« Vous devez m’aider Monsieur Connard, je revis toujours la même journée !« 

Le type a agrippé ma manche au moment où je passais devant son bureau. Il la serre de toute ses forces au point que je suis obligé de froncer un peu les sourcils pour lui faire comprendre que s’il arrache un seul des boutons de ma manchette, la prochaine manchette sera justement pour son nez. Il se calme un peu et se recule dans son bureau, m’entraînant avec lui en roulant des yeux fous. Aussitôt que la porte claque derrière moi, il s’agite en tous sens.

« Monsieur Connard, ce n’est plus possible ! Cela fait des dizaines, des centaines de fois que je revis la même journée !
- Allons Berthier, soyez raisonnable, toutes ces histoires, c’est le stress qui parle.
- Mais non, enfin ! Ecoutez, je peux le prouver ! Je voyage dans le temps ! Je ne contrôle juste pas le déplacement : je suis bloqué dans… dans une boucle !
- Hé bien, prouvez-le alors. »

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Au moment où ma main descend vers ma poche intérieure, il m’arrête.

« Là par exemple, vous allez vous allumer un cigare ! Je le sais : vous le faites à chaque fois ! 
- C’est un peu facile : vous savez très bien que j’aime fumer un cigare lorsque je fais semblant d’écouter quelqu’un. Ca me donne un côté pensif qui m’aide à dissimuler le mépris pour votre propos.
- Ensuite, vous allez chercher votre flasque de brandy !
- Oui mais uniquement puisque tout amateur de cigare sait bien que celui-ci ne se savoure qu’avec un alcool bien choisi. Là encore Berthier, c’est facile.
- Non mais… ensuite, on entend un cri qui vient des sous-sols. Ecoutez… maintenant !
- Ce sont les stagiaires qui appellent à l’aide. Vous ne m’apprenez rien. Ecoutez Berthier, dites-moi : qu’est-ce qui vous a mis cette idée dans la tête ? »

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La tête de Berthier s’enfonce lentement dans ses épaules, et il lâche d’une voix plaintive : « The Edge of Tomorrow ! L’histoire d’un type qui a le même problème que moi !« 

Je lève un sourcil inquisiteur à l’attention du petit homme. Le film est-il si puissant que cela sur l’esprit des pauvres spectateurs ? Que faire lorsque l’on revit en boucle une seule journée ? Et surtout, Berthier ne serait-il pas un petit peu con ?

Spoilons, mes bons !

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L’affiche : des explosions, des grosses armures et des grosses épées. Je m’incline.

Notre film s’ouvre sur une succession de flashs télévisés qui nous informent que la Terre va bien mal : des fripons d’extra-terrestres appelés « Mimics » ont débarqué lors d’une pluie de météorites et semblent bien décidés à péter la gueule à l’humanité, ce qui est somme toute tout à fait compréhensible si jamais ils ont capté Direct 8 depuis le fin fond de l’espace intersidéral. Chose originale : ils ont débarqué en Europe, ce qui a rendu les échanges Erasmus beaucoup plus compliqués, surtout quand ils ont conquis la quasi-totalité du coin (à part l’Angleterre, qui, contrairement à la Turquie, met d’accord tout le monde pour dire qu’elle n’est pas en Europe). Le film montre même parmi moult images de dirigeants mondiaux réagissant à l’invasion une demi-seconde de François Hollande, qui explique probablement que attention, maintenant, il ne déconne plus, il a mis ses menaces à exécution : il a envoyé un courrier recommandé avec accusé de réception à l’armée ennemie pour leur dire qu’il est « très déçu« . Quelle violence.

Mais fi de commentaires putassiers, car au milieu de tout ce petit monde, un autre visage apparaît : celui du major Bill Cage, officier de l’armée américaine et porte-parole des forces alliées unies à peu de choses près, qui va de plateau télé en plateau télé pour dire aux gens que c’est okay, on va les éclater ces petits spatio-bâtards. Les flashs infos défilent et un jour, le major est fier d’annoncer que l’ennemi a pris sa première branlée à Verdun (ne me demandez pas ce que les mecs fichaient en plein milieu de l’Europe conquise, on va dire que quelqu’un a oublié de prendre une carte), puisque l’armée y a déployé de nouveaux exosquelettes pour les soldats qui les rendent plus efficaces et aussi plus jolis, hein, parce que du coup on peut faire du tuning militaire (qui n’a jamais rêvé d’avoir des néons sous les rangers ?). Ainsi, une certaine Rita Popolski a réussi grâce à son armure dernier cri à exterminer un nombre d’ennemis à trois chiffres sans trop se fatiguer, et on imagine donc quels prodiges pourrait accomplir l’armée terrienne avec cette arme en grande quantité. C’est donc parti pour en filer à tout le monde.

Nous retrouvons donc, un peu plus tard, le major Bill Cage qui ronfle tranquillement dans un hélicoptère alors que celui-ci l’amène dans la joyeuse cité de Londres.

Car Billou se rend chez le général Brigham, en charge de commander toute l’armée en Europe, qui l’attend de pied ferme. La conversation débute donc dans le vaste bureau du général en chef.

« Bonjour général Brigham ! Alors, que puis-je pour vous ?
- Hé bien mon p’tit Cage, comme vous le savez, demain, on envahit la France pour commencer la reconquête de l’Europe. On va donc envoyer 100 000 hommes et du matériel de foufou sur les plages du coin et bourrer la binette à tout ce que nous allons rencontrer. 
- C’est formidable général, en effet. Mais je ne vois pas trop pourquoi vous avez besoin de moi ? Je ne suis qu’un porte-parole.
- Il se trouve qu’il va sûrement y avoir de bien beaux actes de courage sur cette plage. Je voudrais que vous y alliez, Cage, pour filmer ce qui va s’y passer. 
- Mmmm ouiiii alors bon…
- Oui major ?
- C’est-à-dire que c’est un peu con. Déjà, parce que je suis porte-parole et non caméraman : c’est un peu comme si vous envoyiez Tex filmer l’Irak parce que vous l’avez vu à la télé.
- Ah.
- Bon et puis accessoirement : on est dans un film où toute l’armée est équipée d’exosquelettes du futur avec des caméras de visée et tout. Je suis assez certain qu’on doit pouvoir assez facilement les faire filmer leurs actions, voire juste leur coller une go-pro sur le casque. Pour pas cher, en plus.
- Oui mais non : pour d’obscures raisons, c’est vous que j’ai envie d’envoyer sur cette plage, major. Je me suis déjà mis d’accord avec votre supérieur : vous partez demain pour l’invasion. »

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Un jour, je trouverai un film où, dès qu’un personnage a un plan, c’est autre chose qu’une enfilade d’incohérences. J’en suis sûr. Mais pas aujourd’hui.

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« Bon Cage, en fait je dois vous l’avouer : hier, on était un peu bourrés avec votre supérieur et quand je me suis réveillé, mon bureau sentait le vomi, mon stylo le caca, et il y avait cet ordre de mission pour vous dans ma poche. Alors je n’ai vraiment pas envie de revenir là-dessus : contentez-vous d’obéir, moi non plus je ne comprends pas comment on en est arrivé là et je ne veux pas savoir. »

Puisque non seulement envoyer Billou se prendre des pruneaux est débile, puisqu’il n’a rien à voir avec la mission que l’on attend de lui, mais qu’en plus je ne sais pas vous, mais personnellement, quand mon armée a un visage public, j’évite que celui-ci ne se prenne des shrapnels dans la gueule : à ce qu’il paraît que c’est moyennement bon pour le moral. Mais là encore : je ne suis point militaire, ce genre de subtilité doit donc m’échapper.

Toujours est-il que le major Cage, lui, n’a pas non plus envie d’aller crever comme une merde même si on lui promet que tout va bien se passer. Il explique donc bien que lui n’est qu’un publicitaire au sein de l’armée qui n’a jamais combattu, mais le général n’en a que faire. Cage tente donc une ultime ruse de Sioux : il dit au général que si c’est comme ça, après l’invasion, grâce à ses pouvoirs de grand communiquant, il fera bien attention à mettre tous les morts sur le dos du général pour que les familles lui en veuillent très fort. Face à ce chantage, Brigham fait arrêter Cage, et lorsque celui-ci tente de se barrer, complètement paniqué par cette situation qui n’a strictement aucun sens (je le comprends), il se fait taser la gueule par un homme de la police militaire sur son chemin. C’est pas d’bol, comme dirait l’autre.

A son réveil, Bill Cage est allongé et menotté sur un tas de sacs au milieu d’une base militaire pleine d’activité. Après une rapide analyse de la situation, il constate qu’aucun homme d’arme désœuvré n’a profité de lui pendant son sommeil : l’honneur est plus ou moins sauf.

Mais s’il est encore relativement étanche, Bill Cage n’en est pas moins fort surpris.

En effet, un instructeur vient l’obliger à se lever, et avant qu’il ne l’engueule, un certain sergent Farell vient à sa rencontre pour lui annoncer que debout les campeurs, et haut les cœurs ! Il est désormais sur la super base qui prépare l’invasion de la France pour le lendemain. Cage tente donc de lui expliquer son cas :

« Ecoutez sergent, c’est sympa et tout, mais j’ai besoin de téléphoner car il y a un gros malentendu : je ne suis pas une nouvelle recrue pour l’invasion de demain. Je suis l’officier Bill Cage, de l’armée américaine, et suite à une grosse méprise, je suis ici. Je ne suis pas un soldat mais un communiquant, alors si vous pouviez m’aider à trouver un fucking téléphone, ce serait vraiment chouettos. 
- Ahaha… tiens donc ! J’ai ici un courrier du général Brigham qui me dit que vous êtes un déserteur qui va tenter de se faire passer pour un officier, justement ! Alors ferme ton clapet, bleu bite, et va enfiler ton uniforme de bidasse pour participer à l’entraînement pour demain !
- Sérieusement ?
- Pardon ?
- Je disais, sérieusement ? C’est le scénario ? Je suis l’officier le plus connu au monde, le visage de l’armée, mes papiers disent que je suis bien Bill Cage, mon uniforme dit que je suis bien Bill Cage, je vous dis que je suis bien Bill Cage, ma tête est celle de Bill Cage et je peux même vous donner des détails et vous, vous ne me croyez pas à cause d’un papier administratif qui raconte une histoire pas vraiment crédible ?
- Tout à fait. Mais si ça peut vous rassurer, alors qu’on a passé tout le début du film à vous montrer sur moult écrans de télé, et même à dire que vous étiez à l’origine du recrutement de millions de recrues, personne dans toute l’armée ne vous reconnaîtra jamais plus jusqu’à la fin de cette sombre bouse dans laquelle nous sommes. On y va ?
- Bon, ben, allez… »

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Pour la petite histoire, sachez qu’en fait, justement, toute la première partie du film sur le fait que Bill Cage est une légende dans la communication de l’armée ne servira à rien dans l’intrigue. Ils l’ont juste rajoutée pour s’assurer de se vautrer dès les premières minutes. Chapeau les enfants, quel talent. Mais, poursuivons, voulez-vous ?

Cage est donc emmené malgré ses protestations jusqu’à l’escouade J, composée de quelques soldats pas finauds, et avec lesquels notre héros va plus ou moins s’entraîner (et apprendre un certain nombre de blagues hilarantes, n’en doutons pas) jusqu’à l’invasion du lendemain où pour la première fois de sa vie, on le glisse dans l’une des fameuses supers armures de combat. Evidemment, personne ne veut lui dire où est la sécurité sur son arme, du coup, notre héros se retrouve incapable de savoir comment tirer le moindre coup de feu alors qu’il va partir à la bataille, hahaha, houhouhou, qu’est-ce qu’on déconne les petits amis. Qu’importe : il est chargé dans un des gros hélicoptères du coin et avec des milliers d’autres, direction la civilisation gastronomique France !

Dans l’appareil, on se fait plein de blagues (j’ai demandé à Diego de plâtrer mes côtes tellement elles étaient drôles, puis de plâtrer la gueule du dialoguiste) jusqu’au moment où, peu avant le saut, l’engin se ramasse un missile. Puisque, oui, les aliens tirent des missiles. C’est assez décevant je dois dire, je m’attendais à ce qu’ils envoient des shblürg ionisés ou des particules de schmülülü, mais non, visiblement, ils se fournissent chez madame le marchande, comme tout le monde. Qu’importe.

Toute l’escouade un peu paniquée saute donc à terre et se retrouve sur la plage, où c’est un massacre : l’ennemi, qui ne devait pas être là dans les plans et ne devait même pas savoir que les humains arrivaient, arrose toute la plage de loin et c’est un peu la boucherie. Les hommes se font massacrer, les hélicos en flammes s’écrasent sur les survivants, et Billou ne doit sa survie qu’à une sacrée chance. L’ennemi étant constitué de grosses bêtes tentaculaires (des tentacules ? Pas d’armes ? Mais alors, d’où viennent les missiles de la scène précédente ? Ce sont sûrement des projectiles magiques), autant vous dire que tout le monde se fait méchamment tentaculer, au point que même une écolière japonaise pourrait en être jalouse. Dans un coin de la plage, Billou surprend Rita Popolski, la légendaire « ange de Verdun », qui se fait écraser par un appareil allié venu se crasher sur la plage.

Bref, c’est la merde.

Bill Cage retrouve donc ses petits camarades survivants de l’escouade J entre deux dunes, mais, hélas, des mimics viennent leur latter la tête vite fait bien fait, et notre héros se retrouve à terre à mouiller ses chausses, alors que les ennemis se regroupent autour de lui. C’est alors que Bill note la présence d’une créature tentaculaire plus massive que les autres, et bleue là où les autres sont orangées. Il est donc tout intrigué jusqu’à ce que la bestiole lui saute sur la tronche en remarquant qu’il est vivant. Bill a donc juste le temps d’attraper une mine antipersonnelle que transportait l’un de ses camarades et de la mettre contre son torse lorsque la vilaine bête vient le croquer : tout explose, et Bill meurt donc…

… mais la bestiole bleue, en mourant elle aussi, le couvre de son sang, et Billou sent qu’il absorbe quelque chose de la bête.

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« Regardez sergent, j’crois que Cage est touché ! Ho mais… qu’est-ce qu’il fait à cette bête ? Ils échangent des fluides ? Mais ? Mais ? Il en a partout ! Bordel, je déteste le hentai ! »

Mais meurt quand même, faut pas déconner.

Et pouf !

Bill Cage se réveille menotté sur un tas de sacs dans une base militaire en pleine activité, et bientôt, le sergent Farell, pourtant mort durant la bataille, vient vers lui, parfaitement en forme, et debout les campeurs !

Bill comprend qu’il se passe quelque chose d’anormal. Déjà, parce qu’à l’heure actuelle, il devrait ressembler à un steak Charal oublié dans un coffre de Twingo en revenant de Shopi, et ensuite parce que tout le monde est vivant et agit exactement comme à la veille de l’invasion. Où qu’il aille, tout se passe exactement de la même manière.  Mais comment est-ce possible ? Avant que le pauvre bougre n’aie la réponse, l’assaut recommence, donc à nouveau on le colle dans un hélicoptère qui s’écrase au-dessus de la plage où la bataille a lieu et à nouveau, tout le monde meurt de la même manière. Bill tente bien de sauver un copain, mais du coup, c’est lui qui meurt à sa place comme une crotte.

Il se retrouve donc à nouveau à se réveiller sur la base à la veille de l’invasion, et c’est reparti !

Notre héros s’interroge donc quand même un peu : « Mon p’tit Billou, il se passe un truc bizarre. Mais quoi ?Réfléchis : tu es coincé au milieu de militaires caricaturaux, tout le monde agit de manière complètement scriptée, et quand tu meurs comme une merde, tu reviens à ton point de départ… mmmm, je crois que je vois : je suis bloqué dans une partie de Call of Duty. » mais un faisceau d’indices le met sur le chemin de la vérité : la moyenne d’âge de ses camarades n’est pas de quinze ans, et aucun n’a de pseudo comme « Mega_Knight81″ ou « [TACOS]RoXoR » : il est donc plus probable qu’il soit bloqué dans une boucle temporelle. Par ailleurs, personne ne lui propose de DLC toutes les quinzes minutes, ce qui confirme son idée, mais bref.

Bill (qui a le même prénom qu’un certain Monsieur Murray, mais c’est une coïncidence ; cela dit, il a aussi le même nom de famille qu’un certain Nicolas, ça doit être pour équilibrer) revit alors l’invasion, encore et encore, et il tente tout : expliquer son histoire (on le croit donc fou), faire flipper ses camarades en leur révélant tout ce qu’ils vont faire juste avant qu’ils ne le fassent, tenter d’être meilleur sur la plage… mais tout se finit invariablement par sa mort de manière plus ou moins ridicule. Il y a même un jour où il déserte et découvre que juste après l’invasion échouée, l’ennemi en profite pour commencer sa propre contre-invasion de l’Angleterre. Et que dans la même journée, Londres tombe donc.

Jusqu’au jour où il se dit qu’il va essayer d’aider l’ange de Verdun sur la plage puisque c’est quand même un super soldat, et après de nombreux essais pour apprendre tous les dangers qui la guettent comme des trucs qui tombent du ciel ou Paul le Poulpe qui l’attend tapi dans le sable pour la tentaculer sévère, il parvient à aller relativement loin sur la plage avec elle sans mourir. Elle note cependant que notre héros semble capable de prévoir tous les dangers, comme s’il avait déjà vécu cette bataille moult fois. Il finit donc, entre deux rafales, par plus ou moins lui avouer, que c’est une histoire qu’elle ne croira jamais, mais qu’il a déjà vécu cette journée moult fois. Elle lui hurle donc : « Venez me trouver quand vous vous réveillerez ! » avant de se laisser mourir à côté d’un appareil que Bill lui a pourtant recommandé de ne pas approcher, parce que oui, hop, plutôt que d’essayer d’être efficace, autant se suicider.

C’est ce que je préfère dans ce film : même les personnages se suicident plutôt que de le continuer. Intéressant.

En tout cas, Bill meurt donc à peu près au même moment puisque c’est de la grosse explosion ça madame, et il se réveille comme d’habitude la veille.

Il trouve donc avec plus ou moins d’essais/erreurs (où il meurt) un moyen de fuir son escouade pour courir retrouver le hangar où Rita et sa propre équipe s’entraînent , et celle-ci est tellement coolos et badass qu’elle fait des exercices physiques au milieu d’un système d’entraînement super dangereux censé reproduire des attaques de mimics, et est constitué de grosses pinces de chantier qui volent dans tous les sens à vive allure. Puisque oui, faire ses exercices dans un coin tranquille, c’est pour les nazes. Et idem pour Bill, donc, qui plutôt que d’appuyer sur le gros bouton rouge FIN DE L’EXERCICE situé au portique devant le site d’exercice, se lance en plein milieu des bidules lancés à pleine vitesse pour rejoindre Rita.

Et sinon, agir de manière logique, non ?

Mais faisons fi de tout cela, car avant tout, Rita s’étonne de voir ce bidasse s’approcher d’elle.

« Oui soldat ?
- Rita Popolski ? Ecoutez, je sais que ça va vous paraître bizarre mais…
- Qui vous a dit que vous pouviez me parler ? Je suis bien trop cool pour vous.
- Hé bien vous, en fait. Demain. Vous m’avez dit « Venez me parler à votre réveil », parce que je revis toujours la même journée et…
- Suivez-moi ! »

Rita tire donc son nouveau compagnon par la manche et lui demande d’expliquer tout ce qu’il a vécu, l’invasion qui merde (peut-être aussi parce qu’aucun satellite n’a repéré 12 000 poulpes qui attendent sur la plage, ou que personne n’a pensé à juste les bombarder de haut – ha, si les drones, l’artillerie ou les avions existaient, par exemple !), quand tout cela a commencé… et elle lui demande si à tout hasard, il n’aurait pas buté, avant son premier « réveil », une grosse bête bleue.

« Ah ben si alors, même qu’elle m’a foutu du sang et de la bidoche plein la margoulette ! » s’indigne notre héros qui sait très bien que tout ça, ça ne part pas au lavage.

Rita va donc chercher un autre type dans le hangar, un certain Carter, mécanicien de son état, et tous trois vont s’enfermer dans une petite salle où Bill n’est pas bien sûr de comprendre ce qui lui arrive. C’est donc le moment où Rita lui explique les choses un peu plus en détail.

« Billou mon bon, tu vis une chose extraordinaire : tu voyages dans le temps. J’ai moi aussi eu ce pouvoir. C’est comme ça qu’à Verdun j’ai été super efficace ! 
- Mais comment est-ce possible ?
- Le docteur Carter va t’expliquer.
- Oui, merci Rita. En effet, je ne suis pas un simple mécanicien : je suis un physicien-biologiste-scientifique-de-film-américain donc je sais forcément tout faire. Avant je travaillais dans un centre de recherches, mais j’ai émis l’idée que l’ennemi pouvait voyager dans le temps. On m’a donc traité de fou et j’ai atterri ici pour suivre Rita lorsque j’ai compris qu’elle avait ce pouvoir elle aussi. Vois-tu mon petit Billou, contrairement à ce que nous pensons pour beaucoup, nous n’avons pas DES ennemis mais UN ennemi. C’est en fait un organisme. Il y a les poupoulpes, orangés, que nous connaissons tous. Et tous les X millions de poupoulpes, il y a une grosse version du poupoulpe, bleue, que j’appelle sobrement « la marmotte ». Là où les poupoulpes sont des globules blancs, la marmotte est plutôt le système nerveux. Il faut donc un cerveau à tout cela, et il existe ! Il s’appelle… l’omega ! Regarde cette fantastique représentation 3D que j’en ai faite dans le moindre détail alors que je ne l’ai jamais vu !
- Incroyab’ ! Mais quel rapport avec moi ?
- Hé bien l’omega a le pouvoir de voyager dans le temps, ce qui le rend invincible ou presque. Ainsi, dès qu’il perd une marmotte, comme il les aime très fort, hop ! Il remonte le temps et recommence la journée sans perdre sa précieuse marmotte. Et idem s’il perd une bataille : il remonte le temps et la recommence pour mieux nous latter les balls. C’est comme ça qu’il a su pour l’invasion de la France : il a remonté le temps et redéployé ses forces pour nous attendre.
- Du coup, si les marmottes sont super précieuses, quelqu’un pourrait m’expliquer ce que l’une d’entre elles faisait sur une plage où l’ennemi savait qu’on allait arriver ?
- Nous pensons que l’omega est con comme une motte de beurre.
- Je vois. Rita, votre avis ?
- Sur l’omega qui est un con ? Ça ne fait aucun doute sinon il aurait déjà plié le film : les voyages dans le temps, c’est surpuissant.
- Non, sur comment j’ai pu me retrouver avec ce pouvoir.
- Hé bien en fait, les marmottes sont reliées à l’omega on ne sait comment. Mais lorsqu’elles sont tuées et que leur sang coule sur un humain – ce qui rend d’autant plus con le fait de les exposer – elles transmettent le pouvoir de l’omega à l’humain. Qui peut alors rebooter la journée. Alors que l’omega ne peut plus.
- C’est navrant de nullité.
- Oui hein ? Bref, l’omega doit te chercher pour essayer de récupérer son pouvoir. Il va tenter d’infiltrer ton esprit. Et tu auras des visions, tu le verras, lui, tu sauras où il est ! C’est comme ça que j’ai su qu’il était à Verdun. Mais le temps que j’arrive, il était parti. 
- Juste une question : comment il fait pour récupérer son pouvoir ? Il me tue ? Ça va être moyennement pratique vu que je reboote comme un vieux Windows 98 quand ça arrive.
- Heu… il va… il va…
- Il va faire la même chose en sens inverse ? Demander à une marmotte de se rouler dans mon sang ? 
- … bon, laissons tomber. Il est méchant et tu as le pouvoir, point final. »

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La représentation 3D ultra-précise de l’oméga : sachant que Carter ne l’a jamais vu et que Rita n’en a eu que de vagues visions, on en déduira que Carter est avant tout un ancien champion de Pictionary

C’est ainsi que nos deux fiers compagnons décident de mettre à profit la capacité de notre héros à recommencer en boucle la même journée, non pas pour voir s’il peut finir par avoir vu tout Youtube, mais pour l’entraîner, encore et encore, et en faire une bête de guerre. Et s’il est fatigué, blessé ou autre, sa petite camarade lui tire une balle dans la tronche pour lui faire rebooter la journée et reprendre. Bon, à chaque fois il faut supposer qu’il se tape le réveil « Debout les campeurs et haut les cœurs ! » qu’il doit déserter sa section, gagner celle de Rita et lui ré-expliquer qui il est pour qu’elle accepte de l’entraîner, ce qui doit être un peu lourd, mais il semble se débrouiller.

Lors d’un entraînement, tout de même, Rita donne un bon conseil :

« Au fait, assure-toi toujours de mourir vite et bien chaque jour. Sinon tu perdras le pouvoir.
- Comment ça ?
- Hé bien moi, je me suis retrouvée blessée, à perdre pas mal de sang, mais sans mourir. Du coup, j’ai perdu connaissance et me suis réveillée dans un hôpital de campagne où on m’avait fait une perfusion. J’avais perdu le sang avec le pouvoir, on m’en avait mis du tout pourri de pauvre mortel : résultat, je ne pouvais plus voyager dans le temps en mourant.
- Je peux poser une question ?
- Je t’en prie.
- Comment tu peux le savoir puisque tu n’es pas morte depuis, du coup, sinon tu ne serais pas là ?
- Heu… je… haha… hohoho… hé bieeeeeen…
- Non mais laissons tomber en fait, je crois que j’ai compris le problème. »

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Non non mec, je t’assure, il y a encore plus d’incohérences. Tiens, tu veux un autre dialogue ?

« Mais, Rita, pourquoi n’avez-vous pas essayé de parler au général Brigham quand vous voyagiezdans le temps ? Lui expliquer ce qui vous arrivait ?
- Mais je l’ai fait des dizaines de fois ! Et à chaque fois, c’est l’hôpital psychiatrique, ou pire, s’il me croit, la dissection pour tenter de me prendre le pouvoir… c’est affreux !
- Attendez, vous voulez dire qu’on a fait d’horribles expériences sur vous ?
- Oui !
- Dans des laboratoires ?
- Oui !
- Donc qu’on vous a mis dans un lit en vous foutant des poches de sang pendant qu’on jouait avec votre bidoche !
- Oui !
- Un peu comme dans un hôpital de campagne, en fait ?
- Ou… ah merde oui, attendez.
- Du coup, si vous avez subi ce genre de truc, pourquoi le pouvoir ne s’est pas barré avec votre sang à ce moment là ?
- Hihihihi, hohoho, regardez, j’ai trouvé une fleur ! »

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Vous en voulez encore ?

« Bill, nous devons attendre que vous ayez des visions de l’omega. Lorsque nous saurons où il est, nous irons le chercher tous les deux. Et le tuerons. 
- Ça me va. Mais sinon, je ne pourrais pas vous le transmettre, ce pouvoir ? Non parce que moi, sinon, je ne suis quand même pas super bon.
- Non, j’ai déjà tout essayé. Même le sexe, des fois que ce soit une MST.
- Je vois. Il n’y a donc aucun moyen ?
- Aucun.
- Quel dommage. Ah, si seulement on connaissait un endroit où il va y avoir une marmotte magique. Un endroit où on pourrait se rendre facilement. Genre sur une plage, avec toute une armée. Un endroit où on serait sûr que la marmotte serait puisque, du genre si on connaissait quelqu’un qui voyageait dans le temps et l’avait vue. Vue de si près qu’il serait mort avec et aurait piqué ses pouvoirs.
- Oui, ça serait chouette Bill, mais je ne connais personne comme cela. Continuons plutôt d’attendre qu’il se passe quelque chose. »

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Allez, on va s’arrêter là pour l’instant si vous voulez bien, parce que vraiment : ça fuse.

Bref d’entraînement en entraînement, si Bill devient meilleur, il n’en commence pas moins à avoir des songes étranges : l’omega l’a retrouvé. Il a donc la vision lointaine d’un barrage hydro-électrique qui se trouverait en Suisse selon le Dr Carter au sein duquel se planquerait l’oméga. C’est donc parti pour nos petits amis : il faut qu’ils gagnent la Suisse ! Certes, mais comment ? En se faisant larguer au-dessus ? En détournant un avion ? En…

« On a qu’à rester avec l’invasion ! » déclare Rita.

Ah mais oui, tenez. Tant qu’à faire, autant débarquer à pied sur une plage du Nord de la France. Pour aller en Suisse en passant par toutes les lignes ennemies, ça me paraît être une super idée. Vraiment, vous êtes des champions. Vous avez pris votre plan Mappy j’espère. Du coup, Bill, qui visiblement n’a aucun traumatisme quant au fait de mourir de toutes les manières jour après jour, apprend par cœur ce qu’il se passe sur la plage, l’explique à chaque réveil à Rita, et chaque jour, ils arrivent un peu plus loin avant de mourir.

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Et chaque matin, Bill se réveille donc sur cette base en se disant « Si seulement je savais où trouver un véhicule capable de nous emmener en Suisse ! »

A noter que le docteur Carter, qui assiste à leurs petits briefings chaque matin s’exclame « Je sais ! Le barrage de votre vision, je l’ai localisé : il est en Suisse ! » et Bill de lui répondre d’un ton blasé « Oui, cela fait des dizaines de fois que vous le trouvez, docteur, nous savons qu’il est en Suisse. » Certes mon bon Bill, mais qui est le rabouin qui du coup, doit décrire le barrage chaque matin, obligeant ainsi le mec à lancer une recherche plutôt que de lui dire directement « Il est en Suisse, je le sais, vous l’avez déjà découvert dans une précédente boucle » ? Non parce que sinon, il ne dirait pas ça. Donc soit tu es con, soit ce film est incohérent, soit les deux.

Je vais y réfléchir très fort.

En tout cas, la petite troupe s’amuse donc joyeusement sur la côte à chaque boucle, jusqu’à ce qu’enfin, la plage soit passée pour nos deux héros qui découvrent derrière la dernière dune…

… un village de caravanes de rednecks avec vieux manège qui grince.

Probablement les légendaires forains mystérieux des plages du Pas de Calais. Ou de Normandie. On n’est pas très sûr sur l’endroit où ils débarquent. Mais qu’importe, car notre héros lance :

« Nous sommes déjà venus ici plusieurs fois. Et à chaque fois, nous avons échoué à trouver une voiture qui marche. Il n’en reste plus que deux à tenter, une chance sur deux  donc !« 

Quel dommage que personne n’ait pensé, en sachant cela, à emmener de l’essence, une batterie, ou juste à prendre l’un des nombreux véhicules abandonnés sur la plage (qui marchent tellement bien que lors de l’une des premières boucles, l’un d’entre eux roule sur Bill). Mais non : continuons d’essayer de trouver une R12 pourrie qui marche à peine, quitte à mourir, c’est un sentiment si agréable.

Qu’importe : nos deux couillons finissent par trouver un véhicule en état de marche, et après avoir mitraillé la gueule de quelques poupoulpes, ils font route vers la Suisse et en ont donc pour un moment. L’occasion de rajouter encore du n’importe quoi à ce film qui n’en avait plus besoin.

« Enfin nous sommes en route, Bill ! Allons en Suisse !
- Tout à fait. Bon, si on parlait un peu de vous sur la route ?
- Non.
- Vous allez le faire, je le sais : d’habitude, vous commencez à parler lorsque nous arrivons vers Lyon.
- Attendez, vous avez déjà vécu ce trajet ?
- Tout à fait. C’est comme ça que j’ai appris des trucs sur vous, comme votre copain que vous avez vu mourir plus de 300 fois à Verdun.
- C’est cool, mais si vous avez déjà vécu tout ça, pourquoi m’avoir dit que vous ne saviez pas quel véhicule prendre au village des gitans mystérieux et qu’on avait une chance sur deux d’en trouver un qui marche ?
- … 
- Vous comprenez pourquoi je ne parle pas maintenant ? Dès qu’on le fait dans ce film, c’est pour dire une connerie ! »

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La route se fait donc silencieusement, jusqu’à ce que notre duo tombe en panne sèche, puisque si la route est couverte de véhicules abandonnés, personne ne pense à essayer de piquer un peu d’essence. On en déduira donc qu’à chaque fois que Bill a fait ce trajet, il a oublié ce détail : ce qu’il est tête en l’air, hohoho, oublier la même chose des dizaines de fois, alors qu’il n’a que ça à penser durant des heures de routes, c’est tellement ballot. Mieux encore, en abandonnant leur véhicule, nos héros se retrouvent aussi à court de batterie pour leurs armures (oui, ils conduisaient avec, merci) et les laissent derrière eux à leur tour pour aller s’abriter dans une petite maison isolée à quelque distance de la route. Sur place, il y a même un hélicoptère d’épandage, mais sans la clé. Crotte de bique ! Bill profite donc d’être au calme, tous deux, dans cette demeure tranquille pour faire sa parade amoureuse (qui ferait pâlir d’envie les champions du site Art de Séduire), mais ça ne marche que moyennement. Surtout lorsqu’il se trahit et que Rita comprend qu’ils sont déjà arrivés jusqu’ici plusieurs fois, et que Bill sait exactement où sont les clés de l’hélicoptère. Mais il tente d’expliquer le problème :

« Nous ne sommes jamais arrivés plus loin, Rita ! A chaque fois, vous tentez de faire décoller cet hélicoptère, je ne parviens pas à vous convaincre de ne rien en faire, et des poupoulpes enterrés à proximité vous détruisent la gueule ! Ne prenez pas cet hélicoptère, il y a d’autres solutions ! Et puis… je dois l’avouer, ça me fait mal de vous voir mourir chaque jour !« 

Mais Rita s’en fout, de ce gros aveu plein de bons sentiments : elle grimpe dans l’hélico, et en effet, le bruit du moteur attire des méchants qui tuent tout le monde.

Juste comme ça mon petit Bill : tu ne veux pas qu’elle meure ? Que vous finissiez toujours dans cette impasse avec cet hélico ?

Hé ben la prochaine fois, tu fais le plein et tu n’emmerdes pas le monde. Comme ça, vous ne vous arrêtez jamais dans cette maison avec son hélicoptère, et il n’y a aucun problème. Mais c’est vrai que c’est un peu subtil. Non parce que du coup, à chaque fois, c’est en fait toi qui l’emmène là où tu ne veux pas.

Du coup, à son réveil, Bill en a marre : ce jour là, il ne contacte pas Rita. Comme ça, elle n’enquiquinera plus et ne mourra plus devant lui, non mais, quelle emmerdeuse ! Bon, à un détail près mec : si tu ne l’aides pas, elle meurt sur la plage, donc le résultat sera le même, mais bon. Détail, hein, ce n’est jamais que celle que tu aimes qui meurt, et puis si tu tues l’omega, tu ne pourras plus revenir en arrière. Vraiment, touuuut petit détail. Allez, continuons. Il va donc tout seul jusqu’à la maison avec l’hélicoptère après avoir passé la plage durant l’invasion et visiblement, finit par trouver un moyen de tuer les méchants avant qu’ils ne l’embêtent, lui permettant de voler jusqu’en Suisse sans problème (le petit hélico doit avoir un très gros réservoir). Il se pose donc sur le fameux barrage du pays du chocolat, et descend dans ses entrailles à la recherche de l’oméga. Sauf que sur place, point d’oméga !

« Quel est le fuck ? » s’exclame Bill juste avant que ne surgissent un poupoulpe et une marmotte qui essaient de lui taper le museau !

Un-jour-sans-fin

Rappelons que la marmotte est un animal très dangereux : ici, l’une d’entre elles juste après avoir pris Bill Murray en otage.

Et visiblement, les deux ont un plan puisqu’ils ne tuent pas notre héros, et le désarment même lorsqu’il essaie de se suicider pour rebooter ! Quel est leur objectif maléfique ? On ne le sait pas trop, car au final, Bill trouve le moyen de se noyer pour mourir quand même, et comme ça, il peut rebooter en paix. Non mais.

« Debout les campeurs, et haut les cœurs !« 

De retour la veille à sa base de départ, Bill file voir Rita et le docteur Carter et après s’être présenté, leur réexplique la situation : oui, il a eu des visions de l’oméga. Et vous savez quoi ? L’oméga n’était pas à l’endroit des visions, ce qui veut dire qu’il envoyait de fausses informations pour tendre des pièges ! Un peu comme cette fois où l’oméga lui a envoyé une vision de lui et de Salma Hayek faisant la chenille, il se disait bien qu’il y avait un truc bizarre. Donc si Rita a vu l’oméga à Verdun… c’est que l’oméga VOULAIT qu’elle y aille ! Et il voulait qu’elle gagne la bataille ! Parce que comme ça, en déduit Bill qui a forcément raison puisque c’est Tom Cruise quand même, l’armée terrienne enverrait toutes ses forces, sûre de sa victoire, lors de l’invasion de la France, prendrait sa fessée, et la conquête du reste du monde n’en serait que plus facile une fois l’armée balayée alors qu’elle était loin de ses retranchements.

Mais alors, que faire ?

« Bah il y a bien le transpondeur ! » explique tranquillement le docteur Carter. « C’est un truc qui permet, à partir d’une marmotte, de savoir où se trouve l’oméga.« 

Bill tombe donc de sa chaise, tout comme l’ensemble des spectateurs devant cet étron cinématographique.

« Mais enfin ? Pourquoi personne n’en a parlé plus tôt ? J’ai du sang de marmotte dans les veines, donc je dois pouvoir me connecter avec l’oméga non ?
- Non mais bon, on se disait que ça ne valait pas le coup d’en parler. Mais de toute façon, le transpondeur ne marche pas. Ce n’est qu’un prototype que j’ai fait quand je travaillais dans mon centre de recherche. Quand je leur ai dis sur quoi je travaillais, mes collègues m’ont dit fou et j’ai dû fuir. 
- J’imagine bien, oui. Parler d’oméga, de marmotte et de voyages temporels, ils n’ont pas dû y croire.
- Non en effet. Mais du coup, il y a plein de prototypes qui marchent planqués dans le coffre-fort du général Brigham.
- Que… PARDON ? Vous voulez dire qu’on vous a traité de fou, traîné dans la boue, viré à coup de pied au cul mais que dans la foulée, on a terminé des recherches considérées comme loufoques, produit des exemplaires du prototype en question et enfermé le tout dans le coffre personnel du plus général en chef de la plus grande armée de l’histoire tellement tout le monde trouvait ça ridicule ?
- Hem je… oui ? »

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Bon ben, d’accord, on peut au moins dire que c’est cohérent avec le reste du film. Je parle du niveau général, hein.

Par conséquent, la nouvelle mission de nos héros est désormais d’infiltrer le QG de Brigham pour aller dans son bureau. Ce que, à force d’essais-erreurs, Bill a fini par savoir faire à la perfection. Ils esquivent donc les gardes, les mecs qui pourraient reconnaître Rita (mais pas Bill : comme expliqué au début de ce spoil, tout le monde ignore qui est Bill, pourtant passé au début du film sur toutes les télés du monde), et arrivent dans le bureau de Brigham, qui est fort surpris.

« Que… Bill ? Mais enfin ! Je vous ai viré de ce bureau de ce matin, si je m’attendais à vous voir revenir aujourd’hui même avec ma soldate la plus décorée à vos côtés ! Hé ! Mais d’ailleurs, vous êtes armés ? Que me voulez-vous ?
- Je vais vous raconter une histoire que vous ne croirez sûrement pas, général. L’invasion a eu lieu. J’y suis mort. Et suite à une erreur de l’ennemi qui peut contrôler le temps, me revoilà dans le passé pour essayer de vous prévenir. J’ai déjà vécu cette conversation des dizaines de fois, car à chaque fois, je reviens à cet endroit du temps. Je peux tout prédire. Votre téléphone qui va sonner ? C’est le général Beaufort qui vous dit que son avion est retardé à cause de la pluie. Décrochez et dites-lui que vous le rappelez.
*Dring !*
- … allô ? Général Beaufort ? Mmm… très bien. Je vous rappelle.
- Bien général. Un autre exemple ? Votre secrétaire va rentrer dans une seconde et vous demander si tout va bien.
*Clac*
-  Mon général ? Est-ce que tout va bien ?
- Mmmoui…moui… très bien.
- Votre secrétaire a tapé des rapports. Il en manque un sur le largage de carburant pour demain.
*Flip flap*
- Mais… effectivement !
- Maintenant, elle va vous annoncer ce qu’elle sait depuis un instant seulement : votre dîner de ce soir est annulé.
*Glups*
- Comment est-ce que… il a raison mon général ! Mais je viens de l’apprendre, c’est impossible !
- Et à présent je vais vous montrer mon cul.
*Boing boing*
- Incroy… hé mais dites-donc Cage, vous me prenez pour un con ? Remettez ce slip sur le champ !
- Excellent général, c’était un test pour voir si vous suiviez. Maintenant, je vais vous dire mon problème : de toutes les fois où je suis venu dans ce bureau, jamais vous n’avez accepté d’ouvrir ce coffre derrière vous pour me donner un prototype du transpondeur, quand bien même c’est le seul espoir de l’humanité. Alors je vous le demande général : allez-vous le faire ?
- Mmmm… okay. »

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Et à la surprise générale (hohoho, suis-je drôle), Brigham accepte d’ouvrir son coffre-fort et tend un prototype de transpondeur à un Bill qui se demande comment il a réussi son coup.

Tout serait donc si simple que cela ?

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Personnellement, j’aurais opté pour la séquence tirage de slip et brûlures indiennes jusqu’à ce que le général donne la combinaison du coffre. Comme ça, à la prochaine boucle temporelle, il n’y avait même pas besoin de le convaincre. Mais bon.

Hé bien non : car si le général a décidé de donner aux enquiquineurs ce qu’ils voulaient, il a donné l’alerte, et à la sortie, des gardes attendent de pied ferme nos héros. Après plusieurs essais grâce aux voyages temporels, nos héros décident de fuir vers le garage du QG où ils font les kakous en voiture pendant que Bill utilise le transpondeur sur lui-même… et découvre lors d’une vision qui lui rappelle sa jeunesse en boîte de nuit à se péter les rétines sous LSD que l’oméga n’est pas en Suisse : il est à Paris, sous le Louvre !

Les entités aliens ont du goût, reconnaissons-le : on les retrouve rarement embusquées sous l’hôtel Formule 1 de Limoges.

Hélas, si le plan fonctionne, il se termine mal : la sécurité du QG finit par avoir raison du véhicule de nos héros, et ceux-ci finissent dans le décor. Aussi, lorsque notre héros se réveille…

… il n’est pas sur une base militaire avec le sergent Farell : il est dans une infirmerie, attaché, et on l’a perfusé ; il a donc probablement perdu son pouvoir !

Miséricorde ! Enfoirés du don du sang ! Ça va se payer !

Cependant, notre héros est bien vite secouru par sa bonne amie Rita, qui le tire de cette situation et l’aide à fuir les lieux sans anicroche. Et ensuite ?

« Rita, merci, mais j’ai perdu mon pouvoir ! Je suis inutile, hein, une grosse bouse à présent ! Nous savons où est l’oméga mais personne ne nous croira… et il ne reste que quelques heures avant l’invasion !
- Alors il faut nous grouiller d’aller à Paris. Mais comment ? Et puis en pleine zone occupée, il va nous falloir des soldats pour nous aider !
- Bof, sachant qu’on pouvait aller jusqu’en Suisse quasiment sans être emmerdé plus tôt dans le film.
- Oui mais chut. Il nous faudrait un appareil volant et des hommes.
- Mmmm… je pense savoir où l’on peut trouver ça ! »

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Et Bill va trouver les soldats de l’escouade J, dans la nuit précédant l’invasion, pour leur expliquer toute son histoire. Et ils sont convaincus car il connaît moult secrets sur eux, puisque oui, Bill avait prévu cette situation et donc trouvé le temps de convaincre tous ses camarades de révéler leurs plus grands secrets (comme leur personnage préféré de Naruto) lors de précédentes boucles, ce qui est complètement crédible puisqu’il passait son temps à se barrer pour aller voir Rita d’entrée de jeu. Mais bon, toujours est-il que les loulous sont bien vite dans son camp, et qu’ensemble, ils vont détourner un engin volant de la base pour voler jusqu’à Paris sans que personne ne s’en émeuve sur la plus grande base de l’humanité la veille de l’invasion de la dernière chance.

Rien que de bien naturel, donc. S’il reste un peu de LSD à Tom Cruise, je suis preneur.

Et c’est donc bien vite que nos larrons arrivent au-dessus de la cité en bien piteux état : quelqu’un a joué au bûcheron avec la tour Eiffel, et visiblement, les aliens avaient connaissance du secret du lac de la Forêt d’Orient et autres réservoirs merveilleux de la Champagne-Ardenne et sont ainsi parvenus à noyer la ville. C’est donc une équipe qui patauge dans l’eau qui est larguée près du Louvre et s’approche du coin en mitraillant sévère. Le véhicule de largage s’est crashé, certains camarades sont morts, mais faisons la courte : sur place, il y a moult poupoulpes et même une marmotte pour garder l’oméga. Rita explique la situation :

« Surtout, ne tuez pas la marmotte… sinon l’oméga va le sentir, rebooter la journée et probablement mettre les voiles ou en tout cas s’adapter !« 

Oui, ou alors autre option : si vous tuez une marmotte, pensez à vous barbouiller de son sang les enfants. Comme ça on pourra recommencer cette ultime mission avec une sauvegarde à l’entrée du niveau, si je puis me permettre. Et ça n’en sera donc que plus facile. Mais là encore, c’est un détail : après tout, ce n’est que ce qui a changé le destin de Rita et Bill et la dernière chance de l’humanité. Je comprends que l’on puisse oublier.

Mais bref : la troupe entre dans le Louvre après moult spectaculaires aventures, certains se sacrifient héroïquement, et au final ne restent que Rita et Bill (ça alors!), Rita n’hésitant pas à rouler un gros patin à Bill en pleine situation critique pour dire que oui, bon, tout de même, il ne l’a pas volé, son bisou, et que oui, là tout de suite, ils n’ont que ça à faire. Par ailleurs, le scénariste a dû oublier qu’à part pour Bill, personne n’a connaissance des autres boucles : donc pour Rita, c’est la première fois aujourd’hui qu’elle rencontre notre héros, et elle qui est super froide et pro ne devrait donc pas vraiment sombrer dans ce genre de cucuterie avec un quasi-inconnu, mais bon, là encore, hein, bon, dites, ho. On va dire que ces tous ces poupoulpes et cette grosse marmotte, ça les a follement excité. Mais en tout cas, elle va faire diversion pour emmener la marmotte et les poupoulpes dans un coin pendant que Bill se rue vers l’oméga. Rita meurt dans l’affaire, et pour ne rien cacher, Bill aussi, puisque s’il parvient à envoyer tout un paquet de grenades vers l’oméga qui est planqué au fond d’un trou d’eau sous le musée, il se fait tuer par une marmotte furieuse. Je vous disais que c’était un animal taquin.

Les grenades arrivent sur l’oméga, lui explosent à la tronche, et celui-ci pète lamentablement, faisant que, ça alors, tous les aliens de la planète s’effondrent, raides morts.

J’aime beaucoup le principe des extra-terrestres qui meurent toujours d’un seul coup, histoire que ce ne soit pas trop compliqué à gérer dans l’intrigue. La Terre serait envahie par des humains, ou pire, des démarcheurs téléphoniques, on serait vachement plus emmerdés en fait. Heureusement que les aliens sont sympas.

En attendant, me direz-vous, Bill et Rita sont morts, le monde est sauvé, tout est fini ? Non ! Car le corps de Bill s’enfonce lentement dans les eaux noires où l’oméga avait fait son nid… et des morceaux de la bête viennent s’agglutiner autour de lui (souvenez-vous : xénozoonécrophilie jusqu’au bout !) jusqu’à ce que…

… Bill se réveille dans l’hélicoptère qui l’emmenait au début du film chez le général Brigham : il est revenu dans le temps ! Il a à nouveau le pouvoir ! Lorsque son hélicoptère se pose à Londres, la ville est en liesse : l’invasion alien est terminée. D’après les informations, une vague d’énergie a été détectée à Paris et tous les poupoulpes et autres marmottes se sont effondrés comme de vulgaire footballeurs dans une surface de réparation.

Ce qui serait très intéressant si tout cela n’était pas supposé arriver le lendemain, et ce grâce à Bill. L’oméga se serait donc suicidé ? Il serait revenu dans le temps pour mourir ? Le scénario serait tout pourri jusqu’au bout et en fait, tout cela n’aurait aucun sens autre qu’un happy ending sorti de nulle part ?

Je n’ose y penser.

Qu’importe : la victoire est à l’humanité, et Bill se rue donc sur la base où l’invasion se préparait. Dans son bel uniforme de major, personne ne l’embête lorsqu’il se rend aux quartiers de l’escouade de Rita, et lorsqu’il va trouver la belle, il lui fait son sourire le plus ravageur, se disant qu’il a désormais tout son temps pour essayer de lui montrer que tous les tentacules ne sont pas forcément hostiles et…

… FIN.

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On termine tout de même avec une spéciale cacedédi à François Bayrou.

______________________

« Alors ? Vous comprenez ? J’ai le même problème !« 

Berthier s’excite tant et si bien que ses gestes font à présent voler tous les papiers présents dans le bureau.

« Tous les matins, je me lève et je suis toujours aussi fatigué ! Je me traîne jusqu’au RER où les mêmes personnes me bousculent ! Puis, je me glisse dans un métro où un type rentre pour jouer la cucaracha à l’accordéon ! Ensuite, j’arrive ici et je fais les mêmes tableaux Excel, toute la journée ! Je répète sans cesse la même tâche ! Et quand je vais sur les réseaux sociaux, c’est pareil : les mêmes amis se plaignent qu’on est déjà lundi, d’autres postent des photos d’eux enfants en me défiant de faire de même, et un autre parle de la météo. Je rentre le soir, épuisé, je passe à Franprix où la caissière me regarde à peine, et je me couche pour me réveiller à nouveau le même jour et tout recommencer.« 

J’écoute tranquillement l’homme finir son récit, tout en écrasant mon cigare dans le vieux cendrier de la fête des pères qui trône fièrement sur son bureau. Je hoche la tête puis lui tape sur l’épaule.

« Allons Berthier, pas d’inquiétude, vous n’êtes pas Tom Cruise. Vous n’êtes pas dans une boucle temporelle.
- Vous… vous êtes sûr ? 
- Berthier vous êtes mon comptable depuis un moment, vous me connaissez, j’aime être direct, à part peut-être avec le fisc. Alors si vous vivez toujours la même journée, rien ne doit changer, non ?
- Non !
- Alors dans ce cas, comment était la stagiaire qui servait de table basse dans la salle d’attente devant mon bureau hier ? Vous savez bien que j’en change chaque jour.
- Hé bien… châtain, je crois.
- Et aujourd’hui ? »

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Berthier entrouvre timidement la porte pour regarder de l’autre côté du couloir et la referme dans un grand soupir.

« Rousse ! Elle est rousse ! Je suis sorti de la boucle temporelle !
- Ah, Berthier, Berthier… pas d’inquiétude : il n’y a jamais eu de boucle temporelle.
- Mais ? Vous êtes sûr ? »

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Je pose une main paternelle sur l’épaule de mon employé, et nous contemplons tous deux la ville qui vibre juste de l’autre côté de la fenêtre de son bureau.

« J’en suis sûr« , lui dis-je tranquillement. « Aucune boucle temporelle. » Je sens ses épaules se détendre sous mes doigts.

« Vous avez juste une vie de merde« , conclus-je avant de repartir vers mon bureau pour les entretiens d’embauche de mes assistantes.

« Candidat suivant !« 

Tirant sur sa cravate, Thorin Ecu-de-chêne se redressa dans son siège de cuir, avant d’adresser un sourire en coin à son ami Balin, assis à son côté. La porte du bureau s’ouvrit en grand et laissa apparaîtra une haute silhouette vêtue de gris, qui s’approcha tranquillement du siège situé en face de Thorin. Balin lécha son doigt pour tourner la page du cahier des candidatures, prêt à prendre de nouvelles notes, alors que Thorin jaugeait le nouvel arrivant.

« Bonjour Monsieur. Bon, je suppose que vous avez bien lu l’annonce ? Mon ami Balin et moi-même partons à l’aventure, d’où ces petits entretiens d’embauche pour se trouver de nouveaux compagnons. Alors Monsieur, à qui avons-nous l’honneur ?
- Gandalf. Gandalf le Gris.
- Très bien Monsieur Legris. Dites-nous ce que vous pensez que vous pouvez apporter à notre compagnie ?
- Je… je suis un magicien. Voilà.
- Un magicien ! C’est bien ça ! On a pas mal de guerriers pour l’instant, c’est vrai qu’un magicien, ce serait chouette. Alors, c’est quoi votre truc ? Les boules de feu ? La foudre ? Ho, peut-être la glace ?
- Non je… je fais pas les boules de feu.
- Ah non ?
- Pis pas la foudre. Pis pas la glace non plus. Mais j’fais des trucs supers hein !
- Heu… oui ? Vous auriez un exemple ?
- Hé bien… je peux faire de la lumière avec mon bâton ! Comme ça, s’il fait noir, hop ! Il fait plus noir ! »

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Balin fit la moue avant de faire cliqueter son stylo quatre couleurs pour prendre des notes en rouge. Thorin toussota poliment en cherchant le meilleur moyen d’annoncer ce qu’il avait à dire au vieil homme à la mine ravie, qui s’attendait visiblement à les impressionner.

« En fait, nous sommes des nains, Monsieur Legris. Nous voyons naturellement dans le noir. Donc votre bâton à piles, là, à part pour vous et éventuellement pour nous faire repérer…
- Ah ? Non mais, je sais faire d’autres choses je… tenez, les boules de feu !
- Je croyais que vous n’en faisiez pas ?
- Ah non mais dans le genre, je peux… mettre le feu à des pommes de pin ! Ha ha !
- Et ensuite elles explosent ?
- Hein ? Ho non. Après, c’est juste des pommes de pin. En feu. C’est bien quand même, non ? »

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Balin prit doucement sa tête dans ses mains, tentant en vain de cacher son désespoir pendant que Thorin lui tapotait le dos.

« Monsieur Legris… écoutez, franchement, vous êtes un magicien un peu pourri quand même, non ?
- Woh non ! Une fois, j’ai tué des orques !
- Avec votre magie ?
- Bah non, avec mon épée pourquoi ?
- Je… je suis certain que vous pensez être un magicien Monsieur Legris. Vous êtes de bonne foi, vous avez l’air sympa et tout, mais les magiciens, ils ont pas besoin d’épée pour tuer des orques. Vous comprenez ? Il faut arrêter maintenant. 
- Mais… mais une fois face au roi gobelin, j’ai fait plein de vent ! C’est pas de la magie ça ?
- Gandalf… si vous faites du vent, c’est pas parce que vous êtes magicien, c’est parce que vous êtes tout vieux, vous comprenez ?
- Hooo… hoo ch’uis fatigué…
- Bon, vous savez quoi, on va faire un geste. On va faire un contrat de génération, là, le truc de Hollande, si on aide un vieux, on a des allègements de charges pour nos guerriers en CDI. Alors on vous emmène, et puis comme ça, ça vous fera votre sortie. Ça vous ira Gandalf ?
- Merci M’sieur Ecu-de-chêne… on part quand vous voulez, hein. On va où ?
- Taper un dragon. »

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Et tout comme s’il y avait eu un roi gobelin dans la pièce, Gandalf déchaîna les vents.

Afin de suivre les aventures de nos amis des Terres du Milieu, il n’en faut pas moins que nous fassions le point sur le volume I de la trilogie. Allons-y donc !

Le Hobbit I : Bilbo Sacquet est un hobbit. Un jour, Gandalf le magicien sénile et 13 nains viennent le chercher en lui proposant de participer à une aventure pour aller reconquérir le Mont Solitaire, ancienne forteresse naine prise par le dragon Smaug il y a fort longtemps. Bilbo est recruté avec le titre de « cambrioleur » parce qu’en bon hobbit, il sait se faire petit et discret. En route, ils affrontent des géants, des gobelins, une salade niçoise, et sont pourchassés par le terrible Azog, un orque qui ferait mieux de se trouver un hobby. Bilbo trouve durant ces pérégrinations un anneau qui rend invisible, ce qui est fort pratique pour faire des blagues. Puis, alors qu’Azog manque de peu d’en finir avec leur compagnie, nos héros sont sauvés par des aigles qui les emmènent jusqu’à leur nid dans les montagnes, parce que ces branlos, sorte de RER B des terres du milieu, ne veulent pas aller plus loin parce que c’est dangereux. Ne pas aller plus loin que son nid, faut-y être con. Dans tous les cas, nous nous en étions arrêtés là. Et le spoiler était ici.

Tout vous revient ? Alors… spoilons, mes bons !

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L’affiche : du feu, même dans la pipe de Gandalf, ça compte dans la célèbre technique « Affiche en feu, film tout foireux ».

Notre film s’ouvre dans la petite bourgade de Bree, située non loin de la Comté. En effet, par une nuit pluvieuse durant laquelle on peut croiser un Peter Jackson habilement grimé en villageois dès la première scène, une silhouette trapue s’avance dans les rues et va se poser dans une auberge. C’est Thorin, le chef des nains de l’épisode précédent ! Mais nous sommes quelques mois avant que notre aventure ne commence…

Alors que le bougre savoure pain et fromage en surveillant du coin de l’œil deux humains qui ont l’air de ne pas vouloir lui faire que des câlins, Gandalf le gris vient s’asseoir à sa table. Mais que veut le vieux magicien ?

« Thorin, fils de Thraïn ! Que faites-vous ici ?
- Je mange du fromage de Bree. Même si ça ne vaut pas la Comté !
- Que…
- C’était une blague naine. Non, en fait, je cherche mon père, Thraïn. Des rumeurs disent qu’on l’aurait aperçu par ici.
- Des rumeurs, Thorin. Votre père n’est jamais venu par ici, je vous le garantis, et je doute que vous le retrouviez un jour. Non, en fait, vous savez ce que vous devriez faire ?
- Demander aux habitants de Brie s’ils sont d’accord en hochant la tête ?
- De…
- Non parce que j’adore quand Bree hoche.
- … Thorin, encore une blague comme ça et je vous colle mon bâton dans l’œil.
- Ah non ! Il ne faut jamais coller quoi que ce soit à Bree. Je ne veux pas de Bree colle ! »

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Une fois que l’aubergiste a séparé le petit vieux du nain sur lequel il tapait à coup de canne (qu’il appelle pompeusement « bâton »), la conversation peut reprendre, sans humour nain cette fois.

« Thorin, l’ennemi est là, dans l’ombre. Vous savez, les forces des ténèbres ont mis votre tête à prix.
- Ça expliquerait les humains qui me regardent bizarrement. Mais pourquoi ?
- Ils ne veulent pas que vous récupériez votre trône. L’ennemi aimerait que le dragon reste où il est… pour pouvoir le convaincre de rejoindre son camp.
- Ho !
- Hé oui. C’est pour ça que vous devez lever une armée pour reprendre votre trône. Et vous savez que les nains ne s’uniront que si vous leur présentez, l’Arkenstone, le plus beau joyau de votre ancien royaume ! Il va donc vous falloir pour ça réunir quelques amis pour retourner sur vos anciennes terres et… trouver un cambrioleur ! Prêt à quitter Bree pour une belle aventure, Thorin ?
- Pas encore, je suis aussi venu voir Martine.
- Martine ?
- Martine au Bree. »

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Alors que Gandalf explose de fureur (d’où l’expression « coup de grisou », parviendra à dire Thorin avant d’être à demi battu à mort), maintenant que nous savons comment tout a commencé, revenons dans le présent, et prenons la suite du premier film.

Et nous voici par une sombre nuit quelque part, dans les montagnes jolies des Terres du Milieu. En effet, Gandalf, Bilbo et les treize nains sont bien embêtés : alors que jusqu’ici, ils ont cumulé bien des aventures et pensaient pouvoir continuer à cheminer en paix, voici que malgré tous leurs efforts, Azog, le vilain orque qui les poursuit depuis l’épisode précédent, a retrouvé leur trace. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que Bilbo, véritable guetteur de la troupe, a repéré une espèce d’ours monstrueux traînant dans le voisinage. Que de dangers ! Bilbo va donc faire son rapport à Gandalf et aux nains.

« Misère les amis ! Azog a retrouvé notre trace ! 
- Alors qu’on a volé sur des kilomètres et des kilomètres à dos d’aigle ? 
- Il… heu… oui. Tiens, c’est vrai ça. Bon, on va dire qu’il connaissait la direction générale où nous allions, et que donc, il nous a retrouvés.
- Dans 800 km² de montagnes au bas mot ? Ce serait pas juste pour rajouter des scènes de course-poursuite aussi inutiles qu’improbables au film, au hasard ?
- Ho. Hem je… écoutez Thorin, nous n’en sommes qu’au début, essayons d’être tolérants et changeons plutôt de sujet. Tenez, par exemple, j’ai repéré une sorte d’énorme ours non loin, je vous avoue que ça ne me rassure pas trop cette histoire.
- Mmmm.
- Gandalf…
- Mmmm… un ours, vous dites…
- Gandalf, écoutez, arrêtez de faire « mmm » pour prendre votre air mystérieux et crachez le morceau si vous savez quelque chose. Alors, cet ours, ami ou ennemi ?
- Ni l’un ni l’autre… mais par contre, cela me donne une idée : je connais une maison non loin où nous pourrons nous abriter pour échapper à Azog. 
- Ah oui ? Ah mais c’est chouette !
- Oui, alors suivez-moi, vite ! »
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Gandalf, qui est âgé mais a encore de bonnes jambes, ce qui lui permet d’arriver le premier à La Poste le matin pour faire tomber sa monnaie, demander à voir tous les timbres disponibles ou autres activités de vieux, se lance donc dans une folle cavalcade aussitôt suivi par Bilbo et les nains. Je vous laisse donc deviner ce qu’il se passe : tout le monde court en file indienne sur fond de musique pompeuse, à savoir dans le cas présent au milieu d’une superbe plaine éclairée par le doux soleil qui…

… attendez, on était pas en pleine nuit et en montagne ?

Ce n’est pas grave, la scène est déjà passée, la plaine aussi, et nos héros courent à présent au milieu d’une forêt profonde,  oubliez la plaine qui est déjà loin, ce qui me laisse supposer que non seulement quand Gandalf dit « je connais une maison non loin« , il faut comprendre « à moins de 1200 kilomètres » (le bougre doit être Canadien), mais qu’en plus lui et ses amis à courtes pattes ont une vitesse de croisière qui leur permet de doubler les chevaux à la course, ce qui doit aider Gandoulf à tricher au Quinté +. Toujours est-il qu’après cette folle épopée, nos larrons arrivent en vue d’une imposante masure au milieu d’une clairière, et se lançant dans une dernière course vers la porte, ils notent que le gros ours que Bilbo avait vu est derrière eux, et visiblement pas content. Pas de souci cependant, car sitôt la petite équipe entrée dans la maison, elle referme la lourde porte sur la gueule de l’ours. Celui-ci reste un peu coincé dans l’ouverture, mais personne n’en profite pour lui coller un coup d’épée dans la margoulette, ce qui est bien dommage. L’ours, blasé, se replie donc et va grogner aux alentours de la maison.

Pour rappel, voici Azog, l’orque qui a visiblement un jour confondu la grille du barbecue avec son blush. Je n’ai pas d’autre explication quant à la symétrie parfaite de ses cicatrices.

« Qu’est-ce que c’était, Gandalf ? On aurait dit un ours, mais en plus gros et plus en 3D.
- Ça les amis, c’était notre hôte. »

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Que ne l’as-tu point dit durant vos 1200 kilomètres de cavalcade, ami Gandalf, parce que si un nain avait effectivement eut l’idée de sortir son épée, votre hôte aurait eut l’air fin (et vaguement mort). Gandalf explique donc l’affaire plus en détail : cet ours, c’est Béorn, un changeur de peau. On retient de lui qu’il peut se transformer en ours, mais qu’il ne se contrôle guère sous cette forme (ça doit pas être pratique quand il se réveille et qu’il trouve des étrons d’ours un peu partout dans sa maison « Raaah mais c’est pas vrai, mais faut que je me contrôle moi un peu !« ), et qu’il n’aime pas trop les nains, ce qui est ballot. Mais qu’il n’aime pas trop les orques non plus, ce qui devrait tenir Azog et les siens à distance.

La petite équipe décide donc de dormir chez Béorn, en plus ou moins sécurité, et au petit matin, Bilbo entend la porte de la demeure s’ouvrir : c’est Béorn, sous apparence humaine ! Celui-ci est tout grand et tout poilu, mais surtout, il s’exprime avec l’accent picard, laissant supposer qu’il doit probablement être de Soissons. Béorn est un mec cool : non, il n’en veut pas aux nains de lui avoir mis sa propre porte sur la gueule. Et comme il est sympa, en plus, il partage sa table avec eux.

« Alôrs, lô nains, lô, c’quwô qu’vous fôtes pôr ici ?
- Voyez-vous Béorn, mes amis nains et le hobbit que vous voyez ici m’accompagnent pour une aventure. Et nous avons des orques à nos trousses, c’est embêtant. Ne pourriez-vous pas nous aider à atteindre Mirkwood, plus à l’est ?
- Si, Gandôlf, j’pô. J’pô vô prêter, des pôneys, lô.
- Parfait. Merci Béorn.
- Bon bin j’vô vô les cherchô dans mô harem.
- Haras.
- Chut Bilbo. Oui, Béorn, allez à votre harem, on va se resservir un peu de pain au miel pendant ce temps. Voilà, haha.
- Mais Gandalf, ne l’encouragez pas, on dit « haras » !
- Bilbo, à votre avis, qu’est-ce que vous croyez qu’un changeur de peau célibataire à l’accent picard fait avec 14 poneys chez lui ?
- Il… hoooo. 
- Maintenant, reprenez du pain au miel et faites semblant de rien. »

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Après avoir trouvé un cheval à Gandalf et 14 poneys traumatisés à prêter aux petites gens qui l’accompagnent, Béorn prend la route de l’est pour accompagner ses nouveaux amis jusqu’à Mirkwood, prochaine étape sur la route du Mont Solitaire. Mais, laissons un peu nos amis de côté pour aller voir justement ce qu’Azog et ses orques font !

Car de leur côté, ça bougonne : depuis que la troupe est sous la protection de Béorn (qui a expliqué que tout son peuple de changeurs de peau a été exterminé par des orques, ce qui  laisse supposer que les orques savent comment lui meuler la moustache, mais bon), les orques se tiennent prudemment à distance. Et Azog voit une nuit un messager de son noir seigneur lui parvenir : il est convoqué à Dol Gudur, le repaire de celui qui se fait appeler « Le Nécromancien », à 19h en salle 203. Sur place (car oui, il y arrive dans la minute, pif pouf), son patron, qui a la forme d’une grosse ombre flottant en l’air, ce qui est pratique pour griller des places à la cantoche, lui annonce qu’il doit rester à Dol Guldur pour préparer « la guerre qui approche ». Mais comme péter la gueule de Thorin est toujours d’actualité, Azog est remplacé au pied levé pour aller courser le nain par un de ses petits copains que nous appellerons Gérard l’orque. et Gérard part donc avec sa petite troupe pour aller tataner du nain.

Cela étant dit, revenons à Gandalf et sa troupe, qui arrivent à l’orée de Mirkwood, une forêt à la bien triste allure : sombre, aux arbres tordus… elle semble avoir été littéralement corrompue par quelque chose (celui qui a dit « Les Balkany » a perdu, mais je reconnais que c’était bien tenté). Sitôt qu’il la voit, Gandalf ordonne donc que l’on relâche les poneys – ils ne seront d’aucune utilité dans les bois – puis il a un flash-back de Galadriel qui lui dit que tiens, au fait Gandalf, ce serait bien de savoir qui est le nécromancien. Ah, quel courage Gandalf ! Une forêt qui fait un peu peur, et hop, ho bah, il se souvient qu’il a un autre truc à faire. Gandalf annonce donc à la troupe deux choses :

  • Il doit partir, c’est super important, quel dommage, lui qui était super impatient d’aller dans les bois qui font flipper, c’est trop bête !
  • Dans la forêt, il suffit de suivre le sentier. Sinon, c’est mal.

Gandalf salue donc ses amis, et alors que les nains lui font part de leur stock d’injures diverses, de remarques homophobes et que les premières paroles de la célèbre chanson « Gandalf a les chocottes » commencent à résonner, il s’éloigne de la troupe pour aller vaquer à ses occupations. Thorin en bon chef des nains prend donc le commandement de la troupe, et la fine équipe s’enfonce donc dans les bois épais. Hélas ! Gandalf ayant crié « surtout, ne perdez pas le sentier« , évidemment, la première chose que font les nains consiste à perdre le sentier qui était cependant très mal balisé, j’en conviens. Ils errent donc dans les bois, incapables de retrouver leur chemin, jusqu’à ce que Bilbo note que, ho bin dis, il y a des arbres recouverts d’énormes toiles d’araignées. Tiens, si je jouais avec pour voir ce que ça fait ?

Oui, hein ? Il faut que je le dise ou ça ira ? C’est bien ce que je me disais.

Il ne faut donc pas attendre longtemps pour qu’une horde d’araignées géantes tombent donc sur notre petite troupe, et emmaillote tout ce petit monde dans un gros paquet de toile. Mais visiblement, celle qui s’est occupée de Bilbo n’était qu’une araignée géante faisant son stage de découverte de 3e  dans la forêt de Mirkwood : elle a donc non seulement oublié de piquer Bilbo, mais elle a aussi oublié de faire une toile vaguement solide autour de lui. Du coup, notre héros se réveille, jaillit de son cocon en hurlant, sort son épée et parvient à s’enfuir comme il le peut.

Là, vous allez me dire « Du coup, Bilbo doit sortir son anneau d’invisibilité de sa poche, et éviter d’être enquiquiné » ? Non, non, comme vous y allez.

« Concentre-toi Bilbo… tu ne dois pas te faire repérer, comment faire… raah, cet anneau d’invisibilité qui roule dans ma poche m’empêche de me concentrer ! »

A la place, Bilbo se contente de se cacher derrière des branches et/ou de faire diverses acrobaties (et non, les araignées ne sentent plus la toile vibrer : elles on senti Bilbo jouer avec une petite toile à 15 kilomètres de distance, mais le même qui cavalcade à 2 mètres d’elles, hop, plus rien, elles doivent être presbytes de la patte), puis, à force, finit quand même par se dire que bon, allez, il va mettre son anneau, comme ça, pour voir, parce qu’il paraît que c’est pratique, l’invisibilité, quand on ne veut pas être vu. Mais ce n’est qu’une rumeur, on est pas trop sûr.

Et là, miracle ! Vous savez, l’anneau unique, il rend invisible ? Et bien visiblement, il a profité de l’année entre les deux films pour partir en Erasmus, parce que désormais, il fait aussi traducteur universel ! Mais oui, et visiblement, il a pris araignée géante en LV2 parce que du coup, Bilbo entend les bougresses en train de causer entre elles. Mais alors, de quoi ça parle, une araignée géante ?

« Hé les filles ! J’ai trouvé un blog su-per ! Ça s’appelle Margaux Motin, et c’est des jolis dessins, mais des fois, les personnages disent « ta mère » ! 
- Ho dis, c’est super rigolo ! C’est quoi l’adresse ? 
- Tu trouveras, c’est sur la toile !
- Hihihihihi ! »

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Ah bin hé, vous avez vu l’humour nain, fallait pas vous attendre à grand chose non plus des araignées géantes, hein. Bref, que disions-nous ? Ah, oui.

« Bon, si on mangeait les nains ?
- Ho oui ! Avec un petit thé, devant Glee, ça va être choupi comme tout !
- Parfait ! Bon, allez allumer tout ça les filles, je ramène les nains. »

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Bilbo entendant cela comprend que ses amis vont bientôt passer de vie à trépas, et ni une, ni deux, saisissant son épée, il jaillit au milieu des toiles, toujours invisible, et commence à planter les araignées ; celles-ci hurlent et donnent, bien malgré elles, un nom à son épée : « Dard » (si on devait nommer les armes en fonction de ce que les gens hurlent quand on s’en sert sur eux, une bonne partie de l’armement de Marseille s’appellerait « Bâtard ») . Bon par contre, on ne sait pas trop pourquoi, Bilbo retire son anneau pour un oui ou pour un non, quitte à se mettre en danger pour rien, puis le remet, le retire à nouveau… bref. Toujours est-il qu’il parvient à libérer les nains l’un après l’autre, qui prennent alors les armes pour se défendre contre les arachnides. La bataille dure un bon moment (il faut bien remplir le film d’une manière ou d’une autre), et soudain, des renforts inattendus jaillissent des fourrés voisins : des elfes ! Qui mettent en déroute les araignées ! Avec à leur tête un certain… Legolas !

« Alors les nains, on se promène sur nos terres ? 
- Legolas ? Mais ? C’est affreux ! Qu’est-ce qui est arrivé à votre maquillage ?
- J’ai pris dix ans depuis le Seigneur des Anneaux, les gars.
- Oh. D’accord.
- En attendant, vous n’avez rien à faire ici : donnez-nous armes et équipement, nous vous collons au trou ! »

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Les nains n’ayant clairement pas l’avantage, ils confient donc tout leur matériel aux elfes, chopines à bière compris, puis sont emmenés dans une forteresse au cœur des bois où on les enferme tranquillement l’un après l’autre. Mais Legolas note quelque chose qui l’embête un peu : il a des vues sur Tauriel, la jolie capitaine qui mène la garde, mais cette dernière a des vues sur Jean-Jacques, l’un des nains de la bande, qui l’a fait craquer au premier regard. Legolas feint donc l’indifférence, mais moyennement bien (« Mais enfin Legolas, notre amitié est trop précieuse, tu mérites tellement mieux que moi !« ). Thorin, lui, a le droit a un entretien avec Thranduil, le roi des elfes du cru.

« Thorin Ecu-de-chêne ! Le célèbre roi sous la montagne, parti reconquérir son royaume… vous ici !
- En effet. Je souhaiterais pouvoir poursuivre mon chemin. C’est sympa chez vous, c’est coquet et tout, mais c’est pas tout ça, on a de la route. 
- Thorin, mon bon ami… voilà ce que je te propose : tu veux reconquérir ton trône ? Soit. Je t’y aiderai.
- Ah oui ? C’est bien, ça, dites-donc. 
- Oui, mais en échange… il y a dans le trésor de Smaug certaines pierres qui m’appartiennent… je souhaiterais les récupérer.
- ALORS CA JAMAIS !
- Je… attendez, mais ? Pourquoi vous vous énervez ?
- PARCE QUE VOUS N’AVEZ AUCUNE PAROLE ! Quand la montagne a été attaquée, vous n’avez pas accueilli les réfugiés ! Alors je sais que vous n’avez aucun honneur !
- Nan mais c’est-à-dire que c’est con, votre histoire : je vous parle de pierres que le dragon a. Ce qui signifie que je ne peux les récupérer QUE si je vous aide d’abord. Donc que je suis payé à la livraison. Donc, impossible pour moi de vous lâcher si je veux mon paiement. Du coup, c’est pas logique, votre grosse colère là.
- Ah bin oui. Mais le script dit que ni vous ni moi n’y pensons.
- Il dit quoi ensuite ?
- Il dit que vous me renvoyez au trou.
- Alors soit : au trou, le nain ! »

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Et au trou, le nain, donc. Mais retrouvant Balin, son lieutenant, dans sa cellule, Thorin explique que rien n’est perdu : non pas parce que Gandalf peut encore les sauver, non, personne ne compte plus sur papy depuis longtemps, mais parce que les elfes n’ont pas capturé Bilbo ! Celui-ci a eu la bonne idée d’enfiler son anneau peu avant la capture du groupe, et a donc suivi les elfes jusqu’à leur forteresse… donc inutile de passer un marché avec les elfes, puisque Bilbo est là !

Oui, enfin les elfes se proposaient juste de t’aider à reprendre ta montagne directement. Un détail, sûrement : tu n’en as pas besoin. Bilbo va sûrement aussi latter le dragon tout seul.

« Tauriel, les nains que nous avons capturés… est-ce que c’est juste moi ou est-ce qu’ils sont un petit peu nerveux, voire carrément con-cons ? »

S’ensuit une petite scène durant laquelle Tauriel, la jolie elfe, vient discuter avec Jean-Jacques, le gentil nain en cellule. Evidemment, ils parlent de leurs rêves, de leurs déceptions, de la vie, de la mort, et bien évidemment de physique quantique, sans se rendre compte que Legolas a suivi la chose de loin. Aussi, sitôt que Tauriel a quitté le secteur où les nains sont enfermés, le bougre lui tombe dessus.

« Tauriel ! Je vois que ce nain ne te laisse pas indifférente.
- C’est que… il est plutôt grand et bien fait, pour un nain !
- Tu veux dire que tu es attirée par lui ?
- Hé bien je…
- Tauriel, je ne pensais pas devoir en arriver là un jour mais… sais-tu ce que cela donne lorsqu’un nain et une elfe s’aiment ?
- Non ?
- Regarde cette photo d’Eric Zemmour. Maintenant, redis-moi que ce n’est pas une connerie.
- Seigneur je… je vais y réfléchir Legolas je… je ne savais pas… »

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La discussion se poursuit, mais n’y prêtons pas attention : car Bilbo, lui, a bien avancé de son côté. Il a réussi à récupérer les clés des cellules de la forteresse qu’un geôlier avait laissées au clou, et a en plus appris que les elfes avaient un système pour évacuer les tonneaux de vin elfique vides par la rivière passant sous leur base d’opération qui lui a donné des idées. Ni une, ni deux, il va donc libérer ses amis (ce qui est facilité par le fait que tous les gardes que l’on voyait patrouiller avant doivent eux aussi avoir des anneaux d’invisibilité puisqu’ils ont tous disparu), puis les emmène vers les caves de la forteresses, en leur ordonnant de se glisser dans les tonneaux qui attendent sur une trappe d’être évacués par la rivière. Ça tombe bien, il y a… 13 tonneaux très exactement !

Retenez bien cette information. 13 nains, 13 tonneaux. Oui, ça tombe bien, j’en conviens.

Bilbo active donc le mécanisme de la trappe qui va bien, et les treize nains, protégés par leurs tonneaux, sont donc envoyés flotter sur la rivière rugissante. Et quelques instants plus tard, Bilbo les suit, sans tonneau pour sa part. De là, c’est parti pour la séquence « Peter Jackson est tellement mauvais que même les trucs simples, il n’y arrive pas. » Ainsi, si l’on suit les pérégrinations sur les flots de nos amis nains (avec même une séquence en caméra go-pro, ça c’est du grand cinéma), selon les plans, le nombre de tonneau, pourtant facile à retenir, varie. Les nains s’arrêtent sur une grille qui leur bloque la route ? Hop ! Il y a soudainement beaucoup moins de tonneaux ! Un nain brise son tonneau ? Il y en a un vide qui l’attend ! Un plan large ? Des tonneaux disparaissent !

C’est tellement simple que se planter là-dessus en est consternant.

Mais en parlant de consternation, sachez qu’il se passe des choses en même temps, puisque les postes de garde elfes sur la rivière en bordure de la forteresse sont pris d’assaut par Gérard l’orque et sa troupe d’environ… 350 orques ? Parce que oui, les elfes ont repéré 13 nains au fond des bois, mais pas 350 orques directement chez eux. Probablement des orques ninjas. Ah, et au fait, sachant que les bois sont super hostiles, comment les orques ont trouvé la forteresse ? Oh, et puis tant qu’à faire, sachant que les nains ne se sont jamais arrêtés dans leur progression, et que là, même en se faisant capturer, ils s’évadent en moins d’une journée, cela veut dire qu’en plus du temps de trajet minimum pris par les nains, Gérard l’orque a trouvé le temps de :

  • attendre qu’Azog revienne au rapport lui passer la main
  • reprendre la route jusqu’à l’endroit où Azog avait arrêté la poursuite
  • retrouver la piste des nains
  • les chercher au fond des bois, pourtant qui rendent fou, le tout hors du sentier et sans se faire voir
  • de les suivre jusqu’à la forteresse elfique
  • de la contourner et de se positionner sur le fleuve, là encore, sans se faire repérer
  • et enfin de lancer l’assaut !

On peut dire que le garçon sait gérer son emploi du temps. Ou alors, c’est juste que c’est nul et complètement artificiel pour là encore, meubler un film creux. D’ailleurs, à ce moment là dans la salle, un intégriste du livre s’est levé et a tenté de s’immoler à l’aide des pages dudit ouvrage ; hélas, Bilbo le Hobbit n’est pas assez épais pour allumer un feu un minimum sérieux. Alors y trouver assez de pages pour faire une trilogie, il fallait bien rajouter quelque chose. Comme par exemple, et à tout hasard, du caca.

En tout cas, les elfes, à l’origine partis à la poursuite des tonneaux sur la rivière, se retrouvent donc à affronter les orques, avec évidemment de fameux passages comme « Legolas tirant des flèches sur les orques, le tout en équilibre sur la tête de deux nains dans leurs tonneaux dévalant la rivière« . L’intégriste du livre qui s’était raté quelques instants auparavant est donc revenu, mais cette fois-ci avec un bidon de kérosène. J’en profite pour signaler que durant cette séquence, les nains arrivent à voler des armes aux orques qui leur sautent dessus, s’en servant pour affronter l’ennemi comme pour abattre les obstacles sur leur route. Ça aussi, ça servira plus tard.

Toujours est-il que les tonneaux finissent par s’éloigner, et que Legolas et Tauriel ne peuvent que contempler le spectacle des nains leur échappant, alors que les orques, eux, continuent de descendre la rivière à la poursuite des nains, mais en cherchant un peu moins le conflit avec les elfes. Mais l’un des méchants a été fait prisonnier, l’occasion pour nos amis aux oreilles pointues d’apprendre que les orques se sentent très forts, leur maître nécromancien leur assurant une prochaine victoire sur les peuples libres des Terres du Milieu. Il ajoute aussi qu’il a clairement vu dans la bataille sur la rivière un nain – et comme par hasard, celui qui provoque des palpitations chez Tauriel – se faire toucher par une flèche empoisonnée. Et que donc, bientôt, il ne sera plus, hohoho ! Ni une, ni deux, Tauriel, bientôt suivie par Legolas, décide donc de reprendre la route de la rivière pour aller porter secours au malheureux…

Mais sans emporter de quoi le soigner, hein, quand bien même l’orque a donné le nom du poison. Faudrait pas être trop futé non plus.

Dans l’immédiat, revenons, justement, à ce qu’il se passe chez nos amis trapus. En effet, la rivière locale débouche sur un lac, où les tonneaux des nains viennent s’échouer sur une espèce de petit îlot rocailleux. L’occasion pour eux de savourer la chose, car le lac où ils sont est situé non loin du Mont Solitaire, leur destination, l’aventure touchera bientôt à sa fin ! Mais déjà, ils sont bien embêtés : ils sont comme des couillons sur leur îlot, et n’ont plus le moindre équipement (voilà où je venais en venir : vous savez toutes les armes prises aux orques ? Elles ont disparu parce que ça arrange l’intrigue, hop !), vont-ils devoir manger Bilbo ? Heureusement pour notre héros, une large embarcation s’approche du roc sur lequel ils se sont abrités : elle est conduite par un humain, un certain Bard, qui explique à la petite troupe qu’il est bien étonné de les trouver là : lui, d’habitude, il vient juste ici récupérer les tonneaux que les elfes ont jeté à la rivière pour aller les vendre à Lacville, la cité la plus proche. Alors trouver des nains dans les tonneaux en question… il préfère ne pas trop s’en mêler, c’est un coup à avoir des emmerdes. Mais bon, c’est quand même moyen de la part des elfes de balancer leurs nains usagés à l’eau, c’est pas Fort Boyard ici, sacrebleu.

Sauf que Balin, en bon lieutenant de Thorin et fin diplomate, lui propose tout plein de pognon en échange d’un voyage vers Lacville et d’armes pour qu’ils puissent reprendre leur route.

« Soit ! J’accepte ! » dit donc Bard, bateleur mais aussi contrebandier de son état. Le spectateur s’étonne donc en voyant les nains sortir des tonnes de pièces d’or pour le payer : ne venaient-ils pas justement d’expliquer qu’ils n’avaient plus rien sur eux puisque les elfes leur avaient tout pris ? Ils doivent probablement générer des pièces d’or aléatoirement. D’ailleurs, ce n’est pas la seule chose qu’ils génèrent, puisque ratages de bas étage toujours, Bard explique à ses nouveaux compagnons qu’ils doivent se faire discrets, et qu’il va donc les faire rentrer en ville, cachés dans leurs tonneaux. 13 nains, 13 tonneaux, vous vous souvenez (même en faisant fi de la scène précédente) ? Hé bien il y en a désormais, hop, pif pouf, un quatorzième juste pour Bilbo !

La réalisation insiste même avec des gros plans pour être sûr de ne laisser aucune chance à un extrapolator de passage. Le nombre est 13. Ni 12, ni 14.

Quoi, je chipote ? Hé, ho, qui se prétend un réalisateur d’envergure international faisant une trilogie à ouat’mille millions ? Bon, alors.

En tout cas, une fois la petite équipe camouflée, Bard emmène la troupe à Lacville, passant avec quelques ruses les différents postes de garde autour de la cité qui est une sorte de croisement entre Venise et Charleville-Mézières. En effet, s’il n’y a pas de rues, seulement des canaux, la ville est loin d’avoir la splendeur de la cité des doges : c’est plutôt un gros amoncellement de cabanes, le tout dirigé par le Maître, seigneur local qui a un certain goût pour l’argent, mais un peu moins pour le partage. Et à en croire les discussions que Bard a avec des gardes alors qu’il mène sa barque, la cité est au bord de la rébellion, puisque bon, le Maître, il est gentil, mais manger du poisson du lac matin midi et soir, ça va bien 5 minutes, tu t’es cru à Innsmouth pépé ?

Bard achève d’emmener nos amis nains jusqu’à chez lui, mais hélas, se fait repérer par quelques passants qui s’étonnent de voir des nains se promener en ville. En tout cas, à l’abri des murs de sa demeure, Bard leur présente sa petite famille (il a deux filles et un garçon), et propose de tenir sa parole en fournissant des armes aux nains : harpons, maillets, grappins… il leur donne tout ce qu’il a sous la main, mais notre fier humain a bien du mal à convaincre ses nouveaux amis que ses armes valent le prix qu’ils ont payé : eux, ils veulent des épées, des haches, des arcs… et pas ces trucs de récupération ! Petit arnaqueur, va ! Bard leur explique qu’il n’y a qu’un seul endroit dans la ville où il y a tout ça : l’armurerie. Mais qu’il n’ira pas la piller pour leur beaux yeux, faudrait voir à se calmer les barbichus.

En parlant d’arme, Thorin, lui, repère quelque chose par la fenêtre de la maison de Bard : une tour de garde de la ville surmontée d’une baliste… naine ! Bilbo, qui ne connaît pas grand chose à ces histoires là, a donc le droit à un petit récapitulatif : cette arme vient de Dale, la cité  humaine qui était en face du Mont Solitaire et que Smaug a détruit lorsqu’il est arrivé. C’est l’une des rares armes capables d’abattre un dragon pour peu qu’elle soit alimentée en flèches noires, des choses forgées spécialement par les nains. Et le jour où Smaug a attaqué Dale, le seigneur de la ville est allé en personne manier l’une des armes sauf que hélas, trois fois hélas, il n’a pas réussi à blesser la bête avec les 4 flèches noires qu’il avait à disposition !

« Attendez, vous voulez dire que les nains connaissaient des armes anti-dragons et en fabriquaient ? » me direz-vous ?

Oui oui, vous répondrais-je.

« Et vous voulez dire que ces blaireaux de nains ont confié l’arme en question aux humains, mais n’ont pas pensé à en équiper leur forteresse, pourtant appeau à dragons ?« 

C’est exactement ça.

« Et qu’en plus, ils n’ont forgé qu’une baliste et 4 flèches en tout et pour tout pour défendre tant Dale que leur montagne ?« 

Je suis consterné moi aussi, mais oui.

« Est-ce qu’il vous reste du brandy ? J’en aurais bien besoin, là.« 

Tenez, et accrochez-vous parce qu’on a pas fini.

Car si la famille de Bard intervient pour dire « Attendez, selon la légende, le Seigneur de Dale a arraché une écaille au dragon dans la bataille quand même ! » (chapeau l’artiste, avec un peu de bol, il lui a aussi pété un ongle, quelle glorieuse escarmouche), les nains, eux ont déjà d’autres idées en tête. Comme par exemple, attendre que la nuit tombe pour aller cambrioler l’armurerie de la ville ! Ce qui se passerait bien si dès la première minute, une fois à l’intérieur, nos larrons ne se disaient « Alors, plutôt que de prendre chacun ce dont on a besoin, si on faisait un gros tas d’armes et qu’on filait le tout à… tiens, toi Jean-Jacques, qui a une jambe blessée et est empoisonnée, ça te dirait pas de tout porter dans l’escalier ?« . Grâce à ce rebondissement qui prouve qu’encore une fois, Peter Jackson s’y connaît en qualité, le nain ne manque pas de se vautrer, et donc de donner l’alarme. Bien vite, la milice de la ville capture donc les nains et les emmène jusqu’au palais du Maître, qui les accueille sur son parvis.

« Tiens ! Des nains ! C’est pas banal. La rumeur courait en ville qu’il y avait des petits barbus qui courraient les rues était donc vraie…
- En effet. Je suis Thorin Ecu-de-chêne et voici ma fière compagnie.
- Thorin ! Le roi sous la montagne ! On a par ici une vieille prophétie qui dit que quand vous reviendrez, ce sera la fête chez vous, mais moyen pour nos gueules.
- Puis-je savoir d’où sort cette prophétie ?
- Heu… de… c’est… une prophétie. Voilà. 
- Qu’importe : aidez-moi à aller jusqu’au Mont Solitaire, donnez-nous armes et vivres, et lorsque mon royaume renaîtra, je partagerai mon or avec vous tous !
- Okay, tope-là gros. »

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Le peuple est donc en liesse à l’idée de voir le royaume des nains renaître et le pognon à nouveau couler à flot, pour que leur ville redevienne une prospère cité marchande et non plus un vulgaire trou à pêche, mais Bard, lui, décide de venir casser l’ambiance, le saligaud.

« Arrêtez ! Bon sang, la prophétie dit que ça va être chaud cacao pour nos museaux, alors ne les laissons pas y aller !
- Ho, le relou !
- Mais pensez au dragon, crotte !
- Bon, écoute Bard… ou dois-je dire… « Bard-le-fils-du-seigneur-de-Dale-qui-a-tiré-comme-une-buse-sur-le-dragon », tu es gentil et tu vas jouer aux billes, ici, on fait la fête. »

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Bard, son identité de fils de loser révélée, grommelle donc alors que la ville célèbre l’arrivée des nains chez elle, et dès le lendemain matin, elle équipe ceux-ci, leur confie armes et provisions, et bien évidemment, met à leur disposition une embarcation pour aller jusqu’au Mont Solitaire. Jean-Jacques le nain empoisonné étant tout malade, il reste sur place avec une paire d’autres nains pour prendre soin de lui, pendant que Thorin, Bilbo et les autres se mettent en route.

Commence donc la dernière partie du voyage : nous sommes « le jour de Durin », un jour bien précis de l’année où selon les informations de Thorin, lorsqu’ils auront trouvé le passage secret menant à l’intérieur de la montagne (je n’ai toujours pas compris pourquoi ils ne passaient pas par la grande porte, qui pour rappel, avait un trou béant là où le dragon était rentré, mais bon, hein, les passages secrets, c’est vrai que c’est plus cool), « la dernière lueur du jour de Thorin montrera la serrure« . Il faut donc se dépêcher de trouver le passage secret ! Bilbo et les nains courent donc la montagne à la recherche d’un indice pouvant les mettre sur la piste d’ne éventuelle porte secrète mais hélas, ils font chou blanc.

Du moins, jusqu’à ce que Bilbo hurle « Regardez ! » et que Thorin commente sa découverte par un « Vous avez de bons yeux maître Sacquet !« 

Comment vous annoncer ce que Bilbo désigne et que personne n’avait vu ? Je… bon, je vais faire simple : Bilbo montre du doigt une statue de nain d’environ 150 mètres de haut qui était juste à côté d’eux. Non, je n’invente pas : on parle bien d’une statue de 150 mètres de haut que personne n’avait remarquée, quand bien même ils étaient à 20 mètres d’elle. Voilà voilà. Ah non mais quand on parle de mauvais film, là ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Et dire qu’il y a une version longue, je n’ose y penser.

Histoire d’illustrer mon propos, ça, c’est un bout de la statue, trop large pour l’écran. Les minuscules points sur le manche de la hache ou en bas à droite dans le simili escalier, ce sont nos héros. Voilà, voilà, difficile à repérer comme détail dans la montagne, donc, en effet.

Bref : nos héros grimpent donc sur la statue, qui avait un simili-escalier intégré, et arrivent au sommet de celle-ci pour découvrir une petite plate-forme taillée dans la montagne avec une forme dans la paroi évoquant une porte. La fin du voyage est là ! Ou du moins, devrait ; car Thorin a beau avoir avec lui la clé menant à la forteresse de son père, les nains n’arrivent pas à trouver la serrure, et même lorsque les dernières lueurs du soleil illuminent la porte (ils sont arrivés 2 minute avant la nuit)… nulle serrure n’apparaît. Et le soleil finit par disparaître derrière les montagnes.

« C’est fini. » s’exclame donc Thorin. « Nous avons échoué. Partons. ». Le bougre jette donc au sol la clé de son père, puis fait demi-tour et commence à s’en aller avec les autres nains.

Oui, là encore, vous avez bien lu : c’est tellement bien écrit que les mecs viennent de risquer leur vie durant des semaines pour arriver là, mais une fois devant la porte, ils n’insistent que deux minutes puis laissent tout tomber. Ah, on sent les mecs motivés, hein, pfou.

Evidemment, Bilbo, lui, est beaucoup plus insistant, et lorsque la lune se lève, c’est elle, « la dernière lueur du jour de Durin » ! Il voit donc une pâle lueur lui indiquer un trou dans la paroi, et appelant les nains pour leur signifier que c’est bon, il a trouvé la solution, il voit donc ces derniers revenir (avec une vitesse, encore une fois, frôlant la téléportation) et ramasser la clé de Thorin pour ouvrir la porte vers les profondeurs du Mont Solitaire… hooo ! Merci Bilbo, sans toi, on retournait chez nous jouer à la crapette jusqu’à la fin de nos jours.

Bilbo et ses amis s’enfoncent donc dans l’étroit passage, découvrant quelques bas-reliefs de leurs ancêtres (« Regardez, celui-ci raconte comment le roi un conçu la défense anti-dragon du royaume un soir de cuite !« ), et Thorin explique alors à Bilbo pourquoi il est là : en tant que « cambrioleur » de l’équipe, c’est à lui de partir en éclaireur dans la cité naine abandonnée. Et de trouver le trésor de Smaug pour y prendre l’Arkenstone, le joyau de la montagne, et ramener celui-ci à Thorin pour qu’il puisse, si Smaug est encore vivant, réunir les armées des nains pour venir péter du dragon. Bilbo n’est pas très rassuré, mais allez, en route !

Notre fier hobbit traverse donc les couloirs abandonnés de la forteresse naine, avant de déboucher dans une immense salle, où tant de pièces et de bijoux sont accumulés que l’on pourrait penser à un épisode de La Bande à Picsou. Bilbo, qui n’a pour seule instruction que « Tu reconnaîtras l’Arkenstone au premier coup d’œil« , ce qui est un peu flou, voire tout pourri, commence donc à escalader les montagnes d’or en inspectant quelques bijoux ici ou là, mais bientôt, ses mouvements finissent par provoquer de véritables mini-avalanches de pièces… révélant peu à peu le corps d’un immense dragon dormant au-dessous ! Et celui-ci se réveille doucement !

Alors que la majorité des spectateurs dans la salle sont en train d’hurler pêle-mêle des instructions visant à inciter Bilbo à mettre, par exemple, son anneau d’invisibilité (sur son doigt ou ailleurs, on sent une certaine tension) ou sont plus prosaïquement en train de faire des commentaires sur sa maman, le dragon achève donc de sortir de son sommeil, et Bilbo décide tout simplement de se cacher derrière une colonne de l’immense salle au trésor. Après un long moment, et alors que le dragon commence à parler – car oui, il parle ! – en disant « Mmm, il y a comme une odeur… » (les sphincters de Bilbo l’ont trahi), notre héros se décide enfin à mettre son anneau d’invisibilité… puis le retire dix minutes plus tard parce qu’il est un peu con, apparaissant ainsi au dragon, hop. Non mais… bon. C’est donc parti pour un petit moment de dialogue, où Bilbo tente de gagner du temps pour sauver sa vie, alors que du coin de l’œil, il a repéré un énorme joyau brillant d’une lumière surnaturelle : l’Arkenstone !

« Tu es donc là, petit voleur ! Tu sens le nain, mais tu as aussi une autre odeur… qu’es-tu ?
- Je ne suis pas un voleur, ho non, certainement pas ! 
-Alors, dis-moi ce que tu es et viens faire ici !
- Ho, je suis venu contempler votre grandeur, ô, Smaug ! Et je ne suis qu’un… un chevaucheur de tonneau, un ami des aigles, celui qui court sous la colline et par-dessus la colline et…
- Hmmm, j’aime les flatteries, mais ça ne te sauvera pas.  Par contre, tu sais ce que je n’aime pas ? Les réalisateurs qui réécrivent quasiment tous les dialogues d’un livre, mais en laissent des passages entiers dans le style littéraire de l’auteur là où ça les arrange. Parce que du coup mon petit Bilbo, depuis le début du film, jamais tu ne t’es exprimé comme ça, et ça sonne complètement faux.
- Je… heu… ouiii et… ô Smaug le gigantesque et… vous ai-je… ho, et si nous parlions de votre énoooorme sexe ?
- Rhooooohoho… bon, okay, les flatteries marchent un peu ! »

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Je vous passe le long dialogue entre Smaug et Bilbo, et profitons-en pour aller voir ce qu’il se passe ailleurs. Comme par exemple, du côté de chez Gandalf ! Vous l’aviez oublié, n’est-ce pas ? Moi aussi ! Car celui-ci, après avoir gambadé à droite et à gauche, a découvert que la prison où les Nazguls, vils serviteurs du terrible sorcier Sauron, étaient enfermés depuis des siècles, avait été ouverte et que cela continue de lui donner des indices sur la mystérieuse identité du nécromancien de Dol Guldur (je me demande bien qui c’est, d’ailleurs. Sylvain Mirouf, peut-être ?). Notre vieux préféré décide donc de se rendre sur place pour en avoir le cœur net, accompagné de Radagast, le magicien amateur de ganja. Sur place, tous deux conviennent d’un plan.

« Radagast, va prévenir Galadriel que je vais explorer Dol Guldur. 
- Certes Gandalf, mais ça ne sentirait pas un peu le piège à con ?
- C’EST un piège à con ! »

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« Meugneugneu Gandalf gneugneugneu piège à con gneugneu… j’ai un bâton qui fait de la lumière, il ne peut RIEN m’arriver ! »

Là encore, je suis au regret de vous dire que je ne rigole pas : Gandalf dit bien à Radagast que oui, il est conscient que c’est un piège, mais qu’il y va quand même. Pourquoi ? La réponse est dans le dialogue précédent. Ou alors, il a peur que Radagast aussi connaisse les paroles de « Gandalf a les chocottes« . C’est donc encore une fois sous les hurlements outrés de la salle de cinéma, alors qu’une partie des spectateurs tente en vain d’allumer des cocktails molotov à partir de Coca Zéro, que Gandalf rentre donc dans la forteresse en poussant de grands cris que l’on pourrait résumer à « HOUHOUUUU LES MECHAAANTS OU ETES VOUS ? » (là encore, c’est tristement véridique). Après avoir ainsi habilement enquêté, les méchants (comprendre : Azog et toute une armée) tombent sur Gandalf et lui distribuent des claques, ce qui étonne bien notre petit vieux. Pire encore, il voit une ombre apparaître et se moquer ouvertement de lui : il comprend alors que cette ombre, le nécromancien comme il se fait appeler, n’est autre que… Sauron !

Je sais, personne ne l’avait deviné. C’est… pfou, formidable.

Gandalf est donc capturé et voit les armées de Sauron quitter Dol Guldur pour aller embêter les peuples libres… flûte ! Merci de ton intervention Gandalf, c’était particulièrement constructif.

Tant qu’à en être à faire le tour de ce qu’il se déroule hors du Mont Solitaire, sachez qu’il se passe des choses du côté de Lacville ! En effet, Jean-Jacques le nain est toujours victime du poison orque, et est désormais en bien piètre état. Et alors que ses amis lui préparent un remède, Bard, lui, a son détecteur de dragon qui se réveille qui s’agite. Oui, comme ça, hop. Il sort donc du grenier… une flèche noire ! La dernière que son père n’avait pas eu le temps de tirer sur Smaug ! Et il court vers la baliste de la ville pour se préparer en cas d’attaque de dragon. Sauf qu’alors qu’il est en route, les gardes l’arrêtent et le mettent en tôle.

Pourquoi ?

Aucune explication. Non, vraiment : aucune. Enfin, si, moi j’ai en une. Elle s’appelle : « C’est juste un rebondissement pourri pour que, dans le prochain film, on puisse nous caser une scène de 15 minutes durant laquelle Bard doit sortir de prison pour aller sauver la ville au milieu de plein d’action. » On prend les paris et on se retrouve l’année prochaine pour confirmer la médiocrité de cette trilogie.

Mauvaises scènes d’action toujours, sachez que des silhouettes étranges apparaissent sur les toits de Lacville : il s’agit de Gérard et de ses orques, venus en finir avec les nains ! Et non, là encore, aucun garde de Lacville n’a vu depuis les tours la centaine de mecs en train de se promener sur les toits, ou n’a remarqué les embarcations avec lesquelles ils sont probablement venus. Non, c’est même mieux : alors que jusqu’ici, Lacville grouillait de vie et de gardes, pouf ! Il n’y a plus âme qui vive dans les rues ou même dans les maisons, pas une voix, pas un cri ! C’est fou hein ? Et c’est pas la première fois que ça arrive dans ce film, alors vraiment, quel talent. Ça tombe bien, parce que les orques ne sont pas les seuls à arriver en ville : Legolas et Tauriel sont là ! Pif, pouf, paf, bang, les elfes tuent les orques par dizaines, le tout en prenant des poses cools, jusqu’à ce que l’ennemi soit repoussé. Tauriel peut donc se précipiter au chevet de Jean-Jacques pour le guérir, alors qu’il délire à moitié et débite des dialogues comme « Hooo, belle dame, je suis tout fiévreux mais vous me rappelez une belle elfe du nom de Tauriel, hooo, comme je souhaiterais qu’elle m’aime !« .

Moi, je souhaiterais que l’auteur des dialogues meure dans son propre vomi de guimauve, chacun ses vœux mon petit Jean-Jacques. Pour ton cas particulier, j’espère que Legolas et sa photo d’Eric Zemmour vont vite revenir t’aider à comprendre ton erreur.

Mais, assez ! Retournons donc du côté du Mont Solitaire, où Bilbo est en bien mauvaise posture face au dragon, et continue de le flatter pour l’inciter à l’épargner un peu plus longtemps.

« Ô, Smaug le magnifique ! Le terrifiant ! Smaug le maître des airs ! Smaug le puissant ! Smaug le champion de Street Fighter II Turbo !
- Non, allons, tu me flattes trop… et puis je ne suis pas si fort que ça à l’édition Turbo, Balrog il est cheaté, comme on dit dans la Moria.
- …
- C’est de l’humour draconique.
- Il faut que je vous présente Thorin.
- THORIN ! Hahaha, j’étais sûr que ce vieux nain était ici ! Et je vois ce que tu regardes, petit voleur… l’Arkenstone ! »

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De là, tout en parlant, Smaug s’amuse à regarder Bilbo cavaler comme une tanche (mais toujours en restant visible, encore une fois, l’invisibilité, pourquoi faire quand on est en danger de mort ?), alors que l’Arkenstone, suite à d’habiles mouvements de Smaug, tombe hors de sa portée à chaque fois qu’il va mettre la main dessus. Une telle précision me laisse supposer que Smaug est probablement une bête au mini-golf, mais passons. Après de très, très longs dialogues, Smaug décide qu’il est enfin temps de tuer Bilbo, et se propose donc de lui cramer le museau. Notre fier hobbit, à défaut de finir en merguez, parvient donc à s’échapper et à regagner l’accès au passage secret par lequel il est arrivé mais y trouve… Thorin ! Qui visiblement, est de mauvaise humeur.

« Bilbo… où est l’Arkenstone ?
- Je… Thorin, je suis un peu pressé là.
- Alors donne-moi l’Arkenstone.
- Je… je l’ai avec moi, oui oui, je ne pipeaute pas, elle est dans ma poche, si je te la donnais là-haut à l’abri ?
- Non, maintenant. Tiens, si je te menaçais avec mon épée pour appuyer ma demande ?
- Thorin… non… »

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« Vous me le dites si je vous fais chier tous les deux, hein ! »

Oui, alors Bilbo, juste comme ça : la bonne réplique à donner, plutôt que de pipeauter tranquillement avec ton copain, c’était peut-être « SMAUG, IL EST DERRIÈRE MOI, BOUGE TOI BOUGRE DE CORNIAUD !« , mais non, ça devait être un peu subtil. Du coup, soudain, Thorin et Bilbo voient surgir à côté d’eux l’énorme tête de Smaug… et décident donc bien naturellement, alors qu’ils sont juste à l’entrée du passage secret qui est sécurisé, de se mettre à courir dans la direction opposée, galopant dans toute la forteresse naine, bientôt rejoints par Balin et les autres nains de l’expédition, venus à leur rescousse. L’occasion pour moi de parler de l’architecture naine. Une seconde, j’allume mon cigare et prends mon air docte. Voilà.

L’architecture naine est un véritable joyau. Moins chargée qu’une cathédrale gothique mais plus complexe qu’une église romane, on note que celle-ci se caractérise par un certain amour des angles et du respect des règles géométriques basiques, le tout mêlé à un gros complexe d’infériorité qui pousse les nains à ne créer que des choses gigantesques : grosses statues, grandes salles, immenses colonnes… si j’étais Tauriel, je me méfierais. Mais surtout, l’architecture naine se caractérise par un goût certain pour les trucs pas pratiques.  Par exemple, on peut constater durant le film que la moindre passerelle est immense, lisse, et toujours au-dessus d’un vide immense. Ce qui explique le très fort taux de mortalité chez les nains qui, pour peu qu’ils trébuchent ou titubent pour rentrer chez eux, risquent à tout instant une chute de minimum 70 mètres. Idem, leur goût pour la grandeur fait que les mêmes passerelles ou escaliers sont toujours immenses. On en déduira bien volontiers que le nain ayant un besoin pressant doit probablement devoir parcourir des kilomètres avant de trouver des latrines (qui sont probablement immenses, elles aussi) : le risque d’implosion avant d’arriver à destination est donc particulièrement élevé. Surtout quand on connait les courtes pattes des personnages. Mais, assez de cours magistral, prenant un exemple de conception architecturale naine en nous penchant sur la scène suivante :

Thorin et ses amis finissent par se dire qu’ils ne vont pas errer pour l’éternité dans la forteresse en attendant de se faire croquer, et que damned, ils ont été bien cons de faire des salles si grandes en permanence, alors qu’une paire de petits couloirs auraient suffi à arrêter le dragon vu sa taille. Ils vont donc aller aux forges, et essayer d’y trouver quelque chose pour meuler Smaug. Ça tombe bien, non seulement les forges sont en parfait état de marche, mais il suffit d’un souffle de Smaug pour remettre toute la machinerie en route (et donc permettre, évidemment, à des nains de sauter dans tous les sens sur des tapis roulants en esquivant du métal en fusion et autres scènes dignes de Georges Lucas). Thorin ordonne donc à Bilbo d’aller « activer une manette de la forge ». Hé bien même ça, ce n’est pas à côté de la forge ! Bilbo doit courir sur 100 mètres, gravir d’immenses escaliers, arriver sur un promontoire surplombant les forges et y trouver la manette !

On applaudit donc bien fort le type qui a dessiné les décors, qui a visiblement lui aussi quelque chose à compenser, mais il faudra que quelqu’un lui rappellequ’il est impossible de faire rallonger son Q.I.

Bref : activant la manette en question, Bilbo permet à une gigantesque quantité d’or fondu de ruisseler jusqu’à un imposant moule (tout était prêt, ça n’attendait plus que ça) derrière lequel bientôt, Thorin et ses amis vont s’abriter (Thorin, pour l’occasion, surfe sur l’or en fusion via un bouclier. Je crois que c’est à ce moment là que quelqu’un au premier rang a hurlé « Tolkien ackbar ! » avant d’activer sa ceinture d’explosifs). Smaug ne comprend pas trop bien de quoi il retourne jusqu’à ce que Thorin n’active le système qui brise le moule, et ne se révèle une gigantesque (hé !) statue de nain en or. Qui au bout de quelques secondes, n’ayant pas eu le temps de refroidir, se liquéfie… et le métal en fusion tombe donc sur Smaug !

Le dragon se débat, s’ébroue, mais le liquide lui colle à la peau écaillée jusqu’à ce qu’il disparaisse sous le flot d’or fondu. Les nains sont déjà prêts à crier victoire, lorsque le dragon rejaillit de sous l’or, hurle que Thorin va payer, mais que déjà, il va aller s’occuper de Lacville, histoire de rappeler à la région qui est le patron. Les nains sont donc fort désappointés alors que le dragon, se débarrassant en quelques secondes de l’or qu’il a encore sur lui, quitte la forteresse puis s’envole dans la nuit, maugréant qu’il est la mort, la destruction, l’ouverture facile et autres synonymes de terreur chez les vivants.

Et mettant le cap sur Lacville, il se prépare à faire payer tout ce petit monde et…

… FIN !

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En cette période de fêtes ou certains doivent lire ces lignes, une part de bûche dans une main et un mouchoir imbibé de larmes de sang dans l’autre après cette lecture, je conclurai brièvement :

Que ? Qu’est-ce que c’était que CA ?

« Vous pouvez vraiment m’aider à prendre en photo Tom Cruise ?« 

Caché dans un buisson près de la luxueuse propriété de l’acteur, le paparazzi se tourna vers l’homme assis un peu en arrière, occupé à lire son journal, une flasque de brandy à son côté. Il se retourna à peine pour répondre au photographe.

« Evidemment. Vu mes tarifs, vous vous doutez bien que ce que je vous vends est sûr.
- Non mais je ne comprends pas. Les copains m’ont dit que ça marchait presque à chaque coup. C’est quoi votre truc ? »

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Dérangé dans ma lecture par l’incessant babillage du professionnel de l’image, je me décidais à plier mon hebdomadaire en grommelant pour me mettre au travail. Il y a des gens tellement impatients.

« L’homme sage ne poursuit pas le guépard : il le fait venir à lui.
- Quel rapport avec le guépard ?
- C’est une image. Nous n’allons pas tenter de surprendre Tom Cruise, nous allons le faire venir à nous. Tenez, passez moi ma mallette. »
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Le photographe s’exécuta et fit glisser vers moi mon porte-documents, dont je tirai bien vite un tas de feuilles mal reliées glissées dans un sachet hermétique habituellement utilisé pour transporter les preuves d’un quelconque crime.

« Qu’est-ce que c’est ?
- Un appeau à Tom Cruise. Lui seul peut sentir son fumet subtil. Nous allons le déposer dans la pelouse juste devant le buisson, et préparez-vous : la bête viendra bien vite le chercher. 
- Vous déconnez ? Comment ça fonctionne ?
- J’ai trouvé un vieil asile en Amérique centrale où d’anciens nègres de Tom Clancy tentent de reposer leurs âmes torturées. Un peu de peyotl dans leur café avec la complicité des infirmiers, quelques mots clés susurrés à leur oreille pendant leur transe, et ils pondent de la bouse contenant les éléments de votre choix. Par exemple, là pour du Tom Cruise, j’ai utilisé les choses auxquelles il ne résiste pas, qu’importe la qualité merdique du script : « agent d’état », « moto », « identité mystérieuse », « encore de la moto », « descente en rappel », « trucs qui volent » et « escalade ». Presque 70% de sa filmographie vous ne croyez quand même pas que ce soit une coïncidence ?
- Je suis sûr que vous vous foutez de moi. »

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Le photographe roula des yeux lorsque j’ouvris d’un vif coup de couteau le sachet hermétique et que je jetais quelques mètres devant nous le tas de feuillets. Il y eut un bref moment de silence durant lequel le photographe, dubitatif, laissa son regard aller de ma personne aux feuillets s’agitant sous la brise dans la pelouse, puis enfin, il y eut un bruit de porte que l’on ouvrait. Puis une voix grommela doucement depuis la résidence face à nous :

« Snif… snif snif… cette odeur… oui… ça sent les lunettes d’aviateur.. la vidange de mobylette… le suspense pourri et le scénario moisi… ouiiii… c’est pour MOI !« 

Et sous les yeux ébahis du photographe qui eut besoin de quelques secondes pour se remettre du choc et commencer à mitrailler à l’aide de son appareil, Tom Cruise galopa droit vers le script d’Oblivion.

Spoilons, mes bons !

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L'affiche : notez la tentative difficile malheureuse de donner l'air pensif au héros

L’affiche : notez la tentative malheureuse de donner l’air pensif au héros

Notre film débute quelque part dans une rue de New York, alors que Jack Harper, un fier larron au sourire ultra bright regarde amoureusement une fille. Tout cela serait à peu près correct si le tout n’était pas tourné avec un filtre instagram accompagné de la voix off de notre héros qui nous dit qu’il fait toujours ce rêve étrange… non, pas celui où il chevauche un poney avec Kirsten Prout : celui-là, là, à l’écran. Il est à New York avec cette fille, mais il est incapable de se souvenir de son prénom (personnellement, je ne vois rien d’anormal là-dedans). Pourtant, il a l’impression que ce rêve est plus qu’un simple rêve, mais carrément un souvenir… mais c’est bien évidemment impossible puisque la ville de New York a disparu bien avant sa naissance. Ah, c’est pas banal.

Quittons ce rêve, puisque Jack se réveille en sueur dans son lit : il n’est pas à New York, et en effet, nous sommes dans le futur, en 2077 pour être exact. Notre héros habite au sommet d’une « tour », structure fragile installée au sommet d’une montagne ressemblant à un loft très luxueux monté sur pilotis façon publicité EDF. Il a à ses côtés Vika, coéquipière et compagne, car toujours en voix off, notre loulou nous explique ce qu’il s’est passé depuis nos jours jusqu’aux siens.

En 2017, une race alien sobrement nommée « les chacals » est venue attaquer la Terre. Pour ce faire, elle a d’abord fait sauter la Lune, probablement avec un très gros pétard, provoquant diverses catastrophes sur Terre, comme des tremblements de terre, des tsunamis et une nouvelle chanson d’Indochine intitulée « A qui je vais demander moi maintenant ? ». Et alors que les survivants en étaient encore à se demander ce que c’était que ce bordel, dérivant sur les flots déchaînés avec leurs bouées canard et les oreilles saignantes, les chacals ont fini le travail en envoyant leurs troupes de choc mitrailler ce qui restait. Sauf que l’humanité, un brin taquine, a dit que bon bin si c’est ça, paf, riposte nucléaire. Ça a tellement bien fonctionné que les chacals ont été vaincus, mais que la Terre est devenue complètement irradiée. Les survivants sont donc partis fonder une colonie sur Titan, le satellite de Saturne, où la vie est chouette à ce qu’il parait puisqu’on y capte pas Jean-Marc Morandini. Et ils ont laissé en orbite de la Terre le Tétraèdre, ou « Tet », gigantesque station spatiale qui est là pour superviser le transfert des ressources exploitables de la Terre vers Titan. Car la science a évolué avec le destin de l’humanité (les gens, pas le journal qui n’a fait de son côté que faire évoluer la recette de cuisson de la merguez à sa fête éponyme) et désormais, d’énormes centrales aspirent l’eau des océans et la transforment en énergie. Energie qui est donc renvoyée ensuite vers Titan.

Et là, vous vous demandez « Ah oui, et comment donc ?« . Et heu… bin non, personne ne se pose la question. Probablement que les usines envoient le tout sous forme de piles LR6 par Chronopost. J’espère qu’ils ont des prix sur les timbres.

Notre Jack Harper de héros fait donc partie des troupes laissées derrière elle par l’humanité pour s’assurer que les usines de production d’énergie tournent bien. Sa mission ? Il doit réparer les drones qui empêchent les restes en déroute de l’armée des chacals de s’en prendre aux dites usines. Le matin, il prend donc son petit vaisseau volant pendant que Vika s’occupe des communications, du radar et du café, et s’en va  en sifflotant retaper les machines qui ont eu des accidents durant la nuit dans le secteur 49, dont il a la responsabilité.

Oui, en gros c’est l’histoire d’un mec de chez Carglass en 2077. Fascinant.

Pour plus de sécurité, notre héros a eu la mémoire effacée pour ne pas qu’il puisse donner d’informations utiles à l’ennemi si jamais il était capturé. Ses souvenirs actuels remontent donc à 5 ans, soit le début de son actuelle mission. Et dans deux semaines, on viendra le relever, pendant que lui et Vika partiront pour le Tet, dernière étape avant de s’en aller couler des jours heureux sur Titan.

Vous avez tout suivi ? La Terre envahie puis radioactive, le Tet, Carglass et le rêve curieux qu’on ne voit pas venir à 70 kilomètres comme étant un vrai souvenir ? Alors en route.

Comme chaque matin, Jack se réveille aux côtés de Vika. Alors que la douce jeune femme s’étire tel un félin dans sa nuisette de satin, laissant l’air d’un beau nouveau jour sur Terre lui gonfler les poumons telle une nymphe s’éveillant sur l’Olympe, Jack est déjà en train de se préparer (comprendre : se gratter les fesses, pisser aux trois quart à côté des toilettes en sifflotant, prendre un café en riant grassement et lâcher un pet tonitruant avant de sortir ; du rêve, quoi) et file bientôt vers son appareil pendant que Vika va s’installer au poste de communication de la tour. Et c’est donc parti : Vika fait l’inventaire des drones ayant eu des problèmes techniques durant la nuit, pendant que notre héros file vers le plus proche pour lui mettre des coups de clés à molette.

J’en profite : si nos héros ne travaillent que le jour, c’est pour plusieurs raisons :

  • La nuit, les chacals sont de sortie, c’est donc plutôt dangereux
  • Le jour, on voit quand même drôlement mieux et puis c’est plus choupinou
  • Et surtout, le Tet n’est du bon côté de la Terre qu’aux heures du jour, en dehors de cela, les communications avec lui ne passent plus

Jack, donc, à bord de son petit appareil à réaction, file joyeusement dans les cieux et prend un malin plaisir à voler au milieu d’un orage dès la première scène, alors que l’on découvrir par la suite qu’il n’était pas obligé, son appareil pouvant aussi bien voler au-dessus qu’en-dessous. Mais bon, histoire de bien montrer qu’il est un peu con, il y va, se mange un éclair, et son appareil n’étant pas conçu pour (bin non), il en perd le contrôle durant un moment avant évidemment de tout récupérer à la dernière seconde en ricanant parce que hohoho, quel casse-cou je fais tu vois t’as vu wesh. Puis, ayant localisé le drone 166 qui a visiblement été abattu durant la nuit, il se pose sur le site du crash de l’engin, pile au milieu d’un ancien stade pour découvrir le bousin inactif au milieu des restes de la pelouse locale. L’occasion pour notre héros de dire qu’il adore le football américain, yeah. Et de mimer un match entier quand bien même il est en pleine zone hostile. Et radioactive.

Vika, obligée de suivre les mimes consternantes de son compagnon sur le terrain. On comprend qu'elle fasse la gueule.

Vika, complètement blasée à force de suivre sur écrans les actions lamentablement stupides de son binôme.

D’ailleurs, sachez-le : Vika comme Jack passeront tout le film où qu’ils soient à se promener sans aucune protection, parce que bon, la Terre a été évacuée à cause des radiations, mais c’est sûrement pas bien dangereux, pas vrai ? Sûrement un détail un peu subtil. C’est donc vêtu d’une petite tenue de pilote et d’une casquette de base-ball que notre héros s’approche du drone, encore entouré des cadavres de chacals, mais ne prête aucune attention au fait que les chacals ressemblent furieusement juste à des humains avec un casque, voire à un mauvais cosplay (pléonasme) : ça ne l’intéresse pas. Il va donc voir la machine, et commence ses réparations sur place, puisqu’elle n’a quasiment rien : il suffit de changer le joint de culasse et elle redécolle. Parce que oui, l’engin a été  « abattu » mais alors il n’y a pas un impact de balle dessus, toutes les pièces sont impeccables, et les chacals ne se sont pas dits « Tiens, on va la démonter pour récupérer des pièces dessus« , non : ils ont tout laissé en état pour que, comme chaque jour depuis plus de 60 ans, un mec vienne réparer la machine et qu’elle puisse retourner les tuer.

Sympas les mecs. Vraiment. Ils veulent sûrement maintenir de l’emploi. Tant dans l’entretien des drones que les pompes funèbres pour chacals.

Notre héros repart en sifflotant pour se diriger vers le second drone abattu dans la nuit, qu’il est « impossible de localiser précisément puisqu’il n’émet plus de signal ». Oui et puis, faudrait pas consulter les  derniers enregistrements du drone pour voir où il s’est crashé à peu près Vika, c’est pas comme si c’était ton boulot, tiens. Jack décide donc de sortir l’accessoire inévitable de tout film avec Tom Cruise : une moto, qui traînait dans le coffre de son engin volant. Ni une, ni deux, il file donc à folle allure au travers des plaines dévastées de notre planète, et guidé par le pouvoir enchanté de son pif, parvient à retrouver le signal du drone, provenant des restes d’une bibliothèque dont seul un bout du toit dépasse encore un peu du sol. Notre filou gare donc son solex du futur et descend en rappel (encore une fois film, Tom Cruise, tout ça) via l’ouverture béante pour voir où est passé son copain le drone. Ouhouuuuuu copain ? Tu es où ? Allez, viens voir papa que je te sorte de ce film.

Accompagné de son fidèle fusil, parce qu’il sent bien que ça sent le piège à andouilles dans ce coin obscur bourré de livres, Jack ne réalise que trop tard qu’il n’y a aucun drone là : seulement sa balise de détresse ! Il a été attiré ici par les chacals ! Et en effet, bientôt, les lueurs orangées des visières des casques de ses ennemis apparaissent autour de lui, ainsi que les curieux cris de ces derniers, ressemblant à des bruits de talkie-walkie en fin de batterie. Jack ouvre donc le feu, mais bien vite et suite à diverses aventures, bien que l’ennemi n’ouvre curieusement pas le feu sur lui, il doit se replier et manque de peu de se faire capturer, seulement sauvé par l’intervention télescopée du drone qu’il a réparé un peu plus tôt qui, passant par là (alors qu’on nous a expliqué que justement, aucun signal ne passait, il l’a probablement retrouvé à l’odeur), en profite pour sulfater du chacal. Jack remonte donc à la surface… pour réaliser qu’on lui a tiré sa moto pendant ce temps. Bande de voleurs de poules !

Juste comme ça : il faudra m’expliquer comment les chacals ont pu voler la moto du Monsieur, sachant qu’ils ne sont pas supposés être à la surface  de jour, qu’un drone était visiblement en train de survoler le coin prêt à les sulfater, qu’il n’y avait aucun endroit pour planquer le véhicule à des kilomètres à la ronde, l’accès à la bibliothèque étant en plein milieu de nulle part, et surtout, encore une fois, ce que foutait Vika puisqu’il y avait une caméra sur la moto, et que depuis le début du film, elle suit la progression sur le terrain de notre héros grâce à d’autres caméras visiblement placées tous les deux mètres sur l’ensemble de la planète. D’ailleurs, on a entrevu durant la scène que Vika avait une parfaite vue de ce qu’il se passait à la surface, et que s’il y avait eu vol de mobylette, elle aurait tout vu.

Mais, là, non. Elle devait probablement lire Public.

Bref, il y a plus d’incohérences dans cette scène que de raisons pour les vilains de tirer la mopette. C’est quand même malheureux. Mais, passons parce que tout cela ne fait que commencer, comme trop souvent.

Le soir, en rentrant à la tour du secteur 49 , Jack retrouve Vika et lui ramène un truc cool : des fleurs qu’il a eu le temps de cueillir sur le chemin. Aussitôt la jeune femme panique en lui disant « Mais ça va pas espèce de blaireau ? C’est super radioactif, allez hop ! » et elle fonce dehors en petite robe (après tout, elle ne vient que de dire que la radioactivité lui faisait très peur, pourquoi s’embêter ?) pour balancer le bouquet par dessus le balcon de la tour. Et explique à son compagnon que bon, certes, elle est un peu à cheval sur le règlement, mais bon, ils sont à deux semaines de la fin de la mission, c’est pas le moment de faire des conneries.  Jack grommelle un peu, et tente bien de dire à Vika que dans la vie, le règlement ne fait pas tout, tu vois, et puis bon, d’ailleurs, toi aussi tu as pas des rêves bizarres d’avant ton formatage de mémoire, dis ? Mais Vika se contente de dire que dis donc, ho, hé, tu vas pas commencer à emmerder le monde Jack hein ! Allez viens, on va se baigner tout nu pour oublier ça puisque notre tour située sur une planète radioactive (j’insiste) a été intelligemment équipée d’une piscine géante (… véridique). Plif plouf, vont donc faire nos larrons en gazouillant, hihihihihi huhuhuhuhu huuuuuuu (vous noterez comme je retransmets bien toute la force du gloussement idiot, c’est un don).

Sauf que c’est bien gentil tout ça, mais la nuit venue, un terrible bruit réveille nos deux filous alors qu’ils avaient fini par retrouver le chemin de leur lit : avant que Jack ne dise « C’est pas moi !« , une gigantesque explosion illumine l’horizon ! En effet, les chacals ont visiblement réussi à se frayer un chemin jusqu’à une centrale à énergie et l’on fait péter en utilisant, d’après le rapport des scanners, une batterie volée sur un drone abattu, et qui peut servir de bombe monstrueuse une fois en de mauvaises mains. Faisant l’inventaire des drones endommagés puis réparés dont la batterie avait disparu, Jack et Vika en comptent dix : les chacals ont tout un arsenal sous la main !

Sinon, juste comme ça : sachant que les centrales à eau de mer sont intelligemment placées en mer avec des drones tournant autour jour et nuit, ils ont fait comment les chacals pour s’y rendre ? Ils ont fait du kayak avec la bombe sur le dos pendant que les drones étaient partis faire un pique-nique ? Visiblement, oui, car personne ne se pose la question. J’espère qu’ils l’ont déclaré, leur kayak, parce que sinon ça va très mal se passer mes petits amis.

Vous ai-je parlé de la tour dont la hauteur varie en fonction des scènes ? Des fois elle est à 10 mètres du sol, des fois elle est en plein ciel… c’est magique.

Le lendemain, sitôt le Tet du bon côté de la Terre, Vika fait donc son rapport au QG, où son unique interlocutrice est Sally, une femme très souriante avec des phrases plus ou moins louches du genre « Dites-moi Vika, formez-vous toujours une bonne équipe avec Jack ? » (La réponse « Non, c’est une grosse tanche » n’est jamais prononcée) mais dans l’ensemble, Sally est surtout grognonne d’apprendre qu’une centrale a été détruite durant la nuit, et explique donc que c’est la responsabilité de Vika et Jack, en tant que techniciens sur la zone 49, de défendre ces structures.

Oui, c’est vrai Sally. Ou alors celle des drones qui ont disparu du film le temps de cet événement. Mais si tu veux, on peut aussi parler de l’intelligente stratégie qui est la vôtre consistant à envoyer, pour rappel, un technicien en slip en zone radioactive peuplée d’ennemis, avec même pas un binôme pour le couvrir pendant qu’il injecte sa résine dans les trous plus petits qu’une pièce de deux euros. Non ? Tu n’as pas envie Sally ? Comme je te comprends. Passons donc à la suite.

Car la vie ne s’arrête pas avec la perte d’une usine : il faut protéger les autres, et donc continuer à réparer les drones. Jack redouble donc d’efforts pour réparer un drone qui est au « garage » de la tour, et auquel il manque des pièces alors qu’il serait bienvenu en renfort, et de temps à autres, lorsque Vika est occupée, Jack profite justement de sa solitude dans ledit garage pour lire un livre qu’il a piqué dans la bibliothèque l’autre jour en affrontant les chacals. Il n’en lit qu’un seul paragraphe, qui dit en substance qu’il faut bien mourir pour quelque chose, fut-ce face à l’ennemi, mais il trouve ça cool, la lecture des livres d’avant l’apocalypse. Il préfère ne pas en parler à Vika pour autant, sinon elle est encore foutue de tout passer par-dessus la balustrade de la tour. Ah oui, c’est une manie chez elle. Du coup j’ai espéré tout le film que Jack trouve un enfant ou même un Justin Bieber, mais non, même pas. Déception.

Mais il n’en faut pas moins repartir sur le terrain : après ces quelques réflexions, nous retrouvons donc Jack aux commandes de son petit vaisseau, alors qu’il se passe un truc étrange… on détecte un signal curieux sur le terrain : les chacals sont en train d’émettre ! Le signal est crypté et indéchiffrable dans l’immédiat, et surtout… orienté vers l’espace.

« Mais enfin, ça n’a aucun sens !  » s’écrient en choeur nos héros.

Oui, c’est vrai ça ! Pourquoi les chacals enverraient-ils des signaux dans l’espace ? Rappelez-moi d’où ils venaient, déjà ? Ah oui, l’espace. Non, effectivement, « ça n’a aucun sens » les enfants. Sinon, vous voudriez pas plutôt utiliser cette phrase pour tout ce qui s’est passé depuis le début du film, non ?

Qu’importe : la source du signal est repérée et Jack s’y rend, évidemment seul (on envoie jamais de drones pour le couvrir : pourquoi faire ?), et arrive sur la pointe de l’Empire State Building, dépassant encore du sol (les tremblements de Terre et les tsunamis n’ont pas rigolé : ils sont carrément venus avec leurs sacs de terreau pour remonter le niveau du sol de plusieurs centaines de mètres, ils sont comme ça, ils doivent avoir une sacrée ardoise chez Jardiland). Toujours est-il que donc, sur place, Jack a de brefs flashs où il se voit là, avec la fille de son rêve, passant un bon moment. Il hausse les épaules en se disant que ce n’est pas très important et pénètre prudemment dans l’endroit pour découvrir un vieux téléphone satellite branché à l’antenne locale et émettant l’étrange signal en boucle : il l’étudie plus en détail, le transmet à Vika puis le coupe. Sitôt analysé, Vika se met à hurler dans l’interphone :

« Seigneur ! J’ai décrypté le message : il s’agit de coordonnées…
- Quelles sont-elles Vika ?
- Un endroit en plein secteur 1-7… mais il n’y a rien là-bas ! Pourquoi envoyer des coordonnées d’un secteur désert loin de nos défenses dans l’espace quand on est une race alien ?
- Je ne sais pas Vika.  C’est tellement mystérieux. Avec qui peut-on communiquer dans l’espace et indiquer les coordonnées d’un endroit calme ?
- Un vaiss…
- Un poney, tu as raison ! C’est sûrement les coordonnées d’un pâturage pour poneys.
- Bon, tu sais quoi Jack ? En fait on va dire qu’on ne comprend pas de quoi il peut bien s’agir et tu vas aller enquêter.
- Okay. »

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Jack remonte donc aussitôt dans son vaisseau et longe la zone interdite à la frontière de son secteur, à savoir la zone vraiment radioactive qui… heu… est… comment vous dire ? Elle est délimitée par une grosse frontière qui apparaît en réalité augmentée sur le cockpit du vaisseau de notre héros. Et les personnages de bien préciser que d’un côté, c’est radioactif mais ça va, mais sitôt que l’on traverse d’un mètre la frontière, on meurt. Vous vous souvenez de toutes les blagues sur le nuage de Tchernobyl ? Hé bien ils en ont visiblement fait un film. Chapeau.

Mais puisque l’on peut encore faire plus mauvais, et alors que l’on vient de dire aux héros que les chacals venaient pour la première fois depuis des années de communiquer avec l’espace et qu’il fallait enquêter sur cet événement hors-du-commun, celui-ci… j’ai mal rien que de l’écrire, tenez. Jack vole dans un canyon où les communications ne passent plus jusqu’à une sorte de clairière cachée où la nature est restée verdoyante et où il a construit une cabane. Cabane construite sur son temps de travail sans que Vika ne le réalise jamais (« Tiens, tu as encore disparu des écrans 5 heures d’affilée. Sinon ça va?« ), et remplie de reliques d’avant la guerre, type livres & vinyles… y compris un frigo (allez savoir comment il s’est trimbalé ça, mais il l’a fait). Jack décide donc que plutôt que d’enquêter sur l’événement historique en train de se dérouler en plein dans son secteur et pouvant mettre en péril ce qui reste de l’humanité, il va plutôt aller s’écouter un petit morceau de musique, taper la discute avec une truite (là encore, véridique), s’habiller avec une chemise à carreau et une casquette de beauf (authentique aussi, n’en jetez plus) et… se faire une sieste.

Voilà. Sinon, le mec qui a écrit ça, il va bien ? Je dis ça juste comme ça, hein. La prochaine fois, nous découvrirons James Bond qui au lieu d’aller désamorcer une bombe du S.P.E.C.T.R.E, va plutôt se faire des tac-o-tac en se buvant une 8-6. Quel héros, ce Jack.

Quelques heures plus tard, donc, Jack sort de sa sieste éveillé par un grand bruit : un vaisseau vient de pénétrer dans l’atmosphère, visiblement en sale état, et file donc droit vers le sol en direction des coordonnées envoyées vers l’espace plus tôt !

Sauver le monde ou mettre une chemise contestable : Jack a choisi

« Un vaisseau ! » s’exclame notre héros bien étonné, puisqu’il attendait plutôt un poney. « Il faut que j’aille voir ça ! » ; Jack range donc sa chemise à carreaux et sa casquette dans sa cabane et file donc à bord de son fier vaisseau pour quitter la charmante vallée dont il a fait son refuge secret, reprenant ainsi les communications avec Vika.

« Jack ! Tu avais disparu depuis des heures, que s’est-il passé ?
- Rien.
- D’accord. Non parce que je suis restée des heures à me demander où tu étais alors que te suivre sur les écrans est ma mission, tu as raison, ce n’est sûrement pas un sujet qui m’intéresse. En tout cas, je viens de voir qu’un vaisseau était entré dans notre atmosphère ! 
- J’ai vu ça : je vais aller inspecter le site d’atterrissage de près.
- Non ! Sally vient de m’informer depuis le Tet que les drones y vont et qu’il n’y a rien d’intéressant à voir là-bas.
- C’est fou comme ça ne sonne pas suspect du tout.
- Oui hein ?
- Bon bin je vais aller voir quand même.
- Jack, non ! »

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Notre technicien s’en va donc droit vers le site vers lequel le vaisseau a filé, et note que celui-ci ne s’est pas posé : il s’est écrasé ! Plus intéressant encore (plus intéressant que « soudain, il fait nuit alors qu’on était en plein après-midi jusqu’ici« ), il s’agit visiblement d’un vaisseau humain d’avant la guerre si Jack se fie à l’apparence de la bête, et on peut encore lire « L’Odyssée » écrit sur la coque. Il atterrit malgré les consignes de Sally et les cris désespérés de Vika qui lui ordonne de rentrer, et commence à inspecter le site pour découvrir… que des caissons ont tenu le choc lors du crash, et qu’ils contiennent chacun un humain en sommeil ! Et surtout parmi l’un d’eux il y a…

Attention, je suis sûr que vous n’avez pas deviné ce rebondissement depuis la première scène du film.

… la fille de son rêve, de son souvenir ! En train de dormir, là, dans sa petite caisse (quand je dis « caisse » je pense « caisson », pas « litière », hein, que l’on soit clairs). Jack est bien étonné, puisqu’il aimerait bien savoir d’où sort ce vaisseau et pourquoi les chacals l’ont amené là, mais il est bien vite interrompu par l’arrivée des drones de sécurité sur place qui observent la scène quelques instants avant de commencer à sulfater tous les caissons en vue. Jack est très étonné, car les drones sont supposés être les amis des humains, et il ne parvient qu’à sauver le caisson contenant sa copine onirique en se plaçant devant pour que les machines ne tirent pas et repartent en sifflotant vers d’autres activités.

Jack, l’étonnement passé, décide qu’il serait de bon ton de ramener le caisson en question jusqu’à la tour 49 pour pouvoir y réveiller son occupante et mettre celle-ci hors d’atteinte des chacals jusqu’au matin où il conviendra de prévenir le Tet de cette étonnante découverte. Cela tombe fort bien : la queue de son vaisseau est pile poil de la bonne taille pour que l’on y accroche un sarcophage de ce type, c’est quand même bien fait ! Et voler avec ne pose aucun souci. Hopopop, donc, retour avec le butin jusqu’à la maison. « Coucou Vika, j’ai ramené une fille ! Noooon, pas le balcoooon !« 

Arrivé sur place, Jack constate que Vika fait un peu la gueule, puisqu’encore une fois, ce gros corniaud n’a pas respecté les consignes, mettant ainsi en péril leur mission à deux semaines de sa fin. Qu’importe, il est temps de réveiller la jeune femme endormie. En poussant deux boutons, le caisson s’ouvre et la donzelle sort de sa stase, et il faut donc bien vite l’emmener à l’infirmerie tant elle est un peu secouée par la manœuvre.

Mais, durant l’événement, elle a tout de même le temps de regarder Jack et Vika avec étonnement et de murmurer « Jack… » faiblement.

Ce qui surprend notre héros.

Tellement qu’il n’en parlera plus du film.

Allons justement voir à l’infirmerie ce qu’il s’y passe, car la jeune femme ayant pleinement repris conscience et commençant à demander ce qu’elle fout là, nos héros décident donc de tout lui expliquer.

« Comment vous appelez-vous ?
- Julia Popovitch.
- Okay Julia, on va t’expliquer. Ton vaisseau date d’avant la guerre, ce qui veut dire que tu dors depuis 60 ans au moins. Tu t’es écrasée ici avec ton engin spatial et es la seule survivante de ton équipage. Nous sommes en 2077 et la Terre a été ravagée par une guerre nucléaire pour repousser l’invasion d’une bande d’aliens, les chacals. Le coin étant pourri de radiations, tout le monde s’est barré vers Titan fonder une colonie pendant que nous, nous restons ici à obéir à notre station, le Tet, pour s’assurer de la collecte des dernières ress…
- Pfffrrrrt.
- Vous avez ri.
- Non. Pffrt.
- Si, vous venez de le refaire, là.
- Bon, un peu.
- Okay, bonne soirée. »

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Pardon ? Je veux dire : ça ne vous intéresse pas de savoir pourquoi elle rigole, pourquoi elle semble connaître Jack alors qu’elle vient d’une époque où il n’était même pas né, ou encore quels sont ses derniers souvenirs, voire ce qu’elle fout dans les rêves de notre héros ?

Non. A la place, Vika et Jack vont se coucher, après un ultime échange.

« Tu sais Vika, des fois je rêve de cette fille la nuit.
- Ça explique deux trois choses avec les draps. Mais bon, je dis ça mais moi aussi j’en rêve des fois.
- Ah. Bon, n’en parlons plus non plus, ces informations ne sont pas du tout intéressantes.
- Okay. »

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A ce stade, j’avais installé des petits cotons sous mes yeux pour absorber mes larmes de dépit.

La nuit se passe donc, même si au petit matin, avant que Vika ne se réveille, Jack va trouver Julia. Qui lui explique qu’elle voudrait récupérer la boîte noire de son vaisseau afin de savoir ce qu’il a bien pu se passer. Notre héros trouve l’idée raisonnable, et avant que Vika ne se réveille, ils vont tous deux prendre le petit engin volant de Jack pour filer sur le site du crash où, déjà, des pièces ont disparu. Jack précise donc qu’il faut faire attention, car les chacals sortant la nuit, ils pourraient tomber sur eux.

C’est vrai. En même temps, quand vous étiez dans la tour, nous étions au petit matin avec le soleil levant. Mais visiblement, il est parti se recoucher, c’est magique.

Nos héros explorent donc le site plongé dans la nuit pour des raisons qui prouvent qu’écrire l’heure approximative de chaque scène dans la marge du script pour ne pas se planter n’a pas été fait, puisque ça prenait au moins 1 minute 30 sur un coin de table. Et bien vite, Julia trouve la boîte noire ! Joie ! Allégresse ! Hélas, les chacals n’ont pas perdu une miette de la scène et encerclent bien vite nos loulous. Jack tente bien de résister, mais il se fait rapidement péter la gueule par ses assaillants ! Dans un dernier geste, il utilise simplement via une télécommande l’autopilote de son véhicule volant pour le renvoyer à la tour et éviter que l’ennemi ne s’en empare. Vika, qui a assisté à toute la scène, est choquée par les événements… mais refuse d’annoncer au Tet ce qu’il s’est passé durant la nuit, préférant faire confiance à l’instinct de Jack (malheureuse !). Elle se contente de dire qu’il a disparu ce matin en partant en mission, et qu’il serait de bon ton d’envoyer un drone à sa recherche, ce que le Sally accepte.

De son côté, Jack se réveille attaché à une chaise au milieu de l’obscurité. Il entend alors une voix grave s’adresser à lui.

« Bonjour, Jack.
- Qui êtes-vous ? Laissez-moi partir enfoirés de chacals !
- As-tu déjà vu un chacal de près, Jack ? 
- Hmmm attendez que je réfléchisse… 
- Laisse, je vais plutôt te montrer. »

Et sort alors de l’obscurité… un humain (ça non plus, vous ne l’avez pas vu venir).

« Voilà, Jack. Voilà qui nous sommes…
- Vous êtes… vous êtes…
- Oui, des h…
- VOUS ÊTES MORGAN FREEMAN AVEC UNE TENUE DE NINJA !
- Oui ! Heu, attends,  non bougre de con ! Nous sommes surtout des humains !
- Mouais, vous êtes quand même vaguement noi…
- Hohohoh houlala ça dérape. »

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La lumière s’allume dans la salle et bientôt, Jack constate qu’il est entouré non pas d’aliens, mais d’humains. Alors depuis toutes ces années, on lui aurait menti ?

« Oui, Jack, on t’a menti. 
- C’est immonde ! Cela dit, je me pose une question.
- Oui ? Je t’écoute Jack.
- Pourquoi alors à chaque fois que je vous croisais vous gardiez vos casques à la con et vos déformateurs de voix à part pour me convaincre de vous tirer dessus alors qu’il suffisait de me montrer votre tête pour que je réalise toute la supercherie?
- Ho. Oui. Bonne remarque.
- Alors ?
- Hem… ho, tu as vu Jack ? Je suis Morgan Freeman avec une tenue de ninja !
- CA ALORS ! »

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Et je me suis abstenu de parler des lunettes de soudeur ou de sa cape piquée dans un Grandeur Nature

D’ailleurs, à partir de ce moment là, plus jamais les chacals ne mettront leur casque du film. Comme quoi, c’était bien juste pour se faire plomber par Jack.

Mais comme si tout cela n’était déjà pas suffisamment naze en soi, Jack ne demande aucune explication et Morgan ne lui en donne de toute manière aucune non plus. Il se contente de lui dire que voilà, ils ont réussi à désactiver un drone et à le capturer, et qu’ils lui ont collé dans le ventre les 10 batteries de drones volées, reconverties en bombes, soit de quoi faire péter plusieurs fois de Tétraèdre. Ils aimeraient donc que Jack reprogramme l’engin puisqu’il est le seul à savoir le faire pour l’envoyer dans l’espace rentrer au Tet. Mais Jack refuse parce que sur le Tétraèdre, il y a plein d’humains en attente de transit pour Titan, et que tuer des gens c’est mal.

Morgan, plutôt que d’expliquer tout ce qu’il sait à Jack pour le convaincre, lui amène plutôt Julia en lui expliquant que s’il n’obéit pas, il demandera à son bras droit, Jaime Lannister (qui doit avoir une sacrée grosse dette à payer pour jouer dans ce film), de tirer une balle dans la tête de la gourgandine voir si cette zone est mortelle chez la femme (par exemple, il a été observé par le passé que la blogueuse mode était insensible aux balles dans la tête, mais qu’il était tout de même possible de leur faire très mal en poignardant des posters de Ryan Gosling ou en mangeant le dernier macaron). Jack grogne quand soudain, une alarme retentit : des drones du Tet sont en approche !

En effet, au-dessus du souterrain où Jack est retenu prisonnier, un drone a utilisé son scanner et malgré les 10 mètres de roche entre lui et la surface, a réussi à détecter… son ADN. La vache, ils sont forts ces drones. Même si 5 minutes plus tard, le même drone n’arrivera pas à détecter un ennemi caché derrière un caillou de 3 centimètres. C’est fou.

Bref, le drone décide de passer à l’attaque de la base des chacals, mais ces derniers montrent à Jack comment ils combattent ces engins : ils attirent leur attention, puis tirent dans un petit clapet derrière le drone qui n’est pas protégé et qui est la partie la plus sensible de l’appareil. Raison de plus pour ne pas la blinder, j’imagine. En deux temps trois mouvements, le drone est donc abattu. Morgan peut donc enchaîner.

« Ah, quelle chance quand même que ces drones volants se mettent à 1 mètre du sol pour attaquer plutôt que de nous canarder depuis le ciel. Tu as donc vu notre tactique de guerre, très efficace ! Ensuite, nous récupérons la pile d’énergie sur le drone et nous le laissons en état pour que tu puisses le réparer et qu’il recommence à nous tuer dès le lendemain. D’ailleurs, sur celui que nous venons d’abattre, tu noteras que l’on est même pas allé désactiver sa balise de détresse qui appelle du renfort. Mais comme le scénariste aussi l’a oubliée, ça va. Un peu comme les deux milliards de caméras que Vika avait au début du film pour tout voir, alors que maintenant on en parle même plus.
- Je… bon, écoutez c’est confondant de nullité. On pourrait pas parler d’autre chose ? Genre pourquoi vous avez fait s’écraser l’Odyssée sur Terre ?
- Ah, si, c’était pour récupérer un mini-réacteur de la NASA dessus afin de parachever notre bombe pour le Tétraèdre.
- Okay… donc, vous me parliez de reprogrammer un drone à ce sujet d’ailleurs. Non ?
- Ho non, tu sais quoi ? Ça aussi on ne va plus en parler. Enfin pas de suite. C’est pas comme si j’étais à deux doigts de faire buter ta copine il y a 5 minutes pour que tu le fasses tellement c’était urgent.
- Alors je fais quoi ?
- Hé bien je te rends sans raison tes armes, ta copine, et même cette très intéressante boîte noire que personne n’a encore écoutée. Je te rends aussi ta moto qu’on t’a tirée en début de film, et je te propose de partir découvrir la vérité.
- Vous ne pourriez pas me la dire directement plutôt ?
- Hahahaha hohohoho… non. Comme dans tous les films pourris, je préfère rester mystérieux quand bien même parler pourrait tous nous sauver la vie. Commence donc par aller dans la zone soit disant radioactive, là tu trouveras la vérité.
- Mais ? Elle couvre presque la totalité de la surface du globe ! Vous pourriez pas être plus précis ?
- Non. Allez, salut mec. »

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Sans poser de questions, et il vaudrait mieux pour lui, Jack file donc jusqu’à la partie encore visible de l’Empire State Building (qui n’est pas dans la zone radioactive) et se sert de l’antenne locale pour demander à Vika de lui envoyer son vaisseau volant pour qu’il vienne le chercher avec Julia. En attendant l’appareil, nos deux héros font le tour du coin, et Jack a encore des flashbacks de lui et Julia, avant la guerre, passant du temps ensemble à cet endroit. Il décide donc d’interroger la belle sur ce que c’est que ce bordel, ha, dis.

Celle-ci accepte enfin de parler et lui explique que oui, elle le connait, lui, Jack Harper. Et que oui, ils sont allés ensemble ici, au sommet de l’Empire State Building quand tout était encore calme et heureux, et que c’est là que Jack l’a demandée en mariage. Et tous les souvenirs de ce jour reviennent à notre héros, qui sait qu’elle dit la vérité. Mais Jack n’est pas au bout de ses surprises : Julia lui annonce que Jack était astronaute et qu’en 2017, lui et elle avaient été envoyées en mission pour explorer Titan. Sauf qu’en chemin, la NASA a repéré un gros tétraèdre extra-terrestre approchant de la Terre, et le vaisseau a été envoyé à sa rencontre. Jack et Vika (oui, elle aussi était là) ont donc été sortis de leur sommeil en caisson pour aller voir de quoi il retournait (ne me demandez pas comment Julia a pu voir tout ça puisque, justement, elle pionçait dans sa caisse, tout est lamentable)… et qu’après elle s’est réveillée dans la tour 49. Jack ému par tout cela fait donc un gros câlin à celle qui est en fait sa femme, même s’il ne pige pas bien comment il peut avoir connu l’avant-guerre, qui était il y a plus de 60 ans, et ne constate que trop tard qu’il n’a pas entendu arriver son appareil volant.

Après tout, ce n’est qu’une sorte d’avion à réaction : un truc qui approche silencieusement, c’est connu. Non, ce film n’arrête jamais.

Vika, par la caméra de l’appareil, voit donc l’étreinte des deux loulous et en pleure de jalousie. Aussi, lorsque Jack et Julia reviennent à la base, elle ne leur ouvre pas la porte du petit loft perché, et fait la gueule de l’autre côté en disant « De toute façon j’ai toujours su que tu préférais cette fille qu’on avait dans nos rêves, j’en ai marre, pour la peine je dis au Tet que tu as désobéi et qu’il reste une survivante du crash de l’Odyssée ! Na !« .

Mal lui en prend car dans le garage de la tour, le Tet donne l’ordre au drone en rade de se réveiller (oui, il lui manquait des pièces, ce qui justifiait sa présence là, mais pif pouf, il les a à nouveau, à part son blindage)… et de tuer tous les gens du coin. Vika est donc très étonnée de voir le drone surgir de la cave en grognant et… lui sulfater la margoulette.

Hé oui.

Jack et Julia sont donc eux aussi bien étonnés de voir leur amie se faire désintégrer le museau sous leurs yeux, et ne doivent eux-mêmes leur salut qu’à l’intervention de Julia utilisant les armes de l’aéronef de notre héros pour se débarrasser de l’assaillant mécanique. Avant de partir, puisque des renforts vont sûrement bientôt arriver, Jack se rend au poste de communication de feu Vika pour y voir apparaître le visage de Sally.

En plus, Julia a l'air tellement aimable... on a follement envie de l'aider.

Julia a le syndrome de l’actrice moderne de Blockbuster : elle fait toujours la même tête. Quel talent.

« Bonjour Jack, je suis Sally : on ne s’est jamais vus puisque quand je communique avec Vika, tu es occupé sur le terrain. C’était pour te dire que toute cette histoire de drone pulvérisant Vika n’est qu’un gros malentendu : viens me rejoindre sur le Tétraèdre avec la survivante de l’Odyssée, nous aimerions vraiment faire sa connaissance ici. On prendra un verre et ce sera sympa comme tout. Le champomy est au frais, viens vite !« 

Mais Jack n’est pas homme à se faire rabouiner si aisément : il préfère donc fuir avec Julia à bord de leur petit appareil volant. Pas de chance pour lui : d’autres drones arrivent et se lancent à la poursuite de l’appareil lors d’une séquence qui fait woush, wuiiiiz, vroum et tacatacata. Au final, Jack parvient à se débarrasser des trois poursuivants, même du drone du trio qui met des coups de pare-choc (là encore, je ne rigole pas : on avait pas dû expliquer à celui-là à quoi servaient ses mitrailleuses). Mais son appareil sévèrement endommagé, il s’écrase dans le désert du côté de la zone super-radioactive. Et le dernier drone qu’il a vaincu s’écrase non loin.

Jack rampe donc hors de l’épave avec Julia, pour mieux aller voir ce qu’il reste du drone ennemi. Mais à peine a-t-il commencé à courir les dunes qu’il aperçoit un autre appareil volant comme le sien arrivant : un autre technicien est en train de s’apprêter à remettre en route ledit drone !

Comment est-il arrivé aussi vite ? Et surtout, pourquoi rentre-t-il tranquillement dans la zone über-radioactive alors que c’est supposé être über-interdit, justement ? Hop, ça aussi, à la trappe, allez zoup. Rien n’a de sens, c’est génial.

Toujours est-il que voyant le technicien s’approcher du drone, Jack fonce droit vers lui en lui hurlant de ne rien en faire, tant il semblerait que les choses soient plus complexes qu’il n’y parait de prime abord. Mais en abordant ainsi le personnage, celui-ci se retourne, l’arme à la main et se révèle être…

Un autre Jack Harper !

« Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? » s’exclament donc les deux hommes, mais le temps presse, car le technicien a eu le temps de changer une pièce (comme toujours, c’était la seule chose qui posait problème) sur le drone endommagé, et celui-ci se rallume. Jack de la zone 49 saute donc sur Jack de la zone 52 (c’est marqué sur son uniforme) et lui pète donc la gueule en profitant de son trouble en voyant Julia (il a aussi les mêmes souvenirs semble-t-il) pour aller à nouveau désactiver le drone avant que ça ne tourne au carnage. Il y arrive, mais dans la bataille, un coup de feu est parti et a bien évidemment touché Julia en plein bidou. Jack est bien embêté, parce que les filles mortes c’est quand même vachement moins intéressant : il attache donc comme il le peut son clone assommé, met sa copine dans un coin d’ombre, et s’empare du véhicule du technicien qu’il vient de rosser pour aller chercher de quoi soigner ce bobo.

A noter que l’on découvre que les drones comme les véhicules obéissant à la voix, il suffit à Jack de dire qu’il n’est pas Jack – 49 mais Jack – 52 et ça marche. Mais jamais notre héros ne pensera à user de la même ruse sur les drones qui le recherchent, c’est ballot.

Jack file donc à la tour 52 et y découvre… une autre Vika. Bon, il se dit que tant qu’à faire, hein, autant en profiter aussi lui fait-il un petit bisou. Faudrait pas avoir fait tout ce chemin sans rentabiliser un peu. D’ailleurs, Vika, qui je le répète, voit tout ce que les caméras voient, particulièrement celles du véhicule volant de Jack, n’a rien vu du Jack – 52 se faisant péter la gueuler par un Jack – 49 quand bien même c’est arrivé pile devant les caméras de l’engin.

Bon sang, mais… c’est volontaire ou bien ?

Toujours est-il que Jack récupère une trousse médicale dans la tour et repart trouver Julia dans la zone interdite. Sur place, il constate que son clone a disparu (et s’est barré : il était juste à côté de Julia, la femme qui hante ses rêves, et venait de découvrir qu’il avait un clone, mais ne lui a pas demandé la moindre explication. Pourquoi faire ?) et que Julia est encore en pleine forme puisque les balles dans le bidou, c’est très surfait. Un coup de bombe froide et d’éponge magique et on en parle plus ! Sitôt la jeune femme soignée, Jack l’emmène dans sa petite clairière magique où il a sa cabane pour reconquérir son coeur dans cet écrin de verdure, et aussi philosopher un peu. Ne suis-je qu’un clone de celui que tu as aimé, Julia ? Ces souvenirs sont-ils vrais ou peut-on considérer que ne les ayant pas véritablement vécus, ils ne sont qu’une illusion de mon esprit ? Pourtant, mon amour est réel et…

« Oui c’est bon, moi tout ce que je vois c’est qu’avec des clones de toi, je vais pouvoir me faire une sacrée orgie.« 

Quel esprit pratique, cette Julia. Mais l’heure n’est pas à la déconne : après quelques câlins pour la forme, notre héros explique que quoi qu’il y ait à l’intérieur du Tet, cela l’a manipulé. Cloné. Et employé à participer à l’extermination de l’humanité. Il veut donc retourner voir les chacals pour les aider à achever cette histoire de bombinette. Julia lui dit qu’elle va l’accompagner, ah mais, et tous deux retournent donc au QG des chacals où attendent toujours Morgan Freeman et Jaime Lannister. Ces derniers les accueillent avec de grands sourires.

« Bon retour parmi nous, Jack Harper. A toi aussi, Julia Popovitch… enfin, Julia Harper.
- Bon sang Morgan Freeman, vous aviez raison ! J’ai découvert la vérité ! Vous avez bien fait de ne rien me dire et de me laisser partir avec Julia et la boîte noire de l’Odyssée qu’on a toujours pas écoutée d’ailleurs ! Vous saviez que j’allais retourner à l’Empire State Building alors que vous m’aviez donné des informations qui n’avaient rien à voir, vous saviez que je n’allais pas entendre mon appareil volant à réaction approcher pendant que je serais en train de faire un câlin à Julia, et que cela rendrait jalouse Vika, que vous n’avez pourtant jamais vue. Vous saviez que du coup, Vika avertirait le Tet provoquant ainsi une course poursuite où je réchapperais de la mort avec Julia en m’écrasant à côté d’un drone dans une zone où alors que c’est interdit, un clone de moi viendrait réparer ledit drone, et donc que là et seulement là, je pourrais réaliser la vérité.
- Hem je… heu… oui, je … j’avais bien évidemment prévu tout ça. Puisque c’était… complètement prévisible… bien sûr. 
- C’est vraiment épatant. Alors que vous auriez juste pu me dire la vérité et me proposer d’aller visiter une autre tour comme la mienne pour me prouver votre récit tout en provoquant en bonus un chaos général chez les serviteurs du Tet qui découvriraient alors leur condition et ne manqueraient pas d’en informer les autres tours. Vous êtes vraiment fort Morgan Freeman.
- Hahaha je… oui. Hem, bref, si on changeait de sujet et que je te racontais plutôt la VRAIE histoire et pas celle qu’on t’a apprise ? 
- Mais vas-y pépère fais toi plaiz' »

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J'aime bien le concept du mec qui porte des lunettes de soudeur dans le noir.

Père Castor 2077

Et donc Morgan de raconter qu’en 2017, il y a 60 ans de cela alors qu’il était encore un tout jeune soldat, il a vu le Tet arriver en orbite de la Terre. Puis faire exploser la Lune. Et enfin, des vaisseaux arrivèrent pour débarquer, non pas des drones (ce qui aurait été intelligent) mais des milliers de clones de Jack Harper, le célèbre astronaute de la mission Odyssée qui avait dû tomber aux mains de l’ennemi d’une manière ou d’une autre ! Et le massacre fut complet puisqu’en plus, Tom Cruise étant une cible très petite, ça n’aidait pas à riposter.  Donc non, l’humanité n’a pas gagné la guerre. La planète n’est d’ailleurs même pas radioactive (personne n’a jamais pensé à demander un compteur pour voir les zones dangereuses ou non pour se promener sans combinaison), et les tours qui génèrent de l’énergie sont en fait là pour alimenter le Tet, qui assèche ainsi les planètes l’une après l’autre. Morgan Freeman n’explique pas comment les milliers de clones de Jack Harper ont pu détruire les restes de l’humanité en 2017, puisque bon, déjà ils ont dû se poser des questions en réalisant qu’ils étaient les clones des uns des autres, et ensuite Jack Harper ne combattait les chacals que parce qu’il ignorait qu’ils étaient humains. Or à l’époque, je doute que tous les réfugiés humains aient eu des gros casques idiots pour se faire passer pour des chacals. Allez hop, encore un truc d’évacué.

Ce film est incroyable.

Morgan explique enfin que jusqu’ici, ils n’avaient jamais pu convaincre un Jack de s’allier à eux. Mais qu’un jour, en voyant Jack -49 ramasser un livre tombé à terre pour le lire, ils ont compris qu’il était gentil (Morgan cite même le passage précis que Jack a lu au début du film, quand bien même il n’a aucun moyen de le savoir, c’est magique).

D’ailleurs, tant qu’à savoir que Jack savait lire, moi plutôt que d’essayer de l’approcher pour lui parler et de me prendre ses drones et des balles dans le museau, j’aurais plutôt laissé des messages écrits pour lui où on lui expliquait tout en lui disant « Va voir une autre tour si tu me crois pas » sur des sites où il suffisait de l’attirer (avec une balise de détresse de drone, comme ils avaient su le faire pour lui tendre un piège). Comme ça, pas de risque. Mais c’est sûrement ma fourberie naturelle qui parle. Après, je ne sais pas, ils auraient pu être taquins : je m’étonne que les drones vandalisés n’aient pas été retrouvés avec des messages écrits sur la coque comme « Prout » ou « Celui qui lit ça est un clone« . Ces chacals manquent terriblement de créativité.

Achevant son récit, Morgan explique qu’il ne suffisait plus que d’une étincelle pour que Jack – 49 puisse voir ses souvenirs remonter en lui : faire tomber l’Odyssée sur Terre pour que sa femme Julia revienne et lui secoue un peu les souvenirs. Un plan très intéressant, si Morgan n’avait pas expliqué plus tôt dans le film qu’il avait amené l’Odyssée sur Terre pour une autre raison, à savoir récupérer une pièce dessus pour finir sa bombe destinée pour le Tet. Et qu’accessoirement, il ne pouvait pas prévoir que Jack viendrait sur place (ça lui était interdit) et n’arriverait à sauver qu’un seul sarcophage, et pile poil le bon en plus. Qui a dit téléphoné ?

Sans compter que Julia, on peut la féliciter : souvenez-vous qu’à son réveil dans la tour 49, alors qu’elle avait Jack en face d’elle et aucun moyen de savoir qu’il n’était qu’un simple clone, jamais elle n’a tenté de dire à Vika et lui la vérité. C’est vraiment d’une nullité crasse.

Rappelez-moi quel passage était réussi dans ce film, déjà ? Non parce que là en est quand même en train de découvrir que même les mauvaises scènes étaient encore plus nulles et incohérentes que prévu.

Bref, qu’importe : Jack connait la vérité, Morgan est content, et il y a de quoi envoyer la bombe sur le Tet. Sauf que… sauf que le Tet lui n’a pas abandonné la partie et a envoyé des drones chercher Jack et ses amis ! Et ils les ont découverts ! Les chacals sont bien ennuyés d’ainsi voir leur base être compromise au moment où ils allaient enfin pouvoir débuter leur grand plan pour faire sauter le Tet, et la bataille s’engage donc. Pif paf pouf, des anonymes meurent, des drones sont mis hors de combat, et alors que leurs balles désintègrent habituellement l’ennemi, lorsqu’elles touchent Morgan Freeman, elles se contentent de lui faire de petits bobos. Quant au drone reprogrammé qui devait porter la bombe jusqu’en orbite… il a été endommagé et ne peut plus servir à grand chose. Il faut donc changer de plan.

Oui, et les trois drones que vous venez d’endommager et qui étaient réparés avec du chewing gum au début du film (là encore, tristement véridique), non ? Non. Nos héros décident donc que quelqu’un va plutôt devoir prendre le véhicule volant local et aller jusqu’en orbite porter la bombe en personne. Mais Sally ne va-t-elle pas se douter de quelque chose ?

« Non » explique Jack « Sally voulait que je lui apporte Julia… je vais le faire. Et apporter la bombe avec. » Ho oui, sacrifions nous mon amour, ce sera tellement plus dramatique que de prendre 5 minutes à réparer l’un des drones qu’on a sous la main. Ou d’envoyer l’appareil en pilote automatique, puisqu’on nous a bien montré qu’il y en avait un, apporter le petit cadeau à maman.

Raaah.

Soit : le plan est donc de rendormir Julia dans son caisson, de mettre la bombe dedans, d’accrocher le tout à l’aéronef et de quitter l’atmosphère sans problème avec cet attelage branlant qui…

Oh tiens mais au fait, attendez : d’où il sort le sarcophage ? Ils ont tous été détruits, et celui de Julia est resté à la tour 49, non ? Et bien si, mais pouf : un sarcophage marqué « Odyssée » avec le nom de Julia Popovitch apparaît au milieu de la base des chacals ! Formidable. Julia s’allonge donc dedans, et Jack lui souhaite de faire de beaux rêves de leur folle idylle avant de refermer le capot… et d’endormir la donzelle avec la bombe à ses côtés. Puis, il grimpe dans son véhicule et file vers les cieux pour sa dernière mission.

Et non, pas de soucis de turbulences en quittant la Terre, de quoi me parlez-vous ? Son petit engin n’a aucun problème pour faire ça.

Cependant, le trajet est long et Jack n’a pas la radio : il a cependant à son côté la boîte noire de l’Odyssée, qu’il n’a toujours pas écoutée quand bien même elle devait expliquer pas mal de trucs, et qu’il a emmenée avec lui pour que l’humanité ne puisse jamais connaître la vérité (ou bien juste parce qu’il est juste très con). Et appuyant sur play pour entendre les dernières communications de la navette… flashback.

Nous sommes en 2017. L’Odyssée, fier vaisseau international qui devait aller faire une mission sur Titan est dévié de sa trajectoire pour aller inspecter un énorme tétraèdre extra-terrestre se dirigeant vers la Terre. A bord, l’ambiance est bonne, mais sage : seuls les deux pilotes sont éveillés, à savoir le commandant Jack Harper et son second, Vika. Derrière eux, les autres membres d’équipage dorment dans leurs caissons puisque l’on a estimé qu’un premier contact avec une civilisation alien ne valait pas le coup de les réveiller. Depuis la Terre, nos héros communiquent avec la Nasa et leur contact au sol : Sally. Celle-ci leur donne des consignes sur leur trajectoire et ce que l’on attend d’eux, à savoir approcher doucement l’objet inconnu. Sauf qu’arrivés à une certaine distance, le vaisseau ennemi commence à attirer le leur, et même avec les moteurs à fond, il parait impossible de s’en sortir ! Jack décide donc que s’il est impossible de fuir, il faut au moins sauver ses compagnons en sommeil : il décroche donc l’arrière du vaisseau qui est « programmé pour retourner dans l’orbite de la Terre« . Ce qu’il fait, abandonnant ainsi sa femme.

Et son plan fonctionne parce que oui, la partie principale du vaisseau avec les moteurs à fond n’arrive pas à échapper à l’attraction de l’objet alien, par contre la partie envoyée à la dérive regagne la Terre tranquillement, sans puissance. D’accord.

Donc oui, le plan de Jack était très con, mais il marche quand même. Mais s’il savait que ça allait marcher, dans ce cas il aurait pu aussi bien se planquer avec Vika dans cette partie retournant vers la Terre, hein, puisqu’il y avait la place pour et même leurs caissons personnels. Mais autant rajouter des incohérences au sein même des incohérences, des fois que.

Jack, réalisant avec effroi que son lui originel était déjà con comme un bulot

Et des incohérences dans les incohérences des incohérences (ah bin oui, il y a du talent) puisque la boîte noire, pourtant récupérée dans la partie arrière de l’Odyssée lorsqu’elle s’est crashée sur Terre, contient aussi les conversations qui ont eu lieu dans l’avant du vaisseau une fois détaché ! Magnifique. Et c’est vraiment juste pour se planter puisque cela n’apprend rien : on voit juste qu’une porte s’est ouverte au sein du tétraèdre, avalant le vaisseau et… c’est tout.

Le tétraèdre a donc simplement cloné ses deux prisonniers pour s’en faire une armée de serviteurs, puis a pris, pour les tromper, l’apparence de Sally dans ses communications avec eux pour avoir une forme familière à leurs esprits. Fort bien. Quel dommage qu’en envahissant la Terre, tu n’aies pas pensé, gros machin, à capturer d’autres humains pour pouvoir varier tes clones. Du genre, ceux qui étaient dans les caissons de l’Odyssée lorsqu’il s’est crashé, les ramener à bord plutôt que de les faire mitrailler par tes drones, non ? Mais est-on encore à ça près ?

Revenons en 2077 alors que l’enregistrement de la boîte noire terminée, Jack et son vaisseau pénètrent à bord du tétraèdre, trop curieux de voir Julia pour lui refuser l’entrée. Comme quoi, encore une fois : il aime les survivants mais n’en fait pas. Allez, finissons cette bouse : notre héros est escorté avec son appareil jusqu’au cœur du vaisseau ennemi, où l’attend juste une sorte de gros tétraèdre volant avec une sorte d’œil rouge, qui ricane très fort :

« Hohoho, Jack, tu es fini. Tu as découvert mes mensonges, mais tu vas mourir et renaître, une fois encore, sans savoir que tu es mon esclave.
- Sauf que j’ai amené une surprise ! »

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Et Jack ouvre le caisson et en surgit…

« Morgan Freeman avec une tenue de ninja ?! » s’exclame bien surpris le tétraèdre.

« Oui, je voulais être là quand tu mourrais vilaine bête. Julia est en sécurité sur Terre. Maintenant, on a une bombe avec nous qu’aucun de tes détecteurs, qui jusqu’ici voyaient tout, n’a réussi à détecter ! Alors, attention, c’est parti : bombinette go ! »

Et dans un grand flash, Jack et les millions de clones de Vika et lui qu’il voit flotter dans des cuves autour d’eux, Morgan Freeman, la tenue de ninja et le tétraèdre disparaissent emmenés par la fabuleuse explosion de leur bombe. Aussitôt, sur Terre, tous les drones tombent en panne, quand bien même le film avait expliqué clairement que les drones pouvaient fonctionner sans le Tet, c’est même pour cela que c’étaient eux qui étaient actifs contre les chacals la nuit, alors que le Tet était de l’autre côté de la Terre et que les communications étaient coupées. Mais allons-y ! Et encore une autre incohérence pour la route ? Allez, c’est cadeau : Julia se réveille dans son caisson au milieu de l’écrin de verdure où Jack avait une cabane…  et comprend que Jack a préféré ne pas la faire sauter avec le tétraèdre et l’a laissée là. Certes, mais sachant que déjà que les chacals n’étaient pas censés avoir le caisson de Julia dans leur base, et que Morgan Freeman l’a déjà utilisé pour aller mourir avec Jack dans leur mission suicide, d’où sort ce deuxième caisson ? Là encore, mystère !

Le tétraèdre kaput, Julia sauvée, la vie peut suivre son cours…

Et quelques années plus tard, nous découvrons que Julia avait visiblement eu l’occasion de tomber enceinte de Jack, puisqu’elle a désormais une petite fille. Elle jardine paisiblement dans son petit coin de verdure, quand soudain, elle voit arriver des gens : impossible, sa cachette est secrète (ah oui ? Et qui t’a déposée ici alors, puisque Jack était parti aussi vite que possible pour sa mission suicide ?) ! Ce sont en fait les chacals, menés par Jaime Lannister, qui ont une petite surprise pour elle… ils ont retrouvé le clone numéro 52 ! Celui avec qui Jack s’était battu !

Toute contente de pouvoir arrêter de faire abstinence, notre Julia sourit naïvement à l’idée de tout ce qu’elle va pouvoir faire avec lui et…

FIN

_____________________________

Quelques heures plus tard, devant une autre résidence.

« C’est génial votre truc ! Et ça marche à tous les coups ?
- Ah non. Ça dépend quand même des cibles. Il faut qu’elle ait des goûts un peu spécifiques, sinon c’est le bordel.
- Comment ça ? 
- Ici nous allons avoir le problème. C’est un peu comme lâcher un lapereau dans un champ avec des loups : ça n’empêche pas un aigle de se pointer et de partir avec la bête, parce que le lapereau est un mets très générique chez ces animaux. 
- Vous pourriez préciser ?
- Vous allez voir tout de suite. »

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Une nouvelle fois, je tirai de ma mallette un sachet contenant des feuilles raturées, et après avoir ouvert la chose pour en extraire le contenu du bout des doigts, je jetai la chose loin devant nous.

« C’est quoi les mots clés cette fois ? 
- « Bouse », « Pognon » et « Problèmes capillaires ». J’ai pas mieux. »

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Une fenêtre s’ouvrit en face de nous, et un visage aux narines retroussées fit un large sourire alors que nous parfaisions notre camouflage.

« Cette odeur… ouiiiiii…. ouiiiii…  je la reconnais… c’est pour MOIIIIII !« 

La silhouette bondit au-dehors sous le crépitement de l’appareil photo de mon voisin, mais alors qu’elle s’élançait, il y eut un cri terrible et une forme beige et blanche sortit d’un autre fourré non loin pour se saisir du script moisi qui patientait à même le sol et s’enfuir en hurlant  « NOOON ! A MOIII !« 

Et sous mes yeux émerveillés d’expert en bouse, je vis Bruce Willis s’éloigner vigoureusement avec sa prise sous les yeux tristes de Nicolas Cage.

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