Joshua n’aimait pas cette chaise.

Bien que d’un bel aspect et couverte de cuir, elle était finalement fort peu confortable, tassée qu’elle était par des générations de professionnels qui s’y étaient assis avant lui pour préparer de nouvelles oeuvres ; un lourd silence pesait en ce moment même dans la salle, alors que chacun réfléchissait à la prochaine innovation que pourrait connaître l’industrie du cinéma américain. La tête dans les mains, chacun essayait, comme un vulgaire écolier, de feindre de profondes pensées pour éviter de croiser le regard du Président en bout de table. Ce dernier commençait à perdre patience.

"Alors ? N’avez-vous aucune idée, rien ? Vous ne savez pas comment nous pouvons innover ? A quoi est-ce que je vous paie !"

Il avait, dans cette dernière exclamation, frappé la table du poing pour ponctuer son désarroi.

"Quelqu’un a bien une idée bon sang ! Michael ?"

Réajustant une mèche sur son front suant, ledit Michaël avait péniblement relevé la tête en tremblant.

"On pourrait… on pourrait… on pourrait adapter un Comics ?
- Bon Dieu ! N’allez-vous jamais au cinéma ? Il n’y a que ça ! 
- Pardon Président, je…
- Taisez-vous ! Alexander, relevez le niveau ! Une idée, vite, je vous vois griffonner quelque chose ! 
- On… heu… hem. Un… un livre, on pourrait adapter un livre ?
- Mais je veux bien moi, mais je vous demande comment ! Dans quel style ! Acheter des licences, oui, trouver des histoires déjà faites, ok, mais innover, comment ?"

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Il y eut un léger grincement, lorsque Nicolas, à l’autre bout de la table, fit rouler sa chaise en arrière pour mieux se lever.

"On pourrait faire un film français. C’est original un film français."

"Hoooo", fit la salle en tremblant. Le Président sourcilla.

"Nicolas, vous êtes très sympathique, mais on l’a déjà fait. Souvenez-vous par exemple True Lies : on avait même remplacé Thierry Lhermitte par Arnold Schwarzenegger pour rigoler, un soir qu’on était bourrés. Mais bon, hein, il s’agit pas de rire cette fois : ce n’est pas original, votre idée.
- Président, je ne parlais pas d’une licence de film français. Je parlais du style de film français. Regardez plutôt cette séquence."

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Un vidéoprojecteur descendit du plafond alors que les persiennes de la salle de réunion se refermaient pour plonger l’endroit dans l’obscurité. Sur l’écran apparurent deux personnages se faisant face dans un appartement parisien.

"Nathalie je…  
- Benoit…
- Nathalie…
- …
- …
*regards lourds*
*regards lourds*
- Tu veux un café ?
*il se dirige vers la porte*
- Non.
*Elle lui tourne le dos*
*Plan sur Paris la nuit, musique mélancolique*"
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Nicolas appuya sur pause, mais il fallut quelques secondes aux spectateurs pour comprendre que c’était le cas, tant cela ne changeait guère le rythme du film. Le Président se tourna vers Nicolas.

"C’est chiant.
- Oui. C’est pour ça que personne ne l’a fait jusqu’ici.
- Et vous pensez qu’on peut en faire quelque chose ?
- Oui, regardez, il suffit d’américaniser le film. D’abord, dans cette scène, il y a trop de prénoms à retenir : on va en retirer un. Ensuite, on va faire du héros un baroudeur mystérieux. Du coup, les gens penseront que les moments chiants sont des moments mystérieux. On remplace les plans sur Paris la nuit par Los Angeles, et pour la musique, on fait du placement de rock pour ados digne d’un épisode des Frères Scott. On met un peu de violence ici ou là pour faire film choc, et hop, la grosse feinte.
- Ça m’a l’air complètement con. Je vous donne 13 millions de dollars.
- Merci Président, je ne vous décevrai pas."

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Ainsi naquit Drive, film qui n’a de cesse de rendre folle la critique française, et primé pour sa réalisation à Cannes. Actuellement présenté comme un chef d’oeuvre du cinéma, je vous donne le pitch officiel :

Un jeune homme solitaire, "The Driver", conduit le jour à Hollywood pour le cinéma en tant que cascadeur et la nuit pour des truands. Ultra professionnel et peu bavard, il a son propre code de conduite. Jamais il n’a pris part aux crimes de ses employeurs autrement qu’en conduisant – et au volant, il est le meilleur !
Shannon, le manager qui lui décroche tous ses contrats, propose à Bernie Rose, un malfrat notoire, d’investir dans un véhicule pour que son poulain puisse affronter les circuits de stock-car professionnels. Celui-ci accepte mais impose son associé, Nino, dans le projet. 
C’est alors que la route du pilote croise celle d’Irene et de son jeune fils. Pour la première fois de sa vie, il n’est plus seul.
Lorsque le mari d’Irene sort de prison et se retrouve enrôlé de force dans un braquage pour s’acquitter d’une dette, il décide pourtant de lui venir en aide. L’expédition tourne mal…
Doublé par ses commanditaires, et obsédé par les risques qui pèsent sur Irene, il n’a dès lors pas d’autre alternative que de les traquer un à un…

Je vous la refais :

Un expert dans son domaine accepte une dernière mission. Hélas, cela tourne mal : pour protéger celle qu’il aime, il va donc péter la gueule aux méchants.

Maintenant que vous savez que ce film a le même Pitch que Rambo, Fast & Furious, Le Transporteur, Commando, Portés disparus 1, 2 & 3 et environ 207 autres films vendus 2€ en caisse de Monoprix dont certains impliquant des ninjas et/ou des serpents de mer, passons au récit de cette petite perle.

Spoilons, mes bons !

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L'affiche : profitez-en, de tout le film, le héros ne changera jamais d'expression. Quel jeu d'acteur.

Le film s’ouvre donc quelque part à Los Angeles, par une douce nuit. Dans un hôtel, le héros est en train de passer un coup de fil en prenant un air mystérieux ; à noter que celui-ci n’a pas de prénom de tout le film (on ignore si c’était pour des raisons de budget qu’il a fallu le supprimer, ou si ça faisait plus "cool"), il sera donc qualifié dans ces lignes sous le nom ronflant – mais impérial – de Sigismond (j’ai hésité avec Geneviève) pour que tout le monde s’y retrouve. Bref : notre larron est en train d’expliquer au téléphone comment il travaille : lui, c’est un chauffeur pour criminels. Donc, il les emmène là où ils veulent, ne pose aucune question et disparaît quand tout est fini. Sa règle ? Il donne très exactement 5 minutes sur place aux forbans pour réaliser leur forfait, ni plus ni moins ; si en ce temps ils n’ont pas pu  commettre leur odieux délit, il s’en va, probablement pour manger une glace tout seul dans son coin. En tout cas, il le dit bien : dans son métier, il est le meilleur. Avec lui, la police sera bien feintée. Nous constaterons qu’en réalité, il fait partie de la famille des quiches.

Afin de réaliser sa mission, il va trouver son complice mais néanmoins ami, Shannon (oui, c’est un homme ; quand je vous dis que le budget prénoms a eu un souci), garagiste boiteux de son état, afin de lui emprunter un véhicule pour l’occasion : ce sera donc une voiture d’un modèle particulièrement répandu en ville, afin de se fondre dans la masse, mais disposant d’un moteur gonflé pour pouvoir assurer en cas de course-poursuite : malin. Sitôt son véhicule en main, Sigismond se rend donc à proximité d’un entrepôt dans un quartier plutôt industriel, où l’attendent deux mecs avec fusils et cagoules (oui : les mecs attendaient sur place déjà en tenue, histoire que tous les voisins puissent dire "Allô la police ? Il y a deux cons en bas de chez moi armés et en tenue de braqueurs & co. Visiblement, ils attendent quelqu’un, je me suis dit que ça pourrait vous intéresser. Bisous."). Bref ; sitôt qu’ils voient leur taxi en position, nos deux brigands filent vers l’entrepôt, ouvrent la porte d’un bon coup de fusil et s’enfoncent dans le bâtiment pendant que dehors, Sigismond (oui c’est ça ou je l’appelle par l’appellation officielle du film, je cite "The driver", donc bon) enclenche sa montre pour leur donner les 5 minutes réglementaires. Il en profite aussi pour écouter la radio de la police, et entend bien vite que le coup de fusil a alerté le voisinage, qui a signalé le début de cambriolage ainsi que donné le signalement de la voiture du héros à la maréchaussée : sacrebleu ! Il faut que nos loulous fassent vite.

Heureusement, c’est ce qu’ils font : promptement, les deux complices sortent du bâtiment, les bras alourdis par des sacs chargés en butin, et sautent à l’arrière du véhicule de notre héros. C’est parti ! Je vous passe la course-poursuite qui s’ensuit, mais grosso-modo, la police ne parvient pas à prendre en chasse correctement notre pilote, tant il est bon, et même l’hélicoptère des forces de l’ordre se fait avoir. Cependant, après quelques péripéties et plus ou moins accalmies, la chasse reprend, et la police suit en nombre notre héros ; ça ne l’empêche pas de parvenir à destination : le stade de basket de Los Angeles, où un match s’achève à l’instant ; il se gare donc promptement dans le parking, puis enfile une casquette de supporter avant de s’extraire de sa voiture et se mêler à la foule sortant de l’endroit. La police, arrivant au même moment pour boucler toutes les issues le…

Ah, non, excusez-moi : la police, arrivant sur place, et sachant que les braqueurs sont là, ne boucle rien du tout (alors qu’ils contrôlent les sorties). Ah ? Mais alors à la place, que font-ils ? Du rien. Ah, d’accord. Ils restent donc bouche-bée, sur place, à faire des bulles avec leur morve, et le héros peut sortir tranquille. D’accord d’accord. Fondu au noir, donc.

Sinon, juste comme ça : il leur arrive quoi aux deux braqueurs ? Je veux dire, grâce au héros qui n’a pas été foutu de semer la police, ils se retrouvent dans un stade avec un cordon policier se refermant sur eux et leur butin, non ? Donc à moins d’abandonner le pognon, ils sont sûrs d’être arrêtés. Dans les deux cas, ils auront donc payé un chauffeur pour rien, c’est un fait. Et c’est ça le "meilleur chauffeur" de Los Angeles ? J’imagine que du coup, ils doivent être un peu colère, mais afin de ne pas souligner cette grosse incohérence sur le fait que le héros est en fait un incompétent notoire qui met ses clients dans la mouise, le fondu au noir arrive et coupe court à toute question : c’est vrai que ce film a bien mérité son prix de la réalisation. Bravo les gars. Rassurez-vous : ce n’est que le début.

Plus tard, nous retrouvons Sigismond qui rentre chez lui, et je m’aperçois que j’ai oublié de vous décrire le personnage : c’est un grand type blond et sec aux yeux bleus, qui a tout le temps un cure-dent dans la bouche (ce qui était classe en 1980), des mitaines de chauffeur (ce qui était classe en 1970) et un gros blouson blanc avec une sorte de scorpion brodé dans le dos, mais particulièrement laid (ce qui n’a jamais été classe), puisqu’on dirait que l’animal a été réalisé par une petite vieille qui tremblait un peu, et en plus, au fil doré. Avec cette combinaison, le héros peut donc aller flamber dans toutes les soirées tuning, il sera un Jacky parmi les Jacky. Notez que cet accessoire est tellement laid qu’il plait aux magazines spécialisés, ce qui est quand même un signe. Bref, que disais-je ? Ah oui : notre héros rentre à l’hôtel et prend l’ascenseur, ce qui est tout à fait passionnant ; il y rencontre Irene, sa jolie voisine blonde (gage de gentillesse), mais ne lui dit rien, ce qui est assez symptomatique du film. Je peux vous générer une scène aléatoire de Drive entre ces deux personnages, comme ça, au pied levé. Attention, c’est parti :

*insérer ici un plan qui n’a rien à voir : le héros est en voiture, arrêté à un feu, quelque part, dans Los Angeles de nuit*
*revenir sur le héros en face de la donzelle*
- …
- …
- … *sourire*
- … *regard*
- … huhu
- … *regard*, *sourire*
- Hm. Un verre d’eau ?
- Non.
*insérer ici un plan sur le héros qui met son clignotant, quelque part dans Los Angeles de nuit*
*revenir sur le héros et la donzelle*
- … vous êtes sûr ?
- Hmm hmm.
*fin de la scène : insérer ici un plan du héros qui change de file, quelque part, dans Los Angeles de nuit*
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Je ne vais pas vous le faire à chaque fois, mais pour que vous compreniez bien le principe de ce film, essayez d’imaginer qu’entre chaque paragraphe de ce spoiler, vous avez un plan qui n’a rien à voir avec le film où l’on voit le héros en voiture, la nuit, dans Los Angeles. Si vous avez besoin d’apprendre le japonais, n’hésitez pas : vu le nombre de séquences de ce genre, si à chaque fois vous en profitez pour lire une page de la méthode Assimil, en sortant, vous serez bilingue. Mais passons et revenons-en à l’histoire.

Sigismond va donc, après cette folle nuit, au travail, car figurez-vous qu’il n’est pas seulement chauffeur pour brigands : il est aussi cascadeur pour l’industrie du cinéma le jour ; sa maîtrise des véhicules est donc quotidiennement mise à l’épreuve, lui permettant de rester au top-niveau, comme on dit. Shannon, son copain garagiste, travaille avec lui sur les tournages en faisant office de manager et de conseiller technique à la fois ; bref, tout se passe plutôt bien pour eux jusqu’alors.

Vous n'avez pas vu le film ? Pas besoin de streaming : regardez fixement cette photo et imitez deux personne faisant "Hmmm" ou "Hem hem" et c'est bon, vous en avez vu 40%.

Mais un jour, alors que Sigismond va faire ses courses, il croise Irene faisant de même, sauf qu’il découvre que celle-ci a un enfant plutôt typé, que nous appellerons donc Paquito. Et en sortant du magasin, voici que la pauvre utilise une stratégie scandaleuse pour attirer l’attention de notre blond éphèbe : le coup de la panne. Car en effet, lorsque l’homme au blouson hideux sort du supermarché, il aperçoit sa voisine affairée sous son capot ouvert (ce qui est tout de même plus convenable que sur son capot fermé, mais je m’égare), et ne peut donc résister à l’idée de venir lui filer un coup de main, ce qu’il fait. Or, la voiture ne pouvant redémarrer, il raccompagne tout le monde dans leur résidence commune à bord de la sienne, et se propose même d’aider Madame à porter ses courses jusqu’à son appartement. Je vous laisse insérer ici une scène aléatoire du film comme générée ci-dessus, à base de silences, de regards, et de sourires qui donne l’impression que deux employés Cotorep tentent de communiquer. En tout cas, lors des rares dialogues, notre héros apprend à Madame qu’il est cascadeur, ce qui ne l’impressionne guère ; par contre, lorsqu’il lui dit que ce n’est qu’un mi-temps, car sinon il est garagiste, là, je peux vous dire que l’ambiance dans la pièce s’est dangereusement rapprochée de l’Amazonie tant cela touche la mère de famille. Ne me demandez pas pourquoi ; en même temps, quand on craque pour un mec en tenue de Jacky avec cure-dent en bouche, ça parait logique de succomber aussi au fait que la mécanique soit sa profession. Tout cela me parait fort beauf. Je suis sûr que Lagaf’ aussi a trouvé le film génial.

Irene, elle, révèle au héros que Paquito n’est pas l’enfant du Bon Dieu ce qui est bien normal vu son teint contestable, mais qu’il a un père prénommé "Standard" (je ne blague pas ; franchement, il y a vraiment un problème dans ce film – enfin, quand je dis "un"…), mais afin de faciliter la compréhension de tous mes lecteurs, nous l’appelleront Papaquito. Or, ce dernier est en prison, puisqu’il a fait de grosses bêtises dans sa prime jeunesse. C’est bien malheureux. Notre héros va t-il quand même tenter la dragouille ? N’a t-il pas peur de se faire lacérer le bide par un ex-taulard lorsque celui-ci sortira et de finir dans un caniveau à faire des scoubidous avec ses boyaux ? Voilà un bien grand mystère.

En tout cas, le lendemain, alors que Sigismond est au garage avec Shannon, ils voient arriver Irene et Paquito ; la petite famille a en effet décidé de venir faire réparer son véhicule à cet endroit, et évidemment pas par hasard : on sent bien que la donzelle n’est pas insensible au charme de notre cascadeur (il lui a fallu moins de 10 mots pour la séduire, on peut dire que le Monsieur est efficace. Ou alors c’est la damoiselle qui… nan, c’est bon, j’ai ma réponse je crois). D’ailleurs, puisque la voiture va être immobilisée un moment, Sigismond raccompagne même la petite famille jusqu’à l’appartement familial, mais en chemin, il se décide à passer en mode über-drague, et fait donc ce qui fait craquer toutes les filles : des pointes de vitesse (je ne rigole pas). Et ça marche. Ce film est vraiment trop classe. Il pourrait proposer un restau, l’emmener à l’opéra ou lui montrer sa collection de bagues de cigares, mais non : il dit plutôt "Regarde, j’ai un gros moteur !" et ça fonctionne. Tout ça pour dire que voilà : la petite Irene, c’est dans la poche, tranquille, t’as vu.

Mais pendant ce temps, des choses se passent, même si elles ne servent à rien et sont intégrées au pitch du film pour des raisons qui m’échappent : Shannon décide de monter une écurie de stock-car, histoire de rentabiliser les talents de pilote de son poulain. Oui mais voilà : pour ça, il a besoin d’argent. Il va donc dans un petit restaurant italien caricatural discuter avec deux patrons de la mafia : Bernie et Nino, des associés dans le crime avec qui il a eu affaire par le passé. Ces derniers lui proposent éventuellement de financer son écurie et de toucher 30% des gains (le reste étant pour eux) si Sigismond les convainc. Rendez-vous est donc pris, un peu plus tard, sur un circuit vide pour voir le bougre faire des essais sous les yeux de Bernie, qui jugera si ça vaut le coup ou non d’investir.

Et sur le circuit, Sigismond épate Bernie. Ne me demandez pas comment, puisqu’il est tout seul sur un circuit de stock-car, qui a à peu près la forme d’un "0", ce qui du coup ne demande pas vraiment de compétences et ne prouve pas grand chose à part le fait qu’il sait où est la pédale d’accélération sur la voiture, mais voilà, pif pouf, Bernie tombe à la renverse devant tant de talent, principalement parce que c’est dans le script. Il vient donc le saluer, avec cette réplique culte : "J’ai les mains un peu sales" dit Sigismond, ce à quoi Bernie répond "Moi aussi !", car comme tout parrain de la pègre qui passe, il aime bien dire en public et à un inconnu qu’il trempe dans des affaires crasseuses. Hem.

Enfin bref : l’argent de la mafia arrive donc à Shannon, suite à cela, qui investit dans une voiture pour préparer la première course ; à cette occasion, Bernie et Nino passent donc au garage de la fine équipe voir le véhicule ainsi acheté, ce qui est l’occasion pour Bernie de se confier à Sigismond : oui, il est de la mafia ; et maintenant qu’ils travaillent ensemble, ils sont plus qu’une équipe, une famille. Si Sigismond a besoin de quoi que ce soit, il peut passer le voir. Ho, et accessoirement, il conte une petite histoire, sur comment Shannon est devenu boiteux : il a voulu rouler la mafia. Tout simplement. Enfin visiblement, ça n’a rien appris à Shannon, puisqu’il continue d’aller s’endetter auprès du syndicat volontairement, ce qui est rarement une bonne idée. Je dis ça, je ne dis rien.

Seulement voilà : entre temps, des choses se sont passées : Papaquito est sorti de prison, et est donc rentré chez lui pour organiser une grosse fête avec sa femme et ses amis. Encore une fois, on notera qu’à Cannes, ils devaient pioncer durant la projection, puisque je rappelle que le film a eu le prix de la réalisation ; or, le réalisateur a choisi de faire un angle de caméra lors du discours de Papaquito sur le bonheur d’être chez soi où l’on voit derrière lui, et en gros plan, des figurants qui sont exactement les mêmes que ceux que l’on voyait au début du film lorsque le héros se préparait à faire une cascade sur un tournage. Là encore, le budget devait manquer – ça et l’idée de ne pas toujours placer les mêmes figurants juste derrière les personnages principaux. Mais bon, faisons semblant de rien et poursuivons : Papaquito est content, et il souligne particulièrement qu’il salue sa femme, Irene, qui l’a attendu patiemment. La bougresse est un peu mal à l’aise, et de toute matière, on imagine bien que Paquito racontera bientôt à son papa comment le gentil voisin au blouson moche a trombiné maman à l’arrière du véhicule familial en écoutant du LMFAO sur son caisson de basse monté sur néons.

Attention c'est un piège ! On ne dirait pas, mais ce n'est pas la même scène que la précédente : allez-y "Hmmm", "Hem hem". Voilà, vous êtes montés à 80% de visionnage légalement

Je vous passe le déroulement de la petite fête en question, à base de plans sur les personnages qui se regardent sans parler, sourient bêtement, regardent leurs pieds, le tout sur fond de musique pour ados : les spectateurs de Twilight n’ont pas dû être trop perdus. Bref, finalement, sans que l’on sache pourquoi, Irene décide de quitter la fête pour aller s’asseoir toute seule dans le couloir (ce qui est une attitude bien normale lorsque l’on célèbre chez soi le retour de son mari absent depuis des années) ; lorsque son cascadeur de voisin sort de chez lui, ils procèdent donc à un nouveau non-dialogue à base de regards et de non-dits (c’est ennuyeux à raconter : imaginez comme cela le fut à regarder), jusqu’à ce qu’ils soient interrompus par Papaquito et son fils qui eux aussi quittent la fête pour… heu… sortir les poubelles. Je ne blague pas : en plein milieu de la soirée, le mec est avec tous ses amis et enfin libre depuis des années, et sa priorité, c’est de sortir les poubelles. Je… Seigneur. Et voilà, c’est tout. On découvre juste que Papaquito se méfie un peu de ce voisin qui a visiblement été un peu trop gentil avec sa femme pendant qu’il n’était pas là. On le comprend.

Après plusieurs transitions durant lesquelles on voit le héros conduire dans Los Angeles (de nuit : il ne fait jamais jour sur cette ville), on le voit prendre un repas dans un petit restaurant ; hélas, sur place, il est abordé par un type qui lui explique qu’il se souvient de lui : il a fait un coup avec lui il y a un an, et se souvient de cet incroyable pilote, puisque la fois suivante ils en ont pris un autre, et ils l’ont regretté puisque la police les a choppés (il n’a pas dû regarder le début du film, où les clients du héros vont se faire arrêter bêtement justement parce qu’il est complètement con et qu’il ne sème pas la police avant de larguer ses gars à l’endroit voulu). Le brigand propose donc un nouveau coup à notre héros, mais ha ! Sigismond en a assez de ces conneries : il refuse sèchement, en expliquant que si son interlocuteur ne le laisse pas tranquille de suite, il le tabassera céans sans hésiter, et notre chauffeur préféré peut donc finir de mâcher lentement son repas en prenant un air pensif.

Un jour, en rentrant du travail, Sigismond s’en va pour garer son véhicule dans le parking de sa résidence, mais ho ! Qui croise t-il près du local à poubelles ? Papaquito ! Ce dernier a visiblement une obsession pour cet endroit, ne me demandez pas s’il a une passion inavouée pour les ordures, mais en tout cas, il a l’air de passer son temps dans ce coin ; cela dit, le bougre s’est fait méchamment tabasser et a le visage dans un sale état ; à côté de lui, son fils, qui a assisté à la scène, est encore un peu terrorisé. Sigismond aide Papaquito à retourner chez lui, et le laisse aller se débarbouiller dans la salle de bain. Pour des raisons là encore inconnues, alors que l’eau coule et tout, lorsque finalement, Papaquito quitte le lavabo et est prêt à discuter avec notre héros, il n’a pas bougé un centilitre de sang de son visage. Mais ? Mais alors il faisait quoi dans la salle de bain penché sur le lavabo ? Il s’humidifiait la peau des bras ? Il se parfumait en faisant couler l’eau ? On ne le saura jamais : ça fait tellement plus cool de faire un dialogue avec un mec couvert de sang. Là encore, bravo à la réalisation.

Que s’est-il donc passé en tout cas pour que Papaquito se fasse ainsi passer à tabac devant son fils ? Trafic de drogue ? Concours de barbichette ayant mal tourné ? C’est simple (oui, il raconte tout sans hésiter au mec qui se tapait sa femme, comme ça, hop ; comme quoi, Papaquito aime tout partager) : en prison, il a été "protégé" en échange d’argent, et maintenant, il a des dettes. Or, les gens à qui il doit de l’argent sont aussi à l’extérieur, et n’ont de cesse de le harceler pour lui faire cracher toujours plus de billets verts. Et là, ils lui ont carrément proposé de participer à un prochain casse pour eux, pour qu’il paie sa dette ; lui a refusé, car voulant se ranger, et a donc eut le droit à une discussion saine et franche avec Monsieur Poing-dans-tagueule et Madame Batte-de-base-ball. Les méchants ont en plus donné à son fils une balle en lui disant de bien la garder car elle pourrait servir : toute la famille est donc menacée ; Sigismond ne peut pas laisser cela passer. Il est colère : il propose donc d’aider Papaquito à réussir le coup pour la mafia, afin qu’Irene et Paquito soient en sécurité. Papaquito et Sigismond fraternisent donc, et ce dernier est donc même invité à la table familiale, ce qui ne doit pas du tout mettre Irene super mal à l’aise mais on s’en fiche : c’est une femme, elle ne va quand même pas la ramener, non mais.

Dans les temps qui suivent, rendez-vous est pris entre les hommes menaçant Papaquito, celui-ci et Sigismond afin de parler du casse à venir ; ils rencontrent donc Chris Cook, un mafieux en jogging qui explique au héros qu’il peut participer à l’opération en tant que chauffeur s’il le souhaite, mais qu’il ne touchera pas un dollar pour sa participation ; celui-ci répond que ça lui va, mais qu’en échange, il veut la promesse qu’Irene et sa famille n’entendront plus parler des vilains et ne seront plus jamais menacés. Soit : il en sera ainsi. Même si moi, curieusement, travailler contre des promesses de gens malhonnêtes, je pense que c’est idiot ; personnellement, j’aurais plutôt tenté une autre option intitulée : "Tu sais, tout à l’heure dans le film, les deux patrons de la pègre locale m’ont intégré à leur famille et dit qu’ils m’aideraient si besoin était. Donc tu vas être gentil et pas me faire chier, moi ou mes copains, mon petit Chrissounet, car de fait on est sous leur protection". Mais  comme il n’y pense pas (puisque ça aurait un peu pourri l’intrigue déjà bien fragile et bancale), notre larron préfère accepter une mission dangereuse contre une vague promesse fumeuse. On lui présente donc une autre personne qui sera sur la mission : Blanche, incarnée céans par Christina Hendricks, sorte d’anti-Milla Jovovich. Elle et sa chevelure de feu assisteront Papaquito dans le braquage d’un prêteur sur gage dans quelques jours : fort bien.

Ce personnage n'a rien à faire dans le film. Sa seule présence est une incohérence. Mais c'est gentil d'être venue, hein

Voyageons donc dans le temps et rendons-nous directement chez le prêteur sur gage, situé dans un bâtiment à l’écart de la ville dans un coin un peu désert. Sigismond débarque avec ses deux compères, et lui reste dans la voiture, en donnant donc 5 minutes réglementaires à ses compagnons pour régler l’affaire. Il faut noter quelque chose d’assez formidable : sans aucune raison valable autre que la coolitude (permanente dans ce film), les deux braqueurs décident de tout faire à visage découvert, histoire d’être certains que la police puisse les retrouver facilement : Papaquito a peut-être très envie de retrouver de viriles amitiés en prison, allez savoir. Quant à sa complice, ça va être facile :

"Bonjour inspecteur ! Merci d’avoir fait si vite !
- Pas de quoi. Alors, décrivez-moi vos agresseurs ?
- Et bien figurez-vous qu’ils étaient deux, et que l’un d’entre eux était une femme.
- Des détails ?
- Oui, elle était rousse et avait de très gros seins.
- A toutes les voitures, on recherche Christina Hendricks, on a un code roux, je répète, on a un code roux"

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Bref. Mais rassurez-vous mes bons lecteurs : comme ce film est mauvais, il ne s’en arrête pas là : non content d’opérer à visage découvert, figurez-vous que nos loulous font aussi un truc extraordinaire. Déjà, il faut savoir que Sigismond a sélectionné une voiture à deux portière : c’est vrai que c’est tellement pratique quand on est plus de deux et qu’en plus il y a des gros sacs à faire rentrer et sortir rapidement. Quel pro ; et surtout, ensuite, on voit tout d’abord Blanche sortir avec un sac de pognon du bâtiment et se diriger droit vers la voiture avant d’y monter ; et ensuite, lorsque Papaquito sort à son tour de l’endroit, il range son arme et… je… comment vous le dire ? Il marche. Pas d’un bon pas ou rien, hein, il marche tranquillement, du genre "Ho bin j’ai bien mangé moi, j’aurais pas dû reprendre deux fois du dessert". Pourquoi, en sachant que de toute manière il n’a plus à être discret, puisqu’ils sont au milieu de nulle part et que le seul témoin vient d’être braqué ? Et pourquoi marche t-il paisiblement devant les fenêtres du magasin, en sachant qu’à l’intérieur, ça doit être un peu la grosse colère et que nous sommes aux Etats-Unis, un pays où les armes à feu circulent librement, particulièrement chez les commerçants soucieux de se défendre ? La réponse : pour l’intensité dramatique. Ridicule, incohérente, mais dramatique.

Et ça ne manque pas : alors qu’il marche bêtement paisiblement, Papaquito se ramasse en passant devant une fenêtre de l’établissement un coup de chevrotine dans la face. Et alors qu’il tente péniblement de se remettre de ce coup du sort, le tireur sort de l’endroit et l’achève à bout portant. C’est ballot.

Ni une, ni deux, malgré les cris de Blanche à l’arrière, Sigismond appuie sur le champignon et démarre pour filer à folle allure ; il note alors qu’une voiture se lance à leur poursuite ; une voiture qui était arrivée pendant le braquage et dont personne n’était descendu, d’ailleurs. Des gens visiblement au courant de ce qu’il se passait donc ; mais bien qu’ils tentent d’arrêter nos héros, c’est sans compter sur l’habileté de notre chauffeur, qui a tôt fait de les envoyer dans le décor avant de prendre la fuite comme il se doit. Cela fait, il prend la direction d’un motel, afin de s’y planquer tranquillement.

Là, avouons-le, il a de gros doutes sur le rôle de Blanche dans cette histoire, puisqu’il réalise qu’elle semblait au courant du fait qu’une seconde voiture serait sur place. Sans compter qu’en plus de tout cela, un flash-info à la télévision explique qu’un prêteur sur gage a été braqué, mais que le braqueur était seul, a été abattu, et tout l’argent récupéré. Sans compter que le sac de fric de Blanche contient près d’un million de dollars en liquide… cela signifie que l’argent volé est de l’argent sale, d’où le fait que le prêteur sur gage ne crie pas sur tous les toits "On m’a volé mon argent sale, aidez-moi, la police, intéressez-vous à mes activités !". Sigismond commence donc à regarder Blanche d’un sale oeil en se demandant dans quelle affaire pourrie elle l’a emmené. Ce pourquoi… il décide de la laisser toute seule dans la chambre de motel avec un téléphone portable histoire qu’elle puisse appeler tous ses potes en renfort. D’accord.

Ce film. Mais ce film. Sérieusement ?

Effectivement, donc, c’est la série des coups de fil : Blanche, profitant de l’absence du héros simplet, appelle donc du renfort pour venir la sauver. Sigismond, lui, préfère aller dehors appeler Irene depuis une cabine pour lui annoncer que Papaquito a ramassé un gros coup de chevrotine entre les oreilles et que, mystère de la médecine, il en est mort. Hélas, il ne peut joindre la belle : la police est déjà sur place en train de l’interroger "Madame, pourriez-vous nous en dire plus sur les activités de votre mari ? Et sauriez-vous d’où venait sa passion pour le local à poubelles ?". Il retourne donc dans sa chambre, afin de demander gentiment à Blanche ce qu’elle sait véritablement. La belle refuse de coopérer, jusqu’à ce que le héros commence à lui parler avec ses poings histoire de bien lui faire saisir l’ampleur de son désarroi ; la chose semble efficace puisqu’elle parle : oui, elle savait pour la deuxième voiture présente sur le braquage, qui contenait en fait des mecs qui devaient les braquer, eux, une fois le braquage réussi. Et ces hommes étaient aussi envoyés par Chris Cook : le 1er braquage devait servir à sortir l’argent du prêteur sur gage, et le braquage des braqueurs devait servir à brouiller les pistes : quiconque aurait voulu enquêter sur l’affaire aurait remonté la piste des premiers braqueurs… et serait arrivé à des cadavres. Impossible, donc, de suivre la trace de l’argent, la piste se serait arrêtée là.

"Ok mec, on parie que je fais le braquage en slow motion et à visage découvert ?"

Un plan qui pourrait paraître malin, si ce n’était pas l’équivalent tactique du gruyère chez nos amis fromages :

  • Blanche explique qu’elle devait toucher 40 000$ pour trahir la 1ère équipe. Oui ? L’intérêt pour Chris Cook ? Il ne mettait personne de la première équipe au courant, c’était encore mieux. Après tout, il avait l’heure et le lieu du braquage : pourquoi avoir besoin d’autre chose ? Pour plus de sécurité ? Pas de soucis, parlons-en de la sécurité.
  • S’il veut la jouer sécurité, pourquoi veut-il braquer la première équipe à l’aide d’une voiture qu’il envoie sur place faire de la course-poursuite contre un chauffeur expérimenté, bref, un truc aléatoire et foireux dans lequel il part désavantagé ? Pourquoi n’attend t-il pas gentiment que les mecs viennent livrer le pognon à un point donné, et que là, sur place, sur le terrain qu’il choisit, il les refroidisse ? Surtout que les mecs ne risquent pas de se barrer : s’ils le font, il peut buter Irene et sa famille. Donc il peut attendre dans son fauteuil tranquillement qu’on le livre.
  • Blanche a-t-elle subi une lobotomie ? On lui a expliqué le plan. Donc elle sait que si on extermine la 1ère équipe, c’est pour couper la piste. Sachant qu’elle a braqué, pour des raisons incompréhensibles, le prêteur sur gage à visage découvert, ce n’est plus une piste, c’est une autoroute. Donc elle devrait deviner qu’elle ne touchera pas 40 000$ puisque personne n’a intérêt à la voir survivre, et donc encore moins à la payer. Particulièrement pour un rôle inutile (ah si : dire qu’il y a la nana de "Mad Men" dans le film)
  • Sinon, un cambriolage, ça marchait aussi et c’était plus discret. Mais moins cool, encore une fois.

Bref, ce scénario est tellement peu sérieux que je soupçonne qu’il soit l’ultime oeuvre de Jean Amadou avant sa disparition brutale.  Reprenons le déroulé de ce truc.

Sigismond est tout à ses réflexions – limitées – sur le sujet qu’il n’est pas bien concentré sur ce qu’il se passe dehors, ou sur le fait qu’il aurait pu penser à consulter le journal des appels de Blanche pour savoir si elle avait appelé ses potes. Mieux encore, lui qui est un pilote et un professionnel prudent décide de rester immobile au motel plutôt que de charger Madame dans une voiture après lui avoir confisqué son téléphone (et là, je m’y connais) et de poursuivre son interrogatoire quelque part dans un coin désert. Du coup, nous avons le droit à une scène fort originale : l’arrivée des méchants dans le motel pourri pour tataner les gentils. Sous la forme de deux brutes armées, l’une d’entre elle arrivant par la fenêtre de la salle de bain où Blanche est en train de pleurnicher : elle reçoit donc une cartouche de fusil à pompe dans le museau, envoyant ainsi sa cervelle recouvrir le mur voisin (ce qui ne fait qu’une toute petite tache, du coup) ; Sigismond, entendant cela, se met en embuscade et tatane le malandrin lorsqu’il sort de la salle d’eau avant de lui confisquer son fusil ; avec ce dernier, il transforme donc promptement en pulpe l’autre agresseur, qui est ainsi fort surpris. On a alors un gros plan durant de longues, très longues secondes sur le visage du héros couvert de sang, pensif.

Car oui : le reste du motel n’a pas bougé. En même temps, c’est vrai que c’est tellement commun les fusillades dans ces endroits dans les films que les gens ne réagissent même plus. Donc pas un cri, pas un bruit, pas une sirène : juste notre héros en train de méditer sur la condition humaine. C’est consternant.

Plus tard, notre héros retourne en ville puisqu’il est un peu grognon, et va voir son pote Shannon afin de lui demander s’il peut l’aider à trouver Chris Cook ; pas de soucis lui répond ce dernier : je vais demander à mon copain Bernie s’il ne peut pas nous aider à le trouver. Et rapidement, Sigismond finit par avoir l’adresse d’une boîte de strip-tease où le malandrin se terre ; ni une, ni deux, équipé de son ami Jojo le gros marteau, il se rend sur place et le trouve en coulisse au milieu de jeunes filles aux poitrines opulentes ; il a tôt fait de lui briser tous les doigts à l’aide de son ustensile sans que personne n’intervienne malgré ses cris de goret, car comme chacun sait, dansles boîtes de mafieux, il n’y a aucune sécurité. Voilà voilà.

Sigismond, toujours marteau en main et assis sur sa victime gémissant au sol, lui pose donc une question simple : qui a commandité l’opération ? Qui savait qu’il y avait 1 million de dollars chez le prêteur sur gages ? La réponse tombe vite : Cook fait appeler l’homme en question, un certain… Nino. L’associé de Bernie. Comme tout cela sent mauvais pour notre malheureux chauffeur ! Aussi, il propose à Nino la chose suivante : lui, il n’a pas travaillé sur le braquage pour l’argent. Le pognon, il s’en fout. Il se propose de tout ramener à Nino pour qu’il se demmerde avec, en échange d’une seule chose : s’en sortir. Cela semble intéresser le mafioso, et c’est bien normal, puisque là, on lui offre carrément l’argent qu’il voulait récupérer sur un plateau, sans retour, et dans les conditions qu’il aura choisies. Merveilleux non ?

Si j'avais un marteau, toudidoudidoudiou...

Notre héros retourne donc après tout cela chez lui, et se rend, ce faisant, à l’appartement de sa voisine et néanmoins élue de son coeur, Irene. A qui il propose de filer le million de dollar pour qu’elle et Paquito aillent se mettre en sécurité. Pardon ? Qu’ouïs-je ? Tu veux la protéger en lui filant du pognon volé à un mafieux ? Tu ne penses pas qu’il risque de venir chercher l’argent en question à coup de fusil ? Non ? Et puis aux dernières nouvelles, tu venais de promettre de rendre l’argent donc c’est un peu con. Mais bon, on est plus à ça près, hein, moi même, je commence à être fatigué d’énumérer autant de n’importe quoi. D’ailleurs, dans la série "Je suis un garçon subtil et intelligent", Sigismond ajoute "Et si tu pars, si tu veux, je viendrai avec vous !" ; ah, le corps de feu son mari n’est pas encore froid que tu lui proposes de faire fick-fick fraülein : décidément, tu es un garçon très classe. Sans compter que comme ça, ça ferait une raison de plus à la mafia de partir à la poursuite d’Irene ; tu as tellement de bonnes idées que tu aurais ta place au gouvernement. Vraiment, chapeau.

Irene et lui discutent, discutent mais sont brutalement interrompus alors qu’ils dissertaient dans le couloir de leur étage par l’arrivée impromptue de l’ascenseur avec, dans celui-ci, un type en costard prétendant s’être trompé d’étage en voyant les deux personnes devant lui. Irene devant partir, elle monte donc dans l’appareil, suivie en cela par Sigismond ; tous deux sont devenus silencieux, tant ils ne veulent pas parler mafia, pognon et récupération de veuve à la volée devant le premier inconnu venue. Mais alors que tout le monde regarde ses chaussures, comme il se doit dans un ascenseur en marche, notre blondinet national remarque que l’étranger en costume a dans sa veste… un pistolet ! Un agent de la mafia : ils ont décidé de venir chercher le pognon eux-mêmes !

Encore une fois : pourquoi ? Ne pouvaient-ils pas, s’ils voulaient vraiment refroidir Sigismond, le faire au rendez-vous qu’ils auraient fixé ? Histoire d’être sûr d’avoir d’abord le pognon avant de le tuer, et de pas se retrouver avec un macchabée sur les bras et un million de dollars dans la nature ? On ne sait pas. C’est aussi idiot que le reste.

Le chauffeur ne réfléchit pas : il pare au plus urgent dans une telle situation, et donc (attention : voici la scène qui justifie la palme de la réalisation) les lumières dans l’ascenseur changent alors pour devenir tamisées comme par magie, et comme dans un rêve, Sigismond se retourne pour rouler un gros et long patin à Irene (le tout suivi de longs plans où ils se regardent transis d’amour en silence). Ah, et oui, pendant ce temps, le tueur de la mafia, qui a dû vaguement remarquer que le héros avait reluqué son holster, plutôt que de profiter de ce moment pour envoyer des balles de 9mm faire de la spéléologie crânienne, attend tranquillement en regardant en l’air. Et donc, quand le driver-lover a fini d’emballer sa copine, les lumières reviennent à la normale, il se retourne et… défonce la gueule au tueur qui n’a le temps de rien faire ; après l’avoir mis au sol, il le tue à coups de pieds, contrastant avec la poésie du baiser précédent, tout ça au point qu’il lui tape tant et si bien le crâne que l’on a un plan sur la tête du pauvre type qui n’est plus que pulpe (comment ? Qui a dit du gore gratuit ? Mais non : ce film a eu un prix à Cannes, c’est pas comme si c’était du vu et revu). Cela choque un peu Irene, qui voyant la violence au fond de lui, quitte l’ascenseur sitôt les portes ouvertes non sans avoir jeté un long regard (zzzzz… hein ?) à celui qu’elle trouvait autrefois si charmant. Lui, couvert de sang et de bouts de cervelle, reste sur place un peu tétanisé en voyant la douce s’éloigner dans le parking souterrain.

Pendant ce temps, dans le restaurant caricatural de nos amis de la mafia, au milieu des tables à carreaux rouges et des remarques sur la famille, Nino apprend que son homme de main chargé de tuer Sigismond est mort, et réalise qu’effectivement, il est complètement con d’avoir fait ce qu’il a fait : c’est bien, au moins un personnage qui le reconnait, c’est pas mal. Son pote Bernie, lui, qui n’était au courant de rien, s’insurge : Nino a bien merdé, ça oui ! Et puis d’abord, c’était quoi cette histoire de braquage, dont lui-même n’était pas au courant, alors qu’ils sont associés ? Nino explique la chose : un mafieux de Philadelphie voulait venir s’installer à Los Angeles, et avait donc fait amener un peu de pognon chez un prêteur sur gage lui servant de banque secrète pour préparer ses investissements. Etant de la mafia, Nino en a eu vent et s’est dit que tiens, il prendrait bien tout ce beau pognon, histoire de rigoler et accessoirement d’empêcher la concurrence de venir s’installer. Son plan était super, et devait permettre de couper toute piste permettant de remonter jusqu’à lui, en se débarrassant de la première équipe de braqueurs. Mais là, il y a eu un hic, et finalement, maintenant, il y a dans la nature un chauffeur avec un million de dollars qui sait tout et qui peut faire le lien : il doit donc disparaître.

J’en profite : Nino, juste comme ça, à quel moment, toi qui connais les méthodes de la mafia, ça t’a paru pertinent de piquer le pognon d’un mec de la famille ? Tu serais pas un peu con des fois ? Surtout que la piste, elle est facile à remonter : "Tiens, qui était au courant qu’il y avait un million de dollars chez un prêteur sur gages ? Ah bin, les cadres de la mafia en fait. Du genre Nino et Bernie, au hasard." ; donc non seulement le plan était pourri d’un bout à l’autre, mais en plus, le film oublie vaguement quelque chose : il y a donc quelque part, à Philadelphie, un type visiblement friqué et haut placé dans la mafia à qui on vient de voler 1 million de dollars ; et il n’envoie personne sur place commencer à briser des molaires pour savoir qui à fait le coup ? Nino n’a pas vent de mecs commençant à poser des questions ? Hé bien non, rien : le mec a visiblement perdu 1 million et s’est contenté de dire "Crotte alors !" avant de retourner jouer à Twister avec ses hommes de main en gloussant. Soit.

Mais Nino ne s’en arrête pas là dans le festival du n’importe quoi : "Je suis dos au mur : il y a des gens qui savent que j’ai organisé le braquage ; maintenant, il va falloir tous les tuer !" ; ah bon ? Parce que sans cette histoire de chauffeur ayant l’argent, tu les aurais laissés en vie ? Qui donc écrit des dialogues de ce genre visant à se tirer des balles dans le pied ? Ne cherchons pas. Bernie, en tout cas, soutient son complice dans le crime : "D’accord, je vais t’aider.". Chris Cook, la main dans le plâtre, et qui était en train de manger dans le restau des mafieux après avoir raconté comment Sigismond lui avait rendu visite, voit donc arriver vers lui Bernie armé d’une fourchette, qu’il lui plante dans l’oeil. Pourquoi, à part pour du gore, encore une fois ? On ne sait pas. Bernie retourne donc chercher un gros couteau, et le plante dans la gorge du Monsieur, histoire de confirmer que oui, s’il s’était d’abord saisi d’une fourchette, c’était juste pour rigoler.

L'avatar de la déconne

A ce moment là du film, je me suis pris la tête dans les mains et un rire moqueur aux échos de désespoir est sorti de ma gorge assez involontairement.

J’en profite pour souligner que le cri produit par le coup de fourchette n’a qu’un seul effet : alerter tout le quartier qu’on est en train d’assassiner un type, et que bon, en plus, tuer des gens en plein milieu du commerce qui vous sert de QG et de couverture à la fois, c’est peut-être pas ce qu’il y a de plus intelligent à faire, mais bon ; rassurez-vous, toujours personne ne réagit : les lecteurs assidus se rappelleront qu’une fois encore, il y a un autre film où les méchants agissent exactement de la même manière, et il se prénomme "Twilight 2".  C’est dire où on en est arrivé.

Bernie, donc, bien chaud après cette petite mise en jambe, décide de rendre visite à quelqu’un d’autre : son vieil ami Shannon. Ce dernier a été prévenu par Sigismond qu’il allait bientôt être temps de déguerpir, et comme dans tous les films sans imagination, il a donc les valises à la main lorsqu’il voit Bernie surgir à côté de lui dans son garage en susurrant "Tu pars en vacances ?" (quelle originalité, encore une fois). Mais le mafieux ayant bien connu le mécano, il lui fait une fleur en lui offrant une mort douce ; il lui annonce poliment que voilà, c’est la fin de la route, et lui serre la main. Et ce faisant, lui ouvre l’artère du bras d’un bon coup de rasoir, ce qui, coup de bol, ne le couvre pas de sang (c’est une artère en bas-débit, du 56K probablement). Shannon s’effondre donc contre l’une de ses voitures et doucement, s’en va vers un monde meilleur où les critiques de cinéma savent distinguer un truc bancal et réchauffé d’un chef d’oeuvre.

Sauf que Sigismond, lui aussi, est d’une humeur massacrante : il est parti pour tuer Nino, le responsable de tous ses ennuis. Il passe donc d’abord chercher un masque de l’équipe des effets spéciaux sur le tournage où il travaillait, puis se rend au restaurant de Nino, le découvrant ainsi en pleine soirée festive ; il n’y rentre pas et s’abstient de faire quoi que ce soit, préférant attendre dans sa voiture de voir le parrain monter dans sa berline avec son chauffeur personnel après la teuf. Il les suit un moment sur la route, puis en passant au bord d’une plage, donne un bon coup dans l’arrière du véhicule de Nino, obligeant le chauffeur à sortir de route, s’arrêtant à quelques mètres du bord d’un petit promontoire dominant la plage. Ayant lu le script, le chauffeur ne repart pas, et préfère à la place sortir de la voiture pour… en inspecter l’avant. Ah ? Je ? Mais pourquoi, sachant que vous avez été percutés à l’arrière ? Aucune raison valable. Alors qu’il remonte et s’apprête à redémarrer, Nino s’impatientant, les deux hommes voient une paire de phares s’allumer sur leur côté droit : venant de la route, une voiture, la même que celle qui les a déjà attaqués, fonce sur eux pour les pousser du promontoire : elle les percute un bon coup et le véhicule mafieux vole, s’écrasant après un petit tonneau sur la plage en contrebas. Sigismond sort alors de la voiture pour contempler son oeuvre, toujours vêtu de son masque en latex de tournage. Au passage, sa voiture est impeccable, et il n’a même pas un phare de rayé : il a dû percuter la voiture par deux fois uniquement avec la force de son esprit, je ne vois que ça.

En bas, de l’épave sort péniblement le pauvre Nino, blessé. Pour la petite histoire, Nino était assis à l’arrière et à droite du véhicule, soit du côté de l’impact et sans équipements de sécurité : il a survécu. Son chauffeur, qui était du côté opposé, qui avait les airbags et compagnie et qui n’a pas été touché par la voiture, lui, a juste disparu. Probablement qu’il a eu tellement peur qu’il s’est transformé en vapeur d’eau, ou quelque chose du genre. Enfin bref, on ne le reverra plus.

Nino rampe donc sur la plage, et voit Sigismond se rapprocher de lui à pied, sous la lueur du phare local qui éclaire régulièrement l’endroit. Nino a le choix pour essayer de s’enfuir malgré ses blessures :

  • soit partir vers la droite en rampant dans le sable
  • soit partir vers la gauche en rampant dans le sable

Il décide donc fort logiquement de… comment l’écrire ? Je… bon, soyons directs : il rampe vers l’eau. Voilà. Comme ça, hop, il se dit "Tiens, je ne peux plus marcher, si j’essayais de nager le crawl ?" et il se dirige donc vers les vagues. Il a visiblement l’instinct de survie plus proche de celui de la truite que de l’être humain. Bon bon bon, enfin voilà qui facilite au moins le travail de Sigismond, qui le rejoint et lui attrape la tête pour lui mettre sous l’eau (comme tout cela est pratique, sinon il eusse fallu lui faire manger du sable) ; Nino meurt donc noyé des mains de celui qu’il avait voulu tuer. Ah, et oui : le héros porte toujours son masque, qui n’a donc servi strictement à rien. Dans ce film, je crois que les gens ont aussi un problème avec la question "Quand faut-il se couvrir le visage ou non ?" ; c’est vrai que c’est pas facile.

Jeu : Aidez Nino à retrouver les différences entre lui et une truite

Le lecteur taquin, empli de mauvaise foi me dira sûrement "C’était sûrement pour ne pas être reconnu par Nino avant qu’il ne décide de passer à l’attaque", ce à quoi je répondrai "C’est vrai qu’à côté de ça, il se trimballe toujours avec le même blouson hideux et désormais couvert de sang, du coup, en fait, non, ça ne marche pas, mais c’était gentil de vouloir essayer de sauver au moins un élément du film".

En tout cas, après ce coup là, Sigismond appelle Bernie pour lui dire que son ami Nino est mort ; c’est donc un peu la panique chez l’associé du défunt parrain, mais celui-ci propose d’en terminer une bonne fois pour toute avec cette histoire : il donne rendez-vous à notre chauffeur préféré en terrain neutre, dans un restaurant chinois, en lui demandant de venir avec l’argent. S’il refuse, Irene aura de gros soucis, pour faire un euphémisme, certains d’entre eux pouvant impliquer une cave, des graviers, et une bonne vingtaine de gangsters latinos ; soit, dit notre héros. Irene et Paquito ont le droit de vivre et de pouvoir s’asseoir sans souffrir : il accepte.

Le lendemain en début de soirée, Sigismond arrive donc au restaurant asiatique, toujours vêtu de sa veste couverte de crasse, de sang et de bidoche, mais encore une fois, les gens trouvent ça tout à fait normal. A peine arrivé à la table, Bernie et lui ont vite fait de négocier la chose sans s’encombrer de politesses : le héros a le pognon ? Oui, dans la voiture. Ok, alors on y va : les deux hommes se lèvent et quittent le restaurant, ce qui fait sûrement pester le serveur qui les a vu profiter des chips à la crevette sans rien commander. Mais sitôt arrivés au coffre du véhicule, et que celui-ci, ouvert, présente la vision d’un sac rempli de pognon, tout dégénère : Bernie sort un couteau et décide de planter Sigismond ; ce dernier encaisse le coup, mais ressort l’arme de la blessure, et plante à son tour l’arme dans Bernie, qui lui, s’effondre sur le champ.

Oui : le mec est un parrain de la mafia, il sait que tous les mecs envoyés contre le héros jusqu’ici, même armés de fusils, sont morts, mais lui essaie de le faire avec son petit couteau, et sur un parking public de restaurant à une heure où visiblement, les gens vont et viennent histoire, au mieux, de finir en tôle ou sur la chaise. D’accord. L’idée de s’occuper du héros plus tard / de venir avec des gars /d’essayer d’être efficace / de dire au héros que "Si tu me touches, on transforme ta copine en couscous, son fils en merguez et on sert le tout à la mère de feu son mari" était définitivement trop compliquée.

Il y a alors un long plan sur l’ombre du héros dans le soleil couchant.

Puis un long, long, long plan sur le héros dans sa voiture, pensif dans le soleil couchant toujours, une main sur sa blessure (oui, il a reçu un coup mortel, mais il a encore le temps de prendre la pose l’air philosophe).

Et enfin,Sigismond tourne la clé, démarre sa voiture, et fait ce qu’il fait de mieux, il conduit, vers son destin, dans le soir tombant sur Los Angeles.

FIN

Mais ?! Qu’est-ce que… qu’est-ce qu’il s’est passé ?

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La salle de réunion était plongée dans un silence quasi-total, seulement troublé par le bruit de la climatisation et du président tournant les pages de son journal. Ce dernier plia l’une des pages de sa lecture, jetant un regard à la tablée.

"Les enfants, c’est tout bonnement incroyable : on leur a vendu un truc avec un pitch consternant, des personnages pourris, une intrigue bancale et des incohérences monstrueuses sans compter des erreurs diverses dans tous les domaines, et on se fait encenser par la critique ! Regardez ! On a même été primés à Cannes !"

Quelqu’un toussota dans la salle, et le Président leva un sourcil dans la direction de l’impudent.

"Un problème Joshua ?
- Hem… c’est-à-dire que Président…
- Si c’est pour me redire qu’un festival ouvert par Mélanie Laurent ne pouvait pas être un festival de cinéma sérieux, je sais ; mais on a déjà dit ce matin qu’on s’en moquait pourvu que ça fasse de la pub.
- Je… non Président. Je crois que la France a décidé de contre-attaquer.
- Ils font aussi un film français à l’américaine ?
- Ils… non. Non c’est l’inverse président. Je crois qu’ils tentent de faire un film américain à la française."

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Le Président eut un geste de recul ; comment ? Les impudents ! Ils n’oseraient ? Qu’est-ce que ça donnerait un… un film avec des militaires couillus qui massacrent des millions de mecs qui se promènent en ligne, mais entrecoupés de séquences où ils se posent des questions sur le monde, le bien, le mal et bourré de plans paysagers sur fond de musique mélancolique ? Non, ce serait… ce serait…

Attendez…

NOOOOOOOON !

Mokobé regarde avec inquiétude dans son rétroviseur.

Ce n’est pourtant pas la circulation qui le gêne : au fin fond d’une piste de brousse, il y a peu de chance de croiser un autre véhicule. Son 4×4 d’expédition dégage d’ailleurs un tel nuage de poussière dans son sillage qu’il serait de toute manière bien difficile de visualiser qui que ce soit derrière lui, mais là n’est pas la question. Non, ce qui intrigue Mokobé, c’est plutôt la curieuse remorque bâchée que son client l’a obligé à transporter jusqu’à un endroit isolé de la savane. Le commanditaire en question est d’ailleurs assis dans le siège passager, attendant paisiblement d’arriver au point de rendez-vous en regardant l’aride paysage défiler, visiblement absorbé dans ses pensées. De temps à autre, il consulte son GPS puis scrute le ciel d’un air concentré, avant de sortir une flasque de l’une des nombreuses poches de sa veste pour s’hydrater d’un quelconque alcool.

Alors que Mokobé est tout à ses réflexions, il constate brusquement qu’il est arrivé à destination : le vieil arbre foudroyé, celui qui indique l’endroit que le type lui avait indiqué sur sa carte un peu avant de poser une liasse de billets sur la table de sa petite agence de chauffeurs, vient de paraître sur la droite de la piste ; promptement, il arrête le moteur avant de se tourner vers son passager visiblement lui aussi à peine sorti de ses réflexions.

"Voilà Monsieur ; comme je vous l’avais dit, il n’y a rien ici : je continue de penser que vous vous êtes trompé d’endroit, quoi que vous soyez venu voir.
- Mon petit Mokobé, vous n’y êtes pas. Connaissez-vous les Transformers mon bon ?
- Les robots qui se transforment en véhicules ? Oui… oui, mes enfants ont des jouets comme ça, oui. Pourquoi ?
- Parce que d’après mes calculs, l’un d’entre eux devrait bientôt atterrir là, dans cette savane, d’ici quelques heures ; alors voilà ce que nous allons faire : vous allez m’aider à installer la remorque et son contenu bien en évidence au milieu de ce terrain découvert, et nous, nous irons nous abriter là-bas et camoufler votre voiture à proximité de ce bosquet d’arbres où se nourrissent de fiers pachydermes. J’ai prévu un petit comité d’accueil pour ces braves visiteurs."

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Mokobé jeta un coup d’oeil inquiet en direction de son client, puis embrassa du regard la ligne d’horizon : au loin, quelques zèbres paissaient tranquillement, alors qu’une poignée d’éléphants mettait un point d’honneur à arracher chaque branche vaguement feuillue d’un vieil arbre fragile. Il se tourna finalement à nouveau vers l’Européen.

"Ce n’est pas dangereux, au moins ?
- Mon cadeau pour eux ? Non, bien sûr que non. 
- Mais eux, ils le sont ?
- Aaah, ça Mokobé, c’est plus compliqué, car il y en a de biens braves comme de gros fourbes. Mais tenez, pendant que nous installons tout cela et que nous attendons notre invité, laissez moi plutôt vous conter le dernier volet cinématographique de leurs aventures intitulé Transformers 3 – La face cachée de la Lune. Vous n’en serez que plus instruit sur le sujet. Alors spoilons, voulez-vous ? Et aidez-moi à décrocher la remorque."
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L'affiche : Notre Terre, Notre combat, mais nos alliés aliens quand même. Les Transformers sont un peu nos tirailleurs sénégalais modernes

Le film s’ouvre donc sur la planète Cybertron, astre d’origine des Transformers ; ceux-ci sont en pleine guerre civile, opposant d’un côté les Autobots, défenseurs de la liberté, de la gentillesse et des bisous, aux Decepticons, vils fascistes dont le but est "d’imposer la tyrannie", rien que ça.  Au cours de ce conflit, le camp des braves s’est hélas retrouvé en mauvaise posture face aux méchants, et a décidé de lancer une mission de la dernière chance : un vaisseau, l’Arche, est lancé pour tenter de passer les lignes ennemies avec à son bord une "arme si puissante qu’elle changerait le cours de la guerre." ; les mecs, sans vouloir vous vexer, si c’est une arme à bord de votre vaisseau, vous feriez peut-être mieux de vous en servir plutôt que de lui offrir une croisière ; mais bon, hein, moi je dis ça comme ça. Peut-être que c’est une arme très stressée et qu’elle a besoin de vacances à Ibiza avant de se remettre au travail, ou un truc du genre, parce que sinon, je ne vois pas bien. Mais soit.

En tout cas, alors que l’Arche tente de se frayer un passage au travers des lignes Decepticons, les choses se passent mal et plusieurs tirs viennent arroser ses moteurs : l’engin est alors terriblement endommagé et peine à continuer de se propulser, mais comme il est plein de robots fort héroïques, il n’abandonne pas. Et il fait bien, puisque visiblement, malgré ses moteurs pourris, il parvient à se traîner jusqu’au système solaire (comme quoi, même avec des réacteurs moisis, on va loin), où il se crashe sur la Lune, par un beau matin de 1961. Les Américains, qui n’ont pas perdu une miette de ce fabuleux spectacle, décident donc qu’il va être grand temps de préparer un beau programme spatial pour envoyer une équipe inspecter tout ce merdier, et voir si on ne pourrait pas récupérer des bidules aliens rigolos.

Donc voilà : vous ne le saviez peut-être pas, mais le programme Apollo, c’était juste pour voir s’il n’y aurait pas moyen de piquer l’autoradio du véhicule accidenté des Transformers. Une sorte de mission Space Rabouin ; il n’empêche que lorsque Neil Armstrong débarque sur notre fameux satellite, juste après avoir déclaré "C’est un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité" (et juste avant "Ça ressemble pas mal à Maubeuge en fait"), il s’empresse d’aller galoper jusqu’au vaisseau alien (ils se sont posés à 20 mètres), pour y découvrir des cadavres de géants de métal et divers trucs qui traînent : l’humanité (représentée par les USA comme il se doit, heureusement que ce n’est pas le Vénézuela qui est allé sur la Lune) vient de découvrir qu’elle n’était pas seule dans l’univers.

Accélérons le temps et arrivons au XXIe siècle, la belle époque à laquelle nous vivons ; quelque part dans une célèbre mégalopole américaine, un cul se promène. Ce n’est pas moi qui l’invente : nous avons bel et bien un gros plan sur un cul qui gambade joyeusement ; ce dernier appartient à Carly Spencer, une jeune femme qui n’est autre que la nouvelle petite amie de Sam Witwicky, notre héros. Visiblement aisée, c’est elle qui possède le loft dans lequel le couple réside et héberge donc gracieusement notre personnage principal qui lui est au chômage. Car oui : après avoir sauvé deux fois le monde libre, travaillé avec une race alien de robots de l’espace et obtenu leur confiance tout en étant mis au courant de moult secrets nationaux, le gouvernement n’a pas jugé bon de lui filer un petit boulot en son sein. C’est vrai qu’il était beaucoup plus intelligent de l’envoyer au Pôle Emploi avec un coup de pied au cul et une médaille. C’est important la médaille : comme ça, tous les services d’espionnage du monde savent à qui ils doivent proposer un CDD de 3 mois de caissier chez Monoprix pour obtenir des tonnes d’informations ultrasensibles sur la défense américaine. Quel professionnalisme, je suis bluffé.

Bref, que disais-je ? Ah, oui ; Carly, sa copine, a elle un métier : "gestionnaire d’une collection d’art". Probablement une erreur de traduction pour "Ass Shaker", puisque de tout le film, c’est bien tout ce que la donzelle fera : réaliser des ondulations de son popotin dans diverses tenues tout en gloussant comme une collégienne après son premier ouiski-coca. Intéressant. Toujours est-il qu’elle gagne moult brouzoufs ce faisant, ce qui rend Sam un peu jaloux, puisqu’il n’aime guère se savoir entretenu par une femme, ces créatures inférieures. Ajoutez à cela que les parents Witwicky viennent de débarquer en ville à l’improviste et qu’ils font des remarques désobligeantes sur la situation de leur fils, et nous obtenons un héros crypto-looser, mais qui se tape une top-modèle quand même (ce qui est quand même un peu la loose comparé à la qualité de mes maîtresses, mais passons).

Pendant ce temps, qu’en est-il des Autobots, les gentils robots ? Et bien figurez-vous qu’ils continuent de travailler pour l’armée américaine, au motif que ça leur permet "d’aider les humains à ne pas s’entre-déchirer". On les voit donc, par exemple, participer à envahir l’Irak et… heu… dites donc les mecs, c’est quoi cette logique ? Pour empêcher les humains de se faire la guerre, vous les aidez à faire la guerre ? Vous seriez pas des fans de Georges Bush par hasard ? J’ai toujours su que les Autobots votaient républicain. Remarquez, ils sont tombés aux USA et suivent les ordres du gouvernement sans ciller : quelque part, heureusement qu’ils ne sont pas tombés en Corée du Nord ces couillons. Enfin.

Dans le même temps, le Lieutenant Colonel William Lenox, chef du NEST, le peloton d’intervention humain qui travaille avec les Transformers est lui en Ukraine pour aller poser quelques questions à un cadre du gouvernement local un peu nerveux, Jean-Jacques Popov. Celui-ci a des informations à balancer sur les secrets de son pays : il y a des années de cela, il y a eu sur son territoire des expérimentations sur de la technologie alien. Aujourd’hui, des reliques de tout cela pouvant intéresser le NEST sont encore sur place, dans un lieu nommé… Tchernobyl. Les américains envoient donc aussitôt une équipe constituée de commandos du NEST et d’Autobots sur place, sans se soucier d’avoir l’autorisation du pays.

La troupe arrive donc à Prypiat, la ville abandonnée voisine de la centrale, et il faut d’ores et déjà noter que tout le monde est venu sans la moindre protection anti-radiations : c’est connu, c’est un coin sans danger aucun. Magie de la géographie, la centrale s’avère être en réalité en plein coeur de la ville, et nos héros n’enfilent de tenues de protection que lorsqu’ils entrent dans le bâtiment ; autre fait scientifique célèbre, les radiations, non seulement ça respecte les frontières, mais ça évite même de sortir de chez soi sans invitation (c’est très timide, une radiation, et ça peut le rester plusieurs dizaines de milliers d’années tellement ça a peu confiance en soi). Bref ; les loulous progressent dans le bâtiment, guidés par Jean-Jacques ; ils ne remarquent pas que celui-ci, non seulement est incroyablement nerveux ("Non je… non, cette odeur, ce n’est pas moi je… ho… sûrement… les vieux produits chimiques. Voilà, les vieux produits chimiques qui sentent le faisan mort"), mais jette des coups d’oeil vers le plafond en poussant de petits cris, même lorsqu’il parle à quelqu’un, ce qui ne donne curieusement même pas envie aux gens de suivre son regard ; pourtant, s’ils le faisaient, ils apercevraient une sorte de transformer-vautour, un Decepticon que l’on va donc appeler "Vautour" histoire de ne pas se paumer. Comme celui-ci est un méchant Decepticon, il a les yeux rouges (au lieu du bleu des Autobots), des dents pointues (ce sont des robots carnivores ?) et surtout, il bave et crache un peu partout (oui, ils ont aussi de la salive, probablement à base de liquide de frein). Donc si je comprends bien, quand un Transformer devient un Decepticon (ce qui d’après la description au début du film, est juste une opinion politique), il se met à puer de la gueule, choppe une conjonctivite et postillonne sérieusement. Si seulement ça pouvait être pareil avec les gens qui prennent leur carte chez les jeunes UMP. Mais passons : le bestiau volant perché sur sa poutrelle semble se contenter d’observer ce que font les gentils, tout en jetant des coups d’oeil méchants à Jean-Jacques.

Ici, un Autobot venant d'adhérer à Génération France, le micro-parti de Jean-François Copé.

Soudain, la troupe tombe sur une espèce de boule métallique reliée à moult tuyaux : une relique transformer ! Vite ; il faut la sortir de là et la ramener au pays pour l’étudier (encore une fois, les Ukrainiens n’ont aucun souci avec le fait qu’on leur pique leurs affaires sans rien leur demander, l’Ukrainien est d’un naturel prêteur, Tchernobyl par exemple, ils ne voulaient justement pas le garder pour eux) ; mais c’est sans compter sur l’intervention soudain d’un immeeeeeeense robot de l’espace qui a la forme d’une sonde anale géante, ainsi que d’un autre robot Decepticon lui plus classique dénommé Shockwave. A eux deux, ils attaquent l’équipe et commencent à ravager le bâtiment sous les yeux des humains impuissants (mais si, vous savez, ça fait deux films qu’on leur dit que les balles ne marchent quasiment pas sur des robots géants blindés et qu’ils ne pensent pas à s’équiper massivement en lance-roquettes) tout en essayant de récupérer la relique tant convoitée. Les Autobots, qui attendaient à l’extérieur du bâtiment, trop petit pour eux (Ah ouais mais alors comment les deux autres, dont une sorte de ver solitaire galactique, ont-ils pu rentrer discrètement ?), se mêlent donc à la bataille en voyant leurs ennemis Decepticons surgir, et commencent à tataner sévère. Après moult échanges de coups, ils finissent par récupérer la relique, qui s’avère être, d’après Optimus Prime, le chef des Autobots, une pièce du moteur de l’Arche, un vaisseau de leur camp qui avait disparu alors qu’il tentait une mission devant inverser le cours de la guerre sur Cybertron. Comment des humains peuvent-ils avoir cela ?

Deux choses sont cependant d’ores et déjà à noter :

  • Dans la panique, Jean-Jacques a tenté de fuir seul jusqu’à son véhicule, mais c’est sans compter sur le vilain Vautour qui le mitraille avant d’ajouter "Heureux d’avoir travaillé avec vous". Personne ne s’en rendra compte ou ne prendra de ses nouvelles. C’est dommage, parce que moi, le coup du mec qui m’attire dans un lieu où des ennemis m’attendent et qui disparaît durant la bataille avant d’être retrouvé criblé de balles un peu plus loin (alors que les deux seuls Decepticons aperçus n’en utilisaient pas), ça aurait éveillé mes soupçons.
  • Une fois la relique arrachée des mains des méchants, personne ne pense à poursuivre Shockwave et Sondanal. Dites, c’est quoi votre boulot, au NEST, vous me le rappelez ? Ça vous dérange pas de laisser des robots géants fascistes et psychopathes gambader librement ? Et puis vous ne voulez pas non plus savoir ce qu’ils faisaient là ? Visiblement, non. Les deux vilains peuvent donc se tirer sans soucis. Voilà voilà. Remarquez, ça n’inquiète pas non plus les Autobots, comme quoi, le NEST et eux sont faits pour travailler ensemble.
Cela étant dit, quittons l’Ukraine et allons retrouver le pays du hamburger dans lequel notre bon Sam enchaîne les entretiens d’embauche où personne ne semble vouloir de lui. Une boîte, cependant, accepte de le recruter, en tant que chargé de la distribution du courrier malgré ses diplômes bac + moult (remarquez, là-dessus, le film est presque réaliste). Il se retrouve donc enfin avec un emploi, dans une entreprise qui travaille en collaboration avec pas mal d’intervenants de l’industrie aérospatiale. Vous êtes heureux pour lui ? Moi aussi. Je m’inquiétais sérieusement.
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Mais reconnaissons-le : on est pas là pour ça. Quid des Autobots, qui eux, ont regagné le territoire américain ? Et bien figurez-vous qu’une fois de retour au QG du NEST (qui est camouflé en tant que "Ministère de la santé et de la sécurité sociale", ce qui ne peut-être qu’une couverture outre-Atlantique, c’est connu), ils rencontrent la nouvelle directrice de la CIA, auprès de qui ils râlent qu’on ne leur a pas tout dit sur ce que les humains savaient des Transformers, puisqu’ils avaient en leur possession une pièce de l’Arche. Celle-ci explique que tout cela était top secret, mais que puisque tout est découvert, soit : l’Arche est écrasée sur la Lune. Depuis près de 40 ans, et la mission Apollo 11 était en fait destinée à jeter un coup d’oeil à ce vaste bazar. Alors oui, on sait on peut bien vous dire où est précisément écrasée la nef spatiale. Ni une, ni deux, les Transformers tout excités de ces nouvelles (ils ont les écrous qui pointent) décident donc d’utiliser leur propre navette (puisqu’ils en ont une) pour aller fouiller le vaisseau.
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Attendez, ils avaient une navette ? Ils pouvaient aller dans l’espace quand ils le voulaient ? Et jamais le gouvernement ne s’est dit "Tiens, ça nous permettrait de fouiller en profondeur ce vaisseau sur la Lune qu’on avait juste visité en 20mn il y a 40 ans, et ce sans dépenser un rond ! Sans compter qu’on pourrait en ramener quantité de pièces de haute technologie qui pourraient grandement nous aider ! En plus, les Autobots veulent nous aider, et ça nous ferait économiser des milliards" ? Et puis quand bien même, moi des aliens capables de voyager à toute allure entre les planètes et n’ayant pas besoin d’air ou de nourriture, je les aurais déjà envoyés effectuer 12 000 missions scientifiques ici ou là, plutôt que de m’en servir pour envahir l’Irak. Mais bon.
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Quelques temps plus tard (environ 30 secondes), nos robots préférés arrivent donc sur la Lune, où, curieusement, tout ce que la mission de 1969 a utilisé est resté sur place, y compris… le module lunaire au complet. Hmmm, et ils sont repartis comment ? A pied ? Bref : la troupe s’en va explorer l’épave de l’Arche, et Optimus Prime, qui connait bien le vaisseau, ouvre l’immense porte blindée menant à la soute qui révèle… un Autobot encore vivant, bien que très faible : Sentinel Prime, l’ancien maître d’Optimus Prime ; ce dernier avait eu le temps, avant le crash, de s’enfermer dans la pièce blindée tout en emmenant avec lui 5 petits pylônes visiblement bourrés de haute technologie. Comme Sentinel est un vieux sage, il a des rides en tôle et une barbe mécanique, c’est tout de même fabuleux. Détail intéressant : il a aussi sur lui des portières, des roues, et autres trucs typiques des Transformers qui peuvent se changer en véhicule terrien. Question : où le bougre, qui s’est écrasé sur la Lune, a t-il pu voir le moindre véhicule terrien pour pouvoir prendre son apparence ? Parce que sur la Lune, ce n’est pas la circulation qui gêne. Le brigand est dans tous les cas ramené sur Terre aussi vite que possible, ainsi que les 5 pylônes, afin d’être remis sur pied.
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Assez parlé des gentils : il se passe une foultitude de choses ailleurs. C’est donc en Afrique, cette fois, qu’un énorme pick-up couvert de chaînes (sûrement un pick-up sado-maso, on en croise souvent dans les donjons) progresse au milieu de troupeaux d’éléphants, zèbres et autres gnous ; soudain, il se transforme en un Decepticon fort peu ragoûtant : Mégatron, le chef des méchants ! Celui-ci, se tournant vers la foule des bestioles locales s’exclame "All, Hail to Mégatron !" ; mais ouais Mégatron, tu as raison : essaie de devenir le leader des animaux de la savane. C’est connu, les zèbres sont de sacrés collaborateurs, pour un peu d’herbe, ils donneraient leurs parents ; et encore, je te parle pas des éléphants, ce sont les pires. Dès que personne ne les regarde, ils sortent leur brassard, entament toutes leurs conversation par "Hail to Mégatron !" et piétinent les éventuels témoins qui pourraient s’opposer à leurs plans de conquête avant de leur faire des poches pour trouver des cacahuètes. L’éléphant est un animal profondément fasciste. Bon, les gnous, par contre, ils sont plus divisés. On trouve même des communistes parmi eux et j’ai même connu une fois un hippopotame candidat aux primaires socialistes. Mais là n’est pas la question, nous parlerons plus tard des opinions politiques de la faune africaine.

Sieg ?

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Mégatron regagne donc un camp de brousse où une poignée de Decepticons l’attendent, et prend des nouvelles de l’avancement de leur dernier plan : Vautour informe son maître que "Les Autobots ont récupéré Sentinel, comme prévu", et que le plan se déroule à merveille. Diable, tout cela serait donc un terrible piège ? Ho ! Pour couvrir ses arrières, le chef des méchants donne donc un ordre simple et clair à Vautour : "Tue tous les humains qui nous ont aidés". La bête s’élance donc rapidement vers les cieux afin de commencer sa mission, et on découvre que le monstre ne recule devant rien pour infiltrer la demeure de ses victimes, y compris, par exemple, se déguiser en jouet rose pour petite fille (non, pas celui-là bande de pervers), ou prendre l’apparence de divers objets ménagers. Au travers des Etats-Unis, plusieurs familles se retrouvent donc endeuillées à cause de ces fourbes de Decepticons qui n’hésitent pas à prendre l’apparence d’objets aussi filous qu’un frigo maléfique ou une machine à café Nespresso (la pire méthode de meurtre des Decepticons : ils ruinent les victimes en  n’acceptant que des dosettes hors-de-prix, les poussant à mourir de faim et/ou à se suicider pour cause de dettes).
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C’est trop triste ; vite, donnez-nous des nouvelles de Sam, le héros qui jusqu’ici n’a servi à rien ! Celui-ci s’est rendu au travail de sa copine, afin de lui annoncer qu’il avait désormais du boulot, et a croisé sur place le patron de celle-ci, Dylan Gould, incarné à l’écran par Patrcik Dempsey, plus connu comme étant le "Dr Mamour", de Grey’s Anatomy. C’est ce qu’on appelle avoir un abonnement au caca au vu de ses choix de tournage. Bref ; Dylan est formidablement riche, patron d’un immense cabinet comptable (ça c’est de l’entreprise maléfique) qui gère aussi diverses collections d’art, d’où le poste de Carly, et le bougre est accessoirement un diable de séducteur. Il n’en faut pas plus à Sam pour devenir instantanément jaloux de lui et commencer à faire un gros caprice à sa copine. Tout fâché qu’il est, il finit par retourner à son boulot où il aperçoit un étrange cadre asiatique qui le suit, puis commence à le harceler en demandant à lui parler. Je vous passe les détails supposément drôles (l’humour de ce film laisse suggérer que Franck Dubosc y aurait sa place), mais après moult péripéties qui les rendent tous deux ridicules en public, le cadre au teint pâle finit par s’expliquer : il a déjà vu Sam sur des vidéos pirates d’attaques de Decepticon, où on le voit aux côtés des Autobots, et il pense pouvoir se confier à lui, car il a des informations cruciales sur les Transformers qu’il veut faire remonter aux gentils robots. Aussi, il sort de son slip (véridique) une série de papiers contenant moult informations, en demandant à Sam de les transmettre à qui de droit. Et ce discrètement, puisqu’il se sait surveillé.
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Heu… ah ? Donc quand tu te sais surveillé, tu attires à mort l’attention sur toi en faisant des tonnes de simili-gags et de trucs pas discrets pour bien dire "HOUHOUUUU JE COMPTE PARLER D’UN TRUC SECRET A SAM WITWICKY". Astucieux ; pourquoi tu ne lui as pas juste filé tes papiers pendant qu’il apportait le courrier dans ton bureau ? Ça n’avait rien de suspect, c’était direct, discret et vite réglé. Mais non.

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Juste après avoir transmis les fameux papiers, le cadre retourne dans son bureau où, pas de bol, il s’avère que Vautour est déjà présent. Ne me demandez pas comment il est entré, ni comment cela se fait-il que personne ne l’ait vu, alors que tout le bureau est vitré et donne sur un immense open-space, je n’en sais rien. D’ailleurs, même lorsque le type et le robot commencent à se battre en hurlant, personne ne voit ou n’entend quoi que ce soit. C’est magique ; ainsi, nul homme ne se porte au secours de notre brave asiatique, alors qu’il est passé brutalement par une fenêtre. Ou alors, c’est juste que tout le monde avait envie de le voir y passer, ce qui était, par exemple, mon cas.
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Mais Vautour, avant de se débarrasser de sa victime, a eu le temps de repérer que celui-ci avait discuté un peu trop longuement et curieusement avec Sam Witwicky : au diable la discrétion, il va aussi le tuer sur le champ ; il sort donc ses mitrailleuses et commence à arroser l’open-space, pendant que le pauvre chargé du courrier était en train d’y passer. Comme il se doit, il le loupe, et le héros parvient à s’enfuir. Où trouver un abri ? Il faut agir vite ! Notre loulou va donc… chercher sa nana au travail.
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Pardon ? Quoi ? Vous dites ? "Ah, je suis poursuivi par un robot tueur ! Vite, si j’allais chercher ma copine au travail ? Comme ça, elle pourra mourir avec moi quand on mitraillera ma bagnole ! Quelle superbe idée !" ; lui envoyer un message pour lui dire de planquer ses fesses, n’eut-ce pas été plus malin ? Je crois qu’on ne va pas trop leur en demander. Personnellement, si un jour une de mes conquêtes débarque en bagnole en bas de mes bureaux en m’envoyant "Vit ! Décen, je sui dan la voitur, 1 tueur me cherch :(", elle risque de recevoir un "Raison de plus pour que tu oublies ce numéro connasse ;)". Chacun sa méthode.
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Notre petit couple s’en va donc au QG du NEST, et bien que les gardes refusent de les laisser rentrer lorsqu’ils demandent à parler aux Autobots ("Heuuuu noooon, non, on a pas de robot géant ici, pas vrai Gégé ?"), l’un des gentils robots, Bumblebee, entendant par hasard que l’on ne veut pas laisser entrer son ami s’énerve très fort et sort donc à toute allure du hangar avant de tout péter autour de lui en sautant au-dessus de tous les obstacles, ce qui est particulièrement discret, surtout lorsque l’on sait que le QG du NEST se situe en plein milieu d’autres buildings qui seront heureux d’apprendre que l’on héberge des robots aliens à côté de chez eux. Le prix de l’immobilier va chuter, les propriétaires ne pourront plus rembourser leurs prêts, les banques vont perdre de l’argent et une nouvelle crise économique commencer. J’ai toujours trouvé que Joseph Stiglitz n’évoquait pas assez les responsabilités des Transformers dans la crise. Encore un qui a séché les documentaires sur le sujet, mais passons.
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Détail essentiel : à chaque fois qu’un Transformer saute (par-dessus une barrière, en direction d’un ennemi ou même juste une journaliste-écrivain ratée), il y a un ralenti. C’est assez inexplicable : le film durerait probablement 15mn de moins sans les ralentis à foison ; il faut croire que Jojo, le stagiaire en charge du montage des scènes d’action avait un gros problème de Parkinson l’obligeant à appuyer frénétiquement sur la touche "ralenti" de sa console. Le malheureux. Mais je crois qu’il avait déjà travaillé sur "300", si je ne me trompe.
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Une fois que Bumblebee a retrouvé son ami Sam, la situation se règle assez facilement : notre héros et sa donzelle sont autorisés à rentrer au sein de la base secrète et peuvent donc y retrouver le reste des Autobots. Ça tombe plutôt bien, puisque non seulement le NEST est là au grand complet, mais aussi la patronne de la CIA, puisque Optimus Prime s’apprête à utiliser son "cristal de commandement" (oui, je sais, c’est une "matrice autobot", mais je fais des raccourcis si je veux), symbole de l’autorité du chef Autobot, pour faire sortir Sentinel Prime de sa torpeur. Sans le cristal, la chose est impossible.
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A peine le bidule a t-il touché le vieux robot que celui-ci se réveille en sursaut quelque peu paniqué, soucieux de savoir ce qu’il est advenu des Autobots et de la guerre sur Cybertron ; il est donc un petit peu dégoûté lorsqu’il entend que cette dernière a été perdue par leur camp, mais n’est pas plus étonné que ça, ce qui se comprend quand on voit les bras cassés que sont les Autobots. Il se décide en conséquence à expliquer aux humains perplexes ce qu’était la mission de l’Arche, son vaisseau : il s’agissait de transporter une arme secrète, un "pont spatial", loin derrière les lignes ennemies. Cette dernière est en fait un téléporteur constitué des pylônes retrouvés avec lui, avec tout ce que ça implique : pouvoir évacuer ses gars en quelques secondes, lancer des assauts derrières les lignes ennemies, faire ses courses à Carrefour Market et revenir à temps pour l’apéro, etc. Il faut donc mettre ce terrible instrument en sécurité, hors de portée des Decepticons qui pourraient traîner dans le coin (et qui détestent rater l’apéro parce qu’ils faisaient leurs courses à Carrefour Market).
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Optimus Prime, qui n’est pas un filou, propose à son ancien maître de reprendre le cristal de commandement pour redevenir le chef des gentils, mais ce dernier décline : il est vieux, usé, fatigué, et ne connait rien à la planète Terre contrairement à Optimus. Il serait donc peu judicieux pour lui de redevenir chef. Soit.

Oui, contrairement à Cher, les robots fripent en vieillissant. C'est très décevant je dois dire.

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Bien, bien. Maintenant que Sam est au courant de tout ça, il est donc invité à… foutre le camp. Encore ? Mais enfin, combien de fois allez vous mettre dehors un type qui connait tellement de secrets que même les Decepticons tentent de se le faire ? Sam ne pense même pas à souligner la débilité ambiante, et va plutôt se tourner vers quelqu’un qui pourrait accepter de l’aider : un ancien agent de la CIA passionné de secrets, de complots et d’histoires d’aliens (non, pas Fox Mulder, même si ça ressemble) : Seymour Simmons, qui s’est retiré des affaires de l’Agence pour aller écrire des livres sur les extra-terrestres et ce qu’ils veulent aux pauvres terriens. Sam l’appâte avec les documents que son collègue asiatique lui a transmis au bureau peu avant de mourir (visiblement, il n’a pas pensé à proposer ça aux gens du NEST, ce qui aurait pourtant pu les intéresser) : à vue de nez, tout ça détaille comment feu notre jaune ami a participé, avec d’autres, à empêcher le programme spatial américain de progresser plus avant, pour sa part en empêchant les outils d’observations de la NASA de pouvoir observer un certain point précis de la Lune. Pas de problèmes, dit Seymour Simmons : ce que les USA n’ont pas vu durant la guerre froide, les Russes ont dû le voir. Et ça tombe bien : deux spationautes russes sont actuellement aux Etats-Unis, après être passés à l’Ouest à la fin de la guerre froide. Peut-être qu’eux ont des informations intéressantes à partager qui permettraient de savoir ce que l’on a voulu cacher aux Américains ?
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En tout cas, tout cela barbe cordialement la pauvre Carly, qui elle, ne peut pas gérer plus deux choses à la fois (sa fesse gauche, sa fesse droite), d’où le fait qu’elle ait des assistantes pour s’occuper de sa collection d’art, j’imagine. Aussi, puisque les complots galactiques ne l’intéressent pas, le ton monte avec Sam, expliquant qu’elle n’aime pas trop ces histoires. Elle lui précise d’ailleurs que le soir même, son patron donne une soirée, et que le bon Witwicky est invité s’il n’est pas trop occupé à essayer de sauver le monde (brave fille : tu as de belles priorités). Ils se fâchent donc un peu, puisque notre héros semble plus intéressé par les plans d’aliens hostiles ayant essayé de dézinguer l’humanité par deux fois plutôt que par les soirées chez des types qui ont joué dans Grey’s Anatomy et qui ont donc forcément mauvais goût. Quelle drôle d’idée, tout de même. Comme quoi, on a bien raison de ne pas écouter les donzelles.
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Bref, laissons les nanas loin de tout cela comme il se doit, et passons à la suite : Sam, Seymour et l’assistant de ce dernier, Dutch, se rendent donc dans un bar à tendance slave, où, évidemment, on ne boit que de la vodka en ayant sur les genoux des puputes couvertes de fourrure (attention, de la fourrure animale, ce n’est pas un bar portugais), alors que des mafieux s’affairent au bar (quelqu’un a dit "caricature", qu’il se dénonce !) ; seul problème, l’accueil est un peu froid, et rapidement, les anciens soviétiques se lassent que l’on vienne leur poser des questions, et des armes surgissent dans toutes les mains, américaines comme russes. Cela suffit aux spationautes pour accepter de se mettre à table : oui, je n’ai pas compris non plus. Visiblement, pour faire parler les transfuges, il suffisait de se comporter comme un gros débile. Ni une, ni deux, nos deux amis de l’Est emmènent nos héros dans une arrière-cour d’où ils sortent des photos ultra-précises de la Lune (ne me demandez pas comment et pourquoi ils ont pu quitter l’URSS avec ça et les raisons pour lesquelles ils ne s’en sont pas servi de monnaie d’échange pour passer à l’Ouest, je ne sais pas. Et j’ignore aussi comment il se fait qu’on puisse trouver de pareils documents dans une minable arrière-cour de bar mafieux) : on peut y voir qu’il n’y avait pas que 5 pylônes à bord de l’Arche, mais des centaines et des centaines, et que… des Decepticon, sur la Lune, ont déplacé tous les pylônes sauf ceux de la soute blindée pour les entasser plus loin. Mais alors, bon sang ! Ils sont déjà en possession du téléporteur ! Mais s’ils ne s’en sont pas déjà servis, c’est sûrement qu’il leur manque une pièce pour ce faire… et vu qu’ils ont déjà les pylônes… et si c’était… Sentinel ? Si les Decepticon avaient fait exprès d’amener le NEST sur la trace de l’Arche pour que les gentils aillent y chercher Sentinel et le réveillent avec le cristal de commandement, histoire de pouvoir ensuite l’enlever et l’obliger à activer le téléporteur ? Vite ! Il faut appeler la CIA et le NEST pour les avertir qu’ils sont tombés tout droit dans un piège (ce qu’ils auraient pu savoir dès le début du film s’ils n’avaient pas laissé les méchants se barrer à Tchernobyl, mais je ne dis rien) !
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Sam appelle donc ses amis du gouvernement en hurlant "Houloulou, la merde ; les Decepticon ne veulent pas les pylônes retrouvés sur l’Arche, ils s’en moquent : ils en ont déjà des centaines ! Ils veulent juste Sentinel Prime pour activer le bousin ! Il faut le mettre dans un endroit où personne n’osera aller le chercher, comme par exemple un service administratif français !" ; Sentinel, qui était tranquillement en train de faire sa promenade quotidienne sur le périphérique de Washington (tout en perdant de l’huile : il est vieux et plus vraiment étanche), reçoit donc l’ordre de rentrer à la base avec son escorte. Mais, ho ! Les méchants sont déjà là ! Sous la forme de trois 4×4 de police, ils commencent à s’en prendre à la troupe ; s’ensuit donc une course poursuite pleine de sauts au ralenti, durant laquelle les Decepticons ne parviennent pas à prendre le dessus malgré leurs efforts, tant les Autobots sont déterminés à protéger leur vieux sage local.
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Mais alors qu’ils arrivent enfin à la base du NEST, où Sentinel Prime sera en sécurité pour de bon, ce dernier reprend sa forme de robot et annonce la couleur : "Merci de m’avoir sauvé des Decepticons, mais en fait, je compte aller avec eux de mon plein gré. Désolé. En réalité, j’avais passé un pacte avec eux : je devais m’enfuir avec l’Arche et le téléporteur et les retrouver sur Terre. Et maintenant, m’y voici." ; ah, le traître ! En plus, il ne fait pas semblant : il récupère les derniers pylônes dans la base du NEST et s’enfuit avec, non sans avoir tué Ironhide, un Autobot qui l’avait jusqu’ici escorté et qui risquait de l’empêcher de partir. Tout le monde est donc sur le cul chez les gentils, et ça pleure à chaudes larmes le cataclysme qui vient de s’abattre sur eux. Puis, ils traitent quand même Sentinel Prime d’enculé, par principe, parce que bon. Mais ils ne le poursuivent pas : là encore, pourquoi faire ? C’est pas comme si il venait d’annoncer qu’il trahissait tout le monde, qu’il allait passer à l’ennemi avec arme ultime et bagages, et qu’il s’enfuyait sur les routes à la vitesse d’un gros camion poussif que même une Renault 4 pourrait doubler sans soucis en côte. Dans ce film, seules les vilains connaissent le sens du mot "poursuite" semble t-il.
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Attendez, attendez, c’est quoi ce rebondissement pourri : dites moi les enfants, si Sentinel Prime devait s’enfuir avec les pylônes à bord de l’Arche durant la guerre, déjà, pourquoi les Decepticons ont-ils eu la bêtise de s’acharner à vouloir l’abattre ? Parce que si le plan a été retardé, c’est bien à cause des Decepticons qui ont endommagé l’Arche, non ? Donc ça ne tient déjà pas.  Et puis, pourquoi avoir voulu vous donner rendez-vous sur Terre ? C’était pas plus simple de juste traverser les lignes pour vous filer le bidule de la main à la main ? Quand vous voulez qu’un pote vous passe un DVD, vous lui donnez rendez-vous à Kaboul ? Non mais les plans minables. Tiens, et puis même : si Sentinel était moins idiot, quand Optimus Prime lui a proposé de reprendre le commandement et le cristal allant avec, il l’aurait fait. Comme ça, il avait avec lui cet outil surpuissant et en plus il pouvait commander les Autobots à volonté, ce qui aurait été plus pratique pour s’enfuir. Mais non, il avait envie de se compliquer la tâche. Andouille.

"Non Optimus, je ne peux pas reprendre le cristal de commandement : ça m'arrangerait trop, je vais donc stupidement le refuser"

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A la nuit tombante, en tout cas, les Decepticons et Sentinel Prime finissent par se rejoindre à un point de rendez-vous particulièrement discret : le Lincoln mémorial de Washington. D’ailleurs, histoire de bien dire qu’ils sont vilains, les méchants ont explosé la statue de l’ancien président pour que Mégatron puisse s’asseoir à sa place dans son siège de pierre, en attendant que Sentinel débarque (il a des problèmes de lombaires le Mégatron qu’il ne peut pas patienter 30s debout ?) ; ce qu’il fait promptement. Et le vieil Autobot n’a pas besoin qu’on lui dise quoi faire : à peine est-il arrivé qu’il accepte d’activer le téléporteur : il répartit donc ses 5 pylônes devant le mémorial, et les active un par un : lorsque les Autobots, avertis de la présence de méchants au mémorial, débarquent, ils se retrouvent face à une immense colonne de lumière qui forme un pont jusqu’à la Lune elle-même ! Et sur celle-ci, des centaines de Decepticons sortent de la poussière pour rentrer dans la colonne lumineuse et ainsi réapparaître instantanément sur Terre !
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Juste une question, comme ça, en passant : ils sont arrivés comment, sur la Lune, les Decepticons par paquet de cent, là ? Non parce que s’ils pouvaient voyager dans l’espace comme ils l’entendaient, pourquoi ne sont-ils pas directement allés sur Terre ? Pourquoi attendaient-ils un superfétatoire téléporteur ? Nous ne le saurons jamais, alors passons sur cette incohérence grosse comme un camion tuning.
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Optimus Prime et ses joyeux amis ne peuvent donc pas arrêter le bordel ambiant : trop de robots hostiles apparaissent, et ils se retrouvent donc promptement en sous-nombre, obligés de se replier face à la puissance de feu supérieure de l’ennemi. L’invasion de la Terre a donc officiellement commencé…
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… c’est donc le moment idéal pour Sam d’aller prendre des nouvelles de sa copine. Là encore, il ne s’agit pas de l’appeler pour l’informer du bordel ambiant et lui demander de se mettre en sécurité, non (quel intérêt ?) : à la place, il va trouver ses parents pour savoir s’ils n’ont pas vu Carly. C’est vrai, des fois qu’elle soit dans le lit de papa : excellent plan, mec. D’ailleurs, sa famille a décidé qu’il était temps d’avoir un "conseil de famille" : une invasion de robots tueurs est toujours idéale pour trouver un moment pour parler avec son fils du fait qu’il doit prendre soin de sa copine parce qu’elle est "belle et riche". Le fait qu’elle soit complètement conne n’entre visiblement pas en ligne de considération, hélas. Requinqué par les conseils parentaux ("Tu dois aller dire à celle que tu aimes que tu l’aimes ", "Tu dois l’écouter et ne pas t’occuper que de toi ", "Tu dois lui apprendre la position du toboggan du bonheur "), et particulièrement le dernier "Tu dois la retrouver et lui parler !" (exactement ce qu’il comptait faire jusqu’à ce que ses parents lui disent qu’ils voulaient lui causer – merci la perte de temps) le jeune Witwicky file donc chez Dylan Gould pour y retrouver sa douce et se réconcilier avec.
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Dans le vaste manoir du sieur Gould, notre loulou retrouve donc sa douce en plein tête-à-tête avec son charmant patron ; il décide donc de la sortir de là, parce que merde, pour se réconcilier, rien de mieux que de traîner sa nana dehors en lui arrachant à moitié le bras devant tous les invités et collègues de travail qui assistent à la scène, et ce, sous les yeux de son patron. Il a juste oublié de la traîner par les cheveux avant de lui faire l’amour sur une peau d’auroch pour compléter le tableau. Cependant, le sieur Dylan ne goûte guère à ce genre de comportement en sa demeure, et fait donc saisir l’importun par ses gros bras, et avant de l’envoyer bouler dehors. Et il s’avère que tous les invités semblent prendre un malin plaisir à la chose, particulièrement lorsque Dylan fait appel, pour calmer notre héros, à un… Decepticon ! L’enfoiré : il bosse avec eux (et tous les invités et le personnel qui ont l’air au courant, aucun d’entre eux n’a jamais fait fuiter l’info que leur patron bossait avec des êtres qui avaient tenté de raser la Terre par deux fois ? C’est très fort) !
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Le vil Gould explique donc ce qu’il en est : son père, qui a fondé son cabinet comptable maléfique, avait pour client la NASA il y a des années. Aussi, les Decepticons sont venus le trouver pour lui demander d’empêcher les Etats-Unis de poursuivre leur programme spatial, en truquant les budgets prévisionnels des missions lunaires à venir pour les rendre si chers que personne ne veuille y mettre du pognon (ils sont forts ces Decepticons ; j’espère qu’ils ont aussi parlé de TVA et de niches fiscales, vu leur connaissance des fonctionnements terriens) ; oui, à la NASA, c’est un cabinet comptable extérieur qui budgette les missions, c’est pas comme si c’était le genre d’informations sensibles qu’on traitait en interne, surtout durant la guerre froide, hein, mais bon. Voici donc ce qu’il va se passer à présent : Gould va partir en prenant Carly en otage avec lui, quant à Sam, il va gentiment aller servir d’espion pour voir ce que la CIA et les Autobots préparent. Si jamais il désobéit, sa copine prendra une balle dans la tête. Et comme ça ne lui fera rien, vu qu’elle ne semble pas dotée d’un cerveau, ils lui raboteront les fesses, son point faible. Enfin, histoire d’être définitivement sûrs qu’il ne va pas tenter de jouer au plus malin, Gould attache à son poignet une splendide montre qui est en fait un tout petit Decepticon qui transmettra tout ce que notre héros dit ou fait. Et qui pourra lui faire mal si jamais il tente quoi que ce soit ou s’il ne met pas assez de bonne volonté dans sa mission. Une fois cela fait, ils lui mettent gentiment un coup de pied au train et le renvoient vers le NEST. Décidément, le hobby d’une personne sur deux aux Etats-Unis semble être de confier tous ses secrets à Sam avant de le foutre dehors. C’est assez curieux je dois dire. Sûrement un truc culturel.
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Mais l’invasion, elle, ne s’est pas calmée pendant ce temps : forts de leur puissance de feu largement supérieure, les Decepticons ont envoyé bouler tout ce qui leur résistait, et annoncent à l’ONU, via Sentinel Prime (qui a moins l’air d’un gros chacal que Mégatron, ses yeux rouges et ses dents pourries), que personne ne veut la guerre. Si la Terre accepte de coopérer en fournissant les ressources nécessaires à la reconstruction de Cybertron, la planète d’origine des Transformers, et si elle accepte de virer les Autobots de son territoire (en les renvoyant vers le vide intersidéral, comprendre l’espace ou la Creuse), alors tout ira bien. Les Nations Unies ont un peu sali leurs fonds de culottes, puis ont accepté le marché. Paix il y aura donc.

"Ils nous demandent juste de virer nos immigrés : finalement, je trouve ces Decepticons particulièrement sympathiques"

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Aussi, lorsque Sam arrive enfin que QG du NEST, il apprend simplement cela : les terriens n’ont aucun plan et ne comptent pas résister. A vrai dire, ils ont même déjà commencé les préparatifs pour virer les Autobots, qui sont eux-mêmes résignés à quitter le coin puisqu’on leur demande. Personne ne remarque que pendant qu’il pose des questions, Sam se tient très fort le poignet en faisant "Raaaah j’ai maaaaaal", puisque le Decepticon-montre le titille pour l’obliger à obtenir des informations. D’ailleurs aucun détecteur de métaux ou de Decepticons (puisque la base du NEST en est truffée) ne semble avoir repéré quoi que ce soit. C’en est à se demander à quoi ils servent. Il y a tout de même un passage formidable, où, forcé par la montre, Sam dit aux Autobots "Dites moi si vous avez un plan ! Vous savez que vous pouvez me parler, je suis votre ami… je serai le seul humain au courant !" ; phrase qu’il prononce avec 40 agents et techniciens du NEST derrière lui. Soit il ne les considère pas comme des humains, soit il pense qu’ils sont sourds, allez savoir. Ou cons. Choisis ton camp camarade.
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Les Autobots finissent donc par regagner leur navette spatiale, qui est prête à décoller, et a pour l’occasion été boostée d’une navette et de propulseurs (pourquoi ? La dernière fois, ils ont pu aller sur la Lune sans. Et puis ils ont obtenu tout ce matos en moins d’une journée ? On peut donc monter une mission spatiale en moins de 24h ? C’est beau, tout de même, moi qui pensais que c’était compliqué).  Les robots de l’espace s’envolent donc vers le ciel dans une immense colonne de feu, sous les applaudissements de la NASA, qui applaudit naturellement quand elle réussit un lancement, même si c’est pour expulser des gens qui les avaient sauvés par 2 fois, parce que bon, héros, certes, mais immigrés avant tout. La navette qui s’envole est donc un peu comme une sorte de gros charter vers Bamako.
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Mais à peine le vaisseau a t-il décollé qu’un Decepticon sous la forme d’un avion de chasse s’approche et lui balance quelques missiles dans la face pour lui apprendre la vie : tout explose, les Autobots viennent donc tout simplement d’être détruits en plein ciel : au sol, c’est le choc, les gentils aliens mi-véhicule tuning mi-humanoïdes idiots viennent de périr tragiquement. C’est affreux. Allez, prenez le temps de sécher vos larmes, nous allons passer à la suite (ce film est diablement long).
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Un peu plus tard, donc, la ville de Chicago est dans une curieuse situation : les Decepticons ont installé la quasi-totalité de leur armée sur place, et Sentinel Prime est occupé en haut d’un immeuble à installer plusieurs pylônes de téléportation en des points précis (on aperçoit brièvement des Decepticons en installer un peu partout ailleurs dans le monde) . Tout cela est fait sous le regard attendri de Dylan Gould, qui dispose d’un formidable appartement avec vue sur tout cet immense bazar, sympathique endroit dans lequel il s’entretient avec Carly de la suite des hostilités, histoire de la divertir un peu tant otage est un métier ennuyeux. Comme tous les méchants, le bougre se décide donc à révéler l’intégralité du plan des forces du mal : la ressource que les Decepticons comptent prélever de la Terre pour reconstruire Cybertron, ce sont les humains ; car ils auront bien besoin d’esclaves pour ce faire. Mais ? Ce ne sont pas des machines, justement ? Ils ont besoin d’esclaves ? Et sachant que Cybertron est une planète sans atmosphère, juste comme ça, vous comptez vous y prendre comment ? Les mecs travailleront en apnée 30s avant de mourir ? Il va en falloir, du monde. Enfin bon. Tant qu’à raconter tout en détails, Gould précise aussi comment fonctionnent les pylônes de téléportation (est-ce que quelqu’un peut m’expliquer comment il sait ça ?) : ils fonctionnent tous ensemble sous la coordination d’un pilier principal, de couleur rouge contrairement aux autres qui sont bleus ; si le bidule rouge est désactivé, tout le plan des Decepticons sera foutu en l’air. Merci de la précision de ton explication fort utile. Moi aussi, j’adore confier toutes les failles de mes plans à mes prisonnières ("Hahaha, les filles, il est strictement impossible de sortir de cette cave ! Elle est reliée à cette caméra de sécurité, qui n’ouvre qu’à ma personne ; elle a cependant un bug et déverrouille la porte si vous pratiquez des scènes lesbiennes devant elle, mais je doute que cette information vous serve". Bon, moi par contre, je mens un peu, c’est vrai).
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Tiens, au fait, Mégatron n’avait pas demandé à Vautour de tuer tous les humains qui avaient collaboré avec lui ? parce que finalement, il n’a plus besoin de Gould depuis un bail. A part, bien sûr, pour révéler le point faible des plans des méchants à la gentille. Misère, mais mettez-lui une balle dans la tête, bon sang. S’il vous plait. Allez, quoi, flûte. Une faveur. Ah, rabat-joie.
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En tout cas, Sentinel Prime, lui aussi, explique un peu à Mégatron pourquoi il a trahi les siens : sa priorité, c’est reconstruire Cybertron, leur monde natal. Et si pour ça, il faut sacrifier l’humanité, c’est normal car "Le plus petit nombre doit s’effacer devant le plus grand". Rappelez-moi combien sont les Transformers ? Ah oui : "Une poignée". Face à 6 milliards d’individus. Si c’est pour avoir ce genre de soliloques consistant à se tirer des balles dans le pied, autant fermer sa gueule mon petit Sentinel Prime. Mais le bougre, visiblement soucieux de montrer qu’il est complètement con jusqu’au bout déclare "Maintenant, commençons à raser la ville pour montrer aux humains qui sont les maîtres." ; juste comme ça, Cyber-Corky, deux remarques :
  • Détruire une partie de la ressource que tu es venu chercher, c’est contre-productif, en fait
  • Tirer sur les humains comme ça, hop, au hasard, ça revient à dire "Humains, que vous vous battiez ou non, on vous tape sur la gueule, alors autant vous battre". Ou comment inciter soi-même à la révolte.
Et donc, c’est toi le vieux maître qui a tout enseigné à Optimus Prime ? Je commence à comprendre pourquoi les gentils sont de gros neuneus : ton enseignement a porté ses fruits. Ho, et si vous vous demandez pourquoi ils installent leur téléporteur, sachez que c’est encore plus idiot : ils comptent téléporter Cybertron à côté de la Terre pour pouvoir y envoyer les humains. Comment ? A part probablement risquer une monstrueuse collision entre deux planètes, ça ne sert à rien ? Je suis d’accord. D’ailleurs, pourquoi téléporter sa planète si c’est pour ensuite téléporter les humains dessus ? Autant passer directement à la deuxième étape. Mais que voulez-vous : quand on a un moteur de Traban en guise de cerveau, ça a des conséquences.
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Chicago est donc plongée dans le chaos : des Decepticons-tanks se promènent dans les rues en massacrant les gens, les vaisseaux volants bombardent tout et des chasseurs sont largués par ces derniers pour aller faire du mitraillage sur les grandes artères. Bref, on rigole bien. L’armée américaine tente bien d’intervenir, mais tous ses appareils sont abattus par les défenses Decepticons avant même d’avoir pu ouvrir le feu. Tout espoir semble donc réduit à néant…

De tout le film, jamais notre héroïne n'arrivera à mettre sa bouche dans une autre position que celle-ci. Comme dirait Nicolas Cage "C'est compliqué, les expressions faciales".

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Mais c’est sans compter sur Sam, qui lui a une très grosse envie d’aller sauver sa nana. Aidé de Seymour Simmons et de son assistant Dutch, il finit par la localiser dans un immeuble de Chicago en repérant le téléphone portable de Gould : il doit s’y rendre ! A ce moment là, il ne sait pas encore que la ville a commencé à être bombardée, mais dans le doute, il a quand même décidé d’y aller avec une équipe d’anciens agents du NEST dont il connait le chef, qu’on appellera Bob. Tous ensemble, le geek et ses baroudeurs foncent donc à vive allure vers la cité dont ils apprennent le tragique destin à mi-chemin. Au passage, chose mystérieuse, Sentinel Prime semble mettre des heures à configurer son téléporteur, alors que la dernière fois, devant le Mémorial de Lincoln, il lui avait fallu moins de 5mn. Que ne ferait-on pas pour que les héros aient le temps d’arriver.
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Sur place, donc, Sam et ses amis découvrent la cité très largement entamée par les combats, les rues étant remplies de voitures calcinées et nombre d’immeubles éventrés par les tirs. Seulement voilà : un chasseur Decepticon a tôt fait de les repérer et de commencer à les mitrailleur, les acculant derrière quelques couverts qu’ils ne peuvent quitter, sans compter qu’ils n’ont pas d’armes suffisamment grosses pour percer ce blindage, n’ayant que des fusils mitrailleurs (vous n’avez toujours pas envie de prendre des lances-roquettes ? Ce sont des êtres blindés, vous allez le comprendre quand ? Ça fait quand même déjà trois films, là). La petite troupe va t-elle mourir sous les assauts de l’appareil ennemi ? Je me le demande, pfou, j’en sue de stress.
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Et en effet, un tir de gros obus abat l’ennemi d’un seul coup : les Autobots au grand complet viennent d’arriver ! Ils sont venus ! Mais comment ont-ils survécu à l’épisode de la navette ? Facile : ils s’étaient planqués dans un des modules que la navette avait largués au décollage, dixit l’un d’entre eux. Attendez, la navette avait largué un module ? Non non non, elle n’avait rien largué du tout, elle a été abattue alors qu’elle venait juste de décoller. On dirait qu’un scénariste se fout ouvertement de notre gueule. Hmmmm, voilà qui me rend grognon. Oui, plus que d’habitude. Si, c’est possible. Bref ; détail notable : malgré leurs mésaventures, les combats, la poussière et la suie du champ de bataille, sous leur forme de véhicule, les Autobots n’ont pas une tache ou une rayure sur leurs carrosseries. Ça s’appelle le respect du tuning : aucune particule digne de ce nom n’oserait se poser sur un truc aussi laid.
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Les Autobots annoncent donc la suite de leur plan (et il n’y a personne pour les écouter : le Decepticon-montre s’est barré juste après que la navette des Autobots ait été abattue, pour information) : certes, ils ne sont que 9, oui, en face, ils sont des milliers, alors ils vont foncer dans le tas, de face, et sans préparation. Voilà, quand je vous disais qu’Optimus Prime avait bien appris de son maître, je ne me foutais pas de vous : c’est un fait. On note aussi que sans raison aucune, il a fallu attendre que les Decepticons fassent un million de morts à Chicago pour que les Autobots se décident enfin à pointer le bout de leur nez pour déjouer leurs plans, mais passons.
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L’équipe décide déjà de récupérer l’appareil volant fraîchement abattu, qui vole encore (excusez-moi, s’il a été abattu, ce n’est pas justement parce qu’il ne volait plus ? Je crois que la notion de "logique" a été oubliée, quelque part en amont de cette production), pour infiltrer discrètement l’équipe de Sam et de ses potes humains en ville, histoire d’aller sauver Carly des griffes du vilain Dylan Gould. Ni une, ni deux, nos larrons parviennent à faire voler l’appareil et à larguer Sam pile à l’étage voulu de l’immeuble qui sert de planque au brigand pour qu’il puisse récupérer sa nana (moi, personnellement, j’aurais envoyé un membre du commando qui m’accompagnait : c’est un peu leur spécialité, merde ; c’est à ça que sert le petit personnel). Ce qui est promptement fait, et dans la panique qui s’ensuit, Dylan n’aimant pas trop qu’on tente de lui piquer ses jouets, il envoie à la poursuite de Sam un Decepticon qui passait par là (mais, pourquoi lui obéissent-ils encore, vu qu’il n’est plus d’aucune utilité depuis longtemps ?) : Vautour. Hélas pour le pauvre volatile, les canons du chasseur avec lequel Sam est venu vont s’en mêler et le transformer en pulpe ; voilà, un de moins. N’en reste plus que quelques milliers, et c’est bon. Bah, on y est presque, non ?
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Dylan Gould dispose d’ailleurs visiblement lui-même de son propre téléporteur, puisque quelques secondes seulement après que Sam se soit enfui par la fenêtre d’où il était venu sur son appareil volant et sa donzelle fraîchement récupérée, le vil comptable arrive en bas de son immeuble (soit une descente d’environ 10 étages par seconde, même la gravité est dégoûtée de ne pouvoir faire aller les gens aussi vite) pour informer les Decepticons qui trainaient que les gentils sont dans Chicago et qu’il faut se défendre ! La bataille peut donc commencer.
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Je vous passe les détails de la baston générale, avec des gentils et des méchants qui se poursuivent dans tous les sens, mais résumons un peu : Sam et ses commandos apprennent grâce à Carly que le point faible des méchants est le fameux pylône rouge qui commande à tous les autres. Ils se décident donc à aller essayer de lui coller une roquette dans la margoulette ; ça tombe bien, ils n’en ont qu’une (je ne commente même pas, tenez) ; mais pour toucher leur cible, située tout en haut d’un immeuble, il leur faut eux-mêmes monter dans un bâtiment suffisamment proche et haut pour avoir une bonne ligne de vue. Et un bel immeuble de bureaux se propose de servir de terrain de jeu : en route !

En tout cas, c’est un sacré bazar, puisque l’immeuble choisi est déjà dans un état contestable suite au bombardement, et qu’une fois arrivé en position pour tirer, le type à qui on a confié le lance-roquette passe son temps à faire "Aaaah non, je ne tire pas, j’ai trop peur que l’immeuble s’effondre !" alors que tous ses potes, à côté de lui, lui hurlent d’ouvrir le feu. C’est vrai que rester sur place à ne rien faire dans un immeuble instable, c’est tellement plus sûr que de tirer avant de se barrer pour se mettre en sécurité. Et non, personne ne lui prend l’arme pour tirer à sa place : de longues minutes s’écoulent donc sans que rien ne se passe, jusqu’à ce que les Decepticons ne repèrent la petite bande en goguette : un terrible adversaire que vous aviez sûrement oublié se montre donc et commence à ravager le bâtiment : Sondanal, l’explorateur de trous noirs.

Shockwave et Sondanal trouvent toujours 5mn même en pleine guerre pour prendre la pose

Et visiblement, depuis 2001, on fabrique des immeubles en adamantium : même avec toute la base ravagée par un monstre de plusieurs milliers de tonnes, ils ne s’effondrent pas sur eux-mêmes et se contentent de pencher ; et si le haut d’une tour bascule et en rencontre une autre, ça ne provoque pas un double effondrement, non : ça l’arrête net. Surpuissant on vous dit.

Il n’empêche que nos héros sont obligés de courir dans tous les sens, de profiter que l’immeuble se mette à pencher à plus de 90 degrés (tout de même, ce n’est plus un bâtiment, c’est un carambar) pour sortir par une fenêtre et faire du surf sur la surface extérieure du bâtiment ; à noter que bien qu’ils soient équipé de grappins futuristes, nos loulous ne pensent jamais à les utiliser pour stopper leurs glissades et plus d’une fois, un type du commando finit dans le vide. Heureusement que ce sont des spécialistes.

Mais tout cela n’empêche pas Sondanal de poursuivre son petit bonhomme de chemin alors que sa poursuite derrière Sam & co se prolonge ; cependant, alors que la bête s’apprête à dévorer la petite troupe, elle est soudainement décapitée : Optimus Prime, qui a une sorte de jetpack, vient de traverser la ville en volant pour lui asséner un bon coup d’épée pile au bon moment sur le coin du nez. Dans un grognement sourd, le Decepticon fécal s’effondre pour ne plus jamais se relever. Les autres Decepticons n’apprécient guère la chose, et tirent donc sur Optimus Prime, parvenant à endommager ses réacteurs pour le forcer à s’écraser. Mais sans raison aucune, encore une fois, le bougre va se remettre à voler quelques minutes plus tard : non mais bon sang, c’est quoi ces histoires de trucs qu’on abat puis qui revolent ? Ce n’est quand même pas compliqué, comme logique, de dire "Abattu, a marche pu". Mais il semblerait que pour certains réalisateurs, si.

L’armée américaine, elle, se décide enfin à intervenir : elle a compris comment rentrer en ville ; si tous ses avions sont abattus, il lui suffit d’envoyer des avions à hélice qui… pardon ? Des avions encore plus lents ? Oui, c’est ça : le NEST envoie des avions à hélice larguer des mecs au-dessus de la cité. Quel plan pourri ; il n’empêche que du coup, il marche ; il faut dire que ça permet une scène cool où, plutôt que de sauter en parachute, les bougres sautent de leurs appareils avec des tenues de base jump façon écureuils volants, en faisant de superbes manoeuvres (ils volent en formation, tournent en volant pour prendre de petites rues et semer leurs poursuivants, etc.). Oui, le mot ridicule est autorisé. Sinon, vous pouviez les amener en voiture : regardez, c’est même comme ça que Sam, son commando, les Autobots & co sont arrivés. C’était plus simple et plus efficace, certes, mais moins spectaculaire qu’une séance de sports extrêmes. Il fallait choisir.

La bataille continue donc d’encore plus belle, et il y a même un superbe passage où les Decepticon capturent deux Autobots, dont Bumblebee. Dylan Gould, qui est décidément un filou, s’empresse donc d’ordonner aux robots aux yeux rouges d’abattre leurs confrères aux yeux bleus : diable, il est donc plus cruel que les méchants eux-même ! Bon, je passe sur le fait qu’on lui obéisse, et disons-le : maintenant qu’il y a des prisonniers, ce ne serait pas plus intéressant de les interroger ? Du genre combien êtes-vous, quel est votre plan, etc ? Je ne sais pas, ça pourrait servir. Surtout que je le rappelle, vous pouvez vous le permettre : il y a plusieurs milliers de Decepticon contre 9 Autobots et une vingtaine d’humains dispersés et n’ayant même pas d’armes adaptées. Au fait : vous vous souvenez des vaisseaux volants dont je vous avais parlé jusqu’ici, qui bombardaient la ville et larguaient des chasseurs ? Et bien depuis que les Autobots sont entrés en ville, on en entend quasiment plus parler. C’est fou comme on fait disparaître facilement des ennemis pour faciliter le travail des héros.

Mais justement : ces vaisseaux là réapparaissent là, maintenant, car l’un d’entre eux est en train de s’écraser suite à une fourberie Autobot ; et coup de bol, il se crashe juste sur le peloton de Decepticons qui venait de tuer le premier prisonnier Autobot et s’apprêtait à tuer le second, qui n’était autre que Bumblebee, le pote historique de Sam. Et ce, sous les yeux justement de notre héros, qui planqué à quelques mètres de là suite à diverses aventures, avait pu observer la scène (le tout accompagné de sa copine : encore une fois, il a décidé de l’emmener partout avec lui plutôt que de la mettre quelque part en sécurité et de ne plus en bouger. Genre une cave : je recommande personnellement). Le gentil robot jaune est donc sauvé d’une fin prématurée et peut reprendre le combat. On ne tue pas aussi facilement les personnages qu’il faut faire revenir dans le prochain film, mécréants.

A noter qu’alors que Sam repart se battre, Carly décide de prendre une initiative, la seule de tout le film, et attention, pas n’importe laquelle : elle court voir Mégatron, le plus vilain de tous les Decepticons, et qui était en train de faire la sieste (je ne rigole pas, en pleine guerre, le bougre était en train de glander) ; évidemment, il n’a aucun garde, rien, et elle passe comme elle veut. Et une fois devant le brigand, elle utilise la ruse la plus consternante de tout l’univers : elle lui grimpe dessus (mais ça, elle le fait naturellement sur un peu tout depuis ses 14 ans) et lui dit "Hey, Mégatron ! Tu sais que tu passes pour un con, là ? Parce que finalement, toi tu n’es rien comparé à Sentinel Prime ; quant il aura ramené Cybertron ici, c’est lui qui va pouvoir se taper toutes les meufs (des robots qui se métamorphosent en Mini Cooper), et toi tu passeras pour un gros naze. Un gros caca pourri, hihihihi nananananèreuh" ; et figurez-vous que ça marche : Le chef des forces du mal se lève et s’exclame "Puisque c’est comme ça, je vais aller péter sa mouille à Sentinel Prime pour montrer que c’est moi le chef".

A cet instant précis du film, j’ai beaucoup pleuré. Même si encore une fois, cela prouve ce que je disais plus tôt : ne jamais écouter une femme, ça n’attire que des emmerdes.

Dis-donc, tu crois que j'ai pas vu où tu mettais ta main gauche petit chenapan ?

La bataille continue (encore) donc à divers coins de la ville, et on retrouve Sam juste à côté du pylône principal, qui vient d’être activé : dans le ciel terrien, Cybertron commence à apparaître. Aussi, notre héros voyant ce terrible spectacle se dépêche de le couper, ce qu’il fait : comme un vulgaire téléchargement d’épisode de Lost, la télétransportation se met gentiment en pause, laissant dans le ciel un bout de Cybertron. Mais soudain surgit Dylan Gould, qui le réactive (Comment ça ? Hé, ho, je croyais que seul Sentinel pouvait l’activer, même que c’est pour ça que les Decepticons avaient dû monter leur plan pourri ? Un simple humain suffisait ? C’est fou comme les gens s’emmerdent pour rien, en fait.) avant de se battre avec Sam ; le téléchargement peut donc reprendre, et sans aucun dégât ou problème, Cybertron recommence à apparaître petit à petit au côté de notre belle planète. Finalement, Sam finit par se débarrasser de Dylan en le poussant contre le fameux pylône, ce qui l’électrocute quelque peu (mais toujours sans perturber le télétransport), mais la palme de la plus belle désactivation revient à Bumblebee, qui débarque pour… pour plaquer le pylône au sol façon Sébastien Chabal nourri au yaourt depuis une semaine ; l’objet est donc lourdement endommagé, et la télétransportation définitivement arrêtée, ce qui a pour effet :

  • De faire plaisir aux gentils
  • De retélétransporter loin de la Terre les milliers de Decepticons qui étaient arrivés de la Lune via le télétransporteur quelques jours plus tôt (Heu, pourquoi ?)
  • La planète à demi-télétransportée à côté de la Terre explose complètement, mais rassurez-vous : ça ne pose aucun soucis à notre belle planète. Il n’y a même pas un caillou qui l’érafle. Et vous savez pourquoi ? Parce que ça forme un immeeeeeeense trou noir, plus grand encore que notre planète, et toujours juste à côté, qui a la gentillesse de n’aspirer que les petits morceaux de Cybertron et de ne même pas remuer la Terre. C’est vraiment bien fait, tout de même. Tous les physiciens et astronomes de la salle se sont ouvert les veines à cet instant précis.

Il ne reste donc plus grand chose de la menace alien… mais tout de même : Optimus Prime, lui, au coeur de la bataille a rencontré Sentinel Prime, et commencé le combat contre son traître de vieux maître ; hélas, le bougre a de beaux restes pour un vieux un peu humide, puisqu’il parvient à mettre à mal le plus courageux des camions kitschs au point de lui couper un bras. Mais alors qu’il va mettre le coup de grâce à notre héros, Mégatron, telle une grosse pucelle hystérique, débarque en hurlant "C’est moi le chef heuuuuu ! Pas toiiii !" et met à terre Sentinel, permettant à Optimus de se relever. Ce dernier ne perd donc pas de temps, et profitant de ce répit inespéré, tue Mégatron en le décapitant, avant d’achever son vieux maître au sol. Comme quoi, avec deux bras, il est plus mauvais qu’avec un seul ce gros nase. Je ne veux même pas savoir pourquoi.

Tout le monde se regroupe donc sur une petite place à demi-ravagée, et les héros s’échangent des regards genre "Ouaiiiis, ce qu’on leur a mis, on est trop forts, huhuhuhuhu". Carly saute dans les bras de Sam pour lui rouler un gros patin et lui hurler qu’elle l’aime, et Bumblebee arrive donc sur ces entrefaites pour jouer sur son autoradio intégré la marche nuptiale avant de lâcher des boulons en guise d’alliance.

Oui, moi aussi, j’ai toujours rêvé de faire ma demande en mariage au milieu d’une ville en ruine et après des millions de morts. On appelle ça "Un mariage à la Hitler". Vous êtes décidément trop cools, les héros.

Tout le monde se met donc en ligne devant un drapeau américain flottant encore au vent bien qu’un peu troué, et Optimus Prime déclare gentiment que maintenant que le calme est revenu, à nouveau, lui et et ses Autobots se mettent au service des terriens (alors que bon, ce n’est pas du tout comme si ça faisait moult fois que vous étiez poignardés par les humains, hein, mais quand on est un peu con…). Chacun dit les yeux humides qu’il a été fier de combattre pour la liberté, et alors que le drapeau de la patrie des braves bat dans le vent du soir, la lumière décroit doucement et…

FIN

Ouf.

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Allongé à côté de son véhicule recouvert de broussailles, Mokobé observe de ses jumelles la remorque immobilisée à une centaine de mètres. Quelques minutes après que les insectes nocturnes aient commencé à se faire entendre, il perçoit brièvement son client installé juste à sa gauche s’exclamer "Là !"

Et en effet, dans le ciel, une sorte de météore descendant à folle allure vient d’apparaître, provoquant une certaine panique parmi les oiseaux installés alentours qui s’ébrouent promptement dans une multitude de cris bigarrés, sorte de son à la fois long et curieux qui n’est couvert l’espace de quelques instants que par le puissant bruit sourd que produit le météore en rencontrant le sol, soulevant des gerbes de terre et de gravats qui sous la puissance de l’impact, retombent à des centaines de mètres à la ronde, obligeant les deux discrets observateurs à se couvrir le crâne pour éviter qu’un éclat de roche ne vienne y ricocher douloureusement. Lorsqu’enfin, le déluge terrestre semble s’achever, Mokobé observe la silhouette d’un géant de métal sortir du cratère pour scruter les alentours, ses yeux bleus luisants dans le crépuscule. Bien qu’essayant de se faire encore plus discret qu’il ne l’était déjà, sujet à une certaine peur, le chauffeur africain ne peut s’empêcher d’observer la suite des évènements : l’alien, après avoir repéré la remorque, s’avance de son pas lourd vers celle-ci, et commence à tourner autour pour chercher un éventuel piège ; ce n’est que lorsqu’il est passé derrière celle-ci, en partie masqué aux yeux de Mokobé, qu’enfin il se décide à soulever la toile ; un bruit électronique fort original se fait entendre, ainsi que des sons de vérins et de portières que l’on claque, puis plus rien. Le spectacle semble visiblement terminé, et la vie nocturne de la savane reprend doucement ; la haute silhouette qui dépassait de derrière la remorque semble avoir disparu lorsque le pan de bâche qu’elle avait soulevé est enfin retombé.

"Que… que s’est-il passé Monsieur ?
- Mon bon Mokobé, la bête est tombée dans mon piège ; elle a regardé sous la bâche. 
- Mais qu’est-ce qu’il y a sous cette foutue bâche ?
- Une voiture sans permis. 
- Que… pardon ?
- Une voiture sans permis. Une merde avec un moteur poussif qui fait rire jusqu’aux enfants. 
- Mais… pourquoi ?
- Et bien les transformers sont de gros niais : ils prennent l’apparence de véhicules terriens. Là, pas de bol, tout ce qu’il y avait à disposition pour notre invité, c’était une merde à roulette. Le voilà donc transformé en étron mécanique. Ça lui apprendra à immigrer illégalement chez nous.
- Et les yeux bleus ? Vous avez vu les yeux bleus ? Je croyais que c’étaient les gentils qui en avaient ! 
- En effet.
- Mais alors, pourquoi vous en prendre aux Autobots, s’ils sont venus pour nous aider ? Pourquoi est-ce que… je dois vous arrêter Monsieur Odieux ! Je ne vous laisserai pas faire, vous travaillez contre l’espèce hum…"
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Mokobé aperçut dans l’obscurité le curieux sourire de son interlocuteur.

"All, Hail to Mégatron !" dit l’Européen dans le vide

Et ce fut la dernière chose que le pauvre chauffeur entendit, juste avant que la patte d’un fasciste d’éléphant ne vienne lui écraser la gueule.

"Professeur Dumbledore… puis-je vous poser une question ?"

Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore relève les yeux par-dessus ses lunettes en demi-lune, braquant son regard perçant vers la silhouette brune aux cheveux en bataille assise dans le siège en face de lui. D’un geste lent, il place ses mains sur son bureau de manière à ce que ses doigts se touchent, puis s’enfonce un peu plus dans son fauteuil comme pour signifier à son interlocuteur qu’il compte prendre tout le temps nécessaire à la construction de sa réponse. Le jeune homme assis en face lui se contente de réajuster ses lunettes rondes tout en dégageant une mèche de la cicatrice en forme d’éclair qu’il porte au front, avant de hausser légèrement les épaules.

"Et bien voilà professeur… je me demandais… pourquoi on nous enseigne jamais l’histoire-géographie ici ? Non parce que ce n’est pas que je n’apprécie pas ce que l’on enseigne ici, hein, mais quand je rentre chez les Dursley pour les vacances, même Dudley semble plus érudit que moi : il sait situer les grandes villes du pays, sait qui est le monsieur sur la statue de Trafalgar Square… je ne sais pas professeur : l’impression d’être plus bête qu’un petit gros qui a en permanence l’air constipé, ça me chagrine un peu. 
- Ho, Harry, tu remues là de terribles souvenirs ! Je pourrais te les raconter moi-même, mais ce ne serait pas aussi vif que si tu les contemplais de tes yeux… tiens, Harry, regarde plutôt dans la pensine."

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Le professeur pointa sa baguette vers un placard et une sorte de bassine argentée en sortit en volant ; il la dirigea d’un vol lent et sûr vers le bureau qui le séparait d’Harry, puis la fit atterrir. Il eut un curieux sourire bienveillant, puis d’un de ses longs doigts, il indiqua au jeune sorcier qu’il pouvait regarder dans l’objet. A peine le plus célèbre des jeunes magiciens avait-il regardé la surface du liquide argenté qui se présentait à lui qu’il se sentit comme arraché de sa chaise avant d’être entraîné dans une incroyable chute au travers d’un immense puits sombre, au bout duquel il pouvait apercevoir un minuscule point de lumière ; il eut l’impression que le vent lui fouettait le visage alors qu’il se rapprochait de plus en plus vite de la lumière. Et puis d’un coup, il eut le sentiment de franchir l’issue du tunnel menant vers la curieuse lumière et tout s’arrêta : il était comme suspendu en l’air à quelques mètres au-dessus du sol, dans ce qui semblait être une salle ronde qu’il avait souvent vue inoccupée à Poudlard ; elle était bordée de quelques minuscules gradins où s’entassaient des personnes aux vêtements bigarrés comme seuls les sorciers savent en trouver, et à l’opposé de la grande porte de chêne richement sculptée qu’Harry pouvait contempler, une immense table dominait l’assemblée, et il apercevait derrière celle-ci plusieurs personnages à l’air strict. Il reconnut le professeur Mac Gonagall, visiblement de quelques années plus jeune ; cela lui remit les idées en place et lui rappela que tout cela n’était qu’un souvenir de Dumbledore qu’il visualisait. Il se demanda cependant ce que tout cela pouvait bien signifier.

"Conseil de discipline de Poudlard, séance 784. Faites entrer."

Un grincement sinistre se fit entendre, et les lourdes portes de chêne laissèrent passer un personnage escorté par deux préfets. De là où il était, Harry pouvait surtout observer la masse de cheveux blancs qui occupaient ses tempes, sans pouvoir observer véritablement son visage, son angle d’observation n’étant pas idéal ; alors qu’il tentait de se déplacer en battant des bras en l’air pour mieux voir, il remarqua que si l’homme portait l’uniforme traditionnel de l’école, il arborait au cou une cravate rouge qui n’était pas celle d’une maison qu’il connaissait. Il supposa qu’il pouvait avoir affaire à un enseignant, les seuls pouvant faire exception aux règlements sur les tenues vestimentaires. Lorsque l’un des préfets demanda à celui qui était visiblement l’accusé de vider ses poches et de donner sa baguette magique au président du conseil, il sortit de ses poches un étui à cigare, une flasque d’alcool, une montre à gousset et enfin une baguette de bois sombre. Le magistrat à la tête de l’assemblée s’en saisit et fronça les sourcils en chaussant de petites lunettes le temps de mieux en voir les détails.

"Bois de tilleul, 27,5 centimètres, phalange de farfadet. Accusé numéro 784 : Professeur O. Connard. Enseignant en Histoire, Géographie, Education civique"
- C’est moi."

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Il y eut une série de regards entendus parmi les membres du public, comme si on avait longtemps attendu que le personnage passe devant un simili-tribunal, puis les personnes assises à la tribune prirent la parole.

"Professeur, vous devez sûrement savoir pourquoi vous êtes là. 
- C’est-à-dire qu’il y a moult raisons, alors si vous pouviez préciser celles que vous prenez en compte, ça irait plus vite."

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Un murmure parcourt la salle.

 
"Bien, professeur, puisque vous le demandez… bien, premièrement, on me dit que vous avez pillé les stocks de polynectar dans le laboratoire du cours de potion.
- En effet.
- Pourriez-vous préciser à l’auguste assemblée dans quel… disons… but… ce… c’était ?
- Je n’en ferai rien : vous êtes payé à énoncer les accusations formulées à mon égard, n’imaginez pas que je compte bosser à votre place, fainéant de fonctionnaire.
- Oooooooh ! – dit la salle
- Bien, bien professeur, puisque c’est ainsi, je lis le rapport de mon collègue du cours de potions… "M. Connard a utilisé le polynectar ainsi qu’un cheveu d’une modèle de charme allemande acheté sur Ebay pour organiser des parties fines avec des élèves."
- Oooooooooh ! – dit la salle 
- Pas la peine de faire "Ooooh", hein, hé. Tout le monde y a déjà pensé. A quoi ça sert sinon de faire de la magie ?
- Ce n’est pas la question professeur ! Je lis aussi ici qu’après que vous êtes arrivé à court de polynectar, vous avez glissé du GHB dans la biéraubeurre de plusieurs élèves de 6e et 7e année à l’occasion du nouvel an. Comment expliquez-vous cela ? 
- La réponse est dans la question : j’étais à court de polynectar. 
- Oooooooooooh ! – refait le public
- Dites, si c’est pour entendre des onomatopées, on pourrait plutôt se regarder un match commenté par Eugène Saccomano, vous savez.
- Taisez-vous ! Vous ne méritez même pas le titre de professeur ! J’ai ici une plainte disant que vous détournez l’usage originel des sorts pour parvenir à vos fins : une élève est venue se plaindre que vous lanciez des "Accio coquine !" en cours pour voir qui ça attirait au tableau !
- Il est vrai, mais vous savez, ça valait le coup puisque par deux fois ça a attiré le professeur Dumbledore de son bureau jusqu’à ma classe sans que ses pieds ne touchent le sol : vous cachez bien votre jeu vieux schnok !
- Roooooooooooooooh ! – surenchérit l’assemblée
- Bien passons sur les autres débordements du même style : j’en ai des pages et des pages : regardez ce dossier, il est plus gros que la plupart de mes grimoires ! Tenez, je prends une page au hasard ; plainte d’un membre de la famille Weasley : "Le professeur Connard a fait cette devinette en classe : "Pourquoi Voldemort cherche t-il tant à faire subir le supplice du pal au Weasley ? Parce qu’il adore mettre des bâtons dans les roux !"
- Elle est pas bien cette blague peut-être ? 
- Il suffit ! Il suffit ! Je ne vous poserai qu’une seule question : durant toutes ces années au service de l’école, vous n’avez jamais été malade. Jamais. Et il paraîtrait que vous guéririez tous vos problèmes avec des larmes de phénix, le célèbre remède qui guérit tout ! Mais comment pouvez-vous faire pleurer cet oiseau au coeur dur à volonté ? Partagez votre méthode avec nous dans l’intérêt de l’école et de ses élèves, et nous en tiendrons compte au moment de prononcer votre peine.
- Ma foi, c’est assez facile : le phénix est un animal très friand de noix de cajou. Il vous suffit de vous approcher de lui en en tenant quelques unes dans une main, afin de l’inciter à vous faire confiance…
- Hmmm hmmm…
- Non, à cet instant précis, le phénix, attiré par sa gourmandise aussi légendaire que l’est son plumage, ne pourra s’empêcher de venir manger dans votre main. Parlez-lui. Dites lui que vous l’appréciez. Encouragez-le à savourer. 
- Fort bien, je note…
- Et tout le secret, c’est que quand il ne s’y attend pas, il faut violemment lui insérer le pouce de votre autre main dans le rect…
- HOOOO ! C’EN EST TROP ! SILENCE ! Sileeeence ! Je vous retire immédiatement votre chaire d’enseignant et vous renvoie chercher du travail au Pôle Emploi Enchanté ! Je vous condamne à ne plus jamais remettre les pieds dans cette école ! Mieux : je ferme définitivement la chaire d’histoire-géographie ! Que plus jamais, personne ne parle de ce qu’il s’est passé ici, et que votre nom ne soit plus prononcé ! Adieu, Monsieur !"
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Harry sentit son corps devenir léger et commencer à prendre de l’altitude alors que le souvenir se terminait et que tout lui paraissait de plus en plus lointain. Il fit la moue.

Il n’avait pas entendu : où fallait-il mettre le pouce pour faire pleurer le phénix ?

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L'affiche : non, aucun des deux ne pensera à mettre un gros coup de boule à l'autre

Résumé des épisodes précédents : Voldemort le vilain sorcier essaie de tuer Harry Potter depuis 7 films parce que lui a un nez et peut donc porter des lunettes sans que ça lui tombe sur la bouche, ce qui le rend très jaloux. Las, le gentil héros a décidé de partir se changer les idées en faisant du camping avec ses amis Ron et Hermione. Mais c’était sans compter sur les méchants qui se décident à pourrir leurs vacances…

Voilà, je crois que je n’ai rien oublié ; mais si vous vouliez malgré tout un truc plus détaillé, la partie I est . Reprenons, maintenant, voulez-vous ?

Le film s’ouvre donc sur la dernière scène du précédent : Voldemort, poussé par ses instincts nécrophiles, vient d’ouvrir la tombe de feu le professeur Dumbledore pour se saisir de sa baguette : en effet, celle-ci, connue sous le nom de "Baguette de sureau" ou "über-baguette" est l’une des trois reliques de la Mort, trois objets surpuissants que la Grande Faucheuse elle-même aurait créés : une cape d’invisibilité pour disparaître aux yeux d’autrui, une pierre de résurrection permettant de revoir ceux que l’on a perdu, et enfin la fameuse baguette surpassant en puissances toutes les autres. Celui qui disposerait de ces trois reliques serait le maître de la Mort, mais celui qui aurait juste la baguette de sureau dépoterait déjà pas mal : c’est donc désormais le cas de notre grand méchant national : tremble, monde libre.

Dans le même temps, à Poudlard, l’école des sorciers idiots qui ne savent pas faire de division, écrire correctement ou situer la Belgique sur une carte (même s’il est vrai que ce n’est pas toujours évident) puisqu’on y enseigne aucune matière classique, on note que l’ambiance est devenue un poil moins joyeuse : désormais que les hommes de Voldemort ont pris le pouvoir chez les sorciers de Grande-Bretagne, le célèbre établissement magique est passé sous la coupe de son nouveau directeur, le professeur Rogue, et une discipline de fer est mise en place : les élèves marchent façon cohorte romaine, au pas et en silence, et tout écart du règlement est sanctionné par des punitions physiques relativement sévères (élèves battus, torturés, condamnés à lire du Sophie Kinsella, etc). Le rêve de tout enseignant qui se respecte : Monsieur Rogue, venez enseigner en région parisienne, s’il vous plaît.

Voilà pour ce qu’il en est des méchants, qui semblent bien s’amuser ; allons donc retrouver nos valeureux héros que sont Harry, Ron et Hermione, qui après avoir réussi à fuir le QG des vilains dans le précédent épisode grâce à une intervention surpuissante (mais fatale) de Dobby, le Che Guevara des elfes de maison, sont désormais à l’abri dans "la maison aux coquillages ", une bicoque kitschounette – enfin pas selon Valérie Damidot – sur une triste plage d’Albion. Là, nos larrons réfléchissent à la suite des opérations : où sont les autres horcruxes de Voldemort, ces objets enchantés qui contiennent une part de son âme et l’empêchent de mourir ? Ils en discutent quelque peu entre eux ainsi qu’avec leurs autres amis sur place (principalement des membres de la famille de Ron ainsi que Luna, probablement l’élève la plus défoncée à la ganja que Poudlard ait jamais connu), et se disent qu’ils ont désormais deux nouveaux atouts dans leur manche : les deux personnes qu’ils ont sauvé du QG de Voldemort lors de leur fuite, à savoir Gripsec, un gobelin travaillant à la banque Grimgotts, la Société Générale du monde magique, et Jean-Jacques Ollivander, un célèbre vendeur de baguettes magiques. Eux deux ont peut-être informations ? Hein ? Vous allez parler ? Ja ? Schnell ?

Pas de problème ; Harry s’en va mener des interrogatoires avec toute la subtilité qu’on lui connait : tout d’abord, il va discuter avec le sieur Gripsec, puis invoquant le pouvoir antique de Nicolas Sarkozy, le pourfendeur du secret bancaire (interdit de rire au fond), il l’oblige à parler : Bellatrix Lestrange, bras droit de Voldemort, a un coffre chez Gringotts et il est fort probable qu’un horcruxe se trouve dedans ; fort bien, se dit notre héros, il va donc falloir s’y rendre. Mais, diable ! La banque est incroyablement bien gardée, dotée de moult artifices de sécurité, et chacun sait qu’elle est impossible à dévaliser à part si on est un trader. Mais, avec l’aide de Gripsec, employé là-bas qui en connait tous les secrets, il doit malgré tout être possible de se rendre jusqu’au coffre de Lestrange (même si à mon avis, il ne doit contenir que deux tonnes de schnouf et un fer à friser) ! Le banquier est prêt à accepter, mais à une seule condition : qu’on lui donne en échange l’épée de Gryffondor, arme légendaire que nos amis avaient récupéré dans le dernier volet, et qui est la seule assez puissante à leur disposition pour détruire un horcruxe. Sacrebleu ! Il n’y a guère de choix : Harry accepte le marché.

Sitôt la conversation terminée, Ron et Hermione engueulent Harry : "Mais, espèce de gros con (qu’ils sont grossiers, je suis aussi choqué que vous), comment va t-on détruire l’horcruxe que l’on pense trouver chez Gringotts si on a plus l’épée pour le détruire, hein ?" ; le sorcier à la cicatrice en forme d’éclair est bien embêté et ne sait que répondre, aussi il se contente d’un "J’y réfléchis encore".

Je t’aide mec : tu dis à Gripsec que tu le paies APRES avoir accompli sa mission. Comme ça, tu récupères l’objet, le brise, et lui file l’épée si tout s’est bien passé et qu’il a bien rempli sa part du contrat. En fait, payer les gens à la fin d’un contrat rempli, ça parait même assez logique ; mais bon, hein, je ne suis pas un sorcier, c’est sûrement moi qui dois me tromper et pas toi qui doit être un peu con, mon bon Harry. Non. Nooon.

"Cher Dobby, je sais que tu es mort, mais je voulais te dire que tu nous manquais en tant que membre le plus intelligent de notre groupe"

Le bon Potter n’en a cependant pas fini avec ses investigations, il enchaîne donc en allant poser quelques questions au sieur Ollivander, l’expert en baguettes,  afin de savoir s’il peut utiliser les armes qu’il a piquées à d’autres sorciers durant ses dernières aventures sans soucis. Oui, lui répond le vieux sage : les baguettes ont une âme, des sentiments (elles pleurent souvent quand elles regardent Titanic et mangent de la glace dans le pot quand on les plaque), et ne sont fidèles qu’à leurs propriétaires légitimes (contrairement à certaines). Or, comme Harry s’est emparé des baguettes qu’il présente non pas en les dérobant comme un vulgaire voleur de poules, mais en désarmant d’un sort leurs anciens possesseurs, les baguettes lui sont désormais fidèles. Et une baguette fidèle à son maître marche mieux et est plus puissante qu’une arme réticente à servir celui qui la manie ! Harry, qui n’a plus de baguette suite à quelques malheureuses précédentes aventures, se décide donc à utiliser celle de Drago, dont il s’est emparé dans les règles de l’art. Il est donc performant avec à 100%.

Juste une question : c’est quoi cette règle pourrie de "changement d’allégeance des baguettes" ? Non parce que Harry étant un gentil, depuis le touuuuut début de son aventure, il en a désarmé des sorciers pour les neutraliser ! Alors du coup, il est le propriétaire légitime de près d’une centaine de baguettes ? Aucun de leurs propriétaires ne s’est rendu compte que sa baguette avait "changé d’allégeance", était "devenue réticente" et "votait désormais pour Lutte Ouvrière" ? Non ?

Mais assez parlé théorie : passons à l’action ; pour infiltrer Gringotts, nos héros ont mis au point un plan simple et efficace : Hermione va se déguiser en Bellatrix Lestrange, grâce à un cheveu d’elle tombé sur son blouson lors d’une séance de torture au QG de Voldemort, qu’elle glisse dans du polynectar, une potion de métamorphose. Ron se déguise lui aussi grâce à une… barbe ? Quant à Harry, il se cache sous sa cape d’invisibilité tout en portant Gripsec sur son dos : tout le monde est prêt ? Pif-pouf, téléportation devant la banque susmentionnée (c’est pratique ce sort, quand même). Mais à peine nos héros sont-ils entrés dans la banque que les gardes comme les banquiers semblent méfiants ; aller jusqu’aux coffres parait difficile ! C’est sans compter sur Harry qui, depuis sa cape, lance sur le directeur qui passait par là un sort d’Impero, un maléfice qui fait passer les gens sous votre contrôle plein et entier genre hypnose ("It’s magical GHB, baby"). Il lui ordonne donc de l’emmener, lui et ses amis, vers les coffres. Soit !

Mais hélas, alors que nos héros descendent dans les profondeurs des grottes sous la banque pour atteindre le coffre voulu en circulant sur une espèce de train de la mine façon parc d’attraction (les escaliers et les ascenseurs, c’est pour les gros nazes, les petits trains, ça fait établissement sérieux : moi-même, je ne fréquente aucun établissement bancaire qui ne dispose pas d’un train de la mine, gage de qualité), ils passent sous "la cascade des voleurs", une coulée d’eau qui brise tous les enchantements de ceux qui passent dessous : tout le monde reprend donc son apparence normale, et l’alarme locale se déclenche : scrogneugneu ! Heureusement, par un incroyable coup de chance, nos loulous, sont arrivés juste devant le coffre de Bellatrix Lestrange juste à ce moment là (c’est quand même bien fait) : celui-ci est gardé par un dragon, mais qui a subi une éducation qui l’a rendu complètement peureux sitôt que l’on agite des clochettes sous son nez, ce qui le neutralise complètement et permet à tous ceux qui connaissent cela de passer sous son nez. Gripsec a donc tôt fait d’informer nos héros de cet état de fait et de les emmener jusqu’à la porte du coffre tant convoité.

Et lorsque la porte de celui-ci s’ouvre, que de richesses entreposées ! Retrouver un horcruxe dans tout ce bazar risque d’être compliqué, sans compter qu’un sort de "geminio" protège les lieux : tous les objets touchés se dupliquent instantanément de manière exponentielle : rapidement, nos héros commencent donc à crouler sous des hordes de d’objets précieux, qui menacent de les étouffer. Je ne sais pas vous, mais moi, j’aurais ce genre de tour sous la main, j’aurais commencé par le jeter sur des matières précieuses, du pognon ou des suédoises à l’esprit souple et à la poitrine ferme. Passons cependant sur ces réflexions : Harry réalise soudainement au milieu du chaos qu’il dispose d’un incroyable pouvoir : il peut "entendre" les horcruxes, comme s’ils chuchotaient à ses oreilles ; il repère donc promptement une petite coupe en hauteur, qu’il s’empresse de récupérer (mais comme il est petit, il s’aide de l’épée de Gryffondor pour l’attraper : moi, je l’aurais plutôt utilisée pour lui taper sur la gueule directement, mais bon) ; Gripsec, voyant que nos héros ont trouvé ce qu’ils voulaient, mais qu’ils continuent de crouler sous les objets qui continuent de se multiplier, profite de ce bazar pour récupérer l’épée qu’il avait voulu comme paiement avant de s’enfuir en lâchant un pet "Je vous avais promis de vous faire rentrer, pas de vous faire sortir ! Adieuuuuuu hohohohoho, ce que je suis maliiiiin".

Harry et ses amis sont-ils pris au piège ? Jamais ! Ils parviennent avec plus ou moins de mal à sortir du coffre qui continue de se remplir, mais constatent qu’à la sortie, l’alarme a achevé d’attirer la sécurité (ce serait bien parce que ça fait bien 10 minutes qu’elle sonne) et devant la porte, des dizaines d’hommes de la sécurité pointent des baguettes sur les cambrioleurs ; coïncidence encore une fois, le dragon qui gardait les lieux se trouve juste en-dessous d’Hermione & co (la porte du coffre est légèrement surélevée, ne me demandez pas pourquoi), aussi notre troupe de gentils sorciers lui saute sur le dos et l’incite à s’envoler en cramant tous les gardes et gobelins se mettant sur son passage ("En route Kiki, allons exterminer des banquiers ! Saint Marx, guide notre souffle de braise !") ; rapidement, la banque est en flammes, jonchée de morts, et nos héros traversant les grottes souterraines en volant sur leur nouvel ami pour regagner la surface, font un carnage jusqu’à l’accueil de la banque, avant de s’envoler au-dessus de Londres en passant par le dôme vitré qui survolait le bâtiment dans un bruit d’apocalypse. Bien qu’ils s’interrogent, nos héros ne savent que faire : autant rester sur le dragon jusqu’à ce qu’une idée se présente.

Ravager une banque à dos de dragon : le rêve d'Olivier Besancenot

Ouais. ça ou vous téléporter dans un coin tranquille plutôt que d’être accroché sans aucune sécurité sur le dos d’une bête plus ou moins sauvage, qui risque d’être abattue par la RAF pour survol non autorisé de Londres ; mais là encore, je ne fais que suggérer : se téléporter, c’est un pouvoir tellement peu utile quand on fuit les lieux d’un braquage et qu’on ne veut pas être suivi, autant ne pas l’utiliser. Je profite de ce propos pour faire quelques remarques sur la scène précédente, qui atteint des sommets de nullité :

  • Si vous aviez une alarme qui détecte les voleurs, braqueurs, escrocs et autres malandrins dans votre banque vous la mettriez à l’entrée avec vos agents de sécurité prêts à intervenir ou au 12e sous-sol ? Chez Gringotts, on a choisi. Et on a appelé ça "cascade des voleurs" ; hé bé, si c’est la banque la plus sûre du pays, je n’imagine même pas la pire.
  • Si vous aviez une voiture dont vous pouviez éteindre le moteur à distance et que trois braqueurs niais de 17 ans essayaient de se barrer avec alors que vous les poursuivez avec toute votre sécurité professionnelle pour récupérer vos biens, que feriez vous ? Chez Gringotts, on appelle ça "un dragon que l’on peut neutraliser à n’importe quel instant en agitant une clochette", mais personne n’y pense lorsque les voleurs montent dessus et tuent les gens avec. Ils doivent toucher des subventions pour emploi massif de personnes déficientes, c’est pas possible autrement
  • Harry, Ron et Hermione tuent plusieurs centaines de personnes chez Gringotts, ravagent la banque, font perdre des millions à tous les épargnants qui avaient placé leur pognon dans la seule banque du pays, sans compter que l’économie magique se casse la gueule, mais personne ne leur reprochera quoi que ce soit ou ne soulignera même vaguement "Au fait, la prochaine fois, évitez de faire un génocide, je vous rappelle que vous êtes les gentils" : personnellement, je commence à me dire que Voldemort n’est pas aussi cruel qu’Harry.
Bref : après de longues et tranquilles heures de vol au-dessus de l’Angleterre à dos de dragon sans que qui que ce soit ne s’y intéresse (un dragon survole plusieurs millions de personnes sans que ça n’alerte qui que ce soit ; le flegme britannique est vraiment puissant), nos larrons finissent par passer au-dessus d’un paisible lac, et se décident donc à sauter à l’eau puisque cela semble être la voie la plus sûre pour descendre du dragon (encore une fois, la téléportation, toujours pas ?) ; mais une fois immergé, alors qu’il peine à remonter à la surface, Harry a des flashs : il sent les pensées de Voldemort, et celui-ci semble concentré sur la maison Serdaigle (mais siiii, vous savez, l’une des deux maisons dont on ne parle jamais dans Harry Potter, parce qu’à part les gentils Gryffondor et les méchants Serpentard, c’est le désert de Gobi), et plus particulièrement sur un objet que la fondatrice de la maison aurait possédé. Tiens ? se dit Potter (puisqu’il aime bien se parler à lui-même pendant qu’il se noie à moitié), et si c’était ça, le prochain horcruxe, un objet de Serdaigle ? Auquel cas, il faudrait aller à Poudlard pour le trouver, probablement… sans compter qu’on ignore ce qu’est l’objet ou l’endroit où il se trouve. Bref, on ne sait rien : mais chez les gentils, on aime bien se baser sur du rien pour agir. Sitôt l’information partagée avec ses camarades, Ron, Hermione et Riri (soyons fous) décident donc d’aller à Poudlard ; et le lieu étant protégé des téléportations intempestives (pour empêcher des pédophiles enchantés de kidnapper des élèves à toute vitesse, probablement), il faut donc se rendre d’abord dans le village voisin de Pré-au-Lard, qui lui n’est pas protégé contre les déplacements magiques. Ni une, ni deux, nos loulous pensent ENFIN à se téléporter. Bravo les enfants.
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C’est donc dans un petit bruit sourd que notre joyeux lurons débarquent nocturnement à Pré-au-Lard (alors qu’il faisait jour lorsqu’ils sont partis : soit ils mettent plusieurs heures à se téléporter et on appelle ça de la marche, soit l’Angleterre est un pays allant de Tijuana à Beijing), afin de se rapprocher de Poudlard ; mais palsembleu : les agents locaux au service de Voldemort ont installé une alarme (qui fait un bruit de chat auquel on écrase la queue) qui détecte les indésirables ; à peine arrivés, nos filous doivent donc courir se cacher ! Et ils ont du bol (encore), puisqu’ils passent devant la maison d’un homme qui accepte de les planquer : Abelforth Dumbledore, frère de l’ancien directeur, qui depuis sa maison aide les élèves qui résistent encore et toujours à Rogue à Poudlard. Le vieil homme propose donc un peu de repos et quelques mets à ses invités, et leur fait amener par un passage secret un invité surprise : Neville Londubat, élève méprisé de tous mais devenu meneur de la résistance (probablement grâce à son charis… non, non, rien). Ce dernier fait un petit topo de la situation : Poudlard est devenu une sorte de repaire crypto-fasciste dirigé par Rogue, qui apprend désormais aux élèves à devenir à leur tour des servants de Voldemort. Entrer et sortir de l’école est devenu fort compliqué, à part via le passage secret par lequel Neville est arrivé, qui relie la cave de Pré-au-Lard à la Salle sur Demande, une salle qui n’apparaît qu’à ceux qui en ont besoin pour leur offrir ce dont ils ont besoin (et dans une école d’adolescents aux hormones en folie, je me demande combien de fois la Salle sur Demande s’est présentée sous la forme d’une pièce de villa de Silvio Berlusconi). Et dans l’immédiat, elle se présente sous la forme d’un confortable dortoir pour les élèves qui fuient les persécutions de Rogue et sa troupe. Le sieur Londubat propose d’ailleurs à nos héros de ne pas s’attarder plus avant : on les cherche encore à Pré-au-Lard et s’y attarder ne serait que peu sûr : aller à Poudlard en utilisant le passage semble recommandé.

Harry & co suivent donc Neville tout au long d’un étroit tunnel, avant de déboucher via un tableau pivotant dans la grande salle bordélique qui abrite quantité d’élèves plus ou moins connus de nos héros : voyant arriver le plus célèbre des ennemis de Voldemort, les jeunots l’acclament fortement et laissent exploser leur joie, puisque l’espoir revient ! J’espère qu’il n’y en a aucun parmi eux dont le père bossait à Gringotts, sinon il risque d’apprécier un peu moins la venue du sorcier à lunettes. Mais bref : les écoliers ont tôt fait de demander à Harry quel est son plan ; terrible erreur, puisque comme chacun sait, ce dernier n’a que des plans de merde depuis près de 7 films. Et ça ne rate pas lorsque notre héros annonce : "Bon les mecs, on vient chercher un objet ayant un rapport avec Serdaigle, mais on ne sait pas lequel, à quoi ça ressemble et où c’est. Au boulot !". Je suis d’accord, avec une description pareille, personne ne pourrait trouver quoi que ce soit. C’est donc à ce moment précis qu’apparait le Deus Ex Machina : Luna Lovegood, qui fait partie du groupe de résistants, et qui…

… Luna Lovegood ? Celle qui avait été kidnappée par les hommes de Voldemort ? Et qui avait été sauvée et mise en sécurité par Harry ? Elle est revenue à Poudlard, repaire des hommes de Voldemort ?! C’est quoi son but, se refaire kidnapper parce que ça l’a fait trop marrer de voyager à fond de camionnette avec un slip cousu sur la tête ? Elle préfère subir une séance de torture plutôt que de sécher les cours ? Que… bon. On mettra ça sur le compte du fait qu’elle est complètement défoncée au crack.

Bref, Luna dit "Aaaah bin ça doit être le diadème perdu de Serdaigle", objet "qu’aucun vivant n’a jamais vu". Hein ? Mais sur quoi tu te bases pour affirmer ça, dis ? Surtout que si c’est un objet qu’aucun vivant n’a jamais vu (et perdu de surcroît comme son nom l’indique), Voldemort non plus ne l’a probablement jamais vu, donc il y a peu de chances que ce soit ça. Pourquoi ça ne pourrait pas être "l’épée de Serdaigle", "la boucle d’oreille de Serdaigle" ou "l’orteil séché de Serdaigle" ? Mais non : il n’y a même pas une minute de doute ou de réflexion ; "Oui, Voldemort a dû cacher son âme dans un objet perdu que personne n’a jamais vu !" ; c’est tellement logique.

Le slip enchanté de Serdaigle

Seulement voilà : pour chercher cette relique, il va falloir un peu de liberté d’action  ; il faudrait libérer Poudlard du joug de Rogue et sa clique. Et ça tombe bien : ce dernier fait convoquer dans la grande salle tous les élèves pour les informer qu’Harry a été aperçu dans la soirée à Pré-au-Lard, et que si un élève sait quoi que ce soit sur le sujet, qu’il parle maintenant ou se taise à jamais, et que tous ceux qui parleront toucheront leur poids en chocolat. Un élève se dépêche donc de lever haut le bras pour prendre la parole : il s’agit d’Harry Potter lui-même, qui vient défier ses ennemis sur leur propre terrain ; quelle classe ! Sitôt que Rogue s’aperçoit qu’il s’agit bien de lui, les portes de la grande salle s’ouvrent et tous les alliés du petit sorcier débarquent : élèves rebelles, potes d’escapades, anciens membres de l’Ordre du Phénix… bref. Rogue, voyant cette invasion de gentils venus faire un putsch, tente bien de résister un peu mais le professeur Minerva Mac Gonagall, patronne de la maison Gryffondor, profite de l’occasion pour se libérer du joug du directeur de l’école et commence à lui envoyer des tirs de lance-flammes magique dans la face (les méchants, au moins, ils lancent des sorts pour tuer rapidement et sans douleur, ils n’essaient pas d’atrocement brûler les gens) ; le pauvre Severus (c’est son prénom pour ceux qui l’auraient oublié) doit donc fuir en prenant la forme d’une brume noirâtre avant de filer par une fenêtre.

Poudlard humilié, Poudlard outragé mais Poudlard liiiiiibéré.

Les élèves laissent donc éclater leur joie et les lumières trop longtemps éteintes du château se rallument, mais hélas, le bonheur n’est que de courte durée : soudain, la voix de Voldemort retentit dans la tête des présents : "Krsshhh un deux, un deux, tests, ça marche ? Michel, c’est branché ce truc ? Test test, hem hem : troupes de Poudlard, rendez-vous : si vous me donnez Harry Potter, il ne vous sera fait aucun mal. Sinon, je serai obligé de vous maraver la gueule. Crotte, comment ça s’éteint ce truc ?". C’est sans compter sur la détermination des défenseurs, désormais menés par la nouvelle directrice improvisée, Mac Gonagall, qui annonce que la résistance va s’organiser, et que bataille il y aura : personne ne donnera Harry ! Et après qu’une élève de Serpentard eut proposé de ne pas résister malgré tout pour éviter les ennuis, elle fait aussi ordonner que tous les membres de cette maison soient mis au cachot.

Mais oui Minerva : les Serpentards ne sont pas des individus en soi pouvant avoir des opinions différentes les uns des autres, ce sont tous des enculés de la même race, autant tous s’en débarrasser (surtout à un moment où on manque de combattants). V’là les bon gros préjugés ; vraiment, merci Minerva Mac Le Pen du Gryffront National. On sent que vous êtes les gentils, hein. La vache, quel esprit ouvert.

En tout cas, la résistance commence à s’organiser aux 4 coins du château : les professeurs dressent une barrière géante autour de celui-ci, qui doit permettre d’éviter que quoi que ce soit ne rentre, ennemis comme sortilèges. Les soldats de pierre qui ornaient les murailles sont aussi réveillés afin de se mettre en formation pour défendre l’école. Puis, les sorciers disponibles sont répartis pour défendre autant de passages que possible, malgré un sous nombre évident, puisqu’au loin, Voldemort et son armée sont visibles, et ils sont plusieurs milliers, visiblement prêts à en découdre.

Sinon, juste comme ça, au hasard : pourquoi vous ne demandez pas aux centaines d’elfes de maison qui squattent Poudlard (dans les cuisines, entre autres), de défendre le château, voire d’attaquer l’ennemi ? Non parce qu’une de ces merdes prénommée Dobby avait réussi à lui seul et sans se fouler, à vaincre tous les méga-sorciers du QG de Voldemort dans l’épisode précédent. Et tout ça simplement en… claquant des doigts. Alors sachant que vous avez des hordes de bestiaux aussi surpuissants que lui, et plus serviables encore, pourquoi vous ne les utilisez pas ? On ne sait pas. Dans le même esprit, pourquoi personne ne va chercher de renfort ? Je veux dire : il y a un passage secret qui mène jusqu’à Pré-au-Lard, d’où il est possible de se téléporter, truc vachement pratique pour aller avertir les 4 coins du monde (en Angleterre et ailleurs) que l’armée complète des vilains, avec son chef et tous ses lieutenants attend de se faire bourrer la gueule à Poudlard. Là, avec un peu de bol, il est possible de rameuter des hordes de sorciers en renforts, et ce, sans aucun risque.

Mais bon, tout ça, c’est moins classe que la défense désespérée. Je comprends. Quelqu’un dans ce film a t-il autre chose qu’un plan pourri et pas cohérent utilisant 2% des ressources disponibles ?

En tout cas, dehors, Voldemort et sa troupe décident d’ouvrir les hostilités en bombardant le bouclier qui protège Poudlard de sorts maléfiques visant à le faire craquer ; mais le bougre tient plus ou moins. Dans le même temps, Ron et Hermione tentent de profiter de ce temps précieux pour faire un truc qui aurait dû être fait depuis trois plombes : péter l’horcruxe retrouvé dans le coffre de Bellatrix Lestrange chez Gringotts. Comment faire, sans l’épée de Gryffondor ? Une seule chose avait jusqu’ici pu briser un horcruxe : un crochet de basilic, créature au venin surpuissant, ayant vécu des années auparavant dans la chambre des secrets. Or, le squelette de la bête vaincue doit toujours attendre au même endroit ! Et toujours comporter des jolies dents ! Ni une, ni deux, nos loulous se rendent dans la chambre plus-si-secrète, qu’on peut ouvrir en prononçant simplement quelques mots en fourchelangue, la langue des serpents. Ça tombe bien, comme Harry (qui le parle) cause dans son sommeil, Ron qui partage son dortoir depuis des années, a pu en apprendre quelques mots dont il ignore la signification ; il prononce donc parfaitement "Coléoptère prout Jennifer Lopez" dans le langage des reptiles, et hop ça s’ouvre. Il n’y a plus qu’à se ruer sur le squelette bien propre du légendaire bestiau pour s’emparer de plusieurs de ses crocs et les planter dans la coupe volée à Bellatrix Lestrange : celle-ci est donc instantanément détruite, alors que le cri de l’âme mourante de Voldemort retentit. En conséquence de quoi, Ron et Hermione se roulent de gros patins pour fêter ça.

"Harry je... je crois que tuer des gens m'excite"

Détruire l’âme des gens, c’est tellement romantique. Encore une fois : vous êtes sûrs que ce sont les gentils ? Ah, et puis sinon, attendez, attendez, vous voulez dire que ça fait plusieurs films que vous saviez où trouver des armes surpuissantes capables de détruire des horcruxes, mais vous ne le faisiez pas ? A la place, vous les portiez autour du cou façon Anneau Unique, avec toutes les conséquences que ça sous-entendait ? C’est juste parce que vous êtes stupides ou bien ça vous faisait marrer ? Et qu’on ne me dise pas "Holala oui mais ils pouvaient pas s’en procurer : ils étaient recherchés !" : il suffisait de contacter un élève de Poudlard coopératif via les X mille moyens disponibles sur le sujet, de lui apprendre "Prout" en fourchelangue pour qu’il ouvre la chambre des secrets, qu’il récupère une réserve de crocs, et ensuite qu’il aille à Pré-au-Lard juste le temps de se téléporter pour vous livrer à un endroit donné, et hop ! Tout était réglé en moins d’une heure. S’il mettait plus, il pouvait même offrir sa pizza pour s’excuser. Mais c’est vrai qu’avec ce plan, on aurait pas eu le droit à toute la première partie du 7e film intitulée "Cherchons une idée trois plombes sous une tente en maugréant sur le fait qu’on a pas de crochets de basilic". Enfin.

Allons plutôt voir ce que fait Voldemort : suite à la destruction d’un de ses horcruxes par Ron et Hermione, il fait une grosse colère et décide donc de régler sa baguette de sureau sur "Motherfucking awesome power", le réglage juste au-dessus de "Maximum power" : il tire donc une sorte de gros laser vert surpuissant vers la barrière magique de Poudlard, tant et si bien que cette dernière cède et s’effondre. Mais le sorcier sans nez remarque quelque chose : le bois de sa baguette semble avoir craqué lorsqu’il a balancé la purée, ce qui laisse entendre que la bougresse lui résiste… elle semble ne pas le reconnaître comme possesseur légitime ; le brigand n’en est que d’autant plus énervé, car décidément, si même les baguettes se mettent à faire de la résistance, tout cela va devenir fort compliqué.

La défense magique de l’école de sorcellerie étant tombée, la bataille entre les méchants et les soi-disant gentils peut donc s’engager, et tout le monde se tape joyeusement dessus : les vilains ont en plus rameuté en renforts des géants et des araignées tout aussi géantes, qu’ils utilisent comme fantassins de choc pour réduire à néant la résistance ennemie. Il y a des sorts qui volent de partout, des explosions, des morts dans tous les camps… bref, vous voyez le tableau.

Dans le même temps, et quelques minutes avant que la bataille ne commence, Harry avait lui profité du calme pour aller dans les quartiers de la maison Serdaigle chercher le prochain horcruxe : là, il avait interrogé le fantôme de la fille de la fondatrice de la maison, car si "aucun vivant n’a jamais vu le diadème perdu", une morte, ça devrait marcher mieux, non ? Excellente déduction : cette dernière confirme qu’un ancien élève du nom de Tom Jédusor (plus connu désormais sous le nom de Lord Voldemort) avait demandé à trouver le diadème, et qu’une fois en sa possession, il avait fait de la terrible magie noire dessus. Harry a donc fini par obtenir la localisation du diadème : quelque part au sein de la Salle sur Demande, celle-ci se présentant parfois sous la forme d’un immense fatras dans lequel des siècles d’objets perdus s’accumulent. Les objets trouvés, quoi, mais magiques. Aussi, lorsque le bataille commence, Potter est déjà sur place en train de farfouiller ; mais un agent de Voldemort l’a déjà repéré et suivi : Drago Malefoy, accompagné de deux Serpentards qu’il a récupéré dans les cachots (décidément bien mal gardés), Crabbe et Goyle, ses deux acolytes historiques (même si l’un des deux est devenu noir entre deux films ; une sorte d’anti-Michael Jackson). Et si notre gentil sorcier à lunettes finit par "entendre" l’horcruxe et ainsi repérer dans l’immense foutoir de la salle une boîte contenant le fameux diadème, il est interrompu par Drago qui exige qu’il commence par lui rendre sa baguette : il n’en sera rien car arrivent sur ces entrefaites Ron et Hermione, ce qui permet ainsi de lancer une bataille rangée. Mais, si celle-ci tourne à l’avantage de nos héros, il n’en est pas moins qu’un sort mal maîtrisé par l’un des acolytes de Malefoy met le feu à toute la salle. Harry, Hermione et Ron s’en sortent sans dommages, et parviennent même à sauver sur ordre du bon Potter Drago et Goyle. Crabbe, à l’origine du sortilège de flammes qui a commencé à tout ravager, meurt brûlé par son propre sort, ce qui est ballot. Cependant, ses flammes carburent tellement qu’elles parviennent même à détruire le diadème de Serdaigle : un autre horcruxe est détruit, et Voldemort souffre donc d’autant plus à nouveau.

Pardon ? Il existait donc un sort de flammes tout simple ne nécessitant rien d’autre qu’une baguette capable de détruire un horcruxe ? Merde, mais alors là encore : si un acolyte un peu débile de Malefoy peut le lancer de manière surpuissante, pourquoi nos gentils héros n’ont-ils jamais pensé à l’essayer pour détruire les horcruxes, plutôt que de s’enquiquiner à chercher des crocs de basilic ou l’épée de Gryffondor ? Par ailleurs, les mecs, maintenant que vous avez vu que ça marche, vous n’avez plus aucune excuse pour le faire sur les autres objets maudits : mais comme vous êtes de gros débiles, vous ne le ferez jamais quand même alors que ça réglerait tous vos problèmes. C’est consternant.

Michel en avait assez des horcruxes dans son jardin

Mais revenons à la petite troupe : Harry profite d’un instant de répit après avoir survécu à ce terrible incendie pour essayer de pénétrer l’esprit de Voldemort et savoir où il se trouve ou ce qu’est son plan. Ça tombe bien : c’est journée portes ouvertes chez Voldy, et Harry peut donc découvrir que le bougre est quelque part sur un quai du lac en contrebas du château, probablement en train de faire un caprice pour louer un pédalo ou en train de discuter tranquillement avec Rogue, au choix. Il a avec lui Nagini, son anaconda de compagnie, qui n’est autre que son dernier horcruxe. Flûte ! Lui qui ne se sépare jamais de l’animal, voilà qui rend les choses compliquées pour s’en débarrasser.

Cependant, il n’est pas question de perdre du temps, car la bataille fait toujours rage ! Vite, direction les quais ! Ron, Harry et Hermion arrivent donc sur place pour découvrir que dans un petit bâtiment, le seigneur des ténèbres lui-même est en train de papoter avec son vieux copain Rogue. Le sujet ? Voldenez est en train de gémir que sa baguette lui résiste et ne le reconnait pas comme propriétaire, tout ça parce qu’il n’a pas le ticket de caisse. Rogue explique ne pas trop comprendre ce qui en est la cause, ce que Voldy conteste un peu : d’après lui, une baguette change de propriétaire lorsque celui-ci est tué, l’assassin devenant le nouveau maître du bidule. Or, la baguette appartenait à Dumbledore ; et qui a tué Dumbledore ? Rogue ! Donc en tuant Rogue… tout devrait marcher. Voldemort ordonne donc à Nagini de tuer le pauvre bougre.

Juste comme ça : pourquoi demander à ton serpent de le tuer, mec ? Pourquoi ne pas utiliser un bon vieux avada kedavra, le sort qui tue instantanément et que tu as utilisé jusqu’ici dans 99% des cas ? Ça te fait plus marrer ? Surtout que d’après ta théorie, la baguette ira naturellement à l’assassin de son propriétaire… donc si ça se trouve, et si on suit ta théorie, c’est ton gros con de serpent qui va devenir le maître de l’outil ; et en plus, tu ne pourras pas le tuer, gros naze, vu que c’est un de tes horcruxes ! Non, vraiment, tu es complètement idiot. Le digne ennemi d’Harry Potter.

Sur ces entrefaites, Voldemort quitte les lieux, ce qui permet à Harry et ses amis de sortir de leur cachette depuis laquelle ils écoutaient le grand méchant débiter son histoire. Non, parce que le cartonner à 3 contre 1 avec en plus l’effet de surprise, ce qui aurait en plus pu sauver des vies en calmant net la bataille en cours, c’eut été pas mal. Je sais qu’il est immortel avec ses horcruxes, mais :

  • Immortel, ça n’empêche pas d’être désarmé et fait prisonnier. Surtout que prendre perpét’ quand on est immortel, c’est un peu naze
  • Immortel, ça ne l’a pas empêché de se faire cartonner par le passé et de mettre 15 ans à s’en remettre. L’affaiblir pour 15 ans, c’est pas mal, et ça laisse le temps de détruire ses ultimes horcruxes
  • Immortel, il ne l’est que parce que selon vous, il ne reste qu’un seul de ses horcruxes, Nagini le serpent. Hop ! Un coup de lance-flammes magique sur la gueule, comme pour le feu qui a détruit le diadème et on en parle plus. Ou même, je crois que vous avez des crocs de basilic, sur vous, non ? Donc vous pouviez vous faire les deux d’un coup.

Bref, nos héros pouvaient arrêter la guerre et sauver leurs amis là, maintenant. Mais non. Ils ont préféré se planquer et écouter le doux chant de leurs amis agonisants dans le château. C’est tellement plus choupinou.

En tout cas, Harry s’empresse d’aller trouver Rogue agonisant, qui murmure tout simplement à Harry "Recueille mes larmes ; je suis en train de mourir, mais j’ai enregistré toute ma vie dessus, c’est mieux qu’un Blu-Ray. Apporte ces sécrétions à la pensine, la bassine dans le bureau du directeur qui permet de voir des souvenirs enregistrés, et tu sauras plein de trucs cools." ; soit, dit Potter, en recueillant les gouttes salées dans un petit flacon avant de s’en retourner vers le château où la bataille fait encore rage.

Quand soudain, la voix de Voldemort retentit chez tous les présents : "Allô allô, bonjour les amis : c’était juste pour vous dire que j’ai bien rigolé, mais ma grosse attaque, c’était juste pour rire. En fait, moi, je veux juste Harry Potter, prière de me le livrer, je l’attendrai dans la Forêt Interdite voisine, merci de votre compréhension. Bisous.". Heuuuu pardon ? La grosse bataille, c’était pour quoi faire au juste ? Une démonstration de force ? Alors que tu contrôles déjà tout le pays et que tu n’en as pas besoin ? Pourquoi tu t’emmerdes ? La bonne vieille technique du "Bonjour, je veux Harry Potter : je vais exécuter une personne toutes les 15mn jusqu’à livraison, prière de vous dépêcher" est quand même vaguement plus efficace : ça donne plus de chances que le mec soit livré par ses potes qui veulent par exemple sauver un parent ou un ami, ça fait qu’il n’y a pas à batailler, donc pas à perdre d’hommes, et en plus, si jamais les gentils tentent quelque chose, au pire, ça fait juste une bataille comme celle qu’il y a eu là ; à une différence près : ces derniers attaquent, donc ne peuvent profiter de leurs retranchements. Bref, ça n’avait que des avantages, mais non : Monsieur a préféré une bataille "pour rigoler". Et dire qu’il y a encore des gens pour penser que Voldemort est un méchant crédible.

Voldemort vient de dire à Harry que des gens le trouvaient crédible et intelligent

Retournons plutôt voir Harry, qui se rend à la pensine dans le bureau de la direction de Poudlard pour y déposer la larme de Rogue : après plusieurs avertissements comme quoi la copie c’est le vol, il accède au menu du film et choisis de regarder "La vie de Rogue" avec le dolby surround. Rapidement, il découvre donc moult choses : ce dernier était l’ami d’enfance de sa mère, et accessoirement, son amoureux éperdu. Il a toujours été l’homme de Dumbledore, et a toujours cherché à protéger la famille Potter, aussi servait-il d’agent double auprès de Voldemort ; s’il a tué l’ancien directeur de Poudlard, ce n’était que sur ordre de ce dernier, afin de garder sa couverture intacte et accessoirement parce que le vieux allait de toute manière mourir sous peu, puisqu’un horcruxe l’avait bien entamé. Non, jamais ils n’ont pensé à essayer de le soigner avec des larmes de phénix, le truc qui soit disant guérit tout. Mais ça, chhhht. Bref ; surtout, Harry découvre que s’il parle le fourchelangue et partage les pensées de Voldemort, c’est parce qu’il n’a pas qu’une cicatrice, mais aussi un bout d’âme du vilain en lui : Voldemort a fait de Potter un horcruxe par accident en essayant de le tuer, le soir où il a abattu ses parents et fait sa marque sur son front ! Le sorcier à lunettes, comme tous les horcruxes, doit donc nécessairement mourir pour que le vilain décède pour de bon. Et Rogue a toujours détesté l’idée qu’Harry ne sache pas que son destin était de mourir. Il l’a donc toujours protégé, mais depuis l’ombre, ne pouvant griller sa couverture de vilain chenapan bougon.

C’en est trop pour Harry : il s’est toujours battu jusqu’ici pour vaincre Voldemort, et si sa mort est nécessaire à atteindre cet objectif, alors soit, il se sacrifiera. Sans hésitation aucune, et tel un Guy Môquet magique, il sort de Poudlard pour se diriger vers la Forêt Interdite du pas de l’homme décidé, afin d’y retrouver son ennemi juré pour qu’il le terrasse ; tant qu’à mourir, autant que ce soit de sa main. Et comme les choses sont bien faites, la forêt en question doit mesurer environ 5 mètres sur 5 puisque d’emblée, notre sorcier tombe pile-poil sur la clairière où les méchants gentiment attendent. Vous parlez d’une forêt : ça devrait s’appeler le "bosquet interdit".

En tout cas, juste avant de se montrer à ses ennemis, notre loulou décide de sortir de sa poche le Vif d’Or que Dumbledore lui avait légué (mais si, souvenez-vous ; le lien du précédent spoiler est au début de celui-ci si vous aviez oublié), et où il était inscrit "Je m’ouvre au terme". Harry fait donc une léchouille affectueuse au bidule en lui susurrant "Je suis au terme de ma vie : ouvre-toi", avant d’ajouter "Ou je te marave la gueule" ; et la manoeuvre fonctionne fort bien, puisque la boule dorée s’ouvre, et laisse apparaître une minuscule pierre marquée du sceau des reliques de la Mort : la pierre de résurrection, celle qui permet de revoir ceux que l’on a perdu ! Il aperçoit donc autour de lui les fantômes de sa mère, de son père, de son parrain, de professeurs et amis tombés durant la bataille qui a eu lieu il y a peu… et tous profitent donc de ce grand moment pour dire à Harry "On t’aime mec, vas-y, tu peux mourir, ça fait pas mal" : merci professeur Dumbledore, quel super cadeau : une pierre à dépressifs ! Au fait, gros naze, plutôt que de filer cette pierre à Harry dans un truc qui ne s’ouvre que juste avant sa mort, pourquoi tu ne lui a pas filé de manière à ce qu’il y ait accès dès le moment où il en aurait hérité ? Ça lui aurait permis de te causer directement, plutôt que de devoir deviner tes plans foireux de vieux mage taquin, et ça aurait grandement, mais alors très grandement facilité sa tâche ! Mais non, Monsieur voulait faire son vieux mage mystérieux, c’est tellement plus cool.  Tssss. Même les morts ont des plans de merde dans ce film, c’est tout bonnement formidable.

Bien, tout est dit : Harry a entendu les fantômes de son passé, il jette donc tout naturellement la pierre dans la forêt, n’en ayant plus besoin, puis s’avance dans la clairière où l’attend Voldemort. Là, il y retrouve aussi Hagrid, retenu en otage par l’armée des forbans (quand je vous disais que Voldemort avait des otages à exécuter pour faire sortir Harry de son trou plutôt que de lancer une bataille pourrie). La tension est palpable, les deux adversaires se font face : enfin, Voldemort va pouvoir faire payer à Harry toutes ces rodomontades à bas de "J’ai un nez, je peux mettre des lunettes gnagnagna !"

Voldy, trop heureux de tomber sur son vieil ennemi, ne se perd pas en palabres : il lui jette le sort mortel avada kedavra, et brouf, Harry est foudroyé.

Est-il mort ? Est-il allé au paradis des sorciers, aux côtés de Houdini, Garcimore et autres Gérard Majax (comment ça il n’est pas mort ?) ?

Les méchants sont inquiets : si Harry meurt, que vont ils faire de leurs journées ?

Nenni : le jeune galopin se réveille dans une sorte de hall de gare gigantesque,  tout blanc et propre, avec à côté de lui, sous un banc, une sorte de mini-Voldemort sanguinolent en train d’agoniser. Qu’est-ce que c’est que ce bordel, s’interroge légitimement Harry ; aucun problème : le professeur Dumbledore vêtu façon publicité Nespresso apparaît pour lui répondre. "Salut Harry, ça va bien ? Ahaha, non, je déconne, tu es mort. Bon, tu te demandes ce que c’est, là, le petit truc mourant ? C’est le petit bout d’âme de Voldemort qu’il y avait en toi qui meurt, puisqu’il vient de te tuer. Quant à toi, tu es mort sans l’être ; en fait, tu as le choix : veux-tu mourir ou retourner aider tes potes ? A toi de voir. Moi, je dois y aller : ce soir, il y a une fête avec strip-poker et jacuzzi chez saint Pierre, on va encore mettre Jésus en slip (ou en périzonium pour les intimes), mais il a l’habitude depuis le temps. Bon allez, hein, porte-toi bien galopin, je file ! Et n’oublie pas : croque la mort à pleines dents, hohoho, suis-je drôle".

Revenons-donc dans la clairière où Harry est tombé ; Voldemort lui-même ne se sent pas bien : il a senti une grande douleur lorsqu’il a tué Harry, et ne comprend pas pourquoi, puisqu’il ignore qu’il s’agissait d’un "horcruxe accidentel". Dans le doute, Voldy envoie Maman Malefoy, une de ses assistantes, vérifier si Harry est bien refroidi. Elle va donc se pencher sur lui, puis, notant qu’il ne semble que feindre la mort, lui chuchote "Est-ce que Drago est vivant ?" ; le brave Potter lui répond donc "Oui, d’ailleurs, je l’ai sauvé d’un incendie ; sinon, vous eûtes été la maman d’une petite merguez. Allez cassez-vous maintenant, je fais le mort là.". Comprenant que le Seigneur des Ténèbres vient encore d’échouer comme une grosse daube, et que Harry Potter est le sauveur de son fils, la bougresse change de camp et, se redressant, elle annonce "Il est bien mort" pour le couvrir.

Sur ces entrefaites, à Poudlard, l’équipe des gentils panse ses blessures au milieu du château qui est tout de même méchamment endommagé : c’est l’UNESCO qui va gueuler. Mais soudainement, au loin, les guetteurs aperçoivent l’armée de Voldemort qui revient vers la forteresse visiblement sans intentions hostiles. Rapidement, tous les survivants se regroupent donc dans la grande cour de l’école pour voir ce que veut la troupe des méchants. Et le message est simple : Harry Potter est mort ; il gît dans les bras d’Hagrid, toujours otage des malandrins. Les larmes commencent à couler sur les joues de ses amis, qui ne peuvent croire qu’un mec qui a jusqu’ici tenu bon durant 7 films s’effondre au 8e. Mais Voldemort interrompt ce concerto de reniflements sonores pour se lancer dans un petit discours : "Chers amis, je suis désolé, votre héros est mort : la guerre est finie. Mais désormais, vous pouvez me rejoindre : qui est avec moi ?" (car oui, Voldemort est moins étroit d’esprit que Mac Gonagall, il ne dit pas "Tous les Gryffondor au cachot !" ; encore une fois, je ne suis pas sûr de savoir si c’est vraiment lui le méchant fasciste local). Drago, qui était resté à Poudlard après avoir été sauvé par Harry, change donc vite de camp pour rejoindre ses parents ; ces derniers se barrent en conséquence relativement discrètement, puisqu’ils ont compris qu’Harry n’était pas mort et que donc, le coin n’était toujours pas sûr. Puis, c’est Neville qui s’avance en faisant semblant de changer de camp ; mais à mi-chemin, il commence à se lancer dans un discours cucu sur le fait qu’Harry est toujours vivant dans le coeur de ceux qui aiment la barpapa et le caramel, et que jamais la flamme de la gentillesse ne s’éteindra sous le souffle putride de la vilenie. Pour ponctuer son propos, il dégaine soudain une lame qu’il brandit vers le ciel : l’épée de Gryffondor ! En effet, à Gringotts, Gripsec, qui avait l’épée, a été tué par le dragon lors de la fuite d’Harry & co. L’épée en a donc profité pour se barrer (oui, elle est comme ça, elle se casse quand elle veut), et pour se téléporter dans la main d’un homme digne, et Neville semble faire l’affaire. Elle a vraiment des standards pourris, cette arme. Elle aurait sa place au jury de la Nouvelle Star.

"Alors, on a un oui et un non… épée de Gryffondor, c’est à vous de voter ; pensez-vous que Cynthia pourrait être la nouvelle star ?
- Ecoutez Virginie, je vais suivre l’avis de Lio et voter oui. Je trouve qu’André Manoukian a été un peu rude. A toi de jouer, Cynthia, prouve nous que tu mérites notre confiance ! Thumbs up !"

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Harry, ému par ce discours digne d’un petit poney, constate que tout esprit combatif n’est pas perdu par ici : il cesse donc son chiqué de footballeur et bondit des bras d’Hagrid en balançant quelques sorts de "Rire sonore du Christophe Lambert" histoire de créer une certaine confusion dans les rangs des vilains ; tout le monde ressort sa baguette, et la bataille reprend ! Durant celle-ci, Bellatrix Lestrange se fait tuer lors d’un duel face à la maman de Ron et sa baguette de mégère rouquine façon rouleau à pâtisserie enchanté (oui, le bras droit de Voldemort se fait éclater en compétence pure par une mère au foyer bedonnante), mais ce n’est pas l’essentiel : Ron et Hermione se lancent dans une difficile mission consistant à éloigner Nagini le vil serpent de son maître, histoire de détruire ce dernier horcruxe. Pour ce faire, il leur suffit de lui jeter des cailloux, et ça marche puisque ce gros débile se met alors à les poursuivre (quel con ce serpent, tomber dans des pièges aussi grossiers alors que dans le volet précédent il était tellement malin qu’il arrivait à se déguiser en vieille, ce qui n’est pourtant pas facile quand on a pas de bras ou de jambes, il me déçoit un peu là) ; mais une part du plan échoue lorsque l’animal parvient à désarmer nos deux loulous des crocs de basilic qu’ils menaçaient de lui planter dans la margoulette. Il fonce alors sur les deux petits sorciers sans défenses pour les croquer, sans compter sur l’arrivée impromptue de Neville et de sa grosse épée, qui le décapite purement et simplement : le dernier horcruxe est détruit.

Voldemort, qui était en plein duel avec Harry dans un coin isolé (pourquoi faut-il TOUJOURS que le duel final se passe dans un endroit désert ?), chacun tirant sur l’autre une sorte de laser magique depuis sa baguette, sent soudain que Nagini vient de partir au paradis des reptiles taquins. Il souffre fortement, se rappelle des moments heureux où lui et son anaconda se roulaient dans les champs fleuris en se disant qu’ils s’aimeraient pour toujours, mais surtout, il est affaibli : les lasers magiques, qui jusqu’ici se rentraient dedans en s’annulant sans que personne ne prenne l’avantage s’arrêtent, puis reprennent en laissant cette fois un net avantage à Harry, qui est lui au mieux de sa forme comparé à son adversaire. Et lorsqu’enfin, Voldemort est touché par l’énergie magique, il noircit avant de se transformer lentement en petits tas de confettis brûlés qui s’envolent aux quatre vents. Ses souffrances sont terribles ; merde Harry, tu es immonde ! Pourquoi tu n’as pas jeté un sort qui l’aurait tué sans douleur ? Lui le faisait bien ! Faut-il comprendre qu’il était moins cruel que toi ? Enfin… il est mort, maintenant. Et son über-baguette roule au sol, désormais sans maître.

I'm firin' mah lazah !

La bataille se termine donc sur la mort du Seigneur des Ténèbres : c’est tellement vrai que le soleil lui-même reparaît sur Poudlard, et que la joie emplit à nouveau les couloirs du château endommagé. On pleure ses morts (mais pas longtemps), et on passe à autre chose. Harry, Ron et Hermione se retrouvent tous trois sur le pont menant à l’école, et Potter sort de sa poche la baguette de sureau que Voldemort a laissé derrière lui.  Qu’en faire ? Et surtout, pourquoi n’a t-elle pas surpassé la baguette de notre héros ? Notre binoclard magique a la réponse : la baguette résistait toujours à Voldemort malgré l’assassinat de Rogue et ne le reconnaissait toujours pas comme maître. Pourquoi ? Souvenez-vous de ce que disait M. Ollivander au début du film : on peut s’emparer de la baguette d’un sorcier en le désarmant. Or, qui a désarmé Dumbledore avant que Rogue ne le tue ? Drago Malefoy ! Et comme Harry a désarmé Drago (qui n’avait pourtant pas la baguette de sureau) un peu plus tard, il est donc désormais le maître de l’über-baguette (oui, apparemment, qu’importe la baguette qu’il porte : quand vous désarmez un sorcier, vous prenez possession de toute sa collec’, si l’on suit ce mystérieux raisonnement fort bancal). Harry est donc désormais le maître de la légendaire et surpuissante baguette. Qu’en faire ? S’en servir pour le bien ? Régler le problème de la faim dans le monde ? Faire descendre les testicules de Justin Bieber ? Et bien, plutôt que de l’utiliser, notre loulou la brise pour que personne n’en profite jamais, et il jette les morceaux au bas du pont de Poudlard. Ha. Ok. Si tu veux, hein. Mais je te ferai plus de cadeaux, moi, pépère, vu ce que tu en fais, enfant gâté. Pourri !

Maintenant que tout est réglé, on peut donc le dire : Fi… ah ! Ah, attendez, non !

"19 ans plus tard" (au cinéma ce qui est beau, c’est qu’il y a toujours des gens pour lire ce qu’il y a à l’écran à haute voix, et là, ça n’a pas manqué).

Le Poudlard Express attend ses passagers en gare ; qui sont ils, ces marmots plus ou moins roux qui galopent ? Les enfants des couples Ron-Hermione et Harry – Ginny ; formidable ! A leurs tours, les voilà parents de jeunes apprentis sorciers qui s’apprêtent tous à rentrer en 1ère année. Le mini-Potter, Albus Severus James, qui porte les prénom de "deux directeurs de l’école", s’inquiète : il espère ne pas aller à Serpentard, parce que Serpentard, c’est quand même une belle brochette d’enculés, comme le disait si bien Mac Gonagall peu avant la bataille contre Voldemort. Pas d’inquiétude lui répond Papa-Potter : le choixpeau prendra en compte ton envie d’aller ailleurs, et puis n’oublie pas que tu portes le nom d’un Serpentard, qui fut aussi l’homme le plus courageux (puisque méga-agent-double) qu’Harry ait connu.

Comme quoi, les Gryffondor sont vraiment des enfoirés d’avoir de tels préjugés sur cette maison alors qu’ils ont la preuve qu’on y trouve des mecs corrects. Mais ne dissertons pas plus sur le sujet : tous les enfants montent dans le train, et celui-ci s’éloigne pour le début d’une nouvelle année à Poudlard qui fera d’eux de gros neuneus (mais magiques), sous le regard bienveillant de leurs parents qui en ont désormais terminé avec toutes ces folles aventures et…

FIN

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"Alors c’est ça, professeur ? Depuis cet enseignant, il n’y a plus d’Histoire-Géographie à Poudlard ? Je comprends… merci d’avoir répondu à ma question !"

Harry se leva de sa chaise et partit en trottinant vers la porte du bureau du directeur, avant de disparaître dans l’obscurité des couloirs de l’école de magie afin de regagner son dortoir. Dumbledore, lui, regarda en direction de la pensine et se souvint : détourner la magie de son but premier était vraiment une chose honteuse ; ce professeur n’avait pas volé son renvoi. Il y a des règles à respecter lorsque l’on pratique les arts mystiques.

Et la première, c’est de ne pas être pris.

L’éminent directeur se pencha à nouveau vers sa pensine : ce qui est bien avec la possibilité de revivre ses souvenirs à volonté, c’est que l’on peut revoir le pire comme le meilleur. Le vieil homme sélectionna dans sa mémoire le souvenir intitulé "Soirée au mousse au Zizi Folies, 1983", puis plongea sa tête dans le liquide argenté.

Misère : les "Accio coquine" avaient failli le griller.

Ouf.

"Tu vas mourir comme une petite merde"

C’est en résumé l’information qui tourne en boucle depuis bien des mois dans nos différents médias. En effet, quand le Mexicain tousse, c’est le monde entier qui met son masque. Non pas à cause de l’odeur de tapas délétère qui s’échappe de son gosier lorsque celui-ci expulse bien vite l’air de ses poumons, mais bien parce que celui-ci pourrait nous refiler une maladie nouvelle et inconnue : la grippe.

On peut comprendre cette peur : la dernière fois que la grippe a eu un quelconque rapport avec des hispanophones, on aurait dénombré jusqu’à 21 millions de morts dans le monde (oui ma bonne dame, rien que ça) ; depuis quand on entend "¡ Atchoumas  !", on se méfie un peu.

Dès lors, le monde a basculé en alerte rouge, franchissant promptement tous les niveaux d’alerte. Mais connaissez vous seulement la signification de ces niveaux dont tout le monde a parlé ? Comme je suis bon, je partage mon savoir avec vous, pauvres béotiens :

A l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), il y a 6 niveaux d’alerte :

  • Niveau 1 : c’est la découverte d’un nouveau virus chez nos amis les animaux mais tellement nul que tu peux manger une bête malade, tu peux quand même courir le 100m le lendemain.
  • Niveau 2 : manger une bête malade n’est pas recommandé si tu ne veux pas finir demain à passer ta journée aux toilettes à relire ta collection de Cosmo et de Biba
  • Niveau 3 : souvent franchi à vive allure par les légionnaires quand les chèvres ont contracté la maladie, c’est le moment où il y a quelques cas de larrons qui présentent les mêmes symptômes que les animaux (envie de se faire tondre, absence de réflexion, oeil vitreux et parenté avec Loana)
  • Niveau 4 : on a identifié quelques humains s’étant refilé le virus, par exemple, la chtouille
  • Niveau 5 : plus de deux pays sérieux (le Liechtenstein par exemple est donc exclu de fait) connaissent des malades du nouveau virus et on commence à suer très fort quand les gens en parlent
  • Niveau 6 : "hausse des infections", autrement dit, c’est plus que 5, on parle désormais de pandémie (ce qui signifie "grosse épidémie qui fait peur", en grec)

Bon, la France, c’est à peu près pareil, sauf qu’au niveau 6, on doit boucler les lieux publics et tout le monde doit attendre dans sa cave et développer des pratiques cannibales pour survivre. Mystérieusement, comme cela a quelque impact économique (on fait moins bien tourner les entreprises et le commerce quand on vit enfermé dans une cave à manger ses enfants), en France on a passé les 5 premiers niveaux à vitesse grand V histoire de faire monter la sauce ("Ho mon dieu, l’épidémie est de plus en plus dangereuse, tremble, bon peuple ! Et ne t’intéresse surtout pas à d’autres sujets !"), puis, lorsqu’on a vu qu’au niveau 6 on rigolerait vachement moins, on a tenté de gagner du temps, grâce à l’amie Roselyne qui nous a dit "Attention ! Je vais compter jusqu’à 6 ! 1, 2, 3, 4, 5,… 5Aaaaa…. 5B…. 5B trois-quart…"

Au Mexique, cela fait longtemps quon a compris quil fallait porter un masque pour se protéger
Au Mexique, cela fait longtemps qu’on a compris qu’il fallait porter un masque pour se protéger

Ca fait super peur. Des moyens ont donc été déployés pour sauver vos corps et vos âmes : hordes de masques prêts à être distribués (mais périmés, bon), plans d’urgence (consistant à trier les malade, comme c’est intéressant), et surtout, survente de produits à la con telles les solutions hydro-alcooliques (ça coûte 30c à produire et tu vends ça 5€) ou encore le top du top pour rassurer l’employé : le distributeur de solution hydro-alcoolique qui remplace le vieux savon dans les toilettes de la COGIP :

"Mais c’est génial ce truc ! Comme ça, on a plus à mettre les mains sur le savon où les autres ont mis leurs mains pleines de virus de la grippe !
- Oui enfin à la place, on met la main sur un bouton, ce qui est plus dégueulasse qu’un savon. Et puis bon, au final, on a toujours les mains propres dans les deux cas, donc ça ne change rien, non ?
- Bon, Michel, si c’est pour faire du mauvais esprit, tu peux sortir."
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Ca rappelle la bonne époque du terrorisme et des niveaux d’alerte qui ne cessaient de monter sans jamais redescendre. Là aussi, on avait pris des supers mesures avec le plan vigipirate :

"Bon les mecs, on va mettre des barrière devant les écoles, comme ça, si un kamikaze veut s’en prendre à la jeunesse de notre nation, il sera bien feinté, il pourra pas garer sa bagnole sur le trottoir de l’établissement !
- Mais chef, en fait, un kamikaze avec une voiture piégée, il s’en fout pas des barrières ?
- Bon, Michel, si c’est pour faire du mauvais esprit, tu peux sortir."
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On ne rigole pas avec le terrorisme.

Et on ne rigole pas non plus avec la grippe A. En effet, la première mesure prise par le gouvernement devant ce fléau arrivant à nos portes fut essentiel pour la victoire à venir ; tous les centres médicaux de France reçurent un petit courrier leur disant que (véridique) :

"Afin d’éviter de créer une discrimination envers les personnes d’origine mexicaine, la grippe mexicaine sera renommée grippe A"

Ho, oui, la grippe A. Avec un A, comme Auvergnat.

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