Internet répond à toutes vos questions.

Certes, il y a toutes les fois où il répond « C’est le cancer » à la plupart des interrogations pour le plus grand bonheur des hypocondriaques ; mais tout de même, il serait bien réducteur de ne pas parler de toutes les merveilles que nous offre le web. Ainsi, qui n’a jamais pu en apprendre plus sur un sujet donné en quelques clics sur un moteur de recherche ? Découvrir des images incroyables d’un phénomène rare à l’autre bout du monde ? Ou plus généralement, vérifier si une vedette des années 80 était morte ou vivante (tant que vous n’avez pas le réponse, on parle de vedette de Schrödinger) ?

Pourtant, internet c’est aussi le meilleur moyen d’apprendre bien des choses pratiques. D’où de nombreux sites, comme ausujet.com, (où nous apprenions à devenir un ninja), désormais rejoints par de plus riches encore, comme WikiHow, site qui vous apprend moult choses en moult langues.

Ce pourquoi, aujourd’hui, nous allons nous attarder sur une question tout à fait pertinente :

Comment être une fille féminine ?

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Marie Curie, un modèle de fille féminine : elle aimait tant le gloss qu’à la fin elle brillait même dans le noir.

Et l’article qui va bien est ici.

Car en effet, dans un monde où tout le monde se bat sur la théorie du genre, oui, non, est-ce que je peux avoir des jouets Spiderman en rose ou est-ce que Game of Thrones ne serait pas un peu sexiste puisqu’on y voit pas de transgenre (si, si), on imagine bien que l’identité de mes lectrices est torturée. Aussi, et afin de les délivrer, que dis-je, les libérer, voyons donc ensemble comment faire pour enfin être une fille à qui on ne reproche rien et qui peut lire Biba aux toilettes en paix.

Oui, pour ça aussi je suis au courant.

Mais, fi de remarques, et allons donc voir de quoi il retourne !

Une fille féminine est une fille qui embrasse sa féminité de tout son cœur, sans sacrifier sa personnalité ou sa force. Elle surveille son comportement, son style et son apparence, sans jamais être égoïste ou méchante. Les autres filles la prennent pour modèle et veulent être son amie. Être féminine est un choix personnel, et personne ne devrait vous influencer pour que vous agissiez d’une façon qui vous met mal à l’aise. Cependant, si c’est l’attitude et le look que vous souhaitez adopter, vous n’aurez qu’à cultiver le bon comportement et la bonne apparence.

Notez bien que dès la première ligne, on vous explique qu’une fille féminine ne sacrifie pas sa personnalité, mais que bon, être féminine, c’est quand même faire des efforts sur – tiens donc – sa personnalité. On supposera donc, pour commencer, que la féminité débute là où la personnalité unique s’arrête. Ce qui expliquerait, Messieurs, pourquoi les filles sont des êtres si mystérieux aux yeux de bien des malandrins : elles sont plusieurs dans leur tête.

Ce qui ne fait que d’autant plus de monde pour les soirées ragots cela dit, et puis comme ça, on peut bitcher entre personnalités. C’est quand même bien fait.

Notons tout de même l’avertissement rajouté à l’arrache par un gourgandin qui a senti la moquerie arriver (alors que ce n’est pas le genre de la maison) :

Cet article est bien entendu un cliché divertissant et n’est pas à prendre au pied de la lettre.

« Mais dans le doute, on a quand même écrit une méthode numérotée en parlant de « bon comportement » et de « bonne apparence«  ».

Surtout que, pour rappel, on peut lire en gros en première page du site « Nous essayons d’aider chaque personne sur la planète à apprendre comment tout faire. » et non « En fait, c’était pour déconner« .

C’est ballot. Mais, c’était bien tenté, j’en conviens.

Commençons par « Se comporter en fille féminine.« 

Puisque la féminité, c’est plus qu’une simple attitude, un véritable art de vivre. Là où un être humain normal marche dans la rue, la fille féminine la traverse en flottant gracieusement, portée par une légèreté naturelle qui fait se retourner la plèbe sur son chemin. Là où quelqu’un d’autre sourirait, la fille féminine illumine son prochain en découvrant ses lèvres pulpeuses de ses dents éclatantes dans une moue mutine qui fera chavirer tous les cœurs. Et après une soirée tacos, là où d’autres risqueraient le coup de grisou s’ils venaient à fumer une cigarette trop près de la couette conjugale, la fille féminine peut secouer les draps de bon cœur : seuls des papillons multicolores en sortiront.

Cela dit, et dans ce dernier cas, si vous assistez véritablement à ce spectacle c’est soit que le gaz est hallucinogène, soit que quelqu’un élève des chenilles dans son gros intestin.

Dans les deux cas : fuyez. Vite.

Soyez gracieuse. Les filles féminines doivent se comporter comme des ladies et savoir être gracieuses en permanence. Évitez alors d’être maladroite et mal à l’aise.

C’est à peu près ce que je disais. N’oubliez donc pas : il s’agit d’être gracieuse en permanence. Non, il n’y a pas de temps mort pour vous relâcher un peu, désolé. Ce qui, je n’en doute pas, est un jeu d’enfant : la fille féminine étant par ailleurs toujours bien épilée (c’est évoqué plus loin dans l’article), n’oubliez pas de prendre des poses sensuelles tout en faisant la chose, histoire de bien être gracieuse en permanence. Il en va de même pour vos cris de douleur : travaillez-les un peu. Ils doivent sonner comme des soupirs de désir.

Et si vous pouviez être gracieuse en dormant, ce serait bien aussi.

Notez bien qu’il est aussi essentiel d’éviter d’être maladroite et mal à l’aise : deux choses que les filles non-féminines adorent faire, c’est connu. Ah, toutes celles qui se vautrent dans les escaliers pour se marrer, alors ! WikiLaPalice vous salue bien.

Ayez une super personnalité. Les filles féminines ont en générale une personnalité légère et vive. 

A opposer à « une personnalité profonde », je pense. Et si vous avez une personnalité de merde, n’oubliez pas : une fille féminine ne force pas sa personnalité : développez-en une deuxième si ce n’était pas déjà fait. Si vous ne savez pas comment faire pour vous inventer une nouvelle identité complète, je vous filerai des tuyaux : le fisc cherche encore qui est ce mystérieux « Francis Moustache » qui décroche sur mon téléphone à chaque fois qu’ils essaient de me joindre.

Les filles féminines sont aimables, douces et modestes, et constamment de bonne humeur ! Comme une princesse Disney.

Ainsi, même à l’enterrement de vos parents, votre devoir est de chanter pour attirer les oiseaux et les biches et danser avec eux au rythme des coups de patte des petits lapins.

Là encore, j’en déduis que le LSD et les gros pétards féminisent gravement. Vivement que la Manif pour Tous prône leur légalisation.

Souvenez-vous d’être gentille, et pas seulement avec vos amis ou les gens de votre groupe. Tout le monde mérite sa chance. N’excluez personne de vos jeux, cadeaux, etc. 

Ainsi, quand ce Monsieur tout nu sous son imperméable viendra vous aborder pour vous proposer d’être « gentille », n’oubliez pas d’accepter : tout le monde mérite sa chance.

Si.

Soyez romantique. On associe bien souvent les filles féminines à la romance. Lisez des romans à l’eau de rose et intéressez-vous à la poésie.

Notez bien : on ne vous dit pas de lire des livres romantiques, mais bien des romans à l’eau de rose. Il fallait donc bien sûr lire : « Lisez de la merde« . C’est une coquille. On en déduira, par corollaire, que si lire des romans à l’eau de rose rend plus féminine, lire Kant rend plus couillu.

Je propose donc une grande opération « J’envoie ma bibliothèque au gouvernement« .

Même vos vieux Pif devraient faire l’affaire vu d’où l’on part.

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Attention à ne pas envoyer des livres qui ne seraient pas compris. Commencez avec des ouvrages simples comme « Bigoudi le petit chat » ou « Martine à la montagne ».

Mettez vos goûts musicaux à jour. Soyez au courant des nouveautés, des tubes du moment, etc. Être une fille féminine ne signifie pas que vous devrez écouter de la pop mielleuse en permanence : une fille féminine peut aimer la musique alternative, les comédies musicales, et le R&B. Mais vous ne pourrez pas vraiment détester la pop…

Le goût de la pop est donc sur le chromosome X, c’est prouvé. Merci, Wikihow. Maintenant, il faudrait retrouver dans quel coin du caryotype se planque le goût du dubstep, histoire de lancer une grande politique eugéniste (j’en profite pour rappeler à mes lectrices soucieuses de devenir féminines qu’à force de lectures pourries et de personnalité(s) légère(s), l’eugénisme doit pour elle signifier « Politique visant à produire des gens qui s’appellent Eugène« . Si vous savez que ce n’est pas ça, vous en savez déjà trop et ne pourrez jamais être une vraie fille, je suis désolé).

Rassemblez un groupe de copines et partez en virée shopping, relookez-vous les unes-les autres, organisez des soirées pyjamas, une vente de gâteaux ou toute autre activité de filles.

Mangez de la glace, pleurez au téléphone durant des plombes, envoyez plus de SMS en une heure que l’ensemble du Togo en un an, et surtout, bitchez sur Marjorie qui a quand même pris du cul depuis qu’elle est avec Ludovic.

Il peut être difficile d’arrêter, mais jurer est vraiment l’une des pires choses que vous puissiez faire si vous essayez de développer votre féminité. Commencez par remplacer vos jurons habituels par des mots de remplacements comme ‘’punaise !’’, et vous arrêterez bientôt de jurer.

Soyez créatives ! Plutôt que de dire « Putain » ou « Punaise« , vous pouvez dire « Petits lapins« , « Guimauve » ou « Marc Lévy« . Attention dans ce dernier cas : cela peut aussi être considéré comme un gros mot chez les gens normaux raisonnables intelligents pas aussi féminins que vous.

Vous pouvez améliorer votre vocabulaire en lisant beaucoup. Les journaux et livres de cours sont de bons débuts, mais vous apprécierez la lecture bien davantage en lisant des romans d’amour classiques écrits par des femmes, comme Charlotte Brontoë et Jane Austen.

Oui, enfin remarquez : puisque plus haut on parlait de Marc Lévy et pourquoi pas de Guillaume Musso, ça va vite devenir compliqué étant donné que je vous rappelle la sombre profondeur de leurs titres, comme Où es-tu ?, Et après.., Seras-tu là ?, ou encore La prochaine fois. Je vous laisse retrouver lequel a écrit quoi.

Et, oui, ce sont les titres véridiques.

Toujours est-il qu’une vieille légende Maya raconte qu’à chaque fois que vous passez un coup de fil à un copain pour aller en soirée, vous avez 38% de chances de citer l’intégrale de la bibliographie des deux auteurs dans la conversation sans le savoir.

J’en profite pour rappeler la sortie prochaine de leurs futurs livres :

  • Ça coupe, je te rappelle 
  • Arrives-tu bientôt ?
  • Il reste de la quiche.
  • Allô ? 

Soyez prêtes (puisque l’on parle de princesses Disney, je cite Scar pour me faire comprendre, je suis comme ça).

Pour paraître aussi normal que possible lorsque vous mangez, prenez une bouchée et comptez jusqu’à 20 dans votre tête alors que vous mâchez. N’avalez que lorsque vous arrivez à 20, puis prenez la bouchée suivante.

Apprendre à compter dans sa tête n’aura jamais été aussi salvateur pour votre voisin d’en face.

Tenez un journal. Tenir un journal intime est l’activité la plus féminine qu’il soit. Vous pourrez y noter chaque jour ce qu’il se passe dans votre vie, comme votre journée à l’école ou vos projets pour le week-end, ainsi que des détails plus intimes, comme votre béguin actuel ou vos rêves d’avenir.

Tenir un journal serait donc l’activité la plus féminine qui soit ?

Ah, tous ces soldats qui ont tenu des journaux sur le front, tous des femmelettes !

Ayez toujours des stylos et crayons mignons sous la main. De cette façon, vous pourrez facilement les prêter aux autres en cas de besoin.

Non parce qu’en plus, si vous commencez à écrire avec du matériel normal, pour qui allez-vous passer, hein ? Je suis très déçu que notre ministre de la justice, en tant que femme, ne signe pas l’essentiel de ses documents avec un stylo-nounours. Pour qui va-t-on passer, hein ? Je vous le demande.

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Angela Merkel au départ avait mis ce petit ours mignon sur ses stylos pour donner l’exemple, et puis on lui a dit que mmmff mouiiii en fait, non.

Lisez des magazines. Les magazines sont un bon moyen de vous tenir au courant de tout ce qui se passe dans le monde de la mode et à Hollywood.

Je crois qu’on avait pas assez insisté sur l’importance de lire du caca : n’oubliez pas, plus c’est mauvais, plus vous vous sentirez femme.

J’espère qu’aucune créature dénuée de chromosome Y ne vient ici, du coup, je pourrais mal le prendre.

Passons à la suite, essentielle : « S’habiller comme une fille féminine.« 

Comment, vous pensiez pouvoir vous fringuer comme vous l’entendiez ? Nenni, il y a des règles, que diable !

Essayez de lire davantage de magazines de mode pour apprendre quels vêtements s’associent bien. Commencez par les magazines pour ado, puis si vous le souhaitez, passez aux magazines pour adultes, comme Elle.

Très important : les magazines pour adultes, c’est la phase 2. Vous n’êtes pas encore prête pour ça, non mais ho, vous ne pensez pas être une grande personne tout de même ? Et pourquoi pas le droit de vote ? Ah mais ! Non, et puis par ailleurs, n’oublions pas que les magazines de mode regorgent de bons conseils sur comment se fringuer pour attirer tous les regards, tellement pertinents qu’aucun homme n’en achète pour pouvoir profiter des photos de filles présentées comme « superbes ».

N’oubliez pas que la rédactrice de magazine de mode a cela de commun avec le capitaine de caravelle : pour eux, l’important, c’est de voir les côtes.

Portez des vêtements féminins. Le rose est la couleur féminine par excellence, mais n’ayez pas peur des noirs et des bleus, car ils peuvent aussi être très mignons. 

Alors que le blanc par exemple, c’est pour les hommes. Les robes de mariées, par exemple : on adore en mettre pour jouer au rugby.

Et puis le rose, c’est tellement passe partout.

Mais bon, mettons que vous ayez l’attitude et les vêtements : comment faire pour en finir avec votre grosse moustache que l’équipe du centenaire 1914-1918 a voulu labelliser tant elle rappelait plus d’un combattant passé ? Pas de problème, Wikihow a aussi la solution avec « Entretenir votre apparence féminine« .

Maquillez-vous légèrement. Un petit peu de maquillage peut accentuer vos atouts et mettre en valeur votre féminité. Le gloss et le mascara sont idéaux au quotidien. Pour les fêtes et les sorties du week-end, vous pouvez aussi appliquer un petit peu de blush ou de poudre lumineuse sur vos joues et une jolie ombre à paupières d’une couleur féminine comme le rose claire ou le violet. Le fond de teint peut vous donner une peau parfaite, mais veillez à le choisir en fonction de votre couleur de peau, sinon le résultat sera peu naturel et parfois ridicule. Le correcteur permet de camoufler les boutons, l’eyeliner de faire ressortir vos yeux, mais sachez garder la main légère.

Du gloss, de la poudre lumineuse et du violet, histoire de partir « léger », j’ai du mal à imaginer ce à quoi ressemble un maquillage « chargé » pour eux. Mais non, visiblement, chez Wikihow, tant que vous êtes en-dessous de la peinture impressionniste, vous pouvez y aller.

Heureusement, bien d’autres conseils viennent compléter l’article :

Faites-vous autant d’amis que possible, n’excluez personne et ne vous comportez pas comme si vous étiez supérieure aux autres. Être une fille féminine signifie aussi être gentille, même avec les gens désagréables.

Puisque oui, votre rôle est de supporter tous les gros lourds de la Terre, et avec le sourire.

Proposer très courtoisement à quelqu’un d’aller, par exemple, se faire ouvrir les chakras de bien des manières, c’est un truc de mec. Chut. Et ne me dites pas que j’ai tort : ce ne serait pas très féminin.

Oui, c’est complètement formidable, je trouve aussi.

Une fille vraiment féminine sait qu’un sac à main est indispensable. Petit ou grand, votre sac à bain devrait contenir les basiques : chewing-gums ou pastilles à la menthe, téléphone portable, une lime à ongle, des mouchoirs, quelques produits de maquillage essentiels (mascara et gloss), une brosse à cheveux, des stylos et un carnet, et un petit miroir.

Messieurs, et Mesdames qui aimez les Mesdemoiselles, n’oubliez pas d’inspecter le sac de votre mie pour vous assurer que tout y est. Une simple absence de gloss, et qui sait : Amandine se prénomme peut-être en réalité Raoul.

Écrivez sur du joli papier rose/à fleurs. Faire de petits cœurs sur vos ‘’i’’ sera également très mignon. Si vous ne pouvez pas vous procurer ce genre de papier, contentez-vous d’avoir une jolie écriture.

Même pour vos lettres anonymes : « Tu vas crever, enculé » passe toujours mieux sur un post-it Hello Kitty. Dites-le avec des cœurs.

Ne soyez pas odieuse

Déjà, parce que c’est réservé.

Les filles féminines passent presque tout leur temps sur leur téléphone. Veillez alors à ce que le vôtre ait une jolie coque adaptée à votre style.

Les filles pauvres seront donc condamnées à se laisser pousser des testicules.

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Hurlez au monde à quel point vous avez du goût.

C’est d’ailleurs précisé plus bas :

Lorsque vous achetez un téléphone, choisissez une couleur féminine, comme du vert citron, du rose, du bleu clair, etc.

« Bonjour Monsieur le vendeur, je voudrais ce téléphone qui me plaît beaucoup. L’auriez-vous en rose ?
- Ah non, en noir seulement.
- Punaise de lapinou ! Mais il me plaît, je peux le prendre quand même ?
- Désolé Madame, il est réservé aux gens pas féminins. Par contre, j’ai cette sombre merde hors de prix en rose pour vous.
- Hmmm… je vois que vous me prenez pour une conne, mais en tant que fille, je dois rester gentille. Tant pis pour mon QI : je le prends. Bon, maintenant, où ai-je mis mon stylo Totally Spies ? »

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Tenez, rien que ça : mon cœur bat déjà la chamade.

Si vous avez un talent ou un savoir-faire particulier, comme la danse, le dessin, le chant ou jouer d’un instrument, ne le dissimulez pas, travaillez ce talent. Montrez aux gens à quel point vous êtes douée en partageant votre art, ou en leur jouant un morceau.

Ainsi, si depuis votre plus tendre enfance, on salue votre interprétation unique de La digue du cul jouée à l’aisselle, n’hésitez pas. Aux soirées de l’ambassadeur, la plus en vue, ce sera vous.

Une fille féminine ne devrait pas avoir trop de poils sur les jambes (quelques poils sont acceptables), et devrait avoir les aisselles lisses.

« Acceptables » : si jamais vous oubliez et dépassez le niveau autorisé par WikiHow, vous êtes condamnée à mort par immersion dans la cire.

Aimez-vous. Toujours. Vous êtes parfaite dès le réveil, et tout ce que vous ajoutez ensuite est pour vous et personne d’autre.

Mais quand même : si vous êtes un peu poilue ou si vous ne mettez pas de gloss, vous êtes une sacrée merde.

Définitivement : merci, WikiHow pour tous ces bons conseils. Nul doute que mon lectorat féminin se sentira mieux après avoir accepté ces conseils aussi efficaces que pertinents. On vous attend.

Sur ce, et puisque WikiHow propose quantité d’autres articles, comme « Comment pratiquer la magie« , je pense que je vais aller préparer un article « Comment invoquer Satan« .

De toute manière, comment cela pourrait-il être pire ?

Mesdemoiselles, je vous laisse en débattre avec vos autres personnalités.

Il est, je le crains, temps d’annoncer la terrible nouvelle : ce blog serait sexiste.

Rougissez malandrins, blanchissez gourgandines, car la honte et la peur devraient à cet instant gagner votre petit coeur, vous rappelant votre écart du droit chemin vers l’égalité des individus. Enfin, je vous dis ça : c’est ce que j’ai lu, hein. Car il paraîtrait, au vu des derniers articles sur ce blog se moquant d’une analyse prouvant que le Roi Lion était une oeuvre machisto-fasciste ou accusant les FEMEN de ne pas toujours agir avec sagesse, que par conséquent il s’agirait ici de l’antre puante du patriarcat.

Bon, remarquez, j’aurais compris si les accusateurs avaient évoqué les diverses références au GHB, dissimulation de jeunes filles dans les coffres ou les sous-bois voire le fait que je me serve d’une collaboratrice comme table basse, mais cela n’a curieusement jamais été avancé. Un phénomène assez mystérieux. Et… raah, arrêtez de trembler Ludivine, ça m’empêche d’écrire correctement !

Toujours est-il qu’en cette période où l’Assemblée Nationale française a voté la proposition d’Osez le féminisme, sur le scrutin binominal aux élections cantonales, à savoir qu’au lieu d’un élu à un poste, vous aurez deux élus, un homme et une femme, pour s’assurer de lutter contre le sexisme, il convient de développer céans une notion essentielle trop peu connue :

Henri Désiré Landru à son procès, découvrant qu’on ne lui reproche pas tant les meurtres que d’avoir regardé Aladdin

L’agnoslipisme

Là où les religions peuvent se déchirer entre christianisme, islamisme, judaïsme et Nicolas Cagisme, il existe d’autres voies : l’athéisme, bien sûr, mais aussi l’agnosticisme ainsi que l’apathéisme. L’agnosticisme étant l’incapacité à déterminer l’existence de Dieu, et l’apathéisme de s’en moquer éperdument. Il en va donc de même avec le sexe : machisme, masculinisme, féminisme voire priapisme voient aussi d’autres voies de dessiner de manière proche. Ainsi, pour des raisons de simplicité, nous mélangerons l’agnosticisme et l’apathéisme en un seul concept, à savoir l’agnoslipisme : l’art de ne pas aller voir ce qu’il y a dans le slip de son prochain et de ne pas en tenir compte en dehors des situations impliquant des échanges de fluides. Bon, et puis « agnoslip », ça sonne quand même mieux que « apaslip », qui ressemble plus au cri désespéré d’un député conservateur sur une plage nudiste.

Passons.

Définition

L’agnoslipisme est donc la capacité à ne pas prêter attention au sexe d’autrui en dehors des tentatives d’accouplement, la chose pouvant alors avoir une certaine importance. L’agnoslipisme n’existe bien évidemment pas dans le hentai, où, de toute manière, tout le monde n’a que des tentacules, alors on est plus à ça près. Mais tout de même ! L’agnoslip, terme désigné pour employer un suivant de la doctrine agnoslipe, est souvent l’ennemi des quotas, puisqu’il ne comprend pas trop en quoi le contenu d’un slip peut être essentiel dans une prise de décision n’ayant objectivement strictement rien à voir. De la même manière, l’agnoslip n’écrit pas agnoslip-e-s ou agnoslipE (oui, j’ai découvert que maintenant, la mode était de rajouter un E majuscule à la fin de tous les mots pour ne pas paraître sexiste) quand il écrit quelque part, puisqu’il se fiche éperdument de connaître le sexe de la personne qu’il désigne et accessoirement, qu’il respecte la langue française, qui est un féminin, ce qui n’est pas une raison pour la violer dans des tournantes de barbarismes.

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Paris XVIIe, 1er mars 2013, locaux de la brigade des moeurs.

« Interrogatoire de Mme la Langue Française, qui vient déposer plainte pour les pratiques dégradantes qu’elle aurait subies. On vous écoute, racontez-nous ce qu’il s’est passé.
- Ils… ils étaient nombreux ! Si nombreux ! 
- Où est-ce que cela est arrivé ?
- Je ne sais plus, tout est allé si vite… parfois, ils me font du mal sur des Skyblogs… parfois sur des pétitions. Et dans des statuts Facebook, ho, si vous saviez !
- Est-ce que vous pouvez nous décrire ce qu’ils vous ont fait ?
- C’est encore difficile… 
- Indiquez-moi sur ce Bescherelle où ils vous ont touché. 
- Ici…
- Là, sur les terminaisons ? C’est immonde !
- Ils… ils y mettaient des tirets, parfois des -e placés aléatoirement… et ces majuscules, Seigneur ! Je préfère ne pas vous parler de l’emploi du pluriel.
- Je crois que… que j’ai moi aussi besoin de prendre un peu l’air soudainement… c’est si abominable… »

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Histoire

L’agnoslipisme serait né au IVe siècle avant notre ère à Athènes, lorsqu’Aspasie fille de Xénophon se rendit sur l’agora en compagnie d’Eschyle, son mari. Ils étaient venus trouver Platon qui, comme à son habitude, était en train de gaver un groupe de jeunes gens à l’aide de diverses platitudes d’où lui venait son nom, puisqu’en réalité il s’appelait Gérard Roubieux. Aspasie demanda donc à Platon : « Platon, vois donc l’Olympe : chaque Dieu y a sa compagne, formant une extraordinaire parité ! Pourquoi est-ce que nous autres, les Grecs, ne nous inspirons-nous pas de nos dieux pour faire de notre forum un endroit où pour chaque voix d’homme s’exprimerait aussi une voix de femme ?« . Le vieil homme se leva et prenant un bâton, il dessina du bout de celui-ci dans la terre humide un étrange schéma. « Vois cette grotte, Aspasie« , lui dit-il « Imagine que s’y trouvent des hommes et des femmes enchaînés, dos à la lumière du jour, qui ne voient du monde extérieur que des ombres se reflétant sur les parois, alors qu’eux-même sont tant et si bien plongés dans l’obscurité qu’ils ne peuvent voir leur propre corps. Maintenant, imagine qu’un débat éclate entre ces personnes pour savoir si l’ombre qu’ils voient sur le mur ressemble plutôt à un hippopotame ou à un éléphant : crois-tu vraiment que leur sexe à quelque chose avec le débat ?« 

Aspasie, troublée par la sagesse du vieil homme, répondit « Bien sûr que oui, car potentiellement, cela peut aider un mec à faire une trompe en ombre chinoise. » Après avoir copieusement pété la gueule à Aspasie, Eschyle et Platon la balancèrent dans la mer Egée lestée d’une dalle en marbre. Puis, ils firent jouer la garantie auprès de Xénophon, mais là n’est pas la question.

Rappelons que Platon était tellement lourd que même les pirates qui le capturèrent un jour voulurent s’en délester au plus vite. Des gens de bon sens.

Mais le mal était fait : Platon avait inventé le concept d’agnoslipisme, alors agnotogisme pour d’évidentes raisons, en invoquant le fait que l’entrejambe de son prochain n’avait pas à être prise en compte dans un débat d’idée. Il invoquait du même coup l’allégorie de la caverne, faisant ainsi la joie de quantité de copies de bac et la terreur d’autant de correcteurs.

Le comportement agnoslipe : une dangereuse dérive

Dans l’antiquité, l’agnoslipisme était relativement accepté, comme le prouve le commencement de la religion chrétienne, alors que l’on se contentait d’accepter que Dieu et les anges n’avaient pas de sexe, et que c’était très bien ainsi d’un point de vue tant religieux qu’hygiénique, même si cela donnait une image relativement chiante du Paradis comparé à d’autres religions où l’on parle de copulations à n’en plus finir plutôt que de gratter des tac-o-tac avec Saint Pierre pour gagner deux places pour le prochain concert de luth.

Mais l’Eglise finit par dériver, et commença à introduire le sexe (chut, on se concentre) dans sa doctrine (vous n’êtes pas concentrés, retirez-immédiatement ces calembours de vos esprits malades) : savoir qui a le droit de copuler avec qui, pourquoi et quand, ou tout simplement interdire la prêtrise aux femmes pour qu’il y ait au moins une robe qu’elle ne puisse pas insister pour acheter (et puis cela permettait de caser le célèbre « Passe ton âme d’abord » dans les conversations, permettant ainsi d’égayer les jours tristes d’un âge obscur où le principal loisir de la population était de construire des maisons en bouse avant la prochaine invasion des anglois).

Evidemment, si le temps a fini par effriter la foi d’une bonne partie de la population, plus guère convaincue par le fait que Dieu envoyait sa foudre sur quiconque couchait sans vouloir forcément se reproduire à la vue de Silvio Berlusconi toujours pas transformé en paratonnerre, cette volonté de voir le monde par le prisme du sexe n’a pour autant pas disparu.

Ainsi, dans une même phrase, des gens peuvent ouvertement s’insurger du fait que l’Eglise fasse des discours sur le sexe, mais applaudit des deux mains lorsque l’assemblée nationale légifère de manière contraignante sur celui-ci pour interdire à telle ou telle personne de se présenter ici ou là parce qu’elle n’est pas née avec le bon chromosome. Comme quoi, c’est rigolo l’indignation.

L’agnoslip, lui, a une doctrine simple : « le contenu de mon slip ne regarde que moi et les personnes consentantes qui iraient bien regarder« , voir éventuellement les chèvres dans certains domaines militaires, mais nous entrons la dans des cas particuliers qu’il ne convient pas de traiter aujourd’hui.

Lorsque ceci est au coeur de votre politique électorale, il ne faut pas s’étonner que le reste ne vole guère plus haut

L’agnoslip est donc généralement opposé à toute politique de quota de sexe qui, par définition, est sexiste.

Exemple : « Au nom de la lutte contre le sexisme, permettez-moi de faire entrer votre culotte dans mes critères de recrutement : alors dites-moi, qu’y a-t-il dedans ?« 

Ainsi, par exemple, là où certains se félicitent d’une avancée sur l’égalité, n’oublions pas que si, par exemple, un transexuel voulait se présenter à une élection, cela donnerait trois semaines de débats journalistiques pour savoir si, médicalement et administrativement, cette personne a le droit de s’exprimer à l’assemblée. Et ce en se basant une uniquement sur un critère n’ayant strictement rien à voir avec la choucroute. Magique n’est-ce pas ? Je trouve aussi. Je pense que la balance commerciale déficitaire du pays est essentiellement due aux imports massifs de schnouf pour alimenter tous ces nez bien inspirés (hohoho).

D’ailleurs, en cas de candidature de Vincent McDoom ou Christine Bravo, nous serions bien emmerdés de savoir dans quel quota les caser. Et j’ignore si notre budget serait suffisant pour motiver des experts à se pencher sur la question, mais passons.

L’agnoslipe français est donc très malheureux, puisque son pays est le seul à avoir ces curieuses pratiques visant à s’occuper de ce qui ne le regarde en rien pour tenter d’établir un principe d’égalité mathématique plutôt que celui d’égalité de droit (généralement d’ailleurs, vous noterez que les militants pro-quotas sont les premiers à s’opposer à « la politique du chiffre », ce qui est assez formidable). Et maintenant, il va pouvoir se retrouver à élire deux personnes à un poste, car les combattants du sexisme expliquent qu’ils refusent d’être représentés par un élu qui ne soit pas de leur sexe.

Je vous la refais autrement : « Non mais je ne suis pas raciste, mais au nom de l’égalité, je refuse d’être représenté par un noir.« 

De la même manière, j’espère qu’Osez le féminisme applaudit des deux mains cette proposition issue de ses rangs, qui interdit désormais à toute femme de se présenter sans un homme. On attend avec impatience le moment où quelqu’un va réaliser qu’une seule personne pour un seul poste, c’est drôlement plus pratique pour prendre des décisions sur un dossier, ou que deux femmes vont vouloir se présenter ensemble, et qu’au nom du féminisme, on leur interdira.

Il est donc intéressant de voir, qu’à l’heure du mariage pour tous, l’homosexualité binominale vient d’être interdite.

Ouf : heureusement que les partisans de la tolérance étaient là.

F.A.Q

Mais alors… les agnoslipes se moquent du sexisme ? Hein ? Bande de petits bâtards !

Non : l’agnoslipe ne se base que sur une règle simple :  y a-t-il une barrière à l’entrée d’une assemblée ou d’un groupe quelconque pour un sexe ? Si oui, il n’y a pas égalité de droit, l’agnoslipe s’insurge. Sinon, il se moque de savoir si un sexe est majoritaire et il s’occupe plutôt de trucs importants, comme par exemple, où se trouve la soirée barbecue la plus proche pour emmener ses interlocuteurs grognons lécher la grille en pleine cuisson.

Je porte des boxers, des strings voire parfois rien du tout, car j’aime sentir le vent fouetter mes cuisses quand je traverse Paris à vélo poursuivi par la police municipale, suis-je agnoslipe quand même ?

Vous êtes exhibitionniste, c’est un autre sujet. Ou ancien président de la République, mais là, c’est plus grave : vous vous rendez compte que vous avez géré un pays sans un binome paritaire ? Comment avez-vous fait ?

Comment puis-je savoir que je suis agnoslipe ?

Quand vous écoutez quelqu’un parler à la radio, est-ce que vous écoutez ce qu’il dit ou foncez-vous cherchez son carnet médical ? Si c’est la première solution, vous êtes agnoslipe. Si c’est la seconde vous êtes probablement un dangereux psychopathe.

Attendez, vous voudriez dire que… vous ne seriez pas un affreux machiste ?

Allons, allons ! C’est très personnel comme question, je ne peux me permettre d’y répondre. Surtout que là, déjà, je suis relativement peu concentré, j’ai un autre problème à traiter :

Ludivine, je vous ai prévenue : arrêtez de trembler ou je vous permute avec Cynthia pour me servir de tabouret.

« Père Castor, Père Castor !« 

Ajustant ses lunettes un sourire bienveillant aux lèvres, le sage rongeur pose son regard sur les enfants assis sur le petit tapis en face de lui, leurs visages ravis seulement éclairés par la lueur des flammes de l’âtre voisin. Savourant la douce chaleur du foyer, le Père Castor hume l’air, appréciant l’ambiance unique de ces instants. Il sait déjà ce que ces jeunes gens vont lui demander, et comme à chaque fois, cela ne rate pas :

« Père Castor, raconte-nous une histoire !« 

Caressant son menton, le vieil animal feint de chercher un récit alors qu’il a déjà son idée en tête.

« Hé bien, vous ai-je raconté l’histoire des trois lapins et de la bague dorée ?
- Non Père Castor ! Ho vite, raconte-la nous !
- Bien sûr Benjamin, et bien écoute plutôt : tout commence un soir de pluie, alors que la forêt toute entière bruisse du son des gouttes s’écrasant sur…
- Popopop, halte là Père Castor ! 
- Grignote ? Que se passe-t-il ?
- Je te vois venir, vieux grigou : est-ce qu’il y a des femmes dans ton histoire ?
- Hein ? Et bien je… heu… non, non, ce sont trois frères lapins. Car sais-tu, ce soir de pluie, alors qu’ils…
- Ah, évidemment ! Des frangins, des mâles ! Des couillus ! Ah, ça te ferait chier vieux barbon de raconter des histoires avec des femmes, hein !
- Mais enfin Grignote je…
- Pour nous raconter des histoires de mecs qui se tirent de toutes les situations, il y a du monde ! C’est à croire que toutes les filles de la forêt sont à la cuisine, pas vrai Père Castor ? Quel bel exemple d’histoire ! 
- Câline, toi aussi ? 
- Mais oui Père Castor, assez ! Y en a marre des récits qui tentent d’imposer une putain de conception de la réalité qui… »

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Un long jet d’hémoglobine s’échappe du museau de Câline alors qu’elle reçoit le coin du livre d’histoires du Père Castor en plein visage, l’envoyant s’écraser face contre terre et souiller le tapis de son sang chaud.

« Ça va aller oui ? « Gnagnagna Père Castor », « Une histoire Père Castor », « Dis-nous tout Père Castor », « Mon cul sur la commode Père Castor », et maintenant il faudrait que je vous les fasse sur-mesure ? Nan mais bordel, jamais un bonjour, jamais un merci, et puis alors s’il-te-plait, alors tiens, je peux me brosser ! Et en plus ça se permet de gueuler ! Bon écoutez-moi les mouflets, aujourd’hui, : je vais plutôt vous expliquer en quoi vous êtes plus proche du blaireau que du castor. Et pour ça, j’ai une histoire toute trouvée : tout commence sur internet… »

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Attention : cette femme est peut-être en train de raconter une histoire de chevaliers et de princesses à vos enfants, elle mérite donc un bon coup de batte

Un jour prochain, il n’est pas impossible que l’un d’entre vous vienne à raconter une histoire à un enfant.

Je ne parle pas de celles visant à les amener jusqu’à une camionnette, mais plutôt de celles visant à leur parler de princesses et de dragons, de bravoure et de traîtrise, de Nicolas Cage et d’autres créatures n’appartenant qu’au royaume de l’imagination. Si un jour vous vous surprenez à faire cela, alors sachez-le : vous êtes un monstre.

Mais oui.

Défonçant votre porte à coups de bottes, la Brigade du Bon Goût viendra heureusement instantanément vous trouver et vous taser la gueule, sale malandrin, avant de vous envoyer en camp de rééducation parce que, petit salopard, vous aurez raconté une histoire se déroulant dans un ROYAUME et non une DEMOCRATIE ce qui prouve que vous embrigadez vos enfants, sales royalistes. D’ailleurs, tous les jouets dudit enfant seront passés au lance-flammes s’ils sont liés, de près ou de loin, à des préjugés quelconques, afin de s’assurer qu’il puisse grandir dans un milieu loin de tout embrigadement.

J’en veux pour preuve ce site, recommandé par un lecteur assez inconscient pour se rendre en ces lieux maudits :

Le cinéma est politique

Et plus particulièrement deux articles qui vont vous expliquer en quoi vous êtes de fieffés rabouins. Ho, mais si, ne niez pas ! Car figurez-vous que nombre d’entre-vous ont peut-être oser regarder voire – j’ose à peine l’écrire – diffuser à des innocents des films comme le Roi Lion ou Aladdin. Bande de petits salopards ! Heureusement, nos amis experts en cinéma vont vous remettre dans le droit chemin : mais observons plutôt ensemble ce beau site. Si vous n’avez vu aucun des deux films par contre, et que vous ne voulez pas savoir que les gentils gagnent à la fin (ah, merde, trop tard), passez votre chemin. Pour les autres, étudions la prose d’un homme qui a su s’élever au-dessus de la masse des ignorants pour se faire le phare de la pensée et de la tolérance. Mais phare genre phare de solex, hein, que l’on s’entende bien. Lisons plutôt.

L’une des premières choses qui nous frappe en regardant Le Roi Lion, c’est le sexisme banal et structurant de l’histoire. Dès les premières scènes, Le Roi Lion nous fait connaître un monde structuré hiérarchiquement, avec au sommet de la pyramide le monarque absolu, qui règne en bon patriarche sur, non seulement son peuple docile et servile (les autres animaux), mais également ses lionnes, qui jamais ne remettront en question le bien fondé de la place des hommes, ni de la place des femmes. Le Roi Lion comporte un grand total de 3 personnages féminins, contre 9 personnages masculins. Donc, 75% des personnages du Roi Lion sont masculins.

Voilà, dès les premières lignes, c’est dit : le Roi Lion est un film sexiste. Oooh mais oui, et pas qu’un peu : le sexisme a un rôle structurant dans l’histoire, rien que ça ! Pire encore : dans le Roi Lion, l’auteur du site l’analyse finement , tout semble se dérouler dans une monarchie, ce qui est quand même plutôt suspect.

Nom d’une pipe, tu m’étonnes que c’est suspect ! Une monarchie dans un film intitulé « Le Roi Lion » ! Alors ça, c’est quand même scandaleux. On attend avec impatience les mêmes observations de l’érudit sur « Le Retour du roi« , « Le discours d’un roi » (un film odieux, puisque l’on y trouve relativement peu de personnages féminins) ou « L’homme qui voulut être roi« . Cela fait tout de même beaucoup de coïncidences : sûrement un complot royaliste pour remettre sur le trône de France un quelconque loulou et réhabiliter le port de la moumoute à cheval dans les rues de Paris (un truc autrement plus classe qu’un vélib’).

Il en profite pour compter le nombre de personnages féminins, car c’est vrai que c’est important. Il ne manquerait plus que les gens qui racontent des histoires se moquent du sexe des personnages, voire que les enfants puissent apprécier lesdits individus sans s’intéresser au contenu de leur slip.

Non parce que je vous rappelle le principe : si vous rapportez tout au sexe des gens, vous êtes un héros de la lutte anti-sexisme, si vous n’y prêtez pas attention, vous êtes un fieffé salaud.

Après, il y a quand même des pièges : ce film par exemple parle avant tout de daube.

La relation entre Simba et Nala nous apparaît comme étant une relation d’amitié étant jeune, qui plus tard évoluera selon le schéma classique de Disney vers un amour hétérosexuel.

J’imagine bien ce qu’il se passerait chez Disney s’ils prenaient l’auteur de ces lignes comme consultant pour leurs films.

Studios Disney, un jeudi, 14h12

« Okay les mecs : on doit faire un nouveau film. Alors je vous présente Liam, de la Brigade du Bon Goût. Il va s’assurer que l’on ne… pardon, c’est quoi votre rôle ?
- M’assurer que votre film ne soit pas porteur d’une idéologie puante.
- Oookay… bon, alors on a déjà commencé à écrire un script. Ce serait un truc avec des animaux, comme les calendriers de la Poste, et on se disait « Hey, pourquoi pas un Lion ? »
- Aha ! UN lion, ééééévidemment ! Jamais une lionne ! Quel sexisme !
- Oui enfin ça fait 60 ans qu’on fait des films avec des princesses. 
- Moui, bon allez, va pour le lion. Y a-t-il une lionne qui l’accompagne ? Hein ? Quotas, tout ça ?
- En effet, nous l’avons appelée « Nala ». Et le héros se nomme « Simba ». Et il y aura une histoire d’amour qui…
- AHAHAHA ! Je vous y prends ! Une histoire hétérosexuelle bien sûr ! Vous êtes immondes !
- Je… bon, José, tu notes : Nala s’appelle Nalo et lui et Simba vont s’aim…
- EVIDEMMENT ! Vous virez la lionne ! Remettez-là TOUT DE SUITE
- Bien, José, corrige : Nala est de retour. 
- Faites de Simba une femme SUR LE CHAMP !
- TA GUEEEEEEEEEEEEEEEEEUUUUUUUUUUUUUULE 
- Je… hein ? Mais je… je suis de la Brigade du Bon Goût quand même !
- On va raconter une PUTAIN D’HISTOIRE avec un fucking lion parce que LE lion c’est LE ROI DES ANIMAUX bordel de merde, parce qu’il a une fucking CRINIERE comme une COURONNE et que les enfants le SAVENT alors si tu veux une version avec des lionnes qui se lesbichent, tu vas voir MARC DORCEL
- Mais enfin ?! Je… mais arrêtez de crier, je…
- JOSE LE SCRIPT ! Désormais Simba est un TRANSEXUEL et l’action se passe au BRESIL et ce n’est pas un lion mais un putain de TAPIR ! 
- Holala, il est drôlement tard, je vais y aller moi, hein, salut ! »

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Des réunions probablement passionnantes à n’en pas douter. Mais ce ne serait pas encore assez con. Heureusement, notre champion n’a pas dit son dernier mot.

Bon, jusqu’ici tout va bien dans l’hétéro-réalité patriarcale, mais seulement le film trébuche, perd ses moyens, et voilà qu’il nous montre Nala plus forte que Simba au combat! Comment? Une femme plus forte qu’un homme dans le domaine des hommes, à savoir la violence physique? Impossible! Seulement si : encore et encore et encore, Nala montre qu’elle est plus balèze que Simba.

Jusque là, d’accord : ces salauds de chez Disney ont fait un personnage plus costaud que le héros, et pire encore, c’est une femme : comment réussir à prouver que cela cache en fait d’odieux messages ? Pas de souci : la suite arrive.

Cette supériorité ouvrirait-elle des possibilités subversives? Pourquoi Nala n’affronterait-elle pas Scar elle-même? Pourquoi ne pas renverser l’ordre patriarcal et sexiste et instaurer une démocratie dans le monde des lionnes et des lions, démocratie qui aurait éventuellement la fâcheuse caractéristique de mettre des femmes au pouvoir vu que les lionnes sont bien plus nombreuses dans le film.

Rappelons que quelques lignes plus haut on vous expliquait l’inverse : que les femmes étaient en minorité. Pif pouf, elles sont en majorité. Mais surtout : si les personnages ne se battent pas pour instaurer une démocratie, c’est probablement pour ne pas montrer des femmes au pouvoir.

Et si Nala ne joue pas à la belote, c’est probablement parce que Disney est farouchement opposé aux jeux de cartes. Mais enfin ?

Vous pouvez aussi mettre directement votre enfant devant les séances de l’assemblée nationale.

C’est vrai que c’est dégueulasse : vous aussi vous avez noté tous ces contes dans lesquels les héros ne se battent pas pour la démocratie, l’égalité hommes-femmes, les minimas sociaux ou l’assurance-maladie ? Et bien en fait tout cela est un terrible complot visant à détruire l’imaginaire des enfants pour leur imposer un modèle social, hahaha !

Non parce que sinon, allons-y : les gens vont commencer à raconter des histoires sans s’imposer de codes, et bientôt ils raconteront des aventures, des épopées sans se baser sur la bonne morale du XXIe siècle ou pire, écriront des livres et feront des films EN INVENTANT DES CHOSES ! Tenez, rien que d’en parler, j’en ai des palpitations.

Je me demande si quelqu’un a dit au Monsieur qu’en fait, le but du jeu, c’était justement de raconter une histoire qui ne soit pas basée sur la vraie vie des vrais gens. Non parce que, en fait, les lions ne chantent pas vraiment « Hakuna Matata » ni ne dissertent avec des babouins défoncés à la ganja quant à l’avenir de leur royaume. Et non. Oui, je sais, ça fait un choc.

Mais ce n’est pas fini.

Une fois qu’il aura compris sa destinée, à savoir sa position de dominant, il laissera Nala derrière (et oui, les femmes doivent s’y faire, les hommes ont des responsabilités qui ne laissent pas de place aux femmes, ni même le temps de leur parler). Il rentrera donc affronter Scar au sommet du phallus géant qu’est le monde des lions, après avoir donné des ordres à un peu tout le monde, en assumant enfin (il était temps!) son statut de dominant dans le cercle de la vie.

Bordel, l’héritier du roi qui va réclamer son trône au lieu d’envoyer sa copine se battre à sa place, c’est quand même salement machiste.

Et oui, l’auteur de ces lignes – qui est je le rappelle, un furieux combattant contre le sexisme – rapporte bien tout au sexe au point de voir en lieu et place d’une tribune de pierre une bite géante.

Freud, si tu es là, fais tourner la coke.

La scène d’amour entre Simba et Nala est une illustration frappante de cette soumission, en renversant les positions des protagonistes. Dans le combat, Nala est au dessus, agressive, dominante, malgré la volonté de Simba, qui est vaincu. Par contre, dans la scène d’amour, c’est Nala qui se retrouve en dessous, et ceci PARCE QU’ELLE LE VEUT! Soumise, Nala retrouve les qualités dont doit faire preuve une femme. L’effacement, la coquetterie, la séduction.

Encore une fois, c’est fou comme chaque détail semble ramener automatiquement à une histoire de cucu. Heureusement que notre héros n’est pas sexiste, sinon je n’ose imaginer le résultat. En même temps, j’avais déjà du mal à imaginer un discours aussi idiot jusqu’ici.

Studios Disney, un jeudi, 16h24

« Boooooooon donc on disait que Nala et Simba allaient se faire des bisous dans les buissons.
- Ouais mais Nala elle est dessus ou dessous ?
- Hein ? Mais j’en sais rien ! Pourquoi, vous pensez qu’elle a une position préférée ?
- NAN MAIS SI ELLE SE MET DESSOUS C’EST QU’ELLE SE SOUMET COMPLETEMENT !
- Ah merde, mais alors dès qu’une femme est physiquement en-dessous d’un homme, même pour un gros câlin, elle devient instantanément son esclave ?
- COMPLÈTEMENT !
- Hé bé, j’imagine que vous copulez en gravité zéro. Bon, José, ajoute la réplique « Nala, est-ce que tu veux que l’on fasse la toupie de Tombouctou ou plutôt le toboggan Afghan ? »
- Ah, tout de même ! Heureusement que je suis là pour empêcher que tout votre film ne tourne autour d’une histoire de sexe. »

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L’amour hétérosexuel rétablit la hiérarchie des sexes, que la domination physique de Nala sur Simba avait quelque peu ébranlé. Rétablir pour mieux affirmer, voilà ce que nous fait voir cette scène.

Compris Mesdemoiselles ? A chaque fois que vous couchez avec un homme, en réalité, c’est une preuve de soumission. Et c’est un féministe qui le dit. Quelqu’un pour expliquer au Monsieur que son kiki n’est pas magique et ne lobotomise instantanément autrui ? Après, ça dépend où on le met, mais tout de même.

La femme est instantanément soumise à tout ce qui se met au-dessus d’elle. Ici, des cailloux. Balaise.

C’est ici que nous revenons à la figure du despote éclairé. Disney, très loin des valeurs démocratiques censées être au fondement de nos sociétés, glorifie dans Le Roi Lion (et ailleurs) la monarchie absolue. Mais ne soyons pas médisant, car la monarchie soutenue par Disney est la monarchie éclairée, raisonnable, qui va de soi. Royalistes de tous les pays, regardez Disney! Vous serez ravi-e-s! Tou-te-s les autres, BOYCOTTEZ CETTE HORREUR!

Fiers démocrates de tous les pays : boycottez le Roi Lion, Disney & co : ces petits salopards se permettent de raconter des histoires avec des rois ! Si vous avez déjà regardé le film sans avoir de remords, alors sachez-le : vous n’êtes qu’une grosse bande de collabos.

Studios Disney, un jeudi, 19h12

« Bon écoutez, j’aimerais rentrer chez moi… alors on disait quoi ? 
- Je disais que je venais de remplacer votre vision honteuse et despotique par une version du film plus proche des vraies valeurs – qui sont évidemment les miennes. J’ai demandé aux animateurs et doubleurs de refaire le passage où Scar tue Mufasa pour prendre sa place en lui envoyant un troupeau de buffles sur la gueule. Vous allez voir, j’ai fait deux ou trois modifications, vous ne remarquerez trois fois rien sur le fond. »

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« Scar !
- Mufasa… Mufasa… croyais-tu vraiment que j’allais attendre mon tour pour prendre le pouvoir ? 
- Mais Scar, tu sais très bien que la Fédération Animale Paritaire a une présidence tournante ! Pourquoi n’as-tu pu attendre ? Tu aurais aussi pu me destituer via un référendum ou une motion de censure aux deux tiers !
- Allons Mufasa, tu sais très bien que je n’aurais jamais pu convaincre les hippopotames de voter pour moi. Alors j’ai décidé de…
- Que… Scar, le sol tremble ! Quel est ce bruit ?
- Ahahaha Mufasa, c’est le son de ta fin qui approche ! Ta carrière va s’arrêter piétinée… par le poids de 5 000 AMENDEMENTS  DÉPOSÉS EN MÊME TEMPS !
- Scar non ! Nooooooooon ! Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! »

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« Je veux rentrer chez moi. Maintenant. »

L’opposition est ici totale, et va jusqu’à s’inscrire dans l’esthétique des deux personnages. Mufasa est rayonnant, lumineux, avec un physique imposant, dessiné avec des traits courbes. Il possède une belle crinière rouge et des yeux noirs bienveillants. Alors que Scar est sombre avec une crinière noire, un teint maladif, des yeux verts aux allures d’antéchrist, des formes angulaires, et il est même carrément défiguré. Cette « laideur d’âme » qui s’inscrit dans le corps même des personnages de Disney ne se limite pas au Roi Lion, c’est un autre des thèmes récurrent de la corporation Disney, à savoir l’idée que le physique d’une personne reflète son for intérieur. D’où la tendance qu’à Disney de dessiner ses héros et héroïnes avec des traits courbes, fins, clairs, et ses méchant-e-s avec des traits angulaires, grossiers, sur-dimensionnés et sombres.

En effet : les enfants ne lisent que trop rarement Machiavel. C’est quand même honteux ces gens qui font des dessins-animés loin de la réalité ! Mais enfin, à quoi pensent-ils ? Si les personnages rigolos ont l’air rigolo, les gentils l’air gentil et les méchants l’air méchant, c’est tout de même suspect. D’ailleurs, avez-vous déjà remarqué comment sur les jouets pour enfants on représente aussi les animaux de manière complètement caricaturale ? Non, Messieurs les jurés, Piou-Piou le poussin n’est pas parfaitement jaune et lisse : c’est de la désinformation et de la manipulation, que les fabricants de jouets soient lynchés pour oser montrer le monde autrement qu’il n’est vraiment via d’odieux mensoooooooooonges et je… oh, je vous laisse pour un autre procès d’intention : je dois aller expliquer au monde libre qu’en fait, le chakra ne fonctionne pas comme dans Naruto. Le sort de millions d’adolescents dépend de moi !

Un tapir. Non parce que je me devais de vous instruire

Ah oui, sinon : notez ce petit défaut d’écriture commun chez un certain nombre de néo-féministes (à savoir celles et ceux dont le combat semble d’être de hurler qu’ils sont les gens les moins sexistes du monde tout en rapportant tout à cela) ; l’utilisation du « -e » pour écrire, comme par exemple dans « méchant-e-s » parce que dire « méchants » (en respectant la langue française) serait sexiste, « méchant(e)s » serait sexiste aussi parce que ça mettrait la féminité entre parenthèses, et « méchant-e-s » qui ne ressemble à rien est moralement correct parce que comme ça, ça met tout le monde à égalité. Même si c’est plus long à écrire sans que l’on comprenne bien l’intérêt, à part de signaler que l’on aime bien se faire remarquer pour dire que l’on est plus féministe que son voisin.

Misère, mais comment ont fait Simone de Beauvoir et Elisabeth Badinter pour écrire sans utiliser ce genre de trucs ? Ah mais oui je sais : c’étaient probablement d’odieuses machistes elles aussi.

Mais ce n’est pas fini ! Concentrez-vous :

Si nous voulons que les enfants de notre société grandissent en ayant les moyens d’avoir des rapports sociaux de sexes égalitaires (et l’enjeu est de taille), ça serait chouette qu’on arrête de remplir leurs imaginaires de schémas, d’images et d’histoires où les rapports entre les sexes sont tout sauf égalitaires et sont mêmes, dans le cas du Roi Lion, carrément réactionnaires et patriarcaux (en 1994, presque 30 ans après la deuxième vague féministe). Ça serait chouette que nous réfléchissions individuellement et collectivement à quelles valeurs nous avons envie de voir habiter les films, livres, dessins animés etc… qui peuplent le monde des enfants et qui nourrissent leurs imaginaires. Si nous voulons vivre dans une société égalitaire (ce qui est quand même le but premier du féminisme, et devrait être le but premier de tout être humain qui se respecte), il est totalement schizophrène et contradictoire de montrer systématiquement aux enfants de notre société des histoires qui glorifient et encouragent précisément l’inverse, à savoir le pouvoir, la domination et la hiérarchie, et ce à tous les niveaux, pas juste au niveau des rapports sociaux de sexes (il y a par exemple de très nombreux textes écris sur le racisme dans Disney).

Vous avez lu ? Disney qui transmet des valeurs honteuses aux enfants qui, tout comme notre auteur, voient des histoires de sexe partout ? Et bien attention :

Il m’a fallu environ 15 ans pour me rendre compte de l’énormité de l’horreur que représente Disney et pourquoi (la plupart de) leurs films (et bien d’autres) doivent être dénoncés et critiqués à chaque tournant. J’ai dû regarder Le Roi Lion environ une trentaine ou quarantaine de fois (et ce n’est même pas le Disney que j’ai le plus regardé) quand j’étais gamin, sans me rendre compte à quel point les valeurs qu’il était en train de me communiquer étaient abominables.

Le même vous explique qu’il a vu 30 ou 40 fois le film sans réaliser tout cela (à raison) et que malgré tout, il est quand même devenu féministe !

Comme quoi, ça ne devait pas être si orienté que ça. Par contre visiblement, trop regarder ledit film rend un peu con.

Mais assez parlé du Roi Lion : parlons d’un autre film de propagande crypto-fasciste : Aladdin.

Ce début de film est en soit d’une violence symbolique fulgurante. Un petit homme arabe essaye de nous divertir en nous souhaitant la bienvenue à Agrabah, « ville de la magie noire » (forcément noire, la magie d’un tel endroit), « d’enchantement », mais surtout ville de la marchandise qu’il veut nous faire gober. Voyant que le spectateur occidental n’est pas intéressé, ce petit marchand comprend qu’il vaudrait mieux leur raconter une histoire de … quelqu’un d’occidental, à savoir Aladdin.

« Une violence symbolique fulgurante« . Essayez de vous souvenir du début du film ? Voilà. Vous vous sentez violenté symboliquement ? Vous non plus ? C’est fou. A noter qu’encore une fois, le héros de la tolérance n’y va pas de main morte : tout est rapporté à la couleur de peau des personnages. Il y a un arnaqueur ? C’est parce qu’il est arabe. Il y a un méchant ? C’est parce qu’il est arabe. Aladdin ? Ah non, lui il est « occidental » (j’aime ce genre de déclarations basées sur du rien). Ah. Oui mais il est voleur quand même, donc même un occidental peut l’être, ce qui prouverait que ça n’a rien à avoir avec la couleur de peau, non ? Pas de souci : l’auteur de ces lignes passe ce détail sous silence, comme ça, il est tranquille : il peut continuer de clamer qu’Aladdin est un film fascisto-nazi.

Image tirée du site en question : Aladdin est tellement occidental que même les marchands locaux sont moins basanés que lui.

Mais c’est vrai qu’une légende du Moyen-Orient pleine de gens basanés, c’est quand même assez raciste. C’est comme en ce moment, la guerre au Mali : figurez-vous qu’on ne voit sur les images quasiment que des noirs ! C’est quand même suspect.

La figure de proue de ce racisme est indéniablement Jafar. Introduit par le marchand du début comme « un homme en noir, nourrissant de noirs desseins ». La version originale est encore plus explicite: « a dark man waits, with a dark purpose ». Là où en français l’homme est vêtu de noir, ici l’homme est sombre (dark). Et avec Jafar, TOUT est sombre: ses vêtements, sa peau, ses yeux (qui dans plusieurs gros plans sont rouges), sa barbe courbe et efféminée (encore un efféminé louche chez Disney), ainsi que ses désirs et sa cruauté. C’est l’homme maléfique par excellence. Si le contraste entre la façon dont Disney a choisi de dessiner Jafar et comment il a choisi de dessiner Aladdin est tellement énorme qu’il crève les yeux, ce qui en découle l’est peut-être moins.

Voilà, c’est plié : le méchant est habillé en noir. Ou est Dark (comme Dark Vador, par exemple ?). Donc, c’est du racisme !

Qui se dévoue pour aller annoncer aux gothiques qu’ils sont une annexe du Front National ?

Notez au passage que Jafar a une « barbe courte et efféminée« . La barbe, cet accessoire typiquement féminin.

Or le grand rêve d’Aladdin c’est d’habiter dans ledit palais. Du coup, comment pourrait-on même PENSER qu’Aladdin pourrait utiliser le pouvoir du génie pour instaurer, par exemple, une démocratie à Agrabah et faire en sorte, je dis n’importe quoi hein, que les enfants à qui il a donné du pain juste avant de les avoir sauvés du fouet du méchant prince, que ces enfants-là n’aient plus à vivre dans la pauvreté et la misère, alors que le sultan habite dans son énorme palais et fait mumuse avec ses petits jouets. Mais quelle idée saugrenue ! Quelle manque de classe !

Quel enfoiré cet Aladdin : il tombe sur une lampe avec un génie, et il ne s’en sert pas pour imposer le modèle de pensée occidental du XXIe siècle à tout le monde. A la place, après une vie de mendiant, il pense à son cul : petite ordure !

Non, si le dessin-animé avait été vraiment réaliste, Aladdin aurait souhaité être directement le maître du monde, son compte en banque aurait pris  9 zéros, et le soutien-gorge de Jasmine 4 bonnets.

Mais là encore, je ne suis pas sûr que cela aurait satisfait notre chevalier. Quelle exigence, pfoulala.

Belle excuse pour une fabuleuse scène où les prémisses racistes et sexistes crèvent les yeux. Un gros marchant bien arabe et barbare comme il faut veut trancher la main de notre fragile et innocente Jasmine, et OUF! Juste à temps Aladdin vient la sauver. Quel suspense ! J’étais au bord de mon siège, j’avais tellement peur que la barbarie l’emporte ! Merci Aladdin, quel homme !

Vous pouvez me dire ce que les filles apprennent ici? Et les garçons ?

Ils apprennent que les dessins-animés ne sont pas forcément là pour faire ton éducation, gros galopin. A moins bien sûr que tout film ne soit en fait secrètement éducatif, auquel cas, bonne chance devant Fast & Furious mec.

Après, il y a des films, il n’y a vraiment rien à en tirer

Quant à la présence de marchands arabes dans une ville arabe : il est vrai que c’est assez raciste. Et que Jasmine se fasse sauver par un homme est suspect : encore une fois, l’important pour les enfants est de savoir ce que contient le slip du sauveur. Combien d’enfants dans les salles de cinéma de l’époque ont hurlé « Maman, j’ai pas bien vu ses couilles ?« 

Et encore une fois, Disney va neutraliser immédiatement le contenu un chouïa subversif de cette phrase en nous montrant une scène où, en fait, Jasmine est le premier prix de la tombola, une tombola où Aladdin va lui « ouvrir les yeux » en lui montrant « un rêve bleu » sur un joli tapis volant (la voiture des bougnoules ?), tout en lui mentant une fois de plus (mais les femmes, elles aiment ça qu’on leur mente, hein ?). Comprenez bien, les filles, vous avez besoin d’un homme pour vous « ouvrir les yeux » et vous faire « découvrir le monde ». Toute seule, c’est pas possible, il y a des méchants marchands arabes qui vont vous couper les mains. Mais avec un homme, un vrai, là, tout est différent, tout est merveilleux

Mais ouais mec : enfoirés de Disney à mettre de la romance cucu dans des films pour enfants. Ah, si seulement Jasmine avait pu découvrir la sexualité devant Chatroulette, tout aurait été si bon !

En conclusion, on voit bien qu’Aladdin offre à son jeune public un panel de représentations extraordinairement limité et stéréotypé en terme de personnages féminins (ou plutôt, personnage féminin au singulier). Qui plus est, si Jasmine propose à certain moments du film une attitude (ou des compétences) potentiellement subversive, c’est pour être immédiatement récupérée par le patriarcat et l’hétéronorme. C’est à mon avis la seule différence entre un personnage tel Jasmine, imaginé en 1992, soit 25 ans après la deuxième vague féministe [...] Il n’y a ici aucune égalité possible. C’est une ruse du patriarcat, qui doit être dénoncée, combattue et démanteler, aujourd’hui comme demain.

Enculé de patriarcat qui fait des films pour enfants. Je te collerai tout ça devant des films français, ils feraient moins les malins.

En conclusion, on voit bien que quelqu’un a décidé de se la jouer chevalier du sexisme et du racisme en considérant tout et tout le monde par son sexe et sa couleur de peau, et en rejouant les plus grands moments des théories du complot pour tenter de prouver que oui, Simba invitait les petits mâles à devenir monarchistes, et plus particulièrement si jamais leur papa se faisait piétiner par des buffles.

Exactement le genre de chevalier qui fait que désormais, dans tous les films, qu’importe le contexte, on vous sort du chapeau des personnages se comportant exactement comme des gens du XXIe siècle histoire que le spectateur ait l’impression que depuis la nuit des temps, tout le monde pense comme lui.

En fait, si l’on suivait les recommandations de ce genre de loulous, on ne ferait des films que pour apprendre aux enfants à penser comme lui.

Ouf, heureusement qu’il lutte contre la pensée unique de Disney.

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 « Père Castor, Père Castor, une histoire s’il-te-plaît !« 

Poussant sur les bascules de son fauteuil, le Père Castor observe attentivement le visage ravi de Benjamin, le petit rongeur prêt à entendre une nouvelle aventure des animaux de la forêt. Comme toujours, et bien qu’ayant d’ores et déjà un récit prêt, il se caresse le menton, les yeux levés vers le plafond depuis l’abri de ses lorgnons.

« J’ai une histoire pour toi mon petit Benjamin.« 

Le jeune castor regarda autour de lui, interloqué.

« Mais… Grignote et Câline… elles sont où ? Elles ne viennent pas écouter l’histoire aujourd’hui ?
- Non, elles ne sont pas là mon petit Benjamin, mais ne t’inquiète pas… »

0

L’espace d’un instant, les flammes de l’âtre semblèrent briller plus que de raisons dans les verres du vénérable conteur.

« Dis-moi Benjamin… t’ai-je raconté l’histoire du vieux castor qui avait revendu deux peaux au fourreur pour réaliser des pantoufles à Mme Guderian ?« 

Paris, octobre 2059

Le verre de synthé-scotch claqua sur le comptoir du bar lorsque Richard Dequart le reposa sans précaution après l’avoir vidé cul-sec. Derrière le zinc, l’hôtesse lui jeta un regard légèrement méprisant avant de s’emparer de l’objet, hésitant quelques secondes lorsqu’elle aperçut le type en trench-coat lui commander d’un geste de la main hésitant de le remplir à nouveau. Sitôt qu’elle eut glissé le verre aux glaçons craquant à l’air libre sous le nez de son client, Richard s’en saisit et le vida à nouveau d’un trait.

« Ancore.
- Je croit que vous aver assez bu pour ce soir, Runner. »
  

Richard releva péniblement la tête pour fixer la jeune fille de ses yeux vitreux ; en grattant le mauvais rasage descendant de sa chevelure désordonnée aux tons châtains, il se demanda l’âge que pouvait avoir la serveuse. Probablement la moitié du sien : il se sentait vieux et hors-jeu rien qu’à la regarder ; elle n’avait probablement jamais connu les émeutes de 2038, et les épidémies de 2022 devaient être d’ennuyeuses histoires de ses parents.

« J’ai dis ancore. Je payes assez d’eurocrédits pour sa. 
- Vous connaisser les règle : pas de F5 après le second sans un alcootest d’abord. »
  

« Sociéter de mairde« , marmonna Richard. Il détestait l’expression « F5« , petit truc rétro supposé vouloir dire « rafréchissemment » sans qu’il comprenne bien pourquoi. Truc rentré dans le dictionnaire en 2019 en référence à des pièces de vieilles machines du XXe siècle dénommées « clavier« , ou quelque chose du genre, si ses souvenirs de l’académie étaient bons.

Richard était un Runner, un membre d’une force d’élite chargée de faire respecter les nouvelles conventions grammaticales et orthographiques. Depuis les grands combats des années 2010, la langue n’avait eu de cesse d’évoluer pour devenir plus belle, plus égalitaire ; hélas, dans l’ombre, des hommes et des femmes d’obédience fasciste continuaient de vouloir préserver les règles de l’ancien monde et prétendaient que tout cela, c’était « de la connerie« . Les Runners étaient là pour les empêcher d’agir ; formés dans une académie spéciale au tir, au combat au corps à corps et aux règles de grammaire passées et présentes pour savoir tant ce qu’ils défendaient que comprendre leur ennemi, ils pourchassaient sans relâche les membres de ces groupuscules pour les renvoyer en rééducation à Skyblog Bay, un centre de coercition grammaticale tenu par une corporation privée travaillant main dans la main avec l’Etat.

En 2041, le rouge a été remplacé par le rose, parce que "Les garçons ont le droit au bleu sur le drapeau, alors pour avoir l'égalité, il nous faut le rose, sinon c'est machiste"

Derrière les persiennes qui couvraient les vitrines du bar, Richard pouvait apercevoir sur le vieux mur en face de l’établissement des tags de ses ennemis, qui bien qu’invisibles la plupart du temps, n’avaient de cesse de couvrir la cité de règles de grammaires et de conventions orthographiques dictatoriales et passéistes. Là, sur ce mur de résidence fatigué, on pouvait lire à la lueur d’un lampadaire grésillant « Dilemme, pas dilemne ! » ou « L’infinitif, c’est pas impératif ! » juste au-dessous d’une inscription officielle « Afficher ici se que vous vouler » certifiée par le Ministère de le Francophonie.

Faire respecter le Francophonie était relativement complexe dans ce monde qui n’avait de cesse d’évoluer : chaque mois, l’assemblée passait de nouveaux mots et nouvelles règles pour suivre des lobbys influents ; régulièrement, de nouveaux messages tombaient sur l’I-Plant de Richard, son implant crânien de dernière génération lui permettant d’enregistrer directement dans sa mémoire les nouvelles règles à appliquer. Parfois, il se demandait comment on faisait, avant tout cet équipement. Son mentor, Matthéo rOkssOr_18 lui racontait souvent comment les choses étaient difficiles, au début, quand les gens se montraient encore tellement conservateurs qu’il fallait se battre pour appliquer la moindre nouveauté à la langue. Richard ricana en repensant à la première fois où il avait rencontré Matthéo, la légende des Runners, les yeux embués par l’émotion : c’était rOkssOr_18 qui avait abattu Bernard Pivot, l’un des leaders fascistes alors qu’il réunissait en secret des gens dans les catacombes de Paris pour donner… des dictées. Brrr.

« Poke !
- Poke. »
 

La clochette au-dessus de la porte du bar tinta lorsque le nouvel arrivant la passa, saluant la salle de la manière traditionnelle imposée par la Grande Réforme de 2030, dites « Facetweet« , du nom de la corporation ayant soutenu son passage à l’assemblée et fait rentrer « J’aime » comme nouvelle manière d’approuver un propos dans le dictionnaire. Richard observa le type aller s’asseoir sur l’un des tabourets près du zinc, faisant craquer le faux-cuir de tout le poids de son embonpoint. Derrière eux, une femme âgée qui savourait jusqu’alors son sojakawa en lisant le journal s’approcha du I-Juke pour lancer un bon vieux morceau du début du siècle, du Justin Bieber. Y’a pas à dire, les vieux morceaux étaient toujours les meilleurs. On savait faire de la musique en ce temps-là.

« Allez Runner, oublier l’alcootest, vous m’aver l’air bien nostalgique. Raconter-moi ce qui vous rends triste comme sa. »
  

Richard se retourna vers la serveuse, notant que celle-ci s’était accoudée sur le comptoir, ouvrant ainsi un formidable point de vue sur l’intérieur de son débardeur ; le Runner se concentra pour fixer ses yeux, se répétant intérieurement qu’il aurait pu être son père.

« Vous saver, je ne fait pas un métié facile. Des fois, je me dit que je me fait vieux, que je n’arive plus à suivre.
- LOL c’et normal, vous saver. Depuis qu’ons ont nommé Cyber-Xavière Tibéri en tant que ministresse de le Francophonie, c’est vrai qu’il y a pas mal de loi chaque semaine, sa dois être dur à suivre.
- J’aime. Les conservateurs sons d’ailleurs de plus en plus actif ; un nonbre croissant d’illuminer de leur secte considère le Bescherelle comme un livre sain ; l’autre jour, ons ont carrément tenter de posé une bonbe station Loovre-Rivaulee, au motif que la nouvelle plaque apposer après les réfexions ne serait pas conforme au nom original de l’endroits. Quel bande de passéiste !
- Oui, les mêmes qui ont refuser que l’on transforme des noms masculins en féminins et inversement afin d’obtenir la pariter dans le dictionnaire. Foutus rétrograde ! S’est pas avec des gens comme eux que nous les femmes, on aura un jour l’égaliter. 
- Je sait, vous n’imaginer pas à quel point ons considèrent les textes comme importans. L’autre jour, on en a encore choppé une dizaine qui dealé des texte d’un certain « Maître Eolas » directement au pied de la tour Eifelle. Ons osent tout. »
  

En 2059, la suppression des cours d'histoire-géographie a persuadé l'ensemble de la population que la tour Eiffel avait été érigée en hommage au groupe de musique éponyme

L’implant crânien de Richard tourna à plein régime tout du long de la conversation, analysant la prononciation et l’élocution de son interlocutrice pour confirmer qu’elle utilisait les règles officielles de le Francophonie ; c’était à ça que l’on reconnaissait les conservateurs, ces fichus terroristes : aux détails. Mais tout du long, l’hôtesse avait utilisé les règles officielles correctement : du LOL (intégré au dictionnaire en 2018), un refus des accords (considérés comme sexistes en 2015), une utilisation aléatoire de l’orthographe et de la grammaire (la chute des notes de français avait alerté en 2023 Steevy Boulay, ministre de l’éducation lors du second mandat de Jean-François Copé, et afin de redresser les notes des élèves, avait fait supprimer les cours de français permettant ainsi de satisfaire tant les bambins que les journalistes qui critiquaient les statistiques des échecs au bac français, ainsi que l’on réglait tous les problèmes d’éducation depuis 2002). Bref : cette jeune fille était une citoyenne exemplaire, véritable Molière moderne quant à sa maîtrise de la langue ; cela faisait toujours plaisir de discuter avec des gens éduqués, qui savaient utiliser correctement la nouvelle personne du pluriel, « Ons« , remplaçant avantageusement « Ils » et « Elles« , pronoms porteurs de préjugés.

« Vous parler drolement bien, belle maitrise de la langue. Dite-moi: d’ou vous viens cette éducacion ?
- Ho, j’étudis un peu… je voudré ètre conservatrisse au Musée de l’Homme ET DE LA FEMME. Serveuse, s’est juste le tant de payé mes étude. 
- Beau projais. 
- Merci. Maintenent, excusé moi, je vai servir l’autre cliant.« 
   

Elle s’éloigna d’un pas rapide jusqu’à son voisin, prenant la commande pendant que Richard se demandait ce qu’il en aurait été de lui si le monde n’avait pas tourné ainsi. Aurait-il sacrifié autant pour son travail ? Se serait-il marié ? Aurait-il pu voir grandir une fille comme celle là, et l’aider à poursuivre ses ambitions ? Tout avait commencé avec la loi sur la libre orthographe des prénoms et le choix de ceux-ci, et ensuite, tout s’était enchaîné : fin de certains mots, apparition de nouveaux, mise en place de lois précises… parfois, il se demandait ce qu’il se serait passé si, au lieu de changer les règles pour s’adapter aux nouvelles générations qui prétendaient ne pas arriver à les apprendre, on avait amélioré l’éducation des dites générations pour qu’elles puissent apprendre au moins aussi bien que leurs ancêtres ? Il chassa brièvement cette idée de son esprit, se disant que c’était probablement comme cela que l’on devenait un vieux conservateur.

Soudain, sa vision devint rouge, et de nombreux messages d’alerte s’affichèrent sur son holo-rétine, l’informant d’un danger immédiat. Bondissant en arrière en faisant choir son tabouret dans le mouvement, Richard tira de son holster son pistolet, braquant le laser de visée vers le type obèse qui s’était assis à sa droite tout en tirant son badge de sa poche.

« Dit donc toi, le gros !
- Pardon ? Moi Moncieur ? Que… qu’aisse que j’est fait ?
- Regarde mon badge ! Runner d’Etat, division des crime ortografiques ! Allonge toi sur le saule ! 
- Mer enfin je… je venez juste…
- Tu t’ai trahi ! Passe encore ton accent, mais tu vient d’appelé la dame « Mademoiselle ! » Tu c’est très bien que c’et interdis, car sexiste ! »
  

Le type à l’épatant embonpoint baissa doucement les mains, observant la sueur couler sur les tempes du Runner.

« Bravo Runner, pour ce coup, vous m’avez eu. Mais vous aviez raison sur un point : nous sommes de plus en plus actifs. Grammaire vaincra !« 

Le temps que Richard appuie sur la gâchette, le type avait déjà ouvert en grand sa veste, révélant que son large bourrelet n’était pas constitué de gras, mais de bien autre chose.

« Du Tekssmeksse !« 

Hurla le Runner avant qu’une explosion ne le réduise, ainsi que l’intégralité du café « Le Facebar« , à l’état de chaleur et de lumière.

Le bon côté, c'est qu'en 2059, tout le monde trouve les blagues sur le 21 décembre 2012 absolument nulles.

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Louise bondit en hurlant dans le lit, apposant ses mains partout sur elle-même pour s’assurer qu’elle était bien réveillée ; la sensation de la sueur sur sa peau coulant entre ses doigts lui confirma que tout cela n’était qu’un mauvais rêve.

« Grmmmbllll…. c’que c’est ? » – dit une voix pâteuse à côté d’elle.

Elle hésita quelques instants, cherchant à se rappeler les détails de son rêve.

« Je… j’ai rêvé que la langue française était régie par des lobbys plus ou moins idiots qui demandaient des modifications de la loi pour un oui ou pour un non. Hoooo, si tu savais, c’était affreux ! 
- Hmmmm…. pffff… du genre ?
- Et bien par exemple, les féministes avaient demandé à ce que l’on féminise des accords, ou des mots en pagaille pourvu de donner l’impression de faire avancer la cause… c’était bizarre. »
  

Son voisin se redressa dans le lit.

« Louise allons : les féministes ne sont pas si bêtes ; je veux dire : même en féminisant les accords, du genre en utilisant la règle du « l’adjectif s’accorde avec le dernier nom dans une suite, et pas automatiquement le masculin s’il n’y a pas uniquement des termes féminins », ce serait complètement idiot : il resterait le « Ils » et le « Elles » : 999 filles et 1 garçon font « Ils ». Alors à moins qu’elles décident de demander à ce qu’on applique cette règle en comptant les participants pour dire si il y a une majorité de « Ils » ou de « Elles » et en cas d’impossibilité de le déterminer, du genre ils sont un nombre égal ou inconnu, utiliser un nouveau pronom « Ons », ce serait un combat non seulement inintéressant mais parfaitement stupide puisque ne changeant rien.
- Oui, mais dans mon rêve, pour elles, c’était la langue française qui était sexiste.
- Allons, te dis-je ! Si c’était vrai, et si une langue influençait vraiment les gens, alors les féministes en question ne pourraient pas exister, puisqu’elles parleraient le français expliquant que quiconque parle français a une vision des choses machiste ! Leur simple existence serait donc la preuve de l’absurdité de leurs arguments. Allez, calme-toi.
- Oui… tu as raison…
- Maintenant, en parlant d’égalité hommes-femmes, je ne me souviens pas avoir entendu ces dames hurler sur le fait que les hommes ne peuvent pas avoir autant d’orgasmes qu’elle, alors hop, au boulot mademoiselle. »
  

Louise fit brièvement la moue avant de disparaître sous les draps.

M’allumant un cigare, je me félicitais de ne pas être féministe : si je l’étais, je n’ose pas imaginer à quel point je deviendrais fou si des gens prétendant l’être sortaient ce genre d’énormité.

 

J’ai toujours aimé les analyses fines et pertinentes.

Si c’est l’une des raisons pour lesquelles je ne lis jamais Le Figaro, c’est aussi celle qui me pousse à admirer la horde de nouveaux experts qui envahissent nos médias pour faire part d’explications poussées sur le fonctionnement de notre société : sexologues autoproclamés dont les connaissances se basent sur leur vision de la dernière soirée mousse chez Michou, psychosociologues dont les propos ressemblent plus à une oeuvre de tautologie qu’à une interprétation pertinente de comportements modernes, ou autres mots en -logue qui signifient qu’un amateur se déclare expert du jour au lendemain et que sa tribune est vérité (exemple : « un blogue« ), autant de choses qui me font rêver.

Aussi, lorsqu’en ce beau dimanche, je suis tombé sur l’interview d’un certain Gilles D’Ambra, psychologue vantant les mérites de son dernier livre (qui date un peu, mais je m’étonne que personne n’y ai réagi) permettant de mieux comprendre les hommes, je m’attendais là encore à quelque chose de haut niveau. « Nenni« , me glisseraient de facétieux lecteurs amateurs de pinaillages ; « Un psychologue, c’est quelqu’un avec une vraie formation, une vraie expérience et un diplôme : il s’agit d’une profession réglementée, contrairement à celles que vous citiez ci-dessus ; voilà qui est gage de sérieux et qui donnera sûrement lieu à une analyse pertinente, vil pessimiste« .

Et en effet : le bon Gilles s’empresse de montrer dans son propos de qualité chez Doctissimo que ce n’est pas un rigolo à l’analyse facile. Ho que non.

Réponse : "Parce qu'ils fuient les greluches qui lisent ce genre de trucs"

Je vous propose donc de lire ensemble ce fabuleux monument de psychologie qui fera date ; Sigmund, accroche toi à ta coke.

Pourquoi les hommes sont lâches en amour ? C’est la question à laquelle répond le psychologue Gilles d’Ambra dans son livre.

Notez que nous commençons très fort : directement, il ne s’agit pas de parler des hommes lâches en amour, ou de cas précis, non ; il s’agit de tous les mettre dans le même sac. L’homme est un lâche dès qu’il s’agit de relations sentimentales : il se cache, se fait porter pâle, et parfois même s’enfuit en Amérique du sud pour y devenir éleveur de chevaux dans la pampa afin d’échapper à Lola, la correspondante bavaroise qui venait de lui confesser son amour. Si l’on suit l’analyse de Gilles, qui je le rappelle, traite de TOUS les hommes sans distinction, les gays doivent avoir de gros soucis et être une sorte de communauté d’autistes qui refusent de se fréquenter par peur mutuelle. Diantre.

Mais son ouvrage est surtout un guide pour aider les femmes à comprendre ces messieurs, pour construire un couple solide, basé sur le partage. Doctissimo l’a interrogé sur les recettes pour comprendre le sexe opposé.

Ah. Soit, soit : il ne s’agir donc ici que de traiter du cas des hommes hétérosexuels, pour que les femmes puissent enfin comprendre et dompter ces créatures mystérieuses : pourquoi rechignent-ils à faire les boutiques avec elles en gloussant ? Qu’est-ce qui les fascine dans les soirées foot et bières ? Et pourquoi n’aèrent-ils pas après leur traditionnel concours de pets post-choucroute ? Autant de questions que le sieur d’Ambra doit aborder, du moins, je le suppose, s’il s’agit de tout révéler sur le sexe fort aux membres du sexe faible (on appelle ça de la trahison mon petit Gillou ; passer des informations à l’ennemi, c’est très mal, tu es bon pour le peloton, Mata Hari). Une occasion pour les lectrices de ce blog, interdites de lecture lors d’un article précédent, de se venger céans en s’emplissant les mirettes d’informations pertinentes obtenues directement auprès d’un professionnel.

Attention mesdemoiselles : première question.

Doctissimo : Vous affirmez que les hommes sont lâches en amour. Est-ce vraiment la règle ?

Gilles d’Ambra : Vous savez, le courage des hommes, c’est un mythe, les femmes sont bien plus courageuses. Les hommes sont courageux quand il s’agit d’aller chasser le mammouth ou de faire la guerre, et parce qu’ils sont bourrés de testostérone et en groupe. Mais dès qu’il s’agit d’amour, ils deviennent lâches. Prenez l’exemple de la rupture : lorsqu’ils n’aiment plus, ils vont se taire et attendre que leur compagne s’en rende compte

Voilà : première règle à connaître, tous les hommes sont identiques. Tous. Sans exception ; en fait, c’en est à se demander à quoi nous servent nos psychologues, et pourquoi ils ont besoin de s’entretenir individuellement avec leurs patients, puisqu’en réalité, quand on en a vu un, on les a tous vu. Je rappelle que le charmant garçon qui fait cette analyse est un professionnel du secteur, hein. Non, je sais, on ne le dirait pas comme ça, mais si, si. Il a peut-être même une clientèle : brrrr.

Mais revenons au sujet : les hommes sont courageux dès qu’il s’agit de guerre ; ils ne fuient jamais, n’ont jamais peur, et pour peu qu’ils soient en groupe, ils partent même coller des grenades dans des nids de mitrailleuse en rigolant (vous ne pouvez pas comprendre ça les filles : c’est comme le concours de celui qui pisse le plus haut, c’est une sorte de private joke, mais directement située sur le chromosome Y). A l’inverse, aucun mâle ne plaque jamais sa nana ; il se contente soudainement de devenir muet ; du genre vous lui demandez où il a rangé le saucisson, et là, le bougre se contente de ne rien dire, alors qu’il y a deux minutes, il causait encore nonchalamment de son amour pour la charcuterie : point de maladie mystérieuse là-dessous , il a tout simplement perdu l’usage de la parole. Le signe ultime comme quoi il compte rompre (et si vous ne rompez pas dans les deux semaines, sa langue se nécrose et tombe).

Non, jamais un homme ne plaque sa nana. Ça ne s’est jamais vu : il ne peut pas. Il laisse l’autre faire et se tait. Si l’une d’entre vous prétend que ça lui est pourtant déjà arrivé, c’est que c’est une menteuse. En même temps, quelle femme ne l’est pas ? 

Le Mime Marceau a passé des années à tenter d'expliquer à sa nana qu'il voulait la plaquer

Par contre, en suivant ce raisonnement pas du tout caricatural, mesdemoiselles, n’hésitez pas : pour pimenter un peu vos aventures nocturnes, criez lui  « Prends-moi comme tu prendrais un nid de mitrailleuse ! » ; et là, vous le verrez motivé comme jamais vous sauter dessus avec le visage noirci au charbon. Par contre, assurez-vous de ne pas avoir de grenades dans la maison : il pourrait mal l’interpréter.

Doctissimo : Mais l’homme a tout de même changé depuis l’aube de l’humanité ? 

Gilles d’Ambra : Pas tant que ça.

Wongo wongo. Homme pas trop changer : toujours mettre slip en fourrure avant de trouver femelle de la tribu des Poux Fhiasses pour venir réchauffer homme dans grotte. Faire parade amoureuse : proposer « Toi vouloir dernier verre de sang de mammouth ?« , puis glisser poudre magique du chaman qui fait dormir dedans ; enfin, ramener femelle en traînant par les cheveux jusqu’à grotte, avant accouplement sur peau d’ours. Wongo.

Autre possibilité : « Depuis l’aube de l’humanité, il y a toujours des types qui font des analyses de daube, ça n’a pas trop changé« . Auquel cas, j’approuve.

D’ailleurs il y a plus de gènes communs entre un homme et un singe qu’entre un homme et une femme.

C’est pour ça que Wongo parfois être turgescent au zoo. Singe mieux que femme : est très tendre quand il épouille et suffisamment évolué pour pas porter Wayfarer. Zoophilie très tentante.

On peut voir des similitudes entre les types d’hommes et les races de singes.

Bien que cette phrase soit probablement approuvée par une certaine frange de l’extrême-droite (oui je parle de frange, mais comme j’ai parlé de Wayfarers avant, l’enchaînement est parfaitement logique), notez que ce genre de propos serait considéré comme honteux si le mot « homme » était remplacé par « femme« . Mais comme ce n’est pas le cas, le type a même le droit à une interview sur Doctissimo et à de la publicité pour son livre.

Par exemple :

L’orang-outan : il vit seul, il râle dès qu’on lui demande quelque chose, il n’aime pas sortir. A réserver aux femmes indépendantes qui n’ont pas besoin de trop d’affectif

Bref, vous pouvez aisément le remplacer par un petit jouet en plastique fonctionnant à pile. Encore une fois, on aurait inversé le tout et écrit « Elle vit seule, elle râle dès qu’on lui demande quelque chose et n’aime pas sortir. A réserver aux hommes indépendants qui ont juste besoin d’un plan cul régulier ou d’une ménagère« , on aurait hurlé. Mais là, non.

Le gorille : issu d’une famille nombreuse, il est très social et agréable à vivre. C’est un bon vivant. Pour celles qui recherchent une relation stable et familiale 

Parfois aussi, il vous défonce la gueule parce que vous avez fait tomber la banane qu’il convoitait. Il est comme ça, le gorille. Un peu taquin, mais avec de grosses mains (et souvent dans la margoulette). Mais il vous aime, hein.

Le chimpanzé : il vit beaucoup avec ses amis et il est susceptible et individualiste. Pour les femmes éprises de liberté.

Il manque à cette liste « le ouistiti : il est tout petit, il a l’air un peu con mais il vous fait marrer« , « le paresseux : il n’en branle pas une, mais au moins, vous êtes sûre de le retrouver là où vous l’avez laissé » ou encore « le nasique : il a un grand nez, mais on sait toutes ce que ça veut dire, hihihihi« . Quel dommage que notre fin analyste s’en soit arrêté ici dans ses métaphores animales.

C'est vrai que le gorille a l'air sociable, en fait

Doctissimo : Hommes et Femmes seraient donc restés identiques depuis la nuit des temps ? 

Gilles d’Ambra : Non, bien sûr que non. Aujourd’hui, les femmes sont heureusement pour elles plus autonomes, elles n’ont plus besoin des hommes pour faire leur vie.  Et les mâles ont donc totalement perdu leurs repères. Ils ne savent plus comment aborder les femmes, et en deviennent souvent encore plus lâches.

On ne sent pas du tout le fait que le type compte vendre son livre à des femmes : « Hahaha, bien sûr que non : les femmes ont super évolué, ce sont des êtres formidables. Par contre, les hommes sont restés de gros cons, eux ils ne pigent toujours rien à rien. A part moi bien sûr, c’est même pour ça que j’ai écrit un livre dans lequel je vous explique tout.« 

Mais effectivement, l’homme a perdu tous ses repères dans le monde moderne ; il ne sait plus comment s’y prendre avec les femmes. Alors des fois, il en a marre, il laisse tout tomber, et il tente de l’attraper dans un Sofitel. Mais là encore, ça prête à controverse : comment un être aussi lâche qu’un homme aurait-il pu aborder une femme ? Logiquement, il aurait dû s’enfermer dans la salle de bain en hurlant « Allez-vous en vilaine femelle, vous me faites peur, j’en perds tous mes repères, hiiiiii, ne vous approchez pas de la porte où je pleure !« .

Doctissimo : Pensez-vous que dans un couple, une femme peut réussir à faire changer un homme ? 

Gilles d’Ambra : On ne peut pas changer la nature profonde de quelqu’un comme ça. Lorsqu’une femme se met avec un homme en se disant « avec moi, ça va être différent », cela se termine toujours mal. Quand vous achetez des chaussures, vous les prenez à votre pointure, même si après elles vont se faire à votre pied ! Avec un homme, c’est pareil ! Il faut prendre la bonne pointure !

Là, nous sommes tous d’accord : on ne peut pas changer un homme ; le faire devenir fidèle, lui faire arrêter la bière, lui apprendre à baisser la lunette des WC ou à arrêter de secouer les draps en hurlant « La vache, celui là il fouette » lors que son transit se fait difficile… autant de choses auxquelles il faut renoncer d’entrée de jeu.

Doctissimo : Et selon vous, quelle est la clé d’un couple qui fonctionne ?

Gilles d’Ambra : Il n’y a pas de recette miracle. Mais il faut avant tout de la réciprocité. C’est la stratégie gagnante à terme. Le but est de ne pas essayer de battre l’autre, mais de jouer le jeu de la relation à deux, de respecter l’autre, et de ne pas jouer au plus malin : la franchise est essentielle.

Attendez, on la refait :

« Question : Selon-vous, quelle est la clé d’une relation ?

Réponse : Jouer le jeu de la relation.« 

Aaaaah, ouais, pas con. D’autres conseils, sinon ? « Pour vivre heureux, vivez contents » ? « Soyez francs pour dire la vérité » ? « Trop de whisky, caca kaki« ? Nom d’une pipe, ce n’est plus un psychologue, c’est Monsieur de la Palice sous ecstasy. La suite, vite, je me meurs, je veux en apprendre plus sur moi, pauvre mâle.

Avec ce livre, vous pouvez vous aussi devenir un fin analyste moderne

Doctissimo : Vous parlez de franchise, mais vous conseillez de ne pas tout dire.

Gilles d’Ambra : Il faut être honnête, ne pas raconter d’histoires, mais ça ne signifie pas se lâcher et exprimer tout ce qui nous passe par la tête ! Il ne faut pas tout dire, mais il faut jouer franc jeu.

Quel caméléon, cette fois on dirait du Jean-François Copé tellement c’est empli de bonne foi : « La franchise, c’est bien, mais il faut bien faire attention à ne pas tout dire« . Le terme « mensonge par omission » est donc officiellement placé dans les instruments servant la franchise : bravo, c’est du grand art. Ma mauvaise foi et moi avons envie de vous adouber chevalier du pipeau.

Un exemple, peut-être, histoire d’aller jusqu’au bout du concept ?

Prenez l’infidélité par exemple. A la base, je ne pense pas que cela soit l’idéal dans le couple. Car entretenir une deuxième relation, mentir, cela va à l’encontre justement de la franchise et de la réciprocité. Mais un « dérapage » ponctuel, un « accident » est possible et ne doit pas forcément remettre en cause la relation ni d’un côté ni de l’autre. 

« A la base, je ne pense pas que cela soit l’idéal dans le couple. » ; après les lapalissades, les euphémismes : quelle maîtrise des figures de style, je pleure des larmes de sang tant la jalousie fait battre mon petit coeur de mâle arriéré.

En tout cas, c’est un excellent exemple de confiance dans un couple : les filles, faites bien attention à ne pas dire à votre partenaire que vous copulez avec Pedro, le chilien du 5e qui fait la sécurité à l’entrée du Macumba ; c’est ça, la franchise.

Je rappelle que ce livre est un recueil de conseils pour aider ces dames à mieux comprendre et garder leurs hommes : si avec ça, elles ne finissent pas toutes à la rue avec un tabouret dans l’oeil, c’est à n’y plus rien comprendre. Mais il est vrai que je n’ai aucun diplôme de psychologie, tout cela doit m’échapper. Trop subtil, sûrement.

Doctissimo : Et comment faire pour garder son homme ?

Odieux Connard : Ne surtout pas lire ce livre

Gilles d’Ambra : Pour que la relation dure longtemps, il faut arrêter de la vivre comme si elle était un bien de consommation jetable ! Car aujourd’hui de nombreux couples vivent leur relation uniquement dans l’immédiat sans projeter plus loin que la semaine suivante. L’amour, c’est le désir de l’autre, la tendresse, mais c’est aussi partager et construire des choses ensemble, lancer des projets. C’est s’engager réellement, même si ce n’est pas forcément pour la vie.

« Pour que la relation dure longtemps, il faut qu’elle soit durable » suivi de « Pour vivre à deux, il faut vivre ensemble ». Cet homme a un don ; on ne parle même plus de talent à ce niveau-là.  Je crois que je vais faire un don à Notre-Dame-du-Nawak pour qu’ils fassent faire un vitrail à son effigie. Et les pèlerins en manque d’analyses de qualité s’y rendront en masse pour s’agenouiller devant cet avatar de verre qui les contemplera de son piédestal drapé dans ses certitudes.

Il n’empêche que je suis de mauvaise foi : maintenant, j’en sais plus sur moi, dans ma condition de pauvre homme. Merci de ta subtile analyse, Gilles d’Ambra. Que l’on peut retrouver dans « Pourquoi les hommes sont lâches, Petit traité de psychologie masculine à l’usage des femmes qui aiment encore les hommes« , ouvrage qui pour moins de 20€, vous permettra de devenir une véritable experte en psychologie masculine. Je suis sûr que vous vous demandez déjà pourquoi il ne se trouve pas dans votre bibliothèque.

Cependant… attendez, attendez, si je relis cette histoire… au tout début, ce fin expert nous disait qu’un homme ne pouvait plaquer une femme, ou pire, lui parler. Mais alors, qui suis-je, que suis-je pour virer au matin des filles de mon lit en marmonnant « Vous êtes gentilles mais maintenant, cassez-vous si vous ne voulez pas ramasser un coup de pelle » ?

J’en suis tout chamboulé : je crois qu’il me faut un psy.

Et je crois que je sais déjà à qui m’adresser. Quelle puissance décidément.

Ça y est : les vacances scolaires sont là.

Alors que les coffres se remplissent peu à peu de valises, tentes et autres canots gonflables, les écoliers profitent enfin d’un repos bien mérité après une dure année de labeur. Si les boîtes de nuit ouvrent leurs portes aux jeunes disposant d’un baccalauréat flambant neuf soucieux de le fêter (ils ne découvriront que dans deux mois que ce sont les seules portes qui s’ouvriront jamais grâce à leur diplôme de fin de lycée), elles ne sont que l’avant-goût d’un été qui s’annonce plein de surprises.

Pourtant, comme chaque année à la même époque, c’est aussi la saison des abandons : des propriétaires peu scrupuleux profitent de leur départ en vacances pour attacher leurs animaux de compagnie devenus trop encombrants aux arbres des aires d’autoroutes, brisant des milliers de petits coeurs : Scrappy le labrador regarde la Peugeot 404 de son maître s’éloigner, sans réaliser que c’est la dernière fois qu’il a l’occasion de humer les effluves de friteuse de son vieux pot d’échappement pétaradant ; Bobby le Saint-Bernard, trop occupé à renifler ce nouvel arbre auquel il est désormais lié, ne voit pas la famille Margot s’éloigner de lui, le petit Théo agitant une main dans un signe d’adieu tout en larmoyant, l’autre bras fermement tenu par son père, alors qu’il quitte son ami de toujours pour regagner contre son gré le parking voisin ; et Pitchoune, ô, joyeuse Pitchoune ! Qui donc a bien pu coller cette petite femelle yorkshire dans le sanibroyeur de l’aire de la Jument Verte ? Nul ne le sait.

Oui : cette année encore, des milliers seront abandonnés par ceux qui autrefois leur avaient ouvert les portes de leurs maisons ; chiens courageux, chats paresseux, furets joueurs ou hippopotames berserks : autant de sympathiques animaux de compagnie qui sentiront peser sur eux la solitude lorsque la nuit tombera. Mais il ne convient pas de parler de ceux-ci, non : le vrai drame, cette année, c’est encore tous ceux qui abandonneront leurs compagnes infidèles quelque part en forêt sur la route des vacances. Et pas besoin de les attacher à un arbre en plus : le sens de l’orientation d’une femme moderne suffit à là paumer des semaines entières, même au milieu du parc Monceau. Pratique.

Pour plus d'originalité, vous pouvez abandonner votre chien sur une aire avec jardin japonais

Cependant, afin d’éviter cette terrible situation, je vous propose aujourd’hui, messieurs (filez mesdemoiselles, ce n’est pas pour vous, vous allez vous faire du mal), de suivre les conseils de Men’s Health (le magazine du bien-être masculin que nous avions déjà étudié ici), afin de vous assurer que vous n’ayez pas à abandonner madame ; pour ce faire, je vous propose donc de vous arrêter sur plusieurs articles essentiels :

- 6 façons d’empêcher son infidélité, et ainsi ne pas avoir à abandonner votre mie, ou alors, il vous faudra un autre prétexte

- 7 signaux d’alertes pour juger de sa fidélité, des fois que le premier article n’ait pas suffi

- 4 conseils pour contrôler sa colère, pour gérer la situation si un des signaux d’alertes précédemment évoqués est passé au rouge

Oui, ils ont obligation de tout numéroter ; le magazine a dû être fondé par une sorte de comptable sous stéroïdes. Brrr. Mais ne tergiversons pas et passons aux premiers conseils pour éviter que madame n’aille courir le damoiseau ; je cite : « Voici les facteurs d’infidélité les plus fréquents et les meilleurs moyens de lui ôter l’envie de vous tromper. » 

La génétique 
La science est formelle ! Il existe bien un gène de l’infidélité. Les chercheurs de l’hôpital universitaire Saint-Thomas à Londres affirment même qu’une femme vous trompe à 44 % pour des raisons génétiques.

Merde alors, l’infidélité est génétique ! Comme la délinquance alors ? Nous l’ignorons, mais donc, la femme est contrôlée à 44% par ses gènes (et à 30% par les livres de Guillaume Musso) ; elle peut être tranquille dans son salon à se faire un Scrabble, soudain, elle entend un gène lui crier de sa petite voix fluette « Qu’eeeeest-ce que tu fous ? Tu joues au Scrabble avec Jérôme, alors que dehors, il y a tant de beaux éphèbes qui t’attendent ? Pense à ces torses ruisselants, à ces muscles puissants couverts de sueur et de saindoux, à ces mentons piquants qui… je… ho, attends ! Regarde là, tu peux faire « Bichon » en 6 lettres, dont une compte triple ! » (la femme peut faire deux choses en même temps, rappelons-le).  Mais alors, si c’est un gène, vite, Men’s Health, que faire ? Dois-je faire mordre ma femme par une araignée radioactive pour modifier son ADN ? Puis-je ramener une araignée de Fukushima en cabine ? Et quand bien même, comment savoir si la mutation ne va pas plutôt filer un cucu velu à ma dulcinée ?

Pas de panique, la réponse est là :

La solution : Elle réside heureusement dans le problème : le sexe. « Les quantités élevées d’ocytocine qui inondent son cerveau pendant une relation sexuelle sont en quelque sorte l’antidote à cette malencontreuse hérédité, explique Terry Burnham, chercheur en génétique. Cela inhibe l’activité des chromosomes qui ont été identifiés comme porteurs du gène de l’infidélité. » Attention quand même : selon une étude publiée dans la revue Biological Psychology, vos ébats doivent durer plus de cinq minutes pour que l’ocytocine fasse cet effet.

Ho. Ho, je vois, il faut donc copuler, souvent et longtemps, pour feinter la génétique : c’est vrai que du coup, votre copine a moins de chances de vous tromper si vous l’enfermez dans la chambre toute la journée. A noter que vous avez désormais une nouvelle réplique culte pour draguer :

« Bonjour mademoiselle, quelle belle soirée n’est-ce pas ? Dites moi, je me disais… vous ne voudriez pas que j’inonde votre cerveau d’ocytocine, là, comme ça, au pied levé, hop ? »

Si avec ça vous ne passez pas pour un gentleman, inquiétez-vous.

Le calendrier Il est déjà coupable de ses sautes d’humeur et de ces nuits que vous passez sur le canapé parce qu’elle est outrageusement irritable : son cycle menstruel peut également être responsable de ses envies de papillonner. Tout cela viendrait de l’évolution, selon les chercheurs de l’institut Kinsey de l’Indiana. Les hauts et les bas hormonaux qui vont avec son cycle menstruel réveillent un instinct primitif qui stimule son désir et son excitation tout en la poussant à rechercher des partenaires d’un soir. C’est entre le dixième et le dix-huitième jour de son cycle, lorsque ses niveaux d’estradiol sont au plus haut que ses instincts de prédatrice risquent de s’éveiller. Pour vous aider dans vos calculs : le cycle commence le premier jour des règles. 

Le calendrier, responsable ? Celui de La Poste, le moche avec des chatons ? Le facteur, j’en étais sûr ! Mais attendez, vous voudriez dire qu’encore une fois, tout le corps de la femelle n’est qu’un appel constant à l’infidélité ? Qu’il est conçu pour aller gambader vers d’autres herbages, tel le mouton joyeux dans les pâtures ? Mais bon sang, quelle solution puis-je…

Bionic Woman, ou l'histoire d'une femme modifiée par des scientifiques pour arrêter de courir le jouvenceau (on lui coupe les jambes)

La solution : Faites-la transpirer. Des chercheurs de l’université Jagiellonian de Cracovie, en Pologne, ont découvert que les taux d’estradiol chutaient dès lors qu’une femme faisait du sport deux fois par semaine. Sinon, gardez un oeil sur le calendrier et profitez de cette période pour transpirer… au lit.

Hein ? Le sexe, encore ? Ce serait donc la solution à tous les problèmes du monde ? Merci Men’s Health : je sens que grâce à ça, je vais pouvoir régler plein de trucs : infidélité, mauvaise humeur, problèmes de couples, note médiocre en classe, faim dans le monde.… Merci ! Mais dites m’en plus, quels sont les autres causes de l’infidélité ?

La reconnaissance Ou plutôt le manque de reconnaissance et de gratifications. Vous l’avez déjà vue partir à la recherche d’une paire de chaussures comme une lionne en quête de nourriture ? C’est en réalité à la recherche d’une gratification qu’elle est partie. Or, si elle en manque de votre part (bref, si vous ne lui montrez jamais qu’elle compte pour vous), il y a de fortes chances qu’elle aille chercher de la valorisation ailleurs. 

Vous êtes sûre qu’on parle des femmes là ? Non parce que la petite créature en manque d’affection qui va donner de l’amour à des pantoufles, en général, on l’appelle plutôt « Rex » que « Chérie ». Mais bon, faisons confiance : nous traitons ici d’un magazine moderne, qui sait comment il faut traiter les femmes pour faire de ses lecteurs des gentlemen appréciés pour leur élégance, leur classe et leur bon goût. Hein ? Ho, dites ? Allez ? Sans rire ? Vous déconniez, là, non ?

C’est ainsi que 80 % des femmes ont justifié leur infidélité lors d’une étude de l’université du Maryland. « Elles avaient une aventure pour compenser une relation dans laquelle elles ne se sentaient ni écoutées ni valorisées », explique Michael Farell, auteur de l’étude. 

Oui, mais 100% des femmes étant de mauvaise foi d’après une étude du Odioso Cabrón Institute de Grenade, j’en déduis que l’excuse « Je ne me sentais pas écoutée : je lui avais demandé de ramener du chocolat aux noisettes, et il m’a ramené du chocolat au lait : du coup, j’étais obligé de prendre le TGV pour aller faire l’amour à Ramón, vous comprenez » est un peu pourrie.  Heureusement, Men’s Health a la solution pour qu’une femme se sente valorisée et appréciée à sa juste valeur :

La solution : Si vous n’avez pas été complètement à la hauteur récemment, rattrapez le coup avec ce truc tout simple : le cerveau peut assimiler 600 mots par minute mais le débit moyen est de 150 mots. Et quand le cerveau est en dessous de la courbe, il s’égare. Pour garder toute son attention, interrompez-la pour la paraphraser toutes les 30 secondes. Fastidieux, certes, mais elle aura vraiment l’impression d’être écoutée !

Donc je résume : pour qu’une femme se sente appréciée, il faut lui parler comme à un gros légume. Et de préférence, « l’interrompre pour la paraphraser toutes les 30 secondes » :

« Doudou, devine ce qui m’est arrivé au bureau aujourd’hui ! 
- Dis-moi tout mon amour.
- J’étais au local photocopieuse, quand soudain…
- Hmmm tu veux parler de la pièce où il y a l’appareil qui duplique des documents.
- … heu, oui, quand soudain, Benoît entre avec du café sur sa chemise
- Benoît passe le seuil du local de l’appareil qui duplique des documents avec une substance psychoactive étalée sur son haut ? Ça alors ! 
- Dis- moi, tu me prendrais pas pour une andouille ?
- Si je te prends pour une spécialité charcutière à base d’intestin de porc ? Bien sûr que non ma chérie, continue de me parler de… de… heu… hein ? Tu disais ? »

La photocopieuse, centre de toutes les intrigues érotiques qui se respectent

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Ah oui, là c’est certain, elle va se sentir écoutée et mise en valeur. Un peu comme le psy que vous payez une fortune à dire « Hmmm hmmm » pendant qu’il dessine des kikis sur son bloc-notes. Quel beau métier (attention, j’exagère : certains dessinent aussi des voitures).  Néanmoins, enchaînons tout de même sur le point suivant.

La promiscuité Comme pour les salaires, les hommes sont toujours en tête quand il s’agit de mettre des coups de canif dans le contrat. Mais l’écart diminue peu à peu. Ainsi, 52 % des infidèles sont des hommes (voir encadré), ce qui nous laisse quand même avec 48 % d’infidèles à talons hauts… et pas mal de doutes. C’est la culpabilité qui serait responsable de cette différence. Mais la culpabilité n’a qu’un temps : elle diminue à mesure que votre chérie se rapproche de votre futur concurrent au travers d’une activité commune. 

Attention, donc, votre copine risque de vous tromper si jamais elle fréquente des gens. Particulièrement si elle a une activité commune avec eux, comme, à tout hasard, baisouiller. Comment enrayer ce fléau ?

La solution : Elle veut prendre des cours de tango ? Lancez-vous sur la piste avant qu’elle ne se fasse embarquer par un autre.

Excellente solution : ne la laissez jamais seule. Suivez la en permanence. Elle veut faire du tango ? Faites du tango. Elle veut faire de la couture ? Faites de la couture. Elle veut faire caca ? Devancez -la (puis éclatez d’un rire diabolique ponctué de bruits d’eaux depuis l’autre côté de la porte).

Et si jamais elle commence à comprendre que vous ne la suivez partout que parce que vous n’avez aucune confiance en elle, utilisez la stratégie dite du couple fusionnel : « Mais c’est parce que nous devons tout faire à deux mon choubidou« . Frottez vous un oignon contre les yeux si vous manquez de persuasion.

La cybertentation Ça commence par un chat innocent sur un forum de jardiniers amateurs et ça finit au lit.

Alors, oui, là, en effet, c’est un vrai problème international : les vortex spatio-temporels sur les chats de Jardiland. Vous discutez tranquillement de la meilleure pelle avec une assistante commerciale, et paf, vous vous retrouvez dans un hôtel avec une jeune fille désapée devant vous. Non, il n’y a pas de phases intermédiaires.  Je connais un mec, il était tranquille en train de causer du prix des graines de bégonias, et paf, il s’est retrouvé tout nu dans une chambre de Sofitel. Une histoire terrible.

Eh oui, Internet est devenu le plus grand pourvoyeur de relations adultérines depuis l’invention du téléphone portable. L’anonymat du forum facilite le passage au chat, et peu à peu les discussions ne tournent plus autour de la greffe du pêcher, mais autour du péché de chair. Sans parler des forums carrément dédiés au sexe. Lors d’une étude sur le sujet réalisée à l’université de Floride, il s’est avéré que les deux tiers des femmes qui s’y rendaient finissaient par rencontrer leur correspondant et que 89 % couchaient avec lui.

Encore une fois, on remercie les scientifiques qui sont arrivés à la conclusion que les gens qui se rendaient sur les forums de sexe, venaient s’occuper de sexe. Je sais, ce n’est pas toujours évident (par exemple les utilisateurs des forums hardware.fr ne parlent pas toujours carte graphique, surtout dans le topic images, hein bande de coquinous), mais il fallait bien une université entière pour réaliser qu’il y avait un rapport plus ou moins direct entre le sujet d’un site et le sujet que les gens y trouvaient.

La solution : Bain chaud et caféine. Les taux de cortisol (l’hormone du stress qui attaque la libido) baissent de moitié après 8 minutes dans la baignoire. Et selon les chercheurs de l’université du Michigan, les couples qui boivent 2 à 4 cafés par jour ont 50 % de chances en plus de faire l’amour plus de 7 fois par mois. Sans oublier que les buveurs de café auraient 73 % de problèmes d’érection en moins que les autres. Ce soir, expresso et bain moussant !

Petit rappel : si vous vivez dans une série américaine, vous avez l'obligation d'entourer le bain de dizaines de bougies

J’ai essayé et je vous le recommande : une fois plongée dans un liquide plus ou moins caféiné (attention quand même : remplir une baignoire de Nespresso coûte un peu cher), et de préférence lestée avec les cailloux, la damoiselle un peu stressée  (elle se débat beaucoup au début, mais il faut être ferme) finit par se calmer. Au bout de 8 minutes, quand vous la sortez de l’eau avec un treuil, elle est même parfaitement détendue, et ne dit plus non à rien. Simple et efficace. Merci pour tous ces conseils ! Mais je me permets quand même de faire le point :

Résumons ; pour que votre copine ne vous trompe pas, selon Men’s Health, il faut :

  • L’empêcher de sortir et la surveiller en permanence
  • Lui faire l’amour. Tout le temps.
  • Lui couper tous moyens de communications avec l’extérieur
  • Si rien de tout ça ne marche, la plonger 8 minutes dans l’eau

Vous avez tout saisi ? Vous commencez à vous demander si Wolfgang Priklopil avait un abonnement à ce magazine ? Moi aussiBien, alors passons à la suite : « Voici une liste de 7 attitudes qui vous permettront de juger sa fidélité. »

- Indice : Elle se met en colère quand vous la soupçonnez. 
- Verdict : Non coupable 
« C’est typique du symptôme dit de la méprise d’Othello », selon le psychologue Perry Buffington. « Plus elle clame son innocence, plus elle s’indigne de ne pas être crue. » Et n’allez pas croire que cette colère est destinée à vous leurrer. « Les femmes réagissent de façon plus émotionnelle que les hommes quand elles disent la vérité », affirme le docteur Buffington. « Si elle mentait, elle essayerait plutôt de vous embrouiller en utilisant ses armes de séduction. »

La femme est incapable de simuler, c’est connu : c’est une sorte de Francis Huster constant. Ainsi, si elle se met à parler très fort en faisant les gros yeux en vous disant « Non, je ne te trompe pas » , vous pouvez la croire sur parole. Et laisser sortir ce monsieur tout nu du placard, celui qui n’est en fait qu’un ami qui passait par là et qui a soudain perdu tous ses vêtements, et qui était donc en train d’en chercher de nouveaux dans la penderie quand vous l’avez surpris. Non, si elle avait voulu vous mentir, elle vous aurait montré ses seins en mettant sa bouche en cul de poule (un peu comme un avatar Facebook, en fait). Ah, une femme qui joue la comédie : ça se saurait.

- Indice : Elle parle dans son sommeil. 
- Verdict : Coupable 
Pour le psychisme, avoir une aventure est une importante source de stress qui a besoin d’être évacué. Des psychologues britanniques ont repéré certains symptômes liés au « stress de l’infidèle » : problèmes de mémoire, fragilité des gencives et troubles du sommeil – notamment somnanbulisme et somnoliquie (parler en dormant). Méfiez-vous donc si votre dulcinée se met soudainement à avoir des nuits agitées alors qu’aucune source de stress visible ne semble l’affecter dans la journée.

Dans son sommeil, elle vient de marmonner « Non, maman, je ne veux pas de chocolat » ? La truie pourpre ! Réveillez-là, puis assommez là avec une latte du sommier. Attendez qu’elle reprenne ses esprits, giflez-là, puis assommez-là à nouveau. C’est un aveu qu’elle se tape Maurice, le cuisinier du restauroute. Idem si elle a une nuit agitée après avoir mangé une monstrueuse choucroute : c’est forcément qu’elle couche avec tout un régiment de parachutistes quand vous n’êtes pas là. Diable, ce site est une véritable révélation ; je commence à me dire que les jeunes filles avisées devraient dormir avec une chaussette roulée dans la bouche si elles veulent éviter les ennuis, pour peu qu’elles fréquentent la couche d’un lecteur de ce beau magazine (ce qui en soit, mérite déjà un châtiment).

- Indice : Elle n’est plus très câline. 
- Verdict : Non coupable 
Contrairement aux idées reçues, elle ne s’éloignera pas forcément de vous s’il y a un autre homme dans sa vie. « Au contraire, elle risque même de devenir plus attentionnée », selon le docteur John D Moore. « Elle utilisera le mot « amour » bien plus souvent et sera sexuellement plus en demande. »

Non, non, ce n’est en rien un signe. Même à deux jours de vous plaquer pour Jean-Kévin, elle sera toujours aussi passionnée : une femme ne ressent pas la culpabilité, l’amour-propre ou même la douleur. Elles n’ont pas d’âme : comment voulez-vous, hein ? A l’inverse, si elle devient trop câline, pétez lui la gueule sans ménagement.

- Indice : Elle fouille VOS poches. 
- Verdict : Coupable 
« T’étais où, t’as vu qui, t’as fait quoi »… ça vous parle ? Méfiance. Les femmes infidèles deviennent souvent soupçonneuses, car elles projettes sur vous leur propre culpabilité. Le topo étant : « si je suis capable de lui faire ça, alors il peut le faire aussi ». D’ailleurs, 67% des infidèles pensent avoir été trompés eux-mêmes.

J’aime beaucoup le « VOS » en majuscules : c’est sûr que si elle fouille ses poches, c’est un peu moins suspect. En tout cas, sans vouloir chipoter, une damoiselle qui fouille vos poches, qu’elle vous trompe ou non n’est pas la question ; mettons qu’une fille vous fasse les poches station Châtelet : vous hurlez « Ah, coquine, tu me trompes ! » ? Ou vous avez autre chose à faire ? Et bien voilà. A partir du moment ou quelqu’un fouille vos poches, c’est qu’il est grand temps d’en finir. La dernière qui a fouillé mes poches, par exemple, a trouvé les clés de ma cave. Il m’a fallu agir.

Et si elle dort maquillée, dois-je me méfier ?

- Indice : Elle se transforme en fée du logis. 
- Verdict : Coupable 
Elle se met soudain à repasser vos chemises avec amour ? Il y a des chances qu’elle le fasse en repensant à un 5 à 7 torride. La majorité des femmes qui trompent se transforment miraculeusement en parfaites maîtresses de maison. D’autre part, si elle a soudain la dent dure contre un ami ou un collègue, soyez vigilant : critiquer son amant est la deuxième façon de noyer le poisson.

Elle a changé ? Elle ne laisse plus traîner ses slips avec leurs grosses traces de pneus ? Elle a enfin trié les papiers de ses impôts ? Elle change de t-shirt plus d’une fois par semaine ? C’est qu’elle vous trompe. Non, personne ne peut essayer d’être propre : c’est trop suspect. D’ailleurs, notez qu’une femme qui repasse, d’après nos experts locaux, c’est particulièrement louche : bon sang, la France est un nid de terroristes ! Même votre maman vous trompe ! Et par ailleurs, toujours d’après la prose de notre référence masculine, si votre douce s’exclame « Bernard est un con : il m’a encore insultée ce matin« , c’est qu’elle est secrètement amoureuse de lui, de son bide à bière et de son crâne pelé.  Non, Bernard ne peut pas décemment être un con. Surtout si c’est une femme qui le dit : comment quelqu’un ne disposant pas d’un chromosome Y pourrait avoir raison ? Je vous le demande.

- Indice : Ses jupes ont raccourci. 
- Verdict : Non coupable 
Si votre belle devient de plus en plus sexy, remerciez-la plutôt : tout cet étalage de charmes, c’est pour vous et personne d’autre. « Quand une femme trompe son conjoint, elle a tendance à porter des vêtements plus sobres, particulièrement devant lui », affirme le docteur Buffington. Si elle ressort les cols roulés, c’est mauvais signe…

Elle va au travail avec des jupes de plus en plus courtes ? Elle met de moins en moins de culottes ? La dernière fois qu’elle avait un entretien avec son chef de service, elle a mis 3h à se préparer pour finir par sortir avec une tenue qui n’était pas sans rappeler les plus grandes heures de l’Amicale des Amies de Frank Ribéry ? Rien à signaler, continuez à lire votre journal.

Par contre, si elle sort son col roulé au prétexte futile que « Mais Doudou, il fait moins 20« , vous pouvez commencer à balancer ses affaires dans la neige.

Je ne sais pas vous, mais moi, je suis dubitatif. Je sais, je ne devrais pas, mais allez savoir pourquoi, j’ai comme l’impression qu’on se fout de ma gueule. Passons.

- Indice : Elle travaille tard. 
- Verdict : Coupable 
Commencez à vous inquiéter si elle a une belle promotion. Certes elle passe sûrement ses heures sup au bureau et pas dans la chambre à coucher de son boss, mais une étude de l’université de Washington a prouvé que les femmes qui gagnent plus de 4000 euros par mois étaient 2 fois plus susceptibles de passer par la case adultère que les autres.

La femme ne peut pas travailler tard :  si elle le fait, c’est qu’elle vous trompe. Elle ne peut pas être médecin et avoir des urgences, avocate et travailler ses dossiers, ou même infirmière et avoir des gardes (c’est connu : toutes les infirmières sont en fait des infirmiers), non : c’est forcément qu’elle couchaille avec l’ennemi. D’ailleurs, une femme qui gagne trop d’argent est évidemment une coquine : c’est même pour ça qu’on les enfle sur les salaires en les amputant de 20 à 30% par rapport à un homme : pour les aider à rester fidèles. Oui, mesdemoiselles, on fait ça pour vous. Ca nous brise le coeur, vous savez. Tout ça, c’est votre faute.

A ce compte là, j'en connais une qui doit être super-hot

Bref ! Si avec tout ça, vous détectez que malgré tous vos efforts, votre douce amie s’en va tout de même s’enamourer d’autrui, il ne vous reste plus qu’à contrôler votre colère pour ne pas commettre un crime sale et ainsi vous retrouver en prison (ça, c’est pour les débutants). Non, il faut d’abord apprendre à vous maîtriser ; et là encore, Men’s Health va vous aider avec 4 conseils pour contrôler sa colère.

1/ La meilleure façon de contrôler ses émotions est de se donner du temps. Adoptez le bon vieux truc qui consiste à compter jusqu’à 10. Efficacité prouvée.

Par exemple, mettons : elle est en train de vous expliquer que ce n’est pas sa faute si votre Mégane tuning est abîmée alors qu’elle la ramène de Carrefour ; et bien pendant qu’elle vous explique ce qu’il s’est passé, une sombre histoire de type refusant une priorité, surtout, ne l’écoutez pas et comptez jusqu’à 10. Quand vous aurez fini, puisque vous ne l’aurez pas écoutée, persuadé que c’est sa faute, vous lui coincerez la tête dans la portière, et ce sera bien fait. Que cela ne vous empêche pas de compter à nouveau jusqu’à 10.

2/ En situation de confrontation, utilisez votre corps : le simple fait de tourner le dos ou de regarder ailleurs peut aider votre cerveau à faire redescendre la pression.

Attention à ne pas confondre « utilisez votre corps » et « utilisez vos poings« . La différence est subtile, certes, mais notable. Reprenons l’exemple précédent : votre compagne essaie de vous parler de quelque chose de difficile, et vous regarde droit dans les yeux : tournez le dos. Et si elle tente de vous faire face, tournez encore ; si vous disposez d’une chaise de bureau, vous pouvez aussi tourner très vite vous-même pour la déstabiliser. Par ailleurs, magie du tournis, vous découvrirez que 87% des hommes occupés à gerber après avoir trop tourné sur eux-mêmes ne pensent plus vraiment à s’énerver.

3/ Ne vous emportez pas entre 4 et 6 heures du matin (quand vous sortez de boîte, quoi). Votre corps sécrète alors un maximum d’hormones, dont l’adrénocorticotropine, qui limite vos capacités à garder le contrôle.

Il faut le savoir : il y a des heures pour s’énerver, c’est à dire, après six heures ou avant quatre heures du matin. Entre les deux, c’est tout bonnement indécent. Men’s Health vous prodigue donc cet excellent conseil : « Pour éviter de vous mettre en colère, évitez de vous emporter« . D’accord : merci les gars, hein. Sinon, c’est qui le mec qui vous écrit ce genre de tirades ? Non parce que Monsieur de La Palisse est mort, alors j’aimerais bien savoir si vous avez un type avec une planche ouija qui communique avec lui pour rédiger ce genre de trucs. Ça m’intéresse.

4/ Sortez. Une étude publiée dans le Journal of Psychiatry & Neuroscience révèle que l’exposition à la lumière et les exercices aérobie peuvent booster notre taux de sérotonine, le neurotransmetteur du bien-être.

Quand vous êtes énervé, sortez faire des pompes au soleil : cela vous évitera de passer vos nerfs sur l’infidèle qui partage votre vie. Par contre, s’il fait moche, ou pire, si vous vous appelez Edward et que votre peau se transforme en publicité pour Email Diamant au soleil, contentez-vous de lui refaire le museau.

Alors, je sais, tout cela parait compliqué à assimiler de prime abord, pour vous messieurs, et un peu pour vous aussi, mesdemoiselles, qui savez désormais ce qu’il vous reste à faire pour passer pour une sainte : vous habiller comme une coquine, laisser traîner vos affaires sales partout et vous énerver dès que l’on vous pose une question.

Par contre, ce que j’apprécie moyennement, les filles, c’est justement que vous ayez lu cet article alors qu’il était précisé qu’il s’adressait aux hommes. Je n’aime pas trop cette intrusion, cette attitude, ce … ce…

Raaah. Je vais compter jusqu’à 10.

L’été approche !

Sous la chaleur étouffante de l’astre céleste venu caresser de ses rayons la fragile surface de notre planète, les enfants commencent d’ores et déjà à se lancer dans des batailles d’eau durant lesquelles ils s’inventent les scenarios de mille et une escarmouches ; dans les rues, les strates de tissu superfétatoires recouvrant les corps des gentes damoiselles se sont bien amoindries, et révèlent de-ci de-là quelques merveilles, alors qu’à l’inverse, les mâles ont principalement raccourci leurs manches et ressorti leurs marcels, laissant poindre de fabuleuses touffes de poils hirsutes sous leurs aisselles suintantes alors qu’ils tentent d’aborder les femelles précédemment évoquées d’un « Madmoaselle, bien ou bien ?« .

Mais le vrai signe de l’été qui approche, bien plus que le thermomètre qui monte, que l’odeur lourde des barbecues ou celle de papy qui sèche, c’est bien évidemment la prolifération des tests à la con dans les magazines visant à occuper Germaine pendant qu’elle fait bronzer ses fesses sur une plage du cap d’Agde.

Les magazines féminins sont une sorte de terre d’asile pour ces hordes d’interrogations supposées révéler mille et une vérités secrètes sur la nature profonde de leurs lectrices. Aujourd’hui, plutôt que de vous faire un test produit par mes soins, je me permets d’en commenter un formidable trouvé sur auféminin.com, sobrement intitulé « Facebook, Twitter, SMS… testez votre degré d’addiction« . Notez que dans mon immense bonté, je vous en propose un qui aille tant aux amies des chromosomes X qu’à ceux qui préfèrent posséder un chromosome Y. Mais allons-y, ne trainons pas, je sens que vous brûlez d’impatience de savoir si vous êtes une sorte d’über-geek ou plutôt l’un des derniers humains à considérer que le Minitel, c’est bien trop moderne pour vous.

"Vous avez UNE nouvelle notification Facebook"

Bref, en route, et déjà, commençons par une petite introduction :

Entre nos copines Miss Cliquetrop et Miss Cliquepas, on a un peu de mal à s’en sortir. Il y a celle qui n’arrête pas d’envahir notre Wall de commentaires – et pas toujours des plus intéressants – et celle qui ne répond jamais à nos mails – pourtant super urgents ! Eh oui, à chacune son comportement vis-à-vis de ces nouveaux modes de communication : Facebook, Twitter, SMS, mails, MSN… 

Bien que le journal n’évoque pas Miss Cliquetruie, celle qui écrit tout simplement comme une sorte de porc ruisselant de gras et de boue dès qu’elle passe près d’un clavier, convenons-en : il existe des gens qui inondent notre « Wall » (je vous rappelle qu’on est dans un magazine féminin : dès que l’on peut remplacer un mot français par un anglais, on le fait. Je soupçonne d’ailleurs chaque magazine d’utiliser la livre sterling comme monnaie et de participer aux élections à la chambre des communes, mais passons) d’étrons électroniques, du genre « Si toi aussi tu es contre le cancer, copie -le sur ton mur… 98% des gens ne le feront pas. Et mes vrais amis ? » . Et bien, tes vrais amis, ils te retrouveront, ils te casseront la gueule à coups de clé à molette et ils balanceront ton corps meurtri dans une décharge à proximité de Niort. Et ce sera pour ton bien.

Enfin bref, oui, tout le monde n’utilise pas internet de la même manière. Et heureusement.

Et vous, comment les gérez-vous ? Etes-vous proche de l’attaque d’apoplexie quand on vous annonce que votre connexion Internet est momentanément interrompue, consultez-vous vos 8 boîtes de réception et autres messageries toutes les 5 min ? Ou au contraire, prenez-vous un malin plaisir à ne pas répondre dans la seconde aux SMS qu’on vous envoie ? Pour connaître votre degré d’addiction à tous ces outils numériques, passez le test ! 

Jean-Charles Nayebi, docteur en psychologie, psychothérapeute et expert en psychopathologie de la modernité *, vous livre en prime quelques conseils pour décrocher. 
A vos clics, prêtes, partez ! 

*Il est également l’auteur de « Cyberdépendance en 60 questions », paru aux éditions  Retz.

Ah, un professionnel à notre service ! Merci Jean-Charles. J’en profite pour préciser qu’un ouvrage qui ne comprend que 60 questions et qui se vend environ 17€ (je vous laisse chercher vous-même), ça nous fait quasiment du 30 centimes la question. Le prix d’un SMS, quoi. Je ne sais pas pourquoi, je sens qu’il y a baleine sous gravier, mais passons et faisons comme on nous le demande (car nous sommes disciplinés, tout de même) : lançons le test.

Mon premier réflexe le matin ? Regarder si j’ai reçu des SMS ! On ne sait jamais… Il s’en passe des trucs pendant la nuit !

• Oui
• Non

Bon, je vais directement entrer dans le vif du sujet : toutes les questions n’auront que deux réponses possibles : « oui » ou « non« . Pas de variante possible (faut pas perdre les lectrices avec des choses complexes : elle sont forcément trop bêtes pour comprendre le concept de nuance) : du coup, ça doit pas être trop compliqué comme test à analyser : plus vous avez de « oui« , plus vous êtes accro, et point barre. Eeeet bé. Je ne sais pas, mais j’ai comme l’impression que l’on prend les lectrices de magazines féminins pour des connes. J’approuve.

Mais notons plutôt l’intérêt de la question : est-ce que le matin, le premier truc que vous faites, c’est vérifier ce que l’on vous a envoyé durant la nuit comme SMS ? Non parce que techniquement, ça a peu d’intérêt : si quelqu’un vous a envoyé « Je sui en tr1 2 me fèr tabaC LOL » à 2h du matin en sachant que vous pionciez, il y a peu de chances que son SMS ait encore de l’intérêt à 7h00. Il n’existe que trois types de SMS nocturnes :

- le SMS urgent, qui est caduc au petit matin, et qui donc est bon pour la poubelle

- le SMS de la personne bourrée qui vous envoie une connerie/vous déclare son amour/balance un truc qu’elle regrettera le lendemain

- le SMS envoyé par un pote vampire avec, au hasard, une choucroute sur la tête et un duplo en guise de nez. Mais si vous lisez son SMS par un beau matin ensoleillé « Ramène toi j’veu tro te voar« , c’est un peu râpé.

Bref, le SMS nocturne, le plus souvent, c’est soit que vos amis sont dans la merde, soit dans l’alcool, mais dans les deux cas, jusqu’au cou. Evidemment, trop consommer du second pouvant provoquer une arrivée impromptue du premier à bien des sens du terme, il y a moult mélanges possibles. Mais tout de même.

Edward a les sms gratuits de 21h à 8h, ce qui est bien quand on est un vampire

Lors d’une conversation téléphonique avec une amie, il m’arrive de dire « LOL » quand elle me raconte quelque chose de drôle.

• Oui
• Non

Soyons clairs : toute personne qui prononce LOL mérite un passage à tabac immédiat. Si vous racontez quelque chose à quelqu’un et qu’il répond LOL, en dehors du fait que l’on franchisse les limites du consternant, c’est aussi réaliser quelque chose de simple : LOL signifiant grosso-modo rigoler bien fort (je sais, laughing out loud, tout ça, ça suffit les pinailleurs), ça revient à dire à votre interlocuteur « J’en ris super fort« , mais sans rire. Donc dire « Je suis en train de me foutre de ta gueule« . Si quelque chose est drôle, ça fait rire. Dire « Je ris » sans le faire, c’est juste signifier votre mépris à autrui concernant la qualité de son calembour.

Donc autant de raisons de copieusement casser la gueule de l’auteur du LOL incriminé, transformant ainsi son propos en « Lying out Lifeless »

Quand je rencontre quelqu’un en soirée, je finis toujours par lui demander si elle est sur Facebook et si j’ai mon smartphone avec moi, je l’ajoute illico à ma liste de Friends !

• Oui
• Non

Je vous parlais des anglicismes pour un oui ou pour un non : « Friends« , donc, puisque comme chacun sait, les réseaux sociaux, ça n’existe pas en version française. « Amis« , c’est trop out. C’est Nineties quoi, allo ! Et puis bon, hein, si la personne n’est pas sur Facebook, mais la has-been quoi, comment je lui parle trop pas ! Attends, si ça se trouve, il a même pas de Twitter ! Nan mais comment on peut fréquenter un australopo… un anstralopi.. un austri… un homme préhistorique !

Par contre, le questionnaire ne dis pas ce que fais une jeune fille qui rencontre Emile Louis en soirée. Lui demande t-elle quand même son Facebook ? L’ajoute t-elle parmi ses Friends ? Informe t-elle tout Twitter à coups de « J’ai un nouveau super pote #soirée #amis #gromoche #autobus » ? Visiblement oui : le questionnaire ne précise pas s’il s’agit de quelqu’un qui vous plait ou non : qui que vous rencontriez en soirée, il faut TOUJOURS l’ajouter sur Facebook.

Oui, c’est vrai, dès qu’on me parle de quelqu’un que je ne connais pas, j’ai le réflexe de le googler ou de le facebooker pour voir de qui il s’agit !

• Oui
• Non

Excellent réflexe. En soirée donc, prenons un exemple au hasard.

« Putain, vous vous rendez-compte ? Vivre en URSS sous Staline ? Ca devait être rude.
- Sta..heu… Staline ? Ha, oui, hem, heuuuu, oui, trop dur, ouais. Staline avec un E hein ? Nan je le connais, hein, mais c’est passque… que… quoi ? Staline il est même pas sur Facebook ? Et mais vous vous foutez de ma gueule les gens ? C’est qui ce nobody, là qu’a même pas un wall FB ! Vous l’avez inventé pour vous foutre de moi, hein, LOL ! En plus je viens de regarder URSS c’est même pas sous google map, ça existe pas ! Hé mais pffff comment vous avez failli m’avoir ! »
0
 

Je sais : je suis au moins aussi subtil que le test.

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J’ai crée mon blog et je m’efforce de poster un petit quelque chose au moins une fois tous les deux jours. C’est mon journal intime… Mais ouvert à tous !
• Oui
• Non

Encore une fois, notez que ce test a été préparé par un expert ès Le Internet, qui connait bien le principe : oui, quand on a un blog, c’est obligatoirement pour en faire un journal intime ouvert à tous (Oui, je sais. Mais visiblement, le sens du mot « intime » est particulièrement complexe). Moi au départ, sur ce blog, je voulais parler d’analyses boursières, et puis pouf : dès que j’ai voulu poser mes doigts sur le clavier, une force paranormale s’est emparée de moi et a commencé à raconter ma vie dans tous ses détails dans le plus pur style d’une collégienne de 12 ans. Paaaassque bon, je voulais troooop partager avec le monde que je trouve Kévin trop cute, que je voudrais bien en faire mon boyfriend, mais que j’hésite avec Brandon, le garçon de 5eB qui a des poils.

Encore une fois : les lectrices de Auféminin semblent donc condamnées à ne pouvoir ouvrir que des simili-skyblogs persos dans lesquels elles racontent leur vie sans intérêt (car oui, notez-le : plus une vie a d’intérêt, moins il y a de chances qu’on la retrouve sous forme d’un journal intime révélé au monde. Barack Obama, par exemple, ne raconte pas « ses petites anecdotes du quotidien avec humour, lolilol » dans son blog « La bulle de Barack » , alors que ma voisine dont les deux plus beaux jours de sa vie ont été quand elle a acheté un yorkshire et quand David Guetta l’a regardée une fois en boîte, elle, en a un, où elle raconte avec « Umoor et frécheure » ses problèmes de fistules). C’est rude.

Voilà pourquoi un journal devrait rester intime

Malgré tout ce qu’on a pu me raconter, j’ai bien envie d’essayer le nouveau site « chatroulette » qui nous connecte automatiquement et en direct pour chatter en vidéo avec des inconnus.
• Oui
• Non

 
Avec des inconnus, c’est si vous avez de la chance, mesdemoiselles. Il y a plus de probabilité de vous retrouver face à une kikoute que face à un inconnu. Bien que la kikoute ne soit pas forcément connue de vous, j’en conviens, mais elle ne demande qu’à l’être. C’est très affectueux ces choses là.
 

J’ai au moins 2 personnes dans mon PA (Paysage Amical) qui me sont très proches mais que je n’ai jamais vues en vrai. On chatte régulièrement et je leur confie des choses que je n’ai jamais dites à personne.

• Oui
• Non

Le Paysage Amical. Oui oui oui. Hoooo, entendez-vous le doux son d’un pipeau venir caresser nos oreilles ? On dirait une réunion avec des gens du marketing (mes ennemis jurés) : s’ils ne casent pas des anglicismes et des acronymes partout, ils commencent à devenir tout pâles, vomissent au bout de plus de 6 minutes à ce régime, et meurent au bout de 15 s’ils n’ont pas réussi à caser un mot se terminant par -ing entre-temps. Les empêcher de vous tutoyer peut accélérer leur agonie. Ça ou les décapiter avec une lame forgée à l’Académie Française (sinon ils ne meurent pas et reviennent faire du haunting et du poltergeisting la nuit).

En tout cas attention avec qui vous chattez les enfants, hein. On est jamais trop sûrs.

Vous pourriez par exemple tomber sur moi. Petit rappel.

C3linette : Je sais ka toi, je peux tou te dire au moin, tu m’écoute, pa kom les autre au lycée.
Odin_Connor : Dis-moi.
C3linette : Dan ma klass ils se moke parce que je suis allergik o biscuits salés.
Odin_Connor : ils sont vraiment cruels. C’est une allergie grave ?
C3linette : Non, mais kan j’en pran, mes seins triple de volume et aprè je m’évanouis.
C3linette : Toi au moin tu te moke pa, tu voi.
C3linette : Tu é enkor là ?
C3linette : Ouhou ?
Odin_Connor : Pardon, j’étais sur le site de Belin. Tu disais ?

Cela avait commencé avec Ashton Kutcher et Demi Moore et depuis, je suis l’actu et la vie perso des people en temps réel grâce aux messages qu’ils twittent.
• Oui
• Non

Bon, je vais être bref : si ton objectif consiste à suivre la vie perso de gens que tu ne connais pas, tu es juste bonne à passer tes journées à lire les magazines des salons de coiffure. Twitter a enfin brisé un tabou : avant, pour cancaner sur les stars, il fallait dire « Je l’ai lu dans Gala ; je l’achète pas, hein *grosse goutte de sueur* je… je l’ai lu chez… chez le coiffeur ! » ; avec Twitter, enfin, vous pouvez essayer d’en savoir plus sur qui couche avec qui sans passer par le marchand de journaux en rougissant.

C’est beau, le progrès.

A un anniversaire, au bureau, en boîte, dès que je suis prise en photo, je prends la pose en gardant à l’esprit que je risque d’être tagguée sur Facebook.
• Oui
• Non

C’est donc ça toutes ces photos de tes fesses, petite filoute ; tu as une manière bien à toi de prendre la pose. Allez, file, va. N’oublions pas la grande tradition Facebook en matière de photos, d’ailleurs :

- les photos de profil, de préférence, c’est une prise à bout de bras en contre-plongée, de préférence la bouche en cul de poule (c’est censé être glamour ?)

- les albums photos ont forcément des noms qui dégoulinent de bons sentiments

- une fille qui veut prendre en photo un monument ne peut pas prendre en photo le monument. Elle doit se prendre en photo ELLE devant le monument. Donc selon le format de la fille, on voit plus ou moins le Parthénon en arrière-plan. « Mais si, là regarde, derrière sa fesse, on voit une colonne !« 

J’ai un peu honte mais je me sens plus à l’aise derrière mon pseudo pour faire des commentaires désobligeants sur des forums ou des blogs …
• Oui
• Non

Ah ouais, nan mais je suis bien d’accord : c’est scandaleux ces gens qui prennent des pseudonymes et ouvrent des blogs pour balancer des saloperies sur Nicolas Cage. Moi je ne supporte pas les gens comme ça. Je crois que la seule chose que je déteste plus, ce sont les hypocrites.

Je me surprends parfois à parler avec des phrases qui ne dépassent pas 140 caractères !
• Oui
• Non

Comment c’est trop un signe ! Faire des phrases courtes, c’est vrai que c’est suspect. Par exemple « Ta gueule » ou « Roger, passe-moi le beurre » sont des phrases typiques d’accros au net. Définitivement, mon arrière-grand mère était une foutue geek en avance sur son temps. Je suis sûr qu’elle twittait depuis son sonotone, la coquine.

Autre solution : quand on en est à compter les caractères des phrases que l’on prononce, c’est qu’on a un gros soucis d’autisme.

"Vas y papy, ce soir on les défonce sur Counter-Strike"

J’avoue : je me suis déjà fait passer pour quelqu’un d’autre sur Facebook pour tester la fidélité de mon copain ou pour me rapprocher d’une personne inconnue !
• Oui
• Non

C’est vrai que cette fois-ci à nouveau, c’est une question intéressante. Personnellement, je pense que ça apporte plus de réponses à la question « suis-je paranoïaque au point d’utiliser des techniques perverses ? » que « suis-je accro au net », mais passons. Là encore, méfiez-vous tout de même.

Geisha51 dit : Mon petit Odin, on se retrouve alors bientôt pour une nuit torride…
Odin_Connor dit : Fort bien. Rendez-vous ce soir derrière le Shoppy. Je ferai trois appels de phares.
Geisha51 dit : A ce soir mon amour.
Geisha51 s’est déconnectée
Femme_Furieuse est connectée
Femme_Furieuse dit : Dis-donc petit saligaud !
Odin_Connor dit : ?
Femme_Furieuse dit : Tu crois que je t’ai pas vu ? 
Odin_Connor dit :
Femme_Furieuse dit : Geisha51 ! C’était moi ! TU ALLAIS ME TROMPER ! Salaud ! Enfoiré ! Connard !
Odin_Connor dit : Oui, et ?
Femme_Furieuse dit : Crevure ! Pourriture ! Chien ! Marc-Olivier Fogiel ! Rascal ! 
Odin_Connor dit : Parce que toi tu n’allais pas le faire ?
Femme_Furieuse dit : Non ! Moi je suis fidèle ! Je n’aime que toi !
Odin_Connor dit : Ah oui ? Et Mamadou_10inch ?
Femme_Furieuse dit : … comment sais-tu ? Tu m’espionnes ?
Odin_Connor dit : C’était moi.
Femme_Furieuse dit : Quelle technique dégueulasse ! T’as vraiment aucune morale ! Tendre des pièges aux gens, espèce de
Odin_Connor dit : Bon, maintenant, tu arrêtes de chatter depuis le coffre de la bagnole et tu éteins ton téléphone, sinon à la prochaine aire, je m’arrête et je te pelle la face.
Femme_Furieuse dit : Pardon mon choubidou. 
 
Pour moi, le it-accessoire de 2010 c’est indéniablement mon beau smartphone. En plus, il va avec tout !
• Oui
• Non
 

Là encore, ça répond plus à la question « Suis-je une truie assez pétée de thune pour me payer chaque année un téléphone à 500€ juste parce que c’est l’accessoire à la mode ? Et suis-je assez bête pour être persuadée que je suis encore en 2010, mon cerveau ayant un temps de latence de quelques mois avec le reste du monde ? » plutôt que sur qui est accro à quoi. Ce test est donc définitivement interdit aux pauvres.

Pour respecter mes cycles de sommeil, je me fais désormais réveiller par l’appli Sleep Cycle. C’est tellement moins violent qu’une sonnerie stridente !
• Oui
• Non

Ou qu’être réveillée par les tonitruants pets matinaux de son compagnon. Et il n’y a pas d’application pour ça (à part celle qui envoie automatiquement un SMS « T’as pas intérêt à secouer les draps en hurlant « Haaaa, çui là il fouette ! », prince charmant » à celui qui partage votre lit).

Je trouve normal que les bloggueuses de mode puissent assister aux premiers rangs des défilés. Elles sont les vraies lanceuses de tendances ! Bouge de là, Anna Wintour !
• Oui
• Non

Ah, les bloggueuses de mode ! Ces spécialistes des tendances qui partagent toutes une qualité centrale : s’habiller comme un sac pour un prix absolument pharaonique, parce que, tu vois, cette année, c’est la mode des rayures, alors je vais mettre des rayures, et les assortir à mes chaussures, et avec ça, je vais être su-blime, aucun garçon ne pourra me résister (sauf que si les garçons s’intéressaient à ce genre de choses, ils achèteraient des magazines de fringues, pas Playboy ou FHM).

A noter que si les bloggeuses sont les vraies lançeuses de tendances, elles n’ont pas besoin d’assister à des défilés qui, je le rappelle, sont simplement des publicités géantes pour couturiers où les vêtements sont gentiment déposés sur des mannequins anorexiques (c’est important : plus une fille ressemble à un porte-manteau, mieux c’est). Regarder une publicité et en déduire ce qu’il faut acheter, c’est simplement faire étalage du vide sidéral qu’il peut y avoir entre deux oreilles.

Un exemple de chroniqueuse de mode. Voilà voilà.

Pour être sûre de ne plus oublier de prendre ma contraception, je fais confiance à l’appli Ipilule. C’est révolutionnaire.
• Oui
• Non

« Mais quand il n’y a plus de batterie dans mon Iphone, je tombe enceinte comme une nouille. Heureusement, j’ai la fonction I-cintre, qui va me permettre de régler tout cela, hihihihihi« .

Quand ma boîte a décidé de bloquer l’accès à Facebook à ses salariés, par « souci de plus grande productivité », j’ai failli appeler la Ligue des Droits de l’homme !
• Oui
• Non

« Par contre, quand ils ont viré Sulimane qui n’avait plus de papiers, je n’ai pas bougé mon cul« . Dans tous les cas, formidable incohérence là-dedans : une vraie utilisatrice de Facebook ne peut pas s’indigner autrement que par ses statuts « Colle ceci sur ton mur si toi aussi tu penses que Facebook est un droit » ou « Adhère au groupe  « La vrai Liberté, c’et de pouvoir poké ! » Si on est assez nombreux, ils devront céder ! Allez, 100 000 membres !« .

Pour les résultats, comme je vous l’ai annoncé, c’est assez facile, mais dans ma grande bonté, je vous en fais la synthèse :

« Si vous avez un maximum de « oui » : vous êtes accro. C’est pas bien.« 

« Si vous avez un maximum de « non » : vous n’êtes pas accro. C’est bien.« 

« Et enfin, si vous avez un maximum de « Mais qu’est-ce que c’est que ces tests de merde parfaitement caricaturaux qui doivent supposément révéler quelque chose alors qu’ils se contentent d’enfoncer des portes ouvertes ? », vous avez un QI de plus de 60« .

Hmmm, nan définitivement, j’aime les magazines qui prétendent oeuvrer pour la cause féminine tout en s’adressant à un public visiblement construit autour d’un archétype de lycéenne niaise sous LSD.

Et au final, voilà ce que ça donne.

Je vais racheter des balles.

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