Bon.

Comme je vous sens turbulents, je crois qu’il est temps de détendre l’atmosphère avec des cartes à jouer. Comme vous le savez, dans un bon débat – comme il a pu y en avoir pas loin d’ici il y a peu – il est aisé de se tirer d’un mauvais pas en utilisant le bon mot au bon moment. En effet, il existe principalement deux manières de débattre : celle consistant à argumenter avec son adversaire, l’occasion de devoir renforcer son argumentation tout en, pourquoi pas, apprenant un ou deux trucs et essayer de convaincre son auditoire, et la technique dite de l’indignation (puisqu’il en était sujet), permettant de se draper dans sa cape l’air outragé en expliquant qu’il ne saurait être question de répondre à un argument, et d’expliquer en quoi il est faux des fois que ça puisse convaincre quelqu’un (fous que vous êtes), en arguant du fait qu’il est rac/mach/droitdelhomm/cycl/paternal (biffez les mentions inutiles) – iste, et que donc, je ne mange pas de ce pain là mon petit Monsieur, le problème de ton argument, c’est toi !

Aussi vous propose-je tout simplement, loin d’un article, cette humble carte issue d’un célèbre jeu où la magie côtoie le pognon que vous pourrez suggérer à vos amis lorsqu’ils utilisent l’argument du néant, par exemple en les invitant à la découper sur leur écran, ou en cas de discussion direct, en leur agrafant sur la joue (vous êtes de gros taquins quand même).

Débat magique

Attention tout de même : si vos amis ont la référence au bas de la carte, vous n’êtes pas obligé de leur péter la gueule tout de suite. Tout comme s’ils ont utilisé des mots en -iste hors-catégorie, comme jeu de piste, moine trappiste ou copiste (sauf en référence à Jean-François, auquel cas c’est mot compte double).

Sur ce, je retourne tirer aléatoirement le gagnant du cigare et répondre aux demandes en mariage. C’est dur, la vie de blogueur.

Chaque année sur ce blog, la tradition veut qu’il y ait un petit mot de Noël.

En effet, à l’heure où certains sortent du coma en se demandant ce qu’ils font dans un caniveau avec une demi-bûche sur la joue, et où les statistiques du nombre de cirrhoses dans le monde viennent drastiquement d’augmenter, il n’y a pas de raison que le lecteur repu ne puisse pas avoir un mot tendre et doux. Aussi, et comme il se doit, je me permets de vous donner une fameuse citation d’un Noël passé :

« Non, la couronne, c’est le cadeau de papa, tu n’y touches pas. Continue de brailler et j’invente l’école, ça va te calmer petit morveux !« 

Charlemagne s’adressant à son fils Pépin durant son sacre, 25 décembre 800

Mais où est donc passée cette époque bénie où, plutôt que d’offrir des cravates, on offrait des empires ? Le Noël actuel manque diablement de panache.

En attendant, joyeux noël et bon courage pour retirer tout ce vomi du tapis.

Le lieutenant Murray cligne péniblement des yeux lorsqu’un nouveau flash crépite.

Il faut dire que c’est une nuit assez curieuse ; sous la pluie battante de l’orage, les flashs de l’appareil photo de la police scientifique se mêlant aux éclairs qui tombent ça et là au-dessus des buildings donnent la curieuse impression de se répondre. De temps à autre, une recrue qui faisait le planton au bout de la ruelle bondit en entendant la foudre tomber non loin, avant de réajuster sa casquette dégoulinante en jetant un coup d’oeil autour de lui pour essayer de savoir si quelqu’un l’a vu sursauter. Et comme si tout cela ne suffisait pas, une voiture de patrouille se positionne à l’autre extrémité de la ruelle, ses gyrophares ajoutant encore plus de lumières stroboscopiques à l’ambiance générale, faisant briller les hauts-murs alentours de teintes bleues et rouges à un rythme infernal pour les rétines les plus fragiles. Et puis ça et là, le flash de l’appareil photo. Encore. Et la foudre. Encore. Si Murray n’était pas blasé, il se laisserait presque aller à un sourire devant ce curieux spectacle lumineux bercé de la sirène stridente des véhicules allant et venant sur les avenues alentours. Mais il n’est pas là, pour ça, non. C’est pourquoi il tapote légèrement du pied les fesses de son jeune collègue accroupi pour prendre des notes au-dessus du cadavre afin de l’inviter à se relever.

« Alors ?
- Rien de particulier chef… l’accident bête, à première vue.
- L’accident bête ?
- Le type avait son portefeuille à la main quand il est mort, et tout l’argent est là. J’imagine mal un criminel ne pas sauter sur l’occasion. Quant à la blessure, c’est trop gros pour être un taser ou une arme électrique quelconque. D’après le doc, il aurait simplement pris la foudre. Si on peut dire simplement, bien sûr… »

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Murray jette un regard dédaigneux à la petite silhouette noircie étalée contre le mur entre deux poubelles, sur laquelle s’affairent des experts qui tentent de relever autant de traces qu’ils le peuvent sous une pluie qui efface tout petit à petit. Quelle mort bête. Foudroyé, en pleine ville, avec tous ces paratonnerres à proximité…

Et puis quelque chose attire son regard. Une carte de visite dans le portefeuille disposé à côté du corps, bien rangée dans une poche avec une dizaine d’autres identiques. Toutes au nom de la victime, là n’était pas le problème, mais… dessus, il y avait une série de noms de films. Des films sur lesquels la victime avait travaillé. Et on pouvait très distinctement lire le nom « THOR » au milieu des autres. A cette vue, Murray se tourne prestement vers son adjoint en lui tirant sur la manche.

« Que dit le fichier ? C’était quoi le boulot de la victime ?
- Heu… scénariste je crois. 
- Bon sang ! Ce n’est pas un accident, c’est un meurtre ! 
- Que… un meurtre ? Mais ce mec a été foudroyé !
- Justement. L’histoire est remplie de mecs foudroyés qui avaient tous un point commun : s’être foutus de la gueule de Thor.
- Hahaha, lieutenant, vous me faites marcher ! Vous voulez me bizuter, c’est ça ? 
- Raaah, mais non, regarde ! C’est arrivé encore il y a quelques années, en 78 je crois ; à l’époque, je bossais en France dans le cadre d’un échange international. Il y avait eu ce cas : un type fait une chanson sur l’arme préférée de Thor, et paf : foudroyé ! Une coïncidence, vraiment ?
- Je… arrêtez chef, vous commencez à me faire peur.
- Ce type avait vraiment dû manquer de respect au Dieu de la Foudre pour finir comme ça. »

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Sous la pluie battante et au son du tonnerre roulant loin au-dessus de lui, Murray tenta de se demander quelle abominable bouse un scénariste avait bien pu écrire pour mériter une mort pareille.

Il allait bientôt avoir sa réponse.

Parce que nous allons spoiler. Hop !

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L'affiche : sauras-tu retrouver l'incohérence majeure qui s'y cache ?

Tout commence quelque part, dans le désert du Nouveau-Mexique. A bord d’une petite camionnette, la scientifique Jane Foster, la jeune assistante Darcy et le vieux bourru Erik Selvig sont en train d’attendre patiemment une tempête, puisque d’après Mlle Foster, il s’en produit dans le secteur de manière récurrente. Ses deux compagnons se foutent un peu de sa gueule, puisque bon : à la base, elle est astrophysicienne, pas météorologue, alors puisqu’aucune tempête n’est encore apparue ce soir, c’est qu’il y a de fortes chances qu’elle se soit plantée comme un vulgaire busard. Oui, mais vous oubliez un détail les amis : Jane est gentille. Elle ne peut donc pas se tromper.

C’est pourquoi, soudainement, des nuages se rassemblent dans le ciel nocturne, et une sorte de tornade commence à se former : hmm, ça a l’air super dangereux, en fait, non ? Ni une, ni deux, nos héros foncent dans leur camionnette pourrie droit vers le phénomène en le filmant, dans l’espoir d’obtenir de bonnes images de celui-ci (en espérant que ce soit une tempête photogénique). Mais au moment où notre troupe est quasiment au contact de la tornade, des vents poussiéreux surgit au dernier moment un homme visiblement désorienté ; tiens ? Voilà qui n’est pas banal, se dit Jane en se ramassant le monsieur sur le coin du pare-brise. Ça va coûter chez Carglass cette affaire, s’exclame t-elle en sortant du véhicule (oui parce que la tempête s’est arrêtée comme ça, pouf, tornade comprise, et ça n’a pas l’air de la choquer) pour aller examiner l’homme qu’elle vient de renverser. Est-il encore en vie ? Et surtout, d’où vient-il ? Excellente question : pas d’inquiétude professeur Foster, le film va y répondre promptement.

Pour mieux comprendre, nous voici revenus sur Terre peu avant l’an 1000, dans les lointaines terres du nord de l’Europe, contrées d’origine des deux choses qui nous coûtèrent le plus de femmes dans l’histoire : les vikings et Ikea. En cette époque chaotique, des êtres venus d’une autre planète, les géants des glaces, sortes d’humanoïdes bleus aux yeux rouges d’un peu plus de deux mètres de haut, ont décidé de foutre la zone, ce qui embête bien les habitants du coin. Mais nos fiers amis barbus ne sont pas les seuls ennuyés par ce remue-ménage galactique ; en effet, un autre monde en assez de ces géants qui font du bruit passé 22h : Asgard et ses habitants. Menés par leur roi Odin, ces derniers vont coller une grosse pâtée aux êtres venus du froid, les repoussant jusqu’à leur planète d’origine, Häagen-Dazs. Ou un truc du genre. Bref. Dans tous les cas, ces brigands perdent la guerre, et pour être sûr qu’ils ne recommencent pas leurs coquineries, Odin leur confisque le Coffret des Glaces, l’arme ultime qui conférait toute sa puissance à cette civilisation, et qui est en fait un coffret qui a le pouvoir de geler ce qu’il a en face de lui (ennemis, amis, paquet de frites). Il peut aussi, à volonté, donner des glaces à la fraise ou à la pistache, la base du moral des armées géantes.

A noter que bien que ce soient deux civilisations capables de voyager dans l’espace et de vivre des aventures de rabouins galactiques, tant les géants que les êtres d’Asgard se battent à coups d’épées, de haches ou de marteaux, voire de poings. Les armes futuristes, c’est pour les nazes. On se bat au corps-à-corps, nous, Monsieur, on a notre petit amour propre. Et on se déplace à cheval aussi (le cheval, tout comme le poney, est un animal intersidéral).

Des années plus tard, Odin raconte cette histoire à ceux qui ne l’ont pas vécue : ses enfants, Thor et Loki (oui, ils sont nés après l’an mil, alors qu’ils étaient déjà vénérés dans la mythologie nordique bien avant. Mais chut, ne disons rien), qui se passionnent pour ce récit des exploits militaires de papa. Comme il se doit, les deux enfants sont bien différents  : Thor est blond, présomptueux et emporté, alors que Loki est brun, modeste et posé. Le trône d’Asgard a donc deux héritiers, mais seul l’un d’entre eux y aura accès : le truc est trop étroit pour y caser plus de deux fesses, et la tradition veut que l’on préfère que les deux appartiennent au même individu.

Continuons de voyager dans le temps, et faisons une avance rapide de quelques siècles, pour découvrir le palais d’Asgard qui se prépare pour une grande fête. Ah, vous ai-je décrit Asgard, au fait ? Non ? Bon, alors c’est facile : c’est une sorte d’île flottant au milieu de l’univers, seulement entourée d’eau et de nuages pour faire kikinou ; et au centre de cette île, on trouve un palais qui a visiblement été construit uniquement avec du papier d’emballage de gaufrettes. A l’intérieur, tout est doré et plutôt laid, particulièrement les tenues, qui comme toujours, font dans le flashy. Spéciale dédicace à Odin et son cache-oeil qui change de couleur pour s’adapter à ses tenues, parce qu’il est coquet le filou ; on l’imagine tout à fait dire à sa femme « Passe moi le noir, j’ai un deuil ce soir / Ho, il est où mon doré ? J’ai mon armure des jours de fête ! / Bon, aboule mon oeil de verre : j’ai meeting du FN ce soir, et tu sais comme ils adorent la mythologie nordique. ». En tout cas, en ce jour, Odin a justement convoqué tout son peuple pour célébrer un évènement unique : l’arrivée de Thor sur le trône ; c’est donc au milieu d’une foule joyeuse qu’arrive notre héros, désormais adulte, faisant des clins d’oeils aux jeunes filles, des sourires de winner à ses copains et agitant son gros marteau Jouetclub en plastique pour impressionner tout le monde. Parlons-en de ce marteau : il s’agit de Mjöllnir, l’arme la plus puissante du coin, dixit Odin, qui dit qu’il n’y a pas mieux pour « détruire et construire » ; ouais enfin mon vieux, essaie de planter un clou avec ça, tu vas rigoler, tiens. Ou alors va falloir inventer « Mjöllclou« , le clou avec une tête de 1 mètre de diamètre. Bref, je disais ? Oui : le roi des Ases en est tout à son discours quand soudain, il s’arrête, à quelques secondes de déclarer Thor nouveau roi d’Asgard : il a senti une présence ennemie dans le palais : les géants des glaces !

La chose est avérée : car dans le même temps, dans l’armurerie divine, trois géants se sont infiltrés pour essayer de venir voler le Coffret des Glaces. Après avoir tué deux gardes en faction, ils s’apprêtent à voler l’objet tant convoité, quand ils sont soudain dérangés par une sorte de colosse métallique capable de cracher de monstrueux faisceaux lasers avec son heaume : le Destructeur, le serviteur du Roi d’Asgard et protecteur de l’armurerie. Promptement, les trois chenapans sont donc transformés en merguez, oui, mais en merguez surgelées, géant des glaces oblige.

Odin, Thor et Loki arrivent donc précipitamment sur place pour constater que deux citoyens d’Asgard sont morts dans l’attaque, et confirmer que tout cela est bien le fait de géants des glaces. Thor s’énerve donc très fort en agitant les bras, déclarant qu’il est grand temps d’en finir une bonne fois pour toute avec les habitants d’Häagen-Dazs, et qu’une bonne guerre dégourdirait bien tout le monde. On le constate donc : Thor n’est pas très subtil. Odin, lui, est bien plus sage, puisqu’il pense qu’il ne faut surtout rien faire et… que… quoi ? Pardon Odin ? Des mecs rentrent chez toi, tuent tes hommes, tentent de voler une arme connue pour être surpuissante, et il ne faut rien faire, même pas appeler les géants des glaces pour avoir une petite explication ? Non ? Z’avez pas le téléphone ? Bon. On va dire que le téléphone, c’est comme pour les épées et les haches à la place des canons lasers : c’est trop chochotte pour eux. En tout cas, Thor insiste pour aller bourrer du géant, puisque depuis qu’il a vu Avatar, il a clairement envie de bourrer tout ce qui est grand et bleu pour son bon plaisir ; Odin se doit donc de reformuler les choses : il interdit à Thor d’intervenir de quelque manière que ce soit. Il faut préserver la paix avant tout, par exemple, en ne faisant rien face aux agressions d’autrui (Odin était à Munich en 1938).

"Et moi je dis, les géants des glaces, ils font chier à venir illégalement, faudrait les mettre dans des charters direction Bamako ! Asgard, tu l'aimes ou tu la quittes !"

Thor part donc faire un gros caprice, et quand il fait un gros caprice, il se doit de renverser une table de banquet en s’écriant « Cacaboudin ! » pour exprimer son désarroi. C’est ce que lui a recommandé son psy pour évacuer sa violence. C’est un peu son « coussin de la colère » à lui. Rapidement, il est rejoint par son frère Loki, ce qui donne l’occasion d’un dialogue d’anthologie :

« Thor, mon frère, tu as l’air de faire du boudin, mais tu as raison, laisse la colère t’envahir, bascule du côté obsc…
- ?
- Oui, hem, non, je disais : dis-donc, tu as trop raison de vouloir aller taper les habitants de la planète des glaces, ils ne méritent que ça. Quel dommage que Père te l’interdise ! LE SEUL MOYEN DE LE FAIRE SERAIT DE *CLIN d’OEIL* PASSER OUTRE SES ORDRES *CLIN D’OEIL* POUR LE BIEN D’ASGARD *DOUBLE CLIGNEMENT D’YEUX*
- Hmmm, Loki, ça me donne une idée… et si je passais outre les ordres de Père et que j’allais maraver du géant pour le bien d’Asgard ?
- HO ! QUELLE SURPRISE ! (Loki est doublé par Francis Huster) CE SERAIT DE LA FOLIE, QUELLE IDÉE AS-TU LA ? »
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Et Thor, qui est donc visiblement capable de se faire baratiner par une écolière en deuxième année de maternelle, s’équipe donc pour aller guerroyer. Quatre de ses amis se proposent de l’accompagner : A, B, C et Sif, accessoirement sa femme, même si visiblement, il n’a pas l’air de s’en souvenir. Il n’a pas dû étudier sa propre mythologie à l’école. Passons.

Tout ce beau monde se rend donc vers le Bifrost, une sorte d’énorme téléporteur tout au bout d’un pont arc-en-ciel ; et si le pont est de toutes les couleurs, il n’y a pas de raison qu’il n’en soit pas de même du gardien de celui-ci : Heimdall, le vigile d’Asgard qui peut tout voir, est donc comme tous les videurs, noir. C’est très connu : dans la mythologie nordique, on parlait souvent de dieux à la peau sombre. Qui ne se souvient pas de Mamadou Erikson, ou de Olaf N’Golo ? Asgard est quand même un bien beau pays : il respecte les quotas de la FFF américains. Ne manque plus que Mexicos, le dieu viking des tapas, et on sera au complet. Mais qu’importe : Heimdall est prêt à aider nos amis en activant le Bifrost pour les envoyer jusqu’à la planète des glaces ; en effet, lui qui voit tout et qui est supposé garder la maison aimerait bien que les géants des glaces expliquent comment ils ont pu rentrer en échappant à sa vigilance. Il télétransportera donc tout le monde, et il suffira de le bipper quand nos héros voudront revenir, puisque le bougre ne peut maintenir la porte entre les mondes ouvertes très longtemps : s’il le faisait, ça détruirait la planète visée par le Bifrost. Mais assez d’explications : de l’action !

Nos héros arrivent donc en un éclair sur Häagen-Dazs, et constatent que la planète enneigée n’est que ruines : les géants des glaces, ils construisent une fois, et puis ensuite, tant pis si ça se casse la gueule visiblement. Vu le nombre de trucs de vieilles tours et de colonnes balayées par les vents qui s’effondrent ça et là sur le chemin de nos héros, c’en est à se demander comment il peut encore rester un truc debout pour s’effondrer sur cette planète. Il n’empêche que notre troupe finit par arriver dans ce qui ressemble à une ancienne salle d’un palais, désormais elle-même dénuée de la plupart de ses murs, et y trouvent le Roi des géants, Jean-Jacques. Ce dernier explique à nos héros que bon, oui, d’accord, ils ont pénétré en Asgard pour voler le coffret des glaces, qu’ils y sont parvenus grâce à l’aide de traîtres qu’il ne convient pas de nommer (je me demande bien qui, tiens), mais que ce serait mieux de ne pas recommencer une guerre. Aussi, maintenant qu’il a répondu aux questions de Thor, le roi des glaces propose à la troupe de partir sans combats, histoire d’éviter que toute cette histoire ne dégénère. Soit, dit Thor, il en sera ainsi.

Sauf que sitôt que Thor lui a tourné le dos, Jean-Jacques lui crie « Grosse tapette ! » – Et Thor déteste être traité de tapette (il est très sûr de sa sexualité, malgré le fait qu’il chevauche un arc-en-ciel géant nommé « Bifrost » régulièrement). Aussi décide t-il dé péter la gueule à tout le monde.

Non. Non, moi non plus je n’ai pas trop compris le principe du roi Jean-Jacques qui cherche à tout prix à éviter le combat, et qui une fois qu’il a ce qu’il veut, décide de le provoquer. Doit être trop subtil pour moi tout ça. Ça et le fait que Thor décide d’engager le combat à 6 contre plusieurs millions d’habitants de la planète-mère des géants des glaces. M’enfin bon. Le combat s’engage donc, et encore une fois, il y a de formidables répliques, telle celle de B, l’un des compagnons de Thor, qui s’exclame « Ne les laissez pas vous toucher ! » ; merci du conseil, mec, on avait prévu de se jeter sous leurs coups vêtu de cuir en hurlant « Plus fort, maître !« . Cependant, durant la bataille, Loki constate un phénomène étrange : lorsqu’un géant rentre en contact avec lui, sa peau devient aussi bleue que la leur. Ho ?

Mais la bataille tourne court lorsqu’Odin lui même fait le déplacement pour sauver ses 6 petits gars, désormais encerclés ; il s’adresse donc au roi Jean-Jacques, pour lui signifier que Thor a été vilain, et que ça n’arrivera plus. Mais le géant des glaces ne compte pas s’en arrêter là, et déclare la guerre à Asgard, tant il estime que l’affront qui vient d’être fait a été grand (non, Odin ne lui rappelle pas que tout a commencé à cause d’une tentative de vol dans l’armurerie d’Asgard par les géants des glaces, et qu’à ce titre, on pourrait dire 1 partout la balle au centre ; à la place, il accepte juste la guerre comme une andouille). Le Bifrost ramène donc les 7 héros d’Asgard à la maison, et sitôt arrivés, Odin se tourne vers Thor pour lui faire les gros yeux. « Noooon, pas les gros yeux ! Paaaas les gros yeux !« , s’exclame Thor en se roulant par terre et en menaçant de retenir sa respiration très fort si on continue de lui faire les gros… attendez, excusez-moi, on parle d’Odin : le gros oeil. Mais il est trop tard : papa est fâché. Ainsi, pour punir son fils d’avoir déclenché une guerre (Odin n’a visiblement aucun recul), le roi d’Asgard le bannit de ce monde. Et il éjecte aussi son marteau à travers le Bifrost  en hurlant « Celui qui en sera digne aura les pouvoirs de Thor !« .

Oui, je sais. En plus de tout ça, et au motif qu’une guerre contre ses ennemis les plus mortels vient de commencer, Odin décide de bannir son meilleur guerrier et de se débarrasser de l’arme la plus puissante de son royaume. Voilà voilà.

Nous en revenons donc au début du film : Thor atterrit dans le désert du Nouveau-Mexique (c’est vrai que c’est connu : à chaque fois que les dieux nordiques sont apparus, c’est au Nouveau-Mexique, jamais en Europe du nord) et se prend une voiture dans le nez, ce qui est assez douloureux. Sans compter qu’à peine se relève t-il, seulement légèrement contusionné, probablement protégé par son pyjama d’Asgard (il a perdu son armure lors de son bannissement mais Odin lui a laissé son pyjama, il est sympa), qu’il commence à hurler « Heimdaaaall, ouvre moi le passage, gros naze, je veux rentrer à ma maison, je suis Thor, merde ! » ; ces propos agressifs font un peu paniquer Darcy, l’assistante de Jane Foster, qui lui inflige donc un bon coup de taser. Il est alors emmené à l’hôpital le plus proche, où son agressivité et ses propos incohérents (« I’m Thor, Mothafucka. La vache, c’est moi où Heimdall a eu plein d’enfants qu’il a abandonné dans le coin ? ») lui valent vite le droit d’être enfermé et drogué comme il se doit.

Mais après cette nuit de folie vient enfin le petit matin, et Jane en profite pour consulter ses photos de la tempête prise quelques heures plus tôt. Et que découvre t-elle sur l’une des images ? La silhouette d’un homme tombant au beau milieu de la tempête dans une colonne de flammes. Attendez, vous voudriez dire que l’homme qu’elle a percuté serait en fait tombé du ciel ?! C’est ce que cette photo semble dire.

Photo qui, si vous regardez bien, a été prise depuis un endroit où Jane et son équipe ne se sont jamais retrouvés et qui plus est d’une scène qu’ils n’auraient de toute manière pas pu voir de là où ils étaient. Hmm hmmm.

Jane souhaite donc poser quelques questions à celui qui dit s’appeler Thor, et se rend à l’hôpital pour l’interroger ; ça tombe bien, puisqu’il vient de s’évader, et qu’en faisant une manoeuvre sur le parking du centre de soins, elle le percute à nouveau (lolilol) : elle le fait donc monter à bord, et l’emmène à l’hôtel où elle loge le temps de ses recherches pour lui proposer quelques vêtements « de son ex » (histoire de bien dire qu’elle est célibataire la coquinette). A noter que visiblement, son ex était aussi un gros bourrin sous stéroïdes, puisque toutes les fringues lui vont parfaitement. C’est donc aussi l’occasion de le voir se promener torse-nu pour impressionner les minettes ; Jane est évidemment la première à rougir devant ce bel éphèbe, particulièrement lorsqu’elle réalise qu’il a une poitrine bien plus imposante que la sienne. Ce qui était assez facile, soit dit en passant. Mais je m’égare, j’en conviens. Une fois bien vêtu, il est grand temps de descendre prendre un café pour discuter un petit peu des évènements de la nuit. Qui es-tu, Thor ? D’où viens-tu ? Est-ce obligatoire de faire des jeux de mots avec ton nom, ou ai-je Thor ? Pourrais-tu me parler de ton monde, et de ses habitants ? Parce que si c’est le cas, j’aimerais que tu commences à Odin, et que tu termines à Thor. Et Loki, est-il somnambule ? On m’a toujours dit de me méfier de Loki dort. Enfin, je sais, ce genre de calembours, tu dois trouver ça très an-Odin, mais bon. Moi ça m’Fenrir. Sinon, tu vas répondre à mes questions, oui ?

Mais ? Mais cet homme a le bras plus large que la tête ?! Remarquez, ça se tient.

Non. Thor n’a pas envie de répondre à quoi que ce soit. Par contre, il se comporte en bon viking, et explose les mugs de café après les avoir bu en hurlant qu’il exige qu’on lui resserve de ce breuvage. C’est à cet instant précis que tout le film bascule (et, hélas, je n’exagère pas) : Jane lui demande s’il ne pourrait pas arrêter ses conneries. Et aussitôt, il le fait : il arrête d’être bruyant, lourd, présomptueux, antipathique, etc. Bref, tout ce qu’Odin n’avait jamais réussi à lui enseigner en un millénaire. Tout ça parce qu’une greluche lui demande de faire moins de bruit quand il boit son café. Quel grand film.

Mais sur Asgard, le temps continue de s’écouler : A, B, C et Sif sont en pleine conversation avec Loki, tout dépités qu’ils sont de savoir que Thor a été banni, lui qui était l’un de leurs meilleurs potes et qui avait toujours des entrées pour les soirées VIP au « Valhalla-Bunga« , la boîte hype d’Asgard. Or, Loki annonce quelque chose de curieux : il explique que c’est lui qui a averti Odin que Thor se rendait sur Häagen-Dazs, afin qu’il intervienne et n’évite que tout le monde soit massacré par les géants des glaces. Ses quatre interlocuteurs s’étonnent de cette attitude (peut-être, justement, parce que ça ne sent pas du tout la traîtrise du mec qui a ouvertement encouragé Thor à aller maraver du géant, avant d’aller le dénoncer à Odin ?), puis commencent à avoir des doutes (il serait temps) : Loki a toujours été jaloux de Thor. Et au passage, maintenant qu’ils y pensent, Loki est le plus puissant magicien d’Asgard, et ‘il serait le seul assez puissant pour camoufler une infiltration de géant des glaces aux yeux d’Heimdall, comme c’est arrivé dans l’armurerie. Hmmm, et si c’était… un traître ? Nooooon.

Loki, justement, se rend à l’armurerie pour contempler le Coffret des Glaces. Et il n’hésite pas à le toucher pour s’apercevoir qu’à son contact, il prend l’apparence bleue et les yeux rouges d’un géant des glaces, justement : comme c’est étrange ! Serait-ce une phase de la puberté divine ? Va t-il bientôt avoir des poils ? Odin apparaît à la porte de la salle pour répondre à toutes ses questions : non, mon petit, ce n’est pas la puberté que tu vois arriver, mais simplement ta vraie nature : tu es un géant des glaces ! Il y a des siècles, lorsque j’ai maravé leurs margoulettes aux géants des glaces, j’ai trouvé un de leurs bébés par terre, alors je me suis dit « Bonne poche ! » et voilà. Mais tu es mon fils, sinon, hein, pas de problèmes. Juste, tu as le sang de nos pires ennemis dans les veines. Ça va, tu le prends pas mal ? Ça te fait pas trop chier d’avoir participé à diverses batailles contre les géants des glaces, qui n’étaient autres que tes propres frères ?

Sauf que si : Loki le prend mal ; il commence donc à faire son gros caprice « Je suis un moooooooonstre, vous ne m’avez jamais aiméééééé, pèèèère, et de toute manière, c’est Thor votre chouchou, il avait toujours des cadeaux plus chers à Noël ! C’est trop nul les chouchous ! Bouhouhou ! Je vais me suicider et après je serai mort, et vous serez triste, et ce sera bien fait !« . Mais visiblement, Odin n’a vraiment pas grand chose à foutre des considérations existentielles de son fils, puisqu’il s’endort en plein milieu de sa tirade. Ça fait plaisir. En effet, il s’agit du sommeil d’Odin, une sorte de phase réparatrice plus proche du coma que du sommeil dont le bougre a besoin régulièrement. Il est donc promptement emmené jusqu’à ses appartements, où il est déposé sur son grand lit, dans l’attente de son réveil,  ce qui ne devrait pas intervenir avant quelques années ou siècles. Mais cette fois, le coma a quelque chose de plus inquiétant que d’habitude, puisqu’il est arrivé plus brusquement ; il n’est pas sûr que le père d’Asgard se réveille, cette fois. Oooooooooh.

Ainsi, lorsqu’un peu plus tard, A, B, C et Sif veulent voir le roi pour lui demander de revenir sur sa décision concernant Thor, ils constatent que sur le trône, nenni d’Odin, mais bien un Loki. L’étonnement les gagne car, oui, apparemment, personne n’a pensé à prévenir la population que le patron des 9 royaumes était endormi pour un bail et que son fils Loki était le nouveau roi. C’est vrai, c’est tellement peu important comme information, pourquoi en parler ? Surtout aux gens directement concernés, genre, les autres dieux. En tout cas, Loki écoute tout de même la requête des 4 compagnons, mais les informe qu’hélas, il ne peut pas revenir sur la dernière décision d’Odin en tant que roi. Thor devra donc rester dans son caca.

Et justement, Thor, dans tout ça ? Et bien alors qu’il prenait son café, il a entendu deux types expliquer que la nuit dernière, un curieux objet s’était écrasé dans le désert : un gros marteau (oui, Odin a banni Thor et son arme à 10 bornes l’un de l’autre, pas plus. Sympa, le mec). Un concours de furieux rednecks s’était donc organisé sur place pour essayer de retirer le marteau de l’emplacement où il était écrasé, puisque comme chacun sait, quiconque retirera le marteau du rocher deviendra roi d’Angleterre et pourra coucher avec un certaine Kate, ou un truc du genre. Hélas, non seulement personne n’y est arrivé, mais par ailleurs, les fédéraux sont intervenus et ont interrompu la fête. Ne pouvant eux-même se saisir du marteau, ils ont construit une base en préfabriqués sur place.

Oui parce que « découper la terre autour du marteau pour voir si on peut le déplacer vers une base plus sûre comme ça« , personne n’y a pensé. Je ne dis pas que ça aurait marché : je dis simplement que personne n’a essayé.

Thor part donc aussitôt, à pied, en direction de la base fédérale. Jane Foster, Darcy et Erik, eux, ne peuvent guère l’aider, étant plus occupés de leur côté par le fait que d’autres fédéraux du S.H.I.E.L.D viennent de saisir tout leur matériel de recherche, et ne comptent pas vraiment le leur rendre. Dépitée, Jane se dit que tant qu’à faire, elle va aller retrouver Thor : il est parti à pied vers la base des fédéraux, et elle compte bien y aller aussi avec sa camionnette pour tenter d’obtenir qu’on lui rende son matos. Donc tant qu’à faire, autant emmener le beau blond musclé, hihihihi. D’ailleurs, Thor est plutôt cool : il explique que s’il peut récupérer son marteau, non seulement il donnera toutes les réponses qu’elle veut à Jane, mais en plus, il récupérera tous ses instruments et carnets de recherche pour les lui rendre. Certes, il a l’air de raconter n’importe quoi, mais Mlle Foster accepte le marché, des fois que. Non parce que visiblement, même s’il ne parvient pas à récupérer le matériel, au pire, il a l’air de savoir où trouver de la bonne ganja le garçon. Et Jane, elle a une grosse envie de planer jusqu’à la Jamaïque.

Thor est dégoûté : même son marteau lui fait la gueule

Les deux compères arrivent à proximité de la zone d’impact au fond de laquelle est la base à la nuit tombante ; ils découvrent avec joie que les fédéraux sont tous au fond du cratère, et qu’ils n’ont pas pensé à placer une seule sentinelle au-dessus, histoire de voir ce qui arrive (c’est vrai, depuis quand une sentinelle aurait pour mission de surveiller l’extérieur d’une base ?!). C’est malin, tiens. Thor ordonne à Jane de rester cachée, pendant que lui va récupérer son bien, et en un éclair, hop, il franchit la clôture, tabasse des gardes, et un peu trop rapidement à son goût malgré ses dons d’infiltration, donne l’alarme ; il est donc promptement agressé par tous les gardes de la base, qui font bien attention à ne jamais le braquer avec une arme et à toujours se déplacer par groupes de un ; après les avoir copieusement rossé à coups de poing et de tatane, notre héros arrive au coeur de la petite et fragile base, et tombe nez-à-nez avec son marteau ; il se saisit donc du manche et…

Ne peut le soulever. Hé non, Thor, tu n’en est toujours pas digne ! Même si tu es devenu tout gentil depuis qu’on t’a dit de boire ton café en silence quelques scènes plus tôt, tu n’as pas encore fait de scène puant les bons sentiments : tu n’as donc pas le pouvoir de brandir ton marteau.

Thor est donc arrêté par la sécurité locale, qui s’empresse de le traîner jusqu’à une salle d’interrogatoire où on lui pose, comme il se doit, quelques questions : d’où viens-tu vil intrus ? Et surtout, où as-tu appris à te battre aussi efficacement au corps-à-corps ? Afghanistan ? Pakistan ?

C’est vrai que Thor a une tête de Pakistanais. Et puis servir en Afghanistan fait de vous un roi des arts martiaux : c’est connu, les talibans attaquent tel des ninjas et il faut les repousser avec des prises de judo.

Bref. Alors que son interrogateur sort téléphoner, Thor voit apparaître devant lui Loki. Celui-ci est venu lui annoncer qu’il était le nouveau roi d’Asgard, et qu’Odin était mort car n’ayant pas supporté l’arrivée d’une nouvelle guerre ainsi que le bannissement de son propre fils. Thor est donc diablement malheureux : tout cela est de sa faute. Et même si Odin est mort, il est impossible à Thor de revenir : les géants des glaces ont accepté de ne pas entrer en guerre sous condition que Thor reste banni.

Que… pardon ? Attendez, attendez, ils ont TOUT fait pour rentrer en guerre (attaquer Asgard, insulter la délégation venue les questionner pour provoquer une baston, déclarer la guerre à Odin en personne qui demandait la paix, etc), et maintenant que le meilleur guerrier et la plus grosse arme d’Asgard ont été bannis, et qu’Odin serait donc hors de combat, ils n’attaquent pas ? Non mais vous attendez quoi ? Que Loki s’étouffe avec un bretzel ? Que ses guerriers choppent une gastro ? Quelle bande de gros nazes ces géants.

Après avoir énoncé toutes ces incohérences, Loki s’en va paisiblement grâce à ses pouvoirs divins, non sans avoir, malgré tout, essayé lui-même de prendre le marteau de Thor. Mais non, visiblement, il n’y a pas droit non plus. Il s’en va donc en grognant. Quelques temps plus tard, Erik, le vieux pote de Jane, se présente à la base : la damoiselle l’a appelé à la rescousse pour venir sortir Thor du pétrin. Celui-ci a donc un plan : présenter de faux papiers selon lesquels Thor serait en fait un membre de leur équipe scientifique qui aurait fondu un plomb lorsque les fédéraux leur ont confisqué leur matériel. Le mensonge est pourri, le menteur aussi (les gentils ont toujours du mal à mentir, c’est beau), mais les fédéraux acceptent de gober l’histoire, pour mieux faire suivre Thor une fois sorti et chercher à comprendre qui il est vraiment. En sortant, le dieu de la foudre note d’ailleurs un carnet trônant sur une pile de matériel électronique et s’en empare.

Car oui : les hommes du gouvernement avaient décidé de ranger dehors, sous la pluie (j’insiste sur ce point, puisqu’il pleuvait des cordes lorsque Thor a tenté d’infiltrer la base) et sans protection tous les carnets et instruments électroniques de l’équipe Foster qu’ils voulaient étudier. Faut-il être con. Et un mec qui sort de la base surveillé par 200 gardes peut s’en emparer sans aucune discrétion, personne ne le voit. Formidable, vraiment. Il aurait dû être dieu des voleurs ce garçon. Mais ce n’est pas le pire.

Le pire, c’est que des gens m’ont assuré que ce film était bien. Mais continuons.

De retour en ville, Eric emmène son divin copain boire un coup dans un bar du coin, pour lui expliquer que bon, il est bien gentil, mais qu’il a bien vu comment Jane le regardait : ça sent les hormones en folie. Aussi, il demande au blond barbu de ne pas faire de peine à cette petite. Thor accepte, puis embraye sur bien plus important : une séquence de beuverie avec le bon Erik, parce que les femmes, c’est bien gentil, mais ça vaut pas le houblon entre copains (et encore, Thor n’a pas découvert le foot et les concours de pets).

Dans le même temps, à Asgard, Loki ourdit un complot maléfique : il se rend sur Häagen-Dazs pour aller demander au roi Jean-Jacques (qui le remercie de l’avoir aidé à envoyer des hommes essayer de voler le Coffret des Glaces durant le couronnement de Thor, chose que Loki n’a faite que pour « s’amuser » – diable, trouve-toi un hobby !) de venir tuer Odin. En effet, une fois cela fait, il sera roi pour toujours ; ne pouvant pas tuer lui-même le roi historique d’Asgard sans risquer une révolte, il a besoin que ce soit les zazous des glaces qui s’en chargent. En échange, il leur rendra le Coffret des Glaces. Le marché est conclu, et une fois de retour sur Asgard, il signifie à Heimdall que désormais, il ne doit plus utiliser le Bifrost sans son autorisation. Mais le dieu à la peau d’ébène est un sacré filou : sitôt que Loki a mis les voiles, il voit A, B, C et Sif s’approcher pour demander à aller voir Thor sur Terre. Heimdall explique qu’il ne peut désobéir aux ordres de Loki, aussi va t-il juste fermer les yeux et siffloter très fort en laissant la porte du Bifrost ouverte. Ouais enfin mon bon Heimdall, là, rien qu’en faisant ça, tu romps ton serment de loyauté. Donc fait pas genre « Hahaha, il m’a interdit d’ouvrir le Bifrost à autrui, mais il ne m’a pas interdit d’oublier la porte en position ouverte. ». C’est tout pourri.

Sauf que Loki, depuis le palais, a vu que le Bifrost avait été activé, et il se doute bien que c’est la troupe des copains de Thor qui va à sa rescousse. N’ayant nulle envie de voir son frère revenir, Loki décide de faire appel au Destructeur, l’humanoïde de métal géant qui tire des lasers (mais si, souvenez-vous : il garde l’armurerie divine), le serviteur du roi qu’il est désormais, pour l’envoyer sur Terre détruire Thor et tous ceux qui se mettront sur son chemin. Et une fois cela fait, il va voir Heimdall pour lui expliquer qu’il a été très vilain de lui désobéir. Ce dernier explique qu’il n’est pas aussi con qu’il le laisse penser : il sait que Loki mijote quelque chose de pas clair, puisqu’il a l’a vu comploter avec les géants des glaces, mais sa magie l’a empêché d’entendre ce qu’il se disait. Et il sait que Loki est le seul mage assez puissant pour avoir pu faire entrer le commando de géants qui a pénétré l’armurerie sans qu’il ne les repère. Loki n’aime pas trop qu’on doute de lui, il renvoie donc Heimdall sur le champ ; ce dernier dit alors qu’il est libéré de son serment de loyauté (oui enfin, tu t’en libérais déjà pas mal à ta guise mon grand, hein), puisque son CDI est rompu et qu’en plus, ça va chier aux prud’hommes, et il enchaîne en attaquant ce traître de Loki ; pas de bol, celui-ci a le Coffret des Glaces sur lui et transforme instantanément le vaillant gardien en Miko.

"Ah non messieurs, ça va pas être possible, c'est une soirée privée à Asgard."

Retournons plutôt sur Terre, peut-être qu’il s’y passe des trucs. Hmmm… non, pas vraiment : Thor pleurniche qu’il n’a pas pu lever son propre marteau, ni même la petite Jane, qui, la veille, a discuté toute la nuit avec lui d’astrophysique ; le dieu de la foudre lui a expliqué d’où il venait, quelles planètes son royaume comprenait, ce qu’était le Bifrost, etc. Et malgré tout, il n’a pas pu lui faire fik-fik fraülein ; il soupçonne qu’elle ait résisté à ses avances grâce au pouvoir le plus terrible qui soit pour les dieux libidineux : le Ragnagnarok. Mais alors qu’il est encore tout dépressif, soudain, son visage s’illumine : il note que A, B, C et Sif sont à la porte de l’hôtel en train de lui faire coucou ! Ah, enfin des visages divins et amicaux ! Le voilà ragaillardi (heureusement pour lui, Sif aussi a l’air d’oublier qu’elle est sa femme, sinon elle transformerait Jane en couscous sur le champ) !  Ses potes se proposent de le ramener sur Asgard, mais Thor refuse : après tout, il est toujours banni, et responsable de la mort de son père. Comment ? S’exclament ses compagnons ? Qui t’a raconté ça ? Parce qu’il est bien vivant, il est juste plongé dans le Sommeil d’Odin. Mais qui t’a raconté cette carabistouille ? Loki ? Raaah, le traître !

Oui, enfin les mecs : ça fait combien de fois que vous réalisez tous que Loki est un traître et que vous préférez vous faire les ongles plutôt qu’agir ?

Mais il n’y a pas le temps de discuter plus avant : le Bifrost largue un nouvel objet dans le désert du Nouveau-Mexique (les habitants du coin vont finir par se lasser) : le Destructeur ! Qui balaie tout sur son chemin : fédéraux le braquant, véhicules, lapins nains et braves citoyens américains. Thor organise donc rapidement la résistance : ses 4 potes de sang divin vont tenter de faire diversion, pendant que lui va essayer de faire évacuer un maximum de gens de la petite ville où ils sont. Mais hélas, l’aventure tourne rapidement court : ses 4 amis se retrouvent face à un adversaire plutôt coriace, et il risque de les tuer assez rapidement, même. Thor n’a pas 36 solutions : il se rue devant le Destructeur et supplie son frère, qui le regarde depuis son trône magique qui permet de tout voir, de prendre sa vie en épargnant toutes les autres.

Le discours semble marcher, puisque le Destructeur fait demi-tour… avant de se retourner pour coller un gros poing du genre léthal dans la gueule de Thor, qui vole à 50 mètres de là. Question : pourquoi le destructeur fait-il semblant de faire demi-tour ? Et pourquoi colle t-il un pain au lieu d’utiliser, comme il l’a TOUJOURS fait jusqu’ici, son casque qui tire des lasers histoire de transformer Thor en petit bout de charbon ? On ne le saura jamais, puisqu’il n’y a aucune explication : c’est juste mauvais. Et parfait pour la suite du scenario.

Car en effet : n’étant pas transformé en accessoire de barbecue, Thor peut encore agoniser dans les bras de Jane, et faire une séquence de bons sentiments digne de 7 à la Maison. C’est tellement dégoulinant que la miss Foster en pleure, tout comme Odin, qui depuis son lit, bien que dormant, a été atteint par la guimauve galactique qu’était le discours de son fiston. Ainsi réconcilié avec son héritier qui s’est montré digne, Odin décide de lui rendre son marteau : au milieu de base des fédéraux, l’antique arme s’arrache du sol seule, et s’envole telle un missile jusqu’à Thor, manquant de peu d’arracher sa tronche à Jane (caramba, encore raté) qui était un peu sur la trajectoire. Sitôt l’arme dans sa main, Thor voit la foudre venir le frapper, son armure et sa cape kitsch réapparaître, et le revoilà qui se dresse pour le combat. Youpi ! Font tous ses amis.

Greuuuh ? Fait le Destructeur, dont le vocabulaire laisse à désirer (il a un skyblog).

Et justement, ce dernier se fait copieusement détruire la face par Thor, qui n’aime pas trop qu’on s’en prenne à ses copains. Et puis une bonne baston, quand on revit juste après une agonie, ça fait du bien. Allez, mes amis ! Il est temps de retourner sur Asgard pour corriger ce gros coquin de Loki, qui vient de tenter de tuer son propre frangin. Heeeiiimdall, ouvre le passage ! Houuu houuu ! Ouvre ! Allez ! Ho, pourquoi tu réponds pas ? C’est ta pause ? Heimdall, tu fais caca ?

Pauvre Thor & co : ils ignorent qu’Heimdall est toujours prisonnier de la glace que Loki lui a envoyé dans la face ; et dans le même temps, des géants de glace commencent à arriver à Asgard pour tuer Odin, aidés en cela par Loki qui leur a ouvert le Bifrost. Seulement voilà : c’est sans compter sur le fait qu’Heimdall aime pas trop qu’on se foute de lui : tout colère de voir des géants des glaces autour de lui (aucun d’entre eux ne pense à briser la glace pour le tuer), Heimdall brise donc la prison de gel qui l’enserre et commence à mouliner à l’épée sur tous les ennemis qui l’entourent, avant d’aller ouvrir l’accès du Bifrost à Thor et ses amis, pour qu’ils reviennent sauver Asgard. Ce qui est fait avec une célérité de bon aloi ; avant de quitter la Terre, Thor a juste expliqué à Jane qu’il reviendrait. Un peu comme dans « Je vais chercher des clopes, je reviens, je te donne mon 06 en revenant« .

Mais dans le palais d’Asgard, les choses ont déjà atteint un niveau critique : les géants des glaces avancent sans rencontrer aucune résistance (ha ?! Où sont passés les centaines de gardes que l’on voyait au début lors du sacre de Thor ?), et arrivent bientôt à la chambre d’Odin ; là, le roi Jean-Jacques, après avoir écarté la reine Frigg, brandit un poignard de glace au-dessus du coeur de son vieil ennemi et…

Se ramasse une sorte de vieux laser dans la face qui le réduit en cendres :  Loki et son bâton magique viennent de sauver le roi ! La reine Frigg est si fière de son fils-mais-pas-vraiment-parce-qu’en-fait-on-t’a-trouvé. Thor arrive sur ces entrefaites, et explique aussitôt la terrible vérité à sa mère : Loki a tout monté lui-même ! C’est un traaaaaaaaaaître (oui, je sais, c’est répétitif. Je trouve aussi.) ! Un combat s’engage donc entre les deux frères, le gentil blond contre le méchant brun, mais rapidement, le dieu de la ruse parvient à fuir jusqu’au Bifrost, qu’il active, mais pas pour s’en servir, non : pour le laisser ouvert en direction de la planète des géants des glaces, et ainsi la détruire ! Ce qui fera de lui le Dieu qui a achevé l’oeuvre d’Odin en en finissant une bonne fois pour toutes avec les grands tout bleu (nooon, pas les Na’Vi, arrêtez avec ça). Car le véritable but de Loki, dixit lui-même, ce n’était pas de prendre la place d’Odin, qu’il comptait bien rendre mais… de montrer qu’il était aussi fort que Thor !

Moi aussi je fais cette tête pas du tout perverse quand je soulève un objet

Mais merde mec ? On t’as pas dit ? Vous avez tous des domaines différents ? T’es le plus rusé (officiellement) et le meilleur mage, et Thor, c’est pas vraiment le plus fin, alors t’étais déjà son égal. Et puis comme il était banni, tu étais même plus fort que lui, et ce, définitivement. En fait, tu aurais pas lancé ta machination pourrie, Thor restait banni, tu restais le seul fils d’Odin, le plus fidèle et le plus rusé (ce qui est bon pour un dirigeant, plutôt qu’un gros bourrin), et c’était dans la poche. Il suffisait de rien faire. Mais non : tu as voulu prouver que tu étais aussi con que Thor.

Mais même Thor ne peut se résoudre à voir de pauvres géants des glaces n’ayant rien fait, pépères, sur leur planète, être massacrés pour pas un rond (vous avez noté comme il est devenu gentil ?) : il doit donc interrompre le Bifrost, et il n’existe qu’une solution, vu que Loki l’a bloqué en utilisant le Coffret de Glace : le détruire. En quelques coups de marteau, c’est donc réglé, Thor détruit un pan du pont arc-en-ciel menant au Bifrost, et en coupe ainsi l’alimentation ; ce dernier s’effondre dans un terrible fracas, signifiant qu’Asgard n’a désormais plus moyen d’être relié aux autres mondes.

Mais hélas, tout ce bazar ouvre un petit trou noir non loin, qui commence à aspirer les débris du Bifrost, et les pauvres Thor et Loki qui étaient à côté ; alors qu’ils vont sombrer, ils sont heureusement rattrapés au dernier moment (what else ?) par Odin, qui s’est finalement réveillé (et bin, il aura pas été bien long ce sommeil, en fait ! Même pas une journée !). Ce dernier tient Thor, qui lui même tient le bâton magique (pas celui là, bande de pervers) de Loki, auquel ce dernier est accroché. Ce qui donne le droit à l’inévitable passage caricatural dans lequel Loki explique à nouveau qu’il voulait juste montrer à son père qu’il était au moins aussi bon que Thor (Mais ! Mais enfin, Thor était un gros con banni pour sa bêtise, pourquoi vouloir lui ressembler ?!), et qu’il a échoué. C’est donc forcément suivi du célèbre « Loki ! Accroche-toi ! *gros plan sur la main qui glisse* Loki, tiens bon ! *main qui glisse encore un peu* Loki ! *main qui lâche* Loki noooooooooooooooon ! » , qui précède le moment où l’on voit Loki être aspiré par le trou noir et disparaître (oui, là aussi c’est très original, le passage où le méchant disparaît dans un truc auquel personne ne pourrait réchapper, mais où il sera impossible de retrouver son corps, histoire de pouvoir le faire revenir dans le 2).

Une fois qu’il a bien mangé du Loki, le trou noir se résorbe de lui-même, probablement pour aller digérer. Il y a cependant malgré tout une grande fête à Asgard, pour célébrer le retour de Thor et le réveil d’Odin ; mais Thor n’est pas d’humeur pour deux raisons : il a tout de même perdu son frère, et surtout, il a coupé le seul accès vers l’extérieur qui lui aurait permis de retourner voir Jane. Il est donc tout dépressif (ce qui doit faire plaisir à Sif qui, je le rappelle, est sa femme). Son père Odin tente bien de lui remonter le moral en lui disant qu’il fera un roi formidable (hohoho), mais Thor répond qu’il n’y a pas meilleur roi qu’Odin (hahaha, cf début du film). Mais ce qui fait vraiment plaisir à Thor, c’est d’aller voir Heimdall, qui peut tout voir, et donc peut lui dire ce que fait Jane (« Raconte moi Jane sous la douche ! »). Ouais, Thor. En même temps, Odin et Heimdall sont deux enfoirés : Loki a expliqué lorsqu’il a gelé le plus noir des dieux vikings, qu’il avait pu faire rentrer les géants des glaces discrètement dans l’armurerie en utilisant d’autres passages que le Bifrost. Le genre qu’Odin doit connaître, vu qu’il a un peu fait construire le coin lui-même. Mais ni Heimdall ni Odin ne trouvent intelligent de dire à Thor qu’il peut aller voir Jane en utilisant l’un de ces passages. Quelle bande de chacals.

De son côté, sur Terre, Jane Foster a bien senti que le contact avec Asgard avait été rompu ; il ne lui reste qu’une solution pour revoir son beau blond : poursuivre ses recherches pour trouver un nouvel accès au monde de Thor (oui, elle, elle pense à chercher : lui, même pas), et pouvoir couchailler avec comme il se doit. Elle et son équipe repartent donc vers le désert dans leur camionnette moisie et…

FIN !

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Quelques jours plus tard, Paris, France

« Bonsoir Kamel.
- Bonsoir Michel !
- Alors Kamel, on peut dire que ça marche plutôt bien pour vous : vos dernières productions ont été de vrais succès.
- Oui, il faut dire qu’il y a un vrai travail artistique derrière. Chant, danse, décors… on est tous à fond pour donner ce qu’on a de meilleur. Et puis on fait appel à de jeunes talents prometteurs pour écrire des chansons à textes qui donnent envie. J’ai un vrai besoin de créer des spectacles généreux.
- Effectivement, on a vu un extrait de votre dernier spectacle, Dracula, formidable. Pour vous, c’est quoi la prochaine marche ? 
- Je pense continuer dans cette voie avec un nouveau projet. 
- Ah ! Pourriez-vous nous en dire plus ?
- Aaah, Michel, je ne sais pas…
- Allez !
- Bon, si Ariane le demande…  en fait j’aimerais faire quelque chose sur la mythologie nordique. Des dieux, des passions, des conflits… ça me parait génial à mettre en scène, je m’y suis plongé, là, et je n’en sors plus ! C’est incroyable comme c’est prenant ! Alors le titre ce serait : « Asgard, des dieux et des c(h)oeurs« 

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Dehors, quelques nuages sombres arrivèrent au-dessus de Paris.

« Aaah ! Oui, bien ! Et quel esprit, alors, Kamel ? Plutôt rock ?
- Là je travaille sur le premier single, que je vois plutôt pop, ça donne… attendez… je chante très mal…
- Ha ha !
- « En Scande… Inavie ! On scande… pour la vie ! » Voyez l’esprit ? 
- Ça a l’air super Kamel. « 

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Dans les cieux de la capitale, le soleil couchant avait presque totalement disparu, étouffé par une imposante masse de nuages noirs.

« Et niveau casting ?
- Bin c’est assez difficile… j’ai des idées mais, il faut trouver des personnalités qui collent vraiment avec les dieux. Par exemple, pour le Dieu du Savoir, Odin, je voulais quelqu’un de posé et de charismatique, alors j’ai demandé à Patrick Fiori, qui a tout de suite accepté en lisant son rôle. »

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La pluie commença à tomber. Doucement, puis assez brutalement, à seaux.

« D’accord ! Et pour Thor ?
- J’ai pensé à Steevy Boulay ».

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Dehors, le tonnerre se mit à gronder.

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