"Hooo, c’est splendide !"

Elizabeth ajuste sa pèlerine d’un geste mal assuré, tentant tant bien que mal de lui trouver une quelconque position où elle l’aiderait à lutter contre le froid ambiant. Hélas, rien n’y fait : l’hiver continue à pénétrer au travers de ses vêtements, alors que le vent, lui, en profite pour rabattre ses longs cheveux bruns sur son visage. De ses doigts délicats, elle les écarte pour mieux jouir du spectacle qui s’offre à elle. A perte de vue, en contrebas, la campagne est blanche : blottis sous des arbres couverts de neige et de givre, quelques animaux se réchauffent les uns contre les autres en faisant fi des deux promeneurs avançant dans la forêt. Au loin, on entend le son si curieux du bois qui craque, gonflé par le gel.

"Oui, Elizabeth, c’est splendide en effet. J’aime la campagne en hiver, profiter du silence, voir la nature paisible, savoir que la neige cache les tombes fraichement creus… hem, voilà, la neige, tout ça quoi.
- J’ai su que vous étiez un homme de goût dès l’instant où je vous ai vu à cette exposition…
- Vous dites ça uniquement parce que c’était vous que je regardais à cet instant précis, petite présomptueuse.
- Hooo Odieux, hihi !"

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La jeune femme se blottit d’autant plus dans sa pèlerine qu’à présent, elle aimerait pouvoir y dissimuler ses joues rougissantes, ou simplement pouvoir accuser les affres de la saison d’ainsi être les seules responsables de la brutale prise de couleurs de son visage. Elle sautille quelque peu en marchant, tant pour décoller la neige de sous ses bottes que pour se réchauffer un peu plus. Sentant la chose, son compagnon de pérégrination lui fait signe de venir se coller à lui pour partager sa chaleur corporelle. Cette fois, elle laisse ses cheveux retomber sur ses joues en pouffant un peu dans une ultime tentative de dissimuler son trouble.

"Elizabeth, vous semblez agitée.
- Je… c’est que… Odieux, est-ce que vous croyez à l’amour véritable ?
- Comme l’amour du mauvais cinéma ?
- Non… comme l’amour… Cupidon, vous savez ? L’Amour, quoi. 
- Aaaaaaaah… non, mais d’accord, oui je vois.
- Parce que je voulais vous demander, ces derniers temps je repensais à vous et moi et je voudrais aller à une nouvelle ét…
- Non Elizabeth. Attendez.
- Pardon ?
- Je vous arrête pour un motif simple : vous êtes en train de dire de la daube.
- Odieux ?! Mais ?
- Tenez, passez-moi ce bâton que je vous explique ça avec un schéma. Vous allez voir, en fait, c’est très simple."

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S’exécutant, la jeune femme fit quelque peu la moue pendant que l’homme à ses côtés, d’une longue branche à peine plus courte qu’un bâton de marche, commença à tracer des signes dans la neige qu’elle ne reconnut pas de suite.

Elle sentait que ça allait mal se passer.

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Toute personne saine d’esprit ayant déjà connu les capacités fécales d’un bambin peut lui souhaiter bien des choses, sauf en plus d’avoir des ailes

A l’approche de la Saint Valentin, comme chaque année, chacun y va de son couplet sur le fait que les bisous, on peut s’en faire toute l’année, que tout ça, c’est rien qu’une fête commerciale, mais mine de rien, il se trouve toujours un clampin pour en parler, particulièrement dans le monde merveilleux de vacuité intellectuelle que constituent les réseaux sociaux. Or, sur ce blog, vous le savez, la vacuité intellectuelle, c’est un peu une passion. Aussi, il convient de traiter à l’approche de ces jours maudits emplis d’une imagerie niaise  à base d’enfants volants tirant des petits coeurs sur les gens, que l’on vous ment.

Oui, on vous ment.

Car si l’Amour est incarné par Cupidon, Cupidon, lui, n’existe pas.

Je pourrais m’en arrêter à cette simple formulation, mais cela serait un procédé quelque peu cavalier : je vois d’ici mes lecteurs s’insurger en me demandant des explications, renverser les tables et les chaises en brandissant le poing, puis, comme ils me lisent au bureau, se faire engueuler par leur patron qui leur demande ce que c’est que ce bordel. Non parce que hé, hein, va falloir se calmer là quand même. Bref ! Aujourd’hui, donc, nous allons prouver scientifiquement que Cupidon n’existe pas. Et que si c’était le cas, on serait bien dans la merde.

Suivez un peu, et ramassez-moi tout le bordel que vous avez mis au paragraphe précédent.

Cupidon est, pour rappel, l’enfant de Mars et de Vénus, respectivement dieu de la guerre et déesse de la beauté. Or, à défaut d’accoucher d’une belle guerre, les deux ont produit une bien étrange créature : le dieu de l’amour. Jupiter, qui était quand même un peu un expert en emmerdes, sentit tout de suite que cette histoire fleurait les embruns de pâté, et demanda donc à ce que l’on se débarrasse de Cupidon, par exemple en le mettant dans un sac et en lui tapant très fort la gueule avec des objets contondants de type massue, marteau ou Christian Jacob. Cependant, Vénus ayant fait un peu sa chochotte, elle décida de cacher le marmot, qui par la suite devint Cupidon. Bon, dans l’histoire originale, Cupidon devient un beau jeune homme, se blesse comme un con en nettoyant son arme (mais si, quel gros busard vous pouvez le dire) et tombe donc amoureux de Psyché, mais suite à toute une histoire, il finit par la fuir jusqu’à ce qu’elle le rattrape quand même, la bougresse, (alors qu’elle ne vole pas elle, bravo la gestion des trois dimensions Cupidon, décidément) et du coup… ils se marient.

Savoir que dans l’histoire même de Cupidon, dieu de l’Amour, le mariage n’intervient pas tant que dure le bonheur, et fait son entrée uniquement pour couper les ailes du bonhomme, c’est assez ironique. Mais passons ! Car cette partie-là de la mythologie est surtout restée aux oubliettes : plus que le jeune homme marié, on a retenu l’enfant à l’arc. Alors soit !

Car que sait-on de Cupidon ?

- Qu’il vole

- Qu’il porte une culotte à la propreté contestable

- Qu’il dispose d’un arc en frêne et de flèches en or

- Que le 14 février il est censé aider les couples à faire brûler la flamme

Aussi, mettons : le 14 février, Cupidon est supposé se promener de par le monde, son arc à la main, pour mieux s’arrêter au-dessus des rues et des demeures, décochant ses traits enchantés pour que chacun trouve son âme soeur, ou que ceux déjà en couple puissent continuer à l’être encore longtemps plutôt que de se faire larguer par texto. Alors calculons !

  • La Terre compte 7 milliards d’habitants. Un peu plus, puisque chaque jour, les rangs de notre espèce grossissent, mais pour faciliter le travail de notre angelot préféré, nous considérerons que nous sommes très exactement 7 milliards le 14 février.
  • Parmi ces 7 milliards d’habitants, on peut considérer qu’il y a 2 milliards d’enfants. Or les enfants ne tombent pas amoureux comme les adultes : eux, il leur suffit d’un échange de BNs à la récré, et c’est parti, ils sont tellement à fond qu’ils vont faire des trucs aussi extrêmes que prêter leurs crayons de couleur, aider l’autre à ne pas tomber du toboggan ou tenir les mains de la maîtresse pendant que l’autre la tabasse. Ah, c’est beau l’enfance.
  • On peut donc considérer qu’il reste 5 milliards de personnes. Mais nous allons encore en retirer 1 milliard arbitrairement pour soulager le travail de notre archer angélique en virant les personnes qui sont incapables de ressentir ses flèches : gens chiants, personnes plongées dans un état second médicalement, personnes dans un état second dans la journée (les gens qui regardent plus de 2 powerpoints par jour, par exemple), les acteurs de "Plus Belle la Vie", puisque sinon, ils pourraient ressentir leur propre amour propre et partiraient donc en hurlant, et enfin moi-même pour des raisons connues de mes lecteurs
  • Cela nous laisse 4 milliards de personnes, dont il faut encore déduire :
  • Les utilisateurs de World of Warcraft, soit 11 millions, parce que merde, Cupidon va pas gâcher de munitions sur des gens qui n’auront pas le temps d’avoir une vie sociale, ya instance là
  • Les gens qui aiment Franck Dubosc, soit 2 personnes, parce qu’à ce niveau, c’est que leur notion même d’amour et d’appréciation est complètement schlass
  • Donc en déduisant 11 000 002 personnes de nos 4 milliards, nous arrivons à un total de 3 988 999 998 personnes qui ne demandent qu’à se faire flécher la gueuler.

Bien ! Maintenant que cela est arrêté, mettons : le 14 février dure 24 heures. Je ne prends pas en compte le décalage horaire : Cupidon est à l’heure de Rome. Donc il va nous faire le boulot, cette feignasse, et sans gruger, ah mais ! Recalculons :

Cupidon va donc devoir toucher, en 24 heures, 3 988 999 998 personnes

Soit, de l’heure, 166 208 333. Et que je vous entende pas gruger, bande de petits rascals : non, il ne divise pas par deux puisqu’il s’occupe de couples. C’est une flèche par personne, c’est la règle.

Soit, de la minute, 2 770 139 personnes à toucher

Soit, de la seconde, 46 169 personnes. Ce qui vous donne à peu près la population de Châteauroux, par exemple. J’en entends qui ricanent : si, même à Châteauroux, on a besoin de Cupidon. Ou d’alcool. Attendez, c’est lequel des deux qui rend heureux à tous les coups ?

Le 14 février, Twitter est rempli de commentaires de gens qui disent ne rien avoir à faire de la Saint Valentin mais en parlent en boucle. Les 364 autres jours, remplacez "Saint Valentin" par "Grand Journal"

Cupidon a donc du boulot. Ce qui expliquerait par ailleurs pourquoi vous n’avez pas forcément trouvé l’âme soeur : vous n’êtes peut-être pas exactement en haut de la pile. Avec un peu de bol, il n’y a qu’un milliard, un milliard cinq de personnes devant vous. Une paille, arrêtez de vous plaindre.

Enfin, c’est toujours moins à attendre que pour une carte grise à la préfecture, mais je m’égare : une chose est sûre, Cupidon ne bosse pas dans l’administration française. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’au sein de celle-ci on passe plus d’une seconde sur votre cas, rassurez-vous : certains éléments du personnage ont été bien assimilés. Mais je m’égare encore, deux fois en si peu de temps, enfin, cela reste bien normal lorsque l’on parle de mythologie comme le disait Nisos (ce paragraphe inutile vaut 900 points au club des professeur de grec ancien, si vous me lisez les gars et que vous n’êtes pas encore tous morts de vieillesse) . Bref.

Maintenant, mettons : les cibles de Cupidon sont, par un incroyable coup de bol, toujours en moyenne à un mètre l’une de l’autre. D’ailleurs, si elles sont à moins, c’est que soit elles n’ont déjà plus besoin de Cupidon parce que t’inquiète, je gère Suzette, soit qu’elles sont dans le métro, ce qui est certes relativement proche d’une relation sexuelle d’un point de vue frottements et échanges de miasmes, mais ne compte malgré tout pas. Nous considérerons que Cupidon ne dispose pas de grenades, et n’utilise que ses flèches même dans des lieux bondés comme ceux-là. Tout compris, entre les passages où il doit chercher une bonne position de tir, un angle de vue dégagé & co, on considérera toujours qu’il n’y a que ce fameux mètre. Voyez comme je suis conciliant.

Prenons en compte deux autres éléments :

  • Une flèche d’arc peut filer jusqu’à 300 kilomètres heure si bien décochée depuis un tireur immobile
  • Cupidon et sa grosse tête joufflue ne sont pas vraiment aérodynamiques

Vous avez tout bien pris en compte ? Alors c’est parti : bonne Saint Valentin.

D’abord, Cupidon va commencer à se déplacer à 135 fois la vitesse du son. Qu’importe d’où il partira : l’onde de choc sera suffisamment grande pour raser le bled où il se trouvera (Rome, probablement), vaporisant la plupart des habitants et rendant sourd les autres sur plusieurs kilomètres. Il ne fera d’ailleurs par bon se trouver sur sa trajectoire, puisqu’il ne laissera derrière lui que mort et désolation, ainsi qu’une curieuse odeur de brûlé. De toute manière, Cupidon n’en saura rien : vu le nombre de G qu’il se sera pris dans le museau à l’accélération, il sera déjà aveugle et sourd, ce qui expliquerait non seulement sa représentation aux yeux bandés sur plusieurs tableaux (voyez que j’ai raison), mais en plus cela expliquerait pourquoi vous avez toujours l’impression que tout va de travers en amour (encore une fois, tout se tient). Non parce que tirer à l’arc en étant aveugle c’est déjà pas facile, mais tout en faisant péter le mur du son et sans les oreilles, ça devient compliqué.

Mais rassurez-vous : Cupidon va aussi se sentir relativement mal : n’étant pas spécialement profilé pour sa mission, ses grosses joues vont rapidement prendre feu alors que ses yeux vont se dessécher  et si son slip était encore propre à ce stade, il devrait se remplir de tout son tube digestif avant de prendre feu, le fumet qui en résultera lui donnant un certain panache, j’en conviens (les aviateurs amateurs de calembours feront leur marché dans cette phrase).  Incapable de s’arrêter sur sa lancée, il faudra espérer qu’il trouve un moyen de ne pas ralentir s’il veut accomplir sa mission puisque ses ailes se seront sûrement arrachées dès l’accélération, emportant sa colonne vertébrale avec (là encore : le tir à l’arc se complique) et quelques autres morceaux choisis. Finalement, s’il parvient par son statut divin à échapper à la désintégration totale, et que ses doigts flétris par la combustion parviennent à sortir de son carquois ses flèches d’or n’ayant pas fondu grâce à la magie les habitant, il ne lui restera plus qu’à tirer. Easy.

Or, puisqu’il ne pourra plus s’arrêter, et que quand bien même, il devrait assurer un temps de verrouillage de la cible inférieur aux ordinateurs des avions de chasses actuel avant de tirer sa flèche et quitter l’endroit sans même prendre le temps de voir si elle touche, si jamais le projectile n’explosait pas purement et simplement, non content de toucher la personne avec qui vous étiez en train de prendre un dîner romantique, elle va lui décalquer la tête contre la table, envoyer les morceaux sur tous les convives alentours (si le choc ne provoque tout simplement pas une déflagration rasant la salle), probablement vous traverser aussi en ne laissant derrière vous que des restes qui permettront à la TNT de créer un nouveau jeu télévisé autour du principe de l’identification de votre corps, puis elle devrait traverser tour à tour – grâce à sa pointe faite d’un alliage importé droit de l’Olympe mais quand même avec de l’uranium dedans histoire de tenir le choc, donc quand bien même vous auriez survécu, Cupidon vous aurait refilé un cancer, sympa) le sol du bâtiment, le sous-sol, les fondations, commencer à creuser la terre et éventuellement s’arrêter en fumant et sifflant au bout d’un long, long moment.  Moment critique, puisque si la flèche provoque l’amour chez tout ce qu’elle touche et qu’elle pénètre la Terre, cela risque encore de créer des trucs cucus, du genre des chansons de Yannick Noah. Et ça, ça reste probablement la pire conséquence de tout.

Bref.

Une fois la personne avec qui vous mangiez en paix décapitée, votre personne désintégrée, l’endroit criblé de tirs ayant réduit les convives à néant et une forte odeur de chair brûlée s’élevant au-dessus des ruines de votre paisible cité, Cupidon, son petit corps d’enfant noirci et démembré aux lambeaux de chair pendants se posera sur les restes de l’aéroport de Rome dans une tempête de flammes et créera à l’impact avec le sol une onde de choc qui devrait non seulement piquer un peu le bambin, mais dégager l’équivalent énergétique de plusieurs fois Hiroshima. Il est même probable que, pour la déconne, la réaction sismique qui suivrait réveille l’activité volcanique locale et permette aux italiens encore vivants de savourer les joies simples de leur ancêtre Pline l’Ancien (et je ne parle pas de celle d’avoir un neveu con comme Pline le Jeune).

Pour rappel, la bombe larguée sur Hiroshima s’appelait "Little Boy". M’enfin j’dis ça, hein.

Cela fait, nous pouvons donc en tirer plusieurs conclusions :

  • Cupidon, c’est vraiment une super idée, ça donne vraiment envie de passer une bonne Saint Valentin avec lui, quelle belle illustration
  • En fait, il est statistiquement plus probable que ce soit des ninjas qui s’occupent de manier les flèches d’or plutôt que Cupidon, mais ça évidemment, ce n’est pas vendeur alors personne n’en parle, racistes
  • Enfin, statistiquement toujours, même en supposant que chaque année, Satan achète l’âme de 1% de la chrétienté, il aurait toujours plus de crédibilité scientifique dans la possibilité d’accomplir sa mission que la simple existence de Cupidon

Donc, scientifiquement, vous avez moins de chance de rencontrer l’Amour tel que la mythologie nous le décrit que de passer un pacte avec le Diable, ce qui est prouvé très simplement par l’existence pure et simple des conditions d’utilisation d’iTunes.

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"Voilà pourquoi je ne mange pas de ce pain-là ma petite Elizabeth."

Dis-je en achevant de tracer mes schémas dans la neige fraîche avant d’agiter la baguette de bois dans ma main pour fouetter l’air glacial qui nous entourait. Elizabeth fit une moue dubitative en observant les schémas sur le sol, particulièrement en s’arrêtant sur celui où j’avais dessiné des gens en toge tapant un petit sac à l’aide d’un Christian Jacob. Probablement peu convaincue par mes talents de caricaturiste, elle soupira longuement, envoyant de blanches volutes s’envoler loin de ses lèvres rouges.

"Oui mais… tout de même, moi j’y crois, à l’Amour ! 
- Sacrebleu, qu’est-ce que je viens d’expliquer ? C’est bien la peine que je me décarcasse.
- Ca n’a strictement rien à voir ! Une flèche peut nous toucher n’importe quand, ce que je voulais dire, c’est au sujet de vous et moi, parce que… d’ailleurs juste à l’instant, j’ai… je grois… je gru… jgnr…"

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Elizabeth tourna de l’oeil avant de s’effondrer dans la neige avec une délicatesse qui imposait le respect. Dans son cou, l’embout rougeoyant de la fléchette-seringue dépassait de sa chevelure. Souriant, je fis un signe à Diego, vêtu en ninja dans un arbre voisin, son fusil à air comprimé encore sur l’épaule. Le bon serviteur me rendit mon salut et descendit promptement me rejoindre pour m’aider à charger la jeune femme sur un traîneau, charme de la saison. Cela fait, Diego sembla hésiter quelque peu au sujet de quelque chose.

"Hé bien Diego ?
- C’est que… patron je… voilà, les vacances d’hiver arrivent et…
- Certes ?
- Bin je me disais… cela fait 4 ans que je n’ai pas pris de vacances alors je… jre… rgn…"

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Diego s’effondra à son tour dans la neige, une autre fléchette-seringue plantée dans le cou au travers de la cagoule de son costume oriental. Souriant une fois de plus, je fis un signe de la main à l’autre ninja que j’avais engagé pour suivre le premier, puisqu’on n’est jamais trop sûr. Et encore une fois, la prudence avait payé. Ignorant les grosses gouttes de sueur perlant sous la tenue du tireur que je pouvais voir d’ici, alors qu’il devait se demander si quelqu’un avait été missionné pour l’endormir lui aussi, je contemplais le corps d’Elizabeth étalé sur le traineau, ronflant paisiblement.

"Ah, Cupidon. Qu’importe s’il y a une force qui décoche les tirs, pourvu que je désigne les cibles."

Puis, sifflotant, je repartis profiter des joies simples de l’hiver.

Pardonnez-moi mes bons amis, mais Le Choc des Titans fut visionné en de bien piètres conditions. Permettez que je développe.

En effet, qui dit visionnage tôt après la sortie d’un blockbuster dit forte probabilité statistique d’être coincé avec des individus visiblement soucieux de vous donner envie de leur briser les vertèbres à coups de cric ou autre objet issu de l’industrie mécanique automobile. C’est ainsi qu’hier, un groupe de fabuleux larrons décida de s’asseoir juste derrière moi ; jusque là, rien de problématique, si ce n’est qu’ils avaient décidé d’emmener avec eux une damoiselle que nous appellerons Moumoune. Et vous en avez tous connu une, au moins une fois, en allant dans une salle obscure.

Moumoune, parlons-en, fais partie de ces êtres dont l’on subodore qu’ils sont en réalité des concombres à qui la fée des cucurbitacées a donné la vie. Ainsi, toutes les 30 à 50 secondes, Moumoune a besoin de demander à ses voisins ce qu’il se passe à l’écran ("Mais comment qui s’appelle lui là ?" "Attends qu’esse qu’il a dit j’ai pô entendu ?"). Oui, sombre truie, si tu fermais un peu l’immonde orifice qui te sert de bouche, peut-être aurais tu plus d’attention pour comprendre un scenario que même un hamster pourrait saisir sans sourciller. Et Moumoune est évidemment venue avec des voisins qui tentent un peu de la draguer, tu as donc beau lui demander à quantité de reprises de fermer sa gueule, comme elle ne comprend toujours rien à ce qu’il se passe, elle continue de demander de l’aide à ses comparses qui sont soucieux de ne pas la décevoir et répondent donc à ses questions malgré le fait qu’ils puissent voir vos yeux injectés de sang luire dans la pénombre ambiante. Parfois, l’un d’entre eux se décide même à impressionner Moumoune en essayant de deviner ce qu’il va se passer dans les 5 prochaines secondes, ce qui est super difficile ("Là il va tirer son épée") ; mais comme il est déjà assez idiot pour tenter de séduire un légume, ses prédictions s’avèrent toujours erronées. Mais ce n’est pas grave, il continuera tout le film quand même.

Dédicace à ce fabuleux instant des salles obscures (qui ne l’a pas connu ?)

"Pssst, Moumoune, tu veux un bonbon ? Tiens, voilà le SCRRCHCHHCHCHCH SKRR SCHRRRR paquet !
- Ha, merci ! Attends, j’en veux un à KRRR SCRCHHHH KRRRR la fraise, ils KRRRRRRSHHHHHH sont où ?
- Au fond. KRSHHHHH SCRRRRRRRRRRR KHRRRRRRRRR
- Bon, je vais le déballer le plus doucement possible pour faire un minimum de bruit (notez l’attention) KRSCHHHHH KRRRRRR SCHHRRRRR SCHRRRR  KRRRRRRRRR SCHRRRRRR KRSSCHHHHHHHH (etc)"

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Oui. Je n’ai jamais compris : en ouvrant d’un coup sec, ils ne feraient chier que 2 à 3 secondes ; mais en prenant leur temps en voulant bien faire, ils emmerdent le monde 15 minutes. Je n’ai jamais autant regretté d’avoir oublié ma bombe à zyklon.

Certes, vous vous foutez probablement des conditions déplorables dans lesquelles j’ai pu visionner ce film qui l’est tout autant, mais il fallait que ce soit dit puisque cela influence forcément le récit qui en sera fait ici-même. Mais il est grand temps de nous concentrer un peu : spoilons Le Choc des Titans.

L'Affiche : Hmmm je me demande si Persée va réussir à vaincre la méduse.

Oui, allez-y, vous pouvez quand même grignoter en me lisant. Tant que je ne vous entends pas, ça ira.

Notre histoire commence donc quelque part en mer, un jour d’orage, lorsque Jean-Jakos le pêcheur remonte dans ses filets à sa grande surprise un immense coffre en bois sculpté ; et à défaut d’y trouver la morue qu’il est venu pêcher, il constate avec surprise que celui-ci contient :

  • Une femme très belle mais très morte
  • Un bébé très mignon (suffisamment pour bruyamment émouvoir Moumoune)  mais très vivant

Jean-Jakos est plein de désarroi : il aurait préféré l’inverse, sa sexualité de pêcheur n’étant pas toujours des plus épanouies. Mais soit : il décide d’adopter le bébé, qui se prénommera désormais Persée. Et comme un papa poule c’est toujours mignon, il devrait quand même s’y retrouver au final pour aller draguer au Macumbos, la boîte de nuit de son village.

Quelques années plus tard, Persée est devenu un grand et fort jeune homme (mais toujours très mignon d’après les soupirs que l’on poussait derrière moi) qui aide son père sur son navire de pêche, embarcation qui abrite désormais toute la petite famille de Jean-Jakos (il a en sus une femme et une fille qui fait office de petite sœur à Persée). Jean-Jakos raconte à Persée comment il l’a trouvé en mer un jour d’orage, et il est vrai qu’à chaque fois qu’au loin la foudre commence à tomber, Persée sent toujours comme un frisson dans son petit cœur enfoui loin derrière ses pectoraux. Cependant, notre vieux pêcheur explique aussi qu’il en a assez de prier et de remercier les dieux alors que le monde est frappé par la maladie, la faim, et surtout, qu’il y a de moins en moins de morues à pêcher. Comme vous le devinez, il ne dit pas ça par hasard, cela va constituer le cœur de notre histoire. Je ne parle pas de la morue, hein.

Un jour, alors qu’ils passent à proximité d’une gigantesque statue de Zeus en bord de mer, ils aperçoivent des soldats en train de l’esquinter ; équipés en burins qu’ils sont, ils ont tôt fait de la faire chuter dans l’océan, éclaboussant au passage (c’est une sacrée statue à tous les sens du terme) le navire de la famille de Jean-Jakos. Ce dernier s’insurge : il a beau ne plus croire en les dieux et répéter qu’un jour il faudra se rebeller contre leur pouvoir, il trouve tout cela un peu précipité. Et il a bien raison : à peine ont ils forcé la statue du maître de l’Olympe à faire du plongeon acrobatique que voici que sortent de l’eau un groupe de harpies, visiblement en colère ; elles éclatent tous les soldats sans trop de mal avant de s’agripper les unes aux autres pour former une boule sombre qui se transforme rapidement en hippie barbu échevelé (ces pléonasmes) : Hadès. On sait que c’est Hadès car à l’instar de 97% des personnages de Tim Burton, il a un maquillage tout pâle et de fausses cernes. Ca fait goth.

Le maître des enfers contemple son œuvre : il a bien massacré les soldats grecs qui ont ainsi payé leur sacrilège. Cependant, il aperçoit le frêle esquif de la famille de Jean-Jakos en contrebas, et il lui vient une idée : il va faire la bombe et les éclabousser. Jean-Jakos a beau lui crier que non, fais pas le con Hadès, avec ton gros cul tu vas nous faire chavirer, rien n’y fait : le seigneur des morts saute à l’eau comme un petit gros à la piscine municipale. L’impact est tel que le navire du pêcheur grec coule à pic, et seul Persée arrive à se sortir du naufrage et dérive accroché à une vieille planche de bois.

La famille Jean-Jakos, quelques secondes avant de prendre les fesses d'Hadès sur le nez

Pendant ce temps, sur l’Olympe, les dieux sont occupés à leur grand concours annuel de "qui qu’a l’armure qui brille le plus ?", où comme toujours depuis le commencement des temps, c’est Zeus qui gagne grâce à sa cape à paillettes disco. Soudain, Hadès arrive : il casse un peu l’ambiance parce que lui, il n’aime pas trop les trucs qui chatoient et s’habille plutôt en noir. Il annonce à Zeus que les hommes viennent de lui démolir sa statue préférée ("Ho non, crotte alors !"), et que dans son amour pour eux, le maître de la foudre en a oublié de leur rappeler qui était le patron. Hadès propose donc une solution : défoncer leur gueule aux humains, ainsi ils n’auront plus d’autre choix que de se tourner vers les prières pour être épargnés. Zeus trouve l’idée bonne et accepte. Il confie donc à Hadès le soin de s’en occuper, vu qu’il semble y prendre un malin plaisir.

Sinon, Zeus, solution numéro 2 : faire un ou deux miracles et dire "Regardez, je multiplie les sandouiches grecs ; maintenant, croyez en moi ou je refile la recette aux Perses" ou mieux encore si tu veux quand même la jouer violente, leur demander gentiment de se remettre vite fait bien fait aux prières et libations sinon ce sera bourrage de gueule. Mais comme il est un peu niais (Zeus est joué par celui qui fut Qui-Gon), Zeus propose de d’abord bourrer la gueule aux gens et ensuite espérer que les survivants comprennent qu’il faut prier. C’est dommage, parce que comme les gens morts prient quand même vachement moins, ça va faire moins de pratiquants à convaincre au final. Mais bon, passons sur ce plan pourri et revenons dans le monde des mortels.

Persée ne dérive pas bien longtemps en mer : un navire armé par la cité d’Argos le recueille et l’emmène à son port d’attache. Détail important, les soldats qui ont abattu la statue de Zeus étaient eux aussi d’Argos au vu de leurs blasons. Or donc, arrivé au port de la splendide ville, le capitaine du navire s’enquiert de savoir s’ils sont la dernière galère à être rentrée de mission : ils sont en réalité la seule. Et lorsqu’on les interroge sur le mystérieux naufragé à leur bord, il répondent l’avoir trouvé dérivant non loin de l’endroit où gisaient tous les cadavres des morts d’Argos venu jouer les sacrilèges. Mais le temps presse, il est temps de se rendre au palais royal.

Car oui, au palais royal d’Argos, c’est la fête. La grosse fête, puisque le roi et la reine sont là à hurler à tue-tête qu’ils ont mis une belle raclée aux dieux, en envoyant leurs soldats massacrer temples et statues, et qu’ils font ça pour se libérer de l’oppression des divins larrons, qui sans leurs prières, ne seraient rien. Ils festoient donc en criant victoire. C’est marrant, parce que personnellement, si toute mon armée moins une galère se faisait massacrer  sans pour autant que l’ennemi ne semble affaibli, j’appellerais ça une branlée. Enfin bon, on ne va pas s’arrêter à ce genre de détails sans importance, pas vrai ? Dans tous les cas, la reine d’Argos se permet d’affirmer que sa fille, Andromède, est plus belle qu’Aphrodite elle-même, alors bon, les dieux, hein, c’est vraiment de la gnognotte.

C’est ballot puisqu’Hadès visiblement lassé que l’on braille ce genre d’insanités décide d’apparaître (et ce faisant, par un formidable effet d’aspirateur infernal, tue 12 des 20 derniers membres de ce qu’il reste de l’armée d’Argos). Histoire de bien mettre les choses au point, il attrape la reine d’Argos et la fait vieillir jusqu’à ce qu’elle sente très fort ses propres excréments ; elle meurt donc de honte sur le champ. Puis, il se tourne vers Andromède et annonce que pour venger le pêché d’orgueil de sa mère, elle doit être sacrifiée aux dieux d’ici 10 jours. Si ce n’était pas le cas, il serait obligé de relâcher sur la cité le kraken, une très grosse bête qu’il a créé lui même à partir de sa chair. Avant de disparaître dans un grand nuage de fumée, il explique qu’il fait tout cela avec la bénédiction de Zeus, et ne peut s’empêcher de préciser que ce dernier est le père de Persée, présent dans la salle et qui avait survécu à l’attaque de l’aspirateur magique. Le roi d’Argos, qui est très moyennement tenté de sacrifier sa fille, supplie Persée, ce demi-dieu, de lui venir en aide. Notre héros lui répond qu’il est un simple pêcheur, alors à moins que sa mission ne consiste à ramener 2 tonnes de cabillaud en moins d’une semaine, ça lui parait compliqué. Il ajoute qu’il n’est qu’un homme, qu’il emmerde les dieux qui ont tué sa famille, et que de fait il ne veut pas se mêler de tout ce bordel. Le roi le fait donc mettre en prison jusqu’à ce qu’il change d’avis.

"Sire, nous avons perdu les 9/10e de notre armée, je crois qu'on perd en fait"

Dans sa cellule, Persée reçoit la visite d’une prophétesse qui se présente sous le nom de Io. Je m’attendais à des jeux de mots venant du rang de derrière comme "Ouesh, Io aussi" ou "Io mama !" mais non. J’en fus quelque peu déçu. Mais ne nous attardons pas, que révèle Io à notre bon Persée ? Et bien déjà, qu’il est bien le fils de Zeus (cela a surpris Moumoune qui lâcha un "Ho !" sonore : elle n’avait visiblement pas compris dans la précédente scène, trop subtile), et que de fait il est plutôt bien placé pour sauver Argos. Elle lui explique aussi que dans la cité, on a une longue tradition d’opposition aux dieux : Acrisius, l’ancien roi d’Argos, avait par le passé assiégé l’Olympe pour en finir avec les dieux. Zeus, pour se venger avait pris son apparence et s’était tapé sa fille, Danaé (oui, enfin disons surtout que ça lui faisait un excellent prétexte pour ce faire, du genre "J‘étais obligé, c’était pour me venger") ; lorsque le roi rentra dans ses appartements avec deux douzaines de soldats (je ne préfère pas savoir ce qu’il venait faire avec tout ce petit monde dans sa chambre), il découvrit ainsi son double en pleine position de la levrette moldave avec sa douce fille qu’il pensait pure et chaste (il prenait grand soin de vérifier la longueur de ses toges avant de la laisser sortir). Pris de colère, il décida donc de se débarrasser tant de Danaé que du bambin qu’elle portait (elle a eu une grossesse éclair) en balançant tout ce petit monde à la flotte enfermé dans un coffre. La suite de l’histoire, Persée la connait : le coffre est trouvé par un pêcheur, la mère est morte mais l’enfant étant un petit peu un demi-dieu, il a survécu.

Bref, sur ces révélations, Persée se propose d’aider la cité d’Argos en allant casser sa gueule à Hadès, celui qui a tué sa famille (je ne comprends pas trop quelle partie de l’argumentaire l’a fait changer d’avis, mais soit). Mais il veut le faire en tant qu’homme, non en tant que demi-dieu, pour montrer que tout cela n’est pas une question de sang. Seulement voilà, pour affaiblir Hadès, il faut déjà tuer son kraken, l’avertit Io. Et pour savoir comment en finir avec le kraken, il faut aller voir les Grées, des sorcières aux bons tuyaux qui habitent assez loin d’Argos ce qui est bien embêtant. Qu’importe : le roi d’Argos apprenant tout cela propose que ses derniers guerriers, Persée et Io se rendent sur place et voient ce qu’il est possible de faire pour sauver tant sa fille que sa cité. Deux chasseurs se proposent aussi de les accompagner, l’un d’eux étant joué par Mouloud, le gars du Grand Journal de Canal + ; et ça tombe bien, ce dernier a le même rôle que sur le plateau de Michel Denisot : intervenir en tout et pour tout trois fois dans le film pour dire trois mots dont tout le monde aurait pu se passer. En tout cas, la petite équipe se met en route.

Pendant ce temps, Hadès rend visite dans une grotte à Acrisius. Pour la petite histoire, Acrisius n’est pas mort, par contre il est bien défiguré, puisqu’alors qu’il s’apprêtait à jeter le coffre contenant sa femme et son pas-vraiment-fils à la flotte, il insulta Zeus ("Bouffon !") en brandissant son épée vers le ciel, et servit ainsi instantanément de paratonnerre. Devenu très moche et très fou, il n’est donc plus qu’un vieil ermite colérique soucieux de se venger de Zeus. Or, Hadès lui propose de l’aider : s’il arrête Persée et ses copains, alors le maître des enfers pourra devenir plus puissant en se nourrissant de la peur des vivants, alors que Zeus s’affaiblira ; il le renversera donc, et c’en sera fini de lui. Cependant, dans l’immédiat, Hadès doit encore faire semble d’être du côté de Zeus, il propose donc à Acrisius d’être son bras armé. Et en lui roulant un patin magique, il lui transmet même un peu de sa force infernale. Hmmm.

Acrisius, ou le méchant qui a forcément une tête de méchant

Oui, à aucun moment Acrisius ne se dit "Quoi ? Tu veux que j’arrête les hommes de ma cité qui veulent empêcher les dieux de les emmerder, ce qui est et a toujours été mon combat ? Casse-toi, et retire ton maquillage d’Avril Lavigne". Non, il suit. Allez, on mettra ça sur le dos d’un manque d’informations (il n’a pas le journal dans sa grotte) et d’une certaine colère envers Zeus qui l’aveugle.

Persée, lui, voyage avec les soldats d’Argos et s’entraîne à manier les armes (ce qui lui prend moins de trois minutes montre en main, son sang de demi-dieu en faisant un guerrier né). Mais Zeus, averti que son fils fait partie de l’expédition, décide de rattraper tous les Noëls qu’il a loupé en le comblant de présents : il fait tomber du ciel un petit bâton argenté qui se transforme en grosse épée lorsque Persée le saisit à pleine main. Mais ce dernier refuse de s’en servir, argumentant qu’il se battra comme un homme. Zeus un peu déçu regarde les autres lettres que Persée a écrit au Père Noël… ah, voilà, à 7 ans, il voulait un poney, et à 9, le pouvoir de voler comme les oiseaux. Pas de problèmes, Zeus lui fait rencontrer un troupeau de jolies juments ailées, ainsi qu’un étalon noir tout aussi pourvu d’ailes : Pégase.

Io, qui passait par là, se permet de faire remarquer que "Oh, c’est Pégase, personne n’a jamais pu le monter…" ; ah oui, Io, et alors tu pourrais me donner les noms des mecs qui chevauchent les autres animaux du troupeau ? Non parce que j’imagine que c’est légion s’il n’y a que celui là qui n’a jamais été monté, hein. Heureusement, avant que Persée ne pose la question, un cri retentit "Ouyouyouye !".

Ce sont les soldats d’Argos qui viennent de tomber sur Acrisius, le petit filou colérique. Ce dernier est en train de leur coller une raclée à lui seul ; d’ailleurs, même Persée a bien du mal à ne pas se faire avoir par l’ancien roi. Cependant, un coup d’épée bien placé finit par trancher une main  du serviteur d’Hadès; constatant qu’il ne pourra plus tricoter avec autant d’adresse qu’avant, l’homme prend la fuite. Par un mystérieux phénomène météorologique, en environ trente mètres, nos héros qui étaient dans de splendides forêts aux clairières riches en pâturages pour chevaux ailés se retrouvent au milieu de ruines en plein désert. Et observent que le sang d’Acrisius est bien surnaturel, puisque non content d’être d’une noirceur peu ragoutante, où qu’il tombe il sort du sol un scorpion géant. Alors les scorpions géant, c’est géant, ça fait "groooou" et "greuuu" à foison, mais alors c’est très con. Tenez, pas exemple, à un moment, un scorpion géant s’aperçoit qu’il a des pinces et une queue qui ne servent pas juste à faire de la beat-box ; il se décide donc à attraper dans une de ses pinces Persée qui est tout seul et isolé.

Bon alors scorpion géant, tu fais quoi ? Tu l’écrases dans ta pince ? Tu lui mets un bon coup de dard histoire d’en finir ? Tu le portes à tes mandibules ? Les trois ?

Non : le scorpion géant, il attrape Persée et il essaie de le cogner très fort contre une colonne grecque qui passait par là (la preuve dans la bande-annonce, regardez bien). Je… mais enfin ?

Un scorpion géant tente de se dissimuler dans ce paysage : sauras-tu le retrouver ?

Bon, suite à ce genre de carabistouilles, notre fier guerrier et ses copains finissent par mettre en déroute les scorpions ; la seconde vague, constituée d’animaux encore plus gigantesques que les précédents n’attaque cependant pas : du désert surgissent des djinns, des hommes mi-chair mi-charbon de bois (en plein soleil ça ne doit pas toujours être facile, mais vos amis vous adorent lorsqu’ils ont envie de merguez) qui disposent de pouvoirs mystiques. Et ces derniers soumettent les scorpions infernaux à leur volonté, avant de faire copain-copain avec la troupe d’Argos : tout comme eux, ils en ont assez de la tyrannie des dieux.

Après avoir soigné les blessés, les djinns proposent à nos héros d’utiliser les scorpions comme montures ambulantes : ils les ont arnachés et ont monté sur leurs dos des tentes (où l’on peut trouver des défenses d’éléphants dans la déco, animal typique en Grèce). Cela accélère fichtrement nos amis, qui arrivent donc à bon rythme chez les Grées. Ces dernières vivent dans un endroit relativement hostile, loin des hommes, et on sent qu’elles feraient bien payer leurs conseils en nature ; mais Persée et ses compagnons prétextant diverses maladies vénériennes pour ne pas avoir à passer par ce supplice, ils tentent une autre stratégie : les trois sorcières n’ayant qu’un seul œil qu’elles se prêtent pour voir, Persée leur confisque et menace de le détruire si elles ne révèlent pas ce qu’ils veulent savoir. C’est donc parti pour la phrase dont la formulation va forcément servir :

"Le kraken pourra être vaincu par le regard de la méduse, qui transforme en pierre tout ce qui est fait de chair."

Histoire de rigoler, elles ajoutent aussi "et tu mourras, Persée !" , mais elles ne disent pas quand. Du coup, ce n’est plus une prophétie mais une simple lapalissade, merci les filles. Allez, c’est pas tout ça, mais on a de la route, on vous laisse.

Hélas, la méduse est dans sa maison de campagne, aux enfers : il va donc falloir se rendre dans l’autre-monde pour aller y chercher la tête de la bête (puisqu’on est pas sûr qu’elle veuille bien se rendre à Argos de son plein gré, et que dans le doute, on ne va pas lui demander). Io connait le chemin, ça tombe bien, par contre elle n’a pas le droit de rentrer chez la méduse, c’est réservé aux messieurs (comme le Medusa’s Tits – One stare and you’re stone hard !, ce club si sympathique au bas de ma r… attendez, attendez, oubliez ça.). Mais sur la route, ils croisent un berger fort mystérieux qui se présente à Persée sous le petit nom de Zeus ; notre héros le tutoie donc d’emblée. Zeus explique à Persée qu’il pourrait venir vivre sur l’Olympe et avoir son rang de demi-dieu plutôt que de se trainer dans la boue à essayer de défier les êtres divins. Persée l’envoie paître, mais accepte quand même de lui un drachme d’or, parce que bon, notre homme est idéaliste mais vénal avant tout, comme beaucoup d’enfants gâtés.

Arrivé sur les rives du Styx, le célèbre fleuve délimitant les enfers, Persée n’a qu’à jeter son drachme d’or à l’eau pour qu’aussitôt Charon apparaisse (représenté comme une sorte de personnage de bois lié à sa morbide embarcation qui est ici plus un yacht qu’une barque) ; tout le monde monte à bord direction l’antre de la méduse. Et Persée en profite pour draguer Io dans les cales, le coquinou.

Le Djinn, le meilleur ami des barbecues

D’ailleurs, à ce moment du film, faisons un point sur l’équipe des héros, puisque seule une poignée de courageux a accepté de se rendre aux enfers :

  • Quatre soldats d’Argos
  • Io
  • Le plus vieux des djinns, qui n’est plus constitué que de charbon de bois
  • Persée
0
0

Et c’est à cet instant précis que l’un des soldats fait remarquer que "Tiens c’est marrant, on a eu qu’à payer une seule pièce au passeur, je me demande bien pourquoi". Hmmm, moi aussi, quel suspens. En tout cas, toute la fine équipe s’engouffre dans l’antre avec comme consigne "Surtout, ne la regardez pas dans les yeux !" ; tout va donc aller très vite : au milieu d’un décor entre rivières de laves, temples en ruines (il y en a décidément partout) et statues de pauvres soldats vaincus par la bête, nos héros cherchent le monstre. Et rapidement, c’est lui qui les trouve : d’un coup de queue, Méduse  fait chuter un brave grec dans la lave. Bon, un de moins.

Puis, alors que deux d’entre eux sont isolés, l’un s’exclame "Rappelle toi bien copain, surtout ne la regarde pas dans les yeux" ; sauf que dans l’instant, l’auteur de cette tirade voit une queue à ses pieds, et plutôt que de commencer à taillader à tout va, il décide de bien lever la tête parce qu’en cet instant la question surgit en lui "Nan mais attends, elle a les yeux de quelle couleur la méduse ?" : pouf, un autre qui meurt. Son copain le rejoindra quelques minutes plus tard de la même manière. Ne reste donc plus que le chef des soldats, le vieux djinn et Persée. Et là attention :

Le Djinn se fait capturer par l’immense queue de la méduse, qui vient donc lui jeter un regard : sauf que ça ne marche pas, le sorcier étant constitué de charbon de bois et non de chair (halala, on ne voyait pas du tout le truc venir, surtout après la formulation super particulière des Grées). Donc là, le spectateur lambda se dit "Ah bin voilà, pendant que la méduse est immobile à le regarder et que ça ne marche pas, Persée ou son pote vont venir la décapiter, c’est une occasion en or". Mais non, ils ne font juste rien. A la place, le Djinn se fait exploser grâce à sa magie façon kamikaze taliban, ce qui ne sert concrètement à rien, si ce n’est à le tuer alors qu’il était le plus adapté à la situation. Andouille.

Puis vient le chef des soldats d’Argos, qui lui immobilise temporairement la méduse en faisant chuter une immense stalactite sur sa queue, avant de se jeter dessus. Pour la décapiter ? Non, mieux : il se contente de se mettre devant et de dire "Regarde-moi !" ; comme ça il peut mourir avec une pose cool, comme un véritable Fonzie. Soit c’est moi, soit c’est n’importe quoi.

Finalement, c’est Persée qui grâce au reflet d’un bouclier va pouvoir décapiter la bête sans la regarder (Moumoune a applaudi à ce moment là ; j’ai eu envie d’en faire autant sur ses deux joues), emballer la tête dans du papier cadeau (toujours sans jeter un œil : imaginons que la tête n’aie pas roulé du bon côté, ce serait ballot), et ressortir pour fêter ça avec Io, maintenant qu’il n’y a plus personne pour les regarder.

La Méduse, ennemie jurée des bigoudis

Seulement, c’est sans compter sur Acrisius, qui n’a pas abandonné depuis la dernière fois, et s’est même fait greffer deux lames à la place de son moignon sanglant. Il exécute donc promptement Io, qui ne s’y attendait pas vraiment, puis se bat contre Persée ; mais ce dernier, un peu colère qu’un malandrin vienne tuer celle avec qui il escomptait se reproduire sur les froids galets des enfers, tue le bougre pour de bon, en se décidant enfin à utiliser l’épée que Zeus lui avait envoyé plus tôt (il n’avait plus d’autre arme à portée, c’est donc contraint et forcé qu’il l’a employée). Seulement… ah, comment revenir suffisamment vite à Argos pour sauver la cité ?

Pas d’inquiétude, Pégase est là. Et Persée est donc le premier à enfin le chevaucher, ce à quoi on ne s’attendait pas du tout, même sans connaître sa mythologie. Ah, si, ça a surpris Moumoune qui a laché un "Wouaaaah", mais bon, elle, on doit pouvoir l’impressionner avec un bic rétractable.

Pendant ce temps, Hadès est venu voir Zeus pour lui annoncer la nouvelle : la cité d’Argos n’a toujours pas sacrifié Andromède, aussi, si Zeus voulait bien lui donner l’autorisation, est-ce qu’il ne voudrait pas que…

"Release Kiki the kraken !"

Le plan d’Hadès fonctionne à merveille : Zeus le laisse libérer Kiki, son kraken préféré. A Argos, donc, on aperçoit au loin une immense vague se diriger vers la cité, et de temps à autres, un vieux bout de tentacule qui en dépasse. Mais que cela peut-il bien être ? Et ne serait-il pas grand temps de sacrifier Andromède pour sauver les fesses de tout le monde ?

Bon, personnellement, j’aurais habité Argos et Hadès serait venu dire "Vendredi prochain, Kiki et moi on rase votre cité", j’aurais posé mes RTTs pour aller un petit moment à la campagne. Mais à Argos, non, tout le monde préfère rester pour voir quelle tête peut bien avoir un kraken en colère, et si c’est si gros qu’on le prétend. Logique.

En tout cas, la bête n’est pas encore sortie de l’eau que déjà ses tentacules font un immense ravage dans la ville en écrasant bâtiments, habitants, femmes, enfants, bar-PMU… terrifiant ; tant et si bien que même Zeus commence à sentir que tout cela n’est pas bien naturel. Et ça tombe bien, Hadès vient lui expliquer les nouvelles règles du jeu ; non seulement il compte bien raser Argos, mais en plus, maintenant que son kraken est de sortie, il a tout pouvoir. Sans compter que les gens ont peur, et plus les gens ont peur, plus il se renforce. Mais ils ne prient pas pour autant plus, ce qui affaiblit toujours autant Zeus. Hadès commence donc son petit coup d’état quand soudain, on lui souffle dans son oreillette que Persée vient d’arriver à Argos sur son Pégase. Il opère donc un repli stratégique et prend sa forme de "groupe de harpies" pour s’emparer de la tête de la Méduse et entamer une longue course poursuite volante dans les rues d’Argos.

Pendant ce temps, un illuminé local a décidé de sauver la ville en allant chercher Andromède pour la suspendre comme une boulette de viande spéciale kraken au-dessus de l’océan grâce à un ingénieux système de cordages. Persée, lui, claque leurs gueules aux harpies et fonce rejoindre Andromède, et ouvre dès lors son sac juste devant le kraken au tout dernier moment comme le veut le poncif du cinéma (j’espère pour lui qu’il avait marqué dans quel sens il fallait ouvrir le sac, sinon il aura l’air très bête pour l’éternité), qui aussitôt se transforme en pierre, avant de se fendiller puis de s’écrouler sous son propre poids. Les morceaux retombent pour la plupart dans l’océan, bien qu’un morceau vienne tuer le roi d’Argos qui était aux prises avec l’illuminé qui voulait sacrifier sa fille. Dans le plan suivant, à marée basse, tous les morceaux auront quand même disparu. Il a dû se transformer en savonnette et non en pierre, probablement.

Kiki le kraken, un compagnon difficile à élever en appartement

Hadès revient alors et constate avec désarroi que l’on a tué Kiki. Il repense à tous ces bons moments passés ensemble, à Kiki lorsqu’il n’était encore qu’un jeune krakinou qui saisissait le paquet de biscottes avec ses tentacules au petit déjeuner… et écrasant une larme, décide d’en finir avec Persée. C’est sans compter que ce dernier a du piston : en braquant son épée vers le ciel, Zeus la bénit de sa foudre, et il la lance vers son ennemi : le choc renvoie le bon Hadès jusqu’aux enfers qu’il n’aurait jamais dû quitter.

Bien, les méchants sont vaincus, les civils sont sauvés, hmmm, quel poncif reste t-il à voir ?

Ah oui, déjà : Andromède propose à Persée de l’épouser et de devenir roi d’Argos, mais ce dernier refuse, prétextant qu’avec son CAP de marin-pêcheur, il est quand même mauvais en gestion. Il part donc méditer là où autrefois se tenait la statue de Zeus, là où Jean-Jakos et son ancienne vie ont sombré… l’air marin passe sur lui comme une caresse, il respire les embruns et s’il avait des cheveux longs, ils flotteraient au vent. Zeus lui apparait donc à nouveau pour le remercier de ses efforts. Il lui propose à nouveau de vivre sur l’Olympe, mais Persée décline une fois encore, souhaitant vivre en homme parmi les hommes.

Et FI… attendez attendez, non, comment voulez-vous qu’un héros finisse célibataire ?

Zeus le dit bien : "Tu es mon fils !" et il ne serait pas dit qu’il passerait le générique sur la béquille, comme on dit dans les dortoirs de la Légion Etrangère : aussi ressuscite t-il Io pour qu’enfin Persée puisse se détendre pour de bon. C’est parti pour la séquence bisous, donc…

FIN !

Moumoune n’a pas applaudi lorsque les lumières se sont rallumées. Elle s’est juste tournée vers son voisin de droite et s’est exclamée "Mais alors c’était le fils de Zeus ?"

Par l’Olympe, foudroyez là.



Un jeune garçon qui ne connait pas la vérité sur sa parenté et qui vit dans une famille qui le malmène découvre un jour qu’il est doué de pouvoirs fabuleux et qu’il y a un endroit secret dans son pays où les gens comme lui peuvent recevoir une éducation pour mieux maîtriser leurs aptitudes surhumaines. Voilà le pitch d’une série de plusieurs romans représentant chacun une année de la vie du héros qui…

Quoi ? Mais non, ce n’est pas Harry Potter. C’est Percy Jackson, toutes ces ressemblances ne sont que coïncidences, évidemment. Ça n’a rien à voir avec une vieille ruse commerciale pour écouler des livres.

Et Percy Jackson, ça fleure bon le grand roman ; aussi, lorsque l’adaptation cinématographique se présenta dans les salles obscures, je ne fus guère étonné de trouver Satan devant ma porte soucieux de m’emmener découvrir cette fantastique saga. Quel tentateur. Ne tergiversons cependant pas plus longtemps et spoilons !

L'affiche : je crois que tout est dit

Tout commence lorsque Poséidon, le célèbre dieu des océans sort des eaux pour se rendre à New York, au sommet de l’Empire State Building. Là-haut, son frère Zeus l’y attend (il aime bien New York, la Grèce étant en crise, autant se barrer, le mont Olympe c’est ringard en 2010) et lui désigne le ciel : celui-ci est en effet empli de nuages d’orages, mais qui ne pondent aucun éclair. Zeus l’explique simplement : quelqu’un lui a tiré sa foudre. Et s’il trouve le gitan qui a fait ça, ça va barder pour son matricule. Or, comme les dieux ne peuvent pas se piquer leurs pouvoirs entre eux, il soupçonne fortement un enfant d’un dieu et d’une humaine. Aussi accuse t-il comme ça, au pied levé, Percy Jackson, fils de Poséidon et d’une américaine lambda.

Poséidon l’a un peu mauvaise, parce qu’il est certain que son fils n’aurait jamais pu faire un truc pareil, mais Zeus s’en moque : il donne au dit Percy jusqu’au solstice d’été, 14 jours plus tard, pour lui rendre sa foudre, sinon ce sera… la guerre entre Zeus et Poséidon ! Rien que ça.

Vous noterez que Zeus est une andouille : non seulement il accuse comme ça, hop, sans preuves, on ne sait pas trop pourquoi, Percy Jackson, mais en plus il ajoute que si on ne lui rend pas sa foudre, il déclarera la guerre. D’accord, mais justement, la guerre tu la feras comment sans ta foudre, gros malin ? C’est ballot, mais Zeus n’y a pas pensé. Et Poséidon ne relève pas, pas plus que les auteurs de cette formidable base scénaristique. Et pas plus non plus qu’il ne dit à Zeus "Bin pourquoi tu ne vas pas lui demander directement ?" ou pire demande sur quelles bases il l’accuse. Ca commence fort.

Pendant ce temps, au fond d’une piscine, dans un lycée des Etats-Unis d’Amérique, Percy Jackson, adolescent moyen à la coupe de cheveux tout aussi médiocre tente de battre son record d’apnée, et arrive sans trop se forcer à 7 minutes, ce qui impressionne son pote black qui le chronomètre, Grover (quel beau prénom). Percy, explique que son secret, c’est que "sous l’eau, il se sent bien" et que c’est "le seul endroit où il peut réfléchir". En effet, sitôt au sec, la réflexion de notre héros devient somme toute assez limitée, au même titre que le bigorneau. Mais je n’en dis pas plus : nous constaterons bien assez vite que notre héros a les capacités intellectuelles de ce fabuleux gastéropode.

Percy Jackson n’a pas une vie facile en tout cas : sa mère qu’il adule vit avec Gaby, un beauf qui s’en sert d’esclave maison. Quant à son véritable père, Percy ignore tout de lui. Et pour ce qui est de sa vie scolaire, notre héros a peu de chance : il est dysléxique (ha !) et hyperactif (Ho mon dieu, non ! Nous parlions déjà de cette combinaison du Malin en ces lieux), son lycée est tout pourri et en sus, son meilleur ami Grover joue lui aussi de malchance puisqu’il ne peut se déplacer sans béquilles. Pauvre Percy Jackson…

Un jour, une nouvelle enseignante d’anglais arrive au lycée, Mme Dodz. L’air aussi sympathique qu’un Charles Pasqua un jour de procès, elle se présente rapidement et interroge d’entrée de jeu son premier élève : Percy Jackson. Celui-ci n’arrive pas à répondre à la question qui lui est posée, mais ce n’est pas le principal : à aucun moment il ne se dit "Tiens, c’est marrant, elle vient à peine d’arriver, c’est son premier jour et elle connait déjà mon nom prénom et visage". Quel gentil gastéropode.

Le véritable père de Percy Jackson, au vu de son intellect. On reste dans l'idée qu'il est un enfant de la mer.

Quelques temps plus tard, la classe de Percy est emmenée au musée pour parler de mythologie devant des statues grecques. Sur place, un professeur en fauteuil roulant, Pierce Brosnan (qui visiblement avait besoin d’un film pour manger) présente les différents dieux et leurs histoires respectives. Percy, lui ne comprend pas pourquoi Mme Dodz le fixe en permanence avec un air revêche. Il trouve ça étrange, surtout qu’elle n’est pas vraiment de son âge. Bon, à aucun moment, il ne se dit "c’est peut-être parce que j’écoute ostensiblement mon baladeur au lieu d’écouter le cours", et il a raison, car ce n’est effectivement pas ce que le scénariste considère comme logique (il devait écouter son baladeur durant les cours d’écriture, visiblement): la professeur d’anglais invite finalement Percy à le suivre pour discuter dans une aile du musée en cours de travaux (mais dont l’accès est évidemment ouvert quand même). Là, elle se transforme instantanément en créature volante monstrueuse, et choppe l’ami Percy pour lui demander "Où est la foudre, donne la moi, voleur !"

Percy est fort surpris de cette rencontre peu banale, mais est sauvée par l’arrivée de la brigade des jambes bras cassés : Grover et Pierce Brosnan, l’un sur béquilles et l’autre sur roues. Le professeur menace la créature ailée de mille maux type "Si je m’lève ce sera pas pour rien", "Vas y descend pour voir" et autres "Casse toi pauv’ con", et celle-ci finit par s’enfuir au travers d’une baie vitrée en relâchant le pauvre petit Jackson, un peu tourneboulé par les évènements. Sur ces entrefaits, l’homme à roulettes et l’homme à béquilles qui semblent bien se connaître expliquent à Percy qu’il est en danger (Bonjour Monsieur de La Palisse, comment allez vous ?), et que s’il est menacé, il faut qu’il utilise cette arme pour se défendre, disent ils en lui tendant un stylo bille doré. Percy est un poil dubitatif, mais accepte le présent et file hors du musée accompagné par Grover.

A noter que ce doit être le musée le mieux insonorisé du monde : tu peux t’y battre, hurler, péter des baies vitrées à cinq mètres d’une galerie pleine de visiteurs, personne n’entend rien. Il faudra que je pense à m’y rendre un de ces jours, il me manque quelques pièces antiques pour décorer mon patio.

Revenons à nos amis : Grover et Percy se dirigent vers l’appartement familial du sire Jackson, et sur le chemin, le plus formidable des copains blacks explique à Percy qu’il est son "protecteur". Avant que notre héros ne puisse lui faire remarquer qu’il n’est pas intéressé par ses allusions gays, ils arrivent à destination. Sur place, Grover dit à maman Jackson qu’il est temps de filer en urgence, que Percy n’est plus en sécurité, et elle semble parfaitement comprendre ce qu’il se passe. Gaby, son mari, tente de s’interposer mais se fait tataner à coups de béquilles. Toute la troupe mère, fils et meilleur ami black peut donc filer en voiture vers une destination inconnue de Percy mais pas des deux autres.

Alors que la nuit tombe, la voiture longe de verts pâturages, où l’on peut apercevoir une silhouette cornue massive au milieu des vaches : c’est évidemment le minotaure, qui tout bovin qu’il est n’en est pas moins mâle et a un fort besoin d’accouplement avec les meuhmeuhs locales. Cependant, apercevant la voiture de Percy Jackson, il attrape la vache avec laquelle il s’accouplait vertement et la propulse au devant du véhicule. Cela surprend maman Jackson qui du coup quitte la route et fait une embardée dans le fossé.

La vache, un projectile redondant au cinéma

Personne n’est blessé ? Non. Percy aperçoit au-dehors le minotaure qui se rapproche promptement de la voiture, et commence à brailler comme un âne. Heureusement, à l’arrière, Grover décide qu’il est temps d’agir, et vite ! Il commence donc à retirer son pantalon, probablement pour tenter d’avoir un peu de plaisir avec Percy avant de mourir.

Sauf que non, en réalité il dévoile ses vraies jambes : des pattes de bouc : c’est un satyre. Et ni une ni deux, il s’extraie de la voiture, aide tout le monde à s’en sortir, et file en direction des bois avec la famille Jackson. Sauf que le minotaure n’abandonne pas pour autant et poursuit tout ce beau monde. Coup de chance, la destination tant recherchée par nos héros n’est qu’à deux pas au cœur de la forêt (ça tombe bien quand même, heureusement qu’ils n’ont pas été attaqués une centaine de kilomètres avant) : une porte de style antique au-dessus de laquelle il est inscrit "Camp des sangs-mêlés". Et autant Percy et Grover peuvent y entrer, autant maman Jackson qui est 100% humaine se retrouve bêtement bloquée par une barrière invisible à la porte.

C’est ballot, surtout lorsque l’on sait que le minotaure débarque et pète sa gueule à la dite maman. Percy est donc un peu colère, refranchit la porte en sens inverse, sort son stylo bille (qui se transforme instantanément en épée) et commence à affronter la bête avec moult pirouettes. Il finit par la battre en le plantant avec un bout de ses propres cornes tombé durant la bataille (oui, avec une épée, c’est la vieille école). Un peu fatigué après toutes ces aventures, et sachant qu’il n’a pas goûté aujourd’hui, il s’évanouit donc mollement sur ces entrefaits.

A son réveil, Percy est dans une sorte d’infirmerie kitsch de plein air : celle du camp des sangs-mêlés. A son chevet, son pote Grover le satyre l’attend pour lui faire visiter le secteur. Décrivons brièvement à quoi cela ressemble ; vous avez déjà vu un épisode de ces sous-séries type "Les nouvelles aventures de robin des bois" ou "Sinbad  le marin" ? Mais si vous, savez, où toutes les couleurs (vêtements, armes, tentures) sont fluos et moches ! Et où les gens qui se battent utilisent des tonnes d’armes avec lesquelles ils coupent tout sauf leurs adversaires, puisque ils ne leurs donnent que des coups de poings/pieds/pommeau… bref, les combats parfaits pour les enfants ! Et bin voilà, c’est ça le camp des sangs-mêlés. Le tout au bord d’un lac, dans une herbe fabuleusement verte avec dans tous les coins des râteliers d’armes diverses en plastique pour faire illusion.

Bref, au cœur des Etats-Unis, il existe un camp d’entrainement pour les demi-dieux grecs. Normal.

Depuis James Bond, quelle décadence. Bientôt la Ferme Célébrités.

Dans ce camp, outre Grover, Percy retrouve un autre personnage : Pierce Brosnan, qui est en fait Chiron, le célèbre centaure, un corps de cheval étant tout de même plus pratique qu’un fauteuil roulant. Celui-ci présente à notre héros la maison qui lui revient au sein du camp : une sorte de cabane en bord de lac pleine d’objets marins et de tridents partout… Percy se demande bien qui est son père… voyons… hmm… et si… hmmm… oui… serait-ce Poséidon ? Bravo Percy, tu es décidément trop fort.

Mais ce camp, c’est aussi celui de l’amour et des petits bisous, puisqu’il y a aussi la fille d’Athena (une déesse vierge, rappelons-le, magie des miracles divins), Annabeth Chase, qui jette des regards torrides à notre héros. Ainsi que des centaines d’autres demi-dieux (rien que dans ce camp des Etats-Unis). Ce qui signifierait donc que Zeus aurait non seulement accusé Percy Jackson sans preuves, mais aussi au pif parmi des milliers de candidats potentiels sur la planète. Diantre, heureusement qu’il est dieu de l’Olympe et non officier de police.

Pendant que Grover s’amuse avec les nymphettes du coin (satyre black, une combinaison qui fait rêver), Chiron propose à l’ami Percy de participer à l’entrainement quotidien de la troupe : deux équipes (les bleus aveuglants contre les rouges pétards) doivent s’affronter jusqu’à ce que l’une d’entre elle capture le drapeau de l’autre. Notre héros rejoint donc les bleus, où il devient copain avec Luke Castellan, le fils d’Hermès. Après une baston où tout le monde essaie de s’entretuer mais où au final, par d’incroyables coups du destin, encore une fois seuls les coups de poings/pieds/pommeaux touchent (heureusement, ils en ont de la chance, parce que sinon ils en seraient à 12 à 18 morts par jour dans ce camp), Percy arrive au drapeau ennemi où l’attend Annabeth, la fille d’Athéna de l’équipe rouge. Ils s’affrontent, elle lui marave sa gueule avec de petits coups d’épée (c’est la seule à toucher quelque chose avec) et lui fait de petites coupures, mais c’est là que l’ami Jackson découvre l’un de ses grands pouvoirs : il se régénère au contact de l’eau.

Il ne s’en était jamais rendu compte jusqu’ici ? Jamais il ne s’était passé une petite coupure ou un bobo sous l’eau ? Non, pas d’après l’auteur de cette merveilleuse histoire. Sacré Percy Jackson.

En tout cas, frais et régénéré, notre héros revient à la charge, bat la petite Annabeth au combat s’empare du drapeau rouge et tout le monde est content, c’est merveilleux. A noter que d’ailleurs, on a appris d’où venait la dyslexie et l’hyperactivité de Percy : la première, c’est parce que son cerveau est conçu pour le grec ancien (que du coup il sait lire), et l’autre parce qu’il a un puissant instinct, ce qui explique ses capacités au combat sans jamais avoir appris à manier les armes. D’accord, c’est bien noté.

"Chui pas dyslexique, chui un putain de dieu grec !"

Chiron, lui, a appris à notre demi-dieu pourquoi il semblerait que tout le monde lui en veuille : il est accusé d’avoir volé la foudre de Zeus (mais ne se pose pas non plus la question du "C’est marrant qu’ils t’accusent tous sans savoir pourquoi, on dirait que quelqu’un a oublié la base du scenario !"). Le centaure, qui est aussi sage qu’un cheval peut l’être, explique à notre bon héros que la meilleure manière de se sortir de ce bourbier est de se rendre sur l’Olympe pour expliquer à Zeus que "Vas-y c’est pas moi qu’est-ce que tu me dis, nardin !". Excellent plan, centaure.

Sauf que lorsque la nuit tombe sur le camp, un évènement peu banal se produit alors qu’Annabeth et Percy se dragouillent gentiment ("Vivement que la puberté soit finie !") : Hadès, le dieu des enfers apparait dans les flammes du feu de camp sous la forme d’une sorte de super démon cornu et ailé géant, et exige que Percy Jackson se présente à lui aux Enfers pour lui donner la foudre qu’il a volé ; en échange, il lui rendra… sa mère.

Percy est tout fou : il va revoir sa maman, youpi. Sauf qu’il n’a pas la foudre de Zeus, flûte. Il se dit que bon, il suffira d’aller aux Enfers expliquer que voilà, tu vois Hadès, en fait c’est pas moi qui l’ai, la foudre. Par contre, je veux bien que tu me rendes ma mère, ce serait cool. Là aussi, un plan formidable, presque aussi bien que celui de Chiron. Ou de Françoise l’huître.

Ni une ni deux, le petit Percy s’en va pour quitter le camp équipé de son fidèle stylo-épée, et croise sur son passage Annabeth et Grover, qui veulent tous les deux l’accompagner. Chemin faisant, ils croisent Luke, le fils d’Hermès donc, qui se propose de les équiper gentiment en matos pour aller jusqu’aux Enfers. En effet, il a piqué pas mal d’équipement un jour qu’il cambriolait chez son père (les dieux n’ont pas le droit de fréquenter leurs enfants demi-dieux, autant dire que Luke n’était pas invité) : il leur donne donc une paire de converses volantes (oui…), un superbe bouclier et une explication sur comment aller et revenir des Enfers.

En effet, dans le sous-monde, on peut entrer mais guère sortir : heureusement, Perséphone, l’épouse d’Hadès, aime bien avoir des "visiteurs" , aussi donne t-elle des perles qui, une fois écrasées, permettent à leurs utilisateurs de se téléporter où ils le souhaitent loin des Enfers. Nos amis décident donc d’un plan : récupérer trois perles, ainsi ils pourront aller chez Hadès et en revenir. Ho les enfants, vous allez y chercher quelqu’un, il vous faudrait donc quatre perles, et non trois, pour ramener la personne en question, sinon ça ne sert à rien d’y aller. Mais nos héros n’y pensent pas, c’est bête.

Dans tous les cas, Luke leur donne une "carte de Perséphone", qui permet de localiser les "trois perles aux Etats-Unis" avant de donner l’entrée des Enfers. Alors déjà que ça tombe bien qu’il y ai trois perles (puisqu’ils pensent qu’il leur en faut trois, quelle merveilleuse coïncidence), en plus visiblement quand Perséphone fait une carte, elle met bien les limites administratives du pays en question. Peut-être y a t-il des perles en supplément, plus proches, au Canada ou au Mexique ? Non, non, la carte ne le dira pas, parce que tu vois, Perséphone, elle a pas de passeport alors elle ne peut se limiter qu’aux USA, tu vois, sinon elle finira dans un charter pour son pays. Allons bon.

Décapiter une méduse ? Oui, il y a aussi une application pour ça.

La carte indique donc la première perle : un vieux magasin de botanique abandonné dans l’Est du pays. La petite troupe s’y rend, et sur place, il y a une quantité de statues absolument remarquable. Toutes dans des positions relativement torturées. Nos héros, un peu cons, décident donc que pour trouver la perle plus vite, autant se diviser en trois groupes de un. Et hop, en route. Percy ne trouve rien, Grover tombe sur la statue de son oncle dont il se souvient car on lui avait dit que la méduse l’avait tué (ça le fait donc réagir un peu) et Annabeth trouve une touriste hurlant qu’une femme a transformé son mari en pierre, alors qu’ils étaient venus demander leur chemin. Tout le monde se met donc à crier "La méduse, la méduse !" et Uma Thurman, qui tout comme Pierce Brosnan devait manquer de liquide apparait donc tout en turban et lunettes de soleil. Ni une ni deux, elle transforme la touriste en pierre, et avant qu’elle n’aie le temps de s’occuper d’Annabeth, Percy intervient (il la regarde dans le reflet de son Iphone – publicité subtile – ) ; finalement, la méduse sera vaincue, décapitée, et dans le doute, nos héros garderont sa tête avec eux, parce que ça peut toujours servir ce truc. Sur le corps de la filoute, ils récupèrent la perle, qu’elle avait pour des raisons que l’on ignore totalement.

Ni une ni deux, nos héros sont pressés et reprennent donc la route en consultant leur carte qui leur indique que la prochaine perle les attend au Parthénon de… Nashville. Le mauvais goût ne connait donc aucune frontière ? Il semblerait que non. Seulement voilà, une fois sur place, la perle est rapidement localisée, mais fort mal située : elle orne la couronne de la statue géante d’Athéna, à 5 ou 6 mètres du sol. Comment faire avec tous ces touristes ? Cela promet d’être compliqué… non, non, n’oubliez pas : la fille d’Athéna est dans l’équipe et a donc forcément des talents inégalés de sagesse et de stratégie : elle propose donc de s’enfermer dans les chiottes jusqu’à la fermeture du "parthénon" (c’est connu, ce n’est pas du tout le premier endroit vérifié par les gardiens) et d’agir lorsque le site sera vide. Evidemment, le plan marche sauf que… sauf que cinq agents d’entretien sont en train de nettoyer la salle principale, impossible donc d’agir discrètement ! Que faire ? Annabeth a encore un plan (mais faites la taire avec ses plans !) : étourdir tous le personnel à l’aide de seringues de tranquillisants. Tour à tour, les agents s’effondrent bruyamment dans des "Hoooo" et des "Haaaa" suivis de bruits de chutes de corps et d’outils de nettoyage, mais aucun membre de l’équipe n’entend son voisin situé à un mètre tomber. Décidément, dans ce film, tous les sites "culturels" (non parce qu’on parle d’un parthénon en toc là, donc les guillemets sont les bienvenues) sont formidablement insonorisés. Bref, le plan a fini par marcher. Remarquez, il existait un autre plan possible intitulé "L’équipe de nettoyage va pas passer 12h à lustrer le sol, on a qu’à attendre leur départ", mais ils n’y ont pas pensé, c’est dommage. En tout cas, grâce à sa paire de babouches volantes prêtées par le fils d’Hermès, Percy a tôt fait d’aller décrocher la perle du front d’Athéna.

Hélas, en redescendant sur terre, il découvre que l’équipe de nettoyage, qui aurait du dormir trente minutes environ est d’ores et déjà debout et prête à en découdre. En plus, les cinq personnes qui la composent se mettent à parler ensemble d’une seule voix d’outre tombe (on dirait Jeanne Moreau, en fait) pour expliquer qu’ils comptent bien tuer Percy Jackson. Puis, ils fusionnent et se transforment en une hydre à cinq têtes. Le combat s’engage, et grâce à ses babouches volantes une fois encore, Percy coupe chaque tête tout en se protégeant de son bouclier über-classe (encore un gadget de son pote Luke). Évidemment, à force d’écouter son Ipod en cours de mythologie, il ne se souvient pas que quand tu coupes une tête à une hydre, deux repoussent. Le combat se poursuit, et notre héros finit par se souvenir (pendant que ses deux copains font de la figuration) qu’il est le fils de Poséidon et devrait donc pouvoir commander à l’eau ; il invoque donc l’eau des bidets environnant (c’est ce qu’on appelle "avoir la classe") à son secours pour perturber l’hydre, mais finalement, c’est Grover qui a l’idée ultime pour tirer ses potes de ce mauvais pas "Hé les gars, j’ai oublié que j’avais la tête de la méduse dans mon sac à dos, maintenant que j’y pense on aurait pu l’utiliser d’entrée de jeu si on était un peu moins navrants". Et à peine cette idée a t elle germée que la tête est brandie et l’hydre transformée en pierre. Hop, fin du combat.

L'hydre de Nashville, USA. Rentre chez toi, Nessie !

Il est donc grand temps de reprendre la route, pour quelle destination ? Le Casino du Lotus, à Las Vegas. En effet, le lieu semble mystérieux (enfin, pour le spectateur moyen, nos héros, eux, ne remarquent rien), puisque l’on peut y entrer en courant, en jean et sac à dos de lycéen et personne ne dit rien. Etrange… En tout cas, la priorité de nos fieffés filous est de trouver la perle dans cet immense bazar. Oui, mais comment ? Tiens, si je mangeais une de ces fleurs de lotus que des hôtesses proposent à tous les passants ? Allez, hop et… ho… je me sens… bizarre…

La troupe vient en effet de tomber dans un piège terrible, celui des lotophages (mangeurs de lotus, pour le jeune public qui pourrait confondre avec les gens qui mangent des papiers de la Française des Jeux) ; une fois le lotus consommé, on a plus envie de repartir… jamais… ainsi, durant 5 jours, nos héros font la fête (on voit surtout le satyre danser avec de jolies filles, jamais ce qu’il se passe après), avant que Percy ne réalise qu’il y a un problème (alors que la fille d’Athéna, la sagesse, tout ça, rien du tout) : en effet il entend dans sa tête une voix qui lui dit "Non, ne reprend pas de lotus, tu sais bien que tu le digères mal". La voix de son papa, qui doit probablement payer la note du casino et ainsi essayer d’éviter la faillite. De là, Percy tente de réveiller ses deux amis à l’aide d’arguments comme "Houlala c’est trop louche ici" mais ceux-ci se contentent de lui répondre "lol" ou "mdr". Il convient donc de les secouer un peu pour qu’ils retrouvent leurs esprits, puis il n’y a plus qu’à trouver la perle qui…

Non, pas comme je le suppose. Pas un truc aussi ridicule ?

Et bien si : la perle sert dans le casino à jouer à la roulette. C’est vrai quoi, vous tombez dans la rue sur une perle qui permet de ressortir instantanément des Enfers si jamais vous vous y retrouviez (par exemple si vous étiez vaguement mort), qu’en faites vous ? Tiens, je vais m’en servir pour jouer à la roulette. Il y avait d’autres options : pour caler une table, pour jouer aux billes ou même pour lapider Christine Bravo. Que de possibilités fabuleuses quand on y pense. En tous les cas, Percy Jackson se saisit de la perle, et la sécurité se met aussitôt en action en constatant que l’un des clients de l’hôtel est "réveillé" : il est grand temps de partir, et c’est donc à bord d’une voiture qui devait servir de gros lot à un jeu que notre équipe s’enfuit (oui, les modèles de voiture d’exposition sont toujours fonctionnels, équipés d’un plein et placés en face de la porte avec les clés sur le contact et les portières ouvertes, des fois que).

Les tenues pour aller au casino laissent à désirer

Les trois perles en main, que faire ? Il faut désormais trouver l’entrée des Enfers… et la carte de Perséphone la révèle aussitôt : elle se situe à Hollywood. Non, je n’invente rien. Derrière les grandes lettres installées sur la célèbre colline, une petite entrée permet d’accéder aux Enfers, ce qui explique l’attrait des stars pour ce secteur si pittoresque, comme je les comprends. L’accès aux Enfers est une sorte de long couloir de catacombes au bout duquel attend un homme encapuchonné avec une barque. Mais qui cela peut-il bien être ? Aucun de nos valeureux héros ne le sait (alors que dans le tas il y a un satyre et la fille d’Athéna, qui pourraient éventuellement s’y connaître un brin en mythologie, mais non). Aussi ils décidément finalement que tiens, ils pourraient lui filer du fric pour qu’il les laisse passer ! Sauf que le bougre n’accepte ni les dollars, ni les roubles et les dinars. Ne disposant ni d’euros ni de pesetas, nos héros fouillent leurs poches et… ho ? Tiens ? Des drachmes d’or ! C’est vrai, ils en avaient trouvé une poignée dans une petite fontaine sur le lieu où ils avaient combattu la méduse. Qu’est-ce que des drachmes en or foutaient en plein milieux des Etats-Unis au fond d’une fontaine ? Ne me demandez pas. C’est comme l’entrée des Enfers à Hollywood, je préfère ne pas chercher. En tout cas, une fois les pièces en main, le mystérieux passeur (au hasard j’aurais dit Charon, mais je ne suis pas fils d’Athéna alors je ne vais pas me prononcer) fait monter l’équipe dans sa barque et les emmène dans les Enfers.

Les Enfers, c’est très loin de la vision grecque. Pas de philosophes en goguette, point de Champs-Elysées, juste des fosses en flamme avec des gens qui crient façon chrétienne, avec au milieu, un immense manoir fortifié : le domaine d’Hadès. A peine débarqués, nos héros sont accueillis par Perséphone, qui est ici une dépressive nymphomane à forte poitrine qui hait son mari. Celle-ci emmène les arrivants auprès de son compagnon, qui a ici son apparence humaine, celle d’un barbu moche façon Hell’s Angel anorexique. Il demande donc aussitôt à Percy Jackson de lui filer l’éclair en échange de sa mère.

"Ouais, heu, nan, vazy trop pas"

Excellent argument, fils de Poséidon, tu marques un point. Tu n’aurais pas une phrase bateau (humour : Poséidon, mer, marins… bon, j’enchaine) pour ponctuer tout ça ?

"Ma mère d’abord !"

Merci. Sauf qu’Hadès, il veut l’éclair d’abord ; Percy explique donc posément que l’éclair, en fait, ha ha ha, il l’a pas. Par contre, si le maître des lieux voulait bien libérer sa môman…Sauf qu’Hadès refuse : pas d’éclair, pas de maman, et ça l’énerve tellement qu’il… qu’il libère la mère Jackson en brisant la sphère qui retenait son esprit prisonnier sur le sol, et dont elle jaillit instantanément en chair et en os. Attendez, mais pourquoi dit il quelque chose avant de faire le contraire dans la seconde ? Aucune réponse ne viendra dans le scenario, on comprend juste qu’Hadès fait le minimum syndical pour aider le héros sans montrer que tout cela est totalement incohérent.

Hadès : notez la ceinture squelette du meilleur goût

Cependant, histoire de montrer qu’il est méchant, Hadès décide de livrer les désormais quatre invités de son palace aux âmes affamées, qui attendaient patiemment dans la cheminée sous forme de petits personnages enflammés. Dans la pagaille qui s’ensuit, Percy laisse tomber son superbe bouclier dont une pièce se détache et laisse paraître… un petit éclat de foudre. Tiens donc ?

"Vazy c’est pas à moi qu’est-ce tu m’fais, il est même pas à moi ce bouclier" dit Percy ; on se croirait lors d’une fouille des stups.

Hadès s’en empare aussitôt, et désormais certain qu’il va pouvoir latter tous les autres dieux avec cette arme, la plus puissante de toute la création, décide de faire un câlin à sa femme pour fêter ça (c’est une pratique connue : tu trouves une arme, tu fais un câlin. Ca rend la guerre moins sale). Mais cette dernière en profite pour s’emparer de l’éclair et ainsi neutraliser Hadès (enfin l’assommer, il faut que ça reste gentillet) ; elle libère alors les quatre héros qui étaient en mauvaise posture et leur demande de rapporter rapidement son éclair à Zeus, car elle veut à tout prix éviter une guerre des dieux. Cependant, elle note que Percy et ses potes n’ont emmené que trois perles et qu’ils sont quatre. C’est donc Grover qui se sacrifie, tant il comprend que rester bloqué avec une nymphomane aux formes agréables peut avoir des avantages. Les autres, eux, brisent les perles sous leurs pieds en pensant très fort à se téléporter sur l’Olympe. Pouf pouf, téléportation.

L’équipée sauvage (Maman Jackson, fils Jackson et Annabeth) se retrouve donc sur… l’Empire State Building ? Attendez, les Enfers à Hollywood et l’Olympe sur l’Empire State Building ? On ne frôle plus le ridicule, on se roule dedans en poussant de petits cris de jouissance, semble t-il. Hélas, sur place, le véritable voleur, celui qui avait volé la foudre et qui l’avait cachée dans un bouclier les attend : Luke, le fils d’Hermès.

"Luke ? Mais pourquoi avais tu caché la foudre dans ce bouclier que tu m’as donné ! Et pourquoi l’avoir volée, en premier lieu ?"

Excellente question, je frémis d’impatience de connaître la réponse.

"Quand j’ai appris que tu allais voir Hadès, je me suis dit qu’ainsi sans le savoir tu lui porterais la foudre, déclenchant ainsi une guerre entre les dieux ! C’est ce que je voulais ! Que les dieux se battent !"

Sachant que tu avais la carte de Perséphone pour localiser les Enfers et les perles pour en revenir, on se demande pourquoi tu t’es emmerdé avec ton plan foireux mon petit Luke. En plus, tu aurais sûrement pu négocier une grosse récompense contre la foudre, donc tu es juste très con, en fait.

L'Olympe. Oui, je sais.

"C’est très vilain ! Vilain Luke ! Vilain !"

Hélas, Luke est un fieffé filou et il arrive à reprendre la foudre à Percy Jackson. Aussitôt, il décide de révéler quel était son plan maléfique (mais ? Je croyais qu’il venait de le faire à l’instant ?)

"Je voulais la foudre, Percy ! Avec elle, je pourrai vaincre les dieux ! Et ainsi créer un ordre nouveau, mon ordre, celui d’un demi-dieu, fait à mon image !"

Attendez, mais le plan était différent il y a encore trente secondes ! Il ne voulait pas filer la foudre à Hadès, même que c’est pour ça qu’il l’a bêtement cachée dans un bouclier voyageant vers les Enfers au bras de Percy Jackson ? Bon, là ce n’est même plus incohérent, c’est juste n’importe quoi. Le combat s’engage cependant entre Luke & Percy, volant au-dessus de New-York chacun équipés de chaussures volantes d’Hermès. Après mille et un rebondissements, c’est mystérieusement Percy qui gagne en invoquant toute l’eau des réservoirs des toits de la ville environnants et en la balançant sur la tronche de son adversaire. Il n’a donc plus qu’à retourner sur l’Empire State Building, où Annabeth et sa mère l’attendent gentiment. Maman Jackson, ça tombe bien, connait le passage vers l’Olympe, mais ne peut y rentrer car elle est humaine. Bon, ne cherchez pas comment elle connait le passage ; même son vieil amant de Poséidon n’avait aucun intérêt à lui montrer, puisqu’elle ne pouvait pas rentrer. Sachez en tout cas que si vous voulez visiter le domaine des dieux, il suffit de jouer avec le tableau électrique de l’Empire State Building. Le fusible "Meet the gods !" entre "Floor 23" et "Floor 24" par exemple est un bon indice de l’endroit où il faut appuyer.

Un ascenseur s’ouvre donc (oui, un ascenseur ; on imagine bien Zeus le prendre le matin pour aller au travail et regarder ses sandales en toussotant aux côtés des autres dieux en écoutant la musique du cru), Annabeth et Percy peuvent donc s’y engager et ainsi être menés jusqu’à l’Olympe, où les dieux regardent nerveusement l’heure : le délai pour rendre la foudre sera expiré dans cinq…quatre…trois…deux…un…

"Attendez !"

Oui, dans ce film comme dans un demi-million d’autres, personne ne peut arriver avec un peu d’avance : c’est toujours au dernier moment. Percy rend donc la foudre à Zeus, la guerre est annulée (je résume : Zeus désarmé menace de guerre, et une fois armé veut faire la paix. Bon…) et Poséidon remercie son fils. Tout comme Athéna salue sa fille. le héros du jour demande simplement au roi des dieux de ramener son pote satyre black des Enfers, parce qu’il lui manque. Et tout est bien qui finit bien : tout le monde se retrouve au camp des demi-dieux, maman Jackson plaque son mari beauf, Gaby, dont la seule utilité était de "masquer par sa puanteur l’odeur de Percy aux êtres mythiques" (c’est pour ça qu’elle restait avec, pour le protéger, c’est beau) et déménage.

FIN

A noter qu’après le générique, pendant que vous en êtes encore à vérifier que vous n’avez rien laissé sur votre siège, l’un de ces bonus sans intérêt (pardon, autant que le film en fait) tant à la mode parait à l’écran : Gaby le vilain veut aller se taper une bière dans son frigo, mais que trouve t-il dedans ? La tête de la méduse, et il connait ainsi une fin atroce.

Quel petit bâtard, en fait, ce Percy Jackson.

 

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