Le mariage gay est magique.

Non pas qu’il nécessite l’intervention d’un enchanteur ou de toute autre profession magique déclarée en préfecture (ex : consultant en consulting), mais tout simplement qu’à tant déchaîner les passions, il permet de révéler des choses extraordinaires. Ainsi, si le camp pro-mariage gay défend avec vigueur l’égalité pour tous, allant souvent jusqu’à l’adoption pour tous les couples, qu’importe les chromosomes des adoptants, les anti-mariage gays n’ont eux guère envie de voir la notion de « mariage » être bousculée et de découvrir deux hommes ou deux femmes échangeant des alliances ou se considérant comme une famille. Non parce que, sait-on jamais, peut-être que si on commence à unir des gays, il pleuvra des grenouilles, les rivières deviendront sang et peut-être même que Christophe Hondelatte sortira un nouveau single. Brrr.

Or, même si les deux camps restent d’accord sur le fait que Christophe Hondelatte chante aussi bien qu’il anime, ils n’en sont pas moins en désaccord sur la question de l’union homosexuelle. Parfois, avec des nuances subtiles du type « Non mais moi je suis pas contre le mariage homosexuel vous savez, c’est juste qu’ils peuvent bien avoir les mêmes droits, mais alors il ne faut pas que ça s’appelle mariage, parce que le mariage c’est entre un homme et une femme et surtout que si un jour je me marie, je veux pas que l’on puisse penser que je suis une grosse tapette« . Les accusations d’homophobie vont bon train, mais c’est évidemment faux : l’homophobe, le vrai, ne peut être que pour le mariage gay : il faut être profondément cruel pour souhaiter à autrui de se retrouver à payer une cérémonie qui implique dans 90% des cas un DJ au nom à faire pleurer qui finira forcément, à un moment ou à un autre de la soirée, par diffuser du Patrick Sébastien en demandant à faire tourner les serviettes. Enfin, je dis ça mais je ne suis pas objectif : je préside l’association « L’égalité pour tous : supprimons le mariage et les DJ« . Mon association « Supprimons les enfants » sponsorisée par l’amicale des fabricants de parpaings pour régler la question de l’adoption est elle toujours en attente de validation des statuts. Flûte.

Que disais-je ? Oui : qui dit débat sur un quelconque sujet de société dit souvent interventions absurdes. Or, cette semaine, nous avons été gâtés : trois groupes ont décidé d’unir leurs forces pour ruiner à peu près tout ce qui aurait pu ressembler à de la réflexion ou de l’intelligence. Mesdames et Messieurs, merci d’applaudir :

  • L’institut Civitas, sympathique groupe de catholiques intégristes qui n’a évidemment rien contre les gays (comme toutes les personnes contre le mariage gays), mais bon, hein, ho, c’est pas bien naturel tout ça
  • Le FEMEN, joyeux groupe de féministes dont la spécialité est de réaliser des opérations de protestation seins nus, même si les participantes sont bien trop jeunes : ce n’est qu’en vieillissant que l’on peut se servir de sa poitrine comme arme contondante
  • Les Anonymous, des pirates justiciers dopés au Biactol

Il n’y a pas de raison que les homosexuels n’aient pas le droit de faire la chenille avec beau-papa bourré : ça suffit les privilèges

Car pour ceux qui n’auraient pas la chance d’habiter le royaume de France ou qui auraient passé la dernière semaine dans un bureau de vote à Nice, voici un résumé des épisodes précédents :

Dimanche dernier, jour du Seigneur, l’institut Civitas et d’autres organismes trop vite oubliés ont décidé d’organiser une manifestation visant à protester contre le mariage gay, abomination contre-nature. Plusieurs dizaines de milliers de manifestants sont donc allés battre le pavé, mais pas que : car alors que la petite troupe marchait au son de divers slogans du type « Un papa, une maman pour tous les enfants » (les enfants qui vivent par exemple dans des foyers suite à divers malheurs sont bien plus heureux avec des éducateurs qu’avec deux papas ou deux mamans, c’est connu) et autres joyeusetés lorsque soudain, au milieu de la foule, un petit groupe d’infiltrés proches de Sam Fisher s’est révélé : les FEMEN !

Les féministes, toujours sur le front pour lutter pour plus d’égalité (du genre la sous-représentation dans les manuels de mathématiques, même si, si demain on inversait la représentation, on hurlerait au sexisme en disant que les manuels dépeignent des femmes qui ont toujours des problèmes pour compter toutes seules), avaient en effet réussi à entrer dans la foule sous la forme d’un petit groupe déguisé en nonnes. Mais telles certaines de mes fans à ma simple vue, il ne leur fallut pas plus d’une seconde pour faire tomber le haut et exhiber leur poitrine au tout venant.  Mais les bougresses avaient elles quelques douces inscriptions comme « Fuck god« , « Fuck church » et autres joyeusetés. Comble du bon goût, ces dames avaient par ailleurs fait le choix heureux de s’équiper de petits extincteurs peints en blanc (ce que certains ont pris par erreur pour des bombes lacrymogène semble-t-il) marqués « Sperm » (oui, c’est léger), et dont le contenu a servi à oindre la foule les environnant au son de divers cris impliquant le fait de couvrir les gens de « Sainte Semence« .

Vaguement titillés par les déguisements de nonnes mêlés aux seins nus, des divers « Fuck god » et surtout à force de se prendre de l’extincteur dans le museau, des manifestants sont devenus grognons (collégien, si tu ne connais pas le sens du mot « euphémisme », demande à tes parents – même gays – de t’aider à le chercher dans le dictionnaire)

Si.

Et ils leur ont donc pété la gueule jusqu’à ce que la police s’en mêle, mâtinant le tout de « Pute« , « Salope » et autres termes des plus joyeux.

En conséquence de quoi, il y a eu indignation générale sur le fait de tabasser de jeunes femmes et de les insulter (c’est bien normal), avec même une proposition pour interdire Civitas suite à ces violences. Le tout suivi de près par, je l’ai découvert ce jour, un piratage du site de Civitas par les Anonymous. Celui-ci est donc désormais parfaitement inaccessible, et après avoir été félicités par FEMEN pour leur action, les Anonymous ont aussi reçu une vague de soutien sur Twitter.

Voilà.

Je…

Je crois que c’est à ce moment là qu’il faut quand même le dire :

Dans cette affaire, il faut croire que tout le monde a été complètement con.

Et pas qu’un peu, plutôt du genre « Tiens, si je m’enfonçais une pied de chaise dans une narine pour voir ce que ça fait ?« 

Ce petit moment où les deux camps font des trucs tellement absurdes que vous n’avez envie de soutenir aucun des deux

Je ne vais pas m’étendre sur Civitas : je crois qu’il vous suffit de taper leur nom dans Google pour avoir plusieurs centaines d’articles expliquant pourquoi la violence c’est mal et condamnable, ce que personne ne remet en cause. Mais FEMEN et Anonymous par contre, eux, visiblement, ont le droit aux applaudissements pour s’être opposés à ces gens violents. Et pour avoir défendu l’égalité pour tous. Or s’il y a un truc rigolo chez les défenseurs 2.0 de « l’égalité pour tous« , c’est qu’ils ont dû oublier de lire rapidement « égalité » et « pour tous » ; remarquez, ça laisse quand même le L apostrophe, c’est quand même déjà pas mal en soi (mais c’est vrai que c’est déjà un peu long à lire). Mais je m’explique.

L’égalité, c’est proposer un traitement égal. Pour tous, ça veut dire pour tout le monde. Je sais, c’est pas simple-simple, mais si, j’vous jure.

Par exemple, dire aux couples gays qu’ils ont autant le droit de s’unir que les couples hétéros, et ce, via un mariage en bonne et due forme. Sauf que l’égalité pour tous, ça veut aussi dire que l’on se montre égal sur d’autres droits, du genre, et à tout hasard, la liberté d’expression : le principe de celle-ci est que tout le monde a le droit de donner son avis, même si ce n’est pas le vôtre. C’est même le raisonnement invoqué par les FEMEN pour justifier leur action : comme quoi, c’est rigolo la géométrie variable de cette notion.

Du coup, censurer Civitas est probablement l’action la plus stupide qui soit : on applaudit bien fort les Anonymous qui comme toujours ont réussi à marquer contre leur camp en censurant un site au nom de la liberté, et en refusant des droits au nom de l’égalité. Ce qui a d’autres conséquences rigolotes : par exemple, dans un débat, c’est bien de savoir ce sur quoi l’argumentaire des gens qui ne sont pas d’accord avec vous repose. Ça permet de débattre, et ce qui est bien avec le débat, c’est que non seulement c’est une base de la démocratie, mais en plus, ça vous permet de faire grandir votre cause en allant convaincre des gens. En utilisant un truc il est vrai pas simple : le raisonnement.

A partir du moment où vous commencez à censurer, non seulement vous allez empêcher le débat, et donc d’expliquer en quoi untel a tort ou raison, mais en plus, cela permet à Civitas de se poser en victime.

Et donc de se radicaliser (s’il y en avait besoin).

Ce qui les renforce.

C’est beau.

Je pense qu’il y a des mecs qui doivent tremper leurs tartines dans des acides chaque matin pour arriver à ce genre de contresens. Ou alors, ils mangent à la même cantine que Ridley Scott.

Quant au FEMEN je… bon sang. Non seulement il applaudit des deux mains l’acte des Anonymous (« Merci de radicaliser nos adversaires pour qu’ils fassent preuve d’encore moins d’ouverture d’esprit et puissent passer pour des victimes après nous avoir tabassé ! Et merci d’empêcher l’accès à leurs argumentaires pour qu’on ne les démonte pas !« ) mais il va falloir m’expliquer : c’était quoi le but de l’action à l’origine. Faire de la com’ ? D’accord, mais pour dire quoi ? Il y avait un argumentaire derrière ? Non parce que j’ai cherché et je tombe sur ça :

Pourquoi Femen, un mouvement féministe, se mobilise-t-il pour le mariage pour tous ?

En tant que féministes, nous considérons que nous devons avoir un avis sur tout, pas seulement sur les sujets qui ne concernent que les femmes. Sur la mondialisation, sur le réchauffement climatique, sur tout.

D’accord, je suis votre raisonnement. Allez, on essaie de le tenir sur plus d’une ligne ?

Vous annonciez vous-même vouloir symboliquement«attaquer» la manifestation de Civitas…

Bien sûr, nous voulons attaquer les catholiques intégristes. Le mariage gay est une affaire laïque et on ne comprend pas pourquoi ils s’en mêlent

C’est un échec. Résumons : les féministes peuvent s’occuper de tout, mais les catholiques, non. C’est connu : les croyants ne peuvent pas penser à autre chose qu’à leurs croyances. S’ils tentent de le faire, le sol s’ouvre et ils tombent directement dans le 3e cercle de l’enfer. Comme ça, pouf pouf. Sinon, encore une fois, je rappelle, vous défendiez quoi, déjà, chez Femen ? « L’égalité » ? Quel drôle de concept.

Bref.

Je vous passe aussi les articles où l’on peut lire « Ils criaient « pute », « salope », j’étais choquée« . dixit des gens qui avaient écrit « J’encule Dieu » ou « J’encule l’Eglise » sur eux. Je propose que l’on remette Civitas et le FEMEN ensemble sur une scène du Zénith, je suis sûr que ce sera une excellente occasion de faire une Tourette Battle. Quant au fait d’arroser des gens à l’extincteur en leur hurlant « C’est du sperme !« , non seulement je pense que même Jean-Marie Bigard aurait réussi à faire plus léger, mais en plus je ne vois pas bien le message. A part « Houhouuuu ça vous dérange pas si on vous énerve un peu, là, comme ça, pour voir ? Il se passe quoi si je vous vide un extincteur dessus ?« .

Non parce que si je suis la logique des ardents défenseurs de l’égalité qui ont le courage de militer sur Twitter et Facebook (bravo les enfants), j’imagine que si demain, à l’occasion d’une prochaine manifestation pro-mariage gay avec des gens de FEMEN, des militants de Civitas se pointent au milieu du défilé, se foutent à poil et arrosent la foule à l’extincteur en gueulant « C’est du sperme ! On vous encule ! » et que curieusement, ça dégénère, on demandera la dissolution de FEMEN ? Anonymous bloquera leur site, et on dira que c’est bien fait pour les féministes et que Civitas a eu bien raison ?

Une des campagnes soutenues par nos amis Anonymous. Oui, hein ?

C’est vrai que ça serait égalitaire. Mais curieusement, allez savoir pourquoi, je pense qu’on hurlerait plutôt aux « méthodes ignobles et grossières de quelques extrémistes venus faire de la provocation« . Ce n’est pas du tout comme si ça s’était déjà vu en plus, pfou. Mais bon, tant que ce sont des extrémistes de son camp, ça va, c’est cool. C’est pas comme s’il fallait se montrer intelligent, juste ou que sais-je pour garder un minimum de crédit.

Par ailleurs, puisque le FEMEN semblait agir pour défendre le mariage gay, permettez-moi de poser une autre question bête : pensez-vous qu’une seule personne, en France ou dans le monde, après cette action a décidé de passer en faveur du mariage gay ? « Ho mon dieu, elles arrosent les gens à demi à poil en hurlant des grossièretés ! Leur argumentaire a balayé mes préjugés et m’a convaincu ! » ? Non parce qu’à mon avis, le seul truc qui a dû passer, c’est que des catholiques en faveur du mariage gay (si, il y en a, mais c’est vrai que c’est plus rigolo de mettre tout le monde dans le même panier quand on « lutte pour plus de tolérance« ) ont dû trouver fort intéressant d’apprendre que fuck god et fuck church, et peut-être se braquer un peu, voire décider d’arrêter de militer à côté d’andouilles comme le FEMEN. Donc, au mieux, le résultat est nul (ce n’est même pas une action de communication qui cherchait à mettre en valeur un quelconque argumentaire), au pire, ça a fait reculer la cause.

Mais dans tous les cas, ça a permis à chacun de se radicaliser, de mettre un bon coup de cutter à la notion d’égalité pour tous, de liberté d’expression, et même de débat démocratique (sans même parler de la notion de classe).

Alors, vraiment, Civitas, FEMEN, Anonymous : bravo. Grâce à vous, le débat pour lequel vous prétendez vous battre a reculé, et le niveau général est encore descendu un poil plus bas. En tout cas, vous pouvez au moins vous réconcilier sur un point : vous êtes tous « Pour l’égalité des droits pour tous, sauf pour les gens qui n’ont pas les mêmes préférences que moi« .

Chapeau.

Et du coup, moi, je suis comme un con ; je voulais faire un « Ho, le beau site » sur Civitas, en montrant qu’ils s’étaient indignés sur le mariage gay avant même son arrivée en France, mais qu’ils n’ont pas réagi aux gens qui se sont mariés avec leur chien parce que « Un labrador okay, mais un gay, non« , mais du coup j’en ai été privé. Bande de rabouins.

Il faudra donc que j’attende la prochaine manifestation de l’Alliance Vita sur les animaux, oui, les homosexuels, non intitulée : « Un papa – un teckel » pour enfin pouvoir constater toute la hauteur du débat.

Rah, bravo, je suis impatient maintenant.

« Découvrez comment le héros est devenu un héros« 

S’il y a bien une mode actuellement au cinéma, c’est celle là : acheter une licence, reprendre un héros et, plutôt que de l’utiliser comme tel, expliquer comment il en est arrivé là et ses débuts difficiles.

On a eu le droit à de nombreux comics, particulièrement : « Comment les X-Men ont découvert leurs pouvoirs et se sont rencontrés ? » ; « Comment Iron-Man est-il devenu un justicier en armure d’acier ? » ; « Peter Parker a t il bien vécu le fait de se faire mordre par une vilaine araignée ? » ; bref, le phénomène gagne du terrain jour après jour. Et l’imagination n’est hélas pas toujours de la partie : c’est vrai quoi, on se tape tout un film chiant avec Batman Begins dans lequel on nous explique comment un jeune garçon tombé dans un nid de chauves-souris dans sa tendre enfance s’est retrouvé à devenir le justicier reproduisant les mimiques de ces animaux, régnant sur les nuits de Gotham City.

Alors que merde, pourquoi n’a t on pas le droit à une version un peu plus inspirée, moins coûteuse et sans licence à acheter ? Et si le jeune garçon fils de millionnaire était tombé dans un nid de castors ? Serait il devenu Castorman ? Aurait-il aplati des bandits avec sa queue ? Enfermé des braqueurs dans le coffre qu’il dévalisait seulement aidé d’un assemblage de bouts de bois et de morve ? Vivrait il dans un barrage ?

Bref ; à côté de combien de nouveaux concepts passons-nous alors que l’on tente de nous faire assaillir de vieux classiques sous l’œil nouveau du « comment en sont ils arrivés là ? » ; récemment, on nous a ressorti le cas de Robin des Bois pour nous raconter ses débuts, aujourd’hui, ce sera celui de l’Agence Tous Risques.

Alors, spoilons, mes bons.

L'affiche : j'adore quand un film se déroule sans scenario

Tout commence au Mexique, pays célèbre pour ses tacos, ses buritos et ses Salma Hayek. Quelque part dans une obscure grange branlante, Hannibal, célèbre officier américain expert en missions spéciales top secrètes et fort compliquées (non, le héros n’est que rarement un expert en verrues plantaires), est attaché sur une chaise et malmené par deux policiers chicanos qui semblent en avoir fini avec l’interrogatoire qu’ils menaient sur sa personne. Hannibal n’a pas parlé, mais il n’est malgré tout plus d’aucune utilité à ses hôtes : ces derniers annoncent donc qu’ils vont l’exécuter. L’un d’entre eux se saisit donc d’un revolver et…

« ¡ No !« 

S’écrie son petit camarade : il lui recommande d’utiliser l’arme de ce vilain espion yankee pour l’exécuter plutôt que son revolver personnel de gentil policer mexicain corrompu. Aussitôt dit, aussitôt fait ; sauf que notre vil amigo a beau appuyer sur la gâchette de l’arme d’Hannibal, aucun coup de feu ne part. Tiens ? N’y aurait il pas de percuteur sur son pistolet ? Tant pis ; comme tous les mexicains, les deux tortionnaires sont aussi des fainéants : ils se proposent d’abandonner Hannibal aux chiens plutôt que de gaspiller une balle. Et évidemment, ils s’en vont tranquillement plutôt que de s’assurer que l’américain meure bel et bien. C’est assurément une terrible erreur puisque sitôt les deux larrons partis, Hannibal sort de sa manche de quoi se défaire de ses menottes, se lève et maîtrise les deux molosses qui lui fonçaient dessus en un rien de temps. Il se permet même d’attacher leurs deux colliers avec les menottes histoire de montrer à quel point il est fort. Et puisqu’il est décidément trop cool, il s’allume un cigare pour savourer son succès. Ouaaaah, Hannibal !

Pendant ce temps, Futé est aux mains de Tuco, un officier de la police mexicaine tout aussi corrompu que les précédents autochtones qui sont apparus à l’écran, et qui a compris que l’américain était un espion qui infiltrait tant ses troupes que sa femme (il voulait lui montrer ce que c’était que le sexe dans les pays riches). Et Tuco, on sent bien qu’il n’aime pas trop qu’on joue à la galette au four avec sa femme, ça provoque chez lui un fort grand trouble. En conséquence de quoi, il fait préparer une potence pour le petit Futé, ce qui n’impressionne pas le moins du monde ce dernier, car tout comme Hannibal, il est over-méga-cool. Coucouilles-pastèques, comme on dit.

Tiens, mais justement, que fait Hannibal ? Et bien il est en route pour sauver Futé, mais à pied, et ce à travers les terres désertiques locales. C’est bien embêtant d’être si lent, en plus il fait chaud, où pourrait il trouver un véhic… ho ? Tiens ? Mais que fait ce van noir et rouge resplendissant en train de rouler sur la piste de terre en contrebas de notre héros ? Ça tombe formidablement bien ! Il suffit à Hannibal de descendre de sa colline en courant et de se mettre devant l’automobile pour que celle-ci freine en urgence (en cas de mauvais freins, le film s’arrêtait là), et que notre colonel préféré se mette à la portière pour braquer le conducteur. Conducteur qui est grand, costaud, avec une iroquoise : nous l’appellerons donc Barracuda, si vous le voulez bien.

Barracuda, c’est un ancien voleur de voitures qui a décidé de se ranger (en épis, suis-je drôle). Allez savoir ce qu’il fout sur une piste de terre en plein milieu de nulle part, mais toujours est il qu’il n’aime pas trop qu’on le braque. Et Hannibal, il n’aime pas trop non plus qu’on lui résiste, aussi voyant son interlocuteur noir commencer à montrer trop d’opposition, il lui tire une balle dans le bras pour faire preuve d’autorité (enseignants, si vous me lisez, n’hésitez plus : la discipline commence là où votre projectile de 9mm s’arrête). C’est alors qu’il constate que Barracuda a un tatouage des Rangers, comme lui ; quelle surprise ! Aussi le colonel explique que bon, désolé pour la balle dans le bras, c’était pour déconner, tout ça, mais bon, entre anciens potes de l’armée, on peut s’entraider, hein, alors dis gros black, ça te dirait pas de m’aider à aller libérer mon pote Futé des mains d’une horde de flics ?

Attention : ce jeune noir va subir un car jacking d'un vieux blanc ; mais où va le monde ?

Barracuda, utilise ce que tu as sous ta crête : tu viens de te retirer du vol de voitures pour éviter de te retrouver en tôle ; vas tu vraiment foncer au milieu d’une horde de flics sauvages et surarmés pour pas un rond au motif qu’un inconnu total qui vient de te braquer et de te tirer une balle dans la gueule te le demande en faisant les yeux humides parce qu’il a servi dans ton régiment ? Oui ? Tu me déçois, Barracuda. Tu aurais dû lui saisir le crâne d’une main et le mâcher lentement avant de te curer les dents de ses bouts d’os à l’aide de la boucle de son ceinturon. Lâche !

Bref, Barracuda conduit Hannibal à fond les ballons jusqu’au ranch de Tuco, où profitant de l’effet de surprise, ils libèrent Futé et s’enfuient vers un point de rendez-vous connu d’Hannibal : un hôpital du coin. Là, un véhicule d’extraction et son chauffeur doivent les attendre, sans compter que Barracuda peut s’y faire soigner de la balle qu’il a reçue dans le bras. Ils rencontrent donc sur place Looping, un pilote à moitié fou, mais n’ont d’autre solution que de le suivre dans un vieil hélicoptère médical pour tenter de fuir les hommes de Tuco qui les ont rattrapés. Looping s’avère être fabuleusement doué, tant pour la voltige que pour les manœuvres risquées et les commentaires idiots. Comme tout noir de film américain moyen, Barracuda est donc l’élément comique qui gueule des « Hé ouais mec ! » et autre « Mais il est fou ! » ou « J’ai trop peur ! Houlala !« . Cependant, ce dernier n’en est pas moins traumatisé par cette manière de voler, et jure qu’on ne l’y reprendra plus. Finalement, après une course poursuite entre l’hélicoptère du quatuor et un autre surarmé emmenant Tuco et ses hommes, tout le monde se retrouver dans l’espace aérien des États-Unis où Tuco est accueilli à coups de missiles dans la gueule par l’armée américaine, comme cela devrait toujours être le cas pour empêcher l’invasion des moustachus voleurs de coupes du monde venus de Tijuana.

8 ans plus tard…

La A-Team est en Irak, alors que l’armée américaine est en train de quitter le pays définitivement après y avoir rétabli la démocratie (hé ! Je vous entends pouffer tas de pessimistes !) lors de la seconde invasion du pays. Ils profitent donc de l’ambiance paisible qui règne dans le camp militaire et montrent à toute la cantonade à quel point ils sont cools en se faisant bronzer tranquillement ou en préparant de festifs barbecues arrosés d’essence. Ils sont hélas rapidement dérangés par une pouf, le capitaine Charissa Sosa, de la police militaire. Accessoirement, c’est aussi l’ex de Futée (le monde est petit), incarnée à l’écran par Jessica Biel, l’actrice bien connue pour son rôle dans la série 7 à la Maison, que je vous recommande chaudement car vous y apprendrez  pourquoi les capotes c’est mal, les raisons pour lesquelles le mariage est ce qu’il y a de plus beau dans la vie, et enfin que le Paradis est un endroit magique où c’est tous les jours Noël et où les cieux sont peuplés de petits anges noirs qui font apparaître des cadeaux et des sucreries (véridique). Mais je m’égare comme à mon habitude, revenons donc au capitaine Sosa. Que veut elle dire à notre troupe presque au complet (il y manque Hannibal, qui est en vadrouille) ? Et bien qu’ils ont beau être trop cools nos militaires, ils n’en doivent pas moins commencer à lever le camp et surtout, ne doivent plus s’approcher de Bagdad (vois-tu venir le syndrôme de Jar-Jar Binks ami lecteur ?) nardin.

De son côté, Hannibal est approché par l’agent Lynch de la CIA, qui explique à ce dernier ainsi qu’au général Morrison, le patron local, que les vieilles planches à billets qui servaient à imprimer des dollars en Iran à l’époque du Shah et qui avaient disparu viennent de refaire surface à Bagdad. Il faut donc immédiatement aller les récupérer. Le général propose de confier cette mission à la compagnie de mercenaires Black Forest et à son chef Pike, mais Hannibal les déteste car ils ne sont pas de vrais couillus et en sus ils ne respectent rien des vraies valeurs de la vraie vie ; notre colonel demande donc à ce que lui et ses trois hommes effectuent la mission à la place de ces gros nuls de mercenaires. Le général accepte donc, et la A-Team commence à préparer son opération, aidée pour cela uniquement d’un plan de Bagdad, de six majorettes (les petites voitures, pas les grandes filles) et de figurines piquées chez des marchands de journaux.

Toi aussi, collectionne les accessoires des plans d'Hannibal : le numéro 1, la voiture de Barracuda, le fascicule et la cassette vidéo : 2,95€ seulement (numéro 2 : 18€)

Opération qui se déroule plutôt pas trop mal, puisque le plan d’Hannibal se résume à : « On tombe sur le camion qui a les planches à bifton, on pète tout ce qu’il y a autour et on s’enfuit via un avion à vol vertical qui viendra soulever le container transporté par le camion« . Et figurez-vous qu’il se déroule sans accroc, ce qui est toujours bon à prendre. Hélas, alors qu’ils reviennent au camp, nos héros décident de faire n’importe quoi, comme par exemple, déposer le container dans un coin obscur et désert du camp, le laisser toutes portes ouvertes et surtout, ne placer aucune sentinelle à proximité de cette énorme boîte en métal qui non seulement contient les précieux objectifs de la mission, mais de plus, quelques milliers de dollars bien imprimés. Le genre de chose qui n’intéresse personne, particulièrement sur un camp de militaires et de mercenaires qui sont avant tout des gens de principes amoureux de la notion de respect d’autrui et de son bien.

Étonnamment, cela leur joue des tours : lorsque le hummer du général Morrison arrive pour que celui-ci vienne contrôler la livraison, le véhicule explose ne laissant aucun survivant ; et dans le même temps, nos héros aperçoivent des membres de la société Black Forest avec leurs uniformes bien spécifiques en train de s’enfuir du container avec les planches à billets, juste avant que celui-ci n’explose à son tour.

C’est donc au tribunal militaire que nous retrouvons nos amis un peu plus tard, accusés d’avoir volé les planches avec l’aide de quelques complices. Hannibal a beau répéter que c’est un coup de Pike et des hommes de la compagnie Black Forest, ces derniers ne sont même pas mis en cause. Heureusement, les juges sont là pour pallier ce trou scénaristique d’un « Ce sont des civils, nous ne pouvons donc pas les juger« . Ah bon, il n’y a pas de justice civile aux Etats-Unis ? Non ? Bon, du coup, on doit toujours condamner le militaire le plus proche des lieux du crime au moment des faits. Par ailleurs, ils sont aussi accusés d’avoir agi de leur propre chef pour tenter de s’emparer des planches, et Hannibal explique que le seul ordre qu’ils ont eu était verbal et venait du général Morrison, qui est hélas décédé et ne peut donc plus témoigner de rien. Oui mais Hannibal, pourquoi tu parles pas du mec de la CIA qui vous a branché sur la mission, hmm ? Tu sais que ça pourrait t’aid…

Ho ? Une seconde, mon téléphone sonne. Oui ? Barracuda ?! Comment avez-vous eu ce numéro ? Oui. Oui. Hmmm… non. Pas encore, non. Oui. Comment ? Me péter tous les doigts si je continue de chier sur votre film ? Ça m’embête. Écoutez monsieur Barracuda, je vais passer sous un tunn… quoi vous m’appelez sur un fixe ? Et bien c’est qu’un tunnel doit foncer sur ma demeure, ce qui est d’autant plus inquiétant. C’est ça, bonne soirée à vous aussi. Bon. Reprenons.

La A-Team au complet est donc dégradée et envoyée au trou car accusée d’avoir monté toute l’opération elle-même pour voler les planches à billets. Chacun des quatre héros sera envoyé dans une prison différente pour éviter tout plan d’évasion. Par ailleurs, une autre personne passe devant le tribunal : le capitaine Sosa, accusée de ne pas avoir assuré la sécurité des planches à billets alors qu’elles étaient sur le camp ; elle est dégradée au rang de 1er lieutenant et voit ainsi son beau dossier exemplaire être souillé, tout comme elle le fut le jour où Futé  l’a obligée à se déguiser en joueur de l’équipe de France pour assouvir ses fantasmes lui a renversé du ketchup dessus.

6 mois plus tard (que de bonds dans le temps !), l’agent Lynch vient rendre visite à Hannibal en prison : il pense savoir que nos héros ne sont pas les voleurs, et se propose de les aider à sortir pour qu’ils retrouvent les fameuses planches. Pour ce faire, Hannibal a déjà un superbe plan : fumer un cigare empoisonné fourni discrètement par Lynch, passer pour mort quelques heures et s’évader juste avant d’être passé à l’incinérateur de la prison. Une fois cela fait, le colonel va aller libérer chacun de ses hommes tour à tour. Spéciale dédicace à l’évasion de Looping, puisqu’alors qu’il est dans un asile en Allemagne, il reçoit un DVD d’un film en 3D (avec de nombreuses paires de lunettes jointes) intitulé « La grande évasion » et dans lequel on peut voir une voiture foncer vers les spectateurs ; au moment où elle est censée « sortir de l’écran » le reste de la A-Team défonce le mur de la salle de projection avec une voiture du même modèle et fais monter Looping avant de repartir sous les applaudissements des autres pensionnaires de l’asile qui visionnaient le film, impressionnés par les effets 3D.

Comme disait Monica Lewinsky : "Avec un cigare, tu peux tout faire"

Maintenant qu’ils sont au complet, il est temps de fuir, puisque le lieutenant Sosa les a pris en chasse (elle savait que 3 membres de l’équipe s’étaient évadés et qu’il ne restait que Looping d’emprisonné, elle guettait donc)  en voiture. Pas de problèmes : nos héros foncent vers un aéroport où ils s’emparent d’un C-130, un avion-cargo transportant un char. Hélas, des drones américains les poursuivent et les mitraillent (oui, ils sont au-dessus de l’Europe, mais ce sont les américains qui contrôlent l’espace aérien. Mais que fait la Luftwaffe ?). Rapidement, l’avion est en flammes et il ne reste comme seule option à notre troupe que l’éjection.

Éjection qu’ils font en se mettant dans le char que l’avion transportait, qui dispose de ses propres parachutes. A l’aide de ce fameux véhicule, ils détruisent les drones (ce ne sont pas des drones par hasard, hein : on ne va quand même pas montrer de vrais américains tirer sur leurs propres soldats  !), mais pas avant que ces derniers n’aient endommagé deux parachutes sur les trois qui supportaient la chute du blindé ; ils tombent donc un peu trop rapidement. Cependant, grâce à d’habiles manœuvres impliquant des coups de canons dans tous les sens (je vous vois venir avec vos commentaires grivois, bande de petits filous !),  ils arrivent à ralentir et à orienter leur chute vers un lac, dans lequel le véhicule s’enfonce. Et figurez-vous que non seulement le char finit par tomber du bon côté (ils avaient beurré le dessous du char pour être sûr que ça respecte la loi des biscottes tombant toujours du mauvais côté), mais qu’en plus, il est parfaitement water-proof, (c’est un char Casio) et qu’enfin, il fonctionne à merveille et permet à nos héros de sortir du lac en roulant tranquillement au fond de l’eau. Hmmm, d’accord.

De son côté, le lieutenant Sosa enquête sur l’évasion de nos héros, et arrive à obtenir une vidéo montrant Hannibal s’entretenant avec un homme dont le visage n’est que difficilement identifiable sur la vidéo mais… mais elle le connait ! Car oui, 6 mois plus tôt, en Irak, elle avait décidé d’observer la tente du général Morrison à la jumelle (allez savoir pourquoi), et avait entrevu l’agent Lynch sortant de sa tente. Moi aussi, je suis capable de reconnaitre n’importe quelle personne que j’ai entrevue il y a 6 mois à partir d’une image de qualité dégueulasse, c’est connu. Et figurez-vous qu’en plus de ce grand pouvoir, Sosa dispose aussi de celui de deviner son nom, ainsi que d’un sacré piston auprès du 118 218 qui lui permet d’obtenir le numéro de portable du dit agent secret sans aucun soucis (tous les lieutenants de l’armée américaine ont accès à tous les portables des espions de par le monde, n’est-ce pas ?). Elle l’appelle donc et le menace très fort (elle fait les gros yeux si fort que ça se voit même par téléphone) de l’arrêter car elle le soupçonne d’avoir aidé des prisonniers à s’évader, comme, à tout hasard, un certain Hannibal. L’agent Lynch se contente de rigoler très fort avant de raccrocher et de pousser très fort sur ses sphincters en signe de désarroi, car il n’aime guère que l’on se mette sur son chemin.

Revenons à la A-Team, qui grâce à des photos obtenues via l’agent Lynch, a retrouvé la trace de Pike et d’un mystérieux arabe (on l’appelera « Momo ») dans une banque en Allemagne où ils semblent se rencontrer régulièrement pour faire mumuse avec les planches à billets. Hannibal se propose de voler ces dernières, puisqu’il a deviné grâce à ses pouvoirs psychiques que tel jour à telle heure, Pike et Momo allaient déplacer dans une seule valise toutes les plaques d’impression des billets.

Cependant, Hannibal devine aussi que Sosa est sur leurs traces et que comme Lynch est un type qui ne s’encombre pas de principes, s’il se sent menacé lui ou l’opération, il risque de l’éliminer. Il envoie donc Futé la sauver car il a AUSSI deviné (viiiite Hannibal, tes pronostics pour le Tiercé !) que Lynch allait tenter de la tuer à la gare de la ville dans laquelle ils se trouvent. Ce que le jeune Futé réussit avec brio, tout en prenant des poses de séducteur pour reconquérir sa belle (enfin il ne le dit pas, mais je ne sais pas pourquoi, je le sens venir. Et Hannibal aussi, je pense). Dans le même temps, Hannibal qui est décidément génial lance son opération de récupération des planches à billets intitulée cette fois « Je pète la fenêtre de la banque à l’étage auquel ils sont, je bourre la gueule de tout le monde à coups de lacrymos, je récupère la valise contenant les plaques et au passage je kidnappe Momo le mystérieux, juste pour rigoler« . Tes plans sont vraiment géniaux mec, puisque le plus beau, c’est qu’ils marchent.

Hannibal se demandant où est passé tout le bling-bling de Barracuda

Pike a beau poursuivre la A-Team qui s’enfuit avec ses belles plaques en tirant à la mitraillette en pleine rue, il n’est pas arrêté et ne voit pas l’ombre d’un policier avant que le lieutenant Sosa, surgissant de nulle part, ne l’arrête (oui, en Europe, non seulement on ne contrôle pas notre espace aérien, mais en plus, c’est la police militaire américaine qui fait office de gardien de la paix ; d’ailleurs, elle a beau n’avoir ni uniforme ni insigne, tous les policiers allemands qui déboulent par la suite ne la braquent pas malgré son arme à la main et lui obéissent sans ciller). Elle n’aura pourtant pas le temps de savourer sa prise : à peine Pike est il mis en salle d’interrogatoire que l’agent Lynch surgit et, au nom de la CIA, récupère le prisonnier grâce un super-mandat-qui-donne-tous-les-pouvoirs-à-qui-le-brandit.

Mais que devient la A-Team alors ? Arrêtez de vous inquiéter : ils vont bien. Ils se sont juste réfugiés dans un vieux hangar en bordure d’un lac, où ils s’apprêtent à interroger Momo, à qui ils ont mis la tête dans un sac le temps du transport probablement pour ne pas respirer son haleine de kebab. Alors qu’ils retirent ce couvre-chef suranné du visage du personnage, nos héros ont le temps de mieux le détailler : Momo est en fait… non… c’est impossible… Morrison ? Comme « Général Morrison » ? Mais vous êtes mort au début du film général, dans l’explosion de votre voiture ! Une de ces explosions où-on-ne-retrouve-pas-le-corps-mais-à-laquelle-personne-ne-peut-survivre (comment ? On me dit que dans 98% des films, cela signifie qu’en fait le gars n’est pas mort ? Ça alors !).

Hannibal comprend tout : Pike et lui étaient de mèche… et la A-Team était le dindon de la farce ; malédiction ! Il se souvient, et regrette d’avoir été si bête puisque c’est lui qui avait insisté pour faire la mission à la place de Pike à Bagdad ! Diantre… que faire maintenant ? Hannibal se dit que déjà, il devrait appeler Lynch pour l’informer que ayé, j’ai fini mes devoirs, j’ai même un des coupables du vol des planches en sus de ces dernières, je peux goûter maintenant ? Et vous pourriez faire gracier mes hommes et moi ?

C’est sans compter sur la fourberie sans limites de Lynch, qui veut juste récupérer les plaques et faire disparaître toute trace de cette histoire : A-Team, Morrison, Pike, etc… pour se débarrasser des deux premiers, il fait donc bombarder le hangar où il sait qu’ils se trouvent (c’est très con de bombarder l’endroit où se trouvent les plaques que tu veux récupérer gros malin, je préfère pas savoir ce que tu fais pour récupérer tes chemises au pressing). Ah, dois-je vous rappeler encore une fois que nous sommes toujours en Allemagne et que l’armée américaine peut semble t il bombarder où elle veut comme elle veut ou ça ira ? Dans la vraie vie des vrais gens, après un coup pareil, l’agent Lynch se réveillerait nu dans un enclos avec des bavarois revenus bredouilles de Thaïlande, ou pire, avec Angela Merkel.

En tout cas, le bombardement a lieu : Morrison meurt cette fois-ci pour de bon, la A-Team survit quant à elle et récupère les plaques qui, malgré s’être prises des kilos d’obus, de bombes et de débris de tôles, béton et barres de fer, sont évidemment intactes. Puis l’équipe appelle  le lieutenant Sosa pour lui proposer un rendez-vous deux jours plus tard sur des docks aux USA, en lui racontant avoir les plaques ET ce gros coupable de Morrison (hmmm, pourquoi disent ils cela ? Ils ont sûrement un plan…). L’appel est capté par Lynch, qui prend bonne note du rendez-vous, et se dit qu’il serait de bon aloi de se joindre à la fête. Il explique aussi à haute voix pour ceux qui n’auraient pas compris que bon, en fait, il avait monté le plan du vol des plaques avec Pike et Morrison pour le compte de la CIA, mais que ces deux derniers l’avaient doublé et s’étaient enfui avec les objets de tous les désirs. Lynch est donc revenu tant pour se venger que pour récupérer ce qu’il voulait. Et s’il a sorti Pike des mains de Sosa en prison, c’était uniquement pour éviter qu’il ne parle et pour le tuer lui-même. Mais au vu des derniers évènements, il préfère demander à Pike et à ses Black Forest leur aide pour mettre la main sur les plaques et en finir avec ces gros tenaces de la A-Team. Oui, c’est crédible, je sais « Bon, je voulais te tuer car tu m’avais doublé en m’aidant à récupérer les plaques d’impression. Dis-moi, ça te dirait que je t’épargne si tu m’aides à récupérer les plaques d’impression ?« . Deux fois la même erreur ? Il y en a qui doivent aimer ça.

Angela Merkel sombre dans l'alcool en constatant que son pays est empli de gourgandins américains qui l'ignorent

Pendant ce temps nos héros ont eux pris un hydravion depuis l’Allemagne pour gagner un cargo de contrebande en pleine mer ; là, à partir de jouets et d’accessoires divers, ils concoctent quantité de gadgets pour réaliser un fabuleux plan mis sur pieds par Futé, qui a décidé que cette fois ce serait lui le chef. Non, je ne vous révèle pas ce plan, nous allons plutôt l’observer comme des gens patients.

Deux jours plus tard, à l’heure dite, le cargo de contrebande est donc à quai. Sur l’un des nombreux containers du navire, Hannibal apparait un téléphone à la main ; il a avec lui un homme avec un sac sur la tête qu’il dit être Morrison. Hmmm, vous et moi, nous savons que ce n’est pas vrai, n’est-ce pas ? Mais ne commençons pas à essayer de deviner qui se cache sous la toile de jute et poursuivons. Hannibal passe un appel dans lequel il s’engueule avec le lieutenant Sosa, criant très fort dans un jeu qui n’est pas sans rappeler Francis Huster que « Holala Lieutenant Sosa ! Alors comme ça vous ne voulez plus respecter le marché que nous avions passé ? Très bien, je garde les planches à billets et le général Morrison ! Attention, hein, si quelqu’un captait cette conversation, je le dis à tout hasard, on s’engueule vraiment là, ce n’est pas du tout un piège, d’ailleurs, j’adore passer des coups de fils à découvert le soir une arme à la main braquant un otage au sommet d’une pile de containers« .

Et en effet, tout autour du bateau, des gens captent l’appel : Pike, Lynch, des snipers de la CIA et des commandos Black Forest, tout ce monde évidemment planqué ici ou là sur les quais. Ordre est donné aux snipers d’abattre Hannibal pendant qu’il est à découvert, mais ceux-ci manquent leur coup car… Futé depuis une grue interpose un container entre la balle qui arrivait et Hannibal ! Il est vraiment trop fort. Puis, le colonel et son otage se cachent dans un beau container rouge, et aussitôt des grues viennent soulever d’autres containers identiques et en posent plusieurs au sol en les mélangeant façon partie de bonneteau. Où est le container abritant Hannibal et « Morrison » ? La question n’a pas le temps d’être posée, car de deux autres containers sortent des 4×4 qui foncent à toute allure : les commandos Black Forest les mitraillent et se ruent dessus ; hélas, c’est un piège, les deux véhicules étaient en fait télécommandés et bourrés d’explosifs, et font ainsi disparaître dans deux grands sons & lumières tous les commandos de vilains. Il ne reste donc plus que Pike, Lynch et l’équipe de snipers de la CIA.

Mais sans raison aucune, Pike tue les deux snipers en disant « Vous êtes trop nuls, vous ne servez à rien« . Ah ? Mais ils n’auraient pas pu servir plus tard ? T’es pas censé être un officier mercenaire un peu stratège ? Non ? Bref, il attrape un lance-roquette qui passait par là et en tire deux dans les containers restant sur le bateau : et bin figurez-vous que ce bateau devait contenir trente tonnes d’explosifs ou une cargaison de vaches mortes car cela fait des explosions titanesques et coule le navire, qui chavire. La A-Team évacue tant bien que mal et se disperse sur le quai, alors que les containers commencent tous à tomber de la nef  en écrasant tout sur leur passage. Tout ? Non ! Tout, sauf nos héros qui passent pile entre tous les immenses projectiles qui s’écrasent au sol, et héritent ainsi d’un terrain incroyable pour se cacher puisque le quai est désormais couvert de containers en pagaille.

Cependant, Pike se rend rapidement au milieu de ce monstrueux bordel pour chercher les éventuels héros survivants ; à peine a t il fait quelques pas que pif paf, il tombe nez à nez avec Futé. Le combat est rude, mais Pike prend l’avantage ; il braque alors son arme vers le gentil américain, s’apprête à appuyer sur la gâchette et…

…et quelques mètres plus loin, Barracuda débarque, puisqu’un container qui s’était effondré juste à côté de lui avait laissé choir une moto pile sur ses roues, avec la béquille pour pas tomber, le plein, les clés sur le contact et le phare allumé prête à servir. Avec ça, il fonce donc sur Pike (qui n’était pas loin, encore un autre coup de bol), le désarme, et le tue grâce à une merveilleuse prise de catch qui ferait honneur à Rey Mysterio.

Barracuda et le catch, une longue histoire

De son côté, Lynch s’engouffre lui aussi dans le labyrinthe des containers effondrés et tombe lui face à celui contenant Hannibal (qui n’a pas été endommagé malgré la chute de tous les autres containers du navire sur sa gueule) : les deux larrons se battent, Hannibal est mis à mal et Lynch en profite pour tirer une balle dans la tête cachée par la toile de jute de « Morrison ». Hannibal se ressaisit et retourne au combat, sauf que cette fois, c’est le colonel qui a le dessus. Il ne commet qu’une erreur : propulser l’agent de la CIA dans un coin où traine un pistolet ; ce dernier s’en saisit et colle deux balles dans le kevlar du plus fameux des américains fumeurs de cigares (après Bill Cliton). Mais au moment de tirer le coup de grâce dans la tempe de sa victime, Lynch découvre avec stupeur que les parois du container sont soulevés par une grue (mais pas le sol, juste les parois et le plafond, allez savoir comment ils ont détaché le tout) et que la police l’encercle (elle n’est gênée en rien par les autres containers, ils ont tous disparu du chemin), menée par le lieutenant Sosa. Lynch est arrêté, et l’on découvre qui était « Morrison » : Looping, avec une plaque blindée couverte de ketchup sur la tête, ce qui l’a sauvé.

C’est quand même bien fait : Lynch a tiré une balle dans la tête de celui qui s’était fait un casque pare-balles et deux balles dans le corps de celui qui portait un gilet en kevlar. S’il avait fait l’inverse, il y avait deux couillons sur le carreau. Mais comme le dit Hannibal « Le secret d’un bon plan : c’est d’avoir plusieurs coups d’avance sur l’adversaire« . Oui, en supposant que l’autre joue tous les coups que tu veux, même les plus idiots.

Bref, les autorités sont là, la A-Team est soignée par les équipes de secours, mais hélas, Lynch, bien que capturé et arrêté, est aussitôt libéré par la CIA qui vient le récupérer en prétextant qu’il a désobéi, qu’il n’était pas en mission, hein, tout çaaa, que la CIA n’a rien à voir là dedans, évidemment… hihihi, c’est pas nous ! Mais Hannibal ne les croit évidemment pas, car il est bien trop intelligent pour eux.

Enfin, un gros ponte de la police militaire arrive à son tour et annonce au lieutenant Sosa que malgré tout, la A-Team restera en prison car même s’ils sont innocents du vol des planches à billets, ils n’en sont pas moins coupables d’évasion. Sosa jure alors de tous faire pour les aider, à commencer par rouler un patin géant à Futé, avant que tout le monde ne soit mis dans le panier à salade.

Tout s’achève lorsque dans le véhicule qui les emmène, nos héros ont été laissés seuls entre eux à l’arrière (normal), et qu’est-ce que le lieutenant Sosa a glissé dans la bouche de Futé en sus de sa grosse langue baveuse qui a dû trainer n’importe où ? Un outil pour se libérer de ses menottes bien sûr ! Ils peuvent donc s’évader à nouveau et devenir un groupe indépendant qui aide ceux qui ont perdu tout espoir : l’Agence Tous Risques !

Donc…FIN

Quant à moi, je… que… ma porte ? Barracuda ! Non ! Pas les doigts !

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