Chaque année sur ce blog, la tradition veut qu’il y ait un petit mot de Noël.

En effet, à l’heure où certains sortent du coma en se demandant ce qu’ils font dans un caniveau avec une demi-bûche sur la joue, et où les statistiques du nombre de cirrhoses dans le monde viennent drastiquement d’augmenter, il n’y a pas de raison que le lecteur repu ne puisse pas avoir un mot tendre et doux. Aussi, et comme il se doit, je me permets de vous donner une fameuse citation d’un Noël passé :

"Non, la couronne, c’est le cadeau de papa, tu n’y touches pas. Continue de brailler et j’invente l’école, ça va te calmer petit morveux !"

Charlemagne s’adressant à son fils Pépin durant son sacre, 25 décembre 800

Mais où est donc passée cette époque bénie où, plutôt que d’offrir des cravates, on offrait des empires ? Le Noël actuel manque diablement de panache.

En attendant, joyeux noël et bon courage pour retirer tout ce vomi du tapis.

Voici venir la dernière semaine avant Noël.

Voyez comme les rues sont emplies d’enfants aux joues rougies par le froid, leurs visages ronds s’arrêtant en de grands rires devant les vitrines illuminées ;  entendez ces doux chants qui montent à vos oreilles : Mozart, Bach, René la Taupe… tous les plus talentueux artistes s’invitent sur nos trottoirs. Ah, ça, oui ! Pas de doute : il est temps de presser le pas pour aller quérir les présents qui feront le bonheur des petits, mais aussi des grands.

Cependant, comme chaque année, il est bien difficile de trouver de bonnes idées pour surprendre son prochain et tirer de lui un si doux sourire lorsque, au pied du sapin, il trouvera l’inattendu, l’attentionné, l’excellent cadeau que vous lui aurez fait. Heureusement, sur ce blog, et en cette période de Noël, le maître des lieux s’en voudrait de ne pas mettre la main à la pâte pour aider les indécis à trouver leurs ultimes cadeaux. Aussi, permettez-moi de vous présenter une brève liste d’idées qui pourront, je l’espère, vous aider.

Vous avez votre bloc-notes à proximité ? Alors allons-y.

Le Chihuaha

Attention, un seul de ces deux petits animaux a appris la propreté. Concentrez-vous.

Vos amis rêvaient d’un chien ? Offrez leur un chihuahua.

Un choix judicieux, sachez-le, tant il faut savoir que le chihuahua est dans le top 10 des animaux les plus cons du globe, juste en dessous de l’huître et du présentateur télé. Minuscule et tremblotant en permanence probablement puisque la coordination de ses quatre pattes demande déjà un effort monstrueux à son cerveau, le chihuahua a l’avantage de se dissimuler facilement dans une boîte à chaussure, ce qui est fort pratique pour l’offrir. Certes, il faut penser à faire des trous pour laisser la bête respirer, mais quand bien même, il faut au moins une semaine aux heureux destinataires du cadeau pour s’apercevoir que l’animal est mort, tant d’un point de vue tant intellectuel qu’olfactif, ça ne fait pas de grande différence avec son équivalent vivant. En général, ce qui met sur la piste, c’est qu’il n’a pas déféqué sur le tapis. Notons d’ailleurs que le chihuahua est le seul animal avec le yorkshire capable de produire des étrons plus gros que son propre corps, ce qui laisse supposer que son anus est une sorte de porte des étoiles, mais là n’est pas le sujet.

Non, en offrant un chihuahua, vous avez la garantie que non seulement par la suite, vos amis n’oseront jamais critiquer vos cadeaux puisqu’ils l’auront demandé, mais que par ailleurs, quoique vous offriez derrière, vous ne pourrez jamais faire pire que ce truc. Alors n’hésitez pas : pour Noël, faites leur payer le fait qu’ils demandent à se faire offrir un chien en les condamnant à vivre en colocation avec un chihuahua.

La culotte Edward

On attend avec impatience la version Jacob, pour créer une sorte de mise en abyme slipesque.

Vous avez dans votre entourage une jeune fille qui se transforme littéralement en flaque à la simple évocation du sieur Patachon, ou qui semble même excitée à la vue d’une choucroute ? Aucun doute possible : vous avez là l’occasion en or de faire un cadeau qui fera se joindre l’utile à l’agréable. Grâce à la culotte Edward (mais si, si), non seulement la bougresse n’aura jamais été aussi proche du vampire de ses rêves, mais par ailleurs, ses parents vous remercieront d’ainsi protéger la virginité de leur fille, car on imagine bien le pauvre bougre qui, après avoir séduit la bougresse, découvrira en face de lui le regard du Edward grognon.

Logiquement, il s’effondrera, littéralement pris de convulsions, et lorsqu’il sortira du coma, se contentera d’entrer au monastère en essayant d’oublier l’horreur à laquelle il a fait face. Chaque nuit, il cauchemardera de la vision d’horreur du gros Edward chevelu qui semblait lui reprocher sa tentative d’accouplement. Un sort terrible.

D’ailleurs, tant qu’à rentabiliser l’investissement, n’oubliez pas : à chaque fois que la jeune fille en question viendra chez vous avec ses parents par la suite, ne cuisinez que du chou. Non seulement la belle y verra une allusion à son idole, mais par ailleurs, vous pourrez savourer intérieurement le triste destin auquel vous condamnez le pauvre Edward dans les heures qui suivront.

J’attends avec impatience l’édition Gandalf avec la sortie du Hobbit, intitulée "None shall pass" ou quelque chose dans le genre.

Le DVD de Prométhéus

Rappelons qu’une suite est prévue : voilà encore un Noël de prêt.

Vous avez tous un ami relou (mais si, vous le savez mais évitez simplement de lui dire par courtoisie, bande de petits filous) qui lorsqu’il apprécie un film, ne tolère aucune critique à son égard, voire le qualifie instantanément de chef d’oeuvre pour se donner des airs d’érudit. Non parce qu’il ne peut pas simplement aimer un film : il l’a forcément compris, et y a vu tellement de choses que c’en est à se demander s’il va au cinéma sous acide, ce que, cela dit, je ne peux personnellement guère condamner dans bien des cas.

Avec Prométhéus, vous êtes sûr de lui faire plaisir : 100% des scènes ratées ou incohérentes, un côté supra-pompeux et une licence considérée comme mythique pour nombre des actuels gros consommateurs de cinéma et de séries… vous ne pourriez lui faire plus beau présent. n’hésitez pas, par la suite, à passer le repas de Noël à ses côtés pour l’écouter tenter d’inventer des sparadraps au scénario en extrapolant sur "ce qu’il n’y a pas dans le film mais qu’il faut comprendre en fait, tu vois". Si vous ne l’aimez vraiment pas, contentez vous simplement de lui lister toutes les incohérences, et regardez son cerveau se liquéfier tranquillement pour aller rejoindre le jus des huîtres.

Si vous ne savez pas à qui l’offrir, contentez-vous de trouver un ami qui a les DVD de 24. S’ils trouvaient les rebondissements de cette série crédible : c’est bon, c’est un client.

Bilbo le Hobbit

Le livre qui se termine plus vite qu’un seul des films

Si la précédente idée cadeau ne vous a pas suffi et que vous voulez quelque chose qui crée des débats encore plus casse-gueule, n’hésitez pas à offrir Bilbo le Hobbit à un fan.

Pas le film, hein, il n’est disponible qu’en salle et je sais que vous ne téléchargez jamais car vous êtes d’honnêtes citoyens. Non, je vous parle du livre, celui avec marqué dessus "Maintenant au cinéma" parce que c’est le livre du film du livre, tout ça tout ça. Après l’avoir offert, de préférence à un fan, même s’il l’a déjà lu, vous avez là non seulement une occasion de lui faire plaisir, mais aussi de disserter avec lui du sens de la vie, puisque vous pourrez alors aborder avec la cible du présent des questions aussi existentielles que "Mais dis-moi, tu n’as pas l’impression que l’on se fout un peu de ta gueule à faire 3 films à partir d’un livre qui à lui seul était deux fois plus petit qu’un seule tome du Seigneur des Anneaux ?" , "Es-tu vraiment certain qu’il faille complètement adapter un livre au cinéma ? Du genre, lorsque des nains font la vaisselle sur trois lignes dans un livre, est-ce que tu n’as pas là encore l’impression qu’en faire une scène entière, c’est juste pour rallonger la sauce et te faire payer plusieurs places au lieu d’une ?" "D’ailleurs, as-tu remarqué comme, ces deux dernières années, tous les livres ont subitement tous eu besoin de deux films pour être adapté au lieu d’un ?" "Peux-tu poser cette bûche pendant que je te parle ?".

Logiquement, la soirée devrait rapidement tourner au pugilat, ce qui mettra un peu de piment dans une fête habituellement trop calme.

Ce qui sera toujours plus intéressant que le film, donc.

Un masque de Guy Fawkes

Le masque est aussi très utile pour cacher l’acné de quantité de ses porteurs

Si vous hésitez, regardez bien sur Facebook : vous avez forcément un ami qui signe n’hésite pas à militer vigoureusement dans des groupes comme "Pour ceux qui sont contre le cancer", "Tous unis contre la torture" et plus discrètement administrateur de la page "Télécharger du p0rn gratos : les bonnes adresses". E-militant qui ne fout pas un pied dans la rue parce qu’il fait froid, pas un dans les partis parce qu’ils sont tous corrompus, et pas un dans les associations parce qu’il n’a pas le temps après 18h, il combat vigoureusement l’impérialisme depuis Facebook ou Twitter, et s’offusque publiquement contre l’inaction des masses dont il ne fait évidemment pas partie, puisqu’il soutient des groupes sur internet. Censeur des censeurs, bourreau des bourreaux mais à condition de pouvoir le faire depuis chez lui entre deux épisodes de Dexter, il saura apprécier ce présent qui lui rappellera toute sa condition d’activiste 2.0. Il passera alors la soirée de Noël à vous expliquer comment il lutte contre le capitalisme grâce à ce symbole, puis s’en retournera préparer la Révolution depuis son iMac.

Bref, de grands moments en perspective.

Voilà, n’hésitez pas à en combiner plusieurs pour gâter vos petits préférés, et surtout, n’oubliez pas de prendre des photos.

C’est qu’un type en slip Edward avec un masque de Guy Fawkes, ce serait quand même bête de le manquer.

Traditionnellement, sur les blogs, on trouve des messages souhaitant à tous et toutes un excellent Noël.

Aussi, et étant donné l’heure tardive, je me permets de vous souhaiter un excellent post-Noël, c’est-à-dire, ce moment béni où vous avez mal au bide, l’impression que les huîtres n’ont pas abandonné la partie et meurent d’envie de remonter jusqu’à votre trachée pour en finir avec vous (ce qui est bien évidemment faux : l’huître n’a jamais voulu s’en prendre à votre trachée, mais directement à votre cerveau afin de prendre le contrôle de votre corps et lui faire réaliser des choses abominables comme par exemple, faire tourner les serviettes en chantant Patrick Sébastien), ou que les escargots ont commencé une messe noire dans vos intestins (les gastéropodes sont nombreux à vénérer le Malin). ; bref, en ces instants magiques où le plus beau présent que l’on pourrait vous faire se nomme "bicarbonate", permettez-moi de vous souhaiter un joyeux post-Noël.

Et comme chaque année, selon la tradition de ce blog, je vous laisse avec une célèbre maxime de Noël.

"Mes chers amis, c’est Noël : et si nous en profitions pour créer un truc tout rouge, prétendant distribuer les richesses et qui s’en prend aux enfants ?"

Ludovic-Oscar Frossard, 25 décembre 1920, au discours d’ouverture du congrès de Tours qui vit la naissance du Parti Communiste Français

"Allons : je suis rouge, je viens du froid, j'exploite des lutins au nom du bien de la collectivité... connaissez-vous plus communiste que moi ?"

Bon courage à vous et vos sucs gastriques.

Nous y voilà, nous sommes le 24 décembre.

Comme l’an dernier, permettez moi de me joindre au concert des messages parsemant l’internet pour célébrer Noël ; ce soir en effet, quantité d’entre vous iront chanter à la messe de minuit, grelottant dans quelques froids édifices religieux, alors que d’autres seront entourés par la chaleur tant de leurs logis que de leurs familles, veillant patiemment le moment où ils procéderont à l’échange des présents tant attendus. D’autres enfin, isolés chez eux, se tireront une balle dans la tête pour mettre fin à leur pesante solitude.

Ainsi, cette année encore, laissez-moi partager cette citation dédiée à la neige habillant ce réveillon :

"Enfin un Noël blanc !"

Marine Le P. (ou Brice H. , il y a encore débat), 24 décembre 2010

Lorsque le Père Noël est surpris en train de piller le frigo, il n'hésite pas à enfermer les témoins dans le congélo. On comprend mieux certains faits divers

 

Et n’oubliez pas de déféquer dans les chaussons des enfants qui n’auront pas été sages (même si leurs parents mettent tout sur le dos d’une prétendue hyperactivité) ; leur surprise demain matin n’en sera que plus grande.

Joyeux Noël, fripons et friponnes.

La neige lui fouette les joues, mais qu’importe.

Serrant les rênes à s’en faire saigner les mains, Claus tente tant bien que mal de diriger son attelage dans la tempête ; lorsque l’espace de quelques secondes, les bourrasques secouant son traîneau s’apaisent, il essuie d’une main gantée ses lunettes d’aviateur usées pour les en débarrasser temporairement de l’accumulation constante de cristaux de glace. Malgré la visibilité réduite, il aperçoit encore le nez luisant de Rudolph, son renne de tête, au travers des rideaux de neige qui viennent s’écraser sur son visage. Curieusement, cette subtile lumière rougeoyante a quelque chose d’apaisant, comme un repère constant et serein dans un ciel chaotique. Hélas, cette éphémère sensation de calme s’efface en un instant, un son terrible rappelant Claus à la terrible réalité : là, derrière le tintement des clochettes, il vient d’entendre un moteur vrombir.

Ca y est, "ils" l’ont repéré.

Un claquement de cuir, une traction des lanières qui lui meurtrissent les mains, et voilà notre homme montant brusquement en chandelle ; tournant la tête à la recherche de son poursuivant, le vieil homme aperçoit l’espace d’un instant un appareil de chasse. Une fois encore, il va falloir jouer serré. Atteignant un nuage, Claus fait basculer son traîneau à l’horizontale et reprend une course presque normale, caché au sein du cumulonimbus. Avec un peu de chance, l’autre pilote pensera avoir rêvé et abandonnera promptement la poursuite.

Hélas, quelle n’est pas la surprise de notre homme lorsqu’il voit paraître à quelques dizaines de mètres derrière l’autre appareil, tel un monstre rugissant ; il pique et esquive de peu une première rafale, les balles traçantes créant un curieux spectacle en frôlant l’attelage, sorte de clignotement stroboscopique céleste. Pas le temps pour la distraction : Claus pique vers le sol avant de redresser brutalement, quelques centaines de mètres seulement au-dessus des maisons. S’il regarde au-dessous de lui, il peut apercevoir dans la campagne endormie sous son manteau neigeux quelques rares  fenêtres illuminées où paraissent d’imposants sapins. Au loin, la masse sombre d’une forêt s’élève hors de la chape blanche, laissant se perdre entre les arbres les derniers échos des clochers alentours. Il est minuit, se dit Claus. Minuit.

Le hurlement d’un moteur piquant vers lui rappelle soudain Claus à la réalité ; une nouvelle fois, les balles le frôlent, et il braque dangereusement sur sa gauche afin d’éviter la pluie d’acier. Il n’abandonne les commandes qu’un instant pour balayer de sa main gauche ses verres de lunettes qui une fois encore sont couverts de…

 

Le Noël 1943 fut particulièrement éprouvant pour le Père Noël

Claus blêmit. Au milieu des cristaux de glaces, une gouttelette écarlate, chaude et épaisse, est venue se poser. Levant les yeux, il constate que Comète et Fringant ont cessé de battre joyeusement l’air de leurs pattes. Le premier est suspendu au reste de l’attelage, inconscient, alors que le second brame en donnant des coups de sabots chaotiques de ses pattes arrières, l’un de ses membres avant ayant visiblement disparu, alors que l’autre est inerte. Avec 20% de puissance de traction en moins, les choses se compliquent sérieusement, et ces poids morts ralentissent sérieusement les autres animaux ; d’un geste, Claus actionne le largage moteur et fait choir vers le sol les deux rennes en les libérant de leurs colliers. Au travers du son des clochettes, il entend les hurlements désespérés de Fringant plongeant vers la terre dans l’obscurité en s’éloignant de son équipage. Tentant son va-tout, le vénérable ancêtre tente de nouvelles manoeuvres et même un habile Immelmann pour tenter de semer son adversaire ; mais rien n’y fait : après quelques minutes paraissant des heures, Claus voit une rafale de mitrailleuse s’écraser sur la paroi droite du traineau, faisant éclater le bois et un patin, avant de remonter dans la longueur jusqu’à Rudolph ; l’immense lame de plomb mutile ainsi la jambe droite du vieil homme, avant de faire taire définitivement Danseur, Rusé et Fougueux. Couvert de matière cérébrale de cervidé, et constatant qu’une poche de gaz contenue dans l’intestin de Rusé avait pris feu (ah, il regrettait déjà de les avoir gâtés avec des haricots la veille), Claus tente tant bien que mal de guider son attelage vers le sol dans un terrible atterrissage forcé, mais déjà, le feu remonte les lanières de cuir des rênes et vient entamer les gants du courageux conducteur qui doit lâcher prise. Les yeux balayant tant le sol toujours plus proche que l’altimètre devenu fou, l’homme au costume rouge bordé de blanc tente tant bien que mal de ressaisir les commandes enflammées pour essayer de rétablir l’assiette ; mais rien n’y fait : au son des instruments hurlant et des clochettes tintantes, des cris d’animaux et du crépitement des flammes, Claus voit les dernières mètres entre lui et le sol disparaître en un instant. Jamais la blancheur immaculée de la neige ne lui a paru si atroce ; et puis il y a le crash, les animaux s’effondrant dans une traînée cramoisie, le traîneau se retournant dans un fracas innommable…

Et plus rien.

Ainsi finit le Père Noël, l’homme qui chaque année, violait l’espace aérien de plus de 190 pays pour d’obscurs motifs. Personnage contesté suite à son goût pour l’espionnage constant des enfants, et disposant de photos de milliers d’eux sur son ordinateur personnel (soi disant pour lister les "sages" et les "vilains"), ainsi que son antisémitisme notoire, puisque ne faisant aucun cadeau aux juifs (tout le monde se souvient de sa terrible phrase prononcée à Nuremberg en 1935 "Si les juifs ne veulent pas que je descende dans les cheminées, ils n’ont qu’à y aller eux-mêmes"), il avait échappé des années durant à toutes les recherches. Bien sûr, jamais aucun pays n’avoua avoir exécuté le célèbre vieillard en traîneau, mais l’armée de l’air française reconnut avoir abattu un appareil non-identifié ayant illégalement pénétré le territoire au-dessus d’Azay-sur-Thouet dans la nuit du 24 au 25 décembre 2003. A la presse qui demanda plus de précisions sur l’incident, il fut expliqué qu’il s’agissait d’un ballon sonde s’étant égaré. Quelques magazines à scandales firent bien leurs titres sur un supposé crash du traîneau de Santa Claus, dont le corps aurait alors été emmené au Havre, équivalent français de la zone 51, mais le public cessa bien vite de se passionner pour cette histoire et passa à autre chose, un scandale chassant l’autre.

En tout cas, une seule chose resta : désormais, nous étions seuls pour nous occuper de nos présents. Qu’offrir à son âme soeur, cette truie pourpre qui râle pour un oui ou pour un non ? Quel cadeau trouver pour grand-mère Marguerite, histoire d’être sûr de toucher ses étrennes ? Diantre, comment trouver une excellente idée de cadeau alors que nous sommes dans les derniers jours avant Noël ? Pas de problèmes : votre serviteur a pensé à tout et vous propose une sélection d’articles qui vous permettront de briller lorsque votre famille les trouvera au pied du sapin. Inutile de me remercier et de vous effondrer ainsi en laissant perler sur vos joues rougies par le froid quelques larmes de joie. Je ne fais que mon devoir.

Pour bien commencer, rien ne vaut une bonne vieille lunch-box twilight

 

Qui sera la plus dark à l'heure du goûter ?

Loin d’être une classique boîte à goûter, puisqu’il s’agit d’une lunch-box (c’est anglais, donc forcément cool), cet attirail Twilight permettra au bénéficiaire de ce présent de se sentir empreint d’un pouvoir ténébreux ; en effet, tant sur la boîte box que sur le thermos qui va avec, on peut voir le visage rayonnant du plus ténébreux des vampires, Edward-Sourcils-Velus (ou Edward-Rhinoplastie, ça dépend des sources) accompagné de la phrase probablement dirigée à l’acheteur "Why are you so willing to give up your soul", ce que nous pourrions traduire grosso-modo (je sens les commentateurs tatillons approcher, filez si vous ne voulez pas découvrir la savate à vos dépens) par "Pourquoi veux tu tellement perdre ton âme ?" ; ça pète sur une boîte à goûter, tout de même, non ? Imaginez la personne à qui vous l’offrez, qui vers 16h (au collège ou sur son lieu de travail, je préfère ne même pas savoir), après avoir longuement discuté avec ses amies de qui de Edward ou de Jacob est le plus beau, pourra ainsi s’exclamer "Haaan, attendez, j’ai trop la dalle là, c’est la misère… bougez-pas, j’ai amené des choco BNs" ; dégainant ainsi sa boîte Twilight, elle pourra ainsi faire s’évanouir de jalousie toutes ses amies alors qu’elle n’hésitera pas à mettre en avant que c’est trop une ouf, tu vois, presque une vampire incomprise, tellement qu’elle est prête à donner son âme, grave. Mais par contre, il lui faut ses choco BNs à 16h. Quand elle sera une morte-vivante pour de bon, elle transportera du sang frais dans son thermos, mais dans l’immédiat, ce sera du banga. Il faut y aller par étape.

Donc, n’hésitez pas : une lunch-box Edward qui annonce qu’on est prêt à renoncer à son âme, mais pas à son goûter, c’est un présent de premier ordre. De quoi briller au grand jour. Un peu comme un vampire, quoi.

Si vous avez des amis enseignants, n’hésitez pas non plus : la matraque électrique Pro800 fera leur bonheur

 

Pensez à bien mettre la dragonne en cas d’agression

Idéale pour maîtriser agresseurs, élèves difficiles et teckels roux, la matraque électrique Pro800 vous permettra d’envoyer 800 000 volts à la cible de votre choix ; au sein d’une salle de classe, voir le petit Théo, qui venait d’expliquer à son enseignant que "Nan, vazy, qu’est-ce tu m’dis, ça va, c’est bon, arrête de m’gonfler, j’ai pas mes affaires, rien à fout‘" être frappé par un arc électrique fort imposant est un spectacle rare qui permettra de maintenir cohésion et discipline chez ces fieffés filous de 3ème D. Les cris d’agonie du malheureux se convulsant tant bien que mal et regrettant instantanément d’avoir manqué de respect au corps enseignant seront, bien évidemment, autant de raisons de se réjouir en salle des professeurs au son de ces hurlements résonnant dans les couloirs de l’établissement.  Pour les cas les plus difficiles, ceux qui, se relevant après 5 à 10 minutes d’inconscience, s’exclament "Je vais l’dire à mes parents !", vous noterez que la forme oblongue de l’objet permet de l’introduire dans des endroits bien mystérieux (l’objet est en plus doté d’une lampe, à vous les séances de spéléologie rectale d’anthologie), endroits qui se seront probablement détendus après la première dose de 800 000 volts. Il serait donc ballot de ne pas en profiter.

Vos amis de l’éducation nationale ne vous remercieront jamais assez ; par ailleurs, n’hésitez pas à personnaliser le papier cadeau en y inscrivant sur une carte accolée : "Quand il n’y a pas de gégène, il n’y a pas de plaisir", le tout signé d’un certain "Général Massu". Un tel calembour ne pourra rester sans succès.

Cependant, vos proches sont peut-être de fins mélomanes ; aussi espèrent ils secrètement trouver quelqu’un pour leur offrir le dernier album de Michael Jackson

 

Le concours de la pochette la plus moche déchaîne les passions

Sobrement intitulé "Michael" (et quelqu’un a été payé pour trouver le titre, si, si), cet album composé de chansons que la star préparait avant d’être interrompue par la mort elle-même (qui à côté de ça, ne fait jamais chier Michel Sardou ou Céline Dion, ça pue le complot) est présenté comme "son premier album posthume", il y en aura donc d’autres, ce qui prouve que, à l’instar de Grégory Lemarchal, il est inutile de pleurer nos morts, ils sont encore plus prolifiques que de leur vivant. Evidemment, certaines mauvaises langues ont crié à l’arnaque, car soi-disant que sortir un disque d’une star morte juste avant les fêtes serait en fait une énorme opération commerciale visant à financer la plus grande piscine de schnouf au monde. C’est ridicule : pourquoi les stars mortes ne pourraient elles pas, elles aussi, sortir des disques pour vider les portefeuilles des honnêtes gens à l’approche de Noël ? Quelle discrimination honteuse vous faites. Par ailleurs, argument ultime permettant de prouver que l’album n’est pas l’oeuvre de quelques jean-foutres nécrophiles, M Pokora a déclaré que cet album sentait le pipeau. Et aucune personne normalement constituée ne peut être en accord avec un M Pokora (non mesdemoiselles, même avec un M Pokora qui met les plus grosses lunettes qu’il trouve pour faire plus intelligent, inutile de le défendre), aussi vous pouvez aller quérir cet album les yeux fermés.

Attendez, est-ce que c’est moi ou je viens vraiment de citer un article dans lequel M Pokora explique que des gens tentent d’en arnaquer d’autres avec de la simili-musique ? Hmmm. Passons plutôt à la suite, avant que ce paradoxe ne déchire jusqu’au tissu même de notre réalité.

Cependant, vous cherchez peut-être plutôt un cadeau pour quelqu’un avide de lecture et de découverte de nouveaux horizons. Pas de problèmes, quel plus grand bonheur que de trouver Ségolène Royal au pied de son sapin (trouver Ségolène Royal six pieds sous un sapin ?) ?

 

Notez la couverture où ça papote très naturellement

Véritable best-seller qui ravira toutes celles et ceux en âge de voter, ce fabuleux ouvrage au titre que l’on peut traduire par "La Gauche n’a pas d’idées, mais si vous voulez, je suis là" vous permettra de… de… une seconde, je vous colle la description de l’éditeur. Voilà : On dit que les politiques ne comprennent pas la société d’aujourd’hui (NdOC : non, ce n’est pas une généralité pourrie commençant par un "on dit" d’entrée de jeu : dès que les gens prennent la carte d’un parti, ils sont frappés par un rayon gamma qui les rend amnésiques) et que les intellectuels ne s’intéressent plus à la politique (NdOC : C’est vrai que ça fait un moment qu’on a pas entendu Steevy Boulay). Pour sortir de cette impasse, Alain Touraine, sociologue, a écrit un texte qui propose une nouvelle grille de lecture de notre société. Il a demandé à Ségolène Royal (NdOC : ho, mais quelle erreur !), qui avait démontré sa capacité à comprendre les attentes des citoyens et à leur apporter des réponses (NdOC : elle l’a démontré en perdant les élections ? Intéressant), de réagir en politique aux idées proposées. Elle a répondu avec enthousiasme (NdOC : c’est rare que l’on écrive "elle a répondu en traînant les pieds et en jurant comme un charretier"). Il en résulte un ouvrage profondément original, par son propos comme par sa facture (NdOC : ça dépend quel sens on donne aux mots "original" et "facture"). Le sociologue formule ses analyses et la responsable politique réplique, thème par thème, détaillant les conséquences pratiques qu’elle en tire pour sa propre action et pour la vie publique en général. Ni interviews, ni dialogues, ces " rencontres écrites " où alternent sous forme de courts chapitres les contributions des deux auteurs composent un livre de fond qui apporte une rare valeur ajoutée à la connaissance d’une France en pleine transformation. (NdOC : oui, ça apporte à la connaissance de la France. C’est très modeste).

Bref, ça dépote grave, vos amis se le prêteront entre eux non sans l’avoir corné pour ne pas perdre le cours de leur lecture lors de leurs nombreuses pérégrinations. Vous pouvez aussi joindre à cet ouvrage d’autres écrits de Ségolène Royal, tels Ségolène Royal, femme debout, l’ouvrage qui vient compléter le best-seller "Marguerite Steinheil, femme à genoux" et "Carla Bruni, femme couchée", ou encore Ma plus belle histoire, C’EST VOUS, ouvrage qui s’est curieusement plus vendu que mon livre "Moi aussi ma plus belle histoire c’est moi, par contre si tu pouvais te casser maintenant".

Cependant, il serait injuste de ne pas vous parler d’une merveilleuse idée de présent pour les petits & les grands : la figurine Justin Bieber

 

Biactol vendu séparément

La figurine du plus célèbre des chanteurs pour jeunes filles est enfin disponible ! Après une première édition, les responsables ont vite compris qu’il fallait une seconde version de la figurine capable de résister aux coups de pieds, de poings, de barre à mine, de fusil de chasse et même à l’acide sulfurique. En effet, quantité de mâles, allez savoir pourquoi, se servent de ce merveilleux jouet pour se passer les nerfs. Heureusement, cette édition est quasiment indestructible, et ne commence à montrer des signes de fatigue que face à des armes comportant de l’uranium appauvri. Si vous disposez d’un cheveu issu du crâne du célèbre chanteur à la coupe de migou, vous pourrez donc l’offrir avec la figurine pour que la bénéficiaire de votre cadeau puisse essayer de capturer son coeur à l’aide de puissants charmes vaudous.

Éventuellement, vous pouvez vous-même tenter le rituel vaudou, en faisant bien attention à respecter les consignes de base : pour faire exploser l’intestin grêle, il faut bien planter l’aiguille en dessous du nombril, pas au-dessus. De préférence, essayez d’effectuer la cérémonie pendant que Justin se produit sur scène : des fois que ça marche, il serait tout de même plus intéressant que ce soit en couvrant 8 rangs de jeunes filles en folie de bile, de chair et de matières fécales.

Enfin, dernier cadeau, universel cette fois-ci : l’orange.

 

L'orange, comme les jeans ou la lapidation, est indémodable.

Vous souvenez-vous de toutes les fois où votre grand-père vous a jeté un regard noir avant d’expliquer que lui, pour son Noël, il avait une orange et il était bien content ? Vengez-vous : offrez lui une orange, à ce vieux grigou, plutôt que l’écran plat qu’il avait commandé au prétexte lamentable que ses yeux âgés auraient besoin d’un écran plus grand pour mieux voir. N’hésitez pas, selon ses souvenirs de jeunesses de ses merveilleux Noël à y ajouter des objets plus ou moins incongrus : bouteilles vides, bâtons, ancien uniforme de Waffen SS…  ajoutez évidemment un petit mot comme quoi, il a dit tellement de fois que ça avait suffi à son bonheur par le passé, que vous vous seriez senti honteux de ne pas lui procurer à nouveau les joies simples de votre jeunesse.

Attention, si votre grand-père est riche, il risque de trouver une manoeuvre pour vous déshériter. Dans ce cas, offrez-lui quand même son écran plat, vous le récupérerez au centuple quand le vieux aura cané. Dites vous que "vous investissez dans l’ancien". Dans l’ancien qui sent l’urine, certes, mais qu’est-ce qu’une poche en plastique qui fuit comparé à tout cet argent – qui lui n’a pas d’odeur – que vous pourrez palper si vous continuez à faire semblant de rien ? Alors.

En un mot comme en cent : voilà. Avec ces quelques idées cadeaux, nul doute que vous saurez faire plaisir autour de vous en trouvant les cadeaux les plus merveilleux et les plus surprenants, ceux qui provoqueront dans votre entourage un enthousiasme orgasmique à la vue de vos présents.

Si jamais vous manquez d’inspiration, n’oubliez pas que vous pouvez décliner les objets ci-dessus de nombreuses manières : vous pouvez offrir le livre de Marine Le Pen, remplacer le CD de Michaël Jackson par l’intégrale DVD de Joséphine Ange Gardien, offrir une figurine de Pascal Obispo… attention cependant à ne pas offrir de lunch-box Harry Potter : les hommes s’arracheraient pour les plus pervers la version Hermione, et je préfère ne pas vous dire ce qu’ils feraient du thermos.

Bonnes courses de Noël, mes bons lecteurs, et n’oubliez pas : si vous achetez le taser en 1er, toutes vos autres courses dans des magasins bondées deviendront étrangement plus aisées.  Noël, c’est simple comme 800 000 volts dans le rectum.

Puisque partout sur internet fleurissent de doux messages pour fêter Noël à tout un chacun, permettez moi de contribuer à mon tour à cette ambiance festive et chaleureuse avec une citation adaptée à l’évènement :

"Quoi de mieux pour un merveilleux Noël qu’un bon feu de cheminée ?"

Josef Mengele, Auschwitz, 25 décembre 1944

Ces enfants en ont trop vu : le Père Noël cherche un objet contondant pour les faire taire pour de bon

Voilà voilà, joyeux Noël, donc.

La neige.

Ces petits flocons de glace cristallisée provoquent l’émerveillement lorsqu’ils se mettent à choir sur notre beau pays ; ici ou là, le paysage devient blanc, si blanc et uniforme que tout semble instantanément plus silencieux. Un blanc manteau se dépose sur nos campagnes, où seul le son des clochers se fait entendre dans l’air froid ; sous le pied du promeneur courageux, loin sous la couverture de coton céleste qu’il marque de son empreinte, quelques animaux lovés somnolent paisiblement en attendant que les beaux jours reviennent. En ville, les toits se sont drapés de cet incroyable blanc, et les stalactites qui bordent les gouttières créent une véritable dentelle dans toutes les rues où, soudain, un étonnant tapis divin semble avoir uni trottoir et chaussée en un seul et même ensemble. Les enfants se collent aux vitrines, quêtant quelques jeux qu’ils espèrent trouver sous le sapin le matin du 25 décembre. Leur lettre au Père Noël est écrite depuis bien longtemps, mais à chaque nouveau magasin qu’ils croisent, ils auraient bien envie d’écrire encore quelques lignes au plus célèbre des conducteurs de traineau. Alors qu’ils s’émerveillent devant l’un des immenses sapins qui orne les places publiques, leurs visages illuminés par la joie, les clignotements de guirlandes éparses et par les reflets merveilleux de la précipitation hivernale, leurs parents s’étreignent quelques pas derrière eux, trop heureux d’observer la chair de leur chair profiter de la magie de Noël. Le papa regarde les joues rougies de la maman, et lit dans ses yeux tout le bonheur qu’emplit son petit cœur. Oui, papa sent l’euphorie monter en elle : ce soir, il en profitera pour lui proposer une bonne sodomie.

Ho, comme tout cela est agréable à mes pupilles

Mais parfois, un flocon s’égare, virevolte, et telle une plume, prend des chemins et des trajectoires improbables, avant de finir… sur le nez d’un journaliste. Dès lors, le cirque peut commencer.

Sommets internationaux, attentats à Bagdad, rien ne fait le poids devant la plus incroyable des nouvelles : en France, il neige en hiver. Chaque année, impossible d’y échapper, on a le droit à cinq reportages en ouverture de journal à base de "Il a neigé, c’est fou, tout est blanc" ou "C’est joli Paris sous la neige", suivi de "Par contre, qu’est-ce que ça glisse". Avec des interviews de Théo, Léa, Enzo et Zoé (prénoms modernes, que je vous aime) qui disent que c’est trop super, il neige. Car oui, on a besoin de déplacer des équipes de journalistes pour savoir que la neige c’est blanc, potentiellement joli, mais que des fois, ça glisse, et avoir l’opinion de merdeux. Mais surtout, il faut absolument le dire en ouverture du journal, parce que quand même, c’est important, et il faut hiérarchiser l’information.

Et pourtant ce n’est qu’un début. Le début de quelque chose de bien plus grave :

C’est le début des reportages dont tout le monde se fout sur les sports d’hiver.

En France, environ 15% de la population va gambader en montagne pour faire du ski, de la luge, du snowboard, copuler dans du fromage fondu ou encore des raquettes. A en croire les médias, pourtant, on pourrait penser que ce sont plutôt 85% des français qui montent dans les alpages et 15% qui sont privés d’aventures montagnardes. Nous sommes dès lors agressés à coups de "La neige est encore un peu poudreuse dans les Alpes" ou "Nous avons suivi Liloo pour ses premières vacances à la montagne".

Le caddie à enfants, l'accessoire chic pour pédophile montagnard

Alors que disons le tout net : les sports d’hiver, c’est affreusement chiant.

Tenez, le ski par exemple, parlons-en.

Le ski est un sport qui se pratique obligatoirement dans une tenue à la con, de préférence fluo,  qui consiste à mettre beaucoup de temps pour gravir une pente pour la redescendre en beaucoup moins, et à recommencer. Tout d’abord, pour bien commencer une journée de ski, il faut vous lever tôt, pour éviter qu’il n’y ai trop de monde sur les pistes. Une fois pris un bon petit déjeuner, il faut vous diriger vers Monsieur le loueur de skis, qui dispose du matériel adéquat, puisque figurez-vous que le ski se pratique à l’aide de skis.

Monsieur le loueur, en général, il a l’air chaleureux, puisqu’habitant la montagne, il ne voit des gens que lorsqu’il se met à neiger et que les touristes affluent ; sinon, il vit principalement avec des chèvres et des vaches qui lui mènent la vie dure (surtout quand les chèvres le trompent avec des légionnaires de passage). Alors quand il voit des gens, il est heureux. Et quand en plus ce sont des touristes, il l’est doublement.

Monsieur le loueur, il tient son échoppe depuis l’époque du franc. Et lorsqu’un jour, un touriste lui a montré le sigle "euro", il a juste transformé le petit "F" à côté de ses tarifs en "" sans changer le chiffre joint pour autant. Si vous demandez à Monsieur le loueur pourquoi la location d’une paire de skis vaut autant que votre loyer du mois, il vous répond en gromelant un truc du genre "Meugneugneu, mauvaise saison l’an passé" ; en effet, Monsieur le loueur a TOUJOURS eu une mauvaise saison l’année passée. C’est ce qu’il se plait à répéter quand les journalistes de toute la France viennent lui demander comment ça va (parce que ça aussi, c’est une information dont il ne faut pas priver la France). Il faut dire qu’il est peu probable qu’il dise "L’an dernier on a eu une superbe saison, donc cette année, les touristes n’ont pas besoin de venir nous soutenir, ils peuvent rester chez eux à lire du Zola".

Une fois que vous avez choisi vos skis, qui seront obligatoirement moches (au mieux, vous échapperez aux logos ou aux slogan pour d’jeun’z genre "Mégaspeed"), Monsieur le loueur vous dira que vous avez fait un excellent choix (comme toujours). Il vous proposera aussi des chaussures de ski, puisqu’il faut bien maintenir en place la cheville que, de toute manière, vous allez vous péter comme une buse. La chaussure de ski, c’est un peu à la chaussure ce qu’une chanson de Patrick Sébastien est à la chanson : un truc immonde et insupportable que pourtant, beaucoup de gens trimballent avec eux au moment du nouvel an.

En tout cas, une fois chaussé, équipé et avec vos skis à la main, vous pouvez vous diriger vers la piste la plus proche. Ne parlons pas de votre démarche, c’est tout simplement lamentable, mais vous ne pouvez pas faire autrement. De toute manière, dans la station où vous vous situez, tout le monde est à la même enseigne, c’est donc plus à cause de l’embarras collectif que de la courtoisie que personne ne fait de remarque désobligeante.

Le piège à pieds le plus vendu au monde

Arrivé en bas de la piste, vous êtes prêt. Hélas, le ski est un sport qui se pratique essentiellement sur des pentes, et il convient donc d’en gravir une avant de la descendre. Or, c’est à cet instant précis que vous réalisez le terrible complot dont vous êtes victime : les chaussures de ski, loin d’êtres conçues pour le ski, sont en fait un outil de torture qui vous empêche de gravir la moindre pente, et menace de péter la cheville qu’il est censé protégé si vous tentiez malgré tout. De ce fait, le port de ces chausses piégeuses vous oblige à vous tourner vers le tire-fesses le plus proche, dont vous apprendrez plus tard qu’il est tenu par le beau-frère du mec qui vous loue les chaussures (le coup est bien monté).

Là-encore, les prix pratiqués pour l’acquisition d’un forfait vous laissent supposer que l’honorable propriétaire des lieux doit avoir un jacuzzi au champagne dans son chalet, mais qu’importe : grâce à des barrières habilement placées de chaque côté du comptoir de son échoppe, il est impossible de faire demi-tour et les gens derrière vous s’impatientent. En conséquence, vous finissez par acheter un papier là encore d’une couleur immonde que vous accrochez à votre combinaison (ce qui fait de vous une publicité ambulante pour D&CO)  tout en sachant que suite à cela vous ne pourrez pas payer d’études à vos enfants, mais bon, comme pour l’information dans les médias, il y a des priorités.

Grâce à l’improbable somme que vous venez de débourser, vous gagnez le droit de faire un quart d’heure de queue au milieu d’autres personnes qui discutent de sujets très élaborés comme le dernier Muse (le groupe qui entretient là lui seul ‘industrie du synthétiseur) ou qui a failli se vautrer sur qui sur la piste rouge. Au mieux, vous aurez Catherine-Abigaëlle qui se plaindra auprès de Sandra-Elizabeth que papa ne lui a pas loué le chalet qu’elle voulait pour les fêtes. Votre tour finit cependant par arriver, et on vous invite à attraper la perche qui passe devant vous et à caler votre fessier contre l’espèce de petite plaque circulaire gelée qui la termine : le bruit de la machinerie se fait entendre, et la perche commence alors à vous entrainer vers les hauteurs. Évidemment, au moment où la perche s’est mise en route, toute la douceur de la machinerie a permis de vous faire hurler un bon coup puisqu’écrasant vos hémorroïdes d’un coup brutal, et pour vous messieurs, vous n’aurez plus jamais à vous inquiéter des études de vos enfants, puisque vous n’en aurez pas, le contenu de votre slip venant d’être écrasé par cette machine infernale dans un terrible gargouillis mécanique.

Souffrant le martyr, vous poursuivez cependant votre ascension en serrant les dents, tentant tant bien que mal de ne pas choir au passage d’une plaque de gel quelconque, et finissez par atteindre le sommet de la piste, où vous attendent quantité de petits restaurants et bars qui vous proposent, pour des prix tout à fait raisonnables (une boisson chaude pour un rein) de retrouver un peu d’énergie autour d’un café tiédasse au goût de javel.

Mais qu’importe : la piste est à v… ha, attendez, non. Vous vous faufilez donc entre le groupe de jeunes qui attellent leurs snowboards et le groupe de petits vieux qui s’assurent qu’ils ont bien mis leurs poches d’urine dans un endroit où elle ne crèverait pas en cas de chute, avant de vous engager pour de bon. En route, donc ! Vous vous lancez et… ha, zut, il faut éviter… pardon… ha voilà, par ici c’est plus… merde, il sort d’où lui ?  et… ha, mais te vautre pas devant moi toi ! La neige crisse gentiment sous vos skis, et vous zigzaguez pour faire durer un peu la descente et vous assurer de ne pas arriver comme une bombe dans la station en arrosant de neige les passants en freinant (le sport préféré des d’jeun’z des pistes) et…  ha bin, merde, vous voilà déjà en bas. C’était bref et pas si intense, tant il fallait plus faire attention à la circulation qu’autre chose.

Vous voilà donc reparti pour attendre encore une fois au même télésiège/tire-fesses pour refaire la même piste, ou à perdre une demi-heure pour aller chercher une autre piste (si votre forfait vous le permet) pour vous retrouver de toute manière avec autant de monde que précédemment, même si vous raconterez le contraire le soir au chalet pour vous donner un semblant de consistance. En tout cas, vous répéterez la chose un nombre indéterminé de fois dans la journée avant de quitter les pistes, fourbu.

Jeune skieur rentrant de ses vacances à Courchevel

Une fois votre belle journée de ski terminée, vous pourrez regagner votre logis pour vous apercevoir que vous avez fait des traces partout en rentrant, et que la neige, c’est fourbe : tu ne marches que dans du blanc, et toutes tes traces sont marron-gris, sans explication rationelle. Il sera alors temps de déguster un plat merveilleux comme seule la montagne sait en faire  (à base de fromage en quantité industrielle, de saucisson et d’autres aliments terribles ) qui vous fera dire en revenant de vacances que vous auriez bien besoin de faire du sport au vu de votre bedaine.

Comme quoi, toute la véritable magie des sports d’hiver, c’est que c’est en rentrant que l’on a besoin de faire du sport.

La prochaine fois, nous étudierons le cas du bronzage "marque de lunettes" que certains voudraient faire passer comme un signe de réussite extérieure, mais qui en fait donne juste l’air très con.

Le heurtoir retentit par trois fois sur ma porte.

Tiens ? Je n’attends pourtant personne. Je quitte cependant mon fauteuil douillet et dépose mon exemplaire usé du Capital de Marx sur mon guéridon en faisant bien attention à ne pas renverser le verre de whisky qui y est déjà déposé. Profitant d’être ainsi dérangé pour réalimenter le feu de ma cheminée sur le chemin de ma porte, je me saisis d’un bûche quand mon heurtoir est à nouveau utilisé de manière saccadée : mon visiteur ne semble avoir que peu de patience. Tant pis pour le feu.

Traversant mon confortable logis, je me dirige vers l’entrée où une fois encore, le heurtoir est employé plus que de raison ; j’ouvre donc afin de voir quel importun met tant d’ardeur à cogner mon innocente porte et tombe nez-à-nez avec trois bambins.

"Des bonbons ou des farces !" crient-ils dans une anarchie orale qui fait peine à entendre.

Les trois mouflets sont vêtus d’étrange manière : l’un porte un costume rouge et bleu que j’identifie  comme étant supposé appartenir à Spiderman ; son voisin est lui vêtu d’un drap noir et d’un masque en plastique de Dark Vador ; enfin, une jeune fille habillée en fée me menace de sa baguette magique. Ils expliquent qu’ils viennent réclamer des bonbons, et menacent (la jeune fille brandit une baguette magique pour appuyer son propos) de jeter des sorts à quiconque leur refusera.

Certains s’entrainent déjà sur leurs cheveux avant de s’occuper de leur citrouille

Puisqu’il ne serait pas dit qu’un gentilhomme se laisserait dépouiller à son domicile sous quelque menace que ce soit (fut-elle magique), je décrochais donc mon fusil Maüser 1898 de son support afin de chasser les importuns. L’un d’entre eux ayant décoché un juron en me voyant me saisir de mon arme avant de s’enfuir à toutes jambes avec ses compagnons, je décidais qu’il convenait de punir ces malotrus et visait donc le plus lent d’entre eux, le Spiderman supposé, qui n’avait visiblement ni la même agilité ni le même taux de cholesterol que l’original.

Un coup de feu plus tard, j’avais la satisfaction de constater que j’avais dû toucher l’artère poplitée droite du galopin. Le temps de faire basculer la culasse de mon arme, ses deux compagnons s’étaient enfuis ; qu’importe : l’agonie, puis le cadavre de ma première cible seraient un excellent avertissement pour éviter d’autres dérangements.

Retournant à mon confortable fauteuil, je reprenais ma lecture, mais sentais bien que quelque chose me dérangeait, et m’empêchait de me concentrer pleinement sur mon ouvrage. Non pas les cris de ma jeune victime (j’ai du double vitrage, on l’entendait à peine gémir) mais bien une question :

Faut-il fêter Halloween ? Et par extension, faut-il célébrer toutes ces fêtes populaires ?

Il est vrai que pour nombre d’entre vous, ces questions ne se posent que peu, puisque vous fêtez naïvement toutes ces fêtes sans vous poser de questions. Combien de personnes refusent de fêter Halloween parce que bon, c’est commercial et qu’il y a déjà la Toussaint, la version catholique (même si les deux fêtes, la païenne comme la catholique cohabitent dans des pays fortement catholiques comme l’Irlande), et dans le même temps, fêtent Noël avec le gros Père Noël rouge de chez Coca-Cola au lieu du bon vieux Saint Nicolas vert ? Et combien fêtent Noël à coups de cadeaux au lieu de se contenter d’aller célébrer la naissance de Notre Sauveur à la messe ?

Le Père Noël, numéro deux au classement des "Gens qui ont bien feinté Jésus", juste derrière Judas

Bref, le débat sur Halloween bat son plein entre ceux qui disent "Ça a une origine celtique, alors c’est légitime de le fêter" et ceux qui disent "Ça n’a rien à foutre là, c’est juste un vieil import commercial". Ce qui ne sert à rien, puisque l’on pourrait donner raison aux deux groupes. Maintenant, si des gamins cherchent des prétextes pour enrichir la maléfique corporation des dentistes, c’est leur problème (et celui de leurs parents) ; idem, si de jeunes adultes cherchent un prétexte pour faire la fête (alias "se bourrer la gueule au whisky-coca de chez Aldi"), ils ont le droit (notez l’incroyable quantité de "soirées Halloween" chez ce public). Tant qu’ils ne viennent pas me déranger quand je lis chez moi, non mais. Est-ce que je viens vous faire chier à Noël en frappant à la porte quand vous mangez votre bûche, moi ? Bon, alors.

Tout le paradoxe étant justement que de manière générale, il semblerait que les gens puissent se mettre à fêter une fête "traditionnelle" qui ne l’a jamais été. Et reprocher aux gens qui ne la fêtent pas de renier des traditions "évidentes".

Tenez, parlons en.

La Fête des Mères par exemple ; qui n’a pas fait un beau collier de pâtes ou une broche en pâte à sel accompagnée d’un poème pour sa maman ? Il ne viendrait pas à l’idée de ne pas la fêter, sinon maman va gueuler. Et pourtant, d’où nous vient la Fête des Mères ? Outre diverses aventures, elle rentre dans notre calendrier en1941, parce que notre bon Maréchal Pétain veut mettre en avant les valeurs de la famille. C’est donc un honneur de fêter annuellement une fête pétainiste ! Personnellement, chaque année, j’offre à ma maman une reproduction du képi du Maréchal avec brodée l’année en cours en lettres d’or sur le pourtour. Un cadeau à la fois adapté et de bon goût.

Derrière, on a donc tout naturellement collé la fête des Pères, histoire de pas faire de jaloux : votre papa aussi a eu tout un tas de cadeaux merveilleux (il parle de "sombres merdes" quand il y fait référence avec ses amis) , comme ce splendide porte-photo en fil de fer ou sa boîte à stylos en yaourts.

Et puis un jour, des mecs se sont souvenus qu’en fait, les gens étaient très cons, et qu’on pouvait donc tenter de leur faire bouffer des fêtes supplémentaires. En 1987, c’est donc sous l’impulsion des Cafés Grand-Mère (et de Patrick Sabatier) qu’apparait la fête éponyme. Tiens, pourtant, une grand-mère, ce n’est pas déjà une mère avec sa fête et tout ? Même que c’est marqué dessus ? Et bien non, visiblement.

C’est tout le formidable de la chose : il y a des gens qui, en 1986 n’ont pas fêté les grands-mères, et en 1987, devant quelques spots de pubs, se sont dit "Ha il faut que je fête les grands-mères, tiens". Et dès 1988, ont rentré ça dans leurs traditions. Comme quoi. Je viens d’ailleurs d’apprendre qu’en 2008 avait été lancée la fête des Grands-Pères. Attendez encore un peu et vous allez voir qu’il y aura des gens pour vous reprocher de ne pas fêter un truc créé de toutes pièces.

Dans Total Recall, on implante chez Schwarzy des souvenirs comme quoi il a toujours fêté les Grands-Mères

On me dira "Oui mais toutes les fêtes ont bien dû avoir une première un jour !" ; oui oui, même qu’il y avait une raison pour. Le 14 juillet, Noël, Le 1er janvier. Etc. Mais celles composées de toutes pièces, vous noterez que mystérieusement, ce sont TOUJOURS des fêtes où l’on vous encourage à acheter quelque chose. Quelle mystérieuse coïncidence tout de même. Mais on vous défendra mordicus que ça n’a rien à voir avec le commerce, que c’est fait pour ressouder les gens autour de valeurs (comme la fête des Mères donc, Maréchal tu as fait des émules), et que si tu ne veux rien acheter, envoie au moins des fleurs. Non, les fleurs non plus n’ont rien à voir avec le commerce. Décidément.

Par exemple, il y a eu la création de la "Fête des Secrétaires" où l’on vous explique que ce serait gentil d’acheter des fleurs ou des chocolats pour cette dernière. Personnellement, pour cette fête, j’ai toujours le même dialogue avec la mienne lorsque j’arrive de bon matin à cette date :

"Vous savez quel jour nous sommes, Monsieur Connard ? – elle est d’une rare subtilité
- Je ne sais pas ; le jour le plus proche de celui de votre descente d’organes ?" – moi aussi je peux être subtil
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J’ai cru comprendre que c’était chaque année ce jour là qu’elle renouvelait sa cotisation syndicale. De là à y voir un lien, ne nous avançons pas trop.

Mais dans tous les cas, par ce formidable effet de société, sur simple commande, on arrive à expliquer qu’il convient de fêter ceci ou cela, que c’est traditionnel, et que ne pas le faire serait égoïste. Si vous ne fêtez pas toutes ces fêtes, n’avez vous jamais eu affaire à quelqu’un qui vous explique que ce n’est pas très gentil pour votre grand-mère/mère/secrétaire (et si votre mère et votre grand-mère sont au secrétariat de l’entreprise familiale, vous êtes bien dans la merde) ?

Intéressant phénomène. Pour certains, c’est à se demander comment ils pouvaient faire sans avant.

D’ailleurs, en regardant par ma baie vitrée, je peux vous certifier que Spiderman faisait mieux sans un trou dans une artère avant. Par contre, ce petit salaud a souillé ma grille de son sang, je le vois d’ici. J’irai bouger son cadavre tout à l’heure pour le mettre au feu. C’est de circonstance, le 31 octobre, c’est le jour anniversaire de l’arrestation du Docteur Petiot.

On devrait faire une fête à ce sujet, tiens.

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