"Votre badge Monsieur."

Le journaliste accrocha timidement le petit objet plastifié à sa veste, notant l’imposante mention "Visiteur" sur celui-ci au point de couvrir à demi la photo qu’il venait de fournir. Il releva brutalement les yeux lorsque la sirène stridente de la grille de sécurité du couloir face à lui résonna, l’agent de sécurité de faction laissant passer un homme en blouse qui vint lui serrer la main un sourire bienveillant aux lèvres.

"Pile à l’heure, pile à l’heure ! Vous avez de quoi prendre des notes ? Bien. Suivez-moi !"

Le médecin n’avait même pas pris le temps de le laisser répondre, filant à nouveau vers le couloir qu’il venait de quitter en invitant le journaliste à le suivre. L’endroit était sordide : des néons jetaient une lueur verdâtre sur un carrelage fatigué, alors que la faible lumière parvenant de l’extérieur jetait sur le sol l’ombre inquiétante des barreaux obstruant chaque fenêtre. Le journaliste déglutit en entendant les cris au bout du couloir.

"Ne paniquez pas, ils ont un peu bruyants, mais ah ! Inoffensifs ! Les plus agités sont dans un autre quartier.
- Vous avez souvent des pensionnaires qui vous posent problème ?
- Certaines crises de manque peuvent être violentes, mais en général, nos auxiliaires gèrent bien la situation."

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Une porte trembla à côté d’eux, alors que le corps lourd d’un homme de l’autre côté venait de se jeter contre. Si elle n’avait pas été plusieurs fois renforcée et capitonnée, le journaliste était sûr qu’elle aurait cédé. Le médecin, visiblement habitué à ce genre d’excès, s’approcha de la porte pour ouvrir le judas qui l’ornait.

"Il faut vous calmer Monsieur Stevens !
- Docteur ! Docteeeeeeuuuuuuuuur, gémit la voix de l’autre côté, juste une ! Juste une, s’il-vous-plait !
- Monsieur Stevens, vous savez très bien pourquoi vous êtes là.
- Juste une licence ! Allez, une petite… même une vieille ! Une gratuite ! Une que vous n’aimez pas, je la prends, je vous en supplie !
- Ça suffit, calmez-vous ou je fais appeler l’infirmier.
- Non, non, nooon ! Je suis calme. Je suis très calme. Très très calme docteur."

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Le médecin s’éloigna de la porte sous le regard étonné du visiteur, qui avait suivi le bref échange sans même le prendre en note. Il était trop surpris par la réalité qu’il découvrait derrière l’image qu’il se faisait de l’honnête établissement.

"Vous savez, ici à la Société Protectrice des Scénaristes, ce genre de scène, c’est le quotidien. Tenez, Monsieur Stevens, on l’a recueilli il y a trois semaines, on l’a trouvé abandonné sur un trottoir par ses maîtres à Hollywood… triste histoire trop commune !
- Qu’est-ce qu’il a ? Pourquoi est-il si agressif ?
- On passe des années à les abreuve de licences, d’adaptations… ils deviennent complètement accro. Au bout d’un moment, ça leur a tellement pourri le crâne que leurs maîtres les abandonnent. On essaie bien de leur trouver un studio d’adoption, mais ça demande du temps pour les réadapter.
- Comment vous y prenez-vous ?"

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Feignant de ne pas voir le journaliste noircir son calepin de ses réponses, le médecin s’approcha d’une autre porte, vitrée cette fois-ci, derrière laquelle un homme aux cheveux épars et aux gestes nerveux roulait des yeux fous en regardant un médecin, assis en face de lui, occupé à l’interroger.

"Ici nous faisons un atelier pour les réhabituer à réfléchir seuls. Là par exemple, nous notons leurs propos souvent incohérents sur une feuille, puis nous leur soumettons en leur faisant croire que c’est une licence à adapter. C’est une sorte de placebo, au bout de quelques mois nous avons de très bons résultats et certains peuvent se réinsérer dans la société.
- Et pour les autres ?
- Nous en parlerons en fin de visite. D’ailleurs je…"
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Il y eut un cri terrible en provenance de l’atelier qu’ils observaient lorsque le patient se rua sur le médecin en hurlant "C’est PAS une licence ! J’en veux une vraie MAINTENANT !" ; deux imposants infirmiers sortirent d’une porte dérobée pour s’interposer, traînant le patient en hurlant loin de la salle. Une fois encore, le journaliste déglutit bruyamment, tant et si bien que son interlocuteur l’entendit.

"Vous savez, c’est un long chemin qu’ils doivent faire, il est normal qu’ils trébuchent parfois.
- Tout de même je… je ne m’attendais pas à ça. Heureusement que vous avez de la sécurité pour les surveiller, je crois que je ne serais pas rassuré sinon.
- Ah, ça ! Nous manquons encore de sécurité pourtant : téléphones portables qui circulent dans les cellules pour appeler des réalisateurs, échanges de licences en cachette, tenez, on en intercepte parfois de drôles !"
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Le praticien tira de sa poche un papier chiffonné et couvert de traces laissant supposer qu’il avait été dissimulé dans un endroit peu ragoûtant.

"Lisez-moi ça !
- Hansel & Gretel chasseurs de sorcières… mais… je… c’est nul ? 
- A qui le dites-vous ! Ils en sont arrivés à un tel niveau de nullité qu’ils parviennent à écrire des films n’ayant aucun rapport avec la licence qu’ils utilisent. Là, leur histoire : quel intérêt qu’il s’agisse de Hansel & Gretel ou bien de deux autres pinpins ? Aucun ! Mais ils sont accros à la licence, c’est affreux !"

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Le journaliste sentit son repas du matin lui remonter : pouvait-on être assez idiot pour aller chercher une licence sans aucune raison pour faire un film qui n’avait rien à voir ? Était-on tombé aussi bas ?

Pour le savoir : spoilons, mes bons !

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L’affiche : "Chasseurs", "3D", autant de signes qui ne trompent pas quant à la bouse.

Tout commence dans une tranquille chaumière, alors qu’un couple de paysans est en train de discuter d’un sujet grave : Madame a décidé qu’il était temps d’emmener les enfants dans la forêt puisqu’ils font du bruit pendant Plus Belle la Vie. Monsieur n’est pas trop d’accord, mais préférant éviter un conflit qui dégénérera en "Je fais la gueule au lit mais si tu me poses la question, je te dirai qu’il n’y a pas de problème, bonne nuit", il finit par céder. Papa va donc réveiller ses deux beaux enfants, Hansel & Gretel, qui ne trouvent pas du tout suspect que leur père leur annonce en pleine nuit qu’il est temps d’aller se promener dans les bois. C’est bien normal.

Evidemment, après les avoir emmenés au coeur de la forêt, le géniteur relâche sa progéniture "Allez on joue à cache-cache, comptez jusqu’à 37 puissance 12", puis s’en va, les abandonnant à leur triste sort pendant qu’ils tentent de calculer combien cela fait. "Papa !" crie Hansel en comprenant qu’entubage il y a eu, "Papa !" reprend Gretel alors que le désespoir les gagne dans l’obscurité. Finalement, lorsqu’ils ont fini d’espérer le retour de leur père, et que leurs cris se sont plutôt rapprochés de "Gros bâtard !", les marmots décident d’avancer au hasard dans la forêt.

Chemin faisant, les marmots tombent sur une demeure pas du tout suspecte : celle-ci n’est faite que de pain d’épice et de sucreries, ce qui a tôt fait d’endormir leur méfiance tant n’importe quel enfant (et certaines blogueuses) mis en face d’une demeure constituée en partie de fraises Tagada a une forte tendance à se ruer dessus dans une charge digne de Braveheart sans chercher l’embuscade. Hélas pour eux, à peine ont-ils commencé leur festin que la porte de la demeure s’ouvre, révélant une horrible sorcière qui les capture aussitôt.

Et on comprend la sorcière : non mais franchement, quand on a pas de quoi se payer des parpaings et que l’on fait construire en pain d’épice, vous croyez vraiment que ça fait plaisir de voir des morveux venir boulotter votre misérable bicoque qui en plus, a les murs qui gonflent dès qu’il pleut réduisant de moitié la surface au sol ? Quelle bande de rascals, ces enfants !

Bref : Hansel & Gretel capturés, la sorcière utilise Gretel comme esclave pendant qu’elle gave Hansel de sucreries dans l’espoir de le boulotter plus tard, puisque le cannibalisme est tout de même un hobby plus sympa que la belote. Mais profitant d’un moment d’inattention de la bougresse, nos deux héros ont tôt fait de se révolter et de la coller dans un four, avant de cruellement regarder la vieille dame se transformer en charbon. A noter que dans la bagarre, nos loulous ont remarqué quelque chose : les sorts que lançait la mémé n’avaient aucun effet sur eux… étrange !

Mais allez, voilà pour la séquence d’introduction : passons et lançons le générique !

Les années passent alors à toute allure, et nous découvrons alors via diverses coupures de presse que nos héros, loin de s’en être arrêtés à l’incinération d’une seule sorcière, ont décidé d’en faire leur métier en conséquence de quoi ils ont occis de la friponne plus que de raison, fournissant suffisamment de cendres pour tous les jardinets de l’Europe de l’Est à eux seuls. Finalement devenus adultes et célèbres, nous pouvons donc laisser le film véritablement commencer avec la fin du générique.

Rendons-nous donc dans la bonne bourgade de Boubourg, où la population locale est très excitée par un évènement très intéressant : le shérif local, Berringer, s’apprête à brûler une sorcière sur la place du marché. Le peuple est donc très excité et agite fourches et torches à foison, tout en écoutant le discours de l’homme de loi expliquant de quoi il retourne.

"Bon peuple de Boubourg, regardez bien cette femme : c’est une sorcière !
- Buuuuuurn !
- Oui mes amis ! Nous allons la châtier comme il se doit et…
- Attendez !Vous avez remarqué la moustache du shérif ? Je n’avais jamais fait attention, mais ça et le fait qu’il parle avec une voix horripilante, je ne sais pas pourquoi mais je pense qu’il pue le traître qui va mourir.
- Ah oui tiens ! C’est vrai Michel, t’as raison, non mais quelle idée aussi de porter la moustache dans un film comme celui-ci ?
- J’te jure, y en a qui doutent de rien.
- Hé ho, ça va aller tous les deux ? Vous me le dites si je vous fais chier ! Allez le peuple, on se concentre. Je disais donc, c’est une sorcière, et nous allons la…"

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Mais alors que le shérif s’apprête à en remettre une couche sur le côté allume-barbecue follement décadent des sorcières, celui-ci est interrompu une fois encore, mais cette fois par l’arrivée d’un canon de revolver contre son crâne : Hansel & Gretel sont dans la place ! Ils sont grands, ils sont beaux, ils sont tout de cuir vêtus et évidemment, Gretel porte l’indispensable décolleté de toutes les combattantes de mauvais films. Cela dit, ce débarquement impromptu et quelque peu cavalier a tôt fait d’exciter les hommes du shérif (non, pas comme ça), qui n’aiment pas trop que l’on braque ainsi leur patron. Heureusement, Gretel prend la parole pour calmer tout le monde.

"Pas de panique, peuple de Boubourg ! Nous sommes Hansel & Gretel, les fameux chasseurs de sorcières, et nous pouvons vous certifier que cette femme n’est pas une sorcière ! 
- C’est à dire qu’elle est rousse, sans famille et a l’air vaguement mystérieuse quand même.
- J’suis d’accord avec Michel.
- Ho, je te sens taquin peuple de Boubourg ! Mais vois : cette sorcière n’a pas les dents pourries, la peau dégoûtante ou les cheveux sales comme les sorcières ! (authentique : ce sont les "signes distinctifs" selon nos héros) 
- S’cusez-moi, mais en fait là vous venez de faire la description de tous les figurants puisque l’on est censés être des bouseux du cru, alors il faut tous nous brûler, c’est ça ?
- Ouais, parce que du coup, le fait que ce soit la seule avec les dents brossées, la gueule propre et les cheveux qui flottent dans le vent du soir, c’est quand même d’autant plus suspect.
- Raaaah, écoutez-moi, je suis Gretel de Hansel & Gretel quand même ! Puisqu’on vous dit que les sorcières ont naturellement une apparence de méchantes, arrêtez de gueuler !
- Aaaaah ouais okay. Nan, si elles ont naturellement la gueule de travers, d’accord. Heureusement qu’elles sont connues pour ne pas savoir faire de la magie et changer d’apparence alors ?
- Sérieusement Hans et Greta, pourquoi on devrait croire vos conneries ?
- Parce que nous sommes deux allemands en manteaux de cuir qui vous disent qu’ils poursuivent des gens aux nez crochus qui font le sabbat pour les mettre dans des fours. 
- …
- Ah ouais. C’est vrai que dit comme ça, j’ai tout de suite envie de collaborer."

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Attention : dans cette image, retrouve la seule personne condamnée à mort. Un indice chez vous : Tom Selleck.

Après avoir dissipé le terrible malentendu avec le peuple de Boubourg, nos deux héros libèrent donc la jeune femme menacée de faire du cosplay extrême de Jeanne d’Arc en insistant bien sur le fait qu’une sorcière ne pourrait dissimuler son apparence, et que la belle rousse – prénommée Gertrude – est donc innocente. C’est bien noté. le shérif, furieux de cette interruption, apprend que les deux chasseurs ont été recrutés par le maire de Boubourg, car depuis des mois, des enfants se font enlever en ville et le shérif n’est jusqu’ici parvenu à aucun résultat. Berringer, blessé par cette interruption, tente bien de faire un esclandre mais dans l’affaire, Gretel lui pète le nez parce qu’elle est comme ça, mais ouais. J’en profite pour glisser qu’Hansel, pendant ce temps, et tout le long du film ne fera qu’une chose : prendre la pose avec son fusil sur l’épaule, ce qui ne tirera jamais d’un figurant un "Je suis derrière vous bougre de con, arrêtez de faire ça !" ou même du cerveau d’Hansel le fait qu’en combat, il dégaine deux fois moins vite en jouant le poseur, mais passons.

Nos héros décident donc de commencer leur enquête pour savoir ce qu’il est advenu des enfants kidnappés, et plutôt que de se renseigner sur les disparitions (détail), décident donc de se rendre dans une forêt voisine pour tabasser une sorcière au hasard. C’est ce qu’on appelle avoir le sens de la justice ou du pogrom. Bref : nos deux héros ont tôt fait de trouver une demeure de sorcière et d’y rentrer à coups de botte pour menacer l’hideuse maîtresse des lieux. Chose amusante : on constate qu’Hansel & Gretel, malgré le fait qu’ils chassent les sorcières depuis leur enfance ont toujours un modus operandi digne des plus grands, à savoir :

  • Etape 1 : on entre en faisant plein de bruit (il ne faudrait pas avoir l’avantage)
  • Etape 2 : on regarde la sorcière la bouche en coeur en faisant "Ho !" (non parce qu’ils n’en ont jamais vu, alors à chaque fois ils sont étonnés)
  • Etape 3 : la sorcière profite de la surprenante surprise des deux blaireaux pour essayer de se barrer
  • Etape 4 : nos héros tirent partout, sauf sur la sorcière (leur compétence au tir varie beaucoup selon les séquences du film)
  • Etape 5 : s’ensuit une course-poursuite (durant laquelle Hansel finit toujours accroché à quelque chose ou quelqu’un)
  • Etape 6 : puis arrive une baston au corps à corps pleine de poncifs ("Aïe le coup de poing", "Mon arme a glissé au sol !", "Je rampe vers elle, raaah")
  • Etape 7 : et pour finir, arrestation de la sorcière par un quelconque coup de bol

Mais à part ça, ce sont de vrais pros.

Bref, après avoir arrêté la sorcière et l’avoir passée à tabac, nos héros reviennent en ville pour annoncer la nouvelle : bon, la sorcière ne savait rien. D’ailleurs, elle ne savait tellement rien qu’elle avait chez elle un curieux document parlant de la "lune rouge", un phénomène qui n’arrive qu’une fois par génération et fort sacré pour les sorcières maléfiques, et qui va bien évidemment arriver dans trois jours. Evidemment, vous vous doutez bien que cela n’aura strictement rien à voir avec le coeur de l’intrigue. Non parce que si c’était le cas, ça voudrait dire que la sorcière avait plein d’informations, voire savait tout en fait. Et donc que nos héros racontent n’importe quoi.

Et ça, ce serait complètement incohérent : ça ne risque donc pas d’arriver, pas vrai, ouf. Hein? Hein ?

De son côté, le shérif Berringer, probablement guidé par sa moustache maléfique, a décidé qu’il n’allait pas se faire doubler par Hansel & Gretel : il a donc recruté un petit groupe de pisteurs du coin en leur proposant d’aller, dès cette nuit, inspecter la forêt à la recherche des enfants disparus (on notera donc qu’il n’a jamais eu cette idée avant, quitte à en plus le faire de jour). Les hommes insistent bien en disant que rooooh, quand même, la nuit chez les sorcières, c’est très con comme idée. Le shérif insiste donc en disant "Oui, c’est très con, mais j’ai du pognon" : les larrons décident donc que c’est une excellente soirée pour mourir et se mettent en route. A noter qu’ils sont tous plus ou moins laids et/ou possesseurs d’une pilosité faciale aléatoire.

Et évidemment, ça ne rate pas : une fois au coeur des bois, la petite troupe fait étape et allume un feu pour se sustenter, lorsque surgit soudain de l’obscurité une ravissante femme.

"Bonsoir, étrangers, que faites-vous si tard au milieu de ces dangereux bois ?
- On attend que le script annonce notre mort. 
- Et là il vous dit quoi ?
- Là il nous dit de ne surtout pas nous méfier ou braquer la femme super mystérieuse vêtue de noir qui vient d’apparaître en pleine nuit au milieu d’un territoire réputé pour ses sorcières. D’ailleurs sitôt que vous nous attaquerez, on jettera tous nos armes sans raison pour ne surtout pas se défendre.
- Ah oui. Quand même.
- Oui, hein ? 
- Allez, faisons vite, j’ai honte rien que d’être dans ce film, je crois que je préférerais animer une foire au boudin."

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Et en effet, la bougresse n’est pas simplement une belle damoiselle, puisque ses traits se déforment rapidement pour révéler… une sorcière !

Ah bin ça ! Des sorcières qui peuvent changer d’apparence, c’est vraiment fou.

Toujours est-il que la gourgandine a tôt fait de bourrer la gueule de tous les pisteurs de diverses manières (alors dans ce film, sachez que les gens meurent tout de même essentiellement par décapitation/explosion de tête ; un curieux fétichisme), n’en laissant qu’un survivre pour revenir jusqu’à Boubourg et annoncer à la taverne du coin, où Hansel & Gretel ont décidé de passer la soirée, que la sorcière des bois les conchie d’une force, mais alors (en substance, hein, c’est un spoiler) ! A noter que nos héros ont rencontré dans l’endroit un jeune homme qui les idolâtre, Ben, et se rêve chasseur de sorcières lui aussi. J’en profite pour signaler que l’homme qui a transmis le message a littéralement explosé à la fin de son propos, tant les sorcières aiment donner un côté coloré à leurs annonces. C’est leur côté blogueuses.

La nuit étant désormais tombée depuis un moment, nos héros décident d’aller se coucher (un mec vient juste d’exploser, pas de quoi s’agiter quoi), et la pauvre Gretel se réveille après avoir rêvé de sa mère : c’est rigolo, à chaque fois qu’on lui parle de sorcières, elle rêve d’elle. Je me demande bien ce que cela veut dire, hmmm. Des fois que le spectateur n’ait pas bien compris, elle s’interroge aussi à voix haute : "Hansel, ne t’es-tu jamais demandé pourquoi nous étions immunisés aux sorts des vilaines sorcières ?" mais son frère se contentant de lui répondre "Ta gueule, je dors" avant de se tourner sur le côté, laisser ses sphincters se relâcher puis se rendormir, elle ne creuse pas plus la question.

Le lendemain matin donc, il est temps de reprendre la chasse à la sorcière ; Hansel se rend donc au marché local pour acheter un peu d’équipement où il recroise Gertrude, la rousse damoiselle qu’il avait sauvé d’un mercredi des cendres anticipé. Celle-ci l’approche donc malgré le terrible côté dark de notre héros, en faisant des bruits comme "glousse, glousse" ou "huhuhuhu". La discussion s’engage vite avec la pintade, et malgré le spam intensif de Gertrude à base de "Toutes les sorcières ne sont pas méchantes", "Y en a des bien" et "Tu sais tu pourrais tomber amoureux d’une sorcière, genre à tout hasard une rousse, tout ça *CLIN D’OEIL*", le bougre ne remarque rien de suspect dans la conversation. Bravo, heureusement que tu chasses les sorcières mec, ton détecteur a l’air performant.

Après le stade "J’ai tout le temps mon arme sur l’épaule pour avoir l’air cool", il y a le stade "On dirait que je fais un câlin à mon arme"

Mais justement : Hansel sent soudain une grande faiblesse l’étreindre ; non pas qu’il réalise enfin le niveau du scénario et des dialogues, mais simplement qu’il fait du diabète puisqu’ayant été gavé de sucreries par une sorcière petit, de temps à autres, ce n’est pas la grande forme (il utilise la même excuses pour justifier ses caries et son haleine de chacal mort). Il s’injecte donc son insuline sous les yeux de Gertrude, qui lui dit pouvoir l’aider car elle connait bien cette maladie mais… Hansel s’en fout.

Il est bien cet Hansel, en fait. Il tombe sur une sorcière qui a plein d’infos, ça ne l’intéresse pas et il revient en ville en disant qu’il n’a rien trouvé, une nana l’aborde en lui disant grossièrement qu’elle aussi, elle chevauche son balai la nuit, il ne comprend pas, et enfin quand on lui dit qu’on peut le guérir de sa petite faiblesse, il s’en moque aussi.

Enfin un personnage avec lequel s’identifier : moi aussi, j’ai le plus grand mépris pour ce qu’il se passe sur l’écran.

Bref : sur ces entrefaites, Hansel se sépare de Gertrude malgré le petit plan drague qu’elle a tenté sur lui, et s’en va dans les bois avec sa soeur pour tenter d’attraper une autre sorcière. Et ça tombe bien, car au fond des bois, la sorcière Muriel (celle qui avait tué les pisteurs et pouvait prendre l’apparence d’une nana pas trop moche) et ses deux complices, A & B, discutent tranquillement alors que les enfants kidnappés les regardent, inquiets, dans des cages tout autour d’elles. Muriel a en effet trouvé un moyen d’immuniser de manière définitive les sorcières au feu grâce à une potion qu’il faut réaliser le soir de la lune rouge ! Et elle a déjà invité toutes les sorcières à venir partager le breuvage, hohoho…

… hoho ? Oui donc, je confirme : la sorcière il y a quelques scènes "qui ne savait rien" savait donc tout. Misère, c’est d’un nul.

En tout cas, après ce petit échange, B a décidé d’aller se promener dans les bois en plein jour parce que… heu, rien. Et soudain, elle entend un enfant crier qu’il est perdu ! Vite, elle fonce dans cette direction pour aller croquer un bout du marmot, lorsque soudain, elle réalise qu’il ne s’agit que d’un mannequin à côté d’un tourne-disque : c’est un piège !

Mais heureusement, un piège nul (ouf, j’ai eu peur) car nos héros emploient leur méthode habituelle consistant à faire n’importe quoi pour tout faire échouer (ça valait le coup de faire un piège) avant de se lancer dans une course poursuite absurde avec la sorcière, jusqu’à la capturer sur un coup de bol (non sans qu’Hansel ne se soit retrouvé accroché au balais de la fuyarde, etc, vous avez saisi). La bougresse est donc ramenée en ville pour interrogatoire, et c’est donc parti pour une séance de coups d’annuaires dans le museau au fin fond d’une cellule locale.

Et puisque l’on a décidé que le personnage d’Hansel n’aurait pas le droit à une ligne de dialogue cohérente, c’est parti :

"Parle sorcière, ou je te rabote le groin !
- Non ! 
- Tiens ! *Hansel lui caresse le visage poing fermé*
- Ah ! Ouïe ! Très bien, très bien, je parle : le soir de la lune rouge, le sang de douze lunes sera versé, nous y ajouterons un ingrédient qui…
- Bah ! Elle n’a rien à nous apprendre, elle est inutile."

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Et il se dirige vers la porte. Je n’invente rien : pile au moment où la prisonnière se met à table, Hansel déclare qu’en fait, ça ne l’intéresse pas. Mais ? MAIS ? C’est impossible, ce film a été uniquement basé sur des paris pris un soir de cuite ? Expliquez-moi ?

En tout cas, Gretel, contrairement à son blaireau de frère, comprend que la sorcière est en train de balancer des informations exploitables : elle a parlé du sang de 12 lunes a versé, et 11 enfants ont été kidnappés, tous nés un mois différent, et 6 garçons et 5 filles. Il faut donc aller trouver la seule petite fille née en avril de Boubourg, vite, elle est en danger ! Nos héros, après avoir consulté le registre local, sont donc prêts à s’élancer quand soudain dans le ciel de la ville, Muriel la sorcière et son acolyte A paraissent sur leurs balais… et commencent à jeter des boules de feu sur les demeures du cru ! Les toits s’embrasent, l’ambiance aussi, et Hansel & Gretel décident de se disperser en groupes de un, le chasseur filant chercher la petite fille en danger pendant que la chasseuse restera ici à défendre la cellule de B, que Muriel ne manquera pas de venir chercher.

Faisons la brève : les figurants courent partout en ignorant complètement les sorcières qui se baladent dans les rues en marchant en souriant, le shérif et ses hommes sont partis faire caca, quant aux habitants qui défendent leurs maisons, à chaque fois qu’ils voient une sorcière, plutôt que de tirer, ils font "Ho !" en attendant gentiment de se faire latter. C’est… excusez-moi, je baillais. C’est répétitif. En parlant de répétitif, vous ai-je parlé d’Hansel, qui se bat avec une sorcière n’importe comment avant de finir accroché à son balai pendant qu’elle s’enfuit ? Original, ça aussi. Gretel, elle, participe à l’illogisme général consacré à sa manière, par exemple en attendant gentiment que la sorcière se pointe, faisant "Ho !" la bouche en coeur en la voyant, lui laissant 12 fois le temps de l’attaquer, puis tirant à côté de sa cible 40 fois à bout portant.

Remarquez, c’est vrai que quelque part, le film a sa propre logique : chaque scène d’action suit le même rituel.

Bref : Mumu la sorcière tombe sur le chou de Gretel, avant de lui raconter son plan (tant qu’à être là, hein, on a bien deux minutes !), à savoir que le dernier ingrédient pour sa super potion permettant d’ignifuger les sorcières… c’est elle ! Ho bin ça ! Mais avant qu’elle ne puisse en dire plus, Gretel parvient à s’échapper, et s’effondre finalement dans les rues de Boubourg pour n’être dissimulée aux yeux des sorcières patrouillant la ville que grâce à l’intervention de Ben, leur fan number one. Déçues, les sorcières décident donc de se barrer de là, emmenant la prisonnière B avec elles pour qu’elle retrouve sa place au coeur de la forêt. Précisons que dans l’assaut, elles ont été aidées d’un troll, un énorme humanoïde qui a emporté la petite fille que les enchanteresses étaient venues chercher, avant de repartir à pied, pépère, sans que personne ne l’ennuie.

Sinon, tous les mecs du shérif que l’on voyait armés au début, j’insiste mais ils étaient où ? Ah oui, partis, caca, tout ça.

"Regarde Gretel on dirait le script ! J’ai comme l’impression que mon amour propre vient de partir avec mon cachet pour ce film"

Le lendemain, donc, Gretel se réveille dans un chiche logis de la cité, alors que le jeune Ben est occupé à la nettoyer de toute la suie due aux incendies qu’elle a sur le corps, s’attardant un peu pour lui tripatouiller les roploplos. Après lui avoir fait les gros yeux et rappelé que ce n’est pas parce qu’on s’endort n’importe où dans un état second que l’on est consentante, Gretel discute avec lui des derniers évènements : les incendies ont causé de nombreux morts, les sorcières ont kidnappé une petite fille et libéré leur prisonnière, Hansel a disparu à la poursuite d’une des vilaines, et en gros, le moral des troupes est bas à Boubourg. Gretel papote donc un peu avec Ben, rajoutant une cerise pourrie sur le gâteau de daube, en expliquant par exemple que "Chasseur de sorcières est un métier qu’on ne choisit pas". Ah oui donc uniquement parce que tu as échappé à une sorcière petite, tu étais OBLIGEE de devenir une chasseuse. Impossible de devenir comptable ou consultante en consulting. Tiens, c’est pareil, j’ai un ami qui un jour a failli se faire écraser sur un passage piéton. Depuis, il tabasse toutes les voitures qu’il croise : il est obligé, comprenez-vous ?

Toujours est-il qu’entre deux dialogues pourris, Gretel tombe sur une des nombreuses coupures de presse sur les sorcières que Ben garde chez lui en espérant un jour faire carrière dans la chasse à la jeteuse de sorts, et quand bien même sur la coupure se trouve un dessin qui ne ressemble à rien, avec une femme blonde parfaitement inexpressive, Gretel reconnait instantanément sa mère, qui était pourtant brune et n’avait pas du tout la même tronche.

Ne me demandez pas pourquoi ils se sont embêtés : il suffisait de faire un peu de coloriage au dessin pour le rendre plus crédible, ou même de rajouter un signe distinctif à la mère du genre un grain de beauté fait au Velleda juste pour expliquer comment Gretel pouvait la reconnaître sur un dessin aussi pourri soit-il, et c’était bon.

Mais non : c’eut été ne pas se foutre du spectateur, et ça, jamais ma bonne dame ! A 50 millions de dollars de budget, ça coûte cher, un feutre.

Toujours est-il que l’article explique que la mère de Gretel était en fait une sorcière selon les habitants de Boubourg, et que même si elle n’a jamais avoué, on lui a brûlé la tronche pour lui apprendre, à cette gourgandine. Cela commence donc à éveiller de vagues soupçons chez Gretel mais… hmmm… vagues alors, hein. Ne perdons pas le spectateur en route Déjà, elle doit partir chercher Hansel : elle file donc vers les bois pour utiliser la meilleure méthode qui soit, à savoir, courir dans une direction aléatoire en hurlant "Hanseeeeeel ?". Hélas pour elle, la seule chose sur laquelle elle tombe est non pas une randonnée nudiste, ce qui aurait pu rendre les choses intéressantes, mais la troupe du shérif, qui lui tend une embuscade et la malmène au motif qu’ils accusent Gretel d’avoir provoqué l’invasion de sorcière de la nuit précédente.

Ah oui : la nuit où les hommes du shérif avaient disparu du script. J’aime bien ce petit côté "Appuyons bien fort sur nos ratages".

Mais le tabassage de jeune fille tourne court, puisque non loin de là, une créature entend les cris de la jeune fille : le troll qui a kidnappé la petite fille ! Celui-ci, occupé à danser avec des musaraignes ou je ne sais quelle autre activité typique des amis de la forêt, approche de l’origine des sons et découvre Gretel en train de se faire botter les fesses : avant que tout ne vire à la tournante moustachue, il rentre donc dans une rage terrible et sort en hurlant de sa cachette pour violenter du margoulin ; de manière très étonnante, il tue donc tous les hommes du shérif, puis le shérif lui-même, ce qu’on ne voyait pas du tout depuis le premier plan du film après le générique centré sur sa moustache. Cela fait, le troll emmène la jeune femme inconsciente et mal en point jusqu’à une petite source où il la soigne, la fait boire et lui explique en grognant qu’il se nomme Edouard et qu’il l’a aidée car "Il est au service des sorcières." Puis il l’abandonne là, la laissant libre de tenter de retrouver son chemin.

Ah non mais je ne vois toujours pas venir le seul rebondissement du film dites-donc. Je me demande bien ce que c’est.

Sauf qu’Hansel n’est pas du tout dans la direction supposée : lors de la course-poursuite où il a fini, comme toujours accroché au balai d’une sorcière fuyarde, il a terminé dans un arbre, et évidemment, qui le trouve en plein milieu des bois ? Gertrude, la gentille rousse ! Voyant notre héros mal en point et blessé, elle l’aide donc en l’emmenant jusqu’à un étang dont l’eau guérit les blessures. Vous aussi vous avez noté comme tout manque de la moindre once de créativité ?

"Bon les mecs, faut qu’on fasse deux scènes différentes, nos héros sont séparés.
- Heu… on dirait que Hansel se bat avec une sorcière et s’accroche à son balai quand elle fuit ? Et que Gretel fait "Ho !" en voyant un ennemi ?
- Mmmoui… quelqu’un d’autre ?
- On pourrait faire la même scène en double. Du genre Gretel est sauvée par un troll qui l’emmène se soigner avec de l’eau magique, et Hansel fait pareil.
- Deux trolls ?
- Ah non, merde.
- Si on remplaçait le second troll par une rouquemoute ?
- Bien joué Berthier ! On reste dans le ton ! Sortez les caméras, on est prêts ! Quel puissant brainstorming mes amis !"

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Avantage tout de même à Hansel : lui a la chance de pouvoir se baigner nu avec sa nouvelle copine, qui bien vite, lui fait des bisous avant de lui indiquer le chemin pour rentrer à Boubourg puisque la nuit va tomber. Evidemment, à aucun moment Hansel ne lui dit "Attends attends, comment ça je rentre seul ? Aux dernières nouvelles, tu habites Boubourg, alors pourquoi resterais-tu seule au coeur des bois hantés par les sorcières la nuit ?". Mais là encore, cela ne choque pas notre héros, qui repart donc en sifflotant.

Vous avez déjà entendu le son typique d’un suicide de tympan ? Moi, oui, à cet instant exact.

Mais hélas, notre héros se perd quelque peu… et finit par tomber sur une énième maison au milieu des bois (ho bin ça !) où il décide de passer la nuit pour avoir un abri. Mais à peine rentré, il tombe nez-à-nez non pas avec une sorcière à qui botter le groin, mais avec sa propre soeur ! Mieux encore, en visitant la maison, nos héros découvrent… qu’il s’agit de celle de leur enfance ! MAIS QUELLE COÏNCIDENCE !

Oui : jusqu’ici, ils ne se rappelaient pas qu’ils avaient passé toutes leurs jeunes années à côté de Boubourg. Détail. Sérieusement ?

Accessoirement, ils trouvent aussi, sous le plancher de la demeure… un antre de sorcière ! Vide depuis des années, semble-t-il. Hansel s’exclame donc "Ça alors, on a grandi à côté d’une antre de sorcière !" puisque définitivement, chacun de ses dialogues semble avoir été écrit par un marcassin sous acides. Gretel s’apprête à lui expliquer qu’il est quand même drôlement con, quand soudain, la porte de la demeure s’ouvre en battant : Mumu la sorcière les a retrouvés !

Mumu ou la preuve que tout ce que racontaient les héros depuis le début était de la daube.

Comment ? On en sait rien. On pourrait bien supposer que c’était grâce au pouvoir de sa magie, mais comme dans le même temps, lorsqu’elle a attaqué la ville, elle avait été incapable de localiser Gretel lorsqu’elle s’était enfuie, on va juste supposer que c’est nul. Une supputation audacieuse, j’en conviens. Mais oui, je suis comme ça.

Toujours est-il que Muriel, en bonne méchante pourrie, commence par révéler son plan :

"Haaaa, Gretel ! Cela faisait des années que j’étais à ta recherche… tu n’étais qu’une enfant à la dernière lune rouge ! Car le dernier élément pour ma potion d’immunité au feu est le coeur d’une sorcière blanche, une sorcière gentille. Or, la plus puissante d’entre elles était… TA MERE !
- Ta mère toi-même !
- Tais-toi Hansel ! Elle essaie d’expliquer le scénario aux deux derniers qui n’auraient pas compris.
- Oui, bon, je disais : votre mère, Ariana ! Maiiiiiis… je ne pouvais pas vaincre votre mère, elle était trop forte… alors j’ai fait courir la rumeur à Boubourg qu’elle était une sorcière, et comme les sorcières blanches n’ont pas le droit d’utiliser leurs pouvoirs contre les humains, ils sont venus la brûler sans qu’elle puisse se défendre, hohohoho ! Mais elle avait compris que je voulais un coeur de sorcière blanche… et si ça ne pouvait être le sien, alors ce serait le tien, Gretel ! Mais elle avait pensé à vous abandonner dans les bois avant l’arrivée des paysans et… vous avez disparu… jusqu’à aujourd’hui ! Maintenant, tu es à m…
- Pardon Madame Mumu, mais je peux poser une question ?
- Heu, bien sûr mon petit Hansel.
- Pourquoi ma mère ne s’est pas juste planquée avec nous dans sa batcave, là, son antre sous la maison que même nous en vivant là nous ne connaissions pas ?
- Heu… je…
- Ou même tout simplement : pourquoi ne s’est-elle pas planquée dans les bois avec nous ? Et hop, c’était plié.
- Haaan, ouais. Pas con.
- Oui. C’en est presque gênant.
- Bon, vous savez quoi ? Et si on se battait ?
- Vendu !"

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Le combat éclate donc, et rapidement, Mumu a le dessus : elle poignarde Hansel, le faisant choir au travers du plancher dans l’antre de maman, puis met Gretel hors de combat avant de l’emmener loin de là. Quel instant tragique.

Tragique comme dans "ce film est une tragédie". Mais non, pas comme ça : l’autre.

Quelques heures plus tard, à son réveil, Hansel après s’être demandé ce qu’il avait foutu hier soir pour avoir aussi mal à la tête est déjà très étonné de ne pas être au paradis des héros moisis, mais voici qu’en plus découvre en face de lui Gertrude… qui a complètement refermé sa plaie pourtant mortelle ! Hansel comprend donc la vérité :

"Gertrude ! Tu es… UNE SORCIERE ! Comme 100% des personnages féminins de ce film, HO BIN ÇA ALORS !"

Notre héros a donc le droit à une explication sur le fait qu’il y a des méchantes sorcières et des gentilles, et qu’elle fait carrément partie du clan des Bisounours, des sorcières cucus qui aiment les flash-mob du Parti Socialiste. Elle ajoute qu’elle peut aider Hansel à retrouver sa soeur car elle a trouvé dans l’antre (là encore, d’ailleurs, ne me demandez pas comment elle aussi a su qu’il fallait venir ici) un objet très puissant : le grimoire de Jean-Jacques le sorcier des temps anciens ! Un artefact très puissant, qui attendait là depuis des années, car évidemment, Mumu n’avait pas pensé, après avoir buté la plus puissante des sorcières blanches, à aller voir s’il n’y aurait pas du loot dans son antre comme on dit dans les forums les plus maudits du net.

Formidable.

Gertrude explique donc que grâce au grimoire, il est possible de faire des choses rigolotes, comme par exemple invoquer Patax ou enchanter des armes pour qu’elles passent toutes les défenses des sorcières : parfait, se dit Hansel, non parce que j’ai un peu toute une armurerie à bénir. Allez hop les amis : ce soir, c’est la lune rouge, alors Gertrude et Ben l’apprenti-chasseur, vous m’accompagnez, nous allons libérer Gretel et stopper ce terrible rituel ! Ni une, ni deux, la petite troupe se met en branle et à la nuit tombée, va poser des pièges tout autour de l’endroit où les sorcières ont prévu de se réunir, avant de laisser Ben sur place pour tirer sur les fuyardes qui tenteraient d’échapper au futur massacre, pendant que Hansel et Gertrude approchent de la petite plate-forme rocheuse non loin où les vilaines sorcières sont en train de se réunir. Et où Mumu est en train de haranguer les dizaines de sorcières déjà sur place.

"Sorcières ! Mes soeurs ! Ce soir, nous sacrifierons douze enfants, et prendrons le coeur à Gretel, la sorcière blanche puisque fille de sorcière blanche, pour compléter une potion qui, sous la lune rouge, nous immunisera au feu pour toujours, hahaha HAHAHA !
- Mais pas aux décapitations ?
- Non.
- Ni aux fusils ?
- Non plus.
- Ni aux lames ?
- Encore moins. Idem pour la noyade.
- Okay donc si je résume : nous serons immunisées aux flammes, soit simplement aux bûchers, à savoir la seule arme que l’on emploie contre nous uniquement lorsque l’on est déjà prisonnière de l’ennemi.
- Voilà.
- Et à votre avis, que se passera-t-il lorsqu’ils verront que l’on ne brûle pas ?
- Et bien je… ils nous décapiteront ? Fusilleront ? Poignarderont ? Noieront ? Buteront, quoi ?
- Donc ?
- Okay : sorcières ! Mes soeurs ! Je suis fière de vous convier à cette grande soirée de la lune rouge, où nous allons pouvoir boire une potion QUI NE SERT STRICTEMENT A RIEN A PART PEUT-ÊTRE A POUVOIR CUISINER DES TARTES AUX POMMES SANS SE BRÛLER !"

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C’est si enthousiasmant. Quel film.

Bien, justement, finissons-en : Hansel et Gertrude se placent chacun d’un côté de la plate-forme rocheuse, Gertrude ayant avec elle une mitrailleuse lourde bénie (mais si), alors qu’Hansel a fait bénir son gros fusil aussi. Il se pointe donc au milieu de la réunion, son arme sur l’épaule comme à son habitude, et annonce qu’il vient libérer sa soeur. Les sorcières rient très fort, annonçant que leurs sortilèges les protègent des balles, mais font vite moins les cakes lorsque le plomb commence à voler et à les tuer sans grand souci : on sent que le désarroi monte d’un cran. Un mouvement de panique gagne donc la petite communauté, alors que Gertrude fait cracher la sulfateuse pour transformer la zone en Omaha Beach du pauvre. Les sorcières tombent une à une, y compris la pauvre A, bientôt rejointe par B. Les fuyardes sont elles prises dans les pièges à l’extérieur, et finalement ne reste guère plus que Mumu (ça alors !) qui tente de s’en prendre à Gretel alors que la lune rouge, bien haute dans le ciel, débute.

Un objectif audacieux digne d’un sabbat de sorcières.

Edouard le troll, qui a l’air de bien aimer la petite Gretel, s’interpose pour la sauver et la libérer des liens qui la retiennent prisonnière, mais sitôt cela fait, Mumu, colérique, lui envoie un sort qui le fait choir de la plate-forme loin en contrebas. Gretel est bouleversée par la perte de ce personnage nommé Edouard, symbole de tant de mauvais films, et profitant du fait que Mumu, comprenant que ça sent le pâté, mette les voiles, elle descend le plus vite possible rejoindre le troll en contrebas.

A noter que durant ces 30 secondes, on voit que la lune rouge s’arrête.

Hé bé, il fallait être rapide.

Mieux encore, il fait soudainement jour alors que nous étions au coeur de la nuit : intéressant ! Mais ne nous en arrêtons pas là dans le ridicule : sitôt arrivée auprès du troll, Gretel constate que ce bougre d’Edouard a l’air d’avoir le coeur qui ne bat plus : pas de problème, sortant de sa poche un taser (Si, si ! D’ailleurs que faisait-il avec elle alors qu’elle était prisonnière deux minutes auparavant, mystère !), elle s’en sert pour relancer le coeur de la bête, et ainsi la sauver.

Oui. Vous avez bien lu : l’héroïne invente le défibrillateur.

Pendant ce temps, et alors que vos neurones meurent un par un, Hansel est parti à la poursuite de Mumu, mais pour une fois, n’a pas réussi à s’accrocher à son balai. La méchante sorcière ne tombe pas dans un piège, elle, et se fait simplement abattre comme un vulgaire B-17 au-dessus de Berlin par la DCA locale, ici incarnée par Ben et un gros fusil. Se traînant dans les bois, blessée elle a le temps d’atteindre avant qu’Hansel ne la rattrape… la maison en pain d’épice de leur enfance !

C’est fou comme le monde est petit.

Et c’est fou comme le temps passe : il fait à nouveau terriblement sombre, et pas seulement à cause de la forêt, alors qu’il faisait grand jour il y a là encore 15 secondes ! Breeeeef.

Celle-ci, bien qu’abandonnée depuis des années, est encore debout. Mais Mumu attend de pied ferme : pour commencer son embuscade vengeresse, elle tue Gertrude, la laissant agoniser dans les bras d’Hansel façon "Accroche-toi Gertrude, j’entends les hélicoptères !" "Raaah, non, arrête Hansel, je sais que j’suis foutu je… je voulais te dire… je… je t’…a… raaaaarrrrgh". C’est donc un Hansel grognon et nourri aux dialogues vus et revus qui s’avance dans la maison de pain d’épice pour aller en finir avec la bougresse, et est bientôt rejoint par Gretel pendant que Ben est occupé… à faire du rien. Bien bien bien. Les deux chasseurs se battent donc face à la vilaine sorcière jusqu’à ce que finalement, respectant minutieusement le poncif dit du "Grand combat final dans un endroit abandonné avec les armes qui glissent au sol, les gens qui rampent et le combat à mains nues.". Finalement, et c’est le seul moment de gloire du film, nos héros décident d’utiliser la seule arme qui en vaille la peine pour en finir avec une fille un peu collante :

Une PELLE

Après quelques coups, Mumu la ramène un peu moins, et une fois décapitée, on peut même dire qu’elle fait preuve d’un certain mu(mu)tisme (pardon). Hansel & Gretel, malgré les épreuves, sortent donc vainqueurs et ont donc en plus massacré un nombre improbable de sorcières en une seule fois. On peut donc dire qu’ils sont définitivement les meilleurs chasseurs de sorcières ! Et donc, en selle, Gretel, car voici venir la F…

Non ! Une ultime séquence nous présente désormais Hansel, Gretel, Ben et Edouard le troll formant désormais une équipe de choc pour traquer les sorcières, et voyageant désormais dans des contrées exotiques pour toutes les tabasser jusqu’à la dernière et alors que les spectateurs prient pour être libérés de cette bouse infâme…

… FIN !

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"Et bien, merci docteur je… je n’imaginais pas la SPS comme cela.
- Je vous en prie, il faut que les gens sachent quel fléau frappe Hollywood. Je vous souhaite une bonne journée.
- Attendez, vous aviez parlé de me dire ce que vous faisiez des scénaristes irrécupérables en fin de visite !
- Ah, oui, excusez-moi !"

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A sa grande surprise, le scientifique lui fit signe de se diriger non pas vers l’intérieur des locaux, mais vers le parking. Là, collé contre le bâtiment, un camion-benne était en train d’être chargé de quantité d’hommes et de femmes parcourus de tics nerveux, hurlant de-ci de-là des propos incohérents sous le regard d’un employé s’assurant que le compte y était bien.

"Voilà, dit le médecin, nous les emmenons simplement dans un endroit très loin, une ferme où ils peuvent s’ébattre en paix.
- Je pourrai aller les voir ?
- Allons, allons ! C’est un endroit très loin, si loin qu’on ne peut même pas leur écrire.
- Vous vous foutez de moi ?
- Pas du tout mon cher, pas du tout.
- Mais qu’est-ce qu’ils font dans cette ferme alors ?
- Et bien… je préfère ne pas vous en parler. Tout ne mérite pas d’être dit."

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Le médecin agita la main pour saluer le conducteur de la benne, qui après l’avoir verrouillée, remonta dans sa cabine. Il agita à son tour sa casquette pour retourner son salut au cadre de santé de la SPSH, puis, il tourna la clé.

Et Ridley Scott emmena ses futurs scénaristes jusqu’à ses studios.

Mokobé regarde avec inquiétude dans son rétroviseur.

Ce n’est pourtant pas la circulation qui le gêne : au fin fond d’une piste de brousse, il y a peu de chance de croiser un autre véhicule. Son 4×4 d’expédition dégage d’ailleurs un tel nuage de poussière dans son sillage qu’il serait de toute manière bien difficile de visualiser qui que ce soit derrière lui, mais là n’est pas la question. Non, ce qui intrigue Mokobé, c’est plutôt la curieuse remorque bâchée que son client l’a obligé à transporter jusqu’à un endroit isolé de la savane. Le commanditaire en question est d’ailleurs assis dans le siège passager, attendant paisiblement d’arriver au point de rendez-vous en regardant l’aride paysage défiler, visiblement absorbé dans ses pensées. De temps à autre, il consulte son GPS puis scrute le ciel d’un air concentré, avant de sortir une flasque de l’une des nombreuses poches de sa veste pour s’hydrater d’un quelconque alcool.

Alors que Mokobé est tout à ses réflexions, il constate brusquement qu’il est arrivé à destination : le vieil arbre foudroyé, celui qui indique l’endroit que le type lui avait indiqué sur sa carte un peu avant de poser une liasse de billets sur la table de sa petite agence de chauffeurs, vient de paraître sur la droite de la piste ; promptement, il arrête le moteur avant de se tourner vers son passager visiblement lui aussi à peine sorti de ses réflexions.

"Voilà Monsieur ; comme je vous l’avais dit, il n’y a rien ici : je continue de penser que vous vous êtes trompé d’endroit, quoi que vous soyez venu voir.
- Mon petit Mokobé, vous n’y êtes pas. Connaissez-vous les Transformers mon bon ?
- Les robots qui se transforment en véhicules ? Oui… oui, mes enfants ont des jouets comme ça, oui. Pourquoi ?
- Parce que d’après mes calculs, l’un d’entre eux devrait bientôt atterrir là, dans cette savane, d’ici quelques heures ; alors voilà ce que nous allons faire : vous allez m’aider à installer la remorque et son contenu bien en évidence au milieu de ce terrain découvert, et nous, nous irons nous abriter là-bas et camoufler votre voiture à proximité de ce bosquet d’arbres où se nourrissent de fiers pachydermes. J’ai prévu un petit comité d’accueil pour ces braves visiteurs."

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Mokobé jeta un coup d’oeil inquiet en direction de son client, puis embrassa du regard la ligne d’horizon : au loin, quelques zèbres paissaient tranquillement, alors qu’une poignée d’éléphants mettait un point d’honneur à arracher chaque branche vaguement feuillue d’un vieil arbre fragile. Il se tourna finalement à nouveau vers l’Européen.

"Ce n’est pas dangereux, au moins ?
- Mon cadeau pour eux ? Non, bien sûr que non. 
- Mais eux, ils le sont ?
- Aaah, ça Mokobé, c’est plus compliqué, car il y en a de biens braves comme de gros fourbes. Mais tenez, pendant que nous installons tout cela et que nous attendons notre invité, laissez moi plutôt vous conter le dernier volet cinématographique de leurs aventures intitulé Transformers 3 – La face cachée de la Lune. Vous n’en serez que plus instruit sur le sujet. Alors spoilons, voulez-vous ? Et aidez-moi à décrocher la remorque."
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L'affiche : Notre Terre, Notre combat, mais nos alliés aliens quand même. Les Transformers sont un peu nos tirailleurs sénégalais modernes

Le film s’ouvre donc sur la planète Cybertron, astre d’origine des Transformers ; ceux-ci sont en pleine guerre civile, opposant d’un côté les Autobots, défenseurs de la liberté, de la gentillesse et des bisous, aux Decepticons, vils fascistes dont le but est "d’imposer la tyrannie", rien que ça.  Au cours de ce conflit, le camp des braves s’est hélas retrouvé en mauvaise posture face aux méchants, et a décidé de lancer une mission de la dernière chance : un vaisseau, l’Arche, est lancé pour tenter de passer les lignes ennemies avec à son bord une "arme si puissante qu’elle changerait le cours de la guerre." ; les mecs, sans vouloir vous vexer, si c’est une arme à bord de votre vaisseau, vous feriez peut-être mieux de vous en servir plutôt que de lui offrir une croisière ; mais bon, hein, moi je dis ça comme ça. Peut-être que c’est une arme très stressée et qu’elle a besoin de vacances à Ibiza avant de se remettre au travail, ou un truc du genre, parce que sinon, je ne vois pas bien. Mais soit.

En tout cas, alors que l’Arche tente de se frayer un passage au travers des lignes Decepticons, les choses se passent mal et plusieurs tirs viennent arroser ses moteurs : l’engin est alors terriblement endommagé et peine à continuer de se propulser, mais comme il est plein de robots fort héroïques, il n’abandonne pas. Et il fait bien, puisque visiblement, malgré ses moteurs pourris, il parvient à se traîner jusqu’au système solaire (comme quoi, même avec des réacteurs moisis, on va loin), où il se crashe sur la Lune, par un beau matin de 1961. Les Américains, qui n’ont pas perdu une miette de ce fabuleux spectacle, décident donc qu’il va être grand temps de préparer un beau programme spatial pour envoyer une équipe inspecter tout ce merdier, et voir si on ne pourrait pas récupérer des bidules aliens rigolos.

Donc voilà : vous ne le saviez peut-être pas, mais le programme Apollo, c’était juste pour voir s’il n’y aurait pas moyen de piquer l’autoradio du véhicule accidenté des Transformers. Une sorte de mission Space Rabouin ; il n’empêche que lorsque Neil Armstrong débarque sur notre fameux satellite, juste après avoir déclaré "C’est un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité" (et juste avant "Ça ressemble pas mal à Maubeuge en fait"), il s’empresse d’aller galoper jusqu’au vaisseau alien (ils se sont posés à 20 mètres), pour y découvrir des cadavres de géants de métal et divers trucs qui traînent : l’humanité (représentée par les USA comme il se doit, heureusement que ce n’est pas le Vénézuela qui est allé sur la Lune) vient de découvrir qu’elle n’était pas seule dans l’univers.

Accélérons le temps et arrivons au XXIe siècle, la belle époque à laquelle nous vivons ; quelque part dans une célèbre mégalopole américaine, un cul se promène. Ce n’est pas moi qui l’invente : nous avons bel et bien un gros plan sur un cul qui gambade joyeusement ; ce dernier appartient à Carly Spencer, une jeune femme qui n’est autre que la nouvelle petite amie de Sam Witwicky, notre héros. Visiblement aisée, c’est elle qui possède le loft dans lequel le couple réside et héberge donc gracieusement notre personnage principal qui lui est au chômage. Car oui : après avoir sauvé deux fois le monde libre, travaillé avec une race alien de robots de l’espace et obtenu leur confiance tout en étant mis au courant de moult secrets nationaux, le gouvernement n’a pas jugé bon de lui filer un petit boulot en son sein. C’est vrai qu’il était beaucoup plus intelligent de l’envoyer au Pôle Emploi avec un coup de pied au cul et une médaille. C’est important la médaille : comme ça, tous les services d’espionnage du monde savent à qui ils doivent proposer un CDD de 3 mois de caissier chez Monoprix pour obtenir des tonnes d’informations ultrasensibles sur la défense américaine. Quel professionnalisme, je suis bluffé.

Bref, que disais-je ? Ah, oui ; Carly, sa copine, a elle un métier : "gestionnaire d’une collection d’art". Probablement une erreur de traduction pour "Ass Shaker", puisque de tout le film, c’est bien tout ce que la donzelle fera : réaliser des ondulations de son popotin dans diverses tenues tout en gloussant comme une collégienne après son premier ouiski-coca. Intéressant. Toujours est-il qu’elle gagne moult brouzoufs ce faisant, ce qui rend Sam un peu jaloux, puisqu’il n’aime guère se savoir entretenu par une femme, ces créatures inférieures. Ajoutez à cela que les parents Witwicky viennent de débarquer en ville à l’improviste et qu’ils font des remarques désobligeantes sur la situation de leur fils, et nous obtenons un héros crypto-looser, mais qui se tape une top-modèle quand même (ce qui est quand même un peu la loose comparé à la qualité de mes maîtresses, mais passons).

Pendant ce temps, qu’en est-il des Autobots, les gentils robots ? Et bien figurez-vous qu’ils continuent de travailler pour l’armée américaine, au motif que ça leur permet "d’aider les humains à ne pas s’entre-déchirer". On les voit donc, par exemple, participer à envahir l’Irak et… heu… dites donc les mecs, c’est quoi cette logique ? Pour empêcher les humains de se faire la guerre, vous les aidez à faire la guerre ? Vous seriez pas des fans de Georges Bush par hasard ? J’ai toujours su que les Autobots votaient républicain. Remarquez, ils sont tombés aux USA et suivent les ordres du gouvernement sans ciller : quelque part, heureusement qu’ils ne sont pas tombés en Corée du Nord ces couillons. Enfin.

Dans le même temps, le Lieutenant Colonel William Lenox, chef du NEST, le peloton d’intervention humain qui travaille avec les Transformers est lui en Ukraine pour aller poser quelques questions à un cadre du gouvernement local un peu nerveux, Jean-Jacques Popov. Celui-ci a des informations à balancer sur les secrets de son pays : il y a des années de cela, il y a eu sur son territoire des expérimentations sur de la technologie alien. Aujourd’hui, des reliques de tout cela pouvant intéresser le NEST sont encore sur place, dans un lieu nommé… Tchernobyl. Les américains envoient donc aussitôt une équipe constituée de commandos du NEST et d’Autobots sur place, sans se soucier d’avoir l’autorisation du pays.

La troupe arrive donc à Prypiat, la ville abandonnée voisine de la centrale, et il faut d’ores et déjà noter que tout le monde est venu sans la moindre protection anti-radiations : c’est connu, c’est un coin sans danger aucun. Magie de la géographie, la centrale s’avère être en réalité en plein coeur de la ville, et nos héros n’enfilent de tenues de protection que lorsqu’ils entrent dans le bâtiment ; autre fait scientifique célèbre, les radiations, non seulement ça respecte les frontières, mais ça évite même de sortir de chez soi sans invitation (c’est très timide, une radiation, et ça peut le rester plusieurs dizaines de milliers d’années tellement ça a peu confiance en soi). Bref ; les loulous progressent dans le bâtiment, guidés par Jean-Jacques ; ils ne remarquent pas que celui-ci, non seulement est incroyablement nerveux ("Non je… non, cette odeur, ce n’est pas moi je… ho… sûrement… les vieux produits chimiques. Voilà, les vieux produits chimiques qui sentent le faisan mort"), mais jette des coups d’oeil vers le plafond en poussant de petits cris, même lorsqu’il parle à quelqu’un, ce qui ne donne curieusement même pas envie aux gens de suivre son regard ; pourtant, s’ils le faisaient, ils apercevraient une sorte de transformer-vautour, un Decepticon que l’on va donc appeler "Vautour" histoire de ne pas se paumer. Comme celui-ci est un méchant Decepticon, il a les yeux rouges (au lieu du bleu des Autobots), des dents pointues (ce sont des robots carnivores ?) et surtout, il bave et crache un peu partout (oui, ils ont aussi de la salive, probablement à base de liquide de frein). Donc si je comprends bien, quand un Transformer devient un Decepticon (ce qui d’après la description au début du film, est juste une opinion politique), il se met à puer de la gueule, choppe une conjonctivite et postillonne sérieusement. Si seulement ça pouvait être pareil avec les gens qui prennent leur carte chez les jeunes UMP. Mais passons : le bestiau volant perché sur sa poutrelle semble se contenter d’observer ce que font les gentils, tout en jetant des coups d’oeil méchants à Jean-Jacques.

Ici, un Autobot venant d'adhérer à Génération France, le micro-parti de Jean-François Copé.

Soudain, la troupe tombe sur une espèce de boule métallique reliée à moult tuyaux : une relique transformer ! Vite ; il faut la sortir de là et la ramener au pays pour l’étudier (encore une fois, les Ukrainiens n’ont aucun souci avec le fait qu’on leur pique leurs affaires sans rien leur demander, l’Ukrainien est d’un naturel prêteur, Tchernobyl par exemple, ils ne voulaient justement pas le garder pour eux) ; mais c’est sans compter sur l’intervention soudain d’un immeeeeeeense robot de l’espace qui a la forme d’une sonde anale géante, ainsi que d’un autre robot Decepticon lui plus classique dénommé Shockwave. A eux deux, ils attaquent l’équipe et commencent à ravager le bâtiment sous les yeux des humains impuissants (mais si, vous savez, ça fait deux films qu’on leur dit que les balles ne marchent quasiment pas sur des robots géants blindés et qu’ils ne pensent pas à s’équiper massivement en lance-roquettes) tout en essayant de récupérer la relique tant convoitée. Les Autobots, qui attendaient à l’extérieur du bâtiment, trop petit pour eux (Ah ouais mais alors comment les deux autres, dont une sorte de ver solitaire galactique, ont-ils pu rentrer discrètement ?), se mêlent donc à la bataille en voyant leurs ennemis Decepticons surgir, et commencent à tataner sévère. Après moult échanges de coups, ils finissent par récupérer la relique, qui s’avère être, d’après Optimus Prime, le chef des Autobots, une pièce du moteur de l’Arche, un vaisseau de leur camp qui avait disparu alors qu’il tentait une mission devant inverser le cours de la guerre sur Cybertron. Comment des humains peuvent-ils avoir cela ?

Deux choses sont cependant d’ores et déjà à noter :

  • Dans la panique, Jean-Jacques a tenté de fuir seul jusqu’à son véhicule, mais c’est sans compter sur le vilain Vautour qui le mitraille avant d’ajouter "Heureux d’avoir travaillé avec vous". Personne ne s’en rendra compte ou ne prendra de ses nouvelles. C’est dommage, parce que moi, le coup du mec qui m’attire dans un lieu où des ennemis m’attendent et qui disparaît durant la bataille avant d’être retrouvé criblé de balles un peu plus loin (alors que les deux seuls Decepticons aperçus n’en utilisaient pas), ça aurait éveillé mes soupçons.
  • Une fois la relique arrachée des mains des méchants, personne ne pense à poursuivre Shockwave et Sondanal. Dites, c’est quoi votre boulot, au NEST, vous me le rappelez ? Ça vous dérange pas de laisser des robots géants fascistes et psychopathes gambader librement ? Et puis vous ne voulez pas non plus savoir ce qu’ils faisaient là ? Visiblement, non. Les deux vilains peuvent donc se tirer sans soucis. Voilà voilà. Remarquez, ça n’inquiète pas non plus les Autobots, comme quoi, le NEST et eux sont faits pour travailler ensemble.
Cela étant dit, quittons l’Ukraine et allons retrouver le pays du hamburger dans lequel notre bon Sam enchaîne les entretiens d’embauche où personne ne semble vouloir de lui. Une boîte, cependant, accepte de le recruter, en tant que chargé de la distribution du courrier malgré ses diplômes bac + moult (remarquez, là-dessus, le film est presque réaliste). Il se retrouve donc enfin avec un emploi, dans une entreprise qui travaille en collaboration avec pas mal d’intervenants de l’industrie aérospatiale. Vous êtes heureux pour lui ? Moi aussi. Je m’inquiétais sérieusement.
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Mais reconnaissons-le : on est pas là pour ça. Quid des Autobots, qui eux, ont regagné le territoire américain ? Et bien figurez-vous qu’une fois de retour au QG du NEST (qui est camouflé en tant que "Ministère de la santé et de la sécurité sociale", ce qui ne peut-être qu’une couverture outre-Atlantique, c’est connu), ils rencontrent la nouvelle directrice de la CIA, auprès de qui ils râlent qu’on ne leur a pas tout dit sur ce que les humains savaient des Transformers, puisqu’ils avaient en leur possession une pièce de l’Arche. Celle-ci explique que tout cela était top secret, mais que puisque tout est découvert, soit : l’Arche est écrasée sur la Lune. Depuis près de 40 ans, et la mission Apollo 11 était en fait destinée à jeter un coup d’oeil à ce vaste bazar. Alors oui, on sait on peut bien vous dire où est précisément écrasée la nef spatiale. Ni une, ni deux, les Transformers tout excités de ces nouvelles (ils ont les écrous qui pointent) décident donc d’utiliser leur propre navette (puisqu’ils en ont une) pour aller fouiller le vaisseau.
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Attendez, ils avaient une navette ? Ils pouvaient aller dans l’espace quand ils le voulaient ? Et jamais le gouvernement ne s’est dit "Tiens, ça nous permettrait de fouiller en profondeur ce vaisseau sur la Lune qu’on avait juste visité en 20mn il y a 40 ans, et ce sans dépenser un rond ! Sans compter qu’on pourrait en ramener quantité de pièces de haute technologie qui pourraient grandement nous aider ! En plus, les Autobots veulent nous aider, et ça nous ferait économiser des milliards" ? Et puis quand bien même, moi des aliens capables de voyager à toute allure entre les planètes et n’ayant pas besoin d’air ou de nourriture, je les aurais déjà envoyés effectuer 12 000 missions scientifiques ici ou là, plutôt que de m’en servir pour envahir l’Irak. Mais bon.
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Quelques temps plus tard (environ 30 secondes), nos robots préférés arrivent donc sur la Lune, où, curieusement, tout ce que la mission de 1969 a utilisé est resté sur place, y compris… le module lunaire au complet. Hmmm, et ils sont repartis comment ? A pied ? Bref : la troupe s’en va explorer l’épave de l’Arche, et Optimus Prime, qui connait bien le vaisseau, ouvre l’immense porte blindée menant à la soute qui révèle… un Autobot encore vivant, bien que très faible : Sentinel Prime, l’ancien maître d’Optimus Prime ; ce dernier avait eu le temps, avant le crash, de s’enfermer dans la pièce blindée tout en emmenant avec lui 5 petits pylônes visiblement bourrés de haute technologie. Comme Sentinel est un vieux sage, il a des rides en tôle et une barbe mécanique, c’est tout de même fabuleux. Détail intéressant : il a aussi sur lui des portières, des roues, et autres trucs typiques des Transformers qui peuvent se changer en véhicule terrien. Question : où le bougre, qui s’est écrasé sur la Lune, a t-il pu voir le moindre véhicule terrien pour pouvoir prendre son apparence ? Parce que sur la Lune, ce n’est pas la circulation qui gêne. Le brigand est dans tous les cas ramené sur Terre aussi vite que possible, ainsi que les 5 pylônes, afin d’être remis sur pied.
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Assez parlé des gentils : il se passe une foultitude de choses ailleurs. C’est donc en Afrique, cette fois, qu’un énorme pick-up couvert de chaînes (sûrement un pick-up sado-maso, on en croise souvent dans les donjons) progresse au milieu de troupeaux d’éléphants, zèbres et autres gnous ; soudain, il se transforme en un Decepticon fort peu ragoûtant : Mégatron, le chef des méchants ! Celui-ci, se tournant vers la foule des bestioles locales s’exclame "All, Hail to Mégatron !" ; mais ouais Mégatron, tu as raison : essaie de devenir le leader des animaux de la savane. C’est connu, les zèbres sont de sacrés collaborateurs, pour un peu d’herbe, ils donneraient leurs parents ; et encore, je te parle pas des éléphants, ce sont les pires. Dès que personne ne les regarde, ils sortent leur brassard, entament toutes leurs conversation par "Hail to Mégatron !" et piétinent les éventuels témoins qui pourraient s’opposer à leurs plans de conquête avant de leur faire des poches pour trouver des cacahuètes. L’éléphant est un animal profondément fasciste. Bon, les gnous, par contre, ils sont plus divisés. On trouve même des communistes parmi eux et j’ai même connu une fois un hippopotame candidat aux primaires socialistes. Mais là n’est pas la question, nous parlerons plus tard des opinions politiques de la faune africaine.

Sieg ?

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Mégatron regagne donc un camp de brousse où une poignée de Decepticons l’attendent, et prend des nouvelles de l’avancement de leur dernier plan : Vautour informe son maître que "Les Autobots ont récupéré Sentinel, comme prévu", et que le plan se déroule à merveille. Diable, tout cela serait donc un terrible piège ? Ho ! Pour couvrir ses arrières, le chef des méchants donne donc un ordre simple et clair à Vautour : "Tue tous les humains qui nous ont aidés". La bête s’élance donc rapidement vers les cieux afin de commencer sa mission, et on découvre que le monstre ne recule devant rien pour infiltrer la demeure de ses victimes, y compris, par exemple, se déguiser en jouet rose pour petite fille (non, pas celui-là bande de pervers), ou prendre l’apparence de divers objets ménagers. Au travers des Etats-Unis, plusieurs familles se retrouvent donc endeuillées à cause de ces fourbes de Decepticons qui n’hésitent pas à prendre l’apparence d’objets aussi filous qu’un frigo maléfique ou une machine à café Nespresso (la pire méthode de meurtre des Decepticons : ils ruinent les victimes en  n’acceptant que des dosettes hors-de-prix, les poussant à mourir de faim et/ou à se suicider pour cause de dettes).
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C’est trop triste ; vite, donnez-nous des nouvelles de Sam, le héros qui jusqu’ici n’a servi à rien ! Celui-ci s’est rendu au travail de sa copine, afin de lui annoncer qu’il avait désormais du boulot, et a croisé sur place le patron de celle-ci, Dylan Gould, incarné à l’écran par Patrcik Dempsey, plus connu comme étant le "Dr Mamour", de Grey’s Anatomy. C’est ce qu’on appelle avoir un abonnement au caca au vu de ses choix de tournage. Bref ; Dylan est formidablement riche, patron d’un immense cabinet comptable (ça c’est de l’entreprise maléfique) qui gère aussi diverses collections d’art, d’où le poste de Carly, et le bougre est accessoirement un diable de séducteur. Il n’en faut pas plus à Sam pour devenir instantanément jaloux de lui et commencer à faire un gros caprice à sa copine. Tout fâché qu’il est, il finit par retourner à son boulot où il aperçoit un étrange cadre asiatique qui le suit, puis commence à le harceler en demandant à lui parler. Je vous passe les détails supposément drôles (l’humour de ce film laisse suggérer que Franck Dubosc y aurait sa place), mais après moult péripéties qui les rendent tous deux ridicules en public, le cadre au teint pâle finit par s’expliquer : il a déjà vu Sam sur des vidéos pirates d’attaques de Decepticon, où on le voit aux côtés des Autobots, et il pense pouvoir se confier à lui, car il a des informations cruciales sur les Transformers qu’il veut faire remonter aux gentils robots. Aussi, il sort de son slip (véridique) une série de papiers contenant moult informations, en demandant à Sam de les transmettre à qui de droit. Et ce discrètement, puisqu’il se sait surveillé.
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Heu… ah ? Donc quand tu te sais surveillé, tu attires à mort l’attention sur toi en faisant des tonnes de simili-gags et de trucs pas discrets pour bien dire "HOUHOUUUU JE COMPTE PARLER D’UN TRUC SECRET A SAM WITWICKY". Astucieux ; pourquoi tu ne lui as pas juste filé tes papiers pendant qu’il apportait le courrier dans ton bureau ? Ça n’avait rien de suspect, c’était direct, discret et vite réglé. Mais non.

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Juste après avoir transmis les fameux papiers, le cadre retourne dans son bureau où, pas de bol, il s’avère que Vautour est déjà présent. Ne me demandez pas comment il est entré, ni comment cela se fait-il que personne ne l’ait vu, alors que tout le bureau est vitré et donne sur un immense open-space, je n’en sais rien. D’ailleurs, même lorsque le type et le robot commencent à se battre en hurlant, personne ne voit ou n’entend quoi que ce soit. C’est magique ; ainsi, nul homme ne se porte au secours de notre brave asiatique, alors qu’il est passé brutalement par une fenêtre. Ou alors, c’est juste que tout le monde avait envie de le voir y passer, ce qui était, par exemple, mon cas.
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Mais Vautour, avant de se débarrasser de sa victime, a eu le temps de repérer que celui-ci avait discuté un peu trop longuement et curieusement avec Sam Witwicky : au diable la discrétion, il va aussi le tuer sur le champ ; il sort donc ses mitrailleuses et commence à arroser l’open-space, pendant que le pauvre chargé du courrier était en train d’y passer. Comme il se doit, il le loupe, et le héros parvient à s’enfuir. Où trouver un abri ? Il faut agir vite ! Notre loulou va donc… chercher sa nana au travail.
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Pardon ? Quoi ? Vous dites ? "Ah, je suis poursuivi par un robot tueur ! Vite, si j’allais chercher ma copine au travail ? Comme ça, elle pourra mourir avec moi quand on mitraillera ma bagnole ! Quelle superbe idée !" ; lui envoyer un message pour lui dire de planquer ses fesses, n’eut-ce pas été plus malin ? Je crois qu’on ne va pas trop leur en demander. Personnellement, si un jour une de mes conquêtes débarque en bagnole en bas de mes bureaux en m’envoyant "Vit ! Décen, je sui dan la voitur, 1 tueur me cherch :(", elle risque de recevoir un "Raison de plus pour que tu oublies ce numéro connasse ;)". Chacun sa méthode.
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Notre petit couple s’en va donc au QG du NEST, et bien que les gardes refusent de les laisser rentrer lorsqu’ils demandent à parler aux Autobots ("Heuuuu noooon, non, on a pas de robot géant ici, pas vrai Gégé ?"), l’un des gentils robots, Bumblebee, entendant par hasard que l’on ne veut pas laisser entrer son ami s’énerve très fort et sort donc à toute allure du hangar avant de tout péter autour de lui en sautant au-dessus de tous les obstacles, ce qui est particulièrement discret, surtout lorsque l’on sait que le QG du NEST se situe en plein milieu d’autres buildings qui seront heureux d’apprendre que l’on héberge des robots aliens à côté de chez eux. Le prix de l’immobilier va chuter, les propriétaires ne pourront plus rembourser leurs prêts, les banques vont perdre de l’argent et une nouvelle crise économique commencer. J’ai toujours trouvé que Joseph Stiglitz n’évoquait pas assez les responsabilités des Transformers dans la crise. Encore un qui a séché les documentaires sur le sujet, mais passons.
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Détail essentiel : à chaque fois qu’un Transformer saute (par-dessus une barrière, en direction d’un ennemi ou même juste une journaliste-écrivain ratée), il y a un ralenti. C’est assez inexplicable : le film durerait probablement 15mn de moins sans les ralentis à foison ; il faut croire que Jojo, le stagiaire en charge du montage des scènes d’action avait un gros problème de Parkinson l’obligeant à appuyer frénétiquement sur la touche "ralenti" de sa console. Le malheureux. Mais je crois qu’il avait déjà travaillé sur "300", si je ne me trompe.
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Une fois que Bumblebee a retrouvé son ami Sam, la situation se règle assez facilement : notre héros et sa donzelle sont autorisés à rentrer au sein de la base secrète et peuvent donc y retrouver le reste des Autobots. Ça tombe plutôt bien, puisque non seulement le NEST est là au grand complet, mais aussi la patronne de la CIA, puisque Optimus Prime s’apprête à utiliser son "cristal de commandement" (oui, je sais, c’est une "matrice autobot", mais je fais des raccourcis si je veux), symbole de l’autorité du chef Autobot, pour faire sortir Sentinel Prime de sa torpeur. Sans le cristal, la chose est impossible.
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A peine le bidule a t-il touché le vieux robot que celui-ci se réveille en sursaut quelque peu paniqué, soucieux de savoir ce qu’il est advenu des Autobots et de la guerre sur Cybertron ; il est donc un petit peu dégoûté lorsqu’il entend que cette dernière a été perdue par leur camp, mais n’est pas plus étonné que ça, ce qui se comprend quand on voit les bras cassés que sont les Autobots. Il se décide en conséquence à expliquer aux humains perplexes ce qu’était la mission de l’Arche, son vaisseau : il s’agissait de transporter une arme secrète, un "pont spatial", loin derrière les lignes ennemies. Cette dernière est en fait un téléporteur constitué des pylônes retrouvés avec lui, avec tout ce que ça implique : pouvoir évacuer ses gars en quelques secondes, lancer des assauts derrières les lignes ennemies, faire ses courses à Carrefour Market et revenir à temps pour l’apéro, etc. Il faut donc mettre ce terrible instrument en sécurité, hors de portée des Decepticons qui pourraient traîner dans le coin (et qui détestent rater l’apéro parce qu’ils faisaient leurs courses à Carrefour Market).
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Optimus Prime, qui n’est pas un filou, propose à son ancien maître de reprendre le cristal de commandement pour redevenir le chef des gentils, mais ce dernier décline : il est vieux, usé, fatigué, et ne connait rien à la planète Terre contrairement à Optimus. Il serait donc peu judicieux pour lui de redevenir chef. Soit.

Oui, contrairement à Cher, les robots fripent en vieillissant. C'est très décevant je dois dire.

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Bien, bien. Maintenant que Sam est au courant de tout ça, il est donc invité à… foutre le camp. Encore ? Mais enfin, combien de fois allez vous mettre dehors un type qui connait tellement de secrets que même les Decepticons tentent de se le faire ? Sam ne pense même pas à souligner la débilité ambiante, et va plutôt se tourner vers quelqu’un qui pourrait accepter de l’aider : un ancien agent de la CIA passionné de secrets, de complots et d’histoires d’aliens (non, pas Fox Mulder, même si ça ressemble) : Seymour Simmons, qui s’est retiré des affaires de l’Agence pour aller écrire des livres sur les extra-terrestres et ce qu’ils veulent aux pauvres terriens. Sam l’appâte avec les documents que son collègue asiatique lui a transmis au bureau peu avant de mourir (visiblement, il n’a pas pensé à proposer ça aux gens du NEST, ce qui aurait pourtant pu les intéresser) : à vue de nez, tout ça détaille comment feu notre jaune ami a participé, avec d’autres, à empêcher le programme spatial américain de progresser plus avant, pour sa part en empêchant les outils d’observations de la NASA de pouvoir observer un certain point précis de la Lune. Pas de problèmes, dit Seymour Simmons : ce que les USA n’ont pas vu durant la guerre froide, les Russes ont dû le voir. Et ça tombe bien : deux spationautes russes sont actuellement aux Etats-Unis, après être passés à l’Ouest à la fin de la guerre froide. Peut-être qu’eux ont des informations intéressantes à partager qui permettraient de savoir ce que l’on a voulu cacher aux Américains ?
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En tout cas, tout cela barbe cordialement la pauvre Carly, qui elle, ne peut pas gérer plus deux choses à la fois (sa fesse gauche, sa fesse droite), d’où le fait qu’elle ait des assistantes pour s’occuper de sa collection d’art, j’imagine. Aussi, puisque les complots galactiques ne l’intéressent pas, le ton monte avec Sam, expliquant qu’elle n’aime pas trop ces histoires. Elle lui précise d’ailleurs que le soir même, son patron donne une soirée, et que le bon Witwicky est invité s’il n’est pas trop occupé à essayer de sauver le monde (brave fille : tu as de belles priorités). Ils se fâchent donc un peu, puisque notre héros semble plus intéressé par les plans d’aliens hostiles ayant essayé de dézinguer l’humanité par deux fois plutôt que par les soirées chez des types qui ont joué dans Grey’s Anatomy et qui ont donc forcément mauvais goût. Quelle drôle d’idée, tout de même. Comme quoi, on a bien raison de ne pas écouter les donzelles.
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Bref, laissons les nanas loin de tout cela comme il se doit, et passons à la suite : Sam, Seymour et l’assistant de ce dernier, Dutch, se rendent donc dans un bar à tendance slave, où, évidemment, on ne boit que de la vodka en ayant sur les genoux des puputes couvertes de fourrure (attention, de la fourrure animale, ce n’est pas un bar portugais), alors que des mafieux s’affairent au bar (quelqu’un a dit "caricature", qu’il se dénonce !) ; seul problème, l’accueil est un peu froid, et rapidement, les anciens soviétiques se lassent que l’on vienne leur poser des questions, et des armes surgissent dans toutes les mains, américaines comme russes. Cela suffit aux spationautes pour accepter de se mettre à table : oui, je n’ai pas compris non plus. Visiblement, pour faire parler les transfuges, il suffisait de se comporter comme un gros débile. Ni une, ni deux, nos deux amis de l’Est emmènent nos héros dans une arrière-cour d’où ils sortent des photos ultra-précises de la Lune (ne me demandez pas comment et pourquoi ils ont pu quitter l’URSS avec ça et les raisons pour lesquelles ils ne s’en sont pas servi de monnaie d’échange pour passer à l’Ouest, je ne sais pas. Et j’ignore aussi comment il se fait qu’on puisse trouver de pareils documents dans une minable arrière-cour de bar mafieux) : on peut y voir qu’il n’y avait pas que 5 pylônes à bord de l’Arche, mais des centaines et des centaines, et que… des Decepticon, sur la Lune, ont déplacé tous les pylônes sauf ceux de la soute blindée pour les entasser plus loin. Mais alors, bon sang ! Ils sont déjà en possession du téléporteur ! Mais s’ils ne s’en sont pas déjà servis, c’est sûrement qu’il leur manque une pièce pour ce faire… et vu qu’ils ont déjà les pylônes… et si c’était… Sentinel ? Si les Decepticon avaient fait exprès d’amener le NEST sur la trace de l’Arche pour que les gentils aillent y chercher Sentinel et le réveillent avec le cristal de commandement, histoire de pouvoir ensuite l’enlever et l’obliger à activer le téléporteur ? Vite ! Il faut appeler la CIA et le NEST pour les avertir qu’ils sont tombés tout droit dans un piège (ce qu’ils auraient pu savoir dès le début du film s’ils n’avaient pas laissé les méchants se barrer à Tchernobyl, mais je ne dis rien) !
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Sam appelle donc ses amis du gouvernement en hurlant "Houloulou, la merde ; les Decepticon ne veulent pas les pylônes retrouvés sur l’Arche, ils s’en moquent : ils en ont déjà des centaines ! Ils veulent juste Sentinel Prime pour activer le bousin ! Il faut le mettre dans un endroit où personne n’osera aller le chercher, comme par exemple un service administratif français !" ; Sentinel, qui était tranquillement en train de faire sa promenade quotidienne sur le périphérique de Washington (tout en perdant de l’huile : il est vieux et plus vraiment étanche), reçoit donc l’ordre de rentrer à la base avec son escorte. Mais, ho ! Les méchants sont déjà là ! Sous la forme de trois 4×4 de police, ils commencent à s’en prendre à la troupe ; s’ensuit donc une course poursuite pleine de sauts au ralenti, durant laquelle les Decepticons ne parviennent pas à prendre le dessus malgré leurs efforts, tant les Autobots sont déterminés à protéger leur vieux sage local.
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Mais alors qu’ils arrivent enfin à la base du NEST, où Sentinel Prime sera en sécurité pour de bon, ce dernier reprend sa forme de robot et annonce la couleur : "Merci de m’avoir sauvé des Decepticons, mais en fait, je compte aller avec eux de mon plein gré. Désolé. En réalité, j’avais passé un pacte avec eux : je devais m’enfuir avec l’Arche et le téléporteur et les retrouver sur Terre. Et maintenant, m’y voici." ; ah, le traître ! En plus, il ne fait pas semblant : il récupère les derniers pylônes dans la base du NEST et s’enfuit avec, non sans avoir tué Ironhide, un Autobot qui l’avait jusqu’ici escorté et qui risquait de l’empêcher de partir. Tout le monde est donc sur le cul chez les gentils, et ça pleure à chaudes larmes le cataclysme qui vient de s’abattre sur eux. Puis, ils traitent quand même Sentinel Prime d’enculé, par principe, parce que bon. Mais ils ne le poursuivent pas : là encore, pourquoi faire ? C’est pas comme si il venait d’annoncer qu’il trahissait tout le monde, qu’il allait passer à l’ennemi avec arme ultime et bagages, et qu’il s’enfuyait sur les routes à la vitesse d’un gros camion poussif que même une Renault 4 pourrait doubler sans soucis en côte. Dans ce film, seules les vilains connaissent le sens du mot "poursuite" semble t-il.
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Attendez, attendez, c’est quoi ce rebondissement pourri : dites moi les enfants, si Sentinel Prime devait s’enfuir avec les pylônes à bord de l’Arche durant la guerre, déjà, pourquoi les Decepticons ont-ils eu la bêtise de s’acharner à vouloir l’abattre ? Parce que si le plan a été retardé, c’est bien à cause des Decepticons qui ont endommagé l’Arche, non ? Donc ça ne tient déjà pas.  Et puis, pourquoi avoir voulu vous donner rendez-vous sur Terre ? C’était pas plus simple de juste traverser les lignes pour vous filer le bidule de la main à la main ? Quand vous voulez qu’un pote vous passe un DVD, vous lui donnez rendez-vous à Kaboul ? Non mais les plans minables. Tiens, et puis même : si Sentinel était moins idiot, quand Optimus Prime lui a proposé de reprendre le commandement et le cristal allant avec, il l’aurait fait. Comme ça, il avait avec lui cet outil surpuissant et en plus il pouvait commander les Autobots à volonté, ce qui aurait été plus pratique pour s’enfuir. Mais non, il avait envie de se compliquer la tâche. Andouille.

"Non Optimus, je ne peux pas reprendre le cristal de commandement : ça m'arrangerait trop, je vais donc stupidement le refuser"

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A la nuit tombante, en tout cas, les Decepticons et Sentinel Prime finissent par se rejoindre à un point de rendez-vous particulièrement discret : le Lincoln mémorial de Washington. D’ailleurs, histoire de bien dire qu’ils sont vilains, les méchants ont explosé la statue de l’ancien président pour que Mégatron puisse s’asseoir à sa place dans son siège de pierre, en attendant que Sentinel débarque (il a des problèmes de lombaires le Mégatron qu’il ne peut pas patienter 30s debout ?) ; ce qu’il fait promptement. Et le vieil Autobot n’a pas besoin qu’on lui dise quoi faire : à peine est-il arrivé qu’il accepte d’activer le téléporteur : il répartit donc ses 5 pylônes devant le mémorial, et les active un par un : lorsque les Autobots, avertis de la présence de méchants au mémorial, débarquent, ils se retrouvent face à une immense colonne de lumière qui forme un pont jusqu’à la Lune elle-même ! Et sur celle-ci, des centaines de Decepticons sortent de la poussière pour rentrer dans la colonne lumineuse et ainsi réapparaître instantanément sur Terre !
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Juste une question, comme ça, en passant : ils sont arrivés comment, sur la Lune, les Decepticons par paquet de cent, là ? Non parce que s’ils pouvaient voyager dans l’espace comme ils l’entendaient, pourquoi ne sont-ils pas directement allés sur Terre ? Pourquoi attendaient-ils un superfétatoire téléporteur ? Nous ne le saurons jamais, alors passons sur cette incohérence grosse comme un camion tuning.
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Optimus Prime et ses joyeux amis ne peuvent donc pas arrêter le bordel ambiant : trop de robots hostiles apparaissent, et ils se retrouvent donc promptement en sous-nombre, obligés de se replier face à la puissance de feu supérieure de l’ennemi. L’invasion de la Terre a donc officiellement commencé…
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… c’est donc le moment idéal pour Sam d’aller prendre des nouvelles de sa copine. Là encore, il ne s’agit pas de l’appeler pour l’informer du bordel ambiant et lui demander de se mettre en sécurité, non (quel intérêt ?) : à la place, il va trouver ses parents pour savoir s’ils n’ont pas vu Carly. C’est vrai, des fois qu’elle soit dans le lit de papa : excellent plan, mec. D’ailleurs, sa famille a décidé qu’il était temps d’avoir un "conseil de famille" : une invasion de robots tueurs est toujours idéale pour trouver un moment pour parler avec son fils du fait qu’il doit prendre soin de sa copine parce qu’elle est "belle et riche". Le fait qu’elle soit complètement conne n’entre visiblement pas en ligne de considération, hélas. Requinqué par les conseils parentaux ("Tu dois aller dire à celle que tu aimes que tu l’aimes ", "Tu dois l’écouter et ne pas t’occuper que de toi ", "Tu dois lui apprendre la position du toboggan du bonheur "), et particulièrement le dernier "Tu dois la retrouver et lui parler !" (exactement ce qu’il comptait faire jusqu’à ce que ses parents lui disent qu’ils voulaient lui causer – merci la perte de temps) le jeune Witwicky file donc chez Dylan Gould pour y retrouver sa douce et se réconcilier avec.
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Dans le vaste manoir du sieur Gould, notre loulou retrouve donc sa douce en plein tête-à-tête avec son charmant patron ; il décide donc de la sortir de là, parce que merde, pour se réconcilier, rien de mieux que de traîner sa nana dehors en lui arrachant à moitié le bras devant tous les invités et collègues de travail qui assistent à la scène, et ce, sous les yeux de son patron. Il a juste oublié de la traîner par les cheveux avant de lui faire l’amour sur une peau d’auroch pour compléter le tableau. Cependant, le sieur Dylan ne goûte guère à ce genre de comportement en sa demeure, et fait donc saisir l’importun par ses gros bras, et avant de l’envoyer bouler dehors. Et il s’avère que tous les invités semblent prendre un malin plaisir à la chose, particulièrement lorsque Dylan fait appel, pour calmer notre héros, à un… Decepticon ! L’enfoiré : il bosse avec eux (et tous les invités et le personnel qui ont l’air au courant, aucun d’entre eux n’a jamais fait fuiter l’info que leur patron bossait avec des êtres qui avaient tenté de raser la Terre par deux fois ? C’est très fort) !
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Le vil Gould explique donc ce qu’il en est : son père, qui a fondé son cabinet comptable maléfique, avait pour client la NASA il y a des années. Aussi, les Decepticons sont venus le trouver pour lui demander d’empêcher les Etats-Unis de poursuivre leur programme spatial, en truquant les budgets prévisionnels des missions lunaires à venir pour les rendre si chers que personne ne veuille y mettre du pognon (ils sont forts ces Decepticons ; j’espère qu’ils ont aussi parlé de TVA et de niches fiscales, vu leur connaissance des fonctionnements terriens) ; oui, à la NASA, c’est un cabinet comptable extérieur qui budgette les missions, c’est pas comme si c’était le genre d’informations sensibles qu’on traitait en interne, surtout durant la guerre froide, hein, mais bon. Voici donc ce qu’il va se passer à présent : Gould va partir en prenant Carly en otage avec lui, quant à Sam, il va gentiment aller servir d’espion pour voir ce que la CIA et les Autobots préparent. Si jamais il désobéit, sa copine prendra une balle dans la tête. Et comme ça ne lui fera rien, vu qu’elle ne semble pas dotée d’un cerveau, ils lui raboteront les fesses, son point faible. Enfin, histoire d’être définitivement sûrs qu’il ne va pas tenter de jouer au plus malin, Gould attache à son poignet une splendide montre qui est en fait un tout petit Decepticon qui transmettra tout ce que notre héros dit ou fait. Et qui pourra lui faire mal si jamais il tente quoi que ce soit ou s’il ne met pas assez de bonne volonté dans sa mission. Une fois cela fait, ils lui mettent gentiment un coup de pied au train et le renvoient vers le NEST. Décidément, le hobby d’une personne sur deux aux Etats-Unis semble être de confier tous ses secrets à Sam avant de le foutre dehors. C’est assez curieux je dois dire. Sûrement un truc culturel.
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Mais l’invasion, elle, ne s’est pas calmée pendant ce temps : forts de leur puissance de feu largement supérieure, les Decepticons ont envoyé bouler tout ce qui leur résistait, et annoncent à l’ONU, via Sentinel Prime (qui a moins l’air d’un gros chacal que Mégatron, ses yeux rouges et ses dents pourries), que personne ne veut la guerre. Si la Terre accepte de coopérer en fournissant les ressources nécessaires à la reconstruction de Cybertron, la planète d’origine des Transformers, et si elle accepte de virer les Autobots de son territoire (en les renvoyant vers le vide intersidéral, comprendre l’espace ou la Creuse), alors tout ira bien. Les Nations Unies ont un peu sali leurs fonds de culottes, puis ont accepté le marché. Paix il y aura donc.

"Ils nous demandent juste de virer nos immigrés : finalement, je trouve ces Decepticons particulièrement sympathiques"

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Aussi, lorsque Sam arrive enfin que QG du NEST, il apprend simplement cela : les terriens n’ont aucun plan et ne comptent pas résister. A vrai dire, ils ont même déjà commencé les préparatifs pour virer les Autobots, qui sont eux-mêmes résignés à quitter le coin puisqu’on leur demande. Personne ne remarque que pendant qu’il pose des questions, Sam se tient très fort le poignet en faisant "Raaaah j’ai maaaaaal", puisque le Decepticon-montre le titille pour l’obliger à obtenir des informations. D’ailleurs aucun détecteur de métaux ou de Decepticons (puisque la base du NEST en est truffée) ne semble avoir repéré quoi que ce soit. C’en est à se demander à quoi ils servent. Il y a tout de même un passage formidable, où, forcé par la montre, Sam dit aux Autobots "Dites moi si vous avez un plan ! Vous savez que vous pouvez me parler, je suis votre ami… je serai le seul humain au courant !" ; phrase qu’il prononce avec 40 agents et techniciens du NEST derrière lui. Soit il ne les considère pas comme des humains, soit il pense qu’ils sont sourds, allez savoir. Ou cons. Choisis ton camp camarade.
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Les Autobots finissent donc par regagner leur navette spatiale, qui est prête à décoller, et a pour l’occasion été boostée d’une navette et de propulseurs (pourquoi ? La dernière fois, ils ont pu aller sur la Lune sans. Et puis ils ont obtenu tout ce matos en moins d’une journée ? On peut donc monter une mission spatiale en moins de 24h ? C’est beau, tout de même, moi qui pensais que c’était compliqué).  Les robots de l’espace s’envolent donc vers le ciel dans une immense colonne de feu, sous les applaudissements de la NASA, qui applaudit naturellement quand elle réussit un lancement, même si c’est pour expulser des gens qui les avaient sauvés par 2 fois, parce que bon, héros, certes, mais immigrés avant tout. La navette qui s’envole est donc un peu comme une sorte de gros charter vers Bamako.
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Mais à peine le vaisseau a t-il décollé qu’un Decepticon sous la forme d’un avion de chasse s’approche et lui balance quelques missiles dans la face pour lui apprendre la vie : tout explose, les Autobots viennent donc tout simplement d’être détruits en plein ciel : au sol, c’est le choc, les gentils aliens mi-véhicule tuning mi-humanoïdes idiots viennent de périr tragiquement. C’est affreux. Allez, prenez le temps de sécher vos larmes, nous allons passer à la suite (ce film est diablement long).
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Un peu plus tard, donc, la ville de Chicago est dans une curieuse situation : les Decepticons ont installé la quasi-totalité de leur armée sur place, et Sentinel Prime est occupé en haut d’un immeuble à installer plusieurs pylônes de téléportation en des points précis (on aperçoit brièvement des Decepticons en installer un peu partout ailleurs dans le monde) . Tout cela est fait sous le regard attendri de Dylan Gould, qui dispose d’un formidable appartement avec vue sur tout cet immense bazar, sympathique endroit dans lequel il s’entretient avec Carly de la suite des hostilités, histoire de la divertir un peu tant otage est un métier ennuyeux. Comme tous les méchants, le bougre se décide donc à révéler l’intégralité du plan des forces du mal : la ressource que les Decepticons comptent prélever de la Terre pour reconstruire Cybertron, ce sont les humains ; car ils auront bien besoin d’esclaves pour ce faire. Mais ? Ce ne sont pas des machines, justement ? Ils ont besoin d’esclaves ? Et sachant que Cybertron est une planète sans atmosphère, juste comme ça, vous comptez vous y prendre comment ? Les mecs travailleront en apnée 30s avant de mourir ? Il va en falloir, du monde. Enfin bon. Tant qu’à raconter tout en détails, Gould précise aussi comment fonctionnent les pylônes de téléportation (est-ce que quelqu’un peut m’expliquer comment il sait ça ?) : ils fonctionnent tous ensemble sous la coordination d’un pilier principal, de couleur rouge contrairement aux autres qui sont bleus ; si le bidule rouge est désactivé, tout le plan des Decepticons sera foutu en l’air. Merci de la précision de ton explication fort utile. Moi aussi, j’adore confier toutes les failles de mes plans à mes prisonnières ("Hahaha, les filles, il est strictement impossible de sortir de cette cave ! Elle est reliée à cette caméra de sécurité, qui n’ouvre qu’à ma personne ; elle a cependant un bug et déverrouille la porte si vous pratiquez des scènes lesbiennes devant elle, mais je doute que cette information vous serve". Bon, moi par contre, je mens un peu, c’est vrai).
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Tiens, au fait, Mégatron n’avait pas demandé à Vautour de tuer tous les humains qui avaient collaboré avec lui ? parce que finalement, il n’a plus besoin de Gould depuis un bail. A part, bien sûr, pour révéler le point faible des plans des méchants à la gentille. Misère, mais mettez-lui une balle dans la tête, bon sang. S’il vous plait. Allez, quoi, flûte. Une faveur. Ah, rabat-joie.
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En tout cas, Sentinel Prime, lui aussi, explique un peu à Mégatron pourquoi il a trahi les siens : sa priorité, c’est reconstruire Cybertron, leur monde natal. Et si pour ça, il faut sacrifier l’humanité, c’est normal car "Le plus petit nombre doit s’effacer devant le plus grand". Rappelez-moi combien sont les Transformers ? Ah oui : "Une poignée". Face à 6 milliards d’individus. Si c’est pour avoir ce genre de soliloques consistant à se tirer des balles dans le pied, autant fermer sa gueule mon petit Sentinel Prime. Mais le bougre, visiblement soucieux de montrer qu’il est complètement con jusqu’au bout déclare "Maintenant, commençons à raser la ville pour montrer aux humains qui sont les maîtres." ; juste comme ça, Cyber-Corky, deux remarques :
  • Détruire une partie de la ressource que tu es venu chercher, c’est contre-productif, en fait
  • Tirer sur les humains comme ça, hop, au hasard, ça revient à dire "Humains, que vous vous battiez ou non, on vous tape sur la gueule, alors autant vous battre". Ou comment inciter soi-même à la révolte.
Et donc, c’est toi le vieux maître qui a tout enseigné à Optimus Prime ? Je commence à comprendre pourquoi les gentils sont de gros neuneus : ton enseignement a porté ses fruits. Ho, et si vous vous demandez pourquoi ils installent leur téléporteur, sachez que c’est encore plus idiot : ils comptent téléporter Cybertron à côté de la Terre pour pouvoir y envoyer les humains. Comment ? A part probablement risquer une monstrueuse collision entre deux planètes, ça ne sert à rien ? Je suis d’accord. D’ailleurs, pourquoi téléporter sa planète si c’est pour ensuite téléporter les humains dessus ? Autant passer directement à la deuxième étape. Mais que voulez-vous : quand on a un moteur de Traban en guise de cerveau, ça a des conséquences.
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Chicago est donc plongée dans le chaos : des Decepticons-tanks se promènent dans les rues en massacrant les gens, les vaisseaux volants bombardent tout et des chasseurs sont largués par ces derniers pour aller faire du mitraillage sur les grandes artères. Bref, on rigole bien. L’armée américaine tente bien d’intervenir, mais tous ses appareils sont abattus par les défenses Decepticons avant même d’avoir pu ouvrir le feu. Tout espoir semble donc réduit à néant…

De tout le film, jamais notre héroïne n'arrivera à mettre sa bouche dans une autre position que celle-ci. Comme dirait Nicolas Cage "C'est compliqué, les expressions faciales".

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Mais c’est sans compter sur Sam, qui lui a une très grosse envie d’aller sauver sa nana. Aidé de Seymour Simmons et de son assistant Dutch, il finit par la localiser dans un immeuble de Chicago en repérant le téléphone portable de Gould : il doit s’y rendre ! A ce moment là, il ne sait pas encore que la ville a commencé à être bombardée, mais dans le doute, il a quand même décidé d’y aller avec une équipe d’anciens agents du NEST dont il connait le chef, qu’on appellera Bob. Tous ensemble, le geek et ses baroudeurs foncent donc à vive allure vers la cité dont ils apprennent le tragique destin à mi-chemin. Au passage, chose mystérieuse, Sentinel Prime semble mettre des heures à configurer son téléporteur, alors que la dernière fois, devant le Mémorial de Lincoln, il lui avait fallu moins de 5mn. Que ne ferait-on pas pour que les héros aient le temps d’arriver.
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Sur place, donc, Sam et ses amis découvrent la cité très largement entamée par les combats, les rues étant remplies de voitures calcinées et nombre d’immeubles éventrés par les tirs. Seulement voilà : un chasseur Decepticon a tôt fait de les repérer et de commencer à les mitrailleur, les acculant derrière quelques couverts qu’ils ne peuvent quitter, sans compter qu’ils n’ont pas d’armes suffisamment grosses pour percer ce blindage, n’ayant que des fusils mitrailleurs (vous n’avez toujours pas envie de prendre des lances-roquettes ? Ce sont des êtres blindés, vous allez le comprendre quand ? Ça fait quand même déjà trois films, là). La petite troupe va t-elle mourir sous les assauts de l’appareil ennemi ? Je me le demande, pfou, j’en sue de stress.
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Et en effet, un tir de gros obus abat l’ennemi d’un seul coup : les Autobots au grand complet viennent d’arriver ! Ils sont venus ! Mais comment ont-ils survécu à l’épisode de la navette ? Facile : ils s’étaient planqués dans un des modules que la navette avait largués au décollage, dixit l’un d’entre eux. Attendez, la navette avait largué un module ? Non non non, elle n’avait rien largué du tout, elle a été abattue alors qu’elle venait juste de décoller. On dirait qu’un scénariste se fout ouvertement de notre gueule. Hmmmm, voilà qui me rend grognon. Oui, plus que d’habitude. Si, c’est possible. Bref ; détail notable : malgré leurs mésaventures, les combats, la poussière et la suie du champ de bataille, sous leur forme de véhicule, les Autobots n’ont pas une tache ou une rayure sur leurs carrosseries. Ça s’appelle le respect du tuning : aucune particule digne de ce nom n’oserait se poser sur un truc aussi laid.
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Les Autobots annoncent donc la suite de leur plan (et il n’y a personne pour les écouter : le Decepticon-montre s’est barré juste après que la navette des Autobots ait été abattue, pour information) : certes, ils ne sont que 9, oui, en face, ils sont des milliers, alors ils vont foncer dans le tas, de face, et sans préparation. Voilà, quand je vous disais qu’Optimus Prime avait bien appris de son maître, je ne me foutais pas de vous : c’est un fait. On note aussi que sans raison aucune, il a fallu attendre que les Decepticons fassent un million de morts à Chicago pour que les Autobots se décident enfin à pointer le bout de leur nez pour déjouer leurs plans, mais passons.
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L’équipe décide déjà de récupérer l’appareil volant fraîchement abattu, qui vole encore (excusez-moi, s’il a été abattu, ce n’est pas justement parce qu’il ne volait plus ? Je crois que la notion de "logique" a été oubliée, quelque part en amont de cette production), pour infiltrer discrètement l’équipe de Sam et de ses potes humains en ville, histoire d’aller sauver Carly des griffes du vilain Dylan Gould. Ni une, ni deux, nos larrons parviennent à faire voler l’appareil et à larguer Sam pile à l’étage voulu de l’immeuble qui sert de planque au brigand pour qu’il puisse récupérer sa nana (moi, personnellement, j’aurais envoyé un membre du commando qui m’accompagnait : c’est un peu leur spécialité, merde ; c’est à ça que sert le petit personnel). Ce qui est promptement fait, et dans la panique qui s’ensuit, Dylan n’aimant pas trop qu’on tente de lui piquer ses jouets, il envoie à la poursuite de Sam un Decepticon qui passait par là (mais, pourquoi lui obéissent-ils encore, vu qu’il n’est plus d’aucune utilité depuis longtemps ?) : Vautour. Hélas pour le pauvre volatile, les canons du chasseur avec lequel Sam est venu vont s’en mêler et le transformer en pulpe ; voilà, un de moins. N’en reste plus que quelques milliers, et c’est bon. Bah, on y est presque, non ?
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Dylan Gould dispose d’ailleurs visiblement lui-même de son propre téléporteur, puisque quelques secondes seulement après que Sam se soit enfui par la fenêtre d’où il était venu sur son appareil volant et sa donzelle fraîchement récupérée, le vil comptable arrive en bas de son immeuble (soit une descente d’environ 10 étages par seconde, même la gravité est dégoûtée de ne pouvoir faire aller les gens aussi vite) pour informer les Decepticons qui trainaient que les gentils sont dans Chicago et qu’il faut se défendre ! La bataille peut donc commencer.
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Je vous passe les détails de la baston générale, avec des gentils et des méchants qui se poursuivent dans tous les sens, mais résumons un peu : Sam et ses commandos apprennent grâce à Carly que le point faible des méchants est le fameux pylône rouge qui commande à tous les autres. Ils se décident donc à aller essayer de lui coller une roquette dans la margoulette ; ça tombe bien, ils n’en ont qu’une (je ne commente même pas, tenez) ; mais pour toucher leur cible, située tout en haut d’un immeuble, il leur faut eux-mêmes monter dans un bâtiment suffisamment proche et haut pour avoir une bonne ligne de vue. Et un bel immeuble de bureaux se propose de servir de terrain de jeu : en route !

En tout cas, c’est un sacré bazar, puisque l’immeuble choisi est déjà dans un état contestable suite au bombardement, et qu’une fois arrivé en position pour tirer, le type à qui on a confié le lance-roquette passe son temps à faire "Aaaah non, je ne tire pas, j’ai trop peur que l’immeuble s’effondre !" alors que tous ses potes, à côté de lui, lui hurlent d’ouvrir le feu. C’est vrai que rester sur place à ne rien faire dans un immeuble instable, c’est tellement plus sûr que de tirer avant de se barrer pour se mettre en sécurité. Et non, personne ne lui prend l’arme pour tirer à sa place : de longues minutes s’écoulent donc sans que rien ne se passe, jusqu’à ce que les Decepticons ne repèrent la petite bande en goguette : un terrible adversaire que vous aviez sûrement oublié se montre donc et commence à ravager le bâtiment : Sondanal, l’explorateur de trous noirs.

Shockwave et Sondanal trouvent toujours 5mn même en pleine guerre pour prendre la pose

Et visiblement, depuis 2001, on fabrique des immeubles en adamantium : même avec toute la base ravagée par un monstre de plusieurs milliers de tonnes, ils ne s’effondrent pas sur eux-mêmes et se contentent de pencher ; et si le haut d’une tour bascule et en rencontre une autre, ça ne provoque pas un double effondrement, non : ça l’arrête net. Surpuissant on vous dit.

Il n’empêche que nos héros sont obligés de courir dans tous les sens, de profiter que l’immeuble se mette à pencher à plus de 90 degrés (tout de même, ce n’est plus un bâtiment, c’est un carambar) pour sortir par une fenêtre et faire du surf sur la surface extérieure du bâtiment ; à noter que bien qu’ils soient équipé de grappins futuristes, nos loulous ne pensent jamais à les utiliser pour stopper leurs glissades et plus d’une fois, un type du commando finit dans le vide. Heureusement que ce sont des spécialistes.

Mais tout cela n’empêche pas Sondanal de poursuivre son petit bonhomme de chemin alors que sa poursuite derrière Sam & co se prolonge ; cependant, alors que la bête s’apprête à dévorer la petite troupe, elle est soudainement décapitée : Optimus Prime, qui a une sorte de jetpack, vient de traverser la ville en volant pour lui asséner un bon coup d’épée pile au bon moment sur le coin du nez. Dans un grognement sourd, le Decepticon fécal s’effondre pour ne plus jamais se relever. Les autres Decepticons n’apprécient guère la chose, et tirent donc sur Optimus Prime, parvenant à endommager ses réacteurs pour le forcer à s’écraser. Mais sans raison aucune, encore une fois, le bougre va se remettre à voler quelques minutes plus tard : non mais bon sang, c’est quoi ces histoires de trucs qu’on abat puis qui revolent ? Ce n’est quand même pas compliqué, comme logique, de dire "Abattu, a marche pu". Mais il semblerait que pour certains réalisateurs, si.

L’armée américaine, elle, se décide enfin à intervenir : elle a compris comment rentrer en ville ; si tous ses avions sont abattus, il lui suffit d’envoyer des avions à hélice qui… pardon ? Des avions encore plus lents ? Oui, c’est ça : le NEST envoie des avions à hélice larguer des mecs au-dessus de la cité. Quel plan pourri ; il n’empêche que du coup, il marche ; il faut dire que ça permet une scène cool où, plutôt que de sauter en parachute, les bougres sautent de leurs appareils avec des tenues de base jump façon écureuils volants, en faisant de superbes manoeuvres (ils volent en formation, tournent en volant pour prendre de petites rues et semer leurs poursuivants, etc.). Oui, le mot ridicule est autorisé. Sinon, vous pouviez les amener en voiture : regardez, c’est même comme ça que Sam, son commando, les Autobots & co sont arrivés. C’était plus simple et plus efficace, certes, mais moins spectaculaire qu’une séance de sports extrêmes. Il fallait choisir.

La bataille continue donc d’encore plus belle, et il y a même un superbe passage où les Decepticon capturent deux Autobots, dont Bumblebee. Dylan Gould, qui est décidément un filou, s’empresse donc d’ordonner aux robots aux yeux rouges d’abattre leurs confrères aux yeux bleus : diable, il est donc plus cruel que les méchants eux-même ! Bon, je passe sur le fait qu’on lui obéisse, et disons-le : maintenant qu’il y a des prisonniers, ce ne serait pas plus intéressant de les interroger ? Du genre combien êtes-vous, quel est votre plan, etc ? Je ne sais pas, ça pourrait servir. Surtout que je le rappelle, vous pouvez vous le permettre : il y a plusieurs milliers de Decepticon contre 9 Autobots et une vingtaine d’humains dispersés et n’ayant même pas d’armes adaptées. Au fait : vous vous souvenez des vaisseaux volants dont je vous avais parlé jusqu’ici, qui bombardaient la ville et larguaient des chasseurs ? Et bien depuis que les Autobots sont entrés en ville, on en entend quasiment plus parler. C’est fou comme on fait disparaître facilement des ennemis pour faciliter le travail des héros.

Mais justement : ces vaisseaux là réapparaissent là, maintenant, car l’un d’entre eux est en train de s’écraser suite à une fourberie Autobot ; et coup de bol, il se crashe juste sur le peloton de Decepticons qui venait de tuer le premier prisonnier Autobot et s’apprêtait à tuer le second, qui n’était autre que Bumblebee, le pote historique de Sam. Et ce, sous les yeux justement de notre héros, qui planqué à quelques mètres de là suite à diverses aventures, avait pu observer la scène (le tout accompagné de sa copine : encore une fois, il a décidé de l’emmener partout avec lui plutôt que de la mettre quelque part en sécurité et de ne plus en bouger. Genre une cave : je recommande personnellement). Le gentil robot jaune est donc sauvé d’une fin prématurée et peut reprendre le combat. On ne tue pas aussi facilement les personnages qu’il faut faire revenir dans le prochain film, mécréants.

A noter qu’alors que Sam repart se battre, Carly décide de prendre une initiative, la seule de tout le film, et attention, pas n’importe laquelle : elle court voir Mégatron, le plus vilain de tous les Decepticons, et qui était en train de faire la sieste (je ne rigole pas, en pleine guerre, le bougre était en train de glander) ; évidemment, il n’a aucun garde, rien, et elle passe comme elle veut. Et une fois devant le brigand, elle utilise la ruse la plus consternante de tout l’univers : elle lui grimpe dessus (mais ça, elle le fait naturellement sur un peu tout depuis ses 14 ans) et lui dit "Hey, Mégatron ! Tu sais que tu passes pour un con, là ? Parce que finalement, toi tu n’es rien comparé à Sentinel Prime ; quant il aura ramené Cybertron ici, c’est lui qui va pouvoir se taper toutes les meufs (des robots qui se métamorphosent en Mini Cooper), et toi tu passeras pour un gros naze. Un gros caca pourri, hihihihi nananananèreuh" ; et figurez-vous que ça marche : Le chef des forces du mal se lève et s’exclame "Puisque c’est comme ça, je vais aller péter sa mouille à Sentinel Prime pour montrer que c’est moi le chef".

A cet instant précis du film, j’ai beaucoup pleuré. Même si encore une fois, cela prouve ce que je disais plus tôt : ne jamais écouter une femme, ça n’attire que des emmerdes.

Dis-donc, tu crois que j'ai pas vu où tu mettais ta main gauche petit chenapan ?

La bataille continue (encore) donc à divers coins de la ville, et on retrouve Sam juste à côté du pylône principal, qui vient d’être activé : dans le ciel terrien, Cybertron commence à apparaître. Aussi, notre héros voyant ce terrible spectacle se dépêche de le couper, ce qu’il fait : comme un vulgaire téléchargement d’épisode de Lost, la télétransportation se met gentiment en pause, laissant dans le ciel un bout de Cybertron. Mais soudain surgit Dylan Gould, qui le réactive (Comment ça ? Hé, ho, je croyais que seul Sentinel pouvait l’activer, même que c’est pour ça que les Decepticons avaient dû monter leur plan pourri ? Un simple humain suffisait ? C’est fou comme les gens s’emmerdent pour rien, en fait.) avant de se battre avec Sam ; le téléchargement peut donc reprendre, et sans aucun dégât ou problème, Cybertron recommence à apparaître petit à petit au côté de notre belle planète. Finalement, Sam finit par se débarrasser de Dylan en le poussant contre le fameux pylône, ce qui l’électrocute quelque peu (mais toujours sans perturber le télétransport), mais la palme de la plus belle désactivation revient à Bumblebee, qui débarque pour… pour plaquer le pylône au sol façon Sébastien Chabal nourri au yaourt depuis une semaine ; l’objet est donc lourdement endommagé, et la télétransportation définitivement arrêtée, ce qui a pour effet :

  • De faire plaisir aux gentils
  • De retélétransporter loin de la Terre les milliers de Decepticons qui étaient arrivés de la Lune via le télétransporteur quelques jours plus tôt (Heu, pourquoi ?)
  • La planète à demi-télétransportée à côté de la Terre explose complètement, mais rassurez-vous : ça ne pose aucun soucis à notre belle planète. Il n’y a même pas un caillou qui l’érafle. Et vous savez pourquoi ? Parce que ça forme un immeeeeeeense trou noir, plus grand encore que notre planète, et toujours juste à côté, qui a la gentillesse de n’aspirer que les petits morceaux de Cybertron et de ne même pas remuer la Terre. C’est vraiment bien fait, tout de même. Tous les physiciens et astronomes de la salle se sont ouvert les veines à cet instant précis.

Il ne reste donc plus grand chose de la menace alien… mais tout de même : Optimus Prime, lui, au coeur de la bataille a rencontré Sentinel Prime, et commencé le combat contre son traître de vieux maître ; hélas, le bougre a de beaux restes pour un vieux un peu humide, puisqu’il parvient à mettre à mal le plus courageux des camions kitschs au point de lui couper un bras. Mais alors qu’il va mettre le coup de grâce à notre héros, Mégatron, telle une grosse pucelle hystérique, débarque en hurlant "C’est moi le chef heuuuuu ! Pas toiiii !" et met à terre Sentinel, permettant à Optimus de se relever. Ce dernier ne perd donc pas de temps, et profitant de ce répit inespéré, tue Mégatron en le décapitant, avant d’achever son vieux maître au sol. Comme quoi, avec deux bras, il est plus mauvais qu’avec un seul ce gros nase. Je ne veux même pas savoir pourquoi.

Tout le monde se regroupe donc sur une petite place à demi-ravagée, et les héros s’échangent des regards genre "Ouaiiiis, ce qu’on leur a mis, on est trop forts, huhuhuhuhu". Carly saute dans les bras de Sam pour lui rouler un gros patin et lui hurler qu’elle l’aime, et Bumblebee arrive donc sur ces entrefaites pour jouer sur son autoradio intégré la marche nuptiale avant de lâcher des boulons en guise d’alliance.

Oui, moi aussi, j’ai toujours rêvé de faire ma demande en mariage au milieu d’une ville en ruine et après des millions de morts. On appelle ça "Un mariage à la Hitler". Vous êtes décidément trop cools, les héros.

Tout le monde se met donc en ligne devant un drapeau américain flottant encore au vent bien qu’un peu troué, et Optimus Prime déclare gentiment que maintenant que le calme est revenu, à nouveau, lui et et ses Autobots se mettent au service des terriens (alors que bon, ce n’est pas du tout comme si ça faisait moult fois que vous étiez poignardés par les humains, hein, mais quand on est un peu con…). Chacun dit les yeux humides qu’il a été fier de combattre pour la liberté, et alors que le drapeau de la patrie des braves bat dans le vent du soir, la lumière décroit doucement et…

FIN

Ouf.

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Allongé à côté de son véhicule recouvert de broussailles, Mokobé observe de ses jumelles la remorque immobilisée à une centaine de mètres. Quelques minutes après que les insectes nocturnes aient commencé à se faire entendre, il perçoit brièvement son client installé juste à sa gauche s’exclamer "Là !"

Et en effet, dans le ciel, une sorte de météore descendant à folle allure vient d’apparaître, provoquant une certaine panique parmi les oiseaux installés alentours qui s’ébrouent promptement dans une multitude de cris bigarrés, sorte de son à la fois long et curieux qui n’est couvert l’espace de quelques instants que par le puissant bruit sourd que produit le météore en rencontrant le sol, soulevant des gerbes de terre et de gravats qui sous la puissance de l’impact, retombent à des centaines de mètres à la ronde, obligeant les deux discrets observateurs à se couvrir le crâne pour éviter qu’un éclat de roche ne vienne y ricocher douloureusement. Lorsqu’enfin, le déluge terrestre semble s’achever, Mokobé observe la silhouette d’un géant de métal sortir du cratère pour scruter les alentours, ses yeux bleus luisants dans le crépuscule. Bien qu’essayant de se faire encore plus discret qu’il ne l’était déjà, sujet à une certaine peur, le chauffeur africain ne peut s’empêcher d’observer la suite des évènements : l’alien, après avoir repéré la remorque, s’avance de son pas lourd vers celle-ci, et commence à tourner autour pour chercher un éventuel piège ; ce n’est que lorsqu’il est passé derrière celle-ci, en partie masqué aux yeux de Mokobé, qu’enfin il se décide à soulever la toile ; un bruit électronique fort original se fait entendre, ainsi que des sons de vérins et de portières que l’on claque, puis plus rien. Le spectacle semble visiblement terminé, et la vie nocturne de la savane reprend doucement ; la haute silhouette qui dépassait de derrière la remorque semble avoir disparu lorsque le pan de bâche qu’elle avait soulevé est enfin retombé.

"Que… que s’est-il passé Monsieur ?
- Mon bon Mokobé, la bête est tombée dans mon piège ; elle a regardé sous la bâche. 
- Mais qu’est-ce qu’il y a sous cette foutue bâche ?
- Une voiture sans permis. 
- Que… pardon ?
- Une voiture sans permis. Une merde avec un moteur poussif qui fait rire jusqu’aux enfants. 
- Mais… pourquoi ?
- Et bien les transformers sont de gros niais : ils prennent l’apparence de véhicules terriens. Là, pas de bol, tout ce qu’il y avait à disposition pour notre invité, c’était une merde à roulette. Le voilà donc transformé en étron mécanique. Ça lui apprendra à immigrer illégalement chez nous.
- Et les yeux bleus ? Vous avez vu les yeux bleus ? Je croyais que c’étaient les gentils qui en avaient ! 
- En effet.
- Mais alors, pourquoi vous en prendre aux Autobots, s’ils sont venus pour nous aider ? Pourquoi est-ce que… je dois vous arrêter Monsieur Odieux ! Je ne vous laisserai pas faire, vous travaillez contre l’espèce hum…"
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Mokobé aperçut dans l’obscurité le curieux sourire de son interlocuteur.

"All, Hail to Mégatron !" dit l’Européen dans le vide

Et ce fut la dernière chose que le pauvre chauffeur entendit, juste avant que la patte d’un fasciste d’éléphant ne vienne lui écraser la gueule.

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