Puisque certains lecteurs se permettent honteusement d’insister pour avoir les spoilers des trois films du Seigneur des Anneaux, et que mon clavier rendrait probablement l’âme après la fin du premier film, je vous propose aujourd’hui l’exercice ludique et annuel de ce blog, à savoir une humble page Facebook pour résumer pas mal de choses d’un coup.

Alors, maintenant, que je ne vous entende plus réclamer sinon ça va barder, ah mais.

Non, « barder« . Pas comme dans Bard, bande de geeks.

Bon bref : cliquez donc pour y jeter un œil.

Et oui, il y a de l’auto-référence : je ne voudrais pas que ma modestie me perde.

Fb Sauron aperçu

C’est quand même autrement plus rapide que 10 heures de film. Et il y a moins de travellings.

« Sam, Sam !« 

L’homme en costume éponge d’un geste pataud la sueur qui barre son front, jetant un coup d’oeil discret vers la piscine à côté de lui dont l’eau claire semble l’appeler plus sûrement que la sirène le marin. Mais les rafraîchissements attendront : dans l’immédiat, il se dirige en soufflant vers le type dans la chaise longue occupé à bronzer sous le soleil de Californie ; arrivé à son niveau, il lui tend un paquet de feuillets déformés là où ses doigts poisseux se sont posés.

« Sam, nouveau rôle pour toi ! Lis-moi ce script, tu vas a-do-rer.« 

Ouvrant un oeil, Sam Worthington se redresse en réajustant son caleçon de bain kaki, puis attrape les papiers d’un geste sec avant de se plonger dans leur lecture en prononçant chaque syllabe avec difficulté.

« A… va… teur… tar ? C’est un gros mot ? »

L’homme en costume plie ses sourcils en accent circonflexe, avant de tenter une réponse, habitué à ce genre de commentaire de la part de son client.

« Non, c’est une sorte de… heu… incarnation. 
- Comme les ongles ?
- Non, non Sam, pas exactement. Bon, laisse tomber, je t’explique : James Cameron prépare un nouveau gros film.
- Avec des ‘splosions ?
- Heu… non, non. En fait, ce serait une fable écologique ; c’est l’histoire d’un physicien en fauteuil roulant qui, un jour, est envoyé dans une colonie terrienne, sur une planète exploitée pour son minerai. Mais en fait, sur place, il y a de grands indigè… de grands indiens bleus de trois mètres, et le physicien devient leur ami et fait tout pour convaincre les terriens d’arrêter leur folie. Tu vois ? C’est sympa, ça pourrait te sortir de ton image d’acteur… disons, bourrin. En tant qu’agent, j’ai déjà déposé ta candidature pour ce film, et Cameron te veut pour le rôle ! Il ne veut que toi, il dit que tu as exactement le visage du personnage qu’il imaginait !
- Non, c’est nul.
- Que… quoi ? Mais enfin ? James Cameron ! Et un synopsis intéressant, regarde un peu, merde !
- Naaan… nan, tu vois, moi je dis, ça va pas intéresser les gens. En fait, le héros, il devrait pas être physicien mais G.I
- Mais tu ne joues QUE des G.I, arrête ! Le grand raid ! Mission évasion ! Tes petits rôles dans des séries ! Stop !
- Et le G.I, en fait, il serait tellement fort qu’il prendrait le contrôle d’un des machins bleus, là. Et ensuite avec, il péterait la gueule de tous ceux qui le feraient chier, comme ça, spleuh. Et pis ça se passerait dans une jungle façon Vietnam, avec des méchants qui larguent du napalm. Mais je leur mettrais des coups de boule, parce que je serais un G.I avec des balls grosses comme des pastèques. Même que je pourrais chevaucher un putain de dragon, comme ça je l’attrape, tac-tac, j’lui mets sa race. Et puis il y aurait une princesse, pour que je puisse baisouiller à la fin. Et aussi plein de grosses explosions partout, et pis des robots géants, tiens. Rappelle Cameron, dis-lui que c’est ça ou rien.
- Sam, je t’en conjure ! Je ne peux pas faire ça ! Il faut que tu…
- Au boulot. T’es mon agent, Tom, alors obéis. 
- Ok, ok Sam… je pense que Cameron refusera tu sais, il n’est quand même pas assez niais pour accepter un truc pareil, mais c’est ta carrière, hein, tu fais ce que tu veux. Bon, je t’ai aussi amené le script d’un autre film. L’histoire de l’enfant d’un dieu grec qui découvre ses origines, et s’ensuit toute une réflexion sur la religion.
- Nan, tu sais quoi ? Le héros, ce devrait être un guerrier. Et alors à un moment, les dieux, ils s’opposent à lui, mais là, schpleuh, il les marrave. Alors ils lui envoient des heu… des bestioles géantes, mais là, paf, il leur éclate la gueule, et pis à un moment, il y a un monstre – géant aussi -, et je le défonce. Pis, si ya une princesse, ce serait cool, parce que à la fin, je baiserais bien. Tiens, rappelle-les aussi, propose leur mon idée. Raah, je devrais être scénariste. »

Tom reprit la pile de papiers qu’il avait amené, puis s’en alla en direction de la sortie de la villa en quête de sa voiture. Sitôt dedans, il éclata en sanglots, peu avant de déclencher son airbag en se frappant la tête contre le volant, son habitacle peinant à étouffer les insanités qu’il hurlait. Pour tout dire, Tom était un peu fatigué.

Sam réussira t-il à jouer un rôle autre qu’un G.I ? Tom sortira t-il de dépression ? Le pitch proposé par ce dernier a t-il été accepté ? Et si oui, était-ce pour « Le Choc des Titans » ou « La Colère des Titans » ? Attention, ce dernier point n’est pas bien facile à déterminer.

Mais pour vous aider dans votre quête de réponses : spoilons, mes bons !

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L'affiche : d'entrée de jeu, on note que le héros ne sait pas de quel côté on utilise un trident. C'est prometteur

Notre film s’ouvre sur des gravures, dans lesquelles on peut voir Persée tapant sur la gueule de moult malandrins : il s’agit du résumé de l’épisode précédent, avec pour l’expliquer la douce voix off – mais suave – de Zeus, maître de l’Olympe. Souvenez-vous : les humains ne priaient plus les dieux et ne croyaient plus en eux, ce qui est très vilain ; la chose affectant leurs pouvoirs, les dieux, aveuglés tant par leur colère que par le kitsch de leurs costumes, déchaînèrent leurs forces afin de terroriser les hommes. Mais Persée, fils de Zeus et d’une humaine, qui n’avait pas grand chose à voir avec la choucroute, n’apprécia guère d’être ainsi ennuyé, et décida de bourrer tout ce qui passait, qu’il s’agisse de scorpions géants, de méduses, de krakens ou de prêtresses Io. Cependant, et malgré ses penchants zoophiles, ce ne fut que dans ce dernier cas que Persée s’installa dans une relation.

Après ces évènements, notre héros décida de se retirer afin de reprendre sa vie de pêcheur, malgré l’offre que Zeus lui avait fait de vivre dans son turbo-palais, tant sentir le vieux thon et chopper le scorbut paraissait plus intéressant que se cuiter à l’ambroisie entre quelques divins édifices de l’Olympe. Il est comme ça, Persée, simplet. Hélas, la vie n’a pas été tendre avec le bon demi-dieu : s’il a eu un fils, Hélios (un quart de dieu, donc), avec Io, cette dernière n’a pas survécu à l’accouchement (c’est ça de copuler avec des demi-dieux ; d’où l’expression « avoir les yeux plus gros que le ventre« ), faisant de notre loulou un veuf inconsolable (mais pas trop, vous l’imaginez bien). Il a par ailleurs promis à feu sa femme qu’il ne se « séparerait jamais de son fils« , ce qui est particulièrement con, à moins qu’elle n’ait voulu l’empêcher de l’abandonner sur une aire d’autoroute, et aussi qu’il n’en ferait jamais un homme de guerre. En tout cas, vu la première partie de la promesse, j’en connais un qui va avoir une vie amoureuse difficile (« Je peux rester pour regarder ? J’ai promis à ta mère de ne jamais te laisser« ), mais passons.

Persée veille donc désormais sur son jeune fils, âgé d’une douzaine d’année, à qui il apprend chaque jour comment vivre comme un honnête pêcheur (comprendre : ravager des préfectures en demandant des subventions européennes). Pour illustrer ce nouveau mode de vie, notre héros a donc désormais les cheveux longs au lieu de son crâne rasé, exactement comme un certain John Rambo.

Mais un soir, alors qu’il rentre dans sa demeure faite de bois, de cailloux et de morve telle celle du castor joyeux, Persée tombe nez à nez avec un vieux barbu en tenue chatoyante au chevet d’Hélios endormi : Zeus ! Qui explique venir régulièrement « voir son petit fils dans ses rêves« . Pauvre gamin, encore une fois, papy qui débarque au beau milieu de ses rêves érotiques, voilà qui devrait intéresser son psy.

Laissant cela de côté, Zeus explique à son fils le but de sa visite : aujourd’hui, il n’est pas venu lâcher un gros kraken sur le voisinage (il utilise cette expression pour mal d’activités, dont certaines à connotation scatophile : c’est un garçon dur à suivre), non, il est plutôt venu chercher de l’aide.

« Persée, mon fils ! Tu le sais : les hommes ne prient plus les dieux. Nous perdons nos pouvoirs… et les murs du Tartare, la prison souterraine des titans, commencent à s’effondrer ! Leurs monstres s’en échappent, ravageant le monde, mais bientôt, ils seront légion ; et lorsque le dernier mur sera tombé, alors se dressera Kronos, mon père, et rien ni personne ne pourra l’arrêter. Mais si nous agissons maintenant ensemble, dieux et demi-dieux unis, alors, nous pourrons stopper cette apocalypse ! Comprends-tu Persée ? Le monde a besoin de toi.
- …
- Persée ?
- Mon colonel…
- Je… Persée, je… – psssst… Sam ! Ton texte !
- Hein ? Mon colonel, c’est pas ma guerre. Je vis en paix avec les pêcheurs maintenant, j’ai les cheveux longs et tout, beuaaaar. Je peux pas venir t’aider à heu… tuer les heu… les trucs souterrains… les tunnels vietcongs là… désolé mon colonel. 
- Hem, heu… ouiiiii Persée, d’accord, je comprends : tu préfères rester avec ton fils car tu l’as promis à Io, c’est ça que tu voulais dire en fait, voilà voilà. Soit, je disparais alors, le Tartare m’attend ! »
  

Et dans un éclair pétaradant, Zeus disparaît (ce qui ne réveille pas Hélios, pourtant à un mètre : ce gamin doit être sourd, et si ce n’était pas le cas, maintenant, ça l’est), laissant derrière lui Persée, qui est trop con pour comprendre que s’il voulait vraiment protéger son fils, il vaudrait mieux qu’il suive Zeus, car à moins qu’il n’apprenne à Hélios comment respirer dans l’espace, il fera peut-être moins le malin quand le monde sera détruit par Kronos. De la même manière, personne n’a demandé à Zeus « Dis-donc, c’est quoi le plan ? Tu descends péter des gueules dans le Tartare, mais en quoi ça va changer quelque chose si, comme tu le dis, les murs sont fissurés ? Tu y vas avec ta truelle magique ? Tu comptes faire une invocation de parpaings ? » ; il n’y a pas que les murs du Tartare qui sont troués, dites-donc. Enfin : tel père, tel fils.

Dans la nuit, Persée cauchemarde un peu : il s’imagine au coeur d’une immense bataille durant laquelle un monstre de lave haut de plusieurs kilomètres ravage la contrée et le tue, lui et son fils. Malgré un réveil brutal, il ne se pose donc pas plus de questions que ça, murmure « Beuar« , et s’en retourne vers le monde des songes refaire son rêve préféré, celui où il attaque la Corée du Nord à lui seul, armé d’un simple batteur à oeufs (et où il fait des blagues sur « bien battre les jaunes » : c’est vraiment son songe favori, et de loin).

Ces blagues racistes mises de côté, Zeus, pendant ce temps, s’en va aux enfers retrouver ses alliés pour la mission commando du jour : Poséidon, son frère, et Arès, son fils, respectivement dieu des mers et dieu de la guerre. Ne me demandez pas où sont les autres dieux quand leur chef a besoin d’eux : il y avait probablement un barbecue super important, du coup, ils se sont dit que le trio devrait suffire à régler l’émeute de prisonniers du Tartare. Après tout, entre Zeus et son foudre capable de transformer n’importe qui en merguez (il manque un peu au barbecue, là-haut), Arès et sa grosse masse d’arme lui permettant de violenter son prochain comme personne, et Poséidon et son trident dont le grand pouvoir lui permet de faire apparaître un mérou une fois par jour n’importe où (l’ennemi est souvent déstabilisé par le poisson frétillant sur le sol), il y a quand même une sacrée force de frappe. Arès fait cependant quelques remarques concernant l’absence de son demi-frère Persée, qui a préféré aller à la pêche plutôt que de sauver le monde, et sous-entend que c’est bien là un signe d’une certaine lâcheté et d’une sexualité qu’il réprouve, mais Zeus fait semblant de rien (il crie « LALALA JE N’ENTENDS RIEN » quand on lui en parle).

"D'aaaaccord Persée. La pêche, c'est plus important que de sauver le monde."

Bref : une fois au fond des enfers, Zeus et ses deux compagnons vont donc rencontrer Hadès, qui depuis le précédent épisode n’a pas trop changé : il est toujours un peu bougon d’avoir été enfermé par son frère pour régner sur ce coin pas très glamour, et encore un peu plus de s’être fait tatane dans le dernier volet après avoir tenté de prendre le pouvoir sur l’Olympe durant le vaste bordel qui régnait. Aussi, lorsque le roi des dieux débarque tout pimpant en disant « Salut Hadès ; dis, on a besoin de ton autorisation pour traverser les enfers et aller jusqu’au Tartare vu qu’il n’y a pas d’autre moyen, tu pourrais nous passer les clés steuplé ? Merci gros. », le maître des enfers n’apprécie que moyennement que l’on se moque de sa petite brioche, et décide de faire son grognon à base de « Nooooon Zeus, tu as été méchant avec moi ; à mon tour ! » et soudain, surgissant de partout autour de nos larrons, de gros monstres déboulent en crachant feu et lave, vomissant leur chaude bile sur le groupe des gentils.

Zeus a beau se défendre à coups de foudre, et Poséidon jouer du trident, ce dernier a tôt fait de se ramasser un vieux jet de pierre fondue dans la tronche et de se sentir un peu moins bien pour le coup. Mais surtout, la situation dégénère lorsqu’Arès, plutôt que de lutter face aux créatures, commence à péter la gueule à son dieu de la foudre de père, l’assommant à grands coups de masse enchantée.

Mais enfin ? Garnement ? On ne met pas sa masse de bataille dans la margoulette de son papa, qu’est-ce qu’on t’a appris à l’école, hmmm ?

Enfin voilà, ça va mal : Hadès et Arès semblent alliés pour ouvrir le Tartare, Poséidon est plus proche du méchoui que du dieu, quant à Zeus, il est désormais l’otage des méchants. D’ailleurs, Arès lui confisque son foudre, car c’est quand même une arme rigolote dont il ferait bien usage les jours où il n’a pas envie d’aller acheter des merguez à Intermarché.

Je me demande bien qui il va falloir appeler pour libérer Zeus prisonnier derrière les lignes ennemies, tenez.

Justement : pendant ce temps, du côté du village des pêcheurs innocents, Persée est en train d’enseigner les rudiments de la chasse au poisson à son fils (« Beuuuh, tu vois, tu jettes un filet sur les poissons… et là, tu te sautes dessus et tu leur pète la gueule à coups de poings, raaaah, enfoirés de gardooooons ! – Du calme papa, arrête ! Calme-toi ! – ‘foirééééééés poissoooooons !« ), quand soudain, un curieux météore traverse le ciel, s’écrasant en plein milieu des habitations de la petite communauté ; mais hélas, nenni de satellite soviétique comme on aurait pu le penser : il s’agit d’une créature monstrueuse qui, allez savoir pourquoi, voyage sous cette forme peu banale de caillou volant. Celle-ci a un corps de lion, une queue de serpent ainsi que deux têtes, dont l’une crache du venin inflammable et l’autre fait allume-gaz : ainsi, en travaillant de concert, celles-ci peuvent jouer du lance-flammes et cuire les malheureux villageois rassemblés alentour, ce qui est quand même fort pratique.

« Comment ? » s’exclame Persée en voyant des flammes s’élever au coeur du petit bled côtier « Du napalm ? On nous bombarde, beuuuh !« 

Et ni une, ni deux, le bougre fonce dans sa Persée-cave (une cachette souterraine où il avait rangé sa vieille armure et son épée) avant d’aller voir de quoi il retourne, et pourquoi pas, péter quelques dents au passage. Aussi, lorsqu’il parvient au milieu des habitations, il n’est pas déçu ; érudit comme il l’est de par son statut de demi-dieu grec, il note donc « Hooo… un gros chat… heuuuu… viens-là minou… minou minou minou… viens que je te pète ta mouille, greu. » et commence à tenter de coller des coups d’épées sur le pauvre animal qui lui, n’en demandait pas tant, occupé qu’il était à faire un gros feu de camp avec les indigènes. Je vous passe les détails de l’affaire, mais grosso-modo, notre héros constate que son fils est un con, puisqu’il finit toujours par se retrouver en face de la Chimère, immobile, à crier « Pôpaaaa ! » plutôt que de courir, et afin de protéger sa progéniture, Persée décide de taper sur la gueule du bestiau avec tout ce qui passe : épée, porte, gros caillou, ancre (si, si) et finalement, le tue grâce à une habile technique : il l’immobilise grâce à des chaînes, puis strangule la tête à venin pour lui faire cracher son fioul, avant de raconter une blague belge à l’allume-gaz qui du coup, produit une étincelle, et brouf.

« Reeeeuuh… saloperie de chat. » résume donc notre héros en regardant la bête brûler dans son carburant comme une vulgaire épave d’hélicoptère dans un film de guerre. Puis, il va se faire recoudre à vif son épaule blessée dans la bataille en faisant « Greeeuaaah » comme le gros baroudeur à big balls qu’il est. A défaut d’avoir des melons dans le slip, notre homme a des pastèques sous la toge ; heureusement, celle-ci est suffisamment longue pour protéger nos chastes yeux déjà bien vulnérables pour cause de lunettes 3D.

Reuuuh... pas... sûr sûr... que ce soit... un chat...

Peu après, Persée va trouver son fils, Hélios, non pas pour lui demander comment il a réussi l’exploit de toujours se téléporter devant la chimère, mais plutôt pour l’informer de la suite : « Viens, mon fils, il faut que l’on parle de cette attaque à Zeus au colonel. Pour ça, on va aller au Mont des Idoles, une montagne dominée par immense temple poste radio et l’y appeler en priant sur sa fréquence » ; Hélios suit donc son papa pour aller rencontrer son divin papy, et lorsque les deux pêcheurs arrivent en haut de la montagne (oui, visiblement, c’était juste à côté), ils s’agenouillent en marmonnant « Meugneugneu Zeus, vas-y, ramène-toi, fais pas ta pute« .

Sitôt cela fait, pouf ! Une figure se matérialise à leur côté : « Mon colonel ? » ; non ! Il s’agit de Poséidon, gravement blessé et boitant aidé de son trident, qui vient agoniser dans les bras du héros (… non, mais sérieusement ?) :

« Persée… aaah… Persée je… je vais mourir, je le sais… même les dieux peuvent mourir…
- Raaah, Lieutenant Poséidon ! Bon sang, accrochez-vous, j’entends les hélicoptères ! Vous avez été touché par du napalm, putain de guerre !
- Que… Saaam, ton texte on t’a dit ! Je sais que toutes les scènes y sont, mais c’est pas un film de guerre de seconde zone malgré les apparences ! Heeem, hum, broum…Persééée…. je me meuuuurs…
- Beuheuheu… lieutenant, vous étiez comme un oncle pour moi…
- Je SUIS ton oncle, bougre de con !
- J’vais vous trouver un chirurgien… le meilleur… il va vous rafistoler en moins de deux… Hélios ! Héliooos ! Passe-moi les sulfamides bordel !
- Bon, ok, on va faire autrement. Perséeee… Hadès et Arès, ton propre frère… ils ont trahi Zeus ! Ils le retiennent prisonnier dans le Tartare, le vidant de ses forces pour réveiller Kronos ! Tu dois aller le libérer, sinon, le monde sera détruit !
- J’irai les libérer… on abandonne pas un Américain derrière les lignes ennemies !
- Il est gre… hum… bon : pour retrouver Zeus dans le Tartare, tu dois trouver le Déchu, le seul à pouvoir t’y emmener ! Mais pour trouver ce Déchu, tu auras besoin de l’aide d’un autre demi-Dieu… Agénor, mon fils ! Il est actuellement avec la reine Andromède. Trouve mon enfant, et, s’il en est digne, donne-lui ce trident ! Je… Aaaaaargh…
- Noooooooooon ! »

Après ces ultimes paroles, le dieu des mers ferme les yeux une dernière fois, puis meurt, son corps se transformant en sable avant de se disperser aux quatre vents. Persée, lui, serre fort le trident du défunt dans la main, se jurant de le remettre à son fils Agénor, puis décide qu’il est temps de se mettre en route pour une nouvelle aventure. Il s’en va donc confier Hélios à la petite vieille de service de son village natal, puis fait appel à sa bonne vieille monture (il siffle un bon coup et c’est bon) : Pégase, le cheval qui vole et terrorise les paysans tant on imagine pas les effets du crottin lâché en altitude sur les malheureux au-dessous. Désormais plus mobile que jamais, Persée s’en va donc voir Andromède.

A ce stade du récit, plusieurs choses :

  • Andromède, c’est la reine que Persée a sauvé dans le 1 (enfin à l’époque, elle n’était que princesse, mais elle a pris du galon)
  • Andromède n’est pas dans sa ville natale, mais dans un camp militaire depuis lequel elle lutte contre les monstres échappés du Tartare. Ne me demandez pas comment Persée a su cela et y est allé directement : je n’en sais rien
  • Andromède, c’est la seule nana du camp bourré de vieux mâles n’ayant pas vu la gueuse depuis des semaines, elle en profite donc pour allumer toute la troupe en portant sa petite armure de donzelle qui ne protège pas grand chose, et probablement encore moins sa vertu. Coquine, va

En arrivant au camp, Persée est accueilli en héros (ce qui ouvre le droit au buffet avec des chips à la cantoche), puisqu’étant quand même un peu un demi-dieu ayant bourré un kraken à lui seul dans l’épisode précédent, puis est amené à la tente de commandement d’Andromède, qui est évidemment une stratège hors-paire de roploplos. Hmmm, bref.  En tout cas, les choses vont mal : les monstres sont de plus en plus nombreux et forts, ce qui complique un peu les choses. Mais Persée explique qu’il y a une solution à tout cela et résume donc la situation : pour sauver le monde, il doit sauver Zeus, pour cela, il lui faut le Déchu, et pour ce faire, il a besoin d’Agénor, le personnage que l’on a pas encore présenté. Et donc, Andromède serait bien gentille de lâcher ses conneries pour lui filer un coup de main, non mais ho, remue-toi un peu femme, qui va faire la vaisselle du camp sinon ?

Lecteur expérimenté de ce blog, spectateur blasé du cinéma, à ce stade, vous savez déjà qui est Agénor, celui que notre Persée est venu chercher. Après tout : si le héros est un guerrier courageux, et qu’il a trouvé sa donzelle courageuse à l’instant, à votre avis, qui est le dernier personnage, sachant qu’il doit servir de guide ? Allez, concentrez-vous : qui est le personnage qui sert TOUJOURS de guide dans ces cas-là ?

Mais oui : c’est un voleur !  Evidemment un peu lâche, qui aime se mettre dans des situations pas possibles et fait tout le temps des blagues. Et comme il se doit, il est emprisonné à ce stade du récit.

En effet, Agénor est un rigolo avec une tête de rasta qui est emprisonné dans les cellules du camp (oui, c’est un camp avec des tentes, mais allez savoir comment, Agénor est enfermé dans une cellule en dur avec de vrais murs et tout) qui a été envoyé là car il a un peu collé la reine avant de tenter de lui tirer ses bijoux. Persée va donc le trouver pour l’informer que son père, Poséidon, est désormais plus le dieu des pâtés de sable que de la mer, ce qui chagrine un peu le margoulin, mais ha ! Pour le réconforter, il lui propose une aventure : trouver le Déchu… et Agénor confirme savoir où se cache le bougre. Qu’on lui file le trident, un navire fort rapide, quelques hommes et en route ! Il mènera la troupe à destination ! Faites-moi confiance, c’est pas comme si j’étais un type qui jusqu’ici, avait juste tenté d’arnaquer la reine !

Quelqu'un a demandé un personnage secondaire voleur/rigolo/guide ultra-générique ?

Pas de problème : la reine n’a aucun souci avec ce concept, puisque elle qui l’avait fait enfermer dit « Bon ok, laissez tomber : mettez tout ce qu’il demande à sa disposition, et puis filez lui son poids en or » (… oui, hein ?). D’accord, on peut dire que tu es facile à convaincre toi, dis-donc. Je le redis : coquine, va ! Enfin, passons : Andromède, avant de partir avec Persée, Agénor et une poignée d’hommes par bateau (oui alors, je dis ça comme ça, hein, genre ils étaient au bord de la mer, mais le réalisateur fait pareil : ils se téléportent à un port, puisqu’ils n’étaient pas vraiment sur la côte, en fait ils en étaient très, très loin, on l’a vu dans les plans aériens de Persée sur Pégase lorsqu’il est arrivé, c’est vraiment magique ce film) donne les ordres à son armée : « Mettez-vous en marche et attendez-nous au pied de la montagne Spiridion, puisque c’est un peu l’issue de secours du Tartare. Du coup, c’est là qu’on devrait arriver quand on ressortira, et si on meurt, vous pourrez y faire l’ultime bataille contre les titans tranquille, mais si, vous savez, l’ultime bataille où l’on pense que tout est perdu et où finalement un truc nous sauvera au dernier moment. »

Ok, qui a baillé ? Qu’il se dénonce. Bon, reprenons.

La fine équipe embarque donc à bord d’un fort beau navire, et la discussion s’engage rapidement entre les différents présents ; Agénor ouvre les hostilités en expliquant qui est le « Déchu » : il s’agit en fait d’Héphaïstos, le célèbre di…

« Qui çaaaa ?« 

Lâche innocemment Andromède la bouche grande ouverte. Oui, vous avez bien lu : la « Reine de Grèce » (c’est son titre selon le film : pas d’une cité, hein, de toute la Grèce, cela dit, vous m’étonnez qu’avec une patronne pareille, ça aille mal là-bas), qui dans le 1, appartenait à une famille spécialisée dans les questions divines, ne sait même pas qui est Héphaïstos. L’occasion pour Persée, avec son CAP Pêche artisanale, d’expliquer au spectateur de quoi il retourne.

« Beuuuuh… Héphaïstos, c’est l’armurier des dieux.
- En effet – ajoute Agénor – il s’agit plus exactement du forgeron qui a réalisé le foudre de Zeus, la fourche d’Hadès et le trident de Poséidon. Ces trois armes assemblées forment…
- Mégazord ?
- Heu… non, non, ça forme une grosse lance magique.
- Un lance-roquettes ?
- Je… Persée heu, écoute, ta gueule. Bon, on va juste dire qu’il faut assembler le bousin pour obtenir une arme capable de tuer Kronos, d’accord ?
- Tuer… huuuur… tuer… compris… »

En attendant, Agénor embraie et propose de se rendre sur l’île d’Héphaïstos, que PERSONNE n’a jamais pu trouver. Du coup, il faudra m’expliquer comment on sait qu’il y est, puisque personne n’y est allé, mais pourquoi pas. Mais comment faire alors, pour trouver un endroit dont on ne sait même pas où il se situe ?

Détail, détail, malheureux ! Il suffit pour ce faire à Agénor de prendre le trident de son père dans ses mains et PAF, ça fait un GPS. Mais enfin ? Il n’a jamais touché ce truc de sa vie, comment sait-il le faire fonctionner ? Et comment savait-il seulement que ça avait ce pouvoir ? Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Même Rahan et son couteau étaient plus crédibles pour s’orienter !

Enfin : bientôt, le navire ainsi guidé par un trou du script arrive en vue d’une île au haut-relief couverte d’une épaisse forêt : l’île du Déchu.

A noter, chose importante, Persée donne une consigne importante aux soldats entourant la troupe : surtout, quoiqu’il arrive, ils ne doivent jamais au grand jamais prier comme ils en ont l’habitude Arès, dieu de la guerre, car sinon, il les trouverait aussitôt et leur péterait la gueule, puisque du côté des titans, ce gros filou.

Et alors là, je me tourne vers le pitch qui tourne depuis 2 films maintenant, et qui est à la base de l’intrigue : les dieux font des plans foireux JUSTEMENT parce que plus personne n’a la foi et ne les prie et qu’ils perdent leurs pouvoirs en conséquence. Or, les personnages passent tous leur temps à prier, à expliquer qu’ils sont des demi-dieux, ce que tout le monde accepte sans sourciller, et à combattre des monstres pas bien naturels, le tout sur fond de divinités qui apparaissent à la première pensée pieuse venue.

Du coup, j’ai comme l’impression qu’il y a un vague contresens. Un peu comme si toute l’équipe d’un film à 125 millions de dollars n’avait pas réussi à écrire un pitch de moins de 5 lignes tenant de bout. Mais non, hein, entre nous, ce serait gros. On parle de professionnels, là quand même.

Que disait-on ? Ah oui : la petite troupe arrive sur l’étrange île d’Héphaïstos et débarque pour s’enfoncer dans les bois, mais bien vite, il réalisent que tout l’endroit semble encombré de pièges divers (évidemment, vous imaginez bien que celui qui tombe dedans est Agénor, juste après qu’on lui ait dit « Attention aux pièges ! » et qu’il ait joué le type à qui on ne la fait pas), et de curieux cris gutturaux semblables à ceux de Céline Dion commencent à résonner alentour… bientôt, le sol tremble sous les pas de quelque monstrueuse créature, et soudain parait entre les arbres un immense cyclope paré d’un gourdin de beau calibre, bientôt rejoint par un second (de cyclope, pas de gourdin)

Encore une fois, passons sur la scène d’action, mais alors que les hommes en arme apeurés tentent de survivre face à l’assaut des viles créatures, Persée lui parvient à faire choir l’ennemi et à placer son arme sur la gorge d’un des géants, juste au moment où un vieux cyclope arrive sur place et demande à ce que l’on épargne son frère au sol ; puis reconnaissant le trident de Poséidon dans les mains des humains, il se propose d’oublier tout ce gros malentendu à base de gourdins dans la gueule (« C’était pour de rire« ) et d’aller prendre un thé et des petits gâteaux chez Héphaïstos, le maître des lieux. Avec un peu de bol, il aura peut-être même un ou deux macarons.

La fine équipe traverse donc l’île, avec comme il se doit, le plan officiel façon « Seigneur des Anneaux« , où sonne une musique pompeuse alors qu’une caméra aérienne tourne autour de l’équipe progressant en file indienne sur une quelconque crête verdoyante. Attendez, même les plans sont déjà vus ? Mais enfin ?

Le cyclope est un être très con : quand il a le choix entre utiliser sa grosse main ou caler un bon gros coup de gourdin, il choisit la première solution pour mettre toutes les chances du côté du héros

Nos larrons arrivent finalement à une bicoque mal entretenue, où un vieux fou s’appuyant sur une canne les accueille, parlant tantôt à ses visiteurs, tantôt à lui-même. Voyant le trident de Poséidon dans les mains d’Agénor, il s’inquiète du sort de son possesseur original, puis explique que de toute manière, tout cela, ce n’est plus guère ses affaires (« Je m’en braaanle !« ) : il s’est retiré du monde il y a bien des années, et tout ça, il s’en tape un peu. Maintenant, il porte des sandales à carreaux, rigole très fort au théâtre quand il y a Lagafos qui joue, et sent chaque jour plus fort qu’hier mais bien moins que demain. Tout au mieux peut-il confirmer que oui : il est bien celui qui a forgé les armes des dieux autrefois, et oui, une fois assemblées, elles forment…

« Je saisUn lance-roquettes ! Raaaah !« 

Chut, Sam, en tout cas, oui : une arme qui peut tatane Kronos sévère. Mais hein, tout le monde sait que ça ne va pas servir, puisque Zeus va être sauvé avant que ses forces ne soient vidées pour réveiller le titan, hein ? Ça ne va pas du tout se finir en réveil de gros titan colérique ? Je veux dire : c’est pas comme si c’était le titre du film, non ?

En tout cas, Héphaïstos complète son récit d’une information importante : oui, il connait le chemin jusqu’au coeur du Tartare : c’est lui qui a conçu cette prison « en partant de l’extérieur pour que ce soit la prison la plus sûre de la Création, j’ai donc dû laisser un passage pour avancer vers l’intérieur quand je réalisais cette grande oeuvre« . Hmmm oui ? Ou alors : sachant que c’était une prison conçue pour être éternelle, tu aurais pu commencer par l’intérieur : c’était plus rapide, plus sûr et plus efficace, puisque tu n’avais pas à laisser la moindre porte derrière toi. Mais, bien qu’odieux, je n’ai pas la nature divine du bon Héphaïstos : c’est moi qui dois me tromper.

Le dieu de la forge refuse cependant d’emmener nos amis dans cette affaire : il ne s’est pas retiré du monde pour s’en mêler à nouveau, hein, merde alors ! Et nooooon, la destruction du monde connu par Kronos, ça ne l’intéresse pas non plus. Par contre, lorsqu’il aperçoit clairement Andromède, jusqu’ici un peu en retrait, il s’exclame : « Hooooo, tu me rappelles ma femme, Aphrodite ! Tiens, bah du coup, je vais vous aider !« 

Comme quoi, l’avenir du monde est un argument qui ne pèse rien, contrairement au contenu d’un bon décolleté (des arguments universels). Je pense que les scénaristes ont confondu Héphaïstos et Tortue Géniale, quelque chose du genre.

Bref : ne me demandez pas comment, mais pif pouf, sans transition, la fine équipe n’est plus du tout sur l’île, mais quelque part sur le continent, dans une zone désertique, à avancer tranquillement (ils n’ont pas emmené de cyclopes, c’est bête, j’aurais pensé que ça pouvait servir comme gardes du corps, mais visiblement, non) guidée par Héphaïstos en personne, qui explique qu’il va les mener jusqu’à l’entrée du labyrinthe qu’il a construit menant jusqu’au coeur du Tartare. Sans guide, PERSONNE ne pourrait survivre au TERRIBLE labyrinthe, ce pourquoi il a fait une carte, qu’il confie à Agénor mais juste COMME CA par hasard, pas du tout comme s’il allait MOURIR avant de pouvoir emmener la troupe à destination.

Non, qu’allez-vous penser, mauvaises langues.

En tout cas, la fière compagnie finit par arriver, au milieu du désert local, face à une immense tour de pierre pivotant sur elle-même (elle est sûrement alimentée par un générateur quelconque) présentant des centaines de portes, mais dont une seule est la bonne, explique l’architecte des lieux en se lançant dans l’ascension du monument (qui, là encore, n’a jamais intrigué personne, alors que pourtant, ça a l’air visible à des dizaines de kilomètres à la ronde, mais vous savez, les tours géantes-pivotantes-labyrinthe, c’est très surfait) ; finalement, le groupe arrive, dans les hauteurs de la tour, à une petite plate-forme devant une porte fort complexe qu’Héphaïstos entreprend d’ouvrir.

C’est alors qu’apparaît… Arès !

Armé de son foudre et de sa grosse masse, il est venu car un soldat a paniqué et a invoqué Arès.

Oui oui, vous avez bien lu : lorsque des cyclopes de 10 mètres de haut leur tombaient dessus pour les tuer à coups de tronc d’arbre, les larrons tenaient bon et ne priaient même pas Arès l’espace d’une seconde, par contre, là, ils sont en face d’une porte fermée et perdent du coup tous leurs moyens invoquant le dieu de la guerre, qui, aux dernières nouvelles, n’est pas serrurier. Mais ? Enfin ?

Bon, encore une fois, passons : le dieu déchaîné commence à massacrer tout le monde (comprendre : toute la troupe sauf les héros, évidemment), et Persée, Agénor et Andromède ne doivent leur salut qu’à Héphaïstos, qui parvient à ouvrir la porte du labyrinthe et à la refermer sur eux avant de mourir en retenant Arès (il… s’accroche à sa jambe. Autant vous dire qu’un vieux sucrant les fraises bavant sur ses sandales neuves, ça paralyse complètement le pauvre divin guerrier). D’ailleurs, Arès après coup dit juste « Zut« . Non, il n’essaie même pas de rouvrir la porte ou même de simplement voir si elle est fermée pour, au pire, la défoncer avec sa masse céleste, il se contente de ne strictement rien faire. Au fait, t’avais pas un pouvoir de téléportation mec, hmmm ? Ça pourrait servir non ? Ooookay. T’es bien le frère de Persée, toi.

De l’autre côté de la porte, donc, nos héros sont eux plongés dans la pas-obscurité : ne me demandez pas comment, alors que c’est censé être un truc impénétrable, c’est visiblement rempli de fenêtres et autres trou menant sur l’extérieur illuminant un gigantesque, titanesque, monstrueux labyrinthe de plusieurs dizaines de kilomètres carrés au sein duquel des plates-formes bougent, des bâtiments vont et viennent et des parois apparaissent et disparaissent à volonté. Un beau bordel, donc, mais lumineux pour que quand même, les héros en chient un peu moins. Cependant, comme tout cela parait fort compliqué, après avoir avancé d’environ 10 mètres, Agénor se met à hurler « Noooon mais c’est trop nul ici, cette carte ne sert à rien, du coup, je la balance dans le vide !« , et joint le geste à la parole.

Voilà : le guide des héros étant le personnage rigolo par excellence, jeter le seul plan pouvant leur permettre de sortir au coeur d'un labyrinthe est pour lui un réflexe tout à fait naturel. Formidable.

C’est complètement con ? Ça n’a aucune logique ? Alors attendez, parce que le meilleur arrive.

Désormais sans la moindre carte, nos loulous avancent au hasard, jusqu’à ce que Persée sente ses bigs balls prendre le dessus, et qu’il commence à marmonner « C’est nul ce film, beuuh, j’aime pas quand faut réfléchir. Si seulement on pouvait sortir de ce labyrinthe simplement en pétant la gueule de quelqu’un !« 

Sitôt cela dit, et probablement entraîné par le poids des balls précédemment évoquées, Persée choit de la plate-forme où lui et ses amis étaient, et achève sa mésaventure plusieurs dizaines de mètres plus bas, sans le moindre bobo, dans un autre coin du labyrinthe sans que ses amis ne puissent le rejoindre, le voir ou même l’entendre : il est désormais seul.

« Beuuuuh.« 

Mais soudain, un mouvement dans le couloir où se trouve notre héros le fait se retourner : il aperçoit son fils, Hélios, courant le sourire aux lèvres, jusqu’à passer à côté de lui en disant « Il fait froid ici, hein papa ?« .

Il n’en faut pas plus à Persée pour partir à sa poursuite en hurlant le nom de son fils ; à aucun moment, il ne se rappelle qu’il a confié son fils à une vieille de son village, pas à un labyrinthe aux dernières nouvelles, et donc que tout ceci ressemble diablement à un piège. Et ça ne manque évidemment pas : après quelques mètres, le fils de Zeus débouche dans une salle à colonnades où son fils semble avoir disparu, et découvre que ha ! Il ne s’agissait que d’une illusion ; à défaut de son marmot, il n’y a qu’un immense humanoïde au visage porcin (non, pas bovin : porcin), la tête encadrée de deux imposantes cornes, qui charge notre loulou et commence à essayer de le rétamer. Héphaïstos avait visiblement oublié de dire qu’il avait mis des monstres dans son labyrinthes, monstres qui se nourrissaient sûrement depuis des siècles de… heu… champignon. Voilà. Et de mousse. Ah, les herbivores des labyrinthes, terrible.

« Ho, cool, une gueule à péter, reeeeuuh approooooooooche que je te malaxe le museau à la sandale, raaaaaeuuuurgh » dit donc Persée, l’écume aux lèvres, trop heureux de ne plus avoir à réfléchir. Autant vous le dire, le pauvre monstre ne fait pas le poids, puisque le demi-dieu a tôt fait le lui masser les gencives à coups de poing, jusqu’à ce qu’enfin, il parvienne à briser une corne de l’animal et s’en serve de pieu pour en finir avec le bestiau qui, du coup, est plein de désarroi : il aurait mieux fait de continuer à bouffer des champignons et à lécher de la mousse.

Du coup, et comme ce film n’a strictement aucun sens, tout le décor du labyrinthe se met en mouvement, et là, attention :

  • Il regroupe Persée avec ses potes (le labyrinthe a un détecteur de groupes pour les rassembler automatiquement, un vrai rêve de touriste japonais)
  • Il ouvre une porte juste devant eux qui ne mène pas aux portes du Tartare, non, mais carrément directement au coeur du Tartare en fait, c’est encore mieux, à 10 mètres seulement de l’endroit où Zeus est retenu !

Voilà : en fait, pour le labyrinthe, il n’y avait besoin ni de carte, ni de guide, ni même de marcher : juste de bourriner le premier truc qui passait.

Beau boulot Héphaïstos. C’est à se demander pourquoi tu as fait un labyrinthe géant, en fait. Tu t’es un peu fait chier pour rien.

Bref  : au coeur du Tartare, Zeus repose donc, enchaîné à un rocher devant un immense précipice, ses forces s’écoulant de lui sous la forme d’un torrent de lave coulant vers une immense créature pierreuse de plusieurs kilomètres de haut : Kronos !

Pour la petite histoire, une petite scène montrant Zeus enchaîné se réveillant après sa capture nous a appris quelques petites choses entre temps : si Hadès et Arès se sont alliés contre le dieu des dieux, c’est non seulement parce qu’ils sont cons, mais aussi parce que Kronos leur a promis (sachant qu’il était endormi, ne me demandez pas comment, peut-être parle t-il dans son sommeil, auquel cas j’espère qu’ils n’ont pas pris ses propos au sérieux entre deux « Zzzz… rr… oui Scarlett Johansson, allons chez moi prendre un dernier verre que je te monte la pierre polie dont je t’ai parlé, Rrrrrrrzzzzzz » ) l’immortalité. Oui, je sais, ils l’ont déjà aussi, mais ce dernier a visiblement dit : « Les humains ne croient plus en vous et ne prient plus, même si ce film montre exactement le contraire : libérez-moi et je les tuerai tous, et vous rendrai immortels malgré leur disparition, mais pour ça, capturez mon fils Zeus, qui m’a enfermé ici, et donnez moi sa force ». A noter que durant cette scène, Zeus a presque convaincu Hadès qu’il faisait une connerie, en lui disant « Tu te souviens pourquoi j’ai dû enfermer Kronos notre père ? Parce qu’il voulait tous nous tuer. Tu as pensé à ce détail avant de le réveiller ?« , et a eu pour seule réponse « Hoooo, peuchère, cacaboudin« .

"Mais ? Persée, tu es venu ? Comment as-tu pu rentrer ? En fait, il n'y avait pas besoin d'aller voir Hadès ? Un coup de bigot à Héphaïstos et pouf, c'était bon, droit au but ? Ho bin flûte alors, je me demande pourquoi je me suis fait chier, tiens."

Donc, disais-je : nos héros arrivent face à Zeus enchaîné, mais le pauvre semble presque vidé de toutes ses forces, alors que Kronos, lui, semble sur le point de se réveiller ! Vite ; en quelques coups de trident, ils détruisent les chaînes du roi de l’Olympe et commencent à tenter de s’enfuir jusqu’à ce que soudain, Arès apparaisse pour empêcher cette évasion ; heureusement, coup de bol, Hadès apparaît à son tour, et tente de retenir le dieu de la guerre, hurlant « Non mais en fait, j’ai changé d’avis, c’était un plan de merde, il faut rendormir Kronos ! Si seulement j’avais réfléchi plus de 3 secondes avant d’accepter l’offre d’un vieux psychopathe géant constitué de roche fondue qui parle dans son sommeil !« .

Pas de bol pour le seigneur des enfers, le maître de la guerre ne semble pas d’accord, et s’empare de la fourche d’Hadès pour la lancer en direction de Zeus… et la planter dans son cul (… oui, c’est très perturbant) alors qu’il est en train d’être traîné vers le labyrinthe par son fils. Motivé par cette soudaine douleur rectale, le roi des dieux décide d’invoquer ses faibles pouvoirs restant pour se téléporter en compagnie de ses trois libérateurs jusqu’au camp des hommes d’Andromède, situé comme prévu, à la sortie du Tartare, là où il y a marqué « sortie de secours, ne pas obstruer avec un camp militaire » (Zeus savait déjà où se téléporter : en fait, tout le monde sait en permanence où se trouve ce camp, semble t-il).

Tous les soldats s’inclinent en voyant Zeus sur les épaules de Persée courant vers l’infirmerie (encore une fois, je rappelle que tous ces gens sont censés ne pas croire du tout dans les dieux, d’où le plan d’Hadès, alors que là, on s’incline devant le premier vieux à barbe venu en marmonnant « Hooo, bin c’est Zeus, ça alors ! Prosternons-nous !« ). Finalement, sous la tente, Persée se décide à retirer la fourche du cul de Zeus, en ajoutant : « Plus qu’une pièce et on a le lance-roquette machin magique, là, le truc sa race, bordel » (il se comprend) pendant que Zeus peine à articuler « Et mon cul, tout le monde s’en fout« . Un plan de bataille commence donc à germer dans l’esprit malicieux du demi-dieu :

  • Heu ouais, heuuuu Andromède là, heu, toi, Agénor et l’armée, vous retenez les monstres, tu vois ? Genre avec des tranchées et des lance-flammes. Grosse baston, genre.
  • Et pis moi, heu, bin j’provoque Arès en duel, j’le bute, j’lui reprends le foudre, et ensuite j’assemble ça avec le trident et la fourche qu’on a pour obtenir le lance-roquettes magique. Quoi la lance ? La lance quoi ? Lance-grenades ? Je comprends pas ce que vous me dites, j’ai mal à ma tête de GI aux cheveux longs.

Comme il se doit, donc, Andromède prépare l’armée à un combat désespéré, creusant tranchées et fosses à flammes pour l’ennemi (qui craint sûrement beaucoup les trucs profonds et le feu, puisqu’il vient du fond de l’enfer, qui, dans cette version, est profond et enflammé)(attention, quand je dis profond : je parle pas de l’aspect intellectuel, hein), alors qu’Agénor part en première ligne guider les forces-avancées devant retenir l’ennemi.

Persée, lui, sait comment amener Arès à le combattre : il joint les mains et fait une prière à son frère, l’invitant à le rejoindre sur le Mont des Idoles pour s’y battre en duel et voir qui est le meilleur des fils de Zeus. Il ajoute évidemment à sa prière, pour s’assurer de la présence de son ennemi, quelques commentaires bien sentis sur la potentielle sexualité déviante du dieu grec histoire de le provoquer un peu, ce qui fonctionne à merveille tant Arès n’aime pas trop qu’on remette en question son hétérosexualité dans les casernes. Chacun note donc sur son agenda « 14h, Mont des Idoles : baston finale en duel dans un lieu désert cf 97% des mauvais films d’action« .

Mais c’est sans compter qu’Arès est plus grognon que prévu : il n’a pas trop aimé ces commentaires sur les jupettes qu’il aime porter, aussi décide t-il de se venger : en se téléportant hors des enfers, ne me demandez pas pourquoi, Persée a laissé tomber derrière lui un petit couteau de bois que son fils lui avait offert comme porte bonheur. Cela donne une idée géniale au dieu de la guerre : tiens, s’il invitait Hélios à la fête ?

A 14h, donc, les frères ennemis se retrouvent au Mont des Idoles, et Arès explique qu’Hélios assistera au duel pour voir son père mourir, ce à quoi le marmot répond que bon, ça le fait un peu chier, il aurait plutôt préféré regarder Pokémon, mais bon, si Arès promet de finir Persée à coups de pokéball quand il n’a plus beaucoup de vie, il promet de faire un effort. En tout cas, et encore une fois, le duel est un classique : Persée est grognon mais perd tant son ennemi lui est supérieur, jusqu’à ce que, comme il se doit, il finisse au sol, Arès au-dessus de lui racontant sa vie au lieu d’abaisser son arme pour le coup fatal (et comme il est immortel, techniquement, ça risque de prendre un moment) ; du coup, Hélios s’ennuie tellement qu’il ramasse une arme pour achever cette histoire, créant ainsi une diversion permettant à Persée, jusqu’alors au sol à demi-assommé, de bondir sans bruit tel un ninja hors de l’endroit où il gisait pour revenir en pleine forme planter le divin brigand d’un bon coup bien senti, et ainsi le contempler se transformer en statue de sable avant de disparaître. Le foudre de Zeus récupéré sur son cadavre, Persée dispose donc de quoi bricoler l’arme ultime.

Le Mont des Idoles, célèbre pour ses statues géantes décapitées sans raison

« Reeeuh, ça doit se monter comme un M-16. Bande moi les yeux mon fils, regarde ton papounet« 

Hopopop, Persée nous fait donc un épisode de papa Bricole, et ne me demandez pas comment, mais un trident, une fourche et un foudre assemblé, ça ne donne pas une merde sans nom, mais une bien belle lance bien droite.

« Hoooo ? Beuh. J’ai dû mal monter, où qu’on fixe la roquette ? » dit donc Persée en s’étonnant de l’apparence de la longue et fine arme divine, avant de se dire que bon, c’est pas grave, chargé ou pas, il mettra le bidule dans la gueule de Kronos, et on verra bien ce que ça donne.

Car justement : au même moment, devant les yeux ébahis de l’armée d’Andromède, moult monstres ont surgi et commencé à ravager les rangs des fiers soldats sans subir le moindre dommage, parant les lances et les lames, et s’élançant au-dessus des flammes et des tranchées garnies de pieux mises en place sur leur passage. Personne ne peut donc les arrêter ? Si ! Car Hadès, lui, n’est pas resté les bras croisés : il a décidé de revenir auprès de son frère Zeus et, apparaissant sous la tente de l’infirmerie, il utilise ses pouvoirs pour soigner son frangin ; ainsi, le duo Hadès-Zeus à nouveau réuni, ils peuvent se mettre en route pour aider l’armée en éclatant tous les ennemis qui passent en claquant des doigts et en prenant des poses cool (véridiques, c’est Wild Wild Greece).

Marrant parce que moi, je me souviens qu’au début du film, le même Zeus, en pleine forme et armé en sus de son foudre, n’avait pas réussi à en claquer un seul au moment de l’embuscade d’Hadès. Comme quoi, hein, c’est vraiment magique.

Mais finies les réjouissances ! Au moment où l’espoir commençait à revenir dans les rangs grecs, voici que la montagne Spiridion qui faisait face à l’armée explose littéralement (mais rassurez-vous, aucun gros caillou ne ratterrit sur les gentils, c’était un mont en mousse, ouf), et qu’en sort… Kronos, gigantesque colosse de lave de plusieurs kilomètres de haut ! Si le bougre est lent, il n’en est pas moins destructeur : d’un simple mouvement du bras, des milliers de litres de lave s’échappent de son corps et vont massacrer les pauvres soldats qui n’étaient pas encore assez éloignés de l’endroit : la situation semble désormais bien mal engagée, car rien ne pourrait arrêter le titan !

Zeus et Hadès eux-même parviennent seulement à le ralentir, jusqu’à ce que Kronos décide de se déchaîner, envoyant une tempête de flammes en direction du divin duo de ses enfants ; et là, allez savoir pourquoi, plutôt que de se défendre à deux, Zeus pousse son frère à terre, puis décide de former un bouclier tout seul pour le protéger : ça fait cool, mais du coup, il est mortellement blessé dans l’affaire, ses pouvoirs seuls n’ayant pu le protéger, lui, quand bien même ils ont épargné le reste.

Non vraiment : quel con.

De son côté, Persée arrive en direction du monstre, chevauchant Pégase ; il prend bien aussi la tempête de flammes en plein dans la gueule, mais lui, pour se protéger il heu… attendez… je… heu…

Il baisse la tête.

Voilà voilà : nenni de pouvoir divin ou quoi que ce soit : il prend la tempête en plein en face de lui, mais il suffisait de baisser la tête pour ne même pas avoir un cheveu roussi ; c’est affreusement nul. Et Pégase alors, il survit comment ? C’est un cheval ignifugé ? Tu l’as enduit de téflon avant de décoller ? C’est incroyable ce que c’est mauvais mais bon, finissons : Persée arrive à portée du titan avec sa lance, mais plutôt que de lui coller dans la gueule, il utilise une stratégie bien à lui.

Image rare : Pégase survolant un champ de ses propres déjections

« Reuuuh, j’l’ai vue dans Star Wars !« 

Et en effet : plutôt que de coller la lance entre les deux yeux de son ennemi, Persée décide d’attendre qu’il ouvre la bouche pour s’engager dans sa gorge façon Etoile Noire (Comment ? S’il ne fait pas top chaud dans un monstre de lave ? Mais non, ça va : d’ailleurs, il ne sue même pas, et ses cheveux sont encore fougueux dans le vent), et une fois bien engagé dans le bestiau, de balancer sa lance. Mais attention, hein, pas droit comme un javelot où je ne sais quel truc logique : même ça il le loupe ; il balance le truc façon largage de mikado, et on peut donc voir la lance rebondissant contre les parois du monstrueux gosier, jusqu’à ce que comme ça, pouf, ça fasse exploser le monstre (ça a dû toucher le réacteur).

Au sol, tous les soldats exultent en voyant le puissant ennemi dispersé en tous sens, et, curieusement, eux qui semblaient vaguement sensibles à la lave deux minutes plus tôt semblent désormais s’en moquer maintenant qu’elle provient des restes de leur ennemi : c’est la lave de la victoire, elle ne brûle pas, probablement. Peut-être même qu’elle sent la guimauve et qu’elle est douce comme un câlin de maman.

Persée lui-même s’est sorti de l’affaire alors qu’il était au coeur de l’explosion : toujours impeccable sur son Pégase préféré, il survole l’armée victorieuse, sans avouer qu’il n’a dû sa survie qu’à une sortie éclair par le rectum de l’ennemi juste avant la détonation finale. Malgré la forte odeur de caca magmatique qui le suit, il se rend donc sous la tente de commandement pour faire ce qu’il doit faire, c’est-à-dire, rouler un gros patin à Andromède (qui ne fait aucune remarque sur l’odeur), car c’est quand même la seule nana du film, et il ne serait pas dit qu’un héros resterait célibataire à la fin, même s’il s’agissait d’un veuf éploré jusque là. Agénor, lui, fait des blagues pas drôles pour ponctuer le tout, comme depuis le début, en fait.

Finalement, Hadès apparaît, annonçant à Persée que son père veut le voir ; il est donc emmené auprès de Zeus agonisant sur le champ de bataille désert (oui, tout le monde l’a abandonné, y compris les milliers de soldats grecs qui s’étaient prosternés devant lui dix minutes avant), qui lui dit ne rien regretter : tout comme lorsque Persée a combattu Arès, Zeus explique que c’est la vue de, lui, son fils qui lui a donné la volonté de tenir face à son ennemi. Et que l’avenir est donc entre de bonnes mains de bourrin.Il ajoute par ailleurs que bon, voilà, il va mourir, et que les hommes n’ont plus besoin de dieux : c’est le début d’un âge nouveau, où on est plus emmerdé à tout bout de champ par un type se téléportant dans la chambre de son fils la nuit et qu’il faut chasser à coup de balai en hurlant au pervers. Cela dit, le roi des dieux s’éteint, devenant, à son tour, une statue de sable qui ne perdure que quelques secondes avant que le vent ne la désintègre.

« Mon colonel…« 

Hadès pose sa main sur l’épaule du divin orphelin, et lui annonce qu’avec ce décès, lui-même a perdu ses pouvoirs. Peut-être sera t-il plus heureux en tant que simple humain ? Une question fascinante, dont la réponse paraîtra sûrement sitôt qu’Hadès découvrira que désormais, il doit cultiver des poireaux s’il veut manger ou faire la queue à Pôle Emploi.

Persée, lui, s’en va retrouver son fils, et maintenant qu’il a trouvé une autre donzelle, il n’a plus rien à faire de sa promesse à Io (qui ça ?) : alors que les dieux sont désormais finis, et que le monde est plus sûr sans monstres ou titans et qu’enfin, son fils pourrait vraiment vivre en humble pêcheur en sécurité, il se décide à lui filer sa grosse épée (mais ? Mais pourquoi faire nom d’une pipe, puisqu’on vous dit que le monde est plus sûr que quand tu refusais de lui enseigner le maniement des armes ! Tu profites de la chute de l’autorité divine pour en faire un brigand, hein, avoue chenapan ? En fait, tu guettais un moment où agir, rabouin !), et celle-ci pèse fort dans les bras du pauvre marmot, qui peine à la soulever. « Elle est trop lourde pour toi ?« , dit Persée en regardant sa progéniture en chier comme un âne.

« Non », répond l’enfant en pointant la lame vers les cieux avec le même air pas très futé que son pater alors que des veines pètent sur son front et…

FIN !

Comme toutes les princesses, Andromède combat en première ligne sans casque ni bouclier, parce que ça ne va pas avec ses yeux

____

Quelques jours plus tard, on retrouva Tom, pendu dans son petit bureau d’agent pour acteurs dont la vitrine donnait sur une grande avenue de Los Angeles.

Une partie d’Hollywood se laissa émouvoir par le tragique destin de cet homme de l’ombre, membre d’une profession dont le rôle consister à guider les acteurs sous les projecteurs, quand eux-même n’entraient jamais dans la lumière des spots. L’autre partie d’Hollywood aurait bien voulu se laisser aller à tant de sentiments, mais de nombreuses injections de botox ainsi que des talents de comédiens souvent limités obligèrent les malheureux à ne pas s’exprimer. Le jour de l’enterrement, au milieu de la foule des anonymes venus rendre un dernier hommage à leur ami fidèle, on pouvait trouver quantité de stars ; chacun, tour à tour, vint déposer une dernière rose blanche sur la tombe de ce symbole du métier, puis lorsqu’il fut mis en terre, chacun s’en retourna à ses activités. Hollywood est une mère cruelle qui ne se laisse pas affecter par la perte de ses enfants : business is business.

Les journaux oublièrent Tom et son tragique destin, et bientôt, l’enquête fut close et plus personne ne s’intéressa aux motifs ayant mené un homme dans la force de l’âge à si terrible fin. Jusqu’à ce petit jour de mai où, en débarrassant le bureau qui était resté clos, un déménageur chicanos prénommé Pedro déplaçant une armoire fasse apparaître un imposant tas de papiers mal reliés, mal en point et corné, ayant visiblement été jeté avec force en direction de la corbeille mais qui, en ratant sa cible, avait trouvé ce curieux refuge derrière le meuble en métal. Approchant la chose de ses yeux, le travailleur examina quelques instants la chose ; il s’agissait d’un imposant script paraphé en divers endroits d’un « SW« , et couvert de ratures maladroites indiquant « Pas un professeur, un soldat« , « A un moment, il défonce un élève au lance-grenade » et « Il couche avec la vice-principale à la fin. P.S : voir si on ne peut pas mettre un élève géant, aussi, pour lui péter la gueule« . Quelque part au-dessus de cet ensemble chaotique fait de commentaires rouges couvrant le texte sobre et noir constituant le document original, on pouvait encore lire :

« Proposition de film – Le Cercle des poètes disparus« 

Pedro sourcilla un instant puis, haussant les épaules devant ce non-sens complet, jeta la chose à la corbeille, avant d’amener le tout à la benne.

Mokobé regarde avec inquiétude dans son rétroviseur.

Ce n’est pourtant pas la circulation qui le gêne : au fin fond d’une piste de brousse, il y a peu de chance de croiser un autre véhicule. Son 4×4 d’expédition dégage d’ailleurs un tel nuage de poussière dans son sillage qu’il serait de toute manière bien difficile de visualiser qui que ce soit derrière lui, mais là n’est pas la question. Non, ce qui intrigue Mokobé, c’est plutôt la curieuse remorque bâchée que son client l’a obligé à transporter jusqu’à un endroit isolé de la savane. Le commanditaire en question est d’ailleurs assis dans le siège passager, attendant paisiblement d’arriver au point de rendez-vous en regardant l’aride paysage défiler, visiblement absorbé dans ses pensées. De temps à autre, il consulte son GPS puis scrute le ciel d’un air concentré, avant de sortir une flasque de l’une des nombreuses poches de sa veste pour s’hydrater d’un quelconque alcool.

Alors que Mokobé est tout à ses réflexions, il constate brusquement qu’il est arrivé à destination : le vieil arbre foudroyé, celui qui indique l’endroit que le type lui avait indiqué sur sa carte un peu avant de poser une liasse de billets sur la table de sa petite agence de chauffeurs, vient de paraître sur la droite de la piste ; promptement, il arrête le moteur avant de se tourner vers son passager visiblement lui aussi à peine sorti de ses réflexions.

« Voilà Monsieur ; comme je vous l’avais dit, il n’y a rien ici : je continue de penser que vous vous êtes trompé d’endroit, quoi que vous soyez venu voir.
- Mon petit Mokobé, vous n’y êtes pas. Connaissez-vous les Transformers mon bon ?
- Les robots qui se transforment en véhicules ? Oui… oui, mes enfants ont des jouets comme ça, oui. Pourquoi ?
- Parce que d’après mes calculs, l’un d’entre eux devrait bientôt atterrir là, dans cette savane, d’ici quelques heures ; alors voilà ce que nous allons faire : vous allez m’aider à installer la remorque et son contenu bien en évidence au milieu de ce terrain découvert, et nous, nous irons nous abriter là-bas et camoufler votre voiture à proximité de ce bosquet d’arbres où se nourrissent de fiers pachydermes. J’ai prévu un petit comité d’accueil pour ces braves visiteurs. »

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Mokobé jeta un coup d’oeil inquiet en direction de son client, puis embrassa du regard la ligne d’horizon : au loin, quelques zèbres paissaient tranquillement, alors qu’une poignée d’éléphants mettait un point d’honneur à arracher chaque branche vaguement feuillue d’un vieil arbre fragile. Il se tourna finalement à nouveau vers l’Européen.

« Ce n’est pas dangereux, au moins ?
- Mon cadeau pour eux ? Non, bien sûr que non. 
- Mais eux, ils le sont ?
- Aaah, ça Mokobé, c’est plus compliqué, car il y en a de biens braves comme de gros fourbes. Mais tenez, pendant que nous installons tout cela et que nous attendons notre invité, laissez moi plutôt vous conter le dernier volet cinématographique de leurs aventures intitulé Transformers 3 – La face cachée de la Lune. Vous n’en serez que plus instruit sur le sujet. Alors spoilons, voulez-vous ? Et aidez-moi à décrocher la remorque. »
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L'affiche : Notre Terre, Notre combat, mais nos alliés aliens quand même. Les Transformers sont un peu nos tirailleurs sénégalais modernes

Le film s’ouvre donc sur la planète Cybertron, astre d’origine des Transformers ; ceux-ci sont en pleine guerre civile, opposant d’un côté les Autobots, défenseurs de la liberté, de la gentillesse et des bisous, aux Decepticons, vils fascistes dont le but est « d’imposer la tyrannie« , rien que ça.  Au cours de ce conflit, le camp des braves s’est hélas retrouvé en mauvaise posture face aux méchants, et a décidé de lancer une mission de la dernière chance : un vaisseau, l’Arche, est lancé pour tenter de passer les lignes ennemies avec à son bord une « arme si puissante qu’elle changerait le cours de la guerre. » ; les mecs, sans vouloir vous vexer, si c’est une arme à bord de votre vaisseau, vous feriez peut-être mieux de vous en servir plutôt que de lui offrir une croisière ; mais bon, hein, moi je dis ça comme ça. Peut-être que c’est une arme très stressée et qu’elle a besoin de vacances à Ibiza avant de se remettre au travail, ou un truc du genre, parce que sinon, je ne vois pas bien. Mais soit.

En tout cas, alors que l’Arche tente de se frayer un passage au travers des lignes Decepticons, les choses se passent mal et plusieurs tirs viennent arroser ses moteurs : l’engin est alors terriblement endommagé et peine à continuer de se propulser, mais comme il est plein de robots fort héroïques, il n’abandonne pas. Et il fait bien, puisque visiblement, malgré ses moteurs pourris, il parvient à se traîner jusqu’au système solaire (comme quoi, même avec des réacteurs moisis, on va loin), où il se crashe sur la Lune, par un beau matin de 1961. Les Américains, qui n’ont pas perdu une miette de ce fabuleux spectacle, décident donc qu’il va être grand temps de préparer un beau programme spatial pour envoyer une équipe inspecter tout ce merdier, et voir si on ne pourrait pas récupérer des bidules aliens rigolos.

Donc voilà : vous ne le saviez peut-être pas, mais le programme Apollo, c’était juste pour voir s’il n’y aurait pas moyen de piquer l’autoradio du véhicule accidenté des Transformers. Une sorte de mission Space Rabouin ; il n’empêche que lorsque Neil Armstrong débarque sur notre fameux satellite, juste après avoir déclaré « C’est un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité » (et juste avant « Ça ressemble pas mal à Maubeuge en fait« ), il s’empresse d’aller galoper jusqu’au vaisseau alien (ils se sont posés à 20 mètres), pour y découvrir des cadavres de géants de métal et divers trucs qui traînent : l’humanité (représentée par les USA comme il se doit, heureusement que ce n’est pas le Vénézuela qui est allé sur la Lune) vient de découvrir qu’elle n’était pas seule dans l’univers.

Accélérons le temps et arrivons au XXIe siècle, la belle époque à laquelle nous vivons ; quelque part dans une célèbre mégalopole américaine, un cul se promène. Ce n’est pas moi qui l’invente : nous avons bel et bien un gros plan sur un cul qui gambade joyeusement ; ce dernier appartient à Carly Spencer, une jeune femme qui n’est autre que la nouvelle petite amie de Sam Witwicky, notre héros. Visiblement aisée, c’est elle qui possède le loft dans lequel le couple réside et héberge donc gracieusement notre personnage principal qui lui est au chômage. Car oui : après avoir sauvé deux fois le monde libre, travaillé avec une race alien de robots de l’espace et obtenu leur confiance tout en étant mis au courant de moult secrets nationaux, le gouvernement n’a pas jugé bon de lui filer un petit boulot en son sein. C’est vrai qu’il était beaucoup plus intelligent de l’envoyer au Pôle Emploi avec un coup de pied au cul et une médaille. C’est important la médaille : comme ça, tous les services d’espionnage du monde savent à qui ils doivent proposer un CDD de 3 mois de caissier chez Monoprix pour obtenir des tonnes d’informations ultrasensibles sur la défense américaine. Quel professionnalisme, je suis bluffé.

Bref, que disais-je ? Ah, oui ; Carly, sa copine, a elle un métier : « gestionnaire d’une collection d’art« . Probablement une erreur de traduction pour « Ass Shaker« , puisque de tout le film, c’est bien tout ce que la donzelle fera : réaliser des ondulations de son popotin dans diverses tenues tout en gloussant comme une collégienne après son premier ouiski-coca. Intéressant. Toujours est-il qu’elle gagne moult brouzoufs ce faisant, ce qui rend Sam un peu jaloux, puisqu’il n’aime guère se savoir entretenu par une femme, ces créatures inférieures. Ajoutez à cela que les parents Witwicky viennent de débarquer en ville à l’improviste et qu’ils font des remarques désobligeantes sur la situation de leur fils, et nous obtenons un héros crypto-looser, mais qui se tape une top-modèle quand même (ce qui est quand même un peu la loose comparé à la qualité de mes maîtresses, mais passons).

Pendant ce temps, qu’en est-il des Autobots, les gentils robots ? Et bien figurez-vous qu’ils continuent de travailler pour l’armée américaine, au motif que ça leur permet « d’aider les humains à ne pas s’entre-déchirer« . On les voit donc, par exemple, participer à envahir l’Irak et… heu… dites donc les mecs, c’est quoi cette logique ? Pour empêcher les humains de se faire la guerre, vous les aidez à faire la guerre ? Vous seriez pas des fans de Georges Bush par hasard ? J’ai toujours su que les Autobots votaient républicain. Remarquez, ils sont tombés aux USA et suivent les ordres du gouvernement sans ciller : quelque part, heureusement qu’ils ne sont pas tombés en Corée du Nord ces couillons. Enfin.

Dans le même temps, le Lieutenant Colonel William Lenox, chef du NEST, le peloton d’intervention humain qui travaille avec les Transformers est lui en Ukraine pour aller poser quelques questions à un cadre du gouvernement local un peu nerveux, Jean-Jacques Popov. Celui-ci a des informations à balancer sur les secrets de son pays : il y a des années de cela, il y a eu sur son territoire des expérimentations sur de la technologie alien. Aujourd’hui, des reliques de tout cela pouvant intéresser le NEST sont encore sur place, dans un lieu nommé… Tchernobyl. Les américains envoient donc aussitôt une équipe constituée de commandos du NEST et d’Autobots sur place, sans se soucier d’avoir l’autorisation du pays.

La troupe arrive donc à Prypiat, la ville abandonnée voisine de la centrale, et il faut d’ores et déjà noter que tout le monde est venu sans la moindre protection anti-radiations : c’est connu, c’est un coin sans danger aucun. Magie de la géographie, la centrale s’avère être en réalité en plein coeur de la ville, et nos héros n’enfilent de tenues de protection que lorsqu’ils entrent dans le bâtiment ; autre fait scientifique célèbre, les radiations, non seulement ça respecte les frontières, mais ça évite même de sortir de chez soi sans invitation (c’est très timide, une radiation, et ça peut le rester plusieurs dizaines de milliers d’années tellement ça a peu confiance en soi). Bref ; les loulous progressent dans le bâtiment, guidés par Jean-Jacques ; ils ne remarquent pas que celui-ci, non seulement est incroyablement nerveux (« Non je… non, cette odeur, ce n’est pas moi je… ho… sûrement… les vieux produits chimiques. Voilà, les vieux produits chimiques qui sentent le faisan mort« ), mais jette des coups d’oeil vers le plafond en poussant de petits cris, même lorsqu’il parle à quelqu’un, ce qui ne donne curieusement même pas envie aux gens de suivre son regard ; pourtant, s’ils le faisaient, ils apercevraient une sorte de transformer-vautour, un Decepticon que l’on va donc appeler « Vautour » histoire de ne pas se paumer. Comme celui-ci est un méchant Decepticon, il a les yeux rouges (au lieu du bleu des Autobots), des dents pointues (ce sont des robots carnivores ?) et surtout, il bave et crache un peu partout (oui, ils ont aussi de la salive, probablement à base de liquide de frein). Donc si je comprends bien, quand un Transformer devient un Decepticon (ce qui d’après la description au début du film, est juste une opinion politique), il se met à puer de la gueule, choppe une conjonctivite et postillonne sérieusement. Si seulement ça pouvait être pareil avec les gens qui prennent leur carte chez les jeunes UMP. Mais passons : le bestiau volant perché sur sa poutrelle semble se contenter d’observer ce que font les gentils, tout en jetant des coups d’oeil méchants à Jean-Jacques.

Ici, un Autobot venant d'adhérer à Génération France, le micro-parti de Jean-François Copé.

Soudain, la troupe tombe sur une espèce de boule métallique reliée à moult tuyaux : une relique transformer ! Vite ; il faut la sortir de là et la ramener au pays pour l’étudier (encore une fois, les Ukrainiens n’ont aucun souci avec le fait qu’on leur pique leurs affaires sans rien leur demander, l’Ukrainien est d’un naturel prêteur, Tchernobyl par exemple, ils ne voulaient justement pas le garder pour eux) ; mais c’est sans compter sur l’intervention soudain d’un immeeeeeeense robot de l’espace qui a la forme d’une sonde anale géante, ainsi que d’un autre robot Decepticon lui plus classique dénommé Shockwave. A eux deux, ils attaquent l’équipe et commencent à ravager le bâtiment sous les yeux des humains impuissants (mais si, vous savez, ça fait deux films qu’on leur dit que les balles ne marchent quasiment pas sur des robots géants blindés et qu’ils ne pensent pas à s’équiper massivement en lance-roquettes) tout en essayant de récupérer la relique tant convoitée. Les Autobots, qui attendaient à l’extérieur du bâtiment, trop petit pour eux (Ah ouais mais alors comment les deux autres, dont une sorte de ver solitaire galactique, ont-ils pu rentrer discrètement ?), se mêlent donc à la bataille en voyant leurs ennemis Decepticons surgir, et commencent à tataner sévère. Après moult échanges de coups, ils finissent par récupérer la relique, qui s’avère être, d’après Optimus Prime, le chef des Autobots, une pièce du moteur de l’Arche, un vaisseau de leur camp qui avait disparu alors qu’il tentait une mission devant inverser le cours de la guerre sur Cybertron. Comment des humains peuvent-ils avoir cela ?

Deux choses sont cependant d’ores et déjà à noter :

  • Dans la panique, Jean-Jacques a tenté de fuir seul jusqu’à son véhicule, mais c’est sans compter sur le vilain Vautour qui le mitraille avant d’ajouter « Heureux d’avoir travaillé avec vous« . Personne ne s’en rendra compte ou ne prendra de ses nouvelles. C’est dommage, parce que moi, le coup du mec qui m’attire dans un lieu où des ennemis m’attendent et qui disparaît durant la bataille avant d’être retrouvé criblé de balles un peu plus loin (alors que les deux seuls Decepticons aperçus n’en utilisaient pas), ça aurait éveillé mes soupçons.
  • Une fois la relique arrachée des mains des méchants, personne ne pense à poursuivre Shockwave et Sondanal. Dites, c’est quoi votre boulot, au NEST, vous me le rappelez ? Ça vous dérange pas de laisser des robots géants fascistes et psychopathes gambader librement ? Et puis vous ne voulez pas non plus savoir ce qu’ils faisaient là ? Visiblement, non. Les deux vilains peuvent donc se tirer sans soucis. Voilà voilà. Remarquez, ça n’inquiète pas non plus les Autobots, comme quoi, le NEST et eux sont faits pour travailler ensemble.
Cela étant dit, quittons l’Ukraine et allons retrouver le pays du hamburger dans lequel notre bon Sam enchaîne les entretiens d’embauche où personne ne semble vouloir de lui. Une boîte, cependant, accepte de le recruter, en tant que chargé de la distribution du courrier malgré ses diplômes bac + moult (remarquez, là-dessus, le film est presque réaliste). Il se retrouve donc enfin avec un emploi, dans une entreprise qui travaille en collaboration avec pas mal d’intervenants de l’industrie aérospatiale. Vous êtes heureux pour lui ? Moi aussi. Je m’inquiétais sérieusement.
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Mais reconnaissons-le : on est pas là pour ça. Quid des Autobots, qui eux, ont regagné le territoire américain ? Et bien figurez-vous qu’une fois de retour au QG du NEST (qui est camouflé en tant que « Ministère de la santé et de la sécurité sociale« , ce qui ne peut-être qu’une couverture outre-Atlantique, c’est connu), ils rencontrent la nouvelle directrice de la CIA, auprès de qui ils râlent qu’on ne leur a pas tout dit sur ce que les humains savaient des Transformers, puisqu’ils avaient en leur possession une pièce de l’Arche. Celle-ci explique que tout cela était top secret, mais que puisque tout est découvert, soit : l’Arche est écrasée sur la Lune. Depuis près de 40 ans, et la mission Apollo 11 était en fait destinée à jeter un coup d’oeil à ce vaste bazar. Alors oui, on sait on peut bien vous dire où est précisément écrasée la nef spatiale. Ni une, ni deux, les Transformers tout excités de ces nouvelles (ils ont les écrous qui pointent) décident donc d’utiliser leur propre navette (puisqu’ils en ont une) pour aller fouiller le vaisseau.
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Attendez, ils avaient une navette ? Ils pouvaient aller dans l’espace quand ils le voulaient ? Et jamais le gouvernement ne s’est dit « Tiens, ça nous permettrait de fouiller en profondeur ce vaisseau sur la Lune qu’on avait juste visité en 20mn il y a 40 ans, et ce sans dépenser un rond ! Sans compter qu’on pourrait en ramener quantité de pièces de haute technologie qui pourraient grandement nous aider ! En plus, les Autobots veulent nous aider, et ça nous ferait économiser des milliards » ? Et puis quand bien même, moi des aliens capables de voyager à toute allure entre les planètes et n’ayant pas besoin d’air ou de nourriture, je les aurais déjà envoyés effectuer 12 000 missions scientifiques ici ou là, plutôt que de m’en servir pour envahir l’Irak. Mais bon.
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Quelques temps plus tard (environ 30 secondes), nos robots préférés arrivent donc sur la Lune, où, curieusement, tout ce que la mission de 1969 a utilisé est resté sur place, y compris… le module lunaire au complet. Hmmm, et ils sont repartis comment ? A pied ? Bref : la troupe s’en va explorer l’épave de l’Arche, et Optimus Prime, qui connait bien le vaisseau, ouvre l’immense porte blindée menant à la soute qui révèle… un Autobot encore vivant, bien que très faible : Sentinel Prime, l’ancien maître d’Optimus Prime ; ce dernier avait eu le temps, avant le crash, de s’enfermer dans la pièce blindée tout en emmenant avec lui 5 petits pylônes visiblement bourrés de haute technologie. Comme Sentinel est un vieux sage, il a des rides en tôle et une barbe mécanique, c’est tout de même fabuleux. Détail intéressant : il a aussi sur lui des portières, des roues, et autres trucs typiques des Transformers qui peuvent se changer en véhicule terrien. Question : où le bougre, qui s’est écrasé sur la Lune, a t-il pu voir le moindre véhicule terrien pour pouvoir prendre son apparence ? Parce que sur la Lune, ce n’est pas la circulation qui gêne. Le brigand est dans tous les cas ramené sur Terre aussi vite que possible, ainsi que les 5 pylônes, afin d’être remis sur pied.
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Assez parlé des gentils : il se passe une foultitude de choses ailleurs. C’est donc en Afrique, cette fois, qu’un énorme pick-up couvert de chaînes (sûrement un pick-up sado-maso, on en croise souvent dans les donjons) progresse au milieu de troupeaux d’éléphants, zèbres et autres gnous ; soudain, il se transforme en un Decepticon fort peu ragoûtant : Mégatron, le chef des méchants ! Celui-ci, se tournant vers la foule des bestioles locales s’exclame « All, Hail to Mégatron ! » ; mais ouais Mégatron, tu as raison : essaie de devenir le leader des animaux de la savane. C’est connu, les zèbres sont de sacrés collaborateurs, pour un peu d’herbe, ils donneraient leurs parents ; et encore, je te parle pas des éléphants, ce sont les pires. Dès que personne ne les regarde, ils sortent leur brassard, entament toutes leurs conversation par « Hail to Mégatron ! » et piétinent les éventuels témoins qui pourraient s’opposer à leurs plans de conquête avant de leur faire des poches pour trouver des cacahuètes. L’éléphant est un animal profondément fasciste. Bon, les gnous, par contre, ils sont plus divisés. On trouve même des communistes parmi eux et j’ai même connu une fois un hippopotame candidat aux primaires socialistes. Mais là n’est pas la question, nous parlerons plus tard des opinions politiques de la faune africaine.

Sieg ?

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Mégatron regagne donc un camp de brousse où une poignée de Decepticons l’attendent, et prend des nouvelles de l’avancement de leur dernier plan : Vautour informe son maître que « Les Autobots ont récupéré Sentinel, comme prévu« , et que le plan se déroule à merveille. Diable, tout cela serait donc un terrible piège ? Ho ! Pour couvrir ses arrières, le chef des méchants donne donc un ordre simple et clair à Vautour : « Tue tous les humains qui nous ont aidés« . La bête s’élance donc rapidement vers les cieux afin de commencer sa mission, et on découvre que le monstre ne recule devant rien pour infiltrer la demeure de ses victimes, y compris, par exemple, se déguiser en jouet rose pour petite fille (non, pas celui-là bande de pervers), ou prendre l’apparence de divers objets ménagers. Au travers des Etats-Unis, plusieurs familles se retrouvent donc endeuillées à cause de ces fourbes de Decepticons qui n’hésitent pas à prendre l’apparence d’objets aussi filous qu’un frigo maléfique ou une machine à café Nespresso (la pire méthode de meurtre des Decepticons : ils ruinent les victimes en  n’acceptant que des dosettes hors-de-prix, les poussant à mourir de faim et/ou à se suicider pour cause de dettes).
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C’est trop triste ; vite, donnez-nous des nouvelles de Sam, le héros qui jusqu’ici n’a servi à rien ! Celui-ci s’est rendu au travail de sa copine, afin de lui annoncer qu’il avait désormais du boulot, et a croisé sur place le patron de celle-ci, Dylan Gould, incarné à l’écran par Patrcik Dempsey, plus connu comme étant le « Dr Mamour« , de Grey’s Anatomy. C’est ce qu’on appelle avoir un abonnement au caca au vu de ses choix de tournage. Bref ; Dylan est formidablement riche, patron d’un immense cabinet comptable (ça c’est de l’entreprise maléfique) qui gère aussi diverses collections d’art, d’où le poste de Carly, et le bougre est accessoirement un diable de séducteur. Il n’en faut pas plus à Sam pour devenir instantanément jaloux de lui et commencer à faire un gros caprice à sa copine. Tout fâché qu’il est, il finit par retourner à son boulot où il aperçoit un étrange cadre asiatique qui le suit, puis commence à le harceler en demandant à lui parler. Je vous passe les détails supposément drôles (l’humour de ce film laisse suggérer que Franck Dubosc y aurait sa place), mais après moult péripéties qui les rendent tous deux ridicules en public, le cadre au teint pâle finit par s’expliquer : il a déjà vu Sam sur des vidéos pirates d’attaques de Decepticon, où on le voit aux côtés des Autobots, et il pense pouvoir se confier à lui, car il a des informations cruciales sur les Transformers qu’il veut faire remonter aux gentils robots. Aussi, il sort de son slip (véridique) une série de papiers contenant moult informations, en demandant à Sam de les transmettre à qui de droit. Et ce discrètement, puisqu’il se sait surveillé.
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Heu… ah ? Donc quand tu te sais surveillé, tu attires à mort l’attention sur toi en faisant des tonnes de simili-gags et de trucs pas discrets pour bien dire « HOUHOUUUU JE COMPTE PARLER D’UN TRUC SECRET A SAM WITWICKY« . Astucieux ; pourquoi tu ne lui as pas juste filé tes papiers pendant qu’il apportait le courrier dans ton bureau ? Ça n’avait rien de suspect, c’était direct, discret et vite réglé. Mais non.

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Juste après avoir transmis les fameux papiers, le cadre retourne dans son bureau où, pas de bol, il s’avère que Vautour est déjà présent. Ne me demandez pas comment il est entré, ni comment cela se fait-il que personne ne l’ait vu, alors que tout le bureau est vitré et donne sur un immense open-space, je n’en sais rien. D’ailleurs, même lorsque le type et le robot commencent à se battre en hurlant, personne ne voit ou n’entend quoi que ce soit. C’est magique ; ainsi, nul homme ne se porte au secours de notre brave asiatique, alors qu’il est passé brutalement par une fenêtre. Ou alors, c’est juste que tout le monde avait envie de le voir y passer, ce qui était, par exemple, mon cas.
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Mais Vautour, avant de se débarrasser de sa victime, a eu le temps de repérer que celui-ci avait discuté un peu trop longuement et curieusement avec Sam Witwicky : au diable la discrétion, il va aussi le tuer sur le champ ; il sort donc ses mitrailleuses et commence à arroser l’open-space, pendant que le pauvre chargé du courrier était en train d’y passer. Comme il se doit, il le loupe, et le héros parvient à s’enfuir. Où trouver un abri ? Il faut agir vite ! Notre loulou va donc… chercher sa nana au travail.
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Pardon ? Quoi ? Vous dites ? « Ah, je suis poursuivi par un robot tueur ! Vite, si j’allais chercher ma copine au travail ? Comme ça, elle pourra mourir avec moi quand on mitraillera ma bagnole ! Quelle superbe idée ! » ; lui envoyer un message pour lui dire de planquer ses fesses, n’eut-ce pas été plus malin ? Je crois qu’on ne va pas trop leur en demander. Personnellement, si un jour une de mes conquêtes débarque en bagnole en bas de mes bureaux en m’envoyant « Vit ! Décen, je sui dan la voitur, 1 tueur me cherch :(« , elle risque de recevoir un « Raison de plus pour que tu oublies ce numéro connasse ;)« . Chacun sa méthode.
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Notre petit couple s’en va donc au QG du NEST, et bien que les gardes refusent de les laisser rentrer lorsqu’ils demandent à parler aux Autobots (« Heuuuu noooon, non, on a pas de robot géant ici, pas vrai Gégé ?« ), l’un des gentils robots, Bumblebee, entendant par hasard que l’on ne veut pas laisser entrer son ami s’énerve très fort et sort donc à toute allure du hangar avant de tout péter autour de lui en sautant au-dessus de tous les obstacles, ce qui est particulièrement discret, surtout lorsque l’on sait que le QG du NEST se situe en plein milieu d’autres buildings qui seront heureux d’apprendre que l’on héberge des robots aliens à côté de chez eux. Le prix de l’immobilier va chuter, les propriétaires ne pourront plus rembourser leurs prêts, les banques vont perdre de l’argent et une nouvelle crise économique commencer. J’ai toujours trouvé que Joseph Stiglitz n’évoquait pas assez les responsabilités des Transformers dans la crise. Encore un qui a séché les documentaires sur le sujet, mais passons.
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Détail essentiel : à chaque fois qu’un Transformer saute (par-dessus une barrière, en direction d’un ennemi ou même juste une journaliste-écrivain ratée), il y a un ralenti. C’est assez inexplicable : le film durerait probablement 15mn de moins sans les ralentis à foison ; il faut croire que Jojo, le stagiaire en charge du montage des scènes d’action avait un gros problème de Parkinson l’obligeant à appuyer frénétiquement sur la touche « ralenti » de sa console. Le malheureux. Mais je crois qu’il avait déjà travaillé sur « 300« , si je ne me trompe.
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Une fois que Bumblebee a retrouvé son ami Sam, la situation se règle assez facilement : notre héros et sa donzelle sont autorisés à rentrer au sein de la base secrète et peuvent donc y retrouver le reste des Autobots. Ça tombe plutôt bien, puisque non seulement le NEST est là au grand complet, mais aussi la patronne de la CIA, puisque Optimus Prime s’apprête à utiliser son « cristal de commandement » (oui, je sais, c’est une « matrice autobot », mais je fais des raccourcis si je veux), symbole de l’autorité du chef Autobot, pour faire sortir Sentinel Prime de sa torpeur. Sans le cristal, la chose est impossible.
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A peine le bidule a t-il touché le vieux robot que celui-ci se réveille en sursaut quelque peu paniqué, soucieux de savoir ce qu’il est advenu des Autobots et de la guerre sur Cybertron ; il est donc un petit peu dégoûté lorsqu’il entend que cette dernière a été perdue par leur camp, mais n’est pas plus étonné que ça, ce qui se comprend quand on voit les bras cassés que sont les Autobots. Il se décide en conséquence à expliquer aux humains perplexes ce qu’était la mission de l’Arche, son vaisseau : il s’agissait de transporter une arme secrète, un « pont spatial« , loin derrière les lignes ennemies. Cette dernière est en fait un téléporteur constitué des pylônes retrouvés avec lui, avec tout ce que ça implique : pouvoir évacuer ses gars en quelques secondes, lancer des assauts derrières les lignes ennemies, faire ses courses à Carrefour Market et revenir à temps pour l’apéro, etc. Il faut donc mettre ce terrible instrument en sécurité, hors de portée des Decepticons qui pourraient traîner dans le coin (et qui détestent rater l’apéro parce qu’ils faisaient leurs courses à Carrefour Market).
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Optimus Prime, qui n’est pas un filou, propose à son ancien maître de reprendre le cristal de commandement pour redevenir le chef des gentils, mais ce dernier décline : il est vieux, usé, fatigué, et ne connait rien à la planète Terre contrairement à Optimus. Il serait donc peu judicieux pour lui de redevenir chef. Soit.

Oui, contrairement à Cher, les robots fripent en vieillissant. C'est très décevant je dois dire.

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Bien, bien. Maintenant que Sam est au courant de tout ça, il est donc invité à… foutre le camp. Encore ? Mais enfin, combien de fois allez vous mettre dehors un type qui connait tellement de secrets que même les Decepticons tentent de se le faire ? Sam ne pense même pas à souligner la débilité ambiante, et va plutôt se tourner vers quelqu’un qui pourrait accepter de l’aider : un ancien agent de la CIA passionné de secrets, de complots et d’histoires d’aliens (non, pas Fox Mulder, même si ça ressemble) : Seymour Simmons, qui s’est retiré des affaires de l’Agence pour aller écrire des livres sur les extra-terrestres et ce qu’ils veulent aux pauvres terriens. Sam l’appâte avec les documents que son collègue asiatique lui a transmis au bureau peu avant de mourir (visiblement, il n’a pas pensé à proposer ça aux gens du NEST, ce qui aurait pourtant pu les intéresser) : à vue de nez, tout ça détaille comment feu notre jaune ami a participé, avec d’autres, à empêcher le programme spatial américain de progresser plus avant, pour sa part en empêchant les outils d’observations de la NASA de pouvoir observer un certain point précis de la Lune. Pas de problèmes, dit Seymour Simmons : ce que les USA n’ont pas vu durant la guerre froide, les Russes ont dû le voir. Et ça tombe bien : deux spationautes russes sont actuellement aux Etats-Unis, après être passés à l’Ouest à la fin de la guerre froide. Peut-être qu’eux ont des informations intéressantes à partager qui permettraient de savoir ce que l’on a voulu cacher aux Américains ?
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En tout cas, tout cela barbe cordialement la pauvre Carly, qui elle, ne peut pas gérer plus deux choses à la fois (sa fesse gauche, sa fesse droite), d’où le fait qu’elle ait des assistantes pour s’occuper de sa collection d’art, j’imagine. Aussi, puisque les complots galactiques ne l’intéressent pas, le ton monte avec Sam, expliquant qu’elle n’aime pas trop ces histoires. Elle lui précise d’ailleurs que le soir même, son patron donne une soirée, et que le bon Witwicky est invité s’il n’est pas trop occupé à essayer de sauver le monde (brave fille : tu as de belles priorités). Ils se fâchent donc un peu, puisque notre héros semble plus intéressé par les plans d’aliens hostiles ayant essayé de dézinguer l’humanité par deux fois plutôt que par les soirées chez des types qui ont joué dans Grey’s Anatomy et qui ont donc forcément mauvais goût. Quelle drôle d’idée, tout de même. Comme quoi, on a bien raison de ne pas écouter les donzelles.
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Bref, laissons les nanas loin de tout cela comme il se doit, et passons à la suite : Sam, Seymour et l’assistant de ce dernier, Dutch, se rendent donc dans un bar à tendance slave, où, évidemment, on ne boit que de la vodka en ayant sur les genoux des puputes couvertes de fourrure (attention, de la fourrure animale, ce n’est pas un bar portugais), alors que des mafieux s’affairent au bar (quelqu’un a dit « caricature« , qu’il se dénonce !) ; seul problème, l’accueil est un peu froid, et rapidement, les anciens soviétiques se lassent que l’on vienne leur poser des questions, et des armes surgissent dans toutes les mains, américaines comme russes. Cela suffit aux spationautes pour accepter de se mettre à table : oui, je n’ai pas compris non plus. Visiblement, pour faire parler les transfuges, il suffisait de se comporter comme un gros débile. Ni une, ni deux, nos deux amis de l’Est emmènent nos héros dans une arrière-cour d’où ils sortent des photos ultra-précises de la Lune (ne me demandez pas comment et pourquoi ils ont pu quitter l’URSS avec ça et les raisons pour lesquelles ils ne s’en sont pas servi de monnaie d’échange pour passer à l’Ouest, je ne sais pas. Et j’ignore aussi comment il se fait qu’on puisse trouver de pareils documents dans une minable arrière-cour de bar mafieux) : on peut y voir qu’il n’y avait pas que 5 pylônes à bord de l’Arche, mais des centaines et des centaines, et que… des Decepticon, sur la Lune, ont déplacé tous les pylônes sauf ceux de la soute blindée pour les entasser plus loin. Mais alors, bon sang ! Ils sont déjà en possession du téléporteur ! Mais s’ils ne s’en sont pas déjà servis, c’est sûrement qu’il leur manque une pièce pour ce faire… et vu qu’ils ont déjà les pylônes… et si c’était… Sentinel ? Si les Decepticon avaient fait exprès d’amener le NEST sur la trace de l’Arche pour que les gentils aillent y chercher Sentinel et le réveillent avec le cristal de commandement, histoire de pouvoir ensuite l’enlever et l’obliger à activer le téléporteur ? Vite ! Il faut appeler la CIA et le NEST pour les avertir qu’ils sont tombés tout droit dans un piège (ce qu’ils auraient pu savoir dès le début du film s’ils n’avaient pas laissé les méchants se barrer à Tchernobyl, mais je ne dis rien) !
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Sam appelle donc ses amis du gouvernement en hurlant « Houloulou, la merde ; les Decepticon ne veulent pas les pylônes retrouvés sur l’Arche, ils s’en moquent : ils en ont déjà des centaines ! Ils veulent juste Sentinel Prime pour activer le bousin ! Il faut le mettre dans un endroit où personne n’osera aller le chercher, comme par exemple un service administratif français ! » ; Sentinel, qui était tranquillement en train de faire sa promenade quotidienne sur le périphérique de Washington (tout en perdant de l’huile : il est vieux et plus vraiment étanche), reçoit donc l’ordre de rentrer à la base avec son escorte. Mais, ho ! Les méchants sont déjà là ! Sous la forme de trois 4×4 de police, ils commencent à s’en prendre à la troupe ; s’ensuit donc une course poursuite pleine de sauts au ralenti, durant laquelle les Decepticons ne parviennent pas à prendre le dessus malgré leurs efforts, tant les Autobots sont déterminés à protéger leur vieux sage local.
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Mais alors qu’ils arrivent enfin à la base du NEST, où Sentinel Prime sera en sécurité pour de bon, ce dernier reprend sa forme de robot et annonce la couleur : « Merci de m’avoir sauvé des Decepticons, mais en fait, je compte aller avec eux de mon plein gré. Désolé. En réalité, j’avais passé un pacte avec eux : je devais m’enfuir avec l’Arche et le téléporteur et les retrouver sur Terre. Et maintenant, m’y voici. » ; ah, le traître ! En plus, il ne fait pas semblant : il récupère les derniers pylônes dans la base du NEST et s’enfuit avec, non sans avoir tué Ironhide, un Autobot qui l’avait jusqu’ici escorté et qui risquait de l’empêcher de partir. Tout le monde est donc sur le cul chez les gentils, et ça pleure à chaudes larmes le cataclysme qui vient de s’abattre sur eux. Puis, ils traitent quand même Sentinel Prime d’enculé, par principe, parce que bon. Mais ils ne le poursuivent pas : là encore, pourquoi faire ? C’est pas comme si il venait d’annoncer qu’il trahissait tout le monde, qu’il allait passer à l’ennemi avec arme ultime et bagages, et qu’il s’enfuyait sur les routes à la vitesse d’un gros camion poussif que même une Renault 4 pourrait doubler sans soucis en côte. Dans ce film, seules les vilains connaissent le sens du mot « poursuite » semble t-il.
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Attendez, attendez, c’est quoi ce rebondissement pourri : dites moi les enfants, si Sentinel Prime devait s’enfuir avec les pylônes à bord de l’Arche durant la guerre, déjà, pourquoi les Decepticons ont-ils eu la bêtise de s’acharner à vouloir l’abattre ? Parce que si le plan a été retardé, c’est bien à cause des Decepticons qui ont endommagé l’Arche, non ? Donc ça ne tient déjà pas.  Et puis, pourquoi avoir voulu vous donner rendez-vous sur Terre ? C’était pas plus simple de juste traverser les lignes pour vous filer le bidule de la main à la main ? Quand vous voulez qu’un pote vous passe un DVD, vous lui donnez rendez-vous à Kaboul ? Non mais les plans minables. Tiens, et puis même : si Sentinel était moins idiot, quand Optimus Prime lui a proposé de reprendre le commandement et le cristal allant avec, il l’aurait fait. Comme ça, il avait avec lui cet outil surpuissant et en plus il pouvait commander les Autobots à volonté, ce qui aurait été plus pratique pour s’enfuir. Mais non, il avait envie de se compliquer la tâche. Andouille.

"Non Optimus, je ne peux pas reprendre le cristal de commandement : ça m'arrangerait trop, je vais donc stupidement le refuser"

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A la nuit tombante, en tout cas, les Decepticons et Sentinel Prime finissent par se rejoindre à un point de rendez-vous particulièrement discret : le Lincoln mémorial de Washington. D’ailleurs, histoire de bien dire qu’ils sont vilains, les méchants ont explosé la statue de l’ancien président pour que Mégatron puisse s’asseoir à sa place dans son siège de pierre, en attendant que Sentinel débarque (il a des problèmes de lombaires le Mégatron qu’il ne peut pas patienter 30s debout ?) ; ce qu’il fait promptement. Et le vieil Autobot n’a pas besoin qu’on lui dise quoi faire : à peine est-il arrivé qu’il accepte d’activer le téléporteur : il répartit donc ses 5 pylônes devant le mémorial, et les active un par un : lorsque les Autobots, avertis de la présence de méchants au mémorial, débarquent, ils se retrouvent face à une immense colonne de lumière qui forme un pont jusqu’à la Lune elle-même ! Et sur celle-ci, des centaines de Decepticons sortent de la poussière pour rentrer dans la colonne lumineuse et ainsi réapparaître instantanément sur Terre !
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Juste une question, comme ça, en passant : ils sont arrivés comment, sur la Lune, les Decepticons par paquet de cent, là ? Non parce que s’ils pouvaient voyager dans l’espace comme ils l’entendaient, pourquoi ne sont-ils pas directement allés sur Terre ? Pourquoi attendaient-ils un superfétatoire téléporteur ? Nous ne le saurons jamais, alors passons sur cette incohérence grosse comme un camion tuning.
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Optimus Prime et ses joyeux amis ne peuvent donc pas arrêter le bordel ambiant : trop de robots hostiles apparaissent, et ils se retrouvent donc promptement en sous-nombre, obligés de se replier face à la puissance de feu supérieure de l’ennemi. L’invasion de la Terre a donc officiellement commencé…
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… c’est donc le moment idéal pour Sam d’aller prendre des nouvelles de sa copine. Là encore, il ne s’agit pas de l’appeler pour l’informer du bordel ambiant et lui demander de se mettre en sécurité, non (quel intérêt ?) : à la place, il va trouver ses parents pour savoir s’ils n’ont pas vu Carly. C’est vrai, des fois qu’elle soit dans le lit de papa : excellent plan, mec. D’ailleurs, sa famille a décidé qu’il était temps d’avoir un « conseil de famille » : une invasion de robots tueurs est toujours idéale pour trouver un moment pour parler avec son fils du fait qu’il doit prendre soin de sa copine parce qu’elle est « belle et riche« . Le fait qu’elle soit complètement conne n’entre visiblement pas en ligne de considération, hélas. Requinqué par les conseils parentaux (« Tu dois aller dire à celle que tu aimes que tu l’aimes « , « Tu dois l’écouter et ne pas t’occuper que de toi « , « Tu dois lui apprendre la position du toboggan du bonheur « ), et particulièrement le dernier « Tu dois la retrouver et lui parler ! » (exactement ce qu’il comptait faire jusqu’à ce que ses parents lui disent qu’ils voulaient lui causer – merci la perte de temps) le jeune Witwicky file donc chez Dylan Gould pour y retrouver sa douce et se réconcilier avec.
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Dans le vaste manoir du sieur Gould, notre loulou retrouve donc sa douce en plein tête-à-tête avec son charmant patron ; il décide donc de la sortir de là, parce que merde, pour se réconcilier, rien de mieux que de traîner sa nana dehors en lui arrachant à moitié le bras devant tous les invités et collègues de travail qui assistent à la scène, et ce, sous les yeux de son patron. Il a juste oublié de la traîner par les cheveux avant de lui faire l’amour sur une peau d’auroch pour compléter le tableau. Cependant, le sieur Dylan ne goûte guère à ce genre de comportement en sa demeure, et fait donc saisir l’importun par ses gros bras, et avant de l’envoyer bouler dehors. Et il s’avère que tous les invités semblent prendre un malin plaisir à la chose, particulièrement lorsque Dylan fait appel, pour calmer notre héros, à un… Decepticon ! L’enfoiré : il bosse avec eux (et tous les invités et le personnel qui ont l’air au courant, aucun d’entre eux n’a jamais fait fuiter l’info que leur patron bossait avec des êtres qui avaient tenté de raser la Terre par deux fois ? C’est très fort) !
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Le vil Gould explique donc ce qu’il en est : son père, qui a fondé son cabinet comptable maléfique, avait pour client la NASA il y a des années. Aussi, les Decepticons sont venus le trouver pour lui demander d’empêcher les Etats-Unis de poursuivre leur programme spatial, en truquant les budgets prévisionnels des missions lunaires à venir pour les rendre si chers que personne ne veuille y mettre du pognon (ils sont forts ces Decepticons ; j’espère qu’ils ont aussi parlé de TVA et de niches fiscales, vu leur connaissance des fonctionnements terriens) ; oui, à la NASA, c’est un cabinet comptable extérieur qui budgette les missions, c’est pas comme si c’était le genre d’informations sensibles qu’on traitait en interne, surtout durant la guerre froide, hein, mais bon. Voici donc ce qu’il va se passer à présent : Gould va partir en prenant Carly en otage avec lui, quant à Sam, il va gentiment aller servir d’espion pour voir ce que la CIA et les Autobots préparent. Si jamais il désobéit, sa copine prendra une balle dans la tête. Et comme ça ne lui fera rien, vu qu’elle ne semble pas dotée d’un cerveau, ils lui raboteront les fesses, son point faible. Enfin, histoire d’être définitivement sûrs qu’il ne va pas tenter de jouer au plus malin, Gould attache à son poignet une splendide montre qui est en fait un tout petit Decepticon qui transmettra tout ce que notre héros dit ou fait. Et qui pourra lui faire mal si jamais il tente quoi que ce soit ou s’il ne met pas assez de bonne volonté dans sa mission. Une fois cela fait, ils lui mettent gentiment un coup de pied au train et le renvoient vers le NEST. Décidément, le hobby d’une personne sur deux aux Etats-Unis semble être de confier tous ses secrets à Sam avant de le foutre dehors. C’est assez curieux je dois dire. Sûrement un truc culturel.
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Mais l’invasion, elle, ne s’est pas calmée pendant ce temps : forts de leur puissance de feu largement supérieure, les Decepticons ont envoyé bouler tout ce qui leur résistait, et annoncent à l’ONU, via Sentinel Prime (qui a moins l’air d’un gros chacal que Mégatron, ses yeux rouges et ses dents pourries), que personne ne veut la guerre. Si la Terre accepte de coopérer en fournissant les ressources nécessaires à la reconstruction de Cybertron, la planète d’origine des Transformers, et si elle accepte de virer les Autobots de son territoire (en les renvoyant vers le vide intersidéral, comprendre l’espace ou la Creuse), alors tout ira bien. Les Nations Unies ont un peu sali leurs fonds de culottes, puis ont accepté le marché. Paix il y aura donc.

"Ils nous demandent juste de virer nos immigrés : finalement, je trouve ces Decepticons particulièrement sympathiques"

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Aussi, lorsque Sam arrive enfin que QG du NEST, il apprend simplement cela : les terriens n’ont aucun plan et ne comptent pas résister. A vrai dire, ils ont même déjà commencé les préparatifs pour virer les Autobots, qui sont eux-mêmes résignés à quitter le coin puisqu’on leur demande. Personne ne remarque que pendant qu’il pose des questions, Sam se tient très fort le poignet en faisant « Raaaah j’ai maaaaaal« , puisque le Decepticon-montre le titille pour l’obliger à obtenir des informations. D’ailleurs aucun détecteur de métaux ou de Decepticons (puisque la base du NEST en est truffée) ne semble avoir repéré quoi que ce soit. C’en est à se demander à quoi ils servent. Il y a tout de même un passage formidable, où, forcé par la montre, Sam dit aux Autobots « Dites moi si vous avez un plan ! Vous savez que vous pouvez me parler, je suis votre ami… je serai le seul humain au courant ! » ; phrase qu’il prononce avec 40 agents et techniciens du NEST derrière lui. Soit il ne les considère pas comme des humains, soit il pense qu’ils sont sourds, allez savoir. Ou cons. Choisis ton camp camarade.
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Les Autobots finissent donc par regagner leur navette spatiale, qui est prête à décoller, et a pour l’occasion été boostée d’une navette et de propulseurs (pourquoi ? La dernière fois, ils ont pu aller sur la Lune sans. Et puis ils ont obtenu tout ce matos en moins d’une journée ? On peut donc monter une mission spatiale en moins de 24h ? C’est beau, tout de même, moi qui pensais que c’était compliqué).  Les robots de l’espace s’envolent donc vers le ciel dans une immense colonne de feu, sous les applaudissements de la NASA, qui applaudit naturellement quand elle réussit un lancement, même si c’est pour expulser des gens qui les avaient sauvés par 2 fois, parce que bon, héros, certes, mais immigrés avant tout. La navette qui s’envole est donc un peu comme une sorte de gros charter vers Bamako.
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Mais à peine le vaisseau a t-il décollé qu’un Decepticon sous la forme d’un avion de chasse s’approche et lui balance quelques missiles dans la face pour lui apprendre la vie : tout explose, les Autobots viennent donc tout simplement d’être détruits en plein ciel : au sol, c’est le choc, les gentils aliens mi-véhicule tuning mi-humanoïdes idiots viennent de périr tragiquement. C’est affreux. Allez, prenez le temps de sécher vos larmes, nous allons passer à la suite (ce film est diablement long).
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Un peu plus tard, donc, la ville de Chicago est dans une curieuse situation : les Decepticons ont installé la quasi-totalité de leur armée sur place, et Sentinel Prime est occupé en haut d’un immeuble à installer plusieurs pylônes de téléportation en des points précis (on aperçoit brièvement des Decepticons en installer un peu partout ailleurs dans le monde) . Tout cela est fait sous le regard attendri de Dylan Gould, qui dispose d’un formidable appartement avec vue sur tout cet immense bazar, sympathique endroit dans lequel il s’entretient avec Carly de la suite des hostilités, histoire de la divertir un peu tant otage est un métier ennuyeux. Comme tous les méchants, le bougre se décide donc à révéler l’intégralité du plan des forces du mal : la ressource que les Decepticons comptent prélever de la Terre pour reconstruire Cybertron, ce sont les humains ; car ils auront bien besoin d’esclaves pour ce faire. Mais ? Ce ne sont pas des machines, justement ? Ils ont besoin d’esclaves ? Et sachant que Cybertron est une planète sans atmosphère, juste comme ça, vous comptez vous y prendre comment ? Les mecs travailleront en apnée 30s avant de mourir ? Il va en falloir, du monde. Enfin bon. Tant qu’à raconter tout en détails, Gould précise aussi comment fonctionnent les pylônes de téléportation (est-ce que quelqu’un peut m’expliquer comment il sait ça ?) : ils fonctionnent tous ensemble sous la coordination d’un pilier principal, de couleur rouge contrairement aux autres qui sont bleus ; si le bidule rouge est désactivé, tout le plan des Decepticons sera foutu en l’air. Merci de la précision de ton explication fort utile. Moi aussi, j’adore confier toutes les failles de mes plans à mes prisonnières (« Hahaha, les filles, il est strictement impossible de sortir de cette cave ! Elle est reliée à cette caméra de sécurité, qui n’ouvre qu’à ma personne ; elle a cependant un bug et déverrouille la porte si vous pratiquez des scènes lesbiennes devant elle, mais je doute que cette information vous serve« . Bon, moi par contre, je mens un peu, c’est vrai).
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Tiens, au fait, Mégatron n’avait pas demandé à Vautour de tuer tous les humains qui avaient collaboré avec lui ? parce que finalement, il n’a plus besoin de Gould depuis un bail. A part, bien sûr, pour révéler le point faible des plans des méchants à la gentille. Misère, mais mettez-lui une balle dans la tête, bon sang. S’il vous plait. Allez, quoi, flûte. Une faveur. Ah, rabat-joie.
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En tout cas, Sentinel Prime, lui aussi, explique un peu à Mégatron pourquoi il a trahi les siens : sa priorité, c’est reconstruire Cybertron, leur monde natal. Et si pour ça, il faut sacrifier l’humanité, c’est normal car « Le plus petit nombre doit s’effacer devant le plus grand« . Rappelez-moi combien sont les Transformers ? Ah oui : « Une poignée« . Face à 6 milliards d’individus. Si c’est pour avoir ce genre de soliloques consistant à se tirer des balles dans le pied, autant fermer sa gueule mon petit Sentinel Prime. Mais le bougre, visiblement soucieux de montrer qu’il est complètement con jusqu’au bout déclare « Maintenant, commençons à raser la ville pour montrer aux humains qui sont les maîtres. » ; juste comme ça, Cyber-Corky, deux remarques :
  • Détruire une partie de la ressource que tu es venu chercher, c’est contre-productif, en fait
  • Tirer sur les humains comme ça, hop, au hasard, ça revient à dire « Humains, que vous vous battiez ou non, on vous tape sur la gueule, alors autant vous battre« . Ou comment inciter soi-même à la révolte.
Et donc, c’est toi le vieux maître qui a tout enseigné à Optimus Prime ? Je commence à comprendre pourquoi les gentils sont de gros neuneus : ton enseignement a porté ses fruits. Ho, et si vous vous demandez pourquoi ils installent leur téléporteur, sachez que c’est encore plus idiot : ils comptent téléporter Cybertron à côté de la Terre pour pouvoir y envoyer les humains. Comment ? A part probablement risquer une monstrueuse collision entre deux planètes, ça ne sert à rien ? Je suis d’accord. D’ailleurs, pourquoi téléporter sa planète si c’est pour ensuite téléporter les humains dessus ? Autant passer directement à la deuxième étape. Mais que voulez-vous : quand on a un moteur de Traban en guise de cerveau, ça a des conséquences.
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Chicago est donc plongée dans le chaos : des Decepticons-tanks se promènent dans les rues en massacrant les gens, les vaisseaux volants bombardent tout et des chasseurs sont largués par ces derniers pour aller faire du mitraillage sur les grandes artères. Bref, on rigole bien. L’armée américaine tente bien d’intervenir, mais tous ses appareils sont abattus par les défenses Decepticons avant même d’avoir pu ouvrir le feu. Tout espoir semble donc réduit à néant…

De tout le film, jamais notre héroïne n'arrivera à mettre sa bouche dans une autre position que celle-ci. Comme dirait Nicolas Cage "C'est compliqué, les expressions faciales".

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Mais c’est sans compter sur Sam, qui lui a une très grosse envie d’aller sauver sa nana. Aidé de Seymour Simmons et de son assistant Dutch, il finit par la localiser dans un immeuble de Chicago en repérant le téléphone portable de Gould : il doit s’y rendre ! A ce moment là, il ne sait pas encore que la ville a commencé à être bombardée, mais dans le doute, il a quand même décidé d’y aller avec une équipe d’anciens agents du NEST dont il connait le chef, qu’on appellera Bob. Tous ensemble, le geek et ses baroudeurs foncent donc à vive allure vers la cité dont ils apprennent le tragique destin à mi-chemin. Au passage, chose mystérieuse, Sentinel Prime semble mettre des heures à configurer son téléporteur, alors que la dernière fois, devant le Mémorial de Lincoln, il lui avait fallu moins de 5mn. Que ne ferait-on pas pour que les héros aient le temps d’arriver.
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Sur place, donc, Sam et ses amis découvrent la cité très largement entamée par les combats, les rues étant remplies de voitures calcinées et nombre d’immeubles éventrés par les tirs. Seulement voilà : un chasseur Decepticon a tôt fait de les repérer et de commencer à les mitrailleur, les acculant derrière quelques couverts qu’ils ne peuvent quitter, sans compter qu’ils n’ont pas d’armes suffisamment grosses pour percer ce blindage, n’ayant que des fusils mitrailleurs (vous n’avez toujours pas envie de prendre des lances-roquettes ? Ce sont des êtres blindés, vous allez le comprendre quand ? Ça fait quand même déjà trois films, là). La petite troupe va t-elle mourir sous les assauts de l’appareil ennemi ? Je me le demande, pfou, j’en sue de stress.
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Et en effet, un tir de gros obus abat l’ennemi d’un seul coup : les Autobots au grand complet viennent d’arriver ! Ils sont venus ! Mais comment ont-ils survécu à l’épisode de la navette ? Facile : ils s’étaient planqués dans un des modules que la navette avait largués au décollage, dixit l’un d’entre eux. Attendez, la navette avait largué un module ? Non non non, elle n’avait rien largué du tout, elle a été abattue alors qu’elle venait juste de décoller. On dirait qu’un scénariste se fout ouvertement de notre gueule. Hmmmm, voilà qui me rend grognon. Oui, plus que d’habitude. Si, c’est possible. Bref ; détail notable : malgré leurs mésaventures, les combats, la poussière et la suie du champ de bataille, sous leur forme de véhicule, les Autobots n’ont pas une tache ou une rayure sur leurs carrosseries. Ça s’appelle le respect du tuning : aucune particule digne de ce nom n’oserait se poser sur un truc aussi laid.
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Les Autobots annoncent donc la suite de leur plan (et il n’y a personne pour les écouter : le Decepticon-montre s’est barré juste après que la navette des Autobots ait été abattue, pour information) : certes, ils ne sont que 9, oui, en face, ils sont des milliers, alors ils vont foncer dans le tas, de face, et sans préparation. Voilà, quand je vous disais qu’Optimus Prime avait bien appris de son maître, je ne me foutais pas de vous : c’est un fait. On note aussi que sans raison aucune, il a fallu attendre que les Decepticons fassent un million de morts à Chicago pour que les Autobots se décident enfin à pointer le bout de leur nez pour déjouer leurs plans, mais passons.
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L’équipe décide déjà de récupérer l’appareil volant fraîchement abattu, qui vole encore (excusez-moi, s’il a été abattu, ce n’est pas justement parce qu’il ne volait plus ? Je crois que la notion de « logique » a été oubliée, quelque part en amont de cette production), pour infiltrer discrètement l’équipe de Sam et de ses potes humains en ville, histoire d’aller sauver Carly des griffes du vilain Dylan Gould. Ni une, ni deux, nos larrons parviennent à faire voler l’appareil et à larguer Sam pile à l’étage voulu de l’immeuble qui sert de planque au brigand pour qu’il puisse récupérer sa nana (moi, personnellement, j’aurais envoyé un membre du commando qui m’accompagnait : c’est un peu leur spécialité, merde ; c’est à ça que sert le petit personnel). Ce qui est promptement fait, et dans la panique qui s’ensuit, Dylan n’aimant pas trop qu’on tente de lui piquer ses jouets, il envoie à la poursuite de Sam un Decepticon qui passait par là (mais, pourquoi lui obéissent-ils encore, vu qu’il n’est plus d’aucune utilité depuis longtemps ?) : Vautour. Hélas pour le pauvre volatile, les canons du chasseur avec lequel Sam est venu vont s’en mêler et le transformer en pulpe ; voilà, un de moins. N’en reste plus que quelques milliers, et c’est bon. Bah, on y est presque, non ?
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Dylan Gould dispose d’ailleurs visiblement lui-même de son propre téléporteur, puisque quelques secondes seulement après que Sam se soit enfui par la fenêtre d’où il était venu sur son appareil volant et sa donzelle fraîchement récupérée, le vil comptable arrive en bas de son immeuble (soit une descente d’environ 10 étages par seconde, même la gravité est dégoûtée de ne pouvoir faire aller les gens aussi vite) pour informer les Decepticons qui trainaient que les gentils sont dans Chicago et qu’il faut se défendre ! La bataille peut donc commencer.
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Je vous passe les détails de la baston générale, avec des gentils et des méchants qui se poursuivent dans tous les sens, mais résumons un peu : Sam et ses commandos apprennent grâce à Carly que le point faible des méchants est le fameux pylône rouge qui commande à tous les autres. Ils se décident donc à aller essayer de lui coller une roquette dans la margoulette ; ça tombe bien, ils n’en ont qu’une (je ne commente même pas, tenez) ; mais pour toucher leur cible, située tout en haut d’un immeuble, il leur faut eux-mêmes monter dans un bâtiment suffisamment proche et haut pour avoir une bonne ligne de vue. Et un bel immeuble de bureaux se propose de servir de terrain de jeu : en route !

En tout cas, c’est un sacré bazar, puisque l’immeuble choisi est déjà dans un état contestable suite au bombardement, et qu’une fois arrivé en position pour tirer, le type à qui on a confié le lance-roquette passe son temps à faire « Aaaah non, je ne tire pas, j’ai trop peur que l’immeuble s’effondre ! » alors que tous ses potes, à côté de lui, lui hurlent d’ouvrir le feu. C’est vrai que rester sur place à ne rien faire dans un immeuble instable, c’est tellement plus sûr que de tirer avant de se barrer pour se mettre en sécurité. Et non, personne ne lui prend l’arme pour tirer à sa place : de longues minutes s’écoulent donc sans que rien ne se passe, jusqu’à ce que les Decepticons ne repèrent la petite bande en goguette : un terrible adversaire que vous aviez sûrement oublié se montre donc et commence à ravager le bâtiment : Sondanal, l’explorateur de trous noirs.

Shockwave et Sondanal trouvent toujours 5mn même en pleine guerre pour prendre la pose

Et visiblement, depuis 2001, on fabrique des immeubles en adamantium : même avec toute la base ravagée par un monstre de plusieurs milliers de tonnes, ils ne s’effondrent pas sur eux-mêmes et se contentent de pencher ; et si le haut d’une tour bascule et en rencontre une autre, ça ne provoque pas un double effondrement, non : ça l’arrête net. Surpuissant on vous dit.

Il n’empêche que nos héros sont obligés de courir dans tous les sens, de profiter que l’immeuble se mette à pencher à plus de 90 degrés (tout de même, ce n’est plus un bâtiment, c’est un carambar) pour sortir par une fenêtre et faire du surf sur la surface extérieure du bâtiment ; à noter que bien qu’ils soient équipé de grappins futuristes, nos loulous ne pensent jamais à les utiliser pour stopper leurs glissades et plus d’une fois, un type du commando finit dans le vide. Heureusement que ce sont des spécialistes.

Mais tout cela n’empêche pas Sondanal de poursuivre son petit bonhomme de chemin alors que sa poursuite derrière Sam & co se prolonge ; cependant, alors que la bête s’apprête à dévorer la petite troupe, elle est soudainement décapitée : Optimus Prime, qui a une sorte de jetpack, vient de traverser la ville en volant pour lui asséner un bon coup d’épée pile au bon moment sur le coin du nez. Dans un grognement sourd, le Decepticon fécal s’effondre pour ne plus jamais se relever. Les autres Decepticons n’apprécient guère la chose, et tirent donc sur Optimus Prime, parvenant à endommager ses réacteurs pour le forcer à s’écraser. Mais sans raison aucune, encore une fois, le bougre va se remettre à voler quelques minutes plus tard : non mais bon sang, c’est quoi ces histoires de trucs qu’on abat puis qui revolent ? Ce n’est quand même pas compliqué, comme logique, de dire « Abattu, a marche pu« . Mais il semblerait que pour certains réalisateurs, si.

L’armée américaine, elle, se décide enfin à intervenir : elle a compris comment rentrer en ville ; si tous ses avions sont abattus, il lui suffit d’envoyer des avions à hélice qui… pardon ? Des avions encore plus lents ? Oui, c’est ça : le NEST envoie des avions à hélice larguer des mecs au-dessus de la cité. Quel plan pourri ; il n’empêche que du coup, il marche ; il faut dire que ça permet une scène cool où, plutôt que de sauter en parachute, les bougres sautent de leurs appareils avec des tenues de base jump façon écureuils volants, en faisant de superbes manoeuvres (ils volent en formation, tournent en volant pour prendre de petites rues et semer leurs poursuivants, etc.). Oui, le mot ridicule est autorisé. Sinon, vous pouviez les amener en voiture : regardez, c’est même comme ça que Sam, son commando, les Autobots & co sont arrivés. C’était plus simple et plus efficace, certes, mais moins spectaculaire qu’une séance de sports extrêmes. Il fallait choisir.

La bataille continue donc d’encore plus belle, et il y a même un superbe passage où les Decepticon capturent deux Autobots, dont Bumblebee. Dylan Gould, qui est décidément un filou, s’empresse donc d’ordonner aux robots aux yeux rouges d’abattre leurs confrères aux yeux bleus : diable, il est donc plus cruel que les méchants eux-même ! Bon, je passe sur le fait qu’on lui obéisse, et disons-le : maintenant qu’il y a des prisonniers, ce ne serait pas plus intéressant de les interroger ? Du genre combien êtes-vous, quel est votre plan, etc ? Je ne sais pas, ça pourrait servir. Surtout que je le rappelle, vous pouvez vous le permettre : il y a plusieurs milliers de Decepticon contre 9 Autobots et une vingtaine d’humains dispersés et n’ayant même pas d’armes adaptées. Au fait : vous vous souvenez des vaisseaux volants dont je vous avais parlé jusqu’ici, qui bombardaient la ville et larguaient des chasseurs ? Et bien depuis que les Autobots sont entrés en ville, on en entend quasiment plus parler. C’est fou comme on fait disparaître facilement des ennemis pour faciliter le travail des héros.

Mais justement : ces vaisseaux là réapparaissent là, maintenant, car l’un d’entre eux est en train de s’écraser suite à une fourberie Autobot ; et coup de bol, il se crashe juste sur le peloton de Decepticons qui venait de tuer le premier prisonnier Autobot et s’apprêtait à tuer le second, qui n’était autre que Bumblebee, le pote historique de Sam. Et ce, sous les yeux justement de notre héros, qui planqué à quelques mètres de là suite à diverses aventures, avait pu observer la scène (le tout accompagné de sa copine : encore une fois, il a décidé de l’emmener partout avec lui plutôt que de la mettre quelque part en sécurité et de ne plus en bouger. Genre une cave : je recommande personnellement). Le gentil robot jaune est donc sauvé d’une fin prématurée et peut reprendre le combat. On ne tue pas aussi facilement les personnages qu’il faut faire revenir dans le prochain film, mécréants.

A noter qu’alors que Sam repart se battre, Carly décide de prendre une initiative, la seule de tout le film, et attention, pas n’importe laquelle : elle court voir Mégatron, le plus vilain de tous les Decepticons, et qui était en train de faire la sieste (je ne rigole pas, en pleine guerre, le bougre était en train de glander) ; évidemment, il n’a aucun garde, rien, et elle passe comme elle veut. Et une fois devant le brigand, elle utilise la ruse la plus consternante de tout l’univers : elle lui grimpe dessus (mais ça, elle le fait naturellement sur un peu tout depuis ses 14 ans) et lui dit « Hey, Mégatron ! Tu sais que tu passes pour un con, là ? Parce que finalement, toi tu n’es rien comparé à Sentinel Prime ; quant il aura ramené Cybertron ici, c’est lui qui va pouvoir se taper toutes les meufs (des robots qui se métamorphosent en Mini Cooper), et toi tu passeras pour un gros naze. Un gros caca pourri, hihihihi nananananèreuh » ; et figurez-vous que ça marche : Le chef des forces du mal se lève et s’exclame « Puisque c’est comme ça, je vais aller péter sa mouille à Sentinel Prime pour montrer que c’est moi le chef ».

A cet instant précis du film, j’ai beaucoup pleuré. Même si encore une fois, cela prouve ce que je disais plus tôt : ne jamais écouter une femme, ça n’attire que des emmerdes.

Dis-donc, tu crois que j'ai pas vu où tu mettais ta main gauche petit chenapan ?

La bataille continue (encore) donc à divers coins de la ville, et on retrouve Sam juste à côté du pylône principal, qui vient d’être activé : dans le ciel terrien, Cybertron commence à apparaître. Aussi, notre héros voyant ce terrible spectacle se dépêche de le couper, ce qu’il fait : comme un vulgaire téléchargement d’épisode de Lost, la télétransportation se met gentiment en pause, laissant dans le ciel un bout de Cybertron. Mais soudain surgit Dylan Gould, qui le réactive (Comment ça ? Hé, ho, je croyais que seul Sentinel pouvait l’activer, même que c’est pour ça que les Decepticons avaient dû monter leur plan pourri ? Un simple humain suffisait ? C’est fou comme les gens s’emmerdent pour rien, en fait.) avant de se battre avec Sam ; le téléchargement peut donc reprendre, et sans aucun dégât ou problème, Cybertron recommence à apparaître petit à petit au côté de notre belle planète. Finalement, Sam finit par se débarrasser de Dylan en le poussant contre le fameux pylône, ce qui l’électrocute quelque peu (mais toujours sans perturber le télétransport), mais la palme de la plus belle désactivation revient à Bumblebee, qui débarque pour… pour plaquer le pylône au sol façon Sébastien Chabal nourri au yaourt depuis une semaine ; l’objet est donc lourdement endommagé, et la télétransportation définitivement arrêtée, ce qui a pour effet :

  • De faire plaisir aux gentils
  • De retélétransporter loin de la Terre les milliers de Decepticons qui étaient arrivés de la Lune via le télétransporteur quelques jours plus tôt (Heu, pourquoi ?)
  • La planète à demi-télétransportée à côté de la Terre explose complètement, mais rassurez-vous : ça ne pose aucun soucis à notre belle planète. Il n’y a même pas un caillou qui l’érafle. Et vous savez pourquoi ? Parce que ça forme un immeeeeeeense trou noir, plus grand encore que notre planète, et toujours juste à côté, qui a la gentillesse de n’aspirer que les petits morceaux de Cybertron et de ne même pas remuer la Terre. C’est vraiment bien fait, tout de même. Tous les physiciens et astronomes de la salle se sont ouvert les veines à cet instant précis.

Il ne reste donc plus grand chose de la menace alien… mais tout de même : Optimus Prime, lui, au coeur de la bataille a rencontré Sentinel Prime, et commencé le combat contre son traître de vieux maître ; hélas, le bougre a de beaux restes pour un vieux un peu humide, puisqu’il parvient à mettre à mal le plus courageux des camions kitschs au point de lui couper un bras. Mais alors qu’il va mettre le coup de grâce à notre héros, Mégatron, telle une grosse pucelle hystérique, débarque en hurlant « C’est moi le chef heuuuuu ! Pas toiiii ! » et met à terre Sentinel, permettant à Optimus de se relever. Ce dernier ne perd donc pas de temps, et profitant de ce répit inespéré, tue Mégatron en le décapitant, avant d’achever son vieux maître au sol. Comme quoi, avec deux bras, il est plus mauvais qu’avec un seul ce gros nase. Je ne veux même pas savoir pourquoi.

Tout le monde se regroupe donc sur une petite place à demi-ravagée, et les héros s’échangent des regards genre « Ouaiiiis, ce qu’on leur a mis, on est trop forts, huhuhuhuhu« . Carly saute dans les bras de Sam pour lui rouler un gros patin et lui hurler qu’elle l’aime, et Bumblebee arrive donc sur ces entrefaites pour jouer sur son autoradio intégré la marche nuptiale avant de lâcher des boulons en guise d’alliance.

Oui, moi aussi, j’ai toujours rêvé de faire ma demande en mariage au milieu d’une ville en ruine et après des millions de morts. On appelle ça « Un mariage à la Hitler« . Vous êtes décidément trop cools, les héros.

Tout le monde se met donc en ligne devant un drapeau américain flottant encore au vent bien qu’un peu troué, et Optimus Prime déclare gentiment que maintenant que le calme est revenu, à nouveau, lui et et ses Autobots se mettent au service des terriens (alors que bon, ce n’est pas du tout comme si ça faisait moult fois que vous étiez poignardés par les humains, hein, mais quand on est un peu con…). Chacun dit les yeux humides qu’il a été fier de combattre pour la liberté, et alors que le drapeau de la patrie des braves bat dans le vent du soir, la lumière décroit doucement et…

FIN

Ouf.

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Allongé à côté de son véhicule recouvert de broussailles, Mokobé observe de ses jumelles la remorque immobilisée à une centaine de mètres. Quelques minutes après que les insectes nocturnes aient commencé à se faire entendre, il perçoit brièvement son client installé juste à sa gauche s’exclamer « Là !« 

Et en effet, dans le ciel, une sorte de météore descendant à folle allure vient d’apparaître, provoquant une certaine panique parmi les oiseaux installés alentours qui s’ébrouent promptement dans une multitude de cris bigarrés, sorte de son à la fois long et curieux qui n’est couvert l’espace de quelques instants que par le puissant bruit sourd que produit le météore en rencontrant le sol, soulevant des gerbes de terre et de gravats qui sous la puissance de l’impact, retombent à des centaines de mètres à la ronde, obligeant les deux discrets observateurs à se couvrir le crâne pour éviter qu’un éclat de roche ne vienne y ricocher douloureusement. Lorsqu’enfin, le déluge terrestre semble s’achever, Mokobé observe la silhouette d’un géant de métal sortir du cratère pour scruter les alentours, ses yeux bleus luisants dans le crépuscule. Bien qu’essayant de se faire encore plus discret qu’il ne l’était déjà, sujet à une certaine peur, le chauffeur africain ne peut s’empêcher d’observer la suite des évènements : l’alien, après avoir repéré la remorque, s’avance de son pas lourd vers celle-ci, et commence à tourner autour pour chercher un éventuel piège ; ce n’est que lorsqu’il est passé derrière celle-ci, en partie masqué aux yeux de Mokobé, qu’enfin il se décide à soulever la toile ; un bruit électronique fort original se fait entendre, ainsi que des sons de vérins et de portières que l’on claque, puis plus rien. Le spectacle semble visiblement terminé, et la vie nocturne de la savane reprend doucement ; la haute silhouette qui dépassait de derrière la remorque semble avoir disparu lorsque le pan de bâche qu’elle avait soulevé est enfin retombé.

« Que… que s’est-il passé Monsieur ?
- Mon bon Mokobé, la bête est tombée dans mon piège ; elle a regardé sous la bâche. 
- Mais qu’est-ce qu’il y a sous cette foutue bâche ?
- Une voiture sans permis. 
- Que… pardon ?
- Une voiture sans permis. Une merde avec un moteur poussif qui fait rire jusqu’aux enfants. 
- Mais… pourquoi ?
- Et bien les transformers sont de gros niais : ils prennent l’apparence de véhicules terriens. Là, pas de bol, tout ce qu’il y avait à disposition pour notre invité, c’était une merde à roulette. Le voilà donc transformé en étron mécanique. Ça lui apprendra à immigrer illégalement chez nous.
- Et les yeux bleus ? Vous avez vu les yeux bleus ? Je croyais que c’étaient les gentils qui en avaient ! 
- En effet.
- Mais alors, pourquoi vous en prendre aux Autobots, s’ils sont venus pour nous aider ? Pourquoi est-ce que… je dois vous arrêter Monsieur Odieux ! Je ne vous laisserai pas faire, vous travaillez contre l’espèce hum… »
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Mokobé aperçut dans l’obscurité le curieux sourire de son interlocuteur.

« All, Hail to Mégatron ! » dit l’Européen dans le vide

Et ce fut la dernière chose que le pauvre chauffeur entendit, juste avant que la patte d’un fasciste d’éléphant ne vienne lui écraser la gueule.

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