Parlons de la crise.

Ah, je sais : râlez donc, fieffés filous : "Nan, mais c’est chiant, on en parle partout", "Moi j’y comprends rien en plus à leurs histoires de prêts et de zone euro" ou "Laissez-moi, laissez-moi, pitié, je ne dirai rien si vous me laissez sortir de la cave", mais je n’ai que faire de vos jérémiades (particulièrement concernant la cave, on en a déjà parlé mesdemoiselles).

La crise, depuis près d’un an, on en parle pour nous annoncer le "dernier sommet", les "marchés qui retiennent leur souffle", "la sortie de crise imminente" & co ; curieusement, et paradoxalement, il semblerait que peu de commentateurs se soient penchés sur les textes issus de chacun des sommets, et de l’incroyable capacité de ces grands moments de réunionite à être présentés comme la dernière réunion de la dernière chance de l’Armaggedon, alors que mis bout à bout, ça ressemble tout simplement à du n’importe quoi de compétition. D’où sa place sur ce site, qui aime bien lorsqu’il se passe des choses complètements absurdes mais qui semblent relativement acceptées par le tout venant.

Vous n’avez rien pigé à ces sombres histoires cette année ? Vous avez envie de briller en société ? Vous avez besoin de draguer Ana, la petite étudiante ukrainienne venue faire ses études d’économie en France mais n’avez pas envie de lire de gros livres rébarbatifs, même si ces derniers font d’excellentes armes contondantes ? Alors en route.

Faisons un petit point sur notre belle année 2011 et ses sommets de la dernière chance (Pour ceux que ça intéresse, un point plus sérieux mais moins chafouin a été fait ici par un journaliste qui déjà, s’était demandé s’il n’y avait pas un truc bizarre dans toute cette rhétorique, à raison)

Commençons par revenir au début de l’an de grâce 2011. En ce temps béni, on savait rire ; souvenez-vous : on cherchait encore dans quelle cave se cachait Ben Laden ou cuvait Amy Winehouse, Dominique Strauss-Kahn était parti pour devenir le prochain président de la République, et le monde n’avait pas encore eu les yeux souillés par le visionnage de La Planète des Singes. Bref, tout était plutôt banal, seuls quelques évènements venant troubler ce premier trimestre de la jeune année : le Japon était secoué par un diable de séisme tournant en catastrophe nucléaire, le monde arabe rentrait une ère de révolutions, et la Belgique tentait de les imiter, mais face à l’absence de gouvernement à renverser, rentrait chez elle pour lire Tintin au Congo avant que celui-ci ne soit interdit. Face à de tels évènements, l’ONU se décidait comme toujours à taper du poing sur la table (ou de la chaussure ; aaah, Khrouchtchev, où es-tu ?), en n’hésitant pas à déclarer "l’année internationale de la forêt".

Oui, moi aussi je pense qu’ils fument de la résine ; forêt, tu parles. Petits brigands, allez donc !

Bref. A peu près à cette même époque, en Europe, l’économie va mal : plusieurs pays s’avèrent ne plus trop s’en sortir avec leurs dettes, comme par exemple l’Irlande, le Portugal ou l’Espagne, prouvant ainsi que baser son économie uniquement sur la bière semi-solide, la morue ou le chorizo ne suffit pas à faire un grand état. C’est la crise, quoi.

C’est donc le moment pour l’Union Européenne d’agir : il est grand temps de relancer l’économie pour sortir de là ! Une réunion est ainsi décrétée le 11 mars (je le mets en gras, comme ça vous pourrez faire des fiches. Oui, même vous amies lycéennes : je vous connais, vous allez juste tout recopier en plus petit, mettre du fluo partout et appeler ça "une fiche" ; si j’étais votre prof, vous seriez reliée à une batterie de R19 rien que pour vous apprendre).

Georges Papandréou, premier ministre grec, déclare donc à ce moment là qu’il s’agit de "l’une des dernières chances pour l’Europe", ce qui veut bien dire ce que ça veut dire : en cas d’échec, l’Union risque d’imploser, de se désintégrer, voir de sombrer dans le néant (comprendre : passer sur TF1). La tension est à son comble, le monde libre tremble, le pavillon bleu aux étoiles d’or s’agite dans la tempête… l’avenir semble bien sombre.

Mais c’est un peu comme dans les Power Rangers : quand une crise géante attaque nos pays, ces derniers combinent leurs forces pour former l’Union Européenne, sorte de Mégazord chargé de coller une branlée à la menace rampante.

Mégazord, solution à tous les problèmes économiques de l'Union Européenne

"Aaaaah", fait le peuple, tout rassuré.

Alors, que se passe t-il ce 11 mars ? Mégazord bourre t-il la crise à coups de pognons et de rudes décisions et de coups sous la ceinture ?

Mieux que ça.

Un "pacte de compétitivité" est mis en place dont le but est de "ne plus connaître ce type de crises". C’est plutôt une bonne idée dit comme ça : autant faire quelque chose pour non seulement triompher de la vilaine crise, mais aussi éviter de la voir revenir dans trois mois. Le monde est donc sauvé ? L’Europe aussi ? Oui, oui, tout est dans ce document qui… tiens ? Mais si on jetait justement un coup d’oeil à ce papier, plutôt que de se contenter de se taper les vidéos des conférences de presse de nos chefs d’état (où, de manière fort originale, le président de la France des français parle "d’historique" ; c’est incroyable, je n’arrive pas à me souvenir d’une seule fois où ce type n’a pas déclaré avoir changé l’Histoire. Ça doit pas être facile au quotidien : "Michel, tu viens de me passer le sel : c’est un accord historique", "Je viens de finir ma choucroute, ce fut un repas sans précédent", ou "Le gendarme de Saint-Tropez est définitivement le plus grand film de tous les temps")  ? Regardons plutôt ce qui est décidé par les Etats ce jour là pour sauver vos âmes de pécheurs, et là, morceaux choisis :

Les chefs d’État ou de gouvernement conviennent de la nécessité de réfléchir à l’introduction
d’une taxe sur les transactions financières et de faire avancer les travaux aux niveaux de la
zone euro et de l’UE ainsi que sur le plan international.

C’est bien comme concept : on convient de réfléchir à un truc hypothétique. Ça va sûrement régler bien des problèmes "Les mecs, la situation est grave ; je vous propose donc que l’on réfléchisse à des solutions ! – Mais ouais, mec, grave, excellent plan ! – Parfait ; la réunion est levée" (oui, ça doit rappeler le boulot à certains j’imagine, ce genre de moments de vide complet), couplé à la fin du paragraphe, consistant à "faire avancer les travaux" ; c’est pas mal non plus, ça, comme décision : "Faire quelque chose" ou "Continuer ce qu’on faisait déjà". Se réunir en urgence pour convenir qu’il faudrait agir, effectivement, il y avait de quoi claironner que le monde était sauvé.

Mais bon, hein, je sens que vous allez chipoter et dire que je prends un paragraphe au hasard. Mais j’aurais pu prendre le coeur du truc :

Nos objectifs
Les États membres de la zone euro s’engagent à prendre toutes les mesures nécessaires pour
poursuivre les objectifs suivants:
§ favoriser la compétitivité;
§ favoriser l’emploi;
§ mieux contribuer à la viabilité des finances publiques;
§ renforcer la stabilité financière.

J’ai déjà vu des blogs girly plus précis dans leurs objectifs, mais bon.

En tout cas, voilà, maintenant, à vous de trouver un pays qui n’avait déjà pas ça pour objectif (ça ne veut pas dire qu’il faisait beaucoup de chose pour y arriver, hein, mais en tout cas il disait toujours vouloir l’atteindre). Je pense que ces gens sacrifient une chèvre aux mânes de Monsieur de La Palisse avant chaque sommet. Enfin bon, je suis un peu de mauvaise foi : tout cela était surtout un gros plan pour préparer un autre sommet, où, là, évidemment, des décisions plus concrètes ont dû être prises, celui du 25 mars.

Cette fois, donc, ça ne rigole plus : fini de préparer des choses vagues, on passe à l’action, nom de nom.

Première décision : arrêter les conneries.

Plus particulièrement, les États membres présenteront des plans pluriannuels d’assainissement
prévoyant notamment des objectifs spécifiques en matière de déficit, de recettes et de
dépenses, la stratégie prévue pour atteindre ces objectifs et un calendrier pour sa mise
en œuvre. Les politiques budgétaires pour 2012 devraient viser à rétablir la confiance
en ramenant l’évolution de la dette à des niveaux supportables et à faire en sorte que les
déficits repassent sous la barre des 3 % du PIB, dans les délais fixés par le Conseil

Dit comme ça, ça fait super sérieux : des dates, des chiffres, des mots tellement compliqués qu’il faut au moins son brevet pour les lire ; on sent que les experts sont au travail. Désormais, il y a une limite pour les déficits, fini, on a plus le droit de s’endetter comme une vulgaire famille devant un écran plat avec une étiquette "Payez en 252 fois à seulement 25% d’intérêts !", ah mais.

"Tu veux cette cafetière gadget ? Je ne demande en échange que ton âme immortelle ! "

Sauf que c’est bête : la règle existait déjà (mais on y reviendra), et tout le monde s’en tapait cordialement ; c’est à peu près aussi con que de dire "Vous savez la règle qu’on avait écrite et dont on avait rien à foutre ? Et bien on la rappelle, hop." . C’est bien les gars, on avance. Mais, justement : tant qu’à faire n’importe quoi, autant continuer.

Ces efforts d’assainissement budgétaire doivent être complétés par des réformes structurelles
favorisant la croissance. À cette fin, les États membres soulignent leur volonté de faire aboutir
la stratégie Europe 2020.

Ça vous parle ? Souligner sa volonté ?

En même temps, c’est vrai que ça ne coûte rien de le dire : et en période de manque de pognon, ce qui est gratuit est bon. Cela dit, une stratégie aussi ambitieuse pour sortir de la crise fait rêver : ça revient à dire

"Chef, chef, on vient de nous déclarer la guerre ! Le pays est en danger !
- Pas d’inquiétude, j’ai un plan.
- Dites nous tout !
- On veut gagner.
- Oui et ?
- Bin c’est tout.
- Ok, je prépare le drapeau blanc."

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Ça vous parait ridicule ? Moi aussi. Mais visiblement, c’est crédible pour beaucoup de gens.  Je commence à me demander si certains dialoguistes d’Hollywood ne sont pas aussi chefs d’état en Europe à mi-temps pour pondre des trucs aussi consternants.

Enfin bon, ça aurait pu être pire, ils auraient pu préciser leur "volonté" avec d’autres lapalissades pour baratiner un peu à peu de frais et ainsi montrer qu’ils racontaient ouvertement des conner… Tiens ? Mais je n’avais pas vu ! Ce paragraphe avait justement une suite ; je vous la livre (et n’invente rien, malheureusement) :

Ils mettront notamment en œuvre des mesures visant à:
- rendre le travail plus attractif

Oui parce que c’est marrant, les gens ne vont pas toujours travailler de bon coeur, c’est incroyable quand même. Pire encore : parfois, il faut les payer pour le faire ; un vrai scandale. En tout cas, c’est assez moderne comme idée ; je crois qu’on la trouvait déjà un peu avant la période du troc, en Mésopotamie. Alors soit c’est juste de la daube, soit Gilgamesh participe aux sommets européens, je ne suis pas encore bien sûr.

- aider les chômeurs à retrouver un emploi

Excellent décision : d’habitude, les Etats adorent avoir une petite colonie de chômeurs sur leur territoire, parce que c’est mignon et que le dimanche les promeneurs adorent leur lancer des morceaux de pain dans les parcs pour les voir se battre avec les canards.

-  lutter contre la pauvreté et promouvoir l’inclusion sociale

Bon, en France la phrase était un peu trop longue par contre, Claude Guéant a dû s’endormir à la moitié, et à son réveil, s’est rappelé qu’il avait lu un truc comme quoi il fallait "lutter contre les pauvres". Bref.

Avec tout ça, le 25 mars, l’Europe était donc sauvée. La crise reculait, on se faisait des bisous à Bruxelles, et chacun retournait vers son pays d’origine pour conter à son peuple comment l’hydre économique avait été vaincue lors d’un combat digne des contes nordiques les plus épiques (je pense par exemple à la "Chanson des Nibelungen", au " Helgakviða Hundingsbana" ou à "Olaf est grognon")

Enfin j’exagère : il y a quand même eu une décision à ce sommet ; quelqu’un a eu la bonne idée de réformer le FESF, ce qui, grosso modo, revient à proposer aux états européens endettés d’emprunter encore plus de pognon. Attention, petite leçon d’économie :

J’emprunte 1€ à Cofidos, le banquier maléfique. Il me met des d’intérêts : je devrai rembourser 1,03€.

Je n’ai plus de pognon pour rembourser Cofidos. C’est la crise ! Vite, j’emprunte 1,03€ à Médiatos, le banquier des enfers ! Et hop, comme ça je rembourse Cofidos, bien joué ! Maintenant, je ne dois plus, avec les intérêts, que 1,06€ à Médiatos qui…

Ah, merde.

Curieusement, et malgré ces plans géniaux, trois mois plus tard, donc, le 25 juin, les Européens ont un nouveau problème : la crise est revenue, elle déambule à moitié ivre dans les rues du continent en hurlant "V’nez vous bat’, les Power Rangers ! J’vous atteeeeends" (certaines mauvaises langues disent qu’elle n’est jamais partie, mais hein, bon, qui oserait douter ?) ; on parle alors de "semaine de tous les dangers" dans les médias (là encore, je n’invente pas), tant le combat sera rude.

Avec un tel thème, le sommet européen a aussitôt inspiré certains scénaristes

Bon sang, moi qui croyais que tout danger était écarté, puisque pile trois mois plus tôt, on avait pris des décisions pour éviter que ça ne se reproduise ? Quelqu’un aurait raconté des carabistouilles ? Roooh, je n’ose y croire. Heureusement, encore une fois, et sans explications, tous les commentateurs se tournent vers ce sommet en attendant de voir ce qui va en sortir, alors que même Sloupy le petit poisson pouvait le deviner au vu du précédent : du rien.

Enfin non, j’exagère, si on lit le document, on peut quand même lire

11. Les chefs d’État ou de gouvernement des États membres de la zone euro réaffirment leur
détermination à faire tout ce qui sera nécessaire pour garantir la stabilité financière de la zone
euro dans son ensemble.

12. La reprise dans la zone euro est en bonne voie et s’achemine durablement vers une croissance
solide. L’euro repose sur des bases saines et nous sommes grandement satisfaits des résultats
obtenus en matière de stabilité des prix depuis l’introduction de l’euro.

Donc si on en croit ce texte, en fait, ça va trop, trop bien en Europe : c’est tellement la semaine de tous les dangers que tout le monde a des trucs plus importants à faire que de chercher des solutions. Je pense qu’on aurait eu une croissance de 60% par an et un taux de chômage en baisse d’1 million de personnes par jour, on aurait pas écrit mieux.

Accessoirement, on félicite des gens, comme à tout hasard, la Grèce, qui a vraiment bien travaillé.

En ce qui concerne la Grèce, le Conseil européen reconnaît les progrès considérables
accomplis au cours de l’année écoulée, notamment en matière d’assainissement
des finances publiques

Du coup, après s’être bien félicités, on discute bien plus longuement de sujets autrement plus importants, comme par exemple, la surveillance des frontières, parce qu’il y en a marre de tous ces étrangers qui viennent chez nous : ils seraient bien capables de produire de la richesse, ces gros chafouins, et ça, ce serait très mal.

Au passage : on revient quand même brièvement sur la Grèce, pour lui prêter encore un peu plus de pognon pour rembourser les prêts qu’elle n’arrivait pas à rembourser. Étonnamment, en proposant plus de dettes à un pays endetté, il le reste. Incroyab’. L’économie, c’est vraiment trop compliqué.

Tout le monde se fait donc un bisou et se sépare, retournant chez soi en expliquant que "la semaine de tous les dangers" était passée et que la Grèce pétait la forme (et qu’un film était en préparation avec Ben Affleck, ce qui restait la principale information de ce sommet).

Ce pourquoi, le 21 juillet, soit moins d’un mois plus tard, un nouveau sommet est appelé, la crise continuant de faire son petit bonhomme de chemin, et ne comprenant pas trop pourquoi à chaque fois les gens se réunissent pour dire qu’ils vont la bourrer avant de faire du rien. Ce sommet sera évidemment lui aussi qualifié "d’étape fondamentale" (par un certain Nicolas S., étonnamment), puisqu’il enregistre le fait que "Ah ben tiens, en fait, la Grèce, elle rembourse pas dis-donc. Un peu comme si… un peu comme si elle n’avait pas de pognon."

Quel constat incroyable : combien d’économistes pour ce résultat ?

Au passage, on continue de s’enfoncer dans le n’importe quoi.

Tous les autres pays de la zone euro réaffirment solennellement qu’ils sont fermement
déterminés à honorer pleinement leur propre signature souveraine et tous les engagements
qu’ils ont pris en matière de viabilité des finances publiques et de réformes structurelles
durables. Les chefs d’État ou de gouvernement de la zone euro appuient sans réserve cette
volonté, la crédibilité de toutes leurs signatures souveraines étant un élément déterminant pour
assurer la stabilité financière de l’ensemble de la zone euro

Vous vous souvenez du sommet de mars ? Les commentateurs de l’époque, visiblement, non, puisqu’on se réengage à s’engager à avoir la volonté de tenir ses engagements pour aller mieux. D’accord d’accord.

Une décision historique est donc quand même bien prise : demander à la Grèce de vendre des trucs qui lui rapportent du pognon.

Attention, nouvelle leçon d’économie :

"Bonjour, j’ai une dette 1€ intérêts compris ; heureusement, grâce à mon pantalon magique qui produit 4 centimes par an, j’aurai tout remboursé dans 25 ans.
- Non ! Vends ton pantalon magique pour 10 centimes aujourd’hui ! Ainsi, tu ne devras plus que 90 centimes !
- Ah ouais, pas bête : tenez, voici mon pantalon magique ! J’espère qu’une société privée en fera bon usage !
- Bon, et maintenant, rembourse les 90 centimes.
- Mais ? Je ? Avec quel argent je… et puis je suis en slip !
- Allez, je suis pas une pute : tiens, voilà un prêt. Tu pourras rembourser ta dette, et avec les intérêts, tu ne me devras plus que 1€, remboursable sur 25 ans. Mais tu sais, en vendant ton slip, tu pourrais toucher 6 centimes, là, tout de suite.
- Bouhouhou…"
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Bref, on n’en était qu’au troisième sommet du danger de l’ultime aventure de la sauvegarde de la préservation de l’Europe.

Patrice Carmouze, pilier méconnu de la culture européenne

Mais c’était sans compter, trois mois plus tard (tout comme le poisson rouge, le commentateur a une mémoire d’environ 3 mois ; vous noterez qu’on respecte toujours ces délais pour ne pas lui montrer qu’on se fout ouvertement de lui), le sommet du 26 octobre , date "historique", puisque c’était tout de même l’anniversaire de Patrice Carmouze. Nicolas Sarkozy, conscient de la symbolique d’une telle date, déclarera lui-même "Notre destin se joue dans les dix jours", et Angela Merkel parlera de "maintenant ou jamais", ce qui ne fera jamais que la quatrième fois en un an qu’on fait le coup. Afin d’exagérer encore un peu plus la tension du moment, il est un temps évoqué la possibilité de faire jouer Carmina Burana en fond sonore durant tous les discours, mais finalement, pour des raisons de droits, la décision sera annulée.

Une décision majeure est prise lors de ce sommet : outre supprimer une partie de la dette de la Grèce (ce qui est bien, puisque de toute manière, quand on sait qu’on ne va pas toucher le moindre euro, autant dire que c’est de son propre chef, et puis bon, la Grèce est toujours en train de pleurer en slip, donc ça ne change pas grand chose de diminuer sa dette tant qu’on la laisse dedans), on demande aux états européens de respecter la règle d’or avant fin 2012, c’est-à-dire, limiter leur déficit et se débrouiller pour rentrer plus de pognon qu’ils n’en dépensent.

Donc, il faut comprendre : respecter la règle qui avait été fixée en mars de la même année. Règle qui était déjà la réécriture exacte d’une règle qui existait déjà. Et dont tout le monde se foutait éperdument.

Le soir même de ce non-accord, Nicolas Sarkozy déclare devant des journal… des… non attendez, journalistes, ce sont les gens qui font de l’investigation sur les sujets dont ils parlent ? Ok, donc, il déclare devant des présentateurs télé : "c’est la totalité de la zone euro qui risquait en cascade d’être emportée" avant d’ajouter "Surtout que merde, la Grèce, elle sert quand même de rotule sur le genou droit quand on se combine pour former Mégazord, alors v’la le gros sauvetage". Personne ne fait remarquer que tiens, mais en fait, ça ferait pas un petit peu quatre fois que la crise est finie en un an ? Avec les mêmes décisions à chaque fois, non ? Et les mêmes discours d’enrobage à base de "On a évité une foutue apocalypse : encore un peu et on envoyait Bruce Willis poser une charge au coeur du FMI pour éviter l’Armaggedon" ? Non.

Ça passe tellement facilement que du coup, le prochain sommet n’attend pas 3 mois pour se lancer, histoire de voir si les gens avalent quand même les mêmes couleuvres. C’est ainsi que le 8 décembre, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy en tête sortent la grosse artillerie : il faut refonder l’Europe, avec un nouveau traité. Au coeur de celui-ci, on trouverait un pacte de stabilité avec des "sanctions automatiques" en cas d’endettement "supérieur à 3% du PIB". Nos deux loulous n’ont donc pas hésité à ajouter de belles phrases comme ""jamais le risque d’explosion de l’Europe n’a été aussi grand" ou encore "Nous n’aurons pas de seconde chance", ce qu’ils avaient aussi dit les quatre fois précédentes, mais bon, après tout, personne ne leur fait jamais remarquer qu’on a eu tellement de dernières chances rien qu’en un an que plus personne ne saurait les compter.

Histoire de bien enfoncer le clou, je rappelle qu’un peu partout, cette semaine, on s’enflammait en dissertant sur cette nouvelle Europe et ses nouvelles règles, et les risques encourus si dès à présents on ne changeait pas la donne. Il suffisait pourtant d’aller sur le site officiel de la législation européenne (environ 4 secondes sous Google) pour obtenir cette page et sa jolie petite synthèse pour que même un pigiste pressé puisse réaliser le petit souci : tout cela existe déjà, quasiment depuis le début, tant la règle des 3% de déficits, que les sanctions en cas de non respect.

Si vous avez la flemme, extraits :

Définie par le protocole sur la procédure de déficit excessif, annexé au traité sur le fonctionnement de l’UE (par le traité de Maastricht en 1992), la valeur de référence pour le déficit public est 3 % du produit intérieur brut (PIB). Le dépassement de cette valeur est considéré comme exceptionnel

Et donc, en sus, et en plus mis en gras sur le site pour être sûr que personne ne puisse l’ignorer :

Mise en demeure et sanctions. Dans un délai de deux mois à compter de l’adoption de sa décision constatant l’absence de toute action suivie d’effets, le Conseil peut mettre l’État membre concerné en demeure de prendre des mesures visant à la réduction du déficit. Si l’État a bien engagé une action suivie d’effets pour se conformer à la mise en demeure et si des événements économiques négatifs et inattendus qui ont une influence très défavorable sur les finances publiques de l’État concerné se produisent après l’adoption de cette mise en demeure, le Conseil peut décider, sur recommandation de la Commission, de réviser la mise en demeure.

Au plus tard quatre mois après la mise en demeure, si l’État membre ne se conforme pas aux décisions du Conseil, celui-ci décide normalement d’imposer des sanctions.

"Marty ! Nous sommes de retour à Maastricht, c'est incroyable !"

Voilà, donc, pour ce petit bilan de ces folles aventures de l’année 2011, que l’on vend comme sérieuses alors qu’elles ne le sont pas (du moins dans leur traitement) ; histoire de synthétiser, on vous a donc gentiment vendu 5 sommets comme étant les ultra-ultimes dernières chances de sauver nos âmes de la damnation éternelle et de la guerre mondiale, alors qu’il s’est simplement agi de faire du rien, et de préférence, en déclarant que c’était une véritable révolution.

Maintenant, à vous de jouer en société : vous avez désormais tous les éléments en main pour écraser de votre mépris toute personne qui se la jouerait "Hmmm, je suis grave les sommets, c’est incroyable ce qu’il se joue en ce moment" : rappelez lui qu’il est juste un fat qui disserte sur du rien, qu’on aurait honte de présenter à une classe de lycéens option sciences économiques et sociales.

Au moment où j’écris ces lignes, je viens de lire ça et ça ; sachant que mystérieusement, de cette conférence aussi sont sortis des textes de bonnes intentions, je crois qu’il est grand temps que j’aille stranguler des chatons.

Et déposer leurs corps meurtris dans la boîte aux lettres de certaines rédactions, bien sûr.

 
 


Le son du moteur électrique du fauteuil roulant semble un chuchotement dans les calmes couloirs de l’immense manoir.

Aujourd’hui, comme tous les jours, le professeur Charles Xavier se rend dans une salle de classe de la résidence qu’il a transformée en école, afin d’enseigner à des adolescents quelque connaissance sur le vaste monde. Mais attention ; nous ne parlons pas ici d’une école comme les autres, mais bien de celle des X-Men, c’est-à-dire, un établissement secret réservé aux enfants disposant d’un don surnaturel : créer du feu, de la glace, traverser les murs… et le fondateur de l’école lui-même, le professeur Xavier, est l’un d’entre eux. En effet, il dispose d’un pouvoir formidable : celui d’entendre les pensées d’autrui. Enfin, quand je dis formidable : honnêtement, vous aimeriez entendre les pensées d’adolescents, vous ?

Arrivé devant la salle dans laquelle il enseigne depuis des années, Charles fait pivoter d’un geste son fauteuil, et passe le seuil de la porte pour pénétrer dans la pièce où une vingtaine de jeunes gens sont fort occupés à discuter de sujets divers ; voyant leur professeur arriver, ils le saluent vigoureusement avant de rejoindre leurs tables dans un léger chahut, mélange de bruits de trousses que l’on ouvre et de chaises que l’on tire.

"Bonjour les enfants", s’exclame le professeur en s’installant derrière son bureau. "Aujourd’hui, je vous propose de parler de l’Amérique du Sud, puisque comme vous le savez, nous avons déjà étudié l’Am…" ;

"Ho non, pas l’Amérique du Sud. C’est chiant."

"Tiens ? Kevin a mis son pull moche aujourd’hui. Il devrait apprendre à s’habiller, le pauvre."

"Où j’ai foutu mon stylo bleu ? Raaah, il était là. Merdeuuuuh merdeuuuh meeeeerde, où… hmm… ah… peut-être dans la poche avant de mon sac…"

L’espace d’un instant, le professeur porte ses mains à son visage, comme pris d’une migraine. Il doit se concentrer. Il ne faut pas qu’il prête attention aux pensées de ses étudiants.

"La vache ! C’est moi ou Brenda a encore pris des nichons ? Hmmm… je me la ferais bien !"

"Ourf… qu’est-ce que j’ai mal au bide ! Hoooo… j’aurais dû aller aux toilettes ce matin… vu le baleineau que je dois avoir en bout de toboggan, je dois pas être loin de ressentir ce que sent une femme enceinte."

Le professeur crispe sa mâchoire… il doit… se concentrer… saloperies de jeunes qui pensent à… il faut qu’ils se concentrent sur ce qu’il… péniblement, Charles parvient à articuler "Je… l’Amérique du Sud, donc, que vous connaissez principalement au travers de certains…"

Soudain, il l’entend.

Il écarquille les yeux ; non ! C’est impossible ! Pas cette pensée ! Pas celle-là ! C’est déjà assez dur quand on l’a soi-même alors… non ! Non ! Que… Arrêtez ! Arrêtez !  Dans la tête d’une élève au fond, il peut parfaitement l’entendre. C’est affreux. La plus immonde des pensées est là : pire que l’étudiant qui se souvient du porno qu’il a vu la veille, pire que celui-ci qui repense à la cuite qu’il a prise et qui a encore une grosse migraine… c’est…

Il ose à peine murmurer le nom de cette menace. Déjà, il sent ses tempes devenir douloureuses et le sang bouillir derrière son crâne. Sa vision se trouble, et l’espace de quelques secondes, il manque de choir de son fauteuil.

Qu’arrive t-il au professeur Xavier ? Comment en est-il arrivé là ? Répondons à ces questions en commençant avec un peu d’histoire, en nous tournant vers X-Men First Class.

Spoilons mes bons.

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L'affiche : chez les X-Men, si t'as pas la combi officielle, c'est que tu es méchant(e)

Le film s’ouvre sur un endroit fort joyeux : un camp de concentration polonais en 1944.

Erik Lehnsherr, jeune adolescent juif, a la malchance d’être du peuple élu du mauvais côté des barbelés, et d’être séparé de sa maman qu’il aime tant lors de son arrivée au camp alors que des gardes les emmènent dans deux directions opposées. Sous la pluie battante (c’est une scène triste, il pleut donc comme il se doit, avec des gouttes grosses comme les ficelles de l’intrigue : d’où l’expression "pleuvoir des cordes"), notre jeune héros est soudain possédé par le désespoir et la colère, tant on touche pas à sa mère comme ça, et se met à hurler tout en tendant les mains vers sa maman de l’autre côté du portail qui les sépare : un phénomène étrange se produit alors, puisque tous les barbelés se tordent, les barres métalliques se plient, et les pauvres soldats qui tentaient de traîner l’enfant loin de là s’aperçoivent que même à 5, ils ne sont pas assez forts : c’est comme si le morveux était aimanté. Histoire de bien lui faire comprendre qu’il commence à faire chier, l’un des fiers germains du coin lui colle un coup de crosse dans la gueule, et tout redevient calme (si vous aussi vous avez des enfants turbulents, vous savez ce qu’il vous reste à faire). Seul le portail complètement tordu porte les stigmates de la curieuse scène qui vient de se dérouler sous les yeux de moult témoins, parmi lesquels un médecin du camp : Sebastian Shaw.

Ce dernier est fort intrigué : le petit juif disposerait-il de über-pouvoirs ? Il doit vérifier, et le fait donc emmener dans son bureau, en lui proposant un exercice simple : jeune Erik, veux-tu bien faire bouger cette pièce de monnaie nazie (le choix n’est pas anodin : un bon nazi sait qu’il doit utiliser de l’argent pour motiver un juif, il l’a lu dans "Mein Kampf pour les Nuls") ? L’adolescent se concentre très fort, devient tout rouge, mais ne parvient guère à remuer sa cible. Sebastian tente donc de motiver un peu plus sa victime en faisant amener sa maman dans le bureau, encadrée par deux gardes : il va compter jusqu’à 3, et si une fois cela fait, Erik n’a pas fait bouger la monnaie, Maman Lehnsher devra tenter d’arrêter une balle avec son front, ce qui n’est pas facile, même en supposant que l’on fronce les sourcils très fort au bon moment.

Erik redouble d’efforts, et se concentre incroyablement sous les encouragements de sa maman ; mais las : la pièce refuse de bouger, et Erik entend donc soudain une détonation suivie d’un bruit sourd : Le Docteur Shaw vient de refroidir sa môman, ce qui n’est pas très courtois. C’est donc parti pour une grosse colère du petit bonhomme, qui se met à hurler "Rrrgnneeuuuurrrggnnnnnn" (ou quelque chose de proche), et compresse par la seule force de son esprit, tous les trucs qui passent : une petite cloche qui reposait sur le bureau, un casier de documents, des instruments chirurgicaux ainsi que les tables en métal qui attendaient dans la salle d’à côté derrière une porte vitrée, et même les casques des deux gardes qui étaient là, leur écrasant le crâne avec, ce qui leur fait relativement bobo au point de les tuer. Une fois cela fait, Erik se calme, et le Docteur Shaw, qui hurlait "Ouiiiiii vas-y, fais toi plaaaaais’ !" jusqu’alors en voyant ce spectacle de destruction s’exclame : "Ach ! Bravo kleine galopin ! Ensemble, nous allons faire de grandes choses !" : et lui tendant la main, il voit le petit Erik désormais orphelin venir poser sa petite mimine dans la sienne. Limite il n’ajoute pas "Ach, ch’ai tué ta Maman ! Tu mérites bien ein grosse kinder zurbrize bour gombenzer ! !".

Oui. Le gosse, on bute sa mère devant ses yeux, il devient ivre de rage, et il prend bien soin de ne surtout pas blesser ou pire, tuer, l’assassin de celle-ci, qui est pourtant en face de lui, et couvert de trucs plus ou moins métalliques (il a des lunettes dans la bonne matière, des chaînettes, boutons et montre pour aller avec, un lüger rempli de balles à la main… mais non), sans compter toutes les armes à portée (ex : les instruments chirurgicaux, et je n’ai pas parlé des armes à feu des gardes ou de leurs baïonnettes). Mieux encore, non seulement il épargne le médecin, mais il se fait adopter par lui dans la minute qui suit le meurtre de sa mère par ce dernier sous ses yeux. N’oubliez pas les enfants : si vous voulez devenir ami avec Erik Lehnsherr, pensez à buter un membre de sa famille sous ses yeux.

Qu’il est bête. Ou alors, si, ça peut se tenir : il haïssait peut-être sa mère depuis le jour où elle avait refusé de lui acheter ce skate-board à l’effigie du führer sur le marché de Düsseldorf , et il est fort content d’en être débarrassé grâce à Sebastian Shaw, ce qui explique cette amitié-éclair avec son assassin. Enfin bref, passons, et allons plutôt aux Etats-Unis.

A la même période, donc, il se passe des choses au pays du hamburger : dans un immense manoir, Charles Xavier, jeune morveux, entend des bruits dans la cuisine familiale ; ni une, ni deux, équipé de sa batte de base-ball préférée, il se rend dans la pièce incriminée pour voir qui ose se lancer dans de nocturnes aventures au sein de sa demeure (et potentiellement éclater son museau au responsable) : il tombe nez-à-nez avec sa mère, visiblement en train de taper dans le frigo pour se faire une petite choucroute à 3h du matin. Cependant, on ne la fait pas à Charles : 1) il sait que sa mère ne fout jamais les pieds dans la cuisine, c’est pour la plèbe, 2) elle ne mange pas de choucroute, ça la fait péter, 3) il lit dans les pensées de la bougresse et réalise qu’il s’agit en fait de quelqu’un ayant pris l’apparence de sa mère. Le bon Xavier somme donc l’intruse de montrer sa vraie apparence : celle d’une petite fille à la peau bleue qui se présente sous le nom de Raven. Charles étant un gentil génial, il comprend qu’elle vole dans les frigos pour survivre, et lui propose de vivre avec lui au sein de sa famille : "trop cool", se dit la morveuse, qui accepte.

Bon par contre, v’la l’explication le lendemain : "Papa, maman, j’ai trouvé une roumaine dans la cuisine cette nuit : allez, maintenant, elle va habiter avec nous ! Hein ? Dis ! Allez ! Steuplé papa, on peut la garder ? Je m’en occuperai ! Je lui donnerai à manger ! Je la promènerai ! Je changerai sa litière, alleeeeeeeeez dis ouiiiiiiiiii !". Mais autant papa et maman Xavier avaient dit non pour un chat ou un labrador, autant ils disent ok pour une roumaine métamorphique. Soit.

Mais avançons un peu dans le temps, et retrouvons Charles quelques années plus tard, qui est devenu un fier jeune homme qui se prépare à soutenir sa thèse de génétique sur les mutations dans l’histoire, parce que par exemple, il y a plein de mutations : les couleurs d’yeux, de cheveux, tout ça, paf, mutation. Mais ce n’est pas le genre de sujets qui fait rêver les minettes ; aussi, le soir, dans les pubs, Charles dragouille un peu de l’étudiante : grâce à ses pouvoirs, il peut par exemple savoir ce qu’elles aiment, et ainsi mieux les approcher. Éventuellement, il peut aussi leur ordonner de retirer leurs soutifs, mais il ne le fait que peu ce qui, je dois bien le reconnaître, m’a déçu. En tout cas, ça rend la petite Raven, qui a désormais adopté l’apparence d’une blondinette, assez jalouse, et elle ne se gêne pas pour pourrir ses plans à son simili-frangin. Il faut dire que la puberté est passée par là, et que Raven est en pleine crise existentielle : sa vraie apparence étant socialement contestable, elle doit passer ses journées à se cacher sous d’autres formes. C’est trop nuuuuuuuuuuuul. Encore un peu, et avec sa crise identitaire, elle devenait gothique.

Sauf que pendant que l’on se pose mille et une questions, il s’en passe des choses, ailleurs : à Las Vegas, une certaine Moira MacTaggert, agent de la CIA, est en planque devant un club privé, dans lequel pas mal de beau monde a l’air de se rendre. Elle est là pour surveiller le général Jean-Jacques, un gros ponte de l’OTAN qui vient s’encanailler et qui trame des trucs plus ou moins louches. Moira a l’oeil : après avoir vu sa cible rentrer dans le bâtiment, elle constate que quantité de nanas en sous-vêtements coquins semblent entrer sans encombres ; voilà une excellente ruse pour s’infiltrer dans la place : notre donzelle se désape, et comme elle a toujours des trucs coquins sous sa tenue de travail (et que coup de bol, elle n’est pas un vieux tromblon), elle peut rentrer sans soucis au milieu des autres filles. Vous avez compris les filles ? TOUJOURS mettre des trucs sympas sous votre tenue de travail. On ne sait jamais quand ça pourrait servir.

Une fois à l’intérieur, et suivant le flot, elle arrive dans une salle de jeux cernée par des alcôves où les filles emmènent leurs clients pour des prestations privées avant de tirer un rideau mauve pour isoler le renfoncement du reste de la salle. Moira repère une nana toute vêtue de blanc guider le général Jean-Jacques dans l’une des niches avant, là encore, de tirer le rideau, aussi fonce t-elle à sa poursuite, sauf que lorsqu’elle écarte le bout de tissu pour rejoindre le général et sa pupute : plus personne ! Ils ont disparu !

"Arrêtez de dire que je suis une pupute parce que je m'habille comme ça en réunion ! Je suis une Reine, c'est très différent !"

Crotte alors… comment cela est-il possible ? Mademoiselle fouille et notant un cendrier sur la table, appuie dessus : hop ! Passage secret ! La niche se met à tourner sur elle-même et emmène Moira dans un petit bureau désert couvert de documents marqués "top secret" avec des rapports en russe dedans. Oui : n’importe quelle nana faisant la serveuse dans ce club et nettoyant les cendars’ ou mec écrasant son cigare à cet endroit qui est ouvert au public risque de se retrouver en possession de documents du KGB. Super discret. Surtout dans un club visiblement très fréquenté. Mais ce n’est pas tout : dans une pièce voisine du bureau, l’agent McTaggert entend des voix : toujours équipée uniquement de ses sous-vêtements, elle se dirige donc vers l’origine des bruits et jette un oeil à ce qu’il se passe ; et figurez-vous que ce n’est pas rien.

En effet, le général Jean-Jacques boit tranquillement un verre au milieu de personnes plutôt louches : et tout d’abord leur chef, Sebastian Shaw, ex-médecin dans un camp de concentration que l’on a vu au début du film, mais visiblement toujours aussi jeune (voire plus, comme cela est mystérieux !) mais plus riche et pédant encore qu’autrefois, et qui explique qu’il aimerait que le général accepte de déployer des missiles atomiques en Turquie. Ainsi, le bloc de l’Ouest serait capable de pulvériser l’URSS avant même que celle-ci n’ait le temps de riposter.  Lorsque le général refuse, du fait que cela pourrait être une provocation menant à un conflit mondial, Sebastian présente ses acolytes pour l’effrayer un peu : la pupute blanche est en fait la Reine Blanche, une nana capable de transformer son corps en diamants, ce qui est pratique pour se la péter dans les soirées mondaines, et qui est télépathe à ses heures. Riptide, un type capable de créer des tornades à volonté, et Azazel un mec à la peau rouge et avec une queue de démon pouvant se téléporter selon son bon plaisir, seul ou avec d’autres personnes du moment qu’il les touche. Shaw s’amuse donc du fait que le général soit fort impressionné par les supers-pouvoirs de ses hommes, puis ajoute à cette couche menaçante une belle offre pleine de pognon pour achever de le convaincre, ce qui fonctionne plutôt pas mal tant le général semble aimer le pognon. Une fois cela fait, il fait téléporter Jean-Jacques via Azazel pour on ne sait où.

Moi, quand j’ai un mec qui peut se téléporter avec autrui à volonté, je ne m’emmerde pas à faire construire des passages super-pas-secrets dans des clubs de canaillous sur-fréquentés où tout le monde peut me trouver à n’importe quel moment juste par accident : je dis "Venez Jean-Jacques, rendez-vous au Macumba ce soir dans la loge 8", et une fois dedans, pouf pouf, je le fais téléporter à moult bornes de là dans un bureau tranquille où personne n’a aucune chance de tomber, même en cas de filature de Jean-Jacques. Mais bon, je ne suis pas un méchant supposément génial, moi, je dois forcément me tromper. C’est tellement mieux un passage pourri qui mène droit à des documents secrets (et où il n’y a même pas une lampe ou un son pour avertir les gens dans la pièce d’à côté que le passage vient d’être activé et qu’on risque de les espionner/les déranger).

Moira McTaggert, qui a tout vu sans se faire repérer, file donc vers sa voiture restée devant le club et attrape sa radio pour appeler le patron de la CIA, en pleine réunion au Pentagone : elle lui explique que comme on lui a ordonné, elle a suivi le général Jean-Jacques, mais que celui-ci a été corrompu par des mutants avec des supers-pouvoirs, et que… "Shut up, bitch", la coupe son patron : il ne sait pas ce qu’elle raconte, mais c’est probablement du caca, puisque le général Jean-Jacques n’est pas à Las Vegas, mais bien au Pentagone où il vient d’arriver, et à moins qu’il n’ait fait 10 000 kilomètres en quelques secondes, ça parait compliqué qu’elle puisse l’avoir vu quelques minutes avant dans un club de la célèbre ville des joueurs. McTaggert se fait donc raccrocher à la gueule. Et la réunion commence donc très fort, puisque le général Jean-Jacques, comme on le lui a demandé, demande l’installation de missiles américains en Turquie : pouf, en 2 minutes, c’est voté.

Tout cela soulève plusieurs problèmes :

  • Azazel sait où téléporter quelqu’un au sein du Pentagone sans faire de témoins ? Il sait quelle pièce est déserte et à quelle heure ? Il est fort.
  • Le général ne savait pas que Shaw pouvait le téléporter à Washington en quelques secondes. Alors s’il était attendu à une réunion du Pentagone sur la sécurité mondiale, que foutait-il à Las Vegas ? Il ne pouvait pas rencontrer Shaw un autre jour ? Genre la veille ? Et plus près ?
  • Personne ne semble remarquer autour de la table où tout le monde est en uniforme que Jean-Jacques est le seul mec en smoking.
  • Je suis patron de la CIA, j’ai ordonné une enquête sur un chef d’état-major US, je sais que ce soir, il est à Las Vegas pour rencontrer des gens louches, c’est même pour ça que je prends en pleine réunion les appels des gens censés me tenir au courant de ce qu’il se passe, et ces derniers m’informent que le général vient de disparaître alors qu’il était en plein entretien secret avec des gens frayant avec l’Est. Et au même moment, le même général, que j’ai fait suivre jusqu’à Vegas, apparaît à Washington : sans même penser à l’hypothèse de la téléportation, je soupçonne très très fort que j’ai affaire à un sosie/une ruse quelconque particulièrement louche. Et je suis conforté dans mon hypothèse par l’attitude du général qui à peine arrivé, parle de foutre la zone et de briser l’équilibre de la guerre froide, chose qu’il n’avait jamais faite auparavant.
  • Il suffit d’un général pour prendre une telle décision en une soirée ? Mazette, au Pentagone, ils ont les réunions les plus productives de l’histoire.

Je continue ou ça ira ? Allez, on va s’arrêter là dans l’immédiat.

McTaggert de son côté est toute frustrée de voir que personne ne la croit : plutôt que de souligner les incohérence ci-dessus, ou même de transmettre les documents en russe qu’elle a trouvé dans le bureau à sa hiérarchie et qu’elle avait l’air de trouver particulièrement sensibles quand elle les a vus (elle lit le russe), elle préfère s’exclamer "On va avoir besoin d’un spécialiste des mutants !". Ou d’un cerveau, au choix. Mais comme nous le verrons plus tard, contrairement à sa réputation, Charles Xavier n’a que l’une de ces deux compétences.

Ça tombe bien, quelques jours plus tard, à Oxford, notre bon Charly décroche son diplôme de Professeur pour sa thèse sur la génétique, sous les applaudissements des présents. Il va donc, comme il se doit, se rincer la tronche avec les copains pour fêter ça, histoire de finir la soirée à vomir dans le pub alors que Patrick Sébastien chante "Tournez les serviettes". Mais au milieu de la beuverie surgit la belle Moira, qui explique qu’elle a besoin de toute urgence de son aide. Hop, pour Charles, c’est le moment d’utiliser ses supers-pouvoirs : pouf pouf, il lit ses pensées, découvre ses mensurations, et apprend ce qu’elle a vu à Las Vegas, ainsi que qui sont ses employeurs. Soit, dit le bon Xavier qui sent le danger des vilains mutants que Moira a surpris, je vous aiderai dès demain. Là, j’ai un peu bobo têtête, et puis je peux pas vous aider ET faire tourner ma serviette.

Le pouvoir de Charles Xavier ne marche pas s'il ne lève pas manuellement son sourcil gauche pour faire une tête genre "Ha haaaaa..."

Et donc, quelques jours plus tard, au Pentagone, le professeur Charles Xavier fait une présentation au patron de la CIA expliquant que bon, voilà, oui, il y a des mutants dans la société, et qu’effectivement, ils peuvent avoir des pouvoirs paranormaux comme lancer du feu, se téléporter ou apprécier Nadine Morano. Le chef des services secrets ricane donc en disant que tout cela est ridicule, et reste pessimiste, même lorsque Charles lui explique que lui-même est un mutant et qu’il peut lire ses pensées, et ainsi savoir que depuis une demi-heure, le big-boss de la CIA pense "Il faudra que je pense à sortir Scrappy en rentrant, si je ne veux pas qu’il bousille le tapis. Sacré Scrappy !". Devant le manque de succès de cette démonstration, c’est donc Raven (allez savoir ce qu’elle fichait là) qui décide de changer d’apparence devant tout le monde pour appuyer le propos en faisant une démonstration de son peu banal pouvoir : la CIA est donc convaincue. Et propose aux mutants d’intégrer un laboratoire où ils pourront développer leurs capacités et se regrouper pour lutter efficacement contre les méchants mutants de Sebastian Shaw.

Mais justement : avant d’aller au laboratoire, Charles pense déjà savoir où se cache Shaw grâce à ses grands pouvoirs, et propose à Moira de lancer une opération pour l’arrêter. Après tout : plus tôt ce sera fait, mieux ce sera.

Je parle, je parle… et je suis sûr que pendant ce temps, vous vous arrachez les cheveux en vous demandant "Et le petit Erik dans tout ça ? Qu’est-il devenu ? Je m’inquiète, assez, assez, dites-moi tout !" : j’y viens ! Le petit garçon a bien grandi, et est désormais un adulte grognon qui cherche à retrouver les nazis qui lui ont fait du mal ainsi qu’à sa famille. Oui, il lui a fallu 18 ans pour réaliser que "Ah, oui, merde en fait : Sebastian Shaw, il a pas été gentil de tuer ma mère. J’aurais peut-être dû le buter plutôt que de devenir son pote si j’avais été un peu cohérent.", enfin bon, mieux vaut tard que jamais. C’est donc à Genève qu’on retrouve trace de notre ancien déporté, qui se rend dans une banque du pays du fromage à trous : il a en effet avec lui un lingot d’or frappé du symbole du IIIe Reich, dont il se sert pour rencontrer le directeur local, en charge de ce genre d’opération de dépôt, disons, sensible. Sauf qu’une fois en présence de l’honorable banquier, Erik ne parle pas vraiment ouverture de compte et agios : il utilise plutôt ses pouvoirs magnétiques pour jouer avec ses plombages et le torturer un peu en lui demandant gentiment où se cache l’un de ses clients du nom de Sébastien Shaw. L’homme résiste un peu, mais lorsque le métal commence à lui sortir de la bouche, il finit par cracher le morceau tant au sens propre que figuré : celui qu’Erik recherche est en Argentine ; satisfait, notre héros quitte donc les lieux pour attraper le premier avion pour Buenos Aires.

J’imagine bien Erik dans l’avion l’emmenant au-dessus de l’Atlantique, en train de se dire "Hmmm, je crois que j’ai encore été un peu con : j’aurais dû lui demander une adresse. Je crois que l’Argentine, c’est grand en fait."

Par on ne sait quel raccourci magique (probablement en suivant les traces d’import de bière allemande, sans laquelle le Germain ne peut survivre loin de chez lui), il finit cependant par trouver une petite taverne au milieu de nulle part (oui parce qu’en plus, ce n’est même pas dans une ville ou un village : il retrouve par enchantement un bâtiment installé en plein milieu de la pampa sans autre construction humaine autour. Très fort), et y rencontre trois personnes : le tenancier et deux clients. Erik, bon vivant, engage vite la conversation sur le fait qu’il est allemand d’origine, ce en quoi ses compagnons de bière s’exclament "Ja ! Nous zaussi !" ; mais pas le dernier pour la déconne, notre larron ajoute promptement "Et je suis juif aussi", ce qui provoque moult sifflotements innocents et regards en direction des chaussures de la part des autres présents. Aucun ne pense à détendre l’atmosphère d’un bon "Allons ! A l’époque, nous étions tous dans le même camp !" en faisant de gros clins d’oeils appuyés sur le mot camp, l’humour nazi étant souvent source de malentendus. Erik, lui, remarque vite que ses interlocuteurs sont en train de sortir diverses armes, genre pistolets et dagues SS pour se débarrasser de lui, mais grâce à ses pouvoirs, il les éclate bien vite. Et il note une photo sur le mur sur laquelle on voit Sebastien Shaw en compagnie des nazis qu’il vient de dézinguer devant une photo marquée "Miami". Ni une, ni deux, il s’y rend donc sur le champ.

Là encore, dans l’avion survolant le Brésil, Erik a dû se dire "Roooh, crotte de bique ! Si ça se trouve, la photo avait 15 ans ou même elle avait été prise en vacances et Sebastian n’est plus là-bas depuis longtemps, ou n’a jamais habité Miami ! J’aurais peut-être dû leur demander directement où il était. Décidément, quelle tête de linotte je fais, hihihihi."

Ok. Ce n’est donc définitivement pas notre petit Erik qui va remonter le niveau général.

Mais coup de bol : Sebastian Shaw est toujours à Miami, en effet, puisqu’il réside sur place à bord d’un luxueux yacht. Il se permet même d’y recevoir le général Jean-Jacques, venu réclamer le pognon qu’il a gagné à la sueur de sa corruption sur la question des missiles turcs. D’ailleurs, le haut-gradé a tout prévu : pour être sûr de pouvoir repartir avec son argent sans finir massacré par des mutants aux pouvoirs mystérieux, il est venu avec une grenade qu’il menace de faire exploser si jamais on ne lui donne pas ce qu’il veut. Ce faisant, il tuera tous les présents sur le pont (en même temps, moi, en présence d’un mec capable de me téléporter loin de là pour que je me retrouve tout con avec ma grenade et d’un autre pouvant me souffler vers l’horizon à coups de tornades, j’aurais cherché une autre stratégie). Pas de problèmes ! Répond Shaw : passe-la moi ta grenade, je vais la dégoupiller moi-même : ce qu’il fait. Au point de la faire exploser entre ses mains ! Sauf que : voici que Sebastian lui-même est un mutant… dont le pouvoir lui permet d’absorber l’énergie : électricité, explosions, balles envoyées sur sa tronche… il en absorbe toute l’énergie sans soucis, ce qui le rend totalement insensible à tout cela. Et lui permet en plus de s’en servir pour deux choses :

  • rester jeune et plus ou moins beau
  • utiliser le surplus absorbé comme arme et par exemple, désintégrer un général Jean-Jacques peu coopératif. Ce qu’il fait.

Plus personne ne parlera donc jamais du pauvre Jean-Jacques du film, ou ne cherchera à savoir ce qu’il est advenu de lui. C’est vrai quoi : le patron de la CIA a vu de ses propres yeux que les mutants existaient grâce à Raven, a tout le rapport de Moira dans lequel on lui explique que Jean-Jacques a été corrompu par une puissance étrangère pour faire installer des missiles en Turquie, rapport rendu crédible, y compris sur la partie de la téléportation, par le fait que l’on sache désormais que c’est possible, et voilà que Jean-Jacques, juste après avoir fait passer l’idée des missiles, disparaît.

C’est pas suspect au point que l’on annule/revienne sur la décision de suivre son plan ? Non ? Non.

Passons sur ces évènements, et revenons au yacht en rade de Miami : la nuit est désormais tombée, et tout semble calme. Pourtant, dans l’eau, une silhouette s’agite plus que de raison : il s’agit d’Erik, qui a localisé le rafiot de son ennemi juré et qui prépare une opération commando sur ce dernier. Il nage donc doucement jusqu’au navire, et surgit donc soudainement sur le pont, dérangeant Shaw, la Reine Blanche et Riptide, qui étaient en pleine soirée pyjama à rire de bon coeur en mangeant de la glace. La Reine Blanche perçoit donc dans ses pensées son intention de tuer les présents (heureusement que tu es télépathe ! Sinon, l’arrivée nocturne et discrète d’un mec en tenue commando brandissant un couteau, ça aurait pu te mettre sur la piste aussi), et Riptide réagit promptement en rebalançant Erik à l’eau d’une bonne tornade dans la face. Mais le répit est de courte durée : au loin, incroyable coïncidence, arrive au même moment une corvette de la marine qui ordonne aux occupants du yacht de se rendre : à bord, Moira McTaggert et Charles Xavier guident l’opération visant à capturer le vilain Shaw. Des commandos sur des zodiaques sont rapidement envoyés vers l’ennemi, mais de terribles tornades les renversent et les repoussent comme il se doit. Charles, lui, sent bien la présence d’une télépathe ennemie aux côtés de Shaw, ce qui l’empêche de prendre le contrôle de ce dernier pour l’obliger à se rendre. A l’inverse, la Reine Blanche aussi sent bien qu’il y a un télépathe aux côtés des hommes du gouvernement. Et en plus, dans le même temps, histoire de rendre la situation encore plus chaotique, Erik, depuis l’eau, utilise ses pouvoirs pour manipuler l’ancre du navire de l’ex-médecin de la mort et s’en sert pour commencer à défoncer le pont de celui-ci. Au prix du yacht, j’ai quand même envie de dire que c’est un petit enfoiré.

Vite, s’exclame Sebastian Shaw ! Il faut filer ! Pas de problèmes : son bateau, il l’a piqué à Rastapopoulos : en-dessous du yacht se trouve un véritable sous-marin nucléaire ultra-design, avec même des néons dessus (si) pour faire de la lumière sous l’eau, ce qui est très pratique pour se faire repérer. D’ailleurs, ils les laissent bien allumés, là, alors qu’ils tentent de fuir vite et bien, comme quoi, ça fait vraiment partie des trucs vus comme indispensables par l’équipage. Et je ne vous parle même pas de l’intérieur du submersible : c’est tout propre, design, et tout et tout : le top du top de la classe étant bien évidemment le réacteur nucléaire, lui aussi conçu façon meuble futuriste, à peine plus gros qu’un bureau. Salle du réacteur qui n’est séparée du salon du sous-marin (tout sous-marin a son salon, enfin !) que par une petite porte coulissante. On peut donc boire son thé dans un fauteuil tout en se faisant méchamment irradier la gueule : c’est bien ("Hmmm, il est bon ce martini ; je le savoure pour oublier la douleur provoquée par ce troisième bras qui me pousse sur la fesse"). Pour le reste, le tout fonctionne avec un équipage limité : Azazel, Riptide et la Reine Blanche, qui ont visiblement tous leur BTS de sous-marinier, suffisent à le faire fonctionner.

"Vite, fuyons ! Ah, si seulement l'un d'entre nous avait un pouvoir de téléportation... Azazel, démarre le sous-marin !"

Hé bé. Même aujourd’hui on en a pas des comme ça. C’était moderne, 1962. Tiens d’ailleurs, pourquoi s’enquiquiner à utiliser un sous-marin tuning qui a dû coûter le PIB de la Californie pour fuir quand on a Azazel ? Je ne comprends pas bien. Surtout que pour suivre un mec qui se téléporte, il faut se lever tôt. Enfin bon, encore une fois : le méchant est supposément génial et maléfique, il doit avoir ses raisons.

Revenons en surface, alors que la corvette de la marine se contente de dire "Zut, ils s’enfuient" (retenez bien cela, car comme nous le verrons plus tard dans ce film, tous les marins semblent dénués de réactivité), plutôt que de, je ne sais pas moi, leur balancer une charge sous-marine sur le nez, ou tout simplement, enclencher le sonar pour les suivre. Erik, lui, n’est pas prêt à les laisser se barrer, et tente d’utiliser ses pouvoirs pour stopper le sous-marin en le tirant en arrière, mais hélas, il n’est pas assez puissant : c’est lui qui est tracté vers le fond. A aucun moment, il ne pense que ses pouvoirs pourraient lui permettre, entre autres : de plier les pales de l’hélice pour arrêter le sous-marin, de transformer le gouvernail en cocotte ou autre figure d’origami, ou plus simplement, d’ouvrir une écoutille pour noyer tout ce petit monde : je suis sûr que si Sebastian Shaw peut absorber l’énergie, il a plus de mal quand il s’agit de milliers de litres d’eau. Aucun sens pratique ces jeunes.

C’est donc Charles qui, depuis la corvette, sentant la présence d’un mutant derrière le sous-marin, saute à l’eau façon Alerte à Malibu, le maillot en moins, pour éviter la noyade à ce dernier et le ramener à la surface. Erik est donc un peu colère, puisqu’il ne peut plus que se contenter de voir la lumière du sous-marin tuning s’éloigner sans que personne ne remue le petit doigt. Moi-même, j’étais un peu perplexe.

La mission de capture de Sebastian Shaw est donc un échec. Qu’importe : Charles ne baisse pas les bras, et se rend donc en compagnie d’Erik et de ses autres compagnons habituels dans un laboratoire secret que la CIA se propose de mettre à disposition des mutants pour les aider à protéger l’Amérique des vilains brigands de Shaw. Sur place, ils rencontrent donc un autre mutant : Hank McCoy, dit Le Fauve, qui a la particularité d’être un génie (il a par exemple conçu un supersonique fort moderne, capable de faire du sur-place quand le besoin s’en fait sentir), et donc comme tous les génies de film, il est génial dans tous les domaines scientifiques. Son super-pouvoir n’est cependant pas là : il dispose de gros pieds façon gorille. Voilà. Trop cool. Il peut donc s’accrocher aux branches la tête en bas, ou commander des chaussures pointure 57. C’est ce que j’appelle un beau pouvoir de merde "Regarde ! Je peux écrire avec mes pieds !" : à part exciter Georges Tron, ça n’a que peu d’intérêt. Mais Raven le trouve en conséquence très séduisant : elle aussi au naturel n’a pas un physique accepté de tous, aussi cela la rapproche du jeune scientifique. Qui se propose d’utiliser les gènes de la métamorphe pour créer un sérum apte à donner une apparence "normale" permanente aux mutants sans pour autant supprimer leurs pouvoirs ; la jeune fille bleue est donc très enthousiaste à cette idée. Elle pourrait peut-être enfin couchailler.

Dès le lendemain de leur arrivée, la CIA a une bonne nouvelle pour nos héros : McCoy a reprogrammé en 1h le radar de la base pour en faire un amplificateur d’ondes cérébrales, capable de permettre à Xavier de sentir la présence de mutants sur des milliers de kilomètres, ce qui est moins que le temps nécessaire au montage d’un meuble Ikea. En effet, Charles a prévu de recruter des mutants pour pouvoir combattre l’armée de Sebastian Shaw. L’outil est donc fort pratique : il suffit au jeune professeur d’enfiler un casque pour soudain apercevoir des centaines de mutants dissimulés au sein de la population américaine ; à noter que pendant ce temps, un ordinateur de 1962 d’une puissance d’au moins 8 Ko détecte les coordonnées de chaque mutant ainsi repéré, histoire d’ensuite aller les recruter. C’est très puissant. C’en est à se demander pourquoi on a attendu pour inventer le GPS.

Avec la liste des coordonnées, Charles et Erik s’en vont donc recruter plusieurs larrons :

- Angel Salvadore, une strip-teaseuse qui dispose sur le dos de tatouages représentant des ailes insectoïdes genre petite fée (mais fée prostipute alors), qu’elle peut rendre réelles en un clin d’oeil. Autre pouvoir top classe : elle peut cracher des boules mi-caca mi-acide bien immondes, ce qui ne donne pas trop envie de lui rouler des patins. Ou de lui parler gâteries. Rien que d’y penser, brrrr.

- Sean Cassidy, un adolescent rouquin qui peut projeter en criant des ondes qui font par exemple exploser le verre. Il est donc fort logiquement recruté dans un concert de Justin Bieber, où il gueule au premier rang "Babybabybabyhoooo". J’espère que son surnom de mutant sera "Bâbord", car comme chacun sait, c’est à bâbord qu’on gueule le plus fort.

- Alex Summer, un jeune homme disposant d’un incroyable pouvoir : il peut faire du hula-hoop laser. Oui. Je… comment dire… bon, ne disons rien. Ça n’a pas dû être facile à vivre pour lui. Sa sexualité a dû souvent être remise en cause.

- Darwin, un chauffeur de taxi noir dont le pouvoir est qu’il peut s’adapter pour survivre (des branchies lui poussent par exemple si on lui met la tête dans l’eau, sa peau se transforme en pierre si on le frappe, etc). Même si pour le coup, on s’est foutu de sa gueule : s’il s’adaptait vraiment pour survivre, il serait blanc.

- Nos héros localisent bien un certain Wolverine, mais quand ils l’accostent pour lui proposer un boulot, celui-ci les invite à aller expérimenter certaines pratiques homosexuelles qui désappointent beaucoup nos héros, tant ils ont peu de goût pour les calembours à caractère discriminatoire. Ils le laissent du coup tranquille.

Une fois cette fine équipe réunie, nos héros retournent donc à leur base de la CIA, où ils apprennent une nouvelle intéressante : Shaw a été localisé. Il est quelque part en Russie, où il doit rencontrer dans une datcha isolée un certain général Volkov. Moira McTaggert, Erik, Charles et quelques soldats sont donc dépêchés sur place pour tenter de l’intercepter. Les jeunes, eux, sont laissés à la base pour apprendre à se connaître, et ils font donc une petite teuf qui est l’occasion pour eux de se trouver des noms de code : celui qui crie devient Le Hurleur, l’homme hula-hoop prend le nom de Havok, Darwin est intelligemment renommé Darwin (si), et Raven utilisera désormais le pseudonyme de Mystik (je suis pas sûr qu’elle avait besoin d’un surnom, déjà qu’elle a pas de nom de base). Ils trouvent aussi des surnoms pour Charles et Erik : le premier se voit attribuer le titre de "Professeur X", façon film porno, alors qu’Erik a le droit à "Magneto", même s’il y a eu une hésitation assez longue, certains proposant "Crumble aux Pommes", puisque ce n’était pas plus ridicule. Une fois cela fait, nos fieffés filous font donc une petite fête en se saoulant au coca, et tentent de voir si Mystik peut faire grossir sa poitrine à volonté, ce qui est le vrai intérêt de son pouvoir.

Ce petit con d'Alex, pris sur le fait alors qu'il s’entraînait au hula-hoop laser dans le garage parental.

Mais passons sur ces histoires de rebondissements mammaires, et retournons en URSS voir comment la mission se passe pour nos héros : sur place, tout ne se déroule pas comme prévu ; par exemple, Moira est surprise de tomber sur un checkpoint "signalé sur aucune carte" (salauds de russes ! Ils n’indiquent pas sur les cartes  où ils font des contrôles surprise ! J’espère qu’ils mettront des panneaux "Pour votre sécurité, contrôles militaires" ; ou des checkpoints pédagogiques, j’hésite encore), mais Charles a tôt fait de pénétrer l’esprit des soldats pour leur faire croire qu’il n’y a rien de suspect dans le camion banalisé qu’utilise le commando pour se déplacer. La troupe peut donc continuer jusqu’à la datcha, mais une autre surprise les attend : Shaw n’est pas venu en personne rencontrer le général Volkov : à la place, il a envoyé la Reine Blanche, qui a plus d’arguments pour convaincre un petit vieux ployant sous la charge de ses médailles. Erik, lui, refuse de rester là à observer sans rien faire : il passe donc à l’action malgré les ordres, et fait s’animer les barbelés autour de la base pour entortiller les sentinelles dedans. Et pour les soldats restants, il se contente de les désarmer et de les assommer à l’ancienne. Charles est donc obligé de passer derrière, et s’approche donc d’un soldat entortillé dans les barbelés (qui a la politesse de ne pas crier à l’aide ou de donner l’alarme) pour lui effacer la mémoire grâce à la puissance de son GHB spirituel. Ouais, enfin au réveil, le mec sera toujours enroulé dans du barbelé : j’espère que Charles lui implante au moins de faux souvenirs, genre "Ah ! Hier, on a un peu abusé lors de la soirée mousse au Lenin’s Folies : on aurait pas dû se rouler dans les barbelés en rentrant, huhuhu". Autre curiosité, Charles n’efface la mémoire qu’à un seul garde avant de foncer vers la datcha : tout le reste de la garnison a donc le parfait souvenir de ce qu’il s’est passé. Je ne vois pas trop l’intérêt de rendre amnésique qu’un seul mec quand il y a moult témoins, mais bon. En tout cas, notre professeur rejoint promptement Erik à l’intérieur de la résidence, et ils arrivent rapidement tous deux dans la chambre où le général s’était enfermé avec la Reine Blanche ; ils la trouvent sur place, en train d’hypnotiser le vieil homme grâce à ses pouvoirs.

Ni une, ni deux, elle tente bien de prendre sa forme de diamants pour être plus forte et mieux protégée contre les pouvoirs de ses ennemis, mais ses adversaires sont plus rapides : Charles endort le général pour ne pas être ennuyé (c’est à se demander pourquoi il n’a pas fait ça sur toutes les sentinelles pour aller plus vite au lieu de laisser Erik s’en occuper), et Erik s’occupe lui d’utiliser le métal du pied de lit pour en faire des liens qui se referment sur la vilaine pupute Reine Blanche. Crotte alors, la voici bien ennuyée ! Elle ne peut même pas garder sa forme de diamants, car sinon, Erik s’amuse à la stranguler avec le métal du lit pour la dissuader : et elle n’est pas maso, c’est qu’elle se transforme en diamants, pas en cuir. Ainsi affaiblie, Charles peut pénétrer son esprit et voir ce qu’est le plan de Sebastian Shaw. Attention :

Le bougre veut tout simplement déclencher une guerre nucléaire, comme ça, il ne restera que les mutants sur Terre, et plus d’humains.

Voilà voilà. Car c’est connu : les mutants résistent particulièrement bien aux explosions nucléaires. Et puis ça doit être tellement super de vivre dans un monde en ruines : je suis sûr que Sebastian Shaw a très envie de devenir fermier puisqu’il n’y aura plus personne pour remplir les rayons de son Intermarché. Ou alors, il est juste très con, et il n’y a pas pensé. Je penche plutôt pour cette deuxième option, puisque depuis le début, il a l’air bien débile, quand même, aucun de ses plans ne tenant debout.

Charles, après avoir appris cela, annonce la suite des opérations : on ramène la bougresse blanche vivante à la base, pour la laisser à la CIA (mais oui mon bon Xavier : toi qui aimes tant la vie et l’amour, tu es prêt à livrer une mutante ennemie à la CIA, qui ne la torturera et ne fera aucune expérience sur elle, hein, c’est pas du tout son genre). Sinon, tant qu’à être dans son esprit, tu pouvais la faire changer de camp : c’était simple, efficace, direct et ça te permettait d’avoir un agent double surpuissant. Mais bon, tout comme je ne suis pas aussi génial que Sebastian Shaw, je n’égale pas non plus le professeur Xavier.

Allons plutôt voir ce qu’il se passe pendant ce temps à la base de la CIA, justement, car il se trouve que de curieux évènements sont en train de se dérouler : déjà, des tornades suspectes sont soudainement apparues, alors que les jeunes mutants étaient tranquillement en train de se détendre, et ont commencé à attaquer le bâtiment, et à raser l’amplificateur d’ondes mentales que McCoy avait conçu. Ça ressemble à du Riptide. Par ailleurs, il y a de curieux sons : des petites détonations suivies de long cris : c’est Azazel qui se téléporte très rapidement derrière les gardes, les saisit, les fait réapparaître 100 mètre au-dessus de la base, puis les lâche avant de se téléporter. Un grand moment. Enfin, Sebastian Shaw en personne débarque et rentre dans la base sans soucis, puisqu’absorbant balles et roquettes pour rebalancer le tout sous forme d’énergie pure sur les gardes restants. A noter que ce dernier dispose en plus d’un immonde couvre-chef : un casque au design immonde conçu par les russes, supposé arrêter les ondes psychiques des télépathes : le filou prend ses précautions.

Une fois la base nettoyée, Sebastian et ses acolytes se rendent dans la salle de repos où les jeunes mutants se cachaient, et leur explique la situation : lui, il est gentil (c’est pour ça qu’il vient de tuer une cinquantaine de personnes avec ses gars alors qu’il pouvait se téléporter directement auprès des d’jeun’z pour leur causer sans encombres). Il veut juste que les mutants ne soient plus enquiquinés par les humains, et ne soient plus "esclaves" (dit il en regardant très fort et très subtilement Darwin, qui je le rappelle, est noir), mais plutôt des "rois". Angel, intéressée par ce raisonnement digne de Simplet, décide donc de rejoindre le camp des méchants (elle était strip-teaseuse à la base : un métier pas suffisamment moral, donc elle était forcément méchante au fond : qui montre son cul est forcément corrompu, dit le proverbe). Darwin, lui, fait aussi croire à Shaw qu’il le rejoint, mais il s’agit en fait d’une diversion ! Il crée suffisamment de confusion pour laisser à Havok le temps de tirer un de ses fameux hula-hoop laser, mais bien qu’il touche Sebastian Shaw, ce dernier en absorbe toute l’énergie. Et pour bien expliquer son désarroi, l’ex-médecin de la mort s’approche de Darwin et lui colle deux doigts dans la bouche (gros dégoûtant) avant de faire réapparaître les hula-hoop dedans. Le pauvre malheureux tente bien d’évoluer pour adapter son corps à cette menace, mais malgré plusieurs transformations (en métal, en pierre volcanique, etc), il finit tout simplement par être désintégré par l’énergie dégagée.

Adieu, pote black des héros. C’est tellement original.

Angel, sitôt devenue méchante, devient aussitôt capable de piloter le sous-marin nucléaire de Shaw, alors qu'elle est strip-teaseuse de formation. C'est fou.

Et pendant ce temps, Azazel, Riptide et Shaw se téléportent au loin accompagnés de leur nouvelle copine, Angel. Aussi, lorsque l’équipée qui était en URSS rentre à la base, elle retrouve celle-ci à demi-rasée, avec les jeunes recrues mutantes errant dans les ruines (oui, parce que Sebastian Shaw, il a beau être méchant et dire "Si vous n’êtes pas avec moi, vous êtes contre moi", il ne tue pas les gens contre lui et leur laisse le temps de s’organiser pour contre-attaquer. Je ne cherche plus). Charles propose alors de faire rentrer chacun chez soi, car tout cela est trop dangereux. Mais les filous veulent se battre et se venger. Et puis accessoirement, mon petit Charles, tu les avais pas recrutés pour se battre, justement ? Donc dire "C’est trop dangereux", tu aurais pu y penser avant. Monter une armée avant de se rappeler que la guerre, ça peut faire bobo, c’est un peu con. En tous les cas, la base est désormais inutilisable : le professeur propose donc la résidence de son enfance, le Manoir Xavier et son immense terrain pour en faire le nouveau centre d’entrainement de la troupe : soit.

Et si nous profitions de ce moment pour aller faire un tour à Moscou ? En effet, du côté de la Place Rouge, ça s’agite : Sebastian Shaw est venu achever de convaincre le général Volkov qu’il doit faire installer des missiles à Cuba, en réplique à ceux installés par les USA en Turquie. Et ça fonctionne : le gradé accepte. Et là encore, à lui seul, il parvient à convaincre en deux minutes tout l’Etat-Major soviétique de la nécessité de la manoeuvre : rapidement, l’URSS prépare donc un cargo transportant des missiles nucléaires pour les livrer à l’ami Castro. A noter : les soviétiques sont visiblement persuadés que les américains n’ont pas encore inventé l’avion, et ne peuvent donc pas observer leurs navires de haut : ils mettent donc bien en évidence sur le pont les missiles. Je rappelle qu’à la base, c’est supposé être une opération discrète. Ne manque qu’un panneau géant "ATTENTION : TRANSPORT SECRET DE MISSILES NUCLÉAIRES" au-dessus, et c’est bon.

Les américains apprennent donc, curieusement, la manoeuvre, et la tension commence à sérieusement monter entre les deux superpuissances, qui se rapprochent du conflit.

Éloignons-nous de ces évènements internationaux et retournons si vous le voulez bien à la résidence Xavier, afin de voir ce que font nos joyeux mutants en attendant la suite. Charles s’occupe de chacun pour aider à ce que tous améliorent leurs pouvoirs : il s’entraîne à la course avec Mc Coy, afin qu’il réalise que ses pieds lui permettent de courir bien plus vite que n’importe quel humain. Le même Mc Coy qui a réalisé pour Havok une tenue qui permet de concentrer ses hula-hoops en un seul gros laser qu’il peut tirer depuis son torse, ce qui lui permet de mieux viser. Pour le Hurleur, Xavier et Mc Coy réalisent une… tenue pour voler ?! Quoi ? Mais attendez, son pouvoir c’est de crier ! Vous auriez pas pu lui filer un mégaphone ? Ou un téléphone pour faire "Allô, Sebastien Shaw ? CRIKITUE !" ? Nan ? Parce que ça je suis sûr qu’il ne s’y attend pas. Bon, enfin : sans aucune raison, ils lui filent donc une espèce de tenue de base jump avec laquelle, en criant, il peut voler. Bon bon bon. Et Erik alors ? Et bien Charles lui montre une monstrueuse parabole à plusieurs kilomètres de la résidence, et lui propose d’essayer de la faire pivoter : impossible, trop loin et trop gros. Mais le professeur sait comment guider son ami : en l’aidant à se concentrer sur un souvenir amenant son esprit "entre la fureur et le calme total" : il fouille donc dans son petit crâne pour trouver le souvenir qui va bien, et trouve un passage où, enfant, il priait avec sa mère à la lueur de bougies. Ce souvenir est tellement beau que ça donne la force à notre Magneto de remuer la parabole (j’espère que ça servait pas à un papy à regarder un porno par satellite, sinon il a dû être bien vert "Héééé ma parabole, enfoirééé de Magneto !"). Donc oui, hein : Magneto, pour être au meilleur de sa forme et réaliser des prodiges, il a besoin de penser à un moment heureux : c’est le Peter Pan des X-Men. Sa réputation en prend un coup. Enfin, Moira McTaggert, elle, seule non-mutante sur place, a juste le droit de cuisiner des cookies et de la fermer.

De son côté, Raven continue de piquer sa petite crise sur son physique, parce qu’elle veut être aimée sous sa forme naturelle et bleue, attiser le désir chez les mâles, tout ça tout ça, mais n’ose prendre sa vraie apparence malgré tout pour être acceptée des autres. Erik lui explique donc qu’elle doit arrêter de se cacher et se montrer sous sa vraie forme en s’assumant : et bin elle comprend tellement bien le message qu’elle décide non seulement de rester sous sa forme bleue, mais aussi de ne plus porter de vêtements du tout : en deux phrases, la petite fille complexée se retrouve transformée en nudiste psychopathe. Allez comprendre. Bon, d’ailleurs, Erik en profite pour faire un peu plus qu’ami-ami avec elle, puisque les filles toutes bleues, ça l’a toujours excité. Je vous raconte pas dans quel état Avatar l’a mis, mais passons. Cette histoire a une conséquence : McCoy, lui, a bouclé le sérum permettant d’avoir une apparence normale qu’il avait promis à Raven. Mais lorsqu’il lui apporte, celle-ci n’en veut plus et veut être fière de ce qu’elle est. Il s’injecte donc le produit tout seul, et voit en effet à sa grande joie ses pieds prendre une apparence humaine. Mais son euphorie n’est que de courte durée : soudain, son pied se déforme à nouveau, mais le résultat est encore pire qu’avant : au lieu de calmer ses cellules mutantes, il les a stimulé, rendant sa mutation encore plus importante : sa peau devient bleue comme Raven, de la fourrure lui pousse et tout son corps se déforme : il devient donc mi-homme mi-fauve, mais bleu… heu… il devient "Le Fauve", quoi. Finalement, il se dit qu’il aurait dû se contenter de ses gros pieds et se mettre au basket. Mais c’est un peu tard, parce que là, il a plutôt une grosse tête de félin, des envies de grimper aux murs, de niquer les rideaux et de déféquer dans une caisse en plastoc. La vie est dure pour les fauves modernes. J’espère que le professeur Xavier va le faire tatouer et vacciner.

Et la crise de Cuba dans tout ce bazar, hein ? Les missiles, tout ça, où en est on ? Nos héros décident d’aller regarder à la télé pour suivre l’affaire, et découvrent que l’on est proche de la guerre nucléaire : si le transporteur de missiles soviétiques décide de franchir les lignes de sécurité du blocus américain sur Cuba, il sera détruit sur le champ. Et l’URSS a déclaré que si on lui tirait dessus, ce serait la guerre. Diable !

Sebastian Shaw a bien fait son travail : le conflit mondial est proche. Charles et Xavier, connaissant le plan du méchant, ils le soupçonnent d’être présent en personne sur la zone où les deux flottes vont se rencontrer, histoire qu’il assiste au spectacle et qu’il s’assure que la dernière phase de son plan, le déclenchement de la guerre, commence bien. Le professeur et sa troupe iront donc sur place pour empêcher la guerre et arrêter Shaw. Même si Erik tient à préciser que lui ne se contentera pas de l’arrêter : il lui éclatera sa margoulette jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Le lendemain, donc, nous retrouvons en mer, à proximité d’une petite île, les flottes des USA et de l’URSS se faisant face, avec entre elles le navire de transport de missiles soviétiques, qui s’approche lentement de la ligne qui signifiera le début de la guerre mondiale s’il la franchit. Souvenez-vous bien de ce que je vous ai dit plus haut sur le fait que les marins ne réagissaient à rien dans ce film, vous allez voir.

Un marin durant les évènements du film

Dans chaque camp, on se prépare : on range les uniformes et on sort les casques, observant les mouvements de l’autre, quand soudain ! Un immense supersonique noir survole la zone à basse altitude : l’avion de Charles et ses petits gars ! La CIA leur a prêté l’appareil que McCoy avait conçu de ses mains, et nos héros sont donc tous à bord, équipés de tenues qui doivent leur permettre d’encaisser les accélérations et de "résister aux balles". A noter qu’ils ont aussi emmené McTaggert, dès fois qu’elle puisse servir à quelque chose, et aussi parce qu’elle a la réputation depuis le début du film de porter des sous-vêtements coquins pendant le travail. Il faut aussi savoir qu’aucune des deux flottes ne se pose de questions sur ce qu’est ce supersonique non-identifié : les commandants américains et russes se contentant de marmonner "Ho, tiens !" pendant que l’oiseau noir tourne autour d’eux. Je sais pas, moi ça m’aurait intrigué un minimum. Genre assez pour appeler la base et le signaler, au moins. Ou même juste verrouiller une arme dessus, des fois que. Mais visiblement, pas dans notre cas. Soit.

A bord de la flotte soviétique en tout cas, une nouvelle d’importance tombe : Moscou a donné l’ordre, pour éviter la guerre, de faire faire demi-tour au navire de transport. Pourtant, malgré les appels répétés de la flotte, personne ne répond à bord du navire porteur des missiles… et pour cause : afin de s’assurer que le navire franchisse bien la ligne du blocus américain et déclenche le conflit mondial, Shaw a envoyé Azazel tuer tout le monde à bord. La nef  abandonnée continue donc en ligne droite, sans équipage.

Constatant cela, Charles agit avec célérité : il utilise son esprit pour prendre le contrôle d’un officier soviétique à bord d’un navire de guerre, et le fait appuyer sur un gros bouton rouge, qui envoie un missile faire sauter le bateau fou : hop ! Jamais le navire ne franchira la ligne interdite : le monde semble sauvé. Hmmm ? Vous dites ? Si : dans tous les navires russes, il y a bien un gros bouton rouge qui est calibré pour envoyer automatiquement un missile sur le navire qu’ils sont censés protéger. Ils sont conçus avec cette option en série. C’est comme ça. Vous êtes de mauvaise foi, alors, c’est insupportable. Tout de suite "Woooh, c’est n’importe quoi !"… je vous préviens, je n’irai pas au cinéma avec vous.

Depuis son sous-marin, non loin de là, Sebastian Shaw réalise que son plan génialement naze a échoué : cacaboudin, prout, zut (c’est le méchant, il jure comme pas deux) se dit-il. Comment déclencher la guerre maintenant ? Boh : pourquoi pas en faisant une petite explosion nucléaire dans le tas ? Il se rend donc à la salle du réacteur super-classe ambiance feng-shui de son submersible, et commence à engranger la puissance de celui-ci pour mieux la relâcher plus tard sur ses ennemis. Il peut le faire tranquille : malgré le fait que les deux flottes des plus grandes puissances mondiales de l’époque soient au-dessus prêtes à la guerre et guettant une ruse de l’ennemi, personne n’a pensé à allumer son sonar. C’est… comment dire… ils font quoi, en fait dans ces bateaux ? Ils ne s’intéressent pas aux supersoniques qui les survolent, ils ne cherchent pas à voir si des sous-marins les épient… non. Ils pique-niquent sur le pont. C’est un apéro-Facebook en mer, au mieux. Ils auraient envoyé des navires de pêche qu’ils n’auraient pas fait mieux.

Mais c’est sans compter sur les mutants de Charles, qui eux, cherchent le sous-marin de Shaw : le professeur Xavier, plutôt que de chercher l’esprit de Riptide ou d’Azazel dans le coin pour localiser le sous-marin ennemi, et éventuellement prendre le contrôle dudit brigand pour qu’il fasse remonter le vaisseau de Shaw à la surface, préfère envoyer le Hurleur jouer au sonar. Alors les enfants, sachez-le : apparemment, pour faire sonar, il suffit de crier dans l’eau, et ensuite c’est bon. Ah ? C’est donc si simple que ça un sonar ? On peut le faire soi-même dans son bain pour localiser la savonnette ? Formidable. Enfin bref : on ne sait comment, grâce aux pouvoirs du Hurleur qui a donc sauté à l’eau pour localiser le sous-marin, ce dernier est localisé : c’est donc Erik (tiens, lui aussi il ne pouvait pas "sentir" plusieurs tonnes de métal sous l’eau, au fait ?) qui utilise ses über-pouvoirs en se concentrant très fort sur le souvenir de sa maman pour faire carrément sortir le sous-marin des eaux et le fait léviter au-dessus de la surface de l’océan (bon sang, mais tu pouvais pas juste le noyer, hein ?), avant de le faire s’échouer sur l’île voisine. Durant la manœuvre, le méchant Riptide a juste eu le temps de balancer une tornade sur le supersonique des troupes de Xavier, forçant l’appareil à s’écraser à côté de l’épave du sous-marin.

Les deux groupes se retrouvent donc face à face sur la plage, plus ou moins sonnés puisqu’ils viennent quand même chacun de faire quelques acrobaties pas banales. La bataille s’engage, et rapidement, Azazel téléporte des gens ici ou là malgré eux pour semer la confusion : c’est ainsi que par exemple, Havok se retrouve suite à diverses aventures à atterrir sur le pont d’un des navires américains, où il est fait prisonnier par les marins (Mon Dieu ! Des marins ont réagi à un truc ! C’est fou !). Alors que dans le même temps, le Hurleur, volant au-dessus de la flotte américaine, est poursuivi dans les airs par la vilaine Angel, qui crache de l’acide sur lui et les navires qui passent en-dessous d’elle.

Là encore, aucun marin ne réagit : c’est vrai, se faire attaquer par une greluche volante qui crache de l’acide, c’est tellement incongru que mieux vaut complètement l’ignorer. C’est pas comme si à bord il y avait des fusils, pistolets et autres pièces anti-aériennes qui permettraient de transformer la bougresse qui vient de tuer des soldats sur les navires en couscous et ainsi définitivement lui faire rentrer dans le crâne qu’on ne crache pas sur les gens, et encore moins de l’acide.

Le réalisateur a dû faire son service dans la marine, mal le vivre et vouloir se venger en les faisant tous passer pour des neurasthéniques. Ça me parait être l’explication la plus crédible.

Finalement, malgré le fait qu’il soit poursuivi par une nana avec de sacrés reflux gastriques, le Hurleur parvient à récupérer Havok sur le pont d’un navire (là encore sans que personne ne l’allume) et à le ramener jusqu’à la plage où les autres mutants s’affrontent (je vous passe les détails à base de "pif", "paf" et "ouille"). Et sur le sable justement, il y a un peu plus d’action : Charles, à l’abri de l’épave de son avion, tente d’entrer dans l’esprit de Shaw, mais ne peut le faire tant que celui-ci portera son casque à la con. Il envoie donc Erik à l’intérieur même du sous-marin pour lui malaxer la mouille à coups de tatane.

Mouais. Autre possibilité : Charles prend le contrôle télépathique d’Azazel, qui lui n’est en rien protégé (et apprend ainsi que Shaw est chargé d’énergie comme une bombe atomique), et envoie celui-ci à l’intérieur du sous-marin récupérer Sebastian en un éclair avant de le téléporter loin, très loin, dans un coin désert de l’océan (il peut se téléporter loin : il a bien fait Las Vegas – Washington pour le général Jean-Jacques), où Shaw n’emmerdera plus personne. Et où une éventuelle explosion nucléaire ferait moins de pertes humaines. Mais là encore, Charles n’y pense pas, et préfère envoyer son copain Erik – qui lui a clairement dit qu’il tuerait Shaw – seul à bord du sous-marin, pendant que lui ne fait… heu… rien.

Cet homme vient de se crasher à bord d'un supersonique. C'est visible.

A noter, encore un truc suspect (la liste est méchamment longue, tout de même) : sur la plage à un moment, Mystik, pour déconcentrer Azazel qui allait tuer un des gentils, a pris l’apparence de Sebastian Shaw pour lui ordonner d’arrêter et ainsi faire diversion. Et par on ne sait quel miracle, elle sait comment Shaw est habillé au moment même où elle prend son apparence, alors qu’elle n’a pas pu le voir ! Bravo jeune fille. On dira que c’est l’instinct féminin, hein.

Mais revenons donc à l’intérieur du sous-marin, où Erik finit par trouver l’accès menant à la salle du réacteur nucléaire où l’ancien médecin de la mort fait le plein d’énergie. Ce dernier explique, comme tous les méchants que "Ouiiii les humains sont méchants et inférieurs, on doit les exterminer" (c’est un ancien nazi : il a le droit à ce raisonnement pourri). Ce à quoi Erik répond "Je suis bien d’accord mais je vais quand même te casser la gueule" (oui enfin toi t’étais victime des nazis : ça parait plus chaud d’avoir ce raisonnement sur les races inférieures, du coup, andouille !). Un duel s’engage donc, dans lequel Erik déguste pas mal, puisque le bougre de Sebastian est bel et bien bourré d’énergie (mais attention : il ne s’en sert pas pour tuer Erik, juste pour lui faire un peu bobo pendant qu’il lui fait le célèbre monologue des méchants où il révèle tout son plan, je pensais que ce genre de scène avait disparu en 1995). Mais notre Magneto préféré utilise son pouvoir avec fourberie : il manipule des câbles du sous-marin dans le dos de son ennemi pour s’emparer de son casque d’un coup sec : et hop ! Sebastian Shaw se retrouve paralysé par le fait que Charles, depuis l’épave de l’avion, percevant enfin l’esprit de son ennemi à sa merci, y pénètre et l’empêche de bouger. Il tente bien de gueuler à son pote Erik "Fais pas le con mec, le tue pas, tuer, c’est mal !" (oui enfin mon bon professeur : c’est toi qui a envoyé pour arrêter Shaw le seul type qui voulait sa mort. Et tout seul en plus. Alors bon. ), mais ce dernier récupère le casque anti-ondes mentales et peut enfin se protéger d’une éventuelle influence de son ami Charles. Il sort alors de sa poche une pièce, la belle pièce nazie que Shaw lui avait demandé de déplacer il y a des années et explique qu’il va le tuer dès qu’il aura compté jusqu’à 3, et ce, juste en utilisant cette pièce que le bougre voulait tant voir remuer en 1944 : il compte, et à trois, il la fait bouger tant et si bien qu’elle traverse le crâne du pauvre Sebastian. Bobo.

C’est ce qui s’appelle avoir la monnaie de sa pièce.

Ho ! Non ! Philippe Bouvard, sors de ce corps ! Que disais-je avant d’être possédé par le X-Man de RTL ? Ah oui : Magneto ressort du sous-marin en exhibant le corps de celui qui fut son tortionnaire. Mais il n’a guère le temps de se vanter de son exploit : au loin, il note que les flottes américaine et soviétique sont en train de manœuvrer pour bombarder la plage : les deux camps n’ont pas aimé que les mutants se mêlent de leurs affaires, ils comptent donc bien se débarrasser de cette menace difficile à cerner. Sauf qu’alors que les obus, missiles et autres se dirigent vers nos héros, Magneto les arrête tous de son champ de force ; hésitant à les renvoyer aux agresseurs, il entend Charles lui dire "Ne les tue pas, Erik ! Ils n’ont rien fait ! Ils ne font… qu’obéir aux ordres !" : NON ! Crétin de Professeur Charles, vas tu faire UN truc intelligent dans ce film ? Tu as exploré les souvenirs du petit Erik ! Tu sais qu’il a été victime des nazis ! Et tu sais même que les nazis en Argentine qu’il a tué au début du film lui ont dit "Ne nous tue pas : on ne faisait… qu’obéir aux ordres !" : alors pourquoi tu sors une phrase qui énerverait n’importe quel survivant de la Shoah, gros malin ?

C’est gagné : Magneto commence à rebalancer tout l’arsenal qu’il maintenait en l’air vers l’ennemi et là encore, à bord des flottes, on voit juste chaque commandant expliquer qu’il n’y a plus rien à faire, qu’ils vont mourir tués par leurs propres missiles. Mais enfin, merde ! Et vous  ? Vous allez agir ? Genre même par instinct ? Remuer un sourcil ? Ordonner une manœuvre pour essayer de minimiser les pertes ? Non, là encore : rien. C’est tout bonnement incompréhensible. Je ne sais pas qui a écrit ça, mais il devait avoir envie de finir à 18h.

Heureusement pour ces idiots, Charles passe à l’action et saute littéralement sur Erik pour le déconcentrer (personne d’autre n’y a pensé, tout le monde se contente de regarder en sifflotant) : alors qu’ils entament leur pugilat, les missiles et obus, qui ne sont désormais plus maintenus en l’air par Magneto, tombent tous à l’eau, faisant pousser un grand "ouf !" aux deux flottes, qui ne réitèrent pas l’expérience de tirer.

Un seul humain essaie finalement de faire des trous dans Erik. Ou plutôt, une seule humaine : Moira McTaggert, émergeant de l’épave du supersonique, et voyant Charles en mauvaise posture face à son adversaire, sort son flingue et décide d’allumer celui qui veut du mal au bon professeur Xavier. Sauf que grâce à ses pouvoirs, le vil personnage dévie les balles… et l’une d’entre elles vient ricocher dans le dos de notre héros (attendez, ils ont pas dit que c’était des tenues pare-balles ? Et elles n’encaissent pas un ricochet de pistolet de petit calibre ? On les a arnaqués, dites donc) : Charles s’effondre donc dans un long râle sur le sable.

Erik est fort triste, parce que Charles est tout de même son ami. Ou était, là, leur relation est plus tendue. Mais réalisant que jamais ce dernier ne sera d’accord avec son combat intitulé "Les mutants sont la race supérieure, elle doit dominer le monde, ach !", il décide de tout simplement s’en aller. Et pour ce faire, il invite les anciens sbires de Sebastian Shaw à le rejoindre, ce qu’ils font au nom de la règle du "Tu as tué le chef des méchants et tu es méchant : on te suivra donc sans poser de questions". Des autres mutants, seule cette coquine de Raven accepte de changer de camp, car voulant être "fière d’être mutante" (et ayant fait des gâteries à Erik). La bande des vilains se met donc en ligne en se tenant la main, et Azazel les téléporte donc tous loin de là.

Erik tentant de voir dans quelle pose il a l'air le plus cool avec son casque. Réponse : aucune.

Non, ils n’ont pas besoin de dire "Tenons nous la main, on va se téléporter" ou "Azazel, je vais t’indiquer où nous emmener" : ils savent naturellement qu’est venu le temps de se tenir la main, et Azazel connait la destination voulue par Erik sans même avoir à lui demander. C’est tellement plus classe que "Chef, chef, on fait quoi ? On va où ? Hein chef ?"

Sitôt les brigands partis, tournons-nous plutôt vers Charles, autour duquel les autres mutants se rassemblent en s’exclamant "Aaaah, arrête ton chiqué ! C’est une balle dans le cul, tu n’en mourras pas !" ; sauf que morbleu ! Ce n’est point son popotin qui a été honteusement entamé, mais sa colonne vertébrale : le bougre est donc paraplégique ! Moira est forcément un petit peu déroutée par tout cela, tant elle s’en veut d’avoir tiré la balle responsable du drame.

Aussi, quelques jours plus tard, nous la retrouvons en train de pousser Charles dans son fauteuil roulant flambant neuf, quelque part devant la célèbre résidence de la famille Xavier. Le bon professeur explique à l’agent de la CIA que désormais, c’est ici qu’il regroupera les mutants, afin de les aider et de leur apprendre à maîtriser leurs pouvoirs. McTaggert se contente donc de dire "Ho oui Charles, quelle excellente idée ! Et sachez que je ne dirai jamais que c’est ici que le professeur X et ses alliés, appelons-les les X-Men, se cachent !" ; et pour appuyer son argumentaire, elle décide en sus de rouler un gros patin à notre héros. Mais comme celui-ci n’est pas si gentil qu’il le dit, il en profite pour lui effacer la mémoire (y compris des évènements posts-baiser : j’en connais une qui a dû se réveiller avec de drôles de douleurs elle aussi en bas du dos).

Quelques temps plus tard, c’est au Pentagone que Moira McTaggert se retrouve, en plein interrogatoire face à une table constituée de tous les gradés du coin qui exigent de savoir ce qu’elle sait des mutants. Et si elle connait l’endroit où ils se cachent : non ; en fait, elle ne se souvient même pas des derniers jours, à part d’images floues comme, je cite "des arbres" et "un baiser" (ce qui pousse le patron de la CIA à dire qu’il ne faut décidément rien confier aux greluches) et "moi en train de gémir allongée sur le capot d’un fauteuil roulant de luxe". Pour le dernier, je ne suis plus sûr-sûr, mais ça me parait crédible. La CIA est donc dég’, elle a perdu la trace des mutants.

Mais comme c’est un grand film, je le rappelle : les mutants du professeur Xavier, que la CIA connait vu qu’il leur a fait un exposé complet, sont cachés dans la résidence Xavier dans laquelle Charles Xavier a grandi, indiquée dans l’annuaire à la lettre "X" et qui en plus est sur une propriété gigantesque et immanquable, à côté d’une gigantesque parabole qui a bougé suite à un phénomène mystérieux l’autre jour.

Nan, ils sont vraiment trop bien cachés, ces mutants. Bravo, Professeur X. Jamais la CIA ne pensera aux pages blanches.

Sauf que pendant que Moira est interrogée, ailleurs sur le territoire américain, là où est enfermée la Reine Blanche, de drôles de personnages se présentent : Azazel, Riptide, Angel et Mystik, menés par Erik, qui viennent la libérer sans rencontrer de véritable résistance. Ce dernier a d’ailleurs modifié sa tenue : il a désormais une tunique rouge (moche), une cape (moche et inutile), le casque anti-ondes mentales (qu’il a customisé pour le peindre en rouge et où il a ajouté des décorations dignes d’une Fiat Panda tunée). Formidable. Il informe la damoiselle qu’il vient libérer qu’il l’invite à rejoindre sa bande de méchants, qui remplace celle de Shaw, et qu’il n’est plus la peine de l’appeler Erik. Désormais, il faut l’appeler…

Crumble aux pommes Magnetooooooo… et…

FIN !

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Charles se tient la tête en maugréant, mais la douleur est insupportable : il n’entend plus que ça.

Vous savez, quand vous avez une chanson de merde dans la tête ? Et bien imaginez qu’un télépathe vous entende : non seulement il risque lui aussi de l’avoir, mais en plus, même s’il essaie de penser à autre chose, il continue de vous entendre, vous, constituant une sorte de dolby surround spirituel de musique à chier impossible à évacuer de son esprit.

Le professeur finit par choir de son siège pour de bon. Alors que les premiers élèves paniqués se lèvent de leurs tables pour se porter à son secours, il note que la jeune fille du fond semble continuer de penser à ce tube immonde qui est à la musique ce que Francis Huster est à la comédie. Alors que les premiers adolescents arrivent autour de Charles rampant douloureusement au sol, ils constatent qu’il est déjà trop tard.

Recroquevillé au sol, ils ne peuvent que noter qu’il est en train de marmonner, les yeux révulsés et l’air dément :

"Fr… Fr… It’s… Friday… Friday…Hoooo."

La télépathie est une malédiction. Surtout avec des ados.

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