Ah, Percy Jackson !

Pour ceux qui auraient raté le précédent article sur le sujet, en même temps, c’était en 2010 (oui, vous étiez jeunes en ce temps là), une petite séance de rattrapage s’impose. Et comme j’entends déjà les plus fainéants d’entre vous se rouler par terre en arguant que non, ils ne veulent pas se taper un pavé entier pour savoir ce qu’il s’est passé dans l’épisode précédent, permettez-moi dans mon incommensurable bonté de vous résumer celui-ci de manière vaguement plus synthétique qu’à l’accoutumée. Et d’en remettre une couche sur ce qui fait tout le sel de la saga Percy Jackson, à savoir une telle resucée de Harry Potter que Quentin Tarantino pourrait l’avoir signée.

Vous en doutez ? Mécréants. Lisez plutôt le pitch :

Percy Jackson est un enfant malheureux et maltraité. Un jour, un étrange monsieur barbu (Chiron) vient lui annoncer qu’il ne sait pas tout sur ses véritables origines et qu’en réalité, il dispose de pouvoirs magiques puisqu’il est un "sang-mêlé" (oui, même le terme de "demi-dieu", puisqu’il est fils de Poséidon et d’une humaine, a été changé pour sonner comme du Harry Potter).  Percy est donc envoyé dans une école où l’on apprend aux demi-dieux à maîtriser leurs pouvoirs, école protégée du monde extérieur et des méchants par une immense barrière magique. Il y traînera avec son meilleur ami, le maladroit Grover, ainsi qu’Annabeth, la Mademoiselle Je-sais-tout locale. Cependant, il s’y fera aussi un rival, Luke, un blond aux cheveux plein de gel qui a pour armoiries des serpents (puisque fils d’Hermès). 

Et comme indiqué dans le précédent spoiler, chaque livre de la saga originale représente une année dans cette école mystérieuse.

Vous avez saisi le concept ? Bien, alors résumons l’épisode précédent.

Zeus est grognon : quelqu’un lui a tiré son foudre. Après avoir accusé les gitans, Zeus décide de pointer du doigt le seul fils de Poséidon : Percy Jackson, quand bien même celui-ci n’est même pas au courant de l’existence des dieux grecs.  Dans le bordel général qui s’ensuit, Percy découvre ses véritables origines, se rend compte que tiens, ce gros bâtard de Luke est peut-être derrière le vol puisqu’il n’est jamais que le fils du dieu des voleurs (entre autres), et après moult aventures pour retrouver l’objet volé durant lesquelles il décapitera la méduse, ira jusqu’aux enfers (qui se trouvent sous Hollywood, c’est pertinent) et défiera Hadès lui-même, Percy retrouve le foudre, colle sa tannée à Luke, sauve l’Olympe (qui est sur l’Empire State Building, sic) et peut rentrer chez lui faire la fête en se saoulant au Sirop Sport.

Pendant que notre héros célèbre sa victoire et que les avocats de J.K Rowling se roulent par terre dans leur bureau, allons donc nous intéresser à la suite des aventures de notre demi-dieu préféré : spoilons, mes bons !

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L’affiche : deux tiers occupés par des flammes/explosions, c’est une sorte de messie des bouses.

Tout commence quatre année avant les événements que votre humble serviteur vient de vous conter, alors que quatre enfants courent à toutes jambes dans les bois en hurlant (nous sommes probablement dans l’Yonne) pour essayer d’atteindre le "camp des sang-mêlés" et y trouver la sécurité, auprès des leurs, quand bien même des demi-titans et autres créatures mythologiques n’aimant pas trop tout ce qui est de sang divin les coursent pour leur meuler la gueule. Oui, ils sont taquins. Nos 4 larrons sont : Annabeth, Luke, Grover et une certaine Thalia. La course-poursuite se déroule plutôt bien pour nos jeunes loulous, puisqu’ils parviennent à atteindre la porte du camp ou presque quand bien même leurs ennemis sont si loin qu’ils ne sont même pas en vue.

Sauf que Grover, qui rappelons-le, est mi-black mi-satyre (soit deux fois plus de plaisir) se vautre comme un gros étron en poussant des cris comme "Aïe aïe ouïe, je m’ai fait malheuuuu ! Sachant que je peux encore sautiller, comment va-t-on atteindre cette porte, qui est à seulement 5 mètres de nous et que nos ennemis sont encore loin ?". Excellente question Grover, mais ne t’inquiète pas, Thalia a la réponse :

"Ne vous inquiétez pas, je vais les retenir !" s’exclame-t-elle en brandissant un canif.

Alors que nous n’en sommes qu’à 2 minutes de film et que déjà, tout le monde dans la salle se regarde en se demandant pourquoi ces andouilles ne passent pas juste la porte du camp qui est juste derrière-eux, et à quoi rime cette séquence moisie, l’inévitable arrive : des cyclopes se pointent et pètent la margoulette à Thalia, pendant que ses amis, les yeux embués de larmes, s’enfuient en passant la porte du camp des sang-mêlé qui était donc juste à côté, en hurlant des choses comme "Naooooon, Thaliaaaa !", "Hooo c’est trop triiiiiste !" ou "Si seulement elle n’avait pas été intellectuellement plus proche de l’endive que de l’être humaiiiiiin !".

Sauf que Thalia n’était pas n’importe qui : c’était la fille de Zeus. Aussi pendant qu’elle agonisait sur le sol moussu de la forêt jolie, son divin père décida de lui donner une chance de continuer à vivre sous une autre forme : non pas celle d’asticots, hélas, non ; il transforma plutôt son corps en bois, et de celui-ci naquit un immense arbre magique capable de générer un bouclier empêchant tout ennemi des sang-mêlés d’entrer dans le camp de ceux-ci. Ainsi naissait la plus grande protection du camp qui…

Hopopop, attendez ! Qu’est-ce que c’est que ces carabistouilles ?

Vous voulez dire que jusqu’à il y a 4 ans, il n’y avait aucune barrière de protection au camp des demi-dieux ? Alors expliquez-moi :

  • Pourquoi nos héros pensaient être en sécurité simplement en passant la porte du camp si elle n’avait aucune protection ?
  • Pourquoi n’y avait-il pas de gardes autour du camp si on peut y entrer comme dans un moulin ?
  • Pourquoi personne n’a-t-il simplement pensé à escorter les nouveaux élèves lorsqu’ils venaient au camp depuis des siècles ?

Non parce que du coup, à la place des méchants, personnellement j’aurais miné les bois pour commencer. Ça aurait rendu l’arrivée des nouveaux élèves un poil plus spectaculaire (une sorte de Poudlard Afghan), mais bon. Ça ou un peu de napalm sur la clairière où ils campent, nul doute que les experts auraient été bien étonnés en retrouvant du satyre calciné répandu sur 150 mètres sur les lieux du crime.

Bref.

Revenons à nos jours, alors que Percy Jackson est occupé avec ses amis demi-dieux à pratiquer quelque olympiade dans leur camp. Enfin je dis olympiade : ça ressemble quand même plus à Intervilles qu’autre chose, mais bon. Pour être tout à fait exact, une sorte de grosse structure en bois pleine d’obstacles tourne au milieu du camp, et moult demi-dieux tentent de l’escalader pour atteindre son sommet en se battant entre eux ; le premier qui attrapera le disque accroché tout en haut de la structure aura gagné et pourra faire ce que tout bon vainqueur fait : narguer ses adversaires, expliquer que tout ça, c’est du talent, voire utiliser son dictionnaire des insultes homophobes pour qualifier la performance de ses petits camarades.

Percy, fils de Poséidon, a sur cette épreuve une principale concurrente : Clarisse, fille d’Arès, le dieu de la guerre. Mais cette dernière restant une femelle avant tout, c’est fort logiquement qu’elle se fait griller la politesse par Percy, qui atteint le sommet avant elle. Sauf qu’au moment où celui-ci va se saisir du disque de la victoire, il entend les cris d’un certain Jean-Jacques, qui s’est pris les pieds dans une échelle de corde au bas de la structure, et celle-ci tournant sur elle-même à environ 2 kilomètres heure, il est traîné sur le sol ce qui lui donne principalement l’air bête.

"Zut", se dit Percy. "Soit je prend ce disque à 50 centimètres devant moi, l’épreuve s’achève, ce qui arrête en plus la structure de tourner, et du coup je sauve Jean-Jacques et j’ai gagné, soit je fait des pirouettes dans tous les sens avant d’essayer de décrocher le malheureux qui n’est même pas en danger à la volée, le tout pendant que la structure tourne encore, ce qui veut dire que Jean-Jacques va avoir l’air bête durant un peu plus longtemps, et en plus je perds." utilisant ses neurones d’être mi-homme mi-crustacé, Percy décide donc de prendre la seconde option, et va donc sauver Jean-Jacques d’un non-danger.

Clarisse profite donc de la chose pour reprendre l’avantage et aller gagner l’épreuve.

Percy va donc bouder dans son coin, parce qu’il avait déjà pensé à plein d’insultes homophobes à balancer du haut de sa victoire, mais que là du coup, c’est râpé. Ses amis Annabeth, fille d’Athéna, et Grover le satyre viennent donc lui remonter le moral, même s’il est vrai que sur toutes les dernières épreuves et jeux du camp des sang-mêlés, Percy est toujours arrivé second derrière Clarisse. Il est donc un peu dég’, et commence à se poser des questions (mes lectrices seront heureuses d’apprendre que, non, une femme ne peut pas être tout simplement meilleure qu’un homme : c’est forcément qu’il y a un problème quelque part. J’approuve complètement ce message, bien évidemment). Il va donc trouver l’étendue d’eau la plus proche, et plutôt que de s’y jeter avec un gros cailloux en pendentif, au grand désarroi des gens de goût, il décide de se lancer dans un long monologue en espérant que Poséidon l’entende.

"Les gars ? Qui a laissé Percy tout seul ? Vous savez bien qu’il est un peu con, il est persuadé que Poséidon est le dieu de toutes les eaux, et non des mers et des océans. Tu m’étonnes que son papounet réponde pas : l’autre jour, il soliloquait devant les waters."

J’essaie de vous synthétiser son passionnant propos :

"S’trop nul, je me fais battre par Clarisse alors que je pensais être plus important qu’un vulgaire personnage secondaire sans même un kiki, si ça se trouve, j’ai sauvé l’Olympe dans le film précédent que parce que j’ai eu du bol, Tu sais quoi Poséidon ? On va faire comme dans toutes les bouses : après le premier film où je découvre mes pouvoirs, le second film est basé sur mes doutes, d’accord ?"

Sauf que Poséidon ne répond pas. Percy grommelle donc que c’est trop injuste, et ne remarque même pas, sitôt qu’il a tourné le dos à l’étendue d’eau voisine, l’onde claire s’agiter brièvement, signe soit que Poséidon l’a entendu, soit qu’une truite vient de faire une soirée fajitas. Personnellement, j’ai déjà choisi mon camp.

Quelques temps plus tard, donc, alors que Percy continue d’être moqué par Clarisse et que Dionysos, le crypto-directeur du camp, lui file toutes les tâches ingrates comme passer le rateau ou lire le scénario de ce film, un événement inattendu se produit. A savoir que Dionysos et Chiron le centaure (qui était Pierce Brosnan dans le précédent film mais est désormais incarné par celui que les plus vieux reconnaîtront comme étant Giles de Buffy contre les vampires – si les mots "trilogie du samedi" vous disent quelque chose, c’est que vous commencez sérieusement à vous fripper) convoquent Percy à leur maisonnette pour lui annoncer une chose incroyable :

Percy a un demi-frère. Et celui-ci vient d’arriver au camp.

"C’est pas banal mon bon Percy. Non parce que des enfants des trois dieux principaux, à savoir Zeus, Poséidon et Hadès, il n’y en a pas des masses. En fait, il n’y a plus que toi. Et puis en plus, ton frangin, c’est le fils d’un dieu et d’une nymphe, c’est donc… UN CYCLOPE !"

Et en effet, s’écartant, Chiron et Dionysos laissent apparaître un adolescent avec un œil unique.

"RON !" s’exclament donc en chœur tous les spectateurs en voyant arriver un adolescent grand, benêt, maladroit, vaguement roux, mal habillé et qui va devenir le meilleur ami de Percy. Le réalisateur étant allé jusqu’à maquiller l’acteur pour lui donner un petit quelque chose de l’interprète du célèbre Wesley, j’imagine que chez les avocats de J.K Rowling, on sortait la caisse de champagne avec son slip sur la tête à ce stade. Mais non, non.  Il ne s’appelle pas vraiment Ron, ça se verrait quand même : puisque Percy rime avec Harry, mais c’est une coïncidence, sachez que le nouveau venu aux cheveux vaguement de feu s’appelle… Tyson.

Oui hein ? Ça s’appelle : le pouvoir de l’imagination.

Bref. Alors que tout ce petit monde prend un peu de temps pour faire connaissance, et que l’on découvre qu’Annabeth n’aime pas vraiment les cyclopes, obligeant Tyson à porter des lunettes de soleil pour camoufler sa choquante différence (qu’est-ce que ce serait si elle ne vivait pas dans un monde rempli d’être mythiques), un autre événement inattendu se produit bien vite. A savoir que le camp est remué par de terribles secousses, et on entend des chocs sourds : quelque chose est en train de s’attaquer à la barrière magique ! Vite, tous les larrons du camp se dirigent vers l’origine du bruit, mais sans armes des fois que ce soit juste un type qui fasse ça pour rigoler, et à leur grande surprise… la barrière se brise, et un immense taureau d’airain apparaît, galopant dans leur direction avec des intentions vaguement hostiles !

Chacun y va donc de sa petite acrobatie pour essayer d’éviter le taureau et/ou d’attirer son attention pour le détourner d’une cible trop facile, mais même les armes ne parviennent pas à venir à bout de la bête, tout ricoche sur sa carapace ! La bête crache le feu, fait sortir de la vapeur de ses naseaux, semble mue par une quelconque fournaise abritée dans ses flancs… ah, quel terrible ennemi ! Si seulement il y avait parmi les héros du camp, je ne sais pas moi, un fils de Poséidon et une immense étendue d’eau juste à côté histoire d’envoyer quelques milliers de litres sur le bestiau et éteindre ses ardeurs !

Mais non, c’est vrai que c’était un peu compliqué comme idée. Faisons plutôt du rien. Des fois que le taureau meure d’ennui, allez savoir.

Ça tombe bien, puisque de son côté, le taureau fait n’importe quoi : des fois il peut briser des murs, des fois non, ça dépend si ça arrange le script ou pas, il fait jaillir des pointes de ses cornes pour un oui ou pour un non, mais quand on lui attrape et que ça pourrait servir à arracher les mains du mécréant qui tente ainsi de se saisir de lui, il ne le fait pas, etc. Bref, c’est une quiche d’airain. Tant et si bien que poursuivant ce galopin de Percy Jackson dans un endroit à l’écart (tout le reste du camp n’a alors plus aucun intérêt pour la question, et se contente de partir à la cueillette aux champignons, seul notre héros s’intéresse encore au taureau, je ne rigole pas, tous les autres personnages disparaissent et/ou passent à autre chose), l’animal finit par commettre une terrible erreur : il ouvre grand la gueule, offrant ainsi au fils de Poséidon la possibilité de lui balancer dans la margoulette sa meilleure arme : son stylo qui peut se transformer en épée (cadeau de son papounet dans l’épisode précédent). Le taureau avale donc le Bic, et celui-ci se transformant soudainement en puissante lame dans ses entrailles, il brise ce qui lui sert de cœur, provoquant une série de convulsions chez la bête, le tout suivi d’une puissante explosion, mais pas trop quand même, faudrait pas que notre héros situé à 2 mètres douille.

Et en effet, il s’en tire bien, merci. C’est sympa de vous inquiéter.

Le taureau le moins aimé de l’histoire du cinéma : avant même que ne se termine la scène où il apparaît, les personnages n’en ont déjà plus rien à faire.

Sauf qu’alors qu’il gît à terre, Percy entend un rire maléfique – comprendre digne de Cauet – résonner autour de lui. Ouvrant péniblement les yeux, il aperçoit alors… Luke !

"Hahaha, Percy Jackson ! Tu as vaincu mon taureau… mais pas moi !
- Mais, c’est impossible, je t’ai noyé à la fin du un et on a jamais retrouvé ton corps !
- Oui, c’est fou comme les gens dont on ne retrouve jamais le corps on une fâcheuse tendance à revenir, tu ne trouves pas ? 
- C’est vrai que j’ai comme une impression de déjà vu. Mais au fait, tu veux quoi ?
- Juste te dire… que l’on te manipulait, Percy Jackson ! Tu ne connais pas la prophétie à ton sujet ? Ton ami Chiron te ment ! Il se sert de toi comme un pion ! Suis-moi, et comme d’autres sang-mêlés, tu te battras pour la liberté des nôtres au lieu de baisser la tête sous le joug des dieux tyrans !
- Okay mais quel rapport avec le fait d’envoyer un taureau d’airain essayer de tous nous tuer ?
- Ah ? Heu… kof kof kof… ho ! Je t’ai montré mon médaillon qui fait téléporteur ? Regarde : POUF !"

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Et dans un nuage de fumée, Luke disparaît au grand étonnement de Percy. Damned, voilà un artefact fort pratique ! Est-ce que comme dans tous les films impliquant de la téléportation, cela va porter préjudice à l’intrigue ? Hmmm, comme tout cela est mystérieux !

Toujours est-il que pendant ce temps là, Chiron et les sang-mêlés du camp, totalement désintéressés par cette histoire de taureau tentant de tous les tuer, sont donc tranquillement allés à l’arbre de Thalia (et en marchant s’il-vous-plaît, rien ne presse, on les attaque juste) pour constater que si la barrière avait cédé, c’est parce que l’arbre a été empoisonné ! "Mais par qui donc ?" se demande Chiron, sans se dire que tiens, en fait, peut-être que ça aurait été intelligent de surveiller un minimum l’arbre, qui est un peu le cœur de toute la sécurité du camp, histoire d’éviter ce genre de soucis. Mais là encore, c’était un peu compliqué.

"Par Luke !" s’exclame donc en retour Percy Jackson, surgissant de la foule des adolescents.

"Luke ? Le mauvais groupe ?
- Non Chiron ! Luke, le vilain fils d’Hermès de l’épisode précédent ! Il est de retour !
- Mais comment peux-tu le savoir ?
- Bin, je l’ai vu. Vous savez, en tuant le taureau d’airain, celui dont vous ne savez même pas qu’il est mort mais qui vous intéresse tellement peu que vous ne posez aucune question dessus. 
- Bon. Bin il n’empêche que de mon côté, il va falloir que je cherche un antidote pour Thalia…
- Une seconde Chiron ! Luke a parlé d’une prophétie à mon sujet !
- "Ce film sera nul à chier jusqu’au bout" ?
- Non, une autre !
- Hmmm… alors il t’en a parlé… je ne savais pas si tu étais prête à l’entendre mais… soit."

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Chiron explique donc à notre héros que s’il le souhaite, il peut aller dans la petite maison au sein du camp où se trouve le bureau de Dionysos, et se rendre au grenier. Là, il aura des réponses.  Percy hésite un peu, parce que bon, hein, ça fait peur les greniers, mais comme c’est un ouf malade, il s’y rend. Et entre deux vieilles caisses de vaisselle, de fringues trop petites et de VHS (je vous rappelle que ces gens ont connu l’antiquité) de Xena la guerrière, il tombe nez à nez avec un vieux cadavre plutôt féminin qui s’anime à son approche et se présente comme… la Pythie de Delphes !

C’est rigolo, parce que moi je pensais que la Pythie de Delphes, elle était plutôt à Delphes, pas au fin fond d’une grenier américain. Mais bon, c’est comme l’Olympe qui n’est pas sur l’Olympe mais à New York, c’est du détail. Mais je trouve ça sympa de stocker des cadavres de femmes dans son grenier. C’est un peu mon antithèse : moi, elles sont vivantes et à la cave. C’est à cela que l’on reconnait les hommes de goût.

Bref, le cadavre au fumet de fromage se met à marmonner des choses mystérieuses comme "Tu veux une prophétie ? Pour savoir l’avenir, il faut connaître le passé" ou "Et s’il-te-plaît, vieux bulot ? Les jeunes n’ont plus de respect, petit con va." Puis commence à raconter un peu ce que Percy devrait savoir, puisque bon, il passe ses journées dans un camp de demi-dieux grecs, mais comme tous les personnages de ce film, ses connaissances mythologiques sont proches du zéro absolu. Je ne sais pas ce qu’ils font de leurs journées, mais ça doit être intéressant.

Or donc, par le passé, Kronos, le père des dieux, dévora ses fils. Mais trois d’entre eux, Zeus, Poséidon et Hadès, lui claquèrent le museau et envoyèrent ses restes dans le monde souterrain du Tartare. Mais une prophétie raconte qu’un jour, Kronos se réveillera, et qu’un demi-dieu enfant de l’un des trois dieux aînés qui butèrent Kronos une première fois reviendra, et que de sa lame, il sauvera l’Olympe, ou au contraire, le mènera à sa perte, le tout avant son vingtième anniversaire.

"Intéressant." se dit Percy. Avant d’ajouter "Mais attends, c’est pourri comme prophétie ! "Oui alors il y a quelqu’un, bon, on sait pas trop qui en fait, il va faire un truc. Mais on sait pas si ce sera en bien ou en mal." Dis-donc mémé morte, tu te fous de ma gueule ? Rends-moi mon pognon !".  Quoique, non, attendez j’ai peut-être fantasmé cette seconde partie : Percy étant un peu con, il trouve vraiment cette prophétie intéressante. Et va en parler au sage centaure Chiron. Qui se gratte le menton en prenant l’air pensif, avant de se rappeler que c’est peut-être pas la peine vu ses dialogues.

Un été sans brumisateur, et voilà ce qui arrive.

"Hmmm Percy… tu sais ce que cela veut dire ? Que tu es le héros de cette prophétie ! Puisque Zeus n’a plus d’enfants, pas plus qu’Hadès, et que tu es le seul fils et héritier de Poséidon !
- Bin… et Tyson, qu’on a rencontré il y a deux scènes de cela ? 
- … heu… attends, non, on en parle pas dans le script. Je vois pas.
- Bon bin faisons semblant de rien.
- Ouiiiii, Percy, tu es le seul fils de Poséidon, c’est donc toi le héros de la prophétie !" 

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Quelle révélation, sachant qu’apparemment, même Luke semblait au courant de la prophétie et du fait qu’elle concernait Percy, puisqu’il lui a annoncé lui-même. Sinon, juste comme ça, c’est pas pour embêter mais : la prophétie ne donne pas de date. Du coup, pourquoi elle concernerait forcément des gens vivant en ce moment ? Après tout, les dieux étant immortels et visiblement fertiles, elle peut très bien concerner Gloubitz Jackson, bâtard divin qui naîtra dans 3 500 ans,

Mais non, personne n’y pense. C’est forcément un des demi-dieux actuels.

D’ailleurs, quitte à poser des questions sur l’avenir, je me serais inquiété d’autres problèmes si j’avais été l’un des demi-dieux locaux.

"Monsieur Chiron, je peux vous parler ?
- Oui, Odieux fils d’Odin ? Tu te plais ici ? Cet Erasmus entre panthéon polythéistes était vraiment une riche idée.
- Moui, mais bon, il y a un truc qui me titille.
- Ahaha, jeune garnement ! Tu veux savoir s’il existe des juments chez les centaures, c’est ça ?
- Non, c’est bon, je suis déjà au courant pour Sarah Jessica Parker. Non, je me demandais : pourquoi on ne parle jamais de demi-dieux adultes ? Non parce que vous nous rabattez les oreilles avec Percy Jackson et ses copains, mais une fois qu’ils sont un peu âgés, ils font quoi, les demi-dieux ? Parce qu’il n’y a pas un seul adulte sur le camp, mine de rien.
- Heu… hem je… heu… hé bien ils vont dans… dans une ferme ? Mais loin, trèèèèès loin, on ne peut pas aller les voir, pfoulala. Mais ils sont heureux là-bas, hein ? 
- Je sais pas. J’ai l’impression que vous me prenez pour un con. Un tout petit peu.
- Hohoho je… bon, je dois y aller d’accord ?."

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Laissons de côté ces questions sans grand intérêt, puisque visiblement ça n’intéresse personne, pour nous tourner vers ce qu’il se passe au sein du camp : Annabeth, inquiète des événements en train de se dérouler, a fait des recherches sur son iPad (probablement même sur Twitter, histoire d’avoir les infos les plus foireuses du net) et découvert que le seul moyen de sauver l’arbre de Thalia qui est en train de mourir du poison, et donc de rétablir la barrière autour du camp, est de trouver la toison d’or, mythique relique permettant de guérir et ressusciter tout et tout le monde. Elle va donc expliquer la chose à Dionysos, qui pense qu’en effet, c’est une solution plus efficace que d’attendre un hypothétique remède produit par Chiron. Il fait donc réunir tous les jeunes du camp dans le petit amphithéâtre local, et leur explique la situation en quelques mots.

"Sang-mêlés ! Nous sommes tous en danger, maintenant que la barrière qui protégeait notre camp est tombée ! Nous devons agir… ou risquer l’extermination ! 
- Oui mais comment on a fait jusqu’à il y a 4 ans ? Parce qu’on survivait sans la barrière, jusqu’alors, non ? 
- Lalala, je n’entends rien ! Bref, comme je vous le disais, nous risquons la destruction totale ! Sauf si nous trouvons la toison d’or, capable de soigner l’arbre de Thalia ! J’ai donc décidé…
- … qu’on y allait tous histoire de maximiser nos chances de réussite ?
- Non ! Ce serait intelligent ! Je propose donc de n’envoyer qu’une minuscule équipe, pendant que tous les autres se tripotent au camp ! C’est pas une super idée ?
- Non. 
- Rabat-joie ! Je propose donc d’envoyer… DEUX PERSONNES ! Soit l’effectif minimum ! Et j’ai choisi pour ce faire Bob le satyre, et Clarisse la fille du dieu de la guerre ! Voilà, c’est votre quête, réussissez-là, bon courage ! Les autres, demain, c’est atelier pâte-à-sel, bonne nuit !"

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Et c’est donc sur ce consternant discours, malgré tout ovationné par le public, que deux champions partent donc sauver les leurs.

Sauf que Percy Jackson est un peu jaloux : c’est lui le héros, normalement, crotte de bique ! Et puis la prophétie, tout ça… nan, il sent que cette mission est pour lui ! Il va pas se laisser doubler par une vulgaire greluche, sacrebleu ! Il va donc trouver ses amis Grover et Annabeth et leur propose donc de partir à la recherche de la toison d’or eux aussi.  Tous les trois filent donc dans la nuit hors du camp, en essayant de pas se faire chopper par les patrouilles de sang-mêlés, qui n’ont pas besoin de savoir qu’un autre groupe part concurrencer Clarisse et Bob.

Sauf que Tyson, en boulet du groupe, arrive en courant derrière eux et pourrit leur mission d’exfiltration ninja en faisant un bruit incroyable avec son sac à dos. Toutes les troupes de gardes alentours les repèrent donc ainsi qu’un monstre que l’on voit traîner dans le coin et qui… heu… non, en fait rien.

Non non, vraiment : dans un plan on voit qu’un gros monstre rode à 15 mètres de tous les sang-mêlés, et ensuite on en parle plus.

C’était vraiment très intéressant. Vous me rappelez l’intérêt de la chose à part appuyer une incohérence ?

Bref, après avoir sorti une excuse débile aux gardes locaux comme "Heuuu… non mais en fait… c’est normal qu’on parte du camp parce que… nous aussi on… on monte la garde", le tout en expliquant la chose sans la moindre arme à la main pour être crédible, nos héros filent dans les bois avant de s’arrêter parce qu’Annabeth a un problème. Un problème d’environ 1 mètre 90 et avec un œil unique : elle ne veut pas d’un cyclope dans le groupe. Elle ne précise pas pourquoi, mais elle déteste les cyclopes (même si le spectateur a quand même sa petite idée sur la question). Percy insiste donc en disant que bon, quand même, c’est son demi-frère, et Grover lui argue que jusqu’ici, tous les satyres qui ont recherché la toison d’or (car ils sont naturellement attirés par elle, d’où le fait que Clarisse soit elle aussi partie avec un satyre pour lui servir de guide) sont morts, probablement tués par Polyphème, le cyclope la gardant. Du coup , un cyclope dans sa propre équipe pour faire de la diplomatie, ça parait intéressant. Annabeth grommelle un peu, puis accepte.

Dans cette scène, la réalisation a tout simplement oublié de donner ses pattes de bouc au satyre. Après tout, ce n’est que l’un des trois personnages principaux, on oublie vite.

"Mais avant, nous devons faire quelque chose… Tyson, tu dois… attends, j’ai un objet super rare, qui coûte super cher, que je ne prévoyais d’utiliser qu’en cas d’extrême-urgence… et c’est une extrême-urgence… voilà, du brouillard magique en flacon ! Tu t’en mets un peu sur le visage et ça donne l’air normal à ce qui ne l’est pas." Aussitôt que le garçon s’est appliqué un peu de la chose, son visage change : il parait avoir deux yeux, parfait !

Tout de même, deux choses :

  • Vous étiez seuls, entre vous et au fond des bois : je ne vois pas où était l’urgence. Ni l’intérêt, en fait.
  • Juste pour rigoler, j’en aurais mis un peu sur Grover. Voir si ça le changeait en blanc. Histoire de tester le concept de "normalité" grec.

Racisme mis à part, et bien que ce concept m’inspire quantité d’idées (quid d’asperger un frère Bogdanov ? Un ornithorynque ? Jane Birkin ?), nos héros reprennent la route. Et commencent à se poser des questions : au fait, où faut-il aller ? Hé bien c’est simple : la toison d’or se trouve au cœur de la "mer des monstres", plus connue chez les humains comme "le triangle des Bermudes" (oui, Polyphème vivait en fait au large des côtes américaines, on peut dire qu’Ulysse s’est vraiment bien paumé en rentrant à Ithaque, qui était probablement Cuba, en fait). Il faut donc aller en Floride, et vite, histoire de s’élancer de là… mais comment ? Annabeth râle donc dans le vide.

"Maintenant qu’on a un clone de Ron dans l’équipe, tout ce qu’il nous manque, c’est un truc comme la voiture volante des Wesley ou le Magicobus. 
- Nan mais arrête Annabeth, on a déjà tellement pompé jusqu’ici qu’on a même attiré l’attention d’un ex-directeur du FMI.
- Oui, mais justement : on a plus rien à perdre, pas vrai ? Alors c’est parti : ouhouuuuu voiture magiiiiiiique !"

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A peine notre héroïne a-t-elle poussé ce cri laissant les spectateurs plus que dubitatifs, certains étant morts de honte à ce stade, qu’entre les arbres apparaissent deux phares, une voiture volante bien pourrie arrivant à folle allure, le tout en prenant des trajectoires approximatives  et en se divisant en deux pour éviter certains obstacles. Du jamais vu on vous dit. Il s’agit d’un taxi enchanté conduit par… les trois Grées ! Trois vieilles femmes aveugles ne se partageant qu’un seul oeil, et qui n’ont aucune raison de servir de taxi, mais de vous à moi, est-ce que nous-même avons une raison de suivre ce film ? En échange de quelques drachmes, elles se proposent donc d’emmener nos héros en Floride. Et se lancent donc dans une série d’acrobaties en voiture qui se veulent spectaculaires et drôles, mais le sont à peu près autant qu’une soirée cabaret de Pouf le cascadeur. Durant le voyage, cependant, Percy suite à diverses aventures se retrouve avec leur œil entre les mains, et plutôt que de faire des blagues avec (le nul), n’accepte de leur rendre qu’en échange d’une information supplémentaire sur la prophétie qui le concerne, et que visiblement, elles connaissent. Elles ricanent et s’accordent pour ne lui donner qu’un indice : quatre nombres. Cela fait, et découvrant que leurs passagers n’ont en fait pas assez de drachmes pour la course, les Grées larguent nos loulous… à Washington.

"Cacaboudin !" s’exclament donc nos héros, bien loin de leur destination. Mais, tant pis : autant reprendre la route avec les moyens du bord, à savoir les petits pieds. Sauf qu’au détour d’une ruelle, nos valeureux héros se font agresser… par trois autres sang-mêlés ! Qui commencent à distribuer des coups de tatane avant de se saisir de Grover… et d’utiliser un médaillon de téléportation pour se barrer loin de là sans que ses amis ne puissent le sauver ! "Double cacaboudin !", ajoutent donc nos héros, bien ennuyés par la tournure des événements, et sans se demander comment les méchants on pu les retrouver, sachant qu’ils venaient de se faire larguer à un endroit imprévu par les Grées, donc impossible à connaître.  "Sûrement des alliés de Luke", constate intelligemment Percy en ignorant les trous gros comme des Twingo dans le scénario.  "Si on veut retrouver Grover, notre seul guide vers la toison et néanmoins ami, il faudrait retrouver Luke… autant dire que c’est fichu !" complète-t-il rapidement, avant qu’Annabeth ne l’interrompe. Elle a une idée.

Hoooo. Une idée. Comme vous y allez.

"Oui, allons chez UPS ! Car ce film n’est pas du tout sponsorisé, et je tenais à dire qu’UPS est dirigé par Hermès lui-même !". Pas de problème, ça tombe bien : il y a un UPS à 50 mètres d’eux, et surtout, il est tenu non pas par un vulgaire sous-fifre d’Hermès, mais par le dieu des messagers en personne. Une chance pareille, c’est formidable tout de même. Et mieux encore, Hermès est un garçon des plus compréhensif.

"M’sieur Hermès, M’sieur Hermès ! Vous sauriez où est votre fils ?
- Ça dépend, c’est pourquoi ?
- C’est pour lui péter la gueule.
- Pas de problème : je vais demander aux deux serpents de mon Caducée qui font des blagues relou de faire une recherche sur Luke. 
- Super, merci M’sieur Hermès !
- Accessoirement, je vais vous donner deux cadeaux : une bombe contenant tous les vents de la Terre. Je l’ai appelée "La Misou-Misou"
- …
- Je… hem. Et je vais aussi vous donner une rouleau de ruban adhésif qui, s’il entoure un objet, le fait disparaître ! Idéal pour les soirées bondage qui tournent mal.
- D’accord, mais pourquoi vous nous donnez tout ça ? Je veux dire : vous auriez pas plutôt de objets utiles dans ce genre de mission, comme des gilets en kevlar ou des grenades lacrymogènes ? Ou même une balise GPS, je sais pas ?
- Hohoho je… non. Je ne sais même pas pourquoi je vous file tout ça. En attendant, tenez, mes serpents ont trouvé des  infos : mon fils attend tranquillement sur un yacht au large de la Floride, le  Bad Boys Boat.
- Très bien, on y va alors.
- Pensez à dire à mon fils de ma part qu’être méchant, c’est pas bien. Et pour le reste, Je propose de faire une ellipse pour que vous arriviez plus vite à destination sans explication.
- Très bien !"

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Après "Mon fils a failli déclencher une guerre divine dans le volume précédent", retrouvez Hermès dans "Mon fils veut commettre un génocide contre tous ceux de sang divin". Et comme toujours, notez comme il s’en fout et laisse Percy Jackson se démerder.

Et en effet, une ellipse plus tard, nos amis bloqués à Washington se retrouvent sur la côte est (non, vraiment, laissez tomber), prêts à poursuivre leur formidable quête pour sauver Grover, qui lui-même pourra les mener jusqu’à la toison d’or grâce à ses grands pouvoirs de satyre. En même temps, s’il s’agit juste de trouver un mec qui peut renifler l’or à des kilomètres, il suffisait de prendre un j… heu, l’oncle Picsou, L’oncle Picsou, bien sûr. Hem. Toujours est-il qu’en effet, au large de la côte, on peut voir le Bad Boys Boat, attendant tranquillement on ne sait quoi. Probablement les héros. Enfin, moi je dis ça, hein. Mais c’est vrai que c’est une bonne cachette, la mer, quand on essaie d’échapper au fils de Poséidon. Bref.

Nos héros sont bien embêtés : comment se rendre jusqu’au navire ennemi ? Si seulement l’un d’entre eux était capable de contrôler les flots, ça serait pratique, mais après tout, ils ne sont que deux enfants de Poséidon sur trois membres de l’équipe, alors bon, hein, c’est quand même pas d’bol. Non, à la place, Tyson se rend au bord de l’eau et prie Poséidon de les aider à se rendre jusqu’au yacht. Percy a à peine dit "Laisse tomber, papounet répond jamais quand je lui parle, il nous snobe."  que déjà, l’eau s’agite un peu et qu’en sort… un hippocampe ! "Rhooo, le chouchou !" grogne Percy en contemplant le résultat de la demande de piston, un animal grand format de la mythologie, pas un hippocampe d’aquarium, et surtout complètement arc-en-ciel, ce qui ne fait pas trop sérieux quand on veut aller tabasser des gens mais puisqu’il n’y a pas vraiment de possibilité de choisir le coloris de sa monture, tant pis : autant la chevaucher, et en avant droit vers le yacht.

Sinon, sachant qu’on était sur un bord de mer urbanisé, ça va les enfants ? Pas trop de soucis avec les 2 058 témoins qui ont vu trois adolescents invoquer une créature mythologique avant de foncer vers un yacht amarré ? Et ne me faites pas le coup du "Non mais les humains ne peuvent pas voir les créatures fantastiques" puisque :

A) Si, puisqu’aux dernières nouvelles, les gens voient très bien Tyson, qui est pourtant un cyclope. Tellement qu’Annabeth veut qu’il se mette du brouillard magique sur la gueule pour ne pas choquer le quidam.

B) Quand bien même, j’imagine que voir trois merdeux chevaucher du rien avant de se lancer à folle allure à l’assaut de l’océan, ça éveille quand même quelques suspicions.

Mais bon, c’est sûrement un détail, une fois encore.

En tout cas, la monture de nos amis les emmène à bon port, et leur permet de monter à bord du yacht sans déclencher l’alarme. Du moins, dans un premier temps, car bien vite, ils s’aperçoivent que l’endroit est peuplé non seulement de Luke, mais aussi de ses amis ayant kidnappé Grover, ainsi que d’une paire de gros bras et même d’une manticore. Autant dire qu’une fois tout ce petit monde au courant de la présence de nos héros à bord, la résistance ne fait pas long feu. Luke peut donc triompher en bon gros méchant (vous ai-je dit que lui et tous ses amis méchants s’habillaient en noir pour bien insister, quand les vêtements de nos héros sont multicolores, voire Quadricolor ?) et patrouiller sur le pont de son luxueux navire en contemplant ses prisonniers pour leur faire l’un de ses discours dont vous avez le secret.

"Hahaha ! Percy Jackson et ses amis ringards ! Alors les amis, vous veniez tenter de m’arrêter ?
- Dis-nous plutôt où est Grover ! Et pourquoi tu l’as kidnappé !
- Ah, Percy Jackson… tu es à la hauteur de ta réputation de créature mi-homme mi-bigorneau ! Ecoute plutôt : j’ai kidnappé Grover car moi aussi je cherche la toison d’or… et il me fallait un satyre pour la trouver ! Alors j’ai envoyé ton ami au nom ridicule avec quelques-uns de mes meilleurs hommes pour aller chercher le précieux artefact.
- Mais que veux-tu en faire ?
- Crois-tu que tu es le seul à avoir quelqu’un à sauver ? Moi, j’ai quelqu’un à ressusciter !
- Jésus ?
- Idiot ! Quelqu’un de bien plus important !
- On avait dit qu’on laissait Claude-François là où il était !"

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Bien décidé à appuyer son propos d’un geste théâtral, Luke retire une toile d’un gros objet, et révèle… le sarcophage de Kronos !

"Ah ! Kronos ! Il a juré vengeance contre les dieux, et je la lui donnerai ! Et il fera de moi et des miens des sang-mêlés libre, sans dieux pour les commander !
- Arrête, tu es fou Luke ! Et puis sache que ton papa Hermès nous a dit de te dire que tu devais arrêter d’être méchant, car être méchant, c’est mal !
- ET POURQUOI IL VIENT PAS ME LE DIRE EN FACE D’ABORD ?
- Hooou, toi, tu as de grosses daddy issues.
- MÊME PAS VRAI !
- D’ailleurs, excuse-moi mais, est-ce que ton plan repose entièrement sur le fait qu’un titan plurimillénaire en colère s’allie à des adolescents énervants par pure sympathie pour eux ?
- PARFAITEMENT !
- Bon bin faudra pas venir pleurer quand tu te feras malaxer la tronche par Kronos alors, hein.
- C’est ça ! En attendant, gardes, mettez-moi ces gourgandins dans la prison de notre navire bien aménagé, et allons faire des trucs de vrais adolescents immortels & maléfiques, comme par exemple, jouer à Call of Duty avec des pseudos à consonance grossière ! Hahahaha !"

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Pendant que Percy réalise alors qui était ce mystérieux "[FILS2RMS]Pr0uT_23" qui arrêtait pas de le tuer sur tous les serveurs la semaine dernière, lui et ses amis sont envoyés dans la prison locale, où ils sont chacun enfermés dans une cage différente, et sans garde bien sûr. Histoire d’aller jusqu’au bout du concept, personne n’a fouillé nos héros, et on a même laissé leur sac à dos dans la même pièce qu’eux (mais hors d’atteinte). Percy râle donc bien naturellement ! "Crotte de bique ! Nous sommes enfermés dans ces cages à poule faites principalement avec du petit grillage ! Rah, et dire que je n’ai que mon stylo capable de se transformer en grosse épée sur moi ! Et mon demi-frère cyclope si fort qu’il a pu arrêter tout seul un taureau d’airain qui le chargeait ! Comment allons-nous nous sortir de cette situation ?"

Ah oui : et non, bien sûr, personne n’a vu/entendu arriver une animal marin de plusieurs tonnes approchant en surface en faisant splich-sploch avec sa queue.

Heureusement, et pendant que R… Tyson essaie de faire rire les spectateurs pourtant déjà sous Prozac en leur infligeant des blagues comme "Je suis fils de Poséidon mais j’ai quand même le mal de mer parce que je suis un personnage rigolo, ho ho ho !", Percy se concentre très fort et utilise ses pouvoirs de contrôle des eaux pour déclencher une tempête qui fait dangereusement tanguer le bâtiment ; rapidement, celui-ci bouge tant et si bien que le sac d’affaire de nos héros arrive à la portée de la main d’Annabeth, qui peut donc y saisir… le pistolet à adhésif magique qui fait tout disparaître ! Avec celui-ci, en deux temps trois mouvements, nos larrons s’ouvrent un chemin hors de leurs geôles et se préparent à fuir du navire.

Pendant ce temps, sur le pont, non, personne n’a fait de lien entre cette tempête de 37 secondes sortie de nulle part, puisqu’il n’y a à nouveau plus un seul nuage à l’horizon (je n’exagère pas), ce qui n’est pas du tout suspect, et les fils de Poséidon à la cale dont les pouvoirs sont pourtant connus. Du coup, la petite troupe peut tenter de fuir en paix, même si comme il se doit, durant leur périple vers un canot de sauvetage, ils se font repérer par un sang-mêlé en goguette. Quelques coups de poings et cris plus tard, l’alerte est donnée sur tout le bateau.

"Vite : sortons ce que nous avons de mieux pour arrêter des demi-dieux gênants !" s’exclame donc Luc, se précipitant avec ses hommes sur…

… la réserve locale de mini-matraques télescopiques.

Je résume : nous sommes au XXIe siècle, les types utilisent toute la technologie moderne, contrôlent des entreprises comme UPS, utilisent des voitures (magiques, même, cf les Grées) ou des yachts mais SURTOUT n’utilisent pas d’armes à feu, parce que sacrebleu, pour affronter des demi-dieux, des monstres mythologiques ou autres, faisons bien attention à prendre des trucs faits pour taper sur des altermondialistes moustachus. Heureusement que Percy Jackson n’a pas la présence d’esprit de sortir son épée, sinon la situation serait probablement vite réglée. Le résultat ressemblerait probablement à ce qu’il se passerait si on introduisait Conan le Barbare dans une soirée piñata.

En tout cas, après un peu de bagarre pourrie, nos loulous parviennent à grimper dans le canot de sauvetage du yacht, mais Tyson ayant fait tomber le moteur à l’eau (ho ho ho, la dernière fois que j’ai autant ri, c’était avec jar Jar Binks je crois, c’est dire mon niveau d’hilarité à cet instant précis), nos héros sortent leur objet magique donné par Hermès qui avait décidément tout prévu : la bombe Misou-Misou contenant tous les vents de la Terre. Celle-ci, bien orientée (puisque le vent sort directement de la bombe) devient un véritable propulseur de fortune dont les joyeuses émanations ont tôt fait d’emmener nos amis loin du yacht.

A noter que Percy est resté en arrière pour faire gagner du temps à ses amis le temps qu’ils éloignent le canot, et que pour les rejoindre, il a tout naturellement et sans même y réfléchir, créé une vague géante juste sous ses pieds lui permettant de surfer jusqu’à l’embarcation alliée.

Ah oui, c’est bien ce pouvoir. Tu peux m’expliquer pourquoi tu ne t’en es pas servi pour rejoindre le Bad Boys Boat ? A part pour nous faire subir une séquence ridicule avec un hippocampe kitsch ? Non ? Bon.

En tout cas, pendant ce temps, ça grogne sévère sur le bateau des méchants.

"Hmmgnmgnmgn… je me vengerai, Percy Jackson ! Tu gagnes cette manche mais…
- Oui mais chef, on aurait des flingues, ça serait pas arrivé vous savez !
- Oui bin, hin, faut faire avec ce qu’on a ! Et ces galopins nous filent sous le nez, alors hein ! Ça ne nous laisse pas beaucoup d’options, ils filent plus vite que notre yacht ne peut aller !
- Ah bah, pas de problème alors chef : on a un médaillon de téléportation permettant d’emmener plusieurs personnes d’un côté et une manticore nourrie au yaourt depuis des semaines de l’autre. Si on utilise le premier pour balancer la seconde sur le canot, il y a moyen de bien rigoler.
- Heu je… heu… bon écoute heu… 
- Roudoudou.
- Roudoudou, c’est ça. On est méchants, mais pas trop tu le sais ? On veut bien réveiller Kronos pour qu’il détruise le monde, mais tuer trois merdeux sur un canot, c’est un peu chaud quand même. Tu sais quoi ? On va faire un UNO. Mais un UNO maléfique, hein, histoire de maintenir un standing. Avec deux fois plus de cartes +4.
- C’est vrai que c’est super maléfique.
- Ah bin hé, tu parles au chef des méchants là quand même."

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Pendant que se déroulent ces terribles activités maléfiques sur le yacht de Luke (et encore, ils auraient pu jouer au Time’s Up), à bord du petit canot qui file à folle allure, nos héros décident qu’il est temps de discuter un peu. D’abord, Percy décide de faire confiance à Tyson et de le lui montrer en lui filant la bouteille Misou-Misou afin qu’il contrôle les vents et propulse l’embarcation. C’est pas bien dur, il suffit de tenir la bouteille. En tout cas, cette preuve de confiance touche Tyson, qui se lance dans un discours cucu sur le fait que jusqu’ici, personne ne l’avait vraiment vu comme quelqu’un sur qui se reposer. Et qu’il aimerait bien être aussi fort et courageux que Percy. Quant à Annabeth, elle prend la parole à son tour pour se mêler à cette conversation sur la gentillesse.

"Hé bien Percy, à mon tour de t’avouer quelque chose. Tu sais, je tenais à te dire… j’ai une bonne raison de ne pas aimer les cyclopes. 
- Ah oui ?
- Oui, quand j’étais plus jeune, mon amie Thalia a été tuée par un cyclope. Depuis, je les hais tous.
- Hé bah putain, v’la les raccourcis. 
- Tu ne sais pas ce que c’est ! D’ailleurs, une fois, un noir m’a volé mon portefeuille, du coup…
- HEM HUM HUM HEM HEM JE PROPOSE D’ARRÊTER CETTE CONVERSATION."

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Et donc, pendant que grâce à son explication sur les cyclopes, on comprend qu’Annabeth est une sorte d’Eric Zemmour, mais en fille d’Athéna (heureusement que c’est la déesse de la sagesse, sinon qu’est-ce que ce serait), Tyson continue d’être habité par son personnage de Ron/Jar Jar en faisant tomber à l’eau la bombe de Misou-Misou. Ce qui était un vent puissant et glorieux devient donc juste une vieille bulle de lendemain de cuite, et l’embarcation s’arrête alors bêtement au milieu de l’océan, à la grande consternation du reste de l’équipage.

"Tyson, tu es vraiment une grosse merde", aurait dû dire Annabeth à ce stade, mais le dialoguiste a sûrement trouvé que ça n’aidait pas à rendre son personnage "attachant". Dur.

A noter que Tyson n’a pas de sourcil : il a donc beaucoup moins d’expressions faciales. Moi, je pense que son sourcil a simplement bondi hors de son visage à la lecture du script, mais ce n’est qu’une théorie.

Heureusement pour les plus jeunes spectateurs, le film ne devient pas le récit sordide d’une jeune fille bloquée au milieu de l’océan avec deux adolescents plein d’hormones et une sombre histoire de cyclopes, et embraie directement : autour de l’embarcation bien embêtée, surgissent des choses ressemblants d’abord à des ailerons de requins, puis à d’immenses rochers triangulaires en s’extirpant des eaux… qui s’avèrent en fait être d’immenses dents ! c’est Charybde, la gardienne de la mer des monstres, qui est tout simplement en train d’avaler tout cru le misérable esquif ! En moins de quelques instants, nos amis sont donc gobés… et emmenés dans le ventre de la bête.

Si Percy se dit qu’il est celui qui a le plus de chances de survie à la fin du processus de digestion, puisqu’étant déjà un peu une sorte d’étron qui parle, notre trio est bien vite étonné d’entendre d’autres voix résonner autour d’eux : un curieux navire rafistolé est échoué non loin dans les flancs du bestiau, et à son bord, tout un équipage de zombies (souvenez-vous de la règle universelle : "Quand on atteint le niveau 0 de l’inspiration, on met des zombies") en train de faire des réparations de fortune… sous le commandement de Clarisse, la championne des sang-mêlés !

"Hooo, bin c’est pas banal !" se disent donc nos loulous avant d’approcher de l’engin et d’être aperçus par son équipage. Clarisse est un temps fort surprise de trouver Percy Jackson et ses amis ici, puisqu’ils sont supposés se tripoter au camp des sang-mêlés avec les autres, mais elle accepte tout de même de leur faire un point de la situation.

"Bon, les petits amis, je vous cache pas que cette aventure ne se présente pas vraiment bien. Déjà, j’ai perdu Bob le satyre : il a voulu faire le kéké durant un combat contre un monstre, maintenant c’est plutôt Bob le kébab. Du coup, on a erré un peu sur la mer des monstres sans lui pour nous guider, et puis on s’est fait manger. Et nous voilà. Oh, et ce bateau et cet équipage de marins confédérés morts et ressuscités, c’est un cadeau de mon papounet. Maintenant, le souci, c’est que si on ne trouve pas un moyen de sortir d’ici rapidement, on va ressortir, certes, mais sous forme fécale. Une expérience sûrement fantastique pour tout scatophile qui se respecte, mais tout de même, je ne veux pas finir en crotte parlante : j’ai entendu dire que ceux à qui ça arrivaient étaient parfois remontés dans des filets de pêche par accident, et revendus comme candidats pour des émissions de télé réalité. Ça fait super peur."

Percy réfléchit donc à un moyen de sortir tout le monde de cette malheureuse situation, lorsqu’il aperçoit quelque chose sur le bateau qui lui donne une idée.

"Ho ! Mais dis-moi Clarisse, il fonctionne le gros canon à l’avant de ton bateau ?
- Oui, bien sûr. Pourquoi ? Je ne suis que fille du dieu de la guerre, tu imagines bien que je ne vois pas le rapport entre être à l’intérieur d’un monstre, avoir un gros canon et chercher un moyen de s’en sortir.
- J’ai une super idée : si on tirait au gros canon pour se sortir du vilain monstre ?
- Par papounet, mais c’est une excellente idée ! Vite, faisons comme ça, heureusement que je t’ai attendu pour y penser !"

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Alors que ma voisine dans la salle se tranchait les veines en sanglotant (je ne suis pas aussi cruel qu’on le dit : je l’ai laissée faire, elle ne méritait pas de supporter plus), j’observais donc nos héros occupés à tirer partout jusqu’à crever les flancs de la bête monstrueuse et d’utiliser le trou comme sortie pour leur petit navire. Et sitôt revenus à la surface, aidés par la poussée d’Archimède, Poséidon et accessoirement le script, nos larrons font donc un point de la situation.

"Bon, bah c’est pas tout ça, mais on a toujours pas de satyre pour nous guider hors de ce merdier.
- Oh mais… attendez ! 
- Quoi Percy ?
- Je viens de développer un nouveau pouvoir sans aucune raison ! Désormais, je suis le meilleur navigateur du monde et je vois la latitude et la longitude partout où je me trouve ! Et vous vous souvenez des chiffres que nous ont donné les Grées dans la voiture ? Ce sont des coordonnées ! Suivez mes indications, lancez les moteurs et nous allons nous rendre sur l’île de Polyphème !"
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Ah non mais, ce film est très subtil, vraiment. Le héros qui sort un pouvoir magique de nulle part et sans aucune raison, c’est chouette. Attendez, où est-ce que ma voisine a mis son canif ? Ah, voilà.

Bref : suivant les indications sorties de nulle part de l’ami Percy, nos héros se rapprochent de l’île de Polyphème, l’occasion pour Tyson d’en dire un peu plus sur celle-ci, puisqu’évidemment, et comme toujours, les autres personnages bien que vivant dans une école d’être issus de la mythologie grecque n’en connaissent quasiment rien. En tous cas, Tyson explique que l’île est "Circéland" (…) l’île de Circé que celle-ci a transformé en parc d’attractions (……) même pas pour piéger les gens, non, juste parce que ça la faisait marrer (………) mais que le jour J, elle a juste oublié que son copain cyclope Polyphème avait pour habitude de manger des gens (…………) et donc, il a dévoré les premiers visiteurs. Mais ça va, personne n’est venu le buter pour autant pour venger un fils ou une fille, et Circé, elle, n’est tout simplement plus évoquée et on en parlera pas du film (…………… oui, je suis de plus en plus dubitatif, mais vous aussi je suppose, on pourra donc faire un club à ce stade). Polyphème vit donc sur l’île au parc abandonné, et doit donc avoir la toison d’or pas loin. Et ça tombe bien, car l’île en question apparaît bientôt devant la proue du bateau.

Notez qu’on a eu du bol ; imaginez qu’ils aient croisé Circé reconvertie en foraine : "Allezallezc’estpartitoutlemondes’amuuuuuuuseouiiiii!Quic’estquidécrochelepompon?Lepomponc’est letourgratuit,zouyeeeeah…allezmesptitscochonsonfaittourneronfaittourneeeer!"

Personnellement sachant que le bateau a un canon suffisamment puissant pour calmer un monstre comme Charibde, mon plan aurait consisté à faire "Houhouuuu Polyphèèèèèème !" avant de lui expliquer Verdun grandeur nature, mais nos héros étant plutôt du genre brouillons, ils préfèrent plutôt s’infiltrer discrètement. Et trouvent rapidement dans le parc un accès vers la grotte de Polyphème (là encore, à l’aide d’une raisonnement absurde, puisqu’ils voient "un gros trou" – le parc en est pourtant criblé, mais c’est un détail – et en suivant les rails d’une vieille attraction, arrivent à destination, quand bien même l’attraction en question et les rails sont trop petits et faibles pour supporter Polyphème, mais bon, on est plus à ça près, comme souvent). Et sur place, Polyphème, cyclope d’environ 12 mètres de haut, discute tranquillement avec… Grover !

Car le cyclope a très mauvaise vue (non, il n’est pas aveugle ; on va dire que c’est parce qu’il porte sur lui la toison d’or, qui guérit les yeux crevés, mais pas la myopie visiblement) et notre larron s’est déguisé en femme avec un faux œil sur la tête pour faire croire qu’il était une gentille femme de chambre cyclope et ne pas se faire manger. Dès que Polyphème s’est éloigné, nos héros font signe à Grover, qui explique être piégé ici depuis un moment maintenant, puisque les hommes de Luke qui l’accompagnaient ont été dévorés par le monstre. Trop heureux de retrouver ses amis, il échafaude avec eux un plan – pourri – pour voler la toison, consistant en diversions ridicules et transmission du précieux objet de l’un à l’autre façon passe à dix après l’avoir ôté des épaules du monstres. Non, l’idée d’attendre qu’il pionce était un peu trop complexe. Ils décident donc de passer à l’action n’importe quand et surtout, n’importe comment. La dernière fois que j’ai vu un plan aussi pourri, il était signé de la main du général Gamelin, c’est dire.

En plus, Polyphème a le bon goût d’être un peu con : lorsqu’un petit humain lui vole son bien, il le poursuit, et sitôt qu’il le jette à quelqu’un d’autre, même s’il est à un mètre de celui qui vient de lancer l’objet, il ne le tue pas et se contente de courir partout. Alors qu’en écrasant la tronche des différents loulous autour de lui, rapidement, ils auraient forcément un peu moins de possibilités de se jeter la toison l’un à l’autre, à part si on compte sur de la pulpe sanglante pour filer un coup de main. Autre détail : la vue de Polyphème change du tout au tout dans cette scène, puisqu’il repère le moindre détail, partout, en permanence. C’est lassant, tous ces ratés, hein ? Bah, finalement, c’est dans la moyenne actuelle, en fait.

En tout cas, après s’être bien amusés aux dépends du géants, nos filous parviennent à s’enfuir et à relâcher une grosse pierre derrière eux qui n’attendait que ça pour empêcher Polyphème de les poursuivre. Tout le monde est donc bien content, jusqu’à ce qu’ils entendent un toussotement poli à leurs côtés : Luke ! Lui et ses amis sont là et menacent nos héros… d’une arbalète. Hmmm. Bon, pourquoi pas, allez, on va dire que c’est déjà mieux que la matraque en mousse.

"Hé bien les amis… j’ai été retardé par une partie de UNO qui a dégénérée mais me voici : vous avez fait tout le travail pour moi, à présent, donnez-moi la toison.
- Jamais ! Et puis d’abord, comment êtes-vous arrivés ici ?
- Heu je… je suppose que c’est avec notre médaillon de téléportation ?
- Alors oui, ça se tient, mais comment avez-vous su que cette île était ici, justement, puisque vous n’aviez ni satyre, ni Percy Jackson et ses pouvoirs cheatés avec vous ?
- Ho. Je… heu… hem. Bon, écoutez, puisque je sens qu’il ne vaut mieux pas poursuivre sur ce sujet, je vais plutôt vous apprendre la vie en tuant l’un d’entre vous. Tiens, Tyson par exemple, paf."

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Et joignant le geste à la parole, ce gredin de Luke décoche un carreau à Tyson, qui le prend en plein poitrail, avant de chuter dans l’une des failles parcourant les alentours de la grotte de Polyphème, et de disparaître dans l’eau en contrebas. Percy est donc très en colère, comprendre, il fait des mouvements bizarres avec ses sourcils et sa bouche, ce qui donne l’impression qu’il convulse, mais juste du visage. Quel talent.

"Brigands ! Vous avez tué mon demi-frère ! Je ne l’ai pas vu mourir directement, mais son corps blessé  vient de faire une chute à laquelle personne n’aurait pu réchapper avant de disparaître ! Et c’est pas comme rien que dans ce film, on m’avait déjà fait le coup une fois du mec supposé mort qui en fait ne l’est pas !". Oui, Percy, en effet. Et puis c’est pas comme si depuis deux films, on expliquait qu’en tant que fils de Poséidon, l’eau guérissait tes blessures (du coup, vous pouvez techniquement baratiner n’importe quelle fille de Poséidon en lui proposant un concours de t-shirt mouillé au prétexte de la rendre temporairement  immortelle, soyons pratiques). Du coup, vraiment, on y croit à mort.

Luke profite cela dit de la situation pour se faire remettre la toison d’or sans avoir à tuer quelqu’un d’autre pour appuyer son propos, et surtout un quelqu’un d’autre qui ne guérit pas dans l’eau. Puis, il fait attacher nos héros dans un coin du parc d’attraction, et ricane en installant le sarcophage de Kronos non loin, avant de le couvrir de la toison d’or. Aussitôt, le sarcophage se met à rayonner, et tous les gentils sont un peu inquiets, parce que ça a l’air vaguement dangereux. La dernière fois qu’ils ont vu un sarcophage rayonner comme ça, c’était à Tchernobyl lors d’une sortie scolaire. A ce qu’il paraît qu’avant cette date, Grover n’était pas un satyre, mais bon, c’est une autre histoire. Car visiblement, ressusciter un titan prend tu temps, ce qui laisse l’occasion à la troupe de discuter. Ou plutôt, à la troupe de passer de la pommade à Percy, en lui disant qu’il est génial, qu’il a douté de lui tout ce film, mais que là on a vraiment besoin de lui parce que c’est lui le vrai héros. Et évidemment, Clarisse, qui jusqu’ici l’humiliait, décide que bon, allez, vas-y Percy, t’es le meilleur, je compte sur toi. Une fois couvert de pommade, Percy et son gros ego peuvent donc passer à l’action, et profitant du fait qu’il n’a toujours pas été fouillé par les méchants avant d’être attaché (… et si, non mais vraiment, c’est lourd), il sort son épée pour couper ses liens et ceux de ses compagnons.

Parce que oui, s’il n’y a pas des filles pour lui crier "Vas-y Percy, t’es le meilleur", le bougre ne fait rien. Hmmm. Je pense qu’il est temps d’offrir à Percy un abonnement à certains magazines pour l’aider à se bouger de lui-même, si je puis dire.

Jeu : essaie de retrouver l’expression qu’essaie de jouer notre acteur. Non parce que moi, en regardant très fort cette image, tout ce que j’entends c’est "Gnééé, gna brille !"

Remarquant leur évasion, les méchants ressortent donc leurs propres armes, à savoir, les mini-matraques. Non, pas l’arbalète. C’est dangereux une arbalète, ils pourraient blesser quelqu’un. Un combat ridicule s’ensuit donc, durant lequel Percy va trouver Luke, et les deux commencent à se battre à un mètre du sarcophage de Kronos couvert de la toison d’or. Percy finit par se retrouver en mauvaise posture, mais il est sauvé au dernier moment par… Tyson !

"Tyson ! Mais tu n’es pas mort ?
- Je suis tombé dans l’eau (c’est la faute à Rousseau) en étant touché tout  à l’heure, donc j’ai guéri de ma blessure. Et me voilà.
- Ah bin oui. D’accord."

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Ce fabuleux rebondissement passé, nos héros se lancent donc dans une sorte d’étrange dialogue à base de "Tu es mon frère, je t’aime", "C’est bon d’avoir quelqu’un", "Le pouvoir de l’amitié est le plus fort" et autre "Je t’apprécie même si tu es un peu con". Sur le coup, j’ai pensé très fort à un épisode de Corky. Et les deux restent donc là tout en s’enlaçant. Pas juste 3 ou 4 secondes, hein. Plutôt de l’ordre de la minute.

Alors que même sans bouger, juste en tendant la main, ils pourraient retirer la toison d’or du sarcophage à côté d’eux et arrêter la résurrection de Kronos.

Mais non.

C’est nul. Nul. Ce film sue la médiocrité.

Du coup, et grâce à ce genre de scène qui donne envie de pratiquer le vaudou avec une perceuse, le sarcophage se met à briller et s’ouvre, et en sort… Kronos ! Qui, pour rappeler qu’il est méchant, est très grand, très rouge, tout cornu et griffu… bref, il sort plus de la Bible que du Tartare. Soit. Déjà que les Enfers dans le volume précédent étaient à base de flammes géantes et de damnés hurlant, ça se tient cela dit.

Luke, qui était par terre dans un coin à se remettre de la baston, se précipite donc vers le titan ressuscité :

"Ôôô, maître ! Vous marchez à nouveau parmi les vivants, prenez votre revanche, je suis votre serviteeeeeur ! Je me nomme Luke, fils d’Hermès, je suis l’un de vos descendants, si je puis dire… ensemble, nous triompherons !
- C’est à dire que tu as pas d’utilité pour moi, tu sais ? Hein ? Tu es conscient que tu as plus besoin de Biatcol que moi de toi ?
- Maiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis !
- Bon, allez hop, tu veux me servir ? Tu seras une excellente Knacki."

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Et se saisissant du galopin, Kronos l’avale d’un coup comme il avala ses propres enfants. Puis, il commence à tabasser tout et tout le monde aux alentours, gobant même Grover, pendant que Percy Jackson décide qu’il est temps d’utiliser son épée, celle de Poséidon, pour tuer Kronos. Ni une, ni deux, il charge le géant, et commence à le découper avec aisance. Kronos hurle donc des trucs comme "Hooo, tu es Percy Jackson, celui de la prophétie !" jusqu’à ce que suite à diverses pirouettes, Percy lui mette évidemment un coup fatal, renvoyant Kronos droit vers son sarcophage pour y roupiller quelques siècles de plus, au minimum.

Tout le monde est donc bien content, surtout qu’en mourant, Kronos a relâché ceux qu’il avait dévoré, qu’il s’agisse de Luke (qui suite à divers rebondissements, se retrouve piégé avec Polyphème pour avoir été méchant) ou de Grover. Tout le monde peut faire la fête et cette fois-ci penser à intelligemment retirer la toison d’or du sarcophage (non parce que sinon, ça peut faire une boucle un moment). Personnellement, j’aurais ressorti le ruban adhésif magique pour faire disparaître définitivement Kronos, mais bon. On peut pas penser à tout. Voire pas penser tout court. En tous cas, les gentils triomphent, et… oh mon dieu, on avait oublié la manticore de Luke !

En effet, celle-ci qui était probablement partie lire Courrier International aux toilettes pendant la bataille, est revenue à la charge… et blesse mortellement Annabeth ! La bête ne survit pas longtemps à son exploit, la coalition des gentils ayant tôt fait de la violenter en retour. Mais tout le monde va donc au chevet d’Annabeth, qui agonise en disant des platitudes comme "C’était une belle aventure", "Je vais mourir" ou "Milla Jovovich" (techniquement, c’est ne platitude, arrêtez de critiquer maintenant). Puis, elle fait un bruit comme "Uuurgaaargl" et meurt.

"Ha nan mais c’est bon, on a la toison d’or en fait", se disent les autres face à cette scène qui se veut dramatique, mais en fait non.

Et pouf, elle n’est plus mourrue.

Ceci était l’une des scènes les moins intéressantes de l’histoire du cinéma, on applaudit bien fort s’il-vous-plait.

Ah, j’oubliais : l’arbre de Thalia, c’est ça. Avec son petit corps camouflé au pied de son tronc. Et probablement des lapins qui lui défèquent dessus régulièrement. Bien joué, Zeus, vraiment, bon plan.

Toujours est-il que nos héros s’en retournent donc triomphalement vers le continent et plus spécifiquement le camp des sang-mêlés, où Percy a remis la toison d’or à Clarisse pour qu’elle puisse accomplir la quête dont elle avait été chargée, à savoir la ramener au pied de l’arbre de Thalia. Bien vite, et sous l’influence du précieux artefact, l’arbre revit et rétablit ses boucliers, et tout le monde peut donc aller faire la fête et dire que hahaha, l’aventure c’est super, Percy tu es génial, Clarisse tu es gentille tu rentres dans le rang maintenant, et Tyson est enfin accepté par tout le monde, même cette grosse raciste d’Annabeth. Le nectar d’ambroisie coule à flot, les adolescents sont heureux, déjà on commence à jouer à "Action ou Vérité"…

Et…

… aaaaattendez ! Comme si tout cela ne suffisait pas, alors que tout semble fini, tout le camp entend dire qu’il se passe quelque chose à l’arbre de Thalia : tout le monde s’y rend donc et découvre qu’au pied de l’arbre, là où le petit corps de la jeune fille transformée en bois était encore visible… celle-ci est revenue à la vie par le pouvoir de la toison (mais a laissé l’arbre debout quand même, merci) !

Et, oui, puisque vous vous posez la question :

  • Alors que son cadavre était toujours celui d’une fillette, c’est une jeune fille de 17 ans qui est au pied de l’arbre. Non mais sérieusement ?
  • Oui, ses vêtements ont grandi avec elle : vraiment, la toison d’or pense à tout. Quelle petite prude celle-là.
  • En même temps, si en l’espace de quelques heures, son corps s’est mangé plusieurs années de puberté, soit elle ressemble actuellement à un crumble framboise, soit elle est tellement pleine d’hormones que même les satyres vont implorer pitié

Mais tout cela, nous n’en saurons rien. Car Percy soliloque alors un peu sur "Un autre enfant de l’un des trois dieux aînés ? Mais alors, ça veut dire que la prophétie change, ce n’est plus forcément moi qui en suis le héros, c’est peut-être Thalia ! Et j’ai peut-être tué Kronos sans aucune prophétie pour guider mon bras !" Oui, Percy. D’ailleurs, ton commentaire est tellement pertinent que je te rappelle que même Kronos en personne a prononcé ton nom en disant que ça faisait des plombes, depuis que la prophétie avait été énoncée, qu’il t’attendait. Du coup, ton commentaire est moisi. Je laisse donc le mot de la fin à ton petit camarade d’Erasmus préféré.

"Monsieur Chiron ?
- Odieux fils d’Odin, qu’est-ce que tu veux encore ?
- Pas grand chose, sage centaure, je me disais juste… l’arbre de Thalia malade mettant tout le camp et l’ensemble des sang-mêlés en danger, Kronos le père des dieux revenant pour les tuer… 
- Va droit au but.
- Okay : du coup, ils étaient où les dieux ? Non parce que c’était quand même un peu un complot pour les tuer ainsi que tous leurs enfants. Et ne me dites pas qu’ils savaient pas, non seulement ils voient tout, mais Percy et Tyson ont causé avec Poséidon durant le film, sans compter Hermès, le messager des dieux, qui était au courant de tout. Alors expliquez-moi pourquoi ils ne sont pas intervenus directement pour distribuer des claques au lieu de tout faire reposer sur une bande de trous du cul aux réflexions dignes des plus grandes heures de Caramail ?
- Ils étaient… heu… occupés ?
- Par un truc plus important que leur propre père échappé du Tartare revenant exterminer leur race.
- Bon j’ai un… un truc de centaure à faire. 
- Un tiercé ?
- Mrblgnmbgl."

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Et sur cette énième incohérence…

… FIN !

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Alors je ne sais pas vous, mais moi, du coup, apprendre que plusieurs suites étaient déjà annoncé, ça m’a mis des étoiles dans les yeux.

Surtout quand je lis cette critique de TéléCinéObs, rappelons-le, équipe de spécialistes :

"Les producteurs ont choisi de privilégier le scénario (…) au détriment des effets spéciaux, franchement bâclés.""

Je crois que nous n’avons pas la même notion de "privilégier le scénario".

Après, je ne suis pas un professionnel, hein.

"Hooo, c’est splendide !"

Elizabeth ajuste sa pèlerine d’un geste mal assuré, tentant tant bien que mal de lui trouver une quelconque position où elle l’aiderait à lutter contre le froid ambiant. Hélas, rien n’y fait : l’hiver continue à pénétrer au travers de ses vêtements, alors que le vent, lui, en profite pour rabattre ses longs cheveux bruns sur son visage. De ses doigts délicats, elle les écarte pour mieux jouir du spectacle qui s’offre à elle. A perte de vue, en contrebas, la campagne est blanche : blottis sous des arbres couverts de neige et de givre, quelques animaux se réchauffent les uns contre les autres en faisant fi des deux promeneurs avançant dans la forêt. Au loin, on entend le son si curieux du bois qui craque, gonflé par le gel.

"Oui, Elizabeth, c’est splendide en effet. J’aime la campagne en hiver, profiter du silence, voir la nature paisible, savoir que la neige cache les tombes fraichement creus… hem, voilà, la neige, tout ça quoi.
- J’ai su que vous étiez un homme de goût dès l’instant où je vous ai vu à cette exposition…
- Vous dites ça uniquement parce que c’était vous que je regardais à cet instant précis, petite présomptueuse.
- Hooo Odieux, hihi !"

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La jeune femme se blottit d’autant plus dans sa pèlerine qu’à présent, elle aimerait pouvoir y dissimuler ses joues rougissantes, ou simplement pouvoir accuser les affres de la saison d’ainsi être les seules responsables de la brutale prise de couleurs de son visage. Elle sautille quelque peu en marchant, tant pour décoller la neige de sous ses bottes que pour se réchauffer un peu plus. Sentant la chose, son compagnon de pérégrination lui fait signe de venir se coller à lui pour partager sa chaleur corporelle. Cette fois, elle laisse ses cheveux retomber sur ses joues en pouffant un peu dans une ultime tentative de dissimuler son trouble.

"Elizabeth, vous semblez agitée.
- Je… c’est que… Odieux, est-ce que vous croyez à l’amour véritable ?
- Comme l’amour du mauvais cinéma ?
- Non… comme l’amour… Cupidon, vous savez ? L’Amour, quoi. 
- Aaaaaaaah… non, mais d’accord, oui je vois.
- Parce que je voulais vous demander, ces derniers temps je repensais à vous et moi et je voudrais aller à une nouvelle ét…
- Non Elizabeth. Attendez.
- Pardon ?
- Je vous arrête pour un motif simple : vous êtes en train de dire de la daube.
- Odieux ?! Mais ?
- Tenez, passez-moi ce bâton que je vous explique ça avec un schéma. Vous allez voir, en fait, c’est très simple."

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S’exécutant, la jeune femme fit quelque peu la moue pendant que l’homme à ses côtés, d’une longue branche à peine plus courte qu’un bâton de marche, commença à tracer des signes dans la neige qu’elle ne reconnut pas de suite.

Elle sentait que ça allait mal se passer.

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Toute personne saine d’esprit ayant déjà connu les capacités fécales d’un bambin peut lui souhaiter bien des choses, sauf en plus d’avoir des ailes

A l’approche de la Saint Valentin, comme chaque année, chacun y va de son couplet sur le fait que les bisous, on peut s’en faire toute l’année, que tout ça, c’est rien qu’une fête commerciale, mais mine de rien, il se trouve toujours un clampin pour en parler, particulièrement dans le monde merveilleux de vacuité intellectuelle que constituent les réseaux sociaux. Or, sur ce blog, vous le savez, la vacuité intellectuelle, c’est un peu une passion. Aussi, il convient de traiter à l’approche de ces jours maudits emplis d’une imagerie niaise  à base d’enfants volants tirant des petits coeurs sur les gens, que l’on vous ment.

Oui, on vous ment.

Car si l’Amour est incarné par Cupidon, Cupidon, lui, n’existe pas.

Je pourrais m’en arrêter à cette simple formulation, mais cela serait un procédé quelque peu cavalier : je vois d’ici mes lecteurs s’insurger en me demandant des explications, renverser les tables et les chaises en brandissant le poing, puis, comme ils me lisent au bureau, se faire engueuler par leur patron qui leur demande ce que c’est que ce bordel. Non parce que hé, hein, va falloir se calmer là quand même. Bref ! Aujourd’hui, donc, nous allons prouver scientifiquement que Cupidon n’existe pas. Et que si c’était le cas, on serait bien dans la merde.

Suivez un peu, et ramassez-moi tout le bordel que vous avez mis au paragraphe précédent.

Cupidon est, pour rappel, l’enfant de Mars et de Vénus, respectivement dieu de la guerre et déesse de la beauté. Or, à défaut d’accoucher d’une belle guerre, les deux ont produit une bien étrange créature : le dieu de l’amour. Jupiter, qui était quand même un peu un expert en emmerdes, sentit tout de suite que cette histoire fleurait les embruns de pâté, et demanda donc à ce que l’on se débarrasse de Cupidon, par exemple en le mettant dans un sac et en lui tapant très fort la gueule avec des objets contondants de type massue, marteau ou Christian Jacob. Cependant, Vénus ayant fait un peu sa chochotte, elle décida de cacher le marmot, qui par la suite devint Cupidon. Bon, dans l’histoire originale, Cupidon devient un beau jeune homme, se blesse comme un con en nettoyant son arme (mais si, quel gros busard vous pouvez le dire) et tombe donc amoureux de Psyché, mais suite à toute une histoire, il finit par la fuir jusqu’à ce qu’elle le rattrape quand même, la bougresse, (alors qu’elle ne vole pas elle, bravo la gestion des trois dimensions Cupidon, décidément) et du coup… ils se marient.

Savoir que dans l’histoire même de Cupidon, dieu de l’Amour, le mariage n’intervient pas tant que dure le bonheur, et fait son entrée uniquement pour couper les ailes du bonhomme, c’est assez ironique. Mais passons ! Car cette partie-là de la mythologie est surtout restée aux oubliettes : plus que le jeune homme marié, on a retenu l’enfant à l’arc. Alors soit !

Car que sait-on de Cupidon ?

- Qu’il vole

- Qu’il porte une culotte à la propreté contestable

- Qu’il dispose d’un arc en frêne et de flèches en or

- Que le 14 février il est censé aider les couples à faire brûler la flamme

Aussi, mettons : le 14 février, Cupidon est supposé se promener de par le monde, son arc à la main, pour mieux s’arrêter au-dessus des rues et des demeures, décochant ses traits enchantés pour que chacun trouve son âme soeur, ou que ceux déjà en couple puissent continuer à l’être encore longtemps plutôt que de se faire larguer par texto. Alors calculons !

  • La Terre compte 7 milliards d’habitants. Un peu plus, puisque chaque jour, les rangs de notre espèce grossissent, mais pour faciliter le travail de notre angelot préféré, nous considérerons que nous sommes très exactement 7 milliards le 14 février.
  • Parmi ces 7 milliards d’habitants, on peut considérer qu’il y a 2 milliards d’enfants. Or les enfants ne tombent pas amoureux comme les adultes : eux, il leur suffit d’un échange de BNs à la récré, et c’est parti, ils sont tellement à fond qu’ils vont faire des trucs aussi extrêmes que prêter leurs crayons de couleur, aider l’autre à ne pas tomber du toboggan ou tenir les mains de la maîtresse pendant que l’autre la tabasse. Ah, c’est beau l’enfance.
  • On peut donc considérer qu’il reste 5 milliards de personnes. Mais nous allons encore en retirer 1 milliard arbitrairement pour soulager le travail de notre archer angélique en virant les personnes qui sont incapables de ressentir ses flèches : gens chiants, personnes plongées dans un état second médicalement, personnes dans un état second dans la journée (les gens qui regardent plus de 2 powerpoints par jour, par exemple), les acteurs de "Plus Belle la Vie", puisque sinon, ils pourraient ressentir leur propre amour propre et partiraient donc en hurlant, et enfin moi-même pour des raisons connues de mes lecteurs
  • Cela nous laisse 4 milliards de personnes, dont il faut encore déduire :
  • Les utilisateurs de World of Warcraft, soit 11 millions, parce que merde, Cupidon va pas gâcher de munitions sur des gens qui n’auront pas le temps d’avoir une vie sociale, ya instance là
  • Les gens qui aiment Franck Dubosc, soit 2 personnes, parce qu’à ce niveau, c’est que leur notion même d’amour et d’appréciation est complètement schlass
  • Donc en déduisant 11 000 002 personnes de nos 4 milliards, nous arrivons à un total de 3 988 999 998 personnes qui ne demandent qu’à se faire flécher la gueuler.

Bien ! Maintenant que cela est arrêté, mettons : le 14 février dure 24 heures. Je ne prends pas en compte le décalage horaire : Cupidon est à l’heure de Rome. Donc il va nous faire le boulot, cette feignasse, et sans gruger, ah mais ! Recalculons :

Cupidon va donc devoir toucher, en 24 heures, 3 988 999 998 personnes

Soit, de l’heure, 166 208 333. Et que je vous entende pas gruger, bande de petits rascals : non, il ne divise pas par deux puisqu’il s’occupe de couples. C’est une flèche par personne, c’est la règle.

Soit, de la minute, 2 770 139 personnes à toucher

Soit, de la seconde, 46 169 personnes. Ce qui vous donne à peu près la population de Châteauroux, par exemple. J’en entends qui ricanent : si, même à Châteauroux, on a besoin de Cupidon. Ou d’alcool. Attendez, c’est lequel des deux qui rend heureux à tous les coups ?

Le 14 février, Twitter est rempli de commentaires de gens qui disent ne rien avoir à faire de la Saint Valentin mais en parlent en boucle. Les 364 autres jours, remplacez "Saint Valentin" par "Grand Journal"

Cupidon a donc du boulot. Ce qui expliquerait par ailleurs pourquoi vous n’avez pas forcément trouvé l’âme soeur : vous n’êtes peut-être pas exactement en haut de la pile. Avec un peu de bol, il n’y a qu’un milliard, un milliard cinq de personnes devant vous. Une paille, arrêtez de vous plaindre.

Enfin, c’est toujours moins à attendre que pour une carte grise à la préfecture, mais je m’égare : une chose est sûre, Cupidon ne bosse pas dans l’administration française. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’au sein de celle-ci on passe plus d’une seconde sur votre cas, rassurez-vous : certains éléments du personnage ont été bien assimilés. Mais je m’égare encore, deux fois en si peu de temps, enfin, cela reste bien normal lorsque l’on parle de mythologie comme le disait Nisos (ce paragraphe inutile vaut 900 points au club des professeur de grec ancien, si vous me lisez les gars et que vous n’êtes pas encore tous morts de vieillesse) . Bref.

Maintenant, mettons : les cibles de Cupidon sont, par un incroyable coup de bol, toujours en moyenne à un mètre l’une de l’autre. D’ailleurs, si elles sont à moins, c’est que soit elles n’ont déjà plus besoin de Cupidon parce que t’inquiète, je gère Suzette, soit qu’elles sont dans le métro, ce qui est certes relativement proche d’une relation sexuelle d’un point de vue frottements et échanges de miasmes, mais ne compte malgré tout pas. Nous considérerons que Cupidon ne dispose pas de grenades, et n’utilise que ses flèches même dans des lieux bondés comme ceux-là. Tout compris, entre les passages où il doit chercher une bonne position de tir, un angle de vue dégagé & co, on considérera toujours qu’il n’y a que ce fameux mètre. Voyez comme je suis conciliant.

Prenons en compte deux autres éléments :

  • Une flèche d’arc peut filer jusqu’à 300 kilomètres heure si bien décochée depuis un tireur immobile
  • Cupidon et sa grosse tête joufflue ne sont pas vraiment aérodynamiques

Vous avez tout bien pris en compte ? Alors c’est parti : bonne Saint Valentin.

D’abord, Cupidon va commencer à se déplacer à 135 fois la vitesse du son. Qu’importe d’où il partira : l’onde de choc sera suffisamment grande pour raser le bled où il se trouvera (Rome, probablement), vaporisant la plupart des habitants et rendant sourd les autres sur plusieurs kilomètres. Il ne fera d’ailleurs par bon se trouver sur sa trajectoire, puisqu’il ne laissera derrière lui que mort et désolation, ainsi qu’une curieuse odeur de brûlé. De toute manière, Cupidon n’en saura rien : vu le nombre de G qu’il se sera pris dans le museau à l’accélération, il sera déjà aveugle et sourd, ce qui expliquerait non seulement sa représentation aux yeux bandés sur plusieurs tableaux (voyez que j’ai raison), mais en plus cela expliquerait pourquoi vous avez toujours l’impression que tout va de travers en amour (encore une fois, tout se tient). Non parce que tirer à l’arc en étant aveugle c’est déjà pas facile, mais tout en faisant péter le mur du son et sans les oreilles, ça devient compliqué.

Mais rassurez-vous : Cupidon va aussi se sentir relativement mal : n’étant pas spécialement profilé pour sa mission, ses grosses joues vont rapidement prendre feu alors que ses yeux vont se dessécher  et si son slip était encore propre à ce stade, il devrait se remplir de tout son tube digestif avant de prendre feu, le fumet qui en résultera lui donnant un certain panache, j’en conviens (les aviateurs amateurs de calembours feront leur marché dans cette phrase).  Incapable de s’arrêter sur sa lancée, il faudra espérer qu’il trouve un moyen de ne pas ralentir s’il veut accomplir sa mission puisque ses ailes se seront sûrement arrachées dès l’accélération, emportant sa colonne vertébrale avec (là encore : le tir à l’arc se complique) et quelques autres morceaux choisis. Finalement, s’il parvient par son statut divin à échapper à la désintégration totale, et que ses doigts flétris par la combustion parviennent à sortir de son carquois ses flèches d’or n’ayant pas fondu grâce à la magie les habitant, il ne lui restera plus qu’à tirer. Easy.

Or, puisqu’il ne pourra plus s’arrêter, et que quand bien même, il devrait assurer un temps de verrouillage de la cible inférieur aux ordinateurs des avions de chasses actuel avant de tirer sa flèche et quitter l’endroit sans même prendre le temps de voir si elle touche, si jamais le projectile n’explosait pas purement et simplement, non content de toucher la personne avec qui vous étiez en train de prendre un dîner romantique, elle va lui décalquer la tête contre la table, envoyer les morceaux sur tous les convives alentours (si le choc ne provoque tout simplement pas une déflagration rasant la salle), probablement vous traverser aussi en ne laissant derrière vous que des restes qui permettront à la TNT de créer un nouveau jeu télévisé autour du principe de l’identification de votre corps, puis elle devrait traverser tour à tour – grâce à sa pointe faite d’un alliage importé droit de l’Olympe mais quand même avec de l’uranium dedans histoire de tenir le choc, donc quand bien même vous auriez survécu, Cupidon vous aurait refilé un cancer, sympa) le sol du bâtiment, le sous-sol, les fondations, commencer à creuser la terre et éventuellement s’arrêter en fumant et sifflant au bout d’un long, long moment.  Moment critique, puisque si la flèche provoque l’amour chez tout ce qu’elle touche et qu’elle pénètre la Terre, cela risque encore de créer des trucs cucus, du genre des chansons de Yannick Noah. Et ça, ça reste probablement la pire conséquence de tout.

Bref.

Une fois la personne avec qui vous mangiez en paix décapitée, votre personne désintégrée, l’endroit criblé de tirs ayant réduit les convives à néant et une forte odeur de chair brûlée s’élevant au-dessus des ruines de votre paisible cité, Cupidon, son petit corps d’enfant noirci et démembré aux lambeaux de chair pendants se posera sur les restes de l’aéroport de Rome dans une tempête de flammes et créera à l’impact avec le sol une onde de choc qui devrait non seulement piquer un peu le bambin, mais dégager l’équivalent énergétique de plusieurs fois Hiroshima. Il est même probable que, pour la déconne, la réaction sismique qui suivrait réveille l’activité volcanique locale et permette aux italiens encore vivants de savourer les joies simples de leur ancêtre Pline l’Ancien (et je ne parle pas de celle d’avoir un neveu con comme Pline le Jeune).

Pour rappel, la bombe larguée sur Hiroshima s’appelait "Little Boy". M’enfin j’dis ça, hein.

Cela fait, nous pouvons donc en tirer plusieurs conclusions :

  • Cupidon, c’est vraiment une super idée, ça donne vraiment envie de passer une bonne Saint Valentin avec lui, quelle belle illustration
  • En fait, il est statistiquement plus probable que ce soit des ninjas qui s’occupent de manier les flèches d’or plutôt que Cupidon, mais ça évidemment, ce n’est pas vendeur alors personne n’en parle, racistes
  • Enfin, statistiquement toujours, même en supposant que chaque année, Satan achète l’âme de 1% de la chrétienté, il aurait toujours plus de crédibilité scientifique dans la possibilité d’accomplir sa mission que la simple existence de Cupidon

Donc, scientifiquement, vous avez moins de chance de rencontrer l’Amour tel que la mythologie nous le décrit que de passer un pacte avec le Diable, ce qui est prouvé très simplement par l’existence pure et simple des conditions d’utilisation d’iTunes.

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"Voilà pourquoi je ne mange pas de ce pain-là ma petite Elizabeth."

Dis-je en achevant de tracer mes schémas dans la neige fraîche avant d’agiter la baguette de bois dans ma main pour fouetter l’air glacial qui nous entourait. Elizabeth fit une moue dubitative en observant les schémas sur le sol, particulièrement en s’arrêtant sur celui où j’avais dessiné des gens en toge tapant un petit sac à l’aide d’un Christian Jacob. Probablement peu convaincue par mes talents de caricaturiste, elle soupira longuement, envoyant de blanches volutes s’envoler loin de ses lèvres rouges.

"Oui mais… tout de même, moi j’y crois, à l’Amour ! 
- Sacrebleu, qu’est-ce que je viens d’expliquer ? C’est bien la peine que je me décarcasse.
- Ca n’a strictement rien à voir ! Une flèche peut nous toucher n’importe quand, ce que je voulais dire, c’est au sujet de vous et moi, parce que… d’ailleurs juste à l’instant, j’ai… je grois… je gru… jgnr…"

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Elizabeth tourna de l’oeil avant de s’effondrer dans la neige avec une délicatesse qui imposait le respect. Dans son cou, l’embout rougeoyant de la fléchette-seringue dépassait de sa chevelure. Souriant, je fis un signe à Diego, vêtu en ninja dans un arbre voisin, son fusil à air comprimé encore sur l’épaule. Le bon serviteur me rendit mon salut et descendit promptement me rejoindre pour m’aider à charger la jeune femme sur un traîneau, charme de la saison. Cela fait, Diego sembla hésiter quelque peu au sujet de quelque chose.

"Hé bien Diego ?
- C’est que… patron je… voilà, les vacances d’hiver arrivent et…
- Certes ?
- Bin je me disais… cela fait 4 ans que je n’ai pas pris de vacances alors je… jre… rgn…"

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Diego s’effondra à son tour dans la neige, une autre fléchette-seringue plantée dans le cou au travers de la cagoule de son costume oriental. Souriant une fois de plus, je fis un signe de la main à l’autre ninja que j’avais engagé pour suivre le premier, puisqu’on n’est jamais trop sûr. Et encore une fois, la prudence avait payé. Ignorant les grosses gouttes de sueur perlant sous la tenue du tireur que je pouvais voir d’ici, alors qu’il devait se demander si quelqu’un avait été missionné pour l’endormir lui aussi, je contemplais le corps d’Elizabeth étalé sur le traineau, ronflant paisiblement.

"Ah, Cupidon. Qu’importe s’il y a une force qui décoche les tirs, pourvu que je désigne les cibles."

Puis, sifflotant, je repartis profiter des joies simples de l’hiver.

Pardonnez-moi mes bons amis, mais Le Choc des Titans fut visionné en de bien piètres conditions. Permettez que je développe.

En effet, qui dit visionnage tôt après la sortie d’un blockbuster dit forte probabilité statistique d’être coincé avec des individus visiblement soucieux de vous donner envie de leur briser les vertèbres à coups de cric ou autre objet issu de l’industrie mécanique automobile. C’est ainsi qu’hier, un groupe de fabuleux larrons décida de s’asseoir juste derrière moi ; jusque là, rien de problématique, si ce n’est qu’ils avaient décidé d’emmener avec eux une damoiselle que nous appellerons Moumoune. Et vous en avez tous connu une, au moins une fois, en allant dans une salle obscure.

Moumoune, parlons-en, fais partie de ces êtres dont l’on subodore qu’ils sont en réalité des concombres à qui la fée des cucurbitacées a donné la vie. Ainsi, toutes les 30 à 50 secondes, Moumoune a besoin de demander à ses voisins ce qu’il se passe à l’écran ("Mais comment qui s’appelle lui là ?" "Attends qu’esse qu’il a dit j’ai pô entendu ?"). Oui, sombre truie, si tu fermais un peu l’immonde orifice qui te sert de bouche, peut-être aurais tu plus d’attention pour comprendre un scenario que même un hamster pourrait saisir sans sourciller. Et Moumoune est évidemment venue avec des voisins qui tentent un peu de la draguer, tu as donc beau lui demander à quantité de reprises de fermer sa gueule, comme elle ne comprend toujours rien à ce qu’il se passe, elle continue de demander de l’aide à ses comparses qui sont soucieux de ne pas la décevoir et répondent donc à ses questions malgré le fait qu’ils puissent voir vos yeux injectés de sang luire dans la pénombre ambiante. Parfois, l’un d’entre eux se décide même à impressionner Moumoune en essayant de deviner ce qu’il va se passer dans les 5 prochaines secondes, ce qui est super difficile ("Là il va tirer son épée") ; mais comme il est déjà assez idiot pour tenter de séduire un légume, ses prédictions s’avèrent toujours erronées. Mais ce n’est pas grave, il continuera tout le film quand même.

Dédicace à ce fabuleux instant des salles obscures (qui ne l’a pas connu ?)

"Pssst, Moumoune, tu veux un bonbon ? Tiens, voilà le SCRRCHCHHCHCHCH SKRR SCHRRRR paquet !
- Ha, merci ! Attends, j’en veux un à KRRR SCRCHHHH KRRRR la fraise, ils KRRRRRRSHHHHHH sont où ?
- Au fond. KRSHHHHH SCRRRRRRRRRRR KHRRRRRRRRR
- Bon, je vais le déballer le plus doucement possible pour faire un minimum de bruit (notez l’attention) KRSCHHHHH KRRRRRR SCHHRRRRR SCHRRRR  KRRRRRRRRR SCHRRRRRR KRSSCHHHHHHHH (etc)"

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Oui. Je n’ai jamais compris : en ouvrant d’un coup sec, ils ne feraient chier que 2 à 3 secondes ; mais en prenant leur temps en voulant bien faire, ils emmerdent le monde 15 minutes. Je n’ai jamais autant regretté d’avoir oublié ma bombe à zyklon.

Certes, vous vous foutez probablement des conditions déplorables dans lesquelles j’ai pu visionner ce film qui l’est tout autant, mais il fallait que ce soit dit puisque cela influence forcément le récit qui en sera fait ici-même. Mais il est grand temps de nous concentrer un peu : spoilons Le Choc des Titans.

L'Affiche : Hmmm je me demande si Persée va réussir à vaincre la méduse.

Oui, allez-y, vous pouvez quand même grignoter en me lisant. Tant que je ne vous entends pas, ça ira.

Notre histoire commence donc quelque part en mer, un jour d’orage, lorsque Jean-Jakos le pêcheur remonte dans ses filets à sa grande surprise un immense coffre en bois sculpté ; et à défaut d’y trouver la morue qu’il est venu pêcher, il constate avec surprise que celui-ci contient :

  • Une femme très belle mais très morte
  • Un bébé très mignon (suffisamment pour bruyamment émouvoir Moumoune)  mais très vivant

Jean-Jakos est plein de désarroi : il aurait préféré l’inverse, sa sexualité de pêcheur n’étant pas toujours des plus épanouies. Mais soit : il décide d’adopter le bébé, qui se prénommera désormais Persée. Et comme un papa poule c’est toujours mignon, il devrait quand même s’y retrouver au final pour aller draguer au Macumbos, la boîte de nuit de son village.

Quelques années plus tard, Persée est devenu un grand et fort jeune homme (mais toujours très mignon d’après les soupirs que l’on poussait derrière moi) qui aide son père sur son navire de pêche, embarcation qui abrite désormais toute la petite famille de Jean-Jakos (il a en sus une femme et une fille qui fait office de petite sœur à Persée). Jean-Jakos raconte à Persée comment il l’a trouvé en mer un jour d’orage, et il est vrai qu’à chaque fois qu’au loin la foudre commence à tomber, Persée sent toujours comme un frisson dans son petit cœur enfoui loin derrière ses pectoraux. Cependant, notre vieux pêcheur explique aussi qu’il en a assez de prier et de remercier les dieux alors que le monde est frappé par la maladie, la faim, et surtout, qu’il y a de moins en moins de morues à pêcher. Comme vous le devinez, il ne dit pas ça par hasard, cela va constituer le cœur de notre histoire. Je ne parle pas de la morue, hein.

Un jour, alors qu’ils passent à proximité d’une gigantesque statue de Zeus en bord de mer, ils aperçoivent des soldats en train de l’esquinter ; équipés en burins qu’ils sont, ils ont tôt fait de la faire chuter dans l’océan, éclaboussant au passage (c’est une sacrée statue à tous les sens du terme) le navire de la famille de Jean-Jakos. Ce dernier s’insurge : il a beau ne plus croire en les dieux et répéter qu’un jour il faudra se rebeller contre leur pouvoir, il trouve tout cela un peu précipité. Et il a bien raison : à peine ont ils forcé la statue du maître de l’Olympe à faire du plongeon acrobatique que voici que sortent de l’eau un groupe de harpies, visiblement en colère ; elles éclatent tous les soldats sans trop de mal avant de s’agripper les unes aux autres pour former une boule sombre qui se transforme rapidement en hippie barbu échevelé (ces pléonasmes) : Hadès. On sait que c’est Hadès car à l’instar de 97% des personnages de Tim Burton, il a un maquillage tout pâle et de fausses cernes. Ca fait goth.

Le maître des enfers contemple son œuvre : il a bien massacré les soldats grecs qui ont ainsi payé leur sacrilège. Cependant, il aperçoit le frêle esquif de la famille de Jean-Jakos en contrebas, et il lui vient une idée : il va faire la bombe et les éclabousser. Jean-Jakos a beau lui crier que non, fais pas le con Hadès, avec ton gros cul tu vas nous faire chavirer, rien n’y fait : le seigneur des morts saute à l’eau comme un petit gros à la piscine municipale. L’impact est tel que le navire du pêcheur grec coule à pic, et seul Persée arrive à se sortir du naufrage et dérive accroché à une vieille planche de bois.

La famille Jean-Jakos, quelques secondes avant de prendre les fesses d'Hadès sur le nez

Pendant ce temps, sur l’Olympe, les dieux sont occupés à leur grand concours annuel de "qui qu’a l’armure qui brille le plus ?", où comme toujours depuis le commencement des temps, c’est Zeus qui gagne grâce à sa cape à paillettes disco. Soudain, Hadès arrive : il casse un peu l’ambiance parce que lui, il n’aime pas trop les trucs qui chatoient et s’habille plutôt en noir. Il annonce à Zeus que les hommes viennent de lui démolir sa statue préférée ("Ho non, crotte alors !"), et que dans son amour pour eux, le maître de la foudre en a oublié de leur rappeler qui était le patron. Hadès propose donc une solution : défoncer leur gueule aux humains, ainsi ils n’auront plus d’autre choix que de se tourner vers les prières pour être épargnés. Zeus trouve l’idée bonne et accepte. Il confie donc à Hadès le soin de s’en occuper, vu qu’il semble y prendre un malin plaisir.

Sinon, Zeus, solution numéro 2 : faire un ou deux miracles et dire "Regardez, je multiplie les sandouiches grecs ; maintenant, croyez en moi ou je refile la recette aux Perses" ou mieux encore si tu veux quand même la jouer violente, leur demander gentiment de se remettre vite fait bien fait aux prières et libations sinon ce sera bourrage de gueule. Mais comme il est un peu niais (Zeus est joué par celui qui fut Qui-Gon), Zeus propose de d’abord bourrer la gueule aux gens et ensuite espérer que les survivants comprennent qu’il faut prier. C’est dommage, parce que comme les gens morts prient quand même vachement moins, ça va faire moins de pratiquants à convaincre au final. Mais bon, passons sur ce plan pourri et revenons dans le monde des mortels.

Persée ne dérive pas bien longtemps en mer : un navire armé par la cité d’Argos le recueille et l’emmène à son port d’attache. Détail important, les soldats qui ont abattu la statue de Zeus étaient eux aussi d’Argos au vu de leurs blasons. Or donc, arrivé au port de la splendide ville, le capitaine du navire s’enquiert de savoir s’ils sont la dernière galère à être rentrée de mission : ils sont en réalité la seule. Et lorsqu’on les interroge sur le mystérieux naufragé à leur bord, il répondent l’avoir trouvé dérivant non loin de l’endroit où gisaient tous les cadavres des morts d’Argos venu jouer les sacrilèges. Mais le temps presse, il est temps de se rendre au palais royal.

Car oui, au palais royal d’Argos, c’est la fête. La grosse fête, puisque le roi et la reine sont là à hurler à tue-tête qu’ils ont mis une belle raclée aux dieux, en envoyant leurs soldats massacrer temples et statues, et qu’ils font ça pour se libérer de l’oppression des divins larrons, qui sans leurs prières, ne seraient rien. Ils festoient donc en criant victoire. C’est marrant, parce que personnellement, si toute mon armée moins une galère se faisait massacrer  sans pour autant que l’ennemi ne semble affaibli, j’appellerais ça une branlée. Enfin bon, on ne va pas s’arrêter à ce genre de détails sans importance, pas vrai ? Dans tous les cas, la reine d’Argos se permet d’affirmer que sa fille, Andromède, est plus belle qu’Aphrodite elle-même, alors bon, les dieux, hein, c’est vraiment de la gnognotte.

C’est ballot puisqu’Hadès visiblement lassé que l’on braille ce genre d’insanités décide d’apparaître (et ce faisant, par un formidable effet d’aspirateur infernal, tue 12 des 20 derniers membres de ce qu’il reste de l’armée d’Argos). Histoire de bien mettre les choses au point, il attrape la reine d’Argos et la fait vieillir jusqu’à ce qu’elle sente très fort ses propres excréments ; elle meurt donc de honte sur le champ. Puis, il se tourne vers Andromède et annonce que pour venger le pêché d’orgueil de sa mère, elle doit être sacrifiée aux dieux d’ici 10 jours. Si ce n’était pas le cas, il serait obligé de relâcher sur la cité le kraken, une très grosse bête qu’il a créé lui même à partir de sa chair. Avant de disparaître dans un grand nuage de fumée, il explique qu’il fait tout cela avec la bénédiction de Zeus, et ne peut s’empêcher de préciser que ce dernier est le père de Persée, présent dans la salle et qui avait survécu à l’attaque de l’aspirateur magique. Le roi d’Argos, qui est très moyennement tenté de sacrifier sa fille, supplie Persée, ce demi-dieu, de lui venir en aide. Notre héros lui répond qu’il est un simple pêcheur, alors à moins que sa mission ne consiste à ramener 2 tonnes de cabillaud en moins d’une semaine, ça lui parait compliqué. Il ajoute qu’il n’est qu’un homme, qu’il emmerde les dieux qui ont tué sa famille, et que de fait il ne veut pas se mêler de tout ce bordel. Le roi le fait donc mettre en prison jusqu’à ce qu’il change d’avis.

"Sire, nous avons perdu les 9/10e de notre armée, je crois qu'on perd en fait"

Dans sa cellule, Persée reçoit la visite d’une prophétesse qui se présente sous le nom de Io. Je m’attendais à des jeux de mots venant du rang de derrière comme "Ouesh, Io aussi" ou "Io mama !" mais non. J’en fus quelque peu déçu. Mais ne nous attardons pas, que révèle Io à notre bon Persée ? Et bien déjà, qu’il est bien le fils de Zeus (cela a surpris Moumoune qui lâcha un "Ho !" sonore : elle n’avait visiblement pas compris dans la précédente scène, trop subtile), et que de fait il est plutôt bien placé pour sauver Argos. Elle lui explique aussi que dans la cité, on a une longue tradition d’opposition aux dieux : Acrisius, l’ancien roi d’Argos, avait par le passé assiégé l’Olympe pour en finir avec les dieux. Zeus, pour se venger avait pris son apparence et s’était tapé sa fille, Danaé (oui, enfin disons surtout que ça lui faisait un excellent prétexte pour ce faire, du genre "J‘étais obligé, c’était pour me venger") ; lorsque le roi rentra dans ses appartements avec deux douzaines de soldats (je ne préfère pas savoir ce qu’il venait faire avec tout ce petit monde dans sa chambre), il découvrit ainsi son double en pleine position de la levrette moldave avec sa douce fille qu’il pensait pure et chaste (il prenait grand soin de vérifier la longueur de ses toges avant de la laisser sortir). Pris de colère, il décida donc de se débarrasser tant de Danaé que du bambin qu’elle portait (elle a eu une grossesse éclair) en balançant tout ce petit monde à la flotte enfermé dans un coffre. La suite de l’histoire, Persée la connait : le coffre est trouvé par un pêcheur, la mère est morte mais l’enfant étant un petit peu un demi-dieu, il a survécu.

Bref, sur ces révélations, Persée se propose d’aider la cité d’Argos en allant casser sa gueule à Hadès, celui qui a tué sa famille (je ne comprends pas trop quelle partie de l’argumentaire l’a fait changer d’avis, mais soit). Mais il veut le faire en tant qu’homme, non en tant que demi-dieu, pour montrer que tout cela n’est pas une question de sang. Seulement voilà, pour affaiblir Hadès, il faut déjà tuer son kraken, l’avertit Io. Et pour savoir comment en finir avec le kraken, il faut aller voir les Grées, des sorcières aux bons tuyaux qui habitent assez loin d’Argos ce qui est bien embêtant. Qu’importe : le roi d’Argos apprenant tout cela propose que ses derniers guerriers, Persée et Io se rendent sur place et voient ce qu’il est possible de faire pour sauver tant sa fille que sa cité. Deux chasseurs se proposent aussi de les accompagner, l’un d’eux étant joué par Mouloud, le gars du Grand Journal de Canal + ; et ça tombe bien, ce dernier a le même rôle que sur le plateau de Michel Denisot : intervenir en tout et pour tout trois fois dans le film pour dire trois mots dont tout le monde aurait pu se passer. En tout cas, la petite équipe se met en route.

Pendant ce temps, Hadès rend visite dans une grotte à Acrisius. Pour la petite histoire, Acrisius n’est pas mort, par contre il est bien défiguré, puisqu’alors qu’il s’apprêtait à jeter le coffre contenant sa femme et son pas-vraiment-fils à la flotte, il insulta Zeus ("Bouffon !") en brandissant son épée vers le ciel, et servit ainsi instantanément de paratonnerre. Devenu très moche et très fou, il n’est donc plus qu’un vieil ermite colérique soucieux de se venger de Zeus. Or, Hadès lui propose de l’aider : s’il arrête Persée et ses copains, alors le maître des enfers pourra devenir plus puissant en se nourrissant de la peur des vivants, alors que Zeus s’affaiblira ; il le renversera donc, et c’en sera fini de lui. Cependant, dans l’immédiat, Hadès doit encore faire semble d’être du côté de Zeus, il propose donc à Acrisius d’être son bras armé. Et en lui roulant un patin magique, il lui transmet même un peu de sa force infernale. Hmmm.

Acrisius, ou le méchant qui a forcément une tête de méchant

Oui, à aucun moment Acrisius ne se dit "Quoi ? Tu veux que j’arrête les hommes de ma cité qui veulent empêcher les dieux de les emmerder, ce qui est et a toujours été mon combat ? Casse-toi, et retire ton maquillage d’Avril Lavigne". Non, il suit. Allez, on mettra ça sur le dos d’un manque d’informations (il n’a pas le journal dans sa grotte) et d’une certaine colère envers Zeus qui l’aveugle.

Persée, lui, voyage avec les soldats d’Argos et s’entraîne à manier les armes (ce qui lui prend moins de trois minutes montre en main, son sang de demi-dieu en faisant un guerrier né). Mais Zeus, averti que son fils fait partie de l’expédition, décide de rattraper tous les Noëls qu’il a loupé en le comblant de présents : il fait tomber du ciel un petit bâton argenté qui se transforme en grosse épée lorsque Persée le saisit à pleine main. Mais ce dernier refuse de s’en servir, argumentant qu’il se battra comme un homme. Zeus un peu déçu regarde les autres lettres que Persée a écrit au Père Noël… ah, voilà, à 7 ans, il voulait un poney, et à 9, le pouvoir de voler comme les oiseaux. Pas de problèmes, Zeus lui fait rencontrer un troupeau de jolies juments ailées, ainsi qu’un étalon noir tout aussi pourvu d’ailes : Pégase.

Io, qui passait par là, se permet de faire remarquer que "Oh, c’est Pégase, personne n’a jamais pu le monter…" ; ah oui, Io, et alors tu pourrais me donner les noms des mecs qui chevauchent les autres animaux du troupeau ? Non parce que j’imagine que c’est légion s’il n’y a que celui là qui n’a jamais été monté, hein. Heureusement, avant que Persée ne pose la question, un cri retentit "Ouyouyouye !".

Ce sont les soldats d’Argos qui viennent de tomber sur Acrisius, le petit filou colérique. Ce dernier est en train de leur coller une raclée à lui seul ; d’ailleurs, même Persée a bien du mal à ne pas se faire avoir par l’ancien roi. Cependant, un coup d’épée bien placé finit par trancher une main  du serviteur d’Hadès; constatant qu’il ne pourra plus tricoter avec autant d’adresse qu’avant, l’homme prend la fuite. Par un mystérieux phénomène météorologique, en environ trente mètres, nos héros qui étaient dans de splendides forêts aux clairières riches en pâturages pour chevaux ailés se retrouvent au milieu de ruines en plein désert. Et observent que le sang d’Acrisius est bien surnaturel, puisque non content d’être d’une noirceur peu ragoutante, où qu’il tombe il sort du sol un scorpion géant. Alors les scorpions géant, c’est géant, ça fait "groooou" et "greuuu" à foison, mais alors c’est très con. Tenez, pas exemple, à un moment, un scorpion géant s’aperçoit qu’il a des pinces et une queue qui ne servent pas juste à faire de la beat-box ; il se décide donc à attraper dans une de ses pinces Persée qui est tout seul et isolé.

Bon alors scorpion géant, tu fais quoi ? Tu l’écrases dans ta pince ? Tu lui mets un bon coup de dard histoire d’en finir ? Tu le portes à tes mandibules ? Les trois ?

Non : le scorpion géant, il attrape Persée et il essaie de le cogner très fort contre une colonne grecque qui passait par là (la preuve dans la bande-annonce, regardez bien). Je… mais enfin ?

Un scorpion géant tente de se dissimuler dans ce paysage : sauras-tu le retrouver ?

Bon, suite à ce genre de carabistouilles, notre fier guerrier et ses copains finissent par mettre en déroute les scorpions ; la seconde vague, constituée d’animaux encore plus gigantesques que les précédents n’attaque cependant pas : du désert surgissent des djinns, des hommes mi-chair mi-charbon de bois (en plein soleil ça ne doit pas toujours être facile, mais vos amis vous adorent lorsqu’ils ont envie de merguez) qui disposent de pouvoirs mystiques. Et ces derniers soumettent les scorpions infernaux à leur volonté, avant de faire copain-copain avec la troupe d’Argos : tout comme eux, ils en ont assez de la tyrannie des dieux.

Après avoir soigné les blessés, les djinns proposent à nos héros d’utiliser les scorpions comme montures ambulantes : ils les ont arnachés et ont monté sur leurs dos des tentes (où l’on peut trouver des défenses d’éléphants dans la déco, animal typique en Grèce). Cela accélère fichtrement nos amis, qui arrivent donc à bon rythme chez les Grées. Ces dernières vivent dans un endroit relativement hostile, loin des hommes, et on sent qu’elles feraient bien payer leurs conseils en nature ; mais Persée et ses compagnons prétextant diverses maladies vénériennes pour ne pas avoir à passer par ce supplice, ils tentent une autre stratégie : les trois sorcières n’ayant qu’un seul œil qu’elles se prêtent pour voir, Persée leur confisque et menace de le détruire si elles ne révèlent pas ce qu’ils veulent savoir. C’est donc parti pour la phrase dont la formulation va forcément servir :

"Le kraken pourra être vaincu par le regard de la méduse, qui transforme en pierre tout ce qui est fait de chair."

Histoire de rigoler, elles ajoutent aussi "et tu mourras, Persée !" , mais elles ne disent pas quand. Du coup, ce n’est plus une prophétie mais une simple lapalissade, merci les filles. Allez, c’est pas tout ça, mais on a de la route, on vous laisse.

Hélas, la méduse est dans sa maison de campagne, aux enfers : il va donc falloir se rendre dans l’autre-monde pour aller y chercher la tête de la bête (puisqu’on est pas sûr qu’elle veuille bien se rendre à Argos de son plein gré, et que dans le doute, on ne va pas lui demander). Io connait le chemin, ça tombe bien, par contre elle n’a pas le droit de rentrer chez la méduse, c’est réservé aux messieurs (comme le Medusa’s Tits – One stare and you’re stone hard !, ce club si sympathique au bas de ma r… attendez, attendez, oubliez ça.). Mais sur la route, ils croisent un berger fort mystérieux qui se présente à Persée sous le petit nom de Zeus ; notre héros le tutoie donc d’emblée. Zeus explique à Persée qu’il pourrait venir vivre sur l’Olympe et avoir son rang de demi-dieu plutôt que de se trainer dans la boue à essayer de défier les êtres divins. Persée l’envoie paître, mais accepte quand même de lui un drachme d’or, parce que bon, notre homme est idéaliste mais vénal avant tout, comme beaucoup d’enfants gâtés.

Arrivé sur les rives du Styx, le célèbre fleuve délimitant les enfers, Persée n’a qu’à jeter son drachme d’or à l’eau pour qu’aussitôt Charon apparaisse (représenté comme une sorte de personnage de bois lié à sa morbide embarcation qui est ici plus un yacht qu’une barque) ; tout le monde monte à bord direction l’antre de la méduse. Et Persée en profite pour draguer Io dans les cales, le coquinou.

Le Djinn, le meilleur ami des barbecues

D’ailleurs, à ce moment du film, faisons un point sur l’équipe des héros, puisque seule une poignée de courageux a accepté de se rendre aux enfers :

  • Quatre soldats d’Argos
  • Io
  • Le plus vieux des djinns, qui n’est plus constitué que de charbon de bois
  • Persée
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Et c’est à cet instant précis que l’un des soldats fait remarquer que "Tiens c’est marrant, on a eu qu’à payer une seule pièce au passeur, je me demande bien pourquoi". Hmmm, moi aussi, quel suspens. En tout cas, toute la fine équipe s’engouffre dans l’antre avec comme consigne "Surtout, ne la regardez pas dans les yeux !" ; tout va donc aller très vite : au milieu d’un décor entre rivières de laves, temples en ruines (il y en a décidément partout) et statues de pauvres soldats vaincus par la bête, nos héros cherchent le monstre. Et rapidement, c’est lui qui les trouve : d’un coup de queue, Méduse  fait chuter un brave grec dans la lave. Bon, un de moins.

Puis, alors que deux d’entre eux sont isolés, l’un s’exclame "Rappelle toi bien copain, surtout ne la regarde pas dans les yeux" ; sauf que dans l’instant, l’auteur de cette tirade voit une queue à ses pieds, et plutôt que de commencer à taillader à tout va, il décide de bien lever la tête parce qu’en cet instant la question surgit en lui "Nan mais attends, elle a les yeux de quelle couleur la méduse ?" : pouf, un autre qui meurt. Son copain le rejoindra quelques minutes plus tard de la même manière. Ne reste donc plus que le chef des soldats, le vieux djinn et Persée. Et là attention :

Le Djinn se fait capturer par l’immense queue de la méduse, qui vient donc lui jeter un regard : sauf que ça ne marche pas, le sorcier étant constitué de charbon de bois et non de chair (halala, on ne voyait pas du tout le truc venir, surtout après la formulation super particulière des Grées). Donc là, le spectateur lambda se dit "Ah bin voilà, pendant que la méduse est immobile à le regarder et que ça ne marche pas, Persée ou son pote vont venir la décapiter, c’est une occasion en or". Mais non, ils ne font juste rien. A la place, le Djinn se fait exploser grâce à sa magie façon kamikaze taliban, ce qui ne sert concrètement à rien, si ce n’est à le tuer alors qu’il était le plus adapté à la situation. Andouille.

Puis vient le chef des soldats d’Argos, qui lui immobilise temporairement la méduse en faisant chuter une immense stalactite sur sa queue, avant de se jeter dessus. Pour la décapiter ? Non, mieux : il se contente de se mettre devant et de dire "Regarde-moi !" ; comme ça il peut mourir avec une pose cool, comme un véritable Fonzie. Soit c’est moi, soit c’est n’importe quoi.

Finalement, c’est Persée qui grâce au reflet d’un bouclier va pouvoir décapiter la bête sans la regarder (Moumoune a applaudi à ce moment là ; j’ai eu envie d’en faire autant sur ses deux joues), emballer la tête dans du papier cadeau (toujours sans jeter un œil : imaginons que la tête n’aie pas roulé du bon côté, ce serait ballot), et ressortir pour fêter ça avec Io, maintenant qu’il n’y a plus personne pour les regarder.

La Méduse, ennemie jurée des bigoudis

Seulement, c’est sans compter sur Acrisius, qui n’a pas abandonné depuis la dernière fois, et s’est même fait greffer deux lames à la place de son moignon sanglant. Il exécute donc promptement Io, qui ne s’y attendait pas vraiment, puis se bat contre Persée ; mais ce dernier, un peu colère qu’un malandrin vienne tuer celle avec qui il escomptait se reproduire sur les froids galets des enfers, tue le bougre pour de bon, en se décidant enfin à utiliser l’épée que Zeus lui avait envoyé plus tôt (il n’avait plus d’autre arme à portée, c’est donc contraint et forcé qu’il l’a employée). Seulement… ah, comment revenir suffisamment vite à Argos pour sauver la cité ?

Pas d’inquiétude, Pégase est là. Et Persée est donc le premier à enfin le chevaucher, ce à quoi on ne s’attendait pas du tout, même sans connaître sa mythologie. Ah, si, ça a surpris Moumoune qui a laché un "Wouaaaah", mais bon, elle, on doit pouvoir l’impressionner avec un bic rétractable.

Pendant ce temps, Hadès est venu voir Zeus pour lui annoncer la nouvelle : la cité d’Argos n’a toujours pas sacrifié Andromède, aussi, si Zeus voulait bien lui donner l’autorisation, est-ce qu’il ne voudrait pas que…

"Release Kiki the kraken !"

Le plan d’Hadès fonctionne à merveille : Zeus le laisse libérer Kiki, son kraken préféré. A Argos, donc, on aperçoit au loin une immense vague se diriger vers la cité, et de temps à autres, un vieux bout de tentacule qui en dépasse. Mais que cela peut-il bien être ? Et ne serait-il pas grand temps de sacrifier Andromède pour sauver les fesses de tout le monde ?

Bon, personnellement, j’aurais habité Argos et Hadès serait venu dire "Vendredi prochain, Kiki et moi on rase votre cité", j’aurais posé mes RTTs pour aller un petit moment à la campagne. Mais à Argos, non, tout le monde préfère rester pour voir quelle tête peut bien avoir un kraken en colère, et si c’est si gros qu’on le prétend. Logique.

En tout cas, la bête n’est pas encore sortie de l’eau que déjà ses tentacules font un immense ravage dans la ville en écrasant bâtiments, habitants, femmes, enfants, bar-PMU… terrifiant ; tant et si bien que même Zeus commence à sentir que tout cela n’est pas bien naturel. Et ça tombe bien, Hadès vient lui expliquer les nouvelles règles du jeu ; non seulement il compte bien raser Argos, mais en plus, maintenant que son kraken est de sortie, il a tout pouvoir. Sans compter que les gens ont peur, et plus les gens ont peur, plus il se renforce. Mais ils ne prient pas pour autant plus, ce qui affaiblit toujours autant Zeus. Hadès commence donc son petit coup d’état quand soudain, on lui souffle dans son oreillette que Persée vient d’arriver à Argos sur son Pégase. Il opère donc un repli stratégique et prend sa forme de "groupe de harpies" pour s’emparer de la tête de la Méduse et entamer une longue course poursuite volante dans les rues d’Argos.

Pendant ce temps, un illuminé local a décidé de sauver la ville en allant chercher Andromède pour la suspendre comme une boulette de viande spéciale kraken au-dessus de l’océan grâce à un ingénieux système de cordages. Persée, lui, claque leurs gueules aux harpies et fonce rejoindre Andromède, et ouvre dès lors son sac juste devant le kraken au tout dernier moment comme le veut le poncif du cinéma (j’espère pour lui qu’il avait marqué dans quel sens il fallait ouvrir le sac, sinon il aura l’air très bête pour l’éternité), qui aussitôt se transforme en pierre, avant de se fendiller puis de s’écrouler sous son propre poids. Les morceaux retombent pour la plupart dans l’océan, bien qu’un morceau vienne tuer le roi d’Argos qui était aux prises avec l’illuminé qui voulait sacrifier sa fille. Dans le plan suivant, à marée basse, tous les morceaux auront quand même disparu. Il a dû se transformer en savonnette et non en pierre, probablement.

Kiki le kraken, un compagnon difficile à élever en appartement

Hadès revient alors et constate avec désarroi que l’on a tué Kiki. Il repense à tous ces bons moments passés ensemble, à Kiki lorsqu’il n’était encore qu’un jeune krakinou qui saisissait le paquet de biscottes avec ses tentacules au petit déjeuner… et écrasant une larme, décide d’en finir avec Persée. C’est sans compter que ce dernier a du piston : en braquant son épée vers le ciel, Zeus la bénit de sa foudre, et il la lance vers son ennemi : le choc renvoie le bon Hadès jusqu’aux enfers qu’il n’aurait jamais dû quitter.

Bien, les méchants sont vaincus, les civils sont sauvés, hmmm, quel poncif reste t-il à voir ?

Ah oui, déjà : Andromède propose à Persée de l’épouser et de devenir roi d’Argos, mais ce dernier refuse, prétextant qu’avec son CAP de marin-pêcheur, il est quand même mauvais en gestion. Il part donc méditer là où autrefois se tenait la statue de Zeus, là où Jean-Jakos et son ancienne vie ont sombré… l’air marin passe sur lui comme une caresse, il respire les embruns et s’il avait des cheveux longs, ils flotteraient au vent. Zeus lui apparait donc à nouveau pour le remercier de ses efforts. Il lui propose à nouveau de vivre sur l’Olympe, mais Persée décline une fois encore, souhaitant vivre en homme parmi les hommes.

Et FI… attendez attendez, non, comment voulez-vous qu’un héros finisse célibataire ?

Zeus le dit bien : "Tu es mon fils !" et il ne serait pas dit qu’il passerait le générique sur la béquille, comme on dit dans les dortoirs de la Légion Etrangère : aussi ressuscite t-il Io pour qu’enfin Persée puisse se détendre pour de bon. C’est parti pour la séquence bisous, donc…

FIN !

Moumoune n’a pas applaudi lorsque les lumières se sont rallumées. Elle s’est juste tournée vers son voisin de droite et s’est exclamée "Mais alors c’était le fils de Zeus ?"

Par l’Olympe, foudroyez là.



Un jeune garçon qui ne connait pas la vérité sur sa parenté et qui vit dans une famille qui le malmène découvre un jour qu’il est doué de pouvoirs fabuleux et qu’il y a un endroit secret dans son pays où les gens comme lui peuvent recevoir une éducation pour mieux maîtriser leurs aptitudes surhumaines. Voilà le pitch d’une série de plusieurs romans représentant chacun une année de la vie du héros qui…

Quoi ? Mais non, ce n’est pas Harry Potter. C’est Percy Jackson, toutes ces ressemblances ne sont que coïncidences, évidemment. Ça n’a rien à voir avec une vieille ruse commerciale pour écouler des livres.

Et Percy Jackson, ça fleure bon le grand roman ; aussi, lorsque l’adaptation cinématographique se présenta dans les salles obscures, je ne fus guère étonné de trouver Satan devant ma porte soucieux de m’emmener découvrir cette fantastique saga. Quel tentateur. Ne tergiversons cependant pas plus longtemps et spoilons !

L'affiche : je crois que tout est dit

Tout commence lorsque Poséidon, le célèbre dieu des océans sort des eaux pour se rendre à New York, au sommet de l’Empire State Building. Là-haut, son frère Zeus l’y attend (il aime bien New York, la Grèce étant en crise, autant se barrer, le mont Olympe c’est ringard en 2010) et lui désigne le ciel : celui-ci est en effet empli de nuages d’orages, mais qui ne pondent aucun éclair. Zeus l’explique simplement : quelqu’un lui a tiré sa foudre. Et s’il trouve le gitan qui a fait ça, ça va barder pour son matricule. Or, comme les dieux ne peuvent pas se piquer leurs pouvoirs entre eux, il soupçonne fortement un enfant d’un dieu et d’une humaine. Aussi accuse t-il comme ça, au pied levé, Percy Jackson, fils de Poséidon et d’une américaine lambda.

Poséidon l’a un peu mauvaise, parce qu’il est certain que son fils n’aurait jamais pu faire un truc pareil, mais Zeus s’en moque : il donne au dit Percy jusqu’au solstice d’été, 14 jours plus tard, pour lui rendre sa foudre, sinon ce sera… la guerre entre Zeus et Poséidon ! Rien que ça.

Vous noterez que Zeus est une andouille : non seulement il accuse comme ça, hop, sans preuves, on ne sait pas trop pourquoi, Percy Jackson, mais en plus il ajoute que si on ne lui rend pas sa foudre, il déclarera la guerre. D’accord, mais justement, la guerre tu la feras comment sans ta foudre, gros malin ? C’est ballot, mais Zeus n’y a pas pensé. Et Poséidon ne relève pas, pas plus que les auteurs de cette formidable base scénaristique. Et pas plus non plus qu’il ne dit à Zeus "Bin pourquoi tu ne vas pas lui demander directement ?" ou pire demande sur quelles bases il l’accuse. Ca commence fort.

Pendant ce temps, au fond d’une piscine, dans un lycée des Etats-Unis d’Amérique, Percy Jackson, adolescent moyen à la coupe de cheveux tout aussi médiocre tente de battre son record d’apnée, et arrive sans trop se forcer à 7 minutes, ce qui impressionne son pote black qui le chronomètre, Grover (quel beau prénom). Percy, explique que son secret, c’est que "sous l’eau, il se sent bien" et que c’est "le seul endroit où il peut réfléchir". En effet, sitôt au sec, la réflexion de notre héros devient somme toute assez limitée, au même titre que le bigorneau. Mais je n’en dis pas plus : nous constaterons bien assez vite que notre héros a les capacités intellectuelles de ce fabuleux gastéropode.

Percy Jackson n’a pas une vie facile en tout cas : sa mère qu’il adule vit avec Gaby, un beauf qui s’en sert d’esclave maison. Quant à son véritable père, Percy ignore tout de lui. Et pour ce qui est de sa vie scolaire, notre héros a peu de chance : il est dysléxique (ha !) et hyperactif (Ho mon dieu, non ! Nous parlions déjà de cette combinaison du Malin en ces lieux), son lycée est tout pourri et en sus, son meilleur ami Grover joue lui aussi de malchance puisqu’il ne peut se déplacer sans béquilles. Pauvre Percy Jackson…

Un jour, une nouvelle enseignante d’anglais arrive au lycée, Mme Dodz. L’air aussi sympathique qu’un Charles Pasqua un jour de procès, elle se présente rapidement et interroge d’entrée de jeu son premier élève : Percy Jackson. Celui-ci n’arrive pas à répondre à la question qui lui est posée, mais ce n’est pas le principal : à aucun moment il ne se dit "Tiens, c’est marrant, elle vient à peine d’arriver, c’est son premier jour et elle connait déjà mon nom prénom et visage". Quel gentil gastéropode.

Le véritable père de Percy Jackson, au vu de son intellect. On reste dans l'idée qu'il est un enfant de la mer.

Quelques temps plus tard, la classe de Percy est emmenée au musée pour parler de mythologie devant des statues grecques. Sur place, un professeur en fauteuil roulant, Pierce Brosnan (qui visiblement avait besoin d’un film pour manger) présente les différents dieux et leurs histoires respectives. Percy, lui ne comprend pas pourquoi Mme Dodz le fixe en permanence avec un air revêche. Il trouve ça étrange, surtout qu’elle n’est pas vraiment de son âge. Bon, à aucun moment, il ne se dit "c’est peut-être parce que j’écoute ostensiblement mon baladeur au lieu d’écouter le cours", et il a raison, car ce n’est effectivement pas ce que le scénariste considère comme logique (il devait écouter son baladeur durant les cours d’écriture, visiblement): la professeur d’anglais invite finalement Percy à le suivre pour discuter dans une aile du musée en cours de travaux (mais dont l’accès est évidemment ouvert quand même). Là, elle se transforme instantanément en créature volante monstrueuse, et choppe l’ami Percy pour lui demander "Où est la foudre, donne la moi, voleur !"

Percy est fort surpris de cette rencontre peu banale, mais est sauvée par l’arrivée de la brigade des jambes bras cassés : Grover et Pierce Brosnan, l’un sur béquilles et l’autre sur roues. Le professeur menace la créature ailée de mille maux type "Si je m’lève ce sera pas pour rien", "Vas y descend pour voir" et autres "Casse toi pauv’ con", et celle-ci finit par s’enfuir au travers d’une baie vitrée en relâchant le pauvre petit Jackson, un peu tourneboulé par les évènements. Sur ces entrefaits, l’homme à roulettes et l’homme à béquilles qui semblent bien se connaître expliquent à Percy qu’il est en danger (Bonjour Monsieur de La Palisse, comment allez vous ?), et que s’il est menacé, il faut qu’il utilise cette arme pour se défendre, disent ils en lui tendant un stylo bille doré. Percy est un poil dubitatif, mais accepte le présent et file hors du musée accompagné par Grover.

A noter que ce doit être le musée le mieux insonorisé du monde : tu peux t’y battre, hurler, péter des baies vitrées à cinq mètres d’une galerie pleine de visiteurs, personne n’entend rien. Il faudra que je pense à m’y rendre un de ces jours, il me manque quelques pièces antiques pour décorer mon patio.

Revenons à nos amis : Grover et Percy se dirigent vers l’appartement familial du sire Jackson, et sur le chemin, le plus formidable des copains blacks explique à Percy qu’il est son "protecteur". Avant que notre héros ne puisse lui faire remarquer qu’il n’est pas intéressé par ses allusions gays, ils arrivent à destination. Sur place, Grover dit à maman Jackson qu’il est temps de filer en urgence, que Percy n’est plus en sécurité, et elle semble parfaitement comprendre ce qu’il se passe. Gaby, son mari, tente de s’interposer mais se fait tataner à coups de béquilles. Toute la troupe mère, fils et meilleur ami black peut donc filer en voiture vers une destination inconnue de Percy mais pas des deux autres.

Alors que la nuit tombe, la voiture longe de verts pâturages, où l’on peut apercevoir une silhouette cornue massive au milieu des vaches : c’est évidemment le minotaure, qui tout bovin qu’il est n’en est pas moins mâle et a un fort besoin d’accouplement avec les meuhmeuhs locales. Cependant, apercevant la voiture de Percy Jackson, il attrape la vache avec laquelle il s’accouplait vertement et la propulse au devant du véhicule. Cela surprend maman Jackson qui du coup quitte la route et fait une embardée dans le fossé.

La vache, un projectile redondant au cinéma

Personne n’est blessé ? Non. Percy aperçoit au-dehors le minotaure qui se rapproche promptement de la voiture, et commence à brailler comme un âne. Heureusement, à l’arrière, Grover décide qu’il est temps d’agir, et vite ! Il commence donc à retirer son pantalon, probablement pour tenter d’avoir un peu de plaisir avec Percy avant de mourir.

Sauf que non, en réalité il dévoile ses vraies jambes : des pattes de bouc : c’est un satyre. Et ni une ni deux, il s’extraie de la voiture, aide tout le monde à s’en sortir, et file en direction des bois avec la famille Jackson. Sauf que le minotaure n’abandonne pas pour autant et poursuit tout ce beau monde. Coup de chance, la destination tant recherchée par nos héros n’est qu’à deux pas au cœur de la forêt (ça tombe bien quand même, heureusement qu’ils n’ont pas été attaqués une centaine de kilomètres avant) : une porte de style antique au-dessus de laquelle il est inscrit "Camp des sangs-mêlés". Et autant Percy et Grover peuvent y entrer, autant maman Jackson qui est 100% humaine se retrouve bêtement bloquée par une barrière invisible à la porte.

C’est ballot, surtout lorsque l’on sait que le minotaure débarque et pète sa gueule à la dite maman. Percy est donc un peu colère, refranchit la porte en sens inverse, sort son stylo bille (qui se transforme instantanément en épée) et commence à affronter la bête avec moult pirouettes. Il finit par la battre en le plantant avec un bout de ses propres cornes tombé durant la bataille (oui, avec une épée, c’est la vieille école). Un peu fatigué après toutes ces aventures, et sachant qu’il n’a pas goûté aujourd’hui, il s’évanouit donc mollement sur ces entrefaits.

A son réveil, Percy est dans une sorte d’infirmerie kitsch de plein air : celle du camp des sangs-mêlés. A son chevet, son pote Grover le satyre l’attend pour lui faire visiter le secteur. Décrivons brièvement à quoi cela ressemble ; vous avez déjà vu un épisode de ces sous-séries type "Les nouvelles aventures de robin des bois" ou "Sinbad  le marin" ? Mais si vous, savez, où toutes les couleurs (vêtements, armes, tentures) sont fluos et moches ! Et où les gens qui se battent utilisent des tonnes d’armes avec lesquelles ils coupent tout sauf leurs adversaires, puisque ils ne leurs donnent que des coups de poings/pieds/pommeau… bref, les combats parfaits pour les enfants ! Et bin voilà, c’est ça le camp des sangs-mêlés. Le tout au bord d’un lac, dans une herbe fabuleusement verte avec dans tous les coins des râteliers d’armes diverses en plastique pour faire illusion.

Bref, au cœur des Etats-Unis, il existe un camp d’entrainement pour les demi-dieux grecs. Normal.

Depuis James Bond, quelle décadence. Bientôt la Ferme Célébrités.

Dans ce camp, outre Grover, Percy retrouve un autre personnage : Pierce Brosnan, qui est en fait Chiron, le célèbre centaure, un corps de cheval étant tout de même plus pratique qu’un fauteuil roulant. Celui-ci présente à notre héros la maison qui lui revient au sein du camp : une sorte de cabane en bord de lac pleine d’objets marins et de tridents partout… Percy se demande bien qui est son père… voyons… hmm… et si… hmmm… oui… serait-ce Poséidon ? Bravo Percy, tu es décidément trop fort.

Mais ce camp, c’est aussi celui de l’amour et des petits bisous, puisqu’il y a aussi la fille d’Athena (une déesse vierge, rappelons-le, magie des miracles divins), Annabeth Chase, qui jette des regards torrides à notre héros. Ainsi que des centaines d’autres demi-dieux (rien que dans ce camp des Etats-Unis). Ce qui signifierait donc que Zeus aurait non seulement accusé Percy Jackson sans preuves, mais aussi au pif parmi des milliers de candidats potentiels sur la planète. Diantre, heureusement qu’il est dieu de l’Olympe et non officier de police.

Pendant que Grover s’amuse avec les nymphettes du coin (satyre black, une combinaison qui fait rêver), Chiron propose à l’ami Percy de participer à l’entrainement quotidien de la troupe : deux équipes (les bleus aveuglants contre les rouges pétards) doivent s’affronter jusqu’à ce que l’une d’entre elle capture le drapeau de l’autre. Notre héros rejoint donc les bleus, où il devient copain avec Luke Castellan, le fils d’Hermès. Après une baston où tout le monde essaie de s’entretuer mais où au final, par d’incroyables coups du destin, encore une fois seuls les coups de poings/pieds/pommeaux touchent (heureusement, ils en ont de la chance, parce que sinon ils en seraient à 12 à 18 morts par jour dans ce camp), Percy arrive au drapeau ennemi où l’attend Annabeth, la fille d’Athéna de l’équipe rouge. Ils s’affrontent, elle lui marave sa gueule avec de petits coups d’épée (c’est la seule à toucher quelque chose avec) et lui fait de petites coupures, mais c’est là que l’ami Jackson découvre l’un de ses grands pouvoirs : il se régénère au contact de l’eau.

Il ne s’en était jamais rendu compte jusqu’ici ? Jamais il ne s’était passé une petite coupure ou un bobo sous l’eau ? Non, pas d’après l’auteur de cette merveilleuse histoire. Sacré Percy Jackson.

En tout cas, frais et régénéré, notre héros revient à la charge, bat la petite Annabeth au combat s’empare du drapeau rouge et tout le monde est content, c’est merveilleux. A noter que d’ailleurs, on a appris d’où venait la dyslexie et l’hyperactivité de Percy : la première, c’est parce que son cerveau est conçu pour le grec ancien (que du coup il sait lire), et l’autre parce qu’il a un puissant instinct, ce qui explique ses capacités au combat sans jamais avoir appris à manier les armes. D’accord, c’est bien noté.

"Chui pas dyslexique, chui un putain de dieu grec !"

Chiron, lui, a appris à notre demi-dieu pourquoi il semblerait que tout le monde lui en veuille : il est accusé d’avoir volé la foudre de Zeus (mais ne se pose pas non plus la question du "C’est marrant qu’ils t’accusent tous sans savoir pourquoi, on dirait que quelqu’un a oublié la base du scenario !"). Le centaure, qui est aussi sage qu’un cheval peut l’être, explique à notre bon héros que la meilleure manière de se sortir de ce bourbier est de se rendre sur l’Olympe pour expliquer à Zeus que "Vas-y c’est pas moi qu’est-ce que tu me dis, nardin !". Excellent plan, centaure.

Sauf que lorsque la nuit tombe sur le camp, un évènement peu banal se produit alors qu’Annabeth et Percy se dragouillent gentiment ("Vivement que la puberté soit finie !") : Hadès, le dieu des enfers apparait dans les flammes du feu de camp sous la forme d’une sorte de super démon cornu et ailé géant, et exige que Percy Jackson se présente à lui aux Enfers pour lui donner la foudre qu’il a volé ; en échange, il lui rendra… sa mère.

Percy est tout fou : il va revoir sa maman, youpi. Sauf qu’il n’a pas la foudre de Zeus, flûte. Il se dit que bon, il suffira d’aller aux Enfers expliquer que voilà, tu vois Hadès, en fait c’est pas moi qui l’ai, la foudre. Par contre, je veux bien que tu me rendes ma mère, ce serait cool. Là aussi, un plan formidable, presque aussi bien que celui de Chiron. Ou de Françoise l’huître.

Ni une ni deux, le petit Percy s’en va pour quitter le camp équipé de son fidèle stylo-épée, et croise sur son passage Annabeth et Grover, qui veulent tous les deux l’accompagner. Chemin faisant, ils croisent Luke, le fils d’Hermès donc, qui se propose de les équiper gentiment en matos pour aller jusqu’aux Enfers. En effet, il a piqué pas mal d’équipement un jour qu’il cambriolait chez son père (les dieux n’ont pas le droit de fréquenter leurs enfants demi-dieux, autant dire que Luke n’était pas invité) : il leur donne donc une paire de converses volantes (oui…), un superbe bouclier et une explication sur comment aller et revenir des Enfers.

En effet, dans le sous-monde, on peut entrer mais guère sortir : heureusement, Perséphone, l’épouse d’Hadès, aime bien avoir des "visiteurs" , aussi donne t-elle des perles qui, une fois écrasées, permettent à leurs utilisateurs de se téléporter où ils le souhaitent loin des Enfers. Nos amis décident donc d’un plan : récupérer trois perles, ainsi ils pourront aller chez Hadès et en revenir. Ho les enfants, vous allez y chercher quelqu’un, il vous faudrait donc quatre perles, et non trois, pour ramener la personne en question, sinon ça ne sert à rien d’y aller. Mais nos héros n’y pensent pas, c’est bête.

Dans tous les cas, Luke leur donne une "carte de Perséphone", qui permet de localiser les "trois perles aux Etats-Unis" avant de donner l’entrée des Enfers. Alors déjà que ça tombe bien qu’il y ai trois perles (puisqu’ils pensent qu’il leur en faut trois, quelle merveilleuse coïncidence), en plus visiblement quand Perséphone fait une carte, elle met bien les limites administratives du pays en question. Peut-être y a t-il des perles en supplément, plus proches, au Canada ou au Mexique ? Non, non, la carte ne le dira pas, parce que tu vois, Perséphone, elle a pas de passeport alors elle ne peut se limiter qu’aux USA, tu vois, sinon elle finira dans un charter pour son pays. Allons bon.

Décapiter une méduse ? Oui, il y a aussi une application pour ça.

La carte indique donc la première perle : un vieux magasin de botanique abandonné dans l’Est du pays. La petite troupe s’y rend, et sur place, il y a une quantité de statues absolument remarquable. Toutes dans des positions relativement torturées. Nos héros, un peu cons, décident donc que pour trouver la perle plus vite, autant se diviser en trois groupes de un. Et hop, en route. Percy ne trouve rien, Grover tombe sur la statue de son oncle dont il se souvient car on lui avait dit que la méduse l’avait tué (ça le fait donc réagir un peu) et Annabeth trouve une touriste hurlant qu’une femme a transformé son mari en pierre, alors qu’ils étaient venus demander leur chemin. Tout le monde se met donc à crier "La méduse, la méduse !" et Uma Thurman, qui tout comme Pierce Brosnan devait manquer de liquide apparait donc tout en turban et lunettes de soleil. Ni une ni deux, elle transforme la touriste en pierre, et avant qu’elle n’aie le temps de s’occuper d’Annabeth, Percy intervient (il la regarde dans le reflet de son Iphone – publicité subtile – ) ; finalement, la méduse sera vaincue, décapitée, et dans le doute, nos héros garderont sa tête avec eux, parce que ça peut toujours servir ce truc. Sur le corps de la filoute, ils récupèrent la perle, qu’elle avait pour des raisons que l’on ignore totalement.

Ni une ni deux, nos héros sont pressés et reprennent donc la route en consultant leur carte qui leur indique que la prochaine perle les attend au Parthénon de… Nashville. Le mauvais goût ne connait donc aucune frontière ? Il semblerait que non. Seulement voilà, une fois sur place, la perle est rapidement localisée, mais fort mal située : elle orne la couronne de la statue géante d’Athéna, à 5 ou 6 mètres du sol. Comment faire avec tous ces touristes ? Cela promet d’être compliqué… non, non, n’oubliez pas : la fille d’Athéna est dans l’équipe et a donc forcément des talents inégalés de sagesse et de stratégie : elle propose donc de s’enfermer dans les chiottes jusqu’à la fermeture du "parthénon" (c’est connu, ce n’est pas du tout le premier endroit vérifié par les gardiens) et d’agir lorsque le site sera vide. Evidemment, le plan marche sauf que… sauf que cinq agents d’entretien sont en train de nettoyer la salle principale, impossible donc d’agir discrètement ! Que faire ? Annabeth a encore un plan (mais faites la taire avec ses plans !) : étourdir tous le personnel à l’aide de seringues de tranquillisants. Tour à tour, les agents s’effondrent bruyamment dans des "Hoooo" et des "Haaaa" suivis de bruits de chutes de corps et d’outils de nettoyage, mais aucun membre de l’équipe n’entend son voisin situé à un mètre tomber. Décidément, dans ce film, tous les sites "culturels" (non parce qu’on parle d’un parthénon en toc là, donc les guillemets sont les bienvenues) sont formidablement insonorisés. Bref, le plan a fini par marcher. Remarquez, il existait un autre plan possible intitulé "L’équipe de nettoyage va pas passer 12h à lustrer le sol, on a qu’à attendre leur départ", mais ils n’y ont pas pensé, c’est dommage. En tout cas, grâce à sa paire de babouches volantes prêtées par le fils d’Hermès, Percy a tôt fait d’aller décrocher la perle du front d’Athéna.

Hélas, en redescendant sur terre, il découvre que l’équipe de nettoyage, qui aurait du dormir trente minutes environ est d’ores et déjà debout et prête à en découdre. En plus, les cinq personnes qui la composent se mettent à parler ensemble d’une seule voix d’outre tombe (on dirait Jeanne Moreau, en fait) pour expliquer qu’ils comptent bien tuer Percy Jackson. Puis, ils fusionnent et se transforment en une hydre à cinq têtes. Le combat s’engage, et grâce à ses babouches volantes une fois encore, Percy coupe chaque tête tout en se protégeant de son bouclier über-classe (encore un gadget de son pote Luke). Évidemment, à force d’écouter son Ipod en cours de mythologie, il ne se souvient pas que quand tu coupes une tête à une hydre, deux repoussent. Le combat se poursuit, et notre héros finit par se souvenir (pendant que ses deux copains font de la figuration) qu’il est le fils de Poséidon et devrait donc pouvoir commander à l’eau ; il invoque donc l’eau des bidets environnant (c’est ce qu’on appelle "avoir la classe") à son secours pour perturber l’hydre, mais finalement, c’est Grover qui a l’idée ultime pour tirer ses potes de ce mauvais pas "Hé les gars, j’ai oublié que j’avais la tête de la méduse dans mon sac à dos, maintenant que j’y pense on aurait pu l’utiliser d’entrée de jeu si on était un peu moins navrants". Et à peine cette idée a t elle germée que la tête est brandie et l’hydre transformée en pierre. Hop, fin du combat.

L'hydre de Nashville, USA. Rentre chez toi, Nessie !

Il est donc grand temps de reprendre la route, pour quelle destination ? Le Casino du Lotus, à Las Vegas. En effet, le lieu semble mystérieux (enfin, pour le spectateur moyen, nos héros, eux, ne remarquent rien), puisque l’on peut y entrer en courant, en jean et sac à dos de lycéen et personne ne dit rien. Etrange… En tout cas, la priorité de nos fieffés filous est de trouver la perle dans cet immense bazar. Oui, mais comment ? Tiens, si je mangeais une de ces fleurs de lotus que des hôtesses proposent à tous les passants ? Allez, hop et… ho… je me sens… bizarre…

La troupe vient en effet de tomber dans un piège terrible, celui des lotophages (mangeurs de lotus, pour le jeune public qui pourrait confondre avec les gens qui mangent des papiers de la Française des Jeux) ; une fois le lotus consommé, on a plus envie de repartir… jamais… ainsi, durant 5 jours, nos héros font la fête (on voit surtout le satyre danser avec de jolies filles, jamais ce qu’il se passe après), avant que Percy ne réalise qu’il y a un problème (alors que la fille d’Athéna, la sagesse, tout ça, rien du tout) : en effet il entend dans sa tête une voix qui lui dit "Non, ne reprend pas de lotus, tu sais bien que tu le digères mal". La voix de son papa, qui doit probablement payer la note du casino et ainsi essayer d’éviter la faillite. De là, Percy tente de réveiller ses deux amis à l’aide d’arguments comme "Houlala c’est trop louche ici" mais ceux-ci se contentent de lui répondre "lol" ou "mdr". Il convient donc de les secouer un peu pour qu’ils retrouvent leurs esprits, puis il n’y a plus qu’à trouver la perle qui…

Non, pas comme je le suppose. Pas un truc aussi ridicule ?

Et bien si : la perle sert dans le casino à jouer à la roulette. C’est vrai quoi, vous tombez dans la rue sur une perle qui permet de ressortir instantanément des Enfers si jamais vous vous y retrouviez (par exemple si vous étiez vaguement mort), qu’en faites vous ? Tiens, je vais m’en servir pour jouer à la roulette. Il y avait d’autres options : pour caler une table, pour jouer aux billes ou même pour lapider Christine Bravo. Que de possibilités fabuleuses quand on y pense. En tous les cas, Percy Jackson se saisit de la perle, et la sécurité se met aussitôt en action en constatant que l’un des clients de l’hôtel est "réveillé" : il est grand temps de partir, et c’est donc à bord d’une voiture qui devait servir de gros lot à un jeu que notre équipe s’enfuit (oui, les modèles de voiture d’exposition sont toujours fonctionnels, équipés d’un plein et placés en face de la porte avec les clés sur le contact et les portières ouvertes, des fois que).

Les tenues pour aller au casino laissent à désirer

Les trois perles en main, que faire ? Il faut désormais trouver l’entrée des Enfers… et la carte de Perséphone la révèle aussitôt : elle se situe à Hollywood. Non, je n’invente rien. Derrière les grandes lettres installées sur la célèbre colline, une petite entrée permet d’accéder aux Enfers, ce qui explique l’attrait des stars pour ce secteur si pittoresque, comme je les comprends. L’accès aux Enfers est une sorte de long couloir de catacombes au bout duquel attend un homme encapuchonné avec une barque. Mais qui cela peut-il bien être ? Aucun de nos valeureux héros ne le sait (alors que dans le tas il y a un satyre et la fille d’Athéna, qui pourraient éventuellement s’y connaître un brin en mythologie, mais non). Aussi ils décidément finalement que tiens, ils pourraient lui filer du fric pour qu’il les laisse passer ! Sauf que le bougre n’accepte ni les dollars, ni les roubles et les dinars. Ne disposant ni d’euros ni de pesetas, nos héros fouillent leurs poches et… ho ? Tiens ? Des drachmes d’or ! C’est vrai, ils en avaient trouvé une poignée dans une petite fontaine sur le lieu où ils avaient combattu la méduse. Qu’est-ce que des drachmes en or foutaient en plein milieux des Etats-Unis au fond d’une fontaine ? Ne me demandez pas. C’est comme l’entrée des Enfers à Hollywood, je préfère ne pas chercher. En tout cas, une fois les pièces en main, le mystérieux passeur (au hasard j’aurais dit Charon, mais je ne suis pas fils d’Athéna alors je ne vais pas me prononcer) fait monter l’équipe dans sa barque et les emmène dans les Enfers.

Les Enfers, c’est très loin de la vision grecque. Pas de philosophes en goguette, point de Champs-Elysées, juste des fosses en flamme avec des gens qui crient façon chrétienne, avec au milieu, un immense manoir fortifié : le domaine d’Hadès. A peine débarqués, nos héros sont accueillis par Perséphone, qui est ici une dépressive nymphomane à forte poitrine qui hait son mari. Celle-ci emmène les arrivants auprès de son compagnon, qui a ici son apparence humaine, celle d’un barbu moche façon Hell’s Angel anorexique. Il demande donc aussitôt à Percy Jackson de lui filer l’éclair en échange de sa mère.

"Ouais, heu, nan, vazy trop pas"

Excellent argument, fils de Poséidon, tu marques un point. Tu n’aurais pas une phrase bateau (humour : Poséidon, mer, marins… bon, j’enchaine) pour ponctuer tout ça ?

"Ma mère d’abord !"

Merci. Sauf qu’Hadès, il veut l’éclair d’abord ; Percy explique donc posément que l’éclair, en fait, ha ha ha, il l’a pas. Par contre, si le maître des lieux voulait bien libérer sa môman…Sauf qu’Hadès refuse : pas d’éclair, pas de maman, et ça l’énerve tellement qu’il… qu’il libère la mère Jackson en brisant la sphère qui retenait son esprit prisonnier sur le sol, et dont elle jaillit instantanément en chair et en os. Attendez, mais pourquoi dit il quelque chose avant de faire le contraire dans la seconde ? Aucune réponse ne viendra dans le scenario, on comprend juste qu’Hadès fait le minimum syndical pour aider le héros sans montrer que tout cela est totalement incohérent.

Hadès : notez la ceinture squelette du meilleur goût

Cependant, histoire de montrer qu’il est méchant, Hadès décide de livrer les désormais quatre invités de son palace aux âmes affamées, qui attendaient patiemment dans la cheminée sous forme de petits personnages enflammés. Dans la pagaille qui s’ensuit, Percy laisse tomber son superbe bouclier dont une pièce se détache et laisse paraître… un petit éclat de foudre. Tiens donc ?

"Vazy c’est pas à moi qu’est-ce tu m’fais, il est même pas à moi ce bouclier" dit Percy ; on se croirait lors d’une fouille des stups.

Hadès s’en empare aussitôt, et désormais certain qu’il va pouvoir latter tous les autres dieux avec cette arme, la plus puissante de toute la création, décide de faire un câlin à sa femme pour fêter ça (c’est une pratique connue : tu trouves une arme, tu fais un câlin. Ca rend la guerre moins sale). Mais cette dernière en profite pour s’emparer de l’éclair et ainsi neutraliser Hadès (enfin l’assommer, il faut que ça reste gentillet) ; elle libère alors les quatre héros qui étaient en mauvaise posture et leur demande de rapporter rapidement son éclair à Zeus, car elle veut à tout prix éviter une guerre des dieux. Cependant, elle note que Percy et ses potes n’ont emmené que trois perles et qu’ils sont quatre. C’est donc Grover qui se sacrifie, tant il comprend que rester bloqué avec une nymphomane aux formes agréables peut avoir des avantages. Les autres, eux, brisent les perles sous leurs pieds en pensant très fort à se téléporter sur l’Olympe. Pouf pouf, téléportation.

L’équipée sauvage (Maman Jackson, fils Jackson et Annabeth) se retrouve donc sur… l’Empire State Building ? Attendez, les Enfers à Hollywood et l’Olympe sur l’Empire State Building ? On ne frôle plus le ridicule, on se roule dedans en poussant de petits cris de jouissance, semble t-il. Hélas, sur place, le véritable voleur, celui qui avait volé la foudre et qui l’avait cachée dans un bouclier les attend : Luke, le fils d’Hermès.

"Luke ? Mais pourquoi avais tu caché la foudre dans ce bouclier que tu m’as donné ! Et pourquoi l’avoir volée, en premier lieu ?"

Excellente question, je frémis d’impatience de connaître la réponse.

"Quand j’ai appris que tu allais voir Hadès, je me suis dit qu’ainsi sans le savoir tu lui porterais la foudre, déclenchant ainsi une guerre entre les dieux ! C’est ce que je voulais ! Que les dieux se battent !"

Sachant que tu avais la carte de Perséphone pour localiser les Enfers et les perles pour en revenir, on se demande pourquoi tu t’es emmerdé avec ton plan foireux mon petit Luke. En plus, tu aurais sûrement pu négocier une grosse récompense contre la foudre, donc tu es juste très con, en fait.

L'Olympe. Oui, je sais.

"C’est très vilain ! Vilain Luke ! Vilain !"

Hélas, Luke est un fieffé filou et il arrive à reprendre la foudre à Percy Jackson. Aussitôt, il décide de révéler quel était son plan maléfique (mais ? Je croyais qu’il venait de le faire à l’instant ?)

"Je voulais la foudre, Percy ! Avec elle, je pourrai vaincre les dieux ! Et ainsi créer un ordre nouveau, mon ordre, celui d’un demi-dieu, fait à mon image !"

Attendez, mais le plan était différent il y a encore trente secondes ! Il ne voulait pas filer la foudre à Hadès, même que c’est pour ça qu’il l’a bêtement cachée dans un bouclier voyageant vers les Enfers au bras de Percy Jackson ? Bon, là ce n’est même plus incohérent, c’est juste n’importe quoi. Le combat s’engage cependant entre Luke & Percy, volant au-dessus de New-York chacun équipés de chaussures volantes d’Hermès. Après mille et un rebondissements, c’est mystérieusement Percy qui gagne en invoquant toute l’eau des réservoirs des toits de la ville environnants et en la balançant sur la tronche de son adversaire. Il n’a donc plus qu’à retourner sur l’Empire State Building, où Annabeth et sa mère l’attendent gentiment. Maman Jackson, ça tombe bien, connait le passage vers l’Olympe, mais ne peut y rentrer car elle est humaine. Bon, ne cherchez pas comment elle connait le passage ; même son vieil amant de Poséidon n’avait aucun intérêt à lui montrer, puisqu’elle ne pouvait pas rentrer. Sachez en tout cas que si vous voulez visiter le domaine des dieux, il suffit de jouer avec le tableau électrique de l’Empire State Building. Le fusible "Meet the gods !" entre "Floor 23" et "Floor 24" par exemple est un bon indice de l’endroit où il faut appuyer.

Un ascenseur s’ouvre donc (oui, un ascenseur ; on imagine bien Zeus le prendre le matin pour aller au travail et regarder ses sandales en toussotant aux côtés des autres dieux en écoutant la musique du cru), Annabeth et Percy peuvent donc s’y engager et ainsi être menés jusqu’à l’Olympe, où les dieux regardent nerveusement l’heure : le délai pour rendre la foudre sera expiré dans cinq…quatre…trois…deux…un…

"Attendez !"

Oui, dans ce film comme dans un demi-million d’autres, personne ne peut arriver avec un peu d’avance : c’est toujours au dernier moment. Percy rend donc la foudre à Zeus, la guerre est annulée (je résume : Zeus désarmé menace de guerre, et une fois armé veut faire la paix. Bon…) et Poséidon remercie son fils. Tout comme Athéna salue sa fille. le héros du jour demande simplement au roi des dieux de ramener son pote satyre black des Enfers, parce qu’il lui manque. Et tout est bien qui finit bien : tout le monde se retrouve au camp des demi-dieux, maman Jackson plaque son mari beauf, Gaby, dont la seule utilité était de "masquer par sa puanteur l’odeur de Percy aux êtres mythiques" (c’est pour ça qu’elle restait avec, pour le protéger, c’est beau) et déménage.

FIN

A noter qu’après le générique, pendant que vous en êtes encore à vérifier que vous n’avez rien laissé sur votre siège, l’un de ces bonus sans intérêt (pardon, autant que le film en fait) tant à la mode parait à l’écran : Gaby le vilain veut aller se taper une bière dans son frigo, mais que trouve t-il dedans ? La tête de la méduse, et il connait ainsi une fin atroce.

Quel petit bâtard, en fait, ce Percy Jackson.

 

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