Spoiler Corp, salle de réunion, 15:32

Resserrant délicatement le noeud de ma cravate d’un air concentré, je fais fi des regards embarrassés tournés vers moi autour de la table. Certains jouent nerveusement avec les papiers empilés devant eux, quand d’autres semblent savourer leur café comme si c’était le dernier.

« Je crois vous avoir dit que j’attendais vos idées« , dis-je tout en martelant la table de mes doigts. « Noël approche, et nous devrions pour l’occasion faire quelque chose de spécial sur les spoilers. Alors ?« 

Après un long moment durant lequel tout le monde chercha à éviter de croiser mon regard en prenant l’air faussement concentré, une main se leva.

« Berthier ?
- On pourrait faire un lip-dub ?
- Et ma main dans la gueule, vous la voulez Berthier ? Vous vous croyez en 2010 ? Soyons sérieux. 
- Mais c’est sur quoi le spoiler cette semaine ?
- Bilbo.
- Vous allez faire un avertissement sur tous les relous qui vont obligatoirement comparer au film pour tout justifier, parce qu’ils pensent probablement que les films tirés d’un livre, il faut les regarder avec l’ouvrage sur les genoux ?
- Non, parce qu’ils le feront quand même dans tous les commentaires qu’ils pourront.
- Oh, j’y pense, patron, si pour une fois on mettait carrément des extraits entiers du film à spoiler ?
- Hmmm… Moui, c’est pas con, Ludivine. Et vous savez pourtant à quel point ça me fait mal de vous dire ça. Mais on a pas les droits par contre. Bon, Véronique, appelez-moi Peter Jackson.
- Tout de suite Monsieur Connard, hihihihi ! »

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La secrétaire gloussa tout en composant le numéro, avant d’enclencher le haut-parleur. Il y eut quelques toussotements nerveux avant que finalement, quelqu’un ne décroche.

« Hello ?
- Peter Jackson ? Ici Monsieur Connard, de la Spoiler Corp. Ecoutez, on aimerait bâcher votre film, là Bilbo, parce que bon, c’est quand même un peu un scandale. Vous pourriez nous filer les droits pour exploiter vos images ? Ça nous aiderait bien.
- What ? Fuck no !
- Allez Peter, un petit effort. L’esprit de Noël, tout ça, le partage, hein ? On ne connait pas ça chez les gros geeks barbus ?
- Listen you cocksucker, I’m not gonna give you a single picture for your shitty spoil.
- Ah oui mais non, parce que d’habitude j’utilise au moins des images, même si j’ai pas les vidéos.
- Then fuck you. »

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Il y eut un bruit de combiné puis le son strident de la ligne coupée dans le haut parleur.

« Alors, qu’est-ce qu’il a dit Monsieur Connard ? C’est oui ? Hihihihi !
- Véronique, je sais que vous maîtrisez fort mal l’anglais, mais sachez que chez ce peuple, étonnamment, « cocksucker » est souvent synonyme de négation. D’ailleurs, il ne veut même pas que nous utilisions les images de son film.
- Aucune ? Mais !
- Non, Berthier. Aucune.
- Mais… comment allez-vous faire ? »

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Me tournant vers une fenêtre pour observer la ville s’agitant en contrebas, je me contentais de répondre en ignorant les visages confus de mes conseillers.

« Je n’ai pas toujours eu un blog. Comment croyez-vous que je faisais avant ? Nous allons reprendre les vieilles méthodes.
- Ho non ! Vous n’allez pas… »

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Ludivine manqua de peu de s’étrangler avec son café, et regarda son mug avec une terreur à peine contenue.

« Si Ludivine. Allez me chercher tous les mugs de l’étage : la cafette est réquisitionnée. Et si je choppe un seul employé à boire du café autrement que dans ses mains meurtries, vous pouvez lui dire qu’il est inutile qu’il revienne demain. Nous allons refaire les plus grandes scènes de ce film. Et vous verrez, il sera difficile de faire la différence avec l’original, à part éventuellement sur le nombre d’images à la seconde, ou alors il faudra vraiment être de mauvaise foi. Et pour une fois, ceux qui me reprochent d’écrire trop pourront se contenter des images. »
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La petite troupe des employés s’ébroua rapidement, parcourant tout l’étage pour se saisir de tout ce qui ressemblait plus ou moins à un conteneur à café. La journée allait être longue pour beaucoup de salariés. Mais à la fin de celle-ci, il y aurait un spoil illustré. Tremble, Peter Jackson : tu vas voir comme il est aisé de réaliser des scènes meilleures que les tiennes !

Alors, pour celles et ceux qui souhaitant en savoir plus sur « Le Hobbit : un voyage inattendu« , spoilons mes bons !

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Intro

Notre film s’ouvre sur la riante contrée de La Comté, verdoyante terre des hobbits, ces sympathiques petits êtres aux pieds velus qui passent leur temps à se rouler dans l’herbe ou à la fumer en fonction de l’humeur du jour (parfois les deux en même temps, auquel cas le hobbit se transforme instantanément en merveilleuse fontaine de jardin). Nous y retrouvons Bilbo Sacquet, vieux hobbit qui s’apprête à célébrer son anniversaire en compagnie de nombreux amis. Près de lui, son gros relou de neveu, Frodon, est occupé à farfouiller dans la maison pour des raisons qui lui appartiennent. Histoire de faciliter la narration, il balance aléatoirement des lignes de dialogue du genre « Ho bin hé, ce serait pas une vieille épée que je vois là ? Vite oncle Bilbo, raconte-moi toute ta vie et avec les détails s’il-te-plaît« . Heureusement, Bilbo est déjà dans l’ambiance : il est en train de mettre la dernière touche à l’ouvrage qu’il a écrit sur la première aventure qu’il a vécue, celle qui lui permit, un jour, de découvrir l’anneau.

Les deux hobbits papotent de tout et de rien durant un moment, et le spectateur moyen s’emmerde déjà ferme, surtout quand les dialogues continuent de se vautrer du genre :

« Frodon, il faudra que tu veilles sur cette demeure quand je serai…
- Quand tu seras quoi oncle Bilbo ?« .

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Ah mais je ne sais pas mon petit Frodon, c’est tellement compliqué ! Tu t’attends à quoi ? Qu’il te réponde « Quand je serai aux putes ?« . D’ailleurs, notez-le, c’est important : dans ce film, tout le monde parle comme Horacio Caine dans les Experts. A savoir qu’on aime bien tourner le dos à son interlocuteur en prenant un air philosophe, les yeux dans le soleil couchant. C’est rigolo la première fois, moins la septième surtout en moins d’une heure. J’en profite pour le souligner : sachez que pour faciliter ces scènes, le soleil est TOUJOURS en train de se lever ou de se coucher. Eunebeulibibeule.

Bref, alors que Bilbo est pensif, le regard tourné vers une fenêtre et que Frodon lâche nonchalamment « Mais vas-y pépé, prends ton temps, parce qu’on a un peu 9 heures de film à tenir avec 300 pages de bouquin, alors on est pas sorti des ronces« , celui-ci décide finalement de congédier son couillon de neveu, et de reprendre le fil du livre de ses aventures. Une occasion parfaite pour nous la conter, donc (oui, Frodon voulait l’entendre et il lui demande donc de foutre le camp pour la raconter en paix à personne, c’est tellement logique), puisque figurez-vous que nous en sommes déjà à 10 minutes de film et le titre d’icelui apparaît seulement puisqu’il n’a pas commencé.

bilbofrodon

Nous voici donc quelques années auparavant, 60 pour être exact, alors que Bilbo est encore un jeune et fringuant hobbit qui, pour gagner du temps de film, débite les descriptions du livre en voix off (mais si, je ne blague pas) pendant que la caméra illustre son propos. Mais à cet âge là, Bilbo n’avait rien d’un aventurier, non : c’était un branleur de hobbit comme les autres, qui passait ses journées à fumer devant chez lui comme un vulgaire punk à chien devant Monoprix. Et rien n’aurait dû bousculer sa tranquillité, si ce n’est une vielle histoire (oui, remontons encore un peu dans le temps).

Autrefois, il existait un royaume prospère dans les Terres du Milieu : le royaume d’Erebor, royaume de nains installé sous une montagne sobrement appelée « Mont Solitaire » puisqu’au milieu de nulle part. Il s’agissait là, comme bien souvent chez les nains, d’une imposante forteresse souterraine, dont le portail vers la surface, à flanc de montagne, faisait face à une ville humaine nommée Dale qui profitait des richesses issues du royaume : or et argent en quantité, objets forgés avec un soin sans pareil, et surtout, une énorme marché potentiel de peignes à moustaches. Sauf qu’à force d’accumuler des richesses, y compris une splendide pierre semblable à nulle autre appelée « Coeur de la Montagne », cela a fini par attirer, non pas des traders, mais une bête un poil moins dangereuse : un dragon. Un beau matin, donc, à Dale on a humé l’air et on s’est dit « c’est marrant, ça sent un peu le bouc ce matin » ; sauf qu’avant même de pouvoir accuser les nains et leur hygiène contestable, une imposante créature ailée a plongé des cieux et a commencé à cramer un peu tout à l’aide de son haleine de chacal. Après avoir nettoyé le coin, la bête a défoncé les portes de la forteresse naine, et a commencé à distribuer des cachous au tout venant : malgré une résistance acharnée, les nains ne purent tenir la place, et bientôt, eux qui étaient riches et arrogants se retrouvèrent rejetés de leur foyer, sans abri ni richesses. Alors que le dragon s’endormait paisiblement au milieu de la salle au trésor de la forteresse désertée, parce que déféquer sur des lingots, c’est quand même la classe, des colonnes de réfugiés nains quittaient l’endroit et se dispersaient… mais l’un d’entre eux ne rêvait que de reprendre l’endroit : Thorin, dernier descendant du dernier roi local, et héritier de droit du trône d’Erebor. Il passa donc des années à échafauder un plan mais… revenons déjà à La Comté.

Car oui : à la Comté, le jeune Bilbo, occupé à profiter du banc devant chez lui pour fumer la pipe, voit bientôt débarquer devant chez lui un autre illustre branleur : Gandalf le gris, surnommé ainsi à cause de sa consommation abusive de schnaps. Après un dialogue sans intérêt sur le fait de ce que l’on entend lorsque l’on se dit bonjour, Gandalf explique qu’il ne passe pas tout à fait dans le coin par hasard : il est à la recherche d’un amateur d’aventures. Et même si Bilbo transforme son slip en bourbier à la seule évocation de ce mot, il pense que celui-ci serait le hobbit de la situation, tout simplement parce que…

… heu…

Gandalfbilbo

Moui. Non, en fait, il a juste décidé qu’un bourgeois fumeur de pipe et pétochard serait l’aventurier idéal. Il est comme ça Gandalf : vous voyez qu’il n’a pas usurpé son titre de « gris », le bougre. Bref : Bilbo en ayant assez de ces magiciens bourrés en guenilles qui déambulent sur les routes en ennuyant les honnêtes gens, et décide donc d’aller se réfugier derrière sa porte avant que le vieux ne commence à lui réclamer une ou deux pièces d’or pour rester propre. Sauf que c’est sans compter sur la légendaire lourdeur de Gandalf, qui est du genre à redemander trois fois le Petit Bonhomme en mousse (d’où son amour des hobbits) aux DJs en soirée, et qui s’avance donc vers la porte de Bilbo pour la saloper au cutter en y gravant un signe.

Oui. Vous voyez l’état du RER ? Ne cherchez plus : vous pouvez remercier Gandalf.

Bref, après avoir fait le relou, le magicien s’en va donc et laisse Bilbo finir sa journée en paix. Sauf qu’au soir tombé, voici que l’on frappe à la porte de notre hobbit ! Se dépêchant d’enfiler une robe de chambre pour aller ouvrir, le pauvret se retrouve nez-à-nez avec un nain au crâne rasé, couvert de tatouages, et parlant avec un fort accent de l’ex-URSS. Le bougre semble persuadé qu’une réunion doit se tenir chez Bilbo le soir-même, puisqu’il a bien vu sur la porte le signe gravé par Gandalf et entre sans trop écouter le hobbit gueuler qu’il salope le tapis, puis va taper dans son garde-manger. Quelques minutes plus tard, un autre nain débarque à son tour à la porte, et s’en va rejoindre son compère dans l’orgie de saucisson en cours. Bilbo n’a pas le temps de les traiter de malotrus, de sacripants, voire d’insulter leurs grosses mères que l’on frappe une fois encore : cette-fois, ce sont deux nains d’un coup qui arrivent. Puis 8, accompagnés de Gandalf en personne. Tous semblent heureux de se retrouver là, expliquent qu’ils se sont perdus de vue si longtemps, puis se lancent dans une orgie fromagère sans pareille. Enfin, un dernier nain arrive, l’air cool (comprendre : il regarde ailleurs et en tournant le dos quand on lui parle, donc) : Thorin, le dernier roi d’Erebor.

Gandalfexpert

Bilbo a donc désormais, en sus d’un magicien, 13 nains chez lui. Permettez-moi de les lister :

  • Thorin
  • Balin
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Fat-Jean-Jacques

Et donc, Thorin, c’est le boss (qui est tellement cool qu’il ne ressemble pas non plus à un nain, on dirait juste Aragorn avec une barbe et des chaussures orthopédiques) et Balin, c’est le vieux sage (qui sert à occuper l’espace que Gandalf laisse vide quand il est au bar). Les autres, vous pourriez les interchanger, vous en servir pour caler une porte ou autre, ça serait la même. Bref.

Arrivenains

En tout cas, sachez que les nains sont de joyeux compagnons amoureux de la chanson, et ils n’hésitent pas à se lancer en des choeurs joyeux tout en faisant la vaisselle (fascinant), à chanter en prenant l’air cool au garde-à-vous devant un feu de cheminée parce que leur foyer leur manque, ou autre. Rien de bien intéressant, donc. Finalement, tout de même, les nains acceptent d’expliquer à Bilbo pourquoi ils sont venu piller son frigo et boucher ses chiottes : c’est tout simplement parce que Gandalf leur a expliqué que Bilbo ferait un formidable 14e membre à leur compagnie, et qu’il s’agit d’un excellent cambrioleur, ce qui est toujours utile lorsque l’on veut s’infiltrer quelque part, fut-ce une ancienne forteresse.

« Nan mais attendez, attendez, on s’emballe pas les gars : je ne suis pas un cambrioleur. En fait, je n’ai même pas de métier : tout ce que l’on sait, c’est que je fume la pipe toute la journée en comptant mes orteils.
- Ah, oui, je vois, vous êtes un peu un branleur, en fait ?
- C’est ça.
- Et l’aventure, ça vous tente au moins, non ?
- Non, ça me fait même cordialement chier mes bons amis.
- Et bien formidable, merci Gandalf, bien joué les Ressources Humaines. »

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Sauf que Gandalf étant un peu la béquille du scénario, il se contente de balancer « J’AI DIT QUE BILBO SERAIT SUPER ALORS VOUS DISCUTEZ PAS« . Et de marmonner des trucs comme quoi Bilbo, c’est un hobbit donc un cambrioleur naturel, et qu’il a un coeur gros comme ça alors il sera parfait, même s’il ne le sait pas lui-même (oui, c’est nul, chut). Pas de problème : les nains soumettent donc à Bilbo un contrat lui expliquant son paiement en cas de succès de l’opération (1/14e des richesses trouvées, Gandalf étant bénévole). Il lui suffit de le signer pour accepter, mais le bougre hésite. Et continue d’écouter les nains causer de ce qu’est l’aventure exacte dans laquelle ils veulent le plonger.

Vous vous souvenez des colonnes entières de réfugiés nains qui quittaient le plus grand royaume de leur race il y a quelques paragraphes ? Et bien à l’idée d’aller le reconquérir, seuls 12 ont répondu à l’appel de Thorin. Ah bon, mais pourquoi ? On ne le saura jamais. Les autres avaient sûrement piscine. Et au fait, pourquoi le reconquérir maintenant ? Parce que les nouvelles disent que les oiseaux retournent se poser sur le Mont Solitaire, chose qu’ils ne faisaient plus du vivant du dragon qui y a élu domicile, Smaug. Et les prophéties disent que ces oiseaux revenant sur le mont sont le signal de la reconquête pour les nains. Thorin a donc une théorie : plus personne n’a vu Smaug sortir de sa tanière depuis 60 ans. Il est peut-être tout simplement mort de sa belle mort au milieu de ses richesses mal acquises, tel un vulgaire petit vieux devant un épisode de Derrick… et la forteresse et ses trésors sont donc sans protection ! Il faut par conséquent que les nains aillent vite réoccuper l’endroit, sinon, il sera pillé, et jamais Erebor ne renaîtra. Et pour cela, les nains ont deux outils dans leur quête : une carte pour les ramener chez eux, et supposée garder le secret d’un accès caché à la forteresse, ainsi qu’une clé pour ouvrir ledit passage. Ce qui est très pratique puisque « l’entrée principale est scellée« .

Pardon ? Scellée ?

Attendez, on parle bien de l’entrée principale qu’un gros cul de dragon de plusieurs dizaines de tonnes a défoncé au début du film pour se frayer un chemin ? Celle où à chaque fois que Peter Jackson se sent obligé de faire un plan sur la forteresse abandonnée quand ils en parlent, on voit encore le trou géant dans la façade ? Et ne me dites pas que tout s’est effondré derrière le dragon quand il est rentré : on a eu droit à un beau plan de colonnes de réfugiés fuyant par ladite ouverture tout à l’heure. Mais c’est peut-être un dragon portugais qui, une fois son forfait accompli, a posé de petits parpaings derrière-lui, hein. Salauds de dragons qui prennent le travail des honnêtes artisans : on se souvient de la fois où ils ont construit le stade de France, ça commence à bien faire. Mais je m’égare.

Teufnain

En tout cas : l’idée de finir dans l’intestin grêle d’un dragon, malgré son exotisme, ne ravit pas Bilbo qui explique qu’il décline purement et simplement l’offre d’emploi. Il va plutôt aller se pieuter ; Et si demain les potes squatteurs de Gandalf (j’insiste : il tague, s’invite avec des potes, squatte et pille le frigo des honnêtes gens contre leur avis : il est quand même plus clodo grognon que magicien joyeux) sont encore là, il y aura distribution de coups de pieds velus au cul. Compris ?

Bilbo passe donc une nuit brève mais tranquille, et à son réveil, sa demeure est vidée des nains et autres magiciens, qui ont même pris le soin de nettoyer les traces de vomi de la veille. Trop heureux d’être ainsi de nouveau tranquille, le hobbit a du mal à contenir sa joie, mais finit cependant par croiser le chemin du contrat des nains l’invitant à rejoindre leur compagnie, qu’ils ont abandonné là. Le consultant, Bilbo fait un peu la moue, et puis allez : au diable la cohérence, après avoir bataillé des heures pour être tranquille, il décide de partir à l’aventure, allez hop !

Ne cherchez pas, c’est comme ça, pif pouf.

Bref : saisissant son manteau et ses affaires, le fier hobbit traverse donc la Comté en courant, tentant de rattraper la troupe des nains partie à l’aube. Et c’est heureux, car les petits barbus ne sont pas loin, et voyageant à dos de poney (seul Gandalf a un cheval pour se la péter), lui en ont même gardé un. Heureux de voir un nouveau membre rejoindre la troupe, même si celui-ci ne semble guère taillé pour l’aventure, nos héros cheminent donc lentement vers leur lointaine destination : l’intestin grêle de Smaug le Mont Solitaire.

La troupe voyage donc tranquillement jusqu’à un premier arrêt dans une forêt où nos héros entendent de lointains cris, que les nains identifient comme étant ceux d’orques. De petites troupes de ceux-ci écument en effet le pays, à la recherche d’or à piller, de fermes à brûler et de bons films à regarder. Autant vous dire qu’ils rentrent souvent bredouille sur ce dernier point mais là n’est pas la question. C’est l’occasion parfaite pour Balin, en vieux sage du groupe, d’expliquer que Thorin leur chef a trois ennemis jurés :

  • Les orques
  • Les elfes
  • Les utilisateurs d’Instagram

Les orques, déjà, parce que figurez-vous que quelques années après que les nains aient fui Erebor, le père de Thorin réunit une armée de vétérans de son royaume afin d’aller reconquérir… le royaume nain de la Moria, occupé par des orques.

Moui. Et sinon reconquérir TON royaume, non ? Non parce que je ne sais pas : tu aurais pu te rencarder sur comment buter un dragon et voir ce qu’il était possible de faire (du genre lui balancer du bétail empoisonné à grignoter). Non ? Mais peut-être préfères-tu aller tataner des types qui n’ont rien à voir avec la choucroute dans l’espoir de récupérer une forteresse probablement recouverte de fientes goblinoïdes au trésor dilapidé depuis des siècles ?

Qu’importe : durant la bataille, le père de Thorin est tombé sur le roi orque de la Moria, Azog, un gros orque albinos du genre bougon. Après avoir cordialement pété la gueule à papa Thorin, il tenta de tuer son fils. Sauf que Thorin réussit à se protéger d’un coup mortel en utilisant une branche de chêne qui traînait là, obtenant ainsi le surnom de « Thorin Ecu-de-Chêne« , et contre-attaqua en tranchant le bras du margoulin. Dixit Thorin lui-même « Azog est probablement mort de ses blessures, hohoho, personne n’aurait pu survivre à celles-ci, même si on ne retrouva jamais son cadavre, hahaha« .

Oui, vous venez bien de lire une phrase moisie issue des plus mauvais James Bond. Je me demande tellement si Azog est mort, holala ! Et si on va le revoir dans le film ! En tout cas, depuis, Thorin n’aime pas trop trop les orques (même si je doute qu’il les aimait avant, mais bon).

Donc sinon, Thorin n’aime pas trop non plus les elfes. Pas tant à cause de leur côté prout-prout ma chère que du fait que le jour où Smaug a attaqué la forteresse de ses ancêtres, les elfes s’étaient pointés avec toute une armée (Ah ?! Mais comment sont-ils arrivés si vite ? Nous ne le saurons jamais, tant chacun sait qu’en sus, une armée, c’est tellement rapide à déplacer) mais se sont dit qu’en fait, bof, les dragons c’est dangereux, cassons-nous. Et ce sous les yeux des réfugiés nains sortant encore à demi-cuits du royaume en flammes. Oui parce que non, les elfes ne se sont pas non plus dit « Tiens, des réfugiés, aidons-les » : non, ils se sont cassés en se disant que ça leur apprendrait l’humilité, à ces gros blaireaux de nains.

Du coup, Thorin leur en veut un peu, là encore.

Pour les utilisateurs d’Instagram, je crois qu’il n’y a même pas besoin d’explication : on comprend juste que Thorin est un nain de bon sens.

Flashback

Cela dit, on découvre que les orques qui traînent dans les bois ont repéré la troupe des nains. Chevauchant des ouargues, ces sortes d’énormes loups, ils restent à bonne distance et semblent très intéressés par cette cible, puisque l’un d’entre eux déclare « Préviens le maître que nous les avons trouvés« .

Je me demande TERRIBLEMENT qui est le « maître« , sachant qu’on vient d’évoquer un seul orque avec un nom qui en plus, ça tombe bien, est supposé être l’ennemi juré de Thorin. Dites bonjour à l’intrigue Hollywoodienne écrite sur un coin de nappe.

En tout cas, pas d’attaque cette nuit là : nos héros peuvent donc reprendre la route, sans que Bilbo ne fasse remarquer à Balin que c’est quand même curieux : il vient de lui raconter toute l’histoire de Thorin avec un accent de l’ex-URSS que certains nains semblent avoir et d’autres non, alors qu’ils sont tous originaires de la même forteresse. Mais bon, hein, s’il faut commencer à être cohérent aussi, pfou.

Le lendemain, la troupe qui progresse paisiblement finit par arriver à une ferme en ruine : visiblement, dans le coin, les orques se font plaisir. Gandalf propose donc aux nains de ne pas passer la nuit là, et de plutôt pousser jusqu’à Fondcombe, le havre elfique situé non loin.

« Comprenez-vous Thorin, il serait plus sûr de passer la nuit chez les elfes.
- Nan. On va dormir ici.
- Mais enfin, pourquoi ?
- Parce que les elfes, c’est rien que des gros pédés.
- Oui non mais d’accord, mais justement Thorin, pourquoi croyez-vous que j’ai envie de passer la nuit là-bas ? 
- … 
- Bien, bon, je vois, puisque c’est comme ça, moi, j’me casse, bande d’homophobes. »

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Et ce qui est dit est fait, puisque vexé par ces nains qui refusent de l’écouter, Gandalf grimpe sur sa monture et quitte la compagnie. On sent bien que quelques nains ne sont pas d’accord avec leur chef et qu’ils aimeraient bien que le vieux grigou reste encore un peu pour leur raconter comment autrefois, il fut aussi Magneto, mais ils n’en disent rien. Et installent donc leur camp pour la nuit dans les ruines de la ferme ravagée.

L’ambiance est bonne, le souper correct, et Bilbo se retrouve chargé d’aller apporter leur pitance à Jean-Jacques et Jean-Jacques qui montent la garde près des poneys. Sauf qu’en arrivant, les deux compères ont l’air bien préoccupés : ils ont beau compter et recompter, il manque des poneys.

« Où sont-ils ?
- C’est bien le problème Bilbo, nous ne savons pas.
- Peut-être qu’ils sont partis parce qu’ils avaient un truc à faire. Genre regarder Koh-Lanta, non ?
- Bilbo, ce sont de fucking poneys. 
- Pardon.
- Les fuckings poneys ne regardent pas Koh-Lanta. Encore, on chevaucherait des yorkshires, je vous dirais que c’est crédible, mais là, non, vous racontez des conneries mon vieux Bilbo, les poneys sont beaucoup trop intelligents. Tenez, rendez-vous utile et inspectez les traces autour du campement, vous devez savoir faire ça, non ? »

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Et des traces, Bilbo, Jean-Jacques et Jean-Jacques en trouvent vite. Des grosses traces de panards d’un fort beau calibre à côté d’arbres renversés… la chose qui a fait ça devait être vaguement balaise. Et les nains vaguement sourds pour ne pas entendre des arbres que l’on déracine à 5 mètres d’eux. Mais je dis ça, hein, bon. En tout cas, en suivant les empreintes, nos héros aperçoivent la lumière d’un feu… et trois trolls en train de préparer un ragoût, les poneys manquants à côté d’eux prêts à être découpés !

« Bon, Bilbo, là ça va être chaud patate mon gars. 
- Hein ?
- Non parce que tu es un cambrioleur, c’est ça ?
- Même pas, non. Je suis juste une quiche avec du poil aux pattes.
- Parfait. Bon alors écoute, tu vas aller voler les poneys. 
- Super plan les mecs : c’est tellement crédible : les trolls ne vont pas DU TOUT le remarquer, après tout, ce n’est que leur repas, repas qui bouge, pue et fait du bruit. S’il se barre, ils vont sûrement rester là à se dire que ce soir ils mangeront des carottes. Non, moi j’ai un meilleur plan : on va chercher les autres et on leur éclate la gueule tant qu’on a l’avantage de la surprise. Parce que même si je réussis à les voler, les trolls vont comprendre qu’il se passe un truc et commencer à courir les bois. Et sachant qu’ils sont à 20 mètres de notre camp, ils ne nous rateront pas.
- Ta gueule Bilbo. Tiens t’en au script.
- Ah oui, pardon : « D’accord les amis, comptez sur moi ! » »

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Bilbo approche donc discrètement (comprendre « vêtu de sa veste rouge pétard ») le camp des trolls, et note que ceux-ci parlent le langage commun, et sont en train de disserter sur la recette du soir. Faisant fi de leurs considérations culinaires, Bilbo s’approche donc des poneys et…

Non, attendez, je vous la fais.

Bilbo tente de détacher les poneys. Mais non, c’est risqué. Bon, il retente. Mais non, c’est vraiment risqué. Bon, allez : il retente. Ah non, un troll va le voir. Mais non. Bon, il reretente. Ah mais pfou, la corde est épaisse. Ah ! Un troll va le voir. Ah, non, c’est bon, rien en fait. Bon, il rereretente. Mais bon, c’est risqué. Tiens, un troll a un couteau ? Bon est-ce qu’il le vole ? Nan, déjà, il retente une fois encore de détacher les poneys. Mais non. Ah ! Un troll va le voir. Bon, le couteau ? Allez, il y va et s’avance. Non, en fait, non, il recule. Il retourne aux poneys. Ah, mais bon, le couteau quand même… bon, allez, il y va. Ah ! Un troll va le voir ! Vite, il se cache. C’est bon ? Allez, il va détacher les poneys. Tiens, la corde est trop épaisse ? Ah si seulement j’avais… ah mais oui, le couteau ! Bon allez : il y va. Oh ! Un troll va le voir ! Il se cache. Mais il le veut ce couteau ! Mais c’est risqué. Bon, il avance. Moui, non, il recule.

C’est chiant hein ? Imaginez-vous dans la salle face à cette scène sans fin. Vous le sentez poindre, le gros soupir ? Bon enfin en tout cas, voilà : maintenant, vous savez comment on peut faire 9 heures de film à partir d’un petit livre.

Bref : je vous passe encore les multiples hésitations et rebondissements sans intérêt : Bilbo finit par se faire attraper par les trolls lors d’une manoeuvre peu habile, et se retrouve comme une andouille.

Heureusement, Jean-Jacques et Jean-Jacques avaient surveillé la chose de loin, et prévenu leurs potes nains : ils volent donc à la rescousse du hobbit, les armes à la main, et s’ensuit une longue séance de combat sans intérêt, avec des passages « lol » hollywoodiens typiques, du genre l’un des nains un peu débilet qui combat… au lance-pierre. Okay, d’accord. Non mais en plus, c’est super drôle, hein, je viens de me péter deux côtes en le regardant tant le rire m’étreint. Voilà voilà. Merci, Peter Jackson.

Trolls

Donc, le combat dure encore et encore, jusqu’à ce que les trolls prennent Bilbo en otage, expliquant qu’ils vont un peu lui déchirer la gueule si les nains ne se calment pas tout de suite. Bien urbains, ces derniers obéissent… et finissent donc saucissonnés, prêts à être passés à la broche. A noter que les nains sont allongés à côté de leurs armes, mais ne pensent pas à essayer de défaire leurs liens avec les lames de ces dernières. Je… misère, c’était si dur de ne pas filmer les armes juste à côté pour virer une incohérence ? Allez, laissons tomber.

« Putain, bien joué Bilbo.
- Je parle bien aux nains qui viennent de faire une séquence de 5 minutes de combat avec des trolls qui n’ont même pas une égratignure à la cheville ?
- Ah oui, tiens, c’est rigolo. On dirait que le réalisateur a oublié de signaler que les coups d’épée dans la gueule, ça faisait vaguement mal. Je veux bien qu’ils aient la peau épaisse, mais dans le Seigneur des Anneaux, même des flèches les tuent. C’était pourtant lui aussi qui le réalisait, non ? Il devrait s’en souvenir, c’est ce qu’il racontait durant plus de 10 heures de film !
- Oui, mais en fait, c’est juste nul. 
- Ah oui, tiens. »

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Un peu ennuyé à l’idée de se faire grignoter, Bilbo cherche une ruse pour gagner du temps car les trolls ont une faiblesse : ils se transforment en pierre à la lumière du jour ! Or, l’aube n’est pas loin… il tente donc sa chance pour gagner du temps.

« Attendez amis trolls ! Vous ne devez pas cuire les nains à la broche !
- Ah oui et pourquoi ?
- Parce que je suis Pierre Martinet, et que je suis un traiteur intraitable. 
- Ça se tient, on t’écoute mec.
- Et bien heu… pour cuisiner des nains il… heu… il faut les écorcher vif. »

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Pardon ? Tu veux gagner du temps et tu demandes à ce que tous les nains soient tués, là, tout de suite, alors que jusqu’ici ils étaient seulement attachés à une broche (ils n’avaient même pas la broche dans le cucu, ce sont des trolls sympas) ? Mais tu es complètement con mon pauvre Bilbo ? Bon, qu’importe : il baratine encore un peu, et aperçoit du coin de l’oeil une forme qui fait woush-woush entre les arbres : Gandalf ! C’est aussi un ninja !

Aussi, après avoir fait gagner suffisamment de temps au magicien, Bilbo regarde avec bonheur celui-ci apparaître et fracasser une grosse pierre d’un seul coup de son bâton, découvrant derrière celle-ci la ligne d’horizon où, déjà, le soleil apparaît. A peine les rayons ont-ils touché les trolls que ceux-ci sont instantanément transformés en pierre : ouf ! La troupe est sauvée.

« Merci Gandalf ! T’assures chaussure !
- T’inquiète chaussette. Je suis comme ça moi, je suis…
- Oui enfin si tu pouvais nous détacher, ce serait cool aussi, hein. »

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S’empressant d’effectuer la tâche demandée, le magicien gris libère ses compagnons et disserte avec eux : c’est étonnant, des trolls si loin de leurs cachettes habituelles, à savoir essentiellement les forums de Hardware.fr. Mais puisqu’ils vivaient dans le coin, ces trolls devaient sûrement avoir une caverne pour s’abriter des rayons du soleil. Et un butin ! Allez les gars, tous sur le loot !

En fouillant un peu, nos héros trouvent bien une cachette, contenant pas mal d’or et d’objets précieux pris sur des voyageurs malheureux, ainsi que quelques épées peu banales : Tranchegueule, une épée qui bourre pas mal et que Gandalf s’attribue, Pètegob, une lame célèbre pour avoir transformé du gobelin en kiwi tranché à la chaîne, que Thorin récupère, et enfin une petite épée elfique qui est remise à Bilbo, et dont la lame devient bleue à chaque fois que des ennemis sont proches. Une sorte de Tom-Tom, quoi « Bon sang Thorin, mon épée devient bleue, ralentit sinon la gendarmerie va flasher les poneys !« .

Une fois tout le monde équipé, on décide d’enterrer l’or pour le récupérer plus tard, parce que ce n’est pas comme si on avait des poneys pour le transporter et que ça pourrait servir à acheter du matériel avant de se lancer à l’assaut du Mont Solitaire. Et ce n’est pas non plus comme si, en cas de réussite de la mission, les nains ne comptaient pas repasser par ici (bin oui, ils partent reconquérir leur terre natale, je le rappelle, c’est justement pour y rester). Bref, c’est très con. Mais on est plus à ça près.

Traveling

Car soudain, un bruit terrible se fait entendre : quelque chose d’autre approche au travers des bois à folle allure ! Un troll grognon ? Une meute d’orques ? Non ! Un truc qui n’a strictement rien à voir avec l’intrigue : Radagast le magicien brun et son traîneau tiré par des lapins !

Je… bon, oui, c’est nul, mais faisons semblant de rien quant au niveau consternant de ce film et détaillons un peu, car lors d’un bref flashback, nous apprenons qui est Radagast.

Figurez-vous que Gandalf le gris n’est pas le seul magicien des Terres du Milieu : il y a aussi Saroumane le blanc, le PDG de la United Magic Rabouins, et trois autres compères dont Radagast le brun. Lui, son truc, normalement, c’est de vivre au fond des bois complètement défoncé à la ganja. Comme c’est un film trop lolilol, les oiseaux lui font caca dessus et vivent dans ses cheveux. Bref, c’est un gros hippie.

Sauf que ces derniers temps, rien ne va plus dans la forêt jolie où il se pique habituellement : non pas qu’elle soit envahie d’autres toxicomanes, non, son vrai problème c’est que tous les animaux meurent. Et un jour, parmi les agonisants, Radagast a trouvé Kiki le hérisson, et a décidé de lui sauver la vie. Oui. Il est comme ça Radagast, à côté, Brigitte Bardot est une sorte d’Hitler animalier. Emmenant Kiki à l’abri de sa demeure, Radagast le tourne et retourne dans tous les sens, tentant de lui administrer moult remèdes voire de partager ses pétards avec lui pour apaiser ses souffrances. Hélas, l’animal finit tout de même par clamser : c’est la tristesse. Mais Radagast réalise une chose : si aucun remède n’a sauvé l’animal, c’est probablement que… il est en réalité victime d’un sort ! Vite : utilisant sa magie, le bougre tente d’exorciser le hérisson (je le redis, cette séance ne sert à rien) même s’il est mort, détail, et note que de sombres formes apparaissent devant ses fenêtres : des araignées géantes sont en train d’attaquer sa maison dans le même temps !

Et vous savez le plus fort ? C’est ce que ça n’a strictement aucun rapport ! Puisqu’alors que les bestioles commencent à tout péter pour rentrer tuer le mage, elles s’arrêtent net lorsqu’il finit d’exorciser le hérisson et que celui-ci se réveille. Et s’en vont tranquillement en sifflotant après avoir fait du rien.

Mais ? Pourquoi ? POURQUOI ? Si c’était pour tuer le mage, pourquoi s’arrêter ? Si c’était pour empêcher l’exorcisme de Kiki le hérisson, pourquoi ne pas savater son responsable ? Je… qui a pu écrire une telle merde ? Ça n’a strictement aucun sens.

Bon allez, on enchaîne : Radagast se demande ce que c’est que ce bordel, et décide d’aller suivre d’où venaient les araignées : d’une forteresse abandonnée dans les bois. Or, celle-ci a été réinvestie par un être maléfique : un nécromancien que nous appellerons Saucarré tellement il est difficile de deviner de qui il s’agit. Or, celui-ci a ramené à la vie des morts, dont un spectre qui tente de tabasser Radagast lorsque celui-ci approche de trop près. Heureusement, grâce au pouvoir de sa ganja enchantée, non seulement il parvient à se débarrasser du brigand, mais aussi à lui rabouiner son arme. Il s’en va donc en gambadant gaiement, bondit sur son ridicule traîneau à lapins, et fonce, fonce…

Jusqu’à arriver à Gandalf et aux nains près de la grotte des trolls (qu’il a localisés comment ? Ah oui : pouf), nous ramenant donc à notre aventure. Radagast conte donc son histoire, et même si Gandalf ne pige toujours pas ce que ces foutues araignées voulaient faire en défonçant la maison pendant l’exorcisme de Kiki le hérisson, il estime que tout cela est assez important à prendre en compte : il se passe quelque chose de louche dans les Terres du Milieu, et il compte bien identifier qui est ce mystérieux Monsieur Saucarré lorsqu’il en aura l’occasion.

Sauf que soudain, un autre bruit se fait entendre : encore ?!

Oui ! Cette fois, ce sont les orques sur ouargues qui ont rattrapé les nains et s’apprêtent à les boulotter : pas de souci, dit Radagast, j’ai un fucking traîneau à lapins, et vu mon odeur de pétard, je peux faire une diversion tranquille. Vous pendant ce temps : barrez-vous.

Plan qui est donc fidèlement suivi. Et qui permet donc à tous les ouargues et orques de courser un traîneau à lapins, ce qui non seulement donne l’air très con, mais les fait courir un moment. Ça ressemble un peu à une course de lévrier, sauf qu’au moins avec les lévriers, vous avez une petite chance de ne pas faire que perdre du fric à les regarder.

Radagast

« Mais ça doit pas être facile à manoeuvrer en forêt un traîneau, non ? » me direz-vous puisque vous méprisez mes comparaisons animalières de toute votre morgue. Mais soit, je vais répondre à votre légitime question car…

La forêt a disparu. Les trolls, tout ça, c’est fini. Tout le monde vient de se téléporter au milieu d’une sorte de lande désertique idéale pour filmer des courses poursuites. Je… oh la vache. C’est diablement mauvais. Mais, au montage, ils ne se sont pas dit « Tiens c’est rigolo, on a pas du tout fait les tournages aux mêmes endroits, ça va peut-être se voir ? » et bien non. Le fait de passer d’une forêt super dense à une lande sans un seul arbre jusqu’à l’horizon n’a visiblement choqué personne. Ou alors, ils se sont juste dit « Les spectateurs sont beaucoup trop cons, on s’en fout.« .

Moi je penche déjà pour une option, je vous laisse deviner.

En tout cas, la diversion dure un moment, mais les orques finissent cependant par repérer les nains. Et Radagast par… heu… sortir du film. Voilà voilà.

Les nains, eux, se disent que ça fait beaucoup d’orques à affronter quand même, et heureusement, découvrent l’entrée d’une curieuse galerie dans le sol de la lande : ni une, ni deux, ils bondissent tous dedans, alors qu’au même moment, des elfes surgissent de nulle part (on ne les avait vus sur aucun des plans dévoilant tout jusqu’à l’horizon 15 secondes avant, alors qu’en fait, ils étaient à 50 mètres de là, c’est fou, on dirait encore que ce film n’a même pas la qualité de réalisation d’une série B, c’est magique) et boutent les orques qui tenteraient la poursuite.

Les nains, eux, peu pressés de rencontrer des elfes, décident d’explorer la galerie et de la poursuivre pour mieux tomber au bout de celle-ci sur…

Fondcombe.

Attendez, on parle bien de Fondcombe, la riante vallée elfique ? Celle que là encore, on aurait dû peut-être voir, si les nains étaient juste à côté, lors des plans larges sur la lande ? Non plus ? Surtout quand les personnages insistent tous sur le fait que « Ouah, on était juste à côté ! » . Mais arrêtez ! Arrêtez le massacre ! Mais bordel, pourquoi est-ce que ce film semble être un enchaînement constant de ratages mis en évidence par les dialogues pour ceux qui les auraient loupés ?

Allez, je… bon, on est pas sorti. Continuons.

A Fondcombe, donc, les nains râlent un peu contre Gandalf, qui leur avoue que bon, okay, il a un peu tout fait pour les emmener dans cette direction, mais pour leur bien. Mais que l’on se rassure : les elfes se montrent accueillant avec leurs hôtes nains, et pardonnent même le côté bourru de Thorin, qui les traite en ennemis potentiels voire fait des commentaires sur tous ces elfes qui jouent à se claquer les fesses avec leurs serviettes dans les vestiaires après leur match hebdomadaire de croquet.

D’ailleurs, on notera que Peter Jackson a fait un effort : je ne sais pas si vous vous souvenez, mais dans Le Seigneur des Anneaux, le bougre avait un don pour prendre au casting des elfes qui avaient tout sauf des têtes d’elfes. Difficile de ne pas oublier le célèbre Elfe Gropif et son ami Elfe Fatass, ce dernier étant probablement la risée de la Lorien avec son bide en avant qui laissait supposer que contrairement aux autres elfes, il ne devait pas vraiment sauter de branche en branche, ou alors uniquement si on l’hélitreuillait. Encore un qui avait passé trop de temps vautré sur sa branche à mater du porn d’écureuils (le seul disponible sur place) au lieu de faire de l’exercice, mais passons.

Bref : à Fondcombe, Gandalf explique à Thorin que le maître des lieux, Elrond, est un érudit. Et comme la carte que les nains ont pour se rendre au Mont Solitaire est supposée contenir un message secret sur une entrée cachée selon Gandalf, il propose de demander de l’aide aux elfes. Thorin traîne un peu les pieds, et finit par accepter : à la lumière de la lune qui, ho bin ça tombe bien alors, est PILE alignée de la bonne manière pour lire le message caché sur la carte, il parvient à obtenir un message codé : « Quand la grive pète les cailloux, jouez donc du biniou » ou un truc du genre. Sûrement un message laissé derrière eux par les bretons, cet autre peuple mystérieux de la Terre du Milieu.

Bien : cela étant dit, Elrond invite Gandalf à le suivre. Car d’autres personnes sont ici et veulent le voir… à savoir Galadriel et Saroumane ! Gandalf fait donc sa tête de mauvais élève qui ne veut pas aller dans le bureau du directeur, et suit donc son hôte jusqu’à arriver face aux deux autres larrons assemblés autour d’une table.

« Alors Gandalf ! Comme ça on part à l’aventure son avertir son copain Saroumane ? C’est pas très sympa ça ! 
- Non mais désolé, mais en fait je voulais vous prévenir, mais en fait, tu vois, et bin le message, il a dû se perdre. Mais d’ailleurs, comment saviez-vous que l’on viendrait ici ?
- On a lu le scénario, comment veux-tu que l’on ait pu faire autrement ? Parce qu’en plus, c’est pas la porte à côté, hein.
- Okay. Bon, en attendant, je vous explique : j’accompagne les 13 nains parce que je pense qu’ils ont raison de vouloir reprendre leur royaume, et parce que si en plus on pouvait ne plus avoir Smaug le dragon sur les bras, ce serait pas mal cool.
- Moui. Autre chose ?
- Et bien en plus, figurez-vous que j’ai peur qu’une force maléfique ne soit en train de revenir en Terres du Milieu. Radagast m’a raconté qu’il a vu des morts se relever sous les ordres d’un mystérieux nécromancien qui avait l’apparence, le goût et l’odeur de Sauron. D’ailleurs, j’ai ramené comme preuve une épée que Radagast a fauchée à l’un des morts-vivants : une épée qui est supposée être enterrée avec son proprio depuis des plombes.
- Alors et d’une, ça prouve rien parce que Radagast, il est sous acide toute la journée, et de deux, si ça se trouve il a récupéré cette lame sur un mort après s’être découvert une passion nécrophile.
- Crédible.
- Oui, quant à Sauron, hohoho, hahaha ! Attendez, il a disparu et on a jamais retrouvé son corps ! Ca ne peut pas être lui !
- Vous avez remarqué comme dans tous les films, dès qu’un personnage dit cela, le mec dont il parle revient instantanément d’entre les morts ?
- Ah oui, c’est vrai que c’est très con. Une scène de plus avec des dialogues ratés ?
- C’est ça. Et je pense que c’est pas fini. »

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Et en effet, on monte le niveau d’un cran. Galadriel, qui jusqu’ici n’avait servi à rien, décide de devenir… télépathe ! Comme ça, pif-pouf ! Ainsi, elle peut discuter avec Gandalf pendant que Saroumane grogne comme quoi il n’était pas au courant de cette histoire de nain, que c’est scandaleux, et qu’il va confisquer son carnet de correspondance pour mettre un mot à ses parents. Mais que dit Galadriel ?

« Gandaaaaalf… Gandaaaalf… je communique avec vos pensées ! 
- Mes ?
- Je me disais bien qu’il y avait de l’écho. Bon, je tenais juste à vous dire : je suis grave d’accord.
- De ?
- La quête, le dragon, Sauron, tout ça… j’approuve. Continuez votre quête. Et allez, avouez : vous restez ici à discuter avec nous juste pour nous occuper pendant que les nains se barrent. Comme ça, Saroumane ne pourra pas les arrêter.
- Ah bon, ils se b… hahaha, hem non : oui, complètement, c’était mon plan depuis le début. »

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Et en effet : après avoir suivi Gandalf papoter encore quelques minutes pour dire du rien, et échanger avec Galadriel sur le fait qu’il lui suffit de l’appeler pour qu’elle apparaisse (quelle fille facile), le tout en tournant le dos à son interlocuteur en regardant le soleil se lever doucement, nous en revenons aux nains.

Fondcombe

Ces derniers se sont en effet barrés discrètement à l’aube, et marchent en file indienne sur un énième passage étroit pendant que la caméra tourne autour d’eux avec une musique pompeuse (… soupir). Après avoir traversé moult décors, nos héros finissent par une nuit de tempête à chercher un abri, errant sur une corniche glissante de montagne. Sauf qu’en réalité, il ne s’agit pas d’une corniche mais… d’une cavité dans la jambe d’un géant des montagnes assoupi ! Je vous passe les détails, mais le géant se lève, se tabasse avec des potes, se vautre, bref, encore 5mn de séquence hors de prix avec des géants qui se tapent sur la gueule probablement suite à un match de football des montagnes ayant mal tourné. A noter que durant l’affaire, Bilbo manque de peu de tomber, et ne doit son salut qu’à des nains qui lui tendent la main de justesse. Mais là encore, Peter Jackson  se vautre, en choisissant de mettre Bilbo en péril juste à côté de nains avec des lances. Et qui ne pensent pas à s’en servir pour lui tendre : à la place ils se contentent de faire l’habituel « Gnnn attrape ma main ! Aaaah mon bras est trop court !« , etc. Non vraiment, c’est vu, déjà vu,  et même pas bon. Et gratuitement incohérent, donc. Vivement la prochaine fois : « Vite, mon bras est trop court ! Ah, et ces 12 mètres de corde enroulés sur mon épaule qui gênent mes mouvements !« .

Nos nains s’en tirent malgré tout, et râlant sur le fait que Gandalf ne les ait pas encore rejoints, ils décident de s’abriter après ces aventures dans une grotte voisine, relativement petite et donc sûre puisque sans galeries inexplorées.

Profitons-en pour nous rendre complètement ailleurs : dans de vieilles ruines, loin de là, où les cavaliers orques et leurs ouargues sont venus faire leur rapport à leur chef… qui leur tourne le dos, l’air philosophe, mais en regardant la lune cette fois. Mais ? Bon sang, ça vous dirait pas de faire UNE SCENE où les gens se regardent quand ils se parlent ? C’est nul ! Nul ! Bon sang, vous allez voir, les mêmes mecs qui se moquent des Experts vont quand même réussir à trouver ce film génial alors qu’on y trouve les mêmes ficelles.

Bref, qui est le chef des orques ? Et bien figurez-vous – et là attention, c’est super incroyable – qu’il s’agit d’Azog, le seul orque avec un nom cité précédemment dans le film, et supposé mort ! Il lui manque toujours un bout de bras, mais les orques ayant de fichus chirurgiens, ils lui ont greffé à la place une pince à barbecue. Probablement pour animer les soirées de la Moria en agitant des merguez. Bon, c’est cool tout ça, mais à quoi sert cette scène ? Et bien aux orques à expliquer leur échec à leur maître :

« Seigneur Azog-main-de-merguez, nous avons échoué, huuu… les elfes… les elfes ont surgi alors que nous avions encerclé les nains… ils nous ont échappé !
- Alors tu mourras de ma main. Je veux la tête de Thorin Ecu de Chêne ! »

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Et notre homme exécute en effet le serviteur défaillant d’un seul coup de sa puissante musculature, puis s’en retourne caresser son ouargue personnel, aussi albinos que lui, en continuant de contempler l’horizon nocturne.

« Et sinon chef, vous pourriez nous expliquer pourquoi, alors que vous êtes un peu le boss de la Moria,vous vous baladez avec quatre pauvres orques et cinq ouargues à travers tout le pays alors que vous êtes supposé être un seigneur de guerre surpuissant ? Vous n’avez rien de mieux à faire ? Vous avez pas de hobby ? Ça vous dirait pas d’essayer le ping-pong par exemple ? On peut vous greffer une raquette à la place de la main si vous voulez hein !« 

Mais le chef orque n’aime pas le ping-pong, parce que ça oblige à regarder son adversaire en face. Aussi, la scène s’arrête ici.

Revenons à nos nains : alors que ces derniers pioncent tranquillement dans leur grotte de montagne, Bilbo se réveille, et note que la lame de son épée est devenue incroyablement bleue : ho bon sang, c’est qu’il y a pléthore d’ennemis à proximité ! Et en effet : soudain, le sol de la grotte s’ouvre littéralement en deux, et nos héros chutent tous dans une sorte d’immense toboggan en pierre (mais super patiné, hein, ils n’ont même pas une égratignure ou un accroc) et se retrouvent dans une cage au beau milieu d’une immense cavité sous la montagne où se balancent d’innombrables passerelles au-dessus d’un gouffre béant menant à une rivière souterrain.

Géant

Et nos héros ont à peine le temps de se demander ce qui leur l’arrive que des dizaines de gobelins jaillissent de partout et fondent sur eux, les empêchant de sortir leurs armes et les emmenant en une masse grouillante sur les passerelles vers une destination inconnue. Dans l’affaire, Bilbo parvient à s’échapper en… heu… marchant à 4 pattes. Et non, aucun gobelin ne remarque ce type en rouge vif entre eux, et ils le laissent donc derrière eux sans même le remarquer. Mais ? Mais ? Bouhouhou ! Arrêtez, s’il vous plait !

Bilbo se croit temporairement à l’abri, mais, erreur ! Un gobelin isolé l’a repéré se faufilant sur les passerelles, et bondit sur lui pour lui bourrer la gueule, oui ma bonne dame, le gobelin est comme ça. Hélas, la mêlée est si confuse entre les deux larrons que bientôt, ils tombent de leur passerelle et disparaissent dans l’immense gouffre au-dessous d’eux. Ouch.

C’est donc après une chute d’environ 400 mètres que nous retrouvons Bilbo, frais comme un gardon. Pardon ? Justifier sa survie ? Ahaha, mais non enfin, pourquoi ? On fait des incohérences à la pelle depuis deux heures maintenant, vous croyez vraiment qu’on va prendre le temps de faire un effort avec ce genre de détail ? Bref : Bilbo note que le gobelin qui l’avait agressé est tombé non loin… et qu’une autre créature est présente avec eux ! Elle, bien en forme : une créature grise et maigre aux yeux ronds qui donnent envie de la gifler qui tousse régulièrement en faisant « Gollum ! Gollum !« . Le bougre n’a pas repéré Bilbo, et se contente de sourire devant le gobelin inconscient : après l’avoir fini à coups de caillou sur la face, il compte bien le manger, ce qui, disons le, effraie un peu notre héros témoin des évènements, qui ne comprend guère ce qu’est cette étrange créature. Créature qui en tabassant le gobelin, a perdu un curieux anneau derrière elle, ainsi que des clés de BMW.

Sitôt que la chose a disparu avec sa prise, Bilbo récupère son épée (qui par un fameux hasard, était non seulement tombée à côté de lui, mais en plus couverte par des champignons pour éviter que l’on ne puisse voir sa lumière bleutée, c’est quand même bien fait), l’anneau qui était à côté, mais pas les clés de la bagnole parce que dans ce film, aucune route ne semble faire plus de 40 cm de large pour obliger tout le monde à se balader en file indienne alors bon, ça ne servirait à rien. Puis, il commence à s’avancer dans les profondeurs de la montagne. Bien vite, le fanfaron tombe nez-à-nez avec un petit lac souterrain obscur, où Gollum est en train de s’apprêter à manger sa proie. Mais entrapercevant la lumière de la lame de Bilbo, il l’abandonne, et tel un ninja, disparaît dans l’obscurité avant de réapparaître à côté de notre héros quelques instants plus tard, prêt à lui caillasser la margoulette.

Sauf que Bilbo est vif : il parvient à pointer son épée vers lui, arrêtant instantanément la créature qui ne semble guère aimer les lames elfiques (sa pire phobie après le savon, les dialogues cohérents et les imitations pathétiques). Intrigué, Gollum se demande qui peut bien être ce petit visiteur qui prétend se nommer Bilbo Sacquet et être un hobbit. Mais notre héros n’a guère de temps à perdre : il veut avant tout sortir d’ici. Et comme Gollum s’ennuie, il propose un jeu à Bilbo. Un duel d’énigmes.

Enigmes

Remarquez, ça aurait pu aussi être une partie de Time’s up, alors quelque part, ne nous plaignons pas.

Si Bilbo gagne, Gollum lui montre la sortie. Si Gollum gagne, il lui montre son gosier. Il sortira aussi, d’une certaine manière, mais aura un peu moins de succès à la Comté, disons.

Soit, dit Bilbo. J’te prends quand tu veux.

Et c’est parti pour 6 énigmes. Pas une ou deux, hein : 6. Et à chaque fois, les personnages réfléchissent pendant de longues, longues minutes à base de « Rhoooo« , « Attendez« , « Mais si je le sais ! » et hop, 15 minutes de meublées dites-donc. Cette scène est infernale, sans fin, et je vous avoue que j’ai prié pour que l’on me sorte de cette salle tant c’était non seulement nul, mais que les ficelles pour rallonger la sauce étaient si grosses que j’aurais pu me pendre avec. Et j’en ai vraiment eu envie.

Finalement, ce n’est que lorsque Bilbo pose la question « Qui c’est le plus fort, l’hippopotame ou l’éléphant ? » que Gollum sèche et que le concours est gagné. Mais le bougre étant mauvais perdant, il se dit que allez, bon : il va buter Bilbo quand même, parce que ça commence à bien faire les conneries quand même. Sauf que fouillant dans la poche de son pagne (si, si) pour y prendre l’anneau, son précieux, qui a le pouvoir de le rendre invisible, le bougre constate qu’il l’a perdu. Et que Bilbo l’a probablement volé. Ce gros bâtard.

C’est donc la grosse colère. Si.

Bilbo sent bien que tout cela flaire bon le pâté, et tente donc de s’enfuir, mais, las ! Gollum connait bien les tunnels et s’avère diablement rapide. Du moins, jusqu’à ce que, presque par hasard, Bilbo enfile l’anneau qu’il avait récupéré lorsque l’étrange personnage l’avait perdu, et devienne soudain invisible (d’ailleurs, si vous avez déjà vu le Seigneur des Anneaux, sachez que Peter Jackson recycle jusqu’au moindre plan : l’anneau qui tournoie au-dessus de Bilbo, la main dressée vers le ciel, l’objet qui ratterrit pile à son doigt, le tout au ralenti… Rrrzzz…) ! Suivant Gollum au travers du labyrinthe sous la montagne, celui-ci finit par l’amener devant une sortie. Sortie où Bilbo aperçoit… les nains !

Car pendant ce temps, il s’est passé des trucs du côté des nains, mais oui.

Après avoir été capturés par les gobelins, ceux-ci les ont emmenés devant Grogob, le roi local, qui s’est un peu moqué d’eux et a immédiatement reconnu Thorin (comment ? Probablement qu’ils ont Facebook sous la montagne), redoublant donc de mauvais esprit envers ce roi sans royaume. Il a quand même un peu flippé en notant que les nains se promenaient avec Pètegob, la lame connue pour être un peu le Baygon à gobelins. D’ailleurs, il a peur au point de reculer en hurlant rien qu’en la voyant posée au sol, alors que comme nous le verrons quelques minutes plus tard, la même dans les mains des nains, cette fois-ci grognons et équipés, ne lui fera pas du tout peur. Comme quoi, hein, mais bon : s’il fallait essayer de tenir plus d’une minute sans faire d’incohérences, aussi, hein…

Car justement : alors que les gobelins s’apprêtent à dépecer et torturer les nains histoire de déconner un peu, voici que soudain, une explosion lumineuse projette tout le monde au sol (mais sans les blesser, quand bien même ça désintègre tout ce qu’il y a à côté. Ah) c’est Gandalf ! Comment a-t-il su pour les nains prisonniers ? Comment est-il arrivé jusqu’à la salle du trône sans se faire croquer le cucu par les gobelins en maraude ? Et bien, c’est bien simple : ça ne mérite aucune explication !

« Allez les nains, remuez-vous le derche » leur hurle le magicien pistonné par le script bancal.

Aussi, sautant sur leurs pieds, nos héros se saisissent de leurs armes, et s’ensuit une bataille que je décrirai ainsi :

  1. Les nains courent sur une passerelle en essayant de fuir
  2. Soudain, 8D6 gobelins leur tombent dessus en faisant « Grrreeeuu »
  3. Grâce à d’habiles moulinets, tous les gobelins tombent dans le vide
  4. La troupe peut continuer

Répétez ça sur, disons, 12 passerelles, et vous avez l’intégralité de la scène. Oui, c’est assez chiant. Pas autant qu’un duel d’énigmes sans fin, mais pas loin quand même. Au final, le roi des gobelins, donc, qui a pour principal rôle de hurler le nom de chaque arme brandie par les gentils pour rappeler qu’ils ne se battent pas avec des couteaux à beurre (d’ailleurs, il ne donne pas qu’un nom c’est du genre « HO REGARDEZ ! ILS BRANDISSENT TRANCHEGUEULE, L’EPEE QUI MEULE SEVERE, AUSSI CONNUE SOUS LE NOM DE MARTEAU A MARGOULINS ! SAVIEZ-VOUS QUE CHEZ LES ELFES ON L’APPELLE N’GOLO, CE QUI SIGNIFIE AUSSI « FENDOIR A BLAIREAUX ? » : en fait, ils ne sont pas poursuivis par le roi des gobelins mais par Wikipédia) rattrape le petit groupe de fugitifs pour qu’ils ne puissent échapper à sa sapience. Et comme je vous le disais, le pauvre a beau hurler qu’il craint toutes ces lames plus que tout, même quand il n’y a personne pour les tenir, il n’est plus impressionné du tout sitôt qu’elles sont brandies face à lui par des guerriers expérimentés. Oui, c’est absolument nul, mais si vous ne le remarquez que maintenant, bon.

Bastonnains

Bref : en tout cas, après avoir vaincu le roi des gobelins super facilement, je vous passe les détails mais nos héros ont eux aussi tous chuté dans le gouffre sous les passerelles gobelines, tout comme Bilbo l’avait fait un moment plus tôt. Là encore, et après un curieux effet spécial bien raté, ils survivent tous à une chute de plusieurs centaines de mètres, et n’ont même pas un bleu lorsque le cadavre du roi des gobelins choit sur leur gueule depuis la même hauteur alors qu’il doit bien peser sa tonne cinq. Du détail on vous dit.

Par conséquent, c’est comme ça que Bilbo et les nains se sont retrouvés au même endroit. Et ont pu se retrouver près d’une sortie, qu’ils ont prise sans trop se faire prier.

A noter qu’une fois dehors, Bilbo n’a pas encore retiré son anneau et est donc encore invisible, aussi entend-t-il Thorin dire, lorsque Gandalf demande où est Bilbo, que « Cette petite fiente a probablement fui pour retourner dans son confort petit bourgeois« . Il n’en faut pas plus à Bilbo pour aller retirer son anneau dans une cachette (il veut garder ce secret pour lui) et surgir en disant « Ahaha, et bien non Thorin, je suis là parce que je suis trop un mec cool.« 

Tout le monde embraierait bien sur le sujet, sauf que soudain, nos héros constatent une chose terrible : Azog et ses ouargues les ont retrouvés ! Vite, il n’y a pas une minute à perdre, fuyons !

Hélas, l’endroit n’est pas vraiment pratique pour ce genre d’exercice, puisque nos héros découvrent qu’ils sont en fait sur une falaise, et qu’il n’y a logiquement au bout de celle-ci que le vide… tant pis ! Gandalf donne l’ordre de grimper aux arbres, tant les ouargues sont connus pour être des quiches en escalade, puisqu’à l’école ils séchaient pour aller fumer derrière le gymnase. Les nains ont donc tôt fait d’agir en conséquence, et de noter qu’en effet, la troupe est bien commandée par Azog, le terrible ennemi de Thorin.

Histoire de quand même leur bourrer un peu la gueule et de riposter face aux ouargues, Gandalf utilise ses puissants pouvoirs de mage, non pas pour refaire une énorme explosion dans leur face mais pour… enflammer des pommes de pin. Hmm. Moui, d’accord. Bien bien bien. Jetant le tout dans la gueule des ouargues, ceux-ci reculent alors que le sol s’enflamme devant eux. Mais pour autant, rien n’est gagné. Car non seulement l’ennemi n’a reculé que de quelques mètres, mais en plus le grand arbre dans lequel la troupe a trouvé refuge commence à montrer des signes de faiblesse. Pas de problème : Gandalf décide d’en parler à un papillon.

« Papillon, petit papillon, pourrais-tu nous aider ?
- Ecoutez Gandalf, je suis un papillon. Vous croyez quoi, que je vais vous ramener un hélicoptère ? 
- Papillon, petit papillon, tu te bouges ou c’est Baygon. »

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Un peu blasé, le papillon se casse donc. Et pendant ce temps, Thorin, lui, en a un peu marre de poireauter dans un arbre : il décide donc d’en descendre pour aller se détendre un peu, par exemple en cassant la gueule à Azog. Bon, petit détail : Azog (orque géant) monté sur Mirza (ouargue géant) charge à pleine vitesse le nain, et lui enfonce sa masse d’arme en plein dans la gueule.

Vous allez me dire « Ho non, Thorin meurt ?« 

Non. Ça lui fait juste une coupure au nez.

Non, je ne déconne pas. Et puis pas une grosse coupure, hein, vous savez, ces blessures de film qui sont toujours entourées de noir comme si le mec avait à demi-brûlé en prenant le coup. Ah non mais c’est moisi jusqu’au bout, hein ! D’ailleurs, pour en rajouter une couche, Mirza choppe Thorin dans sa gueule et le mâchouille un petit moment, mais ça va, merci là encore, ça ne lui fait rien. Détail amusant : lorsque Thorin se libère de la gueule de l’animal et tombe au sol d’une hauteur d’environ un mètre cinquante… cela l’assomme.

Vous vous souvenez des chutes de 400 mètres il y a 10 minutes qui ne faisaient pas un bleu ? Oui, moi aussi.

Arbre

Bref, finalement, c’est Bilbo qui doit voler à la rescousse du nain, et s’il tient Azog à distance par le pouvoir de la coolitude, il ne parvient pas à le vaincre. Et alors que les ouargues vont en finir avec tous ces petits personnages… les renforts ramenés par l’ami gentil Papillon arrivent ! Il s’agit des aigles géants, les potes de Gandalf, qui devaient donc être juste à côté pour qu’un papillon vole jusqu’à eux en 2 minutes. En tout cas, ils emportent dans les airs les nains, conscients ou non, les magiciens et les hobbits, et les emmènent loin d’Azog et sa troupe, jusqu’à une plate-forme rocheuse en sécurité.

De là, et alors que le soleil venait à peine de se coucher, hop, il se relève déjà (non mais c’est si compliqué que ça à gérer ? Un stagiaire saurait le faire !) pour dévoiler un spectacle intéressant : au loin, le Mont Solitaire est visible !

« Voilà qui promet de belles aventures« , s’exclament nos héros en regardant l’horizon, alors qu’une grive s’envole devant eux. « Même si comme à chaque film, Gandalf appelle les aigles à la fin au lieu de s’en servir de taxi aérien pour que l’on arrive à destination sans risquer 20 fois notre peau.« 

Et la grive, ignorant les trous de l’intrigue, volant jusqu’au Mont Solitaire, tape un escargot si fort contre la paroi rocheuse que cela résonne jusqu’au coeur de l’ancienne forteresse naine (oui, c’est un oiseau sous stéroïdes), où la caméra déambule jusqu’à la salle du trésor… où il y a du mouvement : un museau s’agite, un oeil s’ouvre : Smaug est encore vivant, et bien vivant, contrairement à 20% des spectateurs morts de vieillesse durant la scène des énigmes !

Et… FIN !

Aigles

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« Cate ! Cate ! Tournez-vous Cate ! Souriez !« 

Les photographes se pressent sur les bords du tapis rouge, poussant sur le cordon de sécurité malgré la vigilance des agents chargés de s’assurer de l’intégrité d’icelui. Dans les derniers rangs des preneurs d’images, certains sont déjà occupés à contempler leurs prises du jour. « Radieuse« , « épatante« , « incroyable » : les mots ne manquent pas pour qualifier la photogénie naturelle de l’actrice. Pour les photographes, la journée a été bonne. Il est rare qu’une comédienne d’un tel niveau prenne autant de temps pour poser.

Une bien belle rencontre, en somme.

« Espèce de monstre ! »

Lance cependant Cate au travers de son bâillon, alors que je la dépose dans le coffre de ma berline. « Que croyez-vous ? Tout le monde doit être à ma recherche à l’heure qu’il est ! Je suis supposée être en train de monter les marches, ils vont s’en apercevoir, toute la ville sera bientôt à vos trousses espèce de dégénéré !« 

Me tournant vers l’agitation visible au coin de la rue, alors que des badauds vont et viennent en tournant les têtes vers les marches où l’on entend distinctement les cris de « Cate ! Par ici Cate ! Souriez, oui !« , je me contentai de sourire vers elle.

« J’en doute, jeune fille. J’en doute.« 

Et refermant le coffre sur la malheureuse, j’imaginais déjà la magie du jour à venir.

Demain, les plus grands magazines auraient pour couverture une salade niçoise.

« Au shaker, pas à la cuillère« 

Accoudé au bar de l’ambassade, le commander Bond balaie la salle du regard, feignant de ne pas suivre du regard le petit homme à barbiche bondissant d’un groupe à l’autre avec un sourire si large qu’il semblait impossible pour un homme avec une mâchoire comme la sienne. Un type étrange, ce Youri Malakov. Attaché culturel à l’ambassade de Russie de Vienne depuis 1986, aucun changement politique n’avait eu raison de lui ou de son poste, et il n’avait jamais été promu ou muté de quelque manière que ce soit en toutes ces années de service, quand tout autour de lui le personnel, lui, n’avait jamais cessé de défiler. Lorsqu’un invité lui faisait remarquer son incroyable longévité, Malakov répondait toujours que si Moscou venait à vendre ce bâtiment, il ferait partie du lot.

La boutade n’avait bien évidemment d’autre intérêt que d’éluder la question avec la bonhomie dont le personnage savait faire preuve, et dont tout agent de l’Ouest passé un jour par Vienne savait ce qu’elle cachait : Malakov était un cadre de la mafia russe bien avant un fonctionnaire de l’administration de l’ex-URSS. On disait qu’à Vienne, pas un paquet de cigarette ne s’échangeait sans qu’il ne le sache. Et ne touche sa commission, bien sûr. L’ambassade était pour lui la couverture idéale pour rencontrer étrangers et gens influents, sans pour autant avoir des responsabilités officielles qui auraient pesées sur ses occupations officieuses. Et ce soir, James avait besoin de savoir ce que Youri savait concernant une ogive ukrainienne égarée qui aurait changé de mains à Vienne. Et qu’il le veuille ou non, Youri allait lui dire. Mais déjà, il fallait reconnaître le terrain. Et attendre que la cible s’isole…

« Bonsoir. Vous m’offririez un verre ? – la femme aux longs cheveux bruns tombant sur sa robe de satin rouge, ouvre de grands yeux noisette en lançant son plus beau sourire au commander Bond
- Et probablement plus encore. Garçon, un deuxième martini. 
- Je le prendrais au shaker – dit-elle de son charmant accent roulant, les yeux pétillants – pas à la cuillère
- Une femme de goût. 
- Pour un homme de goût. Monsieur… ?
- Bond. James Bond.
- Je m’appelle Irina. Juste… Irina. »

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Souriant du coin des lèvres, l’agent secret se saisit de l’une des coupes que lui tend le garçon avant de trinquer avec la belle.

« A quoi trinquons-nous, Monsieur Bond ?
- Aux échanges, Irina, aux échanges. »

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Bien que la jeune femme fasse un mouvement de tête signifiant que pareil choix de toast l’intrigue, Bond se contente de rester silencieux : dans son métier, on ne parle pas pour ne rien dire. Et accessoirement, un peu de mystère n’est jamais pour déplaire à une jolie femme.

« Pssst !« 

007 fronce les sourcils en entendant l’appel derrière-lui. Tentant de l’ignorer le temps qu’Irina tourne la tête pour observer la foule des invités à la recherche du serveur qui lui apportera le petit four qui lui manque tant pour accompagner le martini, le britannique finit par pivoter doucement la tête pour trouver derrière-lui un autre homme en smoking, observant la foule sans regarder James.

« Qui êtes-vous ? 
- Un agent allié. Vous n’avez rien à craindre de moi tant que vous ne m’empêchez pas d’atteindre mes objectifs. 
- Qui sont ?
- Techniquement, vous avez offert à boire à l’un d’entre eux. 
- Ecoutez Monsieur… 
- Connard. Odieux Connard. Services secrets français. Je suis ici pour enquêter sur un trafic de chanteurs québécois, une plaie pour notre pays. 
- Je ne vois pas le rapport avec Irina. 
- Monsieur, voulez-vous votre brandy au shaker ou à la cuillère ? – demande timidement le garçon de l’autre côté du bar, coupant les deux hommes
- Et ma main dans la gueule, tu la veux comment jeune freluquet ? Donne donc la bouteille – dit l’homme en saisissant la chose des mains du jeune homme – je disais donc avant que ce forban ne me coupe, qu’Irina fait partie de mes objectifs. Elle n’a rien à voir avec le trafic, mais elle est rentrée dans mes objectifs à partir du moment où elle a déboutonné sa veste en entrant. Je l’ai vue d’abord. Et puis nous savons tous les deux ce qu’il se passe à chaque fois que vous couchez avec une fille avec un accent moscovite, Monsieur Bond.  De toute manière, ça ne se discute pas.
- Et pourquoi donc ? Vous avez votre nom marqué dessus ?« 

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Pointant son doigt vers Irina, se tournant pour saluer un invité, l’homme désigna le dos nu de la jeune femme, sur lequel Bond put lire, écrit à la va-vite « Propriété de O.C« . Lorsqu’il se retourna, choqué, James Bond nota que son interlocuteur faisait tourner un Velleda sous son nez, humant l’odeur d’alcool qui en émanait.

« Je suis sûr qu’elle n’avait pas ça il y a 5 minutes ! Comment avez-vous fait ? – dit 007 tout en tentant de frotter l’inscription le plus discrètement possible après un doigt enduit de salive pendant qu’Irina regardait ailleurs
- Chacun ses gadgets. Et vous, c’est quoi ? Une chaussure qui fait téléphone ? 
- Bon écoutez, Monsieur Connard, moi j’ai de l’uranium à retrouver, alors je vous laisse. Quant à Irina… vous pouvez l’oubliez. Tenez, venez Irina, j’ai entendu dire qu’ils avaient une superbe collection de tableaux ici, suivez-moi. »

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Et emmenant avec lui Irina, le dos encore barbouillé de marqueur et de salive, James Bond disparut au coin d’un couloir afin de poursuivre son honorable mission. Et faire chavirer le coeur d’Irina comme il l’avait fait avec tant d’autres, comme dernièrement, lors de ce terrible dossier… Skyfall.

Que s’est-il passé durant cette mission ? Une seule manière de la savoir : spoilons mes bons !

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L’une des affiches officielles du film : rien qu’à la voir, vous comprenez pourquoi ce n’est pas la plus diffusée

Le film s’ouvre alors que James Bond est en train d’avancer, l’arme au poing, dans un petit hôtel d’Istanbul. Incarné par Daniel Craig (James Bond, pas l’hôtel), il a donc comme toujours – à l’exception de quelques sourires – ce curieux petit air à base d’yeux plissés et de lèvres pincées qui donne l’impression, tout le long du film, qu’il est mi-grognon mi-pensif. Mesdemoiselles, si vous avez quelque fantasme concernant Daniel Craig et que vous souhaitez que votre compagnon lui ressemble, n’hésitez pas à lui demander « Dis-donc, tu as bien fermé à clé en partant ? » et paf, les yeux se plissent, les lèvres se pincent, et hop : Daniel Craig. C’est terrible, on dirait que ce mec a toujours oublié un truc et essaie de s’en rappeler. Mais bref ! Là n’est pas le sujet. James, fouillant l’hôtel l’arme au poing disais-je, finit par tomber sur la chambre qu’il cherche et où deux cadavres ainsi qu’un type agonisant, Bob, l’attendent. Ils sont étalés autour d’une table où gît un ordinateur portable visiblement violenté pour en arracher le disque dur, ce qui semble une fort mauvais nouvelle.

Attrapant son oreillette, James annonce

« M ! Le disque dur a été volé. Je reste sur place pour essayer d’arrêter l’hémorragie de l’agent Bob qui a l’air de douiller sévère. Il y a aussi deux morts mais n’en parlons pas, ils avaient l’air vaguement turcs.
- 007, écoutez-moi bien : vous allez me courser le voleur, et récupérer ce disque. Il contient la liste de tous les agents de l’OTAN actuellement en opération, ainsi que tous les épisodes de One Piece en HD, alors on ne peut pas se permettre de les perdre. On aurait utilisé un Mac n’empêche, le voleur aurait été bien emmerdé pour l’ouvrir. Bon bref : bougez-vous James.
- Bien Madame. »

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Ni une, ni deux, James Bond sort de l’hôtel où il est récupéré en 4×4 par Eve, avant de s’élancer à la poursuite de la voiture juste devant eux – ça tombe bien – conduite par l’infâme Patrice (véridique), le voleur. On a frôlé le « Jean-Jacques« , je pense. Plutôt que de demander à Eve comment elle a identifié la voiture du voleur et pourquoi elle n’est pas intervenue avant si elle l’a vu monter à bord avec le disque dur, le fier agent britannique se contente de taper sur le tableau de bord en hurlant « Plus vite !« . Au travers d’Istanbul, la course-poursuite suit donc tous les poncifs du genre, avec l’éternel « Mon dieu, il coupe par le marché ! Attention, l’étal de tomates avec le type derrière qui agite les bras en criant Oulalaradime plutôt que de se planquer quand on lui fonce dessus !« , qui serait devenue « Mon dieu, il coupe par cette ruelle ! Attention, des cartons, une bouche d’aération dont sort de la vapeur, et un grillage que l’on va tenter d’escalader ! » s’ils avaient été à pied et à New-York par exemple. Toujours est-il qu’après diverses aventures impliquant les motards de la police locale qui ont flashé un étal de tomate à 70 kilomètres-heure en centre ville, ce qui est pourtant strictement interdit par arrêté préfectoral, et une fusillade laissant les dits agents sur le carreau, on note que James Bond est devenu une foutue brêle au tir. Mais que par contre, ça ne l’empêche pas de poursuivre Patrice à moto dans divers lieux exotiques.

Le spectateur avisé notera d’ailleurs que malgré un budget de 200 millions de dollars, la grosse berline de Patrice, pourtant accidentée sur le marché (à votre avis, pourquoi il prend une moto, hein ? Suivez un peu, on en est qu’au début là !) passera plusieurs fois en arrière-plan voire carrément à 10 centimètres de la caméra. La mode des zombies doit sûrement aussi toucher les véhicules pour les faire revenir de la casse.

Seulement voilà, la course poursuite continue après divers épisodes que je vous passe sur un train, où abandonnant les motos, nos vaillants larrons décident de s’affronter avec leurs pistolets (James est blessé à l’épaule dans la bagarre), puis au corps-à-corps sur le toit du vaillant convoi. Sachez en tout cas que Patrice, en bon voleur pressé, a trouvé le temps de se fabriquer une petite chaînette au bout de laquelle pend le disque dur (qui avait une accroche à chaînette dites-donc, c’est quand même bien fait), et que les deux compères tentent d’utiliser la chose pour s’étrangler mutuellement. J’ai envie de dire : mon petit Patrice, l’artisanat est décidément bien la première entreprise de France.

Mais en dehors de ces considérations sur la main d’oeuvre actuelle dans notre beau pays, dans le même temps, Eve, elle, a poursuivi le train en voiture, et a même réussi à le doubler – mais oui – pour aller se positionner avec un fusil sur une bonne position. De là, elle prend contact avec M, qui pour rappel, est la fameuse patronne du MI-6, service d’espionnage de Grande-Bretagne et qui commande tout depuis Londres.

« M ? C’est l’agent Eve. Dites-moi, je vois James Bond en train de se battre avec le voleur du disque dur sur le toit d’un train. Je fais quoi ? Parce que là ils vont passer dans un tunnel.
- Vous pouvez tirer correctement ?
- Bof. Je risque surtout de mettre une bastos à James.
- Hmmm attendez, je réfléchis… dois-je faire confiance à l’agent qui a gagné tous ses combats au corps-à-corps depuis 50 ans, ici face à un vulgaire voleur, ou à une jeune agent en mauvaise position pour tirer qui risque surtout de cartonner mon gars en plein mouvement sur un train ? Hmmm… boh, allez, tirez pour voir ? »

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« PAN » fait le fusil.

« Eurgh ! », fait James Bond

« Ho, bin boulette.« , fait Eve

« Bien joué, Callaghan« , fait M « Je crois que l’on va reparler de votre période d’essai ».

Et bien évidemment « Skaaaaïfooooolle » chante Adèle, alors que James Bond tombe du toit du train dans une rivière en contrebas, disparaissant corps et bien. Le voleur, lui, triomphe et disparaît avec le disque dur contenant les informations de l’OTAN.

Quelques mois et un générique plus tard, nous retrouvons donc M à Londres, convoquée par Gareth Mallory, son nouveau supérieur de la commission de la sécurité nationale, qui la convoque pour faire connaissance parce qu’à ce qu’il parait qu’elle aurait paumé ces derniers temps des disques durs, des informations sensibles, des James Bond… bref, on commence sérieusement à se demander pourquoi elle ne met pas de plus gros portes-clés sur ses affaires. Cela ennuie bougrement la vieille dame, qui explique bien qu’elle a plus important à faire dans l’immédiat que d’aller papoter avec quelque responsables administratif  qui s’ennuie. Mais elle n’a guère le choix, car Mallory l’a appelée pour lui annoncer une bien mauvaise nouvelle pour leur premier entretien : avec la perte du disque dur contenant la liste des agents de l’OTAN, il a été décidé qu’il était temps pour M de prendre sa retraite. Et en attendant que son successeur soit nommé, c’est Mallory qui supervisera toutes les opérations du MI-6. M bougonne un peu en faisant des trucs de vieille dame, comme faire tomber sa monnaie ou lui montrer sa collection de timbres, mais voyant que l’homme ne semble pas réagir, elle finit par se replier dans sa voiture personnelle, où son chauffeur la ramène au MI-6 avec joie.

Sauf qu’en route, le MI-6 apprend à M par téléphone que leurs détecteurs signalent que quelqu’un a commencé à tenter de décrypter le disque dur volé il y a quelques mois (ils faisaient quoi en attendant avec ? Du yoyo ?) « Vite, pistez le signal ! » s’exclame donc M avant de constater en direct que celui-ci provient… de son propre bureau ! Mais ? Comment ? Et soudain, sur son PC, M voit son écran se brouiller, puis lancer un powerpoint moisi avec des têtes de mort, des musiques au format midi, du photoshop à la truelle et le message « Méditez sur vos péchés« . Plus étonnant encore, un barrage de police a été dressé autour du MI-6 et l’empêche de foncer : M s’étonne, mais guère longtemps, car soudain, devant elle, une gigantesque explosion ravage les locaux à l’étage de son bureau.

« Exploser mon bureau, passe encore. Mais m’envoyer des Powerpoints, ça, jamais ! »

Le MI-6 est touché. Le pirate informatique qui vient de toucher le PC de M, ainsi que tout le QG de l’espionnage britannique vient d’ouvrir tous les robinets de gaz de l’étage du bureau de M via la sécurité centrale, et ainsi tué 6 agents dans la déflagration

« Comment est-ce possible ? » se demande M ? « Comment avons-nous pu être frappés en plein coeur ? Qui est ce pirate ? De quels péchés parle-t-il ? Pourquoi tous les hackers de films utilisent-ils des powerpoints merdiques façon chaîne de l’amitié ? Pourquoi joignent-ils forcément des musiques au format midi et comment peuvent-ils être aussi mauvais en retouche photo ? Et si la police était déjà sur place, probablement à cause de la fuite de gaz, que foutaient 6 agents à l’étage où tout se passait ? Pourquoi est-ce que je sens si fort ?« 

Quantité de questions, mais nenni de réponses. Oui, je vous sens frustrés, mais hein, ho, qu’est-ce que j’y peux moi ?

Retournons plutôt du côté de la Turquie, où James est occupé à expliquer à une jeune femme locale ce qu’est la position dite de l’Union Jack. Vous vous demandez bien comment James a survécu à sa chute, hein ? Déjà qu’il avait une balle dans l’épaule, et qu’il en a mangé une en plein buffet de la part d’Eve ? Et qu’il est tombé inconscient après une chute de bien 50 mètres dans un cours d’eau ? Et bien…

Le film n’en parle pas. Non plus.

C’est vrai quoi, c’est juste tout le but de la séquence pré-générique, ainsi que le thème du générique lui-même et accessoirement le point de départ de toute l’intrigue. Autant ne pas en parler : disons juste que tout cela tient du détail.

Je sais que c’est un James Bond mais c’est… disons, curieux. Voilà voilà.

Bref : alors qu’une jeune Turque profite de la bienveillance britannique de notre héros, celui-ci décide finalement d’abandonner la pauvrette puisque la lune est belle ce soir, et part méditer sur la plage en prenant son air de Daniel Craig (les crustacés en le voyant se demandent donc eux aussi si oui ou non, il a fermé le gaz en partant), puis va faire des trucs cool comme se murger à la paillote du coin. Mais alors qu’il en est déjà à son troisième verre de Banga, notre héros voit à la télévision que le MI-6 a été attaqué et que 6 agents sont morts dans l’affaire, sans compter moult blessés. Il plisse donc un peu plus les yeux et…

… quelques jours plus tard, lorsque M rentre chez elle et enfile ses pantoufles Mufsa, quelle n’est pas sa surprise de trouver dans son salon l’agent 007, supposément mort.

« Bonsoir M.
- Ah ! Mais ? Que foutez-vous là Bond ? Vous n’êtes pas censé être vaguement mort ? 
- Oui mais non, et de toute façon, cette histoire n’intéresse personne. Je profitais juste du fait d’être officiellement ad patres pour me reposer un peu. Je l’avais bien mérité, je crois, Madame « Allez y, tirez ! ».
- Hoooo je vous vois venir avec vos reproches du genre « Ouiiiiii et vas-y que vous avez commandé que l’on me tire dessus, et que j’ai failli mourir, gnagnagna »… ho, ça va Bond, ne faites pas votre chochotte. C’était une balle dans la gueule strictement amicale. Du friendly fire amical, si vous voulez. Un peu comme un tacle un peu sec dans la surface de répération, vous voyez ?
- Non, Madame. Mais je tenais à vous dire que je suis revenu pour défendre le pays.
- Super. Bon écoutez Bond, vous allez être gentil et déjà reposer cet exemplaire de « Nous deux » sur la table, c’est à moi. Demain, vous vous pointerez au MI-6 et faire des tests pour vérifier que vous êtes bon pour le service malgré vos blessures. Maintenant, cassez-vous, c’est l’heure de Derrick et je vous rappelle que je suis une petite vieille.
- Bien Madame. »

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Et en effet : le lendemain, James Bond est emmené par un assistant de M au nouveau QG du MI-6 en attendant la fin des travaux : l’ancien bunker de Churchill, sous Londres. Moins confortable, mais probablement plus sûr que l’ancien bâtiment qui non seulement a été compromis, mais accessoirement vaguement explosé. Sur place, on l’informe des derniers évènements, et on commence à lui faire faire divers exercices physiques, ainsi que des tests de tir… où la main de Bond se met à trembler ! Le bougre a effectivement perdu ses légendaires talents de tireur, et vise maintenant à peu près aussi bien que François Hollande communique. Il passe aussi un test psychologique de qualité, où il doit faire de l’association d’idée.

« Agent ?
- Tentateur.
- Femme ?
- Tentatrice ?
- Coeur ?
- Cible.
- Ridley Scott ?
- Blague.
- Jean-Vincent Placé ?
- Psy.
- Skyfall ?
- ………………………………………… DÉJÀ CLASSE ET ON EN PARLE PLUS ! »

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Le psychologue, aidé de son puissant doctorat, en déduit que le commander Bond a l’air de faire un vague blocage sur le dossier Skyfall, dont personne ne nous dit quoi que ce soit de plus dans l’immédiat. Soit.

Lorsque Bond, un peu bougon (… moui, non, rien), retourne dans ses appartements, il se dit que l’enquête concernant les évènements du MI-6 a l’air au point mort. Sachant que dans le même temps, le vilain hacker responsable a posté sur Youtube, non pas une vidéo de Hannah Minx, mais bien les visages et noms de 5 agents de la liste de l’OTAN et annoncé qu’il en ferait de même chaque semaine, James Bond décide qu’il est temps de booster cette histoire, et se rouvrant sa plaie à l’épaule droite au couteau, en extraie des morceaux de la balle que Patrice lui avait mis là.

Oui hein, parce qu’au MI-6, quand on récupère un blessé par balles pour lui faire passer des tas de tests physiques, on lui laisse quand même les morceaux de projectile dans le gras histoire de rigoler pendant qu’il essaie de faire des pompes ou des tractions.

Quelle bande de déconneurs au MI-6.

James est un gros malin : il trimbale les indices dans ses épaules. Personne n’ira penser à les fouiller.

Bref : après analyse de ces vieux morceaux restés dans l’organisme de James (et qui ne les avait pas retirés pour on ne sait quelle raison, quitte à en mourir puisque les bouts de métaux et la bidoche ne font pas toujours bon ménage), le MI-6 retrouve la trace du malicieux Patrice, qui d’après les informations dont il dispose, devrait être à Shangaï dans deux jours. James, dont les tests d’aptitudes se sont révélés positifs, est donc renvoyé sur le terrain pour trouver Patounet, lui botter son cul, et accessoirement, savoir à qui il a vendu le disque dur. Avant de partir, James est donc invité à rencontrer le nouveau Q (pas de jeux de mots, merci, c’est un blog sérieux ici), qui s’avère être un petit geek énervant (tout à fait crédible) qui confie deux objets à Bond :

  • un pistolet qui ne marche que pour lui grâce à ses empreintes digitales (James devra donc toujours laisser ses empreintes sur son arme, quel astucieux gadget pour compromettre ses agents)
  • un mini GPS

Et c’est bien tout : bonne chance, 007.

Nous nous retrouvons donc à Shangaï, où James obtient le numéro du vol par lequel Patrice va arriver : sitôt le bougre repéré, notre espion préféré le suit en voiture discrètement, jusqu’à ce qu’il arrive au pied d’un immense immeuble de bureaux tout en verre, fermé à cette heure de la soirée. Mais cela ne semble pas empêcher Patrice d’y rentrer, puisqu’il le fait avec subtilité : après tout, nous ne sommes qu’au centre-ville, dans un immeuble tout en verre sans rien pour se cacher : tiens, et si je butais tous les mecs de la sécurité avec mon petit flingue pour me frayer un chemin jusqu’à là où je veux aller ? Ce que notre homme fait, mais personne ne le voit ou ne décide d’appeler la police malgré le fait que son forfait soit visible à des kilomètres à la ronde. D’ailleurs, on suppose aussi qu’il y a des caméras dans l’immeuble, vu qu’il y a déjà un paquet d’agents de sécurité, mais là encore, Patrice, en grand professionnel, y va à visage découvert des fois que. James se contente de le suivre discrètement, en se… heu, suspendant sous l’ascenseur que Patrice prend finalement (l’option B, c’était d’attendre qu’il arrive, de voir sur l’affichage où il était arrêté, et de monter par l’ascenseur voisin, mais bon, admettons, ça fait les bras), puis arrivé à l’étage où Patrice descend, le suit.

Notre méchant, lui, est déjà bien occupé : à l’étage où il s’est arrêté, il a une excellente vue sur une réunion ayant lieu dans un immeuble en face, et où un riche chinois est en train de se faire présenter une oeuvre d’art. James Bond observe donc Patrice monter tranquillement un fusil à lunette, faire un petit trou dans le verre de la façade en face de lui, y glisser son canon et… abattre sa cible.

Non, James Bond n’intervient pas. C’est tellement plus rigolo d’intervenir après, quand en plus, le meurtre risque de semer la panique et d’attirer toute la police du coin. Et que Patrice aura un gros fusil à la main. Personnellement, j’aurais tenté ma chance pendant qu’il était occupé sur son fusil Ikea à retrouver où allait cette foutue pièce, sacrebleu. A noter, détail rigolo, que la cible de Patrice, malgré la grosse bastos qu’elle se ramasse ne saigne pas. Elle meurt juste genre « Han nan, j’suis mort !« . Je vous redis le budget où ça ira ? Enfin, remarquez, après le dernier Batman, tout est possible, hein.

Bref : James, une fois que Patrice a tué quelqu’un, a ‘un gros fusil et a toute son attention non plus sur son crime mais sur ce qui l’entoure, se décide à intervenir.

Ah.

S’ensuit un combat mouvementé, au cours duquel Patounet finit par voler par la fenêtre, seulement rattrapé de justesse par James qui lui hurle :

« Patrice ! Dis-moi pour qui tu bosses ! 
- …
- Allez, fais pas ta pute ! Tu peux pas le mimer au moins ?
- …
- Ecoute Pat’, je peux t’appeler Pat’ ? A Istanbul, j’ai utilisé le PC pour surfer sur http://www.poneysexeetfromagefondu.ch, alors écoute, il y a tout mon historique sur ce putain de disque et je veux le récupérer. Les agents de l’OTAN, je m’en fous. »

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Mais Patrice s’en moque, et sa main glissant dans celle de James, il finit quand même par se vautrer 80 étages plus bas, chose généralement relativement douloureuse. James note alors qu’en face de lui, dans l’immeuble où le riche chinois est mort, l’assistante qui présentait l’oeuvre juste avant le drame est en train de le dévisager avec curiosité, passion ou alors juste des gros yeux de mérou. En tout cas, elle a tout vu de ce qu’il s’est passé entre James et Patrice. Et probablement qu’elle a aussi entendu pour les poneys, le sexe et le fromage fondu.

« Flûte« , râle donc James, « C’était ma seule piste. Alors à moins que le mec n’ait laissé un mot avec l’adresse du QG des méchants, ça va être compliqué maintenant« . Maintenant que tu en parles James, sache que tu ferais bien de fouiller sa valise. Car dedans, tu trouveras des balles, une notice en Turc avec des schémas incompréhensibles, ainsi qu’un gros jeton avec marqué VALABLE UNIQUEMENT AU CASINO DES MÉCHANTS DE MACAO.

Et hélas, c’est véridique.

« Hmmm » se dit James « Je ne sais pas pourquoi, mais tout cela m’a l’air incroyablement con.« , ajoute-t-il en empochant le jeton mystérieux. Puis, il quitte les lieux, disparaissant avec toute l’audace d’un espion de la couronne britannique (comprendre : il prend l’ascenseur et la porte principale puisqu’il s’était garé devant : Patrice n’avait qu’à se retourner pour savoir qu’il était suivi, car James avait en plus la seule voiture de la rue. C’est beau).

James Bond, l’homme qui attend poliment que les gens finissent leur meurtre avant de les déranger

Quelques temps plus tard, nous retrouvons donc effectivement James sur cette nouvelle piste à Macao… en compagnie d’Eve, de retour sur le terrain. Une excellente complice, surtout vu comment elle lui a plombé la gueule la dernière fois, mais passons. Car en tout cas, au luxueux casino correspondant au jeton, le smoking est évidemment de sortie, et Eve a mis sa plus belle robe de soirée.  Se demandant comment subtilement se renseigner sur ce jeton, James décide de faire quelque chose de discret et d’audacieux : se présenter au guichet en déclarant « BONJOUR MADAME LA MARCHANDE, J’AI UN JETON, JE PEUX L’ENCAISSER ?« 

Madame la marchande, troublée par l’audace de notre héros, décide de saisir son téléphone pour murmurer quelques mots dans sa langue natale. Sitôt cela fait, deux sympathiques asiatiques arrivent donc avec une grosse mallette à la main qu’ils remettent à notre héros, en ajoutant « Merci pour votre bon travail. Voici votre paiement » (si vous avez lu cette phrase avec un accent raciste, je ne vous félicite pas, petits rabouins. Heureusement que ce n’est pas le genre de ce blog) . Et dedans, un gros paquet d’euros attendent notre héros (bin oui, Patrice était français, je vous le rappelle).

Dans le même temps, une jeune femme observe Bond depuis un des escaliers de l’endroit : il s’agit de celle qui avait assisté au meurtre à Shangaï ! Ni une, ni deux, elle se dirige droit vers Bond et d’une voix sensuelle, l’aborde.

« Bonjour Monsieur… vous me reconnaissez ? Je sais que vous n’êtes pas Patrice, à qui revient tout ce bel argent, alors dites-moi bel inconnu… qui êtes-vous ?
- Vous d’abord.
- Non vous.
- Vous, et pas l’droit d’retoucher son père.
- Diable, vous êtes doué. Et bien je suis… Séverine. 
- Et moi Bond. James Bond. 
- Et bien Monsieur Bond, sachez que vous êtes en grand danger… car les trois chinois qui nous surveillent là-bas sont en fait des agents au service de l’employeur de Patrice… et accessoirement mon amant. Et sitôt que vous allez tenter de sortir, ils vont vous bourrer la gueule. 
- J’aimerais bien voir ça.
- Ecoutez, faites donc votre gros cake, Monsieur Bond, mais sachez que si vous vous en tirez… je serais ravie de faire votre connaissance plus avant. Mon navire est au quai numéro 7 et part dans une heure pour aller retrouver la cache secrète de mon mari. Bon bin voilà. Allez moi j’y vais, bisous. »

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Puis, laissant l’agent britannique, la belle s’en va… et sitôt que James fait mine de se lever du tabouret de bar qu’il occupait, martini à la main, trois locaux en costume viennent en effet l’entourer en lui faisant comprendre que dans quelques minutes, son noeud papillon devrait servir d’accessoire à coloscopie. Mais hardi ! Ils ne savent pas à qui ils s’en prennent, et il ne faut que quelques secondes pour que tous se fassent tataner la gueule, et que l’un d’entre eux, volant l’arme de Bond, ne découvre qu’il ne peut se servir de celle-ci à cause de son verrouillage digital. Une fois tous étalés ou morts (l’un d’entre eux est mangé par un dragon de Komodo qui n’avait rien à faire là, je ne me l’explique pas non plus), James sort donc du casino dans la joie et la bonne humeur, et s’en va vers le fameux quai numéro 7 où, grâce à ses talents de ninja, il se téléporte directement sous la douche de Séverine parce que la classe, ça va 5 minutes, alors autant enchaîner avec la technique de l’homme tout nu.

Certains lecteurs trouveront peut-être ça classe quand même, mais vous savez, le vrai bon goût, c’est quand après avoir joué du piano à queue en smoking, brandy posé sur l’instrument, c’est elle qui vous rejoint sous la douche. Puis trois de ses amies ayant aussi succombé, parce que vraiment, vous dépotez au piano. De toute manière, si vous ne savez pas jouer du piano, apprenez juste à jouer un morceau de Coldplay, ça suffira.

Quel gagne-petit, ce Monsieur Bond.

Mais que disais-je ? Ah oui, voilà : une fois la douche terminée, le bateau fait route vers l’île de l’amant de Madame, ancienne usine en mer qui a été totalement abandonnée après que le hacker préféré de Séverine ait piraté les alarmes pour faire croire à un accident chimique et que l’île lui soit revenue. Bond d’ailleurs, décide de se révéler aux gardes du bateau pour être fait prisonnier et emmené au maître des lieux directement et sans s’enquiquiner avec des considérations aussi ennuyantes que l’infiltration, truc inconnu des maîtres-espions. On notera au passage qu’alors qu’au moment où le bateau accoste, James est en petit pantalon et chemise (il a dû monter à bord avec sa valise), il se retrouve instantanément téléporté dans son costard sitôt qu’il met les pieds sur le quai de l’île. Là encore, bravo les amis, il y a eu un vrai travail de fond sur ce film. Le prochain coup, vous laissez tomber Adèle pour le générique, vous prenez Yvette Horner et vous vous payez un stagiaire pour suivre vaguement ce que vous faites. Surtout que Skyfall à l’accordéon, ça aurait quand même de la gueule « Skaïfooooolle, c’est la fiiiiiiin, retiens ta respiratioooon et compte jusqu’à diiiiisseuuuuh ! Seeens la terre qui bouuuuuge puis entend mon coeuuuur qui explose encooooreuuuuh« .

Oui, je sais : c’est fou, lorsque l’on traduit n’importe quel tube anglo-saxon en français, il perd tout de suite un peu. Limite, on dirait un titre des BB Brunes.

Rah, il faut que j’arrête les digressions. Donc ! Observant l’endroit abandonné pendant qu’on l’escorte jusqu’au maître de l’île, 007 est bientôt séparé de Séverine, et emmené dans un vaste salle remplie d’ordinateurs au bout de laquelle apparaît bientôt le terrible hacker derrière toute cette histoire : Raoul Silva.

Tremblez. Tremblez devant Raoul.

Je comprends qu’il soit devenu méchant, en fait.

Notez que Raoul a une tête d’ex-footballeur de RDA. Charisme, charisme.

Grand, blond, germanisant, pas très beau mais chaud comme la braise avec tout ce qui a deux jambes, l’homme a tôt fait de passer délicatement sa main sur les cuisses de James, attaché à sa chaise, tout en lui expliquant qui il est. Avant, il travaillait pour M, lui aussi. Et était bien meilleur que Bond. Mais M l’a trahi, et il a donc décidé de se venger. D’ailleurs, il apprend à Bond que M lui a aussi menti, par exemple, sur ses résultats aux tests du MI-6 : en fait, il a échoué comme une grosse quiche. Elle a donc volontairement envoyé Bond, en ne le sachant pas prêt, face à Silva. Ah, la coquine !

Il lâche aussi une phrase culte :

Écartant un pan de la chemise de Bond, pour révéler son épaule droite, il dit « Aaah… fous aussi elle fous a trahi… elle fous a fait mal la kokine ! » en faisant référence à la balle qu’Eve a tiré sur Bond sur ordre de M au début du film.

Ah oui ? Donc cette blessure, c’est celle d’Eve ? Mais dans ce cas, les fragments de balle retrouvés dans l’épaule… ils ne permettaient pas DU TOUT de remonter à Patrice, mais juste de dire « Ah oui, M’sieur Bond, c’est bien une balle de chez nous. C’est gentil de la ramener, on pensait qu’on l’avait paumée.« 

C’est complètement idiot. Encore une fois, coupez cette scène, vous économisez du budget et en plus, vous évitez une connerie. Mais non : c’est mieux de payer plus cher pour faire moins bien.

Bref : pour se détendre un peu, Silva fait détacher Bond – plusieurs gardes armés les escortent pour éviter que notre héros ne se prenne soudainement pour Will Smith – puis l’emmène à l’arrière d’un bâtiment où attend Séverine, visiblement tabassée et attachée contre un mur. « Cheu n’aime pas trop trop que l’on choue avec mes chouets, Monzieur Bonde ! » explique donc le bon Silva avant d’aller déposer un verre de whisky sur la tête de la bougresse, en lui demandant de le faire tenir en équilibre. Puis, sortant deux pistolets de duel d’une boîte, il propose à Bond de jouer à un jeu autrement plus intéressant que le Taboo « Le premier qui fait tomper le ferre, il a gagné, ja ?« . Notre héros préférerait s’en passer, surtout vu comment il est devenu mauvais tireur, mais bon : il n’a en fait guère le choix, à en croire les armes que les gardes pointent vers lui. Et puis, bon ce n’est qu’une femme : ce n’est pas comme si elle avait une âme.

« Bon bin okay. Attention Séverine, on se concentre » dis donc notre héros avant de tirer son coup. Hélas, il rate, mais heureusement, sans toucher la damoiselle. « Ach ! Z’est à mon tour ! » avance Raoul avant de se concentrer… et de tirer dans le bide de Séverine, qui meurt sans bruit. « Le ferre est tombé : ch’ai gagné ! » dit-il donc hilare. Quel personnage maléfique.

Grognon, James profite de ce moment d’euphorie de son adversaire pour lui coller une mandale, puis tabasser l’ensemble de ses gardes qui oublient de se servir de leurs armes à feu. Cela fait, et braquant son adversaire, il annonce à Raoul qu’il l’arrête.

« Ah foui foui… mais gomment vas-tu m’emmener, kanaillou ? 
- Avec mes renforts, Raoul. » 

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Et sitôt cela dit,  et même si dire « Raoul » est définitivement terrible dans ce genre de dialogue, des hélicoptères britanniques survolent l’île du méchant : mais, comment ? « Grâce à mon mini-GPS mec, le MI-6 savait que j’étais ici ! » annonce James en montrant l’objet au fond de sa poche. Raoul commente bien que ah, tiens oui, marrant ça qu’on ait oublié de te fouiller, en fait, d’ailleurs ça explique aussi comment tu as pu sortir des lunettes de soleil de ta poche quand on est sorti du bâtiment il y a dix minutes, James, il faudra d’ailleurs que tu me racontes comment tu pouvais avoir ce genre de chose dans les poches d’un smoking de soirée, mais bon. Cette séquence a été coupée au montage.

Nous, nous n’aurons jamais l’explication en tout cas, car nous revenons à Londres, où au fin fond du QG souterrain du MI-6, M vient en personne interroger le brave Raoul Silva, enfermé dans une petite cellule en verre. La discussion qui s’ensuit est fort intéressante. Ou pas du tout en fait, mais bon, en tout cas, je vous en livre la synthèse (qu’on ne me dise pas que je ne suis pas synthétique après ça).

« Alors comme ça, c’est vous M. Silva qui nous causez tant de problèmes ?
- Hahaha… ja ! 
- Mais pourquoi ?
- Et bien barze gu’il y a des années, quand fous m’afez lifré à l’ennemi barze gue che prenais drop d’iniziadives de moi-même, ch’ai passé des chours à être dorduré. Ch’ai bien tenté de me zuizider, mais en fait, comme ein con, ch’avais échangé le zyanure de ma dent contre ein kleine fraise Tagada, du coup, ça marchait moins bien. Pref : ch’ai pris cher. Et comme fous m’aviez trahi, ch’ai décidé de me vencher. Le MI-6, les agents zegrets défoilés zur Youtube, les powerpoints pourris… z’était moi ! Avec mes compétenzes de hacker RIEN n’est hors de ma portée ! Ch’ai piraté tout le MI-6 et…
- Oui mais le disque dur alors ?
- Le ? Bin oui, Che l’ai volé. Et ?
- Si vous êtes si malin, que vous avez pu pirater le réseau informatique le plus protégé de Grande-Bretagne, pourquoi vous être emmerdé à avoir recruté un mec pour voler un disque dur de manière super risquée, quitte à le perdre dans la bagarre, alors que vous pouviez pirater le PC et récupérer les données directement ?
- Hein heu Che… bin… che… che fou ai déchà parlé de mes compétenzes photoshop ? 
- Oui c’est bien ce que je pensais : vous êtes un pirate informatique qui a besoin de récupérer des informations sur un ordinateur qui n’est pas à lui, et du coup vous ne pensez pas à le pirater ? Laissez-moi deviner : quand vous voulez regarder une série sur internet, vous envoyez un mec voler les DVDs ? 
- … hem, zène zuivaaaante s’il-fous-plait ? Z’il-fous-plaiiiiiit ? »

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Et en effet : comme le veut la tradition des James Bond, le méchant est en carton. Une tradition vieille de 50 ans qu’il aurait été triste de ne pas respecter.

M en tout cas annonce à Bond qu’elle doit s’absenter : la ministre de la défense veut l’interroger quant aux derniers évènements ayant eu lieu sur le territoire et sa gestion du MI-6. Elle doit donc se rendre au ministère pour passer devant toute une commission de joyeux larrons soucieux de la questionner. En attendant, Bond est invité à aller retrouver ce sale petit geek de Q pour qu’il décrypte ce qu’il y a dans le PC de Silva plutôt que de poster des photos de chats #kikinou sur Twitter.

Et effectivement : Q, qui explique être le plus grand hacker du monde, loin devant Silva, a eu l’idée géniale de brancher l’ordinateur du grand méchant sur tout le réseau du MI-6 pour… pour… heu, rien. Et alors qu’il tente de décoder le bousin, il s’aperçoit que c’est un piège : le PC est programmé pour ouvrir automatiquement toutes les trappes et portes du MI-6 !

Quand Q utilise un ordinateur, il a beau avoir un écran devant lui et un géant derrière, il observe dans une direction où il n’y en a aucun. De là à imaginer un prompteur… rho.

Fonçant à la cellule de Silva, Bond découvre que celui-ci s’est évadé : uniquement vêtu d’un pyjama, il a donc réussi à tabasser tous les gardes armés autour de lui (Mouiii ?) et à s’engouffrer dans une trappe juste à côté de sa cellule qui, par un curieux hasard, mène directement au métro Londonien dites-donc. Métro où personne ne semble remarquer pyjaman, l’homme-pyjama, et d’ailleurs deux complices de Silva qui connaissaient déjà par magie le moment où il allait s’échapper viennent lui donner de quoi se déguiser… en policier. S’ensuit une course-poursuite effrénée avec Bond, où Silva, tel le Joker, a déjà eu le temps de poser des explosifs un peu partout on ne sait comment (ses complices ont dû se promener dans le métro avec 10 tonnes d’explosifs sans jamais se faire repérer) et fait sauter des trucs ici ou là pour gagner du temps. Il finit par ce biais à échapper à Bond après avoir fait dérailler un métro.

Cela fait, il fonce droit vers le ministère de la Défense car, là encore, c’est fou, le vrai plan de Silva… est de descendre M bien en face.

Attention, je vous récapitule le plan du Monsieur :

  • Silva vole un disque dur qu’il n’avait pas besoin de voler puisqu’il pouvait le pirater, soit sa spécialité
  • Il s’en sert pour faire un chantage qui, en fait, ne sert à rien
  • Puis il fait sauter le MI-6 pendant que M n’y est pas pour qu’on lui demande des explications en haut-lieu
  • Il pirate aussi les plans du MI-6 pour savoir comment s’évader
  • Il attend que Bond vienne le capturer, et là, tout s’accélère !
  • Alors qu’il ne peut pas être au courant, puisqu’au trou, il sait que M est convoquée au ministère de la défense, et même à quelle heure exacte
  • Il calcule par magie le moment exact où Bond et Q vont décoder son super PC et ainsi lancer la procédure d’ouverture des portes du MI-6, et accessoirement qu’ils vont tout relier sans raison au réseau central malgré le fait qu’ils se soient fait pirater par le même gars quelques semaines auparavant
  • Il échappe aux gardes locaux parce que… magie (d’ailleurs, vu la position des corps par rapport à sa cellule, il a dû les tuer par la pensée)
  • Il fait sauter des trucs qu’il n’a pas besoin de faire sauter juste pour rigoler pendant qu’il fuit histoire que tout le monde soit en alerte maximale, voire qu’on évacue tout le monde avant qu’il n’arrive
  • Il se rend au ministère, en priant pour qu’il ne soit pas gardé, en pleine alerte nationale, par plus de deux bobbies armés de pistolets à poivre.

Et vous savez quoi ?

Et bin ça marche parfaitement.

En arrivant au ministère avec ses deux complices, tous déguisés en agents de la maréchaussée, on découvre que la Grande-Bretagne, en pleine vague d’attentats, n’a déployé pour protéger toute la commission en charge de l’espionnage, la ministre et la chef du MI-6, dont le bureau a explosé il y a peu, uniquement… 6 policiers. 3 à l’entrée, 3 dans la salle d’audience. Et lorsque Silva se présente tranquillement (alors que le MI-6 a déjà l’information que le suspect est un type blond laid déguisé en policier qui se dirige vers le ministère de la Défense) et tire sans silencieux sur les 3 pinpins de l’entrée, et bien personne n’entend.

Probablement que la magie du flegme britannique s’étend aux armes.

Bref, alors que M est en train de s’expliquer devant la commission, et commence à réaliser que Mallory, a défaut d’être un supérieur chiant, est en fait plutôt un type qui la défend, voici que Silva surgit dans la salle et ouvre le feu sur tout le monde. Les policiers tombent, évidemment, et le peuple local essaie de fuir ce qui est relativement compliqué quand l’air commence à s’emplir de plomb, mais l’arrivée de James Bond permet de mettre Silva en déroute, et bientôt, M est embarquée par 007 qui l’exfiltre hors de Londres, changeant de voiture au passage pour récupérer… une vieille Aston Martin de collection, « souvenir » . Et Bond explique son plan :

  • Silva veut M.
  • Bond veut Silva.
  • Donc Bond va partir seul avec M pour que Silva vienne s’en occuper.

Oui, enfin remarque mec : pourquoi partir seul ? Pour lui faire des câlins, à M ? Non parce que jusqu’ici, monde autour ou pas, Silva est toujours venu. Alors pourquoi minimiser ses chances en n’annonçant pas « On sera à tel endroit » et faire entourer le coin de types surarmés et surcouillus (à partir de 3, ça compte comme surcouillu. Au delà de 4, on parle de Hentai) ?

Ah oui : pour la classe.

Avant de partir, Bond fait passer un message à Q : s’il pouvait laisser une trace infime permettant de remonter jusqu’à son Aston Martin pour que Silva le prenne en chasse sans se douter que James les attend.. ce serait sympa. Soit, dit le jeune homme, avant de retourner jouer à Farmville et liker le statut de son copain se terminant par « On verra qui osera copier ça sur son mur !« .

En tout cas, après avoir roulé plusieurs heures, Bond emmène M en Ecosse… pour aller s’abriter dans le manoir au milieu de nulle part où il a grandi jusqu’à ce que ses parents soient tués dans d’obscures circonstances : la résidence Skyfall que l’on pourrait traduire en Français par « La Creuse ».

Le manoir est vieux, croulant même. Heureusement, sur place les attend Kincade, le fidèle garde-chasse de la famille Bond, dont on ne sent pas DU TOUT que le personnage a été intégralement créé pour être joué par Sean Connery à l’origine, mais qu’il a fallu trouver quelqu’un d’autre finalement. Lui aussi est vieux, mais pas encore trop croulant, puisque capable de se servir d’un fusil de chasse pour tirer le lapin, le daim ou le terroriste en fonction des besoins. Une sorte de couteau-suisse, mais barbu et avec un béret à carreaux.

Raaah, mais si bon sang, regardez : on peut lire sur son visage qu’il fait l’inventaire de ce qu’il a fait en sortant de chez lui pour se souvenir genre « Mrrf…moui la porte… hmmmrfff le chat….hmmmm »

Le plan de Bond est donc simple (oui, aujourd’hui, on explique bien les plans point par point) :

  • On attend que Silva se pointe
  • Jusqu’ici, à chaque fois qu’il l’a fait, il avait des hommes avec lui, donc on constate qu’on est en infériorité numérique
  • On se demande pourquoi on s’est volontairement mis dans la merde
  • On bourre la gueule à tout le monde
  • Yay

Par ailleurs, pour réaliser ce plan audacieux, nos héros réalisent qu’ils n’ont en tout et pour tout qu’un pistolet et deux fusils de chasse, ce qui est un peu léger pour arrêter tout un commando surarmé comme Silva risque d’en envoyer. Bon, dans le doute, la fine équipe se dit qu’ils vont aussi mettre des cartouches ici ou là avec des clous et vis pour faire des mines antipersonnel, mais je vous passe les détails dignes d’un épisode de Mac Gyver. En tout cas, sitôt que tout a été installé, et après une longue attente à veiller sur la lande brumeuse entourant le manoir Bond, voici qu’un soir, des hommes en arme apparaissent au loin. Soit ce sont des chasseurs, soit ce sont des hommes de Silva, mais comme le vent ne porte vers le manoir aucune odeur de Villageoise, tout le monde penche pour la seconde option.

Autant vous le dire : les pauvres vilains se font rapidement matraquer le museau. Entre la vieille Aston Martin, qui provenant d’un précédent film, a encore des mitrailleuses, les pièges (qui sont si efficaces que parfois les mecs s’envolent quand ils sont touchés en méprisant la gravité) et tout simplement les coups de fusil de chasse, ils se prennent tous des raclées. Ce n’est que lorsque la deuxième vague arrive que James se dit que tout cela commence à sentir le pâté : Silva est certes présent en personne, mais à bord d’un hélicoptère militaire avec une très grosse mitrailleuse qui a tôt fait de transformer la maison en art contemporain.

Pas de souci : la maison a aussi un vieux passage secret qui permet de s’enfuir vers la lande voisine loin du manoir. James dispose donc des bouteilles de gaz pour tout faire sauter pendant que M et Kincade filent par le souterrain, et lui ne part à leur suite que bien après, une fois qu’il a fini de poser son piège absolument diabolique. Heureusement que l’hélico qui a mitraillé toute la maison n’a pas touché les bouteilles dis-donc, c’est quand même du bol, parce que sinon, on te retrouvait dispersé sur toute l’Ecosse mon garçon.

Autant vous le dire : c’est finalement Silva qui est bien surpris lorsque toute la maison lui pète au nez. Par contre, autant ça abat l’hélico qui la survolait, autant le bon Raoul, qui était juste à côté des fenêtres à jouer avec des grenades, s’en tire sans la moindre blessure.

Ah, sacrées explosions sélectives. C’est de la discrimination cette histoire.

Heureusement, en détournant son regard du manoir en flammes, qu’aperçoit notre bon Raoul Silva ? Une lampe de poche, au loin, dans la lande ! Qui semble s’éloigner !

Mais qui peut-être assez con pour allumer une lampe en pleine nuit et l’agiter dans tous les sens alors qu’il essaie de fuir discrètement des gens surarmés ? Et bien, c’est évidemment  Kincade et M (elle n’est que chef du MI-6, la subtilité d’une lampe de poche qui fait de la lumière lui échappe), qui tentent de cavalcader vers une vieille chapelle. Ricanant, Silva se lance à leur poursuite, épaulé par ses deux derniers hommes. Sauf que la terreur des sociétés de sécurité, le cauchemar des RH, Bond,  surgit derrière eux et a tôt fait d’en tataner un, puis de se battre avec l’autre jusqu’à tomber avec lui sous la glace d’un lac local.

Après avoir vu Bond disparaître « lors de cet incident dont personne n’aurait pu sortir vivant« , Silva reprend sa poursuite et finit par arriver à la vieille chapelle aux côtés de laquelle se trouvent les tombes de la famille Bond. Et pénétrant dans l’édifice religieux, il tombe nez à nez avec Kincade et M… et découvre que la vieille dame a été gravement blessée lors des mitraillages de son hélicoptère, et n’en a plus pour longtemps.

Soucieux de la tuer, et sachant qu’il n’a survécu que pour ça, Silva lui propose un super plan : « Vas-y, je mets ma tête à côte de la tienne, mon flingue sur ta tempe, comme ça, la balle nous tuera tous les deux en même temps, d’accord ? On mourra ensemble et ce sera super ! Non ?« 

Mais non. M grogne encore un peu, fait à nouveau tomber sa monnaie ou demande à voir tous les timbres disponibles au guichet, et ne doit son salut qu’à l’arrivée impromptue de Bond, qui finit au couteau le vilain Silva, parce qu’à l’ancienne, c’est mieux. Comme ça, hop.

Mais hélas, il est trop tard pour M, qui a déjà perdu trop de sang : mémé lâche donc quelques dernières phrases comme « Protégez le pays« , « Prenez soin de vous » ou « Je vais enfin rencontrer Horst Tappert« , puis s’éteint dans la chapelle Bond, remplissant une dernière fois sa couche.

Après un terrible fondu au noir, nous retrouvons donc, quelques temps plus tard, James Bond sur le toit du MI-6, observant l’horizon l’air pensif (mimez-lle chez vous, je vous l’ai dit, c’est facile). Il est cependant rappelé à ses obligations par Eve, qui a définitivement quitté le terrain pour devenir la secrétaire du nouveau patron de l’espionnage. Son nom entier étant « Eve Monneypenny », soit le nom de la secrétaire de M dans les premiers James Bond ! Ho bin ça alors, on l’avait pas vu venir, dites !  Quant à M… adieu mémé, bonjour Mallory ! Et là encore, même son bureau rappelle les premiers James Bond.

Tenez, regardez : c’est lui Mallory. Non, pas la poutre : l’autre.

Et donc, alors que James découvre cette nouvelle fine équipe, il est convoqué, car déjà, un nouveau dossier marqué « 007 » attend sur le bureau de M…

Le monde est sauvé, les méchants vaincus, la suite annoncée, on peut donc le dire :

FIN !

Hé bien merci Monsieur Bond. Quel talent.

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« Hoooo, James… vous êtes si séduisant je… « 

Isolés dans le couloir où quelques anciens tableaux venus de Russie veillaient paisiblement sur eux, James Bond et Irina resserrèrent leur étreinte. Sentant la respiration de la jeune femme s’accélérer alors que l’étreinte se faisait plus forte, 007 savait que comme tant d’autres, ce soir, elle serait sienne. Au loin, le tintement des coups et flûtes ainsi que le brouhaha des conversations lui rappelait qu’à quelques mètres d’eux, dans cette même aile de l’ambassade, la soirée battait son plein. Il s’avança pour l’embrasser tendrement, lorsque soudain, la jeune femme tourna la tête.

« Vous entendez James ?
- Que… non… non Irina. Il n’y a rien. Reprenons. 
- Si ! Ho, je veux aller voir ! »

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Repoussant l’agent britannique, la jeune femme se mit à courir en direction du coin du couloir pour rejoindre la soirée. Marchant d’un bon pas à sa poursuite, et notant que malgré ses appels, la jeune femme ne répondait pas, 007 la suivit jusqu’au grand salon où il la vit s’arrêter net.

Là, l’agent français qui l’avait ennuyé plus tôt était en train de jouer du piano, son verre posé sur l’instrument, les yeux fermés alors qu’il massacrait de son abominable accent une chanson de pop anglaise qui lui disait bien quelque chose. Quelque chose à propos d’un scientifique, ou qu’importe.

Quelques minutes plus tard, Irina, gloussante, quittait l’endroit au bras de l’agent étranger. Bond resta silencieux quelques instants, la mâchoire serrée et la main sur son Walther PPK. Sortant sur les marches de l’ambassade, il vit la jeune femme s’approcher d’une Peugeot, véhicule obligatoire chez les services secrets français pour redresser l’économie nationale.

« Laissez tomber Irina« , cria James, ragaillardi, depuis la porte de l’ambassade en direction du couple en bas des marches « J’ai mon Aston Martin qui nous attend, prenez une vraie voiture. »

La jeune femme se retourna, et contempla le sourire victorieux du britannique. Elle se contenta de lui répondre :

« Mais enfin, James, vous savez bien que le coffre ne sera jamais assez grand ! »

Puis, se tournant à nouveau vers le capot arrière du véhicule que le français venait d’ouvrir, elle grimpa sans hésiter.

La dernière chose que James aperçut, lorsque le coffre se referma, fut trois autres jeunes filles qui attendaient déjà à l’intérieur d’icelui, gloussant quelque chose au sujet de Coldplay et du piano.

James sentit un certain désarroi l’envahir.

« Lieutenant Ripley, venez vite !« 

Au son des appels impatients de l’ingénieur dans les micros de sa combinaison, l’officier se précipite en direction du signal de son compagnon, situé quelques mètres en contrebas dans la vallée rocailleuse où son équipage mène actuellement des explorations. Dans ce paysage désertique violemment balayé par des vents au relief fait d’immenses roches aux arêtes coupantes, la troupe du Nostromo déambule détecteur en main à la recherche de l’origine du mystérieux message les ayant menés jusqu’ici.

Dévalant la pente à toute allure pour se ruer vers son collègue, le lieutenant Ripley finit par tomber, au détour d’un pan de roche, sur ledit Parker, immobile, ouvrant de grands yeux ronds en direction d’un cratère à demi-dissimulé par d’immenses rochers au point d’en être invisible de là où le lieutenant se tenait précédemment. Alors que les autres membres du Nostromo accourent autour de l’ingénieur, celui-ci pointe un doigt vers la structure métallique occupant le centre du cratère, murmurant doucement ce qu’il vient de lire sur la coque sévèrement endommagée de ce qui s’avère être un vaisseau spatial.

« L’USCSS Odieux Connard…
- C’est impossible ! Ce vaisseau est porté disparu depuis des dizaines d’années, vous pensez que c’est son signal de détresse que nous aurions capté ? Allons voir. »
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Descendant en direction de l’épave de l’appareil, les membres du Nostromo sentent les gagner à la fois excitation et inquiétude, à l’approche de ce tombeau spatial. Finalement, en arrivant à quelques mètres du vaisseau, un cri résonne dans les radios de l’équipage.

« Là, regardez, tout le long de la coque, sur le flanc droit ! Des impacts ! Qu’est-ce qui a bien pu causer des dégâts pareils ? 
- On dirait… – s’étonne Ripley en s’approchant et posant deux doigts sur l’un des endroits endommagés de l’appareil avant de les frotter l’un contre l’autre – Oui… on dirait… de la merde.
- Pardon ?
- Ce sont des traces de tir de canon à incohérence, ou peut-être de torpilles à antimatière grise… nous devons entrer. Le message provient de l’intérieur de cette épave ! »

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Posant son gant contre un panneau sur le bord de l’appareil, Ripley provoque l’ouverture d’un sas menant aux obscures entrailles de l’épave ; bientôt, elle et ses compagnons s’engagent dans le corridor, balayant de leurs lampes de poche les plafonds d’où pendent câbles dénudés et tubes divers, alors qu’autour d’eux, partout se dévoilent des cabines désertes où trônent encore les restes de la vie qui avait parcouru ces couloirs : vêtements, bottes, objets du quotidien…

« Mais où sont les corps bon sang ? » – murmure Parker , s’abritant derrière Ripley, jusqu’à ce qu’enfin, cette dernière réponde.

« Là.« 

Pointant sa lampe vers l’issue du couloir où parait une salle plus large emplie d’écrans de commandes alignés autour d’un siège au cuir abîmé, Ripley fait apparaître dans le faisceau lumineux des dizaines de squelettes entassés les uns sur les autres, provoquant un gémissement d’effroi généralisé dans les micros des combinaisons de l’équipage du Nostromo.

« Quelque chose les a tués et… les a regroupés ici ! » marmonne Parker en tremblotant.

Finalement, rentrant dans la salle, Ripley s’approche doucement du siège au centre de celle-ci, et tendant une main tremblante vers le dossier de celui-ci, le fait pivoter d’un coup sec, révélant son contenu : un squelette en costume à cravate rouge, un cigare à demi-consumé encore coincé entre ses phalanges, et un verre d’alcool brun posé sur un accoudoir sous son autre main. Si elle n’avait pas su que cela était impossible, Ripley aurait juré que le tas d’os souriait. Tout le monde sursauta lorsqu’un squelette, visiblement accroupi contre le fauteuil en question là où autrefois l’homme en cravate rouge lui faisait face, s’écrasa au sol suite à cette rotation du siège. Dans un coin de la salle, un écran clignota.

« …. krsshh… USCSS Odieux Connard…krssh… gravement endommagé…. fuyez…fuyez…
- Regardez Ripley ! Le type sur l’écran, il a la même cravate, ce devait être le capitaine ! 
- krsssh… ce film… krsshhh…. est une merde.
- Moi je ne comprends pas pourquoi il fait krsshhh avec la bouche, il est con ?
- Votre gueule Parker, j’essaie d’écouter.
- … Prométhéus… grosse daube… vaisseau a subi trop de dommages… visionnage trop douloureux…
- Hein ?
- krsshhh… Ridley Scott a déclaré… « vouloir faire mieux qu’Avatar »… bon sang, Avatar… krsshhh… considérer ce film comme un gage de qualité… krsshh… aurait dû se méfier… trop tard…
- Regardez la lueur dans ses yeux, ce qu’il a vu a dû être affreux !
- krshhh… fuyez… krshhh… et si vous doutez… krsshhh… spoilons mes bons ! »

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Prêts pour la preuve que lorsque l’on est un réalisateur qui trouve qu’il serait super génial d’adapter le Monopoly en film, il serait peut-être temps d’arrêter ? Alors en route !

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L’affiche : contrairement à ce qu’elle laisse supposer, ce film n’est pas vraiment pour les grosses têtes.

Notre histoire commence quelque part sur une planète que nous appellerons la Terre, à une époque où tout est encore fier et sauvage : les vallées sont faites de roche nue où rien ne pousse sous le soleil, l’eau s’écoule en immenses et sauvages cascades, et en-dehors du grondement des flots, aucun cri, aucune parole, aucune chanson paillarde ou aucun son provenant d’une quelconque vie ne se fait entendre.

Du moins, c’est le cas jusqu’à ce qu’une immense soucoupe volante (il n’y a pas d’autre nom pour qualifier ce truc au design follement original) se décide à survoler l’endroit pétant un peu l’ambiance, et déposant sur place une silhouette encapuchonnée avant de repartir promptement, parce qu’après 17h, c’est super difficile de circuler sur le spatio-périph’, alors on se dépêche les enfants. Cela dit, pour l’énergumène resté sur place, les choses sont moins rigolotes : quittant sa pèlerine en tissu pourri (visiblement, son espèce fait des vaisseaux spatiaux aux formes plus ou moins ridicules, mais tricote toujours ses vêtements à la main à partir de matériaux grossiers), il nous révèle son apparence : celle d’un humanoïde massif, très costaud, la peau d’un blanc parfait, au crâne glabre et aux traits larges et nobles. Sitôt que ses copains sont partis, il profite de la solitude pour se mettre en slip (ah bravo, ça fait 5 minutes que tes potes sont hors de vue et c’est déjà la fête), puis saisissant un petit récipient à côté de lui, il en avale le contenu et commence à se sentir fort mal.

Oui, moi aussi j’ai pensé au départ qu’il se suicidait parce qu’il n’y avait rien à faire sur cette planète – même en slip, c’est dire – mais en réalité, c’est plus sérieux que ça.

Ce qu’il a absorbé est en train de le désintégrer purement et simplement, et il souffre le martyre en se roulant par terre, finissant dans la cascade voisine. Pourquoi ? Et bien parce qu’on constate que le but de l’opération est de disperser ses cellules et son ADN pour ensemencer cette planète et y créer la vie ! Bon, il aurait aussi pu y déposer des cellules d’une manière un peu moins débile que le suicide rituel, mais c’était un peu trop malin. Mais niveau trucs malins, ne vous attendez pas à grand chose.

Faisons un bond dans le temps, voulez-vous ?

Hop ! Nous sommes en 2089, et tout ce qui vit sur Terre n’a pas conscience d’être la descendance directe d’un alien humanoïde au teint de porcelaine (à part les gothiques, bien sûr). Quelque part sur une île d’Ecosse, des archéologues sont en plein travail de fouille d’une grotte préhistorique, avec à leur tête le docteur Elisabeth Shaw ainsi que son plus ou moins copain, Holloway, qui n’a pas eu le droit à un prénom comme la plupart des personnages du film car cela demandait un travail d’écriture trop important. Mais alors qu’ils sont occupés à farfouiller ici ou là, soudain, ils font une découverte bouleversante : une peinture rupestre peu banale ! Car, en effet, plutôt que d’écrire « Prout » ou « Gromulk a un tout petit silex« , un petit sagouin des temps anciens a préféré dessiner un humanoïde indiquant cinq boules au-dessus de sa tête. Et visiblement, la chose parle à nos héros, puisqu’ils semblent bouleversés. Hmmmm…

Vite, sautons encore dans le temps pour mieux comprendre !

Re-hop ! Et nous retrouvons 3 ans plus tard un vaisseau scientifique en pleine promenade dans l’espace : le Prométheus, engin ultramoderne emmenant 17 personnes, même si au final nous n’en connaîtrons pas la moitié. A bord, tout le monde est tranquillement en train de pioncer dans son caisson cryogénique, à l’exception d’un androïde d’apparence parfaitement humaine, David. Celui-ci s’occupe depuis les deux années que dure le voyage en regardant The Voice Lawrence d’Arabie, jouant au basket tout en faisant du vélo pour montrer qu’il est super fort, ou étudiant toutes les langues anciennes de la Terre histoire de pouvoir briller en société en sortant des insultes en araméen. Accessoirement, il profite aussi du sommeil de ses compagnons d’infortune, non pas pour les tripoter, mais observer leurs rêves via un casque relié aux modules cryogéniques (ne me demandez pas l’intérêt, c’est comme ça). Il peut ainsi constater que le Docteur Shaw a des songes dans lesquels elle se souvient de son papa qui lui disait « Niveau religion, tu crois ce que tu veux, j’m’en tape cordialement« . David, contrairement au spectateur lambda, semble trouver cela fascinant, mais finit par quitter le casque malgré tout, loupant le rêve suivant où le Docteur Shaw fait découvrir l’amour à un troupeau de ruminants. Tout va bien, du moins, jusqu’à ce que soudain, une terrible secousse ne remue tout l’endroit !

Un choc ? Un astéroïde ayant frôlé l’engin ? Une rave party dans la salle du réacteur ? Non !

« Nous arrivons à proximité de notre destination » annonce l’ordinateur de bord.

Ah bon ? Quand on arrive à destination, tout se met à trembler ? Ça ne suffisait pas la voix de l’ordinateur de bord ? Bon, ne cherchons pas, on aura qu’à dire qu’avant de partir, un farceur a collé un téléphone portable de 6 mètres sur 20 en mode vibreur sous la coque. Si vous avez une meilleure explication, je suis preneur, parce que sincèrement, je pense qu’il n’y en a pas. Mais bon, on fera sans.

Pour fêter l’arrivée, David est invité à procéder au réveil des passagers, et la toute première tirée du sommeil est une certaine Meredith Vickers, chef du bord, qui pour fêter sa sortie de son long sommeil commence par… faire des pompes. Oh. Okay. D’ailleurs, si on assiste à cette scène, c’est uniquement parce que David peut observer la blonde jeune femme ainsi se faire suer au travers d’une porte entrouverte. Et sachant que les portes du vaisseau sont en fait des sas qui font « Fouisch !« , il va falloir m’expliquer à quoi servent des sas qui restent entrouverts tout seuls, à part pour ce genre de scène n’ayant strictement aucun sens. En tout cas, peu à peu, les passagers sortent de leur sommeil, et commencent donc par aller se restaurer histoire de reprendre des forces (à part Meredith, donc, puisqu’elle peut commencer par faire des pompes après 2 ans sans manger), et on note d’ailleurs que c’est le grand luxe à bord : plateaux qui tournent, rations à volonté et surtout, d’énormes quantités d’alcool qui permettent à Holloway de passer son temps à être complètement cuit (c’est vrai : avoir des gars bourrés pour des missions super sensibles, c’est bien : s’ils sont pris par l’ennemi, ils prennent feu automatiquement grâce à l’alcool qui les imbibe avant de parler). Sans compter le fait qu’il est autorisé de fumer à bord pour avoir l’air cool, comme le fait par exemple Janek, le pilote (malgré les panneaux « Caution : explosive ! » disposés un peu partout par l’équipe ayant réalisé les décors pour faire vaisseau sérieux).

Holloway d’ailleurs, entre deux rots alcoolisés, tente de faire connaissance avec certains membres du bord en se présentant à eux, comme par exemple, Bubu le biologiste et Gégé le géologue. Ce dernier envoie d’ailleurs paître le pauvre archéologue, lui expliquant qu’il n’est pas ici pour se faire des amis, mais plutôt des testicules en or (le slip en diamant reste l’apanage des gens sérieux). Ah. Soit, dit Holloway, retournant picoler dans un autre coin du vaisseau, sans remarquer que tiens, comment ça se fait que je fasse connaissance avec des gens à bord, alors que bon, on est supposés être montés dans le vaisseau ensemble, voire s’être préparés au voyage en groupe avant ? Rassurez-vous, niveau nombre d’incohérences à la minute, on a pas fini : la preuve, la suite.

Voici Gégé le géologue. Notez qu’il est roux, et donc foutu d’avance.

Donc, tout l’équipage est convoqué en salle de briefing afin de commencer à se remettre au boulot après deux ans à pioncer, et à défaut de powerpoint avec des gifs animés dans tous les coins comme il se doit avec ce genre de support navrant, c’est un enregistrement holographique qui est diffusé à la troupe. On voit alors apparaître, au milieu d’un luxueux bureau, la silhouette d’un homme particulièrement âgé, qui se lance dans un fameux soliloque.

« Bonjour les amis, je suis Charles Weyland, le type qui a financé votre mission. Comme vous le remarquez, je suis très très vieux, genre plus de 100 ans, mais le réalisateur a malgré tout choisi de me faire jouer par un acteur particulièrement jeune et complètement surmaquillé, histoire que ce film coûte plus cher et sonne encore plus faux : avec un tel sens de la logique, ce mec aurait pris Jeanne Moreau pour jouer Hermione dans Harry Potter, mais passons. Je tenais simplement à vous dire que cette vidéo ne servait à rien, puisqu’en fait, je compte laisser la parole aux deux archéologues du bord et chefs de mission, les docteurs Holloway et Shaw. Ah, si pardon, j’allais oublier : à l’heure qu’il est je dois être mort, hohoho, et je tenais à dire sans raison aucune que l’androïde avec vous, David, est pour moi mon SEUL ENFANT *clin d’oeil* et je ne dis pas ça au cas où j’en aurais un AUTRE A BORD *clin d’oeil* bon allez, coupez moi cet enregistrement, tout cela est beaucoup trop ridicule. Je ne suis même pas sûr de savoir ce que je fous dans ce film.« 

Sitôt l’hologramme coupé, Holloway et Shaw se lèvent pour prendre la parole à leur tour car on apprend que l’équipage n’est même pas au courant de la mission qu’il doit accomplir. Pardon ? Mais alors ils ont été recrutés comment ? « Salut, on va vous envoyer dans l’espace, et après deux ans de sommeil loin des vôtres, promis, on vous dit pourquoi » ? C’est bien, comme concept. On sent le truc réfléchi Mais revenons-en au briefing, donc, qui aurait eu plus de sens AVANT de monter dans la navette qu’à 10mn d’en descendre, et n’aurait rien changé à part virer une incohérence, mais pour ce que j’en dis, passons.

« Bon heu… bonjour, on va vous expliquer le topo : nous sommes archéologues, et nous avons trouvé dans différents endroits du monde, chez différentes civilisations d’époques différentes n’ayant jamais été en contact les unes avec les autres, des bas-reliefs, peintures et autres montrant toujours la même chose : un humanoïde désignant 5 planètes toujours alignées de la même manière. Or, il n’existe qu’un endroit dans l’univers connu – et qui plus est, découvert que récemment ! – ayant cet alignement : un ensemble de planètes avec un joli soleil… et l’une d’entre elles, Trouloulou-42 ayant de fortes chances d’accueillir la vie ! Donc on suppose que ces oeuvres sont des invitations à venir rencontrer ceux que nous avons appelé les « ingénieurs » et qui pourraient nous avoir créés… nous. Voilà, donc on va tenter de percer un secret peut-être aux origines de la vie sur Terre ! Et tout ça financé par le gentil M. Weyland, c’est cool non ? »

Vous avez bien suivi ? Donc, des civilisations humaines différentes ont réussi à reproduire un schéma planétaire n’appartenant qu’à un seul endroit dans tout l’univers connu alors qu’elles même ne le connaissaient pas, on en déduit donc que c’est une invitation. Je pose plusieurs questions, comme ça, au hasard :

  • Comment les civilisations en question ont-elles pu faire une reproduction si précise pour qu’on ne la confonde par avec un autre système ? Les aliens venaient régulièrement leur rendre visite pour faire des bas-reliefs « imitation d’époque » (pour ne pas jurer avec la déco) avec leurs outils futuristes ? Ah les aliens, on les connait : on les laisse 5 minutes et on les retrouve sur le Champ de Mars à vendre des contrefaçons à la sauvette !
  • Vous n’avez pas pensé que, puisque vous n’avez pas découvert tout l’univers, si ça se trouve, ce schéma renvoie justement à un autre système inconnu à l’heure actuelle ?
  • Du coup, pourquoi ne pas avoir envoyé un satellite en reconnaissance, déjà, avant d’aller dans l’espace ?
  • Mieux encore, puisque vous avez des androïdes, pourquoi ne pas avoir envoyé que ça ? Ca coûte moins cher en oxygène, en nourriture et boisson, ça bosse au lieu de dormir deux ans et ça ne demande pas de salaire. Un peu comme les stagiaires ou les sans-papiers au sous-sol de mes bureaux.
  • Pourquoi ce film passe son temps à se vautrer alors qu’on en est qu’au début ?

Heureusement, dans la salle, quelqu’un tente bien une question : c’est Bubu le biologiste !

« S’cusez moi… vous voudriez dire que vous ignorez 3 siècles de Darwinisme ? Qu’on aurait été créés par de mystérieux aliens ? L’évolution, tout ça… non ?« 

Et là, attention, réponse de Shaw, notre héroïne qui sait tout et argumente avec brio :

« Oui. Parce que c’est ce que j’ai choisi de croire.« 

Croyez-le ou pas : ça cloue le bec à notre biologiste. Faut dire que c’est tellement bien argumenté, c’est beau. Moi je crois qu’il faut gifler Ridley Scott, c’est ce que j’ai choisi de croire. J’ai bon ?

Cela étant dit, tout le monde se disperse, et Vickers fait signe à Holloway et Shaw pour qu’ils la suivent jusqu’à sa cabine : elle aimerait leur parler en privé. Après avoir accepté et suivi la chef de bord, les deux archéologues pénètrent dans le quartier privé de la damoiselle, qui s’avère être diablement luxueux. David, qui a accompagné les humains jusque là, se lance alors dans un exposé pas du tout sorti de nulle part « Oui, c’est très luxueux. D’ailleurs vous ai-je dit, alors que je n’ai pas de raison de le faire, que ce quartier du vaisseau était entièrement autonome et détachable ? Il produit son propre oxygène, sa propre nourriture… bref, c’est un canot de sauvetage« .  Je sais pas vous, mais moi, quand le commandant du navire vit dans le canot de sauvetage, j’ai moyennement confiance. Il y a même sur place, à la grande surprise de Shaw, un Medifuck-3000; une sorte de sarcophage de verre automatisé capable de faire n’importe quelle opération chirurgicale (on peut faire des super blagues avec, comme bourrer la gueule d’un copain et le coller dedans pour lui greffer des prothèses mammaires, on se marre trop avec Medifuck-3000) ou autre à disposition dans l’une des pièces des quartiers de Vickers. La classe.

Fort heureusement, vous noterez que seules les donzelles pas trop mal foutues se sont vu affecter un uniforme moulant. Subtil non ?

En tout cas, la jeune femme les prend à part et leur explique ce qu’elle voulait leur dire :

« Vos ingénieurs, là, ils sont sympas et tout, mais je vous préviens, interdiction de rentrer en contact avec eux. Je sais que toute cette expédition a été montée uniquement dans ce but, mais ne me demandez pas pourquoi, je suis contre sans raison, ça faisait bien trente secondes qu’on avait pas tenu un dialogue juste pour tirer une balle dans le pied de l’intrigue alors voilà, c’est fait, reprenons.« 

Pardon ? Que vient-il de se passer ? Je… ok. Toujours est-il que nonobstant ces discussions sans intérêt, le Prométhéus poursuit lui sa course, et s’engage désormais dans l’atmosphère de Trouloulou-42, piloté avec Brio par Janek, alors que bientôt se dévoile le paysage local : des roches, encore et encore, de la terre stérile, et du minerai en abondance. Tout parait désert – nenni de vie sur cette planète, tout cela serait un échec ? – jusqu’à ce que soudain, la troupe repère des lignes droites dans le sol : des créations artificielles ! Ces lignes mènent jusqu’à un dôme rocheux, et l’équipage décide qu’il serait bon de se poser à quelques centaines de mètres dudit dôme, afin de lancer une expédition sur cette première découverte. En quelques minutes, l’imposant vaisseau scientifique a tôt fait de se poser à l’endroit voulu, et ce avec grâce s’il-vous-plait ; voilà, l’humanité vient peut-être d’atterrir sur la planète de ses créateurs. Tatatsoin, fait l’orchestre qui accompagne toujours ce genre de moments, car nul équipage sérieux ne saurait se déplacer sans son orchestre philarmonique.

Aussitôt, chez les scientifiques, c’est la grosse excitation : tout le monde veut aller visiter le fameux dôme, et saute dans sa combinaison magique pour se préparer à une sortie ; Janek râle, précisant que la nuit tombera dans 6 heures, et qu’il serait plus sage d’attendre le lendemain matin, mais sentant bien que s’il ne les laisse pas sortir, ils vont être tout excités et pisser un peu partout dans le vaisseau, il laisse partir une petite troupe de galopins vers l’objectif, en leur demandant de faire vite (un scientifique lance évidemment à un soldat les accompagnant « Ah non, pas d’armes ! » car comme chacun sait, cette phrase vue et revue est incroyablement à sa place lorsqu’il s’agit de rentrer en contact avec une civilisation inconnue – d’ailleurs, l’arme la plus répandue à bord est le lance-flammes, ce qui est à la fois peu pratique et un peu con. Et les gars aiment bien tirer avec toutes les 5 secondes sans raison en l’air, juste pour faire de la lumière. Okay, ce n’est donc pas un orchestre philarmonique qu’ils ont emmené, c’est l’équipe pyrotechnique de Rammstein). Ni une, ni deux, tout le monde saute dans un gros véhicule blindé ainsi que deux buggys (pourquoi tout le monde ne monte t-il pas dans le blindé ? Mystère), et file quelques centaines de mètres plus loin vers la curieuse structure rocheuse. Avant même d’être arrivés au pied de celle-ci, les détecteurs s’affolent : le bidule est creux – comme le scénario. Intéressant !

Lorsqu’enfin, tout le monde est au bas du dôme, la petite équipe descend des véhicules, le reste de l’équipage suivant l’épopée depuis le vaisseau grâce aux caméras et micros des combinaisons de chacun. Très vite, les choses se mettent à bien avancer, puisqu’après avoir trouvé une entrée vers une galerie s’enfonçant dans l’endroit Gégé le géologue sort de sa poche des drones utilisant des lasers pour filer dans toutes les directions et faire un plan extrêmement précis de l’endroit (heureusement que personne n’a emmené de chat, autant de lasers sur les murs, l’animal péterait une crise de frénésie). Pratique ! A bord du Prométhéus, on voit donc doucement se dessiner sur un hologramme le schéma des galeries, ce que l’on surveille avec attention.

Première découverte : pour de mystérieuses raisons, l’air est respirable dans cet endroit, pourtant ouvert sur l’extérieur sans aucune séparation. On ne saura jamais pourquoi, on supposera que c’est magique, schazam ; nos scientifiques, en bon professionnels, décident donc de tous retirer leurs casques, afin de s’assurer d’avoir le moins de protection possible et de s’exposer à tout ce qui doit traîner comme saloperie sur cette planète et que leur organisme ne saurait combattre (le rhume de Trouloulou 42 est légendaire). Accessoirement, l’un des dialoguistes a jugé opportun d’ajouter gratuitement dans le propos d’un personnage qu’il faisait – 27 degrés dans l’endroit, mais visiblement, même sans casque, personne ne fait remarquer qu’il fait un peu froid et qu’il vaudrait mieux rester couvert, mais allez, poursuivons : la fin de cette daube est encore loin.

L’équipe s’enfonce donc un moment dans une galerie jusqu’à ce que David fasse une découverte qu’il ne partage pas avec le groupe : il tombe sur un petit panneau dans le mur, qu’il parvient à déchiffrer grâce à sa logique issue de l’étude des langues anciennes : c’est un système d’enregistrement holographique. Mais plutôt que de prévenir qui que ce soit, il appuie directement dessus, provoquant un immense flash lumineux dans les couloirs : ceux-ci s’animent alors des fantômes holographiques de la dernière activité connue de l’endroit, à savoir, non pas une soirée mousse, mais d’immenses humanoïdes en armure fuyant visiblement quelque chose. Autant le dire : il y a quelques combinaisons qui se font souiller dans des bruits liquides à cette vue quelque peu surprenante chez nos héros ; Shaw, elle, part à la poursuite du groupe des fuyards holographiques, assistant à la fin de l’enregistrement lorsque le groupe de créatures passe une porte qui se referme derrière eux, abandonnant l’un des leurs à la traîne, s’effondrant au pied de l’endroit lorsque l’ouverture se clôt devant lui.

David vient de repérer un bouton sur lequel il n’avait pas encore eu l’occasion d’appuyer au hasard ; vite, hardi petit !

L’hologramme s’arrête… et les scientifiques se retrouvent donc nez-à-nez avec le cadavre du traînard, toujours allongé devant la porte qu’il n’avait pu passer. Décapité, les premières études indiquant qu’il est mort depuis près… de 2 000 ans. L’enthousiasme est général suite à cette découverte d’un être d’un autre monde, à part pour Gégé et Bubu, qui ont un peu flippé, et ont sérieusement besoin d’aller changer leurs combinaisons : avec l’autorisation de Shaw, ils décident de retourner au Prométhéus (sachez que dans ce film, on ne sait jamais vraiment qui commande : des fois, tout le monde se tourne vers Vickers, parfois Janek, parfois Shaw… visiblement, c’est un équipage à présidence tournante, une sorte de Space-Bruxelles).

Holloway lui a repéré des signes au-dessus de la porte, et demande à David de les traduire. Pour la deuxième fois, David, plutôt que d’obéir, décide d’ouvrir la porte sans aucune sécurité et sans déchiffrer ce qui est inscrit parce que, hein, bon, vous savez, c’est très secondaire tout ça, et puis si ça se trouve, il est inscrit « Celui qui lit ça est un con« . Bref, à la surprise générale, la porte devant nos héros se soulève donc dans un bruit sourd, dévoilant… une étrange salle. Celle-ci a au plafond une voûte présentant une fresque qui s’efface lorsque nos héros y entrent (« Ah bin merde, on aurait peut-être pas du respirer à proximité, garder les casques aurait été intelligent, quel dommage qu’on soit cons ! Mais ne les remettons pas pour autant : il y a peut-être d’autres fresques à bousiller en bons archéologues que l’on est. »), mais surtout, présente une immense sculpture de visage humain, au crâne chauve et aux traits nobles ! Curieux. Celle-ci est entourée de dizaines et dizaines d’amphores, que David commence  à étudier, sans là encore faire partager sa découverte : les amphores semblent « suer« . Dans le doute, il en embarque une, ce que personne ne voit, puisque bon, ça ne fait jamais qu’un mètre de haut, ça ne doit pas se remarquer.

Et en effet.

Le reste de l’équipe se concentre de son côté sur une découverte toute différente : la tête du cadavre trouvé devant la porte est encore là (la porte a décapité le Monsieur sans abîmer la tête et en faisant une coupure nette : ça devait être une porte Black & Decker) ! Elle n’a rien d’humain, puisque de forme allongée avec un vieux morceau de trompe à l’avant, et la troupe décide de l’emmener pour étude, particulièrement lorsque Janek annonce sur les micros qu’une tempête de silice approche, avec foudre & co, et des vents à 200 kilomètres heures. Tout le monde ressort donc en courant, récupère les véhicules, et Shaw, plutôt que de mettre sa tête d’alien dans le blindé, la transporte sur un buggy, ce qui fait qu’elle se vautre au sol au moment de rentrer dans le Prométhéus : malin ! Elle part à sa poursuite, malgré la tempête qui les a rattrapés (car elle était évidemment juste derrière eux pour plus de spectacle), voit son casque fouetté par des copeaux de minéraux divers, et ne doit son salut qu’à l’intervention d’Holloway puis de David, partis la récupérer dehors. Tout le monde après ces aventures peut donc remonter en paix à bord pour étudier les découvertes du jour.

Tout d’abord, la tête d’alien, donc ! La bougresse est emmenée en salle d’étude, et rapidement, il apparaît que ce n’est pas une tête, mais un casque ! Et sitôt ouvert, on voit paraître à l’intérieur un visage bien humain mais surdimensionné au teint blanc et aux traits larges, comme au début du film (ou sur la tête sculptée qui ornait la salle où ils l’ont trouvée, donc), en parfait état (2 000 ans sans se décomposer ou même avoir l’air un peu moins en forme, bravo). Shaw a alors une superbe idée : « Hey ! On a notre bidule qui permet au système nerveux de croire qu’il est encore vivant : on va ressusciter sa tête, pour voir ! » et effectivement, elle plaque contre l’une de ses oreilles une sorte de baladeur qui diffuse en boucle des phrases prononçant « Hey ! Ostie, t’es mort ? Hey ! T’es mort ? Dis ? » avec un accent québécois, le tout en boucle, ce qui rendrait fou même un mort. La tête a donc tôt fait d’ouvrir les yeux et de grimacer parce que merde, c’est insupportable, mais se contente de commencer à enfler (un peu comme quand un individu normal écoute du Céline Dion), l’obligeant à être mise en isolation avant de faire sproutch. Bon… bin on va en rester à l’analyse de son ADN alors, parce que pour le coup, maintenant, l' »ingénieur » ressemble plus à un flan aux fruits qu’à une tête.

David de son côté, est allé s’enfermer dans un coin du vaisseau que personne n’a remarqué (pourtant, c’est pas grand !) : une chambre à part où il s’entretient avec un caisson cryogénique qui lui donne des ordres et qu’il appelle « Monsieur » (parce qu’il y a quelqu’un dedans, pas parce qu’il a envie d’appeler ainsi un caisson ; même s’il appelle parfois la bouilloire « coquine« , mais les androïdes ont de curieuses pratiques sexuelles). Saurez-vous deviner qui est ce mystérieux passager clandestin ? Toujours est-il que Vickers semble aussi au courant de sa présence à bord, et que la personne dans le caisson semble donner les ordres (Holala, je me demande bien qui c’est sachant qu’on ne nous a parlé que d’un seul autre personnage qui ne soit pas officiellement lié à l’équipage et qui fait partie des seuls à avoir un nom et prénom !), particulièrement le fait qu’il faut « poursuivre les efforts dans les recherches ». Hmmm, ce doit être Monsieur de La Palisse là-dedans, en fait.

L’androïde retourne donc à sa cabine, où il a ramené sa grosse amphore sans que personne ne lui pose la moindre question, ou même ne remarque la chose ; après l’avoir laissée au frigo pour la boire fraîche, il se décide à l’ouvrir pour voir ce qu’elle contient : des tubes en verre abritant une curieuse substance noire, la même que l’on a vu notre ami tout blanc absorber au début du film pour se décomposer et créer la vie. David en prend donc une, l’ouvre sans précaution parce que c’est pour les nuls, et sort une goutte de cet étrange liquide  noir pour la poser sur son doigt, où elle semble prendre la forme d’un granulé. Cela fait, il va trouver Holloway, encore occupé à se bourrer la gueule (là encore, sans que personne ne dise rien), et lui colle le tout dans son verre, qu’il boit sans s’en rendre compte, parce que hihihi, tiens, si je collais un truc sans même l’étudier dans un verre des humains du bord ? Ce qui prouve bien qu’il faut toujours surveiller son verre sur ce blog, diable, ce film a au moins ce mérite, même si à un moment, j’avais très envie de me droguer pour passer cette épreuve cinématographique. A noter qu’Holloway, comme tout l’équipage, traite David comme de la merde au motif que c’est un androïde, et que Weyland a bien dit qu’il le considérait comme un fils. Insulter gratuitement le fils de son patron pour un oui ou un non : une excellente idée, là encore, tellement logique. Ce film enchaîne les non-sens.

Au passage, sachez ceci : lorsque nos héros sont retournés au Prométhéus, on leur a demandé où étaient ces deux pétochards de Gégé et Bubu, et les scientifiques se sont donc étonnés qu’ils ne soient pas rentrés sachant qu’ils étaient partis avant. La réponse a été bien vite trouvée grâce aux systèmes de communication : ces deux andouilles se sont perdues dans le dôme en cherchant la sortie. Oui, vous avez bien lu : Gégé, responsable des drones de reconnaissance – et donc de guidage – et Bubu n’ont pas réussi à trouver la sortie en marchant et malgré tous leurs outils, sachant qu’ils étaient en plus en communication constante avec le Prométhéus ayant un plan des galeries et leur position en permanence, quand dans le même temps, le reste de l’équipe qui est sorti en courant et paniqué parce qu’une tempête arrivait droit sur eux a trouvé du premier coup sans rien demander à personne. C’est tellement cohérent.

« Mais comment ces deux cons ont-ils fait pour se perdre alors que tous les plans montrent qu’on est venu en ligne droite ? »

Il a donc été convenu que nos deux champions resteraient dans le dôme pour la nuit (ce qui les a enchantés), le temps que la tempête passe et que le jour se lève. Nos deux loulous ont donc décidé, plutôt que de ne pas bouger (et sachant qu’ils avaient eu la pétoche), de se balader dans tous les sens dans les galeries alentours en chantonnant. C’est logique. Ils finissent d’ailleurs par arriver devant une nouvelle porte, où quantité d’autres corps d’extraterrestres comme celui trouvé plus tôt attendent : ils se sont entassés devant l’entrée comme s’ils fuyaient quelque chose (l’élection de François Hollande, probablement, cette porte doit mener vers la Suisse), et certains d’entre eux ont des trous dans le crâne, le bide, bref, rien de joyeux.

Janek, qui suit tout ça sur les écrans en écoutant les communications des deux loulous, décide que cette découverte ne vaut ni la peine d’informer les archéologues de cette pêche miraculeuse, ni même le moindre commentaire ou la moindre réaction. D’ailleurs, il faudra m’expliquer, sachant qu’on avait clairement entendu que la tempête « allait provoquer des perturbations et couper les communications« , pourquoi alors qu’elle dure encore, on capte parfaitement les aventures de nos deux larrons. Au passage, les senseurs repèrent une forme de vie immobile à l’extrémité d’une galerie, qui finit par disparaître au bout d’un moment. Cela fait encore plus péter de trouille le géologue et le biologiste bloqués sur place, mais curieusement, ils en déduisent qu’il leur faut encore plus courir dans les couloirs dans tous les sens à l’aveuglette les bras en l’air. Janek trouve d’ailleurs tout cela tellement anodin, le charnier extra-terrestre, la forme de vie inconnue, et ses deux gars isolés pour la nuit, qu’il décide de ne demander à personne de monter la garde et de plutôt aller baisouiller Vickers. Il aurait regardé Derrick qu’il n’aurait pas réagi autrement.

On est au-delà de la nullité là. Très au-delà.

Toujours est-il qu’à l’autre bout du vaisseau, Holloway toujours cuit s’en va trouver la petite Shaw, pour lui dire qu’il lui montrerait bien la position du moulin étrusque, même si Shaw tente de casser l’ambiance en ramenant sur le tapis le fait qu’elle est malheureuse d’étudier l’origine de la vie quand elle est elle-même stérile, et annonce sa grande découverte à Holloway : l’ADN de l’alien… c’est le même que celui des humains !

D’accord. Le même. Et donc, pourquoi ne sont-ils pas humains alors ?

Et surtout, s’ils sont à l’origine de la vie sur Terre, il n’y a pas que des humains, alors quoi : le mérou, l’éléphant et le hamster descendant eux-aussi dudit alien, ils ont eux aussi le même ADN que l’humain ? Bon, écoutez : baisouillez et arrêter de dire des conneries, qu’on en termine plus vite avec ce film, merci. Ce que nos héros font, car se soumettant comme toute personne raisonnable à mon charisme qui lui ne l’est pas.

Mais revenons au dôme ! Car maintenant que tout le monde fait dodo à bord du Prométhéus, Bubu et Gégé peuvent donc déambuler en paix dans les galeries désertes, en allant dans les coins qui font trop peur, soit l’exact opposé de ce qu’ils déclaraient vouloir faire quelques instants plus tôt. Par exemple, et fort logiquement, en allant passer la nuit dans la salle où ils avaient refusé d’entrer, celle avec les amphores, la sculpture de tête géante, etc. Là encore, tout cela est très logique. Sauf que sur place, un curieux liquide noir suinte de toutes les amphores, qui ont visiblement réagi à l’entrée d’être vivants trop cons pour respirer dans leur casque plutôt que dans l’air ambiant, créant de véritables mares sur le sol, et dans l’une de ces flaques… du mouvement ! Ah !

Sauf que notre biologiste, jusqu’ici pétochard, a soudainement envie d’étudier la faune qui vit dans les mares de liquide noir dans des coins avec des extra-terrestres morts en tous sens, massacrés par on ne sait quoi (… oui, hein ?), et s’approche donc de l’endroit d’où provenait le mouvement pour noter qu’une sorte d’étrange serpent semble traîner dans le coin. Il approche donc son doigt en faisant « Petit petit petit ! » (véridique), et insiste même quand le bestiau se met à siffler et à présenter d’inquiétantes dents (chhht, chhhht, laissez, ça ne dénote pas avec le reste), jusqu’à ce que finalement, la bête saute sur son bras, s’enroulant autour avec tant de force que même avec l’aide de Gégé pour tenter de le libérer, le bras de Bubu est pété sous la force de l’animal. Le géologue tente bien une solution de secours pour sauver son ami, en sortant un couteau de sa ceinture pour décapiter la bête, mais jaillit alors un jet d’acide qui ravage le casque de l’ami des roches et cailloux, le faisant choir, sans protection et tête la première, à son tour dans le liquide noir qui s’accroche à son visage et commence à le ravager. Bubu, lui, le bras en vrac et paniquant à raison, voit la tête de l’animal décapité repousser, et ce dernier entrer dans sa combinaison (comme ça, hop, sans préliminaires ou même restau pour faire connaissance) avant de rôder dans son casque… et de le tuer. D’accord.

Pour la petite histoire, concernant le « D’où sortait cette merde, sachant que le liquide noir dans les amphores semblait jusqu’ici désintégrer les êtres vivants, et pas générer des serpents géants aléatoirement« , on peut supposer soit qu’il s’agit de lombrics, qu’on avait entraperçus dans la salle quelques heures auparavant (les mêmes que sur Terre, quelle coïncidence ! Que foutaient-ils là ?), qui ont affreusement muté dans le liquide noir en quelques heures au lieu de se décomposer, se transformant en serpents géants tueurs à petites dents au sang acide et se régénérant à volonté en quelques secondes sans aucune raison, soit que quelqu’un a juste écrit cette scène en barbouillant une page blanche d’une autre matière noire que l’on retrouve souvent dans les cabinets après des soirées fajitas. Au choix. Vous avez toujours envie de poursuivre ?

Le lendemain matin, à bord du Prométhéus, tout le monde se lève dans la joie et la bonne humeur.

A part peut-être Holloway, qui a une sacrée gueule de bois et les yeux un peu rouges à force de picoler à la villageoise toute la journée ; mais en observant de près tout ça dans le miroir, il note, l’espace d’un instant, une sorte de tout petit trait noir dans le blanc de son oeil (berk, je sais) qui semble avoir pris la fuite lorsqu’il a voulu voir ça avec une meilleure lumière. Bien que pas en super forme, et supposant probablement que c’est encore Shaw qui a défaut d’accueillir la vie en son sein, a dû y entretenir quelques MSTs,  il va se préparer et enfiler sa combinaison pour l’expédition du matin, afin d’aller récupérer Bubu et Gégé dans le dôme. A noter que :

  • Personne n’a remarqué qu’ils étaient morts (alors que toutes les combinaisons suivent le rythme cardiaque de leur occupant et envoient ces informations au Prométhéus)
  • Personne n’a pensé à inspecter ce que voyaient leurs caméras
  • Personne n’a pensé à observer les enregistrements de la nuit pour savoir ce qu’il leur était arrivé

Mais sinon oui, tout le monde est particulièrement stupide, là-dessus, aucune inquiétude. D’ailleurs, sachez que du film, plus personne n’évoquera jamais la forme de vie immobile qui était apparue un temps sur les écrans, et d’ailleurs, les mêmes détecteurs de vie n’auront jamais repéré ce qui a tué nos deux loulous sans que ça n’inquiète personne. Soyez prudents, puisqu’à partir de maintenant, beaucoup d’éléments vont, comme ça, sortir du film comme si on les avait introduits dans le scénario avant de les oublier et ce sans se relire. Prêts ? On poursuit.

« Ridley, c’était quoi alors la forme de vie qui se manifestait toutes les deux heures ? T’avais des moufles en plus de ton blouson pour écrire l’intrigue ? »

A nouveau donc, les véhicules s’élancent vers le dôme et vomissent leur contingent de scientifiques en direction de la salle des amphores, où Gégé et Bubu étaient supposés être « aux dernières nouvelles » dixit Janek, sachant qu’il faudra me dire d’où proviennent les dites nouvelles si personne n’a regardé les enregistrements de la nuit, et sachant que Janek était justement parti baisouiller avant que les deux larrons ne se dirigent vers la salle en question. Bref.

David part seul de son côté (encore) sans que personne ne trouve rien à y redire, et parvient à passer une nouvelle porte, restée fermée jusqu’alors (pas celle avec tous les cadavres d’aliens devant : celle-ci, plus personne ne semble s’en soucier, on en parlera plus non plus du film, hoplà, disparition !), et l’ouvre, accédant à une salle cette fois ouvragée, avec des sarcophages et un siège devant un tableau de commande. En déchiffrant les boutons (qui sont des boutons sympas : quand on appuie dessus, ils sont tout mous et font un son rigolo, comme les jouets pour enfants, et surtout, permettent à quelqu’un n’y connaissant rien mais étudiant les langues de pouvoir les déchiffrer, ça tombe bien alors !), l’androïde parvient à activer une nouvelle séquence holographique (toujours pas de soirée mousse alien, c’est très décevant), où il voit des humanoïdes géants cette fois-ci s’enfermer dans les sarcophages (un seul est encore vivant depuis le temps), après avoir étudié une carte des étoiles, et plus particulièrement… la position de la Terre ! Après avoir observé la chose, David active bien naturellement ses pouvoirs de téléportation (l’une des caractéristiques des films de Ridley Scott), et rejoint le reste du groupe à l’autre bout des galeries, comme ça, hop.

Arrivés dans la salle des amphores et du visage sculpté, Shaw & co ont deux soucis : tout d’abord, ils constatent qu’Holloway est malade, et que son état empire de minute en minute : son visage noircit, semble se décomposer par endroits, bref, il ne va pas bien. Et dans le même temps, une autre partie de l’équipe tombe sur le corps de Bubu (mais pas de Gégé, qui n’intéresse visiblement personne), et constatent que ce qui l’a tué est encore planqué dans son corps : jaillissant de sa bouche, l’espèce de serpent qui l’a massacré jaillit et agresse une autre donzelle ! En conséquence de quoi elle…

… disparait du scénario. D’après le casting, elle s’appelait Imora, et n’apparaîtra plus passé cette séquence sans qu’elle soit morte pour autant. Okay, bravo. J’imagine bien l’actrice à qui on dit :

« Voilà, tu peux partir !
- Mais ? Mon personnage était encore vivant, pourquoi ? Il lui arrive quoi ?
- Ho, la relou avec ses détails ! Casse-toi, c’est un film à 130 millions ici, c’est sérieux, on est occupés ! »

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Tout le monde se replie à folle allure vers les véhicules et retourne vers le Prométhéus pour y soigner Holloway, mais malgré les ordres de Janek, parti en expédition avec la troupe sans motif particulier, la rampe du vaisseau ne s’abaisse pas à leur arrivée, faisant perdre un temps précieux pour soigner le malade. Ce n’est qu’après avoir lourdement insisté par radio que la chose s’ouvre, mais… l’entrée est cette fois-ci gardée par Meredith Vickers, armée d’un fidèle lance-flammes (encore une fois, quelle arme pratique) ! Qui explique qu’elle refuse de contaminer le vaisseau avec l’infection inconnue d’Holloway. Alors bon, certes, le vaisseau a un secteur de quarantaine, mais merde, si on commence à utiliser le secteur de quarantaine pour mettre des gens en quarantaine, ce serait presque cohérent et on perdrait l’esprit du film, alors Holloway doit rester à l’extérieur ! Shaw a beau supplier de les laisser entrer, finalement, c’est Holloway lui-même qui conclut les choses : il a trop mal, sait qu’il est condamné, et s’avance vers Vickers en la suppliant de tirer, ce qu’elle fait ; le passage brutal du statut d’archéologue à celui de merguez étant dur à encaisser, le brave scientifique meurt, bouleversant l’équipage (personne n’évoquera plus cet incident mineur, re-disparition !), au point que Shaw en finit inconsciente.

A son réveil, la bougresse commence, comme à tous ses réveils, par se demander ce qu’elle a foutu hier soir. Mais elle constate  vite qu’elle est à l’infirmerie, avec David penché au-dessus d’elle, lui expliquant qu’elle va bien, à part sur un point : elle est enceinte. « C’est pas banal« , se dit l’archéologue, puisque stérile aux dernières nouvelles : la maladie d’Holloway aurait-elle rendu ses coucouilles magiques ?

Visiblement, plus que prévu, car David ajoute qu’elle est enceinte de trois mois, et l’embryon n’est pas humain. Ne me demandez pas comment David est capable de donner la maturité de gestation d’un embryon d’une race inconnue, je pense qu’il n’en sait rien non plus, mais sachant que notre héroïne n’a joué à touche-pipi que la nuit précédente, tout le monde en déduit que le bestiau dans son bidou grandit bien vite. Elle veut se le faire enlever, mais David lui explique gentiment qu’ils verront ça sur Terre, et que par sécurité, ils vont la remettre en stase cryogénique. Pour la calmer, il lui file un bon gros antidouleur, ce qui la fait s’évanouir aussitôt.

A son nouveau réveil (deux fois en si peu de temps, on dirait John Carter), Shaw n’a plus envie de rigoler : entourée par deux scientifiques qui veulent la préparer à une remise en stase, elle les bouscule pour s’enfuir, et grâce au pouvoir navrant de ce film, nous n’entendront plus jamais parler de ces deux personnages non plus, qui ne partent pas à sa poursuite ou quoi que ce soit : ils disparaissent juste, pif pouf. C’est lourd hein ? Alors imaginez quand on est devant.

Elizabeth erre donc dans les couloirs en petite tenue, courant jusqu’aux quartiers de Vickers pour foncer vers le Medifuck-3000 et lui demander une opération.

« Ce système n’est conçu que pour un patient mâle« , lui répond la machine, un brin sexiste, oubliant d’ajouter « Sachant qu’au prix du bousin, je pourrais aussi être configuré pour une femelle, mais tout cela est juste un prétexte pourri pour rajouter du trash dans ce film en empêchant de faire une opération propre. » ; grognon, Shaw décide donc de programmer la machine pour une autre intervention proche histoire de quand même se faire retirer ce qu’elle a dans le bide : elle programme « Oui je suis un mâle, ta gueule, blessure au bas ventre en profondeur, corps étranger à retirer« .

Par contre, si c’est un homme qui est enceinte, le Medifuck-3000 assure

Sachant que la bécane vient de te dire qu’elle était configurée pour un mâle, vu comment tu présentes le truc ma grande, elle risque de te retirer les ovaires et de te recoudre le trilili, mais ouf, ça va ! La machine a un système de « diagnostic automatique« , qui démarre pendant que déjà, ça s’agite dans le ventre de notre héroïne ! Elle attrape donc plein d’antidouleurs et s’en colle une bonne dose (ce qui ne l’endort pas, contrairement à la scène précédente, même quand elle en reprend un deuxième dans les secondes qui suivent, puis un troisième un peu plus loin : c’est devenu une junkie, je suppose). Le bousin diagnostique donc la blessure (mais ne remarque pas que c’est une femme, c’est rassurant, on sent l’outil efficace), et commence son opération sans anesthésie (… c’est censé être un truc de chirurgie autonome, on m’explique là ? Ah oui : « Plus de trash !« ), ouvrant le bidou pour en retirer, via une petite pince façon machine à gagner des peluches sur les fêtes foraines (heureusement que c’est pas pour retirer une balle, sinon, la machine a pas le matos pour), un splendide…

« Félicitations Madame, c’est un poulpe. Medifuck-3000 vous souhaite une excellente journée« 

Elizabeth est un peu surprise et emmerdée à la fois, parce qu’elle n’avait pas pensé à un nom pour un poulpe, mais dans le doute, elle va l’appeler Théo ou Enzo, ça fera l’affaire ; sitôt que la machine lui a collé des agrafes pour refermer son ventre, elle repart tranquillement, refermant le tout en mode « stérilisation » pour tenter de tuer le poulpe qui gigote en piaillant parce que sa maman l’abandonne, l’ingrate. Puis, défoncée aux antidouleurs et un peu traumatisée par ce qui vient de lui arriver, elle erre dans le vaisseau, jusqu’à ouvrir par mégarde une porte qu’elle n’avait jamais poussée… celle du caisson cryogénique donnant des ordres à David ! Et dans cette salle, une partie de l’équipage (des militaires, David et Vickers) semble en train de réveiller d’un long sommeil une personne que notre héroïne reconnait aussitôt : Charles Weyland, le riche et vieux patron de la société qui a payé l’expédition ! Hooo, bin ça alors ! C’était lui le passager clandestin ! Que fait-il à bord ?

Et bien, voyant débarquer dans la salle où il se trouve l’archéologue qui l’avait elle-même convaincu de monter une expédition pour Trouloulou-42, mais complètement stone, en sous-vêtements et des agrafes plein le bidou, le puissant PDG se dit qu’il serait temps de reprendre les choses en main et d’expliquer la vérité à Shaw, aussi défoncée soit-elle : il est venu incognito à bord parce qu’il est si vieux qu’il sait qu’il ne lui reste que quelques jours à vivre, et que donc, il a supposé que ceux qui avaient créé l’humanité étaient aussi capables d’allonger sa durée de vie, aussi ce voyage est-il son dernier espoir pour éviter la mort. Accessoirement, et ça n’est qu’un détail sans intérêt, Meredith Vickers est sa fille, mais tout le monde s’en fout, même l’intrigue, ça a juste été rajouté là pour sonner encore plus cliché, ça aussi ça sera oublié dès la scène suivante. Shaw lui dit donc que c’est débile : non pas parce qu’il aurait pu rester tranquillement cryogénisé sur Terre, envoyer une expédition d’androïdes moins coûteuse et plus efficace, et attendre tranquilou qu’on lui ramène de quoi le sauver sans prendre de risques, mais simplement parce que tous les « ingénieurs » de cette planète sont morts.

Oui, c’est un peu comme dans la série Stargate ; après avoir exploré 50 m², elle en tire des conclusions pour toute la planète. Ah, on sent la scientifique de qualité.

Mais pendant que cette petite conversation a lieu, il se passe quelque chose d’étrange à l’extérieur : d’après les senseurs de sa combinaison, Gégé le géologue, pourtant disparu aux dernières nouvelles, se trouverait… juste sous la rampe du vaisseau. Personne ne regarde ce que disent ses caméras ou son état de santé avant d’ouvrir la porte, et c’est ainsi qu’en abaissant l’accès à la nef spatiale, deux membres d’équipage se retrouvent nez-à-nez… avec le cadavre de Gégé, dans une curieuse position de contorsionniste russe, et arrivé jusqu’ici sans aucune raison. Que… comment, se disent-ils ? Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Comment est-il arrivé jusque là ? Ne me dites pas que dans un film avec autant d’ambitions, on a pas collé un truc aussi pourri que…

… un zombie.

Car oui : la gueule à moitié décomposée et déformée par les effets du curieux liquide noir suintant des amphores, Gégé s’est transformé en zombie, et commence à attaquer ses congénères en grognant ! Je ne sais pas vous, mais moi, j’adore les zombies, presque autant que payer mes impôts. On en trouve tellement à toutes les sauces à l’heure actuelle, que c’est un peu devenu le plancher de toute absence de créativité : « Tiens, si on collait des zombies ? » ; d’ailleurs, ça doit être un zombie particulièrement malin, puisque sinon, alors qu’il se promenait, expliquez-moi pourquoi l’équipage n’est jamais parvenu à localiser la combinaison ou à voir ce que voyaient ses caméras, sachant que celle-ci est impeccable, seul son casque ayant été endommagé ? C’est un zombie qui s’est dit « Pffff, et si je coupais tout mon matos de localisation et que je le rallumais au pied du vaisseau pour faire une blague, hihihi, on va trop rigoler quand je vais leur manger le cerveau ! » ? Non mais merde, ça ne vous dirait pas de faire un petit effort, genre 5 minutes, histoire que ce film ressemble à autre chose qu’à une vaste blague hors de prix ?

Car oui, les zombies adorent se cacher pour mieux surprendre. Charlie est leur idole.

L’équipage lui, se défend comme il peut, utilisant pour ce faire non seulement les lance-flammes du coin, mais aussi des pistolets à impulsion qui visiblement, ne font rien à la bête. Si cela peut vous rassurer, là encore, de tout le film, aucune arme à impulsion ne fera de mal à qui que ce soit, mais nous en reparlerons dans quelques paragraphes. En attendant, le corps putréfié de Gégé ainsi que ses intentions cannibales finissent sous les roues du véhicules blindé occupant la soute du Promethéus, le tout marié à divers tirs de napalm pour bien faire comprendre au chenapan que ça suffit les conneries, dis-donc, tu es mort et tu le restes, sacrebleu de bloody chipolata.

Là encore, plus personne ne parlera de cet incident, puisque ça n’avait pas grande importance : après tout, on voit des zombies dans tellement de jeux et séries que un de plus, un de moins, même si c’est à bord de son propre vaisseau, on a vite fait d’oublier. Encore une fois, merci, Ridley Scott.

Revenons donc à M. Weyland, David, Shaw et Vickers en pleine conversation, car l’androïde a une révélation à faire : non, tous les « ingénieurs » ne sont pas morts : il en reste au moins un, en stase dans un sarcophage. Et lui pourrait peut-être aider M. Weyland à prolonger sa vie, tout en répondant aux questions de Shaw, si elle a encore la force de retourner dans le dôme, malgré toutes ces horreurs. Soit, dit-elle : je veux savoir, je veux des réponses à mes questions, comme par exemple, s’ils font trois mètres de haut, où trouvent-ils des slips à leur taille ? Après tous ces sacrifices : autant ne pas être venus jusqu’ici pour rien. Ni une, ni deux, toute l’équipe se prépare donc à partir en mission, et un système externe d’assistance à la marche est fixé à Weyland, afin qu’il puisse accompagner la troupe. On lui fixe aussi trois poches à urine ainsi qu’un brumisateur, mais ça, le film ne le montre pas, ce qui est bien dommage. Puis, une fois encore, tout le monde retourne vers le dôme.

Sur place, David guide la troupe jusqu’à la salle qu’il a trouvé, celle où il a vu les hologrammes entrer dans des sarcophages, et tout devient clair pour Shaw en écoutant les explications de l’androïde, ainsi qu’en se souvenant de quelques conversations avec Janek, le pilote du Prométhéus, qui avait des théories sur cet endroit maudit : en réalité, il s’agit d’un centre de production d’armes, à savoir, cette matière noire (sachant qu’on a vu aucun laboratoire ou machine, ils produisaient ça comment ? En y pensant très fort ?), et cela s’est retourné contre eux (comment là encore ? Vous ne le saurez jamais, le réalisateur a supposé que ça ne vous intéressait pas, même si c’est un peu le coeur de l’intrigue, encore un truc évacué du scénario, pouf). Ils se sont donc enfermés ici, dans ce qui est en réalité la salle de pilotage d’un vaisseau enterré, se mettant en stase dans des sarcophages en attendant d’accomplir leur mission, à savoir, si on en croit les enregistrements holographiques… se rendre sur Terre pour ainsi y détruire toute vie ! Cette planète n’est donc pas celle des ingénieurs : il s’agit juste d’une usine d’armes de destruction massive !

D’accord Saddam. Mais alors :

  • Pourquoi les survivants du massacre d’il y a 2 000 ans se sont-ils enfermé dans des sarcophages, sachant que cette salle est la salle de pilotage, et qu’ils pouvaient accomplir leur mission plutôt que de rester immobiles à pioncer pour attendre du rien ? La suite le confirmera : ils pouvaient décoller quand ils le voulaient.
  • Pourquoi les dessins sur Terre indiquaient-ils cette planète ? Je veux dire : les « ingénieurs » se seraient rendus plusieurs fois sur Terre, se tapant tout le trajet pour indiquer à diverses civilisations primitives l’emplacement de leur usine à armes de destruction massive destinées à leur bourrer la gueule ? Zut, c’est la base du scénario : même ça ne tient pas debout
  • Et d’ailleurs, comment les humains ont-ils fait pour tomber du premier coup, comme ça, hop, pif pouf, sur le vaisseau qui, justement, avait pour objectif de raser la Terre, sachant qu’ils n’avaient aucun plan indiquant ce point précis sur la planète ?

Réponse : aucune. Je crois que j’ai trouvé Ghost Rider plus crédible que ce film. C’est dire.

Toujours est-il que nos héros se retrouvent face au sarcophage contenant le dernier extra-terrestre vivant du coin (oui, vous vous souvenez la créature qui a tué Bubu par exemple ? Elle aussi a disparu du scénario, elle ne rôde plus dans les couloirs du dôme ni rien, pouf, virée elle aussi, c’est formidable), et décident donc de le réveiller, David entamant la manœuvre après avoir déchiffré les inscriptions du sarcophage. Bientôt, le conteneur s’ouvre, et un immense humanoïde blanc en sort, sans armure, ses yeux sombres sous ses larges arcades d’albâtre observant les humains curieusement. Shaw lui hurle de lui expliquer le sens de la vie (ah oui, rien que ça), et accessoirement pourquoi ils ont créé la vie sur Terre avant de maintenant vouloir la détruire, pendant que Weyland ordonne à David de demander, dans sa langue (car il la parle parfaitement, bien que ne l’ayant jamais entendue clairement), s’il peut l’aider à vivre plus longtemps. L’alien réfléchit un moment, puis finalement, se décide à…

… péter la gueule à tout le monde.

Ok, je suis de ton côté mec.

Les hommes accompagnant Weyland ouvrent le feu avec leur fusil à impulsion, visant toutes les parties vitales de cet ennemi avançant lentement et en ligne droite, comme par exemple, le pied droit ou par-dessus l’épaule gauche (ils ne pensent pas à viser la tête), et visiblement, comme toutes les armes à impulsion, ça ne fait rien à personne, le Monsieur peut donc continuer tranquillement de malaxer des museaux à coups de poings. Il tue en conséquence les gardes, arrache la tête du pauvre David, dont le crâne, encore « vivant », se retrouve au sol, puis s’occupe du vieux Weyland, qui meurt comme un con au milieu de ses poches à urine, ce qui est bien mérité vu son plan pourri à base de « Tiens, si j’accompagnais l’expédition super dangereuse et mal montée plutôt que d’attendre à la maison dans un caisson bien frais« . Seul Shaw, puisque c’est l’héroïne et que c’est l’une des rares à avoir un nom et un prénom, parvient à s’enfuir, tentant de regagner le Prométhéus à pied.

L’alien lui, après avoir fait le ménage, se dit que tiens, si j’allais sur Terre, comme le voulait ma mission ? Surtout que j’irais bien visiter le Languedoc-Roussillon, il parait que c’est sympa. Alors hop, il s’installe dans le siège à côté des sarcophages, appuie sur quelques boutons, et tout un système de pilotage sort du sol pour s’installer devant lui, ainsi qu’une armure venant se déposer sur lui, façon Goldorak (le petit tour sur son siège en moins). Il programme donc sa destination, et comme les batteries ne sont pas mortes depuis 2 000 ans, parce qu’il avait bien pensé à éteindre les phares, hop ! Son vaisseau commence à chauffer, ce qui prouve bien que se mettre en stase ne servait à rien : il était prêt à partir mais avait décidé de faire la sieste 2 petits millénaires.

A l’extérieur, Shaw, qui tente de se ruer vers le Prométhéus aussi vite qu’elle le peut malgré son bide agrafé suite à son opération douloureuse intervenue quelques scènes plus tôt, voit le sol s’agiter sous ses pieds : il s’ouvre pour laisser passer le vaisseau au décollage ! Sacrebleu ! Elle appelle donc le vaisseau scientifique en urgence pour lui dire « Attention ! Il y avait un vaisseau alien là-dessous, et il va aller sur Terre pour balancer la matière noire dégueulasse qui détruit tout, c’est pire que les algues vertes sa merde ! S’il y arrive, notre planète sera détruite, et nous n’aurons plus nulle part où aller ! Vous devez l’arrêter !« 

Janek pèse le pour et le contre : arrêter le vaisseau alien qui commence à décoller, sachant que le Prométhéus n’est pas armé, ça revient à se sacrifier en s’écrasant contre. A l’inverse, perdre la Terre, ça signifie devoir recréer la race humaine en s’accouplant avec Vickers, restée à bord, et plutôt pas moche… hmmm, c’est tentant, mais bon, hein, Janek étant noir et à moustache (et n’étant pas Will Smith ou capitaine de la police), il sait que dans un blockbuster, il est condamné à mourir ; il propose donc le plan suivant :

  • Il va éjecter les quartiers de Vickers, qui ont de quoi tenir sur la planète de manière autonome pour encore au moins deux ans, avec oxygène, nourriture, boisson et Medifuck-3000 (ne l’oublions pas)
  • Il va éjecter Vickers (elle pourrait aller dans ses quartiers pour être éjectée en toute sécurité, mais comme elle est bête comme l’intrigue, elle décide de se faire éjecter à part et après ses quartiers)
  • Il va s’écraser contre le vaisseau au décollage, et activer son moteur à ion-popopop-woush-woush-trop-de-la-bombe qui créera une grosse explosion apte à faire bobo à coup sûr

Vickers râle mais accepte le plan, filant vers un module d’éjection, alors que dans le même temps, ses quartiers sont envoyés vers le sol, amortissant la chute avec leurs propulseurs intégrés (vous ne le voyiez pas venir, hein, que le fait que ses quartiers soient un « canot de sauvetage » allait servir, pas vrai ? Après tout ça a été introduit teeeeellement naturellement et subtilement dans le film !). Le Prométhéus, lui, accomplit sa dernière mission, explosant contre la nef alien à une centaine de mètres d’altitude qui, d’ailleurs, a la forme d’un donuts qu’on aurait croqué. Et qui du coup, pour encore plus de spectacle, s’écrase vers le sol non pas comme une bouse mais… en commençant à rouler bien en équilibre ! Et comme vous l’aurez deviné, pile dans la direction de Shaw, toujours en train de galoper malgré ses blessures, et de Vickers, qui par un incroyable hasard, a atterri à côté d’elle.

C’est affligeant.

Si vous comptez que ce vaisseau était supposé contenir 17 membres d’équipage, + 1 clandestin, qu’il y a environ 6 morts et deux donzelles larguées sur la planète et que seuls les trois pilotes ont accepté de se sacrifier, calculez combien il reste de membres d’équipage à bord qui vont mourir dans l’explosion sans qu’on leur demande leur avis ou propose de s’éjecter

Les deux femmes foncent donc tant bien que mal, jusqu’à ce que Vickers, militaire entraînée, ne parvienne pas à s’écarter de la route du donut géant et se fasse sproutcher (c’est un verbe), quand Shaw, archéologue traumatisée et sortant d’une opération chirurgicale un peu compliquée esquive le tout comme un ninja majestueux. Voilà voilà. Cela fait, et apercevant le module autonome largué du Prométhéus au sol, elle se décide à s’y rendre pour enfin trouver un peu de repos après toute ces aventures, et un peu dépitée car le dit module permet de survivre deux ans, mais pas de repartir sur Terre ! Bah, un petit bain à bulles en lisant Space-Closer et le moral reviendra.

Sauf qu’à peine à bord, plusieurs choses sont étranges : déjà, les écrans affichent n’importe quoi, les lumières clignotent, le mobilier est en vrac… pour un module qui a utilisé ses propulseurs pour se poser en douceur, ça ressemble plutôt à de la mise en scène de mauvaise série B ! Ho, mais attendez : nous sommes un peu en-dessous de la mauvaise série B, au temps pour moi. Et surtout, ensuite, des bruits étranges se font entendre, hmmm… attrapant une hache à incendie qui traînait par là, la bougresse se rend donc vers la source de tout ce ramdam : la salle où se trouve le Medifuck-3000. Et en collant les yeux à la vitre, comme dans tout mauvais film, elle ne voit rien et il y a un silence pesant jusqu’à ce que soudain, un tentacule martèle brutalement le verre ! Deux ans avec un truc à tentacules comme coloc, ça sent le hentai à plein nez cette affaire.

Et dans le même temps, la tête décapitée de David, encore vivante dans le vaisseau alien, parvient à activer la radio pour prévenir Elizabeth : « Attention pépette, le grand monsieur tout blanc a pas aimé qu’on lui bousille son vaisseau, il vient donc en faire de même avec ta margoulette. » ; et effectivement : débarquant du sas menant vers l’extérieur (dites-donc, non seulement il est arrivé vite pour un mec dont le vaisseau vient de s’écraser, mais en plus, il n’a pas de casque ! Pourtant, lui et les siens vivaient dans une atmosphère au sein du dôme en reproduisant une semblable à la Terre, d’où le fait que l’on pouvait y retirer son casque : alors comment a t-il fait pour aller de son vaisseau au module de sauvetage sans suffoquer à l’extérieur ? Téléportation, là encore ?  Soit), voici venir le dernier « ingénieur » !

Toujours est-il qu’Elizabeth Shaw ne pouvant lutter contre cet humanoïde de plus de trois mètres de haut, elle parvient juste à ouvrir la porte menant à la pièce de son nouveau colocataire à tentacules, et visiblement, le film était à court de budget, puisqu’apparait alors une immense bestiole aux appendices gluants tout droit sortie des plus mauvaises heures des téléfilms des années 80, qui s’empresse de faire des bisous à l’intrus. Ne me demandez pas comment, en à peine quelques heures et sans aucune nourriture, la bête est passée de petit poulpe à méga-bestiau (elle transforme peut-être l’air ambiant en gras, un peu comme Jean-Marie Bigard), là aussi, c’est comme ça. Shaw, elle, décide de laisser les deux trucs d’outre-espace se démerder, et fuit donc hors du module autonome, jusqu’à ce qu’à nouveau, David la joigne sur la radio.

« Elizabeth… je sais qu’on a pas toujours été d’accord… surtout quand je m’amusais à appuyer sur tous les boutons que je trouvais sans explication, que je partais seul en expédition et gardait mes trouvailles pour moi alors que les partager avec vous autres scientifiques ne m’aurait pas empêché d’atteindre l’objectif d’aider M. Weyland et aurait même au contraire permis d’avancer plus intelligemment, ou encore que j’empoisonnais votre copain avec une substance alien dont j’ignorais tout juste comme ça, pour voir, et mettant en danger toute la mission et sans aucun motif valable dans tout ce scénario sans aucun sens, mais je veux vous aider. Vous vous rappelez aussi quand je vous ai faite tomber enceinte d’un alien pour me marrer ? Qu’est-ce qu’on avait rigolé !
- Bon écoute fais péter, parce que soit je fais confiance à une tête d’androïde qui fonctionne toute seule, soit j’ai un plan à trois avec un humanoïde géant et un poulpe avec qui toute relation sexuelle tiendrait curieusement de l’inceste, alors balance.
- Eeeet bien je crois que j’ai compris comment se pilotaient ces vaisseaux. Si vous me le demandez, on peut retourner sur Terre. Et pas forcément avec ce vaisseau. Car je viens de découvrir que cette planète en comprenait beaucoup d’autres.
- Tu veux dire que cette planète comporte plein de vaisseaux qui n’ont jamais prêté assistance/détruit celui dans lequel les armes de destruction massive s’étaient retournées contre leurs créateurs ? Et qui attendent juste là à rien faire ?
- C’est ça.
- Et tu veux aussi dire que tu viens de faire cette découverte sans rien faire, puisqu’aux dernières nouvelles, tu es juste une tête décapitée au sol ? T’as fait comment, c’était écrit sur le plancher « Propriété de la patrouille de France, les autres vaisseaux sont à 50 mètres à droite ? »
- Je…. vous voulez vraiment que je justifie ou on termine ce film ?
- J’arrive. »

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Bondissant dans un buggy qui était resté hors du Prométhéus avant sa mission kamikaze, Shaw se rend donc jusqu’au vaisseau alien crashé, atteint sans encombre la passerelle de commandes, puis en extrait le corps et la tête de David. Celui-ci la félicite de son choix, et lui dit que ça va être trop chouette de retourner sur Terre. Mais Elizabeth le coupe, du moins, façon de parler parce que c’est déjà fait, puis fixe l’horizon en prenant une pose cool :

« Non, David. Nous ne retournons pas sur Terre. Ces êtres nous ont créés, et maintenant, ils veulent nous détruire. Pourquoi ? Je dois savoir. Il doit y avoir les coordonnées de leur planète mère dans les vaisseaux : allons-y. J’ai le droit de leur poser des questions.« 

« Comment pourrais-je finir le film avec une décision encore plus absurde que tout ce qu’il vient de se passer, hmmm… »

Oui, tu as le droit. Mais vu l’accueil qu’ils t’ont fait jusqu’ici, tu risques juste de te faire tataner pour rien ma grande, et ainsi empêcher l’humanité de connaître le danger qui la menace, sachant qu’en retournant sur Terre avec un vaisseau alien, tu pourrais à la fois informer l’humanité de tes incroyables découvertes, aider la Terre à se préparer à une éventuelle attaque, et si tu en as envie, préparer une nouvelle expédition mieux préparée pour aller sur la planète mère des « ingénieurs » leur poser des questions. Là, tu fais juste de la daube, en fait.

Avant de partir, donc, Elizabeth laisse un enregistrement qui sonne comme un avertissement : cette planète est dangereuse, le mal y rôde. Puis, David et elle se rendent à un vaisseau voisin (là encore, localisé par magie, comme ça, hop ), et font décoller celui-ci vers les étoiles, pour que Shaw puisse accomplir la mission la plus débile de l’univers.

Et…

Non, pas fin, puisque Ridley Scott, comme dans le très mauvais Robin des Bois, joue la carte du « Maintenant que j’ai raconté n’importe quoi, raccrochons les wagons pour dire que c’est un préquel« , et on découvre donc, au sein du module de survie autonome resté sur la planète, que l’énorme bête tentaculaire a non seulement vaincu l’humanoïde géant, mais a pondu dedans avant de mourir, sorte de version géante des face-huggers de la série Alien, et donc, comme il se doit… le ventre du pauvre ingénieur mort s’ouvre et en sort un xénomorphe, du moins, une version très proche de celle qui, quelques années plus tard, ira emmerder une certaine Ripley à bord de son joli vaisseau ! Sauf qu’ici on dirait un enfant de 9 ans à qui on aurait mis une tête de dauphin peinte en noir sur la tête, vraiment, je pense que le budget a eu de sérieux soucis. Voilà, c’est bon, on a casé de quoi dire que ce film avait un rapport avec Alien, et qu’on a pas payé la licence pour rien ? Alors…

FIN !

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Ripley essuya une larme sanglante sur sa joue, marmonnant quelques injures alors que certains de ses compagnons autour d’elle convulsaient au sol, leur esprit balayé par la vacuité complète du scénario. Parker, qui s’était lui tout simplement évanoui dès le passage où deux scientifiques soi-disant terrorisés décidaient de passer la nuit dans le pire coin du dôme, se releva péniblement en tentant de se reprendre.

« Mais… tout ça ne nous dit pas ce qu’il s’est passé ici, à bord de l’USCSS Odieux Connard ! Qu’est-ce qui est arrivé à l’équipage ? Pourquoi les corps ont-ils été ainsi empilés les uns sur les autres sur le pont principal ?
- La vidéo n’est pas finie, Parker, il va peut-être nous le dire.
- krsshh… film a causé trop de dégâts… impossible de repartir… vais m’occuper du chargement…
- Le chargement ? Que transportait ce vaisseau ?
- Attendez… à en croire les registres, il transportait une délégation d’étudiantes interplanétaires. Mais alors que… 
- krshhh… j’ai ouvert la cryo-soute… j’ai deux mois de brandy et de cigares…krshh…  une bonne playlist… si vous trouvez ce message… fuyez… et laissez moi en paix… krsshh… je… je crois qu’elles sont réveillés… elles arrivent ! »

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La vidéo se coupa, et Ripley observa à nouveau les corps empilés les uns sur les autres.

Cette fois-ci, elle était sûre que le squelette dans le fauteuil était en train de sourire.

On ne peut même plus faire la sieste tranquille.

Le long hurlement des antiques sirènes d’alerte aérienne se fait entendre au-dessus des toits de la cité, me tirant de mon paisible repos ; voilées par ce son lugubre, des dizaines de voix paniquées tentent de s’exprimer non loin de mes fenêtres, la plupart pour pousser des cris apeurés ou lancer quelques propos incompréhensibles. Me redressant péniblement pour aller jeter un oeil à la rue voisine, j’aperçois des dizaines de personnes plus ou moins chargées et vêtues courant dans une même direction, fuyant quelque innommable danger. Ici, un père de famille tire sa compagne par le bras, son fils serré contre sa poitrine ; là, une voiture surchargée klaxonne pour se frayer un chemin dans la foule de plus en plus compacte, bientôt prise d’assaut par des dizaines de badauds en quête d’un véhicule pour les emmener en sécurité.

Ma curiosité attisée par ce curieux exode, je me dépêchais donc de quitter mon douillet logis afin d’élucider ce mystère, ne prenant que le temps de me saisir d’une veste et d’une flasque de brandy, deux outils bien utiles en ce début de printemps.

Sur les grandes avenues, des milliers de gens se pressaient, abandonnant leurs véhicules à sec sans se retourner, pressés qu’ils étaient de fuir le danger ; dans ce capharnaüm, il me fut bien difficile de trouver quelqu’un qui accepte de m’informer de ce qu’il se passait, et encore, ce ne fut qu’un cadre suant et paniqué qui me lâcha, tout en réajustant sa cravate « Ils arrivent ! Ils sont là !« , pointant d’un doigt tremblant le sens opposé à celui de sa course. Décidant de m’engager à contresens, je croisai donc divers individus qui me criaient de ne pas aller dans cette direction, que cela n’était que folie et que je courais à ma perte ; bah, qu’importe ! Remontant des axes de plus en plus déserts où quantité d’effets personnels avaient été abandonnés dans la cohue, je finis par arriver à la tête de pont de l’invasion ennemie : le cinéma local.

Et je compris alors en voyant les affiches : Green Lantern, Fast & Furious 5, Captain America, The Expendables 2, Thor

En 2011, le monde va crouler sous les étrons cinématographiques. Toute fuite est vaine : ils seront traduits dans toutes les langues, projetés dans toutes les salles, et nul ne pourra y échapper. Toute résistance serait futile.

Devant le cinéma, les genoux écorchés, une étudiante vêtue aux couleurs de ce lieu maudit qui autrefois avait dû vendre des entrées restait à sangloter au milieu de tous les programmes abandonnés par les gens dans leur exode. Dans l’un des quartiers déserts alentours, un hurlement résonna : « Ils vont même ressortir un X-Men !« . La jeune fille leva les yeux lorsqu’elle vit la flasque de brandy passer devant son visage.

« Tenez, ça vous fera du bien.
- Mais… il n’y a plus rien à faire ! – dit elle en essuyant une larme perlant sur sa joue rosée
- Non. Il faut se battre. Je vais m’en occuper : dites moi dans quelle salle est diffusé « World Invasion : Battle Los Angeles » ?
- Mais c’est une merde ! En plus, le titre original était « Battle Los Angeles », et en France, on a rajouté « World Invasion » devant pour faire cool, alors ça fleure quand même bon le navet !
- Justement.
- Salle… – elle renifla bruyamment – salle 8… oh mon dieu… comment a t-on pu en arriver là ? »
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Je plongeai mon regard dans ses yeux noisette, non sans avoir auparavant consulté le badge d’employée qui ornait son sweat.

« Allez-vous en, Anne-Lise. Je dois y aller seul.
- Mais… je ne peux pas ! Je n’ai nulle part où aller ! Et puis c’est qui ce type qui vous suit en jouant de la trompette ?
- C’est Diego. Il joue de la musique patriotique dans les moments d’héroïsme. Comme maintenant par exemple.
- Mais c’est ridicule !
- Je vais voir « Battle Los Angeles » ; je me mets dans l’ambiance. Quant à vous, ne perdez pas de temps : allez vous mettre en sécurité !
- Je voudrais bien, mais où ?
- Allez à cet endroit, je ne connais pas plus sûr Dès que j’en ai fini avec cette production qui n’aurait jamais dû voir le jour, je vous y rejoindrai. »

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Je lui tendis un papier sur lequel j’avais griffonné mon adresse et un plan menant à ma chambre. Elle s’en saisit avant de se relever en me jetant un dernier regard d’espoir mêlé d’admiration. Elle vit à mes yeux que les paroles étaient inutiles ; lorsqu’enfin elle eut disparu au coin de la rue, je me tournais vers la direction menant à l’obscure salle 8.

« Bon bah c’est pas tout ça : spoilons, mes bons !« 

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L'affiche : en effet, rien ne vous avait préparé à ça

Cette formidable oeuvre cinématographique s’ouvre sur toute une série d’images de combats de par le monde, où on ne voit guère l’ennemi mais où tout le monde semble mitrailler à coeur joie ; en voix off, on entend l’interview d’un militaire commentant les dites images, et expliquant que le monde est victime d’une invasion à l’échelle planétaire : depuis les côtes de plusieurs continents, des forces d’invasion viennent jusque dans nos bras égorger nos fils et nos compagnes. Il ajoute que sur la côte ouest des Etats-Unis, Los Angeles est la dernière ville à tenir à peu près, et à disposer d’un minimum de troupes. En effet, toutes les autres villes du secteur ont « perdu le contact » (probablement qu’elles ne pokent plus personne sur Facebook : c’est à cela qu’on reconnait une vraie situation de crise).

Comme tout cela semble sombre ! Les Etats-Unis d’Amérique peuvent ils ainsi terminer leur brève histoire dans les flammes d’une guerre entre nos pauvres peuples et une civilisation venue d’outre-espace ? Je me le demande. Vous aussi. Alors revenons un peu en arrière pour mieux comprendre de quoi il retourne.

Quelques temps auparavant, donc, un beau soleil se lève sur les côtes de Californie : au milieu de filles (mais pas vieilles) en bikini et de surfers (mais pas moches)  bodybuildés, le sergent Michael Nantz fait son petit jogging ; hélas, il sent bien qu’il commence à se faire vieux : il ne court plus aussi promptement, n’a plus la même endurance qu’autrefois, et les filles en bikini ne lui font plus beaucoup d’effet. Il a donc pris sa décision : finies les conneries, l’heure de la retraite a sonné ; il s’en va donc voir son vieil ami Bob le marine bedonnant en charge de l’administration, et remplit avec lui les papiers qui lui permettront de quitter les drapeaux. C’est donc l’occasion d’apprendre que la carrière de notre héros a été longue et remplie de médailles diverses & variées. Cependant, sans aucune raison autre que le fait qu’il fallait bien le caser quelque part, Bob décide de caser la phrase suivante « Ah, au fait, désolé pour la fois où tu as perdu tous tes hommes, en plus, ça t’a collé une sale réputation. ».

Je ? Mais ? Mais qu’est-ce que ça vient faire là ? En plus, apparemment, ça remonte à des années ? Vous aussi, essayez chez vous de plomber l’ambiance en ressortant de bons vieux sujets douloureux en plein milieux de moments qui n’ont rien à voir : à l’anniversaire de mamie, entre deux parts de dessert, n’hésitez pas à lâcher « Hmm ! Il est bon ce gâteau ! J’en reprendrais bien une part ! Mamie, je suis désolé que les FFI t’aient offert une coupe de cheveux gratuite en 44 ! Au fait, tu as fait réparer ton chauffe-eau ?« .

Mais qu’importe : notre héros signe ses papiers, quitte son ami Bob, et s’en va saluer le drapeau américain flottant dans le vent du matin. Oui, il est comme ça Michael : il aime bien saluer le drapeau américain, c’est un vrai patriote. Pas une de ces petites tapettes de communistes qui ne le saluent qu’une seule fois par jour, les vils !

Cependant, rassurez-vous, Michael ne sera pas notre seul héros : dans l’épopée qui l’attend, il sera accompagné de toute une tripotée de seconds rôles que l’on découvre au travers de diverses scènes où on les voit en train de vaquer à leurs occupations :

- Le marine qui va bientôt se marier, et qui est très amoureux de sa fiancée

- Le marine à moustache (non ! Pas la moustache ! Jamais ! Pas dans un film américain ! A part si vous êtes capitaine de la police, JAMAIS !)

- Le marine nigerian, accessoirement infirmier de l’équipe

- Le marine traumatisé par la guerre, mais qui remonte doucement la pente

- Le marine qui se rend sur la tombe de ses proches pour leur raconter comment va sa vie (c’est un peu son Twitter nécrophile)

- Le caporal marine qui n’aime pas le sergent parce que son frère est mort alors qu’il était sous ses ordres

- Le marine innocent, jeune et que les autres charrient gentiment

Alors, observateurs comme vous l’êtes, vous constaterez qu’on a déjà une bonne grosse pelletée de stéréotypes. C’est vrai. Mais il manque le plus gros, celui qui doit aller de pair avec le sergent. Alors attention, petit jeu : si le sergent Michael Nantz est vieux, à une semaine de la retraite, bourru, célibataire, sans enfants et avec une mauvaise réputation, qui manque t-il au tableau ? Mais le lieutenant Martinez bien sûr : il est jeune, sorti de l’école des officiers depuis un mois, idéaliste, marié, sa femme est enceinte, et a une excellente réputation.

Je suis persuadé qu’il y a des mecs qui écrivent des scénarios entiers avec le dictionnaire des antonymes.

 

"Alors il y aurait un gentil et un méchant. Des terriens et des extra-terrestres. Un jeune et un vieux. Un idéaliste et un blasé. J'ai plein d'autres idées si vous voulez !"

Mais justement, revenons-y, au scenario : un curieux phénomène se produit sur la côte ouest américaine ; outre des statistiques indiquant un taux de gras et de silicone au centimètre carré largement supérieur à la moyenne mondiale, voilà que des météores ont décidé de venir s’écraser dans l’océan, non loin de Los Angeles. Curieux ! Officiellement, donc, l’armée est mise en état d’alerte, afin d’aider les civils à évacuer, des fois qu’il y ait un tsunami farceur (… non, rien). Officieusement, les observateurs de l’armée ont noté que les objets se déplaçaient curieusement, et surtout, décéléraient avant de toucher l’eau (alors que tout le monde sait que les météores ont de très mauvais freins) ; pire encore, on a pu observer que ces pluies d’objets célestes n’étaient pas seulement constituées de cailloux, mais aussi d’objets mécanisés d’une taille relativement imposante tout de même. En conséquence de quoi, les USA ont déclenché l’alerte au terrorisme.

Au terrorisme. Oui, c’est vrai : d’après la description du phénomène, particulièrement le passage sur les objets mécaniques inconnus tombant du ciel, c’est probablement Al Qaïda qui a envoyé des Peugeot 404 sur orbite bourrées de mudjaidins, et qui rebalance le tout à proximité de Los Angeles pour tenter un débarquement chafouin. J’imagine qu’ils n’ont pas encore officialisé la « Alert – Space Fuckers« . Il faudrait pourtant.

Cependant, les plages de Californie ne sont pas désertes : des journalistes sont restés sur place pour observer la chute de ce qu’ils pensent être des météores dans l’eau, et sont entourés d’une foule de curieux, de surfers, de vendeurs de chouchous et autres créatures des sables, et filment donc en direct ce qu’il se passe. Ainsi, alors qu’il se prépare avec ses hommes, le sergent Nantz, nouvellement placé sous les ordres du Lieutenant Martinez, peut observer à la télé que du point de chute des météores, des créatures humanoïdes visiblement bien enfoncées dans de belles armures sortent de l’eau, et commencent à brandir des armes. Les plagistes, plutôt que de fuir en poussant de grands cris, attendent donc paisiblement de voir ce qu’il va se passer. Et ce n’est que lorsque l’une des bestioles leur balance une pelletée de roquettes sur le coin du nez qu’ils commencent à paniquer un peu, comprenant qu’il ne s’agit pas vraiment d’une invasion de bisous lancée par une race de space-ponies.

Les marines sont donc appelés en renfort pour repousser tout ce beau monde à la mer comme de vulgaires immigrés clandestins : c’est donc en scandant le slogan de Chantal Brunel « Je te remettrais tout ça dans des météores, moi !« , que notre troupe part pour botter des spatio-culs. Le voyage n’en est pas moins mouvementé : le temps de venir de leur base vers Los Angeles, les aliens ont eu le temps de bien commencer à raser le secteur côtier de la ville, et les hélicoptères de transport de nos piou-pious survolent donc moult ruines, le tout sous des tirs anti-aériens nourris. Détail important : les extra-terrestres tirent des roquettes, utilisent des balles, et ont même de bons vieux obus de flak. Je suis un peu déçu. Dans 10 minutes, on va apprendre qu’ils mangent de la choucroute et aiment Secret Story. En tout cas, tout cela est aussi l’occasion de commencer à claquer des musiques patriotiques à base de trompette, puisque le lieutenant Martinez motive ses troupes en rappelant que les marines n’aiment pas trop reculer, surtout quand ils se battent pour protéger leur pays et leurs familles. De son côté, Nantz, lui, se concentre plutôt sur la lecture de la Bible. C’est important, car dedans il y a un passage où Jésus explique qu’il faut savater le museau des aliens pour accéder au paradis. Ou un truc du genre.

Les hélicoptères finissent par atterrir sur un aéroport de l’armée transformé pour l’occasion en QG géant pour contre-attaque éclair, et où nos larrons vont prendre leurs ordres : les aliens ont pris une bande de terre d’environ 2 kilomètres de large, que des B-52 ont prévu de joyeusement bombarder dans 3 heures, histoire de calmer tout le monde. Certes, cela impliquera de raser la ville de Santa Monica, mais elle était déjà en grande partie évacuée lorsque les E.T sont intervenus pour tuer ce qu’il restait. Nos héros ont donc pour objectif de se rendre jusqu’à un commissariat de Los Angeles en zone dangereuse d’où a été émis un SOS de civils, d’y trouver ces derniers et d’appeler des hélicos pour les évacuer. Non, envoyer directement des hélicos, avec pourquoi pas des marines dedans des fois que ça chauffe, ce n’est pas passé par la tête de l’état-major. C’est dommage, l’hélicoptère a été inventé exactement pour ça. Tiens d’ailleurs, en face, ont-ils des hélicoptères ? « Non ! » répond le colonel américain qui donne les ordres : « On a un avantage de poids, ils n’ont aucune force aérienne, seulement des fantassins !« .

Ah. Ils sont donc venus de l’espace à pied, je suppose. Et il y a 10 minutes, la vidéo où l’on parlait de « formes mécaniques » en lieu et place d’astéroïdes, non ? Oubliée déjà ? On aurait donc affaire à des randonneurs spatiaux. Vous allez voir qu’ils vont former des camps de tentes Quechuas et faire chier les gens avec leurs guitares cosmiques jusqu’à pas d’heure.

 

Comment ? Ils sont venus de l'espace avec des VAISSEAUX ? On avait pas prévu ça !

Revenons à l’équipe Martinez : si d’ici 3h, elle n’a pas sauvé les civils du commissariat d’où ils ont émis le SOS, le bombardement de B-52 aura tout de même lieu ; il vaudrait mieux se mettre en route de suite, donc, surtout qu’il va falloir y aller à pied : alors, allez hop, c’est parti ! Et curieusement : sitôt nos héros ont-ils quitté la base et commencé à progresser dans Los Angeles en pleine bataille intergalactique que… bah il n’y a plus un bruit. Ah ? Non ? Je croyais qu’il y avait une guerre en cours sur plusieurs kilomètres pourtant ! Et bien non, sachez-le : pouf, plus un bruit, et personne ne trouve cela anormal. C’est même tellement silencieux que nos héros sursautent en entendant des clochettes décoratives tinter dans le vent à plusieurs dizaines de mètres d’eux. Si mes voisins pouvaient être aussi bruyants que cette guerre des mondes, je serais un homme heureux. Mais ce n’est pas tout : la fumée des combats, est tout simplement monstrueuse, et égale largement les plus belles nuits de brouillard de Londres : nos soldats n’arrivent pas à voir à plus de quelques pas, et la fumée n’a par ailleurs aucune origine : non, elle est juste là. Et une fois encore, ça ne titille personne. C’est donc l’occasion parfaite de mettre encore plus de stéréotypes :

« Chut, j’entends du bruit par là-bas, soyons tous hyper nerveux et discrets *tension*
- *tension*
- *tension*
- ATTENTION !
- Non, ne tire pas ! Ce n’est qu’un chien !
- Hahaha, un chien, hahaha, c’est bon alors, baissons tous nos armes, parlons très fort et ne prenons plus aucune précaution ! »
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Et c’est évidemment pile à ce moment là que la vraie menace surgit, dans le cas présent, sous la forme d’une roquette (ils tirent des roquettes sur les gens ! Ils ont un sacré budget militaire ces aliens !) qui vient exploser en plein milieu du groupe, suivie d’une pluie de balles. Il y a du blessé, mais tout le monde parvient à se replier, sans parvenir à véritablement voir l’ennemi qui est quasi-invisible dans cette purée de pois. Hélas, nos héros vont de Charybde en Scylla puisque sitôt se croient ils à l’abri de la dernière escarmouche qu’ils réalisent soudainement qu’ils sont tombés dans une embuscade ; le lieutenant Martinez, complètement paniqué, ne sait plus que faire : c’est donc ce vieux bourru de Nantz, qui est le héros quand même, qui arrive à trouver une voie pour s’extraire avec son équipe de ce mauvais pas. Et parvient même à trouver une villa dans laquelle se planquer avec tout le groupe, le temps de mettre du mercurochrome et des bisous magiques sur les blessures de ses hommes.  En passant devant une télévision allumée, ils constatent que le reste du monde est lui aussi attaqué : la Grande-Bretagne est prise d’assaut par une autre armée de l’espace, probablement venue la punir pour avoir inventé le pudding.

Mais soudain, le sergent réalise : un soldat manque à l’appel ! Ce dernier, le jeune soldat innocent et tout pimpant, s’est retrouvé isolé et prêt à être violé par des dizaines d’extra-terrestres n’ayant plus vu leurs femelles depuis fort longtemps, restées sur Schoups-XII à des années lumières de cela. Bien qu’ayant trouvé refuge dans une buanderie, notre vaillant larron isolé a un peu peur en entendant des mouvements à l’extérieur de sa cachette ; ni une, ni deux, il sort donc pour essayer d’apercevoir de quoi il retourne, et tombe nez à nez avec un des extraterrestres en armure, ce qui ressemble grosso-modo à un droïde humanoïde avec une tête assez plate. Il vide donc un chargeur de fusil d’assaut dedans, et fait choir le rabouin galactique dans la piscine voisine. Mais apparemment, à Los Angeles, les piscines ont une curieuse eau noire, hein, pas du tout de la bonne eau de piscine transparente au goût de chlore, du coup, impossible de voir si, sous l’eau, le mécréant bougeait encore.

Le sergent Nantz, parti à la recherche de son soldat manquant, le rencontre donc en train de glander devant une piscine : bravo ! Belle mentalité soldat ! En plus l’eau est dégueul… ho ! Attention ! Le vilain alien ressort de l’eau, toujours aussi agressif, mais y retombe après que Nantz, le soldat qui l’accompagnait et le soldat innocent et désormais moins isolé vident tous ensemble un chargeur dans sa face. Dans le doute, Nantz rajoute même une grenade au fond de la piscine, histoire de ne pas s’emmerder avec des détails comme « faire des prisonniers » ou « étudier l’ennemi« . Cela étant dit, tout le monde se regroupe, et reprend le chemin de l’objectif : le commissariat du coin. Non parce que lâcher des pétards dans les piscines des villas, c’est rigolo, mais ça ne fait pas avancer la mission tout ça. Ils sont dissipés, ces marines, c’est terrible.

Mais la progression continue toujours aussi mal, puisqu’à peine nos vaillants larrons ont-ils fait 100 mètres qu’à nouveau, on leur balance roquettes, puis mitraillage, et les revoilà obligés d’aller se planquer dans un bâtiment voisin pour râler sur la vilainie de ces envahisseurs.  Mais c’est sans compter sur leur pote le Destin, car là, notre groupe a un coup de bol pas dégoûtant, puisqu’il rencontre une autre unité cherchant un abri, elle constituée de restes d’autres groupes ayant été plus ou moins massacrés. Et dans cette unité, attention ! Qui trouve-t-on ? Mlle Santos, de l’Air Force, technicienne officiellement chargée de surveiller les communications ennemies, mais dont l’avant poste a été joyeusement massacré par les assaillants, qui visiblement, n’aiment pas qu’on lise leurs SMS à base de « G tuer 30 um1 LOL » – « kika PT ? XPTDR ! \* » (« \* » est un smiley chez cette race extra-terrestre, qui n’a pas la même tête que nous, et donc forcément des smilies différents, merci de votre compréhension).

Bien, maintenant que les deux groupes ont fusionné, il est possible de reprendre la route ! Car non, les ennemis qui leur ont tiré dessus et les ont forcé à se replier dans un bâtiment les laissent tranquilles. Ils tirent juste sur les gens, mais ensuite, ne les poursuivent pas, ne les encerclent pas, ne les surveillent pas pour les finir plus tard, non. Ils se contentent juste de… oui, en fait c’est quoi la stratégie alien, à part tirer des roquettes par paquets de douze toutes les cinq minutes ? Non parce que si c’est pour ne pas finir le boulot, autant repartir vers Schoups-XII et pas nous emmerder, tas de petits apaches.

 

Santo a compris : les extra-terrestres ne veulent pas les tuer, non : ils veulent juste les faire chier

Mais qu’importe, car la troupe arrive tant bien que mal au commissariat, et décide de se séparer en deux : une partie de l’équipe va explorer les lieux à la recherche des civils, et l’autre partie va rester dehors à monter la garde avec les blessés, qu’un hélico doit venir chercher dans les minutes qui arrivent. Le lieutenant Martinez, entendant le céleste véhicule approcher, crie même à ses hommes « Vite ! Faites lui un écran de fumée !« .

Excellente idée, Martinez : un écran de fumée. Un peu comme celui qui a l’air de couvrir la ville depuis le début du film pour faire ambiance oppressante mais que personne n’a l’air de remarquer ? Tu veux rajouter de la fumée à la fumée donc ? Non, c’est intéressant. Dis m’en plus. Parle-moi de ton enfance malheureuse, tu serais bien urbain.

Bref : l’hélico d’évacuation arrive, et charge prestement les blessés avant de redécoller ; mauvais timing, car les marines venaient justement de trouver les civils planqués à l’intérieur du commissariat, et auraient donc pu leur faire profiter du voyage d’évacuation ! Nantz et ses hommes sortent donc en courant du bâtiment pour faire de grands signes à l’hélico, et lui hurler de revenir chercher les civils. Mais à son grand désarroi, non seulement l’hélicoptère continue de prendre de l’altitude, mais en plus, il se ramasse une roquette (non mais ils ne peuvent tirer qu’à la roquette ? Ils n’ont rien d’autre ?) et revient se poser, certes, mais assez brutalement, en flammes, et en plusieurs morceaux. Crotte de bique, s’exclame Nantz, qui n’a pourtant pas le juron facile. Mais il faut bien ça : car la roquette qui a abattu le céleste véhicule provenait d’aéronefs aliens ; haaa, zut : ils ont bien des forces aériennes, donc.

Au fait, et les civils du commissariat, qui sont-ils, me direz-vous, car je n’en parle que peu ? Allez, petit tour d’horizon :

- Moustachos, un chicano à moustache (Non ! J’ai dit pas la moustache ! Certes, tu étais dans un commissariat, mais tu n’es pas non plus capitaine de la police ! Toi aussi, tu vas avoir des emmerdes !)

- Victor, le fils de Moustachos, qui kiffe grave les marines

- Dudule, la donzelle célibataire d’un âge proche de celui de Nantz

- Gudule et Grudule, les deux nièces de Dudule

Voilà, maintenant, vous savez qui sont ces 5 civils qui auraient pu être secourus il y a des heures si quelqu’un avait eu la bonne idée de leur envoyer un hélicoptère plutôt que des piétons. Mais il faut faire avec : nos marines, de leur côté, décident de se barricader dans le commissariat dans l’attente d’un autre plan pour retraverser toutes les lignes ennemies, et se voient demander par Martinez et Nantz de virer les cadavres des policiers morts lorsque le bâtiment a été pris d’assaut (nos 5 larrons n’ont survécu que parce qu’ils étaient cachés) pour ne pas choquer les enfants. Oui, au milieu d’une guerre intergalactique, encerclé au milieu du territoire ennemi, ça me parait prioritaire de mobiliser ses hommes à bouger des cadavres hors de vue des enfants. Enfants, qui en plus, poireautent dans ce commissariat aux côtés des macchabées depuis des heures, donc l’utilité du geste est définitivement incompréhensible. Je vous ai dit que les mêmes enfants avaient en plus vu un hélico plein de gens exploser devant eux il y a 5 minutes ? Non ? Bon bin voilà. Je voulais juste aller au bout du raisonnement.

Et les autres soldats, ceux qui ne sont pas occupés à bouger du cadavre, que font ils, eux ? Ils montent des barricades ? Cherchent des armes ? Explorent le bâtiment ? Montent sur le toit ? Non : ils papotent. Du genre le marine qui devait se marier qui se met à chouiner que la vie est trop injuste, et son pote marine à moustache vient lui dire que « Allez, tu vas t’en sortir, te marier, dire à ta femme que tu l’aimes« …. ouais. J’espère que ce film sera primé au festival des caricatures.

Mais revenons à Nantz : il aperçoit le lieutenant Martinez abattu, lui aussi occupé à rien foutre si ce n’est à se dire qu’il a perdu des hommes et qu’il n’était pas préparé à cela ; il lui fait donc un petit discours moralisateur sur le fait que la guerre, c’est sale. Et rapidement, la dite guerre devient plus sale encore, puisque le marine chargé de la radio indique à nos deux garçons en pleine conversation que le QG n’enverra aucun autre hélicoptère les aider : les aéronefs ennemis contrôlent le ciel. Il ajoute même : « Au QG ils disent qu’ils n’ont jamais vu un truc pareil !« .

Ah oui, ils auraient dit « Rassurez-vous, on a déjà vu ça lors de la dernière invasion extra-terrestre de 1788 : il suffit de leur jeter de la mie de pain et ils se cassent.« , c’eut été plus étonnant.

Nantz, qui est bien décidé à ne rien faire pour sécuriser cet endroit, va lui discuter avec les civils pour en apprendre plus sur eux et dragouiller Dudule. Mais finalement, Moustachos vient lui casser son coup, en lui collant son fils dans les pattes en expliquant qu’il adore les marines. Nantz pose cependant une question intéressante : « Vous avez assisté à l’assaut du commissariat ? » : oui, depuis leur cachette ils ont tout vu ! Peut-être ont ils repéré un détail important, un élément stratégique, une faiblesse tactique… mais non, Nantz s’en fout, il posait juste la question pour faire la conversation : c’est vrai quoi, des témoins ayant vu les aliens en pleine action à quelques mètres d’eux, sans se faire tirer dessus, il ne faut surtout pas leur demander ce qu’ils ont vu.

 

Nantz poursuivant la cigogne pour se plaindre : elle lui a livré une rousse

Une télévision, elle, continue de diffuser des informations : les aliens semblent tuer tout le monde sans jamais négocier quoi que ce soit. Un spécialiste interviewé pour l’occasion explique donc qu’il s’agit d’une colonisation pour nos ressources, puisque « la règle d’or« , dans toutes les colonisations de l’histoire, est de tuer tous les indigènes sans distinction.

Ah. Il a déjà ouvert un livre d’histoire le monsieur ? Non parce que tous les pays n’ont pas tenté de refiler des couvertures pleines de maladies à leurs indigènes pour les buter : dans 95% des cas, l’objectif était de soumettre les indigènes pour en faire une force de travail. J’imagine que ce spécialiste avait pour seul diplôme un ticket de cinéma pour « Avatar – version longue avec 3 minutes de plus« , et pouvait donc en déduire des « règles d’or« . Avec des spécialistes pareils pour les conseiller, je pense qu’il vaut mieux que les Etats-Unis se rendent en vitesse. Malgré tout, l’incompétent notoire lâche une dernière hypothèse : l’ennemi voudrait nous voler notre eau. Il kiffe Volvic, même. Sa théorie repose cette fois sur le fait suivant : notre planète est majoritairement recouverte d’eau, donc le plus probable est que ce soit ça que les aliens veulent. Oui, et si jamais un pays envahissait l’Irak, ce serait pour son sable : après tout l’Irak est majoritairement recouvert de sable.

Après moult discussions cucu la praline, en tout cas, nos marines ont eux enfin décidé de commencer à explorer le commissariat et ses alentours : ils repèrent ainsi un véhicule permettant d’embarquer tout le monde pour évacuer, c’est-à-dire, un gros bus orange flashy (si les aliens sont épileptiques, ils sont foutus), et surtout, un soldat tombe, en dessous d’une pile de gravat sur… hooo ! Un alien ! Et encore vivant en plus ! Par contre, allez savoir pourquoi, c’est le seul alien du coin qui ne soit pas en armure : probablement Jim le nudiste, de la 3e division d’invasion. Dès qu’il a vu la plage de débarquement, hop, à poil ! Mais visiblement, mal lui en a pris, puisque l’Amérique a toujours eu du mal avec les questions de pudeur, et voilà donc cette créature mal en point et capturée par nos héros, qui en bons américains, ne risquent pas de laisser une créature exhiber son cosmo-zgueg au tout venant.

Une fois ramenée à l’intérieur du bâtiment, la bête couine un peu, mais sans plus. En tout cas, c’est l’occasion de les étudier. Et comment étudie t-on un alien ? Et bien tout d’abord, en faisant appel à Dudule qui était vétérinaire, et à ce titre, est forcément compétente en extra-terrestres. Elle aide Nantz à ouvrir la bête pour voir dans quel organe il faut taper pour tuer ces bestioles diablement résistantes.

Oui, sa théorie est naze : c’est qu’il n’y aurait qu’un endroit où taper, du genre, tous les autres organes sont parfaitement inutiles. Mais comme c’est le héros, c’est évidemment la bonne : il a beau charcuter des tonnes d’organes ici ou là, le truc ne veut pas mourir et se contente de se marrer. Ou j’imagine qu’il se marre, puisqu’il fait un bruit comme « Goulou goulou brouloulou« , probablement l’équivalent intergalactique d’une imitation de Philippe Bouvard.

Mais nos héros doivent se dépêcher : l’ennemi a envoyé une patrouille d’une bonne trentaine de gredins en direction du commissariat ; et il faudrait le retenir un peu, le temps que deux soldats aillent faire démarrer le bus orange pour se barrer, et que Nantz trouve le seul organe qui sert chez les aliens. Ah, c’est sûr, il aurait eu plus de temps pour le faire si lui et ses hommes s’étaient bougés plutôt que de se montrer bavards dans le commissariat, et avaient ainsi trouvé le bestiau plus tôt. Mais bon, c’est tellement plus cool de tout faire « just in time« . D’ailleurs, de manière fort originale, c’est évidemment le dernier organe que le plus charcutier des sergents teste qui est le bon, c’est-à-dire, l’organe le plus important du corps de ces bestioles, et qui se trouve « juste à droite de là où nous, nous aurions un coeur« . Appelons donc cet organe indispensable aux extra-terrestres « un coeur » par exemple. Enfin je ne sais pas, moi je ne suis pas vétérinaire, donc je lance ça au hasard.

L’aventure, elle, ne s’arrête pas sur ces considérations, et se poursuit même, puisque tous les marines fuient le bâtiment, balançant moult grenades derrière eux pour calmer les aliens qui arrivaient, avant de s’engouffrer dans le bus flashy qui les emmène loin de tout ce bazar. Bus qui, soit dit en passant, n’a aucun problème pour écarter les véhicules sur son chemin et se frayer un passage dans des rues bombardées par les vaisseaux aliens. A bord, Martinez consulte sa carte : pour ramener tous les civils à l’aéroport servant de QG local d’où l’équipe est parti, il va falloir parcourir les 10 kilomètres qui les séparent en..

Oui, 10 kilomètres entre le commissariat et la base. Ils avaient 3 heures pour les faire, et en moins d’une heure et demie, nos héros ont fait 10 kilomètres à pied, le tout armé, chargé, en avançant prudemment, en tombant dans des embuscades à plusieurs reprises, et en prenant le temps de se poser pour soigner des blessés. C’est ce que j’appelle avoir de grandes jambes les gars.

 

Quand Nantz n'a plus le moral, il pense au script et ça le fait aussitôt marrer

D’après le lieutenant Martinez, il faudra 25 minutes pour parcourir ces 10 kilomètres, ce qui permettra de sortir du couloir qui va être bombardé par les B-52 avant que ça ne commence à tomber. Il ajoute donc qu’il faut aller « Au plus vite !« , des fois que le chauffeur se dise qu’on va profiter du paysage et faire des arrêts pipi fréquents. Mais rapidement, nos héros sont dans l’obligation d’arrêter leur fière monture tant ils constatent que moult aéronefs ennemis les survolent, et qu’il vaudrait mieux se faire discret. Ils commencent à avertir l’état major de ce mouvement aérien par radio, mais soudain, un chasseur se tourne vers eux : Nantz a compris, ces petits rascals repèrent leurs ennemis en partie grâce aux radios qu’ils localisent ! Tout le monde est donc invité à couper son émetteur et son portable (heureusement, ils n’ont pas avec eux un de ces glaires humains qui le gardent toujours allumé en réunion et au cinéma, même si on leur demande de l’éteindre ou qu’il a déjà sonné une fois en emmerdant le bon peuple), mais cela n’est pas suffisant : l’appareil ennemi continue de se rapprocher fort lentement (il est gentil, il ne balance pas du missile direct). Le sergent Nantz décide donc de créer une diversion en sortant du bus et en allumant une radio à fond avant de la coller contre la pompe d’une station essence voisine ; ainsi, lorsque le véhicule alien s’approche de la pompe pour regarder la radio (oui, la regarder : il vole, malgré ses 12 tonnes, à 5 centimètres du sol), Nantz qui s’était éloigné balance alors une grenade dans le tas et regarde le tout s’embraser, sous les acclamations de ses potes restés dans le bus. Le sergent constate alors, en traversant l’épave enflammée, qu’il n’y a nulle trace de pilote : il s’agit d’un drone.

Non, moi non plus je n’ai pas compris pourquoi depuis le début du film les aéronefs lattaient tout à coups de roquette sans se poser de question et là soudainement se mettent à s’approcher assez près pour renifler leurs cibles, genre cyber-cockers. Et ça n’arrivera que dans cette scène : après, les drones vont reprendre leurs bonnes habitudes.

De retour dans le bus, Nantz est le héros de la bande : ne vient-il pas de sauver tout le monde au péril de sa vie ? Dudule lui fait donc comprendre qu’elle n’est pas insensible à son charme, mais que bon, là, dans le bus, elle se voit mal se lancer dans diverses pratiques sexuelles. Il est donc convenu de remettre ça à plus tard, par exemple, à un moment où il n’y aura pas de risque de se faire griller le trilili par une roquette alien farceuse.

A noter que Mademoiselle Santo, la technicienne de l’Air Force, est elle aussi très impressionnée par le bougre de sergent, et se décide à lui refiler une information jusqu’ici classée secrète : elle n’était pas chargée d’espionner les transmissions aliens, non : elle était chargée de surveiller leur vaisseau-mère local, sorte de gros vaisseau commandant tous les drones aériens du secteurs. Mais que celui-ci, bien qu’énorme, avait mystérieusement disparu des écrans radars.

Ok Santo. Donc tu veux dire que l’armée suivait sur son radar la progression d’un vaisseau géant qu’elle savait comme étant le centre de commandement des drones (va savoir comment d’ailleurs), et donc qu’elle était tout autant au courant du fait que l’ennemi avait à sa disposition des appareils volants ? Alors pourquoi la même armée a affirmé le contraire aux héros au début du film, et a basé toute sa stratégie sur le fait qu’ils n’avaient pas d’aviation, alors qu’apparemment, c’était la seule information sortie du chapeau qu’ils avaient sur les aliens puisqu’ils avaient déjà des radars en place pour surveiller leur progression ? Je suis dubitatif.

Mais le film est bien conçu : pour éviter au spectateur de penser à cette énième incohérence, le bus orangé de la petite bande, qui s’engageait sur la voie rapide, finit par tomber dans une embuscade (encore !), coupant net le youkaïdi-youkaïda que tout le monde chantait en choeur à bord en tapant sur le siège de devant comme un vulgaire garçonnet partant en colonie de vacances. Pire encore : l’ennemi a bombardé les sorties de la voie rapide, et le bus est donc pris au piège (oui, l’ennemi a bombardé les sorties, mais pas les entrées, il est vraiment maléfique, et personne n’aurait idée de prendre une entrée à contresens, ce serait mal). Tout le monde descend donc du véhicule et commence à arroser l’ennemi, pendant que grâce à des filins, une partie de l’équipe tente de faire descendre les civils de la voie rapide pour leur permettre d’aller trouver un abri plus sûr ou regagner la base, qui n’est plus très loin, à pied. La bataille fait donc rage, pendant que les enfants sont descendus en premier (non, pas comme ça, mais oui, j’aurais préféré) de la rocade locale, et que les vilains attaquent avec toutes sortes d’engins impliquant mitrailleuses et lance-roquettes ; comme il se doit, il y a de l’acte héroïque, avec du pinpin allant sauver son pote coincé sous un véhicule ou autre, et payant de sa vie son sauvetage : Marine à moustache est de ceux là, sa pilosité faciale ne pouvant lui permettre de survivre dans un film américain à gros budget. C’est pourquoi le même sort ou presque attend Moustachos le civil, puisqu’il sauve la vie des enfants qui étaient en cours de descente en mitraillant sec des aliens qui s’étaient approchés d’un peu trop près ; hélas, l’une de leurs rafales l’a bien perforé aussi, il ne fait donc plus trop le malin et se contente de faire « Ayayay, qué dolor ! » en gémissant.

 

Cet homme appelle la mort de ses voeux

Le lieutenant Martinez lui-même, bien que blessé, décide de se sacrifier en utilisant tous les explosifs de l’escouade restant dans le bus pour faire bobo à l’ennemi quand il sera assez près, et confie au sergent une lettre à remettre à sa femme (dans un de ces moments où ça joue très fort de la trompette et où le dialogue est à base de « Je vous abandonnerai pas lieutenant ! – Non, fuyez sergent ; c’est un ordre. Et… et vous direz à ma femme que… que je l’aime !« ). Lorsque les E.T arrivent à proximité du bus, ils sont donc pulvérisés par le sacrifice bien évidemment héroïque du bon lieutenant Martinez. Ce qui, curieusement, entraine une réaction de l’escouade des plus étranges : tous disent « Hooo regardez, le sergent a laissé le lieutenant mourir tout seul ! Quel enfoiré ! On peut pas avoir confiance en lui !« .

Hmmm c’était votre héros il y a 15 minutes pour vous avoir sauvé en détruisant un aéronef ennemi ayant repéré vos radios. Et puis, sans vouloir faire mon putois : si vous vouliez pas qu’il meure tout seul, vous pouviez aller mourir avec lui, hein.

Toute l’équipe finit donc, grâce à ce kamikaze made in America, par profiter du temps gagné pour fuir la voie rapide et aller se planquer dans une pharmacie un peu plus loin, hors du couloir qui va être bombardé prochainement. Ils emmènent avec eux Moustachos, qui continue de se vider de son sang sous les yeux de son fils. Par contre, bonne nouvelle : les aliens n’ont attaqué ni les lignes téléphoniques fixes malgré leurs ouat’milles attaques, ni la transmission de la télé. On apprend donc par cette dernière que les aliens utilisent notre eau comme carburant pour à peu près tout chez eux,(hoooo, la métaphore, des colons qui viennent pour prendre une ressource et s’en servant comme carburant, au mépris de la vie des indigènes…), peut-être même pour leurs propres organismes. Ils utiliseraient aussi nos égoûts pour acheminer l’eau vers leurs vaisseaux. Hé bé,quand ils vont se retrouver avec des rats, des alligators et surtout des étrons dans le carbu, ils vont moins rigoler. Mais des étrons de stars tout de même, on a sa petite dignité galactique : ils siphonnent aussi Hollywood. En tout cas, les brigands ont attaqué une vingtaine de villes partout sur la surface du globe. Et à chaque fois, ils ont un gros vaisseau mère pour diriger leurs opérations, celui que la technicienne de l’Air Force devait pister, et qui serait à même de contrôler les drones.

Mais l’heure tourne, et le bombardement arrive ! Notre troupe fait donc confiance à la précision des tapis de bombes américains (Ha ha ! Hem…) et… rien. A 19:00:00, rien du tout, que dalle, pas même une petite détonation. Alors ils s’étonnent : c’est vrai, quoi, une bombe qui ne tombe pas à la seconde près, c’est louche ! Surtout en pleine guerre, le bombardier n’a pas le droit d’avoir un retard de 10 secondes au motif futile, par exemple, qu’il a été pris en chasse, non. Leur raisonnement a beau être débile, ils ont évidemment raison puisque Nantz l’adopte : de bombardement, il n’y a pas. Et reprenant la route jusqu’à leur QG, ils découvrent que l’aérodrome qui leur servait de base à tout simplement été rasé. Flûte, ça explique le manque d’avions pour bombarder, alors. Et surtout, un drame se joue : Moustachos, qu’ils ont trimbalé jusque là, finit par mourir en serrant fort la petite main de son fils. Le sergent Nantz est donc très triste, parce que malgré la mort de millions de gens, et d’une bonne part des soldats sous ses ordres, là, c’était le gentil père de famille chicano, et ça, on a pas l’droit ! Mais comme ce n’était pas assez larmoyant, Victor, son fils, trouve aussitôt moyen de courir se jeter contre le treillis de notre bon sergent pour y laisser couler ses grosses larmes chaudes. Bin voyons. Le sergent réfléchit donc à ce que l’on dit donc dans ces cas là dans ce genre de familles : « Ton papa était fort comme une douzaine de tacos à lui seul, et il était muy courageux. ». Et la musique, encore une fois, accompagne ce larmoyant discours sur la perte des êtres aimés. Tellement qu’avant qu’elle ne s’arrête, le sergent trouve même le temps de parler à son caporal de la mort de son frère, il fut un temps, sous ses ordres, et qui lui manque, et blablabla, et God bless America.

Mais, bon, les poncifs, ça va bien 5 minutes : hopopop, la guerre attend, alors on regroupe tout ce que l’on trouve sur la base : cartes, munitions, blindés légers ayant miraculeusement survécu à l’assaut… et direction un nouveau point d’évacuation indiqué sur l’un des plans trouvés dans l’ancien QG désormais en ruine ; juste histoire d’être sûr que notre troupe peut s’y rendre, nos héros n’hésitent pas à appeler par radio la base pour savoir s’il est encore valable.

Par radio ? Comme dans « Attention, dès qu’on allume une radio, ils envoient un drone nous bombarder » ? Hmmm. Intéressant. Je croyais que les lignes fixes fonctionnaient encore miraculeusement, pourquoi ne vous en servez-vous pas ?

Nos vaillants galopins foncent donc vers le point de rendez-vous, véhiculés par un blindé léger et un humvee (mais si, vous savez, ces gros tous-terrains blindés de l’armée américaine qui servent aussi de voiture à beaufs), et mitraillant sans encombre tous les ennemis sur leur chemin : visiblement, eux qui tiraient de la roquette à foison en début de film sont désormais à court et se contentent désormais de courir devant les véhicules en secouant les bras et en poussant de petits couinements. Hé bé. En tout cas, promptement, le groupe atteint la zone d’atterrissage désignée (comme quoi, c’était juste à côté, en fait !) et un hélicoptère s’empresse de venir les chercher. Mais une terrible nouvelle tombe lorsqu’un des membres de l’équipage de l’appareil annonce : Los Angeles doit être abandonnée pour limiter les pertes ! Ho ! Reculer ! C’est intolérable pour un marine. On ne recule pas. Jamais. On pète même nos boîtiers de vitesse pour ne plus avoir de marche arrière. On en chie pour les créneaux, mais on a notre honneur, oui monsieur !

 

Je commence à comprendre pourquoi les aliens bombardent les radios

Rassurez-vous : l’aventure ne se termine pas là, ce serait trop facile : alors que l’hélico retourne vers une zone plus sûre, soudain, il connait une brève coupure d’électricité (mais qui ne fait pas choir l’appareil pour autant, c’est une gentille coupure) ; d’après Santo, cela peut arriver quand on passe à proximité d’une zone qui envoie trop de signaux d’un certain type… hmmm, vous voudriez dire comme « en passant à côté du vaisseau mère ennemi envoyant plein de signaux à ses drones » ? Ho oui, c’est sûrement ça !

Vous voudriez dire que le vaisseau mère ennemi serait posé quelque part entre Los Angeles (sécurisée par l’ennemi ou presque) et les zones américaines ? Genre en plein no man’s land ? Et sans aucune défense pour ouvrir le feu sur un hélico militaire toutes lumières allumées ?

Oui. Bon bon bon. Allez, on va dire qu’il s’est posé à Hollywood, probablement attiré par une sex-tape de Paris Hilton diffusée sur Space-Porn.

Nantz en tout cas, croit dur comme fer à cette théorie : elle est donc forcément vraie, comme à chaque fois depuis le début du film. Il se décide donc à retourner au sol pour bourrer la gueule à lui seul de tout le vaisseau mère alien, parce que bon, c’est sûrement très mal défendu comme truc. Pour ce faire, il confie tout d’abord à Dudule la lettre que le Lieutenant Martinez lui avait confié pour remettre à sa femme, claque à Victor « Tu es le marine le plus courageux que j’ai jamais connu ! » (les autres marines autour font « Pff héé, hooo, chouchou, bouuuh, Victor enculé ! »), puis descend en rappel depuis l’hélicoptère pour aller distribuer des mandales à tout ce qui n’a pas ses papiers de terrien. Inspirés par son héroïsme définitivement trop cool, tout le reste de l’escouade décide de foncer l’aider. Dès lors, la situation est la suivante : si nos héros détruisent le vaisseau-mère ennemi, il n’y aura plus de drones, et donc, plus de support aérien pour l’ennemi. Ce qui rendrait beaucoup plus facile le combat contre eux (en même temps, au début du film, ils n’avaient pas encore sorti le support que l’armée prenait déjà sa peignée et perdait déjà ses appareils volants, mais bon). Et d’après l’endroit où l’hélicoptère a vu son courant brièvement être coupé, il devrait se trouver à 5 kilomètres, probablement planqué en sous-sol (aucun avion n’a dû remarquer un vaisseau de plusieurs centaines de mètres creusant un trou dans le sol en plein à côté de Los Angeles, c’est sûr) selon Santo.

L’infiltration commence donc par les égouts : évitant soigneusement les patrouilles ennemies et pataugeant dans de l’eau pure et claire (à Los Angeles, l’eau des piscines est noire et l’eau des égoûts est digne d’une source de montagne, allez comprendre), le groupe parvient à s’approcher relativement aisément de son objectif finalement, tant il n’y a pas vraiment de défenses à passer outre les rares patrouilles susnommées. Hélas, en chemin, un groupe ennemi finit tout de même par les surprendre mais a tôt fait de prendre sa dérouillée car on n’enquiquine pas ainsi des marines, nom d’une pipe en bois ! Le mal est cependant fait : nos héros ont révélé leur position. Mais heureusement, pile au moment où nos fanfarons arrivaient devant le QG ennemi tant recherché, donc c’est bon, plus besoin d’infiltration ! Mais il y a trop d’ennemis sur leurs talons malgré tout : mieux vaut donc filer en surface (où il fait soudainement jour, hop, alors qu’il faisait bien nuit jusqu’alors).

 

"On patauge dans la merde là - Oui, mais de la merde de stars ! Profitez !"

Ça tombe bien, une échelle sans gardes les attend non loin de là où ils étaient pour les ramener sur le plancher des vaches (oui, une échelle non-gardée juste à côté du vaisseau-mère : pourquoi surveiller les accès à sa pièce la plus stratégique, j’insiste ?), et ramène le groupe à la surface ; le plan est désormais le suivant : appeler le QG de l’armée américaine, qui s’est réorganisé plus loin, pour lui demander de balancer un missile, et guider le tout par laser (car jusqu’ici, personne n’avait pensé à balancer des missiles sur les vaisseaux-mères aliens, même quand ils étaient en vol et visible au radar, c’est ballot tout de même). Allez, hop ! En route ! Exécution de ce génial plan.

Un marine va donc en haut d’un bâtiment en ruine passer l’appel radio qui va bien, et sitôt qu’il a fini l’appel en question il… il laisse sa radio allumée à côté de lui et attend. Oui, il appelle au suicide ; et ça tombe bien : les aliens sont comme les routiers, sympas, et lui bombardent la tronche à ce titre d’une manière parfaitement généreuse. Ah, mais ! Ça t’apprendra à être bête ! Mais ses amis n’ont pas le temps de pleurer tant sa perte que sa stupidité, car nos vaillants larrons affrontent l’ennemi qui, finalement, s’est enfin décidé à quitter les égouts pour venir les déloger de juste au-dessus de leur vaisseau-mère (probablement qu’ils ont finalement obtenu une prime pour sortir de leurs égouts et venir se battre en surface), et parviennent à tenir assez longtemps pour que le laser guide le missile à bon port : proutch (oui, proutch. C’est comme ça), fait la structure ennemie en encaissant le projectile. Youpi ! Font les gentils en dansant la victoire.

Sauf que non : certes, ils ont endommagé le vaisseau-mère avec un petit missile, mais tout le reste va encore bien, merci. Il faut dire qu’un missile incapable de tuer le groupe de marines qui guidait le tout à 10 mètres de là avait peu de chance de faire exploser entièrement un vaisseau visiblement vaste de plusieurs centaines de mètres. Le bougre sort donc de terre en faisant gémir son métal, puis s’envole vers de nouveaux horizons, à la recherche d’une position plus sécurisée où se cacher, et bien que nos amis guident encore plus de missiles vers ce mystérieux aéronefs, des drones tournant autour de lui font tout pour se prendre les projectiles à sa place. Raaah, c’est frustrant. Mais un plan vient à l’esprit de nos bons amis : s’ils abattaient le drone tentant de protéger l’appareil un peu avant qu’il ne touche le prochain missile en approche ? Hmmm, pas bête ! Le plan est donc exécuté avec brio, malgré le demi-millier d’ennemis qui les mitraillent dans le même temps, et cette fois, le missile américain vient s’enfoncer bien au creux du vaisseau-mère : brouf, fait le petit navire, bientôt suivi par des dizaines de drones désormais incontrôlés : tout ce beau monde va donc s’écraser au sol dans un bruit apocalyptique signifiant à nos héros que leur mission est parfaitement accomplie. En même temps, il vaut mieux : le vaisseau se serait écrasé en faisant « ker-pouic » façon jouet pour chien, c’eut été plus inquiétant. Et moins héroïque.

A noter que les troupes aliens qui jusqu’ici mitraillaient nos héros, elles, semblent parties se prendre l’apéro, laissant nos protagonistes préférés prendre des poses cools en regardant s’effondrer leur ennemi. Mieux encore, lorsque certains fantassins aliens reparaissent, c’est uniquement pour battre en retraite (ça valait le coup de revenir à l’écran les gars !) : ils se sont probablement rendu compte qu’à 8 000 contre 6 marines à court de munitions, ils n’avaient aucune chance. La victoire est donc enfin là : bravo, les marines, yeaaaaah (vous pouvez rajouter autant de « a » à ce « yeah » que vous le souhaitez, ça reste dans l’esprit).

Quelques temps plus tard, retrouvons le plus célèbre des sergents et son escouade de bric et de broc, qui sont rappatriés au nouveau QG de l’armée américaine, où la contre-attaque se prépare : le sergent est félicité pour ses efforts et « sa technique pour abattre les vaisseaux-mères ennemis a été transmises à tous les pays du monde qui vont la mettre en application« .

Je rappelle sa technique : lui bourrer la gueule de missiles. Apparemment, jusqu’ici, personne n’y avait pensé dans le monde : ils devaient bombarder les vaisseaux ennemis de Chupa Chups ou leur lire des histoire de Petit Ours Brun.

Dans tous les cas, les officiers invitent ces héros de guerre à prendre un peu de repos en allant au moins manger un morceau et boire sous la tente de la cantoche, mais non : Nantz est trop cool pour manger et boire, d’ailleurs, il n’en a pas besoin. Il se nourrit de gloire et boit de la testostérone en berlingot : il s’empresse donc de ne pas se sustenter et de plutôt recharger ses armes pour repartir aussitôt ; ce en quoi, comme toujours, ses hommes l’imitent, inspirés qu’ils sont par sa personne (ou par le fait qu’ils n’ont aucune personnalité) : les officiers qui l’observent restent bouche bée devant tant d’héroïsme, alors qu’encore une fois, ça joue grave de la trompette en fond sonore.

 

Le seul truc plus consternant que les dialogues dans ce film

Dès lors, tout le monde repart vers les hélicoptères, et c’est toute une flotte qui se rue vers Los Angeles avec un seul mot d’ordre : libérer la ville et rendre à l’Amérique sa liberté chérie et…

FIN

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Sortant de la salle avec le sentiment du devoir accompli et traversant le cinéma désert, une interrogation me vint soudain : si à toute invasion, il y a une sorte de vaisseau-mère, de meneur contrôlant toutes les autres sous-créatures, dans le cas présent, serait-il possible que toutes ces merdes cinématographiques soient menées par…

Une voix se fit entendre derrière moi. Une voix qui ne m’était pas inconnue.

« Tourne-toi lentement, Odieux ! Et pas de filouteries, je suis armé.« 

Dans l’impossibilité de marraver sa mouille au malandrin qui osait me menacer, tant il est inconvenant de frapper un inconnu, particulièrement lorsqu’il se situe loin de vous, je pivotais doucement sur moi-même, réfléchissant à l’endroit où j’avais déjà entendu cette voix. Ce n’est qu’au moment où mes yeux purent enfin se poser sur ce visage que tout devint clair : le leader potentiel de cette invasion, pourquoi n’y avais-je pas pensé plus tôt ; ça ne pouvait être que cet être sans vergogne !

« VOUS ! » m’exclamai-je en un souffle peiné.

Ta ta tin !

A suivre… (quel insoutenable cliffhanger !)

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