« Ça n’a pas l’air d’aller patron ?« 

Diego fronça un sourcil, notant la boîte de cigare encore pleine à cette heure avancée de la soirée, son employeur étant là, enfoncé dans son fauteuil près du feu de cheminée. Il nota que celui-ci se contentait simplement, de temps à autres, de jeter un peu de petit bois dans l’âtre, alimentant les flammes jetant une lueur orangée et tremblante alentour.

« Je me fais vieux Diego. Je n’ai plus les bonnes références, je crois qu’il faut que je fasse autre chose. De la peinture, peut-être ?
- Allons, il ne faut pas vous laisser aller comme ça… vous ne voulez pas que je fasse monter une stagiaire ?
- Non. Je veux rester seul à contempler l’âtre reflétant mon âme se consumant dans les affres du web. Va, Diego. J’ai besoin d’être seul. »

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Le serviteur hésita, ne pouvant accepter de voir son employeur dans pareil état. Mais après des années de bons et loyaux services, il commençait à connaître le bougre.

« Bien, alors je me retire Monsieur. Vous ne voulez rien d’autre ?
- Non, je veux du temps pour m’assagir. Quitter mes vices.
- Vous voulez dire que vous résisterez désormais aux tentations ?
- Parfaitement.
- Alors ça ne vous dérange pas si je pose ce DVD sur ce guéridon par exemple.
- Pas du tout. Du tout. Rien, pas un picotement. Je… hem, quoi comme DVD ? Par pure curiosité bien sûr.
-  The Darkest Hour.
- Le… le film que j’avais raté ?
- Celui-là même.
- Je… non, ça ne me fait strictement… je… rien… du tout.
- Voulez-vous que je vous lise le pitch ? Il y est question d’envahisseurs et de jeunes américains benêts. 
- Gnnnn…. gnnnnn…. je…. dois… résister…
- Saviez-vous que ce film est si mauvais qu’il y a une erreur de cohérence rien qu’entre le pitch officiel et le film ? D’ailleurs il parait que…
- DONNE-MOI ÇA ! »

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Diego eut juste le temps d’esquiver la sombre silhouette de son maître, se saisissant de l’objet avant de le faire tourner sous son oeil brillant de cruauté tout en ricanant. Puis, son rire se fit plus guttural et d’un pas assuré, il disparut en direction du salon.

L’humble employé se demanda si, quand même, il ne venait pas de faire une connerie.

Car : The Darkest Hour est-il si mauvais que cela ? Après tout, certaines critiques furent tout à fait positives. Aussi, il convient de vérifier de quoi il retourne : spoilons mes bons !

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L’affiche : des explosions ET de la désintégration ? Monsieur l’ambassadeur, vous nous avez vraiment gâtés.

Tout commence quelque part au-dessus de notre bonne vieille Terre, au sein d’un avion russe pour être précis. A bord, Sean et Bean, deux américains à l’humour digne d’un épisode de Samantha Oups, et aux têtes qui semblent appeler les balles à sanglier, sont occupés à se chamailler avec les hôtesses parce qu’ils refusent d’éteindre leurs téléphones portables avant d’atterrir, pour la simple et bonne raison que… hé bien qu’ils sont trop cools. Tiens, j’ai écrit cools ? Curieux. Qu’importe ! L’hôtesse la plus proche leur fait quand même les gros yeux, jusqu’à ce que soudain, toute l’électricité de l’avion lâche : c’est la panique à bord. Du moins, un temps seulement, car bien vite la lumière est rétablie, le commandant de bord rappelant aux passagers que les avions russes n’ont pas besoin d’électricité : ils sont entièrement conçus à partir d’anciennes pièces de Trabant et peuvent donc continuer de voler, même avec une aile sur deux. L’évènement ayant calmé nos deux héros, l’avion peut donc atterrir en paix.

En plein jour d’ailleurs, alors que la scène se déroulait en pleine nuit. Oui, je sais, maintenant cela arrive dans la plupart des films. C’est beau, ce vaste naufrage d’Hollywood, mais, passons.

Nos deux héros arrivent sur la terre bénie de Lénine, Khrouchtchev et autres Gérard Depardieu pour échanger diverses stupidités, et rouler des mécaniques auprès des autochtones, et nous apprenons d’ailleurs le métier de nos deux génies : ils ont conçu une application smartphone pour le tourisme haut de gamme et sont à Moscou pour y obtenir les sous de quelques gros investisseurs. Et pour le détail, sachez que Sean incarne donc l’archétype du « Je suis cool, mais pas aussi intelligent que mon ami Ben, si seulement je pouvais arrêter de le décevoir et prendre ma vie en main » et Ben le meilleur ami du héros. Et tu sais ce que ça veut dire Ben ! Hmmm, il ne manquerait plus qu’un méchant avec un bouc, une moustache ou même une coupe de cheveux discutable et…

Ho !

Alors que nos héros rentrent dans l’immeuble où ils ont rendez-vous ce jour là, ils découvrent que la réunion avec les investisseurs pour leur projet a été commencée… et pénétrant dans la salle de réunion, ils y trouvent Skyler, un ancien associé qui les a doublé, fait cavalier seul et vend leur idée pour son seul profit !

Pour information, Skyler a un bouc, une moustache ET une coupe de cheveux discutable. Et en plus, il est européen. Ouch.

Je devrais faire une sorte de bingo des poncifs pour s’occuper devant un film. Attendez, je me note ça quelque part. Voilà. Nous disions ?

Ah, oui: dépités, nos héros décident d’aller faire ce qu’il y a de plus raisonnable : se saouler parce que bon sang, le milieu des applications touristiques a l’air d’être drôlement compliqué en fait, mieux vaut laisser ça aux grandes personnes. Entre deux rails de vodka et quelques verres de coke (non non, nous sommes en Russie ne l’oubliez pas), nos héros rencontrent donc deux jeunes filles : Natalie, une fille cool, et sa meilleure amie Anne, une bimbo blonde (là encore, jeu : devine qui va mourir). A noter que tous sont américains, et tous, bien que jeunes, riches, branchés et passionnés de téléphonie sont équipés de vieilles bouses de 1999. Il en va de même pour Anne, qui bien que photographe professionnelle, se prend en photo à bout de bras en faisant des duckfaces (véridique) avec un appareil d’un autre âge (mais numérique quand même). L’accessoiriste avait dû fuir le tournage, ils n’ont dû trouver que celui de Louis la Brocante pour le remplacer au pied levé. Toujours est-il qu’au sein de la même boîte de nuit où ils ont trouvé refuge traîne aussi le méchant Skyler, mais tout le monde reste à bonne distance histoire de ne pas en venir aux mains.

Mais pendant ce temps, à l’extérieur, un curieux orage comme celui qu’avait traversé l’avion peu avant de perdre le courant au début du film semble se former au-dessus de la ville… et pour respecter la tradition et bien, celui-ci se rapprochant de Moscou, il coupe le jus dans toute la ville, plongeant la boîte dans l’obscurité en plein milieu d’un bon vieux Patrick Sébastien. Dur. Comment on va savoir ce qu’il faut faire tourner maintenant, hein ?

Après que 7 personnes ont imité le bruit du fantôme, comme dans n’importe quel lieu comportant des lourds dont on éteint les lumières (un outil pratique pour détecter les lourds), notre petite troupe sort de l’endroit avec le reste des convives pour descendre dans la rue comme une bonne partie des moscovites, constatant au passage que toutes les batteries des téléphones ont lâché. Nos héros s’étonnent doublement en voyant au-dessus d’eux d’étranges aurores boréales orangées s’agiter en silence avant de laisser choir de petites boules orangées vers le sol. D’ailleurs, l’une d’entre elles se pose au milieu de la foule, qui effrayée, s’écarte promptement.

C’est sans compter sur la police locale, qui n’aime pas trop les atterrissages non autorisés de boules orangées et semi-translucides sur des places interdites au stationnement : l’un des agents des forces de l’ordre essaie donc de s’approcher pour étudier scientifiquement le phénomène à l’aide de la technique élaborée dite du « Et si j’appuie là, est-ce que ça fait pouitch ?« 

Mais en fait non : ça fait plutôt proutch.

« Attendez les amis, j’ai déjà vu ça dans Harry Potter 7, c’est probablement un message du ministère de la magie »

Sitôt le truc en contact avec le fier fonctionnaire, celui-ci est instantanément désintégré. Et évidemment, aussitôt, d’autres boules arrivent en renfort pour courser les humains qui s’enfuient, les désintégrant tour à tour. On constate au passage que les boules perçoivent les humains comme des sources de chaleur ou d’énergie, qu’elles chassent goulûment.  Une sorte de gros Pac-Man, quoi.

Nos héros, entre deux hurlements, courent donc avec une partie de la foule vers l’abri de la boîte de nuit qu’ils venaient de quitter (et où même sans électricité, il y a toujours une lumière correcte, c’est fou) et tentent bien de fermer derrière eux, mais les boules poussent fort ladite porte, si fort que Sean, le petit jeunot blond et Youri, le gros videur de 280 kilos de muscles sont propulsés en arrière sur au moins, pfou, deux mètres. Sean se relève donc aussitôt, alors que Youri est… mort ? Tué par la chute. Ah. Bon. On va dire que Youri était très malade alors. Ou alors il a lu le script, ce qui expliquerait l’horreur visible sur son visage.

En tout cas, l’un des serveurs, dans la tradition de son pays, balance un cocktail molotov dans la gueule de l’un des envahisseurs, ce qui a l’air de moyennement lui plaire, mais nos héros s’en soucient peu : dans l’immédiat, ils cavalent. Comme il se doit, Skyler prouve qu’il est très méchant en abandonnant sa copine d’un soir au détour d’un couloir, l’enfermant avec une boule orangée pour mieux s’échapper ; mais plutôt que de réconforter la belle, lui proposer un resto, un dernier café puis une soirée Twister pour parler de tout ça, l’envahisseur se contente de lui désintégrer la gueule, faisant ainsi preuve d’un certain manque de savoir vivre : comme le savent tous les gentlemen, on ne désintègre pas le premier soir. Tsss.

Nos héros cavalcadent donc au milieu de la foule, et bien évidemment, ils sont les seuls à s’en tirer, Skyler compris, en allant se cacher dans la réserve de la boîte de nuit, probablement histoire de faucher une ou deux bouteilles avant de mourir. Sauf que visiblement, même si les aliens ont une vue particulièrement élaborée, ils n’ont pas pensé à regarder de ce côté là : la petite troupe peut donc s’isoler… et entendre que peu à peu, les sons de bataille déclinent au-dessus d’eux. Le temps se met donc à passer, et l’on voit les cartons et bouteilles de la réserve descendre, Skyler s’engueuler avec tous les autres parce qu’il est méchant (l’avais-je dit ?), et les réserves continuer de s’épuiser jusqu’à ce qu’enfin, une fois vides, quelqu’un s’interroge :

« Depuis combien de temps sommes-nous là-dedans ?« 

Ho, bin sachant que vous avez vidé les réserves d’une boîte de luxe à vous 5, ça doit bien faire 1 mois et qu…

« 27 heures. » répond Skyler

Hein ?! Non mais attendez, vous buvez 20 bouteilles de l’heure ? Bouffez 60 boîtes d’olives chacun, que vous avez vidé tous les cartons ? Bon sang, et avec tout ça, vous n’êtes même pas enfermé avec des toilettes à disposition ? Je… vous cherchez à mourir d’une diarrhée collective ? Remarquez, pas sûr que les aliens viennent vous chercher si vous barbotez là-dedans, c’est vrai. Un habile stratagème, j’en conviens.

Toujours est-il que c’est donc avec un gros mal de bide que la troupe décide de ressortir de sa cachette, puisque l’on entend désormais plus rien. Certes, la progression est prudente, car l’ennemi semble capable de devenir plus ou moins invisible, mais la destination elle est décidée : l’ambassade américaine. Bon, Skyler a bien proposé une ambassade européenne, parce que c’est plus près, mais on lui a dit de la fermer, parce que l’Europe, c’est quand même pas un truc très sérieux. C’est donc après avoir trouvé quelques sacs à dos qui attendaient là (?) et fouillé 17 secondes le bar pour emporter quelques bouteilles (mais aucun objet utile, merci de poser la question) que nos héros partent à l’aventure, à l’extérieur de la boîte de nuit.

Dehors, Moscou est déserte. Les avenues sont emplies de voitures abandonnées, et les rues couvertes de la cendre qui reste des habitants du coin. Ici ou là, une paire de kalachnikov abandonnées laisse deviner que des gens se sont défendus avec un résultat, disons, relativement moyen. Attention cependant, car malgré ce spectacle de désolation, nos héros progressent sur les grands boulevards à découvert, hurlent en tombant de leurs talons pour les filles (véridique), et en s’interpellant pour les garçons. Ce qui donne :

« Là ! Regardez ?
- QUOI BEN ? JE NE VOIS RIEN !
- MAIS SI LA, LE BRUIT QUI VIENT DE LA BAS !
- J’ENTENDS RIEN ! PEUT-ETRE PARCE QU’ON HURLE ?
- APPROCHONS-NOUS DISCRÈTEMENT EN L’ANNONÇANT A HAUTE VOIX !
- D’accord ! »

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Mais enfin ? Bon, bref ; le bruit en question est vite identifié : c’est une mamie qui a survécu et est en train de murer ses fenêtres. Nos héros s’approchent d’elle trop heureux de voir une survivante et lui demandent leur chemin, aidés de Skyler qui est le seul de l’équipe à parler le russe, mais écoutons plutôt.

« Skyler, demande lui où est la rue Popovski !
- *en russe* Madame, où est la rue Popovski s’il vous plait ?
- *en russe* C’est vous les bougres de cons qui hurlez au milieu des rues ? Vous avez pas envie de mourir un peu ?
- *en russe* J’ai un bouc et une moustache, vous croyez sérieusement que je vais arriver jusqu’au générique ? Alors autant pourrir les autres, ha !
- Que dit-elle Skyler ?
- Heu… elle dit qu’elle a très peur.
- *en russe* C’est malin, mais vous voulez pas plutôt que je vous prête un rasoir ?
- *en russe* Mamie, tu es une femme rusée, mais ce bouc, je le porte comme mon père, qui lui-même le tenait de son père, et même si aucun n’a jamais atteint la fin d’un film, c’est comme ça.
- Skyler ! Alors, cette rue ?
- Roh, les relous. Bon, elle dit que c’est tout droit.
- Alors on peut à nouveau parler très fort ? OKAY LET’S GO ! »
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Hélas, malgré ces riches indications, nos héros se perdent encore. Sacrebleu ! Sans GPS et véritable carte, ils se demandent donc où ils pourraient en avoir une. Raaah, bon sang, où serait-ce possible d’en trouver ? Je n’arrive pas à me concentrer avec tous ces véhicules portières ouvertes autour de nous aux vide-poches remplis de papiers ! Tant pis… si seulement nous étions dans une ville vaguement touristique, peut-être pourrions nous trouver des boutiques de souvenirs ou offices de tourisme qui en ont… si seulement je n’étais pas un professionnel du tourisme, et si seulement nous n’étions pas sur la place Rouge, peut-être que je saur… OH SI, JE SAIS ! IL NOUS FAUT UNE VOITURE DE POLICE !

Je… ah oui. C’est une idée remarquez. Une mauvaise, absurde, incohérente et écrite avec les pieds, mais une idée me dit mon dictionnaire.

Mais ce n’est pas fini ! Car trouvant une voiture de police abandonnée sur la place, Sean et Ben foncent pendant que les autres vont se cacher, et rentrent donc dans le véhicule pour y prendre un… pied de biche !

Oui oui. Et vous savez pour quoi faire ?

Pour ouvrir la voiture !

Si.

Sean, occupé à chercher de quel côté on rentre dans une voiture

Parce que figurez-vous qu’ils ont deviné que la police russe rangeait toujours ses cartes dans son coffre (comme ça, quand ils en ont besoin, c’est pratique), et qu’ils ont oublié que tant qu’à être dans la voiture, plutôt que refermer les portières (ils l’ont fait, j’insiste sur l’illogisme complet de toute cette scène), il suffisait soit de rester dedans et d’atteindre ledit coffre, soit d’appuyer sur le gros bouton avec un signe de coffre ouvert visible sur le tableau de bord. Raaah… en tout cas, après cette série d’incohérences, nos héros pas peu fiers fouillent le véhicule et peuvent rajouter à leur inventaire une carte plus précise (en russe, mais bon), et des fusées éclairantes, que nos larrons préfèrent aux armes juste à côté. Chacun son truc. Non parce que même si elles ne servent à rien contre les envahisseurs farceurs qui ont visiblement disparu, dans un monde post-apocalyptique, ça peut servir. Maintenant, on a compris que vous étiez idiots les gars : ce serait juste gentil d’arrêter de le prouver. Je pense que si l’on écrivait un jour une biographique de Jar-Jar Binks, on y trouverait la plupart des scènes de ce film.

Sauf que pendant leur petite fouille, Kiki, un chien errant s’est approché, les a dépassé sans même tenter l’accouplement sur une jambe, et a aboyé un peu plus loin… avant d’être brutalement désintégré (c’est rare dans un film, mais c’eut été un chiot ou un chaton, c’est lui qui désintégrait l’autre par le pouvoir du kawaii) par un alien qui attendait là, immobile ! Un bruit de pet liquide plus tard (les boîtes d’olives et la vodka en intraveineuse font effet), nos héros se planquent donc paniqués derrière la voiture de police, hurlant à leurs amis d’aller se cacher dans un bâtiment voisin. L’alien s’approche donc lentement du véhicule, et Sean et Ben, eux, n’échappent à la mort que grâce à une ruse qui avait échappé à tous les moscovites : il suffisait de se cacher sous la voiture, et hop, les aliens ne les voient plus. L’envahisseur inspecte donc l’endroit sans trouver de cibles, et s’en va donc en sifflotant probablement pour désintégrer d’autres chiens un peu plus loin.

Bien bien bien, c’est très intéressant ma foi. Sinon, quand est-ce que ça arrête d’être nul ?

Une fois l’alien parti, l’équipe finit donc par se regrouper dans un centre commercial voisin, où Skyler se met évidemment à paniquer, comme quoi ça ne sert à rien, le monde entier a dû tomber, on va tous mourir, d’ailleurs, il y a une grosse épave d’avion à côté d’eux, bref, rien n’échappe aux envahisseurs. Mais Sean, en héros qui a enfin l’opportunité de révéler ses talents de meneur, explique qu’il faut garder espoir et surtout, utiliser ce que l’on sait : l’ennemi semble faire réagir les sources d’électricité. Quand il a foncé sur la voiture de police, toutes ses ampoules se sont allumées. Donc, en sortant la nuit, il devrait facile de voir, de très loin, si des aliens invisibles squattent, puisque les lumières à côté d’eux seront allumées ! Soit ! En sus, il propose de porter des ampoules sur soir, pour savoir si l’ennemi est proche : c’est un peu leur épée de Bilbo, le côté cosplay en moins.

Ça tombe bien, nos héros décident de passer la soirée dans le centre commercial à attendre qu’il fasse vraiment noir pour sortir, et en profitent pour prendre des vêtements plus pratiques que ceux qu’ils portaient en boîte. Sauf que pendant qu’ils se changent, les ampoules qu’ils portent désormais en pendentifs s’allument : l’ennemi approche ! Ni une ni deux, tout le monde se planque… sauf Sean qui lui décide de rester dans la vitrine du magasin où il était à se faire passer pour un mannequin, immobile. Et figurez-vous que ça marche !

Ce qui permet à Sean d’en déduire que… allez, jouons :

A)  les aliens sont cons comme des ânes morts

B) les aliens ne perçoivent pas les mouvements

C) les aliens ont une vision basée sur la détection des ondes électromagnétiques, or, la vitrine a bloqué celles-ci, le rendant invisible !

D) il a eu un gros coup de moule

Et non, ce n’était pas la réponse A, puisque Sean est incapable de faire cette déduction en étant au même niveau qu’eux, et bien la C, qu’il sort comme ça, de nulle part; et qui s’avère évidemment parfaitement exacte. Non parce que : comment sais-tu pour la vision électromagnétique  bougre de con, puisque toi tu ne regardes pas le film et n’a donc pas vu qu’elle voyaient les humains en orange et le reste du monde en gris ?

Ah mais oui, ça me revient : tout s’explique dans le fait que ce film est un gros coprolithe.

D’ailleurs, vous vous souvenez des avenues de jour, désertes et silencieuses ? Et bien parlons-en : sitôt que nos héros ont échappé à la patrouille de bouboules, ils décident de foncer – il fait suffisamment noir à présent – pour atteindre l’ambassade, à moins de 2 kilomètres. Et depuis que Sean a dit que dans le noir, voir les aliens seraient plus simple, et bien toutes les avenues résonnent du bruit des alarmes de voitures dès que les aliens passent à côté d’elles ! C’est quand même bien fait. Probablement qu’ils jouaient à la crapette en journée.

Arrivés à l’ambassade (instantanément ou presque, probablement que Sean, est en fait Gérard Majax et dispose de toute une panoplie de sorts de téléportation), la troupe constate que comme le reste de la ville, celle-ci a été ravagée par les créatures de l’espace. A l’intérieur, des restes d’équipement de soldats, douilles & co permettent d’imaginer ce que fut la bataille, et Skyler s’empresse de ramasser un fusil d’assaut sous le regard courroucé de ses amis, parce que les armes c’est pour les méchants, et que les gentils ne comptent que sur le pouvoir de l’amour pour se défendre, ainsi qu’un certain piston de la part du script. Sean explique qu’à défaut de trouver de l’aide, il faut grimper sur le toit de l’ambassade « pour connaître le meilleur trajet« .

D’accord, mais, comme ça, question : « le trajet pour où ?« . Non parce que vous êtes arrivés au seul endroit que vous vouliez atteindre alors… non ? Non, cette question n’intéresse aucun membre de l’équipe ? Très bien. Probablement un détail : après tout, vous allez juste risquer votre vie pour ça.

Et dire qu’il y a 20 minutes encore, nos héros se promenaient comme ça durant des heures dans Moscou sans rencontrer le moindre problème ou bruit. C’est fou comme l’intrigue change, comme ça, pouf

Mais Skyler, qui a décidément envie de se donner toutes les chances, déclare cependant que lui ne grimpera nulle part : non pas qu’il ait lui aussi constaté que le propos de Sean n’avait aucune logique, non : il n’a juste pas envie. Il se sépare donc en groupe de 1 et attend à la porte de l’ambassade que… heu… rien. C’est quand même incroyable les efforts qui ont été déployés pour faire de ce film une sorte d’étron flottant à niveau constant.

De leur côté, nos 4 autres loulous fouillent l’endroit et tombent, pile au moment où leurs fusées éclairantes improvisées en torches rendent l’âme, sur… des lampes à huile ! Car figurez-vous que peu avant de mourir, les derniers résistants de l’ambassade sont descendus dans les souterrains du coin, sont tombés sur des lampes à huiles chargées, mais oui, ont remonté le tout, réussi à contacter par radio des villes d’Europe ou moins de 10 survivants répondaient ici ou là, rédigé un rapport complet sur tout cela dans un cahier, rangé le tout, laissé la radio (qui marche mystérieusement), et sont allés mourir pour ne pas déranger.

Vraiment : sympas les gars. La prochaine fois mettez aussi des bières au frais, ce sera tip top.

En tout cas, sur la radio, nos héros captent un message en russe diffusé en boucle. « Si seulement on savait le traduire ! » s’exclament-ils, « Ah mais au fait, il y a Tyler à la porte de l’ambassade ! Non attendez, j’ai mieux : oublions jusqu’à l’existence de son personnage le temps qu’il lui arrive une merde !« . Et ce qui est dit est fait : nos héros s’interrogent sur qui pourrait traduire le russe (… soupir) en se plaignant. A noter d’ailleurs que plus le temps passe, plus on sent que, et là, vous allez être surpris, Natalie se rapproche de ce leader de Sean. Rrrrr.

Mais qu’importe, nos héros décident de grimper sur le toit pour observer la ville et constatent que les aliens s’en prennent à tout ce qui est électrique… et creusent donc pour s’en prendre aux câbles. Sauf que soudain, des coups de feu résonnent dans les rues un peu plus loin ! C’est Skyler qui a décidé de… repartir. Tout seul. En pleine rue. En tirant au hasard.

Ah ouais. Rappelez-moi : Skyler c’est bien le lâche ? Le lâche qui part tout seul alors qu’il était à l’abri ?

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Quelques temps plus tôt, à Hollywood.

« Et moi je te parie que j’écris tout un scénar avec ce fusain que j’ai trouvé par terre!
- Hahaha, pari tenu !
- Attends, je commence… mon fusain est sombre… je vais appeler ça… l’heure… la plus… sombre… rah, ça coule quand j’écris.
- Heu John… nan mais… en fait en le regardant là, je suis pas sûr que ce soit un fusain »

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Découvrant ainsi que Skyler est en train de filer, nos héros se rappellent soudain que, ha tiens, comme le dit Ben, « Il pourrait nous aider à traduire le message ! Il a des notions de russe !« . Oui Ben, des notions : tellement qu’il le parle couramment depuis le début du film. Ah, que serait un film sans des dialogues rajoutés expressément pour ne rien apporter, à part des incohérences ? Peut-être un bon film, allez savoir. Mais c’est déjà bien de vous rappeler qu’il connait le russe, oui, pfou. Vous auriez eu cette idée il y a 20 minutes, vous n’aviez qu’à descendre un escalier pour lui parler.

Mais Skyler étant évidemment une andouille, il a décidé que ho bin en fait, il ne va plus faire attention aux lumières qui s’allument pour savoir où sont les aliens. Il va plutôt se promener en faisant du rien. Ce qui ne manque pas d’attirer l’attention d’un alien qui était occupé à mâchouiller un Claude François, célèbre objet conducteur d’électricité dont les aliens raffolent. Sean et Ben, partis à sa poursuite, arrivent trop tard : le pauvre est déjà coursé par l’alien entre deux rangées de voitures !

Bin je ne sais pas : dites-lui de se cacher dessous ? Ça vous a sauvé. Non ?

Non : nos héros se contentent de lui hurler « Cours, peut-être que les aliens sont mauvais en athlétisme« , ce qui ne suffit pas : l’alien, vexé par ce commentaire qui lui rappelle ses mauvaises notes de sport à l’université galactique de Xlurb-21 en Schlurfball, se saisit donc de Skyler, le désintégrant sur le champ.

Ça alors, le type moustachu, à bouc, à coupe de cheveux louche, méchant, lâche et européen est mort ! Attendez : je vais payer un mime pour jouer la surprise à côté de moi pendant que je continue de rédiger cet article.

Retournant à l’ambassade sans que l’alien ayant mangé leur ami ne s’intéresse à eux, Sean et Ben (qui me font penser à Ben et Nuts à chaque fois que j’écris leurs noms, c’est affreux, cela dit eux aussi sont visiblement à base de noix) annoncent à leurs copines que bon bin, pour Skyler, c’est grillé (hohoho). Quel choc ! Si je m’attendais à ça. D’ailleurs Anne se lance alors dans un jeu d’actrice absolument immonde à base de « Ho mon dieu non je me tiens la tête en la secouant, je suis tellement bouleversée par cette nouvelle« . Mais sa panique est de courte durée, car bientôt, l’espoir renaît : nos héros aperçoivent là-bas, dehors, un immeuble avec un dernier appartement allumé, et une silhouette humaine s’y déplaçant. N’ayant rien de mieux à faire, Sean invite ses amis à le suivre là-bas, afin de savoir comment quelqu’un, ici, peut encore avoir de l’électricité et vivre sans être inquiété.

Alors qu’il faisait nuit noire, et que l’immeuble avait l’air d’être à 50 mètres, il fait grand jour lorsque la troupe arrive à proximité. Heureusement, Sean explique ce phénomène par un « Dépêchez-vous, le soleil se lève !« . Oui, et puis vite visiblement, pfou, c’est décidément très dur à gérer tout ça. En tout cas, filant dans l’immeuble à bon rythme, la troupe est heureuse de tomber au détour d’un couloir sur d’autres humains : Sergueï un vieux russe à moitié fou qui a transformé son appartement en forteresse barrée de fer, et Vika une fille ayant survécu par miracle s’étant réfugiée chez lui, attirée elle aussi par la lumière.

Une ville abandonnée… un truc apocalyptique… un groupe de survivant apercevant de nuit la lumière d’un immeuble et y découvrant un vieil excentrique ainsi qu’une fille survivant dans un appartement barré de fer avec des caddies plein le couloir…

Dans quel autre film ai-je déjà vu ça ? Bon, je ne m’en souviens pas, mais je me connais, en général ma mémoire me revient environ 28 jours plus tard.

En tout cas, Sergueï explique ce qu’il a compris : les aliens sont constitués d’énergie, ce qui explique qu’ils soient invisibles. Et en transformant son appartement via divers bricolage en grosse cage de Faraday, il l’a ainsi rendu indétectable et impénétrable pour les envahisseurs. Ce qui, vous l’avez compris, signifie que depuis le début, toutes les voitures que l’on a vu remplies de cendres, ce n’était pas possible puisque les bestiaux n’ont pas pu y entrer ou même les approcher si l’on en croit Sergueï. Mais si on s’arrête à des détails, aussi ! En tout cas, rassurez-vous : personne ne pensera à utiliser une cage de faraday ambulante pour se déplacer, ouf. C’est pas comme si on venait de leur dire comment survivre à coup sûr.

Vous pensez que je mens quand je dis que la réalisation a poussé le vice jusqu’à montrer des voitures impeccables remplies de cendres pour bien montrer que les aliens ont largement violé des cages de Faraday ? Savourez.

Attendez, il faut que j’aille rejeter quelques pièces à mon mime pour qu’il feigne l’intérêt pour ce film. Hmmm. Voilà.

De leur côté, nos loulous tendent la radio qu’ils ont trouvé à Vika pour qu’elle traduise le message diffusé en boucle : la marine russe est encore debout ! Un sous-marin nucléaire attend les survivants sur la rivière, au nord de Moscou, et expliquent qu’ils partiront demain matin. Ils expliquent aussi que d’autres sous-marins d’autres nationalités ont la même mission ailleurs dans le monde. Sergueï confirme : un sous-marin russe ! Une énorme cage de Faraday sous-marine ! La cachette ultime face aux envahisseurs ! Sans compter que s’ils l’approchent, étant donné l’état de la marine locale : paf, tétanos direct ! Parfait : le temps pour les filles de rassembler de la nourriture dans les autres appartements de l’immeuble pendant que les hommes jouent avec un gros canon bricolé par Sergueï (hmm…. je me demande ce qu’en dirait lecinemaestpolitique… ou juste Freud) supposé tuer les aliens par micro-ondes, et c’est parti !

Enfin ça le serait si tout se passait bien. Parce qu’évidemment, non : il y a encore trop de personnages à ce stade du film. Alors que les filles rassemblaient des pots de glace à la pistache en gloussant sur le fait que Sean, il est quand même trôbô, un alien a un kilomètre de là aperçoit, au travers des murs et des vitres, nos donzelles en train de faire leurs courses. Hein ? Comment ça on nous a expliqué plus tôt que les aliens ne pouvaient pas voir au travers des vitres, et que les murs bloquaient aussi leur vision dans tous les autres plans depuis le début du film ? Détail, détail : regardons plutôt la scène suivante, où l’ennemi a foncé à toute allure pour aller chasser les donzelles et les obliger à se replier. Car en rentrant dans l’appartement, évidemment, elles ne le ferment pas bien la porte derrière elles, ce qui résulte dans l’entrée de l’alien dans la cage, puis en la désintégration de Sergueï et Anne (ne faites pas les surpris, elle ne comptait pas coucher avec le héros, comment pouvait-elle espérer avoir ses chances ?)  dans la foulée pendant que tout le monde fuit par une fenêtre en emportant l’arme de Sergueï avec eux. Vika, elle, a réussi à filer de son côté, et rejoint les autres en bas pour découvrir que Sergueï incarne désormais une nouvelle forme de litière écologique pour son chat qui, pour sûr, se fera un plaisir de rendre hommage à son vieux maître en couvrant ses restes de gros colombins.

Mais alors que la créature qui a tué le vieil homme course nos valeureux larrons, voici qu’une étrange troupe s’interpose entre eux et la bête : des… comment vous décrire ça ? Disons, le casting de Mad Max. Mais avec des têtes de héros de l’Union Soviétique. Appelons-les « Mad Marx« . Ceux-ci laissent l’ennemi d’outre espace venir à eux, puis le canardent, le passent au feu, et le finissent et la roquette lorsqu’il semble un peu perturbé par tout cela : sans le tuer, cela le blesse, et il s’enfuit donc dans de petits cris confus vers des cieux moins plombés, non sans laisser derrière lui une sorte de… griffe ? Ah bon. Bien bien. Là encore, sachez que dans la scène précédent, Sergueï a expliqué que les aliens étaient constitués d’énergie pure, ce pourquoi son arme fonctionnait sur eux. Depuis quand l’énergie pure a des griffes ?

Encore un qui doit être convaincu que s’il ouvre une pile LR6, il trouvera un pokémon.

Bref : ramenés au QG des Mad Marx, qui sont bien évidemment tous parfaitement anglophones (en fait, à part la petite vieille de tout à l’heure, sachez que tout le monde l’est dans ce film), la situation est vite expliquée : eux sont ici pour se battre. Les histoires de sous-marin, ils s’en moquent, ils n’abandonneront pas Moscou, ainsi que les femmes et les enfants à leurs côtés. Mais c’est sans compter sur l’arme secrète de Sean, qui aimerait bien leur aide pour atteindre le sous-marin qui est encore loin : le discours sur l’amour et l’amitié et le fait que quand on est gentil, on s’entraide, alors gros Popov, tu vas abandonner tes concepts ringards comme « gnagnagna femmes et gnignigni enfants » pour me suivre, m’obéir et m’aduler, d’accord ?

Et en effet : le chef des Mad Marx approuve, et décide de lâcher leur planque à l’ennemi, laissant probablement leurs familles se faire désintégrer la gueule, juste parce qu’un petit con lui a dit que ce serait pas cool de pas l’aider. Ce film est… je… je crois qu’il est temps que l’on m’amène mon sac à chatons. Enfin bref : pour débuter ce périlleux voyage, l’équipe propose de passer par le métro, endroit passablement peu visité par l’ennemi comparé aux rues. C’est marrant, parce que moi au début du film, j’ai quand même vu des gens courir en hurlant des heures dans les rues sans rencontrer d’ennemis. Mais, bon, je comprends : je suis un peu lourd à faire références toutes les deux minutes aux évènements antérieurs : c’est pas comme si l’on était censé suivre une suite d’évènements liés les uns aux autres, ouf. Toujours est-il que si le métro permet de progresser vite et bien, il finit tout de même par se trouver un vilain pour squatter l’endroit en lieu et place des habituels chanteurs de Bamba vous réclamant de la monnaie. Si tout le monde arrive à l’éviter, Vika, elle, se retrouve suite à un léger retard en mauvaise posture, chose que Ben ne peut tolérer. Heureusement, puisqu’équipé du fusil à micro-ondes de Sergueï, il va pouvoir ajuster le méchant alien et lui bourrer la gu…

Ah non tiens. En fait,  il le jette au sol et décide de courir droit vers Vika, et ce complètement à découvert pour… pour… pour rien.

Rappel : Ben est le membre le plus intelligent du groupe.

Qu’importe : s »il parvient à ainsi pousser Vika vers un abri sûr, le pauvre Ben est attrapé par le vil ennemi, qui a soudain de petites mains (mais si, allez hop ! On change d’ennemis en cours de film, on est plus à ça près !) pour lui attraper les jambes et faire durer le moment où il le traîne jusqu’à lui avant de le désintégrer, comme l’y destinait son rôle de pote du héros.

La main d’un méchant : jusqu’ici, ils ne s’en servaient jamais et n’en avaient d’ailleurs pas, mais à partir d’ici, ils n’utiliseront plus que ce curieux appendice qui ne désintègre pas. Ah oui, quand même.

Sean qui évidemment, est un héros choqué, mais visiblement, personne ne sait jouer le choc autrement dans ce film qu’en gonflant les joues. Aussi Sean se transforme donc temporairement en hamster, puis toute l’équipe peut reprendre son chemin sans que l’alien ayant tué Ben ne se décide à les poursuivre, probablement parce que le réalisateur lui a dit de ne pas le faire. Ah, ces aliens, au début du film ils tuaient les humains par paquet de 200, maintenant, un seul et ensuite ils ne font plus rien. C’est si beau. Ce qui permet donc à l’équipe de poursuivre dans les tunnels du métro pour finalement arriver sur la rivière locale et se jeter à bord d’un bateau qui attendait là, déserté : ne reste plus qu’à le laisser dériver en se planquant dans la cale en suivant le courant jusqu’à ce qu’il porte tout le monde jusqu’au sous-marin, plus bas sur la rivière. Le bateau a d’ailleurs le bon goût de ne pas s’échouer, probablement doué d’une conscience propre qui l’incite à tout faire pour quitter ce film.

A l’intérieur, c’est évidemment la séquence émotion sur Ben, qui était le meilleur d’entre nous, tout ça. Et laisse donc augurer bien des choses sur ce que doit être le pire, alors, vu que Ben semblait à peine plus futé qu’un lombric. Et pas un lombric premier de la classe, hein.

Mais tout ne s’arrête pas là, ce serait trop simple ! Arrivés à 100 mètres du sous-marin, le bateau est renversé par un terrible coup du sort : une berge s’effondre sur lui, car les aliens continuent de forer le sol à la recherche de minéraux pour se nourrir, suppose-t-on (mais comme c’est le héros qui le suppose, cela devient aussitôt vérité). Le naufrage a donc lieu, et lorsque les têtes font surface, il manque un des Mad Marx à l’appel, ainsi que… Natalie ! Drame : Sean vient de perdre sa nouvelle copine, et seule fille mignonne survivante du film (Vika n’a pas l’âge légal). C’est intolérable ! Tout le monde nage donc jusqu’au sous-marin qui est tout près, et la discussion s’engage avec le commandant du bord.

« Salut les kids, je suis le commandant Marco Ramius, bienvenue à bord : allez, on met les voiles !
- Non, on ne peut pas ! Mon amie Natalie a disparu par là-bas *indique une direction générale sur le fleuve* il faut aller la chercher !
- Oui et puis quelques milliards de personnes aussi ont disparu, alors on va p’têtre pas non plus risquer notre dernier sous-marin pour ça ?
- Si parce que Natalie, c’est ma copine, et j’invoque le pouvoir de l’amour et de l’amitié qui sont plus important que tout, surtout dans les pires moments.
- Vendu si tu fermes ta gueule. »
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Et en effet : le commandant accepte de décaler le départ de son sous-marin pour la retrouver, ce qui tombe bien, car un demi-kilomètre à l’intérieur de Moscou, une lumière vient de paraître au-dessus des toits : une fusée de détresse.

« C’est Natalie ! » s’exclame heureux comme tout le brave Sean.

Oui, ou alors c’est une fusée de détresse, Natalie est un poil moins brillante. Non parce que comme en plus elle vient d’être tirée dans la direction opposée à celle que tu indiquais et où votre bateau avait chaviré, cela signifierait que Natalie a survécu à la noyade, est sortie de l’eau sans s’occuper du sous-marin voisin ni de toi qui l’appelait, aurait escaladé des berges bétonnées lisses sans problème, couru au travers de ruines et d’aliens hostiles, réussi à non seulement refaire sa distance avec le sous-marin, mais en plus à y ajouter 500 mètres dans une direction opposée, puis, seulement, elle aurait décidé de tirer une fusée de détresse. En fait, Natalie, c’est Gandalf.

Ça vous parait improbable ?

Et bien peut-être, mais comme il a dit « C’est Natalie » et qu’il est le héros, ça devient aussitôt vrai, et tout le monde accepte sans sourciller.

Aussi les Mad Marx décident d’accompagner notre héros, non sans d’abord charger et dupliquer – mais si ! – le fusil à micro-ondes que Sergueï avait mis des jours à construire. On va donc supposer que c’est, allez, 16 heures plus tard que nos héros décident d’aller la chercher : sympa. Mais non, rassurez-vous : la gestion du temps est tellement lamentable qu’il ne s’est en fait écoulé que moins de deux minutes, la petite équipée peut donc partir rassurée pour aller botter du cul d’outre-espace et sauver du cucu d’outre-Atlantique.

La troupe, guidée non pas tant par la fusée que par l’instinct magique de Sean qui sait pister sa copine dans un vieux complexe industriel sans avoir bien vu d’où était parti son signal de détresse (probablement que Natalie sent très fort), parvient promptement à localiser la jeune fille, abritée dans un ancien trolley à l’arrêt. Sauf que voilà : un bestiau attend déjà sur place… et fonce sur nos héros ! Mais pas de bol pour la pauvre créature : celui-ci teste son arme, et le fusil à micro-ondes permet d’abaisser les défenses de ces êtres qui deviennent alors vulnérables aux bon vieux plombs. On découvre alors le visage de ces créatures : de petites têtes de mort volantes. Vous vous attendiez à des poneys ? On est pas dans des lasagnes ici, enfin, soyons sérieux.

Si vous aussi, vous vous demandez comment un être constitué d’énergie peut soudain devenir une tête de mort volante, levez la main ? Merci.

Bref : Sean, après avoir cartouché l’animal et laissé ses amis s’occuper des autres qui arrivent, s’en va trouver sa belle dans son trolley abandonné, mais avant de pouvoir lui faire un gros câlin, un autre méchant vient les surprendre (il venait juste se rincer l’oeil en profitant de son invisibilité, mais il a été capté quand il a fait réagir l’autoradio par erreur en lançant le thème de Ghost). Aucun tour de potier mais quelques coups de fusil à micro-ondes plus tard, le bougre faisait moins son malin, ses défenses abaissées, et ne restait plus qu’un projectile pour le tuer : la griffe que son confrère avait perdu lors de son combat contre les Mad Marx, que Sean lui lance !

Pouf, il la prend sur le coin du museau, et alors que la griffe n’est même pas pointue ou lancée fort, ne me demandez pas pourquoi : ça le tue. Probablement qu’il a trop honte.

Misère, il suffisait alors de leur balancer des cailloux ? Mais… c’est nul ! C’est… oooooh seigneur mais comment peut-on rater un film à ce point ?

Une douce musique de piano pose alors l’ambiance, probablement parce que le réalisateur a oublié qu’il filmait un groupe de gens ayant vu plusieurs millions de morts à Moscou, au milieu d’un coin pourri entouré d’aliens hostiles, mais passons : c’est romantique, point. Ils peuvent donc retourner au sous-marin sans encombres, car qui dit musique au piano dit que l’ennemi n’a plus le droit de venir briser l’ambiance. Là, les Mad Marx expliquent qu’eux vont rester ici : c’est là, leur combat.  Haaaa… heureusement qu’il y a eu cette séquence alors parce que sinon, je rappelle qu’à leur première arrivée au sous-marin, ils ne se sont pas fait prier pour grimper dedans. Comme quoi, le combat de toute une vie change vite en 10 minutes.

Sean et Natalie peuvent donc enfin se faire des bisous, et avec l’aide d’un marin, Natalie fait remarcher son téléphone via les récepteurs du sous-marin, et reçoit alors un message de sa mère  « BB c maman t ok ? Moi oci LOL » , mais le message n’explique cependant pas, elle, comment elle a pu avoir un téléphone qui marche vu que c’est déjà un miracle pour Natalie. Probablement qu’elle a sa propre parabole de sous-marin nucléaire soviétique avec elle.

« 7 milliards de morts et c’est belle-maman qui survit. Quelle journée de merde »

Tout se termine sur une ultime transmission radio : partout dans le monde, la résistance d’organise, et bientôt, ça va meuler sévère de l’envahisseur.

Souriant, Sean se penche donc sur une carte, et probablement avant que le commandant ne lui demande pour qui il se prend et qu’il ne finisse tabassé par toute une bande de marin d’ex-URSS, il propose de passer à l’action et…

… FIN !

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« Alors, ça va mieux patron ?« 

Diego observa son patron, de retour dans son fauteuil, à profiter de la chaleur de l’âtre.

« Hmmm.
- Vous… vous êtes revenu dans votre fauteuil, comme tout à l’heure ? Quelque chose ne va pas. »

0

Le serviteur fit un bref pas en arrière en notant l’oeil courroucé se tournant dans sa direction.  Il toussota, cachant le frisson qui lui parcourut son échine comme il le pouvait.

« Il y a des choses que tu ne peux pas comprendre, j’ai besoin de plaisirs simple comme alimenter mon foyer. Va, laisse-moi seul Diego.« 

Interloqué, le valet disparut sans un bruit, se demandant s’il avait réussi sa mission et si son maître avait retrouvé son envie de haïr son prochain. Il haussa les épaules, presque déçu, s’interrogeant sur le plaisir que pouvait bien trouver son supérieur à nourrir le feu.

Il ne put entendre, au travers de l’épaisse porte derrière laquelle son employeur se reposait, le bruit d’un sac que l’on fouillait, le son d’un miaulement léger et mignon tournant sous les plafonds, puis le cri typique d’un chaton fendant l’air tiède avant de finir au feu pour rejoindre le DVD d’une abominable daube.

« Ça va drôlement mieux« , me dis-je.

L’été est une saison merveilleuse.

Non pas à cause du soleil radieux éblouissant les touristes lézardant aux terrasses des cafés ou des cris joyeux des fêtards profitant de chaque minute de présence de l’astre céleste pour aller s’ébrouer sur les plages, mais bien parce que qui dit été dit généralement vacances, et qui dit vacances dit automatiquement avalanche de publications honteuses au sein des magazines féminins.

Même si, comme de bien entendu, j’exagère un peu : des publications honteuses dans les magazines féminins, cela tient quelque peu de la lapalissade constante, mais passons.

Ainsi, l’autre jour, alors que je me trouvais invité à un brunch au sein d’une famille d’ancienne noblesse, j’ai eu la joie de trouver sur la table du balcon du château familial un sympathique exemplaire du Figaro – Madame traînant là après avoir été abandonné par l’une des maîtresses de la résidence ; m’étant saisi de l’objet alors que je me trouvais seul dans l’endroit, je pus ainsi découvrir sous mes yeux émerveillés ces petits trésors qui font la joie du quotidien, à savoir, les légendaires tests de l’été ; le Figaro étant déjà d’une qualité rare, vous imaginez bien à quel point les tests de son édition Madame peuvent tout simplement subjuguer les esprits les plus torturés. Ainsi, je ne résiste pas à la tentation de vous indiquer trois exemples des belles choses que vous pouvez-y trouver, à savoir :

Quelle reine de la plage êtes-vous ?

Quel sera le love scénario de votre été ?

Quelle « Holiday addict êtes-vous ?

Si l’on pourra regretter l’utilisation massive et superfétatoire de termes anglo-saxons au sein d’un magazine qui se fait le chantre du drapeau tricolore, chacun sera libre de savourer l’absence complète de protestations féministes vis-à-vis de ce type de publications qui réduisent les donzelles en vacances à des glandouilleuses en manque d’hommes et d’attention, avec d’habiles questionnaires où l’on trouve jusqu’à 5 placements de produits par question (si vous n’avez pas envie d’Iphone, d’Ipod ou de vêtements de marque, passez votre chemin) ; on supposera donc que c’est l’ajout du « Madame » dans le titre qui en fait forcément un papier éminemment respectable et sans connotation sexiste.

Après pareilles lectures, vous imaginez bien que j’étais quelque peu perplexe, aussi fermé-je le magazine pour lui rendre l’utilisation que je comptais lui donner à l’origine – la seule véritablement utile – et le roulai donc pour former une sarbacane et ainsi tirer une fléchette soporifique sur Lucie, l’une des filles de mes hôtes qui venait d’arriver sur le balcon et qui s’effondra ainsi en ronflant contre la rambarde après avoir été touchée à la jugulaire. Afin de pouvoir reprendre en paix mes réflexions, je la poussai donc par-dessus la barrière sculptée, la faisant choir dans un buisson du jardin français en contrebas où j’aurais tout loisir de la récupérer plus tard, puis repris le fil de mes pensées.

Car il ne serait pas dit que ce blog ne donnerait pas à ces damoiselles un peu de détente pour cet été, et afin de m’inscrire dans la droite lignée de ces publications estivales puisque cela semble obligatoire à l’heure actuelle, permettez-moi de vous proposer aujourd’hui, Mesdemoiselles (ah bin oui, ho, il y a deux ans c’était pour ces Messieurs) un test s’inspirant de ceux-ci dessus, mais se rapprochant plus de la réalité pour donner un résultat plus précis aux candidates qui, dans la joie et l’allégresse, se plieront à l’exercice pour en apprendre plus sur elles en s’amusant (rien que ça).

Femme attendant que la marée monte pour en finir après avoir réalisé qu’elle aimait les tests du Figaro – Madame

Alors Mesdemoiselles, à vous de jouer. Mesdames aussi, hein, vous y avez droit.

Test : quelle femme des sables êtes-vous ?

Alors, vacancière tranquille ou séductrice en chasse ? Sûre de vous ou pas encore prête à vous exhiber en maillot ? Vite, répondez à ces quelques questions et découvrez qui vous êtes vraiment, hihihihi !

1 – Vous arrivez à la plage, diable, que de monde sur celle-ci ! Il va vous falloir trouver un endroit où vous installer au milieu de la plèbe. Quel est pour vous le meilleur emplacement ?

A) A proximité de ce charmant petit groupe de surfeurs qui exhibent fièrement leurs torses musclés, leurs longs cheveux blonds battus par le vent salé et leurs tatouages tribaux qui ne sont pas sans rappeler les dessins de votre neveu.  Hmmm, cet été, c’est boyfriends à volonté ! (et peut-être MST, mais les magazines féminins abordent généralement peu cette tragédie estivale)

B) Tout contre le poste des surveillants de la plage, qui eux seuls pourront vous protéger contre toutes les menaces locales : brigands en calebute de bain, malandrins jouant au freesbee ou même hommes des sables (un problème que l’on évoque que trop peu, combien de vendeurs de chouchous abattus par des tirs de blaster chaque été ?)

C) Dans l’eau. Vous n’êtes pas venue là pour rien.

D) Bien en vue, et dos à un endroit par lequel il serait facile de venir vous assommer avant de traîner votre corps.

E) Ce garçon pâle et solitaire sur la plage vous semble tout à fait attirant ; vous disposez habilement votre serviette à côté de lui, espérant qu’il vous remarquera entre deux pages de Naruto. Vous espérez trouver le courage de lui adresser la parole, et vous imaginez que toutes les autres filles de la plage sont comme vous ; ah, si seulement il savait que vous le désirez toutes comme un gros pot de Häagen-Dazs aux noisettes

2 – Le soleil réchauffant le sable au point qu’il devient possible d’y faire quelque chose d’intéressant, comme par exemple y enterrer un enfant 20 minutes (pas plus sinon vous ratez la cuisson), il est donc temps de vous changer. Quel maillot de bain est le vôtre ?

A) Quelque chose qui rappelle à chacun que vous êtes au top du hype : votre bikini David Guetta fera bien l’affaire ; hop ! Une petite duckface sous vos lunettes-mouches, un coup d’Instagram, et tous vos amis Facebook peuvent instantanément jalouser votre tenue de vacances (ou faire suivre aux ornithologues les plus pervers)

B) Le maillot de bain officiel Dark Knight Rises, une pièce et intégralement en kevlar.

C) Un maillot de ?

D) Vous avez patienté toute l’année pour enfin le sortir, mais enfin, vous en avez l’occasion : votre bikini marqué « J’aime l’Odieux Connard » que vous remplissez tout à fait convenablement va faire fureur.

E) Le même que celui de Nami dans One Piece ; vous espérez seulement qu’un connaisseur saura l’identifier et se révélera ainsi à vous : voici un fort beau moyen d’attirer des gens de goût !

3 – La serviette posée sur le sable, vous déposez votre sac d’une demi-tonne (vous êtes une femme, ne me la faites pas) à son côté ; quels merveilleux objets sortez-vous de cette corne d’abondance ?

A) Closer, Public, et bien évidemment Le Figaro – Madame. Vous vous demandez si avec tout ça vous ne pourriez pas avoir votre Bac Littéraire par équivalence, tout de même.

B) Un téléphone portable, une bombe lacrymogène et de la crème solaire conçue par Haroun Tazieff lui-même

C) Pas besoin de sac.

D) Une version imprimée de ce blog, des lettres enflammées, et bien évidemment, un papier prêt à signer expliquant qu’en cas de décès ou de disparition inexpliquée, vous léguez tous vos biens à l’auteur de ce site

E) Des figurines en résine de personnages de manga pour décorer votre serviette, une énorme réplique de fusil façon substitut pénien pour prendre des poses sensuelles sur la plage (et que vous léchez régulièrement sans raison apparente), et bien évidemment une console de jeu portable avec laquelle vous envoyez des messages pour tenter de contacter d’autres joueurs potentiels à proximité

Le test « Quel homme des sables êtes-vous ? » n’était pas vraiment axé sur le même principe.

4 – Parmi vos affaires, vous avez probablement un peu de lecture pour tenter de passer pour une érudite sur le sable alors que tout le monde sait que vous ronflez avec des cahiers de sudoku sur la tête, mais en supposant que l’on fasse semblant de rien; quelle est votre lecture de l’été?

A) Le dernier Margaux Motin. Vous avez deux mois pour le lire, vous pensez pouvoir y arriver s’il n’y a pas trop de bulles dans les cases. Elle vous fait presque autant rire que Jean-Marie Bigard à dire « Poil » et « Trou » 7 fois par page. En même temps, vous pensez que Gilles de la Tourette est un humoriste, donc bon.

B) La presse régionale, qui ne manque pas de vous régaler de détails sur le dernier corps retrouvé découpé dans un ruisseau voisin.

C) Un vieux prospectus trouvé entre deux eaux. On est pas là pour ça, merde.

D) Ce blog.

E) L’intégrale d’Evangélion. Ho, et puis Love Hina aussi, hihihi, c’est tellement rigolo, vous vous sentez comme l’une des jeunes filles de cette série : à forte poitrine et amatrice de geeks maladroits

5 – La température est tellement montée que vous avez loupé la cuisson du marmot que vous aviez enterré. Flûte, il va vous falloir tout recommencer, mais ha ! Vous avez bien mérité un peu de repos, allez donc vous baigner ! Mais comment donc ?

A) Vous tentez de faire la planche, puisque nager est un peu compliqué pour vous, la chose impliquant de synchroniser plusieurs de ses membres à la fois ; vous espérez secrètement que les courants vous porteront vers les surfeurs mignons, et qu’ils vous laisseront dériver dans leur sillage comme une algue à mèches blondes.

B) Vous prenez soin de vous mouiller le nombril durant un bon quart d’heure avant d’avancer dans l’eau jusqu’aux chevilles : il ne faudrait pas risquer une hydrocution. Avec un peu de chance, vous serez entièrement dans l’eau avant la tombée de la nuit.

C) La question est plutôt « Quand allez-vous sortir de l’eau ?« 

D) C’est drôlement moins rigolo quand on est pas attachée à un gros caillou au fond d’un sac.

E) Mon dieu, que ce maillot de bain est contraignant pour nager, vite, retirons-le !

6 – Alors que vous gambadiez follement au milieu de familles jouant – mal comme il se doit – au volley, vous avez cru sentir quelque chose vous frôler sous l’eau, de quoi s’agit-il ?

A) Un dauphin ! C’est forcément un dauphin ! Ho, j’ai toujours voulu nager avec les dauphins, c’est trotrobô comme animal, c’est mon rêve depuis toute petite ! Ça et être Miss France.

B) Vous hurlez et tentez de fuir : certes, vous n’aviez de l’eau que jusqu’aux chevilles, mais quoi que ce soit, c’était probablement un truc carnivore surpuissant et hideux. Les requins, par exemple, sont très connus pour attaquer dans quinze centimètres d’eau.

C) Un pneu, c’est évident.

D) Le corps d’une mère de famille que vous avez noyée suite à sa bruyante conversation téléphonique à côté de votre serviette (elle respectait le vieil adage « Plus tu appelles loin, plus tu parles fort« )

E) Vous espérez secrètement que ce soit l’un de ces timides garçons de la plage venus vous frôler : vous adorez leur côté pervers. Bon, et puis de toute manière, quoi que ce soit, vous êtes déjà un peu excitée.

7 – Alors que vous sortez de l’eau, exhibant votre corps de rêve (vous pouvez aussi exhiber le corps de quelqu’un d’autre devant vous si le vôtre ne suffit pas à attirer l’attention), vous êtes surprise par le cri typique d’un curieux habitant des plages estivales : le vendeurdechouchouquiveutmeschouchous.

A) Vous en prenez douze paquets, puis allez vous installer à l’ombre pour mater sur votre lecteur DVD portable une quelconque comédie avec Franck Dubosc qui vous fait rire aux éclats.

B) #harcèlementdeplage

C) Vous retournez dans l’eau et plongez façon u-boot surpris par la marine britannique. Vous imitez d’ailleurs très bien la sirène de l’engin au moment de plonger, c’est impressionnant.

D) Vous sortez votre portefeuille en exhibant largement les dizaines de billets emplissant celui-ci pour faire l’acquisition d’un sachet.

E) Vous le regardez avec vos grands yeux humides, vous régalant de sa silhouette malingre : vous adorez ces jeunes gens qui donnent de leur personne en travaillant l’été. Vous lisez la gentillesse dans son regard et déjà, manquez de peu de l’embrasser.

Ah, nager avec les dauphins… un rêve principalement réalisé par les requins qui, ne l’oublions pas, chassent parfois en compagnie de ces gros collabos des mers. Quel bel exemple !

8 – Quelques minutes après cet incident, et alors que vous tentiez de peaufiner votre bronzage, voici qu’une silhouette vous cache le soleil ; ouvrant les yeux, vous découvrez un jeune homme grand, beau et qui a réussi à caler un exemplaire de Proust dans son slip de bain. Son merveilleux sourire semble en dire long sur le fait qu’il souhaite sympathiser avec vous.

A) Ah, oui, Proust… Proust, ça vous dit quelque chose, ce ne serait pas une sorte de sous-Guillaume Musso ?

B) Un livre entier ? Mais alors il cache peut-être aussi une arme ! Vous paniquez complètement et lui lancez du sable dans les yeux avant de vous enfuir en courant tel un renard du désert

C) On ne vous la fait pas : vous l’ignorez superbement.

D) Levant un sourcil, vous lui demandez courtoisement combien de grands auteurs sont passés par son slip. Perturbé par la question, le jeune homme tente vaguement de bredouiller quelque chose, mais la panique est si intense que bientôt, un imposant coprolithe vient charger le slip de bain déjà bien malmené.

E) Vous adorez les intellectuels. Vous adorez les gens qui aiment lire. Vous l’adorez déjà. Privé de son support brutalement arraché, Proust tombe lamentablement dans le sable.

9 – Après une folle journée passée à la plage, le ciel a fini par prendre des tons orangés et quantité de gens sont rentrés chez eux pour regarder l’épisode du jour de Joséphine Ange Gardien. Le soleil s’enfonçant dans les flots sur l’horizon, la nuit gagne peu à peu du terrain.

A) Chic ! Il va sûrement y avoir de petits feux de camp où vous allez pouvoir croiser de sympathiques étudiants équipés de guitares ou mieux, de djembes ! Le whisky-coca va couler à flots et au son des vagues s’écrasant sur la plage, vous écouterez les yeux plein de larmes le même type jouer pour la 37e fois Jeux interdits.

B) Bon sang ! Il est temps de rentrer : vous vous ruez vers le taxi le plus proche et hurlez au chauffeur de vous conduire jusqu’à votre hôtel après lui avoir fait verrouiller les portières. Les rues ne sont pas sûres, à 22h à Monaco.

C) Bain de minuit, me voilà.

D) Vous observez les étoiles filantes, faisant le voeu qu’une pelle vienne vous trouver et vous emmener vers un monde merveilleux où les rivières sont de brandy et les champs de cigares.

E) Vous y cherchez des cosplayers pour passer une soirée détendue, hélas en vain, puisque la police a l’autorisation de tirer à vue sur ces êtres en agglomération pour empêcher leur reproduction.

10 – La nuit est bien avancée, et alors que la lune se reflète paisiblement sur les flots, il va être temps d’aller se coucher… certes, mais où ? 

A) La question n’est pas pertinente : vous ne vous couchez jamais, un peu comme les chevaux (et donc les licornes, ce qui vous rend littéralement hystérique quand vous le racontez) ; non, la vraie question est « avec qui ?« . Ou avec quoi, hein, la vie est une aventure.

B) Dans votre hôtel, enfermée à double tour, volets fermés et seulement après avoir appelé vos parents comme vous le faites chaque jour.

C) Un rocher à demi-immergé fera bien l’affaire

D) Un coffre de voiture serait le bienvenu, vous aimez l’aventure et les surprises.

E) Vous suivez dans la rue le premier garçon avec un t-shirt Anonymous en espérant que ce rebelle moderne vous aidera en vous ouvrant sa porte. Vous n’hésiterez pas à l’informer que vous dormez nue et avez des problèmes de somnambulisme pour le motiver.

11 – Alors que vous vous apprêtiez à aller vous coucher, voici qu’un mâle voisin de l’endroit où vous comptiez dormir se présente à votre porte souriant une rose entre les dents ; se retenant de hurler parce que ce couillon a oublié de retirer les épines, il semble prêt à se livrer à vous. Certes, mais que faites-vous ?

A) Vous poussez un petit cri qui n’est pas sans rappeler celui de la belette prise dans les phares d’un poids lourds

B) Comment a t-il fait pour vous suivre jusqu’à l’hôtel ? C’est forcément un psychopathe, vous vous demandez même si vous ne l’avez pas vu dans « Faites entrer l’accusé« . Vous appelez la police en leur demandant d’envoyer le RAID, efficace contre les intrus nocturnes.

C) Vous ne vous rendrez pas sans vous battre !

D) Vous entrouvrez la porte et lui demandez s’il a aimé Prométhéus. S’il répond oui, vous la refermez sur ses vertèbres.

E) Avant de lui ouvrir la porte, vous lui demandez au travers de celle-ci s’il est un honnête homme au coeur pur. Et accessoirement, s’il a réussi à tuer Diablo en mode hardcore. Si oui, vous arrachez les verrous pour lui ouvrir plus vite.

Il y a donc vraiment des gens pour regarder cette émission. C’est, disons… curieux.

12 – Cela dit, mettons que le garnement soit à votre goût, quelle arme utilisez-vous pour parvenir à vos fins ?

A) Votre personnalité : vous êtes un vrai petit ange le jour et un diable la nuit ; du moins, c’est ce qui s’est affiché quand vous avez envoyé PERSO au 83838, ce qui vous a donné envie de vous faire tatouer un petit démon sur la cheville. A l’hôpital par contre, eux ont plutôt dit que vous étiez morte cérébralement, mais bon, vous faites plutôt confiance aux numéros de téléphones surtaxés.

B) La menace de votre bombe à poivre : s’il ne se barre pas tout de suite, vous faites fondre son visage dans la minute au point que derrière, il pourra animer Temps X

C) Vous ondulez votre corps luisant, jouant avec les éclatants reflets de la lumière sur celui-ci pour littéralement l’aveugler.

D) Votre verre sans surveillance : vous êtes pragmatique.

E) Votre titanesque poitrine, que vous avez vainement tenté de contenir dans une tenue d’écolière nippone pour d’obscures raisons. Vous lui parlez aussi de la fois où vous vous êtes battue avec deux autres amies lors d’une bataille de polochons en sous-vêtements et qu’il faisait chaud, si chaud…

13 – Encouragé par votre ouverture d’esprit, le filou n’hésite pas à entamer la conversation et pour détendre l’atmosphère et passer pour un homme d’esprit, vous livre un fort bon calembour (une blague à Toto, ce que vous préférez) :

A) Vous gloussez

B) Vous gloussez

C) Vous bavez

D) Vous gloussez (mais vous vous en voulez)

E) Vous gloussez

14 – Ah ! Les choses s’enchaînent, et la nuit s’achève doucement comme vous le souhaitiez… au petit matin, comment vous réveillez-vous ?

A) Techniquement, c’est un peu compliqué : vous ne vous réveillez en fait pas vraiment : étant donné l’état général de vos neurones, il n’y a pas vraiment de différences entre le moment où vous dormez ou non

B) Seule, puisque vous avez refusé tout contact avec l’extérieur, mais vous êtes sûre que quelqu’un vous attend encore de l’autre côté de la porte de votre chambre, et par sécurité, demandez donc à une amie de passer vous chercher.

C) Dans une pokéball. Et merde.

D) Dans un coffre de voiture. Vous êtes heureuse et glapissez un peu jusqu’à ce que quelqu’un tape sur votre conteneur en vous demandant de la fermer. Vous approchez secrètement l’extase.

E) Vierge et pure, car finalement, non, vraiment, vous n’avez pas pu coucher avec l’homme ayant eu le courage de vous aborder : vous préférez tellement les hommes timides, avec un bouc et qui fréquentent la Japan Expo

15 – Bientôt arrive le jour du départ, et après avoir refermé votre quatrième valise alors que vous n’étiez partie que trois jours, il est temps de faire le bilan de l’opération : que retenez-vous de vos vacances ?

A) Rien. D’ailleurs, dans votre vie, vous n’avez jamais retenu grand chose maintenant que vous y pensez.

B) Qu’avoir une bombe à poivre et des amis c’est important, mais qu’une kalashnikov ne serait pas de trop.

C) Que franchement, les dresseurs pokémons, c’est carrément lourd en fait.

D) Que comme on dit chez Jardiland : « Le bonheur, c’est simple comme un coup de pelle« 

E) Que finalement, vous auriez dû ouvrir les yeux : pourquoi partir chercher l’amour sur les plages quand finalement il pouvait aussi être chez ce garçon si gentil et toujours à votre écoute dans votre ville natale et qui depuis des années est pour vous votre meilleur ami gay. Vous devez passer à un nouveau stade avec lui.

Attention tout de même à ne pas vous laisser emporter par l’esprit des vacances et à utiliser une pelle de plage : au bon ouvrier les bons outils

Résultats :

Vous avez un maximum de A, vous êtes une truie des sables

Quelque part entre la méduse et Paris Hilton, bien que certains associent régulièrement les deux espèces, la plage est un peu pour vous une sorte de lieu idéal pour votre parade nuptiale ; tout comme la tortue de mer peut faire des milliers de kilomètres pour trouver l’endroit où elle ira pondre, vous revenez éternellement à Saint-Tropez dans l’espoir d’y rencontrer l’amour de votre vie qui, probablement, ne sera pas chercheur au CERN. Votre espèce, bien que nombreuse sur la plage, est souvent considérée comme nuisible par les gens de goût faisant de vous une sorte de cousine éloignée de l’algue verte bretonne. Vous avez donc toutes les chances d’effectivement, trouver pertinents les tests du Figaro – Madame, félicitations.

Vous avez un maximum de B, vous êtes complètement névrosée

Morte de peur 80% du temps, terrorisée les 20% restant, vous faites partie de cette frange de la population qui a un temps permis aux opérateurs téléphoniques de se payer des piscines de diamant, puisqu’obligeant tout votre entourage à envoyer un nombre incalculable de SMS au moindre déplacement pour signifier qu’il était bien arrivé à destination. Si vos proches ont réussi à vous dissuader d’arrêter de leur demander de vous avertir quand ils réussissaient à aller des toilettes à la salle de bain sans se faire agresser/violer/dépouiller, vous n’en restez pas moins complètement obsédée par l’insécurité, faisant de vous un phare dans la nuit pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à une créature hostile. La plage et les vacances sont pour vous le lieu de tous les dangers : vous êtes loin de chez vous et ne connaissez pas les parcs à violeurs qu’il faut éviter passé 17 heures. Finalement, vous auriez mieux fait de rester chez vous et d’économiser votre argent pour la construction d’un bunker.

Vous avez un maximum de C, vous êtes Magicarpe

Pokémon de type eau, vous n’évoluez qu’à partir du niveau 20 en Léviator, faisant que vous passez la plupart du temps immergée à pleurer sur le fait que vous êtes l’un des êtres les plus pourris du jeu. Vous haïssez les gens hantant les plages, puisque ceux-ci vous jettent régulièrement des pokéballs sur la gueule pour un oui ou pour un non, et n’êtes donc pas vraiment une amoureuse des vacances d’été. Vivement le niveau 20, en fait.

Vous avez un maximum de D, vous devriez m’envoyer un CV

Que voulez-vous que je vous dise d’autre ? C’est évident.

Vous avez un maximum de E, vous êtes un mec qui fait discrètement des tests féminins

Pris la main dans le sac ! Fieffé gredin, vous avez choisi toutes les réponses impliquant qu’une créature à la plastique toute droite sortie d’un quelconque manga se jette sur vous en partageant vos passions coupables pour diverses activités réprouvées par Mireille Dumas. Non, hélas, la fille qui sera séduite par votre côté mystérieux simplement parce que vous portez un t-shirt avec une blague geek incompréhensible pour le commun des mortels n’existe pas. Vous devrez donc dans l’immédiat en rester à vos mariages sur des MMO, en attendant que vous arrêtiez de faire des tests féminins en ligne, espèce de galopin. Ah, et oui : vous allez rester le meilleur ami gay, ne croyez pas aux miracles.

Je vous y prendrais, moi.

Comme chaque année à la même saison, voici revenir notre bon ami, le baccalauréat.

Sujet passionnant pour des centaines de journalistes qui meubleront leurs journaux de corrections des sujets de philosophie, ou de micros-trottoirs  à la sortie d’un quelconque lycée parisien afin de savoir si Bianca a ressenti du stress avant l’épreuve, à quelle heure Kévin est sorti, et ce que Gudule pense de ce qu’il fallait répondre, c’est accessoirement l’un des grands moments de la vie du petit Français scolarisé, qui par cette épreuve, en finit avec une bonne partie de son parcours scolaire, et peut donc commencer à s’adonner à d’autres activités, comme par exemple, s’inscrire à la fac pour y sécher les cours ou se planter un tournevis dans l’oreille pour enfin pouvoir devenir suppléant de Nadine Morano.

La chose n’étant cependant peut-être pas évidente pour les passants et passantes sur ce blog venant de par-delà les mers, permettez-moi de vous présenter ce qu’est la chose que l’on nomme « baccalauréat » plus en détails, particulièrement sa place dans le parcours scolaire du jeune fripon étudiant en France.

Lorsque le petit Français naît, tout le monde est content : sa famille est couverte de présents, moult courriers partent pour informer le monde de l’arrivée de Théo/Léo/Enzo/Matthéo parmi nous, et les fabricants de jouets moches se tapent dans les mains hilares ; bref, le pays va bien. Cependant, rapidement, les parents du petit Français réalisent que ce dernier est un peu lourd : il braille en permanence, consomme deux fois son poids en lait, et semble capable de transformer sa chambre fleurie en cloaque du 7e cercle de l’enfer par le seul pouvoir de ses méphitiques déjections. Aussi, vers ses 3 ans, l’enfant est envoyé à l’école maternelle pour tenter de le civiliser un peu, voire de le laisser user de son bavard rectum en d’autres lieux.

D’une durée de 3 ans, l’école maternelle vise à apprendre au petit Français la vie en communauté : grâce à un système de « rituels » matinaux, on permet à l’enfant d’apprendre à apprendre : s’organiser, écouter, éviter de péter la gueule à ses petits camarades à l’aide d’un boudin en pâte à sel pour lui chourer ses BN, autant de compétences qui viendront se mêler à quelques bases comme par exemple, savoir reconnaître son prénom à l’écrit, faire un peu de sport, ou plus prosaïquement, réaliser un collier pour la fête des mères si lourd qu’il permettra de lester sa génitrice le jour où il y aura besoin de toucher l’héritage.

en Afrique, on a pas de pâte à sel, mais on a des idées

Sitôt cela fait, généralement en 3 ans, l’enfant est envoyé vers un nouveau lieu enchanteur : l’école primaire. D’une durée de 5 ans, c’est à cette période que le marmot apprend à lire, écrire, compter, retenir une leçon ou un poème, reconnaître son pays sur une carte et délimiter ses frontières afin de savoir où s’arrête le doux royaume qui est le sien, et où commencent les terres des étrangers qui, avouons-le, sont quand même une sacrée bande de judéo-muslimo-maçons (ne biffez rien, c’est une combinaison gagnante). Il découvre aussi les filles, mais uniquement parce que c’est rigolo de leur tirer les couettes pendant qu’elles jouent à l’élastique.

Vers ses 11 ans, donc, le petit Français subit la plus grande déception de sa vie : alors qu’il attend avec impatience qu’un grand monsieur barbu vienne le trouver le jour de son anniversaire pour lui annoncer qu’il est un sorcier et qu’il va l’emmener dans une nouvelle école pour apprendre la magie (ce qui arrivera, mais uniquement par le biais d’un pédophile lettré), on lui annonce que sa nouvelle école s’appelle plus probablement Jules Ferry que Poudlard ou Beaubâton, et qu’à défaut d’y apprendre la magie, il y apprendra plutôt à reconnaître un triangle isocèle, ce qui est un peu moins impressionnant qu’une boule de feu, mais peut quand même servir de sort de sommeil de zone. Mais surtout, le pré-adolescent découvre un phénomène étrange : les filles se mettent à faire une tête de plus que lui (temporairement, qu’il se rassure, il pourra à nouveau les battre comme plâtre prochainement), et de mystérieuses choses leur arrivent, qui font que notre marmot a de moins en moins envie de leur tirer les couettes, et de plus en plus envie de savoir ce qu’il se passe sous leurs pulls ; d’ailleurs, cette simple idée provoque chez cet être de curieux phénomènes qui feront râler maman au moment de laver ses slips, mais passons. Car après 4 ans de ce traitement, le petit Français s’apprête à passer sa première grande épreuve : le brevet des collèges, sorte de gros contrôle se rapprochant plus de la blague que de l’examen.

Une fois celui-ci validé, il peut donc poursuivre son chemin et se rendre…

Au lycée. D’une durée de 3 ans, celui-ci propose aux élèves de plus ou moins se spécialiser, même si leur intérêt du moment est toujours de savoir ce qu’il se passe dans les vêtements des damoiselles, de fumer des pétards, et de se saouler à la vodka-Red Bull parce que la vodka toute seule, ça pique et c’est pas bon, alors il faut mettre du goût bonbon dedans. Après avoir choisi une simili-spécialisation, l’élève doit donc se présenter en salle d’examen pour y passer, au mois de juin, l’épreuve du baccalauréat.

Mais alors, qu’est-ce donc, le baccalauréat ?

Pour beaucoup, le baccalauréat, c’est un peu l’annonce de la fin de la scolarité « classique », l’épreuve qui sanctionne la réussite du lycée et permet d’enfin sortir de celui-ci pour se rendre à la fac, et commencer à étudier le sujet que l’on préfère, comme par exemple, la philosophie, afin de pouvoir occuper son temps une fois au chômage ou mettre des statuts pédants sur Facebook. Et c’est surtout un diplôme, ce qui donne l’occasion de recevoir une bonne accolade en famille, puis d’aller courir nu autour d’un barbecue fait de cours d’histoire-géographie (ce qui est très mal comme chacun sait, puisque si lorsque l’on dit « Je ne crois pas aux fées« , l’une d’entre elles meurt, lorsque l’on déclare « L’histoire-géo ça ne sert à rien« , un nouveau Steevy Boulay naît). Toute proposition de réforme dudit diplôme, désormais obtenu par plus de 73% de la population, fait donc descendre dans la rue des hordes de lycéen, parfois syndiqués (qui a rigolé ?) qui hurlent que l’on « dévalorise leur diplôme« , que cela va « affecter la qualité de celui-ci« , quand d’autres voix leur répondent qu’il faut « revoir le niveau du bac, qui n’a de cesse de baisser » ou à l’inverse « qu’il faut organiser des cérémonies de remises de médailles pour les jeunes lauréats« , comme cela se fait dans certaines communes.

Bref, en un mot comme en cent : en France, le baccalauréat est une institution, et gare à celui qui osera toucher à ce précieux sésame !

Sauf que, si nous voulions être plus honnêtes, nous pourrions reformuler la chose ainsi : « le bac est un étron fumant fait papier« .

Un élève trichant en tentant de faire celui qui ne regarde pas l’ordinateur qu’il a subtilement placé dans un endroit discret

Journalistes faisant jusqu’à 10 reportages par jour sur le sujet, lycéens défendant la valeur de la chose ou personnes soucieuses de la valeur tant éducative que symbolique du bac, merci de bien vouloir brûler pour l’éternité dans les flammes d’un four à pizza (l’Enfer a un peu trop de panache pour vous).

Et pour argumenter quelque peu mon propos, permettez-moi de citer le site du ministère de l’éducation lui-même, qui nous dit ceci :

Le baccalauréat  sanctionne la fin des études secondaires et ouvre l’accès à l’enseignement supérieur. Il est le premier grade universitaire.

 Et…

C’est tout. Vous pouvez circuler.

Non, amis des débats pourris pouvant douter plusieurs semaines, un simple apprentissage de la lecture vous l’aurait appris:  le baccalauréat n’a pas une « valeur » dont tout le monde parle le temps de quelques débats, hurlant à la baisse future ou présente de celle-ci, en fait, il n’en a tout simplement pas du tout. Et c’est le ministère de l’éducation qui le dit, pourtant guère connu pour s’en prendre à lui-même. Le baccalauréat ne confère aucune compétence, aucune reconnaissance de savoirs particuliers, il est tout simplement un papier officiel reconnaissant que… rien.

« Mais siiiii, il reconnait au moins que vous maîtrisez les programmes enseignés au lycée !« , me dira t-on.

Mais même pas, puisqu’il est possible de passer le diplôme sans même passer par le lycée. Et donc de passer l’examen sans maîtriser les savoirs allant avec. Vous pourriez remplacer toutes les épreuves par un concours de strangulation de chats, ça aurait exactement la même « valeur », à savoir, aucune, les instructions officielles actuelles s’assurant avec sévérité que l’on fasse bien attention à ne reconnaître aucune compétence avec le bac. Ainsi, et je suis désolé de révéler la chose au triste monde n’ayant pas connu les entrailles maudites de l’éducation nationale, il faut savoir que :

  • le bac est probablement l’un des rares diplômes au monde où l’on fixe les résultats avant de le soumettre aux étudiants : un discret courrier aux établissements demande généralement quelques semaines avant l’examen de se débrouiller pour arriver au minimum à tel pourcentage de réussite, parce que ça fera tellement plaisir à Monsieur et Madame Michu de voir leur fils diplômé
  • le bac est probablement l’un des rares diplômes au monde où, lorsqu’un enseignant en corrigeant n’atteint pas une certaine moyenne dans ses copies, on lui explique que c’est lui le nul, pas ceux qu’il a corrigé, et qu’il doit donc se débrouiller pour inventer des points imaginaires jusqu’à atteindre un certain seuil
  • le bac est probablement l’un des rares diplômes au monde où l’on ne demande pas obligatoirement à des élèves de savoir vaguement lire et écrire le français : ils peuvent être de formidables astroquiches, on considère que c’est normal (l’élève lui-même se révolte souvent contre les conventions orthographiques et grammaticales, à base de « Vazy c’et bon on conpran c’que j’dit lache la fère !« )
  • le bac est probablement l’un des rares diplômes au monde où l’on ajoute tellement de points aux élèves pour un oui ou pour un non qu’il y a chaque année des lauréats obtenant une moyenne supérieure à 20, ce qui est techniquement intéressant quand on se présente officiellement comme un diplôme sérieux

Dernier point essentiel donc, puisque le bac ne reconnait aucune compétence particulière, avoir le bac signifie tout simplement que… l’on a le bac.

La chose est si dramatique qu’elle en est admise dans le subconscient collectif : demandez à un employeur pourquoi il a besoin d’une personne avec le bac (autre qu’une filière professionnelle) puisque ce diplôme est généralement requis plutôt que d’une avec le brevet des collèges, dans la plupart des cas, elle s’avérera bien incapable de répondre, puisqu’incapable de pouvoir désigner une compétence particulière qui ne serait présente que dans le programme du lycée et dont il aurait bien besoin.

« T1 G loopé le bak franC Chaipa pourkoa ! La raje ! »

Bon alors mettons, il sanctionne la fin des études secondaires avec du rien saupoudré d’un poil de non-sens, mais alors, au moins, c’est le premier grade universitaire, non ?

Et bien même pas : car si la chose était avérée, on pourrait donc supposer qu’il s’agisse là d’un diplôme certifiant que son possesseur est prêt à suivre des cours à l’université, mais non ; car pour ceux qui ne le sauraient pas depuis quelques années maintenant, nombreuses sont les facultés, dans certaines filières, à commencer l’année… par des cours de français, tant on est pas sûr qu’un possesseur du premier grade universitaire de France maîtrise un minimum la langue du pays. Assez symbolique.

Pour la petite histoire, sachez que certaines facultés ont eu la joie d’en revenir à la distinction entre « et » et « est » dans leurs cours, certains bacheliers ne sachant pas la faire.

Et pas par étourderie, non. Vraiment.

Bref : en fait, le bac ne valide rien, ne prépare à rien, et a une a une valeur très exactement nulle.

A part dans l’imaginaire collectif, ce qui, traduit autrement, signifie que l’on fait stresser des marmots durant des semaines, pourrit le journal télévisé (quoique, en général, il n’y a pas besoin du bac pour le coup pour que le niveau y soit pas), oblige des lycéennes à s’asseoir dans des couloirs en lisant leurs « fiches » (comme déjà évoqué ici, chez la lycéenne, cela signifie « Mon cours écrit en plus petit et avec du fluo« ) en jurant devant tous les passants qu’elles n’arriveront jamais à savoir tout ça, pour très exactement du vent. A part faire tourner quelques boites de bachotage, ce qui certes encourage l’économie, mais probablement moins que le budget investi dans l’organisation des épreuves, et qui s’avère en général assez conséquent, même si au final, tant que l’on n’aura pas donné une télécommande à chaque enseignant surveillant l’épreuve permettant de faire tirer un satellite en orbite pour qu’il envoie un coup de canon à ions sur l’Iphone discrètement caché sous sa table de Jean-Kévin, on ne mettra jamais assez dans la lutte contre la triche.

Ou à la limite, juste un intérimaire Tchétchène avec une batte à la porte de chaque salle. Je suis sûr que ça marcherait bien.

Rappelons d’ailleurs, en parlant de triche, qu’il est soigneusement rappelé aux surveillants de l’épreuve qu’à part s’ils surprennent Eudes-François avec les réponses tatouées sur son dos parce qu’il avait trouvé l’idée trop géniale après avoir regardé Prison Break (il a donc désormais la liste des verbes irréguliers quelque part au-dessus de son rectum), ou autre preuve formelle qui ne nécessite pas un épisode entier des Experts pour confirmer ce que le surveillant prétend avoir vu, il vaut mieux pour eux dire qu’ils n’ont rien vu. Sinon s’enclenche toute une procédure particulièrement lourde qui s’achève généralement par un procès intenté par les parents dudit Eudes-François qui ne peuvent imaginer que leur Choubidou puisse avoir triché (la preuve, les réponses étaient dans son dos, ce qui prouve qu’il était de bonne foi ou alors juste particulièrement con, mais les lois de l’ADN poussent ses géniteurs à supposer qu’il s’agit de la première solution quand ils sont eux-mêmes victimes de la seconde), et finissent donc généralement par gagner. A moins, bien sûr, que le canon à ions en orbite n’ait raté l’Iphone du brigand et n’ait transformé le vil tricheur en pulpe sanglante, auquel cas, tout va bien. Mieux, même dirais-je.

On pourrait donc résumer la chose ainsi : le baccalauréat en France est une chose si mauvaise que le diplôme a non seulement une valeur nulle, mais qu’en plus l’épreuve en elle-même frise le ridicule.

Aussi, si je voulais conclure (ça m’arrive, parfois), je dirais :

Bon courage à vous, lecteurs et lectrices, qui allez supporter les insupportables babillages à venir sur le baccalauréat à la télévision, à la radio et dans les journaux : soyez forts.

Bon courage à vous, enseignants et enseignantes, qui allez surveiller et corriger des copies qui vous feront saigner des yeux, mais sur lesquelles il faudra inventer des points pour simuler la réussite intellectuelle auprès d’une huître anthropomorphe

Et surtout, bon courage à vous, lycéens et lycéennes, qui allez réviser, perdre du temps, stresser et perdre plusieurs heures à user encre et papier pour un résultat parfaitement inutile.

Un indice tout de même sur le sujet de philosophie qui ne tombera pas encore cette année :

« Sachant que ce diplôme ne sert à rien à part jouer avec les nerfs des candidats qui ignorent pourquoi ils le passent, expliquez pourquoi on n’affecte pas le budget d’icelui à d’autres urgences éducatives, comme par exemple la castration chimique des collégiens ?« 

Vous avez 4 heures.

Lecteurs, lectrices.

Aujourd’hui encore, je reçois du courrier de la part de l’un d’entre vous, hanté par de lourdes questions existentielles ; permettez-moi donc de partager avec vous cette saine lecture. Lisons donc.

« Cher Monsieur Connard,

Jusqu’à la semaine dernière, j’étais un homme riche et adulé ; certes, pas autant que vous, mais chaque jour dans mon bel uniforme blanc, je faisais rêver quantité de vacancières aux poches débordant de pognon. Or, suite à une sombre histoire de manoeuvre ratée (avez-vous déjà essayé de faire un créneau avec un paquebot ? C’est un peu comme une R19, les clignotants en moins, mais passons), je me retrouve sans emploi. Du coup, je me demandais si vous ne connaîtriez pas une autre filière où je pourrais continuer de fréquenter des nanas aussi riches que niaises, et où aucune compétence ne serait requise pour briller de mille feux.

Amitiés,

Francesco S.

P.S : Vous me devez bien ça, sinon je raconterai aux carabiniers ce que vous avez fait à cette jeune enseignante tchèque au large de Malte.« 

Cher Francesco, je comprends bien évidemment votre désarroi, aussi imaginez-vous bien que si je vous réponds ce jour, c’est bien parce que je veux vous aider par pure bonté, et pas du tout à cause de votre mystérieux post-scriptum (je ne vois pas du tout de quoi vous voulez parler, et par ailleurs, je vous rappellerais que vous m’avez aidé à la lester, alors, hein, ho, attention canaillou).

Aussi, je vais vous confier un formidable secret : il existe bien un domaine dans lequel aucun talent n’est exigé, et qui permet de fréquenter de la blogueuse mode en veux-tu en voilà, créature niaise et aux poches débordant de pognon s’il en est. Et ce domaine c’est…

La photographie lifestyle

Si vous ne connaissez pas le principe, sachez qu’il est assez simple à résumer : longtemps, on a pensé que la photographie était une sorte d’art, demandant pratique, attention et inventivité pour approcher la maîtrise ; on trouvait même dans ce milieu des cours et formations pour armer les photographes en herbe afin de les aider dans leur longue et difficile quête du cliché parfait. Si en ce temps, le monde vivait heureux, amateurs et professionnels pouvant disserter en paix tout en échangeant autour de leur passion commune, on raconte qu’un jour, un vieux scientifique qui tentait de faire revenir d’entre les morts la seule femme qu’il avait jamais aimée se mit en tête de composer une mixture capable de donner vie à ce qu’elle touchait ; or, sa femme de ménage, qui était d’un naturel plutôt tête-en-l’air, confondit quelques temps plus tard, alors qu’elle s’apprêtait à faire une machine, le produit avec la lessive : à peine avait-t-elle fermé la porte de la salle d’eau que du hublot, une lumière étrange se mit à filtrer.

Quelques heures plus tard, quand la soubrette revint pour étendre le linge, quelle ne fut pas sa surprise ! Une chemise à carreaux particulièrement laide, le genre de truc que seul un scientifique veuf et à demi-fou pourrait décemment acheter, avait pris forme humaine. On aurait pu imaginer qu’elle aurait pris l’apparence d’un bûcheron en hommage à son apparence originelle, mais une surdose de minidoux dans la machine en avait fait un coupeur de bois un peu chochotte, le genre qui aime trop la nature pour l’abîmer, et qui se met deux doigts dans la gorge pour vomir après chaque lampée de sirop d’érable pour essayer de ressembler aux garçons des magazines.

Bref, si la chemise était vivante, elle était toujours con comme du coton : le premier hipster était né.

« Je déteste être heureux : c’est bien trop populaire »

Bien sûr, la légende ne dit pas ce qu’il advint des autres vêtements qui étaient dans la machine ce jour là, mais il est assez évident de deviner qu’ils donnèrent naissance à d’autres créatures de classe ultra-bobo du même genre ; on peut ainsi voir ce qu’est devenu un vieux débardeur, un t-shirt avec des tâches de graisse de saucisse, une serviette de table de 1976, ou encore un slip.

Or donc, les hipsters, ces créatures crypto-branchouilles à mi-chemin entre une blogueuse mode et un des philosophes maudits qui hantent les skyblogs ont rapidement découvert la photographie, qui a un gros avantage par rapport au dessin ou à la peinture : le matériel coûte cher. C’est donc forcément plus chic qu’un foutu crayon ou qu’un pinceau usé. Et rapidement, pour ne pas faire dans le classicisme absurde de nos sociétés, ils ont inventé le concept de « Photographie Lifestyle« , dont l’avantage est de ne demander ni talent, ni technique.

Mais alors, qu’est-ce que c’est ? Parce que je parle, je parle, mais comme à mon habitude, je m’égare et m’écarte du sujet. Voyons donc.

Si j’essayais de penser comme un hipster, c’est-à-dire, que je m’enfonçais un tournevis dans le nez jusqu’à me gratouiller le cerveau, je dirais que la photographie Lifestyle, c’est la poésie des petites choses, la beauté des instants spontanés et naturels qui ponctuent nos vies et que nous ne prenons pas le temps de coucher sur papier glacé ; c’est le regard complice entre deux êtres qui s’aiment, l’étincelle dans l’oeil du penseur solitaire, la magie d’une feuille chutant en virevoltant par une belle soirée d’automne avant de se poser dans l’onde claire d’un ruisseau oublié.

Bon par contre, vu d’un oeil extérieur, la photographie Lifestyle, c’est à peu près l’opposition complète de cela : c’est tout sauf spontané, et à peu près aussi poétique qu’une heure d’écoute de C.B de routiers.

Mais plutôt qu’un long discours, essayons de comprendre avec des exemples illustrés comment cela fonctionne, et passons déjà en revue le matériel nécessaire à une bonne séance de photographie Lifestyle :

  • Une tenue à la con, qui fait « celui qui s’en fout » alors qu’au contraire, tout est sélectionné avec soin pour faire le plus j’m’en foutiste possible.
  • De grosses lunettes. Obligatoire, même si vous n’en avez pas besoin normalement.
  • Une coupe de cheveux contestable, et/ou comprenant une grosse mèche, mais attention ! Pas plus bas que le sourcil, la mèche ; au-dessus, c’est trop « normal« , en-dessous, c’est trop « émo« . Pour les filles, dans le ton des blogueuses modes, la frange façon casque prussien de 1870 est obligatoire.
  • Une pilosité faciale aléatoire, mais de préférence, soit une barbe entretenue avec soin, soit une moustache taillée avec amour. Les filles, encore une fois, votre frange suffit déjà à cacher 70% de votre visage : n’en rajoutez pas.
  • Un appareil photo. Le plus cher possible, de préférence, parce que plus ça l’est, mieux c’est. Qu’importe si vous n’êtes pas foutu de vous en servir : ça fait sérieux. Ho, sinon un vieil appareil, c’est bien aussi. Mais racheté cher, dans une boutique spécialisée, hein.
  • Un Mac. Pas parce que vous préférez, ou que vous avez un besoin spécifique, mais parce que c’est plus in.
  • Du pognon. Plein, beaucoup, mais pas à vous : travailler, c’est un truc trop populaire. Un vrai artiste/philosophe voyage, réfléchit et cherche l’inspiration, de préférence aux frais de Papa et Maman. Vous apprendrez par la suite comment contourner ce sujet douloureux en mettant toujours en avant vos coûteuses activités tout en expliquant que vous, vous êtes « au-dessus de ça » quand on parle argent, parce que c’est vulgaire et réducteur.
  • Un blog. Ce n’est pas obligatoire, mais pour vos photos, c’est mieux ; après tout, vous allez vous autoproclamer photographe, alors autant le faire en public. Choisissez l’interface la plus sobre possible, casez de l’anglais partout et essayez au maximum de mettre des trucs poétiques/paroles de chansons de groupes du siècle dernier ou de la scène underground New-Yorkaise dans vos titres de posts si possible.

Vous êtes fin prêt ? Alors partons à l’aventure pour un exemple de séance photo dans la nature, parce que la nature, c’est bio, et donc cool.

Si vous étiez un être humain normalement constitué, l’une de vos photos de la nature magique ressemblerait à ceci :

Hoooo le truc de ringard : des arbres verts !

Mais comme on peut le constater, tout cela est bien trop normal pour être acceptable ; le photographe Lifestyle parle de la vie, des petits instants et de la mort prochaine, donc forcément, chez lui, la forêt est en automne toute l’année, même s’il faut passer par Photoshop pour que ce soit le cas. Allez hop, pouvoir du Lifestyle, en avant !

Ça y est, c’est l’automne dans mes yeux et l’hiver dans mon coeur, on se rapproche du ton recherché

Bien : on se rapproche doucement. Mais ce n’est pas encore ça : un vrai photographe Lifestyle ne photographie pas les choses de la vie contrairement à ce qu’il prétend, il se photographie LUI (et pourquoi pas ses potes s’ils sont sympas) ; rien à voir avec de l’égocentrisme : c’est de l’art, tas de mauvaises langues. Nous allons donc, pour mieux comprendre ce concept, demander à une créature proche du hipster de poser pour nous : le Playmobil. En effet, tout comme le hipster, on peut clipser plein d’accessoires au Playmobil, les enfants rient en le montrant du doigt et les parents peuvent les garder des années au fond d’un garage. De fait, cela fera un sujet parfait ; Playmobil shérif assurera donc le rôle du photographe qui se prend en photo.

Cependant attention, car il y a un piège ! Vous, vous êtes en train de vous dire « Ah, on prend le bonhomme en photo en fait ? Bon, ok, je vais cadrer« , mais surtout pas malheureux ! Le cadrage, c’est pour les nuls ! Pensez à respecter le schéma ci-dessous lorsque vous glissez votre oeil dans le viseur de votre appareil.

La technique, c’est pour les faibles : un appareil hors de prix suffit à devenir un bon photographe

Vous avez bien compris le principe ? Fort bien ; prenons donc en photo notre cible en prenant bien soin de la mettre dans un endroit qui n’a rien à voir avec le reste ; c’est ce qui donne le côté « spontané » à la photographie. Oui, parce qu’en dehors de ça, niveau spontanéité, v’la l’affaire : ça vous arrive souvent, vous, dans les bois, d’être pris en photo par vous-même sans vous en apercevoir ?

Mais bon, peut-être sont-ce des licornes qui subtilisent discrètement les appareils aux photographes Lifestyle avant de leur tirer le portrait et de rendre le bien ainsi emprunté ? Le fait de prendre la photo avec des sabots expliquerait pas mal le cadrage, cela dit ; voyons donc ce que cela donne avec notre Playmobil.

Il a l’air heureux, là, comme ça au fond des bois, pas vrai ? Grave erreur !

A cet instant de notre exercice, certains s’exclameront « Et bien voilà qui est fait ! Après cette dure journée de labeur photographique, je peux rentrer chez moi en toute sérénité« , mais ha ! Que croyez-vous, mécréants ? Qu’un photographe Lifestyle bâcle ses oeuvres ? Nenni ; un crime monstrueux apparaît sur cette photo qui serait taxée par le moindre hipster de « ridicule » : le personnage sourit.

Vous êtes un photographe Lifestyle ! Un fucking poète ! Un Rimbaud habillé en Dolce & Gabbana ! Croyez-vous vraiment que vous pouvez vous permettre d’apparaître heureux, vous, philosophe maudit ? Non. C’est pour ça que sur TOUTES les photos de ce genre, on peut retrouver le personnage l’air pensif. Mais attention, pas juste le regard dans le vide ou inexpressif, hein, le truc complètement surjoué façon Nicolas Cage, tant le hipster est aussi mauvais acteur que photographe : n’hésitez pas à en faire des caisses ! Fixer un point invisible de la caméra en faisant la gueule, regarder le plafond l’air très concentré car il y a probablement un truc très intéressant dessus, ou carrément les sourcils froncés voire la tête dans les mains façon grosse prise de tête, à vous de voir, mais n’oubliez pas : soyez complètement artificiel ! Le Lifestyle, c’est un peu Francis Huster photographe qui vous vanterait les mérites de la spontanéité.

Demandons à notre cobaye de bien vouloir faire une vraie photo typique des énergumènes de notre étude et de bien vouloir effacer sa joie de vivre de son visage et de nous faire sa plus belle « Poker face« .

La spontanéité est un art.

Merci shérif. Là, nous venons d’ores et déjà de bien avancer : n’oublions pas que si quelqu’un sourit sur une photo, on pourrait soupçonner que ce ne soit pas spontané ; alors que s’il joue super mal la réflexion profonde du genre « Hmmm, je pense souvent à la mort de Kiki mon hamster« , il n’y a aucun doute, on sent que la photo a été prise à l’insu de la cible.

Mais il manque donc encore un élément essentiel pour être vraiment Lifestyle : du flou partout, façon « j’ai complètement loupé ma photo parce que j’étais encore en mode Macro mais on va dire que c’est artistique » . Si jamais vous n’arriviez pas assez à louper votre photo, n’oubliez pas de rajouter du flou via votre logiciel de retouche (votre Mac est là pour ça) en haut et en bas de l’image, parce que ça fait cool et pris sur le vif.

« Mais puisque je vous dis que c’est artistique bordel, bande de béotiens »

Et hop ! Voilà, vous avez une VRAIE photo Lifestyle : des couleurs orangées et/ou filtrées (n’hésitez pas à utiliser instagram à fond), le photographe lui-même pas cadré qui prétend qu’il ne savait pas qu’on le prenait en photo, et que vraiment, cette histoire de licorne pickpocket, c’est crédible, et un jeu d’acteur qui fait rêver les petits et les grands.

En suivant ce schéma, vous pouvez donc, à volonté, prendre des photos « Lifestyle » sans JAMAIS avoir besoin de démontrer la moindre compétence ou once de talent !

Alors évidemment, j’entends déjà râler les photographes autoproclamés en question qui s’exclameront que « Ah ! Robert Capa lui-même faisait des photos floues et mal cadrées, et elles sont rentrées dans l’Histoire ! Le Lifestyle est un art déjà reconnu, philistin !« . Et en effet, c’est un excellent argument : chacun se souvient de cette photo prise le 6 juin 1944, mais il faut rappeler ce petit détail : quand Capa prenait ce genre de photo, c’est souvent parce qu’il pataugeait dans l’eau pendant qu’on l’arrosait à la MG-42, ce qui, vous en conviendrez, est une situation bien trop rare au sein des communautés hipsters qui ne sont pas assez souvent exposées au feu à mon goût.

Ainsi, si par exemple, on avait confié des appareils photos aux mains de photographes Lifestyle plutôt qu’à des gens un peu talentueux, la face de l’Histoire en aurait été changée, prenons ci-dessous quelques exemples :

Si l’on en croit la dernière photographie, le côté artiste raté des hipsters aurait pu faire prendre un sacré tournant à la guerre froide en 62.

Voilà donc, mon bon Francesco, comment tu peux recommencer une nouvelle carrière ne nécessitant rien à part du pognon pour continuer à fréquenter de la blogueuse mode en te faisant passer pour un artiste maudit, et ce, sans te fatiguer à essayer d’être compétent.

Alors, bien sûr, j’entends déjà des forbans s’écrier « Ahahah, quelle grosse caricature ! Le Lifestyle, c’est bien plus complexe que ça, ce n’est pas du tout juste un truc pourri avec un terme anglais pour sonner cool où l’on se prend surtout en photo soi sous tous les prétextes ou des clichés ratés !« 

Et je répondrai : ah oui ? Alors dans ce cas, prenons sans préjugés une référence du milieu pour vérifier.

Je vous laisse tout simplement savourer. Chhhhht. On y trouve même une célèbre blogueuse mode, gage de qualité.

Vraiment : savourez. Il n’y a rien à ajouter.

Bien,

Malgré les suppliques du bon peuple, non, point de spoiler d' »Identité Secrète« , ces prochains temps : tel la folle écolière, je conserve ma chasteté – visuelle – pour le bon Taylor Lautner jusqu’à ce qu’enfin il se livre au monde en délire dans « Twilight » le mois prochain (mais oui, déjà, je sais que vous brûlez d’impatience petits galopins, la seule idée de le retrouver en train de faire le zazou en compagnie de Robert Patachon provoque partout crises d’hystérie et ultrasons). Sans compter que si je ne me trompe, la semaine prochaine sort un film sobrement intitulé « Les Trois Mousquetaires 3D« , qui, je pense, doit valoir son pesant de cacahuètes.

En attendant, je vous propose donc un simple outil éducatif : un algorithme de pintades. Vous qui ne comprenez pas comment ces créatures d’outre-espace font pour sélectionner leurs vêtements  – et sur quels critères – car le résultat est affreux dans 106% des cas pour quiconque n’a pas eu le même problème de trépanation dans sa jeunesse, voici désormais un outil qui vous permettra d’infiltrer leur milieu très fermé. Restez tout de même prudents : ces bêtes sont sauvages ; si l’on pouvait les raisonner, cela ferait fort longtemps qu’elles auraient arrêté leurs immondes forfaits vestimentaires.

Je vous laisse donc cliquer ci-dessous.

Voilà pour toi, malandrin.

François ajusta son fusil, abrité derrière la portière de la voiture 17.

Au milieu des autres véhicules de police en désordre, lui et plusieurs dizaines de ses collègues scrutaient attentivement les fenêtres du lycée en ajustant carabines et pistolets, guettant le moindre mouvement. Au milieu du brouhaha des radios et talkies-walkies qui crépitaient en bruissant d’informations sur l’évolution de la situation, il peinait à se concentrer, espérant que l’on vienne bientôt prendre sa relève ; ses bras étaient douloureux, son cou tendu : voilà bien deux heures que lui et son coéquipier étaient arrivés là. Ils avaient été les premiers sur place, quelques minutes à peine après le début de l’incident. Et puis, en moins d’un quart d’heure, une dizaine d’autres voitures et fourgons vinrent s’arrêter pour vomir leur flot de renforts et commencer l’évacuation des lieux. Tout s’était passé dans un calme relatif, malgré la tension qui…

« François, voici notre homme« 

Le gardien de la paix se retourna en entendant la voix du lieutenant derrière lui ; à côté de ce dernier, un type en costume et trois-quarts avec un badge d’accès réajustait une cravate rouge en plissant les yeux en direction des fenêtres que ses collègues continuaient de braquer. Il regarda brièvement sa montre, avant de gratter une de ses tempes blanchissantes.

« François, voici Monsieur Connard, consultant. Il est là pour nous aider à régler cette situation, il connait leurs faiblesses. Faites-lui un topo.« 

Le jeune policier gonfla son poitrail, bouffi d’orgueil à l’idée d’être celui qui en savait le plus sur la situation. Prenant une grande inspiration, il fixa le consultant d’un air hardi avant de commencer son résumé.

« Tout a commencé à environ 9h05. D’après les témoignages des élèves évacués, il semblerait que Sophie Talon, 32 ans, professeur de mathématiques, soit arrivée dans l’établissement à 8h55 pour prendre sa première heure de cours en remplacement de Monsieur Geoffray, en stage. A 8h59, elle pénètre dans la salle 105 et fait rentrer sa classe de terminale « TS-2″ ; après avoir attendu que les élèves soient installés et que le silence se fasse, elle se présente à la classe en tant que « Mademoiselle Talon ». Il est environ 9h03. A 9h05, un commando armé de 6 femmes défonce la porte de sa salle à coups de rangers, avant de battre à mort l’enseignante avec ces mêmes chausses en hurlant « On dit Madame, salope ! ». L’alerte est donnée par un élève, et mon collègue et moi arrivons sur place à 9h09. De là, l’évacuation des lieux est lancée, et tout le personnel quitte l’établissement, à l’exception de la salle où le commando est retranché. Nous procédons à l’encerclement de celui-ci et à l’interrogatoire des élèves pour les premiers éléments. Jusqu’ici, elles ont refusé tout contact et ont baissé tous les stores. »

Le consultant prit une gorgée de thé dans la tasse qu’une jeune recrue venait de lui amener depuis le bâtiment administratif scolaire voisin servant de QG improvisé, contemplant son breuvage dans une moue écoeurée avant de regarder à nouveau François.

« Combien de personnes reste t-il là-dedans ?
- 15. Les 6 membres du commando, ainsi que 9 élèves. De jeunes filles, uniquement, elles ont laissé sortir les garçons. Je crois qu’elles tentent de les convertir à leur cause.
- Bon. Dites à tout le monde de se préparer et amenez-moi le matériel, je vais négocier. »
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La même recrue qui avait amené le thé s’empressa de ramener un mégaphone, qui siffla lorsque l’homme l’alluma, provoquant un léger mouvement de tête vers le bas chez l’ensemble des fonctionnaires présents, surpris par l’arrivée impromptue de ce bruit désagréable.

« Un, deux, un, deux, test… test… est-ce qu’on m’entend ? Allô ?« 

Il y eut un long silence. François haussa épaules et sourcils, signifiant que le refus de contact des terroristes était prévisible. L’expert repris.

« Houhou, les filles, vous ne voulez pas parler ? C’est étonnant. D’habitude, vous ne faites que ça. C’est parce que vous êtes entre filles à lire Public en vous gavant de Haagen Daz ? Vous ne voulez pas vous montrer à la fenêtre parce que vous êtes dans vos pyjamas en pilou mauve ? »

Une voix résonna depuis une fenêtre entrouverte, faisant rapidement regretter le son strident du mégaphone.

« On t’entend, porc sexiste !« 

L’homme tapota sur le haut de son mégaphone, l’air satisfait.

Les négociations allaient pouvoir commencer.

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Mademoiselle Agnès, victime collatérale d'un conflit aveugle

« Mademoiselle » est un gros mot. Une atteinte aux libertés. Un instrument du sexisme moderne.

Vous ne le saviez peut-être pas, mais nos amies les féministes d’Osez le Féminisme (un nom qui sent bon le courage et l’engagement ; la première proposition, « Il faut de big balls pour être féministe » ayant été rejetée lors de l’assemblée générale constituante) et des Chiennes de garde, elles, l’ont bien vite réalisé. C’est pourquoi elles ont mis sur place toute une campagne contre cette scandaleuse appellation, à commencer par un site internet résumant leurs arguments : madameoumadame.fr.

Et là, attention, on trouve de la grande qualité. Lisons donc ensemble, ce que nous y trouvons, voulez-vous ?

Donc, voici le problème, nous dit le site :

Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi on n’appelait pas un homme célibataire « Mondamoiseau », voire « jeune puceau » ? Pas étonnant, ce type de distinction est réservé aux femmes…
En effet, en France, en 2011, les femmes et les hommes ne sont toujours pas logés à la même enseigne : civilité unique pour les hommes, double civilité pour les femmes !

Osez le féminisme et les Chiennes de garde lancent donc une campagne intitulée « Mademoiselle, la case en trop » pour rappeler que la distinction Madame/Mademoiselle n’est ni flatteuse, ni obligatoire. Et surtout, qu’elle est le signe du sexisme ordinaire qui perdure dans notre société.
Cette campagne a vocation à mettre fin à cette inégalité, mais aussi à informer les femmes de leurs droits et à  mettre à leur disposition des outils pour faire changer leur civilité.

Les femmes et les hommes ont, aujourd’hui, en France, un traitement différencié de leur civilité ! Les hommes sont appelés toute leur vie «monsieur». À l’inverse, les femmes sont «mademoiselle», puis «madame». Et le passage de l’un à l’autre ne dépend ni de leur âge, ni de leur statut professionnel, mais bien de leur statut marital. «Mademoiselle» a donc un caractère intrusif, que «monsieur» ou «madame», plus neutre, n’ont pas. 

Il est vrai que voilà une injustice qu’il est grand temps de combattre. Certes, certains seraient tentés de dire qu’il s’agit là d’un combat gadget, mais ce seraient de bien mauvaises langues : c’est très important. Encore cet après-midi, j’ai appelé une jeune fille Mademoiselle, et elle s’est empressée de se tirer une balle à sanglier dans la bouche pour en finir avec cette vie scandaleuse dans laquelle elle était rabaissée. Imaginez-vous le choc que j’ai subi : j’ai dû attendre 5 minutes de plus à la caisse qu’ils la remplacent. Inconcevable.

Surtout que le combat a l’air aussi sérieux que ses arguments : s’il est vrai qu’il n’y a aucune case « Mondamoiseau » sur les formulaires administratifs, il est normal qu’on y trouve pas « jeune puceau » ; ou alors , il va falloir me trouver le formulaire où l’on peut trouver « jeune pucelle » dans les cases à cocher, puisqu’il est affirmé ici que c’est un traitement réservé aux femmes (en dehors de l’industrie du porno et des formulaires de recrutement des troupes de Jeanne d’Arc) ; commencer une campagne par un argument foireux dès la première ligne est souvent le signe d’un site de qualité. Poursuivons donc notre exploration, puisque diverses rubriques s’ouvrent à nous, chacune argumentant sur les raisons pour lesquelles « Mademoiselle » n’a pas lieu d’être. Je vous les donne de suite :

- Ce n’est pas flatteur

- Ce n’est pas tendance

- Ce n’est pas marrant

- Ce n’est pas obligatoire

- Ce n’est pas une fatalité

et même une rubrique « Nom de jeune fille« 

Autant de chapitres de votre nouveau site de chevet qui vous permettront, mesdemoiselles mesdames d’enfin lutter contre ces gros sexistes qui ne vous appellent pas Madame à tout bout de champ, mais Mademoiselle comme de vulgaires petits sagouins sans éducation. Les rustres. Et pour bien comprendre pourquoi ce site est une sorte de gigantesque n’importe quoi, nous allons commencer par un petit tour dans la rubrique « ce n’est pas obligatoire« , qui débute ainsi :

Contrairement à l’idée reçue, l’emploi des termes « Madame » et « Mademoiselle » ne repose sur aucune disposition législative ou réglementaire. Il résulte exclusivement de l’usage et ne constitue pas un élément de l’état civil. Aucun document ne peut donc être réclamé à une femme qui souhaite qu’on utilise à son endroit l’appellation « Madame ».

En plus, c’est écrit en gras, pour que tout le monde comprenne bien ; vous avez donc tous lu ? « Mademoiselle » ou « Madame », c’est de l’usage, ça n’a aucune valeur légale (non, vous ne pouvez pas faire un procès à un mec qui vous appelle « Mademoiselle » au lieu de « Madame » pour gagner du pognon, mais s’il est vieux et riche, vous pouvez toujours l’épouser, en plus, tout le monde vous appellera Madame par coutume si j’en crois ce qui est dit ici). Vous pouvez donc être mariée et vous faire appeler « Mademoiselle » dans les formulaires administratifs, ou être célibataire et vous faire appeler « Madame » si le coeur vous en dit. Bref, vous avez le choix et êtes libres de la chose. Retenez bien que c’est votre droit et que c’est ici intelligemment mis en avant, et allons voir le reste du site.

Tenez, la rubrique « Ce n’est pas flatteur » par exemple.

Une distinction bien anodine en apparence

La distinction madame / mademoiselle parait en apparence bien anodine. On va encore dire que les féministes chipotent…

Non, ce n’est pas le genre de la maison. Ne vous inquiétez pas. Ici, on est bien plus rabouin.

Certaines femmes apprécient en effet de se faire appeler « mademoiselle » : c’est flatteur, ça renvoie l’image de la jeune femme jolie, fraiche, séduisante, et peuvent considérer que c’est une marque de politesse et de galanterie de la part de leur interlocuteur. 

En effet ; les filles, vous pouvez avez le droit de penser ça. Mais comme nous allons le voir, d’après nos amies de la liberté, si vous le faites, c’est que vous êtes stupide, non mais :

En vérité, qu’y a t-il de poli à nous intimer l’ordre de dévoiler notre vie privée ? 

Voilà ; l’argument est beau : les filles, vous avez le droit de penser que c’est flatteur, mais si vous le faites, vous faites le jeu du sexisme, parce que ce faisant, vous « dévoilez votre vie privée« . Et ça, c’est vraiment dégueulasse, petites dévergondées ! Vous n’avez pas honte ? Ce n’est pas à Madame Bruni que ça arriverait !

Tiens ? Mais que lisait-on en gras ailleurs sur ce site ? Mais oui : que chacun pouvait se faire appeler comme il voulait, donc du coup, on peut être une mademoiselle mariée, ou une madame célibataire ; et encore, je ne parle pas des PACS ! Bref, en disant « mademoiselle« , vous ne révélez rien du tout. Et c’est le site lui-même qui le dit en citant la loi, tout en affirmant le contraire en se basant sur du rien 50 mètres plus loin.

Haaa… entre baser mon raisonnement sur la loi ou sur le néant absolu cité ici… j’hésite… hmmm… rah, c’est dur. En tout cas, ça commence fort.

Cela voudrait dire qu’une femme n’ a de vrai statut dans la société que parce qu’elle est mariée  ? Et toutes les femmes qui ne seraient pas mariées – célibataires, pacsées, en union libre, homosexuelles…- ne seraient pas des vraies femmes ?

Là encore, c’est sympa : des féministes expliquant que quelqu’un qui se fait appeler « Mademoiselle » (ce qui est sa liberté) plutôt que « Madame » serait une sous-personne, une citoyenne de seconde zone. Là encore, qui a déclaré ça ? Tiens, personne… personne à part… ho ! Laurence Waki, participante à la campagne et auteure du livre Madame ou mademoiselle ? dont la couverture ci-dessous met bien en évidence le « Madame, c’est une femme, Mademoiselle, c’est un truc pas fini« . Combattre un raisonnement que l’on a soi-même mis en place en prenant des airs outrés, ça me rappelle un peu nos amis les pompiers pyromanes. Et les blaireaux ici. Mais je dis ça parce que le blaireau est un animal majestueux, hein, aucun rapport avec une insulte. Non, sinon j’aurais dit « Mademoiselle ».

Madame, c'est sérieux, Mademoiselle, c'est pas fini et écrit façon pouffiasse : bravo, c'est subtil. Heureusement que c'est une femme qui l'a écrit.

Bref, vous, femmes qui aimez vous faire appeler « Mademoiselle », vous êtes de vilaines collabos du régime machiste, et si les féministes vous attrapent, elles vous tondront (mais en vous emmenant papoter chez le coiffeur : ça reste des nanas avant tout). Et si vous en doutez, je cite :

L’usage de la civilité « mademoiselle » n’est rien moins qu’une marque de sexisme, un sexisme diffus, accepté… un sexisme ordinaire ! 

Contrairement aux hommes, vous avez le choix entre deux appellations, sans aucune implication légale (souvenez-vous du passage en gras ; raaah, je vous avais dit de le retenir !) mais si vous ne faites pas le même choix que certaines féministes, vous serez une salope de machiste et elles lanceront une campagne avec site internet pour vous retirer ce choix parce que ce n’est pas le même qu’elles. Qu’ils sont bêtes, tous ces gens qui ont le choix mais qui ne font pas le même que le nôtre ! Quelle bande de crypto-anarchistes !

Relevons au passage le paradoxe : être appelée « mademoiselle » rassure sur le fait d’être soit jeune et jolie, alors qu’être appelé « madame » ferait se sentir vieille et moche… Cela en dit long sur la représentation du mariage….

Moi je relève plutôt le raccourci foireux. Mais bisous quand même.

Le terme « demoiselle » vient du Moyen-Age et signifie jeune fille noble, puis à partir du XVIIIème siècle jeune fille vierge, non mariée. Faudrait-il informer le moindre homme qui se trouverait dans un rayon de 10 kilomètres à la ronde de ce qu’on est une « demoiselle », peut-être plus vierge certes, mais du moins célibataire, disponible, en un mot « draguable ». Alors à vos clignotants ! En revanche, pas de possibilité de repérer les hommes célibataires…

Oui, parce qu’encore une fois, une Mademoiselle mariée se faisant appeler ainsi, ou tout simplement, une Mademoiselle pacsée, ça n’existe pas. Si jamais ça arrive, un trou béant vers l’enfer s’ouvre et des démons tirent par les jambes la bougresse jusqu’au fin fond d’un lac de lave en éclatant d’un rire diabolique. C’est soit ça, soit quelqu’un est en train de raconter n’importe quoi. Ho, et non : ce n’est pas moi (je précise parce qu’il y a peut-être des gens qui ont trouvé le site pertinent qui me lisent : il faut les aider un peu).

Au passage, puisque « Mademoiselle » aujourd’hui n’a plus de valeur juridique, et qu’il peut indiquer une jeune fille mariée ou non, l’argument ne tient pas. Non, c’est juste un « Ouais alors à la base c’est classe, mais comme au XVIIIe siècle, ça servait à désigner une jeune fille célibataire, il faut l’interdire parce que c’est insultant« . Oui ma louloute (« ma louloute« , ça va ? C’est moins méprisant que « mademoiselle » ?), et tu sais d’où vient le mot « tête » ? D’une insulte : testa, en latin, désignant une cruche ou un vieux pot. Vite ! Interdisons le mot « tête », qui est méprisant ! Et là, depuis son origine, pas juste « Au début non, mais à un moment si, mais maintenant non, donc interdisons-le !« .

Et puis,  c’est tout de même difficile de gagner en crédibilité dans notre vie professionnelle, quand on est appelée  « mademoiselle ». Bizarrement, on appelle systématiquement une femme « Madame » quand elle est plutôt en responsabilités. Et mademoiselle, est plutôt attribuée aux « jeunes premières » ou moins expérimentées dans son domaine et revêt un caractère souvent condescendant.

C’est tellement vrai et systématique qu’on se souvient qu’en cette époque pas du tout sexiste qu’était le début du XXe siècle, une certaine Coco Chanel se faisait appeler « Mademoiselle« . Et il est vrai qu’elle n’a jamais eu de responsabilités ou réussi quoique ce soit. L’honneur est sauf.

Alors aujourd’hui, pensez-vous : c’est tout simplement impossible.

Sinon, pour perdre en crédibilité, je crois que vous avez trouvé un moyen efficace avec cette belle campagne. C’est assez balaise, je le concède.

Si l’on veut résumer, la civilité Mademoiselle perpétue la domination masculine : une femme est ainsi désignée dans sa valeur d’objet, objet « sexuel » ou « ventre porteur », obligatoirement en attente d’un homme pour « accéder à la vraie vie ». C’est pour cela qu’il est important d’être appelée « madame », ça ne fait pas de toute femme une femme mariée, une femme vieille ou moche, dont la vie serait toute tracée ou pour l’essentiel derrière elle mais ça en fait une femme libre. Tout simplement…

Voilà voilà. A part ça, nos amies féministes sont là pour combattre les préjugés. Lectrices, vous qui n’êtes pas choquées de vous faire appeler « Mademoiselle« , ou pire, qui préférez, sachez que vous êtes de simples objets sexuels en attente d’être engrossées. Et en demandant à ne plus avoir la liberté de vous faire appeler Mademoiselle, vous serez plus libre. C’est heu… complètement con beau.

Enfin, allons jusqu’au bout du concept pour prouver son absurdité. Donc, je résume (moi aussi, sauf que moi je ne mets pas de mots en gras): il y aurait des gens qui auraient des préjugés sur l’appellation « Mademoiselle » ; il faut donc, pour combattre ces idées, supprimer le mot. Plus de mot, plus de problème ! C’est vrai que c’est une manière intéressante de régler les problèmes sociaux.

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Flashback historique

Munich, 1921

« Aaach… j’en ai assez de l’antisémitisme ! 
- Oui, c’est terrible Adolf, je sais. Les juifs sont victimes de beaucoup d’idées préconçues. Mais nous allons lutter.
- Lutter contre les préjugés ? Non ! Il faut éradiquer les juifs ! Plus de juifs, plus d’antisémitisme !
- Je… mais le problème, c’est plutôt les préjugés, non ? 
- Non, non, c’est génial ! Vite, j’ai un plan pour rendre le monde plus tolérant ! Je vais monter un Reich d’amour ! »

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Fin du flashback historique

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"Et che ne tolérerai pas non plus l'homophobie ! Ja ?"

Bon allez, je crois que nous avons déjà fait le plus gros de cet argumentaire absurde. Allons plutôt voir la page « Ce n’est pas tendance« .

Notez : comme on s’adresse à des donzelles, on leur parle de « tendances ». Ce qui signifie que si c’était la mode, au même titre que les Wayfarer ou les chemises à carreaux, alors il n’y aurait aucun souci sur la question. Diable ? Vous voudriez dire que les revendications évoluent en fonction des modes ? Qu’il en va de même de la place de la femme dans la société que de celle des pantalons slim ?

Ça expliquerait le curieux silence de nos amies sur la question des jeunes filles qui s’appellent entre elles « Bitch » ou « Biatch » : c’est à la mode, et c’est vrai que c’est un terme pas du tout connoté. Petit rappel : les filles, vous pouvez donc vous appeler entre vous « Ma grosse bitch« , mais pas « Mademoiselle« , parce que Mademoiselle, c’est sous entendre que vous êtes une pute à matelots. Et ça, ce n’est vraiment pas très correct. Vous devriez avoir honte.

D’ailleurs, autre curiosité : parler de « tendances », c’est reconnaître qu’un terme évolue dans le temps. Et donc, se baser, comme ce fut fait précédemment, sur une évolution partant du XVIIIe siècle pour appuyer son argumentaire du XXIe, ça revient à dire « Oui ça évolue dans le temps, mais en fait, c’est figé dans le temps« . Ce qui est, comment dire… enfin… disons que même Steevy n’a pas ce genre d’argumentaire.

Autre argument de qualité : Comment fait-on ailleurs ?

Et ailleurs ?

La distinction madame/mademoiselle n’existe pas ou bien est tombée en désuétude dans beaucoup de pays (Allemagne, PortugalDanemark…). Au Québec, ce terme témoigne d’une pensée si archaïque qu’appeler une femme « mademoiselle » est très très mal perçu.

Il est vrai que cela parlera à chacun : si un autre coin, comme par exemple le Québec (prendre le pays qui a produit Garou et Céline Dion comme référence, c’est assez révélateur), utilise le terme de manière péjorative, alors nous devons faire de même. Donc en se basant sur le même argument, on peut aussi se rappeler que dans le reste du monde, « Madame » est le terme qui signifie « patronne de maison close » ; pas sûr que ce soit le truc le plus élégant qui soit.

Vraiment, arriver sur un même site à mettre en avant autant d’éléments visant à se décrédibiliser, c’est de l’art. On dirait un site de campagne de Ségolène Royal.

Autre argument : « ce n’est pas marrant« . Non, parce que, ça le serait, il n’y aurait aucun souci. Du coup, j’imagine que les membres des Chiennes de Garde et d’Osez le féminisme adorent les blagues sexistes ; après tout, si l’aspect « rigolade » est un argument en soi, alors ça ne doit pas poser de problèmes.

Cette rubrique est, d’ailleurs, une mine de réflexion, puisque constituée de copiés/collés tirés du site Vie de Meuf, qui tout comme son homologue fécal, est en fait juste une compilation d’anecdotes d’internautes invérifiables. C’est vrai que du coup, c’est un moyen béton d’appuyer son avis que de citer des trucs sortis de nulle part. Je vais créer « Vie de Personne Tout à Fait Objective« , avec plein d’anecdotes du genre « L’autre jour, l’Odieux Connard m’a sauvée d’un tigre enragé à Borneo – Elsa21 #VDPTAFO » , « Avant j’étais pauvre et laid. Puis, j’ai connu l’Odieux Connard, qui m’a bidouillé un petit business en ligne pour que je survive. Je suis toujours laid, mais ça va mieux. Mark Z #VDPTAFO » ; « L’Odieux Connard t’aide à trouver l’amour, l’argent, la richesse, fait revenir l’être aimé puis lui pète la gueule pour lui apprendre à partir sans autorisation. Marabou N’Golo #VDPTAFO« .

Mais assez digressé ; contemplons un florilège issu de notre beau site féministe :

Premier témoignage, et donc, j’imagine, le plus frappant.

Ce matin, au marché, le vendeur de fruits et légumes m’a alternativement appelée « ma puce », « ma chérie », puis « mademoiselle », avec tutoiement. Quand je lui ai dit que c’était « madame », il est passé au vouvoiement et a arrêté les petits surnoms. En fait, quand on pense que vous n’êtes pas mariée, le respect, c’est secondaire. #viedemeuf

ThB

Pas mal : « ma puce« , ça passe, « ma chérie« , aucun souci, le tutoiement aussi, mais mademoiselle, ah, ça non, espèce d’enfoiré ! Et c’est là dessus que notre héroïne a réagi. Si ma boulangère m’appelle « ma puce« , elle mâchera ses molaires et le bout de ma chaussure droite avant d’avoir fini d’articuler « mon chéri« .

J’ai quarante ans et je ne suis pas mariée. Alors suis-je « Mademoiselle » ou « Madame » ?

La question se pose chaque jour. Même l’administration me demande de choisir. C’est usant.
Je suis Madame car je suis majeure. Point. La question ne devrait pas exister.
#viedemeuf
Madame S

Putain, c’est vrai, avoir le choix c’est trop dur à vivre, surtout quand en plus on a la réponse. Comme le disait mon ami Jean-Luc « Les choix sont souvent difficile ; parfois, j’aimerais passer ma vie sur un rail. »

Mon ex : « oui, je t’appelle Mademoiselle même si tu trouves ça ringard. Parce que tant que tu n’as pas eu d’enfant, tu n’es pas vraiment une femme »

Oui, ce n’est plus que mon ex… ouf !
#viedemeuf
NO

Ah bin oui, là, clairement, le problème c’est le « Mademoiselle« , et pas le Monsieur. Je comprends mieux. Merci, Vie de Meuf, tu es tellement pertinent. En plus, c’est absurde : chacun sait que pour devenir une femme, il faut coucher avec un blogueur autosatisfait.

A l’occasion de mon mariage, j’ai gardé mon nom de naissance comme nom d’usage. Au travail, un collègue m’a interrogée sur mon mari en l’appelant monsieur « mon nom » ; visiblement, il ne pouvait imaginer qu’une femme, lorsqu’elle se marie, n’abandonne pas son identité. #viedemeuf
Sophie

Ou alors il a pensé que vous portiez le même nom sans chercher à savoir qui a donné son nom à qui, puisque le mari peut prendre le nom de sa femme. #viedelobotomisée. Bon, puis soyons positif : il a essayé de connaître ton nom. Personnellement, je n’ai pas compris l’intérêt de cette pratique.

Alors, Madame ou Mademoiselle ? Attention, il y a un piège

Allez, rassurez-vous les filles : tout cela n’est pas une fatalité. Vite, la rubrique éponyme !

Marre d’être appelée mademoiselle et par son nom de « jeune fille » ?

Vous avez le droit d’être appelée madame quel que soit votre âge ou votre situation personnelle. Vous avez le droit de refuser de parler de « nom de jeune fille » pour votre seul vrai nom. Personne ne peut vous l’imposer.

L’administration persiste à privilégier Mademoiselle, quand elle s’adresse à une femme qui n’est pas mariée, malgré les deux circulaires et nombreuses réponses des ministres aux questions de parlementaires.

Ici, le site a tout à fait raison : vous avez ce droit. C’est comme ça. Et oui, l’administration utilise par défaut « Mademoiselle » pour les femmes non mariées. Jusqu’ici, il fallait donc écrire à l’organisme concerné pour lui dire de mettre « Madame » si vous préfériez la chose, qu’importe votre situation, et particulièrement si vous n’avez que ça à foutre.

Heureusement, comme ce n’est pas une fatalité, le site propose un « kit » sous la forme d’un courrier tout prêt pour enfin en finir avec cela ! Et comme le veut la politique du site, il s’agit d’un courrier visant à demander à l’administration d’arrêter de vous appeler Mademoiselle, avec argumentaire sur l’historique du terme à la clé, sur le fait que c’est sexiste, etc, et que le prochain qui vous appelle comme ça, vous allez lui éclater la gueule contre le lavabo.

Bref : cela revient à écrire à l’administration en disant « Tout le monde doit être appelé Madame, et non Mademoiselle, sale sexiste« . Oui, et donc, l’appellation par défaut deviendra « Madame« . Et celles qui voudront se faire appeler « Mademoiselle » devront écrire à nouveau pour réclamer ce droit qui est le leur… bref : le problème restera là, il aura juste été inversé dans sa manifestation. Et l’administration qui aura été sensibilisée par les courriers de madameoumadame se dira « Tiens, en voilà une qui veut se faire appeler Mademoiselle : quelle petite traînée !« , chose que personne ne se disait jusqu’à l’apparition de ce site ; bravo : c’est avec ce discours que le féminisme avance.

Et nul doute que naîtra dans quelques années un site « mademoiselleoumademoiselle« , dans lequel des militantes rappelleront que non, on a pas envie de porter un nom allant à l’origine aux femmes mariées passant sous l’autorité d’un homme et servant à désigner les patronnes de maisons à filles de joie, que c’est indécent, dégradant et que c’est avoir « une drôle d’image du célibat« . Et elles proposeront même des kits militants pour revenir au terme automatique « Mademoiselle« .

Pour le reste, je vous laisse vous-même explorer ce fabuleux site, qui je le rappelle, part du dogme suivant : bien que choisir son appellation civile soit un droit pour les femmes, puisque les deux associations n’aiment pas l’appellation « Mademoiselle« , elles veulent tout simplement supprimer cette petite liberté pour imposer leur choix à toutes, au nom du fait de devenir une « femme libre« .

Alors non, je ne dirai pas que c’est un combat « gadget« .

Je dirais juste que c’est complètement con.

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L’après-midi était bien avancée lorsque la dernière des 9 otages courut depuis le bâtiment désert d’où elle venait d’être relâchée jusqu’aux policiers venant la récupérer dans la cours du lycée.

Cela avait demandé beaucoup d’efforts : les négociations avaient été beaucoup plus compliquées qu’avec les autres terroristes. Là où il était possible en d’autres circonstances de récupérer un otage en échange de quelques pizzas, il avait ici fallu proposer des macarons pour récupérer deux jeunes filles. Nenni d’hélicoptère avec pilote : une Mini Cooper avec un plein garée dans la cour avait suffi à obtenir trois autres otages. L’expert connaissait son métier : il obtint la libération de trois autres filles en donnant sa promesse qu’il y aurait une nouvelle saison de Grey’s Anatomy à la rentrée, mais dut négocier un peu plus dur contre la dernière. Ce fut lorsqu’il menaça de tremper un sac Vuitton dans du goudron que les portes du lycée s’ouvrirent à la volée, laissant paraître la dernière otage.

« Maintenant, il faut encore qu’on aille les cueillir. Elles sont bien barricadées. Si on entre, ce sera une boucherie.« 

François manifestait vivement son inquiétude ; il voulait que cette histoire se finisse vite, mais sans perdre de copains dans un assaut. Dans l’immédiat, les terroristes étaient bien retranchées et pourvues en macarons : cela ressemblait diablement à une impasse. Peut-être que si ce soi-disant consultant ne les avait pas ravitaillées, elles se seraient déjà rendues.

« Erreur, jeune homme : grâce aux régimes, la femelle est habituée à de longs jeûnesMais pas d’inquiétude : on va régler ça proprement et sans bavures. Donnez-moi votre talkie-walkie, vous allez voir.« 

Le type s’approcha du lycée, et porta à nouveau le mégaphone à ses lèvres. Il articula avec lenteur et mauvais jeu, tel un Francis Huster :

« Ho ! Ca alors ! Il y a Margaux Motin dans la cour !« 

6 têtes apparurent aussitôt à la fenêtre de la salle de classe, se bousculant et criant en cherchant du regard la célèbre blogueuse.

L’expert attrapa le talkie-walkie que François lui avait prêté.

« Dites aux snipers que c’est bon. »

Bonjour chers lecteurs.

Aujourd’hui, je reçois une lettre de la jeune Coline, qui habite l’Allier. Permettez-moi de vous la lire :

« Bonjour cher Odieux,

Je vous écris car je suis dans une détresse terrible : non pas seulement parce que j’habite l’Allier, mais aussi car ma vie est aussi vide qu’un journal télévisé de David Pujadas. En effet, malgré mon doctorat en physique nucléaire et un poste au CNRS, j’ai l’impression qu’il manque quelque chose à ma vie. Je me pose de nombreuses questions, réfléchis longuement le soir en pensant à vous nue sur ma terrasse, mes pieds froids réchauffés par la pierre encore tiède d’une chaude journée ; mais hélas, je ne puis sentir la chaleur véritable, celle de votre présence à mes côtés, et je reste donc longuement à sangloter, mes yeux rougis tournés vers les pâles lueurs émanant de la voûte céleste en espérant que vous daignerez enfin tourner votre regard vers moi. D’ailleurs je… »

Attendez, je saute quelques lignes. Tsss, ces pipelettes alors. Voyons voir… blablabla grande maison… blablabla coeur torturé… blablabla 95D… Ah, voilà.

« … goulûment. Aussi, je voulais vous demander : voudriez-vous m’épouser ? Et sinon, vous sauriez pas comment faire pour devenir une blogueuse mode ? Ce n’est pas pour moi, c’est pour une amie. Moi j’ai du goût et des seins : deux choses incompatibles avec ce milieu.

Bien cordialement,

Coline« 

Chère Coline, permettez-moi de commencer par répondre à votre seconde question :

Comment devenir une blogueuse mode ?

Devenir une blogueuse mode, c’est facile : un peu de bonne volonté, un look, un speech et un blog, et ensuite vous êtes partie vers le succès. Une petite trépanation pourrait vous aider aussi, mais tentons de faire sans : c’est tout le défi.

Mode : théorie visant à expliquer que le moche est beau aujourd'hui mais ne le sera plus demain, aussi faut-il en acheter plein maintenant

Le look

Pour devenir une blogueuse mode, le secret réside avant tout dans l’apparence : si vous n’êtes pas capable de faire croire aux autres blogueuses que vous avez autant de mauvais goût qu’elles, elles risquent de se douter de quelque chose et de vous rejeter. Dès lors, vous n’entrerez pas dans la communauté voulue, sentirez l’opprobre s’abattre sur vous et lorsque vous voudrez retourner dans le monde des humains, vous serez rejetée pour avoir tenté d’intégrer la Confrérie des Pintades (organisation regroupant les blogueuses-mode sous forme d’association loi 1901, réunion dans les catacombes de Paris pour comploter le premier mardi de chaque mois, vous ne pouvez pas vous perdre, il suffit de suivre les gloussements et les cris hystériques parce que quelqu’un a trouvé un string à paillettes à 32€ seulement pour vous y rendre). Ni tout à fait blogueuse-mode ni tout à fait humaine, vous sombrerez dans la dépression et vous suiciderez en tentant d’ingurgiter le contenu de deux flacons de vernis à ongle Gemey-Maybelline.

Je rappelle pour la petite histoire que les blogueuses mode (ou apprenties) qui se suicident vont en Enfer (il n’y a pas de limbes dans leur monde, quelqu’un d’inexistant ne peut pas exister dans le néant, pour des raisons mathématiques évidentes), un endroit froid et aseptisé où n’y a rien à acheter et où il est interdit de pousser des cris de truie qu’on égorge. Certains appellent ça une bibliothèque aussi, mais bon, ne nous étendons pas.

Bref, première étape : le « look » ; n’oubliez pas le principe : porter des trucs hideux (la blogueuse mode elle-même en est consciente, puisque 5 ans après avoir porté un truc « mode », elle reconnait elle-même « Haaan comment j’ai pu porter ça : c’est moooooche… mais c’était la mode à l’époque » : faux, c’est juste que la bougresse met 5 ans à réaliser des trucs basiques). On va donc aller voir ce que nous proposent des expertes pour se vêtir cet été et être la Daphné Bürki de la plage. Allons de haut en bas :

1 – Une frange

Nul ne sait qui a inventé la frange qui descend le plus bas possible (de préférence qui gratte les sourcils), mais tout ce que l’on sait, c’est que ça donne l’air particulièrement bête. Bien que l’on puisse lui trouver une certaine utilité (durant la première guerre mondiale, les premiers prototypes de casques étaient constitués d’une coupe de cheveux hideuse et de résine durcie), elle n’en reste pas moins une manière évidente de signifier à son prochain que l’on est capable de faire les mauvais choix chaque jour que Dieu fait, et en répétant la dite erreur chaque matin avec son peigne. Ce qui est bien avec ça, c’est qu’en plus, en cas de situation vaguement décoiffante (coup de vent soudain, tour en décapotable, explosion nucléaire et autres choses communes), tout le monde pourra constater une formidable différence de bronzage entre votre front et votre visage, un peu comme si vous aviez passé la journée avec une chaussette sur la tête. Afin de camoufler cette immondice, vous devrez donc porter une frange, et un cercle vicieux débutera dont vous ne sortirez plus jamais (si vos cheveux ponctuent la fin de lecture de cette phrase d’un rire diabolique, faites attention et sévissez : couchez avec un allemand et obtenez une coupe gratuite qui vous débarrassera de ces impolis).

2 – Des Wayfarers

Recommandées par les experts, adopté par les blogueuses comme par les hipsters paumés, les Wayfarer, qui existent en version verre blanc ou fumé sont l’équivalent chez les opticiens d’un 4×4 : c’est gros, c’est laid, ça prend sept fois la place que ça devrait et ça coûte un rein (dans l’exemple présent, 144€ pour des lunettes qui en valent environ 14 fois moins et qui existaient déjà il y a bien trop longtemps). A vrai dire, tout comme pour la frange (mais nous verrons que les deux vont de pair), on ne saisit pas bien l’utilisation de lunettes si énormes que l’on pourrait cacher une famille de roumains derrière chaque verre, à part peut-être pour camoufler, là encore, quelque chose que l’on ne voudrait pas voir découvert (bouton de fièvre, griffure, parachutiste anglais, missile cubain).

D’ailleurs, je me permets de rappeler à tout le monde la loi : le port de frange et de lunettes de soleil est interdit puisque avec ça, à part un bout de nez et votre bouche, il ne reste plus grand chose de votre visage (à peine plus qu’une burqa) ; or, comme chacun sait « nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue visant à dissimuler son visage« . Je rappelle la sanction : « contravention de deuxième classe, punie d’une amende d’un montant maximal de 150 euros, à laquelle peut s’ajouter ou se substituer l’obligation d’effectuer un stage de citoyenneté.« 

Hmmm un stage de citoyenneté pour port de la frange + wayfarer : je crois que je vais voter UMP en 2012.

Bien, voilà pour le visage : ajoutez à cela des boucles d’oreilles et un maquillage voyant (c’est important : la mode, c’est avant tout être vu), et c’est un bon début.

Kim, du skyblog "Corée, Cora et Choré"

3 – Le petit haut qui va bien

Nous parlions de plage, il nous faut donc évoquer le bikini : aucun problème avec ce modèle qui vous est proposé par les mêmes champions : je vous rappelle le principe, et la photo l’illustre bien, une vraie blogueuse mode évite au maximum d’avoir des seins (c’est vulgaire) ; comme pour les mannequins, plus vous ressemblez à un cintre, mieux c’est. Mais malgré tout, il faut vous couvrir : grâce à ce modèle, vous êtes donc parée : pour 37€, vous pourrez donc avoir l’impression d’avoir pour brassière un bout de nappe coupé dans un restauroute, avec encore cette odeur de vin rouge renversé et l’impression d’avoir sur vous une sorte de souvenir du général de Gaulle.

4 – Le petit bas qui va mal

« Discret et beau » selon les amies de la mode, le short Iro vous permettra de couvrir votre fessier avec ce qui ressemble au calebute improvisé d’un clochard peintre de rue (d’où les taches de peinture dessus), faisant ainsi de tous vos compagnons de plage de gros jaloux qui se demanderont dans quelle ruelle obscure vous êtes allée dépouiller un pauvre SDF. « Nenni« , leur répondrez vous en éclatant d’un rire cristallin : « Il ne m’a coûté que 147€, trois fois rien !« . Les gens risquent alors de rire très fort à leur tour ou de vomir avec autant de puissance, on est pas bien sûr : mais rassurez-vous, sur votre short, ça ne se verra pas. Vous pouvez même le mettre en ayant une petite gastro : ses tons bruns vous couvrent ! C’est trop chic !

5 – Thong-Tong

Et ces petits pieds vernis, allez-vous vraiment les poser dans le sable chaud ? Risquer de vous brûler ? Pardieu, non ! Une bonne paire de tongs et vous voici prête ! Que nous propose t-on cette fois ? Des tongs-coeurs ; voilà qui est formidable : notez comme votre assortiment va bien se marier dans les tons kitschs ; vous ne pouviez rêver mieux. Et comme la mode ne se fout jamais de vous, mais dites moi, combien coûtent ces deux bouts de caoutchoucs ? 4€ ? 5€, allez ? Non : 23€. Pour ce prix là, on va supposer que le coeur sur les tongs appartient en fait à un petit Malaisien qui a été vendu par sa famille à des trafiquants d’organes : l’avantage, c’est que vous n’aurez plus à sortir de l’eau pour faire « splotch-splotch » avec les pieds : génial, hihihihi !

6 – Pas de sac sans sac

Enfin, pour la plage, inutile d’emmener votre sac à main préféré : un simple sac un peu large et solide vous permettra de transporter vos affaires de bain et quelques suppléments. Qu’avons-nous cette fois ? Un… sac orange ! Plus petit qu’un sac Carrefour, n’ayant même pas un petit dessin dessus contrairement à ce dernier et n’étant pas échangeable une fois usé, celui-ci vous est proposé au prix exclusif de 20€ ! Soit seulement 40 fois le prix du sac de grande surface précédemment évoqué : ça vaut le coup. Accessoirement, je suis mauvaise langue : ce sac peut servir à plein de choses, comme par exemple, à régurgiter vos macarons de midi (zut, je ne vous ai pas parlé du régime alimentaire, tant pis) : ton sur ton, vous pouvez le remplir incognito.

Mais passons plutôt à la suite.

En cas de plage nudiste, tout est à recommencer

Le speech

La vraie blogueuse-mode a son propre langage : elle s’en sert pour communiquer secrètement avec ses amies de la Confrérie des Pintades. Mélange de gloussements plus ou moins graves ou aigus, il repose sur plusieurs éléments essentiels :

1 – Les onomatopées 

Connues aussi sous le terme d' »International Stupid Chick Language« , les onomatopées représentent une bonne part du langage de la blogueuse : elle glousse « Huhuhuhu ! », elle rit « Hihihihi !« , elle s’étonne « Hoooo !« , elle est surprise « Hiiiiii !« , contente « Hiiiiiii !« , excitée « Hiiiiii ! », apeurée « Hiiiiiii !« , ou face à un livre de Spinoza « Heuuu ?« . Si vous souhaitez les rejoindre, il est indispensable de les maîtriser un tant soit peu. Avec ça, vous pouvez déjà communiquer un minimum avec moult créatures de l’espèce. Entraînez-vous devant un miroir s’il le faut : si même votre reflet a l’air dépité, c’est que vous êtes sur la bonne voie.

2 – L’inegliche

Le français, c’est nul. L’anglais, c’est cool. Pas d’hésitation : remplacez le maximum de mots dans vos phrases par des termes anglais : si vous voulez quelque chose, cela devient un « must-have« . Vous n’allez pas acheter des trucs mais « faire du shopping« . On ne dit pas « Dragueur » mais « Serial lover« . Enfin, il ne faut pas oublier que vos amies sont désormais classées entre vos « Friends« , vos « Best Friends« , votre « Best Friend Forever » et le cercle proche de copines que vous appelez vos « bitches » parce que vous êtes trop folles, vous faites fi des conventions, vous utilisez des gros mots pour vous appeler quoi. Incroyab’.

Par contre, méfiez-vous : si des ninjas en tenues verdâtres et sentant vaguement l’urine tentent de venir vous tuer, c’est normal ; ce sont les membres de l’Académie Française en colère. S’ils s’approchent trop, brandissez un exemplaire de Twilight en hurlant « C’est de la littérature ! » ; ça devrait les faire fuir.

3 – L’insoumss… l’insossm.. l’insoms… le pas-respect des conventions

Vous devez déclarer en permanence que non, vous n’êtes pas une pintade, que la mode, ce n’est pas du tout une histoire de gens qui essaient de vous refourguer des fringues hideuses en vous expliquant que non, elles ne sont pas hideuses, elles sont juste conceptuelles (un peu comme l’art moderne), mais une histoire de tripes. Non, vous ne suivez pas les magazines ! Certes, vous les achetez, les lisez, en discutez, mais vous êtes contre parce qu’ils veulent vous imposer un style alors que vous êtes libre. Au final, vous achetez quand même ce que l’on vous a recommandé, mais vous avez CHOISI de le faire, ce qui n’est pas du tout pareil, it isn’t the same, tu vois.

Vous justifiez votre goût pour les fringues par le fait que c’est ainsi que vous vous exprimez (parce que avec la bouche, ça doit être trop dur), que vous dites qui vous êtes. Et si quelqu’un vous fait remarquer que le « qui vous êtes » semble varier tous les ans avec la mode, utilisez vos pouvoirs féminins de mauvaise foi. Puis, enfermez vous dans votre chambre avec un pot de crème glacée et un DVD de Titanic ; ça devrait suffire à faire disparaître cette incohérence de votre esprit.

4 – Time is money

Parler pognon est essentiel :

Qui a acheté le truc le moins cher ? Qui a fait la meilleure affaire ? Et surtout, qui porte les trucs les plus dispendieux sur soi ? Parce que c’est connu : plus c’est inabordable mieux c’est. Si vous partez à l’étranger, ignorez les ruines grecques, conchiez le patrimoine inca et précipitez-vous vers les marchands ambulants : vos récits sur comment vous avez négocié un petit pull Dior à un certain Mouloud feront votre gloire parmi vos semblables ; ça appuiera votre côté femme insoumise évoqué plus haut, puisque vous êtes dure en affaire et obtenez ce que vous voulez : inflexible qu’on vous dit.

Une fois que vous avez le look et le speech, si vos amis ne vous balancent pas dans le Cher pour en finir avec vos souffrances (ils n’auront pas besoin de vous lester : vos lunettes vous entraîneront vers le fond), vous n’aurez plus qu’à ouvrir un blog.

Uglee, blogueuse mode influente vous donne des conseils pour être aussi sublime qu'elle

Le blog

Comme dans tout bon blog, n’oubliez pas : parlez de vous. C’est une tribune sur internet : de quoi pourriez-vous bien traiter d’autre ? Pour ce faire, n’hésitez pas : faites-vous modèle. Prenez-vous en photo : pas une fois, pas deux, des dizaines de fois. Il faut que l’on vous voie, que l’on sache qui vous êtes, et que les gens vous complimentent. Pour passer pour une blogueuse-mode parfaite, plusieurs règles sont à respecter :

- Mettez des pubs. Bon sang, vous imaginez un magazine féminin sans pubs ? Et bien un blog de mode, c’est pareil.

- Prenez des poses naturelles comme si vous étiez Francis Huster : vous devez être mauvaise sur la moindre photo et louper votre effet

- Regarder ailleurs sur les photos, genre pensive, est recommandé. Dans le même temps, faites semblant de ne pas faire exprès du tout de mettre en avant votre dernier sac hors-de-prix. Encore une fois, si vous ne savez pas faire, pensez Francis Huster. Vous pouvez aussi prendre l’air complètement drogué. J’imagine qu’avoir l’air de s’être fait 5 rails de coke en 3 minutes, ça fait modèle plus crédible.

- Mettez le maximum d’accessoires sur vous : 21 bracelets, 9 bagues, 4 colliers : vous êtes une sorte de rappeur US, vous devez montrer ce que vous avez, nom d’une pipe. N’est-ce pas d’ailleurs le but de votre blog, vous montrer avec vos prises de guerre ?

- Ah, mettez des coeurs. C’est bien, les coeurs. Ou d’autres trucs cucus, hein, l’important, c’est l’idée.

- La bouche en cul de poule (« duckface » on a dit bon sang !) est autorisée ; cela signifie « 7 foto c 1 D-lir avec ma besta Katy lol« 

- Faites plein de clins d’oeils à vos copines blogueuses genre « Trop sympa ta tenue Choupi13 !« 

- Ensuite, faites courir le bruit comme quoi Choupi13 a pris du cul et devrait arrêter la Danette (vous êtes une femme, n’oubliez pas de le montrer)

- Faites des reportages en prenant de temps à autres des trucs en photo qui ne soient pas vous (mais dans ce cas, essayez de faire des trucs artistiques, genre effet de flou ou appareil pas droit, mais là encore, échouez) : dans cette situation, ne mettez pas ou peu de textes : ce serait quand même bête d’écrire quelque chose d’intéressant, même par erreur. Du coup, ne lésinez pas sur les termes qui vous décrédibilisent « Trop choupi« , « Trop mignon« , « mdr » ou « Rama Yade« 

Et avec ça, vous devriez être parée : votre blog mis en ligne, vous serez rapidement reconnue par la communauté des blogueuses mode, avec qui vous pourrez vous rencontrer pour échanger conseils, histoires, anecdotes, gloussements, et bien sûr, rumeurs sur les coutures de pantalon de Choupi13 qui auraient craqué lors de la dernière IRL à Paris.

A vous la gloire, la fortune, les contrats et probablement le suicide au vernis.

Si vous en doutez, je vous laisse taper « blog mode » sous google, et farfouiller un peu.

Ho, et Coline, pour votre première question : je passe vous voir pour en parler prochainement. J’aimerais juste savoir : avez-vous un jardin ?

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