Il y a quelques temps, nous parlions céans d’une terre de légendes : la Belgique.

Il n’en fallait pas plus pour que par l’intermédiaire de quelque câble sous-marin me parviennent des missives électroniques indignées de Québecois s’indignant du fait que leur province était une fois de plus délaissée par un français arrogant. Si dans un premier temps, il convenait de faire les gros yeux à ces mécréants mettant en doute ma légendaire modestie, il finit par apparaître qu’il était parfaitement logique de parler de la Belle Province en ces lieux. En effet, ce blog traitant de nombreux sujets absurdes, il eut été bien inconvenant de ne pas évoquer la plus légendaire des provinces Outre-Atlantique, trop souvent moquée par des béotiens à l’humour douteux. Loin des préjugés, évoquons-donc cet endroit majestueux :

Le Québec

Le Québec, ou "Belle Province", est le nom d’une -justement – province canadienne célèbre pour ses velléités indépendantistes, sa gastronomie mystérieuse et ses chanteurs contestables. Véritable enclave francophone en terre hostile, encerclée à la fois par des canadiens, des états-uniens et des phoques (bien que dans certains Wall-Mart sur la frontière, il ne soit pas toujours facile de distinguer les deux dernières espèces), le Québec est tout ce qui reste de l’équivalent royaliste Français du programme Mars One : l’envoi de larrons vers une terre lointaine et hostile avec pour consigne d’y rester, nom d’une pipe.

Contrairement à la Belgique, le Québec est un endroit qui existe véritablement, comme en attestent de nombreux témoignages et exports d’humoristes. L’armée continue bien entendu de nier la chose, et fait souvent passer les dits humoristes pour des débris de ballons sonde, quand bien même il y a une différence de taille entre les deux : le ballon sonde, lui, a une petite chance de vous faire rire même par accident.

Il n’en est pas moins que les nombreuses archives dont nous disposons évoquant la Belle Province d’une manière ou d’une autre nous permettent d’apprendre bien des choses fascinantes à son sujet.

Le drapeau du Québec : blanc comme la neige, bleu comme ceux qui n’étaient pas dans leur cabane quand ça a commencé à tomber

Géographie

Située au Nord-Est du continent nord-américain, là où la nature se fait sauvage, le climat rude et la chanson mauvaise (les BB Brunes sont Québécois de cœur, je suppose), le Québec s’étale lascivement sur près de 1 667 441 kilomètres carrés, ce qui est beaucoup compte tenu du fait qu’on y trouve à peine plus de 8 millions d’habitants. A titre de comparaison, c’est 138 fois l’Île-de-France, mais avec 3 millions d’habitants en moins que l’originale. Autant vous dire que le Québecois est bien emmerdé lorsqu’il veut inviter son plus proche voisin à venir boire un coup : celui-ci a en moyenne 3 heures de route dans un sens et 3 dans l’autre. Et s’il a oublié les chips, il est feinté puisqu’il doit aller au magasin le plus proche à 4 heures de là, et ce en évitant les différents barrages routiers installés par la faune locale qui mettrait bien la main sur lesdites chips. Les orignaux, par exemple, sont parmi les plus redoutables malandrins que l’automobiliste puisse connaître, n’hésitant pas à se vautrer sur leur radiateur à pleine vitesse en faisant un bruit comme "Muuuufbrouloulougrüüüü" simplement pour arrêter leur cible. D’autres orignaux débarquent alors, tabassent l’innocent puis enterrent son cadavre dans les bois non sans avoir poussé le véhicule endommagé jusqu’à l’étang le plus proche. D’où le fait que le S.W.A.T Québécois soit constitué essentiellement de trappeurs, mais nous y reviendrons.

Cela dit, je m’égare : si le Québécois a bien du mal a réunir des gens pour une soirée mousse vu l’étendue du territoire, il n’en reste pas moins qu’outre les feux de camp, deux endroits essentiels lui permettent de fraterniser avec d’autres de sa race :

  • Québec, la capitale de la province, au nom particulièrement peu original bien qu’il s’agisse d’un palindrome phonique, notons l’effort
  • Montréal, cible prioritaire pour nos sous-marins lanceurs d’engins puisqu’abritant le festival "Juste pour Rire" ainsi qu’une filiale d’Ubisoft ayant participé au consternant Assassin’s Creed III (qui du coup, a sa place au festival "Juste pour Rire", tout se tient)

A noter que le Québec est traversé par le célèbre fleuve Saint-Laurent, dont le nom moderne remplace le plus ancien "Fleuve des Morues" (véridique). La légende raconte que c’est l’office de tourisme local, qui après le suicide de ses trois précédents directeurs, décida qu’il était peut-être temps de changer cette histoire de morues.

Le climat est lui à l’origine de la saga Game of Thrones, puisque l’hiver Québécois peut durer plusieurs années. On notera que George R. R. Martin s’est contenté de changer les noms à minima, puisque Mont-Réal devient simplement Port-Réal, que tout comme dans la ville à l’époque royale, on y trouve une "Main du Roi". L’auteur a bien tenté de s’inspirer de Québecois célèbres pour ses personnages, mais il faut bien l’avouer, il n’a jamais trouvé que faire de Robert Charlebois. Remarquez, on ne lui jette pas la pierre : personne d’autre n’y a réussi.

Histoire

Au Xe siècle, le célèbre viking Leif Ericson s’aventure loin à l’ouest, son drakkar fendant les flots jusqu’à ce que des terres inconnues se dessinent devant lui. Accostant avec son équipage sur une plage, Ericson constate un problème logistique majeur : en tant que viking, il ne dispose pas de drapeau à planter pour marquer son territoire, quant à un pipi dans le sable, c’est trop éphémère. Qu’importe : trouvant un autochtone, il lui plante sa hache dans la margoulette histoire d’en terminer avec ces formalités de plantage de trucs dans des machins, puis installe un village sur place. Rapidement cependant, les Amérindiens locaux s’avèrent très décevants :

  • Ils ne disposent pas de monastères francs, du coup, que piller ?
  • Ils ne disposent pas de bière, du coup, que s’envoyer ?
  • Ils ne disposent pas de mouton, du coup, comment s’accoupler ?

Le viking breeding nécessitant une présence importante de caprins, la colonie est donc stérile et s’éteindra rapidement. Il faudra attendre quelques siècles pour que de nouveaux aventuriers investissent cette terre mystérieuse, et cela arrivera finalement avec Jacques Cartier.

En effet, au début du XVIe siècle, les navires anglais s’ébrouent pour aller coloniser le nouveau monde. Rapidement, ils font plier les Amérindiens en les repoussant à l’aide d’armes modernes aussi mortelles que le pudding ou la gelée à la menthe, et s’installent sur ces terres riches et merveilleuses d’Amérique du nord en prétendant civiliser les sauvages. Apprenant cela, le roi de France sourcille donc un peu et décide donc qu’il est temps de passer à la phase II de la colonisation : civiliser les Anglais. Il envoie donc son meilleur homme, Jacques Cartier, gagnant du concours national de dictée des collégiens 1503, et lui ordonner d’aller au nord du nouveau monde pour installer une nouvelle colonie. Le roi en profite quand même pour lui refiler à fond de cale tout ce dont on ne veut plus en France : criminels, mendiants, et bien évidemment, hipsters (ce qui expliquera par la suite le goût des canadiens pour la chemise à carreau). La mission commence très fort puisque d’entrée de jeu, Jacques Cartier nommant la nouvelle province "Canada", il constate que les anglais lui piquent aussitôt le nom sans réfléchir. Jacques Cartier se lance donc dans une série de blagues, tentant de faire adopter aux anglais tout un tas de noms à la con sans qu’ils s’en rendent compte : certaines documents d’archives imputent ainsi à Jacques Cartier l’invention du comté du Sussex, ou encore la découverte d’Uranus (bien que le débat fasse encore rage, certains prétendant que ce dernier sujet est avant tout du domaine de la spéléologie, quand d’autres insistent sur le fait qu’en tant qu’expert en colons, Jacques Cartier restait le mieux placé pour traiter du sujet).

Même sur les gravures, Jacques Cartier n’a pas l’air super enchanté de sa découverte

Au XVIIe siècle cependant, le roi de France constate que les colonies ne pètent pas la forme : elles ne parviennent pas à croître. Son sourcil frémissant sous la puissance de sa réflexion, il réalise qu’il a alors peut-être oublié un truc pour aider la démographie locale : des femmes. Au soulagement de tous les ovidés des colonies, un navire est donc affrété pour recevoir les filles dont le royaume ne veut plus, à savoir cette fois-ci les blogueuses modes (un macaron a été caché dans la cale pour les attirer), les lectrices de Biba et les mannequins anorexiques fascinant les deux précédentes catégories n’ayant que des avantages pour les longues traversées : ça consomme très peu, on peut en stocker 4 par hamac, et en cas d’abordage, leurs hanches peuvent servir de grappins. Ne soyons pas sectaires : on trouve aussi trace d’utilisation de boulimiques, mais essentiellement comme balles traçantes pour les combats de nuit.

Par la suite, si les colonies vont enfin prospérer, les Anglais vont commencer à sentir comme une menace francophone risquant de les civiliser et de leur donner bon goût : des guerres vont donc éclater entre Nouvelle-France et Nouvelle-Angleterre, et après une ou deux Nouvelle-Branlée infligées à l’ennemi, le Québec finit par tomber aux mains de la perfide Albion. Un émissaire Québécois fut donc envoyé auprès du roi de France pour lui demander d’intervenir, par exemple en pétant la gueule d’à peu près tout ce qui portait une tunique rouge (les cardinaux présents à ce moment là prétendirent avoir quelque chose à faire de très important et disparurent dans de petits bruits de froufrous). Hélas, le Québec allait se perdre de lui-même lors de l’entretien auprès de son altesse le roi, dont voici à peu près l’échange :

"Bien, ami de Nouvelle-France, te voici en sécurité ! Parle librement, et dis-moi ce que tu attends du trône. J’ai fait préparer régiments, monnaie et navires pour venir à la rescousse des tiens : tu n’as qu’un mot à dire et la France s’en viendra te libérer !
- Tsé, l’rwô là, les anglais y nous causent bin des bibittes !
- Heu je… pardon ?
- Hey, s’pa si pire quand j’parle, dis ! 
- Mais… qu’est-ce que… que dites-vous ? 
- S’quoi c’t’histwôre ? Je suis tanné, c’est plate, j’pôrle mais tu panes rien ! 
- Bon, okay, je crois qu’on a un problème."

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Et en effet : découvrant que les Québecois avaient commencé à adopter un langage étrange, le roi supposa qu’ils avaient tout simplement muté au contact des Anglais et décida de revendre pour l’équivalent actuel de 17,55€ la province de Québec en se disant qu’ils feraient plus de mal à l’ennemi dans le Canada britannique qu’à l’extérieur de celui-ci. Lors de la vente aux enchères qui eut lieu, un certain Magnéto tenta bien de remporter la contrée, mais réalisant que cela faisait peut-être trop de mutants pour un seul homme, il se retira.

Toujours est-il que bien que passée au sein du Canada, la province de Québec ne se laissa pas faire et continua de défendre la langue française, bien que tout le monde ne soit plus vraiment sûr et certain qu’il s’agisse vraiment de la langue de Molière. Au XXe siècle, Charles de Gaulle remettra 10 balles dans la machine en allant y hurler "Vive le Québec libre" avant de s’enfuir en pouffant dans sa DS. Sacré Mongénéral, quel déconneur. Les Québecois, encouragés par ce soutien, continueront donc de lutter pour leur indépendance pour les plus modérés, et pour la conquête complète du Canada pour les autres.

Population

Le Québec est peuplé essentiellement de Québécois (dont la femelle porte le nom majestueux de Québécoise), mais aussi d’autres fiers peuples, tels des Amérindiens, des Inuits ou encore la famille Dion, dont le statut est encore discuté puisque des battues sont encore réalisées régulièrement pour tenter d’éviter sa prolifération. Comme dans d’autres cas précédemment évoqués sur ce blog, l’idée d’introduire la myxomatose en son sein fait doucement son chemin, mais là n’est pas le sujet.

Le Québécois est un être rude. Dernier bastion francophone d’Amérique du nord après la chute de la Louisiane, il sait que l’ennemi est partout, que la nature ne fait pas de cadeaux, que l’hiver sera long cette année encore et qu’il va devoir pelleter cette ostie d’allée encore des semaines. La Québécoise est encore plus rude pour une raison simple : elle doit supporter le Québécois. Tout comme lui, elle doit savoir mener des expéditions jusqu’à la supérette par moins 20 pour aller chercher de quoi faire des pancakes, survivre en cas de tempête de neige, reconnaître un électeur de Jean Charest à 100 mètres, et bien évidemment, savoir distinguer un orignal d’un caribou, pour savoir quel est le gang d’animaux sauvages qui fout la zone en ville ce soir (les deux espèces se sont très bien adaptées à l’homme, tout comme d’autres espèces dans le monde, n’hésitant pas à pénétrer dans les jardins, dévorer les victuailles, et selon certains témoins, piquer des motos pour aller molester les livreurs de pizzas façon Road Rash, bien que la police de Montréal rie à l’évocation de ces ridicules allégations : tout le monde sait que ce sont les castors qui piquent des motos, les orignaux et caribous préfèrent les monospaces). Toujours est-il que le Québécois aime son pays tout comme il aime sa langue. Il s’exprime d’un ton clair et fort, et n’aime guère que l’on se moque de son accent, fierté lui permettant d’exprimer ses origines. Par ailleurs, comme la Québécoise a le même accent que le Québécois, cela ne gêne en rien la parade amoureuse dont je vous passe les détails : sachez simplement qu’il y est question de match de hockey, de calembours sur l’Ontario, et de se couvrir le corps de sirop d’érable. Et non, on y parle pas de poutine.

Vous êtes vraiment plein de préjugés, c’est affreux.

Comme on s’en doutait, l’essentiel des actifs locaux travaillent encore principalement en tant que trappeurs – voire coureurs des bois – n’hésitant pas à stranguler des ours noirs à mains nues pour revendre leur fourrure à de quelconques touristes russes

A noter qu’en cas de succès de la parade, quelques mois plus tard naît un petit québécois, d’apparence presque humaine. Si aux débuts de la colonie, on prenait grand soin de baptiser les marmots en les plongeant dans le Saint-Laurent, la chose s’est bien vite arrêtée puisque le climat provoquant des glaciations particulièrement rapides, il n’était pas rare qu’entre le moment où l’enfant était plongé dans l’eau et celui où l’on prévoyait de l’en ressortir, une couche de 10 centimètres de glace ne se forme. Il fallait alors attendre le printemps, un à deux ans plus tard avec un peu de chance, pour récupérer ce qu’il restait du bestiau. L’avantage était cependant que tous ces enfants formaient de fameuses formes et couleurs sous la glace, donnant l’impression aux patineurs d’évoluer sur un carrelage bleu-rose du meilleur goût. Par ailleurs, et puisqu’il n’était pas nécessaire de lester un marmot avec un caillou pour s’en débarrasser grâce à ce phénomène, les fonds du Saint-Laurent sont encore relativement dégagés ce qui explique la riche navigation sur celui-ci.

Langue

Le québécois est assez semblable au français, bien que l’on y retrouve des spécificités intéressantes : ainsi, tout comme les schtroumpfs, les Québécois ont un mot faisant office de nom commun, d’adjectif, de verbe auxiliaire, de verbe tout court et d’à peu près tout ce que vous voulez : "Criss"

Exemple : "Criss ! C’te criss de tabarnac veut pas bouger ! Ostie de criss, faut que j’crisse de lô ! J’crisse tout et criss, je crisse !"

Si les linguistes continuent de se pencher sur la question, l’équivalent Québécois du grand schtroumpf n’a toujours pas été trouvé. Pour la salsepareille par contre, ce ne sont pas les pistes qui manquent.

Le Québécois se moque des Français qui "font du shopping avec leur bande d’amis" puisque lui "magasine avec son gang". Il rit ouvertement de ces panneaux "stop" puisque lui a des panneaux "arrêt". Il ne va pas voir "The Dark Knight" au cinéma, il va voir "Le Chevalier Noir". Bon, ça reste pourri, mais tout de même.

De manière générale, le Québécois se moque des Français qui utilisent des mots anglophones. Puis, il retourne dire qu’il trouve des gens hot ou que quelque chose est cute. En général, le Québécois et le Français finissent par être d’accord principalement lorsqu’ils visitent un même Skyblog. Les ennemis communs, ça soude.

Culture

La culture québécoise se veut noble, grande et rayonnante pour repousser ces impies d’anglophones. Hélas pour elle, elle est surtout connue pour Garou ou Lara Fabian, deux des principales raisons qui font que du côté de Paris, on commence sérieusement à se dire qu’il va falloir remonter le mur de l’Atlantique histoire d’éviter d’autres débarquement de ce genre.

On reconnait l’artiste québécois non pas à son accent mais à sa capacité à mimer tous les plus mauvais défauts des artistes français, à savoir utiliser le terme "généreux" dans toutes les situations sauf la bonne, à essayer de pousser le plus fort possible pour chanter, ce que certains appellent "le syndrome de Jéricho" (ou "syndrome du caca", c’est selon), mais il faut tout de même lui reconnaître de grandes qualités : ainsi, il porte souvent des noms rigolos, comme mon nouvel idole, Jean Rabouin, dont le seul patronyme fait rêver les foules.

Le Québec est pourtant le berceau de cinéastes, peintres, sculpteurs, poètes et quantité d’autres, mais à force de jurer en utilisant des mots à base de sacrements, Dieu a semble-t-il puni la Belle Province en leur refilant une terrible malédiction : seuls leurs chanteurs s’exporteraient. Lorsque vous parlez de cela à un Québécois, il vous répond en général qu’il "s’en pogne" mais sitôt la porte de sa cabane refermée, vous pouvez entendre de lourds sanglots : il a honte. Il sait ce qu’il inflige au monde.  Lorsque le Québécois a vraiment trop honte, il sait alors qu’il est temps pour lui d’abandonner toute vie saine et réflexion : il se retire alors dans une équipe de hockey, sorte d’arène sur glace, où il vivra péniblement ses derniers jours en tant que gladiateur jusqu’à ce que, à la suite d’une énième baston, il parte dans les limbes (puisque non baptisté à cause du Saint Laurent qui gèle, raaah, bon sang, vous ne suivez rien !).

Un concert de Lynda Lemay.

F.A.Q

Quelle est la devise du Québec ?

"Je me souviens". Et histoire de passer pour un peuple sérieux, les mêmes ont oublié pourquoi ils avaient choisi cette devise, sujette de tous les débats. C’est ce qu’on appelle la classe.

Je suis jeune et je travaille dans l’informatique, tout le monde me dit d’aller travailler au Québec, pourquoi ?

Parce que l’informatique là-bas a quelque chose à la fois de plus simple et de plus majestueux grâce à la puissance de leur équivalent local du schtroumpf. Ainsi, l’essentiel des informations dont vous avez besoin sur un ordinateur local sont par exemple forcément rangées dans : C:/Criss/Criss/Criss/Criss.txt . Je ne vous parle pas des spécificités du langage type "If Criss" "Then Ostie", c’est un peu complexe, mais sachez en tout cas que jusqu’ici, cela a été leur meilleure protection contre le piratage.

Le plus gros produit d’export du Québec serait donc les chanteurs ?

Non, on a par exemple pas évoqué Marcel Béliveau, qui popularisa l’un des trucs les moins drôles de l’humanité : les caméras cachées. Si celles-ci firent les beaux jours des proctologues qui n’hésitaient pas à imiter le fameux personnage tout en cachant leur caméra dans les endroits les plus inattendus, il n’en faudra pas moins que quelqu’un paie. Oh oui, paie.

Les Québécois sont-ils une menace ?

Oui, mais bon. Nous avons créé cette arme contre les Anglais, et maintenant, ils nous envoient leurs produits locaux, se retournant ainsi contre nous : le Québec, c’est un peu notre Skynet, il nous faut assumer. Il faudra envoyer quelqu’un dans le passé s’occuper de Jacques Cartier. Et de la poutine. Surtout de la poutine.

Qu’est-ce que vous avez contre Assassin’s Creed III d’abord ?

Ah non, mais rien. J’ai toujours rêvé d’un Pocahontas 3D.

Votre histoire de Game of Thrones, je suis sûr que c’est des conneries.

Ah oui ? Vous ai-je parlé de la ville de Fermont, au-delà du 53e parallèle, qui est protégée des dangers du nord par une immense structure appelée "Le mur" ?

You know nothing, John Snow.

Lucy pouffa du fond de l’armoire.

Quel endroit formidable pour gagner une partie de cache-cache ! Qui aurait pensé à aller la chercher ici ? Certes, on lui avait interdit de pénétrer dans la pièce… mais l’excitation du jeu et l’odeur de la victoire toute proche avaient incité son esprit enfantin à outrepasser les consignes du professeur Kirke. Et maintenant, voilà ! Elle savait ce qu’il y avait de l’autre côté de la porte qu’elle ne devait pas pousser : une minuscule salle aux murs nus et au parquet recouvert d’une couche de poussière qui lui paraissait quasi-centenaire tant chacun de ses pas semblait la marquer comme de la neige, lui rappelant instantanément les premiers jours d’hiver sur Londres, lorsqu’elle jouait sur les trottoirs encore blancs en riant avec ses frères et soeurs autour de quelque jeu enfantin.

Mais ce n’était pas ça qui avait attiré le plus attiré l’attention de Lucy : au centre de la pièce, il n’y avait qu’un seul meuble, immense, massif, couvert d’un imposant drap blanc qui, lorsqu’elle l’avait fait choir d’un mouvement souple, entraînant dans sa chute un nuage de poussière qui la fit éternuer, avait révélé une formidable armoire richement décorée. En entendant les pas de son frère Peter l’appelant derrière la porte, la jeune fille avait bondi à l’intérieur, persuadée que personne ne songerait à la trouver ici ! Quel bon tour elle jouerait à sa famille, lorsqu’elle sortirait, triomphante, de la pièce interdite sous les yeux étonnés de sa fratrie qui admirerait à coup sûr son courage !

Les réflexions de la jeune fille s’interrompirent lorsqu’un étrange courant d’air frais agita ses cheveux, en provenance du fond de l’armoire.

Lucy se retourna à la recherche de la source du phénomène : comment, dans un lieu clos, cela avait-il pu arriver ? Cela ne provenait probablement pas des slips du professeur Kirke, entreposés alentours, qui ne semblaient pas véritablement dégager l’odeur de pin que la belle enfant avait cru percevoir. Écartant un manteau, Lucy s’étonna d’en trouver un second derrière celui-ci, révélant que l’armoire était probablement bien plus profonde qu’elle ne l’aurait imaginé. S’avançant, elle écarta un nouveau vêtement, puis un autre, et au bout de quelques instants, réalisa qu’elle avait marché dans l’armoire sur une distance bien plus grande qu’une armoire normale n’aurait pu le permettre.

Un nouveau courant d’air, plus fort cette fois, lui fouetta le visage, et la jeune fille s’empressa de poursuivre son exploration, écartant de plus en plus vite les nombreux vêtements alentours, jusqu’à ce qu’enfin, elle s’arrête : devant elle, il n’y avait aucune paroi de bois marquant le fond de cette curieuse armoire, mais un étrange paysage : le meuble, tel un curieux tunnel, donnait finalement sur un agréable paysage enneigé, où au milieu de quelques arbres et rochers moussus, brillait un curieux lampadaire.

"Ouah !", dit Lucy, émerveillée, en sentant la neige crisser sous ses souliers alors qu’elle s’avançait en direction de l’étrange luminaire ; mais à peine avait-elle commencé à s’avancer dans ce paysage onirique qu’elle perçut un mouvement rapide derrière l’un des arbres autour d’elle.

"Qui… qui est là ?" – lança Lucy quelque peu apeurée et confuse, ses sentiments se bousculant tant la situation était étrange.

Une silhouette lui apparut, le crâne couvert de boucles châtains encadrant un visage rond qui semblait posé à la va-vite sur une silhouette trapue, vêtue d’un étrange uniforme que la jeune fille peinait à reconnaître. Une voix de baryton mâtinée d’un étrange accent sortit de la gorge du nouvel arrivant, dont les joues rouges et l’air amusé rassurèrent quelque peu Lucy :

"Mais, la police belge, jeune fille ! Que fais-tu toute seule, en plein milieu d’un parc de Bruxelles à cette heure, hmmm ?
- Et bien, Monsieur l’agent, j’étais dans une armoire, et soudain, je me suis retrouvée ici, je…
- Hoooo dis, qu’est-ce que c’est que ces carabistouilles ? Allez, rentre dans ton "armoire" alors, dis, avant que toute la Belgique ne se mette à ta recherche à l’appel de tes parents inquiets !"
  

Lucy porta ses mains à sa bouche, s’empêchant comme elle le pouvait de pousser un sincère cri de joie : elle venait de découvrir un pays imaginaire, au fond de l’armoire du professeur Kirke ! Il fallait absolument qu’elle aille prévenir Edmund, Peter et Susan, qu’ils viennent le voir pour le croire !

"La Belgique; quel drôle de pays !", se dit la jeune fille en courant vers l’entrée du passage qui la ramènerait au placard.

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La légende raconte que ce drapeau est 33% plus petit la nuit. Quel pays magique !

Depuis quelques temps, je note que de plus en plus de Belges passent par ici ; loin de moi l’idée de leur jeter la pierre, non, ils sont les bienvenus mais tout de même : cela fait un peu un choc, surtout lorsque l’on explique depuis des années maintenant qu’il s’agit d’un pays qui n’existe pas. Ce serait un peu comme découvrir que l’on est lu par des fées, des gnomes ou par des électeurs de Jean Tibéri. Brrr.

Et ces lecteurs, ainsi que d’autres, s’étant plaints de certaines remarques qui auraient été faites céans sur la Belgique, je me permets tout d’abord d’agiter mon doigt en fronçant très fort les sourcils en appuyant le fait que, hein, dites donc, bon (non, il n’y a pas besoin de plus d’arguments, que croyez-vous ?). Cependant, et tel un Kofi Annan 2.0, dans ma grande mansuétude, permettez-moi donc de dédier un article bien particulier à ce bel Etat pour lui rendre hommage et satisfaire les mécontents qui verraient dans mes remarques d’honteux préjugés. Aussi, en ce jour, je vous propose simplement de vous cultiver un peu sur le Royaume de Belgique qui, d’après les légendes, laisse apparaître les lumières de ses villes telles des feus follets aux voyageurs qui s’égarent, certaines nuits, du côté des Ardennes (un point de passage entre les deux mondes, d’après un druide de ma connaissance).

Bref : parlons-un peu de cet endroit qu’évoquent les bardes & les scaldes, particulièrement lorsqu’ils sont bourrés.

La Belgique

La Belgique, aussi appelée Royaume de Belgique en fonction des contes qui en traitent, est supposément un Etat situé en Europe de l’Ouest dont la capitale se nomme Bruxelles. Le pays est réputé compter environ 11 millions d’habitants que l’on nomme les Belges, qu’importe leur sexe, comme pour les anges, ce qui contribue à laisser entendre que toute cette histoire ne serait qu’une invention de quelque mystique qui aurait mariné un peu trop longtemps dans la bière. D’un autre côté, cela évite bien des questions existentielles aux féministes, qui du coup, se trouvent un peu à court de combats localement, on l’imagine bien volontiers.

S’il est toujours compliqué de situer la Belgique, il est à noter que l’on entend parler de ce pays en France (principalement au travers de calembours contestables), en Allemagne (principalement au travers de bières), au Luxembourg (principalement au travers d’argent ayant une provenance difficilement justifiable), aux Pays-Bas (même si pour le coup, on a jamais vraiment compris ce que ces gens disaient) et en mer du Nord, des marins prétendant que certains soirs, dans la brume, on peut entendre les sons lointains de ports & de villes là où il ne devrait rien y avoir, et qu’il ne fait guère bon se tenir près de la côte dans ces cas là. Bien sûr, les jeunes matelots ne prêtent que rarement attention à ces fariboles de vieux loups de mer sucrant les fraises, jusqu’à ce que l’on retrouve leurs cadavres couverts de moules,  des frites dans les narines et dans divers autres orifices que la décence ne permet pas de nommer dérivant sur les voies maritimes. On en déduira donc que les Belges peuvent se montrer très grognons quand ils veulent.

Bref : du coup, on situe la Belgique à peu près entre tout cela.

Géographie

Terre de contraste (comme chacun sait), la Belgique se présente comme un pays au relief proche de celui de Milla Jovovich, bien que contrairement à cette dernière, on la trouve dans beaucoup moins de mauvais films. On peut diviser la Belgique en deux grandes entités, définies par des caractéristiques culturelles et linguistiques précises :

  • au sud, la zone francophone, dite "Wallonie", où les gens vivent en paix, s’ébattant dans les champs en profitant de la vie. La région est connue pour abriter des villes comme Namur ou Liège, riches en patrimoine historique et naturel que l’amateur saura apprécier, ou encore Charleroi, où le promeneur peut parfois trouver moment pour se laisser aller à quelques flâneries Passage de la Bourse. Il fait bien évidemment toujours beau là-bas, au point que même les décors de "Plus Belle la Vie" semblent bien ternes à côté.
  • au nord, la zone néerlandophone, dite "Mordor", où la population parle un dialecte proche de l’orc. Verbazingwekkende, ai-je envie de dire. Vous pouvez y trouver des cités comme Anvers (ou Antwerpen), Kaprijke (si vous prononcez trois fois le nom de cette commune devant une glace – ce qui est fort difficile en soi – un démon apparaît pour prendre votre âme) ou encore des cités au patrimoine original et audacieux, comme par exemple Louvain (Leuven) et son hôtel de ville dominé par l’oeil de Sauron qui regarde toujours en direction de Bruxelles.

Cela n’a rien d’étonnant : rappelons que Bruxelles est une enclave bilingue au coeur de la zone néerlandophone, et que l’on peut comprendre le seigneur des ténèbres néerlandaises surveille de très près la chose. Ainsi, si vous vous parlez français sans autorisation dans certains coins, vous verrez une lumière flamboyante en direction de l’est et entendrez une voix désincarnée vous hurler : "Opgelet gespuis !". Après ça, même si vous n’avez rien pigé, vous y réfléchirez à deux fois avant de vous exprimer dans la langue de Molière n’importe où surtout en sachant que, pour rappel, le cri qui tue a été inventé à Bruges (ou "Brugge") en 1423 par un Flamand faisant coucou à un autre, un touriste français passant entre les deux au mauvais moment. Nul ne sait d’ailleurs comment le bougre avait pu s’y rendre, à moins bien sûr qu’il n’ait eu accès aux célèbres instructions utilisées quelques siècles plus tard par Monsieur Peter Pan, soucieux de se rendre dans le pays magique – mais belge – de Herve, "deuxième étoile à droite puis tout droit jusqu’au matin". Rappelons que la tentative de Monsieur Pan s’était achevée dramatiquement puisque, alors qu’il était allé chercher la famille Darling à Londres en 1940 pour les emmener en volant jusqu’au coeur de la Belgique, il fut pris sous le feu d’une batterie anti-aérienne française près de Dunkerque qui, après avoir sérieusement blessé John et Wendy, déclencha un feu dans le pyjama de Michael obligeant l’enfant à tenter un atterrissage de fortune du côté de Bray-Dunes. Les militaires récupérèrent les restes dispersés de cet OVNI organique sur la plage locale avant de tout boucler du côté de Maubeuge, la zone 51 française. Après ça, Peter Pan ne fut plus jamais le même.

Mais, revenons au sujet : le climat du pays est relativement tempéré, sauf lorsqu’il s’agit de créer un gouvernement.

Par contre la mairie de Louvain a une grosse facture de fioul pour alimenter l'oeil de flammes. Une fois ils ont bien essayé de remplacer le tout par du gaz naturel, mais il est devenu tout bleu et il n'insultait plus que les gens jetant des papiers par terre. Ça faisait tout de suite moins sérieux.

Histoire

La Belgique a une histoire riche et complexe qui sied à merveille aux paysages enchanteurs de ce pays étrange ; aujourd’hui encore, son patrimoine porte à la fois les stigmates et les ors du glorieux passé qui l’a conduit jusqu’à sa situation actuelle.

En effet, la Belgique est un pays ancien : dès la préhistoire, le territoire est occupé, comme l’attestent les traces relevées dans diverses grottes du pays, où les peuplades primitives se plaisaient à raconter leurs dernières aventures au travers de dessins peints à même la roche : dès ses origines, la contrée se présente comme le véritable berceau de la BD, même si, déjà, personne n’est sûr de savoir s’il faut garder Groumph Geluck, dessinateur de divers tigres à dents de sabre faisant des calembours souvent indéfinissables, prouvant ainsi que la Belgique est bien aussi le berceau d’un humour étrange. Cependant, l’antiquité se montre rude avec le fier peuple Belge, Jules César décidant de venir ravager la région à grands coups de légionnaires, faisant ainsi fuir tant une partie du peuple que la plupart des troupeaux soucieux de rester chastes. Il s’arrête naturellement au niveau des Flandres, effrayé par les locaux, et entame un repli stratégique jusqu’à Reims, qu’il fait capitale de la Gaule Belgique. La ville sentant le vieux piège décide cependant par la suite de tenter de devenir capitale de la Champagne plutôt que de la Belgique antique, tant le commerce de la célèbre boisson a un tantinet plus de panache que le trafic de moules à la sauvette. Les Belges se souviendront longtemps de cette trahison, et en 1914, laisseront passer juste assez d’Allemands pour qu’ils aillent coller une ou deux cartouche sur la cathédrale de la cité des sacres, histoire de.

Au moyen-âge, la Belgique se construit doucement, au rythme des diverses invasions qui rythment son quotidien : en ces temps joyeux où l’on s’échangeait la peste noire entre deux bises (avant la découverte du cacao et du chocolat, on offrait des bubons à l’être aimé, la Saint-Valentin était un peu moins bien vue), plusieurs armées francophones tentèrent déjà à l’époque d’aller calmer les flamands qui agressaient les oreilles des honnêtes gens, mais les choses tournèrent en général assez mal : qui ne se souvient pas de la bataille de Courtrai de 1302, durant laquelle les chevaliers français découvrirent que le cheval était un animal aquatique d’une qualité relativement contestable une fois envoyé dans des marécages, avant de s’apercevoir que le Flamand grognon équipé d’un couteau était lui fort vif dans son labeur d’homme de guerre, marais ou pas ? Pas vous ? C’est un peu scandaleux, que faisiez-vous en cours d’histoire ? Vous discutiez avec votre voisin, hein, avouez brigands ? Je suis scandalisé. Bon, enfin rassurez-vous : si vous voulez la fin de l’histoire, Philippe le Bel revint tabasser tout le monde en 1304, parce que bon, hein, on ne la fait pas à un roi capable de coller des mandales dans la gueule du Pape d’une main tout en faisant du méchoui de templier de l’autre, non mais ho. Heb je het ?

Par la suite, la Belgique ira de mains en mains : elle passera entre celle des Bourguignons, ces êtres vils (on ne le dira jamais assez), puis des Espagnols, laissant l’opportunité aux Belges de conquérir leur liberté durant l’heure de la sieste. L’Autriche, tentera aussi de s’en emparer, mais là encore, les Belges se soulèveront, du moins, tant qu’ils seront sobres. Tenteront encore leur chance les Pays-Bas, puis la France, puis le Congo, même si ce dernier cas est encore un peu flou, puisque si l’Histoire semble affirmer que c’est en fait le Congo qui aurait été conquis par la Belgique, une bonne partie de l’extrême-droite locale (connue, comme en France, pour son goût pour les études historiques de qualité) continue d’affirmer qu’il s’agirait en fait de l’inverse, et que cela se passerait en ce moment. Une lecture approfondie d’Hergé, célèbre historien belge, devrait pouvoir régler cette question (attention aux contrefaçons, tout de même).

Dans la version originale, il était écrit "Li roukmoute", mais cela a été considéré comme raciste

Au XXe siècle, bien sûr, et après une industrialisation à marche forcée, la Belgique se retrouve elle aussi plongée dans les tourments des conflits européens.  L’état-major belge, qui avait un temps misé sur ses pouvoirs de pays légendaire introuvable pour le mécréant, réalise bien vite que son statut de monde parallèle ne le protégera lorsque sa communauté germanophone lui apprend que Guillaume II a pour conseiller un certain professeur Maximilen Arturo. L’armée de terre belge développe donc une doctrine révolutionnaire, dite "Doctrine Abitbol", consistant à équiper ses troupes en accessoires classes dès 1914, l’ennemi ne pouvant résister psychologiquement à l’idée de se faire charger par des types habillés comme pour une soirée à l’opéra. Cependant, la Belgique réalisera bien vite que si le germain reste en effet largement perturbé par ce genre d’accessoire (des tests avaient été réalisés au préalable avec différents types de chapeaux sur les germanophones du pays), le servant de mitrailleuse, lui, n’a que faire de la mode et s’il s’y montre imperméable, il fait qu’autrui l’est beaucoup moins après quelques rafales bien senties. A l’époque, bien sûr, on ne connaissait pas les blogueuses modes, sinon nul doute que l’ennemi se serait replié en poussant de grands cris à la vue de tenues à paillettes.

La seconde guerre mondiale marque un nouveau tournant dans l’histoire de la Belgique, qui, lassée de servir d’autoroute aux différents belligérants, développe une stratégie encore plus audacieuse que la désuète doctrine Abitbol : le développement massif de nids de poules afin d’empêcher qui que ce soit de circuler correctement dans le coin. Si la chose se montre relativement efficace en 1944, lorsque les Allemands se retrouvent à devoir attendre que les trous suffisamment gros pour y paumer leurs chars tigres soient bouchés par la neige pour tenter leur contre-offensive, près de soixante-dix ans plus tard, une bonne partie de la population avoue commencer à trouver tout cela un tantinet lourd. On soupçonne Feu Vert d’arroser les campagnes électorales belges pour s’assurer que la situation demeure, afin de pouvoir continuer à vendre des suspensions par palettes aux habitants du plat pays (qui du coup, a ainsi gagné un certain relief, d’une certaine manière).

Par la suite, on entend guère plus parler de la Belgique, jusqu’au début du XXIe siècle, ou quelqu’un décide de relier le pays à internet. On note alors l’apparition massive de vidéos de Michel Daerden complètement cuit sur Youtube, obligeant à arracher tous les câbles (allant en direction de la deuxième étoile à droite puis tout droit jusqu’au matin, donc), le temps que ça se calme, avant de réessayer doucement.

Population

La Belgique est peuplée de Belges. Contrairement à ce que ce terme laisserait entendre à Isabelle Alonso, il s’agit bien de personnes des deux sexes qui se retrouvent là-dedans, les Belges n’emmerdant pas les Belges pour devenir des Belgeounettes. On distinguera donc les choses ainsi : il y a le Belge et la Belge.

Le Belge est de taille moyenne, le cheveu fin et clair volant dans le vent balayant ses terres sous le ciel bas, et sur son visage, on peut lire toute la fierté de son peuple qui s’est soulevé tant et tant de fois, que ce soit face aux invasions ou aux soirées cuites, même si ces dernières les obligent plus aisément à se coucher. Le Belge aime son pays et sa terre, et ne rechigne pas à rappeler au voisin français que la doctrine Abibtol visant à faire du  pays un pilier de classe au coeur de l’Europe a laissé quelques restes avec, par exemple, en lieu et place des "maires" pour désigner les élus à la tête d’une ville, des "bourgmestres", ce qui en jette quand même un peu plus. Le Belge est parfois moqué en retour par son voisin, qui voit en lui un être lent à l’accent amusant dont les principaux hobbys se limiteraient à manger des moules-frites en lisant du Franquin, mais il n’a que faire des préjugés : il est bien au-dessus de tout cela.

Parfois, le Belge rencontre la Belge ; il la reconnait aisément, car elle aussi, de taille moyenne, a le cheveu fin et clair volant dans le vent du soir ; il apprécie son sein lourd nourri au houblon et son sourire enjôleur qui s’affiche naturellement à chaque fois que ses yeux pétillent. Il prend sa douce main au creux de la sienne, et, la caressant d’un souple mouvement du pouce, il lui fait ressentir sa passion, son désir et son amour, avant de l’emmener au "Baudouin’s", un restaurant gastronomique qui saura ravir ses papilles. Il lui raconte sa dernière virée à Dinant, lui conte l’histoire du cheval Bayard et quelques anecdotes qui le font rire sur ce bon vieux Charlemagne qu’il a apprises un soir qu’il était dans un café de Tournai. Elle rit discrètement, et ses joues se gonflent en rougissant d’un plaisir, lui, non-dissimulé. Au moment du dessert, il lui dit qu’il n’en peut plus de désir : elle lui répond alors "Ja ! Neem mij ! Onmiddellijk !" ; le Belge fait alors ce que tout homme fait dans ces cas là : un coup de chaise sur le museau, la donzelle dans le coffre de l’Audi, et direction le nord du pays pour aller balancer le plus vite possible la bagnole dans les eaux sombres de la mer du Nord (si un ami est présent, il peut éventuellement jeter une seconde bagnole par-dessus la première pour être sûr que la bête ne revienne pas).

Après s’être lavé les oreilles, le Belge se retire en général dans un monastère, où il tente de se tourner vers Dieu pour se faire pardonner, mais bien vite, il découvre que la bière répond à bien plus de prières, et en abuse donc quelque peu. Ce comportement répandu, s’il est catastrophique pour la démographie du pays, n’en explique pas moins comment ce pays peut avoir autant d’abbayes trappistes et l’état déplorable de la mer du Nord.

Politique

La Belgique est une monarchie constitutionnelle : elle a un roi, actuellement Albert II, qui peut donc effectuer des trucs royaux comme faire du cheval, pointer son sceptre vers le ciel en invoquant le pouvoir du crâne ancestral pour impressionner les princesses en visite, voire le coller dans l’oeil de Sauron quand celui-ci lui parle mal (le roi est très tatillon sur le protocole, seigneur des ténèbres flamandes ou pas). Et pour compléter ce grand pouvoir, tout un système de chambres permet d’huiler cette belle mécanique. Ainsi, la chose fonctionne très simplement :

  1. Quelqu’un propose une idée pour améliorer la vie de tout le monde, comme par exemple, rendre obligatoire le giflage des gens confondant leur téléphone avec un haut-parleur qui fait un bruit de cigale en tentant de retranscrire un morceau chanté en réalité par un éléphant de mer.
  2. Quelqu’un écoute cette proposition. Il y a déjà un certain pourcentage de chances pour que ce quelqu’un ne comprenne pas votre langue parce qu’il vient d’une autre communauté, mais vous tentez quand même
  3. Si le quelqu’un a malgré tout compris votre idée et a fait de grands gestes pour approuver la chose avant de vous offrir de la verroterie, c’est gagné : il a compris ET approuvé (les deux ne vont pas forcément ensemble). Il n’y a plus qu’à rédiger un texte de loi à soumettre à la chambre des représentants !
  4. Hélas, vous avez rédigé votre texte dans une langue connue (quelle drôle d’idée), froissant la susceptibilité de ceux parlant l’autre : en sus de l’opposition politique simple, vous avez une opposition linguistique votre texte est donc rejeté.
  5. Vous revenez trois semaines plus tard avec des versions traduites dans les deux langues majoritaires : tout le monde lit la chose avec attention
  6. Un député germanophone insulte votre mère.
  7. Vous revenez deux semaines plus tard avec une version traduite en allemand en vous excusant d’avoir oublié cette communauté, ainsi qu’en affichant un air quelque peu bougon sur le visage, tant insulter les mamans, ça ne se fait pas.
  8. Quelqu’un fait remarquer qu’en fait, ceux qui écoutent le plus d’éléphants de mer sont les habitants des Flandres, et donc, que ce texte est discriminant et inégalitaire. Vous insinuez que c’est complètement con. Votre texte est à nouveau rejeté et vous avec, suite au poing que vous avez collé dans la margoulette du germanophone qui s’était précédemment illustré et avait rigolé au moment du vote.
  9. Vous plongez la tête dans un saladier de cocaïne pour oublier
  10. On vous en sort pour vous dire que si, en fait, il y a une solution, ce serait de diviser le pays en deux.
  11. Quelqu’un dit en trois. Tout le monde rigole, on se tape dans le dos, et on redit en deux.
  12. L’idée est soumise au roi pour la 17e fois en 4 jours, qui commence donc à profiter des deux doigts sur son sceptre pour faire des fourchettes à tous les visiteurs présents, tant il en a marre de ces conneries. Il décide d’écrire son prochain discours en klingon pour ne froisser personne.
  13. Les ophtalmos sont contents. Les fans de Star Trek aussi.
  14. Vous rentrez chez vous pleurer.
  15. Votre pharmacien fait un high-five à l’ophtalmo en espérant vous voir bientôt débarquer pour lui acheter son stock d’antidépresseurs

QUI A PARLE D'OPTHALMO ? HEIN ? Ho heu merde heu... hem : "Opgelet gespuis !"

Par contre, curieusement, et par une incroyable coïncidence, la Belgique a pris de très bonnes décisions face à la crise et contre les paradis fiscaux pendant qu’elle n’avait pas de gouvernement. De là à en tirer des conclusions sur le gouvernement français, je ne dis rien.

Culture & Religion

S’il est un produit à la fois culturel et religieux pour lequel la Belgique est réputée, c’est bien le Jean-Claude Van Damme. A la fois philosophe génial, mystique visionnaire et ninja psychopathe, c’est l’une des plus grandes célébrités du pays, et une légende planétaire qui continue de faire rêver les petits & les grands. Si certains, prétendant que c’est en autre ce gai personnage qui aurait contribué à faire passer les Belges pour des rigolos, il ne faut  pas oublier qu’il a représenté avec brio dans des films qui ont marqué les esprits.

En France, un peu jaloux, on a aussi tenté de créer un acteur biclassé philosophe en faisant bosser les meilleurs scientifiques du CNRS sur la question, mais on nos résultats, s’ils ont été probants, n’ont pas été aussi brillants que ceux du modèle.

Mais on oublie trop souvent que la Belgique, ce n’est pas seulement le cinéma profond et la BD, c’est aussi la musique ; n’oublions jamais que Lara Fabian ou Lio sont aussi des envoyées du plat pays, probablement pour se venger des blagues belges, ou quelque chose du genre ; en tout cas, la convention de Genève est en train de se pencher sur la question, afin de savoir s’il serait légitime ou pas d’arrêter les combats d’artistes douteux, tant la contre-attaque française à base de films de Kad Merad et Dany Boon a choqué le monde libre, sans compter la tentative échouée de la France de refiler Johnny au plat pays.

On en déduira que les Belges sont du genre rusés, un peu comme la fois où ils ont appelé une de leurs actrices "Cécile de France" pour nous la refiler. Dès que j’ai fini de rédiger mon courrier à Mélanie Laurent pour qu’elle accepte de porter le nom "de Belgique", nous en reparlerons.

Mais soit, le temps passe, et la conclusion approche, alors qu’il y aurait encore moult à dire sur ces êtres étranges d’outre-Lille.

F.A.Q

Je viens de tomber sur un livret informant qu’il faut tuer tous les Belges, que faire ?

Les farfadets, licornes et autres dragons ont déjà disparu : protéger les Belges, c’est garder un peu de magie au sein de notre monde. Franchement, pourquoi protéger les pandas plutôt que les Belges ? Je veux dire : avez-vous déjà vu un panda faire de la bonne bière ? Ces animaux sont consternants. Ah, ça par contre, pour faire du thé à base de vieux étrons, il y a du monde, mais dès qu’il s’agit de faire parler le houblon, il n’y a plus personne.

Ho, et faites attention, vous m’avez l’air un peu influençable, évitez de tomber sur Mein Kampf, ça risque d’être mal vu.

Est-ce vrai que les Belges sont bêtes ?

Ils viennent sur ce blog : c’est déjà inquiétant en soi.

Puis-je raconter des blagues belges à un Belge ?

Oui, à condition de les raconter lentement. Et de savoir comment sortir du coffre d’une Audi immergée.

Je voulais savoir : à votre avis, qui de René Magritte ou de Virginie Effira représente le mieux la Belgique ?

Demandez à de jeunes gens ce qu’ils en pensent. Si l’un d’entre eux connait Magritte, c’est probablement une créature polymorphe issue de la zone 51 de Maubeuge en pleine cavale : tasez à vue.

D’accord, mais si Magritte et Effira se battaient à mains nues, qui gagnerait ?

Magritte. Parce qu’il peut gruger en disant à l’arbitre "Ceci n’est pas un flingue" (Magritte était une sorte de jedi belge, jeune lecteur étourdi)

De tous les peuples de Gaule, sont-ce les Belges les plus braves ?

Ils vivent avec des Flamands : tout est dit.

Amis Belges, voilà pour vous ; maintenant, je ne veux plus entendre pleurer sur de soi-disant préjugés, non mais. Avec vos conneries, il va aussi falloir que je m’occupe des québécois à l’occasion : je ne vous félicite pas, garnements.

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Le professeur Kirke regarda l’homme en face de lui achever de charger sa remorque, des gouttes de sueur tombant partout autour de lui sur les graviers de la cour du manoir alors qu’il semblait peiner à achever sa tâche. Finalement, il fit claquer une ultime lanière sur son chargement, et s’en retourna vers le vieil enseignant en tirant de sa poche un portefeuille dont dépassaient quelques billets.

"Voilà professeur… bon, qu’est-ce que je vous dois ?
- 17 000 livres. Et pour ce prix là, je vous laisse l’armoire."
  

Tendant la main, Kirke vit une pluie de billets y atterrir, et il les compta l’un après l’autre tout en tirant sur sa pipe l’air tranquille ; finalement, et notant que le compte y était, il rangea le papier monnaie dans l’une des poches de sa robe de chambre, avant de raccompagner son client jusqu’à sa voiture. Une série de bruits sourds se fit entendre en provenance de la remorque,  ainsi qu’un cri étouffé. Kirke tendit l’oreille en souriant.

"Ça doit être la drogue qui ne fait plus effet.
- Comment vous avez fait votre coup ?
- Fort simplement. J’ai mis ce qu’il fallait dans leur petit-déjeuner, et un peu de LSD appliqué sur le fond de l’armoire : une fois qu’ils ont les veines prêtes à péter, ils y vont attirés comme sur du miel, avec de grosses hallucinations en prime. Ils croient y voir un pays imaginaire… enfin je crois, vous savez comme sont les enfants. Il n’y a plus qu’à fermer derrière eux et à passer une annonce sur le bon coin.
- Oui, je commence à connaître. Bon, excusez-moi professeur, mais j’ai de la route à faire si je veux attraper le ferry.
- Je vous en prie, faites."
  

Le type s’engouffra dans la voiture et démarra doucement, entraînant avec lui la remorque portant l’armoire du professeur jusqu’à ce que le véhicule disparaisse enfin au coin de la grille du manoir, quelques légers bruits sourds provenant de l’intérieur du meuble pouvant encore être entendus pour qui avait l’oreille. Le professeur resta encore quelques instants à profiter de l’air frais la pipe en bouche, puis remonta l’escalier de marbre menant à sa large demeure en tapotant sur sa poche de billets mal acquis.

"Ah, ce Marc Fromhole. Quel bon client"

Dit-il en ricanant.

Ah, 1er avril, jour merveilleux où chacun se sent libre d’exprimer les plus mauvais calembours et plus odieux canulars, couverts qu’ils sont par une tradition pluriséculaire. On fait de fausses déclarations, de falsifiées révélations, et surtout, les enfants s’en vont coller quelques poissons dans le dos des adultes avec plus ou moins d’adresse.

Le bel âge polisson ! Aujourd’hui encore, je perpétue cette époque bénie en clouant des morues dans le dos de quelques femelles dont les tenues multicolores ont attiré mon œil alors qu’elles sortaient de leurs emplettes chez Jennyfer. Mais en ce beau jour de printemps, alors que j’étais tranquillement en train de fignoler l’un de ces petits travaux (j’avais tordu le clou sur la colonne vertébrale, il me fallait tout recommencer), j’aperçus fugacement un petit lapin.

Un petit lapin en pleine cité ? Comme cela est peu banal ! Prenons le en chasse, me dis-je, laissant sur place mon maillet et mes clous de chantier. L’animal me posa bien quelques problèmes tant sa vigueur et sa célérité étaient supérieures en tout point aux miennes. Mais l’acharnement paie : au terme d’une brève course poursuite, le léporidé s’infiltra dans une vieille bâtisse bordant une rue fort peu fréquentée. A peine avais-je poussé la porte entrouverte de l’édifice que celle-ci se referma derrière moi dans un bruit lourd, suivi d’un autre indiquant que l’on venait de m’enfermer de l’extérieur. L’obscurité du lieu s’illumina soudain lorsqu’un écran blanc parut sur un mur et j’entendis la voix de Satan résonner à mes oreilles :

"Bienvenue mon ami, bienvenue ! Cet endroit est parfaitement clos, il n’y a aucun moyen de s’en échapper ; installe toi confortablement, tu n’en ressortiras que dans une heure et quarante-neuf minutes, une fois que tu auras visionné le dernier Tim Burton !"

Bon sang. Mes travers zoophiles m’ont perdu : plus jamais je ne suivrai un lapin que je ne connais pas.

L'affiche : Johnny Depp, du maquillage décalé, et hop, les fans de Tim Burton affluent.

Il ne s’agira pas ici de débattre du fait que tout cela respecte le livre ou non, que le film porte très mal son titre ("Alice au Pays des Merveilles" ne relate que le premier voyage d’Alice ; le second, c’est-à-dire traité ici est "de l’autre côté du miroir"), ou encore de savoir à quel point Lewis Carroll aimait les promenades en barque avec des enfants. Contentons nous de le spoiler, voulez-vous ?

Cette belle histoire commence alors qu’Alice n’est encore qu’une enfant ; son père, un ambitieux aux idées folles tente vainement de convaincre ses associés qu’il faut installer des comptoirs commerciaux en Asie. Alors qu’il discute de cela, Alice arrive et raconte à son papa l’affreux cauchemar qu’elle vient de faire, dans lequel il y avait des animaux qui parlaient, un lapin en retard, un chapelier… bref. Mais évidemment, papa Alice est un type attentionné pour sa fille qui la rassure, et lorsque celle-ci s’interroge sur sa santé mentale, il lui glisse deux trois mots gnans-gnans sur le fait que haha, oui elle est folle, mais beaucoup de gens bien le sont. Tim Burton, tu es vraiment formidable : ta phrase cucu, on ne sent pas du tout qu’elle va ressortir plus tard dans le film. Oh non, pas du tout. Quels beaux sabots tu as dis moi, aurais tu visité la Hollande récemment ?

Mais revenons au sujet : les années passent, papa Alice est mort et un jour Alice elle-même doit se rendre à une fête dans la campagne anglaise en compagnie de sa mère. Cette dernière s’indigne du fait que sa fille soit une petite délurée qui ne porte ni bas ni corset, ce qui est proprement scandaleux, j’en conviens (mesdemoiselles, vous qui me lisez, j’espère que vous approuverez mon propos. Et pourquoi pas des femmes en pantalon ?). Une fois à la fête en tout cas, Alice est présentée à un jeune homme, Hamish, le fils de la famille qui organise la fête, qui n’est autre que celle d’un ancien associé de feu papa Alice qui a racheté sa société après sa mort. Hamish est très coincé, très prout-prout, mais surtout, très roux ; bref notre jeune fille rêveuse et libertaire ne le trouve guère à son goût. Seulement voilà, durant la fête, Alice apprend qu’en réalité il va la demander en mariage, et que toute la fête a été arrangée pour cette occasion. Un coup monté ! Exactement comme moi devant ce fi…

"Nt nt. Continue ou je t’oblige à le voir en 3D !"

Fort bien Satan, j’obtempère. Comme si j’avais envie de payer 4€ de plus pour avoir mal à la tête. Et dire qu’il y a des malins pour y emmener leurs compagnes et qui se plaignent ensuite de leurs migraines. Mais que disais-je avant cette interruption ?

"Le mariage."

Ah, oui, merci, le mariage. Hamish invite donc Alice à venir le rejoindre dans un coin du jardin, où il va pouvoir faire sa demande en mariage devant l’ensemble des invités présents. Sympathique ma foi. Seulement, après avoir posé la question essentielle ("Veux tu passer le restant de tes jours à contempler ma rouquemoutitude chaque matin lorsque tu te réveilleras ?"), Alice hésite, ne sait que répondre, hésitant entre accepter ce mariage forcé et assumer ses envies de liberté, d’anarchisme, de cocktails molotovs et de lutte anticapitaliste. Mais finalement, c’est en apercevant un lapin vêtu d’un gilet lui faisant signe à l’aide d’une montre à gousset (je comprends sa surprise, c’est tout de même fort original : chacun sait que les lapins utilisent des montres à quartz) qu’elle choisit de partir en courant, laissant Hamish penaud devant ses invités.

Un lapin qui n'a pas de rolex à 50 ans a raté sa vie.

A la poursuite du lapin, Alice finit par apercevoir ce dernier qui rentre dans un grand trou sous un vieil arbre : c’est donc tout naturellement qu’elle y rentre la tête la première. Les enfants, vous qui me lisez, ne le faites pas en vous promenant en forêt : mettre son nez dans un terrier de lapin revient à prendre un fort risque de se couvrir le nez d’excréments divers et de recevoir quelques coups de dents éventuels. Remarquez, ça arrive aussi aux adultes urbains lors de certaines soirées privées qui… heu… attendez, je m’égare.

Alice chute hélas dans le trou et choit sur plusieurs centaines de mètres croisant des objets divers & variés (horloges, chaises, lits, exemplaires dédicacés de Mein Kampf, chandeliers…) flottants, tombants ou encore prenant des trajectoires aléatoires. Notre héroïne finit cependant par toucher le sol sans dommage et se trouve au milieu d’une salle avec des portes toutes verrouillées. Cependant, sur la seule table de la salle, elle trouve une minuscule clé, qui ouvre une minuscule porte, bien trop petite pour elle. D’ailleurs, on constante qu’elle est observée à travers les serrures à son insu par des personnages qui se demandent si elle est bien "la" Alice, et en doutent fortement. En tout cas, notre jeune anglaise a bien de la chance : à côté de la clé, sur la table, il y a une bouteille marquée d’une étiquette "Drink me" : ni une ni deux, elle en avale goulument le contenu, tout comme si elle avait lu "vodka-fraise".

Coup de chance pour elle, pas de GHB dans le mystérieux liquide : elle se met simplement à rétrécir. Sauf que comme une grosse maligne, elle n’a pas pensé à laisser la clé sur la porte ou avec elle ; à la place, elle l’a laissée hors d’atteinte pour sa nouvelle taille sur la table. Là encore, ça tombe bien, car un minuscule gâteau "Eat me" l’attend. Et une fois avalé (cette fois, elle a dû y lire "0%" pour y mettre tant d’empressement) , elle grandit, tant et si bien qu’elle est plus grande qu’à l’accoutumée. Malgré tout, elle finit par ouvrir la minuscule porte, par reprendre un peu de potion pour rétrécir et en route pour sortir de cette pièce.

Dehors, le monde est… disons "jardin à l’anglaise kitsch avec sa touche Tim Burton". Alice s’y rend compte qu’elle est effectivement bien plus petite que les fleurs & champignons environnants. Mais elle rencontre bien vite toute une troupe de personnages facétieux : une souris et un dodo ainsi que d’autres animaux qui parlent tous, deux jumeaux obèses et le lapin à la montre à gousset. Tous discutent afin de savoir si Alice est "la bonne" ou non, et la bougresse ne sait qu’y répondre. Ils vont donc consulter le vieux sage du coin, Huggy la chenille toxicomane. Complétement défoncée et à la ramasse, cette dernière présente à Alice l’Oraculum (ou un truc du genre), un parchemin qui indique que dans quelques temps, le "jour Fabieux", Alice, la Alice qu’ils cherchent pétera sa gueule au Jabberwocky, une sorte de dragon local. C’est bien indiqué sur le parchemin avec la petite illustration qui va bien montrant une Alice en armure & épée cassant sa gueule à la bête. Quant à savoir si notre héroïne est bien "l’élue" (original comme concept, je n’avais jamais vu ça dans un film, ce concept de héros qui serait l’élu, le sauveur d’un monde…), Huggy répond que c’est encore loin d’être le cas ; Alice en déduit qu’elle n’est donc pas la bonne (halala Alice, tu pourrais noter la tournure de phrase trop subtile, c’est du Tim Burton quand même…).

Non vraiment, ne filez jamais de LSD à une chenille

Ils sont cependant interrompus par l’arrivée des troupes de la Reine Rouge, menées par Stayne, le Valet de la Reine. Apparemment, c’est l’heure de la rafle (mais sans Gad Elmaleh, ce qui rend tout de suite la chose moins insupportable), et tout le monde se fait embarquer. Tout le monde ? Non ! Alice, bien que poursuivie par un gros monstre local que nous appellerons le "Grogreugreu", puisque c’est gros et que ça fait greugreu, arrive à s’en sortir, non sans que la souris qui faisait partie du groupe qu’elle venait de rencontrer n’éborgne le monstre pour faire diversion (c’est ce que j’appelle une sacrée diversion). Alice fuit donc, mais finalement, c’est un chat souriant, volant et semi-invisible doué de pouvoirs de téléportation (un chat ninja, quoi, les collants en moins) qui lui apparait et se propose de la guider jusqu’à la prochaine étape de son périple : le chapelier et ses potes. Les méchants, eux, s’en retournent au palais où Stayne expose à la Reine Rouge sa dernière prise : l’Oraculum. La Reine peut donc y constater que tiens, apparemment, son Jabberwocky domestique  va se faire péter les gencives à coups d’épée par Alice dans les jours à venir. Alice serait donc de retour ? Elle fait immédiatement envoyer toute une troupe pour la trouver et l’emprisonner, troupe menée par Stayne accompagné d’un chien dont il a pris la famille en otage, et qu’il ne libérera que si ce dernier le mène à Alice. Le clébard s’exécute donc sur le champ.

De son côté, Alice arrive à la super teuf du Chapelier dans une petite clairière, où celui-ci accompagné d’un lapin psychopathe et d’une souris névrosée attendait patiemment notre héroïne depuis ce qu’il semble être des années. Le Chapelier est fou, raconte n’importe quoi et a une tenue qui ferait rêver bien des grands couturiers ; mais il a aussi du bon sens : lorsqu’il entend arriver Stayne et sa troupe, il fait boire de quoi rétrécir encore plus à notre bonne Alice avant de la planquer dans sa théière (qui, coup de bol, est vide, sinon elle aurait infusé directement). Lorsque les méchants arrivent, la folie de la petite troupe finit par les lasser, et le Chapelier fait juste comprendre au chien (qui s’appelle Bayard soit dit en passant)  qui renifle un peu trop la théière qu’il est membre du réseau "Liberté pour le Peuple & Mort à la Reine Rouge", une association loi 1901 locale. Bayard décide donc de se barrer et d’emmener les méchants sur une fausse piste pour soulager le Chapelier et ne pas révéler la présence d’Alice. Gentil toutou.

Bon, que faire de tout ce temps gagné ? Mais pourquoi pas emmener Alice chez la Reine Blanche, la seule capable de s’opposer à la Reine Rouge ? En route ! Montée sur le Chapeau du plus flashy des héros, Alice se voit emmenée d’un bon pas vers les terres de la gentille Reine. Mais en chemin, ils croisent les ruines d’un village brûlé il y a longtemps, et là, c’est parti pour le flashback du Chapelier dans le plus pur style "Je me rappelle, au Vietnam…"

Le Chapelier Fou en 68 à Da Nang

Car oui, dans son flashback, le chapelier est un peu moins crade et ne sent pas autant les excréments qu’aujourd’hui. Il est au milieu du riant village avec la Reine Blanche, dont il était le Chapelier officiel (sachant qu’elle porte une couronne, ça ressemble méchamment à un emploi fictif tout de même !). Hélas, alors que les gens étaient heureux, chantaient et dansaient, le Jabberwocky est venu et a cramé tout ce qui passait à sa portée. Il était suivi de peu par Stayne et les troupes de la Reine Rouge, qui célébrèrent cette victoire facile sur la Reine Blanche obtenue grâce à leur dragon domestique. Depuis ce jour, on sent que le Chapelier est un peu tendu quand on lui parle de la Reine Rouge et de son armée.

Bon, cela dit, pendant qu’ils regardaient leur flashback ("Ouah, t’as même le son surround sur les tiens ! Vas-y tu as tes souvenirs en Blue-Ray ?"), Stayne et ses copains (malgré le chien censé les emmener sur une fausse piste) reviennent à la charge, et le Chapelier a juste le temps de planquer Alice et son chapeau dans un coin avant d’être arrêté et emmené par les troupes ennemies. Il dit juste à Alice qu’il faut qu’elle se rende chez la Reine Blanche. La seule qui puisse aider tout ce petit monde, il le rappelle (mais qui n’a visiblement pas non plus fait grand chose jusqu’ici vu la situation actuelle).

Alice décide donc de… de… de pioncer. Ah. Bon. Pourquoi pas. A son réveil, Bayard, le chien collabo la retrouve et se propose de l’emmener jusqu’à la Reine Blanche (il ne sort que des excuses pourries pour justifier le fait qu’il ai emmené Stayne et ses hommes jusqu’à eux quelques heures plus tôt alors qu’il devait les emmener sur une fausse piste, mais ça n’a pas l’air de déranger Alice). Notre anglaise préférée refuse : elle veut plutôt aller aider le Chapelier et ses amis les animaux au palais de la Reine Rouge.

Excellent plan Alice. Dis moi, tu as bien le choix entre aller chercher à ton aide une Reine qui a toute une armée et qui connait bien l’ennemi ou bien foncer la tête la première dans un lieu qui t’est inconnu peuplé de personnes aux mœurs douteuses, le tout pour agir alors que tu ne mesures qu’environ cinq centimètres ? D’accord, et tu as donc choisi la seconde option. Pourquoi pas, ça doit être le fait d’avoir respiré trop d’émanations pétaradées d’Huggy la chenille qui te rend comme ça. Enfin j’espère, sinon c’est juste que tu es sotte.

Bayard, lui en tout cas, refuse l’idée ("Ton plan est complétement con ma petite Alice"), mais suite à un discret coup de pieds d’un scénariste, il finit par accepter. Et dépose la jeune fille à côté des douves qui sont remplies de toutes les têtes coupées par la Reine Rouge. Ca ne la décourage pas, elle s’infiltre au travers des pierres de la muraille et arrive dans le jardin de la Reine Rouge qui était en train de jouer au croquet Elle y retrouve ses amis les animaux capturés, qui la servent désormais contraints et forcés. Profitant du fait que le lapin blanc passe près d’elle, elle lui taxe du gâteau qui fait grandir (oui, c’est un lapin dealer, il a toujours ça sur lui) ainsi que de barrettes de shit pour  trouver l’énergie de continuer de monter des plans comme le précédent. Elle prend un poil trop de gâteau et grandit donc jusqu’à être un peu plus grande que la Reine et sa cour. Mais comme la Reine a une grosse tête et que sa cour porte faux-nez, faux-ventres, faux-seins et autres pastiches disproportionnés pour eux aussi avoir une particularité qui plaise à la Reine, cette jeune fille démesurée qui apparait dans la cour du jardin plait à sa Seigneurie. Qui d’ailleurs ne reconnait pas Alice (la dernière fois qu’elle l’a vu, c’était une enfant), ce qui convient bien à cette dernière.

La Reine Rouge se demande si elle a une tête à chapeaux

S’ensuivent quelques échanges de gentillesses à la cour où Alice est invitée, et où elle retrouve le Chapelier qui devient rapidement l’homme aux fonctions éponymes de la Reine Rouge (qui elle aussi porte des couronnes et c’est bien tout : non mais quel arnaqueur). Notre jeune héroïne  apprend en sus que le château renferme la seule arme capable de tuer le Jabberwocky : l’épée Vorpaline. Celle-ci est planquée dans la niche du Grogreugreu, mais elle passe un deal avec lui : elle lui rend son œil (celui qu’il a perdu en la poursuivant au début du film et qu’elle a récupéré auprès de la souris qui s’en était saisie) et en échange, elle lui prend l’épée. Soit ! Et comme le Grogreugreu est sympa, il ajoute au marché la close "et on devient les meilleurs amis du monde !" ; parfait, c’est conclu. On peut dire qu’il n’est pas rancunier. Ami lecteur, je suis sûr que toi aussi, si je te rosse, que je t’éborgne et que je te propose de te rendre ton œil en échange de ton portefeuille, toi aussi tu trouveras que je suis super sympa et voudras devenir mon meilleur ami.

Hélas, dans le même temps, Stayne qui avait tenté de draguer Alice dans un coin de couloir (il lui expliquait que sa grande taille l’excitait fortement, il y en a plus à aimer) est dénoncé à la Reine Rouge par une courtisane qui avait observé la scène. Il s’en défend en expliquant à la Reine Rouge que mais non, il n’a pas dragué Alice, c’est elle qui a tenté de le violer alors que lui il veut rester pur et chaste pour sa Reine, qui est la plus belle du monde entier. Cette dernière en prend bonne note et décide donc de faire exécuter Alice, par jalousie dont elle apprend la véritable identité quelques minutes plus tard (jusqu’ici, je vous le rappelle, elle pensait juste que c’était une inconnue de passage). Grâce à une diversion du Chapelier, elle arrive cependant à s’enfuir à dos de Grogreugreu, mais son ami fan de chapeaux est condamné à mort par la Reine Rouge une fois l’évasion terminée puisqu’il n’a pas pu s’échapper, lui. C’est trop triste.

Bon, c’est pas tout ça, mais où va aller Alice maintenant ? Mais au château de la Reine Blanche, l’endroit par lequel elle aurait dû commencer ! Là-bas, elle découvre la Reine, une pâlotte aux attitudes de Vincent Mac Doom (mais en plus viril quand même) qui vit à la tête d’un royaume dédié aux échecs (alors qu’il s’agit de cartes à jouer pour la Reine Rouge, comme chacun sait). La Reine explique que voilà voilà, l’épée Vorpaline vient compléter une armure qui doit servir au champion de son armée pour aller maraver du Jabberwocky, et qu’Alice serait très bien dans ce rôle. C’est trop cool, mais Alice ne veut pas tuer qui ou quoi que ce soit ! La Reine trouve ça trop dommage. Alice lui demande pourquoi elle ne le fait pas, elle ? Parce que ses principes lui interdisent, lui répond t-on. Et là, Alice devrait répondre "Les miens aussi, c’est con hein ?" mais non. Grosse déception. Elle croise aussi Huggy la chenille au château, qui est toujours autant accro à la fumette et qui lui avoue la vérité : oui, elle est bien "la" Alice.

Alice, constatant que l'intrigue aussi est au fond du trou

Quelle révélation, je ne m’y attendais pas.

Bon, pendant qu’on enfonce des portes ouvertes, que se passe t-il chez la Reine Rouge ? Et bien c’est le jour de l’exécution du Chapelier ! Va t il mourir ? Attendez, je réfléchis… je regarde ma montre… Hmmm vu qu’il reste encore 30-35 minutes de film, j’aurais tendance à penser que non. Mais va savoir.

Et bien croyez moi ou non, effectivement, il ne meurt pas ! Grâce à son pote le chat ninja qui non content de voler, de disparaître à volonté, de se téléporter & co, peut aussi prendre l’apparence de qui il veut. Sa polymorphie lui permet donc de prendre la place du supplicié et de disparaître lorsque la hache tombe. Dès lors, le vrai Chapelier peut surgir derrière la Reine (pour la planter d’un bon coup de couteau ? Non parce que tu la hais, tu es fou, tu as eu 60 occasions depuis le début du film, mais visiblement tu n’es pas débrouillard) pour… faire un discours cucu sur le fait que tous les gens à sa cour portent des pastiches et lui mentent depuis le début sur leurs difformités supposées. Elle crie donc qu’il faut tous les tuer. Or, cette fois le Chapelier s’adresse à la foule, aux gardes et refait un second discours cucu (n’en jetez plus !) pour les motiver à ne plus obéir à la Reine Rouge. Hélas, le plan tourne court lorsque la Reine fait lâcher l’un de ses monstres domestiqués pour calmer tout le monde. Il n’empêche que dans la panique, le Chapelier et ses amis les animaux arrivent à s’enfuir… jusqu’au château de la Reine Blanche (oui, ils courent super vite et personne ne les poursuit).

La Reine Rouge se dit donc que bon, avec tout ça, il va peut-être falloir lancer une grande bataille. Nan parce que c’est Tim Burton mais bon, quand on a une grosse licence et des effets 3D, personne ne résiste à l’idée de caser une bataille épique! Le jour Fabieux arrive donc finalement, et une fois revenue à une taille normale grâce à l’aide de la Reine Blanche, Alice a accepté d’être la championne locale pour aller claquer un dragon (quoique, à l’inverse, en te gavant de gâteau, une géante c’est toujours pratique dans une bataille, enfin pour ce que j’en dis). C’est donc vêtue de l’armure locale et montée sur son Grogreugreu personnel qu’Alice arrive sur le champ de bataille.

Les deux armées se retrouvent sur un plateau d’échecs géants mais… mais juste comme ça, pour rigoler. L’échiquier ne sert à rien, mais soit. Les deux Reines en arrivant choisissent donc leurs champions respectifs : le Jabberwocky pour les rouges, et Alice pour les blancs. Le duel peut donc commencer sous le regard des deux camp. Mais ! Le Chapelier intervenant en un bref instant dans le duel pour sauver Alice, la Reine Rouge ordonne qu’on le décapite, et donc, la bataille s’engage entre les troupes rouges et blanches (ne manque que Léon Trotsky pour faire bonne mesure).

Mais intéressons nous surtout au duel, voulez-vous ? En effet, juste à côté du champ de bataille, il y a un vieux temple romain en ruines (probablement bâti par des romains du Pays des Merveilles) ; et au sein de celui-ci, il y a des restes d’une tour avec un escalier à colimaçon. Ça tombe bien, les observateurs avertis auront noté que dans l’Oriculum, l’image de la prophétie indique bien qu’Alice en armure pétera sa gueule au Jabberwocky depuis le haut d’une tour.

Contrairement à Jeanne d'Arc, Alice ne finira hélas pas brûlée vive

Bon, moi, je serais un Jabberwocky, on me dirait "Tiens, tu sais, la seule personne au monde disposant d’une arme pour te tuer t’attends pile en haut de la tour où il a été prédit par un parchemin magique qui ne s’est jamais trompé que si tu y allais tu créverais comme une daube. Tu veux pas y aller ?"

Bin je ne sais pas, j’aurais tendance à répondre "Non merci, sans façon ; tiens, je vais plutôt aller cramer la Reine Blanche, son armée et tous ses potes, comme ça mon camp aura définitivement gagné. Et comme ça, cette grosse andouille d’Alice aura poireauté dans sa tour en voyant tous ses amis se faire dessouder. D’ailleurs, pour la tuer sans prendre de risques, j’enverrais des troupes lambda, le genre dont aucune prophétie ne dit qu’elles échoueront si elles vont la chercher en haut de sa tour, elles."

Mais visiblement non : le Jabberwocky – pourtant au courant de la prophétie vu que la Reine à eu l’Oriculum un temps – se rend pile à l’endroit où il est dit qu’il mourrait de la main d’Alice et devinez quoi ? Et bien il meurt décapité de la main d’Alice (puisqu’elle avait dû prendre l’option "combat en armure de plates avec épée médiévale" en option à Oxford durant ses études, ce qui expliquerait ses prouesses physique et sa maîtrise des armes). Incroyable.

Les deux armées arrêtent donc le combat, et celles de la Reine Rouge refusent d’obéir à leur maîtresse dont le champion vient de tomber. La Reine Blanche condamne donc la Reine Rouge et Stayne, son valet, à passer le restant de leur jour dans un coin de néant où "personne ne vient jamais les voir ou leur parler" ; ce doit être l’île de Ré (coucou Lionel) ou la Creuse, j’hésite. Stayne, qui avait fait semblant d’aimer sa maîtresse pour être bien vu crie donc au désespoir, et tente même d’assassiner la Reine plutôt que de passer sa vie avec, mais échoue. Ils sont donc tous deux emmenés vers leur nouvelle destination.

Le Chapelier en profite donc pour lancer la minute disco du film, en claquant de la musique et en entamant une superbe danse pleine d’effets spéciaux, la übergigue ou un truc du genre (je vous avoue que ça m’a laissé perplexe). Et la Reine Blanche, elle, va recueillir un peu du sang du Jabberwocky et le propose à Alice : si elle le boit, elle retournera chez elle. Le Chapelier lui propose plutôt de rester (on sent qu’il aimerait bien un peu plus que ça genre organiser des plans impliquant Alice, des animaux qui parlent et des histoires de plomberie mais bon, de toute manière elle refuse), mais elle repart vers la verte Angleterre.

On retrouve donc Alice qui ressort du trou où elle était tombée avant que ne commence cette barbante aventure, et retourne à l’endroit où elle avait abandonné le roux Hamish : voilà, non, elle ne l’épousera pas, qu’elle lui dit, nom d’une pipe. Elle va prendre sa vie en mains, et elle va reprendre les affaires de son père. Aidée de l’ancien associé de son géniteur (celui qui aurait donc pu devenir son beau-père), elle propose donc d’aller créer de nouveaux comptoirs de commerce en Chine, et s’embarque à bords du Wonder, le navire qui la portera jusqu’au pays du riz collant où elle pourra exploiter ces fourbes jaunes dans des usines 16 heures par jour. Alors que le navire appareille, un papillon bleu se pose sur son épaule : c’est Huggy la chenille toxico qui s’est transformée en Huggy le papillon sous acides.

FIN

Je… laissez moi sortir… je…

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