Ah, G.I Joe.

On ne dirait pas comme ça, mais G.I Joe, c’est tellement d’émouvants souvenirs : pas tant à cause des figurines qui, étant enfant, me permirent d’organiser mes premiers défilés militaires (si Monsieur Hasbro me lit, sachez que vos figurines ayant les doigts pliés pour y clipser des armes, cela a quelque peu brisé l’harmonie des bras tendus de ma fidèle armée mais passons) et de tenir mes premiers tribunaux populaires, non, G.I Joe, c’est tout autre chose.

Car il y a 4 ans sortait le premier volet de ce merveilleux film : l’occasion pour cet humble blog, alors dans ses premières semaines, d’initier une nouvelle rubrique intitulée "Spoiler dans la bonne humeur" puisque comme de bien entendu, le film était une sorte d’étron chaud barbouillé sur grand écran par un casting consternant. C’est donc avec une certaine impatience et un masochisme dont plus personne ne doute que j’attendais le second volet . Et comme tout est qui est mauvais vient par deux (ex : les seigneurs Sith ou les frères Bogdanov), c’est donc en ce beau printemps 2013 qu’est sortie la suite de cette belle perle vieille de 4 ans, cette fois-ci sobrement intitulée "G.I Joe : Conspiration".

Permettez-moi tout d’abord, afin que tout le monde saisisse bien toute la subtilité de l’intrigue, de vous résumer l’épisode précédent.

Duke, un militaire pas très fin intègre l’unité d’élite internationale G.I Joe, chargée de bourrer les méchants où qu’ils soient. Envoyé enquêter sur un trafic de nanomachines, il découvre que les responsables ne sont autres que son ex (devenue méchante à cause de nano-machines), son ex beau-frère "Cobra"(… bon, bref, devenu méchant par passion pour les nano-machines) et accessoirement un certain "Destro" qui, non, n’est pas son ex belle-mère histoire de rester dans le ton, mais un riche industriel spécialisé dans l’armement. Après s’être copieusement fait bourrer la gueule par Duke et ses amis, Cobra et Destro sont envoyés dans une prison secrète. Mais, c’est sans compter sur le fait que dans la bagarre, les méchants ont réussi à remplacer le président des Etats-Unis par Zartan, un de leurs agents qui a copié l’apparence présidentielle grâce aux nano-machines et à une bonne dose d’émail diamant.

Et pour ceux qui voudraient en savoir plus, l’antique spoiler est ici.

Vous avez tout saisi ? Fort bien ! Alors : spoilons, mes bons !

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L'affiche : lorsque l'explosion occupe toute la surface de celle-ci, je vous laisse deviner ce que ça veut dire

L’affiche : lorsque l’explosion occupe toute la surface de celle-ci, je vous laisse deviner ce que ça veut dire

Notre film s’ouvre donc sur l’un des endroits les plus à la mode du moment : la Corée du Nord, ce gigantesque goulag pour coiffeurs des années 80 (ou alors si ce n’est pas le cas, il faudra qu’on m’explique). A la frontière de celle-ci, un petit groupe de soldats progresse discrètement en profitant de l’obscurité : c’est Duke, le célèbre G.I Joe, et ses fameux amis : François le sniper, Ginette la commando, Maurice le soldat et The Rock le gros bourrin (étonnamment, il ne joue pas une couturière, je conviens que cela puisse vous choquer mais faites un effort tas de malandrins). Tous font bien attention de ne pas se faire repérer, car c’est connu, le Nord-Coréen a un côté taquin, et vont donc jusqu’au grillage délimitant la frontière pour faire un gros trou dedans afin de passer car ils sont là, dixit Duke, pour extrader un autochtone soucieux de passer au sud. Soit ! Mais alors comment procéder ?

Et bien c’est simple : sitôt dans la zone, nos loulous commencent par ne surtout pas se cacher, en restant à taper la discut’ dans un coin éclairé à 20 mètres d’un mirador, probablement parce qu’ils ont très envie qu’un garde local leur fasse coucou et leur apporte un kawa (le Nord-Coréen, en bon communiste, aime partager son kawa). Puis, après avoir papoté deux plombes sur des sujets divers et variés n’ayant pour la plupart rien à voir avec la mission et repéré le transfuge qui a réussi à trouver une cachette (lui) juste à côté d’eux, Duke lance l’ordre qui va bien : "François, fait diversion, vite !"

Pour les plus jeunes qui ne connaîtraient pas le sens du mot "diversion", dans le dictionnaire G.I Joe (un ouvrage facile à se procurer puisqu’il ne fait que 7 pages, dont deux à base de variantes de "fuck" et "balls"), la définition est la suivante :

Diversion /di.vɛʁ.sjɔ̃/ féminin. Action qui consiste à faire n’importe quoi pourvu que ça fasse du bruit. Exemple : "Vazy François, fait diversion en tirant dans tous les sens avec ton gros fusil : les Coréens ne nous avaient pas repérés, alors si tu pouvais les inciter à donner l’alerte, ce serait cool". Synonyme : Jérôme Cahuzac.

Et ce qui est dit est fait : c’est vrai quoi, extrader quelqu’un sans donner l’alarme, ça n’a pas la même saveur, nom d’une pipe ! Et puisque nous n’étions déjà pas assez dans une sorte d’épisode de Corky sous acide, Maurice le soldat décide pour déconner de quitter le groupe en ricanant pour aller baisser le drapeau Nord-Coréen local et faire flotter à la place le drapeau des G.I Joe : non parce que sinon, ce serait bête si les nord-coréens ne savaient pas à qui envoyer une ogive nucléaire en remerciement. J’espère qu’il a aussi mis son adresse, sait-on jamais que le colis s’égare. Attendez, je relis quand même mes notes… "G.I Joe est une organisation ultra-secrète… meugneugneu… situation de crise… meugneugneu… éviter que le monde ne bascule…" hmmm d’accord. Bon, qui c’est qui a encore oublié de lire de quoi traitait son film avant de tourner la première scène ?

En tout cas, ça commence bien.

Filons quelques temps plus tard, au pays du hamburger, alors que le président (qui est donc en fait le méchant Zartan, mais ça personne ne le sait) est occupé en salle de réunion avec tous ses conseillers et son état-major à discuter d’une situation un peu tendue : un groupe de terroristes a réussi à piquer une arme nucléaire au Pakistan, et compte visiblement s’en servir pour envoyer un message clair, voire lumineux au monde sur leurs intentions ("Arrêtez avec le Harlem Shake, nardinamouk !" ou quelque chose du genre). Une partie des présents déclare qu’il faut agir de suite, d’autres qu’il faut attendre d’en savoir plus : le président lui, explique qu’il n’est pas homme à rester assis : comment s’appelait cette unité si subtile, déjà, mais si vous savez celle qui a failli faire éclater une guerre avec la Corée du Nord il n’y a pas deux minutes tant ils étaient cons comme des bulots ? Ah oui : les G.I Joe. Envoyez-les, ce sont les meilleurs des meilleurs.

Les G.I Joe reçoivent donc le message, et alors que dans le film précédent ils étaient un organisme international, maintenant ils sont juste au service des Etats-Unis. Et d’ailleurs, sachez que les autres personnages du précédent film, à part une paire, ont tous disparu sans explication. C’est vrai : si maintenant il faut que les suites se suivent, où va le monde ? Enfin bref : les G.I Joe envoient donc sur zone toutes leurs troupes (oui, ils sont comme ça, faut pas trop les chercher) à part Ninja Noir, leur agent super secret qui est occupé ailleurs, soit une bonne dizaine de super avions de transport du futur avec de gros réacteurs qui font pschrouf qui peuvent voler ou se poser en stationnaire, ce qui est très pratique, car l’ennemi ayant été localisé dans une usine d’armement, des G.I Joe peuvent donc être largués sur le toit, sur les côtés, et un peu sur tous les angles du bâtiment en fait façon invasion de rongeurs, sauf qu’aucun défenseur n’avait pensé à disposer des tapettes avec de la testostérone en guise d’appât, la faiblesse ultime des G.I Joe. Dommage.

Mieux encore : malgré cette arrivée massive de gros transporteurs bruyants qui se posent directement sur la margoulette des terroristes locaux, aucun de ces derniers n’entend quoi que ce soit.

Les deux principaux officiers des G.I Joe : je commence à comprendre certains trucs

"Mohammed tu as pas entendu quelque chose ?
- Hein ?
- JE DEMANDAIS SI TU AVAIS ENTENDU QUELQUE CHOSE ? 
- Ah ! Non, rien : avec ce bruit de réacteur, impossible d’entendre quoi que ce soit !"

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Quelque part, ça se tient. Je soupçonne quand même un scénariste d’avoir habilement recasé la blague de la banane dans l’oreille, comme ça, discrétos, pour voir si ça passait. Et, oui, c’est passé. Dramatique, mais pas autant que la suite : poursuivons donc.

Sitôt le dernier terroriste éliminé, nos fameux héros sont plutôt contents : ils viennent en effet de prendre le contrôle de l’installation sans une seule perte, et mieux encore, l’ogive qu’ils recherchaient est bien là et n’attend plus qu’eux ! Après l’avoir soigneusement rangée dans du papier bulle et chargée dans un camion qui n’était pas là 15 secondes avant puisque notre petite armée est arrivée par voie aérienne et a curieusement décidé de ne pas repartir par le même moyen, nos loulous se mettent donc en route au travers du désert, avant de décider de s’arrêter pour la nuit pour faire la fête et picoler, parce que bon, on est jamais qu’en zone hostile avec une ogive nucléaire, qu’est-ce qui pourrait bien nous arriver ? Le Banga coule donc à flot, on sniffe des lignes de Tang et bientôt, tout le monde commence à être un peu dissipé, la rumeur courant même que quelqu’un aurait trouvé du Champomy pour épicer la soirée.

Hélas ! Alors que la fête bat son plein au coeur de la nuit, un curieux son de rotor se fait entendre : il s’agit là du chant d’amour de la flopée d’hélicoptères qui vient distribuer des roquettes sur les commandos d’élite sans défense ! Parce que non, nos guerriers n’ont rien prévu contre les hélicos : on ne leur avait pas dit que ça existait. Du coup, les explosions se multiplient autour de nos vaillants soldats, et bientôt, nombre d’entre eux meurent dans le bombardement, parmi lesquels François le sniper qui reçoit un 10 kilos d’explosifs dans sa moustache naissante, le faisant instantanément passer du statut de militaire couillu à celui d’engrais gentil. Et là, accrochez-vous : Duke, notre fier héros, apercevant une roquette filer sur ses amis décide de voir s’il ne pourrait pas l’arrêter avec ses abdominaux : hélas, ses efforts chez Amazonia ont visiblement été vains, puisque Duke en meurt (petite compensation : la roquette aussi y reste). The Rock, qui a vu son copain avoir une crampe d’estomac explosive sous ses yeux, est choqué mais ne reste pas inactif pour autant : attrapant Maurice et Ginette, il court vers un puits voisin où ce petit monde se jette pour s’abriter. Grand bien leur en prend car le ballet des hélicoptères poursuivant son oeuvre de destruction a tôt fait d’en finir avec le campement des G.I Joe, et nos 3 larrons sont donc les seuls survivants. Bientôt, ils entendent des troupes être déposées à proximité, et un certain nombre de soldats inspectent l’endroit sans pour autant les trouver (ils tirent même quelques balles dans le puits histoire de voir, mais ne touchent personne : si l’un d’entre eux avait eu une grenade, j’aurais pu rentrer chez moi plus tôt, flûte : foutues restrictions budgétaires sur la Défense !).

Mais, retournons plutôt aux Etats-Unis où nous découvrons que le faux président a caché dans sa cave le vrai président, et qu’il le maintient là sous la surveillance d’agents de Cobra qu’il a recruté pour remplacer le service de sécurité présidentiel, et qui ont tous un petit sigle "Cobra" sur le veston. Oui, le même sigle qu’utilisé dans le précédent film par Cobra en personne, comme ça, c’est un peu comme s’il leur mettait une croix gammée sur le col pour bien que tous les gens qui les croisent les trouvent vaguement suspects, ainsi que lui pour les avoir ainsi soudainement tous recrutés alors que c’est quand même le sigle d’une organisation terroriste. Heureusement, personne ne pensera à le faire remarquer du film tant chaque élément semble avoir été choisi avec soin par un scatophile particulièrement pervers. Bref, toujours est-il que faux président et vrai président ont une petite discussion que je vous retranscris ici à peu près :

"Ahahaha… alors vrai-président, tu es dég’ que je sois président pendant que toi tu moisis dans ce vieux bunker de la guerre froide situé sous une résidence de campagne du président !
- Vaguement. Que voulez-vous espèce de sombre rascal ?
- Pas grand chose… je veux juste savoir dans quelle prison secrète est enfermé Cobra… pour le faire libérer ! HAHAHAHAHA !
- Mais quel intérêt avez-vous à le faire ? Non parce que techniquement vous êtes déjà président des Etats-Unis, il a quoi à vous offrir de plus ? Si vous le laissez dans son trou, c’est tout bénéf’ pour vous non ?
- Bé heu… je… heu… que… bon ! On s’en moque, aucune importance ! Dis-moi où est cette prison !
- Vous avez pensé à le demander à vos services plutôt qu’à venir ici en prenant le risque de vous griller ? Non parce qu’en fait, eux ils le savent forcément, hein ! Vous pensez vraiment que seul le président est au courant d’une prison secrète ? Non parce que sinon, c’est compliqué d’y affecter du personnel : "Hé mec, tu commences ton boulot demain à 8h, mais je peux pas te dire où !". Vous êtes con ou bien ?
- Nom d’un petit bonhomme, quelle insolence ! Je suis très loin d’être con : sache que je suis tellement intelligent que je viens de DETRUIRE LES G.I JOE, HOHOHOHOHO ! Grâce à un plan qui va vous épater, vieux barbon : j’ai demandé à mon état-major et tous mes conseiller de les envoyer en mission pour récupérer une ogive volée, et une fois cela fait, j’ai dit qu’ils l’avaient piquée et j’ai donc envoyé l’armée les bombarder, HAHAHAHA ! J’ai gagné!
- Vous saviez que sinon vous pouviez juste signer un papier pour couper leur budget ?
- Ah merde. On a le droit ?
- Personne n’est plus maléfique que l’administration, gros naze. Maintenant, explique-moi comment tu vas t’en tirer puisque tous tes conseillers et généraux sont au courant de ta trahison ?"

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Mais le faux-président n’a pas à répondre à cette question : le script s’en est chargé pour lui en éclipsant complètement le sujet. Il n’a donc plus qu’à aller faire une annonce à la télévision dans l’heure qui suit.

"Bonsoir chers concitoyens. Je tenais à vous annoncer que l’unité d’élite dont vous n’avez jamais entendu parler puisqu’elle était secrète et dont je n’ai aucun intérêt à parler non plus, les G.I Joe, ont trahi le pays. J’ai donc organisé une grosse soirée barbecue durant laquelle aucun membre n’a survécu, voilà pour ça. Le seul survivant, un certain Ninja Noir, a été arrêté et pour ses crimes, sera donc envoyé dans la prison super secrète où nous gardons déjà le célèbre terroriste Cobra enfermé. Je profite de cette allocution pour vous informer que j’ai d’ailleurs formé une nouvelle unité super secrète pour remplacer les G.I Joe, que j’ai intelligemment nommée "Cobra", et qui utilisera le sigle de l’organisation super dangereuse qui va bien et que je suis supposé combattre. Voilà, y-a-t-il des questions dans la salle. Oui Brenda ?
- Monsieur le Président, je n’arrive pas à déterminer si je viens d’entendre votre bouche ou votre anus, pourriez-vous préciser ?"

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Laissons donc le président aux journalistes, et allons plutôt en Allemagne, où il se passe des choses intéressantes. En effet, quelque part en ex-RDA, nous découvrons que Ninja Noir a été fait prisonnier et est emmené par des militaires vers un complexe souterrain qui n’est autre que la fameuse prison secrète évoquée plus tôt, le Fleury-Mérogis du futur. Le directeur local a tôt fait d’accueillir son nouvel invité pour lui expliquer comment cela fonctionne ici : c’est facile, il n’y a que deux autres prisonniers, Cobra le vilain et Destro le méchant, le bras droit du premier, chacun enfermé dans une sorte de gros tube rempli d’un liquide qui paralyse tous leurs membres mais les maintient conscients, les rendant prisonniers de leur propre corps. Parce que oui : dans le camp des gentils démocrates, on est comme ça, on aime bien la déconne. Bref : Ninja Noir a déjà un tube qui l’attend (d’ailleurs, il n’y en a que trois en tout et pour tout : heureusement qu’il n’y a pas eu plus d’un G.I Joe fait prisonnier, sinon il allait falloir se serrer dans les tubes ce qui aurait monté l’ambiance d’un cran), et l’équipe présente commence donc à lui retirer son armure pour le…

Grâce aux nano-machines, Zartan peut aussi se déguiser en Terminator pour faire de bonnes blagues à ses amis.

Ah, oui parce que je ne vous ai pas dit : les mecs ont tout laissé à leur prisonnier, y compris son armure et de quoi planquer ses armes.

Oui, il y a un vrai entraînement derrière pour faire un aussi mauvais film, vous savez ? Enfin bref : lorsqu’ils retirent son casque à Ninja Noir, le directeur recule, étonné : il ne s’agit pas du tout de Ninja Noir, mais de Ninja Blanc, son pire ennemi et allié de Cobra ! Le directeur a donc la réaction qui va bien :

"Mon dieu, ce n’est pas le bon prisonnier ! En plus ce personnage est mort dans le film précédent, qu’est-ce que c’est que ces mecs que l’on ressort du placard sans explication ? Heureusement que le type qui fait ce spoiler avait déjà annoncé cette incohérence 4 ans à l’avance tellement c’était gros qu’ils allaient la faire !
- Ouais, mais alors, qu’est-ce qu’on fait chef ? 
- Bah heu… je suppose qu’on le met quand même dans le tube qui n’était pas pour lui sans prévenir personne de cette découverte qui signifie qu’on a toujours un Ninja Noir en liberté, ce qui intéresserait probablement l’ensemble du monde libre ?
- Okay chef, on va faire ça."

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Et ce qui est dit est fait. Sauf qu’évidemment, personne ne se doute qu’il s’agit là d’un piège (à part bien évidemment l’amiral Ackbar qui s’égosillait dans la salle au même moment en martelant son siège), puisque ce n’est pas du tout suspect, après tout. Mais sitôt plongé dans son tube de liquide paralysant, notre Ninja Blanc se met à pouffer car il en a prévu une bien bonne : il ralentit son coeur pour faire croire qu’il fait un arrêt cardiaque, une technique secrète qu’il a apprise à Koh-Lanta (Si tu as souri, tu es un très vilain personnage, je te félicite pas canaillou). Un peu étonnés, les techniciens le sortent de sa prison pour le réanimer, mais c’est là leur erreur : non seulement leur prisonnier leur refait tous leur museau à coups de tatane, mais comme le film est vraiment mauvais, il fait apparaître des shurikens qu’il n’avait pas 5 secondes auparavant, et s’en sert pour tuer les gardes qui traînaient par là. Puis, il récupère ses sabres, que le directeur de la prison avait intelligemment rangés près d’un escalier, et commence à découper tout et tout le monde pour exprimer son désarroi. Enfin, il détruit la prison de verre retenant Cobra, son maître, qui à défaut de faire apparaître un shuriken, fait apparaître un masque mystérieux tout lisse pour s’en couvrir le visage, comme ça, pif pouf. Mais oui. Cela fait, ils sont alors rejoints par un autre homme que nous découvrons : Firefly. Celui-ci est rentré dans la prison par la grande porte en envoyant de petits drones lucioles explosifs tuer les gardes restants pour ouvrir la voie afin que son maître sorte en paix. Mais, et Destro dans tout ça allez vous me dire ? Et bien le bougre attend toujours dans sa prison de verre que son maître vienne le sauver. Sauf que Cobra annonce que hahaha, non, il va plutôt le tuer parce que… heu… c’est-à-dire…

Non, rien. Comme ça, hop.

C’est vrai quoi : vous avez pour bras droit un ex-industriel de l’armement avec un réseau particulièrement important et des fonds planqués aux quatre coins du monde, pourquoi le tuer ? Non parce que je veux bien comprendre que l’acteur n’a pas resigné pour une telle daube, mais bon, en fait, en retirant cette scène, vous pouviez justement économiser et retirer une incohérence, par exemple avec Destro mourant tué par la rafale d’un garde traversant son tube de verre durant l’évasion. Ça coûtait moins cher et ça se tenait plus : mais il est vrai qu’il ne faudrait pas oublier de bien souligner combien, plus que la volonté de faire facile, il y a de la vraie incompétence derrière. C’est-à-dire que l’on a payé pour se vautrer un peu plus. C’est tout simplement beau.

Toujours est-il qu’alors que Cobra, Ninja Blanc et Firefly sortent tranquillement du complexe, victorieux, le directeur de la prison, blessé, parvient à tirer sur une conduite de gaz au moment où ils passent devant, provoquant une explosion qui aurait bien tué tout ce petit monde si Ninja Blanc n’était pas intervenu pour pousser ses amis à l’abri . Cependant, il en paie le prix, puisque son dos est léché par les flammes et ressemble alors à un mauvais steak : Cobra, après avoir achevé d’une balle le directeur rebelle, termine donc sa spectaculaire évasion en expliquant qu’il va soigner son fidèle agent comme il se doit pour qu’il ressemble à nouveau à un fier ninja et non plus à un menu Flunch. Nous reviendrons sur le sujet, mais puisque je sens bien que vous manquez d’incohérences depuis au moins trois lignes, sachez que Ninja Noir, le vrai, planqué à la sortie du complexe observe le trio sortir. Comment a-t-il su qu’il s’agissait là d’un piège visant à faire évader Cobra ? Pourquoi n’a-t-il pas prévenu, d’une manière ou d’une autre, l’équipe locale ? Et surtout, pourquoi, alors qu’il est armé, bien planqué et face aux pires ennemis qu’il ait jamais connu incapables de se défendre tant à cause de la surprise que parce que Cobra et Firefly sont occupés à soutenir Ninja Blanc blessé, n’intervient-il pas pour sauver le monde ?

Je vous laisse deviner. Attention, concentrez-vous ! Mais oui, c’est ça : rien. Juste comme ça, hop. Un peu plus et je pense qu’il leur faisait aussi la vidange et la pression des pneus pendant qu’ils s’évadaient pour être sûr qu’ils ne tombent pas en rade sur la route de la liberté. Il est comme ça Ninja Noir : trépané serviable.

Mais, assez discuté : retournons du côté du campement dévasté des G.I Joe, au petit matin alors que The Rock, Ginette et Maurice sortent de leur puits pour découvrir les cadavres de leurs amis abandonnés au soleil. Quelque peu grognons, nos larrons font le tour des corps pour récupérer les plaques d’identité, ce qu’il reste de Tang de la veille et faire la moue devant leurs amis tombés au combat, puis décident de se mettre en route pour s’éloigner du coin le plus vite possible, tant il y a un risque que l’ennemi revienne. Chemin faisant, une discussion s’engage, principalement entre The Rock et Ginette.

"The Rock, c’est toi le chef maintenant vu ton grade… que penses-tu de tout cela ?
- Qu’en tant qu’héroïne dans un film écrit avec les pieds, tu dois avoir toutes les bonnes intuitions sans aucune explication. Alors au boulot pendant que je fais ma tête de mec qui réfléchit. Hmmmrr… grrhmmmm… pas facile. 
- Bon, moi je pense qu’alors qu’on a rien vu puisque les hélicoptères volaient de nuit et qu’on a passé une bonne partie de la bataille planqués au fond d’un puits, on a été attaqués par l’armée américaine.
- Grugurummmm.. muuurgnn…. D’accord, nous n’avons pas la moindre raison de penser cela, tu es sur la bonne piste, continue ?
- Je pense toujours sans raison qu’un général seul n’aurait jamais pu donner un ordre comme celui-ci… je pense…. je pense que seul le président des Etats-Unis aurait pu demander à tous nous tuer !
- Alors qu’il nous a envoyés en mission, ce qui l’innocente immédiatement, sauf si évidemment un personnage se met à tout deviner parce qu’il a lu le script ? Bon bin super : en route alors !"

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Et comme une grosse ficelle n’arrive jamais seule, au moment même où ils terminent cette conversation, nos héros tombent nez-à-nez avec un petit aéroport au milieu de nulle part où ils pourront jouer les clandestins le temps de rentrer au pays. C’est tout de même bien fait. Ou magique. Mais c’est là en tout cas. Passons.

Ginette, malgré une nuit passée dans un puits et un bombardement sur le coin du nez a toujours une peau impeccable. Mais, quel est ton secret, Ginette ?

Pendant ce temps, ailleurs, les choses avancent : Cobra a trouvé le temps de se changer pour se trouver un imperméable de cuir qui rappellera évidemment à tout un chacun les plus grandes heures d’Hugo Boss (c’est fou comme les méchants ne s’habillent jamais en tutu), et visite en compagnie de Firefly un complexe ultra-secret, avant d’être bientôt rejoint par le faux-président des Etats-Unis, qui aime bien venir visiter des complexes terroristes clandestins pour ne pas du tout attirer l’attention sur ceux-ci. L’endroit est rempli de soldats portant le sigle de Cobra, et d’énormes satellites attendent sur des plates-formes. Nos méchants peuvent donc eux aussi se mettre à avoir des conversations complètement crédibles :

"Commandeur Cobra, les satellites Zeus seront bientôt prêts à être lancés.
- Parfait, mon plan se déroule à merveille.
- Votre plan ?
- Mais si vous savez, le plan. Le plan. Raaah, le plan ! Je vous fais des clins d’oeil depuis dix minutes bougres de cons !
- Aaaah. Ah nan mais aussi avec votre masque là, on voit pas alors bon, c’est pas facile. Nan mais je me demandais : comment on a pu s’occuper des préparatifs de votre nouveau plan puisque vous êtes seulement sorti de votre isolement depuis moins d’une journée et que le plan que vous aviez avant d’y entrer n’avait rien à voir avec celui-ci ?
- …
- …
- Haaaan ouais. Les clins d’oeil, d’accord."

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Soit. On aurait mieux fait de ne pas revenir voir ce que faisait Cobra : allons plutôt au Japon regarder s’il se passe quelque chose de plus intelligent (oui, je sais, vous non plus n’avez aucun espoir mais faites semblant les enfants). Car au sein d’un dojo, un célèbre maître ninja africain aveugle que nous appellerons donc Amadou reçoit en audience Ninja Noir. Bon, c’est un peu con puisqu’un muet qui tente d’expliquer quelque chose à un aveugle en langage des signes, ça doit prendre un moment (là encore, ils ont payé des accessoires pour grimer pépé en aveugle, alors que ça n’apporte rien à l’affaire à part un nouvel échec, j’en pleurerais de bonheur), mais là encore, la scène débute alors que le vieux maître explique que oui, il a bien compris ce que Ninja Noir lui a expliqué, à savoir que Ninja Blanc était encore vivant et qu’il avait aidé Cobra à s’évader. Amadou confie donc une mission à notre sombre héros : aller capturer le galopin et le ramener au Japon pour qu’il soit jugé pour le meurtre de son maître il y a des années. Ce sera peut-être aussi l’occasion d’en apprendre plus sur les plans de Cobra. Pour l’occasion, Amadou confie à Ninja Noir une de ses disciples pour l’aider : Jinx, personnage lui aussi parfaitement oubliable.

Ni une, ni deux, nos héros partent donc pour ce qui doit être le Tibet, puisque Cobra a envoyé Ninja Blanc se faire soigner dans un monastère là-bas auprès d’une petite vieille qui lui applique divers onguents sur le dos.

Attendez, quoi ? Cobra, le maître des nano-machines, expliquant qu’elles guérissent tout, a envoyé son meilleur agent et sauveur se faire soigner chez une mamie qui va tenter de soigner ses brûlures au troisième degré avec de la compote de pomme et des feuilles de thé ? Je… mais ? Bordel, vous aviez un album Panini des merdes à faire que vous les enchaînez ? C’est quand même, enfin… je crois qu’il vaut mieux nous concentrer très fort sur la suite, d’accord ?

Car au Tibet, donc, alors que Ninja Blanc vient à peine de cicatriser de ses blessures grâce aux soins attentionnés de la mémé locale, que voit-il passer devant sa fenêtre ? Deux ninjas rouges, les habitants du temple local, qui tombent en hurlant. Ni une, ni deux, il comprend qu’il ne s’agit pas là d’une sorte de Jackass à base de cosplay mais bien d’une attaque : il sort aussitôt pour découvrir les assaillants : Ninja Noir et Jinx ! Notre loulou les affronte, et ne succombe que lorsque Jinx lui colle un anesthésiant sous les narines, car si notre ninja préféré sait ralentir son coeur pour simuler un arrêt, il ne sait pas retenir sa respiration : c’est ballot quand même. Nos héros l’enferment donc dans un gros sac de couchage Quechua qu’ils collent à un filin qui attendait là, tendu, en plein milieu de la cour du monastère local, et sitôt cela fait, environ 2789 ninjas rouges leur tombent dessus et les encerclent.

Ah, oui : on parle bien des 2789 ninjas rouges que l’on avait pas vu jusqu’ici alors qu’ils étaient supposés être juste à côté pendant que leur héros blanc se faisait tataner ? Probablement qu’ils faisaient caca.

Enfin bref : nos héros, eux, ignorant cette foule hostile s’accrochent au filin suspendu, envoient le sac Quéchua devant eux, et filent donc le long du câble loin des méchants, qui tentent bien de les poursuivre durant 10 bonnes minutes, mais n’arrivent à rien faire d’autre qu’à se vautrer comme des bouses ou se prendre des coups de tatane, voir des obstacles dans le museau sur la route (obstacle que le sac Quéchua a réussi à esquiver puisqu’il est supposé être devant eux sur le filin, c’est quand même triste d’être un ninja et d’avoir moins de sens de l’esquive qu’un duvet). Après avoir dévalé environ 7 kilomètres de câbles en tous sens, ce qui laisse supposer que nos héros ont tranquillement installé ça en paix durant quatre jours avant leur attaque, ce qui a dû être particulièrement intéressant surtout concernant la partie qui débouchait en plein milieu de la cour du temple ninja ("Nan mais vous inquiétez pas, c’est pour EDF"), Ninja Noir et Jinx triomphent : ils ont leur prisonnier et peuvent donc rentrer au Japon pour que Ninja Blanc passe au tribunal d’Amadou.

C’est donc un peu plus tard que Ninja Blanc se trouve devant l’honorable aveugle. Sauf qu’il se passe quelque chose de peu banal : au lieu d’être puni, Ninja Blanc arrive à prouver d’une manière tout à fait absurde que je vous passe qu’il n’a jamais tué son vieux maître. Qu’au contraire : c’est parce qu’il a été accusé du meurtre qu’il est devenu si plein de haine et qu’il a fui. Mais alors, qui a bien pu tuer le vieux maître ? Là encore, pas de problèmes ou d’enquête, nos larrons se disent "Le seul qui avait intérêt à le tuer, c’était celui qui voulait faire de toi son instrument, Ninja Blanc. Le maître qui t’a recueilli… qui n’était pas du tout un asiatique : c’était Zartan, agent au service de Cobra ! Il t’a manipulé pour faire de ta haine, son arme !".

Vous pensiez que j’exagérais ? Mesdames et Messieurs : Amadou, le maître aveugle qui adore discuter avec son disciple muet

Ah oui. Et sinon, le fait que visiblement tout ça s’est passé 15 ans auparavant alors que Cobra n’est apparu que récemment ? Non ? Et accessoirement : Zartan machin, il est fort en déguisement, mais il y a un moment où ça a dû se voir quand même : il n’est pas maître d’arts martiaux, comment a-t-il pu enseigner quoi que ce soit à Ninja Blanc ?

Diego ? Appelle-moi la compta, je commence à avoir du mal à garder le compte des erreurs dans cette daube. Merci.

Enfin en tout cas, les ninjas de toutes les couleurs, sortes de Télétubbies asiatiques, décident donc de s’unir pour arrêter Cobra. Surtout que Ninja Blanc, bien introduit, peut connaître ses plans… c’est donc fortement intéressant.

Mais soyons sérieux : puisque ce film s’appelle G.I Joe, revenons tout de même aux trois G.I Joe isolés que sont The Rock, Maurice et Ginette et que nous avions laissés plus tôt alors qu’ils avaient trouvé un aéroport pour rentrer au pays. Ayant deviné par la puissance du néant scénaristique qu’ils étaient recherchés par toutes les polices des Etats-Unis, ils se font discrets et décident donc d’aller à un endroit où personne ne pensera à aller les chercher : le gymnase où The Rock a passé sa jeunesse et où les G.I Joe l’ont recruté, coin où en plus il a tous ses potes qui traînent .. bref, le premier endroit où on pensera qu’il viendra. Surtout que les services secrets ont une bonne raison de le chercher : ils ont découvert que ces trois G.I Joe avaient survécu. Mais rassurez-vous : ils ne feront rien pour les retrouver, aussi nos héros peuvent tranquillement s’installer dans le gymnase délabré et récupérer un peu d’équipement pour tenter de prouver leur théorie tout à fait crédible que le président est louche depuis quelques temps :

Pas de problème, Ginette, toujours prête à avancer à partir d’arguments foireux, étudie plein de vidéos des derniers discours du président et parvient à établir que celui-ci est un imposteur ! Comment ?

"Regardez ! J’ai pris des vidéos de lui, et depuis le 10 juin, il n’utilise plus l’expression "une sorte de" mais dit "un genre de". Par ailleurs, ses mains n’ont pas exactement la même position quand il parle ! Cela ne peut vouloir dire que deux choses…
- J’écoute.
- Soit le président a des conseillers en communication…
- Impensable.
- Soit il a été remplacé par un imposteur modifié à l’aide de nano-machines qui a pris son apparence et parvient à duper jusqu’à sa femme et ses enfants !
- HO MON DIEU ! IL FAUT FAIRE QUELQUE CHOSE !"

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Convaincus par ces preuves en carton, nos héros décident d’aller contacter le seul homme qui pourrait les aider : le général Willous, qui visiblement doit avoir faim, puisqu’en ce moment il est dans un film sur deux, et rarement des bons. En effet, le général Willous est le fondateur des G.I Joe : maintenant qu’il est à la retraite, il a peut-être moyen de les aider… mais lorsqu’ils se rendent chez lui, nos larrons découvrent que Willous ne peut pas faire grand chose : on ne l’écoute plus à Washington, il n’a plus le droit de commander la moindre unité, sa prostate commence à montrer de sérieux signes de faiblesse et cette histoire de président imposteur n’est pas la plus crédible qu’il ait entendue. Par ailleurs, sa maison est surveillée par tout ce qui est possible pour s’assurer qu’il reste calme.

J’en profite pour glisser que cette information a encore été glissée par pur goût de rajouter des étrons dans la soupe au caca : nos héros ne tiquent pas, et personne ne les repérera. Cette phrase est juste prononcée pour souligner que nos G.I Joe sont au meilleur endroit pour se faire attraper, mais que ça n’arrive quand même curieusement pas. C’est fou.

The Rock, Ginette et Maurice décident donc qu’ils ont vraiment trop besoin du général Willous pour agir : il leur faut donc une preuve que le président des Etats-Unis n’est pas le président des Etats-Unis pour le convaincre de passer à l’action. Willous, beau joueur, leur file quand même un tuyau s’ils veulent explorer cette piste : il connait un cercle de poker fréquenté par l’un des plus fidèles conseillers du chef de l’état. Ni une, ni deux, l’équipe G.I Joe va donc sur place, et au sortir de la salle de jeu, kidnappent le pauvre membre du cabinet présidentiel avant de lui expliquer comment ça va se passer.

"Salut mec, nous sommes les G.I Joe. Nous venons de t’administrer un puissant sérum qui fait que dans 5 minutes, tu t’endormiras et à ton réveil ne te souviendra de rien. Alors tu n’auras pas de problème de conscience, et nous on aura pas à t’éliminer. Maintenant, on va te dire pourquoi on t’a kidnappé : on a besoin que tu ajoutes un nom à la liste de la prochaine soirée où sera le président. Envoie un mail tout de suite à qui de droit pour arranger ça.
- Oui, ou alors je résiste 5 minutes, et ensuite vous êtes bien feintés.
- Huuuu…. on avait pas pensé à ça. Je me sens comme un sorte de gros Baboulinet, rheuuuu…"

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Malgré ce nouveau ratage, le petit homme coopère bien vite, et dès le lendemain grâce à l’invitation ainsi ajoutée à leur inventaire, nos G.I Joe envoient en infiltration Ginette en robe de soirée pour qu’elle approche le président à une réception où il se rend. La chose est aisée, tant la jeune femme sait utiliser le stratagème universel "über décolleté" qui permet d’approcher tous les hommes de goût (enfin, je crois), et est bientôt invitée à danser par le président lui-même. Récupérant un cheveu sur sa veste à cette occasion, elle l’étudie grâce à son tube de rouge à lèvre – analyseur d’ADN (ne me demandez pas où elle l’a trouvé vu que nos héros n’ont plus aucun soutien) et découvre que le président n’est autre que… Zartan, le maître du déguisement de Cobra ! Ses doutes confirmés, elle fuit bien vite, car la sécurité a repéré qu’elle n’était pas une invitée comme les autres, mais une G.I Joe. A noter d’ailleurs qu’un agent de sécurité qui, la trouvant suspecte, la suivait grâce à un micro-directionnel, n’a par contre rien trouvé de suspect quand elle a donné deux identités différentes à deux personnes différentes en moins d’une minute. Encore une fois : rajout, daube, tout ça. C’est… épuisant, quelque part. Mais impressionnant d’un autre côté. Quel talent.

Heureusement que ce n’est pas le tromblon du régiment qui a survécu, sinon il aurait fallu envoyer The Rock dans la même robe.

A la sortie, The Rock averti par Ginette que le président est un agent de Cobra est prêt à l’abattre depuis une ruelle, mais il est hélas empêché dans sa tentative par Firefly qui, sortant de nulle part, vient lui distribuer des mandales. Ce n’est que lorsque Maurice, qui glandait dans un 4×4 un peu plus loin, repère ce petit cirque qu’il oblige le méchant  à se replier en lui passant dessus avec son véhicule (mais rassurez-vous : il repart quand même en boitant juste un peu, hop). Comme quoi, c’est très surfait les 4×4.

Après cette tentative d’attentat sur le président des Etats-Unis qui ne semble pas émouvoir sa propre sécurité plus que ça, ni inciter à rechercher un peu plus activement les G.I Joe, notre troupe retourne à son gymnase pour tomber nez à nez avec… Ninja Noir, Ninja Blanc et Jinx ! Un peu troublé par cette irruption soudaine d’hommes en collants, nos héros sont un peu tendus jusqu’à ce que Jinx détaille la situation. Cette dernière explique que Ninja Blanc n’est plus méchant, qu’il va les aider à arrêter Cobra, qui l’a manipulé avec Zartan depuis le début (à une période où ni l’un ni l’autre ne se connaissaient, rappelons-le pour la beauté de la chose). Et détaille donc ce qu’il sait du plan de Cobra : ce dernier va utiliser le prochain congrès sur l’armement nucléaire organisé par le président des Etats-Unis pour faire un coup d’état à l’échelle mondiale en déployant une nouvelle arme de destruction massive bien plus terrifiante que toutes les autres : le satellite Zeus… il faut donc agir vite ! Un plan est donc rapidement organisé : d’abord, la troupe se rend chez le général Willous pour lui annoncer qu’elle a récupéré un cheveu dont l’ADN prouve que le président n’est pas le président, comme ils le supposaient : Willous est très impressionné, principalement  parce qu’un cheveu, ça faisait longtemps qu’il n’en avait plus vu un, aussi propose-t-il aux G.I Joe de les aider : il rappelle quelques vieux Joe sur le retour et propose de monter un commando pour intervenir durant le sommet sur le désarmement nucléaire. Et arme tout ce petit monde, car en réalité, sa demeure est une incroyable cache d’armes, avec même un véhicule blindé dans le garage !

Ça c’est subtil les petits amis.

Toujours est-il que le sommet sur le désarmement nucléaire va se dérouler sur un fortin sur une toute petite île seulement reliée à la terre par un ponton, et que l’endroit sera bien gardé. Il est donc convenu de procéder ainsi :

  • Ninja Blanc restera avec Cobra, qui a prévu de débarquer sur l’île pendant le sommet, histoire d’être au plus près pour intervenir au moment opportun. Il filera un déguisement à Jinx pour qu’elle se joigne à l’escorte de Cobra.
  • Maurice et Ninja Noir formeront un commando qui devra infiltrer l’endroit pour soutenir Ninja Blanc et Jinx dès que cela commencera à s’agiter
  • Willous et Ginette iront libérer le véritable président des Etats-Unis, Ninja Blanc ayant révélé dans quel coin il était planqué.
  • The Rock prendra le véhicule blindé et… heu… ira se battre avec trois chars américains qui n’avaient rien à voir avec la choucroute, en fait. Voilà voilà. Que voulez-vous que je vous dise ?

Vous avez bien suivi ? Parfait, alors allons directement voir ce qu’il se passe le lendemain dans le fameux fortin où se déroule le sommet. Dans une salle de conférence, le président des Etats-Unis reçoit les différents chefs des puissances nucléaires, et commence d’entrée de jeu en force, en expliquant que la guerre nucléaire, c’est très vilain, et qu’à ce titre, il ne tolérera pas qu’un pays sorte de cette pièce sans s’être totalement désarmé, nom d’un Francis Cabrel. Les autres chefs d’état se regardent puis, d’un commun accord, lui font un gros doigt (ils sont joueurs).

"Fort bien !" déclare donc le président en sortant la mallette nucléaire américaine. "Dans ce cas moi je vais vider mes réserves nucléaires sur vos gueules, allez hop !". Avant que qui que ce soit ne fasse une remarque scabreuse sur cette expression qui est un peu le facial de l’atome, il a tôt fait de joindre le geste à la parole et de montrer sur écran que tout son bazar est en train de partir vers ses cibles. Un peu choqués, ses interlocuteurs le traitent de fou et répliquent aussitôt en utilisant leurs propres mallettes pour tirer des missiles vers l’attaquant parce que hé, dis, tu vas te calmer ? Tu veux vraiment qu’on te ratiboise la gueule gros malin ?. Histoire de rajouter une bouse sur le scénario, on peut voir sur l’écran que tous les pays tirent leurs missiles dans toutes les directions, et pas seulement sur les USA : c’est vrai quoi, quitte à faire la guerre autant la faire contre tout le monde, c’est plus rigolo.

C’est alors que le président américain ricane et se saisissant de sa mallette, appuie sur le bouton d’autodestruction de tous ses missiles. Souriant, il ajoute "Et voilà ! Moi je suis totalement désarmé et je ne représente plus une menace, à vous les kikinous !". Les autres leaders se regardent, un peu étonnés, puis appuient tous sur le bouton d’auto-destruction pour ne pas que ça dégénère. C’est alors que les portes de la salle de conférence s’ouvrent et qu’entre Cobra, accompagné de Firefly, Ninja Blanc et d’une paire de soldats à lui (dont Jinx, habilement déguisée en ninja rouge). Tout le monde sursaute autour de la table, mais le vil terroriste les invite à rester assis.

"Restez calmes : je tenais simplement à vous informer que je me proclame maître du monde. 
- Mais encore ?
- Et bien vous venez tous de vous désarmer : vous n’avez donc plus d’armes nucléaire pour vous défendre, HAHAHAHA !
-  Oui, parce qu’évidemment on est suffisamment cons pour avoir tiré tout notre arsenal, ce qui est impossible même si on le voulait. On a encore des cartouches. Donc ton plan il pue, en fait.
- Heu… je peux ressortir de la salle et refaire mon entrée quand vous aurez tout tiré ? On dirait que vous avez rien vu et que c’était pour de la fausse, d’accord ? 
- Non.
- Bon, écoutez, vous commencez à me faire chier : le scénario n’a pas prévu cette éventualité, alors on va dire que vous êtes tous désarmés : je disais donc : HAHAHAHA ! Puisque maintenant, je suis le seul à disposer d’armes de destruction massive grâce à mes satellites Zeus que j’ai secrètement fait construire grâce à un trou dans l’intrigue pendant que j’étais en tôle ! 
- Et vous les avez envoyés dans l’espace comment ? Avec un très gros élastique ? Non parce que c’est cool de construire ça, mais sans lanceur…
- Mais vous m’emmerdez avec vos détails ! Tiens, pour la peine, je vais raser Londres et vous expliquer comment fonctionne mon arme : il s’agit d’un satellite qui largue des missiles tout simplement tellement denses qu’en touchant le sol, il rase tout sur des kilomètres sans la moindre retombée radioactive ! Je pourrais donc m’emparer de vos pays sans crainte, HAHAHA ! 
- Il n’y a pas que les missiles qui sont denses par ici. Non parce qu’à quoi ça te sert de conquérir des ruines gros malin ? Et puis quand ton missile qui rase tout sur des kilomètres va toucher une centrale, tu crois que les radiations vont rester chez elles à lire Picsou Magazine ?
- … bouhouhou, j’en ai marre d’être un méchant à chier. Je veux un câlin.
- Roooh, pépère. Allez, allez : rasez Londres Monsieur Cobra, ça ira mieux après.
- Merciiiii… snif…"

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Et en effet : en appuyant sur un bouton qui fait "pouit !", Cobra commande à l’un de ses satellites de larguer un missile lourd comme une playlist de mariage sur Londres, résultant ainsi lors de son impact avec le sol en une onde de choc telle que l’ensemble de la ville est détruite, faisant disparaître un patrimoine historique unique, tel que Big Ben ou encore Geri Halliwell.

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Détail amusant : aucun des plans sur la table n’a le moindre rapport avec l’endroit où ils se rendent. Voilà voilà.

Cobra, satisfait de cette attaque réussie, explique alors la suite de son plan : "A l’heure actuelle, partout dans le monde, mes troupes Cobra sont en train de remplacer vos drapeaux par mon étendard. Quant à vos ridicules capitales, je vais aussi les raser juste par principe puisque ça ne me sert à rien si je les contrôle à part à perdre des troupes, du temps et du butin. Mes autres satellites Zeus sont en train de se mettre en position à l’heure où je vous parle". A ces mots, Ninja Blanc semble soudain décider que le moment est venu d’intervenir (non, pendant que Cobra expliquait qu’il allait raser Londres, il se curait le nez et Jinx devait probablement être occupée à envoyer des SMS à une copine), et commence donc à distribuer du shuriken dans tous les sens, à part sur Cobra quand bien même c’est sa cible principale : il est décidément complètement con. Le grand méchant s’enfuit donc, tout comme le faux président américain, alors que les autres chefs d’états se mettent à couvert puisqu’une fusillade éclate entre Ninja Blanc, Jinx et les hommes de Cobra. Bien vite, ils sont rejoints par Ninja Noir et Maurice, qui ont réussi à infiltrer l’endroit sans trop de problèmes, puisque les gardes ne réagissaient à rien, pas même aux bruits de fusillade autour d’eux. Voilà voilà.

Pendant ce temps, Willous et Ginette arrivent en voiture à la résidence présidentielle où est retenu le vrai président : ils ont du bol parce que, alors qu’ils arrivent en mitraillant à tout va, là encore, aucun agent des services spéciaux ne donne l’alerte (il y en a même un qui se contente de se demander ce qu’il se passe alors qu’on entend clairement des rafales : je ne sais pas mec, qu’est-ce que ça peut être ? Un mec qui s’occupe en faisant péter 50 mètres de papier bulle ?). Quant aux hommes gardant le président dans l’ancien bunker anti-atomique, plutôt que de se dire "Tu entends, on dirait qu’on est attaqués ? Enfermons-nous et appelons du renfort, je doute que l’ennemi puisse enfoncer une porte blindée de 3 mètres d’épaisseur", ils décident de s’organiser à grands coups de "Séparons-nous en groupes de un et allons voir l’un après l’autre ce qu’il se passe !" : autant vous dire que leur plan ne marche que moyennement, et que c’est donc un Willous et une Ginette triomphante qui viennent libérer le président, en profitant pour lui demander une petite baisse d’impôt, là, dis, ho, hein, hé, tu nous dois bien ça, garnement.

Au même moment, loin de là, The Rock a tranquillement fini de préparer son véhicule blindé, qu’ils ont bricolé non pas avant de partir à l’assaut, mais directement sur l’unique ponton menant au lieu de réunion des plus grands dirigeant mondiaux. Oui, vous avez bien lu. Et non, il n’est pas gardé, vous l’imaginez bien. Du coup, notre héros peut passer tranquillement par là avant d’aller cacher la bête dans les fourrés de l’île, à environ 2 mètres des trois chars américains montant la garde qui évidemment, ne remarquent pas du tout le véhicule chenillé non-identifié qui approche. Puis, une fois le niveau d’absurdité suffisamment haut (il faudra que j’invente une unité de mesure, du genre le "Cage" pour ce genre de choses), notre héros passe à l’attaque : les trois malheureux chars qui n’avaient rien à voir avec la choucroute ne peuvent rien faire et se font donc dézinguer gratuitement pour le plus grand plaisir de la foule. C’est gentil d’être venus.

Hélas, au même moment, les trois méchants du film que sont le faux président des Etats-Unis, Firefly et Cobra tentent de s’enfuir. Manque de pot pour eux : Ninja Blanc transperce vite fait le président qui, en mourant, reprend son apparence de Zartan le méchant, et permet ainsi à Ninja Blanc de se sentir vengé de le mort de son vieux maître, Cobra trouve un hélicoptère qui passait par là et s’enfuit avec sans encombre (non, ils n’ont toujours pas pensé aux armes anti-aériennes : on sent que la mort de tous leurs camarades au début du film leur a appris quelque chose, l’hélicoptère doit être une sorte d’archnémésis du G.I Joe). Quant à Firefly, qui s’est retrouvé avec la valise contenant les commandes du système Zeus, il tente bien de s’enfuir en bateau, mais The Rock a tôt fait de le rattraper et de lui refaire le nez à coups de poing. Victorieux, le bougre se saisit donc du système de commande des satellites Zeus qui n’étaient évidemment qu’à une seconde de tirer, et appuie sur le bouton "stopper le tir".Ce qui fait exploser tous les satellites.

C’est un peu radical : je préfère ne pas savoir ce que fait la pédale de frein dans les véhicules de Cobra.

Cobra, sorte de Japan expo ambulante

Zartan est donc mort, le vrai président libéré, le monde sauvé et les troupes de Cobra en déroute : c’est donc une victoire pour les G.I Joe ! Bon, on a perdu Londres et l’arsenal nucléaire américain dans la bagarre alors qu’on avait des agents prêts à intervenir bien avant que tout cela n’arrive, mais quand même, c’est plutôt positif tout ça, non ? Allez, on en a assez eu pour aujourd’hui.

Une cérémonie est donc organisée, où chacun reçoit une belle médaille ainsi qu’un bisou du général Willous. Tout le monde salue donc le drapeau, fier d’être un G.I Joe parmi l’élite des trépanés mondiaux et…

FIN !

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Non, sérieusement, vous croyez vraiment qu’il y a quelque chose à ajouter ?

4 ans pour préparer un tel film, ça valait le coup.

Je ne suis pas déçu.

Vraiment.

"Bonjour Messieurs !"

La porte se referma en claquant derrière le personnage alors qu’il entrait dans la salle de réunion du 33e étage, les fauteuils autour de la longue table ovale pivotant dans un léger son de cuir écrasé alors que leurs occupants se tournaient vers lui. D’un geste, il leur fit signe de rester assis et tout en souriant, vint se placer en bout du table pour consulter la pile de papiers disposés à cet endroit d’un air amusé. Finalement, et s’allumant un cigare, il fit un dernier tour pour observer la circulation en contrebas au travers de la baie vitrée avant de prendre place dans l’imposant fauteuil lui étant réservé.

"Bien, je vois que tout le monde est déjà là.
- Nous vous attendions pour commencer Monsieur Connard. J’aimerais pour commencer vous remercier au nom des investisseurs présents ici aujourd’hui pour avoir accepté de nous consacrer un peu de votre précieux temps.
- Ma bonté me perdra, j’en conviens.
- Hem, fort bien, je… permettez-moi de vous rappeler le sujet de notre entretien d’aujourd’hui : nous aimerions savoir comment vous avez réussi, en pleine crise financière, à trouver des investissements non seulement particulièrement rentables, mais en plus permettant d’obtenir des déductions fiscales. Une question qui, je ne vous le cache pas, nous turlupine quelque peu.
- Interrogation pertinente, mais, laissez-moi commencer."

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Me retournant, j’appuyais sur le bouton de la petite télécommande placée devant moi pour faire descendre l’imposant écran blanc servant habituellement à présenter d’hideux powerpoints aux présents. Tirant sur mon cigare, je me levai pour aller indiquer sur les graphiques qui apparurent les éléments essentiels à la bonne compréhension de mon exposé.

"Investir est une chose risquée. Demandez à 10 experts boursiers leurs meilleures stratégies, ils vous donneront 13 solutions contradictoires. Mon truc ? C’est de maîtriser chaque élément de la mécanique de mes placements.
- C’est-à-dire ?
- Et bien pour commencer, je crée moi-même de nouvelles structures et leur donne toujours une vocation humanitaire. Aides, déductions, je bénéficie de tout cela en quelques instants, sans compter divers avantages complémentaires comme par exemple, une image de grand seigneur qui permet de faire chavirer le coeur des damoiselles dont les joues se teintent de pourpre lorsqu’entre deux coupes de champagne, vous leur contez votre amour de votre prochain.
- Et elles y croient ?
- Ce sont des femmes, Stevens.
- Pardon.
- Donc, disais-je : l’important, c’est de créer une structure que vous allez maîtriser. Puis de la rendre incroyablement rentable en jouant sur la culpabilité des bobos. 
- Je ne saisis pas bien.
- Prenez l’an dernier : j’ai créé une structure permettant à des handicapés de retrouver le chemin de l’emploi en participant à la création de livres audios pour la jeunesse.
- Une intention louable, mais je ne vois pas où c’est rentable. 
- Hé bien pour être exact, je n’ai pris que des gens atteints de Gilles de la Tourette. Non seulement parce que le résultat était des plus intéressants et a sûrement dû enseigner quantité de vocabulaire à de pauvres bambins venus écouter Blanche-Neige, mais parce que les parents, découvrant l’horreur, ne pouvaient même pas se plaindre : ce serait de la discrimination envers des personnages atteints d’un handicap. Tiraillés par leur sensibilité humaniste, il ne leur reste alors qu’une échappatoire : expliquer que non, ce n’est pas nul, c’est juste complètement avant-gardiste. Leurs amis, jaloux de ce vernis culturel obtenu à vil prix et leur permettant de se donner en plus bonne conscience en aidant des personnes en difficulté, se mettent donc à acheter eux aussi en nombre, et plutôt que de reconnaître l’indicible ignominie de mon procédé, ils se retrouvent esclaves de leur fierté et pire, recommandant un produit objectivement honteux. Et moi, je ris.
- Un peu comme chez Apple ?
- Pas de troll avant 10h du matin Stevens, c’est mauvais pour l’estomac. Toujours est-il que le crypto-hipster se lasse vite de tout, puisqu’il court après l’avant-garde. Il faut donc se renouveler chaque année.
- Mais alors, quel est votre plan pour cette année ?"
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Mon regard brilla d’une lueur nouvelle alors que l’idée même de leur révéler mon dernier plan m’emplissait d’une certaine fierté.

"Cette année, j’ai monté une structure qui propose à des adolescents atteints de la maladie de Parkinson de devenir cinéastes. 
- Non mais attendez, là, ça va se voir quand même ! Des morveux bourrés d’hormones qui ne savent pas tenir une caméra, c’est grossier ! Qui irait louer pareille monstruosité ?"
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Mon sourire ne se fit que plus grand face à cette réplique attendue alors que je jetais sur la table une série de journaux.

Cahiers du cinéma – 5/5 : "De cet objet idiot s’écoule une sorte de poésie repoussante et naïve, burlesque et synthétique, vulgaire et bête, une sorte de poésie perdue, à ramasser, à rincer, impropre à la consommation, innommable en somme, mais qui exprime aussi la part poétique et misérable de notre époque."

Critikat.com – 5/5 : "N’aimant rien tant filmer que "l’ingrat" de ce bas monde, l’ex-kid qui a écumé les travées insanes de l’Amérique investit la culture pop des années 2000 pour livrer une bombe irradiant le sentiment d’une époque."

le Monde – 5/5 : "On sent bien que la réalité intéresse moins Harmony Korine que sa représentation fantasmatique, son reflet forgé par la publicité et les clichés sans esprit des industries culturelles."

Les Inrockuptibles – 5/5 : "Korine filme cette débauche de formes et de couleurs avec une énergie folle, variant ses cadrages, balançant des décharges de montage en cut-up, bombardant les mots Spring Break comme un mantra. C’est du Godard boosté au Red Bull."

Stevens sentit la sueur couler le long de sa nuque : "Attendez, Spring Breakers alors ce… c’est vous ?"

Il sentit une vague de dépit monter en lui.

"Vous… vous êtes incroyablement maléfique !"

La preuve ? Spoilons, mes bons !

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L’affiche : toute la subtilité du film résumée en une image

Notre film débute dans une petite ville universitaire des Etats-Unis ou nous découvrons plusieurs personnes qui, bien qu’étant les personnages principaux, auront des prénoms que personne ne retiendra du film tant ils ont été écrits avec soin. Il y a donc blonde 1, qui passe son temps à dormir et se droguer à l’aide de tout ce qui se fume ou s’inhale, blonde 2 et 3, étudiantes en histoire qui passent leur temps à glousser et dessiner des kikoutes en disant "Vivement Spring Break que l’on puisse en tripatouiller plein, hihihuhuhuhu" et enfin Faith, plus sage que ses comparses et appartenant à divers groupes chrétiens typiques des Etats-Unis, ceux où un gros motard avec une moustache en guidon de vélo te dit qu’il kiffe Jésus qui est son meilleur pote parce qu’il est trop cool, et qu’il échangerait ses bottes en croco contre ses sandales quand il le voudrait, ouais mec. Big love.

Car en effet, notre intrigue (ne pouffez pas tout de suite, attendez) se déroule à quelques jours de Spring Break, ces vacances universitaires durant lesquelles les jeunes étudiants américains aiment à aller se retrouver sur les plages pour pratiquer diverses activités comme danser en bikini, faire la chenille tout nu ou voir combien de litres de bière on peut faire rentrer dans le cul de Lulu sans le réveiller. Un grand moment de culture, donc, au même titre qu’une compétition de tuning ou une trépanation de yorkshire (un exercice de précision).

Bref ; faisons le point tout de suite sur un élément essentiel du film : si vous pensiez avoir déjà vu un film réalisé avec les pieds, Spring Break relèvera la barre avec brio. Le film consiste en effet, à 65% (ce n’est pas une blague), en de vastes séquences de gros plans maladroits et mal cadrés placés à la queue-leu-leu le tout pendant que la voix-off de l’un des personnages déclame des vérités digne d’un statut Facebook : "kan ta besoin des gens il sons pas la pour toi alor que toi tu l’et toujour pour eus : moi j’ose dire que j’aimes pas les hypocrite ! Qui osera cliker sur j’aime et partagé sur son mur ?", le tout filmé au ralenti sur fond de musique saturée et de préférence, avec des filles qui montrent leurs seins/fesses, par contre vous ne verrez pas un kiki ou une kikoute, parce que même si le film se veut grave subversif, tu vois, avec des gros mots et des roploplos, il ne faudrait pas qu’un rebelle se sente choqué en voyant un trilili battant au vent. Bref, on dirait que le tout a été réalisé par un lycéen fasciné par Fight Club, Drive et autres niaiseries crypto-philosophiques. D’ailleurs, à en croire le film, Spring Break c’est donc 97% de filles et aucun boudin, bien évidemment, mais c’est sûrement une coïncidence.

Fort bien. Allons-y donc pour un exemple :

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Musique saturée quelconque, ralenti constant

Des filles sautent sur une plage, des bières vont de main en main. Une voiture roule dans la nuit (pour ceux qui ont vu Drive, ce genre de plan rappellera des choses). Quelqu’un montre ses seins en dansant dans l’eau. Une fille fume une cigarette la nuit, dans une ville américaine. Des seins bondissent en gros plans, des filles se font des bisous en se frottant l’une à l’autre. Jean-Paul Sartre lit Tintin en fumant la pipe. Un DJ arrose la foule de danseuses en bikini.

Une voix répète "Spring Break. Le meilleur moment de l’année."

Etc.

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Faith, notre plus ou moins personnage principal et seule brune de notre quatuor, entend dire par des amies de son groupe chrétien que ses amies Blonde 1, Blonde 2 et Blonde 3 seraient en fait trois idiotes. Faith explique que non, elle les connait depuis la maternelle : ce n’est pas parce qu’elles gloussent comme des otaries, se défoncent pour un oui ou pour un non et n’ont aucun sujet de conversation en-dehors des fringues, des garçons et de Sarah Jessica Parker qu’elles sont limitées. Peut-être cachent elles une passion secrète pour la physique nucléaire ? Allez savoir. Toujours est-il que notre héroïne les défend : elles sont géniales et elle veut partir en Spring Break avec elles.

Notre louloute va donc retrouver ses copines pour faire le point : voilà un an qu’elles économisent, il est temps de faire les comptes de l’argent dont elles disposent pour partir à l’aventure, histoire de voir si elles pourront se payer un jacuzzi au champagne, comme tout vacancier lambda qui se respecte. Hélas, horreur : sitôt l’argent sorti des strings et entre deux plans pas du tout racoleurs sur les filles qui se frottent entre elles en s’échangeant quelques cochoncetés, le compte est fait : il n’y a que 325 dollars… soit même pas de quoi partir en Floride, la destination prévue à l’origine par nos amies !

Drame, larmes, perplexité : notre fière équipe est quelque peu dévastée par la nouvelle. Que vont-elles faire ? Devoir se trouver des loisirs intelligents ? Alors ça : jamais ! C’est hors de question ! Car Spring Break, c’est l’endroit "où l’on se révèle, on découvre qui l’on est vraiment, où l’on découvre ce que l’on va faire de son avenir".

Si le gouvernement me lit et qu’il cherche à faire des économies, voilà, maintenant il le sait : il peut mettre tous ses conseillers d’orientation dehors et les remplacer par un baril de bière avec un tuyau à s’insérer dans un quelconque orifice dans le plus grand esprit Spring Break, il semblerait que cela permette au jeune de savoir ce qu’il veut faire. Entre deux bulles de 8-6 ressortant par une narine, nul doute que l’adolescent verra la lumière et saura qu’il est temps pour lui de devenir expert-comptable ou ingénieur en conception de stylos billes. Mais oui.

Quand on vous dit que ce film est philosophique, bon sang.

S’ensuit donc, évidemment (et encore, je vous en ai passé), un nouveau passage se voulant philosophique

Durant Spring Break, certaines jeunes filles découvrent par exemple qui elles sont vraiment : ici, un tacos au fromage

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Musique saturée quelconque, ralenti constant

Les héroïnes se regardent, perdues. Sur une plage, des filles rient en se caressant. De l’argent est dispersé au sol. Quelqu’un lance un concours de pets. Faith va à son groupe chrétien (oui, parce que pour rentabiliser, on vous rebalance des plans que vous avez déjà vus, c’est plus rigolo). Un type mime la masturbation avec une bière. Un spectateur s’endort.

Une voix répète "Spring Break, où l’on se révèle, on découvre qui l’on est vraiment, où l’on découvre ce que l’on va faire de son avenir" (puisque recoller des images déjà vues ne suffit pas : on vous remet aussi les dialogues que vous venez d’avoir pour qu’il se passe encore moins de choses, c’est bien pensé)

Etc.

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Les filles sont donc bien embêtées, que faire pour trouver de l’argent rapidement ? En emprunter à quelqu’un ? Non, cette idée ne sera même pas évoquée. Utiliser le internet, cet objet du démon, pour trouver un plan pas cher et faire de l’auto-stop ? Là encore, personne n’en pipe mot : les jeunes n’ont jamais entendu parler du internet, c’est connu. Acheter des actions Lagardère (hoho, tout de même pas) ? Non : elles vont plutôt braquer un fast-food local.

D’accord.

Non mais c’est un plan, hein, je comprends. Blonde 1, Blonde 2 et Blonde 3, laissant Faith de côté qui n’est pas du genre à participer à ce genre d’action, décident donc de s’armer de pistolets en plastique pour aller trouver un petit restaurant local et, cagoulées, vont donc y semer la terreur avant de s’enfuir dans un véhicule volé. Le stratagème fonctionne à merveille puisque non seulement l’argent est obtenu aisément et rapidement, mais par ailleurs, les filles parviennent à ne pas laisser derrière-elles de traces de leur forfait en brûlant intelligemment leur monture de métal, le tout en restant à danser autour de la carcasse en feu histoire d’être sûres que la police vienne les cueillir sur place, ou à défaut, que l’explosion du réservoir révolutionne leur vision de l’auto-bronzant.

Heureusement, rien ne se passera.

C’est donc un trio radieux qui revient (à pied, je suppose), le vocabulaire toujours d’une richesse à peu près équivalente à celle de candidates de télé-réalité (elles font vraiment des étudiantes crédibles, surtout le genre à vouloir suivre des cours d’histoire, vraiment), pour présenter le butin à Faith et lui raconter comment elles l’ont eu. S’ensuit évidemment un nouveau passage philosophique que je vous passe pour éviter de rendre ce spoiler aussi chiant que le film (pour la première fois de ma vie, j’ai pensé sérieusement à quitter la salle, chose qui n’était jamais arrivé même devant Twilight tant c’était au moins rigolo de nullité et pas simplement consternant).

Nos héroïnes filent donc trouver un bus pour la Floride, car après un nouveau plan séquence (si, si) avec des phrases philosophiques du genre "Nous voilà, nous sommes enfin nous-même, qui osera copier ce message sur son mur ?",  elles ont enfin la joie d’arriver à destination.  Elles peuvent donc s’adonner à des joies simples comme sauter en bikini, se frotter à de (rares) garçons qui ont tous des têtes de champions, sniffer divers trucs, se saouler et évidemment, danser sur René la Taupe.

Un soir, Faith et ses amies se retrouvent donc dans une piscine pour philosopher.

Attendez, j’ai écrit philosopher ? Excusez-moi, j’ai été influencé par les critiques dithyrambiques ci-dessus. Laissez-moi détailler Faith et ses amies.

"Haaaan tu vois Spring Break c’est trop cooool, c’est la vie quoiiiii.
- Mais ouaiiiis c’est incroyable c’est fou quoiiiii.
- Wé.
- Méwé !
- Moi parfois j’aimerais mettre la vie, haaan, en pause, et tu vois, ce serait Spring Break pour toujouuuuurs !
- Han moi je ferais pareil, je voudrais tellement mettre pauuuuse des fois !
- Haaan ouais ?
- Ouaiiiiis.
- Geeenre ?
- Ma foi par exemple lorsque la foudre s’abat dans le soir tombant sur la campagne, illuminant l’espace d’un instant collines et bois et jetant d’étranges ombres sur le monde ; c’est, le temps d’une seconde, l’image de la puissance de la nature, de son aspect aléatoire, et de sa beauté résumée en un simple éclair lumineux. Ce curieux sentiment qui vous étreint lorsque soudain, la nature n’est plus un concept mais une véritable force qui semble tout dominer et nous ramener à notre place. L’écho étrange des plaisirs simples comme lorsque la nuit la fenêtre bat sur les carreaux et que roule ce fameux tonnerre au-dessus des villes endormies alors que l’on est blotti au fond de son lit à l’abri de ses dangers, mais spectateur de sa majesté vautré dans sa paresse.
- …
- …
- Naaaaaan j’rigooooooole j’mettrais pause quand j’fais un prouuuut loooooool !"

0

Bref. Dois-je vous laisser deviner ce qui suit ? Vous êtes sûrs ? Vous voulez vraiment que je l’écrive ?

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Musique saturée quelconque, ralenti constant

Les héroïnes dans une piscine. Sur une plage, on boit de la bière à l’entonnoir. Blonde 1 se frotte à Blonde 2. Des jeunes sniffent de la drogue sur le ventre de quelques fières coquines. Gérard Majax conduit un Twingo. Nos héroïnes font du scooter. Un caméraman gerbe.

Une voix répète "J’aimerais tellement faire pause, parfois… Spring Break pour toujours."

Etc.

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La réalisation se dépasse : notez la figurante tout à droite à qui on a pas dit en quoi consistait son rôle.

Le lendemain, nos bonnes amies sont à une nouvelle fête fort intéressante au milieu de 500 personnes occupant un hôtel entier, et où l’alcool et la drogue vont de main en main. Seulement voilà : la maréchaussée, lassée de cette petite délinquance en string, fait une descente et arrête 6 personnes : nos quatre héroïnes ainsi que deux clampins. Chose amusante : les policiers ont réussi à traverser une foule de 500 personnes sans arrêter personne d’autre et sans que les amis de la drogue n’essaient de se barrer : d’ailleurs, nos héroïnes n’en ont même pas sur elles et il est impossible que les fiers agents aient pu les voir consommer, mais ce n’est pas grave, pif pouf magie du scénario, ils les arrêtent.

Encore une séquence avec de la musique et les visages attristés de nos héroïnes que l’on envoie découvrir les joies de la prison (je pense bien sûr aux cours d’origami collectif, quoi d’autre ?), avant d’être envoyées devant un juge qui leur explique que consommer de la drogue, c’est mal, et qu’elles passeront donc deux jours à la prison locale le temps d’apprendre les bonnes manières à moins que quelqu’un ne puisse payer leur caution : cela tombe bien, car il y a dans la salle un certain Alien, aussi appelé "Je suis James Franco déguisé en Joey Starr et comme ce film est mauvais, j’ai dans le cou un tatouage "$" Malabar tellement mal fait qu’en fonction des séquences, on peut voir le contour changer de couleur". Mais comme Alien c’est plus court, nous en resterons à cela. Toujours est-il qu’Alien décide de payer la caution de ces dames au motif qu’elles "ont l’air cool", comprendre qu’elles remplissent leur bikini de manière convenable, et accueille donc les damoiselles à leur sortie de prison posté devant son abominable automobile tunée.

C’est vrai qu’il manquait un Jackie à ce film. Ça volait déjà un peu trop haut.

Séquence-clip-philo (c’est chiant hein ? Imaginez-vous devant, malandrins, mon esprit de sacrifice aura raison de moi)

Alien étant un mec profondément intéressant, il propose d’emmener nos héroïnes avec lui discuter un peu pour faire connaissance en allant s’asseoir sur des tables de pique-nique dans un coin quelconque : ça vend du rêve. Alien est visiblement con comme un tiroir à slips, grossier comme Jean-Marie Bigard et intéressant comme Christine Boutin : un cocktail qui parlera à nombre d’entre vous qui prendront feu rien qu’à cette idée, je n’en doute pas. Alien a aussi une histoire parfaitement inintéressante, et explique accessoirement que son métier, c’est dealer.

C’est très important d’annoncer ses activités illégales, comme ça, à de parfaites inconnues. Non, parce qu’on ne sait pas, hein, peut-être qu’un spectateur n’avait pas encore compris que tu étais foutu de perdre au Trivial Pursuit contre une palourde mon vieux Alien.

Faith, elle, sent bien que quelque chose ne va pas. Pas seulement le tatouage de James Franco qui vient encore de changer de couleur la peau étant subitement devenue rose au-dessous, non : elle pense que… je sais pas… p’têtre qu’un dealer, qui en plus, leur parle beaucoup frics et armes… bin c’est dangereux.

Ah bon ? Qu’est-ce qui te fait dire ça ? Heureusement que la presse a pleuré de bonheur devant ce film.

Toujours est-il que notre héros propose aux jeunes filles d’avoir des activités encore plus intéressantes que dire du rien assis sur une table de pique-nique, comme par exemple en allant dans des bars sans musique jouer au billard au milieu d’énormes types patibulaires en marcels sales qui regardent les filles d’une manière qui laisse supposer qu’ils auraient bien envie de parler de Kant et Spinoza avec elles, probablement à l’occasion d’un débat troglodyte à présidence tournante. Faith commence donc à pleurer, expliquant à ses amies qu’elle n’en peut plus : "C’est pas ça, Spring Break, j’ai un mauvais pressentiment !"

Tu m’en diras tant. Comme quoi, l’instinct féminin, c’est surpuissant : c’est sûr que quand le mauvais pressentiment est juste derrière toi à baver, fait environ 140 kilos de muscles et de tatouages et s’appelle Abubackar, tu peux effectivement supputer qu’il se passe quelque chose de curieux.

Notre héroïne décide donc, à la moitié du film, de se casser de celui-ci (une décision chaleureusement applaudie par la salle) en annonçant au groupe qu’elle rentre chez elle. L’occasion de balancer… hmmm… que… ah, tiens, je me demande bien quoi.

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Musique saturée quelconque, ralenti constant

Faith pleure en gros plan mal cadré. Sur une plage, on écoute du Skrillex. Les héroïnes se disent au revoir. Quelqu’un joue avec un mannequin en se saoulant à la bière. Des ninjas jouent au Time’s Up. Nos héroïnes font du scooter. Un bus file sur les routes. Faith est en gros plan mal cadré, attendez, je crois que c’est un plan sur son gros orteil gauche. Ou bien est-ce un plan large sur James Franco ? Je suis perdu.

Une voix répète "Spring Break… pour toujours."

Etc.

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Problèmes capillaires ? Choix de sombres bouses où tourner ? James Franco, je suis désolé : vous êtes atteint de Nicolas Cagisme.

Blonde 1, Blonde 2 et Blonde 3 abandonnées à elles-mêmes, Alien peut donc les réconforter en leur proposant de venir visiter sa villa. Car non seulement le bougre a une voiture tunée permettant à tout agent de la maréchaussée de le repérer à des kilomètres, mais en plus, le bougre en bon caïd a décidé d’entasser dans son salon contre les murs des tonnes (littéralement) de drogue, ainsi que des armes en quantité non négligeable. Moui je… pourquoi pas. Probablement que comme ça, même depuis le commissariat à trois bornes de là, les chiens peuvent flairer la drogue, et les policiers le blaireau.

Heureusement, comme le film a été écrit aussi bien qu’il a été filmé, cela ne choque personne. Nous voilà rassurés.

Alien présente donc aux filles sa drogue, ses armes, fait le cake en montrant ses nunchakus, et les filles se contentent de glousser encore et encore, parce que bon, depuis le début du film, elles n’ont pas fait grand chose d’autre. A un moment, Blonde 2 et 3 se disent que tiens, puisqu’Alien semble con comme un rat mort, elles pourraient peut-être en profiter, mais finalement non : elles préfèrent se mettre à rentrer dans ses plans, parce que quitte à avoir noté qu’il était idiot, autant lui remettre toute la conduite stratégique de la suite des opérations.

C’est bien normal.

Nos louloutes deviennent donc le nouveau gang d’Alien, le sien ayant été affaibli dernièrement, et vêtues de bikinis et de passe-montagnes roses (si, je… pfou), elles commencent à écumer les endroits à touristes du coin pour prendre leur argent aux pauvres gens. Chose amusante : alors qu’elles prennent grand soin de cacher leurs visages, elles font tous leurs coups avec Alien et sa tête unique découverte permettant à tout clampin de faire remonter la police au coupable et son gang en moins d’une heure. Mais encore une fois : cela n’arrivera jamais, soyez rassurés. Il ne faudrait pas qu’il se passe un truc dans ce film.

En parlant de trucs qui ne se passent pas, ça fait un moment que l’on a pas eu une séquence au ralenti, non ?

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Musique saturée quelconque, ralenti constant

Les héroïnes braquent une salle d’arcade. Sur une plage, on joue au ballon. Alien tabasse un type. Des jeunes se frottent les uns aux autres en s’arrosant. Blonde 1 menace un type avec un flingue. Un spectateur convulse devant tant de nullité. Nos héroïnes jouent avec du pognon qui tombe du ciel façon clip de rap. Des filles sur une plage sucent des glaces fusée de manière très lascive et pas du tout racoleuse.

Une voix répète "Spring Break, Spring Break" bien que cela n’ait strictement aucun rapport avec le film, en fait, puisque ça pourrait aussi bien se passer à la Bourboule

Etc.

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Pendant ce temps, dans une boîte de nuit, nous découvrons Miko, un méchant dont je n’ai pas non plus retenu le nom qui a pour sigle un cornet de glace à trois boules : un truc qui impose le respect au point qu’il se l’est fait tatouer sur le visage (… ho bon sang) et porte un énorme cône en collier. Bref : notre loulou explique qu’Alien et ses nouvelles copines semblent un peu trop prendre leurs aises. Dernièrement, il a eu une petite conversation avec Alien, qui est aussi son ancien meilleur ami même si cette information n’a aucun intérêt, et il a noté que l’appétit de celui-ci grandissait. Il propose donc d’aller calmer tout ce petit monde, par exemple, avec une bonne fusillade, puisque cela permet de poser les bonnes bases d’un bon débat.

Pendant ce temps, Alien, lui, fait des trucs intéressants, comme par exemple jouer du piano en bord de plage (si) en chantant du Britney Spears (si, si) pendant que Blonde 1, 2 et 3 font la ronde en jouant avec des fusils à pompe d’une manière tellement naturelle que Francis Huster à côté aurait pu faire le ballet de Moscou. Le tout est bien évidemment filmé au ralenti pendant que la musique sature et que divers plans coupent le tout et qu’alors que ça n’a toujours plus aucun rapport, une voix off murmure "Spring Break…"

Un soir, donc, les folles aventures s’arrêtent un peu brutalement lorsque Miko vient croiser nos larrons dans sa propre voiture et leur explique que bon, ça suffit les conneries. Il demande donc à son assistante de vider un chargeur d’UZI sur la voiture d’Alien, et si aucun des occupants n’est tué dans l’affaire, Blonde 1 se mange un pruneau dans le bras, l’occasion de recaser une séquence-philo que je vous passe encore une fois, puisque sinon je vais devoir tabasser quelqu’un à coups de clavier pour oublier la douleur dans mes doigts meurtris à chaque fois que j’évoque pareille nullité.

Alien, après avoir sans raison décidé de glander sur un trottoir avec Blonde 1 se vidant de son sang à côté de lui, décide finalement de retirer la balle et de désinfecter le tout au bourbon. La conclusion de Blonde 1 est qu’il est temps pour elle aussi de se barrer du film, par exemple en retournant chez elle. Ses amies la retiennent un peu en lui disant que ça va, rho, c’est juste une balle, c’était strictement amical, mais non : elle prend aussi un bus et rentre chez elle.

Nouveau plan relou durant lequel, cette fois, c’est James Franco qui rappe minablement un truc à base de jeunes filles perdues qui veulent s’échapper de leur cage, parce que c’est de la philo rebelle, tu vois t’as vu. Carpe Diem. Ça veut dire "mange du poisson"  tu vois ? C’est de Schubert, c’est pour ça que c’est en romain, si si la famille.

Toujours est-il que malgré la désertion d’un deuxième élément, Alien décide qu’il ne faut pas se laisser abattre à bien des sens du terme. Après une scène gratuite centrée sur un plan à trois (mais soft, c’est pour des jeunes rebelles) dans une piscine digne des plus grands moments de Loft Story, notre rasta Jean-Edouard décide donc de lancer une opération vengeresse sur Monsieur Miko.

Vous pensez que j’exagère sur le cadrage ? Hooo, la belle main de l’assistante tenant un parapluie dans le champ pour gérer la lumière !

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Musique saturée quelconque, ralenti constant

Blonde 1 prend le bus. Sur une plage, on danse dans l’eau. Alien est dans sa piscine. Des jeunes boivent. Blonde 2 et 3 jouent avec des flingues. Un crapaud s’accouple avec un caillou. Les filles se roulent sur le lit d’Alien au milieu de ses armes. Un pont au loin est illuminé.

Une voix répète "Tu vas le faire ?" environ 2783 fois alors que la séquence ne s’arrête pas.

Etc.

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Notre petite troupe décide donc de prendre un bateau pour aller cartonner le vilain Miko, qui semble-t-il, dispose d’une villa en bord de mer. Notre trio, vêtu de vêtements fluo (bin oui) et d’aucune protection s’arrête donc sur le quai local puis, alors que l’on entend en voix off les filles qui appellent leurs parents pour dire que "Spring Break les a révélées", à savoir qu’elles ne veulent plus étudier l’Histoire mais devenir gansta-puputes (une carrière vaguement différente, on peut comprendre la confusion). Sur le quai, une fusillade éclate donc durant laquelle Alien est bien vite tué, alors que les filles, elles tuent les 30 gardes locaux sans être touchées une seule fois, quand bien même les hommes expérimentés les visent à 1 mètre avec des armes automatiques et ont le bon goût de jouer mal au point de bien tirer dans leur direction exacte pour bien montrer à quel point le film est mal pensé. Les filles tuent donc tout le monde puisqu’à chaque fois qu’elles tirent une balle, il y a trois morts, et finalement, rentrent dans la ville de Monsieur Miko, qui malgré la fusillade, n’a rien entendu et n’est pas sorti de son bain (d’ailleurs, certains gardes n’ont eux-même pas réagi à la fusillade quand bien même ils étaient à deux mètres, tout est raté c’est formidable).

Le pauvre Miko n’a pas le temps de faire grand chose qu’il est abattu par Blonde 2 et 3, qui donc, uniques survivantes de l’affaire, vont prendre la grosse Ferrari orange pétard du Monsieur et quittent les lieux, cheveux au vent, alors qu’une voix répète :

"Spring Break… pour toujours !"

Et… c’est tout. Oui : FIN !

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"Mon Dieu, c’est abominable ! Mais je ne comprends pas, vous aviez dit que votre structure n’accueillait que des adolescents plein d’hormones et de mauvais goût, et Harmony Korine a tout de même 40 ans !
- Vous voulez que l’on re-regarde le film et ses passages à base de seins, de fesses, de filles qui se lesbichent sur fond de Skrillex et de philo caca pour vous convaincre que c’est juste un ado barbu ou ça va aller ?
- Je… ça va aller.
- Je crois aussi."

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Il y eut un blanc dans la salle, alors que les présents se remettaient difficilement de l’indicible horreur qu’ils venaient de voir, puis quelqu’un reprit timidement.

"Bon d’accord, mais alors pour l’an prochain, qu’est-ce que vous prévoyez ?
- Même formule. Un truc qui permette d’écouler n’importe quelle bouse au prétexte de vernis culturel et où les experts du genre préfèrent parler de révolution avant-gardiste plutôt que de reconnaître que l’on se moque d’eux.
- C’est-à-dire ?"

Je pris une dernière bouffé de cigare avant de sourire à l’assemblée.

"Quoi d’autre que l’art contemporain ?"

Bon.

Comme je vous sens turbulents, je crois qu’il est temps de détendre l’atmosphère avec des cartes à jouer. Comme vous le savez, dans un bon débat – comme il a pu y en avoir pas loin d’ici il y a peu – il est aisé de se tirer d’un mauvais pas en utilisant le bon mot au bon moment. En effet, il existe principalement deux manières de débattre : celle consistant à argumenter avec son adversaire, l’occasion de devoir renforcer son argumentation tout en, pourquoi pas, apprenant un ou deux trucs et essayer de convaincre son auditoire, et la technique dite de l’indignation (puisqu’il en était sujet), permettant de se draper dans sa cape l’air outragé en expliquant qu’il ne saurait être question de répondre à un argument, et d’expliquer en quoi il est faux des fois que ça puisse convaincre quelqu’un (fous que vous êtes), en arguant du fait qu’il est rac/mach/droitdelhomm/cycl/paternal (biffez les mentions inutiles) – iste, et que donc, je ne mange pas de ce pain là mon petit Monsieur, le problème de ton argument, c’est toi !

Aussi vous propose-je tout simplement, loin d’un article, cette humble carte issue d’un célèbre jeu où la magie côtoie le pognon que vous pourrez suggérer à vos amis lorsqu’ils utilisent l’argument du néant, par exemple en les invitant à la découper sur leur écran, ou en cas de discussion direct, en leur agrafant sur la joue (vous êtes de gros taquins quand même).

Débat magique

Attention tout de même : si vos amis ont la référence au bas de la carte, vous n’êtes pas obligé de leur péter la gueule tout de suite. Tout comme s’ils ont utilisé des mots en -iste hors-catégorie, comme jeu de piste, moine trappiste ou copiste (sauf en référence à Jean-François, auquel cas c’est mot compte double).

Sur ce, je retourne tirer aléatoirement le gagnant du cigare et répondre aux demandes en mariage. C’est dur, la vie de blogueur.

La foi en l’humanité est une chose qui se perd facilement.

Evidemment, je dis cela pour ceux qui ne l’auraient pas perdue il y a bien longtemps ; si vous aviez besoin d’idées pour ce faire, il existe des méthodes simples : passer une demi-heure sur Youtube à regarder des gens se filmer eux-même, lire la presse un lendemain de débat important à l’assemblée pour s’apercevoir que visiblement, il n’y avait pas que sur les bancs des députés que ça pionçait, ou plus simplement, consulter Allociné.

Ne parlons pas des commentaires, qui semblent être une annexe des skyblogs, non : parlons de quelque chose de bien plus odieux, à savoir les films les plus attendus en France. Et là, attention : les plus courageux peuvent cliquer ici

Pour les autres, je me permets quand même de faire la liste du top 10 des films les plus attendus :

  1. Promised Land – De Gus Van Sant avec du vent dedans, comme il se doit
  2. Sublimes créatures – "Vous avez aimé Twilight…" attendez, c’est vraiment un argumentaire pour vendre ?
  3. L’écume des jours - Ça faisait longtemps qu’on avait pas vu une adaptation, non ?
  4. Oblivion – Tom Cruise dans le futur avec un fusil
  5. Spring breakers – Des filles en petites tenues et des gros flingues. Curieusement, aucune d’entre elles n’est un gros boudin.
  6. Hunger Games : l’embrasement – La suite du premier volume déjà nul et incohérent jusqu’à la moelle.
  7. Warm Bodies – Ho ça alors ! Un film avec des zombies ! En même temps, vu qu’on annonce en moyenne 5 projets par jour sur ce thème, faut-il s’étonner ?
  8. Jappeloup – Un film sur un gentil cheval en qui personne ne croit qui va se révéler super cool, contrairement au film je suppose.
  9. Hansel & Gretel : Witch Hunters – La suite de Cendrillon contre les nazis
  10. Boule & Bill – Franck Dubosc. Vous voulez un autre argument ou ça ira ?

Et ça, ce n’est que pour les prochains mois ! Ah, comme je rêve déjà…

Du coup, aujourd’hui, arrêtons-nous un peu pour essayer de comprendre comment des gens peuvent tomber si bas. C’est pourquoi je vous propose un simple test qui vous permettra de déterminer s’il est grand temps d’aller vous passer les yeux à la ponceuse pour arrêter d’encourager ce type de productions, car c’est bien là le pire : ces films sont des films que les gens ATTENDENT.

Seigneur.

Alors attention, concentrez-vous et soyez sérieux ; il est temps de sonder votre âme afin de déterminer l’abominable vérité :

Quel spectateur êtes-vous ?

Bien essayé les amis, mais même en costard, les lunettes 3D donnent toujours l’air très con

1 – Ce soir, vous avez du temps libre. Vous pourriez participer à la recherche contre le cancer grâce à votre intelligence supérieure de lecteur de ce blog, mais là, vous avez la flemme :  vous iriez bien au cinéma. Certes, mais pour cela, il va vous falloir déterminer quel film aller voir. Comment procédez-vous ?

A – Vous allez jeter un oeil à quelques synopsis et bandes-annonces tout en tentant de calmer vos sourcils qui, mus d’une vie propre, s’agitent frénétiquement. Malgré tout, vous arrêtez votre choix en fonction de vos propres critères.

B – Vous savez déjà ce que vous allez voir depuis longtemps. Vous guettez ce film depuis si longtemps… vous avez réservé votre soirée 3 mois à l’avance et l’impatience est telle à quelques heures de la séance que vous vous roulez par terre frénétiquement tant et si bien que des passants viennent vous gratter le ventre.

C – Vous constatez que l’un de vos livres préférés vient d’être adapté à l’écran : il serait criminel de ne pas aller voir ce que donne la chose au cinéma, ni une, ni deux, vous arrêtez votre choix !

D – Vous regardez les affiches en vous retournant pour s’assurer que personne ne vous observe. Si cela arrive, vous jetez une capsule de phosphore à vos pieds et disparaissez dans un nuage irritant.

E – Vous lisez Télérama.

2 – Soit ! Votre choix est arrêté. Mais pour l’occasion, pourquoi ne pas inviter quelque à vous accompagner ? Allez, il est temps d’appeler du renfort… mais qui ?

A – Une personne de votre entourage partageant à peu près vos goûts. C’est généralement la même qui vous accompagne à chaque fois.

B – Lorsque vous avez appelé votre meilleure amie, elle s’est mise à crier très fort. Vous aussi. Elle aussi. Vous aussi. Elle aussi. Vous aussi. Votre forfait bloqué a lâché, ainsi que les tympans de tous les petits animaux du quartier, pulvérisés par les ultrasons. Boubouble, le gentil hamster qui courait dans sa roue à quelques kilomètres de là, meurt donc d’une hémorragie des oreilles

C – Vous faites le tour de vos contacts afin de trouver quelqu’un qui soit à la fois disponible et qui n’aurait pas lu le livre. Vous prétextez que vous vous l’emmener pour qu’il découvre ce chef d’oeuvre, mais en fait, c’est juste pour avoir quelqu’un à qui raconter en boucle que vous avez lu le livre parce que vous êtes un érudit, hohoho.

D – Vous faites semblant de proposer à un ami en lui disant que c’est au cas où, hein, que vous dites ça comme ça… il vous répond avec le même désintérêt qu’il n’a rien de mieux à faire, mais arrive quand même avant vous au cinéma.

E – Daniel McMullgican, du blog "Iranian movies & Cheese cakes"

3 – Au moment d’acheter vos tickets, Madame la vendeuse vous signale qu’il est possible de visionner votre film de plusieurs manières… diable, quel choix faire ?

A – Lorsqu’elle vous propose de voir le film en 3D pour un supplément de un euro, vous l’instruisez sur les insultes les plus usitées au XVIIe siècle. Alors que vous n’en étiez qu’au verbe compisser, elle vous donne vos tickets et arrête d’insister. Merci ma bonne dame.

B – De la 3D ? Bon sang, votre vessie va imploser sous l’excitation du moment ! Vous jetez quelques pièces à la bougresse pourvu qu’elle vous donne de grosses lunettes moches afin de voir le seul truc véritablement en 3D de la séance : la pub Haribo !

C – Vous exigez la VO. Non parce qu’en VF, vous avez lu que le scénar était à chier, la VO devrait probablement changer tout cela.

D – Tant que l’on vous autorise à porter une fausse moustache pour aller voir ce film, vous êtes d’accord.

E – En avant première en VO non sous-titrée en présence du réalisateur, Slobodan Gorbisevich qui parlera ensuite de pourquoi il a choisi de faire son film sur les ouvrières des usines de brosse à dents d’ex-Yougoslavie.

4 – Peu avant d’entrer dans la salle, on vous propose de vous fournir en denrées pour vous aider à tenir tout du long de la séance. Qu’achetez-vous ?

A – Rien.

B – Du pop-corn et des bonbons qui font "scccrrrhchchhchchh" que vous ouvrirez super lentement en pensant que personne ne vous entend.

C – De quoi boire : vous avez prévu de parler durant la séance

D – Du sopalin. Madame la marchande est très étonnée.

E – Vous avez emmené vos gougères aux asperges bio.

5 – Coup de chance, vous arrivez parmi les premiers : vous pouvez donc choisir votre place ! Laquelle est la plus confortable ?

A – Au milieu, parce qu’au milieu, c’est mieux

B – Au premier rang pour avoir l’impression de toucher les acteurs. Bon, sauf si c’est un film avec Gérard Depardieu, auquel cas même au dernier rang, vous avez l’impression qu’il vous touche.

C – Qu’importe.

D – Sur les côtés pour ne pas vous faire gauler.

E – Tout au fond, pour pouvoir garder votre chapeau et ne pas vous mêler au petit peuple.

6 – Fort bien, le film ne va pas tarder à commencer, enfin sitôt que les 15 minutes de publicités seront passées. Quel est votre premier réflexe ? 

A – Vous vérifiez avoir bien éteint votre téléphone histoire d’être tranquille.

B – Vous vérifiez que votre téléphone est bien allumé. Il sonnera, vous vous excuserez en le cherchant 45 secondes avant de le faire tomber et de répondre pour dire que vous êtes au cinéma, mais vous le laisserez en mode sonnerie malgré tout, reprovoquant la même scène 10 minutes plus tard (attention, cette scène peut aussi arriver en réunion).

C – Vous tentez de faire du teasing à votre camarade de visionnage en lui disant qu’il y a des choses qui vont le surprendre, et le spoilez donc comme un gros busard en voulant lui donner un indice. Bon bin heu… désolé mec. Mais le livre est super bien, je te l’ai dit ?

D – Vous mettez votre téléphone en mode vidéo et vous pouffez intérieurement lorsque l’on vous rappelle à l’écran qu’il est interdit de filmer le film. De toute manière, au vu de l’intrigue, c’est à se demander pourquoi quelqu’un n’a pas dit la même chose au réalisateur

E – Vous prenez en photo votre gougère aux asperges via Instagram

"Continue de m’appeler Simone, ça ne fait que trois fois que mon téléphone sonne et ils ne m’ont toujours pas pété la gueule, on va les pousser à bout."

7 – Le film a commencé, et diverses idées traversent votre esprit malade : parlez-vous durant la séance ?

A – Non, mais vous mimez super bien le type qui se pend.

B – Vous ne pouvez pas parler ET glousser en même temps, allons !

C – Oui, en vous tournant vers votre voisin à chaque fois qu’une scène n’est pas conforme au livre pour lui signaler. Vous sentez une mystérieuse aura de haine vous entourer peu à peu.

D – Vous respirez un peu fort, mais ça va.

E – Vous essayez d’avoir l’air le plus bouleversé possible à chaque fois qu’une femme aux traits burinés par le temps, la tristesse et l’alcool, produit à la main une brosse à dent en y mettant un savoir-faire connu de nul autre, déversant sa misère et son expérience dans ce produit du quotidien méprisé par l’occident, allégorie du mépris porté par ces mêmes consommateurs ignorants envers ces femmes qui survivent difficilement. Vous le tweetez sur votre iPhone.

8 – Vous remarquez que ce film contient un élément qui revient dans la plupart des films que vous regardez. Lequel ?

A – Du caca.

B – Des gens qui se mettent torse nu pour un oui, un  non, un peut-être, un éventuellement voire pour un ça dépend

C – Romain Duris qui joue un séducteur un peu maladroit qui remet sa vie en question après avoir rencontré Audrey Tautou,

D – Une scène que vous appréciez secrètement en tentant de rester stoïque à côté de votre voisin pour ne pas avouer votre mauvais goût. Mais bon : comme il fait pareil à côté de vous, ça va.

E – Des plans de trois plombes sur un paysage quelconque

9 – Bon par contre, il y a un truc que l’on ne retrouve jamais dans les films que vous allez voir… lequel ?

A – Un scénario (en même temps, quelle idée d’aller voir La Planète des Singes)

B – Des torses velus

C – Le contenu exact de l’oeuvre dont il est adapté

D – Un pull-over

E – Une scène d’action

10 – Soudain, dans l’obscurité de la salle, une voix résonne : quelqu’un parle devant vous !  Sacrebleu, que faire ?

A – Vous profitez du fait d’être derrière lui pour le stranguler : vous dissimulez son regard vide lorsqu’il rend son dernier souffle en renversant son pot de pop-corn XXL sur son crâne. Comme vous êtes taquin, vous dessinez un bonhomme sur le pot, ce qui trompera sa voisine jusqu’à la fin du film, tant l’auteur du propos était visiblement con comme un mort.

B – Vous lui répondez pour lui dire qu’il a tort, ce n’est pas Brian qui vient de mourir, c’est Bob ! Rah, il pourrait suivre un peu.

C – Vous vous mettez à chuchoter à votre voisin pour vous plaindre, persuadé que la rangée derrière-vous ne vous entend ou ne voit pas faire à la lueur de l’écran.

D – Vous faites "chhhhht !" puis faites semblant que ce n’est pas vous quand le coupable se retourne

E – Haaaan ! C’est Slobodan Gorbisevich !

11 – La fin du film arrive. Alors, c’était comment ?

A – C’était une sombre merde. Au fond de vous, vous n’êtes pas étonné. Qu’alliez-vous faire dans cette galère ?

B – Haaaan c’était génial ! Génial ! Vous attendez la fin du générique pour voir s’il n’y aurait pas une petite séquence supplémentaire annonçant une suite, et vous hurlez comme un gros putois lorsque cela arrive. Votre slip, lui, a rendu les armes il y a longtemps.

C – Vous êtes scandalisés, évoquant chaque passage où l’oeuvre n’a pas été respectée. Lorsque votre voisin explique qu’il a trouvé ça très moyen, vous lui expliquez que ça ne l’est pas si on lit le livre. Il vous demande pourquoi vous l’avez emmené voir le film alors ? Vous vous demandez aussi.

D – Ho bin… non mais… heu… bon, bref : vous avez un peu apprécié quand même, mais vous n’osez pas le dire. Vous n’assumez pas.

E – C’était incroyable. Vous utilisez des termes comme "généreux" pour en parler.

12 – Maintenant que la séance est terminée, il est temps de rentrer chez vous : tout le monde dehors ! 

A – Tout le long du trajet, vous recensez le nombre de passages à chier qui constituaient le film. Le temps d’arriver à votre domicile, vous avez réalisé qu’en fait, tout le film était à chier. Vous êtes plein de désarroi.

B – Vous gloussez, vous vous roulez par terre et refaites 17 fois les scènes que vous avez préférées. Le voisinage étant endormi à cette heure, chacun prie pour que l’on vous tire un coup de gros sel dans le museau pour qu’au moins, vous couiniez pour quelque chose. Hélas pour la sérénité nocturne, cela n’arrive pas.

C – Vous expliquez à votre comparse à quel point dans le livre, c’était vachement mieux. Il se tire une balle dans la bouche à mi-chemin. Vous expliquez à son cadavre chaud que dans le livre, quand il y a un suicide, c’est vachement plus dramatique.

D – Vous vous séparez de votre compagnon d’aventure sans piper mot, à l’exception de quelques formules de politesses.

E – Vous restez à la conférence suivant le film, twittant tout du long comme quoi vous êtes à une conférence, c’est fou. Lorsque celle-ci se termine, vous constatez que vous n’avez rien écouté, à l’exception d’une phrase que vous avez twittée en anglais pour dire qu’elle résumait parfaitement votre opinion, même si vous n’êtes pas sûr-sûr de savoir sur quoi elle portait. Ce n’est pas grave : on vous a retweeté.

13 – Vous voilà enfin seul, chez vous, libéré de tout cela… 

A – Vous pleurez longuement en vous demandant pourquoi vous avez fait ça. Vous avez l’impression que l’on a souillé votre âme, génocidé vos neurones, et endommagé votre vue. Vous vous sentez coupable : certes, c’était nul, mais pourquoi être allé le voir ? Pourquoi ?

B – Vous allez sur internet commander tous les posters du film, puis vous commencez à écrire une fanfiction dans laquelle vous créez un personnage qui vous ressemble en tous points, et qui sauve Bob d’une mort certaine avant de vivre une romance avec icelui.

C – Vous faites "pfff" très mort en secouant la tête tout seul. Si vous vivez avec quelqu’un, vous vous débrouillez pour mettre le sujet sur la table pour vous plaindre à nouveau.

D – Vous vous enfermez à double tour. Vous auriez bien besoin d’une douche.

E – Vous allez voir si on a répondu à vos tweets, puis vous uploadez toutes les photos que vous n’avez pas eu le temps de partager en leur donnant à chacune un titre en anglais supposé sonner poète, mais sonnant juste crypto-prout pour le reste du monde.

Jeu : propose à tes amis d’écrire une fanfiction après avoir vu "La Chute"

14 – Si vous aviez un site sur lequel donner votre avis ?

A – Ce blog, parce que vous avez du goût

B – Un forum de fans : vous êtes d’ailleurs très fière de votre signature qui clignote. Vous enchaînez les tests pour savoir quel personnage du film vous êtes, c’est tellement lolilol. Vous filez ensuite mettre 5 étoiles sur Allocine avant de laisser un commentaire hystérique et complètement objectif, bien évidemment.

C – Vous en discutez brièvement sur Doctissimo. Alors que cela n’avait strictemenr rien à voir, on vous annonce que vous devez avoir un cancer ou être enceinte, voire les deux. Vous êtes bien étonné. De dépit, vous allez demander sur Yahoo Answers ce que les gens pensent du film, mais au bout d’un commentaire, le sujet dérive. Vous finissez au bout de 10 minutes avec un message "la communauté a estimé ce commentaire comme étant le plus pertinent" indiquant un commentaire critiquant l’animation das Naruto. Vous décidez qu’internet, c’est quand même de la merde.

D – Vous récupérez les meilleurs moments que vous avez capturés discrètement durant la séance, fier de votre forfait, en faites des gifs, et bombardez les forums du vaste internet avec. Vous êtes bannis des deux tiers d’entre eux et vous vengez en créant des nouveaux comptes et postant plein de gifs qui clignotent pour provoquer les modérateurs. Ahaha, ils seront bien embêtés !

E – Votre blog de photographe Lifestyle.

15 – Comment choisirez-vous votre prochain film ?

A – Vous referez exactement la même erreur

B – Vous referez exactement le même excellent choix

C – Vous guettez déjà la prochaine adaptation d’oeuvre de votre bibliothèque

D – Vous avez honte, mais vous savez que vous recommencerez

E – Vous avez carrément un abonnement à Télérama. Brrrr.

Bien, vous avez terminé ? Alors comptez vos points les enfants, car voici venir l’heure des résultats.

Vous avez un maximum de :

A – Celui qui sait très bien, mais qui y va quand même

Vous avez parfaitement conscience du fait que ce que vous allez voir est mauvais. Personne n’est vraiment sûr de savoir si vous êtes simplement inconscient ou si vous avez vraiment un goût malsain pour la daube, mais toujours est-il que l’on finit toujours par vous surprendre en train de sortir d’un quelconque film à base d’invasion extra-terrestre. Au fond de vous, vous avez le secret espoir d’un jour, être agréablement surpris, mais même en partant avec les pires préjugés, les réalisateurs arrivent toujours à faire plus mauvais que ce que vous aviez prévu. Si votre âme immortelle rejoint un jour les enfers, nul doute que vous trouverez le diable peu créatif en matière de souffrances psychologiques comparé à J.J Abrams.

Votre prochain film ? Oblivion.

B – Celui qui a subi une grosse trépanation 

"Con comme une porte" est probablement l’expression qui vous définit le mieux, même si les portes peuvent parfois arrêter les déferlantes de caca. Dans votre cas, vous êtes plus proche du tourniquet ou du moulin fécal : plus il y en a, mieux vous tournez. Et faites tourner, ce qui est encore plus beau, car votre notion de partage s’approche plutôt de celle de contamination. Si un jour on réouvre les léproseries, nul doute que l’on vous y collera pour préserver les innocents. Il est fort probable que vous notez les films et les commentiez sur différents sites, n’allant jamais dans la demi-mesure et portant aux nues la moindre bouse pourvu qu’il y ait votre acteur préféré dedans. Parfois, vous vous surprenez à nettoyer votre corps avec votre propre langue, et vous demandez si vous ne seriez pas juste un labrador métamorphosé en humain par un quelconque phénomène kafkaïen.

Enfin, non, puisque vous pensez que Kafka est une marque de café en poudre.

Votre prochain film ? Sublimes Créatures.

C – Celui qui va t’expliquer qu’en fait, le livre était mieux 

Personne ne sait pourquoi vous allez au cinéma, et surtout, personne ne veut y aller avec vous. Non pas que vous vous plaigniez, non, mais vous semblez ne toujours pas avoir compris qu’un film et un livre étaient deux choses différentes, et que défendre l’un en invoquant l’autre revenait à expliquer que tiens c’est marrant, la comédie musicale "1789, les amants de la Bastille" ne semblait pas respecter l’Histoire. Il n’y a pas à dire, vous êtes diablement perspicace. Vous n’avez pas aimé le film de votre livre préféré, mais le défendrez jusqu’à la mort en expliquant que si on lit le livre, c’est mieux.

Vous continuez cependant de vous persuader que le prochain film tiré d’une oeuvre que vous irez voir sera fidèle à l’original, et repartez invariablement en bougonnant.

Vos amis complotent pour vous tuer, sachez-le.

Votre prochain film ? L’écume des jours (avec, ça alors ! Romain Duris et Audrey Tautou !)

D – Celui qui nie en bloc à chaque fois qu’il revient du cinéma

Vous n’assumez pas, mais alors pas du tout ce que vous allez voir. Tout comme le jeune malandrin qui maîtrise le nom de chaque actrice porno avant d’expliquer que hohoho, mais hem, héhé, non allons, il ne les connait que parce qu’il les… les a vues sur la couverture chez le marchand de journaux, vous expliquez que si vous avez vu la dernière daube, c’est la faute à votre pote qui vous a emmené contre votre gré parce qu’il ne voulait pas y aller seul. Pote qui raconte exactement la même histoire de son côté, et n’arrive pas à assumer, tout comme vous, qu’il est secrètement heureux de regarder des films absolument nuls puisqu’en fait, il les trouve bien. Vous planquez vos DVD de Fast & Furious avec les photos prouvant que papy avait fait la guerre habillé en Hugo Boss, et brûlerez votre demeure plutôt que d’avouer.

Votre prochain film ? Spring Breakers. Attention à bien suivre, ça a l’air compliqué et original à la fois.

E – Vous êtes un putain de hipster

Attention, regardez bien au-dessous de vous : ho, ça alors ! Du tissu à carreaux ! Ah, je sais, c’était facile, mais il n’empêche : c’est vous qui êtes dedans, ne me le reprochez pas. Vous êtes la lie de cette société, une créature mi-humaine mi-vintage qui ne survit qu’en se nourrissant d’un élitisme culturel autoproclamé. Vous n’avez aucune idée de pourquoi vous faites ce que vous faites, mais vous savez que vous devez le faire au risque de perdre votre identité qui ne se définit que par le rejet de ce qui constitue celle des autres. Paradoxalement plus prévisible qu’un film de Nicolas Cage, vous avez une passion pour les films chiants et les expositions d’art contemporain, car vous vous roulez dans ce vernis intellectuel en espérant vous en enduire pour mieux briller.

Votre prochain film ? Boule et Bill, parce que vous ne méritez pas mieux, rejetons de Satan

Enfin, et pire que tout : si vous aimez tout simplement les bons films, je n’aurais que deux questions à vous poser :

La première, c’est que faites-vous sur ce blog ?

La seconde, c’est que faites-vous encore sur cette planète ?

Un peu de cohérence, nom d’une pipe.

En cette période de nouvelle année, où résolutions et espoirs se mêlent, les questions amoureuses vont bon train.

Entre ceux qui viennent de se réinscrire à la salle de sport pour se faire un corps de rêve et tenter de faire choir l’autre sexe, quand bien même ils n’iront que trois semaines, et ceux qui froncent les sourcils très fort en se disant que cette année, ça ne rigole plus, ils vont trouver quelqu’un et rester avec jusqu’au moment où leurs cheveux s’en iront et leurs couches reviendront, il y en a pour tous les goûts.

Aussi, il parait pertinent, sur ce site, de traiter de la question ; mais attention, malheureux, pas en vous proposant un article avec quelques conseils de séduction comme on peut en trouver sur pléthore de coins du web, non ! Il s’agit d’aller chez artdeséduire.com, qui est d’un tout autre calibre que le repaire à love-coach (…) moyen. Alors évidemment, j’en entends déjà me dire "Ah oui, et en quoi est-ce différent, hein ? Ça ne prend pas avec moi, que croyez-vous !" ; mais à ceux-ci, les malandrins, que répondre si ce n’est la chose suivante : là où l’amour est habituellement représenté par Cupidon, angelot voletant, décochant habilement ses flèches pour faire fleurir dans le coeur de chacun la graine de l’amour, artdeséduire.com est plutôt du genre militaire aviné équipé d’un fusil-substitut-pénien dont l’objectif est, à défaut de faire fleurir les graines de l’amour, tenter de mettre une cartouche à tout ce qui passe.

Ma métaphore militaire vous parait grossière et exagérée ?

Las, malheureux, dans ce cas, je vous propose que nous regardions ensemble l’article suivant intitulé, je cite

"Comment Draguer comme un Sniper et toucher sa Target à chaque fois"

Je n’invente pas, vous pouvez le lire en cliquant ici. Mais, commençons plutôt !

Enfin une tenue qui fera craquer les hippies.

Car si le titre vous intrigue, sachez qu’artdeséduire.com se présente comme "le plus grand site francophone sur la séduction", ce qui laisse rêver lorsque l’on constate qu’aucun nom dans le titre de l’article n’est en français. Mais comme le disait Molière "Si le français est la langue de l’amour, l’anglais est plutôt celui de la drague relou et des DJs" (les deux étant souvent associés). De toute manière, artdeséduire.com reste avant tout un site sans prétention puisqu’il propose à ses lecteurs de "faire de vous un homme meilleur, voire à faire renaître l’art perdu d’être un homme", rien que ça. Un "art perdu", donc, qu’heureusement les archéologues de ce beau site ont retrouvé sur un vieux site Aztèque, probablement entre une vieille recette de pizza à la bière et les règles officielles du concours de pets (on pourra me reprocher d’exagérer quelque peu et je le reconnais bien volontiers : les concours de pets, c’était plutôt les Mayas).

Mais assez digressé : entrons dans le vif du sujet.

Vous avez vu la Chute du Faucon Noir ? Ce film de guerre retrace le massacre qu’ont vécu les soldats de la Delta Force à Mogadiscio en Somalie en 1993.

Vous avez vu cette phrase ? Bon, et bien sachez qu’elle n’aura aucun rapport avec le reste de l’article. Et vous pourrez bien le lire en entier, vous n’en trouverez pas. Sauf bien sûr si vous considérez que la femme, cet être curieux, est en fait un gros hélicoptère à abattre. Mais je ne suis pas sûr que commencer une conversation par "J’aime beaucoup tes rotors" soit le top du top pour faire flancher la bête, passons.

Le livre qui inspire cet article est la biographie de Howard Wasdin, Sniper : Navy seals, tireur d’elite dans les forces spéciales. J’ai failli pleurer tellement ce bouquin était prenant (NdOC : et moi cet article nul) et j’y ai trouvé tellement d’analogies avec la séduction que j’ai eu envie de partager ça avec vous.

Nul doute que cette lecture doit faire chavirer les coeurs mais passons : comprenez bien, Messieurs : il y a quantité d’analogies entre l’art difficile du tireur d’élite et celui de la séduction. Si vous arrivez à en trouver d’autres que "Il y a une cible qui va passer un mauvais quart d’heure et un type persuadé d’avoir le plus gros calibre de la région", je suis preneur, puisque là, comme ça, de prime abord, je suis dubitatif. Mais nul doute que l’auteur de l’article va tout nous expliquer.

Y compris l’art difficile de la séduction en fougère.

Les tireurs d’élite ne volent pas. Certains sont héliportés, mais la plupart d’entre eux assurent leurs missions au sol. 

Ce qui est une bonne nouvelle, tant peu de jeunes mâles peuvent se faire héliporter jusqu’à leur lieu de séduction. Le prix du baril, tout ça. Et puis honnêtement, poser son hélico entre deux Twingo n’est pas toujours simple même si, je le reconnais, ça a un certain panache. De toute manière, ramener une jeune fille en véhicule volant est une chose de manière générale assez rare, à part si vous êtes extrêmement riche – auquel cas vous êtes en Belgique – ou Fantomas – auquel cas vous vous contentez de ramener votre propre fille, ce qui prouve que vous n’avez pas compris le jeu.

Sur le field. J’ai été surpris d’apprendre qu’ils bougeaient par équipe de deux. Je pensais que les francs-tireurs avançaient seuls : pas du tout !

Oui, donc encore une fois, on ne dit pas "terrain" mais "field". Pourquoi ? Est-ce parce que "terrain" est trop compliqué à écrire ? Est-ce le même phénomène que celui qui rend les chansons en anglais cool alors que bon, souvent elles sont à peu près au niveau de Jean-Louis Aubert ? Est-ce juste particulièrement con ? Que de mystères.

Ah, non en fait.

En tout cas, voilà : on apprend que les tireurs d’élites n’agissent pas seuls : soit.

De la même manière, apprentis séducteurs ou séducteurs aguerris, le wingman doit être comme un frère pour vous. Il doit assurer vos arrières et couvrir votre retraite si nécessaire. C’est lui qui viendra s’opposer si un AMOG ou une Warpig tentaient de ruiner votre mission.

Et là, attention, nous entrons dans le vif du sujet : les anglicismes, comme pour les termes "techniques", c’est pour faire expert. Sauf que comme chacun sait, plus il y a de termes de ce genre dans un discours, plus c’est signe que celui-ci est foireux. Ainsi, donc, jeune mâle, il t’est recommandé d’avoir toujours à tes côtés un "Wingman", un ailier donc, un frère de sang pour toi, le sniper d’amour, qui n’hésitera pas à se jeter devant toi pour prendre à ta place une balle, un petit four ou plus prosaïquement, une "Warpig" dans le museau. Warpig étant le délicat terme technique servant à désigner une fille dont le physique serait relativement proche du style littéraire d’artdeséduire.com.

On sent tout de suite qu’avec une telle vision de la vie, il est sûr qu’il doit y en avoir, des demoiselles qui tombent devant une telle subtilité. D’ailleurs, je suis sûr que le coeur de certaines de mes lectrices bat déjà la chamade pour l’auteur derrière cette dissertation sur les snipers. Accrochez-vous les filles.

L’"AMOG", puisque je me suis renseigné tout de même, c’est le "Alpha Male Other Guy", soit dans un anglais approximatif (non parce que s’il faut l’utiliser ET le maîtriser, ah bin non alors !), à savoir cet autre type qui attire l’attention de celle que vous voudriez conquérir. Si on en croit artdesuire.com, donc, votre ailier peut donc se jeter sur lui en hurlant "LAISSE LA FILLE TRANQUILLE !" avant de passer avec lui par-dessus le balcon sur fond de Hans Zimmer pour vous laisser le champ libre.

Notez qu’à aucun moment, le site ne parlera du "essayer d’être intéressant" pour attirer l’attention de quelqu’un. C’est vrai, quoi, quelle drôle d’idée. Je vous passe d’ailleurs l’article où l’on explique qu’il ne faut pas parler de choses trop compliquées aux femmes.

Le sniper d’amour le sait : sitôt que l’on parle d’autre chose que de macarons ou de stars qui couchent entre elles à une femme, en général, elle implose.

"Je… tu peux y aller frère d’arme je… je l’ai écoutée parler 30mn de Grey’s Anatomy à ta place… tu en aurais fait autant pour moi… je le sais…"

Au niveau du langage, les snipers de la Navy ont aussi leur code secret qui leur permet de communiquer efficacement et en silence : un nombre de doigt levé, une couleur, des pseudonymes pour aller plus vite et coopérer entre unités. Les règles d’engagement sont communes.

Ainsi, même s’ils n’ont pas été formés tous ensemble, deux SEALS se comprendront toujours car ils utilisent le même code. Il en va de même en séduction, si vous avez besoin d’un wingman improvisé !

Application séduction : Un vrai dragueur formé aux LTR, ONS et autres acronymes et abréviations Artdeseduire saura communiquer facilement avec un autre PUA rencontré en soirée. Les mêmes codes, les mêmes modes de fonctionnement pour faciliter la communication.

Si vous n’étiez pas encore consterné, logiquement, là vous devriez être en plein dedans. On imagine en effet parfaitement des mâles en soirée communiquant entre eux par codes et signes.

"Hmmm attends Jojo, regarde, ya Thomas qui nous fait des signes. 
- Ah ouais attends… il y a… trois… bombes… dans… troglodyte
- Troglodyte, t’es sûr ?
- Nan attends, c’est quoi le signe où tu montres ta bouche ?
- Manger ? Ah nan attends, avec le majeur ?
- Ouais.
- Nan c’est "cuisine".
- Putain, okay team, on commence la procédure : vous sécurisez les accès à la cuisine pour qu’aucun AMOG ou WARPIG ne passe, moi je fais une recon, ensuite je vous dis si c’est des valuable target.
- Hein ?
- Nan je disais "Je vais voir si elles sont jolies".
- Haaan, ouais."

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Au même moment, dans la cuisine.

"Cyrielle, t’as vu les gars là-bas qui se font des signes ?
- Oui, ils ont l’air un peu cons. Je crois qu’ils jouent à la guerre.
- Aaah, c’est ça, je me demandais pourquoi ils se parlaient pas alors qu’ils sont à 5 mètres les uns des autres.
- Ouais. Ho, faites semblant de rien les filles, il y a un de ces trépanés qui vient par ici, essayons de ne pas le conchier trop fort, le pauvre, la vie ne l’a pas gâté."

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Sinon, pour les curieux, sachez que LTR c’est "Long Term Relationship"(relation à long terme, bravo), ONS "One-Night Stand" (table de nuit, d’ailleurs je me suis toujours demandé pourquoi dans les pays anglo-saxons, toutes ces étudiantes s’accrochaient à moi en réclamant des tables de nuit, curieux cette attirance pour le petit mobilier) et PUA "Pick-Up Artist" (voiture de beauf magicienne). Moui, c’est un peu confus.

Il manque quand même "SAC" pour "Site A Chier". D’où l’expression "Un gros SAC". Mais je m’égare.

Cependant, j’ai tendance à croire davantage à cette autre phrase de Wasdin : « Vous ne pouvez faire confiance qu’aux gens avec qui vous vous entraînez et avec qui vous combattez. ». Seuls vos potes proches seront de bons alliés en soirée. Les autres… qui sait ce qu’ils peuvent faire et dire dans votre dos ?

En soirée, c’est la guerre mon colonel. Ne faites confiance à personne à l’exception de votre frère de sang, celui qui a tout vécu à vos côté, de La Soirée Chez Max, dont vous avez encore des flashbacks la nuit impliquant beaucoup trop de gens faisant la chenille, à La Grosse Cuite du 10 septembre 2001, celle où vous aviez passé la nuit avec votre cousin de New-York à vous murger sur son lieu de travail. Vous n’aviez repris conscience qu’à 11h le lendemain, nu dans une tour de contrôle. Vous ne vous l’êtes jamais vraiment expliqué.

Marquage laser des cibles, repérage des environnements où auront lieu les missions de sauvetage : une grande partie de la réussite des opérations est liée à la capacité d’observation des snipers.

Grâce au porte-clé laser, habituellement utilisé par des gens utilisant des Powerpoints chiants (à défaut de warpig, faisons des truismes), vous pouvez désormais marquer vos cibles au laser à grand renfort de délicieuse tirade du type "J’vais m’faire la rouquine là-bas, hop" en faisant tournoyer le laser sur son front pour bien signifier à vos congénères couillons lecteurs d’artdeseduire.com qu’aucune concurrence ne sera tolérée.

Bien évidemment, évitez de le faire si la belle a un chat : c’est un coup à ce qu’elle se fasse lacérer le museau en direct.

Un groupe de lecteurs d’artdeséduire.com à l’écart du groupe durant un barbecue pour mieux marquer les donzelles au laser (au début, ils avaient voulu les marquer au fer rouge aidés du barbecue mais on leur a dit non, flûte)

De ce qu’ils retiendront visuellement dépendront les choix tactiques faits par le commandement. A eux d’estimer le nombre d’ennemis présents, à eux de voir les chemins habituellement empruntés par les forces ennemies.

"On va lui tendre une embuscade sur le chemin des toilettes".

Je crois que quelqu’un a beaucoup fantasmé sur un mauvais bouquin. Mais bon, comme c’est un site de mauvais conseils, ça se tient.

Quand ils rentrent de mission d’observation, les snipers doivent dessiner ce dont ils se souviennent sur des cahiers. Comme une sorte de débriefing. La mémoire est très importante pour eux : s’ils ne se souviennent de rien, ils ne sont d’aucune valeur pour leur pays.

Ce qui expliquerait bien des choses dans le corps enseignants, par exemple, lorsqu’inspectant le cahier de mathématiques d’un élève, ils trouvent des nichons griffonnés partout. Ce n’est pas sa faute : il dessine ce qu’il a observé (et tout ce qu’il a retenu). Ah, sniper, quel mission ingrate !

Application séduction : vous aussi, vous devez observer votre environnement pour en tirer parti. Où sont les toilettes en soirée ? Où sont assises ces filles ? Avec qui sont-elles venues ? Où sont les potentiels cockblocks ? Vous devez tout analyser et observer pour éviter les mauvaises surprises.

"Où sont les toilettes" : une mission digne d’un tireur d’élite. D’ailleurs, sans entrainement, les gens se font généralement dessus. Quant à repérer les filles : d’après mon livre "Escouade de reconnaissance : mémoire d’un scout de France", à ce qu’il parait qu’il est vachement plus difficile de draguer quelqu’un que vous n’avez pas repéré.

Exercice pratique : chez vous, essayez de draguer Pénélope Cruz. Si vous ne la repérez pas dans votre demeure, vous allez voir, vous allez trouver ça vachement plus difficile.

Sauf si vous avez appelé votre gerbille Pénélope Cruz, bien sûr, auquel cas la suite risque d’impliquer Brigitte Bardot. Et ça, personne n’en a envie. Hooo non.

Et la mémoire alors ? Votre mémoire est précieuse. Sur votre chemin vers la maîtrise des dynamiques sociales, vous allez devoir apprendre à retenir les prénoms des gens. Des filles que vous voulez séduire, parce que c’est dur de coucher avec une fille sans connaître son prénom, certes.

Mais aussi celui des mecs qui évoluent dans le cercle social de votre target. Si vous les ignorez trop, si vous ne reconnaissez pas leur présence, leur existence, ils deviendront alors de potentielles menaces. Retenez les prénoms des satellites qui gravitent autour de votre target !

Retenir les prénoms des gens ? Là encore : quel talent, artdeséduire.com.

Il est vrai que tenter de séduire une jeune fille en l’appelant Robert s’avère souvent plus compliqué qu’en utilisant le bon prénom. Quel puissant site de séduction. Mais attention ! Allons encore plus loin dans la daube !

Retenez également tout ce que vous disent les filles sur elles, ça peut toujours être utile quand vous reprenez une conversation avec une de vos targets. C’est surtout utile à tous les dragueurs qui ont de multiples targets simultanément, notamment sur les sites de rencontre en ligne !

Comment ? Retenir ce que les gens vous disent "ça peut toujours être utile quand vous reprenez une conversation" ?

Mais attendez les mecs, vous faites quoi d’habitude quand vous parlez à quelqu’un ? Vous êtes en état de mort cérébrale avec un peu de bave qui coule sur le côté ? Non parce qu’à ce qu’il parait que quand quelqu’un vous intéresse, vous avez des chances de vous y intéresser. M’enfin moi, je dis ça, hein, c’est du détail. J’ose penser qu’à partir du moment où le mec se dit "Hohoho, ce soir, j’ai grave une astuce pour passer pour un malin : je vais essayer de ne pas avoir un petit singe qui joue des timbales dans la tête pendant que l’on me parle", il est temps qu’il prenne ses responsabilités de sniper et aille se tirer une balle dans le bidou (pas dans la tête, puisqu’au vu de ce site, ça ne causerait visiblement pas de gros dégâts chez certains).

Quand un sniper a sa cible dans le viseur, l’abat-il ? Pas toujours. Il attend souvent des confirmations de la part de son commandement. Il peut préparer ce tir pendant des heures, et rater cette fenêtre de tir si on ne lui confirme pas l’ordre. Triste, tragique parfois. Cependant la leçon du sniper Wasdin est assez limpide : s’il rate le premier tir, il a parfois le droit à un second, mais jamais à un troisième. Rater la première occasion est presque toujours synonyme d’échec, très dur à rattraper.

Une cible qui entend un coup de feu se mettra à l’abri, cherchera la provenance et se doutera de quelque chose. Tout ce temps de préparation n’a pas le droit d’être gâché. Pour vous, snipers de l’amour, il en va de même ! La préparation de votre piège à filles peut prendre du temps, mais une fois que vous décidez de le refermer, allez-y franchement ! Ne faites pas dans la demi-mesure. Et surtout : interdiction d’hésiter !

Notez que le sniper de l’amour est si subtil dans son approche qu’il semble parler de chasse à l’éléphant. Avec ça, il est sûr de partir sur de bonnes bases.

Un sniper ne se pose pas la question de savoir si la personne qu’il va abattre est bonne ou mauvaise, si elle a des enfants ou pas. Il faut tirer. Il faut agir. (Si vous lisez le livre, vous verrez que Wasdin est loin d’être un bourrin, il se pose toutes ces questions).

Dit-il, juste avant de se réveiller aux côtés d’une mère de 8 enfants réclamant une pension.

Application séduction : C’est votre hésitation qui rendra votre target hésitante.

Certes, mais alors comment faire, ô, artdeséduire.com ?

Si vous enchaînez humour

Okay.

push-pull

Probablement une technique consistant à pousser puis tirer la cible en continu. Si vous le faites assez et qu’elle a bu du coca, elle peut se mettre à mousser : vous expliquez que c’est probablement la rage, et vous isolez avec elle sous prétexte de l’emmener à l’hôpital. Ah ouais, malin.

Enfin je crois que c’est ça, je m’y perds avec tous ces anglicismes.

kino légers 

Sûrement une technique de combat : c’est quand vous lui faites la prise de Monsieur Spock pour la rendre inconsciente.

et timebridge

Ça, c’est quand vous revenez dans le temps pour vous empêcher de lire des sites aussi pourris.

[...] vous ne devez pas hésiter pour le numclose et le kissclose ! Vos balles doivent être tirées et non rester dans la chambre!

Je ne sais pas ce que c’est mais en tout cas, je constate juste une certaine subtilité dans l’allégorie des couilles. Bravo Monsieur, mais vu vos techniques, je pense que vous dormez sur une armurerie.

Hé, ho, moi aussi je peux jouer : "Soirée Marc Dorcel, allégorie"

« Un certain nombre de mes camarades, ceux que je prenais pour des chevaux de course, étaient de vrais pleurnichards. Ils avaient probablement été à la première place durant la plus grande partie de leur vie. Maintenant qu’ils goûtaient à une épreuve façon BUD/S (son école hardcore), ils n’étaient pas capables d’y faire face. »

J’ai beaucoup aimé la philosophie de ce passage parce que je m’y suis identifié. Premier au lycée, puis dernier en prépa (ahah la claque, de grands moments). Meilleur en drague pendant mes études à Grenoble avec Eros, mais on ne valait pas grand-chose à Paris au début.

Il est vrai que ça ne doit pas être facile, tant chacun sait que la contrairement à la grenobloise, la parisienne a deux têtes et quatre bras (et, oui, les deux têtes font la gueule, voilà… alors… mon quota de préjugés… hop).

Ou alors, autre théorie : c’est juste que si à Grenoble vous les connaissiez déjà, il vous a fallu un peu de temps pour repérer les coins à ploucs à Paris les enfants. Il faut dire que ce n’est pas toujours simple : trouver la frange de la population qui trouve séduisant l’allégorie du sniper qui doit tirer ses cartouches (sic), ça demande pas mal d’efforts, ou au moins une place à un spectacle de Franck Dubosc.

Tout est une simple question d’échelle et d’exigences. Etes-vous assez exigeant envers vous-même ? Est-ce que vous avez tendance à vous contenter du peu que vous faites ? Vous contentez-vous d’être le meilleur parmi des types moyens ? Ou essayez-vous toujours de repousser les limites ? A la fin, Wasdin apprend qu’il n’est pas Dieu. Il apprend l’humilité à la dure, découpé par les balles (ce n’est pas un spoiler, je vous rassure, il l’annonce dès le début du bouquin). De la même manière, même si vous devenez le meilleur en séduction, vous serez rappelé à l’ordre. Vous ne pourrez pas accumuler les campagnes victorieuses sans vous faire d’ennemi ou d’ennemie. Les femmes ont la rancune tenace en amour… Et qui sait, un jour vous tomberez probablement sur une adversaire plus coriace qui comptera plus que vos frères d’armes !

En conclusion, je vous souhaite de goûter à l’hygiène de vie du sniper. Un livre vraiment intéressant, que je vous laisse découvrir !

Et bien, merci mon brave : grâce à vous, nombre de gens vont pouvoir se lancer dans des "campagnes victorieuses" : on se souvient tous de la célèbre "campagne du Macuma", de "l’offensive du parking de Lidl" du printemps 2011, ou encore la désormais "Bataille pour miss camping" de 2012.

Merci, artdeséduire.com. Vraiment, grâce à cet article, je suis sûr que quantité de lecteurs (satisfaits, au vu des commentaires du site, brrr) vont trouver l’amour après avoir passé des heures à attendre la bête déguisés en fougères. Et que quantité de lectrices sont d’ores et déjà en train de prier secrètement pour être dans la ligne de mire de pareils artistes.

Heureusement, chez artdeséduire.com, on sait comment bien terminer un article pour qu’il y ait lâchage de com’, avec une bien belle ouverture :

"Pouvez-vous nous conseiller des films ou des livres qui n’ont rien à voir avec la séduction, mais qui vous ont bien motivé pour le game (NdOC : le jeu de la séduction, tout ça, tu vois ?)?"

Okay, je commence :

Mein Kampf.

Voilà, c’est fini.

La saga Twilight au cinéma vient de s’achever avec la sortie de l’ultime volume, Révélation – 2ème partie, et nul doute que bien des jeunes gens pleurent déjà la fin de pareille épopée de qualité.  Je le ferais bien moi-même, mais toutes mes larmes ayant déjà servi durant la projection de ce film, et pas seulement à cause de l’intensité émotionnelle qui s’en dégageait, je vous propose de passer, petits impatients, directement à notre sujet pour souligner une dernière fois toute la magie de cette série.

Evidemment, pour ceux qui auraient raté le début :

- Le spoiler du premier volet est ici

- Le spoiler du second volet est

- Le spoiler du troisième volet est céans

- Le spoiler du quatrième volet – 1ère partie est deçà

Au passage, vous trouverez sur le lien ci-dessus menant à la 1ère partie un bref résumé des différents épisodes de la saga si vous n’avez pas envie de déguster des pages de spoilers. Cependant, et afin d’être raccord, permettez-moi de faire un bref rappel de ce que fut la partie 1, puisque le film dont nous allons traiter aujourd’hui commence directement à la suite

Twilight  4 – Révélation première partie :

Edward et Bella décident de se marier. Sans que l’on comprenne vraiment pourquoi, les vampires ne brillent plus au soleil une scène sur deux, cela permettant à nos tourtereaux de partir en lune de miel au Brésil sans se faire arrêter pour contrefaçon de boule à facettes. Sur place, copulation il y a et, pif pouf : Bella tombe enceinte. Elle rentre donc au pays, mais l’on constate que l’enfant dans ses entrailles se nourrit de sa force vitale. Après avoir passé deux plombes à se demander ce que pouvait bien manger un bébé vampire, et qui éviterait au marmot de continuer à boulotter sa mère de l’intérieur, c’est finalement le loup-garou du coin, Jacob, qui trouve : "du sang". Pendant que les spectateurs se suicident un par un d’une balle dans la bouche pour échapper à cette intrigue pourrie, Bella accouche, meurt un peu durant l’évènement, et Edward la vampirise donc.

Et nous nous en étions arrêtés là. Passons à la suite, voulez-vous (raah, mais si, bien sûr que vous voulez) ?

Alors spoilons, mes bons !

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L’affiche : lisez bien ce qui est écrit en haut de l’image concernant le "final épique", et quand vous aurez fini le spoiler, revenez voir cette affiche. On se retrouve au procès pour publicité mensongère.

Tout commence là où le précédent film se terminait, à savoir, alors que Bella, fraîchement vampirisée, ouvre ses nouveaux yeux rouges sur le monde qui l’entoure en revenant d’entre les morts.

La douce demoiselle est bien surprise car tout lui semble différent avec ses nouveaux sens de vampires, incroyablement plus développés que ceux des humains. Elle peut donc voir le détail d’une lettre mal imprimée sur un livre entrouvert à l’autre bout de la pièce, sentir l’odeur magique de la forêt entourant la maison des Cullen où elle vient de s’éveiller, entendre un sanglier se soulager dans les fourrés à deux kilomètres de là, bref, c’est super. L’occasion aussi pour elle de réaliser qu’en fait, depuis le début, Edward devait avoir le détail de chacun de ses problèmes de peau à chaque fois qu’il la regardait, mais bon.

D’ailleurs, en parlant de sens surdéveloppés, permettez que pour poser le décor, je vous parle brièvement des effets sonores et visuels, car c’est important pour l’ambiance.

  • Déjà, les effets spéciaux sont les mêmes que ceux des précédents films : le problème n’est pas qu’ils soient mauvais, le vrai souci est qu’ils sont ridicules
  • Comme dans le précédent volume, quelqu’un a oublié que ce film traitait de vampires (un détail), et nos héros peuvent donc se promener au soleil sans qu’il ne se passe quoi que ce soit. Ils sont censés "briller de manière surnaturelle au soleil", mais même sous un ciel bleu à midi, on constate qu’il n’en est rien. Combien de personnes sur le plateau pour oublier ce détail ? Non parce que c’en est un, pas vrai ? Hein ? Hé ? Ho.
  • Finis, les bruits de déglutition dans toutes les scènes ! L’équipe a dû virer le stagiaire qui trouvait rigolo de rajouter ça au milieu des dialogues. On pourrait penser qu’il y a du mieux, mais rassurez-vous : non. A la place, chaque mouvement, chaque geste du film est ponctué par un effet sonore issu des pires oeuvres de kung-fu des années 60. Bella pose sa main sur Edward ? "WOUSH !" ; elle manque de peu de faire mal à quelqu’un "PEUH !" ; et si jamais elle ouvre un livre ? "FROUSH".
  • Ensuite, la musique : c’est insupportable. Personnellement, je n’y prête que rarement attention, mais ici CHAQUE scène du film est ponctuée d’un vieux fond adapté au public, à savoir de préférence du piano et une chanteuse qui ne chante pas mais se contente de marmonner parce que ça fait torturé genre "Iwannalovehumgnunumngumyouforevergnumhumhuhum". On dirait un peu une chorale d’autistes, en fait. Ou Carla Bruni.

En tout cas, voilà, maintenant que vous êtes dans l’ambiance, poursuivons.

Car Edward, justement, est aux côtés de Bella qui s’éveille, heureux de voir sa sympathique épouse et mère de ses enfants revenir du royaume des morts sous la forme d’une immortelle. Bon, il est un peu déçu quand même parce qu’officiellement, la transformation en vampire est supposée transformer la victime en "créature désirable pour qu’elle attire plus aisément ses proies", mais là pour le coup, pas d’bol, c’est resté Kristen Stewart. Remarquez, ça se tient puisqu’il est prévu que ses proies soient des animaux. Mais ne commençons pas à digresser, sinon ça va être le bordel et ça, vous n’aimez pas, petits fascistes. Je vous connais.

Qu’importe : Bella, après avoir fait un gros câlin avec plein d’effets sonores mystérieux à son bel amant ("FROUSH WOUSH PEUH PEUH"), découvre que déjà, elle est super forte maintenant et ça c’est trop cool, hihihihi. Mais bon, hein, c’est pas tout ça de déconner : Edward, où est ma fille ? Où est Renesmée ? Va-t-elle bien ? A-t-elle survécu à son nom moisi ?

"Oui ma chérie, Renesmée va bien. Mais comme tu es une vampire maintenant, il va falloir que tu apprennes à dominer ta soif avant de la voir, sinon, tu risques d’en faire ton quatre heures. Alors, huhu, ce serait rigolo puisque techniquement ta fille te bouffait de l’intérieur quand elle en avait l’occasion, donc si tu la manges à ton tour, ce serait un peu le cycle de la vie et on pourrait tous chanter le thème du Roi Lion, mais bon, non. Viens avec moi Bella : je vais t’apprendre à chasser des animaux pour te nourrir."

Soit, dit Bella, avant de suivre son époux dans les bois voisins, utilisant leur nouvelle super-vitesse (insérez ici les effets spéciaux qui font pleurer de ridicule) pour galoper à folle allure. A noter que Bella part chasser en petite robe cintrée façon "Je vais en boîte" et Edward en chemise blanche et sans même un bavoir, parce que se barbouiller de sang, c’est tellement plus rigolo.

Au même moment, chez les Cullen.

"Ho non, les relous ! Ils sont encore partis chasser en tenue de soirée ! Mais quelle bande de cons !
- Du calme  Esmée, que se passe-t-il ?
- On voit bien que c’est pas toi qui t’occupe du linge, Carlisle ! Tu crois que ça me fait marrer de passer l’éternité à frotter des traces de sang pour récupérer des chemises blanches ? Et puis je te parle pas des traces de boudins dans les slips !
- Quelqu’un m’a appelé ?
- J’ai dit "Boudin dans les slips", Jacob, pas "Boudin en slip !"
- Auuuu temps pour moi."

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Revenons à nos héros : alors qu’ils gambadent joyeusement dans les bois, nos fameux loulous finissent par repérer une cible potentielle : une biche en train de brouter tranquillement. Le pauvre animal ne sait pas ce qui l’attend ! Car déjà, Bella  s’approche de la bête le plus discrètement possible, jusqu’à ce que… ses super sens détectent une autre cible plus alléchante non loin : un type est en train de faire de l’escalade au milieu des bois ! Hmmm, ce sang humain tout chaud… Bella a du mal à se contrôler, et abandonnant la pauvre biche, se met à foncer droit dans la direction de l’humain égaré pour aller en faire son goûter !

"Non !" lui dit Edward en lui courant après "Tu dois te contrôler : il ne faut pas manger des humains ! C’est plein de gras et de pesticides, c’est dégueulasse, on ne sait même pas où ça a traîné !"

Bella hésite au moins, pfou, quatre secondes et se contente de répondre "Ah oui, ok." et pouf, c’est bon, c’est fini, plus jamais elle n’aura envie de manger des gens. Edward glisse donc une remarque sur "l’incroyable self-control" de sa femme, qui pour ma part, me parait surtout être un truc complètement écrit avec les pieds. Je vous la refais juste par principe :

"HO MON DIEU JE SUIS COMPLETEMENT HORS DE CONTROLE
- Non ! Être hors de contrôle, c’est mal.
- Ah oui, tiens, hop, ayé, j’ai fini ma crise."

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Pas de doute, c’est fin nul : c’est bien un Twilight.

Du coup, Bella retourne du côté de sa première cible, la biche, mais comme tout ce film est beaucoup trop cucu pour que notre héroïne fasse la peau à un animal kikinou, c’est finalement un méchant puma qui passait par là (c’est incroyable le nombre de trucs dangereux qui rôdent dans cette forêt, et où, pourtant, toute la population locale semble aimer se promener – comme Bella dans les précédents films – pour un oui ou pour un non) qui se ramasse Bella dans la face. Pauvre bête, personne ne mérite un tel sort. A part, Edward bien sûr. Bref : après être instantanément morte de honte, la bête devient le premier repas vampirique de Bella.

Une fois repue, Bella insiste : maintenant, elle veut voir sa fille. Soit : les époux vampiriques retournent donc à la demeure Cullen, où bien évidemment, tous les vampires niais de la famille attendent. Je dis bien "niais" parce que je vous rappelle que dans Twilight, il n’y a que deux camps : les niais et les méchants. C’est facile : soit tous les gens adorent Bella, et font instantanément des tas de trucs niais comme passer son temps à lui préparer des surprises (ils n’ont rien d’autre dans la vie), soit ils n’aiment pas Bella, auquel cas, ce sont des méchants, car il faut être profondément maléfique pour ne pas la trouver géniale, évidemment.

Bon bin, j’ai trouvé mon camp.

"Ce sera notre petit secret ma petite Renesmée tu es d’accord ? Tu ne dois jamais dire à tes parents pour ce que l’on fait avec le scotch"

La famille de vampires niais s’écarte donc devant Bella, lâchant des "Bella, tu es splendide", "Bienvenue dans la famille !" ou encore "Edward, dis-moi : sur les vampires, ce sont les canines qui sont censées pousser, non ? Pas les incisives ? Tu es sûr que c’est bien toi qui l’a mordue, et non un cochon d’inde ?". Puis, ils révèlent enfin derrière eux Jacob aux côtés d’un immonde bébé en 3d qui a une tête donnant envie de le gifler avec un parpaing : Renesmée.

Evidemment, la maman fond instantanément devant le marmot, qui dispose en plus d’un incroyable pouvoir, comme tous les vampires : le sien, c’est qu’en touchant quelqu’un, elle peut partager des pensées ou des souvenirs. Bon, comme c’est encore un bébé, elle ne peut partager que des pensées comme "Miam", "Dodo" ou "Caca", mais c’est quand même déjà 50% de plus que son père, mine de rien. En tout cas, autre phénomène mystérieux : Renesmée est aussi grande qu’un bébé de 8-9 mois pour un enfant qui ne devrait avoir que quelques heures, tout cela semble donc fort peu banal. Il faudra donc étudier le phénomène, principalement pour savoir quelles fringues acheter pour la bête.

Seulement voilà, les choses étranges ne s’arrêtent pas là : de son côté, Jacob semble réagir curieusement autour de l’enfant. Il se montre très protecteur, trop peut-être, veut tout le temps le toucher… au point que Bella commence à trouver tout cela vaguement suspect. Et que tous les vampires de la maison ricanent, comme s’ils savaient quelque chose. La conversation finit donc par s’engager sur le sujet :

"Jacob ! Dis donc slip-man, c’est quoi le souci avec ma fille ?
- C’est que je… hem je… et bieeeen tu vois Bella, dans la vie, il arrive que les loups-garous comme moi heu…
- Pissent sur leur territoire ? 
- Moui. M’enfin non, là c’est pas exactement… enfin je…
- Jacob !
- Okay : je me suis imprégné de ta fille.
- Pardon ? 
- Tu sais, c’est comme cela que l’on dit chez les loups, parfois, papa loup invite maman loup au restaurant, puis après un bon repas, si papa loup a envie d’aimer très fort maman loup, il lui propose de venir prendre un dernier caf…
- Tu t’es imprégné de ma fille ? Genre tu t’es frotté contre et tu t’en es imbibé comme une grosse éponge ? Hein petit salopard ? 
- Non je…
- Espèce de vieux pédophile ! Tu es tombé amoureux d’un BEBE ? Moche et en 3D en plus ? Et d’abord, qu’est-ce que c’est que ce rouleau de chatterton dans ta main ? Et pourquoi il y en a enroulé tout autour de ma fille ? 
- Bien bien bien, écoute Bella, encaisse déjà la nouvelle, je t’expliquerai un peu plus tard le pourquoi du scotch, je te sens un peu tendue là"

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Disons-le : Bella est un peu grognon de savoir que pour d’obscures raisons, son vieil ami et loup-garou Jacob est tombé amoureux d’un bébé. Elle hésite un temps à appeler la maréchaussée pour que Jacob aille s’imprégner un peu des douches de Fleur-Mérogis, mais finalement, elle décide de s’occuper de plus important : faire du rien et profiter de sa nouvelle vie de vampire. Elle achètera plus tard un collier qui envoie du 220 pour son loup-garou préféré, ça le calmera.

En tout cas, les Cullen ont tout prévu de leur côté pour que Bella profite plutôt de sa nouvelle vie : les vampires niais ont en effet préparé une autre surprise à Bella puisqu’ils ont aménagé une maison au fond des bois pour que… et bien pour qu’Edward et Bella puissent baisouiller en paix. Hélas, je n’invente rien : c’est consternant. Et pas seulement parce que la maison en question, pourtant pas spécialement petite et de style ancien, n’a jamais été évoquée dans les précédents volumes, hein, comprenez-moi bien. D’ailleurs, j’aime beaucoup le principe :

"Salut Bella, bienvenue dans la famille !
- Ecoutez, merci, c’est sup…
- Par contre casse-toi de la maison. Toi et ton pote, vous allez au milieu des bois, on veut pas de vous ici.
- Quoi ? Mais pourquoi ? Il y a trois couples qui habitent dans votre baraque, et Edward a déjà une chambre ! C’est quoi le souci, vous ne baisouillez jamais ?
- Non : on a plutôt décidé de passer l’éternité à jouer au Jungle Speed. Maintenant, barre-toi."

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Nous n’en sommes qu’au début du film, et pourtant, je n’ai déjà plus beaucoup de larmes à verser.

En tout cas, Bella et Edward vont au fond des bois et font ce qu’ils ont à y faire (je vous laisse à vos pensées grivoises). Mais les réjouissances sont de courte durée, et pas seulement à cause d’Edward-gâchette-facile, car un matin qu’ils passent à la demeure Cullen, Bella note que son vieux téléphone portable sonne et affiche "Papounet" sur l’écran.

Comment cela se fait-ce ? Carlisle explique donc ce qu’il en est : depuis que Bella a disparu des écrans radar, son père Charlie appelle deux fois par jour sur son portable. Il ajoute qu’au bout d’un moment, il faudra bien lui dire que sa fille est morte. Et Bella ne pourra bien évidemment plus jamais le revoir, car il ne faut pas révéler aux mortels que les vampires existent (par contre, quand Edward l’a expliqué à une lycéenne de 16 ans, tout le monde trouvait ça parfaitement normal, mais comme ce n’est jamais que le thème des 4 films précédents, je comprends que ce détail ait pu leur échapper). Par ailleurs, il faudra aussi bientôt que les Cullen abandonnent les lieux et quittent la région : avec la mort annoncée de Bella, cela risque d’attirer un peu d’attention sur eux.

Mais, complètement Carlisle. Je suis sûr qu’annoncer au shérif local que sa fille est morte juste après avoir épousé quelqu’un de votre curieuse famille qui vit au milieu des bois, et disparaître dans la foulée n’éveillera pas DU TOUT ses soupçons. Et comme tout agent des forces de l’ordre, il ne sera pas du tout intéressé par le fait d’enquêter sur la disparition de sa propre fille, et ne fera pas tout pour que les suspects soient retrouvés.

Je pense que Carlisle est la preuve que l’on peut vampiriser quelqu’un APRES sa mort cérébrale. Ça reste un légume, mais un légume mort-vivant.

Carlisle, un peu avant qu’un vampire ne lui offre une nouvelle vie

Sauf que Jacob n’est pas d’accord. Pas parce que c’est complètement con, non, il l’est aussi, donc ça ne pose pas de problèmes. Non, lui il ne veut pas que Bella et les Cullen quittent la région… car sinon cela signifie qu’il sera séparé de Renesmée, son amour pour la vie (Marc Dutroux a dit sensiblement la même chose à son procès). Il a donc un plan : si les Cullen veulent fuir le coin pour éviter d’éveiller les soupçons de Charlie Swan, il suffirait de le mettre au courant de l’existence du surnaturel… comme ça, il accepterait la situation telle qu’elle est, et hop, plus besoin de se barrer.

Oui parce que par exemple, les amis de Bella au lycée – qui l’adulaient tous sans raison – eux, on s’en fout. D’ailleurs, sachez qu’ils n’apparaîtront même pas dans le film et ne seront pas évoqués, car comme chacun sait, en cas de disparition d’une personne, son entourage ne s’y intéresse pas du tout. Pas besoin de penser à eux, donc.

D’ailleurs, même la mère de Bella ne sera pas évoquée. Un autre détail sans intérêt.

Je vais reprendre un peu de coke : je reviens.

Jacob, donc, prend donc son solex et se rend chez Papa Swan pour lui dire que Bella est de retour à Forks (officiellement, souvenez-vous, elle était censée être tombée au malade au Brésil durant sa lune de miel et y être hospitalisée, ce qui expliquait son absence et préparait la future annonce de sa mort), qu’elle va bien, mais qu’elle a "changé" depuis qu’elle est revenue du Brésil.

"Changée ? Mais changée comment ?
- Je ne peux pas vous le dire Charlie.
- Je… non, attends, Bella a changé depuis qu’elle est revenue du Brésil tu dis ? D’accord, je comprends. C’est devenu un homme, c’est ça ? Mais comment je dois l’appeler alors ? Bello ? Belninho ? "

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Bon, se dit Jacob, ça va être compliqué cette histoire. Pour mieux faire comprendre le message à Charlie, Jacob décide de "d’abord lui montrer quelque chose" et pour cela il doit… se déshabiller.

"Ecoute Jacob, je sais à quoi ressemble une kikoute figure-toi, j’ai compris le message, alors remets ton slip et emmène-moi voir Bella.
- Raaah mais non ! Regardez plutôt."

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Et hop, une fois dévêtu pour le plaisir des damoiselles de la salle, Jacob se transforme en loup géant, ce qui étonne tout de même un peu papa Swan. "Ça alors, tu as raison ! Tu peux te transformer en chien de Mickey !" s’exclame-t-il "Maintenant, si ça te fait pas trop chier, emmène-moi voir ma fille, ou mon fils, enfin l’autre, quoi". Jacob prend donc les devants et va déjà avertir les Cullen : Charlie Swan sait pour le surnaturel, plus besoin de fuir. Mieux, il vient voir Bella dans 10 minutes, alors préparez-vous les d’jeun’z. Autant vous le dire : ça râle un peu chez les Cullen, ça traîne les pieds, mais puisqu’il faut le faire… autant préparer Bella pour que Charlie ne se rende compte de rien. Après tout, il est désormais au courant pour les loups-garous, pas la peine de tout lui dire sur les vampires dans l’immédiat.

Les Cullen sortent donc de leur poche une paire de lentilles pile à la couleur des yeux de Bella pour cacher leur nouvelle couleur surnaturelle (ne me demandez pas comment ils pouvaient avoir ça sous la main), et lui font un bref entrainement pour… apprendre à ne pas se déplacer à une vitesse vampirique, mais plutôt à une vitesse humaine.

Pardon ? Attendez, depuis le début du film, elle se déplaçait à vitesse humaine, sauf durant le passage où elle chassait et là, soudainement, elle ne sait plus le faire ?

Et bien oui : il lui faut quelques minutes d’entrainement pour être capable de se déplacer à vitesse normale pour ne pas effrayer papounet lorsqu’il arrivera. Mais pourquoi ? Pourquoi ? Hmmm, attendez je… non, c’est bon, j’ai ma réponse : ce film est juste un gros coprolithe. Ah, je suis tête en l’air, parfois.

Donc, lorsque Papa Swan arrive chez les Cullen, grâce au charisme surnaturel de sa moustache, il exige qu’on l’emmène voir sa fille sur le champ, ce qui est fait. Notre homme trouve donc Bella l’attendant paisiblement dans un canapé, et est donc follement heureux de retrouver sa fille qu’il pensait disparue (comprendre : il sourit durant 3 secondes, au moins). Ils papotent donc quelque peu : dis-donc ma chérie, ils sont sympa tes nouveaux pectoraux de mec. Pardon, tu n’as pas changé de sexe ? Ah ? Mais ta mâchoire carrée alors ? Ho. Je… dis-donc, sinon, c’était quoi le message que Jacob voulait me donner ? Toi aussi tu peux te changer en animal ? En cochon d’inde je parie ! Si tu le fais devant moi, je te file une graine de tournesol. Nan, c’est pas ça ? Ah. Mais alors en quoi as-tu changé ? De quoi est-ce que tout le monde me parle ?

Et là, réponse de Bella :

"Je te le dirai plus tard, fais-moi confiance."

Et évidemment, Charlie n’en parlera plus du film, puisqu’après tout, il n’en va que de la vie de sa fille, rien de très intéressant. Idem lorsque quelques minutes plus tard, Edward rentre avec Renesmée dans les bras pour lui présenter sa petite fille : il ne demande d’explication ni sur ce nom de merde, ni sur pourquoi sa fille, qui n’a pourtant disparu que depuis quelques semaines, a déjà accouché et que son enfant a déjà bien deux ans en apparence.

Et bin, avec un Shérif aussi vif d’esprit, le crime doit prospérer à Forks.

Et justement : maintenant que la question est réglée, les Cullen aussi peuvent couler des jours prospères dans la petite ville. Bella et Edward élèvent Renesmée avec joie, mais aussi quelques inquiétudes, car l’enfant grandit bien vite… ce qui signifie aussi qu’il vieillit plus vite que la normale ! Combien de temps vivra-t-il ? Est-il mortel, d’ailleurs ? Dans le doute, les heureux parents tentent de passer le maximum de temps avec leur progéniture pour s’assurer que tout aille bien pour elle. Et qu’en cas de mortalité, ils auront bien rentabilisé l’investissement, ah mais.

Cependant, un jour d’hiver que Bella se promène dans la forêt locale, elle décide de jouer avec sa fille à attraper des flocons de neige. Or, sans aucune raison ni justification, Renesmée se met à voler dans les airs (et ça n’étonne personne) pour attraper les flocons. Pouvoir qui ne sera plus non plus évoqué du film, d’ailleurs, tant c’est finalement peu important. Car la vraie information du moment, c’est que Tanya, une vampire qui passait par là (vous notez vous aussi comme TOUT LE MONDE passe son temps dans ces foutus bois ?) aperçoit Renesmée voler… et s’enfuit avant même que Bella ne lui adresse la parole. Tiens ? Mais pourquoi donc ? Seulement parce que Renesmée a une grosse tête à claques, et qu’une grosse tête à claques volante, ça fait très très peur ?

Notez que le shérif n’a pas non plus remarqué que sa fille avait désormais une température proche de 0. Quel enquêteur.

La réponse tombe quelques semaines plus tard alors qu’Alice, la vampire de la famille Cullen qui peut voir l’avenir (ce qui du coup devrait vaguement aider à savoir si Renesmée est mortelle ou non, mais personne ne pense à lui demander, d’ailleurs, elle-même n’y pense pas) a soudain une vision pendant que tout le monde papotait paisiblement dans la demeure Cullen. Comme il se doit, et puisque c’est une vision d’horreur, elle arrive forcément quand Alice transporte un vase de fleurs, pour pouvoir les faire tomber au sol et rajouter à l’intensité dramatique.

C’est vrai qu’elle aurait eu une boîte à pizza ou du sopalin à la main, ça faisait tout de suite moins théâtral.

Mais en tout cas, quelle vision a eu la bougresse ? Et bien c’est simple : elle voit de la neige qui tombe, et les Volturi qui attaquent les Cullen lors d’une grande bataille… ho ? "Mais comme il neige dans ma vision, cela n’arrivera pas avant les prochaines neiges…" et tout le monde en déduit donc que ce sera pour l’hiver prochain. Malin les gars. C’est vrai que le 15 août, ça paraissait moins probable.

"Soit, mais pourquoi les Volturi voudraient nous bourrer la gueule ?" s’interroge Bella

Et bien je ne sais pas, ça ne fait jamais que depuis le début de la saga que l’on sait que les Volturi sont particulièrement cons et tentent de vous tuer pour un oui ou pour un non, alors c’est vrai ça, pourquoi ? Hein ? Dis donc !

Il y a pourtant une excellente raison derrière tout cela : en effet, Tanya, après avoir vu Renesmée jouer à l’écureuil volant dans les bois, a supposé qu’il s’agissait d’une petite fille vampirisée. Or ! Il est interdit de transformer des enfants en vampire : en bonne collabo, elle a donc foncé voir les Volturi en Italie (ils n’ont pas le téléphone ni la poste, probablement) afin de dénoncer la chose et de toucher des tickets de rationnement pour des poches de sang. Sur place, elle est donc accueillie par Maurice Volturi, le chef des méchants, qui lui demande quel bon vent l’amène. Et en apprenant qu’un crime a été commis, il utilise son pouvoir spécial personnel : pouvoir lire dans les souvenirs des gens en les touchant. Il lit donc l’esprit de Tanya, et y voit donc bien un enfant volant avec sa maman vampire… bref, tout concorde.

Retenez bien le pouvoir de Maurice , ça servira pour la suite.

En tout cas, Maurice prend donc une décision : les Cullen ont commis un crime grave et doivent mourir. Ah bin c’est original, ça tiens.

De leur côté, les Cullen ont d’ailleurs deviné ce que les Volturi pouvaient bien leur reprocher pour qu’Alice ait pareille vision de mort : ils expliquent donc à Bella qu’en effet, ils ont dû apprendre par Tanya pour Renesmée rejouant les plus mauvaises scènes de Smallville (qui a dit "toutes" ?) et la prendre pour un vampire. Or, pourquoi est-il interdit de transformer des enfants en vampire ? Et bien tout simplement car, auparavant, certains vampires l’ont fait. Or, à chaque fois, les enfants, incapables de se contrôler, tuaient tout et tout le monde, ce qui était très moyen pour rester discret. Et puis surtout, devoir se taper des marmots hyperactifs pour l’éternité, brrr. Du coup, c’est désormais interdit, et si quelqu’un s’y risque, non seulement l’enfant est tué, mais aussi son créateur, les potes de son créateur, le clan de son créateur et l’inspecteur des impôts de son créateur.

Par contre, vampiriser une lycéenne débile de 16 ans, c’est déjà beaucoup plus responsable, pas vrai Edward ?

En tout cas, voilà pour la situation. La question est donc : que faire ? Se battre contre les Volturi ? Non, ils sont trop forts. Alors dans ce cas, prouver son innocence, en expliquant qu’il y a erreur : Renesmée a certes un nom criminel, mais n’est en rien un mortel vampirisé mais une créature mi-humaine mi-vampire ? Hmmm oui… mais comment ?

C’est vrai que ce n’est pas facile : sachant que vous êtes de bonne foi et que vous avez un enfant avec un coeur qui bat, comment expliquer la vérité à Maurice Volturi, qui, on l’a vu dans la scène précédente, peut voir dans votre esprit la vérité ?  Roooh. Zut, que faire… aller le voir et ainsi le laisser sonder son esprit, histoire de tout régler en 15 secondes ? Lui amener Renesmée en disant "Elle a le coeur qui bat, c’est ballot hein" ?

Non.

Comme toujours, les Cullen ont un bien meilleur plan : "On va trouver des témoins".

De ? Pardon ? Qu’est-ce que… vous allez faire quoi ?

"Oui, allons aux quatre coin du monde et ramenons des amis pour témoigner que Renesmée est bien un enfant vivant !"

Hein ? Mais bordel, je… même un pneu de Super 5 aurait trouvé un meilleur plan que "Hey les mecs, allons chercher des témoins qui n’ont rien vu et ne connaissent même pas Renesmée pour leur demander de témoigner de quelque chose qu’ils ignorent en face d’un mec qui n’en a pas besoin puisqu’il lui suffit de lire dans l’esprit des suspects pour avoir la vérité !"

Voilà : ça, c’est le coeur de l’intrigue du film. Si vous avez encore des larmes de désespoir, c’est le moment de vous en servir tant tout, oui, tout est absolument nul d’un bout à l’autre.

Mais soit. Car en tout cas, dès le lendemain, Alice et son mari, Jasper (un vampire dont le seul pouvoir est de pouvoir utiliser ses mains comme fer à friser et uniquement sur lui-même) ont filé à l’anglaise en laissant derrière eux un message comme quoi ils partent chercher de l’aide. Carlisle, en bon chef de famille intelligent, considère donc "Qu’ils ont fui pour éviter l’affrontement avec les Cullen".

Nan mais mec, sinon, tu as appris à lire en plusieurs siècles ?

Bella, de son côté, lit le message et note qu’il a été rédigé au dos de la première page du Marchand de Venise, de Shakespeare. Elle en déduit donc que…

… rien.

Si vous vous demandiez encore pourquoi Edward, dont le pouvoir est de lire les pensée, n’avait jamais réussi à le faire sur Bella, vous avez votre réponse : elle ne pense pas. Non parce que là, même le pneu de Super 5 évoqué plus haut est en train de hurler devant tant de bêtise crasse. Et ne me demandez pas pourquoi je vais au cinéma avec un pneu : il y a bien des gens qui y vont avec des fans de Stephenie Meyer, alors pourquoi pas un pneu, hein ? Racistes.

En tout cas, le clan Cullen décide de se diviser pour aller aux 4 coins du monde chercher des témoins, à savoir, des vieux amis de Carlisle pour qu’ils puissent donc ne servir à rien. Mais comme ils sont aussi cons que les autres personnages, tous acceptent de venir chez les Cullen pour que le jour où les Volturi se pointent, ils puissent… non, ils soient là quoi. Peut-être agiteront-ils des petits drapeaux et lanceront des cotillons, enfin on leur trouvera une utilité. Car tous sont d’accord : "On ne vient pas pour se battre, on a aucune chance face aux Volturi : on vient témoigner, c’est tout.". Témoigner de ? Aha, c’est vrai : rien.

Mademoiselle ? Oui, je vais reprendre des pop-corn à la schnouf. Merci bien, vous êtes bien urbaine.

Que disais-je ? Ah oui : un à un, les témoins sont tous rassemblés : un clochard mystérieux (véridique), des irlandais caricaturaux, un bourrin de service, des amazones (!)  dont le pouvoir est de pouvoir manipuler l’esprit d’autrui (un pouvoir intéressant, mais dont personne ne pensera jamais à se servir), etc. Et tous, pour être convaincus du bien fondé de la cause Cullen, acceptent que Renesmée les touche pour qu’elle partage ses souvenirs avec eux et puisse leur montrer qu’elle est mi-humaine. D’ailleurs, à chaque fois qu’elle touche quelqu’un, celui-ci se met à hurler comme un dératé "OUAAAH JE SUIS CONVAINCU, CET ENFANT EST INCROYAB’"

Quand on voit la tronche des témoins, on est pas sûr qu’ils puissent jouer en la faveur de qui que ce soit.

Je serais un vampire, je me méfierais quand même : sachant qu’on parle ouvertement de vampires pouvant manipuler l’esprit, qu’est-ce qui leur dit que Renesmée ne leur implante pas de faux souvenirs tel un Léonardo Di Caprio d’1 mètre 20 (soit 20 centimètres de moins que le vrai, tout de même) pour les convaincre ?

Mais ouf : personne ne se pose la question. Là encore.

Et alors que les Cullen continuent de rassembler des "témoins" (ha non mais je suis malade rien qu’à écrire un truc aussi absurde), deux nouveaux invités se présentent devant le manoir Cullen (ils ont traversé tout le territoire des loups-garous en sautant d’arbre en arbre pour arriver jusque là sans se faire mordre les fesses, suggestion que je faisais dans le spoiler précédent quand les Cullen ne pensaient pas à en faire autant lorsqu’ils voulaient sortir de leur demeure encerclée mais bon, hein, honnêtement : pouvez-vous me rappeler la dernière fois où les Cullen ont pensé à un truc pertinent ? Sur l’ensemble de la saga ?) : il s’agit de Popov et Popov, deux vampires aux accents de l’Est qui expliquent la situation :

"Salut les Cullen ! Nous sommes Popov et Popov, deux vampires ennemis jurés des Volturi. On ne vient pas témoigner, on vient pour se battre même si vous avez expliqué le contraire. D’ailleurs, ne me demandez pas comment nous sommes au courant. On s’est dit que ce serait bien de se joindre à vous, comme ça, quand les Volturi arriveront, je suis sûr que ça jouera drôlement en votre faveur d’avoir à vos côtés des gens qu’ils cherchent à tuer depuis des plombes et ouvertement belliqueux".

Les Cullen réfléchissent, houlà, 6 bonnes secondes et déclarent donc "Ok super, je suis sûr que ça nous aidera à trouver une solution pacifique sans envenimer nos relations avec les Volturi".

A ce moment du film, il a fallu l’intervention de deux vigiles pour que j’arrête de m’imbiber d’essence pour mettre fin au supplice de cette daube infâme. Je vous en prie : essayez de réussir un dialogue, au moins, allez. Même pas une scène : juste un tout petit dialogue. Pour voir.

Allons donc voir si les Volturi, réputés pour leur subtilité et leur intelligence, s’en tirent mieux durant ce temps : mais sans surprise… non.

Je sais, ça ne vous étonne guère, mais bon. Car figurez-vous que le plan des Volturi consiste à… chasser les potentiels témoins des Cullen ? Que… quoi ? Mais ? Puisqu’ils n’ont rien vu ! Comment pouvez-vous savoir qu’ils risquent de témoigner ? Comment pouvez-vous même les identifier puisqu’ils n’étaient pas là au moment de la grossesse de Bella ? Et puis quand bien même : s’ils savaient quelque chose, il suffirait à Maurice de consulter leur esprit, et hop, il saurait !

Mais là, non. On peut donc voir les Volturi pourchasser des types au hasard et leur casser la gueule sans qu’eux-même puissent expliquer pourquoi.

Bref, tout cela dure un long, très long moment, durant lequel, plus que le film, c’est votre vie que vous voyez défiler.

Mais bon, au bout d’un long moment, il finit par se passer un truc : alors que Bella et Edward sont isolés dans leur maison au fond des bois plutôt que de rester groupés au manoir Cullen (c’est vrai, il y a juste des gens qui cherchent pour les tuer, autant s’isoler pour baisouiller, c’est prioritaire), Bella a, et là, accrochez-vous : une idée.

Si.

J’vous jure.

Attrapant le message qu’Alice et Jasper avaient laissé derrière eux, elle réfléchit "Le Marchand de Venise… pourquoi avoir écrit son message sur une page de ce livre plutôt que sur n’importe quel papier qui traînait ? Si j’allais voir le livre…". Et en consultant l’ouvrage, que trouve-t-elle ? Mais ! Un autre message disant "Bella, va à Seattle voir mon ami The Bunk, et détruit ce papier ensuite. Comme tu es la seule dont personne ne peut lire l’esprit (… oui, chhht), je ne peux confier cette mission qu’à toi pour garder le secret loin des Volturi".

Okay, se dit Bella, pas de souci. Dès le lendemain, au prétexte d’aller déposer Renesmée chez Charlie Swan pour la journée (le bougre ne pose toujours aucune question sur le fait que sa petite fille ait l’apparence d’un enfant de 7 ans au bout de 3 mois), elle continue la route jusqu’à Seattle (et ça tombe bien : ce jour là, il pleut, elle ne brillera pas au soleil – mais de toute manière, personne n’y aurait pensé sur le tournage) et va retrouver dans un restaurant son contact, un certain The Bunk (passer de The Wire à Twilight, c’est quand même moche).

Papa Swan a eu le bon réflexe : demander ce que c’était que ce bordel sur Doctissimo (cliquez pour agrandir)

"Hmmmm hmmm. Bonjour Bella.
- Bonjour M’sieur Bunk.
- Mon client, Jasper, qui est d’ailleurs client des services de mon organisme depuis plus de 50 ans et qui, malgré tout n’a jamais vieilli et n’éveille pas du tout mes soupçons, m’a fait une commande : je vous la remets. Voici des faux papiers et de quoi quitter le pays pour un certain Jacob Slip et une certaine Renesmée Cullen, même si ne me demandez pas comment, j’ai une photo actuelle de Renesmée que je n’ai jamais vue alors qu’elle change d’apparence toutes les semaines donc même Jasper n’aurait pu m’en fournir une quand il est venu me voir.
- Merci. Mais… pour deux ? C’est tout.
- Hmmmm hmmm.
- Bon et bien… Merci Monsieur Bunk."

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Bella comprend donc l’affreuse vérité : Alice a vu le futur… mais un futur n’impliquant ni elle, ni Edward. Elle a donc commandé des papiers pour sauver les deux seuls ayant une chance : Jacob et Renesmée. L’enfant vivra… mais sans ses parents. Snif. Que dira le collectif "Un papa, une maman" ? Renesmée sera-t-elle adoptée par un couple gay ? Christine Boutin devra-t-elle intervenir ?

Nous n’en saurons rien. Retournons plutôt nous occuper de notre héroïne.

Puis, de Bella.

Désespérée, Bella, donc, rentre à Forks pour affronter son destin (mais tranquillement : n’oublions pas que des mois se sont écoulés et que les Volturi, plutôt que d’attaquer, se baladent juste aux quatre coins du monde pour tabasser des témoins qui n’ont rien vu pour ne surtout pas qu’ils témoignent de rien le jour J). Et accessoirement, elle s’entraîne à maîtriser son propre pouvoir de vampire : elle est immunisée aux pouvoirs des autres vampires, et peut même projeter sa protection sur quelqu’un d’autre ! Pratique !

En tout cas, Bella en est maintenant convaincue : les Volturi ignoreront la vérité. Ils viennent pour tuer tout le monde, et pas pour rendre véritablement la justice. Et qu’en plus, ils viennent aussi capturer les vampires aux pouvoirs qu’ils n’ont pas encore dans leur album Panini, comme Alice par exemple (ce qui explique sa "fuite"), pour qu’elle les serve. Mais alors, que faire ?

Et bien les "témoins" déjà présents décident que, bah, tant qu’à faire, ils se battront.

Ah. Okay, et bien écoutez, voilà qui fera plaisir à Popov et Popov, je n’en doute pas.

Mais du coup, vous voulez pas vous organiser pour vous battre ? Trouver une tactique, chercher des renforts ? Non ? Non.

En tout cas, le temps lui, ne s’arrête pas et bientôt, l’hiver revient et Noël avec : les premières neiges sont déjà arrivées depuis un bail, mais curieusement, personne ne semble s’en inquiéter (alors qu’Alice avait bien annoncé que l’ennemi viendrait avec la neige), et Bella et Edward continuent par exemple de se préoccuper de choses plus intéressantes comme, par exemple, fêter Noël avec Papa Swan. Chacun ses priorités, hein.

Et non, ni lui, ni sa nouvelle femme ne posent toujours de questions, visiblement, les évènements surnaturels qui les entourent ne les intéressent pas plus que ça. En même temps, je les comprends : l’intérêt n’a jamais été guère stimulé dans cette saga.

Cependant, un beau jour, et sans que personne ne puisse l’expliquer, les Cullen déclarent que "Ah ! Les Volturi attaqueront demain" : là encore, pas besoin de justification, c’est comme ça. Probablement que leur baromètre à blaireaux vient de passer dans le rouge. L’occasion parfaite de faire un grand feu pour passer la dernière soirée avant la bataille à échanger sur les combats passés, celui de demain, et à évoquer des anecdotes sur la cruauté des Volturi ou sur le passé de légume de Carlisle.

Après avoir bien emmerdé tout l’auditoire avec leurs histoires de vétérans et regardé Carlisle baver durant des heures (il bave à intervalles régulier, ce qui en fait une formidable horloge atomique) les vampires voient finalement le jour se lever. Et avec lui, arriver l’heure fatidique de la bataille.

Comme toujours dans Twilight, après avoir expliqué que la situation n’était pas à leur avantage, les Cullen ont décidé de se positionner tous en ligne dans une clairière, histoire de bien se prendre une raclée. Comme quoi, des siècles de bataille et 3 films à se tataner avec le tout venant, ça n’apprend pas grand chose.

Et bientôt, sortant des bois en face d’eux, nos héros voient paraître un large groupe portant cape de crypto-gothique lycéen : les Volturi et toute une petite armée ! Sauf que contrairement à ce que nos héros avaient prévu, les Volturi exigent d’abord quelques explications avant de malaxer des gueules. Ah ? Ainsi, Maurice Volturi lui-même s’avance, demandant à ce qu’Edward vienne lui révéler ses souvenirs pour que la vérité soit enfin connue. Ce qu’Edward fait, malgré une tentative ratée de Bella de l’immuniser aux pouvoirs du vampire (… mais POURQUOI a-t-elle seulement essayé, à part pour risquer d’envenimer la situation sans raison ?! Pourquoi a-t-on payé des effets spéciaux pour rajouter une scène incohérente ?). Ainsi, Maurice peut découvrir la vérité :

  • Renesmée n’est pas un enfant vampirisé, c’est l’enfant d’une humaine et d’un vampire
  • Renesmée a même un coeur qui bat dites-donc !
  • Renesmée vieillit… et ne pose donc pas le problème des enfants vampirisés, qui eux, sont bloqués à un stade où ils sont à la fois puissants et capricieux
  • Il n’y a donc là aucun crime !
  • Enfin si, elle a quand même le nez de son père, et ça, ça mérite bien La Haye.
  • Les méchants engueulent donc Tanya pour leur avoir "menti", oubliant qu’elle était de bonne foi puisque Maurice avait lu son esprit, mais bon, hein, détail puisque ça revient à traiter Maurice leur chef de menteur. Pas de quoi fouetter un chat.

A noter que Maurice est super étonné (il ponctue toutes ses phrases de petits cris ridicules, c’est affligeant tant c’est mal joué), parce qu’un enfant né d’un vampire avec une humaine, en plusieurs millénaires, il n’avait jamais vu ça. Ah ? Vous voulez dire qu’alors qu’on a des vampires bourrés d’hormones, genre Edward qui en est à draguer des lycéennes, personne n’avait pensé à ça avant ?

Hé bé non.

Je sais pas vous, mais moi, je n’ai jamais été si heureux de savoir que la fin du film approchait.

En tout cas, et comme on est plus à ça près, Maurice se lance dans un petit discours : "Très bien, j’ai vu la vérité ! Il n’y a là nul crime. Cependant, nous vivons à une époque où les humains ont créé des armes capables de nous tuer aisément – c’est d’ailleurs pour ça que dans tous les films précédents, personne n’a jamais pensé à utiliser un flingue, nous sommes juste beaucoup trop cons – il nous faut donc être plus discrets que jamais. Or, cet être surnaturel… il risque d’attirer l’attention sur nous ! Il faut donc le tuer ! Et puis on a pas fait la route pour rien, hein, merde, ho."

C’est vrai ça Maurice : vous n’êtes jamais qu’une tripotée de vampires vieux de plusieurs millénaires, cacher des humains pas vraiment humains aux yeux de la société, ça, vous ne savez pas faire, et vous ne pensez même pas que c’est possible.

Notez le sbire de Maurice qui se gratte discrètement en arrière-plan. Classe.

Sérieusement les mecs ?

Heureusement, alors que tout va dégénérer, et comme par hasard, sortent des bois Jasper et Alice, qui se sont dits que ce serait quand même bête de rater l’habituelle scène de fin de film au milieu des bois. Alice vient en effet certifier à Maurice qu’il lui suffit de lire dans son esprit pour voir ce qu’elle a vu dans l’avenir, et donc être sûr que Renesmée ne fera jamais de mal à qui que ce soit. Et que donc, il peut être rassuré.

Maurice pose donc sa main sur Alice, et lisant son esprit… se contente de sourire (il doit surtout consulter les souvenirs où elle joue à la toupie japonaise avec Jasper), et Alice finit donc par se reculer en comprenant "Quoi que l’on dise, qu’importe les preuves, vous êtes venus pour  tous nous tuer ! Et bien soit !" et hop, elle enchaîne avec un grand coup de tatane dans le Monsieur.

C’est donc parti pour 20 minutes d’hostilités, avec la grande bataille finale de la saga.

Je vous la fais courte : plein de gens meurent. Des Cullen, des Volturi, des loups venus participer à la baston… et on notera d’ailleurs que comme dans Bioman, les Volturi, bien qu’en surnombre, font bien attention à ne pas profiter de la chose et gardent des réserves en regardant leurs troupes tomber. Renesmée, elle, fuit sur le dos de Jacob sous forme de loup loin de la bataille. Durant ces 20 minutes, on peut aussi constater qu’outre le fait que les Volturi soient débiles, on note que devenir vampire a appris le kung-fu à Bella, que des types aux pouvoirs surpuissants n’en font rien (un type a une brume qui paralyse, il la fait sur une zone de 12 centimètres cube, un autre peut contrôler l’eau, la terre, le feu et l’air et se contente d’ouvrir une faille au hasard dans le sol, l’amazone qui manipule les esprits ne se dit pas que tiens, si elle le faisait sur le chef des méchants, ce serait vaguement pratique, non : c’est juste nul d’un bout à l’autre).

Finalement, et suite à un combat épique, Maurice Volturi finit par se tataner avec Edward et Bella, et après avoir utilisé sa femme comme projectile (véridique), Edward voit finalement la victoire lui revenir lorsqu’il décapite le vil vilain, et…

… rien.

A ce moment là, la salle a éclaté de rire, fans comme types avec une arme dans la bouche (les vigiles ont dû revenir une seconde fois m’empêcher de faire une ânerie, mais qui serait toujours moins grosse que ce film ; ils ont aussi eu la gentillesse d’essuyer mes larmes de sang), car figurez-vous que… cette scène n’a jamais existé.

Et si.

La bataille finale de la saga, tout ça, non. C’était juste pour occuper 20 minutes de films et justifier que le film mérite deux parties. Car en fait, nous revenons au moment où Maurice lit dans l’esprit d’Alice, et ce qu’il a vu, c’est ce qu’il se passerait s’il décidait quand même de lancer la bataille. Maurice décide donc que mourir n’étant pas son plan du jour, mieux vaut déclarer "Bien, nous ne nous battons pas aujourd’hui. Il ne s’est rien passé d’intéressant jusqu’ici dans ce film, faisons que cela reste ainsi. Mais tout de même ! J’aimerais une preuve que Renesmée ne nous posera pas de problèmes à l’avenir !".

Donc tu demandes une preuve qui ne peut pas exister, mec. C’est un peu con, mais plutôt cohérent avec le reste de cette oeuvre, ma foi. Mais figure-toi que la vie est bien faite, car émergeant de la lisière de la forêt, apparaissent deux larrons en pagne qui approchent d’un pas bien lent, parce que bon, c’est pas comme si la super-vitesse vampirique, ça servait à quelque chose. Qui sont-ils ?

"Je suis Oumpapa", dit le premier "Et voici ma tante Gertrude qui n’a rien à faire là, je sais même pas pourquoi elle me suit, je crois qu’elle s’est attachée. Alice et Jasper m’on ramené ici du Brésil où ils sont venus me chercher, mais ne me demandez pas pourquoi je me pointe 10 minutes après eux alors que nous sommes supposés être arrivés ensemble, je ne le sais pas moi-même. Et je suis votre preuve car moi, je n’ai jamais tué qui que ce soit ou été pris par les humains. Voilà."

"Passionnant" s’exclame donc sincèrement Maurice Volturi "Et bien je suis convaincu par cette preuve vivante : Renesmée ne posera jamais problème, on peut se barrer."

Attendez, je vous la refais :

"Monsieur, pouvez-vous nous prouver que vous n’êtes pas dangereux ?
- Non, mais voici Bob. Bob, explique au Monsieur.
- Bonjour Monsieur le juge. Je n’ai rien à voir avec la choucroute, mais je n’ai rien fait.
- Ho ? Et bien parfait alors : cela prouve tout. Vous êtes libres."

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Qu… QUOI ?

Tout ça pour ÇA ?

Bouhou…bouhouhou…

Pour ceux qui douteraient : la scène finale. Il fait grand jour, impossible de faire plus et… ho, bah personne ne brille. Du boulot de pro.

En tout cas, les Volturi ne se posent pas la question, et activant leur vitesse vampirique, disparaissent dans les bois heureux d’avoir passé un an à tabasser des gens sans aucune raison pour au final s’apercevoir qu’ils avaient fait le déplacement jusqu’à ce trou de Forks pour rien.

Les Cullen peuvent donc rentrer à la maison fêter le fait qu’il ne se soit rien passé du film autour d’un bon chocolat chaud, laissant derrière eux Popov et Popov, déçus d’avoir raté la bataille finale. Alice, dans un coin de la maison, a soudain une vision : elle voit que, plus tard, Renesmée sortira avec ce grand dadet de Jacob. Et que comme leur a appris Oumpapa le brésilien, il n’y a pas à s’inquiéter : les enfants de vampire et d’humains arrêtent de vieillir à 7 ans, et sont alors immortels. L’avenir n’attend donc plus qu’eux, même si on évoque guère le fait que Jacob n’est pas immortel, lui, et finira donc comme un vieux chien incontinent qui se fait engueuler lorsqu’il souille le tapis du salon. Probablement même qu’Edward l’emmènera se faire piquer.

Puis, la scène finale se révèle à nous : en plein milieu d’un champs de fleurs, Bella et Edward, dont évidemment aucun des deux ne brille malgré le fait qu’il n’y ait pas le moindre nuage, se regardent amoureusement. Soudain, en se concentrant très fort, Bella arrive à partager tous ses souvenirs depuis le début de la saga avec Edward, faisant qu’ainsi, elle n’a désormais plus aucun secret pour lui.

"Mais, comment as-tu fait ça ? – s’exclame Edward – Ton pouvoir vampirique c’est de faire des boucliers, pas la télépathie, tu voudrais dire qu’on va finir la sage sur une autre grosse incohérence balancée comme ça, gratuitement et sans le moindre intérêt ?
- C’est ça."

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Et alors que la dernière page du livre de Stephenie Meyer apparait à l’écran, on peut apercevoir en surimpression le mot "forever", un doux fondu au noir s’installe et…

FIN !

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Voilà. J’ai presque envie de dire que si j’avais été paresseux, j’aurais pu synthétiser quelque peu le spoiler.

Twilight  4 – Révélation deuxième partie :

Edward et Bella s’aiment. A un moment, il y a un quiproquo avec les Volturi, mais tout se règle sans qu’il ne se passe rien et tout le monde est heureux.

Fin.

Ça valait quand même bien un deuxième film.

"Voici votre nouveau bureau, Johnson !"

Son carton d’affaires dans les mains, ledit Johnson sourit poliment en ignorant le petit bureau coincé entre diverses piles de cartons que son supérieur lui désignait. Autour de celui-ci, d’autres minuscules espaces de travail avaient été disposés pour permettre à d’autres personnes comme lui de s’atteler à leur dur labeur. A perte de vue, l’open-space péniblement éclairé par des batteries de néons grésillant laissait paraître des dizaines d’espaces comme le sien, occupés par des collègues dont tout ce qu’il connaissait à cet instant précis était l’apparence de leurs nuques, penchées sur le papier qu’ils étaient en train de rédiger. Le jeune homme sortit de ses pensées lorsque la main potelée de son supérieur lui tapa dans le dos.

"Vous verrez Johnson, ici on est une grande famille. On a envie de bien faire notre travail, alors on y met les moyens. Vous avez devant vous l’un des ateliers produisant les meilleurs scénarios au monde. Alors faites chauffer votre cerveau d’artiste ! 
- Je suis ravi de l’entendre Monsieur. Mais, qu’est-ce que c’est là-bas ?"
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Pointant du doigt une étrange forme sombre se balançant sur un néon, Johnson s’étonna d’entendre de grands cris bestiaux provenant de celle-ci. Une nouvelle fois, la main potelée rencontra son dos, et Johnson dû se retenir de ne pas la repousser tant ce contact faussement amical le répugnait. Mais il aurait été mal vu pour son premier jour d’ainsi faire des manières, bien sûr.

"Ah, oui ! Pour améliorer la productivité de l’entreprise, nous avons pris un consultant.
- Je… un consultant ?
- Oui, c’est ça. Tenez, je vais vous le présenter : Monsieur Mongo, venez ici !"
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La petite silhouette se tourna vers Johnson et bondit en hurlant de câble électrique en lampe, agitant de longs bras avant de s’arrêter aux pieds du scénariste. Celui-ci s’étonna quelque peu en découvrant un singe au faciès ouvertement hostile et aux paumes recouvertes de matière fécale, un ceinturon de bricoleur autour de la taille. Dans l’une des poches entrouvertes, il put apercevoir un petit tas de briquettes colorées rappelant de célèbres jeux pour enfants.

"Johnson, voici Mongo. Il est consultant pour l’industrie cinématographique, son travail consiste à améliorer la qualité générale des travaux produits ici. Je vous l’ai dit : nous, nous voulons de la qua-li-té.
- Mais je… Monsieur, c’est un singe !"

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Johnson marqua un certain dégoût lorsqu’une petite boule nauséabonde vint s’écraser sur son visage, le singe en face de lui souriant bêtement en constatant que son projectile avait atteint sa cible.

"Ecoutez Johnson, je sais que c’est votre premier jour et que tout cela est un peu perturbant, mais le racisme n’a pas sa place ici ! Mongo est très compétent et a travaillé avec les plus grands : James Cameron, Ridley Scott, Nicolas Cage, bref : il a même eu le brillant poste de chargé de la photocopieuse chez Quentin Tarantino, soit la position la plus essentielle pour la production des films de ce Monsieur. 
- Je… mais… et heu… ici – demanda poliment le jeune homme, tentant de comprendre la situation – quel est le poste de Mongo ?
- Voyez sa ceinture ? Il a de petites poches de briquettes, tenez : Mongo, montrez-nous une briquette."

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Le singe farfouilla quelques instants dans l’une des poches, et tendit une petite briquette mauve sur laquelle il était écrit "un enfant relou". Johnson haussa les épaules en direction de son supérieur, qui semblait attendre cette réaction avec une certaine excitation.

"Vous ne comprenez pas ? Chaque briquette est notée d’un poncif auquel le public est habitué. Mongo passe donc à chaque bureau et colle régulièrement des briquettes sur votre scénario pour vous obliger à respecter quelques critères basiques qui permettront aux spectateurs de ne pas avoir l’impression d’être face à quelque chose de trop original. 
- Ho… et… sur quoi travaillez-vous ici en ce moment ?
- Et bien sur Looper, un film qui a failli entièrement vider les poches de briquettes de notre pauvre Mongo. Mais, ha ! Il faut bien investir pour faire de la qualité n’est-ce pas ? Allez mon petit Johnson : maintenant, asseyez-vous, commencez à écrire, et ne vous inquiétez pas, d’ici quelques minutes, Mongo viendra vous coller des briquettes pour s’assurer que vous ne sortiez pas trop des sentiers battus. Sur ce, bonne journée Messieurs ! Je dois faire passer un entretien à un cochon d’inde qui prétend avoir été l’agent de Kristen Stewart."
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Une dernière fois, la main potelée se posa sur le dos du pauvre Johnson, alors que celui-ci prenait place sur son minuscule tabouret sous le regard méprisant du singe à son côté. Ce n’est que lorsqu’il commença à lire le scénario de Looper, déjà présent sur sa table, que Johnson comprit à quel point la matière fécale ornant les mains de l’animal avait servi dans la réalisation de la chose.

N’attendons pas plus avant : spoilons mes bons !

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L’affiche : affrontez votre futur. Et perdez 2h du vôtre pour l’éternité.

Notre film s’ouvre quelque part, dans un futur proche.

Au milieu d’un champ à la triste mine, un homme attend devant une bâche blanche étendue à même le sol. Ses écouteurs vissés dans les oreilles, le brave galopin écoute des leçons italiens, et très détendu, répète les phrases qu’il entend l’une après l’autre pour ainsi, un jour, visiter Rome, Venise, ou participer à une soirée Bunga-Bunga. Seulement voilà : après avoir consulté sa montre de gousset, notre homme, qui est accessoirement notre héros et s’appelle tout simplement Joe, note que l’heure de son rendez-vous approche, et retirant ses écouteurs, s’occupe plutôt d’armer le fusil futuriste qu’il a au côté. C’est alors qu’à la seconde exacte où il l’attendait, son invité fait son apparition. Et quelle apparition ! Car sur la bâche sort de nulle part, sans tambours ni trompettes, un homme à genoux, un slip sur la tête pour dissimuler son visage, et les mains entravées. Ni une, ni deux, Joe ne prend pas même une seconde pour l’observer et se contente de lui coller une cartouche en plein dans la poitrine, par respect pour le slip.

La décharge mortelle ainsi assénée, Joe retourne le cadavre et déchirant sa veste au couteau, révèle une plaque métallique sur laquelle 4 lingots d’argent ont été fixés. Curieux ? Pas d’inquiétude jeunes gens : l’explication arrive de ce pas. Car en voix off, Joe nous explique de quoi il retourne. Et attention, c’est du bon, puisque dès maintenant, le film ne va plus ressembler à rien. Oui, je suis d’accord, ça fait très tôt, mais c’est le jeu ma pauvre Lucette.

A l’époque de Joe, la machine à voyager dans le temps n’existe pas encore. Mais 30 ans plus tard, ce sera le cas, et elle sera aussitôt rendue illégale à cause de tout le bordel qu’elle peut créer, du genre envoyer un baladeur contenant "Notre Dame de Paris" à Victor Hugo pour le pousser au suicide. Du coup, seules les mafias les plus puissantes ont les moyens de s’en servir. Mais pourquoi faire ? Acheter deux lingots, en envoyer un dans le passé, ainsi avoir trois lingots, puis recommencer l’opération en boucle pour dupliquer la chose à volonté ? Abattre les témoins avant même qu’ils n’atteignent un procès ? Se débarrasser de ses ennemis alors qu’ils ne sont que des bambins anonymes ? Non. La mafia s’en sert pour tuer des gens, oui, mais pas n’importe comment. Dans le futur, se débarrasser d’un cadavre est devenu super dur (il faudra donc que l’on m’explique comment font les mafias "moins puissantes", mais passons), les malfrats envoient donc dans le passé à un point précis un homme pour que des tueurs l’abattent à la seconde où il arrive. Du coup, l’homme a disparu du futur, dans le passé, tout le monde se fout de la disparition d’un type et d’un corps qui n’y a pas sa place, et donc que personne ne recherche, et je crois bien que Joe ose qualifier cela de "génial". A noter que la pègre, bonne payeuse, envoie toujours la future victime avec des lingots d’argent attachés dans le dos pour que le tueur puisse avoir sa paye sans avoir de problèmes en étant payé des des eurogloubitz, la monnaie du futur pas encore en circulation.

Notez : c’est déjà complètement con. Les mecs ont une machine surpuissante, et ils s’en servent pour faire un truc complètement absurde. Pour rappel, il était aussi possible :

  • d’envoyer la victime chez les dinosaures : ils sont moins chers à payer, et sont aussi très pro à leur manière. Ou même au coeur d’un volcan lors d’une éruption connue, histoire de faire coucou à Haroun Tazieff
  • d’envoyer la victime avant la création de la Terre, puisque du coup, sa survie risque d’être drôlement compliquée (et qu’en plus les archéologues ont moins de chance de retrouver ses restes qu’une mission Soyouz)
  • si c’est vraiment pour le plaisir de lui mettre une balle, vous la butez avant de l’envoyer dans le temps, comme ça, vous êtes sûr que le travail est bien fait, et payer un fossoyeur du passé est sûrement moins cher qu’un tueur
  • ou si vous préférez faire dans le festif, la mafia pouvait aussi payer une seule fois des mecs pour faire un grand brasier, et à chaque fois qu’elle a quelqu’un à buter, il suffit donc de l’envoyer à ce point précis de l’espace et du temps, et hop. Pas besoin de multiplier les dates, les paiements et donc, les probabilité qu’un coup se passe mal

Mais évidemment, je suis sûr que c’est beaucoup plus intelligent d’envoyer ses propres ennemis dans le passé, de payer très cher des inconnus pour les tuer, comme ça, si jamais ça rate, vous avez envoyé un type que vous avez condamné à mort à une époque où il peut vous buter alors que vous êtes encore incapable de vous défendre. Grosso modo : la mafia utilise la machine à voyager dans le temps à l’exact opposé de ses intérêts. Rappelons que ce principe de base, complètement foiré, n’a pas empêché une partie de la critique de trouver, elle aussi, ce concept "génial". Mais poursuivons, car nous n’en somme qu’au début, et que ce film n’a pas fini de se vautrer encore et encore.

D’ailleurs, pour rappel, au cinéma, il y a trois choses très difficiles à manier (entre autres) : Dieu, la magie, et les voyages dans le temps. Le premier, parce qu’il peut régler tout votre film en claquant des doigts, la seconde, parce qu’il faut lui coller de sacrées règles pour qu’elle ne règle pas non plus tous les problèmes en quelques secondes (Harry Potter s’y est essayé, mais n’en a pas moins fini bourré d’incohérences), et les voyages dans le temps, parce qu’ils obligent à se relire pour éviter des tas de paradoxes/problèmes divers. Du coup, prendre cette thématique ambitieuse sans même réaliser que son pitch ne passerait pas devant un écolier, c’est tout de même assez beau. Aaah, mais je parle, je parle, et nous n’avançons pas. Concentrons-nous un peu.

Joe, donc, après nous avoir expliqué tout cela, s’en retourne donc vers un petit café non loin pour y prendre un café avec Beatrix, la gentille serveuse locale au prénom de film SM. Cela fait, il reprend sa voiture jusqu’à la ville voisine où il va au QG des loopers dans un quelconque immeuble pour y échanger ses lingots contre des billets. Et là encore, on sent le grand soin apporté à la réalisation,  car devant le guichet où ils font leurs échanges, il y a un petit poste pour poser son fusil avec marqué "Loopers, pensez bien à déposer vos armes avant d’aller au guichet". Ce que j’aime avec les tueurs professionnels, c’est quand ils ont des panonceaux "Coucou, ici, QG de tueurs".  J’ai envie de dire : quel talent. Par contre, j’ai cherché la pancarte "Attention blaireaux" durant un moment, mais je ne l’ai pas trouvée. C’est certes étonnant, mais là n’est pas le sujet.

Or donc, après avoir récupéré ses brouzoufs, Joe s’en va changer sa voiture de service pour son modèle personnel : un cabriolet flashy. Avec celui-ci, il décide de… heu… se  promener dans les quartiers pauvres, où malgré le fait que les gens du futurs semblent mourir de faim et tous être surarmés (on en voit échanger des tirs au grand jour), aucun ne pense qu’il serait pertinent de braquer un minet venu étaler son luxe à leur face. Comme quoi, Joe a raison de ne pas s’inquiéter de faire un truc aussi débile : le scénario le protège des réactions logiques (et des balles perdues). Le genre de type à aller faire de la trottinette à Groszny. Enfin, chemin faisant, Joe rencontre Seth, un jeune looper qui a évidemment tous les attributs du pote du héros collant mais looser que je vous laisse deviner (si vous fréquentez ce blog, vous avez un peu un doctorat ès poncifs). Seth est accessoirement capable de faire un peu de télékinésie, comme 10% de la population du futur, même si "ils peuvent juste faire voler des pièces, c’est inutile, et évidemment, n’imaginez pas que ça serve du film, hohoho, c’est pas comme si on était, comme dans toutes les bouses, dans un film où TOUT ce qui est dit doit servir pour être rentabilisé". Tous deux décident donc d’aller passer la soirée à la Belle Aurore, un cabaret local servant à la fois de repaire au chef de la pègre du coin, Abe, et de lieu de débauche. Sur place, nos héros croisent Jean-Jacques, un autre looper qui sort justement du bureau d’Abe avec un bien mauvaise nouvelle : on vient de lui annoncer qu’il devait "boucler la boucle".

"Salut les pauvres avec des fusils, ça vous dérange pas si on vient vous narguer ?"

Vous vous souvenez de ce qu’on expliquait plus haut avec l’utilisation des voyages dans le temps par la mafia ? C’était bien nase, hein ? Et bien attendez : on va en remettre une couche, et pas des moindres. Joe en voix off explique en effet qu’il peut arriver aux loopers de "boucler la boucle". C’est lorsque l’on leur annonce qu’ils vont devoir tuer… leur eux-même du futur. Car les loopers étant un organisme ultra-secret (on parle bien de celui qui a un panonceau bien visible ? Oui, oui, me dit-on dans l’oreillette), dans le futur, on veut parfois en finir avec d’anciens loopers pour éviter qu’ils ne parlent. On les envoie donc dans le passé avec cette fois dans le dos, un gros paquet de lingots d’or, pour que le looper qui accepte de se buter lui-même puisse prendre une confortable retraite.  Et sache désormais que dans 30 ans, on le sortira de sa retraite… pour le tuer.

Donc je résume : la mafia du futur, parfois, décide de payer 50 fois plus cher une exécution en demandant à la personne la plus susceptible de la merder – la propre victime – de s’en charger.

Oui hein ? Oui. Je trouve aussi.

Bref : lorsque l’on apprend que l’on boucle sa boucle, hé bien, on fait une grosse teuf (tout à fait normal). Et ces derniers temps, les teufs se multiplient pas mal, car il semblerait que dans le futur, un nouveau boss particulièrement méchant demande à ce que l’on exécute quantité de loopers pour de sombres raisons. Intéressant.

Joe en tout cas, prend du bon temps : il se drogue (ce qui consiste juste à le filmer tête en bas pour dire qu’il est défoncé) en bon professionnel, couche avec Suzie, l’une des filles du cabaret qui a la cuisse légère mais payante, et se saoule avec les autres loopers. Jusqu’à ce qu’un soir, une drôle d’aventure lui arrive : alors qu’il est en train de lire le Journal de Mickey, dernier organe de presse libre du monde du futur, Joe entend taper à sa fenêtre. Comment donc ? Et pourquoi pas la porte, est-elle si difficile à trouver ? Qui ose ?

Et bien : Seth, tout simplement. Le jeune freluquet supplie son ami de lui ouvrir – ce qu’il fait – car il a de gros ennuis : il devait boucler sa boucle quelques heures auparavant mais… il n’a pas pu. Lorsque la victime du futur est arrivée, elle a siffloté une chanson de sa maman au travers du slip (du Nicki Minaj, probablement) pour l’attendrir, et du coup, Seth n’a pas su faire quoi que ce soit d’autre que détacher son lui plus vieux pour le laisser s’enfuir. Et maintenant, comme il n’a pas respecté son contrat, les hommes d’Abe le cherchent pour lui péter la gueule.

Juste comme ça : comment ils ont su, les hommes d’Abe, sachant que les loopers sont censés tuer des hommes qui n’existent pas ET faire disparaître le cadavre tout seuls ? Il suffisait que Seth dise "Ayé mission accomplie", et c’était réglé. Il pouvait même s’arranger avec son lui plus vieux pour qu’il lui file quand même les lingots, comme ça, il pouvait se présenter au guichet en disant "Je l’ai tué : regardez, j’ai les lingots. Et j’ai pas d’autres preuves puisque mon métier, ça reste de les faire disparaître !". Et je doute que le vieux Seth ait vécu une vie suffisamment pétaradante pour que les gens du futur – qui ne le cherchaient pas, puisqu’officiellement mort – aient appris qu’il n’était pas mort à la date prévue, à moins bien sûr que papy n’ait décidé de passer ses vieux jours à animer Vivement Dimanche, une autre émission où l’on rappelle des vieux depuis l’espace-temps pour leur faire subir mille outrages. Mais, le diplôme de nécromancie de Michel Drucker n’est pas le sujet, il suffit. Bref  : ni les gens du présent, ni ceux du futur ne pouvant savoir que le type n’a pas été excuté… comment savent-ils ?

On va donc dire : Tagada, pif pouf, c’est magique.

Bref : Seth, qui commence un peu à sentir l’urine à force de paniquer, se met à littéralement trembler lorsque les hommes d’Abe viennent frapper à la porte de Joe. Notre héros hésite donc à le balancer, mais comme il a bon fond, hop, il le planque dans une cache sous son tapis où il stocke aussi une bonne partie des lingots d’argent qu’il a gagné, se constituant une réserve pour plus tard, sait-on jamais. Puis, après avoir fait patienter durant 10 bonnes minutes les hommes d’Abe à la porte, Joe finit par leur ouvrir avec l’excuse "Désolé, je me faisais beau", ce qui n’est évidemment pas du tout suspect. "Désolé, il est 3h du matin et j’étais encore défoncé à la schnouf" était évidemment beaucoup moins crédible, mais bon, je ne suis pas un tueur professionnel, inventer des mobiles ne fait pas partie de mon métier. En tout cas, les hommes d’Abe sont menés par Dudule, un jeune loup aux dents longues qui propose la chose suivante à Joe : il va aller voir Abe, discuter un peu, et pendant ce temps, lui va laisser quelques hommes dans son appartement, des fois que Seth s’y cache. Aucun d’eux ne fait donc mine d’entendre le puissant et méphitique pet liquide surgissant du plancher à peu près au niveau de la cachette de Seth suite à ces belles paroles, puis Joe et Dudule s’en vont donc vers la Belle Aurore. En chemin, on découvre d’ailleurs que Dudule est ambitieux, certes, mais surtout maladroit car toujours à jouer avec son pistolet quitte à s’être déjà tiré une balle dans le pied. Accessoirement, il est aussi prétentieux, et a un bref échange avec Joe sur les armes qu’ils utilisent. Dudule, lui, a un pistolet : utile pour défendre les intérêts de la pègre. Alors que Joe, comme tous les loopers, a un fusil sobrement surnommé "tromblon", et utilisé pour exécuter des cibles à courte portée. En effet, le tromblon remplit l’air de plomb, ce qui fait que même si la victime tente de bouger, elle est sûre de déguster, mais ne touche plus rien passé 15 mètres. Alors que le pistolet, lui…

Que l’on se rassure : tout le film ne porte pas que sur des tromblons

Evidemment, comme tout ce qui est dit dans ce film, cette conversation n’est pas innocente. Mais surtout, elle est incohérente, car lorsque l’on voit Joe tirer, on note que le tromblon ne fait pas un si gros trou, ce qui laisse supposer qu’en fait, il ne remplit guère l’air de plomb. Mieux : il ne tire qu’au coup par coup, et pas bien vite, ce qui signifie que, bah c’est à peu près l’arme la moins pratique du monde pour le métier de looper. Sans ce dialogue, en fait, je crois que je n’aurais même pas remarqué, supposant qu’il s’agissait d’un simple fusil à pompe, mais là en fait, vraiment, merci. Encore une fois, la réalisation a payé pour se vautrer, puisque supprimer la scène aurait pu lisser la chose. Ah, c’est beau. Il y en a qui doivent penser à ce blog en écrivant, je ne vois rien d’autre.

En tout cas, une fois à la Belle Aurore, Joe se sépare de Dudule et en voix off nous apprend qu’Abe vient de 30 ans dans le futur : la mafia l’a envoyé là pour superviser ses affaires. Un type sympa, Abe,  puisqu’il explique à Joe qu’il le connait bien, l’aime bien, et qu’il sait qu’il cache Seth puisqu’ils sont amis. Joe tente le "Nous ? Amis ? Hohoho, vous vous trompez" avec aplomb, oubliant qu’ils traînent ensemble depuis des années dans le cabaret d’Abe, filmé 24h/24 ce qui rend le mensonge un peu pourri.

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Au même moment, dans un atelier d’écriture de script

"Lâche ma feuille Mongo ! Ce sont les dialogues !
- HOUUU HOUUUU HAAAAAAAAAAA HAAAAAAAAAAAAAAAAAAA
- Aaaaah, il a mis du caca partout, nan mais c’est pas possible, foutu singe ! Vilain Mongo, vilain ! Qui pourrait prendre des dialogues barbouillés à l’étron au sérieux maintenant, hein ?"
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Un peu plus tard, en France

Un coup de maître époustouflant. - Les Inrockuptibles

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Donc, disais-je, Abe ne tombe pas dans le mensonge tout pourri de Joe, qui n’a même pas tenté le "Ah non, je n’ai pas vu Seth depuis hier soir, pourquoi ?". Il lui explique donc qu’il sait que Joe planque pas mal de lingots, et que s’il ne donne pas Seth, il retournera tout pour les retrouver et lui prendre. Alors, Joe, prêt à sacrifier la moitié de ta fortune pour ce gros looser de Seth ? Notre héros réfléchit un peu, et dépité à l’idée de ne pas pouvoir se payer une Playstation 8 ou des soirées Jungle Speed avec Suzie, donne la planque de Seth, celle contenant ses lingots. Abe le remercie, et poliment, lui demande comment va l’apprentissage de l’italien. Joe lui dit que ça roule, tout ça, et qu’il espère bien avec son pognon prendre sa retraite à Florence. Abe lui dit que non, sa retraite, ce sera à Shangaï. Et allez savoir pourquoi (personnellement, si je bossais pour la mafia, j’éviterais de leur dire où je vais une fois que j’aurais quitté leur service), Joe accepte. Abe lui explique qu’il ne veut pas tuer Seth, d’ailleurs, à cause des paradoxes que cela pourrait causer (et qui pullulent pourtant dans le film) : il veut donc juste finir le contrat et tuer le Seth du futur. Soit.

On découvre alors, à l’occasion d’une scène fort intéressante, qu’Abe sait être imaginatif. Ainsi, le vieux Seth du futur, qui est en train de courir la ville pour tenter de s’en éloigner le plus vite possible, voit soudain une vieille cicatrice apparaître sur son bras. Un message lui ordonnant d’être à une certaine adresse dans 15 minutes. Car oui, Abe-la-Déconne a eu l’idée rigolote de charcuter le jeune Seth pour faire passer des messages au vieux Seth à coups de cicatrices. Puis, comme le temps passe et que rien ne vient, il commence à charcuter plus avant : le vieux Seth voit donc ses doigts disparaître un à un, et décide donc de se rendre au rendez-vous. Il galope donc vers l’adresse, mais allez savoir pourquoi, Abe lui fait couper les jambes, ce qui rend les choses plus compliquées (si vous voulez qu’un mec vienne quelque part, lui couper les gambettes, c’est très très con quand même, à part si c’est Clark Kent à la limite, mais quand même). Malgré tout, le bougre parvient à l’adresse indiquée, où il constate qu’un médecin est en train de dépecer le jeune Seth, répercutant donc bien blessures et amputations sur sa personne du futur (vous suivez, hein ?). Puis, Dudule surgit, et tout sourire, exécute le vieux Seth, désormais proche de l’homme-tronc, et défiguré avec ça.

Du coup, notez bien :

  • Abe est un peu con, malgré la technique de départ qui aurait mérité une bourse à l’innovation
  • Sinon, maintenant que le jeune Seth est un homme-tronc, vous faites quoi ? Vous le gardez en vie 30 ans pour éviter les paradoxes ? D’ailleurs, ça aussi ça a dû modifier le futur, non ?

Et c’est ici que le film fait l’un de ses inévitables ratés sur les voyages dans le temps. Pour mieux comprendre le problème – qui va être redondant – sachez qu’il y a deux grandes manières d’aborder le voyage dans le temps. Pour la comprendre, nous allons prendre un exemple : un soir, alors que vous regardez la météo, un flash lumineux vous aveugle brièvement : c’est le vous du futur de dans 10 minutes qui vous informe que vous devez immédiatement changer de chaîne si vous ne voulez pas rater le début de Koh-Lanta. Après avoir tenté de dissimuler votre déception, puisque vous trouvez votre double temporel quelque peu dénué de sens dramatique, vous changez de chaîne et découvrez avec bonheur le visage radieux de Denis Brogniart. Bon, d’accord, mais et maintenant ? Non parce que le vous du futur n’a pas l’air de vouloir repartir, et vous espérez qu’il ne va pas faire des commentaires pendant que vous regardez, ce relou (mais c’est bien d’admettre que vous l’êtes, bravo).

Et bien, il y a deux manières de voir les choses :

  • La simple. Le vous du futur, c’est un être de chair et de sang distinct de vous qui vient d’apparaître à votre époque. Vous pouvez bien faire ce que vous voulez, il a son histoire. Lui, il a raté le début de Koh-Lanta, et il lui faudra le regarder avec vous pour profiter de la folle ambiance du générique. D’ailleurs, vous pouvez bien mourir tout de suite en vous étouffant avec une chips, votre vous du futur n’en disparaîtra pas pour autant : il est là, point. Comme vous et moi. Au pire, ça le fera rigoler (oui, au fond de vous, vous êtes une petite ordure, vous vous maudirez en vous étouffant, vous demandant pourquoi vous n’avez pas plutôt surfé sur des blogs de poneys plutôt que sur ceux qui rendent aigri)
  • La compliquée. Le vous du futur, c’est vous du futur, et il n’y a qu’un seul espace-temps : le vôtre. Donc par exemple, si vous mangez une chips frelatée, le vous du futur a mal au ventre. Et tout l’avenir en est modifié en conséquence, puisque par exemple, si vous mourrez au bout de 5 mn (la chips était salement amochée), vous ne pourrez pas revenir dans le temps pour vous prévenir de changer de chaîne ! Donc au lieu de mourir devant Koh-Lanta, pouf, vous serez mort devant la météo, en apprenant que demain, on fêtait toutes les Gertrude. Paradoxes, paradoxes… et théorie du chaos : tout ce que votre double du futur produit dans le présent va modifier le futur, et donc son passé, et potentiellement, amener à ce qu’il ne vienne jamais, et donc… bla,bla,bla.

Ça va ?

Bref : dans Looper, on pourrait croire qu’ils ont choisi la complexe seconde solution, puisque tout ce qui arrive à Seth se répercute sur Seth du futur, mais du coup : si Seth a eu les jambes coupées, comment Seth vieux a t-il pu s’enfuir lorsque Seth l’avait devant lui ? Et j’insiste : la mafia a t-elle payé pour le maintenir 30 ans dans cet état ? Et donc, en fait, quoi qu’il arrive, il y a un paradoxe ? Et bien oui. Et comme nous le découvrirons dans ce film, des fois nos héros sont assujettis à la méthode simples (ce sont des points fixes dans le temps, comme vous et moi), des fois à la méthode compliquée (ils sont rattachés au futur), en fonction de ce qui arrange le plus le script, ce qui est franchement tout pourri.

Mais revenons-en au film : Joe, un peu triste d’avoir ainsi vendu son frère d’arme, s’en va trouver Suzie pour qu’elle lui fasse un gros câlin, tout en se finissant un peu à la drogue pour oublier. Suzie s’occupe bien de lui et lui parle d’ailleurs de son fils (à elle, pas à lui) pour détendre l’atmosphère. Sauf qu’hélas pour Joe, les choses n’ont pas fini de mal tourner.

Notez la passion sur le visage de Joe. On sent que son travail est prenant. Ou alors, il joue tout simplement super mal le mec concentré, je ne suis pas sûr.

En effet, quelques jours plus tard, Joe attend un client qui doit débarquer sur sa bâche au milieu des champs à 11:30. Sauf que d’après sa montre de gousset, le bougre a étrangement quelques secondes de retard (d’ailleurs, quand on fait un métier où tout se passe à la seconde près, avoir une montre réglée sur une horloge atomique plutôt qu’un mécanisme à main peut-être intéressant, surtout pour être pile à la même heure que des gens 30 ans dans le futur avec qui il est un peu compliqué de synchroniser sa montre façon Parker Lewis. Mais bon, hein, c’est sûr que ça fait moins hipster). Heureusement, il finit par arriver, et Joe lui cartouche le museau dans la joie et l’allégresse  Sauf qu’en retournant le corps pour prendre ses lingots, Joe découvre qu’ils sont plus nombreux que d’habitude… et en or. Cacaboudin : retournant le cadavre il constate qu’il vient de shooter son lui du futur. Et là, plusieurs choses lui viennent à l’esprit :

  • C’est rigolo, parce que tous les autres personnages du film sont prévenus au moment de boucler la boucle, alors pourquoi pas moi ?
  • Putain ! Dans le futur, je suis Bruce Willis !
  • Ce qui veut dire qu’il faut méchamment que je change de shampoing dis-donc.
  • Bon bin je peux prendre ma retraite !

Car en effet, n’oubliez pas : qui boucle sa boucle peut se retirer avec son argent durement gagné, et ainsi profiter de la vie en sachant comment elle se termine. On découvre donc ce que Joe va faire de la sienne : aller écouler ses lingots d’argent et d’or contre espèces sonnantes et trébuchantes, puis filer à Shangaï, comme Abe le lui avait recommandé (mauvaise idée, donc), où après dix années à claquer son pognon dans les fêtes et la drogue, Joe finit par devoir travailler pour les triades locales pour subvenir à ses besoins. Cependant, un jour, il rencontre Fang-Fang, belle perle d’Asie qui lui sourit alors qu’il est déjà bien vieux et déjà Bruce Willis (Nous appellerons le vieux Joe Bruce Willis pour que tout soit plus simple). Elle est belle, rebelle, et ils s’aiment. Après s’être retirés dans un petit village de la province chinoise et avoir eu un enfant, un beau matin, trois gangsters chinois en tenue à la mode du futur (donc, comme des blogueuses modes d’aujourd’hui : ridicules) viennent l’arrêter :

"Bousse Willisse ! 
- Sacrebleu ! Les triades !
- Toi met’ slip sur la tête ! Vite ! C’est l’eul’ de letoulner dans le passé !
- D’accord, mais Fang-Fang ? Je ne peux pas la laisser toute seule, sinon qui va regarder la télé pendant qu’elle passe l’aspirateur ?
- LE SLIP BOUSSE WILLISSE !"

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Assez arrangeant, les trois asiatiques décident de plomber la gueule de Fang-Fang pour qu’elle n’ait pas à se poser de questions après le départ de Bruce. (comme quoi, ai-je envie de dire, pour des mecs qui ne peuvent pas faire de cadavres, faudra m’expliquer comment ils gèrent celui-là). Puis, après s’être assurés que le sous-vêtement était correctement fixé sur le crâne poli de leur condamné, ils accompagnent Bruce Willis jusqu’à la machine à voyager dans le temps, pour l’envoyer à lui-même plus jeune afin qu’il le tue. Sauf que Bruce n’est pas du genre à se laisser faire : il parvient à tabasser les trois malandrins à quelques pas de la machine (qui à part eux, est dans un hangar complètement vide et pas surveillé, c’est vrai quoi : c’est une machine réservée à quelques rares puissantes organisations illégales, pourquoi la sécuriser un minimum ?) et se retrouve donc seul. Que va-t-il faire ? Changer la destination de la machine pour éviter de se retrouver face à un tueur qui le shootera à la seconde où il se pointera ? Aller se sauver lui-même avant qu’il ne devienne looper ? Se barrer, là, tout de suite ?

Non.

Il décide de tout laisser comme ça, et de monter dedans, allez hop.

Et bin pépère, ça valait le coup de te libérer pour ça. Enfin si : il a au moins pu retirer le slip sur sa tête, et montant dans la machine, il se retrouve bien vite 30 ans plus tôt, dans le champ où il devrait mourir. Détail amusant : il arrive avec quelques secondes de retard, puisqu’ayant éclaté les gangsters, il a perdu quelques secondes avant de monter. Comme quoi, la machine n’est pas réglée sur "Tel jour, 11:30" mais sur "Dans 30 ans pile poil". Et malgré tout, jusqu’ici, tout le monde arrivait toujours à la seconde près ? C’est très fort. Passons (encore, on est plus à ça près)

En tout cas, Bruce Willis arrive tout de même à destination, et face à lui-même plus jeune : Joe. Et comme les choses sont bien faites, pour une fois, Joe ne tire pas à la seconde même où son colis arrive, et laisse le temps à Bruce de bien le regarder. Comprenant qu’il a bien affaire à lui même, notre héros, bien que perturbé, tente d’ouvrir le feu. Mais Bruce étant un gros malin, il se tourne promptement, faisant que ses lingots d’or dans le dos encaissent le coup à sa place. Puis, pendant que Joe recharge (ce qui prouve bien que cette arme est merdique : elle tire sur une zone toute petite, ce qui lui retire tous les avantages du tromblon qu’elle est censée être, mais par contre a le même temps de rechargement chiant, encore une fois : quels professionnels ! Que tout cela est bien écrit !), Bruce Willis lui fonce dessus et lui pète sa gueule tel un valeureux catcheur. Ah, mais.

Lorsque Joe se réveille, il a un peu mal au crâne, son arme a disparue, et Bruce lui a glissé un papier dans le froc marqué "Saute dans le prochain train de marchandises et disparaît". Devant cette découverte, Joe se dit qu’il devrait porter plainte pour attouchements, mais il n’est pas sûr que la police accepte une plainte contre lui-même. Puis, il regagne aussi vite que possible la ville voisine, car il sait que les hommes d’Abe vont être au courant qu’il a merdé (car là encore : c’est magique). Et en grand spécialiste, il se dit que tiens, si je passais par chez moi chercher mon pognon ? Je veux dire, si des tueurs me cherchent, je doute qu’ils commencent par là, hohoho. D’ailleurs, Bruce Willis a oublié de penser à un truc : s’il avait laissé une partie de ses lingots d’or à Joe, peut-être qu’il n’aurait pas eu à seulement penser un truc aussi débile. Or, il est vaguement dans l’intérêt de Bruce d’éviter que Joe se fasse prendre ou pire, buter, auquel cas c’est terminé pour lui. Mais bon, encore une fois : ce n’est qu’un professionnel avec 60 ans d’expérience, il n’est peut-être pas au courant de ce qu’un spectateur lambda peut supposer.

Hmmm.

Bref, arrivé chez lui, Joe trouve Dudule en train de vider sa cache de lingots d’argent. Lorsque le bougre le repère, Joe parvient à l’enfermer dans la cachette, hurlant au bonhomme "T’inquiète Dudule, dis à Abe que je vais boucler la boucle et terminer mon contrat ! Soyez cools quoi : j’ai la situation bien en main !" ; hélas, un porte-flingue accompagnant Dudule entendant Joe brailler se pointe lui aussi dans l’appartement, et il s’en faut de peu que notre héros ne se fasse plomber le museau. Il ne parvient, qu’in extremis, à sauter par la fenêtre pour aller s’écraser sur une voiture en contrebas. Où il est récupéré par… Bruce Willis !

Que l’on se rassure, comme dans tous les mauvais films, tous les personnages qui tenteront de tirer sur le héros, même à un mètre de distance, échoueront

En effet, Bruce vient du futur : il a donc les souvenirs de son passé, et sait ce que lui-même plus jeune – Joe – a fait. Il sait donc que Joe est repassé chez lui au lieu de suivre ses instructions. Et il est donc venu le sauver. Du coup, cette fois-ci, lorsque Joe se réveille, il est près d’une voie de chemin de fer, avec cette fois, écrit dans la main (Bruce se souvenait qu’étant jeune, il avait failli porter plainte contre lui-même pour une sombre histoire de message dans le froc) "Monte dans un fucking train et disparaît, gros couillon". Sauf que Joe est un peu têtu, et d’une, déteste qu’on le traite de couillon, et de deux.

Aussi, quelques heures plus tard, alors que Bruce est en train de pénétrer dans les locaux d’on ne sait quelle société pour utiliser des ordinateurs, et imprimer un étrange document, il constate soudain que sur son bras vient d’apparaître une étrange cicatrice marquée… "Beatrix". "Petit con ! Te scarifier, à ton âge !" s’exclame Bruce avant de partir à folle allure au seul endroit lié au nom "Beatrix" : le restaurant où il avait ses habitudes en tant que jeune looper, à l’extérieur de la ville, et où officie une certaine Beatrix.

Au matin, donc, Bruce Willis entre dans le petit restaurant, où l’attend patiemment Joe, un gros bandage sur le bras. "Très intelligent", dit le plus vieux des deux en indiquant le bandage, ignorant que si ce que fait l’un influence l’autre, il suffisait à Joe penser très fort "Je me donne rendez-vous à moi-même dans tel café" pour que Bruce le sache aussitôt, cela devenant un de ses souvenirs. Mais on ne doit pas avoir la même notion de "Très intelligent", probablement. Se pourrir le bras était sûrement plus malin (et a dû compliquer la vie sexuelle de Bruce Willis, quand ses compagnes lui demandaient "C’EST QUI CETTE BEATRIX ?" en regardant son bras) En tout cas, maintenant que les deux hommes sont réunis, il est temps de poser les choses, pour ce qui est probablement la pire scène de tout ce film. Vous êtes prêts ? Alors allons-y.

"Salut Joe, je suis toi du futur. Maintenant, je parle trop bien italien, c’est cool, même si en fait j’habite Shangaï et que j’ai jamais eu l’occasion de pratiquer.
- Ah ouais. 
- Et comme je suis le toi du futur, je sais aussi que tu as une arme planquée dans ton pantalon.
- Balaise !
- Alors je te parle du futur ? Savoir pourquoi tu en es là ?
- Si tu veux, ça me ferait plaisir. Enfin te force pas pépé, hein.
- Bon alors tu vois, en fait, dans le futur, tu as rencontré une super nana. Tu es trop amoureux, tu as un gosse et c’est cool. Sauf que dans le futur, il y a aussi un homme, un parrain de la pègre surnommé "Le maître des pluies" qui fait régner la terreur. Personne ne sait qui il est. On sait juste qu’il a une mâchoire artificielle, et qu’il a la grosse haine des loopers parce que quand il était petit, l’un d’entre eux aurait tué sa mère. Du coup, il nous bute. Accessoirement, il est super fort, il a vaincu tous ceux s’opposant à lui sans même l’aide de qui que ce soit.
- Et donc il bute les loopers. Pour sauver sa mère. Mère qui a été butée quand il était petit. Donc en fait, au lieu d’envoyer quelqu’un sauver sa mère dans le passé, ou même de buter les loopers AVANT qu’ils ne la tuent, il décide de les buter 30 ans plus tard alors qu’il a une machine à voyager dans le temps. Et pour ce faire, il envoie les fameux loopers 30 ans dans le passé, à une époque où si ça merde, ils peuvent le buter lui et sa mère. Le tout en confiant l’exécution des loopers qu’il exècre aux loopers… qu’il exècre. Ce serait pas un peu le plan le plus con du monde ?
- Ah si, tiens. Mais c’est rigolo, dans le script, entre les merdes de singe, j’ai cru lire qu’il était génial.
- Ouais moi aussi. Bon sinon, revenons au dialogue : toi qui viens du futur, tu dois avoir des souvenirs sur comment je me tire de cette merde, on irait pas plus vite si tu me le disais ?"

Et là attention, réponse d’anthologie :

"ON S’EN TAPE !" (véridique)

Bin oui mec, c’est jamais que pour te sauver, puisque si Joe meurt, tu disparais. Pas très important, en effet. Heureusement, Bruce bredouille une vague explication sur "Tant que tu n’as pas fait les choses, je ne m’en souviens pas, je vois juste des possibilités", mais Joe est trop con pour lui demander dans quelles "possibilités" il survit, ou laquelle semble la plus heureuse. Là encore, détail. Bruce sort ici de sa poche le document qu’il a imprimé un peu plus tôt, à savoir une carte du coin, et explique son plan : un peu avant d’être renvoyé dans le passé, il a eu le temps d’obtenir un super tuyau sur l’identité du maître des pluies. Un numéro genre de sécu (coucou les crypto-féministes !) qui lui a permis de retrouver trois enfants actuels, l’un d’entre eux étant celui qui est devenu le maître des pluies. Il compte donc bien les buter tous les trois, pour sauver le futur. Sarah Connor, c’est bien ici ?

Voilà. A ce moment exact du film, il est fort probable que vous ayez déjà la fin du film. Vous pouvez donc prévoir tout ce qui va se passer ou presque, et risquez donc de regarder votre montre en boucle en regardant chaque évènement arriver avec lenteur et ennui. En tout cas, c’est ce que j’ai fait. Plomber son film aussi tôt, il fallait le faire.

Voilà. Si vous allez le voir au cinéma, sachez qu’à partir de cette scène, vous pouvez quitter la salle : les héros vous spoilent plus sûrement que cet article.

Allez, poursuivons le massacre : Joe ne l’entend pas de cette oreille : lui, tout ça, il s’en tape. Bruce, lui, il a déjà vécu sa vie. Joe, il a encore la sienne devant lui, alors ça commence à bien faire les conneries : Bruce, sois gentil de mourir, merci. C’est vrai quoi : ce n’est que tuer lui-même, ce n’est pas comme si ça nécessitait la moindre réflexion, merde. Ces personnages ont une rare profondeur

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Au même moment, dans un atelier d’écriture de script

"HOUUUU HAAAA HAAAAAAAAAAAAAAA
- Mongo ! Je… lâche immédiatement la fiche de description des personnages ! Ce n’est pas fait pour être mâché et…
- *Pteu* houu houu…
- C’est bien, tu as bien craché la feuille Mongo. Mais ? Ah, c’est dégueulasse, c’est illisible ! On dirait qu’on a écrit le moindre personnage avec de la salive mâtinée de poux morts !"

Un peu plus tard, en France

Rian Johnson, qui a aussi écrit le scénario, atteint avec élégance cet équilibre entre fantaisie et profondeur qui caractérise quelques grands moments de la fiction populaire.Le Monde

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Et c’est à cet instant précis que nos deux larrons constatent que pendant leur conversation, tout le restaurant s’est vidé sans qu’ils ne le remarquent (comment ? Mystère !). Ce qui n’empêche pas Joe de sortir son arme, mais de manquer son coup car Bruce connait tous ses trucs et parvient à se barrer en emportant sa carte. Seul un tiers de celle-ci reste dans la main de Joe lorsqu’il tente de l’agripper (encore un poncif ? Nooon). Et dehors, les hommes d’Abe sont déjà là : ce sont eux qui ont vidé l’endroit. Ils ouvrent donc le feu pour cartonner Bruce, sauf que celui-ci, agile comme un lapin malin, parvient à s’enfuir jusqu’à un champ voisin. Joe tente d’aider les hommes d’Abe à plomber la cible, mais lorsque la panique retombe un peu après la fuite de Bruce, les hommes d’Abe, Dudule en tête, constatent que Joe est au milieu d’eux. Et contrairement à ce qu’il pensait, Dudule et ses gars ne sont pas calmés et ont toujours pour projet de le capturer pour le découper tout comme Seth plus tôt, afin de ramener Bruce au bercail.

Là encore, esquivant les balles de dizaines d’hommes lui tirant dessus à un mètre de distance (…), Joe s’enfuit lui aussi dans le champ voisin, et court jusqu’à une petite ferme qui est indiquée sur le bout de carte qu’il a arraché à Bruce comme étant la 3e cible où se trouve un gamin pouvant potentiellement être le maître des pluies. Sur place, notre héros rencontre Sara, une brave fermière qui voit d’un mauvais oeil l’arrivée d’un étranger sur son terrain, bordel de gitan. Si celui-ci se montre tout à fait charmant, et la défend même lorsqu’un intrus – autre que lui, cela s’entend – pénètre sur la propriété à la recherche de nourriture, Sara reste tout de même très méfiante, n’hésitant pas à le menotter au lit (Rrrr) qu’elle lui a aménagé dans une petite grange. Si au départ, elle ne le recueille que pour une nuit, les choses évoluent lorsque Sara trouve la carte avec sa ferme indiquée dessus… et oblige, sous la menace d’un fusil à pompe, le pauvre Joe à raconter son histoire : il est un looper, il a merdé un contrat, ses employeurs le cherchent… et l’homme qu’il a loupé compte bien venir cartonner Cid, le fils de Sara, supposant que dans le futur il pourrait être un fucking caïd.

Cid, qui au passage, est l’incarnation ultime de l’un des poncifs les plus lourds du cinéma américain : "l’enfant espiègle". Comprendre : il a une coupe à la con, une salopette, est évidemment super intelligent mais très sensible, et passe son temps à débiter des lignes de dialogue faites pour les adultes tout en s’occupant de ce qui ne le regarde pas. Et comme il se doit, il essaie toujours de maquer son parent célibataire, comme tous les enfants relous du cinéma américain. Bref, chacune de ses apparitions à l’écran semble vous murmurer "Giflez…moi…". Brrr.

Mais qu’importe : Joe propose à Sara de la protéger du vilain looper qui veut leur faire du mal (vous ne la voyez toujours pas la fin du film, hein ?) quitte à "donner sa vie pour le faire". Joe oublie, simple détail, que tout ce qu’il prépare ne risque pas de servir à grand chose puisque Bruce en aura instantanément le souvenir et pourra donc l’esquiver à volonté. Mais à partir de là, sachez que hop ! Le film oublie cette histoire ! Ça ne reviendra que plus tard, quand le scénario trouvera judicieux de le faire pour arranger ses affaires. Déjà qu’ils n’ont pas retenu mon idée de "Joe décide de manger gras pour instantanément tuer le lui du futur à coup de cholestérol", j’vous jure, ces gens ne respectent rien.

En tout cas, la vie à la ferme passe lentement, très lentement, mâtinée de scènes où il ne se passe strictement rien. Enfin si : il y a cette scène mémorable de nullité où un soir qu’elle s’ennuie ferme, Sara regarde le plafond sur son lit. Puis à un moment, fait juste une tête genre "Bah allez, ce sera mieux que de se couper les ongles" avant de faire signe à Joe de monter. Et hop.

J’espère qu’au même moment, Bruce profitait de ses nouveaux souvenirs, du genre "La vache, qu’est-ce que je lui ai mis/suis en train de lui mettre à la petite Sara". Probablement un moment intéressant pour lui. Mais pas pour le spectateur en tout cas, qui dort à moitié à ce stade, attendant que ce qui a déjà été annoncé arrive.

Pendant ce temps, Bruce justement, lui, a commencé à s’occuper des deux autres gamins qu’il pense pouvoir être le potentiel futur maître des pluies, en allant dézinguer le premier devant sa porte (si), et observer où habite le second… second qui s’avère être – et là encore, quelle énorme coïncidence ! – le fils de Suzie, la fille du cabaret avec qui Joe aimait à s’accoupler vertement. Bruce est bien embêté, mais bon, hein, ce qui doit être fait doit être fait, alors ho.

"Tu veux dire qu’en fait, c’est un peu comme si Bruce Willis avait assisté à nos ébats ? J’avoue que ça m’excite un peu, Joe"

Dans le même temps, un homme de main d’Abe fait le tour des fermes autour du champ où les deux fugitifs avaient disparu, et finit par arriver à celle de Sara. L’homme est très subtil, puisque sa démarche pour gagner la confiance des gens lorsqu’il frappe à la porte est "J’ai quelque chose à vous demander, mais je ne peux vous le demander qu’à l’intérieur de chez vous". Une stratégie intéressante, reconnaissons-le, mais qui a probablement été inventé par un bulot, comme la plupart des éléments de ce film. Une fois à l’intérieur, le bougre sort deux photos de Joe et Bruce, et les tendant à la jeune femme en les présentant comme père et fils, demande si elle n’aurait pas vu l’un de ces deux gusses. Non, répond Sara. Ah oui ? Bon. Sinon, vous avez quelqu’un d’autre chez vous ? Ah bin oui mec, j’ai un mari, il fait 2,60m et il est viking de profession, d’ailleurs il va bientôt rentrer. Et j’ai un fils oui, mais il n’est pas là (ne me demandez pas pourquoi elle ment là-dessus alors que ça ne sert à rien, puisqu’elle sait que ce n’est pas ce Monsieur qui lui veut du mal et que ça risque juste de la rendre suspecte à ses yeux, c’est comme ça).

Soit, dit le malandrin, avant de traîner un peu dans la maison à la recherche de quoi que ce soit de suspect, créant diverses scènes façon Tom et Jerry (si) où à chaque fois qu’il passe une porte ou entre dans une pièce, on voit Cid et Joe passer derrière lui, se cacher derrière une autre porte, disparaître au moment où il tourne la tête… et ça dure un petit moment. Un petit moment jusqu’à ce que finalement, Cid emmène Joe se planquer dans un vieux tunnel sous la maison. L’occasion pour Cid d’expliquer que Sara c’est sa mère, mais qu’avant il avait une autre maman (la soeur de Sara, à l’époque où Sara avait encore un travail en ville), mais qu’elle est morte et que c’est triste. Et Joe d’expliquer sans aucune raison, alors que rappelons-le, Cid pourrait bien devenir le maître des pluies et ruiner sa vie, que "Lui un jour, il a rêvé qu’il tuait tous les gens qui avaient fait du mal à sa mère et c’était super cool".

Non mais sans rire. Ce film est une formidable bouse. On passe son temps à souhaiter une mort lente à chaque protagoniste, mais pas trop non plus parce que l’on aimerait bien sortir.

Bon, en tout cas, si la ruse fonctionne, elle n’est que de courte durée : car un peu plus tard, l’homme de main d’Abe, qui a deviné grâce à ses pouvoirs magiques (toujours eux) et sans l’avoir vu que Joe se cachait dans la maison revient, et pour être sûr de se faire respecter, décide de prendre Sara en otage en exigeant de Joe qu’il se rende. Ce que Joe fait. Tout semble donc perdu, jusqu’au moment où Cid, qui passait par là, se vautre la gueule dans les escaliers de la maison (oui, comme ça, allez hop). C’est absolument nul, et en plus, intégralement tourné au ralenti pour faire durer le plaisir, en tout cas le mien, puisque chaque marche dans la face de cette tête à claque avait la saveur d’une bouchée de trianon pour ma cruauté naturelle.

Sauf que si Joe essaie de le rattraper, Sara elle se rue sur Joe (c’est confus tout ça) pour le pousser hors de la maison via une porte voisine. Pourquoi donc ?

Et bien parce que lorsque Cid se relève (sans un bleu) de sa chute, le marmot est un peu bougon (alors que de voir sa mère prise en otage, que dalle), et commence donc à pousser de petits cris colériques. C’est alors que… les objets alentour s’envolent, le flingue de l’homme d’Abe s’envole, et bientôt, le tueur lui même se retrouve collé au plafond, alors que le marmot hurle à plein poumons d’une manière qui a tendance à faire rire nerveusement une partie de la salle tant c’est mauvais. Sauf que lui ne rigole pas : contrairement aux autres personnes capables de télékinésie, il a des pouvoirs littéralement monstrueux ne se limitant pas à soulever une pièce de 5 cents. Et d’une seule pensée, il fait tout exploser, meuble comme rez-de-chaussée de la maison, et même pauvre porte-flingue en une gerbe de sang.

Lorsque, dehors, Joe se relève, à peine capable de comprendre ce qu’il vient de se passer, il se tourne vers Sara pour avoir une explication : Cid est un fucking roi de la télékinésie.

Et bien, merci de cette explication synthétique ma bonne Sara.

Et c’est uniquement à ce moment là que Joe se rappelle que tiens, le maître des pluies, il parait qu’il pouvait vaincre des armées à lui seul sans que l’on sache comment ! C’est donc Cid ! Oh bin ça alors, on l’avait pas vu venir depuis le premier tiers du film et la scène ou deux couillons parlaient de lui autour d’un steak chez Beatrix ! Tiens, du coup maintenant, je me demande trop qui est le looper qui va tuer maman, et pourquoi le maître des pluies va avoir besoin d’une mâchoire artificielle. Pfou, houlala, oui. En tout cas, sachez que Joe pense bien à tuer Cid, mais d’apprendre l’histoire triste du petit garçon, à savoir qu’il a tué sa mère adoptive, la soeur de Sara, avec ses pouvoirs sans le faire exprès, et surtout de voir les yeux tristes du garçon, le bougre ne trouve pas la force de le faire. Tant pis. Il propose donc un autre plan : Sara, Cid, prenez une camionnette et barrez-vous aussi vite que possible, je pense que d’ici 20mn, le coin va grouiller d’hommes d’Abe venus chercher leur pote ou de Bruce Willis (qui peut grouiller en groupe de 1, si, ça suffit le mauvais esprit).

Pendant ce temps, il s’est passé un truc rigolo en ville : alors que Bruce traînait du côté de chez Suzie pour littéralement coller une cartouche à son fils, il a été intercepté par Dudule… qui est donc tout fier de retourner chez Abe avec sa prise ! Enfin, ils vont pouvoir terminer cette histoire en tuant ce contrat en cavale ! Sauf que lorque Dudule arrive chez Abe… et bien tout le monde semble s’en foutre. Pourquoi ? Et bien au motif que l’on vient de localiser Joe dans une ferme, et que donc, tous les porte-flingues sont en train de s’armer pour aller le chercher.

Je résume : Abe cherche Joe pour pouvoir ramener Bruce chez lui et le buter comme prévu. On vient lui livrer Bruce à domicile : tout le monde s’en tape, parce qu’ils veulent aller chercher Joe en priorité.

Je… c’est nul. C’est complètement nul.

Bref : Bruce est grognon, car il n’aime pas trop qu’on l’attrape comme ça ; il a quand même pété du Hans Grüber dans sa jeunesse, ce n’est donc pas un pauvre Dudule qui va l’arrêter, sacrebleu ! Lors d’un moment d’inattention de la part de l’homme qui le menace, Bruce lui colle donc un coup de boule, puis commence à distribuer des mandales à tous les types à sa portée. Aucun ne pensant à se servir de son arme à feu, notre larron a donc tout loisir de se ruer vers le coin "armurerie" de la planque d’Abe, ouverte puisque tout le monde était en train de s’armer, et là attention, voici le mode d’emploi sur "Comment gérer des scènes d’action quand on ne sait pas gérer des scènes d’action".

Bruce Willis a une mitraillette dans chaque main, il est debout, à découvert, et face à un couloir contenant une dizaine de tueurs professionnels armés. Comment faire pour justifier le fait qu’il ne finisse pas en passoire ? Et bien c’est facile :

En filmant en plan fixe Bruce Willis qui tire dans le couloir durant 10 secondes.

Notez qu’en plus, si j’en crois l’angle de l’arme, Bruce mitraille des gens d’environ 90 centimètres

Quelques instants plus tard, Bruce Willis doit passer une porte blindée derrière laquelle Abe et ses hommes sont retranchés, bien armés et à couvert tous en train de braquer la porte en attendant Bruce. Comment faire pour justifier le fait qu’il ne finisse pas en passoire une fois encore ? Et bien c’est toujours aussi facile :

En filmant Bruce Willis avant qu’il ne défonce la porte, puis juste après en ne montrant que des cadavres.

C’est bientôt fini là ? Non parce que moi aussi je veux mourir, en fait.

Bref. Après avoir fini de massacrer tout le monde, Bruce se souvient soudainement (ça y est, cette notion de souvenirs partagés est revenu dans le film, hop !) qu’il a appris par Sara que Cid était un monstre de la télékinésie, et donc que c’était forcément lui le maître des pluies ! Vite : après avoir pillé les réserves de pognon d’Abe, notre bon Bruce saute dans une camionnette et file vers la ferme de Sara pour aller en finir avec cette histoire. En chemin il croise bien Dudule, parti à sa poursuite sur une moto-volante, mais honnêtement, nous allons même passer cette autre scène d’action ratée (sachez que cette-fois, au moment crucial, le réalisateur filme… de la fumée. On voit juste le avant "Dudule sur sa moto" puis le après "la moto sans Dudule" ; à ce stade, c’est de l’art). Il y a bien aussi Joe qui tente de s’interposer, mais n’ayant pas l’expérience de Bruce, il est bien vite mis hors de combat par le vieil homme.

Sara et Cid, eux, ont enfin fini de préparer leur fuite : sachez qu’ils sont tellement forts… qu’ils ont eu le temps de faire des cartons dites-donc ! En 20mn, c’est assez impressionnant je dois dire.

"Vite, fuyons !
- Attends attends, j’ai pas chargé le carton avec la vaisselle… t’as pas vu le marqueur ? Faudrait pas qu’on mélange !"
0

Impressionnant ou consternant, j’hésite un peu sur le mot.

En tout cas, alors qu’ils foncent vers la liberté, mère et fils voient sur la route la silhouette d’un homme seul : Bruce Willis ! Celui-ci vient vers eux, armes à la main, prêt à transformer Cid en petit blob de chair. Peu enthousiasmée par cette idée, contrairement à moi, Sara décide d’accélérer pour tenter d’écraser le malandrin, mais Cid étant définitivement un peu con, il dit je cite "Attention maman, il va nous tuer ! Vite, freine !". Oui. Et puis peins-toi une cible sur la gueule maman, tant que tu y es.

Cid est d’ailleurs tellement malin que pour arrêter la voiture, il utilise ses pouvoirs télékinésiques et… retourne la voiture. Freiner ou virer Bruce de la route, c’était un poil trop malin. Retourner la voiture paraissait en effet être une solution plus viable. S’il vous plait, je… libérez-moi.

S’extirpant tant bien que mal de l’épave, Sara et Cid tentent de prendre la tangente au travers d’un champ voisin, hélas dénué de plantations et laissant ainsi la petite famille totalement à découvert, Bruce peut donc commencer à ouvrir le feu. Sa première balle est d’ailleurs pour Cid, qui l’atteint : surprise ! A la mâchoire. Sans lui arracher, hein, juste une petite plaie. Puis, alors qu’il s’avance pour tirer un peu mieux, Sara s’interpose, expliquant qu’il faudrait la tuer pour qu’elle laisse qui que ce soit faire du mal à son fils. "Pas de problème", dit Bruce, en armant son flingue prêt à aider la bonne dame à découvrir en direct si les femmes ont une âme.

Sauf qu’au même moment, derrière lui, Joe a repris ses esprits et l’a rejoint. Hélas, avec son tromblon, il est bien trop loin pour le toucher, et ne peut assister au spectacle qu’à bonne distance. Voyant que Bruce va tirer, il sait qu’il ne lui reste qu’une seule solution pour l’arrêter. Car il comprend (seulement maintenant ?) que Bruce va tirer, tuer la mère, que Cid va s’échapper et vouloir se venger des loopers en devenant un parrain de la pègre… et qu’il n’est pas question que cela arrive.

Tournant son arme vers son propre coeur, Joe n’hésite pas et tire avant de s’effondrer.

Bruce Willis s’arrête net, puisqu’il n’est pas possible qu’il existe si Joe est mort si jeune. Il disparaît en un clignement d’oeil, ne laissant que Sara et Cid au milieu du champ.

"Tiens au fait, j’y pense, comme ça, là, mais l’espace-temps d’où je viens, je ne suis jamais revenu à cette époque pour essayer de tuer Cid et sa mère, alors comment est-ce que le maître des pluies a pu avoir une mâchoire artificielle, perdre sa mère par ma faute et haïr les loopers pour ainsi demander à ce que l’on m’exécute et que l’on m’envoie ici ? Non parce que c’est un peu l’histoire qui crée l’intrigue du film, alors si elle tient pas debout… non ?"

Encore une fois, le film se vautre, puisque si le temps est ainsi capable de reprendre ses droits sur l’existence de Bruce Willis à cette époque, logiquement, ses dégâts devraient aussi disparaître. Et Joe ne pas avoir de raison de se tuer, etc. Bref, encore un gros paradoxe, que les auteurs du film règlent courageusement en ne le traitant tout simplement pas, ce qui est fort pratique, reconnaissons-le.

Sara, elle, rentre chez elle et soigne la mâchoire de son fils, avant de le coucher. Le bambin s’endort et…

C’est tout. Non, vraiment, il y a juste un plan noir de 5 secondes. Et…

FIN.

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"Mongo !"

Agitant ses mains potelées, le responsable de l’atelier se dirigea droit vers le singe, ses joues bouffies teintée d’un rouge vif alors qu’il agitait un journal à la main. Le singe, en plein épouillage, se contenta de feindre l’indifférence depuis le néon où il avait élu domicile.

"Mongo, je vous avais prévenu : vous avez un contrat d’exclusivité avec nous. Est-ce que vous pourriez m’expliquer ceci ?"

Johnson, qui passait à proximité café à la main, s’approcha du lieu de l’altercation pour mieux observer ce qu’il se passait. Le responsable avait fait claquer un exemplaire du Monde Culture en le jetant sur un bureau voisin, faisant sursauter l’employée qui s’y trouvait. Se penchant, Johnson put lire :

Quand vous raconterez le film à vos amis, pour les encourager à le voir, car il en vaut la peine, distrayant et malin, presque philosophique sur la fin, vous aurez de bonnes chances de vous emmêler les pinceaux. C’est toujours comme ça avec les paradoxes temporels : ils développent la logique d’une impossibilité et généralement finissent par s’effondrer comme des châteaux de cartes.
Le scénario que Rian Johnson a minutieusement édifié pour ce film échappe à ce piège et parvient à mener le spectateur au bord d’un gouffre sans fond, vertigineux, plein de questions sur la vie et la mort, le bien et le mal. Mais aussi plein d’images mouvantes sorties de l’histoire du cinéma, du Magicien d’Oz à Piège de cristal, en passant par Deux ou trois choses que je sais d’elle.

- Le Monde Culture

Un rire malsain s’échappa de la gorge de Johnson : le responsable avait tout à fait raison, aucun journaliste sérieux n’aurait pu écrire cela sérieusement.

La meilleure explication était que Mongo fasse des piges en douce pour le Monde Culture. L’animal n’était pas malin, on reconnaissait de suite son style.

Et en plus, ça expliquait beaucoup de choses.

Parfois, la journaliste de presse féminine sent que sa fin est proche.

Mystère encore inexpliqué par la science actuelle, il semblerait que certaines rédactrices d’un nombre conséquent de magazines puissent sentir lorsque leur heure est venue. Un matin, après une longue carrière rythmée par les fashion weeks , les numéros spéciaux régimes de l’été ou les hors-série "Comment retonifier son gros cul après les fêtes", la journaliste (si, allez : Nikos Aliagas prétend bien en être un, pourquoi pas elle ?) sent que quelque chose dans l’air a changé. De petits détails lui mettent la puce à l’oreille : l’acteur qu’elle a en fond d’écran n’a plus eu de premier rôle depuis un moment, son placard ferme chez elle, et pire encore, elle se demande si, en fait, les über-franges, ce ne serait pas moche. Alors qu’elle s’interroge afin de savoir s’il ne serait pas temps de reprendre ses études, et qu’elle commence donc à chercher le numéro de sa directrice d’école primaire pour voir si elle peut faire la prochaine rentrée en CM2, elle lâche brutalement le combiné, et soudain, elle réalise l’odieuse vérité.

Le fond d’écran qui date, les fringues en quantité raisonnables, les franges qui ne lui plaisent plus : elle est devenue ringarde dans son milieu.

Ni une, ni deux, ses collègues repèrent instantanément sa manière inhabituelle d’agir (elle glousse 20% de moins que la normale) et sentent naturellement ce qu’il en est : avant qu’elle ne contamine tout le troupeau, les bougresses se ruent vers son bureau dans un tonnerre de semelles compensées, puis assomment la fautive à l’aide du classeur servant à classer les photos de Justin Bieber. Une fois la malheureuse ainsi estourbie, une camionnette faisant quotidiennement la tournée des journaux de ce calibre (un métier difficile) charge l’animal et l’emmène jusqu’à sa nouvelle destination : un vaste hangar de banlieue parisienne entouré de miradors, où se trouve un journal qui prendra soin d’elle, mais ne la laissera pas pour autant imprimer quoi que ce soit sur papier. Un lieu où l’on sent bien que si le coeur est encore à l’ouvrage, le reste ne suit plus.

Ce lieu, c’est Elleraconte

Et lorsque l’endroit déborde, l’excédent est directement envoyé au Grand Journal

Cimetière des éléphants des rédactrices fatiguées, on peut ainsi y trouver quantité de conseils de séduction que, comme il se doit, je ne puis m’empêcher de partager avec vous tant leur qualité est tout simplement formidable. Ainsi Mademoiselle, vous pouvez découvrir en ces lieux maudits de précieuses astuces pour attirer l’attention d’un homme tout en évitant quelques erreurs classiques, et même apprendre à repousser de potentielles concurrentes. Evidemment, pour celles déjà en couple, vous trouverez tout de même de quoi enrichir votre quotidien.

Ainsi, prenons un exemple précis : Mademoiselle, vous êtes timide. Si. Vous aimeriez bien attirer l’attention de ce bel homme, là bas, au bar, cravate rouge au col et cheveux blancs en bataille, occupé à expliquer à la serveuse pourquoi elle a deux minutes pour monter dans son coffre si elle tient à ne pas faire couler son maquillage. Comment faire ? Pas de problème : la rédaction d’Elleraconte a la solution pour vous.

Le regard 

En effet, le regard est le premier contact que vous devez effectuer pour attirer son attention. Lancez-lui quelques regards furtifs, il comprendra. Il faut instaurer un contact visuel avant le contact physique.

Je sais, ce n’est pas évident évident comme ça, mais si : il faut d’abord regarder quelqu’un avant de le toucher. Non parce que si vous touchez les gens au hasard dans un bar, cela peut vite créer quelques malentendus. Evidemment, ce conseil ne s’applique pas si vous êtes dans un club échangiste, auquel cas, à vous douces folies si le coeur vous en dit. Idem si vous êtes par exemple Amadou et Mariam, mais pour d’autres raisons.

Bien. Vous avez repéré votre cible, et il vous a aperçue en train de le regarder brièvement ? Que faire maintenant, vous dites vous, rougissante ? Passons à la suite des opérations.

L’indifférence 

Une fois les petits regards lancés, faites comme s’il n’existait pas. A ses yeux, vous devez représenter un challenge pour lequel il doit se battre.

Oui, mais si vous n’avez pas le physique d’un challenge façon grand prix de Monaco mais plutôt du genre coupe champignon de Super Mario Kart ? Qu’importe : Elleraconte vous dit que ça marche ; en faisant du rien, ils tomberont tous à vos pieds. En fait, si vous merdiez avant, c’est parce que vous essayiez de faire un truc comme, je ne sais pas moi, parler. Quelle idée, auriez-vous oublié votre nature de femelle ? Bref : restez immobile, ne le regardez pas et ne réagissez à rien.

Ce qui explique les statistiques de la nécrophilie : les mortes sont de sacrées allumeuses si j’en crois ce magazine. Ce qui explique aussi d’ailleurs la présence de feux follets dans les cimetières du même coup. Balaise. On s’instruit par ici, dites-moi.

Mais trois autres sages conseils vous sont par la suite prodigués pour compléter ces deux-ci et laisser la magie agir :

  • prendre soin de soi
  • sourire
  • être naturelle

Parce que comme ça, ce n’est pas forcément évident du premier coup : mettre en avant son herpès est par exemple déconseillé par Elleraconte, et faire la gueule, voire insulter la grosse mère (vous supputez au pied levé) de votre cible, à mettre au rancard. Le "être naturelle" ne s’adresse bien évidemment qu’aux vampires, loups-garous, lectrices de Marc Lévy et autres créatures surnaturelles qui doivent ranger leurs éléments les plus effrayants pour ne pas faire fuir les habitants de notre plan si tristement banal. Je pense sérieusement que la donzelle qui a écrit ça regardait L’Exorciste tout en rédigeant sa chronique.

Evidemment, d’autres astucieux conseils vous sont prodigués en ces lieux, comme donc, les erreurs à éviter :

- La tenue provocante.
Les hommes aiment ça c’est vrai mais si vous l’êtes trop ils penseront à vous comme un objet sexuel et non comme une personne sensible. Si vous ne voulez pas d’une relation primaire ou d’une seule nuit évitez cela.

Du coup, ne pensez même pas à draguer à la plage : vous serez tout le temps un objet sexuel puisqu’en bikini. D’ailleurs, chacun sait que sitôt au contact du sable, le mâle se transforme en dangereux prédateur qui ne voit plus d’êtres sensibles autour de lui, mais uniquement des proies sexuelles. Ce qui a provoqué beaucoup de malentendu sur le tournage de "Bonne nuit les petits", Nicolas devenant plus d’une fois berserk en fonçant sur Pimprenelle. Seule l’intervention de Nounours, ex-instructeur de close combat de la légion étrangère, a permis à la jeune fille de rester en un seul morceau durant de nombreux épisodes.

- La vulgarité.
Ne faites pas d’allusions sexuelles ou tendancieuses, vous passerez pour une gourde nymphomane.

C’est un domaine réservé aux hommes.

-Pas de politique.
Ne parlez pas de sujet comme celui la. Imaginez qu’il ne soit pas d’accord avec vous, cela mettra un froid entre vous. Préférez les sujets anodins mais pas superficiels. Lui raconter comment vous brossez vos cheveux ne fera que vous rendre superficielle à ses yeux.

Oui hein, c’est pareil : réservé aux hommes. Attendez, vous êtes une femme, vous n’allez quand même pas parler d’un sujet aussi complexe ? Je veux dire : parler de politique de manière ouverte et intéressante, c’est strictement impossible pour vous. Alors laissez ça aux grandes personnes, voulez-vous ? On vous a déjà filé le droit de vote, vous n’allez pas en plus débattre ou évoquer des idées, quoi, merde.

Je cherche Elleraconte sur Osez le féminisme… voyons voir… hmmm, non, rien. Visiblement, c’est parfaitement normal.

"Holala, moi vous savez, sortie de la cuisine et des poneys, hein, hihihuhuhuhuhihi"

-Ne parlez pas trop.
En dire trop c’est perdre votre attrait. Si vous racontez tout d’un trait que lui restera t-il à découvrir de vous ? Il n’y aura plus aucun mystère.

Bin oui, hein : s’il vous connait, vous ne serez plus intéressante, en fait. Vous n’êtes pas un être complexe et intriguant, le site insiste bien. En fait, je crois qu’il sous-entend depuis un moment que votre meilleure chance reste de fermer votre gueule.

Résumons : vous devez rester immobile, ne rien faire et ne rien dire. Et avec ça, ils vont tous tomber.

Mais pour votre beauté intérieure, hein, évidemment.

Cela dit, mettons : alors que vous étiez en train de faire votre autiste, comme Elleraconte vous le recommandait avec goût, voici que parait une autre donzelle qui elle, n’a pas lu le site et fait donc n’importe quoi, comme par exemple, aborder votre cible. Comment faire pour redevenir le centre de son attention autrement qu’en ayant les plus gros seins de la pièce ?

Aucun problème : Elleraconte dresse le portrait de vos ennemies potentielles, et vous donne d’astucieux conseils pour les bouter loin de là.

La marrante

Une fille marrante, c’est sournois. On la voit, bouille sympa, couettes au vent, faire la fofolle ou la bouffonne de service. On le voit, lui, rigoler de toutes ses (belles) dents. Dans votre tête, vous vous dites qu’il n’y a pas d’embrouille, qu’il trouve cette fille sympa, point barre. Jusqu’au moment où vous la voyez, pliée en deux (et sur lui), la main dans la sienne !

Visiblement, chez Elleraconte, une fille marrante a visiblement l’apparence d’une enfant de douze ans tirée d’un épisode de Corky. Bien que la chose soit intrigante, ce qui l’est encore plus, c’est que vous puissiez la voir "pliée en deux (et sur lui), la main dans la sienne" : en général à ce moment précis, on vous demande ce que vous foutez dans la chambre, sale perverse. Mais qu’importe, car voici venir une solution adaptée :

Comment l’éliminer ?

Ne venez pas sur son terrain, à moins d’avoir fait, vous aussi, l’école du rire. Inutile pour autant de vous la jouer cassante, n’est pas « Brice de Nice » qui veut ! Devenez plutôt sa copine. Eh oui, il est bien connu que les filles raflant la mise sont souvent celles de l’arrière garde. S’il est malin, il apercevra juste derrière la comique qui gesticule, une fille discrète, au minois charmant… c’est à dire, vous !

Voilà ; la stratégie ne change pas : faites du rien. Et priez fort pour que la jeune fille rigolote succombe à un arrêt cardiaque brutal, vous laissant ainsi le champ libre pour être repérée par le mâle que vous convoitez. Oui, parce que sinon, c’est mort (sans mauvais jeu de mot) : merci, Elleraconte.

Votre concurrente est d’un autre type ? Pas de problème.

L’intello

Mais de quoi parlent-ils ? Ça vous agace, à la fin ! Voilà une demi-heure que vous faites l’hippocampe, immobile et muette, à mater le ping-pong verbal entre elle et lui. Cette fille n’a pas les lunettes de la première de la classe, elle semble ni coincée ni gonflante… et elle peut parler des heures de jazz ou de cinéma iranien. Le pire c’est que Roméo semble accroc ! 

Oui, parce que normalement, une fille intelligente est coincée/gonflante/à lunettes, c’est connu.

Comment l‘éliminer ? 

Puisqu’il semble attiré par les filles « cérébrales », renseignez vous sur ses centres d’intérêts… et potassez ! Il aime l’opéra ? Révisez vos classiques ! L’écologie l’intéresse ? Blindez-vous en surfant sur des sites spécialisés… L’idée n’est pas d’être aussi calé que lui, au contraire : montrez-vous juste séduite par ce qui le touche. Il se fera un plaisir de vous initier à ses passions et devenir votre mentor ! Et il finira par délaisser « Gros Q.I. » !

Personnellement mon grand jeu consiste à fréquenter des lectrices de Elleraconte puis à faire des calembours nazis en soirée. Mes victimes potentielles suivant les précieux conseils de ce site féminin de qualité, je suis toujours heureux de les voir m’aborder d’un "Hey, salut, toi aussi tu aimes Himmler ?" "Aaaah, j’adorerais visiter Munich !" "Tu sais, je trouve qu’Eva Braun était vraiment une femme très courageuse." Il n’y a plus alors qu’à sourire en savourant ce délicieux flot de belles paroles, tel un délicieux nectar de manipulation de mauvais goût. Hmmm, c’est si bon.

Cela dit, après, si vous êtes vraiment joueur, vous pouvez proposer discrètement un petit anschluss à la jeune fille, mais là, chacun fait bien ce qu’il veut.

Si j’en crois Elleraconte, voici la photographie exacte d’une fille intelligente ET drôle

La pouf

Dans toutes les classes, il y en a une : on la voit, on la sent de loin… Habillée provoc, parfumée provoc, maquillée provoc, elle marche en reproduisant les mouvements d’un balancier de pendule. Tous les mecs se retournent, même LUI.

Comment l’éliminer ?

Patience est mère de sûreté ! Laissez aller. Jouez-la discrète, attendez votre heure. Car les filles qui plaisent à tous, et très vite, sont aussi celles qui lassent les premières. C’est comme une fraise Tagada posée sur une table : elle est là, disponible… trop disponible ! Vous pouvez, mais c’est mal, ébruiter le fait qu’elle s’est déjà emballée plein de mecs cette année. La vérité si tu mens ! La rumeur fera ensuite son travail, pour arriver jusqu’aux oreilles de Roméo…

La comparaison avec la fraise Tagada laisse rêveur. En tout cas, là encore, notez : surtout, ne faites rien. Attendez simplement votre tour, comme tout le monde, merde. Avec un peu de bol, et si vous êtes assez patiente pour attendre que Monsieur se lasse (au bout de 3 ans et 2 enfants, méfiez-vous tout de même), peut-être aurez-vous la joie de profiter de l’une des nombreuses MSTs qu’il aura ainsi récupérées.

Il n’y a pas à dire : tout cela vend terriblement du rêve.

La sportive

Qui dit sportive, dit corps de rêve. C’est elle qui saute le plus haut, court le plus vite, marque le plus de buts au hand. Elle a ce côté sain, belle des champs, qui peut plaire. Vous, vous n’êtes pourtant pas grosse, mais bon… la flemme, les gâteaux au chocolat…

Comment l’éliminer ?

Vous n’avez que deux possibilité : sois vous vous inscrivez dans un club de gym, sois vous emmenez le garçon sur un autre terrain : le vôtre. Invitez-le à goûter votre fameuse tarte au chocolat. S’il se resserre c’est bon signe ! A terme, il risque fort de préférer la paresse gourmande avec vous aux parcours de santé avec la folle du stade !

Attention tout de même : sportive = corps de rêve est une équation qui a été depuis longtemps prouvée comme étant fausse par la plupart des anciens pays du bloc de l’Est. Après, personnellement, offrir des confiseries et pâtisseries pour attirer votre cible, c’est une riche idée. Quantité de gens le font, nus sous leurs imperméables devant les écoles, et à ce qu’il parait que ça ne marche pas trop mal. Bonne idée.

Allez, soyons fous : vous avez réussi à harponner votre cible, mais maintenant, vous voulez la garder. Comment faire ? Et bien c’est simple, nous dit Elleraconte, il suffit de pimenter un peu le quotidien avec des idées qui font rêver. Comme quoi par exemple ?

Et bien avec, je cite "son propre jeu de l’oie"

Je… ah oui tout de même. Moooui. Et donc ?

Un jeu de l’oie coquin compte 63 cases comme son modèle original, il se joue avec un dé et deux pions, un par joueur et se joue en couple. Sa règle est simple, le premier arrivé à la case "arrivée" remporte la partie, il doit s’arrêter précisément sur celle-ci avec le chiffre de son dé. Si ce chiffre est trop haut, il reviendra en arrière du reste de celui-ci.

Vous le voyez arriver, cet affreux moment où vous vous faites horriblement chier devant un plateau de jeu avec l’être aimé ? Pourquoi pas un Scrabble coquin ? Ou un bingo coquin ? Et puis ensuite mater un épisode de Derrick coquin et aller se coucher aussi, non ?

Sans compter que Mesdemoiselles, ne faites pas les innocentes : on sait très bien comment vous jouez. Ho, et Messieurs, j’en connais aussi chez vous, des mauvais joueurs puissance 12 façon "Ah putain non tu relances le dé, il est cassé sur le bord du plateau, ça compte pas là naaaan t’as pas gagné arrête tout à l’heure moi j’ai dû relancer alors tu relances !". Je pense que ni la notion de "ludisme" ni celle de "coquin" n’ont été assimilées dans le coin. Ce truc est juste une sorte de rituel d’invocation de situation gênantes, mais avec un plateau moche en guise de pentacle.

Au départ, chaque joueur se place sur la case départ. A tour de rôle, vous allez lancer un dé pour définir le premier à jouer : celui qui aura fait le plus grand nombre commencera et les autres suivront dans le sens des aiguilles d’une montre. 

Oui, dans le sens des aiguilles d’une montre hein : sachant que ce jeu se joue à deux, il faut le préciser, sinon, pfiou, tiens je sais plus à qui c’est de jouer moi.

Joueur d’échecs mimant une montre avec le doigt pour savoir à qui c’est de jouer

Une fois que l’ordre de passage est établi, la partie peut commencer. Chacun son tour, le joueur lancera un dé et avancera de tant de cases que le dé l’indique. Votre chemin sera parfois paisible (cases simple passage), d’autres fois il sera bénéfique pour vous (cases récompense) mais aussi les autres fois, sera synonyme de dette que vous rendrez à votre partenaire ou d’effeuillage où vous devrez ôter un vêtement.

"Pourvu que je tombe sur la case fellation", se dit Philippe en faisant rouler le dé dans sa main, notant que Valentine avait rajouté des cases "Vaisselle" drôlement érotiques à vue de nez. L’expression "piper ses dés" n’aura jamais été mieux employée.

Rah, mais fi des grivoiseries : poursuivons.

- En dehors des cases "départ" et "arrivée", le plateau contient 15 cases de simple passage où vous êtes en sécurité puisqu’il ne se passe rien. Elles correspondent aux numéros : 2 ; 5 ; 8 ; 11 ; 17 ; 20 ; 23 ; 28 ; 35 ; 37 ; 39 ; 43 ; 48 ; 51 ; 57.

Sachant que c’est un jeu pour faire des choses avec son ou sa partenaire, voir que l’on parle en termes si positifs du fait qu’il ne se passe rien est déjà assez inquiétant en soi.

- 13 cases sont des pénalités où vous devrez alors exécuter un gage à votre partenaire. Elles correspondent au numéros : 6 ; 9 ; 12 ; 18 ; 19 ; 27 ; 31 ; 36 ; 42 ; 45 ; 52 ; 54 ; 58.

- 12 cases sont des récompenses où vous aurez le plaisir de vous faire bichonner par votre partenaire. Elles correspondent aux numéros : 4 ; 7 ; 15 ; 16 ; 24 ; 29 ; 32 ; 40 ; 44 ; 49 ; 55 ; 61.

- 13 cases sont des cases effeuillage où vous devrez retirer un vêtement et le confier à votre partenaire (quand la personne est entièrement nue, cette case n’a plus d’effet). Elles correspondent aux numéros : 3 ; 10 ; 13 ; 21 ; 22 ; 26 ; 34 ; 38 ; 47 ; 50 ; 56 ; 59 ; 62.

Et quand vous vous retrouverez nus comme deux andouilles à jouer au jeu de l’oie, en sachant que Madame d’habitude a froid aux pieds même sous une couette d’un mètre trente d’épaisseur, provoquant dans le cas présent un refroidissement instantané de toute sa personne, vous pourrez sérieusement commencer à vous demander "Mais ? Mais qu’est-ce qu’on fout, là ? Germaine, qu’est-ce qui nous arrive, sommes nous devenus si cons ?"

En fait, c’est tellement nul que je pense que Klaus Barbie a utilisé ce jeu durant ses interrogatoires (une variante sobrement appelée "Jeu du pas de l’oie") :

"Ach ! Ch’ai encore eu la ponne case, ja ? Je rechoue !
- Noooon… arrêtez, c’est odieux… lâchez ce jeu de merde ! C’est insupportable !
- Neiiiin, mein kleine freund, che rechoue, z’est le cheu. Ein, zwei, drei… hooo ch’ai ein gage ! Che tire ein carte !
- Pitié je… d’accord, je… je fais bien partie du réseau Liberté & Gratin dauphinois, mon supérieur s’appelle le Colonel Petipas, il a une chambre à l’auberge juste au sud d’ici mais j… pitié… lâchez ce dé…
- Ho ! Che rechoue encore ! Che m’amusse tellement !"

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Mais ce n’est pas fini.

- 5 cases sont des retours de cases où vous reculerez du même nombre de cases que le dé vous l’indiquera en le lançant.

- 3 cases sont des retours à la case départ, si vous vous arrêtez dessus, vous êtes obligé de vous placer sur la case départ et de recommencer le parcours

Voilà : vous pouvez donc, au nom de l’érotisme, passer encore 45 minutes nus comme des vers, grelottant, à chopper la crève autour d’un plateau de jeu de l’oie fabriqué avec de vieux cartons de yaourts. Autant vous le dire : l’excitation sera à son comble à ce moment là, et, Mesdemoiselles, nul doute que pareille idée fera de vous une véritable déesse pour votre compagnon qui ne pourra même plus imaginer se passer de vous.

Ou alors, on retrouvera votre corps à demi-calciné au milieu de cartons non-identifiables, des dés coincés dans les narines, sur un terrain vague du côté de Mourmelon.

Voilà, définitivement, je crois que j’ai envie de dire : merci, Elleraconte.

Mesdemoiselles, vous savez ce qu’il vous reste à faire pour nous faire rêver.

Courant à toutes jambes, Elodie manqua de peu de trébucher alors qu’elle s’engouffrait dans une ruelle voisine.

Le souffle coupé par ses sanglots, les yeux embués par les larmes, la jeune fille s’arrêta contre le mur de l’étroit passage où quelques poubelles crevées avaient été rassemblées à proximité d’une bouche d’aération d’où sortait une fumée blanche donnant un curieux aspect à l’endroit. Peinant à se tenir droite après sa course, elle se retourna en hoquetant à la recherche de son poursuivant, et n’apercevant rien de celui-ci entre les murs de brique rouge s’élevant loin au-dessus d’elle, soupira longuement.

Passant une main sur ses yeux pour essuyer ses larmes, elle se retourna pour esquisser un pas en direction de l’autre extrémité de la ruelle, mais poussa un long hurlement de terreur lorsqu’elle aperçut à quelques centimètres en face d’elle le faciès déformé de la chose qui l’avait poursuivie : une sorte d’imposant monstre canin, vaguement humanoïde, dont les babines noires retroussées laissaient paraître des dents qui ne laissaient aucun doute quant à l’alimentation de la créature. Par dessus un museau mille fois balafré, deux yeux jaunes luisaient en fixant la pauvre jeune fille qui tomba au sol, rampant confusément en arrière alors que la silhouette haute et large de la créature s’approchait d’elle, la dominant toujours plus.

De la bave s’écoula entre les dents de la bête, alors que celle-ci reniflait bruyamment l’air nocturne ; se penchant lentement au-dessus de l’ingénue, elle sembla émettre un son indéfinissable à mi-chemin entre la déglutition et le grognement, jusqu’à ce que soudain, elle s’immobilise en fixant quelque chose situé derrière Elodie.

C’est lorsqu’elle se retourna que la jeune fille vit de quoi il s’agissait : une silhouette enfoncée dans un épais trench-coat tenait à la main une arbalète chargée d’un projectile à pointe d’argent dirigé droit vers le monstre face à elle, qui sembla reculer doucement.

"Laisse la fille partir et je me débrouillerais pour que l’on te trouve un endroit où tu pourras chasser en paix.
- Les miens ne vivent pas dans des zoos ou des réserves, chasseur. Détourne-toi et tu vivras."

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La créature s’était exprimée d’une voix gutturale mâtinée d’un grognement constant. Elodie ne savait plus où donner de la tête, alors qu’aucun des deux personnages l’entourant ne semblait prêt à bouger.

"J’ai affronté bien pire. Saisis ta chance.
- Je t’ai donné la tienne, chasseur. Péris !"

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La chose bondit droit vers sa cible, passant au-dessus d’Elodie qui tenta de se protéger comme elle le pouvait en se plaquant au sol ; elle n’eut pas le temps de véritablement réaliser ce qu’il se passait qu’il y eut un déclic, suivi du bruit sourd d’un poids imposant tombant sur le sol froid de la ruelle. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, l’homme au-dessus d’elle lui tendit une main gantée, son arbalète déchargée dans l’autre. Tournant la tête, elle vit à quelques centimètres d’elle le monstre, étalé au sol sans vie, un projectile d’argent dépassant de son dos là où il l’avait littéralement traversé, à l’endroit où elle aurait supposé que le coeur de pareille créature aurait pu se trouver.

"Vous allez bien Mademoiselle ?
- Je… qu’est-ce que… qui êtes-vous ? – elle tenta de voir le visage de son sauveur, mais n’y parvint pas l’obscurité de la ruelle ne l’aidant guère
- Aucune importance. Tenez, prenez ce ticket de bus, il y a un arrêt non loin, vous pourrez rentrer chez vous, il n’y a plus rien à craindre."
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Elle se saisit du minuscule papier que l’homme lui tendit, puis se retourna pour s’assurer que la créature était bien morte ; elle nota alors que le cadavre avait disparu, et se tournant pour demander à son sauveur comment cela était possible, elle constata que lui aussi s’était volatilisé.

Seule au milieu de la ruelle, incapable de dire si tout cela avait véritablement existé, Elodie fixa quelques instants les étoiles en se demandant ce qu’il venait de se passer. Tout cela avait tellement peu de sens… elle avait besoin d’une explication. Elle avait besoin de savoir ce qui se cachait dans les ombres. Elle avait besoin…

D’un bon film résumant tout.

Quelle meilleure occasion pour découvrir les sombres secrets cachés derrière ce que nous pensions savoir ? Jeunes gens : allons donc voir Abraham Lincoln, chasseur de vampires, et apprenons-en plus sur l’histoire derrière l’Histoire  !

Spoilons mes bons !

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L’affiche : et qu’est-ce que l’on voit dessus ? Des flammes. Ca ne rate jamais, comme truc

Le film s’ouvre sur le triste paysage d’un quelconque quai fluvial des Etats-Unis d’Amérique en 1818, alors que des familles sont occupées à préparer diverses denrées à charger dans des embarcations : bois, paille, journalistes sportifs et autres marchandises inertes de faible valeur défilent donc. Nous y apprenons au passage que toute l’histoire que nous allons suivre, justement, est en fait tirée du journal intime d’Abraham Lincoln que celui-ci tenait depuis tout petit (et qui, curieusement, tient en un volume de poche de 200 pages alors que le bougre y écrit tous les jours, j’imagine que le titre original était "Abraham Lincoln – Inventeur du microfilm"), car oui, tout commence lorsque le brave Abraham n’est encore qu’un enfant pur et innocent, comme tous les enfants (à l’exception de ceux qui prennent le train avec vous, qui sont invariablement des chieurs).

Occupé avec son père à couper des bûches sur le quai pour faciliter leur chargement, le gai luron est rapidement interrompu dans son travail par les cris d’une famille de noirs que l’on rudoie quelque peu à une courte distance de là, se ramassant divers coups de fouet en travers du museau. Les pauvres gens ont beau expliquer que mais, enfin, merde, c’est un malentendu : ils ne sont pas des esclaves, ils sont nés libres, mais l’homme qui les tatane, un certain Jack Barts, sorte de Brice Hortefeux local, n’en a que faire. Et puisque c’est la famille du jeune Will Johnson, ami d’Abraham, ce dernier n’hésite pas malgré les avertissements de son père lui demandant de ne pas se mêler de tout ça à aller s’interposer pour prendre les coups de fouet à la place de son ami (j’ai connu une fille comme ça aussi, mais là n’est pas le sujet).

Jack Barts, qui s’avère accessoirement être l’employeur et créancier de la famille Lincoln, ne goûte guère à la plaisanterie surtout lorsque Papa Lincoln vient à la rescousse de son fils : l’homme au fouet se contente d’informer poliment l’ami Papa qu’il est viré et qu’il peut quitter les lieux dès à présent, avant d’ajouter qu’il ne laisserait pas ses dettes s’envoler… et viendra se payer d’une manière ou d’une autre ; le bougre annonce d’ailleurs la chose en lançant un regard appuyé à Maman Lincoln qui lui fait comprendre que mais oui, durant des heures, il va lui mettre la fièvre.

La nuit même, alors que toute la petite famille Lincoln dort à poings fermés, à l’exception du jeune Abraham occupé à écrire ses aventures du jour dans son journal comme un vulgaire utilisateur de Facebook. C’est donc lui qui entend soudain le grincement de la porte d’entrée de leur chiche maison et voit pénétrer dans la demeure Jack Barts, s’approchant silencieusement de la couche nuptiale l’air hostile. Abraham n’étant pas du genre à balancer, il s’abstient donc de hurler à l’intrus et se contente de regarder la scène, puisque hein, bon, tout cela est parfaitement normal. Du moins, normal jusqu’à ce qu’Abraham constate que Jack Barts renifle étrangement l’un des poignets de Maman Lincoln : il aurait bien voulu en voir plus, mais il a croisé le regard du vilain, étrangement rouge, qui lui a lancé un large sourire avant de poursuivre son oeuvre.

Oeuvre que nous ne verrons pas car nous sautons directement à la scène suivante, où visiblement, la nuit s’est passée sans encombres à part le fait que Maman Lincoln se soit réveillée prise de spasmes, comme possédée : malgré l’intervention du pasteur local, il n’y a rien à faire, il est impossible d’identifier le mal qui touche la pauvre dame, à part peut-être que tout son corps refuse d’être dans un si mauvais film.

Et non, Abraham ne dit pas "Tiens c’est rigolo parce que moi j’ai vu Jack Barts entrer dans la maison cette nuit et s’intéresser curieusement à maman, quelle coïncidence, si on allait lui poser des questions", puisque comme je vous l’ai dit, il n’est pas du genre à balancer ; il n’a déjà pas hurlé quand un intrus a pénétré la demeure familiale dans la nuit, ni quand il lui a jeté un regard de psychopathe, alors pensez vous, ce n’est pas maintenant qu’il va ouvrir sa bouche. Quel petit con, je vous jure.

Bref : Maman Lincoln n’étant pas vraiment aidée par son idiot de fils, elle finit par mourir (hé bin oui) et son mari ainsi que son seul enfant vont donc l’enterrer, le père de la famille réduite demandant à Abraham de lui jurer de ne plus faire de conneries. Mais comme le dit la voix off : comme Papa Lincoln mourut 9 ans plus tard, la promesse était levée (Ha ?! Quelle étrange logique) et il pouvait donc à nouveau faire de la daube. Ce qu’il fit avec joie puisque le royaume de la daube, nous errons un peu dedans, là, tout de suite.

En effet, désormais adulte, et n’ayant pas vraiment oublié Jack Barts, Abraham a décidé de s’équiper d’un fier pistolet et d’aller faire la peau au brigand pour venger môman, mais comme la chose n’est pas vraiment dans sa nature, il est d’abord passé par le bar du coin pour se donner un peu de courage en se saoulant au Banga. Hélas pour lui, un homme au bar lui a demandé ce qu’il comptait faire pour autant boire : rouler un patin à une femme ou tuer un homme (ou l’inverse, ne soyons pas conservateurs) et lui tapant sur l’épaule pour ponctuer sa question, a fait choir de la veste d’Abraham son arme.

Oups, se dit le futur président avant de ramasser son bien et de s’en aller à toute allure du rade crasseux.

Mais à la nuit tombée, semble t-il qu’Abraham a trouvé suffisamment de courage pour reprendre le cours de sa mission puisque, sur le même quai que celui où ses parents travaillaient autrefois, le bon Lincoln retrouve Jack Barts en bonne conversation avec un client important semble t-il, qui explique à Barts qu’il va falloir envoyer une "nouvelle moisson dans le Sud pour nourrir toutes ces bouches". Attendant que le client et les gens l’accompagnant reprennent leur embarcation et s’éloignent sur le fleuve en abandonnant le pauvre Jack derrière eux occupé à maugréer contre la manière dont l’autre homme lui parlait, Abraham finit par sortir de l’ombre pour tenter d’attaquer sa cible, hardi petit.

Hélas, et malgré l’effet de surprise, Barts semble avoir senti son assassin venir de loin et a tôt fait de commencer à se battre avec lui, faisant preuve de talents martiaux qui impressionnent quelque peu le pauvre Abraham, qui finit par se retrouver en bien mauvaise posture : heureusement, une habile manoeuvre de sa part intitulée "Woush woush c’est magique" lui permet de reprendre l’avantage suffisamment longtemps pour pointer son pistolet droit vers le crâne de son adversaire, lui tirant une balle dans l’oeil. "Urgh", fait Jack Barts en tombant lamentablement au sol, foudroyé par le tir. Réalisant ce qu’il vient de faire au nom de la vengeance, Abraham s’éloigne quelque peu de l’endroit de son forfait et jette le pistolet dans la rivière voisine, dégoûté par son acte. Hélas, il regrette bien vite son geste car, se retournant, il s’aperçoit que le cadavre de sa victime a purement et simplement disparu…

Et que Jack Barts est bien vivant, juste derrière-lui, la balle encore dans l’oeil ; la mâchoire du brigand se déforme pour dévoiler de sacrées rangées de dents pointues, et Abraham comprend bien vite que tout cela n’est guère normal, voire carrément parabanal ; il souille un peu son pantalon dans un bruit qui n’est pas sans rappeler la trompette de la cavalerie, puis tente la fuite. La force de son adversaire, purement et simplement surhumaine, l’empêche cependant de faire quoi que ce soit de sérieux, et le pauvre Lincoln se retrouve sur le point d’être tué lorsque soudain, l’on vient à sa rescousse !

Oh, mais qui donc ?

Profitez bien de cette image d’Henry avec un fusil, car en fait, il a beau en avoir 300 chez lui, il n’aime pas les armes à feu. Intéressant.

Et bien l’homme du bar, celui qui l’avait interpellé, et lui-même semble particulièrement fort puisqu’il éjecte d’une seule main Jack Barts si fort que le malandrin vole sur plusieurs dizaines de mètres en défonçant tous les objets sur son passage. Abraham, témoin de la scène, tente bien de comprendre ce qu’il se passe mais, ha ! Bien amoché, il s’évanouit purement et simplement comme un vulgaire John Carter.

Quelques heures plus tard, Abraham se réveille dans un lit confortable, les blessures bandées et le visage encore quelque peu tuméfié suite à ses dernières aventures ; tentant de comprendre où il se trouve, s’il a passé la nuit seul et pourquoi il a si mal partout. Il quitte donc la chambre où on l’avait installé et commence à explorer la maison où il se trouve pour s’apercevoir que celle-ci est plutôt spacieuse, voire carrément luxueuse bien que fort mal rangée ; finalement, ce n’est que guidé par des bruits de copulation qu’il tombe sur le propriétaire des lieux en pleine action avec une fille de joie (où une fille aimant les boites de nuit, parfois, les deux se ressemblent un peu vestimentairement parlant), à savoir l’homme qui l’a sauvé la veille et qu’il avait croisé au bar. Celui-ci congédie donc sa belle amie et se présente donc : Henry Sturgess (et nom Sturgess Henry, sinon ça fait "turgescent" et tous les enfants se moquaient déjà de lui à l’époque, l’accusant d’un dévorant priapisme).

Ah oui, petit détail : dans ce film, aucun personnage n’arrive à prononcer un nom sans mettre un immense espace aléatoire dedans, du genre "Je suis Abraham………….. Lincoln" ou "Va voir Bob Smith………… Junior". Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais pas plus que vous. Mais je commence à croire que les problèmes de diction sont récurrents dans les histoires de vampires. Sûrement une histoire de dents qui gênent.

Bref : devant un Abraham complètement paumé, Henry tente d’expliquer à celui-ci de quoi il retourne : les vampires existent, et ce sont de sacrés rabouins (Abraham tentera bien un "Hohoho, mais non, ça n’existe pas, balivernes" puisqu’ayant oublié que dans la scène précédente, il avait été attaqué par un type au visage inhumain une fois sa mâchoire déformée pour laisser passer ses dents, et capable de survivre à des balles dans la tête, mais bon, passons tant tout cela est consternant) qui sucent le sang des humains. Henry ? Lui est chasseur de vampires, rien de moins. Abraham ferait donc bien de faire profil bas, ses ennemis étant un petit peu trop puissants pour lui. Mais c’est sans compter sur la volonté de fer de Lincoln, qui explique qu’il engagerait bien Henry pour tuer Jack Barts ; après avoir essuyé un refus pour le motif "Mes services ne sont pas à vendre" (et tu paies ta maison avec quoi ? Tu suces le sang des poulets pour le Colonel Sanders ?), Abraham insiste alors pour être formé en tant que chasseur. Henry ne lui pose qu’une seule condition : qu’il oublie la vengeance, abandonne l’idée d’avoir des amis et une famille et se fasse à une vie d’homme de l’ombre.

"Pas de problème", dit Lincoln en croisant les doigts dans le dos tant les conditions sont complètement foireuses et invérifiables avant la fin de la formation. Il pouffe même un peu, glousse, et fait en fait un tas de trucs assez inquiétants, finalement.

Et c’est parti : Henry explique que les vampires ne sont sensibles qu’à une seule chose : l’argent (ça n’empêchera pas, plus tard dans le film, de voir que dans la valise du parfait chasseur de vampire, il y a aussi des pieux en bois ce qui laisse donc songeur), et propose donc à Abraham d’apprendre à se servir de toute une série d’armes à feu plus ou moins curieuses pouvant balancer de l’argent à bonne distance sur tout suceur de sang en goguette. Il précise d’ailleurs que ces derniers ne peuvent pas porter d’argent sur eux tant ils le détestent, alors forcément, s’en prendre dans le museau ne leur fait pas du bien. Mais comme Abraham explique être une tanche avec les armes à feu, mais qu’il a par contre été bûcheron autrefois, Henry propose d’entraîner notre homme à l’utilisation de cette arme (que lui aussi maîtrise divinement, quelle coïncidence !).

S’ensuivent donc plusieurs mois d’entrainement où Abraham apprend à manier la hache – enduite d’argent -, à combattre contre des ennemis pouvant devenir invisibles, à "toujours avoir un plan de secours", et accessoirement à savoir une super force.

Pardon ? Mais comment ? Et bien pour ce dernier point, c’est simple, observons plutôt

"Abraham, tu vois cet arbre, là ? Tu dois le couper en un seul coup.
- Mais ? C’est impossible ! Il est trop épais enfin ! J’en sais quelque chose, j’ai été bûcheron.
- Imagine que c’est celui que tu hais le plus…
- Jack Barts ! Yurg !
- Ah tu n’as pas tapé bien fort… alors dis-moi ce que tu lui reproches ?
- D’avoir tué ma mère, yurg ! 
- Hmmm, pas beaucoup plus fort, mais il y a du mieux… maintenant, toi, que te reproches-tu ?
- De n’avoir pas su protéger mes parents ! Yuuurg !
- Ah ! Voilà, tu viens d’éclater l’arbre d’un seul coup : voilà le secret, Abraham : la force ne vient pas de la haine, mais de la vérité."

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Compris ? Il vous suffit de dire quelque chose de très très vrai et hop, vous devenez très très fort. Par exemple : si vous dites "Paris est la capitale de la France", vous pouvez enfoncer une porte d’une main. Si vous dites "Il faut cent centimètres pour faire un mètre", vous pouvez arrêter un rhinocéros qui charge. Et si vous hurlez "Les blogueuses modes sont plus cons que des hamsters", alors là, the sky is the limit.

"Cher journal, Henry m’a demandé ce qui était le plus évident : apprendre à utiliser des flingues pour tuer de loin des créatures super fortes, ou essayer de devenir un ninja de la hache face à des créatures spécialisées dans le corps à corps. J’ai choisi, et je crois définitivement que je suis un peu con."

Enfin voilà : une fois super balaise, Abraham voit à l’occasion d’une scène dotée d’une fort grosse erreur de montage (notre héros a à nouveau le maquillage de mec passé à tabac qu’il avait lorsqu’il s’était réveillé chez Henry quelques mois plus tôt) son nouveau maître lui expliquer photos à l’appui ce qu’il en est des vampires à l’heure actuelle aux Etats-Unis : il y en a moult, plus ou moins discrets, mais il y a parmi eux Adam, le plus vieux de tous et supposé père de la race (c’était lui, le "client important" de Barts plus tôt dans le film), sa copine Poufblonde et divers autres personnages à ses ordres qui tous, vivent tranquillement dans le sud du pays. Henry explique comment les choses vont se passer à son élève : il va l’envoyer en mission dans une certaine ville et de là, il devra se faire discret en attendant que les ordres de qui il devra exécuter arrivent par courrier. Et c’est toujours Henry qui décidera de quand Abraham pourra tuer Jack Barts.

Je commence à comprendre les soucis de La Poste : ce sont en fait des vampires qui pillent le courrier pour éviter aux réseaux de chasseur de communiquer. Cela explique pourquoi il faut parfois attendre l’éternité pour récupérer le moindre colis : tout s’explique.

Enfin : Lincoln est donc envoyé dans la petite ville de Springfield, où pour trouver un logement, il s’installe au-dessus de la boutique d’un certain Joshua Speed, qui ne demande comme seul loyer que la participation du nouvel arrivant aux travaux de l’échoppe. Rapidement, Abraham s’avère être un employé consciencieux, puis un véritable associé pour Speed, lui permettant de s’intégrer aisément dans la petite ville. Cependant, son poste lui permet aussi de découvrir les notables locaux venant récupérer quelques courses dans leur auguste établissement, et c’est ainsi que notre chasseur de vampires préféré rencontre Germaine, la fiancée d’un élu local pro-esclavage, et vaguement mignonne ce qui provoque chez lui d’étranges sensations qui lui donnent envie de faire des jeux de mot sur Sturgess Henry. Cependant, le temps passe et le courrier d’Henry devant lui donner une mission tarde à venir : Abraham s’ennuie donc un peu en lisant des livres de droit pour, par la suite, pourquoi pas changer de couverture pour quelque chose de plus tentant, comme avocat (car comme chacun sait, avocat est la couverture officielle préférée des chasseurs de vampires, puisque cela regroupe quantité d’avantages : on peut facilement planquer son arbalète sous une robe, mentir quotidiennement comme un arracheur de dents – hoho – est rémunéré, et il faut avoir le goût de l’argent, que demander de plus ? L’internet fébrile attend avec impatience "Maître Eolas contre Dracula" avec une scène finale où capes et robes tournoient follement).

Cependant, un jour enfin, un courrier parvient finalement à notre héros : "Va voir Bob le pharmacien il a une ordonnance pour toi" – Ho ! Il est temps d’aller botter le cul de ce fameux Bob, se dit Abraham, vite, ma hache !

Oui, ou alors Henry t’envoyait voir le pharmacien pour qu’il te donne le nom d’un vampire local, mais bon, hein, heureusement tu as interprété le message complètement flou de ton maître comme il le fallait Abraham, tu es très fort. Bref : Abraham se rend sur place, manque de peu de mourir dans l’un des pièges du pharmacien maléfique qui s’attendait bien à finir attaqué un jour ou l’autre, mais finit par coller un bon coup de hache dans la margoulette du brigand tout de même. Quelques jours plus tard, une nouvelle lettre arrive : cette fois, c’est le banquier local qui aime sucer du sang : de la même manière, il finit décapité. Puis, c’est au tour du maréchal-ferrand… jusqu’à ce que finalement, Abraham ait enterré 6 corps (non, les corps ne deviennent pas cendres à leur mort) dans les bois du coin. La gazette et les notables locaux parlent régulièrement des 6 disparus, mais heureusement, rien ne permet de remonter jusqu’à notre héros.

Pas même cette grosse andouille de Germaine qui, séduite par le charme de Lincoln, décide de plaquer son député pour aller tenter l’amourette avec le mystérieux boutiquier, et ne fait aucun lien avec ces disparitions le jour où alors qu’elle se demandait ce qu’Abraham lui cachait, ce dernier lui répondit "La nuit, je tue des vampires, j’en ai déjà buté 6". Elle prend juste le tout à la rigolade et finit pompette parce qu’elle a bu trop de cidre, hop, n’en parlons plus. Toi, je comprends pourquoi tu es copine avec Abraham.

Mais un soir, un curieux arrivant se présente à la boutique de Speed : Will Johnson, l’ami d’enfance d’Abraham à la peau d’ébène ! Celui-ci, venu retrouver son Lincoln préféré, explique qu’il a besoin d’aide : des chasseurs de prime sont à ses trousses, persuadés qu’il est un esclave en fuite. Il a donc besoin de son ami pour témoigner qu’il est né libre, et a donc le droit de le rester. Les deux hommes sortent donc du magasin pour discuter, mais, hélas ! Voici que les chasseurs en question ont rattrapé leur proie et les armes à la main, expliquent qu’ils vont emmener Will. Pas de bol pour eux, Abraham leur fait wiki-wiki-wa-wa-woush dans le museau et sauve ainsi son ami de l’esclavage qui l’attendait. Bien que victorieux, Abraham n’en est pas moins chamboulé : il commence donc à se dire qu’il devrait lutter contre les maux des hommes avec des mots, et plus seulement avec des haches dans la gueule (même si les haches rentrent plus facilement dans le crâne), et dans les temps qui suivent, commence à livrer des discours enflammés à la foule de Springfield, se faisant ainsi remarquer d’hommes politiques locaux qui aimeraient bien en faire leur poulain vu son don pour les mots (ou l’envoyer à Des Chiffres et des Lettres).

Mais quelqu’un d’autre l’a remarqué faire son numéro en public… Henry ! Celui-ci s’est déplacé jusqu’à Springfield, et note que dis-donc, on l’a pas beaucoup écouté : Abraham a des amis, une petite amie et une vie publique remarquée, bravo le professionnel ! C’est pas demain que tu seras un ninja, mec. Petit con.

Après avoir un peu rabroué le vilain Abraham, qui se défend en expliquant que cette vie là est son "plan de secours" (quelle formidable excuse), Henry vient donner en personne l’ordre que notre héros attendait depuis longtemps : il doit aller tuer Jack Barts. Et comme c’est jour de fête du coup, il lui remet aussi une montre à gousset dédicacée "A mon super pote Lincoln, de la part de Henry" pour ne pas qu’il la revende sur e-bay.

"Ho oui, chic chic hic ! Je fais un bisou à ma femme et je vais lui coller ma hache dans la gueule !" s’exclame le galopin en se rendant là où il compte bien trouver sa cible : sur les mêmes quais que la dernière fois (ah oui, dites donc, il est malin ce Barts, il sait qu’il a des chasseurs aux trousses mais… il ne fait rien pour leur échapper. Bien bien bien), où l’attend bien sa cible, qui une nouvelle fois, ne se laisse pas surprendre et commence à cavalcader en ricanant. Mystérieux phénomène : juste à côté des quais (que l’on découvre comme étant au milieu de nulle part, en fait, ho ?) se trouvait un troupeau de ouat’ mille chevaux sans surveillance (c’est connu, à l’époque, le cheval n’est jamais surveillé tant le vol de chevaux n’est pas important) et peut donc commencer une scène d’action où, sur le troupeau effrayé qui fonce au galop, nos deux larrons sautent, chevauchent, s’affrontent (le vampire utilise même des chevaux comme projectiles, intéressant, tant le cheval est connu pour son aérodynamisme), mais déjà qu’il a un oeil en moins depuis leur dernière rencontré, Jack Barts finit par se prendre une cacahuète dans l’autre, mais en argent cette fois, car l’on découvre… que le manque de la hache de Lincoln est aussi un fusil !

Seigneur.

Ainsi transpercé par de l’argent, Barts agonise un peu, et finit par lâcher "Hahaha, Lincoln, espèce de crétin… tu ne t’es jamais demandé comment Henry en savait autant sur nous ? Ni pourquoi il se promène toujours avec des lunettes de soleil et l’air pâlot ? Ni pourquoi il y a comme seule boisson du sang en bouteille chez lui, qu’il sirote puisqu’il ne dort jamais ? Gros blaireau… uuuuurgh…"

Assassiner Jack Barts de jour ? Excellent plan Abraham. Ho, et dis-moi, qu’est-ce donc au fond de cette image ? Un autre mec qui passe. Alors, les témoins, pas un problème ? Et d’ailleurs, vu ta position, comment sais-tu que c’est Barts qui va passer au coin du mur et pas un type qui n’a rien à voir vu qu’il y a visiblement du monde ? Trop malin.

Et effectivement, aaah ouais, se dit Lincoln. C’est vrai que c’est curieux, maintenant que j’y pense. J’vais aller lui poser la question.

Ni une, ni deux, Lincoln retourne donc à Springfield, et grâce à son pouvoir de divination, se dirige droit vers une ruelle complètement isolée où Henry est en train de sucer le sang d’un vilain filou qui voulait agresser une dame. Le fait que Lincoln soit venu le chercher dans cette ruelle alors qu’il ne pouvait pas savoir qu’il y était ne surprend même pas Henry conscient comme le spectateur de la nullité du film, et celui-ci se sent donc obligé de lui raconter sa petite histoire.

Autrefois, Henry était un humain comme les autres : il ne suçait pas de sang, n’avait pas les canines d’un chihuahua et vieillissait au rythme de ses injections de botox, bref, un type somme toute assez banal. Jusqu’au jour où, alors qu’il se promenait dans la campagne avec sa copine Gudule, il vit arriver derrière eux une imposante troupe de cavaliers aux intentions visiblement hostiles (comprendre : ils étaient habillés en noir). La chose fut confirmée lorsque, descendant de sa monture, l’un des nouveaux arrivant disparut purement et simplement avant de réapparaître de manière surnaturelle près du pauvre Henry, prêt à le tuer.

Bon, c’était sans compter qu’Henry chassait déjà le vampire à l’époque, et a donc tatané le malandrin à l’aide d’un poignard en argent, avant de laminer tous ses petits copains lorsque ceux-ci tentèrent de venir venger leur ami mort et re-mort. Mais hélas, le chef de la troupe de cavaliers vint s’occuper lui-même d’Henry, et il n’était nul autre qu’Adam, le vampire originel !

Autant dire qu’il colla une douce branlée à notre gai luron, avant de le mordre un petit coup ; puis, alors qu’il agonisait, il s’en alla sucer à mort la pauvre Gudule, qui elle, n’avait rien demandé, nan mais ho. Henry voyant la chose fit donc une grosse colère et, rassemblant ses dernières forces, se jeta avec sa lame en argent sur Adam pour venger sa douce amie. Mais, ha ! Un étrange sortilège sembla alors le frapper : une force invisible l’empêcha de coller son couteau dans la gueule du chef vampire. Comment donc ?

"Huhuhu, hihihi, hohoho, c’est fort simple", répondit Adam comme un vulgaire collégienne qui vient d’apprendre qu’elle n’avait pas EPS à 15h30, "Je t’ai transformé en vampire mon petit Henry, tu viens de mourir et de renaître sans t’en rendre compte ! Et sache que Dieu a jeté une malédiction sur ce de notre race : non seulement nous serons souvent synonymes de films ou de séries de merde visant à faire rêver les adolescents rebelles, mais en plus, nous ne pouvons pas tuer ceux de notre race ! Voilà pourquoi ta main ne peut me frapper… tu vivras désormais sans pouvoir nous faire le moindre mal, hihihi hu !"

Ah bon ? Henry est devenu un vampire ? Et Dieu empêche les vampires de s’entretuer ?

  • Mais alors, pourquoi Dieu ne fait-il pas pareil avec les humains, quel est donc ce gros favoritisme ?
  • Et puis d’abord, Henry a pourtant bien tabassé Jack Barts au début du film : Dieu fait donc le calcul des coups autorisés ou non en fonction de s’ils vont tuer ou pas ? Il a la table des coups critiques ?
  • Et puis attendez, Dieu autorise par contre Henry à recruter des mecs pour tuer des vampires à sa place ? Ça veut dire que Dieu se fout des commanditaires, il ne punit que les petites mains ? Les parrains de la mafia vont donc au paradis ? Vladimir Poutine sera sanctifié ?
  • Du coup, si Dieu ne punit que les petites mains, autorise t-il les coups de fusil dans la gueule ? Après tout, avec ça, on ne tape pas directement quelqu’un, on se contente d’appuyer sur une gâchette qui, par un heureux hasard, envoie un projectile, alors bon, non ?
  • Et pareil, si Henry pose une bombe chargée à l’argent, Dieu calcule t-il si un vampire va passer à proximité au moment où elle explosera ?
  • Et au passage, si Henry est devenu un vampire, comment a t-il pu manipuler l’arme en argent pour tenter de tuer Adam, hein ?

Bon, enchaînons, parce qu’à ce rythme, on est pas sortis de l’auberge.

Après avoir écouté l’histoire de son mentor, Abraham caressa sa non-barbe (il est encore jeune) et lui dit "Bon, okay, tu t’es foutu de moi mais j’t'aime bien quand même va. Allez, on se fait un bisou et on oublie." ; et c’est ainsi que tout se règle entre nos deux amis, qui peuvent donc retourner se taper dans le dos en faisant des blagues salaces et des concours de pets comme ils en avaient jusqu’alors l’habitude (ce sont de vrais mâles).

Seulement voilà : à la nuit tombée, quelque part en ville, Adam en personne accompagné de son amie Poufblonde ouvrent un cercueil qui attendait en plein milieu de la rue, ne me demandez pas pourquoi. Et qu’y trouvent-ils ? Et bien le corps de Jack Barts, cette fois mort pour de bon, avec dans la main la montre à gousset qu’Henry avait offerte à Abraham, avec sa petite dédicace. Adam grommelle donc "Hmmm, Henry a trouvé un nouveau chien-chien pour décimer les nôtres… il va être temps d’inviter son nouveau chasseur à une petite soirée, huhuhu !".

D’accord Adam, mais d’abord, tu pourrais m’expliquer un truc ? Sachant qu’Abraham a jusqu’ici pris soin d’enterrer toutes ses victimes, pourrais-tu m’expliquer pourquoi il a mis celle-ci  :

  • Dans un cercueil (il avait peut-être de l’argent à perdre)
  • Qu’il a traîné en pleine rue (rien de suspect, donc)
  • Avant d’y déposer la montre à gousset que l’on venait de lui offrir, là encore sans raison autre que de signer le crime
  • Le tout avant de tirer une fusée de détresse-vampirique en l’air j’imagine, ou alors il faudra me dire comment Adam a su que Barts était mort et où était le corps

A part chercher des emmerdes, quel était le plan ? Ah, oui, aucun : heureusement que Tim Burton était très fier de produire ce film, hein, on sent qu’il fait partie de cette génération de cinéastes qui devraient sérieusement commencer à mettre leurs noms sur des couches plutôt que sur des films, mais passons.

Oui alors mon petit Adam : conseil, quand on veut jouer au méchant classe, on n’accueille pas ses visiteurs sur un vieux tabouret pourri devant l’escalier parce que le budget décor laissait à désirer

Bref : Adam ne trouvant rien de suspect à cette scène débile décide donc de se renseigner sur Abraham Lincoln et apprend que celui-ci a un ami dénommé Will Johnson qui pourrait servir d’appât pour attirer le chasseur de vampires dans un traquenard. Ni une, ni deux, le bougre de brigand va donc trouver l’homme à la peau d’ébène, le kidnappe, puis fait envoyer le courrier suivant à notre héros :

"Cher Abraham,

J’ai kidnappé ton ami Will Johnson. Tu serais bien urbain de venir le chercher à ma résidence, le Manoir Spiridion, situé dans le sud de notre beau pays. Sinon, je serais un peu obligé de lui bourrer la gueule, parce que bon, hein, on parle on parle mais je suis quand même un peu grognon.

Adam

P.S : ne demande surtout pas à ton ami Henry qui dispose, comme tous les vampires, de pouvoirs d’invisibilité, de venir le chercher sinon ce serait de la triche. Je dis ça, mais je sais que tu es trop bête pour y penser, hein, je ne me fais pas d’illusions, moi aussi j’ai lu le titre de ce film et n’en attend rien."

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"Hmmm", se dit Abraham, "Effectivement, je suis bien trop con, il a raison. Sachant que c’est le chef des vampires, qu’il a survécu à des millénaires de chasse et qu’il m’attend dans son Q.G probablement accompagné de ses meilleurs hommes, je pense que le fait d’arriver en agitant mes sourcils et ma hache devrait faire l’affaire". Soit, c’est donc décidé : accompagné de son ami Joshua Speed, Abraham part donc pour le sud des Etats-Unis, et se rend en chariot nocturnement (il veut se donner le maximum de handicaps) jusqu’au Manoir Spiridion, une ancienne demeure coloniale située au milieu d’un terrain où toutes les huttes d’esclaves semblent inhabitées. Curieux, se dit notre héros, avant de demander à son bon ami boutiquier de l’attendre un peu plus loin (je me demande d’ailleurs bien ce qu’il a pu raconter audit Joshua pour justifier qu’il doive se rendre dans le sud du pays équipé d’une hache pour visiter des amis, probablement qu’il lui a expliqué qu’il y avait une soirée mousse gratuite pour les bûcherons sur présentation de leur hache). Puis, s’élançant dans la nuit, il va espionner ce qu’il se passe dans la résidence Spiridion où il peut déjà percevoir lumières et musiques, comme si on y donnait un bal.

Et en effet, c’est bien un bal qui a lieu dans l’endroit : au travers des fenêtres, notre héros peut apercevoir des dizaines de braves gens en grande tenue dansant chacun en compagnie d’un esclave visiblement particulièrement mal à l’aise ; et sitôt la danse en cours terminée, Adam, en maître de cérémonie, annonce que le "dîner est servi" : ni une, ni deux, le visage de tous les galopins dansant avec les esclaves se déforme pour laisser paraître moult dents pointues, puis une orgie sanglante débute alors que les pauvres noirs servent de nourriture aux créatures immortelles.

Il n’en faut pas plus pour énerver Abraham, qui compte bien arrêter tout ce scandale : entrant par la grande porte sa hache à la main, il a tôt fait de tataner tous les vampires qui se jettent sur lui, en massacrant bon nombre avant qu’enfin, Poufblonde, l’amie d’Adam, ne parvienne à le désarmer. Le maître des lieux s’approche donc de lui, tout sourire, pour lui annoncer la couleur :

"Hohoho, bienvenue chez moi Abraham ! Tu as tué quantité de mes meilleurs hommes, tu es très fort ! Mais ton heure est venue… car moi, Adam, je vais te tuer. Mais avant, je compte bien te révéler mon plan, comme dans tous les films les plus foireux : j’ai plusieurs millénaires et j’ai vu l’humanité grandir, changer, mais j’en ai assez de me cacher ! Maintenant, je veux un pays pour les miens, un pays pour les morts. Et je l’aurai. En attendant, maintenant, à moins que tu n’acceptes de travailler pour moi et d’aller tuer ton ami Henry, je vais te tuer ainsi que ton ami Will, voilà voilà."

Mais avant même qu’Abraham ne lui demande pourquoi lui et les siens se cachaient s’ils voulaient un pays, sachant que cela faisait plusieurs millénaires qu’ils avaient la force et les moyens de le faire, un chariot défonce les portes de la résidence Spiridion : c’est Joshua Speed, qui grâce à son détecteur de discours de merde, a su qu’il était temps d’intervenir ! Vite, filons les amis, s’exclame Abraham en emmenant Will avec lui ; et sautant sur le chariot qui traverse toute la résidence en semant le chaos sans que personne n’y fasse véritablement opposition, les trois hommes disparaissent dans la nuit au nez et à la barbe des vampires, qui restent tout simplement comme des cons sur place.

De retour dans le nord sans encombre, Abraham annonce à ses amis qu’il a pris une grande décision : non seulement il se marie avec Germaine, mais en plus, il compte bien arrêter de se battre avec une hache contre les monstres qui hantent nos nuits pour désormais user de mots. Les vampires se nourrissent d’esclaves et vivent dans le sud pour profiter de cette source de chair fraîche ? Pas de problème, il abolira l’esclavage, et hop, ils n’auront plus rien à bouffer.

Ou ils iront bouffer d’autres gens, comme ils le font partout ailleurs dans le monde, et ça ne changera pas grand chose, mais Abraham est un peu trop niais pour penser à tout cela.

Du coup, en quelques années, notre valeureux héros voit tant sa barbe que sa carrière grandir fortement, et bientôt, il devient tout bonnement président des Etats-Unis. Et au nom de l’abolition de l’esclavage, il déclare la guerre au sud histoire que l’on arrête d’employer de maltraiter des noirs dans toutes les plantations du coin (il propose une prime à la casse permettant une réduction sur l’achat de Mexicains pour chaque esclave libéré, parce que les chicanos, ça compte pas). La guerre de sécession peut donc commencer entre le nord et le sud.

Hélas, c’est sans compter sur Jefferson Davis, président des Etats confédérés du sud qui, voyant la guerre bien mal engagée pour son camp, décide d’aller trouver Adam et ses vampires (comment en a t-il entendu parler ? Ils ont des petits flyers "Vampires à louer" ?) pour demander leur aide : "S’il-vous-plait Messieurs les vampires, voudriez-vous bien bourrer la gueule du nord à grands coups de pouvoirs de Majax ?" ; le bon Adam grattouille donc ses joues en réfléchissant, puis déclare tout de go que fort bien : il aidera les confédérés à écraser le nord en fournissant des régiments de vampires aux armées du sud. En échange, il demande simplement à obtenir un état pour lui et les siens, où les vampires pourront enfin vivre en paix et se nourrir d’esclaves sans être enquiquinés. Soit, lui répond Davis, il en sera ainsi pourvu que la victoire soit au rendez-vous.

En même temps, encore une fois : si vous êtes si fort et invincibles face aux mortels, pourquoi ne pas avoir fondé ledit état depuis longtemps ? Même le Pape en a un, alors nom d’une pipe, hein, un petit effort, des mecs en robe à jolis chapeaux font mieux que vous.

Notez aussi qu’Adam vit dans un truc pourri alors qu’il a 5 000 ans de richesses derrière-lui et des centaines d’esclaves. Sympa.

En tout cas, les vampires se jettent donc avec plaisir dans la bataille contre Abraham Lincoln, et la première perte n’est pas sur le front, mais bien derrière celui-ci : une nuit, Poufblonde, déguisée en servante, s’introduit dans la Maison Blanche et va y trouver Billy, le fils Lincoln âgé d’à peine quelques années, qui est occupé à jouer aux petits soldats (édition de luxe, puisque ses figurines sont armées de reproductions en argent, rien que ça) : la belle vampire lui propose de lui donner la main, et comme il se doit, le mordille donc quelque peu. Aussi, lorsque le personnel de la Maison Blanche retrouve l’enfant, celui-ci est dans un état second, comme possédé… soit exactement ce que Jack Barts avait fait à Maman Lincoln bien des années plus tôt ! Aucun médecin ne parvient donc à trouver de remède pour sauver l’enfant, et Abraham Lincoln se dit que tiens, dis-donc, en fait plutôt que tabasser des vampires sans poser de questions durant des années, il se serait vaguement renseigné sur ses ennemis, il aurait peut-être pu faire quelque chose contre la maladie qui avait juste tué sa mère.

Mais bon, hein, détail.

Terrible nouvelle, donc, l’enfant finit pas quitter ce monde, et le deuil tombe donc sur la Maison Blanche. Du moins, jusqu’à ce que Germaine découvre le journal de son mari et décide comme il se doit de le lire intégralement, découvrant que son président préféré n’est autre qu’un ancien chasseur de vampires (et accessoirement un gros blaireau avec une âme de jouvencelle). Et comme au même moment, Henry, en tant que vieil ami de la famille (mais qui ne vieillit pas depuis 25 ans, ce qui n’éveille aucun soupçon, c’est beau), est en visite à la Maison Blanche et soumet l’idée qu’il pourrait rendre vie à l’enfant mort, tout un débat se fait durant lequel Germaine veut voir son fils revivre sous forme de petits garçons à grosses canines, et Abraham refuse de voir son enfant transformé en bestiole surnaturelle. C’est finalement ce dernier qui gagne grâce à l’argument "Dis-donc femme, j’ai supprimé l’esclavage mais je me souviens pas t’avoir autorisé à sortir de ta cuisine". Imparable, la chose s’en arrête donc là, même si le moral de la famille présidentielle s’en trouve sérieusement affectée.

Sur le front, les choses ne vont guère mieux : en pleine bataille, un officier du nord constate que lui et ses hommes ont beau faire feu sur un régiment de sudistes, ces derniers semblent se moquer des balles ; pire encore, les bougres lâchent leurs fusils pour charger au corps à corps, dévoilant des dents d’un fort beau gabarit, avant de tous disparaître comme par enchantement en pleine course. Le temps que l’officier en question comprenne ce qu’il se passe, tout son régiment a été décimé en un éclair, et il est le seul survivant (les vampires n’avaient pas envie de le tuer, visiblement, même si l’absence de témoins et des massacres complets arrangeraient bien leurs affaires, mais bon).

J’imagine bien le type expliquer à son état-major que si, si, il a perdu tout son régiment, mais à cause de ninjas magiques sudistes à grandes dents, et ses supérieurs, plutôt que d’accuser incompétence, bibine, et stress de la bataille, de décider qu’ils vont prévenir Washington que des vampires assistent les confédérés. Soit exactement le message que reçoit Lincoln.

C’est tout de même bien fait.

Il en a du bol, le président, d’avoir des troupes aussi bien informées. Remarquez, étant donné qu’il est président, il aurait pu former depuis longtemps une agence de chasseurs de vampires histoire d’essayer d’être efficace mais non, non. C’eut été trop malin. Autant se curer le nez durant quelques années en espérant que l’ennemi en fasse autant.

Bref ; pour contrer la menace suceuse de sang, Abraham prend une décision : récupérer le maximum d’argent dans le pays pour faire fondre baïonettes, balles et boulets (ah oui tout de même) en cette noble matière afin d’aller coller une grosse branlée aux troupes surnaturelles confédérées. Une idée qui ne semble choquer personne dans le pays, tant il parait bien normal que le président exige des armes en argent pour son armée déjà bien mal en point ("Si, ça s’tient : p’têt’ que c’est pour faire classe et impressionner les sudistes ! Un peu comme les trucs hideux chatoyant dans les défilés de mode pour impressionner les vieilles à chiens !"). Rapidement, les choses se mettent donc en place, alors que les troupes de Davis se rapprochent jour après jour de la capitale. Un plan est donc décidé : Germaine quittera Washington discrètement pour aller se mettre en sécurité, alors que le matériel en argent sera envoyé secrètement par train jusqu’à Gettysburg, où les troupes de l’Union attendent d’engager une bataille décisive contre les rebelles.

Soit. Sauf que… sauf qu’il y a un traître dans l’histoire !

Joshua Speed, visiblement peu optimiste quant au résultat de pareil stratagème parvient à prendre contact avec Poufblonde, visiblement occupée à jouer les espionnes au nord, pour lui raconter qu’un train chargé d’argent va partir pour Gettysburg. Enchantée d’apprendre la chose, la bougresse explique que Speed a très bien fait, et qu’elle va s’assurer que le train ne parvienne jamais à destination, par exemple en le confiant à la SNCF.

Lincoln, lui, a déjà lancé le plan et décide par sécurité d’assurer lui-même l’escorte du convoi en faisant reprendre du service à sa hache, n’emmenant avec lui que ses hommes de confiance à savoir Will, Henry et… Speed, donc.

Vous ne notez rien ? Pas même que Lincoln mise tout le sort de la guerre sur ce fameux train de matériel en argent d’une bonne cinquantaine de mètres, et qu’il ne le fait escorter que par 4 mecs, dont un boutiquier sans histoires et un type qui ne peut physiquement pas s’en prendre à d’autres vampires ? Je ne sais pas, mais d’habitude, pour ce genre de mission, on colle vaaaaguement un peu de sécurité sur place, façon 40 hommes par wagon histoire de transformer tout ce qui approche en pulpe. Fut-ce des vampires, puisque le convoi regorge de munitions en argent, donc.

Bref ; à la nuit tombée, le train quitte donc Washington, alors que dans le même temps, Germaine ainsi que la bonne noire du président (appelons-là Monica) prennent la poudre d’escampette par les petites routes pour s’éloigner de la cité menacée au cas où le plan d’Abraham échouerait et que la Maison Blanche tomberait.

Le début de nuit se passe donc correctement, avec un convoi qui roule à peu près sans encombres, pendant que Germaine et Monica font leur bout de chemin ; hélas pour ces dernières, elles sont rapidement arrêtées dans leur progression par l’arrivée d’une troupe de cavaliers… menés par Adam et Poufblonde en personne ! Ces derniers se demandent bien qui peuvent être ces deux femmes voyageant ainsi discrètement, mais avant qu’elles ne retirent les capuches dissimulant les visages de ces dernières, un son détourne l’attention des vampires : le train de Lincoln n’est pas bien loin, et il ne faudrait pas le manquer ! Laissant nos deux louloutes tranquilles, les cavaliers remontent donc en selle et s’en vont à vive allure en direction de la voie de chemin de fer pour commencer leur attaque.

On découvre à cette occasion que sitôt les vampires partis, Germaine et Monica soufflent un bon coup et que sortent des buissons alentours une bonne centaine de noirs fuyant eux aussi Washington, et qui marchaient à la suite des deux dames. Et non, les vampires n’ont pas remarqué les 100 clampins tout chauds à deux mètres d’eux. Bravo, on sent les prédateurs. Chapeau les gars : rater un convoi d’une centaine de personnes chargées comme des mulets à 2 mètres de soi, il faut le faire. Mais, en est-on encore là ?

En tout cas, du côté du train de Lincoln, les choses commencent à se gâter : alors que tout le monde discutait paisiblement du dernier épisode de Desperate Housewives (oui, ils n’ont aucun goût) dans les wagon regorgeant de caisses diverses, des bruits commencent à se faire entendre sur le toit du convoi, et la troupe réalise alors qu’elle est sous attaque (il serait temps ; une vigie à l’extérieur, jamais ?) : ni une, ni deux, tout le monde attrape son arme et bientôt, des vampires sudistes débarquent de partout, traversant plafonds et parois pour se ruer sur la petite troupe, mais sans savoir qu’elle a ici affaire à des larrons bien décidés qui les tatanent méchamment à grands coups de bidules en argent.

"Aaah, ma bonne vieille hache… je suis sûr que toi et moi on fera plus ensemble que si j’avais été assez intelligent pour former d’autres chasseurs grâce à ma fonction. Ou alors tout cela est juste nul."

Henry, lui, qui n’a pas le droit de tuer un autre vampire se retrouve carrément face à Adam, et on constate donc que Dieu est assez large quant à ce que les vampires peuvent se faire entre eux ou non, puisqu’Adam pète la gueule au pauvre Henry sans aucun souci : en fait, tant qu’il ne le tue pas, ça roule ; c’est comme un gros airbag divin en fait, il ne s’active qu’en cas de besoin. Sinon, on peut se secouer tant qu’on veut. Cool.

Enfin, toujours est-il qu’alors que les deux vampires se cognent, l’une des caisses de matériel s’ouvre et, nenni d’argent ! N’en sortent que… des pierres. Et il en va de même avec toutes les caisses. Henry est aussi étonné qu’Adam : qu’est-ce que ce convoi, s’il ne contient rien d’intéressant ? Et où est l’argent ?

Facile, répond Lincoln en débarquant au milieu du petit couple avec sa grosse hache. L’argent n’est pas là, il circule ailleurs. Ce convoi n’était qu’un leurre pour attirer le maximum de vampires avec la complicité de Joshua Speed (ce qui n’empêchait pas d’y mettre une grosse escorte tant pour le rendre crédible que pour mieux bourrer les vampires : une embuscade, ça se soigne comme le disait DSK) dans le rôle du faux-traître. Et maintenant qu’ils sont tous là…

Abraham Lincoln va botter leurs culs immortels.

Passons sur les détails de cette sombre affaire, mais toujours est-il que Poufblonde, elle, n’avait pas participé à l’assaut du convoi pour plus simplement aller incendier le seul pont de la ligne allant de Washington à Gettysburg, ce qui arrive à la seconde même où le train où la bataille fait rage s’engage sur la structure en flammes.

Bon, j’aurais été les vampires, je ne me serais pas occupé du convoi puisqu’il suffisait de faire sauter le pont un peu en avance et en toute sécurité pour le bloquer, mais bon, hein, je n’ai pas 5 000 ans d’expérience, je ne dois pas savoir.

Mais en tout cas, alors que les flammes remontent la structure du bois et gagnent peu à peu le train, le combat se fait de plus en plus dur au sein du train, alors que tous les vampires sont mis en échec à l’exception d’Adam ; ce dernier finit d’ailleurs par mettre la main sur Joshua Speed, et furieux de s’être fait manipuler, mord le brigand avant de l’envoyer paître (mais ça ne fait pas de lui un vampire quand bien même il ne l’a pas mortellement touché, ce qui laisse rêveur quant au côté complètement aléatoire de la chose, finalement). Après avoir ainsi vu son ami succomber face au patron de tous les amis des canines, Abraham Lincoln se rue sur lui et cette fois-ci, pour de bon, parvient à lui briser la margoulette d’un bon coup d’arme en argent histoire de bien faire comprendre que hein, ho, ça suffit les conneries maintenant.

Will et lui s’extraient donc du train menaçant de choir sur le pont en flammes, aidés en cela par la force surnaturelle de l’ami Henry qui s’exclame donc une fois ses amis en sécurité "Bravo Abraham, tu nous as grave rabouiné. Allez maintenant, tu peux le dire : où était l’argent ?"

Et bien la réponse vient rapidement : vous vous souvenez de Germaine, Monica et toute leur troupe ? Et bien ces derniers arrivent à Gettysburg… et déchargent leurs bagages contenant toutes les pièces en argent qui avaient été fabriquées ! Les soldats de l’Union peuvent donc commencer à s’équiper sans se dire qu’en fait, c’était un plan très con, puisque quitte à venir, à pied, autant envoyer au pas forcé un contingent équipé d’armes d’argent qui aurait ainsi pu se défendre contre toutes les menaces sur sa route, naturelle ou non. Et d’ailleurs, là encore, personne ne pose de questions : en même temps, vu le président, bon.

Accessoirement, sans chariot, il faudra me dire qui étaient les braves pinpins qui portaient les boulets de canon en argent que l’on voit dans les caisses, parce qu’à pied, ils ont dû bien rigoler. A noter que Poufblonde, toujours en train de fureter, a réussi à infiltrer le camp militaire nordiste, et voyant la femme de Lincoln livrer des armes, décide de se venger en la tuant : pas de bol pour elle, Madame Lincoln, habituée à affronter des créatures affreuses comme par exemple la barbe de son mari, voit arriver la ribaude et devine qu’il s’agit là d’une vampire : elle attrape donc un fusil, et plutôt que d’y mettre une balle en argent (trop logique), elle y fourre l’un des petits sabres en argent équipant les figurines de feu son fils qu’elle avait gardé en souvenir, et le tire dans la face de la mécréante : comme le veut la tradition des films sans imagination, les filles s’affrontent donc entre elles, la brune contre la blonde, et c’est la copine du gentil qui gagne puisque le sabre vient se planter entre les deux yeux de la vilaine. Voilà qui est réglé.

Enfin : la bataille de Gettysburg peut donc commencer, et cette fois-ci, lorsque l’officier qui avait survécu à la première attaque vampire fait tirer ses troupes contre les créatures sudistes, il constate avec bonheur que les balles en argent fonctionnent à merveille, quand bien même les types d’en face semblent quelque peu surpris de tomber ainsi face à des armes portées par de simples mortels (et encore, ils ne connaissent pas la pelle). Gettysburg est donc une victoire pour les nordistes, qui arrêtent enfin l’invasion des rebelles et sauvent Washington tout en calmant sérieusement les vampires qui achèvent de se disperser pour ne plus de mêler de cette guerre. Quelques temps plus tard, Abraham Lincoln peut donc se rendre sur le site de la bataille pour y tenir son fameux discours sur l’avenir de l’Amérique et le sens de cette guerre faite pour que tous les hommes soient libres. Poin poin font les trompettes, boum boum font les tambours, cuicuicuivacrevertagrossemère font les oiseaux (ce sont les mêmes que dans Blanche-Neige).

Et plus tard encore, à Washington, bien longtemps après tout cela, nous découvrons Abraham Lincoln se préparant à aller au théâtre. Henry, à son côté, lui explique qu’il pourrait le rendre immortel pour qu’il continue encore longtemps d’illuminer le monde, et fasse 250 mandats, mais, ha ! Le président refuse, expliquant que les idées sont bien plus immortelles que les hommes (même les plus pourries, comme par exemple, les magazines féminins). Et puis d’ailleurs, tiens, comme il n’a que ça à faire, il confie son journal à Henry pour qu’un jour, les gens se souviennent de son histoire (on ne sent pas du tout le personnage qui agit ainsi parce que le scénariste sait qu’il va mourir). Puis, montant dans un carrosse avec Germaine, il part vers le destin que tout le monde lui connait (non, il ne meurt pas en se noyant dans une piscine de champagne, zut alors, je viens de vous faire le récit d’un film historique et vous vous ne vous intéressez même pas ! Non, Abraham Lincoln meurt d’une balle dans la tête alors qu’il se trouvait au théâtre, puisqu’ayant assisté à une représentation avec Jean-Jacques Huster, ancêtre de Francis, il préféra en finir).

Près de 150 ans plus tard, nous retrouvons Henry dans un bar de Washington en train d’observer un type à côté de lui s’enfilant verre de Banga sur verre de Banga. Se tournant vers lui il lui demande s’il boit pour embrasser une fille ou pour tuer un homme ; et tapant sur son épaule, il fait tomber du veston du garçon à demi-saoul un pistolet qui vient s’écraser au sol.

Henry se dit que tout cela lui rappelle quelqu’un qu’il a connu il y a bien longtemps et qui était particulièrement con et…

FIN

Après la bataille de Gettysburg, personne n’a demandé "Hey Monsieur Lincoln, vous pourriez nous expliquer maintenant pourquoi il a fallu équiper toute l’armée de munitions en argent ?" : non, tout le monde s’en tapait.

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Fort de Brégançon, trois heures du matin.

Les lourdes portes du complexe s’ouvrirent pour laisser passer l’homme en trench-coat, qui passa droit devant quelques gardes qui se mirent instantanément au garde-à-vous, le regard fixé droit devant eux comme s’ils craignaient de croiser les yeux de leur supérieur. L’homme marcha d’un bon pas dans le couloir aux murs blindés parsemés de néons froids alors que bientôt, sortant d’un sas voisin, un assistant en costume vint le rejoindre pour le décharger de son arbalète, de son pardessus et de ses gants ainsi que du carquois à carreaux d’argents qu’il portait à la ceinture.

"Vous l’avez eu Monsieur ?
- Oui, il tentait de s’en prendre à une jeune fille. Il la suivait depuis un moment, son odeur flottait dans tout le quartier. 
- Fort bien Monsieur, encore une bonne chose de faite. Ho, et pour votre compagne, nous avons suivi vos instructions en votre absence. Elle a toujours envie de révéler votre secret, mais la procédure semble fonctionner.
- Comme convenu ?
- Oui, nous avons reprogrammé son téléphone, elle envoie désormais ses tweets sur une copie conforme du site original où elle n’a pas conscience que ce n’est pas le monde réel et peut raconter n’importe quoi. Des bots lui répondent régulièrement des choses sans intérêt. 
- Moui, en fait ça ne change pas beaucoup du site original.
- En effet Monsieur. A part elle et Jean-François Copé, tous les autres utilisateurs sont en fait gérés par un ancien logiciel défectueux de Météo France qui génère régulièrement des phrases sur le temps qu’il fait, de préférence en se plaignant.
- Le réalisme est total.
- Oui Monsieur."

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Les deux hommes progressèrent un moment dans le couloir, jusqu’à ce qu’enfin, ils arrivent à la lourde porte d’acier supposée permettre de quitter l’endroit pour retrouver le reste du fort. Une dernière fois, ils s’arrêtèrent le temps de composer le code déverrouillant l’imposante issue. Le plus jeune des deux hommes toussota, comme hésitant à prendre la parole, mais le regard que lui lança le chasseur lui fit comprendre qu’il pouvait s’exprimer.

"Monsieur, je dois vous dire qu’en rejoignant votre cabinet je ne m’attendais pas à… à cela. Vous savez, je m’attendais à une présidence… disons…
- Normale ? – dit le chasseur en souriant
- Oui je… je crois que c’est cela oui."

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Le président eut un petit rire amusé.

"Allons, c’est ce que je n’ai eu de cesse de répéter. Normal, normal, toujours plus normal… vous savez ce que c’est : à trop forcer sur le normalité, nous sommes allés au-delà : vous vous souviendrez que c’était une présidence…"

Il fronça les sourcils

"…para-normale."

Et François Hollande passa gaiement la porte pour retourner sur son lieu de villégiature en souriant.

"Lieutenant Ripley, venez vite !"

Au son des appels impatients de l’ingénieur dans les micros de sa combinaison, l’officier se précipite en direction du signal de son compagnon, situé quelques mètres en contrebas dans la vallée rocailleuse où son équipage mène actuellement des explorations. Dans ce paysage désertique violemment balayé par des vents au relief fait d’immenses roches aux arêtes coupantes, la troupe du Nostromo déambule détecteur en main à la recherche de l’origine du mystérieux message les ayant menés jusqu’ici.

Dévalant la pente à toute allure pour se ruer vers son collègue, le lieutenant Ripley finit par tomber, au détour d’un pan de roche, sur ledit Parker, immobile, ouvrant de grands yeux ronds en direction d’un cratère à demi-dissimulé par d’immenses rochers au point d’en être invisible de là où le lieutenant se tenait précédemment. Alors que les autres membres du Nostromo accourent autour de l’ingénieur, celui-ci pointe un doigt vers la structure métallique occupant le centre du cratère, murmurant doucement ce qu’il vient de lire sur la coque sévèrement endommagée de ce qui s’avère être un vaisseau spatial.

"L’USCSS Odieux Connard…
- C’est impossible ! Ce vaisseau est porté disparu depuis des dizaines d’années, vous pensez que c’est son signal de détresse que nous aurions capté ? Allons voir."
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Descendant en direction de l’épave de l’appareil, les membres du Nostromo sentent les gagner à la fois excitation et inquiétude, à l’approche de ce tombeau spatial. Finalement, en arrivant à quelques mètres du vaisseau, un cri résonne dans les radios de l’équipage.

"Là, regardez, tout le long de la coque, sur le flanc droit ! Des impacts ! Qu’est-ce qui a bien pu causer des dégâts pareils ? 
- On dirait… – s’étonne Ripley en s’approchant et posant deux doigts sur l’un des endroits endommagés de l’appareil avant de les frotter l’un contre l’autre – Oui… on dirait… de la merde.
- Pardon ?
- Ce sont des traces de tir de canon à incohérence, ou peut-être de torpilles à antimatière grise… nous devons entrer. Le message provient de l’intérieur de cette épave !"

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Posant son gant contre un panneau sur le bord de l’appareil, Ripley provoque l’ouverture d’un sas menant aux obscures entrailles de l’épave ; bientôt, elle et ses compagnons s’engagent dans le corridor, balayant de leurs lampes de poche les plafonds d’où pendent câbles dénudés et tubes divers, alors qu’autour d’eux, partout se dévoilent des cabines désertes où trônent encore les restes de la vie qui avait parcouru ces couloirs : vêtements, bottes, objets du quotidien…

"Mais où sont les corps bon sang ?" – murmure Parker , s’abritant derrière Ripley, jusqu’à ce qu’enfin, cette dernière réponde.

"Là."

Pointant sa lampe vers l’issue du couloir où parait une salle plus large emplie d’écrans de commandes alignés autour d’un siège au cuir abîmé, Ripley fait apparaître dans le faisceau lumineux des dizaines de squelettes entassés les uns sur les autres, provoquant un gémissement d’effroi généralisé dans les micros des combinaisons de l’équipage du Nostromo.

"Quelque chose les a tués et… les a regroupés ici !" marmonne Parker en tremblotant.

Finalement, rentrant dans la salle, Ripley s’approche doucement du siège au centre de celle-ci, et tendant une main tremblante vers le dossier de celui-ci, le fait pivoter d’un coup sec, révélant son contenu : un squelette en costume à cravate rouge, un cigare à demi-consumé encore coincé entre ses phalanges, et un verre d’alcool brun posé sur un accoudoir sous son autre main. Si elle n’avait pas su que cela était impossible, Ripley aurait juré que le tas d’os souriait. Tout le monde sursauta lorsqu’un squelette, visiblement accroupi contre le fauteuil en question là où autrefois l’homme en cravate rouge lui faisait face, s’écrasa au sol suite à cette rotation du siège. Dans un coin de la salle, un écran clignota.

"…. krsshh… USCSS Odieux Connard…krssh… gravement endommagé…. fuyez…fuyez…
- Regardez Ripley ! Le type sur l’écran, il a la même cravate, ce devait être le capitaine ! 
- krsssh… ce film… krsshhh…. est une merde.
- Moi je ne comprends pas pourquoi il fait krsshhh avec la bouche, il est con ?
- Votre gueule Parker, j’essaie d’écouter.
- … Prométhéus… grosse daube… vaisseau a subi trop de dommages… visionnage trop douloureux…
- Hein ?
- krsshhh… Ridley Scott a déclaré… "vouloir faire mieux qu’Avatar"… bon sang, Avatar… krsshhh… considérer ce film comme un gage de qualité… krsshh… aurait dû se méfier… trop tard…
- Regardez la lueur dans ses yeux, ce qu’il a vu a dû être affreux !
- krshhh… fuyez… krshhh… et si vous doutez… krsshhh… spoilons mes bons !"

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Prêts pour la preuve que lorsque l’on est un réalisateur qui trouve qu’il serait super génial d’adapter le Monopoly en film, il serait peut-être temps d’arrêter ? Alors en route !

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L’affiche : contrairement à ce qu’elle laisse supposer, ce film n’est pas vraiment pour les grosses têtes.

Notre histoire commence quelque part sur une planète que nous appellerons la Terre, à une époque où tout est encore fier et sauvage : les vallées sont faites de roche nue où rien ne pousse sous le soleil, l’eau s’écoule en immenses et sauvages cascades, et en-dehors du grondement des flots, aucun cri, aucune parole, aucune chanson paillarde ou aucun son provenant d’une quelconque vie ne se fait entendre.

Du moins, c’est le cas jusqu’à ce qu’une immense soucoupe volante (il n’y a pas d’autre nom pour qualifier ce truc au design follement original) se décide à survoler l’endroit pétant un peu l’ambiance, et déposant sur place une silhouette encapuchonnée avant de repartir promptement, parce qu’après 17h, c’est super difficile de circuler sur le spatio-périph’, alors on se dépêche les enfants. Cela dit, pour l’énergumène resté sur place, les choses sont moins rigolotes : quittant sa pèlerine en tissu pourri (visiblement, son espèce fait des vaisseaux spatiaux aux formes plus ou moins ridicules, mais tricote toujours ses vêtements à la main à partir de matériaux grossiers), il nous révèle son apparence : celle d’un humanoïde massif, très costaud, la peau d’un blanc parfait, au crâne glabre et aux traits larges et nobles. Sitôt que ses copains sont partis, il profite de la solitude pour se mettre en slip (ah bravo, ça fait 5 minutes que tes potes sont hors de vue et c’est déjà la fête), puis saisissant un petit récipient à côté de lui, il en avale le contenu et commence à se sentir fort mal.

Oui, moi aussi j’ai pensé au départ qu’il se suicidait parce qu’il n’y avait rien à faire sur cette planète – même en slip, c’est dire – mais en réalité, c’est plus sérieux que ça.

Ce qu’il a absorbé est en train de le désintégrer purement et simplement, et il souffre le martyre en se roulant par terre, finissant dans la cascade voisine. Pourquoi ? Et bien parce qu’on constate que le but de l’opération est de disperser ses cellules et son ADN pour ensemencer cette planète et y créer la vie ! Bon, il aurait aussi pu y déposer des cellules d’une manière un peu moins débile que le suicide rituel, mais c’était un peu trop malin. Mais niveau trucs malins, ne vous attendez pas à grand chose.

Faisons un bond dans le temps, voulez-vous ?

Hop ! Nous sommes en 2089, et tout ce qui vit sur Terre n’a pas conscience d’être la descendance directe d’un alien humanoïde au teint de porcelaine (à part les gothiques, bien sûr). Quelque part sur une île d’Ecosse, des archéologues sont en plein travail de fouille d’une grotte préhistorique, avec à leur tête le docteur Elisabeth Shaw ainsi que son plus ou moins copain, Holloway, qui n’a pas eu le droit à un prénom comme la plupart des personnages du film car cela demandait un travail d’écriture trop important. Mais alors qu’ils sont occupés à farfouiller ici ou là, soudain, ils font une découverte bouleversante : une peinture rupestre peu banale ! Car, en effet, plutôt que d’écrire "Prout" ou "Gromulk a un tout petit silex", un petit sagouin des temps anciens a préféré dessiner un humanoïde indiquant cinq boules au-dessus de sa tête. Et visiblement, la chose parle à nos héros, puisqu’ils semblent bouleversés. Hmmmm…

Vite, sautons encore dans le temps pour mieux comprendre !

Re-hop ! Et nous retrouvons 3 ans plus tard un vaisseau scientifique en pleine promenade dans l’espace : le Prométheus, engin ultramoderne emmenant 17 personnes, même si au final nous n’en connaîtrons pas la moitié. A bord, tout le monde est tranquillement en train de pioncer dans son caisson cryogénique, à l’exception d’un androïde d’apparence parfaitement humaine, David. Celui-ci s’occupe depuis les deux années que dure le voyage en regardant The Voice Lawrence d’Arabie, jouant au basket tout en faisant du vélo pour montrer qu’il est super fort, ou étudiant toutes les langues anciennes de la Terre histoire de pouvoir briller en société en sortant des insultes en araméen. Accessoirement, il profite aussi du sommeil de ses compagnons d’infortune, non pas pour les tripoter, mais observer leurs rêves via un casque relié aux modules cryogéniques (ne me demandez pas l’intérêt, c’est comme ça). Il peut ainsi constater que le Docteur Shaw a des songes dans lesquels elle se souvient de son papa qui lui disait "Niveau religion, tu crois ce que tu veux, j’m'en tape cordialement". David, contrairement au spectateur lambda, semble trouver cela fascinant, mais finit par quitter le casque malgré tout, loupant le rêve suivant où le Docteur Shaw fait découvrir l’amour à un troupeau de ruminants. Tout va bien, du moins, jusqu’à ce que soudain, une terrible secousse ne remue tout l’endroit !

Un choc ? Un astéroïde ayant frôlé l’engin ? Une rave party dans la salle du réacteur ? Non !

"Nous arrivons à proximité de notre destination" annonce l’ordinateur de bord.

Ah bon ? Quand on arrive à destination, tout se met à trembler ? Ça ne suffisait pas la voix de l’ordinateur de bord ? Bon, ne cherchons pas, on aura qu’à dire qu’avant de partir, un farceur a collé un téléphone portable de 6 mètres sur 20 en mode vibreur sous la coque. Si vous avez une meilleure explication, je suis preneur, parce que sincèrement, je pense qu’il n’y en a pas. Mais bon, on fera sans.

Pour fêter l’arrivée, David est invité à procéder au réveil des passagers, et la toute première tirée du sommeil est une certaine Meredith Vickers, chef du bord, qui pour fêter sa sortie de son long sommeil commence par… faire des pompes. Oh. Okay. D’ailleurs, si on assiste à cette scène, c’est uniquement parce que David peut observer la blonde jeune femme ainsi se faire suer au travers d’une porte entrouverte. Et sachant que les portes du vaisseau sont en fait des sas qui font "Fouisch !", il va falloir m’expliquer à quoi servent des sas qui restent entrouverts tout seuls, à part pour ce genre de scène n’ayant strictement aucun sens. En tout cas, peu à peu, les passagers sortent de leur sommeil, et commencent donc par aller se restaurer histoire de reprendre des forces (à part Meredith, donc, puisqu’elle peut commencer par faire des pompes après 2 ans sans manger), et on note d’ailleurs que c’est le grand luxe à bord : plateaux qui tournent, rations à volonté et surtout, d’énormes quantités d’alcool qui permettent à Holloway de passer son temps à être complètement cuit (c’est vrai : avoir des gars bourrés pour des missions super sensibles, c’est bien : s’ils sont pris par l’ennemi, ils prennent feu automatiquement grâce à l’alcool qui les imbibe avant de parler). Sans compter le fait qu’il est autorisé de fumer à bord pour avoir l’air cool, comme le fait par exemple Janek, le pilote (malgré les panneaux "Caution : explosive !" disposés un peu partout par l’équipe ayant réalisé les décors pour faire vaisseau sérieux).

Holloway d’ailleurs, entre deux rots alcoolisés, tente de faire connaissance avec certains membres du bord en se présentant à eux, comme par exemple, Bubu le biologiste et Gégé le géologue. Ce dernier envoie d’ailleurs paître le pauvre archéologue, lui expliquant qu’il n’est pas ici pour se faire des amis, mais plutôt des testicules en or (le slip en diamant reste l’apanage des gens sérieux). Ah. Soit, dit Holloway, retournant picoler dans un autre coin du vaisseau, sans remarquer que tiens, comment ça se fait que je fasse connaissance avec des gens à bord, alors que bon, on est supposés être montés dans le vaisseau ensemble, voire s’être préparés au voyage en groupe avant ? Rassurez-vous, niveau nombre d’incohérences à la minute, on a pas fini : la preuve, la suite.

Voici Gégé le géologue. Notez qu’il est roux, et donc foutu d’avance.

Donc, tout l’équipage est convoqué en salle de briefing afin de commencer à se remettre au boulot après deux ans à pioncer, et à défaut de powerpoint avec des gifs animés dans tous les coins comme il se doit avec ce genre de support navrant, c’est un enregistrement holographique qui est diffusé à la troupe. On voit alors apparaître, au milieu d’un luxueux bureau, la silhouette d’un homme particulièrement âgé, qui se lance dans un fameux soliloque.

"Bonjour les amis, je suis Charles Weyland, le type qui a financé votre mission. Comme vous le remarquez, je suis très très vieux, genre plus de 100 ans, mais le réalisateur a malgré tout choisi de me faire jouer par un acteur particulièrement jeune et complètement surmaquillé, histoire que ce film coûte plus cher et sonne encore plus faux : avec un tel sens de la logique, ce mec aurait pris Jeanne Moreau pour jouer Hermione dans Harry Potter, mais passons. Je tenais simplement à vous dire que cette vidéo ne servait à rien, puisqu’en fait, je compte laisser la parole aux deux archéologues du bord et chefs de mission, les docteurs Holloway et Shaw. Ah, si pardon, j’allais oublier : à l’heure qu’il est je dois être mort, hohoho, et je tenais à dire sans raison aucune que l’androïde avec vous, David, est pour moi mon SEUL ENFANT *clin d’oeil* et je ne dis pas ça au cas où j’en aurais un AUTRE A BORD *clin d’oeil* bon allez, coupez moi cet enregistrement, tout cela est beaucoup trop ridicule. Je ne suis même pas sûr de savoir ce que je fous dans ce film."

Sitôt l’hologramme coupé, Holloway et Shaw se lèvent pour prendre la parole à leur tour car on apprend que l’équipage n’est même pas au courant de la mission qu’il doit accomplir. Pardon ? Mais alors ils ont été recrutés comment ? "Salut, on va vous envoyer dans l’espace, et après deux ans de sommeil loin des vôtres, promis, on vous dit pourquoi" ? C’est bien, comme concept. On sent le truc réfléchi Mais revenons-en au briefing, donc, qui aurait eu plus de sens AVANT de monter dans la navette qu’à 10mn d’en descendre, et n’aurait rien changé à part virer une incohérence, mais pour ce que j’en dis, passons.

"Bon heu… bonjour, on va vous expliquer le topo : nous sommes archéologues, et nous avons trouvé dans différents endroits du monde, chez différentes civilisations d’époques différentes n’ayant jamais été en contact les unes avec les autres, des bas-reliefs, peintures et autres montrant toujours la même chose : un humanoïde désignant 5 planètes toujours alignées de la même manière. Or, il n’existe qu’un endroit dans l’univers connu – et qui plus est, découvert que récemment ! – ayant cet alignement : un ensemble de planètes avec un joli soleil… et l’une d’entre elles, Trouloulou-42 ayant de fortes chances d’accueillir la vie ! Donc on suppose que ces oeuvres sont des invitations à venir rencontrer ceux que nous avons appelé les "ingénieurs" et qui pourraient nous avoir créés… nous. Voilà, donc on va tenter de percer un secret peut-être aux origines de la vie sur Terre ! Et tout ça financé par le gentil M. Weyland, c’est cool non ?"

Vous avez bien suivi ? Donc, des civilisations humaines différentes ont réussi à reproduire un schéma planétaire n’appartenant qu’à un seul endroit dans tout l’univers connu alors qu’elles même ne le connaissaient pas, on en déduit donc que c’est une invitation. Je pose plusieurs questions, comme ça, au hasard :

  • Comment les civilisations en question ont-elles pu faire une reproduction si précise pour qu’on ne la confonde par avec un autre système ? Les aliens venaient régulièrement leur rendre visite pour faire des bas-reliefs "imitation d’époque" (pour ne pas jurer avec la déco) avec leurs outils futuristes ? Ah les aliens, on les connait : on les laisse 5 minutes et on les retrouve sur le Champ de Mars à vendre des contrefaçons à la sauvette !
  • Vous n’avez pas pensé que, puisque vous n’avez pas découvert tout l’univers, si ça se trouve, ce schéma renvoie justement à un autre système inconnu à l’heure actuelle ?
  • Du coup, pourquoi ne pas avoir envoyé un satellite en reconnaissance, déjà, avant d’aller dans l’espace ?
  • Mieux encore, puisque vous avez des androïdes, pourquoi ne pas avoir envoyé que ça ? Ca coûte moins cher en oxygène, en nourriture et boisson, ça bosse au lieu de dormir deux ans et ça ne demande pas de salaire. Un peu comme les stagiaires ou les sans-papiers au sous-sol de mes bureaux.
  • Pourquoi ce film passe son temps à se vautrer alors qu’on en est qu’au début ?

Heureusement, dans la salle, quelqu’un tente bien une question : c’est Bubu le biologiste !

"S’cusez moi… vous voudriez dire que vous ignorez 3 siècles de Darwinisme ? Qu’on aurait été créés par de mystérieux aliens ? L’évolution, tout ça… non ?"

Et là, attention, réponse de Shaw, notre héroïne qui sait tout et argumente avec brio :

"Oui. Parce que c’est ce que j’ai choisi de croire."

Croyez-le ou pas : ça cloue le bec à notre biologiste. Faut dire que c’est tellement bien argumenté, c’est beau. Moi je crois qu’il faut gifler Ridley Scott, c’est ce que j’ai choisi de croire. J’ai bon ?

Cela étant dit, tout le monde se disperse, et Vickers fait signe à Holloway et Shaw pour qu’ils la suivent jusqu’à sa cabine : elle aimerait leur parler en privé. Après avoir accepté et suivi la chef de bord, les deux archéologues pénètrent dans le quartier privé de la damoiselle, qui s’avère être diablement luxueux. David, qui a accompagné les humains jusque là, se lance alors dans un exposé pas du tout sorti de nulle part "Oui, c’est très luxueux. D’ailleurs vous ai-je dit, alors que je n’ai pas de raison de le faire, que ce quartier du vaisseau était entièrement autonome et détachable ? Il produit son propre oxygène, sa propre nourriture… bref, c’est un canot de sauvetage".  Je sais pas vous, mais moi, quand le commandant du navire vit dans le canot de sauvetage, j’ai moyennement confiance. Il y a même sur place, à la grande surprise de Shaw, un Medifuck-3000; une sorte de sarcophage de verre automatisé capable de faire n’importe quelle opération chirurgicale (on peut faire des super blagues avec, comme bourrer la gueule d’un copain et le coller dedans pour lui greffer des prothèses mammaires, on se marre trop avec Medifuck-3000) ou autre à disposition dans l’une des pièces des quartiers de Vickers. La classe.

Fort heureusement, vous noterez que seules les donzelles pas trop mal foutues se sont vu affecter un uniforme moulant. Subtil non ?

En tout cas, la jeune femme les prend à part et leur explique ce qu’elle voulait leur dire :

"Vos ingénieurs, là, ils sont sympas et tout, mais je vous préviens, interdiction de rentrer en contact avec eux. Je sais que toute cette expédition a été montée uniquement dans ce but, mais ne me demandez pas pourquoi, je suis contre sans raison, ça faisait bien trente secondes qu’on avait pas tenu un dialogue juste pour tirer une balle dans le pied de l’intrigue alors voilà, c’est fait, reprenons."

Pardon ? Que vient-il de se passer ? Je… ok. Toujours est-il que nonobstant ces discussions sans intérêt, le Prométhéus poursuit lui sa course, et s’engage désormais dans l’atmosphère de Trouloulou-42, piloté avec Brio par Janek, alors que bientôt se dévoile le paysage local : des roches, encore et encore, de la terre stérile, et du minerai en abondance. Tout parait désert – nenni de vie sur cette planète, tout cela serait un échec ? – jusqu’à ce que soudain, la troupe repère des lignes droites dans le sol : des créations artificielles ! Ces lignes mènent jusqu’à un dôme rocheux, et l’équipage décide qu’il serait bon de se poser à quelques centaines de mètres dudit dôme, afin de lancer une expédition sur cette première découverte. En quelques minutes, l’imposant vaisseau scientifique a tôt fait de se poser à l’endroit voulu, et ce avec grâce s’il-vous-plait ; voilà, l’humanité vient peut-être d’atterrir sur la planète de ses créateurs. Tatatsoin, fait l’orchestre qui accompagne toujours ce genre de moments, car nul équipage sérieux ne saurait se déplacer sans son orchestre philarmonique.

Aussitôt, chez les scientifiques, c’est la grosse excitation : tout le monde veut aller visiter le fameux dôme, et saute dans sa combinaison magique pour se préparer à une sortie ; Janek râle, précisant que la nuit tombera dans 6 heures, et qu’il serait plus sage d’attendre le lendemain matin, mais sentant bien que s’il ne les laisse pas sortir, ils vont être tout excités et pisser un peu partout dans le vaisseau, il laisse partir une petite troupe de galopins vers l’objectif, en leur demandant de faire vite (un scientifique lance évidemment à un soldat les accompagnant "Ah non, pas d’armes !" car comme chacun sait, cette phrase vue et revue est incroyablement à sa place lorsqu’il s’agit de rentrer en contact avec une civilisation inconnue – d’ailleurs, l’arme la plus répandue à bord est le lance-flammes, ce qui est à la fois peu pratique et un peu con. Et les gars aiment bien tirer avec toutes les 5 secondes sans raison en l’air, juste pour faire de la lumière. Okay, ce n’est donc pas un orchestre philarmonique qu’ils ont emmené, c’est l’équipe pyrotechnique de Rammstein). Ni une, ni deux, tout le monde saute dans un gros véhicule blindé ainsi que deux buggys (pourquoi tout le monde ne monte t-il pas dans le blindé ? Mystère), et file quelques centaines de mètres plus loin vers la curieuse structure rocheuse. Avant même d’être arrivés au pied de celle-ci, les détecteurs s’affolent : le bidule est creux – comme le scénario. Intéressant !

Lorsqu’enfin, tout le monde est au bas du dôme, la petite équipe descend des véhicules, le reste de l’équipage suivant l’épopée depuis le vaisseau grâce aux caméras et micros des combinaisons de chacun. Très vite, les choses se mettent à bien avancer, puisqu’après avoir trouvé une entrée vers une galerie s’enfonçant dans l’endroit Gégé le géologue sort de sa poche des drones utilisant des lasers pour filer dans toutes les directions et faire un plan extrêmement précis de l’endroit (heureusement que personne n’a emmené de chat, autant de lasers sur les murs, l’animal péterait une crise de frénésie). Pratique ! A bord du Prométhéus, on voit donc doucement se dessiner sur un hologramme le schéma des galeries, ce que l’on surveille avec attention.

Première découverte : pour de mystérieuses raisons, l’air est respirable dans cet endroit, pourtant ouvert sur l’extérieur sans aucune séparation. On ne saura jamais pourquoi, on supposera que c’est magique, schazam ; nos scientifiques, en bon professionnels, décident donc de tous retirer leurs casques, afin de s’assurer d’avoir le moins de protection possible et de s’exposer à tout ce qui doit traîner comme saloperie sur cette planète et que leur organisme ne saurait combattre (le rhume de Trouloulou 42 est légendaire). Accessoirement, l’un des dialoguistes a jugé opportun d’ajouter gratuitement dans le propos d’un personnage qu’il faisait – 27 degrés dans l’endroit, mais visiblement, même sans casque, personne ne fait remarquer qu’il fait un peu froid et qu’il vaudrait mieux rester couvert, mais allez, poursuivons : la fin de cette daube est encore loin.

L’équipe s’enfonce donc un moment dans une galerie jusqu’à ce que David fasse une découverte qu’il ne partage pas avec le groupe : il tombe sur un petit panneau dans le mur, qu’il parvient à déchiffrer grâce à sa logique issue de l’étude des langues anciennes : c’est un système d’enregistrement holographique. Mais plutôt que de prévenir qui que ce soit, il appuie directement dessus, provoquant un immense flash lumineux dans les couloirs : ceux-ci s’animent alors des fantômes holographiques de la dernière activité connue de l’endroit, à savoir, non pas une soirée mousse, mais d’immenses humanoïdes en armure fuyant visiblement quelque chose. Autant le dire : il y a quelques combinaisons qui se font souiller dans des bruits liquides à cette vue quelque peu surprenante chez nos héros ; Shaw, elle, part à la poursuite du groupe des fuyards holographiques, assistant à la fin de l’enregistrement lorsque le groupe de créatures passe une porte qui se referme derrière eux, abandonnant l’un des leurs à la traîne, s’effondrant au pied de l’endroit lorsque l’ouverture se clôt devant lui.

David vient de repérer un bouton sur lequel il n’avait pas encore eu l’occasion d’appuyer au hasard ; vite, hardi petit !

L’hologramme s’arrête… et les scientifiques se retrouvent donc nez-à-nez avec le cadavre du traînard, toujours allongé devant la porte qu’il n’avait pu passer. Décapité, les premières études indiquant qu’il est mort depuis près… de 2 000 ans. L’enthousiasme est général suite à cette découverte d’un être d’un autre monde, à part pour Gégé et Bubu, qui ont un peu flippé, et ont sérieusement besoin d’aller changer leurs combinaisons : avec l’autorisation de Shaw, ils décident de retourner au Prométhéus (sachez que dans ce film, on ne sait jamais vraiment qui commande : des fois, tout le monde se tourne vers Vickers, parfois Janek, parfois Shaw… visiblement, c’est un équipage à présidence tournante, une sorte de Space-Bruxelles).

Holloway lui a repéré des signes au-dessus de la porte, et demande à David de les traduire. Pour la deuxième fois, David, plutôt que d’obéir, décide d’ouvrir la porte sans aucune sécurité et sans déchiffrer ce qui est inscrit parce que, hein, bon, vous savez, c’est très secondaire tout ça, et puis si ça se trouve, il est inscrit "Celui qui lit ça est un con". Bref, à la surprise générale, la porte devant nos héros se soulève donc dans un bruit sourd, dévoilant… une étrange salle. Celle-ci a au plafond une voûte présentant une fresque qui s’efface lorsque nos héros y entrent ("Ah bin merde, on aurait peut-être pas du respirer à proximité, garder les casques aurait été intelligent, quel dommage qu’on soit cons ! Mais ne les remettons pas pour autant : il y a peut-être d’autres fresques à bousiller en bons archéologues que l’on est."), mais surtout, présente une immense sculpture de visage humain, au crâne chauve et aux traits nobles ! Curieux. Celle-ci est entourée de dizaines et dizaines d’amphores, que David commence  à étudier, sans là encore faire partager sa découverte : les amphores semblent "suer". Dans le doute, il en embarque une, ce que personne ne voit, puisque bon, ça ne fait jamais qu’un mètre de haut, ça ne doit pas se remarquer.

Et en effet.

Le reste de l’équipe se concentre de son côté sur une découverte toute différente : la tête du cadavre trouvé devant la porte est encore là (la porte a décapité le Monsieur sans abîmer la tête et en faisant une coupure nette : ça devait être une porte Black & Decker) ! Elle n’a rien d’humain, puisque de forme allongée avec un vieux morceau de trompe à l’avant, et la troupe décide de l’emmener pour étude, particulièrement lorsque Janek annonce sur les micros qu’une tempête de silice approche, avec foudre & co, et des vents à 200 kilomètres heures. Tout le monde ressort donc en courant, récupère les véhicules, et Shaw, plutôt que de mettre sa tête d’alien dans le blindé, la transporte sur un buggy, ce qui fait qu’elle se vautre au sol au moment de rentrer dans le Prométhéus : malin ! Elle part à sa poursuite, malgré la tempête qui les a rattrapés (car elle était évidemment juste derrière eux pour plus de spectacle), voit son casque fouetté par des copeaux de minéraux divers, et ne doit son salut qu’à l’intervention d’Holloway puis de David, partis la récupérer dehors. Tout le monde après ces aventures peut donc remonter en paix à bord pour étudier les découvertes du jour.

Tout d’abord, la tête d’alien, donc ! La bougresse est emmenée en salle d’étude, et rapidement, il apparaît que ce n’est pas une tête, mais un casque ! Et sitôt ouvert, on voit paraître à l’intérieur un visage bien humain mais surdimensionné au teint blanc et aux traits larges, comme au début du film (ou sur la tête sculptée qui ornait la salle où ils l’ont trouvée, donc), en parfait état (2 000 ans sans se décomposer ou même avoir l’air un peu moins en forme, bravo). Shaw a alors une superbe idée : "Hey ! On a notre bidule qui permet au système nerveux de croire qu’il est encore vivant : on va ressusciter sa tête, pour voir !" et effectivement, elle plaque contre l’une de ses oreilles une sorte de baladeur qui diffuse en boucle des phrases prononçant "Hey ! Ostie, t’es mort ? Hey ! T’es mort ? Dis ?" avec un accent québécois, le tout en boucle, ce qui rendrait fou même un mort. La tête a donc tôt fait d’ouvrir les yeux et de grimacer parce que merde, c’est insupportable, mais se contente de commencer à enfler (un peu comme quand un individu normal écoute du Céline Dion), l’obligeant à être mise en isolation avant de faire sproutch. Bon… bin on va en rester à l’analyse de son ADN alors, parce que pour le coup, maintenant, l’"ingénieur" ressemble plus à un flan aux fruits qu’à une tête.

David de son côté, est allé s’enfermer dans un coin du vaisseau que personne n’a remarqué (pourtant, c’est pas grand !) : une chambre à part où il s’entretient avec un caisson cryogénique qui lui donne des ordres et qu’il appelle "Monsieur" (parce qu’il y a quelqu’un dedans, pas parce qu’il a envie d’appeler ainsi un caisson ; même s’il appelle parfois la bouilloire "coquine", mais les androïdes ont de curieuses pratiques sexuelles). Saurez-vous deviner qui est ce mystérieux passager clandestin ? Toujours est-il que Vickers semble aussi au courant de sa présence à bord, et que la personne dans le caisson semble donner les ordres (Holala, je me demande bien qui c’est sachant qu’on ne nous a parlé que d’un seul autre personnage qui ne soit pas officiellement lié à l’équipage et qui fait partie des seuls à avoir un nom et prénom !), particulièrement le fait qu’il faut "poursuivre les efforts dans les recherches". Hmmm, ce doit être Monsieur de La Palisse là-dedans, en fait.

L’androïde retourne donc à sa cabine, où il a ramené sa grosse amphore sans que personne ne lui pose la moindre question, ou même ne remarque la chose ; après l’avoir laissée au frigo pour la boire fraîche, il se décide à l’ouvrir pour voir ce qu’elle contient : des tubes en verre abritant une curieuse substance noire, la même que l’on a vu notre ami tout blanc absorber au début du film pour se décomposer et créer la vie. David en prend donc une, l’ouvre sans précaution parce que c’est pour les nuls, et sort une goutte de cet étrange liquide  noir pour la poser sur son doigt, où elle semble prendre la forme d’un granulé. Cela fait, il va trouver Holloway, encore occupé à se bourrer la gueule (là encore, sans que personne ne dise rien), et lui colle le tout dans son verre, qu’il boit sans s’en rendre compte, parce que hihihi, tiens, si je collais un truc sans même l’étudier dans un verre des humains du bord ? Ce qui prouve bien qu’il faut toujours surveiller son verre sur ce blog, diable, ce film a au moins ce mérite, même si à un moment, j’avais très envie de me droguer pour passer cette épreuve cinématographique. A noter qu’Holloway, comme tout l’équipage, traite David comme de la merde au motif que c’est un androïde, et que Weyland a bien dit qu’il le considérait comme un fils. Insulter gratuitement le fils de son patron pour un oui ou un non : une excellente idée, là encore, tellement logique. Ce film enchaîne les non-sens.

Au passage, sachez ceci : lorsque nos héros sont retournés au Prométhéus, on leur a demandé où étaient ces deux pétochards de Gégé et Bubu, et les scientifiques se sont donc étonnés qu’ils ne soient pas rentrés sachant qu’ils étaient partis avant. La réponse a été bien vite trouvée grâce aux systèmes de communication : ces deux andouilles se sont perdues dans le dôme en cherchant la sortie. Oui, vous avez bien lu : Gégé, responsable des drones de reconnaissance – et donc de guidage – et Bubu n’ont pas réussi à trouver la sortie en marchant et malgré tous leurs outils, sachant qu’ils étaient en plus en communication constante avec le Prométhéus ayant un plan des galeries et leur position en permanence, quand dans le même temps, le reste de l’équipe qui est sorti en courant et paniqué parce qu’une tempête arrivait droit sur eux a trouvé du premier coup sans rien demander à personne. C’est tellement cohérent.

"Mais comment ces deux cons ont-ils fait pour se perdre alors que tous les plans montrent qu’on est venu en ligne droite ?"

Il a donc été convenu que nos deux champions resteraient dans le dôme pour la nuit (ce qui les a enchantés), le temps que la tempête passe et que le jour se lève. Nos deux loulous ont donc décidé, plutôt que de ne pas bouger (et sachant qu’ils avaient eu la pétoche), de se balader dans tous les sens dans les galeries alentours en chantonnant. C’est logique. Ils finissent d’ailleurs par arriver devant une nouvelle porte, où quantité d’autres corps d’extraterrestres comme celui trouvé plus tôt attendent : ils se sont entassés devant l’entrée comme s’ils fuyaient quelque chose (l’élection de François Hollande, probablement, cette porte doit mener vers la Suisse), et certains d’entre eux ont des trous dans le crâne, le bide, bref, rien de joyeux.

Janek, qui suit tout ça sur les écrans en écoutant les communications des deux loulous, décide que cette découverte ne vaut ni la peine d’informer les archéologues de cette pêche miraculeuse, ni même le moindre commentaire ou la moindre réaction. D’ailleurs, il faudra m’expliquer, sachant qu’on avait clairement entendu que la tempête "allait provoquer des perturbations et couper les communications", pourquoi alors qu’elle dure encore, on capte parfaitement les aventures de nos deux larrons. Au passage, les senseurs repèrent une forme de vie immobile à l’extrémité d’une galerie, qui finit par disparaître au bout d’un moment. Cela fait encore plus péter de trouille le géologue et le biologiste bloqués sur place, mais curieusement, ils en déduisent qu’il leur faut encore plus courir dans les couloirs dans tous les sens à l’aveuglette les bras en l’air. Janek trouve d’ailleurs tout cela tellement anodin, le charnier extra-terrestre, la forme de vie inconnue, et ses deux gars isolés pour la nuit, qu’il décide de ne demander à personne de monter la garde et de plutôt aller baisouiller Vickers. Il aurait regardé Derrick qu’il n’aurait pas réagi autrement.

On est au-delà de la nullité là. Très au-delà.

Toujours est-il qu’à l’autre bout du vaisseau, Holloway toujours cuit s’en va trouver la petite Shaw, pour lui dire qu’il lui montrerait bien la position du moulin étrusque, même si Shaw tente de casser l’ambiance en ramenant sur le tapis le fait qu’elle est malheureuse d’étudier l’origine de la vie quand elle est elle-même stérile, et annonce sa grande découverte à Holloway : l’ADN de l’alien… c’est le même que celui des humains !

D’accord. Le même. Et donc, pourquoi ne sont-ils pas humains alors ?

Et surtout, s’ils sont à l’origine de la vie sur Terre, il n’y a pas que des humains, alors quoi : le mérou, l’éléphant et le hamster descendant eux-aussi dudit alien, ils ont eux aussi le même ADN que l’humain ? Bon, écoutez : baisouillez et arrêter de dire des conneries, qu’on en termine plus vite avec ce film, merci. Ce que nos héros font, car se soumettant comme toute personne raisonnable à mon charisme qui lui ne l’est pas.

Mais revenons au dôme ! Car maintenant que tout le monde fait dodo à bord du Prométhéus, Bubu et Gégé peuvent donc déambuler en paix dans les galeries désertes, en allant dans les coins qui font trop peur, soit l’exact opposé de ce qu’ils déclaraient vouloir faire quelques instants plus tôt. Par exemple, et fort logiquement, en allant passer la nuit dans la salle où ils avaient refusé d’entrer, celle avec les amphores, la sculpture de tête géante, etc. Là encore, tout cela est très logique. Sauf que sur place, un curieux liquide noir suinte de toutes les amphores, qui ont visiblement réagi à l’entrée d’être vivants trop cons pour respirer dans leur casque plutôt que dans l’air ambiant, créant de véritables mares sur le sol, et dans l’une de ces flaques… du mouvement ! Ah !

Sauf que notre biologiste, jusqu’ici pétochard, a soudainement envie d’étudier la faune qui vit dans les mares de liquide noir dans des coins avec des extra-terrestres morts en tous sens, massacrés par on ne sait quoi (… oui, hein ?), et s’approche donc de l’endroit d’où provenait le mouvement pour noter qu’une sorte d’étrange serpent semble traîner dans le coin. Il approche donc son doigt en faisant "Petit petit petit !" (véridique), et insiste même quand le bestiau se met à siffler et à présenter d’inquiétantes dents (chhht, chhhht, laissez, ça ne dénote pas avec le reste), jusqu’à ce que finalement, la bête saute sur son bras, s’enroulant autour avec tant de force que même avec l’aide de Gégé pour tenter de le libérer, le bras de Bubu est pété sous la force de l’animal. Le géologue tente bien une solution de secours pour sauver son ami, en sortant un couteau de sa ceinture pour décapiter la bête, mais jaillit alors un jet d’acide qui ravage le casque de l’ami des roches et cailloux, le faisant choir, sans protection et tête la première, à son tour dans le liquide noir qui s’accroche à son visage et commence à le ravager. Bubu, lui, le bras en vrac et paniquant à raison, voit la tête de l’animal décapité repousser, et ce dernier entrer dans sa combinaison (comme ça, hop, sans préliminaires ou même restau pour faire connaissance) avant de rôder dans son casque… et de le tuer. D’accord.

Pour la petite histoire, concernant le "D’où sortait cette merde, sachant que le liquide noir dans les amphores semblait jusqu’ici désintégrer les êtres vivants, et pas générer des serpents géants aléatoirement", on peut supposer soit qu’il s’agit de lombrics, qu’on avait entraperçus dans la salle quelques heures auparavant (les mêmes que sur Terre, quelle coïncidence ! Que foutaient-ils là ?), qui ont affreusement muté dans le liquide noir en quelques heures au lieu de se décomposer, se transformant en serpents géants tueurs à petites dents au sang acide et se régénérant à volonté en quelques secondes sans aucune raison, soit que quelqu’un a juste écrit cette scène en barbouillant une page blanche d’une autre matière noire que l’on retrouve souvent dans les cabinets après des soirées fajitas. Au choix. Vous avez toujours envie de poursuivre ?

Le lendemain matin, à bord du Prométhéus, tout le monde se lève dans la joie et la bonne humeur.

A part peut-être Holloway, qui a une sacrée gueule de bois et les yeux un peu rouges à force de picoler à la villageoise toute la journée ; mais en observant de près tout ça dans le miroir, il note, l’espace d’un instant, une sorte de tout petit trait noir dans le blanc de son oeil (berk, je sais) qui semble avoir pris la fuite lorsqu’il a voulu voir ça avec une meilleure lumière. Bien que pas en super forme, et supposant probablement que c’est encore Shaw qui a défaut d’accueillir la vie en son sein, a dû y entretenir quelques MSTs,  il va se préparer et enfiler sa combinaison pour l’expédition du matin, afin d’aller récupérer Bubu et Gégé dans le dôme. A noter que :

  • Personne n’a remarqué qu’ils étaient morts (alors que toutes les combinaisons suivent le rythme cardiaque de leur occupant et envoient ces informations au Prométhéus)
  • Personne n’a pensé à inspecter ce que voyaient leurs caméras
  • Personne n’a pensé à observer les enregistrements de la nuit pour savoir ce qu’il leur était arrivé

Mais sinon oui, tout le monde est particulièrement stupide, là-dessus, aucune inquiétude. D’ailleurs, sachez que du film, plus personne n’évoquera jamais la forme de vie immobile qui était apparue un temps sur les écrans, et d’ailleurs, les mêmes détecteurs de vie n’auront jamais repéré ce qui a tué nos deux loulous sans que ça n’inquiète personne. Soyez prudents, puisqu’à partir de maintenant, beaucoup d’éléments vont, comme ça, sortir du film comme si on les avait introduits dans le scénario avant de les oublier et ce sans se relire. Prêts ? On poursuit.

"Ridley, c’était quoi alors la forme de vie qui se manifestait toutes les deux heures ? T’avais des moufles en plus de ton blouson pour écrire l’intrigue ?"

A nouveau donc, les véhicules s’élancent vers le dôme et vomissent leur contingent de scientifiques en direction de la salle des amphores, où Gégé et Bubu étaient supposés être "aux dernières nouvelles" dixit Janek, sachant qu’il faudra me dire d’où proviennent les dites nouvelles si personne n’a regardé les enregistrements de la nuit, et sachant que Janek était justement parti baisouiller avant que les deux larrons ne se dirigent vers la salle en question. Bref.

David part seul de son côté (encore) sans que personne ne trouve rien à y redire, et parvient à passer une nouvelle porte, restée fermée jusqu’alors (pas celle avec tous les cadavres d’aliens devant : celle-ci, plus personne ne semble s’en soucier, on en parlera plus non plus du film, hoplà, disparition !), et l’ouvre, accédant à une salle cette fois ouvragée, avec des sarcophages et un siège devant un tableau de commande. En déchiffrant les boutons (qui sont des boutons sympas : quand on appuie dessus, ils sont tout mous et font un son rigolo, comme les jouets pour enfants, et surtout, permettent à quelqu’un n’y connaissant rien mais étudiant les langues de pouvoir les déchiffrer, ça tombe bien alors !), l’androïde parvient à activer une nouvelle séquence holographique (toujours pas de soirée mousse alien, c’est très décevant), où il voit des humanoïdes géants cette fois-ci s’enfermer dans les sarcophages (un seul est encore vivant depuis le temps), après avoir étudié une carte des étoiles, et plus particulièrement… la position de la Terre ! Après avoir observé la chose, David active bien naturellement ses pouvoirs de téléportation (l’une des caractéristiques des films de Ridley Scott), et rejoint le reste du groupe à l’autre bout des galeries, comme ça, hop.

Arrivés dans la salle des amphores et du visage sculpté, Shaw & co ont deux soucis : tout d’abord, ils constatent qu’Holloway est malade, et que son état empire de minute en minute : son visage noircit, semble se décomposer par endroits, bref, il ne va pas bien. Et dans le même temps, une autre partie de l’équipe tombe sur le corps de Bubu (mais pas de Gégé, qui n’intéresse visiblement personne), et constatent que ce qui l’a tué est encore planqué dans son corps : jaillissant de sa bouche, l’espèce de serpent qui l’a massacré jaillit et agresse une autre donzelle ! En conséquence de quoi elle…

… disparait du scénario. D’après le casting, elle s’appelait Imora, et n’apparaîtra plus passé cette séquence sans qu’elle soit morte pour autant. Okay, bravo. J’imagine bien l’actrice à qui on dit :

"Voilà, tu peux partir !
- Mais ? Mon personnage était encore vivant, pourquoi ? Il lui arrive quoi ?
- Ho, la relou avec ses détails ! Casse-toi, c’est un film à 130 millions ici, c’est sérieux, on est occupés !"

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Tout le monde se replie à folle allure vers les véhicules et retourne vers le Prométhéus pour y soigner Holloway, mais malgré les ordres de Janek, parti en expédition avec la troupe sans motif particulier, la rampe du vaisseau ne s’abaisse pas à leur arrivée, faisant perdre un temps précieux pour soigner le malade. Ce n’est qu’après avoir lourdement insisté par radio que la chose s’ouvre, mais… l’entrée est cette fois-ci gardée par Meredith Vickers, armée d’un fidèle lance-flammes (encore une fois, quelle arme pratique) ! Qui explique qu’elle refuse de contaminer le vaisseau avec l’infection inconnue d’Holloway. Alors bon, certes, le vaisseau a un secteur de quarantaine, mais merde, si on commence à utiliser le secteur de quarantaine pour mettre des gens en quarantaine, ce serait presque cohérent et on perdrait l’esprit du film, alors Holloway doit rester à l’extérieur ! Shaw a beau supplier de les laisser entrer, finalement, c’est Holloway lui-même qui conclut les choses : il a trop mal, sait qu’il est condamné, et s’avance vers Vickers en la suppliant de tirer, ce qu’elle fait ; le passage brutal du statut d’archéologue à celui de merguez étant dur à encaisser, le brave scientifique meurt, bouleversant l’équipage (personne n’évoquera plus cet incident mineur, re-disparition !), au point que Shaw en finit inconsciente.

A son réveil, la bougresse commence, comme à tous ses réveils, par se demander ce qu’elle a foutu hier soir. Mais elle constate  vite qu’elle est à l’infirmerie, avec David penché au-dessus d’elle, lui expliquant qu’elle va bien, à part sur un point : elle est enceinte. "C’est pas banal", se dit l’archéologue, puisque stérile aux dernières nouvelles : la maladie d’Holloway aurait-elle rendu ses coucouilles magiques ?

Visiblement, plus que prévu, car David ajoute qu’elle est enceinte de trois mois, et l’embryon n’est pas humain. Ne me demandez pas comment David est capable de donner la maturité de gestation d’un embryon d’une race inconnue, je pense qu’il n’en sait rien non plus, mais sachant que notre héroïne n’a joué à touche-pipi que la nuit précédente, tout le monde en déduit que le bestiau dans son bidou grandit bien vite. Elle veut se le faire enlever, mais David lui explique gentiment qu’ils verront ça sur Terre, et que par sécurité, ils vont la remettre en stase cryogénique. Pour la calmer, il lui file un bon gros antidouleur, ce qui la fait s’évanouir aussitôt.

A son nouveau réveil (deux fois en si peu de temps, on dirait John Carter), Shaw n’a plus envie de rigoler : entourée par deux scientifiques qui veulent la préparer à une remise en stase, elle les bouscule pour s’enfuir, et grâce au pouvoir navrant de ce film, nous n’entendront plus jamais parler de ces deux personnages non plus, qui ne partent pas à sa poursuite ou quoi que ce soit : ils disparaissent juste, pif pouf. C’est lourd hein ? Alors imaginez quand on est devant.

Elizabeth erre donc dans les couloirs en petite tenue, courant jusqu’aux quartiers de Vickers pour foncer vers le Medifuck-3000 et lui demander une opération.

"Ce système n’est conçu que pour un patient mâle", lui répond la machine, un brin sexiste, oubliant d’ajouter "Sachant qu’au prix du bousin, je pourrais aussi être configuré pour une femelle, mais tout cela est juste un prétexte pourri pour rajouter du trash dans ce film en empêchant de faire une opération propre." ; grognon, Shaw décide donc de programmer la machine pour une autre intervention proche histoire de quand même se faire retirer ce qu’elle a dans le bide : elle programme "Oui je suis un mâle, ta gueule, blessure au bas ventre en profondeur, corps étranger à retirer".

Par contre, si c’est un homme qui est enceinte, le Medifuck-3000 assure

Sachant que la bécane vient de te dire qu’elle était configurée pour un mâle, vu comment tu présentes le truc ma grande, elle risque de te retirer les ovaires et de te recoudre le trilili, mais ouf, ça va ! La machine a un système de "diagnostic automatique", qui démarre pendant que déjà, ça s’agite dans le ventre de notre héroïne ! Elle attrape donc plein d’antidouleurs et s’en colle une bonne dose (ce qui ne l’endort pas, contrairement à la scène précédente, même quand elle en reprend un deuxième dans les secondes qui suivent, puis un troisième un peu plus loin : c’est devenu une junkie, je suppose). Le bousin diagnostique donc la blessure (mais ne remarque pas que c’est une femme, c’est rassurant, on sent l’outil efficace), et commence son opération sans anesthésie (… c’est censé être un truc de chirurgie autonome, on m’explique là ? Ah oui : "Plus de trash !"), ouvrant le bidou pour en retirer, via une petite pince façon machine à gagner des peluches sur les fêtes foraines (heureusement que c’est pas pour retirer une balle, sinon, la machine a pas le matos pour), un splendide…

"Félicitations Madame, c’est un poulpe. Medifuck-3000 vous souhaite une excellente journée"

Elizabeth est un peu surprise et emmerdée à la fois, parce qu’elle n’avait pas pensé à un nom pour un poulpe, mais dans le doute, elle va l’appeler Théo ou Enzo, ça fera l’affaire ; sitôt que la machine lui a collé des agrafes pour refermer son ventre, elle repart tranquillement, refermant le tout en mode "stérilisation" pour tenter de tuer le poulpe qui gigote en piaillant parce que sa maman l’abandonne, l’ingrate. Puis, défoncée aux antidouleurs et un peu traumatisée par ce qui vient de lui arriver, elle erre dans le vaisseau, jusqu’à ouvrir par mégarde une porte qu’elle n’avait jamais poussée… celle du caisson cryogénique donnant des ordres à David ! Et dans cette salle, une partie de l’équipage (des militaires, David et Vickers) semble en train de réveiller d’un long sommeil une personne que notre héroïne reconnait aussitôt : Charles Weyland, le riche et vieux patron de la société qui a payé l’expédition ! Hooo, bin ça alors ! C’était lui le passager clandestin ! Que fait-il à bord ?

Et bien, voyant débarquer dans la salle où il se trouve l’archéologue qui l’avait elle-même convaincu de monter une expédition pour Trouloulou-42, mais complètement stone, en sous-vêtements et des agrafes plein le bidou, le puissant PDG se dit qu’il serait temps de reprendre les choses en main et d’expliquer la vérité à Shaw, aussi défoncée soit-elle : il est venu incognito à bord parce qu’il est si vieux qu’il sait qu’il ne lui reste que quelques jours à vivre, et que donc, il a supposé que ceux qui avaient créé l’humanité étaient aussi capables d’allonger sa durée de vie, aussi ce voyage est-il son dernier espoir pour éviter la mort. Accessoirement, et ça n’est qu’un détail sans intérêt, Meredith Vickers est sa fille, mais tout le monde s’en fout, même l’intrigue, ça a juste été rajouté là pour sonner encore plus cliché, ça aussi ça sera oublié dès la scène suivante. Shaw lui dit donc que c’est débile : non pas parce qu’il aurait pu rester tranquillement cryogénisé sur Terre, envoyer une expédition d’androïdes moins coûteuse et plus efficace, et attendre tranquilou qu’on lui ramène de quoi le sauver sans prendre de risques, mais simplement parce que tous les "ingénieurs" de cette planète sont morts.

Oui, c’est un peu comme dans la série Stargate ; après avoir exploré 50 m², elle en tire des conclusions pour toute la planète. Ah, on sent la scientifique de qualité.

Mais pendant que cette petite conversation a lieu, il se passe quelque chose d’étrange à l’extérieur : d’après les senseurs de sa combinaison, Gégé le géologue, pourtant disparu aux dernières nouvelles, se trouverait… juste sous la rampe du vaisseau. Personne ne regarde ce que disent ses caméras ou son état de santé avant d’ouvrir la porte, et c’est ainsi qu’en abaissant l’accès à la nef spatiale, deux membres d’équipage se retrouvent nez-à-nez… avec le cadavre de Gégé, dans une curieuse position de contorsionniste russe, et arrivé jusqu’ici sans aucune raison. Que… comment, se disent-ils ? Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Comment est-il arrivé jusque là ? Ne me dites pas que dans un film avec autant d’ambitions, on a pas collé un truc aussi pourri que…

… un zombie.

Car oui : la gueule à moitié décomposée et déformée par les effets du curieux liquide noir suintant des amphores, Gégé s’est transformé en zombie, et commence à attaquer ses congénères en grognant ! Je ne sais pas vous, mais moi, j’adore les zombies, presque autant que payer mes impôts. On en trouve tellement à toutes les sauces à l’heure actuelle, que c’est un peu devenu le plancher de toute absence de créativité : "Tiens, si on collait des zombies ?" ; d’ailleurs, ça doit être un zombie particulièrement malin, puisque sinon, alors qu’il se promenait, expliquez-moi pourquoi l’équipage n’est jamais parvenu à localiser la combinaison ou à voir ce que voyaient ses caméras, sachant que celle-ci est impeccable, seul son casque ayant été endommagé ? C’est un zombie qui s’est dit "Pffff, et si je coupais tout mon matos de localisation et que je le rallumais au pied du vaisseau pour faire une blague, hihihi, on va trop rigoler quand je vais leur manger le cerveau !" ? Non mais merde, ça ne vous dirait pas de faire un petit effort, genre 5 minutes, histoire que ce film ressemble à autre chose qu’à une vaste blague hors de prix ?

Car oui, les zombies adorent se cacher pour mieux surprendre. Charlie est leur idole.

L’équipage lui, se défend comme il peut, utilisant pour ce faire non seulement les lance-flammes du coin, mais aussi des pistolets à impulsion qui visiblement, ne font rien à la bête. Si cela peut vous rassurer, là encore, de tout le film, aucune arme à impulsion ne fera de mal à qui que ce soit, mais nous en reparlerons dans quelques paragraphes. En attendant, le corps putréfié de Gégé ainsi que ses intentions cannibales finissent sous les roues du véhicules blindé occupant la soute du Promethéus, le tout marié à divers tirs de napalm pour bien faire comprendre au chenapan que ça suffit les conneries, dis-donc, tu es mort et tu le restes, sacrebleu de bloody chipolata.

Là encore, plus personne ne parlera de cet incident, puisque ça n’avait pas grande importance : après tout, on voit des zombies dans tellement de jeux et séries que un de plus, un de moins, même si c’est à bord de son propre vaisseau, on a vite fait d’oublier. Encore une fois, merci, Ridley Scott.

Revenons donc à M. Weyland, David, Shaw et Vickers en pleine conversation, car l’androïde a une révélation à faire : non, tous les "ingénieurs" ne sont pas morts : il en reste au moins un, en stase dans un sarcophage. Et lui pourrait peut-être aider M. Weyland à prolonger sa vie, tout en répondant aux questions de Shaw, si elle a encore la force de retourner dans le dôme, malgré toutes ces horreurs. Soit, dit-elle : je veux savoir, je veux des réponses à mes questions, comme par exemple, s’ils font trois mètres de haut, où trouvent-ils des slips à leur taille ? Après tous ces sacrifices : autant ne pas être venus jusqu’ici pour rien. Ni une, ni deux, toute l’équipe se prépare donc à partir en mission, et un système externe d’assistance à la marche est fixé à Weyland, afin qu’il puisse accompagner la troupe. On lui fixe aussi trois poches à urine ainsi qu’un brumisateur, mais ça, le film ne le montre pas, ce qui est bien dommage. Puis, une fois encore, tout le monde retourne vers le dôme.

Sur place, David guide la troupe jusqu’à la salle qu’il a trouvé, celle où il a vu les hologrammes entrer dans des sarcophages, et tout devient clair pour Shaw en écoutant les explications de l’androïde, ainsi qu’en se souvenant de quelques conversations avec Janek, le pilote du Prométhéus, qui avait des théories sur cet endroit maudit : en réalité, il s’agit d’un centre de production d’armes, à savoir, cette matière noire (sachant qu’on a vu aucun laboratoire ou machine, ils produisaient ça comment ? En y pensant très fort ?), et cela s’est retourné contre eux (comment là encore ? Vous ne le saurez jamais, le réalisateur a supposé que ça ne vous intéressait pas, même si c’est un peu le coeur de l’intrigue, encore un truc évacué du scénario, pouf). Ils se sont donc enfermés ici, dans ce qui est en réalité la salle de pilotage d’un vaisseau enterré, se mettant en stase dans des sarcophages en attendant d’accomplir leur mission, à savoir, si on en croit les enregistrements holographiques… se rendre sur Terre pour ainsi y détruire toute vie ! Cette planète n’est donc pas celle des ingénieurs : il s’agit juste d’une usine d’armes de destruction massive !

D’accord Saddam. Mais alors :

  • Pourquoi les survivants du massacre d’il y a 2 000 ans se sont-ils enfermé dans des sarcophages, sachant que cette salle est la salle de pilotage, et qu’ils pouvaient accomplir leur mission plutôt que de rester immobiles à pioncer pour attendre du rien ? La suite le confirmera : ils pouvaient décoller quand ils le voulaient.
  • Pourquoi les dessins sur Terre indiquaient-ils cette planète ? Je veux dire : les "ingénieurs" se seraient rendus plusieurs fois sur Terre, se tapant tout le trajet pour indiquer à diverses civilisations primitives l’emplacement de leur usine à armes de destruction massive destinées à leur bourrer la gueule ? Zut, c’est la base du scénario : même ça ne tient pas debout
  • Et d’ailleurs, comment les humains ont-ils fait pour tomber du premier coup, comme ça, hop, pif pouf, sur le vaisseau qui, justement, avait pour objectif de raser la Terre, sachant qu’ils n’avaient aucun plan indiquant ce point précis sur la planète ?

Réponse : aucune. Je crois que j’ai trouvé Ghost Rider plus crédible que ce film. C’est dire.

Toujours est-il que nos héros se retrouvent face au sarcophage contenant le dernier extra-terrestre vivant du coin (oui, vous vous souvenez la créature qui a tué Bubu par exemple ? Elle aussi a disparu du scénario, elle ne rôde plus dans les couloirs du dôme ni rien, pouf, virée elle aussi, c’est formidable), et décident donc de le réveiller, David entamant la manœuvre après avoir déchiffré les inscriptions du sarcophage. Bientôt, le conteneur s’ouvre, et un immense humanoïde blanc en sort, sans armure, ses yeux sombres sous ses larges arcades d’albâtre observant les humains curieusement. Shaw lui hurle de lui expliquer le sens de la vie (ah oui, rien que ça), et accessoirement pourquoi ils ont créé la vie sur Terre avant de maintenant vouloir la détruire, pendant que Weyland ordonne à David de demander, dans sa langue (car il la parle parfaitement, bien que ne l’ayant jamais entendue clairement), s’il peut l’aider à vivre plus longtemps. L’alien réfléchit un moment, puis finalement, se décide à…

… péter la gueule à tout le monde.

Ok, je suis de ton côté mec.

Les hommes accompagnant Weyland ouvrent le feu avec leur fusil à impulsion, visant toutes les parties vitales de cet ennemi avançant lentement et en ligne droite, comme par exemple, le pied droit ou par-dessus l’épaule gauche (ils ne pensent pas à viser la tête), et visiblement, comme toutes les armes à impulsion, ça ne fait rien à personne, le Monsieur peut donc continuer tranquillement de malaxer des museaux à coups de poings. Il tue en conséquence les gardes, arrache la tête du pauvre David, dont le crâne, encore "vivant", se retrouve au sol, puis s’occupe du vieux Weyland, qui meurt comme un con au milieu de ses poches à urine, ce qui est bien mérité vu son plan pourri à base de "Tiens, si j’accompagnais l’expédition super dangereuse et mal montée plutôt que d’attendre à la maison dans un caisson bien frais". Seul Shaw, puisque c’est l’héroïne et que c’est l’une des rares à avoir un nom et un prénom, parvient à s’enfuir, tentant de regagner le Prométhéus à pied.

L’alien lui, après avoir fait le ménage, se dit que tiens, si j’allais sur Terre, comme le voulait ma mission ? Surtout que j’irais bien visiter le Languedoc-Roussillon, il parait que c’est sympa. Alors hop, il s’installe dans le siège à côté des sarcophages, appuie sur quelques boutons, et tout un système de pilotage sort du sol pour s’installer devant lui, ainsi qu’une armure venant se déposer sur lui, façon Goldorak (le petit tour sur son siège en moins). Il programme donc sa destination, et comme les batteries ne sont pas mortes depuis 2 000 ans, parce qu’il avait bien pensé à éteindre les phares, hop ! Son vaisseau commence à chauffer, ce qui prouve bien que se mettre en stase ne servait à rien : il était prêt à partir mais avait décidé de faire la sieste 2 petits millénaires.

A l’extérieur, Shaw, qui tente de se ruer vers le Prométhéus aussi vite qu’elle le peut malgré son bide agrafé suite à son opération douloureuse intervenue quelques scènes plus tôt, voit le sol s’agiter sous ses pieds : il s’ouvre pour laisser passer le vaisseau au décollage ! Sacrebleu ! Elle appelle donc le vaisseau scientifique en urgence pour lui dire "Attention ! Il y avait un vaisseau alien là-dessous, et il va aller sur Terre pour balancer la matière noire dégueulasse qui détruit tout, c’est pire que les algues vertes sa merde ! S’il y arrive, notre planète sera détruite, et nous n’aurons plus nulle part où aller ! Vous devez l’arrêter !"

Janek pèse le pour et le contre : arrêter le vaisseau alien qui commence à décoller, sachant que le Prométhéus n’est pas armé, ça revient à se sacrifier en s’écrasant contre. A l’inverse, perdre la Terre, ça signifie devoir recréer la race humaine en s’accouplant avec Vickers, restée à bord, et plutôt pas moche… hmmm, c’est tentant, mais bon, hein, Janek étant noir et à moustache (et n’étant pas Will Smith ou capitaine de la police), il sait que dans un blockbuster, il est condamné à mourir ; il propose donc le plan suivant :

  • Il va éjecter les quartiers de Vickers, qui ont de quoi tenir sur la planète de manière autonome pour encore au moins deux ans, avec oxygène, nourriture, boisson et Medifuck-3000 (ne l’oublions pas)
  • Il va éjecter Vickers (elle pourrait aller dans ses quartiers pour être éjectée en toute sécurité, mais comme elle est bête comme l’intrigue, elle décide de se faire éjecter à part et après ses quartiers)
  • Il va s’écraser contre le vaisseau au décollage, et activer son moteur à ion-popopop-woush-woush-trop-de-la-bombe qui créera une grosse explosion apte à faire bobo à coup sûr

Vickers râle mais accepte le plan, filant vers un module d’éjection, alors que dans le même temps, ses quartiers sont envoyés vers le sol, amortissant la chute avec leurs propulseurs intégrés (vous ne le voyiez pas venir, hein, que le fait que ses quartiers soient un "canot de sauvetage" allait servir, pas vrai ? Après tout ça a été introduit teeeeellement naturellement et subtilement dans le film !). Le Prométhéus, lui, accomplit sa dernière mission, explosant contre la nef alien à une centaine de mètres d’altitude qui, d’ailleurs, a la forme d’un donuts qu’on aurait croqué. Et qui du coup, pour encore plus de spectacle, s’écrase vers le sol non pas comme une bouse mais… en commençant à rouler bien en équilibre ! Et comme vous l’aurez deviné, pile dans la direction de Shaw, toujours en train de galoper malgré ses blessures, et de Vickers, qui par un incroyable hasard, a atterri à côté d’elle.

C’est affligeant.

Si vous comptez que ce vaisseau était supposé contenir 17 membres d’équipage, + 1 clandestin, qu’il y a environ 6 morts et deux donzelles larguées sur la planète et que seuls les trois pilotes ont accepté de se sacrifier, calculez combien il reste de membres d’équipage à bord qui vont mourir dans l’explosion sans qu’on leur demande leur avis ou propose de s’éjecter

Les deux femmes foncent donc tant bien que mal, jusqu’à ce que Vickers, militaire entraînée, ne parvienne pas à s’écarter de la route du donut géant et se fasse sproutcher (c’est un verbe), quand Shaw, archéologue traumatisée et sortant d’une opération chirurgicale un peu compliquée esquive le tout comme un ninja majestueux. Voilà voilà. Cela fait, et apercevant le module autonome largué du Prométhéus au sol, elle se décide à s’y rendre pour enfin trouver un peu de repos après toute ces aventures, et un peu dépitée car le dit module permet de survivre deux ans, mais pas de repartir sur Terre ! Bah, un petit bain à bulles en lisant Space-Closer et le moral reviendra.

Sauf qu’à peine à bord, plusieurs choses sont étranges : déjà, les écrans affichent n’importe quoi, les lumières clignotent, le mobilier est en vrac… pour un module qui a utilisé ses propulseurs pour se poser en douceur, ça ressemble plutôt à de la mise en scène de mauvaise série B ! Ho, mais attendez : nous sommes un peu en-dessous de la mauvaise série B, au temps pour moi. Et surtout, ensuite, des bruits étranges se font entendre, hmmm… attrapant une hache à incendie qui traînait par là, la bougresse se rend donc vers la source de tout ce ramdam : la salle où se trouve le Medifuck-3000. Et en collant les yeux à la vitre, comme dans tout mauvais film, elle ne voit rien et il y a un silence pesant jusqu’à ce que soudain, un tentacule martèle brutalement le verre ! Deux ans avec un truc à tentacules comme coloc, ça sent le hentai à plein nez cette affaire.

Et dans le même temps, la tête décapitée de David, encore vivante dans le vaisseau alien, parvient à activer la radio pour prévenir Elizabeth : "Attention pépette, le grand monsieur tout blanc a pas aimé qu’on lui bousille son vaisseau, il vient donc en faire de même avec ta margoulette." ; et effectivement : débarquant du sas menant vers l’extérieur (dites-donc, non seulement il est arrivé vite pour un mec dont le vaisseau vient de s’écraser, mais en plus, il n’a pas de casque ! Pourtant, lui et les siens vivaient dans une atmosphère au sein du dôme en reproduisant une semblable à la Terre, d’où le fait que l’on pouvait y retirer son casque : alors comment a t-il fait pour aller de son vaisseau au module de sauvetage sans suffoquer à l’extérieur ? Téléportation, là encore ?  Soit), voici venir le dernier "ingénieur" !

Toujours est-il qu’Elizabeth Shaw ne pouvant lutter contre cet humanoïde de plus de trois mètres de haut, elle parvient juste à ouvrir la porte menant à la pièce de son nouveau colocataire à tentacules, et visiblement, le film était à court de budget, puisqu’apparait alors une immense bestiole aux appendices gluants tout droit sortie des plus mauvaises heures des téléfilms des années 80, qui s’empresse de faire des bisous à l’intrus. Ne me demandez pas comment, en à peine quelques heures et sans aucune nourriture, la bête est passée de petit poulpe à méga-bestiau (elle transforme peut-être l’air ambiant en gras, un peu comme Jean-Marie Bigard), là aussi, c’est comme ça. Shaw, elle, décide de laisser les deux trucs d’outre-espace se démerder, et fuit donc hors du module autonome, jusqu’à ce qu’à nouveau, David la joigne sur la radio.

"Elizabeth… je sais qu’on a pas toujours été d’accord… surtout quand je m’amusais à appuyer sur tous les boutons que je trouvais sans explication, que je partais seul en expédition et gardait mes trouvailles pour moi alors que les partager avec vous autres scientifiques ne m’aurait pas empêché d’atteindre l’objectif d’aider M. Weyland et aurait même au contraire permis d’avancer plus intelligemment, ou encore que j’empoisonnais votre copain avec une substance alien dont j’ignorais tout juste comme ça, pour voir, et mettant en danger toute la mission et sans aucun motif valable dans tout ce scénario sans aucun sens, mais je veux vous aider. Vous vous rappelez aussi quand je vous ai faite tomber enceinte d’un alien pour me marrer ? Qu’est-ce qu’on avait rigolé !
- Bon écoute fais péter, parce que soit je fais confiance à une tête d’androïde qui fonctionne toute seule, soit j’ai un plan à trois avec un humanoïde géant et un poulpe avec qui toute relation sexuelle tiendrait curieusement de l’inceste, alors balance.
- Eeeet bien je crois que j’ai compris comment se pilotaient ces vaisseaux. Si vous me le demandez, on peut retourner sur Terre. Et pas forcément avec ce vaisseau. Car je viens de découvrir que cette planète en comprenait beaucoup d’autres.
- Tu veux dire que cette planète comporte plein de vaisseaux qui n’ont jamais prêté assistance/détruit celui dans lequel les armes de destruction massive s’étaient retournées contre leurs créateurs ? Et qui attendent juste là à rien faire ?
- C’est ça.
- Et tu veux aussi dire que tu viens de faire cette découverte sans rien faire, puisqu’aux dernières nouvelles, tu es juste une tête décapitée au sol ? T’as fait comment, c’était écrit sur le plancher "Propriété de la patrouille de France, les autres vaisseaux sont à 50 mètres à droite ?"
- Je…. vous voulez vraiment que je justifie ou on termine ce film ?
- J’arrive."

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Bondissant dans un buggy qui était resté hors du Prométhéus avant sa mission kamikaze, Shaw se rend donc jusqu’au vaisseau alien crashé, atteint sans encombre la passerelle de commandes, puis en extrait le corps et la tête de David. Celui-ci la félicite de son choix, et lui dit que ça va être trop chouette de retourner sur Terre. Mais Elizabeth le coupe, du moins, façon de parler parce que c’est déjà fait, puis fixe l’horizon en prenant une pose cool :

"Non, David. Nous ne retournons pas sur Terre. Ces êtres nous ont créés, et maintenant, ils veulent nous détruire. Pourquoi ? Je dois savoir. Il doit y avoir les coordonnées de leur planète mère dans les vaisseaux : allons-y. J’ai le droit de leur poser des questions."

"Comment pourrais-je finir le film avec une décision encore plus absurde que tout ce qu’il vient de se passer, hmmm…"

Oui, tu as le droit. Mais vu l’accueil qu’ils t’ont fait jusqu’ici, tu risques juste de te faire tataner pour rien ma grande, et ainsi empêcher l’humanité de connaître le danger qui la menace, sachant qu’en retournant sur Terre avec un vaisseau alien, tu pourrais à la fois informer l’humanité de tes incroyables découvertes, aider la Terre à se préparer à une éventuelle attaque, et si tu en as envie, préparer une nouvelle expédition mieux préparée pour aller sur la planète mère des "ingénieurs" leur poser des questions. Là, tu fais juste de la daube, en fait.

Avant de partir, donc, Elizabeth laisse un enregistrement qui sonne comme un avertissement : cette planète est dangereuse, le mal y rôde. Puis, David et elle se rendent à un vaisseau voisin (là encore, localisé par magie, comme ça, hop ), et font décoller celui-ci vers les étoiles, pour que Shaw puisse accomplir la mission la plus débile de l’univers.

Et…

Non, pas fin, puisque Ridley Scott, comme dans le très mauvais Robin des Bois, joue la carte du "Maintenant que j’ai raconté n’importe quoi, raccrochons les wagons pour dire que c’est un préquel", et on découvre donc, au sein du module de survie autonome resté sur la planète, que l’énorme bête tentaculaire a non seulement vaincu l’humanoïde géant, mais a pondu dedans avant de mourir, sorte de version géante des face-huggers de la série Alien, et donc, comme il se doit… le ventre du pauvre ingénieur mort s’ouvre et en sort un xénomorphe, du moins, une version très proche de celle qui, quelques années plus tard, ira emmerder une certaine Ripley à bord de son joli vaisseau ! Sauf qu’ici on dirait un enfant de 9 ans à qui on aurait mis une tête de dauphin peinte en noir sur la tête, vraiment, je pense que le budget a eu de sérieux soucis. Voilà, c’est bon, on a casé de quoi dire que ce film avait un rapport avec Alien, et qu’on a pas payé la licence pour rien ? Alors…

FIN !

______________________________

Ripley essuya une larme sanglante sur sa joue, marmonnant quelques injures alors que certains de ses compagnons autour d’elle convulsaient au sol, leur esprit balayé par la vacuité complète du scénario. Parker, qui s’était lui tout simplement évanoui dès le passage où deux scientifiques soi-disant terrorisés décidaient de passer la nuit dans le pire coin du dôme, se releva péniblement en tentant de se reprendre.

"Mais… tout ça ne nous dit pas ce qu’il s’est passé ici, à bord de l’USCSS Odieux Connard ! Qu’est-ce qui est arrivé à l’équipage ? Pourquoi les corps ont-ils été ainsi empilés les uns sur les autres sur le pont principal ?
- La vidéo n’est pas finie, Parker, il va peut-être nous le dire.
- krsshh… film a causé trop de dégâts… impossible de repartir… vais m’occuper du chargement…
- Le chargement ? Que transportait ce vaisseau ?
- Attendez… à en croire les registres, il transportait une délégation d’étudiantes interplanétaires. Mais alors que… 
- krshhh… j’ai ouvert la cryo-soute… j’ai deux mois de brandy et de cigares…krshh…  une bonne playlist… si vous trouvez ce message… fuyez… et laissez moi en paix… krsshh… je… je crois qu’elles sont réveillés… elles arrivent !"

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La vidéo se coupa, et Ripley observa à nouveau les corps empilés les uns sur les autres.

Cette fois-ci, elle était sûre que le squelette dans le fauteuil était en train de sourire.

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