Iron Man III est, comme son nom l’indique, la suite d’Iron Man I & II.

Aussi, vous imaginez bien qu’il serait fort malvenu de ne pas vous raconter le début de l’histoire avant de vous laisser avec ce spoiler. Aussi, comme il se doit, nous allons débuter par le résumé des épisodes précédents.

Iron Man I : Tony Stark est le boss de Stark Industries, multinationale spécialisée dans l’armement. Playboy surdoué et bricoleur de génie, il est blessé lors d’une visite en Afghanistan et se retrouve avec des bouts de shrapnels près du cœur impossible à retirer, l’obligeant à se greffer un réacteur sur le torse pour maintenir tout ce bousin à distance. Si, c’est logique, chut. Il en profite pour se fabriquer une super armure alimentée par ledit réacteur et s’en sert pour faire la justice, comme par exemple bourrer la gueule du type qui lui a tendu une embuscade en Afghanistan, le numéro 2 de Stark Industries que personne n’avait vu venir depuis le premier plan du film puisqu’il était grand, costaud, avec une pilosité louche et un nom d’apocalypse biblique, donc forcément insoupçonnable. A la fin, Iron Man gagne, et c’est la fête.

Iron Man II : Le réacteur sur le torse de Tony Stark commence à contaminer son corps avec des trucs pas cool, comme par exemple des neurones. Après une heure de film à combattre des méchants en carton, Tony Stark découvre suite à une succession d’incohérences et de télescopages à faire passer Hubble pour un microscope de salon qu’il peut améliorer son réacteur en créant un nouvel élément, sauvant ainsi sa vie tout en lui permettant de rendre ses armures encore plus puissantes. Il en profite donc pour vaincre les méchants et faire des bisous à Pepper, sa secrétaire, avant de lui abandonner la direction de Stark Industries pour ne plus avoir à faire la compta, ce qui est tout à fait compréhensible. Ainsi délivré des tableaux Excel, Iron Man est content d’avoir gagné, et c’est la fête.

Vous avez tout suivi ? Vous vous demandez si Iron Man va gagner et si ce sera la fête ? Alors en route pour l’épisode III. Spoilons mes bons !

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L'affiche : pas d'explosion mais des flammes et des étincelles : l'honneur est sauf

L’affiche : pas d’explosion mais des flammes et des étincelles : l’honneur est sauf

Tout commence en décembre 1999, à Genève, alors que Tony Stark s’apprête à fêter le passage à l’an 2000 en compagnie d’un certain nombre de sommités du monde scientifiques, réunies là pour se murger au champagne en discutant génétique sur fond des tubes de l’année comme Notre Dame de Paris ou Manau. Quelle année, pfou. En tout cas, comme il se doit, l’ami Stark ne perd pas son temps avec les vieux barbons qui peuplent l’endroit : il a repéré une jeune botaniste prénommée Maya qui semble plus à même de pratiquer le tourniquet moldave que ce vieux professeur de chimie qui déambule dans un coin en bavant des morceaux de roulé au fromage. Fort bien : Stark décide de l’emmener (Maya, pas l’ami des roulés au fromage) vers sa chambre, la réception se déroulant dans un luxueux hôtel local.

Sauf que sur le chemin, une sorte de gros nerd (à l’époque, cela signifie "Joueur de Counter-Strike") tente de l’aborder malgré son garde du corps personnel, Hogan, et Stark se retrouve sur les bras avec une sorte de publicité pour le shampoing qui lui explique qu’il a un projet super génial qu’il a monté avec sa propre boîte, AIM, et qu’il aimerait bien que Stark le soutienne. Tony lui dit que bon, oui oui, tu es bien gentil, tiens, tu veux pas aller sur le toit de l’hôtel m’attendre ? J’arrive dans 5 minutes. Et sitôt que le gourgandin a disparu pour s’en aller au rendez-vous fixé par Tony, celui-ci va plutôt s’occuper de la petite Maya, avant de l’abandonner au réveil comme il se doit parce que ho, dis, tu as cru quoi petit maline ? La bougresse peut donc s’en retourner tristement à son projet phare : un bidule génétique permettant aux plantes de se régénérer lorsqu’on leur marrave la mouille, une sorte d’archnémésis pour élagueurs, quelque chose comme ça. Quant au nerd malheureux, il est probablement mort de froid sur le toit, ou pire, est retourné sur de_dust.

Faisons un bond dans le temps, par exemple pour nous rendre en décembre 2013, où nous retrouvons Tony Stark dans le sous-sol de sa villa, occupé à bricoler une nouvelle armure, la Mark 42, qui a pour capacité spéciale d’avoir des pièces toutes équipées de petits réacteurs (oui, même le masque. Ah, ça, si ça s’enclenche par accident, ça va sentir le bouc à bien des sens du terme) pour pouvoir voler dans tous les sens et ainsi rejoindre Tony où qu’il se trouve. Formidable.

Détail important, cela fait 72h que Tony n’a pas dormi. En fait, Tony n’arrive plus à dormir : depuis l’épisode des Avengers, il a des crises d’angoisse et de terribles cauchemars et se réveille la nuit en murmurant "Non… pas ce film au scénario pourri… pas le passage où Loki explique son plan incohérent… pitié… et pourquoiiii Captain America ?". Mais rassurez-vous : ça ne le gêne pas spécialement pour autant : le sommeil, c’est un truc très surfait. Et de la même manière, même si le héros nous joue le traumatisé des Avengers, du film, jamais il ne pensera à les appeler, ou ne justifiera cet oubli de quelque manière que ce soit. Un détail j’imagine.

Pendant ce temps, à Stark Corporation, société désormais dirigée par Pepper Potts, la copine de l’ami Tony, la maîtresse des lieux reçoit en rendez-vous un élégant industriel dont la tête lui dit bien quelque chose… hmmm… voyons voir…

"Bonjour Pepper. Vous vous souvenez de moi ?
- Attendez, attendez, ne me dites rien…
- Mais si, c’est moi ! Genève ! La tribu de Dana ! Le geek de la société AIM qui harcelait Tony : c’est moi, Aldr…
- STEPHANE ROUSSEAU ! Ho bon sang Monsieur Rousseau, j’adore tous vos sketchs ! Celui au ski, je me fais pipi dessus !
- Mais ? Mais enfin, pas du tout !"

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Sauf que si. Pour la peine, pour le reste du film, ce personnage sera Stéphane Rousseau. Ça vous apprendra à m’obliger à aller vérifier le casting tellement j’ai douté tout du long.  Ah mais.

Stéphane Rousseau et sa société ont donc créé un super outil permettant d’explorer le cerveau humain, et plein d’autres trucs cools. Pour les présenter, Stéphane a un outil sympa : trois petites boules qu’il balance n’importe où et qui affichent aussitôt un hologramme 3D parfait au-dessus d’elles. Ce qui me laisse supposer que le bougre doit être balaise à la pétanque, puisque qu’importe comment il lance, les bidules atterrissent toujours en parfait triangle équilatéral. Même s’il les envoie sur une table, hop, ça s’arrête au bord. C’est fort. Mieux encore, la représentation en direct du cerveau de Stéphane Rousseau est supposée montrer son activité cérébrale : et il n’en a que quand Pepper le pince, pas quand il parle.

Je trouve ça assez représentatif de ce film.

Bref : Stéphane essaie de convaincre Pepper en lui disant une fois encore que Stark Industries et AIM devraient s’allier… mais Pepper refuse, car si Stark a dit non par le passé, elle se voit mal le désavouer aujourd’hui. Stéphane est donc fort marri de ce refus et part donc bouder dans sa chambre en écoutant du Avril Lavigne.

Mais Hogan, l’ancien garde du corps de Tony désormais chef de la sécurité à Stark Industries a suivi tout cela de loin : il voit bien que Stéphane Rousseau qui se promène comme ça, c’est quand même pas très crédible, et qu’il tourne un peu trop autour de Pepper. Sans compter que Rousseau a en plus emmené son propre garde du corps, Maurice, et que sa tête ne revient pas vraiment à Hogan (non mais les préjugés : ah bravo !). Ce dernier décide donc de les suivre personnellement, puisqu’en tant que chef de la sécurité de l’un des plus grands groupes économiques mondiaux, il n’a que ça à faire de ses journées. Pepper, elle, après avoir chassé Stéphane Rousseau de ses locaux, s’en va retrouver son doux amant, Tony Stark, pour une belle soirée en amoureux. Hooo, comme tout cela est prometteur.

Sauf que rapidement, les choses tournent assez mal :

  • Déjà, Tony continue d’être obsédé par le bricolage de nouvelles armures pour lutter contre ses crises d’angoisse et occuper ses pensées, et passe donc plus de temps au sous-sol qu’avec Pepper, probablement pour échapper à la simple obligation de prononcer son prénom
  • Cela dit, pour occuper la bougresse, Tony a programmé ses armures pour agir de manière autonome. Il s’en sert donc pour distraire Pepper (je n’ai pas dit "sex-toy" bande de galopins) pendant qu’il continue de faire le zazou dans sa cave
  • Pepper n’aime pas trop ces conneries. Pire encore, dans la nuit, alors que Tony cauchemarde lors d’un des rares moments où il dort, murmurant "Noooon… pas la scène finale d’Avengers toute pourrie", Pepper le secoue pour le réveiller… et une armure déboule aussitôt pour lui péter la gueule, pensant qu’elle agresse l’ami Tony

C’est donc une Pepper grognonne qui s’en va pioncer sur le canapé, parce que bon, hein, s’il aime tant ses armures Iron Man, il n’a qu’à coucher avec, ah mais. Dis donc. Ah, cette Pepper, elle a bien raison de lui en vouloir : après tout Tony ne cauchemarde que parce qu’il a affronté une invasion extra-terrestre qui s’est finie à coups de portails dimensionnels et d’armes nucléaires où il a failli y rester, il pourrait quand même faire un effort pour fermer sa gueule quand elle pionce, merde.

Vous rentrez chez vous, quand soudain vous rencontrez ceci. Et haïssez le goût pour le cosplay de votre compagnon pour l'éternité

Vous rentrez chez vous, quand soudain vous découvrez ceci sur le canapé. Et haïssez dès lors le goût pour le cosplay de votre compagnon pour l’éternité

Tony tente bien de varier les plaisirs pour s’occuper l’esprit, et de ne pas en rester à sa collection d’armures, par exemple en s’intéressant à l’actualité : depuis peu, un mystérieux terroriste, le Mandarin, fait péter des bombes ici ou là, et envoie derrière des vidéos plus ou moins hideuses (non vraiment les mecs, il va falloir revoir votre notion de "vidéo terroriste", là on dirait plutôt le petit Kévin qui joue avec le caméscope de papa) dans lesquelles il dit qu’il va "Donner une bonne leçon à l’Amérique, nardinamouk". Iron Man aurait-il un nouvel ennemi ? Probablement, car s’ensuit une scène très intéressante où notre héros décide de contacter son vieil ami, le colonel Rhodes (possesseur d’une autre armure façon Iron Man, récupérée chez Stark et mise au service des Etats-Unis sous le nom "d’Iron Patriot"), qui est justement en charge de lutter contre le fameux terroriste. Et comme il se doit, ils décident de discuter de ce dossier top secret… dans un bar. Avec des enfants qui viennent leur réclamer des dessins à table pendant qu’ils causent. Mmmoui, quel intérêt à part montrer qu’une fois encore, on se paie une scène entière avec figurants juste pour se rajouter du n’importe quoi ? Toujours est-il qu’après avoir insisté une demi-seconde (montre en main, les dialogues sont de qualité comme toujours), Rhodes accepte de révéler à Tony ce qu’il en est du dossier "Mandarin" : rien du tout. Personne n’arrive à savoir qui il est ni ce qu’il veut, et pire encore, les bombes qu’il pose… semblent ne pas être des bombes conventionnelles : on n’en retrouve jamais le moindre fragment. Curieux.

Surtout pour tout le reste du bar, donc, qui profite de cette conversation avec bonheur, Tony étant en plus venu avec son armure garée devant l’établissement des fois que l’on ne sache pas qui épier pour apprendre des trucs. Ah non ce film est… intéressant.

De son côté, Hogan a lui réussi à suivre Maurice, l’homme de main de Rousseau, jusqu’à un curieux rendez-vous où il vient semble-t-il filer de la drogue à un clodo qui marmonne "Ouiiii Maurice, donne-moi une dose, je peux réguler, je te jure." Tiens donc ? Hogan constate que Maurice donne une étrange seringue au clodo, visiblement un ancien militaire au vu des plaques qu’il porte au cou, et sitôt que le loulou s’est injecté la substance et que Maurice s’est éloigné, le larron semble se mettre à luire puis brûler de l’intérieur…

… avant d’exploser purement et simplement, désintégrant tout et tout le monde dans un rayon de quelques mètres.

Hogan survit de peu à l’explosion, protégé par un stand de vendeur de chouchous (on sous-estime trop souvent le pouvoir protecteur des chouchous), mais constate que Maurice, lui-même un peu blessé dans l’affaire, semble lui aussi se mettre à luire de l’intérieur… mais au lieu d’exploser, ses blessures se referment, et tout son corps semble se régénérer tranquillement pendant qu’il se barre. Et accessoirement, rien ne semble lui faire obstacle : il parait incroyablement fort. "Qu’eeeesse que c’est qu’ce bordel", murmure Hogan avant de sombrer dans le coma, le chanceux, il n’aura pas à subir la suite. L’explosion est revendiquée peu de temps après par le Mandarin, décidément le roi de la déconne, tant on sent bien que faire sauter un stand de chouchous a dû déstabiliser l’Amérique. La prochaine fois, le mandarin s’en prendra sans vergogne au mobilier urbain, probablement en taguant des bancs : c’est un fou, on ne l’arrête plus.

Tony apprend lui ce qui est arrivé à son bon ami Hogan, et devient vert de rage parce que bon, là faut pas déconner : tuer des innocents, d’accord, mais abîmer mon gros copain, non. Notre héros va donc voir les médias et leur annonce : "Alors là, je ne rigole plus : Mandarin, je vais te péter la margoulette, tu vas moins faire ton malin ! Et je te défie de venir essayer de t’en prendre à moi à mon domicile du 22 rue Yves Calvi à Malibu ! J’te prends quand tu veux !".Puis, il va étudier ce que l’on sait du Mandarin et du mystérieux attentat qui a quelque peu refroidi l’ami Hogan sur son super ordinateur à la maison.

Et comme c’est un super ordinateur qui parle, écoutons plutôt le dialogue.

"Jarvis, j’ai besoin d’étudier le dernier crime du mandarin. Affiche-moi les données.
- Tout de suite Monsieur. Hop, voici une représentation holographique de la scène de crime, on peut même y voir Hogan au sol.
- Parfait Jarvis. J’espère qu’aucun spectateur ne se demandera comment on peut avoir les données pour avoir une représentation aussi précise.
- Sûrement pas Monsieur. Ils supposeront sûrement qu’il y avait des caméras sur les lieux.
- Des caméras qui arrivent à faire une représentation 3D juste après avoir survécu à une explosion qui a désintégré les gens façon Hiroshima tellement c’était puissant ? 
- Exactement Monsieur.
- Des caméras avec enregistrements qu’il suffirait de consulter, même si elles avaient été détruites, pour voir ce qu’il s’est passé et du coup découvrir que la bombe était humaine, que Maurice, le garde du corps de Stéphane Rousseau était derrière tout ça, et ainsi avoir une ligne droite vers le coupable en 15 secondes et avec des moyens traditionnels ?
- Pour sûr Monsieur.
- Non, tu sais quoi ? On va plutôt travailler sur notre scène en 3D, faire des calculs sur ce que fixaient les yeux d’Hogan pendant qu’il était au sol (et qui par miracle, ne fixent pas Maurice fuyant les lieux, alors que c’est ce qu’il s’est passé), découvrir qu’il regardait des plaques militaires ayant survécu par miracle à l’explosion quand bien même elles étaient sur le type qui a pété et devraient ressembler à une fondue savoyarde, zoomer dessus comme dans les experts et retrouver son nom.
- Bien Monsieur. Zoom sur incohérence effectué. Le nom sur les plaques est Jean-Jacques Martin.
- Parfait Jarvis. Maintenant qu’on vient de passer une scène bourrée d’effets spéciaux à étudier cette plaque, n’en parlons plus du film d’accord ? 
- Oui Monsieur.
- File-moi plutôt la température de l’explosion et dis-moi où il y a eu des pics de chaleur de ce type, hors attentats du Mandarin, ces 10 dernières années histoire de voir où l’on a expérimenté ce genre de bombe.
- Alors… 3 000 degrés, soit visiblement pas assez pour faire fondre des plaques militaires… et… oui, j’ai la trace d’une explosion de ce type dans le Tennessee il y a 6 ans, puisque j’ai des thermomètres dans tout le pays depuis des années. 
- Okay super. Voilà une piste bien relou à remonter, heureusement que je suis un personnage supérieurement intelligent."

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Et Tony se dit donc qu’il irait bien enquêter sur place. Sauf qu’au même moment, on sonne à la porte… c’est Maya, la botaniste qu’il avait rencontrée à Genève 13 ans plus tôt ! Celle-ci arrive pour dire à Tony qu’il y a urgence, il faut partir, et qu’elle a une information importante à lui donner. Mais pas ici, en sécurité, et loin de toute la presse qui encercle la villa Stark, devenue le symbole de la résistance contre le Mandarin. Pepper, qui traînait dans le coin, vient se mêler à la conversation mais avant que Maya ne puisse faire de formidables révélations, on découvre que trois hélicoptères non-identifiés approchent rapidement de la villa… et viennent de sortir des rampes lance-roquettes, probablement pour faire une petite boutade amicale à l’ami Tony. Et non, personne ne les voit venir avant. Ah bah hé, détecter des plaques militaires n’importe où, oui, ça, non.

Il y a tellement d’architecture contemporaine à passer à la roquette et le Mandarin a choisi ce bâtiment-ci. Quel manque de goût.

A peine nos héros ont-ils le temps de constater la chose que déjà, une roquette touche la villa et souffle Maya, Pepper et Tony en tous sens ; heureusement, notre héros fait appel à l’une de ses armures et l’envoie… sur Pepper pour la protéger des explosions alentours. Et lui ordonner de se servir de cette protection pour sortir Maya loin de là ; et sitôt les deux femmes hors de la structure, Tony rappelle l’armure pour l’enfiler et…

Découvrir que tous les modules offensifs de celle-ci n’ont pas été réglés et ne fonctionnent donc pas.

Bin oui : je veux dire, tu provoques le Mandarin, sorte de super terroriste mondial, et tu oublies juste de garder prêt de quoi te défendre, c’est tellement logique. Le genre de truc qu’on oublie quoi. Et puis bon : c’est pas comme si tu avais 40 armures à la cave qui n’attendaient qu’un ordre pour te prêter main forte : tu risques de mourir, ta copine aussi, bon, pas de quoi s’affoler. Autant faire… hmm… disons du rien.

Ah vous ai-je dit que le module de vol de l’armure ne fonctionnait pas non plus ? Mais si vous savez, le module qui fonctionnait depuis le début du film, et ce tellement bien que chaque élément de l’armure parvenait à voler avec ses propres petits réacteurs ? Hé bien le temps de cette scène : hop, il est en panne. C’est rigolo, on dirait de grosses ficelles scénaristiques pour justifier pourquoi notre héros ne plie pas le film en 30 secondes plutôt que d’écrire une intrigue intéressante.

Tony Stark vêtu de son armure curieusement défectueuse affronte donc les hélicos comme il le peut, par exemple en leur lançant des cailloux ou des hamsters (ah, on fait avec ce que l’on a sous la main) sur le pare-brise, et après en avoir abattu deux, se retrouve pris dans l’effondrement de sa villa bombardée et ne peut donc abattre le troisième. Par contre, lui et son armure sont entraînés avec les ruines de sa demeure au bas de la falaise où tout cela était installé, et si Tony en réchappe, il n’en perd pas moins connaissance dans la bataille, et son armure passe en mode automatique et resurgit de l’eau pour voler loin, très loin de là…

Pardon ? Non, personne n’arrête le dernier hélico (évidemment piloté par Maurice en personne) lorsqu’il repart tranquillement après ce bombardement pourquoi ? Attendez : c’est juste un bombardement du sol américain effectué depuis un petit appareil plutôt lent pile à l’endroit où tous les Etats-Unis attendaient que le Mandarin frappe : vous ne croyez quand même pas que quelqu’un va penser à envoyer un avion lui faire bobo ? Non : tout le monde rentre à la maison en paix.

J’espère que vous avez bien savouré cette scène moisie, puisque la suite s’annonce tout aussi royale.

En effet, revenons à Tony : lorsqu’il reprend connaissance, c’est uniquement parce que l’alarme de manque d’énergie de son armure vient de s’allumer. Mais si, le manque d’énergie. Vous savez bien. Oui, dans les films précédents l’armure était alimentée par le gros réacteur bleuâtre que Tony Stark porte à la poitrine, mais visiblement dans celui-ci, elles se mettent à fonctionner sur piles LR6. Bon, mettons, j’ai dû louper un truc. Comme toutes ces affiches des films où l’on voyait bien le gros réacteur, même au travers de l’armure pour bien montrer ce qui l’alimentait. Thème qui était au cœur (jeu de mot) des deux précédents volets d’ailleurs, mais c’est probablement un peu subtil pour des professionnels, j’imagine.

Passons.

A court de batteries, donc, Tony Stark s’écrase au milieu du Tennessee, son ordinateur de bord, Jarvis, lui indiquant qu’il l’a automatiquement emmené ici puisque c’était le dernier endroit qu’il avait étudié (une réaction parfaitement logique, chacun en conviendra, heureusement que notre héros n’était pas vulcanologue). Ignorant le fait que dans les précédents films, avec des armures moins élaborées, Tony faisait Malibu – Kaboul aller-retour sans s’inquiéter du moindre problème d’autonomie de vol, notre héros jure donc qu’il est bien embêté car le voilà avec une armure en rade au milieu de nulle part. Tant pis : notre loulou traîne donc son corps de métal jusqu’à la station service la plus proche – mais curieusement déserte – et y emprunte un téléphone pour laisser un message sur le répondeur intégré à toutes les armures Iron Man :

"Pepper, si tu as ce message, et je suis sûr que tu l’auras contre toute logique, je voulais juste te dire que j’étais triste. Mais vivant. Je règle tout ça et je reviens, salut."

Oui. L’autre option c’était de te rappeler que tu étais le patron multimilliardaire d’un groupe surpuissant, et d’appeler un hélicoptère pour venir te chercher/te filer des batteries pour ton armure. Mais bon, hein, c’est pas comme si tout ce film reposait uniquement sur la négation complète de 100% de son propre concept. Soit : le message arrive en tout cas à Pepper, puisqu’elle trouve sur le sol près des ruines de la villa un casque d’une autre armure d’Iron Man, et l’enfilant, obtient le message de Tony.

Casque d’Iron Man qui n’a pas pu atterrir là, puisque toutes les armures étaient à la cave, et que la cave est encore fermée et a échappé au bombardement. M’enfin bon, hein.

De son côté, Tony se traîne donc jusqu’à la ville du Tennessee où il avait prévu de venir enquêter, personne ne remarquant Tony Stark, célébrité mondiale, traînant son armure derrière-lui le long des routes jusqu’à ce que sitôt arrivé à la bordure du petit bourg, il trouve un petit atelier visiblement désert où se cacher le temps de procéder à quelques réparations sur son armure. Et donc, sitôt installé dans l’endroit, il commence à s’atteler à son labeur.

"Ah, si seulement j'avais un réacteur sur le torse pour alimenter mon armure..."

"Ah, si seulement j’avais un réacteur sur le torse pour alimenter mon armure… rah, je n’arrive pas à me concentrer avec toute cette lumière entre mes tétons !"

"Halte-là !" dit soudain une voix qui comme dans tout film où quelqu’un entre dans une remise déserte, appartient soit à un vieux, soit à une jolie fermière célibataire, soit à un enfant avec une tête à parpaing (une sorte de tête à claque de niveau supérieur). Et pas de bol pour tout le monde : c’est la troisième option.

Apparaît donc Richie, jeune garçon armé d’un patator, qui a tôt fait de reconnaître le sauveur du monde Iron Man (présumé mort dixit le journal tout neuf que Richie se trimbalait sous le bras sans raison aucune au beau milieu de la nuit), et d’accepter de l’aider en lui fournissant le peu de matériel qui lui manque pour réparer son armure. Et comme il se doit, avec un ressort avec de la mousse à raser, notre héros a tôt fait de réparer son bidule… mais le tout manque encore d’énergie : il va falloir brancher le tout sur secteur et faire sans en attendant ! Pour passer le temps, Tony Stark décide donc de demander à Richie de l’emmener sur les lieux de l’explosion qui a eu lieu en ville 6 ans plus tôt. Et a tué 6 personnes. Et ni une, ni deux, le marmot emmène notre héros incognito dans un petit bâtiment en ruine ou autour d’un cratère on aperçoit encore contre les murs les silhouettes carbonisées de 5 victimes.

"C’est donc ici.
- Quelle qualité dans les dialogues M. Stark ! Vous vous attendez à ce que je vous réponde : "Non, ça c’est l’autre bâtiment en ruine avec les silhouettes de gens morts que l’on montre aux touristes, le vrai est là-bas" ?
- Tiens t’en aux dialogues, petit con.
- Okay… alors attendez… ah, voilà ! Oui, c’est ici M. Stark ! En ville, les gens disent que les silhouettes sur les murs représentent les âmes des gens montés au paradis. Et que s’il n’y en a que 5 c’est parce que le 6e, le kamikaze, n’avait pas d’âme. Je… attendez, c’est vraiment ça le dialogue ? Ils veulent faire croire que les gens sont assez cons pour ne pas comprendre que le kamikaze, s’il n’est pas contre un mur, c’est parce que c’est le petit cratère au milieu ?
- Bon, allez, on enchaîne, on enchaîne."
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Après un certain nombre de répliques à se tirer une balle dans la bouche, Tony apprend que le kamikaze qui a provoqué cette fameuse explosion était un militaire du coin, et que sa mère, traumatisée, traîne toujours au bar du coin pour noyer ses soucis dans l’alcool. Curieux, Tony décide donc d’aller la rencontrer, et se rendant sur place pour trouver la donzelle, découvre que celle-ci, non content d’être là, a aussi avec elle le dossier militaire de son fils ! Ho bin ça alors !

Là vous vous dites "Nan mais c’est complètement télescopé ce film !", mais hohoho, mauvaises langues, non.

Car en fait, le même jour, la maman du kamikaze a eu un coup de fil lui disant de venir ici avec le dossier militaire de son fils… mais qui a bien pu passer le coup de fil, se demande Tony Stark ? Maurice ! Et son amie Mauricette, elle aussi au service d’AIM ! Et tous deux débarquent dans le café en tabassant ou mitraillant tout ce qui passe dans le but de récupérer le dossier et de capturer Tony. Subtilement, bien sûr.

Pourquoi sont-ils venus ce jour là récupérer le dossier et pas 6 ans auparavant ? Et comment ont-ils sur pour Tony ?

Là, vous pouvez y aller : "Nan mais c’est complètement télescopé ce film !". Il suffisait juste d’attendre un peu. Vous ne croyez tout de même pas qu’un rebondissement allait être crédible ?

S’engage donc une course-poursuite au travers de toute la ville, durant laquelle Tony constate que Maurice comme Mauricette sont plus forts que des êtres humains normaux, et semblent régénérer leurs corps à chaque fois qu’ils subissent quelque blessure. Si notre héros parvient à tuer Mauricette à l’aide d’une explosion suffisamment grosse pour l’empêcher de régénérer son mascara, Maurice n’est que temporairement mis hors-de-combat dans l’histoire. Tony en profite donc pour emprunter la voiture avec laquelle les méchants sont venus, puis décide de mettre les voiles loin de là le temps de se mettre les idées au clair. Pendant ce temps, il demande à Richie de rester en ville et de veiller sur son armure le temps qu’elle se charge. Ho, et de fermer sa gueule aussi, pour changer. S’il te plaît Richie.

Au fait, et Pepper de son côté ? Elle s’en tire ? Faisons bref : après l’attaque de la villa, plutôt que d’aller s’abriter, elle aussi, au sein de Stark Industries et son énorme service de sécurité, elle préfère jouer la fille de l’air avec Maya, qui lui explique ce qu’elle venait révéler à Tony : Maya est botaniste et pense que son patron travaille pour le Mandarin. Et qui est son patron ? Stéphane Rousseau ! Une nouvelle choquante pour Pepper, plus encore lorsque s’arrêtant dans un quelconque coin avec Maya, ledit Stéphane débarque en personne pour kidnapper Pepper… et dire à Maya que c’est très vilain d’avoir tenté d’avertir Tony Stark. Maya rétorque que Stéphane comme lui savent qu’ils ont besoin de Tony Stark, et que plutôt que de le capturer, elle voulait le convaincre de se joindre à la cause. Tout le monde hausse les épaules et les choses s’en arrêtent donc là, avec une Pepper en bien mauvaise situation. C’est bon, on a fait le point ? Quelqu’un a prêté le moindre intérêt à ce qu’il vient de se passer ? Moi non plus. Alors retournons à notre héros.

De son côté, Tony a découvert dans le dossier militaire du kamikaze du Tennessee, écrit en gros au marqueur pour que personne ne puisse le rater "AIM" (si vous pensiez toujours n’avoir pas été pris pour un con par ce film jusqu’ici, c’est chose faite, même les accessoiristes s’y mettent), et comprend donc que la société en question a peut-être un lien avec tout ce bazar. Hmmm, que tu es fort, Tony. Heureusement que les indices sont écrits en gros dans les dossiers pour faciliter le travail des gentils. Tony décide donc, en croisant un quelconque concours médiatisé de miss camping au fin fond du pays, non pas de se changer les idées en faisant voler des bikinis en écoutant du Bach (un hobby de gentlemen), mais plutôt de détourner un système de retransmission local pour pirater le système de la société AIM et étudier leurs archives.

Et ça tombe bien, AIM garde dans ses archives bien accessible et dans le premier dossier qui passe des vidéos montrant ses expériences où l’on peut voir des militaires américains mutilés, parmi lesquels Maurice et Mauricette, invités à essayer un nouveau produit devant leur donner le pouvoir de se régénérer. Et pour des raisons mystérieuses, lorsque le corps se régénère avec cette drogue, il devient super chaud et les membres repoussent sous la forme de…

… poussées de lave.

Par contre, ça ne provoque pas de poussée de bon goût : dites non aux carreaux. Où qu’ils soient.

Non, je ne déconne pas. Ne me demandez pas le rapport avec la choucroute, mais par exemple pif pouf, les manchots ont des mains en lave qui leur poussent, avant de refroidir et de devenir parfaitement humaines. Et ensuite, les gens sous cette drogue peuvent à volonté faire chauffer des parties de leur corps ce qui, j’imagine, donnera quantité d’idées à mon lectorat canaillou, mais il suffit les fripons. Car toujours est-il que certains soldats acceptent fort mal ladite drogue, et que leurs corps chauffent, chauffent, tel le pauvre Jean-Jacques plus tôt dans le film… et explosent comme de véritables bombes. On aperçoit par ailleurs sur les vidéos Stéphane Rousseau, dirigeant lui-même les opérations.

Tout cela est bien étrange, se dit Tony Stark. Serait-il possible qu’AIM soit derrière tout cela ? Et donc derrière le Mandarin, qui revendique ces curieuses explosions ? Pourquoi est-ce que le méchant est toujours un type que les gentils connaissent déjà ? Ni une, ni deux, il appelle Richie qui le met en communication avec son armure toujours en charge, mais où désormais, Jarvis le bon ordinateur de bord est de retour. Et après une rapide enquête facilitée par les trous du scénario, hop hop hop Jarvis localise d’où le Mandarin envoie ses vidéos, à savoir… Miami.

Ho. Même pas une planque crédible ? Hmmm, non, je dois être trop exigeant.

Le Mandarin justement n’est pas resté inactif : il a encore envoyé une vidéo à l’Amérique, non pas où il danse  en tutu sur du Taylor Swift (je sais, vous êtes déçus), mais cette fois-ci dans laquelle il a kidnappé un responsable de banque et menaçait de le tuer en direct sur toutes les télévisions du monde si le président américain ne l’appelait pas immédiatement. Et bien que le président ait découvert, surpris, que la Mandarin avait réussi à rentrer un numéro où le joindre dans son propre portable (non, ça n’étonne pas grand monde de savoir que le terroriste a réussi à avoir accès au téléphone présidentiel) et ait aussitôt appelé ledit numéro… le Mandarin s’est contenté de ricaner et d’exécuter son otage en direct.

Pourquoi ? Pourquoi montrer en direct au monde entier que l’on n’a aucune parole ? Pourquoi se décrédibiliser ainsi ?

Heu…

Ah bin pour rien en fait. Là encore, cette séquence ne servait à rien, à part à rajouter du n’importe quoi au chaos général.

Iron Patriot a lui bien été envoyé à l’endroit où le numéro de téléphone du Mandarin a permis de remonter, mais pas de chance pour lui, non seulement le Mandarin n’était pas sur place… mais il s’est avéré que c’était un piège, et qu’il a été capturé avec son armure, l’un des méchants soldats modifiés d’AIM présent sur place en embuscade ayant utilisé ses supers pouvoirs de chauffage ambulant pour taper au bon endroit et désactiver en partie son armure. Pas d’bol.

Ne reste donc que Tony Stark pour sauver le monde. Qui se dit "Hmmm voyons voir… je ne sais pas qu’Iron Patriot est prisonnier, d’ailleurs bien que ce dernier passe tout le film à utiliser son armure pour téléphoner, il ne pensera justement jamais à appeler qui que ce soit à l’aide ou prévenir de ce qu’il se passe quand bien même on voit que le système est fonctionnel, mais comme j’ai lu le scénario, je sais que ça ne sert à rien d’essayer de le joindre. J’ai toujours mes 40 armures prêtes à servir dans la cave de ma villa, mais je vais pleurer que je n’ai aucun modèle disponible sous la main au prétexte que le dernier que j’ai utilisé est en charge chez Richie. Je ne vais pas non plus appeler un quelconque officiel, voire un de mes potes Avengers pour essayer d’intervenir : non, vous savez ce que je vais faire ? Je vais me bricoler un patator et un gant de cuisine customisé en taser et avec ça, je vais prendre d’assaut la villa du terroriste le mieux protégé au monde."

Je ne blague pas. C’est bien armé d’un patator et d’un gant de cuisine customisé en taser que notre héros se présente donc à l’entrée de la villa de Miami où le Mandarin doit se cacher, et s’infiltre donc discrètement en nettoyant la moitié de la sécurité locale sans avoir le moindre problème grâce à ses super gadgets. Il finit donc par arriver jusqu’à la chambre principale où il rencontre… le Mandarin.

A savoir un vieux en pyjama qui fait des blagues, sent le caca (véridique aussi), et se boit des bières en se payant des prostituées.

C’est donc ça, l’ennemi de l’Amérique ? Tony Stark lui met une ou deux torgnoles et lui demande quelques explications : qui est-il ? Que veut-il ? Quel est le rapport entre lui et AIM ? Aucun problème : le Mandarin lui explique qu’il n’est qu’un acteur à qui on a payé un peu de chirurgie esthétique pour lui faire une nouvelle tête et tourner dans des vidéos où il se présente comme le Mandarin, terrible terroriste menaçant l’Amérique. Il travaille avec AIM, et son patron est Stéphane Rousseau. Pourquoi ? Il ne sait pas tout du plan, mais il sait que Stéphane Rousseau se sert de cette figure du Mandarin pour rester dans l’ombre… et avoir un bouc émissaire pour justifier les étranges explosions qui arrivent aux quatre coins du pays. Et que son plan a une suite, qu’elle implique le président des Etats-Unis en personne, et que tout cela se passera à bord d’un bateau sur un quai de Miami.

Le Mandarin explique aussi que "Ahahah, tout ça, c’est que du cinéma, ou alors on m’a menti", et Tony Stark le croit sur parole : c’est vrai quoi, dans la dernière vidéo, le Mandarin n’a fait que tuer quelqu’un en direct tout en poussant le spectacle jusqu’à pirater jusqu’au téléphone du président Américain. Alors oui, c’est complètement crédible. Ça se confond tellement avec un clip MTV.

Mais le film n’en parlera plus : il vaut mieux, je crois.

Hmmm… je vais reprendre du brandy. Voilà : retournons à nos souffrances.

Sauf que Tony Stark n’a pas le temps – ni l’idée – d’appeler qui que ce soit pour partager ces informations : il a tôt fait d’être dérangé par Maurice et d’autres larrons d’AIM, qui lui cassent la margoulette et le font prisonnier. Tristesse. Et c’est là que les choses commencent à devenir sales.

Déjà, dans une autre pièce de la villa, le pauvre Iron Patriot est prisonnier. Mais refuse de quitter son armure : c’est donc lors d’une séquence ridicule où Stéphane Rousseau transforme son bras en lave et crache des flammes(…si, si) sur le pauvre colonel Rhodes qu’enfin, l’armure en surchauffe s’ouvre et laisse échapper le malheureux, qui est lui aussi mis aux fers manu militari. Et à sa place monte dans son armure… Maurice, le bras droit de Stéphane Rousseau. Qui décolle donc bien vite pour une destination inconnue.

Les méchants comptent sur le fait qu'en pleine période de sécurité maximale, personne ne pense à regarder qui peut bien se promener dans les coins les plus sensibles, surarmé et le visage ouvert. Et ça va marcher.

Les méchants comptent sur le fait qu’en pleine période de sécurité maximale, personne ne pense à regarder qui peut bien se promener dans les coins les plus sensibles, surarmé et le visage couvert. Et ça va marcher.

De son côté, Tony voit aussi Stéphane Rousseau venir le narguer en lui expliquant qu’il a fait prisonnier Pepper, et qu’il veut se venger de l’humiliation faite 13 ans auparavant, lorsqu’à Genève, Tony Stark l’avait snobé (ah, ça, on a son petit ego) : il a donc kidnappé Pepper et… lui a injecté sa super drogue ! Donc soit Pepper va survivre et sera une vilaine mutante… soit son corps va rejeter le produit et elle va exploser. Mais dans l’immédiat, elle va juste souffrir, hohoho, je suis maléfique !

Ho oui Stéphane. D’ailleurs, si même ton dernier modèle de drogue est expérimental et tue presque une fois sur deux, tu peux m’expliquer pourquoi tu te l’es injecté puisque tu peux cracher du feu et transformer des bouts de ton petit corps en lave ? Oui, c’est bien ce que je me disais : toi aussi tu es con à sucer des cailloux.

Stéphane explique aussi qu’il est tellement méchant que tiens, hop, il tue Maya sa gentille assistante (sans raison, allez), et que lorsque Stark sera désespéré  il se servira de son intellect supérieur (on ne rit pas) pour qu’il l’aide à améliorer sa formule. Et en attendant, hé bien… l’ami Rousseau explique plus en détails son plan : oui, le Mandarin est une marionnette, un acteur. Oui, il lui fait revendiquer des explosions produites par certains de ses hommes, de manière volontaire ou non, histoire de couvrir des accidents d’un côté et de terroriser le pays de l’autre. Et que grâce à la partie finale de son plan, il va faire du président des Etats-Unis une autre marionnette .. et ainsi il contrôlera à la fois le Mandarin ET le président des Etats-Unis ! Le terrorisme et l’anti-terrorisme ! L’offre et la demande ! Hahahahaha HAHAHAHAHA

Oui mais pourquoi Stéphane ?

Hein ? Non parce que c’est cool, mais puisque tu es déjà multimilliardaire et que tu peux tirer plein de ficelles depuis les ombres, pourquoi ce plan pourri à part risquer tout ce que tu as ? Dis-moi ? Hmmm ? Ah oui, j’y suis : parce que tu es un méchant de film écrit avec de la sauce piquante sur un carton à pizza un soir de cuite, et qu’à ce titre, tu as donc la profondeur du carton sur lequel tu es né. Bien bien. Et comme tout méchant pourri, après avoir révélé son plan, l’ami Rousseau s’en va pour rejoindre le bateau où doit se dérouler la fin de soirée.

Je… hmf. Combien de temps pour écrire ce film ? Moins que cet article, je suppose.

Sauf qu’un moment plus tard, Tony Stark sourit en découvrant l’heure : son armure doit avoir fini de se charger. Et comme elle est conçue pour voler jusqu’à lui… ça ne rate pas : alors qu’il est prisonnier dans la cave de la ville du Mandarin, son armure débarque et se greffe sur lui, lui permettant non seulement de se libérer, mais aussi de coller une branlée à tout ce qui bouge dans la villa Mandarin. Le colonel Rhodes, privé d’armure, a lui aussi réussi à s’échapper malgré tout et rejoint son copain Iron Man pour le prévenir qu’Iron Patriot contient désormais… Maurice le méchant ! Vite, il faut prévenir le président des Etats-Unis !

Mais comme par un curieux hasard du scénario, Tony Stark n’a que le numéro du vice-président (le Mandarin a accès au téléphone présidentiel, mais pas Tony Stark le-sauveur-du-monde, encore une fois tout le film repose sur d’inexplicables lacunes), c’est celui-ci qu’il appelle pour lui dire qu’il faut mettre le président en sécurité et tenir Iron Patriot à distance. Le vice-président reçoit bien le message, raccroche et… ne donne pas l’alerte. Car on découvre que sa fille est unijambiste, et donc qu’il est en fait l’allié de Stéphane Rousseau, qui a probablement obtenu sa loyauté en échange d’une nouvelle gambette pour sa marmotte !

Oui, je sais, c’est mauvais, mais à ce stade, qui attend encore quoi que ce soit de ce film ?

Car en effet, à bord d’Air Force One, où Iron Patriot a réussi à monter, personne ne se demande pourquoi ce dernier se promène partout de manière louche sans parler ni relever son masque. Et c’est bien normal, car Maurice se contente de prendre son temps avant de préparer son coup. Et lorsqu’il estime que tout le monde est assez détendu… il commence à tuer tout le monde à bord, voire fait des trous dans la coque de l’avion pour que les passagers aillent s’adonner au freefall de l’extrême. Il est comme ça, ce gros taquin de Maurice.

Tony Stark lui est bien embêté : il aimerait prêter assistance tant au président qu’à Pepper, probablement prisonnière sur le bateau où Stéphane Rousseau s’est rendu, mais ne pouvant être aux deux endroits à la fois, il a décidé de couper la poire en deux : il va aider sa copine, et a envoyé son armure péter la gueule au faux Iron Patriot à bord d’Air Force One. Sauf qu’à sa grande surprise, à bord, nenni d’Iron Patriot : ne reste que Maurice, sans l’armure, s’apprêtant à sauter en parachute et refusant de dire ce qu’il a fait du président. Tant pis : Iron Man lui pète la mouille par principe, puis va sauver de la chute libre les différents passagers qui avaient été éjectés de l’appareil. Les autres, il les laisse probablement crever, mais le film n’en pipe mot. Et comme chacun sait : si le film n’en parle pas, ça n’existe pas.

Après cette mission couronnée de succès, l’armure est hélas percutée par un camion, et ce qui ne faisait rien à la bête dans le premier film ici la démonte complètement : elle ne revient donc pas à Tony (pourquoi, sachant que tous les éléments peuvent se mouvoir individuellement ? Mystère), et celui-ci se retrouve donc un peu en slip pour aller sauver Pepper, son ami Rhodes étant lui aussi privé de son armure d’Iron Patriot.

Le bateau de nos héros arrive donc après des heures de voyage (ou alors la nuit est tombée comme par enchantement, allez savoir : c’est devenu si commun) jusqu’à un immense navire marchand à quai sur lequel semble régner une intense activité. Là encore, hors de question d’appeler à l’aide, nos deux loulous ont un meilleur plan :

"Hey, si on tentait de libérer le président qui doit être ici et Pepper à deux, avec un pistolet chacun ? Même qu’on ferait de l’infiltration et qu’on essaierait d’affronter des surhommes qui résistent aux balles vu qu’ils sont limite mutants ?
- Excellente idée Tony, ce film n’était pas assez vaseux : c’est clair que faire une opération commando de nuit avec un type qui a un réacteur qui fait de la lumière comme un énorme projecteur sur le torse, ça va être discret.
- Complètement : et tu sais quoi ? Je ne vais même pas tenter de le dissimuler, parce que je crois qu’on pourrait encore se foutre un peu de la gueule du public ! D’ailleurs, tu as remarqué comme tout le monde a oublié l’utilité de ce réacteur depuis le début du film ? Qu’est-ce qu’on se marre !
- Claro ! Allez, c’est parti mon Tony."

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Et en effet : c’est donc lors d’une consternante scène d’infiltration nocturne avec un homme-décoration de Noël (ça tombe bien, c’est la saison) que nos héros approchent du navire des méchants, et notent que le président des Etats-Unis est bien là… enfermé dans l’armure d’Iron Patriot : c’est comme ça que Maurice l’a sorti d’Air Force One ! Stéphane Rousseau prévoit, au nom du mandarin, de le faire brûler avec son armure à minuit (soit le jour de Noël, puisque nous sommes le 24 décembre donc), ce qui sera une grande victoire pour le Mandarin, et donc l’occasion pour le vice-président de devenir président sous les acclamations d’un peuple en colère contre le Mandarin… et donc pour Stéphane Rousseau d’avoir enfin un type sous son contrôle dans le bureau ovale.

Mais pas de bol pour nos héros : ils se font repérer (quelle surprise !). Crotte, que faire ?

Elle est bien ta veste Tony. Tu pourrais la fermer et éviter de mettre tout le monde en danger en te promenant avec une cible sur le torse

Elle est bien ta veste Tony. Tu pourrais la fermer et éviter de mettre tout le monde en danger en te promenant avec une cible sur le torse, non ? Non.

Encerclés, mitraillés, désespérés, il semble que tout soit perdu lorsqu’enfin, Tony utilise son téléphone pour lancer l’opération "Mégateuf". A savoir que dans les ruines de sa villa que des équipes de déblaiement dégagent, le sous-sol, épargné par le bombardement, s’ouvre soudainement et en sortent… toutes les armures de notre héros, qui partent en volant pour le rejoindre en quelques secondes seulement !

Oui oui, vous avez bien lu : depuis le début du film, Tony Stark pouvait appeler toutes ses armures, n’importe quand, mais il ne l’a jamais fait malgré les 268 fois où même en appeler une seule lui aurait sauvé la mise. D’ailleurs, on s’est tapé près d’une heure de film sur Iron Man sans armure qui pleure… c’est donc d’autant plus intéressant. Evidemment, les mauvaises langues diront "Ouiiii mais peut-être que le sous-sol n’était pas accessible jusqu’ici à cause des ruines qui couvraient la sortie" et je réponds que ça tombe bien : pour s’assurer qu’aucun spectateur ne puisse trouver cette excuse au film, l’équipe a même créé spécialement une armure "Spéciale lourdes-charges/déblaiement" qui n’apparaît que trois secondes dans le film, soit juste pour gaspiller de l’argent et faire un gros doigt à la dernière personne au fond de la salle qui pensait que quelque chose tenait encore debout.

Bref : Tony demande à ses armures de tabasser tous ses ennemis, et en récupère une pour lui-même pour se joindre à la fête. Stéphane Rousseau, qui était occupé à siroter une pina colada en attendant l’heure de son triomphe, grommelle donc en constatant que l’on est en train de saccager ses réjouissances, et sort donc se battre en utilisant ses pouvoirs de surhomme et de centrale vapeur humaine pour affronter Iron Man : grâce à ses mains de feu, il transperce l’acier comme du beurre, et on a donc le droit à des scènes où le bougre brise armure sur armure dans lesquelles Tony Stark tente de trouver refuge, avec des passages rigolos mal montés du genre

"Tiens Iron Man, je te tranche la jambe !"

Et hop, dans le plan suivant, Iron Man a toujours ses deux jambes. Et non, il n’a pas éjecté sa jambe d’armure pour préserver sa gambette de chair : on voit que tout est encore impeccable. Même ça, c’est raté.

Bref : échange de patates (car oui, ses armures permettant de voler et de tirer, jamais Tony ne pense à se servir de ces options pour latter le vilain de loin d’où il ne peut rien faire) et de blagounettes, certes, mais il y a quand même des gens à libérer. Le président est sauvé par le colonel Rhodes, qui le détache avant de récupérer l’armure d’Iron Patriot pour l’emmener loin de la bataille, en sécurité, pendant que Pepper, elle, qui avait réussi à se libérer se vautre comme une vieille bouse dans un brasier local. Evidemment, si elle est vivante, c’est que son corps a accepté la drogue, et elle se régénère donc sous les yeux un peu choqués de Tony, avant de venir l’aider à coller une tannée au pauvre Stéphane Rousseau, qui cette fois-ci, perd le combat pour de bon, puisque les armures d’Iron Man ne pouvant rien contre lui, nos héros décident de commander à une armure se venir se greffer sur lui contre son gré, avant de passer en mode auto-destruction. Mais si, vous savez, ils lui greffent l’armure qui s’était mangée un camion plus tôt ce qui expliquait pourquoi elle n’était pas à la disposition de Tony. Elle s’est réparée toute seule ? Elle a trouvé un Renault Assistance pas loin ? Bref : elle est là et saute sur Stéphane Rousseau.

Ce qui suffit à en terminer avec le méchant.

A noter d’ailleurs que visiblement, la drogue transforme aussi en ninja : Pepper est devenue super balaise en combat alors qu’elle n’y connaissait rien, mais ni elle ni Tony ne semblent s’en étonner. D’accord d’accord. De toute manière, le film arrive sur sa fin : encore un truc pour tomber un peu plus bas ? Bien sûr !

"Hooo Tony, tu m’as sauvé la vie !
- Je sais Pepper. Et je vais aussi te sauver de cette curieuse drogue, tu vas voir.
- Merci Tony. Tu es le meilleur : grâce à tes 40 armures, tu as pu me venir en aide, en finir avec Stéphane Rousseau, sauver le président des Etats-Unis et probablement des millions de gens.
- Tu as raison Pepper. Du coup tu sais quoi ? Jarvis : programme l’auto-destruction de toutes mes armures !"

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Pour ceux qui pensent que j'exagère : ils ont même fait des affiches montrant la fameuse armure curieusement conçue pour porter des charges lourdes et déblayer, par exemple, les gravats d'une villa

Pour ceux qui pensent que j’exagère : ils ont même fait des affiches montrant la fameuse armure curieusement conçue pour porter des charges lourdes et déblayer, par exemple, les gravats d’une villa

Pardon ? Attends : on t’explique tes armures ont sauvé plein de gens DONC tu les détruis toutes ? Mais ? Mais ? Merde, heureusement que tu n’as pas trouvé un sérum contre le cancer alors ! Allez, bouclons, parce que là ce n’est plus possible : sans raison aucune, les armures se mettent donc à exploser l’une après l’autre dans le ciel en faisant… un feu d’artifice pour Noël. A ce stade, une de mes voisines a eu une telle diarrhée d’arcs-en-ciel que son siège s’est mis à ressembler à une création de Valérie Damidot. Tony et Pepper se font donc des bisous, et nous découvrons donc la suite des événements, à savoir que le complot est révélé au monde, et donc que le vice-président et le Mandarin sont arrêtés manu militari, Richie le garçon relou reçoit en récompense de son aide à Iron Man plein de cadeaux cools comme un patator conçu par Tony Stark lui-même (je pense qu’il aurait juste préféré du pognon, mec), Hogan sort du coma, Pepper est guérie et la vilaine drogue sortie de son corps, quant à Tony, il décide qu’il en a assez d’être Iron Man grâce à ses gadgets, et choisit donc de ne pas s’en arrêter qu’aux armures, et demande donc à une équipe médicale de lui retirer du corps les shrapnels qui l’obligeaient à se promener avec un réacteur sur le torse. Mais si, vous savez, les shrapnels impossibles à retirer comme on vous l’expliquait depuis deux films : en fait il suffisait de 5 minutes sur une table d’opération, et pif pouf, c’était réglé.

Toutes ces incohérences terminées, alors qu’autour de moi des gens mangeaient leurs fauteuils en hurlant "Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn", on découvre alors Tony Stark sur les ruines de sa villa déclarant que débarrassé de tout ce bazar, et se préparant à écrire une nouvelle page de sa vie,  il n’en reste pas moins celui qu’il a toujours été : IRON MAN.

Et… FIN !

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C’est à peu près à ce moment là que moi aussi j’ai eu envie de me fabriquer une armure pour aller faire la justice. Comme par exemple bombarder Hollywood.

Mais nous sommes en France : il me faudra, en plus des quelques mois pour monter l’engin, en rajouter environ 7 pour faire immatriculer le tout à la préfecture sous peine d’amende, 2 ans de débat à l’assemblée pour savoir si je peux afficher mon numéro de département sur la plaque d’immatriculation du bousin, trois interventions d’Arnaud Montebourg pour que je remplace le coeur énergétique par une batterie de 205 pour soutenir l’économie locale et éventuellement virer le Jarvis local pour installer un minitel, et je pense que lorsque j’aurai enfin obtenu l’autorisation du préfet pour survoler les agglomérations après 22 heures, mes ennemis seront morts de vieillesse.

Il y a vraiment des ennemis bien plus terrifiants que n’importe quel super méchant.

"Colonel Furieux, ils sont en ligne."

Un à un, les écrans s’allumèrent devant l’officier, présentant chacun le visage de l’un de ses supérieurs ; en tant que directeur d’une structure ultra-secrète, il n’avait que peu de comptes à rendre, mais s’il y avait bien dans le monde des gens pouvant lui dicter ses ordres, c’était bien eux.

"Bonjour, administrateurs.
- Bonjour colonel Furieux. Vous connaissez le but de notre communication de ce jour : les Américains paradent avec les Avengers, leur unité spéciale de surhommes formée par le SHIELD. Or, nous n’avons pas les moyens de nous laisser distancer dans cette course à l’armement humain ; c’est pourquoi au nom de l’ECU – European Central Unit, vous deviez rassembler des éléments capables de donner une force comparable à l’Union Européenne au sein d’un groupe nom de code "Vengeurs". Nous avons lu les dossiers des recrues que vous nous avez envoyés, il est temps d’en parler, je crois."

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Le colonel fit mine d’ignorer le ton méprisant qui avait accompagné la dernière phrase prononcée par l’homme sur l’écran situé juste en face de lui, et balaya de son oeil unique les visages impassibles des deux autres administrateurs sur les appareils à sa gauche et à sa droite. Il réajusta le cache-oeil qu’il portait, se remémorant brièvement ce faisant comment il s’était tiré sans une égratignure de toutes ses missions, pour finalement perdre un globe oculaire à l’occasion d’une tentative de lecture de Marc Lévy. Il toussota avant de commencer.

"Comme prévu, chers administrateurs, j’ai dépensé le budget que vous m’avez confié avec sagesse ; après de longues recherches, je puis désormais vous affirmer que nous avons une équipe équivalente à celle des Américains. 
- Nous avons vu ça. Une recrue pour chacune de celles de Washington. Cependant, pourriez-vous nous parler de celles-ci. Par exemple, votre agent supposé supplanter Captain America
- Capitaine Schengen ? 
- Oui. Qu’est-ce… qu’est-ce que c’est que cette merde colonel ?
- Je comprends votre désarroi : au début, il s’appelait "Capitaine Europe", mais on a eu des emmerdes sur la question de la Turquie, alors on a dit "Capitaine Union Européenne", mais c’était un peu longuet, tout ça, et puis en plus, si on pouvait emmerder les Britanniques… alors, bon, on l’a appelé Capitaine Schengen. Mais sinon, c’est pile ce que vous aviez commandé, hein : un super soldat de 1940 retrouvé dans la glace. Il est impeccable, je suis sûr qu’il peut botter les fesses de l’Américain tranquillement.
- Colonel : ce soldat que vous avez récupéré sous les glaces d’Europe du Nord : c’est un nazi.
- Ah non mais si on s’arrête à des détails, aussi, bon."

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L’administrateur sur l’écran en face du colonel jeta le dossier qu’il tenait à la main pour s’en saisir d’un second.

"Alors passons à la suite si ce n’est qu’un détail : pour battre Iron Man à son propre jeu, vous avez trouvé… Tôle-Man ?!
- Oui, mais faut pas être méchant avec lui, il est malade. Il s’est fait une super armure avec des morceaux de R19, mais du coup, il a choppé le tétanos, alors si on pouvait lui trouver une bonne mutuelle parce que…
- COLONEL ! C’est consternant ! Vos recrues sont minables !
- Non mais on a hésité, mais sinon je peux encore rappeler Iron Maiden Man. Il se bat en faisant des pogos, et il peut descendre des pintes super vite. Un vrai surhomme, lui aussi."

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L’administrateur frappa du poing sur la table, faisant glisser des feuilles en dehors des dossiers étalés devant lui.

"Et les autres ! Les autres ! Notre Black Widow ? La "Veuve Cliquot", une étudiante ivre morte que vous avez ramenée de soirée pour nous envoyer son dossier avant la date limite !
- Ah oui, mais par contre elle a une de ces…
- SILENCE ! Bruce Banner, le scientifique au double monstrueux complètement irradié ? Vous nous proposez "Igor & Grishka" et vous notez au bas du dossier "Atouts : ont déjà porté des tenues moulantes en public" ! Thor ? Vous avez trouvé un certain "Toutatis", un ancien employé du Parc Astérix ayant fui avec son costume ! Et alors je note le final, pour Oeil de Faucon, le célèbre tireur d’élite : vous avez trouvé Oeil de Mérou, un ancien plongeur qui n’arrive à toucher quelque chose que si c’est sous l’eau ! Note de bas de page : "A déjà abattu des poissons-clowns de sang froid" ! Nom de… des millions ! Des millions d’euros de dépensés et vous me rassemblez un cirque ambulant ! 
- Mais…
- Colonel Furieux, vous êtes renvoyé ! RENVOYÉ ! Sans pension, retraite, rien ! Vous êtes la honte de nos services ! Et vos rigolos resteront dans les oubliettes qu’ils n’auraient jamais dû quitter ! Adieu Colonel, vous pouvez rendre votre uniforme ! Le projet Vengeur est terminé, et vous avec !"
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La communication se coupa sur ces derniers mots, et à nouveau, le sigle de l’ECU apparut sur les écrans, laissant le colonel Furieux silencieux dans la salle de transmission. Il finit par faire quelques pas jusqu’à la porte voisine qui s’ouvrit en coulissant, le laissant s’avancer dans le couloir attenant où l’attendait l’officier Marie Colline, son assistante.

"Alors ? Ca c’est bien passé colonel Furieux ?
- Bah, ne m’appelez plus colonel, je viens de me faire virer de l’armée. Et laissez tomber le "Furieux" aussi, sans le grade, ça ne sonne plus pareil.
- Mais, comment dois-je vous appeler alors ?"
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L’ancien officier alluma un cigare en repensant à ses fidèles recrues, jetées sans avoir pu faire leurs preuves. A part la Veuve Cliquot bien sûr, qui les avait techniquement faites avant d’entrer.

 

"Appelez-moi Odieux."

Vous n’avez rien compris à cette introduction ? Ma foi, je peux vous comprendre, parce qu’il y a encore peu, il en aurait été de même pour moi. Mais il ne saurait être ici question de vous laisser dans votre inculture crasse, aussi, aujourd’hui, parlons un peu de The Avengers, et je dirais même : spoilons mes bons !

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L’affiche : non seulement il y a des explosions, mais en plus, il y a Thor, ça promet

Notre film débute quelque part dans un coin mystérieux de l’espace, alors qu’une voix off (c’est la version moderne du texte défilant) explique d’un ton grave que "Hahaha, nous, les méchants, nous allons bientôt pouvoir récupérer le Cube Cosmique sur la planète Terre, car, hohoho, nous avons quelqu’un prêt à nous y aider ! Cet agent pourra régner sur la planète bleue s’il nous sert bien, et en échange, nous, grâce au Cube, nous aurons l’univers ! Huhuhu, ce que nous sommes méchants ! Rien ne pourra arrêter notre plan, vous m’entendez ? Rien ! Et surtout pas des amateurs de justice en slip !"

Qui sont ces mystérieux envahisseurs de l’espace ? Qui est leur agent sur Terre ? Pourquoi ont-ils Jeanne Moreau pour voix off ? Quelle est cette sombre histoire de slips ?

Allons donc voir du côté de la Terre pour en savoir plus.

Car en effet, dans une base secrète du SHIELD (une unité spéciale d’espions supposément internationaux mais quand même plutôt américains), des choses étranges se passent : tout le monde est en train d’évacuer car une expérience à la cave est en train de mal tourner comme lors d’un vulgaire TP de physique-chimie au lycée ; en effet, les scientifiques du coin occupés à étudier le Cube Cosmique, une relique alien retrouvée sur Terre suite à moult aventures, viennent de découvrir que le bougre de bidule a décidé de s’animer tout seul et émet de curieuses ondes. Du coup, par sécurité, on évacue l’endroit car on préfère ne prendre aucun risque, des fois que, à tout hasard, le bidule ouvre un trou noir ou autre truc du genre qui ferait un peu désordre en plein milieu d’un paisible état des USA (les gens sont vite dérangés).

Mais c’est sans compter sur l’arrivée d’un hélicoptère qui décharge un personnage méchamment badass : Nick Fury (vous savez, avec ce plan typique des personnages descendant d’un hélicoptère, vu en contre-plongé avec le gars qui prend la pose pour regarder à droite et à gauche d’un air concentré avant de reprendre sa route. Même quand on est pressé, la petite pose cool, c’est important), colonel du SHIELD et plus ou moins directeur de celui-ci (ils n’avaient pas le budget pour engager un général). Une fois entré dans la base, il se rend directement au sous-sol concerné, où il demande à l’agent chargé de surveiller l’endroit, Barton dit "Oeil de faucon", de lui résumer la situation.

"C’est le Tesseract chef. Il merdoie.
- Le ?
- Le Tesseract. Hem, c’est le… le nom que l’on a donné au Cube Cosmique dans le script.
- Ho. Mais c’est moi où ça ressemble à un nom de sirop de fruit pour enfant ? Ça fait pas très dangereux. Il va faire quoi ? Balancer du sucre sur les murs ? Filer des caries ? Misère, ils pouvaient pas l’appeler de Golgothor ou le Kubernatus ?
- Chef, sauf votre respect, vous vous appelez Nick Fury, alors pour la leçon sur les appellations, bon.
- C’est parce qu’à la base je m’appelais Yannick Auxfruits, mais tu vois, j’ai fait un effort, moi. Bon, passons, "Oeil de faucon", et dis-moi plutôt ce qu’il en est de la situation.
- Et bien le Cube fait des bruits bizarres, brille, et envoie des ondes étranges. Il a même déclenché de mini-séismes à lui tout seul, alors c’est un peu la panique. Et pourtant, personne n’a rien fait d’anormal ici. On a même tenté de le débrancher, mais le bougre est devenu complètement autonome : il est sa propre source d’énergie.
- Zut. Bon, je propose de prendre tous les deux un air inquiet jusqu’à ce que le Cube se décide à faire avancer le scénario.
- Ok chef."

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Et ce qui est dit est fait : alors que les deux hommes font semblant de chercher une issue à la situation, et sachant que tous les deux n’y pigent rien en matière d’apéricubes aliens, le bidule, commence à émettre une très forte lumière bleue et ouvre soudainement un portail vers on ne sait où, faisant jaillir de celui-ci un homme que les gens ayant lu le spoiler de Thor connaissent : Loki !

Loki et son bâton magique, qui n’est pas sans rappeler les jouets vendus en grande surface. Ça en impose.

Pour vous la faire bref : chez Marvel, les dieux nordiques sont en fait des aliens venant d’une planète nommée Asgard. Et Loki a voulu y prendre le pouvoir grâce à un plan tout pourri, et a donc reçu un gros coup de botte dans son cul. Depuis, on sent bien qu’il l’a mauvaise, et qu’il cherche un nouveau plan pour échouer de manière plus grandiose encore. Voilà, je crois que vous savez tout : reprenons.

Loki, donc, est sorti du portail s’étant ouvert dans le sous-sol du bâtiment du SHIELD, sous les yeux ébahis des gardes et scientifiques présents ; les hommes d’armes ont tôt fait de commencer à lui mitrailler la gueule en voyant qu’il ne semble pas venu pour une distribution de bisous, mais meurent tous en se ramassant des éclairs tirés par le bâton magique du bonhomme, des couteaux vivement lancés, ou je ne sais quel autre truc plus ou moins improbable. Oeil de faucon tente bien de tirer sur le divin chenapan, mais ce dernier se téléporte à son côté et, d’un coup de sa magie, l’envoûte et l’oblige à passer dans son camp ; il en fait de même avec Erik Selvig, le chef de l’équipe scientifique, avant d’ordonner à ses nouveaux amis de tuer Nick Fury, qui était resté là à ne rien faire (enfin si : il tentait de se barrer avec le Cube… en marchant. Ah. Okay mec, courir, c’est pas assez cool, probablement). Oeil de faucon a beau être le meilleur tireur de tout l’univers, il ne fait que le blesser, et encore, pas très gravement, alors qu’il tentait de le tuer (on se croirait dans Hunger Games avec la fameuse lanceuse de couteaux qui ne rate jamais sa cible, sauf si c’est l’héroïne) : Nick Fury attend donc courageusement (comprendre : il fait le mort) que les méchants s’enfuient avec le Cube avant de donner l’ordre à ses agents de se lancer à leur poursuite.

Hélas, rien ne va pour le SHIELD, car :

  • Loki et ses nouveaux agents volent un pick-up et s’enfuient avec, Loki s’accrochant à l’arrière parce qu’un dieu viking grimpant sur la banquette d’un véhicule en se prenant la cape dans la portière, ça ne faisait pas sérieux
  • Les agents du SHIELD ne parviennent pas à arrêter les fuyards
  • Le portail ouvert par le Cube, lui, reste ouvert un petit moment dans la cave du SHIELD, puis, comme il s’ennuie, il s’effondre sur lui-même en détruisant à cette occasion l’ensemble de la base secrète, mais pas plus (ça s’arrête pile poil aux limites qui vont bien, je pense que c’est un Cube qui a eu accès au cadastre)

Au même moment, quelque part en Russie, nous retrouvons Natasha Romanoff, dite Black Widow, ligotée à une chaise dans un quelconque hangar abandonné. Autour d’elle, le général Kikinov et ses deux hommes de mains s’apprêtent à la torturer afin qu’elle explique pourquoi elle est venue fouiner dans leur petit trafic d’armes. Mais alors qu’ils s’apprêtent à apprendre l’orthodontie en toute autonomie grâce à la coopération exceptionnelle de mademoiselle, voici que le téléphone d’un des méchants sonne : c’est le SHIELD ! Qui explique que bon, les gars, on rigole bien, tout ça, mais en fait on peut vous détruire la gueule quand on veut, d’ailleurs, on sait où vous êtes : voici l’adresse du hangar. Donc passez nous la dame, on doit lui parler. Autant vous le dire : les méchants s’exécutent, et le SHIELD peut donc expliquer à Black Widow que sa mission est terminée, elle doit repartir d’urgence retrouver le docteur Bruce Banner, puisqu’on a besoin de lui.

"Okay, j’arrive, mais comme pour d’obscures raisons, je suis ligotée en minijupe et gros décolleté, est-ce que je peux d’abord défoncer les gens autour de moi en faisant des pirouettes où le spectateur lambda pourra mater plus ou moins discrètement ? 
- Mais, vas-y, j’t’en prie Black Widow, fais-toi plaiz'"

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Et donc, comme il se doit, plutôt que de demander à ses ravisseurs (qui obéissaient déjà au SHIELD sous la menace) de la relâcher en toute sécurité, l’organisation laisse donc faire plein de pirouettes à Black Widow contre des hommes armés, histoire de courir le risque de la voir se prendre une balle et de perdre ainsi un agent crucial comme une merde. Et évidemment, les trois brigands en face d’elle ne font pas le poids, et la bougresse peut donc s’enfuir en paix, expliquant en passant au général Kikinov à demi-assommé qu’elle n’était prisonnière que parce qu’elle le voulait bien. Voilà, hihihi.

Je note… aime les combinaisons en cuir noir… se faire attacher… et travailler avec des hommes masqués. Je crois avoir cerné cette jeune fille. Coquinette, va.

Mais quittons la froide Russie, et allons voir du côté de New York, où Tony Stark, alias Iron Man, vient de fignoler sa dernière oeuvre : la tour Stark, un building alimenté par un réacteur dernière génération produisant de l’énergie propre (il fonctionne grâce à une technologie qui permet de convertir la mauvaise foi en énergie pure, permettant ainsi à Jean-François Copé d’illuminer la côte Est à lui seul), car comme chacun sait, les autorités adorent que l’on installe des réacteurs expérimentaux au coeur de Manhattan. Hélas, alors que le bougre s’apprête à fêter sa victoire en compagnie de Miss Potts, sa douce moitié, il est dérangé par l’agent Coulson, du SHIELD, qui vient lui refourguer un dossier important : le monde libre est en danger, un alien-viking s’est emparé d’un cube de l’espace et compte s’en servir pour… heu… bref, il faut le récupérer, quoi, tu vois ? Allez, vas-y, accepte, fais pas ta pute. Tony Stark hésite un peu, mais comme on vient de sous-entendre qu’il pourrait faire sa pute : il accepte.

Dans le même temps, dans un quelconque gymnase de la ville (oui, on saute beaucoup d’un lieu à l’autre), Steve Rogers, soldat de 1940 amélioré physiquement lors d’une expérience et projeté dans le monde moderne après avoir été emprisonné près de 70 ans sous la glace suite à diverses aventures, est en train de se maintenir en forme. Durant la guerre, il était Captain America, un type en collant moule-kiki aux couleurs du drapeau américain tabassant des nazis à coups de bouclier étoilé (je… il fallait quand même une sacrée dose de beuh pour inventer un truc aussi nul), mais maintenant, il n’est plus qu’un surhomme dans un monde qu’il ne comprend pas. D’ailleurs, qui vient le déranger dans son entrainement ?

Nick Fury en personne ! Qui lui annonce que son pays a une fois encore besoin de lui. Car, ne me demandez pas pourquoi, à une époque où l’on se bat à coups de mitrailleuse, missiles et autres grosses cartouches, on suppose qu’un mec qui se bat en distribuant des patates comme un vulgaire pilier de bar fera mieux que toute l’armée. D’accord ! Il accepte : il remettra son costume hideux et il retournera se battre pour l’Amérique, mais surtout pour les Etats-Unis, parce qu’il a beau être un peu Captain America, il aime bien l’Amérique en entier pas trop les Mexicains. Et les Canadiens, non plus. Et puis il va quand même pas se battre pour le Vénézuela. Ni pour n’importe quel pays d’Amérique du Sud ou centrale, ‘foirés de rouges ! Et puis d’abord, depuis quand les noirs sont autorisés à devenir présidents ? D’ailleurs, pourquoi s’assoient-ils avec les blancs dans les bus ? Merde, c’était vachement mieux, l’Amérique de 1940.

Ah, sacré Captain Ku Klux Klan (un autre groupe de justiciers masqués).

"Les gars, je me disais : on pourrait me filer une tenue avec un minimum de camouflage, genre pas une reproduction de cible géante ?"

Laissons cependant ce fier héros de côté et, pour le plus grand plaisir de mon lectorat mâle, retrouvons Black Widow qui a elle quitté la Russie pour se rendre en Inde afin d’aller y chercher le docteur Bruce Banner, qui exerce là-bas en tant que médecin dans un bidonville. Pourquoi ce choix me direz-vous ? Le goût de l’humanitaire ? Que nenni : en réalité, Bruce Banner fait cela pour se cacher du SHIELD qui le traque. Car Bruce Banner a un terrible secret : un jour qu’il faisait avancer la science ("Voyons voir ce qu’il se passe si j’introduis de la choucroute dans un accélérateur de particules"), il y a eu un terrible accident, dispersant moult rayons gammas alentour (la choucroute est riche en rayon gammas, un fait hélas méconnu), l’irradiant très fort, et provoquant chez lui une terrible mutation : à chaque fois qu’il s’énerve, il se transforme en gros colosse vert invincible mais tout sauvage qui tabasse tout ce qui passe : l’incroyable Hulk. Alors évidemment, vous l’imaginez, ça lui pose pas mal de problèmes : à la Poste par exemple ("Non Monsieur Banner, ce n’est pas parce la vieille dame devant vous demande à voir tous les timbres en stock durant trois heures que vous avez le droit de lui briser le crâne contre le pèse-lettres") , dans le train (Hulk a été applaudi à de nombreuses reprises pour sa capacité à expulser hors des voitures via le plafond les enfants qui hurlent en tapant des pieds contre le siège de devant), ou même en soirée lorsqu’on veut l’obliger à jouer à Jungle Speed (sa capacité à enfoncer avec doigté le totem dans le rectum d’autres joueurs est légendaire chez les gastro-entérologues du monde entier). Du coup, il s’est dit qu’en Inde, dans un bidonville, il n’y aurait rien pour l’énerver (les gens qui meurent dans des maisons en tôle le laissent de marbre, c’est bien). Ma foi, pourquoi pas.

Bref ; Black Widow lui explique la situation, et en quoi Banner peut les aider : le Cube Cosmique volé émet des rayons gammas… donc qui de mieux qu’un expert en la matière pour aider le SHIELD à le retrouver ? Bon, okay : par le passé, le SHIELD a voulu l’enfermer, le tuer, le disséquer, mais allez, on se fait un bisou et on oublie, d’accord ? Soit, dit Banner. Mais si je deviens par accident un gros colosse en slip, vous serez bien embêtés, et ce sera votre faute si je vous malaxe la gueule avec mes phalanges.

Nous avons à peu près fait le tour des gentils, je crois : allons donc voir ce qu’il en est des méchants.

Loki de son côté n’a pas perdu de temps : il a endoctriné à l’aide de son bâton magique quantité de gens qui aménagent pour lui on ne sait où un laboratoire souterrain où il peut reprendre à son compte les expériences sur le Tesseract. Le coin étant plutôt calme, il en profite pour rentrer en méditation et utiliser ses supers pouvoirs pour envoyer son esprit discuter avec ses maîtres de l’espace : les méchants aliens. Représentés dans le cas présent par une créature humanoïde vêtue d’atours façon prêtre kitsch ou je ne sais quoi, mais on s’en moque, écoutons plutôt le dialogue.

"Haaaaa, Loki… notre fidèle agent… comment avancent tes travaux ? As-tu… le Cube Cosmique ? Car n’oublie pas : nous le voulons ! A toi la Terre… à nous le Cube !
- Oui, je l’ai. Et vous, votre armée pour conquérir la Terre sous mes ordres est-elle prête ?
- Tout à fait, et depuis longtemps ! Elle écrasera cette vermine humaine sans souci, ho ho ho ! Bientôt, ils ne seront plus… que cendres… hin hin hin ! Tu n’as plus qu’à utiliser le Cube pour… nous ouvrir un portail !
- Parfait… alors obéissez-moi, et donnez-moi la Terre comme prévu sinon… je garderai le Cube pour moi !
- Ne nous menace pas Loki… mon maître, le seigneur de notre race, te tuerait si seulement tu essayais ! N’essaie pas de nous prendre de vitesse ! Ha ! Le Cube doit nous revenir !
- … 
- Heu… Loki ? Tu fais une drôle de tête ? Ca ne va pas ? Tu es malade ? C’est parce que tu as une armure de merde en plastique supposée faire truc galactique ?
- Non… enfin si, mais je viens de penser à un truc.
- Ah. C’est pas banal.
- Votre Cube, là, il a déjà ouvert un portail, non ? C’est même celui-ci qui a détruit le bâtiment du SHIELD au début du film, donc pourquoi vous ne l’avez pas utilisé ?
- Heu… hem, bin… on était super occupés, tu vois et…
- Super occupé au point de ne pas vous déplacer pour récupérer le Cube devant vous permettre de conquérir l’univers ? 
- Heeeeem… je…
- Du coup, je ne comprends pas : quel intérêt à m’envoyer sur Terre avec le portail justement, moi, quand vous pouviez, vous, l’utiliser pour tout raser directement, récupérer le Cube pour vous et ne jamais me filer la Terre, évitant en plus que je ne sois tenté de vous trahir ?
- Loki tu… je dois te dire la vérité : c’est un énième plan de merde conçu uniquement pour te faire échouer.
- Ah. Oh, d’accord, je vois. 
- Bé oui. 
- Bon. Bin au boulot alors."

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Après ce passionnant entretien, le divin larron cesse donc la communication avec l’espace et s’en retourne vers ses agents, qui lui annoncent que pour pleinement exploiter la puissance du Cube et ouvrir un portail vers on ne sait quel coin de l’espace, ils ont besoin de Brouzoufonium, une matière particulièrement rare, dont il existe un gros morceau enfermé dans un coffre d’un luxueux bâtiment de Munich, objet accessible uniquement par un scanner rétinien ne répondant qu’à l’oeil d’un notable local.

Nick Fury est un peu dég’ : on vient de lui apprendre qu’il y avait une nouvelle boîte en ville, accessible uniquement en enregistrant un scan rétinien de son oeil gauche.

"Trop facile !", me direz-vous : Loki n’a qu’y aller, mettre un bon coup de bâton magique au dit notable pour l’envoûter comme ses autres agents, et ainsi récupérer l’objet tranquillement.

Ah oui, mais vous oubliez que tout bon film se doit de violer avec barbarie la règle suivante : "A partir du moment où l’on donne des pouvoirs à un personnage, il y a des chances qu’il veuille s’en servir". D’ailleurs, vu le nombre de fois où ça arrive, je commence à me demander si qui que ce soit pense que ça puisse être considéré comme une règle. Ou même trouver de l’intérêt au concept de "personnage crédible".

Changeons nous les idées, et retournons voir ce que fait le SHIELD pendant ce temps. Car Nick Fury, bougon d’avoir perdu l’un des bâtiments de l’organisation, est retourné méditer à bord du QG mobile de l’organisation… un porte-avions. Et pas n’importe quel porte-avions : un qui… vole et peut devenir invisible. Ça doit pas être super pratique pour les avions qui veulent s’y poser du coup, qui doivent se retrouver en pleine épreuve de Fort Boyard à 24 000 pieds.

"Ici F-18 X89, demande autorisation d’atterrir.
- F-18 X89, ici Tour de contrôle du SHIELD, on vous a en visuel, on entame la procédure de guidage.
- F-18 X89, roger.
- Alors, vous allez tourner à gauche. Voilà, virez, virez… allez… non, non, pas trop ! C’est un nuage, ça, c’est pas nous ! Bon à droite, voilàààà, bien joué ! Maintenant, plus haut. 
- Dites quand je chauffe, over.
- Vous chauffez… vous chauffez… ouiiii, ouiiii ! Allez, sortez la canne, et descen… HO PUTAIN PAS TROP !"

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Voilà. Donc si un jour, vous voyez au-dessus de vous des panaches de fumée noire collés aux fesses d’une masse invisible en l’air, vous saurez : vous êtes sous le QG du SHIELD et ses 5 crashs quotidiens.

A bord en tout cas, on semble faire fi de tout cela, comme d’autres détails, comme par exemple le ridicule uniforme de l’équipage, constitué de tenues moulantes, ce qui tombe bien, puisqu’aucun membre de l’équipage, homme ou femme, ne semble avoir un bide à bière à mouler. Nick Fury a d’ailleurs laissé tout cette joyeuse troupe digne de Star Trek de côté le temps de se rendre en salle de communication pour papoter un peu via écrans avec les trois administrateurs du SHIELD, ses supérieurs, qui s’inquiètent de relancer le projet Avengers, sans pour autant vraiment en empêcher Fury. Mais tout ce petit monde est vite laissé de côté car il y a désormais des invités à bord ; en effet, viennent d’y arriver Bruce Banner et Steve Roger, en compagnie de Black Widow, afin de commencer les recherches du fameux Cube Cosmique. Et ça tombe plutôt bien, puisque Nick Fury leur explique lors de leur arrivée dans la salle de commandement du navire que le SHIELD dispose, pour retrouver l’objet ou ceux qui s’en sont emparés, d’un réseau couvrant "toutes les caméras du monde, les téléphones portables & co", car comme chacun sait, la vie privée est l’ennemie de la mission des gentils : Nick Fury n’a plus qu’un oeil, certes, mais il regarde jusque dans ton lit canaillou. Oui, il sait pour l’histoire des draps discrètement glissés dans le lavage de maman. Et oui, il sait aussi pour cette tendre nuit avec Scrappy.

Or, alors que la fine équipe discute de cela, un agent du SHIELD hurle depuis son poste : on vient de localiser Loki ! Celui-ci, pourtant capable de changer d’apparence à volonté, est en train de se promener en grande tenue dans une soirée ayant lieu au rez-de-chaussée d’un luxueux bâtiment de Munich ; alors qu’au même moment, ailleurs dans le bâtiment, Oeil de faucon s’infiltre en massacrant tout ce qui passe avec son arme préférée : l’arc, ce silencieux outil du professionnel. Il parvient donc jusqu’au coffre contenant du Brouzoufonium, mais hélas, n’a pas de quoi passer le scanner rétinien ! Pas de problème : au même moment, au rez-de-chaussée, Loki pète la gueule au notable servant de cible devant tous les invités de la soirée, puis lui colle sur l’oeil un gadget qui scanne sa rétine avant d’en envoyer une reproduction à l’ami Oeil de faucon pour qu’il puisse récupérer tout le matos dans le coffre et se barrer, ce qu’il fait. Ma foi, c’est fort subtil tout ça. Ça va les gars ? On vous dérange pas ?

Visiblement, non, puisque Loki, lui, décide de sortir dans la rue en pourchassant les invités pour son petit plaisir personnel, avant d’obliger toute la foule dans la rue à ce moment là à s’agenouiller devant lui (il utilise force éclairs et illusions pour ce faire), pour leur tenir un petit speech sur l’humanité, qui est bête parce qu’elle veut être libre, alors que la vie est tellement plus simple lorsque l’on est soumis. Un discours de merde, vous en conviendrez, on sent là encore qu’il y a eu un vrai travail d’écriture sur ce film (comme toujours ces derniers temps, j’en profite pour glisser le budget histoire que l’on comprenne qu’il n’y avait pas de quoi faire : 220 millions de dollars), mais rassurez-vous : Loki tient ce discours en anglais, du coup on peut supposer que la foule teutonique se contente de ne rien comprendre et de pouffer discrètement, leurs visages gonflés par les rires difficilement contenus tournés vers le sol. Seul un papy, qui parle la langue de Shakespeare bien que mâtinée d’un fort accent germanique, ose se relever pour lancer "Chamais che ne renonzerai à la liperté !" ou "Bourquoi che zuis dout mouillé ?", je ne suis plus certain, avec l’accent, on s’y perd. Vexé, Loki décide donc de lui désintégrer la gueule d’un bon coup de son bâton magique.

Mais ha ! Alors que le tir s’élance de la canne vers le petit pépé pour l’assécher encore un peu plus qu’il ne l’était déjà, une chose incroyable se produit : un bouclier s’interpose et sauve notre homme !

"Hooooo !" dit la foule.

"Ha haaaaa !" fait Steve Rogers, alias Captain America, fraîchement débarqué d’un jet de transport piloté par Black Widow en constatant la surprise de Loki face à cette arrivée impromptue. Enfin de la surprise ou du dégoût, car même si Loki a vraiment une tenue hideuse, on parle quand même d’un mec qui a pour uniforme une combi en latex aux couleurs de son pays. Loki voudrait bien discuter, du genre dire "Attendez les mecs, comment vous avez pu arriver si vite sachant que vous passez votre temps à traîner près des Etats-Unis avec votre porte-avions enchanté, et que ça ne fait pas plus de 5 minutes que vous m’avez repéré ? Sans compter le temps d’enfiler la tenue à la con, bien sûr.", mais Captain America se met en tête de lui péter la gueule comme il se doit, débutant ainsi un combat entre surhommes à grands coups de poing dans la margoulette. Hélas, si le combat est aussi serré que la tenue de certains (oui, je sais, mais quand même), Captain America finit par se retrouver en fâcheuse position. Vite, quel deus ex machina pourrait le sauver à la dernière minute ?

Iron Man tire des lasers, des missiles, vole et en plus, a lu le script : il est vraiment balaise.

Un deus ex machina à bouc devrait convenir : c’est donc Iron Man qui débarque de nulle part (comment savait-il que Loki serait là, à cet instant précis, et surtout, comment a t-il fait pour venir de New York en moins de 5 minutes depuis le moment où Loki s’est montré ?) et se joint à la fête pour aider le Capitaine Amérique ; rapidement, le vilain crypto-dieu nordique en a un petit peu marre de se prendre des marrons dans la margoulette, aussi se rend-il. Ah ? Lui qui est un super magicien expert en illusions, il se rend ? Hmmm, c’est suspect, se disent nos héros (à raison). Et hop, tout le monde embarque le prisonnier dans le jet avec lequel Captain America est venu, et repart en direction du super porte-avions volant invisible (c’est incroyable, ce qu’il ne faut pas écrire je vous jure) du SHIELD pour livrer le colis à domicile.

Pour des raisons tout à fait mystérieuses, apparemment, autant il faut moins de 5 minutes pour aller du porte-avions à Munich et se battre quelques instants sur place, autant il faut trois plombes pour retourner vers le navire volant au retour, ce qui me laisse penser qu’une fois encore, l’espace-temps à quelques problèmes, mais passons. A bord du jet, Loki reste assis, silencieux, alors que le reste des présents se demandent pourquoi il s’est laissé capturer si facilement. Quand soudain, l’appareil se met à traverser un orage fort chargé…

Loki comprend vite ce qu’il se passe : c’est son frère, Thor, qui vient le chercher, et en effet, au bout de quelques instants, un gros blond bodybuildé en tenue kitschounette vient de se poser sur le toit du jet en volant : Thor ! Il a tôt fait de rentrer à coups de marteau magique en plastique dans l’appareil, le tout en braillant, pour mieux en extirper Loki et s’envoler avec lui en direction du sol loin de ses ravisseurs. Ni une, ni deux, Iron Man se lance à leur poursuite, puis, après un petit moment, Captain America lui choisit, ne volant pas, d’attraper un parachute pour tenter lui aussi de rattraper la troupe.

Qu’il est con ce Captain America : les mecs sont partis en volant dans la direction opposée à celle du jet, tu as mis trois plombes à te décider et à mettre ton parachute, et tu comptes sauter pour les rattraper ? Tu réalises qu’à la vitesse où allait le jet, sans compter celle de tes copains partis à l’opposé, tu vas être à des dizaines, voire si j’en crois la vitesse de l’appareil pour t’emmener à Munich, à des centaines de kilomètres de ta cible ?

Ah mais non, j’oublais : "l’espace-temps est une notion toute relative". D’ailleurs, Black Widow et son jet, eux, continuent leur route. Ça va être sympa le retour au porte-avion "Oui alors on avait Loki, mais un type volant l’a emporté, puis Iron-Man et Captain America ont quitté le bord, mais on s’est dit qu’on allait pas faire demi-tour pour si peu. Bon, y a quoi à la cantoche ce midi ?."

Retrouvons donc Thor, qui dépose son frère au sol pour lui faire la morale.

"Loki ! Oh, Loki, mon frère ! Je te croyais mort, cf le spoiler de l’autre connard ! 
- Hé bé non. En fait j’ai survécu.
- Bon, bin c’est cool. Je t’ai libéré à la seconde où je t’ai retrouvé. Je te ramène à la maison ?
- Non, j’ai plutôt décidé de conquérir la Terre, juste pour t’emmerder.
- Juste parce que j’aime bien cette planète ?
- Voilà.
- T’aurais pas pu te venger autrement ? Genre en piquant mes DVD de Glee ou en écrivant "Prout" sur mon front pendant que je dormais ?
- Ho je… heu… je n’y avais pas pensé. Mais nan, vraiment, voilà, je vais conquérir la Terre juste parce que j’ai envie de t’emmerder. Et parce que je suis méchant. Non, personne n’a réussi à trouver de motifs plus intéressants à mon action dans l’équipe du film.
-  Ah. D’accord. C’est un peu triste quand même."

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Coupant court à ce consternant dialogue, Iron Man arrive à fond les ballons, et plonge droit sur Thor pour lui péter la gueule car il n’aime pas trop qu’on lui vole ses prisonniers. Les deux se retrouvent donc à une centaine de mètres de Loki, qui attend patiemment que le spectacle se termine, en observant la baston. Les deux hommes ont tôt fait de se trouver de force à peu près égale, jusqu’à ce qu’enfin, sortant de nulle part et ayant probablement couru à environ 750 kilomètres/heure, Captain America débarque pour séparer les combattants à coup de bouclier, et leur propose de s’unir pour ramener Loki jusqu’au SHIELD pour qu’il avoue où il a planqué le Cube Cosmique. Thor n’a qu’à venir pour escorter son frère, maintenant qu’il est au courant de pourquoi les humains l’emmenaient. Et puis bon : le Cube Cosmique étant justement une relique d’Asgard, Thor aimerait bien le récupérer pour le rendre à son peuple.

Tiens sinon, Thor, juste comme ça : tu as fait comment pour localiser ton frangin dans un jet d’une organisation secrète ? Non parce que du coup, j’imagine que tu aurais pu le localiser plus tôt, du genre, quand il a fait sauter la moitié d’une base humaine en formant un portail galactique en-dessous à l’aide du Cube que tu cherchais, chose que j’imagine vaguement détectable. M’enfin je dis ça, hein, je voudrais pas déranger.

A noter que Loki a tranquillement attendu la fin du combat, donc, pour à nouveau se laisser emmener par ses ennemis comme prisonnier, et en lâchant de temps à autres un petit sourire mesquin pour bien mettre la puce à l’oreille de tout le monde. Il est vraiment sympa ce garçon. Dire qu’il est supposé être un maître de la ruse et de la fourberie, tout ça, bon. On va dire que le mec qui écrit son rôle ne l’était pas.

Mais bon : une fois à bord du navire volant du SHIELD, Loki est donc emmené par Nick Fury jusqu’à sa prison : une cage en verre blindé où, si jamais le brigand fait le moindre signe de l’endommager, cela déclenchera un mécanisme qui le larguera vers le sol, quelques kilomètres plus bas. Donc attention à ne pas faire le malin !

Pardon ? Vous voulez dire que vous avez enfermé un être d’une race qui vole (Thor, par exemple, est son frère et le fait très bien) dans une cage au-dessus des airs en menaçant de la balancer dans le vide si jamais il essaie de la briser ? Comme dans "Comme ça, tu finis de la briser durant ta chute et tu t’envoles comme un petit oiseau" ? Ah bin oui, c’est super malin. Merci, Nick Corky.

Cela dit, le colonel Fury rassemble tout le monde autour d’une table, Thor, Bruce Banner, Captain America, Iron Man, Black Widow & co et leur explique le topo : Loki est bien enfermé, mais maintenant, il faut chercher le Cube, et faire attention car des agents du SHIELD, dont Oeil de faucon, sont envoûtés et ont donc changé de camp (ce qui embête pas mal Black Widow, qui pour une veuve, semble avoir bien envie de se remarier avec un faucon, petite zoophile va). Tout le monde doit donc coopérer : Iron Man et Bruce Banner en scientifiques vont utiliser tous les instruments à dispositions pour chercher l’appareil, Captain America fera des leçons de morale, Thor se fera les ongles et Black Widow prendra des poses où l’on voit un peu ses formes pour un oui ou pour un non. Soit ! C’est un excellent plan, et il est donc aussitôt mis en action.

Black Widow n’oublie jamais d’ouvrir sa tenue moulante juste comme il faut, mais ce n’est pas du tout pour racoler, non monsieur.

Mais hélas, bien vite, on constate que des tensions naissent dans l’équipe :

D’abord, Iron Man aime bien emmerder Bruce Banner pour essayer de l’énerver, juste pour rigoler : avec un peu de bol, il se transformera en Hulk incrontrôlable et tuera tout le monde à bord, c’est rigolo, hihihi, heureusement que je suis un génie. Ensuite, le même Iron Man pirate discrètement les ordinateurs du bord, car il se demande ce que le SHIELD peut bien vouloir au fameux Cube. Captain America, qui se pose les mêmes questions, s’introduit lui par effraction dans des secteurs interdits du navire (ceux marqués "NE PAS RENTRER : INFORMATIONS CAPITALES SUR L’INTRIGUE SI SI J’VOUS JURE Y EN A UNE") pour voir ce que l’organisation lui cache. Black Widow, elle, est allée utiliser ses supers talents pour tenter d’interroger Loki, et a découvert que ce dernier en sait beaucoup trop sur elle, ce qu’elle n’apprécie guère. Mais dans la conversation, elle a fini par apprendre pourquoi Loki s’est laissé capturer : il veut détruire les Avengers, et compte sur la présence à bord de Hulk pour l’énerver en semant la discorde, et ainsi tout détruire, super héros compris ! Quant à Thor, il n’a pas fini ses ongles. Mais que cela ne nous empêche pas de parler du plan de Loki, dont je rappelle les étapes pour ceux n’ayant pas saisi :

  1. Loki se laisse faire prisonnier en faisant du n’importe quoi à Munich, sur le lieu d’une opération pour récupérer du Brouzoufonium dont il a besoin, et multipliant ainsi ses chances de la faire échouer, donc. C’est idiot.
  2. Loki est emmené au QG des Avengers, leur vaisseau volant. Là, il est enfermé et ne peut rien faire pour semer la discorde. D’ailleurs, il n’essaie même pas. C’est débile.
  3. Loki attend que la discorde soit semée toute seule sans rien faire, il pourrait donc aussi bien être chez lui en pantoufles. C’est stupide.
  4. Hulk s’énerve pour un motif aléatoire, comme prévu par ce plan sans aucun sens, et tue tout le monde à bord. Bien joué, mais Loki n’y est donc pour rien.
  5. Loki éclate d’un rire diabolique, puis constate qu’il vient de s’enfermer à bord d’un navire au milieu du ciel avec une créature qui tue tout le monde. Il pète un peu, tout en constatant que dans une cage en verre clos, c’était pas une bonne idée.
  6. Loki est mort (intoxiqué ou tabassé par Hulk). C’est peut-être mieux pour lui.

Mais heureusement, tout va se passer, par d’incroyables coïncidences, d’une manière qui laisse entendre que Loki avait en fait vraiment monté un plan génial ! C’est pas beau ça ?

D’abord, parce que les Avengers se divisent : en enquêtant à bord, chacun à leur manière, Captain America et Iron Man ont compris ce que le SHIELD veut faire du Cube : des armes surpuissantes pour combattre les menaces diverses qui sont apparues ces dernières années, et que seuls des super-héros avaient pu vaincre. Les deux désapprouvent, car c’est très vilain de faire des armes. Thor désapprouve aussi, car le Cube est à son peuple, pas aux humains pour jouer à la guerre. Les dialogues deviennent plus ou moins incohérents, chacun s’engueulant avec son voisin pour un oui ou pour un non, malgré les appels de Black Widow qui crie "C’est exactement le plan de Loki, il voulait nous diviser en montant à bord !". Oui d’ailleurs, notons que l’engueulade n’a rien à voir avec la présence de Loki à bord, comme quoi, hein, rien ne tient debout là-dedans, mais passons, tu es bien brave de vouloir coller des sparadraps sur le scénario bancal, Black Widow.

"Hahaha, je me suis laissé capturer afin de… heu… ho. Rien, en fait."

Au même moment, à l’extérieur, il se passe pourtant quelque chose de très intéressant : un appareil du SHIELD non-autorisé s’approche du porte-avions avec un équipage inconnu. Oui, d’ailleurs, le navire n’est plus invisible, pour le coup, histoire que les méchants le trouvent plus facilement. L’invisibilité, c’était juste pour faire les cakes au début, un peu comme un gros kéké allumant ses néons tuning pour impressionner la gueuse avant de les éteindre parce que ça bouffe la batterie, en fait. Mais, observons plutôt la scène :

"Allô allô, ici tour de contrôle du SHIELD, appareil non-identifié, vous me recevez ? On ne vous a pas sur nos registres.
- Nan mais c’est bon, on a pas d’invitation mais laisse nous rentrer, on a des potes à l’intérieur."
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Je n’exagère pas : les mecs ne se justifient même pas de leur présence, ils ont juste à dire qu’ils arrivent, et voilà tout. Rappelons que le SHIELD est en état d’alerte car des agents sont passés à l’ennemi suite à un certain envoûtement et est donc extrêmement prudent.

"Ouais, ici tour de contrôle : c’est OK les gros, entrez en phase d’approche. Tiens, mais qu’est-ce que vous faites ? Vous ne vous approchez pas du tout pour vous poser, vous prenez en plus une trajectoire non autorisée et ouvrez l’arrière de votre appareil en laissant paraître des hommes en arme. Boh, ça doit être une procédure qu’on ne connait pas, on ne va rien dire."

Et en effet, l’appareil suspect se met aux côté du porte-avions dans une manoeuvre pas du tout suspecte, ouvre son entrée arrière, et on peut y voir… Oeil de faucon ! Qui tire une flèche piégée vers l’un des quatre rotors qui maintiennent le navire en l’air ! S’ensuit une formidable explosion, qui secoue tout l’engin.

"Ici tour de contrôle, dites-moi appareil non identifié, vous ne viendriez pas de nous tirer dans le cul, par hasard ? Si hein ? Et bien en représailles, et malgré toutes les défenses top-futuristes et l’armée qu’abrite notre appareil, et bien on ne va pas réagir ou vous abattre. On va juste vous faire coucou. Coucou les gars  !"

Voilà. Donc, l’appareil des traîtres du SHIELD peut continuer de tournoyer tranquillement autour du navire sans que celui-ci ne riposte, puis, finalement, probablement lassé par leur manque de réaction, décide de se poser sur le pont pour débarquer une dizaines d’hommes en armes, ainsi qu’Oeil de faucon en personne. Là encore : personne ne les attend pour leur plomber la gueule au sortir de leur jet : il ne manque plus que le tapis rouge, et je crois qu’on est au top de la crédibilité.

De leur côté les Avengers ont pris cher suite à l’explosion : Bruce Banner et Black Widow ont traversé une cloison blindée (on ne dira pas qui était assez lourd pour traverser) et se sont retrouvés bloqués dans une pièce isolée, quant à Captain America et Iron Man, ils sont partis tenter de relancer le rotor qui a été endommagé par l’explosion. Thor, lui, continue de se faire les ongles. Continue mec, je suis sûr que ça va donner du résultat. Mais dans le même temps, l’assaut du bâtiment par le commando ennemi commence, et comme le veut la logique, c’est évidemment le commando de 10 clampins contre les 3 000 hommes du bâtiment qui parviennent à progresser sans se faire arrêter jusqu’à la passerelle de commandement où, histoire de bien tout foutre en l’air, Oeil de faucon tire une flèche-clé-USB (… non, vraiment, stop) dans l’un des ordinateurs du bord, envoyant un virus qui coupe une nouvelle turbine du navire volant, provoquant sa chute !

Excellent plan Oeil de faucon. Ho, et tu t’en tires comment après au fait ? En redécollant tranquillement depuis le pont d’un vaisseau qui tombe ? Non parce que tu n’as pas de parachute sur le dos, alors je veux bien que tu m’expliques.

En tout cas, la situation devient des plus chaotiques : le navire plonge vers le sol, les hommes du bord se font massacrer par le commando d’Oeil de faucon, Iron Man et son copain Captain America peinent à redémarrer le bousin, et surtout, Bruce Banner, jusqu’ici d’un calme olympien, vient de s’énerver très fort tant il n’aime pas traverser des cloisons blindées, et commence à tout ravager à bord : Black Widow n’échappe d’ailleurs que de justesse à sa colère (elle tente de l’amadouer en prenant des poses curieuses dans sa combi moulante façon calendrier de routier), puis va se cacher derrière Thor qui passait par là à la recherche d’une nouvelle lime pour son gros orteil ; l’affrontement a donc lieu entre les deux larrons, jusqu’à ce qu’Hulk se lasse du dieu de la foudre et tente de sauter sur un avion de chasse qui l’arrosait aussi depuis l’extérieur, et finisse donc par choir dans le vide. Qu’on ne s’inquiète pas quand même : c’est Hulk.

Ah, il y avait donc en plus des avions de chasse à l’extérieur ? Juste comme ça : ils faisaient quoi, pendant qu’Oeil de faucon arrosait le navire depuis son jet ? Ça vous emmerderait de faire des Méchants qui font vraiment un plan fonctionnel, pas juste un truc qui marche grâce à des trous dans le script ?

Bref : Thor, qui n’a donc plus Hulk sur le dos, se rend donc vers la prison de Loki, pour constater que le commando vient d’ouvrir la porte de sa cage en verre ; il se rue donc pour l’empêcher d’en sortir, mais se retrouve face à une illusion qu’il traverse, et finit ainsi enfermé à son tour dans le bidule en verre. Que Loki s’empresse de larguer, comme convenu, droit vers le sol. Thor reste donc un moment à se demander que faire, avant, d’enfin, penser à péter la vitre puis à voler pour s’en tirer. Ah, c’était si simple, en fait (surtout quand on a un gros marteau magique) ! Mais suite à diverses procédures un peu agitées dans la manœuvre, il finit quand même par choir au sol, mais moins gravement que prévu, et se retrouve tout bonnement assommé au milieu des champs d’un trou paumé. Espérons que les fermiers du coin ne vont pas lui tirer dessus en le confondant avec un mauvais amateur de cosplay en goguette.

Coup de bol pour Thor : les humains font définitivement des pièges à peu près aussi malins que lui.

Loki, lui, avant de s’enfuir décide de tuer un agent du SHIELD s’interposant entre lui et la sortie, le fameux agent Coulson, type qui couvait un peu les héros et leur servait d’intermédiaire avec l’organisation quand Nick Fury était occupé à faire du patin à glace. Cela fait, il quitte le navire en heu… bah… en… en profitant du fait que le script l’oublie (une fois encore). Voilà. Oeil de faucon, lui, n’a pas cette chance : au détour d’un couloir, il se trouve nez-à-nez avec Black Widow, qui lui colle un bon coup sur le crâne, brisant ainsi l’envoûtement auquel il était soumis. Enfin, Captain America et Iron Man parviennent à relancer le rotor endommagé, permettant, avec trois moteurs en route sur quatre, au porte-avions du SHIELD de reprendre de l’altitude. Ouf ! La situation est sauvée !

Hélas, l’équipe est désormais dispersée, le SHIELD affaibli, Loki enfui, et on en sait toujours pas plus sur ses plans précis… diable, tout va mal !

Pas tout à fait.

Car dès le lendemain, lorsqu’enfin, Oeil de faucon a pleinement repris ses esprits, il explique que Loki ne lui a rien révélé de son plan… mais se souvient que ce doit avoir lieu le jour même ! Merci du tuyau mec, ça fait plaisir. Quant à Iron Man, il comprend que cela doit avoir un rapport avec le Cube… qui aurait besoin d’une grande source d’énergie pour s’alimenter, et d’un endroit bien visible pour opérer, Loki aimant la mise en scène… la tour Stark ! Et son réacteur spécial au Jean-François Copé ! Vite, il doit foncer gagner du temps pendant que les Avengers dispersés tentent de se rassembler pour essayer de lutter contre le vilain, unis autour de l’esprit du défunt Coulson, simple humain mort pour avoir cru dans les Avengers et avoir tenté de buter Loki ! (tous les autres morts du SHIELD, on s’en fout, ils n’avaient pas de nom, chut, sentimentalistes).  Ce que notre bon homme de fer fait donc promptement, débarquant dans sa tour pour y trouver Loki bien installé. Heureusement que Loki a le même raisonnement absurde que nos héros, car sinon, on le retrouverait probablement au sommet d’une centrale nucléaire, expliquant que si on l’attaque, ça va irradier toute la région. Un truc vaguement plus efficace, quoi.

Un peu de papote, une ou deux ruses de chacal, et non seulement le bougre de Tony Stark gagne un peu de temps, mais en plus, il parvient à changer d’armure, celle qu’il portait ayant été endommagée lors du redémarrage du rotor de la bouse volante du SHIELD (et puis aussi parce qu’il change d’armure une fois par film, mais passons). Cependant, cela n’empêche pas Loki de lancer son plan : il a installé le cube sur le toit de la tour, ainsi qu’Erik Selvig, le scientifique du SHIELD sous ses ordres pour lancer toute la procédure d’activation du bidule : rapidement donc, le Tesseract tire un rayon bleu vers le ciel, ouvrant un joli portail vers l’espace (mais qui n’aspire rien, c’est un gentil portail), et de celui-ci sortent… des aliens ! (Si vous vous attendiez à des poneys, c’est un peu raté)

Et surtout, pas n’importe quels aliens ! Des aliens sur motos-volantes !

… Non, sérieusement ?

Autant le dire : c’est la grosse panique à New York, ce qui est un peu étonnant compte tenu du fait qu’au vu du nombre de films sur le sujet, la ville est sujette à invasion environ deux à trois fois par an (les jours fériés, l’invasion est pour Los Angeles). Et si Iron Man parvient à en détruire un sacré paquet, il en arrive trop ; il est cependant bien vite rejoint par Black Widow et Oeil de faucon à bord d’un jet qui donnent la chasse aux envahisseurs, avant de larguer sur la zone Captain America, qui participe à l’évacuation des civils au sol. L’armée, elle, n’est pas là, elle a probablement une cérémonie de remise des médailles plus importante qu’une énième invasion, quant au SHIELD, il n’a pas envoyé le moindre appareil en renfort pour tenter de contrer la menace. Rappelez-moi les mecs, votre QG volant est un porte-avions ; et ça porte quoi, les porte-avions, qui pourrait vaguement aider ? Attention, c’est pas facile.

Non parce qu’au début du film, par exemple, on avait pu constater que le portail créé par le Cube s’effondrait après quelques instants sitôt le Cube déplacé : ça avait d’ailleurs, pour le coup, fait s’effondrer une base du SHIELD. Du coup, un petit missile en haut de la tour Stark pour bouger le Cube… m’enfin, hein, bon, c’est pas comme si c’était important de fermer un portail d’invasion extra-terrestre en plein ciel de New York. Je comprends. Mieux vaut envoyer des mecs en collant se battre à coups de poing contre les envahisseurs, c’est tellement plus intelligent. Enfin, pas seulement : il y a aussi Oeil de faucon qui combat avec un arc, et Black Widow qui utilise les plus petits pistolets de la création pour lutter contre l’envahisseur. Non vraiment : quelle équipe de choc.

D’ailleurs, en parlant de super-héros, notre équipe est bientôt rejointe par les éléments manquants : Thor vient se joindre à la fête et balance de la foudre sur les nouveaux arrivants, alors qu’Hulk bourre à peu près tout ce qui passe, à commencer par des espèces de poissons-chats-géants-blindés-qui-volent (c’est pas facile à décrire) rasant tout sur leur passage, jusqu’à se prendre une sorte de gros colosse vert en colère sur le coin du museau. La bataille dure et dure encore, mais l’ennemi, toujours plus nombreux, prend doucement l’avantage, malgré les superbes stratégies de Captain America, ou encore le demi-milliard de flèches d’Oeil de faucon, désormais en position sur un toit, qui tue des gens même sans les regarder tellement il tire bien (c’est trop cooooool !). En tout cas, son carquois inter-dimensionnel lui permet de tenir un moment, jusqu’à ce qu’enfin, tout paraisse perdu. Certes, Hulk a cassé la gueule à Loki durant la bataille, le laissant bien sonné, mais cela ne suffit pas. Et surtout, le SHIELD vient de se décider à agir (ah bin c’est pas trop tôt les gars, vous faisiez quoi ?).

Non mais regardez sa couleur : on voit bien qu’Hulk est né d’une expérience impliquant forcément du chou.

Car oui : les administrateurs viennent de donner leurs ordres à Nick Fury : le porte-avions doit lancer immédiatement des chasseurs tirer une ogive nucléaire sur Manhattan pour tenter de calmer l’invasion ; le bon colonel refuse, expliquant que les Avengers ont encore une chance, mais ses supérieurs l’envoient péter et ordonnent directement au personnel du porte-avions de ne plus obéir à Fury, et de faire décoller deux appareils chargés pour Manhattan. Diable ! Mais Fury a plus d’un tour dans son sac : malin comme il est, il file s’emparer d’un lance-roquettes (ho ?) et tire sur l’un des chasseurs avant qu’il ne décolle sur la piste, manquant de peu de tuer le pilote ; hélas, le second appareil décolle sans encombre.

Le personnel du pont, lui, ne réagit pas. C’est tellement normal de voir ses supérieurs tirer au lance-roquettes sur ses petits camarades.

"Bonjour chef. Ho, je ne dirais pas non à une petite roquette dans la gueule. Merci chef."

L’appareil s’élance donc, et parvient promptement à portée de Manhattan, avant de décocher son projectile ; il ne reste plus qu’une seule solution : Nick Fury contacte Iron Man pour le prévenir du danger imminent, faisant que celui-ci vole jusqu’au missile, puis s’envole avec celui-ci jusqu’au portail afin de… c’est bon ? Tu peux le lâcher ? Tu sais, il vole tout seul le missile monsieur, c’est ça les flammes à l’arrière. Mais non : Iron Man, on ne sait pourquoi, passe le portail avec l’engin et se retrouve dans l’espace face à un gigantesque vaisseau dont partent tous les aliens ; celui-ci est donc bien surpris lorsque l’homme de fer lâche son colis dans leur direction, et l’explosion a tôt fait d’avoir raison de l’immense engin. Iron Man, lui, à court de batteries, dérive dans l’espace, et retombe doucement vers le portail (il aspire alors, finalement ?), traversant celui-ci… pile (évidemment !) au moment où Black Widow a trouvé comment fermer le portail : il suffisait d’emprunter le bâton magique de Loki pour taper dedans ! Et donc pouf ! Tout se ferme (à part la série de poncifs, bien sûr) !

Plus de portail, plus de vaisseau mère : tous les aliens encore présents dans Manhattan s’effondrent, sans vie (c’est toujours super pratique le concept du "Il suffit de tuer le gros vaisseau pour que la guerre soit finie"). Alors autant le dire, dans les jours qui suivent, c’est toute une clameur qui s’empare de la ville : New York a été sauvée par les Avengers ! Les témoignages se succèdent à la télévision, alors que de son côté, Nick Fury fait son rapport à ses administrateurs : il a décidé de ne pas garder le Cube Cosmique et de le rendre à Asgard, et de ne plus espionner les Avengers, qui ont le droit à leur vie privée (par contre, le reste du monde peut aller se faire foutre : merci Nick, tu es génial). Et si sans le Cube, le SHIELD n’a pas les moyens de défendre la Terre, il fait confiance aux Avengers pour venir protéger la planète. Les administrateurs lui expliquent qu’ils ne sont pas contents, parce que là, il a désobéi dans les grandes lignes, a volontairement donné une ressource stratégique essentielle à une puissance étrangère (et spatiale), tiré au lance-roquettes sur ses subordonnées et laissé filer des agents précieux, mais que bon, ils vont juste lui faire les gros yeux, et éventuellement, s’il recommence, ils diront à tout le monde qu’en fait, il s’appelle Yannick Auxfruits.

De leur côté, les Avengers rigolent tous de bon coeur comme tous les gentils qui viennent de tabasser du méchant, et ils regardent Thor remmener le Cube ainsi que Loki sur Asgard, afin que tout ce bordel soit désormais la patate chaude de quelqu’un d’autre. Et sitôt les deux bougres téléportés…

FIN

C’était quoi ce truc ?

Ho, et oui : comme on me le signale à chaque fois, oui, il y a une de ces séquences post-génériques ennuyeuses où les méchants aliens piaillent que, holala, faut plus attaquer les humains, ils sont bien trop forts (mais dit de manière plus cucu encore), et on découvre que le terrible maître des extra-terrestres qui avait été évoqué au début du film est en fait… un gros singe moche à face mauve (on m’a signalé dans la salle qu’il s’agissait d’un certain Thanos, alors que pour ma part, je m’exclamais "Ouaaah, Babouche ?!"). Comme quoi, on en apprend tous les jours.

"Je vais conquérir la Terre et tous vous exterminer, misérables humains"

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L’administrateur tapota des doigts sur le bureau devant lui, observant sur son écran les chiffres du budget du projet Vengeurs.

Il faudrait trouver autre chose. Repartir de zéro. Repenser le projet pour ne pas faire les mêmes erreurs, et ainsi trouver une parade pour éviter que la sécurité du monde ne repose pas entièrement sur les épaules d’un groupe au service des Etats-Unis. L’Union Européenne avait son mot à dire dans le jeu des nations, et d’ores et déjà, il était temps de reprendre le travail, d’avancer, pour ne pas prendre plus de retard dans la course effrénée à l’armement, qu’il soit humain ou non.

Depuis son bureau de Bruxelles, c’était à lui, en tant qu’administrateur de l’ECU, de trouver les armes de demain pour protéger des millions de citoyens. C’était ce qu’il fallait garder à l’esprit.

Du moins, ce que l’administrateur tenta de faire jusqu’à un son sourd ne se fasse entendre et qu’une secousse parcoure le bâtiment, renversant la tasse de thé reposant devant le fonctionnaire sur les feuilles de papiers étalées entre lui et son écran. Se retournant vers la baie vitrée derrière lui, il nota qu’une fumée noire commençait à s’élever du rez-de-chaussée du bâtiment, et entendit bientôt l’alarme incendie se déclencher, striant ses oreilles alors que du plafond se mit à tomber une formidable pluie tropicale. Tentant de garder toute sa dignité de haut-responsable, il se retourna pour tenter de se saisir du maximum de documents encore visibles sur sa table pour les mettre à l’abri du déluge dans un tiroir, mais se ravisa en entendant les premiers coups de feu.

D’abord isolées, les détonations devinrent rafales, montant peu à peu les étages du bâtiment ; grelottant dans son costume trempé, l’administrateur se rua paniqué vers l’un de ses tiroirs pour allumer le talkie-walkie qui le reliait à la sécurité en cas de besoin ; hélas, sur la fréquence, on entendait plus que détonations, cris de paniques et divers hurlements qui semblaient annoncer un danger plus terrible que tout ce qu’une sécurité militaire surentraînée pouvait affronter. Tout au mieux, il entendit un homme, qu’il reconnut comme l’un des officiers de ses gardes, hurler "Encerclez-le, encerclez-le !" avant qu’à nouveau, les sons sortant en crépitant de l’appareil ressemblent plus à des cris d’agonie qu’à une tentative d’organisation de riposte.

L’administrateur finit par tapoter sur l’appareil lorsque celui-ci ne laissa plus entendre aucune voix, et hésita à se risquer à appeler pour ne pas donner d’informations à l’ennemi sur sa présence. Tout au mieux, il trouva le courage d’entrouvrir sa porte, juste assez pour passer un oeil, afin de voir s’il restait au moins un homme en armes dans son couloir pour l’aider à évacuer les lieux, mais lorsqu’il le fit, il nota que tout était désert. Et loin, très loin, de l’autre côté du gigantesque couloir du bâtiment, il pouvait entrapercevoir l’ascenseur, qui ne lui avait jamais paru être à une si grande distance.

Il constata d’ailleurs que les portes en étaient ouvertes, et qu’au milieu de corps de gardes encore chauds, il pouvait distinctement apercevoir, comme suspendue depuis la trappe du plafond de la cabine, une minuscule silhouette pointant vers lui un objet brillant.

L’administrateur n’entendit rien, et s’effondra lourdement sans parvenir à comprendre comment qui que ce soit au monde, à pareille distance et en telle position, avait pu parvenir à le toucher lui, à l’abri derrière sa porte. Il sentit un liquide chaud couler sur son front martelé par les gouttes du système anti-incendie, et eut comme dernière vision celle d’un homme approchant doucement de son corps allongé sur la moquette de son bureau, et penchant vers lui un visage hideux aux traits grossiers abritant deux yeux fortement marqués par un terrible strabisme divergent. Puis, il sombra.

Accroupi au-dessus de lui, l’homme grogna quelque peu, et rajusta mollement la cravate du mort sur son costume trempé. Il finit par se relever, et sans quitter le corps des yeux, chargea un nouveau harpon dans son pistolet en soliloquant :

"Personne ne me renvoie. Personne."

Et les yeux globuleux au terrible strabisme levés vers le système anti-incendie, il ajouta

"Sous l’eau, rien n’échappe à Oeil de Mérou."

Le son du moteur électrique du fauteuil roulant semble un chuchotement dans les calmes couloirs de l’immense manoir.

Aujourd’hui, comme tous les jours, le professeur Charles Xavier se rend dans une salle de classe de la résidence qu’il a transformée en école, afin d’enseigner à des adolescents quelque connaissance sur le vaste monde. Mais attention ; nous ne parlons pas ici d’une école comme les autres, mais bien de celle des X-Men, c’est-à-dire, un établissement secret réservé aux enfants disposant d’un don surnaturel : créer du feu, de la glace, traverser les murs… et le fondateur de l’école lui-même, le professeur Xavier, est l’un d’entre eux. En effet, il dispose d’un pouvoir formidable : celui d’entendre les pensées d’autrui. Enfin, quand je dis formidable : honnêtement, vous aimeriez entendre les pensées d’adolescents, vous ?

Arrivé devant la salle dans laquelle il enseigne depuis des années, Charles fait pivoter d’un geste son fauteuil, et passe le seuil de la porte pour pénétrer dans la pièce où une vingtaine de jeunes gens sont fort occupés à discuter de sujets divers ; voyant leur professeur arriver, ils le saluent vigoureusement avant de rejoindre leurs tables dans un léger chahut, mélange de bruits de trousses que l’on ouvre et de chaises que l’on tire.

"Bonjour les enfants", s’exclame le professeur en s’installant derrière son bureau. "Aujourd’hui, je vous propose de parler de l’Amérique du Sud, puisque comme vous le savez, nous avons déjà étudié l’Am…" ;

"Ho non, pas l’Amérique du Sud. C’est chiant."

"Tiens ? Kevin a mis son pull moche aujourd’hui. Il devrait apprendre à s’habiller, le pauvre."

"Où j’ai foutu mon stylo bleu ? Raaah, il était là. Merdeuuuuh merdeuuuh meeeeerde, où… hmm… ah… peut-être dans la poche avant de mon sac…"

L’espace d’un instant, le professeur porte ses mains à son visage, comme pris d’une migraine. Il doit se concentrer. Il ne faut pas qu’il prête attention aux pensées de ses étudiants.

"La vache ! C’est moi ou Brenda a encore pris des nichons ? Hmmm… je me la ferais bien !"

"Ourf… qu’est-ce que j’ai mal au bide ! Hoooo… j’aurais dû aller aux toilettes ce matin… vu le baleineau que je dois avoir en bout de toboggan, je dois pas être loin de ressentir ce que sent une femme enceinte."

Le professeur crispe sa mâchoire… il doit… se concentrer… saloperies de jeunes qui pensent à… il faut qu’ils se concentrent sur ce qu’il… péniblement, Charles parvient à articuler "Je… l’Amérique du Sud, donc, que vous connaissez principalement au travers de certains…"

Soudain, il l’entend.

Il écarquille les yeux ; non ! C’est impossible ! Pas cette pensée ! Pas celle-là ! C’est déjà assez dur quand on l’a soi-même alors… non ! Non ! Que… Arrêtez ! Arrêtez !  Dans la tête d’une élève au fond, il peut parfaitement l’entendre. C’est affreux. La plus immonde des pensées est là : pire que l’étudiant qui se souvient du porno qu’il a vu la veille, pire que celui-ci qui repense à la cuite qu’il a prise et qui a encore une grosse migraine… c’est…

Il ose à peine murmurer le nom de cette menace. Déjà, il sent ses tempes devenir douloureuses et le sang bouillir derrière son crâne. Sa vision se trouble, et l’espace de quelques secondes, il manque de choir de son fauteuil.

Qu’arrive t-il au professeur Xavier ? Comment en est-il arrivé là ? Répondons à ces questions en commençant avec un peu d’histoire, en nous tournant vers X-Men First Class.

Spoilons mes bons.

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L'affiche : chez les X-Men, si t'as pas la combi officielle, c'est que tu es méchant(e)

Le film s’ouvre sur un endroit fort joyeux : un camp de concentration polonais en 1944.

Erik Lehnsherr, jeune adolescent juif, a la malchance d’être du peuple élu du mauvais côté des barbelés, et d’être séparé de sa maman qu’il aime tant lors de son arrivée au camp alors que des gardes les emmènent dans deux directions opposées. Sous la pluie battante (c’est une scène triste, il pleut donc comme il se doit, avec des gouttes grosses comme les ficelles de l’intrigue : d’où l’expression "pleuvoir des cordes"), notre jeune héros est soudain possédé par le désespoir et la colère, tant on touche pas à sa mère comme ça, et se met à hurler tout en tendant les mains vers sa maman de l’autre côté du portail qui les sépare : un phénomène étrange se produit alors, puisque tous les barbelés se tordent, les barres métalliques se plient, et les pauvres soldats qui tentaient de traîner l’enfant loin de là s’aperçoivent que même à 5, ils ne sont pas assez forts : c’est comme si le morveux était aimanté. Histoire de bien lui faire comprendre qu’il commence à faire chier, l’un des fiers germains du coin lui colle un coup de crosse dans la gueule, et tout redevient calme (si vous aussi vous avez des enfants turbulents, vous savez ce qu’il vous reste à faire). Seul le portail complètement tordu porte les stigmates de la curieuse scène qui vient de se dérouler sous les yeux de moult témoins, parmi lesquels un médecin du camp : Sebastian Shaw.

Ce dernier est fort intrigué : le petit juif disposerait-il de über-pouvoirs ? Il doit vérifier, et le fait donc emmener dans son bureau, en lui proposant un exercice simple : jeune Erik, veux-tu bien faire bouger cette pièce de monnaie nazie (le choix n’est pas anodin : un bon nazi sait qu’il doit utiliser de l’argent pour motiver un juif, il l’a lu dans "Mein Kampf pour les Nuls") ? L’adolescent se concentre très fort, devient tout rouge, mais ne parvient guère à remuer sa cible. Sebastian tente donc de motiver un peu plus sa victime en faisant amener sa maman dans le bureau, encadrée par deux gardes : il va compter jusqu’à 3, et si une fois cela fait, Erik n’a pas fait bouger la monnaie, Maman Lehnsher devra tenter d’arrêter une balle avec son front, ce qui n’est pas facile, même en supposant que l’on fronce les sourcils très fort au bon moment.

Erik redouble d’efforts, et se concentre incroyablement sous les encouragements de sa maman ; mais las : la pièce refuse de bouger, et Erik entend donc soudain une détonation suivie d’un bruit sourd : Le Docteur Shaw vient de refroidir sa môman, ce qui n’est pas très courtois. C’est donc parti pour une grosse colère du petit bonhomme, qui se met à hurler "Rrrgnneeuuuurrrggnnnnnn" (ou quelque chose de proche), et compresse par la seule force de son esprit, tous les trucs qui passent : une petite cloche qui reposait sur le bureau, un casier de documents, des instruments chirurgicaux ainsi que les tables en métal qui attendaient dans la salle d’à côté derrière une porte vitrée, et même les casques des deux gardes qui étaient là, leur écrasant le crâne avec, ce qui leur fait relativement bobo au point de les tuer. Une fois cela fait, Erik se calme, et le Docteur Shaw, qui hurlait "Ouiiiiii vas-y, fais toi plaaaaais’ !" jusqu’alors en voyant ce spectacle de destruction s’exclame : "Ach ! Bravo kleine galopin ! Ensemble, nous allons faire de grandes choses !" : et lui tendant la main, il voit le petit Erik désormais orphelin venir poser sa petite mimine dans la sienne. Limite il n’ajoute pas "Ach, ch’ai tué ta Maman ! Tu mérites bien ein grosse kinder zurbrize bour gombenzer ! !".

Oui. Le gosse, on bute sa mère devant ses yeux, il devient ivre de rage, et il prend bien soin de ne surtout pas blesser ou pire, tuer, l’assassin de celle-ci, qui est pourtant en face de lui, et couvert de trucs plus ou moins métalliques (il a des lunettes dans la bonne matière, des chaînettes, boutons et montre pour aller avec, un lüger rempli de balles à la main… mais non), sans compter toutes les armes à portée (ex : les instruments chirurgicaux, et je n’ai pas parlé des armes à feu des gardes ou de leurs baïonnettes). Mieux encore, non seulement il épargne le médecin, mais il se fait adopter par lui dans la minute qui suit le meurtre de sa mère par ce dernier sous ses yeux. N’oubliez pas les enfants : si vous voulez devenir ami avec Erik Lehnsherr, pensez à buter un membre de sa famille sous ses yeux.

Qu’il est bête. Ou alors, si, ça peut se tenir : il haïssait peut-être sa mère depuis le jour où elle avait refusé de lui acheter ce skate-board à l’effigie du führer sur le marché de Düsseldorf , et il est fort content d’en être débarrassé grâce à Sebastian Shaw, ce qui explique cette amitié-éclair avec son assassin. Enfin bref, passons, et allons plutôt aux Etats-Unis.

A la même période, donc, il se passe des choses au pays du hamburger : dans un immense manoir, Charles Xavier, jeune morveux, entend des bruits dans la cuisine familiale ; ni une, ni deux, équipé de sa batte de base-ball préférée, il se rend dans la pièce incriminée pour voir qui ose se lancer dans de nocturnes aventures au sein de sa demeure (et potentiellement éclater son museau au responsable) : il tombe nez-à-nez avec sa mère, visiblement en train de taper dans le frigo pour se faire une petite choucroute à 3h du matin. Cependant, on ne la fait pas à Charles : 1) il sait que sa mère ne fout jamais les pieds dans la cuisine, c’est pour la plèbe, 2) elle ne mange pas de choucroute, ça la fait péter, 3) il lit dans les pensées de la bougresse et réalise qu’il s’agit en fait de quelqu’un ayant pris l’apparence de sa mère. Le bon Xavier somme donc l’intruse de montrer sa vraie apparence : celle d’une petite fille à la peau bleue qui se présente sous le nom de Raven. Charles étant un gentil génial, il comprend qu’elle vole dans les frigos pour survivre, et lui propose de vivre avec lui au sein de sa famille : "trop cool", se dit la morveuse, qui accepte.

Bon par contre, v’la l’explication le lendemain : "Papa, maman, j’ai trouvé une roumaine dans la cuisine cette nuit : allez, maintenant, elle va habiter avec nous ! Hein ? Dis ! Allez ! Steuplé papa, on peut la garder ? Je m’en occuperai ! Je lui donnerai à manger ! Je la promènerai ! Je changerai sa litière, alleeeeeeeeez dis ouiiiiiiiiii !". Mais autant papa et maman Xavier avaient dit non pour un chat ou un labrador, autant ils disent ok pour une roumaine métamorphique. Soit.

Mais avançons un peu dans le temps, et retrouvons Charles quelques années plus tard, qui est devenu un fier jeune homme qui se prépare à soutenir sa thèse de génétique sur les mutations dans l’histoire, parce que par exemple, il y a plein de mutations : les couleurs d’yeux, de cheveux, tout ça, paf, mutation. Mais ce n’est pas le genre de sujets qui fait rêver les minettes ; aussi, le soir, dans les pubs, Charles dragouille un peu de l’étudiante : grâce à ses pouvoirs, il peut par exemple savoir ce qu’elles aiment, et ainsi mieux les approcher. Éventuellement, il peut aussi leur ordonner de retirer leurs soutifs, mais il ne le fait que peu ce qui, je dois bien le reconnaître, m’a déçu. En tout cas, ça rend la petite Raven, qui a désormais adopté l’apparence d’une blondinette, assez jalouse, et elle ne se gêne pas pour pourrir ses plans à son simili-frangin. Il faut dire que la puberté est passée par là, et que Raven est en pleine crise existentielle : sa vraie apparence étant socialement contestable, elle doit passer ses journées à se cacher sous d’autres formes. C’est trop nuuuuuuuuuuuul. Encore un peu, et avec sa crise identitaire, elle devenait gothique.

Sauf que pendant que l’on se pose mille et une questions, il s’en passe des choses, ailleurs : à Las Vegas, une certaine Moira MacTaggert, agent de la CIA, est en planque devant un club privé, dans lequel pas mal de beau monde a l’air de se rendre. Elle est là pour surveiller le général Jean-Jacques, un gros ponte de l’OTAN qui vient s’encanailler et qui trame des trucs plus ou moins louches. Moira a l’oeil : après avoir vu sa cible rentrer dans le bâtiment, elle constate que quantité de nanas en sous-vêtements coquins semblent entrer sans encombres ; voilà une excellente ruse pour s’infiltrer dans la place : notre donzelle se désape, et comme elle a toujours des trucs coquins sous sa tenue de travail (et que coup de bol, elle n’est pas un vieux tromblon), elle peut rentrer sans soucis au milieu des autres filles. Vous avez compris les filles ? TOUJOURS mettre des trucs sympas sous votre tenue de travail. On ne sait jamais quand ça pourrait servir.

Une fois à l’intérieur, et suivant le flot, elle arrive dans une salle de jeux cernée par des alcôves où les filles emmènent leurs clients pour des prestations privées avant de tirer un rideau mauve pour isoler le renfoncement du reste de la salle. Moira repère une nana toute vêtue de blanc guider le général Jean-Jacques dans l’une des niches avant, là encore, de tirer le rideau, aussi fonce t-elle à sa poursuite, sauf que lorsqu’elle écarte le bout de tissu pour rejoindre le général et sa pupute : plus personne ! Ils ont disparu !

"Arrêtez de dire que je suis une pupute parce que je m'habille comme ça en réunion ! Je suis une Reine, c'est très différent !"

Crotte alors… comment cela est-il possible ? Mademoiselle fouille et notant un cendrier sur la table, appuie dessus : hop ! Passage secret ! La niche se met à tourner sur elle-même et emmène Moira dans un petit bureau désert couvert de documents marqués "top secret" avec des rapports en russe dedans. Oui : n’importe quelle nana faisant la serveuse dans ce club et nettoyant les cendars’ ou mec écrasant son cigare à cet endroit qui est ouvert au public risque de se retrouver en possession de documents du KGB. Super discret. Surtout dans un club visiblement très fréquenté. Mais ce n’est pas tout : dans une pièce voisine du bureau, l’agent McTaggert entend des voix : toujours équipée uniquement de ses sous-vêtements, elle se dirige donc vers l’origine des bruits et jette un oeil à ce qu’il se passe ; et figurez-vous que ce n’est pas rien.

En effet, le général Jean-Jacques boit tranquillement un verre au milieu de personnes plutôt louches : et tout d’abord leur chef, Sebastian Shaw, ex-médecin dans un camp de concentration que l’on a vu au début du film, mais visiblement toujours aussi jeune (voire plus, comme cela est mystérieux !) mais plus riche et pédant encore qu’autrefois, et qui explique qu’il aimerait que le général accepte de déployer des missiles atomiques en Turquie. Ainsi, le bloc de l’Ouest serait capable de pulvériser l’URSS avant même que celle-ci n’ait le temps de riposter.  Lorsque le général refuse, du fait que cela pourrait être une provocation menant à un conflit mondial, Sebastian présente ses acolytes pour l’effrayer un peu : la pupute blanche est en fait la Reine Blanche, une nana capable de transformer son corps en diamants, ce qui est pratique pour se la péter dans les soirées mondaines, et qui est télépathe à ses heures. Riptide, un type capable de créer des tornades à volonté, et Azazel un mec à la peau rouge et avec une queue de démon pouvant se téléporter selon son bon plaisir, seul ou avec d’autres personnes du moment qu’il les touche. Shaw s’amuse donc du fait que le général soit fort impressionné par les supers-pouvoirs de ses hommes, puis ajoute à cette couche menaçante une belle offre pleine de pognon pour achever de le convaincre, ce qui fonctionne plutôt pas mal tant le général semble aimer le pognon. Une fois cela fait, il fait téléporter Jean-Jacques via Azazel pour on ne sait où.

Moi, quand j’ai un mec qui peut se téléporter avec autrui à volonté, je ne m’emmerde pas à faire construire des passages super-pas-secrets dans des clubs de canaillous sur-fréquentés où tout le monde peut me trouver à n’importe quel moment juste par accident : je dis "Venez Jean-Jacques, rendez-vous au Macumba ce soir dans la loge 8", et une fois dedans, pouf pouf, je le fais téléporter à moult bornes de là dans un bureau tranquille où personne n’a aucune chance de tomber, même en cas de filature de Jean-Jacques. Mais bon, je ne suis pas un méchant supposément génial, moi, je dois forcément me tromper. C’est tellement mieux un passage pourri qui mène droit à des documents secrets (et où il n’y a même pas une lampe ou un son pour avertir les gens dans la pièce d’à côté que le passage vient d’être activé et qu’on risque de les espionner/les déranger).

Moira McTaggert, qui a tout vu sans se faire repérer, file donc vers sa voiture restée devant le club et attrape sa radio pour appeler le patron de la CIA, en pleine réunion au Pentagone : elle lui explique que comme on lui a ordonné, elle a suivi le général Jean-Jacques, mais que celui-ci a été corrompu par des mutants avec des supers-pouvoirs, et que… "Shut up, bitch", la coupe son patron : il ne sait pas ce qu’elle raconte, mais c’est probablement du caca, puisque le général Jean-Jacques n’est pas à Las Vegas, mais bien au Pentagone où il vient d’arriver, et à moins qu’il n’ait fait 10 000 kilomètres en quelques secondes, ça parait compliqué qu’elle puisse l’avoir vu quelques minutes avant dans un club de la célèbre ville des joueurs. McTaggert se fait donc raccrocher à la gueule. Et la réunion commence donc très fort, puisque le général Jean-Jacques, comme on le lui a demandé, demande l’installation de missiles américains en Turquie : pouf, en 2 minutes, c’est voté.

Tout cela soulève plusieurs problèmes :

  • Azazel sait où téléporter quelqu’un au sein du Pentagone sans faire de témoins ? Il sait quelle pièce est déserte et à quelle heure ? Il est fort.
  • Le général ne savait pas que Shaw pouvait le téléporter à Washington en quelques secondes. Alors s’il était attendu à une réunion du Pentagone sur la sécurité mondiale, que foutait-il à Las Vegas ? Il ne pouvait pas rencontrer Shaw un autre jour ? Genre la veille ? Et plus près ?
  • Personne ne semble remarquer autour de la table où tout le monde est en uniforme que Jean-Jacques est le seul mec en smoking.
  • Je suis patron de la CIA, j’ai ordonné une enquête sur un chef d’état-major US, je sais que ce soir, il est à Las Vegas pour rencontrer des gens louches, c’est même pour ça que je prends en pleine réunion les appels des gens censés me tenir au courant de ce qu’il se passe, et ces derniers m’informent que le général vient de disparaître alors qu’il était en plein entretien secret avec des gens frayant avec l’Est. Et au même moment, le même général, que j’ai fait suivre jusqu’à Vegas, apparaît à Washington : sans même penser à l’hypothèse de la téléportation, je soupçonne très très fort que j’ai affaire à un sosie/une ruse quelconque particulièrement louche. Et je suis conforté dans mon hypothèse par l’attitude du général qui à peine arrivé, parle de foutre la zone et de briser l’équilibre de la guerre froide, chose qu’il n’avait jamais faite auparavant.
  • Il suffit d’un général pour prendre une telle décision en une soirée ? Mazette, au Pentagone, ils ont les réunions les plus productives de l’histoire.

Je continue ou ça ira ? Allez, on va s’arrêter là dans l’immédiat.

McTaggert de son côté est toute frustrée de voir que personne ne la croit : plutôt que de souligner les incohérence ci-dessus, ou même de transmettre les documents en russe qu’elle a trouvé dans le bureau à sa hiérarchie et qu’elle avait l’air de trouver particulièrement sensibles quand elle les a vus (elle lit le russe), elle préfère s’exclamer "On va avoir besoin d’un spécialiste des mutants !". Ou d’un cerveau, au choix. Mais comme nous le verrons plus tard, contrairement à sa réputation, Charles Xavier n’a que l’une de ces deux compétences.

Ça tombe bien, quelques jours plus tard, à Oxford, notre bon Charly décroche son diplôme de Professeur pour sa thèse sur la génétique, sous les applaudissements des présents. Il va donc, comme il se doit, se rincer la tronche avec les copains pour fêter ça, histoire de finir la soirée à vomir dans le pub alors que Patrick Sébastien chante "Tournez les serviettes". Mais au milieu de la beuverie surgit la belle Moira, qui explique qu’elle a besoin de toute urgence de son aide. Hop, pour Charles, c’est le moment d’utiliser ses supers-pouvoirs : pouf pouf, il lit ses pensées, découvre ses mensurations, et apprend ce qu’elle a vu à Las Vegas, ainsi que qui sont ses employeurs. Soit, dit le bon Xavier qui sent le danger des vilains mutants que Moira a surpris, je vous aiderai dès demain. Là, j’ai un peu bobo têtête, et puis je peux pas vous aider ET faire tourner ma serviette.

Le pouvoir de Charles Xavier ne marche pas s'il ne lève pas manuellement son sourcil gauche pour faire une tête genre "Ha haaaaa..."

Et donc, quelques jours plus tard, au Pentagone, le professeur Charles Xavier fait une présentation au patron de la CIA expliquant que bon, voilà, oui, il y a des mutants dans la société, et qu’effectivement, ils peuvent avoir des pouvoirs paranormaux comme lancer du feu, se téléporter ou apprécier Nadine Morano. Le chef des services secrets ricane donc en disant que tout cela est ridicule, et reste pessimiste, même lorsque Charles lui explique que lui-même est un mutant et qu’il peut lire ses pensées, et ainsi savoir que depuis une demi-heure, le big-boss de la CIA pense "Il faudra que je pense à sortir Scrappy en rentrant, si je ne veux pas qu’il bousille le tapis. Sacré Scrappy !". Devant le manque de succès de cette démonstration, c’est donc Raven (allez savoir ce qu’elle fichait là) qui décide de changer d’apparence devant tout le monde pour appuyer le propos en faisant une démonstration de son peu banal pouvoir : la CIA est donc convaincue. Et propose aux mutants d’intégrer un laboratoire où ils pourront développer leurs capacités et se regrouper pour lutter efficacement contre les méchants mutants de Sebastian Shaw.

Mais justement : avant d’aller au laboratoire, Charles pense déjà savoir où se cache Shaw grâce à ses grands pouvoirs, et propose à Moira de lancer une opération pour l’arrêter. Après tout : plus tôt ce sera fait, mieux ce sera.

Je parle, je parle… et je suis sûr que pendant ce temps, vous vous arrachez les cheveux en vous demandant "Et le petit Erik dans tout ça ? Qu’est-il devenu ? Je m’inquiète, assez, assez, dites-moi tout !" : j’y viens ! Le petit garçon a bien grandi, et est désormais un adulte grognon qui cherche à retrouver les nazis qui lui ont fait du mal ainsi qu’à sa famille. Oui, il lui a fallu 18 ans pour réaliser que "Ah, oui, merde en fait : Sebastian Shaw, il a pas été gentil de tuer ma mère. J’aurais peut-être dû le buter plutôt que de devenir son pote si j’avais été un peu cohérent.", enfin bon, mieux vaut tard que jamais. C’est donc à Genève qu’on retrouve trace de notre ancien déporté, qui se rend dans une banque du pays du fromage à trous : il a en effet avec lui un lingot d’or frappé du symbole du IIIe Reich, dont il se sert pour rencontrer le directeur local, en charge de ce genre d’opération de dépôt, disons, sensible. Sauf qu’une fois en présence de l’honorable banquier, Erik ne parle pas vraiment ouverture de compte et agios : il utilise plutôt ses pouvoirs magnétiques pour jouer avec ses plombages et le torturer un peu en lui demandant gentiment où se cache l’un de ses clients du nom de Sébastien Shaw. L’homme résiste un peu, mais lorsque le métal commence à lui sortir de la bouche, il finit par cracher le morceau tant au sens propre que figuré : celui qu’Erik recherche est en Argentine ; satisfait, notre héros quitte donc les lieux pour attraper le premier avion pour Buenos Aires.

J’imagine bien Erik dans l’avion l’emmenant au-dessus de l’Atlantique, en train de se dire "Hmmm, je crois que j’ai encore été un peu con : j’aurais dû lui demander une adresse. Je crois que l’Argentine, c’est grand en fait."

Par on ne sait quel raccourci magique (probablement en suivant les traces d’import de bière allemande, sans laquelle le Germain ne peut survivre loin de chez lui), il finit cependant par trouver une petite taverne au milieu de nulle part (oui parce qu’en plus, ce n’est même pas dans une ville ou un village : il retrouve par enchantement un bâtiment installé en plein milieu de la pampa sans autre construction humaine autour. Très fort), et y rencontre trois personnes : le tenancier et deux clients. Erik, bon vivant, engage vite la conversation sur le fait qu’il est allemand d’origine, ce en quoi ses compagnons de bière s’exclament "Ja ! Nous zaussi !" ; mais pas le dernier pour la déconne, notre larron ajoute promptement "Et je suis juif aussi", ce qui provoque moult sifflotements innocents et regards en direction des chaussures de la part des autres présents. Aucun ne pense à détendre l’atmosphère d’un bon "Allons ! A l’époque, nous étions tous dans le même camp !" en faisant de gros clins d’oeils appuyés sur le mot camp, l’humour nazi étant souvent source de malentendus. Erik, lui, remarque vite que ses interlocuteurs sont en train de sortir diverses armes, genre pistolets et dagues SS pour se débarrasser de lui, mais grâce à ses pouvoirs, il les éclate bien vite. Et il note une photo sur le mur sur laquelle on voit Sebastien Shaw en compagnie des nazis qu’il vient de dézinguer devant une photo marquée "Miami". Ni une, ni deux, il s’y rend donc sur le champ.

Là encore, dans l’avion survolant le Brésil, Erik a dû se dire "Roooh, crotte de bique ! Si ça se trouve, la photo avait 15 ans ou même elle avait été prise en vacances et Sebastian n’est plus là-bas depuis longtemps, ou n’a jamais habité Miami ! J’aurais peut-être dû leur demander directement où il était. Décidément, quelle tête de linotte je fais, hihihihi."

Ok. Ce n’est donc définitivement pas notre petit Erik qui va remonter le niveau général.

Mais coup de bol : Sebastian Shaw est toujours à Miami, en effet, puisqu’il réside sur place à bord d’un luxueux yacht. Il se permet même d’y recevoir le général Jean-Jacques, venu réclamer le pognon qu’il a gagné à la sueur de sa corruption sur la question des missiles turcs. D’ailleurs, le haut-gradé a tout prévu : pour être sûr de pouvoir repartir avec son argent sans finir massacré par des mutants aux pouvoirs mystérieux, il est venu avec une grenade qu’il menace de faire exploser si jamais on ne lui donne pas ce qu’il veut. Ce faisant, il tuera tous les présents sur le pont (en même temps, moi, en présence d’un mec capable de me téléporter loin de là pour que je me retrouve tout con avec ma grenade et d’un autre pouvant me souffler vers l’horizon à coups de tornades, j’aurais cherché une autre stratégie). Pas de problèmes ! Répond Shaw : passe-la moi ta grenade, je vais la dégoupiller moi-même : ce qu’il fait. Au point de la faire exploser entre ses mains ! Sauf que : voici que Sebastian lui-même est un mutant… dont le pouvoir lui permet d’absorber l’énergie : électricité, explosions, balles envoyées sur sa tronche… il en absorbe toute l’énergie sans soucis, ce qui le rend totalement insensible à tout cela. Et lui permet en plus de s’en servir pour deux choses :

  • rester jeune et plus ou moins beau
  • utiliser le surplus absorbé comme arme et par exemple, désintégrer un général Jean-Jacques peu coopératif. Ce qu’il fait.

Plus personne ne parlera donc jamais du pauvre Jean-Jacques du film, ou ne cherchera à savoir ce qu’il est advenu de lui. C’est vrai quoi : le patron de la CIA a vu de ses propres yeux que les mutants existaient grâce à Raven, a tout le rapport de Moira dans lequel on lui explique que Jean-Jacques a été corrompu par une puissance étrangère pour faire installer des missiles en Turquie, rapport rendu crédible, y compris sur la partie de la téléportation, par le fait que l’on sache désormais que c’est possible, et voilà que Jean-Jacques, juste après avoir fait passer l’idée des missiles, disparaît.

C’est pas suspect au point que l’on annule/revienne sur la décision de suivre son plan ? Non ? Non.

Passons sur ces évènements, et revenons au yacht en rade de Miami : la nuit est désormais tombée, et tout semble calme. Pourtant, dans l’eau, une silhouette s’agite plus que de raison : il s’agit d’Erik, qui a localisé le rafiot de son ennemi juré et qui prépare une opération commando sur ce dernier. Il nage donc doucement jusqu’au navire, et surgit donc soudainement sur le pont, dérangeant Shaw, la Reine Blanche et Riptide, qui étaient en pleine soirée pyjama à rire de bon coeur en mangeant de la glace. La Reine Blanche perçoit donc dans ses pensées son intention de tuer les présents (heureusement que tu es télépathe ! Sinon, l’arrivée nocturne et discrète d’un mec en tenue commando brandissant un couteau, ça aurait pu te mettre sur la piste aussi), et Riptide réagit promptement en rebalançant Erik à l’eau d’une bonne tornade dans la face. Mais le répit est de courte durée : au loin, incroyable coïncidence, arrive au même moment une corvette de la marine qui ordonne aux occupants du yacht de se rendre : à bord, Moira McTaggert et Charles Xavier guident l’opération visant à capturer le vilain Shaw. Des commandos sur des zodiaques sont rapidement envoyés vers l’ennemi, mais de terribles tornades les renversent et les repoussent comme il se doit. Charles, lui, sent bien la présence d’une télépathe ennemie aux côtés de Shaw, ce qui l’empêche de prendre le contrôle de ce dernier pour l’obliger à se rendre. A l’inverse, la Reine Blanche aussi sent bien qu’il y a un télépathe aux côtés des hommes du gouvernement. Et en plus, dans le même temps, histoire de rendre la situation encore plus chaotique, Erik, depuis l’eau, utilise ses pouvoirs pour manipuler l’ancre du navire de l’ex-médecin de la mort et s’en sert pour commencer à défoncer le pont de celui-ci. Au prix du yacht, j’ai quand même envie de dire que c’est un petit enfoiré.

Vite, s’exclame Sebastian Shaw ! Il faut filer ! Pas de problèmes : son bateau, il l’a piqué à Rastapopoulos : en-dessous du yacht se trouve un véritable sous-marin nucléaire ultra-design, avec même des néons dessus (si) pour faire de la lumière sous l’eau, ce qui est très pratique pour se faire repérer. D’ailleurs, ils les laissent bien allumés, là, alors qu’ils tentent de fuir vite et bien, comme quoi, ça fait vraiment partie des trucs vus comme indispensables par l’équipage. Et je ne vous parle même pas de l’intérieur du submersible : c’est tout propre, design, et tout et tout : le top du top de la classe étant bien évidemment le réacteur nucléaire, lui aussi conçu façon meuble futuriste, à peine plus gros qu’un bureau. Salle du réacteur qui n’est séparée du salon du sous-marin (tout sous-marin a son salon, enfin !) que par une petite porte coulissante. On peut donc boire son thé dans un fauteuil tout en se faisant méchamment irradier la gueule : c’est bien ("Hmmm, il est bon ce martini ; je le savoure pour oublier la douleur provoquée par ce troisième bras qui me pousse sur la fesse"). Pour le reste, le tout fonctionne avec un équipage limité : Azazel, Riptide et la Reine Blanche, qui ont visiblement tous leur BTS de sous-marinier, suffisent à le faire fonctionner.

"Vite, fuyons ! Ah, si seulement l'un d'entre nous avait un pouvoir de téléportation... Azazel, démarre le sous-marin !"

Hé bé. Même aujourd’hui on en a pas des comme ça. C’était moderne, 1962. Tiens d’ailleurs, pourquoi s’enquiquiner à utiliser un sous-marin tuning qui a dû coûter le PIB de la Californie pour fuir quand on a Azazel ? Je ne comprends pas bien. Surtout que pour suivre un mec qui se téléporte, il faut se lever tôt. Enfin bon, encore une fois : le méchant est supposément génial et maléfique, il doit avoir ses raisons.

Revenons en surface, alors que la corvette de la marine se contente de dire "Zut, ils s’enfuient" (retenez bien cela, car comme nous le verrons plus tard dans ce film, tous les marins semblent dénués de réactivité), plutôt que de, je ne sais pas moi, leur balancer une charge sous-marine sur le nez, ou tout simplement, enclencher le sonar pour les suivre. Erik, lui, n’est pas prêt à les laisser se barrer, et tente d’utiliser ses pouvoirs pour stopper le sous-marin en le tirant en arrière, mais hélas, il n’est pas assez puissant : c’est lui qui est tracté vers le fond. A aucun moment, il ne pense que ses pouvoirs pourraient lui permettre, entre autres : de plier les pales de l’hélice pour arrêter le sous-marin, de transformer le gouvernail en cocotte ou autre figure d’origami, ou plus simplement, d’ouvrir une écoutille pour noyer tout ce petit monde : je suis sûr que si Sebastian Shaw peut absorber l’énergie, il a plus de mal quand il s’agit de milliers de litres d’eau. Aucun sens pratique ces jeunes.

C’est donc Charles qui, depuis la corvette, sentant la présence d’un mutant derrière le sous-marin, saute à l’eau façon Alerte à Malibu, le maillot en moins, pour éviter la noyade à ce dernier et le ramener à la surface. Erik est donc un peu colère, puisqu’il ne peut plus que se contenter de voir la lumière du sous-marin tuning s’éloigner sans que personne ne remue le petit doigt. Moi-même, j’étais un peu perplexe.

La mission de capture de Sebastian Shaw est donc un échec. Qu’importe : Charles ne baisse pas les bras, et se rend donc en compagnie d’Erik et de ses autres compagnons habituels dans un laboratoire secret que la CIA se propose de mettre à disposition des mutants pour les aider à protéger l’Amérique des vilains brigands de Shaw. Sur place, ils rencontrent donc un autre mutant : Hank McCoy, dit Le Fauve, qui a la particularité d’être un génie (il a par exemple conçu un supersonique fort moderne, capable de faire du sur-place quand le besoin s’en fait sentir), et donc comme tous les génies de film, il est génial dans tous les domaines scientifiques. Son super-pouvoir n’est cependant pas là : il dispose de gros pieds façon gorille. Voilà. Trop cool. Il peut donc s’accrocher aux branches la tête en bas, ou commander des chaussures pointure 57. C’est ce que j’appelle un beau pouvoir de merde "Regarde ! Je peux écrire avec mes pieds !" : à part exciter Georges Tron, ça n’a que peu d’intérêt. Mais Raven le trouve en conséquence très séduisant : elle aussi au naturel n’a pas un physique accepté de tous, aussi cela la rapproche du jeune scientifique. Qui se propose d’utiliser les gènes de la métamorphe pour créer un sérum apte à donner une apparence "normale" permanente aux mutants sans pour autant supprimer leurs pouvoirs ; la jeune fille bleue est donc très enthousiaste à cette idée. Elle pourrait peut-être enfin couchailler.

Dès le lendemain de leur arrivée, la CIA a une bonne nouvelle pour nos héros : McCoy a reprogrammé en 1h le radar de la base pour en faire un amplificateur d’ondes cérébrales, capable de permettre à Xavier de sentir la présence de mutants sur des milliers de kilomètres, ce qui est moins que le temps nécessaire au montage d’un meuble Ikea. En effet, Charles a prévu de recruter des mutants pour pouvoir combattre l’armée de Sebastian Shaw. L’outil est donc fort pratique : il suffit au jeune professeur d’enfiler un casque pour soudain apercevoir des centaines de mutants dissimulés au sein de la population américaine ; à noter que pendant ce temps, un ordinateur de 1962 d’une puissance d’au moins 8 Ko détecte les coordonnées de chaque mutant ainsi repéré, histoire d’ensuite aller les recruter. C’est très puissant. C’en est à se demander pourquoi on a attendu pour inventer le GPS.

Avec la liste des coordonnées, Charles et Erik s’en vont donc recruter plusieurs larrons :

- Angel Salvadore, une strip-teaseuse qui dispose sur le dos de tatouages représentant des ailes insectoïdes genre petite fée (mais fée prostipute alors), qu’elle peut rendre réelles en un clin d’oeil. Autre pouvoir top classe : elle peut cracher des boules mi-caca mi-acide bien immondes, ce qui ne donne pas trop envie de lui rouler des patins. Ou de lui parler gâteries. Rien que d’y penser, brrrr.

- Sean Cassidy, un adolescent rouquin qui peut projeter en criant des ondes qui font par exemple exploser le verre. Il est donc fort logiquement recruté dans un concert de Justin Bieber, où il gueule au premier rang "Babybabybabyhoooo". J’espère que son surnom de mutant sera "Bâbord", car comme chacun sait, c’est à bâbord qu’on gueule le plus fort.

- Alex Summer, un jeune homme disposant d’un incroyable pouvoir : il peut faire du hula-hoop laser. Oui. Je… comment dire… bon, ne disons rien. Ça n’a pas dû être facile à vivre pour lui. Sa sexualité a dû souvent être remise en cause.

- Darwin, un chauffeur de taxi noir dont le pouvoir est qu’il peut s’adapter pour survivre (des branchies lui poussent par exemple si on lui met la tête dans l’eau, sa peau se transforme en pierre si on le frappe, etc). Même si pour le coup, on s’est foutu de sa gueule : s’il s’adaptait vraiment pour survivre, il serait blanc.

- Nos héros localisent bien un certain Wolverine, mais quand ils l’accostent pour lui proposer un boulot, celui-ci les invite à aller expérimenter certaines pratiques homosexuelles qui désappointent beaucoup nos héros, tant ils ont peu de goût pour les calembours à caractère discriminatoire. Ils le laissent du coup tranquille.

Une fois cette fine équipe réunie, nos héros retournent donc à leur base de la CIA, où ils apprennent une nouvelle intéressante : Shaw a été localisé. Il est quelque part en Russie, où il doit rencontrer dans une datcha isolée un certain général Volkov. Moira McTaggert, Erik, Charles et quelques soldats sont donc dépêchés sur place pour tenter de l’intercepter. Les jeunes, eux, sont laissés à la base pour apprendre à se connaître, et ils font donc une petite teuf qui est l’occasion pour eux de se trouver des noms de code : celui qui crie devient Le Hurleur, l’homme hula-hoop prend le nom de Havok, Darwin est intelligemment renommé Darwin (si), et Raven utilisera désormais le pseudonyme de Mystik (je suis pas sûr qu’elle avait besoin d’un surnom, déjà qu’elle a pas de nom de base). Ils trouvent aussi des surnoms pour Charles et Erik : le premier se voit attribuer le titre de "Professeur X", façon film porno, alors qu’Erik a le droit à "Magneto", même s’il y a eu une hésitation assez longue, certains proposant "Crumble aux Pommes", puisque ce n’était pas plus ridicule. Une fois cela fait, nos fieffés filous font donc une petite fête en se saoulant au coca, et tentent de voir si Mystik peut faire grossir sa poitrine à volonté, ce qui est le vrai intérêt de son pouvoir.

Ce petit con d'Alex, pris sur le fait alors qu'il s’entraînait au hula-hoop laser dans le garage parental.

Mais passons sur ces histoires de rebondissements mammaires, et retournons en URSS voir comment la mission se passe pour nos héros : sur place, tout ne se déroule pas comme prévu ; par exemple, Moira est surprise de tomber sur un checkpoint "signalé sur aucune carte" (salauds de russes ! Ils n’indiquent pas sur les cartes  où ils font des contrôles surprise ! J’espère qu’ils mettront des panneaux "Pour votre sécurité, contrôles militaires" ; ou des checkpoints pédagogiques, j’hésite encore), mais Charles a tôt fait de pénétrer l’esprit des soldats pour leur faire croire qu’il n’y a rien de suspect dans le camion banalisé qu’utilise le commando pour se déplacer. La troupe peut donc continuer jusqu’à la datcha, mais une autre surprise les attend : Shaw n’est pas venu en personne rencontrer le général Volkov : à la place, il a envoyé la Reine Blanche, qui a plus d’arguments pour convaincre un petit vieux ployant sous la charge de ses médailles. Erik, lui, refuse de rester là à observer sans rien faire : il passe donc à l’action malgré les ordres, et fait s’animer les barbelés autour de la base pour entortiller les sentinelles dedans. Et pour les soldats restants, il se contente de les désarmer et de les assommer à l’ancienne. Charles est donc obligé de passer derrière, et s’approche donc d’un soldat entortillé dans les barbelés (qui a la politesse de ne pas crier à l’aide ou de donner l’alarme) pour lui effacer la mémoire grâce à la puissance de son GHB spirituel. Ouais, enfin au réveil, le mec sera toujours enroulé dans du barbelé : j’espère que Charles lui implante au moins de faux souvenirs, genre "Ah ! Hier, on a un peu abusé lors de la soirée mousse au Lenin’s Folies : on aurait pas dû se rouler dans les barbelés en rentrant, huhuhu". Autre curiosité, Charles n’efface la mémoire qu’à un seul garde avant de foncer vers la datcha : tout le reste de la garnison a donc le parfait souvenir de ce qu’il s’est passé. Je ne vois pas trop l’intérêt de rendre amnésique qu’un seul mec quand il y a moult témoins, mais bon. En tout cas, notre professeur rejoint promptement Erik à l’intérieur de la résidence, et ils arrivent rapidement tous deux dans la chambre où le général s’était enfermé avec la Reine Blanche ; ils la trouvent sur place, en train d’hypnotiser le vieil homme grâce à ses pouvoirs.

Ni une, ni deux, elle tente bien de prendre sa forme de diamants pour être plus forte et mieux protégée contre les pouvoirs de ses ennemis, mais ses adversaires sont plus rapides : Charles endort le général pour ne pas être ennuyé (c’est à se demander pourquoi il n’a pas fait ça sur toutes les sentinelles pour aller plus vite au lieu de laisser Erik s’en occuper), et Erik s’occupe lui d’utiliser le métal du pied de lit pour en faire des liens qui se referment sur la vilaine pupute Reine Blanche. Crotte alors, la voici bien ennuyée ! Elle ne peut même pas garder sa forme de diamants, car sinon, Erik s’amuse à la stranguler avec le métal du lit pour la dissuader : et elle n’est pas maso, c’est qu’elle se transforme en diamants, pas en cuir. Ainsi affaiblie, Charles peut pénétrer son esprit et voir ce qu’est le plan de Sebastian Shaw. Attention :

Le bougre veut tout simplement déclencher une guerre nucléaire, comme ça, il ne restera que les mutants sur Terre, et plus d’humains.

Voilà voilà. Car c’est connu : les mutants résistent particulièrement bien aux explosions nucléaires. Et puis ça doit être tellement super de vivre dans un monde en ruines : je suis sûr que Sebastian Shaw a très envie de devenir fermier puisqu’il n’y aura plus personne pour remplir les rayons de son Intermarché. Ou alors, il est juste très con, et il n’y a pas pensé. Je penche plutôt pour cette deuxième option, puisque depuis le début, il a l’air bien débile, quand même, aucun de ses plans ne tenant debout.

Charles, après avoir appris cela, annonce la suite des opérations : on ramène la bougresse blanche vivante à la base, pour la laisser à la CIA (mais oui mon bon Xavier : toi qui aimes tant la vie et l’amour, tu es prêt à livrer une mutante ennemie à la CIA, qui ne la torturera et ne fera aucune expérience sur elle, hein, c’est pas du tout son genre). Sinon, tant qu’à être dans son esprit, tu pouvais la faire changer de camp : c’était simple, efficace, direct et ça te permettait d’avoir un agent double surpuissant. Mais bon, tout comme je ne suis pas aussi génial que Sebastian Shaw, je n’égale pas non plus le professeur Xavier.

Allons plutôt voir ce qu’il se passe pendant ce temps à la base de la CIA, justement, car il se trouve que de curieux évènements sont en train de se dérouler : déjà, des tornades suspectes sont soudainement apparues, alors que les jeunes mutants étaient tranquillement en train de se détendre, et ont commencé à attaquer le bâtiment, et à raser l’amplificateur d’ondes mentales que McCoy avait conçu. Ça ressemble à du Riptide. Par ailleurs, il y a de curieux sons : des petites détonations suivies de long cris : c’est Azazel qui se téléporte très rapidement derrière les gardes, les saisit, les fait réapparaître 100 mètre au-dessus de la base, puis les lâche avant de se téléporter. Un grand moment. Enfin, Sebastian Shaw en personne débarque et rentre dans la base sans soucis, puisqu’absorbant balles et roquettes pour rebalancer le tout sous forme d’énergie pure sur les gardes restants. A noter que ce dernier dispose en plus d’un immonde couvre-chef : un casque au design immonde conçu par les russes, supposé arrêter les ondes psychiques des télépathes : le filou prend ses précautions.

Une fois la base nettoyée, Sebastian et ses acolytes se rendent dans la salle de repos où les jeunes mutants se cachaient, et leur explique la situation : lui, il est gentil (c’est pour ça qu’il vient de tuer une cinquantaine de personnes avec ses gars alors qu’il pouvait se téléporter directement auprès des d’jeun’z pour leur causer sans encombres). Il veut juste que les mutants ne soient plus enquiquinés par les humains, et ne soient plus "esclaves" (dit il en regardant très fort et très subtilement Darwin, qui je le rappelle, est noir), mais plutôt des "rois". Angel, intéressée par ce raisonnement digne de Simplet, décide donc de rejoindre le camp des méchants (elle était strip-teaseuse à la base : un métier pas suffisamment moral, donc elle était forcément méchante au fond : qui montre son cul est forcément corrompu, dit le proverbe). Darwin, lui, fait aussi croire à Shaw qu’il le rejoint, mais il s’agit en fait d’une diversion ! Il crée suffisamment de confusion pour laisser à Havok le temps de tirer un de ses fameux hula-hoop laser, mais bien qu’il touche Sebastian Shaw, ce dernier en absorbe toute l’énergie. Et pour bien expliquer son désarroi, l’ex-médecin de la mort s’approche de Darwin et lui colle deux doigts dans la bouche (gros dégoûtant) avant de faire réapparaître les hula-hoop dedans. Le pauvre malheureux tente bien d’évoluer pour adapter son corps à cette menace, mais malgré plusieurs transformations (en métal, en pierre volcanique, etc), il finit tout simplement par être désintégré par l’énergie dégagée.

Adieu, pote black des héros. C’est tellement original.

Angel, sitôt devenue méchante, devient aussitôt capable de piloter le sous-marin nucléaire de Shaw, alors qu'elle est strip-teaseuse de formation. C'est fou.

Et pendant ce temps, Azazel, Riptide et Shaw se téléportent au loin accompagnés de leur nouvelle copine, Angel. Aussi, lorsque l’équipée qui était en URSS rentre à la base, elle retrouve celle-ci à demi-rasée, avec les jeunes recrues mutantes errant dans les ruines (oui, parce que Sebastian Shaw, il a beau être méchant et dire "Si vous n’êtes pas avec moi, vous êtes contre moi", il ne tue pas les gens contre lui et leur laisse le temps de s’organiser pour contre-attaquer. Je ne cherche plus). Charles propose alors de faire rentrer chacun chez soi, car tout cela est trop dangereux. Mais les filous veulent se battre et se venger. Et puis accessoirement, mon petit Charles, tu les avais pas recrutés pour se battre, justement ? Donc dire "C’est trop dangereux", tu aurais pu y penser avant. Monter une armée avant de se rappeler que la guerre, ça peut faire bobo, c’est un peu con. En tous les cas, la base est désormais inutilisable : le professeur propose donc la résidence de son enfance, le Manoir Xavier et son immense terrain pour en faire le nouveau centre d’entrainement de la troupe : soit.

Et si nous profitions de ce moment pour aller faire un tour à Moscou ? En effet, du côté de la Place Rouge, ça s’agite : Sebastian Shaw est venu achever de convaincre le général Volkov qu’il doit faire installer des missiles à Cuba, en réplique à ceux installés par les USA en Turquie. Et ça fonctionne : le gradé accepte. Et là encore, à lui seul, il parvient à convaincre en deux minutes tout l’Etat-Major soviétique de la nécessité de la manoeuvre : rapidement, l’URSS prépare donc un cargo transportant des missiles nucléaires pour les livrer à l’ami Castro. A noter : les soviétiques sont visiblement persuadés que les américains n’ont pas encore inventé l’avion, et ne peuvent donc pas observer leurs navires de haut : ils mettent donc bien en évidence sur le pont les missiles. Je rappelle qu’à la base, c’est supposé être une opération discrète. Ne manque qu’un panneau géant "ATTENTION : TRANSPORT SECRET DE MISSILES NUCLÉAIRES" au-dessus, et c’est bon.

Les américains apprennent donc, curieusement, la manoeuvre, et la tension commence à sérieusement monter entre les deux superpuissances, qui se rapprochent du conflit.

Éloignons-nous de ces évènements internationaux et retournons si vous le voulez bien à la résidence Xavier, afin de voir ce que font nos joyeux mutants en attendant la suite. Charles s’occupe de chacun pour aider à ce que tous améliorent leurs pouvoirs : il s’entraîne à la course avec Mc Coy, afin qu’il réalise que ses pieds lui permettent de courir bien plus vite que n’importe quel humain. Le même Mc Coy qui a réalisé pour Havok une tenue qui permet de concentrer ses hula-hoops en un seul gros laser qu’il peut tirer depuis son torse, ce qui lui permet de mieux viser. Pour le Hurleur, Xavier et Mc Coy réalisent une… tenue pour voler ?! Quoi ? Mais attendez, son pouvoir c’est de crier ! Vous auriez pas pu lui filer un mégaphone ? Ou un téléphone pour faire "Allô, Sebastien Shaw ? CRIKITUE !" ? Nan ? Parce que ça je suis sûr qu’il ne s’y attend pas. Bon, enfin : sans aucune raison, ils lui filent donc une espèce de tenue de base jump avec laquelle, en criant, il peut voler. Bon bon bon. Et Erik alors ? Et bien Charles lui montre une monstrueuse parabole à plusieurs kilomètres de la résidence, et lui propose d’essayer de la faire pivoter : impossible, trop loin et trop gros. Mais le professeur sait comment guider son ami : en l’aidant à se concentrer sur un souvenir amenant son esprit "entre la fureur et le calme total" : il fouille donc dans son petit crâne pour trouver le souvenir qui va bien, et trouve un passage où, enfant, il priait avec sa mère à la lueur de bougies. Ce souvenir est tellement beau que ça donne la force à notre Magneto de remuer la parabole (j’espère que ça servait pas à un papy à regarder un porno par satellite, sinon il a dû être bien vert "Héééé ma parabole, enfoirééé de Magneto !"). Donc oui, hein : Magneto, pour être au meilleur de sa forme et réaliser des prodiges, il a besoin de penser à un moment heureux : c’est le Peter Pan des X-Men. Sa réputation en prend un coup. Enfin, Moira McTaggert, elle, seule non-mutante sur place, a juste le droit de cuisiner des cookies et de la fermer.

De son côté, Raven continue de piquer sa petite crise sur son physique, parce qu’elle veut être aimée sous sa forme naturelle et bleue, attiser le désir chez les mâles, tout ça tout ça, mais n’ose prendre sa vraie apparence malgré tout pour être acceptée des autres. Erik lui explique donc qu’elle doit arrêter de se cacher et se montrer sous sa vraie forme en s’assumant : et bin elle comprend tellement bien le message qu’elle décide non seulement de rester sous sa forme bleue, mais aussi de ne plus porter de vêtements du tout : en deux phrases, la petite fille complexée se retrouve transformée en nudiste psychopathe. Allez comprendre. Bon, d’ailleurs, Erik en profite pour faire un peu plus qu’ami-ami avec elle, puisque les filles toutes bleues, ça l’a toujours excité. Je vous raconte pas dans quel état Avatar l’a mis, mais passons. Cette histoire a une conséquence : McCoy, lui, a bouclé le sérum permettant d’avoir une apparence normale qu’il avait promis à Raven. Mais lorsqu’il lui apporte, celle-ci n’en veut plus et veut être fière de ce qu’elle est. Il s’injecte donc le produit tout seul, et voit en effet à sa grande joie ses pieds prendre une apparence humaine. Mais son euphorie n’est que de courte durée : soudain, son pied se déforme à nouveau, mais le résultat est encore pire qu’avant : au lieu de calmer ses cellules mutantes, il les a stimulé, rendant sa mutation encore plus importante : sa peau devient bleue comme Raven, de la fourrure lui pousse et tout son corps se déforme : il devient donc mi-homme mi-fauve, mais bleu… heu… il devient "Le Fauve", quoi. Finalement, il se dit qu’il aurait dû se contenter de ses gros pieds et se mettre au basket. Mais c’est un peu tard, parce que là, il a plutôt une grosse tête de félin, des envies de grimper aux murs, de niquer les rideaux et de déféquer dans une caisse en plastoc. La vie est dure pour les fauves modernes. J’espère que le professeur Xavier va le faire tatouer et vacciner.

Et la crise de Cuba dans tout ce bazar, hein ? Les missiles, tout ça, où en est on ? Nos héros décident d’aller regarder à la télé pour suivre l’affaire, et découvrent que l’on est proche de la guerre nucléaire : si le transporteur de missiles soviétiques décide de franchir les lignes de sécurité du blocus américain sur Cuba, il sera détruit sur le champ. Et l’URSS a déclaré que si on lui tirait dessus, ce serait la guerre. Diable !

Sebastian Shaw a bien fait son travail : le conflit mondial est proche. Charles et Xavier, connaissant le plan du méchant, ils le soupçonnent d’être présent en personne sur la zone où les deux flottes vont se rencontrer, histoire qu’il assiste au spectacle et qu’il s’assure que la dernière phase de son plan, le déclenchement de la guerre, commence bien. Le professeur et sa troupe iront donc sur place pour empêcher la guerre et arrêter Shaw. Même si Erik tient à préciser que lui ne se contentera pas de l’arrêter : il lui éclatera sa margoulette jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Le lendemain, donc, nous retrouvons en mer, à proximité d’une petite île, les flottes des USA et de l’URSS se faisant face, avec entre elles le navire de transport de missiles soviétiques, qui s’approche lentement de la ligne qui signifiera le début de la guerre mondiale s’il la franchit. Souvenez-vous bien de ce que je vous ai dit plus haut sur le fait que les marins ne réagissaient à rien dans ce film, vous allez voir.

Un marin durant les évènements du film

Dans chaque camp, on se prépare : on range les uniformes et on sort les casques, observant les mouvements de l’autre, quand soudain ! Un immense supersonique noir survole la zone à basse altitude : l’avion de Charles et ses petits gars ! La CIA leur a prêté l’appareil que McCoy avait conçu de ses mains, et nos héros sont donc tous à bord, équipés de tenues qui doivent leur permettre d’encaisser les accélérations et de "résister aux balles". A noter qu’ils ont aussi emmené McTaggert, dès fois qu’elle puisse servir à quelque chose, et aussi parce qu’elle a la réputation depuis le début du film de porter des sous-vêtements coquins pendant le travail. Il faut aussi savoir qu’aucune des deux flottes ne se pose de questions sur ce qu’est ce supersonique non-identifié : les commandants américains et russes se contentant de marmonner "Ho, tiens !" pendant que l’oiseau noir tourne autour d’eux. Je sais pas, moi ça m’aurait intrigué un minimum. Genre assez pour appeler la base et le signaler, au moins. Ou même juste verrouiller une arme dessus, des fois que. Mais visiblement, pas dans notre cas. Soit.

A bord de la flotte soviétique en tout cas, une nouvelle d’importance tombe : Moscou a donné l’ordre, pour éviter la guerre, de faire faire demi-tour au navire de transport. Pourtant, malgré les appels répétés de la flotte, personne ne répond à bord du navire porteur des missiles… et pour cause : afin de s’assurer que le navire franchisse bien la ligne du blocus américain et déclenche le conflit mondial, Shaw a envoyé Azazel tuer tout le monde à bord. La nef  abandonnée continue donc en ligne droite, sans équipage.

Constatant cela, Charles agit avec célérité : il utilise son esprit pour prendre le contrôle d’un officier soviétique à bord d’un navire de guerre, et le fait appuyer sur un gros bouton rouge, qui envoie un missile faire sauter le bateau fou : hop ! Jamais le navire ne franchira la ligne interdite : le monde semble sauvé. Hmmm ? Vous dites ? Si : dans tous les navires russes, il y a bien un gros bouton rouge qui est calibré pour envoyer automatiquement un missile sur le navire qu’ils sont censés protéger. Ils sont conçus avec cette option en série. C’est comme ça. Vous êtes de mauvaise foi, alors, c’est insupportable. Tout de suite "Woooh, c’est n’importe quoi !"… je vous préviens, je n’irai pas au cinéma avec vous.

Depuis son sous-marin, non loin de là, Sebastian Shaw réalise que son plan génialement naze a échoué : cacaboudin, prout, zut (c’est le méchant, il jure comme pas deux) se dit-il. Comment déclencher la guerre maintenant ? Boh : pourquoi pas en faisant une petite explosion nucléaire dans le tas ? Il se rend donc à la salle du réacteur super-classe ambiance feng-shui de son submersible, et commence à engranger la puissance de celui-ci pour mieux la relâcher plus tard sur ses ennemis. Il peut le faire tranquille : malgré le fait que les deux flottes des plus grandes puissances mondiales de l’époque soient au-dessus prêtes à la guerre et guettant une ruse de l’ennemi, personne n’a pensé à allumer son sonar. C’est… comment dire… ils font quoi, en fait dans ces bateaux ? Ils ne s’intéressent pas aux supersoniques qui les survolent, ils ne cherchent pas à voir si des sous-marins les épient… non. Ils pique-niquent sur le pont. C’est un apéro-Facebook en mer, au mieux. Ils auraient envoyé des navires de pêche qu’ils n’auraient pas fait mieux.

Mais c’est sans compter sur les mutants de Charles, qui eux, cherchent le sous-marin de Shaw : le professeur Xavier, plutôt que de chercher l’esprit de Riptide ou d’Azazel dans le coin pour localiser le sous-marin ennemi, et éventuellement prendre le contrôle dudit brigand pour qu’il fasse remonter le vaisseau de Shaw à la surface, préfère envoyer le Hurleur jouer au sonar. Alors les enfants, sachez-le : apparemment, pour faire sonar, il suffit de crier dans l’eau, et ensuite c’est bon. Ah ? C’est donc si simple que ça un sonar ? On peut le faire soi-même dans son bain pour localiser la savonnette ? Formidable. Enfin bref : on ne sait comment, grâce aux pouvoirs du Hurleur qui a donc sauté à l’eau pour localiser le sous-marin, ce dernier est localisé : c’est donc Erik (tiens, lui aussi il ne pouvait pas "sentir" plusieurs tonnes de métal sous l’eau, au fait ?) qui utilise ses über-pouvoirs en se concentrant très fort sur le souvenir de sa maman pour faire carrément sortir le sous-marin des eaux et le fait léviter au-dessus de la surface de l’océan (bon sang, mais tu pouvais pas juste le noyer, hein ?), avant de le faire s’échouer sur l’île voisine. Durant la manœuvre, le méchant Riptide a juste eu le temps de balancer une tornade sur le supersonique des troupes de Xavier, forçant l’appareil à s’écraser à côté de l’épave du sous-marin.

Les deux groupes se retrouvent donc face à face sur la plage, plus ou moins sonnés puisqu’ils viennent quand même chacun de faire quelques acrobaties pas banales. La bataille s’engage, et rapidement, Azazel téléporte des gens ici ou là malgré eux pour semer la confusion : c’est ainsi que par exemple, Havok se retrouve suite à diverses aventures à atterrir sur le pont d’un des navires américains, où il est fait prisonnier par les marins (Mon Dieu ! Des marins ont réagi à un truc ! C’est fou !). Alors que dans le même temps, le Hurleur, volant au-dessus de la flotte américaine, est poursuivi dans les airs par la vilaine Angel, qui crache de l’acide sur lui et les navires qui passent en-dessous d’elle.

Là encore, aucun marin ne réagit : c’est vrai, se faire attaquer par une greluche volante qui crache de l’acide, c’est tellement incongru que mieux vaut complètement l’ignorer. C’est pas comme si à bord il y avait des fusils, pistolets et autres pièces anti-aériennes qui permettraient de transformer la bougresse qui vient de tuer des soldats sur les navires en couscous et ainsi définitivement lui faire rentrer dans le crâne qu’on ne crache pas sur les gens, et encore moins de l’acide.

Le réalisateur a dû faire son service dans la marine, mal le vivre et vouloir se venger en les faisant tous passer pour des neurasthéniques. Ça me parait être l’explication la plus crédible.

Finalement, malgré le fait qu’il soit poursuivi par une nana avec de sacrés reflux gastriques, le Hurleur parvient à récupérer Havok sur le pont d’un navire (là encore sans que personne ne l’allume) et à le ramener jusqu’à la plage où les autres mutants s’affrontent (je vous passe les détails à base de "pif", "paf" et "ouille"). Et sur le sable justement, il y a un peu plus d’action : Charles, à l’abri de l’épave de son avion, tente d’entrer dans l’esprit de Shaw, mais ne peut le faire tant que celui-ci portera son casque à la con. Il envoie donc Erik à l’intérieur même du sous-marin pour lui malaxer la mouille à coups de tatane.

Mouais. Autre possibilité : Charles prend le contrôle télépathique d’Azazel, qui lui n’est en rien protégé (et apprend ainsi que Shaw est chargé d’énergie comme une bombe atomique), et envoie celui-ci à l’intérieur du sous-marin récupérer Sebastian en un éclair avant de le téléporter loin, très loin, dans un coin désert de l’océan (il peut se téléporter loin : il a bien fait Las Vegas – Washington pour le général Jean-Jacques), où Shaw n’emmerdera plus personne. Et où une éventuelle explosion nucléaire ferait moins de pertes humaines. Mais là encore, Charles n’y pense pas, et préfère envoyer son copain Erik – qui lui a clairement dit qu’il tuerait Shaw – seul à bord du sous-marin, pendant que lui ne fait… heu… rien.

Cet homme vient de se crasher à bord d'un supersonique. C'est visible.

A noter, encore un truc suspect (la liste est méchamment longue, tout de même) : sur la plage à un moment, Mystik, pour déconcentrer Azazel qui allait tuer un des gentils, a pris l’apparence de Sebastian Shaw pour lui ordonner d’arrêter et ainsi faire diversion. Et par on ne sait quel miracle, elle sait comment Shaw est habillé au moment même où elle prend son apparence, alors qu’elle n’a pas pu le voir ! Bravo jeune fille. On dira que c’est l’instinct féminin, hein.

Mais revenons donc à l’intérieur du sous-marin, où Erik finit par trouver l’accès menant à la salle du réacteur nucléaire où l’ancien médecin de la mort fait le plein d’énergie. Ce dernier explique, comme tous les méchants que "Ouiiii les humains sont méchants et inférieurs, on doit les exterminer" (c’est un ancien nazi : il a le droit à ce raisonnement pourri). Ce à quoi Erik répond "Je suis bien d’accord mais je vais quand même te casser la gueule" (oui enfin toi t’étais victime des nazis : ça parait plus chaud d’avoir ce raisonnement sur les races inférieures, du coup, andouille !). Un duel s’engage donc, dans lequel Erik déguste pas mal, puisque le bougre de Sebastian est bel et bien bourré d’énergie (mais attention : il ne s’en sert pas pour tuer Erik, juste pour lui faire un peu bobo pendant qu’il lui fait le célèbre monologue des méchants où il révèle tout son plan, je pensais que ce genre de scène avait disparu en 1995). Mais notre Magneto préféré utilise son pouvoir avec fourberie : il manipule des câbles du sous-marin dans le dos de son ennemi pour s’emparer de son casque d’un coup sec : et hop ! Sebastian Shaw se retrouve paralysé par le fait que Charles, depuis l’épave de l’avion, percevant enfin l’esprit de son ennemi à sa merci, y pénètre et l’empêche de bouger. Il tente bien de gueuler à son pote Erik "Fais pas le con mec, le tue pas, tuer, c’est mal !" (oui enfin mon bon professeur : c’est toi qui a envoyé pour arrêter Shaw le seul type qui voulait sa mort. Et tout seul en plus. Alors bon. ), mais ce dernier récupère le casque anti-ondes mentales et peut enfin se protéger d’une éventuelle influence de son ami Charles. Il sort alors de sa poche une pièce, la belle pièce nazie que Shaw lui avait demandé de déplacer il y a des années et explique qu’il va le tuer dès qu’il aura compté jusqu’à 3, et ce, juste en utilisant cette pièce que le bougre voulait tant voir remuer en 1944 : il compte, et à trois, il la fait bouger tant et si bien qu’elle traverse le crâne du pauvre Sebastian. Bobo.

C’est ce qui s’appelle avoir la monnaie de sa pièce.

Ho ! Non ! Philippe Bouvard, sors de ce corps ! Que disais-je avant d’être possédé par le X-Man de RTL ? Ah oui : Magneto ressort du sous-marin en exhibant le corps de celui qui fut son tortionnaire. Mais il n’a guère le temps de se vanter de son exploit : au loin, il note que les flottes américaine et soviétique sont en train de manœuvrer pour bombarder la plage : les deux camps n’ont pas aimé que les mutants se mêlent de leurs affaires, ils comptent donc bien se débarrasser de cette menace difficile à cerner. Sauf qu’alors que les obus, missiles et autres se dirigent vers nos héros, Magneto les arrête tous de son champ de force ; hésitant à les renvoyer aux agresseurs, il entend Charles lui dire "Ne les tue pas, Erik ! Ils n’ont rien fait ! Ils ne font… qu’obéir aux ordres !" : NON ! Crétin de Professeur Charles, vas tu faire UN truc intelligent dans ce film ? Tu as exploré les souvenirs du petit Erik ! Tu sais qu’il a été victime des nazis ! Et tu sais même que les nazis en Argentine qu’il a tué au début du film lui ont dit "Ne nous tue pas : on ne faisait… qu’obéir aux ordres !" : alors pourquoi tu sors une phrase qui énerverait n’importe quel survivant de la Shoah, gros malin ?

C’est gagné : Magneto commence à rebalancer tout l’arsenal qu’il maintenait en l’air vers l’ennemi et là encore, à bord des flottes, on voit juste chaque commandant expliquer qu’il n’y a plus rien à faire, qu’ils vont mourir tués par leurs propres missiles. Mais enfin, merde ! Et vous  ? Vous allez agir ? Genre même par instinct ? Remuer un sourcil ? Ordonner une manœuvre pour essayer de minimiser les pertes ? Non, là encore : rien. C’est tout bonnement incompréhensible. Je ne sais pas qui a écrit ça, mais il devait avoir envie de finir à 18h.

Heureusement pour ces idiots, Charles passe à l’action et saute littéralement sur Erik pour le déconcentrer (personne d’autre n’y a pensé, tout le monde se contente de regarder en sifflotant) : alors qu’ils entament leur pugilat, les missiles et obus, qui ne sont désormais plus maintenus en l’air par Magneto, tombent tous à l’eau, faisant pousser un grand "ouf !" aux deux flottes, qui ne réitèrent pas l’expérience de tirer.

Un seul humain essaie finalement de faire des trous dans Erik. Ou plutôt, une seule humaine : Moira McTaggert, émergeant de l’épave du supersonique, et voyant Charles en mauvaise posture face à son adversaire, sort son flingue et décide d’allumer celui qui veut du mal au bon professeur Xavier. Sauf que grâce à ses pouvoirs, le vil personnage dévie les balles… et l’une d’entre elles vient ricocher dans le dos de notre héros (attendez, ils ont pas dit que c’était des tenues pare-balles ? Et elles n’encaissent pas un ricochet de pistolet de petit calibre ? On les a arnaqués, dites donc) : Charles s’effondre donc dans un long râle sur le sable.

Erik est fort triste, parce que Charles est tout de même son ami. Ou était, là, leur relation est plus tendue. Mais réalisant que jamais ce dernier ne sera d’accord avec son combat intitulé "Les mutants sont la race supérieure, elle doit dominer le monde, ach !", il décide de tout simplement s’en aller. Et pour ce faire, il invite les anciens sbires de Sebastian Shaw à le rejoindre, ce qu’ils font au nom de la règle du "Tu as tué le chef des méchants et tu es méchant : on te suivra donc sans poser de questions". Des autres mutants, seule cette coquine de Raven accepte de changer de camp, car voulant être "fière d’être mutante" (et ayant fait des gâteries à Erik). La bande des vilains se met donc en ligne en se tenant la main, et Azazel les téléporte donc tous loin de là.

Erik tentant de voir dans quelle pose il a l'air le plus cool avec son casque. Réponse : aucune.

Non, ils n’ont pas besoin de dire "Tenons nous la main, on va se téléporter" ou "Azazel, je vais t’indiquer où nous emmener" : ils savent naturellement qu’est venu le temps de se tenir la main, et Azazel connait la destination voulue par Erik sans même avoir à lui demander. C’est tellement plus classe que "Chef, chef, on fait quoi ? On va où ? Hein chef ?"

Sitôt les brigands partis, tournons-nous plutôt vers Charles, autour duquel les autres mutants se rassemblent en s’exclamant "Aaaah, arrête ton chiqué ! C’est une balle dans le cul, tu n’en mourras pas !" ; sauf que morbleu ! Ce n’est point son popotin qui a été honteusement entamé, mais sa colonne vertébrale : le bougre est donc paraplégique ! Moira est forcément un petit peu déroutée par tout cela, tant elle s’en veut d’avoir tiré la balle responsable du drame.

Aussi, quelques jours plus tard, nous la retrouvons en train de pousser Charles dans son fauteuil roulant flambant neuf, quelque part devant la célèbre résidence de la famille Xavier. Le bon professeur explique à l’agent de la CIA que désormais, c’est ici qu’il regroupera les mutants, afin de les aider et de leur apprendre à maîtriser leurs pouvoirs. McTaggert se contente donc de dire "Ho oui Charles, quelle excellente idée ! Et sachez que je ne dirai jamais que c’est ici que le professeur X et ses alliés, appelons-les les X-Men, se cachent !" ; et pour appuyer son argumentaire, elle décide en sus de rouler un gros patin à notre héros. Mais comme celui-ci n’est pas si gentil qu’il le dit, il en profite pour lui effacer la mémoire (y compris des évènements posts-baiser : j’en connais une qui a dû se réveiller avec de drôles de douleurs elle aussi en bas du dos).

Quelques temps plus tard, c’est au Pentagone que Moira McTaggert se retrouve, en plein interrogatoire face à une table constituée de tous les gradés du coin qui exigent de savoir ce qu’elle sait des mutants. Et si elle connait l’endroit où ils se cachent : non ; en fait, elle ne se souvient même pas des derniers jours, à part d’images floues comme, je cite "des arbres" et "un baiser" (ce qui pousse le patron de la CIA à dire qu’il ne faut décidément rien confier aux greluches) et "moi en train de gémir allongée sur le capot d’un fauteuil roulant de luxe". Pour le dernier, je ne suis plus sûr-sûr, mais ça me parait crédible. La CIA est donc dég’, elle a perdu la trace des mutants.

Mais comme c’est un grand film, je le rappelle : les mutants du professeur Xavier, que la CIA connait vu qu’il leur a fait un exposé complet, sont cachés dans la résidence Xavier dans laquelle Charles Xavier a grandi, indiquée dans l’annuaire à la lettre "X" et qui en plus est sur une propriété gigantesque et immanquable, à côté d’une gigantesque parabole qui a bougé suite à un phénomène mystérieux l’autre jour.

Nan, ils sont vraiment trop bien cachés, ces mutants. Bravo, Professeur X. Jamais la CIA ne pensera aux pages blanches.

Sauf que pendant que Moira est interrogée, ailleurs sur le territoire américain, là où est enfermée la Reine Blanche, de drôles de personnages se présentent : Azazel, Riptide, Angel et Mystik, menés par Erik, qui viennent la libérer sans rencontrer de véritable résistance. Ce dernier a d’ailleurs modifié sa tenue : il a désormais une tunique rouge (moche), une cape (moche et inutile), le casque anti-ondes mentales (qu’il a customisé pour le peindre en rouge et où il a ajouté des décorations dignes d’une Fiat Panda tunée). Formidable. Il informe la damoiselle qu’il vient libérer qu’il l’invite à rejoindre sa bande de méchants, qui remplace celle de Shaw, et qu’il n’est plus la peine de l’appeler Erik. Désormais, il faut l’appeler…

Crumble aux pommes Magnetooooooo… et…

FIN !

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Charles se tient la tête en maugréant, mais la douleur est insupportable : il n’entend plus que ça.

Vous savez, quand vous avez une chanson de merde dans la tête ? Et bien imaginez qu’un télépathe vous entende : non seulement il risque lui aussi de l’avoir, mais en plus, même s’il essaie de penser à autre chose, il continue de vous entendre, vous, constituant une sorte de dolby surround spirituel de musique à chier impossible à évacuer de son esprit.

Le professeur finit par choir de son siège pour de bon. Alors que les premiers élèves paniqués se lèvent de leurs tables pour se porter à son secours, il note que la jeune fille du fond semble continuer de penser à ce tube immonde qui est à la musique ce que Francis Huster est à la comédie. Alors que les premiers adolescents arrivent autour de Charles rampant douloureusement au sol, ils constatent qu’il est déjà trop tard.

Recroquevillé au sol, ils ne peuvent que noter qu’il est en train de marmonner, les yeux révulsés et l’air dément :

"Fr… Fr… It’s… Friday… Friday…Hoooo."

La télépathie est une malédiction. Surtout avec des ados.

Tony Stark n’a pas eu une vie facile : multimilliardaire, beau, fort, intelligent au point qu’à l’âge de 5 ans il construisait déjà des avions de chasse avec seulement soixante trombones et une barre d’uranium enrichi, il est à la fois l’héritier de l’empire d’armement Stark Industries et de Mac Gyver. Ses parents, morts dans un terrible accident de voiture suite à un problème de plaquettes de freins non détecté au contrôle technique, n’ont jamais pu voir comment leur fils est devenu un homme respecté, un gestionnaire avisé, et un playboy mondialement connu grâce à des films avec moult effets spéciaux, particulièrement Iron Man I.

Dans Iron Man I, le film que je ne vais pas longuement résumer parce que le titre de cet article indique que ce ne sera pas le cas (et que mes titres sont très autoritaires, ce sont un peu les Heinrich Himmler de la typographie, je vous raconterai peut-être un jour ce qu’ils ont fait de mes fonts Comic sans MS), Tony Stark jouait de malchance (à partir d’ici, attention aux spoilers tout de même) : alors qu’il vendait des missiles d’un gabarit qui provoquerait des bouffées de chaleur et de jalousie à notre président, il fut soudain kidnappé par des talibans, parce que personne ne lui avait dit que s’il voulait vendre des armes, il fallait le faire à Washington devant les messieurs avec de l’argent, pas à Peshawar devant des ploucs. Dans l’affaire, Tony fut gravement blessé par Moussa, le petit taliban qui avait confondu le flashball spécial neutralisation douce et le lance-roquette de tonton Abdallah. Il se retrouva donc avec des vieux bouts de shrapnels dérivant dans son frêle petit corps, et ce fut un autre prisonnier des talibans, le docteur Mamadou qui dut lui greffer une batterie de super 5 sur le cœur pour que les électrodes en éloignent les petits bouts métalliques.

Les talibans voulant forcer Tony à leur fabriquer un missile de classe Penian Substitute, ils lui filèrent un fer à souder, des clous, un poster de Françoise Hardy et 6 litres d’huile de castor, et le bougre déjoua la surveillance des gardes pour se fabriquer à la place un mini-réacteur à énergie pour remplacer la batterie Renault, ainsi qu’une armure de guerre top moumoute. Grâce à cette dernière, il s’évadera et retournera au pays de la liberté où il décidera d’arrêter de vendre des armes, de se faire une nouvelle armure plus moderne et de devenir justicier. Il en profitera pour casser la gueule au gros vilain du film qui avait payé les talibans pour le kidnapper, son vice-président qui voulait se débarrasser de lui pour reprendre les rênes de Stark Industries et qui en plus voulait aussi se faire une grosse armure sur le modèle de celle de Tony pour devenir un super méchant.

Bon, j’eus été Tony Stark, du fond de ma grotte talibane, j’aurais plutôt bricolé une radio ou un truc envoyant un signal quelconque pour que l’on vienne me sauver ; mais bon, je suis très lâche. Et les gardes talibans très cons : ils ne savent pas distinguer un mec fabriquant un missile d’un autre se fabriquant un chatoyant réacteur et une armure géante. Alors qu’une radio, c’est déjà plus discret. Sans compter que de retour au pays, j’aurais plutôt essayé de me faire retirer mes restes de schrapnels par une vraie équipe de chirurgiens dans une clinique hors de prix, le résultat étant probablement plus sérieux que celui obtenu par un médecin du travail armé d’une pince à épiler dans une grotte Afghane. Bon, je n’insiste pas, je vois bien que vous froncez les sourcils. Sachez bien que vous ne m’impressionnez pas, bande de jean-foutres.

Mais alors, quelles aventures va connaître notre formidable héros maintenant qu’il est Iron Man, le héros blindé d’alcool le jour et de métal la nuit ? Je vous propose de le découvrir avec Iron Man II. Spoilons donc un peu.

Lorsqu’il y a une explosion dès l’affiche, c’est très mauvais signe

Le film démarre dans la lointaine Russie, patrie de Vladimir Poutine & d’Anna Semenovitch, deux personnages fabuleux parmi lesquels un seul est le bienvenu dans les toilettes tchétchènes. Mais si je commence par une digression, nous voici bien mal partis ; allons donc plutôt dans un petit appartement miteux d’une célèbre métropole venue du froid, dans lequel un vieil homme est en train de mourir de maladie au milieu des papiers peints moisis et des meubles à demi-effondrés que son fils entretient tant bien que mal. Alors qu’il sent l’ombre glacée de la mort se pencher sur lui, l’ancêtre parvient à glisser quelques derniers mots à sa progéniture, concernant la famille Stark.

Car en effet, par le passé, comme l’indiquent les nombreux schémas éparpillés un peu partout, il avait collaboré avec Howard Stark pour créer de nombreuses fabuleuses inventions ; mais aujourd’hui il s’éteint dans la pauvreté la plus totale. Son fils, que j’appellerais Boris, reprend donc le flambeau et commence à travailler sur un mystérieux projet. A la télévision, il a cependant  pu observer la conférence de presse qui achevait le précédent opus de la série : Tony Stark révélant au monde libre qu’il n’était nul autre qu’Iron Man, le justicier 100% alu.

Tiens justement, que fait Tony Stark pendant que notre russe construit d’étranges appareils ? Et bien jeunes gens, il se la donne : il vient inaugurer la Stark Expo, sorte de mini-ville où l’on expose euh… euh… oui, je ne sais même pas ce qu’ils y exposent, on ne le voit pas, ils n’en parlent pas… bon bref, il vient inaugurer la Stark Expo dans sa belle armure d’Iron Man, le tout sous les hurlements de milliers de fans venus approcher le héros d’acier. C’est donc une formidable fête populaire qui se dévoile à nous, sorte de concours Lépine géant ; mais voilà, Tony Stark achève bien vite son discours d’inauguration, lance une vidéo de son vieux père parlant des espoirs qu’il mettait dans l’avenir, et s’éclipse pour aller se faire une petite prise de sang car oui, j’ai une terrible nouvelle à vous annoncer :

Tony Stark est malade.

Oui, des années à coucher avec des top-modèles aux origines plus ou moins douteuses lui ont collé tellement de MSTs dans les veines qu’on le surnomme "Tony chaude-p…. ah ? Attendez, non, je fais erreur, on me dit qu’en fait Tony a un petit soucis avec son réacteur pectoral et ses cartouches de palladium, qui contaminent peu à peu son sang ; le palladium, c’est un peu l’amiante des riches. Or, comme Tony ne survit que grâce à son fabuleux réacteur, il est donc dépendant du palladium pour vivre ; et si celui-ci le tue doucement… par la malepeste, notre héros est condamné. Non, c’est impossible, quelle tension d’entrée de jeu ; va t-il survivre à ce film ?

Ajoutez à cela que le destin s’acharne : une jeune femme lui remet au sortir de l’exposition une convocation lui demandant de se présenter le lendemain matin au congrès des Etats-Unis d’Amérique afin de répondre à quelques questions sur sa formidable armure, que certains considèrent comme une menace pour la sécurité publique.

Le lendemain matin, c’est donc dans une salle remplie de curieux et de journalistes que notre héros prend place ; sous le feu des questions du sénateur Bob (qui est gros, fourbe et bête), il voit rapidement un autre interrogateur apparaître : Justin Hammer, président de Hammer Industries, le nouveau fournisseur de l’armée américaine depuis que Stark a arrêté la production d’armes. Rapidement, les arguments sont mis sur la table : un peu partout dans le monde, les vilains pays terroristes essaient de produire des armures semblables à celle de Iron Man, il faut donc que l’ami Stark donne ses plans pour que l’armée américaine puisse être équipée et prête à répondre à toute menace hostile de ce genre ; Tony Stark répond que voilà, personne n’aura d’armure comme lui avant des années, et que donc dans l’immédiat, son armure est celle d’Iron Man, et qu’Iron Man, c’est lui, donc peau d’zob bande de communistes, jamais vous n’aurez ma propriété privée. Il en profite pour faire quelques blagues qui humilient le pauvre Justin Hammer, qui a tout du vilain qui a réussi grâce à sa fourberie mais qui regrette de ne pas être aussi beau , fort et intelligent que Tony Stark. Bref, il est l’une de ces caricatures de méchants dont tous les plans échouent, et qui sautent sur leurs chapeaux à pieds-joints en s’écriant "Caramba, encore raté !" à chaque nouvel échec de leurs supers plans.

La coupe de cheveux & les lunettes suffisent à tout savoir de ce méchant tout nul.

De retour dans sa villa de Malibu, le bon Tony s’aperçoit que son intoxication au palladium est de plus en plus importante, sans compter que son réacteur consomme les cartouches de plus en plus vite. Tragique destin ! Il décide donc d’accepter cette fin si proche, et démissionne de son poste de président de Stark Industries pour y faire nommer Potts, son assistante. Il recrute donc une nouvelle donzelle pour la remplacer, et oh ? mais tiens, s’il engageait cette jeune fille qui vient d’entrer dans son bureau pour faire signer les papiers de transfert de Stark Industries ? Elle est belle, drôle, intelligente, juriste, ex-top modèle, championne d’arts martiaux, parle 15 langues vivantes plus moult mortes, le tout couramment, de quoi donner le tournis à Heinrich Schliemann. Et la donzelle se prénomme "Natasha".

Tony Stark a beau avoir un QI de 368, il ne voit rien de louche du tout dans ce CV (à commencer par le nom de prostituée de Léningrad tout en haut). C’est vrai qu’un curriculum long comme le bras parfait en tout domaine, ça n’a rien d’étrange ; et puis en plus, les gens avec des noms à consonance communiste ne sont jamais des espions dans les films américains. Jamais, j’insiste. Et là Tony Stark, arrives-tu à trouver la figure de style dans ce paragraphe ? Attention, elle est subtile. Zut, je viens de la refaire.

Bon, en tout cas, il est temps pour Tony Stark de profiter de ses derniers jours sur Terre ; où aller ? Visiter un amour de jeunesse ? En pèlerinage sur la tombe de ses parents ? Faire la tournée des copains ? Non : il va plutôt aller à Monaco, parce que c’est trop cool, et qu’on y trouve des voitures qui vont vavavoum. Ennuyé par la réception mondaine à laquelle il a été convié, le bon Tony a tôt fait d’aller sur le circuit de courses à quelques mètres de là pour en chasser un des pilotes de sa propre écurie afin de prendre sa place : Monsieur s’ennuie et a besoin d’adrénaline, une petite participation inopinée à un Grand Prix lui fera le plus grand bien. C’est aussi ce que je fais lorsque je m’ennuie, mais après deux gardes à vue pour "carjacking", j’avoue m’être quelque peu relâché sur ce hobby.

Hélas, c’est sans compter sur Boris le communiste qui a décidé de profiter de cette belle journée pour se déguiser en technicien de circuit ; comme il a lu le script du film, il a su que Tony Stark allait prendre la place d’un des pilotes de son écurie sur un coup de tête à quelques secondes du départ, et a donc préparé tout son plan en conséquence. Oui parce que sinon, il était impossible de deviner que notre héros allait faire ça, vu que lui-même ne l’avait pas prévu. Bon, et c’est quoi son plan d’ailleurs à notre Boris ? Et bien, il consiste à se rendre sur la piste de course et à se mettre torse nu pour faire hurler les filles du public tout en exhibant fièrement ses bretelles digne d’Iron Man, alimentées par un petit réacteur semblable à celui de l’ami Stark ; notre pendard dispose de plus d’une arme bien mystérieuse : il a une sorte de fouet à énergie qui produit de forts beaux éclairs dans chaque main et fait des figures d’écolières en cours de gymnastiques avec. Ainsi, quelques participants à la course qui passaient à sa portée voient leurs véhicules être purement et simplement mis en pièces par ces fantastiques armes. Notez que la police française, malgré le fait que l’homme soit torse-nu et en train de tenter de tuer des gens, n’intervient en aucune manière ; pourtant, une simple lacrymogène l’aurait déjà mis à mal, voire un coup de flashball ou de taser, éventuellement, une bonne balle de 9mm aurait pu stopper net les passions meurtrière de l’exhibitionniste malandrin. Mais non, le policier français préfère faire "Rohlalala, houuuu, dis-donc, pfouuu, attends on va rédiger un PV tu vas voir, attentat à la pudeur et port d’arme illégal, il va douiller". Merci amis fonctionnaires.

Avec cette tenue, même la police municipale peut vous maîtriser en quelques secondes

Tony Stark qui pilotait tranquillement son véhicule voit brusquement le temps s’arrêter dans un bruit de diapositive :

"Je roule de jour sur une voie prioritaire. Un piéton armé de fouets énergétiques se tient sur la chaussée."

A) Je ralentis.

B) J’utilise mon avertisseur sonore

C) Je contrôle mes rétroviseurs et je le dépasse après avoir enclenché mes clignoteurs gauche

D) Je prends un air étonné

Tony Stark choisit la réponse D et voit sa voiture être coupée en deux ; grâce à d’habiles techniques, il parvient cependant à s’extraire de son véhicule à temps, et à gagner suffisamment de temps pour que son garde du corps et Pepper Potts débarquent sur le circuit avec leur voiture de ville, roulent sur Boris (ce qui ne le tue pas, même coincé entre une voiture et un mur il se bat encore : il doit avoir de sacré abdos), et c’est finalement Tony qui voit ses deux amis lui remettre sa valise contenant son armure, qui doit s’équiper pour finir de casser la margoulette, à l’hystérique russe non sans mal. Une fois cela fait, deux CRS viennent récupérer le malfrat bien mal en point pour le mettre en prison. C’est gentil d’arriver maintenant les gars.

Une fois au trou, Boris reçoit une visite de Tony et bien que n’ayant pas dit un mot jusqu’alors, il se décide enfin à parler : il voulait faire du mal à Iron Man pour que les gens réalisent qu’il n’était pas immortel, tout ça, et donc que de plus en plus de gens s’attaquent à lui jusqu’à le faire choir. Oui alors Boris, si tu veux, il y avait plus simple : Tony Stark passe 95% de son temps hors de son armure ; il suffisait d’envoyer Mourad, ce fantastique tireur d’élite qui a su me débarrasser de mon ex femme avec panache, et pouf, plus de Tony Stark. Sinon, tu pouvais aussi le faire toi-même, c’eut coûté moins cher et été plus efficace que ton numéro de gymnaste chinoise sur le circuit de Monaco. En plus, il est tout pourri ton discours sur "Ahah, je ne voulais pas te tuer, juste te faire saigner" parce qu’on t’a bien vu il y a 5 minutes essayer de le tuer & co, c’est juste parce que l’ami Stark a utilisé moult esquives de ninja qu’il est encore vivant. Alors "Non non, je ne t’ai pas loupé, j’ai fait exprès de te rater, c’est différent", c’est nul comme excuse. Tu es tout simplement mauvais, hors de ma vue.

Boris explique aussi que s’il veut du mal à Tony, c’est parce que son père, qui travaillait avec Howard Stark, a été arnaqué & ruiné par ce dernier qui a profité de tous les bénéfices de ses recherches. Boris vient donc se venger de cette famille de voleurs de poules. Cette nouvelle perturbe un peu Tony, mais pas longtemps non plus. Son soviétique ennemi est rapidement jeté dans une sombre prison française, terrible punition s’il en est quand on connait les lieux ; Rachida Dati aurait bien affirmé le contraire comme à son habitude, mais elle n’était pas disponible pour le film, elle siégeait à Strasbourg. Non, je déconne hein. A Strasbourg, vous avez quand même plus de chances de croiser Iron Man que Rachida Da… ah, mais bon sang, est-ce que je vais arriver à me concentrer un peu sur mon sujet ?

Boris est donc en prison à ruminer sa vengeance : quand soudain un plan d’évasion impliquant un sosie, une pomme de terre, du C4 et quelques gardiens corrompus lui permet rapidement de retrouver la liberté sans même qu’il demande quoi que ce soit : c’est Justin Hammer, le fripon jaloux de Tony Stark qui l’a fait sortir pour profiter de ses immenses connaissances et lui proposer de se venger d’Iron Man une bonne fois pour toute. En tout cas, Justin invite pour commencer Boris dans sa principale usine et lui demande s’il ne voudrait pas rendre commercialisable ses prototypes encore très imparfaits d’armures de combat afin de les présenter à la Stark Expo et devancer notre gentil Tony sur son propre terrain; notre méchant accepte et se met aussitôt au travail.

En France, Boris a eu le temps de passer au Marais s’acheter des lunettes top glamour

A noter que si notre homme était si génial que cela, il faudrait aussi qu’il m’explique pourquoi il n’avait d’ores et déjà pas fait fortune avec ses inventions et ainsi payé des soins corrects à son père malade. Non parce que c’est gentil  de venir d’ex-URSS pour le venger, mais le sauver était aussi une idée à considérer. Enfin, moi je dis ça…

De son côté, Tony Stark profite de ce qu’il lui reste de vie en se murgeant la gueule en faisant de grosses teufs comme un vulgaire auditeur de Fun Radio ; hélas, un soir qu’il est particulièrement en forme pour enchaîner les conneries en s’imbibant de champomy, son vieil ami le colonel William Rhodes vient lui dire que bon, hein, ça suffit les conneries Iron Man, tu te donnes en spectacle, j’ai honte de toi. Mais comme le bon Tony se montre peu réceptif à ses arguments, Rhodes se rend dans sa cave (dont il a le code pour les jours où il s’ennuie), s’empare d’une des armures d’un modèle plus ancien, et retourne pleinement équipé dire à Tony que s’il n’arrête pas les conneries de suite, il lui éclate sa gueule.

Hélas, malgré cette phrase choc, Tony refuse, le combat commence, et au final, c’est la villa de Malibu qui finit avec la gueule amochée ; pour nos deux guerriers, c’est un ex-aequo ; léger avantage à Rhodes qui part avec l’armure qu’il a pris et va la livrer à l’armée américaine pour être améliorée. Sans compter que Rhodes, lui, n’a pas transformé son logis en champs de ruines dans l’affaire. Pensez toujours à vous battre chez autrui, c’est important. Et ne venez pas me contredire avec Sun Tsu, il n’avait aucune idée de ce que signifie "casser son écran plasma dans la confusion".

Tony Stark de son côté est bien embêté ; non seulement il a la gueule de bois, mais en plus on lui a volé une de ses armures. Boh, tant pis se dit il, de toute manière, je vais bientôt crever : au vu de ses prises de sang, il n’en a plus que pour quelques jours. C’est clair qu’elle a l’air de te faire souffrir ta maladie : tu pètes la forme, tu fais des teufs d’enfer tu te bats… nan, on le sent bien que tu as une maladie mortelle qui progresse de jour en jour et qui te condamne à ne pas voir la semaine qui vient. Pour un mourant, ça a l’air d’aller bien ; c’est une maladie qui commence à faire du mal quand en fait ?

Mais ne commence pas à broyer du noir petit Tony, car voici venir Nick Fury, le … heu… le chef de l’association des gentils super héros, ou un truc du genre, le SHIELD. Et devine ce qu’il vient t’annoncer ? Que non seulement il sait ce que tu as comme maladie, mais en plus il a un sérum qui en fait disparaître tous les symptômes en quelques secondes (efficace, d’ailleurs le seul symptôme c’est une sorte de tatouage géant de circuit imprimé). Et devine l’autre nouvelle ? Figure toi que tu sais, ta nouvelle assistance, Natasha ? Et bien en fait, c’est un des agents spéciaux de Nick Fury. Ahah, tu ne t’attendais pas à apprendre qu’en fait c’était une espionne, pas vrai Tony ? C’est vrai qu’on ne l’a pas vu venir. Bon, en tout cas, Nick Fury (même mon chien mériterait un meilleur nom) propose à Tony une issue à la crise : il lui donne un peu de sérum contre sa maladie, et en échange, Tony travaille dur à trouver une véritable solution alternative au palladium pour son réacteur pectoral. Ah oui, c’est bien comme marché ça "Tiens Tony, je te donne 100 balles, et en échange, je te donne un mars". Je ne sais pas quelles études a fait Nick Fury, mais HEC me parait hors de propos.

Avant de partir, Nick Fury parle aussi un peu de  papa Stark à Tony, et lui donne même des documents sur lui à étudier, des fois que ça serve (hmmm je pense que ça va servir). Il explique aussi qu’Howard Stark n’a jamais arnaqué le père de Boris : c’est surtout ce dernier qui a merdé et a tenté de faire un peu d’espionnage et a donc été renvoyé en URSS. Oui, ou alors Nick, j’ai aussi une autre théorie : Howard Stark était Mac Carthyste et s’est fait un malin plaisir d’exploiter un "rouge" avant de le renvoyer au paradis des travailleurs.  Peut-être même que lui et ses amis brûlaient des croix en flamme dans les pelouses d’autres communistes supposés. Mais bon, elle est bien aussi ton analyse Nick. Mais garde là pour toi s’il te plaît.

Samuel L. Jackson à l’annonce du nom de son personnage

Tony se met donc au travail, et regarde en boucle les travaux de son père. Parmi ceux-ci, il trouve des vidéos où il réalise que son père était plus sympathique qu’il ne le pensait ; il constate aussi que son père aime répéter des phrases toutes les 15 secondes comme "Tony si un jour tu regardes ce film, sache que la clé de l’avenir est dans cette ville ! – dit il en montrant une maquette – dans cette ville ! Je répète Tony, si un jour tu as besoin, la solution est LA ! LA ! Regarde bordel, LA ! Tiens, je vais faire des clins d’œil en même temps pour être sûr que tu comprennes !"

Mais Tony ne comprend pas, car tout cela est trop subtil, malgré son intelligence hors-norme. Il se demande où son père aurait pu glisser quelques travaux qui lui seraient utiles dans sa quête d’une solution au palladium… Ce n’est qu’après de longues heures de visionnage qu’il commence à se dire que hmmm, dis-donc, peut-être que mon père a caché quelque chose dans cette maquette de ville ? Ni une ni deux, notre héros va récupérer la maquette (qui malgré les années, a gentiment attendu dans un bureau que l’on vienne s’occuper d’elle), et en l’analysant avec son super ordinateur à scanner laser, il découvre qu’en ne gardant que certains éléments de la maquette et en les remettant dans une nouvelle perspective que ceux-ci forment en réalité un nouvel élément encore inexistant dans le tableau de Mendeleïev.

Mais oui, c’est logique ; Howard Stark s’est dit un matin "Tiens, si je faisais un film des fois que je meure dans un accident de voiture dans lequel j’annonce à mon gosse que j’ai caché les plans d’un élément révolutionnaire dans une pauvre maquette, des fois que ça lui serve dans 30 ans ?" ; va savoir comment il a découvert l’élément en question sachant que ce n’est pas du tout son métier, et quand bien même, pourquoi il ne l’a pas exploité et commercialisé (ou du moins breveté) parce que bon, là par contre c’est exactement son métier ; il ne faut pas chercher. Et figurez-vous que mieux encore, l’élément en question est pile poil ce dont son fils a besoin ! Car évidemment, Howard Stark avait non seulement prévu que son fils se prendrait une roquette en Afghanistant qui l’obligerait à avoir un réacteur collé au thorax, mais en plus avait d’ores et déjà deviné que ce réacteur au palladium poserait des problèmes à son organisme et qu’il aurait un jour besoin d’un nouvel élément pour rectifier le problème. Du coup, il a inventé cet élément à l’avance. Quel homme. Oh, et évidemment, il prévoyait aussi que son fils disposerait d’un ordinateur à scanner laser gneugneugneu ultra-moderne qui pourrait parfaitement décoder les plans de sa maquette. Formidable, quel visionnaire. Sinon papa Stark, t’as pas les numéros des 12 prochains euromillions ?

A ce moment du récit, je n’étonne plus personne en annonçant que Tony Stark n’a besoin que d’un marteau et de trois gouttières pour créer un accélérateur de particules en quelques heures, lui permettant de générer le nouvel élément dont il avait besoin ; aussitôt celui-ci produit, il l’insère dans son petit réacteur et… oh ! miracle ! Non seulement ça marche, mais en plus, c’est encore plus puissant qu’avant ! Ça tombe bien quand même.

Ne demandez pas à Papa Stark combien de temps il lui a fallu pour planquer une formule dans une maquette en carton quand il aurait juste pu planquer un papier.

Au même moment, à la Stark Expo, des milliers de gens se pressent pour découvrir la nouvelle révolution de l’armement annoncée par Justin Hammer. Oui, apparemment, c’est tout à fait naturel d’avoir de la musique, une scène et de faire des pas de danse "cools" pour venir présenter sa nouvelle arme de guerre.  Bon. Tiens, d’ailleurs, les industries Starks n’étaient elles pas censées ne plus produire d’armes ? Mais elles acceptent quand même les vendeurs d’armes qui les détestent en une de leurs "shows" sur leur propre territoire ? Décidément. Bon, ne nous attardons pas, c’est quoi la petite révolution de Hammer Industries ? Deux choses :

- Des armures de guerre à la Iron Man, en nombre et pilotées par des drones, le tout programmé par Boris (qui prétend qu’elles ne sont pas encore capable de combattre, mais qu’elles seront bonnes pour parader à la Stark Expo dans l’immédiat) ; bref, l’idéal pour les guerres futures.

- Le colonel Rhodes et l’armure qu’il a soufflé à Iron Man, repeinte en noir avec des kilos d’armes supplémentaires greffées par-dessus fournies par Hammer Industries là encore. Un nouveau héros, quoi, mais fonctionnaire cette fois.

Hélas, les festivités sont de courte durée pour Hammer, puisqu’Iron Man vient demander ce que c’est que ce bordel et toutes ces armures. La réponse vient hélas bien plus vite que prévu : Boris le communiste a menti : les armures sont parfaitement aptes à combattre, et pilotées par lui-même derrière son petit ordinateur bien caché dans un laboratoire de Hammer Industries. Il a même réussi à pirater l’armure de Rhodes pour la contrôler, et envoie donc tous les drones commencer à raser la Stark Expo et/ou tenter de tuer Iron Man.

Hammer est évidemment un peu paniqué par tout ce bordel ; ça lui fait de la mauvaise publicité de présenter des drones qui attaquent le public de l’exposition. Aussi, plutôt que d’envoyer tous les agents de sécurité du site où se cache Boris pour lui casser sa gueule (puisqu’il sait où il se cache : c’est lui même qui lui a proposé la planque), il demande à Jean-Jacques l’informaticien qui passait par là de tenter de reprendre le contrôle des drones. C’est évidemment un échec cuisant. Et je vais vous surprendre, je sais, mais il en va de même avec la tentative de meurtre des drones sur Iron Man : ils échouent tous, tués tant par Tony et son armure alimentée par son nouveau cœur fort puissant que par Rhodes et la sienne dont il a réussi à reprendre le contrôle. Oui d’ailleurs, je vous passe la scène où Natasha la coquinette en tenue moulante va tenter de stopper Boris chez Hammer Industries, et massacre tous les agents de sécurité (comme quoi, il y en avait pléthore de disponibles) à grands coups de prises & poses racoleuses. Évidemment, aucun agent de sécurité n’a l’idée idiote de lui tirer dessus. Non, à la place, tous essaient de voir qui est le plus fort au judo entre elle et eux.

Au secours, ce film est affreusement nul.

Cette pose de combat ridicule me rappelle Twilight. C’est dire.

Mais ça ne s’arrête pas là : figurez-vous que Boris a réussi à s’enfuir avec une armure de combat qu’il s’était spécialement conçue, avec à nouveau des fouets énergétiques & co (cet homme doit aimer le cuir ; autant de fouets, ce n’est pas normal), et il se rend donc à la Stark Expo pour en finir avec son ennemi juré. Hélas, c’est bien dommage, il perd (ah, mais quel con : il avait lu le script au début du film, il aurait du savoir qu’il était le méchant et ne pouvait donc pas gagner). A noter qu’il vient une fois encore essayer de tuer Tony Stark, tout comme il a essayé de le faire avec ses drones quelques minutes auparavant ; ce n’est pourtant pas le mec qui au début du film expliquait qu’il voulait juste "faire saigner" Iron Man ? Ma théorie était donc la bonne : il racontait juste n’importe quoi car il était trop nul pour réussir à le tuer. Théorie confirmée par le fait que Boris est mauvais perdant : il dispose sur lui d’un bouton qui lance l’auto-destruction de toutes les épaves de drones disséminées ça et là dans la Stark Expo après avoir été vaincus par Iron Man ; ce dernier se lance donc à toute vitesse vers la position de Pepper Potts, sa copine, afin de la sauver du cataclysme.

Oui, il a le temps, car évidemment c’est une de ces fameuses auto-destruction qui font "ATTENTION, AUTO-DESTRUCTION", suivi de gros "bip-bip" pour bien informer le héros du temps qu’il a pour agir, pas le truc bien instantané et fourbe qui prend par surprise. Les kamikazes, eux, on compris ça depuis 70 ans, du Japon à l’Afghanistan, les scénaristes toujours pas. Bon accessoirement les dizaines de civils à côté d’autres drones prêts à exploser, Tony s’en tape cordialement, lui va juste sauver Potts. Et pour une bonne raison : ils n’ont pas le même petit derrière, les autres prolétaires ; aussi, une fois qu’il a sauvé la présidente de Stark Industries, il la dépose romantiquement sur un toit, la bisoute, l’entend dire qu’elle démissionne, lui avoue qu’il était mourant et que c’est pour ça qu’il faisait n’importe quoi, et reprend la présidence de sa boîte et ses responsabilités. Oui tout ça en quelques secondes, il enchaîne, le budget pour clore le film était serré.

Pour terminer, il est décoré par les Etats-Unis ainsi que son ami Rhodes,  et ce par le sénateur Bob histoire qu’il l’humilie un peu et lui montre qui est le vrai héros de la vraie Amérique des vrais américains, celle qui lutte contre les anciens communistes revanchards qui se plaignent qu’on les exploite.

Et… FIN.

Pour conclure, je citerais une jeune fille dont j’ai lu l’avis sur le sujet : "Robert Downey Jr contre Mickey Rourke : Iron Man II, mieux qu’un orgasme".

Mademoiselle, si votre plaisir sexuel se limite à si peu, vous devez régulièrement confondre "jouir" et "péter".

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