Forks aillent chercher leurs diplômes lors de la célèbre cérémonie qui va bien. Pour l’occasion, la famille Cullen a organisé une grande fête chez eux où tous les élèves sont invités.

C’est bien normal : ce sont des vampires pluriséculaires ; ils passent donc évidemment leur temps à fréquenter et inviter des lycéens immatures. Par ailleurs, c’est une idée fabuleuse d’inviter une horde de trous du culs curieux & rebelles dans sa maison au fond des bois, celle où il n’y a aucun lit puisque chacun sait que les vampires ne dorment pas, et où sont entassées des milliers de photos & des peintures d’eux les représentant à différentes époques. Bref, le truc trop discret ; dites, vous voulez pas non plus leur montrer la pièce où vous stockez tous les diplômes que vous décrochez depuis plusieurs siècles et prouvant votre immortalité tant qu’à faire ? Celle que vous montriez à Bella dans le premier volet ? Ah, mais suis-je bête : des lycéens en quête d’un coin discret pour copuler finiront bien par la trouver par eux-même. Vous êtes décidément trop intelligents les Cullen, c’est fou.

Tiens d’ailleurs, en parlant de gens trop intelligents, que devient la famille royale des vampires, les Volturi ? Et bien figurez-vous qu’ils se sont déplacés à Seattle pour constater que ce sont bien des vampires qui mettent la ville à feu et à sang. Et en se renseignant un peu, ils comprennent vite qu’il s’agit d’une armée qui se prépare avant d’aller massacrer le clan Cullen. Et comme les Volturi n’aiment pas trop les Cullen, ils décident de laisser faire.

Excellent plan ! Car en les laissant faire leur petit bain de sang à Seattle, au vu et au su de centaines de témoins, qui c’est qui va bientôt se prendre sur la gueule tout ce qui ressemble à un chasseur de vampire/l’inquisition/des humains vengeurs sur la gueule ? Mais oui, tous les vampires, Volturi compris ! Dont le rôle était, je le rappelle, de s’assurer que les vampires restent discrets. Et qui étaient qualifiés de "subtils" et d’"intelligents". Définitivement, ils sont donc forts cons, comme ils ont su le prouver à chaque fois qu’on a entendu parler d’une de leurs décisions depuis trois films.

Les Volturi savent s'habiller pour ne pas éveiller l'attention des humains

Mais éloignons nous de ces considérations qui nécessitent un QI supérieur à 55 pour être prises en compte, et retournons voir les Cullen qui, comme toute bonne famille d’américains moyens, décide d’aller camper pour profiter de la nature sauvage. Ils laissent donc la maison pour un week-end à Edward et Bella, ce qui sent l’orgie à plein nez.

Incroyable coïncidence, c’est le jour où Papa Swan décide qu’il est temps de parler sexe, protection & petites abeilles à sa fille. Après un habile mouvement de moustache, il se décide donc à entamer la conversation (attention, nous arrivons sur le passage sexe, donc lourd) :

"Ma chérie tu… tu te protèges, hein ? Tu ne fais pas de bêtises ?
- T’inquiète papa !
- Oui mais avec Edward vous… heu… hein ?
- Papa ! Edward est de… la vieille école.
- Il préfère la sodomie ?
- Papaaaaa ! Enfin ! Il a dit pas avant le mariage ! Et puis je suis viergeuuuuh, d’abord !"
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Vierge, mais plus pour longtemps mes bons amis, car le week-end arrive, et Bella a bien envie de couchailler avec Edward. C’est à peu près à ce moment là que dans le cinéma, tous les mâles présents font "Ouiiii une érection alors que son cœur ne bat plus, hahaha, les nuls" ; oui en même temps les mecs, ça fait 1h30 que vous êtes devant un film ou un mec mort depuis un siècle au cœur qui ne bat effectivement plus marche, parle & éprouve des sentiments, alors bon, on est plus à ça près. Non, le vrai problème c’est que un, s’il s’accouple à une vierge et que la vue du sang le rend fou, il va vite y avoir un problème, et que je… attendez… qu’est-ce que je viens d’entendre ? Pourquoi Edward refuse de copuler ? "Je te mettrais en danger, je pourrais te faire mal" (véridique). Je… ha. Okay, donc notre bonhomme explique qu’il est tellement puissant qu’il risque de traverser sa dulcinée de part en part. Quel gros vantard. Je suis consterné. Vite, Edward, dis quelque chose qui nous sorte de ces grivoiseries, sois prompt, je t’en conjure ! Remonte le niveau !

Edward trouve donc une diversion parfaite pour calmer les hormones de Bella : la demander en mariage (allez, ça fait quoi depuis le début du film… la 7e ? La 8e fois ?). Et Bella accepte, car cette fois, la seule chose qui a changé par rapport aux autres tentatives, c’est que le beau vampire lui a offert une énorme bagouze. Non, elle n’est pas du tout vénale, pourquoi dites vous cela ?

En tout cas, j’ai dû être le seul à me souvenir que ça faisait une petite dizaine de fois que la demande en mariage avait été faite et plus ou moins acceptée ("si tu me vampirises d’abord", c’est déjà un oui), vu que les poufettes de la salle se sont toutes mises à applaudir. Consternant. En tout cas, j’imagine bien l’auteure:

"Les scènes de demandes en mariage, c’est trop choupinou. Tiens, je vais en mettre une. Tiens, deux. Allez, trois. Ho, et puis zou, une toute les vingt pages ; et puis entre les mêmes personnages, hein, je suis sûr que personne ne remarquera rien."

Quand on est lue par des huîtres, c’est vrai que ça passe. Sinon, non.

Edwaaaaaaard hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !

Sur ces entrefaits, maintenant qu’on a eu un peu de scène d’amour, mettons un peu de scène d’action : désormais, les Cullen savent  grâce à divers supers-pouvoirs que l’armée des vampires de Seattle leur en veut personnellement, ainsi qu’à Bella. Hélas, ils risquent de subir une sévère défaite, tant ils sont en infériorité numérique. Aussi décident ils de proposer une alliance aux loups-garous indiens (qui acceptent), au motif que tout cela est avant tout fait pour protéger Bella. Car ils savent que Riley, le chef de la meute de nouveaux-nés, a une culotte de la damoiselle et qu’il la fait renifler à ses troupes pour mieux la pister. Pauvres vampires.

Et les Cullen proposent aussi de s’entrainer car, figurez-vous que les vampires nouveaux-nés sont les plus forts de tous les vampires, puisque leurs tissus sont encore "gorgés de sang humain", ce qui les rend plus puissants. De là à en déduire que les Cullen sont de vieilles merdes sèches, il n’y a qu’un pas que je franchis au son du Bolero de Ravel. Cependant, ils disposent d’un atout de choix dans leurs rangs : Jasper, le vampire à la coupe de cheveux de jeune UMP (il en a changé, mais ça reste dans l’esprit), propose à l’assemblée de regarder un de ses flash-back où, comble du bonheur, figure brièvement Kirsten Prout ce qui est signe de bon goût. On y apprend qu’il était un major de l’armée confédérée, vampirisé par une vilaine dame qui levait des armées de nouveaux-nés. Or, lorsqu’ils avaient atteint l’âge d’un an et perdu leur force de vampire tout neuf, elle les faisait exécuter par Jasper, qui est donc devenu un expert dans la matière. Il donne donc de superbes conseils, que je vous cite (des fois que vous ayez à affronter des vampires nés de la dernière pluie) :

  • Ne jamais les prendre de front
  • Essayer au maximum de les prendre en traître
  • Rester attentif

Merci pour ces superbes conseils, dont je ne retiens qu’une chose : "Mieux vaut les attaquer par surprise". Soit.

Après cet entrainement, tout le monde rentre chez soi se coucher (enfin, surtout Bella puisque les vampires ne dorment pas), et notre héroïne a un rêve : celui de Victoria levant une armée de nouveaux-nés qui… ho ! Elle se réveille en sueur aux côtés d’Edward qui passe ses nuits à la mater (je pense sérieusement qu’il devrait consulter) à qui elle révèle tout : "Ah bin dis, ah bin en fait, si ça se trouve, p’têt’ que c’est Victoria qui lève l’armée des vampires, là, dis-donc !" "Pas con, j’y avais pas pensé", répond Edward, avant de lui commander de se rendormir afin qu’il puisse continuer de la regarder en marmonnant "Beeeelle….belle… fifille… greeuuuu…"

Les Cullen décident donc de mettre au point un plan : puisqu’il est crédible que Victoria soit la véritable chef de l’armée vampire, et non Riley, qui ne serait qu’un jouet qu’elle manipule (tout comme Jasper fut manipulé en son temps), et que Bella semble être la cible principale des assaillants, il faut :

  • Mettre Bella en sécurité, en la mettant avec Jacob loin du champ de bataille, son odeur de loup-garou pétomane masquant celle de la jeune fille en fleur
  • Choisir un terrain donnant l’avantage au clan Cullen et aux loups
  • Attaquer par surprise l’armée ennemie vu qu’ils sont trop forts de face

Okay, donc ça c’est le plan. Tout le monde est d’accord ? Oui ? Alors en route.

"Sacrebleu, vampires & loups montent la garde sur tous les bons coins à champignons, comment vais-je bien pouvoir faire ma quiche ?"

Edward installe la planque de Bella sous la forme d’une tente Quechua dans les hauteurs enneigées d’une montagne locale. Et évidemment, ce gros blaireau reste avec Bella, alors que du coup, ça fout tout le plan en l’air (Victoria connait l’odeur d’Edward et sait qu’il est accroché à Bella comme le gros parasite qu’il est), mais personne ne le fait remarquer.

La nuit venue, il fait moult froid sous la tente Quechua, et mademoiselle Swan grelotte. Edward, malgré ses 80 années au lycée, ne sait toujours pas que la neige et l’altitude, souvent, c’est pas très chaud. M’est avis qu’il redouble depuis 80 ans, qu’il n’est pas vraiment au lycée par choix, cette andouille. En plus, comme il est tout mort, il lui est difficile de réchauffer Bella avec sa chaleur corporelle (alors que ses sourcils en fourrure auraient pu servir de couverture supplémentaire, mais il n’y pense pas). Finalement, c’est donc Jacob, le célèbre indien en slip qui se pointe sous la tente et se propose de se coller contre Bella pour la réchauffer avec sa super température corporelle supérieure à la normale. Edward étant très jaloux, il refuse ; mais Jacob a un argument de choc "Si elle est malade, ce sera ta faute !" (véridique là encore) : apeuré qu’elle n’attrape un rhume, Edward laisse donc un gros indien bodybuildé en slip rentrer dans le sac de couchage de sa copine. Non mais vraiment, vraiment.

Et une fois Bella endormie, toutes les jeunes filles de la salle fantasment sur sa situation, puisqu’alors qu’elle dort à poings fermés contre les gros muscles de Jacob, ce dernier et Edward échangent entre beaux gosses sur le fol amour qu’ils partagent pour elle. Fabuleux.

Au matin venu, il a beau encore y avoir de la neige et du froid partout, Bella se promène en petit chemisier ouvert dehors : je confirme, elle ne doit pas avoir froid, hier soir elle faisait juste du gros chiqué pour attirer slip-man dans son lit. On sent que ses hormones en plein travail lui tiennent chaud. Mais pas le temps de rigoler cependant : l’armée de Victoria est en train d’arriver, et Jacob veut partir se battre ; Bella tente de le retenir pour ne pas qu’il soit blessé, et se propose même de lui rouler des pelles devant Edward si ça peut le faire rester (alors vieux vampire, on commence à comprendre que l’on s’est entiché d’une simple lycéenne en rut ?) ; Jacob prend les bisous et en profite bien, puis part quand même.

Oui, alors ma petite Bella, tu serais un peu moins salope chipie, il suffisait de dire "Le plan, c’est que tu restes ici pour cacher mon odeur, alors ne fout pas tout en l’air". Mais nous allons vite constater que le plan, tout le monde s’en tape.

Car oui, la stratégie des Cullen était de choisir un terrain à leur avantage et d’attaquer l’ennemi par surprise, et surtout pas de face. Je ne sais pas, comme par exemple, se planquer dans les arbres ou les fourrés et tomber sur l’ennemi dans les bois, là où le terrain l’empêchera de profiter pleinement de l’avantage du nombre et qui… quoi ? Pardon M. Cullen ? Vous allez plutôt les attendre à découvert et tous en ligne dans une clairière avant de les attaquer de face ? Mais dites donc, ce ne serait pas l’exact contraire de la stratégie que vous proposiez en fait ? Vous êtes tous profondément idiots dans cette famille ou bien ?

"Attendez les amis ! Et si on faisait l'exact contraire du plan prévu ? Ils ne s'attendent sûrement pas à ça !"

Il n’empêche que malgré toute l’incohérence de la situation, tout marche à la perfection : à grands coups de poings et de mâchoires de loups dans la gueule, les nouveaux-nés sont bien vite mis en déroute. Tiens, d’ailleurs, saviez-vous que lorsque l’on envoie un objet suffisamment vite dans la tête ou dans un membre d’un vampire, il explose comme de la pierre ? Si c’est le cas, pourquoi ne pas utiliser des armes à feu ? C’est comme des coups de poings surhumains, mais en mieux. Non ? Non.

Pendant ce temps, Victoria et Riley ont contourné le champ de bataille et ont foncé droit sur le campement Quechua de Bella & de son amant, qu’ils ont pu tranquillement trouver grâce à la vieille odeur de ce bon vieux Edward. Le combat est rude, Riley est rapidement vaincu, mais Victoria se montre plus fourbe et résistante et se retrouve à un moment en position de tuer Edward. Se souvenant de la vieille légende indienne, Bella se fait saigner au niveau du bras (tu vois, pas besoin de te poignarder, tu es définitivement plus maligne qu’une Pocahontas locale toi) et détourne ainsi l’attention de la vampire rousse, laissant ainsi juste le temps à Edward de la tuer. Ce dernier jette alors un briquet sur les corps fracassés des deux vilains vampires, qui prennent instantanément feu.

Ah ? Ça brûle si facilement que ça un vampire, au point qu’on dirait qu’ils sont imbibés d’essence ? Mais alors pourquoi ne pas se contenter de leur balancer des mégots de cigarette à la gueule plutôt que de se faire chier à les combattre à coups de poings ? Je suis déçu, ça serait tellement plus classe de s’en débarrasser ainsi.

Tout le monde décide cependant de se retrouver sur le champ de bataille, où les restes de l’armée de Riley finissent d’être massacrés. C’est alors que, lorsque le dernier d’entre eux est tué (non sans avoir légèrement blessé Jacob), les Volturi arrivent. Point intéressant, il faut savoir que les Volturi ont tous d’inutiles capuches qu’ils portent lorsqu’ils se déplacent et retirent lorsqu’ils parlent pour faire sombre et mystérieux. Mais alors, toutes les racailles à capuches seraient sombres & mystérieuses ? Ou même, seraient-ce des Volturi ? Diantre !

En attendant, les vampires royaux sont donc là. Alors qu’ils s’attendaient à trouver le clan Cullen et Bella mis en pièces, ils s’aperçoivent que les nouveaux-nés ont échoué. Zut, crotte de bique, s’exclament ils. Ils tentent donc le bluff : "Holala, on arrive trop tard pour vous aider à arrêter ces vilains vampires, zut alors" ; mais histoire d’appuyer leur bluff, ils constatent qu’une petite vampire s’est rendue aux Cullen : ils se proposent donc de l’exécuter. Et le font aussitôt, en prenant leur air le plus méchant, pour bien rappeler qu’ils sont habillés en noir et portent des capuches pour d’excellentes raisons de manichéisme visuel.

Quelques heures plus tard, nous retrouvons Jacob se remettant de ses blessures dans la réserve indienne, où Bella vient le visiter : il lui explique qu’il continuera de la protéger quoiqu’il advienne, même si elle devient une vilaine suceuse de sang. Sur ce, Bella retourne voir Edward dans le grand champ de fleurs où le film a commencé, et elle lui annonce avoir choisi la date de sa vampirisation et de son mariage : le 13 août, puisque c’est tout de même la journée internationale des gauchers, et qu’elle veut célébrer un jour pareil. Une fois cela fait, elle pourra profiter du haut de ses 17 ans de l’immortalité, c’est trop cool, hihihi, je t’aime mon Edwardounet, d’ailleurs je voulais te dire qu’en fait, je crois que j’ai toujours su que j’étais une petite vampire trop choupi au fond de moi, hihihi, allez viens, on va annoncer le mariage à mon père maintenant, hihihihi.

"Si ton père me refuse ta main, j'lui pète les vertèbres"

Et sur ce rire de niaise sous LSD…

FIN

C’est à ce moment précis que je suis retourné à l’entrée du cinéma pour vider deux chargeurs de Maüser dans le guichet de la jeune fille qui m’avait vendu le ticket.

"Mieux que le deux, hein ?" dis-je en écartant du pied une douille fumante qui achevait de rouler sur le sol.

J’aime pas trop qu’on se foute de ma gueule.

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