« Non mais c’est un film d’action ! Tu vas pas non plus demander un scénario écrit par Sartre !« 

François soupira et plongea sa main dans le saladier de chips tout en secouant la tête. Il en avait assez, de cette bande de prétentieux qui n’arrêtaient pas de critiquer l’intrigue des films d’action. Après tout, on y allait pour voir des explosions, alors il ne fallait pas se plaindre qu’il n’y ait pas une intrigue politique. Il jeta tout de même un coup d’œil du côté d’Alice, l’étudiante en sociologie qu’il essayait de séduire depuis un moment. Son regard s’arrêta brièvement sur son débardeur bien rempli, mais voyant que la jeune fille portait son regard vers lui, il prétendit regarder ailleurs. Elle n’avait pas l’air de l’avoir vu. Ou de désapprouver son propos, ce qui était plutôt une bonne chose. Elle n’était pas comme toutes ses coincées de Télérama qui réclament des… des… mais que regardait-elle ? Son épaule ? François fronça les sourcils et constatant qu’il n’y avait pourtant pas les pellicules qu’il craignait d’y voir, ne comprit pas de suite.

La fenêtre explosa soudain derrière-lui, et il y eut une terrible détonation qui projeta au sol une bonne partie des objets et étudiants qui peuplaient la pièce. François ouvrit péniblement un œil pour constater que le saladier lui était tombé dessus et qu’il était couvert de chips. Malgré le sifflement dans ses oreilles et sa tête qui lui tournait, il entendit clairement Alice s’exclamer avec enthousiasme :

« Hooo, les Excusables !« 

Ce qui fut plus mystérieux encore fut le gros poing ganté qui s’abattit sur le visage de François à la seconde où il tentait de relever la tête, suivi d’un autre, puis de toute une série de coups de divers trucs, dont, François en était certain, au moins un taser et une boîte de Pringles qui traînait et que quelqu’un tenta d’utiliser pour l’aider à élargir son horizon. Alors qu’il était au sol, à demi-inconscient, il aperçut enfin penché au-dessus de lui, le visage aux cheveux et au mauvais rasage poivre et sel du chef du commando, fronçant les sourcils.

« Alors François ? Sais-tu qui nous sommes ?
- Moi je sais ! s’exclama Alice depuis le clic-clac en sautillant.
- Oui jeune fille aux tressautements dignes d’intérêt ?
- Vous êtes les Excusables ! A chaque fois que quelqu’un utilise une excuse de merde, vous intervenez et lui maravez la margoulette ! A ce qu’il paraît que dans chaque bureau de la vie scolaire de France et de Navarre, il y a une ligne directe pour vous appeler tant les mots d’excuses pour les retards sont nazes ! HooOOOoooo Monsieur Connard, j’adore votre commando ! Je vous adore !
- Certes, mais je suis là pour le travail. Alors François, sais-tu pourquoi ton excuse est à chier ?
- Mmm… non ? dit-il en crachant une dent.
- Parce que qu’importe le film, la cohérence est un principe de base. A ne pas confondre avec le réalisme. Ainsi, surtout dans le cadre d’un film d’action tout bête, ce serait quand même dramatique de ne pas arriver à écrire un script tout bête.
- Tu comprends ? »

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François hésita. D’un œil, il constata qu’Alice continuait à regarder amoureusement le chef du commando, et que les autres étudiants présents restaient à terre sans rien dire, terrorisés par le second du chef qui les menaçait à l’aide d’un fusil à pompe. Il réfléchit à ce que l’on venait de lui dire et conclut :

« Non.« 

L’homme penché sur lui secoua la tête et se tourna vers son adjoint.

« Diego, je crois qu’il va nous falloir une autre boîte de Pringles. Quant à vous, les autres, je vais vous donner un exemple : Expandables 3. Des coups de fusil, des explosions… ça doit pas être bien compliqué. Alors peut-on quand même se rater ? Spoilons mes bons !« 

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L’affiche : plus de la moitié est réservée au casting. L’autre moitié aussi. Bon, hé bien je crois que tout est dit quant à ce que ce film propose.

Tout commence quelque part, au Moumoukistan, alors qu’un train blindé faisant office de transport de prisonniers circule à vive allure au milieu du désert.

Ce que les fiers Moumoukis ignorent, c’est que bien plus loin sur la ligne, un hélicoptère est posé sur les voies et des hommes aux muscles comme des bouillottes et aux testicules souvent confondus avec des ballons de plage (ce qui a conduit plus d’une fois à des drames et des procès que je vous passe) sont en train de tendre un lourd câble métallique en hauteur entre deux poteaux : ce sont les Expandables, le super commando d’élite de la mort qui réussit toutes ses missions avec panache (et blagues pourries).

Mais l’équipage du train blindé ne sait rien de ces événements. Ainsi, à bord, l’un des membres d’équipage est en train de téléphoner à son chef pour lui parler de l’avancement de la mission. Je vous traduis donc ce dialogue, issu du langage Moumouk (que j’ai étudié en LVIII au lycée, je savais que ça me servirait un jour).

« Allô, Zoumtar le vilain chef de prison ? Ici Kaloum le chef de train blindé un peu con.
- Je t’écoute Kaloum.
- Je tenais à vous dire que nous avions le prisonnier et que nous arrivions dans quelques minutes.
- C’est très intéressant Kaloum. Mais tous les occidentaux qui regardent ce film vont un petit peu se foutre de notre gueule.
- Ben pourquoi ?
- Peut-être parce qu’aux dernières nouvelles, tu es dans un train blindé qui fonce vers ma prison et que je t’y attends vaguement ? Du coup, où est-ce que tu as vu jouer que les transports de prisonniers n’avertissaient pas la prison où ils allaient, sauf deux minute avant leur arrivée du genre « Au fait les mecs, on est en bas, faites péter les chips ! » ?  Ce sera pas juuuste pour aider le spectateur à comprendre le pitch, ce coup de fil ?
- Ouais, enfin Zoumtar, t’es gentil mais toi tu commandes une prison qui n’est reliée QUE par une voie de chemin de fer qui rentre directement dans le bâtiment. Alors niveau logique, touche à ton cul.
- Ah ouais ? Et qui c’est qui a tout un train blindé pour transporter un seul prisonnier ?
- Tu fais chier Zoumtar ! Toi et tes portraits partout alors que tu es juste chef de prison ! Bon tu sais quoi ? Je propose qu’on se fasse exterminer par les Expandables. Ça réglera le problème.
- Vendu ! »

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Et sur ces entrefaites, l’hélicoptère des Expandables arrive au-dessus du train blindé, et les hommes du commando mitraillent les geôliers sans pitié.

Bon, ils sont peut-être vaguement aidés par le fait que sur les 25 mecs sur le toit, aucun ne tire même une seule balle de kalachnikov sur l’hélicoptère. Vous pouvez regarder, j’ai guetté, et non, aucun. C’est vrai que du coup c’est vachement plus pratique. Cela dit, le train blindé n’est pas complètement dénué de défenses : ainsi, alors que l’alarme est donnée et que toujours plus de Moumoukis montent sur le toit du train pour se faire massacrer sans tirer une balle, sort d’un wagon une grosse pièce de DCA. L’hélicoptère des Expandables a donc tôt fait de voler bas et de se planquer derrière le train pour ne pas pouvoir être touché par la pièce montée (je fais pareil durant les mariages), et attend donc tranquillement que le câble tendu plus loin sur la voie fauche tous les Moumoukis encore sur le toit, puis fauche net la pièce de DCA (qui oui, est fauchée alors que les deux poteaux sur les bords de la voie, eux, ne bougent pas : c’est tout de même bien fait, sûrement des poteaux lestés à l’uranium).

Bon, l’autre option, ami Expandable, c’était juste de laisser le câble faire. Après tout, ça aurait fauché tout le monde sans tirer un coup de feu, et vous pouviez ensuite prendre le reste de la garde locale par surprise dans les wagons. Mais l’hélicoptère était tellement plus cool, vous avez raison.

Bref : le commando infiltre le train, nettoie les derniers survivants, et s’en va libérer un Monsieur tout attaché dans un coin (vraiment, ce n’est pas juste un donjon belge blindé), qui cela fait, ignore superbement les Expandables, obsédé par le fait de se venger de ceux qui l’ont laissé enfermé là (durant 8 ans, nous l’apprendrons plus tard). Mais malgré 8 ans sans exercice, Doc, puisque c’est son nom, bondit partout comme un cabri, ignore les Expandables qui lui ordonnent de filer à l’hélico pour s’enfuir, et à la place, retourne courir sur le toit du train pour foncer vers la locomotive. En chemin, il tue deux sentinelles qui… qui…

… qui attendaient là ? Malgré l’alarme ? Les coups de feu ? Tous les cadavres autour d’elles ? Mais enfin ! Qui a eu cette idée absurde ?

Le Doc (ce qui pour certains, sera toujours lié à la phrase « Non, ce n’est pas sale« ) remonte donc jusqu’à la locomotive, bloque les gaz à fond, bondit sur les commandes du canon en tête de train (normal) et se met à arroser la prison sitôt qu’il est assez près, où tous les gardes viennent se faire massacrer en se pointant devant son arme. Puis, au dernier moment (évidemment), il rejoint l’hélicoptère des Expandables pour s’enfuir loin de la prison au moment où le train y rentre à fond et… explose. Voilà. Hop. Avec toute la prison. Mais oui. Adieu, Zoumtar, donc.

Qu’eeeest-ce que c’était que cette scène ?

Attendez, je sniffe un peu d’éther et ça devrait aller. Voiiilà. Les Expandables retournent donc sur un aérodrome isolé où ils font exploser l’hélicoptère, pour ne pas laisser de traces, avant de remonter dans leur énorme avion pas furtif du tout sur lequel il est écrit en gros « EXPANDABLES ».

Ah oui. Effectivement, ça valait le coup de faire sauter l’hélico. Nul doute que toute la chasse du pays, sitôt qu’elle aura vu l’avion sur ses radars, n’aura pas besoin de bien longtemps pour savoir a) qui a fait le coup, b) abattre tout le commando qui vient de faire sauter une prison avant de retourner à la maison fêter ça avec un chant traditionnel Moumouk. Mais comme le dit le proverbe : au Moumoukistan, on n’a pas d’avions, mais on a des trains blindés. Les Expandables peuvent donc rentrer tranquillement au pays pendant qu’à l’intérieur de l’appareil, tout le monde discute paisiblement. Je vous résume donc la conversation :

  • Le Doc était à la fois un médecin et un Expandable. Raison pour laquelle Barney Ross, le chef des Expandable, est venu le sauver
  • Oui, ils ont mis 8 ans à le sauver, mais parce qu’il était prisonnier dans un lieu super secret et qu’il a fallu le temps de le trouver
  • Le Doc avait été capturé parce qu’il avait tenté un coup d’état au Swaziland
  • A l’arrière de l’appareil des Expandables sont accrochées toutes les plaques de ceux tombés au combat pour rappeler que la vie de mercenaire, c’est trop triste, tavu

Mais surtout, Barney annonce une chose importante au Doc : en fait, il déconnait, hohoho, haaa, qu’est-ce qu’on rigole copain. Ils ne rentrent pas à la maison. Ils vont d’abord en Somalie où ils doivent abattre un trafiquant d’armes, Victor Minsk. Parce que trafiquer des armes, c’est mal.

Le Doc fait donc un peu la gueule, se rase avec un énorme couteau, comme ça, hop, pour bien montrer que c’est un ouf, et toute la petite équipe se rend dans un port de Somalie pour infiltrer discrètement le point de rendez-vous. Coup de bol, dans le coin, tout le monde porte le chèche pour se voiler tout le visage, donc ça devrait faciliter le boulot des Expandables, puisqu’ainsi, ils pourront dissimuler leur… leur…

Ho.

En fait, Barney a préféré, intelligemment, filer des chèches aux noirs de son équipe et des casquettes aux blancs histoire que l’on puisse bien voir leurs visages. Barney, tu n’as pas compris le jeu ?

Je ne sais pas mon petit Barney. L’inverse n’aurait-il pas été plus rusé ? Non parce que là, des blancs surarmés qui se promènent au beau milieu de la Somalie, j’ose penser que ça devrait vaguement attirer l’attention et faire comprendre au premier péquin venu qu’il y a des étrangers dans le coin. Mais bon. Alors que quand tout le monde est armé et a le visage masqué, tu aurais pu te faire passer pour une milice. M’enfin bon, hein, c’est toi l’Expandable, tu sais.

Toujours est-il que le script, lui, n’a pas prévu cela : nos larrons peuvent donc courir dans tous les sens l’arme au poing sans que personne ne les remarque (ce qui aide pas mal), et ils finissent par arriver jusqu’à la zone de rendez-vous, où ils s’embusquent dans un container suspendu à une grue pour mieux observer ce qu’il se passe, ce qui est très intelligent, vous en conviendrez (une roquette, et hop ! Au revoir les copains !) . Mais alors que Barney observe l’arrivée du fameux Victor Minsk, soudain, il devient tout fou en reconnaissant ledit Victor : il s’agit d’un homme qu’il connaît bien, son ancien très méchant associé, supposé mort, avec qui il avait fondé les Expandables : Conrad Stonebanks, de son vrai nom.

J’en déduis donc que Barney avait pour mission d’abattre un type sans savoir à quoi il ressemblait. Pratique. Dans le doute, il aurait sûrement tout fait péter.

Bref, tout fou, vous dis-je, Barney bondit hors du container, puis hurle « CONRAAAAD STONEBAAAAANKS ! » et se met à mitrailler dans tous les sens sans viser.

Mais enfin ? Barney ? Depuis quand on annonce son attaque pour attaquer un mec ? Tu t’es cru dans Naruto ou bien ?

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Quelques secondes avant que notre héros ne devienne tout fou : notez que je ne mens pas quant à la qualité de leurs déguisements pour infiltrer la Somalie. C’est… bluffant.

Résultat, Barney rate tous ses tirs (car oui, d’habitude il tire comme un dieu, mais là, non), et Stonebanks, vaguement alerté par ces cris de cochon qu’on égorge riposte mais lui aussi rate alors que c’est un tireur d’élite (ce serait bête que le film s’arrête là) et c’est donc une fusillade digne d’une soirée paintball chez Gilbert Montagné qui s’ensuit. Les Expandables tentent donc de fuir les lieux maintenant que leur chef a donné l’alarme comme un gros débilou, et ils s’enfuient donc en camion volé au travers du port somalien. A noter que chez les Expandables, c’est comme dans Zelda : à un moment, ils traversent un mur en béton avec leur vieux camion pourri. Comment font-ils pour savoir qu’il va céder ? Hé bien c’est facile : le mur est marqué par une grosse fissure.

Pratique. J’attends donc « Expandables 4 – Panique à Jardiland » où ils font péter pots et buissons pour gagner de l’argent.

Autre super pouvoir des Expandables : la télépathie. Ainsi, alors qu’ils fuient en camion, deux autres Expandables sont encore dans la rade du port avec un canot. Barney leur lance donc par radio « Rapprochez-vous le plus possible !« 

Personnellement, moi, si on me dit ça, je me rapproche. Avec dans l’idée que les mecs veulent sauter, rejoindre le canot et gagner le large plutôt qu’être coincé dans un port avec 1 500 mecs aux trousses. Sauf qu’en fait non. Car les Expandables du canot ont bien compris que le message était « Faites des acrobaties avec le canot pour sauter en l’air et atterrir à l’arrière du camion. »  Ce qu’ils font avec succès. Je n’aurais donc jamais pu être un Expandable : je ne suis pas assez con. Ou télépathe. Ou les deux (on parle alors de « Professeur Xavier« ).

Sauf qu’alors que nos héros ont massacré à peu près tous leurs poursuivants, voici qu’un bruyant « flap-flap » se fait entendre au-dessus d’eux ; il ne s’agit pourtant pas d’un énorme Cupidon sur le retour, mais pire : de l’hélicoptère de Conrad Stonebanks. Qui vole à 25 mètres au-dessus de nos héros, le méchant assis à la portière avec son fusil.

Et là, c’est le drame. Suivons plutôt ce qu’il se passe en bas.

« Barney ! Quelle chance, ce couillon de Stonebanks est juste au-dessus de nous, bien en vue et à bord d’un appareil tout fragile alors qu’on a des tonnes d’armes de foufou !
- Non. Je propose plutôt que l’on reste ici à ne pas tirer en regardant la scène au ralenti.
- Hein ? Mais Barney, enfin ! On peut le tuer, là, tout de suite !
- Chut.
- Ecoute je… aaaAAAAAaaah ! Stonebanks vient de me tirer une balle dans la jambe !
- Ah oui, c’est ballot. Surtout qu’en plus il ajuste bien lentement. Mais tu sais, quoi, on ne va rien faire. Attention, je crois qu’il va tirer à nouveau.
- Putain mais… AAAAAaaaïeuuuuh ! Une balle dans le cul ! Non mais… Barney ! Fais quelque chose !
- Attends, je regarde en l’air sans rien faire avec une moue contrite. Je suis occupé.
- Relou ! »

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Et en effet : César, l’un des membres de la bande, après s’être fait trouer le genou et le cucu, se retrouve à terre avec autour de lui ses petits camarades qui font du rien. Non mais sérieusement ? Vous avez fait 10 minutes de fusillade, vous ne pouviez pas le blesser là, de manière crédible ? Pourquoi les seuls moment où les mecs sont ENFIN touchés sont AUSSI surréalistes ? Stonebanks, qui visiblement, est un sacré déconneur, appuie sur un gros bouton à l’arrière de l’hélicoptère, et aussitôt, un gros missile sous l’appareil vole vers le camion de nos héros et l’explose, propulsant tous les Expandables dans l’eau voisine, le véhicule étant stationné en bordure de quai.

Il faudra m’expliquer comment le missile a pu toucher le camion, sachant qu’il y avait 15 véhicules autour et que Stonebanks n’a pas visé ou fait quoique ce soit. Il a juste appuyé sur un bouton rouge pour larguer le missile. Peut-être que c’était un missile renifleur de gentils ? Une fois qu’il a senti cette odeur unique faite de big balls, d’amitié et de poudre, il se dirige droit vers la cible ? Mystère. En tout cas, j’en veux un comme ça. S’il pouvait aussi renifler les blogueurs qui font des vidéos pour dire qu’ils ont pleuré devant Lucy, ça me ferait plaisir. Merci.

Mais dans tous les cas, nos héros ressortent de l’eau, et devinez qui a encore plus bobo que 5 minutes avant, avec désormais un trou dans le poitrail ? César.

« Chui sûr que c’est parce que je suis noir ! » pleure-t-il alors qu’autour de lui, ses camarades sifflotent très fort. Avec l’aide du Doc, ils parviennent à le stabiliser pendant que tout le reste des milices somaliennes du port est parti pour sa pause déjeuner (je vous laisse insérer vous-même ici vos calembours sur la pause déjeuner en Somalie, tas de fripons), puis, aidés de leur téléporteur, ils retournent sans explication malgré toutes les forces hostiles à leur gros avions pour filer aux Etats-Unis déposer César à l’hôpital, remplir quelques papiers, filer sa carte vitale et appeler sa mutuelle pour savoir si elle couvre les soins liés à des balles dans le cul et des missiles magiques (la dame de l’accueil aurait raccroché à ces mots, Barney n’a pas bien compris pourquoi).

Mais à la sortie de l’hôpital, Barney tombe nez à nez avec le chef des opérations de la CIA : Max Drummer. Barney est donc bien étonné.

« Mais attendez ! N’était-ce pas Bruce Willis jusqu’ici, mon contact à la CIA ?
- Si, mais il coûtait trop cher. Bonjour, je suis Harrison Ford, et j’étais en promo. Vous m’avez peut-être vu dans Star Wars, Indiana Jones ou encore Witness. 
- D’accord, qu’est-ce que vous voulez, Monsieur…
- Max Drummer. J’insiste. Voilà mon problème : je vous ai envoyé tuer Victor Minsk.
- C’était pas Victor Minsk, c’était Conrad Stonebanks ! Mon ancien associé et ennemi juré que je croyais avoir tué il y a bien longtemps !
- Ah oui ? Hahaha, hohoho… quel dommage que l’on ait oublié de vous filer une photo du sujet ou de vous dire que c’était votre ancien associé ! C’est vraiment trop ballot. Bon, enfin bref : vous avez merdé, alors je suis venu vous faire les gros yeux. 
- Ho non ! Pas les gros yeux !
- Grouuuu !
- Non, arrêtez Drummer !
- Très bien. Mais sachez que Minsk, Stonebanks ou qu’importe comment vous l’appelez est un gros rascal qui a torturé et tué mes meilleurs hommes. Je veux sa peau. Alors vous attendrez qu’on le retrouve, et vous rattraperez le bazar que vous avez mis en Somalie, okay ?
- D’accord. Mais vous ne me faites plus les gros yeux, hein ?
- Non. Allez, filez Barney ! Vous avez du pain sur la planche. »

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Et il y a en effet du pain de mie sur la planche à burger, car de son coté, Stonebanks vit heureux. C’est un trafiquant d’armes qui vend des armes aux méchants pays, et est donc très riche et aime l’art. Car comme dans tout bon blockbuster, les pauvres sont sympas et ont des plaisirs simples, alors que les riches sont tous des enculés qui aiment les trucs de bourgeois.

Ces préjugés, je vous jure.

Attendez, je vais me reprendre un petit verre d’un excellent alcool de 110 ans d’âge et je reviens.

Voilà, que disais-je ? Ah oui : c’est fou comme le bon goût est forcément associé à des personnages de connards. Ces scénaristes ne font aucun effort.

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Alors que les gentils, ils boivent de la mauvaise bière à la bouteille avec des chapeaux à la con et des chemises moches lors de soirées karaoké. Ça me vend du rêve.

Barney en tout cas en a pris un coup au moral : depuis que César a été blessé (et en même temps, si je trouvais la bande d’idiots qui était restée sous l’hélicoptère à attendre les balles), il n’a plus envie de voir d’autres Expandables mourir. Il réunit donc toute la petite bande et leur explique que c’est fini. Ils peuvent prendre leur retraite. Car ils sont des reliques du passé et il n’a pas envie de voir d’autres camarades se faire cartonner comme des crotouilles. Evidemment, chacun soupèse ses balls tout en expliquant que jamais il n’abandonnera ce beau métier qu’est celui de mercenaire, et que Barney ne peut pas faire ça, mais si.

Et il le fait.

Seulement voilà : Barney n’a pas non plus oublié que Stonebanks devait mourir. Déjà parce qu’il devrait déjà être mort, et ensuite parce qu’il a fait bobo à César. Cela mérite donc vengeance. Sans compter que Barney n’aime pas laisser un boulot inachevé. Il va donc contacter un vieil ami, Bonaparte, dont la spécialité est de trouver du personnel pour des équipes de mercenaires. Tous les deux engagent donc la conversation.

« Hey, Barney ! Comment vas-tu ? Pourquoi viens-tu me voir, tu n’as pas une équipe ?
- Je l’ai virée, pas envie de les voir crever. J’ai besoin de nouveaux. Du sang frais. Des d’jeun’z qui n’ont rien à perdre.
- Je vois. En fait, ce que tu es en train de me dire mon petit Barney, c’est que tu veux une équipe dont tu n’as strictement rien à foutre pour pouvoir la laisser crever en paix sous tes yeux ?
- C’est ça.
- C’est cool. Dis-moi, je ne me souviens plus bien… c’est qui le gentil du film, déjà ?
- C’est moi. 
- Hem. Soit, okay. C’est cool. Et donc, tu pourrais m’en dire plus sur ce pourquoi tu en as besoin à part les laisser mourir ?
- Je dois aller buter Conrad Stonebanks. 
- Ben ? Il est pas déjà mort ?
- Visiblement, non.
- Hmmm… il est super fort, c’était quand même ton ancien associé. Très bien, laisse-moi aller chez Vediorbis et Pôle Emploi te trouver deux ou trois mecs. »

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Et en effet. En passant une annonce chez les recruteurs du coin, Bonaparte arrive à obtenir une liste de volontaires tous plus navrants les uns que les autres, mais ça, personne n’a l’air de le remarquer. Ainsi, ils perdent des heures à aller voir chaque candidat aux quatre coins du pays et même plus au lieu de directement les convoquer, mais pourquoi pas. Et c’est ainsi qu’ils recrutent :

1) Drony. Un expert en drones qui aime l’escalade. Mais sinon, en-dehors de ça, il sait faire des trucs ? Oui ? Non ? Et puis quels drones d’abord ? Barney se contente de regarder le Monsieur faire de l’escalade et de dire « Wouah, il est trop bon, il a un parachute pour quand il tombe !« . Si tu veux. En même temps, il n’en aurait pas eu, c’eut été plus délicat, mais je dis ça. Ho, et non : il ne lui parle même pas. Il le prend direct. Heureusement qu’il n’était pas à côté d’un club de parapente, sinon il recrutait 40 personnes d’un coup pour les envoyer à une mort certaine.

2) Moustachos. Ils le trouvent dans le centre d’entraînement d’une super unité d’élite américaine et celui-ci, pour les convaincre de le prendre, leur fait une super démonstration avec une arme.

« Vous voulez voir ce que je sais faire ? Voici le fusil CS-250. Il tire des balles explosives qui peuvent sauter dans ou derrière la cible sur commande. Regardez, je vous fais une démonstration !
- C’est intéressant mais quel rapport entre vous et ce fusil ? Aux dernières nouvelles, c’est le fusil de l’armée, pas le vôtre, et ça n’a strictement rien à voir avec vos compétences sans compter qu’on ne verra plus cette arme du film.
- …
- Vous êtes aussi con que nous : je vous recrute ! »

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3) Luna. C’est une videuse de boîte de nuit qui fait du catch. Quel rapport avec le mercenariat ? Aucun. Mais elle fait du catch !

4) Gronul. Ancien Marines, trop indiscipliné pour appartenir à n’importe quelle unité (c’est à se demander comment il a pu y rentrer), il est complètement inadapté à toute mission de type militaire comme par exemple, un truc avec des mercenaires. Par ailleurs, quand ils viennent le voir, il est au Mexique en train de se prendre une raclée dans une arène. Mais grâce à son nez magique, Barney renifle l’odeur du pipeau et devine que « Hmmm je suis sûr qu’en fait il a fait exprès de perdre et qu’il est super fort. » Et ils le prennent. Mais enfin, arrêtez, n’en jetez plus !

5) Galgo. Un Espagnol super acrobate qui aurait eu sa propre compagnie de mercenaires et qui en plus, fait la démonstration de ses talents (via un cascadeur qui ne ressemble pas, la marque de fabrique de la série des Expandables) devant nos héros. Mercenaire, compétent, a fait une démonstration crédible et au dire de Bonaparte, a une réputation d’être super fort…

« HOLALA FAUT PAS LE PRENDRE ! Il essaie de se faire recruter depuis super longtemps en m’envoyant des CVs sous de faux noms, c’est relou ! » s’exclame donc Bonaparte quand bien même il reconnaît qu’il est super fort.

Okay. Donc je résume : une catcheuse, un type qui montre des fusils même pas à lui pour dire qu’il est fort comme eux, un gros indiscipliné et un pilote de drones, c’est okay, par contre pile poil le profil recherché, c’est pfoulala, non.

Bouhou. Bouhouhou. Bouhouhouhou. C’est un film d’action ! C’est pourtant pas compliqué ! Mais visiblement, SI !

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Alors qu’à la place, Galgo aurait fait un truc comme des dérapages en Segway, ils le prenaient direct.

Qu’importe. Ainsi entouré de sa nouvelle équipe de busards, Barney n’a plus qu’à attendre que la CIA lui dise où se trouve Stonebanks pour aller lui coller des pruneaux dans le museau. Et ça tombe bien, car un soir que Barney monte dans sa voiture, il voit apparaître dans son rétroviseur au moment de démarrer, son bon ami Drummer, chef des opérations, assis dans l’ombre sur la banquette arrière. Si le film avait été logique, ça aurait dû se passer comme ça.

« *sifflote sifflote* allez, les clés dans le contact et…
- Bonsoir, Ross, je…
- WOPUTAIN BLAM BLAM BLAM BLAM BLAM BLAM BLAM BLAM
- Uuh… pourqu… *couic*
- NAN MAIS ! Ça va pas de monter dans la voiture d’un super mercenaire pour lui faire peur ?! Vous êtes pas un peu débile aussi ? J’ai des réflexes, quoi, merde, et je suis toujours armé ! Bon… allô, les Expandables ? J’ai un macchabée à l’arrière de ma bagnole. Oui, c’est encore un directeur de la CIA qui a cru malin de me faire peur sur ma banquette arrière au lieu de m’attendre près de la voiture ou de venir me voir comme tout le monde. Préparez l’avion, on va larguer de la viande aux grands requins blancs ! »

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Mais comme le film est mauvais, ça se passe comme ça.

« *sifflote sifflote* allez, les clés dans le contact et…
- Bonsoir, Ross, je venais vous dire qu’on avait retrouvé votre bon ami Stonebanks. 
- Tiens, vous êtes là ? Où est cet enfant de salaud ?
- Il est en Roumanie pour une transaction, à Bucarest pour être exact. Voici le dossier avec toutes les informations. Et cette fois-ci, plein de photos que, hihihi, on avait oublié de mettre dans le dossier la première fois. Ho, on a aussi mis plein de photos de gens morts pour montrer qu’il est méchant. 
- Il tue des gens. Le gros bâtard. Alors que moi, jamais.
- Hmmm… okay. Bon, allez Barney, dans 36 heures la cible se sera envolée, alors vous avez peu de temps. Un détail : il nous le faut vivant.
- Ben ? La dernière fois vous vouliez qu’on le bute.
- Oui, ben faut croire que depuis qu’on a retrouvé les photos, les ordres ont changé, c’est fou. La CIA veut le livrer au tribunal de La Haye pour crimes de guerre.
- La Haye ? Mais on est américains ! On a même pas ratifié le traité sur La Haye ! Pourquoi la CIA voudrait livrer quelqu’un à un tribunal avec lequel elle ne travaille pas ?
- Oups. Le script. Mais c’est grave comme détail ?
- Ben oui. Parce que ça veut dire qu’en fait, si vous savez où est le bonhomme, il suffit d’appeler les Européens, Interpol, qui vous voulez et ils vont vous arrêter le loulou en deux temps trois mouvements. Alors que là, vous commanditez une opération illégale sur le sol d’un pays allié pour court-circuiter la police locale en envoyant de gros bourrins amateurs de gros fusils et donc de dommages collatéraux, tout ça pour au final, remettre la cible audit pays allié.
- Vous avez quoi, Ross ? On va s’en tenir au script. Et vous savez ce que dit le script ?
- Que je suis Barney Ross et que je suis un gros con ?
- Voiiiiiilààààà ! »
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Barney réunit donc sa nouvelle équipe promptement, et si l’ancienne équipe se pointe, jalouse, et que les relations se tendent brièvement avec les petits jeunes, Barney n’en est pas moins ferme : il part avec les jeunes et c’est tout. Rentrez chez vous, les vieux, il y a des Chiffres et des Lettres qui va commencer ! Barney congédie donc les anciens et part avec son gros avion pas furtif, avec lequel, encore une fois, il traverse la moitié de l’Europe illégalement (mais sans qu’on l’embête). Et pendant que Schwarzy pilote (il passait par là), Barney et ses copains qui sont décidément aussi subtils qu’un lycéen en boîte sautent donc sur la Roumanie. Et arrivent à Bucarest incognito, probablement après avoir strangulé 12 civils pour prendre leurs vêtements et remplacer leurs tenues de parachutistes.

Cela fait, ils attendent devant l’hôtel où Stonebanks réside, et le voient arriver entouré de moult gardes armés. Voilà qui ne sera pas facile !

« Hooo je sais comment faire ! » s’exclame Barney. « On va au point de rendez-vous et on leur pète tous la gueule !« . Mais ses nouveaux compagnons d’arme ne l’entendent pas de cette oreille : ainsi, Drony a un plan qu’il formule comme ceci « Hahaha, c’est tellement années 80, votre plan ! Non, voyez : on va déconnecter les détecteurs ici, ici, ici et là et ce sera bon. » et tout le monde opine du chef. Oui ? Certes ? Tout cela me rend tout à fait perplexe. Interrogeons donc un expert ès tactique.

- – – – – – – – – – – – – – – – – – – -

« Monsieur Connard, bonsoir !
- Bonsoir Stéphane Bern.
- Alors Monsieur Connard, on vous connait pour bien des choses, puisqu’on peut bien le dire, vous avez de multiples casquettes !
- Presqu’autant qu’une cage d’escalier de Seine-Saint-Denis.
- Hihihi… hem. J’ai pas compris.
- C’est une blague pour les pauvres, Stéphane, c’est normal. 
- Ho. Bon, très bien. Monsieur Connard, je disais donc qu’on vous connaissait dans bien des domaines, mais on oublie trop souvent que vous avez aussi été le leader charismatique d’un groupe de shadowrunners. Qui ne se souvient pas de votre célèbre technique dite du « On abat la cible à 1 500 mètres et on se casse« , « Passe le drone, passe les explosifs,  on va leur rejouer la bataille du golfe de Leyte tranquille » ou encore « Il s’enfuit en moto ? Ça tombe bien, je l’ai faite plastiquer. La dernière chose qu’il entendra, ça devrait être le détonateur qui joue la Cucaracha.« 
- Tout à fait. 
- Alors que pensez-vous du plan de l’équipe de Barney Ross ? Plutôt que d’entrer et de tout péter, déconnecter les détecteurs, entrer, et tout péter ?
- C’est très con puisque si c’est pour tout péter, l’alarme sera donnée, par les détecteurs ou par les coups de feu, en fait.
- Alors qu’auriez-vous préconisé ?
- Hé bien, les hommes de Stonebanks sont tous en civil. 
- Ça leur va très bien.
- Si vous voulez, Stéphane. Mais du coup, vous savez ce qu’ils n’ont pas ?
- De noms et ils vont donc crever comme de petites crottes l’un après l’autre comme le veut la règle des mauvais films d’action ?
- Alors oui, déjà, mais ils n’ont pas de masque à gaz. Du coup, vous bloquez les portes et vous envoyez les lacrymos (si vous êtes taquins), ou le gaz soporododo. Sauf que contrairement à nos amis russes en leur temps, vous n’avez pas à vous inquiéter des otages : vous vous assurez juste de bien vous occuper de Stonebanks et hop, c’est fini, vous repartez sans tirer un coup de feu et avec votre chargement. Aussi silencieux que vicieux, ce plan inspiré des trajets en ascenseur après un trop plein de féculents à la cantoche marchera à la perfection. 
- C’est un peu un plan de gros fourbe. 
- Vous savez qui je suis ?
- Ah oui, c’est vrai. »

- – – – – – – – – – – – – – – – – – – -

Mais Barney en reste au plan de sa jeune et fière équipe, et décide, plutôt que de je ne sais pas moi, attaquer Stonebanks lors d’un de ses trajets, de l’attaquer… sur le lieu de la transaction. Un musée (ça va être super pratique) ou en plus de la bande à Stonebanks, celle de son acheteur va arriver à un moment ou à un autre (deux fois plus de difficulté), acheteur que Barney ne connait pas (ajout d’une inconnue dans l’équation), et ils décident en plus de commencer à agir… uniquement lorsque Stonebanks est dans la place.

Parce que c’est connu : les embuscades, ça ne se prépare pas. Non Madame.

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« 30 ans que je suis dans le métier et j’ai jamais eu besoin d’un seul plan ! Alors je ne vois pas pourquoi je commencerais maintenant ! »

Et évidemment, le plan marche : Stonebanks discute avec son acheteur, arrivé en avance, de vente d’armes, et même peut-être d’armes nucléaires, lorsque soudain les lumière s’éteignent et Barney et sa troupe commence à tout sulfater. Une fameuse fusillade s’ensuit, et seule partie intelligente du plan (la partie « éteindre les lumières » était pas mal jusqu’à ce que l’on se rappelle que nos héros n’ont pas, non plus, de matériel de vision nocturne), Drony ouvre et ferme des portes pour créer un corridor unique vers lequel les hommes de Stonebanks vont tenter de l’évacuer. Sauf qu’au bout du corridor, Luna la catcheuse attend, et pif pouf, elle tabasse les gardes, neutralise le vilain au taser, et l’affaire est dans le sac. Comme quoi, les chocs électriques restent la solution à tous les problèmes, comme le disait Claude François.

Qu’advient-il des autres hommes ? De l’acheteur ? Mystère, car pouf ! Nous voici à bord du van des Expandables qui repart vers l’aéroport où les attend leur avion. A l’arrière, Stonebanks est ligoté et bâillonné, mais chose étrange, sitôt qu’il se réveille, on lui enlève son bâillon. C’était donc uniquement pour l’empêcher de ronfler ? Mais merde, même un bâillon vous n’arrivez pas à faire une scène où vous vous en servez de manière crédible ?

L’équipe des Expandables se retrouve en tout cas face à Stonebanks, qui joue la provoc’.

« Ahaha ! Salut Barney, heureux de te revoir ! Tu te souviens que tu as essayé de me tuer ? Tu pensais avoir réussi, mais mon gilet pare-balles m’a sauvé ! Puisque c’est connu, un mercenaire spécialiste des exécutions se fait toujours avoir par un gilet pare-balles, surtout quand on voit la taille de ceux que l’on porte chez les Expandables. Sinon, c’est vous la nouvelle équipe ? Barney vous a recruté pour vous laisser mourir sans remords ? Sympa. D’ailleurs Barney, que dirais-tu que l’on règle ça entre toi et moi, à mains nues ? D’ailleurs, si je puis me permettre, si à un moment du film, toi et moi nous retrouvions seuls, je te tuerais à mains nues. Mais je dis ça AU HASARD !« 

Hmmm. J’ai comme un pressentiment. Allez savoir pourquoi.

Toujours est-il que soudain, l’un des Expandables se dit que tout de même, ces rodomontades, ça cache quelque chose. Il se saisit donc des mains de Stonebanks et découvre… UNE MONTRE QUI FAIT BIP BIP BIP !

« Un GPS ! » s’exclame-t-il. Puisque oui, jusqu’ici, personne n’avait entendu l’énorme bip bip de celui-ci (en plus si ça ne fait pas de bruit, on ne comprend pas que c’est un GPS, c’est connu), ou pensé à fouiller le garçon. C’est donc à ce moment là qu’à l’extérieur du véhicule, un hélicoptère que personne n’avait remarqué jusqu’ici alors qu’il était à 12 mètres du van, s’approche dangereusement (et oui, il sait que Stonebanks a fini son petit speech : il n’aurait pas voulu interrompre le chef) et à la portière, un homme sort…

… un lance-roquettes ?

C’est vrai que c’est très pratique, pour sauver quelqu’un, de tirer une roquette dans le véhicule qui le transporte. J’imagine que Stonebanks a juste eu l’idée du GPS, et que le reste a été pensé par Michel, son employé de la COTOREP qu’il a pris pour avoir des réductions fiscales. Je ne vois pas d’autre explication.

Heureusement, là encore, ça doit être une roquette qui a du nez car elle ne fait sauter que la porte du van tout en obligeant celui-ci à se renverser sur le flanc, mais sans blesser Stonebanks ! Ce n’est plus une roquette, c’est un technicien de chez Norauto autopropulsé ! Seuls les Expandables sont en sale état et rampent au-dehors du véhicule, désormais arrêté au beau milieu d’un pont. Barney tente un semblant de résistance face aux méchants qui arrivent aider leur chef, mais bien vite, une nouvelle roquette le fait chuter du pont et il tombe dans la rivière en contrebas où il s’assomme. Stonebanks, prudent, envoie donc des hommes chercher son corps pendant qu’il fait prisonnier les petits jeunes des Expandables pour les emmener dans son infâme repaire. Ou quelque chose du genre. Il est méchant, ne l’oublions pas. Il leur fera sûrement des trucs vilains comme les frapper, les torturer, ou pire, leur lire du Guillaume Musso.

Barney n’est évidemment lui pas mort, car même inconscient dans une rivière et couvert de matériel militaire, ses big balls l’aident à flotter et c’est ainsi que guidé par ses testicules de survie, il s’échoue paisiblement sur un bord de la rivière où les hommes de Stonebanks le trouvent au petit matin. Mais pas longtemps, car Barney étant rusé comme un renard, lui et son pistolet qui a passé plusieurs heures dans l’eau les abattent tous avant qu’ils ne puissent avertir leur chef. Cela fait, il retourne donc à pied jusqu’à l’aéroport où l’attendent son avion ainsi que Schwarzy, un peu inquiet de ne pas avoir vu l’équipe revenir. Et ce dernier apprend à Barney que la situation sent un peu comme ce cake que vous aviez oublié au fond du frigo cet été (mais si, ne niez pas).

Car en effet, sur topkoolbarneydu88@hotmail.us, un terrible mail vient d’arriver, qui contient une simple vidéo où l’on voit Stonebanks.

« Un deux… un deux… ça marche là ? Michel ? Michel, merde ! Concentre-toi ! Déjà qu’avec les roquettes… bon, bref ! Oui, je vois la loupiote, ça doit enregistrer. Bon, je voulais dire quoi ? Ah oui ! Barney Ross ! Haha ! Tu me reconnais ? C’est moi, Stonebanks ! Figure-toi que je retiens en otage tes quatre petits jeunes ! Et tu sais quoi ? Dans 48 heures, je vais les tuer ! Ta seule chance de les sauver est de venir les chercher aux coordonnées que voici : 3, rue de la Pétaudière, à Langres. Tu regarderas, c’est sur Mappy. »

Barney est donc très en colère ! Langres, le monstre ! Il va devoir agir. Heureusement que Stonebanks lui donne 48 heures histoire de pouvoir retourner au pays chercher du renfort. Sinon, il aurait dû y aller direct et aurait pris sa raclée. Il est comme ça, Stonebanks, sympa. Il fait même pendant ce temps un discours aux otages sur le fait qu’il n’est pas si vilain que ça. Ce qui donne :

« Ahaha ! Mais moi les gars, j’ai été un Expendable, comme vous ! Sauf que moi, quand il a fallu se salir les mains, j’y suis allé ! Oui, j’ai vendu des armes. Et vous savez pourquoi l’Oncle Sam m’en veut ? Parce que je lui ai fait concurrence. Mais évidemment, Barney et son sens moral sans faille s’opposent à moi…« 

Alors qu’à sa place, j’aurais été moins… plus…

« Monsieur Connard, relâchez-nous où vous aurez affaire à Barney et son sens moral sans faille !
- Taisez vous, les stagiaires. Mais si vous voulez que l’on parle de Barney, très bien.
- C’est le plus gentil et le plus courageux de tous les héros !
- Ah oui ? Alors reprenons au hasard la première scène du film. Barney qui libère un de ses amis de prison.
- Ça prouve qu’il est fidèle en amitié !
- Ceeeertes. Et son ami c’était qui ? « Un militaire qui avait tenté un coup d’état dans un pays d’Afrique ». Donc il aurait été copain avec Pinochet et l’aurait sorti d’affaire si la justice l’avait attrapé assez tôt, vous auriez trouvé cool qu’il le sorte de prison ?
- Heu… non mais c’est pas pareil.
- Meilleur argument depuis la création du monde. Et en plus, il a tué des gens pour le sortir de prison.
- Ahaha ! Sauf que c’était le Moumoukistan, et que c’était un pays de méchants !
- C’est un peu facile. Mais même en supposant que tout soit blanc ou noir, voici : si le Moumoukistan était un pays de méchants, alors rappelons que Barney et son copain ont fait sauter une prison entière. Ultra-secrète. Soit celle où l’on envoie, dans les pays méchants comme vous dites, les opposants et prisonniers politiques. Auquel cas vous pouvez tenter de retourner la situation et me dire qu’en fait, le Moumoukistan est un pays de gentils, et que dans leurs prisons, il n’y avait que des méchants. Auquel cas, leurs gardes étaient gentils. Alors, je vous laisse le choix : soit Barney est responsable du massacre de fonctionnaires œuvrant pour la justice d’un pays en difficulté, soit Barney est responsable du génocide de l’opposition politique d’une dictature, et l’a donc renforcée. Dans les deux cas, c’est un peu un petit bâtarounet. Et je n’ai pris que la première scène.
- C’est que… je… attendez ! Vous, vous vendez des armes, quand même !
- Et lui en achète et en plus s’en sert pour tuer des innocents, soutenir des régimes dictatoriaux, tuer des fonctionnaires de l’institution judiciaire et libérer des criminels de guerre ayant eux-même voulu devenir dictateurs. Lequel d’entre nous deux va jusqu’au bout pour faire le pire ? »

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Et après je leur diffuse un Powerpoint de mes plus belles photos de moi en train de vendre des armes aux polices dépassées par les gangs de divers pays pauvres avec en titre « M. Connard aime la justice, M. Connard aide la justice« .

Si avec ça ils ne passent pas dans mon camp dans les 10 minutes, je ne sais plus quoi faire.

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Sinon, mec, tu pouvais aussi juste venir tirer sur Barney au moment où il arriverait à l’aéroport où son gros avion repérable à 12 000 kilomètres attendait. C’était bien aussi.

Mais revenons à notre héros et à ses 48 heures données sans raison aucune. C’est donc à bord de son avion au carburant illimité et toléré dans tous les espaces aériens du monde que Barney retourne aux Etats-Unis faire le plein d’équipement, quand soudain, quelqu’un le rejoint dans le hangar où il charge son appareil : Galgo ! Le type qu’il avait refusé d’engager parce que… heu… bon. En tout cas, Galgo est la seule aide dont Barney dispose dans l’immédiat, puisqu’il ne veut pas risquer les mecs de sa vieille équipe, et il l’accepte donc. Seulement voilà : Galgo est aussi un infernal bavard, et on a donc droit à une succession de scènes où Galgo parle et hihihi, c’est drôle parce qu’il parle beaucoup, haha. Du genre.

Barney fait le plein de l’avion. Galgo est à côté.

« Mmmm, ça sent bon. Ca sent quoi ? L’essence ? Le diesel ? Le carburant d’avion ? Ho ben ça alors c’est extraordinaire, parce qu’une fois…« 

Barney vérifie un moteur de l’avion. Galgo est à côté.

« Et donc tu connais la mécanique ? Moi aussi je connais la mécanique. Une fois, j’étais sur l’A20 avec ma Twingo quand soudain, j’ai le voyant « check » qui s’allume, alors moi…« 

Barney fait caca. Galgo passe un oeil sous la porte.

« Toi aussi tu fais caca ? Alors que moi, ma mère était blogueuse mode. Du coup, une fois sur deux, je fais des papillons. Ça m’oblige à tenir des comptes, sinon, si j’inverse, c’est un peu compliqué à gérer et… »

Bref, voilà voilà.

Sitôt les deux compères prêts, ils montent dans l’avion, mais alors qu’ils vont s’élancer sur la piste, apparaissent devant eux… l’ancienne équipe des Expandables, prête au combat ! Ceux que Barney avait renvoyé sont tous là, équipés. On va dire qu’ils ont été prévenus par Schwarzy des malheurs de Barney, hein. Ou que eux aussi sont télépathes, mais ça commence à faire beaucoup. Tous grimpent donc dans l’avion et en avant pour la cachette de Stonebanks, qui n’est pas à Langres (je trouvais pourtant ça crédible) mais au Nardinamoukistan, un pays où « Stonebanks a corrompu tout le gouvernement et peut faire ce qu’il veut !« .

Ce qu’il veut ? Comme par exemple, avoir accès aux musées la nuit sans que les caméras ne s’en mêlent, pouvoir survoler le coin en hélico sans autorisation et tirer des roquettes sur des ponts sans problème ?

Il faudra peut-être commencer à se poser des questions sur la Roumanie alors.

Enfin, je dis ça. Mais bref.

Nos héros arrivent donc au lieu de rendez-vous : une espèce de zone d’entraînement pour l’armée au milieu de nulle part au Nardinamoukistan, avec quelques immeubles, des rues et des voitures qui brûlent (comme dans les films de zombies : même 10 ans après l’apocalypse, dans les villes ruinées, les voitures brûlent toujours ; on a enfin trouvé une alternative énergétique au nucléaire). Barney sort donc ses supers jumelles à infrarouge et détecte, dans un immeuble, quatre formes vivantes. Tout serait donc désert à part pour les otages ? Voilà qui pue le piège. Mais il faut bien admettre qu’il n’y a personne d’autre à des kilomètres à la ronde.

Barney et son équipe filent donc jusqu’à l’immeuble et arrivés à l’étage des otages, les libèrent.

C’est alors qu’à côté d’eux, une télévision des années 60 surmontée d’une webcam s’allume et qu’apparaît bien évidemment le visage souriant de Stonebanks.

« Salut les nazes ! C’est bien que vous soyez tous venus ! Bon, ben maintenant que vous êtes là, je dois vous le dire : j’ai piégé tout l’immeuble. 
- Ça alors ! Une décision intelligente !
- Aaaaattendez ! J’ai décidé de les faire exploser avec… un compte à rebours !
- Ouf. Je me disais, aussi.
- Ah ben oui, hé. Nul jusqu’au bout. Bref, sachez qu’un soldat moyen met 90 secondes à sortir de l’immeuble. J’ai réglé les détonateurs sur 45 secondes ! Bonne chance ! »

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C’est vrai que « Salut les gars ! Au revoir les gars ! » et appuyer sur le bouton était tellement moins efficace. A noter qu’en face, ce n’est pas beaucoup plus malin.

« Vite, nous n’avons que 45 secondes pour sortir ! Engueulons-nous comme de gros blaireaux ! » et c’est ce que font nos amis, et ce, de manière complètement artificielle. Heureusement, Drony, à l’aide d’un ordinateur qui traînait sur l’un des Expandables venus à sa rescousse, parvient à diffuser un brouillage qui empêche le signal du détonateur de passer. « Voilà ! Il n’y a plus que 9% de batterie dans cet ordinateur… ça nous laisse donc 25 minutes avant que tout ne pète !« . Deux choses à signaler, donc :

  1. Brouiller le signal du détonateur n’arrête pas le compte à rebours. Ça peut éventuellement empêcher le détonateur d’activer le compte à rebours. Mais là, comme c’est fait, ça ne sert à rien. Mais c’est magique, allez !
  2. 25 minutes ? Quelque chose me dit qu’il faudra 24mn et 59 secondes à nos héros pour sortir d’ici.

Au hasard.

Vexé comme un pou, Stonebanks, qui commande en fait tout cela depuis un QG de l’armée du Nardinamoukistan non loin, commande justement à l’armée d’entourer le bâtiment et de le prendre d’assaut. Les Expandables vont donc affronter des bataillons entiers ! Barney raisonne donc ses troupes, leur fait un discours sur l’espoir et l’importance de travailler de concert, puis comme le veut la tradition en cas de grand danger, leur ordonne de se diviser en petits groupes pour patrouiller dans l’immeuble (« Divisons-nous, on aura moins de chances !« ).

Deux nouvelles choses, des fois que ça manque :

  1. Sinon, Barney, en supposant que ton plan soit bon, tu n’aurais pas voulu l’expliquer, je ne sais pas moi, autre part que juste devant la webcam de Stonebanks qui commande les troupes face à toi ?
  2. Tiens et puis tout à l’heure, avec vos jumelles à vision thermique, vous avez repéré 4 péquins dans un immeuble mais pas toute une armée + ses chars + ses hélicoptères juste à côté ? C’est ballot.

Ballot, consternant, qu’importe : tout est raté depuis le début de ce film. Et la bataille commence. Et pour aller vite, chacun des Expandables se retrouve plus ou moins à massacrer entre 100 et 200 mecs tout seul, parfois juste en faisant du catch (comme l’amie Louna). Lorsque les méchants tirent 2 600 000 balles dans un couloir, ils n’arrivent même pas à érafler le gentil qui court en ligne droite un mètre devant eux, par contre, à chaque fois qu’un Expandable tire 3 balles, il y a 4 morts. Pourtant, l’armée du Nardinamoukistan n’a pas dit son dernier mot ! Ainsi, elle envoie des soldats en motocross prendre d’assaut le bâtiment (l’un des Expandable vole une moto et un casque, mais malgré tout d’ailleurs, les deux camps le reconnaissent instantanément, c’est beau), des hélicoptères le mitrailler (qui pareil, identifient les Expandables et les distinguent de leur armée d’un seul coup d’oeil quand bien même c’est la mêlée la plus confuse qui soit, on va dire que décidément, la taille de leurs testicules est utile même pour leurs ennemis), des chars le bombarder (des Expandables volent un char et là encore, n’ont aucun souci avec leurs alliés) et Stonebanks envoie même son bras droit combattre ! Et lorsque celui-ci surprend un Expandable dans le dos, plutôt que de le tuer… il lui fonce dessus pour faire du catch.

Mais ? Et pourquoi pas lui faire des chatouilles, aussi ? Arrêteeeez ! Arrêteeeeeeeeeeeez !

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Rey Mysterio aime ça.

Du côté des Expandables, un renfort inattendu se pointe : un hélicoptère piloté par Drummer, de la CIA, qui a décidé de partir en mission dans un pays étranger histoire de créer une crise internationale s’il se fait prendre, et avec à chaque portière d’un côté Schwarzy et de l’autre Jet Li (l’hélico doit pencher, mais passons). Ils ont aussi des roquettes et détruisent ainsi les chars qui menacent nos héros (mais toujours en identifiant sans souci celui volé par des Expandables), et pètent les hélicos qui les poursuivent avec aisance. Hop, allez. Peut-être aussi y arrivent-ils d’autant plus facilement qu’encore une fois, les hélicos ennemis ne tirent pas. Ils se contentent de les suivre et de douiller. Ceci explique cela.

Re-vexé comme un pou, Stonebanks décide d’aller se battre lui-même, non sans avoir abattu plusieurs officiers de l’armée locale dans sa colère sans que qui que ce soit autour ne réagisse. C’est tellement normal : les gens adorent se faire tirer dessus par un étranger arrogant. Il file donc jusqu’à l’immeuble où tout le monde se bat, et alors que toute l’équipe des Expandable a rejoint sur le toit l’hélico de Drummer, retrouve Barney, resté en arrière alors que, ça alors, il s’est écoulé environ 24mn30 depuis l’activation du brouillage des détonateurs.

Stonebanks colle une balle dans l’épaule de notre héros, mais pouf, elle disparaît dès le plan suivant, et n’empêche donc pas notre bon Barney, qui a pourtant chu dans une sorte de pièce inondée, de se battre en mettant des patates face à son adversaire qui, vous ne vous y attendiez pas, a jeté son arme pour se « battre à mains nues« . Pif, paf bang, et finalement, les deux se ruent chacun sur une arme qui traînait dans l’eau (mais tire encore à la perfection, c’est bien normal) et Barney abat donc le vilain Stonebanks comme une grosse bouse.

« Attention, tout va péter ! » s’exclament alors ses amis à bord de l’hélicoptère.

Barney court comme le vent, et malgré les explosions qui secouent l’immeuble, atteint une corde qui pendouillait hors de l’hélico à la dernière seconde (ça alors !), et alors que le bâtiment s’effondre sous ses pieds.

« Haaa, Barney, tu nous as fait peur, hahaha ! 
- Remontez-moi les gars !
- Non, ça t’apprendra à jouer avec nos tripes, hahaha, allez, on s’en va ! »

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Tout le monde rigole donc de cette bonne blague et l’hélicoptère avec Barney suspendu au bout d’un fil s’éloigne donc dans le soleil couchant, béni par la grâce de l’armée locale qui est partie s’entraîner pour un tournoi de Super Mario Kart et oublie de faire des trucs comme abattre l’hélicoptère contenant les mecs qui ont tué 12 000 des leurs, envoyer la chasse le faire ou autre. Et le script oublie aussi, donc que les Expandables rigolent aux dépends d’un mec suspendu à une corde par les bras et qui aux dernières nouvelles, avait une balle dans l’épaule et devrait donc s’écraser au sol tel la crotte du pigeon sur la voiture sortant de l’Eléphant Bleu.

De retour au pays, tout le monde se donne donc de grandes tapes dans le dos, car les vieux comme les jeunes sont désormais unis dans la bataille, et sont tous devenus des Expandables, des vrais.

C’est donc une nouvelle équipe, forte et unie, qui est prête pour l’aventure, et alors que les plus jeunes lancent un karaoké, tout le monde est content et…

… FIN !

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Alice se frotta langoureusement contre le gilet en kevlar du leader du commando.

« Vous savez, je suis votre plus grande fan. Vraiment. Même si vous avez abattu François avec votre Maüser quand il a demandé si le Moumoukistan existait vraiment. 
- Un simple réflexe jeune fille. 
- Ne pourriez-vous pas rester encore un peu ? dit-elle en tirant langoureusement sur les coutures de son débardeur.
- Non. Nous sommes encore en été, même si la rentrée est là. Tant de blockbusters, tant de gens pour les défendre, si peu de temps. Et si ce n’était que ça… »

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Elle recula d’un pas, incertaine.

« Que ça ? Que voulez-vous dire ?
- De plus en plus d’excuses de merde passent sans que personne ne s’en offusque dans d’autres domaines aussi. Notre mission est sans fin. 
- Mais ? De quoi parlez-vous ? »

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Il sortit un petit magnétophone de sa poche et appuya sur le bouton lecture. Une voix grésillante résonna dans la pièce.

« Je n’ai pas été viré du gouvernement. J’ai décidé de reprendre ma liberté parce que je suis un homme de convictions, mais seulement une fois qu’on m’a sorti à coups de pied au cul, vous ne pouvez pas comprendre. »

Elle comprit de suite. Et avant même qu’elle ne puisse réagir, le commando avait disparu. La pièce était vide, et là-bas, derrière le rideau qui s’agitait devant la fenêtre brisée, les Excusables étaient partis pour une nouvelle mission.

Elle n’eut qu’à attendre le lendemain pour apprendre qu’un mystérieux commando avait attaqué le QG de Benoît Hamon puis celui d’Arnaud Montebourg en une seule nuit.

« Tant d’excuses de merde. Si peu de temps. » murmura-t-elle du fond de son lit en écoutant la nouvelle, rougissante.

Comme le veut la tradition, peu avant de prendre la route pour aller rejoindre Toulouse et répandre dans la ville rose civilisation, bon goût et bien évidemment bonheur pour les Toulousaines trop peu attentives à leurs boissons, l’un des blockbusters de l’été trouve sa place sur ce blog. Comme chaque année, je partagerai donc un verre avec mon bien aimable lectorat (je mets les informations en fin de spoiler, hop), mais en attendant, répondons à cette question lancinante :

« Avec 210 millions de dollars de budget, peut-on se planter comme une grosse buse sur un truc aussi élémentaire que le script ?« 

La réponse est si mystérieuse ! Vite, Transformers 4, à mon aide !

Ni une, ni deux : spoilons mes bons !

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L’affiche : je crois que certains ont commencé à se rendre compte que les flammes sur l’affiche trahissaient le caca. Heureusement, les robots géants restent encore une valeur sûre de bouse.

Notre film débute quelque part dans l’espace, alors qu’une flotte de vaisseaux aliens qui a visiblement lancé le concours de qui serait le plus moche (le USS Charleroi est sur le coup) et le moins adapté à une rentrée atmosphérique approche de la Terre. Rassurez-vous, aucun humain ne va douiller, puisque nous sommes au temps lointain des dinosaures, ces créatures qui passaient leur temps à se courir après, pousser des cris bizarres ou encore communiquer entre eux par Tatoo. Oui mais voilà : les aliens ne font pas qu’approcher de la Terre, ils ont visiblement envie de faire du tourisme. Bien embêtés parce que New York n’existe pas encore et que c’est pourtant un peu l’astroport de tous les mauvais films, ils se retrouvent à survoler les plaines verdoyantes de notre petit bout d’univers, et alors que les dinosaures en sont encore à se demander ce que sont ces merdes volantes, voilà que les vaisseaux se mettent à tirer une sorte de super-napalm, qui transforme tout ce qu’il touche en métal. Les étendues majestueuses de la Terre sont donc bientôt transformées en désert métallique seulement peuplé de statues de dinosaures figés dans leur dernière position (ce n’était donc pas le moment de se curer le nez ou de lire Biba), et de quelques bestioles qui ont survécu malgré tout.

Cela étant dit, avançons un peu dans le temps.

Nous voici dans le présent, au Texas, où nous retrouvons Cade Yeager, un ingénieur fauché mais au cœur gros comme ça, et Lucas, son associé mi fou-fou, mi con-con. Tous deux se sont spécialisés dans la récupération de vieux matériel (ils possèdent ainsi un gigantesque stock de Sega Nomad) et pour le réparer et le revendre, ce pourquoi en ce beau jour ils se retrouvent pour aller inspecter un vieux théâtre encombrés de merdes accumulées au fur et à mesure des années et dont les propriétaires aimeraient grandement se débarrasser. Caméras datées, sièges usés et scripts corrects, autrement dit, uniquement des choses d’un autre âge les attendent mais au détour d’un couloir, voici que Cade repère… un camion.

Que personne n’avait remarqué.

Je peux tout à fait comprendre. Les 36 tonnes sont de la famille du ragondin et leur discrétion est proverbiale. Qui n’a jamais retrouvé un camion chez lui un matin après avoir laissé la fenêtre ouverte, ou n’a passé la nuit à chasser un poids lourd dans sa chambre la claquette à la main après l’avoir entendu vrombir près de votre oreille ?

Un classique.

Il faut donc croire que l’on a oublié de diffuser de la citronnelle dans le théâtre depuis un bail, ou même de mettre un piège électrique (une baraque à frites lumineuse) pour cramer le parasite, puisque le camion, bien qu’en piètre état, est bien installé. Cade l’inspecte et s’étonne, car non seulement le bousin est couvert de poussière, mais en plus, il y a des impacts sur la carcasse ainsi que des douilles d’obus à l’intérieur. Bon, rappelons que logiquement, on retrouve les douilles à côté du tireur et rarement dans la victime, mais bon, hein, on ne va pas chipoter, peut-être que le tireur a envoyé ses obus, puis ensuite, pour déconner, est allé enfoncer les douilles dans la margoulette de l’auguste véhicule.

Pour 150 dollars, Cade et Lucas repartent donc avec ce camion en piètre état avec le secret espoir de vendre des pièces du moteur, ou même, au poids du métal, m’est avis qu’ils ont fait une affaire. Dans tous les cas, ils s’en retournent vers la ferme familiale de Cade, où ils retrouvent Tessa Yeager, le fille de Cade, qui a 17 ans, un cœur gros comme ça et en plus des tenues courtes et moulantes pour le montrer. Elle skypait tranquillement avec son petit ami lorsque son père débarque avec son tas de ferraille, et elle descend donc gueuler un bon coup.

« Papa ! Qu’est-ce que c’est que ce gros machin ?
- Hé bien ça s’appelle un camion. Je le sais parce que je suis ingénieur. 
- Certes, mais Papa ! Nous n’avons déjà plus d’argent, on a encore reçu des relances d’impayés et nous allons perdre la maison ! Alors pourquoi encore acheter une merde ?
- C’est le principe de l’économie moderne mon amour. Et puis en plus, il y a plein de pièces à récupérer sur ce véhicule ! On va se faire plein de sous !
- Tu dis ça à chaque fois et à chaque fois tu te plantes, j’en ai assez d’être la seule ici à me comporter comme une adulte, bouhouhou ! »

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Et vêtue de son minishort qui prouve que la famille n’a vraiment plus de quoi se payer le moindre tissu, elle s’en va bougonner pendant que Lucas et Cade traînent leur acquisition jusqu’à la grange de la ferme familiale. L’occasion de coller beaucoup de dialogues passionnants comme :

« Papa ? Tu travailles encore dans la grange ? Je t’ai apporté à manger.
- Ma chérie, c’est gentil mais je dois réussir pour nourrir ma famille, car j’ai promis à ta maman qui est morte de m’occuper de toi et de t’aider à obtenir tes examens, ce pourquoi je suis strict par rapport aux garçons qui te tournent autour et à tes sorties. Ta mère ne voudrait pas que tu fasses la même erreur que nous qui n’avons pas étudié parce que nous t’avons eu si jeunes !
- Tu n’as pas étudié ?
- Ben non, je viens de te le dire, c’est même pour ça que je me comporte comme ça avec toi, tu suis ou pas ?
- Oui mais alors, d’où tu es ingénieur ?
- … hooo, tu m’as apporté à manger ! Holala, comme cette pomme a l’air bonne ! »

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Ou encore.

« Papa, tu dois te comporter en adulte !
- Hé, ho, qui t’as appris la mécanique ? La programmation ? La règle du hors-jeu ?
- Ah oui ? Et qui t’a appris à faire la compta de la maison ? A cuisiner sans ketchup ?
- Toi.
- …
- Il y a un problème ?
- Ben je ne sais pas, on dirait qu’en tant que femme, les seules compétences que j’ai pu t’enseigner concernent la bonne tenue d’un foyer. Ce ne serait pas un peu sex…
- Hohoho, hem, passons à un autre sujet ! »

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On va faire comme dit Cade, et aller voir ce qu’il se passe ailleurs dans le monde.

Ainsi, la CIA, elle, ne chôme pas. Depuis Transformers 3, où Chicago avait pris cher à cause d’une invasion extra-terrestre de Decepticons (les méchants Transformers) arrêtée de justesse par les Autobots (les gentils Transformers) et leurs alliés humains, elle a créé une unité d’élite « Vent de cimetière »  nom qui j’imagine, a germé dans un ascenseur du Pentagone après une dégustation de fajitas à la cantoche. Leur mission ? Bourrer la gueule aux Decepticons survivants planqués aux quatre coins du pays. C’est ainsi que nous les suivons en train de pister la trace d’un vilain Transformers caché dans un port des Etats-Unis. Les bougres sont équipés : soldats d’élite, hélicoptères surarmés et même mini-drones avec détecteurs thermiques, autant vous dire que le Transformer est vite débusqué de l’épave d’un bateau où il se terrait.

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Après, quitte à envoyer des drones, vous pouvez en envoyer un comme ça, hein. Il vous repère son Transformers depuis 10 000 pieds, lui colle un missile dans le cucu avant même que l’autre ne le réalise, et tout le monde peut ensuite fêter la victoire à la cantoche sans bouger.

Sitôt repéré, le bougre tente de prendre la fuite, mais il se fait arroser par tous les humains, et même par…un autre Transformer mystérieux qui lui snipe le museau à distance !

« Arrêtez de tirer, je suis un Autobot ! » s’exclame le pauvre robot, mais tout le monde a l’air de s’en moquer. Lorsqu’on lui demande pourquoi il fuyait, s’il est gentil, il explique « Parce qu’on a reçu un message d’Optimus Prime notre chef de rompre tout contact avec les humains ! On obéit donc. » Mais visiblement, cela ne suffit pas à convaincre les humains, et encore moins le gros Transformer-sniper, dont le charisme est tel que nous l’appellerons Jean-Jacques, comme le veut la tradition. Ce dernier demande gravement « Dis-nous où est Optimus Prime ! » mais face au refus de l’Autobot, il le bute purement et simplement.

Ah oui non mais, il est vraiment méchant. Et les humains ne mouftent pas car eux aussi sont très vilains.

Retournons donc du côté du Pentagone, où Harold Attinger, chef des opérations de la CIA et patron de Vent de Cimetière, ricane dans un bureau après ce qu’il estime être une victoire. Face à lui se trouve le timide nouveau chef de cabinet du président des Etats-Unis, qui est venu opérer une visite de courtoisie.

« Ouiii, alors bonjour, je venais vous dire que le Président aimerait BEAUCOUP vous avoir à la Maison Blanche pour dîner.
- C’est non.
- Heu… attendez, vous savez que c’est votre supérieur ?
- Oui mais je suis beaucoup trop cool et méchant pour obéir d’après le script.
- Ce n’est pas grave. Donc, sinon, le Président aimerait savoir comment avance la chasse aux Decepticons ?
- Ça avance.
- Il aimerait des détails.
- Non.
- … non, sans déconner, faites un effort. Allez, encore une question facile : pouvez-vous nous dire où est Optimus Prime ? Le Président aimerait l’inviter, c’est quand même le chef des Autobots.
- On ne vous dira rien.
- Bon ben c’est super, écoutez, merci pour ce formidable échange, je vous laisse continuer d’envoyer chier le Président sachant qu’il peut vous faire sauter à tout instant. En plus, le fait que vous cachiez plein de trucs n’est pas du tout suspect. Bonne journée, hein ! »

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Vous savez quoi ? En fait on va laisser la CIA tranquille et retenter notre chance pour voir s’il se passe quelque chose de plus intelligent ailleurs. Tenez, si nous allions dans l’Arctique ? C’est bien, l’Arctique.

Car sur place, un hélicoptère se pose et en sort une scientifique, Germaine, qui vient étudier un chantier archéologique où l’on a fait une découverte révolutionnaire : un squelette de t-rex (déjà) tout en métal (en plus) ! Autant dire qu’aussitôt, Germaine repart à la multinationale qui finance ses recherches, KSI, pour expliquer à Joshua Joyce, son big boss, ce qu’elle vient de découvrir. Germaine explique donc sa théorie : il y a des millions d’années, ce n’est pas une météorite qui aurait aidé les dinosaures à disparaître, mais une invasion alien qui aurait transformé tout ce qui passait en métal mystérieux.

Le genre de théorie qui fait rarement un tabac en librairie, mais fait les beaux jours de Youtube.

« Pas si mystérieux ! » intervient Joshua dont la mission est d’expliquer au spectateur plein de trucs que Germaine, qui bosse pour KSI depuis des années, est déjà censée savoir. Ce métal, c’est du Transformium, la matière dans laquelle sont faits les Transformers. Il y a un génome dedans, que Joshua a décodé, et il a ainsi commencé à créer des Transformers sur-mesure, meilleurs que les originaux, et contrôlés par les humains comme des drones. L’Etat l’aide même dans ses recherches en lui amenant tous les restes de Transformers pour qu’il les analyse. C’est ainsi qu’il a mis la main sur la tête de Megatron, le dernier vestige du plus grand Decepticon ayant vécu.

D’ailleurs, c’est rigolo parce du coup, Joshua a tenté de faire un super Transformer de combat, que nous baptiserons Grosétron, mais malgré tous ses efforts, l’engin ressemble… à un Decepticon.

« C’est bizarre.« 

Ah ben oui. Oui, tu as raison. Boh, tu essaies de produire un truc et à la place, ça en produit un autre connu pour être vaguement dangereux et avoir follement envie de te tuer, tu sais quoi ? Plutôt que de t’arrêter pour essayer de comprendre, continue. C’est bien. Et puis c’est tellement crédible, en plus « Ho bah pouf, c’est arrivé comme ça, mais bon, hein, c’est pas bien grave. ». Bé non. Moi aussi, une fois, je voulais faire une tarte aux fraises et puis au final, je me suis retrouvé avec une kalachnikov. J’ai un peu regardé la pâte à tarte d’un drôle d’œil, mais pour tout dire, c’est vrai que ça s’est bien passé quand même : c’était pour un goûter d’anniversaire, les enfants ont adoré.

Ces surpuissantes explications étant faites, Joshua va retrouver le vil Harold Attinger de la CIA qui l’attend dans un coin, et tous deux se lancent dans une grande explication là encore pour aider le spectateurs entre deux poignées de pop-corn ou de Lexomil, c’est selon.

« Attinger ! Que faites-vous ici ? J’espère que vous m’apportez de bonnes nouvelles !
- Nous recherchons toujours Optimus Prime. Sitôt que nous l’aurons, nous le livrerons à Jean-Jacques le robot, qui en échange, nous donnera de quoi avoir autant de Transformium que vous le voulez.
- Il faut faire vite avant que le Président ne s’aperçoive que vous poursuivez les gentils Autobots pour arriver à nos fins…
- Nous l’aurons pas d’inquiétude.
- Je l’espère ! Car n’oubliez pas, si vous réussissez, Attinger, la valeur de vos actions chez moi atteindra 7 chiffres… »

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Une seconde ? Pas la valeur « d’une action » ? La valeur « de vos actions » ? Un total de 7 chiffres ?

Alors je ne sais pas vous, mais moi, pour une trahison interplanétaire, je trouve que ça fait un peu cheapos. Quelques millions tout au mieux, même pas une dizaine ? Pas de quoi s’acheter un yacht de kakou ou une villa de mauvais goût d’une quelconque starlette ? Nan mais, là, Attinger, c’est pas pour dire mon vieux mais vous êtes vraiment un méchant tout pourri. Quelques millions, ça fait toujours plaisir, mais là, bon, faut pas déconner. Pour un peu, Attinger pourrait rajouter « Et je pourrai avoir des tickets restaurants et un abonnement Navigo, aussi ? » sans que ça ne fasse tache.

C’est beau.

Bon, la CIA, l’Arctique, KSI, en fait, c’était tout aussi pourri que le reste : retournons donc au Texas.

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Le chef de cabinet du Président des Etats-Unis en plein entretien avec le chef des opérations de la CIA. « Non mais vraiment, vous voudriez pas nous dire ce que vous faites de tout notre pognon, sachant que vous êtes nos employés ? Non ? Bon ben c’est pas grave, c’est pas bien important. »

Car en parlant de pognon, allons voir du côté de Cade qui dans sa grange, a fait une fort belle découverte en tentant de retaper le camion qu’il a acheté à vil prix : outre un vieux sapin à la vanille accroché au rétro et une vignette obligatoire de 1994, il s’est aperçu que celui-ci fonctionne encore plus ou moins malgré de gros dégâts et mieux encore, quand on lui envoie du jus, le camion se met à gueuler « A tous les Autobots : planquez vos miches, les humains veulent nous déboulonner ! » ou quelque chose dans ce goût là.

Comme le disait le général Aussaresses : « C’est quand le courant passe que l’on peut discuter le mieux« .

Mais bref. Notre héros fait donc part de sa découverte à son copain con-con ainsi qu’à sa fille, et tous deux sont un peu effrayés : depuis la bataille de Chicago et Transformers 3, le gouvernement demande à ce que l’on lui signale toute activité alien. Comme par exemple, les clips de Lady Gaga, les gens qui envoient des powerpoints par mail ou un camion qui parle.

« Et en plus, il y a une grosse récompense ! » ajoute Lucas et son gyrophare sur la tête qui surmonte une pancarte « Je suis un traître« .

C’est à peu près ce moment là que choisit le camion, qui en a marre qu’on lui envoie du jus, pour se transformer en Optimus Prime, le célèbre chef des Autobots (d’ailleurs, le camion est tout gris et sale, mais quand il se transforme, il est tout propre. Et inversement quand il reprend son apparence de camion, c’est fou, ce n’est plus Optimus Prime, c’est Elephant Bleu). Grognon et blessé, il distribue des coups un peu au hasard dans toute la grange, en hurlant qu’on ne peut pas faire confiance aux humains. Cade calme donc le robot en lui rappelant que déjà, c’est raciste, et en se proposant de le réparer. Il envoie donc sa fille faire du rien, et son pote Lucas en ville pour aller acheter des pièces de rechange, un nouveau carbu, deux pots d’échappement, une clé de 12, du lubrifiant, des préservatifs et de la biafine.

Lucas part donc, et revient très en retard, ce qui n’est pas du tout suspect, avec ce qu’on lui a demandé. Cade se met donc au travail, quand après un long moment, voici que s’engagent sur le chemin de la ferme une longue colonne de véhicules noirs marqués du logo « Vent de Cimetière » accompagnés d’hélicoptères armés de roquettes.

« Holala ! Quelqu’un a dû appeler le gouvernement ! Mais qui ? » se demande Cade en sortant de sa grange en urgence pendant que Lucas réajuste son gyrophare et sa pancarte.

Dans tous les cas, le chef de cette petite unité, un certain James Savoy, descend de la voiture avec ses hommes et leur ordonne de fouiller la ferme et la grange malgré les récriminations de Cade. Ils déploient-même leurs légendaires mini-drones, à la recherche de traces thermiques mais… ne trouvent rien. La grange est vide. La ferme aussi. Aucune trace d’Optimus Prime !

Qui s’est en fait caché sous le plancher de la grange, puisqu’il y avait là bien évidemment la place pour un robot géant. Il faudra que je pense à louer un emplacement comme celui-ci, ma cave commence à déborder.

Pardon ? Les détecteurs thermiques des mini-drones vous dites ? Non, ils n’arrivent pas à détecter Optimus Prime ? Pourquoi ?

Parce que.

Sauf que voilà : Cade trahit sans le vouloir son ami robotique, puisque lorsqu’on lui demande où est passé le camion qu’il retapait, il répond « Je n’en sais rien ! Il était là cette nuit encore, et là, il est parti…« . Aussitôt, tous les méchants comprennent que Cade en sait plus qu’il ne veut bien le dire avec son « Il est parti« , ce qui est un peu bizarre en VF, mais comme en VO, il dit « He’s gone » au lieu de « It’s gone »  semble-t-il, les vilains réalisent que Cade parlent du camion comme d’une personne et non d’un objet. Et pour le faire parler… menacent de coller une balle dans la tête de sa fille Tessa, ce qui au vu de ses répliques depuis le début du film, ne devrait pourtant pas être mortel. Mais bon. J’aurais plutôt menacé de la forcer à regarder le film, c’eut été plus cruel.

Optimus Prime, qui aime les oiseaux, les enfants et l’amour dans les prés ne peut supporter que cela arrive : il sort donc de sa cachette, tire dans tous les sens avec son gros canon (mais juste assez pour assommer les brigands avec le souffle, pas les tuer, parce qu’il est vraiment super gentil), et sort de la grange dans une fameuse explosion pour commencer à calmer la troupe de Vent de Cimetière. Cade et ses camarades profitent de l’occasion pour filer, et Cade arrive même à voler un mini-drone dans l’affaire (comme ça, hop). Mais pendant que Optimus met la zone comme un racaillou un soir de coupe du monde, étant donné que la ferme est isolée, Cade, Lucas et Tessa n’ont d’autre choix que de fuir à pieds à travers champs ! Ils n’ont aucune chance, poursuivis par les agents du gouvernement…

… quand soudain, une voiture de rallye surgit, saute une butte et assomme ainsi les vilains à coups de pneus (si, si)  ! Elle s’arrête, la portière s’ouvre et un certaine Shane Dyson ouvre la porte, jeune bellâtre qui n’est autre que le petit ami de Tessa.

« Vite, montez beau-papa ! Je vais vous sauver !
- Merci Shane. Nous l’avons échappé belle ! Tu es arrivé juste à temps ! D’ailleurs, que faisais-tu là ? Comment as-tu su qu’on avait besoin de toi ?
- Hahaha, hé bien c’est très simple, en fait je… vrouuuvrouvrouvrouuuum vraaaouuuum ! Ah, le bruit du moteur a couvert ma réponse, quel dommage !
- Tu viens de faire le bruit du moteur avec la bouche.
- Moi ? Noooon ! 
- D’accord, alors répond à ça : A) en supposant que tu aies su pour le gouvernement, comment es-tu arrivé aussi vite ? B) sachant qu’il y avait un robot géant en train de tirer partout atour de la ferme, comment as-tu compris que les vilains qui méritaient des coups de pneus, c’étaient les humains et pas le robot qui détruisait tout ? 
- VROUVROUVROUVROUVROUUUUM MEEE MEEEE MEEEMEEEEEEE !
- Tessa, il va falloir que l’on parle du choix de tes copains. »

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Après une série de dialogues lolilol à base de « Comment, tu as un copain ? Je suis indigné, et oui, c’est ma première préoccupation même si on nous tire dessus !« , la voiture de notre petite équipe rejoint Optimus Prime qui a pris la fuite sous sa forme de camion, sauvé par le fait que dans ce film, les roquettes tirées des hélicoptères vers lui partent droit vers leur cible mais dévient au dernier moment pour ne pas faire mal aux gentils sans raison valable autre que « Ce film est une bouse« . La course-poursuite est longuette et finit par arriver en ville et continue au sein d’une ancien parking désaffecté dans lequel il se trouve qu’il y a un tremplin pour cascades, puisque Shane est pilote de métier, figurez-vous, et que c’est sa zone d’entraînement. Il s’en sert donc pour faire un super saut et atterrir au poil près là où il voulait parce qu’il est habitué à faire cette cascade avec Tessa à bord (et le fait qu’il y ait deux personnes de plus à l’arrière ne change pas, disons, le poids de la voiture ? Non ? Non.) et sème ainsi moult ennemis.

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L’arrivée de Shane en gros plan. Je sais, il ne manque que les néons sous la voiture. Moi aussi, ça me fait rêver.

Optimus Prime, lui, est bien surpris car lui tombe sur le coin du nez Jean-Jacques, le vilain robot de l’espace qui travaille avec Vent de Cimetière. Pour info, Jean-Jacques est super discret et n’hésite pas à se promener au milieu des humains sans que Vent de Cimetière ne l’engueule, des fois qu’un robot géant a l’air hostile, ça attire vaaaguement l’attention d’autres autorités que la CIA, voire que le Président commence à demander des explications.

Non, il faut croire que tout le monde s’en fout. Les scénaristes en premier, qui rajoutent juste des scènes au milieu d’humains pour bien hurler « ça coûte plus cher pour montrer qu’on est mauvais« 

Bref, bagarre il y a entre les deux robots et non, Optimus Prime n’est plus blessé du tout quand bien même Cade n’as pas eu le temps de le réparer, à cause d’une certaine arrivée, justement, de Vent de Cimetière. Probablement que passer la nuit dans la grange compte comme une nuit dans une auberge et qu’il a donc récupéré tous ses points de vie. En tout cas, au final, la voiture de nos héros étant un peu pétée après toutes ses acrobaties, Optimus décide de laisser tomber la bataille pour se transformer en camion et les aider à fuir.

Et là, attention, jeu ! Concentre-toi ami lecteur.

Sachant que nous avons un camion avec trois places dans la cabine, que nos héros sont quatre, que trois d’entre eux sont une fille, son copain et beau papa, que tous trois sont plutôt beaux et gentils et que le quatrième est un traître con-con qui s’exclame « Boh, j’aurais pas dû appeler le gouvernement, en fait, il n’y a pas de récompense !« , qui va mourir comme une merde dans les quinze prochaines secondes ?

Qui a répondu « Le noir » ? Il n’y a pas de noir, sacripan.

En attendant, voici la réponse : Jean-Jacques, vexé de voir Optimus abandonner le combat, balance une sorte de grenade qui se révèle être du super-napalm, comme au début du film ! Tout explose donc derrière nos héros… y compris Lucas, qui était à la traîne, et qui est instantanément figé dans sa course, transformé en métal alien. Il est donc mouru, voire carrément décédu. Nos héros grimpent donc dans la cabine d’Optimus (rien de sexuel, c’est strictement amical) et grâce à cette incroyable coïncidence scénaristique, il y a de la place pour tout le monde. Le camion peut donc s’enfuir.

Sans être poursuivi par Jean-Jacques, probablement parce qu’il a la flemme. Et que les autres voitures de Vent de Cimetière ont calé. Et que leurs hélicoptères se sont posés pour acheter des burritos. Et que les satellites de la CIA sont occupés à faire des zooms sur des piscines californiennes. Quelque chose comme ça, ou alors, c’est juste du caca, au choix.

Nos héros font donc une brève étape dans une station service désaffectée qui contient bien évidemment malgré tout encore des tonnes de trucs dont ils ont besoin, comme par exemple, du matériel informatique pour reprogrammer le mini-drone que Cade a volé aux méchants (et qui ne contenait aucune puce GPS pour le localiser, bien évidemment), lire sa mémoire et s’en servir eux-même. Vraiment, ils sont sympas ces pompistes qui abandonnent leur entreprise en laissant tout dedans histoire de dépanner d’éventuels fugitifs. Merci, valeureux hommes de l’ombre qui permettez toujours aux héros de trouver de quoi se fringuer, boire, manger, se soigner et bricoler tous les objets dont ils ont besoin.

Vous noterez aussi, car vous avez bien lu, que oui, Cade peut du coup lire la mémoire du drone. Et attention, hein, pas celle du jour : le drone emporte l’enregistrement de ses vols précédents, histoire de bien pouvoir livrer tous ses secrets si jamais il venait à s’égarer, par exemple, entre les  mains d’ennemis de Vent de Cimetière. C’est ainsi que Cade découvre, outre 2 Go de .avi d’une voisine bruyante et d’un plombier, l’enregistrement d’une précédente bagarre durant laquelle les méchants ont tué un Autobot. Sacrebleu ! Sitôt qu’Optimus Prime est mis au courant, il change d’apparence (en scannant un autre camion, reprenant des couleurs kitsch et affichant en plus le logo Autobots à l’avant, c’est dire s’il est con) et emmène Cade & co au fin fond des rocheuses où les derniers Autobots se sont réunis. On trouve parmi eux :

  • Grobill, l’Autobot gros bill qui a mille et une pétoires et peut se transformer en camion militaire
  • Samouraï, l’Autobot samouraï qui peut se transformer en hélicoptère et philosophe. Oui, c’est un Autobot du Japon médiéval. Non, ne me demandez pas pourquoi.
  • Bumblebee, l’Autobot relou et soi-disant drôle des trois précédents volets qui peut se transformer en voiture. Oui, c’est tout.
  • Corsaire, une sorte d’Autobot anarchiste-rebelle qui peut se transformer en voiture et là encore, c’est tout

Ce petit groupe est tout ce qu’il reste des Autobots sur Terre, autant dire, pas grand chose. Eux qui croyaient Optimus Prime mort sont heureux de le revoir et s’entretiennent avec lui pour savoir ce qu’il s’est passé ces derniers temps. Optimus Prime explique donc qu’il est tombé sans explication sur des humains qui lui ont tendu une embuscade, et que c’est pour cela qu’il a décidé de rompre tout contact avec eux et invité ses alliés à en faire de même. Mais pourquoi les humains, et plus particulièrement le gouvernement américain s’en prennent-ils à Optimus Prime, qui n’a pas pensé que si c’était juste un problème de gouvernement, quitter le pays pourrait aider ?

« J’ai la réponse ! » explique Cade. « Regardez la vidéo de ce mini-drone : les Autobots sont tués, et ensuite, on voit une camionnette de KSI, société très proche du gouvernement, venir chercher les restes. La suite de notre enquête devrait donc se faire dans leurs locaux !« 

 Ni une, ni deux, la fine équipe tente donc d’infiltrer la société avec des trucs comme « Ho ben tiens, en fait les mini-drones sont en fait équipés d’un scanner capable de scanner en moins d’une seconde n’importe quelle carte de sécurité et de la reproduire avec l’aide d’un Transformer » (pourquoi ? Mystère), « Ho ben ça alors, le mec qu’on a scanné au hasard dans la foule a pile accès au bon labo que l’on cherche » et « Toutes les coïncidences du monde vont dans notre sens, c’est merveilleux. » Ainsi, Cade parvient assez aisément à rentrer dans les locaux de KSI, à découvrir que ces derniers fabriquent des Transformers, et que pour ce faire, ils ont besoin de transformium. Ce pourquoi lorsqu’ils tuent les Autobots, non seulement pour retrouver Optimus Prime mais aussi car… ils les font fondre pour récupérer la précieuse matière !

Alors certes, Cade se fait gauler, mais comme en même temps, les Transformers voient direct les images de Cade à l’intérieur de l’entreprise, et que l’on recycle les corps de leurs potes, ils deviennent tous foufous, tel le yorkshire face à la chaussure neuve.

Aussi Cade n’est pas retenu prisonnier par Joshua et la sécurité de KSI qui lui sont tombés dessus, car aussitôt, les Transformers déboulent et commencent à tout péter, avec de gros problèmes de réalisation, comme ce passage où des gardes sont en ligne au garde à vous dans un labo (alors que ça tire dans le bâtiment depuis 10mn), et qu’un Autobot déboule et commence à vider son chargeur dans le plafond ; il faut alors au moins 3 à 4 secondes aux gardes pour commencer à réagir, parce que quelqu’un a oublié de synchroniser l’effet spécial avec le jeu des acteurs bien réels. Du coup, c’est assez intéressant, on a l’impression que les gardes sont aussi ennuyés par le film que les spectateurs. Du genre « Rhooo, encore un Autobot berserk, bon, qui qui s’en charge ? Moi c’est l’heure de ma pause, alors demmerdez-vous. »

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Ici, un convoi de Transformers s’avance discrètement sur une route. Leur furtivité est légendaire.

Cade est bien vite libéré par cet assaut aussi soudain que brutal, et les Autobots, eux, libèrent un minuscule des leurs qui était réduit en esclavage dans un laboratoire, que nous appellerons Minibot. Et se retrouvent enfin face à face avec Joshua, le patron de KSI, qui tente la diplomatie.

« Hoo hééé les Autobots ! Qu’est-ce que c’est que ce scandale ? Vous êtes en train de tout péter !
- Vous tuez les nôtres et utilisez leurs cadavres pour vous faire du fric. Par ailleurs, ce film est tellement rempli de placement de produits que rien que ça, ça donne envie de mitrailler.
- Oui mais non. Vous êtes gentils et vous ne tuez pas les humains.
- Mais…
- Et on vous bute si on veut.
- Mais…
- Et puis qui va passer le balai maintenant ? C’est vous peut-être ?
- Beuh… non ?
- Non, alors vous prenez vos boulons et vos durites et vous vous cassez. « 

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Oui, le film pourrait s’arrêter là. Les Autobots ont découvert qui les butait et les décomposait, ils pourraient tout arrêter, mais parce qu’un humain, et accessoirement leur pire ennemi, leur dit de mettre les voiles…

Ils se barrent.

Mais ? Je… remboursez, pour voir ?

A peine les Autobots sont-ils partis qu’Attinger, qui traînait dans le coin, tape très fort sur l’épaule de Joshua Joyce en lui disant « Hé, hé ! Les Autobots vous ont attaqué ! Vous avez donc le droit de riposter, la CIA vous couvre ! C’est l’occasion de tester vos derniers prototypes, Stinger, le Transformer super rapide, et Grosétron le… le truc. » L’affaire est entendue et quelques instants plus tard, deux véhicules sortent des locaux des prototypes de KSI : une voiture de sport rose et un gros camion gris, contrôlés à distance comme des drones par les agents de KSI. Bien vite, ils rattrapent les Transformers et à la surprise de ces derniers, s’avèrent plus rapide et plus adaptables que ces derniers, KSI ayant mis toute sa technologie au service de ses bébés !

Pour résumer, les Autobots partent se bastonner dans un coin avec Stinger, pendant qu’Optimus Prime se tabasse avec Grosétron qui… ne répond plus aux commandes de KSI, comme mû par une vie propre !

AHLALA ! JE ME DEMANDE BIEN POURQUOI, DIS !

Hem, pardon.

Le tout se passe sur une autoroute où, chose amusante, des voitures civiles passent mais sitôt qu’un Transformer les percute et qu’elles s’arrêtent, hop ! Elles sont vides ! Pas d’humains à bord ! Ça coûte moins cher et ça évite de gérer des trucs chiants dans le scénario. Mais alors que le combat fait rage, KSI rappelle à la base Stinger et Grosétron. Car au-dessus du champ de bataille, un gros vaisseau extra-terrestre vient d’apparaître, celui de Jean-Jacques le robot ! Qui colle une dérouillée à Optimus Prime, puis l’emmène à bord de son vaisseau à l’aide d’un…

D’un gros filet.

Oui, les mecs viennent de l’espace, ont des véhicules qui font la nique à la gravité et plus tard dans le film, on découvre qu’ils ont un rayon tracteur, mais là, pour déconner, ils sortent leur filet à sangliers géants, et ne me demandez même pas comment, en le larguant par au-dessus, ils arrivent à passer sous Optimus Prime, mais pif-pouf, ça marche. Seul problème, dans l’affaire, ils attrapent aussi une voiture endommagée qui traînait près d’Optimus Prime… et dans laquelle Tessa, la fille de Cade, se planquait ! Tous deux sont donc emmenés à bord contre leur gré, puis le vaisseau s’envole dans le lointain…

« On vous aura, gros bâtards ! » râlent donc Cade et Shane au sol pendant que les Autobots les rejoignent. Et dépités, ils vont errer dans la campagne sans que plus personne ne s’intéresse à eux.

Non, Vent de Cimetière n’a plus rien à faire, ni de ces Autobots, ni de ces humains qui en savent trop. Là, ils sont sûrement occupés à passer la serpillière chez KSI ou à faire un bingo avec leur papy. Un truc du genre. Enfin, c’est l’occasion de discuter avec Minibot, qui révèle toute la subtilité du scénario à nos héros, sur pourquoi Jean-Jacques bosse avec la CIA, ou encore pourquoi Grosétron désobéit à ses créateurs.

« Alors, attendez que je résume. En fait, les Transformers ont été créés par une race, les Créateurs. Pour ce faire, ils ont semé dans l’univers des « graines » qui en explosant, transforment tout ce qui les entoure en ce métal que vous appelez Transformium. Ce sont donc eux qui ont pété les dinosaures, comme ça, pour déconner.
- Et donc, la Terre entière est devenue métal ?
- Oui.
- Et nos archéologues et géologues n’ont jamais rien remarqué ?
- Hééé bien… non. J’ai le droit de faire le bruit du moteur moi aussi pour les questions gênantes ?
- Non.
- Haaaan… bon, bref. Les Créateurs ont aussi créé les Prime, des super chevaliers, comme Optimus. Sauf que les Prime ont décidé de faire le bien tout seuls au lieu d’obéir aux Créateurs, du coup, ces derniers ont mis la tête des Primes à prix. Jean-Jacques est un de leurs chasseurs.
- Un chasseur de Prime ?
- Oui, c’est exactem… 
- Pfffrrrrr.
- Okay, j’ai compris. Super marrant les gars, wouh, grosse ambiance. Bon, je disais ? Ah oui ! Jean-Jacques est un chasseur intergalactique au service des Créateurs. Il s’est allié à Attinger et Joshua : ils l’aident à traquer les Autobots pour retrouver Optimus Prime, et en échange, il leur donnera une graine  des Créateurs capable, en explosant, de transformer tout un désert en mine de Transformium en plus des corps des Autobots tués. Bref, leur fortune sera faite.
- Les rascals ! Et pour Grosétron ?
- Hé bien Joshua m’a forcé à étudier les restes de Mégatron pour décoder la technologie Transformers. Sauf que Mégatron est encore plus ou moins conscient dans son corps tout mort, et il a certes donné toutes les données techniques, mais il a encore le contrôle sur de minuscules bots capables d’aller s’infiltrer dans les prototypes et de les pirater.
- Et évidemment, personne n’a rien remarqué de robots volants au milieu de laboratoires et de données brutalement modifiées.
- Vraiment ? Vrouvrouvrouuuuum ? Allez ?
- Non.
- Bon, bref. Pour résumer, Mégatron a corrompu le projet Grosétron pour s’en faire un nouveau corps. Et il s’est incarné dedans ! Donc KSI vient, sans le savoir, de ressusciter Mégatron. Et ce n’est pas eux qui le contrôle… c’est lui qui les manipule !
- HO BIN CA ALORS ! Vous voudriez dire que ce prototype qui sans explication, ressemblait à un Decepticon (mais que l’on produisait quand même) était en fait un Decepticon ? C’EST FOU ! »

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J’espère que vous ne vous êtes pas fait mal en tombant sur votre chaise.

Heureusement, pendant ce temps, Jean-Jacques l’alien robotique ne chôme pas. Après avoir enfermé Optimus Prime dans une prison en s’exclamant « Hahaha, j’ai eu tous les autres Prime, tu es le dernier ! J’ai même volé votre vaisseau, ce vaisseau pour vous traquer, n’est-ce pas ironique ?« , le vil personnage reçoit un rappel de son Google agenda : il doit appeler la CIA pour leur livrer la graine. Alors, c’est parti. 666-CIA.

« Oui allô ?
- Oui, bonjour Madame, je suis un robot de l’espace et j’aimerais parler au directeur des opérations. 
- Bien sûr, c’est à quel nom ?
- Jean-Jacques.
- Ne quittez pas.
- *musique d’attente quelque part entre Stromae et le générique de Pyramide*
- Allô ?
- Attinger ?
- C’est lui, à qui ai-je l’honneur ? Je suis un peu occupé à trahir des gens, là.
- Non non mais ne vous inquiétez pas, j’en ai pour cinq minutes. C’est pour vous dire que j’ai bien capturé Optimus Prime aux coordonnées où vous m’avez indiqué qu’il se battait avec les robots de KSI.
- C’est une bonne nouvelle, ça.
- Donc pour le paiement, où voulez-vous que je vous remette discrètement la graine qui prouve que vous avez passé un accord avec une puissance alien en toute illégalité ?
- Je vous propose de se donner rendez-vous dans un coin tranquille. Que diriez-vous d’emmener votre vaisseau géant au-dessus de cette petite bourgade que l’on appelle New York ? »

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Ho miséricorde. Celle là, elle est tellement mauvaise que je ne l’avais même pas vue venir.

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« Bon les mecs, les aliens viennent encooooore de débarquer à New York. Il faut que l’on relance notre programme touristique pour leur faire découvrir d’autres destinations majeures : Londres, Mexico, la Bourboule… »

Donc oui : Jean-Jacques arrive au-dessus de New York avec son vaisseau géant. La Maison Blanche s’inquiète un peu et appelle Attinger, qui encore une fois, refuse de leur donner des réponses : c’est donc okay, il conserve bien évidemment ses fonctions et peut trahir en toute tranquillité. Et au milieu de ce méphitique gloubiboulga, voici que les Autobots ont décidé eux aussi de s’inviter à la fête, et accompagnés de Cade et Shane, ils viennent libérer aussi bien Optimus Prime que Tessa. La mission d’infiltration commence donc à bord du vaisseau, et bien vite, l’équipe se divise en deux groupes.

« Bon alors, nous, les robots énormes et pas agiles, on va tenter de s’infiltrer dans le minuscule gouffre plein de lasers super espacés pour des humains mais super serrés pour des robots géants, et trouver la commande des ancres du vaisseau pour le bloquer le temps que l’on trouve les prisonniers. Et vous, les deux humains sans armes, vous allez affronter les gardes et libérer les copains, d’accord ?

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Ah mais oui, complètement. Super idée. Vraiment, chapeau.

Bref : les Autobots parviennent à larguer les ancres du vaisseau, qui sont en fait de gros grappins qui vont s’ancrer dans les buildings avoisinant (rien de dangereux, et, oui, les murs tiennent sans souci), retrouvent même Optimus Prime dans l’affaire, mais le mieux reste surtout Shane et Cade, qui tombent sur une salle d’armes pour Transformers. Et en fouillant, tombent sur… deux dagues ? Qui sont piles à leur taille y compris au niveau de la garde, dites-donc ! Ils sont forts ces Transformers d’avoir pensé à se faire des armes pas à leur taille. Mieux encore, ces dagues font aussi fusil d’assaut, et là ont carrément des détentes à taille humaine !

Vraiment, c’est fou.

La folle équipe, suite à diverses péripéties longues et ennuyantes que je vous passe, finit par fuir le nid des méchants sans que l’alerte ne soit donnée à tout le vaisseau. Jean-Jacques, inconscient de ce qu’il se passe, donne donc la graine à Attinger qui vient la chercher à bord en hélicoptère puis la transaction terminée, s’envole vers les étoiles. Il ne remarque pas que derrière-lui, toute la partie de son vaisseau qui faisait office de prison s’est détachée et est restée sur Terre avec tous nos amis victorieux à son bord. Enfin si, il le remarque, mais un peu tard, donc le temps qu’il fasse demi-tour et repasse au péage intergalactique, il n’est pas rendu. Nous le reverrons donc plus tard, dès qu’il aura réussi à régler son Tom-Tom.

Car déjà, Attinger va retrouver Joshua et propose de filer vers Hong Kong, où KSI a une autre antenne. Et après le bordel à New York (ah ! Ça y est, quelqu’un a réalisé que c’était très con ?), ils pensent que poursuivre leurs activités en Chine sera plus sûr, à part peut-être au niveau de la qualité des produits finaux mais là n’est pas la question En plus, ils comptent faire péter la graine au milieu du désert de Mongolie, histoire d’être tranquilles. Donc la Chine est définitivement une bonne solution de repli. Ils évacuent par conséquent leurs prototypes divers, Stinger et Grosétron, et partent pour Hong Kong en environ 10 minutes.

Oui, ils consomment moins de temps pour évacuer toute une industrie de pointe dans un pays étranger que vous n’en prenez pour vous préparer à aller au boulot.

Ils sont forts, on vous dit.

Les Autobots, eux, sont bien décidés à récupérer la graine. Car Minibot leur a révélé les plans de Mégatron : réincarné en Grosétron, il veut à tout prix que KSI ait la graine… pour la faire péter et avoir du Transformium pour lui, oui, mais à Hong Kong ! Pourquoi ? Parce que… qu’il… il est très méchant ?

Voilà.

Le vaisseau des Autobots file donc à Hong Kong, et Cade, en un seul coup de fil, parvient à retourner la situation.

« Allô, Joshua Joyce de KSI ?
- Oui ?
- Je suis Cade Yeager, celui qui vous a embêté jusqu’ici. J’ai trouvé votre numéro dans les pages blanches.
- Malheur ! Mais la partie est perdue, Cade. J’ai la graine, mes prototypes et je suis loin de vous !
- Non ! Car vous et moi, nous sommes deux ingénieurs, deux inventeurs !
- En fait, non : moi j’ai un diplôme et une société, vous vous êtes un plouc qui a du mal à payer sa ferme, si vous voyez ce que je veux dire. Je paie l’ISF, moi, Monsieur ! J’ai Jean-François Copé dans ma piscine le dimanche !
- On s’en fout, le script dit que cet argument suffit à vous convaincre : sachez que Grosétron est en fait Mégatron et qu’il va vous voler la graine et la faire péter à Hong Kong. Alors filez, et vite ! »

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Instantanément, Joshua est convaincu, ce qui sous-entend qu’il vaut mieux ne pas faire de canulars téléphoniques à ce Monsieur de peur qu’ils ne marchent trop bien. Il file chez KSI récupérer la graine et demander à ce que l’on débranche Grosétron, mais aussitôt, celui-ci s’anime… et se met à commander à Stinger et aux 50 prototypes construits par KSI ! Nom d’une pipe, il y a un soulèvement robotique ! Joshua file avec la graine, ce qui déplaît fortement à Attinger, qui lui est si idiot que même en voyant les robots de KSI tenter de tout tuer, continue de se dire, que bon, allez, plutôt que de mettre les voiles, il va rester et tuer aussi bien Joshua, qui l’a trahit, que Cade qui s’approche avec les Autobots et leur vaisseau.

Oui entre « Sauvons nos vies » et « Tuons des gens qui essaient de sauver la Terre quand tout est perdu« , Attinger a choisi son camp.

Pourquoi ?

Mais, parce qu’il est méchant bien sûr. Et parce qu’ils pourraient « ruiner sa carrière en révélant ce qu’ils savent ! » ; oui, ou alors justement, tu les aides et vous vous faites des bisous.

Et LA tu les butes quand ils ne s’y attendent plus.

C’est quand même pas compliqué.

Enfin. A peine arrivé, le vaisseau Autobot est abattu par les robots de Grosétron et va s’écraser juste à côté de Hong Kong, à côté d’un monument supposé être vaguement plus loin que « juste à côté », mais passons, c’est un peu la signature des Transformers (rappelons que dans le 2, les héros depuis un monument en Jordanie aperçoivent les Grandes Pyramides d’Egypte et traversent la distance qui sépare les deux en courant en moins de 3 minutes).  Cade & co, eux, ont réussi à atterrir en ville avec Grobill et Bumblebee et c’est donc la baston générale.

Bim, bam boum, etc.

Dans l’affaire, Cade & co récupèrent Joshua et la graine, mais l’armée ennemie est trop nombreuse. Ils arrivent cependant quand même à tuer James Savoy, le vilain commandant de la force Vent de Cimetière et bras droit d’Attinger. Quel rebondissement pourri pourrait sauver nos héros ?

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Quelques mois auparavant, dans un bar.

« Les mecs, ont est arrivé à écrire 90% du scénario ! On a mis des robots géants, des explosions et des voitures de sport ! Qu’est-ce qu’on pourrait rajouter ?
- Des puuuuuuuutes… des putaaaaains de puuuuuuuuuuutes !
- John, tu es ivre. Rentre chez toi.
- Je suis pas… bourréééé ! Regarde… je touche mon nez… sous ma jambe… hop ! Tu vois ? Pas bourré ! Ha, merde, j’enverrais bien des SMS à mes ex !
- Ho bon sang. Il est rond comme une queue de pelle.
- J’m’en fous… j’ai plein d’idées… 
- Tais-toi on essaie de travailler !
- Des dinosaures… parce que les dinosaures… c’est cool ! Et des dinosaures mécaniques… géants… qui crachent du feu… montés par des robots géants !
- C’est… c’est complètement con. Je… on doit absolument le mettre ! »

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Et c’est ainsi que de son côté, Optimus Prime retourne dans le vaisseau prison crashé pour aller ouvrir des cellules d’où sortent… des Transformers géants ! « Guerriers d’autrefois » qui après une courte baston pour se mettre d’accord, décident de servir Optimus Prime. Les trois se transforment en dinosaures géants (car rappelons qu’ils sont géants, même pour des Transformers),  dont l’un en bestiole volante à deux têtes (typique) et l’autre en T-rex qui crache du feu (normal) et c’est sur ce dernier que grimpe Optimus avant de lancer une charge héroïque sur Hong Kong.

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Si quelqu’un a mieux qu’un scénariste bourré pour expliquer cette image, je suis preneur.

Sachant que les Transformers prennent forme en scannant des objets autour d’eux, je serais curieux de savoir où et quand ils ont scanné un t-rex cracheur de feu, par exemple. Mais bon.

L’armée des méchants est balayée en deux-deux, sauf que voilà : soudain, un vaisseau géant (lui aussi ? Quelqu’un a quelque chose à compenser) apparaît dans le ciel ! C’est Jean-Jacques qui est de retour, car il n’aime pas trop qu’on s’échappe, qu’on lui vole ses prisonniers et un bout de son vaisseau surtout qu’en plus, c’est là qu’il a la boule pour la caravane, alors pour partir en vacances à Pornic, il en a besoin. Après avoir ravagé la moitié de la ville avec un aimant géant (je vous l’avais dit) pour tenter d’attirer les Transformers à lui, Jean-Jacques décide finalement de descendre régler tout cela lui-même lorsqu’Optimus fait exploser le rayon tracteur et que son vaisseau s’écrase.

Un duel s’engage entre Optimus et Jean-Jacques. Pendant la bagarre, Attinger qui passait par là tente de s’en prendre à Cade, mais après avoir trop longtemps parlé genre « Hahaha, je vais te tuer, j’ai gagné !« , Optimus parvient à lui coller un gros obus dans le buffet et tue ainsi un humain, le seul qu’il avait juré de tuer pour tous les maux qu’il avait causé aux siens. Puis Optimus reprend son combat contre Jean-Jacques, qu’il gagne grâce à ses gentils alliés humains.

Bon ?

Jean-Jacques est mort, Grosétron-Mégratron s’enfuit dans un coin en criant « Vous avez balayé mon armée mais je me vengerai dans Transformers 5 !« , les vaisseaux géants sont crashés et la planète est sauvée… Optimus décide donc de rejoindre ses camarades Autobots d’un coup de jetpack pour… pour…

Héla. Stop !

Comment ça « un jetpack » ? Tu pouvais voler depuis le début du film ? Bon, on va dire que tu pouvais juste faire un petit saut, une fois, et que c’est pour ça que tu ne l’as pas fait avant.

« Mes amis, la Terre est sauvée mais la graine des Créateurs ne doit pas revenir aux humains. Ils me cherchent ? Si je reste avec vous, ils renverront d’autres forces. Je pars donc dans l’espace grâce à mon jetpack pour les rencontrer ! Au revoir ! Et vous Autobots, prenez soin des humains, votre famille ! »

Ah oui donc non. Optimus Prime part donc bien vers l’espace avec ce jetpack qu’il avait depuis le début du film, qui lui aurait permis d’aider tout le monde à échapper à Vent de Cimetière au début du film, à fuir Stinger et Grosétron après avoir attaqué KSI, à ne jamais te faire attraper par Jean-Jacques, à éviter de prendre bien des risques, et en fait, Optimus Prime, tu t’es juste bien foutu de la gueule de tout le monde.

C’est donc en regardant ce gros rabouin robotique s’envoler dans l’espace qu’enfin, après 2h45, le spectateurs prêt à se pendre mérite enfin son repos puisque…

… FIN !

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Vous êtes arrivés jusqu’ici en scrollant sans lire ?

C’est très mal, vous savez. Je vous ferais bien les gros yeux, mais je vous méprise trop pour vous accorder cette attention.

En attendant, et comme chaque année, pour ceux qui veulent boire un verre, parler mauvais cinéma, honteuse politique ou autres fascinantes activités, un rendez-vous sur Toulouse devrait se faire mardi 12 août après 18h (pour les travailleurs, tout ça) du côté du centre de Toulouse. Si vous avez un super plan de lieu correct où se poser, n’hésitez pas à m’envoyer un mail. Et pour les autres, tous les détails seront le jour même sur la page Facebook du blog, ou sur la page Twitter qui est non seulement consultable sans compte sauf erreur de ma part, mais au pire, s’affiche sur la droite du blog dans « L’Odieux Connard en ligne. » Histoire de savoir dans quel rade exactement trouver votre serviteur en train de tenter d’expliquer  que « chocolatine » n’est pas un mot mais un nom de code pour un complot sataniste, et accessoirement, à quoi vous pourrez le reconnaître (à part à son légendaire charisme de vieux loup).

Et pour les autres, on se sépare sur cette critique professionnelle du film que nous venons de suivre :

Le meilleur film de la saga « Transformers »

4/5 – Cinéma Teaser

Je ne sais pas vous, mais moi, je cherche encore s’il s’agit d’un compliment ou d’une blague.

« Vous devez m’aider Monsieur Connard, je revis toujours la même journée !« 

Le type a agrippé ma manche au moment où je passais devant son bureau. Il la serre de toute ses forces au point que je suis obligé de froncer un peu les sourcils pour lui faire comprendre que s’il arrache un seul des boutons de ma manchette, la prochaine manchette sera justement pour son nez. Il se calme un peu et se recule dans son bureau, m’entraînant avec lui en roulant des yeux fous. Aussitôt que la porte claque derrière moi, il s’agite en tous sens.

« Monsieur Connard, ce n’est plus possible ! Cela fait des dizaines, des centaines de fois que je revis la même journée !
- Allons Berthier, soyez raisonnable, toutes ces histoires, c’est le stress qui parle.
- Mais non, enfin ! Ecoutez, je peux le prouver ! Je voyage dans le temps ! Je ne contrôle juste pas le déplacement : je suis bloqué dans… dans une boucle !
- Hé bien, prouvez-le alors. »

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Au moment où ma main descend vers ma poche intérieure, il m’arrête.

« Là par exemple, vous allez vous allumer un cigare ! Je le sais : vous le faites à chaque fois ! 
- C’est un peu facile : vous savez très bien que j’aime fumer un cigare lorsque je fais semblant d’écouter quelqu’un. Ca me donne un côté pensif qui m’aide à dissimuler le mépris pour votre propos.
- Ensuite, vous allez chercher votre flasque de brandy !
- Oui mais uniquement puisque tout amateur de cigare sait bien que celui-ci ne se savoure qu’avec un alcool bien choisi. Là encore Berthier, c’est facile.
- Non mais… ensuite, on entend un cri qui vient des sous-sols. Ecoutez… maintenant !
- Ce sont les stagiaires qui appellent à l’aide. Vous ne m’apprenez rien. Ecoutez Berthier, dites-moi : qu’est-ce qui vous a mis cette idée dans la tête ? »

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La tête de Berthier s’enfonce lentement dans ses épaules, et il lâche d’une voix plaintive : « The Edge of Tomorrow ! L’histoire d’un type qui a le même problème que moi !« 

Je lève un sourcil inquisiteur à l’attention du petit homme. Le film est-il si puissant que cela sur l’esprit des pauvres spectateurs ? Que faire lorsque l’on revit en boucle une seule journée ? Et surtout, Berthier ne serait-il pas un petit peu con ?

Spoilons, mes bons !

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L’affiche : des explosions, des grosses armures et des grosses épées. Je m’incline.

Notre film s’ouvre sur une succession de flashs télévisés qui nous informent que la Terre va bien mal : des fripons d’extra-terrestres appelés « Mimics » ont débarqué lors d’une pluie de météorites et semblent bien décidés à péter la gueule à l’humanité, ce qui est somme toute tout à fait compréhensible si jamais ils ont capté Direct 8 depuis le fin fond de l’espace intersidéral. Chose originale : ils ont débarqué en Europe, ce qui a rendu les échanges Erasmus beaucoup plus compliqués, surtout quand ils ont conquis la quasi-totalité du coin (à part l’Angleterre, qui, contrairement à la Turquie, met d’accord tout le monde pour dire qu’elle n’est pas en Europe). Le film montre même parmi moult images de dirigeants mondiaux réagissant à l’invasion une demi-seconde de François Hollande, qui explique probablement que attention, maintenant, il ne déconne plus, il a mis ses menaces à exécution : il a envoyé un courrier recommandé avec accusé de réception à l’armée ennemie pour leur dire qu’il est « très déçu« . Quelle violence.

Mais fi de commentaires putassiers, car au milieu de tout ce petit monde, un autre visage apparaît : celui du major Bill Cage, officier de l’armée américaine et porte-parole des forces alliées unies à peu de choses près, qui va de plateau télé en plateau télé pour dire aux gens que c’est okay, on va les éclater ces petits spatio-bâtards. Les flashs infos défilent et un jour, le major est fier d’annoncer que l’ennemi a pris sa première branlée à Verdun (ne me demandez pas ce que les mecs fichaient en plein milieu de l’Europe conquise, on va dire que quelqu’un a oublié de prendre une carte), puisque l’armée y a déployé de nouveaux exosquelettes pour les soldats qui les rendent plus efficaces et aussi plus jolis, hein, parce que du coup on peut faire du tuning militaire (qui n’a jamais rêvé d’avoir des néons sous les rangers ?). Ainsi, une certaine Rita Popolski a réussi grâce à son armure dernier cri à exterminer un nombre d’ennemis à trois chiffres sans trop se fatiguer, et on imagine donc quels prodiges pourrait accomplir l’armée terrienne avec cette arme en grande quantité. C’est donc parti pour en filer à tout le monde.

Nous retrouvons donc, un peu plus tard, le major Bill Cage qui ronfle tranquillement dans un hélicoptère alors que celui-ci l’amène dans la joyeuse cité de Londres.

Car Billou se rend chez le général Brigham, en charge de commander toute l’armée en Europe, qui l’attend de pied ferme. La conversation débute donc dans le vaste bureau du général en chef.

« Bonjour général Brigham ! Alors, que puis-je pour vous ?
- Hé bien mon p’tit Cage, comme vous le savez, demain, on envahit la France pour commencer la reconquête de l’Europe. On va donc envoyer 100 000 hommes et du matériel de foufou sur les plages du coin et bourrer la binette à tout ce que nous allons rencontrer. 
- C’est formidable général, en effet. Mais je ne vois pas trop pourquoi vous avez besoin de moi ? Je ne suis qu’un porte-parole.
- Il se trouve qu’il va sûrement y avoir de bien beaux actes de courage sur cette plage. Je voudrais que vous y alliez, Cage, pour filmer ce qui va s’y passer. 
- Mmmm ouiiii alors bon…
- Oui major ?
- C’est-à-dire que c’est un peu con. Déjà, parce que je suis porte-parole et non caméraman : c’est un peu comme si vous envoyiez Tex filmer l’Irak parce que vous l’avez vu à la télé.
- Ah.
- Bon et puis accessoirement : on est dans un film où toute l’armée est équipée d’exosquelettes du futur avec des caméras de visée et tout. Je suis assez certain qu’on doit pouvoir assez facilement les faire filmer leurs actions, voire juste leur coller une go-pro sur le casque. Pour pas cher, en plus.
- Oui mais non : pour d’obscures raisons, c’est vous que j’ai envie d’envoyer sur cette plage, major. Je me suis déjà mis d’accord avec votre supérieur : vous partez demain pour l’invasion. »

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Un jour, je trouverai un film où, dès qu’un personnage a un plan, c’est autre chose qu’une enfilade d’incohérences. J’en suis sûr. Mais pas aujourd’hui.

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« Bon Cage, en fait je dois vous l’avouer : hier, on était un peu bourrés avec votre supérieur et quand je me suis réveillé, mon bureau sentait le vomi, mon stylo le caca, et il y avait cet ordre de mission pour vous dans ma poche. Alors je n’ai vraiment pas envie de revenir là-dessus : contentez-vous d’obéir, moi non plus je ne comprends pas comment on en est arrivé là et je ne veux pas savoir. »

Puisque non seulement envoyer Billou se prendre des pruneaux est débile, puisqu’il n’a rien à voir avec la mission que l’on attend de lui, mais qu’en plus je ne sais pas vous, mais personnellement, quand mon armée a un visage public, j’évite que celui-ci ne se prenne des shrapnels dans la gueule : à ce qu’il paraît que c’est moyennement bon pour le moral. Mais là encore : je ne suis point militaire, ce genre de subtilité doit donc m’échapper.

Toujours est-il que le major Cage, lui, n’a pas non plus envie d’aller crever comme une merde même si on lui promet que tout va bien se passer. Il explique donc bien que lui n’est qu’un publicitaire au sein de l’armée qui n’a jamais combattu, mais le général n’en a que faire. Cage tente donc une ultime ruse de Sioux : il dit au général que si c’est comme ça, après l’invasion, grâce à ses pouvoirs de grand communiquant, il fera bien attention à mettre tous les morts sur le dos du général pour que les familles lui en veuillent très fort. Face à ce chantage, Brigham fait arrêter Cage, et lorsque celui-ci tente de se barrer, complètement paniqué par cette situation qui n’a strictement aucun sens (je le comprends), il se fait taser la gueule par un homme de la police militaire sur son chemin. C’est pas d’bol, comme dirait l’autre.

A son réveil, Bill Cage est allongé et menotté sur un tas de sacs au milieu d’une base militaire pleine d’activité. Après une rapide analyse de la situation, il constate qu’aucun homme d’arme désœuvré n’a profité de lui pendant son sommeil : l’honneur est plus ou moins sauf.

Mais s’il est encore relativement étanche, Bill Cage n’en est pas moins fort surpris.

En effet, un instructeur vient l’obliger à se lever, et avant qu’il ne l’engueule, un certain sergent Farell vient à sa rencontre pour lui annoncer que debout les campeurs, et haut les cœurs ! Il est désormais sur la super base qui prépare l’invasion de la France pour le lendemain. Cage tente donc de lui expliquer son cas :

« Ecoutez sergent, c’est sympa et tout, mais j’ai besoin de téléphoner car il y a un gros malentendu : je ne suis pas une nouvelle recrue pour l’invasion de demain. Je suis l’officier Bill Cage, de l’armée américaine, et suite à une grosse méprise, je suis ici. Je ne suis pas un soldat mais un communiquant, alors si vous pouviez m’aider à trouver un fucking téléphone, ce serait vraiment chouettos. 
- Ahaha… tiens donc ! J’ai ici un courrier du général Brigham qui me dit que vous êtes un déserteur qui va tenter de se faire passer pour un officier, justement ! Alors ferme ton clapet, bleu bite, et va enfiler ton uniforme de bidasse pour participer à l’entraînement pour demain !
- Sérieusement ?
- Pardon ?
- Je disais, sérieusement ? C’est le scénario ? Je suis l’officier le plus connu au monde, le visage de l’armée, mes papiers disent que je suis bien Bill Cage, mon uniforme dit que je suis bien Bill Cage, je vous dis que je suis bien Bill Cage, ma tête est celle de Bill Cage et je peux même vous donner des détails et vous, vous ne me croyez pas à cause d’un papier administratif qui raconte une histoire pas vraiment crédible ?
- Tout à fait. Mais si ça peut vous rassurer, alors qu’on a passé tout le début du film à vous montrer sur moult écrans de télé, et même à dire que vous étiez à l’origine du recrutement de millions de recrues, personne dans toute l’armée ne vous reconnaîtra jamais plus jusqu’à la fin de cette sombre bouse dans laquelle nous sommes. On y va ?
- Bon, ben, allez… »

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Pour la petite histoire, sachez qu’en fait, justement, toute la première partie du film sur le fait que Bill Cage est une légende dans la communication de l’armée ne servira à rien dans l’intrigue. Ils l’ont juste rajoutée pour s’assurer de se vautrer dès les premières minutes. Chapeau les enfants, quel talent. Mais, poursuivons, voulez-vous ?

Cage est donc emmené malgré ses protestations jusqu’à l’escouade J, composée de quelques soldats pas finauds, et avec lesquels notre héros va plus ou moins s’entraîner (et apprendre un certain nombre de blagues hilarantes, n’en doutons pas) jusqu’à l’invasion du lendemain où pour la première fois de sa vie, on le glisse dans l’une des fameuses supers armures de combat. Evidemment, personne ne veut lui dire où est la sécurité sur son arme, du coup, notre héros se retrouve incapable de savoir comment tirer le moindre coup de feu alors qu’il va partir à la bataille, hahaha, houhouhou, qu’est-ce qu’on déconne les petits amis. Qu’importe : il est chargé dans un des gros hélicoptères du coin et avec des milliers d’autres, direction la civilisation gastronomique France !

Dans l’appareil, on se fait plein de blagues (j’ai demandé à Diego de plâtrer mes côtes tellement elles étaient drôles, puis de plâtrer la gueule du dialoguiste) jusqu’au moment où, peu avant le saut, l’engin se ramasse un missile. Puisque, oui, les aliens tirent des missiles. C’est assez décevant je dois dire, je m’attendais à ce qu’ils envoient des shblürg ionisés ou des particules de schmülülü, mais non, visiblement, ils se fournissent chez madame le marchande, comme tout le monde. Qu’importe.

Toute l’escouade un peu paniquée saute donc à terre et se retrouve sur la plage, où c’est un massacre : l’ennemi, qui ne devait pas être là dans les plans et ne devait même pas savoir que les humains arrivaient, arrose toute la plage de loin et c’est un peu la boucherie. Les hommes se font massacrer, les hélicos en flammes s’écrasent sur les survivants, et Billou ne doit sa survie qu’à une sacrée chance. L’ennemi étant constitué de grosses bêtes tentaculaires (des tentacules ? Pas d’armes ? Mais alors, d’où viennent les missiles de la scène précédente ? Ce sont sûrement des projectiles magiques), autant vous dire que tout le monde se fait méchamment tentaculer, au point que même une écolière japonaise pourrait en être jalouse. Dans un coin de la plage, Billou surprend Rita Popolski, la légendaire « ange de Verdun », qui se fait écraser par un appareil allié venu se crasher sur la plage.

Bref, c’est la merde.

Bill Cage retrouve donc ses petits camarades survivants de l’escouade J entre deux dunes, mais, hélas, des mimics viennent leur latter la tête vite fait bien fait, et notre héros se retrouve à terre à mouiller ses chausses, alors que les ennemis se regroupent autour de lui. C’est alors que Bill note la présence d’une créature tentaculaire plus massive que les autres, et bleue là où les autres sont orangées. Il est donc tout intrigué jusqu’à ce que la bestiole lui saute sur la tronche en remarquant qu’il est vivant. Bill a donc juste le temps d’attraper une mine antipersonnelle que transportait l’un de ses camarades et de la mettre contre son torse lorsque la vilaine bête vient le croquer : tout explose, et Bill meurt donc…

… mais la bestiole bleue, en mourant elle aussi, le couvre de son sang, et Billou sent qu’il absorbe quelque chose de la bête.

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« Regardez sergent, j’crois que Cage est touché ! Ho mais… qu’est-ce qu’il fait à cette bête ? Ils échangent des fluides ? Mais ? Mais ? Il en a partout ! Bordel, je déteste le hentai ! »

Mais meurt quand même, faut pas déconner.

Et pouf !

Bill Cage se réveille menotté sur un tas de sacs dans une base militaire en pleine activité, et bientôt, le sergent Farell, pourtant mort durant la bataille, vient vers lui, parfaitement en forme, et debout les campeurs !

Bill comprend qu’il se passe quelque chose d’anormal. Déjà, parce qu’à l’heure actuelle, il devrait ressembler à un steak Charal oublié dans un coffre de Twingo en revenant de Shopi, et ensuite parce que tout le monde est vivant et agit exactement comme à la veille de l’invasion. Où qu’il aille, tout se passe exactement de la même manière.  Mais comment est-ce possible ? Avant que le pauvre bougre n’aie la réponse, l’assaut recommence, donc à nouveau on le colle dans un hélicoptère qui s’écrase au-dessus de la plage où la bataille a lieu et à nouveau, tout le monde meurt de la même manière. Bill tente bien de sauver un copain, mais du coup, c’est lui qui meurt à sa place comme une crotte.

Il se retrouve donc à nouveau à se réveiller sur la base à la veille de l’invasion, et c’est reparti !

Notre héros s’interroge donc quand même un peu : « Mon p’tit Billou, il se passe un truc bizarre. Mais quoi ?Réfléchis : tu es coincé au milieu de militaires caricaturaux, tout le monde agit de manière complètement scriptée, et quand tu meurs comme une merde, tu reviens à ton point de départ… mmmm, je crois que je vois : je suis bloqué dans une partie de Call of Duty. » mais un faisceau d’indices le met sur le chemin de la vérité : la moyenne d’âge de ses camarades n’est pas de quinze ans, et aucun n’a de pseudo comme « Mega_Knight81″ ou « [TACOS]RoXoR » : il est donc plus probable qu’il soit bloqué dans une boucle temporelle. Par ailleurs, personne ne lui propose de DLC toutes les quinzes minutes, ce qui confirme son idée, mais bref.

Bill (qui a le même prénom qu’un certain Monsieur Murray, mais c’est une coïncidence ; cela dit, il a aussi le même nom de famille qu’un certain Nicolas, ça doit être pour équilibrer) revit alors l’invasion, encore et encore, et il tente tout : expliquer son histoire (on le croit donc fou), faire flipper ses camarades en leur révélant tout ce qu’ils vont faire juste avant qu’ils ne le fassent, tenter d’être meilleur sur la plage… mais tout se finit invariablement par sa mort de manière plus ou moins ridicule. Il y a même un jour où il déserte et découvre que juste après l’invasion échouée, l’ennemi en profite pour commencer sa propre contre-invasion de l’Angleterre. Et que dans la même journée, Londres tombe donc.

Jusqu’au jour où il se dit qu’il va essayer d’aider l’ange de Verdun sur la plage puisque c’est quand même un super soldat, et après de nombreux essais pour apprendre tous les dangers qui la guettent comme des trucs qui tombent du ciel ou Paul le Poulpe qui l’attend tapi dans le sable pour la tentaculer sévère, il parvient à aller relativement loin sur la plage avec elle sans mourir. Elle note cependant que notre héros semble capable de prévoir tous les dangers, comme s’il avait déjà vécu cette bataille moult fois. Il finit donc, entre deux rafales, par plus ou moins lui avouer, que c’est une histoire qu’elle ne croira jamais, mais qu’il a déjà vécu cette journée moult fois. Elle lui hurle donc : « Venez me trouver quand vous vous réveillerez ! » avant de se laisser mourir à côté d’un appareil que Bill lui a pourtant recommandé de ne pas approcher, parce que oui, hop, plutôt que d’essayer d’être efficace, autant se suicider.

C’est ce que je préfère dans ce film : même les personnages se suicident plutôt que de le continuer. Intéressant.

En tout cas, Bill meurt donc à peu près au même moment puisque c’est de la grosse explosion ça madame, et il se réveille comme d’habitude la veille.

Il trouve donc avec plus ou moins d’essais/erreurs (où il meurt) un moyen de fuir son escouade pour courir retrouver le hangar où Rita et sa propre équipe s’entraînent , et celle-ci est tellement coolos et badass qu’elle fait des exercices physiques au milieu d’un système d’entraînement super dangereux censé reproduire des attaques de mimics, et est constitué de grosses pinces de chantier qui volent dans tous les sens à vive allure. Puisque oui, faire ses exercices dans un coin tranquille, c’est pour les nazes. Et idem pour Bill, donc, qui plutôt que d’appuyer sur le gros bouton rouge FIN DE L’EXERCICE situé au portique devant le site d’exercice, se lance en plein milieu des bidules lancés à pleine vitesse pour rejoindre Rita.

Et sinon, agir de manière logique, non ?

Mais faisons fi de tout cela, car avant tout, Rita s’étonne de voir ce bidasse s’approcher d’elle.

« Oui soldat ?
- Rita Popolski ? Ecoutez, je sais que ça va vous paraître bizarre mais…
- Qui vous a dit que vous pouviez me parler ? Je suis bien trop cool pour vous.
- Hé bien vous, en fait. Demain. Vous m’avez dit « Venez me parler à votre réveil », parce que je revis toujours la même journée et…
- Suivez-moi ! »

Rita tire donc son nouveau compagnon par la manche et lui demande d’expliquer tout ce qu’il a vécu, l’invasion qui merde (peut-être aussi parce qu’aucun satellite n’a repéré 12 000 poulpes qui attendent sur la plage, ou que personne n’a pensé à juste les bombarder de haut – ha, si les drones, l’artillerie ou les avions existaient, par exemple !), quand tout cela a commencé… et elle lui demande si à tout hasard, il n’aurait pas buté, avant son premier « réveil », une grosse bête bleue.

« Ah ben si alors, même qu’elle m’a foutu du sang et de la bidoche plein la margoulette ! » s’indigne notre héros qui sait très bien que tout ça, ça ne part pas au lavage.

Rita va donc chercher un autre type dans le hangar, un certain Carter, mécanicien de son état, et tous trois vont s’enfermer dans une petite salle où Bill n’est pas bien sûr de comprendre ce qui lui arrive. C’est donc le moment où Rita lui explique les choses un peu plus en détail.

« Billou mon bon, tu vis une chose extraordinaire : tu voyages dans le temps. J’ai moi aussi eu ce pouvoir. C’est comme ça qu’à Verdun j’ai été super efficace ! 
- Mais comment est-ce possible ?
- Le docteur Carter va t’expliquer.
- Oui, merci Rita. En effet, je ne suis pas un simple mécanicien : je suis un physicien-biologiste-scientifique-de-film-américain donc je sais forcément tout faire. Avant je travaillais dans un centre de recherches, mais j’ai émis l’idée que l’ennemi pouvait voyager dans le temps. On m’a donc traité de fou et j’ai atterri ici pour suivre Rita lorsque j’ai compris qu’elle avait ce pouvoir elle aussi. Vois-tu mon petit Billou, contrairement à ce que nous pensons pour beaucoup, nous n’avons pas DES ennemis mais UN ennemi. C’est en fait un organisme. Il y a les poupoulpes, orangés, que nous connaissons tous. Et tous les X millions de poupoulpes, il y a une grosse version du poupoulpe, bleue, que j’appelle sobrement « la marmotte ». Là où les poupoulpes sont des globules blancs, la marmotte est plutôt le système nerveux. Il faut donc un cerveau à tout cela, et il existe ! Il s’appelle… l’omega ! Regarde cette fantastique représentation 3D que j’en ai faite dans le moindre détail alors que je ne l’ai jamais vu !
- Incroyab’ ! Mais quel rapport avec moi ?
- Hé bien l’omega a le pouvoir de voyager dans le temps, ce qui le rend invincible ou presque. Ainsi, dès qu’il perd une marmotte, comme il les aime très fort, hop ! Il remonte le temps et recommence la journée sans perdre sa précieuse marmotte. Et idem s’il perd une bataille : il remonte le temps et la recommence pour mieux nous latter les balls. C’est comme ça qu’il a su pour l’invasion de la France : il a remonté le temps et redéployé ses forces pour nous attendre.
- Du coup, si les marmottes sont super précieuses, quelqu’un pourrait m’expliquer ce que l’une d’entre elles faisait sur une plage où l’ennemi savait qu’on allait arriver ?
- Nous pensons que l’omega est con comme une motte de beurre.
- Je vois. Rita, votre avis ?
- Sur l’omega qui est un con ? Ça ne fait aucun doute sinon il aurait déjà plié le film : les voyages dans le temps, c’est surpuissant.
- Non, sur comment j’ai pu me retrouver avec ce pouvoir.
- Hé bien en fait, les marmottes sont reliées à l’omega on ne sait comment. Mais lorsqu’elles sont tuées et que leur sang coule sur un humain – ce qui rend d’autant plus con le fait de les exposer – elles transmettent le pouvoir de l’omega à l’humain. Qui peut alors rebooter la journée. Alors que l’omega ne peut plus.
- C’est navrant de nullité.
- Oui hein ? Bref, l’omega doit te chercher pour essayer de récupérer son pouvoir. Il va tenter d’infiltrer ton esprit. Et tu auras des visions, tu le verras, lui, tu sauras où il est ! C’est comme ça que j’ai su qu’il était à Verdun. Mais le temps que j’arrive, il était parti. 
- Juste une question : comment il fait pour récupérer son pouvoir ? Il me tue ? Ça va être moyennement pratique vu que je reboote comme un vieux Windows 98 quand ça arrive.
- Heu… il va… il va…
- Il va faire la même chose en sens inverse ? Demander à une marmotte de se rouler dans mon sang ? 
- … bon, laissons tomber. Il est méchant et tu as le pouvoir, point final. »

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La représentation 3D ultra-précise de l’oméga : sachant que Carter ne l’a jamais vu et que Rita n’en a eu que de vagues visions, on en déduira que Carter est avant tout un ancien champion de Pictionary

C’est ainsi que nos deux fiers compagnons décident de mettre à profit la capacité de notre héros à recommencer en boucle la même journée, non pas pour voir s’il peut finir par avoir vu tout Youtube, mais pour l’entraîner, encore et encore, et en faire une bête de guerre. Et s’il est fatigué, blessé ou autre, sa petite camarade lui tire une balle dans la tronche pour lui faire rebooter la journée et reprendre. Bon, à chaque fois il faut supposer qu’il se tape le réveil « Debout les campeurs et haut les cœurs ! » qu’il doit déserter sa section, gagner celle de Rita et lui ré-expliquer qui il est pour qu’elle accepte de l’entraîner, ce qui doit être un peu lourd, mais il semble se débrouiller.

Lors d’un entraînement, tout de même, Rita donne un bon conseil :

« Au fait, assure-toi toujours de mourir vite et bien chaque jour. Sinon tu perdras le pouvoir.
- Comment ça ?
- Hé bien moi, je me suis retrouvée blessée, à perdre pas mal de sang, mais sans mourir. Du coup, j’ai perdu connaissance et me suis réveillée dans un hôpital de campagne où on m’avait fait une perfusion. J’avais perdu le sang avec le pouvoir, on m’en avait mis du tout pourri de pauvre mortel : résultat, je ne pouvais plus voyager dans le temps en mourant.
- Je peux poser une question ?
- Je t’en prie.
- Comment tu peux le savoir puisque tu n’es pas morte depuis, du coup, sinon tu ne serais pas là ?
- Heu… je… haha… hohoho… hé bieeeeeen…
- Non mais laissons tomber en fait, je crois que j’ai compris le problème. »

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Non non mec, je t’assure, il y a encore plus d’incohérences. Tiens, tu veux un autre dialogue ?

« Mais, Rita, pourquoi n’avez-vous pas essayé de parler au général Brigham quand vous voyagiezdans le temps ? Lui expliquer ce qui vous arrivait ?
- Mais je l’ai fait des dizaines de fois ! Et à chaque fois, c’est l’hôpital psychiatrique, ou pire, s’il me croit, la dissection pour tenter de me prendre le pouvoir… c’est affreux !
- Attendez, vous voulez dire qu’on a fait d’horribles expériences sur vous ?
- Oui !
- Dans des laboratoires ?
- Oui !
- Donc qu’on vous a mis dans un lit en vous foutant des poches de sang pendant qu’on jouait avec votre bidoche !
- Oui !
- Un peu comme dans un hôpital de campagne, en fait ?
- Ou… ah merde oui, attendez.
- Du coup, si vous avez subi ce genre de truc, pourquoi le pouvoir ne s’est pas barré avec votre sang à ce moment là ?
- Hihihihi, hohoho, regardez, j’ai trouvé une fleur ! »

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Vous en voulez encore ?

« Bill, nous devons attendre que vous ayez des visions de l’omega. Lorsque nous saurons où il est, nous irons le chercher tous les deux. Et le tuerons. 
- Ça me va. Mais sinon, je ne pourrais pas vous le transmettre, ce pouvoir ? Non parce que moi, sinon, je ne suis quand même pas super bon.
- Non, j’ai déjà tout essayé. Même le sexe, des fois que ce soit une MST.
- Je vois. Il n’y a donc aucun moyen ?
- Aucun.
- Quel dommage. Ah, si seulement on connaissait un endroit où il va y avoir une marmotte magique. Un endroit où on pourrait se rendre facilement. Genre sur une plage, avec toute une armée. Un endroit où on serait sûr que la marmotte serait puisque, du genre si on connaissait quelqu’un qui voyageait dans le temps et l’avait vue. Vue de si près qu’il serait mort avec et aurait piqué ses pouvoirs.
- Oui, ça serait chouette Bill, mais je ne connais personne comme cela. Continuons plutôt d’attendre qu’il se passe quelque chose. »

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Allez, on va s’arrêter là pour l’instant si vous voulez bien, parce que vraiment : ça fuse.

Bref d’entraînement en entraînement, si Bill devient meilleur, il n’en commence pas moins à avoir des songes étranges : l’omega l’a retrouvé. Il a donc la vision lointaine d’un barrage hydro-électrique qui se trouverait en Suisse selon le Dr Carter au sein duquel se planquerait l’oméga. C’est donc parti pour nos petits amis : il faut qu’ils gagnent la Suisse ! Certes, mais comment ? En se faisant larguer au-dessus ? En détournant un avion ? En…

« On a qu’à rester avec l’invasion ! » déclare Rita.

Ah mais oui, tenez. Tant qu’à faire, autant débarquer à pied sur une plage du Nord de la France. Pour aller en Suisse en passant par toutes les lignes ennemies, ça me paraît être une super idée. Vraiment, vous êtes des champions. Vous avez pris votre plan Mappy j’espère. Du coup, Bill, qui visiblement n’a aucun traumatisme quant au fait de mourir de toutes les manières jour après jour, apprend par cœur ce qu’il se passe sur la plage, l’explique à chaque réveil à Rita, et chaque jour, ils arrivent un peu plus loin avant de mourir.

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Et chaque matin, Bill se réveille donc sur cette base en se disant « Si seulement je savais où trouver un véhicule capable de nous emmener en Suisse ! »

A noter que le docteur Carter, qui assiste à leurs petits briefings chaque matin s’exclame « Je sais ! Le barrage de votre vision, je l’ai localisé : il est en Suisse ! » et Bill de lui répondre d’un ton blasé « Oui, cela fait des dizaines de fois que vous le trouvez, docteur, nous savons qu’il est en Suisse. » Certes mon bon Bill, mais qui est le rabouin qui du coup, doit décrire le barrage chaque matin, obligeant ainsi le mec à lancer une recherche plutôt que de lui dire directement « Il est en Suisse, je le sais, vous l’avez déjà découvert dans une précédente boucle » ? Non parce que sinon, il ne dirait pas ça. Donc soit tu es con, soit ce film est incohérent, soit les deux.

Je vais y réfléchir très fort.

En tout cas, la petite troupe s’amuse donc joyeusement sur la côte à chaque boucle, jusqu’à ce qu’enfin, la plage soit passée pour nos deux héros qui découvrent derrière la dernière dune…

… un village de caravanes de rednecks avec vieux manège qui grince.

Probablement les légendaires forains mystérieux des plages du Pas de Calais. Ou de Normandie. On n’est pas très sûr sur l’endroit où ils débarquent. Mais qu’importe, car notre héros lance :

« Nous sommes déjà venus ici plusieurs fois. Et à chaque fois, nous avons échoué à trouver une voiture qui marche. Il n’en reste plus que deux à tenter, une chance sur deux  donc !« 

Quel dommage que personne n’ait pensé, en sachant cela, à emmener de l’essence, une batterie, ou juste à prendre l’un des nombreux véhicules abandonnés sur la plage (qui marchent tellement bien que lors de l’une des premières boucles, l’un d’entre eux roule sur Bill). Mais non : continuons d’essayer de trouver une R12 pourrie qui marche à peine, quitte à mourir, c’est un sentiment si agréable.

Qu’importe : nos deux couillons finissent par trouver un véhicule en état de marche, et après avoir mitraillé la gueule de quelques poupoulpes, ils font route vers la Suisse et en ont donc pour un moment. L’occasion de rajouter encore du n’importe quoi à ce film qui n’en avait plus besoin.

« Enfin nous sommes en route, Bill ! Allons en Suisse !
- Tout à fait. Bon, si on parlait un peu de vous sur la route ?
- Non.
- Vous allez le faire, je le sais : d’habitude, vous commencez à parler lorsque nous arrivons vers Lyon.
- Attendez, vous avez déjà vécu ce trajet ?
- Tout à fait. C’est comme ça que j’ai appris des trucs sur vous, comme votre copain que vous avez vu mourir plus de 300 fois à Verdun.
- C’est cool, mais si vous avez déjà vécu tout ça, pourquoi m’avoir dit que vous ne saviez pas quel véhicule prendre au village des gitans mystérieux et qu’on avait une chance sur deux d’en trouver un qui marche ?
- … 
- Vous comprenez pourquoi je ne parle pas maintenant ? Dès qu’on le fait dans ce film, c’est pour dire une connerie ! »

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La route se fait donc silencieusement, jusqu’à ce que notre duo tombe en panne sèche, puisque si la route est couverte de véhicules abandonnés, personne ne pense à essayer de piquer un peu d’essence. On en déduira donc qu’à chaque fois que Bill a fait ce trajet, il a oublié ce détail : ce qu’il est tête en l’air, hohoho, oublier la même chose des dizaines de fois, alors qu’il n’a que ça à penser durant des heures de routes, c’est tellement ballot. Mieux encore, en abandonnant leur véhicule, nos héros se retrouvent aussi à court de batterie pour leurs armures (oui, ils conduisaient avec, merci) et les laissent derrière eux à leur tour pour aller s’abriter dans une petite maison isolée à quelque distance de la route. Sur place, il y a même un hélicoptère d’épandage, mais sans la clé. Crotte de bique ! Bill profite donc d’être au calme, tous deux, dans cette demeure tranquille pour faire sa parade amoureuse (qui ferait pâlir d’envie les champions du site Art de Séduire), mais ça ne marche que moyennement. Surtout lorsqu’il se trahit et que Rita comprend qu’ils sont déjà arrivés jusqu’ici plusieurs fois, et que Bill sait exactement où sont les clés de l’hélicoptère. Mais il tente d’expliquer le problème :

« Nous ne sommes jamais arrivés plus loin, Rita ! A chaque fois, vous tentez de faire décoller cet hélicoptère, je ne parviens pas à vous convaincre de ne rien en faire, et des poupoulpes enterrés à proximité vous détruisent la gueule ! Ne prenez pas cet hélicoptère, il y a d’autres solutions ! Et puis… je dois l’avouer, ça me fait mal de vous voir mourir chaque jour !« 

Mais Rita s’en fout, de ce gros aveu plein de bons sentiments : elle grimpe dans l’hélico, et en effet, le bruit du moteur attire des méchants qui tuent tout le monde.

Juste comme ça mon petit Bill : tu ne veux pas qu’elle meure ? Que vous finissiez toujours dans cette impasse avec cet hélico ?

Hé ben la prochaine fois, tu fais le plein et tu n’emmerdes pas le monde. Comme ça, vous ne vous arrêtez jamais dans cette maison avec son hélicoptère, et il n’y a aucun problème. Mais c’est vrai que c’est un peu subtil. Non parce que du coup, à chaque fois, c’est en fait toi qui l’emmène là où tu ne veux pas.

Du coup, à son réveil, Bill en a marre : ce jour là, il ne contacte pas Rita. Comme ça, elle n’enquiquinera plus et ne mourra plus devant lui, non mais, quelle emmerdeuse ! Bon, à un détail près mec : si tu ne l’aides pas, elle meurt sur la plage, donc le résultat sera le même, mais bon. Détail, hein, ce n’est jamais que celle que tu aimes qui meurt, et puis si tu tues l’omega, tu ne pourras plus revenir en arrière. Vraiment, touuuut petit détail. Allez, continuons. Il va donc tout seul jusqu’à la maison avec l’hélicoptère après avoir passé la plage durant l’invasion et visiblement, finit par trouver un moyen de tuer les méchants avant qu’ils ne l’embêtent, lui permettant de voler jusqu’en Suisse sans problème (le petit hélico doit avoir un très gros réservoir). Il se pose donc sur le fameux barrage du pays du chocolat, et descend dans ses entrailles à la recherche de l’oméga. Sauf que sur place, point d’oméga !

« Quel est le fuck ? » s’exclame Bill juste avant que ne surgissent un poupoulpe et une marmotte qui essaient de lui taper le museau !

Un-jour-sans-fin

Rappelons que la marmotte est un animal très dangereux : ici, l’une d’entre elles juste après avoir pris Bill Murray en otage.

Et visiblement, les deux ont un plan puisqu’ils ne tuent pas notre héros, et le désarment même lorsqu’il essaie de se suicider pour rebooter ! Quel est leur objectif maléfique ? On ne le sait pas trop, car au final, Bill trouve le moyen de se noyer pour mourir quand même, et comme ça, il peut rebooter en paix. Non mais.

« Debout les campeurs, et haut les cœurs !« 

De retour la veille à sa base de départ, Bill file voir Rita et le docteur Carter et après s’être présenté, leur réexplique la situation : oui, il a eu des visions de l’oméga. Et vous savez quoi ? L’oméga n’était pas à l’endroit des visions, ce qui veut dire qu’il envoyait de fausses informations pour tendre des pièges ! Un peu comme cette fois où l’oméga lui a envoyé une vision de lui et de Salma Hayek faisant la chenille, il se disait bien qu’il y avait un truc bizarre. Donc si Rita a vu l’oméga à Verdun… c’est que l’oméga VOULAIT qu’elle y aille ! Et il voulait qu’elle gagne la bataille ! Parce que comme ça, en déduit Bill qui a forcément raison puisque c’est Tom Cruise quand même, l’armée terrienne enverrait toutes ses forces, sûre de sa victoire, lors de l’invasion de la France, prendrait sa fessée, et la conquête du reste du monde n’en serait que plus facile une fois l’armée balayée alors qu’elle était loin de ses retranchements.

Mais alors, que faire ?

« Bah il y a bien le transpondeur ! » explique tranquillement le docteur Carter. « C’est un truc qui permet, à partir d’une marmotte, de savoir où se trouve l’oméga.« 

Bill tombe donc de sa chaise, tout comme l’ensemble des spectateurs devant cet étron cinématographique.

« Mais enfin ? Pourquoi personne n’en a parlé plus tôt ? J’ai du sang de marmotte dans les veines, donc je dois pouvoir me connecter avec l’oméga non ?
- Non mais bon, on se disait que ça ne valait pas le coup d’en parler. Mais de toute façon, le transpondeur ne marche pas. Ce n’est qu’un prototype que j’ai fait quand je travaillais dans mon centre de recherche. Quand je leur ai dis sur quoi je travaillais, mes collègues m’ont dit fou et j’ai dû fuir. 
- J’imagine bien, oui. Parler d’oméga, de marmotte et de voyages temporels, ils n’ont pas dû y croire.
- Non en effet. Mais du coup, il y a plein de prototypes qui marchent planqués dans le coffre-fort du général Brigham.
- Que… PARDON ? Vous voulez dire qu’on vous a traité de fou, traîné dans la boue, viré à coup de pied au cul mais que dans la foulée, on a terminé des recherches considérées comme loufoques, produit des exemplaires du prototype en question et enfermé le tout dans le coffre personnel du plus général en chef de la plus grande armée de l’histoire tellement tout le monde trouvait ça ridicule ?
- Hem je… oui ? »

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Bon ben, d’accord, on peut au moins dire que c’est cohérent avec le reste du film. Je parle du niveau général, hein.

Par conséquent, la nouvelle mission de nos héros est désormais d’infiltrer le QG de Brigham pour aller dans son bureau. Ce que, à force d’essais-erreurs, Bill a fini par savoir faire à la perfection. Ils esquivent donc les gardes, les mecs qui pourraient reconnaître Rita (mais pas Bill : comme expliqué au début de ce spoil, tout le monde ignore qui est Bill, pourtant passé au début du film sur toutes les télés du monde), et arrivent dans le bureau de Brigham, qui est fort surpris.

« Que… Bill ? Mais enfin ! Je vous ai viré de ce bureau de ce matin, si je m’attendais à vous voir revenir aujourd’hui même avec ma soldate la plus décorée à vos côtés ! Hé ! Mais d’ailleurs, vous êtes armés ? Que me voulez-vous ?
- Je vais vous raconter une histoire que vous ne croirez sûrement pas, général. L’invasion a eu lieu. J’y suis mort. Et suite à une erreur de l’ennemi qui peut contrôler le temps, me revoilà dans le passé pour essayer de vous prévenir. J’ai déjà vécu cette conversation des dizaines de fois, car à chaque fois, je reviens à cet endroit du temps. Je peux tout prédire. Votre téléphone qui va sonner ? C’est le général Beaufort qui vous dit que son avion est retardé à cause de la pluie. Décrochez et dites-lui que vous le rappelez.
*Dring !*
- … allô ? Général Beaufort ? Mmm… très bien. Je vous rappelle.
- Bien général. Un autre exemple ? Votre secrétaire va rentrer dans une seconde et vous demander si tout va bien.
*Clac*
-  Mon général ? Est-ce que tout va bien ?
- Mmmoui…moui… très bien.
- Votre secrétaire a tapé des rapports. Il en manque un sur le largage de carburant pour demain.
*Flip flap*
- Mais… effectivement !
- Maintenant, elle va vous annoncer ce qu’elle sait depuis un instant seulement : votre dîner de ce soir est annulé.
*Glups*
- Comment est-ce que… il a raison mon général ! Mais je viens de l’apprendre, c’est impossible !
- Et à présent je vais vous montrer mon cul.
*Boing boing*
- Incroy… hé mais dites-donc Cage, vous me prenez pour un con ? Remettez ce slip sur le champ !
- Excellent général, c’était un test pour voir si vous suiviez. Maintenant, je vais vous dire mon problème : de toutes les fois où je suis venu dans ce bureau, jamais vous n’avez accepté d’ouvrir ce coffre derrière vous pour me donner un prototype du transpondeur, quand bien même c’est le seul espoir de l’humanité. Alors je vous le demande général : allez-vous le faire ?
- Mmmm… okay. »

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Et à la surprise générale (hohoho, suis-je drôle), Brigham accepte d’ouvrir son coffre-fort et tend un prototype de transpondeur à un Bill qui se demande comment il a réussi son coup.

Tout serait donc si simple que cela ?

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Personnellement, j’aurais opté pour la séquence tirage de slip et brûlures indiennes jusqu’à ce que le général donne la combinaison du coffre. Comme ça, à la prochaine boucle temporelle, il n’y avait même pas besoin de le convaincre. Mais bon.

Hé bien non : car si le général a décidé de donner aux enquiquineurs ce qu’ils voulaient, il a donné l’alerte, et à la sortie, des gardes attendent de pied ferme nos héros. Après plusieurs essais grâce aux voyages temporels, nos héros décident de fuir vers le garage du QG où ils font les kakous en voiture pendant que Bill utilise le transpondeur sur lui-même… et découvre lors d’une vision qui lui rappelle sa jeunesse en boîte de nuit à se péter les rétines sous LSD que l’oméga n’est pas en Suisse : il est à Paris, sous le Louvre !

Les entités aliens ont du goût, reconnaissons-le : on les retrouve rarement embusquées sous l’hôtel Formule 1 de Limoges.

Hélas, si le plan fonctionne, il se termine mal : la sécurité du QG finit par avoir raison du véhicule de nos héros, et ceux-ci finissent dans le décor. Aussi, lorsque notre héros se réveille…

… il n’est pas sur une base militaire avec le sergent Farell : il est dans une infirmerie, attaché, et on l’a perfusé ; il a donc probablement perdu son pouvoir !

Miséricorde ! Enfoirés du don du sang ! Ça va se payer !

Cependant, notre héros est bien vite secouru par sa bonne amie Rita, qui le tire de cette situation et l’aide à fuir les lieux sans anicroche. Et ensuite ?

« Rita, merci, mais j’ai perdu mon pouvoir ! Je suis inutile, hein, une grosse bouse à présent ! Nous savons où est l’oméga mais personne ne nous croira… et il ne reste que quelques heures avant l’invasion !
- Alors il faut nous grouiller d’aller à Paris. Mais comment ? Et puis en pleine zone occupée, il va nous falloir des soldats pour nous aider !
- Bof, sachant qu’on pouvait aller jusqu’en Suisse quasiment sans être emmerdé plus tôt dans le film.
- Oui mais chut. Il nous faudrait un appareil volant et des hommes.
- Mmmm… je pense savoir où l’on peut trouver ça ! »

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Et Bill va trouver les soldats de l’escouade J, dans la nuit précédant l’invasion, pour leur expliquer toute son histoire. Et ils sont convaincus car il connaît moult secrets sur eux, puisque oui, Bill avait prévu cette situation et donc trouvé le temps de convaincre tous ses camarades de révéler leurs plus grands secrets (comme leur personnage préféré de Naruto) lors de précédentes boucles, ce qui est complètement crédible puisqu’il passait son temps à se barrer pour aller voir Rita d’entrée de jeu. Mais bon, toujours est-il que les loulous sont bien vite dans son camp, et qu’ensemble, ils vont détourner un engin volant de la base pour voler jusqu’à Paris sans que personne ne s’en émeuve sur la plus grande base de l’humanité la veille de l’invasion de la dernière chance.

Rien que de bien naturel, donc. S’il reste un peu de LSD à Tom Cruise, je suis preneur.

Et c’est donc bien vite que nos larrons arrivent au-dessus de la cité en bien piteux état : quelqu’un a joué au bûcheron avec la tour Eiffel, et visiblement, les aliens avaient connaissance du secret du lac de la Forêt d’Orient et autres réservoirs merveilleux de la Champagne-Ardenne et sont ainsi parvenus à noyer la ville. C’est donc une équipe qui patauge dans l’eau qui est larguée près du Louvre et s’approche du coin en mitraillant sévère. Le véhicule de largage s’est crashé, certains camarades sont morts, mais faisons la courte : sur place, il y a moult poupoulpes et même une marmotte pour garder l’oméga. Rita explique la situation :

« Surtout, ne tuez pas la marmotte… sinon l’oméga va le sentir, rebooter la journée et probablement mettre les voiles ou en tout cas s’adapter !« 

Oui, ou alors autre option : si vous tuez une marmotte, pensez à vous barbouiller de son sang les enfants. Comme ça on pourra recommencer cette ultime mission avec une sauvegarde à l’entrée du niveau, si je puis me permettre. Et ça n’en sera donc que plus facile. Mais là encore, c’est un détail : après tout, ce n’est que ce qui a changé le destin de Rita et Bill et la dernière chance de l’humanité. Je comprends que l’on puisse oublier.

Mais bref : la troupe entre dans le Louvre après moult spectaculaires aventures, certains se sacrifient héroïquement, et au final ne restent que Rita et Bill (ça alors!), Rita n’hésitant pas à rouler un gros patin à Bill en pleine situation critique pour dire que oui, bon, tout de même, il ne l’a pas volé, son bisou, et que oui, là tout de suite, ils n’ont que ça à faire. Par ailleurs, le scénariste a dû oublier qu’à part pour Bill, personne n’a connaissance des autres boucles : donc pour Rita, c’est la première fois aujourd’hui qu’elle rencontre notre héros, et elle qui est super froide et pro ne devrait donc pas vraiment sombrer dans ce genre de cucuterie avec un quasi-inconnu, mais bon, là encore, hein, bon, dites, ho. On va dire que ces tous ces poupoulpes et cette grosse marmotte, ça les a follement excité. Mais en tout cas, elle va faire diversion pour emmener la marmotte et les poupoulpes dans un coin pendant que Bill se rue vers l’oméga. Rita meurt dans l’affaire, et pour ne rien cacher, Bill aussi, puisque s’il parvient à envoyer tout un paquet de grenades vers l’oméga qui est planqué au fond d’un trou d’eau sous le musée, il se fait tuer par une marmotte furieuse. Je vous disais que c’était un animal taquin.

Les grenades arrivent sur l’oméga, lui explosent à la tronche, et celui-ci pète lamentablement, faisant que, ça alors, tous les aliens de la planète s’effondrent, raides morts.

J’aime beaucoup le principe des extra-terrestres qui meurent toujours d’un seul coup, histoire que ce ne soit pas trop compliqué à gérer dans l’intrigue. La Terre serait envahie par des humains, ou pire, des démarcheurs téléphoniques, on serait vachement plus emmerdés en fait. Heureusement que les aliens sont sympas.

En attendant, me direz-vous, Bill et Rita sont morts, le monde est sauvé, tout est fini ? Non ! Car le corps de Bill s’enfonce lentement dans les eaux noires où l’oméga avait fait son nid… et des morceaux de la bête viennent s’agglutiner autour de lui (souvenez-vous : xénozoonécrophilie jusqu’au bout !) jusqu’à ce que…

… Bill se réveille dans l’hélicoptère qui l’emmenait au début du film chez le général Brigham : il est revenu dans le temps ! Il a à nouveau le pouvoir ! Lorsque son hélicoptère se pose à Londres, la ville est en liesse : l’invasion alien est terminée. D’après les informations, une vague d’énergie a été détectée à Paris et tous les poupoulpes et autres marmottes se sont effondrés comme de vulgaire footballeurs dans une surface de réparation.

Ce qui serait très intéressant si tout cela n’était pas supposé arriver le lendemain, et ce grâce à Bill. L’oméga se serait donc suicidé ? Il serait revenu dans le temps pour mourir ? Le scénario serait tout pourri jusqu’au bout et en fait, tout cela n’aurait aucun sens autre qu’un happy ending sorti de nulle part ?

Je n’ose y penser.

Qu’importe : la victoire est à l’humanité, et Bill se rue donc sur la base où l’invasion se préparait. Dans son bel uniforme de major, personne ne l’embête lorsqu’il se rend aux quartiers de l’escouade de Rita, et lorsqu’il va trouver la belle, il lui fait son sourire le plus ravageur, se disant qu’il a désormais tout son temps pour essayer de lui montrer que tous les tentacules ne sont pas forcément hostiles et…

… FIN.

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On termine tout de même avec une spéciale cacedédi à François Bayrou.

______________________

« Alors ? Vous comprenez ? J’ai le même problème !« 

Berthier s’excite tant et si bien que ses gestes font à présent voler tous les papiers présents dans le bureau.

« Tous les matins, je me lève et je suis toujours aussi fatigué ! Je me traîne jusqu’au RER où les mêmes personnes me bousculent ! Puis, je me glisse dans un métro où un type rentre pour jouer la cucaracha à l’accordéon ! Ensuite, j’arrive ici et je fais les mêmes tableaux Excel, toute la journée ! Je répète sans cesse la même tâche ! Et quand je vais sur les réseaux sociaux, c’est pareil : les mêmes amis se plaignent qu’on est déjà lundi, d’autres postent des photos d’eux enfants en me défiant de faire de même, et un autre parle de la météo. Je rentre le soir, épuisé, je passe à Franprix où la caissière me regarde à peine, et je me couche pour me réveiller à nouveau le même jour et tout recommencer.« 

J’écoute tranquillement l’homme finir son récit, tout en écrasant mon cigare dans le vieux cendrier de la fête des pères qui trône fièrement sur son bureau. Je hoche la tête puis lui tape sur l’épaule.

« Allons Berthier, pas d’inquiétude, vous n’êtes pas Tom Cruise. Vous n’êtes pas dans une boucle temporelle.
- Vous… vous êtes sûr ? 
- Berthier vous êtes mon comptable depuis un moment, vous me connaissez, j’aime être direct, à part peut-être avec le fisc. Alors si vous vivez toujours la même journée, rien ne doit changer, non ?
- Non !
- Alors dans ce cas, comment était la stagiaire qui servait de table basse dans la salle d’attente devant mon bureau hier ? Vous savez bien que j’en change chaque jour.
- Hé bien… châtain, je crois.
- Et aujourd’hui ? »

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Berthier entrouvre timidement la porte pour regarder de l’autre côté du couloir et la referme dans un grand soupir.

« Rousse ! Elle est rousse ! Je suis sorti de la boucle temporelle !
- Ah, Berthier, Berthier… pas d’inquiétude : il n’y a jamais eu de boucle temporelle.
- Mais ? Vous êtes sûr ? »

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Je pose une main paternelle sur l’épaule de mon employé, et nous contemplons tous deux la ville qui vibre juste de l’autre côté de la fenêtre de son bureau.

« J’en suis sûr« , lui dis-je tranquillement. « Aucune boucle temporelle. » Je sens ses épaules se détendre sous mes doigts.

« Vous avez juste une vie de merde« , conclus-je avant de repartir vers mon bureau pour les entretiens d’embauche de mes assistantes.

Comme chacun sait, je suis partisan des économies d’énergie, à commencer par la mienne.

Aussi, et comme le précédent article traitait des compétences hors du commun de nos amis de la presse (qui s’étonnent que leurs ventes baissent, rappelons-le, mais c’est la faute de la télé, d’internet, de la crise et des ninjas), permettez-moi dans une subtile transition de débuter celui-ci avec les critiques du film Snowpiercer : le Transperceneige.

Attention, c’est parti :

5/5 « La richesse de « Snowpiercer » est telle qu’il faudrait le voir encore et encore pour cerner tout ce qui fait de ce film l’oeuvre complexe et politique qu’on n’attendait plus. »

- Cinema Teaser

5/5 « Une œuvre cinématographique à la fois divertissante, spectaculaire et foncièrement abstraite.« 

- Le Monde

5/5 « (…) un film d’action éblouissant sans jamais quitter l’espace clos d’un train lancé autour du monde.« 

- Les Inrockuptibles

5/5 « [Pour] Dans « Snowpiercer », on passe de l’effroi au burlesque, de l’action à la philosophie le temps d’une séquence dialoguée ou d’une explosion de violence. (…) Du caviar à la louche pour cinéphiles affamés. (NDOC : Ah oui, rien que ça) »

- Paris Match

Nul doute qu’avec des critiques pareilles, les lecteurs qui attendaient la critique d’un chef d’oeuvre seront satisfaits. Alors, Snowpiercer, véritable révolution politico-cinématographique ou épopée digne d’un Tchoupi fume du shit ? Ni une, ni deux : spoilons, mes bons !

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L’affiche : rien que le concept est bancal. Ça valait bien une adaptation cinématographique.

Notre film s’ouvre sur de jolies images de « chem-trails », à savoir ces belles traînées blanches laissées par les avions volant à haute altitude et dans lesquelles les théoriciens du complot voient la preuve que l’on tente de les empoisonner en diffusant des produits chimiques dans l’atmosphère. D’autres personnes y voient surtout la preuve de l’existence de la condensation, mais elles n’y connaissent rien, puisqu’alors que ces images défilent devant nous, on entend des extraits de journaux télévisés annonçant qu’il s’agit bien là d’une dispersion officielle et à grande échelle des gouvernements mondiaux d’un agent chimique révolutionnaire devant refroidir notre planète qui chauffe un peu trop : il contient en effet des extraits de l’humour de Kad Merad, ce qui pourrait refroidir n’importe quoi.

Sauf que ça a tellement bien marché que du coup, le globe a gelé au point d’anéantir toute forme de vie (oui, toute. Toute. Arrêtez de chipoter : si les humains ne peuvent pas survivre, c’est connu, tout le reste meurt).

Heureusement, les humains ont eu une idée géniale : embarquer à bord d’un train qui fait le tour de la Terre puisque c’est connu, les rails, ça ne demande aucun entretien, ça n’a aucun souci avec le froid et la neige comme vous le diront tous les cheminots qui ont déjà travaillé en hiver (ou les gens qui ont tenté de prendre le RER), et en plus, ça permet d’accueillir un monde fou. Bref, moins pratique qu’un bunker, qu’une voiture ou même qu’une mule avec une cagoule, nos survivants collectent donc des Smiles toute l’année. Tout cela commence fort et nous n’en sommes qu’au pitch.

Toujours est-il qu’il est temps d’aller voir dans le train qui fend la nuit et la neige de quoi il retourne.

En effet, à l’intérieur, nous retrouvons Curtis, un héros cool à la barbe bien taillée et son jeune ami, Relou le relou. Tous deux font partie de la 3e classe à bord du train, qui vit dans les wagons de queue ou à part des couchettes et le minimum vital, il n’y a quasiment rien. Et en plus, la sécurité du Snowpiercer n’est pas tendre avec eux et vient recenser la population des 3e classe tous les… deux ou trois jours. Ce qui est très logique, puisqu’on ne sait jamais : ils pourraient tous mourir sans que personne ne le remarque, ou à l’inverse, invoquer l’esprit du Grand Lapin pour forniquer comme des bêtes furieuses et se reproduire en 48 heures.

Ou alors, c’est juste que la sécurité se fait chier, allez savoir. Le dernier jeu de carte a dû geler.

Bref, l’ambiance pue un peu la révolte, puisque non seulement se faire recenser en boucle, c’est un peu lourd, mais en plus, le seul repas autorisé  consiste en une « barre de protéines » , truc noir et flasque distribué une fois par jour aux malheureux qui doivent trouver moyen de s’en contenter tant bien que mal. Mais c’est aussi l’occasion de s’amuser un peu, puisqu’un mystérieux inconnu glisse des messages dans les barres protéinées, et que Curtis, qui est donc notre héros, essaie donc de les réunir puisque chaque message contient un mot, un nom ou un indice sur comment aider la révolte qui gronde.

Qui les aide ? Pour quel mystérieux motif ? Et surtout, comment Curtis fait-il pour toujours obtenir le message sachant qu’il ne sait jamais dans quelle barre il est ?

Que de questions.

D’ailleurs, aujourd’hui, Curtis est bien embêté : une passagère annonce à celui-ci que c’est son fils (à elle, pas à notre héros : c’est un vieux mâle célibataire) qui a la barre protéinée contenant le message du jour. Sachant que ni le gamin, ni la plupart des gens n’ont commencé à manger leur barre, par quel miracle sait-elle qu’un message se cache dans son miam ? Elle a probablement une vision à rayons X : j’espère que Curtis porte bien son slip en plomb.

D’ailleurs, le gamin est évidemment énervant et refuse de donner la barre de protéines. Mais plutôt que de lui éclater la gueule contre une couchette ou une porte (chacun peut avoir sa petite préférence), Curtis préfère longuement négocier pour que finalement, le trou du cul (qui évidemment court partout et écoute à peine quand on lui parle) lui donne la barre de protéines et qu’il découvre dedans la fève qui pour le coup, est un message disant :

Namgoong Minsoo

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Relou le relou, illustration. Ici, Relou le relou apprend que non, il ne pourra pas surfer aujourd’hui.

Si l’avis de la plupart des passagers est que cela signifie « Celui qui lit ça est un con » en coréen ou un nom de soupe Liebig, Curtis a une toute autre idée : grâce à ses connaissances encyclopédiques tirées de son… sa… hem, ses connaissances encyclopédiques parfaitement justifiées, il sait que Minsoo est un expert en sécurité qui pourrait ouvrir les portes des voitures du train et donc leur ouvrir la voie vers l’avant et ses richesses. Curtis va donc en parler à Gandalf, le vieux sage manchot du train. Gandalf est en effet un des ingénieurs ayant bossé sur le Snowpiercer, mais après s’être visiblement fait doubler par Wilford, l’actuel propriétaire du train, il a fini en 3e classe. Feinté, papy. Les deux papotent donc d’un plan à mettre en place pour aller trouver Minsoo, qui serait retenu dans la voiture-prison plus à l’avant, et c’est l’occasion d’aborder un sujet qui reviendra en boucle avec toutes les personnes que Curtis va croiser :

« Curtis, tu es si sombre, si cool et si charismatique, tout le monde veut te suivre !
- Non, je suis dark et torturé, je ne suis pas un leader.
- Alleeeeez faipataput’ ! »

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Mais, si : il fait un peu sa pute.

Il n’empêche que le lendemain, une fois encore, la sécurité oblige tous les 3e classes à se regrouper, et plus particulièrement, à mettre leurs enfants au premier rang. La rumeur court : Wilford, qui « adore les enfants » (… non, rien) viendrait en chercher un nouveau, comme une vulgaire Angélina Jolie faisant du shopping en Afrique. Il a donc missionné un sbire, ou plutôt une sbirette, Jeannine. Celle-ci vient donc observer les enfants et les mesurer… lorsqu’elle entend un mystérieux éternuement dans les rangs des 3e classe. Et grâce à ses supers pouvoirs, non seulement elle identifie instantanément l’éternuement comme celui d’un enfant planqué dans les rangs, mais en plus, elle identifie la maman qui a planqué le marmot dans ses jupes du premier coup (encore une histoire des rayons X). Notre bougresse embarque donc le marmot planqué ainsi qu’un autre, et cela provoque une émeute chez nos amis de 3e classe, difficilement maîtrisée par la sécurité.

Dans l’affaire, une chaussure est envoyée sur Jeannine par le père d’un des enfants, que nous appellerons Roro.

Fâchée d’avoir été traitée comme un vulgaire Georges W. Bush, Jeannine demande donc à la sécurité d’agir. Ce qui est bien vite chose faite puisque Roro est saisi par les hommes en armes, qui font appel à une petite chef locale, Gertrude, pour faire un speech sur pourquoi c’est méchant de jeter des chaussures sur les gentils riches qui viennent chercher des ch’tites n’enfants, le tout en faisant un geste bizarre sur lequel nous reviendrons. C’est donc fait pendant que Roro subit son châtiment : il est condamné à garder son bras au-dehors du train durant 7 minutes (ça tombe bien, le train est équipé figurez-vous en petits orifices permettant de juste passer un bras sans que le froid ne pénètre, c’est merveilleux, ils avaient pensé à tout au départ), ce qui, d’après les calculs des larrons du bord, devrait le geler entièrement.

Et en effet : 7 minutes plus tard, Roro n’a plus un bras mais un Miko. La sécurité lui pète donc au marteau, et c’est donc Roro le manchot qui rejoint les siens, un peu bougon. On lui a pris son enfant et son bras droit, maintenant, comment va-t-il se soulag… hem, comment va-t-il faire au quotidien ?

Du coup, le soulèvement gronde, si fort qu’il est prévu pour le lendemain. En effet, Curtis a noté que les chargeurs des armes de la sécurité étaient tous vides : ils ont dû trop tirer lors de la dernière insurrection, 4 ans auparavant. Avec des lames et masses de fortune, il est donc probablement possible de leur péter la gueule. Et en attendant de libérer Minsoo, l’expert en portes, Curtis propose de fabriquer un bélier à partir de… hem. Bon, vous savez quoi ? On va dire que la sécurité leur a laissé les barils de barres protéinés. Et que mieux encore, ils s’emboîtent pour faire un bélier parfait avec parties démontables pour coincer les sas que l’on tenterait de refermer.

Ça tombe bien, dites-donc.

Le lendemain, le plan est donc mis à exécution : au moment du recensement, les 3e classes sortent tout ce qu’ils ont pu bricoler comme armes et tombent sur le coin du nez des pauvres gardes qui n’ont effectivement plus de balles (quel dommage que personne n’ait pensé à juste faire passer les barres protéinées par une trappe et les laisser dans leur crottin). Ils leur tapent donc le museau puis aidé de leur bélier (sur lequel Curtis grimpe, probablement pour rendre la manœuvre plus ardue, il doit aimer faire chier), passent les portes de sécurité et tabassent tout le monde sur leur passage jusqu’à arriver à la prison du coin.

L’occasion donc d’ouvrir les cellules, qui sont en fait plus ou moins des tiroirs de morgue qui contiennent des mecs en stase, mais qui se réveillent comme des fleurs, et avec grâce s’il-vous-plait : pas une courbature. Ils doivent avoir été condamnés à faire du yoga à perpet’. Minsoo, l’expert en sécurité, est donc bien vite libéré et même s’il ne parle pas anglais, ça tombe bien, le coin grouille de traducteurs universels qu’on avait laissé là, houplà. Les choses sont bien faites. Minsoo cependant n’est pas du genre reconnaissant d’être sorti de sa prison. Il a plus urgent : déjà, il veut sortir sa fille Yuna de stase, ce qui tombe bien puisqu’elle est dans le tiroir d’à côté, hop, debout. Yuna est déjà une adulte, je précise, puisque nous reviendrons plus tard sur la pyramide des âges de ce train. Puis, Minsoo explique qu’il veut bien aider nos héros, mais pas gratuitement : il veut être payé en Schnoof, la drogue du train faite de vieux rejets chimiques. Soit : il aura une dose par porte ouverte. Prêt ?

Non, attendez, pas prêt.

D’abord, j’aimerais faire un point : à chaque fois que nos héros s’apprêtent à avancer dans le train, ils évoquent la voiture suivante. Et au début, faisaient même des plans du train avec des barres protéinées. Du coup, à chaque fois qu’ils avancent d’une voiture, on a le droit à une scène. Du coup, calculer la longueur du train est facile : là encore, on en reparlera pour bien montrer à quel point la réalisation insiste sur sa capacité à se vautrer.

Plan

La preuve par l’image : ici, Curtis expliquant à Gandalf la succession des wagons à l’aide de barres protéinées pour bien expliquer que non, il n’y a pas d’ellipse, tout le train ne fait que quelques wagons, regarde papy, j’ai fait un plan.

Maintenant que c’est dit, nous sommes prêts. La voiture suivante n’est pas n’importe laquelle : c’est celle qui produit les barres protéinées.

A l’intérieur, il n’y a qu’un 3e classe qui avait été réquisitionné comme ouvrier et qui montre à Curtis la matière première de ces barres : ces milliers et des milliers d’insectes.

« Caca ! » se dit Curtis. Oui, certes, pourquoi pas mais et sinon, tu ne te demandes pas où les mecs arrivent à trouver quotidiennement plusieurs milliers voire centaines de milliers d’insectes vu les cuves ? Non ? Bon, ce n’est sûrement qu’un détail inintéressant : après tout, ce n’est que la base de la survie de toute une partie du train, ça ne méritait pas d’explication rationnelle. Qu’importe : Curtis a déjà des questions, comme « Qui met des messages dans les barres protéinées ? » le larron en charge est incapable de répondre précisément, mais ajoute qu’un message est arrivé aujourd’hui où l’on peut lire « Eau ».

« La citerne ! » s’exclame Gandalf, qui accompagne l’expédition. « Elle est deux voitures plus loin, et qui contrôle la citerne contrôle toute l’eau du train et peut donc négocier ce qu’il veut, comme de la coke et des p… la liberté, tout ça. » C’est effectivement très intéressant, on demande donc à Minsoo de s’activer pour ouvrir la prochaine porte. Mais pendant qu’il y travaille, Curtis va trouver sa fille, Yuna. Et lui demande :

« Toi qui a des pouvoirs de voyance, qu’y a-t-il de l’autre côté de la porte ?« 

Que… pardon ?

Des pouvoirs de voyance ? Depuis quand ? Attendez, il n’en a jamais été question du film, d’où Curtis sort-il soudainement ça ? Bon, on va dire que c’est lui qui a des pouvoirs de voyance. Du coup, Yuna devient subitement voyante (ben oui), et pouf, annonce ce truc formidable : « Il y a un grand danger de l’autre côté de la porte, ne l’ouvrez pas !« 

Hé bien merci de ton aide, Yuna. Je propose que tout le monde retourne à l’arrière du train jouer au Uno.

De toute manière, c’est trop tard : Minsoo a déjà piraté la porte qui s’ouvre donc et révèle… une voiture sans meubles contenant seulement une horde de types avec des cagoules et des haches. Parce que oui, quand les mecs ont embarqué sur le dernier train de l’humanité, ils se sont dit qu’une cargaison de 150 haches, c’était parfait pour… couper des arbres qu’il n’y a pas ? Ce film est décidément merveilleux : bref, nos 150 types armés de haches attendent tranquillement dans la voiture et sitôt que les 3e classe y rentrent, une grosse baston éclate avec moult morts de part et d’autre.  Baston qui implique, entre autres, des rebondissements comme « J’ai glissé sur un poisson qui traînait par terre, chef« . Oui, un poisson. Au milieu du train. Indice : quand un film a des ficelles que l’on retrouve dans Le Flic de Shangaï, c’est plutôt mauvais signe.

Et puis soudain, pouf, tout le monde s’arrête.

Ah ? Mais ? Que ? Comme ça, hop ?

Si, si : Gertrude, la vilaine experte en speeches, vient d’arriver pour faire un discours parce que c’est… le nouvel an.

Oui, c’est la guerre, mais c’est urgent. Ils font même le compte à rebours.

Qualité, tout ça.

Nouvel an qui est marqué, comme le train fait le tour du monde en très exactement un an, par un passage sur un immense pont (qui s’entretient lui aussi tout seul). Bref, comme c’est le nouvel an, on écoute Gertrude dire bonne année à tout le monde (véridique) avant de compléter un peu en disant que les 3e classe sont des vilains de se rebeller, et que de toute manière, 74% d’entre eux vont mourir.

Bon bon bon.

Une autre connerie, là, au débotté ?

Pas de problème, ce film est un gros étron pour rester courtois : soudain, tous les types équipés de hache sortent de leurs poches… des lunettes de vision nocturne. Parce que là encore, les derniers survivants de l’humanité se sont dit que vraiment, c’était du matériel de première nécessité dans un train illuminé en permanence. Et c’est bien là la ruse : le train passe dans un tunnel, les lumières sont éteintes par les vilains et… commence alors un massacre puisque les amis des haches peuvent défoncer en paix leurs ennemis qui se retrouvent aveugles.

Poisson

Ce plan a lui seul permet de se poser la question « Est-ce vraiment un film sérieux ? »

Dans l’affaire, Relou meurt. Et c’est triste, sauf pour les spectateurs.

Curtis, lui, sent que c’est un peu la panique dans les slips. Mais c’est sans compter sur nos amis de 3e classe qui ont fabriqué des torches. Si. Des dizaines. Et oui, en moins de deux minutes, avec tout le nécessaire qu’ils avaient bien entendu avec eux. La contre-attaque est donc brutale et les 3e classe arrivent donc à tataner correctement les amis des haches et même à capturer la vilaine Gertrude ainsi que divers hommes de main. L’occasion donc d’envoyer les survivants dans la voiture suivante, qui est donc la citerne et qui est équipée en douches (ah bin oui) pendant que Curtis et Gandalf discutent avec Gertrude :

« On contrôle la citerne. Et comme vous l’avez dit dans la scène précédente pour votre discours du nouvel an : c’est la réserve de toute l’eau du train. Si on la contrôle… on contrôle le train.
- Ahaha ! Sauf que non : l’étrave à l’avant du train alimente la citerne, donc ça ne sert à rien !
- Je ne vois pas le rapport : l’étrave brise la glace et pourquoi pas approvisionne la citerne, mais tout ça, c’est à l’extérieur. Donc sans la citerne, ça va être compliqué quand même les enfants.
- Non : le script dit que soudain, pif pouf, mon argument suffit à alimenter en eau tout le train et donc que vous vous désintéressez complètement de la citerne pour laquelle vous venez de combattre et de mourir.
- Est-ce que le script dit autre chose de complètement con ?
- Oui, regardez la page suivante des dialogues ! Et dire que la presse française nous a encensés ! »

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Parce que non, ce n’est pas fini : Curtis décide de trouver une utilité à Gertrude en lui demandant « Où sont les enfants qui ont été emmenés ? Et Wilford ? Tu vas devoir nous guider de force, Gertrude !« 

C’est un train.

C’est un foutu train.

Si tu veux trouver quelqu’un dans un train, c’est pas bien compliqué : tu avances. Donc Gertrude n’a aucune utilité : c’est comme si tu demandais à ce qu’elle te guide dans un couloir sans portes. Remarque, il y avait aussi une autre option si tu voulais vraiment avoir l’information super pertinente « Les enfants et Wilford sont vers l’avant du train » : demander à Yuna et ses pouvoirs de voyance. Pardon ? Elle les a perdu aussi vite qu’elle les avait gagné et on en parlera plus du film ?

Très bien.

Une seconde, je prends mon sachet de chatons salés. C’est rigolo, c’est comme des chips, ça craque sous la dent, et en plus ça aide à se passer les nerfs pour ne pas craquer devant le film. C’est bon, les chatons salés.

Où en étais-je ? Ah, oui.

Nos héros décident déjà de se reposer un peu et de passer la nuit en profitant de l’eau et de la nourriture qu’ils ont conquis au mépris du danger. L’occasion d’avoir une petite séance de papotage nocturne entre Curtis et Gandalf, dans laquelle Curtis se plaint, car contrairement à Gandalf il a… deux bras. Nous comprendrons plus tard pourquoi (oui, encore, je sais, mais vous allez voir, ce sera une explosion de matière fécale) , même si, rassurez-vous, ça reste très con. Connerie toujours, au matin, les 3e classe décident d’abandonner l’avantage du nombre et de se scinder en deux groupes : un petit commando mené par Curtis ira vers l’avant, pendant que les autres attendrons des nouvelles de la révolution en jouant à la marelle.

Si, si.

Encore une fois, relisez les critiques en introduction de ce spoiler, vous verrez, c’est magique.

Le commando guidé par Gertrude part donc pour la voiture suivante… qui est une serre. Mais attention, hein, il y a bien, pfiou, 8 arbustes et quelques étagères de plantes en pot.

Et c’est tout : quelque chose me dit que tout le monde n’a pas ses 5 fruits et légumes quotidiens.

Qu’importe : la voiture suivante est… un tunnel aquatique ?! Mais ? Mais enfin ! Ça suffit maintenant, les conneries ! Bon, ça explique d’où venait le poisson sur lequel des gens ont glissé quelques scènes plus tôt, mais par contre, l’œil attentif notera que des espèces d’eau douce et salée cohabitent dans le même tunnel. Probablement qu’il y a une langouste qui deale du sel de Guérande au fond. D’ailleurs, savez-vous ce qu’abrite aussi cette voiture ? Un bar à sushis, mais si. L’occasion pour nos héros de s’en régaler, donc. Sans se demander d’où vient le riz, par ailleurs : encore un détail.

Allez, allons voir s’il y a des incohérences dans la voiture suivante : il s’agit là de la chambre froide de la boucherie ! Où carcasses de bœufs et poulets attendent leur heure. On peut donc imaginer sans mal que la voiture suivante est bien évidemment celle où ces animaux vivent en batt…

Ah non, tiens : c’est l’école.

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L’école avec la chambre froide juste derrière : ça ressemble un peu à la Belgique.

Du coup, on peut donc en déduire que les cours sont régulièrement interrompus par des transports de bidoche puisque quelqu’un a oublié de mettre côte à côte les voitures élevage et stockage (on supposera que l’abattoir est avec l’élevage) ? Sans rire : le mec qui a fait le film, il n’a pas pris, je ne sais pas moi, 10 minutes pour dessiner son train sur un bout de papier et vérifier que ça tenait un minimum debout ? Qu’il y avait une logique ? Une cohérence ? Non : après tous, même les professionnels trouvent ça génial, alors pourquoi faire un effort ?

D’ailleurs, en parlant de cohérence, la voiture école n’est peuplée… que d’enfants de 8 ans.

Où sont les autres ? Ils n’existent pas ? Hé bien en effet : dans ce film, soit on est un adulte, soit on est un vieux, soit on a 8 ans. Probablement qu’à partir de 9 ans, on accroche les marmots sur les flancs du train et on ne va les chercher que lorsqu’ils ont 18 ans parce qu’entre les deux, on a rien prévu pour eux. Et toutes les femmes accouchent d’enfants de 8 ans (ça pique un peu sur le coup). Hélas, les enfants kidnappés plus tôt dans le film ne sont pas là : ils ont été emmenés plus à l’avant. Mais comme nous sommes dans une école, profitons-en puisque la maîtresse fait cours, pour en apprendre plus sur l’histoire du convoi légendaire où nous sommes.

Wilford, le propriétaire du train, aurait tout petit déjà eu une passion pour les chemins de fer (et la drogue, je pense). Il a donc monté une société qui a non seulement fonctionné mais lui a permis d’accomplir son rêve : relier les chemins de fer du monde entier (il a fallu une paire de petits ponts, mais sinon, ça va, c’était facile) pour y faire circuler un train de luxe qui ferait le tour du monde en un an. Et qui dit luxe dit train suréquipé, d’où tout le bordel qu’on y trouve en sus d’une machine, La Machine, située en tête de train et qui fournit de l’énergie à tout ce petit monde pour toujours (elle est probablement alimentée par les trous dans le scénario). Donc quand l’apocalypse a débuté, tout le monde a tenté de prendre place dans ce train dont tout le monde se moquait à l’origine.

Le film n’évoque pas le plan français, « l’Arche Ultime », elle aussi conçue comme un train devant rouler pour toujours, probablement puisqu’il a fallu dix minutes après la sortie de la gare pour que la première grève éclate à bord, et vingt pour qu’un incident de voyageur l’arrête définitivement. La France n’était pas prête.

Qu’importe : la voiture-école est aussi l’occasion pour la maîtresse de montrer quelque chose d’intéressant par la fenêtre : 7 formes dans la glace. Ce sont les restes de 7 passagers qui, 15 ans auparavant (le train roule depuis 18 ans soit dit en passant), ont décidé que stop, ça suffisait le bullshit, on s’en va. Menés par une femme eskimo, ils ont fait 50 mètres avant d’être transformés en Apéricubes. Depuis, chaque année, le train passe devant, l’occasion de montrer aux enfants ce qui arrive à ceux qui ne veulent pas suivre les règles du train. Ou l’importance de porter une cagoule.

Détail intéressant : les gestes de la maîtresse n’ont aucun rapport avec ce qu’elle raconte. Par exemple, quand elle parle de « mourir congelé », elle mime un hachoir ou un éléphant tétraplégique, on est pas bien sûr, mais en tout cas, ça n’a aucun rapport avec le froid et toute la classe mime ces mouvements en chœur. Là encore : quel talent, perdre du temps et de l’argent à demander à des acteurs d’apprendre une chorégraphie qui n’a aucun rapport avec la scène, c’est beau. Et mieux encore : c’est encensé.

Qu’importe : un employé du train poussant une brouette remplie d’œufs apparaît dans la classe. En effet, pour le nouvel an, des oeufs cuits dans l’eau de La Machine sont offerts à toute la population du train. L’employé du train semble bien se moquer du commando des 3e classe au milieu de l’école, et leur file des oeufs. Et dans celui de Curtis, il y a un message : « Sang« 

Incroyable télescopage : à cet instant précis, le type qui distribuait les œufs, à présent à l’arrière du train, ainsi que la maîtresse d’école sortent tous deux des mitraillettes et commencent à arroser les 3e classe. A l’arrière, les employés du train qui avaient joué de la hache plus tôt et étaient prisonniers sont libérés, et eux aussi récupèrent des armes et ouvrent le feu sur les prolos.

C’est bête, quand même, toutes ces armes que nos larrons avaient depuis le début mais qu’ils n’avaient pas pensé à utiliser plus tôt.

La maîtresse qui joue du flingue est vite calmée par un couteau volant, mais par contre, à l’arrière du train, la sécurité reprend le contrôle de la situation dans le sang. Curtis et son commando sont donc à présent isolés. Quel dommage qu’ils n’aient pas vu cela venir : si seulement quelqu’un dans l’équipe avait des pouvoirs de voyance. Mais je m’égare. Dans l’affaire en tout cas, Gandalf se prend une balle dans la tête, histoire de. En représailles, Curtis en colle aussi une dans Gertrude, parce que hein, flûte, bon, ça suffit maintenant.

Nos larrons décident donc d’avancer dans le train : ils traversent donc la voiture où se situent les cabinets médicaux & les artisans, poursuivent au travers de la voiture salon de coiffure, et traversent la voiture piscine, où il y a de grandes fenêtres. Ça tombe bien (ça alors !) puisqu’à ce moment là, le train est sur des rails formant une gigantesque courbe, et par la fenêtre, on peut donc voir le cul du convoi, convoi qui soudainement, fait près d’une centaine de voitures alors que le film a bien insisté sur le fait qu’il n’en était rien, les personnages comptant régulièrement les portes à traverser.

C’est consternant.

Oui oui : le petit trait noir au fond, c’est bien le (gigantesque) train. Et oui, notre héros est bien en train de mitrailler sa propre vitre en visant une cible minuscule avec une arme pas adaptée.

Mais ce qui l’est encore plus, c’est que depuis la voiture école où les méchants viennent d’arriver, Guy le bad guy, nommé ainsi puisqu’il est l’homme de la sécurité qui a collé une balle dans la tête de Gandalf, prend son fusil d’assaut et décide… de tirer à travers les vitres blindées du train en direction de la voiture, bien plus loin à l’avant, de nos héros (qui je le rappelle, officiellement, n’ont traversé que trois voitures, mais on en voit au moins 50 derrière eux), qui ont eux même des vitres blindées. C’est très con et ça donne une ridicule scène de fusillade entre Guy et Curtis où tous deux se ratent comme des grosses buses en perçant avec peine le verre blindé de leurs propres fenêtres, autant dire pas du tout celle d’en face, le tout dans un train en mouvement.

Sitôt qu’ils ont fini les conneries, Guy et deux hommes de la sécurité se remettent en marche vers l’avant, et probablement en utilisant un trou de ver de Lorentz, se retrouvent dans la même voiture que celle dans laquelle nos héros viennent d’arriver : le sauna. Rapidement, la situation tourne au pugilat, puisque jaillissant des cabines, nos héros sautent sur l’ennemi. Si les deux agents de la sécurité anonymes sont vite morts, Guy ne se laisse pas faire et tue à peu près tout et tout le monde simplement avec ses petits poings (si) jusqu’à ce qu’il ne reste plus que Curtis (qui avait un pistolet mitrailleur mais n’a pas trop tiré sur Guy, c’était pas rigolo), Minsoo et Yuna. Guy est quand même tué dans la bagarre par Curtis, qui lui strangule sa face de margoulin.

Cela étant réglé, nos amis vont aux prochaines voitures : la voiture boîte de nuit, où tous les jeunes du train s’éclatent en prenant de la Schnoof, la fameuse drogue à la mode, puis la voiture pleine de gens qui portent des manteaux de fourrure mais personne ne sait pourquoi, que nos héros dépouillent de leurs oripeaux.

Dites-donc, j’espère que dans ce train, on a pas trop souvent des envies de sushis sinon il faut traverser un sauna, un nightclub, une école, une chambre froide…

Qui a dit « C’est du foutage de gueule pur et simple à ce niveau ? » Bravo, vous venez de gagner un regard approbateur de ma part.

Nos héros continuent donc à progresser et traversent une salle de sécurité où personne ne les embête (ben non ! C’est une salle de sécurité, on ne va pas y mettre des agents de sécurité !) mais je crois qu’à ce stade, nous sommes tous d’accord que c’est tout simplement n’importe quoi depuis le début. Ils peuvent donc arriver à leur ultime destination : une voiture avec un pont au-dessus des rouages d’une étrange machine (La Machine), et en face, une porte avec un « W » doré : celle qui mène à la voiture de tête, la demeure de Wilford.

Yuna s’endort soudainement : comme ça, pouf. Non, aucune explication : elle est dans un coin de l’écran, ils arrivent au terme de leur quête, elle n’en a donc fort logiquement plus rien à péter.

Hmmm, soit.

Minsoo et Curtis décident de s’asseoir pour faire une petite pause avant de pirater l’ultime porte. L’occasion pour Minsoo d’offrir un trésor à Curtis : la dernière clope de l’humanité. Que notre héros allume mais se contente de garder entre ses doigts pendant qu’il raconte sa vie, principalement parce qu’il est con. Et quelle vie raconte-t-il ? Hé bien pas n’importe laquelle ! Il y a 18 ans, il est monté dans le train clandestinement, comme les autres 3e classe. Mais bien vite, un problème s’est posé : il n’y avait pas de nourriture (oui, les mecs ont construit une machine à barres protéinées à partir de rien et lui ont même trouvé un wagon alors que le train était déjà en route depuis un moment, dites-donc !). Les gens ont donc commencé à se dévorer les uns les autres, jusqu’à ce qu’un jour, Curtis tente de manger un bébé. Mais Gandalf a surgi et sauvé l’enfant en coupant son propre bras pour nourrir les affamés à la place.

Cet enfant, c’était Relou.

Comme quoi, il aurait mieux fini en steak.

Par la suite, les barres protéinées sont arrivées, mais Curtis ne s’est jamais pardonné ce moment d’égarement. Ce pourquoi il trouvait triste d’avoir deux bras, plus tôt dans le film, alors que Gandalf en avait courageusement donné un pour les nourrir. Hmmm, soit ? Et après cette histoire inintéressante, c’est au tour de Minsoo d’expliquer la sienne : lui n’a pas prévu d’ouvrir la porte menant à Wilford. Lui, son plan, c’est d’utiliser la Schnoof, qui est inflammable, pour faire sauter une porte condamnée du train et s’enfuir dehors. Car par la fenêtre, il a remarqué que la neige avait un peu diminué en épaisseur : c’est donc que ça se réchauffe, et il pense avoir une chance.

Ah bin oui, du coup, oui, il doit faire bon dehors, tu as raison. Et puis surtout, qu’importe quand quel coin du monde et à quelle altitude tu sors, pas vrai ? Ça n’a sûrement aucune importance.

Au début du film, il n’a pas suffit à un mec de passer le bras dehors pour qu’il gèle d’ailleurs ? Non ? C’était sûrement un autre film, je dois me tromper.

Ho, et puis juste comme ça : si c’était ton plan, pourquoi attendre d’être devant la porte de Wilford et donc te taper la sécurité de touuuut le train pour le mettre à exécution ? Parce qu’il te fallait assez de doses de Schnoof et que tu en gagnais une par porte ouverte ? Et sinon, passer par une fenêtre, ouvrir une porte autrement (ta spécialité, je le rappelle) ou même sortir par n’importe quelle issue, non ? Parce qu’aux dernières nouvelles, tout à l’heure on a parlé de 7 passagers qui avaient « sauté en route » : ils ont bien utilisé une issue, non ?

Okay, vous êtes donc tous particulièrement crétins, j’en prends bonne note.

De toute manière, la scène est interrompue par la porte de Wilford qui s’ouvre d’elle-même et Jeannine, l’adjointe de Wilford qui venait chercher des gosses de 3e classe au début du film, en surgit pour coller une balle dans Minsoo, qui s’effondre, blessé. Puis, elle invite Curtis à rentrer dans ce qui ressemble à un luxueux salon où l’attend en robe de chambre…

EdHarris

« Salut mec, je t’attendais. Et comme à chaque fois que j’attends quelqu’un, je reste en pyjama. »

« Ed Harris !
- Wilford, pour être exact, est-ce que moi je te rappelle que tu es le héros de « Captain America », hein ? 
- Bon, si vous m’expliquiez pourquoi vous êtes là, tranquille, en robe de chambre limite en slip à m’inviter alors que je viens pour vous faire du mal ?
- Assieds-toi petit fripon, je vais tout te dire lors d’une de ces scènes qui se veulent intellectuelles simplement parce que nous parlons assis au milieu d’un décor futuriste. Pour commencer, sache que je suis celui qui t’envoyais les petits messages dans la nourriture. 
- Le mec qui m’a envoyé « Water » avant que le script n’explique que la citerne d’eau, indispensable jusqu’à une scène n’avait en fait aucun intérêt après la suivante ?
- Celui-là même. Je t’ai choisi, Curtis, tu as une âme de leader. Tu devais mener la révolte. J’étais de mèche avec mon vieil ami Gandalf depuis le début : lui et moi communiquions chaque soir grâce à un téléphone planqué reliant l’avant à l’arrière du train. Gandalf, comme moi, savait que pour préserver notre système, parfois, il faut le purger. Et donc, quand les 3e classe sont trop nombreux, nous leur offrons une petite révolte des familles. Là, par exemple, nous avions prévu de tuer 74% d’entre vous et de vous arrêter dans la salle avec les haches. Comme ça, il y avait plus de nourriture et de place pour les survivants et tout le monde était content. Ce pourquoi Gandalf soutenait donc l’opération.
- On parle bien du Gandalf qui avait préféré perdre un bras que de laisser Relou mourir quand ce n’était qu’un enfant ? En fait, à côté de ça, tuer des dizaines de passagers et de gosses à la sulfateuse, par contre, il était complètement d’accord ?
- Ah, tiens, oui, c’est vrai que c’est étonnant. C’est bête qu’on ait passé une scène entière à raconter l’anecdote de « Gandalf le sauveur de bébé » et quo’n ait investi dans des prothèses de bras et dans du maquillage pour qu’au final ça ne serve qu’à foutre en l’air l’explication finale.
- Je ne te le fais pas dire. »

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Pendant que nos amis discutent, en tout cas, en queue de train, 74% des gens sont donc en train de se faire réguler la margoulette au gros plomb (avec là encore des gestes qui n’ont aucun sens pour ponctuer le propos de leurs bourreaux, c’est assez formidable, par exemple à un moment ils veulent dire « 18 survivants » donc ils montrent… deux doigts. Mais ?).  Et surtout, au milieu du convoi, soudain, Guy le bad guy qui s’était pris des mandales, des coups de couteaux et s’était fait stranguler… se relève.

Oui oui : soudainement, il n’est plus mort. Non, on ne sait pas pourquoi. Yuna, qui pionçait, se relève aussi et va aider son papounet de Minsoo qui, toujours devant la porte de Wilford, a un peu bobo depuis qu’il s’est pris une balle. Ho, et puis soudain (encore), justement, Minsoo et Yuna sont dérangés par l’arrivée de tous les teufeurs de la boîte de nuit qu’ils avaient traversé plus tôt qui veulent tous les tuer.

Ah bon, mais pourquoi, comme ça, hop, ça leur a pris ? « Allez on va en tête de train tuer des gens ?« 

Un teufeur essaie de tuer Minsoo, qui se bat sur le pont au-dessus de La Machine, et malgré sa blessure, gagne. Guy le bad guy débarque aussi et prend aussi sa tannée.

Alors vous me direz « Mais que font les autres teufeurs alors ?« 

Hé bien ils dansent.

J’ai mal rien qu’à l’écrire tant c’est nul.

Oui, ils sont tous venus là, mais juste pour danser en fait : il n’y avait pas de musique, c’était plus étroit et moins pratique, c’était donc une excellente raison de traverser le train pour venir. Et leurs intentions hostiles ? Disparues, hop. Ils dansent on vous dit.

Quel film.

D’ailleurs, pendant ce vaste bordel, Jeannine, l’assistance de Wilford, sort pour voir qui c’est qui fait du bruit, là, ho, vous vous croyez où, et se fait avoir aussi par Minsoo qui visiblement, bien que mourant 5 minutes avant, pète désormais la forme. Du coup, retournons à l’intérieur de chez Wilford pour voir de quoi il retourne, et où nos deux larrons sont toujours en grande conversation :

« … et c’est comme ça que j’ai compris qu’il ne fallait pas que j’utilise les rails du RER B.
- C’est fascinant Wilford. Mais en attendant, que fait-on à présent ?
- Hé bien Curtis, tu es jeune, tu es fort, tu as déjoué mes plans en partie, donc que dirais-tu maintenant que le nombre d’êtres humains à bord a été régulé grâce à mon habile révolte organisée de prendre ma place ?
- Et par exemple d’avoir une politique sur la natalité plutôt que de réguler la population au fusil à pompe ? Ou de ne pas avoir une prison quand on se plaint d’être trop nombreux ?
- Non. Ce serait bien trop intelligent. Mais tu pourrais toi aussi avoir une robe de chambre moche et te promener en slip toute la journée dans ton compartiment de luxe.
- J’ai une autre question avant : et les enfants qui ont disparu ? »

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Wilford hoche la tête et va soulever une dalle sous le plancher : on voit alors un enfant faire un geste répétitif au sein des rouages d’une machine située sous le sol. Un geste qui ressemble à celui que faisait Gertrude au tout début du film. Wilford explique : « La Machine à énergie pour le train est éternelle… mais pas ses pièces ! C’est pourquoi je remplace les pièces défaillantes par des enfants.« 

Oui, c’est un truc connu de garagiste :

« Ah, le carbu a pété.
- Mets un enfant à la place !
- Mgnn… reeeeeentre…. gnnn… voilà, ça r’marche !
- Un pneu a éclaté !
- Mets un enfant !
- Bon sang, l’oscilloscope vient d’imploser !
- Passez-moi le petit épileptique ! »

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Oui, c’est connu : les enfants peuvent remplacer n’importe quelle pièce de mécanique ou d’électronique. Moi-même, j’ai remplacé il y a peu la carte mère de mon PC par un enfant grassouillet (il y a plus de place pour les barrettes de RAM). Mais ce film, c’est une comédie ou bien ? Wilford en plus montre le geste que doit faire l’enfant jusqu’à épuisement au sein de la machine : il confirme que c’est celui que faisait Gertrude au début du film. Gertrude qui ne pouvait pas connaître ce geste. C’est donc bel et bien tout simplement nul, raté, et tout ce que vous voulez sur tous les plans.

Cela dit, tout cela énerve un peu notre héros : il pète la gueule à Wilford et fait ce qu’il a toujours rêvé de faire, à savoir, perdre un bras pour sauver un enfant. En effet, en coinçant sa mimine dans les rouages sous le plancher, il donne une chance à l’enfant de s’en sortir, ce qu’il fait. Dès lors, l’équipe ainsi reconstituée va poser le Schnoof, qui est donc inflammable, sur une porte condamnée du train et fait péter le tout pour ouvrir un chemin vers l’extérieur. L’explosion est si forte qu’elle provoque une avalanche (puisque le train passait dans des montagnes à ce moment là, d’ailleurs les décors c’est soit des villes détruites, soit des montagnes, soit des ponts géants, ce train ne connaît que ça et visiblement le monde n’est constitué que de cela) qui renverse le train et provoque donc son déraillement.

Dance

Guy et ses amis danseurs, qui ont tellement plus important à faire que de sauver leurs vies qu’ils regardent ailleurs, notez-le bien.

Du coup, tout le monde meurt dans le crash qui en résulte, sauf Yuna et le petit enfant sauvé que nous appellerons Mokobé puisqu’étant plutôt du genre visible sur fond de neige (non, il n’est pas roux, arrêtez).

Tous deux sortent donc de l’épave du train couverts des fourrures qu’ils avaient trouvées à bord pour des raisons contestables, et constatent qu’ils sont au milieu d’une chaîne de montagne (c’est ballot, il aurait peut-être fallu prévoir). Soudain, un mouvement sur le flanc d’un pic : c’est un ours blanc (parce que oui, froid = ours blanc, les autres ours sont connus pour vivre uniquement du côté de Barcelone) qui doit s’emmerder sec vu qu’il n’y a rien à manger dans le coin. A part peut-être une Yuna et un Mokobé.

Mais la réalisation n’y a pas pensé non plus et à la place, nos deux héros sont contents, puisque cet animal annonce qu’un retour de la vie sur le globe est en cours.

Et sur cette note d’espoir, et avant que nos héros ne se fassent déchiqueter par l’animal affamé je suppose…

… FIN !

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Je crois que la conclusion revient au reste de la presse professionnelle « spécialisée » (donc d’autant plus sévère, on l’imagine) :

4/5 « La pertinence du scénario (…) s’impose comme un modèle d’adaptation réussie à quasiment tous les niveaux. (…) La rencontre du concept fort imaginé par Jacques Lob et de la vision très personnelle de Joon Ho a donné naissance à une mémorable odyssée.« 

- Mad Movies

4/5 « (…) les moyens colossaux ne brident jamais la folie baroque, le goût du mystère, les visées poétiques et la liberté d’un artiste qui, derrière les oripeaux du genre, balance une méchante parabole politique. »

- Première

4/5 « De tous les blockbusters post-apocalyptiques sortis cette année (« After earth », « World War Z », « Elysium »…), « Snowpiercer » est le plus inspiré. (NDOC : La vache, on ne se mouille pas trop par ici, sans la note, on aurait pu penser à une blague) »

- Télérama

Quelqu’un d’autres a quelque chose à dire ?

0/5 « C’est une sombre merde. Et les critiques n’ont bien évidemment rien à voir avec le fait que ce soit tiré d’une bédé française, non ma bonne dame, les experts ne mangent pas de ce pain là. Leur avis de professionnel illustre bien leur niveau de compétence, dire qu’ils sont payés pour cela fait peur. Cela dit, si vous voulez vraiment une histoire de miséreux qui peinent à survivre dans un train pourri, il y a plus simple : prenez le paris-Troyes.« 

- Un Odieux Connard

Bien, cette fois, je crois que c’est bon.

Parfois, vous avez le spleen.

Il suffit d’un rien pour le faire naître : allumer une télévision, lire les commentaires du Monde.fr, ou plus simplement, revoir l’épisode I de Star Wars. Cela fait, vous n’avez plus qu’une envie : vous isoler. Debout face à une fenêtre balayée par la pluie et le vent à observer les lueurs du monde qui s’éteignent sous le déluge alors que vous tirez tranquillement sur la pipe bavaroise qui vous donne cet air tellement philosophe, vous vous demandez si vivre vaut encore le coup.

La réponse est : oui.

Parce que sinon, comment pourriez-vous continuer à consulter des sites de séduction ?

Sorte de véritable sous-genre de la littérature comique malgré elle, le site de séduction a en plus le bon goût d’être régulièrement mis à jour pour dispenser toujours plus de conseils absurdes qui, à défaut de marcher, vous émerveilleront par leur incroyable capacité à être toujours plus mauvais. Aujourd’hui, donc, penchons-nous sur quelques-uns d’entre eux, parmi lesquels certains déjà évoqués ici mais qui n’ont de cesse de creuser leur propre tombe toujours plus profond, et d’autres, plus récents, qui se sont dits que eux aussi allaient enseigner à l’humanité l’art de la conversation pré-coït (ou pas, vous faites bien ce que vous voulez bande de canaillous).

Nous allons donc procéder, si vous le voulez-bien, en trois étapes :

Apprendre la théorie sur « Comment savoir si une femme est intéressée ou non »  avec « les nouveaux hommes« , un site honteusement dénoncé par une lectrice (bien joué, votre ticket de rationnement vous attend) et qui prétend former l’homme de demain, qui visiblement, arrivé au sommet de son évolution, aura commencé  à redescendre si j’en crois ce que j’y lis.

Mettre tout ça en pratique avec « Comment aborder un groupe de filles ? » avec « Art de Séduire« , le site qui est un peu à la séduction ce que Nicolas Cage est au cinéma.

Et enfin, pour conclure, ce qu’il se passe lorsque le séducteur se ramasse un échec : « L’histoire de me brûler vif, la trahison et le Best-Of SeductionByKamal2013 » du site… bon, c’est marqué dessus, donc « Seduction By Kamal« 

Messieurs, vous avez vos calepins ? Mesdames, votre seringue de morphine ? Alors allons-y et apprenons-en plus sur les êtres dénués de chromosome Y, et comment les approcher sans finir lapidé à coups de macarons.

Le tout est bien évidemment vendu avec un emballage « On a trop une classe digne de James Bond« . Il faut bien évidemment lire « On a trop une classe digne d’un script de James Bond« , ce qui est très différent

Comment savoir si une femme est intéressée ou non ?

Vaste sujet. En effet, contrairement à la plupart des êtres vivants, la femme ne montre pas clairement son intérêt et préfère utiliser un subtil langage secret pour se faire comprendre, ce qui en fait une sorte de Bernardo social des plus intéressant. Elle apprend ce langage très jeune avec ses comparses, probablement lors de soirées pyjamas et uniquement par tradition orale pour ne pas que l’ennemi tombe sur des documents pouvant l’aider. Mais soyez tranquille : sur le site « Les Nouveaux Hommes », tel des commandos britanniques à l’assaut d’un sous-marin allemand pour lui piquer la clé de codage du système Enigma, on a réussi à décrypter l’affaire. Écoutons plutôt ce que ces viles femmes osent nous cacher.

Parce que oui, on peut écouter : il y a une vidéo. Qui commence avec une sorte de… de mise en scène où un homme reçoit un SMS où il est marqué, je cite « J’ai les fruits <3 » (effectivement, ces femmes, quel langage mystérieux) pendant qu’un couple jouant divinement bien parle de sauver les baleines (si, si). S’ensuit l’arrivée du présentateur qui devrait bientôt avoir un appel de M6, puisque comme un certain nombre de présentateurs de cette chaîne, il a un sérieux problème pour accentuer ses phrases, et les arrête en plein milieu sans que l’on comprenne bien pourquoi. On va en rester à la transcription qu’il y a en-dessous.

On pourra toujours vous dire que ces choses se sentent, et c’est vrai d’ailleurs, mais en réalité, il existe des indices visuels et auditifs qui peuvent vous renseigner sur les intentions d’une femme.

De là à en déduire qu’en début de phrase, notre homme faisait référence à l’odorat, il n’y a qu’un pas que je ne franchis pas puisqu’il fait un peu peur. En tout cas, j’aime bien le principe de « l’indice auditif ». Ce n’est pas verbal, non, c’est auditif. Puisque chacun sait qu’une femme intéressée – mes lectrices confirmeront sûrement – produit des bruits spécifiques pour le signaler, comme des claquements de dents ou des sifflements perceptibles uniquement par les animaux (une femme très intéressée peut tuer un lapin à près de 50 mètres), ou le bruit mélodieux d’un antivol de BMW. Du coup, à la fac, dès qu’il y a un professeur intéressant, ça devient vite le bordel dans tout l’amphithéâtre, mais on va dire qu’elles n’y peuvent rien.

Sacrés indices auditifs, donc.

Si vous lisez cet article c’est que vous avez des yeux

Je trouve ce site un petit peu trop audacieux, tout de même. Mais c’est bluffant, comment a-t-il deviné ? Maintenant qu’il a prouvé sa fine analyse du monde,  alors, comment utiliser nos yeux de béotiens pour décrypter le langage mystérieux de la femme ?

Physiquement, elle va faire en sorte que son corps ne soit pas orienté vers vous, qu’il soit fermé

Effectivement : par exemple, quand elle est tournée exactement dans le sens opposé du vôtre, pose ses jambes sur le sol l’une après l’autre aussi vite que possible et fait ce que l’on appelle dans le jargon de la séduction « un sprint en hurlant« , on peut effectivement supposer qu’elle est désintéressée. Quant au fait qu’elle soit « fermée », là, jeunes gourgandins, vous vous demandez de quoi il retourne : il s’agit de croiser les bras. Ou les jambes. Ou les deux. Par exemple, tout le monde se souvient de cette fameuse scène de Basic Instinct où une Madame croise les jambes encore et encore pour bien repousser tous les mâles de la salle. Drame toujours : si croiser ses machins avec ses trucs devant un mâle est un signe évident de rejet, alors on en déduit que les professeurs de yoga doivent être bien malheureux.

Certes, mais donc, quels indicateurs avons-nous qui, à l’opposé, disent que la damoiselle est intéressée alors ? Pas de panique : on y vient, et étudions-en quelques-uns.

Elle ricane (glousse) plus que la normale.

Il y a donc un niveau de gloussement acceptable. Si elle rigole au-dessus du niveau en question, en avant Guingamp, la bougresse est en train de succomber à votre charme. L’autre option, c’est que vous avez la braguette ouverte et qu’elle se fout ouvertement de vous, mais chacun sait que cela ne peut pas arriver : vous êtes un séducteur, que diable. Bon, il est aussi possible qu’elle glousse simplement parce que c’est son principal mode de communication. Vous pouvez donc dès lors appliquer la procédure habituelle : lui coller une étiquette sur le front, la déposer chez UPS et attendre qu’ils la livrent au plateau du Grand Journal pour qu’elle rejoigne les autres dans le public. C’est le cimetière des pintades.

Elle vous demande des informations personnelles (e.g. votre nom, [...]).

C’est vrai que c’est assez osé, tout de même, de demander le nom de la personne avec laquelle on parle. Du coup, maintenant que j’y pense, je crois qu’un nombre incroyable de secrétaires de mairie me désire secrètement (ce que je savais déjà, mais tout de même, je n’avais pas remarqué à quel point elles allaient de l’avant). Si en plus elle vous demande votre date de naissance, vous êtes à quelques secondes de la voir arracher son chemisier en vous criant « Prends-moi toute ! » (de manière générale, elles crient relativement peu « Prends-moi moitié » de toute manière, sauf si vous êtes un fétichiste des siamoise mais… raah, arrêtez, vous me déconcentrez).  En tout cas, je suis rassuré : maintenant, je sais que l’administration m’aime. Pourtant, elle n’avait pas l’air jusqu’ici. Il va peut-être juste falloir que je lui réexplique à quelle chemise on s’intéresse.

Une grosse déclaration d’amour annuelle. Maintenant qu’on le sait, c’est quand même plus agréable.

Elle vous contredit en rigolant.

Par exemple en disant « C’est pas possible d’être aussi con« . Un excellent signe !

Non parce que vous comprenez, ça n’arrive jamais de contredire quelqu’un en riant bien fort pour souligner tout le mépris que vous inspire son précédent propos. Mais en même temps, je m’avance un peu : si j’ai une certaine maîtrise de la pratique, nous parlons de fille, et les filles, c’est pas pareil. Elles ne peuvent pas mépriser : elles ne sont qu’amour, cours de poney et glaces à la pistache. Non vraiment, tous ces signaux m’ont l’air diablement pertinents.

Mais tout n’est pas que verb… auditif, auditif. Il y a aussi des signes physiques d’attraction !

Son langage corporel est ouvert (e.g. bras non croisés).

Autant vous dire que sur la croix, Jésus était une sacrée allumeuse.

Elle joue avec ses cheveux, ou se recoiffe souvent pour dégager son visage.

Pour ceux qui auraient raté ce moment de bravoure, une andouille quelque part dans le monde a un jour visité l’un de ces sites de séduction en prenant vraiment tout cela au sérieux, et a donc écrit à son rendez-vous d’un soir qui ne voulait pas vraiment le revoir pour lui expliquer que quand même, quelle sale petite chauffeuse de kikounette, elle a joué avec ses cheveux durant la soirée, ce qui prouvait bien qu’elle mourrait de désir, alors hein, bon, dis, elle devrait lui présenter des excuses pour lui avoir ainsi envoyé ce genre de signaux. Bon, il lui explique aussi plein d’autres trucs (en anglais), comme le fait que ce serait bien de sortir ensemble parce qu’il y aurait plein d’aspects « pratiques » et qu’il a plein de sous, mais je vous laisse vous régaler comme des grands. Nous, on continue sur le chemin de la misère sociale (là, c’était juste une station pour faire le plein et s’acheter des boissons hors de prix).

Quand vous êtes assis, elle croise ses jambes de manière à ce que sa jambe la plus haute pointe dans votre direction.

En même temps, si elle est assise en face de vous, faire autrement va devenir compliqué (à moins qu’elle ne repose nonchalamment ses jambes sur ses épaules, mais on a déjà parlé du yoga). Donc à moins que vous ne draguiez dans la station spatiale internationale, l’orientation des jambes va souvent dépendre, j’en suis désolé, de comment vous êtes assis. Attention cependant à ne pas confondre « jambe la plus haute » et « jambe la plus longue« , auquel cas, vous draguez un dahu.

Bon, mettons : visiblement, la damoiselle a un intérêt pour vous (à ce stade, mes lectrices doivent être en train de regarder dans quel sens pointent leurs jambes, et notant qu’elles sont toutes orientées vers l’écran où paraissent ces lignes, réaliser que depuis tout ce temps elles meurent d’amour pour ma personne, ce qui était de toute manière indiscutable), passons donc à la partie qui rend tout fou les gens de Les Nouveaux Hommes, à savoir, la démonstration d’un intérêt… sexuel.

Rrrrr.

Elle dit votre nom dans la conversation.

Ou alors, vous vous appelez juste comme ça. Mais bon je chipote. Par exemple, dans « Ecoute, Maurice, on va juste rester amis. » ou « Recule Simon, j’ai une bombe lacrymogène« , on sent bien que Maurice et Simon vont découvrir de nouvelles expériences sexuelles ce soir. Peut-être avec un certain Monsieur Gunthar dans une cellule de garde à vue, mais tout de même, ça compte.

Elle rigole beaucoup à vos blagues même quand elles ne sont pas si marrantes.

L’autre option, c’est qu’elle ait un humour de merde, hein.

M’enfin je dis ça.

Elle place son sac à main près de vous.

Le sac à main est une véritable extension de la femme : c’est un peu comme si elle vous confiait ses poumons ou ses reins (d’ailleurs à ce sujet… moui, non, rien). Elle ne peut pas juste le poser là parce que vous êtes sur un banc et que c’est plus sûr entre vous que sur le bord, ou même, soyons fous, le mettre là pour ne pas que vous vous rapprochiez trop, espèce de pervers. Elle pose son sac à main près de vous : ELLE VEUT VOTRE CORPS ! C’est pourtant clair.

Je pense que beaucoup de gens vont le garder sur les genoux, maintenant.

« L’amour est dans le sac » comme on dit chez les séducteurs. Ou chez les agents de la maréchaussée qui retrouvent mes anciennes conquêtes. Que de points communs !

Elle penche sa tête sur le côté lorsqu’elle vous parle.

Si elle fait « Haaaaaaaaaan » en même temps, c’est soit que vous êtes une vidéo de chaton, soit qu’elle pense que vous avez 5 ans. Auquel cas, soit votre conversation est tellement pourrie qu’elle en courbe les frontières de la réalité, soit tu n’as rien à faire sur ce site jeune homme, alors maintenant, tu prends mon pied virtuel dans l’interface de ton cul en salopette et tu retournes avaler des morceaux du commissariat Lego.

Si vous étiez tout nu quand elle vous a regardé avec cet air de découverte d’une petite chose mignonne, retenez vos larmes.

Elle se tient de telle manière à ce que ses poignets soient cassés

« Mais ? Mais bordel, pourquoi tu lui as cassé les poignets ?
- Pour qu’elle me désire, ho, l’autre ! »

0

Elle est à l’aise avec les pauses de la conversation.

Je dirais même que si c’est quand vous ne parlez pas qu’elle a l’air le plus heureuse, c’est super bon signe. Complètement. Mais siiii. Essayez de voir la tête qu’elle fait quand en plus, vous n’êtes pas là ? Voilà, vous avez tout compris.

Elle caresse un objet de forme phallique (e.g. le pied de son verre de vin).

Les femmes de ménage de la tour Eiffel seront heureuses d’apprendre qu’elles excitent le tout Paris.

Ses pupilles se dilatent.

Non, ça c’est le GHB.

Ses lèvres deviennent plus rouges (ses joues aussi) et légèrement plus épaisses.

Ah, oui, que de souvenirs. Elle s’appelait Elodie. Nous étions rencontrés dans une gare, voyageurs perdus dans la nuit. Elle riait à mes bons mots, laissait sa tête se renverser en arrière pour faire onduler la masse de ses cheveux châtains lorsque je lui faisais quelque compliment, et puis finalement, nous avons trouvé un petit restaurant encore ouvert à cette heure tardive. Durant le repas, j’ai tout de suite su que ce soir, elle serait mienne : ses lèvres devenaient plus rouges tout comme ses joues, elles s’épaississaient…

Allergie aux arachides, elle est morte en moins de 7 minutes. J’ai balancé le corps sous le train suivant. « Accident de voyageur« , tout ça.

Quel souvenir merveilleux.

Vous avez tout compris ? Alors allons à la conclusion de cet bel article :

Faîtes donc attention à la manière dont vous analysez les signes que vous voyez, et avec un peu d’expérience, vous serez enfin capable de voir ce qui se passe autour de vous. Imaginez alors l’injuste avantage que vous aurez sur les autres. A vous à présent de l’utiliser à bon escient.

Ah bin là Peter, c’est sûr qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Un tel savoir utilisé à mauvais escient… ça pourrait… ça pourrait… attendez, je cherche. Nan, mais je vais trouver, c’est sûr.

J’espère qu’ils en feront un film, où des terroristes s’emparent de leur conseil pour faire le mal. Comme par exemple, monter un site web où ils les diffusent. Hmmm. Je crois que je tiens un truc.

Mais il suffit. Maintenant que ces dames savent qu’il faut arrêter d’allumer ces messieurs en leur demandant leur prénom lorsqu’elles les rencontrent, ou pire, en posant leur sac à main à moins de 20 mètres d’eux, voyons comment régler, grâce à Art de Séduire à présent, une situation fort complexe :

Tous les groupes de filles ne sont pas aussi faciles à aborder les uns que les autres. Ici, Monsieur a tout compris : l’important, c’est d’avoir une tenue bling-bling pour les impressionner.

Comment aborder un groupe de filles ?

Excellente question. En effet, on est pas sans savoir que la femme, parfois, se déplace en groupe. Après avoir retrouvé ses congénère au point d’eau (souvent désigné sous l’appellation de « Starbucks« ), elle se met alors à errer dans les rues en supposant que le nombre va lui donner l’avantage et qu’elle ne risquera pas d’être ennuyée par le vieux mâle solitaire qui traîne son poil terne à la recherche de sa prochaine victime. Alors, faut-il attaquer le troupeau ? S’il y en a une en arrière qui a l’air faible et malade, faut-il l’attaquer ? C’était quoi, déjà, le message de Mufasa sur les troupeaux ?

Art de Séduire, le site des séducteurs tellement surdoués qu’ils en font des tutoriaux, vous dit tout.

Comment aborder un groupe de filles quand on est seul, et qu’on a une fille dans notre ligne de mire ? Comment aborder un groupe de filles  quand elles sont nombreuses et que vous ne voulez fermer aucune porte ? Cet article vous permettra de maîtriser en détail tous les cas de figures auxquels vous devrez faire face au moment d’aborder un groupe de filles !

« Maîtriser« , rien que ça ! Et vous allez voir, niveau maîtrise, ça se pose là. Tenez par exemple, si vous vous posez la question :

Pourquoi draguer un groupe de filles plutôt qu’une fille seule ?

La réponse est d’une réalité scientifique qui en fera pleurer plus d’un.

Au niveau du raisonnement, on va dire qu’on part sur la théorie des grands nombres, souvent utilisée en séduction. Si je propose à cent filles de coucher avec moi, il y en a bien une qui dira oui ?

C’est ce qu’on appelle : avoir la classe et maîtriser à la perfection l’art de la séduction. On sent qu’il y a du talent derrière, et vous, Mesdames, je suis sûre que vous vous pâmez déjà ! Quand vous irez raconter à vos amies « Alors il essayait de draguer 100 nanas en même temps, mais il n’y a que moi qui ait dit oui, hoooo, c’est trop romantique, hihihihi ! » nul doute qu’elles seront si jalouse qu’elles vous passeront directement par-dessus le balcon du 5ème pour se débarrasser de quelqu’un d’aussi chanceux que vous.

Il n’empêche que c’est rigolo, parce qu’en haut du site, j’avais cru lire « Art de Séduire« , pas « Statistique de la Misère« .  Je dois me faire vieux.

Aborder un groupe de filles a un avantage certain : il y en aura toujours une pour nous sauver, pour discuter avec nous. Allez, je le dis : il y en aura toujours une plus sympa qui aura pitié de nous.

Définitivement : Art de Séduire. J’attends avec impatience les article comme « Comment être gaulé comme Quasimodo pour faire pitié à Esmeralda ? » avec des exercices pour muscler sa bosse à la salle de sport, ou un bon petit « Contracter la lèpre, c’est facile. » histoire que vous puissiez faire pleurer ces dames et ainsi, éventuellement, sur une centaine d’entre elles, en trouver une qui couche avec vous par conscience humanitaire.

C’est ce qui est magique dans ce genre de sites : jamais vous ne trouverez des conseils comme « Soyez intéressant » : c’est pour les nazes.

Bon, mais c’est pas tout ça : comment va-t-on aborder ce groupe de filles, tout de même ? Parce que ça fait un peu peur, un groupe de filles !

Commencez par une observation : Une observation sur leur conversation. Une observation sur leur style. Une observation sur un point commun entre les filles (leurs cheveux, leurs sacs à main, leurs rires etc.)

Okay donc on met sa tenue de safari, on sort les jumelles et on cherche un… heu… un point commun entre elles ? C’est une sorte de partie de Qui est-ce ? Mais alors on fait quoi ensuite ?

Hé bien ensuite, c’est tout simple : on ajuste son nœud papillon, on termine son Martini, on approche d’un pas de grand félin vers le petit groupe en question et là, un sourcil légèrement relevé alors que ces dames peuvent soudain deviner les effluves de votre discret parfum, vous faites :

Une remarque sur le bruit qu’elles font « Police des décibels, je vais être obligé d’embarquer votre copine là, les voisins (donnez le nom du village d’à côté) se sont plaints… Je n’aimerais pas être là quand elle a un orgasme… »

… je… comment dire ? Je laisse le soin à mes lectrices de savourer cette phrase, qui je n’en doute pas, est d’ores et déjà en train de les faire rougir tant elle est à la fois drôle et audacieuse. Ou alors, elles sont en train de se frapper la tête avec leur clavier, je ne suis pas sûr.

Non mais sérieusement, qu’est-ce que c’est que ces propos de vieux Jacky qui vient de descendre de sa 306 tunée ?

Je suis consterné. Et ce n’est que le début !

James Bond, 18 minutes après la première photo au début de cet article après un simple article d’Art de Séduire

Autre version selon le site :

Oh les filles, vous avez vu Jacky au Royaume des filles ? Ça m’a vraiment inspiré ! Le truc dans ce film, c’est que les filles ont le pouvoir… Et donc payent des verres aux mecs. Allez-y, draguez-moi, je suis un michto !

Logiquement, la réponse à cet instant précis est « Non, tu es juste une merde. » (si vous avez une licorne, c’est le moment de remonter dessus avant de partir au triple galop). Mais c’est peut-être juste moi qui suis un peu sévère.

Une approche à réserver aux plus confiants d’entre vous

Oui, ou à ceux qui n’ont aucun amour propre en fait. Ou à ceux qui n’ont pas compris que « -fiant » était en trop dans cette phrase et qu’il ne s’agissait là que d’une terrible faute de frappe. Ah, les malheurs d’une coquille. Bon, mais mettons : malgré tout votre humour ravageur tiré d’Art de Séduire, pour des raisons tout à fait incompréhensibles, voici qu’une jeune fille vous coupe régulièrement en vous demandant de bien vouloir vous barrer (ce qu’on appelle un « cockblock » sur Art de Séduire) voire, pire :

Vous balance un gros « C’est une soirée entre filles » peu après le début de la conversation

Intolérable. Depuis quand les gens auraient-ils le droit de faire des choses entre eux sans vous avoir sur le dos ?

Pour museler cet opposant à votre programme, donnez-lui du love, donnez-lui de l’importance, écoutez-la, riez avec elle, mettez-la en valeur. Montrez-lui que vous avez compris qu’elle était importante.

Ecoutez-là, montrez-lui que vous la trouvez importante, mais quand elle vous répète encore « C’est une soirée entre filles« , mettez-vous à hurler très fort « LA LA LA JE N’ENTENDS RIEN !« . L’écoute, oui, mais alors juste sur le principe parce que sinon ça devient super compliqué après. Nul doute que votre charme digne d’un distributeur de tracts à la sortie de la FNAC qui veut absolument vous parler de l’opération « Un tricycle pour Michel » leur donnera envie de passer le maximum de temps avec vous.

Heureusement, Art de Séduire vous propose encore plus d’humour pour détendre l’ennemi.

Ne me mords pas, steuplé ! Je te promets que je suis sympa, un jour j’ai mis la table et j’ai sorti les poubelles à Noël ! Je suis bon, promis !

N’hésitez pas à rajouter « Looool ! » à la fin de votre phrase pour plus de panache.

Le problème à force d’être méchant, mes potes se sont barrés, parce qu’ils voulaient vraiment rencontrer des fille…  Depuis, j’ai arrêté les soirées entre mecs, je ne fais plus que des soirées entre filles, c’est vachement plus drôle. Bon alors, pour ou contre la mooncup ?

Messieurs, si vous ne savez pas ce qu’est une « mooncup », ou que vous pensez qu’il s’agit de nom d’un trophée sur Super Mario Kart, sachez simplement que ce c’est pas vraiment le meilleur moyen d’aborder une jeune fille, à moins que la phrase « Alors, tu kiffes les tampax ? » soit selon la plus belle manière de se rapprocher d’autrui.

N’attaquez pas directement sur la partie sexuelle, il y a toujours au moins une fille très prude (ou qui fait semblant d’être prude) qui se cache dans les groupes de filles !

Par contre, elle kiffera la « police des décibels qui craint son orgasme » ou le « débat sur la mooncup » d’entrée de jeu. C’est tout à fait logique, je vois.

Bon, mettons que votre technique soit tellement absurde que, tel un ninja balançant sa grenade au phosphore, vous parveniez à vous incruster dans le groupe avant que qui que ce soit ne réagisse ou ne pleure du sang, que faire ?

Au moment de partir, demandez simplement l’autorisation des filles : « Les copines, je peux vous emprunter Gwendoline un instant avant de partir ? Gwendo, bouche-toi les oreilles, je vais leur dire un secret… En fait les filles, je kiffe bien Gwendo et je vais lui demander son numéro de téléphone, je peux ? » Là, vous verrez très vite si vous avez fait bonne impression pendant la conversation : vous allez découvrir si elles valident votre candidature ou non !

Car contrairement à un légende urbaine qui n’est que trop répandue, la femme ne donne pas son avis par elle-même : fonctionnant via l’Esprit de la Ruche (l’Ordo Xenos étudie encore la question), c’est le groupe qui dit aux individus qui le composent ce qu’il doit faire. Et nul doute qu’avec des phrases comme « je kiffe bien Gwendo« , elles seront touchées par votre romantisme et commenceront le rituel de prise de décision (qui consiste en une succession de gloussements accompagnés de mouvements de jambes discrets qui forment en fait des motifs complexes) pour mieux dire que, ta gueule Gwendo, tu donnes ton numéro au Monsieur maintenant, tu vois bien qu’il a la lèpre.

Aperçu de la salle où se rendra Gwendo après avoir reçu 2 SMS du Monsieur pour être sûre de ne pas en recevoir d’autres.

Avec ça, nul doute que la drague de groupes de filles est « maîtrisée » donc.

Vous savez lire les signes ? Vous êtes devenu un expert de la pratique ? Alors il est temps pour nous de nous tourner vers la partie la plus sensible de cet article : parfois, le séducteur, le vrai, celui qui a son propre site est blessé dans son être, meurtri dans son âme. Alors, il couche tout cela sur internet afin de montrer ce que c’est qu’un Homme, un vrai, avec un grand H, comme Huatzefuque.

C’est donc parti pour :

« L’histoire de me brûler vif & la trahison »

Vous le sentez, ce récit qui fleure bon le drame, l’injustice, la haine et l’amour mêlés au point de faire passer un épisode de Game of Thrones pour un vulgaire pastiche de Tournez manège ? Alors allons-y et penchons-nous sur le cas de Kamal, de « Séduction by Kamal », qui en a gros sur son petit cœur de séducteur et tient à le partager avec nous en faisant le bilan de son année de la séduction 2013.

Pour commencer, une simple capture d’écran pour vous donner le ton de l’article quand même. Le sujet serait moins rigolo si les illustrations n’étaient pas si… disons… exagérées ? Hmmm, je reste dans le domaine de l’euphémisme, je le crains.

Mal au bide

Toi aussi, quand tu es ballonné, poste une image de spartiate traumatisé dans une mer de sang. Un vrai séducteur a le sens de la mesure.

Quand je regarde cette image, tout ce que je vois, c’est un type qui pense « C’est fini, les blagues sur les prouts, ça m’fait plus marrer« . Passons, maintenant que vous êtes dans le ton, rentrons dans le vif du sujet.

Mais je n’abandonne pas. Jamais. La vie est injuste, tout le monde le sait, et c’est pour cette raison précise qu’on se bat, jusqu’à la mort. This is Sparta. (300 est mon meilleur film en passant-hâte de voir la seconde partie en Mars 2014)

Un excellent film d’homme de goût, soit dit en passant, dont j’ai surtout retenu qu’il avait été entièrement réalisé à l’aide d’un stagiaire ayant la tremblote et le doigt sur le bouton « ralenti ». Retirez ledit stagiaire et le film fait environ 18 minutes durant lesquelles on parle essentiellement de slips, d’éléphants et de filles qui dansent toutes nues, mais tout cela est un peu confus. Je n’ai pas dû saisir toute la subtilité de celui-ci comme notre séducteur ici présent. Toujours est-il qu’après nous avoir expliqué qu’il va mieux, merci, l’homme embraie sur un vrai sujet brûlant de 2013 : les FÉMINISTES !

Les fausses accusations qu’a subies le blog (et surtout moi personnellement) ont été soi-disant, la cerise sur le gâteau. L’article de Jean-Baptiste sur « Comment Bien Baiser Sa Femme/Copine » a mis en colère une foule de féministes radicales et racistes

Tout à fait, du racisme. Ce qui n’avait strictement aucun rapport avec le fait que ledit article évoquait le fait que booon, le consentement tout ça, c’était sympa, mais pas obligatoire. Ces féministes vraiment, quelle bande de racistes !

Les pseudo-féministes ont laissé tout ça et ont dit :Ok, on n’aime pas ce Kamal. Il n’est pas Français, on va s’acharner sur lui. Motif? Allez hop, on lui colle l’étiquette de VIOL. Kamal est un violeur de femmes, il faut qu’on le mette en prison et qu’on ferme son blog. Les autres blogs de séduction ? Non, Kamal et puis c’est tout. Allez c’est parti !«

Rappelons que non seulement elles n’ont jamais dit ça, mais que l’équipe de communication du Monsieur, commandée par un jeune avec une mini-crête (juger les gens sur le physique, c’est mal, mais quand ils choisissent de se faire une mini-crête, c’est qu’ils méritent quand même un peu la mort dans d’atroces souffrances), avait par contre de son côté proposé aux blogueuses incriminées d’essayer des sex-toys « pour se détendre« .

Ça ressemblait à peu près à ça (hop, de l’anonymat pour tout le monde) même si ça a disparu depuis, mais bon, c’est la magie du net.

Lolwut

Grèce antique toujours, à défaut de spartiate, le vrai séducteur se poste en noir et blanc dans la pose du philosophe pour dire « Je ne vous juge pas, mais quand même, un coup de kiki vous ferait du bien.« 

Mais les féministes n’avaient pas vaincu, les vilaines !

Et pendant que nos copines les féministes célébraient leur victoire (dans leur forum soi-disant secret) croyant qu’elles ont réussi leur coup malin, celui de détruire un blog qui à la base a été créé pour aider les hommes ET les femmes à se développer et rencontrer la personne idéale, la renaissance était déjà en marche.

Dois-je préciser qu’il y a une autre photo tirée de « 300 » qui accompagne ce paragraphe ou ça ira ?

En tout cas, on apprend surtout ici que les féministes disposent d’une base secrète (nous l’appellerons la Fem-cave) sur internet (internet est un lieu très secret, il faut le savoir) où elles peuvent se retrouver après un raid contre un site web innocent pour mieux ripailler en mangeant des testicules, leur plat préféré, c’est connu. Mais attention, ça ne suffit pas !

Les féministes me menaçaient de me castrer, de me violer, de me brûler vif, de me tuer et décapiter mon corps puis le jeter pour des chiens assoiffés.

C’est vrai, elles font souvent ça. Elles sont taquines ces féministes ! La police en a d’ailleurs marre de retrouver des cadavres partout castrés, brûlés et décapités, parce que ça sent un peu mauvais et qu’en plus ça fait des tâches sur la chaussée. Bon et puis surtout, ils leur font la morale, parce que merde : vous pourriez au moins jeter la viande cuite à des chiens affamés, parce que assoiffés, c’est moyennement utile quand même.

Allez, une petite conclusion tout en subtilité ?

Le débat était clos : SeductionByKamal.com, ce n’est pas moi. C’est une communauté. Un peuple. Une famille. Une grande famille de différentes races, couleurs, religions et de différents sangs. Un prodigieux mélange de culture qui fait notre union, une incroyable fusion qui fait notre FORCE.

Ou alors, les sites de séduction, c’est juste une bande de pleupleus qui donne des conseils qui vont du mauvais au consternant en s’imaginant brandir des glaives en slip.

Mais après, c’est peut-être moi qui me trompe. Je ne dois pas être sensible à la classe et l’élégance du séducteur 2014.

Mesdemoiselles, n’oubliez pas : si quelqu’un vous approche guidé par les fameux conseils de ces brillants individus, soyez prudentes :

Ayez toujours un chien assoiffé avec vous.

« Candidat suivant !« 

Tirant sur sa cravate, Thorin Ecu-de-chêne se redressa dans son siège de cuir, avant d’adresser un sourire en coin à son ami Balin, assis à son côté. La porte du bureau s’ouvrit en grand et laissa apparaîtra une haute silhouette vêtue de gris, qui s’approcha tranquillement du siège situé en face de Thorin. Balin lécha son doigt pour tourner la page du cahier des candidatures, prêt à prendre de nouvelles notes, alors que Thorin jaugeait le nouvel arrivant.

« Bonjour Monsieur. Bon, je suppose que vous avez bien lu l’annonce ? Mon ami Balin et moi-même partons à l’aventure, d’où ces petits entretiens d’embauche pour se trouver de nouveaux compagnons. Alors Monsieur, à qui avons-nous l’honneur ?
- Gandalf. Gandalf le Gris.
- Très bien Monsieur Legris. Dites-nous ce que vous pensez que vous pouvez apporter à notre compagnie ?
- Je… je suis un magicien. Voilà.
- Un magicien ! C’est bien ça ! On a pas mal de guerriers pour l’instant, c’est vrai qu’un magicien, ce serait chouette. Alors, c’est quoi votre truc ? Les boules de feu ? La foudre ? Ho, peut-être la glace ?
- Non je… je fais pas les boules de feu.
- Ah non ?
- Pis pas la foudre. Pis pas la glace non plus. Mais j’fais des trucs supers hein !
- Heu… oui ? Vous auriez un exemple ?
- Hé bien… je peux faire de la lumière avec mon bâton ! Comme ça, s’il fait noir, hop ! Il fait plus noir ! »

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Balin fit la moue avant de faire cliqueter son stylo quatre couleurs pour prendre des notes en rouge. Thorin toussota poliment en cherchant le meilleur moyen d’annoncer ce qu’il avait à dire au vieil homme à la mine ravie, qui s’attendait visiblement à les impressionner.

« En fait, nous sommes des nains, Monsieur Legris. Nous voyons naturellement dans le noir. Donc votre bâton à piles, là, à part pour vous et éventuellement pour nous faire repérer…
- Ah ? Non mais, je sais faire d’autres choses je… tenez, les boules de feu !
- Je croyais que vous n’en faisiez pas ?
- Ah non mais dans le genre, je peux… mettre le feu à des pommes de pin ! Ha ha !
- Et ensuite elles explosent ?
- Hein ? Ho non. Après, c’est juste des pommes de pin. En feu. C’est bien quand même, non ? »

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Balin prit doucement sa tête dans ses mains, tentant en vain de cacher son désespoir pendant que Thorin lui tapotait le dos.

« Monsieur Legris… écoutez, franchement, vous êtes un magicien un peu pourri quand même, non ?
- Woh non ! Une fois, j’ai tué des orques !
- Avec votre magie ?
- Bah non, avec mon épée pourquoi ?
- Je… je suis certain que vous pensez être un magicien Monsieur Legris. Vous êtes de bonne foi, vous avez l’air sympa et tout, mais les magiciens, ils ont pas besoin d’épée pour tuer des orques. Vous comprenez ? Il faut arrêter maintenant. 
- Mais… mais une fois face au roi gobelin, j’ai fait plein de vent ! C’est pas de la magie ça ?
- Gandalf… si vous faites du vent, c’est pas parce que vous êtes magicien, c’est parce que vous êtes tout vieux, vous comprenez ?
- Hooo… hoo ch’uis fatigué…
- Bon, vous savez quoi, on va faire un geste. On va faire un contrat de génération, là, le truc de Hollande, si on aide un vieux, on a des allègements de charges pour nos guerriers en CDI. Alors on vous emmène, et puis comme ça, ça vous fera votre sortie. Ça vous ira Gandalf ?
- Merci M’sieur Ecu-de-chêne… on part quand vous voulez, hein. On va où ?
- Taper un dragon. »

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Et tout comme s’il y avait eu un roi gobelin dans la pièce, Gandalf déchaîna les vents.

Afin de suivre les aventures de nos amis des Terres du Milieu, il n’en faut pas moins que nous fassions le point sur le volume I de la trilogie. Allons-y donc !

Le Hobbit I : Bilbo Sacquet est un hobbit. Un jour, Gandalf le magicien sénile et 13 nains viennent le chercher en lui proposant de participer à une aventure pour aller reconquérir le Mont Solitaire, ancienne forteresse naine prise par le dragon Smaug il y a fort longtemps. Bilbo est recruté avec le titre de « cambrioleur » parce qu’en bon hobbit, il sait se faire petit et discret. En route, ils affrontent des géants, des gobelins, une salade niçoise, et sont pourchassés par le terrible Azog, un orque qui ferait mieux de se trouver un hobby. Bilbo trouve durant ces pérégrinations un anneau qui rend invisible, ce qui est fort pratique pour faire des blagues. Puis, alors qu’Azog manque de peu d’en finir avec leur compagnie, nos héros sont sauvés par des aigles qui les emmènent jusqu’à leur nid dans les montagnes, parce que ces branlos, sorte de RER B des terres du milieu, ne veulent pas aller plus loin parce que c’est dangereux. Ne pas aller plus loin que son nid, faut-y être con. Dans tous les cas, nous nous en étions arrêtés là. Et le spoiler était ici.

Tout vous revient ? Alors… spoilons, mes bons !

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L’affiche : du feu, même dans la pipe de Gandalf, ça compte dans la célèbre technique « Affiche en feu, film tout foireux ».

Notre film s’ouvre dans la petite bourgade de Bree, située non loin de la Comté. En effet, par une nuit pluvieuse durant laquelle on peut croiser un Peter Jackson habilement grimé en villageois dès la première scène, une silhouette trapue s’avance dans les rues et va se poser dans une auberge. C’est Thorin, le chef des nains de l’épisode précédent ! Mais nous sommes quelques mois avant que notre aventure ne commence…

Alors que le bougre savoure pain et fromage en surveillant du coin de l’œil deux humains qui ont l’air de ne pas vouloir lui faire que des câlins, Gandalf le gris vient s’asseoir à sa table. Mais que veut le vieux magicien ?

« Thorin, fils de Thraïn ! Que faites-vous ici ?
- Je mange du fromage de Bree. Même si ça ne vaut pas la Comté !
- Que…
- C’était une blague naine. Non, en fait, je cherche mon père, Thraïn. Des rumeurs disent qu’on l’aurait aperçu par ici.
- Des rumeurs, Thorin. Votre père n’est jamais venu par ici, je vous le garantis, et je doute que vous le retrouviez un jour. Non, en fait, vous savez ce que vous devriez faire ?
- Demander aux habitants de Brie s’ils sont d’accord en hochant la tête ?
- De…
- Non parce que j’adore quand Bree hoche.
- … Thorin, encore une blague comme ça et je vous colle mon bâton dans l’œil.
- Ah non ! Il ne faut jamais coller quoi que ce soit à Bree. Je ne veux pas de Bree colle ! »

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Une fois que l’aubergiste a séparé le petit vieux du nain sur lequel il tapait à coup de canne (qu’il appelle pompeusement « bâton »), la conversation peut reprendre, sans humour nain cette fois.

« Thorin, l’ennemi est là, dans l’ombre. Vous savez, les forces des ténèbres ont mis votre tête à prix.
- Ça expliquerait les humains qui me regardent bizarrement. Mais pourquoi ?
- Ils ne veulent pas que vous récupériez votre trône. L’ennemi aimerait que le dragon reste où il est… pour pouvoir le convaincre de rejoindre son camp.
- Ho !
- Hé oui. C’est pour ça que vous devez lever une armée pour reprendre votre trône. Et vous savez que les nains ne s’uniront que si vous leur présentez, l’Arkenstone, le plus beau joyau de votre ancien royaume ! Il va donc vous falloir pour ça réunir quelques amis pour retourner sur vos anciennes terres et… trouver un cambrioleur ! Prêt à quitter Bree pour une belle aventure, Thorin ?
- Pas encore, je suis aussi venu voir Martine.
- Martine ?
- Martine au Bree. »

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Alors que Gandalf explose de fureur (d’où l’expression « coup de grisou », parviendra à dire Thorin avant d’être à demi battu à mort), maintenant que nous savons comment tout a commencé, revenons dans le présent, et prenons la suite du premier film.

Et nous voici par une sombre nuit quelque part, dans les montagnes jolies des Terres du Milieu. En effet, Gandalf, Bilbo et les treize nains sont bien embêtés : alors que jusqu’ici, ils ont cumulé bien des aventures et pensaient pouvoir continuer à cheminer en paix, voici que malgré tous leurs efforts, Azog, le vilain orque qui les poursuit depuis l’épisode précédent, a retrouvé leur trace. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que Bilbo, véritable guetteur de la troupe, a repéré une espèce d’ours monstrueux traînant dans le voisinage. Que de dangers ! Bilbo va donc faire son rapport à Gandalf et aux nains.

« Misère les amis ! Azog a retrouvé notre trace ! 
- Alors qu’on a volé sur des kilomètres et des kilomètres à dos d’aigle ? 
- Il… heu… oui. Tiens, c’est vrai ça. Bon, on va dire qu’il connaissait la direction générale où nous allions, et que donc, il nous a retrouvés.
- Dans 800 km² de montagnes au bas mot ? Ce serait pas juste pour rajouter des scènes de course-poursuite aussi inutiles qu’improbables au film, au hasard ?
- Ho. Hem je… écoutez Thorin, nous n’en sommes qu’au début, essayons d’être tolérants et changeons plutôt de sujet. Tenez, par exemple, j’ai repéré une sorte d’énorme ours non loin, je vous avoue que ça ne me rassure pas trop cette histoire.
- Mmmm.
- Gandalf…
- Mmmm… un ours, vous dites…
- Gandalf, écoutez, arrêtez de faire « mmm » pour prendre votre air mystérieux et crachez le morceau si vous savez quelque chose. Alors, cet ours, ami ou ennemi ?
- Ni l’un ni l’autre… mais par contre, cela me donne une idée : je connais une maison non loin où nous pourrons nous abriter pour échapper à Azog. 
- Ah oui ? Ah mais c’est chouette !
- Oui, alors suivez-moi, vite ! »
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Gandalf, qui est âgé mais a encore de bonnes jambes, ce qui lui permet d’arriver le premier à La Poste le matin pour faire tomber sa monnaie, demander à voir tous les timbres disponibles ou autres activités de vieux, se lance donc dans une folle cavalcade aussitôt suivi par Bilbo et les nains. Je vous laisse donc deviner ce qu’il se passe : tout le monde court en file indienne sur fond de musique pompeuse, à savoir dans le cas présent au milieu d’une superbe plaine éclairée par le doux soleil qui…

… attendez, on était pas en pleine nuit et en montagne ?

Ce n’est pas grave, la scène est déjà passée, la plaine aussi, et nos héros courent à présent au milieu d’une forêt profonde,  oubliez la plaine qui est déjà loin, ce qui me laisse supposer que non seulement quand Gandalf dit « je connais une maison non loin« , il faut comprendre « à moins de 1200 kilomètres » (le bougre doit être Canadien), mais qu’en plus lui et ses amis à courtes pattes ont une vitesse de croisière qui leur permet de doubler les chevaux à la course, ce qui doit aider Gandoulf à tricher au Quinté +. Toujours est-il qu’après cette folle épopée, nos larrons arrivent en vue d’une imposante masure au milieu d’une clairière, et se lançant dans une dernière course vers la porte, ils notent que le gros ours que Bilbo avait vu est derrière eux, et visiblement pas content. Pas de souci cependant, car sitôt la petite équipe entrée dans la maison, elle referme la lourde porte sur la gueule de l’ours. Celui-ci reste un peu coincé dans l’ouverture, mais personne n’en profite pour lui coller un coup d’épée dans la margoulette, ce qui est bien dommage. L’ours, blasé, se replie donc et va grogner aux alentours de la maison.

Pour rappel, voici Azog, l’orque qui a visiblement un jour confondu la grille du barbecue avec son blush. Je n’ai pas d’autre explication quant à la symétrie parfaite de ses cicatrices.

« Qu’est-ce que c’était, Gandalf ? On aurait dit un ours, mais en plus gros et plus en 3D.
- Ça les amis, c’était notre hôte. »

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Que ne l’as-tu point dit durant vos 1200 kilomètres de cavalcade, ami Gandalf, parce que si un nain avait effectivement eut l’idée de sortir son épée, votre hôte aurait eut l’air fin (et vaguement mort). Gandalf explique donc l’affaire plus en détail : cet ours, c’est Béorn, un changeur de peau. On retient de lui qu’il peut se transformer en ours, mais qu’il ne se contrôle guère sous cette forme (ça doit pas être pratique quand il se réveille et qu’il trouve des étrons d’ours un peu partout dans sa maison « Raaah mais c’est pas vrai, mais faut que je me contrôle moi un peu !« ), et qu’il n’aime pas trop les nains, ce qui est ballot. Mais qu’il n’aime pas trop les orques non plus, ce qui devrait tenir Azog et les siens à distance.

La petite équipe décide donc de dormir chez Béorn, en plus ou moins sécurité, et au petit matin, Bilbo entend la porte de la demeure s’ouvrir : c’est Béorn, sous apparence humaine ! Celui-ci est tout grand et tout poilu, mais surtout, il s’exprime avec l’accent picard, laissant supposer qu’il doit probablement être de Soissons. Béorn est un mec cool : non, il n’en veut pas aux nains de lui avoir mis sa propre porte sur la gueule. Et comme il est sympa, en plus, il partage sa table avec eux.

« Alôrs, lô nains, lô, c’quwô qu’vous fôtes pôr ici ?
- Voyez-vous Béorn, mes amis nains et le hobbit que vous voyez ici m’accompagnent pour une aventure. Et nous avons des orques à nos trousses, c’est embêtant. Ne pourriez-vous pas nous aider à atteindre Mirkwood, plus à l’est ?
- Si, Gandôlf, j’pô. J’pô vô prêter, des pôneys, lô.
- Parfait. Merci Béorn.
- Bon bin j’vô vô les cherchô dans mô harem.
- Haras.
- Chut Bilbo. Oui, Béorn, allez à votre harem, on va se resservir un peu de pain au miel pendant ce temps. Voilà, haha.
- Mais Gandalf, ne l’encouragez pas, on dit « haras » !
- Bilbo, à votre avis, qu’est-ce que vous croyez qu’un changeur de peau célibataire à l’accent picard fait avec 14 poneys chez lui ?
- Il… hoooo. 
- Maintenant, reprenez du pain au miel et faites semblant de rien. »

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Après avoir trouvé un cheval à Gandalf et 14 poneys traumatisés à prêter aux petites gens qui l’accompagnent, Béorn prend la route de l’est pour accompagner ses nouveaux amis jusqu’à Mirkwood, prochaine étape sur la route du Mont Solitaire. Mais, laissons un peu nos amis de côté pour aller voir justement ce qu’Azog et ses orques font !

Car de leur côté, ça bougonne : depuis que la troupe est sous la protection de Béorn (qui a expliqué que tout son peuple de changeurs de peau a été exterminé par des orques, ce qui  laisse supposer que les orques savent comment lui meuler la moustache, mais bon), les orques se tiennent prudemment à distance. Et Azog voit une nuit un messager de son noir seigneur lui parvenir : il est convoqué à Dol Gudur, le repaire de celui qui se fait appeler « Le Nécromancien », à 19h en salle 203. Sur place (car oui, il y arrive dans la minute, pif pouf), son patron, qui a la forme d’une grosse ombre flottant en l’air, ce qui est pratique pour griller des places à la cantoche, lui annonce qu’il doit rester à Dol Guldur pour préparer « la guerre qui approche ». Mais comme péter la gueule de Thorin est toujours d’actualité, Azog est remplacé au pied levé pour aller courser le nain par un de ses petits copains que nous appellerons Gérard l’orque. et Gérard part donc avec sa petite troupe pour aller tataner du nain.

Cela étant dit, revenons à Gandalf et sa troupe, qui arrivent à l’orée de Mirkwood, une forêt à la bien triste allure : sombre, aux arbres tordus… elle semble avoir été littéralement corrompue par quelque chose (celui qui a dit « Les Balkany » a perdu, mais je reconnais que c’était bien tenté). Sitôt qu’il la voit, Gandalf ordonne donc que l’on relâche les poneys – ils ne seront d’aucune utilité dans les bois – puis il a un flash-back de Galadriel qui lui dit que tiens, au fait Gandalf, ce serait bien de savoir qui est le nécromancien. Ah, quel courage Gandalf ! Une forêt qui fait un peu peur, et hop, ho bah, il se souvient qu’il a un autre truc à faire. Gandalf annonce donc à la troupe deux choses :

  • Il doit partir, c’est super important, quel dommage, lui qui était super impatient d’aller dans les bois qui font flipper, c’est trop bête !
  • Dans la forêt, il suffit de suivre le sentier. Sinon, c’est mal.

Gandalf salue donc ses amis, et alors que les nains lui font part de leur stock d’injures diverses, de remarques homophobes et que les premières paroles de la célèbre chanson « Gandalf a les chocottes » commencent à résonner, il s’éloigne de la troupe pour aller vaquer à ses occupations. Thorin en bon chef des nains prend donc le commandement de la troupe, et la fine équipe s’enfonce donc dans les bois épais. Hélas ! Gandalf ayant crié « surtout, ne perdez pas le sentier« , évidemment, la première chose que font les nains consiste à perdre le sentier qui était cependant très mal balisé, j’en conviens. Ils errent donc dans les bois, incapables de retrouver leur chemin, jusqu’à ce que Bilbo note que, ho bin dis, il y a des arbres recouverts d’énormes toiles d’araignées. Tiens, si je jouais avec pour voir ce que ça fait ?

Oui, hein ? Il faut que je le dise ou ça ira ? C’est bien ce que je me disais.

Il ne faut donc pas attendre longtemps pour qu’une horde d’araignées géantes tombent donc sur notre petite troupe, et emmaillote tout ce petit monde dans un gros paquet de toile. Mais visiblement, celle qui s’est occupée de Bilbo n’était qu’une araignée géante faisant son stage de découverte de 3e  dans la forêt de Mirkwood : elle a donc non seulement oublié de piquer Bilbo, mais elle a aussi oublié de faire une toile vaguement solide autour de lui. Du coup, notre héros se réveille, jaillit de son cocon en hurlant, sort son épée et parvient à s’enfuir comme il le peut.

Là, vous allez me dire « Du coup, Bilbo doit sortir son anneau d’invisibilité de sa poche, et éviter d’être enquiquiné » ? Non, non, comme vous y allez.

« Concentre-toi Bilbo… tu ne dois pas te faire repérer, comment faire… raah, cet anneau d’invisibilité qui roule dans ma poche m’empêche de me concentrer ! »

A la place, Bilbo se contente de se cacher derrière des branches et/ou de faire diverses acrobaties (et non, les araignées ne sentent plus la toile vibrer : elles on senti Bilbo jouer avec une petite toile à 15 kilomètres de distance, mais le même qui cavalcade à 2 mètres d’elles, hop, plus rien, elles doivent être presbytes de la patte), puis, à force, finit quand même par se dire que bon, allez, il va mettre son anneau, comme ça, pour voir, parce qu’il paraît que c’est pratique, l’invisibilité, quand on ne veut pas être vu. Mais ce n’est qu’une rumeur, on est pas trop sûr.

Et là, miracle ! Vous savez, l’anneau unique, il rend invisible ? Et bien visiblement, il a profité de l’année entre les deux films pour partir en Erasmus, parce que désormais, il fait aussi traducteur universel ! Mais oui, et visiblement, il a pris araignée géante en LV2 parce que du coup, Bilbo entend les bougresses en train de causer entre elles. Mais alors, de quoi ça parle, une araignée géante ?

« Hé les filles ! J’ai trouvé un blog su-per ! Ça s’appelle Margaux Motin, et c’est des jolis dessins, mais des fois, les personnages disent « ta mère » ! 
- Ho dis, c’est super rigolo ! C’est quoi l’adresse ? 
- Tu trouveras, c’est sur la toile !
- Hihihihihi ! »

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Ah bin hé, vous avez vu l’humour nain, fallait pas vous attendre à grand chose non plus des araignées géantes, hein. Bref, que disions-nous ? Ah, oui.

« Bon, si on mangeait les nains ?
- Ho oui ! Avec un petit thé, devant Glee, ça va être choupi comme tout !
- Parfait ! Bon, allez allumer tout ça les filles, je ramène les nains. »

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Bilbo entendant cela comprend que ses amis vont bientôt passer de vie à trépas, et ni une, ni deux, saisissant son épée, il jaillit au milieu des toiles, toujours invisible, et commence à planter les araignées ; celles-ci hurlent et donnent, bien malgré elles, un nom à son épée : « Dard » (si on devait nommer les armes en fonction de ce que les gens hurlent quand on s’en sert sur eux, une bonne partie de l’armement de Marseille s’appellerait « Bâtard ») . Bon par contre, on ne sait pas trop pourquoi, Bilbo retire son anneau pour un oui ou pour un non, quitte à se mettre en danger pour rien, puis le remet, le retire à nouveau… bref. Toujours est-il qu’il parvient à libérer les nains l’un après l’autre, qui prennent alors les armes pour se défendre contre les arachnides. La bataille dure un bon moment (il faut bien remplir le film d’une manière ou d’une autre), et soudain, des renforts inattendus jaillissent des fourrés voisins : des elfes ! Qui mettent en déroute les araignées ! Avec à leur tête un certain… Legolas !

« Alors les nains, on se promène sur nos terres ? 
- Legolas ? Mais ? C’est affreux ! Qu’est-ce qui est arrivé à votre maquillage ?
- J’ai pris dix ans depuis le Seigneur des Anneaux, les gars.
- Oh. D’accord.
- En attendant, vous n’avez rien à faire ici : donnez-nous armes et équipement, nous vous collons au trou ! »

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Les nains n’ayant clairement pas l’avantage, ils confient donc tout leur matériel aux elfes, chopines à bière compris, puis sont emmenés dans une forteresse au cœur des bois où on les enferme tranquillement l’un après l’autre. Mais Legolas note quelque chose qui l’embête un peu : il a des vues sur Tauriel, la jolie capitaine qui mène la garde, mais cette dernière a des vues sur Jean-Jacques, l’un des nains de la bande, qui l’a fait craquer au premier regard. Legolas feint donc l’indifférence, mais moyennement bien (« Mais enfin Legolas, notre amitié est trop précieuse, tu mérites tellement mieux que moi !« ). Thorin, lui, a le droit a un entretien avec Thranduil, le roi des elfes du cru.

« Thorin Ecu-de-chêne ! Le célèbre roi sous la montagne, parti reconquérir son royaume… vous ici !
- En effet. Je souhaiterais pouvoir poursuivre mon chemin. C’est sympa chez vous, c’est coquet et tout, mais c’est pas tout ça, on a de la route. 
- Thorin, mon bon ami… voilà ce que je te propose : tu veux reconquérir ton trône ? Soit. Je t’y aiderai.
- Ah oui ? C’est bien, ça, dites-donc. 
- Oui, mais en échange… il y a dans le trésor de Smaug certaines pierres qui m’appartiennent… je souhaiterais les récupérer.
- ALORS CA JAMAIS !
- Je… attendez, mais ? Pourquoi vous vous énervez ?
- PARCE QUE VOUS N’AVEZ AUCUNE PAROLE ! Quand la montagne a été attaquée, vous n’avez pas accueilli les réfugiés ! Alors je sais que vous n’avez aucun honneur !
- Nan mais c’est-à-dire que c’est con, votre histoire : je vous parle de pierres que le dragon a. Ce qui signifie que je ne peux les récupérer QUE si je vous aide d’abord. Donc que je suis payé à la livraison. Donc, impossible pour moi de vous lâcher si je veux mon paiement. Du coup, c’est pas logique, votre grosse colère là.
- Ah bin oui. Mais le script dit que ni vous ni moi n’y pensons.
- Il dit quoi ensuite ?
- Il dit que vous me renvoyez au trou.
- Alors soit : au trou, le nain ! »

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Et au trou, le nain, donc. Mais retrouvant Balin, son lieutenant, dans sa cellule, Thorin explique que rien n’est perdu : non pas parce que Gandalf peut encore les sauver, non, personne ne compte plus sur papy depuis longtemps, mais parce que les elfes n’ont pas capturé Bilbo ! Celui-ci a eu la bonne idée d’enfiler son anneau peu avant la capture du groupe, et a donc suivi les elfes jusqu’à leur forteresse… donc inutile de passer un marché avec les elfes, puisque Bilbo est là !

Oui, enfin les elfes se proposaient juste de t’aider à reprendre ta montagne directement. Un détail, sûrement : tu n’en as pas besoin. Bilbo va sûrement aussi latter le dragon tout seul.

« Tauriel, les nains que nous avons capturés… est-ce que c’est juste moi ou est-ce qu’ils sont un petit peu nerveux, voire carrément con-cons ? »

S’ensuit une petite scène durant laquelle Tauriel, la jolie elfe, vient discuter avec Jean-Jacques, le gentil nain en cellule. Evidemment, ils parlent de leurs rêves, de leurs déceptions, de la vie, de la mort, et bien évidemment de physique quantique, sans se rendre compte que Legolas a suivi la chose de loin. Aussi, sitôt que Tauriel a quitté le secteur où les nains sont enfermés, le bougre lui tombe dessus.

« Tauriel ! Je vois que ce nain ne te laisse pas indifférente.
- C’est que… il est plutôt grand et bien fait, pour un nain !
- Tu veux dire que tu es attirée par lui ?
- Hé bien je…
- Tauriel, je ne pensais pas devoir en arriver là un jour mais… sais-tu ce que cela donne lorsqu’un nain et une elfe s’aiment ?
- Non ?
- Regarde cette photo d’Eric Zemmour. Maintenant, redis-moi que ce n’est pas une connerie.
- Seigneur je… je vais y réfléchir Legolas je… je ne savais pas… »

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La discussion se poursuit, mais n’y prêtons pas attention : car Bilbo, lui, a bien avancé de son côté. Il a réussi à récupérer les clés des cellules de la forteresse qu’un geôlier avait laissées au clou, et a en plus appris que les elfes avaient un système pour évacuer les tonneaux de vin elfique vides par la rivière passant sous leur base d’opération qui lui a donné des idées. Ni une, ni deux, il va donc libérer ses amis (ce qui est facilité par le fait que tous les gardes que l’on voyait patrouiller avant doivent eux aussi avoir des anneaux d’invisibilité puisqu’ils ont tous disparu), puis les emmène vers les caves de la forteresses, en leur ordonnant de se glisser dans les tonneaux qui attendent sur une trappe d’être évacués par la rivière. Ça tombe bien, il y a… 13 tonneaux très exactement !

Retenez bien cette information. 13 nains, 13 tonneaux. Oui, ça tombe bien, j’en conviens.

Bilbo active donc le mécanisme de la trappe qui va bien, et les treize nains, protégés par leurs tonneaux, sont donc envoyés flotter sur la rivière rugissante. Et quelques instants plus tard, Bilbo les suit, sans tonneau pour sa part. De là, c’est parti pour la séquence « Peter Jackson est tellement mauvais que même les trucs simples, il n’y arrive pas. » Ainsi, si l’on suit les pérégrinations sur les flots de nos amis nains (avec même une séquence en caméra go-pro, ça c’est du grand cinéma), selon les plans, le nombre de tonneau, pourtant facile à retenir, varie. Les nains s’arrêtent sur une grille qui leur bloque la route ? Hop ! Il y a soudainement beaucoup moins de tonneaux ! Un nain brise son tonneau ? Il y en a un vide qui l’attend ! Un plan large ? Des tonneaux disparaissent !

C’est tellement simple que se planter là-dessus en est consternant.

Mais en parlant de consternation, sachez qu’il se passe des choses en même temps, puisque les postes de garde elfes sur la rivière en bordure de la forteresse sont pris d’assaut par Gérard l’orque et sa troupe d’environ… 350 orques ? Parce que oui, les elfes ont repéré 13 nains au fond des bois, mais pas 350 orques directement chez eux. Probablement des orques ninjas. Ah, et au fait, sachant que les bois sont super hostiles, comment les orques ont trouvé la forteresse ? Oh, et puis tant qu’à faire, sachant que les nains ne se sont jamais arrêtés dans leur progression, et que là, même en se faisant capturer, ils s’évadent en moins d’une journée, cela veut dire qu’en plus du temps de trajet minimum pris par les nains, Gérard l’orque a trouvé le temps de :

  • attendre qu’Azog revienne au rapport lui passer la main
  • reprendre la route jusqu’à l’endroit où Azog avait arrêté la poursuite
  • retrouver la piste des nains
  • les chercher au fond des bois, pourtant qui rendent fou, le tout hors du sentier et sans se faire voir
  • de les suivre jusqu’à la forteresse elfique
  • de la contourner et de se positionner sur le fleuve, là encore, sans se faire repérer
  • et enfin de lancer l’assaut !

On peut dire que le garçon sait gérer son emploi du temps. Ou alors, c’est juste que c’est nul et complètement artificiel pour là encore, meubler un film creux. D’ailleurs, à ce moment là dans la salle, un intégriste du livre s’est levé et a tenté de s’immoler à l’aide des pages dudit ouvrage ; hélas, Bilbo le Hobbit n’est pas assez épais pour allumer un feu un minimum sérieux. Alors y trouver assez de pages pour faire une trilogie, il fallait bien rajouter quelque chose. Comme par exemple, et à tout hasard, du caca.

En tout cas, les elfes, à l’origine partis à la poursuite des tonneaux sur la rivière, se retrouvent donc à affronter les orques, avec évidemment de fameux passages comme « Legolas tirant des flèches sur les orques, le tout en équilibre sur la tête de deux nains dans leurs tonneaux dévalant la rivière« . L’intégriste du livre qui s’était raté quelques instants auparavant est donc revenu, mais cette fois-ci avec un bidon de kérosène. J’en profite pour signaler que durant cette séquence, les nains arrivent à voler des armes aux orques qui leur sautent dessus, s’en servant pour affronter l’ennemi comme pour abattre les obstacles sur leur route. Ça aussi, ça servira plus tard.

Toujours est-il que les tonneaux finissent par s’éloigner, et que Legolas et Tauriel ne peuvent que contempler le spectacle des nains leur échappant, alors que les orques, eux, continuent de descendre la rivière à la poursuite des nains, mais en cherchant un peu moins le conflit avec les elfes. Mais l’un des méchants a été fait prisonnier, l’occasion pour nos amis aux oreilles pointues d’apprendre que les orques se sentent très forts, leur maître nécromancien leur assurant une prochaine victoire sur les peuples libres des Terres du Milieu. Il ajoute aussi qu’il a clairement vu dans la bataille sur la rivière un nain – et comme par hasard, celui qui provoque des palpitations chez Tauriel – se faire toucher par une flèche empoisonnée. Et que donc, bientôt, il ne sera plus, hohoho ! Ni une, ni deux, Tauriel, bientôt suivie par Legolas, décide donc de reprendre la route de la rivière pour aller porter secours au malheureux…

Mais sans emporter de quoi le soigner, hein, quand bien même l’orque a donné le nom du poison. Faudrait pas être trop futé non plus.

Dans l’immédiat, revenons, justement, à ce qu’il se passe chez nos amis trapus. En effet, la rivière locale débouche sur un lac, où les tonneaux des nains viennent s’échouer sur une espèce de petit îlot rocailleux. L’occasion pour eux de savourer la chose, car le lac où ils sont est situé non loin du Mont Solitaire, leur destination, l’aventure touchera bientôt à sa fin ! Mais déjà, ils sont bien embêtés : ils sont comme des couillons sur leur îlot, et n’ont plus le moindre équipement (voilà où je venais en venir : vous savez toutes les armes prises aux orques ? Elles ont disparu parce que ça arrange l’intrigue, hop !), vont-ils devoir manger Bilbo ? Heureusement pour notre héros, une large embarcation s’approche du roc sur lequel ils se sont abrités : elle est conduite par un humain, un certain Bard, qui explique à la petite troupe qu’il est bien étonné de les trouver là : lui, d’habitude, il vient juste ici récupérer les tonneaux que les elfes ont jeté à la rivière pour aller les vendre à Lacville, la cité la plus proche. Alors trouver des nains dans les tonneaux en question… il préfère ne pas trop s’en mêler, c’est un coup à avoir des emmerdes. Mais bon, c’est quand même moyen de la part des elfes de balancer leurs nains usagés à l’eau, c’est pas Fort Boyard ici, sacrebleu.

Sauf que Balin, en bon lieutenant de Thorin et fin diplomate, lui propose tout plein de pognon en échange d’un voyage vers Lacville et d’armes pour qu’ils puissent reprendre leur route.

« Soit ! J’accepte ! » dit donc Bard, bateleur mais aussi contrebandier de son état. Le spectateur s’étonne donc en voyant les nains sortir des tonnes de pièces d’or pour le payer : ne venaient-ils pas justement d’expliquer qu’ils n’avaient plus rien sur eux puisque les elfes leur avaient tout pris ? Ils doivent probablement générer des pièces d’or aléatoirement. D’ailleurs, ce n’est pas la seule chose qu’ils génèrent, puisque ratages de bas étage toujours, Bard explique à ses nouveaux compagnons qu’ils doivent se faire discrets, et qu’il va donc les faire rentrer en ville, cachés dans leurs tonneaux. 13 nains, 13 tonneaux, vous vous souvenez (même en faisant fi de la scène précédente) ? Hé bien il y en a désormais, hop, pif pouf, un quatorzième juste pour Bilbo !

La réalisation insiste même avec des gros plans pour être sûr de ne laisser aucune chance à un extrapolator de passage. Le nombre est 13. Ni 12, ni 14.

Quoi, je chipote ? Hé, ho, qui se prétend un réalisateur d’envergure international faisant une trilogie à ouat’mille millions ? Bon, alors.

En tout cas, une fois la petite équipe camouflée, Bard emmène la troupe à Lacville, passant avec quelques ruses les différents postes de garde autour de la cité qui est une sorte de croisement entre Venise et Charleville-Mézières. En effet, s’il n’y a pas de rues, seulement des canaux, la ville est loin d’avoir la splendeur de la cité des doges : c’est plutôt un gros amoncellement de cabanes, le tout dirigé par le Maître, seigneur local qui a un certain goût pour l’argent, mais un peu moins pour le partage. Et à en croire les discussions que Bard a avec des gardes alors qu’il mène sa barque, la cité est au bord de la rébellion, puisque bon, le Maître, il est gentil, mais manger du poisson du lac matin midi et soir, ça va bien 5 minutes, tu t’es cru à Innsmouth pépé ?

Bard achève d’emmener nos amis nains jusqu’à chez lui, mais hélas, se fait repérer par quelques passants qui s’étonnent de voir des nains se promener en ville. En tout cas, à l’abri des murs de sa demeure, Bard leur présente sa petite famille (il a deux filles et un garçon), et propose de tenir sa parole en fournissant des armes aux nains : harpons, maillets, grappins… il leur donne tout ce qu’il a sous la main, mais notre fier humain a bien du mal à convaincre ses nouveaux amis que ses armes valent le prix qu’ils ont payé : eux, ils veulent des épées, des haches, des arcs… et pas ces trucs de récupération ! Petit arnaqueur, va ! Bard leur explique qu’il n’y a qu’un seul endroit dans la ville où il y a tout ça : l’armurerie. Mais qu’il n’ira pas la piller pour leur beaux yeux, faudrait voir à se calmer les barbichus.

En parlant d’arme, Thorin, lui, repère quelque chose par la fenêtre de la maison de Bard : une tour de garde de la ville surmontée d’une baliste… naine ! Bilbo, qui ne connaît pas grand chose à ces histoires là, a donc le droit à un petit récapitulatif : cette arme vient de Dale, la cité  humaine qui était en face du Mont Solitaire et que Smaug a détruit lorsqu’il est arrivé. C’est l’une des rares armes capables d’abattre un dragon pour peu qu’elle soit alimentée en flèches noires, des choses forgées spécialement par les nains. Et le jour où Smaug a attaqué Dale, le seigneur de la ville est allé en personne manier l’une des armes sauf que hélas, trois fois hélas, il n’a pas réussi à blesser la bête avec les 4 flèches noires qu’il avait à disposition !

« Attendez, vous voulez dire que les nains connaissaient des armes anti-dragons et en fabriquaient ? » me direz-vous ?

Oui oui, vous répondrais-je.

« Et vous voulez dire que ces blaireaux de nains ont confié l’arme en question aux humains, mais n’ont pas pensé à en équiper leur forteresse, pourtant appeau à dragons ?« 

C’est exactement ça.

« Et qu’en plus, ils n’ont forgé qu’une baliste et 4 flèches en tout et pour tout pour défendre tant Dale que leur montagne ?« 

Je suis consterné moi aussi, mais oui.

« Est-ce qu’il vous reste du brandy ? J’en aurais bien besoin, là.« 

Tenez, et accrochez-vous parce qu’on a pas fini.

Car si la famille de Bard intervient pour dire « Attendez, selon la légende, le Seigneur de Dale a arraché une écaille au dragon dans la bataille quand même ! » (chapeau l’artiste, avec un peu de bol, il lui a aussi pété un ongle, quelle glorieuse escarmouche), les nains, eux ont déjà d’autres idées en tête. Comme par exemple, attendre que la nuit tombe pour aller cambrioler l’armurerie de la ville ! Ce qui se passerait bien si dès la première minute, une fois à l’intérieur, nos larrons ne se disaient « Alors, plutôt que de prendre chacun ce dont on a besoin, si on faisait un gros tas d’armes et qu’on filait le tout à… tiens, toi Jean-Jacques, qui a une jambe blessée et est empoisonnée, ça te dirait pas de tout porter dans l’escalier ?« . Grâce à ce rebondissement qui prouve qu’encore une fois, Peter Jackson s’y connaît en qualité, le nain ne manque pas de se vautrer, et donc de donner l’alarme. Bien vite, la milice de la ville capture donc les nains et les emmène jusqu’au palais du Maître, qui les accueille sur son parvis.

« Tiens ! Des nains ! C’est pas banal. La rumeur courait en ville qu’il y avait des petits barbus qui courraient les rues était donc vraie…
- En effet. Je suis Thorin Ecu-de-chêne et voici ma fière compagnie.
- Thorin ! Le roi sous la montagne ! On a par ici une vieille prophétie qui dit que quand vous reviendrez, ce sera la fête chez vous, mais moyen pour nos gueules.
- Puis-je savoir d’où sort cette prophétie ?
- Heu… de… c’est… une prophétie. Voilà. 
- Qu’importe : aidez-moi à aller jusqu’au Mont Solitaire, donnez-nous armes et vivres, et lorsque mon royaume renaîtra, je partagerai mon or avec vous tous !
- Okay, tope-là gros. »

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Le peuple est donc en liesse à l’idée de voir le royaume des nains renaître et le pognon à nouveau couler à flot, pour que leur ville redevienne une prospère cité marchande et non plus un vulgaire trou à pêche, mais Bard, lui, décide de venir casser l’ambiance, le saligaud.

« Arrêtez ! Bon sang, la prophétie dit que ça va être chaud cacao pour nos museaux, alors ne les laissons pas y aller !
- Ho, le relou !
- Mais pensez au dragon, crotte !
- Bon, écoute Bard… ou dois-je dire… « Bard-le-fils-du-seigneur-de-Dale-qui-a-tiré-comme-une-buse-sur-le-dragon », tu es gentil et tu vas jouer aux billes, ici, on fait la fête. »

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Bard, son identité de fils de loser révélée, grommelle donc alors que la ville célèbre l’arrivée des nains chez elle, et dès le lendemain matin, elle équipe ceux-ci, leur confie armes et provisions, et bien évidemment, met à leur disposition une embarcation pour aller jusqu’au Mont Solitaire. Jean-Jacques le nain empoisonné étant tout malade, il reste sur place avec une paire d’autres nains pour prendre soin de lui, pendant que Thorin, Bilbo et les autres se mettent en route.

Commence donc la dernière partie du voyage : nous sommes « le jour de Durin », un jour bien précis de l’année où selon les informations de Thorin, lorsqu’ils auront trouvé le passage secret menant à l’intérieur de la montagne (je n’ai toujours pas compris pourquoi ils ne passaient pas par la grande porte, qui pour rappel, avait un trou béant là où le dragon était rentré, mais bon, hein, les passages secrets, c’est vrai que c’est plus cool), « la dernière lueur du jour de Thorin montrera la serrure« . Il faut donc se dépêcher de trouver le passage secret ! Bilbo et les nains courent donc la montagne à la recherche d’un indice pouvant les mettre sur la piste d’ne éventuelle porte secrète mais hélas, ils font chou blanc.

Du moins, jusqu’à ce que Bilbo hurle « Regardez ! » et que Thorin commente sa découverte par un « Vous avez de bons yeux maître Sacquet !« 

Comment vous annoncer ce que Bilbo désigne et que personne n’avait vu ? Je… bon, je vais faire simple : Bilbo montre du doigt une statue de nain d’environ 150 mètres de haut qui était juste à côté d’eux. Non, je n’invente pas : on parle bien d’une statue de 150 mètres de haut que personne n’avait remarquée, quand bien même ils étaient à 20 mètres d’elle. Voilà voilà. Ah non mais quand on parle de mauvais film, là ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Et dire qu’il y a une version longue, je n’ose y penser.

Histoire d’illustrer mon propos, ça, c’est un bout de la statue, trop large pour l’écran. Les minuscules points sur le manche de la hache ou en bas à droite dans le simili escalier, ce sont nos héros. Voilà, voilà, difficile à repérer comme détail dans la montagne, donc, en effet.

Bref : nos héros grimpent donc sur la statue, qui avait un simili-escalier intégré, et arrivent au sommet de celle-ci pour découvrir une petite plate-forme taillée dans la montagne avec une forme dans la paroi évoquant une porte. La fin du voyage est là ! Ou du moins, devrait ; car Thorin a beau avoir avec lui la clé menant à la forteresse de son père, les nains n’arrivent pas à trouver la serrure, et même lorsque les dernières lueurs du soleil illuminent la porte (ils sont arrivés 2 minute avant la nuit)… nulle serrure n’apparaît. Et le soleil finit par disparaître derrière les montagnes.

« C’est fini. » s’exclame donc Thorin. « Nous avons échoué. Partons. ». Le bougre jette donc au sol la clé de son père, puis fait demi-tour et commence à s’en aller avec les autres nains.

Oui, là encore, vous avez bien lu : c’est tellement bien écrit que les mecs viennent de risquer leur vie durant des semaines pour arriver là, mais une fois devant la porte, ils n’insistent que deux minutes puis laissent tout tomber. Ah, on sent les mecs motivés, hein, pfou.

Evidemment, Bilbo, lui, est beaucoup plus insistant, et lorsque la lune se lève, c’est elle, « la dernière lueur du jour de Durin » ! Il voit donc une pâle lueur lui indiquer un trou dans la paroi, et appelant les nains pour leur signifier que c’est bon, il a trouvé la solution, il voit donc ces derniers revenir (avec une vitesse, encore une fois, frôlant la téléportation) et ramasser la clé de Thorin pour ouvrir la porte vers les profondeurs du Mont Solitaire… hooo ! Merci Bilbo, sans toi, on retournait chez nous jouer à la crapette jusqu’à la fin de nos jours.

Bilbo et ses amis s’enfoncent donc dans l’étroit passage, découvrant quelques bas-reliefs de leurs ancêtres (« Regardez, celui-ci raconte comment le roi un conçu la défense anti-dragon du royaume un soir de cuite !« ), et Thorin explique alors à Bilbo pourquoi il est là : en tant que « cambrioleur » de l’équipe, c’est à lui de partir en éclaireur dans la cité naine abandonnée. Et de trouver le trésor de Smaug pour y prendre l’Arkenstone, le joyau de la montagne, et ramener celui-ci à Thorin pour qu’il puisse, si Smaug est encore vivant, réunir les armées des nains pour venir péter du dragon. Bilbo n’est pas très rassuré, mais allez, en route !

Notre fier hobbit traverse donc les couloirs abandonnés de la forteresse naine, avant de déboucher dans une immense salle, où tant de pièces et de bijoux sont accumulés que l’on pourrait penser à un épisode de La Bande à Picsou. Bilbo, qui n’a pour seule instruction que « Tu reconnaîtras l’Arkenstone au premier coup d’œil« , ce qui est un peu flou, voire tout pourri, commence donc à escalader les montagnes d’or en inspectant quelques bijoux ici ou là, mais bientôt, ses mouvements finissent par provoquer de véritables mini-avalanches de pièces… révélant peu à peu le corps d’un immense dragon dormant au-dessous ! Et celui-ci se réveille doucement !

Alors que la majorité des spectateurs dans la salle sont en train d’hurler pêle-mêle des instructions visant à inciter Bilbo à mettre, par exemple, son anneau d’invisibilité (sur son doigt ou ailleurs, on sent une certaine tension) ou sont plus prosaïquement en train de faire des commentaires sur sa maman, le dragon achève donc de sortir de son sommeil, et Bilbo décide tout simplement de se cacher derrière une colonne de l’immense salle au trésor. Après un long moment, et alors que le dragon commence à parler – car oui, il parle ! – en disant « Mmm, il y a comme une odeur… » (les sphincters de Bilbo l’ont trahi), notre héros se décide enfin à mettre son anneau d’invisibilité… puis le retire dix minutes plus tard parce qu’il est un peu con, apparaissant ainsi au dragon, hop. Non mais… bon. C’est donc parti pour un petit moment de dialogue, où Bilbo tente de gagner du temps pour sauver sa vie, alors que du coin de l’œil, il a repéré un énorme joyau brillant d’une lumière surnaturelle : l’Arkenstone !

« Tu es donc là, petit voleur ! Tu sens le nain, mais tu as aussi une autre odeur… qu’es-tu ?
- Je ne suis pas un voleur, ho non, certainement pas ! 
-Alors, dis-moi ce que tu es et viens faire ici !
- Ho, je suis venu contempler votre grandeur, ô, Smaug ! Et je ne suis qu’un… un chevaucheur de tonneau, un ami des aigles, celui qui court sous la colline et par-dessus la colline et…
- Hmmm, j’aime les flatteries, mais ça ne te sauvera pas.  Par contre, tu sais ce que je n’aime pas ? Les réalisateurs qui réécrivent quasiment tous les dialogues d’un livre, mais en laissent des passages entiers dans le style littéraire de l’auteur là où ça les arrange. Parce que du coup mon petit Bilbo, depuis le début du film, jamais tu ne t’es exprimé comme ça, et ça sonne complètement faux.
- Je… heu… ouiii et… ô Smaug le gigantesque et… vous ai-je… ho, et si nous parlions de votre énoooorme sexe ?
- Rhooooohoho… bon, okay, les flatteries marchent un peu ! »

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Je vous passe le long dialogue entre Smaug et Bilbo, et profitons-en pour aller voir ce qu’il se passe ailleurs. Comme par exemple, du côté de chez Gandalf ! Vous l’aviez oublié, n’est-ce pas ? Moi aussi ! Car celui-ci, après avoir gambadé à droite et à gauche, a découvert que la prison où les Nazguls, vils serviteurs du terrible sorcier Sauron, étaient enfermés depuis des siècles, avait été ouverte et que cela continue de lui donner des indices sur la mystérieuse identité du nécromancien de Dol Guldur (je me demande bien qui c’est, d’ailleurs. Sylvain Mirouf, peut-être ?). Notre vieux préféré décide donc de se rendre sur place pour en avoir le cœur net, accompagné de Radagast, le magicien amateur de ganja. Sur place, tous deux conviennent d’un plan.

« Radagast, va prévenir Galadriel que je vais explorer Dol Guldur. 
- Certes Gandalf, mais ça ne sentirait pas un peu le piège à con ?
- C’EST un piège à con ! »

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« Meugneugneu Gandalf gneugneugneu piège à con gneugneu… j’ai un bâton qui fait de la lumière, il ne peut RIEN m’arriver ! »

Là encore, je suis au regret de vous dire que je ne rigole pas : Gandalf dit bien à Radagast que oui, il est conscient que c’est un piège, mais qu’il y va quand même. Pourquoi ? La réponse est dans le dialogue précédent. Ou alors, il a peur que Radagast aussi connaisse les paroles de « Gandalf a les chocottes« . C’est donc encore une fois sous les hurlements outrés de la salle de cinéma, alors qu’une partie des spectateurs tente en vain d’allumer des cocktails molotov à partir de Coca Zéro, que Gandalf rentre donc dans la forteresse en poussant de grands cris que l’on pourrait résumer à « HOUHOUUUU LES MECHAAANTS OU ETES VOUS ? » (là encore, c’est tristement véridique). Après avoir ainsi habilement enquêté, les méchants (comprendre : Azog et toute une armée) tombent sur Gandalf et lui distribuent des claques, ce qui étonne bien notre petit vieux. Pire encore, il voit une ombre apparaître et se moquer ouvertement de lui : il comprend alors que cette ombre, le nécromancien comme il se fait appeler, n’est autre que… Sauron !

Je sais, personne ne l’avait deviné. C’est… pfou, formidable.

Gandalf est donc capturé et voit les armées de Sauron quitter Dol Guldur pour aller embêter les peuples libres… flûte ! Merci de ton intervention Gandalf, c’était particulièrement constructif.

Tant qu’à en être à faire le tour de ce qu’il se déroule hors du Mont Solitaire, sachez qu’il se passe des choses du côté de Lacville ! En effet, Jean-Jacques le nain est toujours victime du poison orque, et est désormais en bien piètre état. Et alors que ses amis lui préparent un remède, Bard, lui, a son détecteur de dragon qui se réveille qui s’agite. Oui, comme ça, hop. Il sort donc du grenier… une flèche noire ! La dernière que son père n’avait pas eu le temps de tirer sur Smaug ! Et il court vers la baliste de la ville pour se préparer en cas d’attaque de dragon. Sauf qu’alors qu’il est en route, les gardes l’arrêtent et le mettent en tôle.

Pourquoi ?

Aucune explication. Non, vraiment : aucune. Enfin, si, moi j’ai en une. Elle s’appelle : « C’est juste un rebondissement pourri pour que, dans le prochain film, on puisse nous caser une scène de 15 minutes durant laquelle Bard doit sortir de prison pour aller sauver la ville au milieu de plein d’action. » On prend les paris et on se retrouve l’année prochaine pour confirmer la médiocrité de cette trilogie.

Mauvaises scènes d’action toujours, sachez que des silhouettes étranges apparaissent sur les toits de Lacville : il s’agit de Gérard et de ses orques, venus en finir avec les nains ! Et non, là encore, aucun garde de Lacville n’a vu depuis les tours la centaine de mecs en train de se promener sur les toits, ou n’a remarqué les embarcations avec lesquelles ils sont probablement venus. Non, c’est même mieux : alors que jusqu’ici, Lacville grouillait de vie et de gardes, pouf ! Il n’y a plus âme qui vive dans les rues ou même dans les maisons, pas une voix, pas un cri ! C’est fou hein ? Et c’est pas la première fois que ça arrive dans ce film, alors vraiment, quel talent. Ça tombe bien, parce que les orques ne sont pas les seuls à arriver en ville : Legolas et Tauriel sont là ! Pif, pouf, paf, bang, les elfes tuent les orques par dizaines, le tout en prenant des poses cools, jusqu’à ce que l’ennemi soit repoussé. Tauriel peut donc se précipiter au chevet de Jean-Jacques pour le guérir, alors qu’il délire à moitié et débite des dialogues comme « Hooo, belle dame, je suis tout fiévreux mais vous me rappelez une belle elfe du nom de Tauriel, hooo, comme je souhaiterais qu’elle m’aime !« .

Moi, je souhaiterais que l’auteur des dialogues meure dans son propre vomi de guimauve, chacun ses vœux mon petit Jean-Jacques. Pour ton cas particulier, j’espère que Legolas et sa photo d’Eric Zemmour vont vite revenir t’aider à comprendre ton erreur.

Mais, assez ! Retournons donc du côté du Mont Solitaire, où Bilbo est en bien mauvaise posture face au dragon, et continue de le flatter pour l’inciter à l’épargner un peu plus longtemps.

« Ô, Smaug le magnifique ! Le terrifiant ! Smaug le maître des airs ! Smaug le puissant ! Smaug le champion de Street Fighter II Turbo !
- Non, allons, tu me flattes trop… et puis je ne suis pas si fort que ça à l’édition Turbo, Balrog il est cheaté, comme on dit dans la Moria.
- …
- C’est de l’humour draconique.
- Il faut que je vous présente Thorin.
- THORIN ! Hahaha, j’étais sûr que ce vieux nain était ici ! Et je vois ce que tu regardes, petit voleur… l’Arkenstone ! »

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De là, tout en parlant, Smaug s’amuse à regarder Bilbo cavaler comme une tanche (mais toujours en restant visible, encore une fois, l’invisibilité, pourquoi faire quand on est en danger de mort ?), alors que l’Arkenstone, suite à d’habiles mouvements de Smaug, tombe hors de sa portée à chaque fois qu’il va mettre la main dessus. Une telle précision me laisse supposer que Smaug est probablement une bête au mini-golf, mais passons. Après de très, très longs dialogues, Smaug décide qu’il est enfin temps de tuer Bilbo, et se propose donc de lui cramer le museau. Notre fier hobbit, à défaut de finir en merguez, parvient donc à s’échapper et à regagner l’accès au passage secret par lequel il est arrivé mais y trouve… Thorin ! Qui visiblement, est de mauvaise humeur.

« Bilbo… où est l’Arkenstone ?
- Je… Thorin, je suis un peu pressé là.
- Alors donne-moi l’Arkenstone.
- Je… je l’ai avec moi, oui oui, je ne pipeaute pas, elle est dans ma poche, si je te la donnais là-haut à l’abri ?
- Non, maintenant. Tiens, si je te menaçais avec mon épée pour appuyer ma demande ?
- Thorin… non… »

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« Vous me le dites si je vous fais chier tous les deux, hein ! »

Oui, alors Bilbo, juste comme ça : la bonne réplique à donner, plutôt que de pipeauter tranquillement avec ton copain, c’était peut-être « SMAUG, IL EST DERRIÈRE MOI, BOUGE TOI BOUGRE DE CORNIAUD !« , mais non, ça devait être un peu subtil. Du coup, soudain, Thorin et Bilbo voient surgir à côté d’eux l’énorme tête de Smaug… et décident donc bien naturellement, alors qu’ils sont juste à l’entrée du passage secret qui est sécurisé, de se mettre à courir dans la direction opposée, galopant dans toute la forteresse naine, bientôt rejoints par Balin et les autres nains de l’expédition, venus à leur rescousse. L’occasion pour moi de parler de l’architecture naine. Une seconde, j’allume mon cigare et prends mon air docte. Voilà.

L’architecture naine est un véritable joyau. Moins chargée qu’une cathédrale gothique mais plus complexe qu’une église romane, on note que celle-ci se caractérise par un certain amour des angles et du respect des règles géométriques basiques, le tout mêlé à un gros complexe d’infériorité qui pousse les nains à ne créer que des choses gigantesques : grosses statues, grandes salles, immenses colonnes… si j’étais Tauriel, je me méfierais. Mais surtout, l’architecture naine se caractérise par un goût certain pour les trucs pas pratiques.  Par exemple, on peut constater durant le film que la moindre passerelle est immense, lisse, et toujours au-dessus d’un vide immense. Ce qui explique le très fort taux de mortalité chez les nains qui, pour peu qu’ils trébuchent ou titubent pour rentrer chez eux, risquent à tout instant une chute de minimum 70 mètres. Idem, leur goût pour la grandeur fait que les mêmes passerelles ou escaliers sont toujours immenses. On en déduira bien volontiers que le nain ayant un besoin pressant doit probablement devoir parcourir des kilomètres avant de trouver des latrines (qui sont probablement immenses, elles aussi) : le risque d’implosion avant d’arriver à destination est donc particulièrement élevé. Surtout quand on connait les courtes pattes des personnages. Mais, assez de cours magistral, prenant un exemple de conception architecturale naine en nous penchant sur la scène suivante :

Thorin et ses amis finissent par se dire qu’ils ne vont pas errer pour l’éternité dans la forteresse en attendant de se faire croquer, et que damned, ils ont été bien cons de faire des salles si grandes en permanence, alors qu’une paire de petits couloirs auraient suffi à arrêter le dragon vu sa taille. Ils vont donc aller aux forges, et essayer d’y trouver quelque chose pour meuler Smaug. Ça tombe bien, non seulement les forges sont en parfait état de marche, mais il suffit d’un souffle de Smaug pour remettre toute la machinerie en route (et donc permettre, évidemment, à des nains de sauter dans tous les sens sur des tapis roulants en esquivant du métal en fusion et autres scènes dignes de Georges Lucas). Thorin ordonne donc à Bilbo d’aller « activer une manette de la forge ». Hé bien même ça, ce n’est pas à côté de la forge ! Bilbo doit courir sur 100 mètres, gravir d’immenses escaliers, arriver sur un promontoire surplombant les forges et y trouver la manette !

On applaudit donc bien fort le type qui a dessiné les décors, qui a visiblement lui aussi quelque chose à compenser, mais il faudra que quelqu’un lui rappellequ’il est impossible de faire rallonger son Q.I.

Bref : activant la manette en question, Bilbo permet à une gigantesque quantité d’or fondu de ruisseler jusqu’à un imposant moule (tout était prêt, ça n’attendait plus que ça) derrière lequel bientôt, Thorin et ses amis vont s’abriter (Thorin, pour l’occasion, surfe sur l’or en fusion via un bouclier. Je crois que c’est à ce moment là que quelqu’un au premier rang a hurlé « Tolkien ackbar ! » avant d’activer sa ceinture d’explosifs). Smaug ne comprend pas trop bien de quoi il retourne jusqu’à ce que Thorin n’active le système qui brise le moule, et ne se révèle une gigantesque (hé !) statue de nain en or. Qui au bout de quelques secondes, n’ayant pas eu le temps de refroidir, se liquéfie… et le métal en fusion tombe donc sur Smaug !

Le dragon se débat, s’ébroue, mais le liquide lui colle à la peau écaillée jusqu’à ce qu’il disparaisse sous le flot d’or fondu. Les nains sont déjà prêts à crier victoire, lorsque le dragon rejaillit de sous l’or, hurle que Thorin va payer, mais que déjà, il va aller s’occuper de Lacville, histoire de rappeler à la région qui est le patron. Les nains sont donc fort désappointés alors que le dragon, se débarrassant en quelques secondes de l’or qu’il a encore sur lui, quitte la forteresse puis s’envole dans la nuit, maugréant qu’il est la mort, la destruction, l’ouverture facile et autres synonymes de terreur chez les vivants.

Et mettant le cap sur Lacville, il se prépare à faire payer tout ce petit monde et…

… FIN !

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En cette période de fêtes ou certains doivent lire ces lignes, une part de bûche dans une main et un mouchoir imbibé de larmes de sang dans l’autre après cette lecture, je conclurai brièvement :

Que ? Qu’est-ce que c’était que CA ?

Certains films ont connu moult adaptations.

Populaires dans un pays, tournés une nouvelle fois dans un autre avec de nouveaux acteurs pour faire bonne figure, qui ne se souvient pas de La Totale, devenu True Lies, film dans lequel Thierry Lhermitte avait été subtilement remplacé par Arnold Schwarzenegger (on remarque à peine la différence à l’écran) ? Ou bien encore Infernal Affairs, qui passé de Hong Kong à Hollywood, devint Les Infiltrés ? Et encore, je ne vous parle pas de toutes les versions Bollywoodienes, voire pour les plus farceurs d’entre vous, des adaptions liées à la règle 34 de l’internet. Ah, si, ne faites pas semblant.

Pourtant, il est des réalisateurs épris d’originalité qui se battent jour après jour pour réaliser des chefs d’oeuvres parfaitement inadaptables. Roland Emmerich est de ceux-là.

Mais plutôt que de vous l’expliquer, je vous propose de parler tout de suite de son dernier film, « White House Down« .

Nous pourrons alors revenir sur la précédente affirmation en conclusion.

Prêts pour une nouvelle plongée dans l’univers de l’un des plus talentueux réalisateurs de son époque ? Alors spoilons, mes bons !

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L’affiche : une explosion, et en plus les gens s’y vantent de leurs trois derniers crimes. Si c’est pas de la provocation, ça.

Tout commence au pays du hamburger, et plus précisément à Washington, alors qu’à l’horizon les teintes roses et orangées annonçant l’arrivée prochaine de l’ami soleil apparaissent. Dans la chambre d’une adolescente de onze ans, un téléphone sonne l’alarme : est-il l’heure d’aller à l’école ? De se préparer à une quelconque excursion ? De commencer à se peigner pour espérer être prête 3 heures plus tard (maudits cheveux longs) ?

Non : nous sommes dans la chambre d’Emily Cale, une adolescente de 11 ans qui comme toutes les petites filles de son âge, a programmé sur son téléphone une alarme pour être informée des moindres faits et gestes du président des Etats-Unis, puisque c’est sa passion dans la vie. Et son téléphone l’informant que l’homme d’état rentre à la Maison Blanche après un fort beau discours à l’ONU, notre bougresse regarde par la fenêtre l’hélicoptère présidentiel qui comme de bien entendu, passe juste au-dessus de sa maison pour lui mettre des étoiles plein les yeux. Parce qu’à 6h du matin, toutes les petites filles de 11 ans adorent se lever par passion pour un leader politique (Emily doit avoir du sang de nord-coréenne).

Je consulte ma montre : oui, nous n’avons même pas dépassé la première minute du film, et nous sommes déjà face à l’un des clichés (ratés) les plus formidables d’Hollywood, à savoir le perso d’enfant écrit avec les pieds, comprendre :

  • Il a une tête de cible d’entraînement pour concours de taloches
  • Il s’exprime comme un adulte et ne s’intéresse qu’à des sujets liés
  • Il dit toujours la vérité (même s’il n’a aucun moyen de la connaître, soit dit en passant)
  • Il a des réactions à peu près aussi naturelles que les lèvres d’Angélina Jolie

Bref, Emily Cale est une sorte de poncif, oui, mais un poncif avec un smartphone. Et puisqu’une caricature ne suffit pas, allons donc voir ce qu’il se passe au même moment dans l’hélicoptère du président des Etats-Unis.

Car en effet, le pays est dirigé par James Sawyer, un puissant patriote dans un film qui ne l’est pas moins, ce qui signifie qu’il n’est évidemment pas un homme politique comme les autres, non, lui c’est un idéaliste qui marche dans les pas d’Abraham Lincoln et qui veut rendre ce pays toujours plus beau (mais pas en s’en prenant aux banques quand même : c’est rigolo comme l’une des plus grandes aventures de Lincoln ne semble jamais passionner ses fans, quel sale communiste ce Abe). Toujours est-il que James Sawyer est plutôt noir, et plutôt originaire d’une famille pauvre. Tellement que dans ses discours à l’ONU, il parle de l’époque où il ne mangeait pas à sa faim, et de comment sa grand-mère a réussi à convaincre un braqueur potentiel d’abandonner son sinistre projet en échange d’un repas chaud.

Pas sûr qu’elle aurait eu le droit à sa page Facebook celle-là.

En tout cas, sortez vos mouchoirs, parce que les extraits des discours de James Sawyer ressemblent fortement aux consignes de coloriage d’un album Mon Petit Poney. Je pense qu’à l’ONU, on fait sortir les diabétiques de l’assemblée avant de le laisser s’exprimer histoire que son discours sirupeux ne s’avère pas fatal aux plus fragiles d’entre eux.

Le président et son petit équipage débarquent finalement à la Maison Blanche, et les gens de son cabinet se congratulent sur la pelouse sans raison pour dire que vraiment, ils font le meilleur boulot du monde. Mouais : m’est avis qu’aucun membre de l’équipe du film n’avait jamais travaillé dans un cabinet politique, mais passons. Car au même moment, à l’autre bout de Washington, le service de nuit s’achève pour John Cale, membre de la police du Capitole et affecté à la sécurité du big boss du sénat que nous appellerons Bob principalement parce que je n’ai pas retenu son nom tant il était charismatique. Et pour bien terminer ses aventures matinales, John escorte donc son patron jusqu’au Capitole pour que lui puisse commencer sa journée, cette feignasse. Mais en chemin, ô, radieuse surprise ! Qui croise John ? Ginette, une amie qui bosse pour le vice-président en balade dans le coin ! Et celle-ci a trois choses à annoncer à notre héros :

  1. *glousse* *glousse* Je t’ai décroché un rendez-vous ce matin comme tu le voulais pour intégrer la sécurité présidentielle !
  2. *glousse* *glousse* Je t’ai obtenu un second passe pour que ta fille monomaniaque puisse t’accompagner
  3. *glousse* *glousse* Tu me dois un dîner, et probablement, un nuit de seske torride à l’arrière d’une R19

STOP ! Ginette, malheureuse, que viens-tu de faire ? Proposer de faire des choses sexuelles avec le héros ? Mais enfin, n’as-tu pas remarqué que tu étais dans un film gentil ? En te comportant ainsi, gueuse, tu oublies qu’une vraie gentille femme de film américain ne propose pas ce genre de chose. Le sexe, c’est pour les vilaines qui ne croient pas en Djizousse. Si tu voulais vraiment te comporter en gentille, tu saurais qu’une bonne copine de héros se contente de rougir quand on l’approche, de glousser quand on lui parle (okay, là-dessus, tu es pas mal), et d’appeler à l’aide avec de petits cris kikinous quand le méchant t’emmène sur son cheval en direction du Canyon de la Muerte.

Mais là du coup, tu vas juste mourir comme une crotte. Adieu, Ginette.

Cela dit, Ginette ne meurt pas tout de suite, non, soyez un peu patients galopins : pour commencer, elle s’en va suivre le vice-président vers de nouvelles folles aventures pendant que John finit officiellement son service, salue son chef Bob et s’en va chez son ex-femme chercher sa fille pour l’emmener à l’école.

Alors bon, vous allez me dire « Voilà au moins une scène qu’ils ne vont pas rater ou barder de poncifs : il suffit que le héros rentre, dise bonjour comment vas-tu yau de poêle, tout ça, et que sa fille grimpe dans la voiture, et c’est plié. » Mais ce serait sous-estimer les pouvoirs scatophiles de Roland Emmerich : car à peine John est-il à la porte qu’on lui décharge au museau un nouveau poncif, parfaitement inutile : sa fille lui fait la tête parce qu’il a oublié de venir la voir au spectacle de son école.

Bon alors sérieusement les petits gars, il va falloir arrêter : caser le fait que le héros a raté le spectacle de l’école de sa fille ou le match de base-ball de son fils, ça devient vaguement lourd. Non seulement ça ne sert pas à grand chose, mais en plus, quitte à rajouter des éléments sur la vie des personnages, je ne sais pas, ils ne pourraient pas avoir d’autres activités ? Je veux dire : ce ne sont pas les loisirs qui manquent. Pourquoi faut-il que ce soit toujours le spectacle ou le base-ball ? Une compet’ de judo, un course d’athlétisme ou une lecture publique de Mein Kampf, il y a le choix, sacrebleu.

En même temps, « Papa n’est pas venu à ma compet’ de curling », ça se comprendrait.

Mais ce n’est pas grave : il ne faudrait pas montrer que l’on a fait un effort d’environ 0,5 secondes sur le scénario pour ne pas hurler au spectateur qu’on le prend pour un con.

Bref : John le papa caricatural fait donc monter Emily sa fille caricaturale dans sa grosse voiture caricature, puis salue son ex-femme caricaturale avant de prendre la route (normale, elle, merci). Mais pas pour l’école, petite Emily, papa a une surprise pour toi : que dirais-tu d’aller à la Maison Blanche ?

La jeune fille est donc si heureuse de la chose et joue tellement bien qu’un instant, j’ai cru qu’elle faisait une crise d’épilepsie (ou qu’elle était Marion Cotillard), mais hélas, non. Elle se met alors à lancer aléatoirement des anecdotes historiques sur la Maison Blanche, parce que dans la vie, c’est connu, quand vous dites à quelqu’un « Tiens, si on allait au Louvre ? » il se met à parler tout seul citant Wikipédia. Encore une fois : quel talent.

J’en profite pour le signaler : Emily refuse d’appeler son père « Papa » ou « Papounet » et préfère donc « John ». Quelque chose me dit que d’ici une ou deux explosions, elle aura changé d’avis, mais chut, ne spoilons pas, tout cela est tellement imprévisible, je m’en voudrais de vous gâcher le film. Toujours est-il qu’une fois sur place, John est invité à se rendre à l’entretien qu’il a obtenu, mais que petit imprévu, celui-ci se déroule avec Carol Finnerty… un ex amour de jeunesse de notre héros !

Attention, un, deux  : « HO BIN CA ALORS !« 

Voilà, merci.

Carol, donc est bien surprise de retrouver John : la dernière fois qu’ils se sont vus, c’était au lycée, mais leur histoire s’étant mal terminée (une sombre histoire de soirée mousse ayant dégénéré), ils sont un peu en froid. Carol consulte donc le dossier de notre héros devant lui, et fait le récit de sa vie après le lycée : petits boulots divers, puis engagement dans l’armée, où le bougre a atteint le grade de sergent. Il a évidemment été décoré pour héroïsme, puisqu’il a sauvé un de ses petits camarades d’un véhicule en flammes. A noter que le script étant décidément d’une rare qualité, ce dialogue de Carol s’y glisse : « Je vois que vous avez sauvé un de vos camarades d’un blindé en feu. Pourquoi ?« 

Mais je ne sais pas Carol, qu’attends-tu comme réponse ? « Nan mais c’est parce que je lui avais prêté ma Game Boy je voulais la récupérer » ? « Il était assez cuit, j’aime ma viande saignante » ? « Pardon Carol, mais es-tu un hamster avec une moumoute pour poser des questions pareilles ? » ?

Bref. L’absurde entretien se poursuit avec les états de service militaire de notre larron qui, bien que héros, n’en était pas moins… mais si, allez, vous le savez. Attention : « une tête brûlée » !

Allez, on reprend : « HO BIN CA ALORS !« 

Restez vigilants, je sais pas vous, mais moi, je sens d’autres trucs caricaturaux venir. Ne me demandez pas comment je le sais : c’est l’instinct.

Toujours est-il qu’au final, Carol annonce à John que non, le président n’a pas besoin d’un psycho-ouf dans son équipe, et que donc, merci John, bonne journée, et tiens, voici mon pied au cul pour faire bonne mesure. Sitôt sorti de cette rencontre décevante mais mouvementée, John va retrouver sa fille et pour ne pas la décevoir, lui dit que hahaha hihihi, mais si, évidemment que l’entretien s’est bien passé, mais bon, tu sais, on verra, c’est pas fait, et puis bon, c’est l’administration, alors hein bon hé, ho, hein dis. Ta gueule en fait.

Sauf que sur le chemin de la sortie, un guide de la Maison Blanche, prenant le duo pour des touristes, leur propose de se joindre au groupe qu’il s’apprête à emmener en vadrouille. L’occasion idéale de faire plaisir à la petite Emily (notons que le héros, bien qu’habitant à Washington et avec une fille passionnée par le sujet, n’a jamais pensé à proposer cette visite avant, c’est vrai que c’était compliqué), en route donc ! L’occasion idéale pour Emily de montrer qu’elle est définitivement un personnage si puissamment relou que je lui attribue une note de 9,5/10 sur l’échelle de Jean-François Copé. En effet, celle-ci passe son temps à débiter des choses qu’elle a lues sur Wikipédia, comme par exemple l’emplacement des vieux-tunnels-qui-officiellement-n’existent-pas ou du bunker-top-secret-du-président.

Alors que l’ensemble des touristes un peu gavés s’apprêtent à isoler Emily dans les toilettes pour lui péter la gueule à coups de lunettes de WC, une radieuse surprise attend notre petit groupe : James Sawyer, le président des Etats-Unis en personne, débarque au milieu de la visite.

« Bonjour les amis ! Je viens de terminer à l’instant un discours sur le fait que je retirais toutes mes troupes du Moyen-Orient et qu’à la place je mettais le budget de l’armée dans l’aide au développement. Comme ce n’est pas du tout le genre de déclarations qui a des conséquences, et que je n’ai pas non plus un pays à gérer, je me suis dit que tiens, si je venais glander avec les touristes en shorts à fleurs ?« 

Autant vous dire que par la grâce de cette arrivée impromptue, les sous-vêtements d’Emily découvrent instantanément l’exotisme d’un climat tropical. La bougresse en profite donc pour demander au président s’il ne voudrait pas répondre à une interview pour sa chaîne Youtube, là, tout de suite, au pied levé, et là encore, James Sawyer accepte parce qu’il a le swag. Histoire d’alimenter un peu plus, le bullshit généralisé, Emily, au lieu de poser une question comme « Ça fait quoi d’être président ? » ou « Elle est devenue quoi, Monica Lewinsky ? » lui demande ce qu’il pense de la crise actuelle au Moyen-Orient (pourquoi pas), particulièrement des conflits inter-régionaux (heu, bon, d’accord, on va dire qu’elle est très en avance) et plus particulièrement de sa position face aux dissidences chiites (en fait, non : va chier Emily).

« Ta question est très intéressante Emily. Vraiment. Ce qu’on va faire c’est que tu vas la reposer à mon garde du corps, là, derrière, et on va voir si tu esquives les clés de bras comme moi les questions. »

Je ne déconne même pas, hein. C’est vraiment la question qu’elle lui pose. Ah non mais, quand je vous dis que c’est écrit avec les pieds, je n’exagère pas.

Le président lui répond donc un truc qui tient plus d’une Miss France que d’un homme d’état (ils ont dû inverser les dialogues, je suppose), avant de voir Emily lui dire « Merci président ! Au fait, mon papa va intégrer votre sécurité !« . James Sawyer sourit donc tranquillement, avant de se pencher à l’oreille du papa d’Emily pour lui souffler :

« Ce n’est pas beau de mentir aux enfants. »
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Ce à quoi John oublie de répondre :

« Et ce n’est pas beau d’avoir lu le script.
- Pardon ?
- Bin oui : je viens à peine de passer l’entretien, on m’a dit non il y a dix minutes. Alors vous m’expliquez comment vous pouvez savoir que je ne suis pas pris ? En plus d’avoir le temps de glander avec les touristes et de faire le kéké sur la chaîne Youtube de titeprincesse_star_81, vous avez en plus trouvé le temps d’aller vérifier aux ressources humaines les résultats de l’entretien d’embauche d’un type que vous n’avez jamais vu ?
- Heeeeeeeeeem hum hem, je… je… hooo, on m’appelle ! »

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Quelle attention minutieuse portée à chaque seconde de ce film, c’est impressionnant. Et notez que la plupart du temps, ça n’apporte rien à l’histoire. Non, c’est juste pour rajouter des erreurs. Attendez que je vérifie un truc… budget du film, 150 millions de dollars et… ho ! Mais qu’est-ce que c’est que ça ?

Sony Pictures n’a pas lésiné sur les moyens puisqu’avant même la préparation du tournage du film, 3 millions avaient été dépensés pour acheter le scénario de James Vanderbilt. La société de production avait déjà travaillé avec lui pour The Amazing Spider-Man.

3 millions de dollars. Pour un truc qui est déjà aussi moisi alors que le film n’a même pas commencé. A ce prix là les enfants, gardez bien vos rédactions de CP : à l’argus d’Hollywood, elles doivent bien valoir 1 ou 2 millions de dollars.

Allez, allons donc voir ailleurs si les choses se déroulent mieux. Et rendons-nous à la demeure magique de Martin Walker, patron de la sécurité présidentielle justement, qui se prépare à une nouvelle belle et grande journée. Après s’être brossé les dents et avoir fait les mots croisés de Biba pendant qu’il délivrait ses flancs de l’ennemi intérieur, Martin a donc pris le chemin du travail, mais d’abord, il a salué sa femme :

« Au revoir ma chérie, je vais au travail. Tiens, garde-moi ce pin’s drapeau américain que je porte d’habitude au col, tu veux ? Je ne veux pas le porter aujourd’hui.
- Mais ? Pourquoi ?
- Et puis tiens, laisse-moi te dire que je t’aime comme si c’était la dernière fois.
- Hein ?
- Tiens, t’ai-je dit que je ne m’étais jamais remis de la mort de notre fils, militaire mort en opération spéciale en Iran suite à un ordre du président ?
- Qu’est-ce que… Martin ? Nom d’une pipe Martin : tu serais pas en train de filer des indices gros comme des clients de Wall-Mart aux spectateurs pour leur spoiler le fait que tu es un traître ?
- Pas du tout. Par ailleurs mes indices sont très subtils.
- « Subtil » ? Ah non mais visiblement, t’as pas dû bien lire le dictionnaire, ça explique que tu en chies avec les mots croisés de Biba. 
- Bon allez, je vais au travail, hop. »

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Mauvaise idée, on aurait pas dû aller voir de ce côté là en fait, c’est aussi pourri que le reste. Suivons donc l’ami Martin Walker jusqu’à la Maison Blanche, où il retrouve toute l’équipe de la sécurité présidentielle dont sa bonne amie Carol, pour leur dire que ça va encore être une bien belle journée, dis-donc. Mais surtout, et parce que ça faisait bien 45 secondes qu’on avait pas eu un truc vu et revu, on fait soudain rentrer un gâteau dans la salle : figurez-vous que Walker est à une semaine de la retraite !

Allez, tous ensemble : « Tu vas mouriiiiiir !« 

Là encore, cet élément n’apporte rien, à part de quoi pleurer de douleur devant autant de nullité. Tout le monde file donc des cadeaux et des tapes dans le dos à papy Walker, en lui disant qu’il manquera à tout le monde. Tous les passants, même dans les couloirs, lui serrent la main en lui disant « Bon bin, bonne retraite hein !« .

Je ne suis pas un expert, mais moi j’ai entendu dire que les pots de départ, c’était quand on partait. Non parce que sinon, v’là le reste de la semaine : « Bin t’es pas encore parti toi ? Je t’ai pas serré la main hier en te disant adieu ?« . Ambiance.

Durant la petite sauterie, Martin va donc trouver Carol pour s’entretenir brièvement avec elle :

« Carol, tout est calme aujourd’hui et vous travaillez trop. Rentrez chez vous et reposez-vous.
- Mais ? Pourquoi ? 
- Parce que je vous l’ordonne.
- Mais je sais pas, ça sonne suspect. Un peu comme si… comme si vous aviez des accents de traître dans la voix.
- Vous imaginez des choses, niet niet popovitch. Alamdoulila, nardin. 
- Vous devez avoir raison, je vais rentrer chez moi. »

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La belle va donc reprendre son automobile et s’en va tranquillement dans les rues de Washington, sans savoir qu’au même moment, il se passe des choses… au Capitole !

En effet, au même moment, au Capitole : « Je propose que la pizza soit désormais un légume »

Car dans les couloirs de celui-ci, un terrible vilain (roux et barbu, c’est dire s’il appelle la mort de ses vœux) rôde. Et comme c’est un vrai professionnel des actions méchantes, il a pensé à noter au bic bleu sur son bras le numéro de la salle où l’attend tout l’équipement pour mettre la zone dans le bâtiment.

C’est vrai que s’écrire dessus comme une collégienne, c’est pro. Comme ça, si la police l’attrape et qu’il n’a pas le temps de se frotter à la salive, hop, toute la maréchaussée sait dans quelle salle aller chercher les preuves de l’odieux forfait. Attendez, je relis plus haut… moui : 3 millions de dollars.

Notre sympathique loulou s’en va donc dans un local d’entretien récupérer son matériel de farceur, à savoir un bleu de travail et du matériel de nettoyage ainsi qu’accessoirement, une bombe. Combinant habilement tout cela (il enfile le chariot, cache la bombe dans le bleu de travail et … attendez, non… ah merde, j’espère qu’il a bien noté l’ordre des opérations sur son autre bras), il ressort donc grimé en technicien de surface, poussant devant lui son chariot piégé. Sitôt qu’il a placé celui-ci dans la salle de la coupole du Capitole, il ricane donc très fort et s’enfuit tel un farfadet maléfique atteint d’incontinence, alors que peu après, derrière-lui, BROUF fait la bombe.

Le bâtiment prend donc un peu cher, mais pas autant que les touristes et agents de sécurité voisins qui font de l’auto-crémation au black.

Carol, qui était en chemin pour chez elle, voit donc l’explosion et se précipite sur place pour aller vérifier que l’évacuation se déroule bien. Et en effet puisque non, Bob, le boss du capitole, n’a pas été transformé en torche humaine, et le vice-président qui était dans le coin va bien lui aussi. Bob est donc envoyé se planquer au Pentagone, pendant que le vice-président est collé dans Air Force One qui décolle aussitôt pour se mettre à l’abri à ouat’mille mètres d’altitudes, histoire que si Washington soit attaqué, tout le monde ne soit pas au même endroit, stratégie dite du « Mile High Club ». Et à la Maison Blanche, l’alerte est donnée : la place est verrouillée et tous les agents de sécurité s’arment et vont se poster à toutes les fenêtres prêts à ouvrir le feu sur tout ce qui a l’air suspect : homme armé non-identifié, porteur de turban, ou pire, politicien honnête (mais là, le mot « suspect » frôle l’euphémisme). Le président se retrouve lui enfermé dans le bureau ovale avec quelques conseillers ainsi que son chef de la sécurité, le temps que l’on en sache un peu plus sur ce qu’il se passe au Capitole. Ce qui veut dire que pour John et Emily, la visite touristique s’achève assez brusquement. J’ai envie de dire : remboursez nos invitations.

Surtout que l’alarme s’est déclenchée pendant qu’Emily était aux toilettes en train de réviser ses plus grands airs de cornemuse, ce qui signifie qu’elle est séparée de son papa lorsque la Maison Blanche passe en alerte rouge. Rebondissement !

Résumons :

  • Le président est en sécurité dans le bureau ovale
  • Le vice-président est en sécurité dans Air Force One
  • Le patron du Capitole est emmené au Pentagone pour être mis en sécurité et y arrive sans encombre
  • John est en sécurité avec les autres touristes dans une aile de la Maison Blanche
  • Emily est sur le trône à relâcher des papillons de leur sombre captivité

Tout devrait donc aller pour le mieux. Sauf que…

Sauf qu’un agent de la sécurité de la Maison Blanche remarque qu’un groupe d’ouvriers n’a pas entendu l’alarme. Il rentre donc pour leur dire que dites donc bande de fripons, vous n’avez pas trouvé ça suspect, la grosse sirène, les gens qui hurlent et les types armés qui passent dans des bruits de bottes ? Mais alors qu’il engueule les galopins, l’agent remarque, mais bien trop tard, que c’est un piège : ces ouvriers ont bien trop de moustaches, tant et si bien que même un orchestre mariachi ne pourrait les égaler. Ce qui ne peut signifier qu’une seule chose : ils sont méchants (ou ils ont juste très mauvais goût, dans les deux cas, mieux vaut ouvrir le feu par principe).

Mais avant que notre homme ne commence à leur distribuer des balles dans la tête, les vilains, puisque ce sont bien eux, lui maravent la mouille et lui prennent son arme avant d’y visser un silencieux qu’ils avaient réussi à passer au nez et à la barbe de la sécurité. Dès lors, ils peuvent lancer leur plan super rusé : prendre la Maison Blanche à 12 contre 200 avec un seul pistolet.

Et évidemment, ils y arrivent sans problème.

Normal.

Pour la petite histoire, il faut savoir qu’ils sont un peu aidés par la main du scénariste, puisque déjà, ils tuent tout le monde d’une seule balle, même à 20 mètres de distance, les gens meurent instantanément et sans bruit, et en plus, même leurs corps tombent telles des plumes histoire que dans la salle d’à côté on entende pas qu’il se passe un truc et que l’on puisse se faire massacrer en paix. Probablement que ce sont des gardes en mousse, d’où l’expression.

Bon, après, on pourrait aussi dire, mais ce serait chipoter, qu’il manque un truc. Mais si, un tout petite, qu’on oublie facilement, surtout, à tout hasard, dans une équipe de cinéma :

Les caméras.

Mais si, vous savez ce truc tellement basique que même Intermarché en a pour éviter les vols de yaourts aux fruits ; j’ose vaguement imaginer, mais c’est un peu audacieux, que allez, disons que la Maison Blanche en a ? Auquel cas, ça pourrirait un peu le plan, je suppose.

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Quelques minutes auparavant, dans une Maison Blanche crédible.

« Hardi les amis ! Maintenant que nous avons tué ce garde, allons donc mettre des balles dans la tête de tous les fonctionnaires de la maison !
- OUAIIIIS !
- Krshhhh… krsshhhh….
- Qu’est-ce que c’est que ce bruit ?
- Regardez chef, on dirait que ça vient du haut-parleur ! Là à côté de… ah bin de la caméra, tiens.
- Krshh… un deux, un deux… on m’entend ? Ici Gégé, du PC sécurité. Bon, ceci est un message aux petits malins qui se cachent dans la salle de projection et qui viennent de tuer notre copain Jean-Jacques : on a environ 60 gardes avec des mitrailleuses lourdes qui vous encerclent. Sachant que vous avez un pistolet pour douze et que vous venez connement de tuer votre seul otage potentiel pour lui prendre son arme, soit vous sortez pour vous prendre des coups de bottin dans la gueule, soit on rentre vous mettre des coups de bottine. 
- …
- Krsshh… oui alors en fait on me dit qu’on va juste faire entrer des grenades, histoire de gagner du temps, Bisous ! »

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« Des caméras… mais enfin John, aurais-tu oublié que notre priorité à la Maison Blanche était la protection de la vie privée des citoyens ? »

Mais ouf, non : nous sommes dans un mauvais film, donc personne ne pense aux caméras, ni dans un camp, ni dans l’autre. Les méchants, très fier de leur coup annoncent donc sur la radio que la voie est libre : les renforts peuvent arriver. Car oui : des camionnettes de faux ouvriers garées sur le parking de la Maison Blanche et que personne n’avait pensé à inspecter, sortent une paire d’hommes en plus : Jean-Paul Moustache, un terrible commando ressemblant à un croisement entre Arnold Shwarzenegger et Freddy Mercury, et Maurice Ubuntu, un hacker mystérieux. Le chef du commando des méchants, joliment nommé Emile, explique donc ce qu’il convient de faire : Jean-Paul Moustache va aller sécuriser les dernières pièces pas encore prises, comme par exemple la salle où les touristes en visite ont été enfermés, pendant que Maurice va aller au centre informatique de la Maison Blanche pour y lancer un mystérieux piratage (probablement pour trouver le p0rn présidentiel). Emile de son côté a des choses à faire, comme par exemple aller sur le toit avec quelques hommes coller des balles dans la tête des derniers agents de sécurité qui s’ébattaient gaiement tel des lapins soyeux sur la pelouse présidentielle.

Du coup, ça alerte un peu l’équipe dans le bureau ovale, qui jusqu’ici, se faisait les ongles.

« Tiens Walker, vous avez vu ? On dirait un assaut.
- Maiiiiis non. Je vois pas ce qui vous fait dire ça.
- Je sais pas : le fait que depuis les fenêtres je vois mes hommes se faire abattre dans les jardins ?
- Aaaah ouaiiiis. Bon, vous savez quoi président ? On va avertir le Pentagone que ça sent le pâté et aller se cacher dans le bunker présidentiel. Allez les gars : en formation, on escorte le colis jusqu’au bunker. »

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Ce qui est dit est fait, le tout, sans croiser de terroristes. Sauf qu’alors que le président ouvre le bunker présidentiel à l’aide son mot de passe secret (« LincolnRoxor »), Walker sort son arme de sa veste et abat son adjoint à la sécurité, les autres agents restants, et accessoirement les deux couillons qui montaient la garde à l’entrée du bunker.

Oui, Walker est vieux et fatigué, mais non, ça ne l’empêche pas d’abattre tranquillou 7 mecs qui avaient leur arme à la main et étaient en alerte maximale sans que ceux-ci ne réagissent. Ils avaient sûrement du lag. Le président est bien étonné, mais Walker histoire d’aider le spectateur un peu con, précise sa pensée :

« Ahaha, je suis un traître !« 

En même temps, tu aurais dit que tu étais une licorne, c’est vrai que c’eut été plus surprenant. Mais le bougre poursuit donc : « Ahaha, président ! Votre politique de faire la paix avec les muslims est folie ! Et en plus, mon fils est mort en opération chez eux, et vous voudriez qu’il soit mort pour rien ? Ça ne se passera pas comme ça !« 

Sauf que pendant que notre homme soliloque et que les spectateurs pleurent devant ce qui est du niveau d’un téléfilm M6, la situation a évolué dans les niveaux supérieurs de la Maison Blanche.

A savoir que dans la pièce où les touristes de la visite guidée avait été enfermés et où ils attendaient protégés par deux agents, surgit soudain… Jean-Paul Moustache !

« Mon dieu il a une MOUSTACHE ! » crient donc les innocents terrorisés en se disant qu’ils ont là affaire à un hipster. Heureusement, le brigand les rassure bien vite en mitraillant la gueule de l’agent de sécurité survivant le plus proche : non, il est juste un terroriste. Tout le monde est donc rassuré. A part peut-être John Cale, qui voyant cela, se dit que c’en est trop, cette visite guidée est vraiment un scandale. Il attrape donc l’arme au sol du garde mort, se fait mitrailler (mais à partir de maintenant, les terroristes vont se mettre à tirer dans tous les sens sauf sur lui) mais parvient à s’enfuir, non sans avoir au passage mis une balle dans le bidou d’un terroriste qui passait par là, parce que plaisir d’offrir, joie de recevoir.

Armé, grognon, mais paniqué, notre héros erre donc dans les couloirs à la recherche de sa fille, qu’il suppose toujours aux toilettes en train de tester le principe des caisses de résonance sur la porcelaine. Mais après avoir constaté que la jeune fille avait dû filer, il entend des voix non loin, et se rendant sur place… aperçoit le président James Sawyer menacé par Martin Walker !

« Palsembleu » s’écrie donc notre héros, ajustant très tranquillement son arme pour abattre Walker qui ne l’a pas vu situé à 5 mètres de lui. Et tirer finalement 30 mètres au-dessus de sa tête parce que sinon, le film serait plus court. Qu’à cela ne tienne : voilà qui suffit à faire diversion, allez hop, John récupère le président et fuit avec lui dans la Maison Blanche, le tout, au passage, en tuant un autre terroriste qui passait par là et donnant une bonne patate à Emile qui lui aussi se promenait. Mais là encore, sans le tuer, ni l’emmener comme otage, non : là encore, le film doit durer.

A noter que nos héros se sont dit que tant qu’à choisir entre foncer vers le bunker présidentiel pour être en sécurité, en ayant juste sur son chemin un papy Walker déjà bien entamé, tellement que m’est avis que c’était le moment de lui jeter une pokéball dans la margoulette, et courir dans toute la Maison Blanche sans aucun abri et avec tout un commando terroriste surentraîné sur le dos, nos héros ont choisi la seconde option.

La bonne nouvelle, c’est que des ficelles si fines et légères, ça permettra potentiellement de lyncher le scénariste sitôt que Diego l’aura retrouvé.

Subtilité toujours, évidemment, nos héros décident intelligemment de s’enfuir en s’enfermant dans un ascenseur voisin. Emile attrape sa radio pour annoncer à tous ses hommes que attention, attention, le président des Etats-Unis et un type qui fait de la gonflette viennent de monter dans un ascenseur, alors que tout le monde se tienne prêt à capturer l’homme d’état et à transformer son copain en art contemporain sitôt que les portes s’ouvriront. « Oui chef ! » font donc les vilains avant d’aller se mettre en position. Sauf qu’évidemment, au moment où les portes de l’ascenseur s’ouvrent en arrivant à un étage… ses occupants ont disparu !

« Ça alors ! » font donc les terroristes. Avant de… heu… rien.

Nan mais c’est vrai, hein. Après tout, c’est peut-être juste que le président est escorté par Garcimore, du coup autant laisser tomber.

Notez que la cage d’ascenseur est équipée de petites lucarnes au-dessus du palier de chaque étage pour permettre d’écouter les plans de l’ennemi en toute sécurité.

Donc, non : personne ne pensera qu’un ascenseur n’a que deux sorties, et que si les gentils n’ont pas pris la porte principale, ça vaut peut-être le coup d’inspecter la trappe de secours. Parce que oui, nos héros se sont bel et bien tout simplement planqués sur la cabine de l’ascenseur. Et tapent même tranquillement la discut’ sans que personne ne les entende. Ils se permettent aussi de rajouter d’inutiles incohérences (des fois que ça ne suffise pas), par exemple lorsque le président, à un moment où l’ascenseur va au dernier étage et risque donc de les écraser entre la cabine et le mécanisme, décide de coincer sa chaussure dans les rouages pour bloquer la situation et ainsi éviter un funeste destin. Hé bien figurez-vous que si ce geste sauve nos héros, juste en-dessous, la réalisation a aussi oublié que bloquer un ascenseur, bin ça bloquait un ascenseur, et du coup le mec qui montait au dernier étage finit son trajet et arrive à destination sans problème.  Même pas un décalage d’un demi-centimètre avec le palier. J’ai donc deux théories :

  • Soit ce film est réalisé par des branquignolles qui paient pour rajouter des scènes inutiles, sauf pour les incohérences
  • Soit les chaussures présidentielles sont magiques : quand on les écrase, par exemple dans des rouages, elles créent des poches spatio-temporelles ; d’où l’expression « le président n’aime pas qu’on lui marche sur les pieds« 

Camarade, choisis ton camp.

Mais attendez, le puits de la médiocrité est plus profond encore ! Inutile de le sonder avec un Nicolas Cage attaché à une ficelle, enfilez directement vos scaphandres, on descend. Car tout de même, à un moment, à force d’entendre deux mecs se raconter des blagues et jouer à Twister sur le toit de la cabine, un terroriste qui prenait l’ascenseur avec des missiles décide de pointer son arme vers la trappe de secours puisque ça semble vaguement suspect, tout de même. Mais avant qu’il ne puisse l’inspecter plus avant, les portes de l’ascenseur s’ouvrent, et un autre de ses copains l’attend pour l’aider à décharger le chargement. Et là attention, dialogue :

« Bin ? Qu’est-ce que tu fais ? Tu as peur d’être attaqué par un ascenseur ? 
- Mais j’ai entendu des bruits suspects !
- Bah, ce sont de vieux ascenseurs, allez oublie et aide-moi à décharger. »

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C’est vrai, les ascenseurs sont connus pour faire des bruits ressemblant parfaitement à des voix humaines. Moi une fois, j’ai pris un ascenseur qui imitait à la perfection Raymond Barre, c’était troublant. Et puis bon : on ne parle que d’un ascenseur où deux mecs ont disparu deux minutes avant, mais visiblement, les terroristes l’ont déjà oublié.

Non mais ce film. Ce film.

Mais vous allez me dire : « Bon, d’accord, je veux bien que les terroristes soient cons. Mais à l’extérieur de la Maison Blanche, ils font quoi ? Un Jungle Speed ? ». Hé bien, comme je suis sympa, allons donc voir au Pentagone, où justement, la résistance s’organise. A savoir que Bob, le patron du sénat, s’est entouré de tout un tas de généraux et de l’amie Carol pour essayer de faire le point sur ce qu’il se passe. Le tout en ayant une vidéoconférence avec le vice-président à bord d’Air Force One. Et ça discute sec, croyez-moi. Regardons plutôt.

« Ici le vice-président. Bonjour général en chef, bonjour Bob, bonjour Carol. Alors, que se passe-t-il ? Qu’est-ce que c’était que cette bombe au Capitole ?
- Hé bien Monsieur le vice-président, il semblerait qu’il ne s’agissait en fait que d’une diversion. 
- Une diversion ? Mais pourquoi faire ?
- Nous venons d’apprendre que la Maison Blanche avait été attaquée. Non parce qu’on a vu des mecs tirer depuis le toit sur les gens dans les jardins : ça nous a mis la puce à l’oreille. C’est qu’on est de vrais pros.
- C’est vrai que là, je suis bluffé, quel talent. Où est le président d’ailleurs ?
- Aux dernières nouvelles, Martin Walker, son chef de la sécurité, l’emmenait au bunker présidentiel. Il est donc tranquille. On ne peut juste pas le joindre puisque les communications ne passent pas dans le bunker. Nous avons fait appeler la garde nationale et encerclons désormais la Maison Blanche avec plusieurs bataillons et même quelques chars. »

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Le vice-président est donc choqué par ces sombres nouvelles. Mais pas autant que l’un des conseillers du Pentagone.

« Excusez-moi ?
- Oui ? Qui êtes-vous ? 
- Caporal Roudoudou, consultant en consulting pour le Pentagone.
- On vous écoute Roudoudou.
- Non, je me disais : c’est con comme plan.
- Que voulez-vous dire par là ?
- Bin, je ne sais pas : vous voulez vous en prendre au président des Etats-Unis, vous ne l’attaquez pas dans l’endroit le plus sécurisé dont il dispose, non ? C’est pas un hasard si tous les présidents qui ont des ennuis les ont toujours quand ils sont de sortie, hein. 
- Heu… oui, bon, mais heu… là ils avaient un super plan avec la… la bombe au Capitole. Voilà. Une diversion. Très malin.
- Rappelez-moi : le but de la diversion, c’était bien de faire passer la Maison Blanche en alerte rouge, c’est ça ?
- Oui je… c’est ça ?
- Donc en plus de l’attaquer leur cible dans l’endroit où elle est le mieux protégée, les terroristes ont en plus pris le temps de déclencher l’alarme AVANT de passer à l’action pour perdre l’effet de surprise ?  C’était ça leur super plan, crier « Coucouuuuuuu on arriiiiiiive » ?
- Ah oui. Nan mais c’est vrai qu’ils sont cons en fait.
- Ah non mais en même temps, vous aussi hein : depuis quand les communications ne passent plus avec un bunker présidentiel conçu justement pour gérer les situations de crise depuis un abri sécurisé ? 
- Heu… non mais c’est parce que moi je suis chez Free, et du coup…
- Sinon vous avez essayé de les appeler sur une ligne fixe, comme ça ? Ou au moins les terroristes, histoire de savoir ce qu’ils veulent ?
- Ah bin, non plus, tiens. Bon, écoutez caporal Roudoudou, vous savez ce qu’on va faire ? On va reprendre le cours du film en essayant de ne pas pleurer, d’accord ?
- Faites comme chez vous les gars. »

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Parce que non, alors que la situation dure déjà depuis des heures, personne n’avait pensé à entrer en contact avec l’ennemi, histoire de voir s’ils avaient des revendications comme « Mort à l’Amérique« , « On veut du tofu à la cantine » ou « Pitié, arrêtez le blog de Pandora.« .

L’équipe du Pentagone se dit donc que ah bin tiens, c’est pas con, oui. Allez hop : ils font le numéro de la Maison Blanche (c’est le 2) et attendent de voir qui décroche au standard.

« Oui allô Martin Walker top trahison 30 minutes j’écoute ? 
- Martin ? Mais ? La Maison Blanche est remplie de terroristes ! Comment sont-ils rentrés ? Où est le président ? Pourquoi avez-vous l’air si sûr de vous ?
- Mais parce que je suis avec les terroristes ! 
- HO ! 
- Hé bin oui. 
- Mais pourquoi Walker ? Pourquoi avoir trahi le pays ?
- Le PRESIDENT a trahi le pays ! Il veut faire la paix avec l’Iran ! Mon fils est mort en opération spéciale là-bas, et je compte bien les faire payer ! Et puis accessoirement, mes hommes et moi voulons 400 millions de dollars, et un Boeing prêt à décoller à l’aéroport le plus proche !
- Mais enfin Walker, vous êtes fou ! Et même si nous acceptions, jamais vous n’arriverez vivant à l’aéroport, vous le savez !
- Carol… c’est bien vous Carol ? Je vous ai renvoyée chez vous ce matin pour ne pas avoir à vous tuer, alors ne vous mêlez pas de tout ça. Et pour le reste, sachez que si je vois un seul sniper dans un rayon de 15 kilomètres de la Maison Blanche, je bute les otages que l’on a avec nous.
- Rascal ! Donnez-nous au moins une preuve que le président est en vie.
- Heu je… hem… heu… oui heu… oui, il est en vie et on… on le tient. Voilà. Merci de nous faire confiance. Bonne journée. Bisous. »

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Martin Walker n’est pas très malin : pour donner une preuve de vie du président, il suffisait de frotter très fort un sucre contre le combiné du téléphone : cela aurait ressemblé à la perfection à un discours présidentiel

Et la communication coupe. Tout le monde est donc bien embêté ! Ah, si seulement il y avait encore un espoir au sein même de la Maison Blanche…

… mais l’espoir est là. D’abord, sous la petite forme énervante d’Emily Cale qui a réussi à rester cachée un bon moment, et à filmer un bon paquet de terroristes avec son téléphone. Bon, Jean-Paul Moustache a fini par la repérer et la récupérer, mais avant, elle a quand même trouvé le temps d’envoyer toutes ses vidéos sur Youtube : le monde libre peut donc voir la tête des attaquants de la Maison Blanche ! Et surtout, commenter la vidéo Youtube avec tout le talent des utilisateurs, à savoir « Pouce vert !« , « Jador ta chaine suis la mienne stp« , « Moi aussi une fois, ma mamie elle a été agressée« , puis un long débat sur les agressions de mamies qui après avoir dérivé sur le second amendement, termine sur les nazis. Internet, quoi.

Mais pendant que ça s’écharpe dans les commentaires, à la Maison Blanche, John et James ont réussi à sortir de l’ascenseur pour rejoindre la partie résidentielle du bâtiment, puisque James a eu une riche idée : il faut joindre l’extérieur. Mais comme toutes les communications sont bloquées en cas de crise, les téléphones normaux ne passeront pas. Il faut donc aller chercher le téléphone satellite qu’il a dans sa table de nuit !

Une seconde.

On vient pas de nous expliquer il y a exactement une scène que si, si, les communications passaient, d’ailleurs tellement bien qu’Emily Cale a même pu uploader des vidéos Youtube ?

Non vraiment, bravo.

Mais nos héros ne pouvant pas savoir qu’on est en train de se foutre de la gueule du monde par ici, eux trouvent donc bel et bien dans la table de nuit présidentielle le téléphone satellite. Et dès lors le président annonce donc…

… qu’il ne sait pas qui appeler.

Pourquoi ? Pourquoiiii ? Pitié ! Et la fin qui est encore loin ! Bon bin du coup, c’est John qui, bien qu’ayant perdu son téléphone dans les précédentes fusillades, se souvient par coeur du numéro de Ginette et décide de l’appeler. A bord d’Air Force One, donc, la bougresse prend tranquillement l’appel, et découvre que non seulement John est vivant, mais qu’en plus, il est avec le président. Elle apporte donc le téléphone au vice-président pour que James Sawyer puisse participer aux conversations ayant lieu entre Air Force One et le Pentagone. Et demande donc si on ne pourrait pas envoyer, par hasard, l’armée sauver son présidentiel fessier.

« Oui mais c’est pas possib’ président.
- Ah bon ? Et pourquoi donc ?
- Parce qu’ils ont installé des snipers et des armes lourdes sur le toit. On ne peut pas approcher. Des fois qu’ils tirent.
- C’est vrai que ça serait embêtant de la part de méchants. D’ailleurs, ils ont aussi des missiles, méfiez-vous.
- Des missiles ? Non, ils n’en ont pas d’après nos informations.
- Mais ? Sérieusement, on pourrait arrêter avec les lignes de dialogues qui puent ? Vous n’avez PAS d’informations. Vous ne saviez même pas que j’étais encore en vie, bande de blaireaux ! Et nous, on a VU les missiles, alors excusez-nous, hein. Et puis mon général, tu es gentil mais je suis un peu le chef des armées, alors si je te dis qu’il y a des missiles, je t’ordonne de le croire. Paf.
- C’est pas dans le script ça.
- Non, dans le script je me contente de ne pas insister, ce qui est bigrement stupide. D’ailleurs je… HO ! Ho non, ils arrivent ! »

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Et la communication coupe net, car, en effet, deux terroristes occupés à fouiller la Maison Blanche sont en train d’arriver dans la partie résidentielle probablement à la recherche de sous-vêtements à revendre sur e-bay à de jeunes fans comme Emily Cale. Hélas pour eux, ils ne savent pas qu’ils sont soumis à la règle ultime des films d’action, à savoir que si jusqu’ici, ils avaient pu neutraliser toute la sécurité locale grâce à leurs pouvoirs de tireurs divins, désormais, sitôt qu’ils tirent sur des personnages qui portent un nom, ils n’ont aucune chance de les toucher. Une fusillade d’engage donc, au cours de laquelle le président parvient à neutraliser l’un des terroristes à coups de baskets dans la gueule (il a eu le temps de changer de chaussures et de citer la marque des nouvelles, subtil), quant à l’autre ennemi, il prend divers coups de la part de John, avant que là encore, le président ne s’en occupe à coup de mitraillette. Quels hommes.

Calmez vos petits cœurs qui battent la chamade et reprenons.

Une fois la zone sécurisé, nos deux loulous vont dans la cuisine et tentent à nouveau de joindre l’extérieur, mais n’apprennent pas grand chose de plus. Non, par contre, puisqu’il y a une télévision dans la cuisine justement, nos larrons peuvent voir que la Maison Blanche est encerclée non seulement par la garde nationale, mais aussi par la presse (ce qui n’inclut pas Fox News, c’est un blog sérieux ici). Presse qui vient de découvrir les images prises à l’intérieur de la Maison Blanche par Emily, et les diffuse en écrivant non seulement le nom d’Emily Cale, mais aussi en y ajoutant son portrait, histoire que les terroristes sachent bien qui les a balancés et demande une grosse balle dans la tête. Bien bien bien.

Le Pentagone, en voyant les images, décide donc d’essayer d’identifier les membres du commando. Et les terroristes, de leur côté, découvrent les images uniquement parce qu’ils se sont rendus du côté de la cuisine de la partie résidentielle de la Maison Blanche à la recherche de deux de leurs hommes qui ne répondaient plus. Parce que non, ils n’avaient pas pensé à allumer une télévision de leur côté, ou alors juste pour regarder Plus Belle la Vie. Martin Walker, qui mène la petite équipe, râle donc en voyant que des images ont filtré, et surtout, se demande bien par où le président et John ont bien pu filer.

Sachant qu’il n’y a qu’une seule issue. Et que l’autre, c’est un monte-charge.

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« Regardez John, on voit votre fille à la télévision !
- Rah, comment ça s’appelait ce truc de journaliste déjà ? La protection des srouces… des soruces… ah, je sais pu ! »

Une fois encore, donc, personne ne pense à y jeter un œil. Du moins, jusqu’à ce que les deux loulous fassent du bruit (« HOLALAL JE GLIIIIISSE« ) et soient donc obligés de se dépêcher un peu, puisque l’on vient les chercher. Mais rapides comme le guépard, et aidés par les trous du scénario, ils parviennent à échapper aux méchants et à atteindre les sous-sols de la Maison Blanche d’où partent des tunnels, dont un mène à l’extérieur. Tunnel que non, personne ne pensera à utiliser pour rentrer discrètement dans la place, hein, vous l’imaginez bien. De tout le film, ça ne sera même jamais évoqué.

De toute manière, alors que John ordonne au président de fuir par là pendant que lui-même va retourner tenter de retrouver sa fille, nos héros sont bien embêtés : Maurice le méchant hacker du commando, qui est aussi un expert en explosifs, a pensé à piéger le coin. Donc à moins d’avoir un démineur ou un chat à disposition, tout le monde est bloqué. Voilà qui est bien triste : mais ce qui l’est plus encore, c’est que les vilains ont retrouvé la trace des gentils et foncent donc vers les sous-sols pour en terminer une bonne fois pour toute avec cette joyeuse escapade. Ni une, ni deux, nos héros s’engouffrent donc dans un second tunnel, qui mène cette fois… au garage présidentiel !

Bon, sur le chemin, on leur tire dessus dans des couloirs tout étroits, mais encore une fois : même en tirant en rafale dans un passage de 1 mètre de large, les méchants les ratent. C’est fou. Je pense que ce sont des balles venant du consortium La Poste : tu as beau les envoyer encore et encore, elles s’égarent à chaque fois.

Un peu essoufflés, nos fiers gaillards hésitent entre la R19 et la limousine blindée présidentielle, et après une longue réflexion, décident intelligemment (soulignons-le) de prendre la seconde. Ils peuvent donc ainsi tenter de fuir sous le feu ennemi, ce qu’ils font, défonçant la porte du garage pour aller rouler gaiement dans les jardins de la Maison Blanche. La presse et les gens autour sont donc ravis de voir leur président faire le kéké sur le gazon à toute allure, mais bien vite, dans la voiture, on réalise qu’il y a un problème : impossible de fuir, les grilles de la Maison Blanche sont fermées, et tout est renforcé au titane de carbone, rendant compliqué de les défoncer !

La situation empire lorsque sortant du garage présidentiel, deux 4×4 d’escorte surgissent et que du toit ouvrant jaillissent des mitrailleuses lourdes manipulées par les méchants. Qui ouvrent donc le feu sur la voiture blindée qu’ils pourchassent en tournant en rond dans les jardins.

De là, plusieurs choses :

  • Visiblement, la foule tout autour de la Maison sait que ce n’est qu’un film, puisqu’elle ne s’écarte même pas de cette fusillade généralisée à 30 mètres d’elle.
  • Il n’y a pas une seule balle perdue d’ailleurs, merci. Toute s’écrasent bêtement sur la voiture présidentielle, mais sans percer, ça va.
  • Et surtout, top du top : les 3 000 militaires qui encerclent la zone et qui voient le président dans sa limousine se faire tirer dessus par les méchants restent sans bouger, des fois qu’ils puissent être utiles, faudrait pas déconner. Ils ont des trucs plus importants à faire, comme se curer le nez par exemple.

Le président a donc à un moment une brève révélation : tiens, et si j’appelais à l’aide ? Il envoie donc un texto au Pentagone « G cho o Q, ouvré la clotur ;)« . Le Pentagone fait donc signe à la garde nationale encerclant la résidence présidentielle : que l’on fasse avancer un char pour qu’il fasse un trou dans la clôture ! Et permette donc à la limousine présidentielle de filer.

« Vroum vroum« , fait donc le petit char en passant sur la grille. « Ho, bé hé non alors ! » répondent les terroristes sur le toit, en sortant leur lance-missile. « Boum« , fait donc le petit char et « Terrorists : win » fait la voix off dans la tête des joueurs de Counter-Strike (pensez à en parler à un psy quand même à l’occasion). C’est donc embêtant, puisque l’épave du char bloque justement le trou qu’il a fait dans la clôture… retour à la case départ, donc.

Sauf que le président se souvient que sous la banquette arrière de la limousine présidentielle, sous les sachets de schnouf, il y a… un lance-roquette !

Si, si. Et même une édition deluxe, puisque celui-ci est tout métallisé et proche de l’outil tuning.

Le président des Etats-Unis empoigne donc l’arme, se met à la fenêtre de la limousine (qui jusqu’ici était mitraillée par ses poursuivants, mais soudainement, les balles s’arrêtent juste le temps qu’il sorte, elles sont sympas quand même) et fait sauter le portail de la Maison Blanche pour sortir en paix. « A nous la liberté ! » s’exclament donc les joyeux lurons, des arcs-en-ciel dans les yeux,  en fonçant vers la liberté.

Mais alors qu’ils s’apprêtent à fuir, voici qu’apparaît, sur le balcon de la Maison Blanche, Jean-Paul Moustache qui pointe une arme sur une otage : Emily !

« Mais heuuuuu ! » râlent donc nos gais compagnons pendant que le public scande « Tire ! Tire ! Tire ! » S’ils fuient, elle meurt. S elle meurt, le film devient un peu moins pénible : elle doit donc vivre et ils doivent abandonner l’idée de filer. John et James se retrouvent donc, tels de vulgaires Vin Diesel, à faire les zazous autour de la Maison Blanche en se demandant pourquoi la garde nationale, qui vient pourtant de se faire attaquer au missile, continue de manger des sandouiches en faisant coucou plutôt que de faire, je sais pas moi, un truc ? Leur véhicule présidentiel, probablement lui-même fatigué par autant d’événements navrants, décide donc de faire une embardée et de finir dans la piscine locale.

Ressortant un peu humides de l’affaire, nos deux héros se retrouvent donc en piètre état face à Emile et l’un de ses hommes qui ricanent parce qu’ils pensent avoir gagné, ce qui est bien bête sachant que le film est loin d’être fini. Vexé, John sort donc une grenade qu’il avait piquée à un méchant plus tôt, et comme les grenades, ça résiste bien à l’eau, si, si, il l’envoie dans le museau du méchant. Et profite de la diversion pour fuir avec James dans un cabanon voisin. Les méchants, à leur tour vexés (ça peut durer un moment) font donc sauter ledit cabanon, sans savoir que nos héros ont déjà trouvé refuge dans les souterrains locaux. Et que grâce à ceux-ci, ils peuvent rejoindre la Maison Blanche en paix.

Dans l’affaire, le président a quand même été un peu blessé, John et James font donc une pause premier soin, comme de vulgaires joueurs de Baldur’s Gate qui tentent de pioncer en plein donjon.

Laissons donc nos couillons héros et allons voir au Pentagone si on a un peu avancé sur un plan de sortie de crise.

En effet, Carol a fait venir la femme de Martin Walker au Pentagone pour qu’elle raconte tout ce qu’elle sait : en fait, Martin Walker a une tumeur au cerveau et n’a plus que trois mois à vivre. Il se moque donc relativement de sa survie, ce qui complique les choses. Mais Carol a plus d’un tour dans son sac : elle demande à Madame Walker d’appeler son mari pour lui dire d’arrêter les conneries et de rentrer maintenant, merde, il est tard. Mais si la tentative est intéressante, ce n’en est pas moins un échec car Martin répond à sa femme que tout ce qu’il fait, il le fait pour la mémoire de leur fils. Sa compagne lui dit donc « Alors fait tout ce qu’il faut. » sous le regard accusateur de Carol, qui s’empresse de hurler « Martin, si vous continuez, votre femme passera le restant de sa vie dans une prison fédérale ! » mais ça ne l’influence que peu.

Passe-moi le combiné Carol, laisse faire les pros :

« Si tu continues, ta femme on l’envoie à Guantanamo où elle subira tellement de waterboarding que mon vieux, tu auras pour veuve Bob l’éponge« 

Mais Carol ne voulant pas me passer le combiné, elle se contente donc de dire que crotte de bique, ils ont été bien feintés. Et va plutôt faire le point avec le général en chef du coin et le vice-président, toujours en train de passer un appel Skype depuis Air Force One.

« Bon, cette histoire de président qui tire des roquettes, moi je pense que c’est bon pour sa réélection, ça fait couillu quand même.
- Monsieur le Vice Président, concentrons-nous, l’heure est grave. Nous n’avons jamais été confrontés à une situation comme celle-ci : nous ignorons où est le président, ou même s’il est encore vivant après ses aventures dans les jardins de tout à l’heure. Dans tous les cas, il est prisonnier de l’ennemi. Il va donc falloir prêter serment. Vous allez être le nouveau président. »

Ni une, ni deux, Air Force One disposant toujours d’un kit complet de serment présidentiel, à savoir une copie de la constitution, une Bible, un cheeseburger et un rail de coke (dans l’ordre, vous saluez la constitution, puis vous posez la main sur le hamburger en récitant votre petit speech sur les valeurs de l’Amérique, puis vous fêtez ça avec le rail de coke que vous prenez en roulant l’une des pages de la Bible, c’est très codifié), le vice-président devient donc président. Nous l’appellerons donc président II.

« Félicitations Monsieur le président II, vous êtes désormais président. Alors, on vous écoute, quels sont vos ordres.
- Déjà, je veux savoir qui sont les terroristes qui nous attaquent. On a vu leurs visages à la télé grâce à la vidéo de la petite Emily Cale, alors, ça donne quoi l’identification ?
- Hé bien figurez-vous que ce sont tous les terroristes les plus recherchés du pays, tous plus ou moins activistes d’extrême-droite !
- Les bâtards. Carol, je vois que vous faites une drôle de tête, quelque chose à dire ?
- Non mais en fait j’ai tout le temps une drôle de tête : non, je me disais que je venais de piger. En fait, tous ces gens : ils étaient sur la liste des terroristes recherchés… et c’est pour ça que Martin Walker les a choisis ! Parce qu’il savait qu’ils étaient dangereux et talentueux ! Et surtout, prêts à s’en prendre au plus grand symbole de notre pays ! Regardez, il y a Emile, un ancien de la CIA au Pakistan que nous avons abandonné à l’ennemi pour sauver nos fesses sur une histoire politique. Maurice Ubuntu le hacker, qui travaillait aussi pour nous mais qui a fondu un plomb. Jean-Paul Moustache, un type qui n’aime pas trop les gens de couleur. Et bien d’autres encore ! 
- Bon sang Carol : vous voulez dire que Walker a recruté tous les plus grands ennemis que nous ayons ?
- Oui ! Il avait la liste et s’en est servi… de liste de courses si je puis dire !
- Alors dans ce cas, j’ai une question : comment il les a trouvés ?
- Hein ?
- Bah, je sais pas : ce sont les plus grands ennemis de l’Amérique. Donc on les recherche un peu. 
- Oui ?
- Parce qu’on sait pas où ils sont. Sinon ils seraient déjà au trou. Alors c’est bien gentil d’avoir la liste, mais d’où ils sortent ? il les a tous traqué personnellement en-dehors de ses heures de bureau ?
- Ah ? Ah bin oui tiens. C’est con en fait.
- Je ne vous le fais pas dire. Bon, vous savez quoi ? On va changer de sujet : Carol, général, je vous ordonne de reprendre la Maison Blanche coûte que coûte. »

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Le Pentagone ordonne donc à ses meilleurs commandos, les Delta Force, d’aller gagner leur ration d’avoine en libérant le palais présidentiel. Et le patron dudit commando explique sur la radio que hinhin, on va trop les feinter les méchants : ça fait des années qu’on prépare un plan super secret qu’on a même pas partagé avec la sécurité présidentielle justement pour ce genre de situation.

Chuck Norris approuve ce plan : il avait le même.

Ah oui ? Dites m’en plus, vous m’intéressez.

« Hé bin ça consiste à arriver en hélicoptère. » D’accord, et ensuite ?

« Bah c’est tout. Et puis en plus, en approchant du côté de la porte principale. » Ah mais c’est super. Je comprends que vous n’en ayez pas parlé en fait : c’est juste que vous vouliez pas vous faire virer en annonçant un plan aussi pourri. Non ? Bon.

Le Pentagone signale cependant que si ce plan est absolument génial et que personne n’y avait pensé, il n’en reste pas moins un problème : le toit de la Maison Blanche est toujours couvert de méchants armés avec de quoi dégommer des hélicos, justement.

« Non mais on a prévu le coup : on va voler en rase-mottes dans les rues. Comme ça ils nous verront pas venir.
- Okay, mais une fois arrivé vers la Maison Blanche, vous serez tout nus du coup ?
- Ah oui.
- Vous voulez pas plutôt qu’on utilise, je sais pas moi, un avion ou un drone pour balancer une cacahuète de super haut sur le toit pour libérer la place ? »

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Non, je déconne : le Pentagone n’a pas non plus pensé à ça. C’est connu, l’armée américaine déteste avoir recours à des forces aériennes.

Revenons donc à nos commandos, qui volent dans les rues de Washington à fond les rotors, jusqu’à ce que… un radar les flashe. A ce stade, je ne sais même plus comment vous l’annoncer : oui, la contre-attaque des gentils va échouer non pas parce qu’elle est nulle, mais parce qu’en fait, ils se font flasher par un radar comme une vulgaire Twingo en pente. Car Maurice Ubuntu a pris le temps de pirater tous les radars de Washington, mais si, pour détecter d’éventuels hélicoptères qui voleraient en rase-mottes.

Bon. Donc il peut prévenir ses copains sur le toit, qui attendent donc l’ennemi de pied ferme, voilà voilà.

Mais Maurice n’a pas fini de nous surprendre, puisqu’il a fini de pirater le système de sécurité local, et ricane donc : il a enfin accès à tous les codes du NORAD, le système de défense américain. Farceur comme pas deux, il décide donc de lancer la prochaine phase du plan terroriste, à savoir lancer un gros missile sol-air depuis une base américaine… sur Air Force One !

Et comme à bord, on a oublié que l’appareil avait des contre-mesures, on se contente de voler en ligne droite en faisant « Aaaaah, bah non alors !« , et idem pour les avions de de l’escorte. Boum, fait donc Air Force One, avant d’aller s’écraser un peu plus loin. Le vice-président et Ginette, condamnée à mort plus tôt dans le film pour avoir parlé de seske bien qu’étant une femme, meurent donc comme des bouses.

Cela fait, Maurice se dit qu’avec l’arrivée prochaine de commandos, il va quand même mettre les voiles. Il se rend donc aux souterrains de la Maison Blanche, et plus précisément au tunnel qu’il avait piégé.

Et se tue avec ses propres explosifs, sans aucune raison.

Bon. Bin super, merci d’être venu, hein.

On continue ? Non parce que ce n’est pas fini, hélas. Mais je comprendrais si vous vouliez vous arrêter là tant c’est nul.

Donc, le commando des Delta Force arrive avec ses hélicoptères face à la Maison Blanche, bien à découvert et, ô, surprise, les ennemis sur le toit ouvrent le feu à l’arme lourde et au missile, abattant les trois appareils sans trop de soucis. Une séquence fascinante, vous l’imaginez bien.

John, qui a entendu la cavalerie arriver, a bien surgi sur le toit pour essayer de nettoyer les défenses pour faciliter l’arrivée des renforts, mais ça n’a que moyennement bien marché, puisque le dernier appareil a été abattu avant qu’il ne vienne à bout des filous. Le tout, je le rappelle, toujours sous les yeux de moult bataillons de la garde nationale situés à 50 mètres de là, désormais occupés à jouer au rami, j’imagine. Faudrait voir à pas aider, hein, pfou.

Et encore, je vous passe le moment où l’un  des hélicoptères, bien que risquant à tout moment de se faire descendre, décide de dire « Tiens ? Si je faisais du surplace devant le balcon de la Maison Blanche pour voir comment vont les otages par un bout de fenêtre ? C’est pas comme si c’était le genre d’informations qu’on pouvait avoir de loin avec des jumelles sans trop prendre de risques. » Non, vraiment. Tout est raté. Tout. Même pour faire voler un hélicoptère d’un point A à un point B, ils arrivent à coller une incohérence.

Bref, après ce catastrophique épisode aéroporté, les terroristes ont quand même perdu un bon paquet de leurs troupes sur le toit. Emile est donc un peu colère, et sait désormais que John est toujours quelque part, et visiblement toujours prêt à passer à l’action avec ses gros muscles huilés. Il a donc bien envie de courir les couloirs pour le retrouver et lui claquer le museau. Mais alors qu’il se promène à la recherche de son ennemi juré, Emile tombe dans un trou du scénario : ça alors, qu’y a-t-il par terre ? Mais ? Tiens, on dirait que John en filant a paumé deux passes pour la Maison Blanche derrière-lui. Passes qui sont impeccables malgré les douze explosions et le passage dans une piscine que l’ami John a connu il y a peu. L’un est au nom de John Cale, d’accord… et l’autre au nom d’Emily Cale : « Ahahah, sa fille fait partie des otages !  » s’exclame donc Emile. « On va rigoler, ça va être la grosse déconne. »

Repartons du côté du Pentagone (oui je sais, ce film est complexe à suivre, concentrez-vous) où ça continue de causer sec entre Carol, le général en chef et désormais Bob, le patron du Capitole.

« Bob, écoutez : on est sans nouvelle du président des Etats-Unis, et son remplaçant vient de s’écraser avec Air Force One. Il va falloir prêter serment. 
- Okay, faites péter la coke, la Bible et tout le tatouin.
- C’est parti Bob, on vous écoute pour le serment.
- Je jure d’être gentil et de citer Jésus dans mes discours. 
- Paaarfait. Vous êtes maintenant président des Etats-Unis. Donc pour la seconde fois de la journée, on va générer de nouveaux codes de tir nucléaires et vous les confier. 
- Merci. Maintenant je… heu… je dois appeler ma… ma femme. Voilà. Laissez-moi seul. »

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Le nouveau président s’isole donc de manière pas suspecte du tout, dans un endroit entièrement vitré où on peut en plus voir qu’il n’appelle personne et se contente d’utiliser son téléphone de manière mystérieuse, peut-être pour mettre « Je suit présidan lol » en statut Facebook. Sitôt cela fait, il va s’adresser à ses troupes :

« Les amis, on a déjà perdu deux présidents aujourd’hui. Je ne compte pas être le troisième.
- Le ministère du budget nous dit de toute façon que ça commence à bien faire les conneries. Si ça continue, il faudra tellement diviser l’enveloppe des obsèques nationales entre tous les présidents morts que la cérémonie se passera à Mac Donald.
- Je comprends. On va donc arrêter les frais : appelez l’Air Force. On va bombarder la Maison Blanche, tant pis pour les otages. Je viens de me souvenir qu’on avait des avions.
- Mais Monsieur le président ! Le premier acte de votre mandat serait donc de tuer des américains innocents ?
- Il faut bien en finir avec ces pitreries ma petite Carol. La Maison Blanche est perdue, et ils ont déjà piraté ses systèmes pour envoyer un missile abattre Air Force One. Alors hopopop, on siffle la fin de la récré. »

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Trois avions sont donc invités à décoller pour balancer suffisamment d’explosifs et de napalm sur la demeure présidentielle qu’il n’en reste que des ruines de la taille d’un cachou. Evidemment, personne ne pense à l’idée que les terroristes, pas cons, ont peut-être eu l’idée de profiter du bunker présidentiel pour être certain de ne pas être emmerdés.

Mais non en fait, parce que comme c’est bien fait, les méchants n’y ont pas non plus pensé.

« Allez c’est bon, je me casse de ce film »

C’est vrai, quoi : quand on a des otages et que le seul objectif est de rester en sécurité le temps d’obtenir ce que l’on veut, qu’est-ce qu’il vaut mieux : s’enfermer dans un bunker ou tenir avec une poignée d’homme un vaste bâtiment où en plus un mystérieux John Cale distribue des claques aux gardes isolés ? C’est chaud.

Bref, les avions sont en route.

Du coup, à la Maison Blanche, on est pas au courant de tout cela et c’est bien dommage. On en est donc encore à chasser le John Cale. Mais les choses deviennent un peu plus faciles maintenant qu’ils ont identifié sa fille : Emile emmène celle-ci dans le bureau ovale, avec son copain Martin Walker et un troisième terroriste, et ils utilisent donc les haut-parleurs de la Maison Blanche pour expliquer la situation.

« Ouhouuuu Jooooohn Cale ! Pour info, nous tenons ta fille, et si tu ne te rends pas avec le président dans les dix prochaines secondes, je mets une balle dans la tête de ta fille.
- Ouiiiiii ! font les spectateurs qui prient secrètement pour que cela arrive depuis le début du film
- Non ! » fait le président des Etats-Unis en surgissant de nulle part.

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Emile et Martin sont donc bien contents : ils ont enfin le président. Et John ? Heu… hé bien en fait, ils n’y pensent plus. Non non, là encore, je n’invente pas. Ils le laissent donc courir à son gré dans la Maison Blanche. Le président est donc emmené jusqu’au bureau ovale, où Walker peut lui expliquer son plan.

« Martin ! Bon sang, vous êtes fou, vous aviez juré de protéger le président des Etats-Unis.
- En effet président. Mais je vais bientôt mourir, et rejoindre mon fils, tué en mission secrète en Iran. Mais vous, espèce de traître, vous voulez la paix avec l’Iran maintenant ? Ça ne se passera pas comme ça ! Je le répète encore une fois, pour ceux qui n’auraient pas compris !
- Et vous, d’où sortez vous l’argent pour payer toute cette opération ? Ce sont les lobbies de l’armement, c’est ça ? Parce que je veux la paix, ils veulent la guerre !
- Il est trop tard pour cela, président. Maintenant, tenez : j’ai ici avec moi la mallette nucléaire. Elle ne se déverrouille qu’avec vos empreintes : alors ouvrez-là.
- Jamais ! De toute manière, et vous le savez, les codes nucléaires sont changés sitôt que le président est menacé par l’ennemi. Cela ne vous servirait à rien.
- Hinhinhin… ne vous inquiétez pas de ça, président. Ouvrez-là. »

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Dans un coin, le terroriste anonyme qui surveille la scène est quand même bien étonné : lui, il était d’accord pour prendre d’assaut la Maison Blanche. Mais pas pour déclencher un truc grave ! Ah bon, pourquoi ? Tu pensais qu’on attaquait la Maison Blanche juste pour déconner ?

Qu’importe : le président refuse, Walker insiste, il refuse encore, Walker menace la petite Emily Cale qui dit qu’elle est prête à mourir dans la paix dans le monde au lieu de se chier dessus comme il se doit, jusqu’à ce que les alarmes de la Maison Blanche retentissent : il y a un incendie ! En regardant les caméras (car oui, ils viennent enfin d’y penser ; comme quoi, Maurice le hacker avait pensé à pirater tous les radars de Washington des fois qu’il surprenne un hélico volant en rase-motte et à les relier à une alarme, mais pas à faire pareil avec les caméras de la Maison Blanche pour y retrouver d’éventuels fuyards ou poches de résistance, c’est ballot), ils constatent que c’est John qui est en train de mettre le feu !

Non : le bouton « alarme incendie », c’était trop compliqué. Le feu, c’est mieux. Surtout quand on est bardé de grenades et autres explosifs, tu as raison John.

Jean-Paul Moustache et Emile filent donc promptement trouver le brigand, mais ils se font bien évidemment tuer l’un après l’autre lors de duels héroïques où on s’échange coups de poings & co, parce que juste se prendre une balle au coin d’un mur, ça fait tout de suite moins glorieux. Tout cela créant un certain bazar au sein du fameux bâtiment, le président en profite pour essayer d’arrêter Walker, qui visiblement, a mystérieusement reçu les nouveaux codes nucléaires directement sur son vieux bipeur (parce qu’avec Tatoo, votre tribu garde le contact avec vous). La bagarre ne tourne hélas pas vraiment à l’avantage du chef d’état, puisque dans l’affaire, il se ramasse un pruneau dans le bidou. Et s’effondre les yeux clos.

Emily est donc très triste. Et voudrait bien arrêter ce gredin de Walker qui est en train de programmer l’envoi d’un missile intercontinental sur toutes les grandes cités d’Iran. Mais évidemment, quelques secondes avant qu’il n’appuie sur le gros bouton rouge…

… surgit John, qui a récupéré une voiture (il a eu le temps de passer au garage, d’en sortir, de faire le tour du jardin et d’arriver en environ 7 secondes, bravo), a défoncé le mur du bureau ovale, et mitraille sauvagement le vilain Martin Walker, qui rend l’âme. Averti par un coup de fil de Carol que la Maison Blanche va se transformer en pruneau tout sec d’un instant à l’autre, il fait donc évacuer tous les otages aussi vite que possible, et se sent bien bête en tombant sur le président par terre, visiblement mort.

Sauf que haha, non : la balle qu’il a pris a été arrêtée par la montre d’Abraham Lincoln qu’il portait toujours sur lui en vrai patriote. C’est beau.

Et accessoirement, Lincoln devait porter des montres de 115 kilos pour arrêter net des balles modernes. Probablement un truc à base d’uranium : si la balle ne te tue pas, ce sera le cancer.

Mais dans les cieux, il se passe des choses : à savoir que trois avions armés jusqu’aux dents arrivent à folle allure pour raser la Maison. Et que personne n’est au courant du fait que ça y est, les méchants sont vaincus. Ils volent donc bien évidemment et sans aucune raison, eux aussi en rase-mottes, et soudain, voient au milieu de la foule des civils en train de galoper dans le gazon pour fuir la Maison Blanche, la grosse tête à claques d’Emily Cale.

Qui agite le drapeau américain.

« Nom de dieu regardez ça les gars ! » hurle donc le chef d’escadrille qui même en volant à Mach 2, a tout à fait le temps de voir ce genre de choses en détails au sol « Je ne sais pas vous, mais moi, je ne tire pas » ajoute-t-il, avant que lui et ses avions ne désobéissent et quittent donc la zone sans avoir largué la moindre bombinette.

Je vous la refais ?

« Les gars, il faut qu’on aille larguer des bombes sur une zone où il y a des otages. Allez, on y va. » et une fois sur place : « Attendez, on arrête tout : j’étais d’accord pour tuer des otages, mais alors pas des otages ET un drapeau américain !« 

Si vous pouviez bombarder mon cinéma pour m’achever, vous seriez bien urbains.

« Tu peux mourir pour ton drapeau, mais ton drapeau ne mourra pas pour toi. »

La Maison Blanche sauvée, les otages aussi, la garde nationale pénètre enfin sur la pelouse, suivie par la presse qui qualifie l’amie Emily de termes aussi cucus que « la nouvelle petite héroïne de l’Amérique« .  Et bientôt, l’hélicoptère présidentiel se pose pour révéler Bob, Carol et son copain général, venus reprendre possession des lieux. Sauf que le président Sawyer ne se montre pas : John, en entendant le récit de ce qu’il s’était passé dans le bureau ovale, a une petite idée de qui est vraiment derrière tout ça, et pour résoudre ce mystère, il demande à ce que le président reste caché encore quelques instants en se faisant passer pour mort. John va donc à la rencontre de l’équipage de l’hélicoptère.

« Bonjour John ! C’est moi, Bob, ton patron, tu sais, parce qu’à l’origine, tu bosses pour la police du Capitole.
- Bonjour Monsieur.
- Je suis président maintenant, c’est pas cool ça ? A part si le président Sawyer a survécu bien sûr.
- Non, il est mouru.
- Ah, c’est trop bête, je vais devoir rester président des Etats-Unis… bon et bien c’est pas tout ça mais il va falloir passer le balai par ici maintenant.
- Attendez ! Regardez ce que j’ai trouvé sur le corps de Martin Walker : un bipeur. Ou un tam-tam. Enfin un truc. Contenant les nouveaux codes de la valise nucléaire. VOS codes, puisque vous êtes l’actuel président. Vous pourriez expliquer, sachant que vous êtes le seul à les avoir, comment ils sont arrivés là ? Et sachant qu’avec Martin Walker, vous êtes l’un des derniers dinosaures au monde à utiliser un bipeur ? »

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Et là, comme dans tout mauvais film, Bob lâche la phrase qui revient à hurler « C’EST MOI J’AVOUE TOUT » :

« Vous n’avez aucune preuve !« 

Ce qui est une remarque très intéressante sachant que John vient de montrer qu’il avait dans la main le bipeur de Walker, avec donc le numéro d’où provenait les codes nucléaires. Et en passant un coup de fil rapide, c’est bel et bien le téléphone de Bob qui sonne. Il jure donc vengeance pendant que Carol et son copain général lui passent les menottes, puis le président Sawyer, qui était caché, surgit (mais les figurants sont tellement au niveau du film que même ceux qui sont censés être la presse filment tout sauf le président qui vient de revenir d’entre les morts : à la place, ils filment la pelouse, et hélas, là encore, je n’exagère pas).

« Hahaha, non, je n’étais pas mort ! Je faisais juste semblant pour aider John à piéger Bob !
- Président ?
- Oui Carol ?
- Quel rapport entre le fait de vous faire passer pour mort et le fait que John amène les preuves que c’était Bob le traître ?
- Ah bin oui, aucun, tiens. John ?
- Je ne sais pas non plus. D’ailleurs, même si on a aucune preuve ou aucun nom, on va dire qu’en fait, c’était bel et bien le lobby de l’armement qui était derrière tout ça pour se faire toujours plus d’argent ! »

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Ah bin alors tout s’explique, attendez que je résume : le lobby de l’armement, pour atteindre l’objectif « faire plus d’argent », a donc :

  • Engagé le président du sénat américain
  • Pour qu’il recrute le chef de la sécurité de la Maison Blanche qui ça tombe bien n’avait plus rien à perdre et perdu un fils
  • Pour qu’il recrute un commando de mecs recherchés, mais que c’est pas grave, en fait il suffit de les appeler pour qu’ils viennent
  • Pour qu’ils posent une bombe au Capitole
  • Pour mettre la Maison Blanche en alerte rouge
  • Pour qu’ils puissent attaquer la place avec encore moins de chances que la normale
  • Pour qu’ils capturent le président Sawyer
  • Pour que le vice-président soit nommé président
  • Pour qu’ils puissent ainsi abattre Air Force One avec un missile piraté
  • Pour que Bob devienne président
  • Pour qu’il puisse filer les codes nucléaires à Walker afin qu’il vitrifie l’Iran, ce qui n’a strictement aucun rapport avec l’objectif original
  • Et que Bob fasse disparaître toutes les preuves en détruisant la Maison Blanche par un bombardement

Et que comme ça, Sawyer arrête de prôner la paix dans le monde et que donc ils puissent continuer à vendre des armes.

Je rappelle que les autres options, un peu plus compliquées j’en conviens étaient :

  • Graisser la patte de parlementaires, comme un vulgaire lobby contre la musique pas chère

Ou, s’ils voulaient vraiment mettre le bazar en Iran :

  • Acheter une ogive nucléaire à 12 roubles à Youri Popovitch, sous-marinier en vacances chez sa tatie de Volgograd, et la mettre dans la gueule de Téhéran (éventuellement en signant « Bisous, la CIA »  s’ils voulaient une guerre nucléaire).

Ignorant le fait que l’ensemble de ce film est un ratage complet, nos héros montent donc dans l’hélicoptère présidentiel, et James Sawyer, après avoir appris que son plan de super paix mondiale était accepté par tout le monde, demande au pilote de faire le tour des plus beaux monuments de Washington, parce que fuck yeah, c’est un vrai patriote et…

… FIN !

Pour rappel : 150 millions de dollars, dont 3 de scénario.

Je vous laisser aller chercher vos rédactions de CP.

« Attends John ! J’ai pas pigé… c’était vraiment ça le plan des méchants ? Tu déconnes ? »

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Vous avez bien suivi le film ? Maintenant, essayons de reproduire ce film chez nous. Bande-annonce (j’aime bien faire des bandes-annonces, il me faudrait un budget) :

Plan sur l’Elysée et le président marchant dans les couloirs en croisant divers conseillers.

Voix off : tout avait commencé comme n’importe quelle autre journée.

« Bonjour Monsieur le Président !
- Bonjour Monsieur le Président !
- Bonjour, bonjour.
- Bonjour Monsieur le Président ! »
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Plan sur une salle de briefing.

Voix off : personne ne pouvait seulement s’imaginer que l’ennemi frapperait là où l’on s’y attendait le moins.

« Messieurs, encore une belle journée qui s’annonce sur l’Elysée. L’aigle est au nid, aucune alerte particulière. On applique les consignes habituelles et tout devrait bien se passer. 
- Oui chef. »
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Plan sur le palais du Luxembourg qui explose, des touristes hurlant en s’enfuyant dans les jardins. Plan sur le chef de la sécurité présidentielle qui entend la détonation depuis les jardins de l’Elysée.

« Qu’est-ce que c’était  ?
- Cette odeur de gâteaux secs qui brûlent… d’urine rance portée par le vent… mon dieu, ils viennent de faire sauter le palais du Luxembourg ! Code rouge, code rouge, l’Elysée est verrouillé ! »
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Plan sur des hommes armés abattant les gardes républicains un par un dans les couloirs.

Voix off : car cette fois-ci, on s’est enfermé avec l’ennemi.

« Pan ! 
- Aaaaah !
- Pan ! 
- Aaaargh !
- Pan !
- Aaaah… mais putain pourquoi est-ce qu’on a juste des épées pour se défendre ? Hein !
- Pan !
- Raaaauuurgh ! »
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Plan sur un homme couvert de suie avec un pistolet à la main, l’air grognon dans les toilettes.

Voix off : l’ennemi a commis une seule erreur. Cette erreur, c’est notre espoir. Et il se nomme… Jean Calle !

Plan sur le même homme face au président dans son bureau.

« Président, je suis venu vous sortir de là.
- Mais ? Qui êtes-vous ?
- Je suis Jean Calle, ex-policier municipal. Si ces terroristes n’ont pas payé le parcmètre, je les défonce. 
- Comment êtes-vous arrivés jusqu’ici ?
- On était là pour les journées du patrimoine. Et puis ma fille Emilie adore le parti socialiste. 
- Ah, une vraie patriote !
- En fait ça la fait surtout rigoler. »
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Plan sur la limousine présidentielle prise dans une course-poursuite dans la cour de l’Elysée, ce qui revient à faire une course poursuite, mais uniquement en faisant des manœuvres de créneau.

« Président, il y a un lance-roquette à l’arrière, attrapez-le !
- Je ne sais pas m’en servir ! J’ai déjà du mal à critiquer Angela Merkel en public, alors tirer une roquette, pfou !
- Bon sang président, j’ignore qui est derrière tout ça, mais il y a un traître dans votre équipe.
- Sûrement une motion rebelle, je parie que c’est un coup de Martine Aubry. »

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Plan sur l’état-major, les ministres tout autour du général en chef, essayant de comprendre ce qu’il se passe en liaison téléphonique avec le président et son sauveur.

« Que dites-vous Jean ? Un traître parmi nous ?
- Oui. Nous pensons que l’un d’entre vous n’est pas vraiment socialiste.
- Ahahahaha !
- Bon, je reformule : l’un d’entre vous est encore moins socialiste que les autres.
- C’est une accusation très grave Calle ! D’ailleurs je… mais ? Où est passé Manuel ? »

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Plan sur le chef de la sécurité présidentielle caché derrière une commode Louis XV pendant qu’on lui tire dessus.

« Le président est en train de s’enfuir, rattrapez-le bande d’incapables ! On vient de tirer la languette du flan, je répète, on vient de tirer la languette du flan !« 

Plan sur un sous-marin au large de Brest, les trappes à missiles s’ouvrant lentement. A bord, l’équipage panique complètement alors qu’il a perdu le contrôle.

Voix off : mais cette fois-ci, ils ont attaqué le mauvais pays. 

« Commandant, ils ont piraté l’un de nos missiles ! Ils vont tirer ! Plus rien ne répond !
- Espérons qu’ils ne soient pas au courant de notre meilleur défense : la qualité de notre matériel. »

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Plan sur le missile qui décolle, s’élève d’une dizaine de mètres en l’air, pétarade un peu puis retombe en mer dans un vieux plouf.

voix off : ELYSEE PAR TERRE

http://www.elysee-par-terre-le-film.com

Du coup, même si je pense qu’il y a du potentiel : non, vraiment, il y a des films que l’on ne peut vraiment pas transcrire chez nous.

Quelle grande perte.

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