"Vous devez m’aider Monsieur Connard, je revis toujours la même journée !"

Le type a agrippé ma manche au moment où je passais devant son bureau. Il la serre de toute ses forces au point que je suis obligé de froncer un peu les sourcils pour lui faire comprendre que s’il arrache un seul des boutons de ma manchette, la prochaine manchette sera justement pour son nez. Il se calme un peu et se recule dans son bureau, m’entraînant avec lui en roulant des yeux fous. Aussitôt que la porte claque derrière moi, il s’agite en tous sens.

"Monsieur Connard, ce n’est plus possible ! Cela fait des dizaines, des centaines de fois que je revis la même journée !
- Allons Berthier, soyez raisonnable, toutes ces histoires, c’est le stress qui parle.
- Mais non, enfin ! Ecoutez, je peux le prouver ! Je voyage dans le temps ! Je ne contrôle juste pas le déplacement : je suis bloqué dans… dans une boucle !
- Hé bien, prouvez-le alors."

0

Au moment où ma main descend vers ma poche intérieure, il m’arrête.

"Là par exemple, vous allez vous allumer un cigare ! Je le sais : vous le faites à chaque fois ! 
- C’est un peu facile : vous savez très bien que j’aime fumer un cigare lorsque je fais semblant d’écouter quelqu’un. Ca me donne un côté pensif qui m’aide à dissimuler le mépris pour votre propos.
- Ensuite, vous allez chercher votre flasque de brandy !
- Oui mais uniquement puisque tout amateur de cigare sait bien que celui-ci ne se savoure qu’avec un alcool bien choisi. Là encore Berthier, c’est facile.
- Non mais… ensuite, on entend un cri qui vient des sous-sols. Ecoutez… maintenant !
- Ce sont les stagiaires qui appellent à l’aide. Vous ne m’apprenez rien. Ecoutez Berthier, dites-moi : qu’est-ce qui vous a mis cette idée dans la tête ?"

0

La tête de Berthier s’enfonce lentement dans ses épaules, et il lâche d’une voix plaintive : "The Edge of Tomorrow ! L’histoire d’un type qui a le même problème que moi !"

Je lève un sourcil inquisiteur à l’attention du petit homme. Le film est-il si puissant que cela sur l’esprit des pauvres spectateurs ? Que faire lorsque l’on revit en boucle une seule journée ? Et surtout, Berthier ne serait-il pas un petit peu con ?

Spoilons, mes bons !

______________________

300170.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

L’affiche : des explosions, des grosses armures et des grosses épées. Je m’incline.

Notre film s’ouvre sur une succession de flashs télévisés qui nous informent que la Terre va bien mal : des fripons d’extra-terrestres appelés "Mimics" ont débarqué lors d’une pluie de météorites et semblent bien décidés à péter la gueule à l’humanité, ce qui est somme toute tout à fait compréhensible si jamais ils ont capté Direct 8 depuis le fin fond de l’espace intersidéral. Chose originale : ils ont débarqué en Europe, ce qui a rendu les échanges Erasmus beaucoup plus compliqués, surtout quand ils ont conquis la quasi-totalité du coin (à part l’Angleterre, qui, contrairement à la Turquie, met d’accord tout le monde pour dire qu’elle n’est pas en Europe). Le film montre même parmi moult images de dirigeants mondiaux réagissant à l’invasion une demi-seconde de François Hollande, qui explique probablement que attention, maintenant, il ne déconne plus, il a mis ses menaces à exécution : il a envoyé un courrier recommandé avec accusé de réception à l’armée ennemie pour leur dire qu’il est "très déçu". Quelle violence.

Mais fi de commentaires putassiers, car au milieu de tout ce petit monde, un autre visage apparaît : celui du major Bill Cage, officier de l’armée américaine et porte-parole des forces alliées unies à peu de choses près, qui va de plateau télé en plateau télé pour dire aux gens que c’est okay, on va les éclater ces petits spatio-bâtards. Les flashs infos défilent et un jour, le major est fier d’annoncer que l’ennemi a pris sa première branlée à Verdun (ne me demandez pas ce que les mecs fichaient en plein milieu de l’Europe conquise, on va dire que quelqu’un a oublié de prendre une carte), puisque l’armée y a déployé de nouveaux exosquelettes pour les soldats qui les rendent plus efficaces et aussi plus jolis, hein, parce que du coup on peut faire du tuning militaire (qui n’a jamais rêvé d’avoir des néons sous les rangers ?). Ainsi, une certaine Rita Popolski a réussi grâce à son armure dernier cri à exterminer un nombre d’ennemis à trois chiffres sans trop se fatiguer, et on imagine donc quels prodiges pourrait accomplir l’armée terrienne avec cette arme en grande quantité. C’est donc parti pour en filer à tout le monde.

Nous retrouvons donc, un peu plus tard, le major Bill Cage qui ronfle tranquillement dans un hélicoptère alors que celui-ci l’amène dans la joyeuse cité de Londres.

Car Billou se rend chez le général Brigham, en charge de commander toute l’armée en Europe, qui l’attend de pied ferme. La conversation débute donc dans le vaste bureau du général en chef.

"Bonjour général Brigham ! Alors, que puis-je pour vous ?
- Hé bien mon p’tit Cage, comme vous le savez, demain, on envahit la France pour commencer la reconquête de l’Europe. On va donc envoyer 100 000 hommes et du matériel de foufou sur les plages du coin et bourrer la binette à tout ce que nous allons rencontrer. 
- C’est formidable général, en effet. Mais je ne vois pas trop pourquoi vous avez besoin de moi ? Je ne suis qu’un porte-parole.
- Il se trouve qu’il va sûrement y avoir de bien beaux actes de courage sur cette plage. Je voudrais que vous y alliez, Cage, pour filmer ce qui va s’y passer. 
- Mmmm ouiiii alors bon…
- Oui major ?
- C’est-à-dire que c’est un peu con. Déjà, parce que je suis porte-parole et non caméraman : c’est un peu comme si vous envoyiez Tex filmer l’Irak parce que vous l’avez vu à la télé.
- Ah.
- Bon et puis accessoirement : on est dans un film où toute l’armée est équipée d’exosquelettes du futur avec des caméras de visée et tout. Je suis assez certain qu’on doit pouvoir assez facilement les faire filmer leurs actions, voire juste leur coller une go-pro sur le casque. Pour pas cher, en plus.
- Oui mais non : pour d’obscures raisons, c’est vous que j’ai envie d’envoyer sur cette plage, major. Je me suis déjà mis d’accord avec votre supérieur : vous partez demain pour l’invasion."

0

Un jour, je trouverai un film où, dès qu’un personnage a un plan, c’est autre chose qu’une enfilade d’incohérences. J’en suis sûr. Mais pas aujourd’hui.

437755.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

"Bon Cage, en fait je dois vous l’avouer : hier, on était un peu bourrés avec votre supérieur et quand je me suis réveillé, mon bureau sentait le vomi, mon stylo le caca, et il y avait cet ordre de mission pour vous dans ma poche. Alors je n’ai vraiment pas envie de revenir là-dessus : contentez-vous d’obéir, moi non plus je ne comprends pas comment on en est arrivé là et je ne veux pas savoir."

Puisque non seulement envoyer Billou se prendre des pruneaux est débile, puisqu’il n’a rien à voir avec la mission que l’on attend de lui, mais qu’en plus je ne sais pas vous, mais personnellement, quand mon armée a un visage public, j’évite que celui-ci ne se prenne des shrapnels dans la gueule : à ce qu’il paraît que c’est moyennement bon pour le moral. Mais là encore : je ne suis point militaire, ce genre de subtilité doit donc m’échapper.

Toujours est-il que le major Cage, lui, n’a pas non plus envie d’aller crever comme une merde même si on lui promet que tout va bien se passer. Il explique donc bien que lui n’est qu’un publicitaire au sein de l’armée qui n’a jamais combattu, mais le général n’en a que faire. Cage tente donc une ultime ruse de Sioux : il dit au général que si c’est comme ça, après l’invasion, grâce à ses pouvoirs de grand communiquant, il fera bien attention à mettre tous les morts sur le dos du général pour que les familles lui en veuillent très fort. Face à ce chantage, Brigham fait arrêter Cage, et lorsque celui-ci tente de se barrer, complètement paniqué par cette situation qui n’a strictement aucun sens (je le comprends), il se fait taser la gueule par un homme de la police militaire sur son chemin. C’est pas d’bol, comme dirait l’autre.

A son réveil, Bill Cage est allongé et menotté sur un tas de sacs au milieu d’une base militaire pleine d’activité. Après une rapide analyse de la situation, il constate qu’aucun homme d’arme désœuvré n’a profité de lui pendant son sommeil : l’honneur est plus ou moins sauf.

Mais s’il est encore relativement étanche, Bill Cage n’en est pas moins fort surpris.

En effet, un instructeur vient l’obliger à se lever, et avant qu’il ne l’engueule, un certain sergent Farell vient à sa rencontre pour lui annoncer que debout les campeurs, et haut les cœurs ! Il est désormais sur la super base qui prépare l’invasion de la France pour le lendemain. Cage tente donc de lui expliquer son cas :

"Ecoutez sergent, c’est sympa et tout, mais j’ai besoin de téléphoner car il y a un gros malentendu : je ne suis pas une nouvelle recrue pour l’invasion de demain. Je suis l’officier Bill Cage, de l’armée américaine, et suite à une grosse méprise, je suis ici. Je ne suis pas un soldat mais un communiquant, alors si vous pouviez m’aider à trouver un fucking téléphone, ce serait vraiment chouettos. 
- Ahaha… tiens donc ! J’ai ici un courrier du général Brigham qui me dit que vous êtes un déserteur qui va tenter de se faire passer pour un officier, justement ! Alors ferme ton clapet, bleu bite, et va enfiler ton uniforme de bidasse pour participer à l’entraînement pour demain !
- Sérieusement ?
- Pardon ?
- Je disais, sérieusement ? C’est le scénario ? Je suis l’officier le plus connu au monde, le visage de l’armée, mes papiers disent que je suis bien Bill Cage, mon uniforme dit que je suis bien Bill Cage, je vous dis que je suis bien Bill Cage, ma tête est celle de Bill Cage et je peux même vous donner des détails et vous, vous ne me croyez pas à cause d’un papier administratif qui raconte une histoire pas vraiment crédible ?
- Tout à fait. Mais si ça peut vous rassurer, alors qu’on a passé tout le début du film à vous montrer sur moult écrans de télé, et même à dire que vous étiez à l’origine du recrutement de millions de recrues, personne dans toute l’armée ne vous reconnaîtra jamais plus jusqu’à la fin de cette sombre bouse dans laquelle nous sommes. On y va ?
- Bon, ben, allez…"

0

Pour la petite histoire, sachez qu’en fait, justement, toute la première partie du film sur le fait que Bill Cage est une légende dans la communication de l’armée ne servira à rien dans l’intrigue. Ils l’ont juste rajoutée pour s’assurer de se vautrer dès les premières minutes. Chapeau les enfants, quel talent. Mais, poursuivons, voulez-vous ?

Cage est donc emmené malgré ses protestations jusqu’à l’escouade J, composée de quelques soldats pas finauds, et avec lesquels notre héros va plus ou moins s’entraîner (et apprendre un certain nombre de blagues hilarantes, n’en doutons pas) jusqu’à l’invasion du lendemain où pour la première fois de sa vie, on le glisse dans l’une des fameuses supers armures de combat. Evidemment, personne ne veut lui dire où est la sécurité sur son arme, du coup, notre héros se retrouve incapable de savoir comment tirer le moindre coup de feu alors qu’il va partir à la bataille, hahaha, houhouhou, qu’est-ce qu’on déconne les petits amis. Qu’importe : il est chargé dans un des gros hélicoptères du coin et avec des milliers d’autres, direction la civilisation gastronomique France !

Dans l’appareil, on se fait plein de blagues (j’ai demandé à Diego de plâtrer mes côtes tellement elles étaient drôles, puis de plâtrer la gueule du dialoguiste) jusqu’au moment où, peu avant le saut, l’engin se ramasse un missile. Puisque, oui, les aliens tirent des missiles. C’est assez décevant je dois dire, je m’attendais à ce qu’ils envoient des shblürg ionisés ou des particules de schmülülü, mais non, visiblement, ils se fournissent chez madame le marchande, comme tout le monde. Qu’importe.

Toute l’escouade un peu paniquée saute donc à terre et se retrouve sur la plage, où c’est un massacre : l’ennemi, qui ne devait pas être là dans les plans et ne devait même pas savoir que les humains arrivaient, arrose toute la plage de loin et c’est un peu la boucherie. Les hommes se font massacrer, les hélicos en flammes s’écrasent sur les survivants, et Billou ne doit sa survie qu’à une sacrée chance. L’ennemi étant constitué de grosses bêtes tentaculaires (des tentacules ? Pas d’armes ? Mais alors, d’où viennent les missiles de la scène précédente ? Ce sont sûrement des projectiles magiques), autant vous dire que tout le monde se fait méchamment tentaculer, au point que même une écolière japonaise pourrait en être jalouse. Dans un coin de la plage, Billou surprend Rita Popolski, la légendaire "ange de Verdun", qui se fait écraser par un appareil allié venu se crasher sur la plage.

Bref, c’est la merde.

Bill Cage retrouve donc ses petits camarades survivants de l’escouade J entre deux dunes, mais, hélas, des mimics viennent leur latter la tête vite fait bien fait, et notre héros se retrouve à terre à mouiller ses chausses, alors que les ennemis se regroupent autour de lui. C’est alors que Bill note la présence d’une créature tentaculaire plus massive que les autres, et bleue là où les autres sont orangées. Il est donc tout intrigué jusqu’à ce que la bestiole lui saute sur la tronche en remarquant qu’il est vivant. Bill a donc juste le temps d’attraper une mine antipersonnelle que transportait l’un de ses camarades et de la mettre contre son torse lorsque la vilaine bête vient le croquer : tout explose, et Bill meurt donc…

… mais la bestiole bleue, en mourant elle aussi, le couvre de son sang, et Billou sent qu’il absorbe quelque chose de la bête.

409917.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

"Regardez sergent, j’crois que Cage est touché ! Ho mais… qu’est-ce qu’il fait à cette bête ? Ils échangent des fluides ? Mais ? Mais ? Il en a partout ! Bordel, je déteste le hentai !"

Mais meurt quand même, faut pas déconner.

Et pouf !

Bill Cage se réveille menotté sur un tas de sacs dans une base militaire en pleine activité, et bientôt, le sergent Farell, pourtant mort durant la bataille, vient vers lui, parfaitement en forme, et debout les campeurs !

Bill comprend qu’il se passe quelque chose d’anormal. Déjà, parce qu’à l’heure actuelle, il devrait ressembler à un steak Charal oublié dans un coffre de Twingo en revenant de Shopi, et ensuite parce que tout le monde est vivant et agit exactement comme à la veille de l’invasion. Où qu’il aille, tout se passe exactement de la même manière.  Mais comment est-ce possible ? Avant que le pauvre bougre n’aie la réponse, l’assaut recommence, donc à nouveau on le colle dans un hélicoptère qui s’écrase au-dessus de la plage où la bataille a lieu et à nouveau, tout le monde meurt de la même manière. Bill tente bien de sauver un copain, mais du coup, c’est lui qui meurt à sa place comme une crotte.

Il se retrouve donc à nouveau à se réveiller sur la base à la veille de l’invasion, et c’est reparti !

Notre héros s’interroge donc quand même un peu : "Mon p’tit Billou, il se passe un truc bizarre. Mais quoi ?Réfléchis : tu es coincé au milieu de militaires caricaturaux, tout le monde agit de manière complètement scriptée, et quand tu meurs comme une merde, tu reviens à ton point de départ… mmmm, je crois que je vois : je suis bloqué dans une partie de Call of Duty." mais un faisceau d’indices le met sur le chemin de la vérité : la moyenne d’âge de ses camarades n’est pas de quinze ans, et aucun n’a de pseudo comme "Mega_Knight81" ou "[TACOS]RoXoR" : il est donc plus probable qu’il soit bloqué dans une boucle temporelle. Par ailleurs, personne ne lui propose de DLC toutes les quinzes minutes, ce qui confirme son idée, mais bref.

Bill (qui a le même prénom qu’un certain Monsieur Murray, mais c’est une coïncidence ; cela dit, il a aussi le même nom de famille qu’un certain Nicolas, ça doit être pour équilibrer) revit alors l’invasion, encore et encore, et il tente tout : expliquer son histoire (on le croit donc fou), faire flipper ses camarades en leur révélant tout ce qu’ils vont faire juste avant qu’ils ne le fassent, tenter d’être meilleur sur la plage… mais tout se finit invariablement par sa mort de manière plus ou moins ridicule. Il y a même un jour où il déserte et découvre que juste après l’invasion échouée, l’ennemi en profite pour commencer sa propre contre-invasion de l’Angleterre. Et que dans la même journée, Londres tombe donc.

Jusqu’au jour où il se dit qu’il va essayer d’aider l’ange de Verdun sur la plage puisque c’est quand même un super soldat, et après de nombreux essais pour apprendre tous les dangers qui la guettent comme des trucs qui tombent du ciel ou Paul le Poulpe qui l’attend tapi dans le sable pour la tentaculer sévère, il parvient à aller relativement loin sur la plage avec elle sans mourir. Elle note cependant que notre héros semble capable de prévoir tous les dangers, comme s’il avait déjà vécu cette bataille moult fois. Il finit donc, entre deux rafales, par plus ou moins lui avouer, que c’est une histoire qu’elle ne croira jamais, mais qu’il a déjà vécu cette journée moult fois. Elle lui hurle donc : "Venez me trouver quand vous vous réveillerez !" avant de se laisser mourir à côté d’un appareil que Bill lui a pourtant recommandé de ne pas approcher, parce que oui, hop, plutôt que d’essayer d’être efficace, autant se suicider.

C’est ce que je préfère dans ce film : même les personnages se suicident plutôt que de le continuer. Intéressant.

En tout cas, Bill meurt donc à peu près au même moment puisque c’est de la grosse explosion ça madame, et il se réveille comme d’habitude la veille.

Il trouve donc avec plus ou moins d’essais/erreurs (où il meurt) un moyen de fuir son escouade pour courir retrouver le hangar où Rita et sa propre équipe s’entraînent , et celle-ci est tellement coolos et badass qu’elle fait des exercices physiques au milieu d’un système d’entraînement super dangereux censé reproduire des attaques de mimics, et est constitué de grosses pinces de chantier qui volent dans tous les sens à vive allure. Puisque oui, faire ses exercices dans un coin tranquille, c’est pour les nazes. Et idem pour Bill, donc, qui plutôt que d’appuyer sur le gros bouton rouge FIN DE L’EXERCICE situé au portique devant le site d’exercice, se lance en plein milieu des bidules lancés à pleine vitesse pour rejoindre Rita.

Et sinon, agir de manière logique, non ?

Mais faisons fi de tout cela, car avant tout, Rita s’étonne de voir ce bidasse s’approcher d’elle.

"Oui soldat ?
- Rita Popolski ? Ecoutez, je sais que ça va vous paraître bizarre mais…
- Qui vous a dit que vous pouviez me parler ? Je suis bien trop cool pour vous.
- Hé bien vous, en fait. Demain. Vous m’avez dit "Venez me parler à votre réveil", parce que je revis toujours la même journée et…
- Suivez-moi !"

Rita tire donc son nouveau compagnon par la manche et lui demande d’expliquer tout ce qu’il a vécu, l’invasion qui merde (peut-être aussi parce qu’aucun satellite n’a repéré 12 000 poulpes qui attendent sur la plage, ou que personne n’a pensé à juste les bombarder de haut – ha, si les drones, l’artillerie ou les avions existaient, par exemple !), quand tout cela a commencé… et elle lui demande si à tout hasard, il n’aurait pas buté, avant son premier "réveil", une grosse bête bleue.

"Ah ben si alors, même qu’elle m’a foutu du sang et de la bidoche plein la margoulette !" s’indigne notre héros qui sait très bien que tout ça, ça ne part pas au lavage.

Rita va donc chercher un autre type dans le hangar, un certain Carter, mécanicien de son état, et tous trois vont s’enfermer dans une petite salle où Bill n’est pas bien sûr de comprendre ce qui lui arrive. C’est donc le moment où Rita lui explique les choses un peu plus en détail.

"Billou mon bon, tu vis une chose extraordinaire : tu voyages dans le temps. J’ai moi aussi eu ce pouvoir. C’est comme ça qu’à Verdun j’ai été super efficace ! 
- Mais comment est-ce possible ?
- Le docteur Carter va t’expliquer.
- Oui, merci Rita. En effet, je ne suis pas un simple mécanicien : je suis un physicien-biologiste-scientifique-de-film-américain donc je sais forcément tout faire. Avant je travaillais dans un centre de recherches, mais j’ai émis l’idée que l’ennemi pouvait voyager dans le temps. On m’a donc traité de fou et j’ai atterri ici pour suivre Rita lorsque j’ai compris qu’elle avait ce pouvoir elle aussi. Vois-tu mon petit Billou, contrairement à ce que nous pensons pour beaucoup, nous n’avons pas DES ennemis mais UN ennemi. C’est en fait un organisme. Il y a les poupoulpes, orangés, que nous connaissons tous. Et tous les X millions de poupoulpes, il y a une grosse version du poupoulpe, bleue, que j’appelle sobrement "la marmotte". Là où les poupoulpes sont des globules blancs, la marmotte est plutôt le système nerveux. Il faut donc un cerveau à tout cela, et il existe ! Il s’appelle… l’omega ! Regarde cette fantastique représentation 3D que j’en ai faite dans le moindre détail alors que je ne l’ai jamais vu !
- Incroyab’ ! Mais quel rapport avec moi ?
- Hé bien l’omega a le pouvoir de voyager dans le temps, ce qui le rend invincible ou presque. Ainsi, dès qu’il perd une marmotte, comme il les aime très fort, hop ! Il remonte le temps et recommence la journée sans perdre sa précieuse marmotte. Et idem s’il perd une bataille : il remonte le temps et la recommence pour mieux nous latter les balls. C’est comme ça qu’il a su pour l’invasion de la France : il a remonté le temps et redéployé ses forces pour nous attendre.
- Du coup, si les marmottes sont super précieuses, quelqu’un pourrait m’expliquer ce que l’une d’entre elles faisait sur une plage où l’ennemi savait qu’on allait arriver ?
- Nous pensons que l’omega est con comme une motte de beurre.
- Je vois. Rita, votre avis ?
- Sur l’omega qui est un con ? Ça ne fait aucun doute sinon il aurait déjà plié le film : les voyages dans le temps, c’est surpuissant.
- Non, sur comment j’ai pu me retrouver avec ce pouvoir.
- Hé bien en fait, les marmottes sont reliées à l’omega on ne sait comment. Mais lorsqu’elles sont tuées et que leur sang coule sur un humain – ce qui rend d’autant plus con le fait de les exposer – elles transmettent le pouvoir de l’omega à l’humain. Qui peut alors rebooter la journée. Alors que l’omega ne peut plus.
- C’est navrant de nullité.
- Oui hein ? Bref, l’omega doit te chercher pour essayer de récupérer son pouvoir. Il va tenter d’infiltrer ton esprit. Et tu auras des visions, tu le verras, lui, tu sauras où il est ! C’est comme ça que j’ai su qu’il était à Verdun. Mais le temps que j’arrive, il était parti. 
- Juste une question : comment il fait pour récupérer son pouvoir ? Il me tue ? Ça va être moyennement pratique vu que je reboote comme un vieux Windows 98 quand ça arrive.
- Heu… il va… il va…
- Il va faire la même chose en sens inverse ? Demander à une marmotte de se rouler dans mon sang ? 
- … bon, laissons tomber. Il est méchant et tu as le pouvoir, point final."

0

081500.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

La représentation 3D ultra-précise de l’oméga : sachant que Carter ne l’a jamais vu et que Rita n’en a eu que de vagues visions, on en déduira que Carter est avant tout un ancien champion de Pictionary

C’est ainsi que nos deux fiers compagnons décident de mettre à profit la capacité de notre héros à recommencer en boucle la même journée, non pas pour voir s’il peut finir par avoir vu tout Youtube, mais pour l’entraîner, encore et encore, et en faire une bête de guerre. Et s’il est fatigué, blessé ou autre, sa petite camarade lui tire une balle dans la tronche pour lui faire rebooter la journée et reprendre. Bon, à chaque fois il faut supposer qu’il se tape le réveil "Debout les campeurs et haut les cœurs !" qu’il doit déserter sa section, gagner celle de Rita et lui ré-expliquer qui il est pour qu’elle accepte de l’entraîner, ce qui doit être un peu lourd, mais il semble se débrouiller.

Lors d’un entraînement, tout de même, Rita donne un bon conseil :

"Au fait, assure-toi toujours de mourir vite et bien chaque jour. Sinon tu perdras le pouvoir.
- Comment ça ?
- Hé bien moi, je me suis retrouvée blessée, à perdre pas mal de sang, mais sans mourir. Du coup, j’ai perdu connaissance et me suis réveillée dans un hôpital de campagne où on m’avait fait une perfusion. J’avais perdu le sang avec le pouvoir, on m’en avait mis du tout pourri de pauvre mortel : résultat, je ne pouvais plus voyager dans le temps en mourant.
- Je peux poser une question ?
- Je t’en prie.
- Comment tu peux le savoir puisque tu n’es pas morte depuis, du coup, sinon tu ne serais pas là ?
- Heu… je… haha… hohoho… hé bieeeeeen…
- Non mais laissons tomber en fait, je crois que j’ai compris le problème."

0

Non non mec, je t’assure, il y a encore plus d’incohérences. Tiens, tu veux un autre dialogue ?

"Mais, Rita, pourquoi n’avez-vous pas essayé de parler au général Brigham quand vous voyagiezdans le temps ? Lui expliquer ce qui vous arrivait ?
- Mais je l’ai fait des dizaines de fois ! Et à chaque fois, c’est l’hôpital psychiatrique, ou pire, s’il me croit, la dissection pour tenter de me prendre le pouvoir… c’est affreux !
- Attendez, vous voulez dire qu’on a fait d’horribles expériences sur vous ?
- Oui !
- Dans des laboratoires ?
- Oui !
- Donc qu’on vous a mis dans un lit en vous foutant des poches de sang pendant qu’on jouait avec votre bidoche !
- Oui !
- Un peu comme dans un hôpital de campagne, en fait ?
- Ou… ah merde oui, attendez.
- Du coup, si vous avez subi ce genre de truc, pourquoi le pouvoir ne s’est pas barré avec votre sang à ce moment là ?
- Hihihihi, hohoho, regardez, j’ai trouvé une fleur !"

0

Vous en voulez encore ?

"Bill, nous devons attendre que vous ayez des visions de l’omega. Lorsque nous saurons où il est, nous irons le chercher tous les deux. Et le tuerons. 
- Ça me va. Mais sinon, je ne pourrais pas vous le transmettre, ce pouvoir ? Non parce que moi, sinon, je ne suis quand même pas super bon.
- Non, j’ai déjà tout essayé. Même le sexe, des fois que ce soit une MST.
- Je vois. Il n’y a donc aucun moyen ?
- Aucun.
- Quel dommage. Ah, si seulement on connaissait un endroit où il va y avoir une marmotte magique. Un endroit où on pourrait se rendre facilement. Genre sur une plage, avec toute une armée. Un endroit où on serait sûr que la marmotte serait puisque, du genre si on connaissait quelqu’un qui voyageait dans le temps et l’avait vue. Vue de si près qu’il serait mort avec et aurait piqué ses pouvoirs.
- Oui, ça serait chouette Bill, mais je ne connais personne comme cela. Continuons plutôt d’attendre qu’il se passe quelque chose."

0

Allez, on va s’arrêter là pour l’instant si vous voulez bien, parce que vraiment : ça fuse.

Bref d’entraînement en entraînement, si Bill devient meilleur, il n’en commence pas moins à avoir des songes étranges : l’omega l’a retrouvé. Il a donc la vision lointaine d’un barrage hydro-électrique qui se trouverait en Suisse selon le Dr Carter au sein duquel se planquerait l’oméga. C’est donc parti pour nos petits amis : il faut qu’ils gagnent la Suisse ! Certes, mais comment ? En se faisant larguer au-dessus ? En détournant un avion ? En…

"On a qu’à rester avec l’invasion !" déclare Rita.

Ah mais oui, tenez. Tant qu’à faire, autant débarquer à pied sur une plage du Nord de la France. Pour aller en Suisse en passant par toutes les lignes ennemies, ça me paraît être une super idée. Vraiment, vous êtes des champions. Vous avez pris votre plan Mappy j’espère. Du coup, Bill, qui visiblement n’a aucun traumatisme quant au fait de mourir de toutes les manières jour après jour, apprend par cœur ce qu’il se passe sur la plage, l’explique à chaque réveil à Rita, et chaque jour, ils arrivent un peu plus loin avant de mourir.

400854.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Et chaque matin, Bill se réveille donc sur cette base en se disant "Si seulement je savais où trouver un véhicule capable de nous emmener en Suisse !"

A noter que le docteur Carter, qui assiste à leurs petits briefings chaque matin s’exclame "Je sais ! Le barrage de votre vision, je l’ai localisé : il est en Suisse !" et Bill de lui répondre d’un ton blasé "Oui, cela fait des dizaines de fois que vous le trouvez, docteur, nous savons qu’il est en Suisse." Certes mon bon Bill, mais qui est le rabouin qui du coup, doit décrire le barrage chaque matin, obligeant ainsi le mec à lancer une recherche plutôt que de lui dire directement "Il est en Suisse, je le sais, vous l’avez déjà découvert dans une précédente boucle" ? Non parce que sinon, il ne dirait pas ça. Donc soit tu es con, soit ce film est incohérent, soit les deux.

Je vais y réfléchir très fort.

En tout cas, la petite troupe s’amuse donc joyeusement sur la côte à chaque boucle, jusqu’à ce qu’enfin, la plage soit passée pour nos deux héros qui découvrent derrière la dernière dune…

… un village de caravanes de rednecks avec vieux manège qui grince.

Probablement les légendaires forains mystérieux des plages du Pas de Calais. Ou de Normandie. On n’est pas très sûr sur l’endroit où ils débarquent. Mais qu’importe, car notre héros lance :

"Nous sommes déjà venus ici plusieurs fois. Et à chaque fois, nous avons échoué à trouver une voiture qui marche. Il n’en reste plus que deux à tenter, une chance sur deux  donc !"

Quel dommage que personne n’ait pensé, en sachant cela, à emmener de l’essence, une batterie, ou juste à prendre l’un des nombreux véhicules abandonnés sur la plage (qui marchent tellement bien que lors de l’une des premières boucles, l’un d’entre eux roule sur Bill). Mais non : continuons d’essayer de trouver une R12 pourrie qui marche à peine, quitte à mourir, c’est un sentiment si agréable.

Qu’importe : nos deux couillons finissent par trouver un véhicule en état de marche, et après avoir mitraillé la gueule de quelques poupoulpes, ils font route vers la Suisse et en ont donc pour un moment. L’occasion de rajouter encore du n’importe quoi à ce film qui n’en avait plus besoin.

"Enfin nous sommes en route, Bill ! Allons en Suisse !
- Tout à fait. Bon, si on parlait un peu de vous sur la route ?
- Non.
- Vous allez le faire, je le sais : d’habitude, vous commencez à parler lorsque nous arrivons vers Lyon.
- Attendez, vous avez déjà vécu ce trajet ?
- Tout à fait. C’est comme ça que j’ai appris des trucs sur vous, comme votre copain que vous avez vu mourir plus de 300 fois à Verdun.
- C’est cool, mais si vous avez déjà vécu tout ça, pourquoi m’avoir dit que vous ne saviez pas quel véhicule prendre au village des gitans mystérieux et qu’on avait une chance sur deux d’en trouver un qui marche ?
- … 
- Vous comprenez pourquoi je ne parle pas maintenant ? Dès qu’on le fait dans ce film, c’est pour dire une connerie !"

0

La route se fait donc silencieusement, jusqu’à ce que notre duo tombe en panne sèche, puisque si la route est couverte de véhicules abandonnés, personne ne pense à essayer de piquer un peu d’essence. On en déduira donc qu’à chaque fois que Bill a fait ce trajet, il a oublié ce détail : ce qu’il est tête en l’air, hohoho, oublier la même chose des dizaines de fois, alors qu’il n’a que ça à penser durant des heures de routes, c’est tellement ballot. Mieux encore, en abandonnant leur véhicule, nos héros se retrouvent aussi à court de batterie pour leurs armures (oui, ils conduisaient avec, merci) et les laissent derrière eux à leur tour pour aller s’abriter dans une petite maison isolée à quelque distance de la route. Sur place, il y a même un hélicoptère d’épandage, mais sans la clé. Crotte de bique ! Bill profite donc d’être au calme, tous deux, dans cette demeure tranquille pour faire sa parade amoureuse (qui ferait pâlir d’envie les champions du site Art de Séduire), mais ça ne marche que moyennement. Surtout lorsqu’il se trahit et que Rita comprend qu’ils sont déjà arrivés jusqu’ici plusieurs fois, et que Bill sait exactement où sont les clés de l’hélicoptère. Mais il tente d’expliquer le problème :

"Nous ne sommes jamais arrivés plus loin, Rita ! A chaque fois, vous tentez de faire décoller cet hélicoptère, je ne parviens pas à vous convaincre de ne rien en faire, et des poupoulpes enterrés à proximité vous détruisent la gueule ! Ne prenez pas cet hélicoptère, il y a d’autres solutions ! Et puis… je dois l’avouer, ça me fait mal de vous voir mourir chaque jour !"

Mais Rita s’en fout, de ce gros aveu plein de bons sentiments : elle grimpe dans l’hélico, et en effet, le bruit du moteur attire des méchants qui tuent tout le monde.

Juste comme ça mon petit Bill : tu ne veux pas qu’elle meure ? Que vous finissiez toujours dans cette impasse avec cet hélico ?

Hé ben la prochaine fois, tu fais le plein et tu n’emmerdes pas le monde. Comme ça, vous ne vous arrêtez jamais dans cette maison avec son hélicoptère, et il n’y a aucun problème. Mais c’est vrai que c’est un peu subtil. Non parce que du coup, à chaque fois, c’est en fait toi qui l’emmène là où tu ne veux pas.

Du coup, à son réveil, Bill en a marre : ce jour là, il ne contacte pas Rita. Comme ça, elle n’enquiquinera plus et ne mourra plus devant lui, non mais, quelle emmerdeuse ! Bon, à un détail près mec : si tu ne l’aides pas, elle meurt sur la plage, donc le résultat sera le même, mais bon. Détail, hein, ce n’est jamais que celle que tu aimes qui meurt, et puis si tu tues l’omega, tu ne pourras plus revenir en arrière. Vraiment, touuuut petit détail. Allez, continuons. Il va donc tout seul jusqu’à la maison avec l’hélicoptère après avoir passé la plage durant l’invasion et visiblement, finit par trouver un moyen de tuer les méchants avant qu’ils ne l’embêtent, lui permettant de voler jusqu’en Suisse sans problème (le petit hélico doit avoir un très gros réservoir). Il se pose donc sur le fameux barrage du pays du chocolat, et descend dans ses entrailles à la recherche de l’oméga. Sauf que sur place, point d’oméga !

"Quel est le fuck ?" s’exclame Bill juste avant que ne surgissent un poupoulpe et une marmotte qui essaient de lui taper le museau !

Un-jour-sans-fin

Rappelons que la marmotte est un animal très dangereux : ici, l’une d’entre elles juste après avoir pris Bill Murray en otage.

Et visiblement, les deux ont un plan puisqu’ils ne tuent pas notre héros, et le désarment même lorsqu’il essaie de se suicider pour rebooter ! Quel est leur objectif maléfique ? On ne le sait pas trop, car au final, Bill trouve le moyen de se noyer pour mourir quand même, et comme ça, il peut rebooter en paix. Non mais.

"Debout les campeurs, et haut les cœurs !"

De retour la veille à sa base de départ, Bill file voir Rita et le docteur Carter et après s’être présenté, leur réexplique la situation : oui, il a eu des visions de l’oméga. Et vous savez quoi ? L’oméga n’était pas à l’endroit des visions, ce qui veut dire qu’il envoyait de fausses informations pour tendre des pièges ! Un peu comme cette fois où l’oméga lui a envoyé une vision de lui et de Salma Hayek faisant la chenille, il se disait bien qu’il y avait un truc bizarre. Donc si Rita a vu l’oméga à Verdun… c’est que l’oméga VOULAIT qu’elle y aille ! Et il voulait qu’elle gagne la bataille ! Parce que comme ça, en déduit Bill qui a forcément raison puisque c’est Tom Cruise quand même, l’armée terrienne enverrait toutes ses forces, sûre de sa victoire, lors de l’invasion de la France, prendrait sa fessée, et la conquête du reste du monde n’en serait que plus facile une fois l’armée balayée alors qu’elle était loin de ses retranchements.

Mais alors, que faire ?

"Bah il y a bien le transpondeur !" explique tranquillement le docteur Carter. "C’est un truc qui permet, à partir d’une marmotte, de savoir où se trouve l’oméga."

Bill tombe donc de sa chaise, tout comme l’ensemble des spectateurs devant cet étron cinématographique.

"Mais enfin ? Pourquoi personne n’en a parlé plus tôt ? J’ai du sang de marmotte dans les veines, donc je dois pouvoir me connecter avec l’oméga non ?
- Non mais bon, on se disait que ça ne valait pas le coup d’en parler. Mais de toute façon, le transpondeur ne marche pas. Ce n’est qu’un prototype que j’ai fait quand je travaillais dans mon centre de recherche. Quand je leur ai dis sur quoi je travaillais, mes collègues m’ont dit fou et j’ai dû fuir. 
- J’imagine bien, oui. Parler d’oméga, de marmotte et de voyages temporels, ils n’ont pas dû y croire.
- Non en effet. Mais du coup, il y a plein de prototypes qui marchent planqués dans le coffre-fort du général Brigham.
- Que… PARDON ? Vous voulez dire qu’on vous a traité de fou, traîné dans la boue, viré à coup de pied au cul mais que dans la foulée, on a terminé des recherches considérées comme loufoques, produit des exemplaires du prototype en question et enfermé le tout dans le coffre personnel du plus général en chef de la plus grande armée de l’histoire tellement tout le monde trouvait ça ridicule ?
- Hem je… oui ?"

0

Bon ben, d’accord, on peut au moins dire que c’est cohérent avec le reste du film. Je parle du niveau général, hein.

Par conséquent, la nouvelle mission de nos héros est désormais d’infiltrer le QG de Brigham pour aller dans son bureau. Ce que, à force d’essais-erreurs, Bill a fini par savoir faire à la perfection. Ils esquivent donc les gardes, les mecs qui pourraient reconnaître Rita (mais pas Bill : comme expliqué au début de ce spoil, tout le monde ignore qui est Bill, pourtant passé au début du film sur toutes les télés du monde), et arrivent dans le bureau de Brigham, qui est fort surpris.

"Que… Bill ? Mais enfin ! Je vous ai viré de ce bureau de ce matin, si je m’attendais à vous voir revenir aujourd’hui même avec ma soldate la plus décorée à vos côtés ! Hé ! Mais d’ailleurs, vous êtes armés ? Que me voulez-vous ?
- Je vais vous raconter une histoire que vous ne croirez sûrement pas, général. L’invasion a eu lieu. J’y suis mort. Et suite à une erreur de l’ennemi qui peut contrôler le temps, me revoilà dans le passé pour essayer de vous prévenir. J’ai déjà vécu cette conversation des dizaines de fois, car à chaque fois, je reviens à cet endroit du temps. Je peux tout prédire. Votre téléphone qui va sonner ? C’est le général Beaufort qui vous dit que son avion est retardé à cause de la pluie. Décrochez et dites-lui que vous le rappelez.
*Dring !*
- … allô ? Général Beaufort ? Mmm… très bien. Je vous rappelle.
- Bien général. Un autre exemple ? Votre secrétaire va rentrer dans une seconde et vous demander si tout va bien.
*Clac*
-  Mon général ? Est-ce que tout va bien ?
- Mmmoui…moui… très bien.
- Votre secrétaire a tapé des rapports. Il en manque un sur le largage de carburant pour demain.
*Flip flap*
- Mais… effectivement !
- Maintenant, elle va vous annoncer ce qu’elle sait depuis un instant seulement : votre dîner de ce soir est annulé.
*Glups*
- Comment est-ce que… il a raison mon général ! Mais je viens de l’apprendre, c’est impossible !
- Et à présent je vais vous montrer mon cul.
*Boing boing*
- Incroy… hé mais dites-donc Cage, vous me prenez pour un con ? Remettez ce slip sur le champ !
- Excellent général, c’était un test pour voir si vous suiviez. Maintenant, je vais vous dire mon problème : de toutes les fois où je suis venu dans ce bureau, jamais vous n’avez accepté d’ouvrir ce coffre derrière vous pour me donner un prototype du transpondeur, quand bien même c’est le seul espoir de l’humanité. Alors je vous le demande général : allez-vous le faire ?
- Mmmm… okay."

0

Et à la surprise générale (hohoho, suis-je drôle), Brigham accepte d’ouvrir son coffre-fort et tend un prototype de transpondeur à un Bill qui se demande comment il a réussi son coup.

Tout serait donc si simple que cela ?

072125.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Personnellement, j’aurais opté pour la séquence tirage de slip et brûlures indiennes jusqu’à ce que le général donne la combinaison du coffre. Comme ça, à la prochaine boucle temporelle, il n’y avait même pas besoin de le convaincre. Mais bon.

Hé bien non : car si le général a décidé de donner aux enquiquineurs ce qu’ils voulaient, il a donné l’alerte, et à la sortie, des gardes attendent de pied ferme nos héros. Après plusieurs essais grâce aux voyages temporels, nos héros décident de fuir vers le garage du QG où ils font les kakous en voiture pendant que Bill utilise le transpondeur sur lui-même… et découvre lors d’une vision qui lui rappelle sa jeunesse en boîte de nuit à se péter les rétines sous LSD que l’oméga n’est pas en Suisse : il est à Paris, sous le Louvre !

Les entités aliens ont du goût, reconnaissons-le : on les retrouve rarement embusquées sous l’hôtel Formule 1 de Limoges.

Hélas, si le plan fonctionne, il se termine mal : la sécurité du QG finit par avoir raison du véhicule de nos héros, et ceux-ci finissent dans le décor. Aussi, lorsque notre héros se réveille…

… il n’est pas sur une base militaire avec le sergent Farell : il est dans une infirmerie, attaché, et on l’a perfusé ; il a donc probablement perdu son pouvoir !

Miséricorde ! Enfoirés du don du sang ! Ça va se payer !

Cependant, notre héros est bien vite secouru par sa bonne amie Rita, qui le tire de cette situation et l’aide à fuir les lieux sans anicroche. Et ensuite ?

"Rita, merci, mais j’ai perdu mon pouvoir ! Je suis inutile, hein, une grosse bouse à présent ! Nous savons où est l’oméga mais personne ne nous croira… et il ne reste que quelques heures avant l’invasion !
- Alors il faut nous grouiller d’aller à Paris. Mais comment ? Et puis en pleine zone occupée, il va nous falloir des soldats pour nous aider !
- Bof, sachant qu’on pouvait aller jusqu’en Suisse quasiment sans être emmerdé plus tôt dans le film.
- Oui mais chut. Il nous faudrait un appareil volant et des hommes.
- Mmmm… je pense savoir où l’on peut trouver ça !"

0

Et Bill va trouver les soldats de l’escouade J, dans la nuit précédant l’invasion, pour leur expliquer toute son histoire. Et ils sont convaincus car il connaît moult secrets sur eux, puisque oui, Bill avait prévu cette situation et donc trouvé le temps de convaincre tous ses camarades de révéler leurs plus grands secrets (comme leur personnage préféré de Naruto) lors de précédentes boucles, ce qui est complètement crédible puisqu’il passait son temps à se barrer pour aller voir Rita d’entrée de jeu. Mais bon, toujours est-il que les loulous sont bien vite dans son camp, et qu’ensemble, ils vont détourner un engin volant de la base pour voler jusqu’à Paris sans que personne ne s’en émeuve sur la plus grande base de l’humanité la veille de l’invasion de la dernière chance.

Rien que de bien naturel, donc. S’il reste un peu de LSD à Tom Cruise, je suis preneur.

Et c’est donc bien vite que nos larrons arrivent au-dessus de la cité en bien piteux état : quelqu’un a joué au bûcheron avec la tour Eiffel, et visiblement, les aliens avaient connaissance du secret du lac de la Forêt d’Orient et autres réservoirs merveilleux de la Champagne-Ardenne et sont ainsi parvenus à noyer la ville. C’est donc une équipe qui patauge dans l’eau qui est larguée près du Louvre et s’approche du coin en mitraillant sévère. Le véhicule de largage s’est crashé, certains camarades sont morts, mais faisons la courte : sur place, il y a moult poupoulpes et même une marmotte pour garder l’oméga. Rita explique la situation :

"Surtout, ne tuez pas la marmotte… sinon l’oméga va le sentir, rebooter la journée et probablement mettre les voiles ou en tout cas s’adapter !"

Oui, ou alors autre option : si vous tuez une marmotte, pensez à vous barbouiller de son sang les enfants. Comme ça on pourra recommencer cette ultime mission avec une sauvegarde à l’entrée du niveau, si je puis me permettre. Et ça n’en sera donc que plus facile. Mais là encore, c’est un détail : après tout, ce n’est que ce qui a changé le destin de Rita et Bill et la dernière chance de l’humanité. Je comprends que l’on puisse oublier.

Mais bref : la troupe entre dans le Louvre après moult spectaculaires aventures, certains se sacrifient héroïquement, et au final ne restent que Rita et Bill (ça alors!), Rita n’hésitant pas à rouler un gros patin à Bill en pleine situation critique pour dire que oui, bon, tout de même, il ne l’a pas volé, son bisou, et que oui, là tout de suite, ils n’ont que ça à faire. Par ailleurs, le scénariste a dû oublier qu’à part pour Bill, personne n’a connaissance des autres boucles : donc pour Rita, c’est la première fois aujourd’hui qu’elle rencontre notre héros, et elle qui est super froide et pro ne devrait donc pas vraiment sombrer dans ce genre de cucuterie avec un quasi-inconnu, mais bon, là encore, hein, bon, dites, ho. On va dire que ces tous ces poupoulpes et cette grosse marmotte, ça les a follement excité. Mais en tout cas, elle va faire diversion pour emmener la marmotte et les poupoulpes dans un coin pendant que Bill se rue vers l’oméga. Rita meurt dans l’affaire, et pour ne rien cacher, Bill aussi, puisque s’il parvient à envoyer tout un paquet de grenades vers l’oméga qui est planqué au fond d’un trou d’eau sous le musée, il se fait tuer par une marmotte furieuse. Je vous disais que c’était un animal taquin.

Les grenades arrivent sur l’oméga, lui explosent à la tronche, et celui-ci pète lamentablement, faisant que, ça alors, tous les aliens de la planète s’effondrent, raides morts.

J’aime beaucoup le principe des extra-terrestres qui meurent toujours d’un seul coup, histoire que ce ne soit pas trop compliqué à gérer dans l’intrigue. La Terre serait envahie par des humains, ou pire, des démarcheurs téléphoniques, on serait vachement plus emmerdés en fait. Heureusement que les aliens sont sympas.

En attendant, me direz-vous, Bill et Rita sont morts, le monde est sauvé, tout est fini ? Non ! Car le corps de Bill s’enfonce lentement dans les eaux noires où l’oméga avait fait son nid… et des morceaux de la bête viennent s’agglutiner autour de lui (souvenez-vous : xénozoonécrophilie jusqu’au bout !) jusqu’à ce que…

… Bill se réveille dans l’hélicoptère qui l’emmenait au début du film chez le général Brigham : il est revenu dans le temps ! Il a à nouveau le pouvoir ! Lorsque son hélicoptère se pose à Londres, la ville est en liesse : l’invasion alien est terminée. D’après les informations, une vague d’énergie a été détectée à Paris et tous les poupoulpes et autres marmottes se sont effondrés comme de vulgaire footballeurs dans une surface de réparation.

Ce qui serait très intéressant si tout cela n’était pas supposé arriver le lendemain, et ce grâce à Bill. L’oméga se serait donc suicidé ? Il serait revenu dans le temps pour mourir ? Le scénario serait tout pourri jusqu’au bout et en fait, tout cela n’aurait aucun sens autre qu’un happy ending sorti de nulle part ?

Je n’ose y penser.

Qu’importe : la victoire est à l’humanité, et Bill se rue donc sur la base où l’invasion se préparait. Dans son bel uniforme de major, personne ne l’embête lorsqu’il se rend aux quartiers de l’escouade de Rita, et lorsqu’il va trouver la belle, il lui fait son sourire le plus ravageur, se disant qu’il a désormais tout son temps pour essayer de lui montrer que tous les tentacules ne sont pas forcément hostiles et…

… FIN.

152904.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

On termine tout de même avec une spéciale cacedédi à François Bayrou.

______________________

"Alors ? Vous comprenez ? J’ai le même problème !"

Berthier s’excite tant et si bien que ses gestes font à présent voler tous les papiers présents dans le bureau.

"Tous les matins, je me lève et je suis toujours aussi fatigué ! Je me traîne jusqu’au RER où les mêmes personnes me bousculent ! Puis, je me glisse dans un métro où un type rentre pour jouer la cucaracha à l’accordéon ! Ensuite, j’arrive ici et je fais les mêmes tableaux Excel, toute la journée ! Je répète sans cesse la même tâche ! Et quand je vais sur les réseaux sociaux, c’est pareil : les mêmes amis se plaignent qu’on est déjà lundi, d’autres postent des photos d’eux enfants en me défiant de faire de même, et un autre parle de la météo. Je rentre le soir, épuisé, je passe à Franprix où la caissière me regarde à peine, et je me couche pour me réveiller à nouveau le même jour et tout recommencer."

J’écoute tranquillement l’homme finir son récit, tout en écrasant mon cigare dans le vieux cendrier de la fête des pères qui trône fièrement sur son bureau. Je hoche la tête puis lui tape sur l’épaule.

"Allons Berthier, pas d’inquiétude, vous n’êtes pas Tom Cruise. Vous n’êtes pas dans une boucle temporelle.
- Vous… vous êtes sûr ? 
- Berthier vous êtes mon comptable depuis un moment, vous me connaissez, j’aime être direct, à part peut-être avec le fisc. Alors si vous vivez toujours la même journée, rien ne doit changer, non ?
- Non !
- Alors dans ce cas, comment était la stagiaire qui servait de table basse dans la salle d’attente devant mon bureau hier ? Vous savez bien que j’en change chaque jour.
- Hé bien… châtain, je crois.
- Et aujourd’hui ?"

0

Berthier entrouvre timidement la porte pour regarder de l’autre côté du couloir et la referme dans un grand soupir.

"Rousse ! Elle est rousse ! Je suis sorti de la boucle temporelle !
- Ah, Berthier, Berthier… pas d’inquiétude : il n’y a jamais eu de boucle temporelle.
- Mais ? Vous êtes sûr ?"

0

Je pose une main paternelle sur l’épaule de mon employé, et nous contemplons tous deux la ville qui vibre juste de l’autre côté de la fenêtre de son bureau.

"J’en suis sûr", lui dis-je tranquillement. "Aucune boucle temporelle." Je sens ses épaules se détendre sous mes doigts.

"Vous avez juste une vie de merde", conclus-je avant de repartir vers mon bureau pour les entretiens d’embauche de mes assistantes.

"Vous pouvez vraiment m’aider à prendre en photo Tom Cruise ?"

Caché dans un buisson près de la luxueuse propriété de l’acteur, le paparazzi se tourna vers l’homme assis un peu en arrière, occupé à lire son journal, une flasque de brandy à son côté. Il se retourna à peine pour répondre au photographe.

"Evidemment. Vu mes tarifs, vous vous doutez bien que ce que je vous vends est sûr.
- Non mais je ne comprends pas. Les copains m’ont dit que ça marchait presque à chaque coup. C’est quoi votre truc ?"

0

Dérangé dans ma lecture par l’incessant babillage du professionnel de l’image, je me décidais à plier mon hebdomadaire en grommelant pour me mettre au travail. Il y a des gens tellement impatients.

"L’homme sage ne poursuit pas le guépard : il le fait venir à lui.
- Quel rapport avec le guépard ?
- C’est une image. Nous n’allons pas tenter de surprendre Tom Cruise, nous allons le faire venir à nous. Tenez, passez moi ma mallette."
0

Le photographe s’exécuta et fit glisser vers moi mon porte-documents, dont je tirai bien vite un tas de feuilles mal reliées glissées dans un sachet hermétique habituellement utilisé pour transporter les preuves d’un quelconque crime.

"Qu’est-ce que c’est ?
- Un appeau à Tom Cruise. Lui seul peut sentir son fumet subtil. Nous allons le déposer dans la pelouse juste devant le buisson, et préparez-vous : la bête viendra bien vite le chercher. 
- Vous déconnez ? Comment ça fonctionne ?
- J’ai trouvé un vieil asile en Amérique centrale où d’anciens nègres de Tom Clancy tentent de reposer leurs âmes torturées. Un peu de peyotl dans leur café avec la complicité des infirmiers, quelques mots clés susurrés à leur oreille pendant leur transe, et ils pondent de la bouse contenant les éléments de votre choix. Par exemple, là pour du Tom Cruise, j’ai utilisé les choses auxquelles il ne résiste pas, qu’importe la qualité merdique du script : "agent d’état", "moto", "identité mystérieuse", "encore de la moto", "descente en rappel", "trucs qui volent" et "escalade". Presque 70% de sa filmographie vous ne croyez quand même pas que ce soit une coïncidence ?
- Je suis sûr que vous vous foutez de moi."

0

Le photographe roula des yeux lorsque j’ouvris d’un vif coup de couteau le sachet hermétique et que je jetais quelques mètres devant nous le tas de feuillets. Il y eut un bref moment de silence durant lequel le photographe, dubitatif, laissa son regard aller de ma personne aux feuillets s’agitant sous la brise dans la pelouse, puis enfin, il y eut un bruit de porte que l’on ouvrait. Puis une voix grommela doucement depuis la résidence face à nous :

"Snif… snif snif… cette odeur… oui… ça sent les lunettes d’aviateur.. la vidange de mobylette… le suspense pourri et le scénario moisi… ouiiii… c’est pour MOI !"

Et sous les yeux ébahis du photographe qui eut besoin de quelques secondes pour se remettre du choc et commencer à mitrailler à l’aide de son appareil, Tom Cruise galopa droit vers le script d’Oblivion.

Spoilons, mes bons !

_____________________________

L'affiche : notez la tentative difficile malheureuse de donner l'air pensif au héros

L’affiche : notez la tentative malheureuse de donner l’air pensif au héros

Notre film débute quelque part dans une rue de New York, alors que Jack Harper, un fier larron au sourire ultra bright regarde amoureusement une fille. Tout cela serait à peu près correct si le tout n’était pas tourné avec un filtre instagram accompagné de la voix off de notre héros qui nous dit qu’il fait toujours ce rêve étrange… non, pas celui où il chevauche un poney avec Kirsten Prout : celui-là, là, à l’écran. Il est à New York avec cette fille, mais il est incapable de se souvenir de son prénom (personnellement, je ne vois rien d’anormal là-dedans). Pourtant, il a l’impression que ce rêve est plus qu’un simple rêve, mais carrément un souvenir… mais c’est bien évidemment impossible puisque la ville de New York a disparu bien avant sa naissance. Ah, c’est pas banal.

Quittons ce rêve, puisque Jack se réveille en sueur dans son lit : il n’est pas à New York, et en effet, nous sommes dans le futur, en 2077 pour être exact. Notre héros habite au sommet d’une "tour", structure fragile installée au sommet d’une montagne ressemblant à un loft très luxueux monté sur pilotis façon publicité EDF. Il a à ses côtés Vika, coéquipière et compagne, car toujours en voix off, notre loulou nous explique ce qu’il s’est passé depuis nos jours jusqu’aux siens.

En 2017, une race alien sobrement nommée "les chacals" est venue attaquer la Terre. Pour ce faire, elle a d’abord fait sauter la Lune, probablement avec un très gros pétard, provoquant diverses catastrophes sur Terre, comme des tremblements de terre, des tsunamis et une nouvelle chanson d’Indochine intitulée "A qui je vais demander moi maintenant ?". Et alors que les survivants en étaient encore à se demander ce que c’était que ce bordel, dérivant sur les flots déchaînés avec leurs bouées canard et les oreilles saignantes, les chacals ont fini le travail en envoyant leurs troupes de choc mitrailler ce qui restait. Sauf que l’humanité, un brin taquine, a dit que bon bin si c’est ça, paf, riposte nucléaire. Ça a tellement bien fonctionné que les chacals ont été vaincus, mais que la Terre est devenue complètement irradiée. Les survivants sont donc partis fonder une colonie sur Titan, le satellite de Saturne, où la vie est chouette à ce qu’il parait puisqu’on y capte pas Jean-Marc Morandini. Et ils ont laissé en orbite de la Terre le Tétraèdre, ou "Tet", gigantesque station spatiale qui est là pour superviser le transfert des ressources exploitables de la Terre vers Titan. Car la science a évolué avec le destin de l’humanité (les gens, pas le journal qui n’a fait de son côté que faire évoluer la recette de cuisson de la merguez à sa fête éponyme) et désormais, d’énormes centrales aspirent l’eau des océans et la transforment en énergie. Energie qui est donc renvoyée ensuite vers Titan.

Et là, vous vous demandez "Ah oui, et comment donc ?". Et heu… bin non, personne ne se pose la question. Probablement que les usines envoient le tout sous forme de piles LR6 par Chronopost. J’espère qu’ils ont des prix sur les timbres.

Notre Jack Harper de héros fait donc partie des troupes laissées derrière elle par l’humanité pour s’assurer que les usines de production d’énergie tournent bien. Sa mission ? Il doit réparer les drones qui empêchent les restes en déroute de l’armée des chacals de s’en prendre aux dites usines. Le matin, il prend donc son petit vaisseau volant pendant que Vika s’occupe des communications, du radar et du café, et s’en va  en sifflotant retaper les machines qui ont eu des accidents durant la nuit dans le secteur 49, dont il a la responsabilité.

Oui, en gros c’est l’histoire d’un mec de chez Carglass en 2077. Fascinant.

Pour plus de sécurité, notre héros a eu la mémoire effacée pour ne pas qu’il puisse donner d’informations utiles à l’ennemi si jamais il était capturé. Ses souvenirs actuels remontent donc à 5 ans, soit le début de son actuelle mission. Et dans deux semaines, on viendra le relever, pendant que lui et Vika partiront pour le Tet, dernière étape avant de s’en aller couler des jours heureux sur Titan.

Vous avez tout suivi ? La Terre envahie puis radioactive, le Tet, Carglass et le rêve curieux qu’on ne voit pas venir à 70 kilomètres comme étant un vrai souvenir ? Alors en route.

Comme chaque matin, Jack se réveille aux côtés de Vika. Alors que la douce jeune femme s’étire tel un félin dans sa nuisette de satin, laissant l’air d’un beau nouveau jour sur Terre lui gonfler les poumons telle une nymphe s’éveillant sur l’Olympe, Jack est déjà en train de se préparer (comprendre : se gratter les fesses, pisser aux trois quart à côté des toilettes en sifflotant, prendre un café en riant grassement et lâcher un pet tonitruant avant de sortir ; du rêve, quoi) et file bientôt vers son appareil pendant que Vika va s’installer au poste de communication de la tour. Et c’est donc parti : Vika fait l’inventaire des drones ayant eu des problèmes techniques durant la nuit, pendant que notre héros file vers le plus proche pour lui mettre des coups de clés à molette.

J’en profite : si nos héros ne travaillent que le jour, c’est pour plusieurs raisons :

  • La nuit, les chacals sont de sortie, c’est donc plutôt dangereux
  • Le jour, on voit quand même drôlement mieux et puis c’est plus choupinou
  • Et surtout, le Tet n’est du bon côté de la Terre qu’aux heures du jour, en dehors de cela, les communications avec lui ne passent plus

Jack, donc, à bord de son petit appareil à réaction, file joyeusement dans les cieux et prend un malin plaisir à voler au milieu d’un orage dès la première scène, alors que l’on découvrir par la suite qu’il n’était pas obligé, son appareil pouvant aussi bien voler au-dessus qu’en-dessous. Mais bon, histoire de bien montrer qu’il est un peu con, il y va, se mange un éclair, et son appareil n’étant pas conçu pour (bin non), il en perd le contrôle durant un moment avant évidemment de tout récupérer à la dernière seconde en ricanant parce que hohoho, quel casse-cou je fais tu vois t’as vu wesh. Puis, ayant localisé le drone 166 qui a visiblement été abattu durant la nuit, il se pose sur le site du crash de l’engin, pile au milieu d’un ancien stade pour découvrir le bousin inactif au milieu des restes de la pelouse locale. L’occasion pour notre héros de dire qu’il adore le football américain, yeah. Et de mimer un match entier quand bien même il est en pleine zone hostile. Et radioactive.

Vika, obligée de suivre les mimes consternantes de son compagnon sur le terrain. On comprend qu'elle fasse la gueule.

Vika, complètement blasée à force de suivre sur écrans les actions lamentablement stupides de son binôme.

D’ailleurs, sachez-le : Vika comme Jack passeront tout le film où qu’ils soient à se promener sans aucune protection, parce que bon, la Terre a été évacuée à cause des radiations, mais c’est sûrement pas bien dangereux, pas vrai ? Sûrement un détail un peu subtil. C’est donc vêtu d’une petite tenue de pilote et d’une casquette de base-ball que notre héros s’approche du drone, encore entouré des cadavres de chacals, mais ne prête aucune attention au fait que les chacals ressemblent furieusement juste à des humains avec un casque, voire à un mauvais cosplay (pléonasme) : ça ne l’intéresse pas. Il va donc voir la machine, et commence ses réparations sur place, puisqu’elle n’a quasiment rien : il suffit de changer le joint de culasse et elle redécolle. Parce que oui, l’engin a été  "abattu" mais alors il n’y a pas un impact de balle dessus, toutes les pièces sont impeccables, et les chacals ne se sont pas dits "Tiens, on va la démonter pour récupérer des pièces dessus", non : ils ont tout laissé en état pour que, comme chaque jour depuis plus de 60 ans, un mec vienne réparer la machine et qu’elle puisse retourner les tuer.

Sympas les mecs. Vraiment. Ils veulent sûrement maintenir de l’emploi. Tant dans l’entretien des drones que les pompes funèbres pour chacals.

Notre héros repart en sifflotant pour se diriger vers le second drone abattu dans la nuit, qu’il est "impossible de localiser précisément puisqu’il n’émet plus de signal". Oui et puis, faudrait pas consulter les  derniers enregistrements du drone pour voir où il s’est crashé à peu près Vika, c’est pas comme si c’était ton boulot, tiens. Jack décide donc de sortir l’accessoire inévitable de tout film avec Tom Cruise : une moto, qui traînait dans le coffre de son engin volant. Ni une, ni deux, il file donc à folle allure au travers des plaines dévastées de notre planète, et guidé par le pouvoir enchanté de son pif, parvient à retrouver le signal du drone, provenant des restes d’une bibliothèque dont seul un bout du toit dépasse encore un peu du sol. Notre filou gare donc son solex du futur et descend en rappel (encore une fois film, Tom Cruise, tout ça) via l’ouverture béante pour voir où est passé son copain le drone. Ouhouuuuuu copain ? Tu es où ? Allez, viens voir papa que je te sorte de ce film.

Accompagné de son fidèle fusil, parce qu’il sent bien que ça sent le piège à andouilles dans ce coin obscur bourré de livres, Jack ne réalise que trop tard qu’il n’y a aucun drone là : seulement sa balise de détresse ! Il a été attiré ici par les chacals ! Et en effet, bientôt, les lueurs orangées des visières des casques de ses ennemis apparaissent autour de lui, ainsi que les curieux cris de ces derniers, ressemblant à des bruits de talkie-walkie en fin de batterie. Jack ouvre donc le feu, mais bien vite et suite à diverses aventures, bien que l’ennemi n’ouvre curieusement pas le feu sur lui, il doit se replier et manque de peu de se faire capturer, seulement sauvé par l’intervention télescopée du drone qu’il a réparé un peu plus tôt qui, passant par là (alors qu’on nous a expliqué que justement, aucun signal ne passait, il l’a probablement retrouvé à l’odeur), en profite pour sulfater du chacal. Jack remonte donc à la surface… pour réaliser qu’on lui a tiré sa moto pendant ce temps. Bande de voleurs de poules !

Juste comme ça : il faudra m’expliquer comment les chacals ont pu voler la moto du Monsieur, sachant qu’ils ne sont pas supposés être à la surface  de jour, qu’un drone était visiblement en train de survoler le coin prêt à les sulfater, qu’il n’y avait aucun endroit pour planquer le véhicule à des kilomètres à la ronde, l’accès à la bibliothèque étant en plein milieu de nulle part, et surtout, encore une fois, ce que foutait Vika puisqu’il y avait une caméra sur la moto, et que depuis le début du film, elle suit la progression sur le terrain de notre héros grâce à d’autres caméras visiblement placées tous les deux mètres sur l’ensemble de la planète. D’ailleurs, on a entrevu durant la scène que Vika avait une parfaite vue de ce qu’il se passait à la surface, et que s’il y avait eu vol de mobylette, elle aurait tout vu.

Mais, là, non. Elle devait probablement lire Public.

Bref, il y a plus d’incohérences dans cette scène que de raisons pour les vilains de tirer la mopette. C’est quand même malheureux. Mais, passons parce que tout cela ne fait que commencer, comme trop souvent.

Le soir, en rentrant à la tour du secteur 49 , Jack retrouve Vika et lui ramène un truc cool : des fleurs qu’il a eu le temps de cueillir sur le chemin. Aussitôt la jeune femme panique en lui disant "Mais ça va pas espèce de blaireau ? C’est super radioactif, allez hop !" et elle fonce dehors en petite robe (après tout, elle ne vient que de dire que la radioactivité lui faisait très peur, pourquoi s’embêter ?) pour balancer le bouquet par dessus le balcon de la tour. Et explique à son compagnon que bon, certes, elle est un peu à cheval sur le règlement, mais bon, ils sont à deux semaines de la fin de la mission, c’est pas le moment de faire des conneries.  Jack grommelle un peu, et tente bien de dire à Vika que dans la vie, le règlement ne fait pas tout, tu vois, et puis bon, d’ailleurs, toi aussi tu as pas des rêves bizarres d’avant ton formatage de mémoire, dis ? Mais Vika se contente de dire que dis donc, ho, hé, tu vas pas commencer à emmerder le monde Jack hein ! Allez viens, on va se baigner tout nu pour oublier ça puisque notre tour située sur une planète radioactive (j’insiste) a été intelligemment équipée d’une piscine géante (… véridique). Plif plouf, vont donc faire nos larrons en gazouillant, hihihihihi huhuhuhuhu huuuuuuu (vous noterez comme je retransmets bien toute la force du gloussement idiot, c’est un don).

Sauf que c’est bien gentil tout ça, mais la nuit venue, un terrible bruit réveille nos deux filous alors qu’ils avaient fini par retrouver le chemin de leur lit : avant que Jack ne dise "C’est pas moi !", une gigantesque explosion illumine l’horizon ! En effet, les chacals ont visiblement réussi à se frayer un chemin jusqu’à une centrale à énergie et l’on fait péter en utilisant, d’après le rapport des scanners, une batterie volée sur un drone abattu, et qui peut servir de bombe monstrueuse une fois en de mauvaises mains. Faisant l’inventaire des drones endommagés puis réparés dont la batterie avait disparu, Jack et Vika en comptent dix : les chacals ont tout un arsenal sous la main !

Sinon, juste comme ça : sachant que les centrales à eau de mer sont intelligemment placées en mer avec des drones tournant autour jour et nuit, ils ont fait comment les chacals pour s’y rendre ? Ils ont fait du kayak avec la bombe sur le dos pendant que les drones étaient partis faire un pique-nique ? Visiblement, oui, car personne ne se pose la question. J’espère qu’ils l’ont déclaré, leur kayak, parce que sinon ça va très mal se passer mes petits amis.

Vous ai-je parlé de la tour dont la hauteur varie en fonction des scènes ? Des fois elle est à 10 mètres du sol, des fois elle est en plein ciel… c’est magique.

Le lendemain, sitôt le Tet du bon côté de la Terre, Vika fait donc son rapport au QG, où son unique interlocutrice est Sally, une femme très souriante avec des phrases plus ou moins louches du genre "Dites-moi Vika, formez-vous toujours une bonne équipe avec Jack ?" (La réponse "Non, c’est une grosse tanche" n’est jamais prononcée) mais dans l’ensemble, Sally est surtout grognonne d’apprendre qu’une centrale a été détruite durant la nuit, et explique donc que c’est la responsabilité de Vika et Jack, en tant que techniciens sur la zone 49, de défendre ces structures.

Oui, c’est vrai Sally. Ou alors celle des drones qui ont disparu du film le temps de cet événement. Mais si tu veux, on peut aussi parler de l’intelligente stratégie qui est la vôtre consistant à envoyer, pour rappel, un technicien en slip en zone radioactive peuplée d’ennemis, avec même pas un binôme pour le couvrir pendant qu’il injecte sa résine dans les trous plus petits qu’une pièce de deux euros. Non ? Tu n’as pas envie Sally ? Comme je te comprends. Passons donc à la suite.

Car la vie ne s’arrête pas avec la perte d’une usine : il faut protéger les autres, et donc continuer à réparer les drones. Jack redouble donc d’efforts pour réparer un drone qui est au "garage" de la tour, et auquel il manque des pièces alors qu’il serait bienvenu en renfort, et de temps à autres, lorsque Vika est occupée, Jack profite justement de sa solitude dans ledit garage pour lire un livre qu’il a piqué dans la bibliothèque l’autre jour en affrontant les chacals. Il n’en lit qu’un seul paragraphe, qui dit en substance qu’il faut bien mourir pour quelque chose, fut-ce face à l’ennemi, mais il trouve ça cool, la lecture des livres d’avant l’apocalypse. Il préfère ne pas en parler à Vika pour autant, sinon elle est encore foutue de tout passer par-dessus la balustrade de la tour. Ah oui, c’est une manie chez elle. Du coup j’ai espéré tout le film que Jack trouve un enfant ou même un Justin Bieber, mais non, même pas. Déception.

Mais il n’en faut pas moins repartir sur le terrain : après ces quelques réflexions, nous retrouvons donc Jack aux commandes de son petit vaisseau, alors qu’il se passe un truc étrange… on détecte un signal curieux sur le terrain : les chacals sont en train d’émettre ! Le signal est crypté et indéchiffrable dans l’immédiat, et surtout… orienté vers l’espace.

"Mais enfin, ça n’a aucun sens ! " s’écrient en choeur nos héros.

Oui, c’est vrai ça ! Pourquoi les chacals enverraient-ils des signaux dans l’espace ? Rappelez-moi d’où ils venaient, déjà ? Ah oui, l’espace. Non, effectivement, "ça n’a aucun sens" les enfants. Sinon, vous voudriez pas plutôt utiliser cette phrase pour tout ce qui s’est passé depuis le début du film, non ?

Qu’importe : la source du signal est repérée et Jack s’y rend, évidemment seul (on envoie jamais de drones pour le couvrir : pourquoi faire ?), et arrive sur la pointe de l’Empire State Building, dépassant encore du sol (les tremblements de Terre et les tsunamis n’ont pas rigolé : ils sont carrément venus avec leurs sacs de terreau pour remonter le niveau du sol de plusieurs centaines de mètres, ils sont comme ça, ils doivent avoir une sacrée ardoise chez Jardiland). Toujours est-il que donc, sur place, Jack a de brefs flashs où il se voit là, avec la fille de son rêve, passant un bon moment. Il hausse les épaules en se disant que ce n’est pas très important et pénètre prudemment dans l’endroit pour découvrir un vieux téléphone satellite branché à l’antenne locale et émettant l’étrange signal en boucle : il l’étudie plus en détail, le transmet à Vika puis le coupe. Sitôt analysé, Vika se met à hurler dans l’interphone :

"Seigneur ! J’ai décrypté le message : il s’agit de coordonnées…
- Quelles sont-elles Vika ?
- Un endroit en plein secteur 1-7… mais il n’y a rien là-bas ! Pourquoi envoyer des coordonnées d’un secteur désert loin de nos défenses dans l’espace quand on est une race alien ?
- Je ne sais pas Vika.  C’est tellement mystérieux. Avec qui peut-on communiquer dans l’espace et indiquer les coordonnées d’un endroit calme ?
- Un vaiss…
- Un poney, tu as raison ! C’est sûrement les coordonnées d’un pâturage pour poneys.
- Bon, tu sais quoi Jack ? En fait on va dire qu’on ne comprend pas de quoi il peut bien s’agir et tu vas aller enquêter.
- Okay."

0

Jack remonte donc aussitôt dans son vaisseau et longe la zone interdite à la frontière de son secteur, à savoir la zone vraiment radioactive qui… heu… est… comment vous dire ? Elle est délimitée par une grosse frontière qui apparaît en réalité augmentée sur le cockpit du vaisseau de notre héros. Et les personnages de bien préciser que d’un côté, c’est radioactif mais ça va, mais sitôt que l’on traverse d’un mètre la frontière, on meurt. Vous vous souvenez de toutes les blagues sur le nuage de Tchernobyl ? Hé bien ils en ont visiblement fait un film. Chapeau.

Mais puisque l’on peut encore faire plus mauvais, et alors que l’on vient de dire aux héros que les chacals venaient pour la première fois depuis des années de communiquer avec l’espace et qu’il fallait enquêter sur cet événement hors-du-commun, celui-ci… j’ai mal rien que de l’écrire, tenez. Jack vole dans un canyon où les communications ne passent plus jusqu’à une sorte de clairière cachée où la nature est restée verdoyante et où il a construit une cabane. Cabane construite sur son temps de travail sans que Vika ne le réalise jamais ("Tiens, tu as encore disparu des écrans 5 heures d’affilée. Sinon ça va?"), et remplie de reliques d’avant la guerre, type livres & vinyles… y compris un frigo (allez savoir comment il s’est trimbalé ça, mais il l’a fait). Jack décide donc que plutôt que d’enquêter sur l’événement historique en train de se dérouler en plein dans son secteur et pouvant mettre en péril ce qui reste de l’humanité, il va plutôt aller s’écouter un petit morceau de musique, taper la discute avec une truite (là encore, véridique), s’habiller avec une chemise à carreau et une casquette de beauf (authentique aussi, n’en jetez plus) et… se faire une sieste.

Voilà. Sinon, le mec qui a écrit ça, il va bien ? Je dis ça juste comme ça, hein. La prochaine fois, nous découvrirons James Bond qui au lieu d’aller désamorcer une bombe du S.P.E.C.T.R.E, va plutôt se faire des tac-o-tac en se buvant une 8-6. Quel héros, ce Jack.

Quelques heures plus tard, donc, Jack sort de sa sieste éveillé par un grand bruit : un vaisseau vient de pénétrer dans l’atmosphère, visiblement en sale état, et file donc droit vers le sol en direction des coordonnées envoyées vers l’espace plus tôt !

Sauver le monde ou mettre une chemise contestable : Jack a choisi

"Un vaisseau !" s’exclame notre héros bien étonné, puisqu’il attendait plutôt un poney. "Il faut que j’aille voir ça !" ; Jack range donc sa chemise à carreaux et sa casquette dans sa cabane et file donc à bord de son fier vaisseau pour quitter la charmante vallée dont il a fait son refuge secret, reprenant ainsi les communications avec Vika.

"Jack ! Tu avais disparu depuis des heures, que s’est-il passé ?
- Rien.
- D’accord. Non parce que je suis restée des heures à me demander où tu étais alors que te suivre sur les écrans est ma mission, tu as raison, ce n’est sûrement pas un sujet qui m’intéresse. En tout cas, je viens de voir qu’un vaisseau était entré dans notre atmosphère ! 
- J’ai vu ça : je vais aller inspecter le site d’atterrissage de près.
- Non ! Sally vient de m’informer depuis le Tet que les drones y vont et qu’il n’y a rien d’intéressant à voir là-bas.
- C’est fou comme ça ne sonne pas suspect du tout.
- Oui hein ?
- Bon bin je vais aller voir quand même.
- Jack, non !"

0

Notre technicien s’en va donc droit vers le site vers lequel le vaisseau a filé, et note que celui-ci ne s’est pas posé : il s’est écrasé ! Plus intéressant encore (plus intéressant que "soudain, il fait nuit alors qu’on était en plein après-midi jusqu’ici"), il s’agit visiblement d’un vaisseau humain d’avant la guerre si Jack se fie à l’apparence de la bête, et on peut encore lire "L’Odyssée" écrit sur la coque. Il atterrit malgré les consignes de Sally et les cris désespérés de Vika qui lui ordonne de rentrer, et commence à inspecter le site pour découvrir… que des caissons ont tenu le choc lors du crash, et qu’ils contiennent chacun un humain en sommeil ! Et surtout parmi l’un d’eux il y a…

Attention, je suis sûr que vous n’avez pas deviné ce rebondissement depuis la première scène du film.

… la fille de son rêve, de son souvenir ! En train de dormir, là, dans sa petite caisse (quand je dis "caisse" je pense "caisson", pas "litière", hein, que l’on soit clairs). Jack est bien étonné, puisqu’il aimerait bien savoir d’où sort ce vaisseau et pourquoi les chacals l’ont amené là, mais il est bien vite interrompu par l’arrivée des drones de sécurité sur place qui observent la scène quelques instants avant de commencer à sulfater tous les caissons en vue. Jack est très étonné, car les drones sont supposés être les amis des humains, et il ne parvient qu’à sauver le caisson contenant sa copine onirique en se plaçant devant pour que les machines ne tirent pas et repartent en sifflotant vers d’autres activités.

Jack, l’étonnement passé, décide qu’il serait de bon ton de ramener le caisson en question jusqu’à la tour 49 pour pouvoir y réveiller son occupante et mettre celle-ci hors d’atteinte des chacals jusqu’au matin où il conviendra de prévenir le Tet de cette étonnante découverte. Cela tombe fort bien : la queue de son vaisseau est pile poil de la bonne taille pour que l’on y accroche un sarcophage de ce type, c’est quand même bien fait ! Et voler avec ne pose aucun souci. Hopopop, donc, retour avec le butin jusqu’à la maison. "Coucou Vika, j’ai ramené une fille ! Noooon, pas le balcoooon !"

Arrivé sur place, Jack constate que Vika fait un peu la gueule, puisqu’encore une fois, ce gros corniaud n’a pas respecté les consignes, mettant ainsi en péril leur mission à deux semaines de sa fin. Qu’importe, il est temps de réveiller la jeune femme endormie. En poussant deux boutons, le caisson s’ouvre et la donzelle sort de sa stase, et il faut donc bien vite l’emmener à l’infirmerie tant elle est un peu secouée par la manœuvre.

Mais, durant l’événement, elle a tout de même le temps de regarder Jack et Vika avec étonnement et de murmurer "Jack…" faiblement.

Ce qui surprend notre héros.

Tellement qu’il n’en parlera plus du film.

Allons justement voir à l’infirmerie ce qu’il s’y passe, car la jeune femme ayant pleinement repris conscience et commençant à demander ce qu’elle fout là, nos héros décident donc de tout lui expliquer.

"Comment vous appelez-vous ?
- Julia Popovitch.
- Okay Julia, on va t’expliquer. Ton vaisseau date d’avant la guerre, ce qui veut dire que tu dors depuis 60 ans au moins. Tu t’es écrasée ici avec ton engin spatial et es la seule survivante de ton équipage. Nous sommes en 2077 et la Terre a été ravagée par une guerre nucléaire pour repousser l’invasion d’une bande d’aliens, les chacals. Le coin étant pourri de radiations, tout le monde s’est barré vers Titan fonder une colonie pendant que nous, nous restons ici à obéir à notre station, le Tet, pour s’assurer de la collecte des dernières ress…
- Pfffrrrrt.
- Vous avez ri.
- Non. Pffrt.
- Si, vous venez de le refaire, là.
- Bon, un peu.
- Okay, bonne soirée."

0

Pardon ? Je veux dire : ça ne vous intéresse pas de savoir pourquoi elle rigole, pourquoi elle semble connaître Jack alors qu’elle vient d’une époque où il n’était même pas né, ou encore quels sont ses derniers souvenirs, voire ce qu’elle fout dans les rêves de notre héros ?

Non. A la place, Vika et Jack vont se coucher, après un ultime échange.

"Tu sais Vika, des fois je rêve de cette fille la nuit.
- Ça explique deux trois choses avec les draps. Mais bon, je dis ça mais moi aussi j’en rêve des fois.
- Ah. Bon, n’en parlons plus non plus, ces informations ne sont pas du tout intéressantes.
- Okay."

0

A ce stade, j’avais installé des petits cotons sous mes yeux pour absorber mes larmes de dépit.

La nuit se passe donc, même si au petit matin, avant que Vika ne se réveille, Jack va trouver Julia. Qui lui explique qu’elle voudrait récupérer la boîte noire de son vaisseau afin de savoir ce qu’il a bien pu se passer. Notre héros trouve l’idée raisonnable, et avant que Vika ne se réveille, ils vont tous deux prendre le petit engin volant de Jack pour filer sur le site du crash où, déjà, des pièces ont disparu. Jack précise donc qu’il faut faire attention, car les chacals sortant la nuit, ils pourraient tomber sur eux.

C’est vrai. En même temps, quand vous étiez dans la tour, nous étions au petit matin avec le soleil levant. Mais visiblement, il est parti se recoucher, c’est magique.

Nos héros explorent donc le site plongé dans la nuit pour des raisons qui prouvent qu’écrire l’heure approximative de chaque scène dans la marge du script pour ne pas se planter n’a pas été fait, puisque ça prenait au moins 1 minute 30 sur un coin de table. Et bien vite, Julia trouve la boîte noire ! Joie ! Allégresse ! Hélas, les chacals n’ont pas perdu une miette de la scène et encerclent bien vite nos loulous. Jack tente bien de résister, mais il se fait rapidement péter la gueule par ses assaillants ! Dans un dernier geste, il utilise simplement via une télécommande l’autopilote de son véhicule volant pour le renvoyer à la tour et éviter que l’ennemi ne s’en empare. Vika, qui a assisté à toute la scène, est choquée par les événements… mais refuse d’annoncer au Tet ce qu’il s’est passé durant la nuit, préférant faire confiance à l’instinct de Jack (malheureuse !). Elle se contente de dire qu’il a disparu ce matin en partant en mission, et qu’il serait de bon ton d’envoyer un drone à sa recherche, ce que le Sally accepte.

De son côté, Jack se réveille attaché à une chaise au milieu de l’obscurité. Il entend alors une voix grave s’adresser à lui.

"Bonjour, Jack.
- Qui êtes-vous ? Laissez-moi partir enfoirés de chacals !
- As-tu déjà vu un chacal de près, Jack ? 
- Hmmm attendez que je réfléchisse… 
- Laisse, je vais plutôt te montrer."

Et sort alors de l’obscurité… un humain (ça non plus, vous ne l’avez pas vu venir).

"Voilà, Jack. Voilà qui nous sommes…
- Vous êtes… vous êtes…
- Oui, des h…
- VOUS ÊTES MORGAN FREEMAN AVEC UNE TENUE DE NINJA !
- Oui ! Heu, attends,  non bougre de con ! Nous sommes surtout des humains !
- Mouais, vous êtes quand même vaguement noi…
- Hohohoh houlala ça dérape."

0

La lumière s’allume dans la salle et bientôt, Jack constate qu’il est entouré non pas d’aliens, mais d’humains. Alors depuis toutes ces années, on lui aurait menti ?

"Oui, Jack, on t’a menti. 
- C’est immonde ! Cela dit, je me pose une question.
- Oui ? Je t’écoute Jack.
- Pourquoi alors à chaque fois que je vous croisais vous gardiez vos casques à la con et vos déformateurs de voix à part pour me convaincre de vous tirer dessus alors qu’il suffisait de me montrer votre tête pour que je réalise toute la supercherie?
- Ho. Oui. Bonne remarque.
- Alors ?
- Hem… ho, tu as vu Jack ? Je suis Morgan Freeman avec une tenue de ninja !
- CA ALORS !"

0

Et je me suis abstenu de parler des lunettes de soudeur ou de sa cape piquée dans un Grandeur Nature

D’ailleurs, à partir de ce moment là, plus jamais les chacals ne mettront leur casque du film. Comme quoi, c’était bien juste pour se faire plomber par Jack.

Mais comme si tout cela n’était déjà pas suffisamment naze en soi, Jack ne demande aucune explication et Morgan ne lui en donne de toute manière aucune non plus. Il se contente de lui dire que voilà, ils ont réussi à désactiver un drone et à le capturer, et qu’ils lui ont collé dans le ventre les 10 batteries de drones volées, reconverties en bombes, soit de quoi faire péter plusieurs fois de Tétraèdre. Ils aimeraient donc que Jack reprogramme l’engin puisqu’il est le seul à savoir le faire pour l’envoyer dans l’espace rentrer au Tet. Mais Jack refuse parce que sur le Tétraèdre, il y a plein d’humains en attente de transit pour Titan, et que tuer des gens c’est mal.

Morgan, plutôt que d’expliquer tout ce qu’il sait à Jack pour le convaincre, lui amène plutôt Julia en lui expliquant que s’il n’obéit pas, il demandera à son bras droit, Jaime Lannister (qui doit avoir une sacrée grosse dette à payer pour jouer dans ce film), de tirer une balle dans la tête de la gourgandine voir si cette zone est mortelle chez la femme (par exemple, il a été observé par le passé que la blogueuse mode était insensible aux balles dans la tête, mais qu’il était tout de même possible de leur faire très mal en poignardant des posters de Ryan Gosling ou en mangeant le dernier macaron). Jack grogne quand soudain, une alarme retentit : des drones du Tet sont en approche !

En effet, au-dessus du souterrain où Jack est retenu prisonnier, un drone a utilisé son scanner et malgré les 10 mètres de roche entre lui et la surface, a réussi à détecter… son ADN. La vache, ils sont forts ces drones. Même si 5 minutes plus tard, le même drone n’arrivera pas à détecter un ennemi caché derrière un caillou de 3 centimètres. C’est fou.

Bref, le drone décide de passer à l’attaque de la base des chacals, mais ces derniers montrent à Jack comment ils combattent ces engins : ils attirent leur attention, puis tirent dans un petit clapet derrière le drone qui n’est pas protégé et qui est la partie la plus sensible de l’appareil. Raison de plus pour ne pas la blinder, j’imagine. En deux temps trois mouvements, le drone est donc abattu. Morgan peut donc enchaîner.

"Ah, quelle chance quand même que ces drones volants se mettent à 1 mètre du sol pour attaquer plutôt que de nous canarder depuis le ciel. Tu as donc vu notre tactique de guerre, très efficace ! Ensuite, nous récupérons la pile d’énergie sur le drone et nous le laissons en état pour que tu puisses le réparer et qu’il recommence à nous tuer dès le lendemain. D’ailleurs, sur celui que nous venons d’abattre, tu noteras que l’on est même pas allé désactiver sa balise de détresse qui appelle du renfort. Mais comme le scénariste aussi l’a oubliée, ça va. Un peu comme les deux milliards de caméras que Vika avait au début du film pour tout voir, alors que maintenant on en parle même plus.
- Je… bon, écoutez c’est confondant de nullité. On pourrait pas parler d’autre chose ? Genre pourquoi vous avez fait s’écraser l’Odyssée sur Terre ?
- Ah, si, c’était pour récupérer un mini-réacteur de la NASA dessus afin de parachever notre bombe pour le Tétraèdre.
- Okay… donc, vous me parliez de reprogrammer un drone à ce sujet d’ailleurs. Non ?
- Ho non, tu sais quoi ? Ça aussi on ne va plus en parler. Enfin pas de suite. C’est pas comme si j’étais à deux doigts de faire buter ta copine il y a 5 minutes pour que tu le fasses tellement c’était urgent.
- Alors je fais quoi ?
- Hé bien je te rends sans raison tes armes, ta copine, et même cette très intéressante boîte noire que personne n’a encore écoutée. Je te rends aussi ta moto qu’on t’a tirée en début de film, et je te propose de partir découvrir la vérité.
- Vous ne pourriez pas me la dire directement plutôt ?
- Hahahaha hohohoho… non. Comme dans tous les films pourris, je préfère rester mystérieux quand bien même parler pourrait tous nous sauver la vie. Commence donc par aller dans la zone soit disant radioactive, là tu trouveras la vérité.
- Mais ? Elle couvre presque la totalité de la surface du globe ! Vous pourriez pas être plus précis ?
- Non. Allez, salut mec."

0

Sans poser de questions, et il vaudrait mieux pour lui, Jack file donc jusqu’à la partie encore visible de l’Empire State Building (qui n’est pas dans la zone radioactive) et se sert de l’antenne locale pour demander à Vika de lui envoyer son vaisseau volant pour qu’il vienne le chercher avec Julia. En attendant l’appareil, nos deux héros font le tour du coin, et Jack a encore des flashbacks de lui et Julia, avant la guerre, passant du temps ensemble à cet endroit. Il décide donc d’interroger la belle sur ce que c’est que ce bordel, ha, dis.

Celle-ci accepte enfin de parler et lui explique que oui, elle le connait, lui, Jack Harper. Et que oui, ils sont allés ensemble ici, au sommet de l’Empire State Building quand tout était encore calme et heureux, et que c’est là que Jack l’a demandée en mariage. Et tous les souvenirs de ce jour reviennent à notre héros, qui sait qu’elle dit la vérité. Mais Jack n’est pas au bout de ses surprises : Julia lui annonce que Jack était astronaute et qu’en 2017, lui et elle avaient été envoyées en mission pour explorer Titan. Sauf qu’en chemin, la NASA a repéré un gros tétraèdre extra-terrestre approchant de la Terre, et le vaisseau a été envoyé à sa rencontre. Jack et Vika (oui, elle aussi était là) ont donc été sortis de leur sommeil en caisson pour aller voir de quoi il retournait (ne me demandez pas comment Julia a pu voir tout ça puisque, justement, elle pionçait dans sa caisse, tout est lamentable)… et qu’après elle s’est réveillée dans la tour 49. Jack ému par tout cela fait donc un gros câlin à celle qui est en fait sa femme, même s’il ne pige pas bien comment il peut avoir connu l’avant-guerre, qui était il y a plus de 60 ans, et ne constate que trop tard qu’il n’a pas entendu arriver son appareil volant.

Après tout, ce n’est qu’une sorte d’avion à réaction : un truc qui approche silencieusement, c’est connu. Non, ce film n’arrête jamais.

Vika, par la caméra de l’appareil, voit donc l’étreinte des deux loulous et en pleure de jalousie. Aussi, lorsque Jack et Julia reviennent à la base, elle ne leur ouvre pas la porte du petit loft perché, et fait la gueule de l’autre côté en disant "De toute façon j’ai toujours su que tu préférais cette fille qu’on avait dans nos rêves, j’en ai marre, pour la peine je dis au Tet que tu as désobéi et qu’il reste une survivante du crash de l’Odyssée ! Na !".

Mal lui en prend car dans le garage de la tour, le Tet donne l’ordre au drone en rade de se réveiller (oui, il lui manquait des pièces, ce qui justifiait sa présence là, mais pif pouf, il les a à nouveau, à part son blindage)… et de tuer tous les gens du coin. Vika est donc très étonnée de voir le drone surgir de la cave en grognant et… lui sulfater la margoulette.

Hé oui.

Jack et Julia sont donc eux aussi bien étonnés de voir leur amie se faire désintégrer le museau sous leurs yeux, et ne doivent eux-mêmes leur salut qu’à l’intervention de Julia utilisant les armes de l’aéronef de notre héros pour se débarrasser de l’assaillant mécanique. Avant de partir, puisque des renforts vont sûrement bientôt arriver, Jack se rend au poste de communication de feu Vika pour y voir apparaître le visage de Sally.

En plus, Julia a l'air tellement aimable... on a follement envie de l'aider.

Julia a le syndrome de l’actrice moderne de Blockbuster : elle fait toujours la même tête. Quel talent.

"Bonjour Jack, je suis Sally : on ne s’est jamais vus puisque quand je communique avec Vika, tu es occupé sur le terrain. C’était pour te dire que toute cette histoire de drone pulvérisant Vika n’est qu’un gros malentendu : viens me rejoindre sur le Tétraèdre avec la survivante de l’Odyssée, nous aimerions vraiment faire sa connaissance ici. On prendra un verre et ce sera sympa comme tout. Le champomy est au frais, viens vite !"

Mais Jack n’est pas homme à se faire rabouiner si aisément : il préfère donc fuir avec Julia à bord de leur petit appareil volant. Pas de chance pour lui : d’autres drones arrivent et se lancent à la poursuite de l’appareil lors d’une séquence qui fait woush, wuiiiiz, vroum et tacatacata. Au final, Jack parvient à se débarrasser des trois poursuivants, même du drone du trio qui met des coups de pare-choc (là encore, je ne rigole pas : on avait pas dû expliquer à celui-là à quoi servaient ses mitrailleuses). Mais son appareil sévèrement endommagé, il s’écrase dans le désert du côté de la zone super-radioactive. Et le dernier drone qu’il a vaincu s’écrase non loin.

Jack rampe donc hors de l’épave avec Julia, pour mieux aller voir ce qu’il reste du drone ennemi. Mais à peine a-t-il commencé à courir les dunes qu’il aperçoit un autre appareil volant comme le sien arrivant : un autre technicien est en train de s’apprêter à remettre en route ledit drone !

Comment est-il arrivé aussi vite ? Et surtout, pourquoi rentre-t-il tranquillement dans la zone über-radioactive alors que c’est supposé être über-interdit, justement ? Hop, ça aussi, à la trappe, allez zoup. Rien n’a de sens, c’est génial.

Toujours est-il que voyant le technicien s’approcher du drone, Jack fonce droit vers lui en lui hurlant de ne rien en faire, tant il semblerait que les choses soient plus complexes qu’il n’y parait de prime abord. Mais en abordant ainsi le personnage, celui-ci se retourne, l’arme à la main et se révèle être…

Un autre Jack Harper !

"Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?" s’exclament donc les deux hommes, mais le temps presse, car le technicien a eu le temps de changer une pièce (comme toujours, c’était la seule chose qui posait problème) sur le drone endommagé, et celui-ci se rallume. Jack de la zone 49 saute donc sur Jack de la zone 52 (c’est marqué sur son uniforme) et lui pète donc la gueule en profitant de son trouble en voyant Julia (il a aussi les mêmes souvenirs semble-t-il) pour aller à nouveau désactiver le drone avant que ça ne tourne au carnage. Il y arrive, mais dans la bataille, un coup de feu est parti et a bien évidemment touché Julia en plein bidou. Jack est bien embêté, parce que les filles mortes c’est quand même vachement moins intéressant : il attache donc comme il le peut son clone assommé, met sa copine dans un coin d’ombre, et s’empare du véhicule du technicien qu’il vient de rosser pour aller chercher de quoi soigner ce bobo.

A noter que l’on découvre que les drones comme les véhicules obéissant à la voix, il suffit à Jack de dire qu’il n’est pas Jack – 49 mais Jack – 52 et ça marche. Mais jamais notre héros ne pensera à user de la même ruse sur les drones qui le recherchent, c’est ballot.

Jack file donc à la tour 52 et y découvre… une autre Vika. Bon, il se dit que tant qu’à faire, hein, autant en profiter aussi lui fait-il un petit bisou. Faudrait pas avoir fait tout ce chemin sans rentabiliser un peu. D’ailleurs, Vika, qui je le répète, voit tout ce que les caméras voient, particulièrement celles du véhicule volant de Jack, n’a rien vu du Jack – 52 se faisant péter la gueuler par un Jack – 49 quand bien même c’est arrivé pile devant les caméras de l’engin.

Bon sang, mais… c’est volontaire ou bien ?

Toujours est-il que Jack récupère une trousse médicale dans la tour et repart trouver Julia dans la zone interdite. Sur place, il constate que son clone a disparu (et s’est barré : il était juste à côté de Julia, la femme qui hante ses rêves, et venait de découvrir qu’il avait un clone, mais ne lui a pas demandé la moindre explication. Pourquoi faire ?) et que Julia est encore en pleine forme puisque les balles dans le bidou, c’est très surfait. Un coup de bombe froide et d’éponge magique et on en parle plus ! Sitôt la jeune femme soignée, Jack l’emmène dans sa petite clairière magique où il a sa cabane pour reconquérir son coeur dans cet écrin de verdure, et aussi philosopher un peu. Ne suis-je qu’un clone de celui que tu as aimé, Julia ? Ces souvenirs sont-ils vrais ou peut-on considérer que ne les ayant pas véritablement vécus, ils ne sont qu’une illusion de mon esprit ? Pourtant, mon amour est réel et…

"Oui c’est bon, moi tout ce que je vois c’est qu’avec des clones de toi, je vais pouvoir me faire une sacrée orgie."

Quel esprit pratique, cette Julia. Mais l’heure n’est pas à la déconne : après quelques câlins pour la forme, notre héros explique que quoi qu’il y ait à l’intérieur du Tet, cela l’a manipulé. Cloné. Et employé à participer à l’extermination de l’humanité. Il veut donc retourner voir les chacals pour les aider à achever cette histoire de bombinette. Julia lui dit qu’elle va l’accompagner, ah mais, et tous deux retournent donc au QG des chacals où attendent toujours Morgan Freeman et Jaime Lannister. Ces derniers les accueillent avec de grands sourires.

"Bon retour parmi nous, Jack Harper. A toi aussi, Julia Popovitch… enfin, Julia Harper.
- Bon sang Morgan Freeman, vous aviez raison ! J’ai découvert la vérité ! Vous avez bien fait de ne rien me dire et de me laisser partir avec Julia et la boîte noire de l’Odyssée qu’on a toujours pas écoutée d’ailleurs ! Vous saviez que j’allais retourner à l’Empire State Building alors que vous m’aviez donné des informations qui n’avaient rien à voir, vous saviez que je n’allais pas entendre mon appareil volant à réaction approcher pendant que je serais en train de faire un câlin à Julia, et que cela rendrait jalouse Vika, que vous n’avez pourtant jamais vue. Vous saviez que du coup, Vika avertirait le Tet provoquant ainsi une course poursuite où je réchapperais de la mort avec Julia en m’écrasant à côté d’un drone dans une zone où alors que c’est interdit, un clone de moi viendrait réparer ledit drone, et donc que là et seulement là, je pourrais réaliser la vérité.
- Hem je… heu… oui, je … j’avais bien évidemment prévu tout ça. Puisque c’était… complètement prévisible… bien sûr. 
- C’est vraiment épatant. Alors que vous auriez juste pu me dire la vérité et me proposer d’aller visiter une autre tour comme la mienne pour me prouver votre récit tout en provoquant en bonus un chaos général chez les serviteurs du Tet qui découvriraient alors leur condition et ne manqueraient pas d’en informer les autres tours. Vous êtes vraiment fort Morgan Freeman.
- Hahaha je… oui. Hem, bref, si on changeait de sujet et que je te racontais plutôt la VRAIE histoire et pas celle qu’on t’a apprise ? 
- Mais vas-y pépère fais toi plaiz’"

0

J'aime bien le concept du mec qui porte des lunettes de soudeur dans le noir.

Père Castor 2077

Et donc Morgan de raconter qu’en 2017, il y a 60 ans de cela alors qu’il était encore un tout jeune soldat, il a vu le Tet arriver en orbite de la Terre. Puis faire exploser la Lune. Et enfin, des vaisseaux arrivèrent pour débarquer, non pas des drones (ce qui aurait été intelligent) mais des milliers de clones de Jack Harper, le célèbre astronaute de la mission Odyssée qui avait dû tomber aux mains de l’ennemi d’une manière ou d’une autre ! Et le massacre fut complet puisqu’en plus, Tom Cruise étant une cible très petite, ça n’aidait pas à riposter.  Donc non, l’humanité n’a pas gagné la guerre. La planète n’est d’ailleurs même pas radioactive (personne n’a jamais pensé à demander un compteur pour voir les zones dangereuses ou non pour se promener sans combinaison), et les tours qui génèrent de l’énergie sont en fait là pour alimenter le Tet, qui assèche ainsi les planètes l’une après l’autre. Morgan Freeman n’explique pas comment les milliers de clones de Jack Harper ont pu détruire les restes de l’humanité en 2017, puisque bon, déjà ils ont dû se poser des questions en réalisant qu’ils étaient les clones des uns des autres, et ensuite Jack Harper ne combattait les chacals que parce qu’il ignorait qu’ils étaient humains. Or à l’époque, je doute que tous les réfugiés humains aient eu des gros casques idiots pour se faire passer pour des chacals. Allez hop, encore un truc d’évacué.

Ce film est incroyable.

Morgan explique enfin que jusqu’ici, ils n’avaient jamais pu convaincre un Jack de s’allier à eux. Mais qu’un jour, en voyant Jack -49 ramasser un livre tombé à terre pour le lire, ils ont compris qu’il était gentil (Morgan cite même le passage précis que Jack a lu au début du film, quand bien même il n’a aucun moyen de le savoir, c’est magique).

D’ailleurs, tant qu’à savoir que Jack savait lire, moi plutôt que d’essayer de l’approcher pour lui parler et de me prendre ses drones et des balles dans le museau, j’aurais plutôt laissé des messages écrits pour lui où on lui expliquait tout en lui disant "Va voir une autre tour si tu me crois pas" sur des sites où il suffisait de l’attirer (avec une balise de détresse de drone, comme ils avaient su le faire pour lui tendre un piège). Comme ça, pas de risque. Mais c’est sûrement ma fourberie naturelle qui parle. Après, je ne sais pas, ils auraient pu être taquins : je m’étonne que les drones vandalisés n’aient pas été retrouvés avec des messages écrits sur la coque comme "Prout" ou "Celui qui lit ça est un clone". Ces chacals manquent terriblement de créativité.

Achevant son récit, Morgan explique qu’il ne suffisait plus que d’une étincelle pour que Jack – 49 puisse voir ses souvenirs remonter en lui : faire tomber l’Odyssée sur Terre pour que sa femme Julia revienne et lui secoue un peu les souvenirs. Un plan très intéressant, si Morgan n’avait pas expliqué plus tôt dans le film qu’il avait amené l’Odyssée sur Terre pour une autre raison, à savoir récupérer une pièce dessus pour finir sa bombe destinée pour le Tet. Et qu’accessoirement, il ne pouvait pas prévoir que Jack viendrait sur place (ça lui était interdit) et n’arriverait à sauver qu’un seul sarcophage, et pile poil le bon en plus. Qui a dit téléphoné ?

Sans compter que Julia, on peut la féliciter : souvenez-vous qu’à son réveil dans la tour 49, alors qu’elle avait Jack en face d’elle et aucun moyen de savoir qu’il n’était qu’un simple clone, jamais elle n’a tenté de dire à Vika et lui la vérité. C’est vraiment d’une nullité crasse.

Rappelez-moi quel passage était réussi dans ce film, déjà ? Non parce que là en est quand même en train de découvrir que même les mauvaises scènes étaient encore plus nulles et incohérentes que prévu.

Bref, qu’importe : Jack connait la vérité, Morgan est content, et il y a de quoi envoyer la bombe sur le Tet. Sauf que… sauf que le Tet lui n’a pas abandonné la partie et a envoyé des drones chercher Jack et ses amis ! Et ils les ont découverts ! Les chacals sont bien ennuyés d’ainsi voir leur base être compromise au moment où ils allaient enfin pouvoir débuter leur grand plan pour faire sauter le Tet, et la bataille s’engage donc. Pif paf pouf, des anonymes meurent, des drones sont mis hors de combat, et alors que leurs balles désintègrent habituellement l’ennemi, lorsqu’elles touchent Morgan Freeman, elles se contentent de lui faire de petits bobos. Quant au drone reprogrammé qui devait porter la bombe jusqu’en orbite… il a été endommagé et ne peut plus servir à grand chose. Il faut donc changer de plan.

Oui, et les trois drones que vous venez d’endommager et qui étaient réparés avec du chewing gum au début du film (là encore, tristement véridique), non ? Non. Nos héros décident donc que quelqu’un va plutôt devoir prendre le véhicule volant local et aller jusqu’en orbite porter la bombe en personne. Mais Sally ne va-t-elle pas se douter de quelque chose ?

"Non" explique Jack "Sally voulait que je lui apporte Julia… je vais le faire. Et apporter la bombe avec." Ho oui, sacrifions nous mon amour, ce sera tellement plus dramatique que de prendre 5 minutes à réparer l’un des drones qu’on a sous la main. Ou d’envoyer l’appareil en pilote automatique, puisqu’on nous a bien montré qu’il y en avait un, apporter le petit cadeau à maman.

Raaah.

Soit : le plan est donc de rendormir Julia dans son caisson, de mettre la bombe dedans, d’accrocher le tout à l’aéronef et de quitter l’atmosphère sans problème avec cet attelage branlant qui…

Oh tiens mais au fait, attendez : d’où il sort le sarcophage ? Ils ont tous été détruits, et celui de Julia est resté à la tour 49, non ? Et bien si, mais pouf : un sarcophage marqué "Odyssée" avec le nom de Julia Popovitch apparaît au milieu de la base des chacals ! Formidable. Julia s’allonge donc dedans, et Jack lui souhaite de faire de beaux rêves de leur folle idylle avant de refermer le capot… et d’endormir la donzelle avec la bombe à ses côtés. Puis, il grimpe dans son véhicule et file vers les cieux pour sa dernière mission.

Et non, pas de soucis de turbulences en quittant la Terre, de quoi me parlez-vous ? Son petit engin n’a aucun problème pour faire ça.

Cependant, le trajet est long et Jack n’a pas la radio : il a cependant à son côté la boîte noire de l’Odyssée, qu’il n’a toujours pas écoutée quand bien même elle devait expliquer pas mal de trucs, et qu’il a emmenée avec lui pour que l’humanité ne puisse jamais connaître la vérité (ou bien juste parce qu’il est juste très con). Et appuyant sur play pour entendre les dernières communications de la navette… flashback.

Nous sommes en 2017. L’Odyssée, fier vaisseau international qui devait aller faire une mission sur Titan est dévié de sa trajectoire pour aller inspecter un énorme tétraèdre extra-terrestre se dirigeant vers la Terre. A bord, l’ambiance est bonne, mais sage : seuls les deux pilotes sont éveillés, à savoir le commandant Jack Harper et son second, Vika. Derrière eux, les autres membres d’équipage dorment dans leurs caissons puisque l’on a estimé qu’un premier contact avec une civilisation alien ne valait pas le coup de les réveiller. Depuis la Terre, nos héros communiquent avec la Nasa et leur contact au sol : Sally. Celle-ci leur donne des consignes sur leur trajectoire et ce que l’on attend d’eux, à savoir approcher doucement l’objet inconnu. Sauf qu’arrivés à une certaine distance, le vaisseau ennemi commence à attirer le leur, et même avec les moteurs à fond, il parait impossible de s’en sortir ! Jack décide donc que s’il est impossible de fuir, il faut au moins sauver ses compagnons en sommeil : il décroche donc l’arrière du vaisseau qui est "programmé pour retourner dans l’orbite de la Terre". Ce qu’il fait, abandonnant ainsi sa femme.

Et son plan fonctionne parce que oui, la partie principale du vaisseau avec les moteurs à fond n’arrive pas à échapper à l’attraction de l’objet alien, par contre la partie envoyée à la dérive regagne la Terre tranquillement, sans puissance. D’accord.

Donc oui, le plan de Jack était très con, mais il marche quand même. Mais s’il savait que ça allait marcher, dans ce cas il aurait pu aussi bien se planquer avec Vika dans cette partie retournant vers la Terre, hein, puisqu’il y avait la place pour et même leurs caissons personnels. Mais autant rajouter des incohérences au sein même des incohérences, des fois que.

Jack, réalisant avec effroi que son lui originel était déjà con comme un bulot

Et des incohérences dans les incohérences des incohérences (ah bin oui, il y a du talent) puisque la boîte noire, pourtant récupérée dans la partie arrière de l’Odyssée lorsqu’elle s’est crashée sur Terre, contient aussi les conversations qui ont eu lieu dans l’avant du vaisseau une fois détaché ! Magnifique. Et c’est vraiment juste pour se planter puisque cela n’apprend rien : on voit juste qu’une porte s’est ouverte au sein du tétraèdre, avalant le vaisseau et… c’est tout.

Le tétraèdre a donc simplement cloné ses deux prisonniers pour s’en faire une armée de serviteurs, puis a pris, pour les tromper, l’apparence de Sally dans ses communications avec eux pour avoir une forme familière à leurs esprits. Fort bien. Quel dommage qu’en envahissant la Terre, tu n’aies pas pensé, gros machin, à capturer d’autres humains pour pouvoir varier tes clones. Du genre, ceux qui étaient dans les caissons de l’Odyssée lorsqu’il s’est crashé, les ramener à bord plutôt que de les faire mitrailler par tes drones, non ? Mais est-on encore à ça près ?

Revenons en 2077 alors que l’enregistrement de la boîte noire terminée, Jack et son vaisseau pénètrent à bord du tétraèdre, trop curieux de voir Julia pour lui refuser l’entrée. Comme quoi, encore une fois : il aime les survivants mais n’en fait pas. Allez, finissons cette bouse : notre héros est escorté avec son appareil jusqu’au cœur du vaisseau ennemi, où l’attend juste une sorte de gros tétraèdre volant avec une sorte d’œil rouge, qui ricane très fort :

"Hohoho, Jack, tu es fini. Tu as découvert mes mensonges, mais tu vas mourir et renaître, une fois encore, sans savoir que tu es mon esclave.
- Sauf que j’ai amené une surprise !"

0

Et Jack ouvre le caisson et en surgit…

"Morgan Freeman avec une tenue de ninja ?!" s’exclame bien surpris le tétraèdre.

"Oui, je voulais être là quand tu mourrais vilaine bête. Julia est en sécurité sur Terre. Maintenant, on a une bombe avec nous qu’aucun de tes détecteurs, qui jusqu’ici voyaient tout, n’a réussi à détecter ! Alors, attention, c’est parti : bombinette go !"

Et dans un grand flash, Jack et les millions de clones de Vika et lui qu’il voit flotter dans des cuves autour d’eux, Morgan Freeman, la tenue de ninja et le tétraèdre disparaissent emmenés par la fabuleuse explosion de leur bombe. Aussitôt, sur Terre, tous les drones tombent en panne, quand bien même le film avait expliqué clairement que les drones pouvaient fonctionner sans le Tet, c’est même pour cela que c’étaient eux qui étaient actifs contre les chacals la nuit, alors que le Tet était de l’autre côté de la Terre et que les communications étaient coupées. Mais allons-y ! Et encore une autre incohérence pour la route ? Allez, c’est cadeau : Julia se réveille dans son caisson au milieu de l’écrin de verdure où Jack avait une cabane…  et comprend que Jack a préféré ne pas la faire sauter avec le tétraèdre et l’a laissée là. Certes, mais sachant que déjà que les chacals n’étaient pas censés avoir le caisson de Julia dans leur base, et que Morgan Freeman l’a déjà utilisé pour aller mourir avec Jack dans leur mission suicide, d’où sort ce deuxième caisson ? Là encore, mystère !

Le tétraèdre kaput, Julia sauvée, la vie peut suivre son cours…

Et quelques années plus tard, nous découvrons que Julia avait visiblement eu l’occasion de tomber enceinte de Jack, puisqu’elle a désormais une petite fille. Elle jardine paisiblement dans son petit coin de verdure, quand soudain, elle voit arriver des gens : impossible, sa cachette est secrète (ah oui ? Et qui t’a déposée ici alors, puisque Jack était parti aussi vite que possible pour sa mission suicide ?) ! Ce sont en fait les chacals, menés par Jaime Lannister, qui ont une petite surprise pour elle… ils ont retrouvé le clone numéro 52 ! Celui avec qui Jack s’était battu !

Toute contente de pouvoir arrêter de faire abstinence, notre Julia sourit naïvement à l’idée de tout ce qu’elle va pouvoir faire avec lui et…

FIN

_____________________________

Quelques heures plus tard, devant une autre résidence.

"C’est génial votre truc ! Et ça marche à tous les coups ?
- Ah non. Ça dépend quand même des cibles. Il faut qu’elle ait des goûts un peu spécifiques, sinon c’est le bordel.
- Comment ça ? 
- Ici nous allons avoir le problème. C’est un peu comme lâcher un lapereau dans un champ avec des loups : ça n’empêche pas un aigle de se pointer et de partir avec la bête, parce que le lapereau est un mets très générique chez ces animaux. 
- Vous pourriez préciser ?
- Vous allez voir tout de suite."

0

Une nouvelle fois, je tirai de ma mallette un sachet contenant des feuilles raturées, et après avoir ouvert la chose pour en extraire le contenu du bout des doigts, je jetai la chose loin devant nous.

"C’est quoi les mots clés cette fois ? 
- "Bouse", "Pognon" et "Problèmes capillaires". J’ai pas mieux."

0

Une fenêtre s’ouvrit en face de nous, et un visage aux narines retroussées fit un large sourire alors que nous parfaisions notre camouflage.

"Cette odeur… ouiiiiii…. ouiiiii…  je la reconnais… c’est pour MOIIIIII !"

La silhouette bondit au-dehors sous le crépitement de l’appareil photo de mon voisin, mais alors qu’elle s’élançait, il y eut un cri terrible et une forme beige et blanche sortit d’un autre fourré non loin pour se saisir du script moisi qui patientait à même le sol et s’enfuir en hurlant  "NOOON ! A MOIII !"

Et sous mes yeux émerveillés d’expert en bouse, je vis Bruce Willis s’éloigner vigoureusement avec sa prise sous les yeux tristes de Nicolas Cage.

La nuit était encore jeune.

Par la fenêtre aux volets grands ouverts, les nuages gris et bas avaient achevé de dissimuler les étoiles, formant une immense couche molle qui tout en cachant la voute céleste, reflétait les lumières orangées de la ville. Un léger courant d’air sortait du radiateur, faisant trembler les figurines d’origami qui encombraient les étagères du petit studio étudiant. Ça et là, d’anciennes affiches de concerts depuis longtemps terminés couvraient les murs aux couleurs dégradées, et parfois, sous le pli d’un recoin de corné, on pouvait voir paraître un trou dissimulé à la va-vite par ce camouflage de papier glacé.

La tête profondément enfoncée dans l’oreiller, Charlène détourna les yeux de ce curieux ciel orangé pour observer l’affiche qui lui faisait face ; sur celle-ci, le héros d’un quelconque film semblait l’observer de ses petits yeux ronds depuis l’abri d’une imposante capuche ; se tournant sur sa gauche, elle sentit le corps de son compagnon se gonflant à chaque inspiration ; le simple fait de voir par la fenêtre le ciel hivernal lui avait donné froid : aussi vite qu’elle le put, elle se glissa jusqu’à lui et se colla à sa peau dont émanait une douce chaleur. Elle eut un petit rire en s’accolant à ce curieux chauffage, et murmura à l’oreille de celui qu’elle soupçonnait de ne pas dormir.

"Cette nuit était… extraordinaire.
- Hmm ? Je sais.
- Je voulais te dire que… je… je t’aime.
- Hmmm…
- Cela fait quatre ans que nous sommes ensemble, et tu vois, ce soir, j’ai l’impression que tu as encore trouvé quelque chose de nouveau à me révéler… une facette de ta personnalité. Une part de toi qui m’était inconnue. C’est peut-être parce que je suis un peu pompette, mais, hihihi !
- Hmm hmm.
- Je… vraiment… je… je t’aime Loïc."

0

Le dit Loïc poussa une profonde inspiration ; il se tourna, la regarda dans les yeux, et constata qu’elle disait la vérité : elle l’aimait. Malgré l’obscurité, elle nota un curieux rictus sur son visage ; il avait l’air de rire sans produire le moindre son. Elle suivit son regard en voyant que celui-ci se déplaçait, et constata qu’il se portait sur l’affiche qu’elle avait précédemment observée. On pouvait y lire :

"Mission Impossible – Protocole Fantôme"

Quel mystère recelait cette affiche ? Pourquoi Loïc semblait-il s’amuser ? Et si Charlène secouait les draps, là, maintenant, allait-elle comprendre le sens de l’expression "silent but deadly" ? Autant de questions auxquelles il convient de répondre ; spoilons mes bons !

_________________________________________

L'affiche : et pas d'idées, non plus, visiblement. Ou alors trop, mais uniquement des mauvaises

Notre histoire commence par une grise journée, quelque part du côté de la gare centrale de Budapest, au pays du paprika.

Sur le toit d’un bâtiment qui n’avait rien demandé, un bellâtre surgit, débouchant d’une cage d’escalier dans laquelle se trouve moult galopins à sa poursuite, visiblement soucieux de l’abattre (probablement pour d’excellentes raisons, comme par exemple sa coupe de cheveux) ; mais ce n’est pas un problème pour notre jeune fripon que nous appellerons Jean-Jacques, comme le veut la tradition de ce blog (vous en déduisez donc naturellement que l’importance du Monsieur pour la suite sera limitée, et vous avez raison). Dans tous les sens, entre lui et ses poursuivants, ça tire, ça râle, mais comme il se doit dans ce genre de film, même lorsqu’il court en ligne droite deux mètres devant ses ennemis, ces derniers vident leurs chargeurs en le ratant comme de grosses tanches selon le règle dite de "James Bond" ainsi énoncée : "Un personnage anonyme n’a que peu de chance de toucher ou même érafler un personnage ayant un nom, et plus il y a de personnages sans nom au même endroit, moins ils ont de chance de réussir quoique ce soit". Cela étant dit, notre loulou finit par sauter du toit où il se trouvait pour filer en contrebas, s’aidant dans cette manœuvre d’un fameux gadget : une capsule qui une fois jetée au sol, se transforme en gigantesque matelas pour amortir sa chute. Je ne vous cache pas que je veux la même chose dans ma garçonnière, mais passons sur les raisons qui motivent chez moi cette soudaine et déraisonnable envie d’achats (probablement l’approche de Noël).

Après avoir semé les méchants qui voulaient le transformer en pulpe, Jean-Jacques se rend dans une petite ruelle où une blondinette l’attend ; mais à peine a t-il aperçu la donzelle que son téléphone fait "Bidibip !" pour lui annoncer qu’il a un SMS : il regarde donc son appareil et, ce faisant, détourne son attention de la damoiselle, ce qui est une grosse erreur tant l’on connait la fourberie naturelle de ces êtres. En effet, celle-ci sort promptement un pistolet et lui envoie trois balles dans le museau, ce qui est tout de même moyennement sympa. Cela fait, elle vient le prendre dans ses bras alors qu’il choit, pour lui faire un câlin tout en lui mettant quatre autres pruneaux dans le bidou. Oui, cette action n’a aucun intérêt pour elle, à part celui de frotter tout son ADN contre sa victime et de prendre le risque de voir le mourant tenter une dernière action, genre plantage de couteau, mais on va dire qu’elle fait ça parce qu’elle est secrètement excitée par les gens qui agonisent longuement (Valérie Giscard d’Estaing doit être une sorte de grand fantasme pour elle ; agoniser depuis 1981 tout en jouant de l’accordéon, c’est quand même balaise).

Une fois cela fait, la damoiselle se relève, récupère sur sa victime une sacoche, et s’en va du bon pas de celle qui vient de faire du bon travail (ou qui a des soldes à faire, c’est selon). A côté du mort, on aperçoit alors son téléphone avec le dernier message qu’il venait de recevoir : un MMS (si, si) avec une photo de la blondinette marquée en gros "ASSASSIN" ; visiblement, le message est arrivé trop tard. Et, oui, la nana, bien que n’ayant pas pu ignorer l’appareil avec sa photo en gros, a décidé de le laisser sur place, histoire que tout le monde puisse se lancer à sa poursuite.

Ça commence fort.

Mais ne nous attardons pas sur cette jeune fille aux moeurs douteuses et au professionnalisme consternant, et allons plutôt du côté de Moscou, quelques temps plus tard. Par une belle nuit, nous voici au coeur d’une prison de la capitale russe, où l’on peut entrapercevoir dans une chambrée endormie un prisonnier tuant l’ennui en faisant ricocher un gros caillou contre un mur ; le genre de bruit un peu lourd qui risque de réveille tous ses camarades avec un furieuse envie de lui bourrer la gueule (enfin, uniquement dans le meilleur des cas), mais je dis ça, c’est pour éviter une fin de nuitée douloureuse à ce gourgandin des plus naïfs. Bref ; pendant ce temps, à l’extérieur, deux agents du groupe Mission Impossible, travaillant pour la CIA, sont à pied d’oeuvre : il s’agit d’un côté de Benji Dunn, informaticien surdoué qui depuis une camionnette, vient de pirater toute la sécurité de la prison, et de l’autre de Jane Carter, donzelle relativement poumonnée qui attend patiemment dans les souterrains de l’endroit le moment où elle devra récupérer le prisonnier qu’ils sont venus chercher.

Dès que tout le monde est en position, Benji commence à ouvrir des portes de cellules un peu partout dans le pénitencier, et une émeute démarre bien vite ; finalement, le verrou de la chambrée du détenu amateur de ricochets minéraux s’ouvre, et nous découvrons dans la lumière le visage de celui-ci : il s’agit bien évidemment d’Ethan Hunt, le chef surdoué (J’en ai vu un pouffer ! Oui ! Je t’ai vu, au fond, galopiot ! Tu viendras me voir à la fin de l’article !) du groupe Mission Impossible ! Et comme toujours, il fait n’importe quoi (une spécialité chez lui), en commençant par refuser de s’évader malgré le plan établi (peut-être aime t-il le confort douillet des prisons d’ex-URSS). Car oui, il a mieux à faire : faisant signe à Benji via les caméras de l’endroit, il lui ordonne d’ouvrir des portes pour se frayer un chemin dans l’émeute jusqu’à une cellule où il a un pote à récupérer, un Russe bedonnant prénommé Bogdan. Sûrement son petit gros porte bonheur (le mien est ministre du travail).

Passons sur les détails consternants de cette épopée, mais malgré ce changement de plan comme ça, pouf pouf, juste pour rigoler, l’arrivée d’unités anti-émeutes (qui se font tataner malgré leur tenue par un Tom Cruise nain seulement équipé d’un marcel crasseux et d’un pantalon qui sent l’urine) et les hordes de prisonniers déchaînés se promenant de-ci de-là, Ethan et son pote Bogdan finissent arriver jusqu’au point d’extraction, une petite salle de la prison sous laquelle se trouve l’agent Carter embusquée dans son souterrain. En deux coups de gadgets magiques, elle a tôt fait de faire s’effondrer le sol de l’endroit, permettant aux deux filous de s’enfuir, allant rejoindre la camionnette de l’ami Benji avant de prendre le grand large.

Dans ce film aussi on met les femmes dans des caves : il marque des points auprès de moi

Et là, générique. Spectateur, sache que c’est probablement le générique le plus idiot du monde, puisqu’on y voit – sur fond du célèbre thème de Mission Impossible -  des gros plans sur les scènes à venir du film. Comme ça, vous savez déjà ce qu’il va se passer lors de scènes "phares" ; je regarde ma montre : 10mn, et j’ai déjà la fin du film. Bravo.

Allez, assez bavé : revenons à nos moutons. Dans la camionnette, tout le monde est trop content de cette évasion réussie, mais s’étonne quand même "Dis-donc Hunt, c’est moi ou tu as failli foutre tout le plan en l’air juste parce que tu as eu envie sur le coup de sortir un pote, comme ça, pouf, sur un coup de tête et sans prévenir personne ?" ; Ethan n’hésite donc pas à répondre "Nan c’est pas toi, c’est juste que je suis un gros con". Ou alors, ça je l’ai peut-être fantasmé, je ne suis plus sûr. Ah, c’est pas évident.

Bogdan, de son côté, ne se plaint pas : on l’a sorti alors qu’il ne demandait rien à personne, et en plus il est entouré d’agents secrets américains visiblement complètement trépanés puisqu’ils s’appellent par leurs vrais noms et sont à visage découvert ; il s’étonne juste de découvrir qu’Ethan s’appelle Ethan et est natif du pays du hamburger et de JJ Abrams, alors que lui pensait qu’il s’appelait Sergeï et était natif du pays de T.A.T.U et de Vladimir Poutine (car oui, Ethan parle tellement bien le russe qu’il n’a aucun accent, et maîtrise parfaitement le jargon des prisons moscovites au point que personne ne s’est jamais douté qu’il pourrait être vaguement étranger, quel homme). Oui, la Russie a des spécialités curieuses. Qu’importe : Bogdan est gentiment confié à une autre équipe pour pouvoir fuir les autorités du coin, et le trio Hunt – Carter – Dunn poursuit sa route paisiblement, continuant de discuter de sujets divers & variés. A commencer par la raison de cette évasion : Ethan, qui semble t-il était en prison pour avoir un peu merdé lors d’une précédente aventure, se demande bien pourquoi on est venu le sortir de là, et la réponse tombe bien vite : la CIA a un gros souci. Pour mieux saisir la chose, Carter explique donc plus en détails ce qu’il s’est passé à Budapest quelques temps plus tôt lors de la scène d’ouverture du film. Suivez bien.

A Budapest, Benji, Carter et Jean-Jacques, le simili-remplacement de Ethan quand celui-ci est occupé dans des douches de prisons moscovites, devaient intercepter un "courrier" transportant des documents sensibles en gare de la capitale hongroise (Ethan pense que l’on parle de la recette de la pálinka de prunes, activement recherchée par la CIA comme arme de destruction massive, suite au célèbre attentat dit de "L’implosion des latrines du Pentagone"  de 1997) . Pour ce faire, Jean-Jacques portait d’ailleurs une superbe lentille de contact contenant un micro-ordinateur, lui permettant de trouver dans une foule la cible transportant les documents uniquement à partir d’une vieille photo de permis de conduire : pratique. Sitôt que sur sa rétine est apparue en surimpression un petit cadre rouge autour d’un Monsieur avec marqué "Vas-y Jean-Jacques, choppe-le, c’est lui le rabouin !" (les lentilles de contact ne sont pas connues pour leur éducation, c’est consternant), le bougre d’agent s’est lancé à sa poursuite, lui a envoyé un peu de sédatif et lui a tiré son sac comme un vulgaire voleur de poules. C’est alors qu’il a constaté qu’il n’était pas seul sur le coup : d’autres agents impossibles à identifier se sont lancés à sa poursuite, tentant de l’abattre parce que merde, il ne serait pas dit que quelqu’un volerait au coeur de la Hongrie la recette de la pálinka de prunes.

La suite, vous la connaissez : Jean-Jacques parvient à fuir, se rend dans une ruelle et là, il rencontre son destin. Enfin pour être exact : il aperçoit la blonde arrivant en face de lui, et sa lentille l’identifie, lui envoyant ainsi un message sur son téléphone pour le prévenir.

Question : pourquoi 10mn avant, dans la gare, la lentille donnait toutes les informations directement sur la rétine, et là se sent-elle obligée d’envoyer des SMS sur le portable de l’agent du genre "Attention, lol ;)", histoire de bien détourner son attention ? Et puis quand bien même : c’est quoi ce concept ? J’imagine le pauvre mec qui fait une planque avec ce genre de matériel et qui du coup, dès qu’il voit passer un agent ennemi, se retrouve à faire BIDIBIDIBIIIIIIIIP pour bien se faire repérer. Bref.

Donc, disais-je avant de m’interrompre, Jean-Jacques se fait abattre comme le gros nase qu’il est, mais là, attention, passage obligé : à peine son assassin a t-il disparu au coin de la ruelle, emportant la précieuse sacoche à documents, que Benji et Jane débarquent en courant, PILE à la seconde où la nana a tourné au bout de la rue, PILE en venant des seules directions où ils ne pouvaient pas la croiser, et EVIDEMMENT sans même regarder alentour s’il n’y aurait pas la nana affichée en gros sur le téléphone portable du mort pas loin (car techniquement, il leur suffit de faire 3 mètres et d’avancer au coin du passage pour la voir, surtout qu’elle s’enfuit en marchant, formidable). Quant à Jean-Jacques, il n’est pas mort-mort, il est juste mort-mourant : Jane a le temps de le prendre dans ses bras, simplement pour le voir pleurer et l’entendre dire "Jane, je t’aimeuuuuuaaaarghhhhh…".

Oui enfin, tu dis ça, mais en moins de deux minutes, tu t’es laissé choir dans les bras de deux damoiselles différentes, petit trainé.

En tout cas, ce moment est tellement caricatural qu’il déchire la trame de l’espace-temps et nous renvoie dans la camionnette de Mission Impossible dans le présent, où Jane jure qu’elle se vengera de cette radasse blonde d’assassin, dont elle a obtenu le nom : il s’agit de Sabine Moreau, vilaine française connue pour être l’un des meilleurs tueurs si ce n’est le meilleur au monde (ah bah putain, une professionnelle qui se frotte à ses victimes avant de laisser en évidence un téléphone avec sa photo en gros, si c’est la meilleure, ça fait rêver quant au niveau des autres ; ils font quoi, ils laissent un bon de passage La Poste "Je suis passé vous tuer aujourd’hui mais vous n’étiez pas là : merci de venir me retrouver à l’entrepôt désert demain soir pour obtenir une mort rapide. Je vous laisse mes coordonnées pour m’appeler si vous ne trouvez pas, c’est derrière le Quick." ).

Mesdames et messieurs : la plus grande tueuse du monde d'après le film. Ca fait très très peur.

Ethan s’interroge cependant : c’est si rude que ça pour les intestins, la pálinka ? Mais Jane le coupe : en fait, les documents dans la sacoche volée, loin de traiter d’alcool de prunes, étaient tout simplement… les codes de lancement nucléaires russes. Car oui, ils se promènent dans la nature, c’est assez courant, et sans que les Russes ne s’en inquiètent, parce que bon, hein, c’est pas comme si c’était important. C’est comme ça à Moscou "Hoooo Mikhaïl, tu as encore paumé le post-it avec les codes de lancements nucléaires, on va encore risquer une guerre, pffff, là on est vendredi soir, mais lundi matin faudra qu’on les cherche, hein".

L’équipe a cependant déjà des ordres quant à la suite : elle emmène donc Ethan à une cabine téléphonique d’une banlieue pourrie de Moscou, où en composant un certain numéro, surgit non pas la voix sensuelle d’une opératrice téléphonique visiblement soucieuse de raconter des cochoncetés, mais un gros écran avec une voix préenregistrée qui dicte la mission qui attend notre héros.

"Bonjour Ethan. Comme vous le savez, nous vous avons fait sortir de prison pour un but précis : nous avons une mission pour vous, si toutefois, vous l’acceptez (enfin ça serait un peu chafouin de pas la faire alors qu’on vous a sorti de taule, allez, faites pas votre pute). Vous devez vous rendre au Kremlin afin d’obtenir des informations dans les archives de celui-ci sur les potentiels méchants qui pourraient en vouloir aux codes ; pour ce faire, vous serez déguisé en général Kokov, le seul général nain de l’armée rouge, parce que merde, vous êtes Tom Cruise : même avec un masque, ce serait compliqué de vous faire passer pour Tony Parker. Par ailleurs, je vous informe que vous avez moins de 5 heures pour faire cette mission, et que votre équipe sera constituée des deux cons qui vous ont accompagné jusqu’ici. Voilà voilà… je crois que j’ai tout dit… Simone, je suis arrivé en bas de mon texte, comment on coupe l’enregistreur ? Ici ? Bon, heu, hem, ce message s’autodétruira dans 5 secondes, au fait.

P.S : Oui, je sais, vous allez dire "Putain, mais ça sert à quoi d’installer un truc hors de prix discrètement dans une cabine de banlieue moscovite en prenant moult risques, surtout pour qu’il ne serve qu’une fois et qu’on l’autodétruise, quand on aurait pu filer le briefing à vos deux compagnons qui de toute manière, vont faire la mission avec vous, ce qui nous aurait évité de perdre le temps de vous amener jusqu’à cette cabine, sachant qu’on a déjà peu de temps pour agir", mais je vous emmerde, Hunt, vous m’entendez ? Mon mépris est un obélisque dressé sur la plate-bande de votre irrévérence ; en un mot, je vous conchie. Rah, comment ça se coupe ce bidule, est-ce que c’est ce bouton l – CLIC - "

Car oui, à la CIA, quand on veut obtenir des informations du Kremlin, on envoie des mecs en infiltration : ce n’est pas comme s’il existait des fonctionnaires corruptibles en Russie, non mais ho. En tout cas, après avoir partagé les informations du briefing avec son équipe, Ethan et ses deux compagnons se préparent à passer à l’action ; aussi je vous propose de retrouver nos loulous quelques heures plus tard, au Kremlin, une fois que tout le monde est prêt.

Ethan et Benji, déguisés en officiers russes, entrent dans le célèbre bâtiment par la grande porte, où personne ne les passe aux rayons X ou même au détecteur de métaux malgré leurs énormes valises fort peu crédibles, et où un spécialiste de la sécurité qui les aborde ne remarque même pas leur curieux accent américain, une fois encore. Puisque oui : Benji aussi parle le russe comme un dieu, ses heures passées derrière un écran à programmer lui ayant sûrement appris à effacer toute trace de son accent. Passons ; l’équipe parvient à s’infiltrer jusque dans les sous-sols de la célèbre bâtisse, et atteint le couloir des archives, qui est hélas gardé par un malheureux soldat ; que faire ? L’endormir ? Le baratiner ? Se débarrasser d’un soldat isolé, c’est vraiment trop dur pour des mecs de Mission Impossible ; aussi nos héros ont tout prévu : ils ont un écran de toile déployable PILE de la taille du couloir visé (sachant qu’ils n’ont eu que quelques heures pour se préparer, c’est quand même bien foutu ; dire que chez Confo, des fois, faut trois semaines pour avoir la bonne vis, moi je dis respect), avec derrière celui-ci, un projecteur qui envoie sur l’écran une image du couloir vide, calculée en fonction de la perspective depuis laquelle regarde le garde pour qu’il ne s’aperçoive de rien et ait juste l’impression d’observer le couloir désert : de la haute technologie les enfants. Ainsi, nos héros peuvent avancer derrière l’écran en restant parfaitement invisibles (il leur suffit juste de faire avancer le dit écran en même temps), jusqu’à la porte du couloir menant aux archives. Et coup de bol (une fois encore, et ce n’est pas fini) figurez-vous que le digicode et l’ouverture de la porte blindée des archives du Kremlin ne font aucun bruit ! Pas un "Bip !" ou un "Clac !" ; non : dans le plus pur respect de la tradition des bibliothèques, ils ne produisent pas le moindre son. C’est beau.

Seulement voilà : alors qu’Ethan fouille les archives, il réalise que les documents qu’on l’a envoyé chercher sont… des casiers vides. Il n’y a rien là-dedans, que du vent ! Qu’est-ce que cela signifie ?

La réponse vient vite lorsque, sur leur fréquence radio, les agents de Mission Impossible entendent quelqu’un s’exclamer "Ok chef : maintenant qu’on s’est bien infiltrés, j’ai posé la bombe, allez, je fais tout sauter !" : tout cela est un piège, on les a attiré là-dedans pour les faire passer pour des terroristes ! Nos héros décident donc de fuir à toutes jambes, se dispersant dans le bâtiment avant de galoper vers l’extérieur ; ce faisant, Ethan croise un homme habillé en civil et transportant une énoooooorme sacoche qui marche paisiblement dans les couloirs, mais n’y prête guère attention, soucieux de filer promptement dans l’immédiat.

Oui, dans ce film, toutes les sacoches et objets de cuir du même genre sont des objets vaguement maléfiques. Comme le dirait Marine Le Pen "Encore un coup des Marocains".

Meuheuheuheu hohohohoho HINHINHINHINHIN... hem je... hmmm... je suis juste une sacoche d'accord ? Je ne viens pas du tout d'avoir un rire maléfique. Vous avez rêvé.

En tout cas, je vous passe les détails et les ruses de goupil qu’emploie l’ami Hunt, mais il finit par sortir du bâtiment, rejoignant la Place Rouge où il retourne son uniforme militaire pour faire apparaître en-dessous une tenue de paisible touriste… sauf que sitôt sur la place, il aperçoit à nouveau l’homme à l’énorme sacoche de tout à l’heure, et s’étonne que quelqu’un d’autre ait filé du bâtiment aussi vite que lui (surtout que toi tu courais, lui non, explique-moi comment il est sorti avant toi ?) ; il constate d’ailleurs que dans sa sacoche, il semblerait qu’il transporte quelque chose de louche, mais alors qu’il s’approche pour essayer de tirer tout cela au clair, quelque chose de peu banal arrive :

Le Kremlin explose.

Comme ça, broum, la moitié du bâtiment part en fumée, et une partie de la Place Rouge saute à son tour, empêchant le pauvre Ethan de rattraper sa cible : il est purement et simplement soufflé par l’explosion. Il se prend donc dans le nez un bon vieux fondu au noir alors qu’il sombre dans l’inconscience… (quel suspens insoutenable)

A son réveil, Ethan est dans un hôpital ; visiblement, il n’a pas eu de trop gros bobos mais… il est solidement menotté à son brancard. Que… comment ? Pourquoi ? La police l’a-t-elle trouvé ? Est-il au fond d’un donjon belge ? Ces interrogations ne durent guère pour notre homme, puisque rapidement lui apparaît un certain Anatoly Sidirov, agent du FSB, l’ex-KGB, qui a bien envie de lui poser quelques questions. En effet, on a retrouvé sur Hunt une veste réversible servant de déguisement d’officier russe, et en écoutant ce qu’avait enregistré le micro qu’il portait sur lui, ils ont entendu le fameux message pirate "Attention chef, je vais faire sauter la bombe !". Aussi, la conclusion est simple : Ethan est accusé d’avoir participé à un attentat ayant tué moult personnes et rasé une partie de la Place Rouge, Kremlin compris. Flûte, zut, cacaboudin comme on dit.

Mais attendez, hoooo, les Russes, là, vous vous croyez où ? Vous pensez sérieusement arrêter Tom Cruise avec une paire de menottes et un sermon sur le fait que faire sauter les gens, c’est mal ? Vous parlez à un scientologue, là, pas à un type régi par les lois de la raison, malheureux !

Aussi, ni une, ni deux, Ethan a tôt fait de se débarrasser de ces banales étreintes et s’enfuit de l’hôpital via moult acrobaties, avant de récupérer de quoi se fringuer sur divers trucs passant à portée (la vie est bien faite : tout ce dont il a besoin l’attend dans la rue et sans surveillance ; aaaah, Moscou !), et volant même un téléphone tel un racaillou malin afin de joindre son agence pour que l’on vienne le récupérer. Et le soir venu, ce qui est dit est fait : une imposante voiture vient le chercher à un coin de rue.

Sauf qu’à l’arrière de celle-ci, ce ne sont pas de simples agents qui sont là, mais le ministre de la justice américain lui-même, Bob Jevaimourir, accompagné de son analyste en chef, William Brandt. Ensemble, ils expliquent à Hunt que la situation sent méchamment le caca : les Russes n’aiment pas trop que des américains se déguisent et fassent sauter des bombes par chez eux ; roooh, quand même. Ils sont un peu soupe au lait, hein ! Ça va, c’est pas comme si on avait fait sauter Versailles ou le Futuroscope, hoooo. Tsss.

Conséquence de quoi, le Président a déclaré le "Protocole Fantôme" : l’agence Mission Impossible est dissoute, et l’ensemble de ses éléments est considéré comme ayant agi de leur propre chef. Ainsi, pour calmer les Russes, le ministre de la justice a reçu comme ordre de ramener Ethan au pays pour le juger pour terrorisme, et ainsi le punir d’avoir fait sauter le Kremlin.

Mais le ministre n’est pas comme ça : c’est un vrai, un tatoué, un baroudeur qui connait bien Ethan et croit en lui, qui a tellement donné pour son pays : il lui propose de le laisser quitter la voiture en faisant comme s’il s’était échappé, d’aller retrouver Benji et Jane, et de poursuivre le boulot de Mission Impossible pour retrouver qui est derrière toute cette sombre histoire de coup monté. D’ailleurs, à ce sujet, Ethan a bien une petite idée : il fait un dessin en 15s sur sa main pour représenter le visage du mec louche qui était sorti du Kremlin en même temps que lui, et le montre à Brandt, l’analyste qui évidemment, connait tout du CV d’un mec dessiné à la va-vite sur une main suante dans une voiture en mouvement par un type l’ayant entraperçu moins de 20s dans sa vie : il s’agit de Kurt Hendricks, un génie au QI de 190 (rien que ça), professeur de physique, ancien des forces spéciales et fanatique de la guerre nucléaire (chacun ses hobbies). Et attention, quelle est la logique du Monsieur et de son gros QI (puisque je doute que tout ça ait été écrit par un mec aussi intelligent) ?

"Hiroshima, Nagasaki… ces villes sont réapparues sur les cendres du feu nucléaire ; aujourd’hui, elles sont des symboles de paix"

Jusque là, d’accord.

"Donc, pour la paix dans le monde, il faut le feu nucléaire dans le monde".

Ok, donc on retrouve le principe de "guerre pour la paix" (Souvenez-vous, en 2003, c’était à l’ONU, maintenant c’est dans Mission Impossible : que de chemin parcouru !), et un concept intéressant, le : "Si on apprend de nos erreurs, alors refaisons-en une qu’on a déjà faite" : bravo, on applaudit ce formidable génie qui a probablement un QI de 190, mais uniquement si on le calcule en années chien, ou un truc du genre.

Pour Hendricks, ceci est un symbole de paix ; je préfère ne pas savoir comment il fait la bise.

Nos héros sont donc tout à ces discussions quand soudain, patatras ! Voici que le FSB, qui suivait la voiture du ministre depuis un moment, décide d’ouvrir le feu sur celle-ci à l’arme de guerre (pas au petit pistolet, plutôt à la grosse sulfateuse) ; en quelques secondes, le chauffeur meurt, le ministre meurt, et la voiture fait une embardée vers la rivière la plus proche, s’enfonçant dans les eaux glacées avec Brandt et Hunt encore vivants à son bord ; problème supplémentaire : la dizaine d’hommes du FSB qui ont eu le véhicule continuent de tirer dans l’eau comme des bourrins pour s’assurer que personne ne sorte vivant de cette histoire. Mais bon : comme vous l’imaginez, pas de quoi impressionner Ethan, qui avec son nouveau compagnon d’infortune, parvient à fuir l’endroit à la nage au nez et à la barbe des brigands d’ex-URSS.

Juste comme ça, en passant : c’est normal que le FSB tire sur des ministres américains (et les tue) sans que ça ne fasse un scandale ? Surtout en plein milieu de la circulation, devant des centaines de témoins, sans compter l’acharnement au-dessus de l’épave dans la rivière pour bien montrer que leur but était de tuer et surtout pas d’arrêter des gens pour les interroger ? Ça ne crée pas une vague petite tension, un truc ? Non. On n’en parlera plus du reste du film : tout le monde semble s’en taper. C’est bien normal, tenez, on imagine bien ce qu’il a du se passer à Washington.

Washington, Maison Blanche – 15:04

"Monsieur le Président, Monsieur le Président !
- Oui Simone ?
- Votre ministre de la justice ! Vous ne devinerez jamais ce qu’il lui est arrivé !
- Bob Jevaimourir ? Merde, trop de suspens, viiiite, dites-moi tout.
- Hé bin figurez-vous qu’on a des centaines de témoins qui confirment que le FSB russe a mitraillé sa bagnole, qu’il a pris une balle dans la tête ce faisant, et qu’en plus ces rascals ont mitraillé la rivière où son véhicule avait fini pour être sûr que personne n’en sorte. C’est plus qu’un assassinat, c’est une déclaration de guerre. 
- Allons Simone, calmez-vous : passez moi mon téléphone. Le rouge, oui, voilà. Merci mon chou. Ah, c’est bon, ça sonne.
- Aлло ?
- Oui bonjour Popov, c’est le président des United States de l’Amérique, dis-donc, j’ai perdu un porte-clé chez toi l’autre jour, tu l’aurais pas trouvé ?
- что ?
- J’avais mis un ministre de la justice au bout pour pas le paumer. Ça te dit quelque chose ?
- Si c’эst gros con dэ Bob Jэvaimourir, nous avoir tuэ lui avэc grossэ ballэ dans la tэtэ. Grossэ rigoladэ. Ho ho.
- Ok, je voulais juste confirmer. Non mais c’est pas grave, c’est qu’un ministre, c’est pas comme si ça avait de l’importance.
- Da, chэz nous on dit "Noэl au ministэrэ, Pâquэs au cimэtiэrэ". Viэux provэrbэ Stalinэ.
- Oui, vous avez de l’humour en Russie. C’est ce que j’aime chez vous. Ça et la vodka en intraveineuse.
- Ho ho, da, on dit aussi "A Noэl tu blaguэs, à Pâquэs t’эs au goulag". Autrэ provэrbe Stalinэ.
- Qu’est-ce qu’on se marre chez vous. Allez, ne parlons plus de cet incident : de toute manière, mon ministre avait un côté chien fou ; il avait bien besoin… d’un peu de plomb dans le crâne !
- …
- C’est une joke, I’m pulling your leg vieux coquin.
- … moi compris. ЛoЛ.
- Héhé, ouais, bon c’est pas tout ça mais je te laisse. Salut mec, hein ! Et bisous à la momie de Lénine ! Voyez Simone : j’ai réglé la crise, n’en parlons plus et allez me chercher un café."

0

Voilà voilà. Revenons donc à Moscou, où Brandt et Hunt finissent par semer le FSB pour aller trouver refuge à la gare, dans un vieux wagon aménagé à l’intérieur en QG high-tech Mission Impossible. Wagon attaché à un train qu’ils ne contrôlent pas, hein, comme ça, ils se font promener leur QG sans pouvoir savoir où ils vont, ou mieux, s’ils se font repérer par les Russes, le wagon peut être livré directement à un endroit précis pour que l’ennemi puisse tout récupérer (enfin à part si le wagon est confié à la SNCF, auquel cas personne ne risque de le revoir avant longtemps). C’est vraiment une belle idée de merde, mais bon, c’est pas comme si je m’attendais à un truc logique dans ce film.

Nos deux loulous retrouvent donc sur place Benji et Jane, et comprennent la situation : désormais, à part ce QG moisi, ils n’ont plus aucune planque, aucun soutien, aucun satellite pour les aider… bref, ils sont abandonnés. Je veux dire : ce n’est pas comme si, parmi eux, il y avait un analyste de la CIA, ex-bras droit du ministre de la justice, non concerné par le protocole fantôme puisque n’appartenant pas à Mission Impossible, capable d’appeler Washington pour leur expliquer la situation et obtenir du soutien en racontant tout ce qu’il sait tant sur l’assassinat du ministre que sur ce que Ethan a raconté sur le coup monté de Kurt Hendricks qui a mis Mission Impossible dans la mouise. Non, vraiment, comment vont-ils faire ? Bin tiens : en fait, ils vont juste pleurer sur leur sort et écouter la mission que leur a donné le ministre juste avant de mourir sur ce que savait la CIA.

Après avoir branché une clé USB, l’équipe voit donc s’afficher sur l’écran géant du wagon (il fallait au moins ça) toute une vidéo, comprenant un portrait du "génie" Kurt Hendricks, ainsi que des éléments intéressants : en fait, Kurt aurait infiltré le Kremlin pour y voler la mallette nucléaire présidentielle, et aurait piégé tant les lieux que Mission Impossible pour faire diversion, occuper les services russes, et faire que dans ce chaos, le FSB mette des jours à réaliser que la valise avait été volée. Maintenant, il ne lui manque que les codes… et pour ça, il va se rendre à Dubaï pour les acheter à Sabine Moreau, la vilaine française !

Je sais que je suis chiant, mais comme ça, à la volée :

  • Comment Hendricks a-t-il fait pour avoir accès aux fréquences/briefings de Mission Impossible et ainsi les piéger ?
  • Comment Hendricks a-t-il fait pour entrer au Kremlin armé, bien que vêtu en civil, lui, aller jusqu’aux quartiers présidentiels, y trouver la mallette (rarement éloignée du président, du coup), y abattre tous les services de sécurité la protégeant sans que personne ne le remarque (ou que l’on parle de tentative d’assassinat sur le président), repartir en marchant pépère et malgré tout sortir de l’endroit avant Ethan ?
  • Comment Hendricks a-t-il fait pour poser un nombre improbable de bombes partout dans le Kremlin et sous la Place Rouge sans que personne ne le remarque à un moment ou à un autre ?
  • Comment Hendricks a-t-il fait pour se promener avec la mallette nucléaire russe sans que ces derniers ne la cherchent d’entrée de jeu, puisque c’est vaguement important, ou mieux, consultent son signal pour s’apercevoir qu’elle se promenait, avant de le retrouver et de lui péter toutes les dents à coups de marteau ?

Réponse : rien.

Vous savez, c’est un peu comme Dumbledore dans Harry Potter : "Oui bon d’accord, tout cela était techniquement impossible à faire ou prévoir, mais bon : c’est un génie". C’est un peu comme "c’est magique", sauf que pour Dumbledore, ça passait encore. Et non, le fait que leur ennemi ait accès aux fréquences et données de leur agence ne semble pas inquiéter plus que ça nos héros, qui décident d’oublier aussitôt ce détail, hop. Comme tout cela est merveilleux.

Cette image n'a rien à voir avec le passage du film que j'évoque, mais elle illustre à merveille le concept de "Mission Impossible : Proctologue Fantôme", alors hop.

Passons sur ces consternants évènements, et allons directement à Dubaï, où notre équipe a décidé d’opérer pour piéger tant Hendricks que Moreau. Au passage, ils ont appris un élément important : Hendricks ne va pas faire le déplacement lui-même jusqu’à Dubaï, il est malin : il va rester caché avec la valise nucléaire ; à la place, il va envoyer son employé préféré, Francis, pour faire le sale boulot. Ce dernier retrouvera Sabine dans une suite d’un hôtel situé dans le Burj Khalifa, la plus haute tour du monde, rappelons-le, avec ses 828 mètres. Bon et sinon : si la CIA savait tout ça, pourquoi ne fait-elle rien ? Elle n’est pas censée savoir que Mission Impossible existe encore et va tenter quelque chose ; allez : on va dire que tout le monde avait posé ses RTT le même jour au Pentagone, c’est encore l’explication la plus crédible. Enfin, accrochez-vous car le plus triste est à venir : Ethan a un plan pour agir.

Attention, concentrez-vous, les limites du raisonnable vont être franchies assez allégrement : au 118e et 119e étages se trouvent deux séries de suites d’hôtel. Sachant que Sabine doit recevoir son acheteur de codes nucléaires dans l’une de celles du 118e, le plan consiste à effacer tous les numéros du 119e et à réécrire "118e", puis à prendre le contrôle des ascenseurs et caméras de l’immeuble, pour que Sabine arrive sans encombre au 118e, et envoyer ses acheteurs au 119e, en leur faisant croire que c’était bien le 118e. L’équipe se divisera alors en deux groupes :

  • Jane se fera passer pour Sabine, et accueillera Francis dans la fausse suite du 119e camouflée en 118e pour lui vendre de faux codes nucléaires dans une valise avec GPS afin de le pister jusqu’à son chef
  • Ethan se fera passer pour Francis et ira acheter les vrais codes à Sabine.
  • Benji de son côté, après avoir géré les ascenseurs, ira déguisé en groom d’une chambre à l’autre, afin de récupérer les diamants que Francis donnera en paiement à Jane pour les faux codes, puis les amènera à Ethan afin qu’il puisse acheter les codes nucléaires véritables à Sabine
  • Brandt lira Pif Gadget dans sa chambre

Ok, vous avez tout suivi ?

Bon bin voilà mon plan à moi : on sait dans quelle suite ils sont ? On les laisse rentrer et on les attend à la porte.

Je sais, c’est trop compliqué, c’était dur d’y penser.

Et hop : on récupère ainsi les codes nucléaires, une assassin mondialement recherchée, le bras droit du mec qu’on veut trouver ainsi qu’en bonus, des diamants pour acheter plein de matos maintenant qu’il n’y a plus la CIA derrière Mission Impossible.

Mais bon, hein, c’est vrai que l’autre plan a l’air techniquement plus cool.

Surtout quand en plus, nos héros découvrent à mi-chemin que pour obtenir l’accès aux ascenseurs de la tour, il va falloir envoyer Ethan à l’extérieur escalader 11 étages pour infiltrer la salle où se trouve les serveurs de l’endroit et y poser un relais. De plus, ils apprennent que Francis n’est pas venu seul : il a emmené avec lui Leonid, un type qui a aidé à concevoir le système nucléaire russe, et qui peut soi-disant ainsi en authentifier les codes de lancement (le pauvre n’est pas volontaire : Francis et Hendricks retiennent sa famille en otage). Cela signifie donc qu’il va être impossible de filer de faux codes à Francis : il faudra lui donner les vrais après les avoir achetés à Sabine, et le suivre jusqu’à son chef avant qu’il ne s’en serve ! Quel bordel ! Et comme il faut les diamants pour acheter les vrais codes… cela signifie qu’il va falloir tout faire en même temps ! Sans compter qu’en plus (les merdes n’arrêtent pas de s’accumuler), les masques qui étaient prévus pour se déguiser en Sabine & Francis sont inutilisables, la machine les fabriquant ayant merdouillé, il faudra donc y aller sans masque et prier pour que ces gens ne se soient jamais vus, même en photo. Enfin, une tempête de sable approche de la ville mais "ça ne devrait rien changer" (bin voyons, on ne le voit pas du tout venir). Ça fait tellement de problèmes techniques qui s’accumulent en boucle qu’à un moment, j’ai cru que je regardais Armaggedon.

Vous voulez vraiment pas plutôt utiliser mon plan qui ne demande comme matériel qu’un pistolet et des sourcils froncés ? Non ? C’est vous qui voyez.

Dans une séquence parfaitement inutile, donc, Ethan Hunt commence donc par se lancer dans l’escalade de la gigantesque tour afin d’aller poser son relais sur les serveurs ; enfin je suis mauvaise langue : ça permet de voir plein d’incohérences. Comme par exemple, le fait que personne ne remarque, sur un immeuble gigantesque entièrement vitré, un mec escaladant 11 étages (probablement 11 étages vides en pleine journée), avant de les redescendre en rappel sur une lance à incendie après avoir explosé une vitre de la salle des serveurs (oui, à part ça, il pose le relais sans soucis, merci). Ho, et d’ailleurs, petit passage intéressant : Tom Cruise a des gants d’escalade high-tech qui adhèrent à toutes les surfaces pour cette mission ; l’un des deux tombe en panne, et une fois arrivé à destination, il balance l’autre (il est comme ça : après tout, c’est pas comme s’il était à court de matériel et de pognon et qu’il fallait faire gaffe à conserver ses instruments de travail) ; mais après être descendu en rappel jusque dans la suite de l’hôtel d’où il était parti, pouf ! De nouveaux gants, plus classiques, sont apparus sur ses mains jusqu’alors nues. Ok les mecs, tout n’est donc pas si mal barré : vous avez un magicien dans l’équipe.

Mais alors que tout le monde fait fi de ce n’importe quoi et se prépare à tendre le piège tant à Sabine qu’à Francis, Jane a trouvé une solution pour l’histoire des codes nucléaires : Brandt, qui se fait passer pour Léonid, va porter une lentille avec micro-ordinateur exactement comme celle que portait Jean-Jacques au début du film, et pendant qu’il sera avec Sabine et demandera à voir les codes, il clignera deux fois des yeux pour prendre des photos des documents sans les acheter puisque n’ayant pas les diamants ; ils seront alors automatiquement imprimés dans une valise dans la suite où Jane discutera avec Francis ; ainsi, elle pourra lui donner les codes en question et obtenir les diamants que Benji en groom viendra récupérer pour les porter à Ethan qui pourra ainsi définitivement acheter les vrais codes et qui… zzz…

Bien, c’est un peu chiant en fait : voyons voir comment tout se passe en pratique.

D’abord, Sabine arrive en premier à l’hôtel, entourée de gardes du corps qui n’ont pas de noms : je vous laisse donc deviner ce qui va leur arriver. Elle va dans sa suite, et accueille chaleureusement (elle a un décolleté titanesque) Ethan et Brandt, se faisant passer pour Francis et Leonid (et venant sans armes, c’est dans les conditions de la rencontre). Coup de bol : Brandt n’a pas de soucis avec sa grosse lentille magique, parce que sinon, en clignant des yeux, il risque surtout de prendre des photos de décolleté géant, ce qui ferait tache puisque le tout se retrouverait imprimé automatiquement dans une valise un étage plus haut. Je ne dis pas que ça ne plairait pas aux vrais Francis et Leonid, comme documents à acheter à coups de diamants, mais bon : ils ont promis à papa Hendricks qu’ils achèteraient des codes nucléaires et pas des photos de roploplos.

Ensuite, Jane a elle aussi sorti le décolleté de la mort, qu’elle ne quittera plus avant la fin du film ; elle accueille encore plus chaleureusement (la puberté lui a donné un avantage sur Sabine) Francis et Leonid, et commence à gagner du temps en racontant n’importe quoi, histoire que l’autre équipe photographie et imprime les codes pendant ce temps.

La séquence de l'escalade : pour Tom Cruise, qui est tout petit, techniquement, tout ça est proportionnellement encore plus impressionnant

Benji, lui, lit le Pif Gadget qui revenait de droit à Brandt dans le plan original.

Sabine, elle, veut voir les diamants avant de donner les codes à nos héros ; elle menace de tuer nos deux larrons s’ils ne coopèrent pas, mais Ethan sort le bluff le plus pourri du monde : "On est couverts par des dizaines de snipers, si vous nous tuez, tout le monde meurt". Sabine s’exclame donc "Holala, bon bin alors je vous montre les codes, tenez". La bonne réponse était "On est au 118e étage, il n’y a pas une tour en face assez grande pour avoir une vue sur cette suite, du coup, je pense que non seulement vous bluffez, mais qu’en plus vous êtes complètement con.", mais ha, cette réplique n’a jamais trouvé son chemin dans le script. Sabine se contentera donc de jouer la surprise et le dépit avec talent ou alors seulement de mal jouer mais bon, elle a forcément un bon niveau pour être dans des films pareils, ça n’a sûrement rien à voir avec le fait d’être la petite fille du patron de Pathé et la petite nièce de celui de Gaumont. Les codes arrivent donc devant nos héros, et Brandt les scanne via sa lentille (alors oui, hein, quand elle prend des photos, c’est qualité professionnelle, on dirait que c’est un fichier fraîchement imprimé en haute résolution et pas une vieille photo de document tenu à bout de bras).

De son côté, Jane reçoit dans sa valise magique les copies des codes fraîchement imprimés : elle les montre donc à son tour à Francis et Léonid, et ce dernier certifie que ce sont les bons ; les bougres paient en diamants et s’en vont. Sitôt dehors, Francis fait une action complètement débile (c’est vrai, je me disais que ça manquait dans ce film, tiens, pfou, merci hein) : il affirme à Léonid que maintenant qu’il a les codes, il n’a plus besoin de lui, et l’abat donc peu après avoir quitté la suite, au coeur de l’hôtel.

Quel intérêt à part prendre le risque de se mettre toute la sécurité de l’hôtel/du pays à dos, alors que tu pouvais le buter plus tard et en paix, puisqu’il te suivait docilement car tu tenais sa famille à ta merci ? Et puis qui te dit, sachant qu’il était là contre sa volonté, qu’il a certifié de bons codes ? Moi j’aurais attendu de lancer les premiers missiles pour être sûr que je n’avais plus besoin de ce garçon, mais bon, on ne se refait pas.

De son côté, Benji se réveille, récupère les diamants auprès de Jane et va les porter à la suite de Sabine pour qu’Ethan puisse payer les codes (même si je trouve un intérêt limité à cette action, allez, pourquoi pas). Sauf qu’à ce moment précis, Sabine remarque que Brandt a une lentille qui prend des photos : cela pue l’embrouille, elle ordonne donc à ses gardes de tuer tout le monde, avant de s’enfuir ; comme prévu, ces messieurs n’ayant même pas un prénom, et malgré leur surnombre et leurs armes, ils se font botter les fesses par Brandt et Ethan.

Benji, lui, a foncé auprès de son ordinateur pour tenter de ralentir le départ de Francis, histoire qu’il reste dans le coin le temps que l’équipe ait neutralisé Sabine et puisse s’occuper de le suivre. Ça devait être facile en ayant le contrôle des ascenseurs ! Il suffit de les bloquer le temps que… que…

Ouais, non : Benji trouve plus intelligent et crédible de faire planter l’ascenseur 20 fois d’affilée à 20 étages différents, ce qui ne parait pas du tout suspect. Pourquoi pas, après tout, on est déjà conscient du niveau moyen de l’équipe : plus rien ne me surprend.

Sabine, elle, finit par de curieux hasards par se retrouver à l’étage 119 (c’est connu, quand on veut fuir, on se contente de grimper d’un étage dans un immeuble avant d’aller errer aléatoirement dans les suites du cru, vraiment, quelle professionnelle jusqu’au bout), et tombe donc sur Jane, qui la reconnait et meurt d’envie de venger feu Jean-Jacques ; un combat de filles s’engage : on se griffe, on se tire les cheveux, on crie très fort en se tapant sur les mains, et finalement Sabine, qui devait à l’origine être capturée vivante, finit par passer par la fenêtre et fait donc une chute vaguement mortelle. Tout le monde fait en conséquence les gros yeux à Jane, sans prendre en compte le fait qu’elle n’a pas vraiment eu le choix.

Ethan, lui, parvient à foncer pour essayer de prendre en filature Francis, qui n’a rien remarqué, mais sent soudain des mains sur ses épaules : le FSB ! L’agent Sidirov l’a retrouvé ! Mais encore une fois, plutôt que de chuchoter "Les mecs, arrêtez-moi si vous voulez, mais le mec devant moi a vos codes nucléaires : fouillez-le pour voir ; si j’ai tort, je suis à vous, si j’ai raison, vous m’emmenez quand même, mais comme ça vous commencerez à comprendre qu’on est dans le même camp", décide plutôt de leur péter la gueule, ce qui attire l’attention de Francis, qui entreprend de se cavalcader.

Sitôt que les hommes du FSB sont par terre à pleurer parce qu’ils saignent du nez, Ethan fonce à la poursuite de Francis. Les deux larrons se coursent à pied, mais sont surpris par la tempête de sable (je vous avais dit qu’elle arriverait) ; on découvre alors que Francis est décidément une sorte de prodige d’incohérence, puisque malgré le fait qu’il ait un pistolet (ah oui, au fait, sachant qu’il devait venir au rendez-vous désarmé, comment se fait-il qu’il avait quand même un pétard ? Il voulait tout faire échouer ?), il ne s’en sert qu’une fois que la tempête est sur lui et que la visibilité est proche de zéro, et de préférence au moment où Ethan est dans une position où tirer sur lui est compliqué ; c’est quoi son but ? Prouver que ce film est plus proche d’Intervilles qu’autre chose ? Allez, lâchez la vachette.

Après avoir bien couru, nos héros finissent par trouver des voitures ; malgré la tempête, ils conduisent divinement bien, et c’est finalement Ethan qui prend le dessus en profitant d’une occasion pour foncer à contresens dans le véhicule de son ennemi après s’en être éjecté. Ce qui ne sert à rien, puisque malgré cette collision frontale à plus de 100 kilomètres/heure de chaque côté, qui a envoyé le véhicule de Francis faire des tonneaux, ce dernier a, en moins de 4 secondes (soit le temps qu’Ethan se relève de sa cascade hors de son véhicule), réussi à se remettre du choc, à sortir du véhicule, à refermer la portière derrière lui (c’est important, ça, on pourrait lui voler son épave), à courir 30 bons mètres comme si de rien n’était (dans un sens où il aurait dû croiser Ethan, mais on est plus à ça près) et à s’accrocher à un camion qui passait devant lui pour s’enfuir.

Ethan ne peut qu’assister à cette scène proprement consternante, mais histoire d’enfoncer le clou, Francis porte les mains à son visage et… retire ce qui était en fait un masque : il s’agit en réalité d’Hendricks lui-même ! Qui tient à souligner que tous les trucs précédemment faits, c’était lui et son QI de 190 ! Et oui, sinon, il adore prendre plein de risques en personne plutôt que d’envoyer des hommes de main.

On aurait suivi mon plan, c’était le jackpot en fait. Mais on ne m’écoute jamais. Je crois que je vais me faire une coupe au bol avec mèche, porter des t-shirts noirs avec des slogans ridicules et devenir emo.

Ethan lui aussi est plein de désarroi en regardant la silhouette d’Hendricks sur son camion s’éloigner dans la tempête… quel dommage. C’est pas comme si Hendricks venait de s’enfuir avec à la main une mallette contenant un système de pistage par GPS qui avait permis à Ethan de le pourchasser dans la tempête, et qui du coup permettrait de le suivre sans aucun souci. Ah non, hein, c’est pas du tout comme ça. Pfoulala.

Pour ceux qui penseraient que j'invente, voici une belle image de la scène où Ethan piste Hendricks dans la tempête grâce au GPS. 2 minutes plus tard, tout le monde fera comme si ce mouchard n'avait jamais existé.

Malgré cet échec, le temps continue de passer, et la tempête de sable s’achève, laissant derrière elle une ville toute propre (c’est une tempête autonettoyante). Par contre, chez Mission Impossible, on s’est planqué dans une vieille remise à l’abandon, et on râle que la mission est un échec, en continuant de baver sur Jane, non pas à cause de son décolleté cette fois, mais bien du fait qu’elle a tué Sabine qui avait sûrement plein d’infos, et que tout est de sa faute (c’est bien, ça : toujours tout mettre sur le dos des nanas, j’approuve).

Ethan, lui, explique que rien n’est perdu : il a peut-être un contact qui peut tout arranger ; il part donc le voir. Et pendant son absence, Brandt révèle à Jane et Benji qu’il n’est pas qu’un simple analyste : en fait, c’est un ex-agent de terrain, mais il y a fort longtemps, il était en mission en Croatie pour escorter sans qu’ils le sachent Ethan et sa femme en lune de miel (ça sentait le voyeurisme) ; sauf qu’il a échoué et que des tueurs serbes ont eu la femme de notre héros, et ont rendu son cadavre en morceaux à qui de droit. Ethan est devenu tout colérique, et a donc retrouvé les 6 Serbes derrière tout cela pour les tuer. Ce faisant, il a agi sans autorisation, et l’agence ne pouvait le couvrir ; il a donc fini en prison (mais à Moscou, allez savoir pourquoi). En tout cas, après cet échec, Brandt a été tellement dégoûté qu’il est devenu tout dépressif et a quitté le terrain. Du coup, ça lui fait bizarre de bosser avec Ethan, qui ne sait pas qu’il était celui qui a échoué à protéger sa femme. C’est trop triste.

Revenons à Ethan : lui, de son côté, à recontacté Bogdan. Mais si ! Bogdan, le type qu’il libérait sur un coup de tête au début du film, et alors qu’il n’avait aucune raison de le faire ; et bien en fait, si : il avait lu le script et savait qu’après presque 2h de film, il en aurait besoin. Car oui : Bogdan a un cousin vendeur d’armes, et par le plus grand des hasards, celui-ci a été en contact avec Kurt Hendricks ; tout cela est tellement merveilleux que je pense qu’ils ont fait écrire le scénario par une licorne ou quelque chose du genre.

En fait, figurez-vous que maintenant que le grand méchant a la mallette et les codes, il a besoin d’un satellite surpuissant pour envoyer son ordre (oui, apparemment, de base, la valise russe n’est pas reliée à un satellite mais à un modem 56Ko ; moi, je sais pas, je pensais que la valise était configurée pour communiquer avec un satellite automatiquement. En fait, c’est peut-être même pour ça qu’il s’agit d’une valise, parce que c’est pour pouvoir l’utiliser n’importe où, non ? Non.), et le cousin de Bogdan a justement servi d’intermédiaire pour que Kurt trouve son bonheur : un magnat des médias indiens Brij Nath, milliardaire et playboy, a justement le satellite qui irait bien de disponible.

Le scénario était déjà bien nase, mais nous allons voir que via ce rebondissement qui ne tient debout à aucun moment, les choses vont pouvoir encore empirer. Ho, mais si elles peuvent. Toujours.

Tiens, vous ai-je dit comment Ethan parvenait à convaincre le vendeur d’armes de tout lui raconter ? Non ? Alors attendez :

"Vendeur d’arme, tu dois m’aider ! Une guerre entre Russie et USA couve : vous devez m’aider !
- Je m’en tape, ça fait mes affaires ; je vends des armes, pas des sucettes
- Oui mais en fait, la guerre sera nucléaire
- Mais alors je ne vendrai plus d’armes ! ZUT ! MOI QUI PENSAIS QU’ON ALLAIT SE BATTRE A COUPS DE COUTEAUX ET DE SCOUBIDOUS, ROHLALA, BAH JE VAIS T’AIDER ALORS ET TE DIRE TOUT CE QUE JE SAIS SUR UN TYPE QUE J’AI AIDE A TROUVER DU MATOS POUR DECLENCHER UNE GUERRE NUCLEAIRE, JUSTEMENT.
- Tu as aidé un mec à trouver du matos pour tuer ton business ? Ce serait pas un peu débile ?
- Hoooo hééé, dis pépère, ça va le sarcasme, hein tu veux que je te rappelle tout ce que tu as fait dans le film jusqu’ici ?
- Pardon Monsieur."

0

Je confirme : si une licorne a rédigé le scénario, les dialogues ont été confié à un blaireau : Mission Impossible – Protocole Fantôme, le premier film intégralement écrit par les animaux magiques de la forêt de Rambouillet.

Bref : pour stopper la guerre nucléaire, il n’y a plus qu’un seul moyen : foncer en Inde pour aller dans la résidence du milliardaire possédant le satellite et utiliser le serveur géant qu’il y a chez lui pour communiquer avec le satellite et le désactiver. Ça tombe bien, par un nouveau heureux et original hasard, il se trouve que ce jour là, Brij Nath a décidé d’organiser chez lui une gigantesque réception. Vraiment, non, c’est du jamais vu. Jamais le mec n’ouvre la porte de sa villa en slip et peignoir pour dire qu’il a la gueule de bois et que personne ne doit rentrer : c’est toujours une soirée portes ouvertes.

Nos loulous foncent donc sur place aussi vite qu’ils le peuvent grâce à un avion fourni par le vendeur d’armes, et se griment en riches invités pour accéder à la fête. Sur place, d’un côté, Benji et Brandt vont pirater le serveur géant (je vous passe toutes les aventures que cela implique, mais oui : il y a évidemment quelqu’un qui passe par un conduit d’aération par lequel peuvent passer des rhinocéros, avant de sauter vers son objectif en ne s’arrêtant, suspendu en l’air les bras écartés, qu’à 3cm de sa cible), mais comme pour désactiver le satellite, il faut un code (et que pirater, c’est mal), Jane est envoyée séduire le playboy milliardaire pour lui extirper la fameuse clé numérique (le fait qu’elle soit jeune et pas moche étant encore une fois un avantage non négligeable qui tombe à pic). La technique de séduction subtile fonctionne plutôt bien ("Hihihi vous êtes trop drôle Monsieur Nath, je me fais pipi dessus de rire, hihihi, allez viens gros, on va dans ta chambre"), et la douce parvient à obtenir les codes assez rapidement une fois seule avec le Monsieur, habilement aidée de quelques taloches dans la gueule (j’utilisais la même méthode quand j’étais prof pour obtenir des réponses ; au bout de 10 taloches, on finit par l’avoir, cette foutue date de la conférence de Yalta).

Jeu : retrouve sur cette photo qui a les plus gros talons

Ho, et oui : le milliardaire connait par coeur les codes des satellites de communication de sa société. Ah.

Sauf que l’information arrive trop tard à Benji : à peine a t-il commencé à taper la clé que le serveur commence à lâcher de partout ; Hendricks a trouvé la parade ! Le bougre s’est rendu dans les locaux d’une chaîne de communication du magnat et a utilisé les serveurs locaux pour rentrer en contact avec le satellite en le piratant et lui ordonner de ne plus obéir au serveur principal, justement pour éviter une désactivation comme le souhaitait Mission Impossible.

Attendez les choupinous : vous voulez dire qu’il suffisait d’aller dans n’importe quel endroit visiblement mal gardé (Hendricks et Francis n’ont croisé qu’un garde en tout et pour tout) appartenant aux chaînes télés gérées pour surpasser même le serveur principal géant qui demande moult acrobaties et un code ultra-secret pour être piraté ? Misère, si ce n’était que ça, j’aurais été Mission Impossible, je me serais rendu à France 3 Region – Midi Pyrénées et j’aurais uploadé Itunes sur le satellite ; avec ça, les mecs auraient pleuré.

"Bon alors… code de lancement 1-7-3-4-6-2-B. Activation. Communication avec le satellite.
- Bonjour. Une mise à jour des conditions d’utilisation est disponible, merci de la lire.
- Gnagnagna, accepter.
- Vous avez validé, merci d’utiliser Itunes. Une mise à jour Itunes est disponible, voulez-vous l’utiliser ? 
- Raaah, mais non !
- Itunes n’est plus à jour. Vous ne pouvez plus utiliser ce satellite.
- Bon, ok : j’accepte de mettre à jour.
- Vous avez accepté de mettre à jour. Merci de lire les nouvelles conditions d’utilisation. 
- Putain, mais oui ! Oui ! Valider ! Accepter ! 
- Avez-vous un certificat Apple pour utiliser ce satellite ? Merci de créer un nouveau compte pour…
- Bouhouhou, je voulais le feu nucléaire, moi, on souffre moins longtemps !"

0

Je reconnais que c’est un peu extrême, et j’entends déjà les droits-de-l’hommistes hurler à la barbarie, à la cruauté, mais bon : parfois, aux grands maux les grands remèdes.

En tout cas, Hendricks a enfin les mains libres : utilisant la mallette nucléaire avec les codes qui vont bien et le satellite fonctionnel, il envoie à un sous-marin russe un ordre de tir : les bougres, persuadés que l’ordre vient de Moscou (qui n’a toujours pas remarqué le vol de la mallette et appelé à la prudence en conséquence chez ses sous-marins lanceurs) envoient donc la purée vers San Francisco, lançant une belle ogive filant à folle allure vers la cité des hippies histoire de débuter la guerre nucléaire. Seulement voilà : Mission Impossible l’a mauvaise, et n’a pas vraiment apprécié de voir sa superbe tentative sur le serveur central du milliardaire échouer : ils localisent donc d’où viennent les signaux envoyés au satellite, et s’aperçoivent que bon sang, ça provient de juste à côté ! Encore une fois, quelle coïncidence ! Vite, fonçons bourrer la mouille des méchants !

En quelques minutes, les agents sont sur place, et les brigands amateurs de nucléaire se divisent en deux groupes de 1 : Hendricks file d’un côté avec la valise nucléaire, pendant que son bras droit, Francis, tente de saboter les serveurs de la station de télévision pour les empêcher de communiquer avec le satellite pour annuler le tir. Attention, quand je dis saboter : il ne coupe pas les fils, ne met pas des coups de tatane dans les puces, non : il débranche. Il est gentil. Gentil comme dans "il est gentil Steevy", hein. Parce que sinon, il est méchant. Comme dans "Quel méchant yorkshire !" ; ça fait trop peur. Du côté de la station de télé, tout est assez vite réglé : Francis a beau faire le zazou, il finit par se prendre un gros pruneau dans le front de la part de Benji, ce qui le rend tout de suite moins grognon ; toute l’équipe peut donc s’atteler à remettre les serveurs en lignes, en attendant que la mallette soit récupérée et que l’ordre d’annulation de tir parvienne.

Ethan, justement, de son côté, finit dans un endroit original : un parking automatique de luxe, où les voitures montent et descendent sur des plates-formes ; de fait, lui et Hendricks peuvent donc se tataner en paix, et le vieux offre d’ailleurs une furieuse résistance ; comme toujours, les armes à feu finissent par tomber/être perdues, afin de respecter cet autre dogme américain :

"A la fin, il doit y avoir un duel entre le Grand Gentil et le Grand Méchant dans un lieu désert, de préférence au corps-à-corps, ou en utilisant des éléments du décor. La cavalerie ne doit arriver que dans les 10 secondes qui suivent la fin du combat."

Le combat dure, dure, tant et si bien qu’Ethan finit par avoir une jambe bien entamée et boîte sérieusement ; papy Kurt, lui aussi un peu fatigué par ce duel, constate qu’il ne reste plus que 40s avant l’explosion de l’ogive nucléaire sur les États-Unis. Étant tous les deux sur une plate-forme montant loin au-dessus du vide que constitue le puits central du parking par lequel les voitures montent et descendent, Hendricks se dit "Hahaha, je n’ai qu’à jeter la valise dans le vide, comme ça, le temps que ce gros neuneu de Hunt aille la récupérer en boitant 30 mètres plus bas, il sera trop tard !" ; sauf que pour aller jusqu’au bout du concept (rappelons son fameux QI de 190), il…

Non.

Il se jette dans le vide avec.

Que ? Pourquoi ? Quelle utilité ? Pourquoi faciliter la tâche au héros ? Au mieux, tu balances la mallette et voilà : tu continues de violenter le pauvre Ethan, qui est ainsi trop occupé pour courir après la valise. Mais non : en te tuant tout seul, tu lui facilites la tâche ; remarquez, moi aussi à la fin du film, je crois que je commençais à devenir sérieusement dépressif.

"Flotte russe, flotte russe, préparez tir sur Roubaix. Roubaix. Non : Roubaix, avec un R. Je... si, ça existe. Comment ça personne ne fera la différence entre avant le tir et après ? Bon, Tirez sur San Francisco."

Ethan, pour suivre son arch-némésis dans les profondeurs de la non-réflexion, décide de lui aussi plonger vers la valise pour la récupérer… mais comment faire, car tout cela est bien haut ? Et bien aucun problème : il prend l’une des voitures du parking, qui est ouverte et n’a pas besoin de sécurité pour démarrer (formidable), et saute avec la voiture vers la val…

Oui, hein, c’est pas comme s’il ne fallait pas la détruire, la valise. Foncer dessus en voiture pour la protéger, c’est malin.  Moi aussi, régulièrement, j’essaie de sauver des chatons en passant dessus avec mes pneus : merci Tom Cruise, tu m’as tant appris. Bref : la voiture plonge dans le puits central, s’écrase à côté de la mallette et du corps d’Hendricks agonisant, et par la magie de l’airbag, sauve notre héros. Poli, le véhicule a la courtoisie de retomber, malgré l’espace limité, loin de l’objet tant convoité par notre agent secret préféré pour ne pas l’écraser.

Sortant du véhicule en rampant, car un héros qui finit le film en pleine forme, ça ne fait pas sérieux, Ethan se dirige droit vers son objectif, et ouvrant la mallette s’acharne sur le bouton "annulation", le faisant marcher à la dernière seconde : le missile se contente donc d’érafler le toit d’un building, avant de s’écraser dans la baie locale dans un gros plouf.

Le monde est sauvé, et comme le veut la règle énoncée plus haut : la cavalerie (ici incarnée par le FSB) pénètre le parking où notre héros souffre glorieusement au même moment, et comprend qu’il cherchait à empêcher une guerre nucléaire. Hendricks, lui, a agonisé le temps de voir son plan échouer avant de mourir, comme il se doit ; le FSB est donc content, récupère la valise et propose même à Hunt d’être déposé à l’hôpital pour soigner sa gambette folle. Au passage, l’agent Sidirov s’exclame "Mais au fait, Hunt, on a toujours été sur votre piste grâce à des indices et coups de fil… vous vouliez qu’on vous suive pour que l’on comprenne la vérité en fait, c’est ça ?" ; et Hunt de répondre "Héhéhé… et oui, c’est comme ça que vous avez pu me retrouver : parce que je le voulais !"

Ah, mais oui c’est évident : c’était une idée géniale. Tiens, la preuve, tellement qu’à chaque fois que tu as croisé le FSB que tu avais donc toi-même invité, tu leur as pété la gueule et n’as eu que des emmerdes : souviens-toi, à Dubaï, tu leur as refait la margoulette à coups de mandales sous peine d’être arrêté, te faisant ainsi repérer aux yeux d’Hendricks (alors déguisé en Francis) et lui permettant de prendre la poudre d’escampette alors que tu voulais le suivre. Non vraiment : Ethan Hunt, tu es à l’intelligence humaine ce que le Skyblog est à l’Académie Française.

Bref : plus tard, nous retrouvons notre héros à San Francisco justement, sirotant une bière avec un vieil ami ; après lui avoir raconté ses dernières aventures, il reçoit à sa table Brandt, Benji et Jane à qui il propose une nouvelle mission. Seul Brandt refuse, et attendant que les deux autres soient partis, explique à Hunt que voilà : il ne peut pas travailler avec lui car… il est celui qui a échoué à protéger sa femme. Il ne peut plus garder ce lourd secret plus longtemps.

"Hohoho", répond Hunt, "Mais non : ma femme n’est jamais morte, tout cela était une mise en scène pour la faire disparaître et la protéger". Brandt est donc tout content "Génial ! Grâce à toi, j’ai abandonné ma carrière, suis devenu dépressif et je cauchemarde toutes les nuits depuis des années, c’est vraiment trop sympa !"  ; heureux d’être mis dans la confidence, et touché par cet élan de confiance, Brandt décide donc que Hunt, qui a pourtant ainsi fait de sa vie un enfer, est un mec génial et qu’il a trop envie de bosser avec : il accepte donc la mission, et part donc rejoindre Benji et Jane.

Sur cette ultime incohérence, Ethan se lève, lance le briefing, et dans la brume montante de ce début de nuit sur la baie, disparaît, prêt à servir à nouveau son pays et le prochain ministre de la justice qui pourra crever sans qu’on s’en soucie. Et donc…

FIN

_________________________________________

"Charlène ! Charlène !"

La jeune fille s’éveilla en sursaut en entendant les cris provenant de la porte du minuscule studio de son ami ; elle se frotta les yeux quelques secondes, s’assurant que ce n’était pas une vision : Loïc était là, debout, à demi-nu, la bouche sanglante et le visage contusionné ; il semblait avoir été sauvagement battu, mais comment ? Il était à côté d’elle quand elle s’était endormie, elle l’aurait entendu s’il avait été agressé ici ! Et il n’avait aucune raison de ressortir avant le petit matin, alors il n’aurait pas non plus pu sortir et se faire malmener une fois dehors ; tout cela n’avait aucun sens. Elle resta là, hagarde, à le regarder debout dans toute l’étendue de sa misère physique.

"Charlène, tu vas bien ?
- Oui Loïc mais, que… toi ? Que s’est-il passé ?
- Tu… tu n’as rien remarqué ?
- Quoi ?
- Mais enfin ! Quand nous sommes sortis de boîte tout à l’heure ! Quand je suis retourné chercher mon portable, que j’avais oublié : il y a un mec bizarre qui a surgi d’une ruelle et qui m’a tabassé à coups de batte de base-ball ; il a dit des trucs bizarres, genre que son arme s’appelait "petite souris", parce qu’à "chaque fois qu’elle part, elle ramène des dents" ; il m’a tabassé tant qu’il pouvait et ensuite, un peu avant que je m’évanouisse, il a dit "Votre damoiselle est fort bien faite, petit Amphitryon ! Ce soir, elle sera mon Alcmène." Ça veut dire quoi ? Il s’est passé quoi ? Tu n’as pas remarqué que j’avais disparu ?"
0

Charlène recula, à demi-terrorisée.

"Mais je… non ! Tu es parti à peine 5 minutes ! Tu es revenu vers moi, tu as dit que tu avais retrouvé ton portable ! Tu… tu m’as ramenée chez toi, même que tu as dit que tu avais un peu trop bu, et que c’est pour ça que tu avais dû ressortir ton portefeuille pour trouver ton adresse. Ensuite, on est montés et…"

Charlène fit un curieux bruit en déglutissant. Au moins aussi curieux que celui que fit Loïc en manquant de peu d’avaler une de ses dents qui, après un long numéro d’équilibriste, avait enfin fini par tomber.

Quelque part, dans une ruelle non loin, un homme réajusta une cravate d’un rouge éclatant à l’arrière d’une berline.

"A la maison Diego.
- Tout s’est bien passé Monsieur ?
- Oui : les masques en latex sont vraiment des inventions formidables, les étudiantes n’y voient que du feu, même cette petite filoute de Charlène qui m’échappait depuis si longtemps à surveiller son verre en permanence."
0
 

Il y eut un bref silence.

"Je crois que Mission Impossible contenait quelques bonnes idées, en fait."

Je le déteste déjà.

Il a l’air bête, là, assis au premier rang, m’observant de ses grands yeux ronds mis en avant par cette monstrueuse monture noire supposément à la mode. Dans son regard, je peux lire qu’il a déjà une de ces idées. Une de ces pensées stupides qui lui viennent tout droit d’univers où la raison et la logique appartiennent au royaume du mythe. Il réajuste son pull, et montre quelques signes d’impatience dans l’attente que je finisse mon propos. Il a cet air mi-chafouin, mi-stupide que portent les gens persuadés d’avoir quelque chose de très intelligent à dire, mais qui ne s’apprêtent en réalité qu’à transformer l’air de leurs poumons en vide intellectuel par la magie de leur phrasé. Dans son cas, et vu sa tête, je parie qu’il a une "question ricochet" en tête : une de ces interrogations que les fats posent, non pas par intérêt pour la réponse, mais uniquement pour rebondir sur cette dernière pour étaler leurs connaissances.

Dans cette salle, ils sont quelques dizaines d’étudiants à griffonner quelques notes sur le propos que je tiens, plus intéressés par la potentielle carte de visite que je pourrais laisser pour un stage en fin de cours que par l’essence de mon propos , que la plupart se contenteront de bachoter avant leurs examens en faisant fi du fond. Sans perdre le fil de mon propos, et notant par la fenêtre le soleil descendant doucement derrière de lointaines collines, colorant d’orange les silhouettes éloignées de lourdes bâtisses champenoises,  je me décide à passer à la fin traditionnelle de tout discours estudiantin qui se respecte :

"Avez-vous des questions ?"

Deux mains se lèvent ; le type du premier rang et une jeune fille au fond. Notant que la seconde semblait plus plaisante que le premier, il convenait de faire passer en priorité le supplice : la parole allait donc à Monsieur, pour peu qu’il ne la garde pas trop longtemps.

"Oui ?
- Tout à l’heure vous parliez des techniques de conservation scientifique du patrimoine mobilier et je…
- Venez en au fait.
- Bin… je peux vous poser une question bête ?
- Il n’y a pas de question bête. Seulement des imbéciles.
- Heu… c’est-à-dire que je me demandais : vous en pensez quoi, du système de conservation des archives du Vatican ?"
0

Ça y est, il a son sourire débile. Il veut me parler des archives du Vatican, et se moque bien de la réponse. De toute manière, je ne suis pas sûr que ma réplique lui convienne : tout ce que j’ai retenu de mon dernier déplacement aux archives du Vatican, c’est une sombre histoire impliquant du GHB, du vin de messe et la rupture des voeux de soeur Graziella de Modène. Les cartons d’incunables, présentés par un clerc fripé, je n’en ai qu’un souvenir lointain. Bottons en touche.

"Disons que la qualité de la conservation n’est pas forcément à la hauteur de la valeur des archives, pourquoi ?
- Non parce que je voulais savoir – dit il avec un air de Monsieur-je-sais-tout – ce que vous pensiez des systèmes de vase clos avec oxygène limité, mais je vois que vous ne connaissez p…
- Holà, du calme mon bonhomme : vous avez lu Dan Brown ?
- Oui, justement, c’est dans Anges et Démons, il explique que…
- Vous croyez ce qu’il écrit ?
- Bin, quand même, c’est précis, il a fait des recherches, et puis il a marqué en préambule du Da Vinci Code qu’il se basait sur des faits, et que…
- Ok, des faits ? Donc des trucs cohérents ?
- Oui, même s’il imagine l’intrigue, ça reste quand même un maître en la mat…
- Mademoiselle, vous aviez une question ? Vous pouvez la garder 30 secondes s’il-vous-plaît ? Je raconte le film au neuneu du premier rang histoire de lui montrer ce que c’est qu’un "maître en trucs cohérents". Je suis à vous tout de suite après."

0

Non mais c’est vrai, quoi : spoilons mes bons !

__________________________________________

 

L'affiche : Que nous cache le Vatican ? Mais, du pognon, bien sûr. Non ?

Tout commence lorsqu’une voix off de journaliste dépressif nous annonce une terrible nouvelle : le pape est mort. Partout dans le monde, les catholiques pleurent à chaudes larmes la perte du VRP de Dieu, parti retrouver sa hiérarchie. Aussi, comme le veut la tradition, l’Eglise procède à la destruction de l’anneau du défunt pape (l’une de ses nombreuses bagouzes de gangsta-pape) à coups de burin, car comme chacun sait, le clergé a toujours eu un truc pour buriner de petits anneaux innocents. Une fois cela fait, nos amis les clercs sortent la dépouille du mort et la promènent en grande tenue sur la place Saint-Pierre, où des milliers de pèlerins sont réunis pour prier pour l’âme du vieux monsieur et renifler les effluves du mort. La voix off poursuit son explication : désormais, le siège papal va être vide pour une durée de 9 jours, puis aura lieu le conclave, où les cardinaux éliront un nouveau pape, et tout le monde pourra chanter le thème du Roi Lion devant le balcon où le nouveau souverain pontife recommencera le cycle de la vie.

Mais quelques jours plus tard, dans un célèbre accélérateur de particules franco-suisse, le professeur Vittoria Vetra, qui comme son nom l’indique, nous vient du pays du spaghetti, disserte avec ses collègues français : ça vous dirait pas qu’on mette un macaron ou un sac à main dans l’accélérateur pour voir ce que ça fait ? Ses collègues l’envoient passablement chier, car Vittoria est persuadée d’une chose : ses idées géniales permettraient de créer de l’antimatière. Et d’y observer le fameux Boson de Higgs, aussi appelé "Particule de Dieu" par les scientifiques les plus farceurs. Et ça tombe bien puisque scientifique farceur, il y a dans ce centre de recherche : le père Silvano, curé biclassé physicien, qui est bien décidé à observer cette fameuse particule. Aussi, dans un bureau reculé, installé sur une dérivation de l’accélérateur de particules, il a mis au point trois flasques capables de recueillir de l’antimatière lors de la prochaine accélération qui doit avoir lieu sous peu. Et lorsque l’expérience se lance, en effet, il constate que ça marche : il voit quelque chose apparaître dans ses flasques (qui sont bien évidemment en partie transparentes, hein, sinon ce ne serait pas spectaculaire, et en plus, l’antimatière, ça prend la forme d’une sorte de forme éthérée en mouvement constant, manquerait plus que ce soit moche). C’est donc un peu la grosse fête, et il appelle sa copine Vittoria pour lui dire que leur expérience a réussi, que c’est trop super, et que du coup, ce soir, il romprait bien son voeu de célibat.

Trop heureuse de défroquer un prêtre, Vittoria se rue vers le bureau de son ami, le coeur en joie, et ne s’attarde que pour ouvrir les portes verrouillées par un contrôle rétinien ; sauf qu’à la dernière porte, celle menant au bureau du physicien-curé, elle constate qu’il y a un peu de sang sur le scanner de rétines. Ho ? Quelqu’un doit avoir une grosse conjonctivite, se dit-elle ; mais quelques mètres plus loin, elle tombe sur un globe oculaire attendant patiemment qu’on le ramasse au sol. Berk ! Se dit notre héroïne avec raison, tant la chose n’est guère hygiénique. Mais à qui peut bien appartenir cet oeil ? Serait-ce une relique de la famille Le Pen ? Nenni : la chose appartient au bon Silvano qui gît dans son propre sang au milieu de son bureau ; Vittoria l’avait toujours soupçonné d’avoir un oeil baladeur, mais à ce point, jamais. Elle se met donc un peu à paniquer et appelle à l’aide, ne remarquant que brièvement que l’une des trois flasques de la précieuse antimatière, recueillie par Silvano, a disparu.

Si vous avez bien suivi ce récit, vous noterez que Vittoria a vu du sang sur le scanner rétinien menant au bureau de son vieil ami. Et a trouvé le globe oculaire plus loin sur sa route, une fois passée la porte sécurisée, ce qui signifie que le tueur, pour accéder au bureau du curé et le tuer, avait déjà avec lui l’oeil du vieil homme ! L’intrigue commence très fort, ma foi.

Mais laissons tomber ces évènements sans grande importance, et allons plutôt retrouver Robert Langdon, le plus célèbre expert en symbologie du monde, qui dernièrement, souvenez-vous, avait retrouvé la tombe de Marie-Madeleine pile en dessous de la pyramide du Louvre et obtenu toutes les preuves qu’elle aurait dû être la première papesse en lieu et place de Pierre, et que l’Eglise était donc basée sur un mensonge. Mais malgré les mille aventures traversées pour obtenir cette révélation, il avait préféré ne rien dire et retourner écrire des livres rébarbatifs à Harvard, vendus à 7 exemplaires de par le monde. Et c’est à l’université que nous le retrouvons donc, en train de tremper son gras dans la piscine locale. Mais alors qu’il tente de faire la célèbre nage du petit chien, il est dérangé par un policier du Vatican, qui vient contraster de son costume italien le petit slip moulant de notre héros. L’homme de loi, que nous appellerons Bob, souhaite parler des Illuminati à l’ami Langdon. En effet, ce dernier a fait paraître un ouvrage sur le sujet, mais n’a jamais pu écrire la suite, puisque le Vatican lui a interdit l’accès à ses archives, indispensables à toute bonne rédaction. Bref, mais quel est le problème, avec les Illuminati, au fait ?

Et bien c’est simple, explique Bob : cette nuit, 4 cardinaux ont été kidnappés au Vatican, sans que personne ne remarque rien (mais ça n’a pas l’air de le choquer). Et une mystérieuse vidéo a été envoyée, dans laquelle des personnes se revendiquant des Illuminati annoncent qu’ils vont en buter un par heure à partir du soir même, 20h. Non, ils ne disent pas "on veut une pizza et un hélicoptère, sinon on les bute", non : dotés d’un formidable esprit de synthèse, les brigands vont directement à la case "on les bute", seule partie de la phrase qui les intéresse. Les coquinous.

 

Robert ne négocie pas avec les terroristes qui ne négocient pas

Et le Vatican a beau ne pas trop aimer Langdon qui farfouille un peu trop dans leurs terribles secrets, le clergé l’y invite en jet privé pour les aider à régler cette affaire ; voilà qui est bien urbain (attention, un jeu de mot sur un pape célèbre se cache dans cette phrase, sauras-tu le retrouver ?). Arrivé à Rome, Bob annonce à Robert qu’il compte bien trouver et tuer tous les Illuminati : voilà qui est subtil et délicat. Mais Robert, qui a l’esprit noble, ouvert et grand, en un mot, américain, explique que c’est bien parce que l’Eglise a toujours pensé comme ça que les Illuminati se sont radicalisés : à la base, ils n’étaient que des scientifiques soucieux de faire triompher la pensée scientifique sur le dogme religieux. Grand mal leur en a pris puisque moult d’entre eux finirent en merguez médiévales, puisqu’à l’époque, c’était l’Eglise qui gérait la fête de l’Huma.

Mais l’heure est déjà avancée avec tout cela, et aujourd’hui est jour de conclave : à Rome, devant la basilique Saint-Pierre, on disserte grave entre cardinaux : les 4 d’entre eux manquant à l’appel étaient les favoris pour l’élection ; voilà qui va poser problème, puisque sans les chouchous, on peut pas travailler. Tout le monde pleure donc que du coup, l’élection va être trop compliquée, et tout, puisqu’il n’y a personne à élire (notez que les cardinaux sont cons : voilà l’occas’ de leur vie pour devenir le boss des catholiques, et ils se contentent de geindre genre "Ho non, c’est trop dur, l’un d’entre nous va pouvoir devenir pape, c’est trop dur à vivre !"). Le cardinal désigné comme grand électeur (qui dirige un peu la séance mais ne peut être élu pape en conséquence), Strauss, explique donc au père Siméo, un haut-cadre du Vatican, que toute cette histoire de disparition doit rester secrète pour l’instant. Sinon, ce sera un sacré bordel dans toute la cité, et Vatican et bordel n’ont jamais fait bon ménage (à part du temps de Jean XII, pape célèbre pour avoir un peu trop couru la gueuse, mais je m’écarte)

Et ça tombe bien, puisqu’en parlant de bordel au Vatican, Langdon arrive enfin : accompagné du commandeur Jim (non ce n’est pas son nom véritable, mais il y a trop de noms italiens dans ce film, alors je censure, ah mais), le supérieur de Bob, il se rend au QG des gardes suisses pour y rencontrer leur chef suprême : Richter. Car au Vatican, il y a deux polices : les gendarmes (Jim & Bob) et les gardes suisses (Richter), les seconds s’occupant uniquement de la basilique Saint-Pierre et du pape, qu’ils protègent en aveuglant de potentiels assaillants à l’aide de leurs tenues bariolées, provoquant des crises d’épilepsie chez les malandrins les plus tenaces. Alors, à noter que le QG des gardes suisses est un monument de décalage spatio-temporel : on y trouve des rangées de hallebardes, d’épées, d’arbalètes et de mitrailleuses lourdes. Non parce que des fois, la mitrailleuse lourde, c’est un peu léger, alors autant aller chercher une bonne vieille hallebarde à l’armurerie. Bref, passons : en tout cas, au QG, outre donc la bande des officiels des forces de l’ordre, il y a une femme qui patiente : Vittoria Vetra, la scientifique qui s’amusait à accélérer des particules sur son temps libre. Que vient-elle faire là ? C’est très simple : Richter explique que quelqu’un a volé une caméra de sécurité du Vatican (… je… voler une caméra de sécurité ?), et l’a placée dans un endroit inconnu (et oui, c’était une caméra de sécurité sans fil, parce que sinon, suffisait de longer le câble. Et essayer de localiser son signal, non ? Pas envie ?), où elle filme… une flasque contenant de l’antimatière ! Ne me demandez pas comment les gardes suisses ont pu identifier de l’antimatière sur une caméra de sécurité et non juste s’exclamer "Qu’est-ce que c’est que cette merde ?" (ils sont probablement tous doctorant en physique), en tout cas, tout de suite, pif pouf, ils ont su qu’il fallait appeler Vittoria qui confirme : "Ah bin oui, c’est l’antimatière qu’on m’a volé ! Les petits amis, j’ai une mauvaise nouvelle : quand il n’y aura plus de batterie dans la flasque pour stabiliser son contenu, elle explosera et rasera tout le Vatican, ce qui serait tout de même ballot". Et quand est-ce que ça arrivera ? "Nos batteries durent 24h : elle sera vidée à minuit pile.". C’est précis, comme estimation, ma petite Vittoria. Tu me permets que je m’attarde sur ton raisonnement (et le verbe "attarder" s’applique particulièrement bien pour le coup).

24h ? Ça signifierait que la flasque a été volée la veille à minuit pile ? Sachant qu’on a vu la scène du vol, que c’était en Suisse (donc pas vraiment de décalage horaire) et qu’il faisait jour ? Expliquez-moi donc ce mystère. Par ailleurs, c’est quand même bien fait : les Illuminati volent une flasque d’antimatière, et incroyable coup de bol, elle contient juste assez de batterie pour péter le jour où ils veulent, au moment où ils veulent, c’est-à-dire ni minuit douze, ni 23h52 : minuit pile ! Ah, c’est sûr que ça a plus de classe, puisque ça colle parfaitement à leur plan : tuer 4 cardinaux, 1 par heure à partir de 20h, et à la 5e heure, faire péter le Vatican. Ils auraient volé une bombe avec une batterie qui n’aurait pas lu le script, elle leur pétait au nez à 21h31 et ça pourrissait toute l’affaire. Quelle chance, quand même.

En tout cas, outre cette vidéosurveillance constante de la bombe, sorte de télé-réalité pour talibans, nos gardes suisses ont aussi un autre truc intéressant : une vidéo envoyée par les Illuminati, dans laquelle ils montrent bien avoir en leur possession les 4 cardinaux, et profèrent des menaces à base de "le Vatican sera détruit pas la lumière de la science" ou "On va vous marquer les fesses au fer rouge". Sur le coup, ça ressemble juste a du charabia de mystique, mais c’est sans compter sur la présence de Robert Langdon qui déchiffre tous les messages grâce à ses puissantes déductions à base de fumage de ganja. Et ainsi donc, il se souvient que les Illuminati utilisaient autrefois des passages secrets reliant le Vatican qu’ils tentaient d’infiltrer à une ancienne église… mais personne n’a jamais su quelle était cette église où ils se réunissaient. Or, Langdon pense qu’il y a trace de ce lieu dans un écrit de Galilée, Illuminati de son état, stocké dans les archives du Vatican. Et que ça doit être là que les Illuminati vont agir !

 

Dans les archives du Vatican, on trouve des tonnes de petits globes pour la déco : sachant que l'Eglise n'a reconnu que la Terre était ronde que depuis quelques années, c'est intéressant.

Hmm ? Vous dites ? "Pourquoi personne ne pense à consulter les caméras de surveillance, puisque bon, les 4 cardinaux ont quand même été kidnappés au sein du Vatican, donc ça a dû se voir un mec qui fait 4 allers retours pour attraper 4 clampins ?". Bonne question. Je me la pose aussi. Et "Ah ouais, un passage secret reliant l’église des Illuminati à celle du Vatican ? La sécurité doit quand même connaître ces passages, c’est son boulot : pourquoi ne les fouille t-elle pas ?". Chut. Chut. C’est du Dan Brown, des millions de gens trouvent que c’est un maître de l’intrigue, alors merci de ne pas les contredire.

En tout cas, Langdon a besoin de l’autorisation du pape pour consulter les archives du Vatican… or, depuis qu’il est un peu mort, le pape signe relativement peu de documents, le chafouin : heureusement, un homme est le dépositaire de son autorité en son absence, un simple prêtre, le père Patrick McKenna, le camerlengo du pape (le chambellan, quoi). A noter qu’il est joué par Ewan Mc Gregor. Hmmm, le genre de mec qui ne prend pas un petit cachet et qui ne peut donc pas prendre un petit rôle : toutes mes billes sur lui que c’est le chef du complot. D’ailleurs, il n’est pas du tout suspect : quand Langdon vient le trouver pour lui parler des Illuminati, McKenna explique que lui aussi avait pensé exactement à la même chose, et qu’il avait aussi dans l’idée qu’il y avait des indices dans les écrits de Galilée pour trouver où les Illuminati allaient agir.

Ouais. Donc, tu avais tout deviné, mais tu as décidé de ne pas en parler à la sécurité. Richter, Jim, un commentaire sur le terme "rétention d’information" ? Rien ?

Par contre, il propose une super idée à la troupe : hey, sur la vidéo, on voit bien que la flasque est éclairée par une lumière artificielle : il suffit de couper le jus dans tous les quartiers du Vatican un par un, et quand ça s’éteint sur l’écran, et bien on saura déjà un peu mieux où l’engin pourrait se situer. Ce sera plus rapide que de fouiller toute la sainte cité !Excellente idée ! Bon, sauf qu’au Vatican, on est un peu bête : plutôt que de couper le jus par "grands groupes" (genre à 50% du Vatican, puis aux autres 50% pour voir quand ça s’éteint) pour procéder intelligemment ("Ah, maintenant, on sait dans quelle moitié c’est ! Maintenant, coupons le jus à la moitié de cette moitié pour voir, puis à l’autre… etc") en allant toujours vers des zones plus petites, non, ces gros blaireaux décident de couper le jus salle par salle (et de préférence, toujours dans celle où les héros sont, quelle coïncidence), sur des milliers de salle, en laissant bien éteint 10 vraies minutes à chaque fois. Excellent plan. D’ici 3 ans, ils auront sûrement fait le tour.

Le chambellan demande aussi à Vittoria si quelqu’un d’autre qu’elle et le défunt Silvano étaient au courant de leurs recherches sur l’antimatière : non, répond la belle (à part peut-être tous les scientifiques du centre, à qui tu en parlais au début du film, ma petite, soit plusieurs centaines de personnes), avant d’ajouter que Silvano tenait des cahiers où il consignait tout… et qu’elle peut les faire venir de Genève en une heure vu l’urgence. Soit ! Tant qu’elle ne passe pas par la Poste, elle a une chance, car sinon, 2 papes auront eu le temps de régner avant qu’elles n’obtiennent son colis. Enfin, Patrick s’adresse à Robert, et lui demande s’il a la foi : ce dernier botte en touche d’un "Je n’ai toujours pas eu cette joie" (je vous ai dit qu’il était américain) ; en conséquence de quoi, satisfait de cette réponse, le chambellan lui donne autorisation d’aller aux archives du Vatican : l’excitation qui découle de cette nouvelle coûte son intégrité à un slip du professeur Langdon. Ce dernier (Langdon, pas le slip) s’éloigne donc tout pimpant vers la salle des documents secrets du Vatican, emmenant avec lui Vittoria, qui n’a pas l’autorisation d’y aller pourtant, mais tout le monde semble s’en accommoder : c’est le seul personnage féminin du film, on va pas la virer.

Mais ce n’est pas pour autant que Patrick McKenna a le temps de se reposer : il doit s’en aller discuter avec Strauss, le grand électeur du conclave, pour lui annoncer qu’il y a une bombe au Vatican et qu’il vaudrait mieux reporter l’élection, et faire évacuer la place Saint-Pierre. Mais Strauss a réponse à tout, puisqu’il souligne que la mort éventuelle de milliers de gens n’est pas un problème : après tout, n’irons nous pas tous au paradis ? Allez, assez de discussion : comme le veut la tradition, Strauss demande à McKenna de verrouiller la salle du conclave pour laisser les cardinaux seuls : ils n’auront le droit d’en sortir que lorsqu’ils auront un pape, et personne n’a le droit d’y entrer une fois les portes fermées. Etant donné l’âge des cardinaux, il faut juste espérer que leur prostate ne les titille pas alors qu’ils sont tous enfermés, sinon, il n’y aura pas vraiment "d’odeur de sainteté".

En parlant de vieux trucs, quid des archives du Vatican ? Et bien, visiblement, on ne rigole pas avec la conservation (dans ce film en tout cas) : c’est ultra-moderne, bourré de vitres de sécurité, et ça se compose de centaines de petits aquarium clos contenant quelques rayons d’archives chacun alimentés juste au minimum en oxygène pour ne pas endommager les livres (je me permets de préciser : dans le monde réel, c’est un poil différent) ; Robert en est tout fou. D’ailleurs, l’heure qui avance et l’imminence de la mort de cardinaux ne semble pas trop le brusquer : il continue d’échanger des anecdotes historiques pour étaler sa culture avec sa nouvelle copine Vittoria, qui bien évidemment, elle aussi, a une passion pour l’histoire de l’art et l’histoire tout court, ce qui donne des dialogues passionnant à base de "Haaan, toi aussi t’as lu Galilée ? Moi je kiffe trop, il a grave du style tu vois ! C’est mon deuxième auteur préféré derrière Stephenie Meyer". Hé bé. Et justement, en farfouillant dans un bouquin de Galilée, que comme d’habitude, Langdon a deviné qu’il fallait consulter grâce à la magie de ses déductions improbable ("ouais là il y a écrit 5 mais à l’envers ça fait S, S comme Salomon, qui lui même était juif, juif comme Jésus, Jésus comme la chrétienté, chrétienté comme l’accès au ciel, le ciel comme l’astronomie, l’astronomie : Galilée !" ou des trucs du genre), ils trouvent un mini-filigrane quasi-invisible écrit en anglais s’il-vous-plaît (Galilée avait prévu d’être lu par Robert Langdon, tout le reste étant en latin), contenant moult informations : allez hop ! Vittoria arrache la page (… tu pouvais emporter le livre qui est tout petit en plus, sinon, hein ?) pour aller plus vite, au motif que merde, des cardinaux vont mourir, il faut se dépêcher.

Dixit celle qui échangeait des anecdotes niaises avec notre héros il y a 2 minutes.

 

Nos héros sont pressés : Robert tente la technique du petit lapin

En tout cas, la piste obtenue grâce à ce filigrane, qui contient bien évidemment une énigme, les mène tout droit à une chapelle réalisée par le célèbre Raphaël ; mais nous sommes dans un film où des gens risquent de mourir ! Aussi, si leur mort était programmée pour 20h, à quelle heure arrivent nos héros ? 19h59 bien sûr ! Sinon, il n’y aurait pas de prétexte pour courir partout en glapissant. Hélas, malgré tout, une fois dans l’église, ils ne trouvent qu’un petit passage secret menant à une pièce où les attend le corps déjà rempli de terre d’un cardinal ; ils arrivent trop tard, l’homme est déjà mort, tant il est vrai que l’être humain est très mal conçu pour respirer de la terre. Sur son torse on peut lire, marqué au fer rouge, le mot "Terre". Vittoria et Robert sont bien embêtés d’arriver trop tard et Roro martèle le sol de désarroi. Mais sa petite colère ranime en lui la flamme du combat : l’enquête doit continuer, il y a encore trois mecs à sauver ! Et le prochain meurt dans une heure ! Vite, un indice !

Pas de problème : dans la chapelle, il y a une statue qui montre quelque chose du doigt. C’est FORCEMENT un indice, ça ne peut pas être juste une statue : n’oubliez pas qu’on a affaire à des spécialistes de l’histoire de l’art, la lie de l’humanité qui voit des messages, des codes et des interprétations dans la moindre ligne droite. Alors, que peut bien pointer ce doigt ? Forcément un monument, ou un objet ! Jamais un artiste n’aurait idée de faire autrement. Et si on suit le doigt en ligne droite sur 3 kilomètres (véridique), il montre… la place Saint Pierre ! Vite, direction le Vatican, le prochain meurtre aura lieu là-bas ! Et sur place, il faut trouver une statue ou un bas-relief réalisé par le même sculpteur selon Langdon (car non, le sculpteur ne pouvait pas désigner une oeuvre faite par un autre, il était trop égocentrique) ; or, à quelle heure nos héros arrivent ils sur la place ? 20h58 (non, j’insiste : je n’invente pas, c’est marqué sur l’écran) : "Vite, on a deux minutes pour sauver le cardinal" s’exclame Robert sur la place bourrée de pèlerins. Oui enfin Robert, sans vouloir te vexer : le dernier cardinal, il avait l’air mort depuis un bail, hein, donc je suis pas sûr qu’ils tuent à heures fixes, les malandrins : ce sont des assassins, pas des horloges parlantes.

A noter que Richter, qui jusqu’ici, refusait simplement de rouler vite en voiture lorsqu’il conduisait Langdon pour "ne pas attirer l’attention de la presse" (car la presse surveille probablement toutes les voitures noires de Rome) ne trouve aucune incohérence à faire entourer toute la place de snipers bien en évidence pour rechercher dans la foule le cardinal et son ravisseur. Discret, en effet. Langdon, trouve au sol, malgré la foule,  un bas-relief d’Eole faisant donc référence à l’air, le prochain élément après la terre ; il subodore ainsi que le meurtre devrait se passer dans le coin… et effectivement, lorsque 21h sonne, la foule découvre, car personne ne l’avait remarqué, au pied de l’obélisque de la place, un cardinal se vidant de son sang, les poumons perforés et "Air" au fer rouge sur le torse : Vittoria en déduit que ça doit être un fan du groupe. Mais sinon, oui, le mec est le seul dans un rayon de 5 mètres autour de l’obélisque, pisse le sang, meugle un peu, et sur les milliers de pèlerins et la cinquantaine de snipers, personne n’a rien vu. Ce n’est plus un tueur qui opère, c’est David Copperfield.

Quelques temps plus tard, nous retrouvons Patrick McKenna dans ses bureaux, qui a regroupé autour de lui Langdon, Vittoria, le commandeur de la gendarmerie Jim et le chef des gardes suisses Richter. Il explique que sur le corps du cardinal, une lettre a été trouvée, expliquant que le pape n’était pas mort naturellement et que les Illuminati revendiquaient en plus son décès ! D’après eux, ils auraient surdosé les médicaments qu’il prenait. Hmmm, c’est très vilain ! Et ce qui est plus curieux, c’est que personne ne savait que le pape prenait des médicaments, à part son chambellan, Richter et quelques autres personnes dans la confidence.

 

Vous voyez la foule derrière ? Et bin personne n'a rien vu.

Attention : sachant que dans le précédent volet, le flic passait pour le méchant tout au long du film, avant que tout le monde ne s’aperçoive que le vrai traître était le type paraissant sage qui conseillait le héros, sauras-tu retrouver qui feinte tout le monde, sachant que Richter est flic et que McKenna parait sage et conseille notre héros ? Mais chut, je ne dis rien. Je ne voudrais pas spoiler : ce n’est vraiment pas mon genre.

Mais Langdon n’en est pas à ses futiles considérations : il cherche d’ores et déjà à savoir où aura lieu le prochain meurtre. Pour cela, il se base sur le bas-relief qu’il avait trouvé sur la place Saint Pierre, représentant l’air, pas trop trop loin de là où le cardinal est mort (oui, le cardinal n’est pas mort pile là où il l’avait prévu, mais un peu plus loin : ça ne l’empêche pas de considérer que son indice reste le bon. Et le pire : c’est qu’il a raison ! C’est quand même formidable d’avoir raison même quand on a tort.) En tout cas, sur ce bas-relief, on trouve Eole soufflant ; et 5 petits traits représentent l’air s’échappant de sa bouche. Robert choisit l’un des traits (comment ? On ne sait pas. Comme toujours, le pouvoir de la ganja le guide), et subodore que celui-ci doit indiquer une église contenant encore une autre sculpture du même artiste que le bas-relief (coup de bol : jamais il n’y a plusieurs sculptures du même mec dans une église, jamais les statues n’ont bougé au cours des siècles, bref : l’Histoire obéit à notre larron). Pour savoir de laquelle il s’agit, il retourne donc aux archives du Vatican, où il compulse quantité d’ouvrages ancestraux sans gants ni précautions, prenant bien soin de lire avec son gros doigt plein de gras, et tapotant sur la page dès qu’il pense avoir trouvé quelque chose (alors que c’est censé être un pro – autant vous dire que j’ai pleuré des larmes de sang en voyant cela) ; et en effet, il y a bien un indice sur une des pages d’un ouvrage présentant les différentes commandes de statues à différents sculpteurs au cours des siècles, puisqu’il découvre que l’Eglise Sainte-Thérèse contient une statue du même artiste ("Boniface VI pétant le feu") que celui des précédents indices, et faisant référence au feu qui plus est, le prochain élément que les Illuminati vont mettre en avant selon l’ordre sacré de ceux-ci (terre, air, feu, eau).

Mais au moment précis où notre héros triomphe dans ses recherches, toutes les lumières du bâtiment basculent au rouge : la sécurité, qui continue de chercher la bombe en coupant le jus dans les différents secteurs du Vatican (en procédant pièce par pièce, et par tranche de 10 minutes à chaque fois alors que 5 secondes suffisent pour voir si la lumière s’éteint sur la caméra de surveillance qui voit la bombe, rappelons-le), vient de faire cesser l’arrivée de courant aux archives. Et comme les portes de chaque aquarium de sécurité contenant quelques rayons d’archives fonctionnent sur secteur : Robert est bloqué ! Ainsi que le garde suisse qui l’accompagnait pour s’assurer qu’il ne vole rien ; et surtout… l’arrivée en air, artificielle, est coupée !

Oui, au Vatican, en cas de coupure de courant, on a des batteries de secours pour faire virer les lumières au rouge, mais pas de quoi continuer de ventiler des pièces où des gens pourraient se retrouver bloqués et mourir asphyxiés. Voilà voilà.

Grosse panique, donc, de Robert, qui décidément aujourd’hui, fait subir mille sévices à ses sous-vêtements : heureusement, il n’est pas sans ressource ; après avoir paniqué un moment, et vu le garde suisse s’évanouir (il est militaire d’élite, il est donc forcément moins résistant qu’un professeur d’histoire de l’art bedonnant), décide de s’emparer de l’arme de celui-ci pour tirer dans les vitres de sécurité et ainsi les affaiblir : une fois cela fait, il parvient, avec ses petits bras, à desceller du sol une étagère d’archives (oui, avec ses petits bras, et alors que le niveau d’air est suffisant pour faire sombrer un militaire dans l’inconscience) et à la faire choir contre la surface précédemment criblée de balles : la chose cède, et notre homme se retrouve à l’extérieur de sa prison de verre à pouvoir à nouveau respirer librement : joie. Mais l’heure, elle, n’a pas cessé de tourner : il faut se dépêcher d’aller à l’église Sainte Thérèse pour y arrêter le prochain meurtre !

De son côté, Vittoria a enfin reçu les carnets de son ami Silvano, le défunt curé biclassé scientifique ; elle commence donc à fouiller ces derniers pour y trouver une trace de la personne à qui son ami aurait pu parler de leurs recherches sur l’antimatière (plus qu’un journal de bord, c’est son journal intime visiblement ; il ne manque qu’un gros poney rose sur la couverture), et qui serait donc lié au vol et à la situation actuelle. Mais Vittoria ayant appris à lire avec Ratus le rat vert, et non Bigoudi le petit chat, elle est foutrement lente (je sens venir la réaction de lecteurs outrés) : elle est donc rapidement dérangée par Patrick McKenna, qui lui propose d’aller faire un tour sur la tombe du pape, pour l’ouvrir, et voir si son corps porte les symptômes d’un empoisonnement, comme le prétend le courrier des Illuminati. De la nécrophilie papale ? Chic se dit le professeur Vetra ! J’espère que la rigor mortis fera encore effet. Galopant donc vers le tombeau de feu le souverain pontife, le duo de choc finit par arriver au bon endroit et, poussant le lourd couvercle protégeant l’ancien pape des potentiels empêcheurs de mourir en rond, découvrent un corps à la langue noire et gonflée : oui, c’est un empoisonnement ! Le pape n’est pas mort de sa belle mort ! Révélation ! McKenna file aussitôt violer, non pas le corps, mais toutes les règles de l’Eglise en faisant ouvrir les portes du conclave pour les informer que leur pape a été assassiné. Et puis, comme il a 5 minutes, il en profite aussi pour leur faire un petit discours sur le fait que l’Eglise est en guerre contre les Illuminati, qui ont donc tué le Saint Père, ce qui est moyennement sympa. Une fois qu’il a fini de leur faire la causette, il prend un coup de pied au cul et est sorti du conclave qui aimerait bien pouvoir élire le prochain pape sans être dérangé, merde. Et Strauss, le grand électeur, profite de cette interruption de séance pour, sous les supplications du bon peuple, accepter d’être déchargé de sa fonction pour pouvoir être candidat à l’élection papale : seul son statut l’empêchait de se présenter, bien que les cardinaux le considéraient comme le meilleur candidat.

 

Attention, il y a peut-être le traître dans cette image, je ne dis pas où.

Non, aucun rapport avec un autre Strauss. Pourquoi dites-vous cela ?

De son côté, Vittoria fait une autre belle découverte : lorsqu’elle remonte du tombeau du pape, elle s’aperçoit qu’en son absence, on lui a volé les cahiers de Silvano !  Dès qu’elle aura 5 minutes, elle ira en parler à Richter, pour lui dire que ses gardes suisses, ils n’ont pas l’air de garder grand chose, vu le nombre improbable de vols au Vatican. Doit y avoir du rabouin qui traine, se dit-elle en serrant un peu plus fort son sac à main contre elle.

Mais et l’enquête dans tout ça, hein ? Parce que bon, nous, c’est Langdon qui nous intéresse. Que fait il ? Et bien, sachez qu’il débarque à l’église Sainte Thérèse avec Jim & Bob les policiers d’élite ainsi que tout un tas d’autres flics à… allez, devinez l’heure… oui ? Oui au fond ? Mais oui : 21:58 ! Et que se passe t-il dans l’église ? Et bien un immense feu de joie a été allumé, sur lequel trône un cardinal rôtissant, le mot "feu" inscrit sur son torse. Comme chacun sait, les églises, monuments historiques, ne disposent pas de détecteurs de fumée, et tous les touristes devant qui voyaient les flammes depuis l’extérieur n’ont pas pensé à appeler les secours : notre petite bande est donc la première sur les lieux.

Mais alors que l’un des policiers se rue vers le premier extincteur en vue, des tirs fusent : le tueur est encore sur place, et il n’a pas envie que l’on éteigne son barbecue : le cardinal pas cuit, c’est dégueulasse, même avec de la béarnaise, c’est dire. Tout le monde sort donc son pétard, et c’est une belle fusillade qui commence, dans laquelle Bob trouve la mort, avant d’être promptement rejoint dans l’Au-Delà par son ami Jim : le Vatican perd le patron de sa gendarmerie. Le tueur, un type à lunettes à l’air tout à fait sympathique, achève donc de massacrer à lui seul tous les policiers qui n’arrivent eux qu’à le blesser à l’épaule, puis s’empare du badge de Jim. Lorsque deux autres policiers, attirés par la fusillade, pénètrent dans l’église, ils se retrouvent donc face à un mec qui leur dit "Cool les mecs, j’ai un badge, baissez vos armes !"

Oui, tu as un badge : mais il y a eu une fusillade il y a encore 5 secondes et il y a des morts partout. Par ailleurs, tu as un pistolet avec silencieux, ce qui n’est pas du tout suspect pour un policier. Et enfin, tu sembles ne rien faire pour aider le cardinal en train de brûler derrière toi, ce qui est encore plus que louche.

Mais non : malgré tout ce bordel, les deux policiers font "Ah bin si tu as un badge, même si ça ressemble à Bagdad là-dedans, on va baisser nos armes et faire comme s’il n’y avait aucun danger" ; ils se font donc cordialement plomber le bidou. Le tueur ferait bien de même avec Langdon, mais dès le début de la bataille, celui-ci s’est planqué comme un lâche, ne faisant que moyennement confiance à son gras pour agir comme du kevlar face aux balles. Et lorsque l’homme au pistolet à silencieux s’est dirigé vers lui pour le faire taire une bonne fois pour toutes, Robert a eu la chance de trouver un passage souterrain où il a pu se réfugier sans être poursuivi ; finalement, ce sont les pompiers, quelques longues minutes plus tard, qui viendront le sortir de son trou. Et là encore, malgré la mort de ses amis, d’une brigade entière de police, de l’immolation d’un cardinal et d’une certaine odeur de vieux cramé, notre professeur préféré ne perd pas le nord et repère instantanément une statue qui lui donne un nouvel indice (nan mais attendez, ce sont des statues ou des Huggys-les-bons tuyaux couverts de plâtre ?!) : le prochain meurtre aura lieu à l’une des places les plus touristiques de Rome : à la Fontaine des Quatre Fleuves, piazza Navona. A court de policiers pour l’escorter et le conduire, Langdon arrive à dégoter deux carabiniers en mal d’aventure et leur propose de l’accompagner sur les lieux ; malgré leur gyrophare et une certaine aptitude pour le pilotage, notre vaillant trio n’arrive sur place qu’à 22h55 (certains trouvent les spoilers redondants : ce n’est pas moi le coupable, hein, ce sont les films, bande de petits jean-foutre). Après quelques instants d’observation, la troupe voit paraître au loin une camionnette suspecte : celle du tueur ! Qui vient se garer juste à côté de la fontaine, alors que bon, c’est interdit : telles des pervenches farouches, les deux troupiers accompagnant Robert s’avancent donc prudemment pour aller coller un PV à l’imprudent malfaiteur. L’arme à la main, ils s’approchent donc et… décident de se diviser en deux groupes de un : c’est vrai, après tout, ce n’est probablement que le tueur qui vient de tuer une bonne dizaine de flics seul contre tous il n’y a pas une heure, il est sûrement facile à attraper. Effectivement, ça ne rate pas : le brigand a tôt fait de coller une balle dans la tête des deux agents des forces de l’ordre, avant de traîner leurs corps et de les charger dans sa camionnette.

Hmmm ? Qu’est-ce que j’entends ? Une des places les plus touristiques de Rome, entourée de cafés encore ouverts à 23h où s’attardent les badauds, ça doit faire plusieurs centaines de témoins ? Non : à part Robert, personne ne remarque deux policiers se faire abattre devant la fontaine avant d’être traînés jusqu’à un véhicule louche. Ce mec doit rendre les ninjas jaloux tant il est furtif.

 

"Laissez ! Il a déjà tué 10 de nos potes à lui seul, mais on va y aller en deux groupes de un et sans renforts, ça parait plus sûr"

Une fois qu’il a fini de planquer les corps, notre loulou ouvre la portière latérale de son véhicule, située juste au bord de la fontaine, et balance à l’eau une énorme civière lestée avec un cardinal ligoté dessus. Là encore, rien, pas une réaction de la foule, même lorsque Langdon se met à courir vers l’eau en hurlant "Aaaaaaa l’aiiiiideuuuuuuuuuh !" (Il aurait gueulé "Ya une fille toute nue dans la fontaine !", la moitié de l’Italie fonçait l’aider). Il franchit donc la distance le séparant du pauvre cardinal, alors que le tueur remonte dans sa camionnette (il n’a pas envie de tuer Robert, visiblement, alors que c’est le mec qui remet toujours les flics sur sa piste) pour la démarrer et s’éloigner paisiblement, et plonge sans hésiter : malgré sa force surhumaine (cf l’épisode des archives du Vatican), il ne parvient pas à soulever la civière hors de l’eau ; heureusement, au bout de longues minutes, des touristes passant par là semblent se lasser de tous ces gens qui font des bulles dans la fontaine, et viennent donc à l’aide de notre héros : le cardinal est sauvé ! Un sur quatre ! Bon, certes, il a "eau" sur le torse marqué au fer rouge jusqu’à la fin de ses jours, mais ça fait baroudeur. Avec ça, il pourra tomber les enfants de choeur, ils adorent les baroudeurs ces forbans.

Mais le vieux n’est pas seulement plein d’eau, il est aussi plein de ressource : il peut témoigner de l’endroit où il était jusqu’ici retenu prisonnier avec les autres : le château Saint-Ange.

C’est donc Robert Langdon et toute une division de policiers d’élite surarmés qui défoncent les portes du château pour aller chercher le vil assassin ; cependant, comme ça manquait de filles, Robert a aussi demandé à Vittoria de le rejoindre sur place. Cette dernière a une révélation à faire à notre héros : elle sait qui lui a volé ses cahiers : Richter. Au prétexte de les étudier dans le cadre de l’enquête sur les évènements en cours : elle le soupçonne donc d’être un traître. Mais halte aux supputations, passons à l’action : le château est vaste, et personne ne sait où le tueur pourrait se cacher… qu’en pense Langdon ? Aaaah mais oui ! Les statues ! Depuis le début du film, il suffit de suivre leurs doigts pour arriver au tueur ! Il guide donc l’escadron d’intervention vers les profondeurs des lieux (j’ai toujours été fan de ces films et séries où les troupes d’élites font toujours passer devant le mec le moins armé et le moins protégé pour servir d’appeau à balles), et la troupe débouche sur une vaste pièce où se trouve la camionnette du vilain, les corps de deux carabiniers encore entreposés à l’arrière.  Mais… c’est tout.

Tous les flics se barrent donc pour aller fouiller les alentours du château, ne laissant personne à proximité de la camionnette : après tout, ce n’est que le plus gros indice d’un complot visant à raser le Vatican, pourquoi le surveiller ? Et puis il y a deux corps de policiers fraîchement tués à l’arrière : c’est sans aucun intérêt. Robert et Vittoria se retrouvent donc seuls ; et en tâtonnant les murs, ils ont vite fait de trouver un passage secret : vite, engouffrons-nous y sans armes ni sans prévenir qui que ce soit ! On ne risque que de tomber sur un tueur psychopathe, rien de grave.

Et ça ne rate pas : après quelques mètres de progression dans de sinueux couloirs, nos larrons tombent sur ce qui ressemble à une petite chapelle secrète, visiblement Illuminati ; mais ce que nos héros ne savent pas, c’est que le tueur est dans la pièce, caché derrière un rideau (véridique), à les écouter : il n’ose pas les buter directement avant de se barrer (allez savoir comment, il a deviné que les policiers, très bêtes, n’allaient pas venir dans le passage à la suite de Robert et sa copine, et il ne pense donc pas à fuir). Il a probablement aussi très peur que Langdon le tue en lui envoyant tout l’ennui qu’un enseignant d’histoire de l’art est capable de produire. Nos deux héros, eux, tombent juste sur la boîte ayant contenu les fers ayant servi à marquer les cardinaux, et constatent qu’il y en a un 5e, manquant, représentant les clés de la papauté (oui, c’est marqué sur le couvercle de la boîte avec un petit schéma, comme les boîtes de bricolage). Mais ils n’ont guère le temps de réfléchir au sujet : le vilain parvient à surmonter sa peur et sort de sa cachette en faisant "Ha ha !", et "Ho !" font nos héros, qui s’étonnent : c’est vrai, trouver un tueur dans sa planque, quelle drôle d’idée.

 

"Houuuhouuu, Monsieur le Tueur, tu es là ? On peut te suivre, dis ? Ça te dérange pas ?"

Le tueur est cependant un mec con cool, puisqu’il s’exclame "Bon, je ne vous tue pas : vous n’êtes pas armés, et tant que vous ne me poursuivrez pas, vous ne risquez rien. Adieu !" avant de s’enfuir. Ouiiiii, je ne sais pas si tu as remarqué, petit tueur, mais Robert est juste le type qui te poursuit depuis le début du film, toujours accompagné par des hommes armés chargés de te descendre. Ce que tu as encore pu constater il y a moins d’une heure, près de la Fontaine des Quatre Fleuves, lorsque tu as fui en camionnette en le voyant arriver, après qu’il t’ait envoyé deux flics armés sur le coin du museau. Mais soit, après tout, c’est toi qui vois.

Robert et Vittoria aiment cependant tenter le diable : après que le premier se fut exclamé "J’ai compris là, le fer avec les clés croisées : c’est le fer pour marquer le pape et le tuer ! Et puisqu’il est déjà mort, ils vont zigouiller le chambellan avant de faire sauter le Vatican !", ils décident malgré tout de courser le tueur. Dans quel but, sans armes ? Pour l’arrêter avec des bisous ? Bon.

En tout cas, notez la théorie de Robert : les Illuminati veulent tuer le pape, mais puisque le pape est mort, ils vont tuer son chambellan. Détail : les Illuminati ont DEJA tué le pape. Ils l’ont même dit dans une lettre, en précisant qu’ils ont fait le coup en surdosant ses médicaments. Alors quoi ? Ils ont oublié de le marquer au fer rouge, genre "Ho crotte, quelle bande de têtes en l’air on fait ! Bon bin, faut en tuer un deuxième et le marquer, sinon personne ne va nous prendre au sérieux" ? Et bien encore une fois, même si cette théorie est parfaitement bancale, elle est forcément véridique, puisqu’énoncée par le héros. Ce qui est bien avec Dan Brown, c’est que le héros n’a que des raisonnements nazes, mais que toutes les sociétés secrètes, sectes, religions et tous les assasssins, artistes et hommes influents au monde pensaient exactement de manière aussi stupide. C’est quand même bien fait.

Revenons à notre assassin : lui reste cohérent avec tout le reste du film : il court sur les murailles du château, pourtant grouillant de policiers, mais personne ne le voit : il se permet même une petite descente en rappel, même pas caché, en plein milieu d’une rue passante, sans que personne ne sourcille en voyant un gus jouer à spiderman, une arme à la main et un gros sac dans l’autre. Mais il commet cependant une erreur : juste avant d’être dérangé dans sa planque par Robert et Vittoria, le méchant consultait son PC portable, et avait reçu un message de son employeur lui disant "Au fait, je te fais cadeau d’une voiture, elle t’attend avec les clés planquées sous la carosserie dans une ruelle pas loin. Kiss". Personnellement, je viendrais de participer à un méga-complot au service de gens prêts à tout, y compris à recruter des tueurs, je me méfierais un peu si on m’offrait une voiture.

Et en effet : à peine les clés sur le contact, le tout fait boum. Adieu, assassin-ninja. Parmi toutes les morts que tu as données, seule la tienne aura attiré l’attention des passants.

Langdon et le professeur Vetra, à sa poursuite, sont témoins depuis les murailles où ils le poursuivaient, de l’explosion de son véhicule. Tant pis se disent ils : il a quitté le passage que l’on suivait via sa petite descente en rappel vers la rue où était garé son véhicule, nous, on va continuer pour voir où tout cela nous mène. Et grand bien leur en prend, puisque le passage secret (oui, c’est un passage secret, mais avec des endroits à découverts sur des murailles surplombant des rues passantes : trop secret, vraiment), non seulement contient les cellules où les cardinaux étaient retenus jusqu’ici, mais mène… juste à côté des bureaux du pape (et donc du chambellan), au Vatican ! Et le passage a la forme d’une énorme porte, avec les clés dessus, que personne n’a jamais pensé à ouvrir.

Voilà, c’est ça le passage secret par lequel le tueur a réussi à faire 4 allers retours pour kidnapper les cardinaux : une énorme porte, bien en vue de tout le monde, mais qui n’intéressait personne, même pas la sécurité. Et porte située en plein dans un couloir gardé par des hommes armés 24h/24 puisque menant aux appartements du pape. Ce film est vraiment incroyable. Et l’auteur de cette histoire vend à plusieurs millions d’exemplaires. Je suis dubitatif.

 

Photo de famille du tueur

Cependant, vous n’êtes pas là pour pleurer sur le script : votre petit coeur est en émoi à l’idée que l’action ne soit pas encore terminée : que va t-il se passer maintenant ? Et bien c’est simple : Langdon et Vetra, en sortant du passage, tombent nez-à-nez avec la sécurité (comme quoi, ça dépend de qui emprunte le passage), et alors qu’ils s’apprêtent à expliquer d’où ils viennent, entendent des cris étouffés provenant du bureau de McKenna : sans supputer qu’il puisse copuler bruyamment, la sécurité enfonce promptement la porte du bureau, qui révèle un spectacle bien étrange : le chambellan est au sol, marqué au fer rouge et criant, avec au-dessus de lui, Richter, qui avait demandé à s’entretenir seul avec le représentant du pape, une arme à la main ; ni une, ni deux, la sécurité ne crie même pas "mains en l’air" et l’abat comme un sanglier. Le père Siméo, haut cadre du Vatican, qui attendait devant la porte pour avoir l’audience juste après celle de Richter, a cependant une curieuse réaction : il se jette sur le chambellan en hurlant "Je vais te tuer sale chien !" avant d’être lui aussi abattu par la sécurité (qui là encore, ne tente pas de l’arrêter alors qu’il n’est pas armé). Note pour plus tard : ne pas annoncer sa tentative d’assassinat ouvertement devant les gardes du corps de la cible, particulièrement lorsque celle-ci a encore les canons chauds après avoir abattu le précédent assassin.

Le chambellan, lui, va à peu près bien : la chemise à demi-arrachée pour faire rougir cette coquine de Vittoria, il a les clés du pape imprimées au fer rouge sur le torse, ce qui n’est pas vraiment le body art le plus cool du monde. Il se contente donc de dire que Richter et Siméo étaient deux illuminati, tout en essayant de se remettre de ses émotions : on échappe pas à deux tentatives de meurtre en moins de deux minutes tous les jours.

Langdon s’approche de la scène, et trouve Richter agonisant péniblement : celui-ci, dans un dernier souffle, tend la main vers Langdon, et y laisse paraître une petite clé de forme curieuse. Hmmm, qu’est-ce donc ? Robert s’empresse de n’en parler à personne, des fois que ça serve à quelque chose. Histoire de clés toujours, il note que les clés de Saint Pierre ont été imprimées sur le torse du chambellan… à l’envers ! Ça a forcément un sens ! Ça ne peut pas être parce que quand on essaie de marquer au fer rouge quelqu’un de vivant et de non ligoté, c’est pas facile de faire ça proprement ! Et effectivement, McKenna approuve : à l’envers… tête en bas… Saint Pierre, le premier pape a été crucifié la tête en bas ! Vite, il faut aller sur la tombe de Saint Pierre : le dernier élément manquant, celui qui doit arriver à minuit, la bombe, doit être dans la tombe de Saint Pierre, sous le Vatican ! Vite !

Ho, je ne commente même plus ce genre de déductions, moi. Je vous laisse tout loisir de le faire. Langdon, à partir d’une couverture du journal de Mickey, il vous retrouve l’Atlantide.

A 23h51, donc, de manière très originale, nos héros arrivent donc à la nécropole du Vatican, et c’est menés par le chambellan en personne, lampe de poche à la main, qu’ils trouvent les lieux : McKenna a tôt fait de taper le code et… de trouver, dans la tombe, la bombe, éclairée par une lampe de chantier reliée à une grosse batterie (ah bin, la sécurité ne risquait pas de trouver alors. Bon. Surtout avec leur méthode de coupure de jus super longue). Personne ne se dit "Tiens ? Le poseur de bombe avait donc le code d’accès à la tombe de Saint Pierre ?", et Vetra se contente de dire "Bon, j’ai une batterie de rechange pour la flasque, ce qui nous donnera encore 24h pour la garder stable et la ramener à Genève. Il me suffit de 5 minutes pour la changer, et ça tombe bien, vu qu’il reste 6 minutes avant minuit". Mais soudainement, elle sourcille : "Non ! L’air froid de la tombe ! Il a déchargé la batterie plus vite que la normale ! Il nous reste donc moins de 5 minutes : je ne peux rien faire, il faut aller se mettre à l’abri, ça va péter ! On va tous mourir comme de misérables petites merdes !". Ah oui ? Mais c’est sans compter sur McKenna, véritable héros, qui s’empare de la bombe et s’enfuit en courant avec ; mais que va t-il faire avec ? Est-il bombophile ?

On se le demande, mais sachant qu’il reste, je cite "Moins de 5 minutes !", McKenna arrive à sortir de la tombe, quitter la nécropole, retraverser toute la basilique Saint Pierre (qui est toute petite, c’est connu), sortir sur la place, fendre la foule, attraper un hélicoptère qui passait par là et qu’il sait piloter parce qu’il a fait son service militaire en tant que pilote d’ambulance volante, prendre de l’altitude à toute allure, une fois au-dessus des nuages, coller le pilote automatique pour qu’il continue de grimper, fouiller l’appareil, trouver un parachute, sauter, s’éloigner loin de l’hélico, ouvrir son parachute et…

Après qu’il eut fait tout cela, enfin, la bombe saute.

 

"Vas-y, coupe le fil vert !"

Et bé. Pour une bombe suisse, je trouve qu’elle ne respecte guère la montre : on était plus proche des 20 minutes que des moins de 5 minutes. En tout cas, le bougre d’engin explosif ne tue personne, mais malgré son altitude, endommage de son souffle quelques pans de la basilique Saint Pierre, et blesse badauds et agents de sécurité en faisant voler barrières et panneaux dans leurs tronches.

Du ciel, suspendu à son parachute d’un blanc immaculé, c’est donc un chambellan du pape héroïque mais un peu assommé qui retombe, et qui après s’être blessé en se cognant contre le dôme basilical, retombe dans la foule qui le rattrape de ses mains dans d’immenses vivas, tant on ne récupère pas tous les jours du ciel des curés démineurs volants. Je vous laisse relire ces trois derniers mots, ça devrait vous résumer la qualité du film.

Tout le monde est donc heureux, à l’exception des quelques blessés, et plus personne ne cherche à savoir qui avait bien pu placer cette foutue bombe dans le tombeau de Saint Pierre. Le conclave, lui, après avoir gueulé "Hooo, c’est quoi ce bordel dehors, on s’entend plus voter !", apprend que Patrick McKenna, chambellan du pape, a risqué sa vie pour sauver la leur et celle de milliers de pèlerins : les cardinaux, impressionnés, aimeraient donc en faire leur pape, mais comme il est trop jeune et pas assez cardinal, cela semble impossible. Seule une procédure existe le permettant : que tous les cardinaux, en même temps, acclament son nom, auquel cas, il pourra être élu pape tout de même et sans vote. Cela semble bien ennuyer le cardinal Strauss, qui était bien parti dans ces primaires cette élection, loin devant Ségolin Monarque, le célèbre cardinal du Poitou qui se voyait déjà pape. Le conclave fait donc mander McKenna pour qu’ils puissent prononcer son nom tous en choeur ; ce dernier, à l’hôpital pour soigner ses quelques blessures et sa brûlure au fer rouge (mais pas son brushing, qui lui, est toujours impeccable), s’empresse donc de regagner le Vatican.

Mais, et Langdon, dans tout ça ? Et bien lui et Vittoria se rendent dans le bureau du défunt Richter, que là encore, personne ne garde, malgré le fait qu’il soit mort, abattu en tant que comploteur, quelques temps plus tôt, et que son bureau personnel puisse être un lieu intéressant pour l’enquête. Décidément. En tout cas, nos héros trouvent deux choses : les cahiers de Silvano, que Vittoria venait récupérer, et un orifice dans son bureau où insérer la clé qu’il a confiée à Langdon dans son agonie : celle-ci commande son ordinateur et le fait basculer sur les caméras de sécurité des appartements du pape. Y compris le bureau où Richter a trouvé la mort face au chambellan ; vite, petit retour arrière pour voir les enregistrements et comprendre ce qu’il s’est passé juste avant que Langdon et la sécurité ne défoncent la porte pour trouver tout ce petit monde dans une drôle de position (non, pas celle là).

Et en effet, la vidéo est intéressante : on y voit Richter annoncer qu’il a lu le journal du chercheur mort, et qu’entre deux poèmes d’adolescents et d’amourettes débilettes ("J’espaire que Vittoria me montrera ses lolos deumin !"), il a trouvé à qui Silvano avait parlé de ses recherches : au pape. Lors d’un entretien en présence du chambellan (Richter n’avait pas accès à l’agenda du pape depuis le début, en tant que chef de la sécurité ? Il avait besoin de ces cahiers pour savoir que Silvano avait rencontré le Saint Père ?!), il a parlé de ce qu’il faisait, de ses doutes sur les liens entre la science et la religion… et le pape, super progressiste, l’avait encouragé à continuer dans la voie de la science pour mieux comprendre l’univers. Le chambellan, lui, s’y était fortement opposé. Déçu par ce pape laissant la science prendre le pas sur la religion, il l’a donc buté (il était l’un des rares, en tant que confident, à savoir que le pape prenait des médicaments, et à y avoir accès), puis a monté une fausse attaque des Illuminati contre le Vatican pour bien unir tous les cardinaux contre la science et ses dérives. Et enfin, il s’est fait le leader face à cet ennemi qu’il a créé de toutes pièces, pour ensuite obtenir d’être élu pape. Lorsque Richter a fini de dire ce qu’il savait, il a ajouté qu’il avait averti un autre cadre important du Vatican, le père Siméo, par sécurité. Le chambellan a alors sorti son tison en forme de clés papales, et a menacé Richter avec, qui a donc sorti son arme : cela fait, il s’est alors automutilé le torse, puis s’est jeté à terre. Lorsque Langdon et la sécurité ont donc défoncé la porte, ils sont donc tombés sur le spectacle du chambellan souffrant et au sol, mutilé, et Richter l’arme au poing au-dessus de lui : pan pan, donc. Et Siméo, comprenant ce qu’il venait de se passer, car sachant que McKenna était un traître, a préféré, plutôt que de dire "Attendez, c’est une mise en scène ! Je vais vous révéler la vérité sur McKenna ! J’en suis le dernier témoin !" a préféré gueuler comme un putois en se ruant vers le chambellan en passant devant tout le peloton d’exécution des gardes : pan pan. Si Richter avait su, il aurait averti quelqu’un de moins con de ce qu’il savait.

De retour devant l’écran, dans le bureau de Richter, Langdon connait toute la vérité, tout comme Vittoria. Ils font donc visionner la chose à Strauss (je croyais qu’il était en conclave, indisponible pour qui que ce soit ?) ainsi que deux autres cardinaux. De retour au conclave, donc, lorsqu’enfin, McKenna en passe les portes, persuadé qu’il va être fait pape, il comprend aux regards qu’on lui jette qu’on va plutôt le suspendre par les testicules ; bien qu’ayant fait voeu de ne pas s’en servir, et soucieux de les sauver, il s’en va donc en boitillant en sens inverse, poursuivi par la sécurité, qui ne se presse pas de l’arrêter, persuadé qu’il ne pourra pas quitter la basilique.

 

Entre les tenues et la foule, finalement, l'élection d'un pape, c'est un peu comme un concert de Lady Gaga

Cependant, le bougre a encore de la ressource : comprenant qu’il est condamné, bien que mutilé, boiteux et fatigué, il parvient à semer ses poursuivants assez longtemps pour s’arroser de pétrole de lampe, et à utiliser une bougie pour se transformer en torche humaine. Ce soir, il y aura effectivement de la fumée qui sortira de la basilique en plein conclave.

Et quelques heures plus tard, en effet, c’est cette fois une fumée blanche qui sort de la cheminée du conclave : un nouveau pape a été élu ; non pas Strauss, mais le cardinal que Langdon avait sauvé des eaux ; Strauss devient donc chambellan, ce qu’il apprécie malgré tout. En récompense de tous ses efforts, Robert se voit offrir le texte de Galilée qu’il n’avait jamais pu consulter jusqu’ici puisqu’interdit d’archives, pour qu’il puisse écrire son deuxième bouquin chiant sur les illuminati.

Il y a donc un nouveau pape, progressiste de surcroît, évidemment, tout le monde est content et…

FIN

_____________________________________________

"… vous noterez par ailleurs, jeune fripon, que le plan de Patrick McKenna reposait, outre les nombreuses incohérences que j’ai évoquées,  sur le fait que la bombe qu’il avait volé et qui par miracle avait une batterie qui devait lâcher à 00:00 exactement, devait se décharger plus vite que prévu pour que lors de sa "découverte", il soit trop tard pour changer la dite batterie, mais encore assez tôt pour l’emmener faire un tour en hélicoptère et ainsi devenir le héros du peuple et des cardinaux, permettant ainsi son ascension à la papauté. Ce qui signifie que ce cureton de bas-étage a estimé uniquement avec son doigt mouillé que l’air froid du tombeau de Saint Pierre accélérerait de 0,0694% la décharge de la flasque. Il se plantait d’un centième de degré, il pétait avec sa bombe, décapitait l’église, tuait des milliers de pèlerins, espèce pourtant en voie de disparition, et ainsi obtenait l’effet exactement inverse de celui escompté. Alors la cohérence et les bonnes intrigues, vous m’excusez, mais ce sont un peu les archnémésis de Dan Brown. Maintenant, j’espère que j’ai répondu à votre question qui n’avait pour seul but que de ramener votre science, elle-même issue d’un roman de gare à succès au contenu indigne de tout être normalement constitué."

Il a perdu son sourire et me jette le regard de celui qui, sans être trop loin des larmes, se contient juste suffisamment pour réfléchir à la manière dont il va aller couiner auprès des responsables de l’établissement pour que plus jamais je ne fasse d’intervention dans leur cursus. Grognon, il exprime sa colère en fermant bruyamment la fermeture éclair de sa trousse, lorsqu’enfin sonne la sirène annonçant la fin de la journée ; quantité de ses petits camarades s’empressent alors de lui emboîter le pas, quand il quitte les lieux pour aller retrouver son foyer.

Ne reste dans la salle que la jeune fille qui avait une question, et que j’avais oubliée.

"Vous désiriez ?
- Je… je me demandais si vous aviez éventuellement des places pour des stagiaires ?
- Hmmm… ça doit être possible, oui.
- Il faut quoi pour travailler chez vous ?
- Rassurez-vous : vous avez déjà tout ce qu’il faut"

0

Dis-je en contrôlant le contenu de son débardeur.

 

 

Lecteurs, lectrices, vous êtes de fieffés intégristes.

Ne le niez pas, petits galopins, je connais tous vos vices ; gourmandise (vous vous souvenez de ce pot de Nutella ?), paresse (redressez vous dans vos assises quand vous me lisez, ce serait un bon début, croyez vous que j’écris vautré, moi ?), luxure (vous savez très bien ce dont je veux parler, si votre maman l’apprenait, que dirait elle ?) … tout cela ne serait rien si vous n’ajoutiez pas à cette liste une certaine intolérance envers des gens aussi sympathiques que ceux de l’Eglise de Scientologie. Alors que pourtant, que savez-vous de cette Eglise ? De ses croyances ?

Serait-il possible qu’aveuglés par votre orgueil et quelques reportages partisans, vous montriez d’un doigt accusateur la Lumière de la Scientologie ? Pensez-vous vraiment que Tom Cruise pourrait se tromper (hem, Night & Day quand même) ? Ou John Travolta (Oh, Battlefield Earth !)?

Moquée, conspuée, attaquée… la scientologie est accusée de diverses pratiques et croyances. Aussi, il serait bien malheureux de ne pas écouter ce que ces joyeux lurons ont à dire pour leur défense. Aujourd’hui, donc, nous allons explorer ensemble le site de la scientologie, pour découvrir en quoi consiste cette fabuleuse Eglise.

La croix scientologue, symbole des "8 dynamiques se croisant", celle de l'esprit "franchissant celle de la matière". Oui, ou alors juste une croix chrétienne repompée pour faire religion sérieuse

D’un clic donc, vous pouvez découvrir un site rutilant, sobre, moderne, sans gifs animés, qui propose quantité de vidéos pour vous aider à découvrir cette religion ; mais comme vous êtes au boulot et que vous ne pouvez pas cliquer, je vais m’en charger. Voyez comme je me sacrifie pour vous lecteurs, tant des vidéos, il y en a pléthore. Et mystérieusement, toutes sont étiquetées du sceau des agences de communications américaines, avec les plans caricaturaux, les troupes sorties en masse de l’Actors Studio, les effets visuels à pleurer, le mauvais goût et mystérieusement, à la fin de la plupart, on trouve une publicité pour un livre du fondateur Ron Hubbard. Et pas forcément toujours le même, hein, faudrait pas non plus que vous ne raquiez qu’une seule fois.

Tiens ? Moi qui croyais que lorsque l’on était une religion désintéressée, on profitait des nouvelles technologies pour mettre ses textes fondateurs en ligne (à titre d’exemple, on peut trouver la Bible et le Coran sur le web, formidable, vous en rêviez) puisque le but est de propager la bonne parole, pas de se faire du fric. Alors comment cela se fait-il qu’ici on ait le droit à moult livres (et surtout pas un seul réunissant tout) tous disponibles uniquement dans le commerce ? C’est fou ça, il faudrait donc acheter ces ouvrages pour accéder à cette religion ? Bon, on va dire que je suis mauvaise langue, alors on va relativiser un peu.

C’est vrai quoi, prenons un autre exemple : Olivier Besancenot prône la révolution communiste, et pour ce faire, vend des livres contenant de quoi faire la dite révolution en échange d’espèces sonnantes et trébuchantes (ce qui ressemble quand même pas mal à du capitalisme) plutôt que de mettre sa bonne parole en ligne pour renverser l’ordre établi. Et ça n’a l’air de choquer personne. Alors pourquoi pas l’Eglise de Scientologie ?

Revenons-y justement, et je vous propose donc de vous diriger vers la rubrique "Croyances et pratiques", puisque bon, c’est tout de même ça qui nous intéresse, et commençons avec "Le credo de l’…" attendez, attendez, c’est quoi cette petite vidéo tout en bas ? Comme le titre m’a l’air alléchant ! Vite, cliquons sur "Amour et haine – Qu’est-ce que la grandeur ?" ; oh oui, parlez-moi d’amour !

"Lorsque l’on est exposé à la haine, quelle solution adopter si l’on veut être heureux ?", nous interroge tout d’abord ce clip ; excellente question : personnellement, lorsque je suis exposé à la haine, j’ai tendance à adopter la solution dite du "Je vais t’exploser le groin, petite truie", impliquant diverses techniques de pieds et de poings, mais je ne suis pas sûr que l’Eglise de Scientologie me suive sur le sujet. Qu’en pense t-elle ?

Catherine Bell devrait appliquer sa religion à la lettre et tous nous aimer très fort. Et plusieurs fois par jour.

Une des croyances de la scientologie, nous explique Bob le scientologue de sa petite voix off, est que la grandeur ne s’acquiert qu’en faisant fi des mauvaises actions d’autrui : il faut outrepasser la haine des méchants et aimer tout le monde, être un putain de bisounours. Ceux qui atteignent ce stade ont l’air niais l’avenir pour eux, ceux qui ne savent pas outrepasser la haine des autres ne connaissent que le malheur (ah, oui, tout de même, donc si je comprends bien, tous les non-scientologues sont fondamentalement malheureux ? Comment vais-je faire ? C’est trop injuste.). Une vraie personne, une grande personne, "aime ses semblables parce qu’elle les comprend", et ne tombe pas dans "le piège de l’incitation à la haine". Et si certains ne sont pas "conscients" de ce piège, certains "en sont devenus fous". Et attention, on monte en puissance :

"Mais tous, absolument tous, sont dans le même piège"

Hmmm ça commence fort. En dehors des scientologues, donc, tout le monde (absolument tout le monde !)  est donc non seulement malheureux, mais en plus, tombe dans le piège de l’incitation à la haine. Gandhi n’était probablement qu’un gros naze haineux, qui se promenait en slip pour salir les chastes yeux de l’armée britannique de ses fonds de culotte. Je comprends mieux le repli des troupes de sa majesté face à tant de cruauté. Merci Ron Hubbard. Sinon, amis scientologues, tous les procès contre ceux qui contestaient la scientologie, ne serait-ce pas tomber dans "l’incitation à la haine", justement tant décriée ? Zut alors.

"Généraux, balayeurs, présidents, détraqués : ils agissent comme ils le font parce qu’ils sont tous soumis aux mêmes pressions cruelles de cet univers"

Je vois. Généraux, balayeurs, présidents, détraqués, ils sont tous pareils. Bon, si on prend l’exemple de mon ancêtre, le général Louis-Hubert Connard, qui accrochait des prisonniers à sa ligne de téléphone de tranchée avant d’appeler le QG, on pourrait penser que ouiiii, il y a effectivement eu des généraux qu’on a accusé d’être un peu "foufous" voire espiègles. Mais c’est quand même l’inventeur de l’expression "Je vous entends mal, il y a de la friture sur la ligne". Alors un mal pour un bien, mais je m’égare. Oui, tout le monde est fou, "détraqué", même. Ça va, c’est honnête, ça sent pas du tout le gros raccourci moisi et simplificateur. Tiens d’ailleurs, 10 secondes avant, dans la même vidéo, on ne disait pas qu’une vraie et grande personne "aime ses semblables parce qu’elle les comprend" ? Non parce que là, du coup, dire "Les scientologues sont grands car ils comprennent les gens et les aiment" et enchainer avec "Les autres sont tous des détraqués qui agissent uniquement à cause des pressions de l’univers", ça sent quand même la recherche limitée de compréhension. D’ailleurs, plus loin, les mêmes esprits "tombés dans le piège de l’incitation à la haine" sont qualifiés "d’âmes égarées" se "donnant en spectacle". Le tout avec force images de bottes marchant au pas de l’oie et de simili-dictateurs devant des symboles communisto-nazis.

Oui, je sais : on est à la moitié de la première vidéo et on a déjà franchi le point Godwin. L’Eglise de Scientologie carbure niveau élévation spirituelle.

"Ach ! Zi zeulement ch'afais abbris à aimer..."

Je vous passe la fin de la vidéo, où l’on continue d’expliquer que l’important, c’est de comprendre les autres, mais que bon, quand même, les autres, ce sont juste "des êtres pris au piège, écrasés sous un poids intolérable" qui ont "perdu la raison". Décidément, dans cette vidéo sur la compréhension, on n’arrête pas d’expliquer que les incroyants sont juste d’irrécupérables tarés. Normal. Et évidemment, ça n’a rien à voir avec une bonne vieille technique utilisée dans toutes les bonnes manipulations depuis la nuit des temps :

"On a raison, les autres ont tort. Et s’ils vous disent qu’ils ont raison et qu’on a tort, c’est parce qu’ils ne peuvent pas comprendre qu’ils ont tort vu qu’ils ne pensent pas comme nous"

Rien à voir on vous dit.

Bon, cela étant dit, si on allait voir les principes de la Scientologie ? Non parce que bon, hein, on ne va tout de même pas s’en arrêter à ça. Commençons avec "Les parties de l’homme", vidéo qui me laisse supputer au vu de son titre qu’une fois encore, la Scientologie va s’attacher à nos bourses. Regardons plutôt :

La Scientologie explique que le corps est un outil, tout comme le mental, et que bon, vous, vous êtes une conscience, ce qui sera ici appelé un "Thétan". Soit. Jusqu’ici, on a pas inventé la poudre. Mais figurez-vous que la Scientologie va vous aider à "accroître votre potentiel". Bon sang de bois, vous voulez dire qu’avec la Scientologie, mon mental et mon corps seront meilleurs ?

Et depuis le temps que Tom Cruise pratique, il ne mesure toujours qu’1,70m ? Et qu’il continue de jouer dans des films où il se sent obligé de faire de la moto et de porter des masques en latex ? Franchement, je serais lui, j’aurais déjà pourri le service des réclamations. V’la l’accroissement et l’élévation.

Allez, faisons fi de cela et allons voir ce que la Scientologie peut nous apporter d’autres. Tenez, figurez-vous qu’elle a un formidable outil : l’échelle des thons. Grâce à celle-ci, vous pouvez dire qui de Susan Boyle ou de Christine Boutin est la plus laide. Un outil fascinant puisque… ah ? On me souffle qu’il s’agirait en fait de l’échelle des tons, outil permettant de mieux communiquer. Allez hop, nouvelle vidéo explicative.

En effet, l’échelle des tons permet d’"identifier les émotions et de comprendre les comportements liés à ces diverses émotions". Elle se compose d’une échelle graduée allant de 0 à 4 sur laquelle on retrouve divers comportements hiérarchisés d’une manière qui laisse supputer que le LSD continue de tourner dans certaines officines. On trouve donc à 1.0 "la peur", et à 2.5 "l’ennui". Moult autres comportements sont ainsi décrits, ainsi, en Scientologie, on estime que les jeunes qui adhèrent à l’UMP sont en permanence à 3.0 sur l’échelle des tons, soit "le conservatisme", alors que leurs familles et amis sont aussitôt propulsés au rang 0.5 en apprenant la nouvelle, soit "le chagrin" (la consternation n’apparaît pas sur cette échelle tant elle permettrait de me situer lorsque je consulte ce genre de vidéos). Vous avez tout compris ? Bravo. On continue.

Ces tons émotionnels ont des schémas prévisibles : par exemple, un "homme en colère" parle souvent fort, n’écoute que peu ce qu’on lui dit, et on apprécie peu d’y avoir affaire. Ho merde, c’est vrai ? Il a fallu combien de bouquins de Ron Hubbard pour découvrir ça ? Jusqu’ici, je pensais que les gens en colère se contentaient de parler fort pour demander des nouvelles de ma famille ou me faire des bisous, et que tout le monde appréciait ça. Nan mais c’est pas Hubbard le fondateur de cette religion, c’est Monsieur de La Palice, c’est impossible autrement.

Grâce à la scientologie, vous pourrez désormais savoir qu'un homme en colère a souvent l'air grognon

Vous saurez aussi que "les gens ne sont pas fixés à un ton : ils fluctuent sur l’échelle des tons". Par exemple, un homme en colère n’est pas en colère toute sa vie : parfois, il dort. "Bien des difficultés éprouvées par les gens dans la vie sont dues au fait qu’ils ne comprennent pas la nature de ces tons émotionnels et ne savent pas comment y faire face". Et là, exemple, s’il vous plaît :

Une jeune femme et un ami mangent tranquillement par un bel après-midi d’été, mademoiselle est heureuse, monsieur aussi, ils bavardent joyeusement. Soudain, la donzelle reçoit un appel, probablement pour lui annoncer que toute sa famille vient de mourir dévorée par un troupeau d’hippopotames sauvages alors qu’ils faisaient leurs courses chez Auchan. La voix off explique alors que quelqu’un ne pouvant prédire les réactions de l’autre face à l’échelle des tons risque de ne pas être capable de "résoudre la situation". Et on voit donc sur la vidéo le monsieur qui tente de dire quelque chose pour réconforter madame (probablement "Est-ce qu’on a pu récupérer leur carte de fidélité du rectum des hippos ?"), ce qui la fait passer aussitôt dans une colère noire. Mais grâce à l’échelle des tons et à sa maîtrise, notre gros nigaud réussit à reconquérir sa belle par la suite en allant la voir chez elle puis en l’emmenant sur le bord d’une fontaine rire comme une grosse idiote complètement défoncée à la ganja. En effet, grâce à l’échelle des tons, vous pourrez désormais "communiquer dans n’importe quelles circonstances, peu importe les difficultés qu’elles comportent". Quelle puissance ! L’échelle des tons ne permet rien de moins que "d’élucider les mystères du comportement humain".

Car oui, grâce à une simple échelle numérotée de 0 à 4, vous pourrez désormais emballer de la zouz à volonté, négocier avec des terroristes et obtenir la libération de l’être aimé en échange d’un kebab et d’une paire de babouches, ou même réussir à convaincre Hosni Moubarak de démissionner. Si les égyptiens avaient des scientologues, ils n’en seraient pas là, les gros nuls.

Allez, passons à la suite : "Les composantes de la compréhension". Non, parce qu’on nous en parle depuis le début, de la compréhension, du fait qu’il faut se comprendre soi-même, les autres, tout ça… parce que sinon, on est fou/perdu/haineux, alors voyons comment fonctionne le système utilisé par la scientologie pour comprendre le monde, les autres, la vie quoi. Grâce à cela, vous pourrez répondre aux questions : "Comment améliorer mes relations autrement qu’avec un colt .45 ?", "Comment présenter mes idées sans faire de vidéos cucu la praline pleines de contresens et de lapalissades ?", "Comment être plus efficace au travail sans héroïne ?". Et bien, la scientologie utilise "le triangle d’ARC", ce qui ressemble d’ores et déjà à du baratin de communiquant bas de gamme pour définir les interactions entre l’Affinité (selon que vous aimiez les gens ou que vous les soupçonniez d’être roux), la Réalité (les objets solides, les choses réelles, et définition que je ne comprends pas, et je cite la voix off "les choses qui ont obtenu notre accord sont réelles" ; ça voudrait dire qu’Eric Zemmour n’existerait pas ? Ça se tient, remarquez),  et la Communication (la capacité à faire passer et recevoir les idées d’autrui). ARC, donc. Et là, attention, explication :

Cet homme n'existe pas puisque vous n'êtes pas d'accord avec lui

"Ces trois facteurs sont interdépendants : quand l’un d’eux chute, les deux autres chutent aussi".

Misère ? Donc par exemple, si je me fâche avec quelqu’un (baisse de l’affinité), la communication chute aussi. Ok. Par contre, la réalité s’effondre ?! Mais ? Nom d’une pipe ! Et à l’inverse, si je me réconcilie avec quelqu’un, la communication augmente, et le monde réel s’enrichit de nouveaux objets solides ? Non mais qu’est-ce que… je… mais… c’est complètement con, ou c’est juste moi ? Non parce que là, c’est quand même la vidéo du propre site de la scientologie qui explique ce triangle, hein, on est pas en train de fouiller le site de gens cherchant à les discréditer. Diable, ils le font tout seuls ! La vidéo, qui n’est pas sans rappeler les films qui étaient diffusées en cours de biologie dans les collèges de France et de Navarre fut un temps, mêlant voix off consternante, effets pourris et musique composée par une vieille greffée à un synthé, se termine d’ailleurs par un fameux coucher de soleil et une explication simple et effrayante : ce triangle ARC est à la base de toute la compréhension dans la scientologie, et permet de comprendre la vie.

Hé bé, ça doit pas être facile tous les jours. Genre si on se fâche avec quelqu’un (encore ! et donc baisse de l’affinité) et qu’on décide de profiter de l’occasion pour lui lancer ses 4 vérités (hausse de la communication), c’est pas possible. Ça n’existe pas. Là, on ne modifie pas la réalité, on la fait exploser, tant elle n’est pas faite pour supporter un tel paradoxe. Tout de même.

Mais le temps passe, et allons à la dernière étape du credo scientologue (je vous passe les "8 impulsions" qui forment l’homme qui grosso modo, sont le fait que l’homme doit vivre en tant que lui même puis en tant que membre d’une famille, d’un groupe, de l’humanité, des êtres vivants, d’un univers physique, d’un groupe spirituel, et de l’infini) : le principe de l’audition.

Jeunes gens, figurez-vous que lorsque vous souffrez, votre esprit l’enregistre. Et du coup, lorsque vous revoyez l’objet de votre souffrance, ou que quelque chose vous le rappelle, vous souffrez à l’identique (oui, à l’identique : la vidéo explique que quand on a mangé un truc avarié, lorsqu’on revoit un plat, même non avarié, du même type, on a à nouveau la nausée ; il suffit donc pour repousser un scientologue de brandir devant lui une boîte de dragées Fuca pour instantanément que ça lui file la colique. Surpuissant). Or, votre esprit ne peut toujours resituer précisément l’objet de votre souffrance, puisqu’il la cache parfois en l’évacuant des souvenirs (comme c’est pratique : on va pouvoir expliquer aux gens qu’ils souffrent à cause d’un évènement qui n’existe pas, et que comme ils n’en ont pas souvenir, c’est bien la preuve que leur esprit a caché  cette douleur et que c’est pour ça qu’elle est si gênante). En allant consulter un auditeur de l’Eglise de Scientologie, équipé de son fidèle électromètre, il va pouvoir sonder votre esprit (la science au service de l’exploration de soi est un credo de la scientologie : la coloscopie doit donc être à ce titre considérée comme un rituel sacré), puisqu’en vous accrochant au dit électromètre et en parlant avec l’auditeur, vous ferez bondir l’aiguille de temps à autres : c’est à ces moments là que l’on verra quels sont les sujets qui vous font souffrir. Et une fois localisés, à vous d’arrêter d’en souffrir en les acceptant et de vivre avec, sans traîner ce boulet à votre pied. C’est beau. Ce concept est bien sûr expliqué dans un livre encore différent de Ron Hubbard, la "Dianétique" (la science de l’analyse des souvenirs que vous même avez oubliés parce qu’ils n’ont jamais existé mais qu’il vous faudra faire remonter pour mieux les effacer en 60 séances).

Bon, le fait que l’électromètre puisse coûter jusqu’à 6 000€, et que je ne vous parle pas du prix des séances, n’a bien évidemment aucun rapport avec le sujet : le bien être n’a pas de prix.

Un électromètre. A ce prix là, vous savez où vont aller les tubes métalliques.

Alors évidemment, vous me direz que je cible le plus ridicule . Mais pas du tout, sinon j’aurais aussi parlé, je sais pas moi, de ça :

Tous les hommes ont le droit inaliénable de penser librement, de parler librement, d’écrire librement leurs propres opinions et de s’opposer, de se prononcer ou d’écrire sur les opinions des autres

Oui, mais on attaque quand même en justice les gens qui écrivent des trucs pas trop gentils.

Que les âmes des hommes ont les droits des hommes

Ce qui explique les morts qui votent.

L’étude du mental et la guérison des maladies d’origine mentale ne devraient pas être séparées de la religion, ni tolérées dans les domaines non religieux

Psychiatres, vous êtes des enfoirés d’hérétiques. Ah bin tiens, vous avez même un musée scientologue contre vous.

Seul l’esprit peut sauver ou guérir le corps

Je propose d’interdire la médecine.

Alors certains d’entre vous ajouteront "Ouiii mais tu ne parles pas des croyances qui sont enseignées en dehors de la partie publique" (le vouvoiement, ça vous dirait, petits fripons ?) ; oui, je sais, vous voudriez que je parle de ces documents sortis par un ancien haut-membre de la secte l’Eglise expliquant qu’en réalité, la Terre était autrefois peuplée de moult personnes, mais que l’Empire Galactique de l’époque, réunissant quantité d’autres planètes, et dirigé par un certain Xénu, aurait décidé de s’en servir pour faire un truc moche : afin de se débarrasser  du problème de la surpopulation dans l’empire, Xénu aurait convoqué les milliards et milliards d’individus en rab’ à des contrôles fiscaux (oui, l’arme ultime du plus grand méchant de l’univers se nomme "contrôle fiscal" ; on sent que Ron Hubbard avait un petit souci avec la question), puis les aurait piégés et envoyés sur Terre pour les y regrouper et les bombarder à l’arme atomique, histoire de leur apprendre la vie. Puis, tel un marin-pêcheur en quête de morue, il aurait regroupé dans des filets géants les âmes errantes pour les emmener au cinéma voir des films en 3D (en 2D c’est pas assez convaincant) pour effacer leur mémoire (ça marche pas mal ça, moi-même, des fois, j’ai l’impression que le cinéma attaque mes neurones), avant de "souder" les âmes ensemble pour qu’elles prennent moins de place. Ces conglomérats d’âmes dérivants se seraient greffés aux âmes des rares survivants, et la scientologie permettrait donc de lutter contre ces "âmes parasites" qui sont celles qui rendent l’esprit confus. A force de communication télépathique (lors de séances payantes), on pourrait virer les intrus et les renvoyer là où tous les intrus doivent retourner : à Bamako. Cela étant dit, pour s’assurer qu’une âme est partie, il faut lui demander. Si elle répond "oui", c’est bon. Quelque chose me dit que du coup ça doit compliquer la tâche.

Un scientologue anonyme

Mais comme je suis sympa, on va pas parler de ça, on va se contenter de ce qu’on a vu ci-dessus dans la partie publique du site, mise en avant par les scientologues en personne. Alors maintenant, quand vous parlerez de scientologie, vous pourrez briller en société en disant que vous, vous êtes allés voir ce que disaient les scientologues eux-mêmes pour savoir de quoi il en retournait. Ne me remerciez pas.

D’ailleurs, n’oubliez pas : si jamais vous tombez sur un scientologue qui vous contredit, outre l’argument "c’est sur votre site officiel", vous pourrez le plomber d’une manière simple :

- en vous contredisant, il fait progresser la communication entre vous (le débat enrichit l’échange)

- en vous contredisant, il fait baisser l’affinité entre vous (vous êtes en désaccord)

- le triangle ARC, qui est, je cite la vidéo officielle "le dénominateur commun" de toutes les analyses de la religion scientologue, et qui est censé voir les 3 éléments Affinités-Communication-Réalité qui le composent toujours aller dans le même sens dans toutes les situations, se retrouve dans une situation qui prouve qu’il est faux, puisque deux éléments progressent de manière opposée, ce qui est supposément impossible.

- si le "dénominateur commun" de la religion est faux, le reste suit.

Bref, si un scientologue contredit le fait que sa religion est constituée de n’importe quoi, il prouve de fait, et en se basant sur ses propres textes, que sa religion est constituée de n’importe quoi.

Finalement, elle est bien faite cette Eglise.

Il y a des gens qui ont de grandes ambitions.

Les personnes qui ont écrit "Salt", par exemple ; à la base, saviez-vous que ce film avait été prévu pour Tom Cruise ? Nom d’une pipe, comment peut-on écrire un film pour Tom Cruise ? Non mais sans rire : c’est comme si on annonçait avoir écrit un film pour Francis Huster ; ce serait forcément tellement mauvais que même lui ne pourrait pas accepter le rôle. Quoique : il ne faut jamais sous estimer Francis Huster, mais ce n’est pas mon propos.

Pour Salt, c’est exactement ce qu’il s’est passé : une fois que les fiers rédacteurs eurent achevé le film, Tom Cruise refusa finalement d’y jouer. C’est bien ballot ; tout était pourtant déjà en place : les chaussures à talonnettes, les décors à l’échelle 3/4, les voitures sans permis imitation véhicule véritable… Et voilà que la vedette refusait le rôle phare. Sacrebleu ! Quelle trahison ! Comment rentabiliser l’investissement ?

Il ne restait plus qu’une seule solution : trouver pour le rôle principal quelqu’un d’aussi petit que Tom Cruise ; et comme Pikachu n’était pas disponible (il était en plein divorce avec Sacha, ils se battaient pour la garde des pokéballs), il ne restait plus qu’à trouver quelque chose à mi-chemin entre un petit homme et un pokémon : une femme.

C’est ainsi qu’Angélina Jolie décrocha le rôle : le format d’un Tom Cruise (ils font exactement la même taille, je ne crois pas aux coïncidences) et les lèvres d’un Boustiflor (pokémon #70 ; oui, mes articles sont documentés, c’est un blog sérieux ici), elle était parfaite. Ainsi me retrouvais-je donc devant Salt, film sans Tom Cruise mais avec Angélina Jolie, que je vous propose de résumer ici-même.

Spoilons, mes bons !

L'affiche ; la réponse à la question est simple : un ornithorynque.

Notre histoire commence en Corée du Nord, dans une cellule sombre et humide…

Attachée à une table, une pauvre américaine, Evelyn Salt, est brutalement interrogée par des gardes communistes qui l’accusent d’espionnage. "C’est toi, Donald Duck, on t’a reconnu sale yankee ! Que viens tu faire dans notre république populaire ? C’est Mickey qui t’envoie ? Dingo ? Ou pire, le commissaire Finot ?" : la prisonnière est bien malheureuse et a beau jurer ses grands dieux qu’elle n’est pas un canard, ses grosses lèvres la trahissent. Elle se contente de répéter inlassablement qu’elle n’est pas une espionne, et que tout cela n’est qu’un vulgaire malentendu, mais ses geôliers ne semblent pas convaincus. Pour appuyer leur propos, ils la torturent comme il se doit : coups de poings, de pieds, de coudes, brûlures indiennes, tirages de slips et autres ingurgitations de litres de Tang (seule la Corée du Nord en dispose encore). Abominable.

Heureusement, ce calvaire connait une fin lorsque la Corée du Nord se propose d’échanger l’américaine contre un communiste retenu en Corée du Sud : l’accord est passé, et c’est Ted Winter, le chef des opérations de la CIA, qui vient récupérer en personne Evelyn. Celle-ci a tout de même une question : comment cela se fait il que la CIA la sauve ? La règle est qu’en mission, si on est pris, on est perdu… alors pourquoi ce sauvetage, cet échange contre une espèce de Robert Hue asiatique ?

La réponse est simple : Mike Krause, son petit ami et accessoirement célèbre arachnologue allemand, avait commencé à faire le siège du Sénat et à alerter les journaux sur cette situation honteuse, et la CIA a préféré récupérer son agent plutôt que de risquer un battage médiatique. Salt a bien envie de dire que Ted est une grosse chochotte de faire plier la CIA entière devant un pauvre militant gauchiste solitaire, mais bon, on vient de lui sauver les fesses, alors elle ne fait pas de remarque désobligeante. Soit.

2 ans passent. Comme ça, hop.

Nous retrouvons donc Mike et Evelyn dans leur petit appartement américain, discutant de la nouvelle du jour : c’est leur anniversaire de mariage, c’est trop choupinou ! A son bureau au QG de la CIA (camouflé en siège d’une fausse entreprise pétrolière), elle s’entraine d’ailleurs devant son ordinateur à bien mettre la table en regardant sur internet des tutoriels vidéo de pliage de serviette, en bonne épouse qu’elle est (véridique). Après ce dur labeur, elle annonce à son patron, Ted, qu’il est temps qu’elle rentre chez elle puisqu’elle a fini sa journée : pour votre information, il n’est pourtant que 14h30.

Ah, c’est sûr qu’en faisant 9h-14h30, avec pause le midi et visionnage de conneries sur Youtube, la CIA ne risquait pas de voir arriver le 11 septembre. Par contre, si Al-Qaida avait fait des attentats au soufflé au fromage (et encore, de préférence en matinée), là des agents comme Evelyn Salt auraient brillé, pour sûr. Mais non, c’est pas de bol.

En tout cas, sur le chemin du départ, Evelyn est rattrapée par un agent qui l’informe qu’un transfuge russe attend d’être interrogé depuis quelques minutes. Allez, l’amie Salt est de bonne humeur : elle va prendre ce dernier dossier avant de quitter le travail. Et ce n’est pas n’importe quel dossier figurez-vous : il s’agit d’un mystérieux russe, ex-agent des services secrets de son pays, qui vient se livrer aux USA. Atteint d’un grave cancer, il n’a plus rien à perdre et veut prévenir la nation du hamburger du danger qui la guette : l’ex-URSS a mis au point un plan diabolique, toujours en cours, et pour le comprendre, il faut remonter un poil dans le temps. En effet, Kennedy ne fut pas tué par Lee Harvey Oswald, mais par Alek, un agent russe qui remplaça le vrai Lee Harvey et prit son identité alors que celui-ci était en voyage en Russie. Une fois infiltré aux Etats-Unis, on connait la suite (il y avait vraiment besoin de remplacer un américain et de prendre son identité pour tirer au fusil à lunette sur quelqu’un ? Il faut un passeport pour tirer sur les gens ? Misère, ils m’ont l’air copieusement couillons à l’ex-KGB). Sauf qu’en URSS, on fêtait grave la réussite de l’opération (enfin, fêtait à la soviétique : ce soir là, ce fut double ration de patates), et on donna un gros budget à une nouvelle opération menée par un certain "Orlov" : récupérer discrètement des nourrissons issus de parents pas trop cons un peu partout en Russie (en faisant croire à leur mort), et les élever ensuite pour en faire des agents surentrainés. Il suffisait alors d’attendre une occasion pour remplacer un américain par un de ces agents spéciaux. L’agent vivait alors la vie de celui ou celle dont il avait pris la place, et attendait, dormant, qu’on l’active pour lancer un grand plan visant à déstabiliser le pays de la liberté.

Al-Qaida utilise toutes les armes, même les plus fourbes

Or, ce plan devant faire chanceler les USA devrait se réaliser sous peu. Il débutera avec le passage à l’action de l’un de ces petits agents dormant…

Evelyn Salt !

D’après l’ex-agent, la personne qui porte ce nom va tuer le président russe lorsqu’il va se rendre aux funérailles du vice-président des USA récemment décédé. La CIA pense que le type ment ou délire, puisqu’ils disent "Ahah, un russe, tuer le président russe, c’est n’importe quoi !". Wouah, ils sont trop malins à la CIA. C’est vrai que l’armée qui tuerait le président de son propre pays, c’est du jamais vu. Surtout pour la CIA (Salvador Allende, si tu nous entends, grosse cacedédi).

Evelyn Salt, elle, dit bien que dis donc, c’est moi Evelyn Salt, et je suis quand même au courant que je ne suis pas une espionne russe petit filou ! Alors tu vas arrêter de raconter des carabistouilles, sinon ça va mal se passer. Hélas, Ted Winter et William Peabody (un agent du contre-espionnage, quota black du film) ne sont pas du même avis : ils veulent au moins qu’Evelyn soit interrogée quelques minutes pour la forme (c’est vrai que c’est très utile : interroger juste assez pour faire chier mais pas assez pour que ce soit efficace, bravo les gars). Mais c’est sans compter sur un petit imprévu : le mystérieux russe, alors qu’il est emmené par deux gardes, profite d’un passage en ascenseur pour sortir une lame de sa chaussure (ho, des bottes-lames, ce truc éculé et qui ne fait pas du tout biper les détecteurs de sécurité ! Surtout aux USA où on ne contrôle jamais les chaussures… Vous m’expliquez comment il peut encore les avoir ?) et tuer ses deux gardiens avec, en finissant même le boulot à l’aide d’un pistolet qu’il leur a volé. Puis, il s’enfuit, sans aucun soucis, puisqu’au QG de la CIA, tu peux flinguer des gens bruyamment dans l’ascenseur principal, personne ne réagit. Ou alors, tout le service n’est constitué que de sourds et malentendants, ce qui expliquerait pas mal de choses, y compris la guerre en Irak ("Mon voisin a de la bonne lessive !" – "Comment ? Les Irakiens ? Des armes de destruction massive ?").

Détail important, la CIA ne s’aperçoit de ce double meurtre de ses agents en plein milieu de leurs bureaux que bien après que le vil russe soit sorti du bâtiment, et ce… en revisionnant les bandes ; car oui, ils ne regardent pas leurs écrans de sécurité en direct, c’est beaucoup trop intelligent comme concept, il faut le savoir, surtout pas ceux où l’on promène un prisonnier dans le bâtiment, et ils n’entendent pas non plus des coups de feu dans un ascenseur de leur propre quartier général. Superbe ; il passent donc en alerte rouge, mais bien trop tard. Accessoirement, aucun agent de la CIA ne trouve curieux qu’un mec vienne se livrer pour raconter une histoire avant de s’enfuir en tuant les gens auprès de qui il s’était rendu. Voilà voilà. Ho, et ils n’envoient personne à sa poursuite, surtout pas : ils se contentent de "diffuser son portrait". Oui, comme pour les enfants fugueurs. Le russe doit être trop inquiet, si ça se trouve, on va imprimer son visage sur des briques de lait : tremble, pourriture communiste !

Evelyn, elle, profite de l’alerte rouge pour s’enfuir (oui, quand il y a une alerte rouge au QG de la CIA, on relâche la sécurité, c’est connu ; ce film place la barre très haut en matière de n’importe quoi), et commence à gambader dans le bâtiment ; sauf que pas de bol, Ted et William ont l’idée géniale de regarder sur leurs écrans de sécurité en direct cette fois, et la suivent donc sur les caméras. Ils arrivent même à l’isoler en fermant des portes de sécurité ici ou là, et elle finit donc bloquée dans un bureau d’un étage. Mais c’est sans compter qu’Evelyn Salt, malgré son nom ridicule, a aussi des pouvoirs de Mc Gyver : avec un extincteur, des produits d’entretien et un pied de table, elle construit une roquette ! Et s’en sert pour disperser l’équipe d’intervention armée qui ouvre les portes de sécurité pour venir l’arrêter ; dès lors, elle n’a plus qu’à s’enfuir pieds-nus (ses talons la ralentissaient) en sautant au travers d’une fenêtre (oui, le film oublie qu’elle était à un étage et la transporte doucement et légèrement au rez-de-chaussée, sans bobos ou éclats de verre dans les pieds, ce qui serait pour le moins douloureux. C’est magique.

Ah bravo : ça ne sait pas plier une serviette, mais ça fabrique un lance-roquettes.

Où s’en va Evelyn ? A son appartement, tout simplement : elle veut prévenir son germain de mari qu’il est en danger puisque la CIA en a après elle, et qu’elle soupçonne le vilain russe qu’elle a interrogé de vouloir s’en prendre à lui aussi.  Sauf que sur place, il n’y a plus personne… à part des traces de lutte ! Mon dieu, "ils" ont kidnappé son mari ! Salt récupère donc rapidement quelques affaires qu’elle fourre dans un sac à dos, parmi lesquelles des kilotonnes d’armes et d’explosifs, des slips propres, une seringue ainsi qu’une des araignées de Mike et Scrappy, son chien qui tient dans un sac à dos (heureusement qu’elle n’a pas pris un labrador). Pourquoi son chien me direz-vous ? Mais parce qu’elle sait que la CIA va venir, et elle a deviné qu’ils allaient entrer en utilisant une bonne vieille grenade étourdissante, le genre à souffler tout ce qui bouge sur 12 mètres. Or, Scrappy n’étant qu’une boule de poils idiote, elle a eu peur que la grenade en question ne le décalque et ne le transforme en petit tas de Canigou mâtiné de matières fécales plutôt que se contenter de l’étourdir. Grand bien lui prend, puisqu’effectivement, la CIA menée par William Peabody opère ainsi. Mais il est déjà trop tard pour eux : Evelyn a eu le temps de s’enfuir par la fenêtre en longeant les corniches de son immeuble, et de déposer son chien chez une petite voisine idiote qui ouvre sa fenêtre à la première inconnue venue.

C’est un film américain : 97% du temps, les gens meurent, mais pas les chiens (question de hiérarchisation des trucs kikinous).

Alors qu’elle redescend dans la rue, Salt est repérée par l’une des équipes de la CIA, et entame donc une fameuse course poursuite, avec à ses trousses plusieurs équipes armées, parmi lesquelles on retrouve Winter et Peabody en tête. Ce dernier n’hésite pas à ouvrir le feu sur Salt, mais il n’arrive qu’à l’érafler, tant notre douce héroïne est en réalité un ninja-yamakazi qui saute de camion en camion, défiant la police et toutes les tentatives de l’arrêter. Elle finit même par voler une moto (le film est écrit pour Tom Cruise : il faut une moto, c’est obligatoire, c’est une règle du cinéma), et sème ses poursuivants avec dans la circulation… pour Ted et William, c’est un échec : on ne peut rien faire contre une moto. Aucun des deux ne pense à l’option "une autre moto ?", "des barrages de police ?" ou même "un hélicoptère ?" : c’est trop compliqué. A la place, ils vont plutôt aller manger des tacos.

Evelyn est en fait partie jusqu’à New York, là où doivent avoir lieu les funérailles du vice-président et où le président américain ainsi que son homologue russe seront présents, et… a loué une chambre dans l’hôtel de luxe en face de l’église qui accueillera la cérémonie, avec vue sur le parvis.

Non, personne dans l’hôtel ne s’étonne de voir une nana habillée en pouilleuse après des heures de voyage et de course-poursuite claquer assez d’argent liquide pour louer une suite luxueuse qui serait un vrai nid à snipers potentiels. Non, Evelyn ne s’est pas dit que les hôtels de luxe étaient vaguement sécurisés et grouillaient de caméras, ce qui est peu pratique quand on est très recherchée.  Elle ne s’est pas dit non plus que l’hôtel, puisque nid à snipers, allait grouiller de policiers, agents des services spéciaux et autres professionnels qui seraient tous en plus particulièrement à sa recherche. Non, elle ne s’est rien dit de tout cela.

Et la police non plus : elle se promène comme elle veut, puisqu’il n’y a personne. C’est tout de même bien fait. Une partie de ce film a été écrite par un mérou à mon avis. Mais un mérou fan de Tom Cruise.

Bref. Une fois dans sa chambre, Salt retire son bonnet de racaille supposé la déguiser, et sachez que même après 8h dessous, ses cheveux sont dignes d’une publicité l’Oréal : formidable. Elle se teint d’ailleurs en brune, parce que bon, haha, comme ça, personne ne va la reconnaître, jusqu’ici, elle était blonde ! Par contre, elle ne se coupe pas les cheveux, faut pas déconner. Ça serait trop recherché et ça ferait moins beauté fatale. Elle commence aussi à consulter divers plans de métro, des sous-sols de l’église, prépare ses explosifs, bref, vous l’avez compris : elle compte bien agir lors de la cérémonie ! Mon dieu mais si Salt était effectivement méchante et au service des russes ? Elle compte effectivement tuer le président de la patrie de Lénine ? Hein ? Quel suspens ! Je me demande trop, pfou, je sue à grosses gouttes tant les questions affluent dans mon petit crâne… Tiens ? Mais que fait Salt ? Elle tire du venin de son araignée à coups de seringue… hmmm… je pense que ça va servir plus tard dans le film, allez savoir pourquoi.

Une fois teinte en brune, Angelina prend constamment des airs de bad girl. Rrrr.

Le lendemain, au pied de l’hôtel, le cortège funèbre défile dans les rues de New York… et William Peabody ainsi que Ted Winter cherchent dans la foule la petite Salt, mais n’arrivent pas à la voir. Ils ont fait renforcer la sécurité, mais personne n’aperçoit les énormes lèvres d’Angélina se promener dans la foule, suivies de très près par Angelina elle-même. Celle-ci finit d’ailleurs par prendre le métro (comme quoi, si c’était juste pour prendre le métro, c’était vraiment utile de se mettre dans l’hôtel pile sur les lieux où tu serais recherchée et qui grouillerait de sécurité ma louloute : un boui-boui crasseux de banlieue eut été mille fois plus efficace et tranquille) pour y feinter les policiers disposés sur place et s’infiltrer par les tunnels de service dans les souterrains de l’église. Sur son chemin, elle rencontre bien quelques agents de sécurité, mais elle les neutralise à coups de poings, pieds, chaussettes roulées en boules, Petit Robert, course sur les murs (comme dans désormais un film sur deux) et parfois, un petit coup de feu mais qui ne tue pas, houla, surtout pas. Comme vous y allez.

Alors, avec cette description, ne penses tu pas déjà savoir si Salt est gentille ou méchante, hmm ? Hein ? Allez, concentre toi petit lecteur.

A noter que la sécurité sur les lieux est inférieure à celle d’un concert de Florent Pagny à Noirmoutier.  Les agents ne se déplacent que par groupes de un (maximum deux, mais alors ils se contentent de faire "Houlala, houlala !" en voyant Salt), et utilisent leurs armes à feu pour à peu près tout sauf tirer. Certes, on les attaque par surprise, mais tout de même. Ho, et il n’y a pas un seul chien : pourquoi faire ? Pas plus que de détecteurs de bombes (c’est vrai ça, des attentats avec une bombe ! Hahaha, quelle idée saugrenue ! On appellerait ça des "attentats à la bombe", non, c’est ridicule, ça ne peut pas exister).

Salt finit donc par atteindre les sous-sols de l’église sans trop de soucis, et figurez-vous que personne n’a pensé à placer le moindre garde dans le coin. Une fois arrivée elle…heu… elle… elle se met à tirer dans la machinerie de l’orgue de l’église pour le faire hurler. Ah ? Mais du coup, la sécurité américaine ou russe, la police ou même le président russe ne vont pas bouger d’un millimètre, en se disant que "Tiens, quelqu’un est en train de tirer dans le coin, on ferait mieux de se barrer avant d’avoir bientôt suffisamment d’anus supplémentaires pour pouvoir jouer de la cornemuse ?" : hé bien non. Salt a même le temps de poser ses explosifs juste en-dessous de là où le président russe faisait son discours, de les enclencher et ainsi de le faire choir dans les souterrains où elle l’attend et… lui tire une balle.

Vous y croyez ? Moi non plus. Surtout qu’on ne voit pas le plan où elle le tue, on la voit juste tirer sur quelque chose, la bougresse. Comme c’est bizarre !

Lorsque William Peabody arrive à son tour dans les souterrains (évidemment tout seul, je vous l’ai dit, ils opèrent par groupe de un, c’est sûrement une tactique inconnue), elle se rend à lui. Willy ne peut donc que constater que le président russe est mort, puisqu’il n’a plus de pouls (mais bizarrement, il ne s’étonne pas de ne pas trouver un seul impact de balle ou de grosse trace de sang en-dessous de lui, contrairement à moi). Il colle donc la vilaine dans une voiture de police, non sans l’avoir conspuée, parce que sacrebleu, tuer des gens, c’est mal. Il faut le dire. C’est important.

Mais c’est sans compter que Salt, en plus d’être Mc Gyver, est aussi la Steeve Mc Queen du XXIe siècle : elle s’évade à nouveau ! Ni une, ni deux, dans le véhicule qui l’emmène, elle distribue des coups de tatane à ses voisins de banquette, leur pique un taser et ouvre le feu avec sur le policier au volant. Ho ? Et le plus fort, c’est qu’une fois cela fait, elle envoie de petits coups de jus pour… télécommander le chauffeur ! Mais oui : lorsqu’elle appuie, il se contracte et appuie sur l’accélérateur, elle peut donc, en s’aidant du volant, diriger plus ou moins le véhicule ; bon, à force de lui envoyer du jus, j’ai plutôt peur qu’elle provoque un armaggedon méphitique dans son pantalon en contractant trop ses sphincters, mais pourquoi pas. En tout cas, après avoir provoqué quelques carambolages (dans lequel elle a quand même dû tuer des gens pour le coup au vu qu’elle finit par écraser un taxi avec sa voiture en tombant d’un pont), elle quitte le véhicule et disparait à nouveau. Ah, insaisissable Salt !

Salt après plusieurs carambolages et une chute en voiture d'un pont, le tout sans ceinture. Cherchez l'erreur.

Retrouvons donc notre mystérieuse héroïne un peu plus tard dans une vieille barge rouillée sur l’Hudson, où elle retrouve… le russe qu’elle interrogeait au début du film (les russes sont toujours planqués dans des trucs rouillés et pourris, si c’est propre et moderne, ils se meurent)  et qui est en fait son pote ! Il s’agit en réalité bel et bien d’Orlov lui-même, le fameux patron de l’école des enfants espions (qui a donc raconté son histoire à la troisième personne lorsqu’il était au QG de la CIA, quelle technique formidable digne d’une collégienne : "Heuuuu c’est pas de moi que je parle, hein, mais j’ai une amie qui a un problème et qui aimerait bien savoir…"). Ensemble, ils se congratulent pour la réussite de l’opération, Orlov est fier d’elle, et Evelyn retrouve sur la barge moult petits camarades de classe de l’époque où elle était en Russie à apprendre à se faire passer pour une américaine. Salt demande si Mike, son gentil mari, est en sécurité ; oui, lui dit Orlov, qui lui amène et… l’exécute ! Ah bin oui, c’était intelligent de le kidnapper pour faire ça. Quel était le but de la manœuvre ? Et bien selon Orlov, il s’agit ce faisant de voir la réaction de la donzelle : si elle chiale, c’est qu’elle s’était attendrie et était devenue trop "américaine" ; sinon, c’est bon, c’est encore une bonne espionne soviétique froide et sans cœur. Puisqu’elle ne pleure pas, Orlov décide de lui faire confiance. Hmmmm d’accord.

Par contre, Orlov ne relève même pas le nombre improbable de questions pourries que pose Salt, du genre "C’est quoi la suite du plan ? Comment on s’y prend ? Tu pourrais me donner les noms & adresses de tous les autres espions impliqués s’il te plaît ?". Halala, c’est trop discret, je me demande VRAIMENT dans quel camp elle est ! En tout cas, cette andouille d’Orlov lui confie la suite des opérations : désormais, elle doit se rendre à l’aéroport où un autre agent infiltré comme elle, lui au sein de l’OTAN, l’attend. Il lui indiquera la suite du plan de déstabilisation des États-Unis. Soit, dit calmement Evelyn, avant de massacrer Orlov à coups de tesson de bouteille de vodka pour lui faire payer la mort de son mari, comme ça, hop, au pied levé. Puis, tant qu’à être chaude, elle massacre à la grenade et au pistolet tout le reste de l’équipage de la barge, qui malgré toutes ses armes, n’a le temps de rien faire. Fallait pas tuer son teuton préféré, ça l’a rendue un peu colère.

A l’aéroport, donc, Salt retrouve son vieux copain d’école, Jean-Boris. Lui-même est l’un de ces enfants élevés pour "remplacer" un sale chien occidental. Il est donc désormais officier autrichien à l’état-major de l’OTAN, détaché auprès du président des Etats-Unis. Je vous rassure, en France, aucune chance qu’un espion nous infiltre de cette manière : on les teste au camembert et au roquefort, c’est terriblement efficace. En tout cas, Jean-Boris explique à Salt la suite du plan : en conséquence de la mort du président russe sur le territoire américain, un peu partout en Russie, des émeutes anti-américaines se sont déclenchées, ce qui a tendu la situation entre les deux pays ; le boulot de Jean-Boris et de Salt est donc désormais d’attirer le président et la valise nucléaire américaine dans le bunker d’urgence de la Maison Blanche ; Salt devra y tuer le président américain, et un autre espion se chargera de la phase finale… l’avion qui les emmène vers Washington est en tout cas propice à un bon vieux flashback des familles, nous expliquant comment Evelyn est devenue Evelyn Salt, justement : toute la famille américaine, les Salt, avait péri dans un mystérieux accident de voiture en Russie ; le KGB s’empressa donc de "transformer" une de leurs fillettes surentrainées en Evelyn Salt, et de faire croire qu’elle avait par miracle survécu à l’accident. Ils lui donnèrent comme consigne de devenir agent de la CIA et d’attendre des années qu’on vienne la contacter… ce qu’Orlov a fait. Tiens mais au fait, et tout le reste de la famille Salt ? Et les amis ? Les connaissances ? Personne n’a remarqué que l’enfant n’était plus le même ? Quand bien même il y eut transformation physique, le subterfuge parait un peu pourri…

Mais revenons à Washington : à la Maison Blanche, Jean-Boris arrive, accompagné par Salt, qui est grimée en homme (oui, avec un superbe masque : le film était vraiment pour Tom Cruise !). Jean-Boris se sépare rapidement de Salt en lui expliquant qu’il va jouer son rôle : obliger le président à aller dans son bunker d’urgence ; là, Salt devra tuer ce dernier, et pas avant, j’insiste. Jean-Boris commence donc à tirer sur la foule à la Maison Blanche, avant de se faire exploser (Jean-Boris est vraiment trop subtil ; c’était important d’infiltrer un mec à un tel poste pour ensuite lui faire faire un travail que n’importe quel grouillot pouvait exécuter) pour bien foutre la zone. Procédure d’urgence : le président est emmené vers son bunker, au 8e sous-sol. Et bien figurez-vous que malgré l’alerte rouge et les millions de gardes de la Maison Blanche, Salt arrive à aller aussi vite qu’un ascenseur pour poursuivre le président vers l’étage -8 ! Et encore une fois, sans trop se fouler. Vraiment, elle est trop fort…for…haaaa… pardon, je baillais. Oui donc, non seulement elle va superbement vite, mais en plus, elle suit l’escorte présidentielle à 3 mètres de distance sans que personne ne la repère (tous les gardes qui la voient finissent assommés ; aucun n’a un kung-fu suffisant pour lutter contre elle, ou pire, ne lui tire dessus). C’est assez lassant, ces hordes de soldats qui viennent se prendre leur tannée un à un. On finit par prier pour qu’elle tombe au détour d’un couloir sur Steven Seagal, qui lui casse enfin la gueule. Mais ça n’arrive pas, et c’est bien dommage.

Même le masque était prévu pour Tom Cruise : dramatique

Elle arrive d’ailleurs même à infiltrer le bunker présidentiel avant que la porte blindée ne se referme ! Et personne ne remarque ou n’entends jamais les gardes se faire bourrer la gueule 15 secondes après le passage du président, ce qui devrait pourtant mettre tout le bâtiment en émoi et provoquer l’arrivée de milliards de gardes mais… non, rien.

Une fois dans le bunker, c’est la crise en tout cas : les russes ont commencé à sortir des missiles sur leurs territoire d’après les satellites américains, suite à la crise chez eux. Pour les dissuader, le président propose de sortir lui-même son armement nucléaire, opération "moi aussi je mets mon kiki sur la table". Il rentre donc tous les codes de la valise nucléaire, et alors que la valise est enfin déverrouillée…

… Ted Winter (il fait partie de la garde rapprochée du président et est donc dans le bunker) attrape une arme et tue tous les présents, sauf le président, qu’il assomme ! C’est lui, le super espion russe chargé de finir la mission ! Lui aussi est infiltré aux Etats-Unis depuis sa plus tendre enfance ! Salt ne savait pas qui il était, puisqu’il était dans une autre "promotion", avant la sienne, à l’école des espions. Nos deux agents russes se retrouvent donc tous deux, seuls survivants (président inconscient mis à part), au cœur du bunker de la Maison Blanche. Une simple paroi avec vitre blindée les séparant, et c’est le moment que choisit Winter pour avouer son amour à Salt, qu’il n’avait jamais osé lui avouer durant toutes ces années. Moi aussi j’aime bien conter fleurette lorsque je m’apprête à déclencher une guerre nucléaire. Ça a un petit côté excitant, sans compter que ça donne du poids aux arguments ("Tu veux bien sortir avec moi ? Sinon je vitrifie toute ta famille et tes amis."). Il lui avoue aussi la fin du plan : il va tirer les missiles intercontinentaux sur La Mecque et Téhéran pour déchainer les musulmans du monde entier, près d’un milliard, contre les Etats-Unis, qui rentreront alors dans une "longue agonie"… Quel plan merdique, y a pas à dire. Pour déchainer les musulmans, une simple caricature de Mahomet dans Pif Gadget et on en parlait plus. Ils se compliquent vraiment la vie.

Salt, elle, tente de jouer sur les sentiments de Winter (de manière toute aussi pourrie) pour essayer de rentrer dans la pièce où il s’apprête à tirer les missiles mais hélas, elle est trahie par une télévision qui diffuse une nouvelle étonnante : le président russe n’est pas mort ! Il avait toutes les apparences de la mort suite à l’injection d’un terrible venin d’araignée (je vous avais dit que ça servirait !), mais il est désormais vivant et bien vivant ! Winter comprend que Salt l’a trahi, et refuse dès lors de lui ouvrir. Elle doit donc le rejoindre pas ses propres moyens : autant la vitre entre eux est supra blindée, autant le béton autour pas du tout (oui, oui…), et donc en tirant dans les murs, elle accède aux câbles commandant la porte qui les sépare et elle peut alors entrer pour se battre avec lui, au corps à corps comme il se doit. Juste à temps, des forces de sécurité  de la Maison Blanche arrivent à ouvrir le bunker car les caméras ne transmettaient soudainement plus et ils ont senti qu’il y avait un problème, et viennent donc arrêter cette vilaine terroriste fugitive de Salt, et "sauver" Winter, qu’ils prennent comme le seul survivant du massacre du bunker (président mis à part, encore une fois). Notre héroïne a juste eu le temps, avant d’être arrêtée, d’empêcher les missiles nucléaires de décoller en retirant les deux piles LR6 qui alimentaient la valise nucléaire.

A part ce détail (aussi appelé "échec de toute la mission"), tout le reste s’est passé exactement comme Winter l’avait voulu : il devait accomplir sa mission, mais ne voulait pas mourir ce faisant. Aussi, il avait besoin de quelqu’un pour porter le chapeau… d’où le fait qu’il ait demandé à Orlov de venir griller la couverture de Salt au début du film dans la salle d’interrogatoire, afin d’en faire une fugitive-tueuse-de-président-ultra-recherchée ainsi il pouvait l’accuser d’avoir tout fait toute seule, y compris le passage dans le bunker (c’est pour ça que sa mission spécifiait qu’elle devait y aller personnellement), et faire d’elle la vilaine et lui le héros de l’Amérique, seul survivant d’un affreux massacre commis par la vilaine traitresse Evelyn Salt.

L'un de ces deux personnages est en fait un russe ; sauras tu le reconnaître ?

Sauf que ce plan est bien évidemment tout naze, comme tous les autres de ce film :

- Les caméras du bunker présidentiel ne transmettent certes plus, mais elles enregistrent toujours. Donc, elles auraient – et elles ont ! – dans tous les cas enregistré Winter tuant tout le monde. Et la vidéo du massacre de toute l’équipe présidentielle, je pense que c’est le genre que les services de sécurité veulent regarder ou trouvent vaguement importante. Donc Winter était foutu quoiqu’il arrive.

- Orlov, qui avait donc monté depuis près de 50 ans une école pour former des agents d’élite pour mettre un super plan à exécution afin de plonger les USA dans le chaos, a donc accepté de griller la couverture de Salt juste pour faire plaisir à Winter. Ah oui, le genre de plan qui transforme Salt en fugitive ultra-recherchée avant même le début de sa mission, ce qui augmentait de 9768% les chances d’échec de la dite mission. C’est vrai que c’est tout à fait crédible, le coup d’Orlov qui se dit "Bon allez, ça fait que 50 ans que je prépare ce coup, je peux risquer de tout foutre en l’air juste pour faire plaisir à un copain".

- Tiens d’ailleurs, j’y pense : Evelyn n’était pas au courant qu’Orlov allait la balancer au début du film, puisque c’était un changement voulu par Winter. Alors comment se fait il qu’elle ne se soit même pas étonnée et/ou ne se soit dit que la mission était grillée (son patron venait de se livrer et de tout révéler à la CIA, après tout) et qu’il fallait prendre la poudre d’escampette, et non accomplir la mission ? Non, à la place, elle a préféré supposer que son Orlov de "patron" faisait quelque chose de totalement incohérent, c’est-à-dire la balancer devant tout le monde en plein cœur du QG de la CIA en annonçant tout de go sa mission en détails (qui, où, quand, comment), pour de bonnes raisons. Heureusement que son raisonnement était aussi bancal que le scenario.

- D’ailleurs, tout le scenario repose sur le fait que Salt va quand même faire semblant de faire la mission juste pour démasquer tous les espions  impliqués mais… heu… sachant qu’elle était à la même école qu’eux, et qu’elle les reconnait quand elle les croise (ex : dans la barge sur l’Hudson, à l’aéroport, etc), pourquoi n’a t-elle pas tout simplement bossé avec le contre-espionnage depuis un bureau bien chaud pour les faire arrêter un à un, non sans avoir éventé tout le complot ? Non parce que son plan pourri a quand même fait passer le monde à une seconde de la guerre nucléaire. C’est un peu risqué, tout de même. Et un peu con aussi.

En tout cas, pour revenir à la Maison Blanche, Salt est arrêtée et menottée, mais avec des chaines de 12 mètres de long, curieusement, ce qui lui permet lorsqu’elle croise Winter à proximité d’un escalier, de le stranguler en coinçant son cou entre les chaînes et la rambarde c’est quand même bien fait) : le pauvre meurt, alors qu’il espérait encore s’en sortir tranquille (il oubliait juste que le président l’avait vu tuer tout le monde, le genre de mec dont on croit le témoignage en général, sans compter les caméras, donc, mais dans ce film apparemment personne ne sait jamais comment on s’en sert). Elle est donc grondée "Vilaine fille, tu as tué le patron des opérations de la CIA !", et emmenée vers un hélicoptère avec William Peabody pour l’escorter. Dans l’appareil, celui-ci l’interroge pour essayer de comprendre ce qu’il s’est passé, et elle explique que oui, elle est une super agent russe, mais qu’elle a découvert l’amour et la gentillesse avec feu Mike. Et que si Willy la libère, elle ira retrouver et tuer tous les autres agents qu’elle connait. Alors vas-y, steuplé gros, fais pas ta pute.

Rien que pour le choix de ses écharpes & cravates, Winter méritait la mort

Ah oui, bien, c’est par ça que tu aurais dû commencer grosse andouille, balancer le réseau d’espion avant même le début des opérations. Comme ça en sus, tu sauvais ton mari et personne ne courrait trop de risques. Pas même les 7 milliards de personnes qui n’avaient pas trop envie de se prendre une guerre nucléaire.

N’empêche que Peabody accepte de la libérer (andouille aussi), et fait croire à une évasion en la laissant sauter à l’eau lorsque son hélicoptère survole le Potomac. Dès lors, elle est traquée par les autorités et traque elle-même les espions, elle est… Salt !

FIN

Effectivement, ça méritait d’être écrit pour Tom Cruise. Ou Mimie Mathy, je ne suis pas encore sûr.

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 6 148 autres abonnés