"Bonjour Catherine, bonjour Peter."
Les deux jeunes gens échangent un bref regard en se posant prudemment dans l’immense canapé de la suite de luxe, jaugeant brièvement les différents mets situés sur la table devant eux, avant de reporter leur attention sur leur interlocuteur, occupé dans l’instant à siroter son brandy un cigare à la main.
"Je sais : vous êtes sélectionnés pour les Hunger Games, et ça vous embête bien parce que vous n’avez que très moyennement envie de mourir. Je comprends, mais rassurez-vous : on vous a fourni le meilleur coach possible pour vous en sortir. Suivez mes conseils et tout devrait se passer à merveille pour vous."
Le cigare remue dans l’air alors que l’homme ponctue son propos de divers mouvements de mains, créant involontairement avec la fumée diverses figures géométriques se disloquant paresseusement dans l’air ambiant lorsqu’elles ne sont pas tout simplement brisées en plein vol par un nouveau geste de l’instructeur illustrant son discours.
"Qu’est-ce qu’on doit faire Monsieur Connard ? Donnez-nous au moins les bases !"
Catherine s’étonne elle-même de l’autorité qu’elle a mise dans sa voix, défiant le type trop détendu en face d’elle qui ne semble pas réaliser la situation. Ce dernier la regarde à peine avant de tirer à nouveau longuement sur son cigare.
"Les bases ? Et bien, puisque vous semblez pressée jeune fille, je vais vous les donner. Tout d’abord, lorsque vous entrerez dans l’arène, vous devrez crier très fort votre nom. Et le faire régulièrement.
- Quoi ? Mais attendez, c’est idiot ! Je vais me faire repérer si je fais ça !
- Justement. Figurez-vous que pour des raisons que j’ignore, tout ce jeu obéit à des ficelles grosses comme des cachalots que l’on appelle "les principes de base des scénarios américains pourris". Et comme vous le savez, les personnages qui n’ont pas de nom ont une fâcheuse tendance à mourir, alors que les autres, eux, ne peuvent passer l’arme à gauche que lors de circonstances épiques ou du moins particulières. En hurlant votre nom, vous sortirez de l’anonymat et augmenterez donc diablement vos chances de survie.
- Ah, pas con – dit Peter en sortant de la transe dans laquelle les figures de fumée s’envolant lourdement vers le plafond l’avaient plongé.
- Evidemment pas con. Enfin si, il faut l’être un peu pour utiliser ce genre de ficelles dans un scénario, mais là n’est pas le sujet.
- D’accord – reprend Catherine – mais c’est pas ça qui va nous sauver pour autant ! En cas de duel, comment s’en sortir ? Il y a des machines à tuer là-dedans !"
Le type se gratte mollement le bout du nez dans l’indifférence la plus totale, avant de poursuivre doucement.
"Vous savez attraper des chatons ?
- Que… quoi ? Mais enfin, quel rapport ?
- Répondez-moi : savez-vous attraper des chatons ? Ou éventuellement, des petits lapins ou des hamsters gentils ?
- Je… oui ?
- Bon : alors vous allez en collecter un maximum et les accrocher à votre ceinture.
- Mais enfin !
- Attendez jeune impatiente, calmez vos ardeurs : avez-vous déjà vu un film où l’on tue des animaux choupis ?
- Ah heu… non.
- Parce que ça ne se fait pas. C’est comme sur internet : une vidéo de massacre, oui, une vidéo de coup de pied dans le cul d’un chat, non, ça choque l’internaute, on ne rigole pas avec la cruauté envers les animaux. Vous comprenez ?
- Interquoi ?"
Il y a un léger bruit de brandy que l’on déglutit, puis enfin une réponse.
"Bon, je vois. Ecoutez-moi bien : on va tous regarder Hunger Games, un sympathique film qui m’a tout appris sur les règles de ce jeu, et vous allez tout comprendre sur les ficelles pour vous en sortir. D’accord ?"
Alors spoilons mes bons !
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L'affiche : "Nous serons tous spectateurs". Vu le film, ça sonne comme une menace, et j'aime pas trop quand du papier glacé me parle comme ça.
Notre film débute sur un plateau de télévision, alors qu’un présentateur à la tenue des plus immonde, César, est en pleine interview d’un certain Monsieur Crane, chargé de réaliser cette année les Hunger Games. Qu’est-ce donc, me direz-vous ? Et bien c’est fort simple : il s’agit d’un Battle Ro… heu, d’un concept fort original dans lequel de jeunes gens sont placés dans une sorte d’arène dans laquelle ils doivent gaiement s’entretuer sous l’oeil des caméras pour le plus grand plaisir d’un public qui trouve ainsi son bonheur quelque part entre les jeux du cirque et La Ferme Célébrité, Francky Vincent en moins (en effet, ce dernier est interdit par le règlement officiel des Hunger Games, puisque s’entretuer, d’accord, mais chanter "Tu veux mon zizi", alors là, non, faut pas déconner).
Ces jeux existent depuis 73 ans, nous dit-on, car nous sommes dans un futur étrange où le monde a mangé l’apocalypse dans le museau, et l’Amérique du Nord s’est donc reconstruite en une nouvelle nation, Panem, constituée de 12 districts dépendant d’une capitale, le Capitole. César, en bon présentateur télé chargé d’expliquer en deux minutes au spectateur ce qu’il en est de la situation, donne quelques précisions de plus : les Hunger Games sont nés d’une rébellion durant laquelle les 12 districts se soulevèrent contre le Capitole (probablement suite à une histoire de rab’ de frites à la cantoche, d’où le nom de Hunger Games), mais se firent cordialement bourrer la gueule. En punition pour leur désobéissance, outre diverses humiliations, car chacun sait que l’Histoire a prouvé qu’il était important d’humilier un peuple pour le pacifier, il a été décidé de manière complètement débile (mais ça, personne ne le fait jamais remarquer) que chaque district fournirait annuellement un garçon et une fille en tribut de leurs erreurs passées, et qu’on les ferait… s’entretuer dans une arène à la télé. Ho, et en forçant les districts à regarder le tout à la télé, bien sûr.
Voilà : si vous n’aviez jamais vu de concept de merde tenant à peine debout, c’est chose faite. Surtout que attention, des fois que cette petite recette pour obtenir une guerre civile ne suffise pas, César en remet une couche en précisant "Oui, enfin ça, hein, c’est l’origine historique, hein, maintenant on le fait chaque année, mais c’est juste pour rigoler."
Je traduis : "Hohééé, les districts ! Bonjour, vous nous reconnaissez ? C’est nous, le Capitole, les gens qui tuent deux de vos enfants chaque année au nom d’une décision idiote ; on voulait juste vous préciser que même si ça avait eu du sens un jour, maintenant on ne le fait que pour vous faire chier et se distraire ! Allez, gros bisous, hein, et surtout, vous rebellez pas à nouveau !"
D’accord. Bon, je crois que ce film est l’un des rares à atteindre un tel niveau d’incohérence dès la première scène, je remercie l’ensemble des gens – nombreux – qui me l’ont recommandé comme "Un bon film" ou "Attention, bonne surprise !", j’ai noté les noms. Un canadair d’excréments est en route pour chez vous. "Attention, grosse surprise !" aussi, pour le coup.
Quelques précisions d’ailleurs : si on ne sait pas pourquoi les 12 districts ne se sont jamais rebellés ou n’ont pas tout simplement sombré dans le terrorisme, on sait cependant qu’ils sont organisés selon les bons vieux principes de l’Union Soviétique, avec chacun une spécialité : l’agriculture, la pêche, le minerai, les manufactures de Macbook, etc, qui fournissent le Capitole en richesses diverses dont ils ne profitent pas. Autrement dit, si les 12 districts se mettaient en grève, le Capitole sombrerait dans le chaos en une journée. Enfin, encore une fois : je dis ça, hein, mais bon, vous en faites ce que vous voulez les gars. C’est pas comme si on venait tuer vos gamins chaque année pour se marrer, hein. S’ils sont lourds, peut-être le mérite t-ils ? Des enfants qu’on ferait bien s’entretuer dans une arène, on en croise à peu près à chaque fois qu’on prend le train, mais c’est une autre histoire.
Vous avez bien saisi ? Les districts, le Capitole, les Hunger Games, les gens qui bavent depuis 73 ans en se laissant gentiment faire sans remuer le petit doigt ? Alors en route.
Direction le district 12, le plus périphérique des districts de Panem (la banlieue quoi cousin, t’as vu), spécialisé dans l’extraction du charbon et autres bidules pas très ragoûtants que des mineurs s’empressent quotidiennement d’aller chercher en échange d’un salaire permettant de vivre dans des maisons faites de planches, de boue et de coprolithes divers. Je profite d’ailleurs de cette brève description pour vous faire un point "Sociologie".
Dans le monde magique de Hunger Games, on retrouve certains principes communs à nombre d’oeuvres publiées uniquement pour caler une table branlante :
- Les pauvres sont tous gentils et ont une forte tendance à être intelligents.
- Les riches sont tous des enculés et ont une forte tendance à être bêtes.
- Les noirs sont tous cools et ont une forte tendance à mourir. A noter que dans le film, certains personnages blancs du livre sont devenus curieusement bronzés pour des raisons de quotas hollywoodiens, ce qui a créé une polémique aux Etats-Unis, où des lecteurs du livre ont annoncé que cela rendait la mort de certains personnages "moins triste" (véridique). On imagine bien que les membres du Club lundi lecture du Ku Klux Klan ont dû être choqués par pareille décision.
Du coup, des milliers d’expériences amusantes attendent le sociologue farceur : par exemple, en glissant un billet dans la main d’un pauvre, il devient instantanément un peu plus con et ira noyer des chatons, alors qu’à l’inverse, sitôt que vous volez le sac d’une riche, elle vous hurle "gardez-le, vous en avez plus besoin que moi" avant d’aller à la bibliothèque municipale se plonger dans Proust. Enfin, si vous tirez un coup de fusil à l’aveuglette dans une foule d’habitants du monde de Hunger Games, elle tuera à coup sûr un noir.
Finalement, je commence à comprendre pourquoi c’était dans la liste du Club lundi lecture du Ku Klux Klan. J’espère que je n’ai pas paumé ma carte d’adhérent. Ah non, voilà, elle était juste à côté de ma carte du fan club de Claude Guéant, ouf.

Le Club lundi lecture du Ku Klux Klan, section du Michigan, célèbre pour sa fanfiction de "Franklin la tortue pète sa voisine la taupe à coups de crosse"
Que disais-je avant de m’interrompre ? Ah, oui : le district 12.
Nous y retrouvons donc Primrose Everdeen, petite fille aux tresses blondes et à la blanche robe qui couine quelque peu, puisque ces derniers jours, elle fait sans cesse le même cauchemar impliquant des gens tout nus : malgré sa dizaine d’année, elle est tirée au sort pour représenter son district aux Hunger Games. Une idée qui la branche moyennement, puisque bon, elle n’est pas encore sûre que ses compétences supérieures en coiffure et dinette puissent lui permettre de botter le cul d’éventuels concurrents. Heureusement, sa grande soeur Katniss est à son chevet pour la calmer, non pas à grands coups de taloches dans la gueule, mais en lui susurrant "Mais non ma poupounette, je sais que tu es nerveuse parce que tu viens d’avoir l’âge à partir duquel tu peux être sélectionnée, mais tu connais la règle : la première année, ton nom n’est qu’une seule fois dans la boîte du tirage, donc tu ne risques rien, chuuuut…". En effet, Katniss Everdeen est une grande soeur formidable qui sait prendre soin des siens : il faut dire que sa mère est un peu dépressive depuis la mort de papounet qui s’est ramassé un vieux coup de grisou à la mine, et que du coup, c’est un peu elle qui gère le foyer qui vit chichement, comme bien d’autres du district 12.
Cela dit, la pauvreté ne semble pas toucher tout le monde de la même manière : alors que les habitants du coin semblent passer leur temps à gratter le charbon, on notera que Katniss a un sourire et une manucure impeccables, tout comme son bon ami Bob, sorte de grand dadais qui ne doit pas beaucoup bosser à la mine, vu son teint de jeune fille. Petite jean-foutre, va ! Bref ; pour améliorer le quotidien, Katniss n’hésite pas à sortir des limites du district pour aller courir les bois, qui sont interdits à la population juste pour faire chier (faudrait pas qu’ils améliorent leur quotidien, c’est important de garder la population la plus malheureuse possible, pour être sûr qu’elle se révolte, c’est très subtil). Là-bas, aidée de son fidèle arc, elle peut donc défoncer de la biche, maraver de l’écureuil et, les jours de fêtes, rabouiner du faisan, et ainsi ramener de quoi remplir la gamelle de la petite famille, voire procéder à quelques échanges (le troc donnant ainsi naissance à d’intéressants concepts, comme par exemple la "pipe à deux mulots" chez Lucy-lèvres-de-feu, légende locale chez les mineurs fatigués et solitaires).
Mais aujourd’hui, il faut redoubler de prudence ! Car la région grouille de "pacificateurs", les CRS du Capitole, qui viennent escorter l’ambassadrice chargée de tirer au sort le nom des heureux élus qui participeront aux prochains Hunger Games. C’est ce qu’on appelle dans le jargon "le jour de la moisson" ou "le jour des gros relous", selon les versions. La chose rend un peu nerveuse Katniss, qui finit par aller discuter avec son bon ami Bob de tout cela : après tout, lui comme elle sont susceptibles d’être tirés au sort comme tribut, alors il faut bien que chacun vide son sac ; pour Bob, l’avenir est ailleurs, il pourrait vivre dans les bois en braconnier, se dit-il. Pour Katniss, les choses sont moins heureuses : il est impossible de vivre dans les bois selon elle ; le Capitole les traquerait, et puis, qui veillerait sur sa famille ? Non, la situation ne fait pas vraiment rêver. Et dans l’immédiat, il faut surtout prier très fort pour ne pas être tiré au sort comme tribut, parce que ça, ce serait un peu la grosse tuile les p’tits gars. Et aller se préparer pour la cérémonie où les malheureux élus seront nominés, puisqu’il est bien évidemment obligatoire de s’y rendre, et de préférence, bien habillé (comprendre : sans queue de castor en guise de cravate, ce qui est pourtant le top du top de la coquetterie locale).
Katniss retourne donc chez elle mettre sa plus belle tenue de prolétaire, tout comme sa petite soeur ; pour rassurer cette dernière, elle lui file d’ailleurs un porte-bonheur :
"Primrose, je sais que ça ne va pas être facile aujourd’hui, mais bon, en même temps, ça fait dix ans que tu vis avec un nom de merde, alors bon, tu dois commencer à avoir de bons nerfs. Tiens ma chérie : voici un cadeau qui te portera bonheur, porte-le à ton gilet, et rien de mal ne pourra t’arriver !
- Je… Katniss bordel ! J’ai 10 ans, pas 3 ! J’ai l’âge d’aller me battre au couteau dans une arène avec des adolescents aux coucouilles surchargées, tu crois vraiment que je vais croire à tes conneries de fucking pin’s magique ?
- Regarde, il y a un oiseau dessus.
- Oh un oiseau, hihihihi trop choupi , uiiiiiiiiiii !"
Finalement, donc, l’heure de la cérémonie est arrivée : un imposant vaisseau aérien aux formes harmonieuses est venu se poser à proximité des maisons primitives, et en sont descendus des dizaines de pacificateurs en uniforme qui ont réuni la population, listé les tributs potentiels, et installé une scène géante au coeur de la bourgade (oui, c’est pas bien gros un district visiblement). Et devant l’immense écran, une femme en tenue pourpre immonde s’est présentée comme représentant le Capitole ; puisqu’elle pue le pognon, elle est évidemment bête et méchante, et semble donc ne pas comprendre pourquoi la foule n’est pas en délire à l’idée de donner deux de ses enfants aux Hunger Games. Laissant tomber cet étonnant silence, elle passe à la suite : le film officiel récapitulant le principe des Hunger Games. On se répète donc un peu, mais grosso modo, la voix off de la dite vidéo nous dit :
"Il y a 73 ans, il y eut une grosse guerre, durant laquelle les districts se soulevèrent pour nous attaquer nous, les gentils du Capitole qu’on avait rien fait. Heureusement, nous avons triomphé de vous, petites merdes, et en punition pour votre traîtrise, nous avons demandé à ce que vous nous donniez chaque année un garçon et une fille en tribut pour qu’on puisse manger du pop-corn en vous regardant mourir à la télé. Mais évidemment, il y a quand même un côté sympa : le gagnant des Hunger Games repartira célèbre et pété de pognon. Voyez qu’on est cool quand même. Hein ? Dites ? Ho ? Non ?"
Définitivement, je suis fan de ce principe que certains critiques ont présenté comme "riche", "fouillé" et "intelligent" avec, pour certains "une fine analyse politique". Oui, effectivement, si on a le sens politique d’une endive, ça doit effectivement paraître assez fin. Sinon, c’est complètement con, rappelons-le. Bref, revenons à l’intrigue (si, si, il y en a une, vous allez v… ah non, attendez, non, rien).
La bougresse du Capitole procède donc au premier tirage au sort (la jeune fille), et ça alors MAIS SUR QUI ÇA TOMBE DIS DONC ! Asseyez-vous car vous ne vous y attendiez probablement pas : sur Primrose (qui du coup, doit hurler "Ah bin merci le pin’s de merde, bravo, bien joué Callaghan !" mais on ne le voit pas à l’écran ), qui est fort peu enchantée à l’idée d’aller mourir dans une arène, et s’effondre donc littéralement alors que les pacificateurs s’emparent d’elle pour l’emmener vers la scène. Katniss, ne pouvant supporter l’idée de voir sa soeur se faire tataner par des margoulins en direct à la télévision, sort donc des rangs pour hurler "Je suis volontaaaaaaaaaireuuuuuh lâchez-laaa !" ; cela surprend l’envoyée de la capitale, qui du coup, accepte : un tribut volontaire, c’est suffisamment rare pour être noté ! Primrose est donc relâchée, alors que Katniss est appelée à monter sur scène, en attendant que le second tirage au sort soit effectué. Qui cela va t-il être ? Bob ?

L'Ecole des Fans, ça a quand même mal vieilli.
Perdu ! Qui dit truc pour ado dit triangle amoureux (mais pas ménage à trois, attention, ne confondons pas tout), il nous faut donc un autre garçon pour accompagner notre louloute dans l’arène : c’est donc un certain Pita qui est tiré au sort, ce qui intéresse notre héroïne pour deux raisons :
- D’abord, parce qu’elle le connait : c’est le fils du boulanger, et un jour, alors qu’elle mourait de faim, il lui a filé du pain discretos, alors que dans le coin c’est un peu une ressource de luxe. Il est donc sympa, comme tous les pauvres.
- Ensuite, parce que quand même, ce type a un nom de pain à kebab, ce qui doit avoir son intérêt quand on participe à un truc appelé Hunger Games. Alors à moins qu’une autre équipe ait dans ses rangs un certain James Choucroute, c’est quand même elle qui a le compagnon d’infortune le plus utile en cas de disette
Enfin je dis ça, mais aux Hunger Games, il n’y a qu’un vainqueur, donc si elle veut gagner, Katniss devra donc bel et bien le manger, et peut-être même sans sauce samouraï. Dur.
Contrairement aux attentes de l’organisatrice du tirage au sort, encore une fois, la foule ne semble pas ravie de voir ses deux candidats partir ; tout le monde se contente de lever le bras silencieusement en brandissant trois doigts : le salut des districts et de la corporation des proctologues. Cela dit, les jeunes gens sont emmenés chacun dans une cellule où ils pourront s’entretenir une dernière fois avec leurs familles : Katniss fait donc ses adieux à sa mère, et promet à sa soeur d’essayer de gagner, nom d’une pipe. Primrose en profite pour lui glisser son pin’s dans la main en lui susurrant "Tiens, reprends ta merde ça te portera bonheur.".
C’est moi qui regardais un autre film, où Primrose a l’intelligence d’un caillou ? Dis-donc, t’as pas remarqué que ça portait la chkoumoune ce truc ? Tu te souviens pas que c’est même pour ça que ta soeur a dû se porter volontaire pour te sauver les miches ? Non ?
"Merci", répond Katniss, qui elle non plus, n’a visiblement aucun souvenir de la scène précédente ou de ce qu’elle fait là. Ok. Dis-donc Maman Everdeen, va falloir penser à arrêter de fauter avec des minéraux, hein, c’est très mal. Oui, je te fais les gros yeux, mais tu as vu le résultat, dis ? Rah.
Bref : après tout cela, Katniss et Pita sont tous les deux emmenés vers un train de luxe (Je ? Attendez, et le gros vaisseau qui avait amené l’organisatrice du tirage au sort ? Ah bin, il a disparu du script, du coup, elle aussi prend le train pour repartir) où on leur explique que jusqu’aux jeux, ils baigneront dans l’opulence, et pourront se gaver de tout ce qui leur était jusqu’ici inaccessible (comme par exemple : du savon). Ils vont aussi rencontrer leur mentor – chaque district en a un – , Haymitch (on dira "Mitch"), ancien gagnant des Hunger Games qui pourra distiller moult conseils de qualité pour maximiser les chances des candidats ! Joie !
Sauf que bon : peu après que le train se soit mis en route, ledit Mitch parait dans la voiture qu’occupent les jeunes gens, et il semble plus être une grosse épave alcoolique qu’un coach en coaching VIP ; voilà qui est embêtant, tant les conseils de gens bourrés sont parfois difficiles à utiliser ("J’piiiiisse où j’veux, uiiiii madaaaame !", "Où qu’elle est la bouteille ? Où que… aaaaah, l’est là ! Héhéhé, l’est là !" ou encore "Je… j’suis pas bourré. ‘gad’, j’touche mon nez, ‘gaaaaaaad’ !"). Mais malgré le fait que son sang soit constitué à 76% de pastis, le bougre parvient quand même à énoncer quelques mots à sa troupe : il n’a pas de meilleur conseil à leur donner que de leur dire de se résigner à mourir. En effet, selon lui et comme chaque année, la victoire ira au district 1 ou 2. Pourquoi tant d’assurance dans ce pari, me direz-vous ? Et bien le bougre l’explique :
"Paaaasssqueeeee les districts 1 et 2, hé bin vous le savez, ils ont des écoles qui forment leurs jeunes aux Hunger Games depuis tout petit, en faisant des machines à survivre, tuer et gagner. Hé oui ! Du coup, chez eux, ce sont toujours des volontaires, en plus."
Que… quoi ? Vous voulez dire que le Capitole tolère que deux de ses districts entraînent en permanence ses jeunes à l’art de la guerre ? Bon sérieusement, depuis le début du film, à part présenter des tonnes de trucs incohérents incitant et facilitant une rébellion, on pourrait savoir à quoi sert le Capitole ? Tiens, et puis d’ailleurs, tant qu’à parler de trucs qui ne tiennent pas debout : donc, deux districts ont des écoles de formation aux Hunger Games, et envoient des volontaires motivés et entraînés dans l’arène massacrer les recrutés d’office souvent incapable de manier une arme des autres districts. Jamais ces derniers ne se sont dit "Ho putain les gars, sachant que de toute manière, on devra participer à cette merde puisqu’on est trop cons pour s’y opposer, pourquoi nous aussi on monte pas des écoles ? Comme ça, on, donnera au moins une chance à nos gars, plutôt que de les envoyer au casse-pipe ! Et on aura des volontaires en plus ! Sans compter que bon, en cas d’insurrection, v’la les machines de guerre ! Allez hop, au boulot !"
Mais non, dans le monde magique de Hunger Games, le Capitole trouve normal qu’il y ait des écoles paramilitaires chez les districts rebelles qu’elle humilie régulièrement, et les autres districts trouvent tout à fait normal de se donner le moins de chances possibles et d’envoyer mourir des gens au hasard ("Ah merde, pas d’bol, c’est tombé sur notre médecin : bon bah on va tous crever !"). Tenez, s’ils le pouvaient, ils recruteraient Raymond Domenech pour se donner le moins de chances possibles. Enfin.

Mitch donne de bons conseils, comme par exemple, bien diluer son eau dans du pastis pour la purifier. Merci.
Toujours est-il que Mitch n’est pas du genre à coopérer facilement ; il semble plus préoccupé par le contenu de son prochain verre que par le sort de nos loulous qui d’après lui, mourront quoiqu’il arrive. Mais c’est sans compter sur le charisme de nos deux compères d’infortune, et particulièrement celui de Katniss, qui finissent par avoir raison de son défaitisme. J’en profite dès à présent pour informer le lecteur que Katniss soufre du syndrome dit "de Bella" qui fait que, où qu’elle aille, tout le monde la trouve géniale au bout de quelques secondes, même si elle se contente de se curer le nez les yeux dans la vague. Bref : Mitch finit par lâcher quelques tuyaux de bon aloi :
- Déjà, il faut éviter de faire du feu, c’est un coup à se faire repérer d’entrée de jeu
- Trouver un abri et de l’eau est essentiel : avec ça, on peut tenir un petit moment, c’est donc prioritaire, bien avant de massacrer ses petits camarades
- Et surtout, plaire au public
T’inquiète mec, avec son syndrome de Bella, Katniss devrait gérer tranquillement. Mais au fait, pourquoi plaire au public ? Pour être invité chez Cauet ensuite ? Et bien non : tout simplement parce que des sponsors peuvent décider à tout moment d’envoyer des objets aider des candidats populaires pour se faire un petit coup de pub. Et il ne faut jamais cracher sur une arme, des médicaments, de la nourriture ou une cuisine en kit (pas de bol mec, c’est Ikea qui a décidé de te soutenir).
Cela dit, le train de nos héros lui ne s’arrête pas pendant ce temps, et bientôt, une formidable cité futuriste se dévoile aux yeux de nos tributs préférés : le Capitole, oasis de richesse et de bonheur au milieu des douze districts ; déjà, sur les quais, des curieux locaux se pressent pour tenter d’apercevoir les candidats de cette année. Comme ils sont riches, vous l’aurez deviné : ils ont tous l’air idiot, sont habillés de couleurs criardes et sont ridicules, méchants et cruels à la fois. Mais le contact n’a pas le temps de se faire entre le public et les candidats, car, bien vite, ces derniers sont emmenés dans les studios des Hunger Games, où une horde d’esthéticiennes et autres coiffeurs sont prêts à recevoir le bétail pour lui donner une apparence raisonnable ; épilation, maquillage & autres sont donc de la partie, par contre, on ne pose pas de prothèses mammaires, au risque qu’une candidate n’emporte un peu trop vite l’adhésion du public et des sponsors, pétant tout le jeu (c’est ce qu’on appelle "L’amendement Loana"). Cela fait, chaque district se voit confié à un styliste, et pour nos amis du 12, il s’agit de Lenny Kravitz, qui devait vraiment avoir faim (encore une fois, tout se tient).
Lenny est noir et donc cool : c’est le SEUL mec du Capitole que nos amis aient croisé et qui n’approuve pas le fait de faire s’entretuer des gens, ça tombe bien quand même ; mais s’il ne peut sauver nos héros, il peut cependant leur donner un coup de pouce en les aidant à attirer l’attention des sponsors, ce pourquoi il se propose d’habiller pour la cérémonie d’ouverture des Hunger Games nos larrons, non pas en mineurs comme le voulait jusqu’alors la tradition pour qu’ils représentent au mieux leur district, mais en tenues moulantes noires immondes qui seront recouvertes de flammes (très subtil) ! Fausses, les flammes, mais d’apparence bien vraie ! Aaah, c’est beau les nouvelles technologies au service de la mode, quand même. C’est trop bien, le futur : les flammes remplacent les paillettes (alors que l’inverse est impossible ; on se souvient tous de la vaine tentative de brûler Jeanne d’Arc sur un bûcher de paillette – ce qui la rendit à nouveau aussi euphorique et hystérique à ses débuts, son sang de pucelle ne faisant qu’un tour – qui dura quelques heures, jusqu’à ce que le bourreau ramène enfin une torche après avoir entendu la suppliciée demander une lapidation aux macarons en gloussant).
Donc, promptement, toutes les caméras du Capitole se tournent vers une sorte d’immense piste bordée de tribunes bondées de curieux, où bientôt, des chars vont apparaître, chacun transportant les deux membres d’un district pour les présenter à la foule, alors que César, le présentateur télé du début, commentera la cérémonie. Alors oui, oui, lorsque les chars rentrent sur la piste, je vous laisse deviner ce qu’il se passe : tout le monde se branle cordialement de 11 chars sur 12, et a les yeux qui ne pétillent que pour Katniss parce que holala, elle a des flammes sur elle dites-donc (Pita aussi, mais tout le monde s’en branle : c’est une histoire pour filles avant tout), et puis vous savez quoi ? Ella a l’air géniale !
C’est nul. Nul.
A noter que ça n’a tellement aucun sens que même une scène où les héros doivent faire coucou à la foule parvient à faire du n’importe quoi : le public s’urine dessus de joie et de surprise, tout comme César, non seulement à cause des flammes ornant leurs tenues, mais aussi parce qu’ils se tiennent la main pour la lever bien haut pour saluer la foule et montrer qu’ils sont fiers de leur district. Oui, d’accord, mais encore une fois, en 73 ans, PERSONNE ne l’a jamais fait ? Le coup du costume, déjà, si même un styliste de studio télé a accès à de fausses flammes pour l’esthétique, on peeeeut supposer que c’est quelque chose d’existant et de connu, pas qu’il a fait un bond technologique dans sa cave en faisant des recherches de savant fou sans ne jamais en parler à personne, non ? Idem pour le coup des gens qui se tiennent la main : c’est vieux comme le monde et ça surprend les gens ? Je sais qu’ils sont censés s’entretuer à la fin, mais quand même, c’est pas juste une ruse pourrie de base qu’on doit enseigner en première année à l’école des Hunger Games des districts 1 & 2 pour se faire aimer du public ? Non. Non, encore une fois : syndrome de Bella. Katniss est géniale et surprend tout le monde parce que… rien.

Tristesse en fin de défilé : il est grand temps de rapporter sa tenue de soirée à la boutique "Cuir, fouets et cagoules à clous" de la 7e avenue du Capitole
Allez, faisons semblant de n’avoir point perçu tout ce capharnaüm de grosses ficelles, parce que ce genre d’invraisemblance n’a pas fini de défiler sous nos yeux ébahis. En tout cas, après un petit discours de Président, le président du Capitole, qui se réjouit de ces 73e jeux, nos larrons sont envoyés à leur hôtel de luxe, puis, après une bonne nuit de sommeil, catapultés à l’entrainement pour profiter de quelques jours d’apprentissage des bases.
L’entrainement, parlons-en : toutes les équipes se préparent en commun, et c’est pour nous l’occasion de découvrir les autres personnages. Permettez-moi donc de vous les lister, même si je dois bien reconnaître que je n’ai pas retenu certains noms. Peut-être était-ce lié au fait que ces personnages n’avaient aucune importance dans l’histoire et étaient parfaitement interchangeables avec n’importe quel autre, ou bien tout simplement parce qu’on ne prenait même pas le temps de les nommer. Je broderai discrètement sur ces noms là, logiquement, vous ne devriez rien remarquer
- District #1 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
- District #2 : Cato, Clove
- District #3 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
- District #4 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
- District #5 : Jean-Jacques, La Renarde
- District #6 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
- District #7 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
- District #8 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
- District #9 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
- District #10 : James Choucroute ("Raaaah, je l’savais !" s’exclame Katniss en mâchonnant Pita), Jeanne-Jacques
- District #11 : Thresh, Rue
- District #12 : Pita, Katniss
Quoi ? Comment ça on sait déjà qui va crever comme un lapin sur une route nationale ? Comment avez-vous deviné ? Vous êtes super forts, je suis bluffé. Pourtant, le film fait bien attention à ne laisser aucun indice, je ne comprends pas. Bon enfin… bref, si je résume tout ça, sachez que par une incroyable coïncidence, nombre de personnages correspondent aux archétypes pourris des films américains pour lycéennes : pom-pom girl au rire débile, gros costaud un peu con con mais qui s’aime bien, petite fille timide (elle n’a que 10 ans à peine, pas d’bol !) qui n’a confiance que dans l’héroïne qu’elle considère comme une grande soeur (parce que dès qu’elle l’a vue, elle l’a trouvée géniale, etc)… je ne vous fais pas tout le tableau, vous avez compris.
En tout cas, l’entrainement commun est aussi l’occasion pour tous de noter les forces et les faiblesses de chacun : ainsi, lors des ateliers survie ("Comment se faire une couverture à partir de la peau d’un concurrent ?") animés par Mac Gyver qui leur explique comment fabriquer une Super 5 à partir de 3 branches, de graisse de sanglier et de mousse, on note que tout le monde n’est pas vraiment égal devant la chose. Les districts 1 et 2 semblent donc surentraînés, alors que des gens comme, à tout hasard, Pita, en chient comme des ânes ("Holala, je tombe. Holala, j’ai glissé sur une peau de banane. Holala, je m’ai fait mal, heuuu"). Le spectateur attentif notera qu’aucune arme à feu ne s’invite à l’entrainement : probablement pour plus de spectacle, seules les armes blanches, de jet et les arcs sont tolérés. Katniss dépote donc avec ce dernier, mais constate que Clove, une jeune fille du district 2, semble tout aussi douée au lancer de couteau, parvenant à toucher des cibles à moult mètres en leur tournant le dos, à cloche-pied, et sans les mains (elle est très forte).
Bientôt, Katniss remarque que Pita semble le sujet de bien des moqueries des vilains bourrins des deux premiers districts : elle lui dit donc "Vite, montre-leur que tu es très fort, sinon, ils essaieront de te tuer en premier" – "Tu as raison, je vais essayer ! Mitch nous avait dit de ne pas révéler nos points forts, mais je suis sûr que ton conseil est vachement plus pertinent que les siens, car tu es géniale, ne l’oublions pas !" déclare donc Pita. Oui mon vieux, mais toi et ton nom qui donne faim, tu serais un peu moins niais, tu te dirais "Non, effectivement : autant ne pas leur dire en quoi je suis fort, ça me donnera un avantage" voire "Mais non : s’ils sont entraînés, ils savent que la base de la base, c’est de d’abord tuer les forts tant qu’on est en forme, et ensuite seulement les faibles ! Donc autant leur laisser croire que je suis faiblard !".
Rassurez-vous : comme c’est écrit n’importe comment et que Katniss est une nouvelle Bella, c’est évidemment elle qui a raison, et ce sont les méchants qui agiront comme des cons. Pita a donc raison de montrer qu’il est fort, et pour ce faire, ramasse une boule en métal géante qui traînait dans le coin (que… quoi ? Qu’est-ce que ça foutait là ? C’est pour faire du bowling géant ? Il n’aurait pas pu attraper un accessoire qui avait une bonne raison d’être là ?) et la lance très loin, ce qui impressionne les vilains qui arrêtent de médire et s’en vont bouder à la cantoche. Bravo les amis, vous avez montré que vous n’étiez pas des rigolos. Ah, et j’allais oublier : on découvre au passage que Pita est un dieu du camouflage (je n’exagère pas : il maîtrise parfaitement les textures et peut prendre l’apparence d’un tronc ou d’une pierre en se peignant entièrement), qui maîtrise cette compétence car…
… il "décorait les gâteaux à la boulangerie".
Attends, c’était quoi tes gâteaux pour que tu les peignes comme ça ? Des cailloux à la crème ? T’as dû en manger un paquet pépère vu le niveau de tes réflexions, la vache.
Bon : je vais prendre un cachet d’aspirine et je reviens. Surtout, ne pas se demander pourquoi les districts 1 & 2 n’ont eux pas appris cette base de la survie militaire (rassurez-vous : la suite nous prouvera qu’en fait, les districts 1 & 2 ce sont juste des méchants – leurs districts sont assez aisés, quelle coïncidence ! – qui font n’importe quoi et n’étaient préparés à rien, parce que même tenir ce vague principe de tributs volontaires et entraînés, c’était déjà trop de cohérence, on ne pouvait pas décemment se le permettre, c’eut été respecter le spectateur, et ça, jamais !), au point que même le boulanger du coin les éclate tous en compétence pure.
Après ces quelques aventures, la suite est simple : les candidats sont invités à passer individuellement devant un jury de sponsors présidé par Monsieur Crane, le réalisateur de l’émission, afin de montrer leurs talents et d’être notés, permettant ainsi aux téléspectateurs de préparer leurs paris. Nous suivons donc Katniss qui, lorsqu’elle entre dans la salle, note que depuis le balcon où ils sont installés à quelques mètres d’elle, l’ensemble des gens l’ignorent totalement et rient entre eux en se gavant de mets divers (oui, TOUS : les riches sont bêtes et méchants, je ne vous l’avais pas dit ? J’imagine que l’auteur de ce livre à succès a dû sombrer dans les mêmes vices en touchant ses droits si on suit sa logique, mais passons, même si moi je pense qu’en fait, c’est Marie-Georges Buffet). Katniss est donc obligée de les interpeller en se présentant pour avoir leur attention : elle va faire une démonstration de tir à l’arc.
Hélas, le trac la prend, et voici qu’elle qui ne rate jamais, elle loupe complètement sa cible ! Rires et quolibets volent donc autour d’elle, avant que le jury ne s’en retourne à ses conversations en l’ignorant, ne voyant ainsi pas qu’elle tire une seconde flèche à la perfection cette fois. Vexée par cette attitude, la bougresse réagit donc en attrapant son arme pour tirer vers le balcon, et embroche ainsi une pomme à la seconde où Monsieur Crane allait la porter à sa bouche !

"C'est toiiii, qui a marravé ma petite pomme innocente, hmm ?"
Le silence tombe donc sur le jury sidéré, et Katniss lance donc un truc du genre "Voilà, merci de votre attention, allez, je m’casse, gros bâtards" (je ne suis plus sûr de la fin, mais bon, rappelons que le district 12, c’est la téci).
Hmm ? En 73 ans, personne n’avait jamais pensé à mettre le jury derrière une vitre sécurisée ? Et bin non : visiblement, tous les mecs jusqu’ici condamnés à mourir dans l’arène qui passaient devant eux et leur sympathique attitude, le tout une arme à la main, se contentaient de ne rien faire. C’est tellement crédible, une fois encore. En fait, tout cela est tellement mal fait que l’on dirait que ce sont les premiers jeux de l’histoire, un peu comme si quelqu’un avait complètement merdé dans l’écriture de la chose. Mais je dis ça au hasard : n’accusons personne.
De retour à son hôtel, personne n’a rien fait remarquer à Katniss pour avoir tiré sur le jury : en fait, tous les gens qui l’entourent la félicitent, Mitch particulièrement, et mieux encore, le jury s’est mis à la trouver géniale grâce à cela (… j’ai envie de me blottir contre mon oreiller en pleurant très fort) et lui a donc attribué la meilleure note. C’est vrai que c’est intelligent les gars ; faudra pas s’étonner si, les années suivante, le taux de mortalité dans le jury monte drastiquement parce que les candidats ont compris qu’il faut tirer dans les juges pour les impressionner. Ho, attendez, je retire ce que j’ai dit : peut-être qu’ils veulent vraiment mourir pour sortir de ce film pourri ? Ah, oui, en fait, ça se tient : excusez-moi, je n’ai rien dit mes bons amis.
En tout cas, les évènements, eux s’enchaînent, tout comme ma personne à son siège pour trouver la force de rester devant cette infâme daube : avant le début des jeux, une dernière émission télévisée est programmée, durant laquelle chaque candidat est invité à passer devant le célébrissime César pour expliquer devant toutes les caméras du pays qui il est, et répondre aux fabuleuses questions du présentateur-vedette. Si chacun fait un exercice assez moyen, évidemment, qui c’est donc que le public trouve géniale ?
Concentrez-vous, je ne vous file aucun indice.
Mais oui, bravo : Katniss bien sûr ! Qui lors de son passage, porte encore une robe avec des flammes, en hommage au surnom que le public lui a donné depuis la cérémonie d’ouverture : "La fille des flammes" (alors que Pita, que dalle : "La Pita cramée", ça sonnait mal). César pose moult questions du genre "Alors, ce sont de vraies flammes ?" (… mais merde mec, apparemment, c’est un truc qui existait DEJA chez vous, pourquoi poses-tu la question ?), et finalement, après un numéro passablement pourri mais qui fait s’extasier tout le monde, Katniss laisse sa place à Pita qui lui, joue une autre carte pour avoir le soutien du public : il explique qu’il y a une fille qu’il aime, et que remporter les jeux ne l’aidera pas à pouvoir faire sa vie avec car… c’est Katniss !
"Hoooooooo !" fait le public sur le plateau.
"Niiiiiiiiiiiiiif !" fait le lapin en forêt de Rambouillet, poussant fort pour chier un arc-en-ciel.
Cela étant dit, et alors que Katniss encaisse la nouvelle en se demandant si c’est une simple stratégie pour amadouer le public ou une vraie déclaration, tout le monde est ramené à l’hôtel. Demain, ils seront livrés à l’arène, un endroit de plusieurs kilomètres carrés qui, cette année, sera une forêt (ça varie à chaque fois ; l’an dernier, c’était les primaires du PS). Dans la nuit, donc, afin de ne pas laisser passé un cliché, Katniss se lève car ne trouvant pas le sommeil, et trouve Pita dans la même situation qui médite devant une fenêtre façon poète maudit. Ils discutent quelque peu et sont d’accord sur un point : qu’importe s’ils doivent mourir, ils veulent "mourir en étant eux-même, sans être des pions", tout ça, on est trop des ados rebelles en quête d’identité, tu vois, j’ai envie de me faire un tatouage mais ma mère elle veut pas. La conversation achevée, tout le monde au lit (mais pas dans le même, désolé Pita) !
Le lendemain, donc, chacun est emmené individuellement dans une sorte de loge très sobre pour les ultimes préparatifs : Lenny Kravitz est là à attendre pour aider notre héroïne à mettre sa tenue de combat ! (Ha et heu… mais alors qui aide Pita ? Il se démerde ? C’est parce qu’il a pas de roploplos, c’est ça ? C’est dégueulasse Lenny, dégueulasse), et lui tend donc un blouson fort proche de ce qu’elle portait chez elle quand elle chassait, lui indiquant qu’il a glissé dans la doublure… le porte-bonheur du début du film !
"Enfoiré, ça va me porter la malmoule, rah, mais tu veux me tuer petit salopard ? Tu vas voir ta gueule, attends que je te…" devrait dire Katniss, mais elle préfère se contenter d’un "Merci, hihihi !"
Au passage, Lenny fait comprendre que ce qu’il fait est interdit, car filer un objet – même merdique – à un candidat, c’est déjà tricher. Quel service ! J’imagine que si jamais Katniss gagnait, comme ça, on pourrait lui retirer la victoire, et allez savoir pourquoi, je suis assez persuadé que la triche à ce jeu est punie de mort. Vraiment : merci qui ? Merci Lenny ! Heureusement qu’encore une fois, le script l’oublie. C’est bien fait.
Finalement, un mouchard est implanté dans un bras de notre héroïne, afin que l’équipe d’organisation puisse savoir où elle est, et quel est son pronostic vital ; cela fait, la bougresse est emmenée avec les autres candidats sur l’un des 24 piédestaux servant de point de départ aux joueurs, en plein milieu de l’arène. Ces derniers sont tous alignés à quelques mètres les uns des autres face à une structure métallique en forme de corne abritant divers objets : sacs à dos, armes, équipements divers… c’est ce qu’on appelle "la corne d’abondance" (ou "la cave à Mustafa", comme on dit à Marseille). Et un gros compte à rebours est lancé, à partir duquel, les épreuves vont commencer !
Tout le monde se regarde nerveux, se campe sur ses jambes prêt à bondir, et soudain… c’est parti !
Les candidats se ruent vers la corne d’abondance, agrippant armes et sacs comme ils le peuvent, à l’exception de Pita, qui lui court directement en direction des bois, tout comme la Renarde, ainsi surnommée car étant une rouquine qui n’est visiblement pas pressée de rester en terrain découvert. Katniss hésite : Mitch lui a bien dit qu’il ne fallait SURTOUT PAS aller vers la corne d’abondance, car c’est une bataille géante où il y a 97% de chances de mourir si on est pas un dieu du corps-à-corps ; elle se contente donc de s’en approcher suffisamment pour attraper un sac-à-dos, situé assez loin du coeur de la corne, et jetant un dernier regard en direction des armes, et particulièrement du seul arc disponible, elle se barre en courant vers les bois.

"Dis Lenny, j'ai cru comprendre que tu distribuais des pin's, et tu vois, j'fais la collec..."
Elle est bien interrompue par un type armé d’une hache qui essaie de la tuer, mais ce dernier reçoit un couteau dans la gueule de la part de Clove, la fameuse reine du lancer ; cependant, alors que Katniss reste immobile à deux mètres d’elle, tétanisée, la bougresse rate tous ses autres tirs (… non mais ? Attendez ! Vous ne pouviez pas écrire "Elle n’a pas le temps de tuer Katniss car un autre tribut lui saute-dessus entre-temps ?" Non ? C’était plus simple de marquer "Clove ne rate jamais un seul de ses lancers de couteaux, à part quand c’est sur Katniss, où même si le tir est super facile, elle merdera complètement sans aucune raison ?"). Après avoir longuement observé ce trou dans le scénario s’agitant en face d’elle, Katniss hausse donc les épaules et se casse donc vers les bois, pour de bon cette fois.
Une fois suffisamment enfoncée dans la forêt jolie, Katniss ouvre son sac pour voir son contenu des fois que à tout hasard, elle tombe non pas sur du matériel de survie mais sur l’intégrale de Placid & Muzo. Ouf : elle trouve dans sa besace de la corde (rose, pour les filles, hihihi), un couteau, une gourde vide, une paire d’allumettes… bref, quelques trucs utiles. Du coup, elle tente de se trouver un abri car la nuit tombera bientôt, et se dit que puisqu’elle a ce qu’il faut, elle grimpera dans un arbre et s’attachera pour dormir. Ce qu’elle fait promptement, notant que chaque arbre semble truffé de caméras pour l’émission ; soit, c’est intéressant, mais là, déjà, elle dormirait bien un peu. On espère pour elle qu’elle ne ronfle pas, sinon, elle se réveillera probablement avec un couteau dans le cul, ou autre petite boutade amicale de tribut farceur. Les Hunger Games sont impitoyables.
Seulement, ce sont des coups de canon qui l’empêchent finalement de pioncer, et un petit paquet même, tous tirés d’affilée : ceux-ci annoncent les morts de la journée, puis des portraits s’affichent dans le ciel étoilé (qui est en fait un immense dôme), afin de savoir qui a passé l’arme à gauche. Autant vous le dire : un paquet de Jean-Jacques sont allés rejoindre leur créateur, soit environ 60% des participants. Il y a donc désormais moins de 12 candidats encore en jeu ! Il est aussi intéressant de noter qu’une voix off s’adresse aux tributs pour leur annoncer les choses : on dirait un peu le "Ici la voix", de Secret Story, sauf que personne ne hurle : "Moi je connais le secret de Katniss : en fait, c’est Bella avec un arc et des seins !". C’est bien dommage, parce que moi, j’avais bien envie de le faire, mais je ne pouvais pas, j’étais déjà occupé à convulser (quand un truc est trop nul pour les nerfs, ça peut arriver, c’est un peu l’obusite du pauvre ; la dernière fois que ça m’est arrivé, je venais d’entendre Nathalie Arthaud à la radio).
Mais bientôt, ce n’est plus le son du canon qui réveille notre louloute dans son arbre, mais un curieux crépitement : quelqu’un a allumé un feu près d’elle !
Oui, quelqu’un n’a pas remarqué cette fille accrochée avec une corde rose dans un arbre à quelques mètres. C’est tellement commun, les cordes roses et les sacs à dos orange dans les arbres, ça n’attire pas l’oeil. Enfin… l’heureuse propriétaire du feu est Jeanne-Jacques, une andouille qui se fait griller un petit lézard pour la nuit. Personne ne lui a dit de ne pas le faire ? Heu… et tiens, justement, personne n’a dit aux autres de ne PAS aller à la corne d’abondance, maintenant que j’y pense ? Attendez, ça voudrait dire que… mais oui, c’est ça ! Seul le district 12 avait un mentor, parce que quelqu’un en écrivant l’histoire a oublié que du coup, tout le monde devait logiquement en avoir un et donc bénéficier de conseils à peu près identiques ! Ah, c’est trop ballot. Mais rassurez-vous : dans la fosse septique, on est plus à une crotte près.
Pas de bol pour Jeanne-Jacques en tout cas, car soudain surgit à quelques mètres d’elle un groupe de personnages visiblement hostiles : les membres des districts 1 et 2 ! Ils se sont alliés pour défoncer les plus faibles ! Bon, ça n’a aucun sens parce qu’ils auraient dû au contraire, au mieux, s’allier avec les faibles apeurés pour se servir d’eux et tuer les autres forts avant de les trahir et de les massacrer aisément, mais c’est pas grave : là, ils se promènent comme les ados débiles de films américains, c’est-à-dire, en se baladant dans les bois en marchant très fort et en rigolant bêtement façon "On est l’équipe de football du lycée et on ne craint rien, oué heeiiiiin". On sent les gens entraînés depuis leur enfance. Enfin : ils tuent tranquillement la pauvre Jeanne-Jacques, avant d’aller en direction de l’arbre de Katniss (eux non plus ne remarquent pas le sac à dos ou la corde flashy) et de s’arrêter juste en-dessous (quel hasard !) pour rire très fort en disant "Hahaha ! Elle a bien crié quand on l’a tuée, hohoho ! Ce qu’on est méchant !" ; mais ce qui choque surtout notre héroïne, c’est quand elle aperçoit au milieu du groupe… Pita ! Qui dit "Je vous aiderai à trouver Katniss et à la tuer ! Je vous l’ai sûrement déjà dit, mais je voulais le répéter à haute-voix, là, maintenant, je sais pas pourquoi !" ; mais sitôt qu’il s’est un peu avancé dans les bois, Cato, le chef autoproclamé des méchants attrape par le bras une autre nana du groupe pour lui dire "Très bien, et une fois qu’il nous aura aidé à la trouver ON LE TUERA HOHOHO ! SI QUELQU’UN NOUS ENTENDAIT, CE SERAIT BIEN EMBETANT !".
Je connais un employé au bureau qui a dit "Il est vraiment bien comme film" qui va se manger une méchante retenue sur salaire. Je vais lui montrer qu’il ne faut pas dire n’importe quoi à haute voix dans la vraie vie des vrais gens. "Puisse le sort lui être favorable" comme on dit du côté du District 12, parce que moi, je ne le serai pas.
En tout cas, voilà pour les évènements de cette première nuit ; le lendemain matin, Katniss quitte sa planque et se met en marche dans une direction aléatoire, et approche ainsi de l’extrémité du terrain de jeu, ce qui fait paniquer l’équipe d’organisation car, apparemment, elle pourrait s’enfuir ! Attendez, mais le dôme avec les étoiles là, il repose pas sur des murs ? Non ? Visiblement pas : Monsieur Crane et ses gars paniquent en hurlant "Elle approche de la frontière du district 2, viiiite, il faut l’obliger à rebrousser chemin !".
Ho, donc le district 2 a pu voir un dôme géant se construire juste à côté de chez lui, sur la forêt du coin. Ils ne se sont pas vaguement doutés de quelque chose ? Du coup, ils n’auraient pas pensé à entraîner plus spécialement leurs candidats à la survie sylvestre pour cette année ? Hé bin non. Ils ont dû penser que c’était un nouveau centre commercial, ou bien une monstrueuse cloche à fromage pour garder un énorme camembert génétiquement modifié. Allez savoir.

Les méch... attendez, comment vous avez deviné que c'était eux ? On reconnaîtra donc de gauche à droite la caricature de la petite peste, les deux caricatures de footballeurs, et la caricature de capitaine des pom-pom-girls.
Bon enfin : pour éviter que Katniss n’aille courir la campagne et le gueux au lieu d’aller farfouiller les tripes de son prochain à coups de couteau, Crane ordonne donc que l’on mette des arbres sur son chemin, car oui, nos amis disposent d’une technologie qui permet de générer de la matière, même vivante, à partir de rien ! C’est intéressant comme truc. Personnellement, je serais le président de ce pays étrange, cela ferait longtemps que j’aurais utilisé la chose pour fournir simplement mon pays en richesses diverses et que j’aurais annexé les districts au Capitole en leur proposant luxe illimité et bonheur facile : non seulement ça pacifiait le coin, mais en plus je passais pour un héros humaniste pour les siècles des siècles tout en renforçant ma nation. Mais bon, hein, je ne suis pas le président : c’est sûrement bien plus intéressant d’utiliser ça pour faire des jeux à la télé. En tout cas, Katniss n’a que faire de ces quelques arbres surgissant du sol devant elle : elle continue de progresser dans la même direction, obligeant l’équipe de production à générer sur le terrain… des boules de feu ! Bon, c’est pour faire un feu de forêt, mais par un curieux hasard aussi appelé "faisons du spectacle", les projectiles frôlent toujours le cucu de Katniss, ce qui ne sera que le millième prétexte pour organiser une rébellion dans les districts : après tout, à quoi bon se plier au jeu si ceux qui l’organisent s’amusent à vous tuer sans vous donner la moindre chance de vous défendre quand bon leur semble ? Enfin bon. Personnellement, j’aurais dit "Ici la voix : restez dans la zone où on vous crame la gueule" voire, mais là, trop d’imagination : j’aurais mis des murs aux limites de l’arène pour régler la question.
Mais c’est vrai que c’est un concept un peu élaboré, le mur. J’étais pourtant sûr d’en avoir vu au Capitole, rah, ma mémoire doit me jouer des tours.
Passons, et observons plutôt : un feu de forêt se déclenche donc, cramant moult arbres (et les caméras dedans, mais puisqu’ils peuvent en générer à volonté, bon) et obligeant notre louloute à rebrousser chemin pour ne pas se faire transformer en merguez ; notons que dans l’affaire, alors qu’elle esquivait des boules de feu, elle a été blessé à la jambe, et boitille donc un peu, ce qui n’est pas vraiment bon signe pour la suite. Elle fuit donc les flammes, et finit par arriver à une petite rivière dans laquelle elle tombe sans vraiment le vouloir dans un terrible plouf. Et là, pas de bol : le groupe des méchants arrive dans l’autre sens (c’est tout à fait logique : il se dirigeait droit vers le feu de forêt, quoi de plus normal pour des experts en survie ?), hurlant "Ouéééé heuuuu les gaaaars, elle est là, héhéhé, ouiiii, si on lui courait après en rigolant bêtement ?" ; vite Katniss, fuis, ça sent la tournante cette affaire !
Notre héroïne galope donc hors de la rivière, puis sur un sentier voisin, mais hélas, sa jambe en piètre état ne lui permet guère de semer ses poursuivants ; aussi, elle décide de grimper à un arbre, car peut-être qu’avec un peu de bol, elle pourra défoncer la gueule à ses assaillants à coups de pomme de pin ; la chose commence plutôt bien puisque Cato tente de grimper à l’arbre mais ne parvient point à atteindre la bougresse (oui, on parle bien du chef des méchants, entraîné depuis son plus jeune âge à la survie en milieu hostile j’insiste qui est arrêté par un arbre auquel même une nana blessée peut grimper), ou même simplement à lui coller un coup d’épée au moins dans la jambe pour la faire saigner un peu, non. Il a plutôt une idée géniale : l’une de ses compagnes d’aventure dispose d’un arc ! Celui qui attendait dans la corne d’abondance ! Il lui ordonne donc de tirer, mais la donzelle ne sachant viser (petit rappel : elle aussi est entrainée au maniement de toutes les armes, mais pouf, là encore : nid de poule sur la route du scénario), elle loupe un gros cul immobile suspendu dans un arbre à 3 mètres. Cato s’écrie donc "CATO PAS CONTENT ! TOI DONNER ARC A CATO !" (Katniss rigole un peu parce que du coup, il a dit caca, mais elle arrête vite en pensant à la grosse flèche qu’elle va se manger dans la gueule) et tente donc sa chance : lui aussi rate donc son tir comme une vulgaire ouiche.
Juste comme ça : pourquoi avoir écrit que c’était des bêtes de guerre si c’est pour montrer exactement l’inverse ? Il suffisait de retirer ce passage pour que ça tienne un peu plus debout (mais pas beaucoup). J’ai toujours aimé cette capacité à rajouter des trucs exprès pour se tirer une balle dans le pied. Enfin.
Revenons à notre situation : Katniss est immobile dans un arbre, à moins de 3 mètres du groupe des vilains. Ces derniers disposent d’un arc avec encore un paquet de flèches, mais n’arrivent pas à comprendre comment ça marche malgré leur entrainement, et ont aussi parmi eux une certaine Clove, qui touchait des cibles au couteau à dix fois cette distance durant l’entrainement. Que faire ? Et bien ça parait logique, il suffit de…
"DORMONS."
Heu… dormons ? Oui, dormons. Dormons et oublions ce film. Donc oui : sur une suggestion du traître Pita, qui propose "Dormons, elle devra bien redescendre", la troupe des vilains décide de faire un gros dodo au pied de l’arbre de Katniss. Et des fois que ce ne soit pas encore assez bête, ils prennent grand soin de ne faire aucun tour de garde, pour que leur cible puisse se barrer comme elle l’entend, ou que n’importe qui puisse venir les égorger dans leur sommeil. Ou mettre du laxatif dans les gourdes des garçons et du GHB dans celles des filles histoire de rigoler un peu (on peut aussi faire l’inverse, auquel cas il va y avoir des nuages de papillons dans tous les sens), mais là, je m’égare en stratégies visant à obtenir la sympathie du public, passons.
Bref : Katniss, elle aussi, décide de dormir plutôt que de tenter de se barrer, et elle a évidemment raison de ne pas en profiter pour reprendre l’initiative, car, loin de là, un sponsor – encouragé par Mitch – a fait envoyer un petit parachute contenant un objet dans l’arbre de notre douce jeune fille : des médicaments ! Et plus précisément, un baume qui guérit toutes les blessures en une seule nuit, ça tombe bien quand même ! Allez hop hop hop, notre bougresse s’en tartine les jambonneaux, et reprend donc sa sieste. Et lorsque le soleil se lève, elle est prête à repartir, quand soudain, elle entend quelqu’un l’appeler discrètement depuis les branchages d’un autre arbre… c’est Rue, la petite fille timide du district 11 ! Qui indique quelque chose du doigt dans l’arbre de Katniss : un nid de guêpes !

Rue apparaîtra toujours cachée derrière quelque chose pour signifier qu'elle est timide. C'est connu, les gens timides se trimballent toujours avec un meuble devant eux pour se planquer.
Hmmm hmm. Elle a donc dormi, ainsi que nos amis les méchants, à quelques mètres d’un nid de guêpes sans que personne ne le remarque, d’accord. C’est vrai que ça ne fait pas de bruit ces trucs là. Enfin : Katniss comprend le message, et note que, incroyable hasard, ses poursuivants se sont tous endormis en gros tas serré PILE sous le nid : avouez que c’est quand même gros bien fait ; notre héroïne se saisit donc de son couteau et va donc scier la branche, ce qui, là encore, ne réveille personne.
Petit point : à ce moment là, nous bondissons sur le plateau de l’émission, où l’on retrouve César commentant l’action, et décrivant les guêpes en question, car elles ne sont point normales, non ! Ce sont des guêpes tueuses, créées en laboratoire, rien que ça, pour pimenter l’action ! Leur piqûre est affreusement douloureuse, provoque de graves hallucinations, et s’avère généralement mortelle (elles s’appellent "guêpes tueuses", pas "guêpes qui font un peu mal mais ça va", hein).
Revenons au travail de bûcheron canadien de notre amie Katniss, occupée à scier sa branche : les guêpes ne semblent pas apprécier sa présence et la piquent une, deux, trois fois avant qu’enfin, le nid ne tombe sur les dormeurs au sol ! Instantanément, un monstrueux nuage d’insectes grognons sort donc pour aller piquer en masse les méchants, qui s’enfuient en hurlant alors qu’ils se font ravager la face à coups de dards ; Katniss, elle, sent que sa tête lui tourne, mais elle parvient cependant à quitter son arbre pour se barrer dans une autre direction, avant de commencer à halluciner quelque peu. Déambulant dans les bois complètement défoncée (elle le faisait beaucoup chez elle, donc ça va, ça ne la change pas trop), elle finit par tomber après un moment sur le cadavre d’une des méchantes, la tronche un peu boursouflée de piqûres, avec encore sur elle… l’arc et le carquois dont Katniss avait tant besoin ! Quel coup de bol ! Mais hélas, le venin des guêpes, lui, fait son chemin, et bientôt Katniss s’effondre au sol, inconsciente.
Pour information : sachez que l’ensemble des méchants ainsi que Pita, qui se sont donc pris le même essaim "anormalement agressif" dans la gueule, et ce de plein fouet, vont très bien, merci. Par la suite, ils n’auront aucune séquelle, aucune marque, et en fait, aucun souvenir visiblement des probables centaines de piqûres mortelles qu’ils se sont pris dans la mouille. C’est bien fait quand même : ça aura juste servi à l’héroïne à récupérer son arc. Non, vraiment, c’est bien. Bien comme dans "Twilight, c’est super bien", par exemple.
Katniss, en tout cas, elle, finit par se réveiller dans un autre endroit des bois, à l’abri, avec des feuilles servant à panser les plaies des piqûres sur ses poignets meurtris. Que s’est-il passé ? Et bien Rue est là, et l’explique : elle a trouvé Katniss inconsciente et l’a donc emmenée à l’abri pour la soigner, car elle ne voulait pas la tuer : elle la trouve géniale. Pour ceux qui ne s’en souviendraient pas, je rappelle que Rue a 10 ans à peine à vue de nez, et a donc traîné à travers bois une fille pesant deux fois son poids, le tout sans laisser aucune trace de l’affaire dans le sol humide puisque visiblement, personne n’a pu la pister. Elle doit être haltérophile à ses heures. Enfin bon : elle informe notre amie qu’elle a dormi deux jours, qu’il y a eu encore des morts (dont le regretté James Choucroute) et qu’à part eux et les méchants, il ne reste plus grand monde, que Pita a quitté le groupe des vilains, et qu’il vit désormais "du côté de la rivière" (merci du tuyau, ça fait combien de kilomètres ?), et enfin que Cato et sa troupe ont regroupé toutes les provisions qu’ils ont récupéré sur les morts près de la corne d’abondance, et ont donc établi leur campement dans la clairière où elle se trouve.
Cela donne une idée à Katniss : et si… et si elle détruisait toutes les rations des méchants ? Rue ferait une diversion, et elle irait s’en occuper !
Ah oui ? Juste comme ça : tu vas faire comment ? Tu vas tout boulotter et aller te faire vomir ? Une attaque boulimie : ils ne s’y attendent probablement pas.
Mais non, rassurez-vous : le script est toujours au niveau du reste du film, donc tout a été pensé : le groupe des experts en survie a… et là, attention, accrochez-vous : entassé toutes ses rations pour former une pyramide (ils doivent être en manque de Minecraft), juste à côté de l’endroit où ils dorment, mais surtout, ils ont tout placé… SUR DES EXPLOSIFS !
…
…
…
C’est dur. Je vous jure, c’est dur. Et encore une fois, on parle d’un film qui a reçu un superbe accueil de la part tant de la critique que des spectateurs. Okay, donc, le commando super-entrainé des méchants a entassé toute sa bouffe, sans exception, au même endroit et sur des explosifs (on ne sait pas d’où ils les sortent, d’ailleurs, mais pif pouf, ils sont là), le tout, s’il-vous-plait, entouré de… mines antipersonnel !
Jusqu’ici, on se battait à l’arc et à l’épée, mais là, hop, des mines surgissent sans raison. Soit ! C’est bien comme plan : comme ça, le premier qui veut aller se taper un gueuleton dans la nuit et qui n’a pas les yeux ouverts, ou si jamais un marcassin passe dans le coin, tout explose, soufflant le camp et ses occupants, et les rares survivants n’auront plus rien à manger.
Faudra qu’on m’explique l’idée, parce que là, je vous avoue que cela m’échappe.

La petite Primrose a suivi le plan des méchants sur l'écran géant au milieu du district 12 et a donc éclaté en sanglots comme tout spectateur pourvu de neurones en l'entendant.
Un plan est donc rapidement mis sur pied par Katniss : elle va aller à la clairière armée de son nouvel arc, et pendant ce temps, Rue va faire du feu avec des branchages, pour attirer le gros des troupes loin de là. Et en effet : lorsque notre héroïne se rend sur place, sitôt que de la fumée parait au loin, les vilains s’élancent dans cette direction en grognant, ne laissant derrière eux qu’un gamin de 10 ans qu’ils ont enrôlé d’un autre district pour monter la garde, armé d’un javelot deux fois plus gros que lui.
Katniss observe donc la scène, et hésite à agir, car en réalité, elle ne sait pas qu’il y a des mines, mais s’en doute un peu. Elle marmonne donc "Ah, si seulement il y avait un gros deus ex machina pour m’indiquer l’emplacement de potentiels engins explosifs !" ; pas de problème : à peine cela dit, elle voit surgir devant elle sortant des bois une rouquine, La Renarde, qui d’un seul coup d’oeil a repéré les mines, et sautille donc au milieu du champ entre les engins enterrés avant de s’emparer d’un sac de nourriture ; puis, elle s’enfuit à toutes jambes, le jeune garde du campement s’élançant poussivement à sa poursuite. Plus personne en vue ? Bien : notre archère va pouvoir agir, et… non ? Non ? Non ! Je… c’est mon brandy c’est ça ? On m’a drogué ?
Noooon, mais sans rire ? Arrêtez enfin ! Elle s’avance HORS du couvert des arbres, juste assez pour être en PLEIN à découvert dans la clairière ! Et là, elle ajuste suuuuuuuuper lentement un sac de pommes qui avait été coincé entre divers objets au sommet de la pyramide (oui, les mecs n’avaient pas posé le sac : ils l’avaient coincé de manière à ce qu’il soit suspendu au dessus des mines, là encore, chapeau ; ce ne sont plus des ficelles, ce sont des chaînes de marine), et d’un trait, le déchire, faisant choir les fruits au milieu des mines, et provoquant ainsi une réaction en chaîne qui fait exploser l’ensemble de la pyramide de nourriture. L’explosion assomme d’ailleurs à moitié notre louloute, qui se retrouve les fesses dans l’herbe verte, à tenter de reprendre ses esprits alors que les méchants reviennent vers le campement, attirés par le raffut.
Que l’on se rassure : non seulement notre héroïne n’a pas été blessée par l’explosion de plein d’objets, dont nombre d’entre eux en métal, à quelques mètres d’elle, mais en plus, elle a visiblement désormais le don d’invisibilité, puisque personne ne la remarque malgré son arc et son carquois argenté, allongée en plein milieu de la clairière juste à côté du lieu de son forfait, premier endroit où tout le monde a dû regarder par réflexe. C’est magique. A la place, Cato montre bien qu’il est vilain, en tuant lui-même le jeune garçon qui avait mal monté la garde pour lui apprendre. Ah, mais ! P’tit con ! Raaaah, je suis méchant et je le montre pour ceux qui arriveraient en cours de film, car cette scène ne sert qu’à ça, grrrr !
Retournant dans les bois sans être inquiétée, Katniss tente donc de retrouver sa copine Rue, en utilisant le code dont elles avaient convenu : un sifflement particulier car, il existe dans ces bois et dans ce monde un oiseau nommé "geai moqueur", qui outre être celui qui est représenté sur le porte-bonheur de Katniss, est aussi un animal formidable qui peut reproduire n’importe quel sifflement limité (c’est une sorte de Jean-Michel Jarre à plumes) et le répandre auprès de tous ses compères à portée d’oreille. On imagine bien que dans le Youtube du futur, tout est pourri de vidéos de geais moqueurs sifflant du Super Mario ou le générique des Chevaliers du Zodiaque. Bref : Rue ne répond pas au code de Katniss, et à la place, est en train de beugler dans les bois "Au secouuuuuuuuuuuurs ! Katniiiiiiiiiss !" ; en effet, la bougresse a été prise dans un filet (Ah. Ça devait être dans la même cargaison que les mines et les explosifs), et ne parvient pas à en sortir : elle préfère donc hurler pour que le tout venant puisse venir la tuer.
Et ça ne rate pas : pile au moment où Katniss arrive et sort la jeune fille de sa prison de mailles, un chenapan des Méchants déboule tout seul (ils n’étaient pas tous toujours en groupe ? Comme, par exemple, il y a très exactement 30 secondes ?) et balance un harpon sur l’archère qui esquive promptement avant de lui coller une flèche dans la tronche en représailles ; hélas, pas le temps de festoyer : c’est Rue qui a pris l’arme en plein dans le bidou (c’est à ce moment précis que le Club lundi lecture du Ku Klux Klan est donc en joie) et se meurt en conséquence. La séquence émotion est donc à son comble : telle la grande soeur qu’elle n’a jamais eue, Katniss la prend dans ses bras et obéit à sa dernière volonté, c’est-à-dire, lui chanter une chanson cucu la praline sur un arbre joli dans une belle prairie, car elle chante si bien. Oui, ne me demandez pas pourquoi, mais Rue sait que Katniss chante bien, et a envie d’un moment cucu, là, tout de suite. Sitôt ses yeux clos lorsque vient la fin de la chanson, Katniss pose son petit corps frêle sur l’herbe humide et s’en va cueillir des fleurs pour les mettre dans ses mains et les poser tout autour d’elle. Cela fait, elle se tourne vers un arbre où elle a aperçu une caméra, et fait le salut des districts, l’air décidé, afin de bien annoncer que maintenant, ça va chier.
Au même moment, dans le district 11, pays natal de Rue, son papa pleure devant l’écran géant que lui et les autres habitants regardent en rang sous la menace des pacificateurs, et finalement, reprend courage en voyant Katniss faire le salut (Katniss qu’il trouve géniale, figurez-vous) : il va donc péter la gueule d’un représentant de l’ordre, bientôt suivi par d’autres, et hop : v’la t-y pas qu’une émeute commence, dis-donc.
J’ai envie de dire : "Aaah, bah il serait temps. Ca vous choquait pas les années précédentes ?".
Mais laissons. On retrouve donc au Capitole le producteur Crane qui va voir le président (qui n’a probablement qu’un réalisateur de téléréalité à voir en pleine émeute de district), pour lui dire que merde, une révolte ! Ce n’était JAMAIS arrivé (… ah oui, hein, c’est fou ? Moi aussi ça m’étonne. Mais pas exactement comme vous) ; le président lui explique donc que les Hunger Games sont là pour jouer un rôle : faire peur à la population, tout en lui donnant un espoir en lui disant qu’elle peut voir l’un des siens couvert de richesses (espoir qui n’a donc plus de raison d’être sitôt que l’on tire des boules de feu pour se marrer sur les candidats, par exemple, m’enfin je dis ça). C’est un fragile équilibre à maintenir : à Crane de jouer pour calmer le jeu et donner l’impression aux districts qu’ils doivent se concentrer sur l’espoir, et non la peur.

"Bonjour, je suis le président du Capitole. Je tenais à dire aux émeutiers que s'ils pouvaient fermer leur gueule comme durant les 73 dernières années, ils seraient bien urbains, merci."
Pas de problème : dès le lendemain, une voix résonne dans l’arène :
"ICI LA VOIX : comme dans toute émission de téléréalité, on a décidé de changer les règles en plein milieu. Désormais, si un district voit ses deux candidats vaincre ensemble, ils gagneront tous les deux. Et on dit pas DU TOUT ça pour le district 12, hein, hohoho, hem, bon, comment ça se raccroche ce bitonio là, Gégé, pourquoi ça clignote le bidule ?"
Katniss, entendant ce message, est donc toute joyeuse : hihihi ! Elle va pouvoir gagner avec Pita, qui est drôlement mignon, huhuhu !
Quoi ? Il m’avait trahi ? Mais non : c’était juste une ruse pour tromper les vilains. Une ruse de merde, mais une ruse : allez, on oublie tout, mais il faut déjà le retrouver ! Allons bon, il devrait donc être du côté de la rivière, si je ne me trompe, se dit Katniss en partant vers l’eau ruisselante. Ah, si seulement je pouvais avoir une piste… ah bin tiens ! Des traces de sang sur les galets ! Quelqu’un a eu la bonne idée de saigner sur les cailloux sur 600 mètres plutôt que sur l’eau à 10 centimètres à côté où ça n’aurait laissé aucune trace (et ça aurait en plus rafraîchi les petits pieds fatigués, oui madame) ! Sûrement Pita, qui a lu le script et sait que c’est moi qui vais le retrouver, et pas un des autres candidats venu le tuer.
Effectivement, quelques mètres plus loin, camouflé en caillou, Pita attend, la jambe blessée ; il est très heureux de voir Katniss, et tous deux vont se cacher dans une petite grotte du coin, où "personne ne les trouvera". Comme quoi, il suffit de le dire à haute voix pour que ça arrive. Pita : essaie de dire "Scarlett Johansson apparaît toute nue et m’emmène loin d’ici", pour voir ? Rah, t’es pas joueur. Revenons à nos moutons : là, évidemment, au fond de cette grotte humide, alors que la mort les guette, nos deux loulous se confient l’un à l’autre "Je t’aime", dit Katniss ; "J’ai envie de te prendre comme on prend un monastère franc", répond Pita, et les deux se font de gros bisous mouillés. Du coup, ils reçoivent un super cadeau d’un sponsor :
De la soupe !
Même pas des capotes ? Ou des médicaments pour la jambe du blessé ? Sympa les mecs ! Heureusement, ça donne une scène où la douce héroïne peut nourrir son compagnon blessé, histoire de rajouter de la cucuterie à la cucuterie. Heureusement, une voix résonne à nouveau dans le ciel nocturne :
"ICI LA VOIX : bon, les tributs restant, vous avez tous besoin d’un truc : shampooing, médicaments, viagra pour s’accoupler avec des chevreuils… un colis attend chaque district à la corne d’abondance… à vous de jouer ! Ah oui, faut appuyer là quand on a fini, hop."
Sitôt le message reçu, et malgré le fait que Pita refuse de voir la jeune fille partir pour ce qui ressemble diablement à un piège, Katniss quitte la grotte et s’élance dans la forêt pour aller jusqu’à la clairière de la corne d’abondance. Pita l’a cependant prévenu : c’est le repaire de Cato qui a pour habitude "de ne jamais s’aventurer en terrain inconnu", je cite. On parle bien du mec qui ne faisait que ça depuis le début du film, quitte à marcher en direction d’un feu de forêt ? Encore une fois : pourquoi rajouter ce genre de dialogue absurde autrement que pour hurler au spectateur "Hého ! On voulait juste te rappeler qu’on te prenait ouvertement pour un con, et qu’on a même fait un petit effort supplémentaire pour le prouver, j’espère que tu apprécies coquin !" ?
Bref ; à la clairière, Katniss passe la tête entre les fourrés et observe : un petit sac marqué "12" l’attend au milieu d’autres (y compris celui du district de Cato : le mec habite sur place mais ne l’a toujours pas pris, il a laissé le temps aux autres tributs d’arriver, il est sympa)… ah, si seulement elle avait un deus ex machina pour lui indiquer s’il y a un piège ou non !
Encore une fois, hop ! La Renarde rousse sort des fourrés, et court droit vers les sacs, en emportant un (… tu sais, les sacs sont minuscules, tu pouvais emporter les 4 et prendre l’avantage : de toute manière, les autres cherchent DEJA à te tuer, alors ça de plus ou de moins…) sans problème. Soit ! Katniss s’élance, et elle aussi parvient à tirer un sac (et un seul, là encore, bon…), mais comme la première fois qu’elle s’était rendue à la corne d’abondance, nous avons le droit au même rebondissement : Clove lui tombe dessus ! Et une fois encore (… arrêtez ce film, arrêteeeez !) elle rate tous ses lancers de couteaux à 2 mètres de distance ! Avec le dernier, elle attaque donc au corps-à-corps, et parvient même à prendre le dessus ; cela dit, elle a les gènes des méchants dans ses veines, donc comme tous les larrons du genre, plutôt que d’agir, elle tient Katniss au bout de son couteau et… lui raconte sa vie "Oui, je vais te tuer, tout ça, tu vas crier, holala, oui, à part si quelqu’un te sauvait, là, maintenant".

Malgré sa classe de ranger de niveau 3, Katniss a déjà accès au sort "Invocation du vieux poncif" pour se sortir du pétrin
Et je sais que ça va vous surprendre, mais quelqu’un la sauve ! Un certain Thresch, ami ou frère de Rue, je l’ignore, mais en tout cas du même district, qui s’exclame "Alors c’est toi et tes potes qui avez tué ma Rue ? Je vais te crever !" et comme il fait 40 bons kilos de plus que Clove, il a vite fait de lui éclater la tête contre la corne d’abondance, non mais ho ! Puis il se tourne vers Katniss, encore sonnée pour lui dire "Tu as été cool avec Rue. Ne me demande pas comment je le sais, puisque je n’étais pas là et que je n’ai pas la télé, mais je le sais. Donc je t’épargne pour cette fois, mais après, pas de pitié !", puis, il disparait dans le bois.
Hmm ? Et Cato dans tout ça ? Bin on ne le voit pas. On ne sait pas ce qu’il fait ; à mon avis, quelqu’un lui a fait le coup du laxatif dans la gourde. Il doit bien y avoir des baies qui filent la chiasse dans le coin pour expliquer cette absence étrange.
Katniss retourne donc à la grotte, où Pita l’attend ; elle lui fait donc encore des bisous (ce qui rend un peu jaloux son copain Bob, resté au district 12 à suivre tout ça à la télé), puis ouvre le sac qu’elle a récupéré : des médicaments ! Le baume super-soignant ! Allez hop : dors bien Pita, car demain, tu auras une jambe toute neuve toi aussi, j’en sais quelque chose !
Lorsque le jour se lève, en effet, notre larron n’a plus bobo à la jambe, et peut donc à nouveau repartir gambader ; Katniss est pleine d’espoir : "Pita, c’est génial ! On est tous les deux en forme, et on est la dernière équipe de district restante ! On va pouvoir gagner à deux à la fin de la partie !" – "Ho oui Katniss, tu as raison, c’est génial ! A deux, on a l’avantage ! Tiens, et si pour fêter ça, on se divisait en groupes de 1, pour que tu chasses pendant que je cueille de quoi manger ?" – "Ok gros."
A ce moment précis du film, j’ai arraché l’accoudoir de mon fauteuil – au grand dam des propriétaires du cinéma – et je m’en suis servi pour battre ma voisine de gauche en hurlant diverses insanités.
Ce qui est décidé est donc mis en action, mais alors que Katniss chasse soudain, elle entend tonner le canon annonçant un nouveau mort ! Pita ? Pita ! Vite, elle court vers l’endroit où elle l’a laissé, et elle ne trouve qu’une veste dans laquelle divers fruits des bois ont été déposés avec soin ; la vue de la chose semble paniquer encore plus notre héroïne, jusqu’à ce qu’elle tombe nez-à-nez avec Pita, qui va fort bien. Car finalement, le mort du jour est bien à côté d’eux : c’est la jeune rousse, La Renarde, qui a tapé dans les baies que Monsieur cueillait, et il s’avère qu’il s’agit bien des légendaires Baies à Chiasse du Bois Joli, qui vous obligent à tant vous vider en quelques secondes dans un bruit de cornemuse que vous mourrez instantanément de déshydratation. Ainsi, alors que de derniers papillons majestueux s’envolent du rectum de la défunte, Katniss dit bien à Pita qu’il a failli mourir empoisonné, quelle fin idiote ! Et elle comprend que la Renarde la suivait depuis le début (ne me demandez pas comment vu tout ce qu’elle a vécu, elle a toujours géré), mais que pour le coup, en voulant piquer les provisions, elle a scellé son destin. Katniss ajoute qu’il faut garder quelques baies : ça pourrait servir contre Cato.
La production de l’émission de son côté s’impatiente : il n’y a plus que 4 candidats : Katniss, Pita, Cato et Thresh, et il faudrait en finir ! Ils décident donc d’introduire dans la partie de nouveaux prédateurs, des sortes de monstrueux molosses que là encore, ils créent à partir de rien. Les tributs ne sont pas prévenus de la chose, et nos héros ne découvrent ce qu’il en est que lorsque Katniss marmonne "Je viens de perdre mon deus ex machina roux, si seulement j’en avais un d’une autre minorité pour détecter le prochain danger" car à cet instant précis, un terrible hurlement bestial résonne dans les bois, suivi de celui d’un humain que l’on dévore ; un coup de canon se fait entendre, et dans le ciel étoilé, le visage de Thresh apparaît, s’ajoutant à la liste des victimes. Ça ne sent pas très bon, cette histoire.
Katniss et Pita décident donc de se diriger vers la clairière pour trouver Cato et en finir avant que les créatures rôdant dans les bois ne les trouvent, mais, hélas ! Les bestioles surgissent et tentent de manger Pita, qui ne s’en sort que de justesse ; il faut donc galoper à travers bois jusqu’à la clairière, pour tenter de s’abriter sur la corne d’abondance (il n’y avait pas d’endroits dans la forêt pour grimper : ils n’ont pas réussi à trouver d’arbres, j’imagine). Pita y hisse Katniss, qui l’aide à son tour à monter, mais ha ! Ils s’aperçoivent que Cato est déjà là ! Oui, il attendait. Non, il n’a pas voulu les tuer pendant qu’ils tentaient de grimper en les empêchant de le faire pour que les loups les bouffent et ainsi gagner la partie tranquillement et avec style, ne me demandez pas pourquoi, j’ai encore mon accoudoir à la main et je n’hésiterai pas à m’en servir.
Le combat final s’engage donc, qui tourne à l’avantage de Cato, qui parvient à prendre Pita en otage, menaçant de choir avec au milieu des monstres en contrebas si jamais Katniss lui tire dessus avec son arc. La bougresse hésite, mais finalement, comme le brigand se met en bon méchant à lui aussi raconter sa vie, elle lui tire dans la main pour qu’il libère son ami, qui le pousse dans le vide en se libérant de son étreinte, puis le regarde tomber au milieu des créatures, qui s’empressent de le bouffer. Elle décide enfin d’abréger ses souffrances d’une flèche dans la tête, mais met si longtemps à se décider que le pauvre Cato a sûrement déjà eu le temps de mourir trois fois.

Rappelons qu'au final, cet homme n'aura rien fait du film à part tomber/se blesser/se cacher/passer à l'ennemi. Il est donc normal que Katniss soit folle de lui.
Ça y est ? Ils ne sont plus que deux ? Ils ont gagné ?
En tout cas, le soleil se lève, et les créatures, elles sont reparties dans les bois… quand soudain :
"ICI LA VOIX : ouiiiii, alors pour la règle des deux vainqueurs, je sais que personne ne l’avait vu venir, hein, c’était pas du tout gros, mais en fait, on n’en veut plus qu’un. Entretuez-vous, merci."
"Ho bin non alors !" répondent les deux tourtereaux en se regardant, n’ayant pas trop l’envie de se charcuter mutuellement, tant ce n’était pas l’idée qu’ils se faisaient de la découverte de l’anatomie d’autrui quelques heures plus tôt.. Katniss a alors une idée : "On avait dit avant de commencer qu’on ne voulait pas être leurs jouets… regarde, il me reste des Baies à Chiasses du Bois Joli : ça te dirait que l’on parte tous les deux dans une série de bruits liquides ? Enfin, surtout toi ?" . Ok, dit Pita : Roméo & Juliette Staÿle bébé, suicidons-nous ensemble ! Allez, à trois, on avale les baies : un, deux, tr…
"ICI LA VOIX : NOOOOOOOOOOOOOON ! VOUS AVEZ GAGNE !"
Car, pour des raisons qui m’échappent une fois encore (je dois me faire vieux), la production qui organise une téléréalité sur des gens mourant l’un après l’autre voit un inconvénient à une double mort avec en prime suicide amoureux, ce qui boosterait pourtant à coup sûr l’audience j’imagine, mais bon. Et ne me dites pas que c’est à cause du vieux refrain sur "la peur et l’espoir pour tenir les districts" : il ne tient déjà pas en soi.
Un vaisseau vient donc chercher nos héros, et bientôt, ils sont emmenés à une cérémonie où Président en personne les décore ; mais comme il l’a un peu mauvaise, il fait aussi enfermer Crane, qui selon lui, a fauté, dans une pièce où il n’y a que pour seule nourriture des Baies à Chiasse du Bois Joli. L’homme de télévision sait donc ce qui lui reste à faire. Le Président lui reproche d’avoir permis aux deux jeunes gens de, je cite, "ridiculiser le pouvoir" (il faudra m’expliquer où ; ils ont fait comment, à part en faisant du rien ? J’aime bien cette méthode Coué pour faire tenir ce truc branlant. On aime bien énoncer des trucs comme ça dans ce film pour dire que c’est vrai, si si, j’vous jure).
Les deux vainqueurs sont donc renvoyés en train vers le district 12, où ils sont accueillis en vainqueurs, même si Bob fait un peu la gueule à Katniss pour avoir faire des bisous à Pita l’homme kebab. On comprend alors que désormais, ils vont servir à la fois de héros et de symboles aux districts, et qu’ils risquent de reprendre espoir et de se lancer dans une nouvelle rébellion. La caméra nous montre alors le président observant la scène à la télévision, et grommelant quelque peu ; il fait une tête qui semble signifier qu’il n’en a pas fini avec ces jeunes rebel’z fougueux, et part donc préparer un plan maléfique en conséquence. Et…
FIN !
D’accord messieurs de la police, je repose l’accoudoir. Mais je vous jure : c’était trop dur.
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"Monsieur Connard, Monsieur Connard !"
La jeune fille aux cheveux ébouriffés passe la porte de la suite, sa tenue encore couverte de ronces et de chardons, alors qu’au milieu de la crasse qui couvre son visage parait un merveilleux sourire.
"J’ai réussi ! J’ai gagné les Hunger Games de cette année, regardez, j’ai suivi vos conseils !"
Le type ne bouge pas du fauteuil dans lequel il est installé, et se contente de poser délicatement son cigare dans le cendrier voisin avant de tendre un rafraîchissement à la gagnante qui n’a pas démérité.
"Et Peter ?
- Ah heu… non, Peter il a merdé : il trouvait les taupes super mignonnes, alors il a voulu s’en faire une ceinture, mais ça a un peu merdé parce qu’à part lui, tout le monde trouve ça laid. Surtout quand l’une d’entre elles a commencé à chanter un truc bizarre genre, justement "mignon mignon" : il a été repéré tout de suite et les autres se sont acharnés sur lui et son animal chanteur avec barbarie.
- Je vois. Je vous félicite Catherine. Vous êtes bien sûre d’avoir suivi tous mes conseils ?
- Tous je… heu…"
Catherine hésite un instant, sentant la tête lui tourner légèrement.
"Même celui de toujours surveiller son verre ?"
La pauvrette, se tenant le visage d’une main, observe avec inquiétude le verre vide dont elle avait avalé le contenu d’un trait quelques instants plus tôt.
"Et m…", articule t-elle péniblement avant de s’effondrer au sol, inconsciente.
Le type au-dessus d’elle achève de boire son propre verre avant de se pencher sur l’ingénue, écartant quelques orties prises dans les mèches tombées sur son visage tout en reprenant son cigare.
"Les gens mauvais ne sont pas toujours sur scène, ma chère Catherine. Les plus terribles sont ceux qui oeuvrent en coulisse, qu’ils soient scénaristes, ou non."
Dis-je en emportant le corps qui, bientôt, retrouverait à nouveau la forêt qu’il venait juste de quitter.