« Non mais c’est un film d’action ! Tu vas pas non plus demander un scénario écrit par Sartre !« 

François soupira et plongea sa main dans le saladier de chips tout en secouant la tête. Il en avait assez, de cette bande de prétentieux qui n’arrêtaient pas de critiquer l’intrigue des films d’action. Après tout, on y allait pour voir des explosions, alors il ne fallait pas se plaindre qu’il n’y ait pas une intrigue politique. Il jeta tout de même un coup d’œil du côté d’Alice, l’étudiante en sociologie qu’il essayait de séduire depuis un moment. Son regard s’arrêta brièvement sur son débardeur bien rempli, mais voyant que la jeune fille portait son regard vers lui, il prétendit regarder ailleurs. Elle n’avait pas l’air de l’avoir vu. Ou de désapprouver son propos, ce qui était plutôt une bonne chose. Elle n’était pas comme toutes ses coincées de Télérama qui réclament des… des… mais que regardait-elle ? Son épaule ? François fronça les sourcils et constatant qu’il n’y avait pourtant pas les pellicules qu’il craignait d’y voir, ne comprit pas de suite.

La fenêtre explosa soudain derrière-lui, et il y eut une terrible détonation qui projeta au sol une bonne partie des objets et étudiants qui peuplaient la pièce. François ouvrit péniblement un œil pour constater que le saladier lui était tombé dessus et qu’il était couvert de chips. Malgré le sifflement dans ses oreilles et sa tête qui lui tournait, il entendit clairement Alice s’exclamer avec enthousiasme :

« Hooo, les Excusables !« 

Ce qui fut plus mystérieux encore fut le gros poing ganté qui s’abattit sur le visage de François à la seconde où il tentait de relever la tête, suivi d’un autre, puis de toute une série de coups de divers trucs, dont, François en était certain, au moins un taser et une boîte de Pringles qui traînait et que quelqu’un tenta d’utiliser pour l’aider à élargir son horizon. Alors qu’il était au sol, à demi-inconscient, il aperçut enfin penché au-dessus de lui, le visage aux cheveux et au mauvais rasage poivre et sel du chef du commando, fronçant les sourcils.

« Alors François ? Sais-tu qui nous sommes ?
- Moi je sais ! s’exclama Alice depuis le clic-clac en sautillant.
- Oui jeune fille aux tressautements dignes d’intérêt ?
- Vous êtes les Excusables ! A chaque fois que quelqu’un utilise une excuse de merde, vous intervenez et lui maravez la margoulette ! A ce qu’il paraît que dans chaque bureau de la vie scolaire de France et de Navarre, il y a une ligne directe pour vous appeler tant les mots d’excuses pour les retards sont nazes ! HooOOOoooo Monsieur Connard, j’adore votre commando ! Je vous adore !
- Certes, mais je suis là pour le travail. Alors François, sais-tu pourquoi ton excuse est à chier ?
- Mmm… non ? dit-il en crachant une dent.
- Parce que qu’importe le film, la cohérence est un principe de base. A ne pas confondre avec le réalisme. Ainsi, surtout dans le cadre d’un film d’action tout bête, ce serait quand même dramatique de ne pas arriver à écrire un script tout bête.
- Tu comprends ? »

0

François hésita. D’un œil, il constata qu’Alice continuait à regarder amoureusement le chef du commando, et que les autres étudiants présents restaient à terre sans rien dire, terrorisés par le second du chef qui les menaçait à l’aide d’un fusil à pompe. Il réfléchit à ce que l’on venait de lui dire et conclut :

« Non.« 

L’homme penché sur lui secoua la tête et se tourna vers son adjoint.

« Diego, je crois qu’il va nous falloir une autre boîte de Pringles. Quant à vous, les autres, je vais vous donner un exemple : Expandables 3. Des coups de fusil, des explosions… ça doit pas être bien compliqué. Alors peut-on quand même se rater ? Spoilons mes bons !« 

0

____________________________________

L’affiche : plus de la moitié est réservée au casting. L’autre moitié aussi. Bon, hé bien je crois que tout est dit quant à ce que ce film propose.

Tout commence quelque part, au Moumoukistan, alors qu’un train blindé faisant office de transport de prisonniers circule à vive allure au milieu du désert.

Ce que les fiers Moumoukis ignorent, c’est que bien plus loin sur la ligne, un hélicoptère est posé sur les voies et des hommes aux muscles comme des bouillottes et aux testicules souvent confondus avec des ballons de plage (ce qui a conduit plus d’une fois à des drames et des procès que je vous passe) sont en train de tendre un lourd câble métallique en hauteur entre deux poteaux : ce sont les Expandables, le super commando d’élite de la mort qui réussit toutes ses missions avec panache (et blagues pourries).

Mais l’équipage du train blindé ne sait rien de ces événements. Ainsi, à bord, l’un des membres d’équipage est en train de téléphoner à son chef pour lui parler de l’avancement de la mission. Je vous traduis donc ce dialogue, issu du langage Moumouk (que j’ai étudié en LVIII au lycée, je savais que ça me servirait un jour).

« Allô, Zoumtar le vilain chef de prison ? Ici Kaloum le chef de train blindé un peu con.
- Je t’écoute Kaloum.
- Je tenais à vous dire que nous avions le prisonnier et que nous arrivions dans quelques minutes.
- C’est très intéressant Kaloum. Mais tous les occidentaux qui regardent ce film vont un petit peu se foutre de notre gueule.
- Ben pourquoi ?
- Peut-être parce qu’aux dernières nouvelles, tu es dans un train blindé qui fonce vers ma prison et que je t’y attends vaguement ? Du coup, où est-ce que tu as vu jouer que les transports de prisonniers n’avertissaient pas la prison où ils allaient, sauf deux minute avant leur arrivée du genre « Au fait les mecs, on est en bas, faites péter les chips ! » ?  Ce sera pas juuuste pour aider le spectateur à comprendre le pitch, ce coup de fil ?
- Ouais, enfin Zoumtar, t’es gentil mais toi tu commandes une prison qui n’est reliée QUE par une voie de chemin de fer qui rentre directement dans le bâtiment. Alors niveau logique, touche à ton cul.
- Ah ouais ? Et qui c’est qui a tout un train blindé pour transporter un seul prisonnier ?
- Tu fais chier Zoumtar ! Toi et tes portraits partout alors que tu es juste chef de prison ! Bon tu sais quoi ? Je propose qu’on se fasse exterminer par les Expandables. Ça réglera le problème.
- Vendu ! »

0

Et sur ces entrefaites, l’hélicoptère des Expandables arrive au-dessus du train blindé, et les hommes du commando mitraillent les geôliers sans pitié.

Bon, ils sont peut-être vaguement aidés par le fait que sur les 25 mecs sur le toit, aucun ne tire même une seule balle de kalachnikov sur l’hélicoptère. Vous pouvez regarder, j’ai guetté, et non, aucun. C’est vrai que du coup c’est vachement plus pratique. Cela dit, le train blindé n’est pas complètement dénué de défenses : ainsi, alors que l’alarme est donnée et que toujours plus de Moumoukis montent sur le toit du train pour se faire massacrer sans tirer une balle, sort d’un wagon une grosse pièce de DCA. L’hélicoptère des Expandables a donc tôt fait de voler bas et de se planquer derrière le train pour ne pas pouvoir être touché par la pièce montée (je fais pareil durant les mariages), et attend donc tranquillement que le câble tendu plus loin sur la voie fauche tous les Moumoukis encore sur le toit, puis fauche net la pièce de DCA (qui oui, est fauchée alors que les deux poteaux sur les bords de la voie, eux, ne bougent pas : c’est tout de même bien fait, sûrement des poteaux lestés à l’uranium).

Bon, l’autre option, ami Expandable, c’était juste de laisser le câble faire. Après tout, ça aurait fauché tout le monde sans tirer un coup de feu, et vous pouviez ensuite prendre le reste de la garde locale par surprise dans les wagons. Mais l’hélicoptère était tellement plus cool, vous avez raison.

Bref : le commando infiltre le train, nettoie les derniers survivants, et s’en va libérer un Monsieur tout attaché dans un coin (vraiment, ce n’est pas juste un donjon belge blindé), qui cela fait, ignore superbement les Expandables, obsédé par le fait de se venger de ceux qui l’ont laissé enfermé là (durant 8 ans, nous l’apprendrons plus tard). Mais malgré 8 ans sans exercice, Doc, puisque c’est son nom, bondit partout comme un cabri, ignore les Expandables qui lui ordonnent de filer à l’hélico pour s’enfuir, et à la place, retourne courir sur le toit du train pour foncer vers la locomotive. En chemin, il tue deux sentinelles qui… qui…

… qui attendaient là ? Malgré l’alarme ? Les coups de feu ? Tous les cadavres autour d’elles ? Mais enfin ! Qui a eu cette idée absurde ?

Le Doc (ce qui pour certains, sera toujours lié à la phrase « Non, ce n’est pas sale« ) remonte donc jusqu’à la locomotive, bloque les gaz à fond, bondit sur les commandes du canon en tête de train (normal) et se met à arroser la prison sitôt qu’il est assez près, où tous les gardes viennent se faire massacrer en se pointant devant son arme. Puis, au dernier moment (évidemment), il rejoint l’hélicoptère des Expandables pour s’enfuir loin de la prison au moment où le train y rentre à fond et… explose. Voilà. Hop. Avec toute la prison. Mais oui. Adieu, Zoumtar, donc.

Qu’eeeest-ce que c’était que cette scène ?

Attendez, je sniffe un peu d’éther et ça devrait aller. Voiiilà. Les Expandables retournent donc sur un aérodrome isolé où ils font exploser l’hélicoptère, pour ne pas laisser de traces, avant de remonter dans leur énorme avion pas furtif du tout sur lequel il est écrit en gros « EXPANDABLES ».

Ah oui. Effectivement, ça valait le coup de faire sauter l’hélico. Nul doute que toute la chasse du pays, sitôt qu’elle aura vu l’avion sur ses radars, n’aura pas besoin de bien longtemps pour savoir a) qui a fait le coup, b) abattre tout le commando qui vient de faire sauter une prison avant de retourner à la maison fêter ça avec un chant traditionnel Moumouk. Mais comme le dit le proverbe : au Moumoukistan, on n’a pas d’avions, mais on a des trains blindés. Les Expandables peuvent donc rentrer tranquillement au pays pendant qu’à l’intérieur de l’appareil, tout le monde discute paisiblement. Je vous résume donc la conversation :

  • Le Doc était à la fois un médecin et un Expandable. Raison pour laquelle Barney Ross, le chef des Expandable, est venu le sauver
  • Oui, ils ont mis 8 ans à le sauver, mais parce qu’il était prisonnier dans un lieu super secret et qu’il a fallu le temps de le trouver
  • Le Doc avait été capturé parce qu’il avait tenté un coup d’état au Swaziland
  • A l’arrière de l’appareil des Expandables sont accrochées toutes les plaques de ceux tombés au combat pour rappeler que la vie de mercenaire, c’est trop triste, tavu

Mais surtout, Barney annonce une chose importante au Doc : en fait, il déconnait, hohoho, haaa, qu’est-ce qu’on rigole copain. Ils ne rentrent pas à la maison. Ils vont d’abord en Somalie où ils doivent abattre un trafiquant d’armes, Victor Minsk. Parce que trafiquer des armes, c’est mal.

Le Doc fait donc un peu la gueule, se rase avec un énorme couteau, comme ça, hop, pour bien montrer que c’est un ouf, et toute la petite équipe se rend dans un port de Somalie pour infiltrer discrètement le point de rendez-vous. Coup de bol, dans le coin, tout le monde porte le chèche pour se voiler tout le visage, donc ça devrait faciliter le boulot des Expandables, puisqu’ainsi, ils pourront dissimuler leur… leur…

Ho.

En fait, Barney a préféré, intelligemment, filer des chèches aux noirs de son équipe et des casquettes aux blancs histoire que l’on puisse bien voir leurs visages. Barney, tu n’as pas compris le jeu ?

Je ne sais pas mon petit Barney. L’inverse n’aurait-il pas été plus rusé ? Non parce que là, des blancs surarmés qui se promènent au beau milieu de la Somalie, j’ose penser que ça devrait vaguement attirer l’attention et faire comprendre au premier péquin venu qu’il y a des étrangers dans le coin. Mais bon. Alors que quand tout le monde est armé et a le visage masqué, tu aurais pu te faire passer pour une milice. M’enfin bon, hein, c’est toi l’Expandable, tu sais.

Toujours est-il que le script, lui, n’a pas prévu cela : nos larrons peuvent donc courir dans tous les sens l’arme au poing sans que personne ne les remarque (ce qui aide pas mal), et ils finissent par arriver jusqu’à la zone de rendez-vous, où ils s’embusquent dans un container suspendu à une grue pour mieux observer ce qu’il se passe, ce qui est très intelligent, vous en conviendrez (une roquette, et hop ! Au revoir les copains !) . Mais alors que Barney observe l’arrivée du fameux Victor Minsk, soudain, il devient tout fou en reconnaissant ledit Victor : il s’agit d’un homme qu’il connaît bien, son ancien très méchant associé, supposé mort, avec qui il avait fondé les Expandables : Conrad Stonebanks, de son vrai nom.

J’en déduis donc que Barney avait pour mission d’abattre un type sans savoir à quoi il ressemblait. Pratique. Dans le doute, il aurait sûrement tout fait péter.

Bref, tout fou, vous dis-je, Barney bondit hors du container, puis hurle « CONRAAAAD STONEBAAAAANKS ! » et se met à mitrailler dans tous les sens sans viser.

Mais enfin ? Barney ? Depuis quand on annonce son attaque pour attaquer un mec ? Tu t’es cru dans Naruto ou bien ?

014375.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Quelques secondes avant que notre héros ne devienne tout fou : notez que je ne mens pas quant à la qualité de leurs déguisements pour infiltrer la Somalie. C’est… bluffant.

Résultat, Barney rate tous ses tirs (car oui, d’habitude il tire comme un dieu, mais là, non), et Stonebanks, vaguement alerté par ces cris de cochon qu’on égorge riposte mais lui aussi rate alors que c’est un tireur d’élite (ce serait bête que le film s’arrête là) et c’est donc une fusillade digne d’une soirée paintball chez Gilbert Montagné qui s’ensuit. Les Expandables tentent donc de fuir les lieux maintenant que leur chef a donné l’alarme comme un gros débilou, et ils s’enfuient donc en camion volé au travers du port somalien. A noter que chez les Expandables, c’est comme dans Zelda : à un moment, ils traversent un mur en béton avec leur vieux camion pourri. Comment font-ils pour savoir qu’il va céder ? Hé bien c’est facile : le mur est marqué par une grosse fissure.

Pratique. J’attends donc « Expandables 4 – Panique à Jardiland » où ils font péter pots et buissons pour gagner de l’argent.

Autre super pouvoir des Expandables : la télépathie. Ainsi, alors qu’ils fuient en camion, deux autres Expandables sont encore dans la rade du port avec un canot. Barney leur lance donc par radio « Rapprochez-vous le plus possible !« 

Personnellement, moi, si on me dit ça, je me rapproche. Avec dans l’idée que les mecs veulent sauter, rejoindre le canot et gagner le large plutôt qu’être coincé dans un port avec 1 500 mecs aux trousses. Sauf qu’en fait non. Car les Expandables du canot ont bien compris que le message était « Faites des acrobaties avec le canot pour sauter en l’air et atterrir à l’arrière du camion. »  Ce qu’ils font avec succès. Je n’aurais donc jamais pu être un Expandable : je ne suis pas assez con. Ou télépathe. Ou les deux (on parle alors de « Professeur Xavier« ).

Sauf qu’alors que nos héros ont massacré à peu près tous leurs poursuivants, voici qu’un bruyant « flap-flap » se fait entendre au-dessus d’eux ; il ne s’agit pourtant pas d’un énorme Cupidon sur le retour, mais pire : de l’hélicoptère de Conrad Stonebanks. Qui vole à 25 mètres au-dessus de nos héros, le méchant assis à la portière avec son fusil.

Et là, c’est le drame. Suivons plutôt ce qu’il se passe en bas.

« Barney ! Quelle chance, ce couillon de Stonebanks est juste au-dessus de nous, bien en vue et à bord d’un appareil tout fragile alors qu’on a des tonnes d’armes de foufou !
- Non. Je propose plutôt que l’on reste ici à ne pas tirer en regardant la scène au ralenti.
- Hein ? Mais Barney, enfin ! On peut le tuer, là, tout de suite !
- Chut.
- Ecoute je… aaaAAAAAaaah ! Stonebanks vient de me tirer une balle dans la jambe !
- Ah oui, c’est ballot. Surtout qu’en plus il ajuste bien lentement. Mais tu sais, quoi, on ne va rien faire. Attention, je crois qu’il va tirer à nouveau.
- Putain mais… AAAAAaaaïeuuuuh ! Une balle dans le cul ! Non mais… Barney ! Fais quelque chose !
- Attends, je regarde en l’air sans rien faire avec une moue contrite. Je suis occupé.
- Relou ! »

0

Et en effet : César, l’un des membres de la bande, après s’être fait trouer le genou et le cucu, se retrouve à terre avec autour de lui ses petits camarades qui font du rien. Non mais sérieusement ? Vous avez fait 10 minutes de fusillade, vous ne pouviez pas le blesser là, de manière crédible ? Pourquoi les seuls moment où les mecs sont ENFIN touchés sont AUSSI surréalistes ? Stonebanks, qui visiblement, est un sacré déconneur, appuie sur un gros bouton à l’arrière de l’hélicoptère, et aussitôt, un gros missile sous l’appareil vole vers le camion de nos héros et l’explose, propulsant tous les Expandables dans l’eau voisine, le véhicule étant stationné en bordure de quai.

Il faudra m’expliquer comment le missile a pu toucher le camion, sachant qu’il y avait 15 véhicules autour et que Stonebanks n’a pas visé ou fait quoique ce soit. Il a juste appuyé sur un bouton rouge pour larguer le missile. Peut-être que c’était un missile renifleur de gentils ? Une fois qu’il a senti cette odeur unique faite de big balls, d’amitié et de poudre, il se dirige droit vers la cible ? Mystère. En tout cas, j’en veux un comme ça. S’il pouvait aussi renifler les blogueurs qui font des vidéos pour dire qu’ils ont pleuré devant Lucy, ça me ferait plaisir. Merci.

Mais dans tous les cas, nos héros ressortent de l’eau, et devinez qui a encore plus bobo que 5 minutes avant, avec désormais un trou dans le poitrail ? César.

« Chui sûr que c’est parce que je suis noir ! » pleure-t-il alors qu’autour de lui, ses camarades sifflotent très fort. Avec l’aide du Doc, ils parviennent à le stabiliser pendant que tout le reste des milices somaliennes du port est parti pour sa pause déjeuner (je vous laisse insérer vous-même ici vos calembours sur la pause déjeuner en Somalie, tas de fripons), puis, aidés de leur téléporteur, ils retournent sans explication malgré toutes les forces hostiles à leur gros avions pour filer aux Etats-Unis déposer César à l’hôpital, remplir quelques papiers, filer sa carte vitale et appeler sa mutuelle pour savoir si elle couvre les soins liés à des balles dans le cul et des missiles magiques (la dame de l’accueil aurait raccroché à ces mots, Barney n’a pas bien compris pourquoi).

Mais à la sortie de l’hôpital, Barney tombe nez à nez avec le chef des opérations de la CIA : Max Drummer. Barney est donc bien étonné.

« Mais attendez ! N’était-ce pas Bruce Willis jusqu’ici, mon contact à la CIA ?
- Si, mais il coûtait trop cher. Bonjour, je suis Harrison Ford, et j’étais en promo. Vous m’avez peut-être vu dans Star Wars, Indiana Jones ou encore Witness. 
- D’accord, qu’est-ce que vous voulez, Monsieur…
- Max Drummer. J’insiste. Voilà mon problème : je vous ai envoyé tuer Victor Minsk.
- C’était pas Victor Minsk, c’était Conrad Stonebanks ! Mon ancien associé et ennemi juré que je croyais avoir tué il y a bien longtemps !
- Ah oui ? Hahaha, hohoho… quel dommage que l’on ait oublié de vous filer une photo du sujet ou de vous dire que c’était votre ancien associé ! C’est vraiment trop ballot. Bon, enfin bref : vous avez merdé, alors je suis venu vous faire les gros yeux. 
- Ho non ! Pas les gros yeux !
- Grouuuu !
- Non, arrêtez Drummer !
- Très bien. Mais sachez que Minsk, Stonebanks ou qu’importe comment vous l’appelez est un gros rascal qui a torturé et tué mes meilleurs hommes. Je veux sa peau. Alors vous attendrez qu’on le retrouve, et vous rattraperez le bazar que vous avez mis en Somalie, okay ?
- D’accord. Mais vous ne me faites plus les gros yeux, hein ?
- Non. Allez, filez Barney ! Vous avez du pain sur la planche. »

0

Et il y a en effet du pain de mie sur la planche à burger, car de son coté, Stonebanks vit heureux. C’est un trafiquant d’armes qui vend des armes aux méchants pays, et est donc très riche et aime l’art. Car comme dans tout bon blockbuster, les pauvres sont sympas et ont des plaisirs simples, alors que les riches sont tous des enculés qui aiment les trucs de bourgeois.

Ces préjugés, je vous jure.

Attendez, je vais me reprendre un petit verre d’un excellent alcool de 110 ans d’âge et je reviens.

Voilà, que disais-je ? Ah oui : c’est fou comme le bon goût est forcément associé à des personnages de connards. Ces scénaristes ne font aucun effort.

048748.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Alors que les gentils, ils boivent de la mauvaise bière à la bouteille avec des chapeaux à la con et des chemises moches lors de soirées karaoké. Ça me vend du rêve.

Barney en tout cas en a pris un coup au moral : depuis que César a été blessé (et en même temps, si je trouvais la bande d’idiots qui était restée sous l’hélicoptère à attendre les balles), il n’a plus envie de voir d’autres Expandables mourir. Il réunit donc toute la petite bande et leur explique que c’est fini. Ils peuvent prendre leur retraite. Car ils sont des reliques du passé et il n’a pas envie de voir d’autres camarades se faire cartonner comme des crotouilles. Evidemment, chacun soupèse ses balls tout en expliquant que jamais il n’abandonnera ce beau métier qu’est celui de mercenaire, et que Barney ne peut pas faire ça, mais si.

Et il le fait.

Seulement voilà : Barney n’a pas non plus oublié que Stonebanks devait mourir. Déjà parce qu’il devrait déjà être mort, et ensuite parce qu’il a fait bobo à César. Cela mérite donc vengeance. Sans compter que Barney n’aime pas laisser un boulot inachevé. Il va donc contacter un vieil ami, Bonaparte, dont la spécialité est de trouver du personnel pour des équipes de mercenaires. Tous les deux engagent donc la conversation.

« Hey, Barney ! Comment vas-tu ? Pourquoi viens-tu me voir, tu n’as pas une équipe ?
- Je l’ai virée, pas envie de les voir crever. J’ai besoin de nouveaux. Du sang frais. Des d’jeun’z qui n’ont rien à perdre.
- Je vois. En fait, ce que tu es en train de me dire mon petit Barney, c’est que tu veux une équipe dont tu n’as strictement rien à foutre pour pouvoir la laisser crever en paix sous tes yeux ?
- C’est ça.
- C’est cool. Dis-moi, je ne me souviens plus bien… c’est qui le gentil du film, déjà ?
- C’est moi. 
- Hem. Soit, okay. C’est cool. Et donc, tu pourrais m’en dire plus sur ce pourquoi tu en as besoin à part les laisser mourir ?
- Je dois aller buter Conrad Stonebanks. 
- Ben ? Il est pas déjà mort ?
- Visiblement, non.
- Hmmm… il est super fort, c’était quand même ton ancien associé. Très bien, laisse-moi aller chez Vediorbis et Pôle Emploi te trouver deux ou trois mecs. »

0

Et en effet. En passant une annonce chez les recruteurs du coin, Bonaparte arrive à obtenir une liste de volontaires tous plus navrants les uns que les autres, mais ça, personne n’a l’air de le remarquer. Ainsi, ils perdent des heures à aller voir chaque candidat aux quatre coins du pays et même plus au lieu de directement les convoquer, mais pourquoi pas. Et c’est ainsi qu’ils recrutent :

1) Drony. Un expert en drones qui aime l’escalade. Mais sinon, en-dehors de ça, il sait faire des trucs ? Oui ? Non ? Et puis quels drones d’abord ? Barney se contente de regarder le Monsieur faire de l’escalade et de dire « Wouah, il est trop bon, il a un parachute pour quand il tombe !« . Si tu veux. En même temps, il n’en aurait pas eu, c’eut été plus délicat, mais je dis ça. Ho, et non : il ne lui parle même pas. Il le prend direct. Heureusement qu’il n’était pas à côté d’un club de parapente, sinon il recrutait 40 personnes d’un coup pour les envoyer à une mort certaine.

2) Moustachos. Ils le trouvent dans le centre d’entraînement d’une super unité d’élite américaine et celui-ci, pour les convaincre de le prendre, leur fait une super démonstration avec une arme.

« Vous voulez voir ce que je sais faire ? Voici le fusil CS-250. Il tire des balles explosives qui peuvent sauter dans ou derrière la cible sur commande. Regardez, je vous fais une démonstration !
- C’est intéressant mais quel rapport entre vous et ce fusil ? Aux dernières nouvelles, c’est le fusil de l’armée, pas le vôtre, et ça n’a strictement rien à voir avec vos compétences sans compter qu’on ne verra plus cette arme du film.
- …
- Vous êtes aussi con que nous : je vous recrute ! »

0

3) Luna. C’est une videuse de boîte de nuit qui fait du catch. Quel rapport avec le mercenariat ? Aucun. Mais elle fait du catch !

4) Gronul. Ancien Marines, trop indiscipliné pour appartenir à n’importe quelle unité (c’est à se demander comment il a pu y rentrer), il est complètement inadapté à toute mission de type militaire comme par exemple, un truc avec des mercenaires. Par ailleurs, quand ils viennent le voir, il est au Mexique en train de se prendre une raclée dans une arène. Mais grâce à son nez magique, Barney renifle l’odeur du pipeau et devine que « Hmmm je suis sûr qu’en fait il a fait exprès de perdre et qu’il est super fort. » Et ils le prennent. Mais enfin, arrêtez, n’en jetez plus !

5) Galgo. Un Espagnol super acrobate qui aurait eu sa propre compagnie de mercenaires et qui en plus, fait la démonstration de ses talents (via un cascadeur qui ne ressemble pas, la marque de fabrique de la série des Expandables) devant nos héros. Mercenaire, compétent, a fait une démonstration crédible et au dire de Bonaparte, a une réputation d’être super fort…

« HOLALA FAUT PAS LE PRENDRE ! Il essaie de se faire recruter depuis super longtemps en m’envoyant des CVs sous de faux noms, c’est relou ! » s’exclame donc Bonaparte quand bien même il reconnaît qu’il est super fort.

Okay. Donc je résume : une catcheuse, un type qui montre des fusils même pas à lui pour dire qu’il est fort comme eux, un gros indiscipliné et un pilote de drones, c’est okay, par contre pile poil le profil recherché, c’est pfoulala, non.

Bouhou. Bouhouhou. Bouhouhouhou. C’est un film d’action ! C’est pourtant pas compliqué ! Mais visiblement, SI !

489576.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Alors qu’à la place, Galgo aurait fait un truc comme des dérapages en Segway, ils le prenaient direct.

Qu’importe. Ainsi entouré de sa nouvelle équipe de busards, Barney n’a plus qu’à attendre que la CIA lui dise où se trouve Stonebanks pour aller lui coller des pruneaux dans le museau. Et ça tombe bien, car un soir que Barney monte dans sa voiture, il voit apparaître dans son rétroviseur au moment de démarrer, son bon ami Drummer, chef des opérations, assis dans l’ombre sur la banquette arrière. Si le film avait été logique, ça aurait dû se passer comme ça.

« *sifflote sifflote* allez, les clés dans le contact et…
- Bonsoir, Ross, je…
- WOPUTAIN BLAM BLAM BLAM BLAM BLAM BLAM BLAM BLAM
- Uuh… pourqu… *couic*
- NAN MAIS ! Ça va pas de monter dans la voiture d’un super mercenaire pour lui faire peur ?! Vous êtes pas un peu débile aussi ? J’ai des réflexes, quoi, merde, et je suis toujours armé ! Bon… allô, les Expandables ? J’ai un macchabée à l’arrière de ma bagnole. Oui, c’est encore un directeur de la CIA qui a cru malin de me faire peur sur ma banquette arrière au lieu de m’attendre près de la voiture ou de venir me voir comme tout le monde. Préparez l’avion, on va larguer de la viande aux grands requins blancs ! »

0

Mais comme le film est mauvais, ça se passe comme ça.

« *sifflote sifflote* allez, les clés dans le contact et…
- Bonsoir, Ross, je venais vous dire qu’on avait retrouvé votre bon ami Stonebanks. 
- Tiens, vous êtes là ? Où est cet enfant de salaud ?
- Il est en Roumanie pour une transaction, à Bucarest pour être exact. Voici le dossier avec toutes les informations. Et cette fois-ci, plein de photos que, hihihi, on avait oublié de mettre dans le dossier la première fois. Ho, on a aussi mis plein de photos de gens morts pour montrer qu’il est méchant. 
- Il tue des gens. Le gros bâtard. Alors que moi, jamais.
- Hmmm… okay. Bon, allez Barney, dans 36 heures la cible se sera envolée, alors vous avez peu de temps. Un détail : il nous le faut vivant.
- Ben ? La dernière fois vous vouliez qu’on le bute.
- Oui, ben faut croire que depuis qu’on a retrouvé les photos, les ordres ont changé, c’est fou. La CIA veut le livrer au tribunal de La Haye pour crimes de guerre.
- La Haye ? Mais on est américains ! On a même pas ratifié le traité sur La Haye ! Pourquoi la CIA voudrait livrer quelqu’un à un tribunal avec lequel elle ne travaille pas ?
- Oups. Le script. Mais c’est grave comme détail ?
- Ben oui. Parce que ça veut dire qu’en fait, si vous savez où est le bonhomme, il suffit d’appeler les Européens, Interpol, qui vous voulez et ils vont vous arrêter le loulou en deux temps trois mouvements. Alors que là, vous commanditez une opération illégale sur le sol d’un pays allié pour court-circuiter la police locale en envoyant de gros bourrins amateurs de gros fusils et donc de dommages collatéraux, tout ça pour au final, remettre la cible audit pays allié.
- Vous avez quoi, Ross ? On va s’en tenir au script. Et vous savez ce que dit le script ?
- Que je suis Barney Ross et que je suis un gros con ?
- Voiiiiiilààààà ! »
0

Barney réunit donc sa nouvelle équipe promptement, et si l’ancienne équipe se pointe, jalouse, et que les relations se tendent brièvement avec les petits jeunes, Barney n’en est pas moins ferme : il part avec les jeunes et c’est tout. Rentrez chez vous, les vieux, il y a des Chiffres et des Lettres qui va commencer ! Barney congédie donc les anciens et part avec son gros avion pas furtif, avec lequel, encore une fois, il traverse la moitié de l’Europe illégalement (mais sans qu’on l’embête). Et pendant que Schwarzy pilote (il passait par là), Barney et ses copains qui sont décidément aussi subtils qu’un lycéen en boîte sautent donc sur la Roumanie. Et arrivent à Bucarest incognito, probablement après avoir strangulé 12 civils pour prendre leurs vêtements et remplacer leurs tenues de parachutistes.

Cela fait, ils attendent devant l’hôtel où Stonebanks réside, et le voient arriver entouré de moult gardes armés. Voilà qui ne sera pas facile !

« Hooo je sais comment faire ! » s’exclame Barney. « On va au point de rendez-vous et on leur pète tous la gueule !« . Mais ses nouveaux compagnons d’arme ne l’entendent pas de cette oreille : ainsi, Drony a un plan qu’il formule comme ceci « Hahaha, c’est tellement années 80, votre plan ! Non, voyez : on va déconnecter les détecteurs ici, ici, ici et là et ce sera bon. » et tout le monde opine du chef. Oui ? Certes ? Tout cela me rend tout à fait perplexe. Interrogeons donc un expert ès tactique.

- – – – – – – – – – – – – – – – – – – -

« Monsieur Connard, bonsoir !
- Bonsoir Stéphane Bern.
- Alors Monsieur Connard, on vous connait pour bien des choses, puisqu’on peut bien le dire, vous avez de multiples casquettes !
- Presqu’autant qu’une cage d’escalier de Seine-Saint-Denis.
- Hihihi… hem. J’ai pas compris.
- C’est une blague pour les pauvres, Stéphane, c’est normal. 
- Ho. Bon, très bien. Monsieur Connard, je disais donc qu’on vous connaissait dans bien des domaines, mais on oublie trop souvent que vous avez aussi été le leader charismatique d’un groupe de shadowrunners. Qui ne se souvient pas de votre célèbre technique dite du « On abat la cible à 1 500 mètres et on se casse« , « Passe le drone, passe les explosifs,  on va leur rejouer la bataille du golfe de Leyte tranquille » ou encore « Il s’enfuit en moto ? Ça tombe bien, je l’ai faite plastiquer. La dernière chose qu’il entendra, ça devrait être le détonateur qui joue la Cucaracha.« 
- Tout à fait. 
- Alors que pensez-vous du plan de l’équipe de Barney Ross ? Plutôt que d’entrer et de tout péter, déconnecter les détecteurs, entrer, et tout péter ?
- C’est très con puisque si c’est pour tout péter, l’alarme sera donnée, par les détecteurs ou par les coups de feu, en fait.
- Alors qu’auriez-vous préconisé ?
- Hé bien, les hommes de Stonebanks sont tous en civil. 
- Ça leur va très bien.
- Si vous voulez, Stéphane. Mais du coup, vous savez ce qu’ils n’ont pas ?
- De noms et ils vont donc crever comme de petites crottes l’un après l’autre comme le veut la règle des mauvais films d’action ?
- Alors oui, déjà, mais ils n’ont pas de masque à gaz. Du coup, vous bloquez les portes et vous envoyez les lacrymos (si vous êtes taquins), ou le gaz soporododo. Sauf que contrairement à nos amis russes en leur temps, vous n’avez pas à vous inquiéter des otages : vous vous assurez juste de bien vous occuper de Stonebanks et hop, c’est fini, vous repartez sans tirer un coup de feu et avec votre chargement. Aussi silencieux que vicieux, ce plan inspiré des trajets en ascenseur après un trop plein de féculents à la cantoche marchera à la perfection. 
- C’est un peu un plan de gros fourbe. 
- Vous savez qui je suis ?
- Ah oui, c’est vrai. »

- – – – – – – – – – – – – – – – – – – -

Mais Barney en reste au plan de sa jeune et fière équipe, et décide, plutôt que de je ne sais pas moi, attaquer Stonebanks lors d’un de ses trajets, de l’attaquer… sur le lieu de la transaction. Un musée (ça va être super pratique) ou en plus de la bande à Stonebanks, celle de son acheteur va arriver à un moment ou à un autre (deux fois plus de difficulté), acheteur que Barney ne connait pas (ajout d’une inconnue dans l’équation), et ils décident en plus de commencer à agir… uniquement lorsque Stonebanks est dans la place.

Parce que c’est connu : les embuscades, ça ne se prépare pas. Non Madame.

471728.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

« 30 ans que je suis dans le métier et j’ai jamais eu besoin d’un seul plan ! Alors je ne vois pas pourquoi je commencerais maintenant ! »

Et évidemment, le plan marche : Stonebanks discute avec son acheteur, arrivé en avance, de vente d’armes, et même peut-être d’armes nucléaires, lorsque soudain les lumière s’éteignent et Barney et sa troupe commence à tout sulfater. Une fameuse fusillade s’ensuit, et seule partie intelligente du plan (la partie « éteindre les lumières » était pas mal jusqu’à ce que l’on se rappelle que nos héros n’ont pas, non plus, de matériel de vision nocturne), Drony ouvre et ferme des portes pour créer un corridor unique vers lequel les hommes de Stonebanks vont tenter de l’évacuer. Sauf qu’au bout du corridor, Luna la catcheuse attend, et pif pouf, elle tabasse les gardes, neutralise le vilain au taser, et l’affaire est dans le sac. Comme quoi, les chocs électriques restent la solution à tous les problèmes, comme le disait Claude François.

Qu’advient-il des autres hommes ? De l’acheteur ? Mystère, car pouf ! Nous voici à bord du van des Expandables qui repart vers l’aéroport où les attend leur avion. A l’arrière, Stonebanks est ligoté et bâillonné, mais chose étrange, sitôt qu’il se réveille, on lui enlève son bâillon. C’était donc uniquement pour l’empêcher de ronfler ? Mais merde, même un bâillon vous n’arrivez pas à faire une scène où vous vous en servez de manière crédible ?

L’équipe des Expandables se retrouve en tout cas face à Stonebanks, qui joue la provoc’.

« Ahaha ! Salut Barney, heureux de te revoir ! Tu te souviens que tu as essayé de me tuer ? Tu pensais avoir réussi, mais mon gilet pare-balles m’a sauvé ! Puisque c’est connu, un mercenaire spécialiste des exécutions se fait toujours avoir par un gilet pare-balles, surtout quand on voit la taille de ceux que l’on porte chez les Expandables. Sinon, c’est vous la nouvelle équipe ? Barney vous a recruté pour vous laisser mourir sans remords ? Sympa. D’ailleurs Barney, que dirais-tu que l’on règle ça entre toi et moi, à mains nues ? D’ailleurs, si je puis me permettre, si à un moment du film, toi et moi nous retrouvions seuls, je te tuerais à mains nues. Mais je dis ça AU HASARD !« 

Hmmm. J’ai comme un pressentiment. Allez savoir pourquoi.

Toujours est-il que soudain, l’un des Expandables se dit que tout de même, ces rodomontades, ça cache quelque chose. Il se saisit donc des mains de Stonebanks et découvre… UNE MONTRE QUI FAIT BIP BIP BIP !

« Un GPS ! » s’exclame-t-il. Puisque oui, jusqu’ici, personne n’avait entendu l’énorme bip bip de celui-ci (en plus si ça ne fait pas de bruit, on ne comprend pas que c’est un GPS, c’est connu), ou pensé à fouiller le garçon. C’est donc à ce moment là qu’à l’extérieur du véhicule, un hélicoptère que personne n’avait remarqué jusqu’ici alors qu’il était à 12 mètres du van, s’approche dangereusement (et oui, il sait que Stonebanks a fini son petit speech : il n’aurait pas voulu interrompre le chef) et à la portière, un homme sort…

… un lance-roquettes ?

C’est vrai que c’est très pratique, pour sauver quelqu’un, de tirer une roquette dans le véhicule qui le transporte. J’imagine que Stonebanks a juste eu l’idée du GPS, et que le reste a été pensé par Michel, son employé de la COTOREP qu’il a pris pour avoir des réductions fiscales. Je ne vois pas d’autre explication.

Heureusement, là encore, ça doit être une roquette qui a du nez car elle ne fait sauter que la porte du van tout en obligeant celui-ci à se renverser sur le flanc, mais sans blesser Stonebanks ! Ce n’est plus une roquette, c’est un technicien de chez Norauto autopropulsé ! Seuls les Expandables sont en sale état et rampent au-dehors du véhicule, désormais arrêté au beau milieu d’un pont. Barney tente un semblant de résistance face aux méchants qui arrivent aider leur chef, mais bien vite, une nouvelle roquette le fait chuter du pont et il tombe dans la rivière en contrebas où il s’assomme. Stonebanks, prudent, envoie donc des hommes chercher son corps pendant qu’il fait prisonnier les petits jeunes des Expandables pour les emmener dans son infâme repaire. Ou quelque chose du genre. Il est méchant, ne l’oublions pas. Il leur fera sûrement des trucs vilains comme les frapper, les torturer, ou pire, leur lire du Guillaume Musso.

Barney n’est évidemment lui pas mort, car même inconscient dans une rivière et couvert de matériel militaire, ses big balls l’aident à flotter et c’est ainsi que guidé par ses testicules de survie, il s’échoue paisiblement sur un bord de la rivière où les hommes de Stonebanks le trouvent au petit matin. Mais pas longtemps, car Barney étant rusé comme un renard, lui et son pistolet qui a passé plusieurs heures dans l’eau les abattent tous avant qu’ils ne puissent avertir leur chef. Cela fait, il retourne donc à pied jusqu’à l’aéroport où l’attendent son avion ainsi que Schwarzy, un peu inquiet de ne pas avoir vu l’équipe revenir. Et ce dernier apprend à Barney que la situation sent un peu comme ce cake que vous aviez oublié au fond du frigo cet été (mais si, ne niez pas).

Car en effet, sur topkoolbarneydu88@hotmail.us, un terrible mail vient d’arriver, qui contient une simple vidéo où l’on voit Stonebanks.

« Un deux… un deux… ça marche là ? Michel ? Michel, merde ! Concentre-toi ! Déjà qu’avec les roquettes… bon, bref ! Oui, je vois la loupiote, ça doit enregistrer. Bon, je voulais dire quoi ? Ah oui ! Barney Ross ! Haha ! Tu me reconnais ? C’est moi, Stonebanks ! Figure-toi que je retiens en otage tes quatre petits jeunes ! Et tu sais quoi ? Dans 48 heures, je vais les tuer ! Ta seule chance de les sauver est de venir les chercher aux coordonnées que voici : 3, rue de la Pétaudière, à Langres. Tu regarderas, c’est sur Mappy. »

Barney est donc très en colère ! Langres, le monstre ! Il va devoir agir. Heureusement que Stonebanks lui donne 48 heures histoire de pouvoir retourner au pays chercher du renfort. Sinon, il aurait dû y aller direct et aurait pris sa raclée. Il est comme ça, Stonebanks, sympa. Il fait même pendant ce temps un discours aux otages sur le fait qu’il n’est pas si vilain que ça. Ce qui donne :

« Ahaha ! Mais moi les gars, j’ai été un Expendable, comme vous ! Sauf que moi, quand il a fallu se salir les mains, j’y suis allé ! Oui, j’ai vendu des armes. Et vous savez pourquoi l’Oncle Sam m’en veut ? Parce que je lui ai fait concurrence. Mais évidemment, Barney et son sens moral sans faille s’opposent à moi…« 

Alors qu’à sa place, j’aurais été moins… plus…

« Monsieur Connard, relâchez-nous où vous aurez affaire à Barney et son sens moral sans faille !
- Taisez vous, les stagiaires. Mais si vous voulez que l’on parle de Barney, très bien.
- C’est le plus gentil et le plus courageux de tous les héros !
- Ah oui ? Alors reprenons au hasard la première scène du film. Barney qui libère un de ses amis de prison.
- Ça prouve qu’il est fidèle en amitié !
- Ceeeertes. Et son ami c’était qui ? « Un militaire qui avait tenté un coup d’état dans un pays d’Afrique ». Donc il aurait été copain avec Pinochet et l’aurait sorti d’affaire si la justice l’avait attrapé assez tôt, vous auriez trouvé cool qu’il le sorte de prison ?
- Heu… non mais c’est pas pareil.
- Meilleur argument depuis la création du monde. Et en plus, il a tué des gens pour le sortir de prison.
- Ahaha ! Sauf que c’était le Moumoukistan, et que c’était un pays de méchants !
- C’est un peu facile. Mais même en supposant que tout soit blanc ou noir, voici : si le Moumoukistan était un pays de méchants, alors rappelons que Barney et son copain ont fait sauter une prison entière. Ultra-secrète. Soit celle où l’on envoie, dans les pays méchants comme vous dites, les opposants et prisonniers politiques. Auquel cas vous pouvez tenter de retourner la situation et me dire qu’en fait, le Moumoukistan est un pays de gentils, et que dans leurs prisons, il n’y avait que des méchants. Auquel cas, leurs gardes étaient gentils. Alors, je vous laisse le choix : soit Barney est responsable du massacre de fonctionnaires œuvrant pour la justice d’un pays en difficulté, soit Barney est responsable du génocide de l’opposition politique d’une dictature, et l’a donc renforcée. Dans les deux cas, c’est un peu un petit bâtarounet. Et je n’ai pris que la première scène.
- C’est que… je… attendez ! Vous, vous vendez des armes, quand même !
- Et lui en achète et en plus s’en sert pour tuer des innocents, soutenir des régimes dictatoriaux, tuer des fonctionnaires de l’institution judiciaire et libérer des criminels de guerre ayant eux-même voulu devenir dictateurs. Lequel d’entre nous deux va jusqu’au bout pour faire le pire ? »

0

Et après je leur diffuse un Powerpoint de mes plus belles photos de moi en train de vendre des armes aux polices dépassées par les gangs de divers pays pauvres avec en titre « M. Connard aime la justice, M. Connard aide la justice« .

Si avec ça ils ne passent pas dans mon camp dans les 10 minutes, je ne sais plus quoi faire.

315335.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Sinon, mec, tu pouvais aussi juste venir tirer sur Barney au moment où il arriverait à l’aéroport où son gros avion repérable à 12 000 kilomètres attendait. C’était bien aussi.

Mais revenons à notre héros et à ses 48 heures données sans raison aucune. C’est donc à bord de son avion au carburant illimité et toléré dans tous les espaces aériens du monde que Barney retourne aux Etats-Unis faire le plein d’équipement, quand soudain, quelqu’un le rejoint dans le hangar où il charge son appareil : Galgo ! Le type qu’il avait refusé d’engager parce que… heu… bon. En tout cas, Galgo est la seule aide dont Barney dispose dans l’immédiat, puisqu’il ne veut pas risquer les mecs de sa vieille équipe, et il l’accepte donc. Seulement voilà : Galgo est aussi un infernal bavard, et on a donc droit à une succession de scènes où Galgo parle et hihihi, c’est drôle parce qu’il parle beaucoup, haha. Du genre.

Barney fait le plein de l’avion. Galgo est à côté.

« Mmmm, ça sent bon. Ca sent quoi ? L’essence ? Le diesel ? Le carburant d’avion ? Ho ben ça alors c’est extraordinaire, parce qu’une fois…« 

Barney vérifie un moteur de l’avion. Galgo est à côté.

« Et donc tu connais la mécanique ? Moi aussi je connais la mécanique. Une fois, j’étais sur l’A20 avec ma Twingo quand soudain, j’ai le voyant « check » qui s’allume, alors moi…« 

Barney fait caca. Galgo passe un oeil sous la porte.

« Toi aussi tu fais caca ? Alors que moi, ma mère était blogueuse mode. Du coup, une fois sur deux, je fais des papillons. Ça m’oblige à tenir des comptes, sinon, si j’inverse, c’est un peu compliqué à gérer et… »

Bref, voilà voilà.

Sitôt les deux compères prêts, ils montent dans l’avion, mais alors qu’ils vont s’élancer sur la piste, apparaissent devant eux… l’ancienne équipe des Expandables, prête au combat ! Ceux que Barney avait renvoyé sont tous là, équipés. On va dire qu’ils ont été prévenus par Schwarzy des malheurs de Barney, hein. Ou que eux aussi sont télépathes, mais ça commence à faire beaucoup. Tous grimpent donc dans l’avion et en avant pour la cachette de Stonebanks, qui n’est pas à Langres (je trouvais pourtant ça crédible) mais au Nardinamoukistan, un pays où « Stonebanks a corrompu tout le gouvernement et peut faire ce qu’il veut !« .

Ce qu’il veut ? Comme par exemple, avoir accès aux musées la nuit sans que les caméras ne s’en mêlent, pouvoir survoler le coin en hélico sans autorisation et tirer des roquettes sur des ponts sans problème ?

Il faudra peut-être commencer à se poser des questions sur la Roumanie alors.

Enfin, je dis ça. Mais bref.

Nos héros arrivent donc au lieu de rendez-vous : une espèce de zone d’entraînement pour l’armée au milieu de nulle part au Nardinamoukistan, avec quelques immeubles, des rues et des voitures qui brûlent (comme dans les films de zombies : même 10 ans après l’apocalypse, dans les villes ruinées, les voitures brûlent toujours ; on a enfin trouvé une alternative énergétique au nucléaire). Barney sort donc ses supers jumelles à infrarouge et détecte, dans un immeuble, quatre formes vivantes. Tout serait donc désert à part pour les otages ? Voilà qui pue le piège. Mais il faut bien admettre qu’il n’y a personne d’autre à des kilomètres à la ronde.

Barney et son équipe filent donc jusqu’à l’immeuble et arrivés à l’étage des otages, les libèrent.

C’est alors qu’à côté d’eux, une télévision des années 60 surmontée d’une webcam s’allume et qu’apparaît bien évidemment le visage souriant de Stonebanks.

« Salut les nazes ! C’est bien que vous soyez tous venus ! Bon, ben maintenant que vous êtes là, je dois vous le dire : j’ai piégé tout l’immeuble. 
- Ça alors ! Une décision intelligente !
- Aaaaattendez ! J’ai décidé de les faire exploser avec… un compte à rebours !
- Ouf. Je me disais, aussi.
- Ah ben oui, hé. Nul jusqu’au bout. Bref, sachez qu’un soldat moyen met 90 secondes à sortir de l’immeuble. J’ai réglé les détonateurs sur 45 secondes ! Bonne chance ! »

0

C’est vrai que « Salut les gars ! Au revoir les gars ! » et appuyer sur le bouton était tellement moins efficace. A noter qu’en face, ce n’est pas beaucoup plus malin.

« Vite, nous n’avons que 45 secondes pour sortir ! Engueulons-nous comme de gros blaireaux ! » et c’est ce que font nos amis, et ce, de manière complètement artificielle. Heureusement, Drony, à l’aide d’un ordinateur qui traînait sur l’un des Expandables venus à sa rescousse, parvient à diffuser un brouillage qui empêche le signal du détonateur de passer. « Voilà ! Il n’y a plus que 9% de batterie dans cet ordinateur… ça nous laisse donc 25 minutes avant que tout ne pète !« . Deux choses à signaler, donc :

  1. Brouiller le signal du détonateur n’arrête pas le compte à rebours. Ça peut éventuellement empêcher le détonateur d’activer le compte à rebours. Mais là, comme c’est fait, ça ne sert à rien. Mais c’est magique, allez !
  2. 25 minutes ? Quelque chose me dit qu’il faudra 24mn et 59 secondes à nos héros pour sortir d’ici.

Au hasard.

Vexé comme un pou, Stonebanks, qui commande en fait tout cela depuis un QG de l’armée du Nardinamoukistan non loin, commande justement à l’armée d’entourer le bâtiment et de le prendre d’assaut. Les Expandables vont donc affronter des bataillons entiers ! Barney raisonne donc ses troupes, leur fait un discours sur l’espoir et l’importance de travailler de concert, puis comme le veut la tradition en cas de grand danger, leur ordonne de se diviser en petits groupes pour patrouiller dans l’immeuble (« Divisons-nous, on aura moins de chances !« ).

Deux nouvelles choses, des fois que ça manque :

  1. Sinon, Barney, en supposant que ton plan soit bon, tu n’aurais pas voulu l’expliquer, je ne sais pas moi, autre part que juste devant la webcam de Stonebanks qui commande les troupes face à toi ?
  2. Tiens et puis tout à l’heure, avec vos jumelles à vision thermique, vous avez repéré 4 péquins dans un immeuble mais pas toute une armée + ses chars + ses hélicoptères juste à côté ? C’est ballot.

Ballot, consternant, qu’importe : tout est raté depuis le début de ce film. Et la bataille commence. Et pour aller vite, chacun des Expandables se retrouve plus ou moins à massacrer entre 100 et 200 mecs tout seul, parfois juste en faisant du catch (comme l’amie Louna). Lorsque les méchants tirent 2 600 000 balles dans un couloir, ils n’arrivent même pas à érafler le gentil qui court en ligne droite un mètre devant eux, par contre, à chaque fois qu’un Expandable tire 3 balles, il y a 4 morts. Pourtant, l’armée du Nardinamoukistan n’a pas dit son dernier mot ! Ainsi, elle envoie des soldats en motocross prendre d’assaut le bâtiment (l’un des Expandable vole une moto et un casque, mais malgré tout d’ailleurs, les deux camps le reconnaissent instantanément, c’est beau), des hélicoptères le mitrailler (qui pareil, identifient les Expandables et les distinguent de leur armée d’un seul coup d’oeil quand bien même c’est la mêlée la plus confuse qui soit, on va dire que décidément, la taille de leurs testicules est utile même pour leurs ennemis), des chars le bombarder (des Expandables volent un char et là encore, n’ont aucun souci avec leurs alliés) et Stonebanks envoie même son bras droit combattre ! Et lorsque celui-ci surprend un Expandable dans le dos, plutôt que de le tuer… il lui fonce dessus pour faire du catch.

Mais ? Et pourquoi pas lui faire des chatouilles, aussi ? Arrêteeeez ! Arrêteeeeeeeeeeeez !

lyloo220091101190712

Rey Mysterio aime ça.

Du côté des Expandables, un renfort inattendu se pointe : un hélicoptère piloté par Drummer, de la CIA, qui a décidé de partir en mission dans un pays étranger histoire de créer une crise internationale s’il se fait prendre, et avec à chaque portière d’un côté Schwarzy et de l’autre Jet Li (l’hélico doit pencher, mais passons). Ils ont aussi des roquettes et détruisent ainsi les chars qui menacent nos héros (mais toujours en identifiant sans souci celui volé par des Expandables), et pètent les hélicos qui les poursuivent avec aisance. Hop, allez. Peut-être aussi y arrivent-ils d’autant plus facilement qu’encore une fois, les hélicos ennemis ne tirent pas. Ils se contentent de les suivre et de douiller. Ceci explique cela.

Re-vexé comme un pou, Stonebanks décide d’aller se battre lui-même, non sans avoir abattu plusieurs officiers de l’armée locale dans sa colère sans que qui que ce soit autour ne réagisse. C’est tellement normal : les gens adorent se faire tirer dessus par un étranger arrogant. Il file donc jusqu’à l’immeuble où tout le monde se bat, et alors que toute l’équipe des Expandable a rejoint sur le toit l’hélico de Drummer, retrouve Barney, resté en arrière alors que, ça alors, il s’est écoulé environ 24mn30 depuis l’activation du brouillage des détonateurs.

Stonebanks colle une balle dans l’épaule de notre héros, mais pouf, elle disparaît dès le plan suivant, et n’empêche donc pas notre bon Barney, qui a pourtant chu dans une sorte de pièce inondée, de se battre en mettant des patates face à son adversaire qui, vous ne vous y attendiez pas, a jeté son arme pour se « battre à mains nues« . Pif, paf bang, et finalement, les deux se ruent chacun sur une arme qui traînait dans l’eau (mais tire encore à la perfection, c’est bien normal) et Barney abat donc le vilain Stonebanks comme une grosse bouse.

« Attention, tout va péter ! » s’exclament alors ses amis à bord de l’hélicoptère.

Barney court comme le vent, et malgré les explosions qui secouent l’immeuble, atteint une corde qui pendouillait hors de l’hélico à la dernière seconde (ça alors !), et alors que le bâtiment s’effondre sous ses pieds.

« Haaa, Barney, tu nous as fait peur, hahaha ! 
- Remontez-moi les gars !
- Non, ça t’apprendra à jouer avec nos tripes, hahaha, allez, on s’en va ! »

0

Tout le monde rigole donc de cette bonne blague et l’hélicoptère avec Barney suspendu au bout d’un fil s’éloigne donc dans le soleil couchant, béni par la grâce de l’armée locale qui est partie s’entraîner pour un tournoi de Super Mario Kart et oublie de faire des trucs comme abattre l’hélicoptère contenant les mecs qui ont tué 12 000 des leurs, envoyer la chasse le faire ou autre. Et le script oublie aussi, donc que les Expandables rigolent aux dépends d’un mec suspendu à une corde par les bras et qui aux dernières nouvelles, avait une balle dans l’épaule et devrait donc s’écraser au sol tel la crotte du pigeon sur la voiture sortant de l’Eléphant Bleu.

De retour au pays, tout le monde se donne donc de grandes tapes dans le dos, car les vieux comme les jeunes sont désormais unis dans la bataille, et sont tous devenus des Expandables, des vrais.

C’est donc une nouvelle équipe, forte et unie, qui est prête pour l’aventure, et alors que les plus jeunes lancent un karaoké, tout le monde est content et…

… FIN !

____________________________________

Alice se frotta langoureusement contre le gilet en kevlar du leader du commando.

« Vous savez, je suis votre plus grande fan. Vraiment. Même si vous avez abattu François avec votre Maüser quand il a demandé si le Moumoukistan existait vraiment. 
- Un simple réflexe jeune fille. 
- Ne pourriez-vous pas rester encore un peu ? dit-elle en tirant langoureusement sur les coutures de son débardeur.
- Non. Nous sommes encore en été, même si la rentrée est là. Tant de blockbusters, tant de gens pour les défendre, si peu de temps. Et si ce n’était que ça… »

0

Elle recula d’un pas, incertaine.

« Que ça ? Que voulez-vous dire ?
- De plus en plus d’excuses de merde passent sans que personne ne s’en offusque dans d’autres domaines aussi. Notre mission est sans fin. 
- Mais ? De quoi parlez-vous ? »

0

Il sortit un petit magnétophone de sa poche et appuya sur le bouton lecture. Une voix grésillante résonna dans la pièce.

« Je n’ai pas été viré du gouvernement. J’ai décidé de reprendre ma liberté parce que je suis un homme de convictions, mais seulement une fois qu’on m’a sorti à coups de pied au cul, vous ne pouvez pas comprendre. »

Elle comprit de suite. Et avant même qu’elle ne puisse réagir, le commando avait disparu. La pièce était vide, et là-bas, derrière le rideau qui s’agitait devant la fenêtre brisée, les Excusables étaient partis pour une nouvelle mission.

Elle n’eut qu’à attendre le lendemain pour apprendre qu’un mystérieux commando avait attaqué le QG de Benoît Hamon puis celui d’Arnaud Montebourg en une seule nuit.

« Tant d’excuses de merde. Si peu de temps. » murmura-t-elle du fond de son lit en écoutant la nouvelle, rougissante.

L’été approche !

Sous la chaleur étouffante de l’astre céleste venu caresser de ses rayons la fragile surface de notre planète, les enfants commencent d’ores et déjà à se lancer dans des batailles d’eau durant lesquelles ils s’inventent les scenarios de mille et une escarmouches ; dans les rues, les strates de tissu superfétatoires recouvrant les corps des gentes damoiselles se sont bien amoindries, et révèlent de-ci de-là quelques merveilles, alors qu’à l’inverse, les mâles ont principalement raccourci leurs manches et ressorti leurs marcels, laissant poindre de fabuleuses touffes de poils hirsutes sous leurs aisselles suintantes alors qu’ils tentent d’aborder les femelles précédemment évoquées d’un « Madmoaselle, bien ou bien ?« .

Mais le vrai signe de l’été qui approche, bien plus que le thermomètre qui monte, que l’odeur lourde des barbecues ou celle de papy qui sèche, c’est bien évidemment la prolifération des tests à la con dans les magazines visant à occuper Germaine pendant qu’elle fait bronzer ses fesses sur une plage du cap d’Agde.

Les magazines féminins sont une sorte de terre d’asile pour ces hordes d’interrogations supposées révéler mille et une vérités secrètes sur la nature profonde de leurs lectrices. Aujourd’hui, plutôt que de vous faire un test produit par mes soins, je me permets d’en commenter un formidable trouvé sur auféminin.com, sobrement intitulé « Facebook, Twitter, SMS… testez votre degré d’addiction« . Notez que dans mon immense bonté, je vous en propose un qui aille tant aux amies des chromosomes X qu’à ceux qui préfèrent posséder un chromosome Y. Mais allons-y, ne trainons pas, je sens que vous brûlez d’impatience de savoir si vous êtes une sorte d’über-geek ou plutôt l’un des derniers humains à considérer que le Minitel, c’est bien trop moderne pour vous.

"Vous avez UNE nouvelle notification Facebook"

Bref, en route, et déjà, commençons par une petite introduction :

Entre nos copines Miss Cliquetrop et Miss Cliquepas, on a un peu de mal à s’en sortir. Il y a celle qui n’arrête pas d’envahir notre Wall de commentaires – et pas toujours des plus intéressants – et celle qui ne répond jamais à nos mails – pourtant super urgents ! Eh oui, à chacune son comportement vis-à-vis de ces nouveaux modes de communication : Facebook, Twitter, SMS, mails, MSN… 

Bien que le journal n’évoque pas Miss Cliquetruie, celle qui écrit tout simplement comme une sorte de porc ruisselant de gras et de boue dès qu’elle passe près d’un clavier, convenons-en : il existe des gens qui inondent notre « Wall » (je vous rappelle qu’on est dans un magazine féminin : dès que l’on peut remplacer un mot français par un anglais, on le fait. Je soupçonne d’ailleurs chaque magazine d’utiliser la livre sterling comme monnaie et de participer aux élections à la chambre des communes, mais passons) d’étrons électroniques, du genre « Si toi aussi tu es contre le cancer, copie -le sur ton mur… 98% des gens ne le feront pas. Et mes vrais amis ? » . Et bien, tes vrais amis, ils te retrouveront, ils te casseront la gueule à coups de clé à molette et ils balanceront ton corps meurtri dans une décharge à proximité de Niort. Et ce sera pour ton bien.

Enfin bref, oui, tout le monde n’utilise pas internet de la même manière. Et heureusement.

Et vous, comment les gérez-vous ? Etes-vous proche de l’attaque d’apoplexie quand on vous annonce que votre connexion Internet est momentanément interrompue, consultez-vous vos 8 boîtes de réception et autres messageries toutes les 5 min ? Ou au contraire, prenez-vous un malin plaisir à ne pas répondre dans la seconde aux SMS qu’on vous envoie ? Pour connaître votre degré d’addiction à tous ces outils numériques, passez le test ! 

Jean-Charles Nayebi, docteur en psychologie, psychothérapeute et expert en psychopathologie de la modernité *, vous livre en prime quelques conseils pour décrocher. 
A vos clics, prêtes, partez ! 

*Il est également l’auteur de « Cyberdépendance en 60 questions », paru aux éditions  Retz.

Ah, un professionnel à notre service ! Merci Jean-Charles. J’en profite pour préciser qu’un ouvrage qui ne comprend que 60 questions et qui se vend environ 17€ (je vous laisse chercher vous-même), ça nous fait quasiment du 30 centimes la question. Le prix d’un SMS, quoi. Je ne sais pas pourquoi, je sens qu’il y a baleine sous gravier, mais passons et faisons comme on nous le demande (car nous sommes disciplinés, tout de même) : lançons le test.

Mon premier réflexe le matin ? Regarder si j’ai reçu des SMS ! On ne sait jamais… Il s’en passe des trucs pendant la nuit !

• Oui
• Non

Bon, je vais directement entrer dans le vif du sujet : toutes les questions n’auront que deux réponses possibles : « oui » ou « non« . Pas de variante possible (faut pas perdre les lectrices avec des choses complexes : elle sont forcément trop bêtes pour comprendre le concept de nuance) : du coup, ça doit pas être trop compliqué comme test à analyser : plus vous avez de « oui« , plus vous êtes accro, et point barre. Eeeet bé. Je ne sais pas, mais j’ai comme l’impression que l’on prend les lectrices de magazines féminins pour des connes. J’approuve.

Mais notons plutôt l’intérêt de la question : est-ce que le matin, le premier truc que vous faites, c’est vérifier ce que l’on vous a envoyé durant la nuit comme SMS ? Non parce que techniquement, ça a peu d’intérêt : si quelqu’un vous a envoyé « Je sui en tr1 2 me fèr tabaC LOL » à 2h du matin en sachant que vous pionciez, il y a peu de chances que son SMS ait encore de l’intérêt à 7h00. Il n’existe que trois types de SMS nocturnes :

- le SMS urgent, qui est caduc au petit matin, et qui donc est bon pour la poubelle

- le SMS de la personne bourrée qui vous envoie une connerie/vous déclare son amour/balance un truc qu’elle regrettera le lendemain

- le SMS envoyé par un pote vampire avec, au hasard, une choucroute sur la tête et un duplo en guise de nez. Mais si vous lisez son SMS par un beau matin ensoleillé « Ramène toi j’veu tro te voar« , c’est un peu râpé.

Bref, le SMS nocturne, le plus souvent, c’est soit que vos amis sont dans la merde, soit dans l’alcool, mais dans les deux cas, jusqu’au cou. Evidemment, trop consommer du second pouvant provoquer une arrivée impromptue du premier à bien des sens du terme, il y a moult mélanges possibles. Mais tout de même.

Edward a les sms gratuits de 21h à 8h, ce qui est bien quand on est un vampire

Lors d’une conversation téléphonique avec une amie, il m’arrive de dire « LOL » quand elle me raconte quelque chose de drôle.

• Oui
• Non

Soyons clairs : toute personne qui prononce LOL mérite un passage à tabac immédiat. Si vous racontez quelque chose à quelqu’un et qu’il répond LOL, en dehors du fait que l’on franchisse les limites du consternant, c’est aussi réaliser quelque chose de simple : LOL signifiant grosso-modo rigoler bien fort (je sais, laughing out loud, tout ça, ça suffit les pinailleurs), ça revient à dire à votre interlocuteur « J’en ris super fort« , mais sans rire. Donc dire « Je suis en train de me foutre de ta gueule« . Si quelque chose est drôle, ça fait rire. Dire « Je ris » sans le faire, c’est juste signifier votre mépris à autrui concernant la qualité de son calembour.

Donc autant de raisons de copieusement casser la gueule de l’auteur du LOL incriminé, transformant ainsi son propos en « Lying out Lifeless »

Quand je rencontre quelqu’un en soirée, je finis toujours par lui demander si elle est sur Facebook et si j’ai mon smartphone avec moi, je l’ajoute illico à ma liste de Friends !

• Oui
• Non

Je vous parlais des anglicismes pour un oui ou pour un non : « Friends« , donc, puisque comme chacun sait, les réseaux sociaux, ça n’existe pas en version française. « Amis« , c’est trop out. C’est Nineties quoi, allo ! Et puis bon, hein, si la personne n’est pas sur Facebook, mais la has-been quoi, comment je lui parle trop pas ! Attends, si ça se trouve, il a même pas de Twitter ! Nan mais comment on peut fréquenter un australopo… un anstralopi.. un austri… un homme préhistorique !

Par contre, le questionnaire ne dis pas ce que fais une jeune fille qui rencontre Emile Louis en soirée. Lui demande t-elle quand même son Facebook ? L’ajoute t-elle parmi ses Friends ? Informe t-elle tout Twitter à coups de « J’ai un nouveau super pote #soirée #amis #gromoche #autobus » ? Visiblement oui : le questionnaire ne précise pas s’il s’agit de quelqu’un qui vous plait ou non : qui que vous rencontriez en soirée, il faut TOUJOURS l’ajouter sur Facebook.

Oui, c’est vrai, dès qu’on me parle de quelqu’un que je ne connais pas, j’ai le réflexe de le googler ou de le facebooker pour voir de qui il s’agit !

• Oui
• Non

Excellent réflexe. En soirée donc, prenons un exemple au hasard.

« Putain, vous vous rendez-compte ? Vivre en URSS sous Staline ? Ca devait être rude.
- Sta..heu… Staline ? Ha, oui, hem, heuuuu, oui, trop dur, ouais. Staline avec un E hein ? Nan je le connais, hein, mais c’est passque… que… quoi ? Staline il est même pas sur Facebook ? Et mais vous vous foutez de ma gueule les gens ? C’est qui ce nobody, là qu’a même pas un wall FB ! Vous l’avez inventé pour vous foutre de moi, hein, LOL ! En plus je viens de regarder URSS c’est même pas sous google map, ça existe pas ! Hé mais pffff comment vous avez failli m’avoir ! »
0
 

Je sais : je suis au moins aussi subtil que le test.

0
 

J’ai crée mon blog et je m’efforce de poster un petit quelque chose au moins une fois tous les deux jours. C’est mon journal intime… Mais ouvert à tous !
• Oui
• Non

Encore une fois, notez que ce test a été préparé par un expert ès Le Internet, qui connait bien le principe : oui, quand on a un blog, c’est obligatoirement pour en faire un journal intime ouvert à tous (Oui, je sais. Mais visiblement, le sens du mot « intime » est particulièrement complexe). Moi au départ, sur ce blog, je voulais parler d’analyses boursières, et puis pouf : dès que j’ai voulu poser mes doigts sur le clavier, une force paranormale s’est emparée de moi et a commencé à raconter ma vie dans tous ses détails dans le plus pur style d’une collégienne de 12 ans. Paaaassque bon, je voulais troooop partager avec le monde que je trouve Kévin trop cute, que je voudrais bien en faire mon boyfriend, mais que j’hésite avec Brandon, le garçon de 5eB qui a des poils.

Encore une fois : les lectrices de Auféminin semblent donc condamnées à ne pouvoir ouvrir que des simili-skyblogs persos dans lesquels elles racontent leur vie sans intérêt (car oui, notez-le : plus une vie a d’intérêt, moins il y a de chances qu’on la retrouve sous forme d’un journal intime révélé au monde. Barack Obama, par exemple, ne raconte pas « ses petites anecdotes du quotidien avec humour, lolilol » dans son blog « La bulle de Barack » , alors que ma voisine dont les deux plus beaux jours de sa vie ont été quand elle a acheté un yorkshire et quand David Guetta l’a regardée une fois en boîte, elle, en a un, où elle raconte avec « Umoor et frécheure » ses problèmes de fistules). C’est rude.

Voilà pourquoi un journal devrait rester intime

Malgré tout ce qu’on a pu me raconter, j’ai bien envie d’essayer le nouveau site « chatroulette » qui nous connecte automatiquement et en direct pour chatter en vidéo avec des inconnus.
• Oui
• Non

 
Avec des inconnus, c’est si vous avez de la chance, mesdemoiselles. Il y a plus de probabilité de vous retrouver face à une kikoute que face à un inconnu. Bien que la kikoute ne soit pas forcément connue de vous, j’en conviens, mais elle ne demande qu’à l’être. C’est très affectueux ces choses là.
 

J’ai au moins 2 personnes dans mon PA (Paysage Amical) qui me sont très proches mais que je n’ai jamais vues en vrai. On chatte régulièrement et je leur confie des choses que je n’ai jamais dites à personne.

• Oui
• Non

Le Paysage Amical. Oui oui oui. Hoooo, entendez-vous le doux son d’un pipeau venir caresser nos oreilles ? On dirait une réunion avec des gens du marketing (mes ennemis jurés) : s’ils ne casent pas des anglicismes et des acronymes partout, ils commencent à devenir tout pâles, vomissent au bout de plus de 6 minutes à ce régime, et meurent au bout de 15 s’ils n’ont pas réussi à caser un mot se terminant par -ing entre-temps. Les empêcher de vous tutoyer peut accélérer leur agonie. Ça ou les décapiter avec une lame forgée à l’Académie Française (sinon ils ne meurent pas et reviennent faire du haunting et du poltergeisting la nuit).

En tout cas attention avec qui vous chattez les enfants, hein. On est jamais trop sûrs.

Vous pourriez par exemple tomber sur moi. Petit rappel.

C3linette : Je sais ka toi, je peux tou te dire au moin, tu m’écoute, pa kom les autre au lycée.
Odin_Connor : Dis-moi.
C3linette : Dan ma klass ils se moke parce que je suis allergik o biscuits salés.
Odin_Connor : ils sont vraiment cruels. C’est une allergie grave ?
C3linette : Non, mais kan j’en pran, mes seins triple de volume et aprè je m’évanouis.
C3linette : Toi au moin tu te moke pa, tu voi.
C3linette : Tu é enkor là ?
C3linette : Ouhou ?
Odin_Connor : Pardon, j’étais sur le site de Belin. Tu disais ?

Cela avait commencé avec Ashton Kutcher et Demi Moore et depuis, je suis l’actu et la vie perso des people en temps réel grâce aux messages qu’ils twittent.
• Oui
• Non

Bon, je vais être bref : si ton objectif consiste à suivre la vie perso de gens que tu ne connais pas, tu es juste bonne à passer tes journées à lire les magazines des salons de coiffure. Twitter a enfin brisé un tabou : avant, pour cancaner sur les stars, il fallait dire « Je l’ai lu dans Gala ; je l’achète pas, hein *grosse goutte de sueur* je… je l’ai lu chez… chez le coiffeur ! » ; avec Twitter, enfin, vous pouvez essayer d’en savoir plus sur qui couche avec qui sans passer par le marchand de journaux en rougissant.

C’est beau, le progrès.

A un anniversaire, au bureau, en boîte, dès que je suis prise en photo, je prends la pose en gardant à l’esprit que je risque d’être tagguée sur Facebook.
• Oui
• Non

C’est donc ça toutes ces photos de tes fesses, petite filoute ; tu as une manière bien à toi de prendre la pose. Allez, file, va. N’oublions pas la grande tradition Facebook en matière de photos, d’ailleurs :

- les photos de profil, de préférence, c’est une prise à bout de bras en contre-plongée, de préférence la bouche en cul de poule (c’est censé être glamour ?)

- les albums photos ont forcément des noms qui dégoulinent de bons sentiments

- une fille qui veut prendre en photo un monument ne peut pas prendre en photo le monument. Elle doit se prendre en photo ELLE devant le monument. Donc selon le format de la fille, on voit plus ou moins le Parthénon en arrière-plan. « Mais si, là regarde, derrière sa fesse, on voit une colonne !« 

J’ai un peu honte mais je me sens plus à l’aise derrière mon pseudo pour faire des commentaires désobligeants sur des forums ou des blogs …
• Oui
• Non

Ah ouais, nan mais je suis bien d’accord : c’est scandaleux ces gens qui prennent des pseudonymes et ouvrent des blogs pour balancer des saloperies sur Nicolas Cage. Moi je ne supporte pas les gens comme ça. Je crois que la seule chose que je déteste plus, ce sont les hypocrites.

Je me surprends parfois à parler avec des phrases qui ne dépassent pas 140 caractères !
• Oui
• Non

Comment c’est trop un signe ! Faire des phrases courtes, c’est vrai que c’est suspect. Par exemple « Ta gueule » ou « Roger, passe-moi le beurre » sont des phrases typiques d’accros au net. Définitivement, mon arrière-grand mère était une foutue geek en avance sur son temps. Je suis sûr qu’elle twittait depuis son sonotone, la coquine.

Autre solution : quand on en est à compter les caractères des phrases que l’on prononce, c’est qu’on a un gros soucis d’autisme.

"Vas y papy, ce soir on les défonce sur Counter-Strike"

J’avoue : je me suis déjà fait passer pour quelqu’un d’autre sur Facebook pour tester la fidélité de mon copain ou pour me rapprocher d’une personne inconnue !
• Oui
• Non

C’est vrai que cette fois-ci à nouveau, c’est une question intéressante. Personnellement, je pense que ça apporte plus de réponses à la question « suis-je paranoïaque au point d’utiliser des techniques perverses ? » que « suis-je accro au net », mais passons. Là encore, méfiez-vous tout de même.

Geisha51 dit : Mon petit Odin, on se retrouve alors bientôt pour une nuit torride…
Odin_Connor dit : Fort bien. Rendez-vous ce soir derrière le Shoppy. Je ferai trois appels de phares.
Geisha51 dit : A ce soir mon amour.
Geisha51 s’est déconnectée
Femme_Furieuse est connectée
Femme_Furieuse dit : Dis-donc petit saligaud !
Odin_Connor dit : ?
Femme_Furieuse dit : Tu crois que je t’ai pas vu ? 
Odin_Connor dit :
Femme_Furieuse dit : Geisha51 ! C’était moi ! TU ALLAIS ME TROMPER ! Salaud ! Enfoiré ! Connard !
Odin_Connor dit : Oui, et ?
Femme_Furieuse dit : Crevure ! Pourriture ! Chien ! Marc-Olivier Fogiel ! Rascal ! 
Odin_Connor dit : Parce que toi tu n’allais pas le faire ?
Femme_Furieuse dit : Non ! Moi je suis fidèle ! Je n’aime que toi !
Odin_Connor dit : Ah oui ? Et Mamadou_10inch ?
Femme_Furieuse dit : … comment sais-tu ? Tu m’espionnes ?
Odin_Connor dit : C’était moi.
Femme_Furieuse dit : Quelle technique dégueulasse ! T’as vraiment aucune morale ! Tendre des pièges aux gens, espèce de
Odin_Connor dit : Bon, maintenant, tu arrêtes de chatter depuis le coffre de la bagnole et tu éteins ton téléphone, sinon à la prochaine aire, je m’arrête et je te pelle la face.
Femme_Furieuse dit : Pardon mon choubidou. 
 
Pour moi, le it-accessoire de 2010 c’est indéniablement mon beau smartphone. En plus, il va avec tout !
• Oui
• Non
 

Là encore, ça répond plus à la question « Suis-je une truie assez pétée de thune pour me payer chaque année un téléphone à 500€ juste parce que c’est l’accessoire à la mode ? Et suis-je assez bête pour être persuadée que je suis encore en 2010, mon cerveau ayant un temps de latence de quelques mois avec le reste du monde ? » plutôt que sur qui est accro à quoi. Ce test est donc définitivement interdit aux pauvres.

Pour respecter mes cycles de sommeil, je me fais désormais réveiller par l’appli Sleep Cycle. C’est tellement moins violent qu’une sonnerie stridente !
• Oui
• Non

Ou qu’être réveillée par les tonitruants pets matinaux de son compagnon. Et il n’y a pas d’application pour ça (à part celle qui envoie automatiquement un SMS « T’as pas intérêt à secouer les draps en hurlant « Haaaa, çui là il fouette ! », prince charmant » à celui qui partage votre lit).

Je trouve normal que les bloggueuses de mode puissent assister aux premiers rangs des défilés. Elles sont les vraies lanceuses de tendances ! Bouge de là, Anna Wintour !
• Oui
• Non

Ah, les bloggueuses de mode ! Ces spécialistes des tendances qui partagent toutes une qualité centrale : s’habiller comme un sac pour un prix absolument pharaonique, parce que, tu vois, cette année, c’est la mode des rayures, alors je vais mettre des rayures, et les assortir à mes chaussures, et avec ça, je vais être su-blime, aucun garçon ne pourra me résister (sauf que si les garçons s’intéressaient à ce genre de choses, ils achèteraient des magazines de fringues, pas Playboy ou FHM).

A noter que si les bloggeuses sont les vraies lançeuses de tendances, elles n’ont pas besoin d’assister à des défilés qui, je le rappelle, sont simplement des publicités géantes pour couturiers où les vêtements sont gentiment déposés sur des mannequins anorexiques (c’est important : plus une fille ressemble à un porte-manteau, mieux c’est). Regarder une publicité et en déduire ce qu’il faut acheter, c’est simplement faire étalage du vide sidéral qu’il peut y avoir entre deux oreilles.

Un exemple de chroniqueuse de mode. Voilà voilà.

Pour être sûre de ne plus oublier de prendre ma contraception, je fais confiance à l’appli Ipilule. C’est révolutionnaire.
• Oui
• Non

« Mais quand il n’y a plus de batterie dans mon Iphone, je tombe enceinte comme une nouille. Heureusement, j’ai la fonction I-cintre, qui va me permettre de régler tout cela, hihihihihi« .

Quand ma boîte a décidé de bloquer l’accès à Facebook à ses salariés, par « souci de plus grande productivité », j’ai failli appeler la Ligue des Droits de l’homme !
• Oui
• Non

« Par contre, quand ils ont viré Sulimane qui n’avait plus de papiers, je n’ai pas bougé mon cul« . Dans tous les cas, formidable incohérence là-dedans : une vraie utilisatrice de Facebook ne peut pas s’indigner autrement que par ses statuts « Colle ceci sur ton mur si toi aussi tu penses que Facebook est un droit » ou « Adhère au groupe  « La vrai Liberté, c’et de pouvoir poké ! » Si on est assez nombreux, ils devront céder ! Allez, 100 000 membres !« .

Pour les résultats, comme je vous l’ai annoncé, c’est assez facile, mais dans ma grande bonté, je vous en fais la synthèse :

« Si vous avez un maximum de « oui » : vous êtes accro. C’est pas bien.« 

« Si vous avez un maximum de « non » : vous n’êtes pas accro. C’est bien.« 

« Et enfin, si vous avez un maximum de « Mais qu’est-ce que c’est que ces tests de merde parfaitement caricaturaux qui doivent supposément révéler quelque chose alors qu’ils se contentent d’enfoncer des portes ouvertes ? », vous avez un QI de plus de 60« .

Hmmm, nan définitivement, j’aime les magazines qui prétendent oeuvrer pour la cause féminine tout en s’adressant à un public visiblement construit autour d’un archétype de lycéenne niaise sous LSD.

Et au final, voilà ce que ça donne.

Je vais racheter des balles.

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 6 451 autres abonnés