"Capitaine sur la passerelle !"

Les quelques officiers présents à proximité du sas se tournèrent pour saluer leur supérieur, quand bien même celui-ci dans sa morgue habituelle les ignora et se dirigea droit vers son fauteuil pour s’y installer confortablement dans un craquement de cuir familier pour qui servait sur la passerelle depuis suffisamment longtemps. Rapidement, une forte odeur de cigare s’installa au-dessus des militaires postés à divers postes de commandes, annonçant un long quart.

"Bien bien bien. Enseigne Diego, puis-je savoir pourquoi on m’a dérangé ?
- C’est que, capitaine… il y a eu une appel de détresse. 
- Hmm. Qui l’a reçu ?
- Lieutenant Tanya Dobroya capitaine. Cette voix… elle avait l’air… terrorisée… j’ai eu si peur !
- Ne vous inquiétez pas lieutenant Dobroya, cela peut arriver d’avoir peur. Allez vous cacher dans mes quartiers, il n’y a pas d’endroit plus sécurisé, ça vous aidera à vous détendre.
- Oui capitaine. 
- Vous trouverez une bouteille de brandy sur la table de nuit, n’hésitez pas à vous servir pour vous aider à reprendre le dessus.
- Je… oui capitaine.
- Bien, enseigne Diego, d’où provenait le message ?"

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L’aspirant officier tapota sur le clavier devant lui, et diverses lumières et sons répondirent à chacun de ses mouvements, avant qu’il ne se tourne vers son supérieur, inquiet.

"D’une salle obscure Monsieur.
- Seigneur. Ça doit être grave : préparez la distorsion, nous nous rendons sur place. Puis téléportez-nous sur site : dites à quelques soldats de s’équiper, c’est sûrement dangereux."

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Les membres d’équipage s’activèrent autour de leur supérieur, allant tous s’asseoir alors que le bruit ronronnant du moteur chauffant pour préparer le saut se faisait entendre. Les étoiles semblèrent se distordre, avant que dans un grand flash qui aveugla tous les présents, l’appareil ne se transporte presque instantanément à l’autre bout de l’univers. Le capitaine se leva pour se rendre en salle de téléportation. Quelques instants plus tard, lui et son escorte se trouvaient au cœur de ce qui avait probablement autrefois été un cinéma : les sièges semblaient avoir brûlé, certains accoudoirs ayant fondu sous la chaleur, fusionnant avec les pots de M&Ms qui par le passé avaient été posés à côté d’eux. Les lampes de l’équipages balayèrent la salle, rencontrant ici ou là, des corps aux visages terrorisés.

"Sûrement les Klingons.
- Non, regardez cette matière sur les fauteuils ; les lasers Klingons ne font pas ce genre de traces. 
- Mais alors qu’est-ce que c’est capitaine ?
- On dirait… oui… on dirait du caca. 
- S’il vous plaît…"

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Toutes les lampes se tournèrent en direction de la voix gémissante qui venait de s’exprimer, découvrant dans le faisceau lumineux un corps avachi dont la main agitait encore faiblement un communicateur d’urgence en direction de l’équipage de l’USS Connard. Bientôt, le blessé fut entouré par ceux qu’il avait appelés à l’aide.

"Respirez doucement bon lecteur ! Que s’est-il passé ici ?
- Star Trek… deux…
- Je sais, je sais, calmez-vous ! Ça ne peut pas être si affreux que ça !
- Ils… les mauvais films… ils ne font… kof… ils… ils ne font même pas exprès…
- Allons, c’est impossible, ils doivent bien être conscients qu’ils font de la merde quand même.
- Lisez…"

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L’homme désigna fébrilement un exemplaire de 20 Minutes gisant au sol à ses côtés dans les ruines de la salle. Le capitaine ramassa la chose du bout des doigts, et tourna les pages de ce Nécronomicon de l’information. Il s’arrêta en ouvrant grand les yeux en découvrant le seul article qui avait pu causer pareil traumatisme.

Mais quels sont les secrets du réalisateur de Super 8 pour réussir son coup à chaque fois ? 20 Minutes lui a posé la question.

Ecrire une bonne histoire

Le créateur des séries Alias et Lost peaufine ses scénarios comme s’il s’agissait des plans de vol de l’Enterprise.

«Si l’histoire ne tient pas la route, vous pouvez mettre autant d’effets spéciaux que vous pourrez, les gens décrocheront.»

Il y eut un grognement de frustration, puis un long et terrible hurlement :

"Abraaaaaaaaaaaaaams !"

Est-il possible d’être aussi mauvais que l’on considère comme un point fort l’un des trucs les plus mauvais de son film ? Qui est le plus de mauvaise foi, l’auteur de ce blog ou celui de ce film ? Autant de réponses auxquelles nous allons promptement répondre : spoilons mes bons !

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L’affiche : des flammes, un méchant avec un grand manteau habillé tout en noir et un truc à base de "Notre monde" ; on sent déjà l’oscar arriver.

Tout débute au milieu d’une forêt majestueuse d’arbres aux feuilles rougeoyantes, alors qu’une population d’humanoïdes sauvages s’ébat entre les troncs. Non, ce n’est pas le Canada contrairement à ce que le descriptif pourrait laisser penser : il s’agit de Gloubitz-8, une planète lointaine où se déroulent d’étranges événements. En effet, on y retrouve le capitaine Kirk et son fidèle médecin de bord, le fameux Mc Coy, occupés à gambader en essayant de ne pas se faire trouer la peau par les indigènes locaux qui leur jettent au museau toutes sortes d’armes plus ou moins mortelles, de la lance à la flèche en passant par les conditions d’utilisation d’iTunes au format papier. Pourquoi cette animosité ? C’est bien simple : Kirk a eu la bonne idée de voler un papyrus sacré local pour obliger les indigènes à le pourchasser, afin de les attirer loin d’un volcan actuellement en éruption à côté de leur village. Et dans le même temps, une navette de l’USS Enterprise, le vaisseau que commande notre héros, s’amuse à survoler le volcan afin d’y larguer un Monsieur Spock en combinaison spéciale afin qu’il aille au cœur du cratère et y fasse péter une bombe à fusion froide devant stopper net l’éruption, et donc sauver les indigènes. Vous sentez cette odeur ? Oui : ça fleure bon le plan intelligent.

Pour faire simple : Kirk parvient à attirer les indigènes suffisamment loin comme prévu, puis saute du haut d’une falaise avec son compère Mc Coy pour plonger et rejoindre l’Enterprise, habilement dissimulée sous l’océan voisin (mais à 50 mètres de la côte : ça devait être sacrément profond dans le coin dites donc). De là, il apprend que cette grosse andouille de Spock est bloqué au fond du volcan suite à diverses malfonctions de la navette devant le larguer, et que vu les perturbations liées au volcan, il ne sera possible de le téléporter sain et sauf à bord avant l’explosion de la bombe qu’en ayant un bon visuel sur lui, à savoir, en plaçant l’Enterprise au-dessus du volcan.

Or, la Fédération, l’employeur de nos héros, a pour première directive de ne JAMAIS intervenir ou être vue des civilisations primitives qu’elle observe.

"Laissez-moi mourir !" s’écrie donc Spock dans son petit micro "Si vous venez me cherchez, les indigènes verront notre vaisseau, et nous serons en violation des règles, et ça jamais, je veux pas prendre des heures de colle !"

Mais comme ce n’est pas le genre de Kirk de laisser ses copains mourir, sous les yeux ébahis des indigènes, l’USS Enterprise sort des flots devant eux, puis va survoler le volcan pour mieux téléporter Spock (au dernier moment pour ceux qui en douteraient), alors que la bombe à fusion froide explose et stoppe net l’éruption, sauvant la peuplade locale, persuadée d’avoir vu un vaisseau des dieux. C’est donc sur cette belle victoire que l’Enterprise s’envole vers les étoiles pour d’autres aventures ! Chhht, ne dites rien : on va en reparler.

Générique.

San Francisco, QG de Starfleet, quelque temps plus tard

Le capitaine Kirk est tout fou : la Fédération lance un nouveau projet d’exploration spatiale, une mission de 5 ans au fin fond de l’espace, et il espère être le capitaine sélectionné pour cette tâche. Or, comme il vient de recevoir une convocation de l’Amiral Pike intitulée "Objet : grosse tache", il suppose que c’est bien pour lui remettre pareil commandement qu’on l’appelle. Déjà prêt à faire tourner les serviettes, Kirk rentre victorieux dans le bureau de son supérieur et ancien capitaine, mais déchante bien vite et se trouve obliger de remettre sa serviette dans son rond (rond de serviette, petit gredin) en constatant que s’il avait mieux maîtrisé la différence entre tâche et tache, il ne se serait pas emballé : l’amiral Pike n’est pas content.

"Kirk, mon jeune ami, vous me décevez beaucoup. J’ai lu votre rapport sur votre dernière mission : "Il ne s’est rien passé de spécial, bisous." Vous confirmez ?
- Oui. Surtout le bisou.
- Bien. Pas d’bol pour vous, et je ne parle pas de sa coupe : Spock m’a fait son rapport lui aussi. Et comme il ne peut pas mentir, je n’ai pas la même version.
- Spock, s’pèce de p’tit bâtard !
- Tutut capitaine : lisez plutôt le rapport de Spock."

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Journal de Monsieur Spock, date stellaire : fête des mères

Cher journal, je me sens très seul depuis que maman s’est pris un trou noir dans la gueule dans le film précédent. A qui vais-je donc offrir ce collier en pâte à sel ? J’hésite. Kirk est un peu con, il serait bien fichu d’essayer de le manger, comme ce qu’il a fait l’an dernier avec celui en coquillettes. Je crois que je vais plutôt l’offrir à ma copine, l’officier Uhura, dès que j’aurais trouvé son prénom, même si ma logique vulcaine me laisse à penser qu’il s’agit d’Hipipip. Ah oui, sinon, aujourd’hui, il y avait mission au programme : nous étions en train d’étudier une civilisation primitive sur Gloubitz-8 quand nous avons soudain détecté une éruption volcanique. Kirk a dit qu’il fallait sauver ladite civilisation, aussi a-t-il proposé d’arrêter l’éruption en déclenchant une fusion froide. Bon, comme on a des téléporteurs, je me suis dit "Bon, on va larguer le bousin dans le cratère depuis l’orbite, et puis basta", mais non : le capitaine a insisté pour planquer notre navire sous l’eau juste à côté du village des pleupleus locaux, puis il a décidé d’un plan impliquant de déplacer les primitifs de 500 mètres en leur piquant un parchemin sacré avant de partir en courant sous leurs tirs, puis là encore, plutôt que de regagner l’Enterprise au sec et sans risques en se téléportant, il a préféré sauter du haut d’une falaise. Moi, pendant ce temps, déposé par une inutile navette, je croupissais au fond du volcan à armer la bombe, jusqu’à ce que l’Enterprise vienne me chercher. Ce faisant, les primitifs ont vu notre vaisseau, et nous avons donc violé la première directive "Ne pas intervenir". Notons que j’étais prêt à mourir pour le respect de cette directive en demandant à l’Enterprise de ne pas venir me chercher, quand bien même j’étais déjà en train de la violer rien que par ma présence avec une bombe à fusion au fond d’un volcan. Ne me demandez pas pourquoi. S’il-vous-plait, si vous lisez ce rapport, sortez moi de ce film. Et emmenez-moi chez le coiffeur, pitié.

"Vas-y, grosse balance Spock !" s’exclame donc Kirk, mais rien n’y fait : l’amiral Pike lui explique que Spock a bien fait, et que de toute manière, étant bien trop indiscipliné, menteur et roublard, le capitaine Kirk fait honte à son grade. Il est donc rétrogradé au rang de second, alors que l’USS Enterprise est remis sous le commandement de son ancien capitaine : l’amiral Pike. Spock, lui, est affecté à un autre navire : l’USS Philippe Risoli.

Mais au même moment, ailleurs dans le monde, il se passe des choses. En effet, un agent de la Fédération dont la fille est gravement malade est contacté par un mystérieux bienfaiteur, qui lui propose un marché simple : il peut sauver sa fille comme ça, hop, Garcimore. Mais en échange, l’agent lui devra un petit service… l’homme accepte, et effectivement : simplement en donnant un peu de son sang à sa fille, l’étranger guérit celle-ci instantanément, alors que tous les médecins jusqu’ici s’étaient avérés bien embêtés. Le père, en honnête homme, accepte de remplir sa part du marché : il se rend à la base où il travaille, puis au sein de celle-ci, déclenche une bombinette comme son bienfaiteur le lui avait ordonné. Il meurt donc pour sauver sa fille, emportant tout de même avec lui les dizaines de personnes, ainsi qu’une bonne partie du bâtiment où il travaillait. C’est donc un peu la panique, même si heureusement, les pertes sont moins importantes que prévu : en effet, en s’en prenant à un bâtiment peuplé de fonctionnaires, le méchant avait oublié que sur 100 personnes, 17 étaient en arrêt maladie, 13 en congé maternité, 18 en stage et 10 en RTT.

En France, les terroristes en chient : leurs colis piégés sont perdus une fois sur deux, voire arrivent ouverts. Nous sommes en sécurité.

La nouvelle de cette explosion arrive bientôt à San Francisco, où au QG de Starfleet, l’alerte est donnée : les capitaines de 5 bâtiments stationnés autour de la Terre ont ordre de se réunir dans la salle du conseil local où les attend l’amiral Marcus, le commandant en chef de la flotte. Autour de la table se trouvent bien évidemment les officiers de l’USS Enterprise ainsi que ceux de l’USS Philippe Risoli, qui attendent que Marcus leur fasse le topo.

"Mesdames et Messieurs, il vient de se passer quelque chose de terrible : le bâtiment des archives de Starfleet à Londres vient de sauter.  42 morts. Nos archives réduites à néant. L’homme qui a fait sauter la bombe a cependant laissé un message derrière-lui : il dit l’avoir fait sur ordre de cet homme, regardez vos écrans. Voici Jean-Jacques Lapinou, l’un de nos ex-meilleurs agents, ancien espion de la Fédération chez les Klingons, une race extra-terrestre un peu taquine. 
- Mais pourquoi avoir fait sauter les archives de Starfleet ? 
- Je ne… oui Spock ? Vous levez la main ?
- En effet. Je ne vois qu’une option logique : effacer son historique internet jusqu’au fichiers fédéraux. Les senseurs de l’USS Philippe Risoli détectent d’ailleurs en ce moment même d’incroyables flux en provenance de http://www.romuliencoquin.net se dirigeant droit vers cette pièce.
- Hem je… hum… attendez… *clic*… *clic*… 
- Pardon amiral ? Ho, les flux viennent de s’arrêter.
- Ouiii ce… ce n’était sûrement rien. Hem. Par contre voici les ordres : nous devons arrêter Jean-Jacques Lapinou au plus vite. C’est pourquoi vos ordres sont de le pourchasser et de l’arrêter à tout prix. Aux dernières nouvelles, il s’était emparé d’un petit véhicule volant monoplace armé. Et… oui Spock ?
- Illogique. Pourquoi demander à des commandants de vaisseaux de rechercher un criminel fugitif ? Cela est le travail de la maréchaussée. Votre théorie revient à réunir des commandants de sous-marins pour leur demander de résoudre le crime de l’Orient Express. 
- Vous commencez à m’emmerder Spock ! Oui Kirk, je vous vois lever la main, revenons aux dialogues véritables du script, on vous écoute !
- Attendez… faire sauter les archives de la Fédération alors que ça n’a aucun intérêt… et si c’était simplement pour donner l’alerte ?
- Que voulez-vous dire ?
- Hé bien la procédure d’urgence lorsqu’un type s’attaque à Starfleet… est de convoquer le commandement de la flotte dans cette pièce ! Et si…"

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Et en effet, Kirk a bien deviné : lui qui est d’habitude con comme une meule de Saint Nectaire a compris l’objectif du méchant, puisque sa phrase est coupée par l’arrivée d’un aéronef juste derrière la baie vitrée de la salle du conseil, qui commence à ouvrir le feu à l’intérieur, tuant plus d’un haut-gradé. Il est vrai que c’est connu : lorsqu’un terroriste s’empare d’un véhicule volant armé, il est très important pour ceux qui veulent l’arrêter de se réunir tous dans la même pièce, de préférence en hauteur et sans protection contre, disons, des aéronefs armés. Car non : le QG de Starfleet n’a rien pour se protéger d’un chasseur pourri, et la police (qui a pourtant les véhicules qui vont bien) est visiblement occupée ailleurs à mettre des PV sur les astronefs qui n’ont pas remis de crédits dans le parcmètre.

Bref : la salle se fait mitrailler, et Kirk parvient à repousser l’assaillant en balançant divers objets inutiles dans son réacteur, comme par exemple des WiiU (en 2259, on a toujours pas trouvé d’utilité à la chose) : l’ennemi, troublé, en perd le contrôle de son appareil, mais parvient à se téléporter hors du cockpit avant de s’écraser comme une bouse. Kirk a donc le temps de voir Jean-Jacques Lapinou en personne lui jeter un regard étrange depuis le poste de pilotage avant de disparaître.

"Crotte de bique !" s’exclame notre héros en constatant que le rascal s’est échappé ; mais bien vite, la réalité de ce qui l’entoure le rattrape : la salle du conseil a été sévèrement mitraillée, et plusieurs officiers sont morts, mais pas tous, car heureusement, le méchant n’a pas pensé à faire un truc aussi simple que téléporter directement une bombe comme celle des archives en plein milieu de la salle dont il avait pourtant les coordonnées. Mais comme nous le verrons, tout le long du film, celui-ci subira le syndrome classique des fictions mettant à la disposition des personnages de la téléportation/de la magie/des voyages dans le temps (biffer les mentions inutiles), à savoir qu’à part si on cadre bien la chose d’entrée de jeu, chaque scène ou presque n’a plus de raison d’être puisqu’avec ce genre d’outil, tout peut être réglé instantanément ou presque. Soyez donc prévenus : nous y reviendrons régulièrement tellement cela crée d’incohérences à la seconde. Et il faudra même passer sur certaines tant les possibilités sont nombreuses.

Donc, disais-je : la salle du conseil a été bien mitraillée. Et si Marcus a survécu, le commandant de l’USS Philippe Risoli ainsi que l’amiral Pike ont trouvé la mort. C’est donc grosse tristesse, et bientôt grosse colère contre le galopin qui a fait ça. Heureusement, Scotty à bord de l’Enterprise a de bonnes nouvelles pour Kirk et Spock : il a étudié encore et encore ses senseurs, et a détecté où et comment Lapinou s’était télétransporté : il avait avec lui un télétransporteur portatif permettant d’aller n’importe où dans l’univers, et celui-ci a balancé ses coordonnées de destination : une province déserte de la planète mère… des Klingons. Kirk et Spock foncent donc vite expliquer tout cela à l’amiral Marcus, qui se caresse le menton en prenant l’air pensif.

"Bien, je vois. Savez-vous qui sont les Klingons ? Une race belliqueuse. Nous ne sommes pas en guerre ouverte avec eux, mais cela arrivera bientôt, ils sont très agressifs. Il nous faut donc être très prudents. 
- Argumentation logique, amiral. Vous allez donc proposer de nous téléporter, via le même système, au même endroit que notre ennemi, l’appréhender avec un sérieux commando qui pourra opérer sans risque puisqu’au sein d’un territoire désert, et se téléportera en sens inverse une fois sa mission accomplie ou même en cas d’urgence, frappant ainsi vite,bien et sans laisser de traces ?
- Non Spock. Je vais plutôt à nouveau nommer Kirk capitaine de l’Enterprise, et vous mon bon Vulcain, vous êtes réaffecté comme second à son bord. Vous irez jusqu’à la frontière Klingonne, et sans la franchir, vous tirerez une torpille furtive droit vers la position de notre ennemi. Il ne verra rien venir, et nous tirerons de loin sans grands risques, puisque nous serons repartis avant même que les Klingons n’aient réalisé qu’il s’était passé quelque chose.
- Option moins efficace, mais logique. La technique dite "du drone" aussi appelée "de George Bush" ?
- Non, parce qu’après on ira tous jouer au basket pour faire sympa. 
- Ah, l’autre technique "du drone", aussi appelée "de Barack Obama" ?
- C’est ça. Bon allez, tous à votre vaisseau les enfants : vous allez me tuer ce rascal vite fait bien fait, vous partez tout de suite."

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Tout l’équipage de l’Enterprise file donc prendre une navette pour rejoindre son vaisseau (encore une fois : ils aiment bien perdre du temps), et une fois à bord, Kirk fait l’appel de ses membres d’équipage, ainsi que l’inventaire du matériel chargé à bord. Parmi celui-ci, on trouve donc un lot de 72 torpilles furtives de dernière génération, qui intriguent très fortement Scotty, l’ingénieur en chef : en effet, celles-ci sont chargées d’un carburant inconnu, et placé dans un réservoir scellé. Or, l’information est secret défense, et Scotty n’aime pas trop charger dans le vaisseau des trucs qu’il ne comprend pas, voire pouvant mettre en danger l’équipage. Krik vient lui expliquer que si ça lui plait pas, c’est pareil, ce à quoi Scotty répond qu’il démissionne : oui, il est comme ça. Si on lui interdit de démonter le matériel secret défense, où va le monde, hein ?

Autre trouvaille à bord : le Docteur Carol Pipeau, experte en systèmes d’armement justement. Celle-ci vient tout juste d’être affectée à l’Enterprise, et est toute excitée à l’idée de pouvoir étudier les nouvelles torpilles de la mort qui tue : hélas, découvrant elle aussi que celles-ci sont scellées, c’est une Carol Pipeau bien frustrée qui prend son poste pour le long voyage jusqu’à la planète mère des Klingons. Un dernier pipi, une petite indignation de l’équipage en apprenant que Scotty a démissionné (on peut démissionner des missions secrètes comme ça, pif pouf, c’est facile), et en avant Guingamp !

Spock est dubitatif : un nouveau personnage ET avec un nom ? Il se dit bien que ça pourrait être important pour l’intrigue.

L’Enterprise voyage donc tranquillement en vitesse supra-luminique, la "distorsion", lorsque soudain, le vaisseau sort d’hyper-espace en faisant des bruits comme "Pët pët pët" ou encore "Kof kof reuuuuh". Salle des machines ? Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?

"C’est le carbu sur le moteur nucléaire qui a pété." répond bien embêté le nouvel ingénieur en chef, moins doué que son prédécesseur Scotty. "Il va falloir finir à l’ancienne, sans distorsion." : coup de bol, il ne restait que 20 minutes de voyage en navigation normale : ça tombe bien alors. Nos héros s’arrêtent donc comme prévu à la frontière du territoire Klingon, très discrètement, puis scannent la planète ennemie, et plus précisément la province où notre méchant Lapinou s’est fait une cachette. Les scanners ne détectent qu’une forme de vie : c’est bien notre homme et il est seul. Il n’y a plus qu’à larguer les torpilles, comme aime à le dire Kirk le lendemain des soirées fajitas.

"Illogique capitaine. 
- Kirk ! Mais espèce de relou, alleeeeez on largue une torpille, je veux voir !
- Non. Le règlement de la Fédération est formel : tout homme a droit à un procès. Nous devons donc capturer Jean-Jacques Lapinou vivant.
- Mais nos ordres sont de le tuer ! C’est l’amiral Marcus qui l’a ordonné !
- Logique, mais hiérarchiquement faux capitaine. L’amiral Marcus est soumis aux lois de Starfleet : nous devons donc en priorité respecter les directives officielles, et capturer notre ennemi plutôt que le tuer.
- Bon, très bien, je prépare une navette.
- Inefficace. Nous pouvons juste le téléporter à bord, directement en prison. Nos senseurs le détectent et nous y arrivions très bien dans le précédent film. 
- Non, j’ai un meilleur plan : on arrive en navette, on le capture à l’ancienne, on repart là encore en navette jusqu’à l’Enterprise et on multiplie ainsi nos chances de se faire repérer par 2 millions 8. Et en plus, vous savez quoi ? On va envoyer un message d’abord au méchant pour lui dire "Attentiooooon, on arrive ! Et si tu bouges, on te torpille !"
- Inef…
- J.J Abrams.
- Ah oui, pardon. J’avais oublié capitaine. Je prépare immédiatement une navette."

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Et en effet : Kirk, Spock, Uhura la copine de Spock et une paire de soldats sans prénoms montent dans dans une navette Klingon récupérée chez Kiloutou et filent donc droit vers leur cible, à savoir le coin désert de la planète où une seule forme de vie est détectée. En chemin, et parce que c’est bien le moment, Uhura et Spock décident soudainement d’avoir une crise conjugale, discutant devant tout le monde de leurs petits problèmes.

"J’en ai assez Spock ! Déjà l’an dernier, le collier de pâtes c’était pour Kirk, et cette année, j’ai bien vu que tu hésitais à m’offrir celui en pâte à sel ! Et pis d’abord au début du film tu étais prêt à mourir sans me demander mon avis, sale égoïste !
- Illogique, je protégeais le plus grand nombre.
- "Illogique", "Inefficace", tu es chiant Spock, tu le sais ? Ton absence totale de sentiments, c’est un peu relou quand même ! Quand on fait l’amour, c’est même dramatique.
- Heu… bon, on va vous laisser, hein ? 
- Non capitaine ! Nan mais imaginez-le sérieusement, avec son ton de Bernard Pivot sous xanax : "Cette position est inefficace. Ah. Ah. Ah. Oui. En effet. Oui. J’en demande encore. Illogique : tes jambes n’ont rien à faire sur mes épaules. Inefficace : ce n’est pas ce côté là que nous sommes censés utiliser. Attention : selon le code de procédure de Starfleet et sa directive sur les transferts de fluide interéquipage, je suis dans l’obligation de t’indiquer l’arrivée imminentes de gamètes. Ah. Ah. Ah. C’est terminé. Logique : je vais me tourner sur le côté, péter et m’endormir."
- Je… que… HO REGARDEZ, NOUS SOMMES PRIS EN CHASSE PAR UN VAISSEAU KLINGON !"

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Et en effet : permettant d’échapper à cette conversation, nos héros constatent qu’ils sont pris en chasse par un vaisseau Klingon grognon parce que oui, l’Enterprise peut détecter un péquin en solitaire dans un coin désertique, mais pas l’arrivée de gros vaisseaux avec des dizaines de membres d’équipages dans le même coin. Sûrement un radar sélectif : s’ensuit une brève course-poursuite qui s’achève malgré diverses feintes par une impasse, puisque plusieurs vaisseaux Klingons arrivent en renfort et obligent la navette de nos héros à se poser. C’est donc un Kirk un peu boudeur qui arrête sa navette, pendant que ses ennemis en font de même avec l’un de leurs vaisseaux, débarquant un petit régiment de soldats ; Uhura, qui est la traductrice du bord, est donc envoyée faire de la diplomatie et tenter de faire croire que l’équipage n’est pas de la Fédération et qu’il s’agit de contrebandiers, pour ne pas provoquer de guerre ouverte. Le dialogue s’engage donc sous le regard anxieux du reste de l’équipage, mais bien vite, les Klingons ne se laissent pas feinter par le vieux pipeau d’Uhura, qui a décidé de baser son mensonge sur le thème "Salut, puissants et fiers guerriers : nous sommes venus vous aider à trouver un terroriste dans le coin." ce qui n’est pas très malin, tant les puissants et fiers guerriers n’aiment pas qu’on leur explique qu’on a besoin de les aider. Résultat des courses, les Klingons se disent qu’ils vont péter la margoulette d’Uhura, puis du reste de son équipage. Mais alors que leur chef tire son petit poignard pour tuer l’officier humain, il est soudain décalqué par un tir sortant de nulle part : c’est Jean-Jacques Lapinou !

Tout le monde bondit sur ses armes pour riposter, à part peut-être les vaisseaux Klingons qui survolaient les lieux, qui se contentent de regarder de longues minutes jusqu’à ce que Lapinou, qui a visiblement l’équivalent d’un canon antiaérien dans chaque main, ne les abatte en un tir, ce qui est tout à fait logique. Notons d’ailleurs que notre homme se contente de rester debout et à découvert sans bouger, et que malgré tout, aucun Klingon n’a l’idée saugrenue de, par exemple, lui tirer dessus. Non, à la place, ils courent dans sa direction en poussant de petits cris, jusqu’à se faire tataner.

Les derniers survivants Klingons sont bientôt envoyés rejoindre leurs petits camarades ad patres, et c’est donc un Kirk très étonné qui voit le sieur Lapinou arriver face à lui, et lui demande de se rendre. Ce dernier ne semble pas très intéressé par cette option, jusqu’à ce qu’on lui rappelle que des torpilles sont braquées vers lui depuis l’espace. Il interroge donc : "Combien de torpilles ?" "72", répond Spock, connu pour être incapable de mentir. Bon, bien sûr, personne ne trouve étrange que l’on propose de tirer 72 torpilles quand une, voire éventuellement deux suffiraient, mais bon. Toujours est-il que ce nombre semble impressionner Lapinou, qui se rend sur le champ.

Là encore, rien de suspect : ils auraient répondu "71" il aurait dit quoi ? "C’est bon, j’ai mes chances !" ?

Bref : tout le monde est donc rapatrié à bord de l’Enterprise, et comme dans tous les mauvais films, Jean-Jacques Lapinou est installé dans une prison avec une vitre à la place des barreaux, histoire qu’il puisse faire les 100 pas derrière en jetant des regards mystérieux aux gens qui passent. Mc Coy se contente juste de lui faire une prise de sang, quand même, histoire de voir si le prisonnier n’a pas ramené quelque mystérieuse  maladie avec lui.  Mais non : tout va bien.

Sauf que les choses ne se passent pas exactement comme prévu à bord. Déjà, les réparations moteur ne sont pas terminées, impossible donc de sauter jusqu’à la Terre de suite pour ramener le prisonnier. Ensuite, un message a été envoyé à Starfleet pour dire "Houhouuu, on a récupéré le colis.", mais il n’y a aucune réponse. Enfin, Lapinou est tout de même très mystérieux : il finit par tenter d’engager la conversation avec le capitaine Kirk, lui annonçant que les choses sont plus complexes qu’elles n’y paraissent, et qu’évidemment, il est déjà au courant de tout : "A tout hasard, subiriez-vous une mystérieuse panne moteur ? Est-ce que Starfleet vous ignore ? Vous voulez savoir pourquoi ? Essayez d’ouvrir une de vos torpilles secrètes, pour voir ? Oh, et envoyez quelqu’un voir les coordonnées 8-9-32 bis, c’est près de la Terre, vous y découvrirez un truc sympa. Oui, et je sais aussi pour vos métaphores à base de torpilles les lendemains de soirées fajitas."

Diantre, il sait vraiment tout ! Kirk passe donc un rapide coup de fil au démissionnaire Scotty, resté sur Terre, histoire qu’il aille jeter un œil aux fameuses coordonnées (j’ai toujours aimé les gens qui ne demandaient pas d’abord ce qu’il y avait à voir là-bas). Puis, on demande donc au Docteur Carol Pipeau, la petite nouvelle du bord spécialisée en armement, d’aller démonter de la torpille, ce qu’elle accepte bien volontiers puisqu’elle rêvait d’ouvrir ces armes secrètes. Sauf que Spock va quand même la trouver pour lui dire qu’il faudrait voir à ne pas trop le prendre pour un Kirk : il a vérifié, il n’y a eu aucun ordre officiel pour l’affecter à l’Enterprise. Et il n’existe aucun Docteur Carol Pipeau au sein de la Fédération. Par contre, il existe bien un autre spécialiste de l’armement : le Docteur Carol… Marcus.

Spock et ses amis regardent avec étonnement les Klingons se faire tataner par un seul homme tout seul et à découvert malgré le fait qu’ils soient environ 50, tous armés et entrainés, et couverts par plusieurs vaisseaux. Oui, moi aussi j’ai regardé ça avec étonnement.

"Logique. Votre père est l’amiral. Illogique : pourquoi cacher votre identité pour monter à notre bord ?"

Et là attention, dialogue d’anthologie :

"C’est parce que depuis que je suis toute petite, mon père me donne accès à tous les programmes sur lesquels il travaille, mais ces torpilles, il a refusé purement et simplement de me laisser m’en approcher ! Je suis donc montée à bord pour savoir !"

Je vous la refais :

"C’est parce que depuis que je suis toute petite, mon père trouve très pertinent de divulguer tous les projets militaires top secrets à sa fille, des fois qu’un enfant de 5 ans lui explique comment rerouter le processeur de la pompe à proton entre deux cacas nerveux pour avoir une glace à la Foire du Trône. Du coup, je n’ai pas supporté qu’il me dise non sur ce projet top secret là, j’ai fait un gros caprice comme une princesse qui veut un poney, et je suis monté à bord en risquant de faire foirer une opération secrète juste parce que je suis pourrie gâtée."

"Logique.", répond donc Spock avant d’aller s’occuper ailleurs, par exemple en continuant à sniffer de la colle à moumoute.

Toujours est-il que le Docteur Marcus, et non Pipeau donc, parvient à ouvrir une des torpilles pour constater qu’il n’y a pas de carburant dans le compartiment du réservoir. A la place… il y a un mec cryogénisé ! "Ah bin ça alors, c’est pas banal !" s’exclame donc la belle, avant de partager l’information avec le reste de l’équipage. Et renseignement pris, c’est aussi le cas des 71 autres torpilles. Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Kirk s’en va donc à la cellule de Lapinou pour lui demander de quoi il retourne. Et celui-ci se montre un peu plus bavard.

"En réalité, je ne m’appelle pas Jean-Jacques Lapinou, ce nom est une fausse identité que m’a donné l’amiral Marcus. Mon vrai nom est Khan, ce qui colle tout de même mieux au fait que je sois grand, brun et habillé tout en noir avec l’air mystérieux en permanence. Je suis le fruit d’expériences génétiques de la fin du XXe siècle réalisées pour concevoir des supers soldats, meilleurs en tous domaines. Je suis donc plus fort, plus intelligent, plus souple et meilleur à League of Legend, mais quand même moins qu’un coréen, faut pas déconner. Les hommes et femmes que vous avez trouvés dans les torpilles sont mon équipage. Il y a fort longtemps maintenant, fatigués de la civilisation d’arriérés dans laquelle nous évoluions, nous sommes partis bouder dans des tubes cryogéniques en attendant que des gens plus évolués nous réveillent. L’amiral Marcus nous a trouvés. Il m’a réveillé et pris mon équipage en otage. Il m’a obligé à utiliser mon intelligence supérieure pour concevoir des vaisseaux beaucoup plus performants militairement que vos actuels navires, principalement conçus pour l’exploration. J’ai tenté de sauver mon équipage en le cachant dans un nouveau prototype de torpille pour le faire sortir plus facilement de la base où l’on m’obligeait à travailler. Mais Marcus l’a appris, et j’ai pensé qu’il les avait tué. Alors je me suis rebellé, j’ai pris les armes contre Starfleet, j’ai fait sauter les archives, car c’est sous celles-ci que se cachait en réalité la base où je travaillais à développer des armes contre les Klingons. Et j’ai tenté de tuer l’amiral pour stopper tout cela et me venger. Mais vous m’avez retrouvé, son plan était donc simple : vous envoyer ici avec les torpilles, à la frontière de l’espace Klingon. Il a fait saboter votre moteur. Ainsi, si vous aviez suivi vos ordre consistant à me tuer à coups de torpilles plutôt que de venir me capturer, comme vous me l’avez expliqué, vous en auriez fini avec moi, tué mon équipage dans les torpilles du même coup, et les Klingons en détectant les explosions seraient sûrement venus voir de quoi il retournait. Et avec votre moteur endommagé, impossible de fuir correctement… ils vous auraient donc retrouvé, et l’amiral Marcus aurait ainsi eu ce qu’il voulait : un incident diplomatique menant à une guerre ouverte avec les Klingons, qu’il déteste et avec qui il souhaite en finir le plus tôt possible. 
- Illogique.
- Hooo non, lourd ! Spock, merde !
- Pardonnez-moi capitaine, mais je dois insister : illogique. En effet, comment pouvions nous balancer des torpilles sachant qu’il y avait des mecs cryogénisés à la place du carburant ? Aux dernières nouvelles, nos armes ne sont pas propulsées au Mr Freeze. Le plan de l’amiral était donc très con.
- Spock att…
- Illogique : nous disposons de désintégrateurs. Pourquoi l’amiral n’a-t-il pas désintégré l’équipage de Khan s’il voulait s’en débarrasser ? Simple et sans traces. A la place, il les a laissé dans des torpilles conçues par Khan qui donc, non seulement ne risquaient pas de pouvoir être tirées, mais en plus, ne faisaient qu’augmenter le risque de laisser découvrir le pot aux roses.
- Ecoutez je…
- Illogique : nous avons ouvert le feu sur des Klingons et détruit plusieurs de leurs appareils après toute une course poursuite, le tout en navette. Contrairement à des torpilles furtives provoquant des explosions sans que l’on sache d’où ça vient, les Klingons ont donc actuellement toutes les raisons de la galaxie de sécuriser leur espace à la recherche de notre navette, et donc de nous trouver à sa frontière avec l’Enterprise. Or, je ne vois aucun vaisseau Klingon, et nous n’en parlerons plus du film, je ne compr…
- Bon, Spock, allez sur la passerelle voulez-vous ?"

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Spock repart donc, contrarié par les incohérentes navrantes du plan du méchant, qui comme d’habitude, ne tient pas debout, permettant aux héros d’en venir à bout plus facilement. D’ailleurs, à peine le discours de Khan terminé, les senseurs détectent un gros objet approchant de l’Enterprise, en provenance de la Terre, et sort de l’espace… un énorme vaisseau, deux fois plus gros que celui de nos héros, et beaucoup plus armé : l’USS Laurence Boccolini. Celui-ci tente de rentrer en communication avec l’Enterprise, et un visage familier apparaît.

"Bonjour capitaine Kirk.
- Amiral Marcus. J’ai votre prisonnier. Et vos torpilles au complet. Et figurez-vous que tout cela me semble être une drôle d’histoire… je ne suis pas si sûr que vous soyez gentil, en fait.
- Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?
- Je ne sais pas : le fait que vous pilotiez le seul vaisseau tout noir et menaçant du film ?
- Damn it, vous êtes très fort ! Bon, je suis désolé Kirk. Je ne voulais pas que vous parliez à votre prisonnier, c’est pour ça que je prônais les torpilles. C’est un rascal, un terroriste et un criminel de guerre. Donnez-moi Khan !
- Nan.
- Alleeeeeez !
- Nan. Bon, les enfants, avant que ça ne tourne mal, je propose de sauter en distorsion pour foncer droit vers la Terre."

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Et bien que le moteur ne soit pas en super forme, l’Enteprise parvient malgré tout à sauter en direction de la Terre, au nez et à la barbe de l’amiral, bien décidé à remettre Khan uniquement à un tribunal de la Fédération. Sauf que pas de bol : le nouveau vaisseau de l’amiral est tellement performant que même en hyperespace, il rattrape l’Enterprise, lui met des coups de klaxon et de pare-choc et histoire de lui faire comprendre son désarroi,  puis lui distribue une paire de lasers dans la gueule. Le vaisseau sort donc de distorsion en urgence, avec quelques trous dans la coque et des membres d’équipage qui en sortent en ordre dispersé, aspirés par le vide, mais nous n’en parlerons plus : ils n’ont pas de prénom, pas de quoi attrister Kirk donc. Si un jour vous êtes projeté dans ce film, premier truc à faire : hurler votre nom au capitaine. Vos chances de mourir en seront considérablement réduites.

Bref, où en était-on dans cette daube ?

Ah, oui : l’Enterprise n’est pas vraiment dans un état radieux lorsqu’il est rejoint par l’USS Laurence Boccolini. Et cette fois-ci, celui-ci ne rigole plus : il voulait Khan pour le tuer lui-même, mais finalement, comme l’Enterprise s’est rebellé et en sait un peu trop, détruire tout le vaisseau devrait être une solution radicale. Découvrant que sa fille est à bord, Marcus l’évacue juste d’un bon coup de téléporteur, puis il se remet à son labeur : tous les canons sont donc braqués vers Kirk et ses amis et… tombent mystérieusement en panne.

"C’est moi les amis, c’est Scotty ! Je suis à bord du Boccolini ! Les coordonnées que vous m’avez filées : c’était l’endroit où ils construisaient ce vaisseau en suivant les plans de Khan ! J’ai pu m’infiltrer et je viens de couper l’alimentation de leur vaisseau en mettant du sucre dans la trappe à essence, ils en ont pour un petit moment à tout remettre en marche !"

Bien joué Scotty, les mecs doivent avoir du caramel dans le moteur à l’heure qu’il est. Mais plutôt que de le récupérer à bord en le téléportant, nos héros ont un meilleur plan : incapables de fuir face à l’USS Bocolini, il faut donc l’affronter. Et Scotty pourrait permettre à un commando de pénétrer à bord du navire ennemi, invincible frontalement. Mais un commando très réduit : Kirk décide donc d’y aller, aidé du seul homme du bord à bien connaître le vaisseau ennemi : Khan. Celui-ci, fraîchement libéré, est à l’infirmerie où Mc Coy ne cesse de s’extasier puisque le sang eugénique de Khan semble pouvoir guérir tous les maux, voire pouvoir ressusciter les petits animaux morts. Hmmm, je me demande si ça va servir…

Vous aussi hein ?

Ça doit être super facile d’enquêter dans un film de J.J Abrams "Les mecs, faut qu’on trouve qui a fait sauter le… attendez, je crois que c’est bon : hep ! Vous là, le seul Monsieur en imper noir avec les yeux plissés en permanence ! Venez ici !"

Bref : il est temps d’aller infiltrer l’USS Boccolini pendant qu’il est paralysé. Khan accepte volontiers d’aider Kirk, puisque sinon, il mourra comme lui à bord de l’Enterprise, et après s’être armés, ils décident d’un plan simple : ils vont mettre des combinaisons spatiales, se propulser à fond les ballons au milieu d’un champ de débris jusqu’au vaisseau ennemi où Scotty leur ouvrira la porte, puis ils iront botter des culs, le Boccolini ayant un équipage réduit, le projet étant secret et l’engin conçu pour pouvoir même être piloté par un seul homme…

L’autre option était de se téléporter directement dans le vaisseau, voire si c’était impossible, juste devant le sas d’accès à celui-ci, mais comme ça aurait empêché une interminable séquence de types volant en esquivant des débris spatiaux, c’est la première option qui est retenue. C’est passionnant, vraiment.

Bref : après ladite séquence, nos héros pénètrent donc grâce à Scotty qui leur ouvre un sas droit dans le vaisseau ennemi, où ils commencent à tirer sur tout et tout le monde, ne s’étonnant même pas lorsque l’équipage de Marcus, plutôt que de les attendre avec armes et pistolets, leur tend des embuscades… au corps à corps. C’est vrai que quand on a toute une artillerie et qu’on est prévenu que Khan est une bête de corps à corps, autant ne pas utiliser ses flingues et essayer de lui mettre des claques jusqu’à ce qu’il pleure. Miséricorde.

Pif, paf, pouf, bang, et nos héros arrivent sur la passerelle, où sentant bien que Khan ne joue pas franc jeu, ils décident de lui aussi lui mettre un petit coup de rayon étourdissant dans la margoulette. Malin. Sauf que ce dernier étant un peu surhumain, non seulement cela ne le met hors-jeu que peu de temps, mais en plus il se reprend bien vite, récupère une arme et étourdit plutôt tous les autres. A part l’amiral Marcus, qu’il est bien décidé à tuer de ses propres mains. Et quand je dis de ses propres mains, c’est bien le terme, puisqu’il se contente de lui serrer la tête très fort jusqu’à obtenir l’effet casse-noisettes. Et ce, sous les yeux de sa fille, probablement pour aider ses amis psys terriens à avoir une nouvelle source de revenus constante pour les 50 prochaines années.

Khan, qui n’est pas le dernier pour la déconne, retéléporte donc tout le commando de l’Enterprise dans ledit vaisseau (que fait-il de l’équipage du Boccolini ? Ah pardon : on en parlera plus non plus), avant d’annoncer qu’il veut que l’on téléporte les torpilles contenant son équipage à bord de son nouveau vaisseau.

"Flûte, on peut pas faire ça." se dit Spock, qui fait l’intérim sur la passerelle de l’Enterprise pendant que Kirk récupère de ses aventures. "Bon, je vais passer un appel à un ami, et demander conseil à Vieux Spock, le moi-même du futur (z’avez qu’à lire le précédent spoiler, bande de rabouins), savoir si dans son espace-temps à lui, il avait affronté Khan.", et Vieux Spock lui confirme que houlala, Khan, il ne faut surtout pas le laisser s’échapper, et il tuera tout le monde sans hésiter. Spock essaie donc de gagner du temps, pendant qu’il fait activer les explosifs des torpilles. Khan, lui, se contente de disserter tout seul en soulignant les incohérences du film :

"Ahahaha ! En fait, je pourrais tous vous tuer, là, tout de suite, en tirant dans vos systèmes de survie : sans oxygène, les caissons de mes copains peuvent survivre, pas vous. Du coup, j’aurais une efficacité de 100% dans la récupération de mes petits camarades. Mais non : je vais plutôt vous laisser le temps de bidouiller les torpilles sans me dire pourquoi, avant de les transporter dans mon vaisseau sans les scanner."

C’est dramatique, mais en effet : lorsque Khan téléporte son équipage à bord, il ricane très fort comme tout méchant persuadé de gagner, mais s’étonne beaucoup plus quand toute la soute où il vient de ranger ses copains explose, endommageant très fortement son propre vaisseau. Cependant, il a tout de même le temps de lâcher une dernière salve sur nos héros, qui achève de pourrir un Enterprise déjà plus très vaillant. Celui-ci commence donc à dériver dans l’espace. Vous suivez encore ? Alors accrochez-vous.

Car c’est alors que nous avons le droit à cette réplique brillante d’une quelconque technicienne du bord :

"Nous sommes attirés par l’attraction terrestre !"

Que… pardon ? Mais ? On était pas en plein milieu de l’espace ? C’est même pour ça que l’amiral Marcus pouvait cartonner l’Enterprise sans craindre d’être vu ou de voir des renforts de Kirk débarquer ?

Hé bien non ! Le film est tellement mauvais que nous découvrons qu’en fait, tout cela se passait dans l’orbite de la Terre ! Mais si, vous savez : là où il y a toute la flotte de Starfleet ainsi que toute la Fédération qui devait pouvoir assister en direct à la trahison de l’amiral Marcus ! Et à la baston allant de pair, le tout, sans intervenir s’il vous plait.

Il faut quand même être balaise pour se permettre un truc aussi nul. Un peu comme si dans "Into the wild" on découvrait à la fin du film que le héros était en fait dans son jardin à s’amuser entre les fraisiers et le toboggan depuis le début avec des gens lui faisant coucou depuis la baie vitrée. Non vraiment : quel talent ce J.J Abrams.

Bon, hé bien, faisons avec : l’Enterprise, le réacteur en vrac, n’a guère plus d’énergie pour rétablir la situation, et menace donc de s’écraser sur Terre. Heureusement, Kirk, toujours prêt à se sacrifier, décide d’aller réparer le bidule nucléaire du bord en rentrant dedans au péril de sa vie (oui, il y a une grosse porte pour entrer dans le réacteur, mais non, pas de combinaison, c’est juste une porte pour se faire des blagues), se fait sévèrement irradier le museau, mais parvient à réparer le bousin en… donnant des coups de pied dedans (véridique). Ce qui suffit à remettre le courant, rétablir l’énergie à bord, et donc stabiliser l’Enterprise avant qu’il ne s’écraser. Spock, découvrant que son ami Kirk est mort irradié pour tous les sauver, tombe donc à genoux et a ce fameux cri :

"Khaaaaaaaaaaaaaaaaaaan !",  gargarisme célèbre chez les amateurs de mauvais cinéma, qui a donc naturellement donné son nom au festival éponyme.

Et justement : Khan, lui, malgré son vaisseau très fortement endommagé, décide d’en finir une bonne fois pour toutes : il ordonne à l’USS Laurence Boccolini de mettre tout ce qu’il reste de patate dans le moteur pour aller s’écraser sur le QG de Starfleet à San Francisco. Evidemment, la Terre dont on expliquait au début du film qu’elle avait toujours des vaisseaux en orbite, est cette fois-ci complètement dénuée de quelque équipage que ce soit pour la défendre, et de toute manière, plutôt que de tirer sur le Boccolini avant qu’il n’atteigne la Terre, l’Enterprise préfère le regarder passer en faisant "Hooo." des fois que ça le fasse culpabiliser et qu’il s’arrête, hein, on sait jamais. Et donc, l’engin poursuit sa trajectoire jusqu’à la baie de San Francisco, perdant de la vitesse dans l’eau avant de finir sa course sur un bout de San la ville, tuant, allez, quoi, quelques dizaines de milliers de personnes vu le nombre de buildings qui s’écroulent ?

Pas de quoi inquiéter les figurants qui, dans le plan suivant, lorsque Khan parvient à s’échapper de l’épave, ont l’air à peu près aussi perturbés que si on venait de leur annoncer une nouvelle saveur de Chupa Chups.

Mais l’Enterprise n’est pas resté complètement inactif (je sais, on dirait, mais tout de même) : le vaisseau a pénétré l’atmosphère et ses senseurs ont détecté Khan. Le téléporteur étant endommagé et ne pouvant l’envoyer directement à bord en prison (et tous les autres vaisseaux du coin étant probablement occupés à jouer à la crapette), il est donc décidé de plutôt envoyer Spock lui péter la gueule. Ce qui est fait lors d’une autre course-poursuite où l’on trouve :

  • des plates-formes dans tous les sens
  • des flingues qui glissent au sol
  • des gens qui se retrouvent suspendus au-dessus du vide

Halte là, j’allais oublier un poncif : le mec qui traverse des vitres pour fuir ! C’était ça ou la ruelle avec des cartons et une grille au bout. Tiens mais d’ailleurs, qu’est-ce donc que ces barres métalliques parallèles à droite de l’image ? Ah bin c’était la porte, tiens. Quelle logique.

Et autres choses terriblement originales. Finalement, c’est lorsqu’Uhura, à bord de l’Enterprise, a l’idée géniale d’envoyer plus d’une personne à la fois pour arrêter le méchant que Khan est finalement arrêté. Et qu’un peu de son sang est prélevé par Mc Coy… pour sauver Kirk ! Qui après avoir été mort un petit moment, revient à la vie grâce à la puissance du sang magique du méchant. Khan, lui, est remis dans un caisson cryogénique, histoire qu’il arrête les conneries (moi je l’aurais gardé comme réserve de sang magique, mais c’est mon côté Twilight qui doit parler). A cette occasion, on peut voir qu’il est rangé aux côté d’autres caissons, sûrement ses membres d’équipage, ce qui est dommage sachant qu’ils ont sauté avec la soute de l’USS Boccolini il y a quelques scènes de cela. Mais bon, hein, ça vous choque encore vous ?

Kirk revenu d’entre les morts, est donc invité un an plus tard à faire un petit discours pour tous les gens tombés lors des événements liés à Khan et au complot de l’amiral Marcus, à savoir : "Quand les gentils meurent, c’est moche." puis le bougre ému par la puissance philosophique de son propre discours s’en va regagner son vaisseau, qui comme il le souhaitait, est affecté au nouveau programme d’exploration de la Fédération : c’est parti pour 5 ans au fin fond de l’espace à découvrir de nouvelles planètes inconnues ! Avec de tels ambassadeurs, nul doute que la Fédération aura bientôt 96 nouvelles civilisations mourant d’envie de lui déclarer la guerre.

Le capitaine se pose dans son siège, fait son sourire de winner, puis l’Enterprise active la distorsion pour disparaître dans l’espace infini et…

FIN !

Il disait quoi dans 20 minutes l’ami Abrams, déjà ?

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Le capitaine regagna ses quartiers, frottant régulièrement ses yeux encore quelque peu fragilisés tant par ce qu’ils avaient lu que ce qu’ils avaient vu. Le sas menant à ses quartiers s’ouvrit dans un bruit léger, dévoilant le havre de paix qui était le sien à bord du navire, alors que des hauts-parleurs déversaient doucement de vieux airs de jazz, rendant presque l’air ambiant plus doux à eux seuls.

L’officier fit quelques pas, puis notant que la porte menant à sa chambre était restée entrouverte, il s’en approcha, suspicieux.

"Lieutenant Dobroya ? C’est vous ?"

Personne ne lui répondit. Il baissa les yeux, surpris, en notant que son pied venait de se prendre dans un sous-vêtement, probablement lié au fait que le lieutenant avait dû boire le brandy sur la table de nuit, traînant toujours là avec suffisamment de drogues aphrodisiaques en son sein pour faire pleurer un coureur du Tour de France. Le capitaine ramassa le sous-vêtement en question, l’étudiant brièvement en se rappelant que si le lieutenant Dobroya ne semblait pas taillée pour l’exploration de l’espace, elle avait exploré l’alphabet de manière suffisamment intéressante pour atteindre des frontières justifiant son recrutement à bord. Le capitaine sortit de ses pensées en entendant un sanglot.

Courant jusqu’à la salle de bain voisine, il trouva le lieutenant prostré sous la douche, les yeux grands ouverts, terrorisée.

"Mais enfin Tanya, que se passe-t-il ? C’est le brandy qui ne passe pas, vous avez chaud, hmmm ?
- Non… si… enfin capitaine je… j’ai reçu une transmission pendant votre absence je… j’ai si peur, je ne veux plus sortir."

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Elle indiqua un rapport de communication sur le sol de la salle de bain, que le capitaine s’empressa de ramasser. Puis, il le lut.

Il s’effondra à genou sur le sol, le visage tourné vers les néons de la petite salle de bain de ses quartiers, sa bouche s’ouvrant toute grande :

"Scooooooooooooooooooott !"

Hurlais-je, désespéré.

"Lieutenant Ripley, venez vite !"

Au son des appels impatients de l’ingénieur dans les micros de sa combinaison, l’officier se précipite en direction du signal de son compagnon, situé quelques mètres en contrebas dans la vallée rocailleuse où son équipage mène actuellement des explorations. Dans ce paysage désertique violemment balayé par des vents au relief fait d’immenses roches aux arêtes coupantes, la troupe du Nostromo déambule détecteur en main à la recherche de l’origine du mystérieux message les ayant menés jusqu’ici.

Dévalant la pente à toute allure pour se ruer vers son collègue, le lieutenant Ripley finit par tomber, au détour d’un pan de roche, sur ledit Parker, immobile, ouvrant de grands yeux ronds en direction d’un cratère à demi-dissimulé par d’immenses rochers au point d’en être invisible de là où le lieutenant se tenait précédemment. Alors que les autres membres du Nostromo accourent autour de l’ingénieur, celui-ci pointe un doigt vers la structure métallique occupant le centre du cratère, murmurant doucement ce qu’il vient de lire sur la coque sévèrement endommagée de ce qui s’avère être un vaisseau spatial.

"L’USCSS Odieux Connard…
- C’est impossible ! Ce vaisseau est porté disparu depuis des dizaines d’années, vous pensez que c’est son signal de détresse que nous aurions capté ? Allons voir."
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Descendant en direction de l’épave de l’appareil, les membres du Nostromo sentent les gagner à la fois excitation et inquiétude, à l’approche de ce tombeau spatial. Finalement, en arrivant à quelques mètres du vaisseau, un cri résonne dans les radios de l’équipage.

"Là, regardez, tout le long de la coque, sur le flanc droit ! Des impacts ! Qu’est-ce qui a bien pu causer des dégâts pareils ? 
- On dirait… – s’étonne Ripley en s’approchant et posant deux doigts sur l’un des endroits endommagés de l’appareil avant de les frotter l’un contre l’autre – Oui… on dirait… de la merde.
- Pardon ?
- Ce sont des traces de tir de canon à incohérence, ou peut-être de torpilles à antimatière grise… nous devons entrer. Le message provient de l’intérieur de cette épave !"

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Posant son gant contre un panneau sur le bord de l’appareil, Ripley provoque l’ouverture d’un sas menant aux obscures entrailles de l’épave ; bientôt, elle et ses compagnons s’engagent dans le corridor, balayant de leurs lampes de poche les plafonds d’où pendent câbles dénudés et tubes divers, alors qu’autour d’eux, partout se dévoilent des cabines désertes où trônent encore les restes de la vie qui avait parcouru ces couloirs : vêtements, bottes, objets du quotidien…

"Mais où sont les corps bon sang ?" – murmure Parker , s’abritant derrière Ripley, jusqu’à ce qu’enfin, cette dernière réponde.

"Là."

Pointant sa lampe vers l’issue du couloir où parait une salle plus large emplie d’écrans de commandes alignés autour d’un siège au cuir abîmé, Ripley fait apparaître dans le faisceau lumineux des dizaines de squelettes entassés les uns sur les autres, provoquant un gémissement d’effroi généralisé dans les micros des combinaisons de l’équipage du Nostromo.

"Quelque chose les a tués et… les a regroupés ici !" marmonne Parker en tremblotant.

Finalement, rentrant dans la salle, Ripley s’approche doucement du siège au centre de celle-ci, et tendant une main tremblante vers le dossier de celui-ci, le fait pivoter d’un coup sec, révélant son contenu : un squelette en costume à cravate rouge, un cigare à demi-consumé encore coincé entre ses phalanges, et un verre d’alcool brun posé sur un accoudoir sous son autre main. Si elle n’avait pas su que cela était impossible, Ripley aurait juré que le tas d’os souriait. Tout le monde sursauta lorsqu’un squelette, visiblement accroupi contre le fauteuil en question là où autrefois l’homme en cravate rouge lui faisait face, s’écrasa au sol suite à cette rotation du siège. Dans un coin de la salle, un écran clignota.

"…. krsshh… USCSS Odieux Connard…krssh… gravement endommagé…. fuyez…fuyez…
- Regardez Ripley ! Le type sur l’écran, il a la même cravate, ce devait être le capitaine ! 
- krsssh… ce film… krsshhh…. est une merde.
- Moi je ne comprends pas pourquoi il fait krsshhh avec la bouche, il est con ?
- Votre gueule Parker, j’essaie d’écouter.
- … Prométhéus… grosse daube… vaisseau a subi trop de dommages… visionnage trop douloureux…
- Hein ?
- krsshhh… Ridley Scott a déclaré… "vouloir faire mieux qu’Avatar"… bon sang, Avatar… krsshhh… considérer ce film comme un gage de qualité… krsshh… aurait dû se méfier… trop tard…
- Regardez la lueur dans ses yeux, ce qu’il a vu a dû être affreux !
- krshhh… fuyez… krshhh… et si vous doutez… krsshhh… spoilons mes bons !"

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Prêts pour la preuve que lorsque l’on est un réalisateur qui trouve qu’il serait super génial d’adapter le Monopoly en film, il serait peut-être temps d’arrêter ? Alors en route !

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L’affiche : contrairement à ce qu’elle laisse supposer, ce film n’est pas vraiment pour les grosses têtes.

Notre histoire commence quelque part sur une planète que nous appellerons la Terre, à une époque où tout est encore fier et sauvage : les vallées sont faites de roche nue où rien ne pousse sous le soleil, l’eau s’écoule en immenses et sauvages cascades, et en-dehors du grondement des flots, aucun cri, aucune parole, aucune chanson paillarde ou aucun son provenant d’une quelconque vie ne se fait entendre.

Du moins, c’est le cas jusqu’à ce qu’une immense soucoupe volante (il n’y a pas d’autre nom pour qualifier ce truc au design follement original) se décide à survoler l’endroit pétant un peu l’ambiance, et déposant sur place une silhouette encapuchonnée avant de repartir promptement, parce qu’après 17h, c’est super difficile de circuler sur le spatio-périph’, alors on se dépêche les enfants. Cela dit, pour l’énergumène resté sur place, les choses sont moins rigolotes : quittant sa pèlerine en tissu pourri (visiblement, son espèce fait des vaisseaux spatiaux aux formes plus ou moins ridicules, mais tricote toujours ses vêtements à la main à partir de matériaux grossiers), il nous révèle son apparence : celle d’un humanoïde massif, très costaud, la peau d’un blanc parfait, au crâne glabre et aux traits larges et nobles. Sitôt que ses copains sont partis, il profite de la solitude pour se mettre en slip (ah bravo, ça fait 5 minutes que tes potes sont hors de vue et c’est déjà la fête), puis saisissant un petit récipient à côté de lui, il en avale le contenu et commence à se sentir fort mal.

Oui, moi aussi j’ai pensé au départ qu’il se suicidait parce qu’il n’y avait rien à faire sur cette planète – même en slip, c’est dire – mais en réalité, c’est plus sérieux que ça.

Ce qu’il a absorbé est en train de le désintégrer purement et simplement, et il souffre le martyre en se roulant par terre, finissant dans la cascade voisine. Pourquoi ? Et bien parce qu’on constate que le but de l’opération est de disperser ses cellules et son ADN pour ensemencer cette planète et y créer la vie ! Bon, il aurait aussi pu y déposer des cellules d’une manière un peu moins débile que le suicide rituel, mais c’était un peu trop malin. Mais niveau trucs malins, ne vous attendez pas à grand chose.

Faisons un bond dans le temps, voulez-vous ?

Hop ! Nous sommes en 2089, et tout ce qui vit sur Terre n’a pas conscience d’être la descendance directe d’un alien humanoïde au teint de porcelaine (à part les gothiques, bien sûr). Quelque part sur une île d’Ecosse, des archéologues sont en plein travail de fouille d’une grotte préhistorique, avec à leur tête le docteur Elisabeth Shaw ainsi que son plus ou moins copain, Holloway, qui n’a pas eu le droit à un prénom comme la plupart des personnages du film car cela demandait un travail d’écriture trop important. Mais alors qu’ils sont occupés à farfouiller ici ou là, soudain, ils font une découverte bouleversante : une peinture rupestre peu banale ! Car, en effet, plutôt que d’écrire "Prout" ou "Gromulk a un tout petit silex", un petit sagouin des temps anciens a préféré dessiner un humanoïde indiquant cinq boules au-dessus de sa tête. Et visiblement, la chose parle à nos héros, puisqu’ils semblent bouleversés. Hmmmm…

Vite, sautons encore dans le temps pour mieux comprendre !

Re-hop ! Et nous retrouvons 3 ans plus tard un vaisseau scientifique en pleine promenade dans l’espace : le Prométheus, engin ultramoderne emmenant 17 personnes, même si au final nous n’en connaîtrons pas la moitié. A bord, tout le monde est tranquillement en train de pioncer dans son caisson cryogénique, à l’exception d’un androïde d’apparence parfaitement humaine, David. Celui-ci s’occupe depuis les deux années que dure le voyage en regardant The Voice Lawrence d’Arabie, jouant au basket tout en faisant du vélo pour montrer qu’il est super fort, ou étudiant toutes les langues anciennes de la Terre histoire de pouvoir briller en société en sortant des insultes en araméen. Accessoirement, il profite aussi du sommeil de ses compagnons d’infortune, non pas pour les tripoter, mais observer leurs rêves via un casque relié aux modules cryogéniques (ne me demandez pas l’intérêt, c’est comme ça). Il peut ainsi constater que le Docteur Shaw a des songes dans lesquels elle se souvient de son papa qui lui disait "Niveau religion, tu crois ce que tu veux, j’m’en tape cordialement". David, contrairement au spectateur lambda, semble trouver cela fascinant, mais finit par quitter le casque malgré tout, loupant le rêve suivant où le Docteur Shaw fait découvrir l’amour à un troupeau de ruminants. Tout va bien, du moins, jusqu’à ce que soudain, une terrible secousse ne remue tout l’endroit !

Un choc ? Un astéroïde ayant frôlé l’engin ? Une rave party dans la salle du réacteur ? Non !

"Nous arrivons à proximité de notre destination" annonce l’ordinateur de bord.

Ah bon ? Quand on arrive à destination, tout se met à trembler ? Ça ne suffisait pas la voix de l’ordinateur de bord ? Bon, ne cherchons pas, on aura qu’à dire qu’avant de partir, un farceur a collé un téléphone portable de 6 mètres sur 20 en mode vibreur sous la coque. Si vous avez une meilleure explication, je suis preneur, parce que sincèrement, je pense qu’il n’y en a pas. Mais bon, on fera sans.

Pour fêter l’arrivée, David est invité à procéder au réveil des passagers, et la toute première tirée du sommeil est une certaine Meredith Vickers, chef du bord, qui pour fêter sa sortie de son long sommeil commence par… faire des pompes. Oh. Okay. D’ailleurs, si on assiste à cette scène, c’est uniquement parce que David peut observer la blonde jeune femme ainsi se faire suer au travers d’une porte entrouverte. Et sachant que les portes du vaisseau sont en fait des sas qui font "Fouisch !", il va falloir m’expliquer à quoi servent des sas qui restent entrouverts tout seuls, à part pour ce genre de scène n’ayant strictement aucun sens. En tout cas, peu à peu, les passagers sortent de leur sommeil, et commencent donc par aller se restaurer histoire de reprendre des forces (à part Meredith, donc, puisqu’elle peut commencer par faire des pompes après 2 ans sans manger), et on note d’ailleurs que c’est le grand luxe à bord : plateaux qui tournent, rations à volonté et surtout, d’énormes quantités d’alcool qui permettent à Holloway de passer son temps à être complètement cuit (c’est vrai : avoir des gars bourrés pour des missions super sensibles, c’est bien : s’ils sont pris par l’ennemi, ils prennent feu automatiquement grâce à l’alcool qui les imbibe avant de parler). Sans compter le fait qu’il est autorisé de fumer à bord pour avoir l’air cool, comme le fait par exemple Janek, le pilote (malgré les panneaux "Caution : explosive !" disposés un peu partout par l’équipe ayant réalisé les décors pour faire vaisseau sérieux).

Holloway d’ailleurs, entre deux rots alcoolisés, tente de faire connaissance avec certains membres du bord en se présentant à eux, comme par exemple, Bubu le biologiste et Gégé le géologue. Ce dernier envoie d’ailleurs paître le pauvre archéologue, lui expliquant qu’il n’est pas ici pour se faire des amis, mais plutôt des testicules en or (le slip en diamant reste l’apanage des gens sérieux). Ah. Soit, dit Holloway, retournant picoler dans un autre coin du vaisseau, sans remarquer que tiens, comment ça se fait que je fasse connaissance avec des gens à bord, alors que bon, on est supposés être montés dans le vaisseau ensemble, voire s’être préparés au voyage en groupe avant ? Rassurez-vous, niveau nombre d’incohérences à la minute, on a pas fini : la preuve, la suite.

Voici Gégé le géologue. Notez qu’il est roux, et donc foutu d’avance.

Donc, tout l’équipage est convoqué en salle de briefing afin de commencer à se remettre au boulot après deux ans à pioncer, et à défaut de powerpoint avec des gifs animés dans tous les coins comme il se doit avec ce genre de support navrant, c’est un enregistrement holographique qui est diffusé à la troupe. On voit alors apparaître, au milieu d’un luxueux bureau, la silhouette d’un homme particulièrement âgé, qui se lance dans un fameux soliloque.

"Bonjour les amis, je suis Charles Weyland, le type qui a financé votre mission. Comme vous le remarquez, je suis très très vieux, genre plus de 100 ans, mais le réalisateur a malgré tout choisi de me faire jouer par un acteur particulièrement jeune et complètement surmaquillé, histoire que ce film coûte plus cher et sonne encore plus faux : avec un tel sens de la logique, ce mec aurait pris Jeanne Moreau pour jouer Hermione dans Harry Potter, mais passons. Je tenais simplement à vous dire que cette vidéo ne servait à rien, puisqu’en fait, je compte laisser la parole aux deux archéologues du bord et chefs de mission, les docteurs Holloway et Shaw. Ah, si pardon, j’allais oublier : à l’heure qu’il est je dois être mort, hohoho, et je tenais à dire sans raison aucune que l’androïde avec vous, David, est pour moi mon SEUL ENFANT *clin d’oeil* et je ne dis pas ça au cas où j’en aurais un AUTRE A BORD *clin d’oeil* bon allez, coupez moi cet enregistrement, tout cela est beaucoup trop ridicule. Je ne suis même pas sûr de savoir ce que je fous dans ce film."

Sitôt l’hologramme coupé, Holloway et Shaw se lèvent pour prendre la parole à leur tour car on apprend que l’équipage n’est même pas au courant de la mission qu’il doit accomplir. Pardon ? Mais alors ils ont été recrutés comment ? "Salut, on va vous envoyer dans l’espace, et après deux ans de sommeil loin des vôtres, promis, on vous dit pourquoi" ? C’est bien, comme concept. On sent le truc réfléchi Mais revenons-en au briefing, donc, qui aurait eu plus de sens AVANT de monter dans la navette qu’à 10mn d’en descendre, et n’aurait rien changé à part virer une incohérence, mais pour ce que j’en dis, passons.

"Bon heu… bonjour, on va vous expliquer le topo : nous sommes archéologues, et nous avons trouvé dans différents endroits du monde, chez différentes civilisations d’époques différentes n’ayant jamais été en contact les unes avec les autres, des bas-reliefs, peintures et autres montrant toujours la même chose : un humanoïde désignant 5 planètes toujours alignées de la même manière. Or, il n’existe qu’un endroit dans l’univers connu – et qui plus est, découvert que récemment ! – ayant cet alignement : un ensemble de planètes avec un joli soleil… et l’une d’entre elles, Trouloulou-42 ayant de fortes chances d’accueillir la vie ! Donc on suppose que ces oeuvres sont des invitations à venir rencontrer ceux que nous avons appelé les "ingénieurs" et qui pourraient nous avoir créés… nous. Voilà, donc on va tenter de percer un secret peut-être aux origines de la vie sur Terre ! Et tout ça financé par le gentil M. Weyland, c’est cool non ?"

Vous avez bien suivi ? Donc, des civilisations humaines différentes ont réussi à reproduire un schéma planétaire n’appartenant qu’à un seul endroit dans tout l’univers connu alors qu’elles même ne le connaissaient pas, on en déduit donc que c’est une invitation. Je pose plusieurs questions, comme ça, au hasard :

  • Comment les civilisations en question ont-elles pu faire une reproduction si précise pour qu’on ne la confonde par avec un autre système ? Les aliens venaient régulièrement leur rendre visite pour faire des bas-reliefs "imitation d’époque" (pour ne pas jurer avec la déco) avec leurs outils futuristes ? Ah les aliens, on les connait : on les laisse 5 minutes et on les retrouve sur le Champ de Mars à vendre des contrefaçons à la sauvette !
  • Vous n’avez pas pensé que, puisque vous n’avez pas découvert tout l’univers, si ça se trouve, ce schéma renvoie justement à un autre système inconnu à l’heure actuelle ?
  • Du coup, pourquoi ne pas avoir envoyé un satellite en reconnaissance, déjà, avant d’aller dans l’espace ?
  • Mieux encore, puisque vous avez des androïdes, pourquoi ne pas avoir envoyé que ça ? Ca coûte moins cher en oxygène, en nourriture et boisson, ça bosse au lieu de dormir deux ans et ça ne demande pas de salaire. Un peu comme les stagiaires ou les sans-papiers au sous-sol de mes bureaux.
  • Pourquoi ce film passe son temps à se vautrer alors qu’on en est qu’au début ?

Heureusement, dans la salle, quelqu’un tente bien une question : c’est Bubu le biologiste !

"S’cusez moi… vous voudriez dire que vous ignorez 3 siècles de Darwinisme ? Qu’on aurait été créés par de mystérieux aliens ? L’évolution, tout ça… non ?"

Et là, attention, réponse de Shaw, notre héroïne qui sait tout et argumente avec brio :

"Oui. Parce que c’est ce que j’ai choisi de croire."

Croyez-le ou pas : ça cloue le bec à notre biologiste. Faut dire que c’est tellement bien argumenté, c’est beau. Moi je crois qu’il faut gifler Ridley Scott, c’est ce que j’ai choisi de croire. J’ai bon ?

Cela étant dit, tout le monde se disperse, et Vickers fait signe à Holloway et Shaw pour qu’ils la suivent jusqu’à sa cabine : elle aimerait leur parler en privé. Après avoir accepté et suivi la chef de bord, les deux archéologues pénètrent dans le quartier privé de la damoiselle, qui s’avère être diablement luxueux. David, qui a accompagné les humains jusque là, se lance alors dans un exposé pas du tout sorti de nulle part "Oui, c’est très luxueux. D’ailleurs vous ai-je dit, alors que je n’ai pas de raison de le faire, que ce quartier du vaisseau était entièrement autonome et détachable ? Il produit son propre oxygène, sa propre nourriture… bref, c’est un canot de sauvetage".  Je sais pas vous, mais moi, quand le commandant du navire vit dans le canot de sauvetage, j’ai moyennement confiance. Il y a même sur place, à la grande surprise de Shaw, un Medifuck-3000; une sorte de sarcophage de verre automatisé capable de faire n’importe quelle opération chirurgicale (on peut faire des super blagues avec, comme bourrer la gueule d’un copain et le coller dedans pour lui greffer des prothèses mammaires, on se marre trop avec Medifuck-3000) ou autre à disposition dans l’une des pièces des quartiers de Vickers. La classe.

Fort heureusement, vous noterez que seules les donzelles pas trop mal foutues se sont vu affecter un uniforme moulant. Subtil non ?

En tout cas, la jeune femme les prend à part et leur explique ce qu’elle voulait leur dire :

"Vos ingénieurs, là, ils sont sympas et tout, mais je vous préviens, interdiction de rentrer en contact avec eux. Je sais que toute cette expédition a été montée uniquement dans ce but, mais ne me demandez pas pourquoi, je suis contre sans raison, ça faisait bien trente secondes qu’on avait pas tenu un dialogue juste pour tirer une balle dans le pied de l’intrigue alors voilà, c’est fait, reprenons."

Pardon ? Que vient-il de se passer ? Je… ok. Toujours est-il que nonobstant ces discussions sans intérêt, le Prométhéus poursuit lui sa course, et s’engage désormais dans l’atmosphère de Trouloulou-42, piloté avec Brio par Janek, alors que bientôt se dévoile le paysage local : des roches, encore et encore, de la terre stérile, et du minerai en abondance. Tout parait désert – nenni de vie sur cette planète, tout cela serait un échec ? – jusqu’à ce que soudain, la troupe repère des lignes droites dans le sol : des créations artificielles ! Ces lignes mènent jusqu’à un dôme rocheux, et l’équipage décide qu’il serait bon de se poser à quelques centaines de mètres dudit dôme, afin de lancer une expédition sur cette première découverte. En quelques minutes, l’imposant vaisseau scientifique a tôt fait de se poser à l’endroit voulu, et ce avec grâce s’il-vous-plait ; voilà, l’humanité vient peut-être d’atterrir sur la planète de ses créateurs. Tatatsoin, fait l’orchestre qui accompagne toujours ce genre de moments, car nul équipage sérieux ne saurait se déplacer sans son orchestre philarmonique.

Aussitôt, chez les scientifiques, c’est la grosse excitation : tout le monde veut aller visiter le fameux dôme, et saute dans sa combinaison magique pour se préparer à une sortie ; Janek râle, précisant que la nuit tombera dans 6 heures, et qu’il serait plus sage d’attendre le lendemain matin, mais sentant bien que s’il ne les laisse pas sortir, ils vont être tout excités et pisser un peu partout dans le vaisseau, il laisse partir une petite troupe de galopins vers l’objectif, en leur demandant de faire vite (un scientifique lance évidemment à un soldat les accompagnant "Ah non, pas d’armes !" car comme chacun sait, cette phrase vue et revue est incroyablement à sa place lorsqu’il s’agit de rentrer en contact avec une civilisation inconnue – d’ailleurs, l’arme la plus répandue à bord est le lance-flammes, ce qui est à la fois peu pratique et un peu con. Et les gars aiment bien tirer avec toutes les 5 secondes sans raison en l’air, juste pour faire de la lumière. Okay, ce n’est donc pas un orchestre philarmonique qu’ils ont emmené, c’est l’équipe pyrotechnique de Rammstein). Ni une, ni deux, tout le monde saute dans un gros véhicule blindé ainsi que deux buggys (pourquoi tout le monde ne monte t-il pas dans le blindé ? Mystère), et file quelques centaines de mètres plus loin vers la curieuse structure rocheuse. Avant même d’être arrivés au pied de celle-ci, les détecteurs s’affolent : le bidule est creux – comme le scénario. Intéressant !

Lorsqu’enfin, tout le monde est au bas du dôme, la petite équipe descend des véhicules, le reste de l’équipage suivant l’épopée depuis le vaisseau grâce aux caméras et micros des combinaisons de chacun. Très vite, les choses se mettent à bien avancer, puisqu’après avoir trouvé une entrée vers une galerie s’enfonçant dans l’endroit Gégé le géologue sort de sa poche des drones utilisant des lasers pour filer dans toutes les directions et faire un plan extrêmement précis de l’endroit (heureusement que personne n’a emmené de chat, autant de lasers sur les murs, l’animal péterait une crise de frénésie). Pratique ! A bord du Prométhéus, on voit donc doucement se dessiner sur un hologramme le schéma des galeries, ce que l’on surveille avec attention.

Première découverte : pour de mystérieuses raisons, l’air est respirable dans cet endroit, pourtant ouvert sur l’extérieur sans aucune séparation. On ne saura jamais pourquoi, on supposera que c’est magique, schazam ; nos scientifiques, en bon professionnels, décident donc de tous retirer leurs casques, afin de s’assurer d’avoir le moins de protection possible et de s’exposer à tout ce qui doit traîner comme saloperie sur cette planète et que leur organisme ne saurait combattre (le rhume de Trouloulou 42 est légendaire). Accessoirement, l’un des dialoguistes a jugé opportun d’ajouter gratuitement dans le propos d’un personnage qu’il faisait – 27 degrés dans l’endroit, mais visiblement, même sans casque, personne ne fait remarquer qu’il fait un peu froid et qu’il vaudrait mieux rester couvert, mais allez, poursuivons : la fin de cette daube est encore loin.

L’équipe s’enfonce donc un moment dans une galerie jusqu’à ce que David fasse une découverte qu’il ne partage pas avec le groupe : il tombe sur un petit panneau dans le mur, qu’il parvient à déchiffrer grâce à sa logique issue de l’étude des langues anciennes : c’est un système d’enregistrement holographique. Mais plutôt que de prévenir qui que ce soit, il appuie directement dessus, provoquant un immense flash lumineux dans les couloirs : ceux-ci s’animent alors des fantômes holographiques de la dernière activité connue de l’endroit, à savoir, non pas une soirée mousse, mais d’immenses humanoïdes en armure fuyant visiblement quelque chose. Autant le dire : il y a quelques combinaisons qui se font souiller dans des bruits liquides à cette vue quelque peu surprenante chez nos héros ; Shaw, elle, part à la poursuite du groupe des fuyards holographiques, assistant à la fin de l’enregistrement lorsque le groupe de créatures passe une porte qui se referme derrière eux, abandonnant l’un des leurs à la traîne, s’effondrant au pied de l’endroit lorsque l’ouverture se clôt devant lui.

David vient de repérer un bouton sur lequel il n’avait pas encore eu l’occasion d’appuyer au hasard ; vite, hardi petit !

L’hologramme s’arrête… et les scientifiques se retrouvent donc nez-à-nez avec le cadavre du traînard, toujours allongé devant la porte qu’il n’avait pu passer. Décapité, les premières études indiquant qu’il est mort depuis près… de 2 000 ans. L’enthousiasme est général suite à cette découverte d’un être d’un autre monde, à part pour Gégé et Bubu, qui ont un peu flippé, et ont sérieusement besoin d’aller changer leurs combinaisons : avec l’autorisation de Shaw, ils décident de retourner au Prométhéus (sachez que dans ce film, on ne sait jamais vraiment qui commande : des fois, tout le monde se tourne vers Vickers, parfois Janek, parfois Shaw… visiblement, c’est un équipage à présidence tournante, une sorte de Space-Bruxelles).

Holloway lui a repéré des signes au-dessus de la porte, et demande à David de les traduire. Pour la deuxième fois, David, plutôt que d’obéir, décide d’ouvrir la porte sans aucune sécurité et sans déchiffrer ce qui est inscrit parce que, hein, bon, vous savez, c’est très secondaire tout ça, et puis si ça se trouve, il est inscrit "Celui qui lit ça est un con". Bref, à la surprise générale, la porte devant nos héros se soulève donc dans un bruit sourd, dévoilant… une étrange salle. Celle-ci a au plafond une voûte présentant une fresque qui s’efface lorsque nos héros y entrent ("Ah bin merde, on aurait peut-être pas du respirer à proximité, garder les casques aurait été intelligent, quel dommage qu’on soit cons ! Mais ne les remettons pas pour autant : il y a peut-être d’autres fresques à bousiller en bons archéologues que l’on est."), mais surtout, présente une immense sculpture de visage humain, au crâne chauve et aux traits nobles ! Curieux. Celle-ci est entourée de dizaines et dizaines d’amphores, que David commence  à étudier, sans là encore faire partager sa découverte : les amphores semblent "suer". Dans le doute, il en embarque une, ce que personne ne voit, puisque bon, ça ne fait jamais qu’un mètre de haut, ça ne doit pas se remarquer.

Et en effet.

Le reste de l’équipe se concentre de son côté sur une découverte toute différente : la tête du cadavre trouvé devant la porte est encore là (la porte a décapité le Monsieur sans abîmer la tête et en faisant une coupure nette : ça devait être une porte Black & Decker) ! Elle n’a rien d’humain, puisque de forme allongée avec un vieux morceau de trompe à l’avant, et la troupe décide de l’emmener pour étude, particulièrement lorsque Janek annonce sur les micros qu’une tempête de silice approche, avec foudre & co, et des vents à 200 kilomètres heures. Tout le monde ressort donc en courant, récupère les véhicules, et Shaw, plutôt que de mettre sa tête d’alien dans le blindé, la transporte sur un buggy, ce qui fait qu’elle se vautre au sol au moment de rentrer dans le Prométhéus : malin ! Elle part à sa poursuite, malgré la tempête qui les a rattrapés (car elle était évidemment juste derrière eux pour plus de spectacle), voit son casque fouetté par des copeaux de minéraux divers, et ne doit son salut qu’à l’intervention d’Holloway puis de David, partis la récupérer dehors. Tout le monde après ces aventures peut donc remonter en paix à bord pour étudier les découvertes du jour.

Tout d’abord, la tête d’alien, donc ! La bougresse est emmenée en salle d’étude, et rapidement, il apparaît que ce n’est pas une tête, mais un casque ! Et sitôt ouvert, on voit paraître à l’intérieur un visage bien humain mais surdimensionné au teint blanc et aux traits larges, comme au début du film (ou sur la tête sculptée qui ornait la salle où ils l’ont trouvée, donc), en parfait état (2 000 ans sans se décomposer ou même avoir l’air un peu moins en forme, bravo). Shaw a alors une superbe idée : "Hey ! On a notre bidule qui permet au système nerveux de croire qu’il est encore vivant : on va ressusciter sa tête, pour voir !" et effectivement, elle plaque contre l’une de ses oreilles une sorte de baladeur qui diffuse en boucle des phrases prononçant "Hey ! Ostie, t’es mort ? Hey ! T’es mort ? Dis ?" avec un accent québécois, le tout en boucle, ce qui rendrait fou même un mort. La tête a donc tôt fait d’ouvrir les yeux et de grimacer parce que merde, c’est insupportable, mais se contente de commencer à enfler (un peu comme quand un individu normal écoute du Céline Dion), l’obligeant à être mise en isolation avant de faire sproutch. Bon… bin on va en rester à l’analyse de son ADN alors, parce que pour le coup, maintenant, l’"ingénieur" ressemble plus à un flan aux fruits qu’à une tête.

David de son côté, est allé s’enfermer dans un coin du vaisseau que personne n’a remarqué (pourtant, c’est pas grand !) : une chambre à part où il s’entretient avec un caisson cryogénique qui lui donne des ordres et qu’il appelle "Monsieur" (parce qu’il y a quelqu’un dedans, pas parce qu’il a envie d’appeler ainsi un caisson ; même s’il appelle parfois la bouilloire "coquine", mais les androïdes ont de curieuses pratiques sexuelles). Saurez-vous deviner qui est ce mystérieux passager clandestin ? Toujours est-il que Vickers semble aussi au courant de sa présence à bord, et que la personne dans le caisson semble donner les ordres (Holala, je me demande bien qui c’est sachant qu’on ne nous a parlé que d’un seul autre personnage qui ne soit pas officiellement lié à l’équipage et qui fait partie des seuls à avoir un nom et prénom !), particulièrement le fait qu’il faut "poursuivre les efforts dans les recherches". Hmmm, ce doit être Monsieur de La Palisse là-dedans, en fait.

L’androïde retourne donc à sa cabine, où il a ramené sa grosse amphore sans que personne ne lui pose la moindre question, ou même ne remarque la chose ; après l’avoir laissée au frigo pour la boire fraîche, il se décide à l’ouvrir pour voir ce qu’elle contient : des tubes en verre abritant une curieuse substance noire, la même que l’on a vu notre ami tout blanc absorber au début du film pour se décomposer et créer la vie. David en prend donc une, l’ouvre sans précaution parce que c’est pour les nuls, et sort une goutte de cet étrange liquide  noir pour la poser sur son doigt, où elle semble prendre la forme d’un granulé. Cela fait, il va trouver Holloway, encore occupé à se bourrer la gueule (là encore, sans que personne ne dise rien), et lui colle le tout dans son verre, qu’il boit sans s’en rendre compte, parce que hihihi, tiens, si je collais un truc sans même l’étudier dans un verre des humains du bord ? Ce qui prouve bien qu’il faut toujours surveiller son verre sur ce blog, diable, ce film a au moins ce mérite, même si à un moment, j’avais très envie de me droguer pour passer cette épreuve cinématographique. A noter qu’Holloway, comme tout l’équipage, traite David comme de la merde au motif que c’est un androïde, et que Weyland a bien dit qu’il le considérait comme un fils. Insulter gratuitement le fils de son patron pour un oui ou un non : une excellente idée, là encore, tellement logique. Ce film enchaîne les non-sens.

Au passage, sachez ceci : lorsque nos héros sont retournés au Prométhéus, on leur a demandé où étaient ces deux pétochards de Gégé et Bubu, et les scientifiques se sont donc étonnés qu’ils ne soient pas rentrés sachant qu’ils étaient partis avant. La réponse a été bien vite trouvée grâce aux systèmes de communication : ces deux andouilles se sont perdues dans le dôme en cherchant la sortie. Oui, vous avez bien lu : Gégé, responsable des drones de reconnaissance – et donc de guidage – et Bubu n’ont pas réussi à trouver la sortie en marchant et malgré tous leurs outils, sachant qu’ils étaient en plus en communication constante avec le Prométhéus ayant un plan des galeries et leur position en permanence, quand dans le même temps, le reste de l’équipe qui est sorti en courant et paniqué parce qu’une tempête arrivait droit sur eux a trouvé du premier coup sans rien demander à personne. C’est tellement cohérent.

"Mais comment ces deux cons ont-ils fait pour se perdre alors que tous les plans montrent qu’on est venu en ligne droite ?"

Il a donc été convenu que nos deux champions resteraient dans le dôme pour la nuit (ce qui les a enchantés), le temps que la tempête passe et que le jour se lève. Nos deux loulous ont donc décidé, plutôt que de ne pas bouger (et sachant qu’ils avaient eu la pétoche), de se balader dans tous les sens dans les galeries alentours en chantonnant. C’est logique. Ils finissent d’ailleurs par arriver devant une nouvelle porte, où quantité d’autres corps d’extraterrestres comme celui trouvé plus tôt attendent : ils se sont entassés devant l’entrée comme s’ils fuyaient quelque chose (l’élection de François Hollande, probablement, cette porte doit mener vers la Suisse), et certains d’entre eux ont des trous dans le crâne, le bide, bref, rien de joyeux.

Janek, qui suit tout ça sur les écrans en écoutant les communications des deux loulous, décide que cette découverte ne vaut ni la peine d’informer les archéologues de cette pêche miraculeuse, ni même le moindre commentaire ou la moindre réaction. D’ailleurs, il faudra m’expliquer, sachant qu’on avait clairement entendu que la tempête "allait provoquer des perturbations et couper les communications", pourquoi alors qu’elle dure encore, on capte parfaitement les aventures de nos deux larrons. Au passage, les senseurs repèrent une forme de vie immobile à l’extrémité d’une galerie, qui finit par disparaître au bout d’un moment. Cela fait encore plus péter de trouille le géologue et le biologiste bloqués sur place, mais curieusement, ils en déduisent qu’il leur faut encore plus courir dans les couloirs dans tous les sens à l’aveuglette les bras en l’air. Janek trouve d’ailleurs tout cela tellement anodin, le charnier extra-terrestre, la forme de vie inconnue, et ses deux gars isolés pour la nuit, qu’il décide de ne demander à personne de monter la garde et de plutôt aller baisouiller Vickers. Il aurait regardé Derrick qu’il n’aurait pas réagi autrement.

On est au-delà de la nullité là. Très au-delà.

Toujours est-il qu’à l’autre bout du vaisseau, Holloway toujours cuit s’en va trouver la petite Shaw, pour lui dire qu’il lui montrerait bien la position du moulin étrusque, même si Shaw tente de casser l’ambiance en ramenant sur le tapis le fait qu’elle est malheureuse d’étudier l’origine de la vie quand elle est elle-même stérile, et annonce sa grande découverte à Holloway : l’ADN de l’alien… c’est le même que celui des humains !

D’accord. Le même. Et donc, pourquoi ne sont-ils pas humains alors ?

Et surtout, s’ils sont à l’origine de la vie sur Terre, il n’y a pas que des humains, alors quoi : le mérou, l’éléphant et le hamster descendant eux-aussi dudit alien, ils ont eux aussi le même ADN que l’humain ? Bon, écoutez : baisouillez et arrêter de dire des conneries, qu’on en termine plus vite avec ce film, merci. Ce que nos héros font, car se soumettant comme toute personne raisonnable à mon charisme qui lui ne l’est pas.

Mais revenons au dôme ! Car maintenant que tout le monde fait dodo à bord du Prométhéus, Bubu et Gégé peuvent donc déambuler en paix dans les galeries désertes, en allant dans les coins qui font trop peur, soit l’exact opposé de ce qu’ils déclaraient vouloir faire quelques instants plus tôt. Par exemple, et fort logiquement, en allant passer la nuit dans la salle où ils avaient refusé d’entrer, celle avec les amphores, la sculpture de tête géante, etc. Là encore, tout cela est très logique. Sauf que sur place, un curieux liquide noir suinte de toutes les amphores, qui ont visiblement réagi à l’entrée d’être vivants trop cons pour respirer dans leur casque plutôt que dans l’air ambiant, créant de véritables mares sur le sol, et dans l’une de ces flaques… du mouvement ! Ah !

Sauf que notre biologiste, jusqu’ici pétochard, a soudainement envie d’étudier la faune qui vit dans les mares de liquide noir dans des coins avec des extra-terrestres morts en tous sens, massacrés par on ne sait quoi (… oui, hein ?), et s’approche donc de l’endroit d’où provenait le mouvement pour noter qu’une sorte d’étrange serpent semble traîner dans le coin. Il approche donc son doigt en faisant "Petit petit petit !" (véridique), et insiste même quand le bestiau se met à siffler et à présenter d’inquiétantes dents (chhht, chhhht, laissez, ça ne dénote pas avec le reste), jusqu’à ce que finalement, la bête saute sur son bras, s’enroulant autour avec tant de force que même avec l’aide de Gégé pour tenter de le libérer, le bras de Bubu est pété sous la force de l’animal. Le géologue tente bien une solution de secours pour sauver son ami, en sortant un couteau de sa ceinture pour décapiter la bête, mais jaillit alors un jet d’acide qui ravage le casque de l’ami des roches et cailloux, le faisant choir, sans protection et tête la première, à son tour dans le liquide noir qui s’accroche à son visage et commence à le ravager. Bubu, lui, le bras en vrac et paniquant à raison, voit la tête de l’animal décapité repousser, et ce dernier entrer dans sa combinaison (comme ça, hop, sans préliminaires ou même restau pour faire connaissance) avant de rôder dans son casque… et de le tuer. D’accord.

Pour la petite histoire, concernant le "D’où sortait cette merde, sachant que le liquide noir dans les amphores semblait jusqu’ici désintégrer les êtres vivants, et pas générer des serpents géants aléatoirement", on peut supposer soit qu’il s’agit de lombrics, qu’on avait entraperçus dans la salle quelques heures auparavant (les mêmes que sur Terre, quelle coïncidence ! Que foutaient-ils là ?), qui ont affreusement muté dans le liquide noir en quelques heures au lieu de se décomposer, se transformant en serpents géants tueurs à petites dents au sang acide et se régénérant à volonté en quelques secondes sans aucune raison, soit que quelqu’un a juste écrit cette scène en barbouillant une page blanche d’une autre matière noire que l’on retrouve souvent dans les cabinets après des soirées fajitas. Au choix. Vous avez toujours envie de poursuivre ?

Le lendemain matin, à bord du Prométhéus, tout le monde se lève dans la joie et la bonne humeur.

A part peut-être Holloway, qui a une sacrée gueule de bois et les yeux un peu rouges à force de picoler à la villageoise toute la journée ; mais en observant de près tout ça dans le miroir, il note, l’espace d’un instant, une sorte de tout petit trait noir dans le blanc de son oeil (berk, je sais) qui semble avoir pris la fuite lorsqu’il a voulu voir ça avec une meilleure lumière. Bien que pas en super forme, et supposant probablement que c’est encore Shaw qui a défaut d’accueillir la vie en son sein, a dû y entretenir quelques MSTs,  il va se préparer et enfiler sa combinaison pour l’expédition du matin, afin d’aller récupérer Bubu et Gégé dans le dôme. A noter que :

  • Personne n’a remarqué qu’ils étaient morts (alors que toutes les combinaisons suivent le rythme cardiaque de leur occupant et envoient ces informations au Prométhéus)
  • Personne n’a pensé à inspecter ce que voyaient leurs caméras
  • Personne n’a pensé à observer les enregistrements de la nuit pour savoir ce qu’il leur était arrivé

Mais sinon oui, tout le monde est particulièrement stupide, là-dessus, aucune inquiétude. D’ailleurs, sachez que du film, plus personne n’évoquera jamais la forme de vie immobile qui était apparue un temps sur les écrans, et d’ailleurs, les mêmes détecteurs de vie n’auront jamais repéré ce qui a tué nos deux loulous sans que ça n’inquiète personne. Soyez prudents, puisqu’à partir de maintenant, beaucoup d’éléments vont, comme ça, sortir du film comme si on les avait introduits dans le scénario avant de les oublier et ce sans se relire. Prêts ? On poursuit.

"Ridley, c’était quoi alors la forme de vie qui se manifestait toutes les deux heures ? T’avais des moufles en plus de ton blouson pour écrire l’intrigue ?"

A nouveau donc, les véhicules s’élancent vers le dôme et vomissent leur contingent de scientifiques en direction de la salle des amphores, où Gégé et Bubu étaient supposés être "aux dernières nouvelles" dixit Janek, sachant qu’il faudra me dire d’où proviennent les dites nouvelles si personne n’a regardé les enregistrements de la nuit, et sachant que Janek était justement parti baisouiller avant que les deux larrons ne se dirigent vers la salle en question. Bref.

David part seul de son côté (encore) sans que personne ne trouve rien à y redire, et parvient à passer une nouvelle porte, restée fermée jusqu’alors (pas celle avec tous les cadavres d’aliens devant : celle-ci, plus personne ne semble s’en soucier, on en parlera plus non plus du film, hoplà, disparition !), et l’ouvre, accédant à une salle cette fois ouvragée, avec des sarcophages et un siège devant un tableau de commande. En déchiffrant les boutons (qui sont des boutons sympas : quand on appuie dessus, ils sont tout mous et font un son rigolo, comme les jouets pour enfants, et surtout, permettent à quelqu’un n’y connaissant rien mais étudiant les langues de pouvoir les déchiffrer, ça tombe bien alors !), l’androïde parvient à activer une nouvelle séquence holographique (toujours pas de soirée mousse alien, c’est très décevant), où il voit des humanoïdes géants cette fois-ci s’enfermer dans les sarcophages (un seul est encore vivant depuis le temps), après avoir étudié une carte des étoiles, et plus particulièrement… la position de la Terre ! Après avoir observé la chose, David active bien naturellement ses pouvoirs de téléportation (l’une des caractéristiques des films de Ridley Scott), et rejoint le reste du groupe à l’autre bout des galeries, comme ça, hop.

Arrivés dans la salle des amphores et du visage sculpté, Shaw & co ont deux soucis : tout d’abord, ils constatent qu’Holloway est malade, et que son état empire de minute en minute : son visage noircit, semble se décomposer par endroits, bref, il ne va pas bien. Et dans le même temps, une autre partie de l’équipe tombe sur le corps de Bubu (mais pas de Gégé, qui n’intéresse visiblement personne), et constatent que ce qui l’a tué est encore planqué dans son corps : jaillissant de sa bouche, l’espèce de serpent qui l’a massacré jaillit et agresse une autre donzelle ! En conséquence de quoi elle…

… disparait du scénario. D’après le casting, elle s’appelait Imora, et n’apparaîtra plus passé cette séquence sans qu’elle soit morte pour autant. Okay, bravo. J’imagine bien l’actrice à qui on dit :

"Voilà, tu peux partir !
- Mais ? Mon personnage était encore vivant, pourquoi ? Il lui arrive quoi ?
- Ho, la relou avec ses détails ! Casse-toi, c’est un film à 130 millions ici, c’est sérieux, on est occupés !"

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Tout le monde se replie à folle allure vers les véhicules et retourne vers le Prométhéus pour y soigner Holloway, mais malgré les ordres de Janek, parti en expédition avec la troupe sans motif particulier, la rampe du vaisseau ne s’abaisse pas à leur arrivée, faisant perdre un temps précieux pour soigner le malade. Ce n’est qu’après avoir lourdement insisté par radio que la chose s’ouvre, mais… l’entrée est cette fois-ci gardée par Meredith Vickers, armée d’un fidèle lance-flammes (encore une fois, quelle arme pratique) ! Qui explique qu’elle refuse de contaminer le vaisseau avec l’infection inconnue d’Holloway. Alors bon, certes, le vaisseau a un secteur de quarantaine, mais merde, si on commence à utiliser le secteur de quarantaine pour mettre des gens en quarantaine, ce serait presque cohérent et on perdrait l’esprit du film, alors Holloway doit rester à l’extérieur ! Shaw a beau supplier de les laisser entrer, finalement, c’est Holloway lui-même qui conclut les choses : il a trop mal, sait qu’il est condamné, et s’avance vers Vickers en la suppliant de tirer, ce qu’elle fait ; le passage brutal du statut d’archéologue à celui de merguez étant dur à encaisser, le brave scientifique meurt, bouleversant l’équipage (personne n’évoquera plus cet incident mineur, re-disparition !), au point que Shaw en finit inconsciente.

A son réveil, la bougresse commence, comme à tous ses réveils, par se demander ce qu’elle a foutu hier soir. Mais elle constate  vite qu’elle est à l’infirmerie, avec David penché au-dessus d’elle, lui expliquant qu’elle va bien, à part sur un point : elle est enceinte. "C’est pas banal", se dit l’archéologue, puisque stérile aux dernières nouvelles : la maladie d’Holloway aurait-elle rendu ses coucouilles magiques ?

Visiblement, plus que prévu, car David ajoute qu’elle est enceinte de trois mois, et l’embryon n’est pas humain. Ne me demandez pas comment David est capable de donner la maturité de gestation d’un embryon d’une race inconnue, je pense qu’il n’en sait rien non plus, mais sachant que notre héroïne n’a joué à touche-pipi que la nuit précédente, tout le monde en déduit que le bestiau dans son bidou grandit bien vite. Elle veut se le faire enlever, mais David lui explique gentiment qu’ils verront ça sur Terre, et que par sécurité, ils vont la remettre en stase cryogénique. Pour la calmer, il lui file un bon gros antidouleur, ce qui la fait s’évanouir aussitôt.

A son nouveau réveil (deux fois en si peu de temps, on dirait John Carter), Shaw n’a plus envie de rigoler : entourée par deux scientifiques qui veulent la préparer à une remise en stase, elle les bouscule pour s’enfuir, et grâce au pouvoir navrant de ce film, nous n’entendront plus jamais parler de ces deux personnages non plus, qui ne partent pas à sa poursuite ou quoi que ce soit : ils disparaissent juste, pif pouf. C’est lourd hein ? Alors imaginez quand on est devant.

Elizabeth erre donc dans les couloirs en petite tenue, courant jusqu’aux quartiers de Vickers pour foncer vers le Medifuck-3000 et lui demander une opération.

"Ce système n’est conçu que pour un patient mâle", lui répond la machine, un brin sexiste, oubliant d’ajouter "Sachant qu’au prix du bousin, je pourrais aussi être configuré pour une femelle, mais tout cela est juste un prétexte pourri pour rajouter du trash dans ce film en empêchant de faire une opération propre." ; grognon, Shaw décide donc de programmer la machine pour une autre intervention proche histoire de quand même se faire retirer ce qu’elle a dans le bide : elle programme "Oui je suis un mâle, ta gueule, blessure au bas ventre en profondeur, corps étranger à retirer".

Par contre, si c’est un homme qui est enceinte, le Medifuck-3000 assure

Sachant que la bécane vient de te dire qu’elle était configurée pour un mâle, vu comment tu présentes le truc ma grande, elle risque de te retirer les ovaires et de te recoudre le trilili, mais ouf, ça va ! La machine a un système de "diagnostic automatique", qui démarre pendant que déjà, ça s’agite dans le ventre de notre héroïne ! Elle attrape donc plein d’antidouleurs et s’en colle une bonne dose (ce qui ne l’endort pas, contrairement à la scène précédente, même quand elle en reprend un deuxième dans les secondes qui suivent, puis un troisième un peu plus loin : c’est devenu une junkie, je suppose). Le bousin diagnostique donc la blessure (mais ne remarque pas que c’est une femme, c’est rassurant, on sent l’outil efficace), et commence son opération sans anesthésie (… c’est censé être un truc de chirurgie autonome, on m’explique là ? Ah oui : "Plus de trash !"), ouvrant le bidou pour en retirer, via une petite pince façon machine à gagner des peluches sur les fêtes foraines (heureusement que c’est pas pour retirer une balle, sinon, la machine a pas le matos pour), un splendide…

"Félicitations Madame, c’est un poulpe. Medifuck-3000 vous souhaite une excellente journée"

Elizabeth est un peu surprise et emmerdée à la fois, parce qu’elle n’avait pas pensé à un nom pour un poulpe, mais dans le doute, elle va l’appeler Théo ou Enzo, ça fera l’affaire ; sitôt que la machine lui a collé des agrafes pour refermer son ventre, elle repart tranquillement, refermant le tout en mode "stérilisation" pour tenter de tuer le poulpe qui gigote en piaillant parce que sa maman l’abandonne, l’ingrate. Puis, défoncée aux antidouleurs et un peu traumatisée par ce qui vient de lui arriver, elle erre dans le vaisseau, jusqu’à ouvrir par mégarde une porte qu’elle n’avait jamais poussée… celle du caisson cryogénique donnant des ordres à David ! Et dans cette salle, une partie de l’équipage (des militaires, David et Vickers) semble en train de réveiller d’un long sommeil une personne que notre héroïne reconnait aussitôt : Charles Weyland, le riche et vieux patron de la société qui a payé l’expédition ! Hooo, bin ça alors ! C’était lui le passager clandestin ! Que fait-il à bord ?

Et bien, voyant débarquer dans la salle où il se trouve l’archéologue qui l’avait elle-même convaincu de monter une expédition pour Trouloulou-42, mais complètement stone, en sous-vêtements et des agrafes plein le bidou, le puissant PDG se dit qu’il serait temps de reprendre les choses en main et d’expliquer la vérité à Shaw, aussi défoncée soit-elle : il est venu incognito à bord parce qu’il est si vieux qu’il sait qu’il ne lui reste que quelques jours à vivre, et que donc, il a supposé que ceux qui avaient créé l’humanité étaient aussi capables d’allonger sa durée de vie, aussi ce voyage est-il son dernier espoir pour éviter la mort. Accessoirement, et ça n’est qu’un détail sans intérêt, Meredith Vickers est sa fille, mais tout le monde s’en fout, même l’intrigue, ça a juste été rajouté là pour sonner encore plus cliché, ça aussi ça sera oublié dès la scène suivante. Shaw lui dit donc que c’est débile : non pas parce qu’il aurait pu rester tranquillement cryogénisé sur Terre, envoyer une expédition d’androïdes moins coûteuse et plus efficace, et attendre tranquilou qu’on lui ramène de quoi le sauver sans prendre de risques, mais simplement parce que tous les "ingénieurs" de cette planète sont morts.

Oui, c’est un peu comme dans la série Stargate ; après avoir exploré 50 m², elle en tire des conclusions pour toute la planète. Ah, on sent la scientifique de qualité.

Mais pendant que cette petite conversation a lieu, il se passe quelque chose d’étrange à l’extérieur : d’après les senseurs de sa combinaison, Gégé le géologue, pourtant disparu aux dernières nouvelles, se trouverait… juste sous la rampe du vaisseau. Personne ne regarde ce que disent ses caméras ou son état de santé avant d’ouvrir la porte, et c’est ainsi qu’en abaissant l’accès à la nef spatiale, deux membres d’équipage se retrouvent nez-à-nez… avec le cadavre de Gégé, dans une curieuse position de contorsionniste russe, et arrivé jusqu’ici sans aucune raison. Que… comment, se disent-ils ? Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Comment est-il arrivé jusque là ? Ne me dites pas que dans un film avec autant d’ambitions, on a pas collé un truc aussi pourri que…

… un zombie.

Car oui : la gueule à moitié décomposée et déformée par les effets du curieux liquide noir suintant des amphores, Gégé s’est transformé en zombie, et commence à attaquer ses congénères en grognant ! Je ne sais pas vous, mais moi, j’adore les zombies, presque autant que payer mes impôts. On en trouve tellement à toutes les sauces à l’heure actuelle, que c’est un peu devenu le plancher de toute absence de créativité : "Tiens, si on collait des zombies ?" ; d’ailleurs, ça doit être un zombie particulièrement malin, puisque sinon, alors qu’il se promenait, expliquez-moi pourquoi l’équipage n’est jamais parvenu à localiser la combinaison ou à voir ce que voyaient ses caméras, sachant que celle-ci est impeccable, seul son casque ayant été endommagé ? C’est un zombie qui s’est dit "Pffff, et si je coupais tout mon matos de localisation et que je le rallumais au pied du vaisseau pour faire une blague, hihihi, on va trop rigoler quand je vais leur manger le cerveau !" ? Non mais merde, ça ne vous dirait pas de faire un petit effort, genre 5 minutes, histoire que ce film ressemble à autre chose qu’à une vaste blague hors de prix ?

Car oui, les zombies adorent se cacher pour mieux surprendre. Charlie est leur idole.

L’équipage lui, se défend comme il peut, utilisant pour ce faire non seulement les lance-flammes du coin, mais aussi des pistolets à impulsion qui visiblement, ne font rien à la bête. Si cela peut vous rassurer, là encore, de tout le film, aucune arme à impulsion ne fera de mal à qui que ce soit, mais nous en reparlerons dans quelques paragraphes. En attendant, le corps putréfié de Gégé ainsi que ses intentions cannibales finissent sous les roues du véhicules blindé occupant la soute du Promethéus, le tout marié à divers tirs de napalm pour bien faire comprendre au chenapan que ça suffit les conneries, dis-donc, tu es mort et tu le restes, sacrebleu de bloody chipolata.

Là encore, plus personne ne parlera de cet incident, puisque ça n’avait pas grande importance : après tout, on voit des zombies dans tellement de jeux et séries que un de plus, un de moins, même si c’est à bord de son propre vaisseau, on a vite fait d’oublier. Encore une fois, merci, Ridley Scott.

Revenons donc à M. Weyland, David, Shaw et Vickers en pleine conversation, car l’androïde a une révélation à faire : non, tous les "ingénieurs" ne sont pas morts : il en reste au moins un, en stase dans un sarcophage. Et lui pourrait peut-être aider M. Weyland à prolonger sa vie, tout en répondant aux questions de Shaw, si elle a encore la force de retourner dans le dôme, malgré toutes ces horreurs. Soit, dit-elle : je veux savoir, je veux des réponses à mes questions, comme par exemple, s’ils font trois mètres de haut, où trouvent-ils des slips à leur taille ? Après tous ces sacrifices : autant ne pas être venus jusqu’ici pour rien. Ni une, ni deux, toute l’équipe se prépare donc à partir en mission, et un système externe d’assistance à la marche est fixé à Weyland, afin qu’il puisse accompagner la troupe. On lui fixe aussi trois poches à urine ainsi qu’un brumisateur, mais ça, le film ne le montre pas, ce qui est bien dommage. Puis, une fois encore, tout le monde retourne vers le dôme.

Sur place, David guide la troupe jusqu’à la salle qu’il a trouvé, celle où il a vu les hologrammes entrer dans des sarcophages, et tout devient clair pour Shaw en écoutant les explications de l’androïde, ainsi qu’en se souvenant de quelques conversations avec Janek, le pilote du Prométhéus, qui avait des théories sur cet endroit maudit : en réalité, il s’agit d’un centre de production d’armes, à savoir, cette matière noire (sachant qu’on a vu aucun laboratoire ou machine, ils produisaient ça comment ? En y pensant très fort ?), et cela s’est retourné contre eux (comment là encore ? Vous ne le saurez jamais, le réalisateur a supposé que ça ne vous intéressait pas, même si c’est un peu le coeur de l’intrigue, encore un truc évacué du scénario, pouf). Ils se sont donc enfermés ici, dans ce qui est en réalité la salle de pilotage d’un vaisseau enterré, se mettant en stase dans des sarcophages en attendant d’accomplir leur mission, à savoir, si on en croit les enregistrements holographiques… se rendre sur Terre pour ainsi y détruire toute vie ! Cette planète n’est donc pas celle des ingénieurs : il s’agit juste d’une usine d’armes de destruction massive !

D’accord Saddam. Mais alors :

  • Pourquoi les survivants du massacre d’il y a 2 000 ans se sont-ils enfermé dans des sarcophages, sachant que cette salle est la salle de pilotage, et qu’ils pouvaient accomplir leur mission plutôt que de rester immobiles à pioncer pour attendre du rien ? La suite le confirmera : ils pouvaient décoller quand ils le voulaient.
  • Pourquoi les dessins sur Terre indiquaient-ils cette planète ? Je veux dire : les "ingénieurs" se seraient rendus plusieurs fois sur Terre, se tapant tout le trajet pour indiquer à diverses civilisations primitives l’emplacement de leur usine à armes de destruction massive destinées à leur bourrer la gueule ? Zut, c’est la base du scénario : même ça ne tient pas debout
  • Et d’ailleurs, comment les humains ont-ils fait pour tomber du premier coup, comme ça, hop, pif pouf, sur le vaisseau qui, justement, avait pour objectif de raser la Terre, sachant qu’ils n’avaient aucun plan indiquant ce point précis sur la planète ?

Réponse : aucune. Je crois que j’ai trouvé Ghost Rider plus crédible que ce film. C’est dire.

Toujours est-il que nos héros se retrouvent face au sarcophage contenant le dernier extra-terrestre vivant du coin (oui, vous vous souvenez la créature qui a tué Bubu par exemple ? Elle aussi a disparu du scénario, elle ne rôde plus dans les couloirs du dôme ni rien, pouf, virée elle aussi, c’est formidable), et décident donc de le réveiller, David entamant la manœuvre après avoir déchiffré les inscriptions du sarcophage. Bientôt, le conteneur s’ouvre, et un immense humanoïde blanc en sort, sans armure, ses yeux sombres sous ses larges arcades d’albâtre observant les humains curieusement. Shaw lui hurle de lui expliquer le sens de la vie (ah oui, rien que ça), et accessoirement pourquoi ils ont créé la vie sur Terre avant de maintenant vouloir la détruire, pendant que Weyland ordonne à David de demander, dans sa langue (car il la parle parfaitement, bien que ne l’ayant jamais entendue clairement), s’il peut l’aider à vivre plus longtemps. L’alien réfléchit un moment, puis finalement, se décide à…

… péter la gueule à tout le monde.

Ok, je suis de ton côté mec.

Les hommes accompagnant Weyland ouvrent le feu avec leur fusil à impulsion, visant toutes les parties vitales de cet ennemi avançant lentement et en ligne droite, comme par exemple, le pied droit ou par-dessus l’épaule gauche (ils ne pensent pas à viser la tête), et visiblement, comme toutes les armes à impulsion, ça ne fait rien à personne, le Monsieur peut donc continuer tranquillement de malaxer des museaux à coups de poings. Il tue en conséquence les gardes, arrache la tête du pauvre David, dont le crâne, encore "vivant", se retrouve au sol, puis s’occupe du vieux Weyland, qui meurt comme un con au milieu de ses poches à urine, ce qui est bien mérité vu son plan pourri à base de "Tiens, si j’accompagnais l’expédition super dangereuse et mal montée plutôt que d’attendre à la maison dans un caisson bien frais". Seul Shaw, puisque c’est l’héroïne et que c’est l’une des rares à avoir un nom et un prénom, parvient à s’enfuir, tentant de regagner le Prométhéus à pied.

L’alien lui, après avoir fait le ménage, se dit que tiens, si j’allais sur Terre, comme le voulait ma mission ? Surtout que j’irais bien visiter le Languedoc-Roussillon, il parait que c’est sympa. Alors hop, il s’installe dans le siège à côté des sarcophages, appuie sur quelques boutons, et tout un système de pilotage sort du sol pour s’installer devant lui, ainsi qu’une armure venant se déposer sur lui, façon Goldorak (le petit tour sur son siège en moins). Il programme donc sa destination, et comme les batteries ne sont pas mortes depuis 2 000 ans, parce qu’il avait bien pensé à éteindre les phares, hop ! Son vaisseau commence à chauffer, ce qui prouve bien que se mettre en stase ne servait à rien : il était prêt à partir mais avait décidé de faire la sieste 2 petits millénaires.

A l’extérieur, Shaw, qui tente de se ruer vers le Prométhéus aussi vite qu’elle le peut malgré son bide agrafé suite à son opération douloureuse intervenue quelques scènes plus tôt, voit le sol s’agiter sous ses pieds : il s’ouvre pour laisser passer le vaisseau au décollage ! Sacrebleu ! Elle appelle donc le vaisseau scientifique en urgence pour lui dire "Attention ! Il y avait un vaisseau alien là-dessous, et il va aller sur Terre pour balancer la matière noire dégueulasse qui détruit tout, c’est pire que les algues vertes sa merde ! S’il y arrive, notre planète sera détruite, et nous n’aurons plus nulle part où aller ! Vous devez l’arrêter !"

Janek pèse le pour et le contre : arrêter le vaisseau alien qui commence à décoller, sachant que le Prométhéus n’est pas armé, ça revient à se sacrifier en s’écrasant contre. A l’inverse, perdre la Terre, ça signifie devoir recréer la race humaine en s’accouplant avec Vickers, restée à bord, et plutôt pas moche… hmmm, c’est tentant, mais bon, hein, Janek étant noir et à moustache (et n’étant pas Will Smith ou capitaine de la police), il sait que dans un blockbuster, il est condamné à mourir ; il propose donc le plan suivant :

  • Il va éjecter les quartiers de Vickers, qui ont de quoi tenir sur la planète de manière autonome pour encore au moins deux ans, avec oxygène, nourriture, boisson et Medifuck-3000 (ne l’oublions pas)
  • Il va éjecter Vickers (elle pourrait aller dans ses quartiers pour être éjectée en toute sécurité, mais comme elle est bête comme l’intrigue, elle décide de se faire éjecter à part et après ses quartiers)
  • Il va s’écraser contre le vaisseau au décollage, et activer son moteur à ion-popopop-woush-woush-trop-de-la-bombe qui créera une grosse explosion apte à faire bobo à coup sûr

Vickers râle mais accepte le plan, filant vers un module d’éjection, alors que dans le même temps, ses quartiers sont envoyés vers le sol, amortissant la chute avec leurs propulseurs intégrés (vous ne le voyiez pas venir, hein, que le fait que ses quartiers soient un "canot de sauvetage" allait servir, pas vrai ? Après tout ça a été introduit teeeeellement naturellement et subtilement dans le film !). Le Prométhéus, lui, accomplit sa dernière mission, explosant contre la nef alien à une centaine de mètres d’altitude qui, d’ailleurs, a la forme d’un donuts qu’on aurait croqué. Et qui du coup, pour encore plus de spectacle, s’écrase vers le sol non pas comme une bouse mais… en commençant à rouler bien en équilibre ! Et comme vous l’aurez deviné, pile dans la direction de Shaw, toujours en train de galoper malgré ses blessures, et de Vickers, qui par un incroyable hasard, a atterri à côté d’elle.

C’est affligeant.

Si vous comptez que ce vaisseau était supposé contenir 17 membres d’équipage, + 1 clandestin, qu’il y a environ 6 morts et deux donzelles larguées sur la planète et que seuls les trois pilotes ont accepté de se sacrifier, calculez combien il reste de membres d’équipage à bord qui vont mourir dans l’explosion sans qu’on leur demande leur avis ou propose de s’éjecter

Les deux femmes foncent donc tant bien que mal, jusqu’à ce que Vickers, militaire entraînée, ne parvienne pas à s’écarter de la route du donut géant et se fasse sproutcher (c’est un verbe), quand Shaw, archéologue traumatisée et sortant d’une opération chirurgicale un peu compliquée esquive le tout comme un ninja majestueux. Voilà voilà. Cela fait, et apercevant le module autonome largué du Prométhéus au sol, elle se décide à s’y rendre pour enfin trouver un peu de repos après toute ces aventures, et un peu dépitée car le dit module permet de survivre deux ans, mais pas de repartir sur Terre ! Bah, un petit bain à bulles en lisant Space-Closer et le moral reviendra.

Sauf qu’à peine à bord, plusieurs choses sont étranges : déjà, les écrans affichent n’importe quoi, les lumières clignotent, le mobilier est en vrac… pour un module qui a utilisé ses propulseurs pour se poser en douceur, ça ressemble plutôt à de la mise en scène de mauvaise série B ! Ho, mais attendez : nous sommes un peu en-dessous de la mauvaise série B, au temps pour moi. Et surtout, ensuite, des bruits étranges se font entendre, hmmm… attrapant une hache à incendie qui traînait par là, la bougresse se rend donc vers la source de tout ce ramdam : la salle où se trouve le Medifuck-3000. Et en collant les yeux à la vitre, comme dans tout mauvais film, elle ne voit rien et il y a un silence pesant jusqu’à ce que soudain, un tentacule martèle brutalement le verre ! Deux ans avec un truc à tentacules comme coloc, ça sent le hentai à plein nez cette affaire.

Et dans le même temps, la tête décapitée de David, encore vivante dans le vaisseau alien, parvient à activer la radio pour prévenir Elizabeth : "Attention pépette, le grand monsieur tout blanc a pas aimé qu’on lui bousille son vaisseau, il vient donc en faire de même avec ta margoulette." ; et effectivement : débarquant du sas menant vers l’extérieur (dites-donc, non seulement il est arrivé vite pour un mec dont le vaisseau vient de s’écraser, mais en plus, il n’a pas de casque ! Pourtant, lui et les siens vivaient dans une atmosphère au sein du dôme en reproduisant une semblable à la Terre, d’où le fait que l’on pouvait y retirer son casque : alors comment a t-il fait pour aller de son vaisseau au module de sauvetage sans suffoquer à l’extérieur ? Téléportation, là encore ?  Soit), voici venir le dernier "ingénieur" !

Toujours est-il qu’Elizabeth Shaw ne pouvant lutter contre cet humanoïde de plus de trois mètres de haut, elle parvient juste à ouvrir la porte menant à la pièce de son nouveau colocataire à tentacules, et visiblement, le film était à court de budget, puisqu’apparait alors une immense bestiole aux appendices gluants tout droit sortie des plus mauvaises heures des téléfilms des années 80, qui s’empresse de faire des bisous à l’intrus. Ne me demandez pas comment, en à peine quelques heures et sans aucune nourriture, la bête est passée de petit poulpe à méga-bestiau (elle transforme peut-être l’air ambiant en gras, un peu comme Jean-Marie Bigard), là aussi, c’est comme ça. Shaw, elle, décide de laisser les deux trucs d’outre-espace se démerder, et fuit donc hors du module autonome, jusqu’à ce qu’à nouveau, David la joigne sur la radio.

"Elizabeth… je sais qu’on a pas toujours été d’accord… surtout quand je m’amusais à appuyer sur tous les boutons que je trouvais sans explication, que je partais seul en expédition et gardait mes trouvailles pour moi alors que les partager avec vous autres scientifiques ne m’aurait pas empêché d’atteindre l’objectif d’aider M. Weyland et aurait même au contraire permis d’avancer plus intelligemment, ou encore que j’empoisonnais votre copain avec une substance alien dont j’ignorais tout juste comme ça, pour voir, et mettant en danger toute la mission et sans aucun motif valable dans tout ce scénario sans aucun sens, mais je veux vous aider. Vous vous rappelez aussi quand je vous ai faite tomber enceinte d’un alien pour me marrer ? Qu’est-ce qu’on avait rigolé !
- Bon écoute fais péter, parce que soit je fais confiance à une tête d’androïde qui fonctionne toute seule, soit j’ai un plan à trois avec un humanoïde géant et un poulpe avec qui toute relation sexuelle tiendrait curieusement de l’inceste, alors balance.
- Eeeet bien je crois que j’ai compris comment se pilotaient ces vaisseaux. Si vous me le demandez, on peut retourner sur Terre. Et pas forcément avec ce vaisseau. Car je viens de découvrir que cette planète en comprenait beaucoup d’autres.
- Tu veux dire que cette planète comporte plein de vaisseaux qui n’ont jamais prêté assistance/détruit celui dans lequel les armes de destruction massive s’étaient retournées contre leurs créateurs ? Et qui attendent juste là à rien faire ?
- C’est ça.
- Et tu veux aussi dire que tu viens de faire cette découverte sans rien faire, puisqu’aux dernières nouvelles, tu es juste une tête décapitée au sol ? T’as fait comment, c’était écrit sur le plancher "Propriété de la patrouille de France, les autres vaisseaux sont à 50 mètres à droite ?"
- Je…. vous voulez vraiment que je justifie ou on termine ce film ?
- J’arrive."

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Bondissant dans un buggy qui était resté hors du Prométhéus avant sa mission kamikaze, Shaw se rend donc jusqu’au vaisseau alien crashé, atteint sans encombre la passerelle de commandes, puis en extrait le corps et la tête de David. Celui-ci la félicite de son choix, et lui dit que ça va être trop chouette de retourner sur Terre. Mais Elizabeth le coupe, du moins, façon de parler parce que c’est déjà fait, puis fixe l’horizon en prenant une pose cool :

"Non, David. Nous ne retournons pas sur Terre. Ces êtres nous ont créés, et maintenant, ils veulent nous détruire. Pourquoi ? Je dois savoir. Il doit y avoir les coordonnées de leur planète mère dans les vaisseaux : allons-y. J’ai le droit de leur poser des questions."

"Comment pourrais-je finir le film avec une décision encore plus absurde que tout ce qu’il vient de se passer, hmmm…"

Oui, tu as le droit. Mais vu l’accueil qu’ils t’ont fait jusqu’ici, tu risques juste de te faire tataner pour rien ma grande, et ainsi empêcher l’humanité de connaître le danger qui la menace, sachant qu’en retournant sur Terre avec un vaisseau alien, tu pourrais à la fois informer l’humanité de tes incroyables découvertes, aider la Terre à se préparer à une éventuelle attaque, et si tu en as envie, préparer une nouvelle expédition mieux préparée pour aller sur la planète mère des "ingénieurs" leur poser des questions. Là, tu fais juste de la daube, en fait.

Avant de partir, donc, Elizabeth laisse un enregistrement qui sonne comme un avertissement : cette planète est dangereuse, le mal y rôde. Puis, David et elle se rendent à un vaisseau voisin (là encore, localisé par magie, comme ça, hop ), et font décoller celui-ci vers les étoiles, pour que Shaw puisse accomplir la mission la plus débile de l’univers.

Et…

Non, pas fin, puisque Ridley Scott, comme dans le très mauvais Robin des Bois, joue la carte du "Maintenant que j’ai raconté n’importe quoi, raccrochons les wagons pour dire que c’est un préquel", et on découvre donc, au sein du module de survie autonome resté sur la planète, que l’énorme bête tentaculaire a non seulement vaincu l’humanoïde géant, mais a pondu dedans avant de mourir, sorte de version géante des face-huggers de la série Alien, et donc, comme il se doit… le ventre du pauvre ingénieur mort s’ouvre et en sort un xénomorphe, du moins, une version très proche de celle qui, quelques années plus tard, ira emmerder une certaine Ripley à bord de son joli vaisseau ! Sauf qu’ici on dirait un enfant de 9 ans à qui on aurait mis une tête de dauphin peinte en noir sur la tête, vraiment, je pense que le budget a eu de sérieux soucis. Voilà, c’est bon, on a casé de quoi dire que ce film avait un rapport avec Alien, et qu’on a pas payé la licence pour rien ? Alors…

FIN !

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Ripley essuya une larme sanglante sur sa joue, marmonnant quelques injures alors que certains de ses compagnons autour d’elle convulsaient au sol, leur esprit balayé par la vacuité complète du scénario. Parker, qui s’était lui tout simplement évanoui dès le passage où deux scientifiques soi-disant terrorisés décidaient de passer la nuit dans le pire coin du dôme, se releva péniblement en tentant de se reprendre.

"Mais… tout ça ne nous dit pas ce qu’il s’est passé ici, à bord de l’USCSS Odieux Connard ! Qu’est-ce qui est arrivé à l’équipage ? Pourquoi les corps ont-ils été ainsi empilés les uns sur les autres sur le pont principal ?
- La vidéo n’est pas finie, Parker, il va peut-être nous le dire.
- krsshh… film a causé trop de dégâts… impossible de repartir… vais m’occuper du chargement…
- Le chargement ? Que transportait ce vaisseau ?
- Attendez… à en croire les registres, il transportait une délégation d’étudiantes interplanétaires. Mais alors que… 
- krshhh… j’ai ouvert la cryo-soute… j’ai deux mois de brandy et de cigares…krshh…  une bonne playlist… si vous trouvez ce message… fuyez… et laissez moi en paix… krsshh… je… je crois qu’elles sont réveillés… elles arrivent !"

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La vidéo se coupa, et Ripley observa à nouveau les corps empilés les uns sur les autres.

Cette fois-ci, elle était sûre que le squelette dans le fauteuil était en train de sourire.

3:17

Les chiffres flottent dans la pénombre, à quelques mètres de mon lit. La bouche pâteuse et l’oeil embué, je tente de reprendre mes esprits et de chasser les quelques songes encore présents pour me concentrer sur mon ouïe. Quelque chose m’a réveillé, mais quoi ? J’aurais juré… Non, j’ai dû me tromper. Allez, on se rendort.

"… petit train..."

Ah ! Qu’est-ce que c’était ? On aurait dit l’écho étouffé de festivités ! D’où cela pouvait il bien provenir ? Je tendais l’oreille.

"… Serpentin, de bois et de ferraille…"

Par les bajoues d’Arlette Chabot ! On dirait que ça vient de la cave ! Vite, ma robe de chambre, si ça se trouve, c’est la fille que j’y ai mis la semaine dernière qui tente un truc pour appeler à l’aide. Ou alors, un cambrioleur maladroit ; dans tous les cas, une lampée de brandy et un maüser m’aideront à aller éclaircir ce mystère. C’est donc avec mille précautions et une arme chargée que j’approchais de la porte menant à mon hypogée domestique, notant la lueur étrange et rosâtre qui filtrait au travers du seuil.

"… Train de la mort, mais que fais-tu ?…"

Que se passait-il là dedans ? Quels mécréants avaient investi mon cellier ? Etait-ce une rave party improvisée ? Une réunion de squatteurs en quête d’un abri à l’approche du froid hivernal ? Ou bien, qui sait, une bacchanale d’étudiantes n’attendant que ma personne pour pouvoir véritablement commencer l’orgie tant attendue ? Poussant la porte du canon de mon arme, je vis alors…

Les Rita Mitsouko.

Au moment où j’appuyais sur la gâchette et que je sentais mon arme tressauter dans ma main, je me réveillais hurlant, en sueur, une expression mêlant surprise et terreur sur le visage ; presque aussitôt, je basculais vers un sentiment d’apaisement en constatant que tout cela n’avait été qu’un mauvais rêve. Dans un long soupir, je me détendais donc à nouveau, jetant un coup d’oeil furtif à ma table de nuit où un curieux objet attira cependant mon attention ; un papier à l’apparence de parchemin froissé avait été déposé à proximité de mon radio-réveil ; on pouvait y lire : "Ca fait un moment qu’on s’est pas fait un ciné ; tu trouveras ci-joint un ticket pour la séance de 18h demain. Bisous, Satan. P.S : Désolé pour les Rita Mitsouko dans ton sous-sol, je pensais que ça te ferait marrer"

Hmm. Demain, avant 18h, il faudrait que je pense à nettoyer ma cave.

 

L'affiche : c'est du vol ! Le train n'est pas nucléaire et ne transporte rien qui le soit, le film dure 95 minutes et non 100, et le train fait 5 000 tonnes, pas 10 000. Publicité mensongère !

Ainsi donc, je suis donc allé voir Unstoppable, formidable épopée ferroviaire qui, sachez-le, est une création de l’ami Tony Scott. Un nom qui devrait éveiller chez certains d’entre vous (au moins) un fabuleux souvenir : Top Gun. J’ose supputer qu’à la base, il a voulu tenter le même film, mais avec des trains ; et puis quelqu’un a dû lui dire que ça allait être moins palpitant : du dog fight sur rail, c’était tout de même plus compliqué ("Maverick, attention, il y a une locomotive dans tes six heures ! Décroche ! Nom de dieu, vite, manoeuvre évasive !"). Et puis faire l’amour sur Take my breath away vêtu d’un gilet fluo de cheminot, ça a quand même un poil moins de classe.

Unstoppable, c’est donc l’histoire d’un train sans conducteur ni freins qui trimballe moult produits toxiques, et que personne ne semble pouvoir arrêter. Personne ? Non ! Un chauffeur et un chef de train vont tout faire pour tenter de sauver une ville de la terrible tragédie qui la guette ; y arriveront ils ? Spoilons !

Notre histoire commence, et c’est original, lorsque l’aube se lève sur une paisible gare américaine, où moult trains attendent que l’on vienne s’occuper d’eux et les faire voyager aux quatre coins du continent. Cela tombe bien, puisque dans une chaumière pouilleuse, un homme en slip kangourou ostensiblement souillé s’éveille : Will Colson, pauvre bougre qui squatte chez son frère et n’a visiblement pas la vie dont il rêve. Ce matin, il a rendez-vous pour une belle journée de labeur, car en effet, Will est chef de train dans une compagnie locale. Mais avant de se rendre au travail, notre héros (qui est jeune et beau, comme de bien entendu) s’en va espionner une femelle blonde qui emmène son enfant à l’école : sa meuf, comme on dit dans les caves des immeubles bien fréquentés. Visiblement, ils sont brouillés puisque Will se contente de l’observer de loin depuis son énorme pickup (idéal pour les séquences où l’on veut être discret), et lorsqu’il tente de l’appeler, cette dernière ne répond pas. Bref, en un mot comme en cent : Will a la loose.

Mais avoir la loose n’empêche pas d’aller travailler : aujourd’hui, l’ami Colson est en équipe avec un chauffeur de locomotive qui a roulé sa bosse : Frank Barnes, un des anciens de la boîte, qui est curieux d’aller travailler avec un petit jeune. Lui et ses autres amis vieux passent leur temps à geindre autour d’une table dans leurs vapeurs urinaires que les jeunes, c’est nul, parce que comme ils coûtent moins cher, on vire les vieux pour en engager. D’ailleurs, le cas de Will est un peu particulier : toute sa famille travaille dans la même compagnie et appartient au syndicat local, autant vous dire que son recrutement sent le piston pour les vieux barbons.

Pour vous résumer simplement la chose, Will est perçu comme le Jean Sarkozy local. C’est assez sale.

Pendant ce temps, dans la gare, un autre homme s’active : Dewey. Il est petit, gros, et visiblement pas très malin (afin de le faire comprendre subtilement au spectateur, on le représente comme un fainéant qui passe son temps à manger et à râler lorsqu’on lui demande de faire son travail), et aujourd’hui il a une mission : bouger des rails le train numéro 777 pour le mettre sur une voie de garage.

Oui, je sais, 777. Comme dans 666, mais pas trop non plus pour ne pas que ça se voie. Chut maintenant, concentrez vous vils lecteurs au lieu de faire des remarques désobligeantes. Vous allez me faire perdre le fil.

Donc je disais… oui, Dewey a pour mission de bouger le train des rails ; pour information, le train fait près de 800 mètres de long, comporte moult produits chimiques dangereux, et gène actuellement là où il se situe. Aussi, lorsque le chef de gare braille sur la radio "Alors Dewey, tu vas le bouger ton gras ? Vire moi ce train de là où il est!", ce dernier s’exécute péniblement, assisté en cela par son pote Jean-Jacques. Au moment de démarrer le train, ce dernier signale à Dewey que "Attention gros, les freins à air, ceux qui se déclenchent pour freiner automatiquement le train en cas de problème, ne sont pas branchés : laisse moi 30 secondes et je te règle ça, surtout ne démarre pas"

 

Moi je dis ça, je dis rien.

Hélas, Dewey, allez savoir pourquoi, est passé en 30s du mode "Je traine comme un gros porc" à celui de "Je vais faire mon travail très vite afin de satisfaire mon supérieur" ; aussi, il dit à Jean-Jacques "Pas la peine, c’est juste pour le mettre sur une voie de garage". Et il démarre le train. Sauf que voilà : l’aiguillage sur la voie de garage a été mal fait, et il faut que quelqu’un aille abaisser le levier manuellement pour régler la question. Sur sa radio, Jean-Jacques dit à Dewey "Je vais le faire, freine 30 secondes, surtout, ne descend pas de la cabine pour le faire toi-même". Hélas, non seulement Dewey est soumis au syndrome de Jar-Jar Binks (que mes lecteurs assidus connaissent à la perfection), mais en sus, j’insiste, lui qui était incroyablement fainéant, petit et gros déclare "Haha, non, pour faire mon travail encore plus vite et satisfaire mon chef, je vais descendre de ma cabine, courir comme un sportif alors que je déteste ça, qu’il fait froid et que je pourrais rester le cul sur mon siège au chaud, activer le levier de l’aiguillage, courir après mon train, le rattraper, remonter dans la cabine et ainsi avoir la satisfaction du devoir accompli".

Hélas, tout ne se passe pas comme prévu : notre bonhomme descend de sa cabine, court jusqu’à l’aiguillage, baisse la manette (mais apparemment, ça ne fait rien puisque le train continue tout droit ; pourquoi ? On ne le saura jamais), court après son train pour le rattraper, sans savoir qu’à l’intérieur de la locomotive, une manette s’est activée toute seule (c’est très commun ; chaque gare dispose d’ailleurs d’un exorciste pour ce genre de situation, mais aujourd’hui, il était en RTT à Pornic), et le convoi se met donc à accélérer doucement ; juste assez pour que notre petit gros ne puisse pas courir assez vite pour regagner sa cabine, en fait.

Alors évidemment, vous allez me dire : "en plein milieu d’une gare de triage, un train qui part à 10 à l’heure tout seul, tu dois avoir 30 cheminots prêts à intervenir s’ils sont témoins de la situation". Et vous avez raison ; sauf que là, que font ils les cheminots ?

Ils applaudissent.

Oui, vous m’avez bien lu : ils voient un train partir seul, avec plein de wagons marqués "produits toxiques" en gros, et que font ils ? Ils gueulent "Bien joué, Dewey !" en rigolant et en tapant dans leurs mains. Entre Jar-Jar Dewey, l’employé fainéant qui fait soudainement du zèle, la locomotive possédée qui abaisse ses manettes toutes seules et les cheminots idiots, voilà un film qui commence très fort. Et de manière très cohérente, comme toujours.

Mais revenons-en à Will et Frank : de leur côté, leur mission du jour s’avère passionnante : ils doivent prendre la locomotive 1206 et se rendre dans une usine pour aller y chercher moult wagons avant de revenir. C’est le moment d’en apprendre plus sur nos deux héros, puisque Will reçoit un coup de fil de son frère qui l’informe qu’aujourd’hui va avoir lieu l’audience pour voir si "l’injonction de 30 jours" va être reportée ou non ; vous l’avez compris : Will n’a plus le droit d’approcher sa meuf et son fils, ce qui l’empêche de copuler mais je ne précise pas avec lequel des deux. Qu’a t-il fait ? Hmmm… je me demande si nous le saurons. Frank, lui, s’aperçoit qu’il a oublié l’anniversaire d’une de ses deux filles : il tente bien de se rattraper, mais la jeune effrontée lui fait la gueule et refuse de prendre ses appels : ha, voilà deux hommes préoccupés par leurs familles respectives (ou plutôt par leurs jouvencelles : les femmes, quels nids à emmerdes) ! Dans tous les cas, ils se retrouvent ensemble dans la cabine de la 1206, et on découvre surtout qu’ils sont unis par un terrible secret : ils doivent utiliser un dentifrice à base de plutonium pour avoir des dents aussi brillantes. Mais passons.

De son côté, Connie Hooper, la patronne de la gare de triage, arrive au travail avec moult gâteaux pour accueillir des enfants en excursion scolaire venus visiter les lieux. Hélas, à peine est-elle arrivée que Dewey déboule en lui disant que haha, heu, bon, hem, figurez-vous que, hihi, j’ai disons, paumé un train. Le 777. Alors Connie, elle râle un peu parce que bon, raaah, c’est gros un train quand même, merde alors, ça se perd pas comme ça. Elle donne donc l’ordre à Dewey et Jean-Jacques de prendre une sorte de voiture montée sur le rail, de rattraper le train, de monter à bord et de l’arrêter. Et plus vite que ça. Dans le même temps, et pour plus de sécurité, elle appelle Ned, un soudeur qui n’avait rien demandé, et lui ordonne de se rendre en urgence en voiture à aiguillage sur le chemin du train pour l’envoyer sur une voie de garage.

 

Les filles de Frank travaillant chez Hooters, elles avaient sûrement de quoi arrêter n'importe quel train.

De tout le film, TOUS les aiguillages seront changés par ordinateur, à distance, parce que bon, c’est le XXIe siècle quand même. Mais allez savoir pourquoi, celui-là, il faut encore le changer à la main. Et il n’y a aucun employé pour le faire, elle doit appeler un soudeur à 10 bornes de là en urgence. C’est tout à fait logique. Elle fait comment d’habitude quand elle en a besoin ? Elle y envoie des mecs en hélicoptère ? Allez, fermons les yeux, là encore.

Tiens mais au fait, que devient notre excursion scolaire, celle dont nous parlions tout à l’heure ? Et bien figurez-vous que celle-ci se déroule en train : une petite locomotive et deux vieux wagons rénovés emmènent les enfants vers la gare de triage ; évidemment, tous les archétypes sont là : les enfants sont espiègles, mais répètent tous en choeur et en souriant ce que l’animatrice du voyage leur apprend ; ils sont souriants, ont des rires cristallins et disposent tous de têtes qui donnent envie de leur tirer des balles à sanglier sur chaque joue. Dans tous les cas, ces putassières innocentes créatures ignorent que sur la même voie que leur train, arrive à contresens le convoi 777 qui lui est à pleine vitesse. A la gare de triage, Connie joint le conducteur en urgence sur sa radio pour l’informer qu’il doit immédiatement trouver une voie de garage, puisque sinon, les enfants et lui risquent de se prendre 800 mètres de train sur le coin de la gueule, ce qui pourrait s’avérer potentiellement douloureux.

Pendant ce temps, la locomotive 1206 est en manoeuvre ; loin de toute cette agitation, Frank et Will font connaissance et parlent de leurs familles ; on sent bien que le jeune Colson cache son érection lorsque le vieux chauffeur lui apprend que ses deux filles de 18 et 19 ans paient leurs études en travaillant comme serveuses chez Hooters, célèbre chaîne américaine qui comme son nom l’indique, n’engage pas trop de damoiselles trop plates et aime les uniformes moulant. Et bien loin de ces considérations, nous retrouvons Ned, le soudeur solitaire, qui attend patiemment à son aiguillage. Hélas pour lui, aucun train ne vient ; il croise juste le véhicule de Dewey et Jean-Jacques, et comprend l’affreuse vérité : il est arrivé trop tard pour l’aiguillage, ce qui signifie que le 777 doit aller drôlement vite pour qu’il puisse l’avoir raté ! Aussitôt, il appelle Connie à la gare de triage pour l’informer que son gros train de 800 mètres, non seulement il n’y a personne à bord, mais en plus, il avance à fond les ballons, bien plus rapidement que prévu. Accessoirement, bien que Dewey et Jean-Jacques parviennent à rattraper le train, ils n’arrivent pas à monter à bord et abandonnent la poursuite. Le 777 continue donc sa folle aventure. Sacré lui.

Et effectivement, le bougre va vite, puisqu’au détour d’un virage, le convoi de nos amis scolaires voit un gros train rouge lui arriver droit dans la face ; heureusement, c’est pile au bon aiguillage que la chose arrive, aussi l’équipée d’écoliers est elle bifurquée juste au bon moment, et évite ainsi de 3 centimètres le choc avec la locomotive folle. Oui, c’est un film américain : jamais personne ne fait les choses dans les temps ; tout arrive toujours piiiiiile au dernier instant. En même temps, les enfants ne pouvant pas mourir dans ce genre de film, tout comme les animaux, on était pas trop inquiet pour eux.

En tout cas, Connie est rassurée : les enfants sont en sécurité sur la voie de garage maintenant. Par contre, elle commence à lâcher quelques flatulences un peu liquides lorsqu’elle apprend que son supérieur, Jean-Bob, gros et vil, a eu vent (aucun rapport avec les émanations précédemment citées) du train fou : elle se fait donc passer un savon. Par un curieux hasard (encore un), il se trouve qu’elle a avec elle un inspecteur fédéral en charge de la sécurité du rail, venu dans le cadre de l’excursion scolaire, et qui, figurez-vous, connait parfaitement les propriétés des produits toxiques transportés par le train ; pour synthétiser un peu la chose, sachez que ceux-ci, en cas de gros choc, feront non seulement boum, mais brûleront fort, longtemps, et en plus en envoyant des trucs toxiques un peu partout ; c’est assez ennuyeux. Ca ressemblerait à peu à une crémation d’un frère Bogdanov.

Pour Connie, la meilleure solution est la suivante : faire dérailler le train tant qu’il traverse la campagne, et éviter qu’il n’atteigne les agglomérations où il pourrait faire trop de dégâts, car tout au bout de la ligne se situe un viaduc qui effectue un virage juste au-dessus de réservoirs d’essence, et un train arrivant trop vite tomberait et provoquerait une grosse, grosse explosion. Surtout s’il transporte en sus du vilain produit toxique. Mais Connie, son avis, tout le monde s’en tape, car étant femelle et basanée, elle appartient à deux minorités à la fois. Et non, double négation ne fait pas forcément un positif, vous l’avez pensé, je le sais.

Dans le même temps, la presse a eu vent de l’affaire ; un hélicoptère suit donc le train fou, et petits schémas à l’appui, présente en direct son trajet au travers du pays, expliquant qu’en cas de crash, ce sera "la plus grande catastrophe de l’histoire de la Pennsylvanie" (probablement juste après une histoire de poules volées et de l’incendie de la grange du vieux Mc Andrew) ; la journaliste se sent par ailleurs obligée d’ajouter "le train 777 que certains ont déjà surnommé le "triple sept"" : oui, en même temps, c’est son nom, ça a pas dû trop vous fatiguer de le trouver celui-là. Donc bon. La police a commencé, de son côté, à bloquer tous les passages à niveau, mais c’est sans compter sur la presse qui décide d’arriver sur l’un de ces passages pour garer son camion pile là où il ne faut pas ; et sans compter aussi sur un type qui roule en réglant sa radio et qui ne regarde pas devant lui. Et sans compter sur un camion de transport de chevaux qui…

Oui, moi aussi toutes ces coïncidences, ça finit par me lasser.

 

1 million de tonnes cette fois ! Non mais stop ! Ce n'est plus un train, c'est un substitut pénien !

Enfin : en tout cas, le type qui règle son autoradio percute le camion de la presse, camion qui va empaffer celui qui transporte les chevaux, dont la remorque se retrouve bien évidemment envoyée sur la voie. Attention, je le disais plus haut, nous sommes dans un film américain, sachant que les enfants ne peuvent pas y mourir, pensez vous que des chevaux puissent ? Evidemment que non : ils traînent, ils renâclent, ils paniquent et se cabrent sur les voies malgré les efforts de leurs propriétaires pour les en retirer, évidemment pile au moment où le 777 arrive mais… à une demi-seconde du choc, les animaux s’écartent finalement et c’est une remorque vide que le train percute de plein fouet, poursuivant ainsi sa course folle. Je sais, c’est incroyablement surprenant. Je vous ai senti contractés jusqu’à la fin de ce paragraphe ; voilà, détendez-vous. Et mettez votre dos droit, vous êtes mal assis. Ah, mais.

Bon, c’est pas tout ça, mais je sens que vous vous demandez ce qu’il advient du convoi 1206 ? Et bien sachez que nos deux galopins sont arrivés à destination et accrochent les wagons qu’ils sont venus chercher ; hélas, cette grosse andouille de Will passe son temps à passer des coups de fil perso en cachette pour savoir ce qu’il en est de l’audience qui doit déterminer ou non s’il a le droit d’approcher sa femme. La réponse lui parvient rapidement : c’est un échec, il n’a toujours pas le droit d’aller la voir. L’esprit embrouillé, il ne fait pas attention et accroche 5 wagons de trop à sa locomotive : quelle erreur ! Dans la cabine, Frank lui fait remarquer, et la réponse de Will fuse "Haaan mais c’est ta faute, tu fais chier, tu me déconcentres, tu m’aimes pas parce que je suis un jeune et que j’ai la prostate qui marche, sale enfoiré de vieux". Autant vous le dire : ça jette un froid. A noter ce héros très mature qui, merdant parce qu’il passe des coups de fil perso, accuse son coéquipier qui n’a rien fait de mal faire son boulot. A tel point qu’il ajoute d’ailleurs "et je ferai un rapport sur toi !". Ok : Will Colson est con, c’est confirmé.

A quelques kilomètres de là, la compagnie ferroviaire a décidé sur ordre de Jean-Bob de lancer une opération pour stopper le train 777 : ils vont envoyer une locomotive à la même vitesse juste devant le convoi, la faire ralentir jusqu’à ce qu’elle touche le train, et freiner. Dans le même temps, un hélicoptère tentera de profiter de la chute de la vitesse pour hélitreuiller un marine (comme dans "Marines", les soldats, pas comme dans "Marine Le Pen" ; ce qui ne veut pas dire que cette dernière ne pourrait pas arrêter un train, attention ; juste on la déposerait pas au même endroit pour ce faire) pour tenter de monter en cabine et d’enclencher les freins. La tentative est faite sous les yeux de tous les hélicoptères de la presse, qui évidemment, se mettent tous à des endroits où ils font chier toutes les manoeuvres de l’appareil qui tente de larguer le pauvre soldat. Je ne vous cache pas qu’à ce moment là, l’observateur attentif note deux choses :

  • ça fait même pas une heure que le film a commencé, ils ne peuvent donc pas décemment arrêter le train maintenant
  • le conducteur de la locomotive chargée de freiner le convoi ainsi que le marine ne sont pas joué par des acteurs connus, ils ne peuvent donc pas avoir un rôle déterminant au vu de leur cachet

Aussi, la tentative se passe donc assez lamentablement, puisque la locomotive arrive bien à se placer devant le convoi et à le ralentir, mais donnant un coup de frein un peu brusque, elle déséquilibre le pauvre marine qui avait réussi à atteindre le toit du train, qui se pète donc lamentablement la gueule en hurlant "Adrieeeenne !" contre le pare brise de la motrice comme un vulgaire moucheron sur l’A6 un 15 août. Heureusement, toujours attaché à son hélicoptère, il est remonté dans les airs inconscient. La locomotive chargée de freiner le bousin, elle, finit par dérailler et aller exploser comme une daube un peu plus loin. Le chauffeur est tué sur le coup, parce que bon, hein, on le redit : il ne touchait pas un cachet assez important pour avoir la moindre chance.

 

Il suffisait de larguer le bon gars. Lui, les trains, il maîtrise.

C’est pas en France qu’on aurait ce genre de problème ; nous déjà, pour avoir un train qui roule, faut avoir du bol. Alors un train fou ; on t’aurait héliporté deux mecs de SUD-Rail ou des cheminots de Force Ouvrière, le train il se serait vite arrêté, il aurait pris sa carte et il aurait refusé de bouger tant qu’on lui aurait pas promis la retraite à 40 ans. Nan, un film avec des trains qui roulent, j’appelle ça de la fiction. Qu’est ce que je disais avant cette digression moi ?

Oui : la tentative a échoué, certes, mais pendant ce temps là, nos vaillants héros de la 1206 sont informés, alors qu’ils sont sur le chemin du retour, qu’arrive en face d’eux le train 777 lancé à pleine vitesse sans conducteur : crotte alors ! A bord, on commence à se poser de sérieuses questions comme "Dis, tu penses que quand on voit sa vie défiler avant de mourir, on peut sauter des chapitres comme sur les DVD?" ou "Attends, attends, je mets à jour mon FB" ; et puis finalement, ordre est reçu : le convoi 1206 est invité à être dévié sur une voie de garage. Hélas, étant trop grand (un con a accroché 5 wagons de trop dessus), il faudra aller à une autre voie, plus grande, mais plus loin, pour s’y garer. Le risque de se ramasser le 777 en contresens en est donc d’autant plus grand.

Heureusement, les autorités ont de leur côté une idée extraordinaire pour arrêter la locomotive : couper son arrivée d’essence ; pour ça, il y a un petit bouton sur le côté du véhicule, qui, une fois pressé, devrait arrêter la bête. Or, le dit bouton est monté pile sur les réservoirs d’essence. Et bien, devinez quelle est l’idée de la police ?

Ils mettent en place une ligne de tireur avec des fusils d’assauts pour arroser le réservoir en espérant toucher le bouton.

Et tout le monde trouve ça normal. C’est vrai que vouloir éviter l’explosion d’un train, ça commence par tirer sur ses réservoirs à essence avec des armes de guerre. Ce film est… heu… hmmm je cherche le mot. Ah, oui : "différent". Voilà. Comme Corky.

Bref : nos vaillants gardiens de la paix mitraillent le train mais hélas, ne parviennent pas à toucher le fameux bouton pour stopper la bête. Par on ne sait quel miracle, ils ne font pas non plus exploser les réservoirs, sur lesquels les balles ricochent. Je sais pas en quoi ils sont leurs réservoirs de train, mais va falloir penser à en équiper l’armée très vite. Le train se contente donc de poursuivre son chemin, en continuant de percuter tout ce qu’il y a sur les voies (au passage, on y trouve même une voiture en panne, que personne ne pense à pousser et qu’à la place, tout le monde essaie de démarrer sur place. C’est fou).

Hélas, le train 1206 et le 777 continuent de se rapprocher dangereusement l’un de l’autre, puisque tout a échoué jusqu’ici ! Aussi, Will et Frank sont relativement heureux lorsqu’ils découvrent enfin l’aiguillage qui va les emmener sur la voie de garage tant attendue ! C’est sans compter que c’est évidemment au même moment (ah, ça vous surprend hein !) que déboule le 777 ; là encore, les deux convois se frôlent, et seuls les tous derniers wagons (ceux en trop, ça tombe bien) se prennent 5 000 tonnes dans le nez, et sont donc un peu moins vaillants. Heureusement, le reste du train reste stable, et personne ne déraille. Will et Frank sont sauvés d’une mort certaine.

Mais vont ils en rester là ? Car dans son rétro, Frank a noté que l’arrière du train 777 était dans une position permettant d’y greffer une locomotive : en amenant la 1206 à la même vitesse juste derrière le train, il serait donc possible de l’attacher et de freiner tout le convoi ! Ni une, ni deux, Frank et Will (ce dernier hésite 10 secondes, puis se rappelant que, formidable coïncidence, sa femme, sa fille et son frère habitent la ville où le convoi risque de faire un malheur, se décide à suivre son copain black) montent donc dans la locomotive de queue et partent à la poursuite d…

 

"Hmmm, si seulement Dieu faisait apparaître une locomotive pile là où on en a besoin"

Hééé… une locomotive de queue ? Attendez, d’où elle sort ? La queue du convoi s’est pas déjà prise le 777 dans la gueule il y a 5 minutes ? Et il n’y avait que des wagons ! Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? En plus personne n’en a parlé depuis le début du film, et au départ, nos héros ne sont partis qu’avec une seule loco ! A force de fermer les yeux sur tant de choses, je vais finir par pioncer moi.

Nos héros partent donc à la poursuite du convoi 777 ; or, Jean-Bob a décidé de passer à une nouvelle étape pour arrêter le convoi : le faire dérailler. Il a donc envoyé une équipe d’ingénieurs placer des dérailleurs sur les rails à proximité d’une agglomération que la police fait évacuer ; certes, ça coûtera cher à la compagnie, ça fera du dégât aux fleurs, aux arbres, aux renards et aux prostituées des bois alentours, mais au moins, ça ne pétera pas dans une grande ville. Sur sa radio, Frank entend cette décision et explique le problème : un train de 5 000 tonnes lancé à 70 miles à l’heure ne déraillera pas. Il le sait : il est chauffeur de train, il a de l’expérience.

Ah ouais, de l’expérience ? T’as déjà fait dérailler beaucoup de trains dans ta vie mon garçon ? Si c’est le cas, tu t’es planté de métier, où alors tu coûtes une fortune à ta compagnie. L’équipe d’ingénieurs, elle, qui est payée pour calculer ce genre de choses toute l’année, affirme le contraire. Elle est sûre que ça marchera. Jean-Bob ordonne donc à Frank et Will d’arrêter la poursuite, tant il ne veut pas que le 777 déraille et que les couillons dans la 1206 derrière subissent le même sort ; il prévient : s’ils n’obéissent pas, il les virera. C’est là que le terrible secret de Frank éclate : il a déjà reçu son préavis comme quoi il était viré. Il n’est plus qu’à 3 semaines de la pré-retraite.

Ah, le baroudeur à 3 semaines de la retraite qui tente une dernière action héroïque. Comme c’est original. Le tout en faisant équipe avec un petit jeune. Hmmm… décidément, ce film est un trou noir à poncifs.

C’est donc sur ces entrefaits, à quelques minutes de finir éventuellement carbonisés dans un feu chimique que nos deux compères se décident à… parler de leurs problèmes de coeur. Oui oui oui. Le tout en souriant et en rigolant, bien sûr. C’est tout à fait le moment. Frank, par exemple, raconte qu’il a perdu sa femme d’un cancer il y a 4 ans, et qu’il n’a plus que ses filles qu’il aime très fort. Il les appelle d’ailleurs pour leur dire "Tout va bien les filles, papa va bien, il ne va pas mourir comme une merde, je voulais juste vous dire que je vous aimais" et derrière il envoie un SMS "et je trouve que vous remplissez bien vos t-shirts de chez Hooters, papa est fier de vous ;-)". Au tour de Will de conter son soucis : il est marié et a un fils ; hélas, il y a quelques semaines, en rentrant du boulot, il a surpris sa femme QUI TAPAIT UN SMS (véridique) ! Ça l’a rendu fou ; il a supputé qu’elle envoyait ça à son amant ; alors il l’a un peu cognée. Ensuite, l’amant supposé en question, c’était un flic ; il est donc allé le voir pour le menacer avec un flingue. Et bizarrement, du coup, sa femme lui fait la gueule et la justice lui interdit de l’approcher. Je retire ce que j’ai dit : Will n’est pas un con : c’est un gros con, nuance.

A noter qu’il avoue qu’en fait, sa femme envoyait un SMS à sa soeur. Mais qu’il ne pouvait pas deviner, bordel. Okay, un très gros con, donc.

 

"Envoie : BATTUE au 83838 et reçois l'heure de ta prochaine torgnole !"

Frank, en vieux baroudeur tant du rail que de l’amour, lui explique que le coeur d’une femme peut toujours être reconquis: qu’il doit l’appeler. Will lui dit que ça fait bien 2 semaines qu’il l’appelle tous les jours mais qu’elle ne répond jamais et ne rappelle pas. Frank lui donne donc ce précieux conseil : "appelle la".

Frank, qu’est-ce que tu ne comprends pas dans "je l’appelle depuis deux semaines mais elle ne répond jamais et ne rappelle pas" ?

Bon enfin. Revenons à l’action, parce que là, bon : le déraillement a échoué, le train fou a écrasé les dérailleurs sous son poids sans bouger, la 1206 rattrape la 777 et parvient finalement à s’accrocher à l’arrière du convoi ; hélas, nos héros sont arrivés un peu vite, et ça a crevé le dernier wagon qui contenait, à vue de nez, des Miel Pops. La visibilité est donc quasiment nulle durant de longues minutes ; c’est donc sous une pluie de céréales que l’ami Will sorti de la cabine essaie de verrouiller l’accrochage entre la locomotive et le wagon à coups de pieds ; certes, il y arrive, mais le système se referme sur son pied.

Rassurez-vous, pas de pied arraché : il a juste un trou qui le fait boiter. Ce qui lui donne un petit côté héroïque puisque, les hélicoptères de la presse sont tous braqués sur le convoi, et filment donc en direct les exploits de nos héros ; à noter que la presse dispose visiblement de photos du jour même pour identifier les personnes à bord du train, puisque sur les portraits nos pinpins ont la même tenue & le même rasage que le jour même. Formidable. Chez Hooters comme chez Darcy, la femme de Will, tout le monde a les yeux braqués sur les exploits de nos larrons et encourage ses connaissances respectives à sauver la ville en bout de rail.

Will retourne donc dans l’habitacle de la locomotive, et regarde son ami Frank tenter de ralentir le convoi ; hélas, le frein ne suffit pas : Frank demande donc à Will de s’occuper de la loco pendant qu’il va actionner lui même, en grimpant sur le train, les freins manuels de chaque wagon de la 777 grâce à de grosses manivelles situées derrière chaque tender. Il arrive ainsi à ralentir suffisamment le convoi pour passer le viaduc où le train risquait de tomber sur des réservoirs d’essence en pleine ville et…

… attendez, attendez, il suffisait de faire ça pour ralentir le train ou l’arrêter avant qu’il ne prenne de la vitesse ? Mais alors Dewey, après avoir raté son rattrapage de locomotive au début du film, pourquoi n’a t-il pas commencé à grimper sur l’un des wagons des 800 mètres de convoi qui défilaient devant lui au petit trot pour ralentir le tout et retourner à la loco ? Ou son pote Jean-Jacques, qui était lui-même le long du convoi ?! Mais ? Mais enfin !

Bon. Je ne dis plus rien, tiens. Toujours est il que le convoi est ralenti, mais que, comme  il reste 15 minutes de film, il faut bien qu’il arrive encore une ou deux merdes avant le terminus. Ce sont donc les freins de la 1206 qui vont lâcher, et le convoi reprend de la vitesse ; heureusement, Ned, le soudeur que vous aviez tous oublié, arrive à fond les ballons avec une escorte de police, et vient se placer avec son pickup près de la 1206 ; il fait signe à Will de quitter l’habitacle et de sauter à l’arrière de sa voiture : malgré le fait que Will se soit fait happer un pied entre deux trucs de plusieurs tonnes quelques minutes plus tôt, il saute comme un cabri et atterrit pile comme il faut, le tout en se faisant un poil mal au bras tout de même, histoire de.

 

Man VS Miel Pops

Ned n’a donc plus qu’à accélérer (pendant que derrière lui, son escorte de police, qui continue à le suivre sans raison apparente puisque bon, il ne doit pas y avoir beaucoup de circulation le long d’une voie ferrée, fait des carambolages parce qu’il restait un peu de budget à écouler) pour amener Will au niveau de la locomotive folle, et ce dernier, malgré donc son pied pourri et son bras fraîchement laminé, parvient à sauter ET à agripper le motrice : il n’a donc aucun problème pour atteindre la cabine et arrêter le train pendant que Frank, sur le toit du train toujours, crie victoire (heureusement que ce n’est pas un train avec lignes à haute-tension).

Le convoi fou finit donc par s’arrêter et nos héros sont accueillis comme tels par les sauveteurs ainsi que par leurs familles (oui parce que malgré le risque de méga-explosion+ incendie toxique, ils étaient restés à proximité des voies), et Connie, la chef de la gare de triage, qu’ils n’avaient jusqu’alors eu que sur la radio, vient les féliciter en leur faisant des bisous.

Tout le monde rit, la compagnie propose à Frank de garder son emploi au lieu de lui mettre un coup de pied au cul, Will sur ses petites béquilles s’en va embrasser sa femme qui a été séduite par sa conduite et recommence sa vie paisible et…

FIN

Il ne manque, à la fin du film, que la séquence où Will rentre chez lui.

"Aaaah, qu’il fait bon d’être chez soi !
- Oui, je ne te le fais pas d…
- Attends. Dis donc grognasse, à qui tu envoies un SMS là ? Hein ? Je pars 3 semaines et tu recommences à trainer partout ? Sale garce !
- Mais non, j’avertis ma soeur que  tu es un hér…
- PRENDS MES BEQUILLES DANS TA GUEULE !"
0

Et non : ce n’est pas parce qu’on a arrêté un train qu’on a arrêté d’être un très gros con.

Certaines choses sont unstoppables.

Dommage, Darcy.

 

Ah, qu’ils étaient fiers mes compagnons, vêtus de leurs splendides collants verts, guettant la route en quête d’éventuels bourgeois à dépouiller ! Dans leurs moulants oripeaux qui ne laissaient plus rien à l’imagination, pour sûr ils en ont pris de l’argent aux riches ; je me souviens encore du bruissement des billets lorsque, le soir venu, je venais compter le butin ainsi obtenu auprès des plus favorisés pour le redistribuer aux habitants de la forêt.

Et puis il y a eu mon procès pour proxénétisme,  et mon réseau du bois de Boulogne a été démantelé. Une bien triste histoire.

Alors évidemment, lorsque l’affiche de "Robin des Bois" m’est apparue, j’ai tout de suite été plongé dans un immense sentiment de nostalgie me poussant à aller le visionner. En plus, dedans, il y avait Russel Crowe, l’acteur qui s’occupe de tous les films d’époque. Un ami, footballeur kalmouke de son état, m’expliqua que Russel Crowe n’était autre qu’une sorte de Docteur Beckett capable lui aussi de voyager à travers le temps & l’espace pour s’incarner dans différents personnages plus ou moins historiques : un antique gladiateur, un capitaine au long cours du XIXe siècle, un surdoué au cœur de la guerre froide… "Ho bravo". Aussi, il était bien naturel qu’il soit notre Robin des Bois, n’est-ce pas ?

Assez jacassé : spoilons.

L'affiche : Robin et son marteau, le même qui servi à écrire le scenario

Notre histoire commence par une brumeuse nuit médiévale, quelque part, à Nottingham, lorsque d’un bois émergent quantité d’adolescents plus ou moins bien vêtus venus piller quelque grenier. Comme tout groupe d’adolescent livré à eux-mêmes dans une grange, ils font rapidement tant de bruit qu’ils réveillent les voisins : la famille de Loxley. Nous y retrouvons Walther, vieux seigneur aveugle et gâteux qui commence sérieusement à sucrer les fraises, et Marianne, belle dame délaissée mais au caractère bien trempé. Cette dernière, entendant qu’une horde de brigands est en train de s’attaquer à sa grange, en sort avec son arc long pour expliquer aux garnements sa façon de penser. Apercevant les jeunes gens en train de s’en prendre à son grain, elle décide de tirer une flèche enflammée aux pieds de l’un d’entre eux pour intimider la petite bande et les mettre en fuite, ce qu’elle réussit avec brio.

Car oui, Marianne maîtrise parfaitement l’arc long au point de faire de fabuleux tirs de précision ; pour rappel, Marianne, quand on veut sauver le grain de sa grange au toit de paille, on évite de tirer dans sa direction des flèches enflammée. L’accident bête n’est jamais bien loin.

Une fois les jeunes apaches retournés dans leurs bois, Marianne constate les dégâts : les réserves de grain sont quasiment vides, et il n’y aura plus de quoi semer pour les saisons à venir : à moins d’un miracle, voici venir la disette sur Nottingham.

Mais allez, quittons Nottingham et la pédéraste Albion d’Edith Cresson pour nous en aller retrouver la douce France et le château de Châlus, où l’armée du roi Richard Cœur-de-Lion tente de prendre d’assaut la forteresse ; certes, historiquement, ce fut moins glamour (un chevalier sur une tour avec une arbalète et une poêle à frire repoussant l’armée anglaise), mais ici, voici force soldats, archers, béliers et arbalétriers qui s’affrontent en poussant cris rauques et barbares autant que faire se peut. Dans ce sanglant chaos, nous découvrons un archer, Robin Longstride, qui est un mec à la cool, puisque même au cœur de la bataille alors que les carreaux pleuvent, il trouve le temps de sortir quelques phrases viriles à ses compagnons d’armes ou demande à ses amis s’ils seraient partant pour un action ou vérité ce soir après le repas. Et lorsque vient le moment de couvrir le roi des tirs ennemis, à lui seul, il doit faire choir cinq ou six arbalétriers. Ah bon, ils étaient à couvert derrière des remparts ? Non, je n’ai rien remarqué : vous savez, je suis tellement bon archer que je n’y prête même plus attention maintenant, je suis un peu le Lee Harvey Oswald de l’armée anglaise.

Un soir, alors que le siège dure quelque peu, le roi Richard et son vieil ami le seigneur Robert de Loxley décident de se rendre incognito au milieu des soudards en pleine orgie alcoolisé, car le roi aimerait savoir ce que ses hommes pensent vraiment de lui. Opinion Way n’étant pas disponible à l’époque, il se contente donc d’enfiler son manteau de jedi avec capuche géante et déambule au milieu du camp. Au même moment, Robin et son ami Petit Jean commencent à se battre suite à une sombre histoire de triche lors d’une partie de bonneteau ; dans l’affaire, un poing finit dans la gueule du roi Richard, et sa capuche se rabattant sous l’impact, tout le monde découvre le suzerain anglais. Juste & bon, ce dernier se contente simplement de profiter de ce rapprochement soudain avec le soldat Robin pour lui demander ce qu’il pense de lui, et s’il pense que la croisade dont ils reviennent a été utile. Réponse de l’intéressé : non, je dirais même que t’as un peu daubé sur la fin pépère, quand t’as fait massacrer femmes & enfants à Acre. Le roi est satisfait de cette réponse : enfin quelqu’un d’honnête dans son entourage ! Bon, c’est bien, mais il n’empêche que Robin et son copain lui ont quand même mis une patate dans les gencives, ils seront donc mis au pilori et n’auront pas le droit de participer à l’assaut final sur la forteresse française demain.

Robin la Capuche écoute le plan de Ridley le K-way

Ah, c’est bien ça : tu ne veux pas te faire tuer lors d’une bataille ? Pète la gueule à ton roi, et il te privera de sortie. Amis couards, tabasser vos supérieurs augmente considérablement vos chances de survie. Pensez-y.

Ce constat sera hélas tardivement celui du roi Richard le lendemain durant l’assaut : s’il avait été au pilori lui aussi, peut-être ne se serait il pas pris un carreau d’arbalète en travers du cou, ce qui le tue bêtement puisque l’on respire drôlement moins bien lorsque l’on a 500 grammes de bois en travers de la gorge d’après mon médecin. Un jeune soldat ami de Robin apprenant la mort du roi, il se dépêche d’aller libérer l’honnête soldat et ses compagnons du pilori, car… heu… attendez… pourquoi il les libère ? Je n’ai pas bien saisi, mais en tout cas, il les libère. Robin explique à ses amis que maintenant que le roi est mort et la croisade terminée, il est grand temps pour lui de repartir pour l’Angleterre, son foyer, et donc de déserter plutôt que de s’attarder dans une armée lente et mal payée : qui l’aime le suive ! Ses trois compagnons, Petit Jean, Bob et Rouquemoute le suivent donc aussitôt. Leurs noms n’ont aucun intérêt vu que leurs personnages n’en auront pas non plus dans le film.

Au même moment, en Angleterre, le frère de Richard, Jean, simple prince, s’envoie en l’air avec la nièce du roi de France, ce qui est très mal vu par la cour, et plus particulièrement par sa femme ainsi que sa mère. Mais le jeune Jean n’a que mépris pour ces considérations, il est fougueux et orgueilleux, il n’en a que faire des conventions, carpe diem, et demain il adhérera sur Facebook au groupe "Je vit tout les jour come si c’été le dernier". Oui, Jean est bête et méchant, et en plus, il a une tête qui donne plus envie de l’appeler Abdallah de Bourgogne que Jean, mais bon, il faut bien un méchant qui le porte sur lui, sinon tout le monde ne pourrait pas comprendre. Ce gros égoïste en tout cas se contente d’énoncer à haute voix ce qu’il pense, c’est-à-dire qu’il n’aime pas sa mère, pas sa femme, pas son frère et qu’il voudrait déjà être roi, comme Simba (le fils de Mufasa Cœur-de-Richard pour ceux qui suivent).

Pendant ce temps, en France, le roi Philippe complote avec Godeffroy, un personnage qui s’habille tout de noir, a le crâne tout rasé et plisse les yeux quand on lui parle. Godeffroy est anglais, proche du prince Jean, et Philippe lui propose une mission : assassiner Richard Cœur-de-Lion (il ne sait pas qu’il est déjà mort), aider Jean à monter sur le trône puis monter le pays contre lui, et une fois l’Angleterre en guerre civile, Philippe n’aura plus qu’à y débarquer pour en finir avec ce pays de débauche tant dans les mœurs que dans les assiettes. Godeffroy accepte sa mission et s’en va préparer une embuscade contre Richard.

Car oui, le roi Richard se promène toujours loiiiiiin au devant de son armée, seulement escorté de quelques chevaliers et en slip de préférence. Aussi, Godeffroy a payé quelques hommes pour se débarrasser tant de l’escorte que du souverain lorsqu’ils traverseront la forêt de Brocéliande. Seulement voilà, une fois les chevaliers pourfendus à coups d’armes de trait, Godeffroy découvre qu’il n’y a pas le roi parmi les morts ; il interroge donc un chevalier mortellement blessé, un certain Robert de Loxley : celui-ci explique ce qu’il en est, c’est-à-dire que le roi est mort et que la petite troupe armurée s’en allait rapporter sa couronne en Angleterre. Pardon les mecs, je vous ai tué pour rien ; sans rancune, hein ? Bon, jusqu’ici, ça arrange pas mal les affaires de notre Godeffroy sauf que…

Tout le film, Robin ne chevauchera que de blanches montures pour souligner le fait qu'il est le gentil

Sauf que la couronne est dans la sacoche de Pépérounette, la belle jument blanche qui sait renifler un traître à 50 mètres (ou alors, elle sait juste qu’il n’y a qu’un seul chauve dans le film et que c’est donc forcément lui le traître) ; telle une licorne majestueuse, la belle se met donc à galoper (jusqu’ici elle ne bougeait pas alors qu’il venait d’y avoir une embuscade avec force lances, carreaux, flèches et épées ; mais là, comme on commence à parler d’elle, elle prend donc peur et se barre. Oui oui oui, je vois.) au travers des bois, et Godeffroy envoie aussitôt deux hommes la poursuivre pour récupérer la couronne. Pépérounette court, vole, bondit mais… tiens, qui voit elle au détour d’un sentier alors que ses poursuivants vont la rattraper ? Robin Longstride ! Et comme dans Code Quantum, les animaux savent reconnaître Russel Crowe incarné dans un personnage ; aussi, l’animal va se cacher derrière lui, puisque Russel Crowe est un rempart sûr contre 97% des menaces terrestres. Et ça ne rate pas : Robin et ses amis tuent les deux hommes qui poursuivaient le cheval et semblaient un brin menaçants. Faisant quelques pas de plus, ils découvrent le lieu de l’embuscade où l’escorte royale est tombée (oui, car en fait, Pépérounette n’a fait que 15 mètres, mais personne parmi les hommes de Godeffroy n’a entendu les deux cavaliers qui la poursuivaient se faire massacrer par Robin et sa bande juste à côté d’eux).

Aussitôt, Robin décide d’agir et avec ses 3 compagnons, ils mettent en déroute la pauvre troupe d’une douzaine de filous qui venaient d’éradiquer les chevaliers  royaux (car oui, Godeffroy n’avait prévu que 12 mecs pour tuer l’escorte du roi d’Angleterre), et dans l’affaire, Robin tire une flèche qui vient faire une grosse cicatrice sur la glabre face de Godeffroy qui s’enfuyait : ça y est, c’est un méchant traître, fourbe, qui s’habille en noir ET avec une cicatrice, il est complet, merci.

Notre héros fouillant les lieux de la brève bataille découvre le chevalier de Loxley agonisant : celui-ci lui explique que le cheval blanc qu’ils ont sauvé porte dans ses sacoches la couronne d’Angleterre, qu’il convient de rapporter à Londres. Mourant, l’homme demande une faveur à Robin : prendre son épée et la rapporter à son père, Walther de Loxley, à Nottingham. Une fois son petit discours achevé, notre bon anglais meurt paisiblement. Oui, il avait une lance dans le ventre depuis 10 minutes, mais il a survécu pile jusqu’au moment de confier une quête à Robin Longstride. La mort est patiente, elle déteste couper les gens en plein milieu d’une discussion.

Robin et ses amis sont donc désormais seuls avec quelques cadavres ainsi que la couronne d’Angleterre, l’occasion d’organiser la plus formidable orgie nécrophile du royaume. Mais finalement, les compagnons de Robin évoquent une question plus pressante : comment rentrer en Angleterre ? Et bien, explique Longstride, rien de plus simple : il suffit de se vêtir des tenues des chevaliers morts & de se faire passer pour eux pour aller rapporter le plus fier symbole de la royauté au pays. Dans les affaires des nobliauds, Robin trouve une carte indiquant l’emplacement où un navire attend le retour de la troupe royale pour les ramener à Londres : ni une, ni deux, nos héros s’y rendent au grand galop, et indiquent à l’équipage du navire que le roi est mort et qu’il faut ramener la couronne : aussitôt dit, aussitôt sont ils lancés sur la Manche. Durant la traversée, Robin découvre sur l’épée de Loxley une mystérieuse inscription "Dressez vous sans relâche, jusqu’à ce que les agneaux deviennent des lions". J’imagine comme cela vous intrigue. Je vous comprends.

Arrivés à Londres, nos héros remettent la couronne à la maman de Richard, qui s’empresse de la transmettre au dernier hériter du trône qui soit à portée de bras : Jean. Voici donc le début du règne du sombre roi Jean, qui obtint sa couronne de Robin Longstride se faisant passer pour Robert de Loxley. Le tout est observé de loin par Godeffroy qui reconnait Robin, celui qui l’a blessé dans la forêt de Brocéliande et qui sait qu’il commandait la troupe qui a massacré l’escorte royale. Rien ne vous étonne, lecteurs ? Vraiment ? Pas même le fait que par exemple, bien que Robin aie parcouru la France au galop pour atteindre un navire bien équipé et sur le départ, Godeffroy bien qu’en déroute depuis Brocéliande soit arrivé avant lui en Angleterre ? Il a pris le ferry ? L’avion ? Sa balise de téléportation ? Je penche pour cette dernière solution, puisque nous verrons que le noir maraud s’en resservira à l’occasion. En tout cas, le roi Jean donne de suite ses premières instructions en tant que souverain anglais : le royaume va bien mal, les caisses sont vides : il est grand temps de lever l’impôt et de mener une politique de rigueur réalisme.

Jean, méchant au point d'en coucher avec des françaises

Robin, lui, poursuit sa route avec ses bons amis vers le nord du pays et atteint rapidement le comté de Nottingham. Il y rencontre le frère Tuck, un moine qui s’y connait en ruches et pétage de ces dernières, et laisse ses hommes avec ce dernier pour aller lever le coude. Lui se rend au domaine de Walther de Loxley où il rencontre Marianne et son père : il leur annonce donc que le mari de l’une et le fils de l’autre est tombé dans une embuscade quelque part en France, et qu’il vient rapporter l’épée familiale à la demande du mourant. En remerciement de ce geste, Robin est invité à passer la soirée en compagnie de ses hôtes.

Lors du repas, pépé Loxley propose un bien étrange marché à Robin : puisque son fils est mort et qu’il n’y a plus que sa belle-fille, le comté risque de tomber en quenouille ; il faut donc faire croire que le fils prodigue est revenu vivant de croisade : Robin accepterait il de se faire passer pour Robert ? En échange, Walther propose à Robin quelque chose d’inattendu : ce dernier n’ayant jamais connu sa famille, il lui révélera tout ce qu’il sait sur son père. Quelle incroyable coïncidence : le seigneur de Loxley connaissait bien son père ! Vraiment, la vie est bien faite. Robin accepte ce marché inespéré, qui lui permet de faire semblant d’être le mari de Marianne (chances de copulation en hausse) et de s’instruire sur son passé (chances de révélations en hausse). Au village, évidemment, parmi tous les habitants, il n’y en a pas un pour dire "Attendez, j’ai vécu 30 ans au service de Robert de Loxley, alors excusez moi, mais là c’est juste un gros imposteur". Ils sont un peu cons, au point qu’ils viennent saluer Robin de grands "Ho ! Sire Robert !". Ah oui villageois ? Et comment as tu su que c’était lui ? Tu l’as reconnu ? Non puisque c’est techniquement impossible, vu qu’il ne s’agit pas de lui.  Retourne trimer dans la boue, porcher, laisse le scenario s’autodétruire, veux-tu ? Au passage, Robin découvre qu’il n’y a aucun jeune dans le village : tous les adolescents vivent dans les bois où ils sont devenus braconniers, tant la pauvreté était rude à Nottingham. Ce sont donc ces petits cons mal élevés qui venaient piller les maigres réserves de leurs parents, au début du film. Les ingrats, affamer leurs géniteurs. Une bonne rééducation à coups de pieds au cul me parait de bon aloi.

A Londres, le roi Jean installe confortablement son arrière-train sur le trône et décide de renvoyer l’ancien maréchal de son père et de son frère, qu’il trouve un peu trop timoré à son goût. Il confie plutôt la charge à Godeffroy, son ami d’enfance, et lui demande d’aller récupérer l’impôt en province. Sauf que ce gros fourbe de Godeffroy a tout prévu : il fait débarquer de nuit sur les côtes un groupe de 200 français, afin de l’aider à terroriser le royaume en prélevant l’argent au nom du roi Jean histoire de soulever le peuple contre son souverain. Un espion de l’ancien maréchal royal observe  cependant la scène et en informe le vieux conseiller.

A Nottingham, Robin profite de ses journées pour dragouiller Marianne, qui s’avère être pile comme il faut pour Robin : intelligente, belle & forte, soucieuse d’autrui, et surtout, elle n’a été mariée que 8 jours avant le départ de Robert pour la croisade : autant le dire, elle a été mariée juste assez longtemps pour que ça présente un intérêt pour Robin de se faire passer pour Robert, mais pas assez pour qu’elle soit une veuve inconsolable. La vie est décidément merveilleusement bien faite. Jamais un héros ne tombera t il sur un gros boudin décérébré et ne préférera s’enfuir lâchement pour préserver sa vertu ?

Un jour, alors qu’ils se promènent, nos deux tourtereaux tombent sur les hommes de l’évêché de York qui viennent emmener le grain de la dîme stocké à la paroisse. Robin, voyant que ce grain serait plus utile dans la fertile terre de Nottingham pour en nourrir les habitants que dans les mains de l’évêque, monte une sombre opération nocturne : le brigandage du convoi emmenant la semence ; puis, il va avec ses compagnons semer le tout dans les champs avant l’aube et s’en retourne à sa chambrée de la demeure Loxley sans demander son reste, altruiste qu’il est. Enfin pas trop : le vrai objectif était de rendre Marianne folle en lui montrant quel musclé hors-la-loi ami des pauvres qu’il était, et c’est une réussite. La température dans la chambre de la belle monte par conséquent de quelques degrés après cet exploit.

Une histoire héroïque ET une histoire d'amour ? C'est follement original.

Ce qui me fait penser que les trous du culs qui vivent dans les bois auraient été plus malins de s’attaquer aux réserves de l’Eglise plutôt qu’à celles de leurs parents : non seulement cela eut permis à leurs familles de subsister sans mendier, mais en sus, la réserve n’était gardée que par un moine bourré et non par une folle tirant des flèches enflammées. On mettra ça sur le compte de la fougue de la jeunesse.

Plus tard, Walther invite Robin à venir discuter avec lui pour tout lui dire de son père ; ce dernier était un tailleur de pierre (soit) qui savait parfaitement lire & écrire (ho ?), philosophe de surcroit (ha ?!) et qui avait commencé à rédiger avec ses petites mains la Magna Carta (Non mais stop !), charte proposant plus de justice pour les anglais et moins de pouvoir à leur roi. Évidemment, il avait rencontré un succès immense partout où il passait, car il était aussi formidablement charismatique. Seulement, le roi prenant ombrage de cette menace, l’avait fait exécuter. La devise du père de Robin était donc "Dressez-vous sans relâche jusqu’à ce que les agneaux deviennent des lions", soit ce qu’il était inscrit sur l’épée de la famille Loxley, puisqu’en effet, eux-mêmes étaient des suivants de papa Longstride. Vraiment le destin est fabuleux. Robin est tout étonné de ces révélations, tant et si bien que de sa mémoire ressurgit le jour de l’exécution de son père, alors qu’il n’était encore qu’un enfant ; il se souvient alors de tout, et particulièrement de l’injustice qui lui a ainsi été faite pour avoir osé exprimer des idées de liberté. Flashbacks partout, justice nulle part : Robin est en réalité le fils de super-citoyen. A cet instant précis, je crois que j’ai pleuré tant j’étais navré. M’est avis que dans la première version, il était le fils de William Wallace ou le père de Georges Washington.

Godeffroy de son côté fait régner la terreur partout où il passe, brûlant les maisons de ceux osant lui résister et faisant toujours décapiter un ou deux villageois à coups de scramasaxe pour le plaisir. Le bon peuple est donc contraint de donner tout ce qu’il a au roi Jean, et s’offusque de ces pratiques. Le plan de Godeffroy marche à merveille. Et comme décidément, il n’y a pas qu’à Nottingham que les villageois sont idiots, jamais sur son passage il ne croise un pauvre habitant ou un petit seigneur qui s’exclame "Tiens c’est marrant, vos soldats sont français, ne seriez vous pas un peu un traître ou un brigand en train de me prendre pour un con des fois ? ".

Les barons cependant ainsi pillés par la troupe officiellement en service commandé pour le roi commencent à se plaindre et à se réunir pour monter des armées aptes à mettre fin à ces rapines. Ils se proposent de marcher sur Londres pour en finir avec le roi Jean et libérer le pays de ce tyran financier. A aucun moment, ils ne réalisent qu’une troupe de personnes criant "Oui are soldieurses frome ze couronne of Angleterre ; guive eusse ioure goudz ande ioule bi faïne. Baille ze oué, ife iou are pas contents, maillebi iou choude révolte contre ze vilain roi Jean. And roi Philippe ize eu véri coule gaille." ressemble assez furieusement à une manœuvre politique de piètre facture.

De son côté, Jean finit par être averti par un coup de téléphone arabe (quand je vous parlais d’Abdallah de Bourgogne, ce n’était pas pour rien) venu de son ancien maréchal que son bon ami Godeffroy s’est entouré de français et met bien à mal le pays. Il est aussi informé que les barons du nord commencent à penser à se révolter ; la solution du roi Jean est donc de leur bourrer la gueule, à tous, sans exception, pour avoir seulement évoqué la possibilité de défier son autorité. Le fait que là aussi, on l’avertisse que cela semble être exactement le plan de Godeffroy ne semble pas l’influencer plus que ça : il aime bien se jeter dans les pièges à cons. De là à en tirer des conclusions, je ne m’avancerais pas.

Godeffroy et son anneau de téléportation

Revenons à Godeffroy (oui je sais, on saute d’un lieu et d’un personnage à un autre, mais l’intrigue est formidablement complexe) : un matin, alors qu’il contemple la cicatrice que Robin lui a faite à la joue à Brocéliande, il reçoit d’un de ses agents une précieuse information : Robin serait à Nottingham, toujours en train de se faire passer pour Robert de Loxley. Aussitôt, notre grand méchant se drape dans sa cape noire et commande que l’on rase le village (c’est son côté glabre, il aime tout ce qui est rasé à la perfection).

Mais revenons aux barons, qui se sont réunis à Trouperdu avec leurs armées pour tenir des discours visant à motiver les troupes, debout sur une charrette façon Lénine. Quand soudain, que voient ils dans le lointain ? Jean, roi d’Angleterre, qui vient à leur rencontre pour parlementer ; il les informe qu’il faut s’unir derrière lui car il a des arguments chocs :

- il a une couronne, alors respect

- il a une armure dorée, ce qui est un peu à la chevalerie ce qu’une twingo tuning est à l’automobile

Mais son discours est bientôt coupé par un nouvel arrivant à Trouperdu qui connait bien l’endroit car c’est ici que son père fut exécuté (quelle formidable coïncidence, ça n’arrête pas !) : Robin Longstride, se faisant encore passer pour Robert de Loxley. Nous en sommes donc au célèbre passage du discours cucu du héros face à la troupe, dans lequel il fait appel aux bons sentiments et au patriotisme des présents pour s’unir ; puis, il demande au roi s’il signera la Magna Carta si le peuple accepte de s’assembler derrière lui pour repousser l’invasion française qui ne saurait probablement tarder : Jean accepte, et le souverain le jure "sur sa mère" comme une grosse racaille squattant une cage d’escalier.

Sachant que le roi déteste sa mère, sauras tu deviner la suite ? Et sauras-tu comprendre pourquoi les barons ne tentent pas une technique intitulée "signe d’abord, on te suit après, sinon c’est à Philippe de France sur ton trône que nous demanderons la même chose" ? Nan parce qu’à ce qu’il parait que dans une négociation, il faut profiter du fait d’être en position de force. Mais bon, les barons, bien qu’âgés, n’ont jamais probablement entendu parler d’un tel concept.

Mais pour commencer, l’armée des barons est invitée à aller se débarasser de la troupe de Godeffroy, qui est en train de s’en prendre à Nottingham. Sur place, Marianne tente de résister à coups d’épée car oui, Marianne ne maîtrise pas seulement l’arc long, elle est aussi douée une lame à la main. Seulement, face au nombre, elle ne peut résister ; ce n’est que grâce à l’intervention providentielle des gamins de la forêt qu’elle arrive à s’enfuir non sans avoir fait s’échapper les villageois qui avaient été regroupés dans une grange en flammes. Godeffroy, lui, se bat en duel contre Walther Loxley après lui avoir révélé qu’il était celui qui avait tué son fils en forêt de Brocéliande. Ce n’est pas trop dur, tant papy est vieux et aveugle, et il finit par pourfendre le vieil homme. Cependant, l’armée de Robin & des barons ne tarde pas à arriver ; il ne reste qu’une seule option à Godeffroy pour se tirer du village encerclé : utiliser sa balise de téléportation. Pschouf, il n’est plus là (en tout cas, un plan il est là, le suivant il n’y est plus et plus personne n’en parle). Le reste de la troupe de soudards français est rapidement mise à mal par l’armée anglaise et finit par se rendre.

Pauvres français : quand il y a du crottin, il y a du Robin

Nottingham est sauvée ! Hélas, la mort de Walther attriste très fort Marianne, qui n’a plus que Robin comme seule "famille" (voilà qui arrange bien les affaires de notre homme). Mais d’ores et déjà, celui-ci doit repartir vers la guerre, en allant repousser l’invasion française car :

- Oui, Robin sait quand l’invasion française va se dérouler, il a du le voir sur le Doodle du roi Philippe

- Oui, Robin sait aussi où le débarquement aura lieu, il devait y avoir un lien mappy sur le Doodle

Et surtout, Godeffroy a un super plan : il veut faire débarquer l’armée de Philippe sur une plage dominée par une gigantesque falaise sur laquelle il n’a posté aucun garde, afin de bien pouvoir être surpris par tout ce que l’Angleterre compte comme archer. Surtout que c’est connu, l’archerie n’est pas du tout le sport préféré des fourbes anglais. Lorsque l’armée des barons arrive, elle positionne donc ses archers sur la falaise, et prépare sa cavalerie à charger sur la plage. Et là, c’est parti.

Vous avez vu "Il faut sauver le soldat Ryan" ? Vous savez, les barges de débarquement ? Et bien les français, à part le bateau du roi, ils n’ont utilisé que des versions "à rames" de ces barges pour traverser la Manche. Ca a dû être pratique. Et aussitôt que les rampes de débarquement s’abaissent, caméra à l’épaule, on découvre les soldats qui pataugent dans l’eau sous le feu des archers, on voit l’eau se teinter de sang, les drapeaux & équipement de l’armée française toucher le fond sableux de l’océan grâce aux caméras subaquatiques, les mêmes qui montrent les soldats qui sont transpercés par des flèches arrivant si vite qu’elles meurtrissent les hommes même une fois sous l’eau, laissant derrière elles de petites trainées de bulles.

Non vraiment, si Petit Jean n’avait pas paumé la MG 42 & les grenades en arrivant, c’était la même.

Soudain, sur la plage, parait un chevalier anglais qui s’avère être le seul de toute l’armée à avoir un heaume intégral. Halala, je me demande trop qui c’est. Tiens d’ailleurs, comme ses membres sont fins : évidemment, c’est Marianne ! Marianne qui donc, maîtrise l’arc, l’épée, le combat en armure de mailles et qui chevauche comme un homme. A noter qu’elle a une armure parfaitement à sa taille, : deux siècles avant Jeanne d’Arc, la voici venue bouter les français hors d’Angleterre. Elle est accompagnée de toute une troupe de cavaliers qui ne sont autres que les enfants de la forêt de Sherwood qui…

Heu, attendez, les enfants avaient tous des chevaux ? Ce truc pas bien utile dans les bois lorsque l’on est braconnier à part pour se faire repérer ? Et qui coûte moult argent ? Le genre qui aurait pu sauver douze fois Nottingham, ses habitants et les rendre riches ? Je… ho… non, je ne cherche plus, je suis fatigué. A ce moment du film, j’ai plutôt profité de la luminosité de la scène pour consulter ma montre.

"Ite ouase ze jour le plus long"

Bref, après les tirs d’archers, les soldats engagent le combat au corps à corps sur la plage, et tous les soldats français se font massacrer par Robin, Marianne, Petit Jean, frère Tuck…. attendez, Petit Jean n’était pas sur les falaises en train de tirer à l’arc il y a quinze secondes ? Lui aussi il se téléporte à volonté ? Et frère Tuck, il a une armure et il sait se battre ? Il a appris le maniement de l’épée à la paroisse entre deux Agnus Dei ?

Marianne commet tout de même une petite erreur : elle tente de se battre contre Godeffroy, mais celui-ci l’entraine se battre dans l’eau, et finit par l’y pousser : difficile de se redresser lorsque l’on est dans une armure de mailles immergée. C’est alors Robin qui vient l’affronter, mais là encore, il finit les fesses sur le fond sableux ; Godeffroy en profite donc pour essayer de s’enfuir à cheval. Mais c’est sans compter sur Robin qui, sortant en braillant des flots, dégaine son arc, et tue Godeffroy d’une seule flèche en pleine gorge tirée à 150 mètres depuis un arc venant de passer quelques longues secondes au fond de la Manche contre un type sur un canasson en plein galop. Quel homme.

Les français finissent donc par se rendre, et le navire de Philippe fait demi-tour vers son royaume. Le roi Jean, qui faisait n’importe quoi dans la bataille (il se battait contre ses propres troupes tellement il est fougueux, c’est trop rigolo, hihihi), constate alors que ses soldats acclament le nom de Longstride (comment connaissent ils ce nom sachant qu’il se fait passer pour de Loxley ?) et que l’armée ennemie arrête le combat. Demandant à qui se rendent les français (qu’est-ce que c’est que cette question stupide ?), on lui répond "A Longstride" (là encore, comment connaissent ils ce nom ?), ce qui rend le roi quelque peu jaloux. Oui car d’ailleurs, c’est connu, aucun français ne sait qu’il y a un roi en Angleterre, mais tous connaissent le nom de Robin Longstride le gueux et ne se rendent qu’à lui.

De retour à Londres, le roi Jean organise une grande réunion publique avec Booba en première partie, durant laquelle il doit signer la Magna Carta ; seulement, il explique que voilà, il tire son pouvoir de Dieu, et que donc, la Magna Carta, le peuple anglais peut l’utiliser pour nettoyer son fessier. C’est très intelligent Prince Jean : rappelle moi pourquoi tu avais promis de la signer ? Pour échapper à une guerre civ… ? Allez, c’est facile. Il en profite aussi pour déclarer le héros du peuple, Robin Longstride, comme hors-la-loi (tu la veux vraiment ta guerre civile mon garçon !) car s’étant fait passer pour le noble Robert Loxley et ayant participé à mettre en avant la Magna Carta devant limiter les pouvoirs royaux. On découvre donc à Notthigham le shérif (oui, on l’avait entraperçu, moustachu et lâche, mais enfin le voilà) en train de vouloir clouer l’acte signalant que Robin est recherché à un arbre, et c’est une flèche venue de nulle part qui vient clouer le papier au tronc. Annonce qui parle de Robin Longstride dit "Robin des Bois" (ou Robin Hood, Robin la Capuche en VO) ; quelqu’un peut il m’expliquer ce surnom, sachant que jusqu’ici, Robin n’a rien fait de plus ou de moins qu’autrui dans les bois ou avec une capuche ?

Le shérif, sorte de Jean-Paul Rouve médiéval

Du coup, Robin part vivre dans les bois (il doit se dire qu’il faut bien qu’il justifie ce surnom arbitraire) avec Marianne et les adolescents braconniers pauvres, et…

FIN

Je cherche encore le rapport entre le titre du film et ce que j’ai vu. Je vous préviens dès que j’aurai trouvé, mais ça risque de prendre un moment.

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