Comme chacun sait, je suis partisan des économies d’énergie, à commencer par la mienne.

Aussi, et comme le précédent article traitait des compétences hors du commun de nos amis de la presse (qui s’étonnent que leurs ventes baissent, rappelons-le, mais c’est la faute de la télé, d’internet, de la crise et des ninjas), permettez-moi dans une subtile transition de débuter celui-ci avec les critiques du film Snowpiercer : le Transperceneige.

Attention, c’est parti :

5/5 "La richesse de "Snowpiercer" est telle qu’il faudrait le voir encore et encore pour cerner tout ce qui fait de ce film l’oeuvre complexe et politique qu’on n’attendait plus."

- Cinema Teaser

5/5 "Une œuvre cinématographique à la fois divertissante, spectaculaire et foncièrement abstraite."

- Le Monde

5/5 "(…) un film d’action éblouissant sans jamais quitter l’espace clos d’un train lancé autour du monde."

- Les Inrockuptibles

5/5 "[Pour] Dans "Snowpiercer", on passe de l’effroi au burlesque, de l’action à la philosophie le temps d’une séquence dialoguée ou d’une explosion de violence. (…) Du caviar à la louche pour cinéphiles affamés. (NDOC : Ah oui, rien que ça)"

- Paris Match

Nul doute qu’avec des critiques pareilles, les lecteurs qui attendaient la critique d’un chef d’oeuvre seront satisfaits. Alors, Snowpiercer, véritable révolution politico-cinématographique ou épopée digne d’un Tchoupi fume du shit ? Ni une, ni deux : spoilons, mes bons !

__________________________________

L’affiche : rien que le concept est bancal. Ça valait bien une adaptation cinématographique.

Notre film s’ouvre sur de jolies images de "chem-trails", à savoir ces belles traînées blanches laissées par les avions volant à haute altitude et dans lesquelles les théoriciens du complot voient la preuve que l’on tente de les empoisonner en diffusant des produits chimiques dans l’atmosphère. D’autres personnes y voient surtout la preuve de l’existence de la condensation, mais elles n’y connaissent rien, puisqu’alors que ces images défilent devant nous, on entend des extraits de journaux télévisés annonçant qu’il s’agit bien là d’une dispersion officielle et à grande échelle des gouvernements mondiaux d’un agent chimique révolutionnaire devant refroidir notre planète qui chauffe un peu trop : il contient en effet des extraits de l’humour de Kad Merad, ce qui pourrait refroidir n’importe quoi.

Sauf que ça a tellement bien marché que du coup, le globe a gelé au point d’anéantir toute forme de vie (oui, toute. Toute. Arrêtez de chipoter : si les humains ne peuvent pas survivre, c’est connu, tout le reste meurt).

Heureusement, les humains ont eu une idée géniale : embarquer à bord d’un train qui fait le tour de la Terre puisque c’est connu, les rails, ça ne demande aucun entretien, ça n’a aucun souci avec le froid et la neige comme vous le diront tous les cheminots qui ont déjà travaillé en hiver (ou les gens qui ont tenté de prendre le RER), et en plus, ça permet d’accueillir un monde fou. Bref, moins pratique qu’un bunker, qu’une voiture ou même qu’une mule avec une cagoule, nos survivants collectent donc des Smiles toute l’année. Tout cela commence fort et nous n’en sommes qu’au pitch.

Toujours est-il qu’il est temps d’aller voir dans le train qui fend la nuit et la neige de quoi il retourne.

En effet, à l’intérieur, nous retrouvons Curtis, un héros cool à la barbe bien taillée et son jeune ami, Relou le relou. Tous deux font partie de la 3e classe à bord du train, qui vit dans les wagons de queue ou à part des couchettes et le minimum vital, il n’y a quasiment rien. Et en plus, la sécurité du Snowpiercer n’est pas tendre avec eux et vient recenser la population des 3e classe tous les… deux ou trois jours. Ce qui est très logique, puisqu’on ne sait jamais : ils pourraient tous mourir sans que personne ne le remarque, ou à l’inverse, invoquer l’esprit du Grand Lapin pour forniquer comme des bêtes furieuses et se reproduire en 48 heures.

Ou alors, c’est juste que la sécurité se fait chier, allez savoir. Le dernier jeu de carte a dû geler.

Bref, l’ambiance pue un peu la révolte, puisque non seulement se faire recenser en boucle, c’est un peu lourd, mais en plus, le seul repas autorisé  consiste en une "barre de protéines" , truc noir et flasque distribué une fois par jour aux malheureux qui doivent trouver moyen de s’en contenter tant bien que mal. Mais c’est aussi l’occasion de s’amuser un peu, puisqu’un mystérieux inconnu glisse des messages dans les barres protéinées, et que Curtis, qui est donc notre héros, essaie donc de les réunir puisque chaque message contient un mot, un nom ou un indice sur comment aider la révolte qui gronde.

Qui les aide ? Pour quel mystérieux motif ? Et surtout, comment Curtis fait-il pour toujours obtenir le message sachant qu’il ne sait jamais dans quelle barre il est ?

Que de questions.

D’ailleurs, aujourd’hui, Curtis est bien embêté : une passagère annonce à celui-ci que c’est son fils (à elle, pas à notre héros : c’est un vieux mâle célibataire) qui a la barre protéinée contenant le message du jour. Sachant que ni le gamin, ni la plupart des gens n’ont commencé à manger leur barre, par quel miracle sait-elle qu’un message se cache dans son miam ? Elle a probablement une vision à rayons X : j’espère que Curtis porte bien son slip en plomb.

D’ailleurs, le gamin est évidemment énervant et refuse de donner la barre de protéines. Mais plutôt que de lui éclater la gueule contre une couchette ou une porte (chacun peut avoir sa petite préférence), Curtis préfère longuement négocier pour que finalement, le trou du cul (qui évidemment court partout et écoute à peine quand on lui parle) lui donne la barre de protéines et qu’il découvre dedans la fève qui pour le coup, est un message disant :

Namgoong Minsoo

21036098_20130904151246894.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Relou le relou, illustration. Ici, Relou le relou apprend que non, il ne pourra pas surfer aujourd’hui.

Si l’avis de la plupart des passagers est que cela signifie "Celui qui lit ça est un con" en coréen ou un nom de soupe Liebig, Curtis a une toute autre idée : grâce à ses connaissances encyclopédiques tirées de son… sa… hem, ses connaissances encyclopédiques parfaitement justifiées, il sait que Minsoo est un expert en sécurité qui pourrait ouvrir les portes des voitures du train et donc leur ouvrir la voie vers l’avant et ses richesses. Curtis va donc en parler à Gandalf, le vieux sage manchot du train. Gandalf est en effet un des ingénieurs ayant bossé sur le Snowpiercer, mais après s’être visiblement fait doubler par Wilford, l’actuel propriétaire du train, il a fini en 3e classe. Feinté, papy. Les deux papotent donc d’un plan à mettre en place pour aller trouver Minsoo, qui serait retenu dans la voiture-prison plus à l’avant, et c’est l’occasion d’aborder un sujet qui reviendra en boucle avec toutes les personnes que Curtis va croiser :

"Curtis, tu es si sombre, si cool et si charismatique, tout le monde veut te suivre !
- Non, je suis dark et torturé, je ne suis pas un leader.
- Alleeeeez faipataput’ !"

0

Mais, si : il fait un peu sa pute.

Il n’empêche que le lendemain, une fois encore, la sécurité oblige tous les 3e classes à se regrouper, et plus particulièrement, à mettre leurs enfants au premier rang. La rumeur court : Wilford, qui "adore les enfants" (… non, rien) viendrait en chercher un nouveau, comme une vulgaire Angélina Jolie faisant du shopping en Afrique. Il a donc missionné un sbire, ou plutôt une sbirette, Jeannine. Celle-ci vient donc observer les enfants et les mesurer… lorsqu’elle entend un mystérieux éternuement dans les rangs des 3e classe. Et grâce à ses supers pouvoirs, non seulement elle identifie instantanément l’éternuement comme celui d’un enfant planqué dans les rangs, mais en plus, elle identifie la maman qui a planqué le marmot dans ses jupes du premier coup (encore une histoire des rayons X). Notre bougresse embarque donc le marmot planqué ainsi qu’un autre, et cela provoque une émeute chez nos amis de 3e classe, difficilement maîtrisée par la sécurité.

Dans l’affaire, une chaussure est envoyée sur Jeannine par le père d’un des enfants, que nous appellerons Roro.

Fâchée d’avoir été traitée comme un vulgaire Georges W. Bush, Jeannine demande donc à la sécurité d’agir. Ce qui est bien vite chose faite puisque Roro est saisi par les hommes en armes, qui font appel à une petite chef locale, Gertrude, pour faire un speech sur pourquoi c’est méchant de jeter des chaussures sur les gentils riches qui viennent chercher des ch’tites n’enfants, le tout en faisant un geste bizarre sur lequel nous reviendrons. C’est donc fait pendant que Roro subit son châtiment : il est condamné à garder son bras au-dehors du train durant 7 minutes (ça tombe bien, le train est équipé figurez-vous en petits orifices permettant de juste passer un bras sans que le froid ne pénètre, c’est merveilleux, ils avaient pensé à tout au départ), ce qui, d’après les calculs des larrons du bord, devrait le geler entièrement.

Et en effet : 7 minutes plus tard, Roro n’a plus un bras mais un Miko. La sécurité lui pète donc au marteau, et c’est donc Roro le manchot qui rejoint les siens, un peu bougon. On lui a pris son enfant et son bras droit, maintenant, comment va-t-il se soulag… hem, comment va-t-il faire au quotidien ?

Du coup, le soulèvement gronde, si fort qu’il est prévu pour le lendemain. En effet, Curtis a noté que les chargeurs des armes de la sécurité étaient tous vides : ils ont dû trop tirer lors de la dernière insurrection, 4 ans auparavant. Avec des lames et masses de fortune, il est donc probablement possible de leur péter la gueule. Et en attendant de libérer Minsoo, l’expert en portes, Curtis propose de fabriquer un bélier à partir de… hem. Bon, vous savez quoi ? On va dire que la sécurité leur a laissé les barils de barres protéinés. Et que mieux encore, ils s’emboîtent pour faire un bélier parfait avec parties démontables pour coincer les sas que l’on tenterait de refermer.

Ça tombe bien, dites-donc.

Le lendemain, le plan est donc mis à exécution : au moment du recensement, les 3e classes sortent tout ce qu’ils ont pu bricoler comme armes et tombent sur le coin du nez des pauvres gardes qui n’ont effectivement plus de balles (quel dommage que personne n’ait pensé à juste faire passer les barres protéinées par une trappe et les laisser dans leur crottin). Ils leur tapent donc le museau puis aidé de leur bélier (sur lequel Curtis grimpe, probablement pour rendre la manœuvre plus ardue, il doit aimer faire chier), passent les portes de sécurité et tabassent tout le monde sur leur passage jusqu’à arriver à la prison du coin.

L’occasion donc d’ouvrir les cellules, qui sont en fait plus ou moins des tiroirs de morgue qui contiennent des mecs en stase, mais qui se réveillent comme des fleurs, et avec grâce s’il-vous-plait : pas une courbature. Ils doivent avoir été condamnés à faire du yoga à perpet’. Minsoo, l’expert en sécurité, est donc bien vite libéré et même s’il ne parle pas anglais, ça tombe bien, le coin grouille de traducteurs universels qu’on avait laissé là, houplà. Les choses sont bien faites. Minsoo cependant n’est pas du genre reconnaissant d’être sorti de sa prison. Il a plus urgent : déjà, il veut sortir sa fille Yuna de stase, ce qui tombe bien puisqu’elle est dans le tiroir d’à côté, hop, debout. Yuna est déjà une adulte, je précise, puisque nous reviendrons plus tard sur la pyramide des âges de ce train. Puis, Minsoo explique qu’il veut bien aider nos héros, mais pas gratuitement : il veut être payé en Schnoof, la drogue du train faite de vieux rejets chimiques. Soit : il aura une dose par porte ouverte. Prêt ?

Non, attendez, pas prêt.

D’abord, j’aimerais faire un point : à chaque fois que nos héros s’apprêtent à avancer dans le train, ils évoquent la voiture suivante. Et au début, faisaient même des plans du train avec des barres protéinées. Du coup, à chaque fois qu’ils avancent d’une voiture, on a le droit à une scène. Du coup, calculer la longueur du train est facile : là encore, on en reparlera pour bien montrer à quel point la réalisation insiste sur sa capacité à se vautrer.

Plan

La preuve par l’image : ici, Curtis expliquant à Gandalf la succession des wagons à l’aide de barres protéinées pour bien expliquer que non, il n’y a pas d’ellipse, tout le train ne fait que quelques wagons, regarde papy, j’ai fait un plan.

Maintenant que c’est dit, nous sommes prêts. La voiture suivante n’est pas n’importe laquelle : c’est celle qui produit les barres protéinées.

A l’intérieur, il n’y a qu’un 3e classe qui avait été réquisitionné comme ouvrier et qui montre à Curtis la matière première de ces barres : ces milliers et des milliers d’insectes.

"Caca !" se dit Curtis. Oui, certes, pourquoi pas mais et sinon, tu ne te demandes pas où les mecs arrivent à trouver quotidiennement plusieurs milliers voire centaines de milliers d’insectes vu les cuves ? Non ? Bon, ce n’est sûrement qu’un détail inintéressant : après tout, ce n’est que la base de la survie de toute une partie du train, ça ne méritait pas d’explication rationnelle. Qu’importe : Curtis a déjà des questions, comme "Qui met des messages dans les barres protéinées ?" le larron en charge est incapable de répondre précisément, mais ajoute qu’un message est arrivé aujourd’hui où l’on peut lire "Eau".

"La citerne !" s’exclame Gandalf, qui accompagne l’expédition. "Elle est deux voitures plus loin, et qui contrôle la citerne contrôle toute l’eau du train et peut donc négocier ce qu’il veut, comme de la coke et des p… la liberté, tout ça." C’est effectivement très intéressant, on demande donc à Minsoo de s’activer pour ouvrir la prochaine porte. Mais pendant qu’il y travaille, Curtis va trouver sa fille, Yuna. Et lui demande :

"Toi qui a des pouvoirs de voyance, qu’y a-t-il de l’autre côté de la porte ?"

Que… pardon ?

Des pouvoirs de voyance ? Depuis quand ? Attendez, il n’en a jamais été question du film, d’où Curtis sort-il soudainement ça ? Bon, on va dire que c’est lui qui a des pouvoirs de voyance. Du coup, Yuna devient subitement voyante (ben oui), et pouf, annonce ce truc formidable : "Il y a un grand danger de l’autre côté de la porte, ne l’ouvrez pas !"

Hé bien merci de ton aide, Yuna. Je propose que tout le monde retourne à l’arrière du train jouer au Uno.

De toute manière, c’est trop tard : Minsoo a déjà piraté la porte qui s’ouvre donc et révèle… une voiture sans meubles contenant seulement une horde de types avec des cagoules et des haches. Parce que oui, quand les mecs ont embarqué sur le dernier train de l’humanité, ils se sont dit qu’une cargaison de 150 haches, c’était parfait pour… couper des arbres qu’il n’y a pas ? Ce film est décidément merveilleux : bref, nos 150 types armés de haches attendent tranquillement dans la voiture et sitôt que les 3e classe y rentrent, une grosse baston éclate avec moult morts de part et d’autre.  Baston qui implique, entre autres, des rebondissements comme "J’ai glissé sur un poisson qui traînait par terre, chef". Oui, un poisson. Au milieu du train. Indice : quand un film a des ficelles que l’on retrouve dans Le Flic de Shangaï, c’est plutôt mauvais signe.

Et puis soudain, pouf, tout le monde s’arrête.

Ah ? Mais ? Que ? Comme ça, hop ?

Si, si : Gertrude, la vilaine experte en speeches, vient d’arriver pour faire un discours parce que c’est… le nouvel an.

Oui, c’est la guerre, mais c’est urgent. Ils font même le compte à rebours.

Qualité, tout ça.

Nouvel an qui est marqué, comme le train fait le tour du monde en très exactement un an, par un passage sur un immense pont (qui s’entretient lui aussi tout seul). Bref, comme c’est le nouvel an, on écoute Gertrude dire bonne année à tout le monde (véridique) avant de compléter un peu en disant que les 3e classe sont des vilains de se rebeller, et que de toute manière, 74% d’entre eux vont mourir.

Bon bon bon.

Une autre connerie, là, au débotté ?

Pas de problème, ce film est un gros étron pour rester courtois : soudain, tous les types équipés de hache sortent de leurs poches… des lunettes de vision nocturne. Parce que là encore, les derniers survivants de l’humanité se sont dit que vraiment, c’était du matériel de première nécessité dans un train illuminé en permanence. Et c’est bien là la ruse : le train passe dans un tunnel, les lumières sont éteintes par les vilains et… commence alors un massacre puisque les amis des haches peuvent défoncer en paix leurs ennemis qui se retrouvent aveugles.

Poisson

Ce plan a lui seul permet de se poser la question "Est-ce vraiment un film sérieux ?"

Dans l’affaire, Relou meurt. Et c’est triste, sauf pour les spectateurs.

Curtis, lui, sent que c’est un peu la panique dans les slips. Mais c’est sans compter sur nos amis de 3e classe qui ont fabriqué des torches. Si. Des dizaines. Et oui, en moins de deux minutes, avec tout le nécessaire qu’ils avaient bien entendu avec eux. La contre-attaque est donc brutale et les 3e classe arrivent donc à tataner correctement les amis des haches et même à capturer la vilaine Gertrude ainsi que divers hommes de main. L’occasion donc d’envoyer les survivants dans la voiture suivante, qui est donc la citerne et qui est équipée en douches (ah bin oui) pendant que Curtis et Gandalf discutent avec Gertrude :

"On contrôle la citerne. Et comme vous l’avez dit dans la scène précédente pour votre discours du nouvel an : c’est la réserve de toute l’eau du train. Si on la contrôle… on contrôle le train.
- Ahaha ! Sauf que non : l’étrave à l’avant du train alimente la citerne, donc ça ne sert à rien !
- Je ne vois pas le rapport : l’étrave brise la glace et pourquoi pas approvisionne la citerne, mais tout ça, c’est à l’extérieur. Donc sans la citerne, ça va être compliqué quand même les enfants.
- Non : le script dit que soudain, pif pouf, mon argument suffit à alimenter en eau tout le train et donc que vous vous désintéressez complètement de la citerne pour laquelle vous venez de combattre et de mourir.
- Est-ce que le script dit autre chose de complètement con ?
- Oui, regardez la page suivante des dialogues ! Et dire que la presse française nous a encensés !"

0

Parce que non, ce n’est pas fini : Curtis décide de trouver une utilité à Gertrude en lui demandant "Où sont les enfants qui ont été emmenés ? Et Wilford ? Tu vas devoir nous guider de force, Gertrude !"

C’est un train.

C’est un foutu train.

Si tu veux trouver quelqu’un dans un train, c’est pas bien compliqué : tu avances. Donc Gertrude n’a aucune utilité : c’est comme si tu demandais à ce qu’elle te guide dans un couloir sans portes. Remarque, il y avait aussi une autre option si tu voulais vraiment avoir l’information super pertinente "Les enfants et Wilford sont vers l’avant du train" : demander à Yuna et ses pouvoirs de voyance. Pardon ? Elle les a perdu aussi vite qu’elle les avait gagné et on en parlera plus du film ?

Très bien.

Une seconde, je prends mon sachet de chatons salés. C’est rigolo, c’est comme des chips, ça craque sous la dent, et en plus ça aide à se passer les nerfs pour ne pas craquer devant le film. C’est bon, les chatons salés.

Où en étais-je ? Ah, oui.

Nos héros décident déjà de se reposer un peu et de passer la nuit en profitant de l’eau et de la nourriture qu’ils ont conquis au mépris du danger. L’occasion d’avoir une petite séance de papotage nocturne entre Curtis et Gandalf, dans laquelle Curtis se plaint, car contrairement à Gandalf il a… deux bras. Nous comprendrons plus tard pourquoi (oui, encore, je sais, mais vous allez voir, ce sera une explosion de matière fécale) , même si, rassurez-vous, ça reste très con. Connerie toujours, au matin, les 3e classe décident d’abandonner l’avantage du nombre et de se scinder en deux groupes : un petit commando mené par Curtis ira vers l’avant, pendant que les autres attendrons des nouvelles de la révolution en jouant à la marelle.

Si, si.

Encore une fois, relisez les critiques en introduction de ce spoiler, vous verrez, c’est magique.

Le commando guidé par Gertrude part donc pour la voiture suivante… qui est une serre. Mais attention, hein, il y a bien, pfiou, 8 arbustes et quelques étagères de plantes en pot.

Et c’est tout : quelque chose me dit que tout le monde n’a pas ses 5 fruits et légumes quotidiens.

Qu’importe : la voiture suivante est… un tunnel aquatique ?! Mais ? Mais enfin ! Ça suffit maintenant, les conneries ! Bon, ça explique d’où venait le poisson sur lequel des gens ont glissé quelques scènes plus tôt, mais par contre, l’œil attentif notera que des espèces d’eau douce et salée cohabitent dans le même tunnel. Probablement qu’il y a une langouste qui deale du sel de Guérande au fond. D’ailleurs, savez-vous ce qu’abrite aussi cette voiture ? Un bar à sushis, mais si. L’occasion pour nos héros de s’en régaler, donc. Sans se demander d’où vient le riz, par ailleurs : encore un détail.

Allez, allons voir s’il y a des incohérences dans la voiture suivante : il s’agit là de la chambre froide de la boucherie ! Où carcasses de bœufs et poulets attendent leur heure. On peut donc imaginer sans mal que la voiture suivante est bien évidemment celle où ces animaux vivent en batt…

Ah non, tiens : c’est l’école.

21036090_20130904151243628.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

L’école avec la chambre froide juste derrière : ça ressemble un peu à la Belgique.

Du coup, on peut donc en déduire que les cours sont régulièrement interrompus par des transports de bidoche puisque quelqu’un a oublié de mettre côte à côte les voitures élevage et stockage (on supposera que l’abattoir est avec l’élevage) ? Sans rire : le mec qui a fait le film, il n’a pas pris, je ne sais pas moi, 10 minutes pour dessiner son train sur un bout de papier et vérifier que ça tenait un minimum debout ? Qu’il y avait une logique ? Une cohérence ? Non : après tous, même les professionnels trouvent ça génial, alors pourquoi faire un effort ?

D’ailleurs, en parlant de cohérence, la voiture école n’est peuplée… que d’enfants de 8 ans.

Où sont les autres ? Ils n’existent pas ? Hé bien en effet : dans ce film, soit on est un adulte, soit on est un vieux, soit on a 8 ans. Probablement qu’à partir de 9 ans, on accroche les marmots sur les flancs du train et on ne va les chercher que lorsqu’ils ont 18 ans parce qu’entre les deux, on a rien prévu pour eux. Et toutes les femmes accouchent d’enfants de 8 ans (ça pique un peu sur le coup). Hélas, les enfants kidnappés plus tôt dans le film ne sont pas là : ils ont été emmenés plus à l’avant. Mais comme nous sommes dans une école, profitons-en puisque la maîtresse fait cours, pour en apprendre plus sur l’histoire du convoi légendaire où nous sommes.

Wilford, le propriétaire du train, aurait tout petit déjà eu une passion pour les chemins de fer (et la drogue, je pense). Il a donc monté une société qui a non seulement fonctionné mais lui a permis d’accomplir son rêve : relier les chemins de fer du monde entier (il a fallu une paire de petits ponts, mais sinon, ça va, c’était facile) pour y faire circuler un train de luxe qui ferait le tour du monde en un an. Et qui dit luxe dit train suréquipé, d’où tout le bordel qu’on y trouve en sus d’une machine, La Machine, située en tête de train et qui fournit de l’énergie à tout ce petit monde pour toujours (elle est probablement alimentée par les trous dans le scénario). Donc quand l’apocalypse a débuté, tout le monde a tenté de prendre place dans ce train dont tout le monde se moquait à l’origine.

Le film n’évoque pas le plan français, "l’Arche Ultime", elle aussi conçue comme un train devant rouler pour toujours, probablement puisqu’il a fallu dix minutes après la sortie de la gare pour que la première grève éclate à bord, et vingt pour qu’un incident de voyageur l’arrête définitivement. La France n’était pas prête.

Qu’importe : la voiture-école est aussi l’occasion pour la maîtresse de montrer quelque chose d’intéressant par la fenêtre : 7 formes dans la glace. Ce sont les restes de 7 passagers qui, 15 ans auparavant (le train roule depuis 18 ans soit dit en passant), ont décidé que stop, ça suffisait le bullshit, on s’en va. Menés par une femme eskimo, ils ont fait 50 mètres avant d’être transformés en Apéricubes. Depuis, chaque année, le train passe devant, l’occasion de montrer aux enfants ce qui arrive à ceux qui ne veulent pas suivre les règles du train. Ou l’importance de porter une cagoule.

Détail intéressant : les gestes de la maîtresse n’ont aucun rapport avec ce qu’elle raconte. Par exemple, quand elle parle de "mourir congelé", elle mime un hachoir ou un éléphant tétraplégique, on est pas bien sûr, mais en tout cas, ça n’a aucun rapport avec le froid et toute la classe mime ces mouvements en chœur. Là encore : quel talent, perdre du temps et de l’argent à demander à des acteurs d’apprendre une chorégraphie qui n’a aucun rapport avec la scène, c’est beau. Et mieux encore : c’est encensé.

Qu’importe : un employé du train poussant une brouette remplie d’œufs apparaît dans la classe. En effet, pour le nouvel an, des oeufs cuits dans l’eau de La Machine sont offerts à toute la population du train. L’employé du train semble bien se moquer du commando des 3e classe au milieu de l’école, et leur file des oeufs. Et dans celui de Curtis, il y a un message : "Sang"

Incroyable télescopage : à cet instant précis, le type qui distribuait les œufs, à présent à l’arrière du train, ainsi que la maîtresse d’école sortent tous deux des mitraillettes et commencent à arroser les 3e classe. A l’arrière, les employés du train qui avaient joué de la hache plus tôt et étaient prisonniers sont libérés, et eux aussi récupèrent des armes et ouvrent le feu sur les prolos.

C’est bête, quand même, toutes ces armes que nos larrons avaient depuis le début mais qu’ils n’avaient pas pensé à utiliser plus tôt.

La maîtresse qui joue du flingue est vite calmée par un couteau volant, mais par contre, à l’arrière du train, la sécurité reprend le contrôle de la situation dans le sang. Curtis et son commando sont donc à présent isolés. Quel dommage qu’ils n’aient pas vu cela venir : si seulement quelqu’un dans l’équipe avait des pouvoirs de voyance. Mais je m’égare. Dans l’affaire en tout cas, Gandalf se prend une balle dans la tête, histoire de. En représailles, Curtis en colle aussi une dans Gertrude, parce que hein, flûte, bon, ça suffit maintenant.

Nos larrons décident donc d’avancer dans le train : ils traversent donc la voiture où se situent les cabinets médicaux & les artisans, poursuivent au travers de la voiture salon de coiffure, et traversent la voiture piscine, où il y a de grandes fenêtres. Ça tombe bien (ça alors !) puisqu’à ce moment là, le train est sur des rails formant une gigantesque courbe, et par la fenêtre, on peut donc voir le cul du convoi, convoi qui soudainement, fait près d’une centaine de voitures alors que le film a bien insisté sur le fait qu’il n’en était rien, les personnages comptant régulièrement les portes à traverser.

C’est consternant.

Oui oui : le petit trait noir au fond, c’est bien le (gigantesque) train. Et oui, notre héros est bien en train de mitrailler sa propre vitre en visant une cible minuscule avec une arme pas adaptée.

Mais ce qui l’est encore plus, c’est que depuis la voiture école où les méchants viennent d’arriver, Guy le bad guy, nommé ainsi puisqu’il est l’homme de la sécurité qui a collé une balle dans la tête de Gandalf, prend son fusil d’assaut et décide… de tirer à travers les vitres blindées du train en direction de la voiture, bien plus loin à l’avant, de nos héros (qui je le rappelle, officiellement, n’ont traversé que trois voitures, mais on en voit au moins 50 derrière eux), qui ont eux même des vitres blindées. C’est très con et ça donne une ridicule scène de fusillade entre Guy et Curtis où tous deux se ratent comme des grosses buses en perçant avec peine le verre blindé de leurs propres fenêtres, autant dire pas du tout celle d’en face, le tout dans un train en mouvement.

Sitôt qu’ils ont fini les conneries, Guy et deux hommes de la sécurité se remettent en marche vers l’avant, et probablement en utilisant un trou de ver de Lorentz, se retrouvent dans la même voiture que celle dans laquelle nos héros viennent d’arriver : le sauna. Rapidement, la situation tourne au pugilat, puisque jaillissant des cabines, nos héros sautent sur l’ennemi. Si les deux agents de la sécurité anonymes sont vite morts, Guy ne se laisse pas faire et tue à peu près tout et tout le monde simplement avec ses petits poings (si) jusqu’à ce qu’il ne reste plus que Curtis (qui avait un pistolet mitrailleur mais n’a pas trop tiré sur Guy, c’était pas rigolo), Minsoo et Yuna. Guy est quand même tué dans la bagarre par Curtis, qui lui strangule sa face de margoulin.

Cela étant réglé, nos amis vont aux prochaines voitures : la voiture boîte de nuit, où tous les jeunes du train s’éclatent en prenant de la Schnoof, la fameuse drogue à la mode, puis la voiture pleine de gens qui portent des manteaux de fourrure mais personne ne sait pourquoi, que nos héros dépouillent de leurs oripeaux.

Dites-donc, j’espère que dans ce train, on a pas trop souvent des envies de sushis sinon il faut traverser un sauna, un nightclub, une école, une chambre froide…

Qui a dit "C’est du foutage de gueule pur et simple à ce niveau ?" Bravo, vous venez de gagner un regard approbateur de ma part.

Nos héros continuent donc à progresser et traversent une salle de sécurité où personne ne les embête (ben non ! C’est une salle de sécurité, on ne va pas y mettre des agents de sécurité !) mais je crois qu’à ce stade, nous sommes tous d’accord que c’est tout simplement n’importe quoi depuis le début. Ils peuvent donc arriver à leur ultime destination : une voiture avec un pont au-dessus des rouages d’une étrange machine (La Machine), et en face, une porte avec un "W" doré : celle qui mène à la voiture de tête, la demeure de Wilford.

Yuna s’endort soudainement : comme ça, pouf. Non, aucune explication : elle est dans un coin de l’écran, ils arrivent au terme de leur quête, elle n’en a donc fort logiquement plus rien à péter.

Hmmm, soit.

Minsoo et Curtis décident de s’asseoir pour faire une petite pause avant de pirater l’ultime porte. L’occasion pour Minsoo d’offrir un trésor à Curtis : la dernière clope de l’humanité. Que notre héros allume mais se contente de garder entre ses doigts pendant qu’il raconte sa vie, principalement parce qu’il est con. Et quelle vie raconte-t-il ? Hé bien pas n’importe laquelle ! Il y a 18 ans, il est monté dans le train clandestinement, comme les autres 3e classe. Mais bien vite, un problème s’est posé : il n’y avait pas de nourriture (oui, les mecs ont construit une machine à barres protéinées à partir de rien et lui ont même trouvé un wagon alors que le train était déjà en route depuis un moment, dites-donc !). Les gens ont donc commencé à se dévorer les uns les autres, jusqu’à ce qu’un jour, Curtis tente de manger un bébé. Mais Gandalf a surgi et sauvé l’enfant en coupant son propre bras pour nourrir les affamés à la place.

Cet enfant, c’était Relou.

Comme quoi, il aurait mieux fini en steak.

Par la suite, les barres protéinées sont arrivées, mais Curtis ne s’est jamais pardonné ce moment d’égarement. Ce pourquoi il trouvait triste d’avoir deux bras, plus tôt dans le film, alors que Gandalf en avait courageusement donné un pour les nourrir. Hmmm, soit ? Et après cette histoire inintéressante, c’est au tour de Minsoo d’expliquer la sienne : lui n’a pas prévu d’ouvrir la porte menant à Wilford. Lui, son plan, c’est d’utiliser la Schnoof, qui est inflammable, pour faire sauter une porte condamnée du train et s’enfuir dehors. Car par la fenêtre, il a remarqué que la neige avait un peu diminué en épaisseur : c’est donc que ça se réchauffe, et il pense avoir une chance.

Ah bin oui, du coup, oui, il doit faire bon dehors, tu as raison. Et puis surtout, qu’importe quand quel coin du monde et à quelle altitude tu sors, pas vrai ? Ça n’a sûrement aucune importance.

Au début du film, il n’a pas suffit à un mec de passer le bras dehors pour qu’il gèle d’ailleurs ? Non ? C’était sûrement un autre film, je dois me tromper.

Ho, et puis juste comme ça : si c’était ton plan, pourquoi attendre d’être devant la porte de Wilford et donc te taper la sécurité de touuuut le train pour le mettre à exécution ? Parce qu’il te fallait assez de doses de Schnoof et que tu en gagnais une par porte ouverte ? Et sinon, passer par une fenêtre, ouvrir une porte autrement (ta spécialité, je le rappelle) ou même sortir par n’importe quelle issue, non ? Parce qu’aux dernières nouvelles, tout à l’heure on a parlé de 7 passagers qui avaient "sauté en route" : ils ont bien utilisé une issue, non ?

Okay, vous êtes donc tous particulièrement crétins, j’en prends bonne note.

De toute manière, la scène est interrompue par la porte de Wilford qui s’ouvre d’elle-même et Jeannine, l’adjointe de Wilford qui venait chercher des gosses de 3e classe au début du film, en surgit pour coller une balle dans Minsoo, qui s’effondre, blessé. Puis, elle invite Curtis à rentrer dans ce qui ressemble à un luxueux salon où l’attend en robe de chambre…

EdHarris

"Salut mec, je t’attendais. Et comme à chaque fois que j’attends quelqu’un, je reste en pyjama."

"Ed Harris !
- Wilford, pour être exact, est-ce que moi je te rappelle que tu es le héros de "Captain America", hein ? 
- Bon, si vous m’expliquiez pourquoi vous êtes là, tranquille, en robe de chambre limite en slip à m’inviter alors que je viens pour vous faire du mal ?
- Assieds-toi petit fripon, je vais tout te dire lors d’une de ces scènes qui se veulent intellectuelles simplement parce que nous parlons assis au milieu d’un décor futuriste. Pour commencer, sache que je suis celui qui t’envoyais les petits messages dans la nourriture. 
- Le mec qui m’a envoyé "Water" avant que le script n’explique que la citerne d’eau, indispensable jusqu’à une scène n’avait en fait aucun intérêt après la suivante ?
- Celui-là même. Je t’ai choisi, Curtis, tu as une âme de leader. Tu devais mener la révolte. J’étais de mèche avec mon vieil ami Gandalf depuis le début : lui et moi communiquions chaque soir grâce à un téléphone planqué reliant l’avant à l’arrière du train. Gandalf, comme moi, savait que pour préserver notre système, parfois, il faut le purger. Et donc, quand les 3e classe sont trop nombreux, nous leur offrons une petite révolte des familles. Là, par exemple, nous avions prévu de tuer 74% d’entre vous et de vous arrêter dans la salle avec les haches. Comme ça, il y avait plus de nourriture et de place pour les survivants et tout le monde était content. Ce pourquoi Gandalf soutenait donc l’opération.
- On parle bien du Gandalf qui avait préféré perdre un bras que de laisser Relou mourir quand ce n’était qu’un enfant ? En fait, à côté de ça, tuer des dizaines de passagers et de gosses à la sulfateuse, par contre, il était complètement d’accord ?
- Ah, tiens, oui, c’est vrai que c’est étonnant. C’est bête qu’on ait passé une scène entière à raconter l’anecdote de "Gandalf le sauveur de bébé" et quo’n ait investi dans des prothèses de bras et dans du maquillage pour qu’au final ça ne serve qu’à foutre en l’air l’explication finale.
- Je ne te le fais pas dire."

0

Pendant que nos amis discutent, en tout cas, en queue de train, 74% des gens sont donc en train de se faire réguler la margoulette au gros plomb (avec là encore des gestes qui n’ont aucun sens pour ponctuer le propos de leurs bourreaux, c’est assez formidable, par exemple à un moment ils veulent dire "18 survivants" donc ils montrent… deux doigts. Mais ?).  Et surtout, au milieu du convoi, soudain, Guy le bad guy qui s’était pris des mandales, des coups de couteaux et s’était fait stranguler… se relève.

Oui oui : soudainement, il n’est plus mort. Non, on ne sait pas pourquoi. Yuna, qui pionçait, se relève aussi et va aider son papounet de Minsoo qui, toujours devant la porte de Wilford, a un peu bobo depuis qu’il s’est pris une balle. Ho, et puis soudain (encore), justement, Minsoo et Yuna sont dérangés par l’arrivée de tous les teufeurs de la boîte de nuit qu’ils avaient traversé plus tôt qui veulent tous les tuer.

Ah bon, mais pourquoi, comme ça, hop, ça leur a pris ? "Allez on va en tête de train tuer des gens ?"

Un teufeur essaie de tuer Minsoo, qui se bat sur le pont au-dessus de La Machine, et malgré sa blessure, gagne. Guy le bad guy débarque aussi et prend aussi sa tannée.

Alors vous me direz "Mais que font les autres teufeurs alors ?"

Hé bien ils dansent.

J’ai mal rien qu’à l’écrire tant c’est nul.

Oui, ils sont tous venus là, mais juste pour danser en fait : il n’y avait pas de musique, c’était plus étroit et moins pratique, c’était donc une excellente raison de traverser le train pour venir. Et leurs intentions hostiles ? Disparues, hop. Ils dansent on vous dit.

Quel film.

D’ailleurs, pendant ce vaste bordel, Jeannine, l’assistance de Wilford, sort pour voir qui c’est qui fait du bruit, là, ho, vous vous croyez où, et se fait avoir aussi par Minsoo qui visiblement, bien que mourant 5 minutes avant, pète désormais la forme. Du coup, retournons à l’intérieur de chez Wilford pour voir de quoi il retourne, et où nos deux larrons sont toujours en grande conversation :

"… et c’est comme ça que j’ai compris qu’il ne fallait pas que j’utilise les rails du RER B.
- C’est fascinant Wilford. Mais en attendant, que fait-on à présent ?
- Hé bien Curtis, tu es jeune, tu es fort, tu as déjoué mes plans en partie, donc que dirais-tu maintenant que le nombre d’êtres humains à bord a été régulé grâce à mon habile révolte organisée de prendre ma place ?
- Et par exemple d’avoir une politique sur la natalité plutôt que de réguler la population au fusil à pompe ? Ou de ne pas avoir une prison quand on se plaint d’être trop nombreux ?
- Non. Ce serait bien trop intelligent. Mais tu pourrais toi aussi avoir une robe de chambre moche et te promener en slip toute la journée dans ton compartiment de luxe.
- J’ai une autre question avant : et les enfants qui ont disparu ?"

0

Wilford hoche la tête et va soulever une dalle sous le plancher : on voit alors un enfant faire un geste répétitif au sein des rouages d’une machine située sous le sol. Un geste qui ressemble à celui que faisait Gertrude au tout début du film. Wilford explique : "La Machine à énergie pour le train est éternelle… mais pas ses pièces ! C’est pourquoi je remplace les pièces défaillantes par des enfants."

Oui, c’est un truc connu de garagiste :

"Ah, le carbu a pété.
- Mets un enfant à la place !
- Mgnn… reeeeeentre…. gnnn… voilà, ça r’marche !
- Un pneu a éclaté !
- Mets un enfant !
- Bon sang, l’oscilloscope vient d’imploser !
- Passez-moi le petit épileptique !"

0

Oui, c’est connu : les enfants peuvent remplacer n’importe quelle pièce de mécanique ou d’électronique. Moi-même, j’ai remplacé il y a peu la carte mère de mon PC par un enfant grassouillet (il y a plus de place pour les barrettes de RAM). Mais ce film, c’est une comédie ou bien ? Wilford en plus montre le geste que doit faire l’enfant jusqu’à épuisement au sein de la machine : il confirme que c’est celui que faisait Gertrude au début du film. Gertrude qui ne pouvait pas connaître ce geste. C’est donc bel et bien tout simplement nul, raté, et tout ce que vous voulez sur tous les plans.

Cela dit, tout cela énerve un peu notre héros : il pète la gueule à Wilford et fait ce qu’il a toujours rêvé de faire, à savoir, perdre un bras pour sauver un enfant. En effet, en coinçant sa mimine dans les rouages sous le plancher, il donne une chance à l’enfant de s’en sortir, ce qu’il fait. Dès lors, l’équipe ainsi reconstituée va poser le Schnoof, qui est donc inflammable, sur une porte condamnée du train et fait péter le tout pour ouvrir un chemin vers l’extérieur. L’explosion est si forte qu’elle provoque une avalanche (puisque le train passait dans des montagnes à ce moment là, d’ailleurs les décors c’est soit des villes détruites, soit des montagnes, soit des ponts géants, ce train ne connaît que ça et visiblement le monde n’est constitué que de cela) qui renverse le train et provoque donc son déraillement.

Dance

Guy et ses amis danseurs, qui ont tellement plus important à faire que de sauver leurs vies qu’ils regardent ailleurs, notez-le bien.

Du coup, tout le monde meurt dans le crash qui en résulte, sauf Yuna et le petit enfant sauvé que nous appellerons Mokobé puisqu’étant plutôt du genre visible sur fond de neige (non, il n’est pas roux, arrêtez).

Tous deux sortent donc de l’épave du train couverts des fourrures qu’ils avaient trouvées à bord pour des raisons contestables, et constatent qu’ils sont au milieu d’une chaîne de montagne (c’est ballot, il aurait peut-être fallu prévoir). Soudain, un mouvement sur le flanc d’un pic : c’est un ours blanc (parce que oui, froid = ours blanc, les autres ours sont connus pour vivre uniquement du côté de Barcelone) qui doit s’emmerder sec vu qu’il n’y a rien à manger dans le coin. A part peut-être une Yuna et un Mokobé.

Mais la réalisation n’y a pas pensé non plus et à la place, nos deux héros sont contents, puisque cet animal annonce qu’un retour de la vie sur le globe est en cours.

Et sur cette note d’espoir, et avant que nos héros ne se fassent déchiqueter par l’animal affamé je suppose…

… FIN !

__________________________________

Je crois que la conclusion revient au reste de la presse professionnelle "spécialisée" (donc d’autant plus sévère, on l’imagine) :

4/5 "La pertinence du scénario (…) s’impose comme un modèle d’adaptation réussie à quasiment tous les niveaux. (…) La rencontre du concept fort imaginé par Jacques Lob et de la vision très personnelle de Joon Ho a donné naissance à une mémorable odyssée."

- Mad Movies

4/5 "(…) les moyens colossaux ne brident jamais la folie baroque, le goût du mystère, les visées poétiques et la liberté d’un artiste qui, derrière les oripeaux du genre, balance une méchante parabole politique."

- Première

4/5 "De tous les blockbusters post-apocalyptiques sortis cette année ("After earth", "World War Z", "Elysium"…), "Snowpiercer" est le plus inspiré. (NDOC : La vache, on ne se mouille pas trop par ici, sans la note, on aurait pu penser à une blague)"

- Télérama

Quelqu’un d’autres a quelque chose à dire ?

0/5 "C’est une sombre merde. Et les critiques n’ont bien évidemment rien à voir avec le fait que ce soit tiré d’une bédé française, non ma bonne dame, les experts ne mangent pas de ce pain là. Leur avis de professionnel illustre bien leur niveau de compétence, dire qu’ils sont payés pour cela fait peur. Cela dit, si vous voulez vraiment une histoire de miséreux qui peinent à survivre dans un train pourri, il y a plus simple : prenez le paris-Troyes."

- Un Odieux Connard

Bien, cette fois, je crois que c’est bon.

"Attendez, je crois que j’ai quelque chose !"

Allongé sur la planche au-dessus de la fosse boueuse, l’étudiant donna quelques nouveaux coups de pinceaux à l’objet qui émergeait du sol pour en retirer la terre et la poussière qui s’y accrochaient encore. Tirant sur son couvre-chef pour s’abriter un peu plus de la légère bruine qui tombait sur le chantier d’archéologie, il jeta un rapide coup d’œil autour de lui pour voir sa professeur d’archéologie s’approcher d’un bon pas en enjambant les cordelettes qui quadrillaient le secteur de fouille. Arrivée à son niveau, elle s’accroupit pour mieux observer ce qui avait autant agité le jeune homme.

"Regardez professeur, on dirait une sorte de boîte !
- A vue de nez, c’est gallo-romain. Regardez les bords, ils sont typiques de l’artisanat régional du IIème siècle. Légèrement arrondis, un bois que l’on devine granuleux caractéristique des forêts situées à proximité des carrières de calcaire qui ont servi à bâtir la cité antique… vous m’avez l’air de tenir quelque chose ! Je vais vous aider à le dégager."
0

La femme s’allongea à côté de l’étudiant et à son tour, commença à dégager avec toute la minutie que sa profession lui avait enseigné le délicat conteneur qui attendait là depuis le début de notre ère. Peu à peu, et comme si un rideau se levait sur un spectacle aussi minuscule que fascinant, ils virent mieux ce sur quoi ils travaillaient.

"Professeur ! Il y a des pigments ! On dirait… une peinture !
- Vous avez raison. Et détaillée avec ça ; concentrons-nous sur cette face, je suis curieuse de voir quelle célébrité du second siècle a été représentée sur…."
0

Un coup de pinceau plus vigoureux que le précédent provoqua une minuscule avalanche de terre sur le monticule qui recouvrait encore l’objet, et tout un pan d’argile s’affaissa pour révéler l’intégralité de l’image jusqu’alors cachée aux regards.

"Je… professeur, je ne vois pas bien de quel Saint ou Empereur il s’agit.
- C’est… je… je crois que c’est Nicolas Cage."

0

Il y eut un long silence, avant que d’autres pas n’approchent du duo allongé sur sa planche. Ils levèrent les yeux pour trouver un homme fumant paisiblement son cigare à l’abri d’un parapluie tenu par un quelconque employé.

"Aaah, mon DVD de Rock. Je me demandais où je l’avais mis. J’espère que la pluie n’a pas abîmé la jaquette.
- Que… qu’est-ce que vous racontez ? Et qui êtes-vous Monsieur… Monsieur… ?
- Connard. Faisons fi des formalités et appelez-moi Odieux, jeune gourgandine. Voyez-vous, c’est mon DVD que vous tenez, là.
- Et pourrais-je savoir pourquoi vous vous amusez à enterrer des DVD de Nicolas Cage ?
- On pourrait croire que c’est pour avoir un arbre à mauvais films, mais en fait non, j’ai déjà un gros verger appelé Hollywood pour ça. Non, en fait, traditionnellement, à chaque début d’année, Nicolas Cage fait un mauvais film. Le Dernier des Templiers, Ghost Rider, Hell Driver… mais cette année, il nous boude. Et comme je suis un garçon prévoyant, j’enterre des DVD de Nicolas Cage pour me faire des réserves pour les mauvaises saisons. Et en ce début d’année 2014, aucun signe de l’homme à la chevelure dadaïste. Donc je viens chercher mon DVD de réserve. Mais je vois que vous l’avez trouvé avant moi, bravo. Vous me le donnez ?
- Tenez. Maintenant, écoutez Monsieur Connard : il faut arrêter votre affaire, parce que je vous rappelle que notre métier, à nous archéologue, c’est de comprendre le passé en analysant ce que l’on découvre dans le sol. Alors si vous y mettez n’importe quoi, ça va vite être le bazar pour les générations futures, alors faites-vous oublier de mes futurs confrères et consœurs, d’accord ? Il faut nous laisser travailler maintenant.
- Ah non mais moi aussi j’ai du travail : du coup, j’ai un spoil à faire. D’ailleurs, votre histoire de trucs dans le sol, ça me rappelle les capsules temporelles, comme dans Prédictions, avec Nicolas Cage, le film qui n’a rien à voir avec son propre scénario et qui…
- DE-HORS !
- En route Diego, je crois que nous avons affaire à des rustres.  Allons plutôt faire notre devoir de début d’année et conter les aventures de Nicolas Cage au monde libre !"

0

Car oui, Nicolas Cage étant absent des salles obscures, et plus que les traditions ennuyantes des bonnes résolutions, tournons nous vers un mission folklorique de ce blog : s’occuper de l’ami Cage en début d’année. Prêts pour Rock, un film où en plus, ils ont réussi à mettre Sean Connery (le début de la fin : ensuite, il y a eu "La Ligue des Gentlemans extraordinaires") et le tout réalisé par Michael Bay ? Si tout ça ne vous fait pas rêver, c’est que vous avez perdu votre âme de sadique.

Pour les autres : spoilons, mes bons !

______________________________________

L’affiche : "L’ultimatum expire dans 40 heures". En fait, non, 36. Oui, il n’y avait qu’une seule phrase, oui, ils l’ont merdée. Quel talent !

Nous sommes en 1996, alors que Ophélie Winter et Boris sont en tête du top 50, ce qui ne nous rajeunit pas (si vous n’étiez pas nés, sales jeunes, vous vous êtes épargné bien des choses). Tout commence lors de l’enterrement d’un militaire, alors que comme il se doit, il pleut très, très fort sur l’Amérique, car quand les héros meurent, même le ciel est triste. Que l’on en déduise pas par corollaire que le Nord est une terre de héros : ça, c’est juste que Maubeuge vue du ciel, même les nuages en ont des irritations oculaires. Mais là n’est pas le sujet. Car voyez-vous, non seulement les éléments pleurent la perte des braves, mais aussi un certain général Francis Hummel du corps des Marines, qui s’est battu toute sa vie pour que les familles des hommes tombés en opérations spéciales reçoivent le dédommagement qu’elles méritent. Puisque jusqu’ici, quand un valeureux soldat en mission d’infiltration tombait, le pays se contentait de dire "Je ne vois pas de qui vous parlez, lalalala, je n’entends rien" par courrier aux familles. Et notre bon Francis est si triste de pareille injustice qu’il décide d’aller en parler à sa femme.

Qui est morte, soit dit en passant, mais visiblement, ça le ne le dérange pas. Coquinou, va !

Bref, notre homme, croisant l’enterrement militaire, s’en va sur la tombe de sa bien-aimée, et s’y agenouille.

"Chérie, ma chérie… tu me manques tellement.
- …
- Tu le sais, j’ai tout essayé pour les convaincre de réparer cette injustice, mais il restent sourds à mes appels.
- …
- Tous ces braves tombés pour le pays et qu’on a laissé pourrir…
- …
- Je ne peux plus tolérer ça. 
- J’entends bien mais je suis une pierre tombale, alors je risque pas trop de te répondre.
- C’est pourquoi j’ai décidé de passer à l’action. Je ne pouvais de ton vivant, je sais que tu aurais désapprouvé, mais c’est la seule solution.
- …
- Tiens, voici mon alliance. Et ma croix de guerre. Je t’embrasse ma chérie.
- Héééé ? Hooo ? Hé mais tu les gardes tes merdes, je suis pas ta poubelle moi ! Reprends ta quincaillerie !
- Je t’aime."

0

Après avoir déposé tout son bling-bling sur la pauvre pierre tombale (s’il avait été général en URSS, la pierre tombale se serait probablement effondrée sous le poids des médailles, nous sommes chanceux), le général Hummel repart donc mettre son mystérieux plan à exécution. Quel est-il ? Suspense. Suivons déjà la première phase de l’opération, qui se déroule le soir même à en croire la grosse pluie qui mouille qui continue à tomber et à laisser penser qu’à Hollywood, on sait faire des dinosaures ou des dragons en 3D, mais qu’on en chie toujours pour faire une pluie crédible. Bref, que disais-je ? Ah, oui :

"Fort Bullshit – Arsenal de la Marine – 10:23"

A Fort Bullshit, on s’ennuie donc un peu : les gardes patrouillent en maugréant contre les intempéries, et ceux à l’abri regardent leurs écrans  en soupirant – s’ils regardent "Norman fait des vidéos", en même temps, ça se comprend – dans l’attente de la relève. C’est bien dommage, car pendant ce temps, un commando d’une bonne douzaine d’hommes se positionne sur les toits en toute discrétion et commence à tirer des grappins dans tous les sens pour mieux y faire toutes sortes d’acrobaties. Probablement le cirque de Pékin. Et toujours pendant ce temps, le général Hummel se présente à la porte de l’arsenal, prétextant une visite de sécurité qui fait qu’on lui ouvre tout grand les portes de la base.

Comme quoi, il n’y avait peut-être pas besoin de cette histoire de grappins, mais bon, hein, le film vient de commencer aussi, chut, soyez sympas.

Les supers commandos attaquent donc les gardes, les uns après les autres, leur tirant dessus avec des "soporifiques". Dans mon souvenir, les soporifiques, c’était souvent des fléchettes ou autres projectiles, mais ici, visiblement, non, puisqu’il suffit de tirer dans le gilet pare-balle d’un mec pour qu’il s’endorme. Sacrées fléchettes les enfants, elles percent même ce que les pruneaux de guerre ne passent pas ! Toujours est-il que les gardes de la base sont rapidement maîtrisés les uns après les autres, l’un d’entre eux passant même au travers d’une fenêtre pour s’écraser trois étages plus bas lorsque des types faisant de la tyrolienne sur les câbles des grappins lui mettent des coups de tatane dans le museau. Gardez ce détail en tête, on y reviendra plus tard.

En tout cas, Hummel, rejoignant le commando, se dirige droit vers la réserve d’armes de l’arsenal où se trouve un gros sas avec marqué "Ne pas entrer : arme bactériologique super secrète",  fait ouvrir celui-ci puis ordonne à ses hommes d’embarquer un certain nombre de charges de l’arme bactériologique en question : le virus VX. Mais alors, me direz-vous, à quoi ça ressemble une charge de virus VX ? Et bien c’est un grand tube, ouvert aux quatre vents parce que les trucs bactériologiques, c’est plus rigolo comme ça (c’est un fait connu : plus c’est dangereux, plus on met ça dans un conteneur pourri, c’est tout à fait crédible), et contenant des guirlandes de boules verdâtres qui ressemblent à ce que l’on pouvait trouver en cadeau dans Pif à une certaine époque (j’espère d’ailleurs que vos pifises vont bien. Si vous ne savez pas ce qu’est un pifise, sachez que c’était un peu le Nesquik de la vie : vous mélangiez la poudre à du liquide, et pouf, des pifises prenaient vie. Personnellement, je pense que c’est aussi comme ça que l’on a généré l’équipe de "Touche pas à mon poste", mais bon). Sauf qu’évidemment, alors que les vaillants militaires transportent le bousin, il y a Michel qui glisse et qui fait tomber une boule qui part en roulant au sol. Rhooo, Michel ! Tous les militaires courent donc très vite vers la sortie pour ne pas se prendre le virus VX dans la margoulette, moins Michel qui du coup, avait pris du retard, et ses copains lui referment par conséquent le sas sur la gueule alors que la boule tombée au sol, elle, se perce en touchant un mur (oui, s’écraser au sol, rien, rouler contre un mur, prouitch. Intéressant.).

Au travers de la vitre  du sas, le commando peut donc voir Michel qui râle un peu.

"Naaaan mais ouvrez-moi les copains, allez quoi !
- Michel, non. La boule s’est percée, tout ça, il y a du virus VX plein la pièce, on n’ouvre pas. Tu es grand, tu te démerdes.
- Mais arrêtez ! Vous voyez bien que ça fait rieeeeeeeeaaaruuuughglublublublublubeuaargl – couic."

0

Je sens bien que je ne suis pas très clair. Alors, que fait le virus VX exactement ? Hé bien visiblement, une fois inhalé, il provoque une poussée d’acné qui fait temporairement ressembler la victime à une fan de One Direction ou bien à un Croustibat, tout dépend de vos références. Cela fait, la victime s’effondre en convulsant, puis, meurt dans les secondes qui suivent. C’est donc fort violent.

Le général Hummel, attristé tant du spectacle que de la perte d’un de ses hommes, ordonne donc à toute son équipe de mettre les voiles, et le mystérieux commando disparaît dans la nuit.

Même Nicolas Cage n’est pas convaincu par le système de rangement du VX, ce qui n’est quand même pas peu dire.

Attendons donc le petit jour pour voir notre homme reparaître, et cette fois-ci… à la prison d’Alcatraz ! Celle-ci, fermée depuis belle lurette, est devenue une attraction touristique. Hummel et quelques-uns de ses hommes suivent donc la visite, mais on sent bien qu’ils ont un plan, particulièrement lorsque Hummel se tourne vers deux petites écolières qui étaient juste derrière lui.

"Bonjour Mesdemoiselles !
- Ho non, c’est le vieux qui parle aux pierres tombales, relou.
- Ecoutez, il faut dire à votre institutrice que vous et votre classe devez repartir tout de suite, d’accord ?
- Ho bin oui pépé. On va dire à notre maîtresse "Hé m’dame, on peut se barrer ? C’est nul ici !" et elle va nous dire oui avant de nous ramener à son propre bateau, c’est ça ?
- Allez-y les filles, c’est très important !
- Ah nan mais il est habitué à parler aux tombes le papy, il entend plus rien quand on lui parle, c’est dramatique."

0

Et en effet : ça fonctionne parfaitement. Je vous laisse le soin de sangloter.

Hummel attend donc que le guide de la visite enferme les visiteurs dans les cellules d’Alcatraz pour simuler la vie dans la prison le temps de quelques minutes, puis, sort son pétard et explique au guide que non seulement on va laisser les touristes derrière les barreaux, mais qu’en plus, toute l’équipe d’Alcatraz va les rejoindre, allez hop. Cela fait, Hummel accueille donc deux hélicoptères militaires qui viennent se poser sur l’île une fois qu’il en a pris le contrôle, et d’où sort le reste de son commando surarmé. On trouve au sein de celui-ci, outre Hummel : le major Baxter, son fidèle bras droit, le capitaine Cox, qui tire son nom du personnage qu’il jouera quelques années plus tard dans Scrubs, les sergents Bad Guy 1 & 2 qui sont très méchants, et bien évidemment, un certain nombre de Jean-Jacques qui sentent bien que leur absence de patronyme a des effluves de pâté.

Nos larrons s’installent donc sur Alcatraz (comprendre, on les voit faire de la descente en rappel partout plutôt que d’utiliser les escaliers : c’est le syndrome dit de "Piège en haute-mer", à savoir que les terroristes adorent faire les fous sur des filins même quand les marches sont à côté), placent le virus VX dans des missiles positionnés vers la baie de San Francisco, et annoncent aux touristes qu’ils vont devoir rester enfermés jusqu’à ce que le gouvernement ait cédé aux exigences de la petite équipe. Cela fait, ils appellent le directeur du FBI, qui est vraiment un type sympa, puisque quand il décroche sa ligne directe, il répond "Directeur du FBIII ?" des fois que, on ne sait jamais, vous soyez tombés sur son numéro par hasard alors que vous vouliez juste commander une pizza quatre fromages.

"Directeur du FBIII, c’est à vous que je voulais parler.
- C’est pour ?
- Je suis le général Francis Hummel. Moi et mes hommes tenons l’île d’Alcatraz et y détenons 81 otages. Je dispose aussi de missiles de gaz VX braqués droit vers San Francisco.
- C’est pas super gentil.
- Je vous rappellerai à zéro heures pour vous faire part de mes exigences.
- Zéro heures chez vous ou chez n…
- *clic*
- Ah nan mais l’autre. Ça va être pratique, tiens, s’il file pas les détails, c’est la côte est ici, hein !"

0

Malgré ces détails techniques, Directeur du FBIII parvient donc à rassembler tout un tas de généraux, de conseillers de la Maison Blanche et autres experts autour d’une table avec des gros écrans et des cartes partout pour discuter de la situation. Le point est rapidement fait :

"Bon, les amis, je résume : nous avons affaire au général Francis Hummel. Héros de la guerre du Vietnam, de la guerre d’Irak (nous sommes en 1996, il n’y en a encore eu qu’une), de tout un tas d’autres opérations et exemplaire jusqu’ici. Visiblement, il n’est pas content. En effet, hier soir, aux alentours de 10 heures, lui et ses hommes ont pris d’assaut Fort Bullshit. Ils n’ont tué aucun garde, n’utilisant que des produits soporifiques pour…
- Et celui qui est tombé de trois étages la tête la première à cause de couillons qui faisaient de la tyrolienne ?
- Je… heu… il va… il va bien ! Sa tête a amorti le choc, tout ça, hé hé… hem. Bon, disais-je : ils ont perdu un homme dans l’affaire, en s’emparant du gaz VX qu’ils pointent désormais vers nous. Un certain Michel.
- Qu’est-ce que c’est ?
- Michel ? C’était une sorte de con, semble-t-il.
- Non, le gaz VX. C’est quoi ?
- Vous connaissez les pifises ?
- Heu… non.
- Bon, on va faire simple. Une cuillère à café de la substance VX tombant au sol tue tout le monde dans un rayon de 30 mètres. La même quantité pulvérisée par, disons, un missile dans l’atmosphère, tue tout le monde dans un rayon de 1 kilomètre.
- Ah oui, c’est embêtant. Par quoi commence-t-on ?
- Il faut éviter la panique. Les médias ne doivent rien savoir. 
- Et pour les 81 otages ? Ça va se voir quand même qu’ils ne sont pas rentrés à la maison ?
- Hihihih heu… détail ! Vous avez qu’à dire qu’ils… heu… qu’ils… qu’ils sont retenus par un tournoi de Yu-Gi-Oh !
- … et qu’est-ce qu’ils veulent les terroristes ?"

0

La conversation est bien vite arrêtée par la sonnerie de "Soirée Disco", puisque le général Hummel appelle pour expliquer de quoi il retourne.

"Bonjour les amis. Si je vous appelle aujourd’hui, c’est pour vous expliquer l’affaire : j’ai Alcatraz, 81 otages, le gaz VX, tout ça, mais que veux-je, vous demandez-vous ? C’est très simple : je veux que vous preniez 100 millions de dollars sur les fonds des ventes d’armes secrètes de la CIA, et que vous me les versiez. J’en filerai 87 aux 87 familles de soldats morts en mission d’infiltration pour compenser les pensions dont on les a empapaoutées pour garder le secret défense, et les 13 millions restant, c’est pour payer mes hommes. Vous avez 36 heures, après, je nettoie San Francisco de tous ses hipsters. Ce qui est tentant, j’en conviens, mais tout de même. Vous avez 36 heures. Pas 40 comme sur l’affiche. 36, que ce soit clair."

Hummel coupe alors la communication, laissant les larrons autour de la table dubitatifs.

Hipster de San Francisco, illustration. Personnellement, j’aurais même proposé de ravitailler Hummel une fois ses 4 missiles tirés.

 

"Hé bé. Il rigole pas le Monsieur. Bon, comment neutralise-t-on le gaz VX ?
- C’est bien le problème. La plupart des agents bactériologiques peuvent être neutralisés avec un bon coup de chaud, comme par exemple, le napalm. C’est comme ça que je soigne mes rhumes. Mais le VX, lui, résiste ! Il ne peut être détruit qu’avec du über-plasma. C’est… un truc… qui brûle bien. Mais expérimental ! On a donc pas encore de missiles capables d’en tirer sur Alcatraz pour neutraliser le virus ! 
- Oui, enfin, c’est con votre affaire.
- Qui êtes-vous ?
- Caporal Roudoudou, de la logistique. Je veux dire : si votre über-napalm, c’est l’équivalent du napalm en terme de violence, j’imagine que c’est pas vraiment de la frappe ciblée. Donc que si vous envisagez de l’utiliser, vous acceptez de tuer les otages.
- Ah oui mais on a pas trop le choix !
- D’accord, mais du coup : tout à l’heure vous avez dit que le gaz n’avait qu’une portée de 30 mètres s’il n’atteignait pas l’atmosphère. 
- Je ne vois pas le rapport.
- Bin si : pourquoi vous emmerder avec du über-plasma ou je ne sais quoi pour stopper le gaz si sa propagation se limite à 30 pauvres mètres sur l’île ? Si c’est pour la raser et tuer tous les otages, qu’il y ait en plus du gaz sur 30 mètres durant quelques secondes ou pas, ça ne change rien. Donc on peut la bombarder à l’ancienne, en fait.
- Je… que… CE N’EST PAS DANS LE SCRIPT ! Sortez d’ici, caporal, et laissez les gens sérieux travailler ! Bon, qu’en pense notre général de l’US Air Force ? En combien de temps pouvez-vous avoir des missiles au über-plasma prêts ?
- Ça fait des mois qu’on travaille dessus et qu’on y arrive pas. Mais comme vous me demandez de trouver une solution en 36 heures et que c’est un mauvais film, je suis sûr que soudain, tous nos techniciens vont avoir des idées de génie. Jusqu’ici, ils ne faisaient que se curer le nez en regardant Youporn. Enfin dans le doute, prévoyez quand même un autre plan, les missiles, ce sera un peu le dernier recours si on les a à temps.
- Parfait ! Bon, comme autre plan, je pensais à envoyer un commando leur latter la tronche. Tout ce qu’il nous manque, c’est un type qui puisse nous infiltrer tout ce petit monde, et un expert en arme bactériologiques. Directeur du FBIII, vous auriez ça ?
- J’ai bien l’expert en armes, mais pour ce qui est de l’infiltration… mmm, il y a bien CET HOMME… oui… CET HOMME super fort qui connait tout… CET HOMME qui serait idéal… CET HOMME qui est au secret défense.
- Vous pourriez pas juste fermer votre gueule et le faire venir ?
- Bon, d’accord : rendez-vous au QG Mobile de San Francisco."

0

Et qui est notre expert en armes bactériologiques à votre avis ?

Rendez-vous ailleurs au pays du hamburger, alors qu’un certain Stanley Goodspeed, plus connu sous le nom de "Ho ! Nicolas Cage !", est en train de s’ennuyer dans son bureau. Lui, sa passion, c’est la chimie et les virus. Du coup, il passe ses journées à inspecter des colis suspects parce que les méchants passent leur temps à envoyer du gaz sarin par La Poste. Ce que je fais aussi par ailleurs tous les trois colis égarés, histoire que le postier farceur découvre les joie du calembour neurotoxique (un peu comme ceux de Franck Dubosc, mais passons). Mais dans le cas présent, Stanley Goodspeed n’étant pas du genre à rire de ces choses là, il n’hésite pas à courageusement désamorcer les terribles engins, puisque oui, son expertise, c’est la biochimie, donc il a naturellement des compétences de démineur. Ah, les "scientifiques" d’Hollywood, qui maîtrisent toutes les sciences à partir de bac +3 !

Après une bonne journée à inspecter des colis, l’ami Goodspeed retourne donc chez lui pour y retrouver sa compagne, Germaine, qui a une grande nouvelle : elle est enceinte ! Mais que bon, hein, ils ne sont pas mariés, alors il va falloir remédier à ça, car c’est connu : si bébé ne peut pas consulter les actes civils du mariage en mairie, il tourne mal (par exemple, il peut devenir comptable. Brrr). Notre héros se dit donc que ça pourrait se faire, mais que déjà, il faut célébrer la chose en copulant (en soutien-gorge pour madame : n’oubliez pas Mesdemoiselles : si vous ne gardez pas le vôtre, c’est que vous faites mal les choses). Sauf que voilà, en pleine affaire, son téléphone sonne. Sacrebleu.

"Stanley Goodspeed ?
- Ici Directeur du FBIII. Venez vite à San Francisco Stanley, c’est urgent.
- D’accord *clic*.
- Mon chéri ? Qu’est-ce que c’était ?
- Juste le directeur du FBI qui m’appelait personnellement pour aller à San Francisco. Sûrement un simple exercice.
- Oui, les directeurs du FBI adorent appeler individuellement leurs employés pour des exercices.
- Tu sais quoi ? Tu n’as qu’à venir aussi. Prends un hôtel et je t’y rejoindrai.
- Ouiiiiiii hihihihi !"

0

Notre héros part donc tranquillement vers l’avion que le FBI lui a spécialement affrété et se rend à San Francisco où il est reçu par le directeur du FBI en personne, qui lui explique la situation et que non, ce n’est pas un exercice (parce que oui, c’est vraiment sa théorie, même lorsqu’il voit qu’il a un avion spécialement pour lui : non mais ces dialogues, cette qualité). Notre héros a à peine le temps de suggérer de demander à un militaire de se suicider, comme ça on pourra l’enterrer, donc il se mettra à pleuvoir de manière monstrueuse empêchant ainsi le lancement de tout missile (bin oui, quitte à être dans un film avec des règles pourries, autant les exploiter), qu’il est coupé par un imposant convoi policier qui arrive au QG mobile du FBI : un prisonnier à la barbe blanche et aux cheveux longs ressemblant à une sorte de Sean Connery en est descendu avant d’être emmené et menotté dans une salle d’interrogatoire. De l’autre côté du miroir sans tain, le directeur du FBI, Jean-Paul son adjoint et Stanley Goodspeed regardent donc le bonhomme avant que Stanley ne finisse par poser la question.

"Qui est-ce ?
- John Mason. Un ancien des services secrets britanniques. C’est un expert de l’évasion, et le seul homme à s’être jamais évadé d’Alcatraz, ce qui est secret défense. Il y a 30 ans, Mason a volé un microfilm contenant toute la vérité sur tous nos secrets d’état : les aliens à Roswell, l’assassinat de Kennedy, le concept du Wal-Mart…
- Heu… tout était sur le même microfilm ? C’était quoi ? "Les plus grands secrets – la compil’" ?
- Je… écoutez, c’est comme ça ! Toujours est-il qu’on l’a collé au trou sans procès jusqu’à ce qu’il nous avoue où il avait caché le microfilm en question. Et ça fait 30 ans qu’il refuse de nous le dire. Du coup, il nous hait un peu, surtout moi qui suis derrière sa détention. Donc vous allez y aller et essayer de le convaincre de nous aider. Jean-Paul ? Vous commencez."

0

Jean-Paul s’exécute donc et rentre dans la salle d’interrogatoire.

"Bonjour John, je suis Jean-Paul.
- Bonjour Jean-Paul.
- Il faut que vous nous aidiez à nous sortir d’une situation embêtante. 
- Et moi je veux une suite à l’hôtel du coin.
- Gnmmmgnnnuuuuuhh… aaaah il est trop fort, je craque !"

0

Et Jean-Paul sort tout énervé. Ah non, vraiment, il insiste à peine. On sent la situation de crise. Bravo le pro. C’est donc Stanley qui se décide à essayer.

"Bonjour John, je suis Stanley Goodspeed
- Bonjour Stanley.
- Il faut que vous nous aidiez à nous sortir d’une situation embêtante. 
- Et moi je veux une suite à l’hôtel du coin.
- Okay. Signez là.
- Voilà.
- Merci."

0

"Arrêtez de regarder mes cheveux comme ça Monsieur Cage, je sais très bien ce que vous leur voulez."

Et là encore, pas besoin d’exagérer : tout est réglé en moins de deux minutes. Ah si, il y a le célèbre passage dit des "mecs intelligents". Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais dans un film américain, quand deux mecs sont intelligents, soit l’un commence une citation et l’autre la termine, soit c’est un larron qui donne une citation et l’autre qui en donne la source. Juste dire un truc intelligent paraît un peu compliqué. Bon, en général, ce sont des classiques qu’ils se citent, et encore, choisis avec soin, parce que quand même, toutes les références ne sonnent pas pareil niveau érudition :

"Mason, on a une situation assez chaude sur les bras.
- "C’est la merguez, merguez party…"
- "… tant qu’il y a d’la braise, c’est pas fini". Les Musclés, Mason, moi aussi j’ai une passion pour les classiques.
- Hmmm, je vois que vous êtes un homme cultivé Goodspeed. Je pense que nous allons faire du bon travail ensemble."

0

Du coup, ils en restent à citer l’Iliade. Naze. Bref, Goodspeed fait signer à Mason une confirmation du ministère de la justice comme quoi, s’il accepte de coopérer, il sera libéré dès la fin de la mission. Sauf que sitôt que Mason a le dos tourné et est loin, Directeur du FBIII déchire le document en expliquant que hahaha, jamais Mason ne reverra le jour, il en sait trop sur les secrets du pays ! En attendant, la suite d’un hôtel du coin lui a été réservée, comme convenu, et pour lui faire plaisir, on lui a même fait livrer un beau costume tout neuf et un bon pour aller chez le coiffeur. Cependant, Mason est un fieffé gourgandin, puisqu’il profite d’une douche pour piquer une ficelle qui traînait là avant de la cacher sur lui. Cela fait, il va donc se faire coiffer sur le balcon de sa suite, sous les yeux de Goodspeed et de Directeur du FBIII. Goodspeed ne dit rien, mais il récupérerait bien tous ces cheveux gâchés pour se faire une moumoute : il reste avant tout un Nicolas Cage. Mais passons.

Car profitant d’un moment d’inattention, et une fois présentable, Mason bondit et utilise la ficelle pour faire passer Directeur du FBIII par dessus le balcon sous les yeux effarés de Goodspeed. Suspendu au-dessus du vide par la plus petite ficelle de l’histoire du cinéma (contrairement à celles du scénario), probablement faite en fibre d’orichalque tressé, Directeur du FBIII doit appeler Goodspeed à la rescousse, laissant l’opportunité à Mason de fuir. "Crotte de bique !" s’exclame donc Goodspeed, appelant d’autres agents du FBI à l’aide pour le remplacer auprès de Directeur du FBIII pendant qu’il s’élance à la poursuite de Mason.

S’ensuit une course-poursuite via des voitures que nos deux larrons volent aux clients s’arrêtant devant l’hôtel, durant laquelle Mason utilise les pouvoirs de Michael Bay, à savoir que tout véhicule qui en percute un autre, même légèrement, cause immédiatement une explosion (vous êtes dans un film de Michael Bay et vous ratez votre créneau ? 12 morts). Et comme Mason a volé un gros hummer de beauf, il fait péter tout plein de voitures sur son passage, le tout en esquivant l’autre super pouvoir de Michael Bay, à savoir les poncifs foireux : des tonnes d’événements improbables se passent donc juste devant les voitures. La petite vieille qui traverse avec un déambulateur ? Check. Les jeunes qui squattent un passage piéton ? Check. Le camion qui perd toute sa cargaison de trucs qui réduisent la visibilité ? Check. Et surtout : la course de fauteuils roulants en plein milieu d’une avenue, si, si ? Check. Véridique.

Cela fait, Mason parvient à semer tout son petit monde, à part bien sûr Goodspeed, qui lui, a compris où le fuyard se rendait : il a découvert que celui-ci avait une fille installée à San Francisco.

C’est bête que personne n’ait pensé à cet argument pour le convaincre de prendre la mission, un peu plus tôt : "Soit tu bosses avec nous, soit ta fille finit en Croustibat." Oui, vraiment ballot. Tant de talent, c’est merveilleux. Comme quoi, les films, ce n’était pas forcément toujours "mieux avant".

Mason parvient donc, en peu de temps, à joindre sa fille, à lui donner rendez-vous dans un parc du coin, à attendre que celle-ci trouve une de ses amies pour l’accompagner car elle n’est pas rassurée à l’idée de voir ce père sorti de prison qu’elle n’a jamais connu, et enfin, tout ce petit monde peut se rencontrer (ah oui, ils ont vraiment du temps devant eux), pendant que ce filou de Goodspeed observe la scène de loin et prévient le FBI de la position du fugitif. Il n’en écoute pas moins ce que se racontent les Mason père & fille enfin réunis.

"Papounet !
- Oui, ma chérie, c’est bien moi.
- Mais ? Ils t’ont laissé sortir de prison ?
- Oui… hem, hem, oui oui, c’est ça. Bon, je voulais enfin te voir, en vrai. La dernière fois que je t’ai vue, c’était sur une photo de toi où tu avais 10 ans. Comme tu as changé !
- Papa… tu sais, on ne se connait pas, ça me fait bizarre… maman m’a souvent raconté comment elle t’avait rencontré à un concert, et après comment vous… enfin, comment vous n’aviez eu que peu de temps puisque tu étais déjà un évadé et que la police est venue te tirer de la chambre à coucher de maman le soir même. Et 9 mois plus tard, j’étais là…
- Ah bin hé, moi quand je m’évade, je peux te dire que je rentabilise mon évasion. Et puis bon, la police qui vient me chercher, c’était quand même plus de panache que de sortir acheter des clopes pour ne jamais revenir, non ?
- Heu… bon, papounet, c’est cool mais… tiens, tu entends ces gyrophares au loin ? C’est pour toi ?
- Je le crains. Ecoute, je dois te dire : je veux que l’on se connaisse mieux ! Devenir un vrai père pour toi ! Rattraper le temps perdu ! Te faire rire ! T’écouter ! Te soutenir ! Te mettre des taloches dans la gueule quand tu rentres après 22 heures ! Effrayer tes petits amis ! Faire du bruit avec maman pendant que tu essaies de réviser !
- Maman est morte, papa.
- Raison de plus pour que ça fasse du bruit !
- Bon, papa, je dois partir là, vraiment… tu t’es encore évadé, c’est ça ?"

0

Mais alors que les voitures de la police et du FBI arrivent en faisant crisser le gravier pour encercler la scène, Goodspeed surgit de sa cachette, touché par cette réunion, pour dire à fifille Mason "Mais non il n’est pas évadé ! Votre père nous aide juste sur une affaire super tendue ! Pas vrai ?". Mason acquiesce et remercie Goodspeed de sa sollicitude : il n’aurait pas voulu être embarrassé devant sa fille enfin retrouvée. L’affaire entendue, tout le monde (moins fifille qui part faire des trucs de fille comme participer à la Manif pour Tous déguisée en princesse) retourne donc au QG du FBI, où Mason coopère pour de bon en indiquant les tunnels par lesquels il s’est évadé d’Alcatraz, et débouchant sous la mer. Un petit commando pourrait donc rentrer par là et infiltrer la forteresse avant de neutraliser les hommes de Hummel un par un.

"Hmmm… vous avez vu les gars ? Il y a plein d’explosions en ville et des bruits de carambolage. Je ne sais pas ce que l’ennemi prépare, mais ça a l’air diablement con."

Mais comme au FBI, on aime bien rigoler, on décide d’emmener Mason (pourquoi pas) et surtout Goodspeed, qui est une truffe sur le terrain. Non parce que attention : comme c’est un expert en chimie, ils ont besoin de lui pour neutraliser les missiles ! Bon, il n’y a pas de rapport entre la chimie et les missiles, mais c’est comme ça. Et non, les commandos n’ont pas de démineur. Et non, péter les ailerons du missile, latter leur propulseur ou autre ne suffirait pas. On va donc prendre ce gros busard de Goodspeed avec nous ! Ouaiiiiis !

M’est avis qu’ils avaient choisi le scénariste parce qu’il s’y connaissait en gaz neurotoxique. Probablement parce qu’il en avait sniffé une bonbonne pleine.

Bref : la chose décidée, et pendant que le QG du FBI fait croire à Hummel qu’ils vont payer à un moment ou à un autre ("Oui, alors le président allait signer mais il a eu un rendez-vous urgent" "Ah, c’est bête, il allait encore signer mais on a paumé le dossier" "Rooh, vous savez quoi ? Le président a fait tomber sa gomme. Vous auriez une heure de plus à nous donner le temps qu’on la retrouve ?" oui, c’est tellement crédible que ça ressemble un peu à un marché public français), la petite équipe est envoyée de nuit à l’héliport local pour se préparer. Le chef du commando explique donc de quoi il retourne.

"Bonjour Messieurs, je suis votre chef d’équipe, mais vous me connaissez déjà. Voici John Mason, il sera notre guide à l’intérieur.
- Bonsoir.
- Et ici, Monsieur Stanley Goodspeed, notre expert.
- Bonsoir.
- Enfin, nous serons aussi accompagnés par un guitariste et un batteur, chargés d’accompagner les moments forts de notre mission avec une musique aussi pompeuse qu’omniprésente.
- Bonsoir.
- Bonsoir.
- Je résume pour tout le monde : nous infiltrerons l’endroit par les tunnels sous-marins, et ensuite nous bourrerons la gueule aux méchants. Quand tout sera bon, on aura qu’à agiter nos fumigènes verts pour prévenir la côte qu’on a réussi. Il n’y a pas de questions ?
- Moi chef ! Est-ce que vous pourriez nous donner des prénoms, parce que je trouve que sinon ça pue un p…
- Puisqu’il n’y a pas de questions, en route !"

0

Chez Hummel et sa bande, on est donc peu étonné de voir s’afficher sur le petit radar qu’ils ont installé l’écho d’un hélicoptère en approche en pleine nuit : soit Puff Daddy vient faire un concert à l’improviste, soit ils ont de la visite ! Seulement, l’hélicoptère largue quelques petits véhicules sous-marins et commandos en tenue de plongeur, puis s’en va sans que les méchants aient pu voir quoi que ce soit en-dehors de leur écran radar. Peu probable qu’il s’agisse de Puff Daddy, donc. Bien vite, donc, et passant par des tunnels immergés, le commando des gentils se retrouve de son côté dans une salle… où toutes les portes sont fermées !

"Cacaboudin !" s’exclame donc le chef d’équipe "On avait pas prévu qu’on puisse rencontrer des portes fermées. On est fichus !"

Sérieusement ? Ah oui, motivés les mecs quand même. Si les terroristes utilisent des portes fermées, qui plus est quand ils contrôlent une prison, où va-t-on ?

Toujours est-il que Mason a un plan : "Je vais utiliser le tunnel, là ! Celui avec des roues qui tournent et des petits lance-flammes automatiques !"

Que ? Pardon ? Un tunnel avec des roues qui tournent (et qui ne font rien fonctionner au-dessus, soit dit en passant, elles tournent juste, comme ça, hop) et des lance-flammes ? Mais ? Pourquoi ? Qu’est-ce que… attendez, non, on vient de me répéter "Michael Bay" dans l’oreille. Très bien. L’ami Mason fait donc un numéro de ninja dans un tunnel dont on ne comprend pas bien la simple existence, puis va ouvrir la porte à ses camarades par l’autre côté, leur permettant d’envahir les souterrains de la prison. Leur objectif ? La salle des douches, où une grille devrait leur permettre de remonter et d’infiltrer le bâtiment. Sauf que…

… sauf qu’un militaire malinou a piégé ladite grille avec un détecteur de mouvement artisanal (non, ce n’est pas relié à une boîte de conserve, mais pas loin), qui fait que les commandos, pensant le désamorcer comme un détecteur classique, se retrouvent repérés sans le savoir par tous les méchants qui se mettent en position au-dessus de la salle des douches, prêts à accueillir les intrus ! Tout le commando monte donc, à l’exception de Mason et Goodspeed, laissés en arrière pour… parce que… parce que.

C’est donc une grosse surprise pour l’unité d’élite lorsque, à peine déployée dans les douches, elle voit tout autour d’elle des hommes en armes la braquer, et le général Hummel apparaître. Toujours se méfier des douches des prisons, pourtant, ils le savaient. Hummel n’en a pas moins envie de papoter :

"Super commando d’élite ! Ta mission s’arrête là. Je ne veux pas ta mort, alors : pose les armes.
- Non ! Je sers les Etats-Unis, jamais je n’obéirai à un sale terroriste !
- Moi aussi, je sers les Etats-Unis ! Trop de gens comme nous sont morts sans les honneurs, c’est pour vous, pour nous que je fais ça ! Posez vos armes.
- Non !
- Allez.
- Nan.
- Steuplé.
- Nan.
- Faipatapute.
- Stoilapute
- Nan stoi et pas l’droit de retoucher son père !
- Dammit !"

0

Ce fabuleux dialogue est cependant interrompu par un soldat qui fait du bruit sans le vouloir (non, pas comme ça bande de scatophiles), et faisant sursauter tout le monde, déclenche la fusillade. En quelques secondes, tout le commando des gentils se fait donc massacrer, et celui-ci portant de petites caméras, depuis le QG du FBI, on assiste donc au massacre. La fine équipe ainsi malmenée, ne restent donc, planqués dans les souterrains, que Goodspeed et Mason qui se disent que tout cela ne sent pas très bon, voire carrément comme mamie. Après avoir récupéré la radio et les armes d’un cadavre tombé entre eux depuis la salle du dessus, nos deux larrons se mettent donc en mouvement pour s’éloigner. L’occasion pour eux de papoter, le tout, à haute voix bien sûr : c’est pas comme si on venait de massacrer tous leurs petits copains.

"Ça alors ! Je ne m’attendais pas à ce que tous ces personnages secondaires sans nom meurent"

 

"Mason ! Mason, où allez-vous ?
- Mais, je me barre mon petit Stanley. Cette mission est un échec, vous n’avez plus besoin de moi.
- Non, vous devez rester !
- Ah oui, et pourquoi ?
- On vous a engagé en vous disant que c’était pour une prise d’otage… mais ce n’est pas que ça : ces brigands menacent tout San Francisco avec du gaz VX qui fait bobo ! Votre fille est à San Francisco ! Ma fiancée est venue me rejoindre à San Francisco."
0

Ah oui, d’ailleurs : en apprenant que ce n’était pas un exercice, Goodspeed a tenté de dire à sa dame de ne pas venir, mais suite à un subtil quiproquo (si vous aviez un détecteur à ironie, je viens de coincer l’aiguille dans le rouge, je sais, je suis surpuissant), elle est viendue quand même. Sauf que Goodspeed a prévenu le FBI de la mettre en sécurité. Ils l’ont donc… mise dans une voiture avec un garde. Voilà voilà. Et comme elle n’a pas voulu rester (c’est étonnant : moi, dans le coffre, les invitées ne font jamais de chichis), ils ont décidé de l’amener directement dans la salle de commandement du FBI pour qu’elle assiste à tous les trucs top secrets.

Je vois : c’est donc tout ou rien. Et concernant ce film, j’ai déjà choisi mon camp. J’avais tort plus haut concernant le scénariste : le truc neurotoxique c’est carrément le scénario.

Soit, faisons fi de la chose et revenons à nos larrons qui pataugent dans les souterrains en parlant chiffons.

"Goodspeed… pourquoi ne m’avez-vous pas dit plus tôt qu’il y avait des armes pointées vers San Francisco !
- Parce que c’était top secret !
- Sachant que je fais partie de la mission top secrète, et que j’allais de toute manière voir les armes en question, à quoi ça servait de me cacher cette information à part me donner le moins de raisons possibles de coopérer ?
- Ah ? Heu… ah bin oui. Je ne sais pas.
- Ce film est décidément une bien belle merde mon cher Goodspeed, poursuivons donc !"

0

Convaincu du bien fondé de la mission, Mason accepte donc d’aider Goodspeed à, au moins, désamorcer les missiles terroristes. D’après leurs informations, il y aurait quatre emplacements à attaquer, dont un mystérieusement placé dans la morgue (parce que les super caméras de l’armée ont repéré les missiles même à travers douze couches de roche). C’est donc par là que nos héros vont commencer. Seulement voilà, tout n’est pas si simple : le capitaine Cox et ses hommes ont bien remarqué que les armes et la radio du cadavre retombé dans les souterrains avaient disparu. Ils soupçonnent donc, soit des gitans, soit des survivants du commando. Mais comme ils n’ont aucune caravane sur leur radar, ils en déduisent qu’il y a encore du gentil militaire là-dessous. Et commencent donc à jeter des grenades là-dedans ; sauf qu’un soldat plus taquin que les autres décide de balancer directement une sorte de méga bombe artisanale, faite à partir d’une bouteille de gaz, d’un détonateur et de patafix. Le résultat est des plus impressionnant : il provoque une explosion dont les flammes ravagent à peu près 6 kilomètres de tunnels et d’égouts en remontant la moindre canalisation. J’espère qu’aucun otage ne faisait caca à ce moment là, sinon le bougre a dû découvrir une nouvelle forme d’inflammation des intestins de manière aussi surprenante que spectaculaire.

Mais nos héros ont échappé à tout cela quand même, tout simplement en plongeant dans le fond d’eau qui parcourt les souterrains. Yay !

Quelques minutes plus tard, ce sont donc un Mason et un Goodspeed quelque peu échaudés qui arrivent à la morgue, Mason tuant les deux soldats sur place assez promptement à l’aide de sa célèbre mitraillette aux balles illimitées. Goodspeed peut donc entamer le désamorçage des missiles qui étaient entreposés là. Et là, attention.

"Bon alors… d’abord, je dois ouvrir le missile…
- On ne pourrait pas juste le saboter ?
- Non… je dois… ouvrir… le… missile…
- Bon, okay. C’est vous l’expert.
- Maintenant… je dois… manipuler les guirlandes… de bouboules de VX…
- Wow, ça a l’air dangereux. Et vous en faites quoi ? Non parce que le film ne le dit pas. Elles disparaissent à chaque scène.
- Je les glisse… dans un tiroir…
- Ho, bin oui. C’était tellement évident. Les boules de gaz mortel entre les chaussettes et les slips, gros professionnalisme.
- Maintenant… je vais démonter… les puces de guidage… parce que oui… mystérieusement, il y en a 12 par missile…
- Non mais vous déconnez mon vieux. Vous êtes en train de démonter tout le missile juste pour pourrir le guidage ? On risque de mourir douze fois au démontage juste pour que vous retiriez un truc qui n’empêche pas la mise à feu ? Et si les mecs veulent s’en servir comme roquette, hein ? Genre, à tout hasard, s’ils avaient des hélicoptères ? Ou juste, ils peuvent encore les tirer au hasard sur San Francisco, ce sera simplement moins précis ! Vous, vous êtes du genre, pour arrêter une voiture piégée, à rentrer dedans pour retirer le GPS !
- Détruire… les puces… VOILA ! Allez, on passe au suivant ?"

0

Avant que Mason ne puisse gifler Goodspeed, qui est définitivement un Nicolas Cage, ceux-ci sont interrompus par l’arrivée impromptue de vilains qui venaient voir pourquoi ça ne répondait plus à la morgue. Autant dire que fusillade il y a, et que nos héros plongent dans les souterrains en quatrième vitesse, mais pas par le même passage : cette fois, ils débouchent dans des grottes sous l’île qui servaient bien avant la prison actuelle. Et donc, remplie de… de… hmmm, tiens ? De rails et de wagons de mines. Et de cordes pour tirer tout ça dans tous les sens ! Ça alors, ça aussi, quelle originalité. Et non ma bonne dame, rien n’a pourri : tout est encore en parfait état ! Les méchants et les gentils peuvent donc se faire une petite séquence de baston dans des wagons, jusqu’à ce que le capitaine Cox et ses deux hommes soient mis hors de combat par nos héros, puisque même Goodspeed a décidé de se servir d’une arme pour aider. Bravo les gentils ! Vous avez gagné !

La fameuse scène de désamorçage des missiles : notez que notre héros est en train de démonter la partie qui ne l’intéresse pas pour atteindre le missile, qui est en fait posé à côté.

Sauf que non, car soudain, alors que nos héros retournent vers les coins plus modernes de la prison pour tenter de neutraliser le prochain missile, ils entendent une voix dans les hauts parleurs qui, à leur grande déception, n’est pas celle d’un forain leur proposant un tour gratuimmmalléallétoulemondesamuuuuuse (oui, en forain, c’est un seul mot. J’ai fait forain en plus du latin et du grec, j’aime bien les langues mortes). C’est Hummel qui vient mettre les choses au point :

"Chers survivants du commando, je me permets de vous interpeller pour vous dire que ça commence à bien faire les conneries. J’ai avec moi Monsieur Bob, otage de son état, qui ne veut pas mourir. Alors soit vous vous montrez, soit j’aide Monsieur Bob à ouvrir tous ses chakras, voire carrément son troisième œil lors d’une séance "yoga & 9mm". A tout de suite les copinous !"

Nos héros sont bien embêtés : ils ne connaissent pas ce Monsieur Bob. Parce que bon, si ça se trouve, c’est un brave père de famille qui ne mérite pas son sort. Ou bien au contraire, c’est un type qui écoute du Booba très fort, auquel cas, c’est une perte acceptable. Mais dans le doute, autant le sauver. Mason propose donc de se rendre le temps de faire diversion pour que Goodspeed puisse aller saboter le prochain missile, qui est situé dans un coin tout sombre, bien évidemment sans aucun garde, c’est pas comme s’ils n’avaient que ça à surveiller.

Ah bin oui, d’accord. Bon, moi je vais lire un truc, je laisse le film continuer, hein, à ce stade, il n’y a plus rien à faire.

Mason fait donc gagner du temps, comme prévu, en allant voir Hummel en faisant la causette, salut qui es-tu, pourquoi fais-tu ça, moi je suis un patriote, toi aussi, nous sommes pareils, mais non, tu as vu, il fait moche, tout ça c’est les cocos avec leurs spoutniks qui nous dérèglent la météo, et puis je suis vieux et j’ai mal aux reins quand il va pleuvoir. Et pendant que les deux petits papys s’entretiennent, Goodspeed parvient donc à saboter le missile sous les yeux de deux gardes sortis de nulle part qui, plutôt que de lui péter  la gueule, prennent le temps de descendre en rappel (on a dit syndrome de Piège en haute-mer !) trèèèès lentement au-dessus de lui pour mieux lui faire peur (pendant qu’il a le VX en main, un coup à mourir comme une merde). Ah non mais vraiment, rien ne nous sera épargné. Goodspeed est donc arrêté, mais seulement juste après avoir neutralisé le bousin qui allait bien. Chapeau les gars !

Du côté du QG du FBI, on est donc bien embêté : leurs deux derniers hommes viennent de se faire capturer.

Quelqu’un a bien proposé qu’on envoie un second commando, mais l’idée a été abandonnée parce que "ça suffit comme ça !" ce qui, effectivement, est un argument puissant. On va plutôt faire du rien et attendre que l’US Air Force conçoive des missiles au über-plasma en moins de 12 heures maintenant, ce qui est complètement crédible.

Nous retrouvons donc nos héros en prison, bien embêtés par toute cette histoire. Et comme les méchants sont sympas, ils ne leur ont laissé personne pour les surveiller (là encore ; question donc : qu’est-ce que ces mecs surveillent durant tout le film ? Une salle vide ? Une chaise ? Un parpaing qui a l’air louche ? Mystère), ce qui permet à Mason, qui s’est déjà échappé une fois d’Alcatraz, de remettre le couvert en filant hors de sa cellule avant de libérer son copain Stanley tel un David Copperfield en tenue commando. Tous deux reprennent donc le chemin de l’aventure pour distribuer des claques aux méchants, et parviennent même à se frayer un passage jusqu’au QG de Hummel, qu’ils peuvent observer depuis une petite cachette. Ho, et en chemin, ils ont même trouvé, pif pouf, une des armes de leur commando, qui n’avait rien à faire là mais qui n’attendait qu’eux ! Ça alors ! C’est fou tout ce qu’il se passe dans ce film.

Mais Hummel, lui, en a justement marre puisque les 36 heures de son ultimatum seront écoulées dans 3 minutes à présent. Il reçoit donc un appel de QG du FBI.

"Allô ? Où est mon pognon ?
- Hahaha, figure-toi qu’on l’avait préparé, mais que là, ya Billy, il l’a posé sur le canapé, et hohoho, tu vas rire, le chien l’a mangé !
- Vous l’aurez voulu, je tire.
- Ho bé non alors ! Pas avec notre super bluff !"

0

Et en effet, San Francisco n’ayant pas été évacuée pour ne pas causer de panique, et puisque c’eut visiblement été un peu compliqué en si peu de temps, il y a un match de curling au stade du coin. Hummel tire donc l’un de ses deux missiles restants vers celui-ci et…

Bon, déjà, tout le monde se dit "Mais pourquoi on a pas simplement mis des défenses anti-missiles pour intercepter le bidule au décollage, là où il est le plus facile à cartonner ? On est cons ou bien ?", mais ce n’est pas tout.

Car "plouf !" fait le missile. Oui, plouf, car il s’écrase dans la baie, et tout le monde souffle, car après tout, un missile rempli de je ne sais combien de bouboules de VX écrasé dans l’eau juste au bord d’une côte surpeuplée, ça n’est sûrement pas dangereux, hop, c’est donc oublié. Le VX, ça part à l’eau. C’est pour ça que vous n’en voyez jamais dans les pubs du genre "Maman, j’ai un match dans 5 minutes et du VX plein mon maillot !" : tout le monde sait qu’il n’y a même pas besoin de lessive pour le neutraliser. Enfin bon.

A l’intérieur d’Alcatraz, c’est donc la grosse surprise, et Bad Guys 1 & 2 se tournent donc vers Hummel et son fidèle Baxter, qui eux, n’ont pas l’air plus surpris que ça.

"Mon général ! Pourquoi tout le stade n’a-t-il pas eu une soudaine poussée d’acné ?
- Parce que j’ai dévié le missile. Je ne suis pas un assassin.
- Pardon ? Mais on va passer pour des cons !
- C’est bien trop tard, souvenez-vous de tout ce qu’on a fait depuis le début du film. Non, toute cette mission était du bluff : je voulais obtenir quelque chose, ils ont tenu malgré mon bluff, ils gagnent. Voilà. Je prends la responsabilité, et on rentre à la maison. Je suis sûr que ça va très bien se passer.
- Alors là ! Nous, on est venus que pour le fric ! Tant qu’on l’a pas, on ne rigole pas ! Pour la peine, on va vous crever !"

0

Encore un enterrement militaire qui se profile : inondations à prévoir.

Et, ça alors ! Bad Guys 1 & 2 révèlent alors qu’ils sont vraiment méchants et tuent Hummel et Baxter. Sur ces entrefaites, Mason débarque et mitraille à son tour les méchants soldats venus en renfort des Bad Guys. Goodspeed, lui, file vers le phare de l’île où se trouve le dernier missile, poursuivi par Bad Guys 1 & 2 qui ont survécu à l’affaire. S’il parvient à se débarrasser de Bad Guys 1 par quelque rebondissement tout pourri que je vous passe, Bad Guys 2 s’accroche et débarque alors que notre héros est en train de démonter le dernier missile. Une petite baston s’engage durant laquelle une bouboule de VX s’échappe, et notre héros décide de la coller dans la bouche de son adversaire, qui effectivement, se croustibatise instantanément. Stanley commence aussi à prendre cher, mais il est cependant aidé de plusieurs choses :

  • Déjà, c’est Nicolas Cage : il est tellement inexpressif que même le gaz a du mal à l’affecter
  • Ensuite, il a dans sa combinaison une seringue d’atropine à se planter dans le cœur, puisque oui, il avait ça quand le commando est parti de la côte, et non, personne ne l’a fouillé en le mettant en tôle, parce qu’une méga seringue, c’est pas dangereux après tout
  • Enfin, c’est le gentil et c’est un mauvais film, il s’en tire donc forcément

Proutch ! Fait la seringue. Kof-kof ! Fait le Nicolas Cage. Fuiiiit, fait le gaz en se dissipant, tout déçu de n’avoir pas pu tuer Stanley Goodman, celui-ci devenant instantanément immunisé grâce à l’atropine (évidemment. D’ailleurs, pour la petite histoire, le commando est parti désamorcer des missiles de gaz… sans masque à gaz. Mais c’est sûrement un détail, pas vrai ? Et idem pour les méchants qui manipulent tout ça sans souci tout le long du film, voilà, mais c’est juste un détail : ce n’est jamais que le thème du film après tout). Mais alors que notre héros est par terre avec encore sa seringue plantée dans le torse à subir les effets secondaires de l’atropine (qui sont, je le rappelle : sécheresse de la bouche et de la peau, constipation et rétention d’urine, la classe quoi) , il note quelque chose à l’horizon : des avions de chasse approchent ! L’US Air Force a découvert le secret du über-plasma et a conçu les missiles qui vont bien en quelques heures, et persuadés que le commando avait échoué, les gens du Pentagone ont demandé le bombardement d’Alcatraz !

Notre héros sort donc (au ralenti), attrape donc les deux énormes fumigènes verts qui étaient dans ses poches (non, ça non plus, on ne lui avait pas pris, vraiment, c’est formidable), et fait coucou aux avions.

"Aigle 1 à Aigle 2 ! Regardez, des fumigènes ! Il y a un type qui a l’air super constipé qui nous fait des signes !
- Sûrement un hippie ! Rah, je hais cette ville !
- Non, arrêtez chef, regardez : on dirait… on dirait une sorte de Nicolas Cage ! 
- FEU FEU FEU !"

0

Et en effet, si tous les avions en voyant les fumigènes retiennent leur tir, l’un d’entre eux, tireur précoce, a déjà envoyé la sauce. Qui provoque donc une très grosse explosion sur l’île et souffle notre héros sur quelques mètres, mais ça va, merci. Quoi une seringue dans le cœur ? Oui, non, ça non plus, ça n’empêche pas de péter la forme. Et vous, ça va ?

Au QG du FBI, tout le monde est donc super content, et appelle donc l’ami Goodspeed sur toutes les fréquences radio. Sitôt que celui-ci en a chipé une sur un cadavre, il déclare donc solennellement :

"On a gagné.", ce à quoi on lui demande ce qu’il en est de l’état des troupes. "Tous les otages sont vivants. Je dis ça, je ne peux pas le savoir puisque je ne les ai pas vus alors qu’il vient en plus d’y avoir une grosse explosion, mais je vous l’annonce, on est plus à ça près. Et tout le reste du commando est mort. Même le batteur, il ne reste que le guitariste pour accompagner la fin du film." et voyant son bon ami Mason à son côté, et voulant lui faire plaisir, il ajoute "Et Mason est mort, tué dans l’explosion provoquée par votre avion un peu con, du coup on ne retrouvera jamais son corps, heureusement finalement vu que vous aviez déchiré sa grâce et que sinon il serait retourné en prison."

Mason est donc heureux de voir que Goodspeed est définitivement un brave type. Et pour le remercier, il lui donne un petit papier sur lequel est inscrit, en sus d’une ordonnance pour des dragées Fuca, l’adresse d’une église au milieu de nulle part, avec pour indication d’aller y fouiller le pied creux d’un banc. Puis, il s’en va… et disparaît comme il sait si bien le faire, hop. Quel Gérard Majax celui-là !

Nous retrouvons donc notre bon Stanley bien plus tard et fraîchement marié, sortant en courant de l’église en question alors que le prêtre le course pour avoir défoncé un banc (ça sent l’enfer éternel ça, Dieu est super bougon dès que l’on touche à son mobilier). Goodspeed bondit dans la voiture alors que sa femme démarre et fonce, puis, notre héros ouvre la petite boîte trouvée dans le banc : les fameux microfilms avec tous les secrets des Etats-Unis !

Il va donc peut-être enfin pouvoir percer le mystère des mystères : qui est le con qui a eu l’idée de créer un état de Washington à l’extrême opposé de Washington ?

Et cela fait…

… FIN !

Actor’s Studio : saurez-vous retrouver l’effet secondaire de l’atropine que notre héros joue sur cette image ?

______________________________________

Forêt de Rambouillet, 9 janvier 2014

"Patron, j’ai creusé assez profond, on peut rentrer maintenant ?"

Diego, les manches de la chemise retroussée, agita les bras au-dessus de la tête dans la lumière des phares du véhicule. Voyant mon signe de tête approuvant son propos, il fit glisser le gros paquet à côté de lui jusqu’au fond du trou avant de s’en extirper et de commencer à recouvrir le tout.

"Quand même patron, elle avait peut-être raison, la dame…
- Quelle dame ?
- Celle du chantier d’archéologie. P’têtre que vous devriez pas enterrer toutes ces filles.
- Et puis quoi ? Tu veux pas que je leur laisse mon numéro avant qu’elles ne rentrent chez elles aussi ? Qu’elles me rappellent ensuite ? C’est pour ce genre de réflexion que c’est moi le patron, mon petit Diego.
- Bon… mais quand même.
- Quand même quoi, vil laquais ? 
- Quand même… p’têtre qu’elle avait raison. P’têtre que ça pourrait poser problème, dans le futur.
- Diego, assez d’âneries pour ce soir. Finis ce que tu as à faire et rentrons, il commence à faire frais et un brandy serait bien mérité."

0

Le serviteur s’exécuta, et une fois son labeur terminé, se glissa derrière le volant. Voyant son regard perplexe dans le rétroviseur, je décidai de le rassurer une dernière fois.

"Allons Diego", lui dis-je, "Que pourrions-nous bien faire de mal ici aux gens du futur ?"

Il haussa les épaules, et bientôt, la berline se mit en route avant de disparaître dans la nuit.

* * *

Université de Paris XXXII, 17 mars 2742

"Avant de terminer cette thèse, j’aimerais synthétiser mon propos !"

La jeune femme dessina en l’air quelques signes à l’adresse de son droïde à hologrammes, lui indiquant la marche à suivre. Comme convenu, celui-ci ronronna légèrement en affichant au milieu de la salle une représentation en 3 dimensions du chantier d’archéologie préventive réalisé avant la construction du nouveau spatioport de Rambouillet.

"Comme vous pouvez le constater, il semble qu’il se trouvait ici, au début du troisième millénaire, une forêt à en croire les fossiles que nous avons trouvés, ce que les documents de l’époque tendent à confirmer. Maintenant, voyez ce que nous avons découvert : de nombreux corps féminins enterrés là. Tous plutôt jeunes. Et tous ayant subi des coups d’une arme contondante, visiblement équipé d’un fer relativement large. D’après le tableau des ustensiles de l’époque, il aurait pu s’agir d’une pelle. Par ailleurs, elles portaient toutes sur elle un objet identique où était inscrit en runes primitives "carte étudiante""

Il y eut un murmure d’approbation dans la salle pour saluer l’exactitude des travaux et des analyses de la brillante archéologue. D’un mouvement de tête, elle remercia l’auditoire tout en l’invitant à la laisser conclure.

"Ce qui ne nous laisse donc qu’une seule conclusion possible."

Les présents retinrent leur respiration : l’estocade finale de la science allait porter le coup fatal au drap usé de l’ignorance.

"Aux alentours de l’an 2000-2050 vivait en forêt de Rambouillet une tribu d’amazones, qui combattait à coups de pelle, arme visiblement répandue dans la région. Les amazones de Rambouillet ont toutes été enterrées de la même manière puisqu’elles appartenaient à la religion "étudiante", comme l’indique les cartes trouvées sur elles, signe d’appartenance. Nous sommes donc bel et bien en présence d’une nouvelle peuplade jusqu’alors inconnue !"

Il y eut un tonnerre d’applaudissements dans la salle pour accueillir l’affirmation, et la jeune femme salua longuement le public, avant de faire signe à son droïde pour qu’il fasse défiler les images réalisées par des artistes reconstituant des scènes de vie de l’époque : les amazones de Rambouillet partant au combat en chevauchant de légendaires vélib’, les amazones de Rambouillet combattant vaillamment à coups de pelle contre une autre tribu descendue de la mythique Bourg-la-Reine, ou encore les amazones de Rambouillet vénérant CROUS, une divinité supérieure au sein de la religion étudiante.

La jeune archéologue rougit de plaisir à l’idée d’avoir ainsi fait avancer la science.

Hunger Games premier du nom m’avait été présenté par un certain nombre de personnes comme "un bon film".

Après avoir retrouvé les coupables pour les jeter dans une arène afin qu’ils s’y entretuent pour mon bon plaisir (l’endroit s’appelle "Marseille"), je fus donc très étonné lorsque des voix s’élevèrent pour m’annoncer que Hunger Games II : l’embrasement était "encore mieux que le premier". Quelque chose me dit que l’insécurité n’est pas près des’arrêter dans la cité de la Bonne Mère. Mais, permettez-moi, en amont de ce spoiler, de vous rappeler, justement, les événements qui firent du premier volet un excellent motif pour s’adonner à la boisson.

Hunger Games I : 

Katniss est une jeune fille qui vit avec sa sœur Primrose dans le district 12, le Maubeuge du futur. Comme chaque année, le Capitole, capitale locale, vient chercher un garçon et une fille pour les envoyer au Battle Royale aux Hunger Games affronter les élus des 11 autres districts afin qu’ils s’y entretuent, comme ça, parce que ça fait marrer le Capitole, hihihi. Suite à divers trous scénaristiques, Katniss part donc pour les jeux accompagnée de Peeta, l’homme pain à kebab. Ensemble, ils maravent la gueule à tout le monde, là encore aidés par des ficelles grosses comme baobabs, puis pour pourrir le groove du Capitole et ne lui donner aucun vainqueur, décident de se suicider ensemble, amants maudits, tout ça. Les Hunger Games sont aussitôt arrêtés car les deux jeunes gens, qui ont fait chavirer le cœur du public, doivent être sauvés selon lui. Katniss et Peeta sortent donc vainqueurs, riches et populaires, alors que le big boss du Capitole, le président Snow, comprend lui que les Hunger Games et Katniss ont donné aux districts des envies de rébellion (ça alors !), nique le système, no future.

Et nous nous en arrêtions là, ce qui aurait été bien suffisant. Sauf que non. Toujours est-il que le spoiler, lui, est ici.

Prêts pour la suite ? Alors spoilons, mes bons !

___________________________________

L’affiche : TOUT est sur le thème des flammes ; voilà qui promet !

Tout commence du côté du district 12, alors que l’hiver est là, et qu’il fait froid, là, dites.

Katniss et sa bouille permanente de jeune fille mi-contrariée, mi-étonnée sont en train de méditer en regardant l’horizon quand elle est rejointe par Gale, son petit ami. Celui-ci est un peu grognon : en effet, si Katniss lui fait des bisous et lui dit qu’elle l’aime, il n’en reste pas moins que lors des Hunger Games, pour avoir le public de son côté, Katniss a simulé une histoire d’amour avec Peeta. Du coup, hein, bon, il ne sait plus trop avec qui elle simule quoi et quand, et c’est bien embêtant. Après avoir quelque peu débattu du sujet, nos deux larrons vont chasser pour se changer les idées, l’occasion de découvrir que Katniss a été traumatisée par les Hunger Games et qu’elle en a des hallucinations (moi aussi : parfois, je revois les critiques de la presse professionnelle).

Enfin juste dans cette scène, après, plus rien, pouf.

Hé bien d’accord, je vois qu’on commence bien. Le fumet de la bouse se ferait sentir si tôt ? Ne soyons pas trop sévères.

En parlant de bouses, nos héros rentrent chez eux après la chasse, comprendre la pauvre cité minière du district 12. Et si Gale habite encore dans une demeure faite de crottin et de planches de poulailler, Katniss, elle, a une superbe demeure dans "le village des vainqueurs", voisin du coeur du district 12, et où seuls ceux ayant remporté les Hunger Games et leurs familles demeurent(comprendre : elle, Peeta et leur vieux mentor alcolo, Haymitch). Et non, Katniss ne lui propose pas de venir habiter chez elle. Elle pourrait, parce qu’après tout, les Hunger Games sont finis et donc qu’elle n’a plus rien à simuler avec Peeta, mais hihihi, c’est tellement plus rigolo de regarder Gale mourir de froid avec sa famille de prolos. On en conclura donc que Katniss est bien une gourgandine de bas-étage, mais passons.

Car de retour chez elle, Katniss est bien étonnée, puisqu’elle y trouve l’y attendant, non pas un chocolat chaud, mais le président Snow. Flûte.

"Bonjour, Katniss.
- Président Snow. Que faites-vous là en lieu et place de mon fucking chocolat chaud ?
- Il suffit. Je te propose que l’on ne se mente pas, d’accord ? Bon. Les derniers 74e Hunger Games, je n’ai pas vraiment aimé comment ça s’est terminé. D’ailleurs, j’ai fait exécuter le précédent producteur. Les gens des districts ont vu en toi un espoir, quelqu’un qui ne se laissait pas faire, une provocation face à mon autorité. Alors que moi, j’ai juste vu une fille avec des pommettes qui font peur, mais passons. Certains envisagent une rébellion dans les districts à cause de tout cela.
- Parce qu’en 74 ans de jeux où vous tuez des enfants, personne n’y a pensé avant ?
- Non, cette saga est trop mal écrite. C’est toi, Katniss, grâce à ton… heu… pffff… hihi… hem, pardon : ton charisme ? Qui leur a donné envie de faire n’importe quoi. Alors voilà ce que tu vas faire : je sais que ton histoire avec Peeta, c’est du pipeau à grelots. Ce qui prouve que tu es bonne actrice. Alors, comme chaque année, nous allons procéder à la tournée des vainqueurs, où les gagnants du précédent Hunger Games vont dans chaque district faire coucou. Et partout où tu iras, tu diras des choses comme "Le capitole, c’est youpi", et "La rébellion, c’est cacaboudin".
- Et sinon ?
- Sinon, je transforme ta mère et ta sœur en descentes de lit. Et je bombarde tous tes amis, et le district 12 avec pour faire bonne mesure.
- Dit comme ça, c’est drôlement plus motivant, dites."

0

Le président Snow, satisfait de sa prestation, repart donc en laissant Katniss dépitée. Celle-ci n’a pas vraiment envie de chanter les louanges du Capitole, mais bon, c’est ça ou voir sa famille conviée à une soirée napalm & barbecue. Peu de temps après, elle est donc invitée à passer à la télévision avec Peeta pour dire au public que holala, c’est trop super d’être amoureux, et que hihihi, merci le Capitole ! Puis, c’est dans un train que l’on envoie le duo, pour aller faire le tour des districts. Ils sont accompagnés d’Effie, la déléguée du Capitole en charge de leur cas, et d’Haymitch, qui n’a strictement aucune raison de les accompagner, mais est là quand même, on va dire qu’ils l’avaient glissé dans un sac à main. Puis, la tournée commence par le district 11, dont le casting n’est pas sans rappeler les plus grandes heures du Prince de Bel-Air. Le district 11 étant un district de pauvres, c’est donc un district de gentils (contrairement aux riches, qui sont tous méchants, rappelons-le), et ses candidats de l’année précédente étaient donc parmi les gars sympas. Peeta se lance donc dans un discours cucu qui s’achève par le fait que lui et Katniss partageront leurs gains avec les familles des candidats du district 11, puis Katniss rajoute un soupçon de praliné sur le cucu, provoquant ainsi une scène étrange :

En effet, dans la foule, un vieillard sifflote et lève trois doigts en l’air, le signe de ralliement contre le Capitole. Toute la foule le suit, mais bon, pas longtemps puisque la sécurité intervient en attrapant papy et lui collant une balle dans la tête. Katniss est donc toute choquée et parvient à s’isoler avec Peeta et Haymitch pour faire le point.

"C’est affreux ! Affreuuuux ! Affreuuuuuuuuuuuuux !
- En même temps, c’est une dictature, hein, je sais pas trop à quoi tu t’attendais.
- Nan mais en plus je vous l’ai pas dit mais le président Snow est venu me voir ! Il m’a demandé de me montrer super pro-Capitole pour éviter ce genre de dérapages ! Et sinon, il tuera tout le monde au district 12 !
- Ah oui, d’accord. Et sinon, tu comptais nous le dire quand ? Parce que c’est vaguement important comme information, sachant que ça touche aussi nos familles. Mais au fait… moi aussi je suis un gagnant du dernier Hunger Games ! Moi aussi j’ai défié le Capitole ! Alors pourquoi le président est pas venu me voir pour dire la même chose ?
- Peut-être parce que personne n’en a rien à faire de toi, Peeta ?
- Ah bin oui, tiens. Ça répond à ma question."

0

Je voudrais bien dire que j’exagère, mais non. Peeta, c’est un personnage auquel personne n’adresse la parole ou presque, qui disparaît régulièrement dans certaines scènes tant sa transparence rend sa présence superfétatoire, et dont la seule mission est de générer aléatoirement des ennuis ou de la tension pour le personnage principal. S’il y a une peau de banane, il glisse dessus, s’il faut se faire discret, il marche sur le chat, s’il faut s’échanger de bons livres, il ramène du Guillaume Musso.

Toujours est-il que la petite équipe est invitée à remonter dans le train pour aller vers le district suivant. Et cette fois-ci, plus d’improvisation : Katniss comme Peeta se contentent de lire les discours écrits pour eux avec le moins d’enthousiasme possible, en expliquant que le Capitole, c’est trop super, qu’obéir, c’est cool, et que les Hunger Games, c’est choupet. La foule, peu dupe, leur hurle donc de cesser de lire leurs fiches et de dire ce qu’ils pensent vraiment. Enfin quand je dis "Ils", là encore : ils implorent Katniss, Peeta, ils ne l’ont même pas remarqué. Ils pensaient que c’était juste un gros pain au chocolat qui parle. Mais nos héros ne voulant pas voir leurs familles finir avec la moitié de la flotte aérienne du Capitole venue se vider les entrailles sur leurs familles, ils s’en tiennent définitivement à leurs fiches. Même lorsque les foules s’agitent et se rebellent, seulement contenues par la sécurité locale.

Rappel : le Capitole cherche à donner l’impression que nos héros s’expriment de leur plein gré. Nul doute que l’idée de mettre un gros Monsieur de la sécurité juste derrière eux va tout à fait dans ce sens.

A ce stade, vous avez dû remarquer que là encore, Katniss est con comme un sabot : si elle veut sauver sa famille, le président Snow lui a demandé de jouer la comédie. Donc soit elle y met du sien en lisant les discours, soit elle ne les lit pas, mais les lire sans conviction, ça revient à faire du François Hollande : ni le Capitole, ni les districts ne sont satisfaits. Mais comme le script est rempli de grosses ficelles, les districts sont contents quand même, voire acclament carrément Katniss, pourtant en train d’ânonner un discours leur disant de la fermer. Tout cela est décidément merveilleusement crédible.

Bref. Dans le train des vainqueurs, le moral est au plus bas. Heureusement, celui-ci est équipé des fameux sas Prométhéus© qui ne s’ouvrent ou ne se ferment pas complètement, non, quand l’héroïne passe devant, ils se contentent de rester entrouverts sans aucune raison, à part de laisser voir ce qu’il se passe de l’autre côté. Et Katniss peut ainsi observer dans la salle de sécurité du train des agents en train de regarder sur leurs télévisions les images des districts se révoltant l’un après l’autre.

Pendant que je cherchais une veine sur un de mes bras pour m’injecter de quoi tenir, visiblement, Katniss avait aussi commencé à s’enfiler des produits pas bien naturels. Ainsi, lors d’un repas à bord du tchou-tchou, elle se tourne vers Peeta.

"Tu penses que le président Snow va nous en vouloir ?
- D’y mettre de la mauvaise volonté ? Noooooooon, je suis sûr qu’il n’a rien remarqué. C’est pas comme s’il était venu jusqu’à chez toi en menaçant toute ta famille pour montrer à quel point il insistait.
- Ouf, tu me rassures.
- Non mais c’était ironique, hein.
- Bon bin, écoute. On a qu’à le bluffer : annonçons que l’on va se marier ! Comme ça, il ne pourra pas dire que l’on ne joue pas le jeu jusqu’au bout !"

0

Mais ? Mais ? Peeta ! Dis quelque chose !

"Excellente idée !"

Bon, d’accord, tu es con, mais Haymitch ! Allez Haymitch, dis-lui que c’est digne d’une palourde trépanée ! Lance lui une bouteille sur le coin du nez, allez, tu es mon champion !

"C’est brillant, Katniss !"

Je suis DÉÇU, Mimitch !

Non ! NON ! Ce n’est PAS brillant ! C’est tout l’inverse ! Regardez le script, bon sang, c’était il y a une paire de scènes seulement ! Le président Snow dit lui-même qu’il n’en a rien à faire de l’histoire d’amour entre les deux andouilles, non, lui il a insisté très lourdement pour dire que là où il fallait être crédible, c’était dans les discours aux districts ! Le vieux qui s’est pris une balle dans la tête ma petite Katniss, c’est pas parce qu’il trouvait que vous vous faisiez pas assez de bisous ou qu’il avait lu dans Closer que tu pétais au lit ! Et les foules ne scandaient pas "Câliiiin, faites vous des câliiiins !" ! Est-ce que quelqu’un a pensé à relire l’intrigue ? A voir s’il y avait un rapport entre le film et les dialogues ? Je veux dire : Katniss, Peeta, vous pourriez vous marier, divorcer ou faire un ménage à trois avec un phoque que Snow n’en aurait rien à faire pourvu que vous disiez bien aux gens de se tenir à carreaux ! Je… je… bon, je vais chercher une deuxième seringue, en fait. Celle de mon ami vétérinaire dans un centre équestre.

Essayons tout de même de nous concentrer sur ce qu’il se passe entre les trous du scénario. Car à la fin de la tournée des vainqueurs, ceux-ci sont accueillis au Capitole, où le président Snow fait son regard à Katniss façon "Je ne suis pas content !". On se demande bien pourquoi, tenez. Lors de la soirée qui s’ensuit, Katniss rencontre Bob, le nouveau producteur des Hunger Games. Celui-ci explique qu’il était volontaire pour ce poste parce qu’il a plein d’idées, et compte bien faire mieux que son prédécesseur (c’est assez facile : il suffit d’être vivant pour faire mieux que lui). D’ailleurs, il conseille aussi le président, l’occasion pour le petit singe qui écrit les dialogues (si quelqu’un a une meilleure explication, je suis tout ouïe) de montrer qu’il est en forme.

"Bob, les districts s’agitent de plus en plus, il y a eu des émeutes, et si c’est encore sous contrôle dans l’immédiat, tout risque de s’embraser.
- On pourrait… les réprimer encore plus ?
- Non. C’est très con. C’est parce qu’ils sont réprimés qu’ils se révoltent.
- Alors on a qu’à leur prendre le peu qu’il leur reste ? 
- Heu… c’est-à-dire ?
- INTERDISEZ LE MARCHE NOIR !"

0

Alors moi, je ne sais pas vous, mais non seulement ça ressemble à du "Réprimer encore plus", mais paraphrasé par un lycéen de seconde, mais surtout, aux dernières nouvelles, le marché noir est interdit pas définition, c’est même pour ça qu’on l’appelle comme ça. Je suppose que dans la liste de Bob, il y aussi "Interdire le vol", "Interdire la rébellion" et "Interdire le port de chaussettes dans les sandales". Bob de la Palice, bonjour.

Le président trouvant malgré tout cette idée géniale, dans les jours qui suivent, il se passe des choses dans le district 12. A savoir que Katniss et Peeta, qui y étaient retournés, entendent des coups de feu : ce sont les hommes du Capitole qui viennent retourner toutes les maisons et donner une bonne leçon à toutes celles et ceux qui auraient des marchandises illégales chez eux !  Gale, le courageux petit ami de Katniss, tente bien de s’interposer au moment où ils vont lui prendre ses DVD de Glee de contrebande, mais en punition, il est attaché en place publique et fouetté jusqu’à ce que Katniss s’interpose, bientôt rejointe par Peeta et Haymitch. Des images qui ont tôt fait d’arriver aux yeux du président Snow et de Bob, qui les regardent en se caressant le menton (leurs mentons respectifs, hein, attention, je ne voudrais pas voir la Manif’ pour Tous débarquer ici).

"Bob, ces gens m’énervent. Même ma petite fille trouve Katniss formidable. Elle me dit qu’à l’école, tous les enfants essaient de lui ressembler.
- Ils se font la même coupe de cheveux ?
- Non, ils s’injectent de la guimauve dans les pommettes, on dirait du cosplay de Carla Bruni. Mais revenons à notre sujet, regardez : ses copains Peeta et Haymitch la soutiennent. Tous les vainqueurs défient mon autorité."

0

Notons que du film, le président ne pensera jamais à une ruse simple : arrêter de faire passer Katniss à la télé, et pouf, fin du problème. Et éventuellement, diffuser des vidéos de chatons qui ronronnent.

Bin oui : trois vainqueurs sur des dizaines, et encore, qui ne sont ensemble que parce qu’ils sont du même district et se connaissent, c’est "tous les vainqueurs".  Quelqu’un d’autre a besoin d’une analyse foireuse ?

"Bob, une idée pour régler la question, vite.
- Heu… ah… oui, j’en ai une, président !
- Je vous écoute.
- Si on refaisait des Hunger Games ? Pas seulement parce que c’est le titre du film et qu’il faut bien les caser, mais aussi parce que cette année, c’est la 75e édition !
- Eeeet ?
- Et tous les 25 ans, c’est une édition spéciale, "les jeux de l’expiation" ! On a le droit de rajouter des règles comme on veut !
- C’est débile ?
- C’est HUNGER GAMES !
- C’est vrai, et donc ?
- Cette année, on a qu’à se débarrasser des précédents vainqueurs, hop ! En les faisant s’affronter !
- Je résume : les Hunger Games sont faits pour humilier les districts, ce qui est idiot. La seule chose qui les empêche de se rebeller, et qui a été rabâchée à longueur de film dans le précédent opus, c’est l’espoir de voir leur candidat gagner, être riche et pouvoir en profiter. Donc là, votre plan, c’est de faire exactement pareil, mais en tuant les gens qui représentent l’espoir de gagner. Donc, de tuer tout le monde, gratuitement, et par pure provocation en pleine période de rébellion.
- Ouiiiiiii !
- J’achète."

0

A ce moment du film, ma voisine a pris feu.

Mais le lendemain, donc, c’est le choc dans les districts quand le président Snow annonce à la télévision que pour célébrer les 3e jeux de l’expiation, s’affronteront dans l’arène des Hunger Games des candidats tirés parmi les gagnants des précédentes éditions. Katniss n’a pas de bol : elle est la seule gagnante de sexe féminin de son district, donc automatiquement sélectionnée. Quant à Haymitch et Peeta, si le sort désigne le premier, c’est le second qui se porte volontaire pour le remplacer. Parce que ouais, il est comme ça, Peeta. Autant dire que pour le coup, lors de la petite cérémonie de sélection, tout le monde fait le signe des trois doigts levés, pour bien montrer au Capitole qu’on apprécie moyennement la plaisanterie. Et oui, je sais, un doigt aurait suffi, mais c’est un film tout public. Et puis ça fait tout de suite rébellion blasée.

Mais qu’importe, et justement, en route vers le Capitole.

Car le train y emmène Katniss et Peeta pour loger avec les autres candidats de cette année, l’occasion de découvrir qui ils sont. Et là encore, vous allez voir, c’est très bien écrit. Oui oui, comme tout le reste jusqu’ici.

En effet :

  • Chaque district a un homme et une femme à proposer, ça tombe bien !
  • Chaque duo de chaque district (sauf un, mais on y reviendra) a le même âge, quelle coïncidence !
  • Chaque duo de chaque district a exactement le même style (sauvage, intello, défoncé au crack, etc), c’est fou !
  • Chaque duo est constitué de personnes qui, des années après leur victoire, sont encore dans une éclatante forme physique, pas un ne s’est empâté, c’est magique !
  • Et tous les candidats (sauf un, donc) sont relativement jeunes ou dans la force de l’âge !

Je vous laisse faire le calcul : sachant qu’il faut 22 éditions pour donner les 22 candidats qui vont accompagner Katniss et Peeta dans l’arène, sachant que visiblement, tout le monde est de la même génération ou presque, et qu’ils sont donc issus de saisons des Hunger Games très rapprochées, et sachant qu’il faut des candidats pour chaque district, par quel incroyable miracle statistique a-t-on pu obtenir un homme et une femme de chaque district, et mieux encore, qui se ressemblent autant  pour donner pareil casting ?

Sachant que les districts 1 et 2 ont des "candidats de carrière" qui, nous explique-t-on dans le premier opus, gagnent chaque année ou presque., il faudra me dire d’où sortent tous ces gagnants.

De là à supposer qu’ils sont tirés d’un chapeau et écrits avec les pieds… non, je n’ose y croire. Ce serait un peu gros tout de même, les gens l’auraient vu. Hein ? Dites ? C’est pas comme si c’était comme ça depuis le début du film.

Toujours est-il que faisons fi de ces éléments et présentons, comme le veut la tradition, la liste des candidats, assez semblable à celle de l’année dernière.

  • District 1 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 2 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 3 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 4 : Finnick, Mamie Gâteaux
  • District 5 : Electro, Electra
  • District 6 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 7 : Jean-Jacques, Johanna
  • District 8 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 9 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 10 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 11 : Jean-Jacques, Jeanne-Jacques
  • District 12 : Peeta, Katniss

Sachant que la plupart de ces candidats n’ont pas de prénom (je vous laisse vérifier au casting, c’est édifiant, c’est pourtant pas le temps que ça prend pour faire un minimum illusion), je vous laisse deviner quels sont les personnages qui vont nous intéresser. Katniss & Peeta, de toute manière, n’ont guère le choix : ils vont devoir s’y pencher, puisque comme leur a fait remarquer Haymitch, la plupart des gagnants sont partis vivre au Capitole et se connaissent donc depuis des années. Ils sont donc amis (voire ont pratiqué des backrooms ensemble) et buteront sans nul doute nos deux héros en premier. Il va donc falloir essayer de faire ami-ami, voire de se trouver "des alliés".

Je pensais que c’était une formule de style, mais en fait, non : nos héros tiennent une véritable liste en disant qui ils "acceptent ou non". Ce n’est plus une alliance, c’est une boîte de nuit.

21029931_20130821171223537.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Vous vous souvenez que tout comme Katniss, chaque équipe a son couturier ? Bin visiblement, pour Finnick, il ne s’est pas emmerdé.

Trêve de fiel et allons donc voir sur le terrain d’entraînement où les élus se retrouvent, ce qu’il se passe. Peeta déjà, continue de jouer son rôle de personnage tellement inutile qu’il disparaît dès la première scène et ne parlera à personne, quand bien même il était chaud patate pour se trouver des alliés. Désolé mec, il fallait être Katniss. Car elle, de son côté, fait ami-ami avec Electro et Electra, du district 5. Ceux-ci sont des scientifiques très gentils qui ont gagné à leur époque par la ruse, en électrocutant les vilains avec des objets que l’on retrouve souvent dans l’arène des Hunger Games, comme par exemple des pinces crocodiles et une Fiat 500. Puis, elle va trouver Mamie-Gâteaux, la seule candidate de plus de 50 ans, qui sucre un peu les fraises et est muette. Mais gentille, elle peut servir dans l’arène. Par exemple, à faire des cookies. Elle est là avec elle son ancien élève, Finnick, jeune, musclé et très doué. Et le contact passe bien. Cela fait, Katniss va donc s’entraîner à l’arc, et impressionne tant les témoins de la scène que bientôt, tous les malheureux candidats aux Hunger Games la supplient de devenir leur meilleure amie.

Oui, c’est tellement artificiel qu’on dirait du Twilight. Mais livre pour adolescentes, triangle amoureux, héroïne charismatique quoi qu’elle fasse et actrice aux mimiques limitées, ça ne vous a pas mis sur la piste ? Bon, alors.

Le film, lui, continue pendant ce temps sur sa lancée. Vous vous souvenez du plan de Katniss, de se faire des alliés ? De tout ce qu’elle vient de faire dans la scène précédente ? Et de l’excellent résultat obtenu de manière plus ou moins contestable, mais obtenu quand même ? Et bien sitôt qu’elle apprend qu’elle n’a qu’à se pencher pour ramasser les alliés tant recherchés, elle déclare : "Je n’en veux aucun."

Ah non, hein, vraiment. Quelle cohérence, c’est un bonheur. Et ce n’est pas fini.

En tout cas, il n’y a pas que l’entraînement dans la vie, il y a aussi les festivités médiatiques : Katniss et Peeta jouent la provoc’ en ne saluant pas le président Snow lors du traditionnel défilé des candidats, font les kékés devant les juges, quant à l’ultime passage sur un plateau télé avant d’être envoyé dans l’arène… disons qu’il tourne curieusement.

Déjà, parce que Lenny Kravitz, le couturier en charge des candidats du district 12, a eu la bonne idée de donner à Katniss une robe qui change d’apparence pour prendre celle d’un Geai Moqueur, l’oiseau qui se trouve sur le pin’s de Katniss, et le symbole de la révolution. Autant dire que le président Snow apprécie moyennement qu’on vienne lui chier dans les bottes en direct. Quant à Peeta, il utilise ses pouvoirs de pain à merguez pour mettre de la sauce piquante sur une situation déjà bouillante. En effet, lors de son passage devant César, le présentateur télé local, il y va fort.

"Alors mon petit Peeta, ça te fait quoi de te retrouver ici ?
- C’est moyennement cool.
- Oui, surtout que vous deviez vous marier avec Katniss, c’est bête !
- Oui. Mais en fait, on s’est mariés en secret ! 
- Hooooooooooo !
- Oui parce que… KATNISS ATTEND UN BAYBAY !"

0

Et ce coup de bluff fait aussitôt hurler tout le public, qui demande l’annulation des jeux ; en effet, ils doivent être du parti républicain américain : tuer des gens, oui, des fœtus, non. Dans la panique qui s’ensuit, Katniss et Peeta rejoignent les autres candidats sur scène et les enjoignent de tous se tenir la main, en signe d’unité contre le Capitole. Devant ce gigantesque capharnaüm, la retransmission est purement et simplement coupée, alors que le public continue de hurler qu’il faut en finir avec ces jeux,.

Parce que non, en 75 ans, pas une femme enceinte n’a été sélectionnée. Ou simplement n’a pensé à utiliser cet argument bateau pour avoir les faveurs du public. Incroyab’.

Cependant, si la stratégie a semé la zizanie, les jeux n’en sont pas annulés pour autant. Le lendemain, donc, Katniss est envoyée avec son fidèle Lenny Kravitz se préparer pour commencer les jeux. Ce dernier, comme lors du dernier opus, planque son porte-bonheur (qui est tout le contraire à en croire les événements une fois de plus, mais bon) sur elle, puis lui souhaite bon courage. Et alors que la bougresse s’installe dans l’ascenseur qui va l’amener sur le terrain des Hunger Games, elle voit la sécurité arriver et péter la gueule à Lenny parce que ho, hé, souviens-toi que tu as défié le président Snow hier avec ta robe oiseau, galopin. Mange donc des mandales, pour voir.

L’ascenseur est cependant déjà en marche, et c’est une Katniss quelque peu choquée parc ce qu’elle vient de voir qui débouche donc dans l’arène qui cette fois-ci est… tropicale.

Tout le monde n’est pas égal devant la chaleur. Bonne chance, Mamie Gâteaux !

Soyons précis : l’arène est constituée d’un lac central, entouré d’une imposante jungle. Le lac est divisé en 12 segments, tous délimités par des lignes de rochers allant jusqu’à la plage entourant le lac. Et les candidats sont donc placés par paire dans un des quartiers du lac, sachant qu’au centre, là où toutes les lignes rocailleuses se rencontrent, se trouve la "corne d’abondance", structure artificielle contenant armes, équipement et rouleau de papier à foison. Autrement dit, l’endroit où tout le monde se rue en début de jeu.

Et justement : le compte à rebours commence au son de Francky Vincent (ambiance tropicale on a dit)… et les Hunger Games débutent !

Il serait temps, diront les mauvaises langues qui viennent de manger plus d’une heure de mauvais film à regarder le néant. Mais attendez d’être à la fin de ce spoiler, qu’on en reparle.

Toujours est-il que Katniss se jette donc à l’eau, rejoint les rochers les plus proches, puis court jusqu’à la corne d’abondance pour y prendre arc et flèches, et ainsi commencer à tirer sur les candidats qui la menacent, comprendre, les méchants. Puis arrive Finnick, l’un des rares candidats ayant un nom, qui annonce à Katniss qu’il va l’aider, et joint l’acte à la parole en commençant à meuler du margoulin. Peeta, lui, n’aime que moyennement l’eau (ça fait gonfler la mie) mais parvient à se défaire d’un adversaire qui l’embêtait. Après avoir récupéré Mamie Gâteaux, la mentor de Finnick, le petit quatuor file vers la jungle et s’y enfonce à la recherche d’eau fraîche, parce que le climat local est moyennement agréable, et qu’avec mémé, on est jamais trop hydraté.

Sur place, Katniss montre à 212 reprises qu’elle ne fait pas confiance à Finnick, et il faudra qu’il lui prouve 213 fois qu’il est dans son camp pour qu’elle commence à bien vouloir le croire. Parce que non, même lorsqu’atteignant le bord de l’arène, Peeta se mange un champ de force qui l’électrocute et que Finnick le sauve alors qu’il avait fait un arrêt cardiaque, Katniss ne comprend pas qu’il est dans son camp. C’est vrai que c’est pas facile, pfiou : il est tellement méchant qu’il ramène même les candidats à la vie. "Probablement pour les tuer deux fois !" doit se dire Katniss de son cerveau de mollusque paranoïaque. Nos larrons errent donc un peu dans la jungle, et Katniss tente même de voir à quelle hauteur est le plafond de l’arène en grimpant au sommet d’un arbre pour lui tirer une flèche dans la face. Et si elle touche, oui, le plafond reste relativement haut. Merci pour cette information passionnante Katniss. Et pour avoir donné ta position à tous les autres candidats. Ah, on me souffle que non, là aussi, personne n’a pensé à cet élément.

La nuit arrivant bientôt, le quatuor décide de dormir un peu. Ils sont par ailleurs soulagés en voyant arriver un colis volant, envoyé par un sponsor pour les aider : un petit robinet à planter dans les arbres pour en faire jaillir de l’eau. Nos héros peuvent donc s’hydrater un peu, et s’endormir en paix. Sauf que plusieurs événements arrivent :

  • Déjà, dans le ciel, comme le veut la tradition, on affiche les pertes de la journée : 8 candidats sont déjà morts. Ils s’appelaient tous Jean-Jacques.
  • Ensuite, vers minuit, il y a un son étrange, comme une horloge sonnant douze coups, puis un gigantesque arbre se fait foudroyer à moult reprises par un mini-orage
  • Et surtout, il y a le brouillard

Car oui : alors que Katniss veille sur ses compagnons endormis, elle note qu’un étrange brouillard approche doucement d’eux. Elle tend une main, pour voir de quoi il retourne, et se retrouve instantanément parcourue par une terrible douleur, alors que de monstrueuses cloques apparaissent sur sa main.

"Vite ! Le brouillard est empoisonné !" hurle la jeune fille "Courez ou on va tous ressembler à des Bogdanov !"

Finnick charge Mamie Gâteaux sur son dos puis cavalcade comme un fou, suivi par Katniss et Peeta. Mais le brouillard est sur leurs talons ! Sans compter que Peeta tombe comme une buse (ça aloooors !)  et n’arrive plus à marcher. Mamie Gâteaux arrive à expliquer, bien qu’elle soit muette – c’est pas facile, sachant qu’en plus il fait nuit, vas-y mémé – que Finnick doit porter Peeta plutôt qu’elle. Et pour bien se faire comprendre, elle se dirige vers le brouillard, qui l’engloutit. On entend alors tonner le canon, celui-là même qui sert à annoncer la mort d’un candidat. Adieu, Mamie Gâteaux. Au moins, tes amis n’auront plus à aller chercher des couches à la corne d’abondance. Bref : le trio, quelque peu paniqué, court donc vers la plage, le brouillard leur léchant le dos et provoquant horribles douleurs et cloques sur tout leur corps. Et puis, finalement, la petite troupe tombe dans une sorte de ravin, et bien que le brouillard les suive, il s’arrête… à quelques mètres d’eux seulement. Brusquement et nettement.

Ce brouillard est probablement le lointain descendant du nuage de Tchernobyl.

Nos larrons, mal en point, ont des difficultés à comprendre. Mais en tout cas, leur chute les a amenés devant une petite mare d’eau douce et fraîche tout à fait bienvenue. Katniss a donc l’idée d’y tremper l’une de ses mains couverte de cloques…

… qui disparaissent simplement en frottant.

Pardon ? Ce sont des cloques qui disparaissent à l’eau ? Vous savez que ça ne marche pas comme ça, en fait ?

Bon bin… toutes leurs cloques et cicatrices disparaissent à l’eau alors. Et non, elles ne se résorbent pas : elles disparaissent comme de vulgaires tatouages Malabar, je tiens à être clair sur ce fait. Enfin bref : alors que nos loulous sont heureux de se trouver en meilleur état, ils notent soudain qu’ils sont entourés de dizaines de babouins qui leur jettent des regards laissant entendre qu’ils ont vu il y a peu un reportage sur les tournantes. Katniss, craignant que Peeta ne soit pas prêt pour ce genre d’expériences aussi soudaines que multiples, commence donc à décocher toute une tripotée de flèches sur les vils animaux, aidée de Finnick, qui joue du trident. Peeta, lui, arrive évidemment à se mettre dans une situation compliquée, mais le trio est sauvé lorsque surgit des bois une Jeanne-Jacques, qui vient les aider, avant de se prendre un coup mortel. Toute la petite équipe court donc vers la plage histoire de voir si les singes sont allergiques au sable, et en effet : comme par enchantement, les singes s’arrêtent net au niveau de la plage, laissant à nos héros le temps de se remettre, et de regarder Jeanne-Jacques mourir dans leurs bras.

"C’est pas banal." se dit donc intelligemment Katniss, en tentant de comprendre pourquoi une autre candidate est venue les sauver alors qu’ils étaient dans la mouise.

Mais déjà, la troupe tente de se reposer un peu. L’occasion pour Peeta, qui depuis le début de ce film, a sérieusement resserré ses liens avec Katniss, de pêcher une huître et d’offrir la perle qu’elle contient à la belle, puisque figurez-vous que oui, l’arène des Hunger Games reproduit visiblement fidèlement le bassin d’Arcachon et son légendaire climat tropical. Cela fait, la troupe voit émerger un peu plus loin sur la plage Electro, Electra et Johanna, une bourrine du district 7 qui manie la hache, tous trois couverts… de sang.

Les deux trios se rejoignent bien vite pour former un sextuor, le plan étant de s’allier contre les candidats des districts 1 et 2, connus pour être très forts. Mais c’est aussi l’occasion pour les nouveaux arrivants d’expliquer leurs malheurs : ils viennent de se manger une pluie de sang. Et alors même qu’ils parlent, ailleurs dans la jungle, un tsunami apparaît entre les arbres et vient mourir dans le lac (oui, dans ce sens là ; un tsunamhipster, probablement, il méprise les conventions. Non, je n’ai pas vu s’il portait lunettes et moustache). Electra, qui a un peu pété une durite face à tous ces événements, parvient quand même à faire comprendre ce qu’il se passe :

L’arène est conçue comme une horloge. Et à chaque heure, il se passe quelque chose dans un quartier : brouillard empoisonné, qui s’arrête aux limites de son quartier, d’où le champ de force qui avait sauvé nos héros, débarquement massif de singes enragés, qui là encore, sont bloqués dans la jungle et ne peuvent s’aventurer sur la plage, ou encore pluie de sang, ou tsunami, une fois de plus très localisés. Il suffit donc d’éviter le mauvais secteur au mauvais moment pour éviter bien des risques inutiles.

J’en profite pour ajouter deux choses, que nos héros n’ont pas remarquées :

  • Déjà, Katniss a elle aussi une corne d’abondance : son carquois. En fonction des plans, des flèches apparaissent ou disparaissent de celui-ci, mais en tout cas, elle n’en manque jamais, même après avoir tué 463 singes. Plus fort qu’un chargeur de héros de film d’action : le carquois de Katniss.
  • Ensuite, une navette vient chercher les corps des candidats morts. Elle reste en stationnaire au-dessus du cadavre, puis descend une pince pour le remonter. Mais attention, hein, pas un truc pratique : une vieille pince de foire. Quel dommage que le film ne montre pas l’opérateur qui fait retomber 3 fois le cadavre dans un vieux bruit de viande avant de remettre 10 balles dans la machine en marmonnant "C‘est bon, j’ai compris comment faire cette fois.".
  • Ah et oui, même si c’est dans la jungle, jamais un mort ne sera sous une branche, susceptible de bloquer la pince. C’est quand même bien fait.

Sauf que la production, elle, a moyennement apprécié que Katniss et ses amis comprennent le concept de l’arène : en représailles, Bob ordonne depuis sa salle de contrôle une séance de tournez-manège en accéléré de la corne d’abondance et des rochers délimitant les quartiers, pour faire perdre tout repère à nos héros. Si cela tombe plutôt bien, puisque cela arrive au moment où des méchants les attaquaient (et ont tué Electra dans l’affaire) et les oblige à se replier, Katniss manque de peu de mourir, parce que des lignes entières de rochers tournant à pleine vitesse dans la margoulette quand on se retrouve dans l’eau, ça peut faire bobo.

Mais non, elle s’en tire, merci pour elle.

Nos héros sont un peu déboussolés, plus encore lorsque soudain, dans les bois, ils entendent la voix de Primrose, la sœur de Katniss, appelant à l’aide. On passe donc de la confusion à la consternation lorsque Katniss, qui sait pourtant bien que sa sœur n’est pas invitée aux Hunger Games, se rue dans les bois en hurlant "Houhouuu Primrooooose où es-tuuu ?". Et en effet, c’était un piège : il s’agit cette fois-ci d’un essaim de geais moqueurs qui imitent la voix de la jeune fille pour mieux foutre la zone comme les gros lascars à plumes qu’ils sont. Après s’être pris plumes et déjections dans la face, Katniss revient donc des bois vers la plage, en espérant que personne ne fasse remarquer que sa réaction était aussi idiote qu’absurde.

Heureusement, il y a toujours quelqu’un pour changer de sujet : Electro explique qu’il a justement un plan.

"Bon alors, c’est simple. Vous avez remarqué ? Nos ennemis ne se montrent pas sur la plage." lance-t-il parce que je sais pas vous, mais moi, j’ai justement remarqué l’exact contraire il y a 5 minutes lorsque les mecs ont débarqué pour buter sa copine Electra. Mais c’est pas grave, il y a juste un vrai problème avec les dialogues de ce film. Entre autres. "Donc, si nous retournons dans la jungle, ils viendront sur la plage pour profiter de notre absence. Sauf que nous, on sera montés jusqu’à l’arbre qui se fait foudroyer tous les soirs à minuit. Et qu’on aura déroulé derrière nous ces 2 kilomètres de câble électrique que j’ai dans la main sans vraiment que cela s’explique. Et du coup, la foudre remontera le long du câble, touchera le lac, et tuera tous ceux qui seront dans l’eau à ce moment là ainsi que tous ceux qui se reposeront sur le sable humide. Donc voilà. Protégez-moi jusqu’à minuit, et on y va !"

Electro a visiblement un vrai problème avec ses lunettes, puisqu’il n’a pas vu le même film que nous.

Le plan validé, la petite troupe attend donc patiemment la nuit. Et lorsque celle-ci survient, se met en route direction l’arbre à foudre, pour préparer la chose. Et sitôt arrivés au sommet, Electro sourit bêtement.

"Parfait. Maintenant, on a plus qu’à dérouler le câble !"

Pardon ? Vous voudriez dire que vous vous êtes tapés tout le chemin sans dérouler le câble, et que vous allez donc envoyer une équipe refaire l’aller-retour en prenant bien plus de risques ? Oui ?

A ce moment là, j’ai regardé les cendres de ma voisine qui avait brûlé un peu plus tôt dans le film, et je suis certain d’y avoir vu une braise reprendre.

Toujours est-il que Katniss est envoyée avec Johanna dérouler le câble, pendant qu’Electro l’accroche à l’arbre. Sauf qu’en route… ils sont attaqués ! Ho bin ça alors ! Johanna parvient à attirer les ennemis loin de Katniss avec diverses ruses allant du pourri au consternant (par exemple, faire passer Katniss pour morte, c’est compliqué dans un jeu où il y a un coup de canon pour annoncer quand les gens meurent VRAIMENT), et laisse donc Katniss se débrouiller mais… hélas, les méchants ont coupé le câble !

Katniss remonte donc à l’arbre, alors que minuit approche, et trouve, surprise, Electro kaput. Celui-ci s’est visiblement électrocuté avec un champ de force, l’arbre étant situé en bord d’arène. Mais il avait bricolé une curieuse lance à laquelle il avait relié le câble de l’arbre… étrange. Quant à Peeta et Finnick, ils ont disparu, et on entend des bruits de combat non loin. Et puis finalement, Katniss voit Finnick revenir et alors qu’elle hésite à tirer sur sa tronche, elle comprend qu’il y a mieux à faire. Et ce qu’Electro a voulu réaliser. Oui, tout devient clair.

Elle prend le câble, le relie à une flèche, et au moment où la foudre tombe, tire vers le plafond de l’arène (alors qu’elle avait un champ de force  du bord d’arène identique à 3 mètres, rappelons-le). Aidée par le mauvais script, la flèche monte sans encombre jusqu’au plafond, tout en déroulant ouat’mille mètres de câble derrière elle (ce qui est connu, ne pèse rien). La foudre frappe alors le dôme d’énergie au-dessus de l’arène en remontant le long du câble et…

… le dôme d’énergie s’arrête net, et apparaît alors le véritable plafond de l’arène, qui commence à se fissurer et à tomber.

Pendant ce temps, dans la salle de contrôle de l’arène, le président Snow, venu voir comment tout se déroulait, est furieux : il n’y a plus d’énergie dans le dôme des Hunger Games ! Katniss a brisé son jouet !

En même temps, notons que c’est une arène qui génère des éclairs qu’elle ne supporte pas elle-même. C’est beau quand même, on sent les professionnels. En tout cas, la jeune fille, elle, étendue au sol, épuisée et un peu commotionnée suite à tout cela, regarde donc le dôme se détruire peu à peu (et oui, tous les morceaux l’esquivent, ils sont comme ça), avant qu’une navette ne vienne la chercher avec sa petite pince de foire (et sans la faire tomber comme une bouse, donc). Katniss perd conscience, et à son réveil, est à bord de la navette, allongée dans une simili-infirmerie aux côtés d’Electro, qui n’est finalement pas si mort que ça. Elle se lève donc et entend venir d’un compartiment voisin des voix. Notre héroïne entre donc, et se retrouve nez à nez…

… avec Haymitch, Finnick et Bob, le vilain producteur, en pleine conversation amicale !

Ceux-ci lui expliquent donc les choses :

"Tout va bien ! Tu es sortie. Tout était prévu, nous sommes de mèche depuis le début : nous ne pouvions pas te prévenir de notre plan, car le Capitole écoutait, mais nous avons tout organisé pour te faire sortir de là ! La moitié des candidats était au courant, c’est pour ça qu’ils coopéraient avec toi, voire se sont sacrifiés pour toi ! Tu es le symbole de notre révolution, il fallait te tirer de là. Maintenant, nous partons rejoindre les autres rebelles !"

Vous pensiez que le film était mauvais ? Allez-y, installez-vous tranquillement. Tenez, je vais me servir un brandy. Vous en voulez ? Non ? C’est dommage, il est excellent, mais je comprends, vous êtes méfiants. Non, si je vous demande de vous asseoir confortablement à cet instant du film, c’est parce que nous sommes au dénouement, et découvrons, formidable rebondissement, que Bob, conseiller du président et producteur des Hunger Games, est en fait dans le camp des rebelles. Et qu’il avait tout prévu pour tirer Katniss de là. D’où les autres candidats qui essayaient de l’aider, ou Electro qui voulait briser le dôme tout comme elle, simplement pour permettre une évasion et non poursuivre le jeu.

Vous avez tout saisi ? Alors on va reprendre.

Hunger Games II : l’embrasement, c’est donc l’histoire de Bob, qui envoie Katniss aux Hungers Games pour mieux l’en faire sortir.

Voilà. C’est tout. Les mecs pouvaient partir avec elle rejoindre les rebelles dès la première scène du film et ainsi passer à l’intrigue de Hunger Games III, mais vous venez de vous manger 2h26 de rien, puisqu’en fait les rebelles organisent tout seuls un plan qui ne sert strictement à rien. Non, ils n’utilisent même pas le nouveau passage de Katniss aux Hunger Games pour quoi que ce soit, non. Vraiment : ils font ça uniquement pour qu’il y ait une intrigue. Ça pique ? Vous voulez que je vous dise le dernier film où j’ai vu cette ficelle du "Enfermons nous-même un copain pour mieux organiser son évasion sans autre raison que de le sortir de là ? C’était Les Trois Mousquetaires 3D.

"Tu sais Katniss, tout ce que tu viens de vivre ? Bin en fait, c’était pour rire."

Alors, maintenant, redites moi que ce film est "encore mieux que le premier" ? Voilààà.

Ho, et puis alors, du coup, si Bob était aux commandes, pourquoi faire une arène aussi impitoyable ? Et si Katniss avait trébuché et s’était mangé le brouillard ? Ou pris un singe ? Ou un rocher dans la gueule quand Bob, pourtant dans son camp, faisait tourner le cœur de l’arène et ses cailloux à toute allure ? Ou tout simplement, qu’un autre candidat l’avait tuée, puisque je le rappelle, c’est le but des Hunger Games et que vous l’aviez enfermée là-dedans ? C’eut été ballot : "Bon les gars, vous savez mon super plan ? Bin j’ai tué Katniss. Je sais plus très bien pourquoi, en fait, mais sur le coup, ça avait l’air super."

Idem, Finnick, qui était donc au courant du plan depuis le début, ne semble rien avoir à redire sur le fait que du coup, ils aient sacrifié, parfaitement gratuitement, son mentor Mamie Gâteaux qui n’avait rien demandé si ce n’est qu’elle était dans leur camp. A ce stade, ce ne sont plus des incohérences, c’est tout simplement un festival de balles dans le pied. Et à une telle cadence de tir, je ne suis même pas sûr que ce soit autorisé par la convention de Genève.

Quant au fait de ne pas prévenir Katniss du plan, visiblement, ils avaient largement la possibilité de le faire puisque même Lenny Kravitz arrivait à trouver du temps pour causer tranquillement avec la belle, voire lui faire passer son porte-bonheur en loucedé.  Un message aurait été vaguement plus intéressant qu’un pin’s. Par exemple, pour éviter que Katniss, sans instructions dans un jeu où il faut tuer ou être tuée, ne flèche la gueule aux candidats supposés l’aider. Un détail.

Résultat des courses : tout le monde présente le "plan" (sic) comme un grand succès, même si Peeta a lui été récupéré par le Capitole et est désormais otage là-bas. Katniss est donc en colère (mais juste à cause de ça, elle n’a rien à redire au plan stupide) jusqu’à ce que quelqu’un ait l’excellente idée de lui administrer un bon gros sédatif. Et fois-ci, lorsqu’elle se réveille, elle n’est plus dans une navette, mais dans une véritable salle, avec à ses côtés Gale, son copain. Qui lui annonce que la mère et la sœur de Katniss ont pu être sauvées, mais que le Capitole a fait bombarder le district 12, qui n’existe plus (bonne chance pour vous maintenir sans ressources minières les copains du Capitole !).

"Et où sommes-nous en ce moment ?" demande alors Katniss.

Dans le district 13. Officiellement entièrement détruit il y a 75 ans mais qui résiste encore face au Capitole. Et maintenant qu’ils ont Katniss, il est temps de lancer la révolution ! Et…

… FIN !

___________________________________

Voilà voilà.

Ho, et pour rappel : Les Trois Mousquetaires 3D, ce n’était qu’une scène du film qui reposait sur le plan absurde du "Je te mets quelque part pour mieux t’en sortir sans raison".

Là, j’insiste, ce sont les 2h26 de film qui  se basent uniquement là-dessus.

Ce qui signifie que oui, même l’intrigue des Trois Mousquetaires 3D était plus soignée que celle de Hunger Games : l’embrasement.

Et là, tout est dit.

"Commissaire Gordon, commissaire Gordon !"

Le commissaire souffla dans sa moustache en se retournant pour fixer le jeune policier qui venait d’arriver sur le toit du commissariat, dégoulinant de sueur. Il s’étonna, en le fixant, des traits poupins de son visage : Gotham devait être en bien mauvaise posture pour que l’on en soit à recruter de pareils jeunots.

"Que se passe-t-il ?
- C’est… c’est incroyable ! On vient de perdre le contrôle de l’asile d’Arkham !
- Pour la 279ème fois ? C’est fou. 
- Bin oui… en attendant, toujours aucun signe de Batman ?"

0

Le commissaire fixa le projecteur à côté de lui, braqué vers le ciel. Depuis des jours, ils tentaient de joindre le seul homme encore capable d’arrêter le chaos en ville, mais le chevalier noir ne s’était pas montré. Chaque nuit, l’anarchie gagnait un nouveau quartier, et les forces de l’ordre perdaient peu à peu du terrain. Les malfrats avaient une nouvelle arme, et il y avait fort à parier que Gotham tomberait bientôt, Batman avait échoué. Les forces du mal avaient été plus rusées que le plus rusé des justiciers.

Oui, pensa le commissaire, ils se sont montrés plus malins.  Fixant le ciel, il grimaça en voyant que le projecteur n’illuminait plus rien.

En effet, les malfrats avaient découvert le site de Météo France, et attaquaient désormais les nuits sans nuage. Sans nuage, pas de surface pour refléter le projecteur, sans projecteur, pas de Batman. Les bandits ne reculaient devant rien : qui aurait pu prévoir plan aussi diabolique ?

"Tout le monde", grommela Gordon dans sa moustache. "A part ce blaireau de Batman". Mais il se ravisa : après tout, qu’attendre d’un héros si mauvais que toute sa trilogie était entachée de décisions incohérentes et de plans foireux ?

Il repensa à comment tout cela avait commencé. Avec Batman Begins.

Comment Bruce Wayne est-il devenu Batman ? Pourquoi choisir une tenue de chauve-souris ? Chevalier noir, ou plutôt marron ? Ni une, ni deux, reprenons au début d’une série dont nous n’avions évoqué que le troisième volet, et spoilons mes bons !

________________________

L’affiche : Batman, ce héros si sombre qu’il s’habille comme un collégienne mal dans sa peau. Respect.

Tout commence du côté de Gotham City, riante mégalopole nord-américaine alors que dans un riche manoir de la campagne voisine, deux enfants s’amusent follement (mais hélas pas au jeu du foulard) : Bruce Wayne, garnement et fils unique du couple de multimilliardaires possédant les lieux, et Rachel, son amie malgré le fait qu’elle ne soit pas aussi prout-prout que lui. Tout irait pour le mieux si, lors de leurs jeux, ce gros blaireau de Bruce ne se vautrait pas lamentablement au fond d’un puits oublié, menant aux souterrains sous la demeure Wayne. Plus de peur que de mal, et c’est le cas de le dire, puisque si Bruce n’est pas blessé, il n’en est pas moins agressé par les chauve-souris qui logeaient là. Et les tournantes de rongeurs volants n’étant pas parmi les hobbys favoris des enfants, le jeune Bruce sort de l’expérience quelque peu traumatisé. Il en fait des cauchemars la nuit : ah, toutes ces chauve-souris qui l’insultent, lui disent des choses sales, puis dessinent les courbes de son postérieur de leurs ailes de cuir en lui chuchotant à l’oreille que tout va bien se passer, qu’elles aiment juste la spéléologie,… bref : il se réveille souvent sale.

Aussi, un jour, Papa et Maman Wayne ont une super idée : s’ils emmenaient leur fiston à l’opéra (les enfants adorent) voir une représentation pleine de chauve-souris ? Ah, on sent qu’ils sont riches : ce serait maman qui laverait les slips, on aurait pas entendu le même refrain. Mais qu’importe : les Wayne se rendent sur place en utilisant les transports en commun, comme par exemple le métro aérien (sachant qu’ils habitent à la campagne dans un manoir solitaire à l’écart, il faudra m’expliquer comment ils ont fait leur coup : ils ont marché jusqu’à Gotham City ? Ils ont appelé un taxi pour lui dire de ne pas faire le trajet en entier parce que le métro, c’est plus rigolo ?). L’occasion pour Papa Wayne de débiter divers éléments du scénario : "Tu vois mon fils, ce métro aérien, c’est moi qui l’ai fait pour aider les prolos à se déplacer en ville ! Et puis tu sais, j’ai beau être le président d’une multinationale, je laisse ça à mes directeurs : moi, je me consacre à ma passion, la médecine dans les hôpitaux pour aider mon prochain. Bon, ça n’empêche pas que je me sois fait construire le plus gros building de Gotham, mais ça, c’est juste parce que j’ai… hem, ça va rester entre moi et maman, ça d’accord ?" bref, vous l’aurez compris : Papa et Maman Wayne sont tellement gentils, qu’on imagine bien que tous les dimanches, ils distribuent des crêpes aux sans-abris avant de toucher les écrouelles des gueux du coin pour les soulager de leurs afflictions. Affliction, hein, je n’ai pas dit "affligé", mais on en est qu’au début, patience. Papa et Maman Wayne expliquent aussi que pour lutter contre le crime, il faut lutter contre la pauvreté, ouvrir des écoles, etc.  Bref, ce sont des multimilliardaires de gauche, mais genre bien bien, hein, ils n’ont pas voté François.

Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si, une fois à l’opéra, Bruce, en plus de se faire cordialement chier à se demander pourquoi tout le monde autour de lui a l’air fasciné par ce groupe de teutons déclinant de mystérieux poèmes en tenues colorées, se mettait aussi à paniquer en voyant des acteurs déguisés en chauve-souris. Plutôt que de fermer les yeux ou de couiner, Bruce pète donc un peu puis demande à ses parents s’ils peuvent sortir. "Pas de souci", dit donc Papa, toujours bienveillant. "Mais tu sais quoi ? On va pas sortir par la porte principale, on va plutôt prendre l’issue de secours menant à la ruelle pourrie d’à côté, comme ça, pour voir.". Et en effet : l’opéra étant accolé à une rue ressemblant à un quelconque sous-sol de Total Recall, le trio un peu con-con s’y engage sans raison avant de s’y arrêter lorsque surgit devant eux la silhouette chancelante de Maurice le clodo, qui armé de son pistolet, demande à la petite famille de laisser tomber portefeuilles et bijoux. Pas de souci : Papa Wayne est prêt à tout lâcher (pour Bruce, c’est déjà fait), mais malgré tout, faisant un geste brusque en voulant protéger sa femme, il déclenche le feu du malandrin qui abat Papa et Maman avant de s’enfuir sous les yeux du garçonnet.

Papa Wayne profite donc de ses derniers instants de vie pour dire une banalité du genre "N’aie pas peur" et non "Aaaah ! Appelle une ambulance fils d’imbécile ! Aaaah ! Putain ce que je douille ! Mais pourquoi je suis sorti par là, moi ?" puis, il meurt d’une manière qui ne sera pas sans rappeler Marion Cotillard deux volets plus tard, mais comme l’acteur était moins connu, personne ne s’en est offusqué.

Emmené au commissariat local, Bruce rencontre le sergent Gordon, gentil policier moustachu qui lui passe un manteau sur les épaules avant de lui dire que tout va bien se passer (oui, comme ça, hors contexte, je sais que ça sonne étrange, mais c’est un gentil moustachu à lunettes, vous êtes vraiment plein de préjugés). Et en effet, peu après, la police annonce avoir arrêté Maurice le clodo, ce qui provoque grand liesse chez les journalistes de Closer, mais un peu moins chez Bruce, qui est quand même un peu choqué. Il retourne donc chez lui enterrer ses parents près de la demeure ancestrale des Wayne, où il vit désormais seul, épaulé par son fidèle majordome, Alfred. La bonne nouvelle, c’est que maintenant, c’est lui qui décide à quelle heure aller au lit !

Le temps passe, et Bruce est devenu un jeune homme toujours hanté par le meurtre de ses parents, et qui 16 ans après le jour funeste, est revenu à Gotham qu’il avait quittée pour études (il n’a pas besoin de trouver un travail : il étudie donc probablement la philo) afin d’assister à l’audience de demande de libération de Maurice le clodo. A cette occasion, son amie d’enfance Rachel, qui a elle aussi bien grandi et est devenue adjointe du procureur, vient le trouver et lui explique que tu vois, Bruce, bon, on sait que tu as soif de vengeance, mais ça ne te mènera à rien. Et je sais que cette idée ne te plait guère, mais Maurice le clodo a noué des liens en prison avec le terrible parrain Falcone relâché depuis, et il a accepté de coopérer pour nous aider à le coincer. Du coup, il mérite de sortir et d’aider la justice.

"Grmmblllblblblll" répond Bruce, à qui on ne la fait pas.

"Grmmblllblblblll", te dis-je.

Et qui n’est tellement pas d’accord qu’il a emmené un pistolet avec lui à l’audience : il veut tuer l’assassin de ses parents parce que vraiment, il est colère. Sauf qu’à la sortie de la brève session, avant que Bruce ne puisse distribuer du pruneau dans les bidous, voilà-t-y pas qu’une femme sort de la foule et abat cette balance de Maurice en hurlant "T’as le bonjour de Falcone !". Frustré de s’être fait griller la politesse, surtout par une femme, ces étranges créatures qui ne savent même pas faire pipi debout, Bruce quitte donc le tribunal avec Rachel, à qui il avoue le sombre complot qu’il avait ourdi. En retour, il se mange une paire de taloches, ainsi qu’un beau discours. Il aurait préféré juste les taloches.

"Mais enfin Bruce ! La vengeance, c’est juste pour te soulager, tu vaux mieux que ça ! Ton père aurait eu honte de toi ! Lui au moins, c’était un grand homme !
- Qui n’était pas foutu de trouver la porte principale d’un opéra, soit dit en passant.
- Oui, alors, pas d’rapport, et puis en plus, lui n’essayait pas de prouver quelque chose !
- Est-ce qu’on peut reparler de son building géant avec ses initiales et de son train phallique, circulant au-dessus de toute la ville ?
- Je… bon, tu sais quoi ? Regarde, on va plutôt faire un tour dans les quartiers pourris que je t’explique. Falcone contrôle toute la ville. Tout le monde est corrompu. Le juge de l’audience avait insisté pour une audience publique justement parce que Falcone le voulait, pour pouvoir envoyer un assassin. Gotham pourrit sur pied parce qu’il manque des gens comme ton père, qui refusent de se laisser acheter, pour pouvoir aider la ville à lutter contre la pauvreté et donc le crime !
- Tu aurais juste pu dire "On manque de pognon", on serait allés plus vite tu sais.
- Raah, tu m’énerves, tiens-t-en au script !  Regarde toute cette pauvreté ! Ces clochards partout autour de la voiture ! Et Falcone qui parade dans son luxueux restaurant lui servant de QG et qui…
- Attends attends.
- Quoi ?
- Regarde le décor : est-ce que le réalisateur vient bien de caser un restaurant de luxe en plein milieu d’un bidonville ?
- Ah bin tiens, oui.
- Bon, on va faire semblant de rien. Et pour te prouver que je suis un mâle, un vrai, avec des pastèques dans le slip, je vais aller provoquer Falcone dans son restaurant. 
- Si tu veux, moi j’ai des trucs à faire, ça te dérange pas si je te dépose là et que je pars ? Parce que bon, c’est pas comme si la dernière fois qu’on avait laissé un Wayne dans un coin sombre avec des clodos, il y avait eu de deux morts, hein, mais moi aussi j’ai déjà oublié le début du film."

0

Et Bruce regarde donc s’éloigner la voiture de Rachel. Puis passe la porte du restaurant de luxe de Falcone intelligemment installé au milieu des favelas locales. Et à l’intérieur, plein de gens riches et influents dînent donc, dont l’ami Falcone, qui en bon parrain arrogant, laisse notre jeune héros s’asseoir à sa table. Et lorsque Bruce lui dit que bon, en fait, il reste encore un Wayne debout, donc la ville n’est pas perdue, Falcone lui fait comprendre que s’il ne peut l’acheter, il peut le calmer par exemple en tuant sa copine Rachel ou son gentil majordome. Puis le fait jeter dehors, au milieu des clodos que visiblement, personne n’empêche de faire des feux de bidon pour se réchauffer en plein milieu de la rue devant l’entrée principale. J’imagine qu’encore une fois, tous les gens riches du restaurants sont venus à pied après être sortis des transports en commun puisque personne ne vient virer ces clodos qui pourraient gêner une circulation potentielle. Quand on est riche à Gotham, on est donc soit très écolo, soit très con. Sachant que Bruce est très très riche et que la Batmobile n’est pas électrique, je vous laisse deviner vers quelle issue on se dirige. Passons, le film est encore long, et c’est quand même déjà très mauvais.

Bruce est donc bien embêté : sachant qu’il dispose d’un empire gigantesque, de réserves illimitées de pognon, probablement bien plus que Falcone, et d’une influence politique certaine, comment pourrait-il faire quelque chose pour la ville ? Rah, c’est pas facile.

Du coup, il décide fort logiquement… de brûler toutes ses affaires et de devenir un clandestin.

Pardon ? Que…

Ho, misère.

Il court donc vers le port, et embarque sur le premier bateau qui passe. Officiellement, avec pour plan de "comprendre les criminels", mais c’est pas vraiment en subissant un toucher rectal à une quelconque douane qu’il va mieux comprendre les ruses et secrets de la mafia. Enfin je dis ça, hein, c’est pour aider, mais c’est Bruce Wayne quand même, il sait mieux que moi. Toujours est-il que son navire l’emmène en Chine, puis ses pieds le mènent au Tibet, où il vit de petits larcins, avant d’être arrêté par les autorités et enfermé dans une prison où d’autres détenus essaient régulièrement de lui casser la margoulette, mais échouent, parce que I’m Bruce Wayne, bitch.

Parce que oui, entre deux larcins, il a appris des dizaines d’arts martiaux différents. Hop. D’ailleurs, s’il maîtrise l’attaque de la panthère ou la posture du héron, notre héros a toujours la garde de la buse. Mais même s’il y a la place entre ses poings pour y garer sa C3, personne n’arrivera à y passer un pied, comme de bien entendu. C’est beau, tant de talent.

Evidemment, j’exagère : Bruce Wayne a aussi appris d’autres ruses de pauvre, comme comment déféquer dans les fourrés, ou raconter une histoire triste dans une rame de métro. Nul doute que sa lutte contre le crime en sera renforcée.

Bref, en prison, Bruce se tatane tant et si bien que les gardes locaux finissent par le mettre en isolement… et notre héros découvre qu’un caucasien en costume de ville l’attend dans sa cellule en se tripotant la barbichette.

"Bonjour, Bruce Wayne.
- Que… qui êtes-vous ? Que faites-vous là ?
- Mon nom est Ninjabouc, comme l’indique ma pilosité faciale aléatoire. Quant à ce que je fais ici : je suis venu te voir.
- Oui non mais d’accord, mais en fait, je voulais dire "Que faites-vous là en costume de ville alors qu’il fait -22, qu’on est dans une cellule sans vitrage en pleine montagne, et que ça pèle, un peu ?"
- Oh. Joker ?
- SPOILER !
- Que ? Bon, laisse tomber. Tu veux pas plutôt que je te dise ce que je suis venu faire ici ?
- Allez tiens, si.
- Bien. On reprend. Un homme comme vous ne disparaît pas si facilement, M. Wayne. Et je sais que vous êtes ici parce que vous avez soif. Soif de justice. Vous voulez comprendre la mentalité criminelle pour lutter contre eux. Je vous ai vu vous battre dans la cour. Vous êtes doué. Je veux vous aider à utiliser ce potentiel. Je fais partie d’une organisation : la ligue des ombres. Nous ne voulons pas former des justiciers faits de chair et d’os : nous voulons créer des légendes immortelles qui sèmeront la peur dans le cœur de nos ennemis. Veux-tu en être ?
- Hmmm…
- On a des tickets restos aussi.
- Okay tope-là.
- Bien : demain, tu seras libéré. Va chercher dans les montagnes à l’est d’ici une fleur bleue fort rare qui ne pousse qu’à très haute altitude. Lorsque ce sera fait, rends-toi au sommet le plus haut que tu verras. Et tu y trouveras ce que tu cherches."

0

Puis, l’étranger s’en va, l’air mystérieux, en essayant d’ignorer la demi-douzaine de gardes qui pleurent de rire dans le couloir à cause de son bouc. Et dès le lendemain, sa promesse est tenue : les geôliers de notre héros l’abandonnent en plein milieu d’une route de campagne. Pas de problème, se dit Bruce Wayne : je n’ai jamais fait d’alpinisme, mais je suis sûr qu’escalader les plus hauts sommets du Tibet, ça se fait en deux deux et sans équipement, tranquille Emile. Et en effet : non seulement entre deux plans, Bruce arrive à générer magiquement des objets sur lui (je suis mauvaise langue : il les a peut-être eu comme loot en tuant des écureuils ou des lérots, ces petites créatures ont souvent des sacoches et des chaussures neuves dans leur inventaire), mais en plus, malgré la description pourrie de Ninjabouc digne d’une aventure du Schtroumpf Bêta, il trouve la fameuse "fleur bleue", puis découvre que sur le sommet voisin, il y a un joli temple, auquel il arrive, épuisé. Quelques coups sur la porte, et celle-ci s’ouvre dans un grincement…

… révélant une déco digne d’une salle de bain de Sex & the City : le budget bougie est visiblement la première charge du bousin, ne manque que le bain moussant et les pétales de rose pour que tout soit complet. A peine est-il rentré que Ninjabouc apparaît, indiquant sur une sorte de trône un vieil asiatique.

"Bonjour Bruce, je vois que tu as trouvé la fleur bleue. Je te présente Ras’Al Ghul, notre maître à tous.
- Konnichi wa.
- Mais ? Il vient de parler japonais, là ! On était pas en Chine, voire au Tibet aux dernières nouvelles ?
- Ho, hé, hein, c’est un film pour geeks, alors tout vieux maître doit être japonais. Et puis hein, les asiatiques, bon. C’est un peu pareil tout ça.
- Rhooo !
- Bon, je propose de changer de sujet. Sache qu’ici, nous allons t’apprendre à devenir un fabuleux prédateur de criminels. Tu découvriras l’art du subterfuge, de la confusion, du combat au corps à corps… nous allons faire de toi un être invincible, invisible, mortel.
- Okay, on commence quand ?"

0

La réponse intervient bien vite sous la forme d’un gros pied dans la gueule de notre héros, la première leçon étant de toujours être prêt. La seconde étant de toujours s’assurer que son adversaire a les pieds propres. Puis, l’entraînement peut commencer, et en effet, notre homme apprend à se défendre et à attaquer de toutes les manières possibles, à devenir silencieux, à semer la peur dans les rangs ennemis à l’aide de divers artifices comme de la poudre explosive ou des pochettes d’album de Stromae… et s’en tire plutôt bien au milieu des 100 ninjas locaux qui s’entraînent comme lui à devenir les meilleurs des meilleurs.

Un jour, Ninjabouc l’informe qu’il est temps de "tuer sa propre peur" ; il lui prépare donc un vieux bédo à partir de fleur bleue magique de la montagne, et lui tend en lui disant "Tiens, avec ça, tu vas planer jusqu’en Jamaïque". "Ho putain, c’est de la bonne !" s’exclame donc Bruce Wayne alors que la peur s’empare de lui et perturbe ses sens. "Et maintenant que tu es tout flappy, laisse moi te présenter l’épreuve ultime de notre temple." lui répond Ninjabouc.

L’épreuve ultime : "Retrouve mon barbier et tue-le"

Alors l’épreuve ultime du temple, pour vous la résumer, c’est une sorte de Où est Charlie chez les ninjas. Le but est simple : il faut retrouver, parmi les ninjas, et sous l’influence du bédo magique, lequel est Ninjabouc. Malgré la peur et les visions de nuées de chauves-souris, sa peur d’enfant, Bruce Wayne triomphe de l’épreuve et retrouve Ninjabouc en utilisant la ruse (il raconte une blague à Toto en anglais, et comme Ninjabouc est le seul à le parler, c’est le seul qui rigole en marmonnant "Pfff, Toto il fait caca devant sa maman !"  et se fait donc gauler. Ou alors ça ne se passe pas exactement comme ça, mais à ce stade du film, je crois qu’il valait mieux que j’enjolive tant cette oeuvre, pourtant encensée, est quand même un hymne à la daube). L’épreuve réussie, Ninjabouc propose à Bruce de devenir l’un des leaders de la ligue de l’ombre et de mener les autres ninjas sur leur prochaine mission.

"Ah bon ? Je passe directement grand chef, je suis pas bidasse d’abord ? Mais les autres ils sont pas un peu jaloux ?
- C’est un raccourci scénaristique subtil.
- J’étais d’accord jusqu’à "raccourci".
- Il suffit. Pour prouver ton allégeance, tu dois d’abord faire quelque chose : voici Chong, un gros fermier du coin. Il a tenté de voler les terres de son voisin, et nous l’avons condamné à mort car il ne faut pardonner aucun crime si on ne veut pas l’encourager. C’est à toi de l’exécuter. Tiens, prends ce sabre et décapite-le.
- Mais ? Mais je ne veux pas ! Je ne veux pas tuer les gens. Je veux les livrer à la justice.
- Pour qu’une administration incompétente les libère ? Ah !
- C’est à l’administration de les juger ! D’organiser leur procès ! Ils y ont droit ! Moi, je ne ferai que les livrer !
- …
- Oui, il y a un problème ?
- Bin je sais pas : tu serais pas en train de m’expliquer que c’est à la justice de faire la justice ?
- Si, pourquoi ?
- Bah du coup, c’est pas à la police de faire la police si on suit le même raisonnement ? "L’administration" ? Parce que pour un bon procès, il faut de bonnes preuves, une arrestation dans les règles, avec des droits, etc, non ? Sinon la justice risque très fort de relâcher les criminels pour procédure irrégulière et en fait, tu serais juste une sorte de gros boulet en collant qui plante toute les opérations judiciaires ?
- Heu je… je… je n’y avais jamais pensé… mais non, en fait je suis super fort pour faire la police parce que… si, voilà : d’après les fans, je suis un "super enquêteur". Avec des compétences inégalées dans le domaine.
- Ah oui ? Tu m’expliques où tu les as obtenues ces compétences, dans un monastère au fin fond de la montagne ? Tu as joué à Cluedo en cachette ? Vous avez fait des parties de "Qui a caché les collants de Jean-Jacques le ninja ?"
- Mais c’est dans le script ! Et puis tout le monde sait que Batman est super fort en enquêtes !
- Ah bin c’est clair que c’est chaud : le méchant a toujours une fâcheuse tendance à se faire repérer en hurlant "Haha, Batman !" même au milieu d’une foule et d’être habillé comme une chroniqueuse de Canal Plus.  Le coupable est pas trop dur à trouver, ça va, v’la les enquêtes.
- Bon allez ça suffit ! Je ne tuerai pas Chong ! Un point c’est tout ! Et puis d’abord, c’est quoi la première mission où vous voulez m’envoyer ?
- Détruire Gotham.
- Hein ?
- Oui, on s’est dit que c’était la pire ville du monde et qu’il fallait la raser à cause du crime qui la ronge.
- Tu as déjà ouvert un livre de géographie ? Répète après moi : "Tijuana". 
- Haaa mais ça suffit petite langue de pute ! Gotham est irrécupérable, alors, hop, on rase ! Et comme tu es un peu le messie là-bas, tu auras d’autant plus de facilités à y rentrer pour meuler des margoulettes.
- Jamais !
- Mais que fais-tu de la justice, hein ?
- Juste une question : dans "détruire Gotham", à quel moment vous pensez aux innocents, amis justiciers ?
- Ah heu… bon, tu sais quoi ? Si on se battait tous pour faire oublier ces dialogues lamentables ?
- Allez !"

0

Tout le monde dégaine donc son arme pour régler ce conflit idéologique, mais Bruce Wayne, rusé comme un goupil, envoie une petite étincelle du côté des réserves de poudre locales, et une terrible explosion s’ensuit, puis une autre, puis une demi-douzaine d’autres, mettant Ninjabouc inconscient d’entrée de jeu, et détruisant l’intégralité de son armée de ninjas, qui attendaient tranquillement en se faisant les ongles.  Disciplinés, les enfants.

Dans la bagarre, Ras’Al Ghul se fait tuer par Bruce Wayne, mais un peu par accident. Puis, tout le monastère étant parcouru d’une immense série d’explosions (ils devaient stocker dix barils de poudre dans toutes les pièces, c’est pas possible autrement ; et dire que ces inconscients mettaient des bougies partout, c’est fou), Bruce s’enfuit, emmenant avec lui Ninjabouc inconscient (les autres ninjas, il s’en fout, ils n’avaient pas de nom). va le déposer dans un village voisin pour qu’un rebouteux local prenne soin de lui. Et lui dise bien que Bruce Wayne lui a sauvé la vie, ah mais dis.

Cela fait, Bruce se dit qu’il est temps de rentrer au pays : il appelle donc Alfred pour lui dire que ahaha, tu sais quoi vieux ? Je suis pas mort, c’était pour rire ! Allez, envoie moi un jet privé au Tibet que je puisse rentrer à la maison. Avant qu’Alfred n’envoie surtout un drone détruire la cabine téléphonique d’où l’imposteur passe l’appel, Bruce raccroche, et coup de bol, cette andouille d’Alfred l’a en fait cru sur parole et envoyé un appareil avec lui-même dedans. Sur le vol du retour, Alfred papote donc avec son jeune maître.

"Maître Bruce, quel plaisir de vous revoir.
- Oui et toi Alfred ? Ça biche ?
- Heu… oui oui. Maître Bruce, je me demandais… pourquoi revenez-vous à Gotham après toutes ces années ?
- Pour rendre la ville meilleure.
- Comme votre père ? Ho, quelle fierté ! Vous allez financer les organismes qui en ont besoin, veiller à la bonne distribution des fonds, relancer l’économie, lutter contre la pauvreté et…
- Non, je vais mettre des collants et mettre des claques à des voleurs de sac à main.
- Ah.
- Je dois devenir un exemple, une légende qui signifie que l’espoir n’est jamais mort, un symbole positif qui terrorise en même temps mes ennemis… je dois devenir la propre peur de mon enfance. Je dois devenir… un homme chauve-souris !
- Posez lentement ce verre, Maître Bruce, je crois que vous êtes complètement pété."

0

_________________________________________

Pendant ce temps, en Europe.

"James ? Jaaaames, je suis rentré !
- Maître Brice ! Ho, maître Brice ! Où étiez-vous ?
- Loin d’ici, James. Je crois que j’étais parti à la recherche de quelque chose… de moi-même, je crois. Et je me suis trouvé.
- Très bien Maître Brice. Allez-vous disparaître à nouveau ?
- Non, cette fois je reste pour de bon. Cette ville est ravagée par la pauvreté et le crime. Elle est décadente et a besoin d’espoir. C’est pourquoi je vais transformer mes peurs d’enfant en arme contre mes ennemis. Je vais devenir ce qui me terrorisait, je vais devenir…"
0

Et c’est ainsi que Brice Van Der Waine, paisible habitant de Charleroi, la Gotham belge, devint ce qui l’avait terrorisé toute son enfance : un pédophile.

Depuis, les super-héros sont interdits en Belgique, et la logique de Bruce Wayne est passible de lapidation (mais avec des gayettes, Charleroi oblige).

_________________________________________

Bientôt, le jet privé se pose à Gotham, et Bruce retrouve le manoir familial, l’empire Wayne, toujours dirigé par les directeurs de l’époque de son père et qui va désormais entrer en bourse, les actions de Bruce, supposé mort, partant aussi pour une petite vente, Bientôt, le retour de l’enfant prodigue fait la une des journaux comme "Le Point" ou "Le Nouveau Détective", et Rachel est toute émue d’apprendre que son ami d’enfance est back in ze bizness. Puis, il va s’enfermer dans les souterrains du manoir Wayne, et commence à les aménager en base secrète pour héros en goguette, en installant lampes, tables, et posters d’Axe Cop (je soupçonne le scénariste des deux œuvres d’être le même). Puis, il va voir chez Wayne Enterprise s’il n’y aurait pas des bidules intéressants à récupérer, par exemple au département des prototypes, géré par Lucius Fox. Comme par exemple, un script qui tienne debout. Ça il a pas, mais il a quand même des trucs en réserve.

Car ce dernier a évidemment tout ce dont l’ami Bruce a besoin pour l’aventure sous la main, comme une armure souple mais résistante, une cape permettant de flotter en l’air, et autres accessoires amusants. Bruce donne des excuses plus ou moins moisies pour obtenir ce matériel militaire (comme "second amendement dans ta face, margoulin"), mais comme c’est un peu le proprio de la boîte et que Lucius ne veut pas trop d’ennuis, il obéit sans poser de questions. Et repart avec ses affaires sous le bras, ainsi qu’une voiture blindée, mais ça aussi, personne ne le remarque.

Quand on voit ce que Lucius Fox a en réserve, on se dit que les réserves de Wayne Industries doivent être dans les mêmes locaux que les vestiaires de Lady Gaga

Heureusement, aucun des 260 ingénieurs ayant bossé sur ces projets, en les voyant à la télé durant une quelconque escapade de Batman, ne s’exclamera "Hey ! C’est un prototype de chez Wayne Industries ! J’ai bossé dessus ça ne devait pas sortir des réserves et il faudrait en plus des pétrachiées de brouzouf pour les entretenir et… ho ? Attendez, je crois que je sais qui est Batman, en fait."

Et top du top, Lucius Fox confie aussi à Batman un câble rétractable ultra-fin permettant de soulever pas moins de 150 kilos !

"Oui Bruce, je précise le poids pour une seule raison : tout le long du film, on te verra utiliser le câble pour soulever des gens avec toi. Sachant qu’avec ton corps musclé et ton matos, tu dois peser environ 110 kilos au bas mot, on va donc supposer que tous les méchants de la ville ne pèsent au maximum que 40 kilos. Ils ne sont pas très denses, quoi."

Encore une fois : il suffisait d’effacer cette ligne de dialogue pour couper une incohérence. Mais non, on a bien insisté pour rajouter du mauvais au médiocre. C’est affreux. Et ça n’est toujours pas fini.

Pour sa première escapade, Batman y va doucement : il se rend chez le sergent Gordon, le policier s’étant occupé de lui le soir du meurtre de ses parents, et accessoirement un des derniers agents des forces de l’ordre non corrompus de la ville. Batman lui explique donc qu’il est nouveau en ville, mystérieux, prêt à tout pour défoncer le crime, et qu’il voudrait bien commencer par Falcone, le parrain qui tient Gotham. Que faudrait-il pour cela ?

"Bah je sais pas, moi, des preuves ?" explique Gordon, décidément bien utile. Avant que Batman ne disparaisse dans la nuit. Bin ça alors !

En se renseignant un peu, notre héros apprend qu’il va y avoir une opération de débarquement de drogue sur les quais de Gotham, et irait bien y faire un tour. Mais déjà, Alfred a de bons tuyaux pour lui.

"Maître Bruce, vos escapades nocturnes sont intéressantes, mais prenez garde à ne pas être démasqué, cela pourrait vous coûter cher.
- Pas d’inquiétude Alfred : j’ai un masque et un cancer de la gorge portatif, personne ne me reconnaîtra.
- En même temps, Batman étant apparu environ 48 heures après votre retour ultra-médiatisé, je pense que même un élève de CM1 pourrait vous démasquer. Je ne vois qu’une seule solution.
- Abattre tous les CM1 de la ville ?
- Hmmm… oui, non, pas exactement. Je pensais plutôt à vous montrer en public et jouer le playboy pour que l’on ne soupçonne pas qu’un homme comme vous soit Batman.
- Alfred, êtes-vous en train de me dire que je dois m’envoyer putes et coke comme un vulgaire joueur de l’équipe de France pour le bien de la Justice ?
- Parfaitement Maître Bruce.
- Je bénis le jour où on t’a engagé comme majordome : en avant Guingamp" !

0

Et Bruce Wayne se sacrifie donc courageusement en allant se prendre des kilomètres de rail de schnouf et organisant des castings pour la future Nabila à lui tout seul, le tout en faisant le kéké dans des voitures hors de prix. Si cela l’aide à passer pour une andouille qui ne risquerait sûrement pas d’être Batman, mais plutôt éventuellement un candidat de télé réalité, cela déçoit un peu son amie Rachel, lorsqu’elle le croise lors d’une soirée avec deux damoiselles à demi-nues au bras en train de glousser. Ils échangent timidement quelques mots, mais avec tous ces gloussements, on ne s’entend plus : Bruce Wayne rentre donc chez lui. Et va enfiler son bat-slip.

Et cette fois-ci, on ne rigole plus, direction les quais pour notre super enquêteur préféré.

Et ce soir là, encore une fois, ces talents de super enquêteur vont être mis à rude épreuve car :

  • Les vilains déchargent la drogue de containers en plein milieu des quais les mieux éclairés, merci.
  • Des fois que ce soit encore trop subtil, puisque la drogue est cachée dans des peluches un lieutenant surveillant l’opération vient arracher la tête d’un ourson et brandir la came bien haut, histoire que Batman soit sûr que c’est bon, c’est bien des méchants.
  • Et si ça ne suffit pas, le lieutenant en question est aussi un flic ripou, se montrant ouvertement avec les criminels histoire de bien se cramer.
  • Ho, et vous ai-je dit qu’il était venu en partageant la même voiture que le parrain Falcone, pour encore plus de subtilité ?
  • Ah, attendez, j’ai oublié d’ajouter que Falcone assistait en personne au déchargement sans aucune autre raison que "s’exposer inutilement".

Vas-y Batman, enquête fort, je sens que ça va être compliqué.

Batman attendait encore deux minutes et les méchants se menottaient tous seuls avant de s’expédier par FedEx directement au tribunal.

Non mais sérieusement.

Je vous passe l’escalade de la consternation lors de cette scène décidément bien bancale, surtout lorsque les malandrins décident de se disperser en groupes de un lorsqu’ils sentent qu’un justicier approche, comme ça, pour voir. Curieusement, ils finissent tous avec une bat-botte dans la face. Y compris l’ami Falcone, qui plutôt que de se barrer sitôt que ça commence à sentir le roussi, décide de sortir de sa voiture sans aucune protection pour courir les prés.

Mais ?

Bon. Concentrons-nous, j’ai les yeux qui piquent déjà un peu trop là.

Quelques heures plus tard, la police retrouve sur le toit du commissariat le corps de Falcone inconscient, ligoté contre un projecteur braqué vers le ciel, et donnant l’illusion d’une silhouette de chauve-souris contre les nuages. Quelle mise en scène ! s’exclame donc le sergent Gordon. "Oui, et d’ailleurs, comment a-t-il trimbalé un gros parrain de la mafia sur son dos dans toute la ville, escaladé un immeuble ce faisant et ligoté tranquillement le bonhomme en plein sur le commissariat sans que personne ne le remarque ?" ajoute un figurant tatillon, peu avant d’être viré.

Sauf que les choses ne vont pas se passer exactement comme prévu. Rachel est super contente de savoir que Falcone s’est fait attraper par un mystérieux justicier qui en plus a amené douze kilos de preuves à la police. Il va aller au trou, et pour longtemps ! Sauf que Falcone demande à voir le docteur Craine, un psychiatre qui l’a aidé à éviter le procès à beaucoup de ses hommes en plaidant la démence. Falcone espère donc qu’il va pouvoir utiliser la même ficelle pour le sortir de ce mauvais pas.

"Craine, espèce de bourricot, sortez-moi de ce trou ! Faites un rapport, dites que je suis fou, mais bougez-vous, je n’ai pas que ça à faire.
- Certes oui, mais parlez-moi sur un autre ton.
- Je te parle comme je veux, corniaud ! Je suis le parrain de cette ville. Et si tu n’obéis pas, j’ai des choses à balancer sur toi, comme toute cette drogue que mes hommes font rentrer en douce pour toi !
- Oui mais je ne travaille avec vous que parce que mon Maître le veut bien. Mon Maître qui vient bientôt en ville. Mon Maître qui n’a pas trop envie que vous balanciez que vous avez fait entrer sa drogue en ville. 
- Ah oui ? Et qu’allez-vous faire si je refuse de coopérer ?
- Ceci."

0

Et le chenapan envoie un mystérieux gaz hallucinogène à Falcone, qui fait danser devant lui quantité d’illusions terrifiantes, comme le prochain budget du ministère de la culture. Pour rajouter à l’effet, Craine s’affuble d’un masque d’épouvantail, et terrorise le pauvre bougre jusqu’à ce qu’il en perde définitivement la raison.

Et, oui, il repart tranquillement, et personne ne trouve étrange le fait que le parrain se mette à hurler de terreur alors qu’il n’en faisait rien jusqu’à ce qu’il voie Craine.

Du coup, je pense qu’il se fait appeler "L’épouvantail" non pas à cause de son masque, mais probablement à cause de la poutre qui a servi à lui faire une petite spéléologie rectale lorsque les hommes du parrain ont vu qu’on s’était attaqué à leur patron.

Mais heureusement, dans le film, tout le monde se fout que l’on agresse le type le plus puissant de la ville. Ouf.

Pendant que la plupart des spectateurs raisonnables en sont à ce stade à jouer à Candy Crush Saga pour oublier, Batman lui est le seul à trouver étrange cette démence aussi soudaine qu’intense du principal suspect. Il enquête donc sur le Dr Craine, et lors d’une confrontation surprise, se retrouve en mauvaise posture lorsque le brigand lui envoie du gaz à la gueule.

Oui, parce que Batman n’est pas protégé contre les gaz. Ce qui signifie qu’il peut être repoussé par n’importe quelle blogueuse avec une bombe lacrymo dans son sac, ou éventuellement par Misou-Misou ou autre Bachar El Assad. Ah, un héros qui a pensé a tout sauf à l’arme la plus répandue dans les sacs à main de Gotham, quel talent.

Batman se met donc à halluciner et s’enfuit donc tant bien que mal, non sans avoir en plus subi un début d’immolation de la part de l’Épouvantail. C’est donc Alfred qui doit aller chercher Batman ("J’ai fini de m’amuser, viens me chercher s’il te plaît, et amène mon goûter !"), le ramener à la maison à l’arrière de la voiture, et purger le poison durant deux jours à l’aide de Lucius Fox, appelé en urgence puisque comme chacun sait, dans un film américain, un éminent scientifique est… un scientifique, ce qui signifie qu’il excelle dans toutes les sciences, et peut reprogrammer un satellite comme générer un remède miracle contre n’importe quelle menace chimique. Ce qu’il fait donc en créant, en moins de deux jours, un antidote immunisant en plus définitivement le patient contre les effets du gaz de l’Épouvantail. Balaise : avec autant de talent, je suppose que Batman vit dans un monde où le cancer et le SIDA ont été éradiqués entre le fromage et le dessert lors d’une soirée chez l’ami Fox, le tout en utilisant comme seuls ingrédients pour le vaccin un reste de gouda, un gâteau aux abricots et une fondue savoyarde.

18825466.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

"Alors Lucius, c’est vous qui avez terraformé Mars pendant la nuit ?
- Bah, je m’ennuyais et il me restait de la raclette."

A son réveil, c’est l’anniversaire de Bruce. Mais il n’a guère le temps de le fêter : Rachel est passée lui déposer son cadeau et lui annoncer qu’elle voulait en savoir plus sur les activités du Dr Craine. Elle se rend donc à l’hôpital psychiatrique d’Arkham, en plein quartier chaud patate, pour essayer de comprendre ce qu’il a bien pu se passer. Batman sentant que son détecteur à embrouilles s’allume comme un soit de débat Martine Aubry – Jean-François Copé, il file mettre son costume pour aller escorter sa douce.

Et ça ne manque pas : une fois sur place, Rachel croise le Dr Craine, et voyant que la belle a des soupçons sur ce qu’il se passe ici et la soudaine folie de Falcone il décide de… bah, de lui révéler tout son plan, tant qu’à faire. Bin oui, hein ! Il l’emmène donc dans le sous-sol de l’asile, non pas pour lui faire découvrir des plaisirs aussi interdits que multiples, mais bien pour lui montrer une armée de petits chimistes en train de déverser de la schnouf dans les conduites d’eau.

"Et voilà ma petite Rachel ! Grâce à mon plan génial, l’eau de la ville est remplie de ma drogue hallucinogène ! Et maintenant que tu sais tout, tiens, prends un petit coup de gaz ultra-dosé dans la face ; non seulement tu vas halluciner grave, mais en plus après, tu vas tout simplement mourir ! Tu n’as aucune chance de t’en sortir, sauf si Batman était évidemment dans le coin et avait en plus profité de mon plan inutilement raconté à voix haute, hahaha ! 
- Je suis là, épouvantail !
- BATMAN ! Ho bin ça alors ! Comme ce film est surprenant !"

0

Batman surgit donc de l’obscurité et claque tous les bandits du coin, avant de s’en prendre à l’Épouvantail et de retourner le gaz contre lui, et sous l’effet de celui-ci, le méchant avoue travailler pour… Ras’Al Ghul ! Puis, il récupère la petite Rachel en train d’halluciner complètement ("Je trouve que David Pujadas est un grand journaliste") et fonce jusqu’à la Batmobile pour déguerpir à folle allure vers la Batcave où il reste un peu d’antidote pour Rachel, qui a sombré dans l’inconscience. S’ensuit une course-poursuite durant laquelle Batman roule sur des voitures de police, en envoie à pleine vitesse contre des piles de pont, en éjecte d’autres dans le décor… sacré Batman ! Heureusement qu’il est contre le fait de tuer des gens, et plus encore, des innocents ! Mais bon, en voiture, ça compte pas je suppose. Ou alors les policiers sont tous constitués de titane de carbone.

Toujours est-il que la maréchaussée ne parvient pas à rattraper la Batmobile, et Batman peut donc ramener tranquillement chez lui la jeune Rachel inconsciente dans sa cave.

Ça m’a un peu rappelé la maison.

Ah, et oui, Batman ne sème la police qu’à environ 100 mètres du manoir Wayne. Mais personne ne se doute que c’est là que Batman pourrait se cacher : après tout, c’est la seule bâtisse à 1 kilomètre à la ronde, il n’y a sûrement aucun rapport. La police décide donc de retourner au QG jouer au tarot, ce qui est bien normal.

Je vous laisse le temps de pleurer un peu, et on reprend.

Car pendant ce temps, à la Batcave, Batman réveille Rachel pour lui expliquer la situation.

"Coucou Rachel.
- Hooo, Batman ! Vous m’avez sauvée !
- Oui. Je tenais à vous dire que votre combat d’assistante du procureur pour la justice était super. Et que je n’étais pas Bruce Wayne.
- C’est rigolo parce que vous avez la même voix dans cette scène, pourquoi vous avez coupé votre cancer de la gorge ?
- Heu je… je sais pas. Vous ai-je dit que je n’étais pas Bruce Wayne ?
- Sinon, qu’allez-vous faire de moi ?
- Vous donner les deux dernières doses d’antidote qu’il me reste. Remettez les au sergent Gordon. Une pour lui, l’autre pour la production en série. Vous ai-je dit que Bruce Wayne avait un très gros sexe ?
- Que ? Je… J’ai cru entendre…
- En attendant, je vais vous filer un sédatif et vous vous réveillerez chez vous. 
- C’est une manie de me trimbaler partout pendant que je suis inconsciente ?
- Je lis de très bons blogs."

0

Et hop, la pauvre Rachel est droguée, puis laissée à Alfred pour qu’il aille la déposer chez elle. Mais la soirée ne fait que commencer ! Car c’est toujours l’anniversaire de Bruce, aussi quantité de gens sont venus squatter chez lui pour boire son champagne. Bruce tente donc de ne pas se trahir en participant à la fête, prétendant avoir été retenu en ville par quelque affaire urgente, puis se mêle à la foule des invités.

Au passage : la Batmobile. Un véhicule pas du tout identifiable au premier coup d’oeil tellement il est commun. Quelle discrétion, ce Batman.

De son côté, le sergent Gordon, occupé à fouiller l’asile d’Arkham pour essayer de comprendre ce qu’était la fusillade sur place entendue plus tôt dans la soirée, y trouve donc le Dr Craine à moitié fou, et surtout, qu’une gigantesque quantité de drogue a été déversée dans l’eau de la ville ! Gordon se tourne donc vers un chimiste de la police étudiant la chose.

"Bon sang ! Qu’est-ce que c’est que ce dawa ?
- Il semblerait que les brigands déversaient de la drogue dans les canalisations sergent.
- Mais alors on en a tous ingurgité ! Pourquoi n’est-on pas atteint ?
- Parce que… c’est dans… les canalisations ?
- Oui mais l’eau du robinet, elle vient d’où gros malin ?
- Ho. Attendez, je lis le script… ah non. Bon. Bin écoutez, je sais pas.
- Super. J’espère que Batman va vite résoudre cette affaire parce que nous là, on est un peu des grosses buses.."

0

Justement : pendant ce temps, il se passe des choses du côté de chez Bruce Wayne. Comme par exemple le fait qu’une convive lui dise "Bruuuce, hooo, Bruuuce il faut que je vous présente quelqu’un, vous allez voir, il a vraiment une pilosité faciale, on dirait une dédicace de Michael J. Fox". Et en effet, dans la foule des invités, Bruce aperçoit… Ninjabouc !

"Bonsoir, Bruce.
- Ninjabouc. Que faites-vous ici ? Que voulez-vous à Gotham ? Je vous ai sauvé la vie : allez-vous en.
- Je t’avais dit que ta pitié te perdrait. Nous allons détruire Gotham. La consumer. Et cette fois-ci, nous allons réussir.
- Comment ça "cette fois-ci ?" Vous avez déjà attaqué Gotham par le passé ?"

0

Et là, attention, instant révélation.

"Oui, en effet : il y a des années, nous avons tenté de la détruire économiquement. Nous avons créé de la pauvreté et donc du crime. Mais ton père a commencé à lutter, à partager les fruits de son empire… il fallait qu’il disparaisse.
- Mon Dieu ! Vous voudriez dire que…
- Oui, c’est nous qui avons t…
- VOUS ÊTES LE FMI ! Vous pourrissez autrui économiquement !
- Hein ? Ho hé, pas d’insultes, on est maléfiques, mais quand même, 
- Ah ? Bon, d’accord, mais alors expliquez-moi un truc : vous luttez pour la justice, c’est ça ?
- Oui. On est juste un peu extrémistes.
- Mais alors si vous êtes capable de manipuler l’économie, vous pouvez aussi créer des périodes florissantes où le crime diminue de lui-même, non ?
- Heu… je… on y a pas pensé, tiens.
- Du coup, vous avez créé une crise à Gotham pour engendrer du crime, et maintenant vous montez une opération géante pour éradiquer Gotham à cause du crime qui la ronge ? Et donc, vous avez claqué vos ressources pour obtenir quelque chose, et maintenant vous claquez vos ressources pour lutter contre ce quelque chose, et ce tout à fait volontairement ? Est-ce que "pompier pyromane" vous dit quelque chose ?
- Non.
- Et "gros blaireau" ? Ça vous parle, ça, "gros blaireau" ?"

0

Un peu vexé, Ninjabouc en finit avec les révélations : en fait, il n’est pas que Ninjabouc, il est aussi Ras’Al Ghul. Le mec que Bruce a tué à la montagne, c’était juste une couverture. Pourrie, mais une couverture. Maintenant, Ninjabouc compte bien faire bobo à Bruce. Mais Bruce, feignant la situation sous contrôle, fait sortir ses invités sans leur dire ce qu’il se passe en leur annonçant ce qui fait fuir n’importe qui en soirée :

"Je vais chercher le Time’s Up ! On va bien rigoler !"

Aussitôt, tous les invités ayant un minimum de goût et de bon sens fuient vers leurs voitures, et bientôt, Bruce et Ninjabouc se retrouvent seuls dans le manoir Wayne. Enfin pas tout à fait : Ninjabouc est aussi venu avec des hommes. Bien vite, un combat éclate alors que les méchants mettent le feu à la demeure ancestrale, et Bruce finit par terre après s’être pris une poutre en flamme sur le museau. Ninjabouc souffle donc :

"Tu as brûlé ma demeure et tu m’as laissé pour mort. Nous sommes quittes." dit-il avant de quitter les lieux, oubliant que, petit détail, au temple, Bruce l’avait sorti des décombres et amené à un médecin, pas abandonné inconscient aux flammes. Mais bon, c’est sûrement un détail, hein, je chipote.

Notez que Bruce Wayne est coincé sous une poutre qui n’a pas brûlé. Elle est donc juste tombée, comme ça, hop. C’est beau, le sens du détail.

Ninjabouc ainsi libéré de l’affreux Batman, il peut donc s’en retourner vers Gotham, et surtout vers l’asile d’Arkham. Où aidé de quelques hommes ayant "infiltré tous les niveaux de Gotham" (il faudra me dire quand, sachant que d’après le chronologie, Bruce Wayne n’est de retour en ville que depuis deux semaines tout au plus, et que tous les ninjas qui étaient censés infiltrer Gotham sont morts dans l’explosion du temple enchanté de Ninjabouc. Il a sûrement pris des ninjas intérimaires chez Vediorbis.), il passe les barrages de police encore en place après la fusillade ayant lieu sur place plus tôt, puis ouvre toutes les cellules des criminels enfermés. Autant dire qu’aussitôt, l’île d’Arkham sombre dans la panique, alors que les rues se remplissent de méchants. Toutes les unités de police disponibles sont donc envoyées sur place et maîtrisent tant bien que mal la situation.

Rachel, elle, arrivée sur place peu avant, a remis les deux doses d’antidote au sergent Gordon, une pour lui et une pour la production en série. Sauf qu’avec ce qu’il se passe sur l’île, Gordon préfère ordonner que l’on relève tous les ponts afin que les criminels ne puissent se répandre dans Gotham. Tout le monde est donc bloqué autour de l’asile, mais les quelques unités de police arrivées en renfort avant la remontée des ponts rétablissent bien vite l’ordre. Ouf !

Sauf que, pas de bol, Ninjabouc étant dans la place, il sort son arme secrète : un prototype de bidule micro-onde géant qui vaporise toute l’eau autour de lui et peut même faire bobo à plusieurs kilomètres de distance (non parce que si ça marche juste dans un rayon de 10 mètres, ça veut dire que ça ne marche que sur les réserves d’eau que vous contrôlez déjà). Celui-ci a été volé à Wayne Industries, et devait servir à "vaporiser les réserves d’eau de l’ennemi", ce qui est particulièrement con tant il y a des armes moins chères et plus efficaces pour ça. Le but de Ninjabouc ?

"Vaporiser toute l’eau contenant le poison que l’Épouvantail déversait dans les conduites d’eau : le gaz va ainsi sortir partout dans Gotham et rendre folle la population, et la ville se déchirera d’elle-même, obligeant enfin une vraie prise de conscience contre le crime et la décadence, hahaha, HAHAHA !"

Alors, oui, c’est intéressant pépère, mais du coup, c’était plus malin de juste empoisonner l’eau : ça aurait provoqué des crises de folie un peu partout dans Gotham, sans que l’on comprenne vraiment d’où ça vienne. Ou trop tardivement. Du coup, ça aurait un peu secoué l’opinion publique. Mais là, attaquer ouvertement la ville, bin la seule chose que ça va provoquer, c’est que tout le monde va se dire "Ho ! Des terroristes !" et du coup, se moquer éperdument du crime et simplement se mobiliser contre toi.  Mais bon, hein, c’est pas grave Ninjabouc, tu es mignon.

Ninjabouc installe donc sa machine dans le seul truc qui puisse encore sortir de l’île d’Arkham sans les ponts : le métro aérien de papa Wayne ! Son plan est simple : il va ainsi pouvoir faire éclater toutes les conduites d’eau en les survolant avec le métro, puis foncer au cœur de la tour Wayne où les rails vont et où se situent les centres de contrôle de la distribution d’eau. Et là, toute la ville sera condamnée, hohohoho !

Moui. Ou alors, plan B, puisque ton bousin a une portée de plusieurs kilomètres, tu visais la tour Wayne de très loin. Et pouf. Mais là encore, je ne suis pas un génie du mal, je ne dois pas savoir.

Cela n’empêche pas le bougre de mettre son plan à exécution, et bientôt, les plaques d’égout de la ville sautent l’une après l’autre sous la pression de la vapeur empoisonnée s’échappant des conduites, et tout le monde se met à grave flipper sa mère à cause des hallucinations liées au poison (comprendre : "ils voient tout le monde avec des yeux rouges, le tout avec des effets spéciaux kitsch"). A part Rachel, qui est immunisée grâce à l’antidote, et le sergent Gordon, qui s’injecte le bousin sur le champ. Et ça tombe bien parce que qui voit-il tomber du ciel ?

"BATMAN !
- C’est moi sergent. 
- Mais attendez, il y a deux scènes, vous n’étiez pas dans votre manoir en feu ?
- Si, mais je m’en suis tiré avec l’aide d’Alfred.
- Non mais ça d’accord, mais on vous voyait avec une grosse blessure au flanc, bien profonde, l’occasion d’ailleurs pour Alfred de vous implorer de vous accrocher alors que vous déliriez à demi-conscient. Elle est où la grosse blessure ?
- Ho. Cette… blessure. Qu’on a mise en avant dans la scène précédente. Celle-là. Je… hé bieeeeen… 
- Laissez-moi deviner : encore une scène rajoutée qui ne sert à rien à part pour mieux se mettre une bonne grosse incohérence ?
- C’est ça. Bon, Gordon, allez, on se concentre : il faut arrêter le métro aérien. Ninjabouc est dedans avec la machine à micro-ondes volée à Wayne Industries. 
- Oui, mais comment l’arrêter ?
- Je m’occupe de lui. Toi, prends la Batmobile, voilà les clés, et va t’assurer que le métro ne puisse atteindre la tour Wayne. Allez, en route, et t’inquiète chaussette, j’assure chaussure !"

0

Consterné par les expressions moisies de Batman, le sergent Gordon saute donc dans la Batmobile, s’y enferme, et fonce vers la tour Wayne. Pendant ce temps, Batman via diverses acrobaties rejoint le métro aérien, et un combat s’engage entre Ninjabouc et lui, le tout, je le rappelle, à 15 centimètres d’un appareil vaporisant toute l’eau autour de lui. Mystérieusement, cela ne semble pas affecter nos héros, qui ne sont pas instantanément transformés en gâteaux secs ou en sénateurs français.  Mais ça continue par contre de vaporiser l’eau sous le métro, le poison se répandant donc peu à peu en-dehors de l’île d’Arkham, dans tout Gotham.

Batman accède brièvement aux commandes du métro, mais pas assez pour freiner. Il retourne donc se battre avec Ninjabouc, et finit par lui coller un bon vieux taquet dans le museau. Il retourne donc aux commandes pour de bon. mais par terre, vaincu, Ninjabouc ricane :

"Tu es vaincu, Batman ! Il est trop tard pour freiner à présent… la tour Wayne est toute proche ! 
- Mais, qui t’a dit que je voulais freiner ?"

0

Et en s’écartant, Batman montre à Ninjabouc que plus tôt, il n’a pas essayé de freiner : au contraire, il a coincé l’accélérateur à fond. Car il compte sur le commissaire Gordon pour faire sauter les piles des rails du métro aérien juste devant la tour Wayne pour faire s’écraser le métro avec Ninjabouc et sa machine encore dedans !

Bon, je sais pas vous, mais décidément, je vois mal comment on pouvait faire plus mauvais. A savoir, à choisir entre "Tenter de freiner le métro, et si ça loupe, Gordon pétera les piles du pont" ou "Empêcher le métro de freiner, anéantissant ainsi une chance de plus d’arrêter le plan du méchant, puis faire accélérer le métro pour donner encore moins de chances à Gordon de réussir sa mission dans les temps, mission qu’il doit accomplir à l’aide d’un véhicule super compliqué qu’il n’a jamais piloté.", il faut être proche du lamantin avec des chromosomes superfétatoires pour choisir le plan B.

Ninjabouc, perplexe en comprenant que le plan de Batman est quelque part entre stupide et absurde. Mais comme le sien l’était aussi, ça va.

Mais malgré ce plan incroyablement moisi (heureusement que la grande force de Batman est son "intelligence", parce que sinon, je n’ose pas imaginer), tout fonctionne, Gordon détruit ce qu’il faut dans les temps, et le métro s’écrase, Batman sautant de celui-ci en n’emportant pas Ninjabouc : s’il ne veut pas tuer qui que ce soit, il se réserve le droit "de ne pas le sauver".

Quel con ce Batman. Pour rappel, sa logique c’est "Si je te mets dans un métro dont je fais sauter les rails et que tu en meurs, je ne t’ai pas tué !". Du coup, c’est pas souvent que les terroristes doivent tuer des gens : faire s’écraser un avion ou sauter un transport, c’est pas vraiment tuer des gens, c’est juste "ne pas les sauver d’une catastrophe qu’on a peut-être vaguement provoquée".

En tout cas, Ninjabouc est mouru, la machine détruite, et la ville est sauvée.

Pardon ? Comment ça "Et tous les gens empoisonnés" ? "Et le fait qu’en plus le gaz avait commencé à se répandre sous le métro aérien alors qu’il se rapprochait de la tour Wayne, le faisant sortir de l’île d’Arkham" ? "Et en plus, Lucius Fox avait dit qu’il faudrait des semaines pour produire de l’antidote en série" ? Hé bien vous savez quoi ?

Personne n’y pense. Et les centaines de milliers de personnes empoisonnées ne le sont plus, hop, sans explication. C’est magique.

Quel talent ce Nolan, vraiment.

On retrouve donc Bruce Wayne au petit jour sur les ruines de sa masure, lorsqu’il est rejoint par sa copine Rachel, à qui il a plus ou moins fait comprendre qu’il était Batman. Elle lui fait donc un gros bisou, mais pas plus, parce qu’elle ne veut pas être vue avec Bruce Wayne le playboy ; elle attendra donc que la ville n’ait plus besoin de Batman pour que Bruce Wayne redevienne celui qu’elle a connu et qu’ils puissent se faire des bisous, des câlins, voire des orgies avec des poneys.

La nuit suivante, le sergent Gordon, promu inspecteur, a installé sur le projecteur du toit du commissariat une silhouette de chauve-souris pour ainsi joindre Batman lorsqu’il le souhaite. Batman arrive donc, amusé par ce système de communication, et tous deux ont une petite discussion :

"C’est l’escalade, Batman. Maintenant, qu’il y a un nouveau héros en ville, les bandits ont le leur. 
- Ah oui ?
- Oui, il signe même de sa carte : un joker.
- Mmm… cela sent aussi l’escalade à incohérences.
- Et vous n’avez encore rien vu, Batman ! Parce que pour beaucoup de gens, le second volet est le meilleur !"

0

Prêt à affronter de nouvelles absurdités et une intrigue à base d’incohérences dans tous les sens, Batman saute donc du toit, et planant au dessus de Gotham, il file vers de nouvelles aventures et…

… FIN.

Batman n’ayant pas précisé qu’il habitait à la campagne, au départ, le commissaire mettait le signal un peu bas. Il fallu attendre le 73e braquage pour qu’il pense à monter l’angle du projo.

Diable. C’était encore plus mauvais que dans mon souvenir. Et pourtant, je n’avais déjà pas un bon souvenir.

________________________

"Commissaire, commissaire !"

Le commissaire Gordon poussa un long soupir en voyant arriver derrière-lui le jeune policier chargé de l’avertir des pires nouvelles lorsqu’il était occupé sur le toit à attendre la venue de Batman. C’était devenu son corbeau, porteur de tous les messages qu’il aurait préféré ne jamais entendre.

"Que se passe-t-il cette fois ?
- C’est encore l’asile d’Arkham ! On a perdu le contrôle, tous les prisonniers se sont échappés et…
- Et il faut que Batman intervienne, je sais.
- Hein ? Non, comme c’est la 300e fois, on a juste fait un gâteau, dépêchez-vous, il n’en reste pas beaucoup ! Batman ne viendra pas de toute manière, non ?"

0

Gordon haussa les épaules. Après tout, le jeunot avait raison : Batman ne viendrait pas. Il y a quelques semaines, il avait enfin réussi à contourner le problème des nuages : Wayne Industries avait, curieuse coïncidence, soudainement investi des millions de dollars dans un projet de régulation climatique couvrant Gotham de nuages supposés rafraîchir la cité chaque nuit. Comme toujours, il avait suffi de quelques semaines à Lucius Fox pour créer un prototype. Le projecteur avait à nouveau pu servir, même les nuits normalement sans nuages, et Batman avait recommencé à calmer les brigands.

Mais désormais, ces derniers avaient ourdi un plan encore plus génial, plus imprévisible.

En effet, ils attaquaient de jour.

Gordon caressa sa moustache en se disant que définitivement, Batman était une sacrée et inutile buse. Notant les troupes de malandrins paradant dans les rues au-dessous de lui, la police incapable de les arrêter alors que Batman refusait d’intervenir en journée, il haussa les épaules. Et se dirigea ves les escaliers pour rejoindre l’intérieur du commissariat.

Avec un peu de bol, il arriverait à temps pour avoir une part de gâteau.

"Cette affaire est de plus en plus étrange…"

Le commissaire tira mollement sur sa pipe en observant les objets étalés sur la table devant lui, alors que crépitait à son côté le flash de l’appareil du célèbre journaliste Loïc Laine.

"Vous n’avez pas l’ombre d’une piste commissaire ?
- Hé bien, si, en quelque sorte… nous avons trouvé dans la chambre d’hôtel du tueur de scénaristes que nous recherchons une clé USB qu’il aurait oublié dans sa fuite. Il y a une étrange vidéo dessus, j’espérais que nos profilers pourraient en tirer quelque chose, mais dans l’immédiat, ils sont perplexes.
- Ce qu’il vous faudrait, c’est un expert qui… ho, regardez, là haut !
- Est-ce un Messerschmitt ?
- Est-ce un aigle royal ?
- Non ! C’est SUPER SPOILER !"

0

Les deux hommes s’écartèrent pour faire place à la silhouette volante qui passant par la fenêtre du commissariat, vint se poser entre eux, sa cape claquant au vent quand bien même aucun courant d’air ne semblait parcourir la pièce.

"Bonjour commissaire, bonjour Loïc. Alors, encore un mystère sur les bras ? 
- Super Spoiler ! Ho ça alors, on avait bien besoin de vous !
- Loïc a raison Super Spoiler, nous avons une grosse affaire sur les bras. Je… par contre je me disais juste…
- Oui commissaire ?
- Vous pourriez éviter d’avoir vos initiales sur le torse ?
- Quoi ? C’est pas chouette ? En plus je me suis emmerdé à les faire faire sous forme de petits éclairs pour faire plus héroïque. Je ne ne vois pas le problème.
- Moui. Bon, passons à notre affaire si vous le voulez bien : de mystérieux scénaristes sont retrouvés morts de honte un peu partout ces derniers temps. On pensait avoir coincé celui qui leur fait ça, mais il s’est échappé avant qu’on ne découvre sa véritable identité. Par contre, on a trouvé cette vidéo, nul doute que ça ne résistera pas à votre expertise."

0

Le commissaire appuya sur une touche du petit ordinateur portable ronronnant devant eux et éteignit les lumières de la salle pour plonger leur petite équipe dans l’ambiance. Bientôt, des images apparurent sur l’écran.

- – - – -

Une mégalopole, quelque part, alors que des files de voiture sont coincées dans les embouteillages. On entend des bruits de klaxon.

*bruit sourd de tambour*

*voix off de vieil homme* "Nous avons tous peur de l’obscurité."

*bruit sourd de tambour*

Des gens allant et venant dans les rues, une ou deux personnes en train d’en venir aux mains sur un trottoir

*bruit sourd de tambour*

*voix off de vieil homme* "Et lorsqu’elle vient, nous sommes tels des enfants face à un cauchemar."

*bruit sourd de tambour*

Une gigantesque ombre commence à couvrir la ville, les gens dans les embouteillages sortent de leurs voitures pour regarder au-dessus d’eux, inquiets, alors que dans les rues, des doigts pointent quelque chose dans le ciel.

*bruit sourd de tambour, puis accélération progressive de celui-ci*

*voix off de vieil homme* "A cette exception près : nous n’avons pas de parents vers qui nous tourner pour les chasser."

Plan sur un immense vaisseau au-dessus de la mégalopole, un titanesque canon se chargeant au-dessous de celui-ci avec moult effets lumineux et sonores, avant de tirer au cœur de la cité un rayon lumineux qui désintègre littéralement les immeubles alentours. Partout en ville, les spectateurs de ce massacre s’enfuient, quittant leurs véhicules en hurlant et poursuivant avec le reste de la foule à pied. Une femme portant son enfant dans les bras s’effondre, bousculée par la foule, alors que derrière-elle le rayon lumineux destructeur se rapproche.

*bruit très sourd de tambour*

*voix off de vieil homme* "Mais c’est aussi dans l’obscurité que se révèlent les lumières que nous ne remarquons pas le jour."

Plan sur la femme et son enfant, une main se tend vers elle. "Montez dans ce taxi si vous voulez vivre !"

WARNER BROS PRESENTE

Plan sur une salle du pentagone avec quantité de gradés autour d’une table, musique récupérée au box-office en fond

"Messieurs, ce matin à 11:17, nous avons perdu le contact avec notre plus grande cité de la côte est, nos morts se comptent par milliers et l’ennemi a cloué notre aviation au sol."

Bref plan sur des avions de chasse s’écrasant contre les défenses de l’énorme vaisseau survolant la cité.

"Nos commandos n’ont pas la puissance de feu pour venir à bout de ce monstre, et l’engin tire sur tout ce qui essaie de rentrer ou sortir de la ville. 
- Qu’allons-nous faire général ?
- Nous allons devoir compter sur un homme déjà à l’intérieur.
- Mais qui ?"

0

Plan sur un homme en tenue rouge et bleue, la mâchoire serrée, regardant d’un air déterminé vers le ciel alors que les gens paniqués continuent de courir autour de lui.

"Nos satellites ont repéré un homme qui ce matin a sauvé à lui seul plusieurs centaines de personnes grâce à son taxi. 
- C’est un ancien de chez nous ?
- Non. C’est un homme nouveau."

0

Une plaque de chauffeur de taxi est jetée sur la table, le visage du héros y est visible, un bonnet bleu vissé sur le crâne. On peut lire "Oui-Oui" à côté.

OUI-OUI BEGINS

*Lancement d’une musique épique avec des chœurs en latin*

Plan sur une station essence explosant.

CET ETE

Plan sur un type à demi-calciné mourant dans les bras de Oui-Oui.

"Oui-Oui… tu dois… 
- Gendarme, ne parlez pas, je vais vous emmener à l’hôpital, gardez espoir !
- Il est trop tard Oui-Oui… tu ES notre espoir… Nestor Bouboule… il a kidnappé Potiron… j’ignore pour qui il travaille…
- Accrochez-vous Gendarme !"

0

*La musique continue*

TOUT

Plan sur Oui-Oui zig-zaguant à bord de son taxi entre des explosions. Oui-Oui distribuant des mandales à divers malandrins qui profitent du chaos pour essayer de s’en prendre aux honnêtes gens. Oui-Oui tendant la main à une jeune femme, les yeux larmoyants, alors qu’elle va glisser d’une corniche dans la ville dévastée.

VA

Plan sur un immeuble explosant

COMMENCER

Plan sur un carambolage sous une pluie de cendres.

Plan final sur Oui-Oui, le visage sanglant, au milieu d’une salle futuriste ressemblant fort à la passerelle d’un vaisseau. Il a l’air très en colère.

"Bonsoiiir, Oui-Oui…
- Ouiiii… bonsoir !
- Sournois. Finaud. 
- Tu es seul Oui-Oui… tu es perdu.
- Je ne suis jamais seul. J’ai mon taxi."

0

Plan sur le taxi de Oui-Oui traversant l’immense cockpit derrière-lui, la scène est coupée brutalement pour laisser place à un écran noir. Dans un bruit infernal, de grosses lettres viennent s’y poser jusqu’à écrire

OUI-OUI BEGINS

http://www.ouiouibegins-lefilm.com ou retrouvez-nous sur Facebook.

- – - – -

Le commissaire tira un peu plus fort sur sa pipe, comme s’il essayait de surcharger ses sens de tabac pour en chasser le dégoût qu’il venait de ressentir. Il se tourna vers le super héros à son côté.

"Alors Super Spoiler ?
- Ah non mais c’est facile : prendre n’importe quelle licence et tenter de lui donner un côté dark moisi, c’est du Christopher Nolan.
- Bon sang, vous êtes sûr ?
- Certain.
- Alors vous devez agir vite, Super Spoiler ! J’ai entendu dire que le bougre présentait le dernier film qu’il a écrit et produit, "Man of Steel", au cinéma local !
- Diantre, je dois y aller !"

0

Super Spoiler étendit ses bras et s’envola en faisant tourbillonner l’air autour de lui, obligeant le commissaire et le journaliste à ses côtés à se protéger alors que tous les papiers de la pièce se mettaient à tourner autour d’eux dans la confusion la plus totale. Lorsque le dernier document eut achevé son vol, Loïc Laine leva les yeux.

"Tout de même, je me demande bien qui est Super Spoiler. Vous pensez qu’il est comme Superman et porte des lunettes le jour ?
- Ah non, il est encore plus extrême : lui, il porte carrément des lentilles de contacts."

0

Et sans un mot de plus, tous deux prièrent silencieusement pour que Super Spoiler aille s’occuper de Man of Steel.

Le film est-il une énième tentative de rendre sérieux un héros qui ne l’est pas ? Comment l’incontournable question du slip de Superman a-t-elle été gérée ? Un seul dialogue a-t-il été réussi ?

Allons voir promptement : spoilons, mes bons !

_________________________

21008110_20130524125237634.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

L’affiche. Pas d’explosion en vue ? Ni de cendres ? Ni de flammes ? Ah, attendez, peut-être que ce film est bien, en fait (faites semblant d’y croire, chenapans !).

Notre histoire débute sur la lointaine planète de Krypton, alors qu’une femme est occupée à pousser fort : la bougresse est en effet en train d’accoucher sous le regard ému de son mari, Jor-El, tellement content à l’idée de ne plus avoir de nuits et de changer des couches. Bientôt comme dans tout accouchement de mauvais film paraît un enfant tout propre et sans cordon ombilical qui présente tous les attributs d’un garçon (comprendre : il a une bière à la main) : Kal-El. Ce nouveau né fait la joie de ses parents, mais hélas, Krypton ne connaissant pas le congé paternité, Jor-El est bientôt rappelé à ses activités, à savoir scientifique de Krypton. Et quand je dis scientifique de Krypton, ce n’est pas pour dire qu’il est scientifique : non, c’est visiblement le seul du coin, puisque durant tout le film, qu’importe de quoi on parle : c’est Jor-El qui l’a fait. Si vous ne saviez pas dire "Mac Gyver" en kryptonien, c’est désormais chose faite.

Bref : Jor-El se rend au grand conseil de Krypton pour expliquer à celui-ci, en substance, que c’est la merde. En effet, à force de consommer toute l’énergie de la planète pour leur civilisation, nos amis kryptoniens ont rendu son noyau instable, et le bougre menace de péter d’un moment à l’autre. Jor-El supplie donc le conseil de lui confier le codex, une relique contenant tous les codes génétiques pour reproduire la civilisation de Krypton ailleurs, afin d’essayer  de la sauver. Car en effet, sur Krypton, on a oublié comment on faisait les bébés (on ne sait plus trop ce qu’il faut mettre dans quoi, on a bien fait des recherches, mais une fois Jor-El est resté coincé 6 heures dans l’oreille de sa femme, depuis on a arrêté), du coup dans le doute, on les produit en série dans des cuves. Avec le code génétique et les cuves, il est donc possible de refonder Krypton ailleurs, hop !

"Certes, Jor-El, votre sagesse est grande.  Mais sinon, on pourrait pas juste se barrer avec des vaisseaux ? Non parce qu’on est un peu une civilisation qui voyage dans l’espace quand même.
- Grand maître Obvi-Ous, il n’y a plus de temps pour ça ! Donnez-moi le codex et Krypton pourra vivre !
- D’accord mais comment ?
- Hé bien heu… par exemple en l’envoyant avec des codes génétiques ailleurs avec l’aide d’un, disons… vaisseau spatial ?
- Attendez, c’est moi où vous venez juste de… AAARGH !"

0

Le pauvre Obvi-Ous est hélas arrêté en plein pointage d’incohérence par un coup de pistolet désintégrateur dans la margoulette qui l’empêche quelque peu de poursuivre sa conversation. Car ce n’est pas Jor-El qui a tiré mais un groupe de nouveaux arrivants l’air hostile, commandés par le terrible général Zod.

"Ça suffit maintenant ! Krypton n’a plus le temps pour vos discussions ! Il faut agir : donnez-moi le codex ! Jor-El, écarte-toi !
- Que veux-tu faire du codex ?
- Je vais m’en servir… pour faire renaître notre civilisation ailleurs ! 
- Alors ça, JAMAIS !
- Mais attends mec, tu viens d’expliquer que c’était exactement ton pl…"

0

Pendant que les spectateurs sont encore en train de se demander comment on peut faire aussi mauvais dès les premières minutes, Jor-El bouscule Zod et tente de fuir sa troupe pour aller chercher le codex, qui est rangé dans une salle évidemment non gardée. Après s’en être saisi, Jor-El s’enfuit sur son dragon volant pendant qu’il est poursuivi par les vaisseaux des méchants. Car oui, comme lui il est gentil, il chevauche des animaux mythiques gentils pendant que les vilains ont des vaisseaux qui font bziou bziou et gruwululu. Je pense que dans la première version, il s’enfuyait sur une licorne majestueuse, mais quelqu’un s’est dit que ça allait se voir, là, quand même. Du coup, on a aussi retiré le passage où on explique qu’il vit dans un champignon gardé par un lapin soyeux. N’empêche, essayez autour de vous : allez voir quelqu’un qui n’a pas vu le film et dites-lui "Franchement, dans Man of Steel, j’adore la scène où Russel Crowe chevauche un dragon", il y a 97% de chances qu’il ait l’air terrifié et se demande ce que vous avez bien pu voir, mais si, si, c’était bien Man of Steel.

Bref : toujours est-il que Jor-El fonce à son domicile pour y retrouver sa dulcinée, qui voulant éviter que son fils finisse sa vie à peine commencée avec Krypton, a déjà trouvé une planète où envoyer son marmot : la Terre. Celle-ci a une population un peu primitive mais qui pourra prendre soin de l’enfant, même s’il sera forcément rejeté pour sa différence (sauf si par le plus grand des hasards, il venait à atterrir dans un coin de la planète où la population est aussi blanche que lui et où il peut parfaitement se fondre). Jor-El bidouille donc un truc avec le codex et son fils, colle le tout dans une fusée qui attendait chez lui (sur Krypton, la fusée sur sa rampe de lancement à domicile, c’est complètement tendance, on en trouve plein chez Ikea), programme la Terre comme destination et envoie le tout dans l’espace, trop heureux de se débarrasser de ce truc rose qui braille avec une couche contenant visiblement aussi un gros noyau instable.

Le général Zod arrive donc sur ces entrefaites, un peu bougon.

"Crotte de bique ! Mais enfin Jor-El, pourquoi as-tu fait ça, tu es con ou bien ?
- Non je… Krypton est une civilisation décadente : vois ! Nous produisons des enfants à l’aide du codex, et leur rôle dans la société est inscrit dans leurs gênes. Je ne veux plus de cette société là ! J’ai donc envoyé mon fils, seul enfant né naturellement depuis des siècles, dans l’espace avec le codex pour qu’il fasse renaître une civilisation meilleure ailleurs. Alors que toi, tu voulais le codex pour reproduire nos mêmes erreurs, encore et encore !
- Hmmm oui, alors j’entends bien, mais justement, si tout ce bordel d’eugénisme immonde est dans le codex et que tu n’es pas d’accord, pourquoi l’as-tu envoyé avec ton fils pour "faire renaître notre civilisation" ?
- Ha ? Heu… je…
- Je veux bien que tu m’expliques. 
- Oui non mais je… hahaha, si ! Attends ! Maintenant que tu n’as plus le codex, tu es feinté : tu ne peux plus reproduire l’eugénisme de Krypton ailleurs ! J’ai donc bien fait d’envoyer loin de toi mon fils et le codex. Si si, c’est bon, tout se tient. C’était juste pour t’emmerder toi, en fait.
- Hmm. Ou alors il me suffirait de trouver des porteurs de gènes issus du codex pour les reproduire. Genre des gens de Krypton, en fait. Je me demande où on va en trouver, sachant qu’on est sur Krypton, c’est chaud patate.
- … non, attends, je suis sûr que je trouver une bonne raison à pourquoi j’ai balancé mon fils dans l’espace !
- Bon, et si je te tuais, plutôt ?"

0

Et ce qui fut dit fut fait, débarrassant ainsi Krypton d’un de ses plus gros blaireaux. Hélas pour le général Zod, l’aventure s’arrête là, puisque le reste des forces armées de la planète vient lui dire que tenter un coup d’état en tuant des gens, c’est très vilain bande de gredins, et que du coup, lui et ses copains méritent une grosse punition. Punition qui est la suivante : le départ loin de Krypton dans un vaisseau-prison. Oui, vous avez bien lu : pour avoir été très méchants, Zod et ses amis sont condamnés à ne pas avoir le droit de rester sur leur planète qui va péter.

21010262_20130604164945574.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Zod vient de penser à un truc : et si il était tout simplement allé prendre le codex qui n’était pas gardé et qu’il était parti ? Ah oui, tiens, flûte.

Et on en est encore qu’au tout début du film. Impressionnant, n’est-ce pas ? Il y a du talent, et pas qu’un peu.

Et effectivement : à peine Zod et ses amis hors d’atteinte, Krypton explose, tuant ainsi une race visiblement constituée à partir de l’ADN de Christine Bravo. Profitons-en donc pour aller voir ce qu’il se passe sur Terre, quelques années plus tard.

Clark Kent est un jeune homme terriblement sombre (comprendre : il est barbu) qui gagne sa vie en tant que marin pêcheur, un rude métier où il doit affronter des ennemis aussi terribles que l’indomptable saumon, la sauvage truite, ou le génie du mal Lex Luthon. Mais un jour, alors que son navire capte le signal de détresse d’une plate-forme pétrolière en difficulté, Clark s’envole tel un aigle et fonce droit vers le brasier qu’est devenu le site de forage pour traverser les flammes sans encombres et en sortir les ouvriers à la grande surprise de ces derniers et des gardes côtes, qui voient même cet étrange homme sorti de nulle part soulever et tordre à lui seul des obstacles de plusieurs tonnes pour faire place aux évacués.

Ainsi naît la légende de Super Marin Pêcheur, the Man of Breizh.

Toujours est-il qu’après cet exploit, Clark en profite pour méditer en plongeant sous l’eau et s’assoupissant au milieu des baleines, tant, c’est connu, ces animaux adorent se promener autour des plate-formes en flammes qui explosent. Nous avons dès lors le droit à un flash-back, et comme le film va nous en coller tout un tas toutes les 10 minutes, regroupons-les un peu pour avoir le sombre, très sombre passé de Clark Kent au complet.

Clark se souvient d’un jour, quand il était enfant : ses pouvoirs s’éveillaient et il en chiait un peu pour les contrôler : son audition le surchargeait de sons, des conversations lointaines aux bruits d’horloges en passant par ce qui aurait dû rester silent but deadly, son odorat rendait la chose encore plus éprouvante, quand à sa vision à rayons X, elle lui permettait de voir au travers du chemisier de la maîtresse, ce qui déstabilise toujours un peu quand on a 6 ans. Clark ce jour là était donc parti se cacher dans un placard de l’école pour s’isoler de tout cela, mais comme heureusement, Maman Kent traînait toujours dans les couloirs de l’établissement pour Dieu sait quelles raisons, elle pouvait le calmer avec des phrases simples de maman comme "Concentre-toi sur ma voix" ou "Tu sors de là ou c’est ma main dans ta gueule, on va voir si t’as un toucher surdéveloppé".

Clark se souvient aussi du jour où sur le chemin de l’école, son bus est tombé d’un pont dans la rivière locale, ce qui n’est quand même pas de bol. Clark avait donc poussé le bus à lui seul hors de l’eau, sauvant ainsi toute sa classe et le chauffeur d’une fin atroce. Le soir même, Papa Kent l’engueula en lui expliquant que bordel, tu dois cacher tes pouvoirs, les gens prennent peur ! Et insiste en disant que, oui oui, il aurait dû laisser toute sa classe crever. Mais à part ça, il encourage Kent à faire le bien.

"Tu comprends Clark ? Faire le bien, c’est cool, mais c’est très secondaire par rapport à ce que l’on pense de toi. 
- Tu veux dire que je peux laisser les gens crever si j’ai une bonne équipe de com’ ?
- Tu viens de résumer 50 ans d’histoire de la présidence des Etats-Unis mon lapin."

0

Je n’invente pas : Papa Kent explique bien qu’il aurait dû laisser sa classe crever plutôt que de leur faire une grosse peur. Je serais curieux de savoir sur quel ton ce type utilise l’expression "Il y a eu plus de peur que de mal". En tout cas, cela motive Papa Kent à emmener son fiston à la cave, non pas pour lui coller un coup de pelle, mais pour lui montrer quelque chose : le vaisseau dans lequel il l’a trouvé. "Oui fiston, maintenant que tu as flippé durant quelques années sur pourquoi tu avais des pouvoirs surnaturels, je tenais à te dire qu’en fait, tu étais un extra-terrestre et qu’on t’avait trouvé dans cette capsule un matin dans un champ. Et je suis sûr que ta capsule est extra-terrestre, car j’y ai trouvé des éléments même pas classifiés sur le tableau périodique qui va bien. Car oui, j’ai beau être un fermier, j’explique tranquillement que je fais ce genre d’analyse les doigts dans le nez. Et même si la logique voudrait qu’un bébé dans une capsule ressemble fortement à un enfant placé dans un canot de sauvetage lors d’un quelconque malheur, je vais te répéter en boucle alors que je n’ai aucun moyen de le savoir que si tes parents t’ont envoyé là, c’est qu’ils avaient un but pour toi, pas simplement qu’ils voulaient te sauver les miches. Oh, et j’ai trouvé une sorte de clé dans la navette : je te la donne."

Clark se souvient aussi d’un jour où il était sur la route avec ses parents, et où il a fait ce qu’il ne faut jamais faire quand on est un super héros : se fâcher avec ses parents adoptifs. Non parce que forcément, ils vont mourir aussitôt pour que le héros ne puisse jamais se le pardonner. Et en effet, alors que Papa Kent, qui dans les autres flashbacks expliquait que Clark devait devenir une lumière d’espoir, un véritable symbole pour l’humanité, explique soudain que son seul avenir est d’être fermier dans le Kansas (Kevin Costner doit avoir trois scènes dans le film, mais à chaque fois il se contredit par rapport à la précédente), Clark râle donc en disant "Woh, t’es pas mon père !". Il n’en faut pas plus pour qu’aussitôt, une tornade apparaisse à l’horizon, et que la circulation s’arrête, les badauds fuyant leurs voitures pour s’abriter sous un pont voisin. Sauf qu’alors que tout le monde est en sécurité, Papa Kent s’exclame "Ho non ! On a oublié le chien !" (si.). Ce dernier y retourne donc, parce que bon, faudrait pas envoyer Clark qui pourrait s’en occuper sans souci et sans spécialement montrer ses pouvoirs, et comme il se doit, si le chien est libéré, Papa Kent se tord la cheville, ouyouyye, et se retrouve donc bloqué alors que la tornade arrive sur lui. Clark a donc environ 5 minutes et 2941 possibilités de sauver son père adoptif sans que les gens ne hurlent au super-héros, mais à la place, il reste à faire des bruits de gorge pendant que son père lui fait signe de ne pas l’approcher pour ne pas révéler ses pouvoirs.

"N’oublie pas, Clark : tu as de grands pouvoirs et j’ai passé mon temps à te dire que tu serais un exemple vivant pour l’humanité, mais à chaque fois que tu veux les utiliser pour faire le bien et montrer l’exemple en question, je t’engueule. Laisse moi donc crever pour préserver ton secret et soulager le spectateur de mes dialogues écrits au caca."

Et Papa Kent disparaît donc dans la tornade, probablement tué par l’une des nombreuses vaches qui y tournoient. Entre Papa Kent et Jor-El, on peut dire que notre héros n’a vraiment pas eu de bol avec ses papas. Je dis ça parce qu’ils étaient fin cons, hein, pas parce qu’ils sont morts, qu’on soit bien d’accord.

21010214_2013060416450126.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

"Allez Clark, c’est pas grave, il faut savoir réparer ses erreurs. Alors tu y retournes, tu remets tous les enfants dans le bus et tu le refous dans l’eau."

Revenons donc de nos jours, dans les régions arctiques de notre planète, alors qu’un hélicoptère se pose près d’une base militaire. A bord de celui-ci se trouve Loïs Lane, fameuse journaliste du Daily Planet, qui vient enquêter sur les recherches que font nos amis de l’armée dans le coin. Ceux-ci sont bien embêtés : crotte, une journaliste qui en plus, s’est annoncée, comment va-t-on lui cacher nos recherches super secrètes ? Je sais : expliquons-lui tout et proposons-lui de la loger sur le camp. Action Man, le chef militaire local (il s’appelle ainsi puisque dans tout le film, dès qu’il y aura un véhicule vaguement militaire, il sera dedans et sait tout piloter), dit donc à notre héroïne que l’on aurait trouvé sous la glace un énorme objet de métal vieux de plusieurs milliers d’années. Tiens donc ! Les recherches vont donc bon train, mais il faudra encore du temps pour arriver à l’objectif; En attendant, il est tard, Loïs est donc invitée à aller se coucher, même si elle est excitée et ne veut pas dormir, ça suffit maintenant, pas de caprice.

Sauf que sitôt la nuit tombée, notre curieuse sort de son logis en gloussant comme une dinde sous acides et équipée de son appareil photo magique, elle prend une photo du chantier en pleine nuit, zoome sur son appareil sur une zone d’ombre où on ne voit quasiment rien mais où elle a vu un demi-pixel suspect, et grâce à son zoom digne des experts, repère… quelqu’un qui marche ! Oui, c’est tout. Et suspect sur un chantier, pfou. J’espère qu’il n’y a pas de travaux près de chez elle, sinon elle doit être le pire stalker de toute l’histoire du BTP. Elle décide en tout cas de suivre ce type repéré aléatoirement en… en escaladant des falaises de glace ? Ah oui bon je… d’accord. Et dans la falaise se trouve une galerie où visiblement, l’homme a pénétré. Elle s’engage donc à sa suite…

Au fait, j’en profite : si vous trouvez déjà ça long, allez faire pipi maintenant, parce que c’est pas fini.

C’est fait ? Non parce qu’on ne s’arrêtera plus après, hein ? Je ne veux pas de "J’ai encore envie !" ou "Quand est-ce qu’on arrive ?". Bien, reprenons.

Notre homme, c’est Clark Kent. Après avoir été the Man of Breizh, il a un temps été cuistot dans un routier, et puis finalement, là, comme il s’ennuyait, il a décidé de retrouver, comme ça, hop, un vaisseau de la planète Krypton prisonnier sous la glace. Il a sûrement appris ça pendant son service au routier, entre deux rumeurs entendues à la CB sur les promos que ferait Germaine la goulue derrière la baraque à frites de l’aire de la Jument Verte. Toujours est-il qu’à l’entrée du vaisseau, il faut une clé de Krypton pour entrer… et ça tombe drôlement bien : Clark essaie la sienne, et découvre que la sécurité était bien naze sur Krypton, à savoir que si tu enfonces à moitié ta clé, ça active les défenses contre toi, mais si tu pousses un peu pour que ça rentre en entier, hop, les défenses te protègent. D’aaaaaccord. Et l’ordinateur de bord se met au passage à lire le contenu de la clé à savoir… un logiciel holographique ! Celui-ci fait apparaître à côté de notre héros son père, Jor-El.

"Bonjour mon fils.
- "Mon fils" ? Mais qui es-tu ?
- A ton avis ? Bon, on va la faire courte. Je suis ton père, Jor-El. Enfin un hologramme ayant sa mémoire. Et ton véritable nom, même si on a dû s’en servir deux fois avant de te coller dans une fusée pour déconner est Kal-El. Laisse-moi te raconter l’histoire de notre peuple : notre planète mère est Krypton. Celle-ci avait un noyau instable parce qu’on l’exploitait pour en tirer notre énergie. Et on faisait les bébés dans des cuves, aussi, ce qui est très mal. Nous avons envoyé des vaisseaux comme celui-ci sur des centaines de monde, pour préparer leur colonisation future. Tu trouveras donc ici les cuves à bébé en question, mais vides. Parce que tu vois, moi je voulais pas que l’on fasse des bébés génétiquement pré-programmés, je trouvais ça très malsain. Chacun devrait avoir le choix de son destin.
- Okay : je veux être pâtissier.
- Nom de… gnnn… bon, écoute, même si je viens de t’expliquer l’exact contraire, je vais te fixer un destin moi-même sans te laisser le choix : tu dois être un exemple, un héros, un prophète. Tu dois être celui qui fera que les humains se diront que les gens de Krypton, c’est de la bouboule.
- Alors on est encore plein ? Chouette !
- En fait, non. Krypton a pété. C’est même pour ça que l’on t’a envoyé ici. Pour que tu sois vivant et libre. Le dernier de notre espèce.
- Donc je peux être pâtissier.
- Heu… non. Non, non, je te disais, tu dois être une sorte de… d’ambassadeur, d’exemple pour les humains. Pour qu’ils aiment les gens de Krypton.
- Mais s’il n’y a plus de gens de Krypton ?
- En fait, si. Tu pourras les recréer grâce aux cuves à bébé. Que l’on trouve dans ce vaisseau. D’où le fait que je voulais que tu trouves ce vaisseau, je ne sais comment d’ailleurs.
- Cuves à bébé que tu ne veux pas que j’utilise parce que c’est de l’eugénisme et que ça crée des gens qui ne sont pas libres de leur destin.
- C’est ç… ah merde oui. Pourquoi je t’ai mis dans cette fusée déjà ? Rah, je sais que ça me faisait marrer sur le coup. Bon, changeons de sujet. Donc, disais-je, peu après le coup d’état échoué du général Zod, Krypton a explosé et…
- Sachant que tu as fait cette clé avant d’avoir le fin mot de l’histoire, comment sais-tu que Zod a été arrêté ? Et que Krypton a explosé sans aucun autre survivant ?
- …
- Non mais c’est pas grave tu sais, j’ai été élevé par Papa Kent, et lui aussi était un peu con et pas très cohérent, je m’y suis fait.
- Je reprends. Puisque le passé semble un sujet tendu, parlons du futur : regarde, j’ai placé dans ce vaisseau une combinaison typique de Krypton pour toi, bleue, avec une cape rouge. Et pas de slip, parce qu’on a voulu arrêter les moqueries sur le sujet pour faire un film sérieux.
- Donc à la place quelqu’un a fait un film où tout le reste est sujet à moquerie, je vois. Tiens par exemple, pourquoi, sachant qu’on a vu les tenues de Krypton au début du film, suis-je le seul à avoir comme tenue ce qui sert de sous-vêtement aux autres ? Et pourquoi le mien est-il tout coloré ? Dois-je comprendre qu’à défaut de slip terrien, tu veux que je me trimbale dans l’équivalent d’un slip de Krypton ? Et comment as-tu su qu’il fallait placer cette combinaison, pile à ma taille d’ailleurs, dans ce vaisseau parti pour la Terre il y a plusieurs milliers d’années alors que tu ne savais ni que tu aurais un fils, ni qu’il viendrait ici un jour ?
- … bouhouhouh je sais paaaaaaaaaaaaas ! Je veux que quelque chose arrête cette scène !"

0

Et ça tombe bien, parce qu’au même moment, Loïs Lane a poussé un grand cri ailleurs dans le vaisseau : tombée sur les défenses intérieures de celui-ci en suivant Clark, elle a été blessée. L’ami Kent fonce donc la trouver, et la rassurant sur ses attentions, lui cautérise sa blessure à l’aide de ses yeux lasers, à la grande surprise – et douleur – de la belle. Puis, Clark va la déposer à bonne distance du vaisseau, et décolle purement et simplement avec celui-ci sous le regard effaré des militaires alentours, avant d’aller le cacher à quelques centaines de kilomètres de là, dans un autre coin glacé, mais moins connu (Maubeuge). Puis il retourne chez Maman Kent lui annoncer la bonne nouvelle : il sait enfin qui il est, et d’où il vient. Et là encore, dans la série des dialogues de qualité, Maman Kent lui dit "C’est formidable" mais ne lui demande aucun détail : après tout, ce n’est jamais que le plus grand mystère de sa vie, alors on s’en fout un peu, hein, allez Clark, va faire ton lit petit galopin.

Loïs Lane retourne donc au Daily Planet avec un article intitulé "Commant j’ai rencontrer un alien qu’il été trop bô lulz". Le directeur du journal refuse purement et simplement de l’imprimer, à moins bien sûr de le faire sur papier rose, double et absorbant, pour donner de la lecture à tous les cucus du monde, qui comme chacun sait, se passionnent pour l’ufologie depuis que des rumeurs de sondes les préoccupent régulièrement. Loïs décide donc de se lancer à la poursuite de ce mystérieux alien à apparence humaine, et fouillant à la recherche de mystérieux incidents par le passé commis par un homme aux pouvoirs incroyables malgré son apparence humaine, remonte la piste jusqu’à un certain Clark Kent. Et finit par rencontrer celui-ci dans sa ferme du Kansas, l’homme s’étant rasé et changé depuis leur dernière rencontre, puisque maintenant qu’il connait ses origines, il n’a plus raison d’arborer une barbe et des vêtements sales pour faire type torturé. Subtil. Vraiment.

"Clark Kent ! C’est donc vous, le mystérieux sauveur alien à l’apparence humaine qui m’avez aidé dans ce vaisseau enfoui !
- Vous êtes une curieuse, Miss Lane. En effet, vous connaissez mon secret. 
- Mais pourquoi le garder secret ? Le monde aimerait vous connaître !
- Mon père me disait toujours "Garde tes pouvoirs secrets, et laisse les gens crever."
- Votre père m’avait l’air d’être un sacré numéro.
- En même temps il est mort tué par une vache volante.
- Sinon, je vous aime bien, là, rasé, comme ça.  C’est sexy.
- Merci.
- Mais du coup, je me demandais : sachant qu’au début du film on vous voyait avec une barbe qui résistait jusqu’à un incendie de plate-forme pétrolière, vous les coupez avec quoi vos poils ? Rasoir ionique ? Et puis là, votre peau blindée qui arrête tout, du coup on ne peut pas vous vacciner, c’est ça ? Donc votre plus gros ennemi, c’est finalement un cochon d’inde avec la rage ou une majorette porteuse du tétanos, si je comprends bien ?
- Hem héééé bien Miss Lane je crains que nous ne devions nous séparer je suis très occupé, tout ça. Par contre, ne révélez jamais mon identité, je vous fais confiance, je veux vivre en paix. Bisous."

0

21010241_2013060416480991.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Pour rappel, Zack Snyder, le réalisateur, voulait faire "Wolverine" mais le projet lui est passé sous le nez. Ça ne se sent pas du tout.

C’est donc un peu dépitée que Loïs Lane retourne au Daily Planet : elle a le scoop du siècle… mais ne peut rien en écrire. Tout aurait pu s’arrêter là si, quelques temps  plus tard, un étrange phénomène ne s’était pas manifesté : le monde entier a repéré un vaisseau extra-terrestre se dirigeant vers la Terre : celui à bord duquel Zod avait été chassé ! Et alors qu’il s’approche, soudain, partout dans le monde, l’électricité se coupe et sur tous les écrans (qui n’ont plus de jus, donc, c’est fort), apparaissent des messages écrits dans la langue du pays (car oui, Zod connait les zones géographiques qui vont bien, leurs langues et les écrit toutes sans jamais avoir eu de contact avec la Terre par le passé), ce qui me laisse perplexe : Zod utilise-t-il les langues officielles ou celles des aires géographiques ? Ecrit-il en catalan ou se fait-il insulter en envoyant du castillan à Barcelone ? Parle-t-il seulement Breton ? Et surtout, en quelle langue s’adresse-t-il aux Belges ? Toujours est-il que son message est "Vous n’êtes pas seul", répété en boucle un temps, avant qu’il ne prenne la parole, son visage masqué et à demi-brouillé, pour menacer la Terre.

"Terriens, levez les yeux et tremblez, car je suis le général Zod.
- Hihihihihi !
- ZoD. Avec un D, comme Denis.
- Aaaaaah… oooh…
- Oui, bon : je suis venu chercher quelqu’un sur votre planète. Il se nomme Kal’El. Il se cache parmi vous, sous une apparence humaine, mais il n’en est rien. Donnez-le moi, et il ne vous sera fait aucun mal."

0

Aussitôt, les médias s’emballent donc, et quelqu’un a la bonne idée de balancer à la télé que "Vous savez, je suis très content d’être interviewé, mais si vous voulez en savoir plus sur les aliens parmi nous, demandez à Loïs Lane, elle a fait une enquête l’autre jour, on a refusé de publier son article, mais elle a l’air de savoir qui est ce fameux Kal’El."  Aussitôt, Action Man, qui était auparavant chef de la sécurité sur un chantier archéologique au pôle nord est désormais officier dans le FBI (oui oui, et non non, pas d’explication), et envoie toutes ses troupes à la poursuite de cette mystérieuse Loïs Lane.

Heureusement qu’il n’y avait qu’une seule personne dans le monde entier qui prétendait savoir des choses sur les aliens, et que c’était Loïs Lane. Non parce que dans notre bas monde, le FBI se retrouverait avec une liste de 15 à 16 000 noms au bas mot, et finirait persuadé que le Kal’El en question est petit, gris, et a une passion secrète pour faire du Spirograph dans les champs à en croire les "témoins".

Bref : Loïs Lane est bien vite arrêtée par le FBI, et Clark, lui, décide de se rendre pour ne pas mettre l’humanité en danger. Il se rend donc bien naturellement… sur la base où Loïs Lane est retenue prisonnière, l’information étant probablement disponible sur Mappy. Et se constitue prisonnier.

Ce qui serait pertinent si c’était l’humanité qui avait demandé à Kal’El de se rendre. Parce que là, depuis l’espace, Zod doit juste se dire "Mais ? Je lui demande de se rendre à moi et il se rend à eux ! Pfou, il a l’air de sévèrement tenir de son père, lui.". Et en effet : Clark, vêtu en Superman, est donc menotté et mis dans une salle d’interrogatoire le temps de papoter deux minutes avec Loïs Lane pour lui demander si ça va, bien ou bien, puis rendez-vous est pris avec un vaisseau de transport envoyé par Zod pour récupérer le colis, quelque part en plein désert. L’armée organise donc un petit site avec des banderoles "Bienvenue" et du Banga, avant de se mettre en position des fois que les aliens, peu intéressés par le Banga, ne soient hostiles. Mais ce serait ballot quand même : tout le monde aime le Banga.

La réponse arrive bien vite lorsqu’un petit vaisseau se présente devant le camp militaire et débarque quelques humanoïdes en armures noires, qui s’approchent de Superman.

"Kal’El, tu as bien fait de te rendre. Allez viens, on t’embarque. Et puis on va aussi emmener Loïs Lane.
- Pardon ? Mais pourquoi ?
- Et bien parce qu’elle sait qui est Kal’El, non ?
- Sachant que je suis déjà là et que je me rends ? Elle va servir à quoi ? Danser en tutu pour divertir l’équipage ?
- Ah tiens, oui, c’est vrai. Bon, allez hop, j’imagine que ça doit être écrit dans le script pour une bonne raison : montez Madame Lane, on va dans l’espace."

0

Et ni une, ni deux, sous les yeux de l’armée, les hommes de Zod embarquent tant Superman que Loïs Lane, avant de repartir vers leur vaisseau resté en orbite. Sur place, on donne un casque à Loïs, afin qu’elle puisse survivre dans l’atmosphère de Krypton que le vaisseau reproduit. Alors que Superman, lui, après avoir discrètement filé la clé que son papa avait mis dans son vaisseau étant enfant à la journaliste à côté de lui probablement pourque l’on ne la trouve pas sur lui, ce qui se tient d’autant plus qu’il n’a pas de poches, encaisse moyennement ce changement d’atmosphère : en respirant l’air local, il devient tout faible, crache du sang et… s’évanouit. Heureusement, comme la technologie de Krypton est bien faite, elle permet à Zod de rentrer dans les rêves de Superman pour parler avec lui et sonder un peu son esprit au passage. Chouette.

"Bonjour, Kal’El, fils de Jor-El. Je suis le général Zod.
- Hihihi !
- Mrgngngn. Avec un D, bon sang de bois !
- Hihi… oh. Bon. Hé bien alors bonjour général.
- Bien, sache que j’étais un vieil ami de ton père. Moi, le militaire, lui, le scientifique. Nous voulions tous deux sauver Krypton, seules nos méthodes s’opposaient. Alors je l’ai tué.
- Ça me donne super envie de coopérer. Mais j’y pense, comment avez-vous survécu à l’explosion de Krypton ?
- Hé bien pour nous punir d’avoir tué des gens et tenté de renverser le gouvernement, moi et mes hommes avons été envoyés dans un vaisseau prison, cryogénisés, mais avec un système pour nous libérer en cas d’explosion de Krypton. Et évidemment, avec aucun garde pour veiller sur nous. 
- Donc on vous a puni en vous donnant tout pour être les seuls à survivre. Ça me rassure sur mon père : en fait, le souci était planétaire. Qu’importe : comment m’avez-vous retrouvé ?
- Hé bien, je te cherchais… je savais que ton père t’aurait sûrement envoyé sur l’une des nombreuses planètes où nous avions un vaisseau d’exploration enfoui sur place. J’ai donc visité quantité d’autres planètes, y compris celles où nous avions des avants postes, mais sans le ravitaillement de Krypton, les kryptoniens sur place étaient tous morts. J’ai donc récupéré armes, matériel et même un vaisseau de terraformation.
- Que des gens avaient à un avant-poste mais dont ils n’ont pas pensé à se servir, préférant mourir comme des cons ?
- C’est ça.
- Pfou, ce film s’arrête bientôt ? Parce qu’on enchaîne là quand même.
- Non. Bref, tout ça pour te dire que lorsque tu as activé le vaisseau caché sur la Terre, nous avons reçu son signal… et sommes venus à toi. Maintenant, il faut que tu nous donnes le codex, que ton père avait caché dans la navette avec toi. Pour que nous fassions revivre Krypton. Ah oui, et je sais que je n’ai aucun intérêt à te le dire, mais pour ce faire, je compte terraformer la Terre en nouvelle Krypton, et donc tuer tous ses habitants. Voilà.
- Non, monstre !
- Tu te trompes ! C’est la seule solution pour sauver notre civilisation !
- Ou alors, plan B, je vous file le codex et vous allez fonder Krypton sur l’une des nombreuses planètes que nous espérions terraformer un jour où nous avions des avants-postes "où il n’y a plus que mort", et qui n’attendent donc que ça comme tu viens de l’expliquer. Du coup, vous n’avez pas à faire de génocide, vous ne prenez pas de risque, et en plus vous êtes dans un coin tranquille.
- Chut : on s’en tient au script. 
- D’accord : "Nooooooooooooooooon !" "

0

21010270_20130604165012276.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx (1)

"Attendez, je pense à un truc… on a envoyé des tonnes de vaisseaux d’exploration chacun avec des cuves à bébé pour fonder des colonies… mais alors on doit pas avoir qu’un seul codex, sinon ça veut dire que notre système était conçu pour ne pouvoir nous reproduire que sur une seule planète à la fois, v’la les colonies ! Donc il doit y avoir plein d’autres codex, en fait !"

Superman est donc mis en cellule, incapable de s’échapper à cause de l’atmosphère locale qui l’affaiblit. Loïs Lane, elle, a trouvé dans sa propre cellule… un endroit où insérer la clé que Superman lui a filé (dans le mur de la cellule, hein, qu’on se comprenne bien). C’est vrai que c’est tellement logique de mettre ça dans une cellule. Bref : elle enclenche le bousin dans le bitonio, et hop : un hologramme de Jor-El apparaît devant elle. Celui-ci lui explique qu’il a conçu ce vaisseau (je vous l’ai dit : c’était le seul scientifique de la planète), et peut donc interagir avec sans souci, connaissant tous ses systèmes. Première chose qu’il fait : changer l’atmosphère à bord pour la rendre semblable à celle de la Terre. Seconde chose : il aide Loïs à s’échapper, ouvrant les portes devant elle et les fermant sur ses poursuivants (qui se contentent de courir sans utiliser leurs armes, quand bien même Loïs elle les ramasse, s’en sert et tire comme une déesse), puis lui chuchote à l’oreille comment se débarrasser des méchants. Enfin, il la colle dans une capsule de survie et l’éjecte vers la Terre pour qu’elle aille retrouver les siens. Capsule un peu endommagée dans la bagarre, mais nous y reviendrons.

Car l’hologramme de Jor-El vient aussi réveiller son fils dans sa cellule.

"Fils, tu es à nouveau super fort, car j’ai changé l’atmosphère de ce vaisseau. J’ai aidé Loïs Lane à fuir, et je lui ai dit comment vaincre Zod et ses hommes.
- Merci père ! Tu pourrais me le dire aussi ? Non parce que ça pourrait servir, là, en fait.
- Non.
- Bon, dans ce cas je vais juste péter la gueule à tout le monde puisque je suis super fort, et pas eux puisqu’ils ont leurs casques et n’ont pas respiré l’air terrien.
- Non plus : Loïs Lane est en danger, sa capsule de survie est endommagée, vole vite au travers de l’espace pour la sauver !
- Je peux voler dans l’espace ?
- Oui.
- Donc en fait, je n’ai pas besoin d’atmosphère, c’est ça ? Ni de respirer, puisque d’ailleurs, au début du film, je méditais au milieu des baleines. Donc comment ça se fait que je puisse être affaibli par la composition de l’air dans ce vaisseau, puisque techniquement, je n’ai pas besoin de respirer ?
- … oooooh, je crois que Loïs Lane est vraiment en danger, va vite !"

0

Laissant tomber cette énième scène absolument navrante, Clark brise donc une paroi du vaisseau alien d’un seul coup de poing (tu fais ça sur tout le vaisseau et la Terre est sauvée, mais je dis ça, bon) puis file au travers de l’espace à la poursuite de Loïs, ne la rattrapant qu’à quelques mètres du sol alors qu’elle allait se crasher bien évidemment dans le Kansas, et tout près de la ferme Kent, comme il se doit. Non vraiment, Christopher Nolan, bravo : cette histoire est terriblement bien écrite.

Un peu bougons d’avoir perdu leurs prisonniers, Zod et ses hommes décident donc d’accélérer la manœuvre en se rendant directement à, justement, la ferme Kent puisqu’ils ont lu dans l’esprit de Superman qu’il avait grandi là, afin d’y trouver le codex dans la capsule dans laquelle le bambin était arrivé sur Terre. Sur place, ils tombent donc sur Maman Kent, qui leur explique bien que dis-donc, oooh, vous vous croyez où là ? Vous allez tout saloper avec vos gros godillots, mettez des patins ! Mais cela n’intimide guère les soldats de l’espace qui décident, en voyant que la bougresse ne veut pas parler, de stranguler la dame jusqu’à ce qu’elle regarde… en direction de la grange où est cachée la capsule. Zod comprend donc, et demande à l’un de ses sbires d’y aller.

En un seul bond, ledit sbire pénètre dans la grange, traverse le plancher volontairement et atterrit pile devant le vaisseau de bébé Kal’El. Parce que oui, à partir du regard d’une vielle dame en direction d’une grange, il a compris qu’elle indiquait "Si si, là, dans la grange, sous la paille, en-dessous de la trappe secrète, au fond à gauche du bâtiment, et si tu ne veux pas te vautrer, il y a une zone d’atterrissage de 1 mètre carré à côté du vaisseau qui irait pile poil si jamais tu comptais y aller en un seul superbond". Pitié, on ne pouvait pas juste faire une scène avec moins d’effets spéciaux et donc moins chère et plus cohérente où les méchants vont dans la grange et trouvent tout simplement la trappe ? C’est consternant de nullité. Il y a une sorte d’acharnement mystérieux mais fascinant.

Toujours est-il qu’alors que les méchants s’étonnent de ne pas trouver le codex dans la capsule, Superman surgit soudain de nulle part et commence à distribuer dans mandales, projetant l’un de ses ennemis jusqu’à la ville voisine où le combat va se poursuivre pour plus d’effets spéciaux. Informée que des aliens se battent dans le coin, l’armée américaine décide donc d’envoyer plusieurs avions ainsi que des rangers et hélicoptères pour calmer tout ce petit monde. Et évidemment, ni les missiles, ni les projectiles antichars ne font la moindre égratignure aux habitants de Krypton, ce qui est très frustrant. Ces dernier décident donc de sauter sur les avions pour les détruire, chose qui arrive dans 97% des films de super héros.

Ah oui, parce que oui, j’allais oublier : à partir de ce moment du film, alors que Zod et ses hommes se battaient jusqu’ici exclusivement au fusil désintégrateur, plus jamais ils n’utiliseront leurs armes. Mais si, vous savez, ces armes qui tuaient des kryptoniens comme les gens du conseil en un seul coup au début du film ? Hé bien elles disparaissent. Et Zod va passer son temps à se dire "Crotte, comment tuer Superman ? Peut-être qu’en lui faisant des brûlures indiennes ou en lui pinçant les tétons…".

Toujours est-il que donc, les kryptoniens tatanent les avions en deux temps trois mouvements, mais que les hélicoptères (commandés par Action Man, qui après Action Man archéologue et Action Man FBI est devenu Action Man armée de terre, visiblement, on avait plus de budget pour des acteurs) poursuivent eux leur chemin des fois que ce qui n’a pas eu le moindre bobo après une roquette dans le museau soit plus sensible aux balles de petit calibre. Je vous la fais courte, et ça va vous étonner, accrochez-vous à vos bretelles : ils perdent aussi la bataille.

Finalement, lassé de ces bêtises, Zod finit par se replier, non sans avoir eu un peu de dommages au casque en se battant avec Superman, et constatant donc que dans l’atmosphère humaine, il était soudain plus fort, pouvait voler, avait une vision rayons X et pouvait tirer des lasers. Une information intéressante, mais pas aussi intéressante que celle qu’il obtient lorsqu’il retourne à son vaisseau mère.

"Général Zod, général Zod !
- Oui, personnage secondaire sans intérêt ?
- Je viens de découvrir où était le codex.
- Ah ! 
- En fait, Jor-El n’a pas mis le codex dans la fusée avec son fils… non, il a utilisé une machine qu’il avait chez lui par le plus grand des hasards pour inscrire toutes les informations du codex dans les cellules de son fils. Superman est donc le codex.
- D’accord. Est-ce qu’il a besoin d’être vivant pour qu’on récupère les informations ?
- Non.
- Ah, un instant, j’ai cru que les cellules mouraient au décès de quelqu’un. Bon bin… allons tuer Superman alors ! Mais déjà, commençons à lancer la terraformation de la Terre, ils seront bien emmerdés. Enfin la kryptoformation. Enfin je me comprends."

0

21010257_20130604164944433.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Et puis finalement, on introduisit la myxomatose chez les kryptoniens, et la Terre fut sauvée.

Sur Terre, donc, on est bien embêté puisque l’on voit soudain le vaisseau ennemi se couper en deux, une partie allant d’un côté de la Terre et l’autre du côté opposé, et comme par hasard, pile-poil au-dessus de Métropolis (on a pas assez de zones désertes sur Terre, c’est bête). De chaque côté de la Terre, les deux vaisseaux tirent donc un laser qui se rejoint au niveau du noyau de celle-ci, et commencent à pomper, provoquant à chaque coup de pompe un changement de la gravité dans la zone directe autour des vaisseaux (quand la pompe est en haut, tout s’envole, quand la pompe est en bas, tout est écrasé – sauf les gens, curieusement, qui courent juste au milieu pour faire plus spectaculaire, probablement que la gravité n’affecte pas les humains. Voilà, c’est connu). Et à chaque coup de pompe, c’est une zone un peu plus large qui est touchée. De son côté, Zod se rend au vaisseau d’exploration que Clark avait trouvé au début du film, et essaie de le ramener vers Metropolis histoire de… pardon ? D’accord : il essaie de ramener le vaisseau vers Métropolis. "Comme c’est ce vaisseau qui contient les cuves à bébés, et alors qu’il était en sécurité, ramenons-le en pleine zone de combat histoire que si on le perde, on condamne tout espoir de notre civilisation".

Franchement ? Ce film est un empilement d’incohérences avec de la matière fécale pour cimenter le tout.

Histoire de bien le souligner, un militaire dans un quelconque QG, assistant au spectacle s’exclame "Mon Dieu… ils tentent de transformer la Terre en nouvelle Krypton !"

Sachant que tu n’as jamais entendu parler de Krypton, tu es très fort mon garçon. Mais par rapport au reste, je crois que l’on pourrait presque te pardonner.

Allez, on essaie de finir ? Superman surgit, va se battre avec le vaisseau de terraformation situé au-dessus de l’océan pendant que les humains tentent de détruire celui au-dessus de Métropolis. Loïs Lane est elle allée trouvée Action Man (qui est désormais officier dans l’armée de l’air, tiens !) et lui a expliqué comment en finir avec les méchants, comme Jor-El le lui a enseigné  : il faut percuter leur vaisseau, à savoir celui au-dessus de Métropolis et dans lequel se trouvent les hommes de Zod, avec la capsule de bébé Kal-El activée avec la clé que Jor-El avait donnée à son fils. Mais si, vous savez, la clé que Loïs avait laissée dans sa cellule dans le vaisseau ennemi pour faire apparaître Jor-El et s’évader. Et bien pouf : elle est réapparue dans sa main. En même temps, qui se préoccupe encore de ce genre de choses ? En tout cas, un avion gros porteur est affrété avec Action Man pour le piloter et Loïs Lane pour pousser de petits cris à l’arrière.

Au final, abrégeons 20 minutes de scènes d’action :

  • Superman tatane le vaisseau de terraformation au-dessus de l’océan, youpi.
  • Les avions humains n’arrivent pas à égratigner le vaisseau au-dessus de Métropolis, par contre s’écrasent tous en faisant plein de jolies explosions.
  • Le spectateur se demande pourquoi Zod veut changer l’atmosphère de cette planète, puisqu’il a constaté lui-même qu’elle donnait des tas de supers pouvoirs cools à ceux de sa race. Il lance une opération risquée pour le plaisir d’être plus faible ? D’accord. Soit.
  • Superman revient à Métropolis en quelques secondes : il en chiait pour rattraper la capsule de survie de Loïs Lane dans l’atmosphère plus tôt dans le film, par contre faire le tour de la Terre, c’est vite vu.
  • Suite à diverses aventures pleines de poncifs, seul reste l’avion gros porteur à Métropolis pour vaincre les méchants, qui est endommagé et Action Man décide donc de l’écraser, avec la capsule chargée de Kal-El à bord, directement sur la coque de l’ennemi, provoquant une sorte de mini trou noir qui absorbe tous les méchants (et seulement les méchants) avant de se refermer de lui-même, comme ça, il est poli, il ne veut pas emmerder les gens. Il a même amené des chips au paprika pour s’excuser du dérangement.
  • Loïs Lane tombe elle de l’avion au dernier moment sans le faire exprès, oups, sauvée par le script. En même temps, elle n’avait rien à faire à bord, mais bon.

Superman vole donc rattraper Loïs, et comme chacun sait, en termes de lois de la physique, non seulement Superman vole si vite qu’il devrait avoir la gueule pleine d’insectes écrasés, mais en plus, stopper net la chute de quelqu’un à pareille vitesse, ça revient à couper Loïs en trois. Espérons que Superman garde le meilleur morceau.

Bref : curieusement, Loïs n’est pas coupée en trois et survit, et Superman peut donc aller calmer ce gros farceur de général Zod puisque ses hommes ayant disparu dans le trou noir, il est le dernier ennemi debout. Après avoir endommagé et écrasé son vaisseau d’exploration pour que jamais Zod ne puisse faire renaître Krypton, le prix à payer pour sauver l’humanité, ils se retrouvent donc tous deux au milieu de Métropolis. Zod décide donc qu’il est temps de lancer le grand combat final, et respirant à plein poumons (dont il n’a pas besoin comme tous les habitants de Krypton, donc) l’air de la Terre qui donne des supers pouvoirs (celui qu’il voulait éradiquer, pour rappel pour le remplacer par de l’air qui le rendait donc moins puissant par définition), il se lance dans un combat contre Superman.

Si on constate à cette occasion que Métropolis doit avoir l’équivalent de 60 fois New York en termes de gratte-ciels, tous de bureaux d’ailleurs, on note surtout qu’une bonne partie de la ville avait l’air de se moquer éperdument qu’un vaisseau alien au-dessus d’un autre quartier soit en train de la détruire : on peut voir des lumières, de l’activité dans les rues, bref, tout le monde s’en fout façon "Encore une invasion alien ? Roooh, mon métro va être retardé, y en a marre !". Nos deux larrons s’envoient donc un paquet de claques et traversent quantité d’immeubles en faisant des explosions pour un oui ou pour un non, jusqu’à ce que, finalement, tout se termine lorsque Superman fait une prise de catch à Zod, et que celui-ci menace : soit Superman le tue, soit il utilisera ses yeux lasers pour tuer une famille d’humains qui passait par là, comme ça, hop.

Le choix est vite fait : Superman fait donc un 180 degrés avec la tête de Zod, histoire de, et laisse son corps sans vie retomber alors qu’il hurle lui-même : il vient de tuer le dernier survivant de Krypton autre que lui et est donc désormais seul : qui va s’occuper des incohérences maintenant, si tous les kryptoniens sont morts ?

Loïs Lane, qui a dû se téléporter pour franchir les kilomètres la séparant de cet endroit, assiste donc à la scène, bouleversée… et lui fait un câlin. Làààà. Ça va mieux. Allez, un bisou magique et va acheter une glace, d’accord ?

Quelques temps plus tard, nous retrouvons l’armée américaine bien embêtée : elle essaie de trouver la cachette de Superman, mais à chaque fois celui-ci leur renvoie leurs drones en pièces détachées. Superman va en personne trouver un général pour lui expliquer la situation.

"J’aide l’humanité, ne me poursuivez pas.
- Okay, mais qu’est-ce qui nous dit qu’un jour tu ne vas pas te retourner contre nous ?
- J’ai grandi dans le Kansas. Je suis un vrai américain.
- Aaaah. Alors c’est pour ça que tu utilises tes supers pouvoirs pour lutter contre le vol de sacs à main à Metropolis plutôt que de t’occuper des dictatures dans le monde ?
- C’est ça.
- Bon bin cool alors. Big up gros !"

0

Superman s’éloigne alors en s’envolant dans le lointain. Et quelques temps plus tard à Métropolis, Loïs Lane sourit : un nouveau journaliste vient d’arriver ; personne ne le reconnait car il a des lunettes, mais il s’agit bien de Kal’El, alias Clark Kent. On supposera qu’avec son double diplôme de fermier/marin-pêcheur, décrocher ce job a été d’une simplicité enfantine. C’est donc désormais reporter au Daily Planet que Clark Kent vit parmi les humains, espérant fricoter avec Loïs Lane, et faire la justice à chaque fois qu’il y en aura besoin dans son costume de Superman.

Et… FIN !

21010244_20130604164910072.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Et à la fin du film, l’armée cherche à savoir qui est Superman. Après être allée chercher chez les Kent le vaisseau dans lequel il est arrivé, je le rappelle. Maison Kent remplie pour ceux qui n’auraient pas compris de photos de Clark sans lunettes. Et avoir interrogé Loïs Lane.

Miséricorde.

_________________________

"Ah, Super Spoiler !"

Le commissaire serra la main du justicier lorsque celui-ci se posa dans son bureau, fermant la fenêtre derrière-lui.

"Grosse journée Super ?
- Grosse daube surtout.
- Je vois. Bon, si j’ai utilisé le spoil signal, c’est qu’on a une nouvelle affaire sur les bras. Un fou menace des producteurs en leur envoyant des bandes-annonces anonymes. Je compte sur vous et vos pouvoirs.
- Allez-y commissaire."

- – - – -

Fondu au noir, une petite fille dans un champ verdoyant sous un ciel bleu éclatant. Elle rit.

*Chœurs masculins*

VOUS CONNAISSIEZ L’HISTOIRE

La même petite fille sur un chemin de campagne, regardant autour d’elle des paysages splendides

"Allez les amis, à l’aventure !" s’exclame-t-elle

Travelling sur la jeune fille avec un âne et une vache en file indienne derrière elle dans un champs

Travelling sur la jeune fille avec un âne et une vache en file indienne derrière elle dans une clairière

Travelling sur la jeune fille avec un âne et une vache en file indienne derrière elle sur une montagne

"On peut y arriver les amis ! Ce n’est plus très loin !" dit-elle aux animaux derrière-elle alors que la neige et le vent hurlant lui rabattent les cheveux sur le visage

*Chœurs masculins*

DÉCOUVREZ LA LÉGENDE

La petite fille, épuisée, levant les yeux face à une grange, diverses runes inscrites sur le fronton.

Plan sur la petite fille qui commence à chanter tristement au milieu des animaux. Sa voix résonne alors que la bande-annonce continue.

La petite fille courant sous la pluie, un seau de lait à la main

La petite fille avec une fourche, peinant à soulever la paille

La petite fille encerclée par des musaraignes

DE MARTINE

Divers plans épiques à la queue-leu-leu impliquant Martine, un paysage, un travelling et éventuellement des musaraignes la poursuivant.

Fondu au noir et une écriture à la plume s’agite sur une page  jaunie.

MARTINE A LA FERME – EPISODE I

http://www.latrilogiemartine ou retrouvez-nous sur Facebook.

- – - – -

Super Spoiler serra le poing en regardant l’écran, le commissaire plissant les yeux pour mieux tenter de lire sur son visage le sentiment qui le parcourait.

"Bon sang commissaire…
- Que se passe-t-il ? Vous savez qui c’est ?
- Evidemment. Faire des trilogies à partir de rien, rajouter des travelling pour un oui ou pour un non parce qu’il n’a rien à raconter de son film… 
- Attendez ! Vous voulez dire… mais c’est impossible !
- Si. Seul lui serait capable de faire trois films avec un livre de 12 pages.
- Mais… Super Spoiler, vous savez très bien qu’il n’a pas pu faire le coup, puisque"

0

La porte du bureau s’ouvrit en claquant, un jeune policier essoufflé roulant des yeux ronds en dévisageant les deux personnes face à lui.

"On vient d’avoir un message urgent de l’asile d’Arkham…"

Il reprit son souffle.

"Peter Jackson vient de s’évader !"

Le temps que le commissaire se retourne, les papiers volaient déjà partout autour de lui, les battants de sa fenêtre claquant contre le mur. Il pointa un œil inquiet vers le ciel, sa pipe à la main.

"Bonne chance, Super Spoiler."

"Ça n’a pas l’air d’aller patron ?"

Diego fronça un sourcil, notant la boîte de cigare encore pleine à cette heure avancée de la soirée, son employeur étant là, enfoncé dans son fauteuil près du feu de cheminée. Il nota que celui-ci se contentait simplement, de temps à autres, de jeter un peu de petit bois dans l’âtre, alimentant les flammes jetant une lueur orangée et tremblante alentour.

"Je me fais vieux Diego. Je n’ai plus les bonnes références, je crois qu’il faut que je fasse autre chose. De la peinture, peut-être ?
- Allons, il ne faut pas vous laisser aller comme ça… vous ne voulez pas que je fasse monter une stagiaire ?
- Non. Je veux rester seul à contempler l’âtre reflétant mon âme se consumant dans les affres du web. Va, Diego. J’ai besoin d’être seul."

0

Le serviteur hésita, ne pouvant accepter de voir son employeur dans pareil état. Mais après des années de bons et loyaux services, il commençait à connaître le bougre.

"Bien, alors je me retire Monsieur. Vous ne voulez rien d’autre ?
- Non, je veux du temps pour m’assagir. Quitter mes vices.
- Vous voulez dire que vous résisterez désormais aux tentations ?
- Parfaitement.
- Alors ça ne vous dérange pas si je pose ce DVD sur ce guéridon par exemple.
- Pas du tout. Du tout. Rien, pas un picotement. Je… hem, quoi comme DVD ? Par pure curiosité bien sûr.
-  The Darkest Hour.
- Le… le film que j’avais raté ?
- Celui-là même.
- Je… non, ça ne me fait strictement… je… rien… du tout.
- Voulez-vous que je vous lise le pitch ? Il y est question d’envahisseurs et de jeunes américains benêts. 
- Gnnnn…. gnnnnn…. je…. dois… résister…
- Saviez-vous que ce film est si mauvais qu’il y a une erreur de cohérence rien qu’entre le pitch officiel et le film ? D’ailleurs il parait que…
- DONNE-MOI ÇA !"

0

Diego eut juste le temps d’esquiver la sombre silhouette de son maître, se saisissant de l’objet avant de le faire tourner sous son oeil brillant de cruauté tout en ricanant. Puis, son rire se fit plus guttural et d’un pas assuré, il disparut en direction du salon.

L’humble employé se demanda si, quand même, il ne venait pas de faire une connerie.

Car : The Darkest Hour est-il si mauvais que cela ? Après tout, certaines critiques furent tout à fait positives. Aussi, il convient de vérifier de quoi il retourne : spoilons mes bons !

________________________________________________

L’affiche : des explosions ET de la désintégration ? Monsieur l’ambassadeur, vous nous avez vraiment gâtés.

Tout commence quelque part au-dessus de notre bonne vieille Terre, au sein d’un avion russe pour être précis. A bord, Sean et Bean, deux américains à l’humour digne d’un épisode de Samantha Oups, et aux têtes qui semblent appeler les balles à sanglier, sont occupés à se chamailler avec les hôtesses parce qu’ils refusent d’éteindre leurs téléphones portables avant d’atterrir, pour la simple et bonne raison que… hé bien qu’ils sont trop cools. Tiens, j’ai écrit cools ? Curieux. Qu’importe ! L’hôtesse la plus proche leur fait quand même les gros yeux, jusqu’à ce que soudain, toute l’électricité de l’avion lâche : c’est la panique à bord. Du moins, un temps seulement, car bien vite la lumière est rétablie, le commandant de bord rappelant aux passagers que les avions russes n’ont pas besoin d’électricité : ils sont entièrement conçus à partir d’anciennes pièces de Trabant et peuvent donc continuer de voler, même avec une aile sur deux. L’évènement ayant calmé nos deux héros, l’avion peut donc atterrir en paix.

En plein jour d’ailleurs, alors que la scène se déroulait en pleine nuit. Oui, je sais, maintenant cela arrive dans la plupart des films. C’est beau, ce vaste naufrage d’Hollywood, mais, passons.

Nos deux héros arrivent sur la terre bénie de Lénine, Khrouchtchev et autres Gérard Depardieu pour échanger diverses stupidités, et rouler des mécaniques auprès des autochtones, et nous apprenons d’ailleurs le métier de nos deux génies : ils ont conçu une application smartphone pour le tourisme haut de gamme et sont à Moscou pour y obtenir les sous de quelques gros investisseurs. Et pour le détail, sachez que Sean incarne donc l’archétype du "Je suis cool, mais pas aussi intelligent que mon ami Ben, si seulement je pouvais arrêter de le décevoir et prendre ma vie en main" et Ben le meilleur ami du héros. Et tu sais ce que ça veut dire Ben ! Hmmm, il ne manquerait plus qu’un méchant avec un bouc, une moustache ou même une coupe de cheveux discutable et…

Ho !

Alors que nos héros rentrent dans l’immeuble où ils ont rendez-vous ce jour là, ils découvrent que la réunion avec les investisseurs pour leur projet a été commencée… et pénétrant dans la salle de réunion, ils y trouvent Skyler, un ancien associé qui les a doublé, fait cavalier seul et vend leur idée pour son seul profit !

Pour information, Skyler a un bouc, une moustache ET une coupe de cheveux discutable. Et en plus, il est européen. Ouch.

Je devrais faire une sorte de bingo des poncifs pour s’occuper devant un film. Attendez, je me note ça quelque part. Voilà. Nous disions ?

Ah, oui: dépités, nos héros décident d’aller faire ce qu’il y a de plus raisonnable : se saouler parce que bon sang, le milieu des applications touristiques a l’air d’être drôlement compliqué en fait, mieux vaut laisser ça aux grandes personnes. Entre deux rails de vodka et quelques verres de coke (non non, nous sommes en Russie ne l’oubliez pas), nos héros rencontrent donc deux jeunes filles : Natalie, une fille cool, et sa meilleure amie Anne, une bimbo blonde (là encore, jeu : devine qui va mourir). A noter que tous sont américains, et tous, bien que jeunes, riches, branchés et passionnés de téléphonie sont équipés de vieilles bouses de 1999. Il en va de même pour Anne, qui bien que photographe professionnelle, se prend en photo à bout de bras en faisant des duckfaces (véridique) avec un appareil d’un autre âge (mais numérique quand même). L’accessoiriste avait dû fuir le tournage, ils n’ont dû trouver que celui de Louis la Brocante pour le remplacer au pied levé. Toujours est-il qu’au sein de la même boîte de nuit où ils ont trouvé refuge traîne aussi le méchant Skyler, mais tout le monde reste à bonne distance histoire de ne pas en venir aux mains.

Mais pendant ce temps, à l’extérieur, un curieux orage comme celui qu’avait traversé l’avion peu avant de perdre le courant au début du film semble se former au-dessus de la ville… et pour respecter la tradition et bien, celui-ci se rapprochant de Moscou, il coupe le jus dans toute la ville, plongeant la boîte dans l’obscurité en plein milieu d’un bon vieux Patrick Sébastien. Dur. Comment on va savoir ce qu’il faut faire tourner maintenant, hein ?

Après que 7 personnes ont imité le bruit du fantôme, comme dans n’importe quel lieu comportant des lourds dont on éteint les lumières (un outil pratique pour détecter les lourds), notre petite troupe sort de l’endroit avec le reste des convives pour descendre dans la rue comme une bonne partie des moscovites, constatant au passage que toutes les batteries des téléphones ont lâché. Nos héros s’étonnent doublement en voyant au-dessus d’eux d’étranges aurores boréales orangées s’agiter en silence avant de laisser choir de petites boules orangées vers le sol. D’ailleurs, l’une d’entre elles se pose au milieu de la foule, qui effrayée, s’écarte promptement.

C’est sans compter sur la police locale, qui n’aime pas trop les atterrissages non autorisés de boules orangées et semi-translucides sur des places interdites au stationnement : l’un des agents des forces de l’ordre essaie donc de s’approcher pour étudier scientifiquement le phénomène à l’aide de la technique élaborée dite du "Et si j’appuie là, est-ce que ça fait pouitch ?"

Mais en fait non : ça fait plutôt proutch.

"Attendez les amis, j’ai déjà vu ça dans Harry Potter 7, c’est probablement un message du ministère de la magie"

Sitôt le truc en contact avec le fier fonctionnaire, celui-ci est instantanément désintégré. Et évidemment, aussitôt, d’autres boules arrivent en renfort pour courser les humains qui s’enfuient, les désintégrant tour à tour. On constate au passage que les boules perçoivent les humains comme des sources de chaleur ou d’énergie, qu’elles chassent goulûment.  Une sorte de gros Pac-Man, quoi.

Nos héros, entre deux hurlements, courent donc avec une partie de la foule vers l’abri de la boîte de nuit qu’ils venaient de quitter (et où même sans électricité, il y a toujours une lumière correcte, c’est fou) et tentent bien de fermer derrière eux, mais les boules poussent fort ladite porte, si fort que Sean, le petit jeunot blond et Youri, le gros videur de 280 kilos de muscles sont propulsés en arrière sur au moins, pfou, deux mètres. Sean se relève donc aussitôt, alors que Youri est… mort ? Tué par la chute. Ah. Bon. On va dire que Youri était très malade alors. Ou alors il a lu le script, ce qui expliquerait l’horreur visible sur son visage.

En tout cas, l’un des serveurs, dans la tradition de son pays, balance un cocktail molotov dans la gueule de l’un des envahisseurs, ce qui a l’air de moyennement lui plaire, mais nos héros s’en soucient peu : dans l’immédiat, ils cavalent. Comme il se doit, Skyler prouve qu’il est très méchant en abandonnant sa copine d’un soir au détour d’un couloir, l’enfermant avec une boule orangée pour mieux s’échapper ; mais plutôt que de réconforter la belle, lui proposer un resto, un dernier café puis une soirée Twister pour parler de tout ça, l’envahisseur se contente de lui désintégrer la gueule, faisant ainsi preuve d’un certain manque de savoir vivre : comme le savent tous les gentlemen, on ne désintègre pas le premier soir. Tsss.

Nos héros cavalcadent donc au milieu de la foule, et bien évidemment, ils sont les seuls à s’en tirer, Skyler compris, en allant se cacher dans la réserve de la boîte de nuit, probablement histoire de faucher une ou deux bouteilles avant de mourir. Sauf que visiblement, même si les aliens ont une vue particulièrement élaborée, ils n’ont pas pensé à regarder de ce côté là : la petite troupe peut donc s’isoler… et entendre que peu à peu, les sons de bataille déclinent au-dessus d’eux. Le temps se met donc à passer, et l’on voit les cartons et bouteilles de la réserve descendre, Skyler s’engueuler avec tous les autres parce qu’il est méchant (l’avais-je dit ?), et les réserves continuer de s’épuiser jusqu’à ce qu’enfin, une fois vides, quelqu’un s’interroge :

"Depuis combien de temps sommes-nous là-dedans ?"

Ho, bin sachant que vous avez vidé les réserves d’une boîte de luxe à vous 5, ça doit bien faire 1 mois et qu…

"27 heures." répond Skyler

Hein ?! Non mais attendez, vous buvez 20 bouteilles de l’heure ? Bouffez 60 boîtes d’olives chacun, que vous avez vidé tous les cartons ? Bon sang, et avec tout ça, vous n’êtes même pas enfermé avec des toilettes à disposition ? Je… vous cherchez à mourir d’une diarrhée collective ? Remarquez, pas sûr que les aliens viennent vous chercher si vous barbotez là-dedans, c’est vrai. Un habile stratagème, j’en conviens.

Toujours est-il que c’est donc avec un gros mal de bide que la troupe décide de ressortir de sa cachette, puisque l’on entend désormais plus rien. Certes, la progression est prudente, car l’ennemi semble capable de devenir plus ou moins invisible, mais la destination elle est décidée : l’ambassade américaine. Bon, Skyler a bien proposé une ambassade européenne, parce que c’est plus près, mais on lui a dit de la fermer, parce que l’Europe, c’est quand même pas un truc très sérieux. C’est donc après avoir trouvé quelques sacs à dos qui attendaient là (?) et fouillé 17 secondes le bar pour emporter quelques bouteilles (mais aucun objet utile, merci de poser la question) que nos héros partent à l’aventure, à l’extérieur de la boîte de nuit.

Dehors, Moscou est déserte. Les avenues sont emplies de voitures abandonnées, et les rues couvertes de la cendre qui reste des habitants du coin. Ici ou là, une paire de kalachnikov abandonnées laisse deviner que des gens se sont défendus avec un résultat, disons, relativement moyen. Attention cependant, car malgré ce spectacle de désolation, nos héros progressent sur les grands boulevards à découvert, hurlent en tombant de leurs talons pour les filles (véridique), et en s’interpellant pour les garçons. Ce qui donne :

"Là ! Regardez ?
- QUOI BEN ? JE NE VOIS RIEN !
- MAIS SI LA, LE BRUIT QUI VIENT DE LA BAS !
- J’ENTENDS RIEN ! PEUT-ETRE PARCE QU’ON HURLE ?
- APPROCHONS-NOUS DISCRÈTEMENT EN L’ANNONÇANT A HAUTE VOIX !
- D’accord !"

0

Mais enfin ? Bon, bref ; le bruit en question est vite identifié : c’est une mamie qui a survécu et est en train de murer ses fenêtres. Nos héros s’approchent d’elle trop heureux de voir une survivante et lui demandent leur chemin, aidés de Skyler qui est le seul de l’équipe à parler le russe, mais écoutons plutôt.

"Skyler, demande lui où est la rue Popovski !
- *en russe* Madame, où est la rue Popovski s’il vous plait ?
- *en russe* C’est vous les bougres de cons qui hurlez au milieu des rues ? Vous avez pas envie de mourir un peu ?
- *en russe* J’ai un bouc et une moustache, vous croyez sérieusement que je vais arriver jusqu’au générique ? Alors autant pourrir les autres, ha !
- Que dit-elle Skyler ?
- Heu… elle dit qu’elle a très peur.
- *en russe* C’est malin, mais vous voulez pas plutôt que je vous prête un rasoir ?
- *en russe* Mamie, tu es une femme rusée, mais ce bouc, je le porte comme mon père, qui lui-même le tenait de son père, et même si aucun n’a jamais atteint la fin d’un film, c’est comme ça.
- Skyler ! Alors, cette rue ?
- Roh, les relous. Bon, elle dit que c’est tout droit.
- Alors on peut à nouveau parler très fort ? OKAY LET’S GO !"
0

Hélas, malgré ces riches indications, nos héros se perdent encore. Sacrebleu ! Sans GPS et véritable carte, ils se demandent donc où ils pourraient en avoir une. Raaah, bon sang, où serait-ce possible d’en trouver ? Je n’arrive pas à me concentrer avec tous ces véhicules portières ouvertes autour de nous aux vide-poches remplis de papiers ! Tant pis… si seulement nous étions dans une ville vaguement touristique, peut-être pourrions nous trouver des boutiques de souvenirs ou offices de tourisme qui en ont… si seulement je n’étais pas un professionnel du tourisme, et si seulement nous n’étions pas sur la place Rouge, peut-être que je saur… OH SI, JE SAIS ! IL NOUS FAUT UNE VOITURE DE POLICE !

Je… ah oui. C’est une idée remarquez. Une mauvaise, absurde, incohérente et écrite avec les pieds, mais une idée me dit mon dictionnaire.

Mais ce n’est pas fini ! Car trouvant une voiture de police abandonnée sur la place, Sean et Ben foncent pendant que les autres vont se cacher, et rentrent donc dans le véhicule pour y prendre un… pied de biche !

Oui oui. Et vous savez pour quoi faire ?

Pour ouvrir la voiture !

Si.

Sean, occupé à chercher de quel côté on rentre dans une voiture

Parce que figurez-vous qu’ils ont deviné que la police russe rangeait toujours ses cartes dans son coffre (comme ça, quand ils en ont besoin, c’est pratique), et qu’ils ont oublié que tant qu’à être dans la voiture, plutôt que refermer les portières (ils l’ont fait, j’insiste sur l’illogisme complet de toute cette scène), il suffisait soit de rester dedans et d’atteindre ledit coffre, soit d’appuyer sur le gros bouton avec un signe de coffre ouvert visible sur le tableau de bord. Raaah… en tout cas, après cette série d’incohérences, nos héros pas peu fiers fouillent le véhicule et peuvent rajouter à leur inventaire une carte plus précise (en russe, mais bon), et des fusées éclairantes, que nos larrons préfèrent aux armes juste à côté. Chacun son truc. Non parce que même si elles ne servent à rien contre les envahisseurs farceurs qui ont visiblement disparu, dans un monde post-apocalyptique, ça peut servir. Maintenant, on a compris que vous étiez idiots les gars : ce serait juste gentil d’arrêter de le prouver. Je pense que si l’on écrivait un jour une biographique de Jar-Jar Binks, on y trouverait la plupart des scènes de ce film.

Sauf que pendant leur petite fouille, Kiki, un chien errant s’est approché, les a dépassé sans même tenter l’accouplement sur une jambe, et a aboyé un peu plus loin… avant d’être brutalement désintégré (c’est rare dans un film, mais c’eut été un chiot ou un chaton, c’est lui qui désintégrait l’autre par le pouvoir du kawaii) par un alien qui attendait là, immobile ! Un bruit de pet liquide plus tard (les boîtes d’olives et la vodka en intraveineuse font effet), nos héros se planquent donc paniqués derrière la voiture de police, hurlant à leurs amis d’aller se cacher dans un bâtiment voisin. L’alien s’approche donc lentement du véhicule, et Sean et Ben, eux, n’échappent à la mort que grâce à une ruse qui avait échappé à tous les moscovites : il suffisait de se cacher sous la voiture, et hop, les aliens ne les voient plus. L’envahisseur inspecte donc l’endroit sans trouver de cibles, et s’en va donc en sifflotant probablement pour désintégrer d’autres chiens un peu plus loin.

Bien bien bien, c’est très intéressant ma foi. Sinon, quand est-ce que ça arrête d’être nul ?

Une fois l’alien parti, l’équipe finit donc par se regrouper dans un centre commercial voisin, où Skyler se met évidemment à paniquer, comme quoi ça ne sert à rien, le monde entier a dû tomber, on va tous mourir, d’ailleurs, il y a une grosse épave d’avion à côté d’eux, bref, rien n’échappe aux envahisseurs. Mais Sean, en héros qui a enfin l’opportunité de révéler ses talents de meneur, explique qu’il faut garder espoir et surtout, utiliser ce que l’on sait : l’ennemi semble faire réagir les sources d’électricité. Quand il a foncé sur la voiture de police, toutes ses ampoules se sont allumées. Donc, en sortant la nuit, il devrait facile de voir, de très loin, si des aliens invisibles squattent, puisque les lumières à côté d’eux seront allumées ! Soit ! En sus, il propose de porter des ampoules sur soir, pour savoir si l’ennemi est proche : c’est un peu leur épée de Bilbo, le côté cosplay en moins.

Ça tombe bien, nos héros décident de passer la soirée dans le centre commercial à attendre qu’il fasse vraiment noir pour sortir, et en profitent pour prendre des vêtements plus pratiques que ceux qu’ils portaient en boîte. Sauf que pendant qu’ils se changent, les ampoules qu’ils portent désormais en pendentifs s’allument : l’ennemi approche ! Ni une ni deux, tout le monde se planque… sauf Sean qui lui décide de rester dans la vitrine du magasin où il était à se faire passer pour un mannequin, immobile. Et figurez-vous que ça marche !

Ce qui permet à Sean d’en déduire que… allez, jouons :

A)  les aliens sont cons comme des ânes morts

B) les aliens ne perçoivent pas les mouvements

C) les aliens ont une vision basée sur la détection des ondes électromagnétiques, or, la vitrine a bloqué celles-ci, le rendant invisible !

D) il a eu un gros coup de moule

Et non, ce n’était pas la réponse A, puisque Sean est incapable de faire cette déduction en étant au même niveau qu’eux, et bien la C, qu’il sort comme ça, de nulle part; et qui s’avère évidemment parfaitement exacte. Non parce que : comment sais-tu pour la vision électromagnétique  bougre de con, puisque toi tu ne regardes pas le film et n’a donc pas vu qu’elle voyaient les humains en orange et le reste du monde en gris ?

Ah mais oui, ça me revient : tout s’explique dans le fait que ce film est un gros coprolithe.

D’ailleurs, vous vous souvenez des avenues de jour, désertes et silencieuses ? Et bien parlons-en : sitôt que nos héros ont échappé à la patrouille de bouboules, ils décident de foncer – il fait suffisamment noir à présent – pour atteindre l’ambassade, à moins de 2 kilomètres. Et depuis que Sean a dit que dans le noir, voir les aliens seraient plus simple, et bien toutes les avenues résonnent du bruit des alarmes de voitures dès que les aliens passent à côté d’elles ! C’est quand même bien fait. Probablement qu’ils jouaient à la crapette en journée.

Arrivés à l’ambassade (instantanément ou presque, probablement que Sean, est en fait Gérard Majax et dispose de toute une panoplie de sorts de téléportation), la troupe constate que comme le reste de la ville, celle-ci a été ravagée par les créatures de l’espace. A l’intérieur, des restes d’équipement de soldats, douilles & co permettent d’imaginer ce que fut la bataille, et Skyler s’empresse de ramasser un fusil d’assaut sous le regard courroucé de ses amis, parce que les armes c’est pour les méchants, et que les gentils ne comptent que sur le pouvoir de l’amour pour se défendre, ainsi qu’un certain piston de la part du script. Sean explique qu’à défaut de trouver de l’aide, il faut grimper sur le toit de l’ambassade "pour connaître le meilleur trajet".

D’accord, mais, comme ça, question : "le trajet pour où ?". Non parce que vous êtes arrivés au seul endroit que vous vouliez atteindre alors… non ? Non, cette question n’intéresse aucun membre de l’équipe ? Très bien. Probablement un détail : après tout, vous allez juste risquer votre vie pour ça.

Et dire qu’il y a 20 minutes encore, nos héros se promenaient comme ça durant des heures dans Moscou sans rencontrer le moindre problème ou bruit. C’est fou comme l’intrigue change, comme ça, pouf

Mais Skyler, qui a décidément envie de se donner toutes les chances, déclare cependant que lui ne grimpera nulle part : non pas qu’il ait lui aussi constaté que le propos de Sean n’avait aucune logique, non : il n’a juste pas envie. Il se sépare donc en groupe de 1 et attend à la porte de l’ambassade que… heu… rien. C’est quand même incroyable les efforts qui ont été déployés pour faire de ce film une sorte d’étron flottant à niveau constant.

De leur côté, nos 4 autres loulous fouillent l’endroit et tombent, pile au moment où leurs fusées éclairantes improvisées en torches rendent l’âme, sur… des lampes à huile ! Car figurez-vous que peu avant de mourir, les derniers résistants de l’ambassade sont descendus dans les souterrains du coin, sont tombés sur des lampes à huiles chargées, mais oui, ont remonté le tout, réussi à contacter par radio des villes d’Europe ou moins de 10 survivants répondaient ici ou là, rédigé un rapport complet sur tout cela dans un cahier, rangé le tout, laissé la radio (qui marche mystérieusement), et sont allés mourir pour ne pas déranger.

Vraiment : sympas les gars. La prochaine fois mettez aussi des bières au frais, ce sera tip top.

En tout cas, sur la radio, nos héros captent un message en russe diffusé en boucle. "Si seulement on savait le traduire !" s’exclament-ils, "Ah mais au fait, il y a Tyler à la porte de l’ambassade ! Non attendez, j’ai mieux : oublions jusqu’à l’existence de son personnage le temps qu’il lui arrive une merde !". Et ce qui est dit est fait : nos héros s’interrogent sur qui pourrait traduire le russe (… soupir) en se plaignant. A noter d’ailleurs que plus le temps passe, plus on sent que, et là, vous allez être surpris, Natalie se rapproche de ce leader de Sean. Rrrrr.

Mais qu’importe, nos héros décident de grimper sur le toit pour observer la ville et constatent que les aliens s’en prennent à tout ce qui est électrique… et creusent donc pour s’en prendre aux câbles. Sauf que soudain, des coups de feu résonnent dans les rues un peu plus loin ! C’est Skyler qui a décidé de… repartir. Tout seul. En pleine rue. En tirant au hasard.

Ah ouais. Rappelez-moi : Skyler c’est bien le lâche ? Le lâche qui part tout seul alors qu’il était à l’abri ?

_______________________________

Quelques temps plus tôt, à Hollywood.

"Et moi je te parie que j’écris tout un scénar avec ce fusain que j’ai trouvé par terre!
- Hahaha, pari tenu !
- Attends, je commence… mon fusain est sombre… je vais appeler ça… l’heure… la plus… sombre… rah, ça coule quand j’écris.
- Heu John… nan mais… en fait en le regardant là, je suis pas sûr que ce soit un fusain"

0

_______________________________

Découvrant ainsi que Skyler est en train de filer, nos héros se rappellent soudain que, ha tiens, comme le dit Ben, "Il pourrait nous aider à traduire le message ! Il a des notions de russe !". Oui Ben, des notions : tellement qu’il le parle couramment depuis le début du film. Ah, que serait un film sans des dialogues rajoutés expressément pour ne rien apporter, à part des incohérences ? Peut-être un bon film, allez savoir. Mais c’est déjà bien de vous rappeler qu’il connait le russe, oui, pfou. Vous auriez eu cette idée il y a 20 minutes, vous n’aviez qu’à descendre un escalier pour lui parler.

Mais Skyler étant évidemment une andouille, il a décidé que ho bin en fait, il ne va plus faire attention aux lumières qui s’allument pour savoir où sont les aliens. Il va plutôt se promener en faisant du rien. Ce qui ne manque pas d’attirer l’attention d’un alien qui était occupé à mâchouiller un Claude François, célèbre objet conducteur d’électricité dont les aliens raffolent. Sean et Ben, partis à sa poursuite, arrivent trop tard : le pauvre est déjà coursé par l’alien entre deux rangées de voitures !

Bin je ne sais pas : dites-lui de se cacher dessous ? Ça vous a sauvé. Non ?

Non : nos héros se contentent de lui hurler "Cours, peut-être que les aliens sont mauvais en athlétisme", ce qui ne suffit pas : l’alien, vexé par ce commentaire qui lui rappelle ses mauvaises notes de sport à l’université galactique de Xlurb-21 en Schlurfball, se saisit donc de Skyler, le désintégrant sur le champ.

Ça alors, le type moustachu, à bouc, à coupe de cheveux louche, méchant, lâche et européen est mort ! Attendez : je vais payer un mime pour jouer la surprise à côté de moi pendant que je continue de rédiger cet article.

Retournant à l’ambassade sans que l’alien ayant mangé leur ami ne s’intéresse à eux, Sean et Ben (qui me font penser à Ben et Nuts à chaque fois que j’écris leurs noms, c’est affreux, cela dit eux aussi sont visiblement à base de noix) annoncent à leurs copines que bon bin, pour Skyler, c’est grillé (hohoho). Quel choc ! Si je m’attendais à ça. D’ailleurs Anne se lance alors dans un jeu d’actrice absolument immonde à base de "Ho mon dieu non je me tiens la tête en la secouant, je suis tellement bouleversée par cette nouvelle". Mais sa panique est de courte durée, car bientôt, l’espoir renaît : nos héros aperçoivent là-bas, dehors, un immeuble avec un dernier appartement allumé, et une silhouette humaine s’y déplaçant. N’ayant rien de mieux à faire, Sean invite ses amis à le suivre là-bas, afin de savoir comment quelqu’un, ici, peut encore avoir de l’électricité et vivre sans être inquiété.

Alors qu’il faisait nuit noire, et que l’immeuble avait l’air d’être à 50 mètres, il fait grand jour lorsque la troupe arrive à proximité. Heureusement, Sean explique ce phénomène par un "Dépêchez-vous, le soleil se lève !". Oui, et puis vite visiblement, pfou, c’est décidément très dur à gérer tout ça. En tout cas, filant dans l’immeuble à bon rythme, la troupe est heureuse de tomber au détour d’un couloir sur d’autres humains : Sergueï un vieux russe à moitié fou qui a transformé son appartement en forteresse barrée de fer, et Vika une fille ayant survécu par miracle s’étant réfugiée chez lui, attirée elle aussi par la lumière.

Une ville abandonnée… un truc apocalyptique… un groupe de survivant apercevant de nuit la lumière d’un immeuble et y découvrant un vieil excentrique ainsi qu’une fille survivant dans un appartement barré de fer avec des caddies plein le couloir…

Dans quel autre film ai-je déjà vu ça ? Bon, je ne m’en souviens pas, mais je me connais, en général ma mémoire me revient environ 28 jours plus tard.

En tout cas, Sergueï explique ce qu’il a compris : les aliens sont constitués d’énergie, ce qui explique qu’ils soient invisibles. Et en transformant son appartement via divers bricolage en grosse cage de Faraday, il l’a ainsi rendu indétectable et impénétrable pour les envahisseurs. Ce qui, vous l’avez compris, signifie que depuis le début, toutes les voitures que l’on a vu remplies de cendres, ce n’était pas possible puisque les bestiaux n’ont pas pu y entrer ou même les approcher si l’on en croit Sergueï. Mais si on s’arrête à des détails, aussi ! En tout cas, rassurez-vous : personne ne pensera à utiliser une cage de faraday ambulante pour se déplacer, ouf. C’est pas comme si on venait de leur dire comment survivre à coup sûr.

Vous pensez que je mens quand je dis que la réalisation a poussé le vice jusqu’à montrer des voitures impeccables remplies de cendres pour bien montrer que les aliens ont largement violé des cages de Faraday ? Savourez.

Attendez, il faut que j’aille rejeter quelques pièces à mon mime pour qu’il feigne l’intérêt pour ce film. Hmmm. Voilà.

De leur côté, nos loulous tendent la radio qu’ils ont trouvé à Vika pour qu’elle traduise le message diffusé en boucle : la marine russe est encore debout ! Un sous-marin nucléaire attend les survivants sur la rivière, au nord de Moscou, et expliquent qu’ils partiront demain matin. Ils expliquent aussi que d’autres sous-marins d’autres nationalités ont la même mission ailleurs dans le monde. Sergueï confirme : un sous-marin russe ! Une énorme cage de Faraday sous-marine ! La cachette ultime face aux envahisseurs ! Sans compter que s’ils l’approchent, étant donné l’état de la marine locale : paf, tétanos direct ! Parfait : le temps pour les filles de rassembler de la nourriture dans les autres appartements de l’immeuble pendant que les hommes jouent avec un gros canon bricolé par Sergueï (hmm…. je me demande ce qu’en dirait lecinemaestpolitique… ou juste Freud) supposé tuer les aliens par micro-ondes, et c’est parti !

Enfin ça le serait si tout se passait bien. Parce qu’évidemment, non : il y a encore trop de personnages à ce stade du film. Alors que les filles rassemblaient des pots de glace à la pistache en gloussant sur le fait que Sean, il est quand même trôbô, un alien a un kilomètre de là aperçoit, au travers des murs et des vitres, nos donzelles en train de faire leurs courses. Hein ? Comment ça on nous a expliqué plus tôt que les aliens ne pouvaient pas voir au travers des vitres, et que les murs bloquaient aussi leur vision dans tous les autres plans depuis le début du film ? Détail, détail : regardons plutôt la scène suivante, où l’ennemi a foncé à toute allure pour aller chasser les donzelles et les obliger à se replier. Car en rentrant dans l’appartement, évidemment, elles ne le ferment pas bien la porte derrière elles, ce qui résulte dans l’entrée de l’alien dans la cage, puis en la désintégration de Sergueï et Anne (ne faites pas les surpris, elle ne comptait pas coucher avec le héros, comment pouvait-elle espérer avoir ses chances ?)  dans la foulée pendant que tout le monde fuit par une fenêtre en emportant l’arme de Sergueï avec eux. Vika, elle, a réussi à filer de son côté, et rejoint les autres en bas pour découvrir que Sergueï incarne désormais une nouvelle forme de litière écologique pour son chat qui, pour sûr, se fera un plaisir de rendre hommage à son vieux maître en couvrant ses restes de gros colombins.

Mais alors que la créature qui a tué le vieil homme course nos valeureux larrons, voici qu’une étrange troupe s’interpose entre eux et la bête : des… comment vous décrire ça ? Disons, le casting de Mad Max. Mais avec des têtes de héros de l’Union Soviétique. Appelons-les "Mad Marx". Ceux-ci laissent l’ennemi d’outre espace venir à eux, puis le canardent, le passent au feu, et le finissent et la roquette lorsqu’il semble un peu perturbé par tout cela : sans le tuer, cela le blesse, et il s’enfuit donc dans de petits cris confus vers des cieux moins plombés, non sans laisser derrière lui une sorte de… griffe ? Ah bon. Bien bien. Là encore, sachez que dans la scène précédent, Sergueï a expliqué que les aliens étaient constitués d’énergie pure, ce pourquoi son arme fonctionnait sur eux. Depuis quand l’énergie pure a des griffes ?

Encore un qui doit être convaincu que s’il ouvre une pile LR6, il trouvera un pokémon.

Bref : ramenés au QG des Mad Marx, qui sont bien évidemment tous parfaitement anglophones (en fait, à part la petite vieille de tout à l’heure, sachez que tout le monde l’est dans ce film), la situation est vite expliquée : eux sont ici pour se battre. Les histoires de sous-marin, ils s’en moquent, ils n’abandonneront pas Moscou, ainsi que les femmes et les enfants à leurs côtés. Mais c’est sans compter sur l’arme secrète de Sean, qui aimerait bien leur aide pour atteindre le sous-marin qui est encore loin : le discours sur l’amour et l’amitié et le fait que quand on est gentil, on s’entraide, alors gros Popov, tu vas abandonner tes concepts ringards comme "gnagnagna femmes et gnignigni enfants" pour me suivre, m’obéir et m’aduler, d’accord ?

Et en effet : le chef des Mad Marx approuve, et décide de lâcher leur planque à l’ennemi, laissant probablement leurs familles se faire désintégrer la gueule, juste parce qu’un petit con lui a dit que ce serait pas cool de pas l’aider. Ce film est… je… je crois qu’il est temps que l’on m’amène mon sac à chatons. Enfin bref : pour débuter ce périlleux voyage, l’équipe propose de passer par le métro, endroit passablement peu visité par l’ennemi comparé aux rues. C’est marrant, parce que moi au début du film, j’ai quand même vu des gens courir en hurlant des heures dans les rues sans rencontrer d’ennemis. Mais, bon, je comprends : je suis un peu lourd à faire références toutes les deux minutes aux évènements antérieurs : c’est pas comme si l’on était censé suivre une suite d’évènements liés les uns aux autres, ouf. Toujours est-il que si le métro permet de progresser vite et bien, il finit tout de même par se trouver un vilain pour squatter l’endroit en lieu et place des habituels chanteurs de Bamba vous réclamant de la monnaie. Si tout le monde arrive à l’éviter, Vika, elle, se retrouve suite à un léger retard en mauvaise posture, chose que Ben ne peut tolérer. Heureusement, puisqu’équipé du fusil à micro-ondes de Sergueï, il va pouvoir ajuster le méchant alien et lui bourrer la gu…

Ah non tiens. En fait,  il le jette au sol et décide de courir droit vers Vika, et ce complètement à découvert pour… pour… pour rien.

Rappel : Ben est le membre le plus intelligent du groupe.

Qu’importe : s"il parvient à ainsi pousser Vika vers un abri sûr, le pauvre Ben est attrapé par le vil ennemi, qui a soudain de petites mains (mais si, allez hop ! On change d’ennemis en cours de film, on est plus à ça près !) pour lui attraper les jambes et faire durer le moment où il le traîne jusqu’à lui avant de le désintégrer, comme l’y destinait son rôle de pote du héros.

La main d’un méchant : jusqu’ici, ils ne s’en servaient jamais et n’en avaient d’ailleurs pas, mais à partir d’ici, ils n’utiliseront plus que ce curieux appendice qui ne désintègre pas. Ah oui, quand même.

Sean qui évidemment, est un héros choqué, mais visiblement, personne ne sait jouer le choc autrement dans ce film qu’en gonflant les joues. Aussi Sean se transforme donc temporairement en hamster, puis toute l’équipe peut reprendre son chemin sans que l’alien ayant tué Ben ne se décide à les poursuivre, probablement parce que le réalisateur lui a dit de ne pas le faire. Ah, ces aliens, au début du film ils tuaient les humains par paquet de 200, maintenant, un seul et ensuite ils ne font plus rien. C’est si beau. Ce qui permet donc à l’équipe de poursuivre dans les tunnels du métro pour finalement arriver sur la rivière locale et se jeter à bord d’un bateau qui attendait là, déserté : ne reste plus qu’à le laisser dériver en se planquant dans la cale en suivant le courant jusqu’à ce qu’il porte tout le monde jusqu’au sous-marin, plus bas sur la rivière. Le bateau a d’ailleurs le bon goût de ne pas s’échouer, probablement doué d’une conscience propre qui l’incite à tout faire pour quitter ce film.

A l’intérieur, c’est évidemment la séquence émotion sur Ben, qui était le meilleur d’entre nous, tout ça. Et laisse donc augurer bien des choses sur ce que doit être le pire, alors, vu que Ben semblait à peine plus futé qu’un lombric. Et pas un lombric premier de la classe, hein.

Mais tout ne s’arrête pas là, ce serait trop simple ! Arrivés à 100 mètres du sous-marin, le bateau est renversé par un terrible coup du sort : une berge s’effondre sur lui, car les aliens continuent de forer le sol à la recherche de minéraux pour se nourrir, suppose-t-on (mais comme c’est le héros qui le suppose, cela devient aussitôt vérité). Le naufrage a donc lieu, et lorsque les têtes font surface, il manque un des Mad Marx à l’appel, ainsi que… Natalie ! Drame : Sean vient de perdre sa nouvelle copine, et seule fille mignonne survivante du film (Vika n’a pas l’âge légal). C’est intolérable ! Tout le monde nage donc jusqu’au sous-marin qui est tout près, et la discussion s’engage avec le commandant du bord.

"Salut les kids, je suis le commandant Marco Ramius, bienvenue à bord : allez, on met les voiles !
- Non, on ne peut pas ! Mon amie Natalie a disparu par là-bas *indique une direction générale sur le fleuve* il faut aller la chercher !
- Oui et puis quelques milliards de personnes aussi ont disparu, alors on va p’têtre pas non plus risquer notre dernier sous-marin pour ça ?
- Si parce que Natalie, c’est ma copine, et j’invoque le pouvoir de l’amour et de l’amitié qui sont plus important que tout, surtout dans les pires moments.
- Vendu si tu fermes ta gueule."
0

Et en effet : le commandant accepte de décaler le départ de son sous-marin pour la retrouver, ce qui tombe bien, car un demi-kilomètre à l’intérieur de Moscou, une lumière vient de paraître au-dessus des toits : une fusée de détresse.

"C’est Natalie !" s’exclame heureux comme tout le brave Sean.

Oui, ou alors c’est une fusée de détresse, Natalie est un poil moins brillante. Non parce que comme en plus elle vient d’être tirée dans la direction opposée à celle que tu indiquais et où votre bateau avait chaviré, cela signifierait que Natalie a survécu à la noyade, est sortie de l’eau sans s’occuper du sous-marin voisin ni de toi qui l’appelait, aurait escaladé des berges bétonnées lisses sans problème, couru au travers de ruines et d’aliens hostiles, réussi à non seulement refaire sa distance avec le sous-marin, mais en plus à y ajouter 500 mètres dans une direction opposée, puis, seulement, elle aurait décidé de tirer une fusée de détresse. En fait, Natalie, c’est Gandalf.

Ça vous parait improbable ?

Et bien peut-être, mais comme il a dit "C’est Natalie" et qu’il est le héros, ça devient aussitôt vrai, et tout le monde accepte sans sourciller.

Aussi les Mad Marx décident d’accompagner notre héros, non sans d’abord charger et dupliquer – mais si ! – le fusil à micro-ondes que Sergueï avait mis des jours à construire. On va donc supposer que c’est, allez, 16 heures plus tard que nos héros décident d’aller la chercher : sympa. Mais non, rassurez-vous : la gestion du temps est tellement lamentable qu’il ne s’est en fait écoulé que moins de deux minutes, la petite équipée peut donc partir rassurée pour aller botter du cul d’outre-espace et sauver du cucu d’outre-Atlantique.

La troupe, guidée non pas tant par la fusée que par l’instinct magique de Sean qui sait pister sa copine dans un vieux complexe industriel sans avoir bien vu d’où était parti son signal de détresse (probablement que Natalie sent très fort), parvient promptement à localiser la jeune fille, abritée dans un ancien trolley à l’arrêt. Sauf que voilà : un bestiau attend déjà sur place… et fonce sur nos héros ! Mais pas de bol pour la pauvre créature : celui-ci teste son arme, et le fusil à micro-ondes permet d’abaisser les défenses de ces êtres qui deviennent alors vulnérables aux bon vieux plombs. On découvre alors le visage de ces créatures : de petites têtes de mort volantes. Vous vous attendiez à des poneys ? On est pas dans des lasagnes ici, enfin, soyons sérieux.

Si vous aussi, vous vous demandez comment un être constitué d’énergie peut soudain devenir une tête de mort volante, levez la main ? Merci.

Bref : Sean, après avoir cartouché l’animal et laissé ses amis s’occuper des autres qui arrivent, s’en va trouver sa belle dans son trolley abandonné, mais avant de pouvoir lui faire un gros câlin, un autre méchant vient les surprendre (il venait juste se rincer l’oeil en profitant de son invisibilité, mais il a été capté quand il a fait réagir l’autoradio par erreur en lançant le thème de Ghost). Aucun tour de potier mais quelques coups de fusil à micro-ondes plus tard, le bougre faisait moins son malin, ses défenses abaissées, et ne restait plus qu’un projectile pour le tuer : la griffe que son confrère avait perdu lors de son combat contre les Mad Marx, que Sean lui lance !

Pouf, il la prend sur le coin du museau, et alors que la griffe n’est même pas pointue ou lancée fort, ne me demandez pas pourquoi : ça le tue. Probablement qu’il a trop honte.

Misère, il suffisait alors de leur balancer des cailloux ? Mais… c’est nul ! C’est… oooooh seigneur mais comment peut-on rater un film à ce point ?

Une douce musique de piano pose alors l’ambiance, probablement parce que le réalisateur a oublié qu’il filmait un groupe de gens ayant vu plusieurs millions de morts à Moscou, au milieu d’un coin pourri entouré d’aliens hostiles, mais passons : c’est romantique, point. Ils peuvent donc retourner au sous-marin sans encombres, car qui dit musique au piano dit que l’ennemi n’a plus le droit de venir briser l’ambiance. Là, les Mad Marx expliquent qu’eux vont rester ici : c’est là, leur combat.  Haaaa… heureusement qu’il y a eu cette séquence alors parce que sinon, je rappelle qu’à leur première arrivée au sous-marin, ils ne se sont pas fait prier pour grimper dedans. Comme quoi, le combat de toute une vie change vite en 10 minutes.

Sean et Natalie peuvent donc enfin se faire des bisous, et avec l’aide d’un marin, Natalie fait remarcher son téléphone via les récepteurs du sous-marin, et reçoit alors un message de sa mère  "BB c maman t ok ? Moi oci LOL" , mais le message n’explique cependant pas, elle, comment elle a pu avoir un téléphone qui marche vu que c’est déjà un miracle pour Natalie. Probablement qu’elle a sa propre parabole de sous-marin nucléaire soviétique avec elle.

"7 milliards de morts et c’est belle-maman qui survit. Quelle journée de merde"

Tout se termine sur une ultime transmission radio : partout dans le monde, la résistance d’organise, et bientôt, ça va meuler sévère de l’envahisseur.

Souriant, Sean se penche donc sur une carte, et probablement avant que le commandant ne lui demande pour qui il se prend et qu’il ne finisse tabassé par toute une bande de marin d’ex-URSS, il propose de passer à l’action et…

… FIN !

________________________________________________

"Alors, ça va mieux patron ?"

Diego observa son patron, de retour dans son fauteuil, à profiter de la chaleur de l’âtre.

"Hmmm.
- Vous… vous êtes revenu dans votre fauteuil, comme tout à l’heure ? Quelque chose ne va pas."

0

Le serviteur fit un bref pas en arrière en notant l’oeil courroucé se tournant dans sa direction.  Il toussota, cachant le frisson qui lui parcourut son échine comme il le pouvait.

"Il y a des choses que tu ne peux pas comprendre, j’ai besoin de plaisirs simple comme alimenter mon foyer. Va, laisse-moi seul Diego."

Interloqué, le valet disparut sans un bruit, se demandant s’il avait réussi sa mission et si son maître avait retrouvé son envie de haïr son prochain. Il haussa les épaules, presque déçu, s’interrogeant sur le plaisir que pouvait bien trouver son supérieur à nourrir le feu.

Il ne put entendre, au travers de l’épaisse porte derrière laquelle son employeur se reposait, le bruit d’un sac que l’on fouillait, le son d’un miaulement léger et mignon tournant sous les plafonds, puis le cri typique d’un chaton fendant l’air tiède avant de finir au feu pour rejoindre le DVD d’une abominable daube.

"Ça va drôlement mieux", me dis-je.

"Voici votre nouveau bureau, Johnson !"

Son carton d’affaires dans les mains, ledit Johnson sourit poliment en ignorant le petit bureau coincé entre diverses piles de cartons que son supérieur lui désignait. Autour de celui-ci, d’autres minuscules espaces de travail avaient été disposés pour permettre à d’autres personnes comme lui de s’atteler à leur dur labeur. A perte de vue, l’open-space péniblement éclairé par des batteries de néons grésillant laissait paraître des dizaines d’espaces comme le sien, occupés par des collègues dont tout ce qu’il connaissait à cet instant précis était l’apparence de leurs nuques, penchées sur le papier qu’ils étaient en train de rédiger. Le jeune homme sortit de ses pensées lorsque la main potelée de son supérieur lui tapa dans le dos.

"Vous verrez Johnson, ici on est une grande famille. On a envie de bien faire notre travail, alors on y met les moyens. Vous avez devant vous l’un des ateliers produisant les meilleurs scénarios au monde. Alors faites chauffer votre cerveau d’artiste ! 
- Je suis ravi de l’entendre Monsieur. Mais, qu’est-ce que c’est là-bas ?"
0

Pointant du doigt une étrange forme sombre se balançant sur un néon, Johnson s’étonna d’entendre de grands cris bestiaux provenant de celle-ci. Une nouvelle fois, la main potelée rencontra son dos, et Johnson dû se retenir de ne pas la repousser tant ce contact faussement amical le répugnait. Mais il aurait été mal vu pour son premier jour d’ainsi faire des manières, bien sûr.

"Ah, oui ! Pour améliorer la productivité de l’entreprise, nous avons pris un consultant.
- Je… un consultant ?
- Oui, c’est ça. Tenez, je vais vous le présenter : Monsieur Mongo, venez ici !"
0

La petite silhouette se tourna vers Johnson et bondit en hurlant de câble électrique en lampe, agitant de longs bras avant de s’arrêter aux pieds du scénariste. Celui-ci s’étonna quelque peu en découvrant un singe au faciès ouvertement hostile et aux paumes recouvertes de matière fécale, un ceinturon de bricoleur autour de la taille. Dans l’une des poches entrouvertes, il put apercevoir un petit tas de briquettes colorées rappelant de célèbres jeux pour enfants.

"Johnson, voici Mongo. Il est consultant pour l’industrie cinématographique, son travail consiste à améliorer la qualité générale des travaux produits ici. Je vous l’ai dit : nous, nous voulons de la qua-li-té.
- Mais je… Monsieur, c’est un singe !"

0

Johnson marqua un certain dégoût lorsqu’une petite boule nauséabonde vint s’écraser sur son visage, le singe en face de lui souriant bêtement en constatant que son projectile avait atteint sa cible.

"Ecoutez Johnson, je sais que c’est votre premier jour et que tout cela est un peu perturbant, mais le racisme n’a pas sa place ici ! Mongo est très compétent et a travaillé avec les plus grands : James Cameron, Ridley Scott, Nicolas Cage, bref : il a même eu le brillant poste de chargé de la photocopieuse chez Quentin Tarantino, soit la position la plus essentielle pour la production des films de ce Monsieur. 
- Je… mais… et heu… ici – demanda poliment le jeune homme, tentant de comprendre la situation – quel est le poste de Mongo ?
- Voyez sa ceinture ? Il a de petites poches de briquettes, tenez : Mongo, montrez-nous une briquette."

0

Le singe farfouilla quelques instants dans l’une des poches, et tendit une petite briquette mauve sur laquelle il était écrit "un enfant relou". Johnson haussa les épaules en direction de son supérieur, qui semblait attendre cette réaction avec une certaine excitation.

"Vous ne comprenez pas ? Chaque briquette est notée d’un poncif auquel le public est habitué. Mongo passe donc à chaque bureau et colle régulièrement des briquettes sur votre scénario pour vous obliger à respecter quelques critères basiques qui permettront aux spectateurs de ne pas avoir l’impression d’être face à quelque chose de trop original. 
- Ho… et… sur quoi travaillez-vous ici en ce moment ?
- Et bien sur Looper, un film qui a failli entièrement vider les poches de briquettes de notre pauvre Mongo. Mais, ha ! Il faut bien investir pour faire de la qualité n’est-ce pas ? Allez mon petit Johnson : maintenant, asseyez-vous, commencez à écrire, et ne vous inquiétez pas, d’ici quelques minutes, Mongo viendra vous coller des briquettes pour s’assurer que vous ne sortiez pas trop des sentiers battus. Sur ce, bonne journée Messieurs ! Je dois faire passer un entretien à un cochon d’inde qui prétend avoir été l’agent de Kristen Stewart."
0

Une dernière fois, la main potelée se posa sur le dos du pauvre Johnson, alors que celui-ci prenait place sur son minuscule tabouret sous le regard méprisant du singe à son côté. Ce n’est que lorsqu’il commença à lire le scénario de Looper, déjà présent sur sa table, que Johnson comprit à quel point la matière fécale ornant les mains de l’animal avait servi dans la réalisation de la chose.

N’attendons pas plus avant : spoilons mes bons !

______________________________________________________________________________

L’affiche : affrontez votre futur. Et perdez 2h du vôtre pour l’éternité.

Notre film s’ouvre quelque part, dans un futur proche.

Au milieu d’un champ à la triste mine, un homme attend devant une bâche blanche étendue à même le sol. Ses écouteurs vissés dans les oreilles, le brave galopin écoute des leçons italiens, et très détendu, répète les phrases qu’il entend l’une après l’autre pour ainsi, un jour, visiter Rome, Venise, ou participer à une soirée Bunga-Bunga. Seulement voilà : après avoir consulté sa montre de gousset, notre homme, qui est accessoirement notre héros et s’appelle tout simplement Joe, note que l’heure de son rendez-vous approche, et retirant ses écouteurs, s’occupe plutôt d’armer le fusil futuriste qu’il a au côté. C’est alors qu’à la seconde exacte où il l’attendait, son invité fait son apparition. Et quelle apparition ! Car sur la bâche sort de nulle part, sans tambours ni trompettes, un homme à genoux, un slip sur la tête pour dissimuler son visage, et les mains entravées. Ni une, ni deux, Joe ne prend pas même une seconde pour l’observer et se contente de lui coller une cartouche en plein dans la poitrine, par respect pour le slip.

La décharge mortelle ainsi assénée, Joe retourne le cadavre et déchirant sa veste au couteau, révèle une plaque métallique sur laquelle 4 lingots d’argent ont été fixés. Curieux ? Pas d’inquiétude jeunes gens : l’explication arrive de ce pas. Car en voix off, Joe nous explique de quoi il retourne. Et attention, c’est du bon, puisque dès maintenant, le film ne va plus ressembler à rien. Oui, je suis d’accord, ça fait très tôt, mais c’est le jeu ma pauvre Lucette.

A l’époque de Joe, la machine à voyager dans le temps n’existe pas encore. Mais 30 ans plus tard, ce sera le cas, et elle sera aussitôt rendue illégale à cause de tout le bordel qu’elle peut créer, du genre envoyer un baladeur contenant "Notre Dame de Paris" à Victor Hugo pour le pousser au suicide. Du coup, seules les mafias les plus puissantes ont les moyens de s’en servir. Mais pourquoi faire ? Acheter deux lingots, en envoyer un dans le passé, ainsi avoir trois lingots, puis recommencer l’opération en boucle pour dupliquer la chose à volonté ? Abattre les témoins avant même qu’ils n’atteignent un procès ? Se débarrasser de ses ennemis alors qu’ils ne sont que des bambins anonymes ? Non. La mafia s’en sert pour tuer des gens, oui, mais pas n’importe comment. Dans le futur, se débarrasser d’un cadavre est devenu super dur (il faudra donc que l’on m’explique comment font les mafias "moins puissantes", mais passons), les malfrats envoient donc dans le passé à un point précis un homme pour que des tueurs l’abattent à la seconde où il arrive. Du coup, l’homme a disparu du futur, dans le passé, tout le monde se fout de la disparition d’un type et d’un corps qui n’y a pas sa place, et donc que personne ne recherche, et je crois bien que Joe ose qualifier cela de "génial". A noter que la pègre, bonne payeuse, envoie toujours la future victime avec des lingots d’argent attachés dans le dos pour que le tueur puisse avoir sa paye sans avoir de problèmes en étant payé des des eurogloubitz, la monnaie du futur pas encore en circulation.

Notez : c’est déjà complètement con. Les mecs ont une machine surpuissante, et ils s’en servent pour faire un truc complètement absurde. Pour rappel, il était aussi possible :

  • d’envoyer la victime chez les dinosaures : ils sont moins chers à payer, et sont aussi très pro à leur manière. Ou même au coeur d’un volcan lors d’une éruption connue, histoire de faire coucou à Haroun Tazieff
  • d’envoyer la victime avant la création de la Terre, puisque du coup, sa survie risque d’être drôlement compliquée (et qu’en plus les archéologues ont moins de chance de retrouver ses restes qu’une mission Soyouz)
  • si c’est vraiment pour le plaisir de lui mettre une balle, vous la butez avant de l’envoyer dans le temps, comme ça, vous êtes sûr que le travail est bien fait, et payer un fossoyeur du passé est sûrement moins cher qu’un tueur
  • ou si vous préférez faire dans le festif, la mafia pouvait aussi payer une seule fois des mecs pour faire un grand brasier, et à chaque fois qu’elle a quelqu’un à buter, il suffit donc de l’envoyer à ce point précis de l’espace et du temps, et hop. Pas besoin de multiplier les dates, les paiements et donc, les probabilité qu’un coup se passe mal

Mais évidemment, je suis sûr que c’est beaucoup plus intelligent d’envoyer ses propres ennemis dans le passé, de payer très cher des inconnus pour les tuer, comme ça, si jamais ça rate, vous avez envoyé un type que vous avez condamné à mort à une époque où il peut vous buter alors que vous êtes encore incapable de vous défendre. Grosso modo : la mafia utilise la machine à voyager dans le temps à l’exact opposé de ses intérêts. Rappelons que ce principe de base, complètement foiré, n’a pas empêché une partie de la critique de trouver, elle aussi, ce concept "génial". Mais poursuivons, car nous n’en somme qu’au début, et que ce film n’a pas fini de se vautrer encore et encore.

D’ailleurs, pour rappel, au cinéma, il y a trois choses très difficiles à manier (entre autres) : Dieu, la magie, et les voyages dans le temps. Le premier, parce qu’il peut régler tout votre film en claquant des doigts, la seconde, parce qu’il faut lui coller de sacrées règles pour qu’elle ne règle pas non plus tous les problèmes en quelques secondes (Harry Potter s’y est essayé, mais n’en a pas moins fini bourré d’incohérences), et les voyages dans le temps, parce qu’ils obligent à se relire pour éviter des tas de paradoxes/problèmes divers. Du coup, prendre cette thématique ambitieuse sans même réaliser que son pitch ne passerait pas devant un écolier, c’est tout de même assez beau. Aaah, mais je parle, je parle, et nous n’avançons pas. Concentrons-nous un peu.

Joe, donc, après nous avoir expliqué tout cela, s’en retourne donc vers un petit café non loin pour y prendre un café avec Beatrix, la gentille serveuse locale au prénom de film SM. Cela fait, il reprend sa voiture jusqu’à la ville voisine où il va au QG des loopers dans un quelconque immeuble pour y échanger ses lingots contre des billets. Et là encore, on sent le grand soin apporté à la réalisation,  car devant le guichet où ils font leurs échanges, il y a un petit poste pour poser son fusil avec marqué "Loopers, pensez bien à déposer vos armes avant d’aller au guichet". Ce que j’aime avec les tueurs professionnels, c’est quand ils ont des panonceaux "Coucou, ici, QG de tueurs".  J’ai envie de dire : quel talent. Par contre, j’ai cherché la pancarte "Attention blaireaux" durant un moment, mais je ne l’ai pas trouvée. C’est certes étonnant, mais là n’est pas le sujet.

Or donc, après avoir récupéré ses brouzoufs, Joe s’en va changer sa voiture de service pour son modèle personnel : un cabriolet flashy. Avec celui-ci, il décide de… heu… se  promener dans les quartiers pauvres, où malgré le fait que les gens du futurs semblent mourir de faim et tous être surarmés (on en voit échanger des tirs au grand jour), aucun ne pense qu’il serait pertinent de braquer un minet venu étaler son luxe à leur face. Comme quoi, Joe a raison de ne pas s’inquiéter de faire un truc aussi débile : le scénario le protège des réactions logiques (et des balles perdues). Le genre de type à aller faire de la trottinette à Groszny. Enfin, chemin faisant, Joe rencontre Seth, un jeune looper qui a évidemment tous les attributs du pote du héros collant mais looser que je vous laisse deviner (si vous fréquentez ce blog, vous avez un peu un doctorat ès poncifs). Seth est accessoirement capable de faire un peu de télékinésie, comme 10% de la population du futur, même si "ils peuvent juste faire voler des pièces, c’est inutile, et évidemment, n’imaginez pas que ça serve du film, hohoho, c’est pas comme si on était, comme dans toutes les bouses, dans un film où TOUT ce qui est dit doit servir pour être rentabilisé". Tous deux décident donc d’aller passer la soirée à la Belle Aurore, un cabaret local servant à la fois de repaire au chef de la pègre du coin, Abe, et de lieu de débauche. Sur place, nos héros croisent Jean-Jacques, un autre looper qui sort justement du bureau d’Abe avec un bien mauvaise nouvelle : on vient de lui annoncer qu’il devait "boucler la boucle".

"Salut les pauvres avec des fusils, ça vous dérange pas si on vient vous narguer ?"

Vous vous souvenez de ce qu’on expliquait plus haut avec l’utilisation des voyages dans le temps par la mafia ? C’était bien nase, hein ? Et bien attendez : on va en remettre une couche, et pas des moindres. Joe en voix off explique en effet qu’il peut arriver aux loopers de "boucler la boucle". C’est lorsque l’on leur annonce qu’ils vont devoir tuer… leur eux-même du futur. Car les loopers étant un organisme ultra-secret (on parle bien de celui qui a un panonceau bien visible ? Oui, oui, me dit-on dans l’oreillette), dans le futur, on veut parfois en finir avec d’anciens loopers pour éviter qu’ils ne parlent. On les envoie donc dans le passé avec cette fois dans le dos, un gros paquet de lingots d’or, pour que le looper qui accepte de se buter lui-même puisse prendre une confortable retraite.  Et sache désormais que dans 30 ans, on le sortira de sa retraite… pour le tuer.

Donc je résume : la mafia du futur, parfois, décide de payer 50 fois plus cher une exécution en demandant à la personne la plus susceptible de la merder – la propre victime – de s’en charger.

Oui hein ? Oui. Je trouve aussi.

Bref : lorsque l’on apprend que l’on boucle sa boucle, hé bien, on fait une grosse teuf (tout à fait normal). Et ces derniers temps, les teufs se multiplient pas mal, car il semblerait que dans le futur, un nouveau boss particulièrement méchant demande à ce que l’on exécute quantité de loopers pour de sombres raisons. Intéressant.

Joe en tout cas, prend du bon temps : il se drogue (ce qui consiste juste à le filmer tête en bas pour dire qu’il est défoncé) en bon professionnel, couche avec Suzie, l’une des filles du cabaret qui a la cuisse légère mais payante, et se saoule avec les autres loopers. Jusqu’à ce qu’un soir, une drôle d’aventure lui arrive : alors qu’il est en train de lire le Journal de Mickey, dernier organe de presse libre du monde du futur, Joe entend taper à sa fenêtre. Comment donc ? Et pourquoi pas la porte, est-elle si difficile à trouver ? Qui ose ?

Et bien : Seth, tout simplement. Le jeune freluquet supplie son ami de lui ouvrir – ce qu’il fait – car il a de gros ennuis : il devait boucler sa boucle quelques heures auparavant mais… il n’a pas pu. Lorsque la victime du futur est arrivée, elle a siffloté une chanson de sa maman au travers du slip (du Nicki Minaj, probablement) pour l’attendrir, et du coup, Seth n’a pas su faire quoi que ce soit d’autre que détacher son lui plus vieux pour le laisser s’enfuir. Et maintenant, comme il n’a pas respecté son contrat, les hommes d’Abe le cherchent pour lui péter la gueule.

Juste comme ça : comment ils ont su, les hommes d’Abe, sachant que les loopers sont censés tuer des hommes qui n’existent pas ET faire disparaître le cadavre tout seuls ? Il suffisait que Seth dise "Ayé mission accomplie", et c’était réglé. Il pouvait même s’arranger avec son lui plus vieux pour qu’il lui file quand même les lingots, comme ça, il pouvait se présenter au guichet en disant "Je l’ai tué : regardez, j’ai les lingots. Et j’ai pas d’autres preuves puisque mon métier, ça reste de les faire disparaître !". Et je doute que le vieux Seth ait vécu une vie suffisamment pétaradante pour que les gens du futur – qui ne le cherchaient pas, puisqu’officiellement mort – aient appris qu’il n’était pas mort à la date prévue, à moins bien sûr que papy n’ait décidé de passer ses vieux jours à animer Vivement Dimanche, une autre émission où l’on rappelle des vieux depuis l’espace-temps pour leur faire subir mille outrages. Mais, le diplôme de nécromancie de Michel Drucker n’est pas le sujet, il suffit. Bref  : ni les gens du présent, ni ceux du futur ne pouvant savoir que le type n’a pas été excuté… comment savent-ils ?

On va donc dire : Tagada, pif pouf, c’est magique.

Bref : Seth, qui commence un peu à sentir l’urine à force de paniquer, se met à littéralement trembler lorsque les hommes d’Abe viennent frapper à la porte de Joe. Notre héros hésite donc à le balancer, mais comme il a bon fond, hop, il le planque dans une cache sous son tapis où il stocke aussi une bonne partie des lingots d’argent qu’il a gagné, se constituant une réserve pour plus tard, sait-on jamais. Puis, après avoir fait patienter durant 10 bonnes minutes les hommes d’Abe à la porte, Joe finit par leur ouvrir avec l’excuse "Désolé, je me faisais beau", ce qui n’est évidemment pas du tout suspect. "Désolé, il est 3h du matin et j’étais encore défoncé à la schnouf" était évidemment beaucoup moins crédible, mais bon, je ne suis pas un tueur professionnel, inventer des mobiles ne fait pas partie de mon métier. En tout cas, les hommes d’Abe sont menés par Dudule, un jeune loup aux dents longues qui propose la chose suivante à Joe : il va aller voir Abe, discuter un peu, et pendant ce temps, lui va laisser quelques hommes dans son appartement, des fois que Seth s’y cache. Aucun d’eux ne fait donc mine d’entendre le puissant et méphitique pet liquide surgissant du plancher à peu près au niveau de la cachette de Seth suite à ces belles paroles, puis Joe et Dudule s’en vont donc vers la Belle Aurore. En chemin, on découvre d’ailleurs que Dudule est ambitieux, certes, mais surtout maladroit car toujours à jouer avec son pistolet quitte à s’être déjà tiré une balle dans le pied. Accessoirement, il est aussi prétentieux, et a un bref échange avec Joe sur les armes qu’ils utilisent. Dudule, lui, a un pistolet : utile pour défendre les intérêts de la pègre. Alors que Joe, comme tous les loopers, a un fusil sobrement surnommé "tromblon", et utilisé pour exécuter des cibles à courte portée. En effet, le tromblon remplit l’air de plomb, ce qui fait que même si la victime tente de bouger, elle est sûre de déguster, mais ne touche plus rien passé 15 mètres. Alors que le pistolet, lui…

Que l’on se rassure : tout le film ne porte pas que sur des tromblons

Evidemment, comme tout ce qui est dit dans ce film, cette conversation n’est pas innocente. Mais surtout, elle est incohérente, car lorsque l’on voit Joe tirer, on note que le tromblon ne fait pas un si gros trou, ce qui laisse supposer qu’en fait, il ne remplit guère l’air de plomb. Mieux : il ne tire qu’au coup par coup, et pas bien vite, ce qui signifie que, bah c’est à peu près l’arme la moins pratique du monde pour le métier de looper. Sans ce dialogue, en fait, je crois que je n’aurais même pas remarqué, supposant qu’il s’agissait d’un simple fusil à pompe, mais là en fait, vraiment, merci. Encore une fois, la réalisation a payé pour se vautrer, puisque supprimer la scène aurait pu lisser la chose. Ah, c’est beau. Il y en a qui doivent penser à ce blog en écrivant, je ne vois rien d’autre.

En tout cas, une fois à la Belle Aurore, Joe se sépare de Dudule et en voix off nous apprend qu’Abe vient de 30 ans dans le futur : la mafia l’a envoyé là pour superviser ses affaires. Un type sympa, Abe,  puisqu’il explique à Joe qu’il le connait bien, l’aime bien, et qu’il sait qu’il cache Seth puisqu’ils sont amis. Joe tente le "Nous ? Amis ? Hohoho, vous vous trompez" avec aplomb, oubliant qu’ils traînent ensemble depuis des années dans le cabaret d’Abe, filmé 24h/24 ce qui rend le mensonge un peu pourri.

———-

Au même moment, dans un atelier d’écriture de script

"Lâche ma feuille Mongo ! Ce sont les dialogues !
- HOUUU HOUUUU HAAAAAAAAAAA HAAAAAAAAAAAAAAAAAAA
- Aaaaah, il a mis du caca partout, nan mais c’est pas possible, foutu singe ! Vilain Mongo, vilain ! Qui pourrait prendre des dialogues barbouillés à l’étron au sérieux maintenant, hein ?"
0

Un peu plus tard, en France

Un coup de maître époustouflant. - Les Inrockuptibles

———-

Donc, disais-je, Abe ne tombe pas dans le mensonge tout pourri de Joe, qui n’a même pas tenté le "Ah non, je n’ai pas vu Seth depuis hier soir, pourquoi ?". Il lui explique donc qu’il sait que Joe planque pas mal de lingots, et que s’il ne donne pas Seth, il retournera tout pour les retrouver et lui prendre. Alors, Joe, prêt à sacrifier la moitié de ta fortune pour ce gros looser de Seth ? Notre héros réfléchit un peu, et dépité à l’idée de ne pas pouvoir se payer une Playstation 8 ou des soirées Jungle Speed avec Suzie, donne la planque de Seth, celle contenant ses lingots. Abe le remercie, et poliment, lui demande comment va l’apprentissage de l’italien. Joe lui dit que ça roule, tout ça, et qu’il espère bien avec son pognon prendre sa retraite à Florence. Abe lui dit que non, sa retraite, ce sera à Shangaï. Et allez savoir pourquoi (personnellement, si je bossais pour la mafia, j’éviterais de leur dire où je vais une fois que j’aurais quitté leur service), Joe accepte. Abe lui explique qu’il ne veut pas tuer Seth, d’ailleurs, à cause des paradoxes que cela pourrait causer (et qui pullulent pourtant dans le film) : il veut donc juste finir le contrat et tuer le Seth du futur. Soit.

On découvre alors, à l’occasion d’une scène fort intéressante, qu’Abe sait être imaginatif. Ainsi, le vieux Seth du futur, qui est en train de courir la ville pour tenter de s’en éloigner le plus vite possible, voit soudain une vieille cicatrice apparaître sur son bras. Un message lui ordonnant d’être à une certaine adresse dans 15 minutes. Car oui, Abe-la-Déconne a eu l’idée rigolote de charcuter le jeune Seth pour faire passer des messages au vieux Seth à coups de cicatrices. Puis, comme le temps passe et que rien ne vient, il commence à charcuter plus avant : le vieux Seth voit donc ses doigts disparaître un à un, et décide donc de se rendre au rendez-vous. Il galope donc vers l’adresse, mais allez savoir pourquoi, Abe lui fait couper les jambes, ce qui rend les choses plus compliquées (si vous voulez qu’un mec vienne quelque part, lui couper les gambettes, c’est très très con quand même, à part si c’est Clark Kent à la limite, mais quand même). Malgré tout, le bougre parvient à l’adresse indiquée, où il constate qu’un médecin est en train de dépecer le jeune Seth, répercutant donc bien blessures et amputations sur sa personne du futur (vous suivez, hein ?). Puis, Dudule surgit, et tout sourire, exécute le vieux Seth, désormais proche de l’homme-tronc, et défiguré avec ça.

Du coup, notez bien :

  • Abe est un peu con, malgré la technique de départ qui aurait mérité une bourse à l’innovation
  • Sinon, maintenant que le jeune Seth est un homme-tronc, vous faites quoi ? Vous le gardez en vie 30 ans pour éviter les paradoxes ? D’ailleurs, ça aussi ça a dû modifier le futur, non ?

Et c’est ici que le film fait l’un de ses inévitables ratés sur les voyages dans le temps. Pour mieux comprendre le problème – qui va être redondant – sachez qu’il y a deux grandes manières d’aborder le voyage dans le temps. Pour la comprendre, nous allons prendre un exemple : un soir, alors que vous regardez la météo, un flash lumineux vous aveugle brièvement : c’est le vous du futur de dans 10 minutes qui vous informe que vous devez immédiatement changer de chaîne si vous ne voulez pas rater le début de Koh-Lanta. Après avoir tenté de dissimuler votre déception, puisque vous trouvez votre double temporel quelque peu dénué de sens dramatique, vous changez de chaîne et découvrez avec bonheur le visage radieux de Denis Brogniart. Bon, d’accord, mais et maintenant ? Non parce que le vous du futur n’a pas l’air de vouloir repartir, et vous espérez qu’il ne va pas faire des commentaires pendant que vous regardez, ce relou (mais c’est bien d’admettre que vous l’êtes, bravo).

Et bien, il y a deux manières de voir les choses :

  • La simple. Le vous du futur, c’est un être de chair et de sang distinct de vous qui vient d’apparaître à votre époque. Vous pouvez bien faire ce que vous voulez, il a son histoire. Lui, il a raté le début de Koh-Lanta, et il lui faudra le regarder avec vous pour profiter de la folle ambiance du générique. D’ailleurs, vous pouvez bien mourir tout de suite en vous étouffant avec une chips, votre vous du futur n’en disparaîtra pas pour autant : il est là, point. Comme vous et moi. Au pire, ça le fera rigoler (oui, au fond de vous, vous êtes une petite ordure, vous vous maudirez en vous étouffant, vous demandant pourquoi vous n’avez pas plutôt surfé sur des blogs de poneys plutôt que sur ceux qui rendent aigri)
  • La compliquée. Le vous du futur, c’est vous du futur, et il n’y a qu’un seul espace-temps : le vôtre. Donc par exemple, si vous mangez une chips frelatée, le vous du futur a mal au ventre. Et tout l’avenir en est modifié en conséquence, puisque par exemple, si vous mourrez au bout de 5 mn (la chips était salement amochée), vous ne pourrez pas revenir dans le temps pour vous prévenir de changer de chaîne ! Donc au lieu de mourir devant Koh-Lanta, pouf, vous serez mort devant la météo, en apprenant que demain, on fêtait toutes les Gertrude. Paradoxes, paradoxes… et théorie du chaos : tout ce que votre double du futur produit dans le présent va modifier le futur, et donc son passé, et potentiellement, amener à ce qu’il ne vienne jamais, et donc… bla,bla,bla.

Ça va ?

Bref : dans Looper, on pourrait croire qu’ils ont choisi la complexe seconde solution, puisque tout ce qui arrive à Seth se répercute sur Seth du futur, mais du coup : si Seth a eu les jambes coupées, comment Seth vieux a t-il pu s’enfuir lorsque Seth l’avait devant lui ? Et j’insiste : la mafia a t-elle payé pour le maintenir 30 ans dans cet état ? Et donc, en fait, quoi qu’il arrive, il y a un paradoxe ? Et bien oui. Et comme nous le découvrirons dans ce film, des fois nos héros sont assujettis à la méthode simples (ce sont des points fixes dans le temps, comme vous et moi), des fois à la méthode compliquée (ils sont rattachés au futur), en fonction de ce qui arrange le plus le script, ce qui est franchement tout pourri.

Mais revenons-en au film : Joe, un peu triste d’avoir ainsi vendu son frère d’arme, s’en va trouver Suzie pour qu’elle lui fasse un gros câlin, tout en se finissant un peu à la drogue pour oublier. Suzie s’occupe bien de lui et lui parle d’ailleurs de son fils (à elle, pas à lui) pour détendre l’atmosphère. Sauf qu’hélas pour Joe, les choses n’ont pas fini de mal tourner.

Notez la passion sur le visage de Joe. On sent que son travail est prenant. Ou alors, il joue tout simplement super mal le mec concentré, je ne suis pas sûr.

En effet, quelques jours plus tard, Joe attend un client qui doit débarquer sur sa bâche au milieu des champs à 11:30. Sauf que d’après sa montre de gousset, le bougre a étrangement quelques secondes de retard (d’ailleurs, quand on fait un métier où tout se passe à la seconde près, avoir une montre réglée sur une horloge atomique plutôt qu’un mécanisme à main peut-être intéressant, surtout pour être pile à la même heure que des gens 30 ans dans le futur avec qui il est un peu compliqué de synchroniser sa montre façon Parker Lewis. Mais bon, hein, c’est sûr que ça fait moins hipster). Heureusement, il finit par arriver, et Joe lui cartouche le museau dans la joie et l’allégresse  Sauf qu’en retournant le corps pour prendre ses lingots, Joe découvre qu’ils sont plus nombreux que d’habitude… et en or. Cacaboudin : retournant le cadavre il constate qu’il vient de shooter son lui du futur. Et là, plusieurs choses lui viennent à l’esprit :

  • C’est rigolo, parce que tous les autres personnages du film sont prévenus au moment de boucler la boucle, alors pourquoi pas moi ?
  • Putain ! Dans le futur, je suis Bruce Willis !
  • Ce qui veut dire qu’il faut méchamment que je change de shampoing dis-donc.
  • Bon bin je peux prendre ma retraite !

Car en effet, n’oubliez pas : qui boucle sa boucle peut se retirer avec son argent durement gagné, et ainsi profiter de la vie en sachant comment elle se termine. On découvre donc ce que Joe va faire de la sienne : aller écouler ses lingots d’argent et d’or contre espèces sonnantes et trébuchantes, puis filer à Shangaï, comme Abe le lui avait recommandé (mauvaise idée, donc), où après dix années à claquer son pognon dans les fêtes et la drogue, Joe finit par devoir travailler pour les triades locales pour subvenir à ses besoins. Cependant, un jour, il rencontre Fang-Fang, belle perle d’Asie qui lui sourit alors qu’il est déjà bien vieux et déjà Bruce Willis (Nous appellerons le vieux Joe Bruce Willis pour que tout soit plus simple). Elle est belle, rebelle, et ils s’aiment. Après s’être retirés dans un petit village de la province chinoise et avoir eu un enfant, un beau matin, trois gangsters chinois en tenue à la mode du futur (donc, comme des blogueuses modes d’aujourd’hui : ridicules) viennent l’arrêter :

"Bousse Willisse ! 
- Sacrebleu ! Les triades !
- Toi met’ slip sur la tête ! Vite ! C’est l’eul’ de letoulner dans le passé !
- D’accord, mais Fang-Fang ? Je ne peux pas la laisser toute seule, sinon qui va regarder la télé pendant qu’elle passe l’aspirateur ?
- LE SLIP BOUSSE WILLISSE !"

0

Assez arrangeant, les trois asiatiques décident de plomber la gueule de Fang-Fang pour qu’elle n’ait pas à se poser de questions après le départ de Bruce. (comme quoi, ai-je envie de dire, pour des mecs qui ne peuvent pas faire de cadavres, faudra m’expliquer comment ils gèrent celui-là). Puis, après s’être assurés que le sous-vêtement était correctement fixé sur le crâne poli de leur condamné, ils accompagnent Bruce Willis jusqu’à la machine à voyager dans le temps, pour l’envoyer à lui-même plus jeune afin qu’il le tue. Sauf que Bruce n’est pas du genre à se laisser faire : il parvient à tabasser les trois malandrins à quelques pas de la machine (qui à part eux, est dans un hangar complètement vide et pas surveillé, c’est vrai quoi : c’est une machine réservée à quelques rares puissantes organisations illégales, pourquoi la sécuriser un minimum ?) et se retrouve donc seul. Que va-t-il faire ? Changer la destination de la machine pour éviter de se retrouver face à un tueur qui le shootera à la seconde où il se pointera ? Aller se sauver lui-même avant qu’il ne devienne looper ? Se barrer, là, tout de suite ?

Non.

Il décide de tout laisser comme ça, et de monter dedans, allez hop.

Et bin pépère, ça valait le coup de te libérer pour ça. Enfin si : il a au moins pu retirer le slip sur sa tête, et montant dans la machine, il se retrouve bien vite 30 ans plus tôt, dans le champ où il devrait mourir. Détail amusant : il arrive avec quelques secondes de retard, puisqu’ayant éclaté les gangsters, il a perdu quelques secondes avant de monter. Comme quoi, la machine n’est pas réglée sur "Tel jour, 11:30" mais sur "Dans 30 ans pile poil". Et malgré tout, jusqu’ici, tout le monde arrivait toujours à la seconde près ? C’est très fort. Passons (encore, on est plus à ça près)

En tout cas, Bruce Willis arrive tout de même à destination, et face à lui-même plus jeune : Joe. Et comme les choses sont bien faites, pour une fois, Joe ne tire pas à la seconde même où son colis arrive, et laisse le temps à Bruce de bien le regarder. Comprenant qu’il a bien affaire à lui même, notre héros, bien que perturbé, tente d’ouvrir le feu. Mais Bruce étant un gros malin, il se tourne promptement, faisant que ses lingots d’or dans le dos encaissent le coup à sa place. Puis, pendant que Joe recharge (ce qui prouve bien que cette arme est merdique : elle tire sur une zone toute petite, ce qui lui retire tous les avantages du tromblon qu’elle est censée être, mais par contre a le même temps de rechargement chiant, encore une fois : quels professionnels ! Que tout cela est bien écrit !), Bruce Willis lui fonce dessus et lui pète sa gueule tel un valeureux catcheur. Ah, mais.

Lorsque Joe se réveille, il a un peu mal au crâne, son arme a disparue, et Bruce lui a glissé un papier dans le froc marqué "Saute dans le prochain train de marchandises et disparaît". Devant cette découverte, Joe se dit qu’il devrait porter plainte pour attouchements, mais il n’est pas sûr que la police accepte une plainte contre lui-même. Puis, il regagne aussi vite que possible la ville voisine, car il sait que les hommes d’Abe vont être au courant qu’il a merdé (car là encore : c’est magique). Et en grand spécialiste, il se dit que tiens, si je passais par chez moi chercher mon pognon ? Je veux dire, si des tueurs me cherchent, je doute qu’ils commencent par là, hohoho. D’ailleurs, Bruce Willis a oublié de penser à un truc : s’il avait laissé une partie de ses lingots d’or à Joe, peut-être qu’il n’aurait pas eu à seulement penser un truc aussi débile. Or, il est vaguement dans l’intérêt de Bruce d’éviter que Joe se fasse prendre ou pire, buter, auquel cas c’est terminé pour lui. Mais bon, encore une fois : ce n’est qu’un professionnel avec 60 ans d’expérience, il n’est peut-être pas au courant de ce qu’un spectateur lambda peut supposer.

Hmmm.

Bref, arrivé chez lui, Joe trouve Dudule en train de vider sa cache de lingots d’argent. Lorsque le bougre le repère, Joe parvient à l’enfermer dans la cachette, hurlant au bonhomme "T’inquiète Dudule, dis à Abe que je vais boucler la boucle et terminer mon contrat ! Soyez cools quoi : j’ai la situation bien en main !" ; hélas, un porte-flingue accompagnant Dudule entendant Joe brailler se pointe lui aussi dans l’appartement, et il s’en faut de peu que notre héros ne se fasse plomber le museau. Il ne parvient, qu’in extremis, à sauter par la fenêtre pour aller s’écraser sur une voiture en contrebas. Où il est récupéré par… Bruce Willis !

Que l’on se rassure, comme dans tous les mauvais films, tous les personnages qui tenteront de tirer sur le héros, même à un mètre de distance, échoueront

En effet, Bruce vient du futur : il a donc les souvenirs de son passé, et sait ce que lui-même plus jeune – Joe – a fait. Il sait donc que Joe est repassé chez lui au lieu de suivre ses instructions. Et il est donc venu le sauver. Du coup, cette fois-ci, lorsque Joe se réveille, il est près d’une voie de chemin de fer, avec cette fois, écrit dans la main (Bruce se souvenait qu’étant jeune, il avait failli porter plainte contre lui-même pour une sombre histoire de message dans le froc) "Monte dans un fucking train et disparaît, gros couillon". Sauf que Joe est un peu têtu, et d’une, déteste qu’on le traite de couillon, et de deux.

Aussi, quelques heures plus tard, alors que Bruce est en train de pénétrer dans les locaux d’on ne sait quelle société pour utiliser des ordinateurs, et imprimer un étrange document, il constate soudain que sur son bras vient d’apparaître une étrange cicatrice marquée… "Beatrix". "Petit con ! Te scarifier, à ton âge !" s’exclame Bruce avant de partir à folle allure au seul endroit lié au nom "Beatrix" : le restaurant où il avait ses habitudes en tant que jeune looper, à l’extérieur de la ville, et où officie une certaine Beatrix.

Au matin, donc, Bruce Willis entre dans le petit restaurant, où l’attend patiemment Joe, un gros bandage sur le bras. "Très intelligent", dit le plus vieux des deux en indiquant le bandage, ignorant que si ce que fait l’un influence l’autre, il suffisait à Joe penser très fort "Je me donne rendez-vous à moi-même dans tel café" pour que Bruce le sache aussitôt, cela devenant un de ses souvenirs. Mais on ne doit pas avoir la même notion de "Très intelligent", probablement. Se pourrir le bras était sûrement plus malin (et a dû compliquer la vie sexuelle de Bruce Willis, quand ses compagnes lui demandaient "C’EST QUI CETTE BEATRIX ?" en regardant son bras) En tout cas, maintenant que les deux hommes sont réunis, il est temps de poser les choses, pour ce qui est probablement la pire scène de tout ce film. Vous êtes prêts ? Alors allons-y.

"Salut Joe, je suis toi du futur. Maintenant, je parle trop bien italien, c’est cool, même si en fait j’habite Shangaï et que j’ai jamais eu l’occasion de pratiquer.
- Ah ouais. 
- Et comme je suis le toi du futur, je sais aussi que tu as une arme planquée dans ton pantalon.
- Balaise !
- Alors je te parle du futur ? Savoir pourquoi tu en es là ?
- Si tu veux, ça me ferait plaisir. Enfin te force pas pépé, hein.
- Bon alors tu vois, en fait, dans le futur, tu as rencontré une super nana. Tu es trop amoureux, tu as un gosse et c’est cool. Sauf que dans le futur, il y a aussi un homme, un parrain de la pègre surnommé "Le maître des pluies" qui fait régner la terreur. Personne ne sait qui il est. On sait juste qu’il a une mâchoire artificielle, et qu’il a la grosse haine des loopers parce que quand il était petit, l’un d’entre eux aurait tué sa mère. Du coup, il nous bute. Accessoirement, il est super fort, il a vaincu tous ceux s’opposant à lui sans même l’aide de qui que ce soit.
- Et donc il bute les loopers. Pour sauver sa mère. Mère qui a été butée quand il était petit. Donc en fait, au lieu d’envoyer quelqu’un sauver sa mère dans le passé, ou même de buter les loopers AVANT qu’ils ne la tuent, il décide de les buter 30 ans plus tard alors qu’il a une machine à voyager dans le temps. Et pour ce faire, il envoie les fameux loopers 30 ans dans le passé, à une époque où si ça merde, ils peuvent le buter lui et sa mère. Le tout en confiant l’exécution des loopers qu’il exècre aux loopers… qu’il exècre. Ce serait pas un peu le plan le plus con du monde ?
- Ah si, tiens. Mais c’est rigolo, dans le script, entre les merdes de singe, j’ai cru lire qu’il était génial.
- Ouais moi aussi. Bon sinon, revenons au dialogue : toi qui viens du futur, tu dois avoir des souvenirs sur comment je me tire de cette merde, on irait pas plus vite si tu me le disais ?"

Et là attention, réponse d’anthologie :

"ON S’EN TAPE !" (véridique)

Bin oui mec, c’est jamais que pour te sauver, puisque si Joe meurt, tu disparais. Pas très important, en effet. Heureusement, Bruce bredouille une vague explication sur "Tant que tu n’as pas fait les choses, je ne m’en souviens pas, je vois juste des possibilités", mais Joe est trop con pour lui demander dans quelles "possibilités" il survit, ou laquelle semble la plus heureuse. Là encore, détail. Bruce sort ici de sa poche le document qu’il a imprimé un peu plus tôt, à savoir une carte du coin, et explique son plan : un peu avant d’être renvoyé dans le passé, il a eu le temps d’obtenir un super tuyau sur l’identité du maître des pluies. Un numéro genre de sécu (coucou les crypto-féministes !) qui lui a permis de retrouver trois enfants actuels, l’un d’entre eux étant celui qui est devenu le maître des pluies. Il compte donc bien les buter tous les trois, pour sauver le futur. Sarah Connor, c’est bien ici ?

Voilà. A ce moment exact du film, il est fort probable que vous ayez déjà la fin du film. Vous pouvez donc prévoir tout ce qui va se passer ou presque, et risquez donc de regarder votre montre en boucle en regardant chaque évènement arriver avec lenteur et ennui. En tout cas, c’est ce que j’ai fait. Plomber son film aussi tôt, il fallait le faire.

Voilà. Si vous allez le voir au cinéma, sachez qu’à partir de cette scène, vous pouvez quitter la salle : les héros vous spoilent plus sûrement que cet article.

Allez, poursuivons le massacre : Joe ne l’entend pas de cette oreille : lui, tout ça, il s’en tape. Bruce, lui, il a déjà vécu sa vie. Joe, il a encore la sienne devant lui, alors ça commence à bien faire les conneries : Bruce, sois gentil de mourir, merci. C’est vrai quoi : ce n’est que tuer lui-même, ce n’est pas comme si ça nécessitait la moindre réflexion, merde. Ces personnages ont une rare profondeur

———-

Au même moment, dans un atelier d’écriture de script

"HOUUUU HAAAA HAAAAAAAAAAAAAAA
- Mongo ! Je… lâche immédiatement la fiche de description des personnages ! Ce n’est pas fait pour être mâché et…
- *Pteu* houu houu…
- C’est bien, tu as bien craché la feuille Mongo. Mais ? Ah, c’est dégueulasse, c’est illisible ! On dirait qu’on a écrit le moindre personnage avec de la salive mâtinée de poux morts !"

Un peu plus tard, en France

Rian Johnson, qui a aussi écrit le scénario, atteint avec élégance cet équilibre entre fantaisie et profondeur qui caractérise quelques grands moments de la fiction populaire.Le Monde

———-

Et c’est à cet instant précis que nos deux larrons constatent que pendant leur conversation, tout le restaurant s’est vidé sans qu’ils ne le remarquent (comment ? Mystère !). Ce qui n’empêche pas Joe de sortir son arme, mais de manquer son coup car Bruce connait tous ses trucs et parvient à se barrer en emportant sa carte. Seul un tiers de celle-ci reste dans la main de Joe lorsqu’il tente de l’agripper (encore un poncif ? Nooon). Et dehors, les hommes d’Abe sont déjà là : ce sont eux qui ont vidé l’endroit. Ils ouvrent donc le feu pour cartonner Bruce, sauf que celui-ci, agile comme un lapin malin, parvient à s’enfuir jusqu’à un champ voisin. Joe tente d’aider les hommes d’Abe à plomber la cible, mais lorsque la panique retombe un peu après la fuite de Bruce, les hommes d’Abe, Dudule en tête, constatent que Joe est au milieu d’eux. Et contrairement à ce qu’il pensait, Dudule et ses gars ne sont pas calmés et ont toujours pour projet de le capturer pour le découper tout comme Seth plus tôt, afin de ramener Bruce au bercail.

Là encore, esquivant les balles de dizaines d’hommes lui tirant dessus à un mètre de distance (…), Joe s’enfuit lui aussi dans le champ voisin, et court jusqu’à une petite ferme qui est indiquée sur le bout de carte qu’il a arraché à Bruce comme étant la 3e cible où se trouve un gamin pouvant potentiellement être le maître des pluies. Sur place, notre héros rencontre Sara, une brave fermière qui voit d’un mauvais oeil l’arrivée d’un étranger sur son terrain, bordel de gitan. Si celui-ci se montre tout à fait charmant, et la défend même lorsqu’un intrus – autre que lui, cela s’entend – pénètre sur la propriété à la recherche de nourriture, Sara reste tout de même très méfiante, n’hésitant pas à le menotter au lit (Rrrr) qu’elle lui a aménagé dans une petite grange. Si au départ, elle ne le recueille que pour une nuit, les choses évoluent lorsque Sara trouve la carte avec sa ferme indiquée dessus… et oblige, sous la menace d’un fusil à pompe, le pauvre Joe à raconter son histoire : il est un looper, il a merdé un contrat, ses employeurs le cherchent… et l’homme qu’il a loupé compte bien venir cartonner Cid, le fils de Sara, supposant que dans le futur il pourrait être un fucking caïd.

Cid, qui au passage, est l’incarnation ultime de l’un des poncifs les plus lourds du cinéma américain : "l’enfant espiègle". Comprendre : il a une coupe à la con, une salopette, est évidemment super intelligent mais très sensible, et passe son temps à débiter des lignes de dialogue faites pour les adultes tout en s’occupant de ce qui ne le regarde pas. Et comme il se doit, il essaie toujours de maquer son parent célibataire, comme tous les enfants relous du cinéma américain. Bref, chacune de ses apparitions à l’écran semble vous murmurer "Giflez…moi…". Brrr.

Mais qu’importe : Joe propose à Sara de la protéger du vilain looper qui veut leur faire du mal (vous ne la voyez toujours pas la fin du film, hein ?) quitte à "donner sa vie pour le faire". Joe oublie, simple détail, que tout ce qu’il prépare ne risque pas de servir à grand chose puisque Bruce en aura instantanément le souvenir et pourra donc l’esquiver à volonté. Mais à partir de là, sachez que hop ! Le film oublie cette histoire ! Ça ne reviendra que plus tard, quand le scénario trouvera judicieux de le faire pour arranger ses affaires. Déjà qu’ils n’ont pas retenu mon idée de "Joe décide de manger gras pour instantanément tuer le lui du futur à coup de cholestérol", j’vous jure, ces gens ne respectent rien.

En tout cas, la vie à la ferme passe lentement, très lentement, mâtinée de scènes où il ne se passe strictement rien. Enfin si : il y a cette scène mémorable de nullité où un soir qu’elle s’ennuie ferme, Sara regarde le plafond sur son lit. Puis à un moment, fait juste une tête genre "Bah allez, ce sera mieux que de se couper les ongles" avant de faire signe à Joe de monter. Et hop.

J’espère qu’au même moment, Bruce profitait de ses nouveaux souvenirs, du genre "La vache, qu’est-ce que je lui ai mis/suis en train de lui mettre à la petite Sara". Probablement un moment intéressant pour lui. Mais pas pour le spectateur en tout cas, qui dort à moitié à ce stade, attendant que ce qui a déjà été annoncé arrive.

Pendant ce temps, Bruce justement, lui, a commencé à s’occuper des deux autres gamins qu’il pense pouvoir être le potentiel futur maître des pluies, en allant dézinguer le premier devant sa porte (si), et observer où habite le second… second qui s’avère être – et là encore, quelle énorme coïncidence ! – le fils de Suzie, la fille du cabaret avec qui Joe aimait à s’accoupler vertement. Bruce est bien embêté, mais bon, hein, ce qui doit être fait doit être fait, alors ho.

"Tu veux dire qu’en fait, c’est un peu comme si Bruce Willis avait assisté à nos ébats ? J’avoue que ça m’excite un peu, Joe"

Dans le même temps, un homme de main d’Abe fait le tour des fermes autour du champ où les deux fugitifs avaient disparu, et finit par arriver à celle de Sara. L’homme est très subtil, puisque sa démarche pour gagner la confiance des gens lorsqu’il frappe à la porte est "J’ai quelque chose à vous demander, mais je ne peux vous le demander qu’à l’intérieur de chez vous". Une stratégie intéressante, reconnaissons-le, mais qui a probablement été inventé par un bulot, comme la plupart des éléments de ce film. Une fois à l’intérieur, le bougre sort deux photos de Joe et Bruce, et les tendant à la jeune femme en les présentant comme père et fils, demande si elle n’aurait pas vu l’un de ces deux gusses. Non, répond Sara. Ah oui ? Bon. Sinon, vous avez quelqu’un d’autre chez vous ? Ah bin oui mec, j’ai un mari, il fait 2,60m et il est viking de profession, d’ailleurs il va bientôt rentrer. Et j’ai un fils oui, mais il n’est pas là (ne me demandez pas pourquoi elle ment là-dessus alors que ça ne sert à rien, puisqu’elle sait que ce n’est pas ce Monsieur qui lui veut du mal et que ça risque juste de la rendre suspecte à ses yeux, c’est comme ça).

Soit, dit le malandrin, avant de traîner un peu dans la maison à la recherche de quoi que ce soit de suspect, créant diverses scènes façon Tom et Jerry (si) où à chaque fois qu’il passe une porte ou entre dans une pièce, on voit Cid et Joe passer derrière lui, se cacher derrière une autre porte, disparaître au moment où il tourne la tête… et ça dure un petit moment. Un petit moment jusqu’à ce que finalement, Cid emmène Joe se planquer dans un vieux tunnel sous la maison. L’occasion pour Cid d’expliquer que Sara c’est sa mère, mais qu’avant il avait une autre maman (la soeur de Sara, à l’époque où Sara avait encore un travail en ville), mais qu’elle est morte et que c’est triste. Et Joe d’expliquer sans aucune raison, alors que rappelons-le, Cid pourrait bien devenir le maître des pluies et ruiner sa vie, que "Lui un jour, il a rêvé qu’il tuait tous les gens qui avaient fait du mal à sa mère et c’était super cool".

Non mais sans rire. Ce film est une formidable bouse. On passe son temps à souhaiter une mort lente à chaque protagoniste, mais pas trop non plus parce que l’on aimerait bien sortir.

Bon, en tout cas, si la ruse fonctionne, elle n’est que de courte durée : car un peu plus tard, l’homme de main d’Abe, qui a deviné grâce à ses pouvoirs magiques (toujours eux) et sans l’avoir vu que Joe se cachait dans la maison revient, et pour être sûr de se faire respecter, décide de prendre Sara en otage en exigeant de Joe qu’il se rende. Ce que Joe fait. Tout semble donc perdu, jusqu’au moment où Cid, qui passait par là, se vautre la gueule dans les escaliers de la maison (oui, comme ça, allez hop). C’est absolument nul, et en plus, intégralement tourné au ralenti pour faire durer le plaisir, en tout cas le mien, puisque chaque marche dans la face de cette tête à claque avait la saveur d’une bouchée de trianon pour ma cruauté naturelle.

Sauf que si Joe essaie de le rattraper, Sara elle se rue sur Joe (c’est confus tout ça) pour le pousser hors de la maison via une porte voisine. Pourquoi donc ?

Et bien parce que lorsque Cid se relève (sans un bleu) de sa chute, le marmot est un peu bougon (alors que de voir sa mère prise en otage, que dalle), et commence donc à pousser de petits cris colériques. C’est alors que… les objets alentour s’envolent, le flingue de l’homme d’Abe s’envole, et bientôt, le tueur lui même se retrouve collé au plafond, alors que le marmot hurle à plein poumons d’une manière qui a tendance à faire rire nerveusement une partie de la salle tant c’est mauvais. Sauf que lui ne rigole pas : contrairement aux autres personnes capables de télékinésie, il a des pouvoirs littéralement monstrueux ne se limitant pas à soulever une pièce de 5 cents. Et d’une seule pensée, il fait tout exploser, meuble comme rez-de-chaussée de la maison, et même pauvre porte-flingue en une gerbe de sang.

Lorsque, dehors, Joe se relève, à peine capable de comprendre ce qu’il vient de se passer, il se tourne vers Sara pour avoir une explication : Cid est un fucking roi de la télékinésie.

Et bien, merci de cette explication synthétique ma bonne Sara.

Et c’est uniquement à ce moment là que Joe se rappelle que tiens, le maître des pluies, il parait qu’il pouvait vaincre des armées à lui seul sans que l’on sache comment ! C’est donc Cid ! Oh bin ça alors, on l’avait pas vu venir depuis le premier tiers du film et la scène ou deux couillons parlaient de lui autour d’un steak chez Beatrix ! Tiens, du coup maintenant, je me demande trop qui est le looper qui va tuer maman, et pourquoi le maître des pluies va avoir besoin d’une mâchoire artificielle. Pfou, houlala, oui. En tout cas, sachez que Joe pense bien à tuer Cid, mais d’apprendre l’histoire triste du petit garçon, à savoir qu’il a tué sa mère adoptive, la soeur de Sara, avec ses pouvoirs sans le faire exprès, et surtout de voir les yeux tristes du garçon, le bougre ne trouve pas la force de le faire. Tant pis. Il propose donc un autre plan : Sara, Cid, prenez une camionnette et barrez-vous aussi vite que possible, je pense que d’ici 20mn, le coin va grouiller d’hommes d’Abe venus chercher leur pote ou de Bruce Willis (qui peut grouiller en groupe de 1, si, ça suffit le mauvais esprit).

Pendant ce temps, il s’est passé un truc rigolo en ville : alors que Bruce traînait du côté de chez Suzie pour littéralement coller une cartouche à son fils, il a été intercepté par Dudule… qui est donc tout fier de retourner chez Abe avec sa prise ! Enfin, ils vont pouvoir terminer cette histoire en tuant ce contrat en cavale ! Sauf que lorque Dudule arrive chez Abe… et bien tout le monde semble s’en foutre. Pourquoi ? Et bien au motif que l’on vient de localiser Joe dans une ferme, et que donc, tous les porte-flingues sont en train de s’armer pour aller le chercher.

Je résume : Abe cherche Joe pour pouvoir ramener Bruce chez lui et le buter comme prévu. On vient lui livrer Bruce à domicile : tout le monde s’en tape, parce qu’ils veulent aller chercher Joe en priorité.

Je… c’est nul. C’est complètement nul.

Bref : Bruce est grognon, car il n’aime pas trop qu’on l’attrape comme ça ; il a quand même pété du Hans Grüber dans sa jeunesse, ce n’est donc pas un pauvre Dudule qui va l’arrêter, sacrebleu ! Lors d’un moment d’inattention de la part de l’homme qui le menace, Bruce lui colle donc un coup de boule, puis commence à distribuer des mandales à tous les types à sa portée. Aucun ne pensant à se servir de son arme à feu, notre larron a donc tout loisir de se ruer vers le coin "armurerie" de la planque d’Abe, ouverte puisque tout le monde était en train de s’armer, et là attention, voici le mode d’emploi sur "Comment gérer des scènes d’action quand on ne sait pas gérer des scènes d’action".

Bruce Willis a une mitraillette dans chaque main, il est debout, à découvert, et face à un couloir contenant une dizaine de tueurs professionnels armés. Comment faire pour justifier le fait qu’il ne finisse pas en passoire ? Et bien c’est facile :

En filmant en plan fixe Bruce Willis qui tire dans le couloir durant 10 secondes.

Notez qu’en plus, si j’en crois l’angle de l’arme, Bruce mitraille des gens d’environ 90 centimètres

Quelques instants plus tard, Bruce Willis doit passer une porte blindée derrière laquelle Abe et ses hommes sont retranchés, bien armés et à couvert tous en train de braquer la porte en attendant Bruce. Comment faire pour justifier le fait qu’il ne finisse pas en passoire une fois encore ? Et bien c’est toujours aussi facile :

En filmant Bruce Willis avant qu’il ne défonce la porte, puis juste après en ne montrant que des cadavres.

C’est bientôt fini là ? Non parce que moi aussi je veux mourir, en fait.

Bref. Après avoir fini de massacrer tout le monde, Bruce se souvient soudainement (ça y est, cette notion de souvenirs partagés est revenu dans le film, hop !) qu’il a appris par Sara que Cid était un monstre de la télékinésie, et donc que c’était forcément lui le maître des pluies ! Vite : après avoir pillé les réserves de pognon d’Abe, notre bon Bruce saute dans une camionnette et file vers la ferme de Sara pour aller en finir avec cette histoire. En chemin il croise bien Dudule, parti à sa poursuite sur une moto-volante, mais honnêtement, nous allons même passer cette autre scène d’action ratée (sachez que cette-fois, au moment crucial, le réalisateur filme… de la fumée. On voit juste le avant "Dudule sur sa moto" puis le après "la moto sans Dudule" ; à ce stade, c’est de l’art). Il y a bien aussi Joe qui tente de s’interposer, mais n’ayant pas l’expérience de Bruce, il est bien vite mis hors de combat par le vieil homme.

Sara et Cid, eux, ont enfin fini de préparer leur fuite : sachez qu’ils sont tellement forts… qu’ils ont eu le temps de faire des cartons dites-donc ! En 20mn, c’est assez impressionnant je dois dire.

"Vite, fuyons !
- Attends attends, j’ai pas chargé le carton avec la vaisselle… t’as pas vu le marqueur ? Faudrait pas qu’on mélange !"
0

Impressionnant ou consternant, j’hésite un peu sur le mot.

En tout cas, alors qu’ils foncent vers la liberté, mère et fils voient sur la route la silhouette d’un homme seul : Bruce Willis ! Celui-ci vient vers eux, armes à la main, prêt à transformer Cid en petit blob de chair. Peu enthousiasmée par cette idée, contrairement à moi, Sara décide d’accélérer pour tenter d’écraser le malandrin, mais Cid étant définitivement un peu con, il dit je cite "Attention maman, il va nous tuer ! Vite, freine !". Oui. Et puis peins-toi une cible sur la gueule maman, tant que tu y es.

Cid est d’ailleurs tellement malin que pour arrêter la voiture, il utilise ses pouvoirs télékinésiques et… retourne la voiture. Freiner ou virer Bruce de la route, c’était un poil trop malin. Retourner la voiture paraissait en effet être une solution plus viable. S’il vous plait, je… libérez-moi.

S’extirpant tant bien que mal de l’épave, Sara et Cid tentent de prendre la tangente au travers d’un champ voisin, hélas dénué de plantations et laissant ainsi la petite famille totalement à découvert, Bruce peut donc commencer à ouvrir le feu. Sa première balle est d’ailleurs pour Cid, qui l’atteint : surprise ! A la mâchoire. Sans lui arracher, hein, juste une petite plaie. Puis, alors qu’il s’avance pour tirer un peu mieux, Sara s’interpose, expliquant qu’il faudrait la tuer pour qu’elle laisse qui que ce soit faire du mal à son fils. "Pas de problème", dit Bruce, en armant son flingue prêt à aider la bonne dame à découvrir en direct si les femmes ont une âme.

Sauf qu’au même moment, derrière lui, Joe a repris ses esprits et l’a rejoint. Hélas, avec son tromblon, il est bien trop loin pour le toucher, et ne peut assister au spectacle qu’à bonne distance. Voyant que Bruce va tirer, il sait qu’il ne lui reste qu’une seule solution pour l’arrêter. Car il comprend (seulement maintenant ?) que Bruce va tirer, tuer la mère, que Cid va s’échapper et vouloir se venger des loopers en devenant un parrain de la pègre… et qu’il n’est pas question que cela arrive.

Tournant son arme vers son propre coeur, Joe n’hésite pas et tire avant de s’effondrer.

Bruce Willis s’arrête net, puisqu’il n’est pas possible qu’il existe si Joe est mort si jeune. Il disparaît en un clignement d’oeil, ne laissant que Sara et Cid au milieu du champ.

"Tiens au fait, j’y pense, comme ça, là, mais l’espace-temps d’où je viens, je ne suis jamais revenu à cette époque pour essayer de tuer Cid et sa mère, alors comment est-ce que le maître des pluies a pu avoir une mâchoire artificielle, perdre sa mère par ma faute et haïr les loopers pour ainsi demander à ce que l’on m’exécute et que l’on m’envoie ici ? Non parce que c’est un peu l’histoire qui crée l’intrigue du film, alors si elle tient pas debout… non ?"

Encore une fois, le film se vautre, puisque si le temps est ainsi capable de reprendre ses droits sur l’existence de Bruce Willis à cette époque, logiquement, ses dégâts devraient aussi disparaître. Et Joe ne pas avoir de raison de se tuer, etc. Bref, encore un gros paradoxe, que les auteurs du film règlent courageusement en ne le traitant tout simplement pas, ce qui est fort pratique, reconnaissons-le.

Sara, elle, rentre chez elle et soigne la mâchoire de son fils, avant de le coucher. Le bambin s’endort et…

C’est tout. Non, vraiment, il y a juste un plan noir de 5 secondes. Et…

FIN.

______________________________________________________________________________

"Mongo !"

Agitant ses mains potelées, le responsable de l’atelier se dirigea droit vers le singe, ses joues bouffies teintée d’un rouge vif alors qu’il agitait un journal à la main. Le singe, en plein épouillage, se contenta de feindre l’indifférence depuis le néon où il avait élu domicile.

"Mongo, je vous avais prévenu : vous avez un contrat d’exclusivité avec nous. Est-ce que vous pourriez m’expliquer ceci ?"

Johnson, qui passait à proximité café à la main, s’approcha du lieu de l’altercation pour mieux observer ce qu’il se passait. Le responsable avait fait claquer un exemplaire du Monde Culture en le jetant sur un bureau voisin, faisant sursauter l’employée qui s’y trouvait. Se penchant, Johnson put lire :

Quand vous raconterez le film à vos amis, pour les encourager à le voir, car il en vaut la peine, distrayant et malin, presque philosophique sur la fin, vous aurez de bonnes chances de vous emmêler les pinceaux. C’est toujours comme ça avec les paradoxes temporels : ils développent la logique d’une impossibilité et généralement finissent par s’effondrer comme des châteaux de cartes.
Le scénario que Rian Johnson a minutieusement édifié pour ce film échappe à ce piège et parvient à mener le spectateur au bord d’un gouffre sans fond, vertigineux, plein de questions sur la vie et la mort, le bien et le mal. Mais aussi plein d’images mouvantes sorties de l’histoire du cinéma, du Magicien d’Oz à Piège de cristal, en passant par Deux ou trois choses que je sais d’elle.

- Le Monde Culture

Un rire malsain s’échappa de la gorge de Johnson : le responsable avait tout à fait raison, aucun journaliste sérieux n’aurait pu écrire cela sérieusement.

La meilleure explication était que Mongo fasse des piges en douce pour le Monde Culture. L’animal n’était pas malin, on reconnaissait de suite son style.

Et en plus, ça expliquait beaucoup de choses.

Courant à toutes jambes, Elodie manqua de peu de trébucher alors qu’elle s’engouffrait dans une ruelle voisine.

Le souffle coupé par ses sanglots, les yeux embués par les larmes, la jeune fille s’arrêta contre le mur de l’étroit passage où quelques poubelles crevées avaient été rassemblées à proximité d’une bouche d’aération d’où sortait une fumée blanche donnant un curieux aspect à l’endroit. Peinant à se tenir droite après sa course, elle se retourna en hoquetant à la recherche de son poursuivant, et n’apercevant rien de celui-ci entre les murs de brique rouge s’élevant loin au-dessus d’elle, soupira longuement.

Passant une main sur ses yeux pour essuyer ses larmes, elle se retourna pour esquisser un pas en direction de l’autre extrémité de la ruelle, mais poussa un long hurlement de terreur lorsqu’elle aperçut à quelques centimètres en face d’elle le faciès déformé de la chose qui l’avait poursuivie : une sorte d’imposant monstre canin, vaguement humanoïde, dont les babines noires retroussées laissaient paraître des dents qui ne laissaient aucun doute quant à l’alimentation de la créature. Par dessus un museau mille fois balafré, deux yeux jaunes luisaient en fixant la pauvre jeune fille qui tomba au sol, rampant confusément en arrière alors que la silhouette haute et large de la créature s’approchait d’elle, la dominant toujours plus.

De la bave s’écoula entre les dents de la bête, alors que celle-ci reniflait bruyamment l’air nocturne ; se penchant lentement au-dessus de l’ingénue, elle sembla émettre un son indéfinissable à mi-chemin entre la déglutition et le grognement, jusqu’à ce que soudain, elle s’immobilise en fixant quelque chose situé derrière Elodie.

C’est lorsqu’elle se retourna que la jeune fille vit de quoi il s’agissait : une silhouette enfoncée dans un épais trench-coat tenait à la main une arbalète chargée d’un projectile à pointe d’argent dirigé droit vers le monstre face à elle, qui sembla reculer doucement.

"Laisse la fille partir et je me débrouillerais pour que l’on te trouve un endroit où tu pourras chasser en paix.
- Les miens ne vivent pas dans des zoos ou des réserves, chasseur. Détourne-toi et tu vivras."

0

La créature s’était exprimée d’une voix gutturale mâtinée d’un grognement constant. Elodie ne savait plus où donner de la tête, alors qu’aucun des deux personnages l’entourant ne semblait prêt à bouger.

"J’ai affronté bien pire. Saisis ta chance.
- Je t’ai donné la tienne, chasseur. Péris !"

0

La chose bondit droit vers sa cible, passant au-dessus d’Elodie qui tenta de se protéger comme elle le pouvait en se plaquant au sol ; elle n’eut pas le temps de véritablement réaliser ce qu’il se passait qu’il y eut un déclic, suivi du bruit sourd d’un poids imposant tombant sur le sol froid de la ruelle. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, l’homme au-dessus d’elle lui tendit une main gantée, son arbalète déchargée dans l’autre. Tournant la tête, elle vit à quelques centimètres d’elle le monstre, étalé au sol sans vie, un projectile d’argent dépassant de son dos là où il l’avait littéralement traversé, à l’endroit où elle aurait supposé que le coeur de pareille créature aurait pu se trouver.

"Vous allez bien Mademoiselle ?
- Je… qu’est-ce que… qui êtes-vous ? – elle tenta de voir le visage de son sauveur, mais n’y parvint pas l’obscurité de la ruelle ne l’aidant guère
- Aucune importance. Tenez, prenez ce ticket de bus, il y a un arrêt non loin, vous pourrez rentrer chez vous, il n’y a plus rien à craindre."
0

Elle se saisit du minuscule papier que l’homme lui tendit, puis se retourna pour s’assurer que la créature était bien morte ; elle nota alors que le cadavre avait disparu, et se tournant pour demander à son sauveur comment cela était possible, elle constata que lui aussi s’était volatilisé.

Seule au milieu de la ruelle, incapable de dire si tout cela avait véritablement existé, Elodie fixa quelques instants les étoiles en se demandant ce qu’il venait de se passer. Tout cela avait tellement peu de sens… elle avait besoin d’une explication. Elle avait besoin de savoir ce qui se cachait dans les ombres. Elle avait besoin…

D’un bon film résumant tout.

Quelle meilleure occasion pour découvrir les sombres secrets cachés derrière ce que nous pensions savoir ? Jeunes gens : allons donc voir Abraham Lincoln, chasseur de vampires, et apprenons-en plus sur l’histoire derrière l’Histoire  !

Spoilons mes bons !

____________________

L’affiche : et qu’est-ce que l’on voit dessus ? Des flammes. Ca ne rate jamais, comme truc

Le film s’ouvre sur le triste paysage d’un quelconque quai fluvial des Etats-Unis d’Amérique en 1818, alors que des familles sont occupées à préparer diverses denrées à charger dans des embarcations : bois, paille, journalistes sportifs et autres marchandises inertes de faible valeur défilent donc. Nous y apprenons au passage que toute l’histoire que nous allons suivre, justement, est en fait tirée du journal intime d’Abraham Lincoln que celui-ci tenait depuis tout petit (et qui, curieusement, tient en un volume de poche de 200 pages alors que le bougre y écrit tous les jours, j’imagine que le titre original était "Abraham Lincoln – Inventeur du microfilm"), car oui, tout commence lorsque le brave Abraham n’est encore qu’un enfant pur et innocent, comme tous les enfants (à l’exception de ceux qui prennent le train avec vous, qui sont invariablement des chieurs).

Occupé avec son père à couper des bûches sur le quai pour faciliter leur chargement, le gai luron est rapidement interrompu dans son travail par les cris d’une famille de noirs que l’on rudoie quelque peu à une courte distance de là, se ramassant divers coups de fouet en travers du museau. Les pauvres gens ont beau expliquer que mais, enfin, merde, c’est un malentendu : ils ne sont pas des esclaves, ils sont nés libres, mais l’homme qui les tatane, un certain Jack Barts, sorte de Brice Hortefeux local, n’en a que faire. Et puisque c’est la famille du jeune Will Johnson, ami d’Abraham, ce dernier n’hésite pas malgré les avertissements de son père lui demandant de ne pas se mêler de tout ça à aller s’interposer pour prendre les coups de fouet à la place de son ami (j’ai connu une fille comme ça aussi, mais là n’est pas le sujet).

Jack Barts, qui s’avère accessoirement être l’employeur et créancier de la famille Lincoln, ne goûte guère à la plaisanterie surtout lorsque Papa Lincoln vient à la rescousse de son fils : l’homme au fouet se contente d’informer poliment l’ami Papa qu’il est viré et qu’il peut quitter les lieux dès à présent, avant d’ajouter qu’il ne laisserait pas ses dettes s’envoler… et viendra se payer d’une manière ou d’une autre ; le bougre annonce d’ailleurs la chose en lançant un regard appuyé à Maman Lincoln qui lui fait comprendre que mais oui, durant des heures, il va lui mettre la fièvre.

La nuit même, alors que toute la petite famille Lincoln dort à poings fermés, à l’exception du jeune Abraham occupé à écrire ses aventures du jour dans son journal comme un vulgaire utilisateur de Facebook. C’est donc lui qui entend soudain le grincement de la porte d’entrée de leur chiche maison et voit pénétrer dans la demeure Jack Barts, s’approchant silencieusement de la couche nuptiale l’air hostile. Abraham n’étant pas du genre à balancer, il s’abstient donc de hurler à l’intrus et se contente de regarder la scène, puisque hein, bon, tout cela est parfaitement normal. Du moins, normal jusqu’à ce qu’Abraham constate que Jack Barts renifle étrangement l’un des poignets de Maman Lincoln : il aurait bien voulu en voir plus, mais il a croisé le regard du vilain, étrangement rouge, qui lui a lancé un large sourire avant de poursuivre son oeuvre.

Oeuvre que nous ne verrons pas car nous sautons directement à la scène suivante, où visiblement, la nuit s’est passée sans encombres à part le fait que Maman Lincoln se soit réveillée prise de spasmes, comme possédée : malgré l’intervention du pasteur local, il n’y a rien à faire, il est impossible d’identifier le mal qui touche la pauvre dame, à part peut-être que tout son corps refuse d’être dans un si mauvais film.

Et non, Abraham ne dit pas "Tiens c’est rigolo parce que moi j’ai vu Jack Barts entrer dans la maison cette nuit et s’intéresser curieusement à maman, quelle coïncidence, si on allait lui poser des questions", puisque comme je vous l’ai dit, il n’est pas du genre à balancer ; il n’a déjà pas hurlé quand un intrus a pénétré la demeure familiale dans la nuit, ni quand il lui a jeté un regard de psychopathe, alors pensez vous, ce n’est pas maintenant qu’il va ouvrir sa bouche. Quel petit con, je vous jure.

Bref : Maman Lincoln n’étant pas vraiment aidée par son idiot de fils, elle finit par mourir (hé bin oui) et son mari ainsi que son seul enfant vont donc l’enterrer, le père de la famille réduite demandant à Abraham de lui jurer de ne plus faire de conneries. Mais comme le dit la voix off : comme Papa Lincoln mourut 9 ans plus tard, la promesse était levée (Ha ?! Quelle étrange logique) et il pouvait donc à nouveau faire de la daube. Ce qu’il fit avec joie puisque le royaume de la daube, nous errons un peu dedans, là, tout de suite.

En effet, désormais adulte, et n’ayant pas vraiment oublié Jack Barts, Abraham a décidé de s’équiper d’un fier pistolet et d’aller faire la peau au brigand pour venger môman, mais comme la chose n’est pas vraiment dans sa nature, il est d’abord passé par le bar du coin pour se donner un peu de courage en se saoulant au Banga. Hélas pour lui, un homme au bar lui a demandé ce qu’il comptait faire pour autant boire : rouler un patin à une femme ou tuer un homme (ou l’inverse, ne soyons pas conservateurs) et lui tapant sur l’épaule pour ponctuer sa question, a fait choir de la veste d’Abraham son arme.

Oups, se dit le futur président avant de ramasser son bien et de s’en aller à toute allure du rade crasseux.

Mais à la nuit tombée, semble t-il qu’Abraham a trouvé suffisamment de courage pour reprendre le cours de sa mission puisque, sur le même quai que celui où ses parents travaillaient autrefois, le bon Lincoln retrouve Jack Barts en bonne conversation avec un client important semble t-il, qui explique à Barts qu’il va falloir envoyer une "nouvelle moisson dans le Sud pour nourrir toutes ces bouches". Attendant que le client et les gens l’accompagnant reprennent leur embarcation et s’éloignent sur le fleuve en abandonnant le pauvre Jack derrière eux occupé à maugréer contre la manière dont l’autre homme lui parlait, Abraham finit par sortir de l’ombre pour tenter d’attaquer sa cible, hardi petit.

Hélas, et malgré l’effet de surprise, Barts semble avoir senti son assassin venir de loin et a tôt fait de commencer à se battre avec lui, faisant preuve de talents martiaux qui impressionnent quelque peu le pauvre Abraham, qui finit par se retrouver en bien mauvaise posture : heureusement, une habile manoeuvre de sa part intitulée "Woush woush c’est magique" lui permet de reprendre l’avantage suffisamment longtemps pour pointer son pistolet droit vers le crâne de son adversaire, lui tirant une balle dans l’oeil. "Urgh", fait Jack Barts en tombant lamentablement au sol, foudroyé par le tir. Réalisant ce qu’il vient de faire au nom de la vengeance, Abraham s’éloigne quelque peu de l’endroit de son forfait et jette le pistolet dans la rivière voisine, dégoûté par son acte. Hélas, il regrette bien vite son geste car, se retournant, il s’aperçoit que le cadavre de sa victime a purement et simplement disparu…

Et que Jack Barts est bien vivant, juste derrière-lui, la balle encore dans l’oeil ; la mâchoire du brigand se déforme pour dévoiler de sacrées rangées de dents pointues, et Abraham comprend bien vite que tout cela n’est guère normal, voire carrément parabanal ; il souille un peu son pantalon dans un bruit qui n’est pas sans rappeler la trompette de la cavalerie, puis tente la fuite. La force de son adversaire, purement et simplement surhumaine, l’empêche cependant de faire quoi que ce soit de sérieux, et le pauvre Lincoln se retrouve sur le point d’être tué lorsque soudain, l’on vient à sa rescousse !

Oh, mais qui donc ?

Profitez bien de cette image d’Henry avec un fusil, car en fait, il a beau en avoir 300 chez lui, il n’aime pas les armes à feu. Intéressant.

Et bien l’homme du bar, celui qui l’avait interpellé, et lui-même semble particulièrement fort puisqu’il éjecte d’une seule main Jack Barts si fort que le malandrin vole sur plusieurs dizaines de mètres en défonçant tous les objets sur son passage. Abraham, témoin de la scène, tente bien de comprendre ce qu’il se passe mais, ha ! Bien amoché, il s’évanouit purement et simplement comme un vulgaire John Carter.

Quelques heures plus tard, Abraham se réveille dans un lit confortable, les blessures bandées et le visage encore quelque peu tuméfié suite à ses dernières aventures ; tentant de comprendre où il se trouve, s’il a passé la nuit seul et pourquoi il a si mal partout. Il quitte donc la chambre où on l’avait installé et commence à explorer la maison où il se trouve pour s’apercevoir que celle-ci est plutôt spacieuse, voire carrément luxueuse bien que fort mal rangée ; finalement, ce n’est que guidé par des bruits de copulation qu’il tombe sur le propriétaire des lieux en pleine action avec une fille de joie (où une fille aimant les boites de nuit, parfois, les deux se ressemblent un peu vestimentairement parlant), à savoir l’homme qui l’a sauvé la veille et qu’il avait croisé au bar. Celui-ci congédie donc sa belle amie et se présente donc : Henry Sturgess (et nom Sturgess Henry, sinon ça fait "turgescent" et tous les enfants se moquaient déjà de lui à l’époque, l’accusant d’un dévorant priapisme).

Ah oui, petit détail : dans ce film, aucun personnage n’arrive à prononcer un nom sans mettre un immense espace aléatoire dedans, du genre "Je suis Abraham………….. Lincoln" ou "Va voir Bob Smith………… Junior". Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais pas plus que vous. Mais je commence à croire que les problèmes de diction sont récurrents dans les histoires de vampires. Sûrement une histoire de dents qui gênent.

Bref : devant un Abraham complètement paumé, Henry tente d’expliquer à celui-ci de quoi il retourne : les vampires existent, et ce sont de sacrés rabouins (Abraham tentera bien un "Hohoho, mais non, ça n’existe pas, balivernes" puisqu’ayant oublié que dans la scène précédente, il avait été attaqué par un type au visage inhumain une fois sa mâchoire déformée pour laisser passer ses dents, et capable de survivre à des balles dans la tête, mais bon, passons tant tout cela est consternant) qui sucent le sang des humains. Henry ? Lui est chasseur de vampires, rien de moins. Abraham ferait donc bien de faire profil bas, ses ennemis étant un petit peu trop puissants pour lui. Mais c’est sans compter sur la volonté de fer de Lincoln, qui explique qu’il engagerait bien Henry pour tuer Jack Barts ; après avoir essuyé un refus pour le motif "Mes services ne sont pas à vendre" (et tu paies ta maison avec quoi ? Tu suces le sang des poulets pour le Colonel Sanders ?), Abraham insiste alors pour être formé en tant que chasseur. Henry ne lui pose qu’une seule condition : qu’il oublie la vengeance, abandonne l’idée d’avoir des amis et une famille et se fasse à une vie d’homme de l’ombre.

"Pas de problème", dit Lincoln en croisant les doigts dans le dos tant les conditions sont complètement foireuses et invérifiables avant la fin de la formation. Il pouffe même un peu, glousse, et fait en fait un tas de trucs assez inquiétants, finalement.

Et c’est parti : Henry explique que les vampires ne sont sensibles qu’à une seule chose : l’argent (ça n’empêchera pas, plus tard dans le film, de voir que dans la valise du parfait chasseur de vampire, il y a aussi des pieux en bois ce qui laisse donc songeur), et propose donc à Abraham d’apprendre à se servir de toute une série d’armes à feu plus ou moins curieuses pouvant balancer de l’argent à bonne distance sur tout suceur de sang en goguette. Il précise d’ailleurs que ces derniers ne peuvent pas porter d’argent sur eux tant ils le détestent, alors forcément, s’en prendre dans le museau ne leur fait pas du bien. Mais comme Abraham explique être une tanche avec les armes à feu, mais qu’il a par contre été bûcheron autrefois, Henry propose d’entraîner notre homme à l’utilisation de cette arme (que lui aussi maîtrise divinement, quelle coïncidence !).

S’ensuivent donc plusieurs mois d’entrainement où Abraham apprend à manier la hache – enduite d’argent -, à combattre contre des ennemis pouvant devenir invisibles, à "toujours avoir un plan de secours", et accessoirement à savoir une super force.

Pardon ? Mais comment ? Et bien pour ce dernier point, c’est simple, observons plutôt

"Abraham, tu vois cet arbre, là ? Tu dois le couper en un seul coup.
- Mais ? C’est impossible ! Il est trop épais enfin ! J’en sais quelque chose, j’ai été bûcheron.
- Imagine que c’est celui que tu hais le plus…
- Jack Barts ! Yurg !
- Ah tu n’as pas tapé bien fort… alors dis-moi ce que tu lui reproches ?
- D’avoir tué ma mère, yurg ! 
- Hmmm, pas beaucoup plus fort, mais il y a du mieux… maintenant, toi, que te reproches-tu ?
- De n’avoir pas su protéger mes parents ! Yuuurg !
- Ah ! Voilà, tu viens d’éclater l’arbre d’un seul coup : voilà le secret, Abraham : la force ne vient pas de la haine, mais de la vérité."

0

Compris ? Il vous suffit de dire quelque chose de très très vrai et hop, vous devenez très très fort. Par exemple : si vous dites "Paris est la capitale de la France", vous pouvez enfoncer une porte d’une main. Si vous dites "Il faut cent centimètres pour faire un mètre", vous pouvez arrêter un rhinocéros qui charge. Et si vous hurlez "Les blogueuses modes sont plus cons que des hamsters", alors là, the sky is the limit.

"Cher journal, Henry m’a demandé ce qui était le plus évident : apprendre à utiliser des flingues pour tuer de loin des créatures super fortes, ou essayer de devenir un ninja de la hache face à des créatures spécialisées dans le corps à corps. J’ai choisi, et je crois définitivement que je suis un peu con."

Enfin voilà : une fois super balaise, Abraham voit à l’occasion d’une scène dotée d’une fort grosse erreur de montage (notre héros a à nouveau le maquillage de mec passé à tabac qu’il avait lorsqu’il s’était réveillé chez Henry quelques mois plus tôt) son nouveau maître lui expliquer photos à l’appui ce qu’il en est des vampires à l’heure actuelle aux Etats-Unis : il y en a moult, plus ou moins discrets, mais il y a parmi eux Adam, le plus vieux de tous et supposé père de la race (c’était lui, le "client important" de Barts plus tôt dans le film), sa copine Poufblonde et divers autres personnages à ses ordres qui tous, vivent tranquillement dans le sud du pays. Henry explique comment les choses vont se passer à son élève : il va l’envoyer en mission dans une certaine ville et de là, il devra se faire discret en attendant que les ordres de qui il devra exécuter arrivent par courrier. Et c’est toujours Henry qui décidera de quand Abraham pourra tuer Jack Barts.

Je commence à comprendre les soucis de La Poste : ce sont en fait des vampires qui pillent le courrier pour éviter aux réseaux de chasseur de communiquer. Cela explique pourquoi il faut parfois attendre l’éternité pour récupérer le moindre colis : tout s’explique.

Enfin : Lincoln est donc envoyé dans la petite ville de Springfield, où pour trouver un logement, il s’installe au-dessus de la boutique d’un certain Joshua Speed, qui ne demande comme seul loyer que la participation du nouvel arrivant aux travaux de l’échoppe. Rapidement, Abraham s’avère être un employé consciencieux, puis un véritable associé pour Speed, lui permettant de s’intégrer aisément dans la petite ville. Cependant, son poste lui permet aussi de découvrir les notables locaux venant récupérer quelques courses dans leur auguste établissement, et c’est ainsi que notre chasseur de vampires préféré rencontre Germaine, la fiancée d’un élu local pro-esclavage, et vaguement mignonne ce qui provoque chez lui d’étranges sensations qui lui donnent envie de faire des jeux de mot sur Sturgess Henry. Cependant, le temps passe et le courrier d’Henry devant lui donner une mission tarde à venir : Abraham s’ennuie donc un peu en lisant des livres de droit pour, par la suite, pourquoi pas changer de couverture pour quelque chose de plus tentant, comme avocat (car comme chacun sait, avocat est la couverture officielle préférée des chasseurs de vampires, puisque cela regroupe quantité d’avantages : on peut facilement planquer son arbalète sous une robe, mentir quotidiennement comme un arracheur de dents – hoho – est rémunéré, et il faut avoir le goût de l’argent, que demander de plus ? L’internet fébrile attend avec impatience "Maître Eolas contre Dracula" avec une scène finale où capes et robes tournoient follement).

Cependant, un jour enfin, un courrier parvient finalement à notre héros : "Va voir Bob le pharmacien il a une ordonnance pour toi" – Ho ! Il est temps d’aller botter le cul de ce fameux Bob, se dit Abraham, vite, ma hache !

Oui, ou alors Henry t’envoyait voir le pharmacien pour qu’il te donne le nom d’un vampire local, mais bon, hein, heureusement tu as interprété le message complètement flou de ton maître comme il le fallait Abraham, tu es très fort. Bref : Abraham se rend sur place, manque de peu de mourir dans l’un des pièges du pharmacien maléfique qui s’attendait bien à finir attaqué un jour ou l’autre, mais finit par coller un bon coup de hache dans la margoulette du brigand tout de même. Quelques jours plus tard, une nouvelle lettre arrive : cette fois, c’est le banquier local qui aime sucer du sang : de la même manière, il finit décapité. Puis, c’est au tour du maréchal-ferrand… jusqu’à ce que finalement, Abraham ait enterré 6 corps (non, les corps ne deviennent pas cendres à leur mort) dans les bois du coin. La gazette et les notables locaux parlent régulièrement des 6 disparus, mais heureusement, rien ne permet de remonter jusqu’à notre héros.

Pas même cette grosse andouille de Germaine qui, séduite par le charme de Lincoln, décide de plaquer son député pour aller tenter l’amourette avec le mystérieux boutiquier, et ne fait aucun lien avec ces disparitions le jour où alors qu’elle se demandait ce qu’Abraham lui cachait, ce dernier lui répondit "La nuit, je tue des vampires, j’en ai déjà buté 6". Elle prend juste le tout à la rigolade et finit pompette parce qu’elle a bu trop de cidre, hop, n’en parlons plus. Toi, je comprends pourquoi tu es copine avec Abraham.

Mais un soir, un curieux arrivant se présente à la boutique de Speed : Will Johnson, l’ami d’enfance d’Abraham à la peau d’ébène ! Celui-ci, venu retrouver son Lincoln préféré, explique qu’il a besoin d’aide : des chasseurs de prime sont à ses trousses, persuadés qu’il est un esclave en fuite. Il a donc besoin de son ami pour témoigner qu’il est né libre, et a donc le droit de le rester. Les deux hommes sortent donc du magasin pour discuter, mais, hélas ! Voici que les chasseurs en question ont rattrapé leur proie et les armes à la main, expliquent qu’ils vont emmener Will. Pas de bol pour eux, Abraham leur fait wiki-wiki-wa-wa-woush dans le museau et sauve ainsi son ami de l’esclavage qui l’attendait. Bien que victorieux, Abraham n’en est pas moins chamboulé : il commence donc à se dire qu’il devrait lutter contre les maux des hommes avec des mots, et plus seulement avec des haches dans la gueule (même si les haches rentrent plus facilement dans le crâne), et dans les temps qui suivent, commence à livrer des discours enflammés à la foule de Springfield, se faisant ainsi remarquer d’hommes politiques locaux qui aimeraient bien en faire leur poulain vu son don pour les mots (ou l’envoyer à Des Chiffres et des Lettres).

Mais quelqu’un d’autre l’a remarqué faire son numéro en public… Henry ! Celui-ci s’est déplacé jusqu’à Springfield, et note que dis-donc, on l’a pas beaucoup écouté : Abraham a des amis, une petite amie et une vie publique remarquée, bravo le professionnel ! C’est pas demain que tu seras un ninja, mec. Petit con.

Après avoir un peu rabroué le vilain Abraham, qui se défend en expliquant que cette vie là est son "plan de secours" (quelle formidable excuse), Henry vient donner en personne l’ordre que notre héros attendait depuis longtemps : il doit aller tuer Jack Barts. Et comme c’est jour de fête du coup, il lui remet aussi une montre à gousset dédicacée "A mon super pote Lincoln, de la part de Henry" pour ne pas qu’il la revende sur e-bay.

"Ho oui, chic chic hic ! Je fais un bisou à ma femme et je vais lui coller ma hache dans la gueule !" s’exclame le galopin en se rendant là où il compte bien trouver sa cible : sur les mêmes quais que la dernière fois (ah oui, dites donc, il est malin ce Barts, il sait qu’il a des chasseurs aux trousses mais… il ne fait rien pour leur échapper. Bien bien bien), où l’attend bien sa cible, qui une nouvelle fois, ne se laisse pas surprendre et commence à cavalcader en ricanant. Mystérieux phénomène : juste à côté des quais (que l’on découvre comme étant au milieu de nulle part, en fait, ho ?) se trouvait un troupeau de ouat’ mille chevaux sans surveillance (c’est connu, à l’époque, le cheval n’est jamais surveillé tant le vol de chevaux n’est pas important) et peut donc commencer une scène d’action où, sur le troupeau effrayé qui fonce au galop, nos deux larrons sautent, chevauchent, s’affrontent (le vampire utilise même des chevaux comme projectiles, intéressant, tant le cheval est connu pour son aérodynamisme), mais déjà qu’il a un oeil en moins depuis leur dernière rencontré, Jack Barts finit par se prendre une cacahuète dans l’autre, mais en argent cette fois, car l’on découvre… que le manque de la hache de Lincoln est aussi un fusil !

Seigneur.

Ainsi transpercé par de l’argent, Barts agonise un peu, et finit par lâcher "Hahaha, Lincoln, espèce de crétin… tu ne t’es jamais demandé comment Henry en savait autant sur nous ? Ni pourquoi il se promène toujours avec des lunettes de soleil et l’air pâlot ? Ni pourquoi il y a comme seule boisson du sang en bouteille chez lui, qu’il sirote puisqu’il ne dort jamais ? Gros blaireau… uuuuurgh…"

Assassiner Jack Barts de jour ? Excellent plan Abraham. Ho, et dis-moi, qu’est-ce donc au fond de cette image ? Un autre mec qui passe. Alors, les témoins, pas un problème ? Et d’ailleurs, vu ta position, comment sais-tu que c’est Barts qui va passer au coin du mur et pas un type qui n’a rien à voir vu qu’il y a visiblement du monde ? Trop malin.

Et effectivement, aaah ouais, se dit Lincoln. C’est vrai que c’est curieux, maintenant que j’y pense. J’vais aller lui poser la question.

Ni une, ni deux, Lincoln retourne donc à Springfield, et grâce à son pouvoir de divination, se dirige droit vers une ruelle complètement isolée où Henry est en train de sucer le sang d’un vilain filou qui voulait agresser une dame. Le fait que Lincoln soit venu le chercher dans cette ruelle alors qu’il ne pouvait pas savoir qu’il y était ne surprend même pas Henry conscient comme le spectateur de la nullité du film, et celui-ci se sent donc obligé de lui raconter sa petite histoire.

Autrefois, Henry était un humain comme les autres : il ne suçait pas de sang, n’avait pas les canines d’un chihuahua et vieillissait au rythme de ses injections de botox, bref, un type somme toute assez banal. Jusqu’au jour où, alors qu’il se promenait dans la campagne avec sa copine Gudule, il vit arriver derrière eux une imposante troupe de cavaliers aux intentions visiblement hostiles (comprendre : ils étaient habillés en noir). La chose fut confirmée lorsque, descendant de sa monture, l’un des nouveaux arrivant disparut purement et simplement avant de réapparaître de manière surnaturelle près du pauvre Henry, prêt à le tuer.

Bon, c’était sans compter qu’Henry chassait déjà le vampire à l’époque, et a donc tatané le malandrin à l’aide d’un poignard en argent, avant de laminer tous ses petits copains lorsque ceux-ci tentèrent de venir venger leur ami mort et re-mort. Mais hélas, le chef de la troupe de cavaliers vint s’occuper lui-même d’Henry, et il n’était nul autre qu’Adam, le vampire originel !

Autant dire qu’il colla une douce branlée à notre gai luron, avant de le mordre un petit coup ; puis, alors qu’il agonisait, il s’en alla sucer à mort la pauvre Gudule, qui elle, n’avait rien demandé, nan mais ho. Henry voyant la chose fit donc une grosse colère et, rassemblant ses dernières forces, se jeta avec sa lame en argent sur Adam pour venger sa douce amie. Mais, ha ! Un étrange sortilège sembla alors le frapper : une force invisible l’empêcha de coller son couteau dans la gueule du chef vampire. Comment donc ?

"Huhuhu, hihihi, hohoho, c’est fort simple", répondit Adam comme un vulgaire collégienne qui vient d’apprendre qu’elle n’avait pas EPS à 15h30, "Je t’ai transformé en vampire mon petit Henry, tu viens de mourir et de renaître sans t’en rendre compte ! Et sache que Dieu a jeté une malédiction sur ce de notre race : non seulement nous serons souvent synonymes de films ou de séries de merde visant à faire rêver les adolescents rebelles, mais en plus, nous ne pouvons pas tuer ceux de notre race ! Voilà pourquoi ta main ne peut me frapper… tu vivras désormais sans pouvoir nous faire le moindre mal, hihihi hu !"

Ah bon ? Henry est devenu un vampire ? Et Dieu empêche les vampires de s’entretuer ?

  • Mais alors, pourquoi Dieu ne fait-il pas pareil avec les humains, quel est donc ce gros favoritisme ?
  • Et puis d’abord, Henry a pourtant bien tabassé Jack Barts au début du film : Dieu fait donc le calcul des coups autorisés ou non en fonction de s’ils vont tuer ou pas ? Il a la table des coups critiques ?
  • Et puis attendez, Dieu autorise par contre Henry à recruter des mecs pour tuer des vampires à sa place ? Ça veut dire que Dieu se fout des commanditaires, il ne punit que les petites mains ? Les parrains de la mafia vont donc au paradis ? Vladimir Poutine sera sanctifié ?
  • Du coup, si Dieu ne punit que les petites mains, autorise t-il les coups de fusil dans la gueule ? Après tout, avec ça, on ne tape pas directement quelqu’un, on se contente d’appuyer sur une gâchette qui, par un heureux hasard, envoie un projectile, alors bon, non ?
  • Et pareil, si Henry pose une bombe chargée à l’argent, Dieu calcule t-il si un vampire va passer à proximité au moment où elle explosera ?
  • Et au passage, si Henry est devenu un vampire, comment a t-il pu manipuler l’arme en argent pour tenter de tuer Adam, hein ?

Bon, enchaînons, parce qu’à ce rythme, on est pas sortis de l’auberge.

Après avoir écouté l’histoire de son mentor, Abraham caressa sa non-barbe (il est encore jeune) et lui dit "Bon, okay, tu t’es foutu de moi mais j’t’aime bien quand même va. Allez, on se fait un bisou et on oublie." ; et c’est ainsi que tout se règle entre nos deux amis, qui peuvent donc retourner se taper dans le dos en faisant des blagues salaces et des concours de pets comme ils en avaient jusqu’alors l’habitude (ce sont de vrais mâles).

Seulement voilà : à la nuit tombée, quelque part en ville, Adam en personne accompagné de son amie Poufblonde ouvrent un cercueil qui attendait en plein milieu de la rue, ne me demandez pas pourquoi. Et qu’y trouvent-ils ? Et bien le corps de Jack Barts, cette fois mort pour de bon, avec dans la main la montre à gousset qu’Henry avait offerte à Abraham, avec sa petite dédicace. Adam grommelle donc "Hmmm, Henry a trouvé un nouveau chien-chien pour décimer les nôtres… il va être temps d’inviter son nouveau chasseur à une petite soirée, huhuhu !".

D’accord Adam, mais d’abord, tu pourrais m’expliquer un truc ? Sachant qu’Abraham a jusqu’ici pris soin d’enterrer toutes ses victimes, pourrais-tu m’expliquer pourquoi il a mis celle-ci  :

  • Dans un cercueil (il avait peut-être de l’argent à perdre)
  • Qu’il a traîné en pleine rue (rien de suspect, donc)
  • Avant d’y déposer la montre à gousset que l’on venait de lui offrir, là encore sans raison autre que de signer le crime
  • Le tout avant de tirer une fusée de détresse-vampirique en l’air j’imagine, ou alors il faudra me dire comment Adam a su que Barts était mort et où était le corps

A part chercher des emmerdes, quel était le plan ? Ah, oui, aucun : heureusement que Tim Burton était très fier de produire ce film, hein, on sent qu’il fait partie de cette génération de cinéastes qui devraient sérieusement commencer à mettre leurs noms sur des couches plutôt que sur des films, mais passons.

Oui alors mon petit Adam : conseil, quand on veut jouer au méchant classe, on n’accueille pas ses visiteurs sur un vieux tabouret pourri devant l’escalier parce que le budget décor laissait à désirer

Bref : Adam ne trouvant rien de suspect à cette scène débile décide donc de se renseigner sur Abraham Lincoln et apprend que celui-ci a un ami dénommé Will Johnson qui pourrait servir d’appât pour attirer le chasseur de vampires dans un traquenard. Ni une, ni deux, le bougre de brigand va donc trouver l’homme à la peau d’ébène, le kidnappe, puis fait envoyer le courrier suivant à notre héros :

"Cher Abraham,

J’ai kidnappé ton ami Will Johnson. Tu serais bien urbain de venir le chercher à ma résidence, le Manoir Spiridion, situé dans le sud de notre beau pays. Sinon, je serais un peu obligé de lui bourrer la gueule, parce que bon, hein, on parle on parle mais je suis quand même un peu grognon.

Adam

P.S : ne demande surtout pas à ton ami Henry qui dispose, comme tous les vampires, de pouvoirs d’invisibilité, de venir le chercher sinon ce serait de la triche. Je dis ça, mais je sais que tu es trop bête pour y penser, hein, je ne me fais pas d’illusions, moi aussi j’ai lu le titre de ce film et n’en attend rien."

0

"Hmmm", se dit Abraham, "Effectivement, je suis bien trop con, il a raison. Sachant que c’est le chef des vampires, qu’il a survécu à des millénaires de chasse et qu’il m’attend dans son Q.G probablement accompagné de ses meilleurs hommes, je pense que le fait d’arriver en agitant mes sourcils et ma hache devrait faire l’affaire". Soit, c’est donc décidé : accompagné de son ami Joshua Speed, Abraham part donc pour le sud des Etats-Unis, et se rend en chariot nocturnement (il veut se donner le maximum de handicaps) jusqu’au Manoir Spiridion, une ancienne demeure coloniale située au milieu d’un terrain où toutes les huttes d’esclaves semblent inhabitées. Curieux, se dit notre héros, avant de demander à son bon ami boutiquier de l’attendre un peu plus loin (je me demande d’ailleurs bien ce qu’il a pu raconter audit Joshua pour justifier qu’il doive se rendre dans le sud du pays équipé d’une hache pour visiter des amis, probablement qu’il lui a expliqué qu’il y avait une soirée mousse gratuite pour les bûcherons sur présentation de leur hache). Puis, s’élançant dans la nuit, il va espionner ce qu’il se passe dans la résidence Spiridion où il peut déjà percevoir lumières et musiques, comme si on y donnait un bal.

Et en effet, c’est bien un bal qui a lieu dans l’endroit : au travers des fenêtres, notre héros peut apercevoir des dizaines de braves gens en grande tenue dansant chacun en compagnie d’un esclave visiblement particulièrement mal à l’aise ; et sitôt la danse en cours terminée, Adam, en maître de cérémonie, annonce que le "dîner est servi" : ni une, ni deux, le visage de tous les galopins dansant avec les esclaves se déforme pour laisser paraître moult dents pointues, puis une orgie sanglante débute alors que les pauvres noirs servent de nourriture aux créatures immortelles.

Il n’en faut pas plus pour énerver Abraham, qui compte bien arrêter tout ce scandale : entrant par la grande porte sa hache à la main, il a tôt fait de tataner tous les vampires qui se jettent sur lui, en massacrant bon nombre avant qu’enfin, Poufblonde, l’amie d’Adam, ne parvienne à le désarmer. Le maître des lieux s’approche donc de lui, tout sourire, pour lui annoncer la couleur :

"Hohoho, bienvenue chez moi Abraham ! Tu as tué quantité de mes meilleurs hommes, tu es très fort ! Mais ton heure est venue… car moi, Adam, je vais te tuer. Mais avant, je compte bien te révéler mon plan, comme dans tous les films les plus foireux : j’ai plusieurs millénaires et j’ai vu l’humanité grandir, changer, mais j’en ai assez de me cacher ! Maintenant, je veux un pays pour les miens, un pays pour les morts. Et je l’aurai. En attendant, maintenant, à moins que tu n’acceptes de travailler pour moi et d’aller tuer ton ami Henry, je vais te tuer ainsi que ton ami Will, voilà voilà."

Mais avant même qu’Abraham ne lui demande pourquoi lui et les siens se cachaient s’ils voulaient un pays, sachant que cela faisait plusieurs millénaires qu’ils avaient la force et les moyens de le faire, un chariot défonce les portes de la résidence Spiridion : c’est Joshua Speed, qui grâce à son détecteur de discours de merde, a su qu’il était temps d’intervenir ! Vite, filons les amis, s’exclame Abraham en emmenant Will avec lui ; et sautant sur le chariot qui traverse toute la résidence en semant le chaos sans que personne n’y fasse véritablement opposition, les trois hommes disparaissent dans la nuit au nez et à la barbe des vampires, qui restent tout simplement comme des cons sur place.

De retour dans le nord sans encombre, Abraham annonce à ses amis qu’il a pris une grande décision : non seulement il se marie avec Germaine, mais en plus, il compte bien arrêter de se battre avec une hache contre les monstres qui hantent nos nuits pour désormais user de mots. Les vampires se nourrissent d’esclaves et vivent dans le sud pour profiter de cette source de chair fraîche ? Pas de problème, il abolira l’esclavage, et hop, ils n’auront plus rien à bouffer.

Ou ils iront bouffer d’autres gens, comme ils le font partout ailleurs dans le monde, et ça ne changera pas grand chose, mais Abraham est un peu trop niais pour penser à tout cela.

Du coup, en quelques années, notre valeureux héros voit tant sa barbe que sa carrière grandir fortement, et bientôt, il devient tout bonnement président des Etats-Unis. Et au nom de l’abolition de l’esclavage, il déclare la guerre au sud histoire que l’on arrête d’employer de maltraiter des noirs dans toutes les plantations du coin (il propose une prime à la casse permettant une réduction sur l’achat de Mexicains pour chaque esclave libéré, parce que les chicanos, ça compte pas). La guerre de sécession peut donc commencer entre le nord et le sud.

Hélas, c’est sans compter sur Jefferson Davis, président des Etats confédérés du sud qui, voyant la guerre bien mal engagée pour son camp, décide d’aller trouver Adam et ses vampires (comment en a t-il entendu parler ? Ils ont des petits flyers "Vampires à louer" ?) pour demander leur aide : "S’il-vous-plait Messieurs les vampires, voudriez-vous bien bourrer la gueule du nord à grands coups de pouvoirs de Majax ?" ; le bon Adam grattouille donc ses joues en réfléchissant, puis déclare tout de go que fort bien : il aidera les confédérés à écraser le nord en fournissant des régiments de vampires aux armées du sud. En échange, il demande simplement à obtenir un état pour lui et les siens, où les vampires pourront enfin vivre en paix et se nourrir d’esclaves sans être enquiquinés. Soit, lui répond Davis, il en sera ainsi pourvu que la victoire soit au rendez-vous.

En même temps, encore une fois : si vous êtes si fort et invincibles face aux mortels, pourquoi ne pas avoir fondé ledit état depuis longtemps ? Même le Pape en a un, alors nom d’une pipe, hein, un petit effort, des mecs en robe à jolis chapeaux font mieux que vous.

Notez aussi qu’Adam vit dans un truc pourri alors qu’il a 5 000 ans de richesses derrière-lui et des centaines d’esclaves. Sympa.

En tout cas, les vampires se jettent donc avec plaisir dans la bataille contre Abraham Lincoln, et la première perte n’est pas sur le front, mais bien derrière celui-ci : une nuit, Poufblonde, déguisée en servante, s’introduit dans la Maison Blanche et va y trouver Billy, le fils Lincoln âgé d’à peine quelques années, qui est occupé à jouer aux petits soldats (édition de luxe, puisque ses figurines sont armées de reproductions en argent, rien que ça) : la belle vampire lui propose de lui donner la main, et comme il se doit, le mordille donc quelque peu. Aussi, lorsque le personnel de la Maison Blanche retrouve l’enfant, celui-ci est dans un état second, comme possédé… soit exactement ce que Jack Barts avait fait à Maman Lincoln bien des années plus tôt ! Aucun médecin ne parvient donc à trouver de remède pour sauver l’enfant, et Abraham Lincoln se dit que tiens, dis-donc, en fait plutôt que tabasser des vampires sans poser de questions durant des années, il se serait vaguement renseigné sur ses ennemis, il aurait peut-être pu faire quelque chose contre la maladie qui avait juste tué sa mère.

Mais bon, hein, détail.

Terrible nouvelle, donc, l’enfant finit pas quitter ce monde, et le deuil tombe donc sur la Maison Blanche. Du moins, jusqu’à ce que Germaine découvre le journal de son mari et décide comme il se doit de le lire intégralement, découvrant que son président préféré n’est autre qu’un ancien chasseur de vampires (et accessoirement un gros blaireau avec une âme de jouvencelle). Et comme au même moment, Henry, en tant que vieil ami de la famille (mais qui ne vieillit pas depuis 25 ans, ce qui n’éveille aucun soupçon, c’est beau), est en visite à la Maison Blanche et soumet l’idée qu’il pourrait rendre vie à l’enfant mort, tout un débat se fait durant lequel Germaine veut voir son fils revivre sous forme de petits garçons à grosses canines, et Abraham refuse de voir son enfant transformé en bestiole surnaturelle. C’est finalement ce dernier qui gagne grâce à l’argument "Dis-donc femme, j’ai supprimé l’esclavage mais je me souviens pas t’avoir autorisé à sortir de ta cuisine". Imparable, la chose s’en arrête donc là, même si le moral de la famille présidentielle s’en trouve sérieusement affectée.

Sur le front, les choses ne vont guère mieux : en pleine bataille, un officier du nord constate que lui et ses hommes ont beau faire feu sur un régiment de sudistes, ces derniers semblent se moquer des balles ; pire encore, les bougres lâchent leurs fusils pour charger au corps à corps, dévoilant des dents d’un fort beau gabarit, avant de tous disparaître comme par enchantement en pleine course. Le temps que l’officier en question comprenne ce qu’il se passe, tout son régiment a été décimé en un éclair, et il est le seul survivant (les vampires n’avaient pas envie de le tuer, visiblement, même si l’absence de témoins et des massacres complets arrangeraient bien leurs affaires, mais bon).

J’imagine bien le type expliquer à son état-major que si, si, il a perdu tout son régiment, mais à cause de ninjas magiques sudistes à grandes dents, et ses supérieurs, plutôt que d’accuser incompétence, bibine, et stress de la bataille, de décider qu’ils vont prévenir Washington que des vampires assistent les confédérés. Soit exactement le message que reçoit Lincoln.

C’est tout de même bien fait.

Il en a du bol, le président, d’avoir des troupes aussi bien informées. Remarquez, étant donné qu’il est président, il aurait pu former depuis longtemps une agence de chasseurs de vampires histoire d’essayer d’être efficace mais non, non. C’eut été trop malin. Autant se curer le nez durant quelques années en espérant que l’ennemi en fasse autant.

Bref ; pour contrer la menace suceuse de sang, Abraham prend une décision : récupérer le maximum d’argent dans le pays pour faire fondre baïonettes, balles et boulets (ah oui tout de même) en cette noble matière afin d’aller coller une grosse branlée aux troupes surnaturelles confédérées. Une idée qui ne semble choquer personne dans le pays, tant il parait bien normal que le président exige des armes en argent pour son armée déjà bien mal en point ("Si, ça s’tient : p’têt’ que c’est pour faire classe et impressionner les sudistes ! Un peu comme les trucs hideux chatoyant dans les défilés de mode pour impressionner les vieilles à chiens !"). Rapidement, les choses se mettent donc en place, alors que les troupes de Davis se rapprochent jour après jour de la capitale. Un plan est donc décidé : Germaine quittera Washington discrètement pour aller se mettre en sécurité, alors que le matériel en argent sera envoyé secrètement par train jusqu’à Gettysburg, où les troupes de l’Union attendent d’engager une bataille décisive contre les rebelles.

Soit. Sauf que… sauf qu’il y a un traître dans l’histoire !

Joshua Speed, visiblement peu optimiste quant au résultat de pareil stratagème parvient à prendre contact avec Poufblonde, visiblement occupée à jouer les espionnes au nord, pour lui raconter qu’un train chargé d’argent va partir pour Gettysburg. Enchantée d’apprendre la chose, la bougresse explique que Speed a très bien fait, et qu’elle va s’assurer que le train ne parvienne jamais à destination, par exemple en le confiant à la SNCF.

Lincoln, lui, a déjà lancé le plan et décide par sécurité d’assurer lui-même l’escorte du convoi en faisant reprendre du service à sa hache, n’emmenant avec lui que ses hommes de confiance à savoir Will, Henry et… Speed, donc.

Vous ne notez rien ? Pas même que Lincoln mise tout le sort de la guerre sur ce fameux train de matériel en argent d’une bonne cinquantaine de mètres, et qu’il ne le fait escorter que par 4 mecs, dont un boutiquier sans histoires et un type qui ne peut physiquement pas s’en prendre à d’autres vampires ? Je ne sais pas, mais d’habitude, pour ce genre de mission, on colle vaaaaguement un peu de sécurité sur place, façon 40 hommes par wagon histoire de transformer tout ce qui approche en pulpe. Fut-ce des vampires, puisque le convoi regorge de munitions en argent, donc.

Bref ; à la nuit tombée, le train quitte donc Washington, alors que dans le même temps, Germaine ainsi que la bonne noire du président (appelons-là Monica) prennent la poudre d’escampette par les petites routes pour s’éloigner de la cité menacée au cas où le plan d’Abraham échouerait et que la Maison Blanche tomberait.

Le début de nuit se passe donc correctement, avec un convoi qui roule à peu près sans encombres, pendant que Germaine et Monica font leur bout de chemin ; hélas pour ces dernières, elles sont rapidement arrêtées dans leur progression par l’arrivée d’une troupe de cavaliers… menés par Adam et Poufblonde en personne ! Ces derniers se demandent bien qui peuvent être ces deux femmes voyageant ainsi discrètement, mais avant qu’elles ne retirent les capuches dissimulant les visages de ces dernières, un son détourne l’attention des vampires : le train de Lincoln n’est pas bien loin, et il ne faudrait pas le manquer ! Laissant nos deux louloutes tranquilles, les cavaliers remontent donc en selle et s’en vont à vive allure en direction de la voie de chemin de fer pour commencer leur attaque.

On découvre à cette occasion que sitôt les vampires partis, Germaine et Monica soufflent un bon coup et que sortent des buissons alentours une bonne centaine de noirs fuyant eux aussi Washington, et qui marchaient à la suite des deux dames. Et non, les vampires n’ont pas remarqué les 100 clampins tout chauds à deux mètres d’eux. Bravo, on sent les prédateurs. Chapeau les gars : rater un convoi d’une centaine de personnes chargées comme des mulets à 2 mètres de soi, il faut le faire. Mais, en est-on encore là ?

En tout cas, du côté du train de Lincoln, les choses commencent à se gâter : alors que tout le monde discutait paisiblement du dernier épisode de Desperate Housewives (oui, ils n’ont aucun goût) dans les wagon regorgeant de caisses diverses, des bruits commencent à se faire entendre sur le toit du convoi, et la troupe réalise alors qu’elle est sous attaque (il serait temps ; une vigie à l’extérieur, jamais ?) : ni une, ni deux, tout le monde attrape son arme et bientôt, des vampires sudistes débarquent de partout, traversant plafonds et parois pour se ruer sur la petite troupe, mais sans savoir qu’elle a ici affaire à des larrons bien décidés qui les tatanent méchamment à grands coups de bidules en argent.

"Aaah, ma bonne vieille hache… je suis sûr que toi et moi on fera plus ensemble que si j’avais été assez intelligent pour former d’autres chasseurs grâce à ma fonction. Ou alors tout cela est juste nul."

Henry, lui, qui n’a pas le droit de tuer un autre vampire se retrouve carrément face à Adam, et on constate donc que Dieu est assez large quant à ce que les vampires peuvent se faire entre eux ou non, puisqu’Adam pète la gueule au pauvre Henry sans aucun souci : en fait, tant qu’il ne le tue pas, ça roule ; c’est comme un gros airbag divin en fait, il ne s’active qu’en cas de besoin. Sinon, on peut se secouer tant qu’on veut. Cool.

Enfin, toujours est-il qu’alors que les deux vampires se cognent, l’une des caisses de matériel s’ouvre et, nenni d’argent ! N’en sortent que… des pierres. Et il en va de même avec toutes les caisses. Henry est aussi étonné qu’Adam : qu’est-ce que ce convoi, s’il ne contient rien d’intéressant ? Et où est l’argent ?

Facile, répond Lincoln en débarquant au milieu du petit couple avec sa grosse hache. L’argent n’est pas là, il circule ailleurs. Ce convoi n’était qu’un leurre pour attirer le maximum de vampires avec la complicité de Joshua Speed (ce qui n’empêchait pas d’y mettre une grosse escorte tant pour le rendre crédible que pour mieux bourrer les vampires : une embuscade, ça se soigne comme le disait DSK) dans le rôle du faux-traître. Et maintenant qu’ils sont tous là…

Abraham Lincoln va botter leurs culs immortels.

Passons sur les détails de cette sombre affaire, mais toujours est-il que Poufblonde, elle, n’avait pas participé à l’assaut du convoi pour plus simplement aller incendier le seul pont de la ligne allant de Washington à Gettysburg, ce qui arrive à la seconde même où le train où la bataille fait rage s’engage sur la structure en flammes.

Bon, j’aurais été les vampires, je ne me serais pas occupé du convoi puisqu’il suffisait de faire sauter le pont un peu en avance et en toute sécurité pour le bloquer, mais bon, hein, je n’ai pas 5 000 ans d’expérience, je ne dois pas savoir.

Mais en tout cas, alors que les flammes remontent la structure du bois et gagnent peu à peu le train, le combat se fait de plus en plus dur au sein du train, alors que tous les vampires sont mis en échec à l’exception d’Adam ; ce dernier finit d’ailleurs par mettre la main sur Joshua Speed, et furieux de s’être fait manipuler, mord le brigand avant de l’envoyer paître (mais ça ne fait pas de lui un vampire quand bien même il ne l’a pas mortellement touché, ce qui laisse rêveur quant au côté complètement aléatoire de la chose, finalement). Après avoir ainsi vu son ami succomber face au patron de tous les amis des canines, Abraham Lincoln se rue sur lui et cette fois-ci, pour de bon, parvient à lui briser la margoulette d’un bon coup d’arme en argent histoire de bien faire comprendre que hein, ho, ça suffit les conneries maintenant.

Will et lui s’extraient donc du train menaçant de choir sur le pont en flammes, aidés en cela par la force surnaturelle de l’ami Henry qui s’exclame donc une fois ses amis en sécurité "Bravo Abraham, tu nous as grave rabouiné. Allez maintenant, tu peux le dire : où était l’argent ?"

Et bien la réponse vient rapidement : vous vous souvenez de Germaine, Monica et toute leur troupe ? Et bien ces derniers arrivent à Gettysburg… et déchargent leurs bagages contenant toutes les pièces en argent qui avaient été fabriquées ! Les soldats de l’Union peuvent donc commencer à s’équiper sans se dire qu’en fait, c’était un plan très con, puisque quitte à venir, à pied, autant envoyer au pas forcé un contingent équipé d’armes d’argent qui aurait ainsi pu se défendre contre toutes les menaces sur sa route, naturelle ou non. Et d’ailleurs, là encore, personne ne pose de questions : en même temps, vu le président, bon.

Accessoirement, sans chariot, il faudra me dire qui étaient les braves pinpins qui portaient les boulets de canon en argent que l’on voit dans les caisses, parce qu’à pied, ils ont dû bien rigoler. A noter que Poufblonde, toujours en train de fureter, a réussi à infiltrer le camp militaire nordiste, et voyant la femme de Lincoln livrer des armes, décide de se venger en la tuant : pas de bol pour elle, Madame Lincoln, habituée à affronter des créatures affreuses comme par exemple la barbe de son mari, voit arriver la ribaude et devine qu’il s’agit là d’une vampire : elle attrape donc un fusil, et plutôt que d’y mettre une balle en argent (trop logique), elle y fourre l’un des petits sabres en argent équipant les figurines de feu son fils qu’elle avait gardé en souvenir, et le tire dans la face de la mécréante : comme le veut la tradition des films sans imagination, les filles s’affrontent donc entre elles, la brune contre la blonde, et c’est la copine du gentil qui gagne puisque le sabre vient se planter entre les deux yeux de la vilaine. Voilà qui est réglé.

Enfin : la bataille de Gettysburg peut donc commencer, et cette fois-ci, lorsque l’officier qui avait survécu à la première attaque vampire fait tirer ses troupes contre les créatures sudistes, il constate avec bonheur que les balles en argent fonctionnent à merveille, quand bien même les types d’en face semblent quelque peu surpris de tomber ainsi face à des armes portées par de simples mortels (et encore, ils ne connaissent pas la pelle). Gettysburg est donc une victoire pour les nordistes, qui arrêtent enfin l’invasion des rebelles et sauvent Washington tout en calmant sérieusement les vampires qui achèvent de se disperser pour ne plus de mêler de cette guerre. Quelques temps plus tard, Abraham Lincoln peut donc se rendre sur le site de la bataille pour y tenir son fameux discours sur l’avenir de l’Amérique et le sens de cette guerre faite pour que tous les hommes soient libres. Poin poin font les trompettes, boum boum font les tambours, cuicuicuivacrevertagrossemère font les oiseaux (ce sont les mêmes que dans Blanche-Neige).

Et plus tard encore, à Washington, bien longtemps après tout cela, nous découvrons Abraham Lincoln se préparant à aller au théâtre. Henry, à son côté, lui explique qu’il pourrait le rendre immortel pour qu’il continue encore longtemps d’illuminer le monde, et fasse 250 mandats, mais, ha ! Le président refuse, expliquant que les idées sont bien plus immortelles que les hommes (même les plus pourries, comme par exemple, les magazines féminins). Et puis d’ailleurs, tiens, comme il n’a que ça à faire, il confie son journal à Henry pour qu’un jour, les gens se souviennent de son histoire (on ne sent pas du tout le personnage qui agit ainsi parce que le scénariste sait qu’il va mourir). Puis, montant dans un carrosse avec Germaine, il part vers le destin que tout le monde lui connait (non, il ne meurt pas en se noyant dans une piscine de champagne, zut alors, je viens de vous faire le récit d’un film historique et vous vous ne vous intéressez même pas ! Non, Abraham Lincoln meurt d’une balle dans la tête alors qu’il se trouvait au théâtre, puisqu’ayant assisté à une représentation avec Jean-Jacques Huster, ancêtre de Francis, il préféra en finir).

Près de 150 ans plus tard, nous retrouvons Henry dans un bar de Washington en train d’observer un type à côté de lui s’enfilant verre de Banga sur verre de Banga. Se tournant vers lui il lui demande s’il boit pour embrasser une fille ou pour tuer un homme ; et tapant sur son épaule, il fait tomber du veston du garçon à demi-saoul un pistolet qui vient s’écraser au sol.

Henry se dit que tout cela lui rappelle quelqu’un qu’il a connu il y a bien longtemps et qui était particulièrement con et…

FIN

Après la bataille de Gettysburg, personne n’a demandé "Hey Monsieur Lincoln, vous pourriez nous expliquer maintenant pourquoi il a fallu équiper toute l’armée de munitions en argent ?" : non, tout le monde s’en tapait.

 ____________________
 

Fort de Brégançon, trois heures du matin.

Les lourdes portes du complexe s’ouvrirent pour laisser passer l’homme en trench-coat, qui passa droit devant quelques gardes qui se mirent instantanément au garde-à-vous, le regard fixé droit devant eux comme s’ils craignaient de croiser les yeux de leur supérieur. L’homme marcha d’un bon pas dans le couloir aux murs blindés parsemés de néons froids alors que bientôt, sortant d’un sas voisin, un assistant en costume vint le rejoindre pour le décharger de son arbalète, de son pardessus et de ses gants ainsi que du carquois à carreaux d’argents qu’il portait à la ceinture.

"Vous l’avez eu Monsieur ?
- Oui, il tentait de s’en prendre à une jeune fille. Il la suivait depuis un moment, son odeur flottait dans tout le quartier. 
- Fort bien Monsieur, encore une bonne chose de faite. Ho, et pour votre compagne, nous avons suivi vos instructions en votre absence. Elle a toujours envie de révéler votre secret, mais la procédure semble fonctionner.
- Comme convenu ?
- Oui, nous avons reprogrammé son téléphone, elle envoie désormais ses tweets sur une copie conforme du site original où elle n’a pas conscience que ce n’est pas le monde réel et peut raconter n’importe quoi. Des bots lui répondent régulièrement des choses sans intérêt. 
- Moui, en fait ça ne change pas beaucoup du site original.
- En effet Monsieur. A part elle et Jean-François Copé, tous les autres utilisateurs sont en fait gérés par un ancien logiciel défectueux de Météo France qui génère régulièrement des phrases sur le temps qu’il fait, de préférence en se plaignant.
- Le réalisme est total.
- Oui Monsieur."

0

Les deux hommes progressèrent un moment dans le couloir, jusqu’à ce qu’enfin, ils arrivent à la lourde porte d’acier supposée permettre de quitter l’endroit pour retrouver le reste du fort. Une dernière fois, ils s’arrêtèrent le temps de composer le code déverrouillant l’imposante issue. Le plus jeune des deux hommes toussota, comme hésitant à prendre la parole, mais le regard que lui lança le chasseur lui fit comprendre qu’il pouvait s’exprimer.

"Monsieur, je dois vous dire qu’en rejoignant votre cabinet je ne m’attendais pas à… à cela. Vous savez, je m’attendais à une présidence… disons…
- Normale ? – dit le chasseur en souriant
- Oui je… je crois que c’est cela oui."

0

Le président eut un petit rire amusé.

"Allons, c’est ce que je n’ai eu de cesse de répéter. Normal, normal, toujours plus normal… vous savez ce que c’est : à trop forcer sur le normalité, nous sommes allés au-delà : vous vous souviendrez que c’était une présidence…"

Il fronça les sourcils

"…para-normale."

Et François Hollande passa gaiement la porte pour retourner sur son lieu de villégiature en souriant.

Attention !

Pour d’évidentes raisons, et pour mieux saisir toute la saveur du spoiler qui va suivre, permettez-moi de vous résumer promptement les deux précédents volets de la trilogie Batman de l’ami Nolan. A défaut d’introduction, cette semaine, vous pourrez ainsi obtenir trois spoils pour le prix d’un. Les choses ne sont-elles pas bien faites ?

De toute manière, si elles ne l’étaient pas, ce serait pareil alors hein, ho, bon.

Dans tous les cas, soyez attentifs, ce qui va suivre  n’est pas toujours évident. Spoilons donc un peu en amont !

Volume I : Batman Begins

Bruce Wayne, enfant multimilliardaire résidant à Gotham City, a la phobie des chauve-souris depuis le jour où il s’est lamentablement viandé dans le nid de ces charmants animaux par un incroyable hasard. C’est ballot, mais ce qui l’est encore plus, c’est que quelques temps plus tard, un malandrin armé d’un patator ne trouve rien de mieux que d’abattre ses parents dans une ruelle sombre, lieu particulièrement apprécié des multimilliardaires comme chacun sait. Désormais orphelin après avoir vu ses parents se faire tragiquement patater sous ses yeux, Bruce décide donc en conséquence qu’il doit devenir un ninja pour péter leurs gueules aux malandrins qui fréquentent les ruelles sombres. Et non, il ne se dit pas "Tiens, si j’utilisais mon pognon pour rendre les rues plus sûres/aider la justice", parce que voyez vous, un homme en slip seul peut sûrement faire beaucoup plus que 500 en uniformes. Toutes les milices d’Amérique qui savent apprécier le principe du "faire la justice soi-même" approuvent ce message.

Bruce va donc en Asie rencontrer Ninjabouc, le chef d’un clan de ninjas dont un incroyable charisme rayonne du bouc. Il apprend des tas de trucs, comme par exemple retourner sa phobie des rats volants pour en devenir un et terroriser ses ennemis, distribuer des coups de tatane, faire des acrobaties de psychofou ou, plus incroyable encore, manger avec des baguettes sans saloper sa cravate (dans le milieu d’affaires où Bruce évolue, ça impressionne pas mal). Sur la fin, ça devient un peu confus : Wayne et Ninjabouc se fâchent au sujet d’un épisode de Naruto, et dans la bataille qui suit, Ninjabouc manque de peu d’être tué par son disciple.

Cela fait, Bruce retourne à Gotham retrouver son majordome, Alfred, qui a bien gentiment attendu en prenant soin d’arroser les plantes. Il y retrouve aussi Lucius Fox, sorte d’équivalent de Q chez Wayne Enterprises, qui a sous le coude plein de prototypes des filiales militaires de la multinationale qu’il refile gentiment à Bruce pour qu’il puisse faire régner la justice dans les rues à coups de mandales dans la gueule pour un oui ou pour un non sous le nom de Batman. Après avoir tabassé tout un tas de gens qui posaient problème aux bons citoyens (tueurs, violeurs, gens qui écoutent de la musique sur le haut-parleur de leurs téléphones), Bruce découvre qu’un grand méchant compte défoncer la ville : Ninjabouc, débarqué d’Asie pour se venger. Le vil ninja s’est emparé d’un prototype de micro-ondes géant de chez Wayne Enterprises et compte s’en servir pour vaporiser toute l’eau de la ville (oui, c’est un plan de merde), comme ça, plus  personne ne pourra faire cuire ses pâtes. Lui et Batman s’affrontent donc à 30cm dudit appareil allumé lors d’un combat final, et suite à un problème de script parmi tant d’autres, les rayons n’affectent aucun des deux protagonistes, qui auraient autrement été instantanément transformés en bat-pruneaux.

Batman gagne, et c’est la fête.

Volume II : Batman, The Dark Knight

Bruce est super content : il y a un nouveau procureur en ville, Harvey Dent, et celui-ci lutte efficacement contre le crime sans masque ni pétages de gueules. Bruce est donc très étonné de découvrir que, tiens, en fait, la justice ça peut servir à rendre la justice sans que cela implique de porter un slip sur soi de manière aléatoire. Hélas, dans le même temps, le Joker, un personnage en costume flashy (comme tous les méchants de Batman, ce qui lui évite d’avoir à enquêter pour savoir qui a encore volé les nains de jardin du commissaire Gordon) est en train d’utiliser tous les pouvoirs d’invisibilité, de téléportation et d’invocation d’explosifs à volonté que les trous dans le script lui permettent pour mettre la zone. Après avoir finalement été arrêté pour la douzième fois, le Joker explique à Batman qu’il a capturé d’un côté Harvey Dent, l’espoir de Gotham, et de l’autre Gertrude, le fantasme de Bruce Wayne, et qu’il les a envoyés dans deux lieux différents avec un paquet de bombes et peu de temps pour les sauver. Qui Batman sauvera t-il ? L’amour ou la justice ?

Après avoir finalement compris que tiens, il pourrait aussi envoyer la police intervenir sur le lieu où il n’est pas, Batman va sauver le procureur Dent lors d’une formidable séquence ridicule où ce dernier, attaché à une chaise renversée au sol suite à ses mouvements, se retrouve face à une flaque d’essence se déversant de l’un des explosifs du Joker. Et là que fait-il, sachant qu’il n’a qu’à se souvenir qu’il a un cou pour ne pas rentrer en contact avec le liquide ? Et bien il se frotte la joue contre l’essence en hurlant "Hmmm, t’aimes ça, hein, coquine !" : résultat, lorsque Batman arrive à la dernière seconde (étonnant) et que tout explose (ça alors), l’explosion enflamme la moitié de son visage et le choque un peu, le transformant en méchant : Double-Face, type qui fait la justice lui-même en abattant brigands comme policiers sur son chemin. Batman doit donc lui casser la gueule, et lors de la bataille, les deux tombent d’un immeuble, la chute tuant l’ex-procureur et blessant le chevalier noir sous les yeux du commissaire Gordon. Ce dernier et Batman se mettent cependant d’accord : ils ne parleront pas de ce que Dent était devenu, afin que Gotham ne retienne que l’espoir qu’il incarnait, et ils expliqueront sa mort en la mettant sur le dos de Batman, comme ça, hop, parce qu’il faut bien un coupable.

Du coup, Batman est un peu triste. Sans compter qu’en plus, la police n’est pas arrivée à temps pour sauver Gertrude et qu’elle est vaguement morte carbonisée, ou du moins, il y a une nouvelle merguez en ville.

Bref, pépère tombe en dépression.

Et Volume III… et bien, reprenons ! Spoilons mes bons !

_________________________________________________

L’affiche contient une explosion. Nous savons tous ce que cela veut dire.

Enfin, reprenons 8 ans plus tard après les précédents évènements pour être exact. Quelque part à l’autre bout du monde, des hommes armés transportent dans une jeep un scientifique ainsi que trois larrons aux visages couverts d’un sac et attachés, probablement pour une soirée impliquant force cuir et fouets. Ils s’en vont trouver dans un quelconque coin de campagne un petit avion où les attend l’agent Littlefinger de la CIA, ainsi qu’un petit paquet de militaires américains ; le fonctionnaire yankee explique aux gens venus le livrer que popop, c’est quoi cette histoire ? Ils n’étaient venus récupérer que le scientifique, un certain docteur Léonid Pavel ainsi qu’un seul prisonnier ! Alors qui sont les deux derniers loulous, hein, dites donc ? Et puis d’abord, pour quatre personnes livrées, j’ai pas une bouteille de rosé gratuite ?

Mais non : en fait, l’agent semble s’en taper, ce n’est pas comme s’il y avait une quelconque importance à savoir qui on transporte avec un sac sur la tête. Il charge tout le monde dans son avion et décolle, avant de nous en dire un peu plus : il enquête sur Bane, un terroriste très méchant portant en permanence un curieux masque sur le visage façon respirateur artificiel. Et il venait récupérer le docteur Pavel car Bane semblait avoir des vues dessus, ainsi qu’un prisonnier ayant appartenu au réseau du terroriste en question. Mais puisqu’il a trois prisonniers au lieu d’un, il leur explique qu’il peut en tuer deux pour faire parler le troisième s’il le veut, la CIA n’en saura jamais rien, puisqu’elle n’attend qu’un seul pinpin. Sauf que rapidement, il s’avère que l’un des trois prisonniers… est Bane lui-même ! Ça c’est ce qu’on appelle une grosse surprise ! Et qui explique donc que oui oui, tout cela est un coup monté : il s’est constitué prisonnier car cela faisait partie de son "plan" (et bien évidemment, pas pourri du tout, vous l’imaginez bien)

Un plan ? Mais quel est-il ?

Et bien la réponse arrive lorsqu’un avion plus gros vient se placer au-dessus de celui de la CIA, pourtant déjà d’un gabarit correct, et qu’en descendent en rappel des commandos qui viennent s’accrocher à l’autre appareil. Et ne me demandez pas comment ils font, puisque si on attache quelque chose à une corde derrière un avion, ça flotte derrière, ça ne descend pas en rappel, c’est même le concept qui a permis d’inventer ce qu’on appelle des "planeurs" ou la publicité volante, mais dans le film, la gravité se modifie pour aider le commando des méchants : soit.

D’ailleurs, les pilotes de la CIA eux-même font "Ho !" et ne remuent pas d’un cil, histoire de bien laisser le temps aux vilains de faire leur cirque volant en équilibre. Sympa : un coup d’aile et tout leur plan échouait ; mais tout comme le Joker en son temps, les gredins ont déjà lu le scénario, et les autres personnages s’arrangent pour leur faciliter la tâche.

Bref : les flying brigands fixent donc des crochets sur l’arrière de l’avion, puis commencent à grimper en altitude avec le leur, faisant que l’autre appareil se trouve bien embêté et a le nez qui pique vers le sol ; à l’intérieur, c’est la panique, sans compter que Bane a commencé à se libérer tranquillement tout en distribuant des mandales aux passagers autour de lui. Le coucou de la CIA a tôt fait, ainsi suspendu, de voir ses ailes et ailerons être arrachés avec la vitesse, et malgré le fait qu’à un moment, le tout se stabilise un peu, les Américains ne tirent pas sur Bane et se contentent de dire "Holala, vite, ah, mais bon sang, il faudrait faire quelque chose, sabre de bois !" ; hélas ils n’y pensent qu’après 10mn, soit pile au moment où les commandos qui avaient accroché les crochets aux parois de l’avion rentrent dans celui-ci et les mitraillent. Bane peut donc tranquillement s’harnacher à un filin qui lui est tendu, attraper le docteur Pavel de l’autre main, et quitter l’avion de la CIA que l’on décroche pour le laisser s’écraser, pendant que lui et Pavel rejoignent leur gros avion. Vous avez tout suivi ?

Hmmm. Okay, donc, Bane, je résume : ton plan c’était de te laisser capturer avec des potes, en comptant sur le fait qu’aucun militaire entraîné ne pense à utiliser une arme contre toi, qu’aucun pilote de la CIA ne réagisse à l’assaut, que l’avion contenant tes commandos devine par magie le trajet emprunté par l’appareil de l’agence américaine, que tu parviennes à réussir ton harnachement au milieu d’un aéroplane hors de contrôle et que tu récupères le professeur ce faisant ?

D’accord, c’est sympa, mais alors, simple question : pourquoi tout ça ? Puisque je rappelle le début du plan : arriver dans une jeep conduite par des complices avec Pavel et toi dedans pour te livrer prisonnier à la CIA. Donc puisque tu avais DEJA le bon docteur avec toi d’entrée de jeu, cela veut dire que tu pouvais aussi bien rester chez toi à manger des cookies, c’était pareil.

Ah, j’aime quand un film s’ouvre sur une incohérence monumentale. Surtout quand les critiques (et pas qu’une, je vous laisse fouiller) mettent en avant l’aspect "cohérent du film", c’est intéressant.

En tout cas, pendant ce temps, à Gotham City, il y a une grande soirée au manoir Wayne, puisqu’est organisée une soirée en l’honneur d’Harvey Dent ; d’ailleurs, depuis 8 ans maintenant, on commémore chaque année le jour de son décès, devenu férié, en rappelant combien les lois Dent ont permis à Gotham de devenir un havre si paisible que la police semble diablement s’y ennuyer, on se croirait à Neuilly, c’est dire. Seul le commissaire Gordon semble encore sur le pied de guerre, ce qui fait que le maire commence sérieusement à penser à le démissionner : la guerre est finie, justement. D’ailleurs, ce soir, le commissaire doit donner un petit discours sur Harvey Dent, et il en a écrit un où il affirme qu’il est temps de dire la vérité sur qui était vraiment ce personnage et ce qu’il a fait de ses dernières heures, mais finalement il y renonce car ce petit mensonge autour du défunt procureur a fait de lui un symbole d’espoir qui a apporté la paix à la ville. Il attendra donc encore quelques années avant de tout révéler, et corrigera peut-être les passages du discours où il utilisait des termes comme "gros bâtard" d’ici là.

Et Bruce Wayne dans tout ça ? Et bien, complètement dépressif, personne ne l’a vu depuis 8 ans maintenant, tout comme le Batman (mais personne ne fait le rapprochement). Il ne sort plus de chez lui et même lorsque des fêtes sont organisées dans son manoir (par qui, du coup ? Mystère !), il n’y participe pas. Ce soir, on envoie donc dans l’aile est du château où il demeure une servante déposer un plateau de mets avant de se retirer mais, cette dernière, un peu trop curieuse semble t-il et nourrie de rumeurs autour de l’absent multimilliardaire ("Si ça s’trouve c’est un vampire comme Edward, hihihihi, chuiii sûre qu’y brille au soleil huuu !") décide de s’attarder un peu dans l’endroit et commence à regarder les photos de famille traînant ici ou là. Elle est finalement surprise par Bruce Wayne, vieil hirsute en peignoir marchant avec une canne, qui note que la jeune femme a eu le bon goût de non seulement visiter les lieux, mais aussi de piller en un temps record un coffre-fort certifié inviolable contenant un collier de sa mère. Prise sur le fait, la filoute tape dans la canne du multimilliardaire pour le faire choir, puis s’enfuit par la fenêtre tout en souplesse ; elle finit par rejoindre plus bas un député local un peu coquinou traînant à la fête en lui promettant monts et merveilles s’ils partent maintenant dans sa voiture, ce qu’ils font. Elle peut donc ainsi quitter les lieux en toute sécurité, même si elle sent comme une tension et d’étranges redirections sanguines dans son voisin de banquette.

"Faites bien attention aux trous dans le scénario en allant porter ce plateau, il y en a un peu partout, tout à l’heure j’en ai encore  vu un gros comme ça"

Quelques temps plus tard, nous retrouvons le commissaire Gordon sur le toit du quartier général de la police, méditant en observant Gotham City dormant paisiblement. A côté de lui, le vieux projecteur servant autrefois à appeler le chevalier noir est complètement rouillé, ce qui le rend un peu nostalgique, jusqu’à ce qu’un policier ne vienne le surprendre dans ses rêveries : il s’agit de l’agent Blake, un jeune homme idéaliste qui commence l’une des nombreuses lignes de dialogue complètement aléatoires du film :

"Bonsoir commissaire.
- Bonsoir, que puis-je pour vous ?
- Et bien la femme d’un député présent à la soirée au manoir Wayne s’inquiète : Monsieur n’est pas rentré ce soir.
- Ahlala, la ville est devenue si sûre que l’on en est à enquêter là-dessus. Okay, je vais voir ce que je peux faire.
- …
- Oui ?
- Voilà, je m’appelle Blake et je vous le dis puisque l’on vient à peine de faire connaissance, mais  je tenais à vous balancer que halala, je suis sûr que le Batman n’a jamais tué Harvey Dent et qu’il faut reprendre l’enquête.
- D’accord mais pouvez-vous m’indiquer le lien entre cette ligne dans votre dialogue et cette scène ?
- Il n’y en a pas, c’est tout simplement écrit avec les pieds.
- Très bien, vous pouvez disposer."

0

Et les policiers quittent le toit afin de commencer leur enquête.

Pendant ce temps, au manoir Wayne, une chose extraordinaire vient de se passer : Bruce a décidé de bouger son cul. Il a découvert que ce n’était pas un simple cambriolage chez lui : la voleuse est repartie non seulement avec le collier… mais aussi avec les empreintes du multimilliardaire, qu’elle a recueilli sur le coffre ! Bougon, Bruce est donc descendu à la Bat-Cave sous son manoir non pas pour aller remettre son costume de justicier masqué, mais pour consulter le super-ordinateur local (et surfer un peu sur des sites avec des photos coquines de chauve-souris) et ainsi apprendre que le modus operandi de sa voleuse la désigne comme étant Sélina Catwoumoune, une mystérieuse monte-en-l’air de haut-vol qui n’en est pas à son premier coup. Voilà qui intrigue notre héros, qui commence doucement à repenser à redevenir Batman, du coup, comme ça, pif pouf. Heureusement, son fidèle majordome, Alfred, débarque et lui aussi se lance dans un dialogue assez curieux :

"Ah, vous avez retrouvé votre voleuse Monsieur ?
- En effet Alfred ! Figurez-vous qu’il s’agit d’une certaine Catwoumoune et que…
- Monsieur, j’ai fait un rêve.
- Que… pardon ? Quel rapport avec ce que je disais ? Vous voulez que je vous fasse une psychanalyse, là, comme ça, hop ?
- Non Monsieur. Je voulais juste vous dire que pendant que vous étiez en Asie à vous entraîner à devenir un ninja dans le 1er film, j’espérais juste que vous ne reviendriez jamais à Gotham et feriez votre vie plutôt que de chercher la vengeance pour la mort de vos parents. Et chaque année, lorsque je prenais une semaine de vacances à Florence, je m’asseyais à un café local en espérant vous apercevoir à une autre table, profitant de la vie avec une jolie femme et pourquoi pas des enfants. Et dans mes rêves, la nuit,  je voyais déjà ce que je ferais si cela arrivait : je vous sourirais, ne dirais pas un mot, et vous laisserais en paix à votre repos bien mérité.
- Alfred, pourquoi me dites-vous ça, là, maintenant ? 
- Je n’en ai aucune idée Monsieur. Je crois que le dialoguiste est un jean-foutre Monsieur.
- Ça se tient. Et comme dans tout film mal réalisé aucun dialogue n’est là par hasard, je me demande trop si d’ici la fin du film, on se croisera à Florence alors que je profiterai de la vie en prenant un repos bien mérité.
- Mais grave Monsieur."

0

Laissons nos amis dans leur cave (quelque chose que je dis assez régulièrement, en fait, mais je m’égare), et allons voir du côté de notre voleuse préférée. Car nous retrouvons Sélina entrant dans un rade pourri des bas-fonds de Gotham pour y rencontrer un certain Stryver. La damoiselle arrive en compagnie d’un type bourré qu’elle dépose au zinc du coin avant d’aller rejoindre son contact à sa table : elle est là pour lui revendre les empreintes de Bruce Wayne. Ce qu’elle fait, un petit peu sous la menace des compagnons armés de son contact qui a décidé que, finalement, il ne paierait pas. Elle tente donc de négocier en disant que holala, il ne faut pas la tuer, elle n’est qu’une gentille voleuse sans histoires, mais voyant que cela ne prend pas, elle sort des arguments plus costauds (non, pas ceux-là) : le type bourré qu’elle a amené au bar n’est autre que le député disparu, qu’elle trimballe depuis le manoir Wayne, et donc s’ils veulent la tuer, il faudra le tuer aussi puisque témoin, et là ils auront toute la ville aux fesses. Mais là encore, ça ne suffit pas : la bougresse parvient donc par la ruse à faire se déclencher le téléphone du député, provoquant instantanément le débarquement devant le bar d’une dizaine de véhicules de police, dont un du SWAT, parce que oui, à Gotham, le temps de réponse de la police est de 4 secondes, débauche de moyens compris. Du coup, les enfants jouent très peu à faire des blagues à la police, puisqu’avant même qu’ils n’aient raccroché, une voiture bélier a défoncé leur porte, et un tonfa leur gueule.

Stryver et ses hommes fuient donc l’endroit en mitraillant la maréchaussée investissant les lieux, mais il fait bien attention à ne pas tirer sur Sélina : lui qui voulait la tuer pour ne pas avoir de témoins, il trouve tout à fait malin de la laisser à la police. Heu… mais encore ? Sélina justement, elle, se fait passer pour une simple et pauvre femme dans le bar, hurlant au milieu des tirs comme à un concert de Justin Bieber, afin que la police ne lui fasse rien. Mais attention, hein, quand je dis rien, c’est rien : les mecs tombent sur une nana qui vient d’être témoin de tout ce qui s’est passé dans le bar et a probablement vu qui accompagnait le député tant recherché et… bah, ils la laissent se barrer. Hmmm, soit, soit. Merci, police de Gotham. Et merci, scénariste, car ainsi, Sélina peut disparaître en paix dans la nuit, ainsi aidée par l’intrigue déjà bien boiteuse à ce stade.

Mais dans les instants qui suivent, on ne parle déjà plus de script boiteux, mais carrément de tétraplégie scénaristique : sortant de nulle part, un sniper se met à couvrir la fuite de Stryver dans une ruelle derrière le bar (car oui, la police n’a rien encerclé, c’est très surfait ces choses là) depuis l’escalier d’évacuation d’un immeuble local, et abat donc plusieurs membres du SWAT, les obligeant à se mettre à couvert au lieu de poursuivre les fuyards ; et là, c’est tout simplement beau : on change de scène, l’agent Blake, qui traînait dans le coin, débarque et tout le monde discute paisiblement dans la rue de ce qu’il vient de se passer.

Et… mais… et le sniper qui vient de tuer plusieurs d’entre-vous ? Je… bon sang, ça ne vous intéresse même pas un peu ? Vous ne l’évoquez pas ? D’ailleurs, où sont les corps ?

Et bien fait, rien, pif pouf. Le tireur d’élite peut donc se barrer tranquillement en sifflotant, car plus personne ne semble y prêter attention. C’est beau, on dirait du Prométhéus. Et dans le même temps débarque le commissaire Gordon, qui court jusqu’à ses hommes avant de hurler : "Là, la plaque d’égout ! Vite, ouvrez-là et descendons !". Que ? Pourquoi ? Comment sais-tu que les vilains ont fui par là, sachant que la bouche est fermée et qu’ils avaient d’autres rues par lesquelles fuir puisque vous n’aviez rien encerclé du tout ? Et bien, on ne sait pas. Sa moustache doit probablement automatiquement pointer en direction du forban le plus proche (il est donc théoriquement possible de faire voler le commissaire en faisant pivoter très vite un criminel autour de sa margoulette, mais là n’est pas le sujet)

Lui et quelques membres du SWAT descendent donc dans les égouts, et ils n’ont besoin d’avancer que de quelques mètres avant qu’une embuscade ne les décime, armes de guerre et grenades ayant tôt fait de tuer tous les hommes de la brigade d’intervention. Seul le commissaire Gordon survit (même si c’était le seul à ne pas avoir un semblant de protection, mais passons), et est capturé par les habitants des égouts, des sortes de guérilleros souterrains.

A la surface, le reste de la police papote en paix "Vous avez entendu ? Des coups de feu et des explosions. Ne descendons surtout pas, ça a l’air dangereux" et… c’est tout. d’accord ! En effet, la capture du commissaire ne semble pas vraiment inquiéter qui que ce soit, à part Blake bien sûr, puisqu’il a un nom et donc le droit d’agir dans ce film. Il abandonne donc ses camarades pour disparaître dans une direction aléatoire, parce que… heu… voilà.

Le commissaire Gordon est un peu vexé : il se fait capturer et tout le monde s’en tape

Gordon, lui est un peu désemparé : en sale état, il est traîné au travers des égouts et découvre qu’il y a une véritable armée sous la ville, constituée de tous les rejetés de Gotham, qui semble occupée à créer de nouveaux tunnels au marteau-piqueur, à renforcer ceux existants en faisant de jolies colonnes (oui, ce sont des artistes maudits), bref, il y a une énorme partie de Minecraft en cours sous la ville et personne ne l’a jamais remarqué, car comme chacun sait, un marteau-piqueur c’est très silencieux, et les souterrains des grandes villes ne sont jamais inspectés par qui que ce soit. Bref : toujours est-il qu’après avoir pu observer cela, le commissaire est emmené devant le chef de l’armée souterraine… Bane ! L’espèce de gros catcheur commence donc par engueuler ses hommes, car rentrer en conflit avec la police a provoqué des pertes (comble du bonheur, Bane donne même le nombre exact de victimes dans l’embuscade durant ce dialogue alors qu’il n’y était pas et que personne ne lui en a parlé, puisque ceux qui y étaient viennent à peine d’arriver devant lui avec Gordon sous le bras : ok, donc encore une fois, le méchant du film a des pouvoirs de divination et de furtivité – étendus à toute son armée – tout à fait étonnants. Manquerait plus qu’il pose des explosifs par paquets de 2 000  et qu’il se téléporte et on aurait un mauvais copié/collé du Joker. Et comme nous le verrons, ce sera précisément le cas : bravo M. Nolan, quelle constance), mais dans l’immédiat, il fouille déjà le fonctionnaire de police, trouvant sur lui une brosse à moustache, un pacemaker, deux invitations pour une soirée SM et  son discours expliquant qu’Harvey Dent était, sur la fin, devenu un psychopathe et que l’idolâtrie autour de lui n’est qu’un mensonge. Intéressant, se dit Bane.

Sauf que notre vieux commissaire a plus d’un tour dans son sac, et se roulant sur le côté pour tomber de la passerelle où il était installé, il parvient à choir dans un déversoir voisin et utilise son ADN d’homme castor pour s’enfuir en nageant gaiement ; Bane veut envoyer des hommes à sa poursuite, mais ces derniers expliquent qu’il y a des centaines d’endroits où le déversoir peut mener, cela risque donc d’être très compliqué. Convenant du problème, Bane colle donc une balle à l’un de ses serviteurs, puis lui colle un GPS sur la tronche avant d’envoyer son corps dans le même déversoir afin qu’il débouche – probablement – au même endroit que le commissaire.

Vous avez bien suivi ce qu’il vient de se dire ? Et bin hop, oubliez ! Parce que l’agent Blake, lui, a déjà deviné que le commissaire allait tomber d’un déversoir (allez savoir comment il a fait pour savoir que 1 – il avait été capturé et 2 – qu’il allait parvenir à s’échapper via les courants souterrains) et mieux encore, alors que l’on vient d’expliquer dans la scène précédente qu’il était impossible de prévoir où le bougre allait sortir, et bien lui le fait direct et récupère son chef à demi-inconscient à la sortie des égouts ! Comme c’est curieux ! Quant au GPS de Bane et ses hommes ? Laissez ! On en parlera plus. Probablement qu’ils se sont aperçus que l’idée d’utiliser des signaux satellites dans des souterrains était une idée un peu con-con.

C’est diablement bien écrit, vraiment. Et rassurez-vous, ce n’est pas fini.

Déjà un peu remotivé par le vol tant du collier de sa mère que de ses empreintes, qui lui donnent envie de réagir, Bruce Wayne voit un nouveau stimulus débarquer à son manoir, et ce en uniforme : l’agent Blake. Ce dernier lui annonce que le commissaire Gordon a été victime d’une embuscade dans les égouts, et qu’il prétend avoir vu une véritable armée là-dessous dirigée par un homme masqué ("Probablement des tortues ninjas", pense d’abord Bruce à cette description). Tout le commissariat s’est moqué de lui à cette idée, c’est pourquoi Blake se tourne vers Bruce Wayne, le seul à pouvoir encore l’aider.

  • D’accord. Attendez que je comprenne bien : Blake est venu là parce que toute la police refuse de croire Gordon. On parle bien de la même police dont des dizaines d’agents ont été témoins – même de loin – de la mort de plusieurs des leurs suite à une embuscade à l’arme de guerre dans des égouts ? Hmmm. C’est intéressant, ils pensent donc qu’ils ont fantasmé et que plusieurs des leurs ne sont pas venus au travail ce matin car en vacances ou parce qu’ils avaient une gastro ?
  • Et d’ailleurs Gordon a été hospitalisé suite à ses blessures, mais alors il a été attaqué par qui ? Des rats qui l’ont lapidé à la mie de pain ? Un golem fécal ?

Okay Blake. Définitivement, les dialogues valent leur pesant de cacahuètes, mais attention ! Car là encore, sans raison aucune, Blake se lance dans une autre tirade débile :

"Ah oui, au fait Monsieur Wayne, je sais que vous êtes Batman. Et vous savez pourquoi ?
- Parce qu’à chaque fois que je quitte Gotham, Batman est absent mais que personne ne semble le remarquer, y compris quand lui et moi nous sommes retirés du monde exactement le même jour ?
- Heu non… non, en fait, je sais que c’est vous parce que VOUS ET BATMAN AVEZ LA MÊME LUEUR DANS LES YEUX ! Celle des orphelins ! J’ai la même !
- Hm. Donc vous êtes en train de m’expliquer que tous les orphelins ont la même, vous compris, mais que du coup, comme vous avez vu deux types avec une lueur identique – ce qui est complètement subjectif par ailleurs – vous en déduisez qu’il s’agit d’une seule et même personne. Autre théorie, en me basant sur la votre : et si Batman était juste un orphelin de plus ?
- Ah merde oui, mon raisonnement se contredit totalement. Mais selon le script, vous êtes supposé l’accepter et être bluffé par mon génie.
- Alors va pour le bluff. Mais c’est nul quand même."

0

Et l’agent Blake s’en retourne vers sa voiture, après avoir expliqué que seul Batman était à même d’aider le commissaire Gordon sur ce coup puisque la police semble ne pas se soucier de tout cela. Soit, se dit Bruce, avant de décider que 8 ans d’exil, ça suffit, il est grand temps de retourner voir le monde. Et pour commencer, il s’en va à l’hôpital de Gotham (celui où le commissaire Gordon a été installé) pour faire un petit check-up de son état, puisque boitant toujours suite à son dernier combat face à Harvey Dent. Et le médecin est direct : Bruce est cassé de partout ; les blessures et les années s’étant écoulées sans soins corrects, il n’est plus qu’une épave, il va falloir oublier tous les sports autres que le curling, et encore. Heureusement, là encore, ce dialogue n’est là que pour massacrer un peu plus le film, puisque sitôt le praticien sorti, Bruce enfile une cagoule (il n’a pas son masque sur lui) et descend en rappel le long de l’hôpital (voilà, Mesdames et Messieurs, c’était le boiteux tout cassé !) pour aller rendre une petite visite au commissaire Gordon (qui, coup de bol, à une chambre pile à la verticale de la salle où il était). Le fonctionnaire de police est bref : oui, il y a une armée dans les égouts, et Batman revenir dans la bataille. Soit, dit le justicier, mais d’abord, j’ai d’autres trucs importants à faire.

Comme par exemple : aller chez Wayne Enterprises s’informer de la situation auprès de Lucius Fox, et celui-ci ne cache pas que tout ne va pas bien, puisque l’absence de Bruce a coûté cher. Tout le budget recherche & développement est allé dans un nouveau type de réacteur à fusion propre que Bruce voulait expérimenter, mais qui aujourd’hui encore, n’est pas totalement sûr. L’entreprise ne fait donc pas de bénéfices, vu que ce produit n’est pas encore sur le marché. Ah ? Et quid des autres filiales, puisque l’on passe tous les films à nous rabattre les oreilles avec les différentes branches de Wayne Enterprise ? Et bien apparemment, elles font la sieste, car en-dehors du réacteur, Lucius explique qu’il n’y a rien de neuf depuis 8 ans et que c’est le seul produit à sortir.

C’est intéressant. Mais ce qu’il est encore plus, c’est quand Lucius enchaine en disant "Au fait, j’ai de nouveaux gadgets à vous montrer issus de nos filiales militaires, venez voir !"

Mais alors elles rapportent pas de bénéfices elles non plus ? Je croyais qu’il n’y avait qu’un réacteur pas encore sur le marché, et que c’était pour ça que la boîte ne gagnait plus rien ! Raah, mais c’est pas vrai, allez, comme d’habitude, je rappelle le budget : 250 millions de dollars. Et combien pour se relire les enfants ?

Lucius vient grosso modo d’expliquer que cela fait 8 ans qu’il n’en fout plus une pour gérer sa société, mais Bruce est content quand même. C’est beau.

Bref : Lucius emmène via un passage secret dans son bureau l’ami Bruce vers une pièce totalement close sous le bâtiment, et où se trouve tout un arsenal ; Fox explique à 12 reprises que "Halala, il ne faudrait pas que ça tombe entre de mauvaises mains *clin d’oeil* et j’ai d’ailleurs tout regroupé ici pour plus de sécurité *clin d’oeil* même si je n’ai mis aucune – justement – sécurité pour éviter que tout ceci ne soit piqué *double clin d’oeil*. Bon, sinon, venez voir le nouveau jouet." Au passage, sachant que la pièce est sous terre et complètement fermée à l’exception du passage secret de Fox, il faudra m’expliquer comment on a pu y faire rentrer les batmobiles (et non, pas en kit, ça suffit, vous êtes d’une mauvaise foi, raaah !), mais passons et allons voir de quoi il retourne : Lucius présente un appareil volant particulièrement mobile à Bruce, la "bat" (ou chauve-souris, donc), qui peut se faufiler entre les immeubles et dispose d’une diabolique puissance de feu. Très bien très bien, et bien merci Lucius, on se serre la main et on se fait la bise, à bientôt. Ah, si précise Lucius : concernant le réacteur, ce serait cool de le montrer à Miranda, une membre du conseil d’administration de Wayne Enterprises qui s’intéresse aux énergies vertes. Voilà, c’es tout. Les autres membres du conseil, on s’en tape : ils n’ont pas de noms, alors n’en parlons pas d’accord ?

Cela fait, Bruce part donc à une soirée organisée par la veuve Dent histoire de faire son grand retour dans les mondanités, et qui croise t-il sur place ? Sélina Catwoumoune ! Bon, okay : il y a un GPS dans le collier de maman Wayne qu’elle a volé, Bruce n’est donc pas non plus venu ici complètement par hasard. Il engage donc une petite danse avec la belle voleuse, qui lui explique que oui, elle vole, mais c’est juste parce qu’on ne l’autorise à rien faire d’autres : elle a laissé tant et tant de traces sur le net et ailleurs que même si elle le voulait, elle serait toujours une voleuse. Probablement encore une qui ne sait pas quand il faut s’arrêter sur Facebook, et qui a un peu honte de se faire tagguer sur des photos d’elle bourrée, mais passons. En tout cas, elle explique aussi qu’elle ne vole qu’aux riches, qu’elle n’aime pas trop, et que de toute façon, personne ne peut l’arrêter. Bruce lui dit qu’il a un ami puissant qui en est capable, alors qu’elle se calme un peu, ho merde, dis-donc. Mais nonobstant la menace, elle finit donc par quitter la soirée, non sans avoir volé en partant la voiture de Bruce, juste pour lui apprendre.

Mais cette fois-ci, Bruce ne la piste pas. Après tout, ce n’est que sa voiture de luxe et une humiliation, autant laisser passer.

Hmmm.

Le lendemain, il se passe des choses ailleurs en ville :  à la bourse de Gotham, il s’avère que tous les employés locaux type balayeur ou cireur de chaussures de traders sont en fait de dangereux terroristes armés au service de Bane ! Ne me demandez pas comment ils ont pu en arriver là, peut-être qu’il y a eu une offre massive à Pôle Emploi "Cherche techniciens de surface avec gueules de braqueurs surtatoués", je n’en sais rien. A contrario, la sécurité locale, elle, ne comprend aucun homme du terroriste masqué (c’est dommage, ses gars avaient déjà plus la tête pour le poste), mais ne remarque pas pour autant que tiens, c’est rigolo le nombre de personnes que l’on avait jamais vues avant qui sont venues travailler ici aujourd’hui avec un gros sac que l’on a pas fouillé. Sûrement une douzaine de coïncidences, continuons de siffloter tranquillement. Bref : Bane en personne arrive, castagne la sécurité sans souci, et se rend avec ses hommes dans la salle principale de l’endroit, mitraillant les écrans ainsi que quelques traders histoire de bien faire comprendre qui est le patron. Puis, il demande à l’un de ses hommes de lancer un curieux programme en piratant l’un des ordinateurs de l’endroit, et la chose débute, nécessitant 8 minutes aux dires d’un technicien pour fonctionner.

Hélas, la police ne donne pas 8 minutes à nos larrons (4 secondes tout au plus, cf ci-dessus), encerclant rapidement le bâtiment ; que faire ? Bane a donc un plan, il propose de passer en mode "mobile" (parce que patienter 8 minutes quand on a des centaines d’otages, c’est pas facile) ; cela signifie qu’il fait d’abord sortir tous les otages de la bourse en une énorme masse, faisant que la police ne peut guère tirer… puis lui et ses hommes surgissent au milieu du troupeau à moto, leurs moteurs hurlant, alors qu’ils fendent le flot de la foule et sautent les obstacles mis sur leur chemin par la police grâce à la maniabilité de leurs engins ; ils emportent aussi quelques otages à l’arrière des mopettes pour éviter de se faire plomber le cucu.

Vous avez noté ? Bane et ses acolytes sont sortis de la bourse à moto, donc. Certes.

Alors, jeu : comment Bane a t-il trouvé des motos dans une bourse ? Il est discrètement arrivé avec sur son dos ? Et bien non : il les a juste générées comme ça, hop, pouf.

D’accord, merci. Et si ce ratage ne suffisait pas, on découvre que la réalisation a mis le paquet en faisant que la nuit tombe alors aussitôt sur Gotham, parce que comme Batman ne sort que la nuit, ça arrange tout le monde. Oui, d’ailleurs, dans le film, à plusieurs reprises, on se retrouve de jour, puis de nuit, puis de jour à nouveau… je rappelle que cet argument servait encore, il y a 40 ans, à désigner "les pires réalisateurs" ; aujourd’hui, c’est parfaitement accepté, et la critique ne le note même plus. Heureusement qu’il y a des gens payés à regarder des films.

Bref ! Comme la nuit tombe, qui apparaît au milieu des voitures de police pour donner la chasse aux voyous ? Batman ! De retour après 8 ans d’exil, et chevauchant sa super-moto pour arrêter les méchants ! La maréchaussée est donc sur les fesses, même si, rapidement, le remplaçant de Gordon, Foley, donne l’ordre de chasser Batman plutôt que Bane puisque c’est quand même l’homme chauve-souris qui aurait assassiné Saint Harvey Dent. Car oui, il a beau avoir 200 voitures sous ses ordres, Foley décide qu’il ne va même pas en envoyer une ou deux pourchasser Bane, qui vient de massacrer plusieurs dizaines de personnes sous les yeux de centaines de témoins, ça n’en vaut pas la peine. D’ailleurs, il n’a pas non plus envoyé qui que ce soit dans la bourse pour sécuriser l’endroit ou retrouver des blessés, sinon il aurait pu voir sur tous les écrans du cru qu’un piratage était en cours, et l’arrêter en retirant la clé bien visible (marquée "We did it for the lulz, sharing is caring \o/") qui avait été enfoncée dans un ordinateur.

Hmm, oui, c’est tellement cohérent. Je pense que toute partie du film impliquant la police a été écrite sur un coin de nappe après une soirée sangria bien chargée. Mais ce n’est que mon avis : laisser courir les auteurs de fusillades et laisser les gens se vider de leur sang sur les lieux du forfait, c’est peut-être une procédure policière trop évoluée pour moi.

En tout cas, ça n’empêche pas Batman de sauver les otages sur les motos et d’arrêter les méchants un par un, aidé par des effets de caméras qui ne montrent pas comment Batman fait son coup, parce qu’en fait, ce n’est pas vraiment crédible. Seul Bane parvient à s’échapper sur son solex rutilant, sans encombre, puisque toute la police préfère courser Batman. Et ce dernier découvre d’ailleurs, sur l’un des motards qu’il a arrêtés, une tablette sur laquelle on peut voir "piratage en cours – 99%" puis "complet" (ils ont du bol, ils ont eu du réseau tout le long, même dans les tunnels). Gardant l’objet pour l’étudier, et malgré toute la police qui arrive droit sur lui de toutes les directions, Batman a tôt fait d’utiliser une ou deux ruses pour échapper à l’encerclement, avant de regagner son nouveau véhicule, la "bat", qui l’emmène loin dans les airs, et ce sans se ramasser un missile de la défense américaine, un peu tatillonne avec les appareils volants circulant trop près des buildings.

Oui mais en même temps, quelqu’un a proposé des actions Facebook à Bane, il faut comprendre qu’il soit grognon

Dans le même temps, une certaine voleuse est en train d’opérer : car figurez-vous que Sélina Catwoumoune (appelons-là Catwoman lors de ses soirées où elle opère en combi moulante, allez) inspecte un coffre-fort qu’elle vient d’ouvrir dans un luxueux appartement, mais celui-ci s’avère vide. Et double pas de bol : le propriétaire des lieux n’est autre Dagget, un actionnaire maléfique de Wayne Enterprises (et patron de Stryver), qui festoie en découvrant que Bane a réussi sa mission à la bourse de Gotham. Sauf qu’en passant une porte, il tombe sur Catwoman, et s’étonne de trouver celle qu’il avait engagé – et tenté de piéger – pour voler les empreintes de Bruce Wayne dans sa propriété, et se met donc en colère. Heureusement que je ne suis pas comme lui à chaque fois que je trouve une jeune fille imprévue dans ma chambre, sinon ça deviendrait compliqué, mais je sens que l’on va encore remettre en cause ma légendaire modestie, laissons donc cela de côté. Une petite bataille éclate, mais Catwoman et ses talons-lames (si, si) mettent à mal le brigand, et exigent de lui qu’il respecte sa part du marché suite au vol chez Bruce Wayne, à savoir, lui donner l’accès à la "table rase", un projet permettant de réduire à néant toute trace de soi sur toute machine connectée à internet. Bref, l’idéal pour repartir à zéro.

Ou pour effacer tous les Powerpoints qu’envoie Gérard de la compta, mais c’est une autre histoire.

Sauf que Dagget lui explique que la "table rase" est une légende, et que Wayne Enterprises n’a jamais réussi à acquérir pareille machine. Il lui explique aussi que maintenant, ça suffit : ses hommes vont lui marraver sa face de voleuse pour lui apprendre la vie. Catwoman sent que le combat contre toute la sécurité de Dagget est mal engagé, surtout en sachant qu’ils sont tous surarmés (mais elle-même s’autorise à utiliser des armes à feu, contrairement à Batman), mais alors qu’elle va succomber sous le nombre… Batman arrive aussi à sa rescousse (comment a t-il su ? Il cherchait Sélina grâce au collier ? Pas de bol, elle le le porte pas. Il a donc juste… deviné, woah !), et l’aide à s’enfuir via son véhicule volant. Alors qu’ils s’échappent, ils notent qu’en plus de la sécurité de Dagget, Bane en personne était présent sur place. Tiens, comme c’est étrange !

D’ailleurs, en s’enfuyant, ils se font tirer dessus par 12 hommes avec des fusils d’assaut à 5 mètres d’eux, mais évidemment, pas un ne touche. Bane a dû recruter ses hommes sur leur strabisme : heureusement que Jean-Paul Sartre est mort, sinon il l’aurait nommé général. Mais que disais-je ? Ah, oui, oui. Batman, donc.

Allant se poser sur un toit plus sûr, le chevalier noir papote donc avec Catwoman, lui expliquant que Bruce Wayne lui a demandé de savoir pourquoi elle avait volé ses empreintes. La jeune femme coopère et explique Dagget lui a proposé cette mission en échange du "table rase", mais qu’elle vient d’apprendre que ce dernier n’existait pas. Batman n’est pas aussi sûr de cela, et lui dit juste qu’il va se renseigner. Puis, tous deux se séparent dans la nuit.

En rentrant chez lui, Bruce a le droit à une petite crise de la part d’Alfred, qui lui explique que ho, hé, multimilliardaire ! Ça suffit de faire le kéké en tenue moulante, vous avez les moyens d’aider la justice avec votre argent et votre influence politique, alors faites cela plutôt que le ninja ! Le vieux majordome ajoute qu’il a déjà enterré deux Wayne, il ne voudrait pas perdre le troisième. Il dit donc à son maître que s’il ne renonce pas à la cape, il partira, car refusant de soutenir pareille aventure. Et Bruce lui explique que, nan, là, il veut trop être Batman : il laisse donc son majordome se barrer, ah mais, ça suffit le chantage affectif !

J’allais oublier : Bruce a aussi obtenu quelques informations sur le mystérieux Bane : il s’agit d’un mercenaire, lié à Dagget qui l’avait déjà recruté pour des opérations illégales en Afrique, et qui est un ancien membre… de la ligue des ombres, c’est-à-dire celle que dirigeait Ninjabouc et qui a formé Bruce ! Il serait né et aurait grandi dans une prison ultra-violente d’un pays lointain et archaïque, et serait donc d’autant plus redoutable. C’est fort bien, mais bon, là tout de suite, Bruce a surtout envie de pioncer après toutes ses aventures, ce qu’il fait.

Le lendemain matin, disons-le, Bruce a un peu la gueule de bois : non seulement personne ne lui a fait son café maintenant qu’Alfred est parti, mais en plus, Lucius Fox vient lui rendre visite après avoir étudié le piratage de la bourse de Gotham : Bane a utilisé les empreintes digitales volées de Bruce pour confirmer des milliers d’achats d’actions pourries (il pouvait aussi confier son portefeuille à François Baroin pour obtenir un résultat proche) et le pauvre Bruce est donc… ruiné ! Et n’a même plus d’actions dans sa propre société ! Ho bin non alors ! La chose n’est que temporaire, explique Lucius, mais il faudra beaucoup de temps pour prouver que tout cela est une fraude et…

… hein ? Vous allez avoir besoin de temps pour prouver que ces échanges ont été biaisés, en sachant qu’ils ont tous été réalisés au moment où des centaines de gens et des dizaines de caméras peuvent confirmer que la bourse de Gotham était braquée ? Et que vous aviez même des caméras montrant un type en train de pirater l’un des ordinateurs ? Et bin mon Lucius, si pour toi, la fraude est dure à prouver avec ça, j’espère qu’on ne te volera jamais ton chéquier mon bonhomme.  Quelle vieux flan, en fait, ce garçon. M’étonne pas que Wayne Enterprises n’avance pas quand Bruce n’est pas là si c’est lui aux commandes.

En tout cas, Lucius a un plan pour la suite : Wayne va devoir quitter ses fonctions chez Wayne Enterprises puisqu’il n’en est même plus actionnaire, et il doit donc choisir quelqu’un pour lui succéder ; sachant que Dagget est déjà prêt, mais que c’est l’ordure derrière toute la manoeuvre (là encore, ni Bruce ni Lucius ne parlent de tenter quoi que ce soit contre lui, voire de prouver son complot, non. Ça ne les intéresse pas, on a même presque l’impression qu’ils trouvent cela normal) puisque c’est lui l’employeur de Bane et celui derrière le vol des empreintes, aussi Lucius propose une solution : proposer au conseil d’administration Miranda, la jolie actionnaire-écolo, et lui montrer le réacteur à fusion pour qu’elle s’en serve pour refaire avancer Wayne Enterprises. Soit, dit Bruce : continuons de cacher le réacteur sans aucune raison à l’ensemble du conseil d’administration, qui n’a même pas l’air de se soucier de ce qu’il est advenu de, je cite Lucius, "La totalité du budget recherche et développement", et montrons-le uniquement à une actionnaire fraîchement débarquée au motif qu’elle a un joli cul et vote Verts.

Comme on pourra le constater quelques scènes plus tard, le conseil d’administration de Wayne Enterprises est constitué en grande partie de vieux briscards tous rangés sous la bannière de Bruce en toute loyauté, mais comme eux n’ont pas de noms, on ne leur propose rien : c’est vrai, pourquoi mettre à la tête de son entreprise quelqu’un de confiance et d’expérimenté en période de crise ? Autant prendre la nouvelle inconnue qui ne connait pas encore bien la maison.

Lucius a eu beau ne rien faire durant 8 ans et expliquer qu’il est trop dur de prouver qu’un braquage filmé avec des centaines de témoins a bien eu lieu, Bruce suit quand même ses conseils avec soin pour choisir son successeur. Hmm hmm, d’accord.

La fameuse Miranda est donc emmenée jusqu’à un coin du port de Gotham, où via un autre passage secret (je pense que Lucius adorait jouer à Labyrinthe quand il était petit), elle arrive dans une salle où trône un réacteur über-design avec des petites lumières vertes pour dire qu’il est écolo. Bruce l’attendant sur place, il lui présente rapidement le bébé.

"Voilà Miranda, l’avenir de Wayne Enterprises. Un réacteur à fusion, l’énergie de demain. Nous l’avons installé ici car nous ne sommes pas encore certains qu’il soit sûr : en cas de problème, on peut donc noyer cette salle et le noyau du réacteur avec pour le calmer directement.
- Formidable, Bruce ! Comme dans tous les films de super-héros, il faut toujours qu’un débile installe son nouveau réacteur expérimental en pleine zone surpeuplée ! Tenez, on dirait Spiderman 2 ! Et comme dans tous les films là encore, je suis sûr que ça va poser problème. D’ailleurs, chaque invention de Wayne Enterprise finit inévitablement dans les mains des méchants. Vous vous souvenez du premier volet de cette trilogie ? Allez, arrêtez de me charrier : votre énergie verte, c’est du recyclage de films en fait ? Si vous voulez, je vous présente Quentin Tarantino.
- Votre gueule Miranda."

0

Heureusement, un nouveau dialogue d’anthologie vient un peu plus enfoncer le clou de cette scène

"Miranda, n’oubliez pas : ce réacteur n’est pas encore sûr. Il faut donc être prudent.
- Comment ? Vous me demandez de le DETRUIRE, C’EST BIEN CA ? Mais enfin Bruce, jamais car…"

0

Et donc, s’ensuit une tirade incohérente sur un truc que Bruce n’a jamais demandé. Voilà voilà : Miranda est probablement une truite en fait. Je pense qu’ils peuvent inonder la salle du réacteur là, maintenant, elle survira sans problèmes.

Cela fait, Bruce lui explique donc qu’il va s’arranger pour la soutenir et obtenir son élection en tant que nouvelle présidente du conseil d’administration de Wayne Enterprises. Et effectivement, peu de temps après, le conseil se réunit et malgré le plan de Dagget, ce dernier n’est pas élu, mais bien Miranda. Ce qui signifie donc que Dagget avait conçu un plan diabolique lui coûtant probablement plusieurs millions au bas mot pour devenir président de Wayne Enterprises, mais qu’il avait juste oublié qu’il s’agissait d’une élection et qu’il n’avait donc qu’à se présenter et à obtenir suffisamment de voix, quitte à graisser des pattes. A titre de comparaison, c’est un peu comme si Robert Hue parvenait à obtenir une nouvelle élection présidentielle : ce n’est pas parce qu’il s’y présenterait qu’il gagnerait.

Donc, en fait, tout le plan avec Bane ne servait strictement à rien. Hmmm, d’accord.

Cela dit, comme Dagget est un peu con, il va trouver Bane pour lui expliquer que ça a échoué : il n’est pas devenu président de Wayne Enterprises, et donc, que cacaboudin (c’est son argument phare). Étonnamment, l’armoire à glace qu’est Bane n’apprécie pas trop qu’un freluquet lui parle sur ce ton, et il lui plie donc la gueule, ce qui le tue vaguement. Là encore, rassurez-vous, personne ne s’intéressera à la mort de Dagget. Ce n’est pas comme si la mort d’un multimillionnaire attirait l’attention, non. Un nouveau single de René la Taupe ferait plus parler de lui.

Bruce, ruiné, va lui de son côté errer un peu de-ci de-là, poursuivi par des hordes de photographes se passionnant pour sa chute. Là encore, personne ne semble se rappeler du braquage de la bourse de Gotham datant pourtant de la veille, et accompagné d’une large fusillade, et tout le monde pense qu’en fait, Bruce Wayne a bien passé tout ces ordres d’achats et de ventes d’actions visant à le ruiner, et ce depuis la bourse à l’heure du drame. C’est formidable comme chaque personnage semble accepter le déroulement absurde de l’intrigue dans ce film. D’ailleurs, sachez que Bruce peut faire disparaître les photographes qui le suivent à volonté et sans éveiller leur attention grâce à une habile technique appelée "La réalisation change de scène en les faisant disparaître sans explication pour ne pas qu’ils soient témoins de ce que je ne veux pas". C’est un peu comme si Paris Hilton voulait faire quelque chose discrètement : tout le monde rirait très fort. Mais là, non.

Sachant qu’en plus on explique que Bruce s’est fait saisir jusqu’à sa voiture pour payer ses dettes, il faudra qu’ils m’expliquent comment il les a semés sans éveiller de soupçons sur sa double identité, mais passons. C’est Batman, tout de même.

Notre ex-milliardaire va donc chez Catwoumoune (elle est en civil), dont il a récupéré l’adresse, et lui explique que son ami Batman aurait besoin d’elle pour aller trouver Bane, le responsable de tous ses ennuis (il aurait aussi pu aller voir Dagget du coup, puisque c’était lui qui avait embauché le terroriste pour son plan, mais Bruce sait déjà qu’il est mort grâce à ses pouvoirs de divination et préfère donc aller voir la voleuse qui a manqué de peu de se faire buter par les hommes de Bane pour savoir si ce dernier ne lui aurait pas dit où était sa planque, comme ça, parce qu’il adore le révéler à ses ennemis. Peut-être même l’a t-il posté sur Twitter). Et ça tombe bien, sans raison aucune, Catwoumoune sait où se cache Bane : sous terre, et bel et bien avec toute une armée. Et elle peut y guider Batman. Okay, dit Bruce : ce soir, chaussez votre petite tenue moulante, le chevalier noir vous rejoint et vous le mènerez à Bane. En attendant, moi je vais me taper la petite Miranda, puisque maintenant que je suis pauvre, faudrait que je pense à épouser une riche.

Soit, faisons ainsi, dit la voleuse. Et en échange ? Et bien Bruce s’engage à lui filer le "table rase"… car il existe… et il l’a (ça tombe bien quand même). Marché conclu, donc. Et comme prévu, Bruce s’en va retrouver Miranda, nouvelle présidente de sa société, et a tôt fait de la séduire avant de lui proposer de lui montrer son gros batarang. La nuit peut donc arriver sans encombre, et trouver notre justicier plus léger que jamais.

Le soir même, les deux héros se retrouvent donc à l’entrée des tunnels de Gotham, et commencent à y rentrer, tabassant toutes les sentinelles de Bane sur leur chemin ; finalement, en arrivant dans une salle, une grille se ferme entre Catwoman et Batman : elle a attiré Batman dans un piège ! Parce qu’en fait, elle a… heu… je… attendez, pourquoi a t-elle trahi ? Elle veut le "table rase". Pour ça, elle doit aider Batman. Et Bane, lui, il lui file quoi en échange de sa trahison ? Et bien… rien.

Catwoman vient donc d’échanger son but ultime contre du rien : on l’applaudit bien fort.

Catwoman aime tellement le rien que parfois, elle en vole

Batman se retrouve donc enfermé dans une salle souterraine… avec Bane ! Et ses hommes autour l’acclamant. Ce dernier lui propose un duel pour le calmer un peu, et s’ensuit un terrible combat au corps-à-corps, durant lequel Batman s’avère largement dépassé par le terroriste, qui, sous les yeux de Catwoman, révèle l’identité de l’homme-chauve-souris : Bruce Wayne ! Puis, comme il a assez rigolé, Bane soulève le pauvre Bruce… et lui éclate le dos à l’aide d’une prise de catch d’un fort beau gabarit. Enfin, il lui montre quelque chose de rigolo : Bane fait exploser le plafond de la salle où ils se trouve, et tombe du ciel… une batmobile ! Ils sont sous la planque de Lucius Fox, sous les locaux secrets de Wayne Enterprises ! Et bientôt, sous les yeux désespérés de Batman, les hommes de Bane mettent la main sur tout son attirail, des véhicules expérimentaux aux armes, les rendant plus puissants que jamais… Sacrebleu !

Juste comme ça : comment l’ami Bane a fait pour savoir où se trouvaient ces locaux (et même qu’ils existaient), sachant que seuls Fox et Bruce en connaissaient l’existence et qu’ils n’apparaissaient dans aucun document (ce que Bruce pouvait confirmer grâce au "table rase" à chaque instant, puisqu’il affirmait le posséder) ? Et bien là encore : divination. D’ailleurs, il savait même comment était rangé la salle, puisqu’il a fait un trou pile au bon endroit, pour faire choir une batmobile sans même l’endommager, ni dégringoler les étagères alentours.

Nicolas Cage serait apparu dans cette scène, je n’aurais même pas été étonné, c’est dire.

Vaincu, le chevalier noir est lui emmené dans le pays d’où est originaire Bane, à savoir un pays fatigué du Moyen-orient où on le jette tout au fond de la prison qui a vu grandir son adversaire, et qui est en fait un gigantesque puits avec des cellules au fond où s’entassent des dizaines de prisonniers crasseux. Là, Bane lui explique ce qu’il va faire : d’abord, lui laisser une petite télévision d’où il pourra suivre ce qu’il se passe à Gotham, afin que son esprit puisse souffrir maintenant que son corps est brisé. Ensuite, le laisser pourrir au fond de la prison à regarder tout cela, pendant que lui va retourner à Gotham entamer une ère de chaos au nom de… Ninjabouc, puisque c’était le plan de celui-ci dans le premier volume dans la trilogie : punir toute la ville corrompue. Et Bane s’en retourne aux Etats-Unis, et ce, en se téléportant, ce qu’il était important de préciser pour continuer le festival des trucs ratés que propose ce film. Splendide tapis rouge.

De retour à Gotham, Bane se met à préparer son plan diabolique : il se rend chez Wayne Enterprises, prend tout le conseil d’administration en otage, et emmène l’un de ses membres anonymes, Fox et Miranda ainsi que le Docteur Pavel (mais si, souvenez-vous, au début du film ! Le mec que Bane a déjà capturé mais qu’il met super en danger… pour le re-capturer pour rigoler, et bien le revoilà) jusqu’au réacteur à fusion de la société, qu’il semble curieusement connaître, et ordonne aux membres du conseil de Wayne Enterprises présents de l’activer ; tous déclinent malgré la menace des armes, jusqu’à ce que Miranda se dévoue pour lancer le bidule. Cela fait, Bane ordonne au Docteur Pavel, expert dans le domaine, de rendre le noyau instable et de le détacher du réacteur pour en faire… une bombe atomique ! Ah !

Au même moment, le plus gentil des policiers de la ville, l’agent Blake, commence lui à travailler directement pour le commissaire Gordon depuis son lit d’hôpital, étant ses yeux et ses mains là où il ne peut-être (les péripatéticiennes apprécieront ce geste grâcieux) ; après une enquête pas facile, Blake arrive à une incroyable déduction : il y a une armée sous la ville… et elle est dirigée par Bane en personne !

D’accord, mais en fait, tout ça, ça faisait des plombes qu’on le savait, non ? Depuis la fusillade dans les égouts, pour être exact, je crois. Enfin, on est plus à ça près. Mais visiblement, cette fois, cela secoue la police plus que la dernière fois et l’officier Foley, en tant que remplaçant de Gordon, ordonne à TOUS je dis bien TOUS les policiers de la ville de partir à l’assaut des souterrains (j’imagine bien l’arrivée massive de pervenches, ça doit faire peur). Mais attention, en entrant tous par le même tunnel et en formant un groupe compact de 3 000 personnes. Comme ça, s’il y a un terroriste occupé à lire Pif dans un tunnel, il sera sûrement surpris par l’approche furtive de ces milliers de joyeux fonctionnaires.

… c’est nul. Profondément nul.

Mais pendant ce temps, Blake enquête lui sur de curieux schémas de travaux publics qu’il a retrouvé en enquêtant un peu, et découvre qu’en fait… Bane a posé des milliers de bombes sous la ville !

Voilà : divination, téléportation, furtivité et explosifs en quantités abusives, le recyclage du personnage du Joker du volet précédent est complet. Les cheveux en moins : il y a toujours des pertes dans le processus.

Blake hurle donc à Foley que tout cela est un piège visant à bloquer tous les policiers de Gotham sous terre (car oui, Bane avait deviné que la police enverrait tous ses hommes en un seul contingent le chercher alors que ça n’a aucun sens), mais évidemment, à la seconde où il le fait, toutes les bombes se déclenchent : les rues de Gotham sont parcourues d’explosions venues des tunnels (il faudra donc à nouveau m’expliquer comment, durant des années, personne n’a remarqué l’armée souterraine et ses bombes se promenant), et même les ponts reliant la ville au monde extérieur sautent (là encore, personne n’a remarqué des terroristes posant des explosifs sur 5 ou 6 ponts en même temps, soit), isolant complètement la cité et la plongeant dans le chaos le plus total ; les policiers, eux, sont littéralement bloqués sous terre, les effondrements bloquant les issues.

Et, non :

  • Jamais ils ne penseront à sortir par une plaque d’égout
  • Alors que des tonnes de bombes viennent d’éventrer les rues, aucun policier ne profite de ces trous béants pour sortir
  • Déblayer ? N’y pensons même pas

A noter que les pompiers, qui eux, n’étaient pas dans les souterrains, n’apparaîtront pas du film alors que l’on peeeeeuuuut imaginer que ce genre de situation les concerne. Un peu, du moins. On dira qu’ils avaient un truc plus important à faire ailleurs, comme par exemple un Jungle Speed avec une grenade.

"On pourrait p’têt’ faire un truc ?
- Nan.
- Alors on fait rien ?
- C’est ça. C’est bien le rien.
- Dis donc, tu serais pas un peu Catwoman ?"

Bane, lui, se rend au stade local où une bonne partie de la population était pour cause de rencontre footballistique ; après avoir fait s’effondrer tout le terrain ou presque, ne laissant que les tribunes autour d’un immense cratère, il apparaît sur l’un des bords dudit cratère, traînant derrière lui le noyau instable du réacteur, et explique la situation en utilisant les hauts-parleurs du stade.

"Salut les amis, je suis Bane. Malgré ma tête de catcheur contrarié, je suis votre nouveau meilleur pote. Alors, voilà le topo : je suis trop une rebelle, et grave le Che local, et je vous propose une révolution bon peuple de Gotham. Sachez qu’on vous a menti : Harvey Dent était un psychopathe, on vous a maintenu dans ce mensonge toutes ces années pour que l’ordre établi se maintienne. On va tous ensemble sortir les riches de leurs tanières et se partager leur fortune entre nous, parce que merde, il n’y a pas de raisons. Bon, je suis moi-même vaguement riche, puisqu’entretenant une immense armée de mercenaires ainsi qu’un nombre incalculable d’armes et d’explosifs, mais chut, n’en parlons pas. Bref, voilà : pillez, faites vous plaisir. Par contre, attention, nouvelles règles ! Ce sont moi et mes hommes qui font la loi, ni la police, ni le Batman ne sont là pour vous protéger, donc tenez vous à carreaux. Et sachez que voici mon amie Bombinette, la bombe qui pète très fort. Si jamais un seul d’entre vous s’avise de fuir Gotham, le propriétaire du détonateur – dont je ne donne pas le nom ! – fera tout péter dans un rayon de 10 kilomètres. Voilà, c’est tout, vous pouvez rentrer chez vous. Ah si, je voudrais dire au propriétaire de la Cadillac immatriculée RoXoR que je l’ai un peu abîmée en me garant sur le parking du stade avec ma batmobile. Désolé mec."

Et nonobstant le petit "enculé !" partant d’une tribune du stade, Bane en profite pour rajouter quelque chose "Ah oui, il n’existe qu’une seule personne capable de désamorcer cette bombe d’un nouveau genre, et c’est le professeur Pavel. Et regardez, hop, je l’tue !" et en effet, urgh fait le pauvre docteur en s’effondrant sans vie après que Bane ait tenté de jouer à Twister un peu fort avec sa tête. Ce que Bane ne dit pas à la foule, par contre, c’est qu’il ne fait tout cela que pour torturer Bruce Wayne. En réalité, la bombe explosera quoiqu’il arrive, le réacteur étant instable. Et dans très exactement 5 mois (c’est précis), Gotham sera rayée de la carte avec ses péchés.

Allez savoir pourquoi, mais je pense que Batman va du coup mettre 4 mois et 29 jours à revenir. Aucun rapport avec le fait que l’on a rarement vu un héros désamorcer une bombe avec de la marge.

C’est donc parti : la ville est à feu et à sang, et nous rentrons dans une partie particulièrement longue du film, que je vais vous raccourcir parce qu’elle donne méchamment envie de regarder sa montre (ou de lécher du LSD en attendant que ça passe) :

  • Les riches se font tabasser/pendre/exécuter de diverses manières (Arlette Laguiller approuve ce message)
  • Les prisonniers de la prison locale sont libérés, puisque dans Batman, c’est un peu une tradition
  • Au bout de 30 secondes, les rues sont désertes : les gens restent chez eux à jouer à la belote
  • L’armée américaine entoure l’endroit, mais n’intervient pas de peur que tout ne saute. Elle fournit juste de la nourriture à l’île et des biens de première nécessité, tout en empêchant quiconque de fuir, pour éviter que là encore, la bombe n’explose comme l’ont annoncé les terroristes
  • La bombe est planquée dans un camion blindé escorté en permanence par une batmobile, et le petit cirque tourne en ville. Pour éviter que le tout ne soit pris d’assaut, deux convois identiques circulent aussi dans Gotham sans que l’on sache dans lequel se trouve le réacteur instable
  • Les rares policiers encore à la surface, désormais en civil pour éviter les ennuis, envoient des messages d’espoir à leurs collègues sous terre, mais ne pensent pas à les en sortir malgré toutes les options possibles. Non, creuser un trou dans une baraque pour accéder discrètement aux tunnels et les faire sortir ou autre ne passe par la tête de personne. C’est bête. Ah, Berlin, on t’a déjà oubliée !
  • De temps à autres, les policiers tentent un truc quand même (repérer le camion avec la bombe, faire sortir un ou deux collègues des souterrains) ou bien l’armée (ils envoient des commandos rejoindre la résistance) mais à chaque fois, Bane utilise conjointement ses pouvoirs de téléportation et de divination et se trouve TOUJOURS là où il faut sans aucune explication. C’est un peu lourd, en fait, au bout d’un moment.

Dans le même temps, du fond de sa prison du moyen-orient, Bruce Wayne soufre en regardant sa ville se consumer. Il finit même par en péter la télé, ce qui est dommage puisque du coup, il aura moins d’informations pour intervenir s’il veut y retourner ("Ah mais Monsieur Wayne, la ville a sauté il y a trois semaines, vous ne regardez jamais la télé ?"). Mais surtout, il reprend du poil de la bête : hop, un autre prisonnier s’avère être par chance un ancien médecin, et lui remet donc le dos en place, lui permettant d’enchaîner aussitôt avec des pompes pour repartir en forme. La prison ne comporte aucun garde, ce qui est intéressant, et on dira que c’est parce que c’est plutôt une gigantesque oubliette à ciel ouvert. Les prisonniers tentent donc régulièrement de s’évader en escaladant les parois, mais ils finissent toujours par tomber, au point que c’en est devenu un rituel : aidé d’une corde et sous les acclamations de ses camarades, le prisonnier grimpe, et en général, se vautre toujours au même endroit.

Non, aucun prisonnier n’a jamais pensé à bricoler du matériel d’escalade pour faire des prises sur les murs alors qu’ils n’ont visiblement que ça à faire de la journée. Sérieusement, dans ce film, vous vous rappelez de beaucoup de personnages avec un comportement logique, vous ? Voilà, c’est bien ce que je me disais.

En tout cas, du fond de son trou, Bruce Wayne apprend pas mal de choses grâce à ses compagnons de cellule, et pas seulement à se méfier du mystère du savon volant, grâce à de formidables dialogues :

"Bane a grandi dans cette prison.
- Ah oui, c’est cool, mais là je fais des pompes papy, va vider ta poche à urine,  j’ai des culs à botter.
- Ouiiiii, et pour ça tu veux t’évader, mais seul un enfant a réussi un jour à le faire !
- Un enfant ? Bane ?
- HOLALA JE PRENDS SOIN DE CONTOURNER LA QUESTION oui, un enfant dont-je-n’utiliserai-jamais-le-prénom. Il était le fils d’un mercenaire… un certain Ninjabouc.
- Ninjabouc ! Mon vieux maître mille fois maudit !
- Certes, et sache que l’enfant-dont-je-ne-dis-pas-le-nom-alors-que-si-c’était-Bane-je-le-dirais-sans-souci a ainsi eu un destin étrange : lorsque Ninjabouc était mercenaire, il a copulé avec la fille du chef de guerre qui l’employait. Ce dernier a voulu envoyer ce satyre ici, mais la fille, éperdument amoureuse (hahaha, les nanas) a obtenu sa libération. Lui a simplement été relâché, mais il n’a jamais connu le prix de sa liberté : c’est la fille du chef de guerre elle-même qui en échange a dû payer sa dette en allant en prison à sa place. Et elle était enceinte… de l’enfant.
- Okay, mais alors l’enfant, c’était Bane ?
- Hohohoho, si je commence à répondre aux questions… je vais faire comme si je n’avais rien entendu. L’enfant a donc grandi, mais a perdu sa mère lors d’une émeute de prisonniers. Il n’a survécu que parce qu’un mystérieux protecteur le défendait toujours en prison, mais je ne vais pas non plus donner son identité alors que je la sais et que ça ferait gravement avancer l’histoire. 
- Relou.
- Pardon ?
- Rien. Bon allez, c’est parti, allez Mustafa, passe-moi mon slip, ce soir j’méchappe."

0

Et comme c’est très recherché, Bruce fait donc trois tentatives d’évasion via l’escalade des parois du puits qu’est la prison :

  • L’une où il tente comme ça, hop, et se vautre, seulement retenu par la corde
  • La seconde où le papy partageant sa cellule lui a dit "Utilise la force de ton esprit, pas de tes bras pour y arriver" mais comme il est pressé, Bruce essaie encore et échoue, sauvé d’une chute fatale par la corde
  • La troisième où il écoute le crypto-Obi-Wan et décide d’y aller sans corde pour que les chocottes lui donnent la force d’y arriver, et évidemment, ça marche, car comme chacun sait, un mec qui vous explique qu’il a le truc pour s’évader depuis 20 ans mais qu’il ne l’a jamais utilisé est forcément un type qui ne se fout pas de vous et qu’il faut écouter

Incroyable coïncidence : Bruce s’évade à deux jours de l’explosion de la bombe. Le temps de rentrer au pays, il n’aura plus que quelques heures devant lui. Étonnant, non ?

Rah, un vieux dans un coin désert qui recommande d’utiliser le pouvoir de son esprit en faisant fi des outils des hommes pour accomplir des choses… rah, où ai-je déjà vu ça ?

Voilà, nous venons de passer sur une succession de trucs convenus et particulièrement longuets, revenons-en donc au reste du film (qui restera cependant convenu, et relativement longuet, rassurez-vous). Car à Gotham, il se passe des choses ! Déjà, l’hiver est tombé, et tout espoir semble désormais éteint, puisque Foley refuse de commander les derniers policiers résistants en ville de peur d’être abattu par les hommes de Bane, et que le commissaire Gordon a été fait prisonnier. Ce dernier est donc emmené devant le tribunal populaire de l’île où, trônant au sommet d’une pile de bureaux, se trouve celui qui fut l’Épouvantail dans le premier volet, le docteur Jonathan Crane, psychopathe sans grand intérêt. En bonne parodie de juge, le malfaiteur propose deux solutions à Gordon et ses hommes pour leurs crimes : l’exil ou la mort.

Sachant que l’exil est en fait simplement une condamnation à marcher sur la glace recouvrant la rivière locale pour tenter de rejoindre l’autre rive, et que celle-ci craquant à chaque fois sous les pieds des candidats, ils meurent tous en tombant dans l’eau glacée, hein.

Du coup, Gordon et ses hommes choisissent… la mort. Et on leur explique que, très bien, alors ce sera la mort par l’exil ! Hohoho ! Ils sont donc envoyés de nuit sur les bords de la rivière, afin de tenter leur chance, et marchant avec précaution, ils essaient de ne pas briser la glace sous leurs pas.

Quelle n’est pas leur surprise lorsque, soudain, des projectiles soporifiques atteignent les gardes qui les observaient s’avancer sur l’eau gelée, et qu’apparaît en face d’eux, surgissant de l’obscurité… Batman !

Dis-donc Batman, c’est moi ou avec tout ton attirail tu dois être deux fois plus lourd que le péquin moyen ? Alors explique-moi ce que tu fous sur la glace toute fragile, à part te donner un genre ? Tu imagines ce qu’il se serait passé dans un monde crédible ?

"Regardez, une forme dans l’obscurité !
- Ahah, et oui, c’est bien moi, Ba – PLOUF -
- Ah non, y a plus rien, j’ai dû rêver. Peut-être était-ce juste un phoque."

0

Mais Batman n’en a pas fini avec les artifices pourris : il tend une torche au commissaire Gordon, lui demandant de la jeter sur la glace : nonobstant le fait que c’est très con, surtout quand on est sur ladite glace, le policier s’exécute et la torche enflamme alors un filet de liquide (et oui, l’eau gelée se porte toujours bien malgré l’incendie, merci) qui monte le long de l’une des piles du pont voisin, jusqu’à enflammer, sur l’une des immenses arches, une titanesque forme de chauve-souris visible à des kilomètres à la ronde. Bane, qui observe cela, est tout simplement bluffé (le spectateur attentif notera que Bane doit être dans un autre fuseau horaire, puisque de là où il est, il fait jour, mais bon) et s’exclame "C’est impossible !" comme tout méchant pourri qui se respecte.

Bin si, mec, c’est possible : tu as abandonné un type blessé au fond d’une prison avec un médecin, sans garde, et avec juste un peu d’escalade pour s’enfuir. Tu t’attendais à quoi, sachant qu’il a eu le même entrainement de ninja que toi ?

Moi la vraie question que je me pose, c’est "Comment Batman a pu peindre une forme de chauve-souris géante sur une immense arche de pont sans que personne ne le remarque ?" ; non parce que vu la taille du truc, il a dû y passer au moins quelques heures à bien faire attention de pas louper la symétrie du motif et tout. Il avait des petites bombes à napalm sur lui pour barbouiller le pont ? Il s’est installé une petite plate-forme de peintre en bâtiment ?  Il s’est pas dit qu’une telle quantité de produit incendiaire pourrait servir à autre chose qu’à une illumination de Noël ? Non : Batman est juste complètement con et adore faire de l’art contestable en s’habillant n’importe comment.

Attendez, est-ce moi ou je viens de donner la définition du hipster ? Hooo. Je comprends bien des choses. Enfin bref.

Le justicier, après avoir libéré le commissaire Gordon, s’en va aussi sauver l’agent Blake qui s’était mis en mauvaise posture en pensant ENFIN à ouvrir une plaque d’égout pour en faire sortir les policiers prisonniers, et alors que ça marchait plutôt pas mal, avait été surpris. Il explique alors comment les choses vont se passer : il va filer à Gordon un gadget à coller sur la bombe pour bloquer tout signal qui pourrait lui être envoyé, et ainsi feinter le détonateur (que Bane doit avoir), et d’un autre côté, aider Blake à faire sauter les débris obstruant les souterrains pour en faire sortir une armée de près de 3 000 policiers qui, bien que n’ayant pas vu la lumière du jour depuis 5 mois, s’avère  plutôt en forme et propres sur elle quand elle commence à sortir de sous les caillasses. Okay.

Au petit matin, donc, les rues de Gotham sont animées par un immense défilé de policiers pas contents qui se rapprochent du QG de Bane : la mairie de Gotham. Face à eux, des dizaines de terroristes équipés de fusils d’assaut ainsi que les batmobiles volées bourrées de roquettes et autres trucs rigolos les attendent. Heureusement, pour se défendre, nos vaillants policiers ont…

Des matraques.

Oui, ils sont rentrés dans les souterrains avec des armes, mais ils sortent se battre avec des matraques (ils ont dû manger leurs armes, probablement), et… chargent donc héroïquement les vilains, façon Braveheart en brandissant leurs bâtons d’autorité.

Hmmm… c’est moi ou c’est de pire en pire ?

Heureusement, pour éviter une hécatombe, les policiers semblent protégés magiquement par la réalisation puisque même alors qu’ils se présentent de face, à découvert et en formation serrée face à des armes automatiques et à des blindés qui ouvrent le feu sur eux, il faut savoir qu’à peine un agent sur 30 tombe dans la charge. On peut même voir en regardant bien des mecs se faire arroser à bout portant et ne pas tomber, parce que même les figurants ne pouvaient pas simuler un truc crédible tant la scène n’a aucun sens ; rapidement, donc, les malandrins se prennent des matraques dans la gueule et font moins les malins ; mais dans la mêlée, le terrible Bane est présent, faisant du catch sur tous les policiers passant à sa portée ; bon, il n’en tue aucun (ne me demandez pas pourquoi), mais c’est impressionnant quand il les pousse, comme ça, de ses petits bras, on sent vraiment qu’il est méchant. Les pousser, trop dur. Il ne s’est gardé les croche-pieds qu’en dernier recours.

Et il va lui falloir justement se forcer un peu, puisque Batman atterrit dans la mêlée et commence un duel contre lui (où, comme toujours, personne d’autre ne vient aider son champion). Batman, c’est pas pour t’emmerder, mais il y a toujours trois batmobiles blindées en train de massacrer les policiers (enfin, massacrer… les protections magiques et scénaristiques entourant les policiers réduisent pas mal les dégâts, et eux peuvent donc tabasser les véhicules à la matraque, c’est sympa), donc tu aurais peut-être sauvé des dizaines de vie en roquettant d’abord ces vilains véhicules depuis ta "bat" volante, puis seulement en allant te battre avec Bane. Mais bon, si Batman devait être efficace pour gagner, où irait le monde ?

Sinon, Bruce, juste comme ça, tu sais qu’un adversaire plus fort, tu as le droit de lui taser la gueule au lieu de juste lui mettre tes petits poings dans la margoulette ? Ca irait plus vite et ça sauverait des gens. Enfin, je dis ça…

Or donc, le duel entre nos deux loulous tourne cette fois-ci à l’avantage de Batman, sans aucune raison, en fait, autre que le fait que la fin du film approche doucement et malgré le dos fragile du chevalier noir. Comme quoi. Ils finissent donc tous deux par se battre dans la mairie, jusqu’à ce que Batman mette le brigand à terre, et ne croise Miranda, elle-même dans le bâtiment, lui demandant de se mettre à couvert ("Vite, trouve une cuisine et reste-s-y !") pendant qu’il en finit avec le terroriste masqué. Il ordonne donc à Bane de lui donner le détonateur, mais celui-ci lui répond, qu’il ne l’a pas. Et en écoutant Batman lui dire ce qu’il a appris en prison, il lui explique qu’il n’a jamais été l’enfant qui était parvenu à s’évader… cet enfant… l’enfant de Ninjabouc c’était…

Miranda !

Batman le découvre avec horreur lorsque la vilaine lui plante un bon gros couteau dans le dos ; notre héros s’effondre donc, blessé, en écoutant le discours de celle à qui il avait fait confiance (encore une fois, pour des motifs débiles) : c’est elle, l’enfant de Ninjabouc, née en prison ! Bane n’était autre que… son protecteur ! Il l’a protégée depuis qu’elle était petite, et ça, Ninjabouc ne l’a jamais pardonné à Bane (Ha ?! Mais enfin, pourquoi ? Il a sauvé sa fille, au contraire !), même s’il est quand même venu le sortir de prison plus tard malgré tout, pour services rendus. Booooon. Et Miranda a donc fait fortune, puis a intégré le conseil d’administration de Wayne Enterprises, uniquement pour pouvoir mettre la main sur le réacteur à fusion, et s’en servir pour faire exploser toute la ville, hahahaha !

Hem. Miranda ? Comment as-tu pu échafauder ce plan sachant que tu ne savais pas que ce réacteur existait, puisque Wayne le cachait à tout le monde ? Oui hein ? Toi aussi tu es une méchante pourrie, en fait. Tiens d’ailleurs, tu m’expliques pourquoi tu n’as pas fait péter la ville directement ? C’était pour torturer Bruce d’abord ? Il y avait plus simple. Et tiens, au passage, Bane, pourquoi tu as emmené plusieurs membres du conseil d’administration jusqu’au réacteur pour qu’ils l’activent – c’est d’ailleurs Miranda qui l’a fait – quelques scènes plus tôt sachant que Miranda suffisait ? C’était juste pour rigoler, comme ça ? Comme le coup de l’avion au début du film ? Et d’ailleurs, votre plan nécessitait que Miranda devienne patronne de Wayne Enterprises pour avoir accès au réacteur, mais pour ça, il fallait que Dagget fasse sa tentative de coup d’état en dégageant Bruce Wayne… et tout reposait donc sur le fait qu’il fallait que Dagget ait tout seul une idée stupide (oublier que tout se jouait sur une élection au conseil d’administration, la base du truc), fasse appel à Bane de lui-même pour ne pas qu’il sente que c’était moisi (et incroyable coïncidence, il l’a fait) et que Bruce Wayne décide  de confier sa boîte à une actionnaire inconnue plutôt qu’à un de ses hommes de confiance (ce que lui aussi a fait de manière parfaitement idiote). Donc en fait, tout reposait sur… une succession d’incohérences.

Je sais que je me répète, mais je me permets de le rappeler : ce film a été salué à plusieurs reprise pour sa cohérence. Par des gens dont le métier est de regarder ça. Hmmmm. C’est beau.

Bref, Miranda sort le détonateur de son sac à main (donc comme toutes les nanas, elle le cherche trois plombes entre deux brochures, une carte de fidélité et un miroir de poche "Ah oui, il est là, à côté des clés de la Mini, hihihi"), et fait donc leeeeeentement tourner son doigt autour du détonateur en disant "Il est temps d’en finir, Batman… je vais appuyer… maintenant… là… tout de suite… attention… je le fais… je rigole pas… regarde mon pouce" (à ce moment là, la salle a tendance à rigoler en voyant Marion Cotillard faire tourner son pouce autour du bouton pour faire durer inutilement le non-suspens, c’est dramatique) et vous avez donc en parallèle de cette scène le commissaire Gordon qui tente de coller le bloqueur de signal sur la bombe, et pour ce faire, attaque un convoi, mais ha, c’est pas l’bon, puis un autre, mais encore raté, puis un troisième, mais allez-y donc qu’évidemment il fait tomber le détonateur (quel gaffeur alors), qu’il repart le chercher, qu’il revient, qu’il escalade le camion en marche, et qu’évidemment, c’est après les 40 minutes d’hésitation de Miranda, à la seconde où elle se décide enfin à appuyer sur le détonateur, qu’enfin, il parvient à installer le système de blocage.

C’était votre séquence recyclée "Le passage où il arrive des tonnes de merde successives à un personnage pour que finalement, il ne parvienne à son objectif à la dernière seconde" mixée avec "Le passage où l’un des personnages fait traaaainer une action pour laisser le temps aux gentils de s’organiser et l’en empêcher au dernier moment". Je suis sûr que vous ne l’aviez pas reconnue tellement c’était subtil. Si ? Rho, vous êtes durs.

Vexée, Miranda décide donc de se ruer vers la sortie pour atteindre les batmobiles stationnées devant à mitrailler des policiers, et part à la poursuite du camion contenant la bombe que le commissaire Gordon a pourrie.  Camion qui roule encore d’ailleurs (et plus fort encore, Miranda ne prendra aucune précautions pour l’approcher, car elle a deviné – oui, elle aussi – que le commissaire Gordon avait juste bloqué la bombe mais n’avait pas pris le contrôle du véhicule avec ses hommes). Batman est lui laissé avec Bane, qui s’apprête à le tuer lentement (pourquoi faire autrement ?), mais finalement, un puissant tir d’arme à feu vient tuer le pauvre bougre au moment où il allait en finir avec le chevalier noir : Catwoman ! Elle est venue à la rescousse de Batman ! Hoooo bin çaaaa aloooooors (je fais bien la surprise, pas vrai ?).

Il faut d’ailleurs préciser qu’il y a eu une très brève scène lorsque Bruce est revenu à Gotham où il croisait Catwoumoune et lui disait "Tu sais, je t’en veux pas du tout de m’avoir trahi en échange de… en fait, juste pour faire chier alors que je t’offrais le "table rase" que je t’avais proposé.  Je t’en veux pas non plus d’avoir eu le dos brisé à cause de toi, ayant ainsi frôlé la bat-paraplégie. Et puis je ne t’en veux pas non plus de m’avoir ainsi empêché d’arrêter Bane, plongeant la ville dans le chaos et provoquant des milliers de morts; Allez, tiens, je te file la télécommande du "table rase" par pur plaisir, et en échange, tu m’aideras dans mon combat contre Bane, ok ? Tiens, je te file une de mes motos avec de gros canons dessus même pour te motiver."

Et après on s’étonne que des gens deviennent dingues devant ce film.

Mais revenons dans le présent : Bane tué, Batman peut regagner son véhicule volant, pendant que Catwoman part en moto, et que les deux poursuivent le convoi de Miranda ; rapidement, ils abattent toutes les batmobiles du convoi, et ne reste que le camion blindé transportant la bombe, piloté par Miranda elle-même ; Batman cartonne donc la route devant le véhicule, son plan étant de renvoyer le noyau instable jusqu’à l’installation originelle du réacteur, où Lucius Fox pense pouvoir désamorcer le bousin si on le reconnecte à temps.

Sauf que… sauf que Miranda a pensé à cette option, et a donc enclenché la procédure d’urgence permettant de noyer la salle contenant l’installation du réacteur, et supposée noyer le bidule si jamais il surchauffait ; Lucius s’en est donc tiré de peu, mais la situation est désormais un peu pourrie, puisqu’il n’y a guère plus de quoi stopper la bombe. Mais peu après avoir fait cela, le camion de Miranda quitte la route suite aux tirs de l’appareil de Batman, et elle meurt dans l’accident, maudissant le justicier masqué et Gotham dans ses dernières paroles, voire utilisant des termes comme "enculé" histoire de bien marquer son désarroi.

Après, je ne suis pas un super-héros. J'imagine que leur raisonnement m'échappe, un peu comme leur port du slip

Voilà : la "bat" cartonnant les batmobiles, on aurait commencé par ça, Miranda n’aurait jamais pu fuir, la bombe serait restée sous contrôle, et des centaines de policiers auraient été sauvés. Mais encore une fois : détail !

Le commissaire Gordon, qui lui était encore avec la bombe à l’arrière du camion depuis qu’il y avait fixé le dispositif qui va bien, se porte lui à merveille. Comme quoi, il résiste à tout ce garçon, accidents ou embuscades souterrains, et ce sans jamais se protéger ! Le vieux moustachu et Catwoman regardent donc Batman, qui explique savoir que faire de la bombe, alors qu’il ne lui reste plus – quelle surprise ! – que quelques instants avant de sauter. Il va l’accrocher sous son engin volant et partir avec elle loin de Gotham, dans la baie, pour que tout explose loin de la civilisation. Il mourra dans l’affaire mais… il faut bien casser des oeufs, tout ça, et pas seulement ceux des spectateurs qui soupirent en se frottant les yeux.

Avant de partir, Batman voit le commissaire Gordon lui demander sa vraie identité, pour savoir qui les habitants pourront remercier de leur sauvetage, et il lui répond simplement que Batman est dans le coeur de tout le monde, avec la force, la pureté et les licornes. Puis, après ce discours digne d’une blogueuse mode, il dit juste "L’héroïsme, c’est aussi savoir rassurer un enfant qui a perdu ses parents", faisant référence au jour où le commissaire Gordon l’a recueilli, enfant, dans son commissariat après la mort de papa et maman Wayne. Gordon comprend donc enfin qui est Batman, mais bien trop tard.

"Une blogueuse mode. Je ne l’aurais jamais cru."

L’appareil du justicier masqué s’éloigne donc vers la baie, la bombe fixée sous son engin (avec toujours son petit compte à rebours super précis, comme quoi pour un noyau instable, il est pas mal prévisible quand même), et plutôt que de la larguer dans l’eau (après tout, ils avaient dit "En cas d’instabilité du réacteur, on noie la salle et ça règle tout" chez Wayne Industries, alors pourquoi pas ?), il va se faire exploser avec loin, très loin, sous les yeux étonnés de tout le monde : enfants du coin, Catwoman, commissaire Gordon, agent Blake, militaires gardant les rives du fleuve, policiers au centre ville ayant fini par maîtriser l’armée de Bane uniquement avec des matraques – comme quoi, matraque contre fusil d’assaut, on voit qui gagne – et… fondu au noir.

Nous retrouvons donc le commissaire Gordon, l’agent Blake et Alfred le gentil majordome, bouleversés devant la tombe de Bruce Wayne, reposant désormais aux côtés de ses parents à côté du manoir de leur famille, alors que de l’autre côté de Gotham, Wayne Enterprises s’occupe de l’héritage du défunt. Je serais curieux de savoir comment ils ont appris que Bruce Wayne était mort, puisqu’à moins de révéler que c’était Batman, ça a dû être compliqué. A noter aussi que la ville décerne justement une statue à Batman, sauveur de la cité dont elle n’a jamais connu l’identité (Bane avait affronté Batman et révélé son identité devant ses hommes : il n’y en a pas un qui s’est dit "Tiens, si je balançais tout histoire de me faire du fric ?" – là encore : non, c’était une armée de neurasténiques).

L’agent Blake lui, guidé par quelques derniers messages laissés dans l’héritage du défunt, finit par trouver une curieuse cascade près du manoir Wayne… et s’y rend, découvrant ainsi la Batcave. On apprend au passage que le prénom de l’idéaliste agent Blake, qui a démissionné de la police pour s’affranchir des règles et suivre les pas de son héros est… Robin. Le commissaire de Gordon découvre d’ailleurs un soir que, sur le toit du commissariat, un nouveau projecteur a été installé à la place de l’ancien, rouillé : un peu de renouveau ne fait pas de mal, et c’est un nouveau Batman qui est prêt à répondre à l’appel. Quant à Lucius Fox, il fait lui une découverte plus étrange ; Bruce Wayne avait fait installer sur les prototypes de "bat" un… pilote automatique. Et si…

Et en effet : quelque part à Florence, Alfred le gentil majordome s’assoit à un café et sirote tranquillement une boisson, quand il aperçoit devant lui un couple : Bruce Wayne et Catwoumoune, incognito. Il se contente donc de les saluer d’un mouvement de tête, de sourire, puis de se lever et de partir, heureux.

Et… FIN

Ho ?

_________________________________________________

A cet instant précis, moi aussi, je me suis levé et je suis parti.

Mais ensuite, j’ai passé la nuit à stranguler des chiots : il fallait que je passe toute cette haine sur quelque chose.

Merci, Batman.

 

"Lieutenant Ripley, venez vite !"

Au son des appels impatients de l’ingénieur dans les micros de sa combinaison, l’officier se précipite en direction du signal de son compagnon, situé quelques mètres en contrebas dans la vallée rocailleuse où son équipage mène actuellement des explorations. Dans ce paysage désertique violemment balayé par des vents au relief fait d’immenses roches aux arêtes coupantes, la troupe du Nostromo déambule détecteur en main à la recherche de l’origine du mystérieux message les ayant menés jusqu’ici.

Dévalant la pente à toute allure pour se ruer vers son collègue, le lieutenant Ripley finit par tomber, au détour d’un pan de roche, sur ledit Parker, immobile, ouvrant de grands yeux ronds en direction d’un cratère à demi-dissimulé par d’immenses rochers au point d’en être invisible de là où le lieutenant se tenait précédemment. Alors que les autres membres du Nostromo accourent autour de l’ingénieur, celui-ci pointe un doigt vers la structure métallique occupant le centre du cratère, murmurant doucement ce qu’il vient de lire sur la coque sévèrement endommagée de ce qui s’avère être un vaisseau spatial.

"L’USCSS Odieux Connard…
- C’est impossible ! Ce vaisseau est porté disparu depuis des dizaines d’années, vous pensez que c’est son signal de détresse que nous aurions capté ? Allons voir."
0

Descendant en direction de l’épave de l’appareil, les membres du Nostromo sentent les gagner à la fois excitation et inquiétude, à l’approche de ce tombeau spatial. Finalement, en arrivant à quelques mètres du vaisseau, un cri résonne dans les radios de l’équipage.

"Là, regardez, tout le long de la coque, sur le flanc droit ! Des impacts ! Qu’est-ce qui a bien pu causer des dégâts pareils ? 
- On dirait… – s’étonne Ripley en s’approchant et posant deux doigts sur l’un des endroits endommagés de l’appareil avant de les frotter l’un contre l’autre – Oui… on dirait… de la merde.
- Pardon ?
- Ce sont des traces de tir de canon à incohérence, ou peut-être de torpilles à antimatière grise… nous devons entrer. Le message provient de l’intérieur de cette épave !"

0

Posant son gant contre un panneau sur le bord de l’appareil, Ripley provoque l’ouverture d’un sas menant aux obscures entrailles de l’épave ; bientôt, elle et ses compagnons s’engagent dans le corridor, balayant de leurs lampes de poche les plafonds d’où pendent câbles dénudés et tubes divers, alors qu’autour d’eux, partout se dévoilent des cabines désertes où trônent encore les restes de la vie qui avait parcouru ces couloirs : vêtements, bottes, objets du quotidien…

"Mais où sont les corps bon sang ?" – murmure Parker , s’abritant derrière Ripley, jusqu’à ce qu’enfin, cette dernière réponde.

"Là."

Pointant sa lampe vers l’issue du couloir où parait une salle plus large emplie d’écrans de commandes alignés autour d’un siège au cuir abîmé, Ripley fait apparaître dans le faisceau lumineux des dizaines de squelettes entassés les uns sur les autres, provoquant un gémissement d’effroi généralisé dans les micros des combinaisons de l’équipage du Nostromo.

"Quelque chose les a tués et… les a regroupés ici !" marmonne Parker en tremblotant.

Finalement, rentrant dans la salle, Ripley s’approche doucement du siège au centre de celle-ci, et tendant une main tremblante vers le dossier de celui-ci, le fait pivoter d’un coup sec, révélant son contenu : un squelette en costume à cravate rouge, un cigare à demi-consumé encore coincé entre ses phalanges, et un verre d’alcool brun posé sur un accoudoir sous son autre main. Si elle n’avait pas su que cela était impossible, Ripley aurait juré que le tas d’os souriait. Tout le monde sursauta lorsqu’un squelette, visiblement accroupi contre le fauteuil en question là où autrefois l’homme en cravate rouge lui faisait face, s’écrasa au sol suite à cette rotation du siège. Dans un coin de la salle, un écran clignota.

"…. krsshh… USCSS Odieux Connard…krssh… gravement endommagé…. fuyez…fuyez…
- Regardez Ripley ! Le type sur l’écran, il a la même cravate, ce devait être le capitaine ! 
- krsssh… ce film… krsshhh…. est une merde.
- Moi je ne comprends pas pourquoi il fait krsshhh avec la bouche, il est con ?
- Votre gueule Parker, j’essaie d’écouter.
- … Prométhéus… grosse daube… vaisseau a subi trop de dommages… visionnage trop douloureux…
- Hein ?
- krsshhh… Ridley Scott a déclaré… "vouloir faire mieux qu’Avatar"… bon sang, Avatar… krsshhh… considérer ce film comme un gage de qualité… krsshh… aurait dû se méfier… trop tard…
- Regardez la lueur dans ses yeux, ce qu’il a vu a dû être affreux !
- krshhh… fuyez… krshhh… et si vous doutez… krsshhh… spoilons mes bons !"

0

Prêts pour la preuve que lorsque l’on est un réalisateur qui trouve qu’il serait super génial d’adapter le Monopoly en film, il serait peut-être temps d’arrêter ? Alors en route !

_____________________________________

L’affiche : contrairement à ce qu’elle laisse supposer, ce film n’est pas vraiment pour les grosses têtes.

Notre histoire commence quelque part sur une planète que nous appellerons la Terre, à une époque où tout est encore fier et sauvage : les vallées sont faites de roche nue où rien ne pousse sous le soleil, l’eau s’écoule en immenses et sauvages cascades, et en-dehors du grondement des flots, aucun cri, aucune parole, aucune chanson paillarde ou aucun son provenant d’une quelconque vie ne se fait entendre.

Du moins, c’est le cas jusqu’à ce qu’une immense soucoupe volante (il n’y a pas d’autre nom pour qualifier ce truc au design follement original) se décide à survoler l’endroit pétant un peu l’ambiance, et déposant sur place une silhouette encapuchonnée avant de repartir promptement, parce qu’après 17h, c’est super difficile de circuler sur le spatio-périph’, alors on se dépêche les enfants. Cela dit, pour l’énergumène resté sur place, les choses sont moins rigolotes : quittant sa pèlerine en tissu pourri (visiblement, son espèce fait des vaisseaux spatiaux aux formes plus ou moins ridicules, mais tricote toujours ses vêtements à la main à partir de matériaux grossiers), il nous révèle son apparence : celle d’un humanoïde massif, très costaud, la peau d’un blanc parfait, au crâne glabre et aux traits larges et nobles. Sitôt que ses copains sont partis, il profite de la solitude pour se mettre en slip (ah bravo, ça fait 5 minutes que tes potes sont hors de vue et c’est déjà la fête), puis saisissant un petit récipient à côté de lui, il en avale le contenu et commence à se sentir fort mal.

Oui, moi aussi j’ai pensé au départ qu’il se suicidait parce qu’il n’y avait rien à faire sur cette planète – même en slip, c’est dire – mais en réalité, c’est plus sérieux que ça.

Ce qu’il a absorbé est en train de le désintégrer purement et simplement, et il souffre le martyre en se roulant par terre, finissant dans la cascade voisine. Pourquoi ? Et bien parce qu’on constate que le but de l’opération est de disperser ses cellules et son ADN pour ensemencer cette planète et y créer la vie ! Bon, il aurait aussi pu y déposer des cellules d’une manière un peu moins débile que le suicide rituel, mais c’était un peu trop malin. Mais niveau trucs malins, ne vous attendez pas à grand chose.

Faisons un bond dans le temps, voulez-vous ?

Hop ! Nous sommes en 2089, et tout ce qui vit sur Terre n’a pas conscience d’être la descendance directe d’un alien humanoïde au teint de porcelaine (à part les gothiques, bien sûr). Quelque part sur une île d’Ecosse, des archéologues sont en plein travail de fouille d’une grotte préhistorique, avec à leur tête le docteur Elisabeth Shaw ainsi que son plus ou moins copain, Holloway, qui n’a pas eu le droit à un prénom comme la plupart des personnages du film car cela demandait un travail d’écriture trop important. Mais alors qu’ils sont occupés à farfouiller ici ou là, soudain, ils font une découverte bouleversante : une peinture rupestre peu banale ! Car, en effet, plutôt que d’écrire "Prout" ou "Gromulk a un tout petit silex", un petit sagouin des temps anciens a préféré dessiner un humanoïde indiquant cinq boules au-dessus de sa tête. Et visiblement, la chose parle à nos héros, puisqu’ils semblent bouleversés. Hmmmm…

Vite, sautons encore dans le temps pour mieux comprendre !

Re-hop ! Et nous retrouvons 3 ans plus tard un vaisseau scientifique en pleine promenade dans l’espace : le Prométheus, engin ultramoderne emmenant 17 personnes, même si au final nous n’en connaîtrons pas la moitié. A bord, tout le monde est tranquillement en train de pioncer dans son caisson cryogénique, à l’exception d’un androïde d’apparence parfaitement humaine, David. Celui-ci s’occupe depuis les deux années que dure le voyage en regardant The Voice Lawrence d’Arabie, jouant au basket tout en faisant du vélo pour montrer qu’il est super fort, ou étudiant toutes les langues anciennes de la Terre histoire de pouvoir briller en société en sortant des insultes en araméen. Accessoirement, il profite aussi du sommeil de ses compagnons d’infortune, non pas pour les tripoter, mais observer leurs rêves via un casque relié aux modules cryogéniques (ne me demandez pas l’intérêt, c’est comme ça). Il peut ainsi constater que le Docteur Shaw a des songes dans lesquels elle se souvient de son papa qui lui disait "Niveau religion, tu crois ce que tu veux, j’m’en tape cordialement". David, contrairement au spectateur lambda, semble trouver cela fascinant, mais finit par quitter le casque malgré tout, loupant le rêve suivant où le Docteur Shaw fait découvrir l’amour à un troupeau de ruminants. Tout va bien, du moins, jusqu’à ce que soudain, une terrible secousse ne remue tout l’endroit !

Un choc ? Un astéroïde ayant frôlé l’engin ? Une rave party dans la salle du réacteur ? Non !

"Nous arrivons à proximité de notre destination" annonce l’ordinateur de bord.

Ah bon ? Quand on arrive à destination, tout se met à trembler ? Ça ne suffisait pas la voix de l’ordinateur de bord ? Bon, ne cherchons pas, on aura qu’à dire qu’avant de partir, un farceur a collé un téléphone portable de 6 mètres sur 20 en mode vibreur sous la coque. Si vous avez une meilleure explication, je suis preneur, parce que sincèrement, je pense qu’il n’y en a pas. Mais bon, on fera sans.

Pour fêter l’arrivée, David est invité à procéder au réveil des passagers, et la toute première tirée du sommeil est une certaine Meredith Vickers, chef du bord, qui pour fêter sa sortie de son long sommeil commence par… faire des pompes. Oh. Okay. D’ailleurs, si on assiste à cette scène, c’est uniquement parce que David peut observer la blonde jeune femme ainsi se faire suer au travers d’une porte entrouverte. Et sachant que les portes du vaisseau sont en fait des sas qui font "Fouisch !", il va falloir m’expliquer à quoi servent des sas qui restent entrouverts tout seuls, à part pour ce genre de scène n’ayant strictement aucun sens. En tout cas, peu à peu, les passagers sortent de leur sommeil, et commencent donc par aller se restaurer histoire de reprendre des forces (à part Meredith, donc, puisqu’elle peut commencer par faire des pompes après 2 ans sans manger), et on note d’ailleurs que c’est le grand luxe à bord : plateaux qui tournent, rations à volonté et surtout, d’énormes quantités d’alcool qui permettent à Holloway de passer son temps à être complètement cuit (c’est vrai : avoir des gars bourrés pour des missions super sensibles, c’est bien : s’ils sont pris par l’ennemi, ils prennent feu automatiquement grâce à l’alcool qui les imbibe avant de parler). Sans compter le fait qu’il est autorisé de fumer à bord pour avoir l’air cool, comme le fait par exemple Janek, le pilote (malgré les panneaux "Caution : explosive !" disposés un peu partout par l’équipe ayant réalisé les décors pour faire vaisseau sérieux).

Holloway d’ailleurs, entre deux rots alcoolisés, tente de faire connaissance avec certains membres du bord en se présentant à eux, comme par exemple, Bubu le biologiste et Gégé le géologue. Ce dernier envoie d’ailleurs paître le pauvre archéologue, lui expliquant qu’il n’est pas ici pour se faire des amis, mais plutôt des testicules en or (le slip en diamant reste l’apanage des gens sérieux). Ah. Soit, dit Holloway, retournant picoler dans un autre coin du vaisseau, sans remarquer que tiens, comment ça se fait que je fasse connaissance avec des gens à bord, alors que bon, on est supposés être montés dans le vaisseau ensemble, voire s’être préparés au voyage en groupe avant ? Rassurez-vous, niveau nombre d’incohérences à la minute, on a pas fini : la preuve, la suite.

Voici Gégé le géologue. Notez qu’il est roux, et donc foutu d’avance.

Donc, tout l’équipage est convoqué en salle de briefing afin de commencer à se remettre au boulot après deux ans à pioncer, et à défaut de powerpoint avec des gifs animés dans tous les coins comme il se doit avec ce genre de support navrant, c’est un enregistrement holographique qui est diffusé à la troupe. On voit alors apparaître, au milieu d’un luxueux bureau, la silhouette d’un homme particulièrement âgé, qui se lance dans un fameux soliloque.

"Bonjour les amis, je suis Charles Weyland, le type qui a financé votre mission. Comme vous le remarquez, je suis très très vieux, genre plus de 100 ans, mais le réalisateur a malgré tout choisi de me faire jouer par un acteur particulièrement jeune et complètement surmaquillé, histoire que ce film coûte plus cher et sonne encore plus faux : avec un tel sens de la logique, ce mec aurait pris Jeanne Moreau pour jouer Hermione dans Harry Potter, mais passons. Je tenais simplement à vous dire que cette vidéo ne servait à rien, puisqu’en fait, je compte laisser la parole aux deux archéologues du bord et chefs de mission, les docteurs Holloway et Shaw. Ah, si pardon, j’allais oublier : à l’heure qu’il est je dois être mort, hohoho, et je tenais à dire sans raison aucune que l’androïde avec vous, David, est pour moi mon SEUL ENFANT *clin d’oeil* et je ne dis pas ça au cas où j’en aurais un AUTRE A BORD *clin d’oeil* bon allez, coupez moi cet enregistrement, tout cela est beaucoup trop ridicule. Je ne suis même pas sûr de savoir ce que je fous dans ce film."

Sitôt l’hologramme coupé, Holloway et Shaw se lèvent pour prendre la parole à leur tour car on apprend que l’équipage n’est même pas au courant de la mission qu’il doit accomplir. Pardon ? Mais alors ils ont été recrutés comment ? "Salut, on va vous envoyer dans l’espace, et après deux ans de sommeil loin des vôtres, promis, on vous dit pourquoi" ? C’est bien, comme concept. On sent le truc réfléchi Mais revenons-en au briefing, donc, qui aurait eu plus de sens AVANT de monter dans la navette qu’à 10mn d’en descendre, et n’aurait rien changé à part virer une incohérence, mais pour ce que j’en dis, passons.

"Bon heu… bonjour, on va vous expliquer le topo : nous sommes archéologues, et nous avons trouvé dans différents endroits du monde, chez différentes civilisations d’époques différentes n’ayant jamais été en contact les unes avec les autres, des bas-reliefs, peintures et autres montrant toujours la même chose : un humanoïde désignant 5 planètes toujours alignées de la même manière. Or, il n’existe qu’un endroit dans l’univers connu – et qui plus est, découvert que récemment ! – ayant cet alignement : un ensemble de planètes avec un joli soleil… et l’une d’entre elles, Trouloulou-42 ayant de fortes chances d’accueillir la vie ! Donc on suppose que ces oeuvres sont des invitations à venir rencontrer ceux que nous avons appelé les "ingénieurs" et qui pourraient nous avoir créés… nous. Voilà, donc on va tenter de percer un secret peut-être aux origines de la vie sur Terre ! Et tout ça financé par le gentil M. Weyland, c’est cool non ?"

Vous avez bien suivi ? Donc, des civilisations humaines différentes ont réussi à reproduire un schéma planétaire n’appartenant qu’à un seul endroit dans tout l’univers connu alors qu’elles même ne le connaissaient pas, on en déduit donc que c’est une invitation. Je pose plusieurs questions, comme ça, au hasard :

  • Comment les civilisations en question ont-elles pu faire une reproduction si précise pour qu’on ne la confonde par avec un autre système ? Les aliens venaient régulièrement leur rendre visite pour faire des bas-reliefs "imitation d’époque" (pour ne pas jurer avec la déco) avec leurs outils futuristes ? Ah les aliens, on les connait : on les laisse 5 minutes et on les retrouve sur le Champ de Mars à vendre des contrefaçons à la sauvette !
  • Vous n’avez pas pensé que, puisque vous n’avez pas découvert tout l’univers, si ça se trouve, ce schéma renvoie justement à un autre système inconnu à l’heure actuelle ?
  • Du coup, pourquoi ne pas avoir envoyé un satellite en reconnaissance, déjà, avant d’aller dans l’espace ?
  • Mieux encore, puisque vous avez des androïdes, pourquoi ne pas avoir envoyé que ça ? Ca coûte moins cher en oxygène, en nourriture et boisson, ça bosse au lieu de dormir deux ans et ça ne demande pas de salaire. Un peu comme les stagiaires ou les sans-papiers au sous-sol de mes bureaux.
  • Pourquoi ce film passe son temps à se vautrer alors qu’on en est qu’au début ?

Heureusement, dans la salle, quelqu’un tente bien une question : c’est Bubu le biologiste !

"S’cusez moi… vous voudriez dire que vous ignorez 3 siècles de Darwinisme ? Qu’on aurait été créés par de mystérieux aliens ? L’évolution, tout ça… non ?"

Et là, attention, réponse de Shaw, notre héroïne qui sait tout et argumente avec brio :

"Oui. Parce que c’est ce que j’ai choisi de croire."

Croyez-le ou pas : ça cloue le bec à notre biologiste. Faut dire que c’est tellement bien argumenté, c’est beau. Moi je crois qu’il faut gifler Ridley Scott, c’est ce que j’ai choisi de croire. J’ai bon ?

Cela étant dit, tout le monde se disperse, et Vickers fait signe à Holloway et Shaw pour qu’ils la suivent jusqu’à sa cabine : elle aimerait leur parler en privé. Après avoir accepté et suivi la chef de bord, les deux archéologues pénètrent dans le quartier privé de la damoiselle, qui s’avère être diablement luxueux. David, qui a accompagné les humains jusque là, se lance alors dans un exposé pas du tout sorti de nulle part "Oui, c’est très luxueux. D’ailleurs vous ai-je dit, alors que je n’ai pas de raison de le faire, que ce quartier du vaisseau était entièrement autonome et détachable ? Il produit son propre oxygène, sa propre nourriture… bref, c’est un canot de sauvetage".  Je sais pas vous, mais moi, quand le commandant du navire vit dans le canot de sauvetage, j’ai moyennement confiance. Il y a même sur place, à la grande surprise de Shaw, un Medifuck-3000; une sorte de sarcophage de verre automatisé capable de faire n’importe quelle opération chirurgicale (on peut faire des super blagues avec, comme bourrer la gueule d’un copain et le coller dedans pour lui greffer des prothèses mammaires, on se marre trop avec Medifuck-3000) ou autre à disposition dans l’une des pièces des quartiers de Vickers. La classe.

Fort heureusement, vous noterez que seules les donzelles pas trop mal foutues se sont vu affecter un uniforme moulant. Subtil non ?

En tout cas, la jeune femme les prend à part et leur explique ce qu’elle voulait leur dire :

"Vos ingénieurs, là, ils sont sympas et tout, mais je vous préviens, interdiction de rentrer en contact avec eux. Je sais que toute cette expédition a été montée uniquement dans ce but, mais ne me demandez pas pourquoi, je suis contre sans raison, ça faisait bien trente secondes qu’on avait pas tenu un dialogue juste pour tirer une balle dans le pied de l’intrigue alors voilà, c’est fait, reprenons."

Pardon ? Que vient-il de se passer ? Je… ok. Toujours est-il que nonobstant ces discussions sans intérêt, le Prométhéus poursuit lui sa course, et s’engage désormais dans l’atmosphère de Trouloulou-42, piloté avec Brio par Janek, alors que bientôt se dévoile le paysage local : des roches, encore et encore, de la terre stérile, et du minerai en abondance. Tout parait désert – nenni de vie sur cette planète, tout cela serait un échec ? – jusqu’à ce que soudain, la troupe repère des lignes droites dans le sol : des créations artificielles ! Ces lignes mènent jusqu’à un dôme rocheux, et l’équipage décide qu’il serait bon de se poser à quelques centaines de mètres dudit dôme, afin de lancer une expédition sur cette première découverte. En quelques minutes, l’imposant vaisseau scientifique a tôt fait de se poser à l’endroit voulu, et ce avec grâce s’il-vous-plait ; voilà, l’humanité vient peut-être d’atterrir sur la planète de ses créateurs. Tatatsoin, fait l’orchestre qui accompagne toujours ce genre de moments, car nul équipage sérieux ne saurait se déplacer sans son orchestre philarmonique.

Aussitôt, chez les scientifiques, c’est la grosse excitation : tout le monde veut aller visiter le fameux dôme, et saute dans sa combinaison magique pour se préparer à une sortie ; Janek râle, précisant que la nuit tombera dans 6 heures, et qu’il serait plus sage d’attendre le lendemain matin, mais sentant bien que s’il ne les laisse pas sortir, ils vont être tout excités et pisser un peu partout dans le vaisseau, il laisse partir une petite troupe de galopins vers l’objectif, en leur demandant de faire vite (un scientifique lance évidemment à un soldat les accompagnant "Ah non, pas d’armes !" car comme chacun sait, cette phrase vue et revue est incroyablement à sa place lorsqu’il s’agit de rentrer en contact avec une civilisation inconnue – d’ailleurs, l’arme la plus répandue à bord est le lance-flammes, ce qui est à la fois peu pratique et un peu con. Et les gars aiment bien tirer avec toutes les 5 secondes sans raison en l’air, juste pour faire de la lumière. Okay, ce n’est donc pas un orchestre philarmonique qu’ils ont emmené, c’est l’équipe pyrotechnique de Rammstein). Ni une, ni deux, tout le monde saute dans un gros véhicule blindé ainsi que deux buggys (pourquoi tout le monde ne monte t-il pas dans le blindé ? Mystère), et file quelques centaines de mètres plus loin vers la curieuse structure rocheuse. Avant même d’être arrivés au pied de celle-ci, les détecteurs s’affolent : le bidule est creux – comme le scénario. Intéressant !

Lorsqu’enfin, tout le monde est au bas du dôme, la petite équipe descend des véhicules, le reste de l’équipage suivant l’épopée depuis le vaisseau grâce aux caméras et micros des combinaisons de chacun. Très vite, les choses se mettent à bien avancer, puisqu’après avoir trouvé une entrée vers une galerie s’enfonçant dans l’endroit Gégé le géologue sort de sa poche des drones utilisant des lasers pour filer dans toutes les directions et faire un plan extrêmement précis de l’endroit (heureusement que personne n’a emmené de chat, autant de lasers sur les murs, l’animal péterait une crise de frénésie). Pratique ! A bord du Prométhéus, on voit donc doucement se dessiner sur un hologramme le schéma des galeries, ce que l’on surveille avec attention.

Première découverte : pour de mystérieuses raisons, l’air est respirable dans cet endroit, pourtant ouvert sur l’extérieur sans aucune séparation. On ne saura jamais pourquoi, on supposera que c’est magique, schazam ; nos scientifiques, en bon professionnels, décident donc de tous retirer leurs casques, afin de s’assurer d’avoir le moins de protection possible et de s’exposer à tout ce qui doit traîner comme saloperie sur cette planète et que leur organisme ne saurait combattre (le rhume de Trouloulou 42 est légendaire). Accessoirement, l’un des dialoguistes a jugé opportun d’ajouter gratuitement dans le propos d’un personnage qu’il faisait – 27 degrés dans l’endroit, mais visiblement, même sans casque, personne ne fait remarquer qu’il fait un peu froid et qu’il vaudrait mieux rester couvert, mais allez, poursuivons : la fin de cette daube est encore loin.

L’équipe s’enfonce donc un moment dans une galerie jusqu’à ce que David fasse une découverte qu’il ne partage pas avec le groupe : il tombe sur un petit panneau dans le mur, qu’il parvient à déchiffrer grâce à sa logique issue de l’étude des langues anciennes : c’est un système d’enregistrement holographique. Mais plutôt que de prévenir qui que ce soit, il appuie directement dessus, provoquant un immense flash lumineux dans les couloirs : ceux-ci s’animent alors des fantômes holographiques de la dernière activité connue de l’endroit, à savoir, non pas une soirée mousse, mais d’immenses humanoïdes en armure fuyant visiblement quelque chose. Autant le dire : il y a quelques combinaisons qui se font souiller dans des bruits liquides à cette vue quelque peu surprenante chez nos héros ; Shaw, elle, part à la poursuite du groupe des fuyards holographiques, assistant à la fin de l’enregistrement lorsque le groupe de créatures passe une porte qui se referme derrière eux, abandonnant l’un des leurs à la traîne, s’effondrant au pied de l’endroit lorsque l’ouverture se clôt devant lui.

David vient de repérer un bouton sur lequel il n’avait pas encore eu l’occasion d’appuyer au hasard ; vite, hardi petit !

L’hologramme s’arrête… et les scientifiques se retrouvent donc nez-à-nez avec le cadavre du traînard, toujours allongé devant la porte qu’il n’avait pu passer. Décapité, les premières études indiquant qu’il est mort depuis près… de 2 000 ans. L’enthousiasme est général suite à cette découverte d’un être d’un autre monde, à part pour Gégé et Bubu, qui ont un peu flippé, et ont sérieusement besoin d’aller changer leurs combinaisons : avec l’autorisation de Shaw, ils décident de retourner au Prométhéus (sachez que dans ce film, on ne sait jamais vraiment qui commande : des fois, tout le monde se tourne vers Vickers, parfois Janek, parfois Shaw… visiblement, c’est un équipage à présidence tournante, une sorte de Space-Bruxelles).

Holloway lui a repéré des signes au-dessus de la porte, et demande à David de les traduire. Pour la deuxième fois, David, plutôt que d’obéir, décide d’ouvrir la porte sans aucune sécurité et sans déchiffrer ce qui est inscrit parce que, hein, bon, vous savez, c’est très secondaire tout ça, et puis si ça se trouve, il est inscrit "Celui qui lit ça est un con". Bref, à la surprise générale, la porte devant nos héros se soulève donc dans un bruit sourd, dévoilant… une étrange salle. Celle-ci a au plafond une voûte présentant une fresque qui s’efface lorsque nos héros y entrent ("Ah bin merde, on aurait peut-être pas du respirer à proximité, garder les casques aurait été intelligent, quel dommage qu’on soit cons ! Mais ne les remettons pas pour autant : il y a peut-être d’autres fresques à bousiller en bons archéologues que l’on est."), mais surtout, présente une immense sculpture de visage humain, au crâne chauve et aux traits nobles ! Curieux. Celle-ci est entourée de dizaines et dizaines d’amphores, que David commence  à étudier, sans là encore faire partager sa découverte : les amphores semblent "suer". Dans le doute, il en embarque une, ce que personne ne voit, puisque bon, ça ne fait jamais qu’un mètre de haut, ça ne doit pas se remarquer.

Et en effet.

Le reste de l’équipe se concentre de son côté sur une découverte toute différente : la tête du cadavre trouvé devant la porte est encore là (la porte a décapité le Monsieur sans abîmer la tête et en faisant une coupure nette : ça devait être une porte Black & Decker) ! Elle n’a rien d’humain, puisque de forme allongée avec un vieux morceau de trompe à l’avant, et la troupe décide de l’emmener pour étude, particulièrement lorsque Janek annonce sur les micros qu’une tempête de silice approche, avec foudre & co, et des vents à 200 kilomètres heures. Tout le monde ressort donc en courant, récupère les véhicules, et Shaw, plutôt que de mettre sa tête d’alien dans le blindé, la transporte sur un buggy, ce qui fait qu’elle se vautre au sol au moment de rentrer dans le Prométhéus : malin ! Elle part à sa poursuite, malgré la tempête qui les a rattrapés (car elle était évidemment juste derrière eux pour plus de spectacle), voit son casque fouetté par des copeaux de minéraux divers, et ne doit son salut qu’à l’intervention d’Holloway puis de David, partis la récupérer dehors. Tout le monde après ces aventures peut donc remonter en paix à bord pour étudier les découvertes du jour.

Tout d’abord, la tête d’alien, donc ! La bougresse est emmenée en salle d’étude, et rapidement, il apparaît que ce n’est pas une tête, mais un casque ! Et sitôt ouvert, on voit paraître à l’intérieur un visage bien humain mais surdimensionné au teint blanc et aux traits larges, comme au début du film (ou sur la tête sculptée qui ornait la salle où ils l’ont trouvée, donc), en parfait état (2 000 ans sans se décomposer ou même avoir l’air un peu moins en forme, bravo). Shaw a alors une superbe idée : "Hey ! On a notre bidule qui permet au système nerveux de croire qu’il est encore vivant : on va ressusciter sa tête, pour voir !" et effectivement, elle plaque contre l’une de ses oreilles une sorte de baladeur qui diffuse en boucle des phrases prononçant "Hey ! Ostie, t’es mort ? Hey ! T’es mort ? Dis ?" avec un accent québécois, le tout en boucle, ce qui rendrait fou même un mort. La tête a donc tôt fait d’ouvrir les yeux et de grimacer parce que merde, c’est insupportable, mais se contente de commencer à enfler (un peu comme quand un individu normal écoute du Céline Dion), l’obligeant à être mise en isolation avant de faire sproutch. Bon… bin on va en rester à l’analyse de son ADN alors, parce que pour le coup, maintenant, l’"ingénieur" ressemble plus à un flan aux fruits qu’à une tête.

David de son côté, est allé s’enfermer dans un coin du vaisseau que personne n’a remarqué (pourtant, c’est pas grand !) : une chambre à part où il s’entretient avec un caisson cryogénique qui lui donne des ordres et qu’il appelle "Monsieur" (parce qu’il y a quelqu’un dedans, pas parce qu’il a envie d’appeler ainsi un caisson ; même s’il appelle parfois la bouilloire "coquine", mais les androïdes ont de curieuses pratiques sexuelles). Saurez-vous deviner qui est ce mystérieux passager clandestin ? Toujours est-il que Vickers semble aussi au courant de sa présence à bord, et que la personne dans le caisson semble donner les ordres (Holala, je me demande bien qui c’est sachant qu’on ne nous a parlé que d’un seul autre personnage qui ne soit pas officiellement lié à l’équipage et qui fait partie des seuls à avoir un nom et prénom !), particulièrement le fait qu’il faut "poursuivre les efforts dans les recherches". Hmmm, ce doit être Monsieur de La Palisse là-dedans, en fait.

L’androïde retourne donc à sa cabine, où il a ramené sa grosse amphore sans que personne ne lui pose la moindre question, ou même ne remarque la chose ; après l’avoir laissée au frigo pour la boire fraîche, il se décide à l’ouvrir pour voir ce qu’elle contient : des tubes en verre abritant une curieuse substance noire, la même que l’on a vu notre ami tout blanc absorber au début du film pour se décomposer et créer la vie. David en prend donc une, l’ouvre sans précaution parce que c’est pour les nuls, et sort une goutte de cet étrange liquide  noir pour la poser sur son doigt, où elle semble prendre la forme d’un granulé. Cela fait, il va trouver Holloway, encore occupé à se bourrer la gueule (là encore, sans que personne ne dise rien), et lui colle le tout dans son verre, qu’il boit sans s’en rendre compte, parce que hihihi, tiens, si je collais un truc sans même l’étudier dans un verre des humains du bord ? Ce qui prouve bien qu’il faut toujours surveiller son verre sur ce blog, diable, ce film a au moins ce mérite, même si à un moment, j’avais très envie de me droguer pour passer cette épreuve cinématographique. A noter qu’Holloway, comme tout l’équipage, traite David comme de la merde au motif que c’est un androïde, et que Weyland a bien dit qu’il le considérait comme un fils. Insulter gratuitement le fils de son patron pour un oui ou un non : une excellente idée, là encore, tellement logique. Ce film enchaîne les non-sens.

Au passage, sachez ceci : lorsque nos héros sont retournés au Prométhéus, on leur a demandé où étaient ces deux pétochards de Gégé et Bubu, et les scientifiques se sont donc étonnés qu’ils ne soient pas rentrés sachant qu’ils étaient partis avant. La réponse a été bien vite trouvée grâce aux systèmes de communication : ces deux andouilles se sont perdues dans le dôme en cherchant la sortie. Oui, vous avez bien lu : Gégé, responsable des drones de reconnaissance – et donc de guidage – et Bubu n’ont pas réussi à trouver la sortie en marchant et malgré tous leurs outils, sachant qu’ils étaient en plus en communication constante avec le Prométhéus ayant un plan des galeries et leur position en permanence, quand dans le même temps, le reste de l’équipe qui est sorti en courant et paniqué parce qu’une tempête arrivait droit sur eux a trouvé du premier coup sans rien demander à personne. C’est tellement cohérent.

"Mais comment ces deux cons ont-ils fait pour se perdre alors que tous les plans montrent qu’on est venu en ligne droite ?"

Il a donc été convenu que nos deux champions resteraient dans le dôme pour la nuit (ce qui les a enchantés), le temps que la tempête passe et que le jour se lève. Nos deux loulous ont donc décidé, plutôt que de ne pas bouger (et sachant qu’ils avaient eu la pétoche), de se balader dans tous les sens dans les galeries alentours en chantonnant. C’est logique. Ils finissent d’ailleurs par arriver devant une nouvelle porte, où quantité d’autres corps d’extraterrestres comme celui trouvé plus tôt attendent : ils se sont entassés devant l’entrée comme s’ils fuyaient quelque chose (l’élection de François Hollande, probablement, cette porte doit mener vers la Suisse), et certains d’entre eux ont des trous dans le crâne, le bide, bref, rien de joyeux.

Janek, qui suit tout ça sur les écrans en écoutant les communications des deux loulous, décide que cette découverte ne vaut ni la peine d’informer les archéologues de cette pêche miraculeuse, ni même le moindre commentaire ou la moindre réaction. D’ailleurs, il faudra m’expliquer, sachant qu’on avait clairement entendu que la tempête "allait provoquer des perturbations et couper les communications", pourquoi alors qu’elle dure encore, on capte parfaitement les aventures de nos deux larrons. Au passage, les senseurs repèrent une forme de vie immobile à l’extrémité d’une galerie, qui finit par disparaître au bout d’un moment. Cela fait encore plus péter de trouille le géologue et le biologiste bloqués sur place, mais curieusement, ils en déduisent qu’il leur faut encore plus courir dans les couloirs dans tous les sens à l’aveuglette les bras en l’air. Janek trouve d’ailleurs tout cela tellement anodin, le charnier extra-terrestre, la forme de vie inconnue, et ses deux gars isolés pour la nuit, qu’il décide de ne demander à personne de monter la garde et de plutôt aller baisouiller Vickers. Il aurait regardé Derrick qu’il n’aurait pas réagi autrement.

On est au-delà de la nullité là. Très au-delà.

Toujours est-il qu’à l’autre bout du vaisseau, Holloway toujours cuit s’en va trouver la petite Shaw, pour lui dire qu’il lui montrerait bien la position du moulin étrusque, même si Shaw tente de casser l’ambiance en ramenant sur le tapis le fait qu’elle est malheureuse d’étudier l’origine de la vie quand elle est elle-même stérile, et annonce sa grande découverte à Holloway : l’ADN de l’alien… c’est le même que celui des humains !

D’accord. Le même. Et donc, pourquoi ne sont-ils pas humains alors ?

Et surtout, s’ils sont à l’origine de la vie sur Terre, il n’y a pas que des humains, alors quoi : le mérou, l’éléphant et le hamster descendant eux-aussi dudit alien, ils ont eux aussi le même ADN que l’humain ? Bon, écoutez : baisouillez et arrêter de dire des conneries, qu’on en termine plus vite avec ce film, merci. Ce que nos héros font, car se soumettant comme toute personne raisonnable à mon charisme qui lui ne l’est pas.

Mais revenons au dôme ! Car maintenant que tout le monde fait dodo à bord du Prométhéus, Bubu et Gégé peuvent donc déambuler en paix dans les galeries désertes, en allant dans les coins qui font trop peur, soit l’exact opposé de ce qu’ils déclaraient vouloir faire quelques instants plus tôt. Par exemple, et fort logiquement, en allant passer la nuit dans la salle où ils avaient refusé d’entrer, celle avec les amphores, la sculpture de tête géante, etc. Là encore, tout cela est très logique. Sauf que sur place, un curieux liquide noir suinte de toutes les amphores, qui ont visiblement réagi à l’entrée d’être vivants trop cons pour respirer dans leur casque plutôt que dans l’air ambiant, créant de véritables mares sur le sol, et dans l’une de ces flaques… du mouvement ! Ah !

Sauf que notre biologiste, jusqu’ici pétochard, a soudainement envie d’étudier la faune qui vit dans les mares de liquide noir dans des coins avec des extra-terrestres morts en tous sens, massacrés par on ne sait quoi (… oui, hein ?), et s’approche donc de l’endroit d’où provenait le mouvement pour noter qu’une sorte d’étrange serpent semble traîner dans le coin. Il approche donc son doigt en faisant "Petit petit petit !" (véridique), et insiste même quand le bestiau se met à siffler et à présenter d’inquiétantes dents (chhht, chhhht, laissez, ça ne dénote pas avec le reste), jusqu’à ce que finalement, la bête saute sur son bras, s’enroulant autour avec tant de force que même avec l’aide de Gégé pour tenter de le libérer, le bras de Bubu est pété sous la force de l’animal. Le géologue tente bien une solution de secours pour sauver son ami, en sortant un couteau de sa ceinture pour décapiter la bête, mais jaillit alors un jet d’acide qui ravage le casque de l’ami des roches et cailloux, le faisant choir, sans protection et tête la première, à son tour dans le liquide noir qui s’accroche à son visage et commence à le ravager. Bubu, lui, le bras en vrac et paniquant à raison, voit la tête de l’animal décapité repousser, et ce dernier entrer dans sa combinaison (comme ça, hop, sans préliminaires ou même restau pour faire connaissance) avant de rôder dans son casque… et de le tuer. D’accord.

Pour la petite histoire, concernant le "D’où sortait cette merde, sachant que le liquide noir dans les amphores semblait jusqu’ici désintégrer les êtres vivants, et pas générer des serpents géants aléatoirement", on peut supposer soit qu’il s’agit de lombrics, qu’on avait entraperçus dans la salle quelques heures auparavant (les mêmes que sur Terre, quelle coïncidence ! Que foutaient-ils là ?), qui ont affreusement muté dans le liquide noir en quelques heures au lieu de se décomposer, se transformant en serpents géants tueurs à petites dents au sang acide et se régénérant à volonté en quelques secondes sans aucune raison, soit que quelqu’un a juste écrit cette scène en barbouillant une page blanche d’une autre matière noire que l’on retrouve souvent dans les cabinets après des soirées fajitas. Au choix. Vous avez toujours envie de poursuivre ?

Le lendemain matin, à bord du Prométhéus, tout le monde se lève dans la joie et la bonne humeur.

A part peut-être Holloway, qui a une sacrée gueule de bois et les yeux un peu rouges à force de picoler à la villageoise toute la journée ; mais en observant de près tout ça dans le miroir, il note, l’espace d’un instant, une sorte de tout petit trait noir dans le blanc de son oeil (berk, je sais) qui semble avoir pris la fuite lorsqu’il a voulu voir ça avec une meilleure lumière. Bien que pas en super forme, et supposant probablement que c’est encore Shaw qui a défaut d’accueillir la vie en son sein, a dû y entretenir quelques MSTs,  il va se préparer et enfiler sa combinaison pour l’expédition du matin, afin d’aller récupérer Bubu et Gégé dans le dôme. A noter que :

  • Personne n’a remarqué qu’ils étaient morts (alors que toutes les combinaisons suivent le rythme cardiaque de leur occupant et envoient ces informations au Prométhéus)
  • Personne n’a pensé à inspecter ce que voyaient leurs caméras
  • Personne n’a pensé à observer les enregistrements de la nuit pour savoir ce qu’il leur était arrivé

Mais sinon oui, tout le monde est particulièrement stupide, là-dessus, aucune inquiétude. D’ailleurs, sachez que du film, plus personne n’évoquera jamais la forme de vie immobile qui était apparue un temps sur les écrans, et d’ailleurs, les mêmes détecteurs de vie n’auront jamais repéré ce qui a tué nos deux loulous sans que ça n’inquiète personne. Soyez prudents, puisqu’à partir de maintenant, beaucoup d’éléments vont, comme ça, sortir du film comme si on les avait introduits dans le scénario avant de les oublier et ce sans se relire. Prêts ? On poursuit.

"Ridley, c’était quoi alors la forme de vie qui se manifestait toutes les deux heures ? T’avais des moufles en plus de ton blouson pour écrire l’intrigue ?"

A nouveau donc, les véhicules s’élancent vers le dôme et vomissent leur contingent de scientifiques en direction de la salle des amphores, où Gégé et Bubu étaient supposés être "aux dernières nouvelles" dixit Janek, sachant qu’il faudra me dire d’où proviennent les dites nouvelles si personne n’a regardé les enregistrements de la nuit, et sachant que Janek était justement parti baisouiller avant que les deux larrons ne se dirigent vers la salle en question. Bref.

David part seul de son côté (encore) sans que personne ne trouve rien à y redire, et parvient à passer une nouvelle porte, restée fermée jusqu’alors (pas celle avec tous les cadavres d’aliens devant : celle-ci, plus personne ne semble s’en soucier, on en parlera plus non plus du film, hoplà, disparition !), et l’ouvre, accédant à une salle cette fois ouvragée, avec des sarcophages et un siège devant un tableau de commande. En déchiffrant les boutons (qui sont des boutons sympas : quand on appuie dessus, ils sont tout mous et font un son rigolo, comme les jouets pour enfants, et surtout, permettent à quelqu’un n’y connaissant rien mais étudiant les langues de pouvoir les déchiffrer, ça tombe bien alors !), l’androïde parvient à activer une nouvelle séquence holographique (toujours pas de soirée mousse alien, c’est très décevant), où il voit des humanoïdes géants cette fois-ci s’enfermer dans les sarcophages (un seul est encore vivant depuis le temps), après avoir étudié une carte des étoiles, et plus particulièrement… la position de la Terre ! Après avoir observé la chose, David active bien naturellement ses pouvoirs de téléportation (l’une des caractéristiques des films de Ridley Scott), et rejoint le reste du groupe à l’autre bout des galeries, comme ça, hop.

Arrivés dans la salle des amphores et du visage sculpté, Shaw & co ont deux soucis : tout d’abord, ils constatent qu’Holloway est malade, et que son état empire de minute en minute : son visage noircit, semble se décomposer par endroits, bref, il ne va pas bien. Et dans le même temps, une autre partie de l’équipe tombe sur le corps de Bubu (mais pas de Gégé, qui n’intéresse visiblement personne), et constatent que ce qui l’a tué est encore planqué dans son corps : jaillissant de sa bouche, l’espèce de serpent qui l’a massacré jaillit et agresse une autre donzelle ! En conséquence de quoi elle…

… disparait du scénario. D’après le casting, elle s’appelait Imora, et n’apparaîtra plus passé cette séquence sans qu’elle soit morte pour autant. Okay, bravo. J’imagine bien l’actrice à qui on dit :

"Voilà, tu peux partir !
- Mais ? Mon personnage était encore vivant, pourquoi ? Il lui arrive quoi ?
- Ho, la relou avec ses détails ! Casse-toi, c’est un film à 130 millions ici, c’est sérieux, on est occupés !"

0

Tout le monde se replie à folle allure vers les véhicules et retourne vers le Prométhéus pour y soigner Holloway, mais malgré les ordres de Janek, parti en expédition avec la troupe sans motif particulier, la rampe du vaisseau ne s’abaisse pas à leur arrivée, faisant perdre un temps précieux pour soigner le malade. Ce n’est qu’après avoir lourdement insisté par radio que la chose s’ouvre, mais… l’entrée est cette fois-ci gardée par Meredith Vickers, armée d’un fidèle lance-flammes (encore une fois, quelle arme pratique) ! Qui explique qu’elle refuse de contaminer le vaisseau avec l’infection inconnue d’Holloway. Alors bon, certes, le vaisseau a un secteur de quarantaine, mais merde, si on commence à utiliser le secteur de quarantaine pour mettre des gens en quarantaine, ce serait presque cohérent et on perdrait l’esprit du film, alors Holloway doit rester à l’extérieur ! Shaw a beau supplier de les laisser entrer, finalement, c’est Holloway lui-même qui conclut les choses : il a trop mal, sait qu’il est condamné, et s’avance vers Vickers en la suppliant de tirer, ce qu’elle fait ; le passage brutal du statut d’archéologue à celui de merguez étant dur à encaisser, le brave scientifique meurt, bouleversant l’équipage (personne n’évoquera plus cet incident mineur, re-disparition !), au point que Shaw en finit inconsciente.

A son réveil, la bougresse commence, comme à tous ses réveils, par se demander ce qu’elle a foutu hier soir. Mais elle constate  vite qu’elle est à l’infirmerie, avec David penché au-dessus d’elle, lui expliquant qu’elle va bien, à part sur un point : elle est enceinte. "C’est pas banal", se dit l’archéologue, puisque stérile aux dernières nouvelles : la maladie d’Holloway aurait-elle rendu ses coucouilles magiques ?

Visiblement, plus que prévu, car David ajoute qu’elle est enceinte de trois mois, et l’embryon n’est pas humain. Ne me demandez pas comment David est capable de donner la maturité de gestation d’un embryon d’une race inconnue, je pense qu’il n’en sait rien non plus, mais sachant que notre héroïne n’a joué à touche-pipi que la nuit précédente, tout le monde en déduit que le bestiau dans son bidou grandit bien vite. Elle veut se le faire enlever, mais David lui explique gentiment qu’ils verront ça sur Terre, et que par sécurité, ils vont la remettre en stase cryogénique. Pour la calmer, il lui file un bon gros antidouleur, ce qui la fait s’évanouir aussitôt.

A son nouveau réveil (deux fois en si peu de temps, on dirait John Carter), Shaw n’a plus envie de rigoler : entourée par deux scientifiques qui veulent la préparer à une remise en stase, elle les bouscule pour s’enfuir, et grâce au pouvoir navrant de ce film, nous n’entendront plus jamais parler de ces deux personnages non plus, qui ne partent pas à sa poursuite ou quoi que ce soit : ils disparaissent juste, pif pouf. C’est lourd hein ? Alors imaginez quand on est devant.

Elizabeth erre donc dans les couloirs en petite tenue, courant jusqu’aux quartiers de Vickers pour foncer vers le Medifuck-3000 et lui demander une opération.

"Ce système n’est conçu que pour un patient mâle", lui répond la machine, un brin sexiste, oubliant d’ajouter "Sachant qu’au prix du bousin, je pourrais aussi être configuré pour une femelle, mais tout cela est juste un prétexte pourri pour rajouter du trash dans ce film en empêchant de faire une opération propre." ; grognon, Shaw décide donc de programmer la machine pour une autre intervention proche histoire de quand même se faire retirer ce qu’elle a dans le bide : elle programme "Oui je suis un mâle, ta gueule, blessure au bas ventre en profondeur, corps étranger à retirer".

Par contre, si c’est un homme qui est enceinte, le Medifuck-3000 assure

Sachant que la bécane vient de te dire qu’elle était configurée pour un mâle, vu comment tu présentes le truc ma grande, elle risque de te retirer les ovaires et de te recoudre le trilili, mais ouf, ça va ! La machine a un système de "diagnostic automatique", qui démarre pendant que déjà, ça s’agite dans le ventre de notre héroïne ! Elle attrape donc plein d’antidouleurs et s’en colle une bonne dose (ce qui ne l’endort pas, contrairement à la scène précédente, même quand elle en reprend un deuxième dans les secondes qui suivent, puis un troisième un peu plus loin : c’est devenu une junkie, je suppose). Le bousin diagnostique donc la blessure (mais ne remarque pas que c’est une femme, c’est rassurant, on sent l’outil efficace), et commence son opération sans anesthésie (… c’est censé être un truc de chirurgie autonome, on m’explique là ? Ah oui : "Plus de trash !"), ouvrant le bidou pour en retirer, via une petite pince façon machine à gagner des peluches sur les fêtes foraines (heureusement que c’est pas pour retirer une balle, sinon, la machine a pas le matos pour), un splendide…

"Félicitations Madame, c’est un poulpe. Medifuck-3000 vous souhaite une excellente journée"

Elizabeth est un peu surprise et emmerdée à la fois, parce qu’elle n’avait pas pensé à un nom pour un poulpe, mais dans le doute, elle va l’appeler Théo ou Enzo, ça fera l’affaire ; sitôt que la machine lui a collé des agrafes pour refermer son ventre, elle repart tranquillement, refermant le tout en mode "stérilisation" pour tenter de tuer le poulpe qui gigote en piaillant parce que sa maman l’abandonne, l’ingrate. Puis, défoncée aux antidouleurs et un peu traumatisée par ce qui vient de lui arriver, elle erre dans le vaisseau, jusqu’à ouvrir par mégarde une porte qu’elle n’avait jamais poussée… celle du caisson cryogénique donnant des ordres à David ! Et dans cette salle, une partie de l’équipage (des militaires, David et Vickers) semble en train de réveiller d’un long sommeil une personne que notre héroïne reconnait aussitôt : Charles Weyland, le riche et vieux patron de la société qui a payé l’expédition ! Hooo, bin ça alors ! C’était lui le passager clandestin ! Que fait-il à bord ?

Et bien, voyant débarquer dans la salle où il se trouve l’archéologue qui l’avait elle-même convaincu de monter une expédition pour Trouloulou-42, mais complètement stone, en sous-vêtements et des agrafes plein le bidou, le puissant PDG se dit qu’il serait temps de reprendre les choses en main et d’expliquer la vérité à Shaw, aussi défoncée soit-elle : il est venu incognito à bord parce qu’il est si vieux qu’il sait qu’il ne lui reste que quelques jours à vivre, et que donc, il a supposé que ceux qui avaient créé l’humanité étaient aussi capables d’allonger sa durée de vie, aussi ce voyage est-il son dernier espoir pour éviter la mort. Accessoirement, et ça n’est qu’un détail sans intérêt, Meredith Vickers est sa fille, mais tout le monde s’en fout, même l’intrigue, ça a juste été rajouté là pour sonner encore plus cliché, ça aussi ça sera oublié dès la scène suivante. Shaw lui dit donc que c’est débile : non pas parce qu’il aurait pu rester tranquillement cryogénisé sur Terre, envoyer une expédition d’androïdes moins coûteuse et plus efficace, et attendre tranquilou qu’on lui ramène de quoi le sauver sans prendre de risques, mais simplement parce que tous les "ingénieurs" de cette planète sont morts.

Oui, c’est un peu comme dans la série Stargate ; après avoir exploré 50 m², elle en tire des conclusions pour toute la planète. Ah, on sent la scientifique de qualité.

Mais pendant que cette petite conversation a lieu, il se passe quelque chose d’étrange à l’extérieur : d’après les senseurs de sa combinaison, Gégé le géologue, pourtant disparu aux dernières nouvelles, se trouverait… juste sous la rampe du vaisseau. Personne ne regarde ce que disent ses caméras ou son état de santé avant d’ouvrir la porte, et c’est ainsi qu’en abaissant l’accès à la nef spatiale, deux membres d’équipage se retrouvent nez-à-nez… avec le cadavre de Gégé, dans une curieuse position de contorsionniste russe, et arrivé jusqu’ici sans aucune raison. Que… comment, se disent-ils ? Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Comment est-il arrivé jusque là ? Ne me dites pas que dans un film avec autant d’ambitions, on a pas collé un truc aussi pourri que…

… un zombie.

Car oui : la gueule à moitié décomposée et déformée par les effets du curieux liquide noir suintant des amphores, Gégé s’est transformé en zombie, et commence à attaquer ses congénères en grognant ! Je ne sais pas vous, mais moi, j’adore les zombies, presque autant que payer mes impôts. On en trouve tellement à toutes les sauces à l’heure actuelle, que c’est un peu devenu le plancher de toute absence de créativité : "Tiens, si on collait des zombies ?" ; d’ailleurs, ça doit être un zombie particulièrement malin, puisque sinon, alors qu’il se promenait, expliquez-moi pourquoi l’équipage n’est jamais parvenu à localiser la combinaison ou à voir ce que voyaient ses caméras, sachant que celle-ci est impeccable, seul son casque ayant été endommagé ? C’est un zombie qui s’est dit "Pffff, et si je coupais tout mon matos de localisation et que je le rallumais au pied du vaisseau pour faire une blague, hihihi, on va trop rigoler quand je vais leur manger le cerveau !" ? Non mais merde, ça ne vous dirait pas de faire un petit effort, genre 5 minutes, histoire que ce film ressemble à autre chose qu’à une vaste blague hors de prix ?

Car oui, les zombies adorent se cacher pour mieux surprendre. Charlie est leur idole.

L’équipage lui, se défend comme il peut, utilisant pour ce faire non seulement les lance-flammes du coin, mais aussi des pistolets à impulsion qui visiblement, ne font rien à la bête. Si cela peut vous rassurer, là encore, de tout le film, aucune arme à impulsion ne fera de mal à qui que ce soit, mais nous en reparlerons dans quelques paragraphes. En attendant, le corps putréfié de Gégé ainsi que ses intentions cannibales finissent sous les roues du véhicules blindé occupant la soute du Promethéus, le tout marié à divers tirs de napalm pour bien faire comprendre au chenapan que ça suffit les conneries, dis-donc, tu es mort et tu le restes, sacrebleu de bloody chipolata.

Là encore, plus personne ne parlera de cet incident, puisque ça n’avait pas grande importance : après tout, on voit des zombies dans tellement de jeux et séries que un de plus, un de moins, même si c’est à bord de son propre vaisseau, on a vite fait d’oublier. Encore une fois, merci, Ridley Scott.

Revenons donc à M. Weyland, David, Shaw et Vickers en pleine conversation, car l’androïde a une révélation à faire : non, tous les "ingénieurs" ne sont pas morts : il en reste au moins un, en stase dans un sarcophage. Et lui pourrait peut-être aider M. Weyland à prolonger sa vie, tout en répondant aux questions de Shaw, si elle a encore la force de retourner dans le dôme, malgré toutes ces horreurs. Soit, dit-elle : je veux savoir, je veux des réponses à mes questions, comme par exemple, s’ils font trois mètres de haut, où trouvent-ils des slips à leur taille ? Après tous ces sacrifices : autant ne pas être venus jusqu’ici pour rien. Ni une, ni deux, toute l’équipe se prépare donc à partir en mission, et un système externe d’assistance à la marche est fixé à Weyland, afin qu’il puisse accompagner la troupe. On lui fixe aussi trois poches à urine ainsi qu’un brumisateur, mais ça, le film ne le montre pas, ce qui est bien dommage. Puis, une fois encore, tout le monde retourne vers le dôme.

Sur place, David guide la troupe jusqu’à la salle qu’il a trouvé, celle où il a vu les hologrammes entrer dans des sarcophages, et tout devient clair pour Shaw en écoutant les explications de l’androïde, ainsi qu’en se souvenant de quelques conversations avec Janek, le pilote du Prométhéus, qui avait des théories sur cet endroit maudit : en réalité, il s’agit d’un centre de production d’armes, à savoir, cette matière noire (sachant qu’on a vu aucun laboratoire ou machine, ils produisaient ça comment ? En y pensant très fort ?), et cela s’est retourné contre eux (comment là encore ? Vous ne le saurez jamais, le réalisateur a supposé que ça ne vous intéressait pas, même si c’est un peu le coeur de l’intrigue, encore un truc évacué du scénario, pouf). Ils se sont donc enfermés ici, dans ce qui est en réalité la salle de pilotage d’un vaisseau enterré, se mettant en stase dans des sarcophages en attendant d’accomplir leur mission, à savoir, si on en croit les enregistrements holographiques… se rendre sur Terre pour ainsi y détruire toute vie ! Cette planète n’est donc pas celle des ingénieurs : il s’agit juste d’une usine d’armes de destruction massive !

D’accord Saddam. Mais alors :

  • Pourquoi les survivants du massacre d’il y a 2 000 ans se sont-ils enfermé dans des sarcophages, sachant que cette salle est la salle de pilotage, et qu’ils pouvaient accomplir leur mission plutôt que de rester immobiles à pioncer pour attendre du rien ? La suite le confirmera : ils pouvaient décoller quand ils le voulaient.
  • Pourquoi les dessins sur Terre indiquaient-ils cette planète ? Je veux dire : les "ingénieurs" se seraient rendus plusieurs fois sur Terre, se tapant tout le trajet pour indiquer à diverses civilisations primitives l’emplacement de leur usine à armes de destruction massive destinées à leur bourrer la gueule ? Zut, c’est la base du scénario : même ça ne tient pas debout
  • Et d’ailleurs, comment les humains ont-ils fait pour tomber du premier coup, comme ça, hop, pif pouf, sur le vaisseau qui, justement, avait pour objectif de raser la Terre, sachant qu’ils n’avaient aucun plan indiquant ce point précis sur la planète ?

Réponse : aucune. Je crois que j’ai trouvé Ghost Rider plus crédible que ce film. C’est dire.

Toujours est-il que nos héros se retrouvent face au sarcophage contenant le dernier extra-terrestre vivant du coin (oui, vous vous souvenez la créature qui a tué Bubu par exemple ? Elle aussi a disparu du scénario, elle ne rôde plus dans les couloirs du dôme ni rien, pouf, virée elle aussi, c’est formidable), et décident donc de le réveiller, David entamant la manœuvre après avoir déchiffré les inscriptions du sarcophage. Bientôt, le conteneur s’ouvre, et un immense humanoïde blanc en sort, sans armure, ses yeux sombres sous ses larges arcades d’albâtre observant les humains curieusement. Shaw lui hurle de lui expliquer le sens de la vie (ah oui, rien que ça), et accessoirement pourquoi ils ont créé la vie sur Terre avant de maintenant vouloir la détruire, pendant que Weyland ordonne à David de demander, dans sa langue (car il la parle parfaitement, bien que ne l’ayant jamais entendue clairement), s’il peut l’aider à vivre plus longtemps. L’alien réfléchit un moment, puis finalement, se décide à…

… péter la gueule à tout le monde.

Ok, je suis de ton côté mec.

Les hommes accompagnant Weyland ouvrent le feu avec leur fusil à impulsion, visant toutes les parties vitales de cet ennemi avançant lentement et en ligne droite, comme par exemple, le pied droit ou par-dessus l’épaule gauche (ils ne pensent pas à viser la tête), et visiblement, comme toutes les armes à impulsion, ça ne fait rien à personne, le Monsieur peut donc continuer tranquillement de malaxer des museaux à coups de poings. Il tue en conséquence les gardes, arrache la tête du pauvre David, dont le crâne, encore "vivant", se retrouve au sol, puis s’occupe du vieux Weyland, qui meurt comme un con au milieu de ses poches à urine, ce qui est bien mérité vu son plan pourri à base de "Tiens, si j’accompagnais l’expédition super dangereuse et mal montée plutôt que d’attendre à la maison dans un caisson bien frais". Seul Shaw, puisque c’est l’héroïne et que c’est l’une des rares à avoir un nom et un prénom, parvient à s’enfuir, tentant de regagner le Prométhéus à pied.

L’alien lui, après avoir fait le ménage, se dit que tiens, si j’allais sur Terre, comme le voulait ma mission ? Surtout que j’irais bien visiter le Languedoc-Roussillon, il parait que c’est sympa. Alors hop, il s’installe dans le siège à côté des sarcophages, appuie sur quelques boutons, et tout un système de pilotage sort du sol pour s’installer devant lui, ainsi qu’une armure venant se déposer sur lui, façon Goldorak (le petit tour sur son siège en moins). Il programme donc sa destination, et comme les batteries ne sont pas mortes depuis 2 000 ans, parce qu’il avait bien pensé à éteindre les phares, hop ! Son vaisseau commence à chauffer, ce qui prouve bien que se mettre en stase ne servait à rien : il était prêt à partir mais avait décidé de faire la sieste 2 petits millénaires.

A l’extérieur, Shaw, qui tente de se ruer vers le Prométhéus aussi vite qu’elle le peut malgré son bide agrafé suite à son opération douloureuse intervenue quelques scènes plus tôt, voit le sol s’agiter sous ses pieds : il s’ouvre pour laisser passer le vaisseau au décollage ! Sacrebleu ! Elle appelle donc le vaisseau scientifique en urgence pour lui dire "Attention ! Il y avait un vaisseau alien là-dessous, et il va aller sur Terre pour balancer la matière noire dégueulasse qui détruit tout, c’est pire que les algues vertes sa merde ! S’il y arrive, notre planète sera détruite, et nous n’aurons plus nulle part où aller ! Vous devez l’arrêter !"

Janek pèse le pour et le contre : arrêter le vaisseau alien qui commence à décoller, sachant que le Prométhéus n’est pas armé, ça revient à se sacrifier en s’écrasant contre. A l’inverse, perdre la Terre, ça signifie devoir recréer la race humaine en s’accouplant avec Vickers, restée à bord, et plutôt pas moche… hmmm, c’est tentant, mais bon, hein, Janek étant noir et à moustache (et n’étant pas Will Smith ou capitaine de la police), il sait que dans un blockbuster, il est condamné à mourir ; il propose donc le plan suivant :

  • Il va éjecter les quartiers de Vickers, qui ont de quoi tenir sur la planète de manière autonome pour encore au moins deux ans, avec oxygène, nourriture, boisson et Medifuck-3000 (ne l’oublions pas)
  • Il va éjecter Vickers (elle pourrait aller dans ses quartiers pour être éjectée en toute sécurité, mais comme elle est bête comme l’intrigue, elle décide de se faire éjecter à part et après ses quartiers)
  • Il va s’écraser contre le vaisseau au décollage, et activer son moteur à ion-popopop-woush-woush-trop-de-la-bombe qui créera une grosse explosion apte à faire bobo à coup sûr

Vickers râle mais accepte le plan, filant vers un module d’éjection, alors que dans le même temps, ses quartiers sont envoyés vers le sol, amortissant la chute avec leurs propulseurs intégrés (vous ne le voyiez pas venir, hein, que le fait que ses quartiers soient un "canot de sauvetage" allait servir, pas vrai ? Après tout ça a été introduit teeeeellement naturellement et subtilement dans le film !). Le Prométhéus, lui, accomplit sa dernière mission, explosant contre la nef alien à une centaine de mètres d’altitude qui, d’ailleurs, a la forme d’un donuts qu’on aurait croqué. Et qui du coup, pour encore plus de spectacle, s’écrase vers le sol non pas comme une bouse mais… en commençant à rouler bien en équilibre ! Et comme vous l’aurez deviné, pile dans la direction de Shaw, toujours en train de galoper malgré ses blessures, et de Vickers, qui par un incroyable hasard, a atterri à côté d’elle.

C’est affligeant.

Si vous comptez que ce vaisseau était supposé contenir 17 membres d’équipage, + 1 clandestin, qu’il y a environ 6 morts et deux donzelles larguées sur la planète et que seuls les trois pilotes ont accepté de se sacrifier, calculez combien il reste de membres d’équipage à bord qui vont mourir dans l’explosion sans qu’on leur demande leur avis ou propose de s’éjecter

Les deux femmes foncent donc tant bien que mal, jusqu’à ce que Vickers, militaire entraînée, ne parvienne pas à s’écarter de la route du donut géant et se fasse sproutcher (c’est un verbe), quand Shaw, archéologue traumatisée et sortant d’une opération chirurgicale un peu compliquée esquive le tout comme un ninja majestueux. Voilà voilà. Cela fait, et apercevant le module autonome largué du Prométhéus au sol, elle se décide à s’y rendre pour enfin trouver un peu de repos après toute ces aventures, et un peu dépitée car le dit module permet de survivre deux ans, mais pas de repartir sur Terre ! Bah, un petit bain à bulles en lisant Space-Closer et le moral reviendra.

Sauf qu’à peine à bord, plusieurs choses sont étranges : déjà, les écrans affichent n’importe quoi, les lumières clignotent, le mobilier est en vrac… pour un module qui a utilisé ses propulseurs pour se poser en douceur, ça ressemble plutôt à de la mise en scène de mauvaise série B ! Ho, mais attendez : nous sommes un peu en-dessous de la mauvaise série B, au temps pour moi. Et surtout, ensuite, des bruits étranges se font entendre, hmmm… attrapant une hache à incendie qui traînait par là, la bougresse se rend donc vers la source de tout ce ramdam : la salle où se trouve le Medifuck-3000. Et en collant les yeux à la vitre, comme dans tout mauvais film, elle ne voit rien et il y a un silence pesant jusqu’à ce que soudain, un tentacule martèle brutalement le verre ! Deux ans avec un truc à tentacules comme coloc, ça sent le hentai à plein nez cette affaire.

Et dans le même temps, la tête décapitée de David, encore vivante dans le vaisseau alien, parvient à activer la radio pour prévenir Elizabeth : "Attention pépette, le grand monsieur tout blanc a pas aimé qu’on lui bousille son vaisseau, il vient donc en faire de même avec ta margoulette." ; et effectivement : débarquant du sas menant vers l’extérieur (dites-donc, non seulement il est arrivé vite pour un mec dont le vaisseau vient de s’écraser, mais en plus, il n’a pas de casque ! Pourtant, lui et les siens vivaient dans une atmosphère au sein du dôme en reproduisant une semblable à la Terre, d’où le fait que l’on pouvait y retirer son casque : alors comment a t-il fait pour aller de son vaisseau au module de sauvetage sans suffoquer à l’extérieur ? Téléportation, là encore ?  Soit), voici venir le dernier "ingénieur" !

Toujours est-il qu’Elizabeth Shaw ne pouvant lutter contre cet humanoïde de plus de trois mètres de haut, elle parvient juste à ouvrir la porte menant à la pièce de son nouveau colocataire à tentacules, et visiblement, le film était à court de budget, puisqu’apparait alors une immense bestiole aux appendices gluants tout droit sortie des plus mauvaises heures des téléfilms des années 80, qui s’empresse de faire des bisous à l’intrus. Ne me demandez pas comment, en à peine quelques heures et sans aucune nourriture, la bête est passée de petit poulpe à méga-bestiau (elle transforme peut-être l’air ambiant en gras, un peu comme Jean-Marie Bigard), là aussi, c’est comme ça. Shaw, elle, décide de laisser les deux trucs d’outre-espace se démerder, et fuit donc hors du module autonome, jusqu’à ce qu’à nouveau, David la joigne sur la radio.

"Elizabeth… je sais qu’on a pas toujours été d’accord… surtout quand je m’amusais à appuyer sur tous les boutons que je trouvais sans explication, que je partais seul en expédition et gardait mes trouvailles pour moi alors que les partager avec vous autres scientifiques ne m’aurait pas empêché d’atteindre l’objectif d’aider M. Weyland et aurait même au contraire permis d’avancer plus intelligemment, ou encore que j’empoisonnais votre copain avec une substance alien dont j’ignorais tout juste comme ça, pour voir, et mettant en danger toute la mission et sans aucun motif valable dans tout ce scénario sans aucun sens, mais je veux vous aider. Vous vous rappelez aussi quand je vous ai faite tomber enceinte d’un alien pour me marrer ? Qu’est-ce qu’on avait rigolé !
- Bon écoute fais péter, parce que soit je fais confiance à une tête d’androïde qui fonctionne toute seule, soit j’ai un plan à trois avec un humanoïde géant et un poulpe avec qui toute relation sexuelle tiendrait curieusement de l’inceste, alors balance.
- Eeeet bien je crois que j’ai compris comment se pilotaient ces vaisseaux. Si vous me le demandez, on peut retourner sur Terre. Et pas forcément avec ce vaisseau. Car je viens de découvrir que cette planète en comprenait beaucoup d’autres.
- Tu veux dire que cette planète comporte plein de vaisseaux qui n’ont jamais prêté assistance/détruit celui dans lequel les armes de destruction massive s’étaient retournées contre leurs créateurs ? Et qui attendent juste là à rien faire ?
- C’est ça.
- Et tu veux aussi dire que tu viens de faire cette découverte sans rien faire, puisqu’aux dernières nouvelles, tu es juste une tête décapitée au sol ? T’as fait comment, c’était écrit sur le plancher "Propriété de la patrouille de France, les autres vaisseaux sont à 50 mètres à droite ?"
- Je…. vous voulez vraiment que je justifie ou on termine ce film ?
- J’arrive."

0

Bondissant dans un buggy qui était resté hors du Prométhéus avant sa mission kamikaze, Shaw se rend donc jusqu’au vaisseau alien crashé, atteint sans encombre la passerelle de commandes, puis en extrait le corps et la tête de David. Celui-ci la félicite de son choix, et lui dit que ça va être trop chouette de retourner sur Terre. Mais Elizabeth le coupe, du moins, façon de parler parce que c’est déjà fait, puis fixe l’horizon en prenant une pose cool :

"Non, David. Nous ne retournons pas sur Terre. Ces êtres nous ont créés, et maintenant, ils veulent nous détruire. Pourquoi ? Je dois savoir. Il doit y avoir les coordonnées de leur planète mère dans les vaisseaux : allons-y. J’ai le droit de leur poser des questions."

"Comment pourrais-je finir le film avec une décision encore plus absurde que tout ce qu’il vient de se passer, hmmm…"

Oui, tu as le droit. Mais vu l’accueil qu’ils t’ont fait jusqu’ici, tu risques juste de te faire tataner pour rien ma grande, et ainsi empêcher l’humanité de connaître le danger qui la menace, sachant qu’en retournant sur Terre avec un vaisseau alien, tu pourrais à la fois informer l’humanité de tes incroyables découvertes, aider la Terre à se préparer à une éventuelle attaque, et si tu en as envie, préparer une nouvelle expédition mieux préparée pour aller sur la planète mère des "ingénieurs" leur poser des questions. Là, tu fais juste de la daube, en fait.

Avant de partir, donc, Elizabeth laisse un enregistrement qui sonne comme un avertissement : cette planète est dangereuse, le mal y rôde. Puis, David et elle se rendent à un vaisseau voisin (là encore, localisé par magie, comme ça, hop ), et font décoller celui-ci vers les étoiles, pour que Shaw puisse accomplir la mission la plus débile de l’univers.

Et…

Non, pas fin, puisque Ridley Scott, comme dans le très mauvais Robin des Bois, joue la carte du "Maintenant que j’ai raconté n’importe quoi, raccrochons les wagons pour dire que c’est un préquel", et on découvre donc, au sein du module de survie autonome resté sur la planète, que l’énorme bête tentaculaire a non seulement vaincu l’humanoïde géant, mais a pondu dedans avant de mourir, sorte de version géante des face-huggers de la série Alien, et donc, comme il se doit… le ventre du pauvre ingénieur mort s’ouvre et en sort un xénomorphe, du moins, une version très proche de celle qui, quelques années plus tard, ira emmerder une certaine Ripley à bord de son joli vaisseau ! Sauf qu’ici on dirait un enfant de 9 ans à qui on aurait mis une tête de dauphin peinte en noir sur la tête, vraiment, je pense que le budget a eu de sérieux soucis. Voilà, c’est bon, on a casé de quoi dire que ce film avait un rapport avec Alien, et qu’on a pas payé la licence pour rien ? Alors…

FIN !

______________________________

Ripley essuya une larme sanglante sur sa joue, marmonnant quelques injures alors que certains de ses compagnons autour d’elle convulsaient au sol, leur esprit balayé par la vacuité complète du scénario. Parker, qui s’était lui tout simplement évanoui dès le passage où deux scientifiques soi-disant terrorisés décidaient de passer la nuit dans le pire coin du dôme, se releva péniblement en tentant de se reprendre.

"Mais… tout ça ne nous dit pas ce qu’il s’est passé ici, à bord de l’USCSS Odieux Connard ! Qu’est-ce qui est arrivé à l’équipage ? Pourquoi les corps ont-ils été ainsi empilés les uns sur les autres sur le pont principal ?
- La vidéo n’est pas finie, Parker, il va peut-être nous le dire.
- krsshh… film a causé trop de dégâts… impossible de repartir… vais m’occuper du chargement…
- Le chargement ? Que transportait ce vaisseau ?
- Attendez… à en croire les registres, il transportait une délégation d’étudiantes interplanétaires. Mais alors que… 
- krshhh… j’ai ouvert la cryo-soute… j’ai deux mois de brandy et de cigares…krshh…  une bonne playlist… si vous trouvez ce message… fuyez… et laissez moi en paix… krsshh… je… je crois qu’elles sont réveillés… elles arrivent !"

0

La vidéo se coupa, et Ripley observa à nouveau les corps empilés les uns sur les autres.

Cette fois-ci, elle était sûre que le squelette dans le fauteuil était en train de sourire.

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 5  840 followers