Il existe bien des manières de rater un film.

La première est bien évidemment d’y faire tourner Nicolas Cage une veille de date limite pour rendre sa feuille d’impôt. Mais il en existe bien d’autres, qui ont déjà été expliquées sur ce blog. Or, l’art de la pédagogie étant celui de la répétition, revenons sur une règle simple, dite règle de l’Odieux Connard, à savoir que pour rater un film, il existe trois éléments incroyablement compliqués à gérer qui à moins d’y prêter une attention particulière, sont une garantie certaine de ratage. Il s’agit :

  • de Dieu
  • de la grosse magie/des übers pouvoirs
  • des voyages dans le temps

On pourrait croire que ce n’est pas si compliqué que ça, sauf qu’en fait, à partir du moment où vous avez soit des pouvoirs tellement puissants qu’ils peuvent régler tous les problèmes, soit la capacité de les régler avant même qu’ils n’arrivent, le film n’a que peu de chance de durer. Sauf si A) il est incroyablement bien maîtrisé et écrit ou B) c’est une merde assumée, faire un truc cohérent, c’est fatiguant et tout le monde s’en fout.

Et puisque nous parlons généralement d’Hollywood, je vous laisse donc deviner de la solution qui l’emporte.

Aussi, lorsque j’ai ouï dire que le prochain X-Men parlerait de gens avec des übers-pouvoirs voyageant dans le temps, vous imaginez bien que j’ai eu des étoiles dans les yeux, principalement lorsque j’ai tenté de me poncer les rétines. Aussi, je vous propose de ne pas en dire plus : alors, X-Men : Days of future past, brillante réussite ou blockbuster au script tenant à peu près autant debout que le professeur Xavier ?

Ni une, ni deux : spoilons, mes bons !

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L’affiche : des explosions, des robots volants, des éclairs et des gens tout bleu, M. l’ambassadeur, vous nous avez vraiment gâtés.

Notre film s’ouvre quelque part dans le futur, et plus précisément du côté de la riante bourgade de New York. Hélas, celle-ci est justement un poil moins riante qu’on ne pourrait le penser de prime abord, voire fait carrément la gueule : en effet, elle est diablement en ruines. C’est donc au milieu des immeubles éventrés et des rues transformées en champ de bataille de cet univers désespéré où les Starbucks ont disparu (les hipsters sont donc probablement morts de désespoir) que nous découvrons de braves gens un peu grognons qui circulent au sein d’un gigantesque camp de prisonniers futuriste (comprendre : les barbelés sont des barbelés laser qui chatoient. J’en connais qui doivent avoir une grosse facture EDF). La voix off d’un certain professeur Xavier nous explique donc de quoi il retourne : dans le futur, les humains sont en guerre ouverte avec les mutants. Ces derniers sont pourchassés et enfermés, tout comme les humains qui essaient de les aider, parce que dans le futur, on aime pas trop ces mutants qui volent le pain des braves humains et restent chez eux à rien branler en profitant du RSA, ma bonne dame.

Heureusement, telle une flamme dans la nuit (ou la lumière de votre portable sous la couette, j’adapte mes figures de style à mon jeune public), la résistance existe encore. Allons donc la voir !

C’est donc du côté de Moscou, car on voyage dans ce film, que nous retrouvons dans les souterrains une équipe de mutants qui… fait des trucs de mutants ? Bon, on ne sait pas bien ce qu’ils font là, mais ils ont l’air très préoccupés. Cela dit, il serait probablement bon de les présenter, voici donc leur équipe :

  • Shadowcat – pouvoir : peut traverser les murs
  • Iceberg – pouvoir : peut faire de la glace
  • Solar – pouvoir : peut faire du feu et du rap
  • Joe l’Indien – pouvoir : peut détecter les méchants qui approchent et ouvrir des casinos
  • Portal Girl – pouvoir : peut créer des portails pour téléporter des gens
  • Doudou Bishop – pouvoir : peut absorber l’énergie des autres, ce qui confirme qu’il est bien un n… un mutant, un mutant (je m’adapte aussi aux résultats électoraux)

Et justement : alors que nos larrons sont très occupés à faire du rien, voici que Joe l’Indien détecte l’approche imminente de gros vilains. Et ses pouvoirs ne le trompent pas car à la surface, des vaisseaux en forme de morceaux de Toblerone (une stratégie habile pour appâter l’ennemi : dans le futur, les blogueuses mode mutantes ne font pas 20 minutes) survolent le coin et larguent des humanoïdes plutôt robotiques qui s’empressent de commencer à creuser en transformant leurs bras en foreuses pour tenter d’aller péter la gueule aux margoulins souterrains.

Toute l’équipe des mutants se prépare donc à recevoir les vilains robots, pendant que Shadowcat et Doudou Bishop vont s’enfermer dans un coin tranquille. Non pas pour s’amuser une dernière fois avant de recevoir une sonde anale robotique, mais pour bien moins rigolo, car Shadowcat se contente d’obliger Doudou Bishop à s’allonger puis en plaçant ses mains de chaque côté de ses tempes… a l’air de le shampouiner. Soit, pourquoi pas.

Pendant ce temps, les autres mutants se battent comme des petits fous pour retenir les vilains robots. Mais soyons clairs : leurs pouvoirs ne leur font quasiment rien. Ho, il y a bien Portal Girl qui par accident, coupe le bras d’un robot en lui refermant un portail sur la gueule, mais non, elle ne pense pas à du coup ouvrir et fermer des portails sur les bestiaux pour les couper en deux vite fait bien fait. A la place, elle préfère faire des trucs vachement plus efficaces comme téléporter ses copains dans tous les sens pour qu’ils donnent des coups de couteaux ou de poing (si si) aux bestioles blindées, qui du coup rigolent un peu d’une stratégie aussi pourrie. Tu m’étonnes que la résistance perde vu les busards.

Bon, remarquez, il y a bien les pouvoirs des mutants, mais les robots s’adaptent à chaque pouvoir : ils transforment leur blindage en flammes pour attaquer Iceberg, en glace pour tabasser Solar (Ah ? Mais justement, s’ils se transformaient en feu pour affronter la glace, c’est pas justement parce que ça donnait l’avantage au feu ? On va dire qu’on a rien vu) ou en couverture portant la petite vérole pour laminer Joe l’Indien. Résultat : la plupart des mutants sont tués. Et au moment où les vilains arrivent pour claquer la margoulette de Shadowcat et Doudou Bishop…

Ces derniers disparaissent !

Pourquoi donc ? Comment donc ? La réponse se trouve en Chine (je vous avais prévenus), alors qu’un avion mystérieux survole le coin pour aller se poser dans un vieux temple dans les montagnes. En descendent des têtes connues : Wolverine, Tornade, Magneto et le professeur Xavier, qui a profité du futur pour investir dans une chaise volante puisque les roues, c’est has-been. Le spectateur aura évidemment envie de demander "Mais attendez les petits gars, on est dans le futur, alors pourquoi personne dans l’équipe ne semble avoir vieilli ?" mais la réponse tient là encore dans la chaise magique du professeur Xavier, qui a probablement pour carburant le budget maquillage du film. Tant pis.

Toujours est-il que la petite équipe menée par Magneto et Xavier, vieux ennemis désormais alliés pour leur survie, retrouve dans le temple l’équipe de Shadowcat,  qui explique ce qu’ils foutent là (et accessoirement pourquoi son équipe que l’on a vue se faire découper dans la scène précédente est vivante).

"Xavier ! Magnéto ! Et toute la fine équipe, c’est bon de vous revoir !
- Mmm… Shadowcat, c’est un plaisir partagé. Nous avons eu du mal à vous retrouver. Comment avez-vous survécu à toute cette guerre ?
- Hé bien professeur, c’est tout simple : figurez-vous que j’utilise mon pouvoir de mutante qui me permet de renvoyer la conscience de quelqu’un dans le passé pour habiter son corps plus jeune et…
- Shadowcat, ton pouvoir, ce n’est pas de traverser les murs ?
- Si pourq… ah merde, oui.
- Oui hein ? Bon, tu sais quoi ? On va dire qu’on a rien vu et que c’est parfaitement logique. Reprends ton explication sur comment ce pouvoir que tu n’as aucune raison d’avoir te sert à échapper aux méchants.
- Alors, oui, disais-je : à chaque fois que Joe l’Indien sent que l’ennemi nous a trouvé et arrive, je m’enferme avec Doudou Bishop et je renvoie son esprit dans le passé, quelques jours auparavant. Là, il peut prévenir l’équipe que notre cachette va être découverte, et il modifie donc le futur. Du coup, ce futur disparaît… puisque nous sommes déjà partis avant même que l’assaut ne commence ! Ça marche aussi après un mauvais restaurant remarquez : je peux renvoyer quelqu’un dans le passé dire que c’est dégueulasse avant même qu’il ne chope une gastro. 
- C’est surpuissant Shadowcat ! C’est justement pour cela que nous sommes venus te chercher : nous voulons modifier le passé pour faire disparaître ce futur. 
- Ho !"

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En même temps, vu la mode dans le futur, moi aussi je voudrais effacer ce monde.

Excellent plan, professeur Xavier. Maintenant que la plupart des mutants se sont fait bourrer la gueule, c’est en effet assez pertinent de se souvenir que, tiens, en fait on avait moyen de voyager dans le temps et de sauver tout le monde depuis un bail, hihihi, oups, désolé les gars. Toujours est-il que c’est l’occasion pour le professeur de nous expliquer à partir de quand tout a commencé à partir en sucette. En effet, par le passé, un industriel de génie nommé Bolivar Trask (Trask, Stark, vous voyez le subtil rapport ?) atteint de nanisme est devenu célèbre en proposant plein de plans d’armes pour contrer les mutants, et en leur faisant plein d’expériences sur la gueule (comme tester du rouge à lèvres), aussi. Jusqu’à un beau jour de 1973 où aux accords de Paris consacrés à la fin de la guerre du Vietnam, Mystic, la mutante transformiste a décidé de buter Monsieur Trask. Et si elle a réussi, elle s’est aussi faite capturer. Et les industries Trask ont donc étudié son ADN pour le filer à leurs nouvelles machines, les sentinelles, des robots qui grâce à cela pourraient se transformer pour s’adapter à toutes les situations (ceux qui dans le futur, font donc régner la terreur et deviennent glace ou feu, comme ça, pif pouf).

Le professeur Xavier, qui n’est pas la moitié d’un con, s’exclame donc : "Il faut donc retourner dans le passé empêcher Mystic de tuer Trask ! Parce que c’est aussi son premier meurtre… elle qui était si gentille, on pourrait la sauver d’une vie de crime !"

C’est donc ici que commence le bullshit spatio-temporel : le vrai souci du voyage dans le temps au cinéma, c’est qu’il permet de régler toutes les situations en un clin d’œil. Ainsi, si Xavier n’était pas une grosse buse, il pourrait dire "On a qu’à retourner dans le temps sauver Mystic avant même qu’elle ne fasse sa crise d’ado/neutraliser Trask avant même qu’il ne décide de devenir scientifique, et à la place l’orienter vers un cursus de boulanger-pâtissier/arrêter Hitler, comme ça en plus on peut sauver tes parents mon petit Magnéto/empêcher Ridley Scott de faire carrière/les honnêtes gens d’aller voir ce film" ou autre, mais non. Et personne ne dit rien d’ailleurs, parce que personne n’a trop d’idées : le voyage dans le temps, c’est tellement surfait. Xavier peut donc continuer sur sa logique moisie, mais déjà, se renseigne un peu auprès de Shadowcat pour savoir si elle pourrait renvoyer quelqu’un dans le temps loin en arrière. Certes, lui répond la bougresse, mais il faudrait quelqu’un avec un esprit super puissant et résistant, parce que déjà que sur une petite distance, c’est compliqué à faire, renvoyer quelqu’un 50 ans en arrière, ça sera vraiment une expérience compliquée. Alors, qui envoyer ?

Wolverine prend donc la parole :

"Le voyage risque d’endommager l’esprit ? Et si… si on envoyait quelqu’un avec un esprit capable de se régénérer ?"

Superbe idée, Wolverine. Sauf que c’est pas ton pouvoir : toi, tu peux guérir des impacts de balles et des brûlures indiennes, pas des blessures de l’esprit. D’ailleurs c’est rigolo parce que justement, tu as eu deux films sur ton nom où on expliquait que si ton corps guérissait, ton esprit lui était loin d’en faire de même, même que c’est pour ça que tu étais amnésique, galopin.

Un détail (qui fait deux films), un détail.

"Top moumoute", répond Xavier "On t’envoie dans le temps alors puisqu’on a personne de plus qualifié.".

Parfaitement mon petit Xavier : ah, si seulement on avait sous la main un mutant dont le pouvoir serait d’avoir un esprit surpuissant, tellement que dans les films précédents où il apparaissait, quand on détruisait son corps son esprit parvenait à survivre et à se recomposer. Un mutant qui en plus serait capable d’influencer les gens, ce qui est super pratique pour aller tenter d’empêcher des trucs dans le passé.

Oui, si seulement on avait ça, professeur Xavier.

Mais vous avez raison : envoyons plutôt le type qui n’a aucun rapport avec la choucroute et qui a pour seule qualité d’être le préféré du public. C’est pas mal.

Miséricorde.

Mais rassurez-vous, niveau trucs nuls, on ne s’en arrête pas là, puisque Magnéto et Xavier commencent à briefer Wolverine sur sa mission :

"Wolverine, nous allons te renvoyer en 1973, tu pourras ainsi arrêter Mystic ET Dalida, ce qui n’est pas rien. Pour ce faire, tu devras me trouver, moi, Xavier, à l’époque où j’étais jeune et désespéré. Tu devras être patient avec moi, me convaincre de te suivre…
- Je ne peux pas juste péter la gueule à Mystic ?
- Que… heu… non. Il va te falloir la convaincre d’être gentille. Et puis tiens t’en au script qui dit que soudainement, ton personnage violent et impulsif devient instantanément un grand partisan de la diplomatie.
- Soit. Donc je résume : je vous trouve, je vous dis de m’aider, vous trouvez Mystic avec vos grands pouvoirs et on va lui dire que tuer c’est mal, et pouf, elle s’arrête.
- C’est en effet mon plan génial. 
- Vous savez que si vous me renvoyez 10 ans de plus en arrière, je peux parler à Mystic tranquillou sans avoir à la chercher ni à m’emmerder à vous convaincre vous, puisqu’elle est encore jeune, gentille et vit chez vous ?
- … bon, Wolverine, tu fais chier. Alors tu suis mon plan. Bien, donc, une fois que tu m’auras trouvé, tu devras aller chercher Magnéto, à une époque où lui et moi sommes de terribles ennemis, pour le convaincre de m’aider à parler à Mystic.
- Donc attendez : je dois convaincre DEUX relous pour aller eux-même en convertir une seule à la gentillesse ?
- Oui, et à une époque où nous nous haïssons !
- Et me renvoyer à l’époque où vous êtes potes, non ?
- WOLVERINE CA SUFFIT ! Le script bordel ! Tu trouves mon plan génial, personne ne pose de question, et comme ça on a pas à avouer que celui-ci n’est qu’un prétexte pour que ça dure le temps d’un film au lieu de se régler en 5 minutes en buvant un café !"

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C’est donc sur cet incroyable plan (qui est aussi le pitch, mais visiblement, personne ne l’a remarqué avant de tourner le film en entier) que Wolverine va s’allonger sur un autel au sein du temple chinois, Shadowcat se plaçant derrière lui pour lui expliquer comment ça va se passer : il faut qu’il pense à des trucs paisibles, comme par exemple à des fans de Garou en train de se faire stranguler, pour ne pas briser le pont qui va s’établir entre son corps actuel et son corps d’autrefois. Et ensuite, tout devrait rouler. Pendant ce temps, les mutants défendront le temple, le temps que Wolverine change le passé.

Parce que oui, si Wolverine veut passer 20 minutes dans le passé, il faut que Shadowcat utilise son pouvoir sur lui durant 20 minutes aussi. Et non, rien ne bouge ou ne change dans le futur, qu’importe ce que fait Wolverine dans le passé, jusqu’au moment où le script dira "Ayéééé c’est bon, le futur est changé". Visiblement, personne n’a entendu parler de l’effet papillon par ici, ce qui rend ce pouvoir aussi incohérent que débile (et comme c’est le prétexte du film, je vous laisse deviner la suite). Quelque chose me dit que le futur ne sera changé qu’au dernier moment de la dernière seconde d’un assaut des méchants sur le temple chinois. Au hasard. Mais en attendant, rien ne bouge : les vilains n’ont pas encore repéré le temple, Shadowcat peut donc commencer à se concentrer sur Wolverine, qui ferme les yeux…

… et les rouvre dans une chambre.

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"Qu’eeeeesse que j’ai fait hier soir… "

Les rideaux sont moches, la musique contestable et le matelas sur lequel il est allongé est rempli d’eau : aucun doute, il est bien de retour en 1973. Bon, il se réveille avec une fille sous le bras et pas vraiment de souvenir de comment elle a bien pu atterrir là, mais bon, hein, à qui cela n’est-il jamais arrivé, je vous le demande (je veux dire, à part aux joueurs de Magic) ? Le fripon se prépare donc à filer en douce (là aussi, un classique), mais est interrompu par de fieffés brigands qui veulent l’empêcher de passer, puisque la fille serait, figurez-vous, la fille du boss d’un gang local. Quelques coups de poing dans la gueule plus tard, Wolverine repart donc tranquillement profiter du New York de 1973. A noter que lors de la bagarre, Wolverine a constaté qu’il était à une époque où il n’avait pas encore ses griffes en métal, mais ses vieilles griffes en os. Soit.

Pendant ce temps, à Washington, l’industriel Bolivar Trask est en train de passer devant la commission du sénat pour proposer une solution au problème mutant (ah bon ? Dans les autres films, les gens n’avaient l’air que moyennement au courant, mais bon) : des robots volants qui détectent automatiquement les mutants et les butent.

Ah ben oui, oui, pourquoi pas.

L’argumentaire de Trask est le suivant : les USA viennent de perdre la guerre du Vietnam, où ils manquaient diablement d’équipement adapté, ils seraient donc bien bêtes de ne pas lui acheter ses équipements über-méga-dernier cri et perdre ainsi la guerre contre les mutants. Le sénat, cependant, refuse d’entendre parler de cette histoire, et aucun sénateur ne pense seulement à dire "Ah bon, mais alors tu avais des über-armes et tu n’as pas pensé à nous les vendre plus tôt alors qu’on était en pleine guerre, mec ? C’est fou ! Et puis ils sont chouettes tes robots, tu sais, on ne pourrait pas les acheter pour taper autre chose que des mutants, comme des communistes par exemple, qui sont une autre forme de mutation ?"

Mais non : au sénat américain, lorsqu’on achète une arme, c’est pour une cible. On sait très bien que les balles, c’est un truc très complexe et pas vraiment polyvalent.

Allez, on continue malgré tous les trous du scénario ! Nous n’en sommes qu’au début !

Retrouvons donc Wolverine, qui se rend au manoir Xavier pour y trouver l’école de surdoués abandonnée. Ho ? Mais comment donc ? Accident ? Erreur ? Réforme de la carte scolaire ? Tout cela est bien mystérieux. Le brigand frappe donc à la porte pour voir s’il n’y aurait pas âme qui vive et celle-ci est ouverte par le jeune Mc Coy, aussi connu sous le nom de "Fauve" (l’animal sauvage, pas le mauvais groupe), et qui lui explique que non, il n’y a pas de professeur ici, Xavier ou non. Wolverine insiste une fois, deux fois, puis lui colle la porte dans la gueule histoire de faire comprendre qu’il aimerait passer. Après s’être un peu bagarré avec ledit Fauve, Wolverine constate que le bruit a attiré quelqu’un : le professeur Xavier. Et chose impressionnante : celui-ci marche ! Alors qu’il devrait être en petit fauteuil. Voilà qui n’est pas banal (venant de la part de mecs qui voyagent dans le temps, cela dit, bon).

La conversation s’engage donc promptement, Wolverine expliquant qu’il vient du futur, ce qui est peu crédible mais que le professeur peut confirmer en lisant son esprit.

Sauf que le professeur explique qu’il a perdu ses pouvoirs. Parce que oui, Xavier l’a en plus renvoyé à une époque où il était inutile ! N’est-ce pas merveilleux ? Car à l’époque, Mc Coy a développé un sérum à partir de l’ADN de Mystic permettant de reconstituer la moelle épinière du professeur… mais la chose neutralise ses pouvoirs en même temps ! Sans compter que le prof se défonce comme un petit fou avec, parce qu’il est super malheureux depuis que Mystic est partie, et que ça tape plus fort que du LSD, rastafari, yeah man. Et en plus, avec la guerre du Vietnam, beaucoup de ses élèves et professeurs ont été appelés… d’où le fait que l’école soit fermée et quasi-abandonnée.

Bref, Xavier nous fait sa petite dépression. Quel dommage qu’aucun mutant ne s’appelle Xanax.

Qu’importe : allons voir pendant ce temps ce qu’il se passe du côté de Mystic.

Car la bougresse est à l’autre bout du monde, et plus précisément, justement, au Vietnam où des recrues ont été mises en isolement puisque l’on s’est aperçu qu’elles étaient vaguement mutantes (celle avec des piquots sur la gueule, par exemple, je me demande combien de temps ils ont mis pour se dire que, tiens, c’était pas top normal cette affaire). On leur fait donc des prises de sang, jusqu’à ce qu’arrive un militaire pas vraiment sympathique : un certain commandant Stryker (dont la taille, la tête et la corpulence varient à chaque film), qui explique qu’il est missionné par les industries Trask pour venir chercher les mutants et leur faire subir plein de trucs moyennement rigolos, comme des prélèvements douloureux, des exercices physiques épuisants, et la lecture intégrale du script.

Mystic, qui n’est pas trop d’accord avec tout cela, prend donc l’apparence d’un officier pour infiltrer le site où sont retenus les pauvres hères, puis marave la margoulette de tous les malandrins sur son passage. Les mutants en profitent pour l’aider : l’un a des pouvoirs de crapaud-hypno et fait s’évanouir des gardes, un autre a la langue du crapaud-tout-court et peut donc désarmer des vilains, et un dernier a l’incroyable pouvoir de refiler la chiasse à tout ce qui se dresse devant lui, ce qui est tout bonnement terrifiant. Cela fait, le bourreau des slips et ses amis suivent Mystic jusqu’à l’aérodrome militaire voisin où ils s’embarquent à bord d’un avion qui décolle aussitôt et les emmène loin de Stryker & co.

A noter qu’aucune explication n’est fournie sur d’où sort cet avion ni pourquoi il emmène les mutants loin du camp militaire sans que personne ne pose de question. Ou pourquoi Stryker, qui se réveille et voit l’avion décoller, ne pense pas à dire à un membre de la base "Au fait, cet avion contient des évadés dangereux, ce serait sympa de s’en préoccuper."

Mais non : ce serait logique. Et au vu de ce que nous avons suivi jusqu’ici, vous avez bien compris que ce n’était pas le fort de ce film.

Revenons donc du côté de l’école de surdoués du professeur Xavier, où Wolverine continue d’essayer de convaincre le professeur que ce serait sympa de l’aider.

"Donc, mon petit Wolverine, mettons que vous veniez bien du futur, d’où je vous aurais envoyé, soit. Mais que voulez-vous de moi ?
- Hé bien dans le futur, les mutants se font tataner par des robots appelés "sentinelles". Ces robots ont été développés par Trask Industries en utilisant le sang de Mystic, capturée en assassinant Monsieur Trask lors des accords de Paris. Accords qui arrivent bientôt. Donc il faudrait empêcher que ça arrive.
- Donc, ce que vous voulez, c’est empêcher que Trask soit tué par Mystic, c’est ça ?
- C’est ça.
- Bon hé bien j’en suis alors. Mais uniquement parce que c’est ma sœur adoptive et que je veux la sauver. Direction Paris, donc ?
- Non, pas encore. D’abord, il nous faut un autre allié de choix. Un certain… Magnéto !
- Pardon ?
- Oui. Pour des raisons qui m’échappent, il y aurait besoin de vous deux pour convaincre Mystic d’arrêter les conneries. Mais je pense que c’est juste une vieille ruse scénaristique, personnellement.
- Sauf que Magnéto va être difficile à ramener parmi nous : il est enfermé au centième sous-sol du Pentagone, dans une structure spéciale sans aucun métal. Parce qu’en fait, c’est lui qui a tué Kennedy.
- C’est très intéressant professeur. Mais voilà qui nous complique la tâche… heureusement, je pense connaître quelqu’un qui peut nous aider à effectuer cette mission ultra-risquée !"
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Un des mutants libérés par Mystic. Non vraiment, je me demande comment il a pu aller jusqu’au Vietnam avant que l’armée ne remarque quelque chose.

Comme, disons, un type qui aurait le pouvoir de manipuler l’esprit des gens et pourrait donc aller chercher Magnéto sans aucun risque ni tirer une seule balle ? Un type qui en plus aimerait ce plan puisqu’il est partisan de la non-violence ? Un type qui aurait le choix entre utiliser ses pouvoirs pour ce plan, et ainsi pouvoir aller sauver sa sœur adoptive qu’il pleure depuis des années et tous les mutants d’un avenir abominable, ou danser le Charleston ?

Non : là encore, cette idée n’a pas traversé l’esprit de nos héros selon la bonne vieille règle de comment rater un film évoquée plus haut: "A partir du moment où l’on donne des pouvoirs surpuissants à des personnages, il y a de fortes chances qu’ils aient envie de les utiliser". Mais non, pas dans X-Men. Dans X-Men, on voyage dans le temps pour retourner se mettre dans la situation la plus pourrie possible, et on n’utilise ses pouvoirs mentaux surpuissants uniquement pour obtenir des ragots à revendre à Closer.

Quel talent.

Bref : Wolverine emmène Xavier et Mac Coy jusqu’au foyer d’une famille tranquille où il sait que vit celui qui deviendra plus tard un fameux mutant, à savoir Vif-Argent, le mutant qui peut se déplacer à la vitesse de l’éclair. Celui-ci est un ado rebelle qui dans le plan de nos amis, n’est séduit que par la perspective d’aller faire le zazou au coeur même du Pentagone. Tout le monde met donc au point un plan fameux :

  • Mc Coy pourrira les caméras du Pentagone grâce à un super gadget
  • Vif-Argent ira chercher Magnéto au sous-sol
  • Le professeur Xavier et ses non-pouvoirs feront du rien
  • Wolverine escortera le professeur Xavier

Autre moyen incroyable de protéger le professeur Xavier : ne pas l’emmener. Enfin, je dis ça, mais bon, hein, c’est vrai que c’est pas évident. Il est probablement plus en sécurité au cœur de la cible à attaquer que chez lui à manger une tarte aux fraises.

Le plan – pourri – se déroule plutôt bien : Vif-Argent se déplace si vite que c’est comme si le temps était arrêté pour lui, autrement dit, personne ne le voit et il parvient sans encombres jusqu’à la cellule de Magnéto, dont il brise le verre en faisant des vibrations fort rapides avec ses mains (j’espère pour lui que ses pouvoirs ne se sont pas révélés à lui durant une session d’onanisme, auquel cas les urgences locales ont dû être fascinées par ce cas de combustion spontanée de kikounette), puis attrape Magnéto et utilise sa super vitesse pour le sortir du sous-sol sans problème.

Bon, il y a bien la sécurité qui comprend que quelque chose se passe à un moment, mais là encore, Vif-Argent neutralise tout le monde sans le moindre effort.

Conclusion du professeur Xavier : "Merci Vif-Argent ! Tu as franchi toutes les défenses du bâtiment le mieux protégé au monde, neutralisé la sécurité sans souci, libéré Magnéto en quelques secondes et le tout, sans tirer un seul coup de feu ni perdre le sourire. Tu sais quoi ? Maintenant tu n’as qu’à te casser, moi et mes copains on va continuer le film sans toi, c’est pas comme si ton pouvoir pouvait nous être utile."

Attendez, je crois avoir compris comment fonctionnait le film depuis le début :

  1. Un problème apparaît
  2. Quelqu’un a un pouvoir pour résoudre le problème facilement
  3. Le professeur Xavier débarque et propose de faire n’importe quoi à la place.
  4. Retour à l’étape 1

Heureusement que le professeur Xavier est censé être un homme d’une intelligence supérieure, sinon, qu’est-ce que ce serait ? Non parce qu’à titre personnel, mon plan aurait été :

  1. On emmène Vif-Argent puisqu’il peut gérer 95% des situations problématiques
  2. Le jour J, juste avant l’attentat quand Mystic se dévoile pour tirer, Vif-Argent arrête le temps, empêche la mort de Trask et embarque la bougresse
  3. Vif-Argent emmène Mystic dans un entrepôt désaffecté de Charleville-Mézières où l’attend le reste de l’équipe avec un bottin et une rallonge électrique
  4. Diplomatie.
  5. Vif-Argent va chercher de quoi fêter la victoire
  6. Le lendemain, la mairie de Charleville-Mézières découvre pèle-mêle dans un entrepôt désaffecté près de deux tonnes de cotillons, l’intégrale de Patrick Sébastien, près de 770 bouteilles de tequila vides, une flasque de brandy, 17 restes de cigares, Salma Hayek nue et un guide complet intitulé "Faire la chenille pour les nuls".

Hélas, mon plan n’ayant pas été retenu par les scénaristes, c’est donc celui du professeur Xavier qui est mis en branle.

Ainsi, tout le monde saute dans le jet privé du professeur, où Magnéto et lui s’engueulent un peu sur les voies qu’ils ont décidé de suivre, à savoir vivre avec les humains ou les combattre. Magnéto explique aussi qu’il n’a pas tué Kennedy, au contraire, il a essayé de le sauver puisque c’était en fait… un mutant (son pouvoir devait être de rester au-dessus de 50% dans les sondages, ce qui nous confirme que de notre côté, notre président est "normal" : promesse tenue) ! Peu de temps après cette révélation pas vraiment utile, la fine équipe arrive à Paris, où c’est la grosse fête à l’occasion des accords sur le Vietnam. Un dignitaire du pays du nước mắm est d’ailleurs tellement occupé à faire la teuf qu’il se laisse séduire par une jolie blonde qui se révèle bien évidemment être Mystic, ce qui est ballot. Qui s’étant rendue chez Trask plus tôt, a appris qu’il serait à Paris(elle s’est rendue chez lui et a trouvé son placard super secret où il cache ses dossiers les plus sensibles sur une étagère transparente pour que l’on puisse bien voir là où il y a marqué "TOP SECRET" ou non, c’est sympa). Le lendemain, donc, c’est habilement déguisée en vietnamien que celle-ci se rend à la conférence

Et à cette occasion, Monsieur Trask est effectivement là.

Puisque figurez-vous que pour de mystérieuses raisons, le bougre donne une conférence aux dignitaires des deux camps pour leur présenter son projet Sentinelle, rejeté par le congrès américain. Car c’est connu : lors des accords de paix, on adore proposer une conférence à un vendeur d’armes privé. Non, vraiment, les scénaristes se sont fait plaisir : le film ne repose que sur des scènes qui n’ont pas lieu d’être.

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"Bonjour Messieurs, c’est bien ici la conférence de paix ? Je suis le vendeur d’armes qui n’a aucun rapport avec la choucroute, je me suis dit que des diplomates adoreraient me voir."

Toujours est-il que lors de cette scène absurde, l’ami Trask sort de sa poche un petit appareil que tous les experts identifieront comme le truc qui fait pouic que vous trouvez dans les boîtes de Taboo. Mais loin de s’en servir pour tenter de lancer une grande partie de ni oui ni non ni blanc ni noir ni Igor ni Grishka (la partie n’en est que plus excitante), il explique à l’assemblée qu’il s’agit là d’un détecteur de mutants. Ne me demandez pas comment le bidule détecte l’ADN mutant sans passer par une prise de sang (Trask a probablement découvert que tous les mutants avaient, par exemple, une légère odeur de Monchéri), mais toujours est-il qu’alors qu’il le brandit pour expliquer que tous ses robots sentinelles en sont équipés pour ne mitrailler la gueule que de ce qui n’est pas un humain "classique" (espérons que ses robots soient okay sur le nanisme), un bruit se fait soudain entendre :

"POUIC !"

Tout le monde se regarde, l’air un peu gêné, puisque bon, pouiquer comme ça, là, au pied levé, c’est tout de même un peu cavalier.

"POUIC !" refait l’appareil.

Trask sourcille donc et commence à braquer le bidule en direction des présents, jusqu’à un certain dignitaire vietnamien. Et là :

"POUIC POUIC POUIC !"

A pouiquer comme ça, il n’y a plus aucun doute : soit le type s’appelle Igor-Grishka Niwininonniblaninwar, soit c’est un mutant qui se fout de la gueule du monde.

L’option un étant vite écartée, Trask prêche l’option deux et ordonne à la sécurité de se saisir de ce vilain dignitaire vietnamien, ce qui est très con et dangereux, puisqu’aux dernières nouvelles, les vietnamiens n’ont pas déclaré la guerre aux mutants, et le type pourrait très bien ne pas être conscient d’en être un. Donc qu’un industriel privé américain décrète soudain, en pleine conférence de paix "Arrêtez ce vietnamien, son ADN ne me revient pas !" c’est complètement con, voire vaguement raciste.

Mais là encore, le script s’en moque et tout le monde autour de la table trouve cette scène parfaitement normale et approuve Trask. Sur ces entrefaits histoire de sauver l’affaire, Mystic décide de quitter son déguisement et de reprendre son apparence de Schtroumpf Punk (que vous avez tous connus dans le célèbre album de Peyo Les Schtroumpfs et la canette de 8-6 enchantée) pour commencer à distribuer des coups de tatane au tout venant. Ce qu’elle réussit brillamment, avant de s’emparer du pistolet d’un type de la sécurité (qui n’avait pas pensé à s’en servir) pour essayer de tuer l’ami Trask.

Mais alors qu’elle s’apprête à le plomber, voici que débarquent…

Magnéto, Xavier, Wolverine et Mc Coy !

Car oui, c’est une conférence de paix suivie mondialement, mais nos bons amis ont pu y rentrer sans souci, quand bien même Xavier n’a plus le moindre pouvoir pour influencer les gens. Probablement qu’il a utilisé la carte de fidélité de son coiffeur pour bluffer les gardes. Aussitôt, les événements s’enchaînent. Tout d’abord, Xavier essaie de convaincre Mystic de redevenir gentille, parce qu’être méchante, c’est mal, mais ce discours digne d’un épisode de Naruto ne suffit pas à retourner la belle (en même temps, elle a joué dans Hunger Games et sait donc bien que ce n’est pas parce que quelque chose est mauvais que ça ne va pas rapporter). Wolverine, lui, aperçoit dans la pièce le commandant Stryker, et aussitôt, cela fait remonter en lui tous les souvenirs de l’époque (pas encore arrivée, mais le Wolverine du futur le sait) où Stryker a fait des expériences sur lui pour lui filer des griffes en adamantium. Cela brouille ses pensées et aussitôt, le pont entre le Wolverine du futur et son corps présent est un peu abîmé.

Pendant ce temps, dans le futur, Wolverine est donc tout agité et risque donc de sortir de sa transe le reliant au passé, ce qui surprend tout le monde.

Ce qui est intéressant, j’insiste, puisqu’encore une fois, cela nous rappelle que les voyages dans le temps, aucun scénariste n’arrive à les gérer correctement. Ce n’est pourtant pas compliqué : soit le type renvoyé dans le passé influence celui-ci, et crée donc un futur alternatif (auquel cas, ce n’est pas très utile pour les gens du futur tout pourri, qui sont bloqués dans le leur), soit le type renvoyé, par ses actes dans le passé influence le futur original, auquel cas, chacune de ses actions dans le passé est instantanément répercutée sur le futur original. Et donc, cette scène ne devrait pas exister puisque le futur devrait déjà avoir été changé d’une manière ou d’une autre. Ou à minima, Xavier et Magnéto avoir en direct des souvenirs de ce qu’il s’est passé ce jour là, et donc de pourquoi Wolverine est agité. Et encore, là, c’est en étant super gentil et en supposant que les actions de Wolverine, pourtant majeures, n’ont rien changé d’autre.

Bref, encore une fois : même en essayant de même des sparadraps sur les trous, c’est une scène qui ne sert à rien, si ce n’est à montrer un gros loupé du scénario. Hop.

Enfin je dis ça, mais pour rappel, voici ce qu’en dit Filmactu

Faire aller et venir ses X-Men dans le temps n’était pas chose facile. Loin de s’y casser les dents, Bryan Singer en profite pour livrer, plus qu’un énième film de super-héros, une véritable oeuvre de science-fiction.

L’avis de Metro

Voyages dans le temps fluides et savamment orchestrés [...] un spectacle de grande envergure, intelligent et ambitieux.

Et celui de ma stagiaire

Vous êtes sûr que dans ma convention, il est écrit que je peux servir de porte-gobelet quand je suis en débardeur ?

J’aime beaucoup les gens qui prennent les plus gros ratés pour les présenter comme les plus grandes qualités du film. Encore une fois, les professionnels ont du talent. A l’occasion, sinon, ce serait sympa de faire votre boulot. Mais bon, je dis ça comme ça, vous faites comme vous voulez.

Revenons donc dans le passé, où la situation n’a de cesse de dégénérer. Alors que par terre, Trask fait "POUIC POUIC" avec tous ces mutants autour de lui, Magnéto décide d’employer les grands moyens pour régler la situation : il récupère le pistolet avec lequel Mystic comptait tuer Trask, et menace la bougresse en lui disant que puisque c’est son ADN à elle qui amène à la naissance des sentinelles, il va la buter et hop, ce sera bien comme tout. Mystic, qui n’est que moyennement d’accord, se met donc à cavalcader vers une fenêtre pendant que Mc Coy essaie de calmer Magnéto. Mais le filou a le temps de tirer !

Heureusement, Mystic a déjà brisé la fenêtre de la pièce où se tenait la réunion, et tombe donc déjà vers la place, quelques mètres plus bas, où la presse du monde entier attend. La balle devrait l’éviter… sauf que Magnéto, tout en se battant avec Mc Coy, parvient à courber la trajectoire du projectile… qui touche Mystic à la jambe !

Oui, sans voir à l’extérieur. Mais c’est un détail : depuis quand faut-il voir sa cible pour guider ses balles et faire quelque chose d’aussi simple que toucher quelqu’un tombant à pleine vitesse depuis l’étage d’une ambassade ?

Sacré Magnéto, va. Lui aussi développe de nouveaux pouvoirs, semble-t-il. Il faudra le présenter à Shadowcat, la fille qui traverse les murs, et puis pouf, fait voyager les esprits dans le temps parce que hein, hé, ho, hein, bon.

Mais qu’importe, nous n’en sommes plus à cela près.

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Et puisque tout le monde se posait la question : oui, Omar est bien victime du syndrome du Grand Journal qu’il partage avec son ami Mouloud, à savoir qu’on l’annonce dans un blockbuster et en fait il a un troisième rôle dans deux scènes avec une demi-ligne de dialogue. Je suis désolé. Et non, il ne rit même pas.

Car alors que blessée, Mystic s’écrase comme une bouse bleue sur les pavés de la place voisine, toute la presse braque ses caméras sur cette mutante à l’apparence mystérieuse, qui vient d’apparaître alors qu’on a entendu des coups de feu. Diable, mais que se passe-t-il ? Mystic tente bien de fuir, mais Magneto s’est déjà lancé à sa poursuite : il voudrait bien l’achever, mais Mc Coy, qui essaie toujours de lui péter la gueule sous son apparence du Fauve (ça commence à bien faire, tous ces gens bleus, on se croirait dans Avatar), le déconcentre un peu et Mystic finit donc pas profiter du bordel général (à noter que la sécurité locale ne remue pas un orteil, faudrait pas déranger) pour mettre les voiles sous l’apparence d’un vieux qui boîte (elle génère même une canne à partir de rien, elle aussi est de plus en plus forte).

Magnéto, qui a réussi à se débarrasser du Fauve, est donc bien embêté : ah, comment diable pourrait-il retrouver une changeforme dans la foule ? Si seulement celle-ci avait un objet métallique sur elle, comme disons, une balle dans la jambe pour la repérer… bon, allez, tant pis : il va plutôt se barrer. Et là encore, sans être embêté. Hop. Idem pour Wolverine (qui a retrouvé ses esprits) et Xavier, qui après avoir récupéré Mc Coy, quittent donc les lieux tranquille pépère sans que personne ne les embête.

Une seconde, je vais chercher ma coke en intraveineuse et je reviens.

Voilà, on peut continuer.

Donc, disais-je, tout le monde repart tranquillement pendant que la sécurité et la police française sont occupées à lire du Proust en fumant la pipe près de la cheminée. Mais toute la presse, elle, parle par contre de l’affaire, et c’est ainsi que le président des Etats-Unis en personne, Richard Nixon, est bien étonné de tout ce bazar. Et par un heureux hasard, a déjà l’ami Bolivar Trask dans son bureau au milieu de tous ses conseillers, qui lui explique que hahaha, il le savait, ça devait arriver ! Et dire que le congrès a rejeté son projet Sentinelle… autant dire qu’aussitôt, le président en personne valide le projet, lui accorde tout le pognon nécessaire, et en plus, lui propose de lui filer l’ADN de Mystic, retrouvé sur le pavé à Paris par la police française, là où elle était tombée, blessée !

Oui parce qu’en 1973, c’est connu, la police française relevait l’ADN et mieux encore, le distribuait à qui de droit sur simple demande.

Non, vraiment : stop.

Allez, dégageons d’ici pour aller voir si ailleurs, le film tiendrait un peu mieux debout. Ce qui est une subtile transition puisqu’à New York, de retour au manoir Xavier, le professeur sent que son sérum arrête de faire effet et ses jambes le lâchent pendant que ses pouvoirs lui reviennent. Mc Coy lui prépare aussitôt une nouvelle dose de sérum, mais pour la première fois du film, Xavier prend une décision intelligente : il refuse de se l’injecter. Ses pouvoirs pouvant potentiellement sauver le monde, il choisit d’abandonner ses jambes pour redevenir télépathe, et retourne donc dans son célèbre fauteuil roulant (qui, poussé par Vif-Argent, pourrait faire de lui une bête à Super Mario Kart mais là n’est pas le sujet). Avec lequel il se rend jusqu’au Cerebro, sa machine montée maison mais top-design quand même lui permettant de décupler ses pouvoirs et de pouvoir entrer en contact avec tous les esprits de la planète et de les pénétrer avec aisance. Wolverine est tout fou, il sait que ça va enfin permettre de faire avancer le script.

"Professeur, c’est formidable ! Avec ça, vous allez pouvoir sans bouger de chez vous influencer Bolivar Trask et lui faire aimer les mutants. Comme ça, plus de sentinelles, plus de danger et pas une goutte de sang versée !
- Hein ? Mais non Wolverine, enfin ! A la place, je vais plutôt me servir de la machine pour retrouver Mystic et ensuite faire du rien et laisser Bolivar Trask tenter de nous exterminer avec ses sentinelles !"

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Okay. Je retire ce que j’ai dit sur la décision intelligente du professeur Xavier un peu plus haut, il reste égal à lui-même.

Toujours est-il qu’en utilisant le Cerebro, Xavier a un peu perdu l’habitude et perd le contrôle avant même d’arriver à quoi que ce soit. Il se met donc à couiner que ses pouvoirs sont nuls, qu’il n’arrive à rien en faire, que de toute manière il est naze et qu’il va retourner dans sa chambre se faire des couettes et écouter Kyo en écrivant des poèmes sur son agenda Hello Kitty. Wolverine, qui essaie de ne pas lui dire qu’il devrait en effet se faire des couettes tant qu’il le peut encore, se lance dans un grand discours sur le fait que rhooo, mais non professeur, vous n’êtes pas une crotte, enfin pas une si grosse, enfin… bon bref, allons allons. Et l’invite à lire son esprit, pour voir toutes les bonnes choses qu’il réussira justement à faire dans le futur. Xavier, curieux, s’exécute donc.

Si au départ, Xavier ne voit que toutes les souffrances du pauvre petit Wolverine ("Mon dieu, tu as eu DEUX films pourris à ton nom ?"), il finit par découvrir un futur où durant un temps, son école aide moult jeunes mutants. Puis, ses pouvoirs font un truc fort mystérieux : puisqu’il explore l’esprit de Wolverine, lui-même relié avec le futur grâce aux pouvoirs de Shadowcat, Xavier parvient à projeter son esprit dans le futur et ainsi… à rentrer en contact avec l’esprit de son lui-même du futur, qui se tient juste à côté de Wolverine ! La conversation est donc fameuse :

"Hooo ! Moi-même du futur !
- Salut, moi-même du passé. J’ai tant de choses à te dire.
- J’aimerais surtout savoir pourquoi je vais devenir tout chauve. Bon, ça tombe bien qu’on discute, puisque comme tu es moi-même du futur, tu dois avoir tous mes souvenirs, et ainsi savoir à partir d’ici quels sont les erreurs que je dois éviter et choix que je dois faire pour résoudre tout ce vaste bordel.
- Oui mais non, puisque là encore, le script n’a pas prévu cette éventualité. Tu ne veux pas plutôt un discours cucu la praline sur l’espoir et l’avenir ?
- C’est complètement con.
- Je te rappelle que je suis toi.
- Ha ben oui, c’est vrai, du coup, ça se tient.
- Parfait : bon alors, sache que tu dois avoir confiance en toi, que l’avenir te réserve plein de bonnes choses et qu’investir dans la région de Fukushima n’est pas une riche idée.
- Okay merci. Bon, je retourne dans le présent… enfin mon présent, le passé quoi.
- Ça marche. Et ne t’inquiète pas : maintenant que l’on a découvert que l’on pouvait communiquer entre passé et futur via Wolverine, je propose de ne plus le faire du film, des fois que ça puisse être utile.
- Je me reconnais bien là, hohoho.
- Huhuhu.
- Allez, j’me casse."

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Le jeune Xavier retourne donc dans son présent, et sourit à Wolverine : maintenant qu’il a confiance en lui, il peut utiliser ses pouvoirs plus sereinement, et donc retenter d’utiliser le Cerebro. Grâce à celui-ci, non seulement il retrouve Mystic, en train de se balader dans un aéroport à l’autre bout du monde, mais en plus il utilise ses pouvoirs pour prendre possession de gens et ainsi parler à Mystic (d’habitude, il ne se servait du Cerebro que pour faire des blagues, comme faire chanter du Patrick Sébastien aux réunions de l’Académie Française). Il apparaît même sous forme d’illusion pour là encore, tenter de la remettre sur le droit chemin. Wolverine tente bien quelque chose :

"Mais professeur, pourquoi vous ne l’arrêtez pas directement, elle, en rentrant dans sa tête ?
- Parce qu’elle ne me laisse pas rentrer !"

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Ah ben oui, tiens. Parce que c’est connu : d’habitude, pour forcer quelqu’un à faire quelque chose qu’il ne ferait pas autrement via la manipulation mentale, les gens se laissent faire bien volontiers. "Je vous en prie, allez-y professeur, obligez-moi à faire ce que je ne veux pas faire volontairement." Non mais sérieusement ?

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"Je vais me concentrer très fort et grâce au Cerebro, je pourrai influencer les gens, mais uniquement s’ils sont déjà d’accord avec moi !"

Du coup, et c’est fou, comme Mystic ne veut pas laisser Xavier l’obliger à faire l’inverse de ce qu’elle souhaite, Xavier repart broucouille. Tout au plus a-t-il, en prenant possession des pinpins du coin, réussi à trouver la destination de l’avion que Mystic allait prendre, qui n’est autre que Washington. En effet, afin de célébrer le lancement du projet Sentinelle, une grande conférence de presse y est donnée. Nul doute que c’est là que Mystic tentera à nouveau de tuer Trask !

Sauf que pendant ce temps, à l’autre bout du pays, un train transporte les sentinelles vers Washington justement pour la cérémonie, puisque 8 prototypes sont déjà prêts. Ces versions de 1973 bien éloignées de leurs cousins du futur sont armées de mitrailleuses, disposent de réacteurs d’avions pour voler, et ont toutes le fameux pouic-pouic à mutants de Trask intégrés pour détecter leurs cibles. D’ailleurs, histoire de se vautrer encore un peu, Trask a bien expliqué que ces robots sont conçus à 100% sans le moindre métal, justement pour pouvoir combattre des gens comme Magnéto !

On supposera donc que les mitrailleuses sont en bois, le réacteur d’avion en papier de riz et les circuits imprimés en bambou.

J’ai clairement l’impression que ce film se complaît à se foutre de ma gueule.

D’ailleurs, et quand bien même, quel plan génial, ami Trask ! Toute ton armée faite d’une autre matière que celle que Magnéto peut manipuler, excellente idée ! Ça a dû te coûter, quoi, quelques milliards au bas mot ? Et sinon, tu as pensé qu’un autre mutant pourrait, au hasard, avoir lui le pouvoir de manipuler cette matière là et donc poser exactement le même problème ? Non ?

C’est ballot.

Bref : alors que le train trimbale les prototypes, justement, Magnéto qui passait par là décide de démonter des rails, non pas devant le train pour le faire dérailler et ainsi détruire les prototypes, mais derrière pour les récupérer, en dépiauter l’acier, et envoyer le tout sous forme de fils fins comme des câbles dans les sentinelles… pour en prendre le contrôle.

Parce que oui, là encore, Magnéto (qui était au-dehors du train) est capable de diriger le métal dans les wagons, où il n’a pourtant aucun angle de vue, de placer les câbles sur 8 robots avec une précision de chirurgien là encore sans les voir, et en plus de savoir exactement où placer quoi pour les pirater sans avoir les plans ou la moindre connaissance du sujet.

Où diantre est ce bouton pour doubler ma dose de coke ? Ah, voilà.

Au même moment (enfin plus ou moins, je me comprends), dans le futur où rien n’a bougé, donc, Doudou Bishop et ses amis voient soudain arriver au loin les sentinelles ! Il va y avoir un affrontement farouche, voir une baston, et potentiellement une branlée. Il faut donc les retenir le temps que Wolverine achève sa mission dans le passé, même si ça n’a strictement aucun sens, allez, on s’en fout ! Tiens mais au fait, au début du film, on nous expliquait pas qu’à la moindre attaque de sentinelle, il suffisait d’aller dans le passé prévenir l’équipe de changer de planque avant que ça ne parte en cacahuète pour sauver la situation ? Alors on me dira "Oui, mais là, Shadowcat est occupée avec Wolverine qui ignore tout de ce qu’il se passe dans le futur !"

C’est vrai.

Ah, si seulement il y avait dans le futur un personnage super intelligent et télépathe qui avait découvert deux scènes avant qu’il pouvait, au travers de Wolverine, communiquer avec le passé, et ainsi informer son lui-même de l’époque que la planque de Chine ne serait pas assez sûre…

Vraiment : les mecs nous ont expliqué cette stratégie au début du film comme ça, hop. Et au moment de l’appliquer, ils préfèrent faire du rien.

Mais comme ça, au moins, il y a une scène de bataille épique. Que l’on avait pas du tout vu venir.

Dans le passé, donc en attendant, Nixon débute une conférence de presse dans la cour de la Maison Blanche devant un gros drapeau américain marqué du sigle des industries Trask (c’est connu, tous les présidents adorent se montrer en public devant un drapeau vendu à un groupe extérieur, qui n’a jamais vu le drapeau américain couvert de sponsors après tout ?). Xavier, Wolverine et Mc Coy cherchent donc dans la foule à identifier où se planque Mystic, et Xavier finit par la trouver, habilement déguisée en agent de la sécurité présidentielle. Sauf qu’avant que celle-ci ne puisse agir correctement, ou que les mutants ne puissent l’intercepter (qui a eu l’idée de virer Vif-Argent, déjà ?) un phénomène étrange surprend tout le monde :

  • D’abord, les 8 sentinelles présentées au public s’activent seules… et commencent à tirer sur la sécurité
  • Ensuite, un stade de baseball volant (si, si) survole la capitale, avec Magnéto en son centre, qui lévite avec lui

C’est en effet peu banal, tant d’habitude les stades sont connus pour être plutôt ras des pâquerettes de bien des manières.

Le plan de Magnéto est pourtant simple : il oblige tout le monde à reculer grâce aux sentinelles sous son contrôle (ah, les prototypes piratés… un truc jamais vu chez Marvel), et force ainsi le président à se planquer dans son bunker sous la Maison Blanche. Mystic arrive à se glisser dans la suite présidentielle, pendant qu’à la surface, Magnéto écrase le stade autour de la Maison Blanche… formant ainsi une énorme enceinte autour de celle-ci ! La police est donc bloquée dehors, alors que les sentinelles les empêchent d’approcher. Wolverine et Mc Coy tentent bien d’empêcher le bougre d’accomplir ses noirs desseins, mais les deux sont mis hors de combat, Wolverine étant plus précisément transpercé de morceaux d’armature de béton du stade par Magnéto, avant que celui-ci ne le propulse au fond du fleuve le plus proche. Où il se noie donc (mais sa capacité à se régénérer lui permet aussi de se remettre de la noyade, hop). Et est donc indisponible pour un moment !

Dans le futur, on constate donc que Wolverine doit avoir un souci puisqu’il semble se noyer. C’est donc un peu la panique : car d’un côté, les sentinelles approchent toujours malgré la résistance des mutants pour protéger leur cachette chinoise, et de l’autre Wolverine est hors-de-combat.

Hmmm… attendez, si je comprends bien, la mission de Wolverine vient de s’achever, non ? Pas comme prévu, mais c’est fini, n’est-ce pas ?

Alors pourquoi le futur ne change-t-il pas ?

Hé bien parce que selon le film, Wolverine ou pas, il faut désormais attendre (dans le futur) que les gens du passé arrêtent Magnéto & co. Donc accrochez-vous, puisque cela signifie aussi, que si le temps se déroule de la même manière dans le présent et le passé, et qu’il faut attendre que les gens du passé agissent pour influencer le futur (au lieu que tout se répercute instantanément), cela signifie que pour que les gens 50 ans dans le futur soient enfin sauvés, il va falloir attendre… 50 ans.

Non, sans rire les enfants : arrêtez avec les voyages dans le temps. Quand on ne sait pas gérer, on ne fait pas.

Bref : dans le passé, donc, Magnéto débarrassé de Mc Coy et Wolverine est enfin tranquille. Il reste bien Xavier, coincé sous des morceaux de stade, mais ce dernier ne peut rien contre Magnéto, le bougre ayant retrouvé avant de venir son casque moche lui permettant de résister aux pouvoirs mentaux du professeur (ah bon ? Mais plus tôt dans le film, on a expliqué qu’avec Mystic, il suffisait de "ne pas vouloir laisser le professeur rentrer dans sa tête" pour qu’il ne puisse rien faire, non ? Donc soit le casque ne sert à rien, soit quelqu’un a sorti un gros baratin pour empêcher le film de se terminer plus vite. Ah, suspens…). Magnéto décide donc d’utiliser ses grands pouvoirs de mutant magnétique pour orienter toutes les caméras qui restaient encore dans le jardin de la Maison Blanche vers lui, puis utilise ses talents surnaturels pour tirer le bunker présidentiel hors de terre et l’ouvrir comme une boîte de conserve. A l’intérieur, il y trouve donc Trask (qui a son bidule qui fait POUIIIIIC en boucle dans sa veste, ce qui lui donne un certain charisme, reconnaissons-le), le président Nixon, et il ne sait pas encore, mais Mystic, toujours déguisée en agent de la sécurité présidentielle. Magnéto triomphe donc :

"Hahaha, président Nixon ! Pour avoir lancé le programme Sentinelle d’éradication des mutants, je vais vous tuer devant le monde entier, vous et vos copains !
- Pardon ? Mais Monsieur Magnéto, il y a erreur !
- Comment donc ?
- Hé bien, je veux dire, vous venez de faire léviter un bâtiment entier, de pirater les sentinelles, de créer une diversion, de nous enfermer avec le stade volant, d’attendre que je sois dans le bunker présidentiel suite à cet assaut pour mieux m’en sortir de force, et tout et tout…
- Certes, et ?
- Et c’est que, si vous vouliez me tuer devant toutes les caméras, il vous suffisait d’ordonner à une sentinelle de me tuer. Ça prenait deux secondes, c’était sans risques et en plus ça décrédibilisait à jamais ce programme contre les mutants. Vous gagniez sur tous les fronts et pouviez faire le kéké en montrant comment il ne fallait pas faire chier les mutants.
- …
- Oui ?
- Je me sens… comment dire… comme un vulgaire professeur Xavier.
- Ho. Allons, tout de même. N’exagérez pas : c’était certes un plan de merde inutile visant à faire durer le film avec plein de spectacle sans aucun sens, mais vous au moins, personne ne prétend que votre personnage est un génie. Allez, faisons câlin et oublions ce gros malentendu."

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Magnéto, réalisant que l’ensemble de son plan ne servait qu’en fait à faire monter le budget du film pour des raisons absolument incohérentes. Notez la confusion et le mépris pour le scénariste sous le casque.

Sauf que Magnéto est là pour tuer le président, pas pour lui faire des câlins, merdum. Et exige donc qu’il sorte de ce qu’il reste du bunker pour mourir au grand jour. Ce qu’il fait.

Mais pas de bol, en réalité, il s’agit là de Mystic ! Qui a sur elle un pistolet en plastique avec des balles du même acabit, et s’en sert donc pour blesser Magneto et ainsi l’empêcher de faire du mal au président et sa suite. Mystic, qui a pris sa vraie apparence pour bien montrer devant toutes les caméras que les mutants pouvaient être gentils, parce qu’en fait, elle est cool, enlève donc son casque à Magnéto, et Xavier peut ainsi entrer dans son esprit et l’obliger à arrêter les sentinelles et calmer tout son bordel (mais pas à le rendre gentil, faut quand même pas déconner).

Magnéto ainsi neutralisé, Mystic se tourne vers Trask, son arme à nouveau prête à faire feu. Elle hésite un moment, pendant que Xavier tient un énième discours cucu, et finalement, ne tire pas.

Les journaux titreront dès le lendemain : "Une mutante sauve le président, donc les mutants sont cools".

Sauf Le Point qui titre "Mutants – les nouveaux Franc-Maçons ?", bien évidemment.

Pendant ce temps, donc, dans le futur, c’est la merdouille : les mutants se font tatane, alors que le passé n’a pas encore magiquement modifié le futur. La porte de la salle où se cachent les mutants va-t-elle tenir suffisamment longtemps ? Ah, si seulement (oui, encore) il y avait dans l’équipe quelqu’un capable de faire des portails pour téléporter l’équipe en sécurité ou à l’inverse, en mettre un sur la porte histoire que toute tentative de l’enfoncer s’achève par une réapparition sur la lune (au hasard, sinon ailleurs, je ne suis pas regardant). Ou quelqu’un capable de déclencher une tornade juste devant. Ou…

Ah mais oui, non : il n’y a que des grosses buses, au temps pour moi.

Bref, comme vous l’imaginez, les sentinelles tuent tout et tout le monde jusqu’à la porte, commencent à enfoncer celle-ci, et à la seconde où elles vont tuer le professeur Xavier…

… c’est exactement à la même seconde que Mystic sauve le président dans le passé, et que le film décide que ça y est, pif pouf, le script s’active et le futur est modifié !

Non vraiment : on ne s’y attendait pas. Tout s’arrête donc et disparaît.

Wolverine quitte donc le passé pour se réveiller dans le futur. Il ne le sait pas, mais peu après ces événements, Mystic est aussi venue le sauver de la rivière puisque par la magie du pipeau, elle savait exactement où Wolverine avait coulé alors qu’elle était dans le bunker présidentiel quand c’est arrivé. C’est donc déguisée en officier qu’elle a envoyé une vedette de police le repêcher et le sortir de la mouise métallique et sous-marine dans laquelle il était.

Mais bref, donc : Wolverine est bien vivant et dans le futur. Sauf qu’ici, plus de New York en ruines : il est à l’école des surdoués du professeur Xavier, qui est en parfait état. Mieux encore : tous ceux qui étaient morts durant la guerre avec les sentinelles sont à nouveau vivants et bien vivants ! La guerre n’a jamais existé grâce à tout cela… et seul Wolverine se souvient donc de l’univers original. D’ailleurs, même son amour de jeunesse, Jean, est à nouveau vivante puisque quitte à sauver le monde des pires horreurs, visiblement, Wolverine a même réussi à empêcher X-Men 3 d’arriver (moi aussi, j’ai envie de vivre dans un monde où ce film n’a jamais existé).

Tout le monde est donc heureux, et croisant le professeur Xavier dans l’école, ce dernier s’étonne de voir Wolverine ici : il a un cours d’histoire à donner aux plus jeunes. Wolverine explique donc que là, il revient d’un futur alternatif, donc que c’est lui qui aurait bien besoin d’un cours d’histoire sur ces 50 dernières années.  Tout est donc bien qui finit bien et…

… FIN !

Je rappelle que nombre de fans parlent du "meilleur de la série".

Dès lors, que penser des autres ?

Ma santé mentale vacille.

_________________________

Oh, et oui, il y a bien une scène post-générique, comme le veut la grande mode. On y voit, dans l’antiquité un albinos mystérieux faire le kakou en montant des pyramides en manipulant par son esprit des assemblages de bloc de granit qui volent dans les airs.

J’en ai donc naturellement aisément déduit la seule explication logique à ce teaser :

La prochaine licence adaptée au cinéma, c’est Tétris.

"Diego, couche-toi !"

Le serviteur se jeta au sol, esquivant de justesse la rafale de projectiles qui vint s’écraser en crépitant sur le véhicule voisin. Se relevant péniblement  pour s’adosser à la berline, Diego observa son maître occupé à jeter un coup d’œil par-dessus une portière entrouverte et malmenée.

"Bon sang Monsieur, comment nous ont-ils encerclés comme ça ?
- Je l’ignore Diego. A cette saison, les mauvais films sont plus nombreux, plus sauvages, mais tout de même. Je n’en ai jamais vu autant. Et pourtant, j’en ai vu des étés. Mais là : R.IP.D Brigade Fantôme, The Lone Ranger, Insaisissables, Crazy Joe…
- Oui mais… attention !"

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Diego se baissa pour laissa la place à son employeur qui fit claquer son Maüser à plusieurs reprises pour repousser un assaillant qui recula en grognant.

"Bon sang, il est agressif celui-là ! C’est lequel ?
- World War Z, il essaie régulièrement de venir squatter celui-là. Mais je ne peux pas être partout, et encore moins là où il y a des zombies, c’est un blog sérieux ici. On va se contenter de le repousser. Tout au plus on dira que c’est un film dans lequel les zombies sont quelque part entre Dr House et Lassie et puis basta. 
- Mais il y a trop de merdes à spoiler Monsieur ! Il faut bien commencer par une !
- Alors on va faire celle-là là-bas."

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Suivant le regard de son maître, Diego fronça les sourcils en voyant un mauvais film à quelque distance de là.

"Celui-là ? Wolverine : le combat de l’immortel ? Mais pourquoi ?
- Parce qu’il le faut Diego. Te souviens-tu du premier volet ?
- Je… je crois que j’en rêve parfois.
- Tu te rappelles ? Toute l’intrigue qui reposait sur une équipe scientifique qui a le choix entre deux cobayes, un volontaire et l’autre non, et qui choisit le second et du coup passe tout le film à s’emmerder ?
- C’est vrai que c’était pourri. 
- Alors on va commencer par celui-là. Tu es prêt Diego ?
- Non."
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Hélas, comme il s’y attendait, son employeur se contenta de prendre son habituel sourire sadique puis de ricaner en lançant :

"Spoilons, mes bons !"

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L’affiche : oooh, mais qu’est-ce que je lis tout en bas ? "En 3D". Et vous connaissez le proverbe : "If you can’t do it right, do it in 3D"

Notre film s’ouvre sur la paisible cité de Nagasaki un beau matin de 1945. Alors que le peuple japonais se prépare à une nouvelle grande journée à une époque bénie où la Japan expo n’existait pas encore, voici qu’un bruit de moteur trouble le ciel : un gros B-29 est en train de se traîner paresseusement jusqu’au dessus de la ville, ce qui n’inspire guère confiance aux locaux qui ont appris que l’autre jour, il s’était un peu passé la même chose à Hiroshima et que ça a provoqué un bond technologique local en matière de lyophilisation. C’est donc au son de "On avait dit qu’on attaquait pas les points de respawn !" que les soldats du cru lancent les sirènes et que tout le monde se met à courir dans tous les sens.

Tout le monde ? Non. Yashida, un jeune soldat affecté à un camp de prisonniers décide de libérer les soldats américains pour leur donner une chance de s’en sortir, et ce sans que ses officiers ne disent rien puisque c’est connu, les japonais étaient d’une courtoisie légendaire avec leurs hôtes. Seul un prisonnier occidental ne peut fuir : un certain Logan, alias Wolverine (je serais curieux de savoir comment ils l’ont capturé sachant que le film repose sur le fait que les armes ne lui font rien, mais passons, peut-être ont-ils utilisé un très gros collet avec un tapas comme appât), car il a été enfermé dans le seul bunker du coin puisqu’étant difficile à contrôler. Attendez, je me relis… oui, c’est ça : des types craignant des bombardements ont filé leur seul et unique bunker à un prisonnier qu’ils n’aiment pas trop.

D’accord. Remarquez, après Man of Steel, plus rien ne m’étonne sur le sujet.

Toujours est-il que le soldat Yashida brise les cadenas empêchant Logan de quitter sa planque, puis en bon soldat japonais, il court rejoindre ses petits camarades, occupés à se suicider avant même que la bombe américaine ne touche le sol (si l’on en croit ce film, il aurait donc suffi aux américains de larguer des trucs sur le pays pour que tout le monde se suicide : pourvu qu’ils ne connaissent jamais la famine, sinon ça va être le bordel en cas de largage de ravitaillement de l’ONU). Mais alors que le bougre hésite, ses petits camarades ayant déjà lancé une opération de trifouillage de leur propre bidou à coups de lame, la bombe atomique tombe sur Nagasaki et une énorme boule de feu se forme et commence à grossir jusqu’à atteindre le camp de prisonniers, un peu à l’écart.

Sauf que Wolverine étant un mec sympa, il ne veut pas laisser mourir ce pauvre petit soldat du soleil levant si gentil avec ses prisonniers : il court donc l’attraper, retourne avec lui dans son petit bunker, et alors que la température commence à monter si fort que les petits vieux dans un rayon de quelques kilomètres se sont instantanément transformés en pruneaux, Wolverine se couche sur son camarade et essaie de le protéger de son mieux avec des éléments du bunkers qui traînent, histoire d’éviter de le voir finir en grillade. L’apocalypse ne dure qu’un temps, et bientôt, c’est donc un Yashida un peu choqué qui ouvre les yeux pour découvrir son sauveur tellement brûlé qu’il ressemble à un steak trois poivres anthropomorphe mais… se régénère sous ses yeux !

"Mais… mais tu es… 
- Oui je suis un mut…
- Tu es le glouton !"

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Oui, je sais. Car oui : évidemment, le japonais, le baptise aussitôt de l’équivalent japonais de Wolvérine, ou "glouton" en français. Non parce que c’est vrai : voir un type se régénérer suite à une explosion atomique, ça fait forcément penser à un animal dont la principale spécialité connue est de taper dans le panier de pique-nique des trappeurs ou déféquer entre les framboises. Alors de deux : soit au Japon, le glouton est un animal particulièrement dangereux et vaguement immortel ce qui est peut-être une conséquence de Fukushima, soit notre bon Yashida est tout simplement complètement con. Toujours est-il qu’en remerciement de ce sauvetage, il propose d’offrir son katana à Wolverine, qui refuse ne souhaitant pas s’encombrer. Mais comme l’asiatique insiste, il lui explique que bon, okay, il veut bien le sabre, mais c’est Yashida qui aura la garde, merde, éventuellement il viendra le voir une semaine sur deux. Après un dernier conseil de Yashida, à savoir "Si jamais ça devait te servir dans le film, sache qu’un sabre japonais se tient toujours à deux mains", les deux se séparent.

Bondissons dans le temps et retrouvons donc Logan au XXIe siècle, vivant désormais en vieil ermite hirsute dans une forêt canadienne. Enfin, quand je dis "vieux" : n’oubliez pas jeunes gens que notre héros se régénère en permanence et ne vieillit donc pas. Et coup de bol, son pouvoir ne s’est pas activé trop tôt, le bloquant dans un corps d’ado boutonneux. Bref, plutôt que d’être condamné à une éternité de Biactol, Logan s’est condamné tout seul à une vie de solitude : en effet, il est toujours poursuivi par les événements des précédents films X-Men, et particulièrement par le fait qu’il a dû péter la gueule à son seul amour, Jean Grey, qui était devenue un peu taquine et essayait par exemple d’exterminer l’humanité. Son seul ami est désormais Pompon, un grizzli coquin qui aime bien pêcher la truite à coups de griffes, chasser l’orignal à coups de dents, et faire de l’exhibitionnisme à proxmité des chemins de randonnée (quel coquin ce Pompon). Seulement voilà : un jour, Logan constate que les piles de sa petite radio (dont il se sert pour écouter de la musique classique, mais tout le monde sait qu’il écoute les Grosses Têtes et Nicki Minaj quand personne ne le regarde) sont en train de lâcher, et se rend donc en ville pour en acheter de nouvelles. Et note sur place que des chasseurs sont en train de préparer diverses armes pour aller pratiquer leur loisir préféré. Rien d’extraordinaire, donc.

Pour rappel, voilà ce qu’est un wolverine ou "glouton". Ah, ça fait moins son malin.

Sauf que la nuit suivante, Logan est réveillé par des cris comme "Aaaah !" "Ooooh !" ou "Pompoooon, enculéééééééé !" (ah, ces chasseurs) et allant chercher l’origine de tout ce bordel parce que merde, il y a des clodos sylvestres qui aimeraient bien pioncer, il découvre le campement des chasseurs ravagé. Et en suivant les traces d’ours voisines, tombe sur Pompon, visiblement bien mal en point quand bien même seul un carreau d’arbalète de chasse l’a touché : des carreaux empoisonnés ! Ni une, ni deux, Logan achève son ami condamné d’un bon coup de griffes puis s’en va en ville, quelque peu bougon pour tirer cette histoire au clair, voire péter quelques gueules, histoire de.

Dans le bar local, l’un des chasseurs est en train d’expliquer que le grizzli a tué tous ses amis, et que seul lui s’en est sorti, ce qui le rend très triste car il n’a plus personne avec qui chasser la galinette cendrée. Logan vient donc le trouver, et lui plante dans la main le carreau d’arbalète qu’il a ôté de son ami feu le nounours, comme ça, pour déconner, parce que ça brise la glace et permet de converser de manière plus posée. Puis le torture un peu pour lui faire reconnaître qu’il utilise des carreaux empoisonnés interdits, ce qui a rendu le grizzli fou et est donc à l’origine de la mort de ses copains chasseurs.

Et, oui, en plein milieu du bar. Parce qu’au Canada, torturer les gens dans un endroit public est autorisé entre 8h et 22h sauf à proximité d’un groupe scolaire, comme chacun sait.

Toujours est-il que le ton monte un peu quand même (il serait temps) et que Wolverine commence à mettre des claques aux quelques personnes qui viennent défendre le vilain chasseur. On frôle la boucherie grâce à l’intervention d’une jeune asiatique qui s’interpose et demande à tout le monde de se calmer. Et explique même à Wolverine qu’il est inutile de se fatiguer : les trois hommes avec qui il se battait dans le bar mourront dans très exactement une semaine dans un accident de voiture.

"Hein ?" fait Wolverine, intrigué, avant de fuir les lieux avec la jeune fille des fois que, à tout hasard, quelqu’un ait appelé la police. Et tous deux disparaissent donc dans la nuit à bord du véhicule de la damoiselle qui, lors des plans intérieurs est toutes lumières allumées, et lors des plans extérieurs, toutes lumières éteintes parce que la réalisation, c’est un métier difficile, voyez-vous. Dans tous les cas, la discussion s’engage.

"Bonjour Wolverine, je suis si heureuse de vous avoir trouvé !
- Je ne suis plus Wolverine parce que je suis un héros torturé. Appelle-moi Logan. 
- Si tu veux Wolverine. 
- Je… bon, je vais faire comme si de rien n’était. Qui es-tu ? Pourquoi me cherchais-tu ?
- Je suis Yukio, et mon employeur, Monsieur Yashida, voulait absolument vous revoir.
- Ce qui n’explique pas comment tu m’as trouvé sachant que je vivais dans les bois avec Pompon l’ours et pour seul contact avec la civilisation un achat de piles tous les trois mois. C’est Pompon qui m’a balancé c’est ça ? Je lui ai toujours trouvé un côté un peu pupute. Alors, comment ?
- Heu je… hem ce… ce n’est pas très intéressant.
- Ah nan mais si parce que du coup ça veut dire que tu es super forte et peux retrouver n’importe qui n’importe où ! Bon, alors, il est où Magnéto ?
- Hem, je propose de changer de sujet et de revenir au script. Vous ne voulez pas savoir pourquoi Monsieur Yashida veut vous revoir ?
- Okay : pourquoi Monsieur Yashida veut me revoir ?
- Hé bien parce qu’il va mourir, il est tout vieux, là on sent qu’il va claquer le papy. Du coup, il tient à vous revoir une dernière fois pour vous faire ses adieux. Ho, et il vous fait remettre ce splendide katana sur lequel il a veillé toute sa vie mais dont la propriété vous revient.
- Super. Bon, où je le retrouve ? 
- A Tokyo.
- Rooooh, relou. Bon, je veux bien, mais alors je n’y reste pas plus de 24 heures. 
- Paaarfait. Je vous conduis jusqu’au jet privé qui nous attend."

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Wolverine et Yukio se rendent donc à un aéroport du cru et sautent dans un jet de la compagnie Yashida, puisque le petit soldat que Logan a connu est devenu multimilliardaire depuis (jamais les héros ne connaissent de vulgaires ploucs : c’est comme les gens avec des vies antérieures déclarées, personne ne se souvient avoir été paysan dans les Deux Sèvres, tout le monde a été princesse, empereur ou courtisan). Dans l’avion en tout cas, Wolverine finit par poser une bonne question (si) :

"Au fait, dans le bar vous avez prédit la mort des trois mecs qui m’emmerdaient. Comment donc ?
- Bah en fait, je suis une mutante et j’ai le pouvoir de lire l’avenir. Mais je vois juste la mort des gens, c’est un peu pourri.
- Ça doit quand même être pratique pour faire des paris. Bon et alors du coup, je meurs quand moi ? Et papy Yashida ?
- Je propose de ne pas en parler. Histoire de ne pas pourrir le spectateur de suite.
- Okay."

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L’avion se pose donc à Tokyo et alors que le soir tombe sur la ville, Wolverine est emmené à la résidence Yashida où des dizaines de vigiles montent la garde, puisque dernièrement, les Yakuzas, la mafia locale, ont tenté de s’infiltrer dans l’endroit et ont menacé le clan. Wolverine découvre donc les différents protagonistes peuplant l’endroit :

  • Papy Yashida : il a bien vieilli depuis Nagasaki, mais il est pété de thunes. C’est la Liliane Bettencourt du film.
  • Papa Yashida : c’est le fils de Yashida. Il ne sourit jamais et a l’air très jaloux en permanence. Spectateur, ne vois-tu rien venir ?
  • Pipounette Yashida : c’est la fille de Papa et petite fille de Papy. Elle semble a voir été conçue dans une cuve à niaiserie à partir de barbe à papa.
  • Jean-Jacques : c’est le fiancé de Pipounette. Il est ministre de la justice. Oh, vous ai-je dit qu’il portait un bouc et une moustache ? Vous savez ce que ça veut dire, vous pouvez ranger vos détecteurs de traîtres.
  • Je-suis-gentille-je-le-jure : c’est la cardiologue de Papy. Elle est blonde, russe et mystérieuse.

Misère, c’est moi ou tous mes détecteurs de poncifs sont dans le rouge ?

Je-suis-gentille-je-le-jure : ah non vraiment, on ne voit rien du tout venir. Elle sent tellement la gentillesse, l’innocence, la pureté et limite les carambars.

Bref : après avoir fait un brin de toilette (rasage de barbe & co : rappelons que les poils de notre héros repoussaient après une explosion atomique, mais ne le font pas après un passage chez le coiffeur, ne me demandez pas pourquoi, peut-être utilisent-ils du shampoing à la kryptonite) Logan est emmené voir Papy Yashida dans son infirmerie locale, où les dernières technologies des industries Yashida sont mises à sa disposition : un lit constitué de pistons métalliques super inconfortables (j’ignore qui a eu l’idée, mais ça a l’air fin nul et ne sert qu’à cramer du budget effets spéciaux) mais qui permet de surveiller tout ce qu’il se passe dans le corps du patient, moult écrans, et dans des bocaux, des sortes de minuscules poulpes métalliques dont un semble, si l’on en croit les écrans précédemment évoqués, être dans le corps de Papy Yashida, accroché à son cœur façon pacemaker futuriste. Papy semble très heureux de voir Wolverine.

"Logan… Logan, mon vieil ami… tu n’as pas changé, ton don est… fantastique !
- Ouais, c’est pas mal.
- Mais tu le considères comme une malédiction. Tu aimerais mourir, n’est-ce pas ? Enfin trouver le repos ? Je peux t’offrir cette mort que tu désires.
- Je… c’est vrai que j’y pense Papy ? Mais comment ?
- Hé bien j’ai fait moult recherches grâce à ma super fortune. J’ai découvert qu’il était possible que tu transfères ton don à quelqu’un d’autre…
- Comme ?
- Hem je… grmbll… je pensais à… heu…
- Nabila ?
- Nooooon, nooon… à… hem. A moi.
- Ah. Oui mais non, c’est pas possible.
- Ah bon ?
- Oui parce que ma capacité de régénération est connue pour éjecter les corps étrangers. 
- …
- Corps étranger. C’est une blague raci… rooh, bon, laissez tomber. Vous savez quoi ? Allez vous faire voir.
- Très bien. Tant pis Logan : adieu ! Ho attends, juste avant, t’ai-je montré cette tapisserie qui n’a rien à faire là expliquant que mon clan est protégé par des ninjas ? Oui ? Bon alors tu peux te casser maintenant."

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Tout le monde est très déçu de savoir que Wolverine n’est pas prêt à sauver Papy, mais après tout, c’est son droit. Notre homme est donc invité à passer la nuit sur place, et après lui avoir prêté un pyjama en pilou, le bougre va faire dodo. Et comme toujours, rêve de son amour perdu à qui il ferait bien des bisous. Mais alors que ses songes deviennent toujours plus intenses et que l’on commence à être en droit de craindre pour les draps et les pyjamas de prêt, le rêve de Logan change et il rêve de Je-suis-gentille-je-le-jure qui lui roule un gros patin des familles contenant, entre autres, un des poulpes mécaniques qu’elle mettait dans le corps de Yashida.

Notre héros se réveille donc un peu paniqué puisque le Japon a l’air de changer jusqu’à ses songes : même ses rêves cochons se mettent à impliquer des poulpes histoire de tourner au hentai. Accessoirement, il y a aussi un peu de bordel dans la résidence : Papy vient de passer l’arme à gauche, et on annonce l’enterrement pour le lendemain : Logan accepte de rester le temps de celui-ci. L’occasion pour lui de se préparer et d’obtenir quelques informations :

  • Yukio n’a pas vu venir la mort de Papy, ce qui est louche. Et accessoirement, elle n’est pas une vraie Yashida. Elle est orpheline et Papy l’a adoptée parce que Pipounette n’arrivait pas à se faire des amies. Grosso modo, c’est donc le pokémon de Pipounette.
  • Pipounette semble n’être appréciée ni de son Papa, ni de son Jean-Jacques de fiancé. Elle est limite en nervous-breakdown.
  • Je-suis-gentille-je-le-jure a été recrutée par Papy, personne ne sait d’où elle sort et on insiste bien sur le fait qu’elle est super-über-mystérieuse.

Wolverine se contente de sourciller un peu en découvrant tout cela, mais sans plus. Il se rend donc avec le reste de la troupe directement à l’enterrement de Papy, dont personne n’a finalement vraiment vu le corps, d’ailleurs il ne sera pas exposé, d’ailleurs personne n’a eu le droit de s’y recueillir, d’ailleurs maintenant qu’on y pense, c’est quand même vaguement suspect, mais personne n’évoquera le sujet, pas même son fils ou sa petite-fille, parce que bon, hein, vous savez, ça a tellement peu d’intérêt.

Pendant que les spectateurs ont déjà deviné la fin du film en baillant, la cérémonie funèbre commence (un simple autel avec une photo dédicacée), le tout sous haute surveillance puisque le ministre de la justice est là, et qu’en plus le clan Yashida est menacé par les Yakuza. Sauf que non seulement les Yakuza ont infiltré la place, mais en plus, ils sont au moins 50 !

Tiens, on dirait un agent de sécurité. Vous voudriez dire que lui non plus n’a pas remarqué des dizaines de mecs surtatoués entrant avec, pour rappel, des fusils à pompe ?

Balaises les mecs.

En plein milieu de la cérémonie donc, les vilains gangsters se révèlent et commencent à mitrailler à tout va. Les 250 gardes du ministère de la justice ainsi que ceux du clan Yashida se font donc abattre en environ une milliseconde (ou plutôt : on en parle plus), pendant que Wolverine décide lui qu’il est temps de distribuer des baffes. Et en effet : il tabasse quelques Yakuzas, mais constate qu’il a un petit souci : son corps ne se régénère plus ! Remarquez, il le constate en se mangeant des coups de fusil à pompe, de mitraillette, de pistolet & co, mais il va bien quand même, c’est gentil de vous inquiéter, il se contente juste de boiter un peu (quel réalisme). Logan constate aussi que depuis un toit, un mystérieux archer l’aide à cartonner les brigands (mystérieux archer qui était là depuis le début de la cérémonie, bien visible, mais aucun garde ne pensait à regarder les toits à 2 mètres au-dessus du sol où il ne se cachait même pas, ou alors derrière une demi-tuile). La bagarre se poursuit, Logan tentant de protéger Pipounette comme il le peut, et finalement, il se retrouve à courir dans Tokyo, criblé de balles, en luttant contre les quelques méchants restants (les gentils, eux, genre les gardes, la police ou autre, sont tous partis cueillir des fleurs) jusqu’à parvenir à sauter dans le shinkansen, le TGV japonais en partance pour le sud.

L’occasion d’avoir quelques instants de répits, et de discuter avec Pipounette, dont les répliques ont été écrites par un élève de CM1 qui "doit faire des efforts ce trimestre" comme on dit dans les milieux autorisés (comprendre "est con comme une brique").

"Pipounette, bon sang, que s’est-il passé ?
- Je n’ai pas besoin de vous Monsieur Logan.
- Pardon ? On sort juste d’une scène où tous vos gardes sont morts et où sans moi, vous vous faisiez kidnapper par une hordes de Yakuzas grognons.
- Je ne vois pas le rapport. Je vais plutôt écouter mon baladeur car vous savez, je ne suis pas du tout choquée par une fusillade à l’enterrement de mon grand-père. Et ce qu’a à me dire l’homme qui m’a sauvé la vie et ses pouvoirs mystérieux ne m’intéresse pas.
- Okay, ce film est à chier. Bon, et maintenant ?
- Maintenant je vais aller me cacher dans une propriété familiale dans le sud du pays. Le premier endroit où l’on pensera à venir me chercher.
- Bon, vous êtes donc juste stupide. Vous savez quoi ? Je vais aux toilettes et on en reparle."

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Wolverine s’absente donc dans les toilettes de la voiture pour découvrir qu’en effet : il ne se régénère plus (du coup ses blessures aux mains devraient rester quand il rentre ou sort ses lames, non ? D’ailleurs, ses lames, même si couvertes d’adamantium, c’est un pouvoir de mutant à la base, non, puisqu’elles étaient en os à l’origine ? Donc du coup, elles devraient aussi être bloquées, que je sache ? Bon, remarquez, je chipote : Wolverine n’est jamais que le titre du film et son personnage principal, c’est donc facile d’oublier ce genre de détails).  Bref, Logan s’exclame que roooh, bah crotte de bique, qu’est-ce qu’il se passe ? Bon, remarquez, il ne se demande pas du coup comment il a pu survivre a autant de balles, ça va, il n’est pas très curieux, et se contente de nettoyer ses blessures avec du papier toilette et une demi-bouteille de Volvic. Mais se passe alors l’événement le plus inadmissible qui soit :

Alors qu’il est dans le coin toilettes, des Yakuzas débarquent dans le train (ils sont probablement montés quand… heu… quand… mais siii, vous savez pendant que… bon, allez, ils sont là). Wolverine ne peut donc même pas faire caca en paix, il est obligé de sortir pour leur refaire la margoulette, ce qui est réglé au cours d’une séquence durant laquelle notre héros fait des trous gros comme les gens qu’il balance à travers dans un train allant à 500 kilomètres heures sans que personne ne le remarque, combat sur le toit sans jamais se faire électrocuter comme le premier galopin venu, saute dans tous les sens et plante ses griffes dans la structure sans que personne n’entende le moindre bruit, et regagne finalement l’intérieur tranquillement après avoir claqué tout ce qui était vaguement jaune et tatoué dans le coin (un certain nombre de japonaises ont donc pris cher, mais ont eu le temps de hurler "Sugoïïï !" en se faisant étriper par Hugh Jackman).

Un peu vexé par cette téléportation de Yakuzas directement dans le train, Wolverine décide de descendre avec Pipounette au premier arrêt, et d’aller prendre un hôtel pour la nuit avant de reprendre la route vers le sud. Mais si, vous savez, vers la propriété familiale connue de tout le monde où Wolverine ne voulait pas aller parce que ça lui paraissait stupide : hé bien il a oublié et trouve maintenant l’idée géniale. Soit.

Toujours est-il qu’à l’hôtel, Wolverine finit par se sentir un peu mal, probablement après avoir perdu son 17ème litre de sang coulant de ses blessures, et finit par obtenir quelques soins discrets l’obligeant pour la première fois à être recousu. Mais là n’est pas le sujet : pendant que lui et Pipounette discutent tranquillement du fait qu’il a perdu ses pouvoirs de régénération et qu’il commence fortement à soupçonner Je-suis-gentille-je-le-jure de lui avoir fait un truc qu’il n’aurait en fait pas rêvé (à noter que d’habitude, Wolverine est réveillé par un pet de poule à 500 mètres, mais quand c’est pour se faire rouler des patins à base de poulpe mécanique par la première cardiologue venue, il ne se réveille pas ou ne sort pas ses griffes par réflexe alors qu’on l’agresse, ce qu’il fait pourtant dans 100% des autres cas, c’est beau). Et ça tombe bien, puisqu’ailleurs en ville, Je-suis-gentille-je-le-jure se promène dans les rues bondées d’un quartier chaud quand elle est abordée par un homme d’affaire un peu enthousiaste qui lui propose de venir voir son stylo-plume. Mal lui en prend car la bougresse lui roule un patin sur le champ…

… et le type se met  alors à développer instantanément toutes les maladies possibles et imaginables, son visage se couvrant de pustules alors qu’il meurt, foudroyé.

Pour ceux qui douteraient : l’homme que vous voyez sur cette image et qui ne se régénère plus a pris deux balles de pistolet, une rafale de mitraillette, un coup de fusil à pompe et divers coups d’armes blanches et contondantes. Mais il court encore tranquillement, merci.

Oui, Je-suis-gentille-je-le-jure est en fait une méchante ! Vous ne vous y attendiez pas, hein ? Son nom de mutante est "Vipère" et son pouvoir est de pouvoir refiler toutes les maladies possibles et imaginables si j’ai bien compris. Et ce n’est pas peu dire : la dernière fois que j’ai vu autant de MST dans un seul endroit, c’était en ouvrant Closer, alors tout de même, ça fait peur !

Pardon ? Oui, elle vient de tuer quelqu’un au milieu d’une foule de plusieurs centaines de personnes, pourquoi ? Roooh, comme vous y allez. Le Japon a dû adopter la même loi que les bars canadiens sur la tolérance de la baston, torture et meurtre en public, que voulez-vous que je vous dise ? Vous voyez un établissement scolaire à proximité ? Alors suivez un peu, merde.

Bref : Vipère va donc retrouver dans un coin le mystérieux archer qui avait protégé Pipounette durant l’enterrement de son papy. Nous l’appellerons donc Bob histoire d’avoir des points de repère.

"Vipère… 
- Bob. Alors mon doux, as-tu retrouvé Pipounette et Logan ?
- Heu… on en discute vraiment en pleine rue ?
- Je viens de tuer quelqu’un au même endroit et tout le monde s’en fout, alors tu sais…
- Bon heu… bref, hé bien non. Ils se sont volatilisés.
- Tu ferais bien de les retrouver, Bob. J’ai déjà refilé à Logan un petit cadeau qui emprisonne ses pouvoirs. Méfie-toi que je ne te fasse pas aussi un cadeau.
- Ne t’inquiète pas Vipère, je ne t’aime guère mais je suis Bob, chef des ninjas ayant toujours protégé le clan Yashida, et je retrouverai Pipounette.
- Fort bien… fort bien… sur-ce, je te laisse, j’ai d’autres gens à aller embrasser pour leur filer des maladies.
- Moui. Ton pouvoir c’est de ne pas connaître le dentifrice en fait. Tu es sûre que tu es une mutante ?"

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Dans tous les cas, les deux personnages se séparent. Et nous retrouvons Logan et Pipounette faisant un peu plus tard route vers le sud pour se rendre à Nagasaki, puisque c’est évident, personne ne penserait à surveiller l’endroit qui est le seul point commun entre Logan et Pipounette et où le clan Yashida a une résidence. Je vous passe les détails, mais sur place, il se passe diverses incohérences, comme par exemple cette vieille dame qui ignore que Logan est là mais vient quand même chercher Pipounette pour "dégager un arbre de la route". Ah oui c’est sûr qu’une princesse prout-prout de 38 kilos a toutes les qualifications pour ça. Ou alors mémé avait lu le script et savait qu’il y avait chez elle Super Bûcheron. Tout cela crée quantité de conversations entre nos deux larrons.

"Logan, tu cauchemardes souvent, tu cries la nuit. 
- Oui, c’est ma malédiction, je dois vivre avec mes fautes.
- Tes fautes ? Non parce que visiblement tu rêves surtout que tu vas à l’école en slip, rien de super torturé, hein, essaie pas de survendre.
- Hein ?
- Ah je ne sais pas, toutes les nuits en tout cas tu appelles ton pantalon : "Jean ! Jean !"
- Aaaaaah, nan, nan mais je vois. Non mais Jean c’est pas mon pantalon, il y a erreur. C’était le nom de ma copine. 
- Oh. Pardon. 
- Oui, bon, toujours est-il qu’elle s’était vaguement transformée en Hitler, j’ai donc dû la tuer et l’envoyer dans le pire endroit qui soit : le casting d’Hansel & Gretel.
- Dur. 
- Mais assez parlé de moi. Raconte-moi ta vie avec tous les détails.
- Hé bien pour commencer, j’ai toujours été la chouchoute de mon papy. Il m’a dit qu’il me léguait toute sa fortune et son empire. Alors que mon papa, lui il est méchant, il veut me marier de force au ministre de la justice pour avoir ses entrées dans le monde politique. Alors que moi, petite, je voulais épouser Bob, mon ami d’enfance et chef des ninjas ayant toujours protégé mon clan. 
- Mais alors ninja, c’est un vrai métier ? Ils vivent de quoi au quotidien ? Ils font leurs courses à Super U ? Ils ont une sécurité sociale ?
- Ecoutez Logan, vous ne voudriez pas plutôt qu’on se fasse des bisous ?
- Okay, vendu."

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Logan et Pipounette se font donc des bisous. Du moins jusqu’à ce qu’évidemment, dès le lendemain, Logan soit réveillé par les cris de sa copine (encore une fois : selon les besoins de l’intrigue, il se réveille plus ou moins facilement) : celle-ci est en train de se faire kidnapper par des méchants qui l’ont très étonnamment retrouvée ici, ah bin ça ! Ni une, ni deux, Logan se rue sur les brigands mais ne parvient à n’en attraper qu’un avant que les autres ne s’enfuient en voiture avec leur otage, même pas dans le coffre. Quel manque de goût, on sent les débutants. Et la pelle, elle est où la pelle ?

Un peu contrarié, Logan va donc interroger le galopin dont il a réussi à se saisir qui, coup de bol, parle anglais. Il obtient donc l’information dont il a besoin : il travaille… pour Jean-Jacques, le ministre de la justice ! Logan appelle donc Yukio pour qu’elle vienne le chercher avec un voiture rapide et les deux repartent pour Tokyo. A noter que comme dans tous les mauvais films, personne ne sait exploiter le temps à disposition, puisqu’entre le moment où ils démarrent "Logan, je dois absolument vous parler – Pas le temps, en route !" et le moment où ils arrivent "Logan, je dois vraiment vous parler – Bon, okay, vous avez une minute !" visiblement, personne n’a pensé à exploiter les trois heures de route pour dire ce qu’il y avait à dire.

Non, mais sérieusement ? C’est si compliqué que ça de faire une scène de 30 secondes où les héros parlent au volant ?

Rappelons que le film est en fait le remake d’un plus ancien "Marmottine : le combat de l’immortel" et qu’il y a aussi de spectaculaires scènes en voiture. On a juste changé la marmotte en glouton et hop. Même si Marmottine rend moins bien torse-nu auprès de certains publics.

Toujours est-il que c’est entre deux portes que Yukio se retrouve à révéler que "Logan, j’ai vu votre mort ! Vous êtes en face de moi, le cœur dans la main, du sang partout et je ne me trompe jamais !" mais que ça n’intéresse que vaguement notre héros puisqu’il a déjà envoyé MORT au 8 38 38 et on lui a répondu que pas du tout, il mourrait en s’étouffant avec des macarons en lisant le blog de Pandora (un autre X-man dont la mutation est de pouvoir générer du bullshit à la fraise, mais là n’est pas le sujet).

Bref : la petite troupe se rend à la résidence de Jean-Jacques qui comme toute résidence de ministre japonais, n’est pas surveillée, fut-ce de loin. Après tous, les Yakuzas n’ont fait que mitrailler la foule à un enterrement où il se trouvait, pourquoi la sécurité serait renforcée, enfin ? Pfff, comme vous y allez. On va plutôt donner leur week-end à tous les agents de sécurité.

Notre héros se présente donc à l’appartement de l’homme politique pour le trouver en train de s’amuser avec deux filles qui s’écartent donc promptement en voyant arriver un X-man grognon prêt à meuler des margoulettes. L’homme a tôt fait de faire parler le ministre sans que, encore une fois, qui que ce soit n’intervienne, obtenant ainsi une info intéressante :

Papa et Jean-Jacques ont passé une alliance politique. Seulement, pour qu’elle ait de l’intérêt, il faut que Papa hérite de la société de Papy Yashida… et donc que sa propre fille disparaisse ! Pour ce faire, les deux larrons ont proposé aux Yakuzas de se charger de la chose. Yakuzas qui sont vraiment serviables puisque malgré toutes leurs pertes, visiblement, ils n’en veulent à personne et sont retournés à la pêche : nous ne les verrons plus du film.

C’est vraiment sympa de leur part.

Cette partie de l’intrigue dégagée, nos héros décident donc d’aller sauver Pipounette qui d’après le ministre, doit être à la résidence familiale prisonnière de son propre père. Ni une, ni deux, nos héros prennent leur voiture pour aller faire la justice à coups de phalanges, de katanas et éventuellement de petites blagues dans le feu de l’action parce que ça reste un blockbuster sacrebleu. Mais entre temps, il se passe des choses à la résidence, justement.

Papa Yashida est en train de discuter avec sa fille et de lui expliquer qu’il est très jaloux d’elle et de son futur héritage, quand soudain, l’une des pires attaques de ninjas de l’histoire a lieu : des dizaines de types en collant débarquent dans la résidence familiale, et tuent les gardes, qui ont la politesse de mourir sans bruit même lorsqu’ils ont une arme à la main. Les pauvres figurants sont d’ailleurs condamnés à regarder droit devant eux, donnant des situation où, mal synchronisés par une équipe du film visiblement n’en ayant plus rien à faire, des ninjas tuent un garde juste devant un autre sans que cela ne le fasse réagir. A noter aussi que les ninjas font des pirouettes pour un oui ou pour un non, spéciale dédicace à celui qui fait des saltos simplement pour franchir une porte alors qu’il irait plus vite à pied. L’un d’entre eux m’aurait probablement répondu que c’est le swag s’il avait pu, mais comme il porte des cagoules, ça donne juste "Mmgnn ffmmu fuuag". Tant pis.

Papa et Pipounette sont donc bien surpris de voir tous ces hommes en collant débarquer aussi loin du ballet de Moscou, plus encore lorsque non seulement ils embarquent la jeune fille mais que surgit… Vipère ! Qui explique à Papa qu’il a été bien gênant puisque Vipère a d’autres plans pour Pipounette, et le tue donc en lui plantant un stylo dans la jugulaire, le tout conjugué a tout un tas de MST. L’homme s’effondre donc dans le bassin local, mort et la tronche couverte de bubons guère ragoûtants. S’il lui restait encore un peu de vie, le bassin l’achève.

Aussi, lorsque Yukio et Logan arrivent dans la place, tout est déjà terminé : il ne reste que des cadavres, Pipounette a disparu et tout le monde est bien embêté. Qu’importe : Logan se rend à l’infirmerie de feu Papy Yashida et utilise les systèmes locaux pour voir ce qu’il se passe dans son corps. Il constate alors… qu’il a bien un poulpe mécanique accroché sur le coeur ! C’est lui qui bloque ses pouvoirs !

"Crotte de bique !" s’exclame notre héros "Bon, je vais m’opérer à coups de griffes, je suis sûr qu’une opération à cœur ouvert ne nécessite aucune connaissance spécifique." Et le bougre s’exécute.

Sauf qu’au même moment surgit dans la pièce… Papa Yashida ! Mais si, vous savez, celui qui était mort poignardé au stylo/bourré de MSTs/noyé dans la scène précédente ! Hé bien figurez-vous qu’il n’a plus un bubon sur la face, ne saigne même pas du cou, et n’a pas un pet de fièvre ! Je n’invente pas : les scénaristes avaient juste oublié qu’ils avaient tué le personnage juste avant.

C’est donc une incohérence sur pattes qui vient râler que l’empire Yashida lui revient, et que pour la peine, il va combattre nos héros à coups de katana. Wolverine étant occupé à jouer à Docteur Maboul, c’est donc Yukio qui le combat, alors que Logan finit lui de retirer le poulpe de son propre cœur… et de mourir, plus ou moins comme dans la vision que la jeune fille avait eu. Tout est-il perdu ? Les gentils vont-ils perdre ? Y croyez-vous une seule seconde ?

Evidemment que non : certes, Wolverine est mort, mais comme son dernier geste a été de se débarrasser du vilain poulpe qui bloquait ses pouvoirs, il se remet à se régénérer et se relève pour prêter main forte à Yukio. S’ensuit donc un long combat où les lames se croisent et font cling-cling, où le héros dit "Je ne suis pas Logan : je suis Wolverine !", et où après s’être combattus dans tous les sens…

… Wolverine range ses griffes et dit "Nan mais en fait c’est bon, tu devras vivre avec le fait d’avoir mis un contrat sur ta fille, c’est une punition suffisante."

Si.

Je… mais alors pourquoi avoir combattu Monsieur durant 10 minutes ? Bon hé bien, hein, de toute manière il va falloir faire avec ce genre de rebondissements, parce que c’est fait. En tous cas, le méchant papa décide qu’il n’en a pas fini et tente donc de tuer Wolverine qui lui tourne le dos, ce qui bien évidemment, ne marche pas (il est un peu con : il l’a déjà planté 11 fois et le mec n’est pas mort, il s’est dit que ça marcherait à la 12ème ? On dirait un peu les mamans qui disent "Chut" à leur affreux marmot dans le train en espérant qu’à la 83ème fois, ça l’arrête de hurler au lieu de lui filer un bon coup d’ether). Logan l’achève donc non sans obtenir une dernière information : Papy Yashida avait presque ruiné la société en dépensant des milliards pour réunir de l’adamantium, la matière quasi-indestructible qui couvre les os de Wolverine, pour faire on ne sait quel projet. Une fois Papa mort, Logan s’en retourne donc fouiller la résidence Yashida et trouve un papier :

"Viens chercher la fille ! Nous sommes au 12 rue des lilas dans le petit village de Yashida. Bisous."

Rappelons que comme dans tous les films du genre, TOUS les personnages savent se battre. Jamais il y en a un pour dire "Nan mais moi je suis nul en sport".

Alors que Wolverine réfléchit très fort et que dans la salle de cinéma, tous les membres de l’amicale des fans de l’amiral Ackbar ont envie de hurler très fort, Yukio prend le papier et sans aucune raison, le cloue à la tapisserie super cher et de grande valeur historique décorant l’infirmerie locale (non, ça ne sert à rien, oui, c’est très con) pour dire à Wolverine que ça sent l’embuscade, mais que bon, hein, bon. Merci Yukio, vraiment. Tiens, assieds-toi là, le docteur arrive bientôt pour ta lobotomie.

Logan s’en va donc trouver une moto et prend la direction du village d’origine du clan Yashida. Sur place, il remarque bien vite que quelque chose cloche : les villageois rentrent dans leurs maisons, apeurés, alors que sur les toits des ombres s’agitent : des ninjas ! Le clan qui protège la demeure Yashida ! Wolverine ricane car il connait la règle éternelle du mauvais cinéma : un ninja seul est redoutable. Un ninja au sein d’un groupe de ninja est juste de la chair à canon facile à tataner.

Et en effet, les ninjas surentraînés s’avèrent être de grosses buses.

Logan distribue donc des claques à une bonne partie d’entre eux, puis décide de tenter de cavalcader jusqu’au château Yashida. Sauf que, pas de bol, les ninjas disposent de flèches avec des cordes, qu’ils lui tirent dans le dos pour essayer de le retenir : au bout d’une bonne trentaine, effeeeeectivement, Wolverine commence à avoir du mal à avancer avec 30 câbles et le double de ninjas à traîner derrière-lui. Le spectateur attentif notera que la plupart des câbles ne sont pas tendus, parce qu’encore une fois, à 80 millions de dollars, c’était pas facile d’y penser. Les ninjas tirent donc probablement sur du rien. "Mmgnnnn fuuufg gnnhh !". Oui, oui, je sais.

Cela n’empêche pas notre héros d’être grognon, surtout lorsque Bob, en bon chef des ninjas, lui tire une flèche empoisonnée dans le dos histoire de bien le calmer. Il y a donc un bruit comme "Greuuuu" suivi de l’effondrement de notre héros, qui a besoin d’un peu de temps pour se remettre de ce genre d’attaque bactériologique.

Depuis la forteresse, Pipounette, en bonne princesse prisonnière, a assisté émue au spectacle de son nouvel amant se retrouvant dans une sorte de mauvais remake de Moby Dick (en même temps, on connait la passion des Japonais pour la pêche à la baleine), et se retourne donc vers Bob lorsque celui-ci revient au château.

"Boooob ! Pourquoi as-tu trahi mon clan ? Pourquoi as-tu aidé Vipère à tuer mon père ? Pourquoi m’as-tu kidnappée ? Pourquoi tes ninjas ont-ils tué nos vigiles ? Pourquoi s’attaquent-ils à mon ami Logan ?
- Allons, je suis ton ami d’enfance, fais-moi confiance.
- Je te reparle du passage où tu participes à la mort de mon père, tu sais, celui qui est mort dans deux scènes différentes ?
- Hmmm. Bon, je vais tout te révéler : j’obéis toujours au clan Yashida, tu vas bientôt comprendre. C’est le clan qui a voulu que je t’emmène ici et tue ton père. Le clan qui a voulu que l’on se serve de toi pour attirer Logan ici. Quant à Vipère, c’est une mercenaire, certes fourbe, mais elle sert actuellement nos intérêts.
- Je ne comprends pas ! Tu dois plutôt m’aider ! Toi et ton armée de centaines de ninjas que l’on vient de voir et que l’on voit monter la garde dans mon dos !
- Tu veux dire l’armée de ninjas qu’on ne verra plus du film à partir du plan actuel sur mon visage ?
- Ah oui tiens. Ils ont disparu ! Mais comment ?
- Ce sont des ninjas.
- En attendant, tu serais prêt à changer de camp et à m’obéir ?
- Non.
- Et si je te fais un bisou ?
- Allez okay."
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Et en effet : d’un seul bisou, Bob change de camp et se dit qu’il va plutôt servir Pipounette. Mais allons plutôt voir ce qu’il advient de Wolverine pendant ce temps : car celui-ci se réveille au cœur de la forteresse Yashida, dans un laboratoire, attaché à une chaise de manière fort solide. Vipère vient un peu le provoquer pour qu’il sorte les griffes (par exemple en l’obligeant à regarder Louis la Brocante des heures d’affilée), et un système s’active dans la chaise empêchant notre héros de rentrer ses lames ! Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel, se demande donc notre loulou ?

La réponse vient vite lorsque le samouraï-robot-géant qui était installé pour d’étranges raisons à côté de Logan s’active et va se mettre en position en levant un énorme sabre en adamantium chauffé à blanc au-dessus des griffes de Logan pour les trancher. Vipère ricane donc.

"Ahaha, Logan, nous allons te couper les ongles !
- Avec un robot géant ? Vous avez dépensé des milliards pour le construire ? Vous savez que si c’était pour faire ça, plutôt qu’un bordel de 15 tonnes, vous aviez juste besoin d’une roulette ou d’une scie ? 
- Tu oublies un détail Logan : nous avons affaire à des japonais, quoique nous leur filions, ils tenteront toujours de construire un robot géant avec !
- Damn it !"

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Mais au moment où la lame du samouraï blindé va s’abattre sur notre héros, l’ennemi est déséquilibré par l’arrivée de Yukio qui lui colle un bon coup dans le dos, puis par le renfort de Bob qui, ayant changé de camp, se met à flécher le samouraï là où ça fait mal. Cependant, celui-ci étant en adamantium, rien ne l’arrête véritablement, et Wolverine commence bientôt à douiller, et se fait même carrément trancher les griffes d’une main ! Pendant ce temps, Vipère affronte Yukio (n’oubliez pas la règle : les filles affrontent les filles), et se fait tataner par cette dernière malgré les jets de poisons & co qui jusqu’ici tuaient tout le monde, ne me demandez pas pourquoi, mon cerveau était déjà parti dans un monde parallèle à ce moment là.

J’allais presque oublier : soudainement, c’est l’hiver alors que tout le film se déroulait jusqu’ici en plein été. Encore une fois : quel talent.

Logan finit cependant par arracher l’un des katanas que manipule le robot géant et se demande comment lancer le processus de chauffage à blanc pour pouvoir trancher dans l’adamantium jusqu’à ce que lui revienne une phrase de Papy Yashida : "Un katana se tient toujours à deux mains !"

Ah bin oui, tiens, tentons pour voir. Sitôt cela fait, hoooo, en effet, le sabre s’allume !

Le spectateur attentif sourcillera en se rappelant que jusqu’ici, le robot, lui, maniait un sabre dans chaque main : j’ai un peu de mal à déterminer à ce stade s’il s’agit d’incompétence crasse ou simplement de foutage de gueule.

Toujours est-il que Wolverine décapite le robot, que ce qui bougeait encore de Vipère prend aussi quelques coups, et que tout le monde est content. Du moins, jusqu’à ce que le robot se réactive à la surprise générale malgré son absence de tête, colle une mandale à Logan, lui coupe son autre série de griffes et lui enfonce différents bousins dans l’emplacements où autrefois se trouvaient ses lames.

Alors que les autres personnages sont sûrement partis chercher des champignons alors qu’ils étaient là encore 5 secondes auparavant (on peut même voir Bob le ninja descendre des escaliers à une vitesse digne d’une petite vieille arthritique quand bien même juste avant il faisait encore des sauts de 12 mètres, il a dû se luxer un truc, hein, c’est ce qu’on va dire pour sauver ce qui peut l’être en tout cas), Logan est donc seul avec le robot, et constate qu’il peut voir ce qu’il y a dedans. Et pas de mécanisme en vue : il s’agit… de Papy Yashida !

"Papy Yashida ! Sale traître, alors que je t’ai sauvé la vie à Nagasaki ! Ah, si j’avais pu deviner qu’un personnage qui disparaît sans que l’on retrouve son corps puisse revenir plus tard, sacrebleu, ça ne se serait pas passé comme ça mon vieux !
- Logan ! Tu as refusé de me donner ta mutation… laisse moi la prendre ! Mes petits outils sont en train de fouiller ta moelle osseuse en profitant de l’ouverture faite dans l’adamantium là où on a coupé tes griffes pour me transmettre tes capacités… regarde, je rajeunis alors que tu vieillis ! Ça fonctionne ! Ça fonctionne ! Je sens à nouveau ma prostate !
- Hmm… attends, donc je résume : tu as dépensé des milliards pour construire un robot géant en adamantium, créer ce laboratoire, recruter Vipère, payer ton armée de ninjas, organiser un faux enterrement, faire tuer tes propres gardes ainsi que ton fils, pour kidnapper ta fille afin que je vienne ici, demander à Bob d’utiliser du poison pour m’anesthésier et me coller ici… des fois que je ne veuille pas te donner ma mutation volontairement ?
- C’est exact ! Ne suis-je pas génial ?
- Bah en fait, si je résume, il suffisait d’empoisonner mon thé quand je suis venu te voir, de me coller dans la chaise et de me couper les griffes avec juste un petit outil en adamantium et c’était bon. Ça pouvait être fait en 10 minutes et sans risques.
- Oh. Non mais la parte avec le robot géant, elle est bien quand même, non ?
- Attends, comment dit-on "puer du cul" en japonais ?
- On dit "évangélion".
- Okay : alors ton plan, c’est évangélion.
- Dur !"
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Mais Papy n’a pas pensé à un détail : alors que Wolverine commence à se sentir un peu faiblard, Pipounette surgit et ramassant des bouts de lames de Logan tombés au sol, s’en sert pour planter son ancêtre dont la tête dépasse un peu de l’armure. Qui gueule que hééé dis donc, petite ingrate, et après tu veux l’héritage, hein ? Ah bravo ! Mais la margouline lui rétorque que son Papy est mort et qu’elle l’a enterré, qu’elle ne voit ici qu’un monstre. L’acte hostile envers Papy a permis à Logan de se libérer, et celui-ci recommence à se régénérer, alors que Papy, lui, se remet à vieillir et à sentir qu’il va à nouveau devoir raquer pour des Pampers s’il ne veut pas faire rouiller l’adamantium. Heureusement, Logan vient achever ses souffrances, car figurez-vous que si l’adamantium est indestructible et que jusqu’ici, rien n’ébranlait, Wolverine peut soudainement l’arracher à mains nues, comme ça, hop ! Pas de problèmes, probablement que les joints étaient simplement en caoutchouc. Mais qu’avant, ça ne se sentait pas.

Après quelques claques, Papy Yashida rend finalement l’âme, et la victoire est donc acquise pour les gentils.

Nous retrouvons donc nos héros un peu plus tard, sur une piste de décollage de Tokyo où attend un jet privé. Yukio est aux côtés de Wolverine : étant une mutante, elle va partir avec lui. Quant à Pipounette, elle est désormais la patronne de l’empire Yashida : elle aimerait que Logan reste, mais c’est un ouf, il veut repartir à l’aventure. Il ne pleure plus sur le passé grâce à Pipounette, qui lui a redonné goût à la vie (oui, il a suffi qu’elle couche avec, et hop, c’était bon : ah, les hommes !). Pipounette, bien que triste, comprend sa décision, et espère qu’il reviendra. En attendant, elle a mis à sa disposition le jet pour l’emmener où il le souhaitera.

"Où allons-nous ?" lui demande donc Yukio en montant à bord.

"Décollons : nous improviserons" répond donc ce gros rebelle de Logan et…

… FIN !

Et puisque vous avez été sage, un petit effort pour une fois avec l’une de ces insupportables séquences post-générique (en fait, j’étais bloqué dans la salle, sinon vous imaginez bien que je serais sorti en hurlant de bonheur à l’idée que c’était fini) : deux ans plus tard, Logan est dans un aéroport quand il sent que quelque chose ne va pas (mais si, je vous rappelle qu’il a un instinct à géométrie variable). Il fait surgir ses griffes – en os, les anciennes, puisque les versions en adamantium ont été coupées, et découvre de vieilles connaissances autour de lui :

"Magnéto ! Vous qui étiez supposé avoir perdu vos pouvoirs. Oh, et le professeur Xavier, qui étiez supposé être mort !
- Hééé oui. Surpris, Logan ?
- Non. Nous sommes dans l’univers Marvel. En-dessous de 12 morts/neutralisations/retours miraculeux, on n’est pas un vrai personnage.
- En effet. Nous avons besoin de vous car une menace pour tous les mutants se profile.
- Oh bin ça alors ! Ça sent la suite !
- Oui. Et le cliffhanger moisi. Mission accomplie !"

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Et sur ce terrible rebondissement…

… RE-FIN

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"Monsieur, il en vient encore !"

Diego se jeta au sol pour éviter une nouvelle attaque de mauvais films. Il leva la tête, inquiet, alors que son employeur lui tendait une arme à recharger toujours depuis l’abri de la berline prise en embuscade près du cinéma.

"On ne pourra jamais tous se les faire. 
- Alors c’est quoi le prochain ?
- Je… je crois bien avoir aperçu un Nicolas Cage. Il FAUT s’en occuper.
- Un Nicolas Cage ? Ça alors, mais ? Cela fait si longtemps !
- Oui mais d’abord, nous avons un article de retard Diego. Celui de la semaine dernière. Un article sur un film réclamé à corps et à cri au point qu’après m’avoir harcelé de mails, certains lecteurs ont commencé à essayer de se combiner pour former une sorte de robot géant. Ou bien est-ce juste une orgie, je ne suis pas sûr, mais tu connais notre public.
- Attendez, vous voulez dire que…"
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Le serviteur leva des yeux terrorisé.

"Oui, nous allons enchaîner avec une seconde merde : nous allons nous faire Pacific Rim."

Et dans un long hurlement, Diego implora le ciel pour qu’il couvre ses rétines d’adamantium.

Le son du moteur électrique du fauteuil roulant semble un chuchotement dans les calmes couloirs de l’immense manoir.

Aujourd’hui, comme tous les jours, le professeur Charles Xavier se rend dans une salle de classe de la résidence qu’il a transformée en école, afin d’enseigner à des adolescents quelque connaissance sur le vaste monde. Mais attention ; nous ne parlons pas ici d’une école comme les autres, mais bien de celle des X-Men, c’est-à-dire, un établissement secret réservé aux enfants disposant d’un don surnaturel : créer du feu, de la glace, traverser les murs… et le fondateur de l’école lui-même, le professeur Xavier, est l’un d’entre eux. En effet, il dispose d’un pouvoir formidable : celui d’entendre les pensées d’autrui. Enfin, quand je dis formidable : honnêtement, vous aimeriez entendre les pensées d’adolescents, vous ?

Arrivé devant la salle dans laquelle il enseigne depuis des années, Charles fait pivoter d’un geste son fauteuil, et passe le seuil de la porte pour pénétrer dans la pièce où une vingtaine de jeunes gens sont fort occupés à discuter de sujets divers ; voyant leur professeur arriver, ils le saluent vigoureusement avant de rejoindre leurs tables dans un léger chahut, mélange de bruits de trousses que l’on ouvre et de chaises que l’on tire.

"Bonjour les enfants", s’exclame le professeur en s’installant derrière son bureau. "Aujourd’hui, je vous propose de parler de l’Amérique du Sud, puisque comme vous le savez, nous avons déjà étudié l’Am…" ;

"Ho non, pas l’Amérique du Sud. C’est chiant."

"Tiens ? Kevin a mis son pull moche aujourd’hui. Il devrait apprendre à s’habiller, le pauvre."

"Où j’ai foutu mon stylo bleu ? Raaah, il était là. Merdeuuuuh merdeuuuh meeeeerde, où… hmm… ah… peut-être dans la poche avant de mon sac…"

L’espace d’un instant, le professeur porte ses mains à son visage, comme pris d’une migraine. Il doit se concentrer. Il ne faut pas qu’il prête attention aux pensées de ses étudiants.

"La vache ! C’est moi ou Brenda a encore pris des nichons ? Hmmm… je me la ferais bien !"

"Ourf… qu’est-ce que j’ai mal au bide ! Hoooo… j’aurais dû aller aux toilettes ce matin… vu le baleineau que je dois avoir en bout de toboggan, je dois pas être loin de ressentir ce que sent une femme enceinte."

Le professeur crispe sa mâchoire… il doit… se concentrer… saloperies de jeunes qui pensent à… il faut qu’ils se concentrent sur ce qu’il… péniblement, Charles parvient à articuler "Je… l’Amérique du Sud, donc, que vous connaissez principalement au travers de certains…"

Soudain, il l’entend.

Il écarquille les yeux ; non ! C’est impossible ! Pas cette pensée ! Pas celle-là ! C’est déjà assez dur quand on l’a soi-même alors… non ! Non ! Que… Arrêtez ! Arrêtez !  Dans la tête d’une élève au fond, il peut parfaitement l’entendre. C’est affreux. La plus immonde des pensées est là : pire que l’étudiant qui se souvient du porno qu’il a vu la veille, pire que celui-ci qui repense à la cuite qu’il a prise et qui a encore une grosse migraine… c’est…

Il ose à peine murmurer le nom de cette menace. Déjà, il sent ses tempes devenir douloureuses et le sang bouillir derrière son crâne. Sa vision se trouble, et l’espace de quelques secondes, il manque de choir de son fauteuil.

Qu’arrive t-il au professeur Xavier ? Comment en est-il arrivé là ? Répondons à ces questions en commençant avec un peu d’histoire, en nous tournant vers X-Men First Class.

Spoilons mes bons.

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L'affiche : chez les X-Men, si t'as pas la combi officielle, c'est que tu es méchant(e)

Le film s’ouvre sur un endroit fort joyeux : un camp de concentration polonais en 1944.

Erik Lehnsherr, jeune adolescent juif, a la malchance d’être du peuple élu du mauvais côté des barbelés, et d’être séparé de sa maman qu’il aime tant lors de son arrivée au camp alors que des gardes les emmènent dans deux directions opposées. Sous la pluie battante (c’est une scène triste, il pleut donc comme il se doit, avec des gouttes grosses comme les ficelles de l’intrigue : d’où l’expression "pleuvoir des cordes"), notre jeune héros est soudain possédé par le désespoir et la colère, tant on touche pas à sa mère comme ça, et se met à hurler tout en tendant les mains vers sa maman de l’autre côté du portail qui les sépare : un phénomène étrange se produit alors, puisque tous les barbelés se tordent, les barres métalliques se plient, et les pauvres soldats qui tentaient de traîner l’enfant loin de là s’aperçoivent que même à 5, ils ne sont pas assez forts : c’est comme si le morveux était aimanté. Histoire de bien lui faire comprendre qu’il commence à faire chier, l’un des fiers germains du coin lui colle un coup de crosse dans la gueule, et tout redevient calme (si vous aussi vous avez des enfants turbulents, vous savez ce qu’il vous reste à faire). Seul le portail complètement tordu porte les stigmates de la curieuse scène qui vient de se dérouler sous les yeux de moult témoins, parmi lesquels un médecin du camp : Sebastian Shaw.

Ce dernier est fort intrigué : le petit juif disposerait-il de über-pouvoirs ? Il doit vérifier, et le fait donc emmener dans son bureau, en lui proposant un exercice simple : jeune Erik, veux-tu bien faire bouger cette pièce de monnaie nazie (le choix n’est pas anodin : un bon nazi sait qu’il doit utiliser de l’argent pour motiver un juif, il l’a lu dans "Mein Kampf pour les Nuls") ? L’adolescent se concentre très fort, devient tout rouge, mais ne parvient guère à remuer sa cible. Sebastian tente donc de motiver un peu plus sa victime en faisant amener sa maman dans le bureau, encadrée par deux gardes : il va compter jusqu’à 3, et si une fois cela fait, Erik n’a pas fait bouger la monnaie, Maman Lehnsher devra tenter d’arrêter une balle avec son front, ce qui n’est pas facile, même en supposant que l’on fronce les sourcils très fort au bon moment.

Erik redouble d’efforts, et se concentre incroyablement sous les encouragements de sa maman ; mais las : la pièce refuse de bouger, et Erik entend donc soudain une détonation suivie d’un bruit sourd : Le Docteur Shaw vient de refroidir sa môman, ce qui n’est pas très courtois. C’est donc parti pour une grosse colère du petit bonhomme, qui se met à hurler "Rrrgnneeuuuurrrggnnnnnn" (ou quelque chose de proche), et compresse par la seule force de son esprit, tous les trucs qui passent : une petite cloche qui reposait sur le bureau, un casier de documents, des instruments chirurgicaux ainsi que les tables en métal qui attendaient dans la salle d’à côté derrière une porte vitrée, et même les casques des deux gardes qui étaient là, leur écrasant le crâne avec, ce qui leur fait relativement bobo au point de les tuer. Une fois cela fait, Erik se calme, et le Docteur Shaw, qui hurlait "Ouiiiiii vas-y, fais toi plaaaaais’ !" jusqu’alors en voyant ce spectacle de destruction s’exclame : "Ach ! Bravo kleine galopin ! Ensemble, nous allons faire de grandes choses !" : et lui tendant la main, il voit le petit Erik désormais orphelin venir poser sa petite mimine dans la sienne. Limite il n’ajoute pas "Ach, ch’ai tué ta Maman ! Tu mérites bien ein grosse kinder zurbrize bour gombenzer ! !".

Oui. Le gosse, on bute sa mère devant ses yeux, il devient ivre de rage, et il prend bien soin de ne surtout pas blesser ou pire, tuer, l’assassin de celle-ci, qui est pourtant en face de lui, et couvert de trucs plus ou moins métalliques (il a des lunettes dans la bonne matière, des chaînettes, boutons et montre pour aller avec, un lüger rempli de balles à la main… mais non), sans compter toutes les armes à portée (ex : les instruments chirurgicaux, et je n’ai pas parlé des armes à feu des gardes ou de leurs baïonnettes). Mieux encore, non seulement il épargne le médecin, mais il se fait adopter par lui dans la minute qui suit le meurtre de sa mère par ce dernier sous ses yeux. N’oubliez pas les enfants : si vous voulez devenir ami avec Erik Lehnsherr, pensez à buter un membre de sa famille sous ses yeux.

Qu’il est bête. Ou alors, si, ça peut se tenir : il haïssait peut-être sa mère depuis le jour où elle avait refusé de lui acheter ce skate-board à l’effigie du führer sur le marché de Düsseldorf , et il est fort content d’en être débarrassé grâce à Sebastian Shaw, ce qui explique cette amitié-éclair avec son assassin. Enfin bref, passons, et allons plutôt aux Etats-Unis.

A la même période, donc, il se passe des choses au pays du hamburger : dans un immense manoir, Charles Xavier, jeune morveux, entend des bruits dans la cuisine familiale ; ni une, ni deux, équipé de sa batte de base-ball préférée, il se rend dans la pièce incriminée pour voir qui ose se lancer dans de nocturnes aventures au sein de sa demeure (et potentiellement éclater son museau au responsable) : il tombe nez-à-nez avec sa mère, visiblement en train de taper dans le frigo pour se faire une petite choucroute à 3h du matin. Cependant, on ne la fait pas à Charles : 1) il sait que sa mère ne fout jamais les pieds dans la cuisine, c’est pour la plèbe, 2) elle ne mange pas de choucroute, ça la fait péter, 3) il lit dans les pensées de la bougresse et réalise qu’il s’agit en fait de quelqu’un ayant pris l’apparence de sa mère. Le bon Xavier somme donc l’intruse de montrer sa vraie apparence : celle d’une petite fille à la peau bleue qui se présente sous le nom de Raven. Charles étant un gentil génial, il comprend qu’elle vole dans les frigos pour survivre, et lui propose de vivre avec lui au sein de sa famille : "trop cool", se dit la morveuse, qui accepte.

Bon par contre, v’la l’explication le lendemain : "Papa, maman, j’ai trouvé une roumaine dans la cuisine cette nuit : allez, maintenant, elle va habiter avec nous ! Hein ? Dis ! Allez ! Steuplé papa, on peut la garder ? Je m’en occuperai ! Je lui donnerai à manger ! Je la promènerai ! Je changerai sa litière, alleeeeeeeeez dis ouiiiiiiiiii !". Mais autant papa et maman Xavier avaient dit non pour un chat ou un labrador, autant ils disent ok pour une roumaine métamorphique. Soit.

Mais avançons un peu dans le temps, et retrouvons Charles quelques années plus tard, qui est devenu un fier jeune homme qui se prépare à soutenir sa thèse de génétique sur les mutations dans l’histoire, parce que par exemple, il y a plein de mutations : les couleurs d’yeux, de cheveux, tout ça, paf, mutation. Mais ce n’est pas le genre de sujets qui fait rêver les minettes ; aussi, le soir, dans les pubs, Charles dragouille un peu de l’étudiante : grâce à ses pouvoirs, il peut par exemple savoir ce qu’elles aiment, et ainsi mieux les approcher. Éventuellement, il peut aussi leur ordonner de retirer leurs soutifs, mais il ne le fait que peu ce qui, je dois bien le reconnaître, m’a déçu. En tout cas, ça rend la petite Raven, qui a désormais adopté l’apparence d’une blondinette, assez jalouse, et elle ne se gêne pas pour pourrir ses plans à son simili-frangin. Il faut dire que la puberté est passée par là, et que Raven est en pleine crise existentielle : sa vraie apparence étant socialement contestable, elle doit passer ses journées à se cacher sous d’autres formes. C’est trop nuuuuuuuuuuuul. Encore un peu, et avec sa crise identitaire, elle devenait gothique.

Sauf que pendant que l’on se pose mille et une questions, il s’en passe des choses, ailleurs : à Las Vegas, une certaine Moira MacTaggert, agent de la CIA, est en planque devant un club privé, dans lequel pas mal de beau monde a l’air de se rendre. Elle est là pour surveiller le général Jean-Jacques, un gros ponte de l’OTAN qui vient s’encanailler et qui trame des trucs plus ou moins louches. Moira a l’oeil : après avoir vu sa cible rentrer dans le bâtiment, elle constate que quantité de nanas en sous-vêtements coquins semblent entrer sans encombres ; voilà une excellente ruse pour s’infiltrer dans la place : notre donzelle se désape, et comme elle a toujours des trucs coquins sous sa tenue de travail (et que coup de bol, elle n’est pas un vieux tromblon), elle peut rentrer sans soucis au milieu des autres filles. Vous avez compris les filles ? TOUJOURS mettre des trucs sympas sous votre tenue de travail. On ne sait jamais quand ça pourrait servir.

Une fois à l’intérieur, et suivant le flot, elle arrive dans une salle de jeux cernée par des alcôves où les filles emmènent leurs clients pour des prestations privées avant de tirer un rideau mauve pour isoler le renfoncement du reste de la salle. Moira repère une nana toute vêtue de blanc guider le général Jean-Jacques dans l’une des niches avant, là encore, de tirer le rideau, aussi fonce t-elle à sa poursuite, sauf que lorsqu’elle écarte le bout de tissu pour rejoindre le général et sa pupute : plus personne ! Ils ont disparu !

"Arrêtez de dire que je suis une pupute parce que je m'habille comme ça en réunion ! Je suis une Reine, c'est très différent !"

Crotte alors… comment cela est-il possible ? Mademoiselle fouille et notant un cendrier sur la table, appuie dessus : hop ! Passage secret ! La niche se met à tourner sur elle-même et emmène Moira dans un petit bureau désert couvert de documents marqués "top secret" avec des rapports en russe dedans. Oui : n’importe quelle nana faisant la serveuse dans ce club et nettoyant les cendars’ ou mec écrasant son cigare à cet endroit qui est ouvert au public risque de se retrouver en possession de documents du KGB. Super discret. Surtout dans un club visiblement très fréquenté. Mais ce n’est pas tout : dans une pièce voisine du bureau, l’agent McTaggert entend des voix : toujours équipée uniquement de ses sous-vêtements, elle se dirige donc vers l’origine des bruits et jette un oeil à ce qu’il se passe ; et figurez-vous que ce n’est pas rien.

En effet, le général Jean-Jacques boit tranquillement un verre au milieu de personnes plutôt louches : et tout d’abord leur chef, Sebastian Shaw, ex-médecin dans un camp de concentration que l’on a vu au début du film, mais visiblement toujours aussi jeune (voire plus, comme cela est mystérieux !) mais plus riche et pédant encore qu’autrefois, et qui explique qu’il aimerait que le général accepte de déployer des missiles atomiques en Turquie. Ainsi, le bloc de l’Ouest serait capable de pulvériser l’URSS avant même que celle-ci n’ait le temps de riposter.  Lorsque le général refuse, du fait que cela pourrait être une provocation menant à un conflit mondial, Sebastian présente ses acolytes pour l’effrayer un peu : la pupute blanche est en fait la Reine Blanche, une nana capable de transformer son corps en diamants, ce qui est pratique pour se la péter dans les soirées mondaines, et qui est télépathe à ses heures. Riptide, un type capable de créer des tornades à volonté, et Azazel un mec à la peau rouge et avec une queue de démon pouvant se téléporter selon son bon plaisir, seul ou avec d’autres personnes du moment qu’il les touche. Shaw s’amuse donc du fait que le général soit fort impressionné par les supers-pouvoirs de ses hommes, puis ajoute à cette couche menaçante une belle offre pleine de pognon pour achever de le convaincre, ce qui fonctionne plutôt pas mal tant le général semble aimer le pognon. Une fois cela fait, il fait téléporter Jean-Jacques via Azazel pour on ne sait où.

Moi, quand j’ai un mec qui peut se téléporter avec autrui à volonté, je ne m’emmerde pas à faire construire des passages super-pas-secrets dans des clubs de canaillous sur-fréquentés où tout le monde peut me trouver à n’importe quel moment juste par accident : je dis "Venez Jean-Jacques, rendez-vous au Macumba ce soir dans la loge 8", et une fois dedans, pouf pouf, je le fais téléporter à moult bornes de là dans un bureau tranquille où personne n’a aucune chance de tomber, même en cas de filature de Jean-Jacques. Mais bon, je ne suis pas un méchant supposément génial, moi, je dois forcément me tromper. C’est tellement mieux un passage pourri qui mène droit à des documents secrets (et où il n’y a même pas une lampe ou un son pour avertir les gens dans la pièce d’à côté que le passage vient d’être activé et qu’on risque de les espionner/les déranger).

Moira McTaggert, qui a tout vu sans se faire repérer, file donc vers sa voiture restée devant le club et attrape sa radio pour appeler le patron de la CIA, en pleine réunion au Pentagone : elle lui explique que comme on lui a ordonné, elle a suivi le général Jean-Jacques, mais que celui-ci a été corrompu par des mutants avec des supers-pouvoirs, et que… "Shut up, bitch", la coupe son patron : il ne sait pas ce qu’elle raconte, mais c’est probablement du caca, puisque le général Jean-Jacques n’est pas à Las Vegas, mais bien au Pentagone où il vient d’arriver, et à moins qu’il n’ait fait 10 000 kilomètres en quelques secondes, ça parait compliqué qu’elle puisse l’avoir vu quelques minutes avant dans un club de la célèbre ville des joueurs. McTaggert se fait donc raccrocher à la gueule. Et la réunion commence donc très fort, puisque le général Jean-Jacques, comme on le lui a demandé, demande l’installation de missiles américains en Turquie : pouf, en 2 minutes, c’est voté.

Tout cela soulève plusieurs problèmes :

  • Azazel sait où téléporter quelqu’un au sein du Pentagone sans faire de témoins ? Il sait quelle pièce est déserte et à quelle heure ? Il est fort.
  • Le général ne savait pas que Shaw pouvait le téléporter à Washington en quelques secondes. Alors s’il était attendu à une réunion du Pentagone sur la sécurité mondiale, que foutait-il à Las Vegas ? Il ne pouvait pas rencontrer Shaw un autre jour ? Genre la veille ? Et plus près ?
  • Personne ne semble remarquer autour de la table où tout le monde est en uniforme que Jean-Jacques est le seul mec en smoking.
  • Je suis patron de la CIA, j’ai ordonné une enquête sur un chef d’état-major US, je sais que ce soir, il est à Las Vegas pour rencontrer des gens louches, c’est même pour ça que je prends en pleine réunion les appels des gens censés me tenir au courant de ce qu’il se passe, et ces derniers m’informent que le général vient de disparaître alors qu’il était en plein entretien secret avec des gens frayant avec l’Est. Et au même moment, le même général, que j’ai fait suivre jusqu’à Vegas, apparaît à Washington : sans même penser à l’hypothèse de la téléportation, je soupçonne très très fort que j’ai affaire à un sosie/une ruse quelconque particulièrement louche. Et je suis conforté dans mon hypothèse par l’attitude du général qui à peine arrivé, parle de foutre la zone et de briser l’équilibre de la guerre froide, chose qu’il n’avait jamais faite auparavant.
  • Il suffit d’un général pour prendre une telle décision en une soirée ? Mazette, au Pentagone, ils ont les réunions les plus productives de l’histoire.

Je continue ou ça ira ? Allez, on va s’arrêter là dans l’immédiat.

McTaggert de son côté est toute frustrée de voir que personne ne la croit : plutôt que de souligner les incohérence ci-dessus, ou même de transmettre les documents en russe qu’elle a trouvé dans le bureau à sa hiérarchie et qu’elle avait l’air de trouver particulièrement sensibles quand elle les a vus (elle lit le russe), elle préfère s’exclamer "On va avoir besoin d’un spécialiste des mutants !". Ou d’un cerveau, au choix. Mais comme nous le verrons plus tard, contrairement à sa réputation, Charles Xavier n’a que l’une de ces deux compétences.

Ça tombe bien, quelques jours plus tard, à Oxford, notre bon Charly décroche son diplôme de Professeur pour sa thèse sur la génétique, sous les applaudissements des présents. Il va donc, comme il se doit, se rincer la tronche avec les copains pour fêter ça, histoire de finir la soirée à vomir dans le pub alors que Patrick Sébastien chante "Tournez les serviettes". Mais au milieu de la beuverie surgit la belle Moira, qui explique qu’elle a besoin de toute urgence de son aide. Hop, pour Charles, c’est le moment d’utiliser ses supers-pouvoirs : pouf pouf, il lit ses pensées, découvre ses mensurations, et apprend ce qu’elle a vu à Las Vegas, ainsi que qui sont ses employeurs. Soit, dit le bon Xavier qui sent le danger des vilains mutants que Moira a surpris, je vous aiderai dès demain. Là, j’ai un peu bobo têtête, et puis je peux pas vous aider ET faire tourner ma serviette.

Le pouvoir de Charles Xavier ne marche pas s'il ne lève pas manuellement son sourcil gauche pour faire une tête genre "Ha haaaaa..."

Et donc, quelques jours plus tard, au Pentagone, le professeur Charles Xavier fait une présentation au patron de la CIA expliquant que bon, voilà, oui, il y a des mutants dans la société, et qu’effectivement, ils peuvent avoir des pouvoirs paranormaux comme lancer du feu, se téléporter ou apprécier Nadine Morano. Le chef des services secrets ricane donc en disant que tout cela est ridicule, et reste pessimiste, même lorsque Charles lui explique que lui-même est un mutant et qu’il peut lire ses pensées, et ainsi savoir que depuis une demi-heure, le big-boss de la CIA pense "Il faudra que je pense à sortir Scrappy en rentrant, si je ne veux pas qu’il bousille le tapis. Sacré Scrappy !". Devant le manque de succès de cette démonstration, c’est donc Raven (allez savoir ce qu’elle fichait là) qui décide de changer d’apparence devant tout le monde pour appuyer le propos en faisant une démonstration de son peu banal pouvoir : la CIA est donc convaincue. Et propose aux mutants d’intégrer un laboratoire où ils pourront développer leurs capacités et se regrouper pour lutter efficacement contre les méchants mutants de Sebastian Shaw.

Mais justement : avant d’aller au laboratoire, Charles pense déjà savoir où se cache Shaw grâce à ses grands pouvoirs, et propose à Moira de lancer une opération pour l’arrêter. Après tout : plus tôt ce sera fait, mieux ce sera.

Je parle, je parle… et je suis sûr que pendant ce temps, vous vous arrachez les cheveux en vous demandant "Et le petit Erik dans tout ça ? Qu’est-il devenu ? Je m’inquiète, assez, assez, dites-moi tout !" : j’y viens ! Le petit garçon a bien grandi, et est désormais un adulte grognon qui cherche à retrouver les nazis qui lui ont fait du mal ainsi qu’à sa famille. Oui, il lui a fallu 18 ans pour réaliser que "Ah, oui, merde en fait : Sebastian Shaw, il a pas été gentil de tuer ma mère. J’aurais peut-être dû le buter plutôt que de devenir son pote si j’avais été un peu cohérent.", enfin bon, mieux vaut tard que jamais. C’est donc à Genève qu’on retrouve trace de notre ancien déporté, qui se rend dans une banque du pays du fromage à trous : il a en effet avec lui un lingot d’or frappé du symbole du IIIe Reich, dont il se sert pour rencontrer le directeur local, en charge de ce genre d’opération de dépôt, disons, sensible. Sauf qu’une fois en présence de l’honorable banquier, Erik ne parle pas vraiment ouverture de compte et agios : il utilise plutôt ses pouvoirs magnétiques pour jouer avec ses plombages et le torturer un peu en lui demandant gentiment où se cache l’un de ses clients du nom de Sébastien Shaw. L’homme résiste un peu, mais lorsque le métal commence à lui sortir de la bouche, il finit par cracher le morceau tant au sens propre que figuré : celui qu’Erik recherche est en Argentine ; satisfait, notre héros quitte donc les lieux pour attraper le premier avion pour Buenos Aires.

J’imagine bien Erik dans l’avion l’emmenant au-dessus de l’Atlantique, en train de se dire "Hmmm, je crois que j’ai encore été un peu con : j’aurais dû lui demander une adresse. Je crois que l’Argentine, c’est grand en fait."

Par on ne sait quel raccourci magique (probablement en suivant les traces d’import de bière allemande, sans laquelle le Germain ne peut survivre loin de chez lui), il finit cependant par trouver une petite taverne au milieu de nulle part (oui parce qu’en plus, ce n’est même pas dans une ville ou un village : il retrouve par enchantement un bâtiment installé en plein milieu de la pampa sans autre construction humaine autour. Très fort), et y rencontre trois personnes : le tenancier et deux clients. Erik, bon vivant, engage vite la conversation sur le fait qu’il est allemand d’origine, ce en quoi ses compagnons de bière s’exclament "Ja ! Nous zaussi !" ; mais pas le dernier pour la déconne, notre larron ajoute promptement "Et je suis juif aussi", ce qui provoque moult sifflotements innocents et regards en direction des chaussures de la part des autres présents. Aucun ne pense à détendre l’atmosphère d’un bon "Allons ! A l’époque, nous étions tous dans le même camp !" en faisant de gros clins d’oeils appuyés sur le mot camp, l’humour nazi étant souvent source de malentendus. Erik, lui, remarque vite que ses interlocuteurs sont en train de sortir diverses armes, genre pistolets et dagues SS pour se débarrasser de lui, mais grâce à ses pouvoirs, il les éclate bien vite. Et il note une photo sur le mur sur laquelle on voit Sebastien Shaw en compagnie des nazis qu’il vient de dézinguer devant une photo marquée "Miami". Ni une, ni deux, il s’y rend donc sur le champ.

Là encore, dans l’avion survolant le Brésil, Erik a dû se dire "Roooh, crotte de bique ! Si ça se trouve, la photo avait 15 ans ou même elle avait été prise en vacances et Sebastian n’est plus là-bas depuis longtemps, ou n’a jamais habité Miami ! J’aurais peut-être dû leur demander directement où il était. Décidément, quelle tête de linotte je fais, hihihihi."

Ok. Ce n’est donc définitivement pas notre petit Erik qui va remonter le niveau général.

Mais coup de bol : Sebastian Shaw est toujours à Miami, en effet, puisqu’il réside sur place à bord d’un luxueux yacht. Il se permet même d’y recevoir le général Jean-Jacques, venu réclamer le pognon qu’il a gagné à la sueur de sa corruption sur la question des missiles turcs. D’ailleurs, le haut-gradé a tout prévu : pour être sûr de pouvoir repartir avec son argent sans finir massacré par des mutants aux pouvoirs mystérieux, il est venu avec une grenade qu’il menace de faire exploser si jamais on ne lui donne pas ce qu’il veut. Ce faisant, il tuera tous les présents sur le pont (en même temps, moi, en présence d’un mec capable de me téléporter loin de là pour que je me retrouve tout con avec ma grenade et d’un autre pouvant me souffler vers l’horizon à coups de tornades, j’aurais cherché une autre stratégie). Pas de problèmes ! Répond Shaw : passe-la moi ta grenade, je vais la dégoupiller moi-même : ce qu’il fait. Au point de la faire exploser entre ses mains ! Sauf que : voici que Sebastian lui-même est un mutant… dont le pouvoir lui permet d’absorber l’énergie : électricité, explosions, balles envoyées sur sa tronche… il en absorbe toute l’énergie sans soucis, ce qui le rend totalement insensible à tout cela. Et lui permet en plus de s’en servir pour deux choses :

  • rester jeune et plus ou moins beau
  • utiliser le surplus absorbé comme arme et par exemple, désintégrer un général Jean-Jacques peu coopératif. Ce qu’il fait.

Plus personne ne parlera donc jamais du pauvre Jean-Jacques du film, ou ne cherchera à savoir ce qu’il est advenu de lui. C’est vrai quoi : le patron de la CIA a vu de ses propres yeux que les mutants existaient grâce à Raven, a tout le rapport de Moira dans lequel on lui explique que Jean-Jacques a été corrompu par une puissance étrangère pour faire installer des missiles en Turquie, rapport rendu crédible, y compris sur la partie de la téléportation, par le fait que l’on sache désormais que c’est possible, et voilà que Jean-Jacques, juste après avoir fait passer l’idée des missiles, disparaît.

C’est pas suspect au point que l’on annule/revienne sur la décision de suivre son plan ? Non ? Non.

Passons sur ces évènements, et revenons au yacht en rade de Miami : la nuit est désormais tombée, et tout semble calme. Pourtant, dans l’eau, une silhouette s’agite plus que de raison : il s’agit d’Erik, qui a localisé le rafiot de son ennemi juré et qui prépare une opération commando sur ce dernier. Il nage donc doucement jusqu’au navire, et surgit donc soudainement sur le pont, dérangeant Shaw, la Reine Blanche et Riptide, qui étaient en pleine soirée pyjama à rire de bon coeur en mangeant de la glace. La Reine Blanche perçoit donc dans ses pensées son intention de tuer les présents (heureusement que tu es télépathe ! Sinon, l’arrivée nocturne et discrète d’un mec en tenue commando brandissant un couteau, ça aurait pu te mettre sur la piste aussi), et Riptide réagit promptement en rebalançant Erik à l’eau d’une bonne tornade dans la face. Mais le répit est de courte durée : au loin, incroyable coïncidence, arrive au même moment une corvette de la marine qui ordonne aux occupants du yacht de se rendre : à bord, Moira McTaggert et Charles Xavier guident l’opération visant à capturer le vilain Shaw. Des commandos sur des zodiaques sont rapidement envoyés vers l’ennemi, mais de terribles tornades les renversent et les repoussent comme il se doit. Charles, lui, sent bien la présence d’une télépathe ennemie aux côtés de Shaw, ce qui l’empêche de prendre le contrôle de ce dernier pour l’obliger à se rendre. A l’inverse, la Reine Blanche aussi sent bien qu’il y a un télépathe aux côtés des hommes du gouvernement. Et en plus, dans le même temps, histoire de rendre la situation encore plus chaotique, Erik, depuis l’eau, utilise ses pouvoirs pour manipuler l’ancre du navire de l’ex-médecin de la mort et s’en sert pour commencer à défoncer le pont de celui-ci. Au prix du yacht, j’ai quand même envie de dire que c’est un petit enfoiré.

Vite, s’exclame Sebastian Shaw ! Il faut filer ! Pas de problèmes : son bateau, il l’a piqué à Rastapopoulos : en-dessous du yacht se trouve un véritable sous-marin nucléaire ultra-design, avec même des néons dessus (si) pour faire de la lumière sous l’eau, ce qui est très pratique pour se faire repérer. D’ailleurs, ils les laissent bien allumés, là, alors qu’ils tentent de fuir vite et bien, comme quoi, ça fait vraiment partie des trucs vus comme indispensables par l’équipage. Et je ne vous parle même pas de l’intérieur du submersible : c’est tout propre, design, et tout et tout : le top du top de la classe étant bien évidemment le réacteur nucléaire, lui aussi conçu façon meuble futuriste, à peine plus gros qu’un bureau. Salle du réacteur qui n’est séparée du salon du sous-marin (tout sous-marin a son salon, enfin !) que par une petite porte coulissante. On peut donc boire son thé dans un fauteuil tout en se faisant méchamment irradier la gueule : c’est bien ("Hmmm, il est bon ce martini ; je le savoure pour oublier la douleur provoquée par ce troisième bras qui me pousse sur la fesse"). Pour le reste, le tout fonctionne avec un équipage limité : Azazel, Riptide et la Reine Blanche, qui ont visiblement tous leur BTS de sous-marinier, suffisent à le faire fonctionner.

"Vite, fuyons ! Ah, si seulement l'un d'entre nous avait un pouvoir de téléportation... Azazel, démarre le sous-marin !"

Hé bé. Même aujourd’hui on en a pas des comme ça. C’était moderne, 1962. Tiens d’ailleurs, pourquoi s’enquiquiner à utiliser un sous-marin tuning qui a dû coûter le PIB de la Californie pour fuir quand on a Azazel ? Je ne comprends pas bien. Surtout que pour suivre un mec qui se téléporte, il faut se lever tôt. Enfin bon, encore une fois : le méchant est supposément génial et maléfique, il doit avoir ses raisons.

Revenons en surface, alors que la corvette de la marine se contente de dire "Zut, ils s’enfuient" (retenez bien cela, car comme nous le verrons plus tard dans ce film, tous les marins semblent dénués de réactivité), plutôt que de, je ne sais pas moi, leur balancer une charge sous-marine sur le nez, ou tout simplement, enclencher le sonar pour les suivre. Erik, lui, n’est pas prêt à les laisser se barrer, et tente d’utiliser ses pouvoirs pour stopper le sous-marin en le tirant en arrière, mais hélas, il n’est pas assez puissant : c’est lui qui est tracté vers le fond. A aucun moment, il ne pense que ses pouvoirs pourraient lui permettre, entre autres : de plier les pales de l’hélice pour arrêter le sous-marin, de transformer le gouvernail en cocotte ou autre figure d’origami, ou plus simplement, d’ouvrir une écoutille pour noyer tout ce petit monde : je suis sûr que si Sebastian Shaw peut absorber l’énergie, il a plus de mal quand il s’agit de milliers de litres d’eau. Aucun sens pratique ces jeunes.

C’est donc Charles qui, depuis la corvette, sentant la présence d’un mutant derrière le sous-marin, saute à l’eau façon Alerte à Malibu, le maillot en moins, pour éviter la noyade à ce dernier et le ramener à la surface. Erik est donc un peu colère, puisqu’il ne peut plus que se contenter de voir la lumière du sous-marin tuning s’éloigner sans que personne ne remue le petit doigt. Moi-même, j’étais un peu perplexe.

La mission de capture de Sebastian Shaw est donc un échec. Qu’importe : Charles ne baisse pas les bras, et se rend donc en compagnie d’Erik et de ses autres compagnons habituels dans un laboratoire secret que la CIA se propose de mettre à disposition des mutants pour les aider à protéger l’Amérique des vilains brigands de Shaw. Sur place, ils rencontrent donc un autre mutant : Hank McCoy, dit Le Fauve, qui a la particularité d’être un génie (il a par exemple conçu un supersonique fort moderne, capable de faire du sur-place quand le besoin s’en fait sentir), et donc comme tous les génies de film, il est génial dans tous les domaines scientifiques. Son super-pouvoir n’est cependant pas là : il dispose de gros pieds façon gorille. Voilà. Trop cool. Il peut donc s’accrocher aux branches la tête en bas, ou commander des chaussures pointure 57. C’est ce que j’appelle un beau pouvoir de merde "Regarde ! Je peux écrire avec mes pieds !" : à part exciter Georges Tron, ça n’a que peu d’intérêt. Mais Raven le trouve en conséquence très séduisant : elle aussi au naturel n’a pas un physique accepté de tous, aussi cela la rapproche du jeune scientifique. Qui se propose d’utiliser les gènes de la métamorphe pour créer un sérum apte à donner une apparence "normale" permanente aux mutants sans pour autant supprimer leurs pouvoirs ; la jeune fille bleue est donc très enthousiaste à cette idée. Elle pourrait peut-être enfin couchailler.

Dès le lendemain de leur arrivée, la CIA a une bonne nouvelle pour nos héros : McCoy a reprogrammé en 1h le radar de la base pour en faire un amplificateur d’ondes cérébrales, capable de permettre à Xavier de sentir la présence de mutants sur des milliers de kilomètres, ce qui est moins que le temps nécessaire au montage d’un meuble Ikea. En effet, Charles a prévu de recruter des mutants pour pouvoir combattre l’armée de Sebastian Shaw. L’outil est donc fort pratique : il suffit au jeune professeur d’enfiler un casque pour soudain apercevoir des centaines de mutants dissimulés au sein de la population américaine ; à noter que pendant ce temps, un ordinateur de 1962 d’une puissance d’au moins 8 Ko détecte les coordonnées de chaque mutant ainsi repéré, histoire d’ensuite aller les recruter. C’est très puissant. C’en est à se demander pourquoi on a attendu pour inventer le GPS.

Avec la liste des coordonnées, Charles et Erik s’en vont donc recruter plusieurs larrons :

- Angel Salvadore, une strip-teaseuse qui dispose sur le dos de tatouages représentant des ailes insectoïdes genre petite fée (mais fée prostipute alors), qu’elle peut rendre réelles en un clin d’oeil. Autre pouvoir top classe : elle peut cracher des boules mi-caca mi-acide bien immondes, ce qui ne donne pas trop envie de lui rouler des patins. Ou de lui parler gâteries. Rien que d’y penser, brrrr.

- Sean Cassidy, un adolescent rouquin qui peut projeter en criant des ondes qui font par exemple exploser le verre. Il est donc fort logiquement recruté dans un concert de Justin Bieber, où il gueule au premier rang "Babybabybabyhoooo". J’espère que son surnom de mutant sera "Bâbord", car comme chacun sait, c’est à bâbord qu’on gueule le plus fort.

- Alex Summer, un jeune homme disposant d’un incroyable pouvoir : il peut faire du hula-hoop laser. Oui. Je… comment dire… bon, ne disons rien. Ça n’a pas dû être facile à vivre pour lui. Sa sexualité a dû souvent être remise en cause.

- Darwin, un chauffeur de taxi noir dont le pouvoir est qu’il peut s’adapter pour survivre (des branchies lui poussent par exemple si on lui met la tête dans l’eau, sa peau se transforme en pierre si on le frappe, etc). Même si pour le coup, on s’est foutu de sa gueule : s’il s’adaptait vraiment pour survivre, il serait blanc.

- Nos héros localisent bien un certain Wolverine, mais quand ils l’accostent pour lui proposer un boulot, celui-ci les invite à aller expérimenter certaines pratiques homosexuelles qui désappointent beaucoup nos héros, tant ils ont peu de goût pour les calembours à caractère discriminatoire. Ils le laissent du coup tranquille.

Une fois cette fine équipe réunie, nos héros retournent donc à leur base de la CIA, où ils apprennent une nouvelle intéressante : Shaw a été localisé. Il est quelque part en Russie, où il doit rencontrer dans une datcha isolée un certain général Volkov. Moira McTaggert, Erik, Charles et quelques soldats sont donc dépêchés sur place pour tenter de l’intercepter. Les jeunes, eux, sont laissés à la base pour apprendre à se connaître, et ils font donc une petite teuf qui est l’occasion pour eux de se trouver des noms de code : celui qui crie devient Le Hurleur, l’homme hula-hoop prend le nom de Havok, Darwin est intelligemment renommé Darwin (si), et Raven utilisera désormais le pseudonyme de Mystik (je suis pas sûr qu’elle avait besoin d’un surnom, déjà qu’elle a pas de nom de base). Ils trouvent aussi des surnoms pour Charles et Erik : le premier se voit attribuer le titre de "Professeur X", façon film porno, alors qu’Erik a le droit à "Magneto", même s’il y a eu une hésitation assez longue, certains proposant "Crumble aux Pommes", puisque ce n’était pas plus ridicule. Une fois cela fait, nos fieffés filous font donc une petite fête en se saoulant au coca, et tentent de voir si Mystik peut faire grossir sa poitrine à volonté, ce qui est le vrai intérêt de son pouvoir.

Ce petit con d'Alex, pris sur le fait alors qu'il s’entraînait au hula-hoop laser dans le garage parental.

Mais passons sur ces histoires de rebondissements mammaires, et retournons en URSS voir comment la mission se passe pour nos héros : sur place, tout ne se déroule pas comme prévu ; par exemple, Moira est surprise de tomber sur un checkpoint "signalé sur aucune carte" (salauds de russes ! Ils n’indiquent pas sur les cartes  où ils font des contrôles surprise ! J’espère qu’ils mettront des panneaux "Pour votre sécurité, contrôles militaires" ; ou des checkpoints pédagogiques, j’hésite encore), mais Charles a tôt fait de pénétrer l’esprit des soldats pour leur faire croire qu’il n’y a rien de suspect dans le camion banalisé qu’utilise le commando pour se déplacer. La troupe peut donc continuer jusqu’à la datcha, mais une autre surprise les attend : Shaw n’est pas venu en personne rencontrer le général Volkov : à la place, il a envoyé la Reine Blanche, qui a plus d’arguments pour convaincre un petit vieux ployant sous la charge de ses médailles. Erik, lui, refuse de rester là à observer sans rien faire : il passe donc à l’action malgré les ordres, et fait s’animer les barbelés autour de la base pour entortiller les sentinelles dedans. Et pour les soldats restants, il se contente de les désarmer et de les assommer à l’ancienne. Charles est donc obligé de passer derrière, et s’approche donc d’un soldat entortillé dans les barbelés (qui a la politesse de ne pas crier à l’aide ou de donner l’alarme) pour lui effacer la mémoire grâce à la puissance de son GHB spirituel. Ouais, enfin au réveil, le mec sera toujours enroulé dans du barbelé : j’espère que Charles lui implante au moins de faux souvenirs, genre "Ah ! Hier, on a un peu abusé lors de la soirée mousse au Lenin’s Folies : on aurait pas dû se rouler dans les barbelés en rentrant, huhuhu". Autre curiosité, Charles n’efface la mémoire qu’à un seul garde avant de foncer vers la datcha : tout le reste de la garnison a donc le parfait souvenir de ce qu’il s’est passé. Je ne vois pas trop l’intérêt de rendre amnésique qu’un seul mec quand il y a moult témoins, mais bon. En tout cas, notre professeur rejoint promptement Erik à l’intérieur de la résidence, et ils arrivent rapidement tous deux dans la chambre où le général s’était enfermé avec la Reine Blanche ; ils la trouvent sur place, en train d’hypnotiser le vieil homme grâce à ses pouvoirs.

Ni une, ni deux, elle tente bien de prendre sa forme de diamants pour être plus forte et mieux protégée contre les pouvoirs de ses ennemis, mais ses adversaires sont plus rapides : Charles endort le général pour ne pas être ennuyé (c’est à se demander pourquoi il n’a pas fait ça sur toutes les sentinelles pour aller plus vite au lieu de laisser Erik s’en occuper), et Erik s’occupe lui d’utiliser le métal du pied de lit pour en faire des liens qui se referment sur la vilaine pupute Reine Blanche. Crotte alors, la voici bien ennuyée ! Elle ne peut même pas garder sa forme de diamants, car sinon, Erik s’amuse à la stranguler avec le métal du lit pour la dissuader : et elle n’est pas maso, c’est qu’elle se transforme en diamants, pas en cuir. Ainsi affaiblie, Charles peut pénétrer son esprit et voir ce qu’est le plan de Sebastian Shaw. Attention :

Le bougre veut tout simplement déclencher une guerre nucléaire, comme ça, il ne restera que les mutants sur Terre, et plus d’humains.

Voilà voilà. Car c’est connu : les mutants résistent particulièrement bien aux explosions nucléaires. Et puis ça doit être tellement super de vivre dans un monde en ruines : je suis sûr que Sebastian Shaw a très envie de devenir fermier puisqu’il n’y aura plus personne pour remplir les rayons de son Intermarché. Ou alors, il est juste très con, et il n’y a pas pensé. Je penche plutôt pour cette deuxième option, puisque depuis le début, il a l’air bien débile, quand même, aucun de ses plans ne tenant debout.

Charles, après avoir appris cela, annonce la suite des opérations : on ramène la bougresse blanche vivante à la base, pour la laisser à la CIA (mais oui mon bon Xavier : toi qui aimes tant la vie et l’amour, tu es prêt à livrer une mutante ennemie à la CIA, qui ne la torturera et ne fera aucune expérience sur elle, hein, c’est pas du tout son genre). Sinon, tant qu’à être dans son esprit, tu pouvais la faire changer de camp : c’était simple, efficace, direct et ça te permettait d’avoir un agent double surpuissant. Mais bon, tout comme je ne suis pas aussi génial que Sebastian Shaw, je n’égale pas non plus le professeur Xavier.

Allons plutôt voir ce qu’il se passe pendant ce temps à la base de la CIA, justement, car il se trouve que de curieux évènements sont en train de se dérouler : déjà, des tornades suspectes sont soudainement apparues, alors que les jeunes mutants étaient tranquillement en train de se détendre, et ont commencé à attaquer le bâtiment, et à raser l’amplificateur d’ondes mentales que McCoy avait conçu. Ça ressemble à du Riptide. Par ailleurs, il y a de curieux sons : des petites détonations suivies de long cris : c’est Azazel qui se téléporte très rapidement derrière les gardes, les saisit, les fait réapparaître 100 mètre au-dessus de la base, puis les lâche avant de se téléporter. Un grand moment. Enfin, Sebastian Shaw en personne débarque et rentre dans la base sans soucis, puisqu’absorbant balles et roquettes pour rebalancer le tout sous forme d’énergie pure sur les gardes restants. A noter que ce dernier dispose en plus d’un immonde couvre-chef : un casque au design immonde conçu par les russes, supposé arrêter les ondes psychiques des télépathes : le filou prend ses précautions.

Une fois la base nettoyée, Sebastian et ses acolytes se rendent dans la salle de repos où les jeunes mutants se cachaient, et leur explique la situation : lui, il est gentil (c’est pour ça qu’il vient de tuer une cinquantaine de personnes avec ses gars alors qu’il pouvait se téléporter directement auprès des d’jeun’z pour leur causer sans encombres). Il veut juste que les mutants ne soient plus enquiquinés par les humains, et ne soient plus "esclaves" (dit il en regardant très fort et très subtilement Darwin, qui je le rappelle, est noir), mais plutôt des "rois". Angel, intéressée par ce raisonnement digne de Simplet, décide donc de rejoindre le camp des méchants (elle était strip-teaseuse à la base : un métier pas suffisamment moral, donc elle était forcément méchante au fond : qui montre son cul est forcément corrompu, dit le proverbe). Darwin, lui, fait aussi croire à Shaw qu’il le rejoint, mais il s’agit en fait d’une diversion ! Il crée suffisamment de confusion pour laisser à Havok le temps de tirer un de ses fameux hula-hoop laser, mais bien qu’il touche Sebastian Shaw, ce dernier en absorbe toute l’énergie. Et pour bien expliquer son désarroi, l’ex-médecin de la mort s’approche de Darwin et lui colle deux doigts dans la bouche (gros dégoûtant) avant de faire réapparaître les hula-hoop dedans. Le pauvre malheureux tente bien d’évoluer pour adapter son corps à cette menace, mais malgré plusieurs transformations (en métal, en pierre volcanique, etc), il finit tout simplement par être désintégré par l’énergie dégagée.

Adieu, pote black des héros. C’est tellement original.

Angel, sitôt devenue méchante, devient aussitôt capable de piloter le sous-marin nucléaire de Shaw, alors qu'elle est strip-teaseuse de formation. C'est fou.

Et pendant ce temps, Azazel, Riptide et Shaw se téléportent au loin accompagnés de leur nouvelle copine, Angel. Aussi, lorsque l’équipée qui était en URSS rentre à la base, elle retrouve celle-ci à demi-rasée, avec les jeunes recrues mutantes errant dans les ruines (oui, parce que Sebastian Shaw, il a beau être méchant et dire "Si vous n’êtes pas avec moi, vous êtes contre moi", il ne tue pas les gens contre lui et leur laisse le temps de s’organiser pour contre-attaquer. Je ne cherche plus). Charles propose alors de faire rentrer chacun chez soi, car tout cela est trop dangereux. Mais les filous veulent se battre et se venger. Et puis accessoirement, mon petit Charles, tu les avais pas recrutés pour se battre, justement ? Donc dire "C’est trop dangereux", tu aurais pu y penser avant. Monter une armée avant de se rappeler que la guerre, ça peut faire bobo, c’est un peu con. En tous les cas, la base est désormais inutilisable : le professeur propose donc la résidence de son enfance, le Manoir Xavier et son immense terrain pour en faire le nouveau centre d’entrainement de la troupe : soit.

Et si nous profitions de ce moment pour aller faire un tour à Moscou ? En effet, du côté de la Place Rouge, ça s’agite : Sebastian Shaw est venu achever de convaincre le général Volkov qu’il doit faire installer des missiles à Cuba, en réplique à ceux installés par les USA en Turquie. Et ça fonctionne : le gradé accepte. Et là encore, à lui seul, il parvient à convaincre en deux minutes tout l’Etat-Major soviétique de la nécessité de la manoeuvre : rapidement, l’URSS prépare donc un cargo transportant des missiles nucléaires pour les livrer à l’ami Castro. A noter : les soviétiques sont visiblement persuadés que les américains n’ont pas encore inventé l’avion, et ne peuvent donc pas observer leurs navires de haut : ils mettent donc bien en évidence sur le pont les missiles. Je rappelle qu’à la base, c’est supposé être une opération discrète. Ne manque qu’un panneau géant "ATTENTION : TRANSPORT SECRET DE MISSILES NUCLÉAIRES" au-dessus, et c’est bon.

Les américains apprennent donc, curieusement, la manoeuvre, et la tension commence à sérieusement monter entre les deux superpuissances, qui se rapprochent du conflit.

Éloignons-nous de ces évènements internationaux et retournons si vous le voulez bien à la résidence Xavier, afin de voir ce que font nos joyeux mutants en attendant la suite. Charles s’occupe de chacun pour aider à ce que tous améliorent leurs pouvoirs : il s’entraîne à la course avec Mc Coy, afin qu’il réalise que ses pieds lui permettent de courir bien plus vite que n’importe quel humain. Le même Mc Coy qui a réalisé pour Havok une tenue qui permet de concentrer ses hula-hoops en un seul gros laser qu’il peut tirer depuis son torse, ce qui lui permet de mieux viser. Pour le Hurleur, Xavier et Mc Coy réalisent une… tenue pour voler ?! Quoi ? Mais attendez, son pouvoir c’est de crier ! Vous auriez pas pu lui filer un mégaphone ? Ou un téléphone pour faire "Allô, Sebastien Shaw ? CRIKITUE !" ? Nan ? Parce que ça je suis sûr qu’il ne s’y attend pas. Bon, enfin : sans aucune raison, ils lui filent donc une espèce de tenue de base jump avec laquelle, en criant, il peut voler. Bon bon bon. Et Erik alors ? Et bien Charles lui montre une monstrueuse parabole à plusieurs kilomètres de la résidence, et lui propose d’essayer de la faire pivoter : impossible, trop loin et trop gros. Mais le professeur sait comment guider son ami : en l’aidant à se concentrer sur un souvenir amenant son esprit "entre la fureur et le calme total" : il fouille donc dans son petit crâne pour trouver le souvenir qui va bien, et trouve un passage où, enfant, il priait avec sa mère à la lueur de bougies. Ce souvenir est tellement beau que ça donne la force à notre Magneto de remuer la parabole (j’espère que ça servait pas à un papy à regarder un porno par satellite, sinon il a dû être bien vert "Héééé ma parabole, enfoirééé de Magneto !"). Donc oui, hein : Magneto, pour être au meilleur de sa forme et réaliser des prodiges, il a besoin de penser à un moment heureux : c’est le Peter Pan des X-Men. Sa réputation en prend un coup. Enfin, Moira McTaggert, elle, seule non-mutante sur place, a juste le droit de cuisiner des cookies et de la fermer.

De son côté, Raven continue de piquer sa petite crise sur son physique, parce qu’elle veut être aimée sous sa forme naturelle et bleue, attiser le désir chez les mâles, tout ça tout ça, mais n’ose prendre sa vraie apparence malgré tout pour être acceptée des autres. Erik lui explique donc qu’elle doit arrêter de se cacher et se montrer sous sa vraie forme en s’assumant : et bin elle comprend tellement bien le message qu’elle décide non seulement de rester sous sa forme bleue, mais aussi de ne plus porter de vêtements du tout : en deux phrases, la petite fille complexée se retrouve transformée en nudiste psychopathe. Allez comprendre. Bon, d’ailleurs, Erik en profite pour faire un peu plus qu’ami-ami avec elle, puisque les filles toutes bleues, ça l’a toujours excité. Je vous raconte pas dans quel état Avatar l’a mis, mais passons. Cette histoire a une conséquence : McCoy, lui, a bouclé le sérum permettant d’avoir une apparence normale qu’il avait promis à Raven. Mais lorsqu’il lui apporte, celle-ci n’en veut plus et veut être fière de ce qu’elle est. Il s’injecte donc le produit tout seul, et voit en effet à sa grande joie ses pieds prendre une apparence humaine. Mais son euphorie n’est que de courte durée : soudain, son pied se déforme à nouveau, mais le résultat est encore pire qu’avant : au lieu de calmer ses cellules mutantes, il les a stimulé, rendant sa mutation encore plus importante : sa peau devient bleue comme Raven, de la fourrure lui pousse et tout son corps se déforme : il devient donc mi-homme mi-fauve, mais bleu… heu… il devient "Le Fauve", quoi. Finalement, il se dit qu’il aurait dû se contenter de ses gros pieds et se mettre au basket. Mais c’est un peu tard, parce que là, il a plutôt une grosse tête de félin, des envies de grimper aux murs, de niquer les rideaux et de déféquer dans une caisse en plastoc. La vie est dure pour les fauves modernes. J’espère que le professeur Xavier va le faire tatouer et vacciner.

Et la crise de Cuba dans tout ce bazar, hein ? Les missiles, tout ça, où en est on ? Nos héros décident d’aller regarder à la télé pour suivre l’affaire, et découvrent que l’on est proche de la guerre nucléaire : si le transporteur de missiles soviétiques décide de franchir les lignes de sécurité du blocus américain sur Cuba, il sera détruit sur le champ. Et l’URSS a déclaré que si on lui tirait dessus, ce serait la guerre. Diable !

Sebastian Shaw a bien fait son travail : le conflit mondial est proche. Charles et Xavier, connaissant le plan du méchant, ils le soupçonnent d’être présent en personne sur la zone où les deux flottes vont se rencontrer, histoire qu’il assiste au spectacle et qu’il s’assure que la dernière phase de son plan, le déclenchement de la guerre, commence bien. Le professeur et sa troupe iront donc sur place pour empêcher la guerre et arrêter Shaw. Même si Erik tient à préciser que lui ne se contentera pas de l’arrêter : il lui éclatera sa margoulette jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Le lendemain, donc, nous retrouvons en mer, à proximité d’une petite île, les flottes des USA et de l’URSS se faisant face, avec entre elles le navire de transport de missiles soviétiques, qui s’approche lentement de la ligne qui signifiera le début de la guerre mondiale s’il la franchit. Souvenez-vous bien de ce que je vous ai dit plus haut sur le fait que les marins ne réagissaient à rien dans ce film, vous allez voir.

Un marin durant les évènements du film

Dans chaque camp, on se prépare : on range les uniformes et on sort les casques, observant les mouvements de l’autre, quand soudain ! Un immense supersonique noir survole la zone à basse altitude : l’avion de Charles et ses petits gars ! La CIA leur a prêté l’appareil que McCoy avait conçu de ses mains, et nos héros sont donc tous à bord, équipés de tenues qui doivent leur permettre d’encaisser les accélérations et de "résister aux balles". A noter qu’ils ont aussi emmené McTaggert, dès fois qu’elle puisse servir à quelque chose, et aussi parce qu’elle a la réputation depuis le début du film de porter des sous-vêtements coquins pendant le travail. Il faut aussi savoir qu’aucune des deux flottes ne se pose de questions sur ce qu’est ce supersonique non-identifié : les commandants américains et russes se contentant de marmonner "Ho, tiens !" pendant que l’oiseau noir tourne autour d’eux. Je sais pas, moi ça m’aurait intrigué un minimum. Genre assez pour appeler la base et le signaler, au moins. Ou même juste verrouiller une arme dessus, des fois que. Mais visiblement, pas dans notre cas. Soit.

A bord de la flotte soviétique en tout cas, une nouvelle d’importance tombe : Moscou a donné l’ordre, pour éviter la guerre, de faire faire demi-tour au navire de transport. Pourtant, malgré les appels répétés de la flotte, personne ne répond à bord du navire porteur des missiles… et pour cause : afin de s’assurer que le navire franchisse bien la ligne du blocus américain et déclenche le conflit mondial, Shaw a envoyé Azazel tuer tout le monde à bord. La nef  abandonnée continue donc en ligne droite, sans équipage.

Constatant cela, Charles agit avec célérité : il utilise son esprit pour prendre le contrôle d’un officier soviétique à bord d’un navire de guerre, et le fait appuyer sur un gros bouton rouge, qui envoie un missile faire sauter le bateau fou : hop ! Jamais le navire ne franchira la ligne interdite : le monde semble sauvé. Hmmm ? Vous dites ? Si : dans tous les navires russes, il y a bien un gros bouton rouge qui est calibré pour envoyer automatiquement un missile sur le navire qu’ils sont censés protéger. Ils sont conçus avec cette option en série. C’est comme ça. Vous êtes de mauvaise foi, alors, c’est insupportable. Tout de suite "Woooh, c’est n’importe quoi !"… je vous préviens, je n’irai pas au cinéma avec vous.

Depuis son sous-marin, non loin de là, Sebastian Shaw réalise que son plan génialement naze a échoué : cacaboudin, prout, zut (c’est le méchant, il jure comme pas deux) se dit-il. Comment déclencher la guerre maintenant ? Boh : pourquoi pas en faisant une petite explosion nucléaire dans le tas ? Il se rend donc à la salle du réacteur super-classe ambiance feng-shui de son submersible, et commence à engranger la puissance de celui-ci pour mieux la relâcher plus tard sur ses ennemis. Il peut le faire tranquille : malgré le fait que les deux flottes des plus grandes puissances mondiales de l’époque soient au-dessus prêtes à la guerre et guettant une ruse de l’ennemi, personne n’a pensé à allumer son sonar. C’est… comment dire… ils font quoi, en fait dans ces bateaux ? Ils ne s’intéressent pas aux supersoniques qui les survolent, ils ne cherchent pas à voir si des sous-marins les épient… non. Ils pique-niquent sur le pont. C’est un apéro-Facebook en mer, au mieux. Ils auraient envoyé des navires de pêche qu’ils n’auraient pas fait mieux.

Mais c’est sans compter sur les mutants de Charles, qui eux, cherchent le sous-marin de Shaw : le professeur Xavier, plutôt que de chercher l’esprit de Riptide ou d’Azazel dans le coin pour localiser le sous-marin ennemi, et éventuellement prendre le contrôle dudit brigand pour qu’il fasse remonter le vaisseau de Shaw à la surface, préfère envoyer le Hurleur jouer au sonar. Alors les enfants, sachez-le : apparemment, pour faire sonar, il suffit de crier dans l’eau, et ensuite c’est bon. Ah ? C’est donc si simple que ça un sonar ? On peut le faire soi-même dans son bain pour localiser la savonnette ? Formidable. Enfin bref : on ne sait comment, grâce aux pouvoirs du Hurleur qui a donc sauté à l’eau pour localiser le sous-marin, ce dernier est localisé : c’est donc Erik (tiens, lui aussi il ne pouvait pas "sentir" plusieurs tonnes de métal sous l’eau, au fait ?) qui utilise ses über-pouvoirs en se concentrant très fort sur le souvenir de sa maman pour faire carrément sortir le sous-marin des eaux et le fait léviter au-dessus de la surface de l’océan (bon sang, mais tu pouvais pas juste le noyer, hein ?), avant de le faire s’échouer sur l’île voisine. Durant la manœuvre, le méchant Riptide a juste eu le temps de balancer une tornade sur le supersonique des troupes de Xavier, forçant l’appareil à s’écraser à côté de l’épave du sous-marin.

Les deux groupes se retrouvent donc face à face sur la plage, plus ou moins sonnés puisqu’ils viennent quand même chacun de faire quelques acrobaties pas banales. La bataille s’engage, et rapidement, Azazel téléporte des gens ici ou là malgré eux pour semer la confusion : c’est ainsi que par exemple, Havok se retrouve suite à diverses aventures à atterrir sur le pont d’un des navires américains, où il est fait prisonnier par les marins (Mon Dieu ! Des marins ont réagi à un truc ! C’est fou !). Alors que dans le même temps, le Hurleur, volant au-dessus de la flotte américaine, est poursuivi dans les airs par la vilaine Angel, qui crache de l’acide sur lui et les navires qui passent en-dessous d’elle.

Là encore, aucun marin ne réagit : c’est vrai, se faire attaquer par une greluche volante qui crache de l’acide, c’est tellement incongru que mieux vaut complètement l’ignorer. C’est pas comme si à bord il y avait des fusils, pistolets et autres pièces anti-aériennes qui permettraient de transformer la bougresse qui vient de tuer des soldats sur les navires en couscous et ainsi définitivement lui faire rentrer dans le crâne qu’on ne crache pas sur les gens, et encore moins de l’acide.

Le réalisateur a dû faire son service dans la marine, mal le vivre et vouloir se venger en les faisant tous passer pour des neurasthéniques. Ça me parait être l’explication la plus crédible.

Finalement, malgré le fait qu’il soit poursuivi par une nana avec de sacrés reflux gastriques, le Hurleur parvient à récupérer Havok sur le pont d’un navire (là encore sans que personne ne l’allume) et à le ramener jusqu’à la plage où les autres mutants s’affrontent (je vous passe les détails à base de "pif", "paf" et "ouille"). Et sur le sable justement, il y a un peu plus d’action : Charles, à l’abri de l’épave de son avion, tente d’entrer dans l’esprit de Shaw, mais ne peut le faire tant que celui-ci portera son casque à la con. Il envoie donc Erik à l’intérieur même du sous-marin pour lui malaxer la mouille à coups de tatane.

Mouais. Autre possibilité : Charles prend le contrôle télépathique d’Azazel, qui lui n’est en rien protégé (et apprend ainsi que Shaw est chargé d’énergie comme une bombe atomique), et envoie celui-ci à l’intérieur du sous-marin récupérer Sebastian en un éclair avant de le téléporter loin, très loin, dans un coin désert de l’océan (il peut se téléporter loin : il a bien fait Las Vegas – Washington pour le général Jean-Jacques), où Shaw n’emmerdera plus personne. Et où une éventuelle explosion nucléaire ferait moins de pertes humaines. Mais là encore, Charles n’y pense pas, et préfère envoyer son copain Erik – qui lui a clairement dit qu’il tuerait Shaw – seul à bord du sous-marin, pendant que lui ne fait… heu… rien.

Cet homme vient de se crasher à bord d'un supersonique. C'est visible.

A noter, encore un truc suspect (la liste est méchamment longue, tout de même) : sur la plage à un moment, Mystik, pour déconcentrer Azazel qui allait tuer un des gentils, a pris l’apparence de Sebastian Shaw pour lui ordonner d’arrêter et ainsi faire diversion. Et par on ne sait quel miracle, elle sait comment Shaw est habillé au moment même où elle prend son apparence, alors qu’elle n’a pas pu le voir ! Bravo jeune fille. On dira que c’est l’instinct féminin, hein.

Mais revenons donc à l’intérieur du sous-marin, où Erik finit par trouver l’accès menant à la salle du réacteur nucléaire où l’ancien médecin de la mort fait le plein d’énergie. Ce dernier explique, comme tous les méchants que "Ouiiii les humains sont méchants et inférieurs, on doit les exterminer" (c’est un ancien nazi : il a le droit à ce raisonnement pourri). Ce à quoi Erik répond "Je suis bien d’accord mais je vais quand même te casser la gueule" (oui enfin toi t’étais victime des nazis : ça parait plus chaud d’avoir ce raisonnement sur les races inférieures, du coup, andouille !). Un duel s’engage donc, dans lequel Erik déguste pas mal, puisque le bougre de Sebastian est bel et bien bourré d’énergie (mais attention : il ne s’en sert pas pour tuer Erik, juste pour lui faire un peu bobo pendant qu’il lui fait le célèbre monologue des méchants où il révèle tout son plan, je pensais que ce genre de scène avait disparu en 1995). Mais notre Magneto préféré utilise son pouvoir avec fourberie : il manipule des câbles du sous-marin dans le dos de son ennemi pour s’emparer de son casque d’un coup sec : et hop ! Sebastian Shaw se retrouve paralysé par le fait que Charles, depuis l’épave de l’avion, percevant enfin l’esprit de son ennemi à sa merci, y pénètre et l’empêche de bouger. Il tente bien de gueuler à son pote Erik "Fais pas le con mec, le tue pas, tuer, c’est mal !" (oui enfin mon bon professeur : c’est toi qui a envoyé pour arrêter Shaw le seul type qui voulait sa mort. Et tout seul en plus. Alors bon. ), mais ce dernier récupère le casque anti-ondes mentales et peut enfin se protéger d’une éventuelle influence de son ami Charles. Il sort alors de sa poche une pièce, la belle pièce nazie que Shaw lui avait demandé de déplacer il y a des années et explique qu’il va le tuer dès qu’il aura compté jusqu’à 3, et ce, juste en utilisant cette pièce que le bougre voulait tant voir remuer en 1944 : il compte, et à trois, il la fait bouger tant et si bien qu’elle traverse le crâne du pauvre Sebastian. Bobo.

C’est ce qui s’appelle avoir la monnaie de sa pièce.

Ho ! Non ! Philippe Bouvard, sors de ce corps ! Que disais-je avant d’être possédé par le X-Man de RTL ? Ah oui : Magneto ressort du sous-marin en exhibant le corps de celui qui fut son tortionnaire. Mais il n’a guère le temps de se vanter de son exploit : au loin, il note que les flottes américaine et soviétique sont en train de manœuvrer pour bombarder la plage : les deux camps n’ont pas aimé que les mutants se mêlent de leurs affaires, ils comptent donc bien se débarrasser de cette menace difficile à cerner. Sauf qu’alors que les obus, missiles et autres se dirigent vers nos héros, Magneto les arrête tous de son champ de force ; hésitant à les renvoyer aux agresseurs, il entend Charles lui dire "Ne les tue pas, Erik ! Ils n’ont rien fait ! Ils ne font… qu’obéir aux ordres !" : NON ! Crétin de Professeur Charles, vas tu faire UN truc intelligent dans ce film ? Tu as exploré les souvenirs du petit Erik ! Tu sais qu’il a été victime des nazis ! Et tu sais même que les nazis en Argentine qu’il a tué au début du film lui ont dit "Ne nous tue pas : on ne faisait… qu’obéir aux ordres !" : alors pourquoi tu sors une phrase qui énerverait n’importe quel survivant de la Shoah, gros malin ?

C’est gagné : Magneto commence à rebalancer tout l’arsenal qu’il maintenait en l’air vers l’ennemi et là encore, à bord des flottes, on voit juste chaque commandant expliquer qu’il n’y a plus rien à faire, qu’ils vont mourir tués par leurs propres missiles. Mais enfin, merde ! Et vous  ? Vous allez agir ? Genre même par instinct ? Remuer un sourcil ? Ordonner une manœuvre pour essayer de minimiser les pertes ? Non, là encore : rien. C’est tout bonnement incompréhensible. Je ne sais pas qui a écrit ça, mais il devait avoir envie de finir à 18h.

Heureusement pour ces idiots, Charles passe à l’action et saute littéralement sur Erik pour le déconcentrer (personne d’autre n’y a pensé, tout le monde se contente de regarder en sifflotant) : alors qu’ils entament leur pugilat, les missiles et obus, qui ne sont désormais plus maintenus en l’air par Magneto, tombent tous à l’eau, faisant pousser un grand "ouf !" aux deux flottes, qui ne réitèrent pas l’expérience de tirer.

Un seul humain essaie finalement de faire des trous dans Erik. Ou plutôt, une seule humaine : Moira McTaggert, émergeant de l’épave du supersonique, et voyant Charles en mauvaise posture face à son adversaire, sort son flingue et décide d’allumer celui qui veut du mal au bon professeur Xavier. Sauf que grâce à ses pouvoirs, le vil personnage dévie les balles… et l’une d’entre elles vient ricocher dans le dos de notre héros (attendez, ils ont pas dit que c’était des tenues pare-balles ? Et elles n’encaissent pas un ricochet de pistolet de petit calibre ? On les a arnaqués, dites donc) : Charles s’effondre donc dans un long râle sur le sable.

Erik est fort triste, parce que Charles est tout de même son ami. Ou était, là, leur relation est plus tendue. Mais réalisant que jamais ce dernier ne sera d’accord avec son combat intitulé "Les mutants sont la race supérieure, elle doit dominer le monde, ach !", il décide de tout simplement s’en aller. Et pour ce faire, il invite les anciens sbires de Sebastian Shaw à le rejoindre, ce qu’ils font au nom de la règle du "Tu as tué le chef des méchants et tu es méchant : on te suivra donc sans poser de questions". Des autres mutants, seule cette coquine de Raven accepte de changer de camp, car voulant être "fière d’être mutante" (et ayant fait des gâteries à Erik). La bande des vilains se met donc en ligne en se tenant la main, et Azazel les téléporte donc tous loin de là.

Erik tentant de voir dans quelle pose il a l'air le plus cool avec son casque. Réponse : aucune.

Non, ils n’ont pas besoin de dire "Tenons nous la main, on va se téléporter" ou "Azazel, je vais t’indiquer où nous emmener" : ils savent naturellement qu’est venu le temps de se tenir la main, et Azazel connait la destination voulue par Erik sans même avoir à lui demander. C’est tellement plus classe que "Chef, chef, on fait quoi ? On va où ? Hein chef ?"

Sitôt les brigands partis, tournons-nous plutôt vers Charles, autour duquel les autres mutants se rassemblent en s’exclamant "Aaaah, arrête ton chiqué ! C’est une balle dans le cul, tu n’en mourras pas !" ; sauf que morbleu ! Ce n’est point son popotin qui a été honteusement entamé, mais sa colonne vertébrale : le bougre est donc paraplégique ! Moira est forcément un petit peu déroutée par tout cela, tant elle s’en veut d’avoir tiré la balle responsable du drame.

Aussi, quelques jours plus tard, nous la retrouvons en train de pousser Charles dans son fauteuil roulant flambant neuf, quelque part devant la célèbre résidence de la famille Xavier. Le bon professeur explique à l’agent de la CIA que désormais, c’est ici qu’il regroupera les mutants, afin de les aider et de leur apprendre à maîtriser leurs pouvoirs. McTaggert se contente donc de dire "Ho oui Charles, quelle excellente idée ! Et sachez que je ne dirai jamais que c’est ici que le professeur X et ses alliés, appelons-les les X-Men, se cachent !" ; et pour appuyer son argumentaire, elle décide en sus de rouler un gros patin à notre héros. Mais comme celui-ci n’est pas si gentil qu’il le dit, il en profite pour lui effacer la mémoire (y compris des évènements posts-baiser : j’en connais une qui a dû se réveiller avec de drôles de douleurs elle aussi en bas du dos).

Quelques temps plus tard, c’est au Pentagone que Moira McTaggert se retrouve, en plein interrogatoire face à une table constituée de tous les gradés du coin qui exigent de savoir ce qu’elle sait des mutants. Et si elle connait l’endroit où ils se cachent : non ; en fait, elle ne se souvient même pas des derniers jours, à part d’images floues comme, je cite "des arbres" et "un baiser" (ce qui pousse le patron de la CIA à dire qu’il ne faut décidément rien confier aux greluches) et "moi en train de gémir allongée sur le capot d’un fauteuil roulant de luxe". Pour le dernier, je ne suis plus sûr-sûr, mais ça me parait crédible. La CIA est donc dég’, elle a perdu la trace des mutants.

Mais comme c’est un grand film, je le rappelle : les mutants du professeur Xavier, que la CIA connait vu qu’il leur a fait un exposé complet, sont cachés dans la résidence Xavier dans laquelle Charles Xavier a grandi, indiquée dans l’annuaire à la lettre "X" et qui en plus est sur une propriété gigantesque et immanquable, à côté d’une gigantesque parabole qui a bougé suite à un phénomène mystérieux l’autre jour.

Nan, ils sont vraiment trop bien cachés, ces mutants. Bravo, Professeur X. Jamais la CIA ne pensera aux pages blanches.

Sauf que pendant que Moira est interrogée, ailleurs sur le territoire américain, là où est enfermée la Reine Blanche, de drôles de personnages se présentent : Azazel, Riptide, Angel et Mystik, menés par Erik, qui viennent la libérer sans rencontrer de véritable résistance. Ce dernier a d’ailleurs modifié sa tenue : il a désormais une tunique rouge (moche), une cape (moche et inutile), le casque anti-ondes mentales (qu’il a customisé pour le peindre en rouge et où il a ajouté des décorations dignes d’une Fiat Panda tunée). Formidable. Il informe la damoiselle qu’il vient libérer qu’il l’invite à rejoindre sa bande de méchants, qui remplace celle de Shaw, et qu’il n’est plus la peine de l’appeler Erik. Désormais, il faut l’appeler…

Crumble aux pommes Magnetooooooo… et…

FIN !

_____________________________________

Charles se tient la tête en maugréant, mais la douleur est insupportable : il n’entend plus que ça.

Vous savez, quand vous avez une chanson de merde dans la tête ? Et bien imaginez qu’un télépathe vous entende : non seulement il risque lui aussi de l’avoir, mais en plus, même s’il essaie de penser à autre chose, il continue de vous entendre, vous, constituant une sorte de dolby surround spirituel de musique à chier impossible à évacuer de son esprit.

Le professeur finit par choir de son siège pour de bon. Alors que les premiers élèves paniqués se lèvent de leurs tables pour se porter à son secours, il note que la jeune fille du fond semble continuer de penser à ce tube immonde qui est à la musique ce que Francis Huster est à la comédie. Alors que les premiers adolescents arrivent autour de Charles rampant douloureusement au sol, ils constatent qu’il est déjà trop tard.

Recroquevillé au sol, ils ne peuvent que noter qu’il est en train de marmonner, les yeux révulsés et l’air dément :

"Fr… Fr… It’s… Friday… Friday…Hoooo."

La télépathie est une malédiction. Surtout avec des ados.

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