"Tu vas mourir comme une petite merde"

C’est en résumé l’information qui tourne en boucle depuis bien des mois dans nos différents médias. En effet, quand le Mexicain tousse, c’est le monde entier qui met son masque. Non pas à cause de l’odeur de tapas délétère qui s’échappe de son gosier lorsque celui-ci expulse bien vite l’air de ses poumons, mais bien parce que celui-ci pourrait nous refiler une maladie nouvelle et inconnue : la grippe.

On peut comprendre cette peur : la dernière fois que la grippe a eu un quelconque rapport avec des hispanophones, on aurait dénombré jusqu’à 21 millions de morts dans le monde (oui ma bonne dame, rien que ça) ; depuis quand on entend "¡ Atchoumas  !", on se méfie un peu.

Dès lors, le monde a basculé en alerte rouge, franchissant promptement tous les niveaux d’alerte. Mais connaissez vous seulement la signification de ces niveaux dont tout le monde a parlé ? Comme je suis bon, je partage mon savoir avec vous, pauvres béotiens :

A l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), il y a 6 niveaux d’alerte :

  • Niveau 1 : c’est la découverte d’un nouveau virus chez nos amis les animaux mais tellement nul que tu peux manger une bête malade, tu peux quand même courir le 100m le lendemain.
  • Niveau 2 : manger une bête malade n’est pas recommandé si tu ne veux pas finir demain à passer ta journée aux toilettes à relire ta collection de Cosmo et de Biba
  • Niveau 3 : souvent franchi à vive allure par les légionnaires quand les chèvres ont contracté la maladie, c’est le moment où il y a quelques cas de larrons qui présentent les mêmes symptômes que les animaux (envie de se faire tondre, absence de réflexion, oeil vitreux et parenté avec Loana)
  • Niveau 4 : on a identifié quelques humains s’étant refilé le virus, par exemple, la chtouille
  • Niveau 5 : plus de deux pays sérieux (le Liechtenstein par exemple est donc exclu de fait) connaissent des malades du nouveau virus et on commence à suer très fort quand les gens en parlent
  • Niveau 6 : "hausse des infections", autrement dit, c’est plus que 5, on parle désormais de pandémie (ce qui signifie "grosse épidémie qui fait peur", en grec)

Bon, la France, c’est à peu près pareil, sauf qu’au niveau 6, on doit boucler les lieux publics et tout le monde doit attendre dans sa cave et développer des pratiques cannibales pour survivre. Mystérieusement, comme cela a quelque impact économique (on fait moins bien tourner les entreprises et le commerce quand on vit enfermé dans une cave à manger ses enfants), en France on a passé les 5 premiers niveaux à vitesse grand V histoire de faire monter la sauce ("Ho mon dieu, l’épidémie est de plus en plus dangereuse, tremble, bon peuple ! Et ne t’intéresse surtout pas à d’autres sujets !"), puis, lorsqu’on a vu qu’au niveau 6 on rigolerait vachement moins, on a tenté de gagner du temps, grâce à l’amie Roselyne qui nous a dit "Attention ! Je vais compter jusqu’à 6 ! 1, 2, 3, 4, 5,… 5Aaaaa…. 5B…. 5B trois-quart…"

Au Mexique, cela fait longtemps quon a compris quil fallait porter un masque pour se protéger
Au Mexique, cela fait longtemps qu’on a compris qu’il fallait porter un masque pour se protéger

Ca fait super peur. Des moyens ont donc été déployés pour sauver vos corps et vos âmes : hordes de masques prêts à être distribués (mais périmés, bon), plans d’urgence (consistant à trier les malade, comme c’est intéressant), et surtout, survente de produits à la con telles les solutions hydro-alcooliques (ça coûte 30c à produire et tu vends ça 5€) ou encore le top du top pour rassurer l’employé : le distributeur de solution hydro-alcoolique qui remplace le vieux savon dans les toilettes de la COGIP :

"Mais c’est génial ce truc ! Comme ça, on a plus à mettre les mains sur le savon où les autres ont mis leurs mains pleines de virus de la grippe !
- Oui enfin à la place, on met la main sur un bouton, ce qui est plus dégueulasse qu’un savon. Et puis bon, au final, on a toujours les mains propres dans les deux cas, donc ça ne change rien, non ?
- Bon, Michel, si c’est pour faire du mauvais esprit, tu peux sortir."
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Ca rappelle la bonne époque du terrorisme et des niveaux d’alerte qui ne cessaient de monter sans jamais redescendre. Là aussi, on avait pris des supers mesures avec le plan vigipirate :

"Bon les mecs, on va mettre des barrière devant les écoles, comme ça, si un kamikaze veut s’en prendre à la jeunesse de notre nation, il sera bien feinté, il pourra pas garer sa bagnole sur le trottoir de l’établissement !
- Mais chef, en fait, un kamikaze avec une voiture piégée, il s’en fout pas des barrières ?
- Bon, Michel, si c’est pour faire du mauvais esprit, tu peux sortir."
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On ne rigole pas avec le terrorisme.

Et on ne rigole pas non plus avec la grippe A. En effet, la première mesure prise par le gouvernement devant ce fléau arrivant à nos portes fut essentiel pour la victoire à venir ; tous les centres médicaux de France reçurent un petit courrier leur disant que (véridique) :

"Afin d’éviter de créer une discrimination envers les personnes d’origine mexicaine, la grippe mexicaine sera renommée grippe A"

Ho, oui, la grippe A. Avec un A, comme Auvergnat.