Frotte-frotte.

Le petit bruit de Martha s’employant à faire resplendir le parquet du bureau n’est qu’à peine audible lorsque l’on est concentré. Et je le suis : froissant le papier du Monde entre mes mains, bien installé à mon bureau, je m’applique à faire défiler devant moi les derniers articles sur l’actualité, prétexte scandaleux pour en réalité jeter de discrets coups d’oeil à la croupe rebondie de la jeune femme appliquée à cirer une latte de plancher récalcitrante. De temps à autres, je feins tout de même un certain intérêt pour ma lecture supposée être l’un des journaux les plus réputés de France, tentant d’oublier que c’est de son ventre maudit qu’est sorti le site de non-information Le Post, sorte d’allégorie de l’absence complète de talent, de goût et d’éthique.

Or, cette semaine, comme tous les organes de presse de France et de Navarre, Le Monde a longuement disserté sur l’affaire  Dominique Strauss-Khan, sujet qui a en a passionné plus d’un : crime odieux ? Machination galactique ? Irrespect de la présomption d’innocence ? Mépris de la plaignante ? Une foule immense s’est jetée dans l’arène des commentateurs et des théoriciens, chacun y allant de son avis sur le sujet. Personnellement, mon opinion sur la chose est assez limitée : on pourrait la résumer à "Méfiez-vous des femmes de ménage".

Souvenez-vous, Dreyfus ! L’histoire d’un français accusé d’un crime monstrueux qui se retrouve au trou pendant que la presse nationale se déchaîne autour de sa culpabilité ou de son innocence, le pays tout entier se divisant sur la question : vous allez me dire que ça n’a aucun rapport, mais, hé ! Qui se souvient de comment toute l’affaire a commencé ? En septembre 1894, c’est Marie Bastian, une femme de ménage, tiens donc, qui alors qu’elle nettoie consciencieusement les bureaux de l’ambassade d’Allemagne, trouve dans une poubelle un mystérieux bordereau déchiré indiquant que quelqu’un balance des infos aux teutons (informations sur le frein hydraulique du canon de 120, recette du pain perdu, etc). C’est de sa trouvaille que partira toute l’affaire.

Fanny Kaplan, celle qui tira sur Lénine, et dont le chemisier devint le symbole de quantité de femmes de ménage de par le monde

Quelques années plus tard, rebelote ! Le 2 février 1933, Christine et Léa Papin, deux braves bonnes, probablement en mission commandée pour une puissance étrangère, tuent leurs patronnes : là encore, hop, la France s’émeut, disserte autour de ce qu’il s’est passé, la presse puis le cinéma s’en empare, et le crime est si terrible qu’il retentit jusqu’à l’étranger ; incroyable coïncidence, c’est le même jour qu’Adolf Hitler fait interdire tous les journaux opposés au régime en Allemagne, probablement pour éviter que l’on ne découvre qu’encore une fois, les bonnes étaient en mission commandée pour le pays de la choucroute. Dans les années qui suivent, certains soldats retrouvés à moitié fou sur le bord de diverses routes d’Europe jurent avoir été attaqués par une Panzerdivision totalement féminine aux uniformes alambiqués qui aurait pour héraldique un bouclier frappé d’un plumeau et d’une saucisse marqué "Groß Ménache !". Bien que l’on trouve trace de tels récits de la guerre d’Espagne à l’opération Wacht am Rhein, aucun document officiel n’a jamais permis de confirmer l’existence d’une telle armée. Pendant presque 70 ans, soucieuses de ne pas se dévoiler plus avant, les bonnes se font oublier.

Jusqu’à cette semaine, donc : au même moment, une femme de ménage accuse le président du FMI de viol, alors qu’une bonne de l’autre côté des Etats-Unis expliquait qu’elle manipulait le gouverneur de Californie grâce à un fameux chantage autour d’un enfant illégitime.

Coïncidence ? Complot mondial ? Je laisse ce débat à tous les experts qui se sont succédés sur les plateaux de télévision cette semaine pour disserter sur du rien ("J’y étais pas mais je sais comment ça s’est passé"). Car le plus intéressant, c’est en fait la méta-affaire, c’est à dire, tout ce qu’il s’est dit autour : faut-il parler de la vie privée des hommes politiques, quel rôle ont les médias, et quelle place pour les femmes, dans tout ça, bordel…

Et c’est donc Christophe Deloire, directeur du centre de formation des journalistes (ça veut déjà en dire beaucoup), dans Le Monde, qui a ouvert les hostilités avec classe et bon goût (au point d’amener plus de 4200 lecteurs à relayer l’article sur Facebook) en traitant de "l’omerta des médias sur DSK"  :

 Pour parler de la vie politique, les médias français alignent traditionnellement une cohorte d’éditorialistes, rebaptisés depuis peu "commentateurs", là où les Anglo-Saxons, avec tous leurs défauts, préfèrent lancer leurs enquêteurs pour livrer au public le maximum de révélations. Or de la soif de vérité factuelle les démocraties ne se portent jamais mal.

Voilà ; la "soif de vérité factuelle" , c’est le terme poli pour parler des critiques faites à la France ces derniers jours : si vous n’avez pas suivi, sachez que le grand reproche qui a été fait a été que nos grands médias ne s’intéressent pas à la vie sexuelle des hommes politiques, que ce soit DSK ou autre. Il est tout de même bon de lire sous la plume d’un type en charge de former des journalistes que oui, la vie sexuelle des gens est un facteur important dans la vie démocratique. Auquel cas, on pourrait donc qualifier Gala, Voici ou Closer de "journaux d’investigation", à ranger  sur la même étagère que le New York Times, le Spiegel ou le Canard Enchainé.

Et c’est là que l’affaire DSK est belle : certains petits malins ont décidé de s’en servir de cheval de Troie pour faire passer leurs idées, expliquant que si depuis des années, ils s’intéressaient à qui mettait son trilili dans qui (ou dans quoi, soyons fous : souvenez-vous de cette folle nuit passée avec Renato le poulpe sur le sable humide de la plage de la Baule), c’était UNIQUEMENT pour le bien de la Démocratie, avec un grand D comme Devoir.

Voilà : ça c'est du vrai journalisme !

Aucun rapport avec du racolage pourri pour inciter les collégiennes et les salons de coiffure à s’abonner.

J’espère que Public aura le prix Pulitzer cette année, dites donc.

La décence commune en l’espèce, c’est le respect des personnes, bien entendu, mais surtout le refus de l’hypertrophie verbale, une obsession de la soumission aux faits. Cette décence devrait prohiber le commentaire vaseux qui se croit libre parce qu’il ne s’autorise que de lui-même.

En tout cas, il faudra m’expliquer où commence le respect des personnes si on ne les autorise pas à avoir une vie privée. "Nan mais Michel, on te respecte et on respecte ta vie, tout ça, mais faudrait que tu nous dises quelle position tu as effectué avec Sonia, la petite stagiaire de la compta. Arrête de dire qu’on est de gros obsédés : oui, on l’est, mais juste par les faits. Bon, reprenons : est-ce que tu l’as prise sur la photocopieuse, et si oui, est-ce que tu as activé la copie couleur ou noir et blanc ? ".

Quant à l’hypertrophie et aux commentaires vaseux, venons-y.

En 2006, je fus l’auteur avec Christophe Dubois d’un livre d’enquête sur le caractère aphrodisiaque du pouvoir, Sexus politicus (Albin Michel), qui traitait aussi des coups bas sous la ceinture dans la vie politique. Pour la première fois, un chapitre intitulé "L’affaire DSK" évoquait le comportement hors normes de celui qui n’était pas encore directeur général du FMI, et révélait ses risques inconsidérés pour un homme d’Etat, ses vulnérabilités. Les scènes racontées ne relevaient pas que de la séduction de salon.

C’est beau. Critiquer l’hypertrophie et les commentaires vaseux pour se fendre d’une tribune qui est prétexte à rappeler qu’on a sorti un livre sur le sujet. Ouvrage qui parlait "pour la première fois" de "l’affaire DSK" dès 2006. Si la Modestie décide un jour de s’incarner sur Terre, nul doute qu’elle prendra la forme de Christophe Deloire.

A noter que paradoxalement, l’apôtre des "faits" explique que son ouvrage traite de "risques" et de "vulnérabilité", ce qui, par définition, consiste à traiter de choses qui ne sont pas arrivées. Mais, faisons fi de la mauvaise foi, et allons jusqu’au bout du raisonnement, en nous disant que ces théories dignes de "commentateurs" devaient donc être basées sur des faits avérés et étudiés. Oui, puisque "Les scènes racontées ne relevaient pas que de la séduction de salon". Comment ça "que" ? Vous voudriez dire que vous auriez aussi disserté sur des scènes de séduction de salon, c’est-à-dire révélatrices de rien mais qui permettaient de tartiner le bouquin de détails intimes n’ayant d’autre intérêt que jouer de voyeurisme ? Voilà qui fait rêver.

Enfin, puisque le brave homme dit cela, c’est donc qu’il y a aussi autre chose, des faits probablement plus révélateurs, qui eux, éclairent sous un jour nouveau toute cette affaire et… tiens ? Tiens, c’est curieux : ces faits si révélateurs, qui justifieraient tout, il n’en parle pas. Il dit juste qu’ils sont dans son livre : comme c’est subtil ! Enfin pas aussi subtil que le fait suivant : le bon monsieur s’étend dans Le Monde pour expliquer qu’il savait depuis 2006 des choses incroyables ; mais alors peut-il nous expliquer pourquoi il ne s’est pas étendu de la même dans la presse de l’époque pour révéler ces faits qui, semble t-il, impliquaient des choses bien plus graves que de simples amourettes intimes ?

Je vous résume la chose : "Ahaha, je suis journaliste ! Et j’ai un scandale énorme à révéler : vite, n’en parlons surtout pas aux journaux !". Pour rappel, nous sommes bien en train de parler du directeur du centre de formation des journalistes. Je crois que je commence à comprendre bien des choses sur la crise du métier.

Depuis dimanche 15 mai, j’ai décliné toutes les propositions d’interviews, ne voulant pas ajouter mes commentaires à ceux de spécialistes n’ayant rien vu, rien su, rien lu, ni bavarder sur la séduction en politique (hors sujet), ni resservir des informations publiées il y a cinq ans.

"C’est pour ça que j’ai décidé d’écrire une tribune entière dans laquelle j’explique que j’avais tout vu, su et lu, et que je bavardais de le séduction en politique (le thème de mon livre) dans des informations que j’ai publiées il y a cinq ans."

Mon héros.

Rien que le bandeau résume le niveau de la chose.

Mais une nouvelle fois l’actualité nous oblige à poser la question de l’utilité des journalistes. A quoi servent-ils ?

C’est en lisant ce genre de personnes qu’en effet, je me pose la question. J’hésite entre "Présenter Euromillions" ou "Parler du dernier fabricant de santons de La Creuse". Enfin, non, je suis mauvaise langue : ils font aussi d’excellentes tables basses.

En publiant Sexus politicus, Christophe Dubois et moi avons transgressé un tabou. Le fallait-il ? La question mérite débat, et il est parfaitement concevable de s’offusquer sur le principe.

"En écrivant notre livre, nous avons franchi toutes les frontières, nous étions jeunes et fougueux ; le lendemain du jour de parution, je me souviens avoir traversé Paris en skate ; alors que je taguais "Prout" (vous ai-je dit que je ne respectais aucune convention ?) sur le Sacré Coeur, j’entendis les cris de la foule offusquée par les limites politiquement correctes que nous avions franchies : les hommes hurlaient de colère, les femmes s’évanouissaient, et le Pape s’était mis en tête d’appeler à la Croisade contre nous."

Mais oui les enfants : vous aviez franchi tous les tabous. Ou alors, vous aviez juste fait une compilation d’anecdotes plus ou moins privées et plus ou moins connues. Présenter les faits derrière les ragots. Si ma concierge me parle durant trois plombes de qui a couché avec qui, que la personne soit connue ou non, elle ne brise pas de tabous (par contre elle me les brise un peu).

Introduisions-nous en France les méthodes du journalisme anglo-saxon et/ou crevions-nous une bulle de secrets privés ? Les lecteurs, y compris les responsables politiques, par leur nombre et leurs réactions, ont manifestement considéré que le dévoilement était légitime, notamment si on ne le recouvrait pas d’une couche de morale.

J’aime les gens qui font les questions et les réponses. "Changions nous la face du monde avec nos actions ? Oui. Ça vous dérange si je me caresse un téton pendant que je vous parle ?"  Et de préférence, en expliquant que les gens ont lu en "nombre" et en ont eu moult "réactions", du simple quidam au responsable politiques, tous trouvant que pareille production était oeuvre de salut public. C’est vrai que ça a méchamment fait avancer la Démocratie.

A la parution du livre, les médias, quoique diserts sur l’ensemble du livre, se sont montrés plus que discrets sur les informations concernant Dominique Strauss-Kahn. Bien sûr, il eût fallu le cas échéant vérifier, pousser plus loin les enquêtes. Beaucoup, là encore, ont préféré le commentaire au scoop. Comme en témoignent les taux d’audience ou les ventes des médias qui privilégient les révélations, le journalisme plaît lorsqu’il nous révèle le monde, les gens, plutôt que de poser devant nos yeux et nos oreilles un voile de logorrhée subjective.

Tous les médias de l’époque en ont évidemment parlé… et incroyable : aucun n’a évoqué DSK alors qu’il y avait dedans, je cite "un scoop".

C’est connu : les médias détestent les scoops. Quand ils en reçoivent un, ils font "Rhooo, pffff, non, c’est nul, je préférerai qu’on parle de rien, c’est bien, le rien ; en plus les scoops, c’est naze, puisque ça nous attire de l’audience et donc du pognon, et ça, ça nous intéresse vraiment pas". En 2006, en plus, je rappelle le contexte : l’UMP est au pouvoir (ah, ça nous rajeunit pas !), Dominique Strauss-Khan est candidat pour avoir l’investiture du Parti Socialiste, et là, pouf, selon notre bon monsieur Deloire, un énooooorme scoop permettant de le discréditer atterrirait sur la table et… personne ne l’exploiterait. Y compris les médias opposés à lui.

C’est tellement crédible. "Ce n’est pas que nos informations étaient sans intérêts, c’est une omerta vous comprenez ! Un complot !"

Si demain les Français, lecteurs ou électeurs, nous accusent une nouvelle fois d’avoir gardé un secret entre soi, d’avoir accepté chez les puissants ce que nous refusons aux humbles, que leur répondrons-nous ? Que nombre d’entre nous ne savaient pas ou n’ont pas cherché à savoir ? Nous ne pouvons pas donner aux citoyens des raisons de penser que nous leur mentons, même par omission. Il ne s’agit pas ici de trancher l’affaire de la chambre du Sofitel, simplement d’affirmer, une fois encore, que nous devons avoir l’ambition de dire rien que la vérité, mais toute la vérité.

Si demain, les français posent ce genre de question, je sais ce que notre héros pourra leur répondre : "Ouais, nan mais ouais, je savais, mais en fait j’ai préféré ne rien écrire dans les journaux pour plutôt en faire un livre ; quand j’écris dans les journaux comme aujourd’hui, c’est justement pour vous informer que j’ai écrit un livre, vous comprenez." et là, si les français ne le brûlent pas sur le champ en faisant cuire des merguez sur sa dépouille rôtie, ils répondront sûrement "Tu te foutrais pas un peu de notre gueule dis-donc ?". Et ensuite, ils le brûleront quand même, parce que bon, hein, faut pas déconner, et puis les merguez, c’est bon.

"Si personne ne parle de ce que je raconte, ce n'est pas parce que c'est nul, mais parce que c'est un complot"

Enfin d’ailleurs, ce raisonnement n’a pas lieu d’être, si on suit la logique du Monsieur :

- soit comme il l’affirme, son bouquin a été lu partout en France, auquel cas, les français n’ont aucune raison de penser qu’on leur a caché l’information, et il n’y a donc aucune omerta (une loi du silence imposée par une mafia à tout le monde sans exception, pour rappel), auquel cas, Christophe Deloire est en train de mentir.

- soit personne n’a lu son bouquin, et dans ce cas, le seul mec en tort, c’est celui qui a écrit son supposé scoop dans un bouquin intimiste plutôt que dans un journal et qui raconte derrière que son livre a été un succès qui a créé le débat. Auquel cas, Christophe Deloire est en train de mentir.

Hmmm… j’hésite.

Les médias doivent-ils lever le pied sur les révélations, afin d’éviter un accident électoral, ou au contraire accélérer en plein carrefour ? C’est une question essentielle pour la démocratie. Donner un coup de frein serait une faute de conduite, avec le risque de donner le sentiment qu’on protège le "système". Bien conduire, pour un journaliste, c’est avancer vite sans donner de coups de volant. En tout cas, le dérapage incontrôlé "lécher, lâcher, lyncher" nous fait risquer la sortie de route.

Voilà la morale de cette histoire : il faut toujours plus de révélations. Soit !

Mais entre les lignes, il faut donc lire "brisons le tabou sur la vie privée !" (si vous avez encore un doute, je vous rappelle que tout l’article disserte autour d’un livre qui soi-disant était une grande avancée puisque parlant du sexe et de la dragouille chez les politiciens). C’est vrai que c’est ça, la vraie révolution dont la démocratie a besoin : savoir si X a trempé sa biscotte avec Y. Et si Z préfère les filles ou les garçons, et en sus couche avec plusieurs personnes à la fois.

Toute cette histoire est donc au final supposée expliquer que si on s’était plus intéressé à la vie sexuelle des hommes politiques, on en serait pas là. Tiens ?  Un type qui court à droite à gauche (dans le cas de DSK, je vous laisse profiter des mille sens de lecture possibles) serait donc automatiquement un violeur potentiel ? A l’inverse, un filou n’ayant jamais eu les faveurs des gueuses serait forcément incapable de passer à l’acte ? Et quand bien même, si c’était prévisible par je ne sais quel recours à la magie noire, si l’on suit le raisonnement comme quoi il fallait se méfier de ces "vulnérabilités", qu’aurait-on dû faire ? Ne pas le nommer à un poste à responsabilités, comme le disent certains ?

"Ah, non monsieur : d’après nos fichiers, vous pouvez être un violeur potentiel : on ne va pas vous nommer au FMI.
- Bon, bin tant pis. Sinon, je fréquente des femmes en dehors de mes fonctions au FMI, donc c’est pas grave ?
- Non, non : ce qui nous emmerde, ce n’est pas qu’une femme se fasse violer : c’est que ce soit le directeur du FMI. Avec d’autres fonctions, c’est moins grave."
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Formidable. Et ce qui est génial, c’est que ça fait une semaine que ce genre de raisonnement emplit téléviseurs et radios sans que personne ne remarque qu’il y a comme des trucs vaguement incohérents dedans. Enfin ; ne volons pas la vedette à notre héros, et revenons au sire Deloire, qui semble persuadé que le sort du monde libre se joue sur un coït. Parce que bon, moi je pensais que l’on pouvait faire ce que l’on voulait dans sa chambre à coucher tant que ça n’empiétait pas sur la vie publique ("Française, français : j’ai choisi de former un gouvernement uniquement à partir de mes maîtresses") et/ou la légalité ("Tiens, je vais violer quelqu’un, c’est ma vie privée, venez pas m’emmerder !"). Mais notre homme a sûrement raison ; aussi, puisqu’il considère que la vie privée et l’intimité sont les deux ennemis de la Démocratie, je lui propose de donner l’exemple sur le champ : révélez-nous les noms de toutes les personnes avec qui vous avez couché ! C’est pas du voyeurisme, hein, c’est pour la France. Et puis sinon, vous pensez quoi de la Toupie Javanaise ? Vous préférez ça ou la position du Hollandais Volant ? Sinon, ça vous dérange pas si moi et mon équipe de tournage on vient dans votre chambre à coucher ? Rassurez-vous : tout comme vous, une fois qu’on aura un scoop sur vos pratiques intimes, on ne diffusera pas ça dans les journaux : on fera plutôt un DVD vendu à la Fnac à côté de votre livre.

Je suis sûr que la Démocratie s’en portera mieux.

Un modèle d'éthique : les français méritent la vérité

Mais, allons ! Trêve de plaisanteries douteuses, il serait bien cruel de ne s’en prendre qu’à notre pauvre monsieur alors que d’autres ont aussi carburé pour surfer sur la vague pour défendre aussi leur propre cause cette semaine, comme par exemple : le féminisme. Parce qu’il y avait une femme impliquée dans l’affaire, donc, en avant !

Et cette fois-ci, c’est Gisèle Halimi qui s’y colle, dans Le Monde toujours, présentée comme avocate et féministe, deux métiers à part entière. Je cite son morceau de bravoure sur le fait que certains partisans de la théorie du complot soupçonnent la femme de chambre d’avoir participé à un coup monté (je vous laisse à vos grivois jeux de mots) :

"[...] la jeune femme employée de l’Hôtel Sofitel de New York qui accuse Dominique Strauss-Kahn d’agression sexuelle "dit la vérité"."Comment voulez-vous croire qu’une simple femme de ménage, noire, mère célibataire de surcroît, ne dise pas la vérité ? Quel serait son intérêt ?"

C’est bon les mecs, inutile d’enquêter : une femme de ménage, noire et mère célibataire ne peut pas mentir. Si elle essaie, pouf pouf, elle change de couleur (ou de sexe, ou de conjoint, ou de métier, au choix ; voire, son enfant disparaît dans un nuage de souffre) : c’est très pratique ! Après les histoires de cul qui font avancer la Démocratie, voici l’autre nouvelle du jour : votre sexe, votre couleur de peau, votre métier et votre situation familiale vous permettent ou non de mentir. Dans le cas présent, donc, c’est tout simplement impossible. Et c’est une féministe & avocate qui le dit, autrement dit, une spécialiste de la défense argumentée dans les deux cas.

Quant à l’intérêt, effectivement ; elle n’en a aucun. Même pas l’argent (sur Terre, les gens travaillent par passion uniquement), si tentative de filouterie il y avait eu : il est impossible de corrompre une femme de ménage noire et mère célibataire. Si vous lui tendez de l’argent, il se désintègre automatiquement grâce au champ de force anti-corruption qu’elles intègrent automatiquement. Du coup, c’est un peu chiant pour les pourboires, mais quelque part, ça en fait un peu des golgoths de ménage.

Mais l’aimable dame ne s’en est pas arrêtée là dans sa vision du monde, et a embrayé :

Elle se dit "persuadée que si cette affaire était arrivée en France, on n’en aurait rien su". 

C’est vrai. En France, on est méchants. On protège tellement la vie privée de nos hommes politiques qu’ils ont droit de faire ce qu’ils veulent : quand un journaliste apprend qu’un homme politique viole, tue, boit dans le crâne de ses ennemis et sacrifie des vierges à Odin, il se décide à écrire un article sur le tricot. Si Gisèle avait pris deux minutes pour consulter les archives de journaux ou demandé à son copain Google, elle se serait probablement souvenue de ce conseiller d’un rayonnant premier ministre, qui, un soir qu’il se promenait à 4h du matin, aperçut une jeune fille sur le bas-côté ayant besoin d’aide. Alors qu’il baissait la vitre pour lui demander de quoi elle avait besoin, quelle ne fut pas sa surprise de découvrir que le verrouillage automatique de sa berline merdouillait et avait ouvert la portière à la pauvrette ! La voyant monter à bord, il se dit que, tant pis, il allait faire un peu de route avec. Las ! Les policiers un peu plus loin, qui l’attrapèrent avec une prostipute mineure dans sa voiture, rigolèrent très fort lorsque le bon monsieur leur conta cette histoire.

Réunion de l'association "Les amis de Dominique"

Et curieusement, toute la presse aussi ; et pourtant, c’était un type moins visible qu’un DSK, et ce n’était pas un viol. Alors un scoop sur une personnalité en vue pour un crime plus grave encore, on imagine mal la presse s’en priver.

Comme quoi, cette semaine, il y a ceux qui ont parlé de complot politique. Et ceux qui ont expliqué que ceux qui parlaient de complot participaient eux-même à un complot médiatique. Toute ces histoires, ça me perd ; il va falloir que je me recentre sur le coeur du sujet et que j’en parle à Martha : après tout, elle a sûrement un avis sur la question.

Posant mon journal, je me tournais donc vers la jeune femme qui était occupée à ranger ses derniers instruments dans son sac, dont dépassaient nonchalamment quelques embouts de produits ménagers et autres plumeaux. Tentant vainement de la regarder dans les yeux lorsqu’elle se retourna, je sortais mon portefeuille.

"Tenez Martha, c’est pour vous. Merci pour le ménage.
- Ho, je vous en prie M. Connard, c’est toujours un plaisir de…"
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Martha arbora subitement une moue interrogative en contemplant les billets que je venais de glisser dans sa main.

"… Mais ? M. Connard ? Ce ne sont pas des euros, ce sont des…
- des Reichsmark, ma petite. N’est-ce pas la monnaie de votre pays, ma chère Martha, ou peut-être devrais-je dire… Colonel Martha Von Knecht, de la Panzerdivision Groß Ménache !"

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Elle me regarda avec un air parfaitement interloqué.  Les pieds sur le bureau, je savourais mon calembour tout comme son étonnement, fouillant dans le même temps la poche de mon veston pour voir si je n’aurais pas quelques véritables euros à lui donner.

C’est à ce moment précis qu’elle sortit un lüger de son sac avec une vitesse quasi-surhumaine avant de le tourner vers moi. Au travers de ses dents serrées, elle jura :

"Scheiße !"


Pour vendre des livres, outre faire dans la littérature crypto-fantastico-prépubère, il existe une ruse simple : faire de tout petits chapitres.

Le Da Vinci Code de Dan Brown, en est un excellent exemple, avec des chapitres proprement microscopiques ; en 25 pages, vous pouvez ainsi avancer de 5 chapitres. Alors évidemment, petits jeanfoutres, je vous connais, vous allez me dire "Ouiiii et en quoi ça aide à faire vendre ?"  ; philistins ! Ne comprenez-vous pas ?

Prenons Gisèle. Gisèle n’aime pas lire, ah, ça non, pfou. C’est nul, et pis au cinéma, c’est mieux. Mais lorsqu’elle a lu le Da Vinci Code, elle a tout de suite été prise dans l’intrigue : en effet, elle l’a dévoré à une vitesse folle ; la première fois, elle n’a réussi à le reposer qu’au chapitre 5 ! Incroyable ! C’est rare qu’elle lise autant d’un coup, c’est un signe qui ne trompe pas : ce livre l’absorbait littéralement. Alors elle est allée jusqu’au bout, et chaque soir, il lui fallait enchaîner plusieurs chapitres sinon elle était in-ca-pable de le reposer ! Alors quand elle a dit ça à Marie-Odile… aussitôt, elle a couru l’acheter, et elle aussi, du premier coup : 7 chapitres ! Elle qui d’habitude en lit difficilement deux d’affilée ! Ah non, vraiment, qu’est-ce que c’est prenant !

C’est normal, le Da Vinci Code, c’est 574 pages pour 105 chapitres. Faites le calcul, ça vous fait… 5-6 pages par chapitres. Et psychologiquement, lire des chapitres à la pelle, ça donne l’impression d’avancer vite et de lire beaucoup. Donc, d’être plus attrayant et de donner l’impression d’absorber le lecteur. Bref, de vendre plus. On pourrait pousser le concept très loin, comme avec ma nouvelle "Maria mange du chorizo"

Chapitre I "Introduction" : "Ce jour-là, Maria avait faim"

Chapitre II : "Dilemme" : "Elle hésitait  : saucisson ou chorizo ?"

Chapitre III : "Un choix est fait" : "Elle décida de prendre le chorizo."

Chapitre IV : "Conséquences" : "Soudain, elle se souvint du jour où elle avait repeint les toilettes à cause des épices"

Allez, mettez un marque-page, vous venez de lire d’une traite 4 chapitres d’une fantastique nouvelle. Ca parait moult, dit comme cela, hmmm ? Bon. J’écrirai bientôt la suite avant de mettre le tout en vente. Je vendrai les droits cinématographiques à Ron Howard, et je demanderai à Salma Hayek de jouer le rôle principal (avec un flashback formidable dans le chapitre IV). Mais je m’égare, revenons au film.

Le Da Vinci Code, c’est donc l’aventure extraordinaire d’un expert en symbolisme américain et d’une cryptologue française sur les traces de sociétés secrètes jouant avec quelques lourds secrets de l’Eglise. Tout au long de leur folle épopée, ils iront d’énigmes en découvertes, et feront ainsi trembler les bases de l’Histoire telle que nous la connaissons. Rien que ça.

Je ne puis vous en dire plus sans spoiler ; alors autant aller jusqu’au bout : spoilons !

 

L'affiche : moult chiffres et lettres, symboles typiques du film à énigmes, ou éventuellement de la présence de Bertrand Renard

Paris, la nuit, dans les couloirs du musée du Louvre ; Jacques Saunière, conservateur des lieux, est poursuivi dans les couloirs déserts du plus grand musée du monde par un terrible personnage en robe de bure. Comme chacun sait, le Louvre, c’est un lieu sans alarmes, sans gardiens, sans sécurité, et sans caméras, bref, on peut s’y poursuivre tranquillement sans être emmerdé, ou éventuellement juste par Belphégor. Et ce soir, nenni de fantôme du Louvre, nos deux hommes semblent pouvoir s’adonner à leur passion pour la course de fond sans être dérangés. Mais d’ailleurs, qui est le vil poursuivant de l’honorable Monsieur Saunière ? Et bien sachez jeunes gens qu’il s’agit de Silas, un terrible moine albinos à l’air passablement patibulaire. Notre conservateur n’est cependant pas dénué de ressources, puisqu’il n’hésite pas à décrocher un tableau pour déclencher une alarme (ah !), et ainsi faire choir entre lui et son agresseur une lourde grille de fer. Mais, las ! Le moine forban n’hésite pas à sortir un pistolet et à menacer au travers de l’obstacle le vieil homme "Donne moi ton secret !", demande t-il avec un léger accent venu de la péninsule ibérique ; notre vieillard résiste un peu, mais pas trop tout de même : sous la menace du plomb, il commence à révéler une sombre histoire impliquant l’église Saint Sulpice… Le moine, après avoir entendu ce qu’il voulait décide donc d’abattre son ennemi. Oui, c’est un moine, probablement intégriste et traditionaliste vu sa tenue, mais il n’hésite pas à porter une arme et à s’en servir pour tuer des gens désarmés. C’est tout à fait logique, et on a même pas encore passé les 5 premières minutes (ce qui doit bien faire, allez, 20 chapitres dans le livre ?).

Avant de mourir, on sent bien que Jacques Saunière se traînant au sol a encore de la ressource ; il sort un stylo-feutre de sa poche et s’approche d’un mur : m’est avis qu’il va dessiner des kikis partout, sachant que sur le point de mourir, on ne pourra guère le punir pour avoir tout saccagé. Éventuellement, il griffonnera, juste en dessous d’un ultime croquis de phallus faisant coucou, un mot comme "Albinos m’a tuer". A voir.

De son côté, Robert Langdon, fameux professeur d’histoire de l’art d’Harvard et accessoirement expert en symbolisme religieux est applaudi très fort à  l’occasion d’une conférence qu’il vient donner à Paris. Devant lui, une foultitude d’étudiants tente de comprendre le symbolisme avec lui. Par exemple, Robert leur montre un zoom d’une photo où l’on peut voir une cagoule en pointe et demande "Alors, ça représente quoi ?" et là, les élèves de répondre "le Ku Klux Klan !", "le racisme !", "l’intolérance !" ; non, s’exclame Robert en dézoomant : il s’agit en réalité d’une photographie de tenues traditionnelles espagnoles lors d’une cérémonie religieuse typique. Bon, déjà, on sent bien que Dan Brown n’a jamais vu un vrai professeur d’Histoire de l’art, qui lui, durant des heures, endormirait l’assemblée avec des diapositives où il dirait "Par exemple, cette cagoule est à pointe ; donc triangulaire ; donc, elle représente la Sainte Trinité ; donc trois éléments. Trois éléments distincts bien qu’unis, donc c’est une référence à la devise espagnole franquiste "Espagne une et indivisible"", ou bien essaierait de trouver une représentation de la mère de l’auteur au travers des lignes croisées du tableau. Non, vraiment. Bref. Seconde diapositive : un trident ! Là on se dit "Bon, les étudiants ont dû comprendre qu’il essayait de les piéger ! Ils vont pas répondre une connerie comme…" "Lucifer !", "Satan !" crient les jeunots en choeur. Non mais quelle bande d’idiots. "Poséidon !" s’exclame Robert en dézoomant. C’est clair les gars, bravo les étudiants en Histoire de l’art, incapables de trouver Poséidon en voyant un trident. Bon… troisième diapositive, un enfant sur les genoux d’une statue : "Haaan, c’est la Vierge à l’enfant !" : non plus, les étudiants ne sont pas foutus de reconnaître les visages typiques de la statuaire égyptienne (malgré des indices comme "ça alors, le bébé a les cheveux drôlement crépus !"). Et ils sont en histoire de l’art. Bon. Allez, on va dire qu’ils sont en première année.

A la sortie, il dédicace quelques livres passionnants qu’il a dû écrire, et une maman lui signale que son fils l’a eu comme prof, le petit "Michaël Kael" (je n’invente pas, c’est bien son nom, sûrement un hommage au Groland). Mais hélas, la police française arrive promptement sur place afin d’informer Robert d’une terrible découverte : on a retrouvé le cadavre de Jacques Saunière au Louvre, couvert de mystérieux dessins, et il serait bienvenu pour les identifier. Voilà qui explique un des mystères de la journée à notre héros : il devait boire avec lui, mais il a patienté une heure sans le voir venir. Si c’est parce qu’il était mort, alors c’est une excuse valable. Détail intéressant : c’est Jacques qui s’est dessiné sur le corps avant de mourir, et non son assassin qui s’est acharné ; voilà qui est étrange.

Notre homme est donc emmené au Louvre, où il est déposé sans guère plus d’explications par les deux policiers qui l’accompagnaient. Il y est accueilli par le commissaire Bézu Fache, dit "Big Bézu", qui lui souhaite la bienvenue tout en glissant que, tout de même, la pyramide du Louvre, qu’est-ce que c’est laid. Robert, notant son attitude de rétrograde, repère aussi sur son veston une petite croix cerclée accrochée à sa poche. Hmmm… il en profite aussi pour préciser que oui, le conservateur et lui se connaissaient, mais pas personnellement. Ils devaient justement se rencontrer pour la première fois cet après-midi, à l’occasion d’un verre, car le vieil homme voulait lui parler de quelque chose qu’il n’a pas précisé (probablement de sa passion pour le body painting). Voilà qui est loupé. Au fil des couloirs, nos fanfarons arrivent devant le corps tout nu et fripé du vieux Jacques, qui s’est peint un pentacle sur le torse avant de dessiner un cercle de sang et de se positionner dedans tel l’homme de Vitruve de Léonard de Vinci. Quel farceur celui-là alors ! Même avec une balle dans le bide et pissant le sang, pépé a trouvé le moyen de penser "symbolisme", de ne pas saloper les murs du musée, et mieux encore, de ne pas mettre une goutte de sang ailleurs que sur ses dessins ! Chapeau l’artiste. Va falloir qu’il m’explique son truc. En tout cas, Langdon analyse brièvement ce qu’il voit : d’après lui, le pentacle est le symbole de la féminité, rapport direct à Vénus et… quoi ? Comment ça "Attendez, le mec il allait mourir et il avait que ça à foutre que de se dessiner sur le bide des andouilleries pour dire "Je kiffais les magazines féminins en cachette" ?" eh bien oui, c’est comme ça. Mais attendez ! Il a fait mieux encore : il a utilisé son stylo-feutre à l’encre magique pour écrire des messages invisibles à côté, que l’on voit apparaître uniquement lorsque l’on passe dessus des ultraviolets ou alors il a écrit avec sa semence, le galopin ! Comme c’est pratique ! On devrait toujours avoir un stylo à encre invisible sur soi.

 

Nécrophilie, gérontophilie et autres passions : au Louvre, on sait s'amuser

Mais sur ces entrefaites, figurez-vous qu’arrive une jeune damoiselle, l’agent Sophie Neveu, du service de cryptologie, qui explique, je cite "avoir téléchargé les photos du crime". Oui, quelqu’un avait dû les mettre sur Wikileaks, c’est d’un commun. Bref, en tout cas, la bougresse prétend avoir réussi à décoder une partie du message codé constitué d’une ligne de chiffres suivie d’une phrase incompréhensible que papy a écrit à côté de lui. Elle explique aussi avoir un message de l’ambassade américaine pour Langdon : il doit appeler cette dernière sur le champ ; Sophie lui confie un numéro avec un code à composer pour accéder au message de l’ambassade. Et là, sur quoi tombe t-il ? Mais sur le répondeur de cette coquine de Neveu ! Qui lui a laissé un message disant "Attention Langdon, le commissaire est un enculé, vous êtes en danger, faites semblant de rien et retrouvez moi aux toilettes des hommes". Hooo, la malicieuse ! Rapidement, nos deux compères se retrouvent donc dans les ouatères ; là, Sophie révèle à Robert (avant que celui-ci ne laisse tomber son pantalon, ayant mal interprété l’invitation de Sophie aux WCs) que la police a mis un mouchard dans sa poche ; ha ! En réalité, ils le soupçonnent très fort d’être le coupable, particulièrement à cause d’une ligne du message inscrit au sol que le commissaire a fait effacer avant l’arrivée de Langdon (Sophie a une des photos de la scène du crime avant que le message ne soit effacé) : "P.S : Find Robert Langdon !". Et il semblerait logique que la victime balance son assassin, donc Langdon… Bon, il semblerait aussi logique qu’un officier de police ne commence pas à effacer des indices sur une scène de crime, et envoie plutôt Langdon directement en garde à vue plutôt que de lui proposer de faire le zazou dans le Louvre avec un simple mouchard pour le surveiller, mais bon.

Là, lecteurs vous vous dites "Mais qu’est-ce que c’est que cette connerie ? Le mec, il est en train de mourir, et il rajoute des post-scriptum en bas de ces messages, et a même le temps de préciser "Robert Langdon" et pas juste "Langdon" ? Et puis pourquoi il écrit en anglais d’abord sachant que ce sont des policiers français qui vont le trouver ?", et vous avez raison, parce que vraiment, ce n’est plus un film, c’est le festival des incohérences en direct du Louvre. Mais rassurez-vous, Sophie a aussi une explication pour ça : "Nan mais en fait, P.S, ça veut pas dire post-scriptum, ça veut dire "Princesse Sophie", parce que Jacques Saunière c’est mon grand-père et il m’appelait comme ça petite, donc en fait il voulait que je vous trouve". Ho. Ok. Oui, tout se tient. Ou alors il voulait parler de Patrick Sébastien, parce qu’il était fan. Ou de Philippe Seguin, allez savoir. Ou juste "post-scriptum". Et puis pourquoi aurait il marqué "Princesse Sophie" et pas "S.N" pour Sophie Neveu ? Juste pour faire marrer tout le monde en mettant un "P.S" à son ultime message ? Parce qu’à part faire peser des soupçons sur Langdon, ça ne sert à rien. C’est même idiot. En désignant plus directement sa petite fille par "S.N" (cryptologue dans la police) et en lui indiquant de trouver Langdon (expert en symboles) pour résoudre le mystère des messages codés de sa mort, c’était moins compliqué et moins suspect pour nos héros. Et en plus, c’était potentiellement logique. Mais là, non.

Bon. Sans rire, ce roman s’est vendu ?

Reconcentrons-nous tout de même, qui sait ce que nous allons découvrir. Déjà, sachez que le commissaire, qui pourtant suspecte gravement Langdon, ne fait rien malgré le fait qu’il constate que Langdon passe 30 mn aux toilettes. Il regarde le GPS pour voir où en est son traceur et constate qu’il ne bouge pas : il doit sûrement faire un gros caca (à noter que les toilettes en porcelaine sont représentées sur l’écran : ça c’est de la géolocalisation précise !). Mais soudain, un policer apporte une curieuse nouvelle : l’agent Sophie Neveu, pourtant sur place, n’a jamais été envoyée par le QG sur cette affaire, contrairement à ce qu’elle affirmait… ho ! Et au même moment (car tout est télescopé, comme dans tous les récits de qualité), sur l’écran, Fache voit le traceur de la position de Langdon filer par une fenêtre ! Allez, tous aux voitures ! Ne laissons qu’un seul policier sur place et partons à sa poursuite (véridique) ! C’est vrai que le Louvre, c’est tout petit, donc facile à surveiller.

Profitant du calme, Langdon et Neveu sortent des toilettes, dont ils n’ont en fait pas bougé ; Langdon a juste balancé son mouchard sur un camion qui passait en contrebas. Nos deux héros retournent donc vers le corps du vieux conservateur, et Sophie s’exclame alors "Il est beaucoup plus vieux que dans mon souvenir…" ; oui, dans ton souvenir (court flashback à l’appui), tu avais 10 ans, andouille, aujourd’hui tu en as 20 de plus, alors c’est fou, hein ? Qu’elle est bête. Elle caresse la joue de feu son grand-père (et fout ainsi ses empreintes partout, très malin), nonobstant le fait que papy soit tout mort et tout à poil (ce qui ne la choque pas plus que ça, je… j’ai bien ma théorie sur les raisons, mais passons). Langdon, lui, ramasse au sol un papier chiffonné que le commissaire avait abandonné. Oui, il est comme ça le commissaire, il aime bien se débarrasser d’indices en les chiffonnant avant de les jeter sur les scènes de crimes. Quel déconneur. Et qu’y a t-il sur ce papier ? Eh bien, c’est un document que Neveu avait amené avec elle en arrivant, pour expliquer ce qu’elle avait réussi à décoder : les chiffres que Saunière avait inscrit au sol ressemblent en réalité à une suite de Fibonacci, mais dans le désordre (oui, une suite dans le désordre, c’est facile à identifier). Je comprends que le commissaire ait jeté ce papier : ça ne servait tellement à rien, une partie du décodage du message qui lui posait problème.

 

Le commissaire Fache explique qu'il ne faut surtout pas regarder les caméras de sécurité du musée, des fois qu'on puisse y voir des trucs utiles

Mais plutôt que de recopier ce qu’il y a d’écrit au sol avant de mettre les voiles pour décrypter le tout plus tard au calme, nos héros décident d’essayer de résoudre le message sur place, là, à 50cm du lieu d’un meurtre qu’aucun planton ne surveille (le seul policier resté au Louvre est parti "faire sa ronde" loin de la scène du crime. Véridique aussi). Constatant que la suite de Fibonacci est dans le désordre, ils en déduisent que les lettres elles aussi sont dans le désordre, et que ça explique pourquoi la phrase inscrite n’a aucun sens : c’est une anagramme ! Langdon, en quelques secondes, lit ainsi "Leonardo Da Vinci, The Mona Lisa" (oui, en anglais, et avec les déterminants, il a mis combien de temps à mourir, Jacky ?)

Audrey Tautou invoque donc brièvement l’esprit de Carla Bruni pour ne pas du tout surjouer la scène "Mais attendez… *réalisation soudaine* la Joconde est là, juste derrière *révélation majeure""

Comment ? La Joconde ? Au Louvre ? Ho bin ça alors, il y a de quoi être étonnée Sophie  ! Nos amis se rendent donc à côté du fameux puits gravitationnel à japonais, et découvrent sur le mur un autre message à l’encre invisible ou à la semence, j’insiste, qu’on ne voit qu’aux ultraviolets : "Madonna of the rocks", soit "La vierge aux rochers". Et cette fois-ci, le mourant a carrément eu le temps de cacher une croix ouvragée derrière le tableau. Balaise le vieux.

Bon, je m’en veux d’insister, mais résumons la mort du conservateur : Jacques Saunière prend une balle dans le ventre ; il est si mal qu’on le voit ramper à l’écran. Là, il se dit "tiens, j’ai une croix à cacher sur moi, je vais la mettre derrière un tableau, juste pour que la police dont ma petite-fille fait partie ne la trouve pas, sans compter qu’elle lui reviendrait de toute manière en héritage. Non, je vais la planquer pour faire chier, et ce, derrière une peinture." Là, il se dit qu’il faudrait quand même qu’il indique où il a caché la croix, alors il va écrire une anagramme à côté de la Joconde pour dire qu’il a caché sa croix derrière un autre tableau. Alors il fait le trajet, y va, marque son petit mot, s’arrête et se dit "Bon, cela dit, faudrait que je leur indique qu’ils doivent se rendre à la Joconde !", alors il va encore un peu plus loin (le tout malgré l’énorme trou dans le bide que vous voyez sur la photo ci-dessus), et commence à écrire, sans ratures s’il vous plait, un message codé en anagramme indiquant, en anglais, et avec les déterminants (parce qu’il a beau mourir, il a quand même du temps à tuer), qu’il faut aller voir du côté de la Joconde. Et en plus, il précise l’auteur, des fois que les mecs pensent que "Mona Lisa", ce soit une chanson de Garou. Durant tout ce temps, Jacques a bien fait attention à ne pas mettre une seule goutte de sang au sol. Mais là, il se dit "Bon, faudrait quand même que je meure en laissant un message clair pour bien indiquer Mona Lisa, alors tiens, je vais me déguiser en oeuvre de Léonard avant de mourir". Aussitôt, lui vient l’idée de l’homme de Vitruve, mais raaah, bordel, il y a plus d’encre dans son stylo. Bon, tant pis, il va dessiner un cercle avec du sang. Mais attendez, peut-être que ça sera toujours pas assez clair comme message s’il se met juste en position dedans : non, il va se mettre à poil pour faire comme l’original ! Et je sais pas si vous avez déjà essayé de retirer votre futal avec une balle dans le ventre, mais ça reste compliqué quand même. Et je parle pas de votre slip les enfants, ça tourne au massacre. D’ailleurs, Jacques ne voulant pas que l’on puisse voir les traces de pneu dans ses fonds de culotte, il a pris soin de déposer ses affaires loin de son cadavre. Il est donc reparti ailleurs dans le musée (je rappelle qu’il agonise), a déposé ses fringues, est revenu tout nu en se promenant dans les couloirs, et s’est enfin allongé au milieu de son cercle. Là, il a voulu dessiner un smiley sur son ventre, mais il a ripé et ça a fait un pentacle. Bon, pas grave.

Et enfin, il est mort.

Et son sang a eu le bon goût de ne pas s’échapper de sa plaie pour pourrir le dessin, non, il est resté bien en place. Ouais, donc en fait, il se serait allongé d’entrée de jeu, il aurait survécu, c’est ça ?

Vous imaginez bien qu’un mec, patron du Louvre et se promenant toujours avec une croix finement ouvragée ainsi qu’un stylo magique ne doit pas avoir, en plus, dans ses poches, la place pour un téléphone portable, même de travail. Non parce que là, il aurait pu sauver sa vie à peu près 12 ou 13 fois, et informer tout le monde de ce qu’il se passait. Mais il n’y a pas pensé, c’est ballot.

On a même pas dépassé l’introduction et ce film me rend déjà fou. C’est incroyable. Je suis obligé de stranguler un chaton toutes les 10 minutes pour ne pas craquer.

Mais la police, de son côté, elle, n’a pas perdu trop de temps ; juste assez pour arranger nos deux héros, pas plus : ils s’aperçoivent qu’ils ont été bernés par le mouchard de Langdon jeté sur un camion, et reviennent donc en trombe vers le Louvre. Hélas, ils ratent de justesse nos deux galopins qui fuient dans une puissante Smart de course. C’est l’occasion de papoter un peu dans l’habitacle : Robert demande à Sophie si petite, elle n’a jamais surpris son pépé en train d’invoquer Satan ou Cthulhu. Ca ne lui dit rien. Par contre, quand Robert évoque le nom de "prieuré de Sion" (car la croix qu’ils ont trouvé ressemble à un objet de leur culte), Sophie a un flashback (attention les enfants, on ne flashbacke pas en conduisant, c’est dangereux) : elle revoit papy et ses amis déguisés avec des robes noires et des masques dorés en train de faire un rituel louche. Du coup, elle se dit que, hmmm ouiii, prieuré de Sion, ça lui dit bien quelque chose, en fait. D’après Langdon, le prieuré serait un ordre secret qui aurait eu à sa tête des gens comme Da Vinci ou Isaac Newton, et dont l’objectif serait de cacher "la source du pouvoir divin sur Terre". Rien que ça.

 

La Merco-Benz des gangsters chipies

La conversation est cependant interrompue par l’arrivée impromptue de la maréchaussée qui, figurez-vous, a retrouvé la trace de nos vos chenapans préférés ; mais grâce à sa taille si particulière, et telle une publicité subliminable, la Smart se glisse dans la circulation et bloque ainsi les véhicules trop larges et lourds de nos amis de l’ordre et de la justice. Ainsi, nos héros sèment leurs poursuivants sans encombres.

Mais ailleurs dans Paris, des choses se déroulent, car l’action ne s’arrête jamais ! Silas, le moine albinos, est jaloux d’Audrey Tautou qui balance des flashbacks ; soucieux de la concurrencer sans donner le mauvais exemple, il se gare dans une rue près de l’église Saint Sulpice et lance alors le film de sa vie : il est issu d’une famille où papa battait maman, et où il est intervenu à coup d’objets tranchants pour régler la question. Emprisonné, il a découvert derrière les barreaux la Bible, Dieu, Gunthar le seigneur des douches, et une nouvelle carrière dans les ordres. Mais surtout, il a rencontré celui qui est devenu son protecteur et guide spirituel, l’évêque Aringarosa, qui l’a aidé à trouver la voie. Un jour, l’évêque se fit agresser, et Silas tua ses deux attaquants à mains nues façon Steven Seagal. Depuis ce jour, il est un peu son soldat personnel. En tout cas, une fois ce passage nostalgique qui n’avait rien à faire là terminé, Silas se rend à l’église où une nonne qui a été prévenue qu’elle devait lui ouvrir sur ordre d’un évêque bien placé l’attend. Promptement, notre blanc moine visite le monument et localise un endroit spécifique, que lui avait semble t-il indiqué Jacques Saunière avant de mourir : une dalle. Il congédie la nonne et commence à défoncer le sol pour trouver en-dessous une simple boîte annotée "Job". Depuis l’ombre, la nonne qui n’avait pas vraiment quitté les lieux, constate que ce petit enfoiré est en train de dégrader un monument historique et religieux. Elle file donc trouver un téléphone et compose le numéro de… Jacques Saunière ? Tombant sur sa messagerie (elle ignore ce qu’il est advenu de lui), elle braille "Les trois autres sénéchaux sont morts, il n’y a plus que vous !" ou un truc du genre, et explique qu’un curieux moine semble connaitre le secret de cette église et de sa dalle secrète… hélas, avant qu’elle ne puisse finir son appel (qui de toute manière, ne sera jamais écouté par Jacques qui est trop mort pour appeler son répondeur), elle découvre dans son dos le vilain moine qui lui pose diverses questions : semble t-il, il est insatisfait de sa trouvaille. Refusant de parler, notre nonne se fait éclater le museau par notre homme, qui, là encore, comme tous les religieux catholiques intégristes, sait que tuer une nonne lui ouvrira sûrement les portes du Paradis.

Pendant ce temps, nos héros ont eux abandonné leur voiture et sont allés se cacher au bois de Boulogne (une fille qui te donne rendez-vous aux toilettes avant de t’emmener au bois de Boulogne, c’est suspect mon Roro), probablement afin d’y découvrir de nouveaux plaisirs. Après avoir trouvé une petite table de pique-nique et en avoir viré un vilain drogué, nos galopins réfléchissent à la suite. Robert décide d’évoquer plus avant le prieuré de Sion. Pour la petite histoire, il y a près de mille ans eut lieu la première croisade, durant laquelle Jérusalem tomba aux mains des occidentaux. Or, d’après Langdon, tout aurait été organisé depuis les ombres par une société secrète, le prieuré de Sion, et par son bras armé, les templiers. Robert est un peu con, puisque rappelons-le, les templiers sont nés un siècle après la première croisade (un détail) dans une riche ville marchande nommée Troyes. Mais bon, ne nous arrêtons pas à des détails qui foutraient par terre toute la théorie de Robert, qui est quand même si fort et réputé que même le patron du Louvre compte sur lui pour élucider sa mort. C’est moi qui dois me tromper. Bref, tout ça pour dire que la croisade aurait en fait été organisée par les sociétés secrètes manipulant le bon peuple pour retrouver une relique sacrée. On pense que nos bougres de templiers l’ont trouvée, puisque l’Eglise s’est couchée devant eux et leur a confié moult pouvoirs, avant de se venger un certain vendredi 13 octobre 1307 (voix off de Audrey Tautou : "Haaaan, vendredi 13… *soupir de révélation*"), durant lequel l’Eglise fit arrêter tout ce petit monde et envoya des troupes chercher leur trésor et leur fameuse relique ; hélas, sur place, il n’y avait plus rien (juste un petit pot de fleur avec une rose dedans, quels déconneurs ces templiers, on dirait du Cat’s Eyes). L’Eglise reprit donc la quête pour trouver cette relique perdue : le Saint Graal. Mais assez discuté ! Robert et Sophie examinent plutôt la croix qu’ils ont trouvé au Louvre et… figurez-vous que l’on peut en fait y lire une adresse et des points pour une identification laser : cette croix est une clé pour une banque de dépôt !

L’évêque Aringarosa, de son côté, est à une réunion de membres importants de l’Eglise où ça gueule un peu, car le bougre aurait demandé 20 millions d’euros pour payer un informateur se faisant appeler "Le Guide", et qui aide Aringarosa à retrouver le Graal pour le détruire, ainsi que le prieuré de Sion. Oui, l’Eglise veut détruire le Graal, mais chut, vous comprendrez pourquoi plus tard. Chut j’ai dit. Tenez, prenez une pause pipi, je vous sens dissipés. Allez, hop.

 

Silas, ou le mec que curieusement, personne ne remarque jamais malgré sa tête de tueur psychopathe et sa robe de bure de sith

Ça va mieux ? Bon. Alors sachez que nos héros, ont eux décidé de se rendre à l’adresse que leur indiquait la clé : une banque de dépôt de Zurich disposant d’une antenne à Paris. Ils s’y rendent donc en taxi, et sur place, découvrent ainsi que leur clé leur ouvre un compte… dont le numéro correspond aux chiffres que Jacques Saunière avait écrit au sol ! Mais que contient ce compte, des sous ? Non (aaah, Sophie, tu es déçue, hein ?) ; nous parlons ici d’une banque de dépôt, on peut donc déposer ce que l’on veut dans son coffre (mais pas le corps de son ex-femme, croyez moi, ils sont curieusement assez tatillons là-dessus). Et dans notre cas, le coffre contient un petit étui de bois marqué d’une rose, symbole supposé du Saint Graal d’après Robert (ou symbole d’une rose, d’après moi). Hélas, avant qu’ils ne puissent l’ouvrir, le directeur de la banque intervient et explique à nos amis que la police est à la porte et vient les arrêter ; mais comme toute bonne banque suisse, ils vont les aider à s’en sortir. Ha ? Mais comment ? Eh bien le directeur de la banque leur propose de monter dans un fourgon blindé, avant de se déguiser en chauffeur et de prendre le volant.

Attendez, un directeur de banque suisse, en poste en France, va risquer sa carrière au motif qu’il veut "aider des clients" ? Ca ne serait pas un tout petit peu suspect par hasard ?

A l’arrière du véhicule, où Robert se sent un peu mal car il est claustrophobe le bougre, Sophie ouvre le petit étui qu’ils ont trouvé ; celui-ci contient un cryptex, sorte de coffre-fort portatif de forme cylindrique inventé par Léonard de Vinci, et qui ne s’ouvre que si l’on rentre une bonne combinaison de 5 lettres ; si jamais on essaie de le forcer, ce petit salopard se remplit de vinaigre, et détruit ainsi le parchemin qu’il est supposé contenir. C’est fourbe. Ca marche aussi avec de la sauce barbecue si vous n’avez pas de vinaigre chez vous les enfants. Sinon, du Beaujolais nouveau peut faire l’affaire. Ou en dernier recours, la bouteille de rosé qu’on vous offre quand vous commandez deux pizzas, vous savez, celle qui a rendu votre ami Guy aveugle.

Mais dans l’immédiat, Roro et Soso n’ont pas le code. Alors comment tuer le temps à l’arrière de ce fourgon qui les emmène on ne sait où ? Allez, des flashbacks ! Déjà, nous apprenons pourquoi Langdon est claustrophobe, ce qui vous fascine : un jour, il est tombé dans un puits, et on a mis des heures à le retrouver, ce qui a laissé des traces, et pas seulement dans ses sous-vêtements. Quant à Sophie, pour la petite histoire, toute sa famille a été tuée le jour où ses parents ont oublié de regarder la route et ont ainsi tenté de voir qui de la Citroën DS ou du gros camion farceur était le plus fort. Elle fut donc recueillie par son grand-père, Jacques Saunière. Mais cessons les séquences émotions et concentrons nous sur le présent, puisque la camionnette s’arrête enfin ; et le directeur de la banque vient ouvrir les portières arrières mais… seulement pour menacer nos larrons d’une arme à feu ! Puisqu’en effet, il veut la boîte, et Robert doit bien lui donner sous la menace… mais grâce à une ruse de sioux intitulée "Je vais te coller une portière dans la gueule au moment où tu voudras la refermer sur nous", Langdon parvient à désarmer ce vil personnage et à se saisir de la boîte. Sophie et lui montent donc à toute allure à l’avant du fourgon, et s’enfuient sous les balles du directeur de banque comploteur. Oui parce que non, personne n’a pensé, même la flic du duo, à confisquer l’arme à feu du forban lorsqu’il était au sol, sonné, avec son pétard à quelques pas de lui.

Bon, décidément, que d’ennemis ! Se disent les deux fugitifs, mais qui peut bien leur en vouloir comme ça ? Robert pense que cela a un lien avec le prieuré de Sion, le Saint Graal, tout ça… mais Sophie trouve que c’est une histoire idiote. Robert répond donc "Bin n’empêche que visiblement, il y a des gens prêts à tuer pour cette histoire" et là, sortant de nulle part, attention, réplique culte de Sophie : "Ah oui, qui ?"

Et Robert hésite un moment avant d’avouer… qu’il ne sait pas.

…  attendez ? Ils ont tous les deux oublié que "quelqu’un" a tué Jacques Saunière ? Que c’est même pour ça qu’ils en sont là ? Et qu’ils sont à bord du fourgon de, justement, l’un des types "prêts à tuer pour cette histoire" ? Mais ils sont complètement cons ou quoi ?

Dans tous les cas, nos deux imbéciles décident de se rendre au château d’un richissime ami de Robert, historien anglais résidant en France, et passionné par le prieuré de Sion (un historien richissime, hahaha, hem, pardon). Personne ne semble remarquer à la grille du château que tiens, c’est suspect, des gens qui se promènent à bord d’un fourgon bancaire blindé. Parce que non, entre temps, nos héros n’ont pas essayé de changer de voiture ou de mode de transport. Ou même de chercher à déconnecter le système GPS qui équipe les fourgons de ce genre pour géolocaliser en direct tout ce petit monde. Bon bon bon… attendez 30s, que je me masse les tempes. Voiiiiilà. Bon, que nous apprend donc Sir Leigh "Lee" Teabing, le maître des lieux ayant quelques soucis pour se déplacer sans ses deux fidèles cannes ? Eh bien tout d’abord qu’au prieuré de Sion, tout comme les siths vont toujours par 2, eux vont par 4 : un grand maître et trois sénéchaux. Et que tout ce petit monde a pour mission de protéger le Graal, non pas source du pouvoir divin sur Terre, mais celle du pouvoir de l’Eglise, notez la nuance. Et justement, le Graal, figurez-vous que non, ce n’est pas une coupe : en réalité, c’est une femme disposant d’un secret capable de réduire à néant les bases du christianisme.

 

Le record du secret le plus longtemps gardé par une nana reste de 2 jours, mais uniquement parce qu'elle n'avait plus de forfait

Non mais, une gonzesse capable de garder un secret ! Alors ça, ça doit bien être le truc le plus incohérent de ce film ! Hem. Que disais-je ?

Ah, oui : tout cela nous amène au fait que Jésus aurait eu une épouse : Marie-Madeleine. Et que c’est à elle que Jésus aurait confié le boulot de garder la boutique après sa mort, pas à Pierre, le premier pape. Il y a donc eu vol de poules ! Car Marie-Madeleine, en plus, était enceinte de Jésus alors forcément, décrocher un bon poste en étant en cloque… c’était un coup à se faire feinter par les mâles, qui eux, sont quand même vachement moins chiants au niveau des congés maternité. Dans tous les cas, sachez que Marie-Madeleine aurait fui la Terre Sainte pour la France (probablement pour profiter de nos aides, sale immigrée !), où elle aurait donné naissance à une fille prénommée Sarah (ou Ségolène, les textes varient). L’Eglise de Pierre, née de la grosse feinte opérée sur cette vilaine femelle de Marie-Madeleine, aurait donc d’autant plus conchié les femmes tout au long de son histoire, puisqu’elles seraient en fait les véritables maîtresses des clés du Paradis et héritières de Djizousse, d’où un certain goût du clergé pour la chasse aux sorcières, consistant à brûler toute femelle tentant de faire des trucs pervers comme invoquer le diable, jeter des boules de feu ou plus généralement demander un salaire ou des droits équivalents à ceux des hommes. Vraiment, on ne peut pas les laisser sans surveillances 5 minutes, sinon elles font  n’importe quoi.

Le prieuré de Sion aurait en conséquence décidé de protéger la vérité, en s’occupant d’assurer la sécurité de la descendance du Christ, et préservant le secret du tombeau de Marie-Madeleine, véritable Graal. L’Eglise toujours les pourchassa, mais jamais ne réussit à vaincre le prieuré.

Attendez, attendez, que je résume : L’Eglise serait bâtie sur un mensonge (Jésus aurait confié sa succession à Marie-Madeleine, et non à Pierre). Il existe une société secrète qui s’est créée pour défendre les intérêts de Marie-Madeleine. Et qu’est-ce qu’ils font ? Ils s’assurent que tout reste secret ! Mais bon sang, mais dans ce cas, pourquoi leur chercher des noises, l’Eglise ? Ils sont déjà tellement bêtes qu’ils vous couvrent en gardant votre propre secret ! Et en plus, même après la fois où vous avez tenté de leur bourrer la gueule en 1307 en essayant de les détruire et de récupérer le tombeau de Marie-Madeleine histoire de s’assurer que vous soyez les seuls détenteurs du secret, ils ont juste dit "Bon bin c’est pas grave !" et ont continué de ne surtout rien faire ou dire qui pourrait vous nuire ! Le Grand Maître de l’Ordre, c’est Corky, c’est pas possible autrement !

Alors évidemment, il y a bien une vague tentative d’explication "Non mais en fait ils attendaient d’avoir l’héritier de Jésus sous la main pour prouver, grâce au tombeau et à des tests ADN sur les restes de Marie-Madeleine, qu’il existait un successeur à Jésus, et donc que l’Eglise lui revenait de droit". D’accord, et donc ? Ils étaient supposés "protéger la descendance du Christ", donc ils l’avaient DEJA sous la main depuis des siècles ? Alors pourquoi n’ont ils rien fait ? Parce qu’ils savaient qu’ils auraient besoin de tests ADN ? Genre en 1099, le Grand Maître de l’Ordre a dit "Attendons quasiment un millénaire qu’on invente les tests ADN, ça nous permettra de prouver notre histoire de succession de Djizousse" ?

Bon allez, continuons quand même. Car alors que les discussions se poursuivent au château, la police qui a fini par comprendre comment nos héros avaient fui du dépôt bancaire à Paris, et a géolocalisé le fourgon (ah bin oui, hein) a commencé à encercler les lieux. Seulement voilà : le commissaire Fache a donné l’ordre de ne pas attaquer avant son arrivée, car il en fait une affaire personnelle. Dans le même temps, Silas, le super moine albinos a trouvé son chemin dans la place ; il intervient donc brutalement pour casser sa margoulette à Robert, avant de menacer tout le monde de son pistolet. Il exige qu’on lui remette le cryptex… mais grâce à une ruse de filou, Leigh parvient à lui coller ses deux cannes dans le bidou, et Sophie achève d’assommer le brigand décontenancé. Mais dans le feu de l’action, un coup est parti de l’arme du moine, et a ainsi alerté les policiers dehors qui se sont décidés à intervenir en urgence. Notre troupe a donc juste le temps de ligoter Silas, et de constater qu’il porte à la jambe un cilice, sorte de chaînette cloutée rentrant dans les chairs des jambes pour faire pénitence dans la douleur. Robert voyant ça s’exclame donc "Ho ! Un membre de l’Opus Dei !" ; et maintenant qu’il y repense, le commissaire Fache portait une croix cerclée à la veste, lorsqu’il l’a vu au Louvre… lui aussi est de l’Opus Dei ! Ils sont donc de mèche !

 

Il ne faut pas sous-estimer Leigh, qui est quand même aussi Magneto, le maître des magnets du frigo

En tout cas, vous m’avez bien lu : oui, le commissaire Fache n’hésitait pas à mettre bien en évidence à son veston, et devant un expert en symbolique religieuse, son pin’s collector "I love Opus Dei", alors que bon, on imagine que ce n’est pas le genre d’information qu’il veut balancer au tout venant. Et particulièrement pas à Langdon.

Mais revenons à nos filous qui tentent de fuir la terrible police française ; rassurez-vous, celle-ci a pris bien soin de ne pas vraiment encercler les lieux, et donc laisser un endroit par lequel nos personnages préférés peuvent s’enfuir : Robert, Sophie, Silas ligoté, Leigh et Rémi, le majordome de Leigh. Tout ce petit monde se rend donc au Bourget, ce dont la police est avertie car elle apprend qu’un plan de vol vient d’être décidé pour le jet privé de ce vieux multimillionnaire de Teabing.  Les forces de l’ordre prennent donc bien soin de ne pas faire envoyer d’unités à l’aéroport pour les intercepter avant qu’ils ne décollent (dans ce film, personne ne pense à utiliser un téléphone pour faire un truc utile). Voilà voilà. C’est donc tranquillement à bord d’un avion que notre équipée peut reprendre ses discussions précédentes : que cherche l’Eglise, en fait (pour ceux qui n’auraient pas compris) ? Mais à détruire le Graal, soit le tombeau de Marie-Madeleine, pour que jamais personne ne puisse connaître le secret de la vieille arnaque qui a permis à l’Eglise de voler sa succession à celle qui devait succéder à Jésus, puis à sa descendance. Ainsi, personne ne pourrait prouver que la version de l’Histoire de l’Eglise est fausse (en tout cas, ce passage là). Robert, lui, inspecte plus avant l’étui qui contenant le cryptex et… y trouve une énigme cachée (Robert est une sorte de professeur Layton local) ! Énigme qui emmène nos amis à Londres, à l’église du Temple, pour être tout à fait exact.

Un petit intermède nous permet de découvrir que les subordonnés de Fache croient à n’importe quelle bêtise : alors que ses troupes lui demandent pourquoi il est si bête acharné à retrouver les fugitifs (parce que c’est son métier et le vôtre ?), il explique que voilà, il est membre de l’Opus Dei et qu’un évêque a rompu ses voeux et l’a contacté pour lui dire que Langdon avait, en confession, dit avoir tué le conservateur du Louvre, ce qui prouve bien que c’est le coupable. Ses troupes disent donc "Aaaah, ok". Aucun subordonné ne pense à répondre "Ah ouais, super, et alors pourquoi vous l’avez pas mis direct en garde à vue plutôt que de l’emmener faire du tourisme sur les lieux du crime ?" suivi de "Ou même, attendez, c’est quoi cette connerie ? Quand aurait il eu le temps de voir un évêque pour se confesser depuis le meurtre ? Il était en conférence avant et en cavale après ! Vous racontez du caca, votre langue est un étron et votre bouche un anus."

Mais retournons voir ce qu’il en est des personnages principaux. Arrivés en Angleterre, Sophie pose enfin une question intéressante : "Mais pourquoi le prieuré n’a pas défoncé l’Eglise en révélant le Graal ?" (même si la question a déjà été abordée, c’est bien d’appuyer sur cette incohérence ma petite Sophie) ; et Leigh de répondre "Parce que le prieuré attend de connaître son héritier qui, d’après la légende, ne connaîtrait pas lui-même son propre secret !". Et là, tout est dit : Hmmm… voyons voir… Marie-Madeleine a eu une fille… unique… en France… et comme on va supputer que c’est écrit pour des gens qui ne peuvent pas comprendre des informations comme "La population mondiale croit, il peut donc y avoir plusieurs héritiers au fil des générations", "Ce n’est pas parce qu’on parle d’une personne d’un sexe que ses descendants actuels sont forcément du même sexe" ou "Des individus ont pu migrer hors de France au fil de l’Histoire", saurez-vous retrouver le seul personnage féminin (et accessoirement français) du film pour en tirer les conclusions qui s’imposent ? Au travail. Attention, c’est super compliqué.

Mais revenons à l’église du Temple, à Londres, où nos héros peinent à trouver quoi que ce soit sur l’énigme qu’ils étaient venus résoudre… une sombre histoire de "chevalier mis en terre par un pape" qui "devrait arborer un globe"… mais hélas, la troupe est interrompue par deux personnages facétieux : Silas l’albinos et Rémi, le chauffeur, majordome et homme de main de Leigh qui a aidé le premier à se libérer se ses liens et qui s’avère donc être un traître de Français (pléonasme) au service de l’Opus Dei ! Ah, le chenapan ! Rémi ordonne à Silas d’aller enfermer Leigh dans le coffre de sa voiture (non, personne ne remarque un moine albinos en robe de bure traînant par le bras un boiteux hurlant en plein milieu d’un site touristique londonien en milieu de journée, avant de l’enfermer dans un coffre), et le vil français tente d’exécuter d’une balle chacun Robert et Sophie (et pourquoi pas Leigh, hein ? Hooo, ça aussi, ça me parait suspect !), mais il est interrompu par un vol de colombes dans l’église qui le déconcentre (… des touristes de passage eurent été plus crédibles, mais bon). Nos deux larrons essaient donc de s’enfuir, et en route pour une course poursuite ! Qui heureusement, s’achève bien pour eux, ouf, je suis soulagé, moi qui pensais qu’ils allaient tous deux finir exécutés d’une balle dans la nuque alors qu’il reste encore 45 minutes de film ! Rémi, de son côté, a déposé Silas dans un foyer de l’Opus Dei, avant de se rendre sur un terrain vague pour y libérer Leigh, car évidemment, tout n’était qu’un coup monté, hohoho, vous ne vous y attendiez pas, hein ? Là, il festoie avec lui et le félicite d’être "Le Guide", le meilleur indic de l’Opus Dei sur les activités du prieuré de Sion. Oui : Leigh est un rabouin de traître lui aussi ! Mon dieu, à part les deux personnages principaux, tout le monde est le traître de tout le monde ! Et vive les rebondissements à la queue-leu-leu juste pour dire qu’il se passe des trucs ! On se croirait dans Lost ou 24.

 

Facile : voici les deux seuls personnages du film qui ne soient pas des traîtres.

Robert et Sophie, eux, retrouvent la trace de ce qu’ils venaient chercher en résolvant une partie de l’énigme, qui les emmène finalement vers la tombe d’Isaac Newton à l’abbaye de Westminster. Et ils y retrouvent… Leigh, sur la même piste, qui avoue être un vilain traître en quête du Graal ! Aidé d’un revolver, il explique son soucis : il pensait pouvoir trouver le Graal seul, mais il semblerait que les deux héros idiots soient plus aptes que lui à le faire, puisque plus malins ou mieux informés (on peut faire plus bête qu’eux ?). Aussi finalement, vient il demander leur aide sous la menace d’une arme. Heuuu… attends, mon petit Leigh Teabing, jusqu’ici, ils coopéraient avec toi par pure bonne volonté ! Alors pourquoi ne t’es tu pas contenté de les liquider APRES qu’ils eussent résolu toutes les énigmes qui te posaient problème, hmmm ? D’ailleurs, Leigh explique son plan : lui, il veut juste révéler le Graal au monde, présenter l’héritier de Jésus, juste pour que le monde connaisse enfin la vérité et que l’on se débarrasse définitivement de l’Eglise, cette vilaine.

Heu… mais sachant que c’est toi, "Le Guide", qui depuis le début, guidait toutes les actions de Silas, pourquoi aidais tu ceux qui voulaient détruire le Graal ? Tu avais envie de te mettre tout seul des bâtons dans les roues ? Non parce que, pas une seule fois, ça n’a arrangé tes affaires, ton plan, bien au contraire. M’enfin moi, je dis ça. Le seul moment où ça t’a aidé, en fait, c’est quand le conservateur du Louvre a décidé de mourir en laissant 200 lignes de messages codés. Et ce qu’il écrirait au moment de mourir, c’est probablement le seul truc que tu ne pouvais pas prévoir. Enfin.

Silas, lui, est trahi par Leigh qui n’a plus besoin de manipuler les membres de l’Opus Dei en se faisant passer pour l’un de leurs alliés (d’ailleurs, ça ne lui servait à rien), et lui envoie la police en disant "Je sais qu’il y a un meurtrier dans tel foyer de l’Opus Dei". Silas, qui pourtant, devrait savoir qu’il n’est accusé d’aucun meurtre puisque tout est mis sur le dos de Langdon, panique complètement en voyant arriver les forces de l’ordre et tente de s’enfuir avec un flingue. Il abat plusieurs policiers dans sa tentative et, dans la panique, tire sur l’évêque Aringarosa qui par on ne sait quel miracle, a franchi tous les cordons d’une intervention armée de la police et se promenait donc tranquillement là où il ne fallait pas (quelle incroyable coïncidence !). Silas est tout triste d’avoir tué son père d’adoption par erreur, et se laisse donc abattre par la police.

Mais non, rassure toi Silas, Aringarosa n’est pas mort ! Bon, toi si, mais on s’en fout. En fait, il a survécu, et alors qu’il est emmené en ambulance, il tombe sur le commissaire Fache, qui continuait la poursuite de ses fugitifs jusqu’en Angleterre. Et Fache réalise l’horrible réalité : le meurtrier du conservateur du Louvre, ce n’était pas Langdon ! C’était Silas ! Et l’évêque lui a menti en disant que Langdon lui avait tout avoué en confession : il s’est servi de lui ! Il boude donc un peu d’avoir été aussi bête. Tiens, d’ailleurs pourquoi Aringarosa a t-il accusé Langdon, qui avait sûrement une journée chargée à Paris et devait sûrement pouvoir prouver sans soucis qu’il avait un alibi au moment du crime, première chose qui aurait dû être vérifiée ? On ne le saura jamais.

Leigh, Langdon et Neveu, eux, se retrouvent tous trois dans un coin tranquille de l’abbaye de Westminster où ils enquêtaient sur la tombe de Newton, et s’installent pour papoter. Car effectivement, il y a toujours un coin en travaux pas surveillé et hors-de-vue sur un site pareil pour y menacer des gens avec une arme. C’est connu. Là, le vieux noble anglais exige que Sophie ouvre le cryptex, qu’il soupçonne de connaître la combinaison. Sauf que non : si elle connaissait le code, elle l’aurait sûrement ouvert il y a longtemps, probablement même avant de vous avoir rencontré mon cher Leigh, avant même d’avoir débarqué chez vous une nuit dans un fourgon blindé. Alors c’est un peu con de supposer que si, elle a le code, mais qu’elle trouve plus joli le cryptex fermé. Finalement, Robert se propose d’essayer de l’ouvrir.

Leigh ne se doute de rien, même quand Robert, qu’il avait forcé à s’agenouiller sous la menace de son arme, se lève, et se propose d’essayer d’ouvrir l’objet mais EN TOURNANT LE DOS AU VILAIN. Car non, jamais Teabing ne pense à dire "Ah non, pas de coup en fourbe : je veux te voir bien en face". Du coup, Roro tente une combinaison, s’exclame (mais sans montrer le résultat) : "holala, non, ça a échoué, je n’ai pas pu l’ouvrir", avant de lancer l’objet vers Lee, qui jette son arme pour tenter de le rattraper. Hélas, le cryptex se brise, et détruit donc ce qu’il devait contenir en se mettant à uriner du vinaigre partout… et sur ces entrefaites, la police arrive (notez comme tout arrive toujours pile poil au bon moment, surtout dès que ça concerne la police, on dirait un épisode de Julie Lescaut). Et lorsque Robert met les mains en l’air, bizarrement, il ne les ouvre pas. Roooh, je me demande bien pourquoi, tiens. On a pas du tout vu son plan pourri venir à 10 kilomètres. Mais bon. En tout cas, l’unité de police qui est arrivée est menée par le terrible commissaire Fache, qui fait aussitôt arrêter Leigh : il a identifié qu’il avait un rapport avec les meurtres grâce à son téléphone, dont le numéro apparaissait dans les appels passés sur l’appareil d’Aringarosa, qui semble bien mouillé dans les dernières tueries.

 

Sophie pensait que le code était "RoXoR", parce que quand même, Leonard, y roxait grave.

C’est donc libres comme l’air que nos deux compères ressortent de ce bourbier (ah ?) ; Robert explique à Sophie qu’en effet, il a trouvé le code : c’était "Apple", en hommage aux Iphone et à Isaac Newton. Alors oui, le sieur Langdon a bien réussi à sortir le message du cryptex avant de le jeter en l’air pour déstabiliser Leigh. Vous ne vous y attendiez pas, hein, canaillous ? Et le message emmène nos héros (à qui la police ne pose aucune question malgré leurs nombreux délits de fuite, implications dans des affaires louches et autres aventures judiciairement contestables) à la chapelle Rosslyn, en Ecosse. Sophie, qui visiblement, a fêté la fin des emmerdes avec un gros trip au LSD, a des hallucinations dans la chapelle : elle y a des flashbacks d’un jour où ses parents l’y ont emmenée. Et au moment de foncer voir le tombeau où ils pensent que se trouve Marie-Madeleine, un responsable de la chapelle vient les informer que, hé ho, les touristes, on va fermer, merci de sortir. Mais comme tous les touristes relous, Robert dit "oui, oui, 5 minutes".  Hélas, sentant bien qu’il a affaire à deux couillons, le dit responsable suit nos héros discrètement et écoute leurs conversations ; n’en entendant que des bribes, mais sentant que la chose est suspecte, il s’éclipse pour appeler des renforts.

Nos pinpins, eux, découvrent une crypte habilement cachée sous un tapis (un vieil artifice templier) ; mais hélas, elle ne contient plus grand chose, si ce n’est un vieux pot de fleur avec une rose (comme la dernière fois que les templiers avaient feinté ! Souvenez-vous du flashback évoqué au début du film !), et un petit bureau avec des archives… que faire…hmmm… ah, bin, comme on fait depuis le début pour combler les temps morts : on va mettre encore un autre flashback ; cette fois-ci, pendant que Robert mange des buritos en regardant le film de la vie de Sophie, cette dernière raconte comment elle s’est brouillée avec son défunt grand-père : elle voulait en savoir plus sur la mort de ses parents, et a donc fouillé dans ses archives pour voir s’il n’avait pas des informations (c’était un accident voiture contre poids lourd, tu voulais qu’il stocke quoi sur le sujet ? Le pare-choc ?) ; mais en fait, c’est pépé qui a balancé qu’il y avait un truc de suspect en disant "Surtouuuut, surtouuuut Sophie, ne t’intéresse jamaiiiiiiiis à la mort de tes parents, juuuure le moi !" ce qui, vous en conviendrez, n’éveille aucun soupçon. Elle fut ensuite envoyée en pensionnat, et un jour qu’elle est rentrée à l’improviste visiter pépère, elle a surpris un rituel bizarre avec robes noires et masque dorés ou, apparemment, on se mettait en cercle pour mater des gens copulant au milieu. Elle ne lui a quasiment jamais reparlé par la suite.

Sophie, je crois que ton grand-père n’était pas membre du prieuré de Sion, mais plus simplement qu’il réalisait des pornos gérontophiles. Il y a méprise. Tu as juste surpris un tournage. Ce n’est pas sale. Ton corps change.

Robert, lui, ignorant tout de mes perspicaces conclusions, suppose lui que Saunière n’était pas le grand-père de Sophie. Il vient en effet de trouver, dans des archives qui traînaient dans cette crypte réaménagée, moult documents sur l’accident de voiture de la famille Neveu il y a des années. Curieux ! Il semblerait qu’en fait, le prieuré de Sion ait récupéré Sophie après son accident de voiture car…

… elle serait l’héritière tant recherchée, la descendante de Marie-Madeleine et Jésus ! Vous ne vous y attendiez pas, hein, sachant que, je le rappelle, Sophie Neveu est le seul personnage féminin du film (et français, en sus) ! C’est le choc.

 

"Et si je lui pète la nuque, là, maintenant, est-ce qu'elle ressuscitera comme son ancêtre ?"

Quittant la crypte pour sortir de l’Eglise, nos héros tombent cependant nez-à-nez avec une foule bigarrée l’air grave : le prieuré de Sion ! Dans lequel on trouve évidemment une vieille pour expliquer que voilà, ils sont ses protecteurs (d’accord, vous foutiez quoi depuis le début du film alors ? Vous attendiez qu’elle se prenne une balle ?). Et que elle, elle est… sa grand-mère, la vraie ! Oui : ayé, Robert a trouvé la dernière descendante de Jésus, et Sophie, une famille, c’est trop génial. Bon, une ombre au tableau : Jacques Saunière, en mourant, a emporté avec lui le secret de l’emplacement de la tombe de Marie-Madeleine. Impossible, donc, de prouver ADN à l’appui que Sophie est bien la descendante de Jésus : l’Eglise est donc en sécurité, puisque rien ne peut être prouvé.

Tout est il vraiment terminé ? Peut on laisser un dernier mystère non résolu ? Non ! De retour à Paris, un soir, en se rasant, Robert réfléchit… et s’il avait mal interprété la dernière énigme ? Et si elle voulait désigner autre chose que la chapelle Rosslyn, qu’il s’était trompé ? Oui ! Ni une, ni deux, il réfléchit, la relit, et y découvre un autre sens : Marie-Madeleine est enterrée… sous la pyramide du Louvre ! Ce dernier et terrible mystère étant résolu…

FIN !

Aaaah ouais, et donc, la chapelle Rosslyn où vous êtes allés et où tout le monde vous attendait, en fait, c’était juste une incroyable coïncidence, non ? Ou bien était-ce parce que tout le monde connaissait la MÊME énigme et avait fait la MÊME erreur au moment de l’interpréter, expliquant ainsi que vous vous soyez retrouvés au même endroit ?

Attendez, et ça a été un succès mondial ? Des gens sont venus visiter l’Europe lors de "Da Vinci Tours" pour voir les lieux clés de l’intrigue ?

Vous voulez dire qu’on peut se faire un pognon fou même en écrivant n’importe quoi ? Vite !

Chapitre V : "Stratégie" : "Maria décida alors de préparer du riz pour mieux pouvoir manger du chorizo sans pourrir son transit"

A moi, la fortune !

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