Ah, Percy Jackson !

Pour ceux qui auraient raté le précédent article sur le sujet, en même temps, c’était en 2010 (oui, vous étiez jeunes en ce temps là), une petite séance de rattrapage s’impose. Et comme j’entends déjà les plus fainéants d’entre vous se rouler par terre en arguant que non, ils ne veulent pas se taper un pavé entier pour savoir ce qu’il s’est passé dans l’épisode précédent, permettez-moi dans mon incommensurable bonté de vous résumer celui-ci de manière vaguement plus synthétique qu’à l’accoutumée. Et d’en remettre une couche sur ce qui fait tout le sel de la saga Percy Jackson, à savoir une telle resucée de Harry Potter que Quentin Tarantino pourrait l’avoir signée.

Vous en doutez ? Mécréants. Lisez plutôt le pitch :

Percy Jackson est un enfant malheureux et maltraité. Un jour, un étrange monsieur barbu (Chiron) vient lui annoncer qu’il ne sait pas tout sur ses véritables origines et qu’en réalité, il dispose de pouvoirs magiques puisqu’il est un « sang-mêlé » (oui, même le terme de « demi-dieu », puisqu’il est fils de Poséidon et d’une humaine, a été changé pour sonner comme du Harry Potter).  Percy est donc envoyé dans une école où l’on apprend aux demi-dieux à maîtriser leurs pouvoirs, école protégée du monde extérieur et des méchants par une immense barrière magique. Il y traînera avec son meilleur ami, le maladroit Grover, ainsi qu’Annabeth, la Mademoiselle Je-sais-tout locale. Cependant, il s’y fera aussi un rival, Luke, un blond aux cheveux plein de gel qui a pour armoiries des serpents (puisque fils d’Hermès). 

Et comme indiqué dans le précédent spoiler, chaque livre de la saga originale représente une année dans cette école mystérieuse.

Vous avez saisi le concept ? Bien, alors résumons l’épisode précédent.

Zeus est grognon : quelqu’un lui a tiré son foudre. Après avoir accusé les gitans, Zeus décide de pointer du doigt le seul fils de Poséidon : Percy Jackson, quand bien même celui-ci n’est même pas au courant de l’existence des dieux grecs.  Dans le bordel général qui s’ensuit, Percy découvre ses véritables origines, se rend compte que tiens, ce gros bâtard de Luke est peut-être derrière le vol puisqu’il n’est jamais que le fils du dieu des voleurs (entre autres), et après moult aventures pour retrouver l’objet volé durant lesquelles il décapitera la méduse, ira jusqu’aux enfers (qui se trouvent sous Hollywood, c’est pertinent) et défiera Hadès lui-même, Percy retrouve le foudre, colle sa tannée à Luke, sauve l’Olympe (qui est sur l’Empire State Building, sic) et peut rentrer chez lui faire la fête en se saoulant au Sirop Sport.

Pendant que notre héros célèbre sa victoire et que les avocats de J.K Rowling se roulent par terre dans leur bureau, allons donc nous intéresser à la suite des aventures de notre demi-dieu préféré : spoilons, mes bons !

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L’affiche : deux tiers occupés par des flammes/explosions, c’est une sorte de messie des bouses.

Tout commence quatre année avant les événements que votre humble serviteur vient de vous conter, alors que quatre enfants courent à toutes jambes dans les bois en hurlant (nous sommes probablement dans l’Yonne) pour essayer d’atteindre le « camp des sang-mêlés » et y trouver la sécurité, auprès des leurs, quand bien même des demi-titans et autres créatures mythologiques n’aimant pas trop tout ce qui est de sang divin les coursent pour leur meuler la gueule. Oui, ils sont taquins. Nos 4 larrons sont : Annabeth, Luke, Grover et une certaine Thalia. La course-poursuite se déroule plutôt bien pour nos jeunes loulous, puisqu’ils parviennent à atteindre la porte du camp ou presque quand bien même leurs ennemis sont si loin qu’ils ne sont même pas en vue.

Sauf que Grover, qui rappelons-le, est mi-black mi-satyre (soit deux fois plus de plaisir) se vautre comme un gros étron en poussant des cris comme « Aïe aïe ouïe, je m’ai fait malheuuuu ! Sachant que je peux encore sautiller, comment va-t-on atteindre cette porte, qui est à seulement 5 mètres de nous et que nos ennemis sont encore loin ?« . Excellente question Grover, mais ne t’inquiète pas, Thalia a la réponse :

« Ne vous inquiétez pas, je vais les retenir ! » s’exclame-t-elle en brandissant un canif.

Alors que nous n’en sommes qu’à 2 minutes de film et que déjà, tout le monde dans la salle se regarde en se demandant pourquoi ces andouilles ne passent pas juste la porte du camp qui est juste derrière-eux, et à quoi rime cette séquence moisie, l’inévitable arrive : des cyclopes se pointent et pètent la margoulette à Thalia, pendant que ses amis, les yeux embués de larmes, s’enfuient en passant la porte du camp des sang-mêlé qui était donc juste à côté, en hurlant des choses comme « Naooooon, Thaliaaaa !« , « Hooo c’est trop triiiiiste ! » ou « Si seulement elle n’avait pas été intellectuellement plus proche de l’endive que de l’être humaiiiiiin !« .

Sauf que Thalia n’était pas n’importe qui : c’était la fille de Zeus. Aussi pendant qu’elle agonisait sur le sol moussu de la forêt jolie, son divin père décida de lui donner une chance de continuer à vivre sous une autre forme : non pas celle d’asticots, hélas, non ; il transforma plutôt son corps en bois, et de celui-ci naquit un immense arbre magique capable de générer un bouclier empêchant tout ennemi des sang-mêlés d’entrer dans le camp de ceux-ci. Ainsi naissait la plus grande protection du camp qui…

Hopopop, attendez ! Qu’est-ce que c’est que ces carabistouilles ?

Vous voulez dire que jusqu’à il y a 4 ans, il n’y avait aucune barrière de protection au camp des demi-dieux ? Alors expliquez-moi :

  • Pourquoi nos héros pensaient être en sécurité simplement en passant la porte du camp si elle n’avait aucune protection ?
  • Pourquoi n’y avait-il pas de gardes autour du camp si on peut y entrer comme dans un moulin ?
  • Pourquoi personne n’a-t-il simplement pensé à escorter les nouveaux élèves lorsqu’ils venaient au camp depuis des siècles ?

Non parce que du coup, à la place des méchants, personnellement j’aurais miné les bois pour commencer. Ça aurait rendu l’arrivée des nouveaux élèves un poil plus spectaculaire (une sorte de Poudlard Afghan), mais bon. Ça ou un peu de napalm sur la clairière où ils campent, nul doute que les experts auraient été bien étonnés en retrouvant du satyre calciné répandu sur 150 mètres sur les lieux du crime.

Bref.

Revenons à nos jours, alors que Percy Jackson est occupé avec ses amis demi-dieux à pratiquer quelque olympiade dans leur camp. Enfin je dis olympiade : ça ressemble quand même plus à Intervilles qu’autre chose, mais bon. Pour être tout à fait exact, une sorte de grosse structure en bois pleine d’obstacles tourne au milieu du camp, et moult demi-dieux tentent de l’escalader pour atteindre son sommet en se battant entre eux ; le premier qui attrapera le disque accroché tout en haut de la structure aura gagné et pourra faire ce que tout bon vainqueur fait : narguer ses adversaires, expliquer que tout ça, c’est du talent, voire utiliser son dictionnaire des insultes homophobes pour qualifier la performance de ses petits camarades.

Percy, fils de Poséidon, a sur cette épreuve une principale concurrente : Clarisse, fille d’Arès, le dieu de la guerre. Mais cette dernière restant une femelle avant tout, c’est fort logiquement qu’elle se fait griller la politesse par Percy, qui atteint le sommet avant elle. Sauf qu’au moment où celui-ci va se saisir du disque de la victoire, il entend les cris d’un certain Jean-Jacques, qui s’est pris les pieds dans une échelle de corde au bas de la structure, et celle-ci tournant sur elle-même à environ 2 kilomètres heure, il est traîné sur le sol ce qui lui donne principalement l’air bête.

« Zut« , se dit Percy. « Soit je prend ce disque à 50 centimètres devant moi, l’épreuve s’achève, ce qui arrête en plus la structure de tourner, et du coup je sauve Jean-Jacques et j’ai gagné, soit je fait des pirouettes dans tous les sens avant d’essayer de décrocher le malheureux qui n’est même pas en danger à la volée, le tout pendant que la structure tourne encore, ce qui veut dire que Jean-Jacques va avoir l’air bête durant un peu plus longtemps, et en plus je perds. » utilisant ses neurones d’être mi-homme mi-crustacé, Percy décide donc de prendre la seconde option, et va donc sauver Jean-Jacques d’un non-danger.

Clarisse profite donc de la chose pour reprendre l’avantage et aller gagner l’épreuve.

Percy va donc bouder dans son coin, parce qu’il avait déjà pensé à plein d’insultes homophobes à balancer du haut de sa victoire, mais que là du coup, c’est râpé. Ses amis Annabeth, fille d’Athéna, et Grover le satyre viennent donc lui remonter le moral, même s’il est vrai que sur toutes les dernières épreuves et jeux du camp des sang-mêlés, Percy est toujours arrivé second derrière Clarisse. Il est donc un peu dég’, et commence à se poser des questions (mes lectrices seront heureuses d’apprendre que, non, une femme ne peut pas être tout simplement meilleure qu’un homme : c’est forcément qu’il y a un problème quelque part. J’approuve complètement ce message, bien évidemment). Il va donc trouver l’étendue d’eau la plus proche, et plutôt que de s’y jeter avec un gros cailloux en pendentif, au grand désarroi des gens de goût, il décide de se lancer dans un long monologue en espérant que Poséidon l’entende.

« Les gars ? Qui a laissé Percy tout seul ? Vous savez bien qu’il est un peu con, il est persuadé que Poséidon est le dieu de toutes les eaux, et non des mers et des océans. Tu m’étonnes que son papounet réponde pas : l’autre jour, il soliloquait devant les waters. »

J’essaie de vous synthétiser son passionnant propos :

« S’trop nul, je me fais battre par Clarisse alors que je pensais être plus important qu’un vulgaire personnage secondaire sans même un kiki, si ça se trouve, j’ai sauvé l’Olympe dans le film précédent que parce que j’ai eu du bol, Tu sais quoi Poséidon ? On va faire comme dans toutes les bouses : après le premier film où je découvre mes pouvoirs, le second film est basé sur mes doutes, d’accord ?« 

Sauf que Poséidon ne répond pas. Percy grommelle donc que c’est trop injuste, et ne remarque même pas, sitôt qu’il a tourné le dos à l’étendue d’eau voisine, l’onde claire s’agiter brièvement, signe soit que Poséidon l’a entendu, soit qu’une truite vient de faire une soirée fajitas. Personnellement, j’ai déjà choisi mon camp.

Quelques temps plus tard, donc, alors que Percy continue d’être moqué par Clarisse et que Dionysos, le crypto-directeur du camp, lui file toutes les tâches ingrates comme passer le rateau ou lire le scénario de ce film, un événement inattendu se produit. A savoir que Dionysos et Chiron le centaure (qui était Pierce Brosnan dans le précédent film mais est désormais incarné par celui que les plus vieux reconnaîtront comme étant Giles de Buffy contre les vampires – si les mots « trilogie du samedi » vous disent quelque chose, c’est que vous commencez sérieusement à vous fripper) convoquent Percy à leur maisonnette pour lui annoncer une chose incroyable :

Percy a un demi-frère. Et celui-ci vient d’arriver au camp.

« C’est pas banal mon bon Percy. Non parce que des enfants des trois dieux principaux, à savoir Zeus, Poséidon et Hadès, il n’y en a pas des masses. En fait, il n’y a plus que toi. Et puis en plus, ton frangin, c’est le fils d’un dieu et d’une nymphe, c’est donc… UN CYCLOPE !« 

Et en effet, s’écartant, Chiron et Dionysos laissent apparaître un adolescent avec un œil unique.

« RON ! » s’exclament donc en chœur tous les spectateurs en voyant arriver un adolescent grand, benêt, maladroit, vaguement roux, mal habillé et qui va devenir le meilleur ami de Percy. Le réalisateur étant allé jusqu’à maquiller l’acteur pour lui donner un petit quelque chose de l’interprète du célèbre Wesley, j’imagine que chez les avocats de J.K Rowling, on sortait la caisse de champagne avec son slip sur la tête à ce stade. Mais non, non.  Il ne s’appelle pas vraiment Ron, ça se verrait quand même : puisque Percy rime avec Harry, mais c’est une coïncidence, sachez que le nouveau venu aux cheveux vaguement de feu s’appelle… Tyson.

Oui hein ? Ça s’appelle : le pouvoir de l’imagination.

Bref. Alors que tout ce petit monde prend un peu de temps pour faire connaissance, et que l’on découvre qu’Annabeth n’aime pas vraiment les cyclopes, obligeant Tyson à porter des lunettes de soleil pour camoufler sa choquante différence (qu’est-ce que ce serait si elle ne vivait pas dans un monde rempli d’être mythiques), un autre événement inattendu se produit bien vite. A savoir que le camp est remué par de terribles secousses, et on entend des chocs sourds : quelque chose est en train de s’attaquer à la barrière magique ! Vite, tous les larrons du camp se dirigent vers l’origine du bruit, mais sans armes des fois que ce soit juste un type qui fasse ça pour rigoler, et à leur grande surprise… la barrière se brise, et un immense taureau d’airain apparaît, galopant dans leur direction avec des intentions vaguement hostiles !

Chacun y va donc de sa petite acrobatie pour essayer d’éviter le taureau et/ou d’attirer son attention pour le détourner d’une cible trop facile, mais même les armes ne parviennent pas à venir à bout de la bête, tout ricoche sur sa carapace ! La bête crache le feu, fait sortir de la vapeur de ses naseaux, semble mue par une quelconque fournaise abritée dans ses flancs… ah, quel terrible ennemi ! Si seulement il y avait parmi les héros du camp, je ne sais pas moi, un fils de Poséidon et une immense étendue d’eau juste à côté histoire d’envoyer quelques milliers de litres sur le bestiau et éteindre ses ardeurs !

Mais non, c’est vrai que c’était un peu compliqué comme idée. Faisons plutôt du rien. Des fois que le taureau meure d’ennui, allez savoir.

Ça tombe bien, puisque de son côté, le taureau fait n’importe quoi : des fois il peut briser des murs, des fois non, ça dépend si ça arrange le script ou pas, il fait jaillir des pointes de ses cornes pour un oui ou pour un non, mais quand on lui attrape et que ça pourrait servir à arracher les mains du mécréant qui tente ainsi de se saisir de lui, il ne le fait pas, etc. Bref, c’est une quiche d’airain. Tant et si bien que poursuivant ce galopin de Percy Jackson dans un endroit à l’écart (tout le reste du camp n’a alors plus aucun intérêt pour la question, et se contente de partir à la cueillette aux champignons, seul notre héros s’intéresse encore au taureau, je ne rigole pas, tous les autres personnages disparaissent et/ou passent à autre chose), l’animal finit par commettre une terrible erreur : il ouvre grand la gueule, offrant ainsi au fils de Poséidon la possibilité de lui balancer dans la margoulette sa meilleure arme : son stylo qui peut se transformer en épée (cadeau de son papounet dans l’épisode précédent). Le taureau avale donc le Bic, et celui-ci se transformant soudainement en puissante lame dans ses entrailles, il brise ce qui lui sert de cœur, provoquant une série de convulsions chez la bête, le tout suivi d’une puissante explosion, mais pas trop quand même, faudrait pas que notre héros situé à 2 mètres douille.

Et en effet, il s’en tire bien, merci. C’est sympa de vous inquiéter.

Le taureau le moins aimé de l’histoire du cinéma : avant même que ne se termine la scène où il apparaît, les personnages n’en ont déjà plus rien à faire.

Sauf qu’alors qu’il gît à terre, Percy entend un rire maléfique – comprendre digne de Cauet – résonner autour de lui. Ouvrant péniblement les yeux, il aperçoit alors… Luke !

« Hahaha, Percy Jackson ! Tu as vaincu mon taureau… mais pas moi !
- Mais, c’est impossible, je t’ai noyé à la fin du un et on a jamais retrouvé ton corps !
- Oui, c’est fou comme les gens dont on ne retrouve jamais le corps on une fâcheuse tendance à revenir, tu ne trouves pas ? 
- C’est vrai que j’ai comme une impression de déjà vu. Mais au fait, tu veux quoi ?
- Juste te dire… que l’on te manipulait, Percy Jackson ! Tu ne connais pas la prophétie à ton sujet ? Ton ami Chiron te ment ! Il se sert de toi comme un pion ! Suis-moi, et comme d’autres sang-mêlés, tu te battras pour la liberté des nôtres au lieu de baisser la tête sous le joug des dieux tyrans !
- Okay mais quel rapport avec le fait d’envoyer un taureau d’airain essayer de tous nous tuer ?
- Ah ? Heu… kof kof kof… ho ! Je t’ai montré mon médaillon qui fait téléporteur ? Regarde : POUF ! »

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Et dans un nuage de fumée, Luke disparaît au grand étonnement de Percy. Damned, voilà un artefact fort pratique ! Est-ce que comme dans tous les films impliquant de la téléportation, cela va porter préjudice à l’intrigue ? Hmmm, comme tout cela est mystérieux !

Toujours est-il que pendant ce temps là, Chiron et les sang-mêlés du camp, totalement désintéressés par cette histoire de taureau tentant de tous les tuer, sont donc tranquillement allés à l’arbre de Thalia (et en marchant s’il-vous-plaît, rien ne presse, on les attaque juste) pour constater que si la barrière avait cédé, c’est parce que l’arbre a été empoisonné ! « Mais par qui donc ? » se demande Chiron, sans se dire que tiens, en fait, peut-être que ça aurait été intelligent de surveiller un minimum l’arbre, qui est un peu le cœur de toute la sécurité du camp, histoire d’éviter ce genre de soucis. Mais là encore, c’était un peu compliqué.

« Par Luke ! » s’exclame donc en retour Percy Jackson, surgissant de la foule des adolescents.

« Luke ? Le mauvais groupe ?
- Non Chiron ! Luke, le vilain fils d’Hermès de l’épisode précédent ! Il est de retour !
- Mais comment peux-tu le savoir ?
- Bin, je l’ai vu. Vous savez, en tuant le taureau d’airain, celui dont vous ne savez même pas qu’il est mort mais qui vous intéresse tellement peu que vous ne posez aucune question dessus. 
- Bon. Bin il n’empêche que de mon côté, il va falloir que je cherche un antidote pour Thalia…
- Une seconde Chiron ! Luke a parlé d’une prophétie à mon sujet !
- « Ce film sera nul à chier jusqu’au bout » ?
- Non, une autre !
- Hmmm… alors il t’en a parlé… je ne savais pas si tu étais prête à l’entendre mais… soit. »

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Chiron explique donc à notre héros que s’il le souhaite, il peut aller dans la petite maison au sein du camp où se trouve le bureau de Dionysos, et se rendre au grenier. Là, il aura des réponses.  Percy hésite un peu, parce que bon, hein, ça fait peur les greniers, mais comme c’est un ouf malade, il s’y rend. Et entre deux vieilles caisses de vaisselle, de fringues trop petites et de VHS (je vous rappelle que ces gens ont connu l’antiquité) de Xena la guerrière, il tombe nez à nez avec un vieux cadavre plutôt féminin qui s’anime à son approche et se présente comme… la Pythie de Delphes !

C’est rigolo, parce que moi je pensais que la Pythie de Delphes, elle était plutôt à Delphes, pas au fin fond d’une grenier américain. Mais bon, c’est comme l’Olympe qui n’est pas sur l’Olympe mais à New York, c’est du détail. Mais je trouve ça sympa de stocker des cadavres de femmes dans son grenier. C’est un peu mon antithèse : moi, elles sont vivantes et à la cave. C’est à cela que l’on reconnait les hommes de goût.

Bref, le cadavre au fumet de fromage se met à marmonner des choses mystérieuses comme « Tu veux une prophétie ? Pour savoir l’avenir, il faut connaître le passé » ou « Et s’il-te-plaît, vieux bulot ? Les jeunes n’ont plus de respect, petit con va. » Puis commence à raconter un peu ce que Percy devrait savoir, puisque bon, il passe ses journées dans un camp de demi-dieux grecs, mais comme tous les personnages de ce film, ses connaissances mythologiques sont proches du zéro absolu. Je ne sais pas ce qu’ils font de leurs journées, mais ça doit être intéressant.

Or donc, par le passé, Kronos, le père des dieux, dévora ses fils. Mais trois d’entre eux, Zeus, Poséidon et Hadès, lui claquèrent le museau et envoyèrent ses restes dans le monde souterrain du Tartare. Mais une prophétie raconte qu’un jour, Kronos se réveillera, et qu’un demi-dieu enfant de l’un des trois dieux aînés qui butèrent Kronos une première fois reviendra, et que de sa lame, il sauvera l’Olympe, ou au contraire, le mènera à sa perte, le tout avant son vingtième anniversaire.

« Intéressant. » se dit Percy. Avant d’ajouter « Mais attends, c’est pourri comme prophétie ! « Oui alors il y a quelqu’un, bon, on sait pas trop qui en fait, il va faire un truc. Mais on sait pas si ce sera en bien ou en mal. » Dis-donc mémé morte, tu te fous de ma gueule ? Rends-moi mon pognon !« .  Quoique, non, attendez j’ai peut-être fantasmé cette seconde partie : Percy étant un peu con, il trouve vraiment cette prophétie intéressante. Et va en parler au sage centaure Chiron. Qui se gratte le menton en prenant l’air pensif, avant de se rappeler que c’est peut-être pas la peine vu ses dialogues.

Un été sans brumisateur, et voilà ce qui arrive.

« Hmmm Percy… tu sais ce que cela veut dire ? Que tu es le héros de cette prophétie ! Puisque Zeus n’a plus d’enfants, pas plus qu’Hadès, et que tu es le seul fils et héritier de Poséidon !
- Bin… et Tyson, qu’on a rencontré il y a deux scènes de cela ? 
- … heu… attends, non, on en parle pas dans le script. Je vois pas.
- Bon bin faisons semblant de rien.
- Ouiiiii, Percy, tu es le seul fils de Poséidon, c’est donc toi le héros de la prophétie ! » 

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Quelle révélation, sachant qu’apparemment, même Luke semblait au courant de la prophétie et du fait qu’elle concernait Percy, puisqu’il lui a annoncé lui-même. Sinon, juste comme ça, c’est pas pour embêter mais : la prophétie ne donne pas de date. Du coup, pourquoi elle concernerait forcément des gens vivant en ce moment ? Après tout, les dieux étant immortels et visiblement fertiles, elle peut très bien concerner Gloubitz Jackson, bâtard divin qui naîtra dans 3 500 ans,

Mais non, personne n’y pense. C’est forcément un des demi-dieux actuels.

D’ailleurs, quitte à poser des questions sur l’avenir, je me serais inquiété d’autres problèmes si j’avais été l’un des demi-dieux locaux.

« Monsieur Chiron, je peux vous parler ?
- Oui, Odieux fils d’Odin ? Tu te plais ici ? Cet Erasmus entre panthéon polythéistes était vraiment une riche idée.
- Moui, mais bon, il y a un truc qui me titille.
- Ahaha, jeune garnement ! Tu veux savoir s’il existe des juments chez les centaures, c’est ça ?
- Non, c’est bon, je suis déjà au courant pour Sarah Jessica Parker. Non, je me demandais : pourquoi on ne parle jamais de demi-dieux adultes ? Non parce que vous nous rabattez les oreilles avec Percy Jackson et ses copains, mais une fois qu’ils sont un peu âgés, ils font quoi, les demi-dieux ? Parce qu’il n’y a pas un seul adulte sur le camp, mine de rien.
- Heu… hem je… heu… hé bien ils vont dans… dans une ferme ? Mais loin, trèèèèès loin, on ne peut pas aller les voir, pfoulala. Mais ils sont heureux là-bas, hein ? 
- Je sais pas. J’ai l’impression que vous me prenez pour un con. Un tout petit peu.
- Hohoho je… bon, je dois y aller d’accord ?. »

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Laissons de côté ces questions sans grand intérêt, puisque visiblement ça n’intéresse personne, pour nous tourner vers ce qu’il se passe au sein du camp : Annabeth, inquiète des événements en train de se dérouler, a fait des recherches sur son iPad (probablement même sur Twitter, histoire d’avoir les infos les plus foireuses du net) et découvert que le seul moyen de sauver l’arbre de Thalia qui est en train de mourir du poison, et donc de rétablir la barrière autour du camp, est de trouver la toison d’or, mythique relique permettant de guérir et ressusciter tout et tout le monde. Elle va donc expliquer la chose à Dionysos, qui pense qu’en effet, c’est une solution plus efficace que d’attendre un hypothétique remède produit par Chiron. Il fait donc réunir tous les jeunes du camp dans le petit amphithéâtre local, et leur explique la situation en quelques mots.

« Sang-mêlés ! Nous sommes tous en danger, maintenant que la barrière qui protégeait notre camp est tombée ! Nous devons agir… ou risquer l’extermination ! 
- Oui mais comment on a fait jusqu’à il y a 4 ans ? Parce qu’on survivait sans la barrière, jusqu’alors, non ? 
- Lalala, je n’entends rien ! Bref, comme je vous le disais, nous risquons la destruction totale ! Sauf si nous trouvons la toison d’or, capable de soigner l’arbre de Thalia ! J’ai donc décidé…
- … qu’on y allait tous histoire de maximiser nos chances de réussite ?
- Non ! Ce serait intelligent ! Je propose donc de n’envoyer qu’une minuscule équipe, pendant que tous les autres se tripotent au camp ! C’est pas une super idée ?
- Non. 
- Rabat-joie ! Je propose donc d’envoyer… DEUX PERSONNES ! Soit l’effectif minimum ! Et j’ai choisi pour ce faire Bob le satyre, et Clarisse la fille du dieu de la guerre ! Voilà, c’est votre quête, réussissez-là, bon courage ! Les autres, demain, c’est atelier pâte-à-sel, bonne nuit ! »

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Et c’est donc sur ce consternant discours, malgré tout ovationné par le public, que deux champions partent donc sauver les leurs.

Sauf que Percy Jackson est un peu jaloux : c’est lui le héros, normalement, crotte de bique ! Et puis la prophétie, tout ça… nan, il sent que cette mission est pour lui ! Il va pas se laisser doubler par une vulgaire greluche, sacrebleu ! Il va donc trouver ses amis Grover et Annabeth et leur propose donc de partir à la recherche de la toison d’or eux aussi.  Tous les trois filent donc dans la nuit hors du camp, en essayant de pas se faire chopper par les patrouilles de sang-mêlés, qui n’ont pas besoin de savoir qu’un autre groupe part concurrencer Clarisse et Bob.

Sauf que Tyson, en boulet du groupe, arrive en courant derrière eux et pourrit leur mission d’exfiltration ninja en faisant un bruit incroyable avec son sac à dos. Toutes les troupes de gardes alentours les repèrent donc ainsi qu’un monstre que l’on voit traîner dans le coin et qui… heu… non, en fait rien.

Non non, vraiment : dans un plan on voit qu’un gros monstre rode à 15 mètres de tous les sang-mêlés, et ensuite on en parle plus.

C’était vraiment très intéressant. Vous me rappelez l’intérêt de la chose à part appuyer une incohérence ?

Bref, après avoir sorti une excuse débile aux gardes locaux comme « Heuuu… non mais en fait… c’est normal qu’on parte du camp parce que… nous aussi on… on monte la garde », le tout en expliquant la chose sans la moindre arme à la main pour être crédible, nos héros filent dans les bois avant de s’arrêter parce qu’Annabeth a un problème. Un problème d’environ 1 mètre 90 et avec un œil unique : elle ne veut pas d’un cyclope dans le groupe. Elle ne précise pas pourquoi, mais elle déteste les cyclopes (même si le spectateur a quand même sa petite idée sur la question). Percy insiste donc en disant que bon, quand même, c’est son demi-frère, et Grover lui argue que jusqu’ici, tous les satyres qui ont recherché la toison d’or (car ils sont naturellement attirés par elle, d’où le fait que Clarisse soit elle aussi partie avec un satyre pour lui servir de guide) sont morts, probablement tués par Polyphème, le cyclope la gardant. Du coup , un cyclope dans sa propre équipe pour faire de la diplomatie, ça parait intéressant. Annabeth grommelle un peu, puis accepte.

Dans cette scène, la réalisation a tout simplement oublié de donner ses pattes de bouc au satyre. Après tout, ce n’est que l’un des trois personnages principaux, on oublie vite.

« Mais avant, nous devons faire quelque chose… Tyson, tu dois… attends, j’ai un objet super rare, qui coûte super cher, que je ne prévoyais d’utiliser qu’en cas d’extrême-urgence… et c’est une extrême-urgence… voilà, du brouillard magique en flacon ! Tu t’en mets un peu sur le visage et ça donne l’air normal à ce qui ne l’est pas. » Aussitôt que le garçon s’est appliqué un peu de la chose, son visage change : il parait avoir deux yeux, parfait !

Tout de même, deux choses :

  • Vous étiez seuls, entre vous et au fond des bois : je ne vois pas où était l’urgence. Ni l’intérêt, en fait.
  • Juste pour rigoler, j’en aurais mis un peu sur Grover. Voir si ça le changeait en blanc. Histoire de tester le concept de « normalité » grec.

Racisme mis à part, et bien que ce concept m’inspire quantité d’idées (quid d’asperger un frère Bogdanov ? Un ornithorynque ? Jane Birkin ?), nos héros reprennent la route. Et commencent à se poser des questions : au fait, où faut-il aller ? Hé bien c’est simple : la toison d’or se trouve au cœur de la « mer des monstres« , plus connue chez les humains comme « le triangle des Bermudes » (oui, Polyphème vivait en fait au large des côtes américaines, on peut dire qu’Ulysse s’est vraiment bien paumé en rentrant à Ithaque, qui était probablement Cuba, en fait). Il faut donc aller en Floride, et vite, histoire de s’élancer de là… mais comment ? Annabeth râle donc dans le vide.

« Maintenant qu’on a un clone de Ron dans l’équipe, tout ce qu’il nous manque, c’est un truc comme la voiture volante des Wesley ou le Magicobus. 
- Nan mais arrête Annabeth, on a déjà tellement pompé jusqu’ici qu’on a même attiré l’attention d’un ex-directeur du FMI.
- Oui, mais justement : on a plus rien à perdre, pas vrai ? Alors c’est parti : ouhouuuuu voiture magiiiiiiique ! »

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A peine notre héroïne a-t-elle poussé ce cri laissant les spectateurs plus que dubitatifs, certains étant morts de honte à ce stade, qu’entre les arbres apparaissent deux phares, une voiture volante bien pourrie arrivant à folle allure, le tout en prenant des trajectoires approximatives  et en se divisant en deux pour éviter certains obstacles. Du jamais vu on vous dit. Il s’agit d’un taxi enchanté conduit par… les trois Grées ! Trois vieilles femmes aveugles ne se partageant qu’un seul oeil, et qui n’ont aucune raison de servir de taxi, mais de vous à moi, est-ce que nous-même avons une raison de suivre ce film ? En échange de quelques drachmes, elles se proposent donc d’emmener nos héros en Floride. Et se lancent donc dans une série d’acrobaties en voiture qui se veulent spectaculaires et drôles, mais le sont à peu près autant qu’une soirée cabaret de Pouf le cascadeur. Durant le voyage, cependant, Percy suite à diverses aventures se retrouve avec leur œil entre les mains, et plutôt que de faire des blagues avec (le nul), n’accepte de leur rendre qu’en échange d’une information supplémentaire sur la prophétie qui le concerne, et que visiblement, elles connaissent. Elles ricanent et s’accordent pour ne lui donner qu’un indice : quatre nombres. Cela fait, et découvrant que leurs passagers n’ont en fait pas assez de drachmes pour la course, les Grées larguent nos loulous… à Washington.

« Cacaboudin ! » s’exclament donc nos héros, bien loin de leur destination. Mais, tant pis : autant reprendre la route avec les moyens du bord, à savoir les petits pieds. Sauf qu’au détour d’une ruelle, nos valeureux héros se font agresser… par trois autres sang-mêlés ! Qui commencent à distribuer des coups de tatane avant de se saisir de Grover… et d’utiliser un médaillon de téléportation pour se barrer loin de là sans que ses amis ne puissent le sauver ! « Double cacaboudin !« , ajoutent donc nos héros, bien ennuyés par la tournure des événements, et sans se demander comment les méchants on pu les retrouver, sachant qu’ils venaient de se faire larguer à un endroit imprévu par les Grées, donc impossible à connaître.  « Sûrement des alliés de Luke« , constate intelligemment Percy en ignorant les trous gros comme des Twingo dans le scénario.  « Si on veut retrouver Grover, notre seul guide vers la toison et néanmoins ami, il faudrait retrouver Luke… autant dire que c’est fichu ! » complète-t-il rapidement, avant qu’Annabeth ne l’interrompe. Elle a une idée.

Hoooo. Une idée. Comme vous y allez.

« Oui, allons chez UPS ! Car ce film n’est pas du tout sponsorisé, et je tenais à dire qu’UPS est dirigé par Hermès lui-même !« . Pas de problème, ça tombe bien : il y a un UPS à 50 mètres d’eux, et surtout, il est tenu non pas par un vulgaire sous-fifre d’Hermès, mais par le dieu des messagers en personne. Une chance pareille, c’est formidable tout de même. Et mieux encore, Hermès est un garçon des plus compréhensif.

« M’sieur Hermès, M’sieur Hermès ! Vous sauriez où est votre fils ?
- Ça dépend, c’est pourquoi ?
- C’est pour lui péter la gueule.
- Pas de problème : je vais demander aux deux serpents de mon Caducée qui font des blagues relou de faire une recherche sur Luke. 
- Super, merci M’sieur Hermès !
- Accessoirement, je vais vous donner deux cadeaux : une bombe contenant tous les vents de la Terre. Je l’ai appelée « La Misou-Misou »
- …
- Je… hem. Et je vais aussi vous donner une rouleau de ruban adhésif qui, s’il entoure un objet, le fait disparaître ! Idéal pour les soirées bondage qui tournent mal.
- D’accord, mais pourquoi vous nous donnez tout ça ? Je veux dire : vous auriez pas plutôt de objets utiles dans ce genre de mission, comme des gilets en kevlar ou des grenades lacrymogènes ? Ou même une balise GPS, je sais pas ?
- Hohoho je… non. Je ne sais même pas pourquoi je vous file tout ça. En attendant, tenez, mes serpents ont trouvé des  infos : mon fils attend tranquillement sur un yacht au large de la Floride, le  Bad Boys Boat.
- Très bien, on y va alors.
- Pensez à dire à mon fils de ma part qu’être méchant, c’est pas bien. Et pour le reste, Je propose de faire une ellipse pour que vous arriviez plus vite à destination sans explication.
- Très bien ! »

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Après « Mon fils a failli déclencher une guerre divine dans le volume précédent », retrouvez Hermès dans « Mon fils veut commettre un génocide contre tous ceux de sang divin ». Et comme toujours, notez comme il s’en fout et laisse Percy Jackson se démerder.

Et en effet, une ellipse plus tard, nos amis bloqués à Washington se retrouvent sur la côte est (non, vraiment, laissez tomber), prêts à poursuivre leur formidable quête pour sauver Grover, qui lui-même pourra les mener jusqu’à la toison d’or grâce à ses grands pouvoirs de satyre. En même temps, s’il s’agit juste de trouver un mec qui peut renifler l’or à des kilomètres, il suffisait de prendre un j… heu, l’oncle Picsou, L’oncle Picsou, bien sûr. Hem. Toujours est-il qu’en effet, au large de la côte, on peut voir le Bad Boys Boat, attendant tranquillement on ne sait quoi. Probablement les héros. Enfin, moi je dis ça, hein. Mais c’est vrai que c’est une bonne cachette, la mer, quand on essaie d’échapper au fils de Poséidon. Bref.

Nos héros sont bien embêtés : comment se rendre jusqu’au navire ennemi ? Si seulement l’un d’entre eux était capable de contrôler les flots, ça serait pratique, mais après tout, ils ne sont que deux enfants de Poséidon sur trois membres de l’équipe, alors bon, hein, c’est quand même pas d’bol. Non, à la place, Tyson se rend au bord de l’eau et prie Poséidon de les aider à se rendre jusqu’au yacht. Percy a à peine dit « Laisse tomber, papounet répond jamais quand je lui parle, il nous snobe. »  que déjà, l’eau s’agite un peu et qu’en sort… un hippocampe ! « Rhooo, le chouchou ! » grogne Percy en contemplant le résultat de la demande de piston, un animal grand format de la mythologie, pas un hippocampe d’aquarium, et surtout complètement arc-en-ciel, ce qui ne fait pas trop sérieux quand on veut aller tabasser des gens mais puisqu’il n’y a pas vraiment de possibilité de choisir le coloris de sa monture, tant pis : autant la chevaucher, et en avant droit vers le yacht.

Sinon, sachant qu’on était sur un bord de mer urbanisé, ça va les enfants ? Pas trop de soucis avec les 2 058 témoins qui ont vu trois adolescents invoquer une créature mythologique avant de foncer vers un yacht amarré ? Et ne me faites pas le coup du « Non mais les humains ne peuvent pas voir les créatures fantastiques » puisque :

A) Si, puisqu’aux dernières nouvelles, les gens voient très bien Tyson, qui est pourtant un cyclope. Tellement qu’Annabeth veut qu’il se mette du brouillard magique sur la gueule pour ne pas choquer le quidam.

B) Quand bien même, j’imagine que voir trois merdeux chevaucher du rien avant de se lancer à folle allure à l’assaut de l’océan, ça éveille quand même quelques suspicions.

Mais bon, c’est sûrement un détail, une fois encore.

En tout cas, la monture de nos amis les emmène à bon port, et leur permet de monter à bord du yacht sans déclencher l’alarme. Du moins, dans un premier temps, car bien vite, ils s’aperçoivent que l’endroit est peuplé non seulement de Luke, mais aussi de ses amis ayant kidnappé Grover, ainsi que d’une paire de gros bras et même d’une manticore. Autant dire qu’une fois tout ce petit monde au courant de la présence de nos héros à bord, la résistance ne fait pas long feu. Luke peut donc triompher en bon gros méchant (vous ai-je dit que lui et tous ses amis méchants s’habillaient en noir pour bien insister, quand les vêtements de nos héros sont multicolores, voire Quadricolor ?) et patrouiller sur le pont de son luxueux navire en contemplant ses prisonniers pour leur faire l’un de ses discours dont vous avez le secret.

« Hahaha ! Percy Jackson et ses amis ringards ! Alors les amis, vous veniez tenter de m’arrêter ?
- Dis-nous plutôt où est Grover ! Et pourquoi tu l’as kidnappé !
- Ah, Percy Jackson… tu es à la hauteur de ta réputation de créature mi-homme mi-bigorneau ! Ecoute plutôt : j’ai kidnappé Grover car moi aussi je cherche la toison d’or… et il me fallait un satyre pour la trouver ! Alors j’ai envoyé ton ami au nom ridicule avec quelques-uns de mes meilleurs hommes pour aller chercher le précieux artefact.
- Mais que veux-tu en faire ?
- Crois-tu que tu es le seul à avoir quelqu’un à sauver ? Moi, j’ai quelqu’un à ressusciter !
- Jésus ?
- Idiot ! Quelqu’un de bien plus important !
- On avait dit qu’on laissait Claude-François là où il était ! »

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Bien décidé à appuyer son propos d’un geste théâtral, Luke retire une toile d’un gros objet, et révèle… le sarcophage de Kronos !

« Ah ! Kronos ! Il a juré vengeance contre les dieux, et je la lui donnerai ! Et il fera de moi et des miens des sang-mêlés libre, sans dieux pour les commander !
- Arrête, tu es fou Luke ! Et puis sache que ton papa Hermès nous a dit de te dire que tu devais arrêter d’être méchant, car être méchant, c’est mal !
- ET POURQUOI IL VIENT PAS ME LE DIRE EN FACE D’ABORD ?
- Hooou, toi, tu as de grosses daddy issues.
- MÊME PAS VRAI !
- D’ailleurs, excuse-moi mais, est-ce que ton plan repose entièrement sur le fait qu’un titan plurimillénaire en colère s’allie à des adolescents énervants par pure sympathie pour eux ?
- PARFAITEMENT !
- Bon bin faudra pas venir pleurer quand tu te feras malaxer la tronche par Kronos alors, hein.
- C’est ça ! En attendant, gardes, mettez-moi ces gourgandins dans la prison de notre navire bien aménagé, et allons faire des trucs de vrais adolescents immortels & maléfiques, comme par exemple, jouer à Call of Duty avec des pseudos à consonance grossière ! Hahahaha ! »

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Pendant que Percy réalise alors qui était ce mystérieux « [FILS2RMS]Pr0uT_23 » qui arrêtait pas de le tuer sur tous les serveurs la semaine dernière, lui et ses amis sont envoyés dans la prison locale, où ils sont chacun enfermés dans une cage différente, et sans garde bien sûr. Histoire d’aller jusqu’au bout du concept, personne n’a fouillé nos héros, et on a même laissé leur sac à dos dans la même pièce qu’eux (mais hors d’atteinte). Percy râle donc bien naturellement ! « Crotte de bique ! Nous sommes enfermés dans ces cages à poule faites principalement avec du petit grillage ! Rah, et dire que je n’ai que mon stylo capable de se transformer en grosse épée sur moi ! Et mon demi-frère cyclope si fort qu’il a pu arrêter tout seul un taureau d’airain qui le chargeait ! Comment allons-nous nous sortir de cette situation ? »

Ah oui : et non, bien sûr, personne n’a vu/entendu arriver une animal marin de plusieurs tonnes approchant en surface en faisant splich-sploch avec sa queue.

Heureusement, et pendant que R… Tyson essaie de faire rire les spectateurs pourtant déjà sous Prozac en leur infligeant des blagues comme « Je suis fils de Poséidon mais j’ai quand même le mal de mer parce que je suis un personnage rigolo, ho ho ho ! », Percy se concentre très fort et utilise ses pouvoirs de contrôle des eaux pour déclencher une tempête qui fait dangereusement tanguer le bâtiment ; rapidement, celui-ci bouge tant et si bien que le sac d’affaire de nos héros arrive à la portée de la main d’Annabeth, qui peut donc y saisir… le pistolet à adhésif magique qui fait tout disparaître ! Avec celui-ci, en deux temps trois mouvements, nos larrons s’ouvrent un chemin hors de leurs geôles et se préparent à fuir du navire.

Pendant ce temps, sur le pont, non, personne n’a fait de lien entre cette tempête de 37 secondes sortie de nulle part, puisqu’il n’y a à nouveau plus un seul nuage à l’horizon (je n’exagère pas), ce qui n’est pas du tout suspect, et les fils de Poséidon à la cale dont les pouvoirs sont pourtant connus. Du coup, la petite troupe peut tenter de fuir en paix, même si comme il se doit, durant leur périple vers un canot de sauvetage, ils se font repérer par un sang-mêlé en goguette. Quelques coups de poings et cris plus tard, l’alerte est donnée sur tout le bateau.

« Vite : sortons ce que nous avons de mieux pour arrêter des demi-dieux gênants ! » s’exclame donc Luc, se précipitant avec ses hommes sur…

… la réserve locale de mini-matraques télescopiques.

Je résume : nous sommes au XXIe siècle, les types utilisent toute la technologie moderne, contrôlent des entreprises comme UPS, utilisent des voitures (magiques, même, cf les Grées) ou des yachts mais SURTOUT n’utilisent pas d’armes à feu, parce que sacrebleu, pour affronter des demi-dieux, des monstres mythologiques ou autres, faisons bien attention à prendre des trucs faits pour taper sur des altermondialistes moustachus. Heureusement que Percy Jackson n’a pas la présence d’esprit de sortir son épée, sinon la situation serait probablement vite réglée. Le résultat ressemblerait probablement à ce qu’il se passerait si on introduisait Conan le Barbare dans une soirée piñata.

En tout cas, après un peu de bagarre pourrie, nos loulous parviennent à grimper dans le canot de sauvetage du yacht, mais Tyson ayant fait tomber le moteur à l’eau (ho ho ho, la dernière fois que j’ai autant ri, c’était avec jar Jar Binks je crois, c’est dire mon niveau d’hilarité à cet instant précis), nos héros sortent leur objet magique donné par Hermès qui avait décidément tout prévu : la bombe Misou-Misou contenant tous les vents de la Terre. Celle-ci, bien orientée (puisque le vent sort directement de la bombe) devient un véritable propulseur de fortune dont les joyeuses émanations ont tôt fait d’emmener nos amis loin du yacht.

A noter que Percy est resté en arrière pour faire gagner du temps à ses amis le temps qu’ils éloignent le canot, et que pour les rejoindre, il a tout naturellement et sans même y réfléchir, créé une vague géante juste sous ses pieds lui permettant de surfer jusqu’à l’embarcation alliée.

Ah oui, c’est bien ce pouvoir. Tu peux m’expliquer pourquoi tu ne t’en es pas servi pour rejoindre le Bad Boys Boat ? A part pour nous faire subir une séquence ridicule avec un hippocampe kitsch ? Non ? Bon.

En tout cas, pendant ce temps, ça grogne sévère sur le bateau des méchants.

« Hmmgnmgnmgn… je me vengerai, Percy Jackson ! Tu gagnes cette manche mais…
- Oui mais chef, on aurait des flingues, ça serait pas arrivé vous savez !
- Oui bin, hin, faut faire avec ce qu’on a ! Et ces galopins nous filent sous le nez, alors hein ! Ça ne nous laisse pas beaucoup d’options, ils filent plus vite que notre yacht ne peut aller !
- Ah bah, pas de problème alors chef : on a un médaillon de téléportation permettant d’emmener plusieurs personnes d’un côté et une manticore nourrie au yaourt depuis des semaines de l’autre. Si on utilise le premier pour balancer la seconde sur le canot, il y a moyen de bien rigoler.
- Heu je… heu… bon écoute heu… 
- Roudoudou.
- Roudoudou, c’est ça. On est méchants, mais pas trop tu le sais ? On veut bien réveiller Kronos pour qu’il détruise le monde, mais tuer trois merdeux sur un canot, c’est un peu chaud quand même. Tu sais quoi ? On va faire un UNO. Mais un UNO maléfique, hein, histoire de maintenir un standing. Avec deux fois plus de cartes +4.
- C’est vrai que c’est super maléfique.
- Ah bin hé, tu parles au chef des méchants là quand même. »

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Pendant que se déroulent ces terribles activités maléfiques sur le yacht de Luke (et encore, ils auraient pu jouer au Time’s Up), à bord du petit canot qui file à folle allure, nos héros décident qu’il est temps de discuter un peu. D’abord, Percy décide de faire confiance à Tyson et de le lui montrer en lui filant la bouteille Misou-Misou afin qu’il contrôle les vents et propulse l’embarcation. C’est pas bien dur, il suffit de tenir la bouteille. En tout cas, cette preuve de confiance touche Tyson, qui se lance dans un discours cucu sur le fait que jusqu’ici, personne ne l’avait vraiment vu comme quelqu’un sur qui se reposer. Et qu’il aimerait bien être aussi fort et courageux que Percy. Quant à Annabeth, elle prend la parole à son tour pour se mêler à cette conversation sur la gentillesse.

« Hé bien Percy, à mon tour de t’avouer quelque chose. Tu sais, je tenais à te dire… j’ai une bonne raison de ne pas aimer les cyclopes. 
- Ah oui ?
- Oui, quand j’étais plus jeune, mon amie Thalia a été tuée par un cyclope. Depuis, je les hais tous.
- Hé bah putain, v’la les raccourcis. 
- Tu ne sais pas ce que c’est ! D’ailleurs, une fois, un noir m’a volé mon portefeuille, du coup…
- HEM HUM HUM HEM HEM JE PROPOSE D’ARRÊTER CETTE CONVERSATION. »

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Et donc, pendant que grâce à son explication sur les cyclopes, on comprend qu’Annabeth est une sorte d’Eric Zemmour, mais en fille d’Athéna (heureusement que c’est la déesse de la sagesse, sinon qu’est-ce que ce serait), Tyson continue d’être habité par son personnage de Ron/Jar Jar en faisant tomber à l’eau la bombe de Misou-Misou. Ce qui était un vent puissant et glorieux devient donc juste une vieille bulle de lendemain de cuite, et l’embarcation s’arrête alors bêtement au milieu de l’océan, à la grande consternation du reste de l’équipage.

« Tyson, tu es vraiment une grosse merde« , aurait dû dire Annabeth à ce stade, mais le dialoguiste a sûrement trouvé que ça n’aidait pas à rendre son personnage « attachant ». Dur.

A noter que Tyson n’a pas de sourcil : il a donc beaucoup moins d’expressions faciales. Moi, je pense que son sourcil a simplement bondi hors de son visage à la lecture du script, mais ce n’est qu’une théorie.

Heureusement pour les plus jeunes spectateurs, le film ne devient pas le récit sordide d’une jeune fille bloquée au milieu de l’océan avec deux adolescents plein d’hormones et une sombre histoire de cyclopes, et embraie directement : autour de l’embarcation bien embêtée, surgissent des choses ressemblants d’abord à des ailerons de requins, puis à d’immenses rochers triangulaires en s’extirpant des eaux… qui s’avèrent en fait être d’immenses dents ! c’est Charybde, la gardienne de la mer des monstres, qui est tout simplement en train d’avaler tout cru le misérable esquif ! En moins de quelques instants, nos amis sont donc gobés… et emmenés dans le ventre de la bête.

Si Percy se dit qu’il est celui qui a le plus de chances de survie à la fin du processus de digestion, puisqu’étant déjà un peu une sorte d’étron qui parle, notre trio est bien vite étonné d’entendre d’autres voix résonner autour d’eux : un curieux navire rafistolé est échoué non loin dans les flancs du bestiau, et à son bord, tout un équipage de zombies (souvenez-vous de la règle universelle : « Quand on atteint le niveau 0 de l’inspiration, on met des zombies« ) en train de faire des réparations de fortune… sous le commandement de Clarisse, la championne des sang-mêlés !

« Hooo, bin c’est pas banal ! » se disent donc nos loulous avant d’approcher de l’engin et d’être aperçus par son équipage. Clarisse est un temps fort surprise de trouver Percy Jackson et ses amis ici, puisqu’ils sont supposés se tripoter au camp des sang-mêlés avec les autres, mais elle accepte tout de même de leur faire un point de la situation.

« Bon, les petits amis, je vous cache pas que cette aventure ne se présente pas vraiment bien. Déjà, j’ai perdu Bob le satyre : il a voulu faire le kéké durant un combat contre un monstre, maintenant c’est plutôt Bob le kébab. Du coup, on a erré un peu sur la mer des monstres sans lui pour nous guider, et puis on s’est fait manger. Et nous voilà. Oh, et ce bateau et cet équipage de marins confédérés morts et ressuscités, c’est un cadeau de mon papounet. Maintenant, le souci, c’est que si on ne trouve pas un moyen de sortir d’ici rapidement, on va ressortir, certes, mais sous forme fécale. Une expérience sûrement fantastique pour tout scatophile qui se respecte, mais tout de même, je ne veux pas finir en crotte parlante : j’ai entendu dire que ceux à qui ça arrivaient étaient parfois remontés dans des filets de pêche par accident, et revendus comme candidats pour des émissions de télé réalité. Ça fait super peur. »

Percy réfléchit donc à un moyen de sortir tout le monde de cette malheureuse situation, lorsqu’il aperçoit quelque chose sur le bateau qui lui donne une idée.

« Ho ! Mais dis-moi Clarisse, il fonctionne le gros canon à l’avant de ton bateau ?
- Oui, bien sûr. Pourquoi ? Je ne suis que fille du dieu de la guerre, tu imagines bien que je ne vois pas le rapport entre être à l’intérieur d’un monstre, avoir un gros canon et chercher un moyen de s’en sortir.
- J’ai une super idée : si on tirait au gros canon pour se sortir du vilain monstre ?
- Par papounet, mais c’est une excellente idée ! Vite, faisons comme ça, heureusement que je t’ai attendu pour y penser ! »

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Alors que ma voisine dans la salle se tranchait les veines en sanglotant (je ne suis pas aussi cruel qu’on le dit : je l’ai laissée faire, elle ne méritait pas de supporter plus), j’observais donc nos héros occupés à tirer partout jusqu’à crever les flancs de la bête monstrueuse et d’utiliser le trou comme sortie pour leur petit navire. Et sitôt revenus à la surface, aidés par la poussée d’Archimède, Poséidon et accessoirement le script, nos larrons font donc un point de la situation.

« Bon, bah c’est pas tout ça, mais on a toujours pas de satyre pour nous guider hors de ce merdier.
- Oh mais… attendez ! 
- Quoi Percy ?
- Je viens de développer un nouveau pouvoir sans aucune raison ! Désormais, je suis le meilleur navigateur du monde et je vois la latitude et la longitude partout où je me trouve ! Et vous vous souvenez des chiffres que nous ont donné les Grées dans la voiture ? Ce sont des coordonnées ! Suivez mes indications, lancez les moteurs et nous allons nous rendre sur l’île de Polyphème ! »
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Ah non mais, ce film est très subtil, vraiment. Le héros qui sort un pouvoir magique de nulle part et sans aucune raison, c’est chouette. Attendez, où est-ce que ma voisine a mis son canif ? Ah, voilà.

Bref : suivant les indications sorties de nulle part de l’ami Percy, nos héros se rapprochent de l’île de Polyphème, l’occasion pour Tyson d’en dire un peu plus sur celle-ci, puisqu’évidemment, et comme toujours, les autres personnages bien que vivant dans une école d’être issus de la mythologie grecque n’en connaissent quasiment rien. En tous cas, Tyson explique que l’île est « Circéland » (…) l’île de Circé que celle-ci a transformé en parc d’attractions (……) même pas pour piéger les gens, non, juste parce que ça la faisait marrer (………) mais que le jour J, elle a juste oublié que son copain cyclope Polyphème avait pour habitude de manger des gens (…………) et donc, il a dévoré les premiers visiteurs. Mais ça va, personne n’est venu le buter pour autant pour venger un fils ou une fille, et Circé, elle, n’est tout simplement plus évoquée et on en parlera pas du film (…………… oui, je suis de plus en plus dubitatif, mais vous aussi je suppose, on pourra donc faire un club à ce stade). Polyphème vit donc sur l’île au parc abandonné, et doit donc avoir la toison d’or pas loin. Et ça tombe bien, car l’île en question apparaît bientôt devant la proue du bateau.

Notez qu’on a eu du bol ; imaginez qu’ils aient croisé Circé reconvertie en foraine : « Allezallezc’estpartitoutlemondes’amuuuuuuuseouiiiii!Quic’estquidécrochelepompon?Lepomponc’est letourgratuit,zouyeeeeah…allezmesptitscochonsonfaittourneronfaittourneeeer! »

Personnellement sachant que le bateau a un canon suffisamment puissant pour calmer un monstre comme Charibde, mon plan aurait consisté à faire « Houhouuuu Polyphèèèèèème ! » avant de lui expliquer Verdun grandeur nature, mais nos héros étant plutôt du genre brouillons, ils préfèrent plutôt s’infiltrer discrètement. Et trouvent rapidement dans le parc un accès vers la grotte de Polyphème (là encore, à l’aide d’une raisonnement absurde, puisqu’ils voient « un gros trou » – le parc en est pourtant criblé, mais c’est un détail – et en suivant les rails d’une vieille attraction, arrivent à destination, quand bien même l’attraction en question et les rails sont trop petits et faibles pour supporter Polyphème, mais bon, on est plus à ça près, comme souvent). Et sur place, Polyphème, cyclope d’environ 12 mètres de haut, discute tranquillement avec… Grover !

Car le cyclope a très mauvaise vue (non, il n’est pas aveugle ; on va dire que c’est parce qu’il porte sur lui la toison d’or, qui guérit les yeux crevés, mais pas la myopie visiblement) et notre larron s’est déguisé en femme avec un faux œil sur la tête pour faire croire qu’il était une gentille femme de chambre cyclope et ne pas se faire manger. Dès que Polyphème s’est éloigné, nos héros font signe à Grover, qui explique être piégé ici depuis un moment maintenant, puisque les hommes de Luke qui l’accompagnaient ont été dévorés par le monstre. Trop heureux de retrouver ses amis, il échafaude avec eux un plan – pourri – pour voler la toison, consistant en diversions ridicules et transmission du précieux objet de l’un à l’autre façon passe à dix après l’avoir ôté des épaules du monstres. Non, l’idée d’attendre qu’il pionce était un peu trop complexe. Ils décident donc de passer à l’action n’importe quand et surtout, n’importe comment. La dernière fois que j’ai vu un plan aussi pourri, il était signé de la main du général Gamelin, c’est dire.

En plus, Polyphème a le bon goût d’être un peu con : lorsqu’un petit humain lui vole son bien, il le poursuit, et sitôt qu’il le jette à quelqu’un d’autre, même s’il est à un mètre de celui qui vient de lancer l’objet, il ne le tue pas et se contente de courir partout. Alors qu’en écrasant la tronche des différents loulous autour de lui, rapidement, ils auraient forcément un peu moins de possibilités de se jeter la toison l’un à l’autre, à part si on compte sur de la pulpe sanglante pour filer un coup de main. Autre détail : la vue de Polyphème change du tout au tout dans cette scène, puisqu’il repère le moindre détail, partout, en permanence. C’est lassant, tous ces ratés, hein ? Bah, finalement, c’est dans la moyenne actuelle, en fait.

En tout cas, après s’être bien amusés aux dépends du géants, nos filous parviennent à s’enfuir et à relâcher une grosse pierre derrière eux qui n’attendait que ça pour empêcher Polyphème de les poursuivre. Tout le monde est donc bien content, jusqu’à ce qu’ils entendent un toussotement poli à leurs côtés : Luke ! Lui et ses amis sont là et menacent nos héros… d’une arbalète. Hmmm. Bon, pourquoi pas, allez, on va dire que c’est déjà mieux que la matraque en mousse.

« Hé bien les amis… j’ai été retardé par une partie de UNO qui a dégénérée mais me voici : vous avez fait tout le travail pour moi, à présent, donnez-moi la toison.
- Jamais ! Et puis d’abord, comment êtes-vous arrivés ici ?
- Heu je… je suppose que c’est avec notre médaillon de téléportation ?
- Alors oui, ça se tient, mais comment avez-vous su que cette île était ici, justement, puisque vous n’aviez ni satyre, ni Percy Jackson et ses pouvoirs cheatés avec vous ?
- Ho. Je… heu… hem. Bon, écoutez, puisque je sens qu’il ne vaut mieux pas poursuivre sur ce sujet, je vais plutôt vous apprendre la vie en tuant l’un d’entre vous. Tiens, Tyson par exemple, paf. »

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Et joignant le geste à la parole, ce gredin de Luke décoche un carreau à Tyson, qui le prend en plein poitrail, avant de chuter dans l’une des failles parcourant les alentours de la grotte de Polyphème, et de disparaître dans l’eau en contrebas. Percy est donc très en colère, comprendre, il fait des mouvements bizarres avec ses sourcils et sa bouche, ce qui donne l’impression qu’il convulse, mais juste du visage. Quel talent.

« Brigands ! Vous avez tué mon demi-frère ! Je ne l’ai pas vu mourir directement, mais son corps blessé  vient de faire une chute à laquelle personne n’aurait pu réchapper avant de disparaître ! Et c’est pas comme rien que dans ce film, on m’avait déjà fait le coup une fois du mec supposé mort qui en fait ne l’est pas ! ». Oui, Percy, en effet. Et puis c’est pas comme si depuis deux films, on expliquait qu’en tant que fils de Poséidon, l’eau guérissait tes blessures (du coup, vous pouvez techniquement baratiner n’importe quelle fille de Poséidon en lui proposant un concours de t-shirt mouillé au prétexte de la rendre temporairement  immortelle, soyons pratiques). Du coup, vraiment, on y croit à mort.

Luke profite cela dit de la situation pour se faire remettre la toison d’or sans avoir à tuer quelqu’un d’autre pour appuyer son propos, et surtout un quelqu’un d’autre qui ne guérit pas dans l’eau. Puis, il fait attacher nos héros dans un coin du parc d’attraction, et ricane en installant le sarcophage de Kronos non loin, avant de le couvrir de la toison d’or. Aussitôt, le sarcophage se met à rayonner, et tous les gentils sont un peu inquiets, parce que ça a l’air vaguement dangereux. La dernière fois qu’ils ont vu un sarcophage rayonner comme ça, c’était à Tchernobyl lors d’une sortie scolaire. A ce qu’il paraît qu’avant cette date, Grover n’était pas un satyre, mais bon, c’est une autre histoire. Car visiblement, ressusciter un titan prend tu temps, ce qui laisse l’occasion à la troupe de discuter. Ou plutôt, à la troupe de passer de la pommade à Percy, en lui disant qu’il est génial, qu’il a douté de lui tout ce film, mais que là on a vraiment besoin de lui parce que c’est lui le vrai héros. Et évidemment, Clarisse, qui jusqu’ici l’humiliait, décide que bon, allez, vas-y Percy, t’es le meilleur, je compte sur toi. Une fois couvert de pommade, Percy et son gros ego peuvent donc passer à l’action, et profitant du fait qu’il n’a toujours pas été fouillé par les méchants avant d’être attaché (… et si, non mais vraiment, c’est lourd), il sort son épée pour couper ses liens et ceux de ses compagnons.

Parce que oui, s’il n’y a pas des filles pour lui crier « Vas-y Percy, t’es le meilleur« , le bougre ne fait rien. Hmmm. Je pense qu’il est temps d’offrir à Percy un abonnement à certains magazines pour l’aider à se bouger de lui-même, si je puis dire.

Jeu : essaie de retrouver l’expression qu’essaie de jouer notre acteur. Non parce que moi, en regardant très fort cette image, tout ce que j’entends c’est « Gnééé, gna brille !« 

Remarquant leur évasion, les méchants ressortent donc leurs propres armes, à savoir, les mini-matraques. Non, pas l’arbalète. C’est dangereux une arbalète, ils pourraient blesser quelqu’un. Un combat ridicule s’ensuit donc, durant lequel Percy va trouver Luke, et les deux commencent à se battre à un mètre du sarcophage de Kronos couvert de la toison d’or. Percy finit par se retrouver en mauvaise posture, mais il est sauvé au dernier moment par… Tyson !

« Tyson ! Mais tu n’es pas mort ?
- Je suis tombé dans l’eau (c’est la faute à Rousseau) en étant touché tout  à l’heure, donc j’ai guéri de ma blessure. Et me voilà.
- Ah bin oui. D’accord. »

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Ce fabuleux rebondissement passé, nos héros se lancent donc dans une sorte d’étrange dialogue à base de « Tu es mon frère, je t’aime », « C’est bon d’avoir quelqu’un », « Le pouvoir de l’amitié est le plus fort » et autre « Je t’apprécie même si tu es un peu con« . Sur le coup, j’ai pensé très fort à un épisode de Corky. Et les deux restent donc là tout en s’enlaçant. Pas juste 3 ou 4 secondes, hein. Plutôt de l’ordre de la minute.

Alors que même sans bouger, juste en tendant la main, ils pourraient retirer la toison d’or du sarcophage à côté d’eux et arrêter la résurrection de Kronos.

Mais non.

C’est nul. Nul. Ce film sue la médiocrité.

Du coup, et grâce à ce genre de scène qui donne envie de pratiquer le vaudou avec une perceuse, le sarcophage se met à briller et s’ouvre, et en sort… Kronos ! Qui, pour rappeler qu’il est méchant, est très grand, très rouge, tout cornu et griffu… bref, il sort plus de la Bible que du Tartare. Soit. Déjà que les Enfers dans le volume précédent étaient à base de flammes géantes et de damnés hurlant, ça se tient cela dit.

Luke, qui était par terre dans un coin à se remettre de la baston, se précipite donc vers le titan ressuscité :

« Ôôô, maître ! Vous marchez à nouveau parmi les vivants, prenez votre revanche, je suis votre serviteeeeeur ! Je me nomme Luke, fils d’Hermès, je suis l’un de vos descendants, si je puis dire… ensemble, nous triompherons !
- C’est à dire que tu as pas d’utilité pour moi, tu sais ? Hein ? Tu es conscient que tu as plus besoin de Biatcol que moi de toi ?
- Maiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis !
- Bon, allez hop, tu veux me servir ? Tu seras une excellente Knacki. »

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Et se saisissant du galopin, Kronos l’avale d’un coup comme il avala ses propres enfants. Puis, il commence à tabasser tout et tout le monde aux alentours, gobant même Grover, pendant que Percy Jackson décide qu’il est temps d’utiliser son épée, celle de Poséidon, pour tuer Kronos. Ni une, ni deux, il charge le géant, et commence à le découper avec aisance. Kronos hurle donc des trucs comme « Hooo, tu es Percy Jackson, celui de la prophétie ! » jusqu’à ce que suite à diverses pirouettes, Percy lui mette évidemment un coup fatal, renvoyant Kronos droit vers son sarcophage pour y roupiller quelques siècles de plus, au minimum.

Tout le monde est donc bien content, surtout qu’en mourant, Kronos a relâché ceux qu’il avait dévoré, qu’il s’agisse de Luke (qui suite à divers rebondissements, se retrouve piégé avec Polyphème pour avoir été méchant) ou de Grover. Tout le monde peut faire la fête et cette fois-ci penser à intelligemment retirer la toison d’or du sarcophage (non parce que sinon, ça peut faire une boucle un moment). Personnellement, j’aurais ressorti le ruban adhésif magique pour faire disparaître définitivement Kronos, mais bon. On peut pas penser à tout. Voire pas penser tout court. En tous cas, les gentils triomphent, et… oh mon dieu, on avait oublié la manticore de Luke !

En effet, celle-ci qui était probablement partie lire Courrier International aux toilettes pendant la bataille, est revenue à la charge… et blesse mortellement Annabeth ! La bête ne survit pas longtemps à son exploit, la coalition des gentils ayant tôt fait de la violenter en retour. Mais tout le monde va donc au chevet d’Annabeth, qui agonise en disant des platitudes comme « C’était une belle aventure« , « Je vais mourir » ou « Milla Jovovich » (techniquement, c’est ne platitude, arrêtez de critiquer maintenant). Puis, elle fait un bruit comme « Uuurgaaargl » et meurt.

« Ha nan mais c’est bon, on a la toison d’or en fait« , se disent les autres face à cette scène qui se veut dramatique, mais en fait non.

Et pouf, elle n’est plus mourrue.

Ceci était l’une des scènes les moins intéressantes de l’histoire du cinéma, on applaudit bien fort s’il-vous-plait.

Ah, j’oubliais : l’arbre de Thalia, c’est ça. Avec son petit corps camouflé au pied de son tronc. Et probablement des lapins qui lui défèquent dessus régulièrement. Bien joué, Zeus, vraiment, bon plan.

Toujours est-il que nos héros s’en retournent donc triomphalement vers le continent et plus spécifiquement le camp des sang-mêlés, où Percy a remis la toison d’or à Clarisse pour qu’elle puisse accomplir la quête dont elle avait été chargée, à savoir la ramener au pied de l’arbre de Thalia. Bien vite, et sous l’influence du précieux artefact, l’arbre revit et rétablit ses boucliers, et tout le monde peut donc aller faire la fête et dire que hahaha, l’aventure c’est super, Percy tu es génial, Clarisse tu es gentille tu rentres dans le rang maintenant, et Tyson est enfin accepté par tout le monde, même cette grosse raciste d’Annabeth. Le nectar d’ambroisie coule à flot, les adolescents sont heureux, déjà on commence à jouer à « Action ou Vérité« …

Et…

… aaaaattendez ! Comme si tout cela ne suffisait pas, alors que tout semble fini, tout le camp entend dire qu’il se passe quelque chose à l’arbre de Thalia : tout le monde s’y rend donc et découvre qu’au pied de l’arbre, là où le petit corps de la jeune fille transformée en bois était encore visible… celle-ci est revenue à la vie par le pouvoir de la toison (mais a laissé l’arbre debout quand même, merci) !

Et, oui, puisque vous vous posez la question :

  • Alors que son cadavre était toujours celui d’une fillette, c’est une jeune fille de 17 ans qui est au pied de l’arbre. Non mais sérieusement ?
  • Oui, ses vêtements ont grandi avec elle : vraiment, la toison d’or pense à tout. Quelle petite prude celle-là.
  • En même temps, si en l’espace de quelques heures, son corps s’est mangé plusieurs années de puberté, soit elle ressemble actuellement à un crumble framboise, soit elle est tellement pleine d’hormones que même les satyres vont implorer pitié

Mais tout cela, nous n’en saurons rien. Car Percy soliloque alors un peu sur « Un autre enfant de l’un des trois dieux aînés ? Mais alors, ça veut dire que la prophétie change, ce n’est plus forcément moi qui en suis le héros, c’est peut-être Thalia ! Et j’ai peut-être tué Kronos sans aucune prophétie pour guider mon bras ! » Oui, Percy. D’ailleurs, ton commentaire est tellement pertinent que je te rappelle que même Kronos en personne a prononcé ton nom en disant que ça faisait des plombes, depuis que la prophétie avait été énoncée, qu’il t’attendait. Du coup, ton commentaire est moisi. Je laisse donc le mot de la fin à ton petit camarade d’Erasmus préféré.

« Monsieur Chiron ?
- Odieux fils d’Odin, qu’est-ce que tu veux encore ?
- Pas grand chose, sage centaure, je me disais juste… l’arbre de Thalia malade mettant tout le camp et l’ensemble des sang-mêlés en danger, Kronos le père des dieux revenant pour les tuer… 
- Va droit au but.
- Okay : du coup, ils étaient où les dieux ? Non parce que c’était quand même un peu un complot pour les tuer ainsi que tous leurs enfants. Et ne me dites pas qu’ils savaient pas, non seulement ils voient tout, mais Percy et Tyson ont causé avec Poséidon durant le film, sans compter Hermès, le messager des dieux, qui était au courant de tout. Alors expliquez-moi pourquoi ils ne sont pas intervenus directement pour distribuer des claques au lieu de tout faire reposer sur une bande de trous du cul aux réflexions dignes des plus grandes heures de Caramail ?
- Ils étaient… heu… occupés ?
- Par un truc plus important que leur propre père échappé du Tartare revenant exterminer leur race.
- Bon j’ai un… un truc de centaure à faire. 
- Un tiercé ?
- Mrblgnmbgl. »

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Et sur cette énième incohérence…

… FIN !

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Alors je ne sais pas vous, mais moi, du coup, apprendre que plusieurs suites étaient déjà annoncé, ça m’a mis des étoiles dans les yeux.

Surtout quand je lis cette critique de TéléCinéObs, rappelons-le, équipe de spécialistes :

« Les producteurs ont choisi de privilégier le scénario (…) au détriment des effets spéciaux, franchement bâclés.«  »

Je crois que nous n’avons pas la même notion de « privilégier le scénario« .

Après, je ne suis pas un professionnel, hein.