Pour comprendre le spoiler qui suit, il convient de rappeler les précédentes aventures de Thor.

En effet, celui-ci, fort popul… fort présent au cinéma, est déjà apparu non pas dans un, mais dans deux films ! Rien de moins. Et comme les choses sont bien faites, les deux ont été spoilés. Cela dit, je vous connais bande de gros fainéants, aussi vais-je me contenter de vous donner des résumés des épisodes précédents. Terrible, ça.

Allons-y donc :

Thor I : Asgard, planète des… Asgardiens. Une race bienveillante, bien qu’un peu con-con, qui protège 9 mondes, dont la Terre. Thor, fils du roi Odin, est un gros prétentieux digne d’un épisode de Sweet 16 ("Haaan, tu m’as offert un drakkar mais il est pas de la couleur que je voulais, je te haiiis pôpa !"). Son père, pour lui apprendre la vie, l’envoie donc sur Terre sous la forme d’un simple humain. Et Thor ne pourra revenir que lorsqu’il s’en sera montré digne, ce qui lui permettra aussi de pouvoir à nouveau soulever son marteau magique. Au même moment, Loki, frère de Thor débarque en disant "Hahaha, je vais trouver une ruse pour me débarrasser de Thor !". Ce qui est consternant, puisqu’en fait, c’est déjà fait. Pendant que les spectateurs se demandent qui a confié l’écriture du scénario à une classe de SEGPA, Loki envoie plein de monstres combattre Thor, qui peut donc prouver sa valeur, récupérer son marteau, et donc revenir sur Asgard. Oui, Loki aurait mis des pantoufles et fait des mots croisés aux toilettes, il gagnait, mais comme il avait un plan, il a perdu. Thor revient de son exil plus humble, plus posé, mais aussi plus amoureux de Jane Foster, une humaine qui lit un peu trop Science & Vie.

Avengers : La Terre dispose d’une organisation la protégeant de plein de trucs : le S.H.I.E.L.D commandé par un type qui combat tous les dangers, fut-ce des serpents dans l’avion. Celle-ci décide d’unir tout ce qui porte cape & collants pour lutter contre le mal, et réunit ainsi Captain America, Thor, Iron Man, Hulk, Scarlett Johansson et toute l’équipe de Robin des Bois, la comédie musicale. Ça tombe bien puisque Loki est de retour avec un plan encore meilleur : aider des aliens à conquérir la Terre. Le patriotisme de Captain America, le courage de Thor, le génie d’Iron Man, la force de Hulk, la combinaison moulante de Scarlett Johansson et bien évidemment les prestations scéniques de M  Pokora ont tôt fait de le mettre en déroute, non sans que le public n’ait remarqué que chaque étape du plan de Loki était en fait un gros condensé d’absurdités et d’incohérences. Les aliens vaincus, Thor peut retourner sur Asgard.

Prêt pour un nouveau volume des aventures du dieu de la foudre ?

Alors spoilons, mes bons !

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L’affiche : c’est bon, on a des projectiles en feu qui tombent du ciel, tout va bien. Et je reste un grand fan de Thor, le dieu au marteau en plastique mou.

Tout commence, non pas de nos jours, mais au commencement de l’univers, alors qu’une voix off nous explique comment tout cela s’est passé mais avec des connaissances scientifiques dignes d’un frère Bogdanoff. En effet, à en croire notre narrateur, au commencent, il n’y avait que les ténèbres, ce qui était chouette pour les moches, mais rendait la plupart des événements sportifs assez chaotiques. Mais des ténèbres naquirent (ne me demandez pas comment, je ne sais pas comment les ténèbres se reproduisent, probablement qu’elles se sont juste réveillées pompettes un matin sans savoir ce qu’elles avaient fait la veille, et hop) les elfes noirs, des créatures quelque part entre Legolas, Mouss Diouf et Eric Zemmour. Tout allait pour le mieux pour eux, jusqu’à ce que la lumière apparaisse dans l’univers, et qu’elle n’engendre elle aussi de nouvelles races, comme par exemple, les Asgardiens (les habitants d’Asgard pour ceux qui n’auraient pas suivi). Sauf que Malekith, le chef des elfes noirs, trouva que la lumière, tout ça, c’était un peu nul. Il se décida donc à utiliser l’Éther, une force mystérieuse, pour annihiler toute lumière et botter le cucul de toutes les gentilles races. Ah non mais Malekith, il est comme ça, il faut pas trop le chauffer.

Sauf que pas de bol pour Malekith : alors qu’il avait réussi à stocker l’Éther dans une sorte de gros monolithe qu’il gardait au chaud sur Choupi IV, leur planète mère, voilà-t-y pas que les Asgardiens menés par Bor, père d’Odin, débarquèrent pour meuler de l’elfe avant qu’il ne puisse mettre son plan à exécution ! Malgré l’ardeur au combat des elfes noirs et leurs super combattants, les Grügrü (il suffit qu’un elfe noir brise une pierre magique dans sa main et pouf, il se transforme en Grügrü, un gros elfe bodybuildé, c’est assez étonnant, je dois l’admettre), tous se font matraquer la margoulette et Malekith est obligé de s’enfuir avec le dernier vaisseau contenant les ultimes membres de sa race ainsi que son livre d’armée (comprenne qui pourra).

Sur Choupi IV, c’est la grosse fête, on a gagné, ouaiiiiis, sortez l’hydromel et les cookies ! Bor, qui a de son côté mis la main sur l’Éther, est bien embêté : ce truc est impossible à détruire tant il est puissant. Voilà qui est frustrant ! Il se tourne donc vers son bras droit, Bob.

"Bob, mon bon, je suis bien embêté, parce que l’Éther est imp…
- Oui, oui, on sait.
- Bon, tant mieux. Du coup je me disais : "si on l’enterrait dans un coin super secret ?
- Ce serait pas plus malin de le mettre dans notre gros coffre-fort super gardé ?
- Non. Va l’enterrer, te dis-je.
- Bon bin okay, hein, c’est vous l’chef chef."

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Guidé par son instinct de fox terrier, Bob va donc enterrer l’Éther comme on le lui a demandé. Mais guidé par son intelligence, elle aussi de fox terrier, il n’a pas dû tout comprendre parce que du coup il enterre que dalle et se contente de cacher le tout dans une quelconque grotte, parce que c’est moins fatiguant (mais d’après la voix off, il a très bien fait son travail, elle ne doit pas regarder le même film que moi). C’est bon, les elfes, l’Éther, les fox terriers, vous êtes prêts pour la suite ?

Alors bondissons dans le temps, hop.

De nos jours, sur Asgard, la planète kitsch qui ressemble à une pub Dior sous-budgétée, Loki, dieu de la rabouinerie, est escorté par des gardes jusqu’à la salle du trône où l’attend son père, Odin. Et le roi des dieux est un peu bougon, parce que bon, Loki a fait n’importe quoi dans Thor I, puis dans Avengers, et en plus la ramène encore alors que vu la qualité des films, hein, bon. Aussi, il est temps qu’il soit puni : il est ainsi condamné à la prison histoire de réfléchir à ce qu’il a fait, ce sacripant. Loki fait son petit caprice façon "J’m’en fous t’es pas mon pèèèère !" ou "Et pis d’abord t’as toujours préféré Thor alors qu’il est con comme une porte, bouhouhou !". Mais pas de chichi : au trou le galopin. Là-bas, il aura tout le loisir d’y pleurer sur son lit, d’écouter du Kyo voire de se faire un piercing au nombril. Quel rebelle.

Et Thor dans tout ça ? Et bien ce dernier est occupé sur l’un des 9 mondes sur lesquels veille Asgard (ce qui fait peu à l’échelle de l’univers, vous en conviendrez) à mouliner des méchants à coups de marteau magique. Les méchants du cru sont bien vite vaincus et leurs prisonniers emmenés sur Asgard. Thor peut donc rentrer à la maison pour entendre son père lui dire qu’il est trop super et qu’un jour, il fera un excellent roi, pas comme cette petite pute de Loki. Mais Odin a beau être borgne, il n’en est pas aveugle pour autant :

"Au fait mon petit Totor… 
- Papa, j’aime pas quand tu m’appelles comme ça, ça fait con.
- Oui hé bien justement, puisque… non attends, j’allais être un peu direct. Ecoute Totor, tu es grand, tu as de la barbe et un marteau magique maintenant. Ça serait bien que tu penses à… tu vois ?
- A passer le bac ?
- Moui… non. En fait, je pensais plutôt à te trouver une petite copine ! Parce qu’on est chez les vikings, l’homosexualité est punie de mort chez nous, alors qu’on soit clairs tout de suite, hein. Si tu as un truc à me dire, c’est maintenant.
- Mais heu !
- En attendant, je note que la petite Sif te tourne autour… elle ne te plaît pas ? Ou est-ce que tu penses encore à cette vile humaine de Jane Foster ?
- Mais je l’aime bien, Jane Foster…
- Mais enfin mon p’tit Totor ! C’est Nathalie Portman, c’est tellement 2005 de triper dessus ! En plus c’est une humaine, c’est comme les hamsters : on s’y attache vite mais ça vit pas longtemps. Alors oublie ses bajoues et va voir Sif.
- Grmblblblbl…."

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Thor est donc bougon, mais amoureux quand même. Il va donc en discuter avec Heimdall, le gardien (et viking black) du Bifrost qui peut voir tout l’univers, mais celui-ci a beau répéter "Vous m’emmerdez, Thor, j’essaie de bosser là", Thor s’accroche. Thor continue. Thor est relou. Thor emmerde son monde, bref, Thor chie (voilà, c’était le point "jeu de mot pourri" que vous guettiez honteusement, on peut passer à la suite).

Séquence émotion : Odin explique à Thor comment on fait les bébés. "Alors tu vois, le papa mets son drakkar dans le monastère franc de la maman, et ensuite…"

Pendant que nos deux larrons papotent, allons plutôt voir sur Terre ce qu’il se passe.

Car Jane Foster va bien, merci pour elle. Thor n’étant plus revenu la voir depuis les événements du premier film, soit deux ans, elle a décidé de recommencer à draguer (depuis deux ans qu’elle se réserve en bonne gentille héroïne, m’est avis qu’elle frôle quotidiennement la combustion spontanée), et est donc en plein rencard à Londres avec un des acteurs de The IT Crowd. Pendant que celui-ci lui parle de sujets comme le rien ou encore le néant, il sent bien que la belle n’est pas très concentrée et soupire encore à son ex viking de l’espace. Mais c’est alors qu’au beau milieu du rendez-vous débarque justement Darcy, l’assistante de Jane, avec un mystérieux appareil à la main : elle vient de détecter des signaux étranges, les mêmes que ceux ayant été captés juste avant la première apparition de Thor ! Allez Jane, il faut bouger : ton vœu de chasteté touche à sa fin !

Pas une minute à perdre : Jane laisse donc son rencard en plan pour filer avec son assistante droit vers l’origine des signaux, à savoir une vieille usine londonienne (mais où des gens stockent encore des camions tout neuf, ne me demandez pas pourquoi), où des enfants  ont eux aussi senti qu’il y avait un truc bizarre. En effet, sur place, des containers de plusieurs tonnes se sont mystérieusement empilés, probablement lors d’une partie de Jenga galactique, mais ce n’est pas tout ! Un camion s’est aussi mis à flotter en l’air, et désormais, même les enfants peuvent le pousser en tous sens sans rencontrer aucune résistance. Jane se dit qu’avec ça, elle pourrait enfin réussir un créneau, mais le clou du spectacle est bien mieux encore :

Il s’agit…d’une porte dimensionnelle !

Invisible, mais bien présente, il suffit d’y jeter un objet pour qu’il disparaisse et réapparaisse via une autre porte située ailleurs dans la bâtisse. Bon, des fois, ça ne réapparaît pas, mais bon, c’est rigolo quand même.

"Haaan, je vais y jeter les clés de la bagnole !" s’exclame donc Richard, l’assistant de l’assistante de Jane, et accessoirement Jar Jar Binks de location.

Evidemment, donc, les clés ne reparaissent pas. Qu’est-ce qu’on se marre. J’ai dû demander à mes voisines de me tenir les côtes tellement je riais. Ensuite, je leur ai demandé de tirer très fort en espérant mourir, mais ça n’a pas marché. Il faudra que je ruse plus fort la prochaine fois.

Bref. Jane, elle, décide de se séparer du reste du groupe pour explorer la bâtisse à la recherche d’autres portails. Mais ce faisant, évidemment, elle en passe un par accident… et se retrouve au fin fond d’une grotte, avec à côté d’elle, ho bin ça alors, un gros monolithe ! Et en s’approchant, elle voit un liquide écarlate s’agiter en son sein (le sein du monolithe, hein, soyons raisonnables) : l’Éther ! Sauf que sitôt qu’elle est assez proche, le liquide jaillit et fond sur elle en tentant de l’envahir…

… et Jane se réveille dans un coin de l’usine désaffectée, se disant que ouf, tout cela n’était qu’un mauvais rêve ! Elle sort donc du bâtiment, et est très étonnée de trouver celui-ci cerné par la police : Darcy lui explique que c’est parce que tout le monde la cherche, Jane a en effet disparu pas moins de 5 heures ! Darcy, après avoir téléphoné pour annuler l’Alerte Enlèvement et le plan épervier, note alors d’autres choses étranges :

  • D’abord, la pluie londonienne qui s’abat en ce moment même semble ne pas tomber sur Jane, ni dans un cercle de 3 mètres autour d’elle, ce qui est peu banal, j’en conviens.
  • Ensuite, tombe soudain du ciel un mec tout blond à cape rouge et marteau magique : THOR !

Il pleut vraiment n’importe quoi de nos jours. Des retrouvailles émues sont cependant de mise.

"Thor ! Ho, Thor, pourquoi ne reviens-tu que maintenant ? Tu m’as tellement manqué ! Je pensais à toi à chaque fois que j’écoutais Sabine Paturel, tu sais "T’es pas d’accord, t’as Thor, c’est tant pis, mois je mords !"
- Heu… certes ? Ecoute, j’étais en mission pour pacifier les 9 royaumes sur lesquels Asgard veille, ça me prenait du temps. Mais t’inquiète, j’ai demandé à Heimdall de veiller sur toi.
- Ecoute Thor, c’est gentil, mais savoir qu’un gros black me regarde quand je suis sous ma douche ou que je fais caca, c’est moyennement romantique en fait. Mais d’ailleurs, pourquoi être revenu aujourd’hui spécialement ?
- Heimdall t’avait perdu. Tu as disparu l’espace de quelques heures, ce qui est impossible, tant rien ne peut se soustraire à son regard ! 
- Non mais c’est bon, c’est géré. J’ai traversé un portail magique, me suis retrouvée face à un gros caillou, et ensuite j’ai été attaquée par une sorte de liquide fan de hentai. Mais ça va.
- Non attends… je sens qu’il y a un problème."

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Et oui, il y en a bien un : car non seulement la pluie ne tombe pas sur notre amie, mais en plus, lorsqu’un policier vient la voir en lui demandant ce que c’est que ce bordel de disparaître sans prévenir et d’affoler tout le monde, et ce que fait ici un cosplayeur peu talentueux, celui-ci lui touche le bras… et un éclair écarlate propulse le bougre 10 mètres en arrière !

"C’est pas banal." s’exclame donc Thor qui bien que peu au fait de l’anatomie humaine, est relativement au courant qu’on y trouve peu de bobine de Tesla.  "Bon, on va étudier ça : Heimdall, active le Bifrost !". Et dans un formidable spectacle son et lumière, Thor et Jane disparaissent instantanément à la surprise générale, pour mieux aller atterrir… sur Asgard !

Mais allons voir ce qu’il se passe ailleurs dans l’univers.

Car au fin fond d’un champ d’astéroïdes, un vaisseau qui était resté en sommeil depuis plusieurs millénaires se rallume doucement et réveille ses occupants : Malekith et les derniers elfes noirs ! Aussitôt, ces derniers semblent être au courant de tout le script. On va donc supposer que leur vaisseau les a mis au courant, probablement de sa douce voix digne d’un épisode d’Ulysse 31.

"Zzzz…
- Maître Malekith, mes senseurs détectent l’Éther. Celui-ci vient d’être activé par la présence de quelqu’un.
- Zzz… hein ? Ordinateur ! Dis-m’en plus !
- Il semblerait que l’Éther se soit abrité dans un hôte humain. Nom : Foster. Prénom : Jane. Race : humaine. Profession : docteur en astrophysique.
- Sacrebleu. Ordinateur, réveille tout l’équipage, nous allons la chercher. Dis-moi où elle se trouve.
- Mes senseurs détectent sa présence sur Asgard. Ainsi que sur plusieurs DVD de la trilogie Star Wars. Maître Malékith, puis-je vous proposer de lui bouyave la tête ?
- C’est exactement mon plan, ordinateur. Vite ! Cap sur Asgard !"

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5 000 ans de sommeil et même pas un brossage de dents. Pas besoin de vous armer les mecs, ça devrait être vite plié.

Et le vaisseau, qui dispose d’un système de camouflage lui permettant de devenir invisible, file donc vers la planète de ses ennemis jurés. Mais à son bord, Malekith a déjà un plan. Ho non, pas un plan, on sait tous que c’est toujours pourri ! Bon, allez, je ne suis pas chien : laissons-lui une chance. On vous écoute les enfants.

"Hmm… ce qui serait bien, ce serait d’affaiblir les défenses d’Asgard. Ah bin tiens, je sais comment. Michel ! Ho, Michel !
- Maître ?
- Michel mon petit, je sais que ton activité de comptable au sein du vaisseau te pèse un peu, que dirais-tu de lâcher Excel pour un peu d’aventure, hein ?
- Ho oui Maître !
- Bon alors voilà le plan : on va te déposer sur un des mondes sur lesquels veille Asgard. Tu y fous un peu la zone, ils viennent te chercher, tu te rends. Là, ils te mettent au trou. 
- Heu… oui ?
- C’est là que mon plan est génial ! Nous allons cacher sur toi une pierre magique qui te permettra de te transformer en Grügrü et d’ainsi semer le chaos au cœur même de leur forteresse !
- Je… je sais pas, c’est un film tous publics… "dissimuler un caillou enchanté dans mon cul" ne fait pas vraiment partie des choses tolérées, non ?
- T’inquiète Michel, j’y ai pensé, on va pas faire comme dans les autres films de prison. Regarde, d’abord, je vais te planter cette dague dans le bidou.
- Mais AÏEUH !
- Puis cacher le caillou dans la plaie, hop. Maintenant, va Michel, va semer le désordre car sous forme de Grügrü, aucun arme d’Asgard ne peut te faire de mal !
- Hein ? Mais dans l’intro du film, on voyait clairement des Grügrü se faire démonter, non ?
- Ha ? Heu… hohoho… hem, Michel, mon petit, on va oublier : allez, va te faire capturer puis semer le chaos sur Asgard !

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Revenons à Asgard, donc. Où Jane a été emmenée par Thor dans une salle où moult médecins locaux analysent ce qu’il se passe dans son corps. Asgard découvre ainsi, entre deux restes de burritos, un étrange liquide : l’Éther ! Celui-ci est à l’origine des mystérieux phénomènes autour de Jane, et tente de protéger son hôte. D’où le fait que ça balance des éclairs quand on la touche (sauf quand Thor lui fait des bisous, l’Éther est vraiment sympa) ! Par contre, mauvaise nouvelle : ça pompe aussi son énergie vitale. Du coup, bah, elle va mourir. C’est ballot.

Odin, qui a appris que son fils avait ramené sur Asgard une humaine shootée à l’éther, débarque avec une pelle et un sac poubelle dans la salle, mais comprenant qu’il s’agit de l’Éther avec un grand E, lâche tout son matériel et décide de raconter l’histoire de l’Éther à son fils et sa copine. Il conclut celle-ci à peu près ainsi :

"Et c’est ainsi que mon père, Bor, colla une branlée aux elfes noirs et récupéra l’Éther pour le planquer, mais visiblement, pas bien. Fin.
- Mais alors, il n’y a pas le risque que les elfes noirs reviennent ?
- Meuh non. Ils sont tous morts.
- Mais on a jamais retrouvé leur chef, ni son vaisseau, ni son état-major, ni une partie de ses hommes, non ?
- Oui, mais hohoho, aucun rapport. Ils ont sûrement refait leur vie en Amérique du sud et sont morts d’une overdose de coke dans leur hacienda.
- Ah bon, bin okay alors."

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Le plan est donc le suivant : glander sur Asgard, et attendre que quelqu’un trouve un remède miracle pour sauver la petite Jane. Sauf qu’après quelques temps à aller causer avec ce qu’elle espère être sa belle famille, Jane voit les événements prendre une étrange tournure. Finies les vacances !

Tout d’abord, du côté des prisons. En effet, Michel l’elfe noir, qui s’était habilement camouflé dans une armure complète pour ne pas que l’on découvre que non, tous les elfes noirs n’avaient pas disparus, s’est fait capturer et enfermer. Non, personne n’a pensé à lui retirer son armure ou à le fouiller. Du coup, Michel se dit que cette histoire de caillou planqué dans une plaie, bah ça servait à rien. Bon, tant pis : il prend son caillou magique, l’écrase dans sa main, et instantanément, se transforme en Grügrü ! Ses compagnons de cellule qui pensaient avoir l’avantage dans les douches sont bien embêtés.

Michel le Grügrü pète donc la barrière enchantée qui l’empêche de sortir de sa cellule, éclate les gardes, puis libère les autres prisonniers, sauf Loki, qui a quand même une tête d’Asgardien (il peut en changer à volonté, mais n’y pense pas, chapeau Loki).  C’est donc la grosse émeute de prisonniers qui démarre !

Toute la forteresse d’Asgard résonne donc du son des alarmes, et les gardes se précipitent vers les prisons pour tenter de rétablir un peu l’ordre, hein, ho, c’est quoi ce bordel, vous allez vous calmer tout de suite, ça suffit ! Sauf qu’au même moment, Heimdall, qui était occupé à mater toutes les baignoires de l’univers, entend soudain un son étrange à côté du Bifrost : sortant de celui-ci, ses supers yeux détectent un énorme vaisseau avançant en mode furtif : les elfes noirs !

Ni une, ni deux, il saute du pont menant au Bifrost vers le vaisseau… et l’endommage à coups… de poignard !

Si. Il poignarde le vaisseau.

Mais dans le dos, alors il a des bonus je suppose.

Le vaisseau devient donc visible, et lâche donc alors une nuée de vaisseaux plus petits qui se mettent à semer la zone dans Asgard ! Odin comprend donc que l’émeute des prisons n’est pas une coïncidence. Et voyant que c’est un vaisseau elfe noir qui attaque, il comprend qu’ils viennent pour l’Éther. Il demande donc à Jane de suivre sa femme, Frigga, pour aller se cacher dans une salle en haut du palais. Pendant ce temps, lui va aller calmer les prisonniers en personne (c’est vrai, autant aller là où c’est le moins dangereux, bien joué mec). Quant au vaisseaux qui attaquent, il ordonne que l’on sorte les chasseurs (des petits bateaux volants kikinous avec des mitrailleuses) et les batteries de DCA. Mais bon, ils ne touchent pas grand chose, il faut bien le reconnaître. Visiblement, visée et hydromel ne font pas bon ménage, sacrés Asgardiens !

Michel le Grügrü fait lui tranquillement son chemin dans le palais, dont il pète promptement les défenses. permettant à l’un des petits vaisseaux elfes noirs de rentrer. Et quand je dis rentrer, c’est rentrer hein : il défonce l’entrée, les colonnes de la salle du trône et s’arrête dedans mais va bien, merci. Et alors que la garde du palais se met en position pour accueillir d’éventuels envahisseurs, en jaillit… Malekith !

"Bonjour les gueux !"

"Haaan l’autre il utilise un fusil ! Comment c’est d’la triche !"

Et coup de bol pour Malekith : les Asgardiens sont aussi cons que prévu. A savoir qu’alors que les elfes, qui ont pourtant pioncé durant plusieurs millénaires, attaquent au fusil laser et à la grenade, les Asgardiens, qui leur avaient déjà collé une pile par le passé et ont en plus logiquement plusieurs milliers d’années d’avance technologique… ripostent à l’épée et au bouclier. La prochaine fois, je suppose qu’ils leur tendront une embuscade avec de la mie de pain.

Ho. Tiens, je vais utiliser le chloroforme sur moi-même voir si ça me permet de passer cette scène.

En tout cas, autant vous dire que les Asgardiens se prennent une branlée. Malekith a même des grenades qui font de petits trous noirs temporaires, permettant de faire bobo aux gardes, mais aussi de détruire le trône d’Odin, histoire de se la raconter un peu. Cela fait, Malekith se fraye un chemin jusqu’à l’une des plus hautes salles du palais d’Asgard, où son pif magique lui a permis de détecter que se planquait une fille pleine d’Éther. En tout cas, je suppose que c’est son pif magique, parce que sinon il n’y a aucune explication. Que l’on ne vienne pas me dire que je suis de mauvaise foi : j’essaie de sauver le film comme je peux, voyez ? Tsss.

Mais sur place, surprise : Frigga, une épée à la main (raah, mais mets lui un coup de blaster et n’en parlons plus !) protège Jane. Il faut donc que Malekith demande à Michel (qui l’a rejoint) d’aller distribuer des mandales pour que la bougresse se calme un peu et laisse libre champs à Malekith pour approche de Jane… qui à sa grande surprise, disparaît :  ce n’était qu’un hologramme !

Ah oui ? Alors expliquez-moi comment il a été guidé jusqu’à cet hologramme, puisque lui, c’est l’Éther qui le guidait ? Bon bon bon. Je veux bien essayer de sauver le film en inventant des trucs, mais si même là on s’auto-pourrit, ça va devenir compliqué quand même. Je vais reprendre un peu de chloroforme, tenez, hop.

Toujours est-il qu’un peu bougon, Malekith et son copain Michel, se tournent donc vers Frigga "Mais enfin, tu es bête ou bien ? S’il y avait une salle super secrète où cacher la fille pour que même mon nez magique ne la sente pas et la confonde avec un vulgaire hologramme, pourquoi tu t’es pas planquée avec, hein ? Allez, meurs, tiens."

Et crac, donc : au revoir Frigga.

Thor, qui arrive sur ces entrefaites, est donc très grognon : en bon dieu des éclairs, il en envoie un gros sur Malekith, lui arrachant la moitié du museau. Malekith se replie donc en urgence aidé par Michel, et regagne son vaisseau mère sans encombre, probablement récupéré par un autre vaisseau plus petit, ou un simple trou dans le script, allez savoir. Cela fait, le vaisseau-mère redevient invisible… et c’est tout.

Non, pas de "Trouvez-moi ce vaisseau et abattez-le !", pas de tirs de DCA massifs sur l’appareil pendant qu’il disparaissait (voire avant, mais là, je suis ambitieux), pas de recherches… non, tout ça, c’est nul.

On va plutôt aller se boire une mousse.

Non non : je ne rigole pas, les mecs viennent de se faire massacrer, savent que le vaisseau ennemi n’est pas reparti (alors qu’ils n’ont aucun moyen de le savoir, mais passons, ils le savent) et que les elfes noirs peuvent surgir à tout instant, mais ils laissent tomber pour le moment. A la place, ils organisent de grandes funérailles pour Frigga et les guerriers tombés, et une grande foule se masse pour rendre un dernier hommage à tout ce petit monde.

Personnellement, j’aurais été un vaisseau elfe noir venu là pour tout détruire, je serais sorti trente secondes de mon invisibilité pour tirer dans le tas, mais il faut le reconnaître : je suis joueur.

Bref, les funérailles se passent, et enfin, Thor se décide à aller voir son papounet pour discuter de la suite des hostilités, puisqu’il convient de venger maman Frigga. Odin, en vieux sage, a cependant déjà tout prévu. Et attention, ça parle grosse stratégies. Encore une fois : pourquoi est-ce que dans aucun film, aucun personnage ne semble pouvoir monter un plan crédible ? Je vous laisse constater par vous-même la chose, en plus des incohérences :

"Père, père ! Malekith a tué mère, il doit payer !
- Totor mon lapin, il faut te calmer. Si les elfes noirs reviennent, on va leur botter le cul cette fois-ci, et pour de bon.
- On va enfin penser à utiliser des fusils et mitrailleuses ? Technologies que l’on maîtrise vu qu’il y en a sur nos vaisseaux ?
- Non, faut pas déconner, on doit rester une peuplade kitschounette. On va juste les attendre, mais cette fois-ci, tous nos guerriers sont prêts. 10 000 lances contre une poignée d’elfes noirs.  Quel dommage que l’on ne puisse pas voir leur vaisseau ! Même Heimdall ne le peut !
- On parle bien du Heimdall qui peut tellement bien le voir que tout à l’heure, il l’a attaqué au poignard ?
- Heu oui heu… hé bien… il… roh, m’emmerde pas Totor. C’est comme ça, voilà, il peut plus, pouf, comme ça ça nous empêche de terminer le film en 2 minutes chrono. Bref, disais-je : "Quel dommage que l’on ne puisse pas voir leur vaisseau !"
- Oui, si seulement nous avions accès à un de leurs vaisseaux pour étudier un peu comment ça fonctionne… 
- Monchieur Odinch ?
- Une seconde Thor. Oui Beatriz ? Pourquoi nous dérangez-vous ?
- Oui, ch’était pour vous demandèche… qu’èche que che fais avec lé vaisseau elfe noir crashé dans la salle dou trône ? Jé pache lé balai quand même ?
- Mais je ne sais pas moi, raaahlala ! Le petit personnel ! Bon, on en était où mon p’tit Totor ?
- On disait qu’on était dég’ de pas avoir accès à un de leur vaisseaux pour étudier leur technologie.
- Ah oui, c’est ça."

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Mais pendant que certains spectateurs essaient d’invoquer le dieu de la foudre dans la salle pour qu’il les libère de leur supplice d’un éclair salvateur, voici que le ton monte entre les deux Asgardiens.

En parlant d’éclair : ça, c’est Malekith après s’être mangé la foudre de Thor dans la gueule. Notez que sa couleur de peau varie en fonction des scènes, de tout blanc à bien rose. Sachez qu’il en ira de même avec ses yeux. Encore une fois : combien de millions au budget, rappelez-moi ?

"Alors c’est ça, père ? Votre plan, c’est d’attendre ?
- Bin en même temps, s’ils reviennent, on a de quoi les démonter. Et sans l’Éther, ils ne peuvent pas faire grand chose. Alors oui.
- Mais ils ont tué maman !
- Oui, j’ai remarqué. Pas de pieds froids dans le lit cette nuit, j’ai tout de suite vu la différence.
- Moi, j’ai un plan.
- Allons Totor, tu sais bien que tu es con.
- Mais si, écoutez : je prends Jane avec moi puisque c’est elle qu’ils veulent !
- Oui.
- Ensuite je vais sur une planète super loin !
- Oui.
- Là ils arrivent pour la chercher !
- Oui.
- Et là… on se bat !
- Attends, je résume : ton plan, c’est plutôt que de les attendre chez nous avec 10 000 hommes, aller les attendre en terrain hostile avec toi tout seul ? Comme ça ils n’auront que toi à tuer pour avoir l’Éther ?
- C’est ça ! Alors ? Alors ? C’est oui ?
- … mais qu’est-ce que j’ai fait au bon moi pour mériter une buse pareille ?"

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Odin explique donc à Thor qu’il ne suivra pas son plan, trop risqué (stupide se dit donc ainsi en asgardien, très bien, je le note), et que Thor a pour ordre de rester sur Asgard pour attendre l’assaut des elfes. Mais vous connaissez le héros moyen : si vous lui interdisez quelque chose, il le fait dans les dix minutes. Du coup, Thor va trouver tous ses amis, à savoir la brigade des Jean-Jacques + Sif & Heimdall et leur explique son plan. Tous le trouvent super, ce qui expliquent pourquoi ils sont ses amis : je pense qu’ils se sont rencontrés à la COTOREP viking. Heimdall insiste à nouveau sur le fait qu’il ne peut pas voir le vaisseau elfe noir, histoire de bien réappuyer une incohérence, et qu’il ne peut pas donner accès à la troupe au Bifrost sans l’accord d’Odin. Il leur faut donc trouver une autre issue. Pas de problème : les Jean-Jacques vont faire diversion pendant que Thor va chercher la seule personne qui puisse l’aider à quitter Asgard : Loki ! Car celui-ci connait tous les passages super secrets. Rapidement, les deux concluent une trêve.

"Bon, Loki, je sais que tu vas me trahir.
- C’est bien.
- Mais je te propose d’aller buter ceux qui ont tué maman. Tu en es ?
- Ça roule."

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C’est ce que j’appelle une affaire rondement menée.

S’ensuit une séquence durant laquelle Loki hurle au spectateur "Je peux changer d’apparence quand je veux, houhouuuu tu as vu ?" histoire que l’on comprenne subtilement que, hmmm, ça pourrait resservir par la suite. Notez-le, hein. Puis, tous deux, aidés par l’habile diversion des Jean-Jacques & co, vont gagner le vaisseau elfe noir crashé dans la salle du trône (ils s’en souviennent soudainement, heureusement que Beatriz n’a pas balayé). Qui, non, n’a aucun problème pour redécoller, surtout en sachant que Thor le pilote sans problème aucun alors que c’est la première fois de la vie qu’il y fout les pieds. On dirait du Independance Day, autant vous dire que ça fleure bon la quaité (mais si, souvenez-vous de Will Smith déclarant qu’il peut piloter une soucoupe "Parce qu’il en a déjà vu une en action" ; j’ai déjà vu un Airbus A 380 et pourtant je ne recommande pas qu’on me le confie). S’ensuit une course poursuite entre Thor et les chasseurs ridicules d’Asgard, et après diverses pirouettes, Thor s’éjecte avec Loki et parvient à récupérer un petit chasseur, pile du bon diamètre pour entrer dans le passage secret au fin fond d’une montagne d’Asgard que connaissait Loki.

Passage qui mène, c’est fou cette énième coïncidence, sur Choupi IV, planète d’origine des elfes noirs où il n’y a plus que cendres. Tant de chance, c’est… moui, nul en fait. Passons à la suite.

Thor, qui a emmené Jane avec eux comme prévu, propose donc à son frère un plan pour tendre une embuscade aux elfes noirs lorsqu’ils arriveront à leur poursuite.

"Alors en fait, mon plan, tu vas voir, c’est super.
- Je n’en doute pas.
- Alors en fait, quand ils arrivent, tu fais semblant de me trahir et de leur donner la fille.
- Ça m’échappe un peu, mais, vas-y, continue.
- Hé bien là, on les surprend, et on les attaque au corps à corps ! Ahahaha, ils seront bien feintés !
- Serais-tu en train de m’expliquer, alors que ta spécialité ce sont les éclairs et le lancer de marteau, et moi la magie, que nous devrions renoncer à les attaquer à distance, notre force, et par surprise, le tout en mettant Jane en danger juste parce que… heu… rien ?
- EXACTEMENT !
- Et tu te souviens qu’ils ont avec eux Michel, alias Bourpif Malin ? Qu’il vaudrait peut-être mieux ne pas trop affronter au corps à corps vu qu’il est subitement devenu invincible alors que c’était pas le cas dans l’intro ?
- OUI !
- Bon bin écoute, on fait comme t’as dit. Vraiment. C’est super. Et quelqu’un a écrit cette scène. Je suis bluffé."

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Et le plan est donc mis en route sitôt le premier elfe noir en vue. Et comme convenu, nos héros simulent de se chamailler, puis de donner la fille, puis comment à mettre des mandales aux margoulins, hop.

D’ailleurs, plan pourri oblige, celui-ci tourne mal étonnamment mal : Michel le Grügrü prend vite l’avantage sur les Asgardiens, permettant à Malekith de s’emparer de Jane. La bonne nouvelle, c’est qu’il fait sortir l’Éther d’elle puis la repose au sol. La mauvaise, c’est que lui-même absorbe l’Éther et devient donc surpuissant. Cela fait, il regagne son vaisseau en laissant Michel s’occuper de Thor et Loki, puis s’en va. Le combat se poursuit donc sur la surface de la planète jusqu’à ce que Loki parvienne à détourner l’attention du vilain ("Hey ! Savais-tu que Darcy était jouée par Kat Dennings ?") le temps que Thor lui colle sur le museau l’une des fameuses grenades à trou noir des elfes. Du coup, invincible ou pas, il meurt quand même en faisant un bruit comme wouuuuiiiishprouuuufruleuleuleuleublork. Thor peut donc se précipiter vers Loki qui a été mortellement blessé dans l’affaire pour lancer une séquence d’une rare originalité.

"Loki !
- Thor…
- Loki, accroche-toi ! J’vais te ramener au pays !
- Non, Thor… c’est trop tard pour moi…
- Dis pas de conneries, on va te rafistoler !"

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Etc.

Sauf que Loki meurt, effectivement. Et Thor abandonne donc son cadavre. Puisque oui, Thor a oublié que Loki était un vieux renard rusé et que du coup, feinter la mort pour ne pas avoir à retourner dans sa prison sur Asgard paraît être une bonne tactique. Personnellement, j’aurais été Thor (mais je ne fus qu’Odieux), j’aurais pris le temps d’être à la fois sûr & taquin. Par exemple, en me disant que bon, quitte à avoir perdu Loki, seule personne à connaître les passages pour aller d’une planète à l’autre sans le Bifrost, autant prendre le temps de l’enterrer. Comme ça, si en plus il n’était pas mort et feintait juste, il aurait été bien embêté. "Arrête de me mettre de la terre sur la gueule, c’est bon, okay, je faisais semblant, mais ne m’enterre pas vivant d’accord ?"

Mais non : à la place, Thor fait des bisous à Jane, puis va se promener avec elle, au pif, sur la planète. Bon plan aussi, remarque.

"Juste comme ça : tu voudrais pas arrêter de faire des plans ? On serait plus efficace sans."

Et ça tombe bien, parce qu’en se promenant au pif, qui reste la plus grande ressource de nos héros, ceux-ci rentrent dans une grotte au hasard… où Jane a du réseau téléphonique ! Elle ne doit pas être chez SFR. Elle peut donc aussitôt retourner envoyer des MMS à toutes ses copines avec des photos des pectoraux de Thor et des commentaires comme "Sisi tavu <3 :3 :3 :3". En plus (parce que non, ça ne suffisait pas !) par terre se trouvent quantité d’objets terriens… comme une certaine paire de clés de voiture : c’est le portail qui mène à l’usine désaffectée de Londres ! Allez, un, deux, trois : HO BIN CA ALORS, QUELLE CHANCE !

Voyons voir, où ai-je mis mon brandy. Voilà. Ma coke ? Voilà. Bon, allez, on s’accroche.

Nos héros franchissent donc le portail, les clés à la main, et se retrouvent donc à Londres avec une voiture à disposition. Ils foncent aussitôt chez Darcy et Richard, principalement parce que ce sont les seuls pinpins que Jane connaisse. Sur place se trouve aussi Erik Solveig, célèbre scientifique avec lequel tout ce petit monde a travaillé par le passé, et expert en astrophysique. L’occasion de faire le point, car Erik a trouvé, probablement sous le paillasson, toutes les clés de l’intrigue (pouffez moins fort s’il vous plait, ça va finir par s’entendre) :

  • Les portails qui se forment un peu partout, c’est à cause de "l’alignement", un phénomène qui n’arrive que tous les 5 000 ans
  • L’espace d’un moment, tout va être perturbé : des mondes vont communiquer entre eux, et même la gravité risque de partir en sucette
  • Ça tombe bien, les mondes en question sont les 9 mondes protégés des Asgardiens
  • Et évidemment, c’est le seul moment où il serait possible d’utiliser l’Éther pour détruire tous les mondes des races de la lumière d’un coup

Heureusement, Erik, à qui il restait un peu de temps après toutes ces découvertes, a aussi bricolé à partir de piquets de tente Quechua, d’ampèremètres volés dans un collège de Moulins et de piles LR6 des piquets capables en théorie de pourrir d’éventuelles anomalies. Ou d’en déclencher, c’est selon.

Hooo et puis ça tombe bien aussi, parce que malgré tout ça, il a AUSSI fait un autre truc, à savoir calculer l’endroit où il faudrait être pour être pile poil dans l’alignement… et ça tombe bien, c’est AUSSI à Londres ! Non vraiment, que de coups de bol ! Le seul moteur de l’intrigue depuis un moment maintenant : c’est beau, autant de talent. En tout cas, pas une minute à perdre : il faut aller installer les piquets magiques sur le site de la convergence pour éviter que tout cela ne dégénère !

Sauf que… à peine nos héros ont-ils placé lesdits piquets qu’arrive du ciel le vaisseau de Malekith ! Les londoniens sont donc un peu effrayés, surtout lorsqu’ils constatent que l’engin ne prend même pas la peine de rouler à gauche. Ces aliens ne respectent décidément rien ! L’appareil s’arrête au bord de la Tamise, pile au point de convergence, et commence à larguer Malekith et son armée. Vite, il faut les arrêter !

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Pendant ce temps, sur Asgard.

"Tiens ?
- Oui, Heimdall ?
- Les elfes noirs viennent de débarquer sur Terre. Ils sont au point de convergence des mondes et vont tous nous éradiquer.
- Ah.
- Odin… je me disais… c’est pas le moment où on devrait envoyer notre armée ?
- Mmmm… si. Mais on va plutôt rien faire.
- Je… puis-je demander pourquoi, ô Odin ? Parce que nous avons les moyens de téléporter une armée entière, là, tout de suite. Et de gagner à coup sûr.
- Oui mais le film s’appelle "Thor", pas "Asgard saves the day". Déjà dans le premier volet, on ne foutait rien. Et je ne parle même pas des Avengers. On est juste un décor mec. Laid, le décor, soit dit en passant.
- Bon. Bin je me contente de regarder alors.
- Voilà."

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Sur Terre, donc, c’est une sorte de grande séance de Portal qui commence lorsque Thor arrive marteau à la main : on se bat, on traverse un portail, on ressort par un autre, puis on en traverse un nouveau… bref, du spectacle à vil prix mes bons amis. Thor peut donc affronter ses ennemis jurés dans quantités de situations rocambolesques, pendant que le spectateur attentif constate que le film a le syndrôme des Avengers, à savoir : il faut moins de 17 secondes pour vider une ville. Passés les premiers plans où l’on voit quelques civils courir, la capitale est aussitôt entièrement déserte, on peut donc s’y maraver sans problème.  Ho, il y a bien l’armée anglaise qui envoie deux avions,  histoire de dire qu’elle n’apprécie que moyennement les invasions aliens, mais les bougres passent un portail par accident, traversent douze dimensions… bref. Ils se font un épisode de Sliders à peu de frais, le professeur Arturo en moins.

Jane, elle, utilise les piquets de son copain Erik pour créer des anomalies qui téléportent des escouades d’elfes noirs entières vers des mondes hostiles. Courses poursuites, mitraillages, blagounettes (bin oui)… tout y passe. Jusqu’à ce que Malekith tente évidemment de déchaîner l’Éther au moment opportun, et que se croyant invincible, il sous-estime les anomalies créées par les piquets de l’ami Erik, qui permettent de générer des portails et donc de téléporter un objet, par exemple droit dans sa face. Ce qui est donc fait. Le dernier piquet est enfoncé par Thor dans le bonhomme directement à coups de marteaux, histoire de bien faire comprendre qu’il n’est pas content, et qu’il est pour l’ouverture des magasins de bricolage le dimanche.

Malekith vaincu, l’armée elfe noire en déroute, leur vaisseau se met mystérieux à imploser (non, ne cherchez pas pourquoi), et donc tout le monde peut se faire des bisous. Victoire ! L’alignement des mondes passe, les anomalies se résorbent, bref, tout va pour le mieux.

Oui, le vaisseau percute le sol. Exprès. Et alors qu’il peut voler. Là encore, ne demandez pas pourquoi : les elfes aiment juste pourrir leur propre matériel, comme ça, pour voir.

De retour sur Asgard, Thor est donc reçu par Odin qui le félicite.

"Bien joué, Thor. Tu leur as mis leur misère, aux elfes noirs.
- Merci père.
- Et puis les neufs mondes t’ont vu te battre pour eux : je pense que tu ferais un excellent roi.
- Non, père. Vous êtes meilleur que moi. Je préfère continuer à me battre contre les méchants. Ça demande pas trop de réflexion, ça me va. Et puis comme ça je peux retourner sur Terre faire des bisous à Jane Foster.
- Alors parfait ! Continue comme ça, c’est super. Allez, maintenant, va, je suis fier de toi !"

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Thor s’en va donc, et alors qu’il tourne le dos, il ne voit pas… qu’Odin change d’apparence : ce n’est pas lui, c’était Loki ! Qui a survécu et remplacé papa !

"Ce qui expliquerait pourquoi il n’est pas venu en aide à Thor sur Terre", dira le lecteur capricieux "Oui, c’est vrai : après tout, si Malekith réussissait, Loki mourrait avec les autres, il n’avait donc aucune raison d’aider, pas vrai ?"

Ah bin oui tiens. Tout est donc bien nul, je suis rassuré.

Et sur ce rebondissement digne d’une cave à Roquefort…

… FIN !

Ah si, il y a évidemment une séquence post-générique (encore une fois : je déteste ça) : où l’on voit "le collectionneur", alias "Benicio Del Toro a besoin de payer ses impôts", personnage au charisme de palourde, recevoir chez lui les Asgardiens qui lui demandent de bien vouloir garder l’ether, désormais stocké dans une pierre, chez lui.  Le garçon accepte, puis sitôt ses invités partis, ricane "Mouhohohoho, encore 5 pierres de l’infini et j’aurai la grosse wiiiin !"

RE-FIN, et évacuation de gens morts de désespoir dans la salle.

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Ce qui est scandaleux, c’est que ça doit pas être compliqué de faire un bon film avec un dieu de la foudre.

Je veux dire, par exemple : regardez Raiden, dans Mortal Kombat il… heu… attendez.

Ho.

Au temps pour moi.

Iron Man III est, comme son nom l’indique, la suite d’Iron Man I & II.

Aussi, vous imaginez bien qu’il serait fort malvenu de ne pas vous raconter le début de l’histoire avant de vous laisser avec ce spoiler. Aussi, comme il se doit, nous allons débuter par le résumé des épisodes précédents.

Iron Man I : Tony Stark est le boss de Stark Industries, multinationale spécialisée dans l’armement. Playboy surdoué et bricoleur de génie, il est blessé lors d’une visite en Afghanistan et se retrouve avec des bouts de shrapnels près du cœur impossible à retirer, l’obligeant à se greffer un réacteur sur le torse pour maintenir tout ce bousin à distance. Si, c’est logique, chut. Il en profite pour se fabriquer une super armure alimentée par ledit réacteur et s’en sert pour faire la justice, comme par exemple bourrer la gueule du type qui lui a tendu une embuscade en Afghanistan, le numéro 2 de Stark Industries que personne n’avait vu venir depuis le premier plan du film puisqu’il était grand, costaud, avec une pilosité louche et un nom d’apocalypse biblique, donc forcément insoupçonnable. A la fin, Iron Man gagne, et c’est la fête.

Iron Man II : Le réacteur sur le torse de Tony Stark commence à contaminer son corps avec des trucs pas cool, comme par exemple des neurones. Après une heure de film à combattre des méchants en carton, Tony Stark découvre suite à une succession d’incohérences et de télescopages à faire passer Hubble pour un microscope de salon qu’il peut améliorer son réacteur en créant un nouvel élément, sauvant ainsi sa vie tout en lui permettant de rendre ses armures encore plus puissantes. Il en profite donc pour vaincre les méchants et faire des bisous à Pepper, sa secrétaire, avant de lui abandonner la direction de Stark Industries pour ne plus avoir à faire la compta, ce qui est tout à fait compréhensible. Ainsi délivré des tableaux Excel, Iron Man est content d’avoir gagné, et c’est la fête.

Vous avez tout suivi ? Vous vous demandez si Iron Man va gagner et si ce sera la fête ? Alors en route pour l’épisode III. Spoilons mes bons !

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L'affiche : pas d'explosion mais des flammes et des étincelles : l'honneur est sauf

L’affiche : pas d’explosion mais des flammes et des étincelles : l’honneur est sauf

Tout commence en décembre 1999, à Genève, alors que Tony Stark s’apprête à fêter le passage à l’an 2000 en compagnie d’un certain nombre de sommités du monde scientifiques, réunies là pour se murger au champagne en discutant génétique sur fond des tubes de l’année comme Notre Dame de Paris ou Manau. Quelle année, pfou. En tout cas, comme il se doit, l’ami Stark ne perd pas son temps avec les vieux barbons qui peuplent l’endroit : il a repéré une jeune botaniste prénommée Maya qui semble plus à même de pratiquer le tourniquet moldave que ce vieux professeur de chimie qui déambule dans un coin en bavant des morceaux de roulé au fromage. Fort bien : Stark décide de l’emmener (Maya, pas l’ami des roulés au fromage) vers sa chambre, la réception se déroulant dans un luxueux hôtel local.

Sauf que sur le chemin, une sorte de gros nerd (à l’époque, cela signifie "Joueur de Counter-Strike") tente de l’aborder malgré son garde du corps personnel, Hogan, et Stark se retrouve sur les bras avec une sorte de publicité pour le shampoing qui lui explique qu’il a un projet super génial qu’il a monté avec sa propre boîte, AIM, et qu’il aimerait bien que Stark le soutienne. Tony lui dit que bon, oui oui, tu es bien gentil, tiens, tu veux pas aller sur le toit de l’hôtel m’attendre ? J’arrive dans 5 minutes. Et sitôt que le gourgandin a disparu pour s’en aller au rendez-vous fixé par Tony, celui-ci va plutôt s’occuper de la petite Maya, avant de l’abandonner au réveil comme il se doit parce que ho, dis, tu as cru quoi petit maline ? La bougresse peut donc s’en retourner tristement à son projet phare : un bidule génétique permettant aux plantes de se régénérer lorsqu’on leur marrave la mouille, une sorte d’archnémésis pour élagueurs, quelque chose comme ça. Quant au nerd malheureux, il est probablement mort de froid sur le toit, ou pire, est retourné sur de_dust.

Faisons un bond dans le temps, par exemple pour nous rendre en décembre 2013, où nous retrouvons Tony Stark dans le sous-sol de sa villa, occupé à bricoler une nouvelle armure, la Mark 42, qui a pour capacité spéciale d’avoir des pièces toutes équipées de petits réacteurs (oui, même le masque. Ah, ça, si ça s’enclenche par accident, ça va sentir le bouc à bien des sens du terme) pour pouvoir voler dans tous les sens et ainsi rejoindre Tony où qu’il se trouve. Formidable.

Détail important, cela fait 72h que Tony n’a pas dormi. En fait, Tony n’arrive plus à dormir : depuis l’épisode des Avengers, il a des crises d’angoisse et de terribles cauchemars et se réveille la nuit en murmurant "Non… pas ce film au scénario pourri… pas le passage où Loki explique son plan incohérent… pitié… et pourquoiiii Captain America ?". Mais rassurez-vous : ça ne le gêne pas spécialement pour autant : le sommeil, c’est un truc très surfait. Et de la même manière, même si le héros nous joue le traumatisé des Avengers, du film, jamais il ne pensera à les appeler, ou ne justifiera cet oubli de quelque manière que ce soit. Un détail j’imagine.

Pendant ce temps, à Stark Corporation, société désormais dirigée par Pepper Potts, la copine de l’ami Tony, la maîtresse des lieux reçoit en rendez-vous un élégant industriel dont la tête lui dit bien quelque chose… hmmm… voyons voir…

"Bonjour Pepper. Vous vous souvenez de moi ?
- Attendez, attendez, ne me dites rien…
- Mais si, c’est moi ! Genève ! La tribu de Dana ! Le geek de la société AIM qui harcelait Tony : c’est moi, Aldr…
- STEPHANE ROUSSEAU ! Ho bon sang Monsieur Rousseau, j’adore tous vos sketchs ! Celui au ski, je me fais pipi dessus !
- Mais ? Mais enfin, pas du tout !"

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Sauf que si. Pour la peine, pour le reste du film, ce personnage sera Stéphane Rousseau. Ça vous apprendra à m’obliger à aller vérifier le casting tellement j’ai douté tout du long.  Ah mais.

Stéphane Rousseau et sa société ont donc créé un super outil permettant d’explorer le cerveau humain, et plein d’autres trucs cools. Pour les présenter, Stéphane a un outil sympa : trois petites boules qu’il balance n’importe où et qui affichent aussitôt un hologramme 3D parfait au-dessus d’elles. Ce qui me laisse supposer que le bougre doit être balaise à la pétanque, puisque qu’importe comment il lance, les bidules atterrissent toujours en parfait triangle équilatéral. Même s’il les envoie sur une table, hop, ça s’arrête au bord. C’est fort. Mieux encore, la représentation en direct du cerveau de Stéphane Rousseau est supposée montrer son activité cérébrale : et il n’en a que quand Pepper le pince, pas quand il parle.

Je trouve ça assez représentatif de ce film.

Bref : Stéphane essaie de convaincre Pepper en lui disant une fois encore que Stark Industries et AIM devraient s’allier… mais Pepper refuse, car si Stark a dit non par le passé, elle se voit mal le désavouer aujourd’hui. Stéphane est donc fort marri de ce refus et part donc bouder dans sa chambre en écoutant du Avril Lavigne.

Mais Hogan, l’ancien garde du corps de Tony désormais chef de la sécurité à Stark Industries a suivi tout cela de loin : il voit bien que Stéphane Rousseau qui se promène comme ça, c’est quand même pas très crédible, et qu’il tourne un peu trop autour de Pepper. Sans compter que Rousseau a en plus emmené son propre garde du corps, Maurice, et que sa tête ne revient pas vraiment à Hogan (non mais les préjugés : ah bravo !). Ce dernier décide donc de les suivre personnellement, puisqu’en tant que chef de la sécurité de l’un des plus grands groupes économiques mondiaux, il n’a que ça à faire de ses journées. Pepper, elle, après avoir chassé Stéphane Rousseau de ses locaux, s’en va retrouver son doux amant, Tony Stark, pour une belle soirée en amoureux. Hooo, comme tout cela est prometteur.

Sauf que rapidement, les choses tournent assez mal :

  • Déjà, Tony continue d’être obsédé par le bricolage de nouvelles armures pour lutter contre ses crises d’angoisse et occuper ses pensées, et passe donc plus de temps au sous-sol qu’avec Pepper, probablement pour échapper à la simple obligation de prononcer son prénom
  • Cela dit, pour occuper la bougresse, Tony a programmé ses armures pour agir de manière autonome. Il s’en sert donc pour distraire Pepper (je n’ai pas dit "sex-toy" bande de galopins) pendant qu’il continue de faire le zazou dans sa cave
  • Pepper n’aime pas trop ces conneries. Pire encore, dans la nuit, alors que Tony cauchemarde lors d’un des rares moments où il dort, murmurant "Noooon… pas la scène finale d’Avengers toute pourrie", Pepper le secoue pour le réveiller… et une armure déboule aussitôt pour lui péter la gueule, pensant qu’elle agresse l’ami Tony

C’est donc une Pepper grognonne qui s’en va pioncer sur le canapé, parce que bon, hein, s’il aime tant ses armures Iron Man, il n’a qu’à coucher avec, ah mais. Dis donc. Ah, cette Pepper, elle a bien raison de lui en vouloir : après tout Tony ne cauchemarde que parce qu’il a affronté une invasion extra-terrestre qui s’est finie à coups de portails dimensionnels et d’armes nucléaires où il a failli y rester, il pourrait quand même faire un effort pour fermer sa gueule quand elle pionce, merde.

Vous rentrez chez vous, quand soudain vous rencontrez ceci. Et haïssez le goût pour le cosplay de votre compagnon pour l'éternité

Vous rentrez chez vous, quand soudain vous découvrez ceci sur le canapé. Et haïssez dès lors le goût pour le cosplay de votre compagnon pour l’éternité

Tony tente bien de varier les plaisirs pour s’occuper l’esprit, et de ne pas en rester à sa collection d’armures, par exemple en s’intéressant à l’actualité : depuis peu, un mystérieux terroriste, le Mandarin, fait péter des bombes ici ou là, et envoie derrière des vidéos plus ou moins hideuses (non vraiment les mecs, il va falloir revoir votre notion de "vidéo terroriste", là on dirait plutôt le petit Kévin qui joue avec le caméscope de papa) dans lesquelles il dit qu’il va "Donner une bonne leçon à l’Amérique, nardinamouk". Iron Man aurait-il un nouvel ennemi ? Probablement, car s’ensuit une scène très intéressante où notre héros décide de contacter son vieil ami, le colonel Rhodes (possesseur d’une autre armure façon Iron Man, récupérée chez Stark et mise au service des Etats-Unis sous le nom "d’Iron Patriot"), qui est justement en charge de lutter contre le fameux terroriste. Et comme il se doit, ils décident de discuter de ce dossier top secret… dans un bar. Avec des enfants qui viennent leur réclamer des dessins à table pendant qu’ils causent. Mmmoui, quel intérêt à part montrer qu’une fois encore, on se paie une scène entière avec figurants juste pour se rajouter du n’importe quoi ? Toujours est-il qu’après avoir insisté une demi-seconde (montre en main, les dialogues sont de qualité comme toujours), Rhodes accepte de révéler à Tony ce qu’il en est du dossier "Mandarin" : rien du tout. Personne n’arrive à savoir qui il est ni ce qu’il veut, et pire encore, les bombes qu’il pose… semblent ne pas être des bombes conventionnelles : on n’en retrouve jamais le moindre fragment. Curieux.

Surtout pour tout le reste du bar, donc, qui profite de cette conversation avec bonheur, Tony étant en plus venu avec son armure garée devant l’établissement des fois que l’on ne sache pas qui épier pour apprendre des trucs. Ah non ce film est… intéressant.

De son côté, Hogan a lui réussi à suivre Maurice, l’homme de main de Rousseau, jusqu’à un curieux rendez-vous où il vient semble-t-il filer de la drogue à un clodo qui marmonne "Ouiiii Maurice, donne-moi une dose, je peux réguler, je te jure." Tiens donc ? Hogan constate que Maurice donne une étrange seringue au clodo, visiblement un ancien militaire au vu des plaques qu’il porte au cou, et sitôt que le loulou s’est injecté la substance et que Maurice s’est éloigné, le larron semble se mettre à luire puis brûler de l’intérieur…

… avant d’exploser purement et simplement, désintégrant tout et tout le monde dans un rayon de quelques mètres.

Hogan survit de peu à l’explosion, protégé par un stand de vendeur de chouchous (on sous-estime trop souvent le pouvoir protecteur des chouchous), mais constate que Maurice, lui-même un peu blessé dans l’affaire, semble lui aussi se mettre à luire de l’intérieur… mais au lieu d’exploser, ses blessures se referment, et tout son corps semble se régénérer tranquillement pendant qu’il se barre. Et accessoirement, rien ne semble lui faire obstacle : il parait incroyablement fort. "Qu’eeeesse que c’est qu’ce bordel", murmure Hogan avant de sombrer dans le coma, le chanceux, il n’aura pas à subir la suite. L’explosion est revendiquée peu de temps après par le Mandarin, décidément le roi de la déconne, tant on sent bien que faire sauter un stand de chouchous a dû déstabiliser l’Amérique. La prochaine fois, le mandarin s’en prendra sans vergogne au mobilier urbain, probablement en taguant des bancs : c’est un fou, on ne l’arrête plus.

Tony apprend lui ce qui est arrivé à son bon ami Hogan, et devient vert de rage parce que bon, là faut pas déconner : tuer des innocents, d’accord, mais abîmer mon gros copain, non. Notre héros va donc voir les médias et leur annonce : "Alors là, je ne rigole plus : Mandarin, je vais te péter la margoulette, tu vas moins faire ton malin ! Et je te défie de venir essayer de t’en prendre à moi à mon domicile du 22 rue Yves Calvi à Malibu ! J’te prends quand tu veux !".Puis, il va étudier ce que l’on sait du Mandarin et du mystérieux attentat qui a quelque peu refroidi l’ami Hogan sur son super ordinateur à la maison.

Et comme c’est un super ordinateur qui parle, écoutons plutôt le dialogue.

"Jarvis, j’ai besoin d’étudier le dernier crime du mandarin. Affiche-moi les données.
- Tout de suite Monsieur. Hop, voici une représentation holographique de la scène de crime, on peut même y voir Hogan au sol.
- Parfait Jarvis. J’espère qu’aucun spectateur ne se demandera comment on peut avoir les données pour avoir une représentation aussi précise.
- Sûrement pas Monsieur. Ils supposeront sûrement qu’il y avait des caméras sur les lieux.
- Des caméras qui arrivent à faire une représentation 3D juste après avoir survécu à une explosion qui a désintégré les gens façon Hiroshima tellement c’était puissant ? 
- Exactement Monsieur.
- Des caméras avec enregistrements qu’il suffirait de consulter, même si elles avaient été détruites, pour voir ce qu’il s’est passé et du coup découvrir que la bombe était humaine, que Maurice, le garde du corps de Stéphane Rousseau était derrière tout ça, et ainsi avoir une ligne droite vers le coupable en 15 secondes et avec des moyens traditionnels ?
- Pour sûr Monsieur.
- Non, tu sais quoi ? On va plutôt travailler sur notre scène en 3D, faire des calculs sur ce que fixaient les yeux d’Hogan pendant qu’il était au sol (et qui par miracle, ne fixent pas Maurice fuyant les lieux, alors que c’est ce qu’il s’est passé), découvrir qu’il regardait des plaques militaires ayant survécu par miracle à l’explosion quand bien même elles étaient sur le type qui a pété et devraient ressembler à une fondue savoyarde, zoomer dessus comme dans les experts et retrouver son nom.
- Bien Monsieur. Zoom sur incohérence effectué. Le nom sur les plaques est Jean-Jacques Martin.
- Parfait Jarvis. Maintenant qu’on vient de passer une scène bourrée d’effets spéciaux à étudier cette plaque, n’en parlons plus du film d’accord ? 
- Oui Monsieur.
- File-moi plutôt la température de l’explosion et dis-moi où il y a eu des pics de chaleur de ce type, hors attentats du Mandarin, ces 10 dernières années histoire de voir où l’on a expérimenté ce genre de bombe.
- Alors… 3 000 degrés, soit visiblement pas assez pour faire fondre des plaques militaires… et… oui, j’ai la trace d’une explosion de ce type dans le Tennessee il y a 6 ans, puisque j’ai des thermomètres dans tout le pays depuis des années. 
- Okay super. Voilà une piste bien relou à remonter, heureusement que je suis un personnage supérieurement intelligent."

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Et Tony se dit donc qu’il irait bien enquêter sur place. Sauf qu’au même moment, on sonne à la porte… c’est Maya, la botaniste qu’il avait rencontrée à Genève 13 ans plus tôt ! Celle-ci arrive pour dire à Tony qu’il y a urgence, il faut partir, et qu’elle a une information importante à lui donner. Mais pas ici, en sécurité, et loin de toute la presse qui encercle la villa Stark, devenue le symbole de la résistance contre le Mandarin. Pepper, qui traînait dans le coin, vient se mêler à la conversation mais avant que Maya ne puisse faire de formidables révélations, on découvre que trois hélicoptères non-identifiés approchent rapidement de la villa… et viennent de sortir des rampes lance-roquettes, probablement pour faire une petite boutade amicale à l’ami Tony. Et non, personne ne les voit venir avant. Ah bah hé, détecter des plaques militaires n’importe où, oui, ça, non.

Il y a tellement d’architecture contemporaine à passer à la roquette et le Mandarin a choisi ce bâtiment-ci. Quel manque de goût.

A peine nos héros ont-ils le temps de constater la chose que déjà, une roquette touche la villa et souffle Maya, Pepper et Tony en tous sens ; heureusement, notre héros fait appel à l’une de ses armures et l’envoie… sur Pepper pour la protéger des explosions alentours. Et lui ordonner de se servir de cette protection pour sortir Maya loin de là ; et sitôt les deux femmes hors de la structure, Tony rappelle l’armure pour l’enfiler et…

Découvrir que tous les modules offensifs de celle-ci n’ont pas été réglés et ne fonctionnent donc pas.

Bin oui : je veux dire, tu provoques le Mandarin, sorte de super terroriste mondial, et tu oublies juste de garder prêt de quoi te défendre, c’est tellement logique. Le genre de truc qu’on oublie quoi. Et puis bon : c’est pas comme si tu avais 40 armures à la cave qui n’attendaient qu’un ordre pour te prêter main forte : tu risques de mourir, ta copine aussi, bon, pas de quoi s’affoler. Autant faire… hmm… disons du rien.

Ah vous ai-je dit que le module de vol de l’armure ne fonctionnait pas non plus ? Mais si vous savez, le module qui fonctionnait depuis le début du film, et ce tellement bien que chaque élément de l’armure parvenait à voler avec ses propres petits réacteurs ? Hé bien le temps de cette scène : hop, il est en panne. C’est rigolo, on dirait de grosses ficelles scénaristiques pour justifier pourquoi notre héros ne plie pas le film en 30 secondes plutôt que d’écrire une intrigue intéressante.

Tony Stark vêtu de son armure curieusement défectueuse affronte donc les hélicos comme il le peut, par exemple en leur lançant des cailloux ou des hamsters (ah, on fait avec ce que l’on a sous la main) sur le pare-brise, et après en avoir abattu deux, se retrouve pris dans l’effondrement de sa villa bombardée et ne peut donc abattre le troisième. Par contre, lui et son armure sont entraînés avec les ruines de sa demeure au bas de la falaise où tout cela était installé, et si Tony en réchappe, il n’en perd pas moins connaissance dans la bataille, et son armure passe en mode automatique et resurgit de l’eau pour voler loin, très loin de là…

Pardon ? Non, personne n’arrête le dernier hélico (évidemment piloté par Maurice en personne) lorsqu’il repart tranquillement après ce bombardement pourquoi ? Attendez : c’est juste un bombardement du sol américain effectué depuis un petit appareil plutôt lent pile à l’endroit où tous les Etats-Unis attendaient que le Mandarin frappe : vous ne croyez quand même pas que quelqu’un va penser à envoyer un avion lui faire bobo ? Non : tout le monde rentre à la maison en paix.

J’espère que vous avez bien savouré cette scène moisie, puisque la suite s’annonce tout aussi royale.

En effet, revenons à Tony : lorsqu’il reprend connaissance, c’est uniquement parce que l’alarme de manque d’énergie de son armure vient de s’allumer. Mais si, le manque d’énergie. Vous savez bien. Oui, dans les films précédents l’armure était alimentée par le gros réacteur bleuâtre que Tony Stark porte à la poitrine, mais visiblement dans celui-ci, elles se mettent à fonctionner sur piles LR6. Bon, mettons, j’ai dû louper un truc. Comme toutes ces affiches des films où l’on voyait bien le gros réacteur, même au travers de l’armure pour bien montrer ce qui l’alimentait. Thème qui était au cœur (jeu de mot) des deux précédents volets d’ailleurs, mais c’est probablement un peu subtil pour des professionnels, j’imagine.

Passons.

A court de batteries, donc, Tony Stark s’écrase au milieu du Tennessee, son ordinateur de bord, Jarvis, lui indiquant qu’il l’a automatiquement emmené ici puisque c’était le dernier endroit qu’il avait étudié (une réaction parfaitement logique, chacun en conviendra, heureusement que notre héros n’était pas vulcanologue). Ignorant le fait que dans les précédents films, avec des armures moins élaborées, Tony faisait Malibu – Kaboul aller-retour sans s’inquiéter du moindre problème d’autonomie de vol, notre héros jure donc qu’il est bien embêté car le voilà avec une armure en rade au milieu de nulle part. Tant pis : notre loulou traîne donc son corps de métal jusqu’à la station service la plus proche – mais curieusement déserte – et y emprunte un téléphone pour laisser un message sur le répondeur intégré à toutes les armures Iron Man :

"Pepper, si tu as ce message, et je suis sûr que tu l’auras contre toute logique, je voulais juste te dire que j’étais triste. Mais vivant. Je règle tout ça et je reviens, salut."

Oui. L’autre option c’était de te rappeler que tu étais le patron multimilliardaire d’un groupe surpuissant, et d’appeler un hélicoptère pour venir te chercher/te filer des batteries pour ton armure. Mais bon, hein, c’est pas comme si tout ce film reposait uniquement sur la négation complète de 100% de son propre concept. Soit : le message arrive en tout cas à Pepper, puisqu’elle trouve sur le sol près des ruines de la villa un casque d’une autre armure d’Iron Man, et l’enfilant, obtient le message de Tony.

Casque d’Iron Man qui n’a pas pu atterrir là, puisque toutes les armures étaient à la cave, et que la cave est encore fermée et a échappé au bombardement. M’enfin bon, hein.

De son côté, Tony se traîne donc jusqu’à la ville du Tennessee où il avait prévu de venir enquêter, personne ne remarquant Tony Stark, célébrité mondiale, traînant son armure derrière-lui le long des routes jusqu’à ce que sitôt arrivé à la bordure du petit bourg, il trouve un petit atelier visiblement désert où se cacher le temps de procéder à quelques réparations sur son armure. Et donc, sitôt installé dans l’endroit, il commence à s’atteler à son labeur.

"Ah, si seulement j'avais un réacteur sur le torse pour alimenter mon armure..."

"Ah, si seulement j’avais un réacteur sur le torse pour alimenter mon armure… rah, je n’arrive pas à me concentrer avec toute cette lumière entre mes tétons !"

"Halte-là !" dit soudain une voix qui comme dans tout film où quelqu’un entre dans une remise déserte, appartient soit à un vieux, soit à une jolie fermière célibataire, soit à un enfant avec une tête à parpaing (une sorte de tête à claque de niveau supérieur). Et pas de bol pour tout le monde : c’est la troisième option.

Apparaît donc Richie, jeune garçon armé d’un patator, qui a tôt fait de reconnaître le sauveur du monde Iron Man (présumé mort dixit le journal tout neuf que Richie se trimbalait sous le bras sans raison aucune au beau milieu de la nuit), et d’accepter de l’aider en lui fournissant le peu de matériel qui lui manque pour réparer son armure. Et comme il se doit, avec un ressort avec de la mousse à raser, notre héros a tôt fait de réparer son bidule… mais le tout manque encore d’énergie : il va falloir brancher le tout sur secteur et faire sans en attendant ! Pour passer le temps, Tony Stark décide donc de demander à Richie de l’emmener sur les lieux de l’explosion qui a eu lieu en ville 6 ans plus tôt. Et a tué 6 personnes. Et ni une, ni deux, le marmot emmène notre héros incognito dans un petit bâtiment en ruine ou autour d’un cratère on aperçoit encore contre les murs les silhouettes carbonisées de 5 victimes.

"C’est donc ici.
- Quelle qualité dans les dialogues M. Stark ! Vous vous attendez à ce que je vous réponde : "Non, ça c’est l’autre bâtiment en ruine avec les silhouettes de gens morts que l’on montre aux touristes, le vrai est là-bas" ?
- Tiens t’en aux dialogues, petit con.
- Okay… alors attendez… ah, voilà ! Oui, c’est ici M. Stark ! En ville, les gens disent que les silhouettes sur les murs représentent les âmes des gens montés au paradis. Et que s’il n’y en a que 5 c’est parce que le 6e, le kamikaze, n’avait pas d’âme. Je… attendez, c’est vraiment ça le dialogue ? Ils veulent faire croire que les gens sont assez cons pour ne pas comprendre que le kamikaze, s’il n’est pas contre un mur, c’est parce que c’est le petit cratère au milieu ?
- Bon, allez, on enchaîne, on enchaîne."
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Après un certain nombre de répliques à se tirer une balle dans la bouche, Tony apprend que le kamikaze qui a provoqué cette fameuse explosion était un militaire du coin, et que sa mère, traumatisée, traîne toujours au bar du coin pour noyer ses soucis dans l’alcool. Curieux, Tony décide donc d’aller la rencontrer, et se rendant sur place pour trouver la donzelle, découvre que celle-ci, non content d’être là, a aussi avec elle le dossier militaire de son fils ! Ho bin ça alors !

Là vous vous dites "Nan mais c’est complètement télescopé ce film !", mais hohoho, mauvaises langues, non.

Car en fait, le même jour, la maman du kamikaze a eu un coup de fil lui disant de venir ici avec le dossier militaire de son fils… mais qui a bien pu passer le coup de fil, se demande Tony Stark ? Maurice ! Et son amie Mauricette, elle aussi au service d’AIM ! Et tous deux débarquent dans le café en tabassant ou mitraillant tout ce qui passe dans le but de récupérer le dossier et de capturer Tony. Subtilement, bien sûr.

Pourquoi sont-ils venus ce jour là récupérer le dossier et pas 6 ans auparavant ? Et comment ont-ils sur pour Tony ?

Là, vous pouvez y aller : "Nan mais c’est complètement télescopé ce film !". Il suffisait juste d’attendre un peu. Vous ne croyez tout de même pas qu’un rebondissement allait être crédible ?

S’engage donc une course-poursuite au travers de toute la ville, durant laquelle Tony constate que Maurice comme Mauricette sont plus forts que des êtres humains normaux, et semblent régénérer leurs corps à chaque fois qu’ils subissent quelque blessure. Si notre héros parvient à tuer Mauricette à l’aide d’une explosion suffisamment grosse pour l’empêcher de régénérer son mascara, Maurice n’est que temporairement mis hors-de-combat dans l’histoire. Tony en profite donc pour emprunter la voiture avec laquelle les méchants sont venus, puis décide de mettre les voiles loin de là le temps de se mettre les idées au clair. Pendant ce temps, il demande à Richie de rester en ville et de veiller sur son armure le temps qu’elle se charge. Ho, et de fermer sa gueule aussi, pour changer. S’il te plaît Richie.

Au fait, et Pepper de son côté ? Elle s’en tire ? Faisons bref : après l’attaque de la villa, plutôt que d’aller s’abriter, elle aussi, au sein de Stark Industries et son énorme service de sécurité, elle préfère jouer la fille de l’air avec Maya, qui lui explique ce qu’elle venait révéler à Tony : Maya est botaniste et pense que son patron travaille pour le Mandarin. Et qui est son patron ? Stéphane Rousseau ! Une nouvelle choquante pour Pepper, plus encore lorsque s’arrêtant dans un quelconque coin avec Maya, ledit Stéphane débarque en personne pour kidnapper Pepper… et dire à Maya que c’est très vilain d’avoir tenté d’avertir Tony Stark. Maya rétorque que Stéphane comme lui savent qu’ils ont besoin de Tony Stark, et que plutôt que de le capturer, elle voulait le convaincre de se joindre à la cause. Tout le monde hausse les épaules et les choses s’en arrêtent donc là, avec une Pepper en bien mauvaise situation. C’est bon, on a fait le point ? Quelqu’un a prêté le moindre intérêt à ce qu’il vient de se passer ? Moi non plus. Alors retournons à notre héros.

De son côté, Tony a découvert dans le dossier militaire du kamikaze du Tennessee, écrit en gros au marqueur pour que personne ne puisse le rater "AIM" (si vous pensiez toujours n’avoir pas été pris pour un con par ce film jusqu’ici, c’est chose faite, même les accessoiristes s’y mettent), et comprend donc que la société en question a peut-être un lien avec tout ce bazar. Hmmm, que tu es fort, Tony. Heureusement que les indices sont écrits en gros dans les dossiers pour faciliter le travail des gentils. Tony décide donc, en croisant un quelconque concours médiatisé de miss camping au fin fond du pays, non pas de se changer les idées en faisant voler des bikinis en écoutant du Bach (un hobby de gentlemen), mais plutôt de détourner un système de retransmission local pour pirater le système de la société AIM et étudier leurs archives.

Et ça tombe bien, AIM garde dans ses archives bien accessible et dans le premier dossier qui passe des vidéos montrant ses expériences où l’on peut voir des militaires américains mutilés, parmi lesquels Maurice et Mauricette, invités à essayer un nouveau produit devant leur donner le pouvoir de se régénérer. Et pour des raisons mystérieuses, lorsque le corps se régénère avec cette drogue, il devient super chaud et les membres repoussent sous la forme de…

… poussées de lave.

Par contre, ça ne provoque pas de poussée de bon goût : dites non aux carreaux. Où qu’ils soient.

Non, je ne déconne pas. Ne me demandez pas le rapport avec la choucroute, mais par exemple pif pouf, les manchots ont des mains en lave qui leur poussent, avant de refroidir et de devenir parfaitement humaines. Et ensuite, les gens sous cette drogue peuvent à volonté faire chauffer des parties de leur corps ce qui, j’imagine, donnera quantité d’idées à mon lectorat canaillou, mais il suffit les fripons. Car toujours est-il que certains soldats acceptent fort mal ladite drogue, et que leurs corps chauffent, chauffent, tel le pauvre Jean-Jacques plus tôt dans le film… et explosent comme de véritables bombes. On aperçoit par ailleurs sur les vidéos Stéphane Rousseau, dirigeant lui-même les opérations.

Tout cela est bien étrange, se dit Tony Stark. Serait-il possible qu’AIM soit derrière tout cela ? Et donc derrière le Mandarin, qui revendique ces curieuses explosions ? Pourquoi est-ce que le méchant est toujours un type que les gentils connaissent déjà ? Ni une, ni deux, il appelle Richie qui le met en communication avec son armure toujours en charge, mais où désormais, Jarvis le bon ordinateur de bord est de retour. Et après une rapide enquête facilitée par les trous du scénario, hop hop hop Jarvis localise d’où le Mandarin envoie ses vidéos, à savoir… Miami.

Ho. Même pas une planque crédible ? Hmmm, non, je dois être trop exigeant.

Le Mandarin justement n’est pas resté inactif : il a encore envoyé une vidéo à l’Amérique, non pas où il danse  en tutu sur du Taylor Swift (je sais, vous êtes déçus), mais cette fois-ci dans laquelle il a kidnappé un responsable de banque et menaçait de le tuer en direct sur toutes les télévisions du monde si le président américain ne l’appelait pas immédiatement. Et bien que le président ait découvert, surpris, que la Mandarin avait réussi à rentrer un numéro où le joindre dans son propre portable (non, ça n’étonne pas grand monde de savoir que le terroriste a réussi à avoir accès au téléphone présidentiel) et ait aussitôt appelé ledit numéro… le Mandarin s’est contenté de ricaner et d’exécuter son otage en direct.

Pourquoi ? Pourquoi montrer en direct au monde entier que l’on n’a aucune parole ? Pourquoi se décrédibiliser ainsi ?

Heu…

Ah bin pour rien en fait. Là encore, cette séquence ne servait à rien, à part à rajouter du n’importe quoi au chaos général.

Iron Patriot a lui bien été envoyé à l’endroit où le numéro de téléphone du Mandarin a permis de remonter, mais pas de chance pour lui, non seulement le Mandarin n’était pas sur place… mais il s’est avéré que c’était un piège, et qu’il a été capturé avec son armure, l’un des méchants soldats modifiés d’AIM présent sur place en embuscade ayant utilisé ses supers pouvoirs de chauffage ambulant pour taper au bon endroit et désactiver en partie son armure. Pas d’bol.

Ne reste donc que Tony Stark pour sauver le monde. Qui se dit "Hmmm voyons voir… je ne sais pas qu’Iron Patriot est prisonnier, d’ailleurs bien que ce dernier passe tout le film à utiliser son armure pour téléphoner, il ne pensera justement jamais à appeler qui que ce soit à l’aide ou prévenir de ce qu’il se passe quand bien même on voit que le système est fonctionnel, mais comme j’ai lu le scénario, je sais que ça ne sert à rien d’essayer de le joindre. J’ai toujours mes 40 armures prêtes à servir dans la cave de ma villa, mais je vais pleurer que je n’ai aucun modèle disponible sous la main au prétexte que le dernier que j’ai utilisé est en charge chez Richie. Je ne vais pas non plus appeler un quelconque officiel, voire un de mes potes Avengers pour essayer d’intervenir : non, vous savez ce que je vais faire ? Je vais me bricoler un patator et un gant de cuisine customisé en taser et avec ça, je vais prendre d’assaut la villa du terroriste le mieux protégé au monde."

Je ne blague pas. C’est bien armé d’un patator et d’un gant de cuisine customisé en taser que notre héros se présente donc à l’entrée de la villa de Miami où le Mandarin doit se cacher, et s’infiltre donc discrètement en nettoyant la moitié de la sécurité locale sans avoir le moindre problème grâce à ses super gadgets. Il finit donc par arriver jusqu’à la chambre principale où il rencontre… le Mandarin.

A savoir un vieux en pyjama qui fait des blagues, sent le caca (véridique aussi), et se boit des bières en se payant des prostituées.

C’est donc ça, l’ennemi de l’Amérique ? Tony Stark lui met une ou deux torgnoles et lui demande quelques explications : qui est-il ? Que veut-il ? Quel est le rapport entre lui et AIM ? Aucun problème : le Mandarin lui explique qu’il n’est qu’un acteur à qui on a payé un peu de chirurgie esthétique pour lui faire une nouvelle tête et tourner dans des vidéos où il se présente comme le Mandarin, terrible terroriste menaçant l’Amérique. Il travaille avec AIM, et son patron est Stéphane Rousseau. Pourquoi ? Il ne sait pas tout du plan, mais il sait que Stéphane Rousseau se sert de cette figure du Mandarin pour rester dans l’ombre… et avoir un bouc émissaire pour justifier les étranges explosions qui arrivent aux quatre coins du pays. Et que son plan a une suite, qu’elle implique le président des Etats-Unis en personne, et que tout cela se passera à bord d’un bateau sur un quai de Miami.

Le Mandarin explique aussi que "Ahahah, tout ça, c’est que du cinéma, ou alors on m’a menti", et Tony Stark le croit sur parole : c’est vrai quoi, dans la dernière vidéo, le Mandarin n’a fait que tuer quelqu’un en direct tout en poussant le spectacle jusqu’à pirater jusqu’au téléphone du président Américain. Alors oui, c’est complètement crédible. Ça se confond tellement avec un clip MTV.

Mais le film n’en parlera plus : il vaut mieux, je crois.

Hmmm… je vais reprendre du brandy. Voilà : retournons à nos souffrances.

Sauf que Tony Stark n’a pas le temps – ni l’idée – d’appeler qui que ce soit pour partager ces informations : il a tôt fait d’être dérangé par Maurice et d’autres larrons d’AIM, qui lui cassent la margoulette et le font prisonnier. Tristesse. Et c’est là que les choses commencent à devenir sales.

Déjà, dans une autre pièce de la villa, le pauvre Iron Patriot est prisonnier. Mais refuse de quitter son armure : c’est donc lors d’une séquence ridicule où Stéphane Rousseau transforme son bras en lave et crache des flammes(…si, si) sur le pauvre colonel Rhodes qu’enfin, l’armure en surchauffe s’ouvre et laisse échapper le malheureux, qui est lui aussi mis aux fers manu militari. Et à sa place monte dans son armure… Maurice, le bras droit de Stéphane Rousseau. Qui décolle donc bien vite pour une destination inconnue.

Les méchants comptent sur le fait qu'en pleine période de sécurité maximale, personne ne pense à regarder qui peut bien se promener dans les coins les plus sensibles, surarmé et le visage ouvert. Et ça va marcher.

Les méchants comptent sur le fait qu’en pleine période de sécurité maximale, personne ne pense à regarder qui peut bien se promener dans les coins les plus sensibles, surarmé et le visage couvert. Et ça va marcher.

De son côté, Tony voit aussi Stéphane Rousseau venir le narguer en lui expliquant qu’il a fait prisonnier Pepper, et qu’il veut se venger de l’humiliation faite 13 ans auparavant, lorsqu’à Genève, Tony Stark l’avait snobé (ah, ça, on a son petit ego) : il a donc kidnappé Pepper et… lui a injecté sa super drogue ! Donc soit Pepper va survivre et sera une vilaine mutante… soit son corps va rejeter le produit et elle va exploser. Mais dans l’immédiat, elle va juste souffrir, hohoho, je suis maléfique !

Ho oui Stéphane. D’ailleurs, si même ton dernier modèle de drogue est expérimental et tue presque une fois sur deux, tu peux m’expliquer pourquoi tu te l’es injecté puisque tu peux cracher du feu et transformer des bouts de ton petit corps en lave ? Oui, c’est bien ce que je me disais : toi aussi tu es con à sucer des cailloux.

Stéphane explique aussi qu’il est tellement méchant que tiens, hop, il tue Maya sa gentille assistante (sans raison, allez), et que lorsque Stark sera désespéré  il se servira de son intellect supérieur (on ne rit pas) pour qu’il l’aide à améliorer sa formule. Et en attendant, hé bien… l’ami Rousseau explique plus en détails son plan : oui, le Mandarin est une marionnette, un acteur. Oui, il lui fait revendiquer des explosions produites par certains de ses hommes, de manière volontaire ou non, histoire de couvrir des accidents d’un côté et de terroriser le pays de l’autre. Et que grâce à la partie finale de son plan, il va faire du président des Etats-Unis une autre marionnette .. et ainsi il contrôlera à la fois le Mandarin ET le président des Etats-Unis ! Le terrorisme et l’anti-terrorisme ! L’offre et la demande ! Hahahahaha HAHAHAHAHA

Oui mais pourquoi Stéphane ?

Hein ? Non parce que c’est cool, mais puisque tu es déjà multimilliardaire et que tu peux tirer plein de ficelles depuis les ombres, pourquoi ce plan pourri à part risquer tout ce que tu as ? Dis-moi ? Hmmm ? Ah oui, j’y suis : parce que tu es un méchant de film écrit avec de la sauce piquante sur un carton à pizza un soir de cuite, et qu’à ce titre, tu as donc la profondeur du carton sur lequel tu es né. Bien bien. Et comme tout méchant pourri, après avoir révélé son plan, l’ami Rousseau s’en va pour rejoindre le bateau où doit se dérouler la fin de soirée.

Je… hmf. Combien de temps pour écrire ce film ? Moins que cet article, je suppose.

Sauf qu’un moment plus tard, Tony Stark sourit en découvrant l’heure : son armure doit avoir fini de se charger. Et comme elle est conçue pour voler jusqu’à lui… ça ne rate pas : alors qu’il est prisonnier dans la cave de la ville du Mandarin, son armure débarque et se greffe sur lui, lui permettant non seulement de se libérer, mais aussi de coller une branlée à tout ce qui bouge dans la villa Mandarin. Le colonel Rhodes, privé d’armure, a lui aussi réussi à s’échapper malgré tout et rejoint son copain Iron Man pour le prévenir qu’Iron Patriot contient désormais… Maurice le méchant ! Vite, il faut prévenir le président des Etats-Unis !

Mais comme par un curieux hasard du scénario, Tony Stark n’a que le numéro du vice-président (le Mandarin a accès au téléphone présidentiel, mais pas Tony Stark le-sauveur-du-monde, encore une fois tout le film repose sur d’inexplicables lacunes), c’est celui-ci qu’il appelle pour lui dire qu’il faut mettre le président en sécurité et tenir Iron Patriot à distance. Le vice-président reçoit bien le message, raccroche et… ne donne pas l’alerte. Car on découvre que sa fille est unijambiste, et donc qu’il est en fait l’allié de Stéphane Rousseau, qui a probablement obtenu sa loyauté en échange d’une nouvelle gambette pour sa marmotte !

Oui, je sais, c’est mauvais, mais à ce stade, qui attend encore quoi que ce soit de ce film ?

Car en effet, à bord d’Air Force One, où Iron Patriot a réussi à monter, personne ne se demande pourquoi ce dernier se promène partout de manière louche sans parler ni relever son masque. Et c’est bien normal, car Maurice se contente de prendre son temps avant de préparer son coup. Et lorsqu’il estime que tout le monde est assez détendu… il commence à tuer tout le monde à bord, voire fait des trous dans la coque de l’avion pour que les passagers aillent s’adonner au freefall de l’extrême. Il est comme ça, ce gros taquin de Maurice.

Tony Stark lui est bien embêté : il aimerait prêter assistance tant au président qu’à Pepper, probablement prisonnière sur le bateau où Stéphane Rousseau s’est rendu, mais ne pouvant être aux deux endroits à la fois, il a décidé de couper la poire en deux : il va aider sa copine, et a envoyé son armure péter la gueule au faux Iron Patriot à bord d’Air Force One. Sauf qu’à sa grande surprise, à bord, nenni d’Iron Patriot : ne reste que Maurice, sans l’armure, s’apprêtant à sauter en parachute et refusant de dire ce qu’il a fait du président. Tant pis : Iron Man lui pète la mouille par principe, puis va sauver de la chute libre les différents passagers qui avaient été éjectés de l’appareil. Les autres, il les laisse probablement crever, mais le film n’en pipe mot. Et comme chacun sait : si le film n’en parle pas, ça n’existe pas.

Après cette mission couronnée de succès, l’armure est hélas percutée par un camion, et ce qui ne faisait rien à la bête dans le premier film ici la démonte complètement : elle ne revient donc pas à Tony (pourquoi, sachant que tous les éléments peuvent se mouvoir individuellement ? Mystère), et celui-ci se retrouve donc un peu en slip pour aller sauver Pepper, son ami Rhodes étant lui aussi privé de son armure d’Iron Patriot.

Le bateau de nos héros arrive donc après des heures de voyage (ou alors la nuit est tombée comme par enchantement, allez savoir : c’est devenu si commun) jusqu’à un immense navire marchand à quai sur lequel semble régner une intense activité. Là encore, hors de question d’appeler à l’aide, nos deux loulous ont un meilleur plan :

"Hey, si on tentait de libérer le président qui doit être ici et Pepper à deux, avec un pistolet chacun ? Même qu’on ferait de l’infiltration et qu’on essaierait d’affronter des surhommes qui résistent aux balles vu qu’ils sont limite mutants ?
- Excellente idée Tony, ce film n’était pas assez vaseux : c’est clair que faire une opération commando de nuit avec un type qui a un réacteur qui fait de la lumière comme un énorme projecteur sur le torse, ça va être discret.
- Complètement : et tu sais quoi ? Je ne vais même pas tenter de le dissimuler, parce que je crois qu’on pourrait encore se foutre un peu de la gueule du public ! D’ailleurs, tu as remarqué comme tout le monde a oublié l’utilité de ce réacteur depuis le début du film ? Qu’est-ce qu’on se marre !
- Claro ! Allez, c’est parti mon Tony."

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Et en effet : c’est donc lors d’une consternante scène d’infiltration nocturne avec un homme-décoration de Noël (ça tombe bien, c’est la saison) que nos héros approchent du navire des méchants, et notent que le président des Etats-Unis est bien là… enfermé dans l’armure d’Iron Patriot : c’est comme ça que Maurice l’a sorti d’Air Force One ! Stéphane Rousseau prévoit, au nom du mandarin, de le faire brûler avec son armure à minuit (soit le jour de Noël, puisque nous sommes le 24 décembre donc), ce qui sera une grande victoire pour le Mandarin, et donc l’occasion pour le vice-président de devenir président sous les acclamations d’un peuple en colère contre le Mandarin… et donc pour Stéphane Rousseau d’avoir enfin un type sous son contrôle dans le bureau ovale.

Mais pas de bol pour nos héros : ils se font repérer (quelle surprise !). Crotte, que faire ?

Elle est bien ta veste Tony. Tu pourrais la fermer et éviter de mettre tout le monde en danger en te promenant avec une cible sur le torse

Elle est bien ta veste Tony. Tu pourrais la fermer et éviter de mettre tout le monde en danger en te promenant avec une cible sur le torse, non ? Non.

Encerclés, mitraillés, désespérés, il semble que tout soit perdu lorsqu’enfin, Tony utilise son téléphone pour lancer l’opération "Mégateuf". A savoir que dans les ruines de sa villa que des équipes de déblaiement dégagent, le sous-sol, épargné par le bombardement, s’ouvre soudainement et en sortent… toutes les armures de notre héros, qui partent en volant pour le rejoindre en quelques secondes seulement !

Oui oui, vous avez bien lu : depuis le début du film, Tony Stark pouvait appeler toutes ses armures, n’importe quand, mais il ne l’a jamais fait malgré les 268 fois où même en appeler une seule lui aurait sauvé la mise. D’ailleurs, on s’est tapé près d’une heure de film sur Iron Man sans armure qui pleure… c’est donc d’autant plus intéressant. Evidemment, les mauvaises langues diront "Ouiiii mais peut-être que le sous-sol n’était pas accessible jusqu’ici à cause des ruines qui couvraient la sortie" et je réponds que ça tombe bien : pour s’assurer qu’aucun spectateur ne puisse trouver cette excuse au film, l’équipe a même créé spécialement une armure "Spéciale lourdes-charges/déblaiement" qui n’apparaît que trois secondes dans le film, soit juste pour gaspiller de l’argent et faire un gros doigt à la dernière personne au fond de la salle qui pensait que quelque chose tenait encore debout.

Bref : Tony demande à ses armures de tabasser tous ses ennemis, et en récupère une pour lui-même pour se joindre à la fête. Stéphane Rousseau, qui était occupé à siroter une pina colada en attendant l’heure de son triomphe, grommelle donc en constatant que l’on est en train de saccager ses réjouissances, et sort donc se battre en utilisant ses pouvoirs de surhomme et de centrale vapeur humaine pour affronter Iron Man : grâce à ses mains de feu, il transperce l’acier comme du beurre, et on a donc le droit à des scènes où le bougre brise armure sur armure dans lesquelles Tony Stark tente de trouver refuge, avec des passages rigolos mal montés du genre

"Tiens Iron Man, je te tranche la jambe !"

Et hop, dans le plan suivant, Iron Man a toujours ses deux jambes. Et non, il n’a pas éjecté sa jambe d’armure pour préserver sa gambette de chair : on voit que tout est encore impeccable. Même ça, c’est raté.

Bref : échange de patates (car oui, ses armures permettant de voler et de tirer, jamais Tony ne pense à se servir de ces options pour latter le vilain de loin d’où il ne peut rien faire) et de blagounettes, certes, mais il y a quand même des gens à libérer. Le président est sauvé par le colonel Rhodes, qui le détache avant de récupérer l’armure d’Iron Patriot pour l’emmener loin de la bataille, en sécurité, pendant que Pepper, elle, qui avait réussi à se libérer se vautre comme une vieille bouse dans un brasier local. Evidemment, si elle est vivante, c’est que son corps a accepté la drogue, et elle se régénère donc sous les yeux un peu choqués de Tony, avant de venir l’aider à coller une tannée au pauvre Stéphane Rousseau, qui cette fois-ci, perd le combat pour de bon, puisque les armures d’Iron Man ne pouvant rien contre lui, nos héros décident de commander à une armure se venir se greffer sur lui contre son gré, avant de passer en mode auto-destruction. Mais si, vous savez, ils lui greffent l’armure qui s’était mangée un camion plus tôt ce qui expliquait pourquoi elle n’était pas à la disposition de Tony. Elle s’est réparée toute seule ? Elle a trouvé un Renault Assistance pas loin ? Bref : elle est là et saute sur Stéphane Rousseau.

Ce qui suffit à en terminer avec le méchant.

A noter d’ailleurs que visiblement, la drogue transforme aussi en ninja : Pepper est devenue super balaise en combat alors qu’elle n’y connaissait rien, mais ni elle ni Tony ne semblent s’en étonner. D’accord d’accord. De toute manière, le film arrive sur sa fin : encore un truc pour tomber un peu plus bas ? Bien sûr !

"Hooo Tony, tu m’as sauvé la vie !
- Je sais Pepper. Et je vais aussi te sauver de cette curieuse drogue, tu vas voir.
- Merci Tony. Tu es le meilleur : grâce à tes 40 armures, tu as pu me venir en aide, en finir avec Stéphane Rousseau, sauver le président des Etats-Unis et probablement des millions de gens.
- Tu as raison Pepper. Du coup tu sais quoi ? Jarvis : programme l’auto-destruction de toutes mes armures !"

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Pour ceux qui pensent que j'exagère : ils ont même fait des affiches montrant la fameuse armure curieusement conçue pour porter des charges lourdes et déblayer, par exemple, les gravats d'une villa

Pour ceux qui pensent que j’exagère : ils ont même fait des affiches montrant la fameuse armure curieusement conçue pour porter des charges lourdes et déblayer, par exemple, les gravats d’une villa

Pardon ? Attends : on t’explique tes armures ont sauvé plein de gens DONC tu les détruis toutes ? Mais ? Mais ? Merde, heureusement que tu n’as pas trouvé un sérum contre le cancer alors ! Allez, bouclons, parce que là ce n’est plus possible : sans raison aucune, les armures se mettent donc à exploser l’une après l’autre dans le ciel en faisant… un feu d’artifice pour Noël. A ce stade, une de mes voisines a eu une telle diarrhée d’arcs-en-ciel que son siège s’est mis à ressembler à une création de Valérie Damidot. Tony et Pepper se font donc des bisous, et nous découvrons donc la suite des événements, à savoir que le complot est révélé au monde, et donc que le vice-président et le Mandarin sont arrêtés manu militari, Richie le garçon relou reçoit en récompense de son aide à Iron Man plein de cadeaux cools comme un patator conçu par Tony Stark lui-même (je pense qu’il aurait juste préféré du pognon, mec), Hogan sort du coma, Pepper est guérie et la vilaine drogue sortie de son corps, quant à Tony, il décide qu’il en a assez d’être Iron Man grâce à ses gadgets, et choisit donc de ne pas s’en arrêter qu’aux armures, et demande donc à une équipe médicale de lui retirer du corps les shrapnels qui l’obligeaient à se promener avec un réacteur sur le torse. Mais si, vous savez, les shrapnels impossibles à retirer comme on vous l’expliquait depuis deux films : en fait il suffisait de 5 minutes sur une table d’opération, et pif pouf, c’était réglé.

Toutes ces incohérences terminées, alors qu’autour de moi des gens mangeaient leurs fauteuils en hurlant "Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn", on découvre alors Tony Stark sur les ruines de sa villa déclarant que débarrassé de tout ce bazar, et se préparant à écrire une nouvelle page de sa vie,  il n’en reste pas moins celui qu’il a toujours été : IRON MAN.

Et… FIN !

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C’est à peu près à ce moment là que moi aussi j’ai eu envie de me fabriquer une armure pour aller faire la justice. Comme par exemple bombarder Hollywood.

Mais nous sommes en France : il me faudra, en plus des quelques mois pour monter l’engin, en rajouter environ 7 pour faire immatriculer le tout à la préfecture sous peine d’amende, 2 ans de débat à l’assemblée pour savoir si je peux afficher mon numéro de département sur la plaque d’immatriculation du bousin, trois interventions d’Arnaud Montebourg pour que je remplace le coeur énergétique par une batterie de 205 pour soutenir l’économie locale et éventuellement virer le Jarvis local pour installer un minitel, et je pense que lorsque j’aurai enfin obtenu l’autorisation du préfet pour survoler les agglomérations après 22 heures, mes ennemis seront morts de vieillesse.

Il y a vraiment des ennemis bien plus terrifiants que n’importe quel super méchant.

"Colonel Furieux, ils sont en ligne."

Un à un, les écrans s’allumèrent devant l’officier, présentant chacun le visage de l’un de ses supérieurs ; en tant que directeur d’une structure ultra-secrète, il n’avait que peu de comptes à rendre, mais s’il y avait bien dans le monde des gens pouvant lui dicter ses ordres, c’était bien eux.

"Bonjour, administrateurs.
- Bonjour colonel Furieux. Vous connaissez le but de notre communication de ce jour : les Américains paradent avec les Avengers, leur unité spéciale de surhommes formée par le SHIELD. Or, nous n’avons pas les moyens de nous laisser distancer dans cette course à l’armement humain ; c’est pourquoi au nom de l’ECU – European Central Unit, vous deviez rassembler des éléments capables de donner une force comparable à l’Union Européenne au sein d’un groupe nom de code "Vengeurs". Nous avons lu les dossiers des recrues que vous nous avez envoyés, il est temps d’en parler, je crois."

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Le colonel fit mine d’ignorer le ton méprisant qui avait accompagné la dernière phrase prononcée par l’homme sur l’écran situé juste en face de lui, et balaya de son oeil unique les visages impassibles des deux autres administrateurs sur les appareils à sa gauche et à sa droite. Il réajusta le cache-oeil qu’il portait, se remémorant brièvement ce faisant comment il s’était tiré sans une égratignure de toutes ses missions, pour finalement perdre un globe oculaire à l’occasion d’une tentative de lecture de Marc Lévy. Il toussota avant de commencer.

"Comme prévu, chers administrateurs, j’ai dépensé le budget que vous m’avez confié avec sagesse ; après de longues recherches, je puis désormais vous affirmer que nous avons une équipe équivalente à celle des Américains. 
- Nous avons vu ça. Une recrue pour chacune de celles de Washington. Cependant, pourriez-vous nous parler de celles-ci. Par exemple, votre agent supposé supplanter Captain America
- Capitaine Schengen ? 
- Oui. Qu’est-ce… qu’est-ce que c’est que cette merde colonel ?
- Je comprends votre désarroi : au début, il s’appelait "Capitaine Europe", mais on a eu des emmerdes sur la question de la Turquie, alors on a dit "Capitaine Union Européenne", mais c’était un peu longuet, tout ça, et puis en plus, si on pouvait emmerder les Britanniques… alors, bon, on l’a appelé Capitaine Schengen. Mais sinon, c’est pile ce que vous aviez commandé, hein : un super soldat de 1940 retrouvé dans la glace. Il est impeccable, je suis sûr qu’il peut botter les fesses de l’Américain tranquillement.
- Colonel : ce soldat que vous avez récupéré sous les glaces d’Europe du Nord : c’est un nazi.
- Ah non mais si on s’arrête à des détails, aussi, bon."

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L’administrateur sur l’écran en face du colonel jeta le dossier qu’il tenait à la main pour s’en saisir d’un second.

"Alors passons à la suite si ce n’est qu’un détail : pour battre Iron Man à son propre jeu, vous avez trouvé… Tôle-Man ?!
- Oui, mais faut pas être méchant avec lui, il est malade. Il s’est fait une super armure avec des morceaux de R19, mais du coup, il a choppé le tétanos, alors si on pouvait lui trouver une bonne mutuelle parce que…
- COLONEL ! C’est consternant ! Vos recrues sont minables !
- Non mais on a hésité, mais sinon je peux encore rappeler Iron Maiden Man. Il se bat en faisant des pogos, et il peut descendre des pintes super vite. Un vrai surhomme, lui aussi."

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L’administrateur frappa du poing sur la table, faisant glisser des feuilles en dehors des dossiers étalés devant lui.

"Et les autres ! Les autres ! Notre Black Widow ? La "Veuve Cliquot", une étudiante ivre morte que vous avez ramenée de soirée pour nous envoyer son dossier avant la date limite !
- Ah oui, mais par contre elle a une de ces…
- SILENCE ! Bruce Banner, le scientifique au double monstrueux complètement irradié ? Vous nous proposez "Igor & Grishka" et vous notez au bas du dossier "Atouts : ont déjà porté des tenues moulantes en public" ! Thor ? Vous avez trouvé un certain "Toutatis", un ancien employé du Parc Astérix ayant fui avec son costume ! Et alors je note le final, pour Oeil de Faucon, le célèbre tireur d’élite : vous avez trouvé Oeil de Mérou, un ancien plongeur qui n’arrive à toucher quelque chose que si c’est sous l’eau ! Note de bas de page : "A déjà abattu des poissons-clowns de sang froid" ! Nom de… des millions ! Des millions d’euros de dépensés et vous me rassemblez un cirque ambulant ! 
- Mais…
- Colonel Furieux, vous êtes renvoyé ! RENVOYÉ ! Sans pension, retraite, rien ! Vous êtes la honte de nos services ! Et vos rigolos resteront dans les oubliettes qu’ils n’auraient jamais dû quitter ! Adieu Colonel, vous pouvez rendre votre uniforme ! Le projet Vengeur est terminé, et vous avec !"
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La communication se coupa sur ces derniers mots, et à nouveau, le sigle de l’ECU apparut sur les écrans, laissant le colonel Furieux silencieux dans la salle de transmission. Il finit par faire quelques pas jusqu’à la porte voisine qui s’ouvrit en coulissant, le laissant s’avancer dans le couloir attenant où l’attendait l’officier Marie Colline, son assistante.

"Alors ? Ca c’est bien passé colonel Furieux ?
- Bah, ne m’appelez plus colonel, je viens de me faire virer de l’armée. Et laissez tomber le "Furieux" aussi, sans le grade, ça ne sonne plus pareil.
- Mais, comment dois-je vous appeler alors ?"
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L’ancien officier alluma un cigare en repensant à ses fidèles recrues, jetées sans avoir pu faire leurs preuves. A part la Veuve Cliquot bien sûr, qui les avait techniquement faites avant d’entrer.

 

"Appelez-moi Odieux."

Vous n’avez rien compris à cette introduction ? Ma foi, je peux vous comprendre, parce qu’il y a encore peu, il en aurait été de même pour moi. Mais il ne saurait être ici question de vous laisser dans votre inculture crasse, aussi, aujourd’hui, parlons un peu de The Avengers, et je dirais même : spoilons mes bons !

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L’affiche : non seulement il y a des explosions, mais en plus, il y a Thor, ça promet

Notre film débute quelque part dans un coin mystérieux de l’espace, alors qu’une voix off (c’est la version moderne du texte défilant) explique d’un ton grave que "Hahaha, nous, les méchants, nous allons bientôt pouvoir récupérer le Cube Cosmique sur la planète Terre, car, hohoho, nous avons quelqu’un prêt à nous y aider ! Cet agent pourra régner sur la planète bleue s’il nous sert bien, et en échange, nous, grâce au Cube, nous aurons l’univers ! Huhuhu, ce que nous sommes méchants ! Rien ne pourra arrêter notre plan, vous m’entendez ? Rien ! Et surtout pas des amateurs de justice en slip !"

Qui sont ces mystérieux envahisseurs de l’espace ? Qui est leur agent sur Terre ? Pourquoi ont-ils Jeanne Moreau pour voix off ? Quelle est cette sombre histoire de slips ?

Allons donc voir du côté de la Terre pour en savoir plus.

Car en effet, dans une base secrète du SHIELD (une unité spéciale d’espions supposément internationaux mais quand même plutôt américains), des choses étranges se passent : tout le monde est en train d’évacuer car une expérience à la cave est en train de mal tourner comme lors d’un vulgaire TP de physique-chimie au lycée ; en effet, les scientifiques du coin occupés à étudier le Cube Cosmique, une relique alien retrouvée sur Terre suite à moult aventures, viennent de découvrir que le bougre de bidule a décidé de s’animer tout seul et émet de curieuses ondes. Du coup, par sécurité, on évacue l’endroit car on préfère ne prendre aucun risque, des fois que, à tout hasard, le bidule ouvre un trou noir ou autre truc du genre qui ferait un peu désordre en plein milieu d’un paisible état des USA (les gens sont vite dérangés).

Mais c’est sans compter sur l’arrivée d’un hélicoptère qui décharge un personnage méchamment badass : Nick Fury (vous savez, avec ce plan typique des personnages descendant d’un hélicoptère, vu en contre-plongé avec le gars qui prend la pose pour regarder à droite et à gauche d’un air concentré avant de reprendre sa route. Même quand on est pressé, la petite pose cool, c’est important), colonel du SHIELD et plus ou moins directeur de celui-ci (ils n’avaient pas le budget pour engager un général). Une fois entré dans la base, il se rend directement au sous-sol concerné, où il demande à l’agent chargé de surveiller l’endroit, Barton dit "Oeil de faucon", de lui résumer la situation.

"C’est le Tesseract chef. Il merdoie.
- Le ?
- Le Tesseract. Hem, c’est le… le nom que l’on a donné au Cube Cosmique dans le script.
- Ho. Mais c’est moi où ça ressemble à un nom de sirop de fruit pour enfant ? Ça fait pas très dangereux. Il va faire quoi ? Balancer du sucre sur les murs ? Filer des caries ? Misère, ils pouvaient pas l’appeler de Golgothor ou le Kubernatus ?
- Chef, sauf votre respect, vous vous appelez Nick Fury, alors pour la leçon sur les appellations, bon.
- C’est parce qu’à la base je m’appelais Yannick Auxfruits, mais tu vois, j’ai fait un effort, moi. Bon, passons, "Oeil de faucon", et dis-moi plutôt ce qu’il en est de la situation.
- Et bien le Cube fait des bruits bizarres, brille, et envoie des ondes étranges. Il a même déclenché de mini-séismes à lui tout seul, alors c’est un peu la panique. Et pourtant, personne n’a rien fait d’anormal ici. On a même tenté de le débrancher, mais le bougre est devenu complètement autonome : il est sa propre source d’énergie.
- Zut. Bon, je propose de prendre tous les deux un air inquiet jusqu’à ce que le Cube se décide à faire avancer le scénario.
- Ok chef."

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Et ce qui est dit est fait : alors que les deux hommes font semblant de chercher une issue à la situation, et sachant que tous les deux n’y pigent rien en matière d’apéricubes aliens, le bidule, commence à émettre une très forte lumière bleue et ouvre soudainement un portail vers on ne sait où, faisant jaillir de celui-ci un homme que les gens ayant lu le spoiler de Thor connaissent : Loki !

Loki et son bâton magique, qui n’est pas sans rappeler les jouets vendus en grande surface. Ça en impose.

Pour vous la faire bref : chez Marvel, les dieux nordiques sont en fait des aliens venant d’une planète nommée Asgard. Et Loki a voulu y prendre le pouvoir grâce à un plan tout pourri, et a donc reçu un gros coup de botte dans son cul. Depuis, on sent bien qu’il l’a mauvaise, et qu’il cherche un nouveau plan pour échouer de manière plus grandiose encore. Voilà, je crois que vous savez tout : reprenons.

Loki, donc, est sorti du portail s’étant ouvert dans le sous-sol du bâtiment du SHIELD, sous les yeux ébahis des gardes et scientifiques présents ; les hommes d’armes ont tôt fait de commencer à lui mitrailler la gueule en voyant qu’il ne semble pas venu pour une distribution de bisous, mais meurent tous en se ramassant des éclairs tirés par le bâton magique du bonhomme, des couteaux vivement lancés, ou je ne sais quel autre truc plus ou moins improbable. Oeil de faucon tente bien de tirer sur le divin chenapan, mais ce dernier se téléporte à son côté et, d’un coup de sa magie, l’envoûte et l’oblige à passer dans son camp ; il en fait de même avec Erik Selvig, le chef de l’équipe scientifique, avant d’ordonner à ses nouveaux amis de tuer Nick Fury, qui était resté là à ne rien faire (enfin si : il tentait de se barrer avec le Cube… en marchant. Ah. Okay mec, courir, c’est pas assez cool, probablement). Oeil de faucon a beau être le meilleur tireur de tout l’univers, il ne fait que le blesser, et encore, pas très gravement, alors qu’il tentait de le tuer (on se croirait dans Hunger Games avec la fameuse lanceuse de couteaux qui ne rate jamais sa cible, sauf si c’est l’héroïne) : Nick Fury attend donc courageusement (comprendre : il fait le mort) que les méchants s’enfuient avec le Cube avant de donner l’ordre à ses agents de se lancer à leur poursuite.

Hélas, rien ne va pour le SHIELD, car :

  • Loki et ses nouveaux agents volent un pick-up et s’enfuient avec, Loki s’accrochant à l’arrière parce qu’un dieu viking grimpant sur la banquette d’un véhicule en se prenant la cape dans la portière, ça ne faisait pas sérieux
  • Les agents du SHIELD ne parviennent pas à arrêter les fuyards
  • Le portail ouvert par le Cube, lui, reste ouvert un petit moment dans la cave du SHIELD, puis, comme il s’ennuie, il s’effondre sur lui-même en détruisant à cette occasion l’ensemble de la base secrète, mais pas plus (ça s’arrête pile poil aux limites qui vont bien, je pense que c’est un Cube qui a eu accès au cadastre)

Au même moment, quelque part en Russie, nous retrouvons Natasha Romanoff, dite Black Widow, ligotée à une chaise dans un quelconque hangar abandonné. Autour d’elle, le général Kikinov et ses deux hommes de mains s’apprêtent à la torturer afin qu’elle explique pourquoi elle est venue fouiner dans leur petit trafic d’armes. Mais alors qu’ils s’apprêtent à apprendre l’orthodontie en toute autonomie grâce à la coopération exceptionnelle de mademoiselle, voici que le téléphone d’un des méchants sonne : c’est le SHIELD ! Qui explique que bon, les gars, on rigole bien, tout ça, mais en fait on peut vous détruire la gueule quand on veut, d’ailleurs, on sait où vous êtes : voici l’adresse du hangar. Donc passez nous la dame, on doit lui parler. Autant vous le dire : les méchants s’exécutent, et le SHIELD peut donc expliquer à Black Widow que sa mission est terminée, elle doit repartir d’urgence retrouver le docteur Bruce Banner, puisqu’on a besoin de lui.

"Okay, j’arrive, mais comme pour d’obscures raisons, je suis ligotée en minijupe et gros décolleté, est-ce que je peux d’abord défoncer les gens autour de moi en faisant des pirouettes où le spectateur lambda pourra mater plus ou moins discrètement ? 
- Mais, vas-y, j’t’en prie Black Widow, fais-toi plaiz'"

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Et donc, comme il se doit, plutôt que de demander à ses ravisseurs (qui obéissaient déjà au SHIELD sous la menace) de la relâcher en toute sécurité, l’organisation laisse donc faire plein de pirouettes à Black Widow contre des hommes armés, histoire de courir le risque de la voir se prendre une balle et de perdre ainsi un agent crucial comme une merde. Et évidemment, les trois brigands en face d’elle ne font pas le poids, et la bougresse peut donc s’enfuir en paix, expliquant en passant au général Kikinov à demi-assommé qu’elle n’était prisonnière que parce qu’elle le voulait bien. Voilà, hihihi.

Je note… aime les combinaisons en cuir noir… se faire attacher… et travailler avec des hommes masqués. Je crois avoir cerné cette jeune fille. Coquinette, va.

Mais quittons la froide Russie, et allons voir du côté de New York, où Tony Stark, alias Iron Man, vient de fignoler sa dernière oeuvre : la tour Stark, un building alimenté par un réacteur dernière génération produisant de l’énergie propre (il fonctionne grâce à une technologie qui permet de convertir la mauvaise foi en énergie pure, permettant ainsi à Jean-François Copé d’illuminer la côte Est à lui seul), car comme chacun sait, les autorités adorent que l’on installe des réacteurs expérimentaux au coeur de Manhattan. Hélas, alors que le bougre s’apprête à fêter sa victoire en compagnie de Miss Potts, sa douce moitié, il est dérangé par l’agent Coulson, du SHIELD, qui vient lui refourguer un dossier important : le monde libre est en danger, un alien-viking s’est emparé d’un cube de l’espace et compte s’en servir pour… heu… bref, il faut le récupérer, quoi, tu vois ? Allez, vas-y, accepte, fais pas ta pute. Tony Stark hésite un peu, mais comme on vient de sous-entendre qu’il pourrait faire sa pute : il accepte.

Dans le même temps, dans un quelconque gymnase de la ville (oui, on saute beaucoup d’un lieu à l’autre), Steve Rogers, soldat de 1940 amélioré physiquement lors d’une expérience et projeté dans le monde moderne après avoir été emprisonné près de 70 ans sous la glace suite à diverses aventures, est en train de se maintenir en forme. Durant la guerre, il était Captain America, un type en collant moule-kiki aux couleurs du drapeau américain tabassant des nazis à coups de bouclier étoilé (je… il fallait quand même une sacrée dose de beuh pour inventer un truc aussi nul), mais maintenant, il n’est plus qu’un surhomme dans un monde qu’il ne comprend pas. D’ailleurs, qui vient le déranger dans son entrainement ?

Nick Fury en personne ! Qui lui annonce que son pays a une fois encore besoin de lui. Car, ne me demandez pas pourquoi, à une époque où l’on se bat à coups de mitrailleuse, missiles et autres grosses cartouches, on suppose qu’un mec qui se bat en distribuant des patates comme un vulgaire pilier de bar fera mieux que toute l’armée. D’accord ! Il accepte : il remettra son costume hideux et il retournera se battre pour l’Amérique, mais surtout pour les Etats-Unis, parce qu’il a beau être un peu Captain America, il aime bien l’Amérique en entier pas trop les Mexicains. Et les Canadiens, non plus. Et puis il va quand même pas se battre pour le Vénézuela. Ni pour n’importe quel pays d’Amérique du Sud ou centrale, ‘foirés de rouges ! Et puis d’abord, depuis quand les noirs sont autorisés à devenir présidents ? D’ailleurs, pourquoi s’assoient-ils avec les blancs dans les bus ? Merde, c’était vachement mieux, l’Amérique de 1940.

Ah, sacré Captain Ku Klux Klan (un autre groupe de justiciers masqués).

"Les gars, je me disais : on pourrait me filer une tenue avec un minimum de camouflage, genre pas une reproduction de cible géante ?"

Laissons cependant ce fier héros de côté et, pour le plus grand plaisir de mon lectorat mâle, retrouvons Black Widow qui a elle quitté la Russie pour se rendre en Inde afin d’aller y chercher le docteur Bruce Banner, qui exerce là-bas en tant que médecin dans un bidonville. Pourquoi ce choix me direz-vous ? Le goût de l’humanitaire ? Que nenni : en réalité, Bruce Banner fait cela pour se cacher du SHIELD qui le traque. Car Bruce Banner a un terrible secret : un jour qu’il faisait avancer la science ("Voyons voir ce qu’il se passe si j’introduis de la choucroute dans un accélérateur de particules"), il y a eu un terrible accident, dispersant moult rayons gammas alentour (la choucroute est riche en rayon gammas, un fait hélas méconnu), l’irradiant très fort, et provoquant chez lui une terrible mutation : à chaque fois qu’il s’énerve, il se transforme en gros colosse vert invincible mais tout sauvage qui tabasse tout ce qui passe : l’incroyable Hulk. Alors évidemment, vous l’imaginez, ça lui pose pas mal de problèmes : à la Poste par exemple ("Non Monsieur Banner, ce n’est pas parce la vieille dame devant vous demande à voir tous les timbres en stock durant trois heures que vous avez le droit de lui briser le crâne contre le pèse-lettres") , dans le train (Hulk a été applaudi à de nombreuses reprises pour sa capacité à expulser hors des voitures via le plafond les enfants qui hurlent en tapant des pieds contre le siège de devant), ou même en soirée lorsqu’on veut l’obliger à jouer à Jungle Speed (sa capacité à enfoncer avec doigté le totem dans le rectum d’autres joueurs est légendaire chez les gastro-entérologues du monde entier). Du coup, il s’est dit qu’en Inde, dans un bidonville, il n’y aurait rien pour l’énerver (les gens qui meurent dans des maisons en tôle le laissent de marbre, c’est bien). Ma foi, pourquoi pas.

Bref ; Black Widow lui explique la situation, et en quoi Banner peut les aider : le Cube Cosmique volé émet des rayons gammas… donc qui de mieux qu’un expert en la matière pour aider le SHIELD à le retrouver ? Bon, okay : par le passé, le SHIELD a voulu l’enfermer, le tuer, le disséquer, mais allez, on se fait un bisou et on oublie, d’accord ? Soit, dit Banner. Mais si je deviens par accident un gros colosse en slip, vous serez bien embêtés, et ce sera votre faute si je vous malaxe la gueule avec mes phalanges.

Nous avons à peu près fait le tour des gentils, je crois : allons donc voir ce qu’il en est des méchants.

Loki de son côté n’a pas perdu de temps : il a endoctriné à l’aide de son bâton magique quantité de gens qui aménagent pour lui on ne sait où un laboratoire souterrain où il peut reprendre à son compte les expériences sur le Tesseract. Le coin étant plutôt calme, il en profite pour rentrer en méditation et utiliser ses supers pouvoirs pour envoyer son esprit discuter avec ses maîtres de l’espace : les méchants aliens. Représentés dans le cas présent par une créature humanoïde vêtue d’atours façon prêtre kitsch ou je ne sais quoi, mais on s’en moque, écoutons plutôt le dialogue.

"Haaaaa, Loki… notre fidèle agent… comment avancent tes travaux ? As-tu… le Cube Cosmique ? Car n’oublie pas : nous le voulons ! A toi la Terre… à nous le Cube !
- Oui, je l’ai. Et vous, votre armée pour conquérir la Terre sous mes ordres est-elle prête ?
- Tout à fait, et depuis longtemps ! Elle écrasera cette vermine humaine sans souci, ho ho ho ! Bientôt, ils ne seront plus… que cendres… hin hin hin ! Tu n’as plus qu’à utiliser le Cube pour… nous ouvrir un portail !
- Parfait… alors obéissez-moi, et donnez-moi la Terre comme prévu sinon… je garderai le Cube pour moi !
- Ne nous menace pas Loki… mon maître, le seigneur de notre race, te tuerait si seulement tu essayais ! N’essaie pas de nous prendre de vitesse ! Ha ! Le Cube doit nous revenir !
- … 
- Heu… Loki ? Tu fais une drôle de tête ? Ca ne va pas ? Tu es malade ? C’est parce que tu as une armure de merde en plastique supposée faire truc galactique ?
- Non… enfin si, mais je viens de penser à un truc.
- Ah. C’est pas banal.
- Votre Cube, là, il a déjà ouvert un portail, non ? C’est même celui-ci qui a détruit le bâtiment du SHIELD au début du film, donc pourquoi vous ne l’avez pas utilisé ?
- Heu… hem, bin… on était super occupés, tu vois et…
- Super occupé au point de ne pas vous déplacer pour récupérer le Cube devant vous permettre de conquérir l’univers ? 
- Heeeeem… je…
- Du coup, je ne comprends pas : quel intérêt à m’envoyer sur Terre avec le portail justement, moi, quand vous pouviez, vous, l’utiliser pour tout raser directement, récupérer le Cube pour vous et ne jamais me filer la Terre, évitant en plus que je ne sois tenté de vous trahir ?
- Loki tu… je dois te dire la vérité : c’est un énième plan de merde conçu uniquement pour te faire échouer.
- Ah. Oh, d’accord, je vois. 
- Bé oui. 
- Bon. Bin au boulot alors."

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Après ce passionnant entretien, le divin larron cesse donc la communication avec l’espace et s’en retourne vers ses agents, qui lui annoncent que pour pleinement exploiter la puissance du Cube et ouvrir un portail vers on ne sait quel coin de l’espace, ils ont besoin de Brouzoufonium, une matière particulièrement rare, dont il existe un gros morceau enfermé dans un coffre d’un luxueux bâtiment de Munich, objet accessible uniquement par un scanner rétinien ne répondant qu’à l’oeil d’un notable local.

Nick Fury est un peu dég’ : on vient de lui apprendre qu’il y avait une nouvelle boîte en ville, accessible uniquement en enregistrant un scan rétinien de son oeil gauche.

"Trop facile !", me direz-vous : Loki n’a qu’y aller, mettre un bon coup de bâton magique au dit notable pour l’envoûter comme ses autres agents, et ainsi récupérer l’objet tranquillement.

Ah oui, mais vous oubliez que tout bon film se doit de violer avec barbarie la règle suivante : "A partir du moment où l’on donne des pouvoirs à un personnage, il y a des chances qu’il veuille s’en servir". D’ailleurs, vu le nombre de fois où ça arrive, je commence à me demander si qui que ce soit pense que ça puisse être considéré comme une règle. Ou même trouver de l’intérêt au concept de "personnage crédible".

Changeons nous les idées, et retournons voir ce que fait le SHIELD pendant ce temps. Car Nick Fury, bougon d’avoir perdu l’un des bâtiments de l’organisation, est retourné méditer à bord du QG mobile de l’organisation… un porte-avions. Et pas n’importe quel porte-avions : un qui… vole et peut devenir invisible. Ça doit pas être super pratique pour les avions qui veulent s’y poser du coup, qui doivent se retrouver en pleine épreuve de Fort Boyard à 24 000 pieds.

"Ici F-18 X89, demande autorisation d’atterrir.
- F-18 X89, ici Tour de contrôle du SHIELD, on vous a en visuel, on entame la procédure de guidage.
- F-18 X89, roger.
- Alors, vous allez tourner à gauche. Voilà, virez, virez… allez… non, non, pas trop ! C’est un nuage, ça, c’est pas nous ! Bon à droite, voilàààà, bien joué ! Maintenant, plus haut. 
- Dites quand je chauffe, over.
- Vous chauffez… vous chauffez… ouiiii, ouiiii ! Allez, sortez la canne, et descen… HO PUTAIN PAS TROP !"

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Voilà. Donc si un jour, vous voyez au-dessus de vous des panaches de fumée noire collés aux fesses d’une masse invisible en l’air, vous saurez : vous êtes sous le QG du SHIELD et ses 5 crashs quotidiens.

A bord en tout cas, on semble faire fi de tout cela, comme d’autres détails, comme par exemple le ridicule uniforme de l’équipage, constitué de tenues moulantes, ce qui tombe bien, puisqu’aucun membre de l’équipage, homme ou femme, ne semble avoir un bide à bière à mouler. Nick Fury a d’ailleurs laissé tout cette joyeuse troupe digne de Star Trek de côté le temps de se rendre en salle de communication pour papoter un peu via écrans avec les trois administrateurs du SHIELD, ses supérieurs, qui s’inquiètent de relancer le projet Avengers, sans pour autant vraiment en empêcher Fury. Mais tout ce petit monde est vite laissé de côté car il y a désormais des invités à bord ; en effet, viennent d’y arriver Bruce Banner et Steve Roger, en compagnie de Black Widow, afin de commencer les recherches du fameux Cube Cosmique. Et ça tombe plutôt bien, puisque Nick Fury leur explique lors de leur arrivée dans la salle de commandement du navire que le SHIELD dispose, pour retrouver l’objet ou ceux qui s’en sont emparés, d’un réseau couvrant "toutes les caméras du monde, les téléphones portables & co", car comme chacun sait, la vie privée est l’ennemie de la mission des gentils : Nick Fury n’a plus qu’un oeil, certes, mais il regarde jusque dans ton lit canaillou. Oui, il sait pour l’histoire des draps discrètement glissés dans le lavage de maman. Et oui, il sait aussi pour cette tendre nuit avec Scrappy.

Or, alors que la fine équipe discute de cela, un agent du SHIELD hurle depuis son poste : on vient de localiser Loki ! Celui-ci, pourtant capable de changer d’apparence à volonté, est en train de se promener en grande tenue dans une soirée ayant lieu au rez-de-chaussée d’un luxueux bâtiment de Munich ; alors qu’au même moment, ailleurs dans le bâtiment, Oeil de faucon s’infiltre en massacrant tout ce qui passe avec son arme préférée : l’arc, ce silencieux outil du professionnel. Il parvient donc jusqu’au coffre contenant du Brouzoufonium, mais hélas, n’a pas de quoi passer le scanner rétinien ! Pas de problème : au même moment, au rez-de-chaussée, Loki pète la gueule au notable servant de cible devant tous les invités de la soirée, puis lui colle sur l’oeil un gadget qui scanne sa rétine avant d’en envoyer une reproduction à l’ami Oeil de faucon pour qu’il puisse récupérer tout le matos dans le coffre et se barrer, ce qu’il fait. Ma foi, c’est fort subtil tout ça. Ça va les gars ? On vous dérange pas ?

Visiblement, non, puisque Loki, lui, décide de sortir dans la rue en pourchassant les invités pour son petit plaisir personnel, avant d’obliger toute la foule dans la rue à ce moment là à s’agenouiller devant lui (il utilise force éclairs et illusions pour ce faire), pour leur tenir un petit speech sur l’humanité, qui est bête parce qu’elle veut être libre, alors que la vie est tellement plus simple lorsque l’on est soumis. Un discours de merde, vous en conviendrez, on sent là encore qu’il y a eu un vrai travail d’écriture sur ce film (comme toujours ces derniers temps, j’en profite pour glisser le budget histoire que l’on comprenne qu’il n’y avait pas de quoi faire : 220 millions de dollars), mais rassurez-vous : Loki tient ce discours en anglais, du coup on peut supposer que la foule teutonique se contente de ne rien comprendre et de pouffer discrètement, leurs visages gonflés par les rires difficilement contenus tournés vers le sol. Seul un papy, qui parle la langue de Shakespeare bien que mâtinée d’un fort accent germanique, ose se relever pour lancer "Chamais che ne renonzerai à la liperté !" ou "Bourquoi che zuis dout mouillé ?", je ne suis plus certain, avec l’accent, on s’y perd. Vexé, Loki décide donc de lui désintégrer la gueule d’un bon coup de son bâton magique.

Mais ha ! Alors que le tir s’élance de la canne vers le petit pépé pour l’assécher encore un peu plus qu’il ne l’était déjà, une chose incroyable se produit : un bouclier s’interpose et sauve notre homme !

"Hooooo !" dit la foule.

"Ha haaaaa !" fait Steve Rogers, alias Captain America, fraîchement débarqué d’un jet de transport piloté par Black Widow en constatant la surprise de Loki face à cette arrivée impromptue. Enfin de la surprise ou du dégoût, car même si Loki a vraiment une tenue hideuse, on parle quand même d’un mec qui a pour uniforme une combi en latex aux couleurs de son pays. Loki voudrait bien discuter, du genre dire "Attendez les mecs, comment vous avez pu arriver si vite sachant que vous passez votre temps à traîner près des Etats-Unis avec votre porte-avions enchanté, et que ça ne fait pas plus de 5 minutes que vous m’avez repéré ? Sans compter le temps d’enfiler la tenue à la con, bien sûr.", mais Captain America se met en tête de lui péter la gueule comme il se doit, débutant ainsi un combat entre surhommes à grands coups de poing dans la margoulette. Hélas, si le combat est aussi serré que la tenue de certains (oui, je sais, mais quand même), Captain America finit par se retrouver en fâcheuse position. Vite, quel deus ex machina pourrait le sauver à la dernière minute ?

Iron Man tire des lasers, des missiles, vole et en plus, a lu le script : il est vraiment balaise.

Un deus ex machina à bouc devrait convenir : c’est donc Iron Man qui débarque de nulle part (comment savait-il que Loki serait là, à cet instant précis, et surtout, comment a t-il fait pour venir de New York en moins de 5 minutes depuis le moment où Loki s’est montré ?) et se joint à la fête pour aider le Capitaine Amérique ; rapidement, le vilain crypto-dieu nordique en a un petit peu marre de se prendre des marrons dans la margoulette, aussi se rend-il. Ah ? Lui qui est un super magicien expert en illusions, il se rend ? Hmmm, c’est suspect, se disent nos héros (à raison). Et hop, tout le monde embarque le prisonnier dans le jet avec lequel Captain America est venu, et repart en direction du super porte-avions volant invisible (c’est incroyable, ce qu’il ne faut pas écrire je vous jure) du SHIELD pour livrer le colis à domicile.

Pour des raisons tout à fait mystérieuses, apparemment, autant il faut moins de 5 minutes pour aller du porte-avions à Munich et se battre quelques instants sur place, autant il faut trois plombes pour retourner vers le navire volant au retour, ce qui me laisse penser qu’une fois encore, l’espace-temps à quelques problèmes, mais passons. A bord du jet, Loki reste assis, silencieux, alors que le reste des présents se demandent pourquoi il s’est laissé capturer si facilement. Quand soudain, l’appareil se met à traverser un orage fort chargé…

Loki comprend vite ce qu’il se passe : c’est son frère, Thor, qui vient le chercher, et en effet, au bout de quelques instants, un gros blond bodybuildé en tenue kitschounette vient de se poser sur le toit du jet en volant : Thor ! Il a tôt fait de rentrer à coups de marteau magique en plastique dans l’appareil, le tout en braillant, pour mieux en extirper Loki et s’envoler avec lui en direction du sol loin de ses ravisseurs. Ni une, ni deux, Iron Man se lance à leur poursuite, puis, après un petit moment, Captain America lui choisit, ne volant pas, d’attraper un parachute pour tenter lui aussi de rattraper la troupe.

Qu’il est con ce Captain America : les mecs sont partis en volant dans la direction opposée à celle du jet, tu as mis trois plombes à te décider et à mettre ton parachute, et tu comptes sauter pour les rattraper ? Tu réalises qu’à la vitesse où allait le jet, sans compter celle de tes copains partis à l’opposé, tu vas être à des dizaines, voire si j’en crois la vitesse de l’appareil pour t’emmener à Munich, à des centaines de kilomètres de ta cible ?

Ah mais non, j’oublais : "l’espace-temps est une notion toute relative". D’ailleurs, Black Widow et son jet, eux, continuent leur route. Ça va être sympa le retour au porte-avion "Oui alors on avait Loki, mais un type volant l’a emporté, puis Iron-Man et Captain America ont quitté le bord, mais on s’est dit qu’on allait pas faire demi-tour pour si peu. Bon, y a quoi à la cantoche ce midi ?."

Retrouvons donc Thor, qui dépose son frère au sol pour lui faire la morale.

"Loki ! Oh, Loki, mon frère ! Je te croyais mort, cf le spoiler de l’autre connard ! 
- Hé bé non. En fait j’ai survécu.
- Bon, bin c’est cool. Je t’ai libéré à la seconde où je t’ai retrouvé. Je te ramène à la maison ?
- Non, j’ai plutôt décidé de conquérir la Terre, juste pour t’emmerder.
- Juste parce que j’aime bien cette planète ?
- Voilà.
- T’aurais pas pu te venger autrement ? Genre en piquant mes DVD de Glee ou en écrivant "Prout" sur mon front pendant que je dormais ?
- Ho je… heu… je n’y avais pas pensé. Mais nan, vraiment, voilà, je vais conquérir la Terre juste parce que j’ai envie de t’emmerder. Et parce que je suis méchant. Non, personne n’a réussi à trouver de motifs plus intéressants à mon action dans l’équipe du film.
-  Ah. D’accord. C’est un peu triste quand même."

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Coupant court à ce consternant dialogue, Iron Man arrive à fond les ballons, et plonge droit sur Thor pour lui péter la gueule car il n’aime pas trop qu’on lui vole ses prisonniers. Les deux se retrouvent donc à une centaine de mètres de Loki, qui attend patiemment que le spectacle se termine, en observant la baston. Les deux hommes ont tôt fait de se trouver de force à peu près égale, jusqu’à ce qu’enfin, sortant de nulle part et ayant probablement couru à environ 750 kilomètres/heure, Captain America débarque pour séparer les combattants à coup de bouclier, et leur propose de s’unir pour ramener Loki jusqu’au SHIELD pour qu’il avoue où il a planqué le Cube Cosmique. Thor n’a qu’à venir pour escorter son frère, maintenant qu’il est au courant de pourquoi les humains l’emmenaient. Et puis bon : le Cube Cosmique étant justement une relique d’Asgard, Thor aimerait bien le récupérer pour le rendre à son peuple.

Tiens sinon, Thor, juste comme ça : tu as fait comment pour localiser ton frangin dans un jet d’une organisation secrète ? Non parce que du coup, j’imagine que tu aurais pu le localiser plus tôt, du genre, quand il a fait sauter la moitié d’une base humaine en formant un portail galactique en-dessous à l’aide du Cube que tu cherchais, chose que j’imagine vaguement détectable. M’enfin je dis ça, hein, je voudrais pas déranger.

A noter que Loki a tranquillement attendu la fin du combat, donc, pour à nouveau se laisser emmener par ses ennemis comme prisonnier, et en lâchant de temps à autres un petit sourire mesquin pour bien mettre la puce à l’oreille de tout le monde. Il est vraiment sympa ce garçon. Dire qu’il est supposé être un maître de la ruse et de la fourberie, tout ça, bon. On va dire que le mec qui écrit son rôle ne l’était pas.

Mais bon : une fois à bord du navire volant du SHIELD, Loki est donc emmené par Nick Fury jusqu’à sa prison : une cage en verre blindé où, si jamais le brigand fait le moindre signe de l’endommager, cela déclenchera un mécanisme qui le larguera vers le sol, quelques kilomètres plus bas. Donc attention à ne pas faire le malin !

Pardon ? Vous voulez dire que vous avez enfermé un être d’une race qui vole (Thor, par exemple, est son frère et le fait très bien) dans une cage au-dessus des airs en menaçant de la balancer dans le vide si jamais il essaie de la briser ? Comme dans "Comme ça, tu finis de la briser durant ta chute et tu t’envoles comme un petit oiseau" ? Ah bin oui, c’est super malin. Merci, Nick Corky.

Cela dit, le colonel Fury rassemble tout le monde autour d’une table, Thor, Bruce Banner, Captain America, Iron Man, Black Widow & co et leur explique le topo : Loki est bien enfermé, mais maintenant, il faut chercher le Cube, et faire attention car des agents du SHIELD, dont Oeil de faucon, sont envoûtés et ont donc changé de camp (ce qui embête pas mal Black Widow, qui pour une veuve, semble avoir bien envie de se remarier avec un faucon, petite zoophile va). Tout le monde doit donc coopérer : Iron Man et Bruce Banner en scientifiques vont utiliser tous les instruments à dispositions pour chercher l’appareil, Captain America fera des leçons de morale, Thor se fera les ongles et Black Widow prendra des poses où l’on voit un peu ses formes pour un oui ou pour un non. Soit ! C’est un excellent plan, et il est donc aussitôt mis en action.

Black Widow n’oublie jamais d’ouvrir sa tenue moulante juste comme il faut, mais ce n’est pas du tout pour racoler, non monsieur.

Mais hélas, bien vite, on constate que des tensions naissent dans l’équipe :

D’abord, Iron Man aime bien emmerder Bruce Banner pour essayer de l’énerver, juste pour rigoler : avec un peu de bol, il se transformera en Hulk incrontrôlable et tuera tout le monde à bord, c’est rigolo, hihihi, heureusement que je suis un génie. Ensuite, le même Iron Man pirate discrètement les ordinateurs du bord, car il se demande ce que le SHIELD peut bien vouloir au fameux Cube. Captain America, qui se pose les mêmes questions, s’introduit lui par effraction dans des secteurs interdits du navire (ceux marqués "NE PAS RENTRER : INFORMATIONS CAPITALES SUR L’INTRIGUE SI SI J’VOUS JURE Y EN A UNE") pour voir ce que l’organisation lui cache. Black Widow, elle, est allée utiliser ses supers talents pour tenter d’interroger Loki, et a découvert que ce dernier en sait beaucoup trop sur elle, ce qu’elle n’apprécie guère. Mais dans la conversation, elle a fini par apprendre pourquoi Loki s’est laissé capturer : il veut détruire les Avengers, et compte sur la présence à bord de Hulk pour l’énerver en semant la discorde, et ainsi tout détruire, super héros compris ! Quant à Thor, il n’a pas fini ses ongles. Mais que cela ne nous empêche pas de parler du plan de Loki, dont je rappelle les étapes pour ceux n’ayant pas saisi :

  1. Loki se laisse faire prisonnier en faisant du n’importe quoi à Munich, sur le lieu d’une opération pour récupérer du Brouzoufonium dont il a besoin, et multipliant ainsi ses chances de la faire échouer, donc. C’est idiot.
  2. Loki est emmené au QG des Avengers, leur vaisseau volant. Là, il est enfermé et ne peut rien faire pour semer la discorde. D’ailleurs, il n’essaie même pas. C’est débile.
  3. Loki attend que la discorde soit semée toute seule sans rien faire, il pourrait donc aussi bien être chez lui en pantoufles. C’est stupide.
  4. Hulk s’énerve pour un motif aléatoire, comme prévu par ce plan sans aucun sens, et tue tout le monde à bord. Bien joué, mais Loki n’y est donc pour rien.
  5. Loki éclate d’un rire diabolique, puis constate qu’il vient de s’enfermer à bord d’un navire au milieu du ciel avec une créature qui tue tout le monde. Il pète un peu, tout en constatant que dans une cage en verre clos, c’était pas une bonne idée.
  6. Loki est mort (intoxiqué ou tabassé par Hulk). C’est peut-être mieux pour lui.

Mais heureusement, tout va se passer, par d’incroyables coïncidences, d’une manière qui laisse entendre que Loki avait en fait vraiment monté un plan génial ! C’est pas beau ça ?

D’abord, parce que les Avengers se divisent : en enquêtant à bord, chacun à leur manière, Captain America et Iron Man ont compris ce que le SHIELD veut faire du Cube : des armes surpuissantes pour combattre les menaces diverses qui sont apparues ces dernières années, et que seuls des super-héros avaient pu vaincre. Les deux désapprouvent, car c’est très vilain de faire des armes. Thor désapprouve aussi, car le Cube est à son peuple, pas aux humains pour jouer à la guerre. Les dialogues deviennent plus ou moins incohérents, chacun s’engueulant avec son voisin pour un oui ou pour un non, malgré les appels de Black Widow qui crie "C’est exactement le plan de Loki, il voulait nous diviser en montant à bord !". Oui d’ailleurs, notons que l’engueulade n’a rien à voir avec la présence de Loki à bord, comme quoi, hein, rien ne tient debout là-dedans, mais passons, tu es bien brave de vouloir coller des sparadraps sur le scénario bancal, Black Widow.

"Hahaha, je me suis laissé capturer afin de… heu… ho. Rien, en fait."

Au même moment, à l’extérieur, il se passe pourtant quelque chose de très intéressant : un appareil du SHIELD non-autorisé s’approche du porte-avions avec un équipage inconnu. Oui, d’ailleurs, le navire n’est plus invisible, pour le coup, histoire que les méchants le trouvent plus facilement. L’invisibilité, c’était juste pour faire les cakes au début, un peu comme un gros kéké allumant ses néons tuning pour impressionner la gueuse avant de les éteindre parce que ça bouffe la batterie, en fait. Mais, observons plutôt la scène :

"Allô allô, ici tour de contrôle du SHIELD, appareil non-identifié, vous me recevez ? On ne vous a pas sur nos registres.
- Nan mais c’est bon, on a pas d’invitation mais laisse nous rentrer, on a des potes à l’intérieur."
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Je n’exagère pas : les mecs ne se justifient même pas de leur présence, ils ont juste à dire qu’ils arrivent, et voilà tout. Rappelons que le SHIELD est en état d’alerte car des agents sont passés à l’ennemi suite à un certain envoûtement et est donc extrêmement prudent.

"Ouais, ici tour de contrôle : c’est OK les gros, entrez en phase d’approche. Tiens, mais qu’est-ce que vous faites ? Vous ne vous approchez pas du tout pour vous poser, vous prenez en plus une trajectoire non autorisée et ouvrez l’arrière de votre appareil en laissant paraître des hommes en arme. Boh, ça doit être une procédure qu’on ne connait pas, on ne va rien dire."

Et en effet, l’appareil suspect se met aux côté du porte-avions dans une manoeuvre pas du tout suspecte, ouvre son entrée arrière, et on peut y voir… Oeil de faucon ! Qui tire une flèche piégée vers l’un des quatre rotors qui maintiennent le navire en l’air ! S’ensuit une formidable explosion, qui secoue tout l’engin.

"Ici tour de contrôle, dites-moi appareil non identifié, vous ne viendriez pas de nous tirer dans le cul, par hasard ? Si hein ? Et bien en représailles, et malgré toutes les défenses top-futuristes et l’armée qu’abrite notre appareil, et bien on ne va pas réagir ou vous abattre. On va juste vous faire coucou. Coucou les gars  !"

Voilà. Donc, l’appareil des traîtres du SHIELD peut continuer de tournoyer tranquillement autour du navire sans que celui-ci ne riposte, puis, finalement, probablement lassé par leur manque de réaction, décide de se poser sur le pont pour débarquer une dizaines d’hommes en armes, ainsi qu’Oeil de faucon en personne. Là encore : personne ne les attend pour leur plomber la gueule au sortir de leur jet : il ne manque plus que le tapis rouge, et je crois qu’on est au top de la crédibilité.

De leur côté les Avengers ont pris cher suite à l’explosion : Bruce Banner et Black Widow ont traversé une cloison blindée (on ne dira pas qui était assez lourd pour traverser) et se sont retrouvés bloqués dans une pièce isolée, quant à Captain America et Iron Man, ils sont partis tenter de relancer le rotor qui a été endommagé par l’explosion. Thor, lui, continue de se faire les ongles. Continue mec, je suis sûr que ça va donner du résultat. Mais dans le même temps, l’assaut du bâtiment par le commando ennemi commence, et comme le veut la logique, c’est évidemment le commando de 10 clampins contre les 3 000 hommes du bâtiment qui parviennent à progresser sans se faire arrêter jusqu’à la passerelle de commandement où, histoire de bien tout foutre en l’air, Oeil de faucon tire une flèche-clé-USB (… non, vraiment, stop) dans l’un des ordinateurs du bord, envoyant un virus qui coupe une nouvelle turbine du navire volant, provoquant sa chute !

Excellent plan Oeil de faucon. Ho, et tu t’en tires comment après au fait ? En redécollant tranquillement depuis le pont d’un vaisseau qui tombe ? Non parce que tu n’as pas de parachute sur le dos, alors je veux bien que tu m’expliques.

En tout cas, la situation devient des plus chaotiques : le navire plonge vers le sol, les hommes du bord se font massacrer par le commando d’Oeil de faucon, Iron Man et son copain Captain America peinent à redémarrer le bousin, et surtout, Bruce Banner, jusqu’ici d’un calme olympien, vient de s’énerver très fort tant il n’aime pas traverser des cloisons blindées, et commence à tout ravager à bord : Black Widow n’échappe d’ailleurs que de justesse à sa colère (elle tente de l’amadouer en prenant des poses curieuses dans sa combi moulante façon calendrier de routier), puis va se cacher derrière Thor qui passait par là à la recherche d’une nouvelle lime pour son gros orteil ; l’affrontement a donc lieu entre les deux larrons, jusqu’à ce qu’Hulk se lasse du dieu de la foudre et tente de sauter sur un avion de chasse qui l’arrosait aussi depuis l’extérieur, et finisse donc par choir dans le vide. Qu’on ne s’inquiète pas quand même : c’est Hulk.

Ah, il y avait donc en plus des avions de chasse à l’extérieur ? Juste comme ça : ils faisaient quoi, pendant qu’Oeil de faucon arrosait le navire depuis son jet ? Ça vous emmerderait de faire des Méchants qui font vraiment un plan fonctionnel, pas juste un truc qui marche grâce à des trous dans le script ?

Bref : Thor, qui n’a donc plus Hulk sur le dos, se rend donc vers la prison de Loki, pour constater que le commando vient d’ouvrir la porte de sa cage en verre ; il se rue donc pour l’empêcher d’en sortir, mais se retrouve face à une illusion qu’il traverse, et finit ainsi enfermé à son tour dans le bidule en verre. Que Loki s’empresse de larguer, comme convenu, droit vers le sol. Thor reste donc un moment à se demander que faire, avant, d’enfin, penser à péter la vitre puis à voler pour s’en tirer. Ah, c’était si simple, en fait (surtout quand on a un gros marteau magique) ! Mais suite à diverses procédures un peu agitées dans la manœuvre, il finit quand même par choir au sol, mais moins gravement que prévu, et se retrouve tout bonnement assommé au milieu des champs d’un trou paumé. Espérons que les fermiers du coin ne vont pas lui tirer dessus en le confondant avec un mauvais amateur de cosplay en goguette.

Coup de bol pour Thor : les humains font définitivement des pièges à peu près aussi malins que lui.

Loki, lui, avant de s’enfuir décide de tuer un agent du SHIELD s’interposant entre lui et la sortie, le fameux agent Coulson, type qui couvait un peu les héros et leur servait d’intermédiaire avec l’organisation quand Nick Fury était occupé à faire du patin à glace. Cela fait, il quitte le navire en heu… bah… en… en profitant du fait que le script l’oublie (une fois encore). Voilà. Oeil de faucon, lui, n’a pas cette chance : au détour d’un couloir, il se trouve nez-à-nez avec Black Widow, qui lui colle un bon coup sur le crâne, brisant ainsi l’envoûtement auquel il était soumis. Enfin, Captain America et Iron Man parviennent à relancer le rotor endommagé, permettant, avec trois moteurs en route sur quatre, au porte-avions du SHIELD de reprendre de l’altitude. Ouf ! La situation est sauvée !

Hélas, l’équipe est désormais dispersée, le SHIELD affaibli, Loki enfui, et on en sait toujours pas plus sur ses plans précis… diable, tout va mal !

Pas tout à fait.

Car dès le lendemain, lorsqu’enfin, Oeil de faucon a pleinement repris ses esprits, il explique que Loki ne lui a rien révélé de son plan… mais se souvient que ce doit avoir lieu le jour même ! Merci du tuyau mec, ça fait plaisir. Quant à Iron Man, il comprend que cela doit avoir un rapport avec le Cube… qui aurait besoin d’une grande source d’énergie pour s’alimenter, et d’un endroit bien visible pour opérer, Loki aimant la mise en scène… la tour Stark ! Et son réacteur spécial au Jean-François Copé ! Vite, il doit foncer gagner du temps pendant que les Avengers dispersés tentent de se rassembler pour essayer de lutter contre le vilain, unis autour de l’esprit du défunt Coulson, simple humain mort pour avoir cru dans les Avengers et avoir tenté de buter Loki ! (tous les autres morts du SHIELD, on s’en fout, ils n’avaient pas de nom, chut, sentimentalistes).  Ce que notre bon homme de fer fait donc promptement, débarquant dans sa tour pour y trouver Loki bien installé. Heureusement que Loki a le même raisonnement absurde que nos héros, car sinon, on le retrouverait probablement au sommet d’une centrale nucléaire, expliquant que si on l’attaque, ça va irradier toute la région. Un truc vaguement plus efficace, quoi.

Un peu de papote, une ou deux ruses de chacal, et non seulement le bougre de Tony Stark gagne un peu de temps, mais en plus, il parvient à changer d’armure, celle qu’il portait ayant été endommagée lors du redémarrage du rotor de la bouse volante du SHIELD (et puis aussi parce qu’il change d’armure une fois par film, mais passons). Cependant, cela n’empêche pas Loki de lancer son plan : il a installé le cube sur le toit de la tour, ainsi qu’Erik Selvig, le scientifique du SHIELD sous ses ordres pour lancer toute la procédure d’activation du bidule : rapidement donc, le Tesseract tire un rayon bleu vers le ciel, ouvrant un joli portail vers l’espace (mais qui n’aspire rien, c’est un gentil portail), et de celui-ci sortent… des aliens ! (Si vous vous attendiez à des poneys, c’est un peu raté)

Et surtout, pas n’importe quels aliens ! Des aliens sur motos-volantes !

… Non, sérieusement ?

Autant le dire : c’est la grosse panique à New York, ce qui est un peu étonnant compte tenu du fait qu’au vu du nombre de films sur le sujet, la ville est sujette à invasion environ deux à trois fois par an (les jours fériés, l’invasion est pour Los Angeles). Et si Iron Man parvient à en détruire un sacré paquet, il en arrive trop ; il est cependant bien vite rejoint par Black Widow et Oeil de faucon à bord d’un jet qui donnent la chasse aux envahisseurs, avant de larguer sur la zone Captain America, qui participe à l’évacuation des civils au sol. L’armée, elle, n’est pas là, elle a probablement une cérémonie de remise des médailles plus importante qu’une énième invasion, quant au SHIELD, il n’a pas envoyé le moindre appareil en renfort pour tenter de contrer la menace. Rappelez-moi les mecs, votre QG volant est un porte-avions ; et ça porte quoi, les porte-avions, qui pourrait vaguement aider ? Attention, c’est pas facile.

Non parce qu’au début du film, par exemple, on avait pu constater que le portail créé par le Cube s’effondrait après quelques instants sitôt le Cube déplacé : ça avait d’ailleurs, pour le coup, fait s’effondrer une base du SHIELD. Du coup, un petit missile en haut de la tour Stark pour bouger le Cube… m’enfin, hein, bon, c’est pas comme si c’était important de fermer un portail d’invasion extra-terrestre en plein ciel de New York. Je comprends. Mieux vaut envoyer des mecs en collant se battre à coups de poing contre les envahisseurs, c’est tellement plus intelligent. Enfin, pas seulement : il y a aussi Oeil de faucon qui combat avec un arc, et Black Widow qui utilise les plus petits pistolets de la création pour lutter contre l’envahisseur. Non vraiment : quelle équipe de choc.

D’ailleurs, en parlant de super-héros, notre équipe est bientôt rejointe par les éléments manquants : Thor vient se joindre à la fête et balance de la foudre sur les nouveaux arrivants, alors qu’Hulk bourre à peu près tout ce qui passe, à commencer par des espèces de poissons-chats-géants-blindés-qui-volent (c’est pas facile à décrire) rasant tout sur leur passage, jusqu’à se prendre une sorte de gros colosse vert en colère sur le coin du museau. La bataille dure et dure encore, mais l’ennemi, toujours plus nombreux, prend doucement l’avantage, malgré les superbes stratégies de Captain America, ou encore le demi-milliard de flèches d’Oeil de faucon, désormais en position sur un toit, qui tue des gens même sans les regarder tellement il tire bien (c’est trop cooooool !). En tout cas, son carquois inter-dimensionnel lui permet de tenir un moment, jusqu’à ce qu’enfin, tout paraisse perdu. Certes, Hulk a cassé la gueule à Loki durant la bataille, le laissant bien sonné, mais cela ne suffit pas. Et surtout, le SHIELD vient de se décider à agir (ah bin c’est pas trop tôt les gars, vous faisiez quoi ?).

Non mais regardez sa couleur : on voit bien qu’Hulk est né d’une expérience impliquant forcément du chou.

Car oui : les administrateurs viennent de donner leurs ordres à Nick Fury : le porte-avions doit lancer immédiatement des chasseurs tirer une ogive nucléaire sur Manhattan pour tenter de calmer l’invasion ; le bon colonel refuse, expliquant que les Avengers ont encore une chance, mais ses supérieurs l’envoient péter et ordonnent directement au personnel du porte-avions de ne plus obéir à Fury, et de faire décoller deux appareils chargés pour Manhattan. Diable ! Mais Fury a plus d’un tour dans son sac : malin comme il est, il file s’emparer d’un lance-roquettes (ho ?) et tire sur l’un des chasseurs avant qu’il ne décolle sur la piste, manquant de peu de tuer le pilote ; hélas, le second appareil décolle sans encombre.

Le personnel du pont, lui, ne réagit pas. C’est tellement normal de voir ses supérieurs tirer au lance-roquettes sur ses petits camarades.

"Bonjour chef. Ho, je ne dirais pas non à une petite roquette dans la gueule. Merci chef."

L’appareil s’élance donc, et parvient promptement à portée de Manhattan, avant de décocher son projectile ; il ne reste plus qu’une seule solution : Nick Fury contacte Iron Man pour le prévenir du danger imminent, faisant que celui-ci vole jusqu’au missile, puis s’envole avec celui-ci jusqu’au portail afin de… c’est bon ? Tu peux le lâcher ? Tu sais, il vole tout seul le missile monsieur, c’est ça les flammes à l’arrière. Mais non : Iron Man, on ne sait pourquoi, passe le portail avec l’engin et se retrouve dans l’espace face à un gigantesque vaisseau dont partent tous les aliens ; celui-ci est donc bien surpris lorsque l’homme de fer lâche son colis dans leur direction, et l’explosion a tôt fait d’avoir raison de l’immense engin. Iron Man, lui, à court de batteries, dérive dans l’espace, et retombe doucement vers le portail (il aspire alors, finalement ?), traversant celui-ci… pile (évidemment !) au moment où Black Widow a trouvé comment fermer le portail : il suffisait d’emprunter le bâton magique de Loki pour taper dedans ! Et donc pouf ! Tout se ferme (à part la série de poncifs, bien sûr) !

Plus de portail, plus de vaisseau mère : tous les aliens encore présents dans Manhattan s’effondrent, sans vie (c’est toujours super pratique le concept du "Il suffit de tuer le gros vaisseau pour que la guerre soit finie"). Alors autant le dire, dans les jours qui suivent, c’est toute une clameur qui s’empare de la ville : New York a été sauvée par les Avengers ! Les témoignages se succèdent à la télévision, alors que de son côté, Nick Fury fait son rapport à ses administrateurs : il a décidé de ne pas garder le Cube Cosmique et de le rendre à Asgard, et de ne plus espionner les Avengers, qui ont le droit à leur vie privée (par contre, le reste du monde peut aller se faire foutre : merci Nick, tu es génial). Et si sans le Cube, le SHIELD n’a pas les moyens de défendre la Terre, il fait confiance aux Avengers pour venir protéger la planète. Les administrateurs lui expliquent qu’ils ne sont pas contents, parce que là, il a désobéi dans les grandes lignes, a volontairement donné une ressource stratégique essentielle à une puissance étrangère (et spatiale), tiré au lance-roquettes sur ses subordonnées et laissé filer des agents précieux, mais que bon, ils vont juste lui faire les gros yeux, et éventuellement, s’il recommence, ils diront à tout le monde qu’en fait, il s’appelle Yannick Auxfruits.

De leur côté, les Avengers rigolent tous de bon coeur comme tous les gentils qui viennent de tabasser du méchant, et ils regardent Thor remmener le Cube ainsi que Loki sur Asgard, afin que tout ce bordel soit désormais la patate chaude de quelqu’un d’autre. Et sitôt les deux bougres téléportés…

FIN

C’était quoi ce truc ?

Ho, et oui : comme on me le signale à chaque fois, oui, il y a une de ces séquences post-génériques ennuyeuses où les méchants aliens piaillent que, holala, faut plus attaquer les humains, ils sont bien trop forts (mais dit de manière plus cucu encore), et on découvre que le terrible maître des extra-terrestres qui avait été évoqué au début du film est en fait… un gros singe moche à face mauve (on m’a signalé dans la salle qu’il s’agissait d’un certain Thanos, alors que pour ma part, je m’exclamais "Ouaaah, Babouche ?!"). Comme quoi, on en apprend tous les jours.

"Je vais conquérir la Terre et tous vous exterminer, misérables humains"

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L’administrateur tapota des doigts sur le bureau devant lui, observant sur son écran les chiffres du budget du projet Vengeurs.

Il faudrait trouver autre chose. Repartir de zéro. Repenser le projet pour ne pas faire les mêmes erreurs, et ainsi trouver une parade pour éviter que la sécurité du monde ne repose pas entièrement sur les épaules d’un groupe au service des Etats-Unis. L’Union Européenne avait son mot à dire dans le jeu des nations, et d’ores et déjà, il était temps de reprendre le travail, d’avancer, pour ne pas prendre plus de retard dans la course effrénée à l’armement, qu’il soit humain ou non.

Depuis son bureau de Bruxelles, c’était à lui, en tant qu’administrateur de l’ECU, de trouver les armes de demain pour protéger des millions de citoyens. C’était ce qu’il fallait garder à l’esprit.

Du moins, ce que l’administrateur tenta de faire jusqu’à un son sourd ne se fasse entendre et qu’une secousse parcoure le bâtiment, renversant la tasse de thé reposant devant le fonctionnaire sur les feuilles de papiers étalées entre lui et son écran. Se retournant vers la baie vitrée derrière lui, il nota qu’une fumée noire commençait à s’élever du rez-de-chaussée du bâtiment, et entendit bientôt l’alarme incendie se déclencher, striant ses oreilles alors que du plafond se mit à tomber une formidable pluie tropicale. Tentant de garder toute sa dignité de haut-responsable, il se retourna pour tenter de se saisir du maximum de documents encore visibles sur sa table pour les mettre à l’abri du déluge dans un tiroir, mais se ravisa en entendant les premiers coups de feu.

D’abord isolées, les détonations devinrent rafales, montant peu à peu les étages du bâtiment ; grelottant dans son costume trempé, l’administrateur se rua paniqué vers l’un de ses tiroirs pour allumer le talkie-walkie qui le reliait à la sécurité en cas de besoin ; hélas, sur la fréquence, on entendait plus que détonations, cris de paniques et divers hurlements qui semblaient annoncer un danger plus terrible que tout ce qu’une sécurité militaire surentraînée pouvait affronter. Tout au mieux, il entendit un homme, qu’il reconnut comme l’un des officiers de ses gardes, hurler "Encerclez-le, encerclez-le !" avant qu’à nouveau, les sons sortant en crépitant de l’appareil ressemblent plus à des cris d’agonie qu’à une tentative d’organisation de riposte.

L’administrateur finit par tapoter sur l’appareil lorsque celui-ci ne laissa plus entendre aucune voix, et hésita à se risquer à appeler pour ne pas donner d’informations à l’ennemi sur sa présence. Tout au mieux, il trouva le courage d’entrouvrir sa porte, juste assez pour passer un oeil, afin de voir s’il restait au moins un homme en armes dans son couloir pour l’aider à évacuer les lieux, mais lorsqu’il le fit, il nota que tout était désert. Et loin, très loin, de l’autre côté du gigantesque couloir du bâtiment, il pouvait entrapercevoir l’ascenseur, qui ne lui avait jamais paru être à une si grande distance.

Il constata d’ailleurs que les portes en étaient ouvertes, et qu’au milieu de corps de gardes encore chauds, il pouvait distinctement apercevoir, comme suspendue depuis la trappe du plafond de la cabine, une minuscule silhouette pointant vers lui un objet brillant.

L’administrateur n’entendit rien, et s’effondra lourdement sans parvenir à comprendre comment qui que ce soit au monde, à pareille distance et en telle position, avait pu parvenir à le toucher lui, à l’abri derrière sa porte. Il sentit un liquide chaud couler sur son front martelé par les gouttes du système anti-incendie, et eut comme dernière vision celle d’un homme approchant doucement de son corps allongé sur la moquette de son bureau, et penchant vers lui un visage hideux aux traits grossiers abritant deux yeux fortement marqués par un terrible strabisme divergent. Puis, il sombra.

Accroupi au-dessus de lui, l’homme grogna quelque peu, et rajusta mollement la cravate du mort sur son costume trempé. Il finit par se relever, et sans quitter le corps des yeux, chargea un nouveau harpon dans son pistolet en soliloquant :

"Personne ne me renvoie. Personne."

Et les yeux globuleux au terrible strabisme levés vers le système anti-incendie, il ajouta

"Sous l’eau, rien n’échappe à Oeil de Mérou."

Le lieutenant Murray cligne péniblement des yeux lorsqu’un nouveau flash crépite.

Il faut dire que c’est une nuit assez curieuse ; sous la pluie battante de l’orage, les flashs de l’appareil photo de la police scientifique se mêlant aux éclairs qui tombent ça et là au-dessus des buildings donnent la curieuse impression de se répondre. De temps à autre, une recrue qui faisait le planton au bout de la ruelle bondit en entendant la foudre tomber non loin, avant de réajuster sa casquette dégoulinante en jetant un coup d’oeil autour de lui pour essayer de savoir si quelqu’un l’a vu sursauter. Et comme si tout cela ne suffisait pas, une voiture de patrouille se positionne à l’autre extrémité de la ruelle, ses gyrophares ajoutant encore plus de lumières stroboscopiques à l’ambiance générale, faisant briller les hauts-murs alentours de teintes bleues et rouges à un rythme infernal pour les rétines les plus fragiles. Et puis ça et là, le flash de l’appareil photo. Encore. Et la foudre. Encore. Si Murray n’était pas blasé, il se laisserait presque aller à un sourire devant ce curieux spectacle lumineux bercé de la sirène stridente des véhicules allant et venant sur les avenues alentours. Mais il n’est pas là, pour ça, non. C’est pourquoi il tapote légèrement du pied les fesses de son jeune collègue accroupi pour prendre des notes au-dessus du cadavre afin de l’inviter à se relever.

"Alors ?
- Rien de particulier chef… l’accident bête, à première vue.
- L’accident bête ?
- Le type avait son portefeuille à la main quand il est mort, et tout l’argent est là. J’imagine mal un criminel ne pas sauter sur l’occasion. Quant à la blessure, c’est trop gros pour être un taser ou une arme électrique quelconque. D’après le doc, il aurait simplement pris la foudre. Si on peut dire simplement, bien sûr…"

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Murray jette un regard dédaigneux à la petite silhouette noircie étalée contre le mur entre deux poubelles, sur laquelle s’affairent des experts qui tentent de relever autant de traces qu’ils le peuvent sous une pluie qui efface tout petit à petit. Quelle mort bête. Foudroyé, en pleine ville, avec tous ces paratonnerres à proximité…

Et puis quelque chose attire son regard. Une carte de visite dans le portefeuille disposé à côté du corps, bien rangée dans une poche avec une dizaine d’autres identiques. Toutes au nom de la victime, là n’était pas le problème, mais… dessus, il y avait une série de noms de films. Des films sur lesquels la victime avait travaillé. Et on pouvait très distinctement lire le nom "THOR" au milieu des autres. A cette vue, Murray se tourne prestement vers son adjoint en lui tirant sur la manche.

"Que dit le fichier ? C’était quoi le boulot de la victime ?
- Heu… scénariste je crois. 
- Bon sang ! Ce n’est pas un accident, c’est un meurtre ! 
- Que… un meurtre ? Mais ce mec a été foudroyé !
- Justement. L’histoire est remplie de mecs foudroyés qui avaient tous un point commun : s’être foutus de la gueule de Thor.
- Hahaha, lieutenant, vous me faites marcher ! Vous voulez me bizuter, c’est ça ? 
- Raaah, mais non, regarde ! C’est arrivé encore il y a quelques années, en 78 je crois ; à l’époque, je bossais en France dans le cadre d’un échange international. Il y avait eu ce cas : un type fait une chanson sur l’arme préférée de Thor, et paf : foudroyé ! Une coïncidence, vraiment ?
- Je… arrêtez chef, vous commencez à me faire peur.
- Ce type avait vraiment dû manquer de respect au Dieu de la Foudre pour finir comme ça."

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Sous la pluie battante et au son du tonnerre roulant loin au-dessus de lui, Murray tenta de se demander quelle abominable bouse un scénariste avait bien pu écrire pour mériter une mort pareille.

Il allait bientôt avoir sa réponse.

Parce que nous allons spoiler. Hop !

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L'affiche : sauras-tu retrouver l'incohérence majeure qui s'y cache ?

Tout commence quelque part, dans le désert du Nouveau-Mexique. A bord d’une petite camionnette, la scientifique Jane Foster, la jeune assistante Darcy et le vieux bourru Erik Selvig sont en train d’attendre patiemment une tempête, puisque d’après Mlle Foster, il s’en produit dans le secteur de manière récurrente. Ses deux compagnons se foutent un peu de sa gueule, puisque bon : à la base, elle est astrophysicienne, pas météorologue, alors puisqu’aucune tempête n’est encore apparue ce soir, c’est qu’il y a de fortes chances qu’elle se soit plantée comme un vulgaire busard. Oui, mais vous oubliez un détail les amis : Jane est gentille. Elle ne peut donc pas se tromper.

C’est pourquoi, soudainement, des nuages se rassemblent dans le ciel nocturne, et une sorte de tornade commence à se former : hmm, ça a l’air super dangereux, en fait, non ? Ni une, ni deux, nos héros foncent dans leur camionnette pourrie droit vers le phénomène en le filmant, dans l’espoir d’obtenir de bonnes images de celui-ci (en espérant que ce soit une tempête photogénique). Mais au moment où notre troupe est quasiment au contact de la tornade, des vents poussiéreux surgit au dernier moment un homme visiblement désorienté ; tiens ? Voilà qui n’est pas banal, se dit Jane en se ramassant le monsieur sur le coin du pare-brise. Ça va coûter chez Carglass cette affaire, s’exclame t-elle en sortant du véhicule (oui parce que la tempête s’est arrêtée comme ça, pouf, tornade comprise, et ça n’a pas l’air de la choquer) pour aller examiner l’homme qu’elle vient de renverser. Est-il encore en vie ? Et surtout, d’où vient-il ? Excellente question : pas d’inquiétude professeur Foster, le film va y répondre promptement.

Pour mieux comprendre, nous voici revenus sur Terre peu avant l’an 1000, dans les lointaines terres du nord de l’Europe, contrées d’origine des deux choses qui nous coûtèrent le plus de femmes dans l’histoire : les vikings et Ikea. En cette époque chaotique, des êtres venus d’une autre planète, les géants des glaces, sortes d’humanoïdes bleus aux yeux rouges d’un peu plus de deux mètres de haut, ont décidé de foutre la zone, ce qui embête bien les habitants du coin. Mais nos fiers amis barbus ne sont pas les seuls ennuyés par ce remue-ménage galactique ; en effet, un autre monde en assez de ces géants qui font du bruit passé 22h : Asgard et ses habitants. Menés par leur roi Odin, ces derniers vont coller une grosse pâtée aux êtres venus du froid, les repoussant jusqu’à leur planète d’origine, Häagen-Dazs. Ou un truc du genre. Bref. Dans tous les cas, ces brigands perdent la guerre, et pour être sûr qu’ils ne recommencent pas leurs coquineries, Odin leur confisque le Coffret des Glaces, l’arme ultime qui conférait toute sa puissance à cette civilisation, et qui est en fait un coffret qui a le pouvoir de geler ce qu’il a en face de lui (ennemis, amis, paquet de frites). Il peut aussi, à volonté, donner des glaces à la fraise ou à la pistache, la base du moral des armées géantes.

A noter que bien que ce soient deux civilisations capables de voyager dans l’espace et de vivre des aventures de rabouins galactiques, tant les géants que les êtres d’Asgard se battent à coups d’épées, de haches ou de marteaux, voire de poings. Les armes futuristes, c’est pour les nazes. On se bat au corps-à-corps, nous, Monsieur, on a notre petit amour propre. Et on se déplace à cheval aussi (le cheval, tout comme le poney, est un animal intersidéral).

Des années plus tard, Odin raconte cette histoire à ceux qui ne l’ont pas vécue : ses enfants, Thor et Loki (oui, ils sont nés après l’an mil, alors qu’ils étaient déjà vénérés dans la mythologie nordique bien avant. Mais chut, ne disons rien), qui se passionnent pour ce récit des exploits militaires de papa. Comme il se doit, les deux enfants sont bien différents  : Thor est blond, présomptueux et emporté, alors que Loki est brun, modeste et posé. Le trône d’Asgard a donc deux héritiers, mais seul l’un d’entre eux y aura accès : le truc est trop étroit pour y caser plus de deux fesses, et la tradition veut que l’on préfère que les deux appartiennent au même individu.

Continuons de voyager dans le temps, et faisons une avance rapide de quelques siècles, pour découvrir le palais d’Asgard qui se prépare pour une grande fête. Ah, vous ai-je décrit Asgard, au fait ? Non ? Bon, alors c’est facile : c’est une sorte d’île flottant au milieu de l’univers, seulement entourée d’eau et de nuages pour faire kikinou ; et au centre de cette île, on trouve un palais qui a visiblement été construit uniquement avec du papier d’emballage de gaufrettes. A l’intérieur, tout est doré et plutôt laid, particulièrement les tenues, qui comme toujours, font dans le flashy. Spéciale dédicace à Odin et son cache-oeil qui change de couleur pour s’adapter à ses tenues, parce qu’il est coquet le filou ; on l’imagine tout à fait dire à sa femme "Passe moi le noir, j’ai un deuil ce soir / Ho, il est où mon doré ? J’ai mon armure des jours de fête ! / Bon, aboule mon oeil de verre : j’ai meeting du FN ce soir, et tu sais comme ils adorent la mythologie nordique.". En tout cas, en ce jour, Odin a justement convoqué tout son peuple pour célébrer un évènement unique : l’arrivée de Thor sur le trône ; c’est donc au milieu d’une foule joyeuse qu’arrive notre héros, désormais adulte, faisant des clins d’oeils aux jeunes filles, des sourires de winner à ses copains et agitant son gros marteau Jouetclub en plastique pour impressionner tout le monde. Parlons-en de ce marteau : il s’agit de Mjöllnir, l’arme la plus puissante du coin, dixit Odin, qui dit qu’il n’y a pas mieux pour "détruire et construire" ; ouais enfin mon vieux, essaie de planter un clou avec ça, tu vas rigoler, tiens. Ou alors va falloir inventer "Mjöllclou", le clou avec une tête de 1 mètre de diamètre. Bref, je disais ? Oui : le roi des Ases en est tout à son discours quand soudain, il s’arrête, à quelques secondes de déclarer Thor nouveau roi d’Asgard : il a senti une présence ennemie dans le palais : les géants des glaces !

La chose est avérée : car dans le même temps, dans l’armurerie divine, trois géants se sont infiltrés pour essayer de venir voler le Coffret des Glaces. Après avoir tué deux gardes en faction, ils s’apprêtent à voler l’objet tant convoité, quand ils sont soudain dérangés par une sorte de colosse métallique capable de cracher de monstrueux faisceaux lasers avec son heaume : le Destructeur, le serviteur du Roi d’Asgard et protecteur de l’armurerie. Promptement, les trois chenapans sont donc transformés en merguez, oui, mais en merguez surgelées, géant des glaces oblige.

Odin, Thor et Loki arrivent donc précipitamment sur place pour constater que deux citoyens d’Asgard sont morts dans l’attaque, et confirmer que tout cela est bien le fait de géants des glaces. Thor s’énerve donc très fort en agitant les bras, déclarant qu’il est grand temps d’en finir une bonne fois pour toute avec les habitants d’Häagen-Dazs, et qu’une bonne guerre dégourdirait bien tout le monde. On le constate donc : Thor n’est pas très subtil. Odin, lui, est bien plus sage, puisqu’il pense qu’il ne faut surtout rien faire et… que… quoi ? Pardon Odin ? Des mecs rentrent chez toi, tuent tes hommes, tentent de voler une arme connue pour être surpuissante, et il ne faut rien faire, même pas appeler les géants des glaces pour avoir une petite explication ? Non ? Z’avez pas le téléphone ? Bon. On va dire que le téléphone, c’est comme pour les épées et les haches à la place des canons lasers : c’est trop chochotte pour eux. En tout cas, Thor insiste pour aller bourrer du géant, puisque depuis qu’il a vu Avatar, il a clairement envie de bourrer tout ce qui est grand et bleu pour son bon plaisir ; Odin se doit donc de reformuler les choses : il interdit à Thor d’intervenir de quelque manière que ce soit. Il faut préserver la paix avant tout, par exemple, en ne faisant rien face aux agressions d’autrui (Odin était à Munich en 1938).

"Et moi je dis, les géants des glaces, ils font chier à venir illégalement, faudrait les mettre dans des charters direction Bamako ! Asgard, tu l'aimes ou tu la quittes !"

Thor part donc faire un gros caprice, et quand il fait un gros caprice, il se doit de renverser une table de banquet en s’écriant "Cacaboudin !" pour exprimer son désarroi. C’est ce que lui a recommandé son psy pour évacuer sa violence. C’est un peu son "coussin de la colère" à lui. Rapidement, il est rejoint par son frère Loki, ce qui donne l’occasion d’un dialogue d’anthologie :

"Thor, mon frère, tu as l’air de faire du boudin, mais tu as raison, laisse la colère t’envahir, bascule du côté obsc…
- ?
- Oui, hem, non, je disais : dis-donc, tu as trop raison de vouloir aller taper les habitants de la planète des glaces, ils ne méritent que ça. Quel dommage que Père te l’interdise ! LE SEUL MOYEN DE LE FAIRE SERAIT DE *CLIN d’OEIL* PASSER OUTRE SES ORDRES *CLIN D’OEIL* POUR LE BIEN D’ASGARD *DOUBLE CLIGNEMENT D’YEUX*
- Hmmm, Loki, ça me donne une idée… et si je passais outre les ordres de Père et que j’allais maraver du géant pour le bien d’Asgard ?
- HO ! QUELLE SURPRISE ! (Loki est doublé par Francis Huster) CE SERAIT DE LA FOLIE, QUELLE IDÉE AS-TU LA ?"
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Et Thor, qui est donc visiblement capable de se faire baratiner par une écolière en deuxième année de maternelle, s’équipe donc pour aller guerroyer. Quatre de ses amis se proposent de l’accompagner : A, B, C et Sif, accessoirement sa femme, même si visiblement, il n’a pas l’air de s’en souvenir. Il n’a pas dû étudier sa propre mythologie à l’école. Passons.

Tout ce beau monde se rend donc vers le Bifrost, une sorte d’énorme téléporteur tout au bout d’un pont arc-en-ciel ; et si le pont est de toutes les couleurs, il n’y a pas de raison qu’il n’en soit pas de même du gardien de celui-ci : Heimdall, le vigile d’Asgard qui peut tout voir, est donc comme tous les videurs, noir. C’est très connu : dans la mythologie nordique, on parlait souvent de dieux à la peau sombre. Qui ne se souvient pas de Mamadou Erikson, ou de Olaf N’Golo ? Asgard est quand même un bien beau pays : il respecte les quotas de la FFF américains. Ne manque plus que Mexicos, le dieu viking des tapas, et on sera au complet. Mais qu’importe : Heimdall est prêt à aider nos amis en activant le Bifrost pour les envoyer jusqu’à la planète des glaces ; en effet, lui qui voit tout et qui est supposé garder la maison aimerait bien que les géants des glaces expliquent comment ils ont pu rentrer en échappant à sa vigilance. Il télétransportera donc tout le monde, et il suffira de le bipper quand nos héros voudront revenir, puisque le bougre ne peut maintenir la porte entre les mondes ouvertes très longtemps : s’il le faisait, ça détruirait la planète visée par le Bifrost. Mais assez d’explications : de l’action !

Nos héros arrivent donc en un éclair sur Häagen-Dazs, et constatent que la planète enneigée n’est que ruines : les géants des glaces, ils construisent une fois, et puis ensuite, tant pis si ça se casse la gueule visiblement. Vu le nombre de trucs de vieilles tours et de colonnes balayées par les vents qui s’effondrent ça et là sur le chemin de nos héros, c’en est à se demander comment il peut encore rester un truc debout pour s’effondrer sur cette planète. Il n’empêche que notre troupe finit par arriver dans ce qui ressemble à une ancienne salle d’un palais, désormais elle-même dénuée de la plupart de ses murs, et y trouvent le Roi des géants, Jean-Jacques. Ce dernier explique à nos héros que bon, oui, d’accord, ils ont pénétré en Asgard pour voler le coffret des glaces, qu’ils y sont parvenus grâce à l’aide de traîtres qu’il ne convient pas de nommer (je me demande bien qui, tiens), mais que ce serait mieux de ne pas recommencer une guerre. Aussi, maintenant qu’il a répondu aux questions de Thor, le roi des glaces propose à la troupe de partir sans combats, histoire d’éviter que toute cette histoire ne dégénère. Soit, dit Thor, il en sera ainsi.

Sauf que sitôt que Thor lui a tourné le dos, Jean-Jacques lui crie "Grosse tapette !" – Et Thor déteste être traité de tapette (il est très sûr de sa sexualité, malgré le fait qu’il chevauche un arc-en-ciel géant nommé "Bifrost" régulièrement). Aussi décide t-il dé péter la gueule à tout le monde.

Non. Non, moi non plus je n’ai pas trop compris le principe du roi Jean-Jacques qui cherche à tout prix à éviter le combat, et qui une fois qu’il a ce qu’il veut, décide de le provoquer. Doit être trop subtil pour moi tout ça. Ça et le fait que Thor décide d’engager le combat à 6 contre plusieurs millions d’habitants de la planète-mère des géants des glaces. M’enfin bon. Le combat s’engage donc, et encore une fois, il y a de formidables répliques, telle celle de B, l’un des compagnons de Thor, qui s’exclame "Ne les laissez pas vous toucher !" ; merci du conseil, mec, on avait prévu de se jeter sous leurs coups vêtu de cuir en hurlant "Plus fort, maître !". Cependant, durant la bataille, Loki constate un phénomène étrange : lorsqu’un géant rentre en contact avec lui, sa peau devient aussi bleue que la leur. Ho ?

Mais la bataille tourne court lorsqu’Odin lui même fait le déplacement pour sauver ses 6 petits gars, désormais encerclés ; il s’adresse donc au roi Jean-Jacques, pour lui signifier que Thor a été vilain, et que ça n’arrivera plus. Mais le géant des glaces ne compte pas s’en arrêter là, et déclare la guerre à Asgard, tant il estime que l’affront qui vient d’être fait a été grand (non, Odin ne lui rappelle pas que tout a commencé à cause d’une tentative de vol dans l’armurerie d’Asgard par les géants des glaces, et qu’à ce titre, on pourrait dire 1 partout la balle au centre ; à la place, il accepte juste la guerre comme une andouille). Le Bifrost ramène donc les 7 héros d’Asgard à la maison, et sitôt arrivés, Odin se tourne vers Thor pour lui faire les gros yeux. "Noooon, pas les gros yeux ! Paaaas les gros yeux !", s’exclame Thor en se roulant par terre et en menaçant de retenir sa respiration très fort si on continue de lui faire les gros… attendez, excusez-moi, on parle d’Odin : le gros oeil. Mais il est trop tard : papa est fâché. Ainsi, pour punir son fils d’avoir déclenché une guerre (Odin n’a visiblement aucun recul), le roi d’Asgard le bannit de ce monde. Et il éjecte aussi son marteau à travers le Bifrost  en hurlant "Celui qui en sera digne aura les pouvoirs de Thor !".

Oui, je sais. En plus de tout ça, et au motif qu’une guerre contre ses ennemis les plus mortels vient de commencer, Odin décide de bannir son meilleur guerrier et de se débarrasser de l’arme la plus puissante de son royaume. Voilà voilà.

Nous en revenons donc au début du film : Thor atterrit dans le désert du Nouveau-Mexique (c’est vrai que c’est connu : à chaque fois que les dieux nordiques sont apparus, c’est au Nouveau-Mexique, jamais en Europe du nord) et se prend une voiture dans le nez, ce qui est assez douloureux. Sans compter qu’à peine se relève t-il, seulement légèrement contusionné, probablement protégé par son pyjama d’Asgard (il a perdu son armure lors de son bannissement mais Odin lui a laissé son pyjama, il est sympa), qu’il commence à hurler "Heimdaaaall, ouvre moi le passage, gros naze, je veux rentrer à ma maison, je suis Thor, merde !" ; ces propos agressifs font un peu paniquer Darcy, l’assistante de Jane Foster, qui lui inflige donc un bon coup de taser. Il est alors emmené à l’hôpital le plus proche, où son agressivité et ses propos incohérents ("I’m Thor, Mothafucka. La vache, c’est moi où Heimdall a eu plein d’enfants qu’il a abandonné dans le coin ?") lui valent vite le droit d’être enfermé et drogué comme il se doit.

Mais après cette nuit de folie vient enfin le petit matin, et Jane en profite pour consulter ses photos de la tempête prise quelques heures plus tôt. Et que découvre t-elle sur l’une des images ? La silhouette d’un homme tombant au beau milieu de la tempête dans une colonne de flammes. Attendez, vous voudriez dire que l’homme qu’elle a percuté serait en fait tombé du ciel ?! C’est ce que cette photo semble dire.

Photo qui, si vous regardez bien, a été prise depuis un endroit où Jane et son équipe ne se sont jamais retrouvés et qui plus est d’une scène qu’ils n’auraient de toute manière pas pu voir de là où ils étaient. Hmm hmmm.

Jane souhaite donc poser quelques questions à celui qui dit s’appeler Thor, et se rend à l’hôpital pour l’interroger ; ça tombe bien, puisqu’il vient de s’évader, et qu’en faisant une manoeuvre sur le parking du centre de soins, elle le percute à nouveau (lolilol) : elle le fait donc monter à bord, et l’emmène à l’hôtel où elle loge le temps de ses recherches pour lui proposer quelques vêtements "de son ex" (histoire de bien dire qu’elle est célibataire la coquinette). A noter que visiblement, son ex était aussi un gros bourrin sous stéroïdes, puisque toutes les fringues lui vont parfaitement. C’est donc aussi l’occasion de le voir se promener torse-nu pour impressionner les minettes ; Jane est évidemment la première à rougir devant ce bel éphèbe, particulièrement lorsqu’elle réalise qu’il a une poitrine bien plus imposante que la sienne. Ce qui était assez facile, soit dit en passant. Mais je m’égare, j’en conviens. Une fois bien vêtu, il est grand temps de descendre prendre un café pour discuter un petit peu des évènements de la nuit. Qui es-tu, Thor ? D’où viens-tu ? Est-ce obligatoire de faire des jeux de mots avec ton nom, ou ai-je Thor ? Pourrais-tu me parler de ton monde, et de ses habitants ? Parce que si c’est le cas, j’aimerais que tu commences à Odin, et que tu termines à Thor. Et Loki, est-il somnambule ? On m’a toujours dit de me méfier de Loki dort. Enfin, je sais, ce genre de calembours, tu dois trouver ça très an-Odin, mais bon. Moi ça m’Fenrir. Sinon, tu vas répondre à mes questions, oui ?

Mais ? Mais cet homme a le bras plus large que la tête ?! Remarquez, ça se tient.

Non. Thor n’a pas envie de répondre à quoi que ce soit. Par contre, il se comporte en bon viking, et explose les mugs de café après les avoir bu en hurlant qu’il exige qu’on lui resserve de ce breuvage. C’est à cet instant précis que tout le film bascule (et, hélas, je n’exagère pas) : Jane lui demande s’il ne pourrait pas arrêter ses conneries. Et aussitôt, il le fait : il arrête d’être bruyant, lourd, présomptueux, antipathique, etc. Bref, tout ce qu’Odin n’avait jamais réussi à lui enseigner en un millénaire. Tout ça parce qu’une greluche lui demande de faire moins de bruit quand il boit son café. Quel grand film.

Mais sur Asgard, le temps continue de s’écouler : A, B, C et Sif sont en pleine conversation avec Loki, tout dépités qu’ils sont de savoir que Thor a été banni, lui qui était l’un de leurs meilleurs potes et qui avait toujours des entrées pour les soirées VIP au "Valhalla-Bunga", la boîte hype d’Asgard. Or, Loki annonce quelque chose de curieux : il explique que c’est lui qui a averti Odin que Thor se rendait sur Häagen-Dazs, afin qu’il intervienne et n’évite que tout le monde soit massacré par les géants des glaces. Ses quatre interlocuteurs s’étonnent de cette attitude (peut-être, justement, parce que ça ne sent pas du tout la traîtrise du mec qui a ouvertement encouragé Thor à aller maraver du géant, avant d’aller le dénoncer à Odin ?), puis commencent à avoir des doutes (il serait temps) : Loki a toujours été jaloux de Thor. Et au passage, maintenant qu’ils y pensent, Loki est le plus puissant magicien d’Asgard, et ‘il serait le seul assez puissant pour camoufler une infiltration de géant des glaces aux yeux d’Heimdall, comme c’est arrivé dans l’armurerie. Hmmm, et si c’était… un traître ? Nooooon.

Loki, justement, se rend à l’armurerie pour contempler le Coffret des Glaces. Et il n’hésite pas à le toucher pour s’apercevoir qu’à son contact, il prend l’apparence bleue et les yeux rouges d’un géant des glaces, justement : comme c’est étrange ! Serait-ce une phase de la puberté divine ? Va t-il bientôt avoir des poils ? Odin apparaît à la porte de la salle pour répondre à toutes ses questions : non, mon petit, ce n’est pas la puberté que tu vois arriver, mais simplement ta vraie nature : tu es un géant des glaces ! Il y a des siècles, lorsque j’ai maravé leurs margoulettes aux géants des glaces, j’ai trouvé un de leurs bébés par terre, alors je me suis dit "Bonne poche !" et voilà. Mais tu es mon fils, sinon, hein, pas de problèmes. Juste, tu as le sang de nos pires ennemis dans les veines. Ça va, tu le prends pas mal ? Ça te fait pas trop chier d’avoir participé à diverses batailles contre les géants des glaces, qui n’étaient autres que tes propres frères ?

Sauf que si : Loki le prend mal ; il commence donc à faire son gros caprice "Je suis un moooooooonstre, vous ne m’avez jamais aiméééééé, pèèèère, et de toute manière, c’est Thor votre chouchou, il avait toujours des cadeaux plus chers à Noël ! C’est trop nul les chouchous ! Bouhouhou ! Je vais me suicider et après je serai mort, et vous serez triste, et ce sera bien fait !". Mais visiblement, Odin n’a vraiment pas grand chose à foutre des considérations existentielles de son fils, puisqu’il s’endort en plein milieu de sa tirade. Ça fait plaisir. En effet, il s’agit du sommeil d’Odin, une sorte de phase réparatrice plus proche du coma que du sommeil dont le bougre a besoin régulièrement. Il est donc promptement emmené jusqu’à ses appartements, où il est déposé sur son grand lit, dans l’attente de son réveil,  ce qui ne devrait pas intervenir avant quelques années ou siècles. Mais cette fois, le coma a quelque chose de plus inquiétant que d’habitude, puisqu’il est arrivé plus brusquement ; il n’est pas sûr que le père d’Asgard se réveille, cette fois. Oooooooooh.

Ainsi, lorsqu’un peu plus tard, A, B, C et Sif veulent voir le roi pour lui demander de revenir sur sa décision concernant Thor, ils constatent que sur le trône, nenni d’Odin, mais bien un Loki. L’étonnement les gagne car, oui, apparemment, personne n’a pensé à prévenir la population que le patron des 9 royaumes était endormi pour un bail et que son fils Loki était le nouveau roi. C’est vrai, c’est tellement peu important comme information, pourquoi en parler ? Surtout aux gens directement concernés, genre, les autres dieux. En tout cas, Loki écoute tout de même la requête des 4 compagnons, mais les informe qu’hélas, il ne peut pas revenir sur la dernière décision d’Odin en tant que roi. Thor devra donc rester dans son caca.

Et justement, Thor, dans tout ça ? Et bien alors qu’il prenait son café, il a entendu deux types expliquer que la nuit dernière, un curieux objet s’était écrasé dans le désert : un gros marteau (oui, Odin a banni Thor et son arme à 10 bornes l’un de l’autre, pas plus. Sympa, le mec). Un concours de furieux rednecks s’était donc organisé sur place pour essayer de retirer le marteau de l’emplacement où il était écrasé, puisque comme chacun sait, quiconque retirera le marteau du rocher deviendra roi d’Angleterre et pourra coucher avec un certaine Kate, ou un truc du genre. Hélas, non seulement personne n’y est arrivé, mais par ailleurs, les fédéraux sont intervenus et ont interrompu la fête. Ne pouvant eux-même se saisir du marteau, ils ont construit une base en préfabriqués sur place.

Oui parce que "découper la terre autour du marteau pour voir si on peut le déplacer vers une base plus sûre comme ça", personne n’y a pensé. Je ne dis pas que ça aurait marché : je dis simplement que personne n’a essayé.

Thor part donc aussitôt, à pied, en direction de la base fédérale. Jane Foster, Darcy et Erik, eux, ne peuvent guère l’aider, étant plus occupés de leur côté par le fait que d’autres fédéraux du S.H.I.E.L.D viennent de saisir tout leur matériel de recherche, et ne comptent pas vraiment le leur rendre. Dépitée, Jane se dit que tant qu’à faire, elle va aller retrouver Thor : il est parti à pied vers la base des fédéraux, et elle compte bien y aller aussi avec sa camionnette pour tenter d’obtenir qu’on lui rende son matos. Donc tant qu’à faire, autant emmener le beau blond musclé, hihihihi. D’ailleurs, Thor est plutôt cool : il explique que s’il peut récupérer son marteau, non seulement il donnera toutes les réponses qu’elle veut à Jane, mais en plus, il récupérera tous ses instruments et carnets de recherche pour les lui rendre. Certes, il a l’air de raconter n’importe quoi, mais Mlle Foster accepte le marché, des fois que. Non parce que visiblement, même s’il ne parvient pas à récupérer le matériel, au pire, il a l’air de savoir où trouver de la bonne ganja le garçon. Et Jane, elle a une grosse envie de planer jusqu’à la Jamaïque.

Thor est dégoûté : même son marteau lui fait la gueule

Les deux compères arrivent à proximité de la zone d’impact au fond de laquelle est la base à la nuit tombante ; ils découvrent avec joie que les fédéraux sont tous au fond du cratère, et qu’ils n’ont pas pensé à placer une seule sentinelle au-dessus, histoire de voir ce qui arrive (c’est vrai, depuis quand une sentinelle aurait pour mission de surveiller l’extérieur d’une base ?!). C’est malin, tiens. Thor ordonne à Jane de rester cachée, pendant que lui va récupérer son bien, et en un éclair, hop, il franchit la clôture, tabasse des gardes, et un peu trop rapidement à son goût malgré ses dons d’infiltration, donne l’alarme ; il est donc promptement agressé par tous les gardes de la base, qui font bien attention à ne jamais le braquer avec une arme et à toujours se déplacer par groupes de un ; après les avoir copieusement rossé à coups de poing et de tatane, notre héros arrive au coeur de la petite et fragile base, et tombe nez-à-nez avec son marteau ; il se saisit donc du manche et…

Ne peut le soulever. Hé non, Thor, tu n’en est toujours pas digne ! Même si tu es devenu tout gentil depuis qu’on t’a dit de boire ton café en silence quelques scènes plus tôt, tu n’as pas encore fait de scène puant les bons sentiments : tu n’as donc pas le pouvoir de brandir ton marteau.

Thor est donc arrêté par la sécurité locale, qui s’empresse de le traîner jusqu’à une salle d’interrogatoire où on lui pose, comme il se doit, quelques questions : d’où viens-tu vil intrus ? Et surtout, où as-tu appris à te battre aussi efficacement au corps-à-corps ? Afghanistan ? Pakistan ?

C’est vrai que Thor a une tête de Pakistanais. Et puis servir en Afghanistan fait de vous un roi des arts martiaux : c’est connu, les talibans attaquent tel des ninjas et il faut les repousser avec des prises de judo.

Bref. Alors que son interrogateur sort téléphoner, Thor voit apparaître devant lui Loki. Celui-ci est venu lui annoncer qu’il était le nouveau roi d’Asgard, et qu’Odin était mort car n’ayant pas supporté l’arrivée d’une nouvelle guerre ainsi que le bannissement de son propre fils. Thor est donc diablement malheureux : tout cela est de sa faute. Et même si Odin est mort, il est impossible à Thor de revenir : les géants des glaces ont accepté de ne pas entrer en guerre sous condition que Thor reste banni.

Que… pardon ? Attendez, attendez, ils ont TOUT fait pour rentrer en guerre (attaquer Asgard, insulter la délégation venue les questionner pour provoquer une baston, déclarer la guerre à Odin en personne qui demandait la paix, etc), et maintenant que le meilleur guerrier et la plus grosse arme d’Asgard ont été bannis, et qu’Odin serait donc hors de combat, ils n’attaquent pas ? Non mais vous attendez quoi ? Que Loki s’étouffe avec un bretzel ? Que ses guerriers choppent une gastro ? Quelle bande de gros nazes ces géants.

Après avoir énoncé toutes ces incohérences, Loki s’en va paisiblement grâce à ses pouvoirs divins, non sans avoir, malgré tout, essayé lui-même de prendre le marteau de Thor. Mais non, visiblement, il n’y a pas droit non plus. Il s’en va donc en grognant. Quelques temps plus tard, Erik, le vieux pote de Jane, se présente à la base : la damoiselle l’a appelé à la rescousse pour venir sortir Thor du pétrin. Celui-ci a donc un plan : présenter de faux papiers selon lesquels Thor serait en fait un membre de leur équipe scientifique qui aurait fondu un plomb lorsque les fédéraux leur ont confisqué leur matériel. Le mensonge est pourri, le menteur aussi (les gentils ont toujours du mal à mentir, c’est beau), mais les fédéraux acceptent de gober l’histoire, pour mieux faire suivre Thor une fois sorti et chercher à comprendre qui il est vraiment. En sortant, le dieu de la foudre note d’ailleurs un carnet trônant sur une pile de matériel électronique et s’en empare.

Car oui : les hommes du gouvernement avaient décidé de ranger dehors, sous la pluie (j’insiste sur ce point, puisqu’il pleuvait des cordes lorsque Thor a tenté d’infiltrer la base) et sans protection tous les carnets et instruments électroniques de l’équipe Foster qu’ils voulaient étudier. Faut-il être con. Et un mec qui sort de la base surveillé par 200 gardes peut s’en emparer sans aucune discrétion, personne ne le voit. Formidable, vraiment. Il aurait dû être dieu des voleurs ce garçon. Mais ce n’est pas le pire.

Le pire, c’est que des gens m’ont assuré que ce film était bien. Mais continuons.

De retour en ville, Eric emmène son divin copain boire un coup dans un bar du coin, pour lui expliquer que bon, il est bien gentil, mais qu’il a bien vu comment Jane le regardait : ça sent les hormones en folie. Aussi, il demande au blond barbu de ne pas faire de peine à cette petite. Thor accepte, puis embraye sur bien plus important : une séquence de beuverie avec le bon Erik, parce que les femmes, c’est bien gentil, mais ça vaut pas le houblon entre copains (et encore, Thor n’a pas découvert le foot et les concours de pets).

Dans le même temps, à Asgard, Loki ourdit un complot maléfique : il se rend sur Häagen-Dazs pour aller demander au roi Jean-Jacques (qui le remercie de l’avoir aidé à envoyer des hommes essayer de voler le Coffret des Glaces durant le couronnement de Thor, chose que Loki n’a faite que pour "s’amuser" – diable, trouve-toi un hobby !) de venir tuer Odin. En effet, une fois cela fait, il sera roi pour toujours ; ne pouvant pas tuer lui-même le roi historique d’Asgard sans risquer une révolte, il a besoin que ce soit les zazous des glaces qui s’en chargent. En échange, il leur rendra le Coffret des Glaces. Le marché est conclu, et une fois de retour sur Asgard, il signifie à Heimdall que désormais, il ne doit plus utiliser le Bifrost sans son autorisation. Mais le dieu à la peau d’ébène est un sacré filou : sitôt que Loki a mis les voiles, il voit A, B, C et Sif s’approcher pour demander à aller voir Thor sur Terre. Heimdall explique qu’il ne peut désobéir aux ordres de Loki, aussi va t-il juste fermer les yeux et siffloter très fort en laissant la porte du Bifrost ouverte. Ouais enfin mon bon Heimdall, là, rien qu’en faisant ça, tu romps ton serment de loyauté. Donc fait pas genre "Hahaha, il m’a interdit d’ouvrir le Bifrost à autrui, mais il ne m’a pas interdit d’oublier la porte en position ouverte.". C’est tout pourri.

Sauf que Loki, depuis le palais, a vu que le Bifrost avait été activé, et il se doute bien que c’est la troupe des copains de Thor qui va à sa rescousse. N’ayant nulle envie de voir son frère revenir, Loki décide de faire appel au Destructeur, l’humanoïde de métal géant qui tire des lasers (mais si, souvenez-vous : il garde l’armurerie divine), le serviteur du roi qu’il est désormais, pour l’envoyer sur Terre détruire Thor et tous ceux qui se mettront sur son chemin. Et une fois cela fait, il va voir Heimdall pour lui expliquer qu’il a été très vilain de lui désobéir. Ce dernier explique qu’il n’est pas aussi con qu’il le laisse penser : il sait que Loki mijote quelque chose de pas clair, puisqu’il a l’a vu comploter avec les géants des glaces, mais sa magie l’a empêché d’entendre ce qu’il se disait. Et il sait que Loki est le seul mage assez puissant pour avoir pu faire entrer le commando de géants qui a pénétré l’armurerie sans qu’il ne les repère. Loki n’aime pas trop qu’on doute de lui, il renvoie donc Heimdall sur le champ ; ce dernier dit alors qu’il est libéré de son serment de loyauté (oui enfin, tu t’en libérais déjà pas mal à ta guise mon grand, hein), puisque son CDI est rompu et qu’en plus, ça va chier aux prud’hommes, et il enchaîne en attaquant ce traître de Loki ; pas de bol, celui-ci a le Coffret des Glaces sur lui et transforme instantanément le vaillant gardien en Miko.

"Ah non messieurs, ça va pas être possible, c'est une soirée privée à Asgard."

Retournons plutôt sur Terre, peut-être qu’il s’y passe des trucs. Hmmm… non, pas vraiment : Thor pleurniche qu’il n’a pas pu lever son propre marteau, ni même la petite Jane, qui, la veille, a discuté toute la nuit avec lui d’astrophysique ; le dieu de la foudre lui a expliqué d’où il venait, quelles planètes son royaume comprenait, ce qu’était le Bifrost, etc. Et malgré tout, il n’a pas pu lui faire fik-fik fraülein ; il soupçonne qu’elle ait résisté à ses avances grâce au pouvoir le plus terrible qui soit pour les dieux libidineux : le Ragnagnarok. Mais alors qu’il est encore tout dépressif, soudain, son visage s’illumine : il note que A, B, C et Sif sont à la porte de l’hôtel en train de lui faire coucou ! Ah, enfin des visages divins et amicaux ! Le voilà ragaillardi (heureusement pour lui, Sif aussi a l’air d’oublier qu’elle est sa femme, sinon elle transformerait Jane en couscous sur le champ) !  Ses potes se proposent de le ramener sur Asgard, mais Thor refuse : après tout, il est toujours banni, et responsable de la mort de son père. Comment ? S’exclament ses compagnons ? Qui t’a raconté ça ? Parce qu’il est bien vivant, il est juste plongé dans le Sommeil d’Odin. Mais qui t’a raconté cette carabistouille ? Loki ? Raaah, le traître !

Oui, enfin les mecs : ça fait combien de fois que vous réalisez tous que Loki est un traître et que vous préférez vous faire les ongles plutôt qu’agir ?

Mais il n’y a pas le temps de discuter plus avant : le Bifrost largue un nouvel objet dans le désert du Nouveau-Mexique (les habitants du coin vont finir par se lasser) : le Destructeur ! Qui balaie tout sur son chemin : fédéraux le braquant, véhicules, lapins nains et braves citoyens américains. Thor organise donc rapidement la résistance : ses 4 potes de sang divin vont tenter de faire diversion, pendant que lui va essayer de faire évacuer un maximum de gens de la petite ville où ils sont. Mais hélas, l’aventure tourne rapidement court : ses 4 amis se retrouvent face à un adversaire plutôt coriace, et il risque de les tuer assez rapidement, même. Thor n’a pas 36 solutions : il se rue devant le Destructeur et supplie son frère, qui le regarde depuis son trône magique qui permet de tout voir, de prendre sa vie en épargnant toutes les autres.

Le discours semble marcher, puisque le Destructeur fait demi-tour… avant de se retourner pour coller un gros poing du genre léthal dans la gueule de Thor, qui vole à 50 mètres de là. Question : pourquoi le destructeur fait-il semblant de faire demi-tour ? Et pourquoi colle t-il un pain au lieu d’utiliser, comme il l’a TOUJOURS fait jusqu’ici, son casque qui tire des lasers histoire de transformer Thor en petit bout de charbon ? On ne le saura jamais, puisqu’il n’y a aucune explication : c’est juste mauvais. Et parfait pour la suite du scenario.

Car en effet : n’étant pas transformé en accessoire de barbecue, Thor peut encore agoniser dans les bras de Jane, et faire une séquence de bons sentiments digne de 7 à la Maison. C’est tellement dégoulinant que la miss Foster en pleure, tout comme Odin, qui depuis son lit, bien que dormant, a été atteint par la guimauve galactique qu’était le discours de son fiston. Ainsi réconcilié avec son héritier qui s’est montré digne, Odin décide de lui rendre son marteau : au milieu de base des fédéraux, l’antique arme s’arrache du sol seule, et s’envole telle un missile jusqu’à Thor, manquant de peu d’arracher sa tronche à Jane (caramba, encore raté) qui était un peu sur la trajectoire. Sitôt l’arme dans sa main, Thor voit la foudre venir le frapper, son armure et sa cape kitsch réapparaître, et le revoilà qui se dresse pour le combat. Youpi ! Font tous ses amis.

Greuuuh ? Fait le Destructeur, dont le vocabulaire laisse à désirer (il a un skyblog).

Et justement, ce dernier se fait copieusement détruire la face par Thor, qui n’aime pas trop qu’on s’en prenne à ses copains. Et puis une bonne baston, quand on revit juste après une agonie, ça fait du bien. Allez, mes amis ! Il est temps de retourner sur Asgard pour corriger ce gros coquin de Loki, qui vient de tenter de tuer son propre frangin. Heeeiiimdall, ouvre le passage ! Houuu houuu ! Ouvre ! Allez ! Ho, pourquoi tu réponds pas ? C’est ta pause ? Heimdall, tu fais caca ?

Pauvre Thor & co : ils ignorent qu’Heimdall est toujours prisonnier de la glace que Loki lui a envoyé dans la face ; et dans le même temps, des géants de glace commencent à arriver à Asgard pour tuer Odin, aidés en cela par Loki qui leur a ouvert le Bifrost. Seulement voilà : c’est sans compter sur le fait qu’Heimdall aime pas trop qu’on se foute de lui : tout colère de voir des géants des glaces autour de lui (aucun d’entre eux ne pense à briser la glace pour le tuer), Heimdall brise donc la prison de gel qui l’enserre et commence à mouliner à l’épée sur tous les ennemis qui l’entourent, avant d’aller ouvrir l’accès du Bifrost à Thor et ses amis, pour qu’ils reviennent sauver Asgard. Ce qui est fait avec une célérité de bon aloi ; avant de quitter la Terre, Thor a juste expliqué à Jane qu’il reviendrait. Un peu comme dans "Je vais chercher des clopes, je reviens, je te donne mon 06 en revenant".

Mais dans le palais d’Asgard, les choses ont déjà atteint un niveau critique : les géants des glaces avancent sans rencontrer aucune résistance (ha ?! Où sont passés les centaines de gardes que l’on voyait au début lors du sacre de Thor ?), et arrivent bientôt à la chambre d’Odin ; là, le roi Jean-Jacques, après avoir écarté la reine Frigg, brandit un poignard de glace au-dessus du coeur de son vieil ennemi et…

Se ramasse une sorte de vieux laser dans la face qui le réduit en cendres :  Loki et son bâton magique viennent de sauver le roi ! La reine Frigg est si fière de son fils-mais-pas-vraiment-parce-qu’en-fait-on-t’a-trouvé. Thor arrive sur ces entrefaites, et explique aussitôt la terrible vérité à sa mère : Loki a tout monté lui-même ! C’est un traaaaaaaaaaître (oui, je sais, c’est répétitif. Je trouve aussi.) ! Un combat s’engage donc entre les deux frères, le gentil blond contre le méchant brun, mais rapidement, le dieu de la ruse parvient à fuir jusqu’au Bifrost, qu’il active, mais pas pour s’en servir, non : pour le laisser ouvert en direction de la planète des géants des glaces, et ainsi la détruire ! Ce qui fera de lui le Dieu qui a achevé l’oeuvre d’Odin en en finissant une bonne fois pour toutes avec les grands tout bleu (nooon, pas les Na’Vi, arrêtez avec ça). Car le véritable but de Loki, dixit lui-même, ce n’était pas de prendre la place d’Odin, qu’il comptait bien rendre mais… de montrer qu’il était aussi fort que Thor !

Moi aussi je fais cette tête pas du tout perverse quand je soulève un objet

Mais merde mec ? On t’as pas dit ? Vous avez tous des domaines différents ? T’es le plus rusé (officiellement) et le meilleur mage, et Thor, c’est pas vraiment le plus fin, alors t’étais déjà son égal. Et puis comme il était banni, tu étais même plus fort que lui, et ce, définitivement. En fait, tu aurais pas lancé ta machination pourrie, Thor restait banni, tu restais le seul fils d’Odin, le plus fidèle et le plus rusé (ce qui est bon pour un dirigeant, plutôt qu’un gros bourrin), et c’était dans la poche. Il suffisait de rien faire. Mais non : tu as voulu prouver que tu étais aussi con que Thor.

Mais même Thor ne peut se résoudre à voir de pauvres géants des glaces n’ayant rien fait, pépères, sur leur planète, être massacrés pour pas un rond (vous avez noté comme il est devenu gentil ?) : il doit donc interrompre le Bifrost, et il n’existe qu’une solution, vu que Loki l’a bloqué en utilisant le Coffret de Glace : le détruire. En quelques coups de marteau, c’est donc réglé, Thor détruit un pan du pont arc-en-ciel menant au Bifrost, et en coupe ainsi l’alimentation ; ce dernier s’effondre dans un terrible fracas, signifiant qu’Asgard n’a désormais plus moyen d’être relié aux autres mondes.

Mais hélas, tout ce bazar ouvre un petit trou noir non loin, qui commence à aspirer les débris du Bifrost, et les pauvres Thor et Loki qui étaient à côté ; alors qu’ils vont sombrer, ils sont heureusement rattrapés au dernier moment (what else ?) par Odin, qui s’est finalement réveillé (et bin, il aura pas été bien long ce sommeil, en fait ! Même pas une journée !). Ce dernier tient Thor, qui lui même tient le bâton magique (pas celui là, bande de pervers) de Loki, auquel ce dernier est accroché. Ce qui donne le droit à l’inévitable passage caricatural dans lequel Loki explique à nouveau qu’il voulait juste montrer à son père qu’il était au moins aussi bon que Thor (Mais ! Mais enfin, Thor était un gros con banni pour sa bêtise, pourquoi vouloir lui ressembler ?!), et qu’il a échoué. C’est donc forcément suivi du célèbre "Loki ! Accroche-toi ! *gros plan sur la main qui glisse* Loki, tiens bon ! *main qui glisse encore un peu* Loki ! *main qui lâche* Loki noooooooooooooooon !" , qui précède le moment où l’on voit Loki être aspiré par le trou noir et disparaître (oui, là aussi c’est très original, le passage où le méchant disparaît dans un truc auquel personne ne pourrait réchapper, mais où il sera impossible de retrouver son corps, histoire de pouvoir le faire revenir dans le 2).

Une fois qu’il a bien mangé du Loki, le trou noir se résorbe de lui-même, probablement pour aller digérer. Il y a cependant malgré tout une grande fête à Asgard, pour célébrer le retour de Thor et le réveil d’Odin ; mais Thor n’est pas d’humeur pour deux raisons : il a tout de même perdu son frère, et surtout, il a coupé le seul accès vers l’extérieur qui lui aurait permis de retourner voir Jane. Il est donc tout dépressif (ce qui doit faire plaisir à Sif qui, je le rappelle, est sa femme). Son père Odin tente bien de lui remonter le moral en lui disant qu’il fera un roi formidable (hohoho), mais Thor répond qu’il n’y a pas meilleur roi qu’Odin (hahaha, cf début du film). Mais ce qui fait vraiment plaisir à Thor, c’est d’aller voir Heimdall, qui peut tout voir, et donc peut lui dire ce que fait Jane ("Raconte moi Jane sous la douche !"). Ouais, Thor. En même temps, Odin et Heimdall sont deux enfoirés : Loki a expliqué lorsqu’il a gelé le plus noir des dieux vikings, qu’il avait pu faire rentrer les géants des glaces discrètement dans l’armurerie en utilisant d’autres passages que le Bifrost. Le genre qu’Odin doit connaître, vu qu’il a un peu fait construire le coin lui-même. Mais ni Heimdall ni Odin ne trouvent intelligent de dire à Thor qu’il peut aller voir Jane en utilisant l’un de ces passages. Quelle bande de chacals.

De son côté, sur Terre, Jane Foster a bien senti que le contact avec Asgard avait été rompu ; il ne lui reste qu’une solution pour revoir son beau blond : poursuivre ses recherches pour trouver un nouvel accès au monde de Thor (oui, elle, elle pense à chercher : lui, même pas), et pouvoir couchailler avec comme il se doit. Elle et son équipe repartent donc vers le désert dans leur camionnette moisie et…

FIN !

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Quelques jours plus tard, Paris, France

"Bonsoir Kamel.
- Bonsoir Michel !
- Alors Kamel, on peut dire que ça marche plutôt bien pour vous : vos dernières productions ont été de vrais succès.
- Oui, il faut dire qu’il y a un vrai travail artistique derrière. Chant, danse, décors… on est tous à fond pour donner ce qu’on a de meilleur. Et puis on fait appel à de jeunes talents prometteurs pour écrire des chansons à textes qui donnent envie. J’ai un vrai besoin de créer des spectacles généreux.
- Effectivement, on a vu un extrait de votre dernier spectacle, Dracula, formidable. Pour vous, c’est quoi la prochaine marche ? 
- Je pense continuer dans cette voie avec un nouveau projet. 
- Ah ! Pourriez-vous nous en dire plus ?
- Aaah, Michel, je ne sais pas…
- Allez !
- Bon, si Ariane le demande…  en fait j’aimerais faire quelque chose sur la mythologie nordique. Des dieux, des passions, des conflits… ça me parait génial à mettre en scène, je m’y suis plongé, là, et je n’en sors plus ! C’est incroyable comme c’est prenant ! Alors le titre ce serait : "Asgard, des dieux et des c(h)oeurs"

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Dehors, quelques nuages sombres arrivèrent au-dessus de Paris.

"Aaah ! Oui, bien ! Et quel esprit, alors, Kamel ? Plutôt rock ?
- Là je travaille sur le premier single, que je vois plutôt pop, ça donne… attendez… je chante très mal…
- Ha ha !
- "En Scande… Inavie ! On scande… pour la vie !" Voyez l’esprit ? 
- Ça a l’air super Kamel. "

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Dans les cieux de la capitale, le soleil couchant avait presque totalement disparu, étouffé par une imposante masse de nuages noirs.

"Et niveau casting ?
- Bin c’est assez difficile… j’ai des idées mais, il faut trouver des personnalités qui collent vraiment avec les dieux. Par exemple, pour le Dieu du Savoir, Odin, je voulais quelqu’un de posé et de charismatique, alors j’ai demandé à Patrick Fiori, qui a tout de suite accepté en lisant son rôle."

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La pluie commença à tomber. Doucement, puis assez brutalement, à seaux.

"D’accord ! Et pour Thor ?
- J’ai pensé à Steevy Boulay".

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Dehors, le tonnerre se mit à gronder.

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