Pour comprendre le spoiler qui suit, il convient de rappeler les précédentes aventures de Thor.

En effet, celui-ci, fort popul… fort présent au cinéma, est déjà apparu non pas dans un, mais dans deux films ! Rien de moins. Et comme les choses sont bien faites, les deux ont été spoilés. Cela dit, je vous connais bande de gros fainéants, aussi vais-je me contenter de vous donner des résumés des épisodes précédents. Terrible, ça.

Allons-y donc :

Thor I : Asgard, planète des… Asgardiens. Une race bienveillante, bien qu’un peu con-con, qui protège 9 mondes, dont la Terre. Thor, fils du roi Odin, est un gros prétentieux digne d’un épisode de Sweet 16 ("Haaan, tu m’as offert un drakkar mais il est pas de la couleur que je voulais, je te haiiis pôpa !"). Son père, pour lui apprendre la vie, l’envoie donc sur Terre sous la forme d’un simple humain. Et Thor ne pourra revenir que lorsqu’il s’en sera montré digne, ce qui lui permettra aussi de pouvoir à nouveau soulever son marteau magique. Au même moment, Loki, frère de Thor débarque en disant "Hahaha, je vais trouver une ruse pour me débarrasser de Thor !". Ce qui est consternant, puisqu’en fait, c’est déjà fait. Pendant que les spectateurs se demandent qui a confié l’écriture du scénario à une classe de SEGPA, Loki envoie plein de monstres combattre Thor, qui peut donc prouver sa valeur, récupérer son marteau, et donc revenir sur Asgard. Oui, Loki aurait mis des pantoufles et fait des mots croisés aux toilettes, il gagnait, mais comme il avait un plan, il a perdu. Thor revient de son exil plus humble, plus posé, mais aussi plus amoureux de Jane Foster, une humaine qui lit un peu trop Science & Vie.

Avengers : La Terre dispose d’une organisation la protégeant de plein de trucs : le S.H.I.E.L.D commandé par un type qui combat tous les dangers, fut-ce des serpents dans l’avion. Celle-ci décide d’unir tout ce qui porte cape & collants pour lutter contre le mal, et réunit ainsi Captain America, Thor, Iron Man, Hulk, Scarlett Johansson et toute l’équipe de Robin des Bois, la comédie musicale. Ça tombe bien puisque Loki est de retour avec un plan encore meilleur : aider des aliens à conquérir la Terre. Le patriotisme de Captain America, le courage de Thor, le génie d’Iron Man, la force de Hulk, la combinaison moulante de Scarlett Johansson et bien évidemment les prestations scéniques de M  Pokora ont tôt fait de le mettre en déroute, non sans que le public n’ait remarqué que chaque étape du plan de Loki était en fait un gros condensé d’absurdités et d’incohérences. Les aliens vaincus, Thor peut retourner sur Asgard.

Prêt pour un nouveau volume des aventures du dieu de la foudre ?

Alors spoilons, mes bons !

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L’affiche : c’est bon, on a des projectiles en feu qui tombent du ciel, tout va bien. Et je reste un grand fan de Thor, le dieu au marteau en plastique mou.

Tout commence, non pas de nos jours, mais au commencement de l’univers, alors qu’une voix off nous explique comment tout cela s’est passé mais avec des connaissances scientifiques dignes d’un frère Bogdanoff. En effet, à en croire notre narrateur, au commencent, il n’y avait que les ténèbres, ce qui était chouette pour les moches, mais rendait la plupart des événements sportifs assez chaotiques. Mais des ténèbres naquirent (ne me demandez pas comment, je ne sais pas comment les ténèbres se reproduisent, probablement qu’elles se sont juste réveillées pompettes un matin sans savoir ce qu’elles avaient fait la veille, et hop) les elfes noirs, des créatures quelque part entre Legolas, Mouss Diouf et Eric Zemmour. Tout allait pour le mieux pour eux, jusqu’à ce que la lumière apparaisse dans l’univers, et qu’elle n’engendre elle aussi de nouvelles races, comme par exemple, les Asgardiens (les habitants d’Asgard pour ceux qui n’auraient pas suivi). Sauf que Malekith, le chef des elfes noirs, trouva que la lumière, tout ça, c’était un peu nul. Il se décida donc à utiliser l’Éther, une force mystérieuse, pour annihiler toute lumière et botter le cucul de toutes les gentilles races. Ah non mais Malekith, il est comme ça, il faut pas trop le chauffer.

Sauf que pas de bol pour Malekith : alors qu’il avait réussi à stocker l’Éther dans une sorte de gros monolithe qu’il gardait au chaud sur Choupi IV, leur planète mère, voilà-t-y pas que les Asgardiens menés par Bor, père d’Odin, débarquèrent pour meuler de l’elfe avant qu’il ne puisse mettre son plan à exécution ! Malgré l’ardeur au combat des elfes noirs et leurs super combattants, les Grügrü (il suffit qu’un elfe noir brise une pierre magique dans sa main et pouf, il se transforme en Grügrü, un gros elfe bodybuildé, c’est assez étonnant, je dois l’admettre), tous se font matraquer la margoulette et Malekith est obligé de s’enfuir avec le dernier vaisseau contenant les ultimes membres de sa race ainsi que son livre d’armée (comprenne qui pourra).

Sur Choupi IV, c’est la grosse fête, on a gagné, ouaiiiiis, sortez l’hydromel et les cookies ! Bor, qui a de son côté mis la main sur l’Éther, est bien embêté : ce truc est impossible à détruire tant il est puissant. Voilà qui est frustrant ! Il se tourne donc vers son bras droit, Bob.

"Bob, mon bon, je suis bien embêté, parce que l’Éther est imp…
- Oui, oui, on sait.
- Bon, tant mieux. Du coup je me disais : "si on l’enterrait dans un coin super secret ?
- Ce serait pas plus malin de le mettre dans notre gros coffre-fort super gardé ?
- Non. Va l’enterrer, te dis-je.
- Bon bin okay, hein, c’est vous l’chef chef."

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Guidé par son instinct de fox terrier, Bob va donc enterrer l’Éther comme on le lui a demandé. Mais guidé par son intelligence, elle aussi de fox terrier, il n’a pas dû tout comprendre parce que du coup il enterre que dalle et se contente de cacher le tout dans une quelconque grotte, parce que c’est moins fatiguant (mais d’après la voix off, il a très bien fait son travail, elle ne doit pas regarder le même film que moi). C’est bon, les elfes, l’Éther, les fox terriers, vous êtes prêts pour la suite ?

Alors bondissons dans le temps, hop.

De nos jours, sur Asgard, la planète kitsch qui ressemble à une pub Dior sous-budgétée, Loki, dieu de la rabouinerie, est escorté par des gardes jusqu’à la salle du trône où l’attend son père, Odin. Et le roi des dieux est un peu bougon, parce que bon, Loki a fait n’importe quoi dans Thor I, puis dans Avengers, et en plus la ramène encore alors que vu la qualité des films, hein, bon. Aussi, il est temps qu’il soit puni : il est ainsi condamné à la prison histoire de réfléchir à ce qu’il a fait, ce sacripant. Loki fait son petit caprice façon "J’m’en fous t’es pas mon pèèèère !" ou "Et pis d’abord t’as toujours préféré Thor alors qu’il est con comme une porte, bouhouhou !". Mais pas de chichi : au trou le galopin. Là-bas, il aura tout le loisir d’y pleurer sur son lit, d’écouter du Kyo voire de se faire un piercing au nombril. Quel rebelle.

Et Thor dans tout ça ? Et bien ce dernier est occupé sur l’un des 9 mondes sur lesquels veille Asgard (ce qui fait peu à l’échelle de l’univers, vous en conviendrez) à mouliner des méchants à coups de marteau magique. Les méchants du cru sont bien vite vaincus et leurs prisonniers emmenés sur Asgard. Thor peut donc rentrer à la maison pour entendre son père lui dire qu’il est trop super et qu’un jour, il fera un excellent roi, pas comme cette petite pute de Loki. Mais Odin a beau être borgne, il n’en est pas aveugle pour autant :

"Au fait mon petit Totor… 
- Papa, j’aime pas quand tu m’appelles comme ça, ça fait con.
- Oui hé bien justement, puisque… non attends, j’allais être un peu direct. Ecoute Totor, tu es grand, tu as de la barbe et un marteau magique maintenant. Ça serait bien que tu penses à… tu vois ?
- A passer le bac ?
- Moui… non. En fait, je pensais plutôt à te trouver une petite copine ! Parce qu’on est chez les vikings, l’homosexualité est punie de mort chez nous, alors qu’on soit clairs tout de suite, hein. Si tu as un truc à me dire, c’est maintenant.
- Mais heu !
- En attendant, je note que la petite Sif te tourne autour… elle ne te plaît pas ? Ou est-ce que tu penses encore à cette vile humaine de Jane Foster ?
- Mais je l’aime bien, Jane Foster…
- Mais enfin mon p’tit Totor ! C’est Nathalie Portman, c’est tellement 2005 de triper dessus ! En plus c’est une humaine, c’est comme les hamsters : on s’y attache vite mais ça vit pas longtemps. Alors oublie ses bajoues et va voir Sif.
- Grmblblblbl…."

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Thor est donc bougon, mais amoureux quand même. Il va donc en discuter avec Heimdall, le gardien (et viking black) du Bifrost qui peut voir tout l’univers, mais celui-ci a beau répéter "Vous m’emmerdez, Thor, j’essaie de bosser là", Thor s’accroche. Thor continue. Thor est relou. Thor emmerde son monde, bref, Thor chie (voilà, c’était le point "jeu de mot pourri" que vous guettiez honteusement, on peut passer à la suite).

Séquence émotion : Odin explique à Thor comment on fait les bébés. "Alors tu vois, le papa mets son drakkar dans le monastère franc de la maman, et ensuite…"

Pendant que nos deux larrons papotent, allons plutôt voir sur Terre ce qu’il se passe.

Car Jane Foster va bien, merci pour elle. Thor n’étant plus revenu la voir depuis les événements du premier film, soit deux ans, elle a décidé de recommencer à draguer (depuis deux ans qu’elle se réserve en bonne gentille héroïne, m’est avis qu’elle frôle quotidiennement la combustion spontanée), et est donc en plein rencard à Londres avec un des acteurs de The IT Crowd. Pendant que celui-ci lui parle de sujets comme le rien ou encore le néant, il sent bien que la belle n’est pas très concentrée et soupire encore à son ex viking de l’espace. Mais c’est alors qu’au beau milieu du rendez-vous débarque justement Darcy, l’assistante de Jane, avec un mystérieux appareil à la main : elle vient de détecter des signaux étranges, les mêmes que ceux ayant été captés juste avant la première apparition de Thor ! Allez Jane, il faut bouger : ton vœu de chasteté touche à sa fin !

Pas une minute à perdre : Jane laisse donc son rencard en plan pour filer avec son assistante droit vers l’origine des signaux, à savoir une vieille usine londonienne (mais où des gens stockent encore des camions tout neuf, ne me demandez pas pourquoi), où des enfants  ont eux aussi senti qu’il y avait un truc bizarre. En effet, sur place, des containers de plusieurs tonnes se sont mystérieusement empilés, probablement lors d’une partie de Jenga galactique, mais ce n’est pas tout ! Un camion s’est aussi mis à flotter en l’air, et désormais, même les enfants peuvent le pousser en tous sens sans rencontrer aucune résistance. Jane se dit qu’avec ça, elle pourrait enfin réussir un créneau, mais le clou du spectacle est bien mieux encore :

Il s’agit…d’une porte dimensionnelle !

Invisible, mais bien présente, il suffit d’y jeter un objet pour qu’il disparaisse et réapparaisse via une autre porte située ailleurs dans la bâtisse. Bon, des fois, ça ne réapparaît pas, mais bon, c’est rigolo quand même.

"Haaan, je vais y jeter les clés de la bagnole !" s’exclame donc Richard, l’assistant de l’assistante de Jane, et accessoirement Jar Jar Binks de location.

Evidemment, donc, les clés ne reparaissent pas. Qu’est-ce qu’on se marre. J’ai dû demander à mes voisines de me tenir les côtes tellement je riais. Ensuite, je leur ai demandé de tirer très fort en espérant mourir, mais ça n’a pas marché. Il faudra que je ruse plus fort la prochaine fois.

Bref. Jane, elle, décide de se séparer du reste du groupe pour explorer la bâtisse à la recherche d’autres portails. Mais ce faisant, évidemment, elle en passe un par accident… et se retrouve au fin fond d’une grotte, avec à côté d’elle, ho bin ça alors, un gros monolithe ! Et en s’approchant, elle voit un liquide écarlate s’agiter en son sein (le sein du monolithe, hein, soyons raisonnables) : l’Éther ! Sauf que sitôt qu’elle est assez proche, le liquide jaillit et fond sur elle en tentant de l’envahir…

… et Jane se réveille dans un coin de l’usine désaffectée, se disant que ouf, tout cela n’était qu’un mauvais rêve ! Elle sort donc du bâtiment, et est très étonnée de trouver celui-ci cerné par la police : Darcy lui explique que c’est parce que tout le monde la cherche, Jane a en effet disparu pas moins de 5 heures ! Darcy, après avoir téléphoné pour annuler l’Alerte Enlèvement et le plan épervier, note alors d’autres choses étranges :

  • D’abord, la pluie londonienne qui s’abat en ce moment même semble ne pas tomber sur Jane, ni dans un cercle de 3 mètres autour d’elle, ce qui est peu banal, j’en conviens.
  • Ensuite, tombe soudain du ciel un mec tout blond à cape rouge et marteau magique : THOR !

Il pleut vraiment n’importe quoi de nos jours. Des retrouvailles émues sont cependant de mise.

"Thor ! Ho, Thor, pourquoi ne reviens-tu que maintenant ? Tu m’as tellement manqué ! Je pensais à toi à chaque fois que j’écoutais Sabine Paturel, tu sais "T’es pas d’accord, t’as Thor, c’est tant pis, mois je mords !"
- Heu… certes ? Ecoute, j’étais en mission pour pacifier les 9 royaumes sur lesquels Asgard veille, ça me prenait du temps. Mais t’inquiète, j’ai demandé à Heimdall de veiller sur toi.
- Ecoute Thor, c’est gentil, mais savoir qu’un gros black me regarde quand je suis sous ma douche ou que je fais caca, c’est moyennement romantique en fait. Mais d’ailleurs, pourquoi être revenu aujourd’hui spécialement ?
- Heimdall t’avait perdu. Tu as disparu l’espace de quelques heures, ce qui est impossible, tant rien ne peut se soustraire à son regard ! 
- Non mais c’est bon, c’est géré. J’ai traversé un portail magique, me suis retrouvée face à un gros caillou, et ensuite j’ai été attaquée par une sorte de liquide fan de hentai. Mais ça va.
- Non attends… je sens qu’il y a un problème."

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Et oui, il y en a bien un : car non seulement la pluie ne tombe pas sur notre amie, mais en plus, lorsqu’un policier vient la voir en lui demandant ce que c’est que ce bordel de disparaître sans prévenir et d’affoler tout le monde, et ce que fait ici un cosplayeur peu talentueux, celui-ci lui touche le bras… et un éclair écarlate propulse le bougre 10 mètres en arrière !

"C’est pas banal." s’exclame donc Thor qui bien que peu au fait de l’anatomie humaine, est relativement au courant qu’on y trouve peu de bobine de Tesla.  "Bon, on va étudier ça : Heimdall, active le Bifrost !". Et dans un formidable spectacle son et lumière, Thor et Jane disparaissent instantanément à la surprise générale, pour mieux aller atterrir… sur Asgard !

Mais allons voir ce qu’il se passe ailleurs dans l’univers.

Car au fin fond d’un champ d’astéroïdes, un vaisseau qui était resté en sommeil depuis plusieurs millénaires se rallume doucement et réveille ses occupants : Malekith et les derniers elfes noirs ! Aussitôt, ces derniers semblent être au courant de tout le script. On va donc supposer que leur vaisseau les a mis au courant, probablement de sa douce voix digne d’un épisode d’Ulysse 31.

"Zzzz…
- Maître Malekith, mes senseurs détectent l’Éther. Celui-ci vient d’être activé par la présence de quelqu’un.
- Zzz… hein ? Ordinateur ! Dis-m’en plus !
- Il semblerait que l’Éther se soit abrité dans un hôte humain. Nom : Foster. Prénom : Jane. Race : humaine. Profession : docteur en astrophysique.
- Sacrebleu. Ordinateur, réveille tout l’équipage, nous allons la chercher. Dis-moi où elle se trouve.
- Mes senseurs détectent sa présence sur Asgard. Ainsi que sur plusieurs DVD de la trilogie Star Wars. Maître Malékith, puis-je vous proposer de lui bouyave la tête ?
- C’est exactement mon plan, ordinateur. Vite ! Cap sur Asgard !"

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5 000 ans de sommeil et même pas un brossage de dents. Pas besoin de vous armer les mecs, ça devrait être vite plié.

Et le vaisseau, qui dispose d’un système de camouflage lui permettant de devenir invisible, file donc vers la planète de ses ennemis jurés. Mais à son bord, Malekith a déjà un plan. Ho non, pas un plan, on sait tous que c’est toujours pourri ! Bon, allez, je ne suis pas chien : laissons-lui une chance. On vous écoute les enfants.

"Hmm… ce qui serait bien, ce serait d’affaiblir les défenses d’Asgard. Ah bin tiens, je sais comment. Michel ! Ho, Michel !
- Maître ?
- Michel mon petit, je sais que ton activité de comptable au sein du vaisseau te pèse un peu, que dirais-tu de lâcher Excel pour un peu d’aventure, hein ?
- Ho oui Maître !
- Bon alors voilà le plan : on va te déposer sur un des mondes sur lesquels veille Asgard. Tu y fous un peu la zone, ils viennent te chercher, tu te rends. Là, ils te mettent au trou. 
- Heu… oui ?
- C’est là que mon plan est génial ! Nous allons cacher sur toi une pierre magique qui te permettra de te transformer en Grügrü et d’ainsi semer le chaos au cœur même de leur forteresse !
- Je… je sais pas, c’est un film tous publics… "dissimuler un caillou enchanté dans mon cul" ne fait pas vraiment partie des choses tolérées, non ?
- T’inquiète Michel, j’y ai pensé, on va pas faire comme dans les autres films de prison. Regarde, d’abord, je vais te planter cette dague dans le bidou.
- Mais AÏEUH !
- Puis cacher le caillou dans la plaie, hop. Maintenant, va Michel, va semer le désordre car sous forme de Grügrü, aucun arme d’Asgard ne peut te faire de mal !
- Hein ? Mais dans l’intro du film, on voyait clairement des Grügrü se faire démonter, non ?
- Ha ? Heu… hohoho… hem, Michel, mon petit, on va oublier : allez, va te faire capturer puis semer le chaos sur Asgard !

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Revenons à Asgard, donc. Où Jane a été emmenée par Thor dans une salle où moult médecins locaux analysent ce qu’il se passe dans son corps. Asgard découvre ainsi, entre deux restes de burritos, un étrange liquide : l’Éther ! Celui-ci est à l’origine des mystérieux phénomènes autour de Jane, et tente de protéger son hôte. D’où le fait que ça balance des éclairs quand on la touche (sauf quand Thor lui fait des bisous, l’Éther est vraiment sympa) ! Par contre, mauvaise nouvelle : ça pompe aussi son énergie vitale. Du coup, bah, elle va mourir. C’est ballot.

Odin, qui a appris que son fils avait ramené sur Asgard une humaine shootée à l’éther, débarque avec une pelle et un sac poubelle dans la salle, mais comprenant qu’il s’agit de l’Éther avec un grand E, lâche tout son matériel et décide de raconter l’histoire de l’Éther à son fils et sa copine. Il conclut celle-ci à peu près ainsi :

"Et c’est ainsi que mon père, Bor, colla une branlée aux elfes noirs et récupéra l’Éther pour le planquer, mais visiblement, pas bien. Fin.
- Mais alors, il n’y a pas le risque que les elfes noirs reviennent ?
- Meuh non. Ils sont tous morts.
- Mais on a jamais retrouvé leur chef, ni son vaisseau, ni son état-major, ni une partie de ses hommes, non ?
- Oui, mais hohoho, aucun rapport. Ils ont sûrement refait leur vie en Amérique du sud et sont morts d’une overdose de coke dans leur hacienda.
- Ah bon, bin okay alors."

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Le plan est donc le suivant : glander sur Asgard, et attendre que quelqu’un trouve un remède miracle pour sauver la petite Jane. Sauf qu’après quelques temps à aller causer avec ce qu’elle espère être sa belle famille, Jane voit les événements prendre une étrange tournure. Finies les vacances !

Tout d’abord, du côté des prisons. En effet, Michel l’elfe noir, qui s’était habilement camouflé dans une armure complète pour ne pas que l’on découvre que non, tous les elfes noirs n’avaient pas disparus, s’est fait capturer et enfermer. Non, personne n’a pensé à lui retirer son armure ou à le fouiller. Du coup, Michel se dit que cette histoire de caillou planqué dans une plaie, bah ça servait à rien. Bon, tant pis : il prend son caillou magique, l’écrase dans sa main, et instantanément, se transforme en Grügrü ! Ses compagnons de cellule qui pensaient avoir l’avantage dans les douches sont bien embêtés.

Michel le Grügrü pète donc la barrière enchantée qui l’empêche de sortir de sa cellule, éclate les gardes, puis libère les autres prisonniers, sauf Loki, qui a quand même une tête d’Asgardien (il peut en changer à volonté, mais n’y pense pas, chapeau Loki).  C’est donc la grosse émeute de prisonniers qui démarre !

Toute la forteresse d’Asgard résonne donc du son des alarmes, et les gardes se précipitent vers les prisons pour tenter de rétablir un peu l’ordre, hein, ho, c’est quoi ce bordel, vous allez vous calmer tout de suite, ça suffit ! Sauf qu’au même moment, Heimdall, qui était occupé à mater toutes les baignoires de l’univers, entend soudain un son étrange à côté du Bifrost : sortant de celui-ci, ses supers yeux détectent un énorme vaisseau avançant en mode furtif : les elfes noirs !

Ni une, ni deux, il saute du pont menant au Bifrost vers le vaisseau… et l’endommage à coups… de poignard !

Si. Il poignarde le vaisseau.

Mais dans le dos, alors il a des bonus je suppose.

Le vaisseau devient donc visible, et lâche donc alors une nuée de vaisseaux plus petits qui se mettent à semer la zone dans Asgard ! Odin comprend donc que l’émeute des prisons n’est pas une coïncidence. Et voyant que c’est un vaisseau elfe noir qui attaque, il comprend qu’ils viennent pour l’Éther. Il demande donc à Jane de suivre sa femme, Frigga, pour aller se cacher dans une salle en haut du palais. Pendant ce temps, lui va aller calmer les prisonniers en personne (c’est vrai, autant aller là où c’est le moins dangereux, bien joué mec). Quant au vaisseaux qui attaquent, il ordonne que l’on sorte les chasseurs (des petits bateaux volants kikinous avec des mitrailleuses) et les batteries de DCA. Mais bon, ils ne touchent pas grand chose, il faut bien le reconnaître. Visiblement, visée et hydromel ne font pas bon ménage, sacrés Asgardiens !

Michel le Grügrü fait lui tranquillement son chemin dans le palais, dont il pète promptement les défenses. permettant à l’un des petits vaisseaux elfes noirs de rentrer. Et quand je dis rentrer, c’est rentrer hein : il défonce l’entrée, les colonnes de la salle du trône et s’arrête dedans mais va bien, merci. Et alors que la garde du palais se met en position pour accueillir d’éventuels envahisseurs, en jaillit… Malekith !

"Bonjour les gueux !"

"Haaan l’autre il utilise un fusil ! Comment c’est d’la triche !"

Et coup de bol pour Malekith : les Asgardiens sont aussi cons que prévu. A savoir qu’alors que les elfes, qui ont pourtant pioncé durant plusieurs millénaires, attaquent au fusil laser et à la grenade, les Asgardiens, qui leur avaient déjà collé une pile par le passé et ont en plus logiquement plusieurs milliers d’années d’avance technologique… ripostent à l’épée et au bouclier. La prochaine fois, je suppose qu’ils leur tendront une embuscade avec de la mie de pain.

Ho. Tiens, je vais utiliser le chloroforme sur moi-même voir si ça me permet de passer cette scène.

En tout cas, autant vous dire que les Asgardiens se prennent une branlée. Malekith a même des grenades qui font de petits trous noirs temporaires, permettant de faire bobo aux gardes, mais aussi de détruire le trône d’Odin, histoire de se la raconter un peu. Cela fait, Malekith se fraye un chemin jusqu’à l’une des plus hautes salles du palais d’Asgard, où son pif magique lui a permis de détecter que se planquait une fille pleine d’Éther. En tout cas, je suppose que c’est son pif magique, parce que sinon il n’y a aucune explication. Que l’on ne vienne pas me dire que je suis de mauvaise foi : j’essaie de sauver le film comme je peux, voyez ? Tsss.

Mais sur place, surprise : Frigga, une épée à la main (raah, mais mets lui un coup de blaster et n’en parlons plus !) protège Jane. Il faut donc que Malekith demande à Michel (qui l’a rejoint) d’aller distribuer des mandales pour que la bougresse se calme un peu et laisse libre champs à Malekith pour approche de Jane… qui à sa grande surprise, disparaît :  ce n’était qu’un hologramme !

Ah oui ? Alors expliquez-moi comment il a été guidé jusqu’à cet hologramme, puisque lui, c’est l’Éther qui le guidait ? Bon bon bon. Je veux bien essayer de sauver le film en inventant des trucs, mais si même là on s’auto-pourrit, ça va devenir compliqué quand même. Je vais reprendre un peu de chloroforme, tenez, hop.

Toujours est-il qu’un peu bougon, Malekith et son copain Michel, se tournent donc vers Frigga "Mais enfin, tu es bête ou bien ? S’il y avait une salle super secrète où cacher la fille pour que même mon nez magique ne la sente pas et la confonde avec un vulgaire hologramme, pourquoi tu t’es pas planquée avec, hein ? Allez, meurs, tiens."

Et crac, donc : au revoir Frigga.

Thor, qui arrive sur ces entrefaites, est donc très grognon : en bon dieu des éclairs, il en envoie un gros sur Malekith, lui arrachant la moitié du museau. Malekith se replie donc en urgence aidé par Michel, et regagne son vaisseau mère sans encombre, probablement récupéré par un autre vaisseau plus petit, ou un simple trou dans le script, allez savoir. Cela fait, le vaisseau-mère redevient invisible… et c’est tout.

Non, pas de "Trouvez-moi ce vaisseau et abattez-le !", pas de tirs de DCA massifs sur l’appareil pendant qu’il disparaissait (voire avant, mais là, je suis ambitieux), pas de recherches… non, tout ça, c’est nul.

On va plutôt aller se boire une mousse.

Non non : je ne rigole pas, les mecs viennent de se faire massacrer, savent que le vaisseau ennemi n’est pas reparti (alors qu’ils n’ont aucun moyen de le savoir, mais passons, ils le savent) et que les elfes noirs peuvent surgir à tout instant, mais ils laissent tomber pour le moment. A la place, ils organisent de grandes funérailles pour Frigga et les guerriers tombés, et une grande foule se masse pour rendre un dernier hommage à tout ce petit monde.

Personnellement, j’aurais été un vaisseau elfe noir venu là pour tout détruire, je serais sorti trente secondes de mon invisibilité pour tirer dans le tas, mais il faut le reconnaître : je suis joueur.

Bref, les funérailles se passent, et enfin, Thor se décide à aller voir son papounet pour discuter de la suite des hostilités, puisqu’il convient de venger maman Frigga. Odin, en vieux sage, a cependant déjà tout prévu. Et attention, ça parle grosse stratégies. Encore une fois : pourquoi est-ce que dans aucun film, aucun personnage ne semble pouvoir monter un plan crédible ? Je vous laisse constater par vous-même la chose, en plus des incohérences :

"Père, père ! Malekith a tué mère, il doit payer !
- Totor mon lapin, il faut te calmer. Si les elfes noirs reviennent, on va leur botter le cul cette fois-ci, et pour de bon.
- On va enfin penser à utiliser des fusils et mitrailleuses ? Technologies que l’on maîtrise vu qu’il y en a sur nos vaisseaux ?
- Non, faut pas déconner, on doit rester une peuplade kitschounette. On va juste les attendre, mais cette fois-ci, tous nos guerriers sont prêts. 10 000 lances contre une poignée d’elfes noirs.  Quel dommage que l’on ne puisse pas voir leur vaisseau ! Même Heimdall ne le peut !
- On parle bien du Heimdall qui peut tellement bien le voir que tout à l’heure, il l’a attaqué au poignard ?
- Heu oui heu… hé bien… il… roh, m’emmerde pas Totor. C’est comme ça, voilà, il peut plus, pouf, comme ça ça nous empêche de terminer le film en 2 minutes chrono. Bref, disais-je : "Quel dommage que l’on ne puisse pas voir leur vaisseau !"
- Oui, si seulement nous avions accès à un de leurs vaisseaux pour étudier un peu comment ça fonctionne… 
- Monchieur Odinch ?
- Une seconde Thor. Oui Beatriz ? Pourquoi nous dérangez-vous ?
- Oui, ch’était pour vous demandèche… qu’èche que che fais avec lé vaisseau elfe noir crashé dans la salle dou trône ? Jé pache lé balai quand même ?
- Mais je ne sais pas moi, raaahlala ! Le petit personnel ! Bon, on en était où mon p’tit Totor ?
- On disait qu’on était dég’ de pas avoir accès à un de leur vaisseaux pour étudier leur technologie.
- Ah oui, c’est ça."

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Mais pendant que certains spectateurs essaient d’invoquer le dieu de la foudre dans la salle pour qu’il les libère de leur supplice d’un éclair salvateur, voici que le ton monte entre les deux Asgardiens.

En parlant d’éclair : ça, c’est Malekith après s’être mangé la foudre de Thor dans la gueule. Notez que sa couleur de peau varie en fonction des scènes, de tout blanc à bien rose. Sachez qu’il en ira de même avec ses yeux. Encore une fois : combien de millions au budget, rappelez-moi ?

"Alors c’est ça, père ? Votre plan, c’est d’attendre ?
- Bin en même temps, s’ils reviennent, on a de quoi les démonter. Et sans l’Éther, ils ne peuvent pas faire grand chose. Alors oui.
- Mais ils ont tué maman !
- Oui, j’ai remarqué. Pas de pieds froids dans le lit cette nuit, j’ai tout de suite vu la différence.
- Moi, j’ai un plan.
- Allons Totor, tu sais bien que tu es con.
- Mais si, écoutez : je prends Jane avec moi puisque c’est elle qu’ils veulent !
- Oui.
- Ensuite je vais sur une planète super loin !
- Oui.
- Là ils arrivent pour la chercher !
- Oui.
- Et là… on se bat !
- Attends, je résume : ton plan, c’est plutôt que de les attendre chez nous avec 10 000 hommes, aller les attendre en terrain hostile avec toi tout seul ? Comme ça ils n’auront que toi à tuer pour avoir l’Éther ?
- C’est ça ! Alors ? Alors ? C’est oui ?
- … mais qu’est-ce que j’ai fait au bon moi pour mériter une buse pareille ?"

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Odin explique donc à Thor qu’il ne suivra pas son plan, trop risqué (stupide se dit donc ainsi en asgardien, très bien, je le note), et que Thor a pour ordre de rester sur Asgard pour attendre l’assaut des elfes. Mais vous connaissez le héros moyen : si vous lui interdisez quelque chose, il le fait dans les dix minutes. Du coup, Thor va trouver tous ses amis, à savoir la brigade des Jean-Jacques + Sif & Heimdall et leur explique son plan. Tous le trouvent super, ce qui expliquent pourquoi ils sont ses amis : je pense qu’ils se sont rencontrés à la COTOREP viking. Heimdall insiste à nouveau sur le fait qu’il ne peut pas voir le vaisseau elfe noir, histoire de bien réappuyer une incohérence, et qu’il ne peut pas donner accès à la troupe au Bifrost sans l’accord d’Odin. Il leur faut donc trouver une autre issue. Pas de problème : les Jean-Jacques vont faire diversion pendant que Thor va chercher la seule personne qui puisse l’aider à quitter Asgard : Loki ! Car celui-ci connait tous les passages super secrets. Rapidement, les deux concluent une trêve.

"Bon, Loki, je sais que tu vas me trahir.
- C’est bien.
- Mais je te propose d’aller buter ceux qui ont tué maman. Tu en es ?
- Ça roule."

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C’est ce que j’appelle une affaire rondement menée.

S’ensuit une séquence durant laquelle Loki hurle au spectateur "Je peux changer d’apparence quand je veux, houhouuuu tu as vu ?" histoire que l’on comprenne subtilement que, hmmm, ça pourrait resservir par la suite. Notez-le, hein. Puis, tous deux, aidés par l’habile diversion des Jean-Jacques & co, vont gagner le vaisseau elfe noir crashé dans la salle du trône (ils s’en souviennent soudainement, heureusement que Beatriz n’a pas balayé). Qui, non, n’a aucun problème pour redécoller, surtout en sachant que Thor le pilote sans problème aucun alors que c’est la première fois de la vie qu’il y fout les pieds. On dirait du Independance Day, autant vous dire que ça fleure bon la quaité (mais si, souvenez-vous de Will Smith déclarant qu’il peut piloter une soucoupe "Parce qu’il en a déjà vu une en action" ; j’ai déjà vu un Airbus A 380 et pourtant je ne recommande pas qu’on me le confie). S’ensuit une course poursuite entre Thor et les chasseurs ridicules d’Asgard, et après diverses pirouettes, Thor s’éjecte avec Loki et parvient à récupérer un petit chasseur, pile du bon diamètre pour entrer dans le passage secret au fin fond d’une montagne d’Asgard que connaissait Loki.

Passage qui mène, c’est fou cette énième coïncidence, sur Choupi IV, planète d’origine des elfes noirs où il n’y a plus que cendres. Tant de chance, c’est… moui, nul en fait. Passons à la suite.

Thor, qui a emmené Jane avec eux comme prévu, propose donc à son frère un plan pour tendre une embuscade aux elfes noirs lorsqu’ils arriveront à leur poursuite.

"Alors en fait, mon plan, tu vas voir, c’est super.
- Je n’en doute pas.
- Alors en fait, quand ils arrivent, tu fais semblant de me trahir et de leur donner la fille.
- Ça m’échappe un peu, mais, vas-y, continue.
- Hé bien là, on les surprend, et on les attaque au corps à corps ! Ahahaha, ils seront bien feintés !
- Serais-tu en train de m’expliquer, alors que ta spécialité ce sont les éclairs et le lancer de marteau, et moi la magie, que nous devrions renoncer à les attaquer à distance, notre force, et par surprise, le tout en mettant Jane en danger juste parce que… heu… rien ?
- EXACTEMENT !
- Et tu te souviens qu’ils ont avec eux Michel, alias Bourpif Malin ? Qu’il vaudrait peut-être mieux ne pas trop affronter au corps à corps vu qu’il est subitement devenu invincible alors que c’était pas le cas dans l’intro ?
- OUI !
- Bon bin écoute, on fait comme t’as dit. Vraiment. C’est super. Et quelqu’un a écrit cette scène. Je suis bluffé."

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Et le plan est donc mis en route sitôt le premier elfe noir en vue. Et comme convenu, nos héros simulent de se chamailler, puis de donner la fille, puis comment à mettre des mandales aux margoulins, hop.

D’ailleurs, plan pourri oblige, celui-ci tourne mal étonnamment mal : Michel le Grügrü prend vite l’avantage sur les Asgardiens, permettant à Malekith de s’emparer de Jane. La bonne nouvelle, c’est qu’il fait sortir l’Éther d’elle puis la repose au sol. La mauvaise, c’est que lui-même absorbe l’Éther et devient donc surpuissant. Cela fait, il regagne son vaisseau en laissant Michel s’occuper de Thor et Loki, puis s’en va. Le combat se poursuit donc sur la surface de la planète jusqu’à ce que Loki parvienne à détourner l’attention du vilain ("Hey ! Savais-tu que Darcy était jouée par Kat Dennings ?") le temps que Thor lui colle sur le museau l’une des fameuses grenades à trou noir des elfes. Du coup, invincible ou pas, il meurt quand même en faisant un bruit comme wouuuuiiiishprouuuufruleuleuleuleublork. Thor peut donc se précipiter vers Loki qui a été mortellement blessé dans l’affaire pour lancer une séquence d’une rare originalité.

"Loki !
- Thor…
- Loki, accroche-toi ! J’vais te ramener au pays !
- Non, Thor… c’est trop tard pour moi…
- Dis pas de conneries, on va te rafistoler !"

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Etc.

Sauf que Loki meurt, effectivement. Et Thor abandonne donc son cadavre. Puisque oui, Thor a oublié que Loki était un vieux renard rusé et que du coup, feinter la mort pour ne pas avoir à retourner dans sa prison sur Asgard paraît être une bonne tactique. Personnellement, j’aurais été Thor (mais je ne fus qu’Odieux), j’aurais pris le temps d’être à la fois sûr & taquin. Par exemple, en me disant que bon, quitte à avoir perdu Loki, seule personne à connaître les passages pour aller d’une planète à l’autre sans le Bifrost, autant prendre le temps de l’enterrer. Comme ça, si en plus il n’était pas mort et feintait juste, il aurait été bien embêté. "Arrête de me mettre de la terre sur la gueule, c’est bon, okay, je faisais semblant, mais ne m’enterre pas vivant d’accord ?"

Mais non : à la place, Thor fait des bisous à Jane, puis va se promener avec elle, au pif, sur la planète. Bon plan aussi, remarque.

"Juste comme ça : tu voudrais pas arrêter de faire des plans ? On serait plus efficace sans."

Et ça tombe bien, parce qu’en se promenant au pif, qui reste la plus grande ressource de nos héros, ceux-ci rentrent dans une grotte au hasard… où Jane a du réseau téléphonique ! Elle ne doit pas être chez SFR. Elle peut donc aussitôt retourner envoyer des MMS à toutes ses copines avec des photos des pectoraux de Thor et des commentaires comme "Sisi tavu <3 :3 :3 :3". En plus (parce que non, ça ne suffisait pas !) par terre se trouvent quantité d’objets terriens… comme une certaine paire de clés de voiture : c’est le portail qui mène à l’usine désaffectée de Londres ! Allez, un, deux, trois : HO BIN CA ALORS, QUELLE CHANCE !

Voyons voir, où ai-je mis mon brandy. Voilà. Ma coke ? Voilà. Bon, allez, on s’accroche.

Nos héros franchissent donc le portail, les clés à la main, et se retrouvent donc à Londres avec une voiture à disposition. Ils foncent aussitôt chez Darcy et Richard, principalement parce que ce sont les seuls pinpins que Jane connaisse. Sur place se trouve aussi Erik Solveig, célèbre scientifique avec lequel tout ce petit monde a travaillé par le passé, et expert en astrophysique. L’occasion de faire le point, car Erik a trouvé, probablement sous le paillasson, toutes les clés de l’intrigue (pouffez moins fort s’il vous plait, ça va finir par s’entendre) :

  • Les portails qui se forment un peu partout, c’est à cause de "l’alignement", un phénomène qui n’arrive que tous les 5 000 ans
  • L’espace d’un moment, tout va être perturbé : des mondes vont communiquer entre eux, et même la gravité risque de partir en sucette
  • Ça tombe bien, les mondes en question sont les 9 mondes protégés des Asgardiens
  • Et évidemment, c’est le seul moment où il serait possible d’utiliser l’Éther pour détruire tous les mondes des races de la lumière d’un coup

Heureusement, Erik, à qui il restait un peu de temps après toutes ces découvertes, a aussi bricolé à partir de piquets de tente Quechua, d’ampèremètres volés dans un collège de Moulins et de piles LR6 des piquets capables en théorie de pourrir d’éventuelles anomalies. Ou d’en déclencher, c’est selon.

Hooo et puis ça tombe bien aussi, parce que malgré tout ça, il a AUSSI fait un autre truc, à savoir calculer l’endroit où il faudrait être pour être pile poil dans l’alignement… et ça tombe bien, c’est AUSSI à Londres ! Non vraiment, que de coups de bol ! Le seul moteur de l’intrigue depuis un moment maintenant : c’est beau, autant de talent. En tout cas, pas une minute à perdre : il faut aller installer les piquets magiques sur le site de la convergence pour éviter que tout cela ne dégénère !

Sauf que… à peine nos héros ont-ils placé lesdits piquets qu’arrive du ciel le vaisseau de Malekith ! Les londoniens sont donc un peu effrayés, surtout lorsqu’ils constatent que l’engin ne prend même pas la peine de rouler à gauche. Ces aliens ne respectent décidément rien ! L’appareil s’arrête au bord de la Tamise, pile au point de convergence, et commence à larguer Malekith et son armée. Vite, il faut les arrêter !

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Pendant ce temps, sur Asgard.

"Tiens ?
- Oui, Heimdall ?
- Les elfes noirs viennent de débarquer sur Terre. Ils sont au point de convergence des mondes et vont tous nous éradiquer.
- Ah.
- Odin… je me disais… c’est pas le moment où on devrait envoyer notre armée ?
- Mmmm… si. Mais on va plutôt rien faire.
- Je… puis-je demander pourquoi, ô Odin ? Parce que nous avons les moyens de téléporter une armée entière, là, tout de suite. Et de gagner à coup sûr.
- Oui mais le film s’appelle "Thor", pas "Asgard saves the day". Déjà dans le premier volet, on ne foutait rien. Et je ne parle même pas des Avengers. On est juste un décor mec. Laid, le décor, soit dit en passant.
- Bon. Bin je me contente de regarder alors.
- Voilà."

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Sur Terre, donc, c’est une sorte de grande séance de Portal qui commence lorsque Thor arrive marteau à la main : on se bat, on traverse un portail, on ressort par un autre, puis on en traverse un nouveau… bref, du spectacle à vil prix mes bons amis. Thor peut donc affronter ses ennemis jurés dans quantités de situations rocambolesques, pendant que le spectateur attentif constate que le film a le syndrôme des Avengers, à savoir : il faut moins de 17 secondes pour vider une ville. Passés les premiers plans où l’on voit quelques civils courir, la capitale est aussitôt entièrement déserte, on peut donc s’y maraver sans problème.  Ho, il y a bien l’armée anglaise qui envoie deux avions,  histoire de dire qu’elle n’apprécie que moyennement les invasions aliens, mais les bougres passent un portail par accident, traversent douze dimensions… bref. Ils se font un épisode de Sliders à peu de frais, le professeur Arturo en moins.

Jane, elle, utilise les piquets de son copain Erik pour créer des anomalies qui téléportent des escouades d’elfes noirs entières vers des mondes hostiles. Courses poursuites, mitraillages, blagounettes (bin oui)… tout y passe. Jusqu’à ce que Malekith tente évidemment de déchaîner l’Éther au moment opportun, et que se croyant invincible, il sous-estime les anomalies créées par les piquets de l’ami Erik, qui permettent de générer des portails et donc de téléporter un objet, par exemple droit dans sa face. Ce qui est donc fait. Le dernier piquet est enfoncé par Thor dans le bonhomme directement à coups de marteaux, histoire de bien faire comprendre qu’il n’est pas content, et qu’il est pour l’ouverture des magasins de bricolage le dimanche.

Malekith vaincu, l’armée elfe noire en déroute, leur vaisseau se met mystérieux à imploser (non, ne cherchez pas pourquoi), et donc tout le monde peut se faire des bisous. Victoire ! L’alignement des mondes passe, les anomalies se résorbent, bref, tout va pour le mieux.

Oui, le vaisseau percute le sol. Exprès. Et alors qu’il peut voler. Là encore, ne demandez pas pourquoi : les elfes aiment juste pourrir leur propre matériel, comme ça, pour voir.

De retour sur Asgard, Thor est donc reçu par Odin qui le félicite.

"Bien joué, Thor. Tu leur as mis leur misère, aux elfes noirs.
- Merci père.
- Et puis les neufs mondes t’ont vu te battre pour eux : je pense que tu ferais un excellent roi.
- Non, père. Vous êtes meilleur que moi. Je préfère continuer à me battre contre les méchants. Ça demande pas trop de réflexion, ça me va. Et puis comme ça je peux retourner sur Terre faire des bisous à Jane Foster.
- Alors parfait ! Continue comme ça, c’est super. Allez, maintenant, va, je suis fier de toi !"

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Thor s’en va donc, et alors qu’il tourne le dos, il ne voit pas… qu’Odin change d’apparence : ce n’est pas lui, c’était Loki ! Qui a survécu et remplacé papa !

"Ce qui expliquerait pourquoi il n’est pas venu en aide à Thor sur Terre", dira le lecteur capricieux "Oui, c’est vrai : après tout, si Malekith réussissait, Loki mourrait avec les autres, il n’avait donc aucune raison d’aider, pas vrai ?"

Ah bin oui tiens. Tout est donc bien nul, je suis rassuré.

Et sur ce rebondissement digne d’une cave à Roquefort…

… FIN !

Ah si, il y a évidemment une séquence post-générique (encore une fois : je déteste ça) : où l’on voit "le collectionneur", alias "Benicio Del Toro a besoin de payer ses impôts", personnage au charisme de palourde, recevoir chez lui les Asgardiens qui lui demandent de bien vouloir garder l’ether, désormais stocké dans une pierre, chez lui.  Le garçon accepte, puis sitôt ses invités partis, ricane "Mouhohohoho, encore 5 pierres de l’infini et j’aurai la grosse wiiiin !"

RE-FIN, et évacuation de gens morts de désespoir dans la salle.

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Ce qui est scandaleux, c’est que ça doit pas être compliqué de faire un bon film avec un dieu de la foudre.

Je veux dire, par exemple : regardez Raiden, dans Mortal Kombat il… heu… attendez.

Ho.

Au temps pour moi.

"Un film à la hauteur de ses prétentions."

Voilà comment l’on me présenta Pacific Rim, alors que je savourais tranquillement mon brandy sur la terrasse quasi déserte de la fin de soirée d’une quelconque réception. Je ne me souviens pas vraiment du visage de mon interlocuteur à vrai dire. Je vois encore vaguement un bout de sa mâchoire alors que je finissais de l’enterrer un peu plus tard dans la soirée en forêt de Rambouillet, mais il faut croire que le personnage n’a pas marqué mon esprit. Son propos, par contre, si.

"Parce que c’est justement un film sans prétention et puis vous savez, c’est Guillermo del Toro, il ne faut pas tout prendre au sérieux." avait-il ajouté pendant que je faisais signe à Diego de rapprocher la voiture de l’endroit où nous étions et de laisser le coffre ouvert. "Vous ne pouvez pas critiquer un film qui vend du spectacle de faire du spectacle", s’était-il empressé de dire alors que je commençais à l’emmener vers la barrière délimitant la terrasse. Quelques secondes plus tard, alors qu’il basculait dans le vide pour terminer sa course dans l’une des plus célèbres parties de mon véhicule, je vis sa compagne apparaître sur la terrasse, essoufflée.

"J’ai cru entendre mon ami crier, l’auriez-vous vu ?
- Hélas non, vous avez dû rêver. Vous savez ce que c’est, l’alcool monte vite à la tête.
- Oui, c’est vrai. Ce champagne est un peu fort…
- Venez, allons le chercher ensemble si vous le voulez bien.
- Hihihi, vous êtes si aimable. Pour tout vous dire, on m’avait pourtant dit que vous étiez quelqu’un de tout à fait prétentieux !
- Ah, allons ! C’est tout simplement que je suis à la hauteur desdites prétentions. Et vous, pensez-vous être à la hauteur des miennes ?
- Je… je ne sais pas ? Que voulez-vous dire ?
- Hé bien c’est facile, êtes-vous un film à 200 millions de dollars que ses fans prétendent comme "sans prétention" quand bien même il a un scénario qui se prend tout à fait au sérieux, sans humour et rempli de moments que l’on voudrait dramatiques ?
- Pas que je sache ?
- Parfait. Alors nous pouvons discuter."

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Je tapotais son épaule nue pour la guider vers l’intérieur de la réception pendant que Diego éloignait tranquillement l’automobile au coffre chargée à quelques distances de là. Voyant que le champagne ne suffisait pas à achever de la faire basculer dans un état second, et ayant oublié mon GHB dans mon autre veste, je décidais donc d’utiliser une autre arme pour achever d’assommer son esprit déjà affaibli : le scénario de Pacific Rim.

Était-ce suffisant ? Est-ce parce que l’on vend du spectacle qu’il faut pour autant insulter l’intellect ? Les effets spéciaux servent l’histoire ou est-ce l’inverse ? Par corollaire, le cerveau des fans de Pacific Rim commande-t-il aux yeux ou là encore quelqu’un a-t-il chamboulé la hiérarchie locale ?

Ni une, ni deux : spoilons, mes bons !

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L’affiche : quand même le robot est sur le point de rendre son déjeuner, c’est qu’il est encore temps pour vous de faire demi-tour.

Le film s’ouvre sur diverses images accompagnant une voix off nous faisant un petit brin d’histoire, car les événements que nous allons suivre se déroulent quelques années dans le futur. L’occasion donc de faire un point sur ce qui nous a emmené aux événements du film : de nos jours, donc, la ville de San Francisco a eu une petite surprise en se levant un matin, car elle fut bien embêtée de trouver une sorte de monstre géant de plusieurs milliers de tonnes en train de faire des tractions sur le Golden Bridge. Si les habitants furent un peu grognons de prime abord en constatant que les monstres sortis de nulle part ne respectaient pas la propriété publique, ils le furent plus encore lorsque la bête, probablement excitée par l’odeur des pétards et la vue des chemises American Apparel, décida de raser la ville. Comme nous l’explique doctement la voix off, le monstre eut le temps de s’enfoncer de 50 kilomètres dans les terres en rasant tout sur son passage avant que missiles et obus ne finissent par lui malaxer la face.

Quelques mois plus tard, ce fut au tour de l’Asie de voir surgir un nouveau monstre peu versé dans l’art de l’urbanisme, et une nouvelle fois, lui péter la gueule demanda un peu de travail. Finalement, lorsqu’un autre truc du même calibre émergera des profondeurs du Pacifique avec pour ambition de s’accoupler avec les immeubles les plus proches,  des scientifiques commencèrent à se demander d’où ils pouvaient bien venir et si on allait devoir s’en coltiner d’autres, une question qu’ils auraient peut-être dû se poser plus tôt, par exemple à la première apparition, mais bon, hein, pour ce que j’en dis.

C’est ainsi que l’on baptisa cette race les "Kaiju" (prononcez Kaille-djou), et que l’on découvrit qu’elle provenait d’une étrange faille apparue au fin fond du Pacifique, menant à une dimension parallèle, rien que ça. Faille qui résista à tous les bombardements possibles et imaginables, et que rien ne put traverser pour aller explorer l’autre côté. Puisque l’on ne pouvait pas achever la guerre simplement en fermant la faille, tous les pays du monde, unis face à cette nouvelle menace, se réunirent donc pour essayer de trouver une nouvelle arme dans ce conflit. J’imagine que la conversation a dû être intéressante.

"Bon, Mesdames Messieurs, je vous félicite d’avoir su mettre vos différends de côté pour venir à cette réunion de l’ONU dont le sujet est, je vous le rappelle "Comment péter la gueule aux Kaijus".
- Notre leader peut s’en charger : il a déjà tué à lui seul 10 Kaijus !
- Okay, donc on va commencer… par… couper le micro… à la Corée du Nord… voilà. Rah, s’unir avec tous les pays, quelle idée à la con. Bon, revenons au sujet : qui a une idée pour se débarrasser de monstres géants ?
- On pourrait améliorer nos missiles ? On en fait déjà pour percer des bunkers, alors si on travaille tous à améliorer cette technologie, on pourrait bombarder ces saloperies de haut et sans risques en perçant leur carapace. Et organiser une force de réaction internationale autour du Pacifique pour se débarrasser de ces créatures avant qu’elles n’atteignent les côtes.
- Pas mal la Suisse, pas mal !
- Attendez, on a mieux !
- Oui le Japon ?
- On n’a qu’à faire des robots géants !
- Hooooo relou !
- Ooooon se calme dans la salle, on se calme et on laisse parler le Japon !
- Alors notre idée, ce serait des robots géants, et ils feraient du catch ! Comme ça, yaaaa, pif paf ! Et ils se battraient au milieu des immeubles, comme ça ça ferait des grosses explosions et plein de morts ! Et on continuerait à raser des villes, mais pas pareil !
- Bon, je connais un pays qui va rejoindre la Corée du Nord au pays du mutisme. Alors, où est ce foutu bout…
- Stop ! Vous ne nous couperez pas la parole ! De toute manière, soit vous acceptez notre plan, soit nous arrêtons de produire One Piece !
- Damn, ils nous tiennent !"

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Et c’est donc suite à cet échange – ou alors, si vous avez une meilleure explication, je suis preneur – que tous les pays du monde ont lancé le programme "Jaeger", ce qui signifie "chasseur" en teuton, programme consistant à produire des robots géants qui font du catch pour combattre les Kaijus.  Au début, on voulait ne mettre qu’un seul pilote par robot géant, mais l’interface étant reliée directement à l’esprit de l’utilisateur, souvent, ça lui faisait des trucs bizarres, du coup, pour alléger la charge, on a inventé la "dérive", système permettant à deux esprits de s’unir pour ne faire qu’un. Les Jaegers sont ainsi pilotés par deux personnes reliées ensemble, chacune représentant un hémisphère du cerveau de la machine. Le film n’aborde cependant pas cette question essentielle : comment choisit-on lequel prend quel poste, histoire de déterminer le type en charge des rêves érotiques du robot géant (les plus fameux lecteurs de Gros Boulons Magazine comme chacun sait, juste après Al Bundy).

Toujours est-il que si l’introduction nous explique que tous les pays du monde se sont unis, on constate que chaque pays produit ses robots individuellement. Ah bon, bon, d’accord. Mais il n’empêche que ça marche : les KaiJus sont tout de suite moins taquins après s’être mangés des poings de quelques mégatonnes dans le museau, et peu à peu, l’Humanité a cessé de craindre les Kaijus, alors que les pilotes de Jaegers devenaient de véritables superstars enchaînant victoire sur victoire à coups de mandales blindées dans les margoulettes.

Bref, lorsque notre film commence, les Kaijus sont retombés en troisième place au classement des plus grands prédateurs du Pacifique, juste derrière le grand requin blanc et le pêcheur japonais.

Et c’est dans une base de Jaegers que notre aventure débute, puisque nous y retrouvons Raleigh Becket et son frangin, Maurice Becket, tous deux pilotes, rois de la bagarre et suffisamment complices pour fusionner leurs esprits avec brio (et probablement qu’en mélangeant leurs souvenirs respectifs, ils peuvent reconstituer ce qu’ils ont fait les soirs de cuite : pratique). Or, il se trouve qu’une alarme vient de se déclencher : on vient de détecter un KaiJu à peine sorti de la faille et se dirigeant droit vers Anchorage, en Alaska. Nos héros ayant pour mission de défendre ce territoire, ils courent donc jusqu’à leur robot géant, le "Gipsy Danger" (ou "Danger Rabouin", ce qui sonne tout de même drôlement mieux), et s’y installent tout en échangeant des blagues sur le fait que s’ils le battent, ce sera leur 5ème victoire officielle et que ça permettra de se la péter à la cantoche.

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Je ne compte même plus le nombre de fois où le pont de San Francisco a été au centre de toutes les catastrophes du monde. Un jour, un scénariste sortira de sa cave et découvrira qu’il y a tant d’autres lieux à raser. Neuilly, par exemple.

Ne posant aucune question sur le fait que visiblement, entre le moment où un monstre sort de la faille et son arrivée à l’autre bout de l’océan Pacifique, visiblement il n’y a que 10 minutes quand bien même on voit que les bestiaux nagent assez lentement, nos héros et leur robot sont envoyés se positionner devant Anchorage. Sauf qu’ils ont repéré qu’un navire de pêche était encore en mer et sur la trajectoire de la bestiole, et malgré les ordres de leur supérieur, le marshal Pentecost, nos larrons décident de foncer secourir l’engin, parce que ce sont des têtes brûlées, tu vois, t’as vu.

Ah, oui, j’oubliais : le Pacifique est assez peu profond, puisqu’à part lors d’une séquence dans le film, les Jaegers auront toujours pied. Et pas qu’un peu, hein.

Que disais-je ? Ah oui. Les frères Becket vont à la rencontre des pêcheurs, mettent leur navire à l’abri à la seconde où le Kaiju arrivait sur eux, puis commencent à tabasser la bête qui est "le plus grand Kaiju rencontré jusqu’ici" (moi, je n’ai pas vu de différence avec les autres, mais je ne suis pas un expert), soit un Kaiju "de classe 3". Après quelques coups de poings dans la gueule, fourchettes et brûlures indiennes (ah, il faut ce qu’il faut), le monstre fait un peu moins son malin et accessoirement quelques bruits comme "Brüüülülü"), plus encore lorsque nos héros l’achèvent à coups de canon à plasma, l’une des armes équipant les bras de leur robot.

Ah tiens, vous aviez une arme à distance ? Mais vous préfériez commencer par le corps à corps ? C’est une idée. Très conne, hein, mais une idée tout de même. A une échelle plus normale, ce concept se traduirait ainsi :

"Tenez les mecs, voilà un fusil.
- Super, on va pouvoir mettre des coups de crosse avec ! Ouais !"

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Les frères Becket m’ont l’air particulièrement malins. Remarquez, ça ne choque pas leur supérieur visiblement. Ça et le fait que ça ne coûterait pas grand chose de plus d’envoyer des avions soutenir le Jaeger, mais de tout le film, sachez que l’on ne parlera plus jamais de l’armée, quand bien même on expliquait en introduction que les obus et les missiles ne faisaient pas du bien au Kaijus. C’est vrai quoi, pourquoi profiter de l’avantage du nombre et de l’opportunité d’affaiblir l’ennemi avant qu’il n’arrive au contact avec le Jaeger ? Bah, là encore, je n’y connais probablement rien : passons.

Alors que nos héros sont en train de célébrer leur victoire au-dessus de la carcasse de leur victime, ils sont fort surpris de constater que, non, la bête n’était pas vraiment morte, elle était juste super forte en mimes : celle-ci parvient en effet à se redresser et à défoncer le cockpit du Danger Rabouin pour y saisir… Maurice. Et non, je ne blague pas : le monstre super-méga-géant vient bien de faire une frappe chirurgicale lui permettant de manger un des deux pilotes sans embêter l’autre. Il doit avoir un gros score en dextérité.

Raleigh hurle donc des trucs comme "Noooon", "Pas mon frèèèèère" ou encore "Beuuuuuaaaah !" puis, aidé de son esprit surpuissant, parvient à garder le contrôle du Jaeger le temps d’achever le vilain Kaiju qui a tué son frangin. Et une fois cela fait, ramène son véhicule géant jusqu’à la côte, pour s’y échouer lamentablement.

Aussi subtil que cette introduction, le titre du film vient alors s’écraser en grosses lettres qui font du bruit sur l’écran.

5 ans plus tard, les choses ont bien changé. Le marshal Pentecost a été promu pour on ne sait quelles raisons (il sait probablement paumer ses Jaegers mieux que personne) et est désormais le chef du projet Jaeger. Sauf que la situation va mal : les Kaijus sont toujours plus puissants, et la technologie Jaeger ne suit pas. Du coup, les robots sont détruits plus vite qu’ils ne sont produits (en même temps, vous ne le produiriez pas chacun dans votre coin, m’enfin je dis ça…), et la situation commence doucement à avoir un petit fumet de caca. Une nouvelle fois, tous les pays du monde se sont donc réunis pour réfléchir à la question.

"Bon les mecs, les robots géants, ça n’a pas marché, il nous faut un autre plan.
- Des robots géants géants ?
- Eeeeeeeet… c’était la dernière intervention du Japon, hop, "mute". Quelqu’un d’autre ? Oui, les USA ?
- Assez rigolé, on a une super idée. Vous savez, gérer des envahisseurs, on s’y connait un peu. 
- Et donc ?
- Et donc, on s’est dit que les Kaijus, c’était un peu comme les Mexicains : on n’en veut pas chez nous mais ils veulent venir quand même. Alors à problème identique, solution similaire : on a qu’à construire un gros mur. 
- …
- Et comme ça, les Kaijus, ils peuvent pas passer. Ou alors au pire, on les retrouvera à bosser dans les champs avec la promesse d’obtenir des papiers, cette bande de pépitos. 
- Arrêtez, ne les écoutez pas !
- On se calme la France, qu’est-ce que vous avez ?
- Maiiiiis on a fait pareil avec la ligne Maginot, et ça n’a pas marché, vous allez voir que les Kaijus vont passer par la Belgique !
- Une réponse à ça, les USA ?
- Oui : notre plan est génial. Donc on va l’appeler pompeusement "Mur de la vie"  et si vous n’êtes pas d’accord, on arrête de produire Game of Thrones.
- Raaah ! Bon, okay !"

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C’est donc avec tristesse que les dirigeants mondiaux annoncent au marshal Pentecost que le programme Jaeger va s’arrêter, remplacé par le programme "Mur de la Vie", consistant à construire autour du Pacifique un gigantesque mur comme ça si les Kaijus arrivent et qu’ils voient le mur ils… heu… ils… ils s’arrêteront ? Ils tagueront "prout" dessus ? Oui, bon bref : le plan est super, donc merde. Pentecost est informé que le programme Jaeger sera encore financé 10 mois, le temps que le mur se finisse. Et que tous les Jaegers restants sont envoyés sur la base de Hong Kong (ce qui ne va pas être pratique en cas d’attaque du côté des USA, auquel cas il va falloir nager derrière le bestiau pour l’intercepter plutôt qu’être dans son chemin, sûrement un détail, mais rassurez-vous, les scénaristes n’y ont pas pensé).

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"Les amis, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise, c’est qu’on avait pas pensé à protéger un endroit appelé "Amérique du sud" qui, à ce qu’il parait, touchait aussi le Pacifique. La bonne, c’est que le prochain programme de géographie mondial vient d’être drôlement allégé"

Le marshal obéit donc à contrecœur, mais c’est ainsi. Et le dernier frère Becket alors, que devient-il, lui ? Et bien dégoûté par la perte de son frangin, il a raccroché, tout ça, et il s’est retiré en Alaska tel un Rambo, travaillant désormais comme simple ouvrier sur le mur de protection contre les Kaijus. Les choses auraient pu se poursuivre ainsi si un jour, en passant devant un poste de télévision, Becket n’avait pas ouvert les yeux tous grands en voyant un flash info.

"Héééé oui Simone, c’est incroyable : un Kaiju vient de passer le Mur de la Vie à un endroit où il était complet, lui pourtant réputé infranchissable !
- En effet Bob, d’après les premiers éléments, il serait passé par la Belgique avant de s’enfoncer dans les Ardennes pour aller se faire des mégalopoles majeures, comme par exemple Sedan ou Charleville-Mézières. La France aurait déclaré "On vous l’avait dit, bande de cons."
- Rappelons Simone que les Ardennes ont leur propre Jaeger : Woinic, le plus grand sanglier du monde (sic).
- Tout à fait Bob, toujours est-il que visiblement dépité par la simple vue de Woinic, le Kaiju est retourné dans le Pacifique pour finalement s’attaquer à Sydney pourtant officiellement à l’abri du mur, où il a cette fois-ci été vaincu par un véritable Jaeger, ce qui prouve que le Mur de la Vie n’est pas aussi parfait que ses concepteurs voulaient bien le dire, et que le programme Jaeger a encore son intérêt malgré les lourdes pertes qu’il a connu."

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S’ensuit une interview d’un certain Hansen, pilote du Jaeger vainqueur en Australie, qui explique doctement que les Jaegers sont toujours efficaces : le problème qui a causé tant de pertes jusqu’ici selon lui, c’est simplement que les autres pilotes étaient trop nuls. Si ce propos énerve un peu notre bon Becket, celui-ci est bien vite sorti de ses pensées par l’arrivée d’un hélicoptère de l’armée dont sort le marshal Pentecost. Et comme dans tout mauvais film, celui-ci lui explique qu’il comprend qu’il ait raccroché, mais que malgré le traumatisme, il faut qu’il reprenne du service, on a besoin de lui pour sauver le monde. Car il n’y a plus beaucoup de Jaegers encore debout, et parmi eux subsiste le Danger Rabouin, qui a été rafistolé. Mais celui-ci n’a plus de pilote, et Becket est l’un des derniers au monde à savoir piloter un engin comme le Danger Rabouin, véritable antiquité par rapport aux autres Jaegers restant, plus modernes.

Allez garçon : prend ton slip et ta brosse à dent, direction Hong Kong ! C’est donc un Becket blasé qui part pour l’Asie, convaincu par Pentecost avec ce simple argument : si les Kaijus gagnent la guerre, autant mourir dans un Jaeger en se battant plutôt qu’en tant que maçon sur un mur qui visiblement n’arrête personne.

Arrivé sur la base locale, Becket a donc l’occasion de découvrir toute une galerie de personnages qui donne envie de se tirer une balle dans la bouche, là, tout de suite :

  • Mako Mori, la seule nana du film (je me demande avec qui elle va finir, tiens), qui est évidemment asiatique mais japonaise, quand bien même nous sommes en Chine, puisque le Japon, c’est quand même vachement plus geek lolilulz. Et évidemment, tout le monde parle le Japonais, Becket y compris parce qu’il est cool, lolilulz aussi. Vous ai-je dit qu’en bonne asiatique, Mako Mori était une experte en arts martiaux ? Et elle n’a pas l’air nulle en maths. Quitte à faire des clichés racistes, j’aurais préféré voir le marshal Pentecost donner ses ordres tout en piochant dans un seau de poulet KFC, mais on ne peut pas tout avoir.
  • Blaireau 1 & Blaireau 2, les deux scientifiques, qui sont bien évidemment ridicules et complètement coincés, mais qui sont géniaux quand même. Blaireau 1 est spécialisé dans l’étude des Kaijus, Blaireau 2 dans l’étude de la faille du Pacifique
  • Hansen, le pilote du Jaeger vainqueur en Australie. Il méprise tout le monde, surtout notre héros, et passe son temps à répéter des trucs comme "J’ai pas besoin de toi, pauvre tache, et je n’hésiterai pas à t’abandonner si tu me ralentis" ou "Je suis le personnage caricatural du rival arrogant qui va se faire sauver les miches par le gentil héros que je méprise". Oh, et lui il pilote son robot avec son papa, Papa Hansen.
  • Chin, Chong et Chang, des triplés chinois qui pilotent en surnombre et qui semblent avoir été conçus par un scénariste qui s’est dit "Attendez, comment on pourrait faire une allégorie des asiatiques qui sont nombreux et se ressemblent tous ?". Ils sont évidemment très secrets, ont l’air fourbe mais sont super disciplinés.
  • Boris et Tanya, deux pilotes russes visiblement pas encore au courant que l’URSS n’existe plus.
  • Éventuellement, on peut aussi dire que "Gipsy" et "Danger", associés comme ça, c’est un hommage à Christian Estrosi, mais nous ne parlerons pas ici des problèmes des robots géants pour trouver des aires d’accueil.

D’ailleurs, des fois que ce ne soit pas assez subtil, sachez que par exemple, le robot russe a une tête de vieux tank soviétique et qu’à chaque fois qu’il apparaît à l’écran, on entend les chœurs de l’armée rouge. Je n’exagère pas : à chaque fois, même si c’est pour 5 secondes. Ah non mais oui, il y a du très gros niveau.

Bref. Après s’être un peu promené dans la base et avoir regardé les Jaegers avec les yeux humides, Becket découvre le Danger Rabouin complètement retapé, et prêt à retourner au combat. Pour une ultime mission (ho bin ça alooors !), à en croire le marshal.

"Becket, sachez qu’on a un plan pour en finir avec cette guerre.
- Balancer un tir d’arme nucléaire sur la faille à chaque fois qu’un monstre en sort ?
- Non, je préfère l’histoire des robots géants et du catch.  Sachez que comme l’état-major nous a abandonnés…
- L’état-major qui vient de voir, tout comme le monde entier, que le programme Jaeger pouvait encore arrêter les Kaijus contrairement à son mur ? Il va pas nous refiler du pognon en urgence du coup ?
- Non. D’ailleurs, lui non plus nous n’en parlerons plus du film. En fait, j’ai réussi à me procurer une arme atomique au marché noir.
- Mais ? Pourquoi au marché noir ? Vous ne pouviez pas juste demander à n’importe quel pays équipé ? Les armes de ce genre, c’est pas ce qui manque !
- Parce que… heu… l’état major ne veut pas que… qu’on… enfin… mais si vous… enfin vous voyez !
- Laissez tomber. Bon, et donc, c’est quoi le plan ?
- Aller jusqu’à la faille avec des Jaegers, celle-ci restant ouverte peu après avoir laissé passer un Kaiju, et y balancer notre cadeau. Et pouf, ça pétera la faille.
- Je connais des moyens plus rapides qu’un robot géant pour envoyer une bombe d’un point A à un point B.  Enfin bon, je sens que ça ne vous intéresse pas.
- En effet. Bref, j’ai obtenu la bombe auprès d’un gros trafiquant local, Hannibal. En échange, je lui ai donné l’autorisation de piller les cadavres de Kaijus que l’on bute pour en revendre des bouts. Il est content, et moi, j’ai de quoi finir cette guerre. Vous partirez donc en mission à bord du Danger Rabouin, et vous escorterez le porteur de la bombe, l’équipe Hanson. Les autres Jaegers, le Maxi Popov et le Heavy Tang seront aussi là pour escorter le bousin."

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Becket accepte, mais note tout de même qu’il a un petit souci : il est tout seul pour piloter son robot qui se pilote à deux, ce qui pose problème.

"Pas d’inquiétude Becket. Je sais que vous êtes le dernier pilote encore en vie d’un Jaeger comme le Danger Rabouin, c’est pour ça que l’on est venu vous chercher. Mais on a aussi trouvé des partenaires potentiels.
- Et vous avez pas pensé à regarder si vous pouviez pas déjà coupler deux de ces volontaires ? Non parce que si vous les avez sélectionnés pour piloter avec moi, c’est qu’ils savent le faire, non ?
-  Ah tiens oui, on y a pas pensé. Bon, en tout cas, voici la liste.
- "Mako Mori". Et 250 personnes prénommées Jean-Jacques. Hmmm je me demande qui sera mon partenaire. Mako Mori ?
- Non, je lui ai interdit de piloter un Jaeger. 
- Oui, alors c’est très intéressant mais j’ai une soudaine envie de défier Mako Mori au karaté."

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Et en effet : après avoir défié Mako au karaté et avoir bien rigolé, Becket retourne voir le marshal.

"Bon, bin je veux que ma partenaire soit Mako Mori.
- Vous êtes sûr ? Vous ne voulez pas défier un Jean-Jacques au karaté ?
- Bin c’est à dire que c’est la seule nana du film, et Hollywood n’est pas encore prêt à ce que je roule un patin à un barbu à la fin.
- Très bien, alors je lève l’interdiction que j’avais posée pour protéger Mako, et je vous propose d’aller vous entraîner à bord du Danger Rabouin."

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Ni une, ni deux, et pendant que les spectateurs commencent à se pendre, notre nouveau couple se rend au Danger Rabouin pour procéder à des essais. Sauf qu’à peine à bord, la dérive entamée, chacun rentre en contact avec l’esprit de l’autre : Becket peut probablement ainsi se souvenir de tous les hommes avec lesquels Mako a couché, mais le film n’en parle pas, probablement pour ne pas envoyer Becket sangloter sous la douche, son ego de mâle hétérosexuel blessé. Et Mako a elle accès aux souvenirs de Becket et particulièrement à la perte de son frère, dont il a senti jusqu’à la peur et la douleur lorsqu’il est mort, puisqu’ils étaient reliés à ce moment là. Une terrible blessure, Becket ne se pardonnant pas la chose.

Ah oui, et comme les chinois sont communistes, il y a de la lumière rouge sur eux quand on les voit, quand bien même tout le reste du décor est bleu. Subtil on vous dit.

Mais surtout, les choses partent quelque peu en sucette lorsque Mako est victime d’un phénomène connu chez les pilotes : elle se perd dans la dérive, et se retrouve bloquée dans un de ses souvenirs (et commence à activer les armes du robot pour se défendre, ce qui ne fait pas vraiment plaisir aux gens dans le hangar des essais). Becket utilise donc la dérive pour aller dans son souvenir et lui dire que non mais ho, tu vas te calmer, dis ?

Sauf que du coup, il voit le souvenir de la bougresse : enfant, Tokyo a été attaqué par un Kaiju. Et pour des raisons mystérieuses, la ville était entièrement vide à l’exception de Mako (… oui, hein ?) qui courait sur une avenue, une chaussure à la main, à appeler sa mère. Sauf que le Kaiju étant un petit filou, il décida d’essayer d’en faire son goûter (mais petit, hein, techniquement pour lui c’est une sorte de cacahuète qui parle japonais), jusqu’à ce que débarque un Jaeger qui lui péta la gueule et piloté par… le marshal Pentecost ! Qui fut pilote un temps ! Et perdit son coéquipier tout comme Becket, et là encore, comme lui, se retrouva à devoir faire des efforts surhumains pour contrôler sa machine en solo durant quelques minutes. Et s’il ne voulait pas que Mako pilote, c’est qu’il est son père adoptif du coup, et ne veut pas la mettre en danger.

Après avoir sorti Mako de son rêve (comprendre : lui avoir mis deux claques dans la gueule), tout rentre donc dans l’ordre. Mais tout le monde se dit que le Danger Rabouin et son équipage a un peu merdé et a risqué, en activant ses armes, de raser le hangar, et qu’on ne peut donc pas trop leur faire confiance.

A noter une formidable scène où pour désactiver les armes et éviter l’accident, la salle de contrôle appuie sur son écran pour couper les circuits, ça ne marche pas, elle appuie donc sur le gros bouton rouge conçu pour ça, ça ne marche pas, elle tente donc de débrancher la prise de courant, attends, ça vient pas…

Une scène que l’on suit avec passion et crédulité, vous l’imaginez bien. Pardon, j’ai baillé là ? Désolé.

Qu’importe. Après ces débuts quelque peu catastrophiques, Mako et Becket ne sont pas à la fête, et la tension finit par tellement monter avec les autres pilotes de la base que, oh, surprise, Becket en vient aux mains avec son rival Hansen et lui pète la gueule pour lui montrer qu’il est le gentil, et donc le plus fort. Après cet échange un peu viril, tout le monde va donc se calmer dans son coin en maugréant que meugneugneu, c’est pas avec des gens pareil qu’on va gagner la guerre (ni faire un film intéressant, mais j’ai abandonné cette idée il y a longtemps pour ma part).

Allez, assez de testostérone ! Allons plutôt voir Blaireau 1 et Blaireau 2 dans leur laboratoire. Blaireau 2 a mis au point une théorie selon laquelle l’arrivée des Kaijus devrait s’accélérer. Et que bientôt, pour la première fois, il devrait en arriver deux d’un coup. Puis le jour suivant, trois. Puis le suivant quatre, puis il en viendrait toutes les heures, puis toutes les minutes…

Bref : nous sommes évidemment à la veille de la fin du monde, sinon ça manquerait de tension, hein, les monstres géants, ça ne suffit pas, de nos jours, le spectateur est exigeant, et en-dessous d’une apocalypse complète, il quitte la salle, oui Monsieur. Il ne manquerait plus qu’une petite prophétie avec un élu et ce serait bon.

En tout cas, pendant que Blaireau 2 peaufine sa théorie, Blaireau 1 travaille lui sur les restes d’un cerveau de Kaiju, l’un des rares qu’ils ont pu isoler. Et se dit qu’il a une grande idée : tiens ? S’il "dérivait" avec un cerveau de Kaiju pour explorer leur esprit ? Bon, certes, c’est un bout de cerveau un peu abîmé, mais il y a peut-être des choses intéressantes dedans ! Ni une, ni deux, le galopin se relie à la chose et… appuie sur le bouton.

Hop ! Instantanément, son esprit se remplit d’images venues d’ailleurs : souvenirs d’avoir été un monstre géant, d’avoir vécu dans une autre dimension, d’avoir déféqué un truc d’une mégatonne (un souvenir commun à beaucoup d’architectes contemporains)… sitôt les souvenirs enregistrés, il va raconter tout ce qu’il a appris au marshal Pentecost.

"Marshal, marshal !
- Oui Blaireau 1 ?
- Ecoutez, c’est incroyable, je viens de dériver avec un bout de cerveau de Kaiju, j’ai appris des tonnes de trucs sur leur race !
- Mais encore ?
- Hé bien écoutez : je ne comprenais pas pourquoi les Kaijus avaient tous le même ADN alors qu’ils avaient tous une tête différente, mais en fait, c’est parce qu’ils sont créés artificiellement par une race vivant dans la dimension de l’autre côté de la faille !
- S’ils ont exactement le même ADN, ils ne devraient pas justement avoir la même tête, qu’ils soient artificiels ou non ?
- Heu… attendez, je relis le script…
- Bon, continuez.
- Bref, leur race veut coloniser la Terre ! Ils ont essayé de venir il y a quelques millions d’années : ce sont eux qui ont buté les dinosaures !
- …
- Mais ensuite ils ont découvert que l’atmosphère terrestre n’était pas adaptée à leur race, ils sont donc repartis.
- Ah oui, non mais je vois : ils ont d’abord massacré jusqu’au dernier dinosaure sur l’ensemble de la planète, fouillant jusqu’au moindre terrier, et juste après ils se sont dit "Ah non en fait, ici c’est nul ?"
- Attendez… le script…
- Non mais on va accélérer là en fait.
- Oui, bon, donc : notre atmosphère a changé avec la pollution : on a involontairement rendu notre planète compatible avec leur race, donc maintenant, ils veulent s’y installer. Et envoient donc les Kaijus faire de la place !
- Je vois. Vous pourriez dériver à nouveau pour en apprendre plus ?
- Pour ça, il me faudrait un cerveau plus complet.
- Alors allez à Hong Kong trouver Hannibal ; il doit en avoir au marché noir."

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Et comme notre scientifique est un garçon consciencieux, il s’exécute. Et guidé par les conseils du marshal, trouve bien vite Hannibal en ville qui lui explique que bah non, c’est ballot, du cerveau frais, il n’en a pas. Alors à moins d’une attaque de l’ennemi, là, tout de suite, maintenant, ils sont dans la m…

"Aleeeeeeeeeeeeeeeerte !" se mettent à crier les hauts-parleurs dans tout Hong Kong et jusqu’à la base des Jaegers. Une nouvelle apparition de Kaijus vient d’être détectée… et comme Blaireau 2 l’avait prévu, cette fois, ils sont 2, le rythme s’accélère ! Et deux de classe 4, la classe qui a fait le plus de mal aux Jaegers jusqu’ici !

"Okay, ici le marshal Pentecost : à toute la base, préparez le robot géant des Hansen, le Mmm Bot (oui, j’aime les références artistiques de qualité), ainsi que le Maxi Popov et le Heavy Tang. Vous me droppez tout ce petit monde en face de Hong Kong et vous m’arrêtez les deux bestioles qui arrivent. Quant à la population locale, qu’elle fonce vers les abris les plus proches.
- Et nous ?
- Vous, Becket et Mako ? Vous restez là, vous êtes punis pour avoir merdé à l’entrainement."

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Sans entendre Becket insulter sa mère, Pentecost se rend donc à la salle de contrôle et suit sur écran ses machines être déployées dans la baie de Hong Kong. Et rapidement, en effet, deux monstres s’approchent à bonne allure. Et ont tôt fait de massacrer le Heavy Tang, qui avait pourtant 4 bras et des scies circulaires (il y avait de l’idée), puis d’en faire de même avec le Maxi Popov, permettant ainsi au stagiaire de l’équipe de réalisation ayant le bouton "lancer les choeurs de l’armée rouge" de rentrer chez lui au lieu de s’abîmer la main à taper dessus toutes les 7 secondes. Ne reste donc que le Mmm Bot piloté par un Hansen et un Papa Hansen un peu stressés, puisqu’ils ont perdu l’avantage du nombre.

Le Heavy Tang en pleine action. Action qui va durer deux minutes chrono, parce que rappelons-le, avec quatre bras et autant de scies circulaires, il fera moins bien qu’un vieux machin qui met juste des claques. Il n’avait qu’à être Américain.

Et ce n’est pas fini, car la situation empire : l’un des deux monstres fait soudain briller une étrange excroissance sur son dos et une immense onde de choc en jaillit… coupant tous les circuits électriques dans le Mmm Bot, Hong Kong & co ! Le duo Hansen est donc paralysé et à la merci de ses ennemis, aussi Papa Hansen tente quelque chose :

"Fils, ça te dirait que l’on essaie quelque chose de très con ? (véritable dialogue, hélas non ironique)
- Réaliser un film qu’on appellerait Pacific Rim ?
- Pas con à ce point, non, mais bon : je te propose de prendre les pistolets de détresse et de grimper sur le toit du robot pour tirer dans les yeux du monstre le plus proche.
- Okay !"

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Les deux loulous quittent donc le robot en carafe au milieu de la baie, et lorsque l’énorme Kaiju qui les a désactivé s’approche d’eux… ils tirent avec succès dans deux de ses – nombreux – yeux. La bête hurle donc, mais avant qu’elle ne puisse se venger en tatanant les deux pilotes à découvert, elle se mange soudain un méchant pain dans le museau : le Danger Rabouin vient d’arriver à la rescousse !

"Nous et notre moteur nucléaire sommes en analogique, pas en numérique, nos circuits fonctionnent donc encore." déclare donc Becket, avant de retourner péter la gueule au monstre marin avec l’aide de Mako. Une fois le vilain animal en mauvaise posture, nos héros vident sur lui leurs canons à plasma (encore une fois : l’arme à distance, c’est à la fin) pour être sûrs qu’il ne se relève pas. Puis, ils foncent s’occuper du deuxième monstre, déjà occupé à faire sa parade amoureuse avec les buildings les plus proches  ("Hé Madmazel, bien ou bien ? Vazy tu réponds pas, c’est passque j’suis un Kaiju ? Comment t’as pas la tolérance !").

"Aïeuuuuh !" fait donc la créature un peu bougonne lorsqu’elle se mange dans la margoulette un supertanker utilisé comme massue par le Danger Rabouin. S’ensuit donc un combat épique à coups de poings, de fulguro-poings (si), de tirages de slips et autres spécialités typiques d’un corps à corps intense. Du moins, jusqu’à ce que le Kaiju agrippe le Danger Rabouin… et ne s’envole avec lui dans les serres, tel un gigantesque vautour, parce que oui, tiens, il vole (mais était arrivé à la nage pour éviter de fâcher les Jaegers en les feintant, sympa) !

Le monstre vole si haut que bientôt, la température et l’oxygène commencent à chuter à bord, obligeant nos héros à avoir recours à leur ultime solution :

"Vite : sortons la grosse épée qui tue en un coup !"

A ce stade, permettez-moi de faire une pause dans le spoiler pour aller hurler dehors. Et peut-être tirer sur un ou deux pilotes de scooters à pots modifiés, histoire de.

Voilà.

Donc, disais-je, nos héros sortent la grosse épée qui tue en un coup, et comme son nom l’indique, avec elle, ils tuent le monstre en un coup et redescendent sur le plancher des vaches à coups de super propulseurs wish woush.

Mais oui, vous avez bien lu : depuis le début du film, en fait, le robot avait ça. Ce qui aurait pu, par exemple, sauver le frère Becket. Ou sauver des immeubles entiers. Ou les deux autres Jaegers. Bref : oui, depuis le début, ils avaient l’arme ultime mais ils ne s’en servaient pas, parce que les coups de poings, c’était plus rigolo.

"Désolé frangin, j’avais le choix entre être efficace et te sauver ou faire des trucs cools. J’ai choisi."

Je commence à comprendre pourquoi l’état-major ne veut plus filer de frics à ces gens. Hmmm. Mais toujours pas pourquoi des maisons de productions financent des films pareils.

Pendant ce temps, à Hong Kong, Hannibal et ses hommes en apprenant la fin de la bataille se sont rués sur les corps des Kaijus pour les disséquer. L’occasion pour Blaireau 1 d’aller voir s’il y a du cerveau frais disponible, mais pas de bol : celui-ci a été endommagé dans la bataille (comme celui de nombre de spectateurs). Heureusement, les aliens ont eu la bonne idée de créer un Kaiju… enceinte ! Bah oui, hein, ou alors lui et son copain s’emmerdaient dans la faille en attendant leur tour et sont allés boire un coup, se sont aperçus qu’ils aimaient les mêmes choses au cinéma, puis ils se sont racontés un ou deux blagues kaijus (celle du bulgür qui rentre dans un bar et commande un shaproukz), et une chose en entraînant une autre, ils se sont retrouvés nus, couverts de sueur à tenter la position du Megazord furieux tout en…

Hem, je m’égare.

Oui, bref : un bébé Kaiju sort donc du ventre du cadavre, et après avoir mangé Hannibal lors d’une scène se voulant drôle j’imagine, mais finalement aussi hilarante qu’une circulaire sur la TVA, Blaireau 1 se retrouve avec un Kaiju mort tout frais et tout beau. Et avec le renfort de Blaireau 2, ils décident de dériver avec le cerveau de la bête. Et s’installent donc pour ce faire, avant de pousser le bouton qui va bien… hop !

Mais revenons à nos héros : de retour à la base des Jaegers, ils n’ont guère le temps de se reposer. Comme l’avait prédit Blaireau 2, les arrivées de Kaijus s’accélèrent, et il faut donc se dépêcher, car déjà, la faille s’agite au fond du Pacifique. Il faudrait donc y aller pour y déposer la bombe qui va bien. Le Danger Rabouin et le Mmm Bot sont donc rapidement retapés et préparés (Papa Hansen étant blessé, il est remplacé au pied levé par le marshal Pentecost), et envoyés au fond du Pacifique pour aller à la faille, où déjà, on détecte deux Kaijus… qui tournent curieusement autour de la faille. Car en réalité, en dérivant avec des Kaijus, Blaireaux 1 et 2 ont fait une erreur : les Kaijus ont aussi pu lire leur esprit, et communiquant entre eux grâce à leur esprit de ruche (tout joueur Tyranide les aurait prévenus), ils sont désormais au courant que l’on veut poser une bombe dans leur petite faille.

Le Mmm Bot portant la bombe et le Danger Rabouin approchent donc doucement de la faille, et sont tout de même un peu surpris lorsque soudain, ça crie dans leurs micros : Blaireau 1 et 2 viennent de rentrer à la base et ont donc foncé à la salle de contrôle prévenir tout le monde de ce qu’ils ont appris :

La faille… elle ne laissera pas passer la bombe, car elle est programmée pour ne laisser passer que ce qui a de l’ADN de Kaiju ! Il va donc falloir sauter dans la faille accroché à un Kaiju pour que le plan fonctionne !

Okay. Bon, alors plusieurs choses :

  • Vous pouvez m’expliquer ce que cette information faisait dans un bébé Kaiju n’ayant pas vu le jour ? Il avait aussi les prochains chiffres du loto ?
  • Vous avez dans votre base plein de trucs couverts d’ADN de Kaiju : vous annulez la mission, larguez une bombe  de loin avec de la bidoche de Kaiju accrochée dessus, et ça passe

Mais non. D’ailleurs, pour plus de spectacle, non content deux Kaijus veillent sur la faille… mais un troisième en sort à l’approche de nos héros : un classe 5, jamais vu, le plus gros de son espèce ! Pas de quoi faire reculer nos héros pour leur bataille finale : le Danger Rabouin sort son épée qui tue en un coup, et découpe donc un monstre de classe 4, comme son nom l’indique, en un coup. Il tente bien de porter secours au Mmm Bot, en plus mauvaise posture (mais qui vient lui aussi de se découvrir des épées qu’il n’avait pas jusqu’ici, tiens ?), mais bientôt, la voix du marshal Pentecost retentit.

"Danger Rabouin, n’approchez pas : nous avons les deux Kaijus sur nous, et ils sont de classe 4 et 5 alors ça va être compliqué. Ecoutez, quand j’étais un jeune pilote, les Jaegers étaient encore des prototypes et j’ai été irradié, je n’ai donc plus beaucoup de temps à vivre, alors autant que je me sacrifie en faisant sauter la bombe, pas vrai ? Comme ça, ça tuera les deux Kaijus… et vous, vous n’aurez plus qu’à envoyer votre Jaeger à moteur nucléaire en mode autodestruction dans la faille, avec la voie libre."

Tout le monde pleure donc très fort, et comme convenu, le Mmm Bot explose avec son chargement nucléaire, détruisant le Kaiju de classe 4, endommageant très fort le classe 5 (mais n’abîmant pas trop le Danger Rabouin juste à côté, merci), et permettant à nos héros d’achever la grosse bête avant de sauter avec sa carcasse dans la faille. Qui s’ouvre donc comme convenu pour faire passer nos héros.

Alors que se dévoile devant nos larrons l’autre dimension, qui comme toute dimension de méchants, est constituée de décors rougeoyants et d’immenses bâtiments inquiétants avec des aliens humanoïdes observant l’arrivée de ce curieux robot géant tombant du ciel, Becket commence à lancer la procédure d’autodestruction, sous les encouragements de la base, dont les communications passent sans même la moindre friture dans l’autre dimension, merci de vous inquiéter. Il en profite pour éjecter d’abord Mako histoire de la mettre en sécurité, les Jaegers disposant de compartiments pour… pour…

Hooo attendez ? Vous voudriez dire que ce petit enfoiré de marshal Pentecost s’est sacrifié avec Hansen, alors qu’il aurait pu éjecter ce dernier d’abord pour le sauver ? Sachant qu’en plus, Pentecost avait déjà piloté en solo et n’avait plus besoin du robot de toute manière, juste d’appuyer sur le gros bouton pour faire tout péter ? Oui : mais comme le script disait que de rival, Hansen était passé au statut de super gentil prêt à se sacrifier pour le héros, il est mort. Pour rien. Et lui n’était pas condamné par quoi que ce soit, si ce n’est un scénario moisi.

"Dommage que ces robots se pilotent à deux, parce que je sais pas toi, mais moi j’ai prévu de me sacrifier."

D’ailleurs, après avoir enclenché la procédure qui va bien, Becket s’éjecte aussi, et la faille qui jusqu’ici ne laissait passer que des choses "avec de l’ADN de Kaiju" laisse repasser dans l’autre sens sans aucun souci (ça devait être un portail à sens unique, j’ai vu ça dans le code de la route des dimensions parallèles), et les vilains aliens se retrouvent donc avec un robot qui tombe du ciel… et explose en rasant toute la petite base qu’ils avaient installé juste sous la faille, avant de faire s’effondrer cette dernière.

Au centre de contrôle, tout le monde est content, et on a donc le droit à la séquence finale où les deux caissons d’éjection de Mako et Becket remontent à la surface côte à côte, où tout le monde doute à un moment pour savoir si Becket a survécu ou non, mais évidemment, si, et lui et sa copilote peuvent donc se faire des bisous au milieu de l’océan, alors que la base Jaeger a envoyé à leur rescousse une douzaine d’hélicos volant en formation (pour deux clampins, à moins que ce soit pour accuser l’un des deux d’avoir un gros cul et d’avoir besoin d’un hélitreuillage multiple). Dans la salle de contrôle, on déclare donc officiellement la fin de la guerre contre les Kaijus et…

… FIN !

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"Vous y êtes allé un peu fort patron."

Le corps de la jeune femme continuait à convulser un peu sur le sol moussu de la forêt de Rambouillet, aux pieds des deux hommes. Le filet de bave s’échappant de sa bouche s’accordait parfaitement aux yeux révulsés qui étaient désormais les siens.

"D’habitude avec le GHB, ça n’agresse pas trop le cerveau, mais là… le scénario de Pacific Rim, c’était quand même un peu fort.
- Vous pensez que c’est ça ?
- Ah oui, elle s’est mise à baver en saignant du nez au passage où le héros sort l’épée magique qu’il avait en fait depuis le début du film.
- Effectivement. Patron, regardez, elle a arrêté de convulser, je crois qu’elle est inconsciente pour de bon."

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Je tapotai la bougresse du bout du pied, mais celle-ci en effet ne remuait plus.

"Bon, je l’enterre alors ? A côté de son copain ?
- Non Diego, remets-ladans le coffre. On l’emmène à la cave."
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Le serviteur saisit le corps en robe de soirée par les épaules, et tentant de ne pas trop traîner la tenue satinée sur la terre humide, la chargea à nouveau dans le coffre avec un long soupir de satisfaction.

"On peut rentrer maintenant ?
- Non Diego. Ne sens-tu pas venir tous ces gens qui vont venir défendre cette bouse en expliquant que le scénario, ce n’est pas important dans un film qui n’a pas la prétention de le mettre en avant?
- Je ne suis pas sûr.
- Ils arrivent Diego. Ils arrivent, sois-en sûr. Ils sont déjà venus et ils reviendront, toujours le même argument en bouche.
- Ho ! Mais dites patron, vous ne viendriez pas de vous auto-référencer ?"

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Je laissai paraître un sourire tout en tirant un cigare de ma poche.

"Bien sûr que si Diego." dis-je en allumant tranquillement la chose.

"Sauf que moi, j’assume tout à fait d’être prétentieux."

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