Comme le veut la tradition, peu avant de prendre la route pour aller rejoindre Toulouse et répandre dans la ville rose civilisation, bon goût et bien évidemment bonheur pour les Toulousaines trop peu attentives à leurs boissons, l’un des blockbusters de l’été trouve sa place sur ce blog. Comme chaque année, je partagerai donc un verre avec mon bien aimable lectorat (je mets les informations en fin de spoiler, hop), mais en attendant, répondons à cette question lancinante :

« Avec 210 millions de dollars de budget, peut-on se planter comme une grosse buse sur un truc aussi élémentaire que le script ?« 

La réponse est si mystérieuse ! Vite, Transformers 4, à mon aide !

Ni une, ni deux : spoilons mes bons !

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L’affiche : je crois que certains ont commencé à se rendre compte que les flammes sur l’affiche trahissaient le caca. Heureusement, les robots géants restent encore une valeur sûre de bouse.

Notre film débute quelque part dans l’espace, alors qu’une flotte de vaisseaux aliens qui a visiblement lancé le concours de qui serait le plus moche (le USS Charleroi est sur le coup) et le moins adapté à une rentrée atmosphérique approche de la Terre. Rassurez-vous, aucun humain ne va douiller, puisque nous sommes au temps lointain des dinosaures, ces créatures qui passaient leur temps à se courir après, pousser des cris bizarres ou encore communiquer entre eux par Tatoo. Oui mais voilà : les aliens ne font pas qu’approcher de la Terre, ils ont visiblement envie de faire du tourisme. Bien embêtés parce que New York n’existe pas encore et que c’est pourtant un peu l’astroport de tous les mauvais films, ils se retrouvent à survoler les plaines verdoyantes de notre petit bout d’univers, et alors que les dinosaures en sont encore à se demander ce que sont ces merdes volantes, voilà que les vaisseaux se mettent à tirer une sorte de super-napalm, qui transforme tout ce qu’il touche en métal. Les étendues majestueuses de la Terre sont donc bientôt transformées en désert métallique seulement peuplé de statues de dinosaures figés dans leur dernière position (ce n’était donc pas le moment de se curer le nez ou de lire Biba), et de quelques bestioles qui ont survécu malgré tout.

Cela étant dit, avançons un peu dans le temps.

Nous voici dans le présent, au Texas, où nous retrouvons Cade Yeager, un ingénieur fauché mais au cœur gros comme ça, et Lucas, son associé mi fou-fou, mi con-con. Tous deux se sont spécialisés dans la récupération de vieux matériel (ils possèdent ainsi un gigantesque stock de Sega Nomad) et pour le réparer et le revendre, ce pourquoi en ce beau jour ils se retrouvent pour aller inspecter un vieux théâtre encombrés de merdes accumulées au fur et à mesure des années et dont les propriétaires aimeraient grandement se débarrasser. Caméras datées, sièges usés et scripts corrects, autrement dit, uniquement des choses d’un autre âge les attendent mais au détour d’un couloir, voici que Cade repère… un camion.

Que personne n’avait remarqué.

Je peux tout à fait comprendre. Les 36 tonnes sont de la famille du ragondin et leur discrétion est proverbiale. Qui n’a jamais retrouvé un camion chez lui un matin après avoir laissé la fenêtre ouverte, ou n’a passé la nuit à chasser un poids lourd dans sa chambre la claquette à la main après l’avoir entendu vrombir près de votre oreille ?

Un classique.

Il faut donc croire que l’on a oublié de diffuser de la citronnelle dans le théâtre depuis un bail, ou même de mettre un piège électrique (une baraque à frites lumineuse) pour cramer le parasite, puisque le camion, bien qu’en piètre état, est bien installé. Cade l’inspecte et s’étonne, car non seulement le bousin est couvert de poussière, mais en plus, il y a des impacts sur la carcasse ainsi que des douilles d’obus à l’intérieur. Bon, rappelons que logiquement, on retrouve les douilles à côté du tireur et rarement dans la victime, mais bon, hein, on ne va pas chipoter, peut-être que le tireur a envoyé ses obus, puis ensuite, pour déconner, est allé enfoncer les douilles dans la margoulette de l’auguste véhicule.

Pour 150 dollars, Cade et Lucas repartent donc avec ce camion en piètre état avec le secret espoir de vendre des pièces du moteur, ou même, au poids du métal, m’est avis qu’ils ont fait une affaire. Dans tous les cas, ils s’en retournent vers la ferme familiale de Cade, où ils retrouvent Tessa Yeager, le fille de Cade, qui a 17 ans, un cœur gros comme ça et en plus des tenues courtes et moulantes pour le montrer. Elle skypait tranquillement avec son petit ami lorsque son père débarque avec son tas de ferraille, et elle descend donc gueuler un bon coup.

« Papa ! Qu’est-ce que c’est que ce gros machin ?
- Hé bien ça s’appelle un camion. Je le sais parce que je suis ingénieur. 
- Certes, mais Papa ! Nous n’avons déjà plus d’argent, on a encore reçu des relances d’impayés et nous allons perdre la maison ! Alors pourquoi encore acheter une merde ?
- C’est le principe de l’économie moderne mon amour. Et puis en plus, il y a plein de pièces à récupérer sur ce véhicule ! On va se faire plein de sous !
- Tu dis ça à chaque fois et à chaque fois tu te plantes, j’en ai assez d’être la seule ici à me comporter comme une adulte, bouhouhou ! »

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Et vêtue de son minishort qui prouve que la famille n’a vraiment plus de quoi se payer le moindre tissu, elle s’en va bougonner pendant que Lucas et Cade traînent leur acquisition jusqu’à la grange de la ferme familiale. L’occasion de coller beaucoup de dialogues passionnants comme :

« Papa ? Tu travailles encore dans la grange ? Je t’ai apporté à manger.
- Ma chérie, c’est gentil mais je dois réussir pour nourrir ma famille, car j’ai promis à ta maman qui est morte de m’occuper de toi et de t’aider à obtenir tes examens, ce pourquoi je suis strict par rapport aux garçons qui te tournent autour et à tes sorties. Ta mère ne voudrait pas que tu fasses la même erreur que nous qui n’avons pas étudié parce que nous t’avons eu si jeunes !
- Tu n’as pas étudié ?
- Ben non, je viens de te le dire, c’est même pour ça que je me comporte comme ça avec toi, tu suis ou pas ?
- Oui mais alors, d’où tu es ingénieur ?
- … hooo, tu m’as apporté à manger ! Holala, comme cette pomme a l’air bonne ! »

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Ou encore.

« Papa, tu dois te comporter en adulte !
- Hé, ho, qui t’as appris la mécanique ? La programmation ? La règle du hors-jeu ?
- Ah oui ? Et qui t’a appris à faire la compta de la maison ? A cuisiner sans ketchup ?
- Toi.
- …
- Il y a un problème ?
- Ben je ne sais pas, on dirait qu’en tant que femme, les seules compétences que j’ai pu t’enseigner concernent la bonne tenue d’un foyer. Ce ne serait pas un peu sex…
- Hohoho, hem, passons à un autre sujet ! »

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On va faire comme dit Cade, et aller voir ce qu’il se passe ailleurs dans le monde.

Ainsi, la CIA, elle, ne chôme pas. Depuis Transformers 3, où Chicago avait pris cher à cause d’une invasion extra-terrestre de Decepticons (les méchants Transformers) arrêtée de justesse par les Autobots (les gentils Transformers) et leurs alliés humains, elle a créé une unité d’élite « Vent de cimetière »  nom qui j’imagine, a germé dans un ascenseur du Pentagone après une dégustation de fajitas à la cantoche. Leur mission ? Bourrer la gueule aux Decepticons survivants planqués aux quatre coins du pays. C’est ainsi que nous les suivons en train de pister la trace d’un vilain Transformers caché dans un port des Etats-Unis. Les bougres sont équipés : soldats d’élite, hélicoptères surarmés et même mini-drones avec détecteurs thermiques, autant vous dire que le Transformer est vite débusqué de l’épave d’un bateau où il se terrait.

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Après, quitte à envoyer des drones, vous pouvez en envoyer un comme ça, hein. Il vous repère son Transformers depuis 10 000 pieds, lui colle un missile dans le cucu avant même que l’autre ne le réalise, et tout le monde peut ensuite fêter la victoire à la cantoche sans bouger.

Sitôt repéré, le bougre tente de prendre la fuite, mais il se fait arroser par tous les humains, et même par…un autre Transformer mystérieux qui lui snipe le museau à distance !

« Arrêtez de tirer, je suis un Autobot ! » s’exclame le pauvre robot, mais tout le monde a l’air de s’en moquer. Lorsqu’on lui demande pourquoi il fuyait, s’il est gentil, il explique « Parce qu’on a reçu un message d’Optimus Prime notre chef de rompre tout contact avec les humains ! On obéit donc. » Mais visiblement, cela ne suffit pas à convaincre les humains, et encore moins le gros Transformer-sniper, dont le charisme est tel que nous l’appellerons Jean-Jacques, comme le veut la tradition. Ce dernier demande gravement « Dis-nous où est Optimus Prime ! » mais face au refus de l’Autobot, il le bute purement et simplement.

Ah oui non mais, il est vraiment méchant. Et les humains ne mouftent pas car eux aussi sont très vilains.

Retournons donc du côté du Pentagone, où Harold Attinger, chef des opérations de la CIA et patron de Vent de Cimetière, ricane dans un bureau après ce qu’il estime être une victoire. Face à lui se trouve le timide nouveau chef de cabinet du président des Etats-Unis, qui est venu opérer une visite de courtoisie.

« Ouiii, alors bonjour, je venais vous dire que le Président aimerait BEAUCOUP vous avoir à la Maison Blanche pour dîner.
- C’est non.
- Heu… attendez, vous savez que c’est votre supérieur ?
- Oui mais je suis beaucoup trop cool et méchant pour obéir d’après le script.
- Ce n’est pas grave. Donc, sinon, le Président aimerait savoir comment avance la chasse aux Decepticons ?
- Ça avance.
- Il aimerait des détails.
- Non.
- … non, sans déconner, faites un effort. Allez, encore une question facile : pouvez-vous nous dire où est Optimus Prime ? Le Président aimerait l’inviter, c’est quand même le chef des Autobots.
- On ne vous dira rien.
- Bon ben c’est super, écoutez, merci pour ce formidable échange, je vous laisse continuer d’envoyer chier le Président sachant qu’il peut vous faire sauter à tout instant. En plus, le fait que vous cachiez plein de trucs n’est pas du tout suspect. Bonne journée, hein ! »

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Vous savez quoi ? En fait on va laisser la CIA tranquille et retenter notre chance pour voir s’il se passe quelque chose de plus intelligent ailleurs. Tenez, si nous allions dans l’Arctique ? C’est bien, l’Arctique.

Car sur place, un hélicoptère se pose et en sort une scientifique, Germaine, qui vient étudier un chantier archéologique où l’on a fait une découverte révolutionnaire : un squelette de t-rex (déjà) tout en métal (en plus) ! Autant dire qu’aussitôt, Germaine repart à la multinationale qui finance ses recherches, KSI, pour expliquer à Joshua Joyce, son big boss, ce qu’elle vient de découvrir. Germaine explique donc sa théorie : il y a des millions d’années, ce n’est pas une météorite qui aurait aidé les dinosaures à disparaître, mais une invasion alien qui aurait transformé tout ce qui passait en métal mystérieux.

Le genre de théorie qui fait rarement un tabac en librairie, mais fait les beaux jours de Youtube.

« Pas si mystérieux ! » intervient Joshua dont la mission est d’expliquer au spectateur plein de trucs que Germaine, qui bosse pour KSI depuis des années, est déjà censée savoir. Ce métal, c’est du Transformium, la matière dans laquelle sont faits les Transformers. Il y a un génome dedans, que Joshua a décodé, et il a ainsi commencé à créer des Transformers sur-mesure, meilleurs que les originaux, et contrôlés par les humains comme des drones. L’Etat l’aide même dans ses recherches en lui amenant tous les restes de Transformers pour qu’il les analyse. C’est ainsi qu’il a mis la main sur la tête de Megatron, le dernier vestige du plus grand Decepticon ayant vécu.

D’ailleurs, c’est rigolo parce du coup, Joshua a tenté de faire un super Transformer de combat, que nous baptiserons Grosétron, mais malgré tous ses efforts, l’engin ressemble… à un Decepticon.

« C’est bizarre.« 

Ah ben oui. Oui, tu as raison. Boh, tu essaies de produire un truc et à la place, ça en produit un autre connu pour être vaguement dangereux et avoir follement envie de te tuer, tu sais quoi ? Plutôt que de t’arrêter pour essayer de comprendre, continue. C’est bien. Et puis c’est tellement crédible, en plus « Ho bah pouf, c’est arrivé comme ça, mais bon, hein, c’est pas bien grave. ». Bé non. Moi aussi, une fois, je voulais faire une tarte aux fraises et puis au final, je me suis retrouvé avec une kalachnikov. J’ai un peu regardé la pâte à tarte d’un drôle d’œil, mais pour tout dire, c’est vrai que ça s’est bien passé quand même : c’était pour un goûter d’anniversaire, les enfants ont adoré.

Ces surpuissantes explications étant faites, Joshua va retrouver le vil Harold Attinger de la CIA qui l’attend dans un coin, et tous deux se lancent dans une grande explication là encore pour aider le spectateurs entre deux poignées de pop-corn ou de Lexomil, c’est selon.

« Attinger ! Que faites-vous ici ? J’espère que vous m’apportez de bonnes nouvelles !
- Nous recherchons toujours Optimus Prime. Sitôt que nous l’aurons, nous le livrerons à Jean-Jacques le robot, qui en échange, nous donnera de quoi avoir autant de Transformium que vous le voulez.
- Il faut faire vite avant que le Président ne s’aperçoive que vous poursuivez les gentils Autobots pour arriver à nos fins…
- Nous l’aurons pas d’inquiétude.
- Je l’espère ! Car n’oubliez pas, si vous réussissez, Attinger, la valeur de vos actions chez moi atteindra 7 chiffres… »

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Une seconde ? Pas la valeur « d’une action » ? La valeur « de vos actions » ? Un total de 7 chiffres ?

Alors je ne sais pas vous, mais moi, pour une trahison interplanétaire, je trouve que ça fait un peu cheapos. Quelques millions tout au mieux, même pas une dizaine ? Pas de quoi s’acheter un yacht de kakou ou une villa de mauvais goût d’une quelconque starlette ? Nan mais, là, Attinger, c’est pas pour dire mon vieux mais vous êtes vraiment un méchant tout pourri. Quelques millions, ça fait toujours plaisir, mais là, bon, faut pas déconner. Pour un peu, Attinger pourrait rajouter « Et je pourrai avoir des tickets restaurants et un abonnement Navigo, aussi ? » sans que ça ne fasse tache.

C’est beau.

Bon, la CIA, l’Arctique, KSI, en fait, c’était tout aussi pourri que le reste : retournons donc au Texas.

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Le chef de cabinet du Président des Etats-Unis en plein entretien avec le chef des opérations de la CIA. « Non mais vraiment, vous voudriez pas nous dire ce que vous faites de tout notre pognon, sachant que vous êtes nos employés ? Non ? Bon ben c’est pas grave, c’est pas bien important. »

Car en parlant de pognon, allons voir du côté de Cade qui dans sa grange, a fait une fort belle découverte en tentant de retaper le camion qu’il a acheté à vil prix : outre un vieux sapin à la vanille accroché au rétro et une vignette obligatoire de 1994, il s’est aperçu que celui-ci fonctionne encore plus ou moins malgré de gros dégâts et mieux encore, quand on lui envoie du jus, le camion se met à gueuler « A tous les Autobots : planquez vos miches, les humains veulent nous déboulonner ! » ou quelque chose dans ce goût là.

Comme le disait le général Aussaresses : « C’est quand le courant passe que l’on peut discuter le mieux« .

Mais bref. Notre héros fait donc part de sa découverte à son copain con-con ainsi qu’à sa fille, et tous deux sont un peu effrayés : depuis la bataille de Chicago et Transformers 3, le gouvernement demande à ce que l’on lui signale toute activité alien. Comme par exemple, les clips de Lady Gaga, les gens qui envoient des powerpoints par mail ou un camion qui parle.

« Et en plus, il y a une grosse récompense ! » ajoute Lucas et son gyrophare sur la tête qui surmonte une pancarte « Je suis un traître« .

C’est à peu près ce moment là que choisit le camion, qui en a marre qu’on lui envoie du jus, pour se transformer en Optimus Prime, le célèbre chef des Autobots (d’ailleurs, le camion est tout gris et sale, mais quand il se transforme, il est tout propre. Et inversement quand il reprend son apparence de camion, c’est fou, ce n’est plus Optimus Prime, c’est Elephant Bleu). Grognon et blessé, il distribue des coups un peu au hasard dans toute la grange, en hurlant qu’on ne peut pas faire confiance aux humains. Cade calme donc le robot en lui rappelant que déjà, c’est raciste, et en se proposant de le réparer. Il envoie donc sa fille faire du rien, et son pote Lucas en ville pour aller acheter des pièces de rechange, un nouveau carbu, deux pots d’échappement, une clé de 12, du lubrifiant, des préservatifs et de la biafine.

Lucas part donc, et revient très en retard, ce qui n’est pas du tout suspect, avec ce qu’on lui a demandé. Cade se met donc au travail, quand après un long moment, voici que s’engagent sur le chemin de la ferme une longue colonne de véhicules noirs marqués du logo « Vent de Cimetière » accompagnés d’hélicoptères armés de roquettes.

« Holala ! Quelqu’un a dû appeler le gouvernement ! Mais qui ? » se demande Cade en sortant de sa grange en urgence pendant que Lucas réajuste son gyrophare et sa pancarte.

Dans tous les cas, le chef de cette petite unité, un certain James Savoy, descend de la voiture avec ses hommes et leur ordonne de fouiller la ferme et la grange malgré les récriminations de Cade. Ils déploient-même leurs légendaires mini-drones, à la recherche de traces thermiques mais… ne trouvent rien. La grange est vide. La ferme aussi. Aucune trace d’Optimus Prime !

Qui s’est en fait caché sous le plancher de la grange, puisqu’il y avait là bien évidemment la place pour un robot géant. Il faudra que je pense à louer un emplacement comme celui-ci, ma cave commence à déborder.

Pardon ? Les détecteurs thermiques des mini-drones vous dites ? Non, ils n’arrivent pas à détecter Optimus Prime ? Pourquoi ?

Parce que.

Sauf que voilà : Cade trahit sans le vouloir son ami robotique, puisque lorsqu’on lui demande où est passé le camion qu’il retapait, il répond « Je n’en sais rien ! Il était là cette nuit encore, et là, il est parti…« . Aussitôt, tous les méchants comprennent que Cade en sait plus qu’il ne veut bien le dire avec son « Il est parti« , ce qui est un peu bizarre en VF, mais comme en VO, il dit « He’s gone » au lieu de « It’s gone »  semble-t-il, les vilains réalisent que Cade parlent du camion comme d’une personne et non d’un objet. Et pour le faire parler… menacent de coller une balle dans la tête de sa fille Tessa, ce qui au vu de ses répliques depuis le début du film, ne devrait pourtant pas être mortel. Mais bon. J’aurais plutôt menacé de la forcer à regarder le film, c’eut été plus cruel.

Optimus Prime, qui aime les oiseaux, les enfants et l’amour dans les prés ne peut supporter que cela arrive : il sort donc de sa cachette, tire dans tous les sens avec son gros canon (mais juste assez pour assommer les brigands avec le souffle, pas les tuer, parce qu’il est vraiment super gentil), et sort de la grange dans une fameuse explosion pour commencer à calmer la troupe de Vent de Cimetière. Cade et ses camarades profitent de l’occasion pour filer, et Cade arrive même à voler un mini-drone dans l’affaire (comme ça, hop). Mais pendant que Optimus met la zone comme un racaillou un soir de coupe du monde, étant donné que la ferme est isolée, Cade, Lucas et Tessa n’ont d’autre choix que de fuir à pieds à travers champs ! Ils n’ont aucune chance, poursuivis par les agents du gouvernement…

… quand soudain, une voiture de rallye surgit, saute une butte et assomme ainsi les vilains à coups de pneus (si, si)  ! Elle s’arrête, la portière s’ouvre et un certaine Shane Dyson ouvre la porte, jeune bellâtre qui n’est autre que le petit ami de Tessa.

« Vite, montez beau-papa ! Je vais vous sauver !
- Merci Shane. Nous l’avons échappé belle ! Tu es arrivé juste à temps ! D’ailleurs, que faisais-tu là ? Comment as-tu su qu’on avait besoin de toi ?
- Hahaha, hé bien c’est très simple, en fait je… vrouuuvrouvrouvrouuuum vraaaouuuum ! Ah, le bruit du moteur a couvert ma réponse, quel dommage !
- Tu viens de faire le bruit du moteur avec la bouche.
- Moi ? Noooon ! 
- D’accord, alors répond à ça : A) en supposant que tu aies su pour le gouvernement, comment es-tu arrivé aussi vite ? B) sachant qu’il y avait un robot géant en train de tirer partout atour de la ferme, comment as-tu compris que les vilains qui méritaient des coups de pneus, c’étaient les humains et pas le robot qui détruisait tout ? 
- VROUVROUVROUVROUVROUUUUM MEEE MEEEE MEEEMEEEEEEE !
- Tessa, il va falloir que l’on parle du choix de tes copains. »

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Après une série de dialogues lolilol à base de « Comment, tu as un copain ? Je suis indigné, et oui, c’est ma première préoccupation même si on nous tire dessus !« , la voiture de notre petite équipe rejoint Optimus Prime qui a pris la fuite sous sa forme de camion, sauvé par le fait que dans ce film, les roquettes tirées des hélicoptères vers lui partent droit vers leur cible mais dévient au dernier moment pour ne pas faire mal aux gentils sans raison valable autre que « Ce film est une bouse« . La course-poursuite est longuette et finit par arriver en ville et continue au sein d’une ancien parking désaffecté dans lequel il se trouve qu’il y a un tremplin pour cascades, puisque Shane est pilote de métier, figurez-vous, et que c’est sa zone d’entraînement. Il s’en sert donc pour faire un super saut et atterrir au poil près là où il voulait parce qu’il est habitué à faire cette cascade avec Tessa à bord (et le fait qu’il y ait deux personnes de plus à l’arrière ne change pas, disons, le poids de la voiture ? Non ? Non.) et sème ainsi moult ennemis.

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L’arrivée de Shane en gros plan. Je sais, il ne manque que les néons sous la voiture. Moi aussi, ça me fait rêver.

Optimus Prime, lui, est bien surpris car lui tombe sur le coin du nez Jean-Jacques, le vilain robot de l’espace qui travaille avec Vent de Cimetière. Pour info, Jean-Jacques est super discret et n’hésite pas à se promener au milieu des humains sans que Vent de Cimetière ne l’engueule, des fois qu’un robot géant a l’air hostile, ça attire vaaaguement l’attention d’autres autorités que la CIA, voire que le Président commence à demander des explications.

Non, il faut croire que tout le monde s’en fout. Les scénaristes en premier, qui rajoutent juste des scènes au milieu d’humains pour bien hurler « ça coûte plus cher pour montrer qu’on est mauvais« 

Bref, bagarre il y a entre les deux robots et non, Optimus Prime n’est plus blessé du tout quand bien même Cade n’as pas eu le temps de le réparer, à cause d’une certaine arrivée, justement, de Vent de Cimetière. Probablement que passer la nuit dans la grange compte comme une nuit dans une auberge et qu’il a donc récupéré tous ses points de vie. En tout cas, au final, la voiture de nos héros étant un peu pétée après toutes ses acrobaties, Optimus décide de laisser tomber la bataille pour se transformer en camion et les aider à fuir.

Et là, attention, jeu ! Concentre-toi ami lecteur.

Sachant que nous avons un camion avec trois places dans la cabine, que nos héros sont quatre, que trois d’entre eux sont une fille, son copain et beau papa, que tous trois sont plutôt beaux et gentils et que le quatrième est un traître con-con qui s’exclame « Boh, j’aurais pas dû appeler le gouvernement, en fait, il n’y a pas de récompense !« , qui va mourir comme une merde dans les quinze prochaines secondes ?

Qui a répondu « Le noir » ? Il n’y a pas de noir, sacripan.

En attendant, voici la réponse : Jean-Jacques, vexé de voir Optimus abandonner le combat, balance une sorte de grenade qui se révèle être du super-napalm, comme au début du film ! Tout explose donc derrière nos héros… y compris Lucas, qui était à la traîne, et qui est instantanément figé dans sa course, transformé en métal alien. Il est donc mouru, voire carrément décédu. Nos héros grimpent donc dans la cabine d’Optimus (rien de sexuel, c’est strictement amical) et grâce à cette incroyable coïncidence scénaristique, il y a de la place pour tout le monde. Le camion peut donc s’enfuir.

Sans être poursuivi par Jean-Jacques, probablement parce qu’il a la flemme. Et que les autres voitures de Vent de Cimetière ont calé. Et que leurs hélicoptères se sont posés pour acheter des burritos. Et que les satellites de la CIA sont occupés à faire des zooms sur des piscines californiennes. Quelque chose comme ça, ou alors, c’est juste du caca, au choix.

Nos héros font donc une brève étape dans une station service désaffectée qui contient bien évidemment malgré tout encore des tonnes de trucs dont ils ont besoin, comme par exemple, du matériel informatique pour reprogrammer le mini-drone que Cade a volé aux méchants (et qui ne contenait aucune puce GPS pour le localiser, bien évidemment), lire sa mémoire et s’en servir eux-même. Vraiment, ils sont sympas ces pompistes qui abandonnent leur entreprise en laissant tout dedans histoire de dépanner d’éventuels fugitifs. Merci, valeureux hommes de l’ombre qui permettez toujours aux héros de trouver de quoi se fringuer, boire, manger, se soigner et bricoler tous les objets dont ils ont besoin.

Vous noterez aussi, car vous avez bien lu, que oui, Cade peut du coup lire la mémoire du drone. Et attention, hein, pas celle du jour : le drone emporte l’enregistrement de ses vols précédents, histoire de bien pouvoir livrer tous ses secrets si jamais il venait à s’égarer, par exemple, entre les  mains d’ennemis de Vent de Cimetière. C’est ainsi que Cade découvre, outre 2 Go de .avi d’une voisine bruyante et d’un plombier, l’enregistrement d’une précédente bagarre durant laquelle les méchants ont tué un Autobot. Sacrebleu ! Sitôt qu’Optimus Prime est mis au courant, il change d’apparence (en scannant un autre camion, reprenant des couleurs kitsch et affichant en plus le logo Autobots à l’avant, c’est dire s’il est con) et emmène Cade & co au fin fond des rocheuses où les derniers Autobots se sont réunis. On trouve parmi eux :

  • Grobill, l’Autobot gros bill qui a mille et une pétoires et peut se transformer en camion militaire
  • Samouraï, l’Autobot samouraï qui peut se transformer en hélicoptère et philosophe. Oui, c’est un Autobot du Japon médiéval. Non, ne me demandez pas pourquoi.
  • Bumblebee, l’Autobot relou et soi-disant drôle des trois précédents volets qui peut se transformer en voiture. Oui, c’est tout.
  • Corsaire, une sorte d’Autobot anarchiste-rebelle qui peut se transformer en voiture et là encore, c’est tout

Ce petit groupe est tout ce qu’il reste des Autobots sur Terre, autant dire, pas grand chose. Eux qui croyaient Optimus Prime mort sont heureux de le revoir et s’entretiennent avec lui pour savoir ce qu’il s’est passé ces derniers temps. Optimus Prime explique donc qu’il est tombé sans explication sur des humains qui lui ont tendu une embuscade, et que c’est pour cela qu’il a décidé de rompre tout contact avec eux et invité ses alliés à en faire de même. Mais pourquoi les humains, et plus particulièrement le gouvernement américain s’en prennent-ils à Optimus Prime, qui n’a pas pensé que si c’était juste un problème de gouvernement, quitter le pays pourrait aider ?

« J’ai la réponse ! » explique Cade. « Regardez la vidéo de ce mini-drone : les Autobots sont tués, et ensuite, on voit une camionnette de KSI, société très proche du gouvernement, venir chercher les restes. La suite de notre enquête devrait donc se faire dans leurs locaux !« 

 Ni une, ni deux, la fine équipe tente donc d’infiltrer la société avec des trucs comme « Ho ben tiens, en fait les mini-drones sont en fait équipés d’un scanner capable de scanner en moins d’une seconde n’importe quelle carte de sécurité et de la reproduire avec l’aide d’un Transformer » (pourquoi ? Mystère), « Ho ben ça alors, le mec qu’on a scanné au hasard dans la foule a pile accès au bon labo que l’on cherche » et « Toutes les coïncidences du monde vont dans notre sens, c’est merveilleux. » Ainsi, Cade parvient assez aisément à rentrer dans les locaux de KSI, à découvrir que ces derniers fabriquent des Transformers, et que pour ce faire, ils ont besoin de transformium. Ce pourquoi lorsqu’ils tuent les Autobots, non seulement pour retrouver Optimus Prime mais aussi car… ils les font fondre pour récupérer la précieuse matière !

Alors certes, Cade se fait gauler, mais comme en même temps, les Transformers voient direct les images de Cade à l’intérieur de l’entreprise, et que l’on recycle les corps de leurs potes, ils deviennent tous foufous, tel le yorkshire face à la chaussure neuve.

Aussi Cade n’est pas retenu prisonnier par Joshua et la sécurité de KSI qui lui sont tombés dessus, car aussitôt, les Transformers déboulent et commencent à tout péter, avec de gros problèmes de réalisation, comme ce passage où des gardes sont en ligne au garde à vous dans un labo (alors que ça tire dans le bâtiment depuis 10mn), et qu’un Autobot déboule et commence à vider son chargeur dans le plafond ; il faut alors au moins 3 à 4 secondes aux gardes pour commencer à réagir, parce que quelqu’un a oublié de synchroniser l’effet spécial avec le jeu des acteurs bien réels. Du coup, c’est assez intéressant, on a l’impression que les gardes sont aussi ennuyés par le film que les spectateurs. Du genre « Rhooo, encore un Autobot berserk, bon, qui qui s’en charge ? Moi c’est l’heure de ma pause, alors demmerdez-vous. »

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Ici, un convoi de Transformers s’avance discrètement sur une route. Leur furtivité est légendaire.

Cade est bien vite libéré par cet assaut aussi soudain que brutal, et les Autobots, eux, libèrent un minuscule des leurs qui était réduit en esclavage dans un laboratoire, que nous appellerons Minibot. Et se retrouvent enfin face à face avec Joshua, le patron de KSI, qui tente la diplomatie.

« Hoo hééé les Autobots ! Qu’est-ce que c’est que ce scandale ? Vous êtes en train de tout péter !
- Vous tuez les nôtres et utilisez leurs cadavres pour vous faire du fric. Par ailleurs, ce film est tellement rempli de placement de produits que rien que ça, ça donne envie de mitrailler.
- Oui mais non. Vous êtes gentils et vous ne tuez pas les humains.
- Mais…
- Et on vous bute si on veut.
- Mais…
- Et puis qui va passer le balai maintenant ? C’est vous peut-être ?
- Beuh… non ?
- Non, alors vous prenez vos boulons et vos durites et vous vous cassez. « 

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Oui, le film pourrait s’arrêter là. Les Autobots ont découvert qui les butait et les décomposait, ils pourraient tout arrêter, mais parce qu’un humain, et accessoirement leur pire ennemi, leur dit de mettre les voiles…

Ils se barrent.

Mais ? Je… remboursez, pour voir ?

A peine les Autobots sont-ils partis qu’Attinger, qui traînait dans le coin, tape très fort sur l’épaule de Joshua Joyce en lui disant « Hé, hé ! Les Autobots vous ont attaqué ! Vous avez donc le droit de riposter, la CIA vous couvre ! C’est l’occasion de tester vos derniers prototypes, Stinger, le Transformer super rapide, et Grosétron le… le truc. » L’affaire est entendue et quelques instants plus tard, deux véhicules sortent des locaux des prototypes de KSI : une voiture de sport rose et un gros camion gris, contrôlés à distance comme des drones par les agents de KSI. Bien vite, ils rattrapent les Transformers et à la surprise de ces derniers, s’avèrent plus rapide et plus adaptables que ces derniers, KSI ayant mis toute sa technologie au service de ses bébés !

Pour résumer, les Autobots partent se bastonner dans un coin avec Stinger, pendant qu’Optimus Prime se tabasse avec Grosétron qui… ne répond plus aux commandes de KSI, comme mû par une vie propre !

AHLALA ! JE ME DEMANDE BIEN POURQUOI, DIS !

Hem, pardon.

Le tout se passe sur une autoroute où, chose amusante, des voitures civiles passent mais sitôt qu’un Transformer les percute et qu’elles s’arrêtent, hop ! Elles sont vides ! Pas d’humains à bord ! Ça coûte moins cher et ça évite de gérer des trucs chiants dans le scénario. Mais alors que le combat fait rage, KSI rappelle à la base Stinger et Grosétron. Car au-dessus du champ de bataille, un gros vaisseau extra-terrestre vient d’apparaître, celui de Jean-Jacques le robot ! Qui colle une dérouillée à Optimus Prime, puis l’emmène à bord de son vaisseau à l’aide d’un…

D’un gros filet.

Oui, les mecs viennent de l’espace, ont des véhicules qui font la nique à la gravité et plus tard dans le film, on découvre qu’ils ont un rayon tracteur, mais là, pour déconner, ils sortent leur filet à sangliers géants, et ne me demandez même pas comment, en le larguant par au-dessus, ils arrivent à passer sous Optimus Prime, mais pif-pouf, ça marche. Seul problème, dans l’affaire, ils attrapent aussi une voiture endommagée qui traînait près d’Optimus Prime… et dans laquelle Tessa, la fille de Cade, se planquait ! Tous deux sont donc emmenés à bord contre leur gré, puis le vaisseau s’envole dans le lointain…

« On vous aura, gros bâtards ! » râlent donc Cade et Shane au sol pendant que les Autobots les rejoignent. Et dépités, ils vont errer dans la campagne sans que plus personne ne s’intéresse à eux.

Non, Vent de Cimetière n’a plus rien à faire, ni de ces Autobots, ni de ces humains qui en savent trop. Là, ils sont sûrement occupés à passer la serpillière chez KSI ou à faire un bingo avec leur papy. Un truc du genre. Enfin, c’est l’occasion de discuter avec Minibot, qui révèle toute la subtilité du scénario à nos héros, sur pourquoi Jean-Jacques bosse avec la CIA, ou encore pourquoi Grosétron désobéit à ses créateurs.

« Alors, attendez que je résume. En fait, les Transformers ont été créés par une race, les Créateurs. Pour ce faire, ils ont semé dans l’univers des « graines » qui en explosant, transforment tout ce qui les entoure en ce métal que vous appelez Transformium. Ce sont donc eux qui ont pété les dinosaures, comme ça, pour déconner.
- Et donc, la Terre entière est devenue métal ?
- Oui.
- Et nos archéologues et géologues n’ont jamais rien remarqué ?
- Hééé bien… non. J’ai le droit de faire le bruit du moteur moi aussi pour les questions gênantes ?
- Non.
- Haaaan… bon, bref. Les Créateurs ont aussi créé les Prime, des super chevaliers, comme Optimus. Sauf que les Prime ont décidé de faire le bien tout seuls au lieu d’obéir aux Créateurs, du coup, ces derniers ont mis la tête des Primes à prix. Jean-Jacques est un de leurs chasseurs.
- Un chasseur de Prime ?
- Oui, c’est exactem… 
- Pfffrrrrr.
- Okay, j’ai compris. Super marrant les gars, wouh, grosse ambiance. Bon, je disais ? Ah oui ! Jean-Jacques est un chasseur intergalactique au service des Créateurs. Il s’est allié à Attinger et Joshua : ils l’aident à traquer les Autobots pour retrouver Optimus Prime, et en échange, il leur donnera une graine  des Créateurs capable, en explosant, de transformer tout un désert en mine de Transformium en plus des corps des Autobots tués. Bref, leur fortune sera faite.
- Les rascals ! Et pour Grosétron ?
- Hé bien Joshua m’a forcé à étudier les restes de Mégatron pour décoder la technologie Transformers. Sauf que Mégatron est encore plus ou moins conscient dans son corps tout mort, et il a certes donné toutes les données techniques, mais il a encore le contrôle sur de minuscules bots capables d’aller s’infiltrer dans les prototypes et de les pirater.
- Et évidemment, personne n’a rien remarqué de robots volants au milieu de laboratoires et de données brutalement modifiées.
- Vraiment ? Vrouvrouvrouuuuum ? Allez ?
- Non.
- Bon, bref. Pour résumer, Mégatron a corrompu le projet Grosétron pour s’en faire un nouveau corps. Et il s’est incarné dedans ! Donc KSI vient, sans le savoir, de ressusciter Mégatron. Et ce n’est pas eux qui le contrôle… c’est lui qui les manipule !
- HO BIN CA ALORS ! Vous voudriez dire que ce prototype qui sans explication, ressemblait à un Decepticon (mais que l’on produisait quand même) était en fait un Decepticon ? C’EST FOU ! »

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J’espère que vous ne vous êtes pas fait mal en tombant sur votre chaise.

Heureusement, pendant ce temps, Jean-Jacques l’alien robotique ne chôme pas. Après avoir enfermé Optimus Prime dans une prison en s’exclamant « Hahaha, j’ai eu tous les autres Prime, tu es le dernier ! J’ai même volé votre vaisseau, ce vaisseau pour vous traquer, n’est-ce pas ironique ?« , le vil personnage reçoit un rappel de son Google agenda : il doit appeler la CIA pour leur livrer la graine. Alors, c’est parti. 666-CIA.

« Oui allô ?
- Oui, bonjour Madame, je suis un robot de l’espace et j’aimerais parler au directeur des opérations. 
- Bien sûr, c’est à quel nom ?
- Jean-Jacques.
- Ne quittez pas.
- *musique d’attente quelque part entre Stromae et le générique de Pyramide*
- Allô ?
- Attinger ?
- C’est lui, à qui ai-je l’honneur ? Je suis un peu occupé à trahir des gens, là.
- Non non mais ne vous inquiétez pas, j’en ai pour cinq minutes. C’est pour vous dire que j’ai bien capturé Optimus Prime aux coordonnées où vous m’avez indiqué qu’il se battait avec les robots de KSI.
- C’est une bonne nouvelle, ça.
- Donc pour le paiement, où voulez-vous que je vous remette discrètement la graine qui prouve que vous avez passé un accord avec une puissance alien en toute illégalité ?
- Je vous propose de se donner rendez-vous dans un coin tranquille. Que diriez-vous d’emmener votre vaisseau géant au-dessus de cette petite bourgade que l’on appelle New York ? »

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Ho miséricorde. Celle là, elle est tellement mauvaise que je ne l’avais même pas vue venir.

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« Bon les mecs, les aliens viennent encooooore de débarquer à New York. Il faut que l’on relance notre programme touristique pour leur faire découvrir d’autres destinations majeures : Londres, Mexico, la Bourboule… »

Donc oui : Jean-Jacques arrive au-dessus de New York avec son vaisseau géant. La Maison Blanche s’inquiète un peu et appelle Attinger, qui encore une fois, refuse de leur donner des réponses : c’est donc okay, il conserve bien évidemment ses fonctions et peut trahir en toute tranquillité. Et au milieu de ce méphitique gloubiboulga, voici que les Autobots ont décidé eux aussi de s’inviter à la fête, et accompagnés de Cade et Shane, ils viennent libérer aussi bien Optimus Prime que Tessa. La mission d’infiltration commence donc à bord du vaisseau, et bien vite, l’équipe se divise en deux groupes.

« Bon alors, nous, les robots énormes et pas agiles, on va tenter de s’infiltrer dans le minuscule gouffre plein de lasers super espacés pour des humains mais super serrés pour des robots géants, et trouver la commande des ancres du vaisseau pour le bloquer le temps que l’on trouve les prisonniers. Et vous, les deux humains sans armes, vous allez affronter les gardes et libérer les copains, d’accord ?

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Ah mais oui, complètement. Super idée. Vraiment, chapeau.

Bref : les Autobots parviennent à larguer les ancres du vaisseau, qui sont en fait de gros grappins qui vont s’ancrer dans les buildings avoisinant (rien de dangereux, et, oui, les murs tiennent sans souci), retrouvent même Optimus Prime dans l’affaire, mais le mieux reste surtout Shane et Cade, qui tombent sur une salle d’armes pour Transformers. Et en fouillant, tombent sur… deux dagues ? Qui sont piles à leur taille y compris au niveau de la garde, dites-donc ! Ils sont forts ces Transformers d’avoir pensé à se faire des armes pas à leur taille. Mieux encore, ces dagues font aussi fusil d’assaut, et là ont carrément des détentes à taille humaine !

Vraiment, c’est fou.

La folle équipe, suite à diverses péripéties longues et ennuyantes que je vous passe, finit par fuir le nid des méchants sans que l’alerte ne soit donnée à tout le vaisseau. Jean-Jacques, inconscient de ce qu’il se passe, donne donc la graine à Attinger qui vient la chercher à bord en hélicoptère puis la transaction terminée, s’envole vers les étoiles. Il ne remarque pas que derrière-lui, toute la partie de son vaisseau qui faisait office de prison s’est détachée et est restée sur Terre avec tous nos amis victorieux à son bord. Enfin si, il le remarque, mais un peu tard, donc le temps qu’il fasse demi-tour et repasse au péage intergalactique, il n’est pas rendu. Nous le reverrons donc plus tard, dès qu’il aura réussi à régler son Tom-Tom.

Car déjà, Attinger va retrouver Joshua et propose de filer vers Hong Kong, où KSI a une autre antenne. Et après le bordel à New York (ah ! Ça y est, quelqu’un a réalisé que c’était très con ?), ils pensent que poursuivre leurs activités en Chine sera plus sûr, à part peut-être au niveau de la qualité des produits finaux mais là n’est pas la question En plus, ils comptent faire péter la graine au milieu du désert de Mongolie, histoire d’être tranquilles. Donc la Chine est définitivement une bonne solution de repli. Ils évacuent par conséquent leurs prototypes divers, Stinger et Grosétron, et partent pour Hong Kong en environ 10 minutes.

Oui, ils consomment moins de temps pour évacuer toute une industrie de pointe dans un pays étranger que vous n’en prenez pour vous préparer à aller au boulot.

Ils sont forts, on vous dit.

Les Autobots, eux, sont bien décidés à récupérer la graine. Car Minibot leur a révélé les plans de Mégatron : réincarné en Grosétron, il veut à tout prix que KSI ait la graine… pour la faire péter et avoir du Transformium pour lui, oui, mais à Hong Kong ! Pourquoi ? Parce que… qu’il… il est très méchant ?

Voilà.

Le vaisseau des Autobots file donc à Hong Kong, et Cade, en un seul coup de fil, parvient à retourner la situation.

« Allô, Joshua Joyce de KSI ?
- Oui ?
- Je suis Cade Yeager, celui qui vous a embêté jusqu’ici. J’ai trouvé votre numéro dans les pages blanches.
- Malheur ! Mais la partie est perdue, Cade. J’ai la graine, mes prototypes et je suis loin de vous !
- Non ! Car vous et moi, nous sommes deux ingénieurs, deux inventeurs !
- En fait, non : moi j’ai un diplôme et une société, vous vous êtes un plouc qui a du mal à payer sa ferme, si vous voyez ce que je veux dire. Je paie l’ISF, moi, Monsieur ! J’ai Jean-François Copé dans ma piscine le dimanche !
- On s’en fout, le script dit que cet argument suffit à vous convaincre : sachez que Grosétron est en fait Mégatron et qu’il va vous voler la graine et la faire péter à Hong Kong. Alors filez, et vite ! »

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Instantanément, Joshua est convaincu, ce qui sous-entend qu’il vaut mieux ne pas faire de canulars téléphoniques à ce Monsieur de peur qu’ils ne marchent trop bien. Il file chez KSI récupérer la graine et demander à ce que l’on débranche Grosétron, mais aussitôt, celui-ci s’anime… et se met à commander à Stinger et aux 50 prototypes construits par KSI ! Nom d’une pipe, il y a un soulèvement robotique ! Joshua file avec la graine, ce qui déplaît fortement à Attinger, qui lui est si idiot que même en voyant les robots de KSI tenter de tout tuer, continue de se dire, que bon, allez, plutôt que de mettre les voiles, il va rester et tuer aussi bien Joshua, qui l’a trahit, que Cade qui s’approche avec les Autobots et leur vaisseau.

Oui entre « Sauvons nos vies » et « Tuons des gens qui essaient de sauver la Terre quand tout est perdu« , Attinger a choisi son camp.

Pourquoi ?

Mais, parce qu’il est méchant bien sûr. Et parce qu’ils pourraient « ruiner sa carrière en révélant ce qu’ils savent ! » ; oui, ou alors justement, tu les aides et vous vous faites des bisous.

Et LA tu les butes quand ils ne s’y attendent plus.

C’est quand même pas compliqué.

Enfin. A peine arrivé, le vaisseau Autobot est abattu par les robots de Grosétron et va s’écraser juste à côté de Hong Kong, à côté d’un monument supposé être vaguement plus loin que « juste à côté », mais passons, c’est un peu la signature des Transformers (rappelons que dans le 2, les héros depuis un monument en Jordanie aperçoivent les Grandes Pyramides d’Egypte et traversent la distance qui sépare les deux en courant en moins de 3 minutes).  Cade & co, eux, ont réussi à atterrir en ville avec Grobill et Bumblebee et c’est donc la baston générale.

Bim, bam boum, etc.

Dans l’affaire, Cade & co récupèrent Joshua et la graine, mais l’armée ennemie est trop nombreuse. Ils arrivent cependant quand même à tuer James Savoy, le vilain commandant de la force Vent de Cimetière et bras droit d’Attinger. Quel rebondissement pourri pourrait sauver nos héros ?

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Quelques mois auparavant, dans un bar.

« Les mecs, ont est arrivé à écrire 90% du scénario ! On a mis des robots géants, des explosions et des voitures de sport ! Qu’est-ce qu’on pourrait rajouter ?
- Des puuuuuuuutes… des putaaaaains de puuuuuuuuuuutes !
- John, tu es ivre. Rentre chez toi.
- Je suis pas… bourréééé ! Regarde… je touche mon nez… sous ma jambe… hop ! Tu vois ? Pas bourré ! Ha, merde, j’enverrais bien des SMS à mes ex !
- Ho bon sang. Il est rond comme une queue de pelle.
- J’m’en fous… j’ai plein d’idées… 
- Tais-toi on essaie de travailler !
- Des dinosaures… parce que les dinosaures… c’est cool ! Et des dinosaures mécaniques… géants… qui crachent du feu… montés par des robots géants !
- C’est… c’est complètement con. Je… on doit absolument le mettre ! »

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Et c’est ainsi que de son côté, Optimus Prime retourne dans le vaisseau prison crashé pour aller ouvrir des cellules d’où sortent… des Transformers géants ! « Guerriers d’autrefois » qui après une courte baston pour se mettre d’accord, décident de servir Optimus Prime. Les trois se transforment en dinosaures géants (car rappelons qu’ils sont géants, même pour des Transformers),  dont l’un en bestiole volante à deux têtes (typique) et l’autre en T-rex qui crache du feu (normal) et c’est sur ce dernier que grimpe Optimus avant de lancer une charge héroïque sur Hong Kong.

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Si quelqu’un a mieux qu’un scénariste bourré pour expliquer cette image, je suis preneur.

Sachant que les Transformers prennent forme en scannant des objets autour d’eux, je serais curieux de savoir où et quand ils ont scanné un t-rex cracheur de feu, par exemple. Mais bon.

L’armée des méchants est balayée en deux-deux, sauf que voilà : soudain, un vaisseau géant (lui aussi ? Quelqu’un a quelque chose à compenser) apparaît dans le ciel ! C’est Jean-Jacques qui est de retour, car il n’aime pas trop qu’on s’échappe, qu’on lui vole ses prisonniers et un bout de son vaisseau surtout qu’en plus, c’est là qu’il a la boule pour la caravane, alors pour partir en vacances à Pornic, il en a besoin. Après avoir ravagé la moitié de la ville avec un aimant géant (je vous l’avais dit) pour tenter d’attirer les Transformers à lui, Jean-Jacques décide finalement de descendre régler tout cela lui-même lorsqu’Optimus fait exploser le rayon tracteur et que son vaisseau s’écrase.

Un duel s’engage entre Optimus et Jean-Jacques. Pendant la bagarre, Attinger qui passait par là tente de s’en prendre à Cade, mais après avoir trop longtemps parlé genre « Hahaha, je vais te tuer, j’ai gagné !« , Optimus parvient à lui coller un gros obus dans le buffet et tue ainsi un humain, le seul qu’il avait juré de tuer pour tous les maux qu’il avait causé aux siens. Puis Optimus reprend son combat contre Jean-Jacques, qu’il gagne grâce à ses gentils alliés humains.

Bon ?

Jean-Jacques est mort, Grosétron-Mégratron s’enfuit dans un coin en criant « Vous avez balayé mon armée mais je me vengerai dans Transformers 5 !« , les vaisseaux géants sont crashés et la planète est sauvée… Optimus décide donc de rejoindre ses camarades Autobots d’un coup de jetpack pour… pour…

Héla. Stop !

Comment ça « un jetpack » ? Tu pouvais voler depuis le début du film ? Bon, on va dire que tu pouvais juste faire un petit saut, une fois, et que c’est pour ça que tu ne l’as pas fait avant.

« Mes amis, la Terre est sauvée mais la graine des Créateurs ne doit pas revenir aux humains. Ils me cherchent ? Si je reste avec vous, ils renverront d’autres forces. Je pars donc dans l’espace grâce à mon jetpack pour les rencontrer ! Au revoir ! Et vous Autobots, prenez soin des humains, votre famille ! »

Ah oui donc non. Optimus Prime part donc bien vers l’espace avec ce jetpack qu’il avait depuis le début du film, qui lui aurait permis d’aider tout le monde à échapper à Vent de Cimetière au début du film, à fuir Stinger et Grosétron après avoir attaqué KSI, à ne jamais te faire attraper par Jean-Jacques, à éviter de prendre bien des risques, et en fait, Optimus Prime, tu t’es juste bien foutu de la gueule de tout le monde.

C’est donc en regardant ce gros rabouin robotique s’envoler dans l’espace qu’enfin, après 2h45, le spectateurs prêt à se pendre mérite enfin son repos puisque…

… FIN !

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Vous êtes arrivés jusqu’ici en scrollant sans lire ?

C’est très mal, vous savez. Je vous ferais bien les gros yeux, mais je vous méprise trop pour vous accorder cette attention.

En attendant, et comme chaque année, pour ceux qui veulent boire un verre, parler mauvais cinéma, honteuse politique ou autres fascinantes activités, un rendez-vous sur Toulouse devrait se faire mardi 12 août après 18h (pour les travailleurs, tout ça) du côté du centre de Toulouse. Si vous avez un super plan de lieu correct où se poser, n’hésitez pas à m’envoyer un mail. Et pour les autres, tous les détails seront le jour même sur la page Facebook du blog, ou sur la page Twitter qui est non seulement consultable sans compte sauf erreur de ma part, mais au pire, s’affiche sur la droite du blog dans « L’Odieux Connard en ligne. » Histoire de savoir dans quel rade exactement trouver votre serviteur en train de tenter d’expliquer  que « chocolatine » n’est pas un mot mais un nom de code pour un complot sataniste, et accessoirement, à quoi vous pourrez le reconnaître (à part à son légendaire charisme de vieux loup).

Et pour les autres, on se sépare sur cette critique professionnelle du film que nous venons de suivre :

Le meilleur film de la saga « Transformers »

4/5 – Cinéma Teaser

Je ne sais pas vous, mais moi, je cherche encore s’il s’agit d’un compliment ou d’une blague.

Internet répond à toutes vos questions.

Certes, il y a toutes les fois où il répond « C’est le cancer » à la plupart des interrogations pour le plus grand bonheur des hypocondriaques ; mais tout de même, il serait bien réducteur de ne pas parler de toutes les merveilles que nous offre le web. Ainsi, qui n’a jamais pu en apprendre plus sur un sujet donné en quelques clics sur un moteur de recherche ? Découvrir des images incroyables d’un phénomène rare à l’autre bout du monde ? Ou plus généralement, vérifier si une vedette des années 80 était morte ou vivante (tant que vous n’avez pas le réponse, on parle de vedette de Schrödinger) ?

Pourtant, internet c’est aussi le meilleur moyen d’apprendre bien des choses pratiques. D’où de nombreux sites, comme ausujet.com, (où nous apprenions à devenir un ninja), désormais rejoints par de plus riches encore, comme WikiHow, site qui vous apprend moult choses en moult langues.

Ce pourquoi, aujourd’hui, nous allons nous attarder sur une question tout à fait pertinente :

Comment être une fille féminine ?

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Marie Curie, un modèle de fille féminine : elle aimait tant le gloss qu’à la fin elle brillait même dans le noir.

Et l’article qui va bien est ici.

Car en effet, dans un monde où tout le monde se bat sur la théorie du genre, oui, non, est-ce que je peux avoir des jouets Spiderman en rose ou est-ce que Game of Thrones ne serait pas un peu sexiste puisqu’on y voit pas de transgenre (si, si), on imagine bien que l’identité de mes lectrices est torturée. Aussi, et afin de les délivrer, que dis-je, les libérer, voyons donc ensemble comment faire pour enfin être une fille à qui on ne reproche rien et qui peut lire Biba aux toilettes en paix.

Oui, pour ça aussi je suis au courant.

Mais, fi de remarques, et allons donc voir de quoi il retourne !

Une fille féminine est une fille qui embrasse sa féminité de tout son cœur, sans sacrifier sa personnalité ou sa force. Elle surveille son comportement, son style et son apparence, sans jamais être égoïste ou méchante. Les autres filles la prennent pour modèle et veulent être son amie. Être féminine est un choix personnel, et personne ne devrait vous influencer pour que vous agissiez d’une façon qui vous met mal à l’aise. Cependant, si c’est l’attitude et le look que vous souhaitez adopter, vous n’aurez qu’à cultiver le bon comportement et la bonne apparence.

Notez bien que dès la première ligne, on vous explique qu’une fille féminine ne sacrifie pas sa personnalité, mais que bon, être féminine, c’est quand même faire des efforts sur – tiens donc – sa personnalité. On supposera donc, pour commencer, que la féminité débute là où la personnalité unique s’arrête. Ce qui expliquerait, Messieurs, pourquoi les filles sont des êtres si mystérieux aux yeux de bien des malandrins : elles sont plusieurs dans leur tête.

Ce qui ne fait que d’autant plus de monde pour les soirées ragots cela dit, et puis comme ça, on peut bitcher entre personnalités. C’est quand même bien fait.

Notons tout de même l’avertissement rajouté à l’arrache par un gourgandin qui a senti la moquerie arriver (alors que ce n’est pas le genre de la maison) :

Cet article est bien entendu un cliché divertissant et n’est pas à prendre au pied de la lettre.

« Mais dans le doute, on a quand même écrit une méthode numérotée en parlant de « bon comportement » et de « bonne apparence«  ».

Surtout que, pour rappel, on peut lire en gros en première page du site « Nous essayons d’aider chaque personne sur la planète à apprendre comment tout faire. » et non « En fait, c’était pour déconner« .

C’est ballot. Mais, c’était bien tenté, j’en conviens.

Commençons par « Se comporter en fille féminine.« 

Puisque la féminité, c’est plus qu’une simple attitude, un véritable art de vivre. Là où un être humain normal marche dans la rue, la fille féminine la traverse en flottant gracieusement, portée par une légèreté naturelle qui fait se retourner la plèbe sur son chemin. Là où quelqu’un d’autre sourirait, la fille féminine illumine son prochain en découvrant ses lèvres pulpeuses de ses dents éclatantes dans une moue mutine qui fera chavirer tous les cœurs. Et après une soirée tacos, là où d’autres risqueraient le coup de grisou s’ils venaient à fumer une cigarette trop près de la couette conjugale, la fille féminine peut secouer les draps de bon cœur : seuls des papillons multicolores en sortiront.

Cela dit, et dans ce dernier cas, si vous assistez véritablement à ce spectacle c’est soit que le gaz est hallucinogène, soit que quelqu’un élève des chenilles dans son gros intestin.

Dans les deux cas : fuyez. Vite.

Soyez gracieuse. Les filles féminines doivent se comporter comme des ladies et savoir être gracieuses en permanence. Évitez alors d’être maladroite et mal à l’aise.

C’est à peu près ce que je disais. N’oubliez donc pas : il s’agit d’être gracieuse en permanence. Non, il n’y a pas de temps mort pour vous relâcher un peu, désolé. Ce qui, je n’en doute pas, est un jeu d’enfant : la fille féminine étant par ailleurs toujours bien épilée (c’est évoqué plus loin dans l’article), n’oubliez pas de prendre des poses sensuelles tout en faisant la chose, histoire de bien être gracieuse en permanence. Il en va de même pour vos cris de douleur : travaillez-les un peu. Ils doivent sonner comme des soupirs de désir.

Et si vous pouviez être gracieuse en dormant, ce serait bien aussi.

Notez bien qu’il est aussi essentiel d’éviter d’être maladroite et mal à l’aise : deux choses que les filles non-féminines adorent faire, c’est connu. Ah, toutes celles qui se vautrent dans les escaliers pour se marrer, alors ! WikiLaPalice vous salue bien.

Ayez une super personnalité. Les filles féminines ont en générale une personnalité légère et vive. 

A opposer à « une personnalité profonde », je pense. Et si vous avez une personnalité de merde, n’oubliez pas : une fille féminine ne force pas sa personnalité : développez-en une deuxième si ce n’était pas déjà fait. Si vous ne savez pas comment faire pour vous inventer une nouvelle identité complète, je vous filerai des tuyaux : le fisc cherche encore qui est ce mystérieux « Francis Moustache » qui décroche sur mon téléphone à chaque fois qu’ils essaient de me joindre.

Les filles féminines sont aimables, douces et modestes, et constamment de bonne humeur ! Comme une princesse Disney.

Ainsi, même à l’enterrement de vos parents, votre devoir est de chanter pour attirer les oiseaux et les biches et danser avec eux au rythme des coups de patte des petits lapins.

Là encore, j’en déduis que le LSD et les gros pétards féminisent gravement. Vivement que la Manif pour Tous prône leur légalisation.

Souvenez-vous d’être gentille, et pas seulement avec vos amis ou les gens de votre groupe. Tout le monde mérite sa chance. N’excluez personne de vos jeux, cadeaux, etc. 

Ainsi, quand ce Monsieur tout nu sous son imperméable viendra vous aborder pour vous proposer d’être « gentille », n’oubliez pas d’accepter : tout le monde mérite sa chance.

Si.

Soyez romantique. On associe bien souvent les filles féminines à la romance. Lisez des romans à l’eau de rose et intéressez-vous à la poésie.

Notez bien : on ne vous dit pas de lire des livres romantiques, mais bien des romans à l’eau de rose. Il fallait donc bien sûr lire : « Lisez de la merde« . C’est une coquille. On en déduira, par corollaire, que si lire des romans à l’eau de rose rend plus féminine, lire Kant rend plus couillu.

Je propose donc une grande opération « J’envoie ma bibliothèque au gouvernement« .

Même vos vieux Pif devraient faire l’affaire vu d’où l’on part.

9782226240255g

Attention à ne pas envoyer des livres qui ne seraient pas compris. Commencez avec des ouvrages simples comme « Bigoudi le petit chat » ou « Martine à la montagne ».

Mettez vos goûts musicaux à jour. Soyez au courant des nouveautés, des tubes du moment, etc. Être une fille féminine ne signifie pas que vous devrez écouter de la pop mielleuse en permanence : une fille féminine peut aimer la musique alternative, les comédies musicales, et le R&B. Mais vous ne pourrez pas vraiment détester la pop…

Le goût de la pop est donc sur le chromosome X, c’est prouvé. Merci, Wikihow. Maintenant, il faudrait retrouver dans quel coin du caryotype se planque le goût du dubstep, histoire de lancer une grande politique eugéniste (j’en profite pour rappeler à mes lectrices soucieuses de devenir féminines qu’à force de lectures pourries et de personnalité(s) légère(s), l’eugénisme doit pour elle signifier « Politique visant à produire des gens qui s’appellent Eugène« . Si vous savez que ce n’est pas ça, vous en savez déjà trop et ne pourrez jamais être une vraie fille, je suis désolé).

Rassemblez un groupe de copines et partez en virée shopping, relookez-vous les unes-les autres, organisez des soirées pyjamas, une vente de gâteaux ou toute autre activité de filles.

Mangez de la glace, pleurez au téléphone durant des plombes, envoyez plus de SMS en une heure que l’ensemble du Togo en un an, et surtout, bitchez sur Marjorie qui a quand même pris du cul depuis qu’elle est avec Ludovic.

Il peut être difficile d’arrêter, mais jurer est vraiment l’une des pires choses que vous puissiez faire si vous essayez de développer votre féminité. Commencez par remplacer vos jurons habituels par des mots de remplacements comme ‘’punaise !’’, et vous arrêterez bientôt de jurer.

Soyez créatives ! Plutôt que de dire « Putain » ou « Punaise« , vous pouvez dire « Petits lapins« , « Guimauve » ou « Marc Lévy« . Attention dans ce dernier cas : cela peut aussi être considéré comme un gros mot chez les gens normaux raisonnables intelligents pas aussi féminins que vous.

Vous pouvez améliorer votre vocabulaire en lisant beaucoup. Les journaux et livres de cours sont de bons débuts, mais vous apprécierez la lecture bien davantage en lisant des romans d’amour classiques écrits par des femmes, comme Charlotte Brontoë et Jane Austen.

Oui, enfin remarquez : puisque plus haut on parlait de Marc Lévy et pourquoi pas de Guillaume Musso, ça va vite devenir compliqué étant donné que je vous rappelle la sombre profondeur de leurs titres, comme Où es-tu ?, Et après.., Seras-tu là ?, ou encore La prochaine fois. Je vous laisse retrouver lequel a écrit quoi.

Et, oui, ce sont les titres véridiques.

Toujours est-il qu’une vieille légende Maya raconte qu’à chaque fois que vous passez un coup de fil à un copain pour aller en soirée, vous avez 38% de chances de citer l’intégrale de la bibliographie des deux auteurs dans la conversation sans le savoir.

J’en profite pour rappeler la sortie prochaine de leurs futurs livres :

  • Ça coupe, je te rappelle 
  • Arrives-tu bientôt ?
  • Il reste de la quiche.
  • Allô ? 

Soyez prêtes (puisque l’on parle de princesses Disney, je cite Scar pour me faire comprendre, je suis comme ça).

Pour paraître aussi normal que possible lorsque vous mangez, prenez une bouchée et comptez jusqu’à 20 dans votre tête alors que vous mâchez. N’avalez que lorsque vous arrivez à 20, puis prenez la bouchée suivante.

Apprendre à compter dans sa tête n’aura jamais été aussi salvateur pour votre voisin d’en face.

Tenez un journal. Tenir un journal intime est l’activité la plus féminine qu’il soit. Vous pourrez y noter chaque jour ce qu’il se passe dans votre vie, comme votre journée à l’école ou vos projets pour le week-end, ainsi que des détails plus intimes, comme votre béguin actuel ou vos rêves d’avenir.

Tenir un journal serait donc l’activité la plus féminine qui soit ?

Ah, tous ces soldats qui ont tenu des journaux sur le front, tous des femmelettes !

Ayez toujours des stylos et crayons mignons sous la main. De cette façon, vous pourrez facilement les prêter aux autres en cas de besoin.

Non parce qu’en plus, si vous commencez à écrire avec du matériel normal, pour qui allez-vous passer, hein ? Je suis très déçu que notre ministre de la justice, en tant que femme, ne signe pas l’essentiel de ses documents avec un stylo-nounours. Pour qui va-t-on passer, hein ? Je vous le demande.

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Angela Merkel au départ avait mis ce petit ours mignon sur ses stylos pour donner l’exemple, et puis on lui a dit que mmmff mouiiii en fait, non.

Lisez des magazines. Les magazines sont un bon moyen de vous tenir au courant de tout ce qui se passe dans le monde de la mode et à Hollywood.

Je crois qu’on avait pas assez insisté sur l’importance de lire du caca : n’oubliez pas, plus c’est mauvais, plus vous vous sentirez femme.

J’espère qu’aucune créature dénuée de chromosome Y ne vient ici, du coup, je pourrais mal le prendre.

Passons à la suite, essentielle : « S’habiller comme une fille féminine.« 

Comment, vous pensiez pouvoir vous fringuer comme vous l’entendiez ? Nenni, il y a des règles, que diable !

Essayez de lire davantage de magazines de mode pour apprendre quels vêtements s’associent bien. Commencez par les magazines pour ado, puis si vous le souhaitez, passez aux magazines pour adultes, comme Elle.

Très important : les magazines pour adultes, c’est la phase 2. Vous n’êtes pas encore prête pour ça, non mais ho, vous ne pensez pas être une grande personne tout de même ? Et pourquoi pas le droit de vote ? Ah mais ! Non, et puis par ailleurs, n’oublions pas que les magazines de mode regorgent de bons conseils sur comment se fringuer pour attirer tous les regards, tellement pertinents qu’aucun homme n’en achète pour pouvoir profiter des photos de filles présentées comme « superbes ».

N’oubliez pas que la rédactrice de magazine de mode a cela de commun avec le capitaine de caravelle : pour eux, l’important, c’est de voir les côtes.

Portez des vêtements féminins. Le rose est la couleur féminine par excellence, mais n’ayez pas peur des noirs et des bleus, car ils peuvent aussi être très mignons. 

Alors que le blanc par exemple, c’est pour les hommes. Les robes de mariées, par exemple : on adore en mettre pour jouer au rugby.

Et puis le rose, c’est tellement passe partout.

Mais bon, mettons que vous ayez l’attitude et les vêtements : comment faire pour en finir avec votre grosse moustache que l’équipe du centenaire 1914-1918 a voulu labelliser tant elle rappelait plus d’un combattant passé ? Pas de problème, Wikihow a aussi la solution avec « Entretenir votre apparence féminine« .

Maquillez-vous légèrement. Un petit peu de maquillage peut accentuer vos atouts et mettre en valeur votre féminité. Le gloss et le mascara sont idéaux au quotidien. Pour les fêtes et les sorties du week-end, vous pouvez aussi appliquer un petit peu de blush ou de poudre lumineuse sur vos joues et une jolie ombre à paupières d’une couleur féminine comme le rose claire ou le violet. Le fond de teint peut vous donner une peau parfaite, mais veillez à le choisir en fonction de votre couleur de peau, sinon le résultat sera peu naturel et parfois ridicule. Le correcteur permet de camoufler les boutons, l’eyeliner de faire ressortir vos yeux, mais sachez garder la main légère.

Du gloss, de la poudre lumineuse et du violet, histoire de partir « léger », j’ai du mal à imaginer ce à quoi ressemble un maquillage « chargé » pour eux. Mais non, visiblement, chez Wikihow, tant que vous êtes en-dessous de la peinture impressionniste, vous pouvez y aller.

Heureusement, bien d’autres conseils viennent compléter l’article :

Faites-vous autant d’amis que possible, n’excluez personne et ne vous comportez pas comme si vous étiez supérieure aux autres. Être une fille féminine signifie aussi être gentille, même avec les gens désagréables.

Puisque oui, votre rôle est de supporter tous les gros lourds de la Terre, et avec le sourire.

Proposer très courtoisement à quelqu’un d’aller, par exemple, se faire ouvrir les chakras de bien des manières, c’est un truc de mec. Chut. Et ne me dites pas que j’ai tort : ce ne serait pas très féminin.

Oui, c’est complètement formidable, je trouve aussi.

Une fille vraiment féminine sait qu’un sac à main est indispensable. Petit ou grand, votre sac à bain devrait contenir les basiques : chewing-gums ou pastilles à la menthe, téléphone portable, une lime à ongle, des mouchoirs, quelques produits de maquillage essentiels (mascara et gloss), une brosse à cheveux, des stylos et un carnet, et un petit miroir.

Messieurs, et Mesdames qui aimez les Mesdemoiselles, n’oubliez pas d’inspecter le sac de votre mie pour vous assurer que tout y est. Une simple absence de gloss, et qui sait : Amandine se prénomme peut-être en réalité Raoul.

Écrivez sur du joli papier rose/à fleurs. Faire de petits cœurs sur vos ‘’i’’ sera également très mignon. Si vous ne pouvez pas vous procurer ce genre de papier, contentez-vous d’avoir une jolie écriture.

Même pour vos lettres anonymes : « Tu vas crever, enculé » passe toujours mieux sur un post-it Hello Kitty. Dites-le avec des cœurs.

Ne soyez pas odieuse

Déjà, parce que c’est réservé.

Les filles féminines passent presque tout leur temps sur leur téléphone. Veillez alors à ce que le vôtre ait une jolie coque adaptée à votre style.

Les filles pauvres seront donc condamnées à se laisser pousser des testicules.

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Hurlez au monde à quel point vous avez du goût.

C’est d’ailleurs précisé plus bas :

Lorsque vous achetez un téléphone, choisissez une couleur féminine, comme du vert citron, du rose, du bleu clair, etc.

« Bonjour Monsieur le vendeur, je voudrais ce téléphone qui me plaît beaucoup. L’auriez-vous en rose ?
- Ah non, en noir seulement.
- Punaise de lapinou ! Mais il me plaît, je peux le prendre quand même ?
- Désolé Madame, il est réservé aux gens pas féminins. Par contre, j’ai cette sombre merde hors de prix en rose pour vous.
- Hmmm… je vois que vous me prenez pour une conne, mais en tant que fille, je dois rester gentille. Tant pis pour mon QI : je le prends. Bon, maintenant, où ai-je mis mon stylo Totally Spies ? »

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Tenez, rien que ça : mon cœur bat déjà la chamade.

Si vous avez un talent ou un savoir-faire particulier, comme la danse, le dessin, le chant ou jouer d’un instrument, ne le dissimulez pas, travaillez ce talent. Montrez aux gens à quel point vous êtes douée en partageant votre art, ou en leur jouant un morceau.

Ainsi, si depuis votre plus tendre enfance, on salue votre interprétation unique de La digue du cul jouée à l’aisselle, n’hésitez pas. Aux soirées de l’ambassadeur, la plus en vue, ce sera vous.

Une fille féminine ne devrait pas avoir trop de poils sur les jambes (quelques poils sont acceptables), et devrait avoir les aisselles lisses.

« Acceptables » : si jamais vous oubliez et dépassez le niveau autorisé par WikiHow, vous êtes condamnée à mort par immersion dans la cire.

Aimez-vous. Toujours. Vous êtes parfaite dès le réveil, et tout ce que vous ajoutez ensuite est pour vous et personne d’autre.

Mais quand même : si vous êtes un peu poilue ou si vous ne mettez pas de gloss, vous êtes une sacrée merde.

Définitivement : merci, WikiHow pour tous ces bons conseils. Nul doute que mon lectorat féminin se sentira mieux après avoir accepté ces conseils aussi efficaces que pertinents. On vous attend.

Sur ce, et puisque WikiHow propose quantité d’autres articles, comme « Comment pratiquer la magie« , je pense que je vais aller préparer un article « Comment invoquer Satan« .

De toute manière, comment cela pourrait-il être pire ?

Mesdemoiselles, je vous laisse en débattre avec vos autres personnalités.

« Ça n’a pas l’air d’aller patron ?« 

Diego fronça un sourcil, notant la boîte de cigare encore pleine à cette heure avancée de la soirée, son employeur étant là, enfoncé dans son fauteuil près du feu de cheminée. Il nota que celui-ci se contentait simplement, de temps à autres, de jeter un peu de petit bois dans l’âtre, alimentant les flammes jetant une lueur orangée et tremblante alentour.

« Je me fais vieux Diego. Je n’ai plus les bonnes références, je crois qu’il faut que je fasse autre chose. De la peinture, peut-être ?
- Allons, il ne faut pas vous laisser aller comme ça… vous ne voulez pas que je fasse monter une stagiaire ?
- Non. Je veux rester seul à contempler l’âtre reflétant mon âme se consumant dans les affres du web. Va, Diego. J’ai besoin d’être seul. »

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Le serviteur hésita, ne pouvant accepter de voir son employeur dans pareil état. Mais après des années de bons et loyaux services, il commençait à connaître le bougre.

« Bien, alors je me retire Monsieur. Vous ne voulez rien d’autre ?
- Non, je veux du temps pour m’assagir. Quitter mes vices.
- Vous voulez dire que vous résisterez désormais aux tentations ?
- Parfaitement.
- Alors ça ne vous dérange pas si je pose ce DVD sur ce guéridon par exemple.
- Pas du tout. Du tout. Rien, pas un picotement. Je… hem, quoi comme DVD ? Par pure curiosité bien sûr.
-  The Darkest Hour.
- Le… le film que j’avais raté ?
- Celui-là même.
- Je… non, ça ne me fait strictement… je… rien… du tout.
- Voulez-vous que je vous lise le pitch ? Il y est question d’envahisseurs et de jeunes américains benêts. 
- Gnnnn…. gnnnnn…. je…. dois… résister…
- Saviez-vous que ce film est si mauvais qu’il y a une erreur de cohérence rien qu’entre le pitch officiel et le film ? D’ailleurs il parait que…
- DONNE-MOI ÇA ! »

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Diego eut juste le temps d’esquiver la sombre silhouette de son maître, se saisissant de l’objet avant de le faire tourner sous son oeil brillant de cruauté tout en ricanant. Puis, son rire se fit plus guttural et d’un pas assuré, il disparut en direction du salon.

L’humble employé se demanda si, quand même, il ne venait pas de faire une connerie.

Car : The Darkest Hour est-il si mauvais que cela ? Après tout, certaines critiques furent tout à fait positives. Aussi, il convient de vérifier de quoi il retourne : spoilons mes bons !

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L’affiche : des explosions ET de la désintégration ? Monsieur l’ambassadeur, vous nous avez vraiment gâtés.

Tout commence quelque part au-dessus de notre bonne vieille Terre, au sein d’un avion russe pour être précis. A bord, Sean et Bean, deux américains à l’humour digne d’un épisode de Samantha Oups, et aux têtes qui semblent appeler les balles à sanglier, sont occupés à se chamailler avec les hôtesses parce qu’ils refusent d’éteindre leurs téléphones portables avant d’atterrir, pour la simple et bonne raison que… hé bien qu’ils sont trop cools. Tiens, j’ai écrit cools ? Curieux. Qu’importe ! L’hôtesse la plus proche leur fait quand même les gros yeux, jusqu’à ce que soudain, toute l’électricité de l’avion lâche : c’est la panique à bord. Du moins, un temps seulement, car bien vite la lumière est rétablie, le commandant de bord rappelant aux passagers que les avions russes n’ont pas besoin d’électricité : ils sont entièrement conçus à partir d’anciennes pièces de Trabant et peuvent donc continuer de voler, même avec une aile sur deux. L’évènement ayant calmé nos deux héros, l’avion peut donc atterrir en paix.

En plein jour d’ailleurs, alors que la scène se déroulait en pleine nuit. Oui, je sais, maintenant cela arrive dans la plupart des films. C’est beau, ce vaste naufrage d’Hollywood, mais, passons.

Nos deux héros arrivent sur la terre bénie de Lénine, Khrouchtchev et autres Gérard Depardieu pour échanger diverses stupidités, et rouler des mécaniques auprès des autochtones, et nous apprenons d’ailleurs le métier de nos deux génies : ils ont conçu une application smartphone pour le tourisme haut de gamme et sont à Moscou pour y obtenir les sous de quelques gros investisseurs. Et pour le détail, sachez que Sean incarne donc l’archétype du « Je suis cool, mais pas aussi intelligent que mon ami Ben, si seulement je pouvais arrêter de le décevoir et prendre ma vie en main » et Ben le meilleur ami du héros. Et tu sais ce que ça veut dire Ben ! Hmmm, il ne manquerait plus qu’un méchant avec un bouc, une moustache ou même une coupe de cheveux discutable et…

Ho !

Alors que nos héros rentrent dans l’immeuble où ils ont rendez-vous ce jour là, ils découvrent que la réunion avec les investisseurs pour leur projet a été commencée… et pénétrant dans la salle de réunion, ils y trouvent Skyler, un ancien associé qui les a doublé, fait cavalier seul et vend leur idée pour son seul profit !

Pour information, Skyler a un bouc, une moustache ET une coupe de cheveux discutable. Et en plus, il est européen. Ouch.

Je devrais faire une sorte de bingo des poncifs pour s’occuper devant un film. Attendez, je me note ça quelque part. Voilà. Nous disions ?

Ah, oui: dépités, nos héros décident d’aller faire ce qu’il y a de plus raisonnable : se saouler parce que bon sang, le milieu des applications touristiques a l’air d’être drôlement compliqué en fait, mieux vaut laisser ça aux grandes personnes. Entre deux rails de vodka et quelques verres de coke (non non, nous sommes en Russie ne l’oubliez pas), nos héros rencontrent donc deux jeunes filles : Natalie, une fille cool, et sa meilleure amie Anne, une bimbo blonde (là encore, jeu : devine qui va mourir). A noter que tous sont américains, et tous, bien que jeunes, riches, branchés et passionnés de téléphonie sont équipés de vieilles bouses de 1999. Il en va de même pour Anne, qui bien que photographe professionnelle, se prend en photo à bout de bras en faisant des duckfaces (véridique) avec un appareil d’un autre âge (mais numérique quand même). L’accessoiriste avait dû fuir le tournage, ils n’ont dû trouver que celui de Louis la Brocante pour le remplacer au pied levé. Toujours est-il qu’au sein de la même boîte de nuit où ils ont trouvé refuge traîne aussi le méchant Skyler, mais tout le monde reste à bonne distance histoire de ne pas en venir aux mains.

Mais pendant ce temps, à l’extérieur, un curieux orage comme celui qu’avait traversé l’avion peu avant de perdre le courant au début du film semble se former au-dessus de la ville… et pour respecter la tradition et bien, celui-ci se rapprochant de Moscou, il coupe le jus dans toute la ville, plongeant la boîte dans l’obscurité en plein milieu d’un bon vieux Patrick Sébastien. Dur. Comment on va savoir ce qu’il faut faire tourner maintenant, hein ?

Après que 7 personnes ont imité le bruit du fantôme, comme dans n’importe quel lieu comportant des lourds dont on éteint les lumières (un outil pratique pour détecter les lourds), notre petite troupe sort de l’endroit avec le reste des convives pour descendre dans la rue comme une bonne partie des moscovites, constatant au passage que toutes les batteries des téléphones ont lâché. Nos héros s’étonnent doublement en voyant au-dessus d’eux d’étranges aurores boréales orangées s’agiter en silence avant de laisser choir de petites boules orangées vers le sol. D’ailleurs, l’une d’entre elles se pose au milieu de la foule, qui effrayée, s’écarte promptement.

C’est sans compter sur la police locale, qui n’aime pas trop les atterrissages non autorisés de boules orangées et semi-translucides sur des places interdites au stationnement : l’un des agents des forces de l’ordre essaie donc de s’approcher pour étudier scientifiquement le phénomène à l’aide de la technique élaborée dite du « Et si j’appuie là, est-ce que ça fait pouitch ?« 

Mais en fait non : ça fait plutôt proutch.

« Attendez les amis, j’ai déjà vu ça dans Harry Potter 7, c’est probablement un message du ministère de la magie »

Sitôt le truc en contact avec le fier fonctionnaire, celui-ci est instantanément désintégré. Et évidemment, aussitôt, d’autres boules arrivent en renfort pour courser les humains qui s’enfuient, les désintégrant tour à tour. On constate au passage que les boules perçoivent les humains comme des sources de chaleur ou d’énergie, qu’elles chassent goulûment.  Une sorte de gros Pac-Man, quoi.

Nos héros, entre deux hurlements, courent donc avec une partie de la foule vers l’abri de la boîte de nuit qu’ils venaient de quitter (et où même sans électricité, il y a toujours une lumière correcte, c’est fou) et tentent bien de fermer derrière eux, mais les boules poussent fort ladite porte, si fort que Sean, le petit jeunot blond et Youri, le gros videur de 280 kilos de muscles sont propulsés en arrière sur au moins, pfou, deux mètres. Sean se relève donc aussitôt, alors que Youri est… mort ? Tué par la chute. Ah. Bon. On va dire que Youri était très malade alors. Ou alors il a lu le script, ce qui expliquerait l’horreur visible sur son visage.

En tout cas, l’un des serveurs, dans la tradition de son pays, balance un cocktail molotov dans la gueule de l’un des envahisseurs, ce qui a l’air de moyennement lui plaire, mais nos héros s’en soucient peu : dans l’immédiat, ils cavalent. Comme il se doit, Skyler prouve qu’il est très méchant en abandonnant sa copine d’un soir au détour d’un couloir, l’enfermant avec une boule orangée pour mieux s’échapper ; mais plutôt que de réconforter la belle, lui proposer un resto, un dernier café puis une soirée Twister pour parler de tout ça, l’envahisseur se contente de lui désintégrer la gueule, faisant ainsi preuve d’un certain manque de savoir vivre : comme le savent tous les gentlemen, on ne désintègre pas le premier soir. Tsss.

Nos héros cavalcadent donc au milieu de la foule, et bien évidemment, ils sont les seuls à s’en tirer, Skyler compris, en allant se cacher dans la réserve de la boîte de nuit, probablement histoire de faucher une ou deux bouteilles avant de mourir. Sauf que visiblement, même si les aliens ont une vue particulièrement élaborée, ils n’ont pas pensé à regarder de ce côté là : la petite troupe peut donc s’isoler… et entendre que peu à peu, les sons de bataille déclinent au-dessus d’eux. Le temps se met donc à passer, et l’on voit les cartons et bouteilles de la réserve descendre, Skyler s’engueuler avec tous les autres parce qu’il est méchant (l’avais-je dit ?), et les réserves continuer de s’épuiser jusqu’à ce qu’enfin, une fois vides, quelqu’un s’interroge :

« Depuis combien de temps sommes-nous là-dedans ?« 

Ho, bin sachant que vous avez vidé les réserves d’une boîte de luxe à vous 5, ça doit bien faire 1 mois et qu…

« 27 heures. » répond Skyler

Hein ?! Non mais attendez, vous buvez 20 bouteilles de l’heure ? Bouffez 60 boîtes d’olives chacun, que vous avez vidé tous les cartons ? Bon sang, et avec tout ça, vous n’êtes même pas enfermé avec des toilettes à disposition ? Je… vous cherchez à mourir d’une diarrhée collective ? Remarquez, pas sûr que les aliens viennent vous chercher si vous barbotez là-dedans, c’est vrai. Un habile stratagème, j’en conviens.

Toujours est-il que c’est donc avec un gros mal de bide que la troupe décide de ressortir de sa cachette, puisque l’on entend désormais plus rien. Certes, la progression est prudente, car l’ennemi semble capable de devenir plus ou moins invisible, mais la destination elle est décidée : l’ambassade américaine. Bon, Skyler a bien proposé une ambassade européenne, parce que c’est plus près, mais on lui a dit de la fermer, parce que l’Europe, c’est quand même pas un truc très sérieux. C’est donc après avoir trouvé quelques sacs à dos qui attendaient là (?) et fouillé 17 secondes le bar pour emporter quelques bouteilles (mais aucun objet utile, merci de poser la question) que nos héros partent à l’aventure, à l’extérieur de la boîte de nuit.

Dehors, Moscou est déserte. Les avenues sont emplies de voitures abandonnées, et les rues couvertes de la cendre qui reste des habitants du coin. Ici ou là, une paire de kalachnikov abandonnées laisse deviner que des gens se sont défendus avec un résultat, disons, relativement moyen. Attention cependant, car malgré ce spectacle de désolation, nos héros progressent sur les grands boulevards à découvert, hurlent en tombant de leurs talons pour les filles (véridique), et en s’interpellant pour les garçons. Ce qui donne :

« Là ! Regardez ?
- QUOI BEN ? JE NE VOIS RIEN !
- MAIS SI LA, LE BRUIT QUI VIENT DE LA BAS !
- J’ENTENDS RIEN ! PEUT-ETRE PARCE QU’ON HURLE ?
- APPROCHONS-NOUS DISCRÈTEMENT EN L’ANNONÇANT A HAUTE VOIX !
- D’accord ! »

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Mais enfin ? Bon, bref ; le bruit en question est vite identifié : c’est une mamie qui a survécu et est en train de murer ses fenêtres. Nos héros s’approchent d’elle trop heureux de voir une survivante et lui demandent leur chemin, aidés de Skyler qui est le seul de l’équipe à parler le russe, mais écoutons plutôt.

« Skyler, demande lui où est la rue Popovski !
- *en russe* Madame, où est la rue Popovski s’il vous plait ?
- *en russe* C’est vous les bougres de cons qui hurlez au milieu des rues ? Vous avez pas envie de mourir un peu ?
- *en russe* J’ai un bouc et une moustache, vous croyez sérieusement que je vais arriver jusqu’au générique ? Alors autant pourrir les autres, ha !
- Que dit-elle Skyler ?
- Heu… elle dit qu’elle a très peur.
- *en russe* C’est malin, mais vous voulez pas plutôt que je vous prête un rasoir ?
- *en russe* Mamie, tu es une femme rusée, mais ce bouc, je le porte comme mon père, qui lui-même le tenait de son père, et même si aucun n’a jamais atteint la fin d’un film, c’est comme ça.
- Skyler ! Alors, cette rue ?
- Roh, les relous. Bon, elle dit que c’est tout droit.
- Alors on peut à nouveau parler très fort ? OKAY LET’S GO ! »
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Hélas, malgré ces riches indications, nos héros se perdent encore. Sacrebleu ! Sans GPS et véritable carte, ils se demandent donc où ils pourraient en avoir une. Raaah, bon sang, où serait-ce possible d’en trouver ? Je n’arrive pas à me concentrer avec tous ces véhicules portières ouvertes autour de nous aux vide-poches remplis de papiers ! Tant pis… si seulement nous étions dans une ville vaguement touristique, peut-être pourrions nous trouver des boutiques de souvenirs ou offices de tourisme qui en ont… si seulement je n’étais pas un professionnel du tourisme, et si seulement nous n’étions pas sur la place Rouge, peut-être que je saur… OH SI, JE SAIS ! IL NOUS FAUT UNE VOITURE DE POLICE !

Je… ah oui. C’est une idée remarquez. Une mauvaise, absurde, incohérente et écrite avec les pieds, mais une idée me dit mon dictionnaire.

Mais ce n’est pas fini ! Car trouvant une voiture de police abandonnée sur la place, Sean et Ben foncent pendant que les autres vont se cacher, et rentrent donc dans le véhicule pour y prendre un… pied de biche !

Oui oui. Et vous savez pour quoi faire ?

Pour ouvrir la voiture !

Si.

Sean, occupé à chercher de quel côté on rentre dans une voiture

Parce que figurez-vous qu’ils ont deviné que la police russe rangeait toujours ses cartes dans son coffre (comme ça, quand ils en ont besoin, c’est pratique), et qu’ils ont oublié que tant qu’à être dans la voiture, plutôt que refermer les portières (ils l’ont fait, j’insiste sur l’illogisme complet de toute cette scène), il suffisait soit de rester dedans et d’atteindre ledit coffre, soit d’appuyer sur le gros bouton avec un signe de coffre ouvert visible sur le tableau de bord. Raaah… en tout cas, après cette série d’incohérences, nos héros pas peu fiers fouillent le véhicule et peuvent rajouter à leur inventaire une carte plus précise (en russe, mais bon), et des fusées éclairantes, que nos larrons préfèrent aux armes juste à côté. Chacun son truc. Non parce que même si elles ne servent à rien contre les envahisseurs farceurs qui ont visiblement disparu, dans un monde post-apocalyptique, ça peut servir. Maintenant, on a compris que vous étiez idiots les gars : ce serait juste gentil d’arrêter de le prouver. Je pense que si l’on écrivait un jour une biographique de Jar-Jar Binks, on y trouverait la plupart des scènes de ce film.

Sauf que pendant leur petite fouille, Kiki, un chien errant s’est approché, les a dépassé sans même tenter l’accouplement sur une jambe, et a aboyé un peu plus loin… avant d’être brutalement désintégré (c’est rare dans un film, mais c’eut été un chiot ou un chaton, c’est lui qui désintégrait l’autre par le pouvoir du kawaii) par un alien qui attendait là, immobile ! Un bruit de pet liquide plus tard (les boîtes d’olives et la vodka en intraveineuse font effet), nos héros se planquent donc paniqués derrière la voiture de police, hurlant à leurs amis d’aller se cacher dans un bâtiment voisin. L’alien s’approche donc lentement du véhicule, et Sean et Ben, eux, n’échappent à la mort que grâce à une ruse qui avait échappé à tous les moscovites : il suffisait de se cacher sous la voiture, et hop, les aliens ne les voient plus. L’envahisseur inspecte donc l’endroit sans trouver de cibles, et s’en va donc en sifflotant probablement pour désintégrer d’autres chiens un peu plus loin.

Bien bien bien, c’est très intéressant ma foi. Sinon, quand est-ce que ça arrête d’être nul ?

Une fois l’alien parti, l’équipe finit donc par se regrouper dans un centre commercial voisin, où Skyler se met évidemment à paniquer, comme quoi ça ne sert à rien, le monde entier a dû tomber, on va tous mourir, d’ailleurs, il y a une grosse épave d’avion à côté d’eux, bref, rien n’échappe aux envahisseurs. Mais Sean, en héros qui a enfin l’opportunité de révéler ses talents de meneur, explique qu’il faut garder espoir et surtout, utiliser ce que l’on sait : l’ennemi semble faire réagir les sources d’électricité. Quand il a foncé sur la voiture de police, toutes ses ampoules se sont allumées. Donc, en sortant la nuit, il devrait facile de voir, de très loin, si des aliens invisibles squattent, puisque les lumières à côté d’eux seront allumées ! Soit ! En sus, il propose de porter des ampoules sur soir, pour savoir si l’ennemi est proche : c’est un peu leur épée de Bilbo, le côté cosplay en moins.

Ça tombe bien, nos héros décident de passer la soirée dans le centre commercial à attendre qu’il fasse vraiment noir pour sortir, et en profitent pour prendre des vêtements plus pratiques que ceux qu’ils portaient en boîte. Sauf que pendant qu’ils se changent, les ampoules qu’ils portent désormais en pendentifs s’allument : l’ennemi approche ! Ni une ni deux, tout le monde se planque… sauf Sean qui lui décide de rester dans la vitrine du magasin où il était à se faire passer pour un mannequin, immobile. Et figurez-vous que ça marche !

Ce qui permet à Sean d’en déduire que… allez, jouons :

A)  les aliens sont cons comme des ânes morts

B) les aliens ne perçoivent pas les mouvements

C) les aliens ont une vision basée sur la détection des ondes électromagnétiques, or, la vitrine a bloqué celles-ci, le rendant invisible !

D) il a eu un gros coup de moule

Et non, ce n’était pas la réponse A, puisque Sean est incapable de faire cette déduction en étant au même niveau qu’eux, et bien la C, qu’il sort comme ça, de nulle part; et qui s’avère évidemment parfaitement exacte. Non parce que : comment sais-tu pour la vision électromagnétique  bougre de con, puisque toi tu ne regardes pas le film et n’a donc pas vu qu’elle voyaient les humains en orange et le reste du monde en gris ?

Ah mais oui, ça me revient : tout s’explique dans le fait que ce film est un gros coprolithe.

D’ailleurs, vous vous souvenez des avenues de jour, désertes et silencieuses ? Et bien parlons-en : sitôt que nos héros ont échappé à la patrouille de bouboules, ils décident de foncer – il fait suffisamment noir à présent – pour atteindre l’ambassade, à moins de 2 kilomètres. Et depuis que Sean a dit que dans le noir, voir les aliens seraient plus simple, et bien toutes les avenues résonnent du bruit des alarmes de voitures dès que les aliens passent à côté d’elles ! C’est quand même bien fait. Probablement qu’ils jouaient à la crapette en journée.

Arrivés à l’ambassade (instantanément ou presque, probablement que Sean, est en fait Gérard Majax et dispose de toute une panoplie de sorts de téléportation), la troupe constate que comme le reste de la ville, celle-ci a été ravagée par les créatures de l’espace. A l’intérieur, des restes d’équipement de soldats, douilles & co permettent d’imaginer ce que fut la bataille, et Skyler s’empresse de ramasser un fusil d’assaut sous le regard courroucé de ses amis, parce que les armes c’est pour les méchants, et que les gentils ne comptent que sur le pouvoir de l’amour pour se défendre, ainsi qu’un certain piston de la part du script. Sean explique qu’à défaut de trouver de l’aide, il faut grimper sur le toit de l’ambassade « pour connaître le meilleur trajet« .

D’accord, mais, comme ça, question : « le trajet pour où ?« . Non parce que vous êtes arrivés au seul endroit que vous vouliez atteindre alors… non ? Non, cette question n’intéresse aucun membre de l’équipe ? Très bien. Probablement un détail : après tout, vous allez juste risquer votre vie pour ça.

Et dire qu’il y a 20 minutes encore, nos héros se promenaient comme ça durant des heures dans Moscou sans rencontrer le moindre problème ou bruit. C’est fou comme l’intrigue change, comme ça, pouf

Mais Skyler, qui a décidément envie de se donner toutes les chances, déclare cependant que lui ne grimpera nulle part : non pas qu’il ait lui aussi constaté que le propos de Sean n’avait aucune logique, non : il n’a juste pas envie. Il se sépare donc en groupe de 1 et attend à la porte de l’ambassade que… heu… rien. C’est quand même incroyable les efforts qui ont été déployés pour faire de ce film une sorte d’étron flottant à niveau constant.

De leur côté, nos 4 autres loulous fouillent l’endroit et tombent, pile au moment où leurs fusées éclairantes improvisées en torches rendent l’âme, sur… des lampes à huile ! Car figurez-vous que peu avant de mourir, les derniers résistants de l’ambassade sont descendus dans les souterrains du coin, sont tombés sur des lampes à huiles chargées, mais oui, ont remonté le tout, réussi à contacter par radio des villes d’Europe ou moins de 10 survivants répondaient ici ou là, rédigé un rapport complet sur tout cela dans un cahier, rangé le tout, laissé la radio (qui marche mystérieusement), et sont allés mourir pour ne pas déranger.

Vraiment : sympas les gars. La prochaine fois mettez aussi des bières au frais, ce sera tip top.

En tout cas, sur la radio, nos héros captent un message en russe diffusé en boucle. « Si seulement on savait le traduire ! » s’exclament-ils, « Ah mais au fait, il y a Tyler à la porte de l’ambassade ! Non attendez, j’ai mieux : oublions jusqu’à l’existence de son personnage le temps qu’il lui arrive une merde !« . Et ce qui est dit est fait : nos héros s’interrogent sur qui pourrait traduire le russe (… soupir) en se plaignant. A noter d’ailleurs que plus le temps passe, plus on sent que, et là, vous allez être surpris, Natalie se rapproche de ce leader de Sean. Rrrrr.

Mais qu’importe, nos héros décident de grimper sur le toit pour observer la ville et constatent que les aliens s’en prennent à tout ce qui est électrique… et creusent donc pour s’en prendre aux câbles. Sauf que soudain, des coups de feu résonnent dans les rues un peu plus loin ! C’est Skyler qui a décidé de… repartir. Tout seul. En pleine rue. En tirant au hasard.

Ah ouais. Rappelez-moi : Skyler c’est bien le lâche ? Le lâche qui part tout seul alors qu’il était à l’abri ?

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Quelques temps plus tôt, à Hollywood.

« Et moi je te parie que j’écris tout un scénar avec ce fusain que j’ai trouvé par terre!
- Hahaha, pari tenu !
- Attends, je commence… mon fusain est sombre… je vais appeler ça… l’heure… la plus… sombre… rah, ça coule quand j’écris.
- Heu John… nan mais… en fait en le regardant là, je suis pas sûr que ce soit un fusain »

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Découvrant ainsi que Skyler est en train de filer, nos héros se rappellent soudain que, ha tiens, comme le dit Ben, « Il pourrait nous aider à traduire le message ! Il a des notions de russe !« . Oui Ben, des notions : tellement qu’il le parle couramment depuis le début du film. Ah, que serait un film sans des dialogues rajoutés expressément pour ne rien apporter, à part des incohérences ? Peut-être un bon film, allez savoir. Mais c’est déjà bien de vous rappeler qu’il connait le russe, oui, pfou. Vous auriez eu cette idée il y a 20 minutes, vous n’aviez qu’à descendre un escalier pour lui parler.

Mais Skyler étant évidemment une andouille, il a décidé que ho bin en fait, il ne va plus faire attention aux lumières qui s’allument pour savoir où sont les aliens. Il va plutôt se promener en faisant du rien. Ce qui ne manque pas d’attirer l’attention d’un alien qui était occupé à mâchouiller un Claude François, célèbre objet conducteur d’électricité dont les aliens raffolent. Sean et Ben, partis à sa poursuite, arrivent trop tard : le pauvre est déjà coursé par l’alien entre deux rangées de voitures !

Bin je ne sais pas : dites-lui de se cacher dessous ? Ça vous a sauvé. Non ?

Non : nos héros se contentent de lui hurler « Cours, peut-être que les aliens sont mauvais en athlétisme« , ce qui ne suffit pas : l’alien, vexé par ce commentaire qui lui rappelle ses mauvaises notes de sport à l’université galactique de Xlurb-21 en Schlurfball, se saisit donc de Skyler, le désintégrant sur le champ.

Ça alors, le type moustachu, à bouc, à coupe de cheveux louche, méchant, lâche et européen est mort ! Attendez : je vais payer un mime pour jouer la surprise à côté de moi pendant que je continue de rédiger cet article.

Retournant à l’ambassade sans que l’alien ayant mangé leur ami ne s’intéresse à eux, Sean et Ben (qui me font penser à Ben et Nuts à chaque fois que j’écris leurs noms, c’est affreux, cela dit eux aussi sont visiblement à base de noix) annoncent à leurs copines que bon bin, pour Skyler, c’est grillé (hohoho). Quel choc ! Si je m’attendais à ça. D’ailleurs Anne se lance alors dans un jeu d’actrice absolument immonde à base de « Ho mon dieu non je me tiens la tête en la secouant, je suis tellement bouleversée par cette nouvelle« . Mais sa panique est de courte durée, car bientôt, l’espoir renaît : nos héros aperçoivent là-bas, dehors, un immeuble avec un dernier appartement allumé, et une silhouette humaine s’y déplaçant. N’ayant rien de mieux à faire, Sean invite ses amis à le suivre là-bas, afin de savoir comment quelqu’un, ici, peut encore avoir de l’électricité et vivre sans être inquiété.

Alors qu’il faisait nuit noire, et que l’immeuble avait l’air d’être à 50 mètres, il fait grand jour lorsque la troupe arrive à proximité. Heureusement, Sean explique ce phénomène par un « Dépêchez-vous, le soleil se lève !« . Oui, et puis vite visiblement, pfou, c’est décidément très dur à gérer tout ça. En tout cas, filant dans l’immeuble à bon rythme, la troupe est heureuse de tomber au détour d’un couloir sur d’autres humains : Sergueï un vieux russe à moitié fou qui a transformé son appartement en forteresse barrée de fer, et Vika une fille ayant survécu par miracle s’étant réfugiée chez lui, attirée elle aussi par la lumière.

Une ville abandonnée… un truc apocalyptique… un groupe de survivant apercevant de nuit la lumière d’un immeuble et y découvrant un vieil excentrique ainsi qu’une fille survivant dans un appartement barré de fer avec des caddies plein le couloir…

Dans quel autre film ai-je déjà vu ça ? Bon, je ne m’en souviens pas, mais je me connais, en général ma mémoire me revient environ 28 jours plus tard.

En tout cas, Sergueï explique ce qu’il a compris : les aliens sont constitués d’énergie, ce qui explique qu’ils soient invisibles. Et en transformant son appartement via divers bricolage en grosse cage de Faraday, il l’a ainsi rendu indétectable et impénétrable pour les envahisseurs. Ce qui, vous l’avez compris, signifie que depuis le début, toutes les voitures que l’on a vu remplies de cendres, ce n’était pas possible puisque les bestiaux n’ont pas pu y entrer ou même les approcher si l’on en croit Sergueï. Mais si on s’arrête à des détails, aussi ! En tout cas, rassurez-vous : personne ne pensera à utiliser une cage de faraday ambulante pour se déplacer, ouf. C’est pas comme si on venait de leur dire comment survivre à coup sûr.

Vous pensez que je mens quand je dis que la réalisation a poussé le vice jusqu’à montrer des voitures impeccables remplies de cendres pour bien montrer que les aliens ont largement violé des cages de Faraday ? Savourez.

Attendez, il faut que j’aille rejeter quelques pièces à mon mime pour qu’il feigne l’intérêt pour ce film. Hmmm. Voilà.

De leur côté, nos loulous tendent la radio qu’ils ont trouvé à Vika pour qu’elle traduise le message diffusé en boucle : la marine russe est encore debout ! Un sous-marin nucléaire attend les survivants sur la rivière, au nord de Moscou, et expliquent qu’ils partiront demain matin. Ils expliquent aussi que d’autres sous-marins d’autres nationalités ont la même mission ailleurs dans le monde. Sergueï confirme : un sous-marin russe ! Une énorme cage de Faraday sous-marine ! La cachette ultime face aux envahisseurs ! Sans compter que s’ils l’approchent, étant donné l’état de la marine locale : paf, tétanos direct ! Parfait : le temps pour les filles de rassembler de la nourriture dans les autres appartements de l’immeuble pendant que les hommes jouent avec un gros canon bricolé par Sergueï (hmm…. je me demande ce qu’en dirait lecinemaestpolitique… ou juste Freud) supposé tuer les aliens par micro-ondes, et c’est parti !

Enfin ça le serait si tout se passait bien. Parce qu’évidemment, non : il y a encore trop de personnages à ce stade du film. Alors que les filles rassemblaient des pots de glace à la pistache en gloussant sur le fait que Sean, il est quand même trôbô, un alien a un kilomètre de là aperçoit, au travers des murs et des vitres, nos donzelles en train de faire leurs courses. Hein ? Comment ça on nous a expliqué plus tôt que les aliens ne pouvaient pas voir au travers des vitres, et que les murs bloquaient aussi leur vision dans tous les autres plans depuis le début du film ? Détail, détail : regardons plutôt la scène suivante, où l’ennemi a foncé à toute allure pour aller chasser les donzelles et les obliger à se replier. Car en rentrant dans l’appartement, évidemment, elles ne le ferment pas bien la porte derrière elles, ce qui résulte dans l’entrée de l’alien dans la cage, puis en la désintégration de Sergueï et Anne (ne faites pas les surpris, elle ne comptait pas coucher avec le héros, comment pouvait-elle espérer avoir ses chances ?)  dans la foulée pendant que tout le monde fuit par une fenêtre en emportant l’arme de Sergueï avec eux. Vika, elle, a réussi à filer de son côté, et rejoint les autres en bas pour découvrir que Sergueï incarne désormais une nouvelle forme de litière écologique pour son chat qui, pour sûr, se fera un plaisir de rendre hommage à son vieux maître en couvrant ses restes de gros colombins.

Mais alors que la créature qui a tué le vieil homme course nos valeureux larrons, voici qu’une étrange troupe s’interpose entre eux et la bête : des… comment vous décrire ça ? Disons, le casting de Mad Max. Mais avec des têtes de héros de l’Union Soviétique. Appelons-les « Mad Marx« . Ceux-ci laissent l’ennemi d’outre espace venir à eux, puis le canardent, le passent au feu, et le finissent et la roquette lorsqu’il semble un peu perturbé par tout cela : sans le tuer, cela le blesse, et il s’enfuit donc dans de petits cris confus vers des cieux moins plombés, non sans laisser derrière lui une sorte de… griffe ? Ah bon. Bien bien. Là encore, sachez que dans la scène précédent, Sergueï a expliqué que les aliens étaient constitués d’énergie pure, ce pourquoi son arme fonctionnait sur eux. Depuis quand l’énergie pure a des griffes ?

Encore un qui doit être convaincu que s’il ouvre une pile LR6, il trouvera un pokémon.

Bref : ramenés au QG des Mad Marx, qui sont bien évidemment tous parfaitement anglophones (en fait, à part la petite vieille de tout à l’heure, sachez que tout le monde l’est dans ce film), la situation est vite expliquée : eux sont ici pour se battre. Les histoires de sous-marin, ils s’en moquent, ils n’abandonneront pas Moscou, ainsi que les femmes et les enfants à leurs côtés. Mais c’est sans compter sur l’arme secrète de Sean, qui aimerait bien leur aide pour atteindre le sous-marin qui est encore loin : le discours sur l’amour et l’amitié et le fait que quand on est gentil, on s’entraide, alors gros Popov, tu vas abandonner tes concepts ringards comme « gnagnagna femmes et gnignigni enfants » pour me suivre, m’obéir et m’aduler, d’accord ?

Et en effet : le chef des Mad Marx approuve, et décide de lâcher leur planque à l’ennemi, laissant probablement leurs familles se faire désintégrer la gueule, juste parce qu’un petit con lui a dit que ce serait pas cool de pas l’aider. Ce film est… je… je crois qu’il est temps que l’on m’amène mon sac à chatons. Enfin bref : pour débuter ce périlleux voyage, l’équipe propose de passer par le métro, endroit passablement peu visité par l’ennemi comparé aux rues. C’est marrant, parce que moi au début du film, j’ai quand même vu des gens courir en hurlant des heures dans les rues sans rencontrer d’ennemis. Mais, bon, je comprends : je suis un peu lourd à faire références toutes les deux minutes aux évènements antérieurs : c’est pas comme si l’on était censé suivre une suite d’évènements liés les uns aux autres, ouf. Toujours est-il que si le métro permet de progresser vite et bien, il finit tout de même par se trouver un vilain pour squatter l’endroit en lieu et place des habituels chanteurs de Bamba vous réclamant de la monnaie. Si tout le monde arrive à l’éviter, Vika, elle, se retrouve suite à un léger retard en mauvaise posture, chose que Ben ne peut tolérer. Heureusement, puisqu’équipé du fusil à micro-ondes de Sergueï, il va pouvoir ajuster le méchant alien et lui bourrer la gu…

Ah non tiens. En fait,  il le jette au sol et décide de courir droit vers Vika, et ce complètement à découvert pour… pour… pour rien.

Rappel : Ben est le membre le plus intelligent du groupe.

Qu’importe : s »il parvient à ainsi pousser Vika vers un abri sûr, le pauvre Ben est attrapé par le vil ennemi, qui a soudain de petites mains (mais si, allez hop ! On change d’ennemis en cours de film, on est plus à ça près !) pour lui attraper les jambes et faire durer le moment où il le traîne jusqu’à lui avant de le désintégrer, comme l’y destinait son rôle de pote du héros.

La main d’un méchant : jusqu’ici, ils ne s’en servaient jamais et n’en avaient d’ailleurs pas, mais à partir d’ici, ils n’utiliseront plus que ce curieux appendice qui ne désintègre pas. Ah oui, quand même.

Sean qui évidemment, est un héros choqué, mais visiblement, personne ne sait jouer le choc autrement dans ce film qu’en gonflant les joues. Aussi Sean se transforme donc temporairement en hamster, puis toute l’équipe peut reprendre son chemin sans que l’alien ayant tué Ben ne se décide à les poursuivre, probablement parce que le réalisateur lui a dit de ne pas le faire. Ah, ces aliens, au début du film ils tuaient les humains par paquet de 200, maintenant, un seul et ensuite ils ne font plus rien. C’est si beau. Ce qui permet donc à l’équipe de poursuivre dans les tunnels du métro pour finalement arriver sur la rivière locale et se jeter à bord d’un bateau qui attendait là, déserté : ne reste plus qu’à le laisser dériver en se planquant dans la cale en suivant le courant jusqu’à ce qu’il porte tout le monde jusqu’au sous-marin, plus bas sur la rivière. Le bateau a d’ailleurs le bon goût de ne pas s’échouer, probablement doué d’une conscience propre qui l’incite à tout faire pour quitter ce film.

A l’intérieur, c’est évidemment la séquence émotion sur Ben, qui était le meilleur d’entre nous, tout ça. Et laisse donc augurer bien des choses sur ce que doit être le pire, alors, vu que Ben semblait à peine plus futé qu’un lombric. Et pas un lombric premier de la classe, hein.

Mais tout ne s’arrête pas là, ce serait trop simple ! Arrivés à 100 mètres du sous-marin, le bateau est renversé par un terrible coup du sort : une berge s’effondre sur lui, car les aliens continuent de forer le sol à la recherche de minéraux pour se nourrir, suppose-t-on (mais comme c’est le héros qui le suppose, cela devient aussitôt vérité). Le naufrage a donc lieu, et lorsque les têtes font surface, il manque un des Mad Marx à l’appel, ainsi que… Natalie ! Drame : Sean vient de perdre sa nouvelle copine, et seule fille mignonne survivante du film (Vika n’a pas l’âge légal). C’est intolérable ! Tout le monde nage donc jusqu’au sous-marin qui est tout près, et la discussion s’engage avec le commandant du bord.

« Salut les kids, je suis le commandant Marco Ramius, bienvenue à bord : allez, on met les voiles !
- Non, on ne peut pas ! Mon amie Natalie a disparu par là-bas *indique une direction générale sur le fleuve* il faut aller la chercher !
- Oui et puis quelques milliards de personnes aussi ont disparu, alors on va p’têtre pas non plus risquer notre dernier sous-marin pour ça ?
- Si parce que Natalie, c’est ma copine, et j’invoque le pouvoir de l’amour et de l’amitié qui sont plus important que tout, surtout dans les pires moments.
- Vendu si tu fermes ta gueule. »
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Et en effet : le commandant accepte de décaler le départ de son sous-marin pour la retrouver, ce qui tombe bien, car un demi-kilomètre à l’intérieur de Moscou, une lumière vient de paraître au-dessus des toits : une fusée de détresse.

« C’est Natalie ! » s’exclame heureux comme tout le brave Sean.

Oui, ou alors c’est une fusée de détresse, Natalie est un poil moins brillante. Non parce que comme en plus elle vient d’être tirée dans la direction opposée à celle que tu indiquais et où votre bateau avait chaviré, cela signifierait que Natalie a survécu à la noyade, est sortie de l’eau sans s’occuper du sous-marin voisin ni de toi qui l’appelait, aurait escaladé des berges bétonnées lisses sans problème, couru au travers de ruines et d’aliens hostiles, réussi à non seulement refaire sa distance avec le sous-marin, mais en plus à y ajouter 500 mètres dans une direction opposée, puis, seulement, elle aurait décidé de tirer une fusée de détresse. En fait, Natalie, c’est Gandalf.

Ça vous parait improbable ?

Et bien peut-être, mais comme il a dit « C’est Natalie » et qu’il est le héros, ça devient aussitôt vrai, et tout le monde accepte sans sourciller.

Aussi les Mad Marx décident d’accompagner notre héros, non sans d’abord charger et dupliquer – mais si ! – le fusil à micro-ondes que Sergueï avait mis des jours à construire. On va donc supposer que c’est, allez, 16 heures plus tard que nos héros décident d’aller la chercher : sympa. Mais non, rassurez-vous : la gestion du temps est tellement lamentable qu’il ne s’est en fait écoulé que moins de deux minutes, la petite équipée peut donc partir rassurée pour aller botter du cul d’outre-espace et sauver du cucu d’outre-Atlantique.

La troupe, guidée non pas tant par la fusée que par l’instinct magique de Sean qui sait pister sa copine dans un vieux complexe industriel sans avoir bien vu d’où était parti son signal de détresse (probablement que Natalie sent très fort), parvient promptement à localiser la jeune fille, abritée dans un ancien trolley à l’arrêt. Sauf que voilà : un bestiau attend déjà sur place… et fonce sur nos héros ! Mais pas de bol pour la pauvre créature : celui-ci teste son arme, et le fusil à micro-ondes permet d’abaisser les défenses de ces êtres qui deviennent alors vulnérables aux bon vieux plombs. On découvre alors le visage de ces créatures : de petites têtes de mort volantes. Vous vous attendiez à des poneys ? On est pas dans des lasagnes ici, enfin, soyons sérieux.

Si vous aussi, vous vous demandez comment un être constitué d’énergie peut soudain devenir une tête de mort volante, levez la main ? Merci.

Bref : Sean, après avoir cartouché l’animal et laissé ses amis s’occuper des autres qui arrivent, s’en va trouver sa belle dans son trolley abandonné, mais avant de pouvoir lui faire un gros câlin, un autre méchant vient les surprendre (il venait juste se rincer l’oeil en profitant de son invisibilité, mais il a été capté quand il a fait réagir l’autoradio par erreur en lançant le thème de Ghost). Aucun tour de potier mais quelques coups de fusil à micro-ondes plus tard, le bougre faisait moins son malin, ses défenses abaissées, et ne restait plus qu’un projectile pour le tuer : la griffe que son confrère avait perdu lors de son combat contre les Mad Marx, que Sean lui lance !

Pouf, il la prend sur le coin du museau, et alors que la griffe n’est même pas pointue ou lancée fort, ne me demandez pas pourquoi : ça le tue. Probablement qu’il a trop honte.

Misère, il suffisait alors de leur balancer des cailloux ? Mais… c’est nul ! C’est… oooooh seigneur mais comment peut-on rater un film à ce point ?

Une douce musique de piano pose alors l’ambiance, probablement parce que le réalisateur a oublié qu’il filmait un groupe de gens ayant vu plusieurs millions de morts à Moscou, au milieu d’un coin pourri entouré d’aliens hostiles, mais passons : c’est romantique, point. Ils peuvent donc retourner au sous-marin sans encombres, car qui dit musique au piano dit que l’ennemi n’a plus le droit de venir briser l’ambiance. Là, les Mad Marx expliquent qu’eux vont rester ici : c’est là, leur combat.  Haaaa… heureusement qu’il y a eu cette séquence alors parce que sinon, je rappelle qu’à leur première arrivée au sous-marin, ils ne se sont pas fait prier pour grimper dedans. Comme quoi, le combat de toute une vie change vite en 10 minutes.

Sean et Natalie peuvent donc enfin se faire des bisous, et avec l’aide d’un marin, Natalie fait remarcher son téléphone via les récepteurs du sous-marin, et reçoit alors un message de sa mère  « BB c maman t ok ? Moi oci LOL » , mais le message n’explique cependant pas, elle, comment elle a pu avoir un téléphone qui marche vu que c’est déjà un miracle pour Natalie. Probablement qu’elle a sa propre parabole de sous-marin nucléaire soviétique avec elle.

« 7 milliards de morts et c’est belle-maman qui survit. Quelle journée de merde »

Tout se termine sur une ultime transmission radio : partout dans le monde, la résistance d’organise, et bientôt, ça va meuler sévère de l’envahisseur.

Souriant, Sean se penche donc sur une carte, et probablement avant que le commandant ne lui demande pour qui il se prend et qu’il ne finisse tabassé par toute une bande de marin d’ex-URSS, il propose de passer à l’action et…

… FIN !

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« Alors, ça va mieux patron ?« 

Diego observa son patron, de retour dans son fauteuil, à profiter de la chaleur de l’âtre.

« Hmmm.
- Vous… vous êtes revenu dans votre fauteuil, comme tout à l’heure ? Quelque chose ne va pas. »

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Le serviteur fit un bref pas en arrière en notant l’oeil courroucé se tournant dans sa direction.  Il toussota, cachant le frisson qui lui parcourut son échine comme il le pouvait.

« Il y a des choses que tu ne peux pas comprendre, j’ai besoin de plaisirs simple comme alimenter mon foyer. Va, laisse-moi seul Diego.« 

Interloqué, le valet disparut sans un bruit, se demandant s’il avait réussi sa mission et si son maître avait retrouvé son envie de haïr son prochain. Il haussa les épaules, presque déçu, s’interrogeant sur le plaisir que pouvait bien trouver son supérieur à nourrir le feu.

Il ne put entendre, au travers de l’épaisse porte derrière laquelle son employeur se reposait, le bruit d’un sac que l’on fouillait, le son d’un miaulement léger et mignon tournant sous les plafonds, puis le cri typique d’un chaton fendant l’air tiède avant de finir au feu pour rejoindre le DVD d’une abominable daube.

« Ça va drôlement mieux« , me dis-je.

Durand tira sur sa pipe en sourcillant, le regard braqué vers le parking de l’hôtel de bureaux situé juste en-dessous de la salle de réunion.

Derrière lui, les bavardages allaient bon train, alors que divers cadres en tailleurs et costumes installaient leur matériel sur la vaste table centrale de l’endroit ; blocs-notes, feuilles fraîchement imprimées couvertes de statistiques et tablettes tachées de grasses empreintes digitales apparaissaient au fur et à mesure que chacun ouvrait sa serviette pour en sortir ses outils personnels. A proximité de l’écran blanc qui s’affichait sur toute la largeur d’un mur de la salle, Moreau grognait comme à son habitude alors que le vidéoprojecteur situé face à lui refusait de se connecter à son ordinateur, envoyant sur son costume une curieuse lumière bleue.

« Durand, qu’est-ce que vous foutez ? Eteignez-moi cette pipe et venez vous asseoir mon vieux.« 

Tapotant sur son embonpoint prononcé, ledit Durand se tourna vers Monsieur Alain, son supérieur, tout en désignant du bout de sa pipe la fenêtre qu’il venait de quitter.

« Il y a des gens curieux sur le parking. Ils sont en train de décharger une camionnette bourrée de bois, ils ont dû piller le magasin de bricolage du coin.
- On s’en moque Durand, je viens de vous dire d’éteindre cette pipe, vous savez très bien que c’est interdit ; asseyez-vous, nous allons commencer.« 

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Suivant les instructions de son responsable, le vieux cadre s’exécuta avant d’aller trouver une place dans la chaise située juste à la gauche de Mademoiselle Kavinsky, l’assistante de Monsieur Alain. Au bout de la table, Moreau continuait de pester contre le vidéoprojecteur qui refusait de détecter quoi que ce soit, vérifiant plusieurs fois chaque prise en espérant trouver la faille à la source de tous ses ennuis, jusqu’à ce que lassé par ces péripéties techniques, ainsi que par le curieux son de marteau que l’on entendait à l’extérieur, le dénommé Alain ouvre les hostilités.

« Bien, on va commencer sans le Powerpoint ; nous parlerons des résultats du premier semestre tout à l’heure quand nous aurons les graphiques. En attendant, comme vous le savez, nous devons ce matin effectuer un petit « brainstorming » concernant les jeux de cartes à collectionner afin de maximiser nos ventes l’an prochain. Toutes les idées seront envoyées au bureau central, qui prendra ensuite sa décision ; la filiale qui aura produit la meilleure idée verra tous ses employés récompensés par une prime de fin d’année plus garnie que d’ordinaire, alors à vos méninges.« 

Tous les sourcils de la salle se froncèrent, alors que chacun tentait de mimer la réflexion la plus profonde.

« On pourrait proposer des présentoirs cartonnés plus importants, histoire que les enfants ne puissent pas rater nos produits ?
- C’est une idée, mais un peu classique David, je le crains. Mademoiselle Kavinsky, notez-la tout de même. »

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Les méninges continuèrent de tourner après cette intervention, le silence de la salle seulement troublé par celui de la scie que l’on pouvait entendre gémir de l’autre côté des fenêtres de l’endroit.

« On devrait multiplier les publicités sur internet ; on est peu sur ce média, alors qu’il est tout de même assez porteur.
- Hmmm oui et… raaah, mais qu’est-ce que c’est que ce bordel dehors enfin ? »

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Monsieur Alain se leva brusquement, dans une attitude qui semblait signifier que si aucune idée géniale n’était encore parue, c’était bien la faute de ces bruits parasites audibles à l’extérieur ; à cet instant précis, c’était celui d’une poulie couinante qui provoquait son courroux. Un curieux sifflement croissant se fit entendre lorsqu’enfin, le cadre se positionna en face de la fenêtre donnant sur l’endroit à l’origine de tout ce vacarme.

A vrai dire, tout le monde fut d’ailleurs très surpris lorsqu’un rocher d’une tonne cinq traversa la fenêtre pile à l’emplacement où se situait Monsieur Alain ; il en fut de même au secrétariat deux étages plus bas lorsque le même roc, couvert d’une pulpe rouge à cravate que les employées n’identifièrent pas tout de suite, vint s’écraser sur la table de la salle d’attente.

Si l’un des membres de la paisible entreprise avait osé s’approcher des fenêtres, il aurait pu apercevoir sur le parking, à côté d’une camionnette de location, un formidable trébuchet monté à partir d’éléments fraîchement achetés à Brico-Dépôt en train d’être rechargé par une poignée de types en cotte de mailles et tabard marqué d’une imposante croix. L’un d’eux, debout sur la camionnette, brandissait un mégaphone, alors que juste derrière lui un petite être bossu agitait un encensoir avec une dévotion proche du fanatisme.

« Distributeurs de cartes Pokémon, Yu-Gi-Oh et autres Magic ! Ceci n’était qu’un tir de sommation ; arrêtez de distribuer ces produits du démon ou nous prendrons votre place forte !« 

Il y eut un long silence, jusqu’à ce qu’enfin, la silhouette arrondie de Durand paraisse à l’une des fenêtres de l’immeuble

« Mais enfin Monsieur, non ! On ne peut pas tout arrêter comme ça ! Calmez-vous d’abord, je suis sûr que nous pouvons discuter ! »

Le type sur la camionnette rappuya sur la gâchette du mégaphone

« Si vous ne pouvez vous arrêter, alors nous le ferons ; hardi compagnons ! Pour ceux tombés à Saint-Jean-d’Acre ! Pour ceux morts sur les murs de Jérusalem ! En avant !« 

Des dizaines de portières claquèrent sur le parking alors que d’autres camionnettes disséminées ici ou là sortaient des hordes de types vêtus de la même manière que les servants du trébuchet, mais portant eux épées, masses d’armes et échelles d’assaut ; dans un immense cri, ils se ruèrent vers le bâtiment, l’éclat des lames brillant dans le petit matin.

Durand, ajustant son costume, se dit que la journée allait être longue.

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Des adorateurs du démon en pleine Grand Messe

Vous ne le savez peut-être pas, petits galopins, mais les cartes à collectionner sont l’instrument du Démon ; pour des raisons bien compréhensibles, il semblerait que les humains modernes soient moins intéressés par l’idée de vendre leur âme contre la richesse, l’amour l’immortalité que par celle d’ajouter la carte « Insécateur » à leur collection de cartes Pokémon.

Ce n’est pas moi qui le dis, mais bien un site formidable, un de ceux qui semblent n’avoir été conçus que pour les amateurs de belles choses que nous sommes :

Info-sectes

De prime abord, comme ça, le naïf pourrait supposer qu’il s’agit là d’un site visant à lutter contre les sectes et autres dérives plus ou moins mystiques ; mais en y regardant de plus près, on peut observer que les quelques fanfarons, visiblement un peu extrémistes dans leur dévotion à la Sainte Eglise Catholique, ont surtout créé un site dans lequel on peut trouver, aux côtés des raëliens et autres scientologues, des choses aussi infernales que Harry Potter, les Pokémons, Yu-Gi-Oh, les cartes Magic et bien évidemment les jeux de rôles.

L’occasion donc de découvrir, ensemble, en quoi ce que vous preniez pour d’innocents jeux & loisirs s’avère en fait être une initiation au sacrifice de vierges (ce qui soit dit en passant, est de plus en plus compliqué à trouver dans certains régions de notre beau pays où passé 7 ans, c’est fini).

Commençons donc, si vous le voulez bien, par les jeux de cartes en étudiant le lien ci-dessus sur le sujet ; il s’agit là d’une interview d’un homme se présentant comme un ancien commercial du secteur ayant découvert la parole de Jésus Christ et donc renié ces ignominies cartonnées.

Samuel Foucart : « Emmanuel, vous étiez commercial dans la distribution de produits pipiers, de quoi s’agit-il ? »

Emmanuel : « Les produits pipiers sont tous les articles qui se vendent dans une maison de presse ou dans un tabac. »

Samuel Foucart : « Vous étiez le meilleur vendeur de votre société. Que pensez-vous de la recrudescence de certains produits diffusés par l’image, dans la lignée des Pokémon, Yo Gi Yo etc. ? »

« Vous étiez le meilleur, mais vous avez raccroché » ; une phrase qui sonne comme dans :

« Bon sang : une armée d’envahisseur se dirige droit vers nous ; ils ne s’arrêteront pas tant qu’ils n’auront pas capturé tous les pokémons, qu’allons-nous faire ?
- Monsieur le Président, il y a bien un homme qui pourrait nous aider…
- Vous ne pensez pas à lui tout de même !
- Si, lui Monsieur le Président.
- Bon sang, mais tout le monde sait qu’il a raccroché depuis la mort de sa femme ; elle s’est coupée sur le bord de la carte Salamèche, et lorsque les secours sont arrivés, elle avait perdu trop de sang. Elle est partie dans ses bras (insérer ici un plan en noir et blanc d’un mec en contreplongé hurlant « nooooon » avec le corps encore chaud de sa compagne entre les mains).
- Oui Monsieur, mais c’était le meilleur vendeur de sa société. Lui seul peut nous sauver.
- Très bien Smith : vous avez carte blanc…enfin, les mains libres pour le convaincre. »

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Soit. Mais alors, que nous dit-il, ce baroudeur du pokémon, ce vétéran du Yu-Gi-Oh, que dis-je, ce poilu du Magic ?

Samuel Foucart : « La société américaine Wizards of the coast, diffuse des produits touchant le fond de l’occultisme. Que représentent réellement les Magic Cards (cartes Magic)? »

Emmanuel : « Les cartes Magic qu’ils diffusent sont à caractère véritablement occulte et la société ne s’en cache pas, elle le revendique même. Les cartes « Magic » donnent à l’acheteur des pouvoirs de magicien, qui peut ainsi envoyer des sorts à son adversaire. Les adolescents qui jouent avec cela ignorent pour la plupart que des sorts inscrits sur les cartes sont issus directement des pratiques de magie noire. »

Ça y est, nous y sommes ! Les cartes Magic (si vous ne connaissez pas, il s’agit d’un jeu de carte où le but est de tataner l’autre en lui envoyant des sortilèges et autres créatures enchantées dans la gueule) sont des cartes « occultes« , plus encore que celles d’un bon vieux tarot de Marseille ou que celle des lignes de bus de Paris (en plus, comme chacun sait « Paris est magique« , alors c’est dire). Et mieux : les gens qui achètent des cartes magiques ne reçoivent pas en échange des bouts de carton hors de prix avec des dessins à la qualité aléatoire, mais bien des « pouvoirs de magicien« .

On le sait, le travail des enseignants est devenu particulièrement difficile depuis quelques années à cause de la recrudescence des mages en cours : nombre d’entre eux ne collent plus le petit Théo, qui bavarde sans cesse en classe, car ils savent bien que derrière celui-ci va hurler « Je tape deux manas et je t’envoie une boule de feu, connasse »  ; l’élève connait la faiblesse proverbiale de l’enseignant face au feu.

Non, les cartes Magic ne sont pas un simple jeu : les «  sorts inscrits sur les cartes sont issus directement des pratiques de magie noire ». Tremble, monde libre, tremble, car toute une génération de sorciers est en train de s’élever ; et dès qu’elle saura écrire le mot « sortilège » sans mettre de « j » à la fin, ça va méchamment chier.

Conclusion de notre spécialiste de l’interview sur le sujet :

Samuel Foucart : « Merlin diffuse donc de la sorcellerie à grande échelle ? »

Ah bah tiens, pouf, en fait, on vient de passer en une ligne de « cartes à jouer à acheter chez le marchand de journaux » à « Merlin lui-même derrière un complot visant à développer la sorcellerie à grand échelle« . Allez, dans deux minutes, on va apprendre que si Arthur avait voulu une table ronde, c’était pour pouvoir jouer à Yu-Gi-Oh plus facilement sans avoir deux mecs trop éloignés d’un bout à l’autre d’une table rectangulaire. Ce site est en train de m’ouvrir les yeux.

Samuel Foucart : « La banalisation de ces pratiques est-elle réellement inquiétante ? »

Emmanuel : « Oui ! Cette volonté de banaliser est extrêmement dangereux sur un plan spirituel, mais aussi moral (jeter des sorts aux autres n’est jamais bon), psychologique et même physiologique. La société Wizard of the coast est – entre autre – diffuseur de « Donjons et dragons », qui a déjà déstabilisé bon nombre d’adolescents et en a même envoyé certains devant la justice. »

Ah ça, oui : jeter des sorts aux autres n’est jamais bon, hein, il faut arrêter de le faire les enfants. Je sais que régulièrement, vous essayez pourtant, via votre grimoire contenant les invocations célèbres :

- « Putain mais tu vas accélérer, oui ?« , sort de niveau 2 de type « transmutation » à jeter sur les vieux qui roulent à 30 sur nationale malgré leur grosse berline

- « Non, désolé.« , sort de niveau 1 de type « illusion » servant à devenir invisible aux yeux des mendiants, des mecs avec des pétitions et des ONG vous proposant de vous prendre 5mn (même si ces derniers disposent souvent de sorts de harcèlement contrant vos pouvoirs)

- « Sa mère, la vache, raaah, sa race !« , sort de niveau 4 de type « évocation » visant à faire apparaître une colonne de feu pour ravager ce pied de meuble qui vient d’exploser votre orteil innocent

Alors ça suffit : vous banalisez la sorcellerie avec vos conneries ; arrêtez et revenez sur le droit chemin spirituel et moral. Pour les rôlistes, c’est tout simplement le bout du chemin : les jeux de rôles « déstabilisent » car c’est connu, quand un mec se prend pour un barbare en courant en slip  dans les rues, le problème vient du jeu, pas du mec ne faisant aucune différence entre fiction et réalité. Non mais ; en attendant, continuons notre étude de la chose.

Un exemple tragique de dérive du jeu de rôles : ici, un joueur s'étant pris pour un supporter de football

Emmanuel : « Ce sont les créateurs des jeux de rôles qui sont à l’origine de ces cartes. On assiste d’ailleurs à des drames au plan individuel chez les plus fragiles des ados. Il y a une véritable déconnexion avec la réalité, l’échec scolaire est important chez les adeptes de ces cartes. Une grande violence à l’égard des parents est enregistrée. Il faut aussi savoir que de nouveaux produits sont sur le point d’être commercialisés ; la seule chose certaine, c’est qu’ils sont encore davantage à caractère occulte. »

Argument ultime : les jeux de cartes sont le faux nez du jeu de rôle, lui-même innocent masque de Belzébuth. Du coup, les enfants jouant à cela perdent pied avec la réalité : ils deviennent violents, échouent à l’école, mais en même temps, quand on peut jeter des éclairs et invoquer des filles toutes nues, je comprends que l’on soit moins enclin à écouter sa prof de latin. Bon, cela dit, c’est vrai qu’ils perdent pied avec la réalité : quand on voit le prix d’un paquet de Magic, on comprend que celui-ci ne peut qu’être originaire d’un monde parallèle ou le carton a la même valeur que l’uranium.

Emmanuel ne peut guère nous en dire plus : un mage l’écoute probablement au moment de l’interview ; la seule chose qu’il peut dire, c’est que les prochaines cartes seront encore plus occultes que les précédentes ; je ne comprends pas bien comment, mais pourquoi pas. Quoique : si pour trois paquets achetés, il y a une chèvre égorgée offerte, il y a effectivement probablement un truc. J’irai demander à mon marchand de journaux.

Samuel Foucart : « Est-il primordial pour les parents de prendre des précautions face à ces nouveaux jeux de cartes à la mode ? »

Emmanuel : « Il faut que ceux qui nous lisent prennent conscience qu’il n’y a rien d’anodin là-dedans. C’est pernicieux. Ces cartes mettent dans l’esprit de nos enfants l’idée que l’occultisme pourrait être un moyen de vie et une solution convenable pour régler ses problèmes. »

Et c’est bien ce qui est affreux : il est difficile de vivre de l’occultisme.

Par contre, si devenus adultes, les marmots se mettent à vendre des cartes Magic, ils devraient pouvoir se payer une Porsche par semaine.

Samuel Foucart : « Votre profession vous a conduit à diffuser largement ces cartes. Faut-il savoir d’autres choses les concernant ? »

Emmanuel : « Rien n’est caché, elles sont facilement reconnaissables. De véritables signes sataniques figurent sur le recto et le verso des cartes. »

Samuel Foucart : « Même concernant les cartes Yu Gi Oh ? »

Emmanuel : « Oui. Ce jeu qui semble si anodin est marqué d’une balance, d’un triangle et d’un œil à l’intérieur, ce qui est un signe satanique. Pour les cartes « Magic » il y figure des formules qu’on ne trouve nulle part ailleurs que dans les livres de sorcellerie. »

Rien que ça ; je ne sais pas quelle édition ce Monsieur vendait, mais à moins d’avoir un kilo d’héroïne dans chaque bras, il faut tout de même chercher un peu pour trouver des signes sataniques sur toutes les cartes. Quant à sa connaissance des « des formules qu’on ne trouve nulle part ailleurs que dans les livres de sorcellerie. », ça m’inquiète un peu. Si le contenu des livres de sorcellerie est identique à celui des cartes magiques, je pense qu’il doit y avoir du sorcier dépressif au mètre carré dans les soirées païennes.

« 
Dis-moi, Noir Sorcier d’Aix-en-Othe, Terreur de Rigny le Ferron et Tristesse d’Estissac, toi, tu as déjà réussi à invoquer une créature 1/1 ?
- Non, j’ai beau taper tous les arbres des forêts près de chez moi, je n’ai toujours pas vu le moindre mana vert. A un moment j’ai cru, mais en fait, c’était un tesson de bouteille dans un tronc qui sentait l’urine de renard. Enfin j’espère que c’était un renard« 

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Non, la vie de sorcier, c’est vraiment pas facile (et toi lecteur, si tu n’as rien compris au dialogue précédent, sache que c’est plutôt bon signe pour ta santé mentale). D’ailleurs, s’il y a un sorcier qui a dû en chier, c’est bien le fils d’Emmanuel, si l’on en croit la fin de l’interview :

Samuel Foucart : « Au moment de votre conversion à Jésus-Christ, comment avez-vous vécu cette situation ? »

Emmanuel : « Il se trouve que j’ai quitté mon travail peu avant, sans cela j’aurais été amené à le faire par conviction personnelle. Mon fils avait des quantités de cartes dans sa chambre. Quand j’ai donné mon cœur à Jésus-Christ j’ai tout de suite fait la relation entre ces cartes et les cauchemars de mon fils ! Je les ai donc brûlées et depuis il vit parfaitement en paix et n’a plus jamais eu ce genre de problèmes. »

Moi, la seule fois où j’ai vu quelqu’un donner son coeur à quelqu’un d’autre, c’était dans « Indiana Jones et le Temple maudit« , et j’ai quand même l’impression que c’était vaguement plus diabolique qu’une partie de Yu-Gi-Oh (mais de peu, je l’admets) ; mais continuons avec le meilleur :

Je les ai donc brûlées et depuis il vit parfaitement en paix et n’a plus jamais eu ce genre de problèmes. »

Ah, oui, d’accord.

En même temps, moi aussi, hein, j’aurais vu papa entrer dans ma chambre avec un lance-flammes en hurlant « Je viens te libérer au nom de notre Seigneur Jésus-Christ ! Au nom de tout son Amour, dis-moi où sont tes cartes du démon ! » avant de foutre le feu à l’armoire à slip en guise d’échauffement, j’avoue que j’aurais aussi dit à papa le lendemain que « Hohoho, c’est bon papa, maintenant je suis parfaitement en paix, par pitié, je n’ai plus besoin d’aide, ne m’approche plus« .

Entre un mec qui vend des cartes Magic et un qui brûle les jouets de son gamin, j’avoue que je ne suis pas sûr de savoir lequel est le plus maléfique, mais passons.

"N'aie pas peur mon chéri, Papa vient juste brûler ta chambre pour t'aider"

Car nous n’avons pas encore suffisamment parlé d’un autre jeu de cartes pourtant évoqué ci-dessus : Pokémon ; et là, plutôt que de reprendre des extraits de ce site, je vous propose de découvrir ensemble la prose d’une personne le citant abondamment, vidéo à l’appui.

Il serait évidemment un peu impoli de vous citer cette sympathique croyante sans la présenter quelque peu ; je vais donc me permettre de citer quelques extraits d’une interview qu’elle a donnée, afin que vous compreniez que loin de vous raconter de la daube, elle est l’instrument de Jésus. Ni plus ni moins. Il faut dire que le bougre l’a sauvée du New Age, mais ha ! Jetons un oeil.

Fabienne Guerréro est née le 14 avril 1964 à Béziers dans une famille chrétienne. Depuis 1996, Jésus et Marie sont venus l’instruire pour sa propre conversion et la former pour l’évangélisation surtout dans le milieu du Nouvel Age.

Passons sur le « Nouvel Age » : la vraie information, c’est tout de même que c’est une élève directe de Jésus et Marie, qui ont monté une petite boîte de profs à domicile pour les gens dans le besoin en quête de conversion. Joseph, lui, ne participe pas : chacun sait qu’il est charpentier à La Rochelle, il ne peut pas tout faire, non mais oh.

Au début, Fabienne était dans une secte, et ce n’était pas très rigolo ; heureusement, quelqu’un est venu l’en sortir, et pas n’importe qui, donc.

Après de longs mois dans cet ordre, j’ai décidé de le quitter suite à un pèlerinage à Medjugorje (NdOC : c’est en Bosnie, mécréants). Quand je faisais le chemin de croix je pensais à l’ordre de la Rose-Croix AMORC et la Sainte Vierge m’a dit: «C’est une secte.» 

Alors oui, comme ça, pouf, la Sainte Vierge.

On la sous-estime un peu, à la représenter en train de pencher la tête sur le côté façon blogueuse devant un chaton, avec un petit sourire aux lèvres, mais des fois, la Sainte Vierge, elle chausse ses gros rangeos, attrape un parachute, saute de son nuage et après avoir étranglé les sentinelles avec son chapelet, elle tire quelqu’un par le bras en lui hurlant : « C’est une secte ! »

Oui, la Sainte Vierge est un peu l’amiral Ackbar de la chrétienté. Mais ce n’est pas le sujet, poursuivons, car comme nous allons le découvrir, Fabienne cause à pas mal de beau monde (divin). D’ailleurs, deux lignes plus loin, qui voilà ?

Alors que je revenais de l’église et que j’étais triste intérieurement, Jésus m’a dit que mon âme était perdue mais que ses saintes plaies me sauveraient. En fait il m’expliquait qu’il était venu me sauver et que je n’avais pas pris conscience, qu’avant qu’il vienne à moi, mon âme était perdue.

Moi aussi ça m’est arrivé ; une fois, je revenais de la messe, et je me souviens clairement avoir reçu un SMS « Kroa en mwa é tu sera sové ;)« . Mais comme ça venait d’un mec qui n’était pas dans mon répertoire, je me suis contenté de renvoyer « Taggle« . Le restant de la journée a été un peu compliqué, particulièrement quand l’eau de mon jacuzzi s’est transformée en sang ou quand un essaim de sauterelles a ravagé mon potager, mais dans l’ensemble, ce fut un dimanche plutôt ordinaire. Cependant je sens que je vous ennuie avec mes digressions, soit, soit, poursuivons.

Au cours d’une communion, après avoir quitté mon mari, Jésus m’a dit d’une voix très forte: «Je veux que tu me serves dans le monde.» Cependant, comme j’étais très têtue, je n’ai pas tout de suite suivi la demande de Jésus et je suis entrée dans l’ordre des clarisses. J’ai postulé pendant un an et demi. Ce qui m’a permis de me restructurer intérieurement et d’approfondir ma foi. Peu à peu, le Seigneur Jésus m’a demandé d’être très obéissante, car j’étais très rebelle. Il m’a demandé de me soumettre en tout ce que l’Eglise me demandait et c’est pourquoi j’ai un directeur spirituel qui me suit de près pour l’évangélisation et qui étudie tous mes écrits.

C’est marrant, Jésus je le voyais plus sympa ; visiblement, quand on ne l’écoute pas, il parle d’une voix plus forte et il devient très autoritaire.

« Fabienne ! Fabienne ! C’est moi, Jésus ! Crois en moi !
- Ho, Seigneur ! Mais c’est-à-dire que là je suis au cinéma je peux pas trop vous parler.
- FABIENNE ! QU’EST-CE QUE C’EST QUE CETTE ATTITUDE DE MERDE ? JE T’APPARAIS ET TOI VLAN, RIEN A FOUTRE ! A QUI TU CAUSES LA, DIS, TU PEUX ME DIRE ? 
- Mais Seigneur je…
- TU CROIS QUE JE SUIS MONTE SUR LA CROIX POUR ME MARRER, HEIN ? TU PENSES QUE J’AURAIS PAS PREFERE ALLER ME TAPER UN GROS CINE PLUTOT QUE MOURIR POUR VOS PECHES, HEIN ? C’EST CA FABIENNE ? TU L’ENTENDS MA GROSSE VOIX TRES FORTE ?
- Chhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhht ! – fait la salle qui n’entend plus rien à l’intrigue à cause de tout ce bordel et en a marre d’avoir un mec qui chatoie en plein milieu de l’écran, vas-y que ça plombe les lunettes 3D
- D’accord Monsieur Jésus, je vais vous obéir, promis, dès la fin du film je…
- TU VAS TE SOUMETTRE FABIENNE, PETITE REBELLE ! JE VAIS TE BRISER, MOI ! ALLEZ, DEHORS, SCHNELL ! SCHNELL ! »
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"Ho bin ça, on dirait vraiment qu'il y a Jésus dans la salle, c'est fou !"

Bon allez, finissons-en là, on avance plus avec ces âneries.

Q : Vous dites que Jésus vous a instruite, comment s’est-il manifesté?
Au départ, il venait me voir dans ma chambre, puis rapidement il m’attirait près de lui au tabernacle et il me parlait d’une voix forte qui sortait du tabernacle ou directement du Saint-Sacrement quand il était exposé. Je l’entends simplement de mes oreilles, comme j’entends quelqu’un me parler dans un face à face. 
Il m’expliquait qu’il fallait que je lutte pour lui, c’est-à-dire que je l’aide à lui ramener des âmes. Au début il m’a avoué que le démon voulait me détruire et je vous assure qu’il fait tous ses efforts pour ruiner tout mon travail apostolique, mais Jésus et Marie triomphent toujours. Lucifer est très misérable.
Plus tard, Jésus a commencé à me parler directement, là où je me trouvais. Je savais que c’était lui, car j’ai appris avec le temps à discerner ce qui venait de lui et ce qui venait du démon. Je reconnais si la voix est de Jésus ou de Marie.
L’Eglise m’a aidée pendant des années à faire un bon discernement. Ce qui vient de Dieu dure toujours dans le temps et ce que Jésus et Marie m’ont dit s’est toujours avéré dans les années qui ont suivi. 

Quel galopin ce Jésus ; enfin bon, en même temps, je félicite Fabienne qui arrive à distinguer la voix de Jésus de celle de Marie ; un indice, je pense que la voix de Jésus est vaguement grave avec un côté poilu, comme celle d’un barbu du Ier siècle de notre ère, et Marie un tantinet plus fluette. Si c’est l’inverse, je vais commencer à me poser de sérieuses questions.

Allez, maintenant qu’on a jugé du sérieux de notre artiste, passons à des choses plus sérieuses, comme par exemple, les pokémons.

Allons-y et lisons ensemble cette magnifique prose ; Fabienne, on t’écoute.

Des « monstres de poches » (c’est leur signification) envahissent les foyers, prennent contrôle sur la vie des enfants, retournent leur monde et parfois celui des foyers.

Les pokémons retournent le monde. Commençons comme ça, ça me parait bien comme propos crédible : les pokémons foutent la zone dans le monde entier ; qui n’a jamais été agressé par une de ces abominables créatures ? Qui ne s’est jamais fait gauler son téléphone en traversant les hautes herbes ? Combien de rames de métro tagguées par Mélofée, Taupiqueur ou Rondoudou ? Les rues ne sont vraiment plus sûres ; impossible de sortir sans au moins quelques pokéballs pour éviter bien des ennuis. Je comprends Fabienne. Vous pensiez que ça allait être compliqué de faire plus gros ? C’est mal connaître notre experte.

Si vous tenez à l’avenir de votre enfant, lisez ce qui suit. Cette industrie se monte à un milliard de dollars, envahit la terre entière, captive les jeunes esprits, forme de jeunes vies et enrôle des millions d’enfants dans l’armée de Satan. Sans tirer un seul boulet, l’adversaire, cet ennemi rusé, le lion invisible, a gagné le contrôle de foyers et d’écoles alors que des parents chrétiens endormis dans l’ indifférence par la tromperie voient cela comme un amusement innocent, encore un jeu de carte. Comme ils ont tort ! Et Satan continue son chemin en riant et en attirant de plus en plus d’enfants jusqu’à la « maison de jeu Pokemon ».

Voilà, pouf, Satan, comme ça, hop. Pas besoin d’arguments ou de quoi que ce soit : Pokémon = Satan. Les mecs avaient le choix entre répandre sur Terre la peste noire, la guerre nucléaire ou des blue-ray de Francis Huster et ils ont choisi de sortir des cartes Pokémons ; je ne sais pas pourquoi, mais je me sens presque déçu par les forces de Lucifer.

Comme un virus, il se propage sur tout le globe : l’Australie et l’Asie compris.

Oui, merci de préciser Fabienne : des fois, quand on parle du globe, on n’est pas sûr que cela englobe l’Australie et l’Asie, puisque comme chacun sait, une fois par semaine, ces deux régions quittent la Terre pour flotter en orbite un petit moment, généralement le temps de faire bronzette. Mais malgré cette défense peu commune, le Diable est passé : même les surfeurs australiens peuvent désormais brandir fièrement leur tatouage Carapuce à la face du monde.

En tout cas, notre experte n’hésite pas à nous convaincre avec ce signe du démon qui ne trompe pas :

 Les écoliers ferment leurs livres et délaissent leurs devoirs pour jouer aux cartes Pokemon et après chaque jeu, ils en demandent encore. 

Ah, les petits salopiots ! Ils préfèrent jouer plutôt que de faire leurs devoirs ; si ça, ce n’est pas une preuve de la présence démoniaque résidant dans ce jeu, c’est à n’y plus rien comprendre ; comment peut-on préférer jouer aux cartes plutôt que de faire de passionnants exercices de trigonométrie ? Pourquoi s’enferrer dans pareilles activités quand l’on peut éclater avec ses amis en de merveilleux rires cristallins à l’occasion d’une dissertation sur la France de l’entre deux guerres ? Une seule réponse : le Démon. ‘foiré, tu détournes les enfants des vrais plaisirs de la jeunesse !

Satan, déguisé en « Ange de Lumière » les a tous dupés, accrochés comme ils le sont à ce jeu qui passionne les esprits. Et chaque session se termine par l’appel : « Faut tous les attraper ! » « Tous », veut dire tous les 150 avec encore 100 en route. Si un enfant collectionne 200 cartes à 50 cents la carte, vous pouvez très bien vous imaginer les énormes profits du fabriquant.

Ho ! Mais comme cela est vrai : des gens qui font du profit, voilà qui est intolérable ; j’en suis tellement offusqué que je vais en tourner le dos à mon écran. Et ainsi faire face à cette vision tellement belle et rassurante qu’est ma collection de figurines phosphorescentes de la Vierge, vendues par des gens dans des boutiques de souvenirs qui ne font aucun bénéfice et vivent seulement d’amour et d’eau fraîche (mais pas du robinet, on leur a coupé l’eau parce qu’ils ne payaient pas). Je commence à réaliser l’horreur de la manipulation qui touche ces esprits faibles (je pense ici aux enfants, bien sûr).

Pokemon utilise des forces occultes
Mon cher ami, Pokemon, n’est pas « un jeu innocent ». Chaque monstre de poche exerce un pouvoir invisible capté des forces démoniaques du monde spirituel. Les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être, on ne voit pas le dessous des cartes. Nous devons être vigilants au sujet de Satan, le trompeur.

Ma chère amie, merci. Je n’avais pas réalisé que  les monstres de poche avaient de mystérieux pouvoirs démoniaques ; parfois la nuit, j’entends la voix de Pikachu, m’incitant à commettre des choses affreuses ; il me dit, de sa petite voix douce et enfantine « Aime-moi, Pika ! Pika Pika chu ! Je suis ton Pikami ! Ensemble vivons de grandes aventures, Pika ! Commençons par aller aux pikaputes, Chu ! » et que dire de Reptincel, qui m’ordonne régulièrement de brûler des voitures ? Quant à Mimitoss, il m’est venu la nuit dernière en me demandant de prendre ma carte chez les jeunes populaires ; je me suis réveillé en sueur, en me sentant si sale. Ah, pourquoi n’ai-je pas un gentil papa pour venir me sauver équipé de son fidèle lance-flammes ?

Franchement, je ne vois pas ce qu'il y a d'anormal dans ce jeu

Les jeunes joueurs entrent dans le monde du « jeu de rôle » où les fantaisies deviennent réelles : l’enfant devient le joueur exerçant des forces invisibles (mais réelles et démoniaques). En jouant avec leurs Pokemons ils deviennent des voies (canaux) de forces spirituelles. 

Instruit par l’entraîneur Pokemon, l’enfant apprend à dire «Que ma volonté soit faite». Il a assimilé les rudiments des pouvoirs paranormaux et surnaturels simplement en prononçant les mots inspirés par Satan. Soudainement, les fantaisies deviennent la réalité. L’enfant est en route de devenir un médium aux mains des esprits démoniaques. 

Comme pour les cartes Magic d’Emmanuel, Fabienne pense aussi que le jeu de rôle rend l’irréel réel : les enfants dominent donc des forces occultes particulièrement puissantes, faisant d’eux des êtres aux forces surnaturelles capable d’invoquer les milles démons de l’enfer, ou de communiquer avec les esprits des défunts ; combien de marmots se réveillent en hurlant, après avoir, via leur subconscient, activé dans leur sommeil un dialogue avec l’au-delà ? Maxime, 7 ans, affirme ainsi que depuis qu’il a acheté son premier paquet de Pokémon, il est hanté par l’esprit des philosophes passés : Descartes, Kant, Spinoza… quant à Céline, 9 ans et demi, elle prétend que Smogogo lui a fait apparaître l’âme de Saladin, qui lui aurait ordonné de reprendre Alep en son nom. Et tout ça grâce aux instructions d’entraîneurs Pokémons délivrant leurs affreux messages sur toutes les consoles portables de Nintendo :

« Bravo Sacha ! Tu as vaincu le champion du gymnase de la Roche ; voici ton badge, ainsi qu’une pokéball dorée ! Par ailleurs, tu as bien mérité un exemplaire du Nécronomicon, que tu peux consulter en appuyant sur Start ; n’en parle surtout pas à tes parents, c’est un secret Pokémon !« 

Pour ma part, je n’arrive à communiquer qu’avec feu Filip, des 2Be3, et encore, en me concentrant très fort sur un Dracofeu confisqué en classe par une amie. Je suis un peu déçu.

Cependant, attention, car notre spécialiste n’a pas fini sa prose :

C’est tellement innocent ! C’était comme cela avec Eve dans le Jardin d’Eden : un seul faux pas et elle envoya toute la race humaine dans une chute sans retour. Il y a de cela très longtemps. Aujourd’hui c’est entre autre Pokemon. L’atout du diable pour le nouveau millenium.

*Flashback*

Il y a quelques milliers d’années, dans le jardin d’Eden

« Adam ! Adam regarde, j’ai capturé Rattatac !
- Ecoute Eve, et de une je suis aveugle, et de deux, j’aimerais pioncer.
- Mais c’est Rattatac quand même et je… ho, regarde, dans l’arbre, quelque chose remue ! Sûrement un autre pokémon ! 
- Je pionce, là, roooon. Zzzzz. Ta gueule maintenant.
- Sssssssssss Eeeeve… je ne sssssuis pas un pokémon…. maisssss écoute…. je ssssais où tu peux trouver… Miaoussss…
- Miaouss ? Mais gentil serpent ! Dieu a dit « Pas Miaouss, j’en ai besoin pour poster des vidéos choupi sur youtube », on ne peut pas.
- Sssss hooo bin ouissss… si Dieu…. sssss l’a dit… sssss… il ne faut passsss lui déssssobéir… dire qu’il ne manque que Miaousss… à ta collecsssssion…
- Je… je ne sais pas je… 
- Une sssseule pokéball dans sssssa gueule…. et il ssssera… à toi… et plus ssssseulement… dans ton pokédekssss….
- Aaaah, allez, d’accord ! »

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Et 20 minutes plus tard.

« ADAM, EVE, JE NE TROUVE PLUS MIAOUSS ET J’AI UNE SUPER IDEE DE VIDEO OU IL JOUERAIT DU PIANO. J’ESPERE QUE VOUS N’AVEZ PAS FAIT UNE CONNERIE SINON CA VA BARDER POUR VOS CULS« 

Oui, Dieu parle en majuscules : d’où croyez-vous que son fils tient ça ?

En tout cas, suite à cela, l’humanité fut chassée du jardin d’Eden.

Mais bon, ça valait le coup : Miaouss, il est choupi quand même.

*Fin du flashback*

Le joueur est suprême. L’usage répétitif du vocabulaire et des règles au Pokemon changent, petit à petit, les pensées de l’enfant et finalement sa personnalité. La sainteté de la vie, la crainte de Dieu et le respect des parents et de l’autorité disparaissent lentement mais sûrement. Le besoin compulsif de « les attraper tous » fait que le jeune joueur veut constamment de nouveaux Pokemon jusqu’à ce qu’il ait les 150. Et ce n’est pas la fin. Cette année encore, une centaine descendra dans les magasins pour alimenter la manie.

Ah, ces enfants, qui perdent « la crainte de Dieu » ; c’est pourtant tellement bien comme notion : « Tu ne feras pas le bien pour faire le bien mais juste par lâcheté parce que tu as peur de te prendre un éclair dans la gueule, et pas par Pikachu« . Non vraiment, quelle tristesse.

Dans la vidéo d’ailleurs, Fabienne explique bien au « jeune » qu’il ne doit pas donner son coeur en possession aux pokémons car il appartient déjà à Jésus Christ : le concept de liberté reste très éthéré dans l’immédiat, il faut simplement savoir choisir son maître. Et celui avec une queue électrique est le moins recommandé.

La source de pouvoir Pokemon
«Mais l’homme naturel ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, il ne peut les connaître.» L’adversaire, transformé en ange de lumière se façonne une entrée aisée par une voie acceptée comme normale par la société.
Une fois entrés, ses démons injectent leurs pouvoirs surnaturels et leur énergie occulte et avant que l’on ne se rende compte, le « Panthéisme du Nouvel Age » est terré dans des millions d’esprits jeunes et innocents. En ce moment, les forces du Nouvel Age ont envahi quasi chaque espace de vie des États-Unis et bientôt le monde entier. Satan est plus rusé que vous ne le pensez. Les forces Pokemon sont inestimables et mystérieuses. Certains Pokemon croissent et se développent, deviennent plus grands et plus puissants. Des incarnations occultes et des mots magiques (Abrakadabra) ouvrent la porte aux forces sataniques et les choses ne sont plus les mêmes : l’ ennemi a pris pied. Ne sous-estimez pas le pouvoir Pokemon.

Je ne sais pas vous, mais cette histoire de gens qui viennent vous pénétrer pour injecter leur pouvoir en vous, je trouve ça assez curieux ; et dans la vidéo complète, il y a tout un passage sur les prêtres qui peuvent entrer en vous pour y toucher le pokémon qui s’y cache. C’est assez inquiétant.

« Ho yes, please, tickle my pokéballs !« 

Allez allez, ne nous arrêtons pas sur ces commentaires de bas étage.

Enfin, soyez avertis. Les enfants guidés par leurs maîtres Pokemon peuvent convoquer les forces de leurs cartes en appelant : « Esprits ! Entrez en moi ! ». Ceci est un pas vers la possession des démons. Jouer aux Pokemon c’est jouer avec le feu.-un feu étrange qui peut mener à d’étranges actes de violence et de destruction.- La situation est grave. Si nous ne faisons rien, toute une génération d’enfants et d’adolescents sera perdue aux pouvoirs de Pokemon. Mais tout n’est pas perdu. « Mieux vaut tard que jamais ». L’heure est arrivée pour arrêter cette invasion. Nous devons agir pour sauver nos enfants. Il faut agir maintenant.

Je ne sais pas d’où sortent les enfants dont parle Fabienne, mais curieusement je ne suis pas sûr qu’ils soient nombreux à se saisir de cartes à jouer en hurlant « Esprits ! Entrez en moi ! ». Si la bougresse nous dit avoir été sauvée du New Age, visiblement, il y a encore un gros stock de LSD qui n’a pas été écoulé.

"Pikachu ! Je veux Pikachuuuuu !"

Mais alors, que faire, face à pareille menace ?

Les esprits de ces enfants (leur caractère et leur comportement) sont lentement empoisonnés et éloignés de tout ce qui est divin, pur, filial et social. Deuxièmement, nous devons être convaincus que le temps, l’énergie, les associations et les affections de nos enfants peuvent être guidés vers des activités saines, bénéfiques et profitables. Il existe des alternatives que connaissent tous les parents dans des jeux et des récréations à l’intérieur et en plein air. Il se peut que certains parents sont tombés dans le piège du « trop occupé ». Attention, nous n’avons nos enfants, notre trésor le plus précieux qu’une fois : pendant qu’ils sont jeunes. Ne pouvons-nous pas passer du temps avec eux dans des activités saines ? Réfléchissez ! Ensemble, nous pouvons vaincre la menace Pokemon.

Ça c’est la version gentille : aller courir dans les champs avec ses enfants jusqu’à ce qu’ils soient tellement épuisés qu’ils ne puissent plus penser à pokémon. Enfants qui d’ailleurs, vous le noterez, disparaissent à l’âge adulte : à 18 ans, un enfant est frappé d’amnésie et oublie qui sont ses parents, qui de même, oublient avoir eu un marmot et se demandent bien qui est ce gros nase qui squatte une chambre chez eux et dort jusqu’à 11 heures tous les jours

Mais très honnêtement, cette solution me parait un peu chochotte, alors j’ai envie de laisser le mot de la fin à info-secte :

Remarque d’Info-Sectes:

Plusieurs personnes nous ont fait remarquer que l’on pouvait se contenter de mettre les cartes Magic à la poubelle sans faire un « bûcher ». 

Pour Yu-Gi-Oh, Pokémon et Magic : le lance-flammes, c’est pas automatique.

Et pour le reste, je vous laisse visiter ces beaux sites par vous-même.

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Les gyrophares de l’ambulance à l’arrêt balayaient le parking ravagé de la société de distribution de cartes à jouer.

Assis sur le marchepied situé à l’arrière de cette dernière, Durand, à demi-appuyé contre une portière, regardait paisiblement le spectacle misérable qui s’offrait autour de lui.

La bataille avait duré près de deux heures, et tout l’endroit en portait les stigmates : la façade de l’immeuble, tout d’abord, était éventrée par endroits, là où les munitions du trébuchet avaient frappé, emportant nombre d’employés qui n’étaient pas parvenus à trouver un abri à temps, ou en avaient choisi un trop fragile. On voyait ainsi paraître en de multiples points les sols et plafonds séparant les étages à demi-ravagés, alors que pendaient ça et là câbles électriques et néons encore clignotants, suspendus à des poutrelles métalliques branlantes et tordues donnant sur le vide ; nombre de chaises, meubles et casiers avaient ainsi chu à l’extérieur du bâtiment, créant un curieux paysage au pied de celui-ci. Durand sourit en voyant les papiers voletant ça et là, échappés de leurs classeurs et emportés par le vent, rappelant toutes ses scènes de films d’apocalypse où les rues semblent toujours jonchées de milliers de feuilles volantes. Délaissant cette pensée, il reprit son observation.

A quelques mètres devant lui, au milieu des voitures de polices qui étaient arrivées sur place en premier lieu, le trébuchet achevait de se consumer, quelque lourdes pierres n’ayant pas eu le temps d’être tirées dépassant encore de la camionnette située à son côté ; ici et là, des échelles reposaient encore contre la façade de l’immeuble, parmi les rares à ne pas avoir été repoussées par les valeureux employés au moment de l’assaut. Certains cadavres de croisés, pris dans les échelons de certaines, attendaient encore que les équipes de pompiers viennent les décrocher ; dans l’immédiat, ces derniers étaient occupés à observer les impacts de masse d’arme qu’un de ces fanatiques avait faits sur la première ambulance qu’ils avaient envoyé sur les lieux. Une épée bâtarde avait par ailleurs était plantée dans le pare-brise, pour le plus grand étonnement de l’expert de la police scientifique occupé à la mesurer.

Durand ralluma sa pipe, observant deux infirmiers emmener Moreau sur une civière ; ce dernier avait pris un mauvais coup de bouclier au visage pile au moment où il avait enfin réussi à lancer son powerpoint sur grand écran, trop occupé par ses manipulations pour avoir remarqué qu’une invasion médiévale avait lieu. Attaché à sa couche mobile, il ne cessait de répéter, prononçant aussi bien que ses dents cassées le lui permettaient « C’était le redémarrage ! Il fallait que je redémarre d’abord !« , avant d’éclater d’un rire malade.

« Ça va Monsieur ?« 

Un des policiers venait de s’approcher de Durand, le casque de sa tenue anti-émeute encore à la main. Il avait fallu 7 cars des forces de l’ordre pour en finir avec le contingent de fantassins en cottes de mailles, et pas mal de temps pour comprendre ce qu’il se passait, tant les appels radios des premières voitures sur place étaient confus, à base de « Leurs heaumes résistent au flashballs ! Ils nous chargent ! Aaaah !« . Durand regarda son interlocuteur de haut en bas avant de daigner extraire la pipe de sa bouche.

« Ça va, ça va, j’ai eu le temps de me cacher.
- Tout le monde n’a pas eu cette chance. 
- Oui, j’ai cru que c’en était fini quand j’ai vu leur bélier arriver sur l’entrée ; quand il s’est coincé dans la porte tournante de l’accueil en bas, j’ai compris que ça nous donnait quelques instants pour nous abriter avant qu’ils n’arrivent avec les échelles. 
- Drôle de journée. Et tout ça pourquoi ? Parce que ces types étaient persuadés que vous distribuiez des cartes du diable.
- Quelle ânerie. »

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Durand tira une nouvelle bouffe de sa pipe. Le policier reprit, l’air un peu gêné.

« D’ailleurs, je sais que ce n’est peut-être pas le moment, mais l’anniversaire de mon fils approche et… 
- Et vous voudriez que l’on vous donne quelques cartes. 
- Au prix que ça coûte, je me disais, peut-être que vous…
- Oui, oui, bien sûr, ne vous inquiétez pas ; vous nous avez quand même sauvé. »

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Durand tira de la poche de son veston brun un petit paquet de cartes, celui qu’il avait toujours sur lui pour les démonstrations commerciales, puis le tendit à l’agent des forces de l’ordre.

« Tenez.
- Ho, c’est vraiment gentil surtout dans ce contexte, je…
- Il faut juste que vous me signiez ce petit document en échange pour l’administration – dit-il en sortant de son autre poche une simple feuille pliée en deux
- Bien sûr, je dois avoir un stylo. »

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Il tâta les poches de sa tenue à la recherche du précieux outil à bille, mais Durand l’interrompit

« Ho, pas besoin de stylo, pas besoin de stylo -ricana t-il d’une voix curieuse – il suffit de signer en bas avec votre sang« 

Et son rire résonna comme si tous les cercles de l’enfer explosaient de démence.

Dans la vie, on ne peut pas tout faire.

Tenez, Beethoven par exemple ; il était certes fort en musique, mais fin nul pour écouter sa femme. L’amiral Nelson lui, pouvait commander une flotte comme personne, mais en duel, il ne valait pas tripette, surtout s’il n’y avait personne pour pousser sa chaise. Quant à Steevy Boulay, il… heu… attendez, il savait faire un truc Steevy Boulay de son vivant ? Moui, non, mauvais exemple.

Ce que je voulais vous expliquer, c’est que Sylvester Stallone, par exemple, est probablement très fort pour soulever de la fonte ou parler en décrivant une diagonale parfaite avec sa bouche, ce qui est tout de même assez peu banal. Par contre, il ne faut pas lui confier un stylo, sinon il fait n’importe quoi : il ne sait pas dessiner, il a du mal à écrire, quant à signer un contrat, il a quand même accepté celui de Taxi 3, alors non, définitivement, il ne faut pas lui donner le moindre bic.

C’est pourquoi lorsque j’ai appris qu’il avait réalisé et écrit un film (même s’il en a commis d’autres) prénommé The Expendables, et à la vue du casting, je vous avoue que j’ai cru qu’il s’agissait d’un signe annonciateur de la fin des temps. Mais non, c’était bien mieux : c’était l’annonce d’un nanar.

Ne dissertons pas plus avant : spoilons !

L’Affiche : quand le casting prend plus de place que le reste, inquiétez-vous

Notre histoire débute une nuit, au large de la Somalie, à bord d’un cargo où se déroulent de tragiques évènements : de vils pirates ont pris le contrôle du navire et ont décidé de tourner un lipdub de Robert Charlebois en plein milieu de la cale grande ouverte du navire (probablement pour profiter de la douce lumière des étoiles, ce sont sûrement des pirates romantiques). Ils amènent donc un petit paquet de marins pris en otages (tout clip a besoin de figurants), les placent devant la caméra, et commencent donc, au lieu de danser, à débiter un navrant discours « Attention, hein, on est des piwates fous nous, hein, appawemment, vous avez toujouws pas compwis qu’il fallait nous payer la wançon qu’on a demandé, pouw la peine, on va exécuter un otage, attention, je compte jusqu’à twois, un, deux, deux et demi, deux twois-quawt, deux sept-huitièmes…« 

Mais dans le même temps, un zodiaque a discrètement approché le cargo des filous ; attention, quand je dis discrètement, c’est : avec le moteur à fond et un gros et inutile projecteur fixé à l’avant du frêle esquif, probablement afin de se faire repérer par d’éventuels pirates sourds (c’est important de ne pas faire de discriminations sur le handicap).  Heureusement, les pirates n’ont placé aucun garde, car comme chacun sait, ils n’en ont pas besoin : personne ne vient jamais ennuyer des pirates somaliens preneurs d’otages,  surtout pas des commandos surarmés.

Les pirates sont donc forts surpris : alors qu’ils en étaient à « deux neuf cent tweize millièmes, bientôt twois » et s’apprêtaient à tirer une balle dans la tête d’un otage, ils se trouvent soudain couverts de petits boutons rouges dus, non pas à une maladie vénérienne, mais à diverses visées lasers braquées sur eux : le commando des Expendables, de fameux mercenaires, a abordé le navire et les menace depuis l’ouverture de l’immense cale ! Ah, c’est trop bête, si seulement on avait pas laissé la cale ouverte ! Leur clip ne sera jamais achevé, adieu la gloire et les millions de vues sur Youtube. Le chef des pirates, Eudes-Mamadou, explique alors que bon, c’est simple, il a des otages, donc si les commandos veulent lui faire du mal, il n’hésitera pas à faire de la pulpe de civil, ce qui est proprement dégoûtant comme chacun sait, puisque ça part très mal à la machine. De son côté, Barney Ross, le patron du commando ultra-musclé , décide tel un vulgaire Jack Lang de se prendre pour un spécialiste des solutions face à la piraterie, et explique qu’il a avec lui 3 millions de dollars, à prendre ou à laisser (c’est un peu le Arthur des mercenaires), pour la libération des otages.  Eudes-Mamadou n’est pas d’accord : il veut 5 millions.  3 millions, c’est nul. Et lui aussi, c’est à prendre ou à laisser. Ou alors, il veut parler au banquier.

Soit. Mais c’est sans compter sur Gunnar, un gigantesque commando peu subtil qui considère que deux mecs mimant Arthur, c’est déjà deux de trop, et décide en conséquence de désobéir aux ordres pour faire parler la poudre : ni une, ni deux, d’un bon coup de fusil, il coupe Eudes-Mamadou en deux ; la fusillade commence donc, et personne ne prend soin d’épauler son arme, tout le monde tirant au jugé parce que bon, quel besoin de faire attention à l’endroit où l’on vise quand il y a des otages en jeu ? Les balles sont heureusement très intelligentes, et évitent les marins prisonniers d’elles même, car elles sont toutes équipées d’un petit GPS « Tom-Tom Hostage Rescuer » qui leur indique les trajectoires à ne pas prendre pour éviter la cervelle des marins. Nos fiers commandos en profitent d’ailleurs pour inonder la cale de fumigènes et descendent dedans en rappel (c’est important de descendre s’exposer quand on était tranquille à couvert, décidément, ce sont de vrais pros) pour finir le travail.

Barney Ross a vraiment une tête de négociateur

Sauf que là, c’est François-Abubackar, le bras droit de feu Eudes-Mamadou qui arrête les hostilités, en braquant son arme sur un otage ; il réexplique simplement la situation : « Bon, les gars, on a des otages, wegawdez , les gens, là, par tewwe !  Des otages ! C’est pas compliqué quand même, mewde ! Alors si vous faites encore les zazous, on les twansforme en gwuyère.« . Heureusement, François-Abubackar n’a aucune mémoire, sinon il se souviendrait que Eudes-Mamadou a dit la même chose 30 secondes avant et est mort comme une merde. Ça ne rate pas : lui aussi est abattu comme un vulgaire étron. Les menaces, c’est bien, mais ça n’impressionne pas The Expendables et leurs monstrueuses testiballs (plus gros que des testicules et que des big balls, ce sont les testiballs). Ça, et le fait qu’aucun pirate n’a jamais pensé à mettre ses menaces à exécution pour les calmer définitivement et transformer leur testiballs en graines de tournesols en abattant un otage pour leur montrer à quel point ils étaient bêtes. Mais revenons à l’action, je sais bien qu’il n’y a que ça qui vous intéresse, petits filous.

Du haut de la cale, Gunnar (oui, il était descendu dans la cale mais il est revenu instantanément en haut de celle-ci on ne sait comment; l’explication la plus crédible restant que son slip s’est pris dans un boulon durant la descente, et que son élastique a fini par le faire remonter) menace de pendre un pirate neutralisé, comme ça, pour rigoler. « Non ! » crie Barney, mais le mercenaire refuse de lui obéir : Ross envoie donc Yin Yang, le petit asiatique de l’équipe, lui casser la gueule pour le calmer. Une fois cela fait, il le fait mettre aux arrêts en lui expliquant que chez les Expendables, c’est pas comme ça qu’on agit. Oui, ce sont des mercenaires bodybuildés mais plein de morale, et qui ont fait leur catéchisme. C’est comme ça.

De retour au pays du hamburger, des décisions sont prises : Barney annonce à Gunnar qu’il est licencié, pour avoir un peu trop le goût du sang (les mercenaires étant plutôt des gens posés voyez-vous). Le géant blond pleure donc à chaudes larmes, suppliant de ne pas le renvoyer chercher du travail en tant que mercenaire intérimaire chez Vediorbis, mais rien n’y fait : il est renvoyé. Penaud, le nouveau chômeur s’en va, réfléchissant à la possibilité de faire appel devant les prudhommes.

Pendant ce temps, Lee Christmas, un membre du commando expert en lancer de couteaux et en corps-à-corps musclés & chorégraphiés, retourne lui chez sa petite amie afin de la couvrir de cadeaux ; étrangement, elle ne lui parle qu’à la porte de chez elle (vous ne voyez rien venir, hein amis lecteurs ?) et refuse de le laisser rentrer (ho, vous ne devinerez jamais le prochain rebondissement), jetant en sus de petits coups d’œil nerveux vers l’intérieur (vous ne vous doutez de rien, vous allez voir, c’est super original). Soudain, une voix masculine retentit « Chérie, qui est-ce ? Il y a un problème ? » : je vous l’annonce car vous n’en revenez toujours pas d’une telle trouvaille scénaristique, et je vous comprends : la copine de Lee le trompe et il y a un autre homme chez elle ! La voix provient en effet d’un type en calebute qui se promène en se grattant l’entrejambe tout en jetant des regards mauvais à notre bon Christmas (messieurs, pour votre information, n’essayez jamais de jeter des regards méchants en calebute ; même en plissant les yeux très fort, votre charisme n’est pas à son sommet. Mettez au moins un pantalon). Tel Ulysse revenant de la guerre de Troie et trouvant son palais d’Ithaque envahi de prétendants, Sylvester Stallone,  Homère moderne, fait subir mille tourments à son héros en le privant de véritables retrouvailles avec son aimée. Mon cœur saignait devant cette touchante scène, et des larmes roulèrent sur mes joues en voyant Lee partir sans un mot vers sa moto, abandonnant cette traitresse femelle derrière lui.

D’habitude, Lee Christmas gère plus simplement ses problèmes de couple

Pendant ce temps, loin de la glorieuse Amérique, rendons nous sur l’île de Vilena, ce qui signifie comme chacun sait « L’île des vilains » en espagnol. Pour vous décrire brièvement cette île, imaginez un truc verdoyant, avec au milieu un immense bidonville au cœur duquel trône un sympathique palais présidentiel ; voilà, c’est l’île de Vilena. Et une nuit, dans les souterrains du palais où se trouvent les prisons, nous retrouvons trois pauvres hispaniques menacés par des gardes menés par Garza, le général dictateur de l’île. Celui-ci les accuse d’avoir volé le fruit des terres du pays pour s’enrichir (non, il ne parle pas de buritos). Il fait donc sa grosse voix et les menace de son pistolet en leur faisant la morale, jusqu’à ce qu’un mystérieux américain en costard débarque, lui parle comme de la merde, et lui explique que s’il veut être un général respecté, il doit exécuter ces opposants. Garza tue donc les trois pauvres péquins. C’est tragique, mais pas autant que le fait que ce gros blaireau aurait surtout dû répondre « Pour être respecté, je dois abattre les gens qui me manquent de respect ? Alors adieu, idiot d’américain qui ne connait pas la courtoisie à mon égard« . Et pan. Mais non. Tsss…

Après tant d’horreur et de bêtise, revenons plutôt aux states, retrouver le QG des Expendables : le bar/garage/salon de tatouage de Tool, un mercenaire de l’unité qui s’est retiré. Lee Christmas, qui vient donc d’apprendre que sa nana lui préférait un autre, vient y trainer pour maugréer un peu sur la vie qui est injuste avec lui ; il est tellement perturbé qu’il en rate un concours de lancer de couteaux l’opposant à Tool, ce qui n’était jamais arrivé jusqu’alors : ça va mal dans le petit cœur fragile qui bat derrière ses gros pectoraux. C’est terrible !

Cependant, un appel téléphonique arrive à point nommé : on propose à Barney un rendez-vous dans une chapelle pour y rencontrer quelqu’un qui aurait une mission pour eux. L’homme, nous l’appellerons Brice Woullous afin de protéger son anonymat, a aussi convoqué le chef de l’unité mercenaire concurrente des Expendables, nous l’appellerons lui Chouarzi. Brice explique la mission : il veut qu’un commando se rende sur l’île de Vilena et abatte le vilain général Garza. Chouarzi refuse la mission, expliquant que l’île est trop bien gardée avec une petite armée de 200 soldats, et que bon, il est gouverneur de Californie, il n’a pas le temps de s’occuper de ça, ni de tourner dans des films à gros budget pour se faire un peu de pub. Barney, lui, veut d’abord aller en reconnaissance sur l’île avant d’accepter ou non le travail. Il prépare donc un petit voyage avec comme seul compagnon, Christmas (on sent bien qu’il compte profiter de son nouveau célibat pour lui faire virer sa cuti).

Ah, j’en profite pour faire une pause « d’ambiance« . Dans un film normal, le dialogue ressemblerait à ça :

« Bonjour messieurs.
- Bonjour.
- J’ai une mission pour vous.
- On vous écoute.
- Il s’agit d’aller tuer le général Garza, sur l’île de Vilena. Vous connaissez ? Bon ; pour cette mission, mes employeurs sont prêts à payer 5 millions de dollars. Mais attention ! Si vous empochez l’argent et ne réalisez pas la mission… cela se passera très mal. Est-ce bien compris ?
- Oui.
- Alors bonne journée messieurs. »

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Sauf que c’est un film avec des testiballs, deux melons par slip même dans les dialogues, ce qui donne :

« Bonjour bande d’enculés.
- T’es qui fils de pute ?
- J’ai une putain de mission pour vous les chiens de guerre, et c’est pas pour les trous du cul.
- Balance ta merde.
- J’veux que vous pétiez sa gueule à ce fils de pute de général Garza, sur la putain d’île de Vilena. Vous connaissez tas de chiures ? Bon ; pour cette mission merdique, mes employeurs sont prêts à raquer 5 millions de dollars. Mais j’vous préviens: Si vous essayez de m’enculer, je vous retrouverai et je vous éclaterai vos petites gueules de macaques. C’est vu ?
- Comme le cul de ta mère.
- Alors allez vous faire enculer. »

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Ah, la poésie d’un film d’action américain ! J’ai toujours aimé le goût des traducteurs français pour varier les traductions de « fuck« , « fucking » et autres « fucker« . Mais revenons à la fabuleuse histoire qui se déroule sous nos yeux.

Le niveau des conversations atteint vite celui des cucurbitacées (qui sont connus pour leur grossièreté)

Barney et Lee se rendent donc avec leur superbe hydravion (camouflé en appareil d’un groupe écologiste) sur l’île de Vilena, où ils sont habilement déguisés en ornithologues (superbe couverture ; ornithologues spécialistes des oiseaux des salles de sport alors au vu de leurs bras). Ils ont donc rendez-vous dans un bar avec leur contact, Sandra, sorte d’Adrienne locale, qui est évidemment une latino pas trop moche. Celle-ci leur raconte sa vie, et explique à nos héros qu’elle n’a pas de famille car sa mère est morte et elle a « …heu… perdu… » son père.

Attention, c’est le moment de notre grand jeu « Comment deviner qui est le père de Sandra ? » en sachant que :

- Elle est latino

- Il n’y a qu’un seul latino mâle sur l’île qui porte un nom, les autres étant des figurants

- Il s’agit du général Garza

A toi de jouer ami lecteur, choisis ta réponse ; le père de Sandra est selon toi :

1) Diego Maradonna 2) Pancho Villa 3) Le général Garza 4) Christian Estrosi

Note ta réponse sur un bout de papier, la réponse se trouve plus bas dans ce texte ; bonne chance !

Sandra, en attendant, fais visiter l’île à nos deux héros « Ici, c’est un bidonville, là aussi, et puis là c’est le marché au pneus, etc« , qui découvrent à quoi ressemble un pays dont le PIB annuel est de 77$ et 52 cents. Mais ils ont plutôt envie, eux, d’aller inspecter le palais présidentiel… le plus simple serait de l’observer depuis les collines avoisinantes (où en plus, personne n’entendra Sandra crier lorsque les hormones de Lee crieront famine)! Direction la campagne, donc. A noter qu’en chemin, ils croisent un convoi de militaires forts brutaux avec la population locale, qui semblent obéir à un blanc bien américain, mais aussi bien mystérieux, l’homme qui donnait des ordres au général Garza au début du film… hmmm…

A noter qu’un blanc qui donne des ordres à des soldats issus de la population locale pour taper sur les civils  de la dite population (et vu la taille de l’île, tout le monde doit pas mal se connaitre), ça ressemble très fort à un petit guide du « Comment se faire tuer par un soulèvement populaire« .

En tout cas, cela n’empêche pas nos héros, après avoir discrètement pris en photo ce mystérieux individu, de poursuivre leur route vers la petite campagne de Vilena. Mais au coin d’un bois, un camion de l’armée les surprend en train d’observer le palais présidentiel, et vient menacer tout le monde de finir au poste pour subir un bon toucher rectal ; c’est sans compter qu’ils font l’erreur de leur vie  (outre menacer  d’intrusion le rectum d’autrui): ils malmènent Sandra, en expliquant que son statut de fille du général Garza ne la protège pas !

Bravo, vous avez gagné, c’était bien la fille du général Garza ; ah, mes lecteurs sont décidément très forts. Les autres, par contre, ceux qui ont répondu à côté : je suis inquiet pour vous.

Le spectacle de cette jeune fille malmenée met cependant Barney en colère : il se fâche tout rouge, sort son pistolet, et commence à dézinguer les vilains soldats à tout va. Lee, à ses côtés, massacre tout le monde à coups de couteaux volants d’une rare précision (je crois qu’il remonte la pente, sa copine le hante moins, il vise mieux). A eux deux, ils massacrent environ 25 soldats (alors que le camion n’en contenait que 12, ils doivent se reproduire par mitose) et se décident à s’enfuir vers leur hydravion pour prendre le large de toute urgence, maintenant que leur couverture est grillée. Des camions de militaires se lancent aussitôt à leur poursuite, ainsi que la voiture du mystérieux américain, qui se dit que partir en costard de ville et avec deux pauvres gardes du corps, à la poursuite de mecs armés et surentrainés qui viennent de tuer un peloton militaire à deux en et ce en trois minutes, est l’idée du siècle. C’est donc parti pour la séquence de course poursuite où la voiture des gentils roule superbement bien, alors que les méchants écrasent charrettes de paysans et étals de fruits sur leur passage. Une fois arrivés à l’hydravion, Lee et Barney décollent à toute allure, sous le feu de leurs poursuivants. Sandra, elle, a refusé de les accompagner, ne voulant pas abandonner son pays. Un peu grognon, Barney décide cependant de revenir vers l’île en volant, histoire de mitrailler les vilains depuis le ciel pour leur apprendre la vie (le tout en faisant un bruit de stuka en piqué, comme dans 97% des films impliquant un avion en descente), avant de les arroser avec l’essence des réservoirs de l’appareil et d’y mettre le feu à coups de pistolet de détresse (était-ce bien nécessaire ?).

Lee met le feu à l’essence depuis le nez de l’av… hé, c’est pas censé se passer au-dessus de la mer ? Quel est donc ce curieux décor ?

Voilà, bilan de l’affaire : 41 morts. A deux, et sans avoir tout leur équipement de commando, nos deux héros viennent donc si vous comptez bien de tuer environ 20% de l’armée de l’île. Voilà voilà. Et encore, parce qu’ils ont été pris au dépourvu. Et bin elle va être facile cette mission les enfants ! Chouarzi est vraiment une chochotte d’avoir refusé, tiens.

De retour au pays, Ross explique donc à son équipe qu’après investigation, l’affaire ne sent pas très bon. L’américain que lui et Lee ont photographié sur place est en fait James Monroe, ex-agent de la CIA, qui a aidé Garza à prendre le pouvoir et se partage avec lui les bénéfices de la production de cocaïne de l’île. Il en déduit que Brice Woullous, qui leur proposait la mission, travaille pour la CIA, et veut utiliser des mercenaires pour nettoyer tout ce bazar. Et qu’une fois cela fait, l’agence les tuera eux, pour éviter que l’histoire  de cet ex-agent ne se répande. Le bon Barney conclue donc son exposé en disant qu’il pense refuser la mission. Les Expendables sont d’accord, cela est donc transmis à Woullous.

Sur Vilena justement, James Monroe consulte lui la vidéo-surveillance du port, et voit ainsi le visage des gens qui ont attaqué l’île : il s’interroge sur comment les gardes ont pu croire qu’ils étaient de simples ornithologues (moi aussi je me posais la question, en fait), et se demande bien qui ils sont cependant. Ça tombe bien puisque figurez vous que Gunnar, l’ex-Expendable grognon s’est téléporté sur l’île pour donner des infos à Monroe sur ces étranges assaillants. Comment a t il su qui était Monroe et qu’il cherchait des informations sur nos deux loulous, avant même qu’il ne le dise lui-même ? James avait il tweeté « Je suis à Vilena et je viens de me faire attaquer par Sylvester Stallone et Jason Statham #bourragedegueule » ? Mystère. Dans tous les cas, il est reçu dans le bureau de l’ex-agent de la CIA, le tout… son fusil à pompe fétiche à la main ? Réponse d’un des gardes présents à ce sujet : « Il a refusé de le donner.« 

Oui, ça marche comme ça dans la vie : il suffit de se pointer quelque part avec une mitrailleuse lourde, et lorsqu’une jeune fille vous demande si vous voulez la poser au vestiaire, vous répondez non. Dès lors, libre à vous de vous promener avec où bon vous semble. Aaaah, d’accord. Ne bougez pas, il faut que j’aille à la banque. Je reviens.

Gunnar explique qu’il sait qui sont les deux hommes qui ont semé la pagaille sur l’île, et qu’il les vend car il a un compte à régler avec les Expendables. Il montre sur place qu’il est un peu foufou, en cassant la gueule aux gardes du corps de Monroe, juste pour le plaisir, et en les menaçant de son fusil à pompe (« Ho non, t’avais promis que si on te laissait ton fusil à pompe, tu t’en servirais pas pour menacer des gens ! Je savais pas qu’on pouvait s’en servir pour ça, si j’avais su, j’aurais insisté pour que tu le donnes ! »).

Revenons justement du côté de nos mercenaires. Lee s’en va essayer de rediscuter avec sa copine, et chevauche donc sa moto jusqu’à chez elle où il la découvre seule et malheureuse puisque… battue ! C’en est trop, il va montrer à l’homme-calebute qui c’est le patron, nom d’une tranche de gouda. Direction le terrain de basket ou le brigand est en train de jouer en short (il est allergique aux pantalons je pense) au jeu susnommé avec ses amis. Je vous résume la chose : discussion houleuse, gros mots, le vilain est vraiment bête et méchant, et se fait copieusement casser la gueule, ainsi que tous ses potes, par Christmas. Ce dernier finit en le menaçant avec son couteau, expliquant que la prochaine fois, il lui couperait toute trace de masculinité. Hooo, ça c’est vilain. De retour vers sa copine, qui a tout vu, il lui dit « Voilà, tu voulais savoir quel métier je faisais et pourquoi je te le disais pas ? Maintenant tu sais« , le tout en indiquant la bande d’idiots qui se meurt de douleur à terre.

Personnellement, avec ça comme indication, je n’aurais rien pigé : tu es un gangster ? Un assassin ? Un boxeur ? Un policier fou ? Juste un gros con ?

Tool dessine des kikis dans le dos de ses copains pendant qu’ils sont pensifs. Quel déconneur.

Qu’importe, c’est le moment sentimental ; il en va donc de même entre Tool et Ross, qui se retrouvent au QG de la bande pour évoquer le bon vieux temps. Tool raconte pourquoi il s’est retiré du service actif : lors d’une mission, il a vu une femme prête à se jeter d’un pont, et il ne l’a pas sauvée. Il pense donc avoir perdu son âme ce jour là.

Oui, alors qu’en tuant des gens contre du fric, il ne pensait pas que son âme risquait quoi que ce soit visiblement. Tool, avec un T comme Trépané, semble t il.

Sur Vilena, pendant ce temps, nous retrouvons Monroe qui passe son temps à traiter le général Garza comme de la merde devant ses hommes (à quoi ça sert de placer un pantin local si c’est pour hurler « c’est un pantin » soi même juste à côté ?) ; Garza se rebelle vaguement avec des « Caramba, arrêtez dé mal mé parler devant tout le monde, yé souis tout gêné ! », mais sans plus. Il est bien décidé à montrer qu’il n’a aucune autorité, visiblement, pas même sur les gringos. Monroe souligne d’ailleurs qu’il est grand temps d’arrêter les frais et de mettre au trou la plus grande opposante au régime de Garza : sa propre fille, Sandra (ils n’avaient pas pensé à le faire avant) ! Puisque l’ex-agent la soupçonne d’avoir aidé les mercenaires qui ont semé le chaos, ce en quoi il n’a pas tort. Des soldats retournent donc l’île, et finissent par se saisir d’elle, avant de l’amener au pied du palais présidentiel. Depuis son balcon, papa Garza peut donc voir sa fille se faire tabasser par les 3-4 blancs au service de Monroe, et ce, devant toute son armée. Encore une fois, à quoi bon placer un général fantoche à la tête d’une dictature si c’est pour passer son temps à l’humilier en public pour bien montrer à quel point il n’a aucune autorité et sert juste de décoration d’intérieur ? Je me répète, mais c’est un peu la base de l’histoire, et c’est complétement incohérent.

S’ensuit une petite séquence où Monroe et ses hommes s’en vont torturer dans les cellules présidentielles la jeune Sandra, pour obtenir d’elle plus d’informations sur les mercenaires ; là encore, papa Garza grogne, mais ne fait rien malgré ses 200 (enfin désormais 159) soldats contre 3-4 américains équipés de simples pistolets.

Au Etats-Unis, pendant ce temps, Ross repense à sa conversation avec Tool… et si lui aussi, il perdait son âme en ne sauvant pas Sandra ? Il a beau avoir refusé le job sur Vilena, il pense qu’il est de son devoir d’y retourner gratuitement pour l’aider (sinon, tu acceptes, la mission de Woullous, comme ça tu fais le même job et tu touches 5 millions, vu que dans ta théorie, la CIA ne veut pas te tuer parce que tu encaisses ses 5 millions, mais parce que tu en sais trop sur l’île de Vilena si tu décides d’y mettre la pagaille, donc dans les deux cas, ça revient au même, sauf que dans le second en plus tu es payé). Il prend donc sa voiture pour se rendre à l’aéroport, mais l’asiatique de la bande, Yin Yang, insiste lourdement pour l’accompagner, puisqu’il ne veut pas abandonner un copain, même partant en mission bénévole…

… mais c’est le moment que choisit Gunnar et des hommes de Monroe  qui attendaient en embuscade pour se lancer à leur poursuite et essayer de les tuer (un sniper, ça coûtait moins cher que 6 voitures et c’était plus efficace)! Ah, le traître ! Il y a donc à nouveau une course poursuite, durant laquelle tout le monde vide 12 chargeurs d’armes diverses (moi aussi quand je sors de chez moi, j’ai toujours 12 chargeurs sur moi) ; Gunnar, à moitié fou, tue lui-même les hommes de Monroe qui essaient de le doubler dans la course derrière Ross & Yang. Tout se finit d’ailleurs entre lui et les deux gentils Expendables dans un hangar désert (original), où il finit abattu par Barney alors qu’il allait tuer Yin. Baignant dans son sang, Gunnar confesse le nom de celui qui l’a envoyé : Monroe. Hooo, décidément, il y en a un qui cherche les ennuis, à Vilena. Il ne faudra pas qu’il s’étonne s’il se réveille un matin avec un canon de fusil à pompe dans le rectum.

Le Awful Automatic Penian Substitue -12″, alias AA-12

Nos héros finissent donc par arriver à l’aéroport où les attend leur hydravion ; ils y retrouvent les trois autres membres de l’équipe : Lee, Blackos et Chouchou. Allez savoir comment ils sont arrivés là-bas avant nos deux loulous qui eux, sont partis en 1er et ont donc été par conséquent poursuivi par les méchants, en tout cas, ils l’ont fait. Durant le vol vers Vilena, Blackos montre à Chouchou son énorme fusil, le AA-12, le plus gros fusil des Iounaïted Staÿtes. Celui-ci est capable de massacrer à peu près tout et n’importe quoi, ce qui en fait un outil fort utile pour tirer sur des hommes, des véhicules, des bâtiments, des avions, des astéroïdes, Amel Bent… bref, c’est l’arme ultime. Quelle joie de l’avoir avec soi !

Arrivés sur l’île, notre commando passe en mode ninja et approche discrètement le palais présidentiel pour le couvrir de charges explosives. Vu le nombre qu’ils en ont, et alors qu’ils n’ont même pas un sac à dos, apparemment, ils sont capables d’en générer à partir du néant, tel de facétieux Sylvain Mirouf. A noter que les gardes qui passent à côté des charges ne les remarquent même pas, alors qu’elles sont à hauteur d’homme. Hé bé. Yin Yang lui profite de son infiltration pour ouvrir des vannes de réserves d’essence afin de déverser le liquide dans une tranchée qui traverse tout le camp en zigzaguant. Oui oui, vous m’avez bien lu : Yin Yang a eu tout son temps pour creuser une tranchée géante que personne n’a remarquée, laquelle est remplie d’essence, ce que personne ne sent ou même ne repère en pataugeant dedans lors de tours de garde. Même des castors auraient trouvé le truc suspect ; mais des militaires supposément entrainés avec au moins des yeux et/ou un nez, non.

De son côté, le général Garza, à force de regarder Michou organiser des soirées bleues, décide à son tour de faire le malin : il organise une soirée nationaliste multicolore, où tous ses soldats ont le visage peint aux couleurs du drapeau de Vilena. C’est décidé, il va faire vibrer leur fibre patriotique, et virer une bonne fois pour toute Monroe de l’île, afin d’être enfin le chef unique et incontesté de Vilena et rétablir son autorité. Il fait donc convoquer l’ex-agent de la CIA au palais, et l’informe qu’il compte le renvoyer au pays, non sans lui avoir payé la part du marché de la cocaïne qui lui revient (Garza est un dictateur-narcotrafiquant honnête). Il ajoute qu’il exige que Monroe fasse relâcher sa fille.

Oui alors général Garza, pour votre information, votre fille est retenue par VOS gardes dans VOTRE palais. Vous n’avez pas besoin de demander l’autorisation à Monroe pour leur donner des ordres. Surtout le jour où vous lancez votre grande fête nationaliste pour montrer votre autorité.

Bon, enfin : Monroe ordonne alors aux gardes du palais d’aller chercher Sandra dans sa cellule pour la libérer (les gardes obéissent donc, une fois encore, à l’ex-agent de la CIA ; cons comme ils sont, je serais Monroe, je me serais autoproclamé dictateur de l’île sans passer par la case « Garza le pantin »). La chose est donc engagée.

Mais dans les souterrains du palais, c’est un peu la fête : deux gardes se sont dit « Tiens, si on violait Sandra ? Après tout : ce n’est que la fille du dictateur de l’île, qui est aussi notre chef, et qui exécute les gens qui lui déplaisent d’une balle dans la nuque : je suis sûr que le viol de sa fille ne le dérangera pas. On lui bande les yeux par précaution, mais les 12 autres gardes nous ont bien vu et nous balanceront sans hésiter pour éviter le peloton. Allez, zip ! » ; sauf qu’au moment où les gardes s’apprêtent à passer à l’action, ils se font trucider par Barney, qui arrive évidemment à pic. Il a eu la localisation précise de la cellule de Sandra sur mappy, probablement, pour arriver si vite et du premier coup dans la bonne geôle.  Après l’avoir sauvée, Barney la libère mais…

… les autres gardes déboulent ! Ho non ! Ainsi que les gardes du corps de l’agent de la CIA ! Tout ce petit monde venait chercher Sandra pour la libérer de sa cellule, mais en voyant qu’elle s’évade avec un mercenaire, ils font un peu la tête , emmènent Sandra au palais et capturent Ross. Ils ont beau le tabasser un peu pour l’interroger, ce dernier rappelle qu’il a des melons dans le slip et qu’à ce titre, à chaque question, il répond un truc comme « ta mère » ou « j’aime ton coiffeur« . C’est trop lol. Mais avant qu’il ne soit exécuté, Barney voit heureusement arriver ses amis qui massacrent environ 150 gardes (ce qui fait que techniquement, il devrait en rester 9 en tout et pour tout sur l’île, si mes calculs sont bons) ; à noter que la plupart des soldats se contentent de courir devant les balles en criant ou mieux, lâchent leurs kalachnikov pour foncer se battre au couteau, parce que bon, hein, autant ne pas profiter de ses armes les plus efficaces pour mieux se faire massacrer. Blackos à lui seul se contente de rester debout dans les couloirs en avançant et en hurlant, et tous les soldats de Vilena qui passent se font littéralement hacher menu et n’essaient même pas de se mettre à couvert ou de tirer. Non, ils veulent finir en steak tartare, juste parce que c’est rigolo. Je les comprends moi aussi, c’est mon rêve.

Nos héros progressent de manière ultra-groupée afin qu’une seule rafale suffise à tous les tuer. Heureusement que les gardes n’ont pas d’armes à feu.

Seul un méchant arrive à s’enfuir : le bras droit de Monroe, celui qui avait tabassé Ross pour le faire parler avant d’être dérangé par l’arrivée de renforts.

Nos héros partent donc à sa poursuite, mais alors qu’ils arrivent à la sortie des souterrains accueillant les prisonniers, ils s’aperçoivent que la sortie est encore gardée par environ 50 – 100 gardes (oui, on a plus de soldats qu’il n’y en avait à la base sur l’île, je sais ; mais souvenez vous, ils se reproduisent par mitose, arrêtez de dire que ce film c’est n’importe quoi, mauvaises langues). Je vous résume donc la situation : nos héros viennent de tuer 70% des soldats de l’île à eux seuls, sont isolés dans un souterrain assiégé par des soldats en pleine alerte rouge, et l’ex-agent de la CIA vient d’apprendre qu’il allait devoir quitter l’île encore plus vite qu’il ne le pensait, puisque non seulement Garza le vire, mais il ne veut pas rester dans le coin en présences des Expendables.

C’est donc ce moment précis que choisit Garza pour faire … un discours.

Heu ? En plein milieu d’une guerre sur ton île ? Sachant que les pertes des Expendables, s’élèvent à 0% et que toi, tu as perdu plus de gardes que tu n’en avais à la base, et que l’ennemi est à 20 mètres de ton balcon présidentiel ? Et bien oui ! Il a même droit à l’un des projecteurs de la base militaire braqué sur lui pour faire plus spectaculaire ! Il commence donc son speech que je résume en « Dehors les gringos ! » , et qui se termine bien vite par Monroe qui lui tire une balle dans le dos car c’est un très mauvais perdant. Le général tombe donc du balcon comme une fiente, et s’écrase au sol. Mystérieusement, cela ne choque pas ses soldats, qui ne se disent pas « Qui a tiré ? Il vient de tuer notre chef : allons trouver l’assassin ! » et se contentent de rester sur place en bavant et en faisant des bruits bizarres genre « Gheuuuu banaaaaane…« . La moyenne du QI local est de 43, je pense.

Depuis leur souterrain aux pieds du palais présidentiel, nos héros observent la scène et jurent comme des charretiers devant ce qu’il se passe. Ils feraient bien exploser le palais pour faire diversion (d’ailleurs, il y avait tellement de diversions possibles, je n’ai pas compris pourquoi ils ont voulu s’ennuyer à prendre moult risques pour piéger le seul bâtiment constitué d’autres choses que de tôles de l’île, et supra-gardé de surcroit), mais Sandra est encore à l’intérieur, retenue par Monroe ; lorsqu’ils aperçoivent ce dernier sortir, la belle avec lui en otage, ils n’ont plus d’hésitation : ils font exploser tout le palais. Cela perturbe les soldats qui assiégeaient le souterrain, qui se retournent en faisant « ¡ Qué pasa ? ! » : tragique erreur, puisque cette seconde inattention est suffisante pour que nos fiers américains les massacrent tous en sortant de leur trou, mitraillant partout, et mettant le feu au pétrole répandu dans sa tranchée par Yin Yang tout à l’heure (la rivière de pétrole que personne n’a remarquée, vous savez ?). Je vous passe le fait que chaque héros tire environ 2 600 balles par chargeur, fasse apparaitre des armes, grenades et munitions comme ça, pif pouf, alors qu’ils n’ont que quelques pauvres poches sur leurs tenues et pas même un sac je le rappelle, mais dans tous les cas, jamais ils ne manquent d’outil et s’amusent fortement (Blackos, particulièrement, dont les balles font même exploser… les bunkers. Hem.), profitant du fait que là encore, les gardes ne tirent jamais et se contentent de courir partout un couteau à la main. Ça fait un peu débile léger psychopathe. Ça devait être un critère de recrutement pour intégrer cette armée.

Monroe, lui, a repéré un hélicoptère bien utile pour s’enfuir mais… la tranchée de pétrole enflammée le sépare de l’appareil ! Pas de problèmes : son bras droit saisit une porte qui passait par là et la pose en guise de pont ; une fois les flammes traversées, Monroe… heu ? Se téléporte  lui aussi ?! Mais c’est une manie dans ce film ! Attendez, dans le plan suivant, il est à nouveau du mauvais côté des flammes ? Mais alors il vient de franchir quoi avec sa passerelle de fortune ? La rivière enchantée ? La fosse septique, dont des flammes s’échappent tant la nourriture principale sur l’île est constituée de tacos pimentés ? On l’ignore, mais dans tous les cas, Monroe se met alors à courir partout dans le camp sans but précis pendant que les Expendables massacrent tout sur leur passage, et que Christmas tue des dizaines de soldats au couteau dans des chorégraphies dignes de Kamel Ouali.

Monroe fuyant le palais présidentiel qui, curieusement n’est éclairé qu’avec des cierges. Hmmm.

Finalement, Monroe est rattrapé par Barney, qui le menace de son arme ; mais c’est sans compter sur ce dernier qui dispose d’une otage de choix : Sandra. Il se lance alors dans la classique diatribe du « On est identiques toi et moi, Ross !« , mais il oublie un point essentiel  : les Expendables, les otages, ils n’en ont rien à foutre : ils ont des balles guidées par Tom-Tom. L’ex-agent de la CIA trouve donc la mort tant sous les balles de Barney que par la lame de Christmas qui arrivait derrière lui ; avec tant de corps étrangers dans le bidou, il est donc définitivement mort.

Le lendemain, c’est la fête sur Vilena ! Le peuple est libre ! Certes, il n’y a plus de palais présidentiel, plus de chef, plus de gouvernement et plus d’armée ou de police, mais tout va bien ! Ajoutez à cela que vu la taille de Vilena, les 200 à 300 soldats morts, ça doit être une hécatombe chez les jeunes hommes de l’île, tout le monde a dû perdre un fils ou un frère sous les balles de ces gros cons d’Expendables : quelle joie !  Ces derniers ont d’ailleurs fait sauter tous les entrepôts présidentiels, sans raison aucune ; vous savez, ces trucs qui devaient contenir des médicaments, de la nourriture, etc. Sandra est heureuse, et on sent bien qu’elle aime bien Barney, mais lui n’est pas comme ça : il lui donne un peu d’argent pour l’aider à reprendre une vie normale et reconstruire Vilena, et s’en va avec ses copains dans son superbe hydravion, car il est avant tout un baroudeur solitaire.

De retour au pays, tout le monde fait la fête dans le bar de Tool, même Gunnar, qui a survécu à ses blessures et réalisé qu’être méchant lui réussissait très mal.  C’est beau ; Lee de son côté, est donc à nouveau avec sa copine, se la joue même slammeur en faisant un simili-poème sur Tool (troooop cool) avant de bien montrer qui est le roi aux concours de lancer de couteaux. C’est donc la folle ambiance et…

FIN, donc !

Je me demande si à la fin du film, Brice Woullous les fait tous massacrer car au final, ils ont fait à Vilena exactement la mission qu’ils ont refusé, mais gratuitement ? Ça leur ferait les pieds à ces gros blaireaux. Il faudrait que je demande au mec qui a écrit le film si ça arri…

Non !

Lâchez ce Bic , Monsieur Stallone !

Point de long billet en ce jour ; et ce pour une simple & bonne raison (outre que je profite de mon week-end) : nous n’aborderons aujourd’hui, non pas un film, mais bien un trailer de film, ce qui est diablement plus court.

Pourquoi un simple trailer me direz-vous avec raison ? Sont-ce les soldes aussi sur mes articles ? Nenni, nenni, mais voyez vous, je suis dernièrement tombé sur l’annonce de l’arrivée d’une nouvelle perle :

The Social Network

Film qui, pour être bref  devrait conter la folle histoire de Mark Zuckerberg, l’homme qui créa Facebook, et des aventures qui s’ensuivirent.

Comment une idée aussi perverse a t-elle pu germer dans l’esprit de qui que ce soit ? Pour ma part, j’ai tendance à pencher pour la théorie suivante : David, réalisateur à la petite semaine, est bien embêté : il voudrait bien faire un blockbuster, mais ça tombe mal puisque pour ce faire, il aurait bien besoin d’une licence qui draine au moins un bon petit public histoire d’amortir ses frais. Il avait bien pensé aux geeks fans de comics, mais hélas, tous les licences sont déjà prises ; « Même Green Lantern ? » se dit il ; « Même Green Lantern« , lui répond l’internet, qui, tout comme lui, ne comprend même pas comment on peut acheter la licence d’un héros aussi pourri.

David part donc pleurer dans sa chambre ; et comme il se doit, il va d’abord en informer la moitié de la planète en mettant son statut Facebook à jour ; c’est là que lui vient une idée de génie : et s’il faisait un film sur Facebook, justement ? Ouaiiiis, même que ça drainerait les fans de ce truc, qu’en plus, on peut d’ores et déjà chiffrer vu qu’ils y sont inscrits ! Sauf que… sauf que zut, lui, il voulait faire un film de super-héros, pas une simple histoire façon « Traque sur internet » utilisant Facebook comme site central de l’intrigue. Crotte.

C’est alors que germe une idée maléfique dans l’esprit de David : non, il ne va pas faire un film sur Facebook, mais plutôt sur le créateur de Facebook. Il ressort donc de sous son lit le pitch de Spiderman : « Peter Parker, jeune étudiant pas toujours aidé par la vie, est un jour mordu par une araignée. Il obtient de celle-ci des pouvoirs fabuleux, et passe de freluquet à surhomme, devenant ainsi le fantasme de tous les geeks. Il apprendra par la suite qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. », et le retouche quelque peu pour obtenir « Mark Zuckerberg, jeune étudiant pas toujours aidé par la vie (son patronyme en est la preuve), est mordu d’internet. Il obtient de celui-ci des pouvoirs fabuleux en créant Facebook, et passe de freluquet à millionnaire, devenant ainsi le fantasme de tous les geeks. Il apprendra par la suite qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. ».

Vendez du rêve aux geeks ! S'ils ont de quoi se payer un Ipad, ils ont de quoi se payer un ciné.

Notre réalisateur pleure de bonheur devant la perfection de la copie qu’il vient de rédiger : un héros, une évolution, du pouvoir, de l’argent… et même une licence qui va drainer tous les simplets du voisinage ! Fabuleux se dit il ; ne reste plus qu’à faire, non pas le film mais d’ores et déjà, une bande-annonce pour que la chose tourne en attendant l’arrivée de la merveille dans les salles obscures. Car pour faire une bande-annonce, pas besoin de film, et je le prouve.

Alors, les enfants, c’est ici que vous me demandez de manière bien légitime : « Mais comment faire une bonne bande-annonce, alors ? » ; et bien jeunes gens, sortis des bandes-annonces de 70% des films (100% en cas de film français) c’est-à-dire mettant à la queue-leu-leu tous les moments « cultes » et les répliques « d’anthologie » du film (en France, ça signifie si c’est une comédie « les moments où les gens crient« ) qui font qu’en 2:30, on a pu constater que le « meilleur » du film était déjà mauvais, on peut se rabattre sur les autres bandes-annonces, celles des blockbusters.

Or, comment procéder ? Rien de plus facile, en suivant les cinq commandements adaptés :

I. Des fondus et des plans noirs, partout tu mettras. Ex : Avatar (fondus au noir dans la première moitié, plans noirs dans la seconde) ou District 9 (là, c’est l’inverse)

II. Dans tous tes plans noirs, des trucs cools, philosophiques, existentiels tu écriras. Ex : 2012

III. Tous ces plans noirs, avec des effets sonores tu les synchroniseras. Ex : Inception

IV. Entre les plans noirs, des séquences de une ou deux phrases « chocs »  tu caseras, en lien avec les images ou non. Ex : Harry Potter et les Reliques de la Mort

V. Tout ça bout à bout tu mettras, et une bande-annonce tu obtiendras. Oh, éventuellement, des images du films tu peux mettre, mais obligé tu n’es pas.

Le résultat est donc là, mesdames et messieurs, le trailer du film « The Social Network« 

Notez que tout y est, même les effets sonores exacts d’Inception. Le tout façon grand film plein de suspens ; personnellement, ça m’a rendu follement impatient : imaginez tout ce que l’on peut faire en racontant les aventures du démiurge Facebookien ; « Attention, Mark, derrière toi, quelqu’un a commenté ton statut ! » « Ho, j’ai été poké… tu diras… à ma femme que… désormais elle… peut… hoo…repasser en relation… « célibataire«  » ; et autres séquences cultes où Mark crée le groupe « Je suit trés en colaire, mon associet m’a trahi !« . Je crois que les bribes de dialogues entendus dans la bande-annonce devraient vous suffire ; car que vous maîtrisiez ou non la langue de Shakespeare, rien que l’intonation et le style trahit une certaine exagération héroïque d’un mec qui bon, a juste créé un site web à succès (par exemple, « Prophet », on doit objectivement appeler ça une über-exagération).

Enfin bon. Au moins maintenant, vous savez comment faire une vraie bande-annonce.

Et moi, je vais pouvoir m’en retourner à mes activités ; comme par exemple, essayer de me frayer un chemin au travers de toutes ces collégiennes de 13 à 38 ans (mais toujours au collège dans leur tête) afin de trouver une place d’où je pourrai contempler Twilight 3. Tiens, attendez, je regarde la bande-annonce.

Ah bin ça marche aussi, en fait.

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