Qui êtes-vous, extrapolateurs ?

Pourquoi faites-vous cela ? N’avez-vous point d’autres hobbys ? Êtes-vous vraiment humains ? Pourquoi Arthur existe-t-il ? Voulez-vous un coup de batte ? Autant de questions qui, ces derniers temps, ne cessent de me hanter.

Longtemps, j’ai cru que ces créatures étaient des êtres qui ne vivaient qu’à la lumière des néons des galeries d’art, allant et venant au son traînant de leurs mocassins à glands frottant contre des parquets croulant sous le poids de l’ego de leurs visiteurs. Allant d’oeuvre en oeuvre, l’extrapolateur refuse de dire qu’il a pu se déplacer pour une réalisation et être déçue par celle-ci : il doit toujours trouver quelques qualités à ce qu’il a devant lui et, se prenant la tête dans la main en mimant l’air pensif, en commentant tant qu’il peut ce que l’artiste a selon lui voulu dire au travers de son oeuvre. Et de préférence, en trouvant plus à dire que son voisin, afin de passer pour plus savant que lui (c’est une sorte de concours de pets, si vous voulez, mais avec la bouche).

Mais non : après avoir trop longuement rôdé dans leurs galeries, ces êtres ont fini par s’en échapper, et s’attaquent désormais à une nouvelle cible : le 7e art (même si tout est relatif, ou alors il faut considérer Christian Clavier comme un artiste).

Car oui : les extrapolateurs, ce sont ces curieux personnages qui sont prêts à trouver formidables des films au scénario se foutant ouvertement de leur gueule, pour peu qu’ils puissent ainsi compléter eux-mêmes les zones de vide intersidéral du script en inventant des choses. Présenteriez-vous du gruyère à ces braves gens sous l’appellation de coulommiers qu’ils tenteraient de combler les trous du pauvre fromage à l’aide d’un fameux baratin, expliquant que tout cela est bien évidemment parfaitement normal, et qu’il faut se creuser un peu la tête pour le voir. Leur vendriez-vous une maison à laquelle il manquerait un mur qu’ils s’enthousiasmeraient pour le génie de ce nouveau système d’aération : oui, l’extrapolateur est tout simplement une sorte de gros pigeon, qui, lorsque l’on pointe du doigt l’arnaque dans laquelle il se débat, se complaît à roucouler fièrement qu’à l’endroit où nous voyons arnaque, il voit bien plus loin (remarquez, du coup, ces gens là sont très pratiques pour l’économie de notre pays).

Là où Borée ou Zéphyr ne trouveraient jamais assez de vent pour emplir autant de trous, les extrapolateurs, eux, rivalisent d’inventivité – et de mauvaise foi, domaine que je maîtrise quelque peu – pour tenter de combler chaque faille, chaque creux, chaque grand vide dans le scénario des oeuvres que l’on déroule sous leurs yeux.

Alors, braves gens, là où il y avait le point Ciné-Pipeau, consistant à expliquer à autrui qu’il n’a rien compris au film et doit donc retourner le voir, voici venir le point Ciné-Extrapolation, correspondant à la définition suivante :

Lors d’une conversation sur le cinéma, plus le temps passe, plus il y a de chances que quelqu’un commence à inventer des choses au hasard pour tenter de combler les trous dans le scénario d’un film pour essayer d’en remonter la qualité

Un exemple de voiture de ces êtres curieux : "ce ne sont pas des taches de rouille, c’est un choix esthétique"

Si cette définition fonctionne principalement pour les gens autour de vous correspondant au profil typique de l’extrapolateur présenté plus haut (et donc, que vous avez souvent envie de les gifler avec un objet adapté, comme par exemple, une table en chêne), sachez qu’il existe un moyen simple de reconnaître ces derniers, même s’ils tentent de se faire discrets, car le point Ciné-Extrapolation sort plus facilement quand vous parlez d’un film dans lequel réalité et monde imaginaire se confondent : rêves (Inception), illusions (Matrix), folie (Sucker Punch), bref. C’est un peu comme leur coller les yeux face à un stroboscope : ça les rend tout fous, ils se mettent à bondir dans tous les sens en bavant puis à raconter n’importe quoi ("J’adore Christine Boutin !"), car pour le coup, sitôt que l’imaginaire est invoqué, pour eux, sky is the limit, comme on disait à bord de Challenger.

Qui n’a jamais entendu que "Nan mais attends, Inception tu vois, moi je pense qu’en fait, il y a encore un rêve dans un rêve dans un rêve", que Matrix "Si ça se trouve, c’est encore une couche de la matrice" ou "Sucker Punch, en fait, c’est en réalité un rêve fait par un lama complètement défoncé au peyotl", parce que merde, attends, c’est trop fou, c’est des rêves/illusions/folies, on peut pas savoir la vérité !

Sur ce dernier exemple, j’exagère un peu. Mais personnellement, j’ai quand même eu la joie de lire des gens analyser Sucker Punch en hurlant au génie philosophique, quand je rappelle que le pitch est :

"Des meufs en mini-jupe tatanent des milliers de monstres en prenant des poses salaces avec de grosses armes"

Mais nul doute que c’était plus profond que cela, et que Socrate et Kant sur les rives du Styx ont pleuré de bonheur en voyant autant de réflexion dans pareille oeuvre. Platon, par contre, non. Mais Platon, c’est parce qu’il en est encore à revisionner Fast & Furious, persuadé qu’en fait, tout cela est un incroyable recueil de pistes sur la nature humaine vue au travers d’un pot d’échappement.

Ainsi, l’imagination de nos amis de l’extrapolation est devenue si fertile ces dernières années, encouragée par des scénarios si vides qu’on y trouve plus de place pour s’inventer une histoire que pour l’intrigue originale, qu’ils en sont désormais arrivés à expliquer que l’équipe du film en sait moins qu’eux sur ce dernier. D’ailleurs, à les écouter, il n’y a pas grand monde qui en sait plus qu’eux, ce qui est toujours intéressant. On pourrait, histoire d’illustrer la chose, prendre quelques exemples :

Le dernier volet de La Planète des Singes, par exemple, où sans spoiler (il y a une catégorie pour ça), il y a un passage où, sans aucune raison, toute une armée de primates se lance à l’assaut d’un bâtiment où concrètement, elle n’a aucune raison d’aller (à part faire des trucs de singes, comme taper sur les vitres en gueulant, s’épouiller le roudoudou ou jouer avec son caca). A l’époque, les commentateurs les plus inspirés par l’acide coulant dans leurs veines n’avaient pas hésité à expliquer que :

  • C’est la preuve que les singes sont devenus intelligents : ils s’en prennent à des choses symboliques plutôt qu’utiles
  • C’est parce que le commandement échappe à l’un des singes au début, et que c’est donc pour ensuite mieux s’affirmer par rapport à ce chaos
  • C’est pour tendre une embuscade à l’un des employés du bâtiment afin de se venger de lui

Ce qui était bien gentil, jusqu’à ce que l’équipe du film explique avec bonheur dans divers médias que "Nan mais en fait, c’est parce qu’au début il y avait une autre intrigue avec une guenon, et que cette scène là était liée à cela, mais on a oublié de la retirer avec les autres scènes… et elle n’a plus aucun sens, du coup." et le plus beau ? Ça n’a pas démonté les extrapolateurs fous, qui ont continué leur petit trip. "Les auteurs disent qu’ils ont fait une erreur, mais ils se trompent : ils l’ont fait exprès en fait et c’est parfaitement logique".

"Hmmm hmmm. D’accord, vous avez raison, tout cela est très cohérent. Maintenant, parlez-moi de vos parents : avez-vous envie de les tuer ?"

Pour faire simple, l’extrapolateur, c’est quand même un peu quelqu’un qui vous improvise des fanfictions à volonté, mais jamais de qualité (je crois que je viens de faire une lapalissade, mais passons).

Sur Prométhéus, donc, les spéculations vont aussi bon train, certains défendant jusqu’au moindre détail (je salue le lecteur qui m’a expliqué que le sas entrouvert au début du film juste pour qu’un personnage puisse en mater discrètement un second en train de faire des pompes, c’était une programmation volontaire car c’est connu, dans l’espace, on adore utiliser des sas de sécurité ni ouverts, ni fermés pour exhiber ses petits muscles en faisant son sport) ; or, pour le coup, quelques journalistes s’en sont émus et sont allés poser des questions sur les curieux montages et trous du film, obtenant pour courageuses réponses :

  • "Le montage, c’est Ridley, et rien que Ridley, on y est pour rien"
  • "Ridley avait une nouvelle idée par jour : ça se sent dans le film"
  • "Tous les choix sont ceux de Ridley"

Bref, les rats quittent le navire, chargeant tout sur le dos de leur chef, conscient que là, quand même, ils ont un peu fait n’importe quoi dans le cadre de ce film. Mais là encore, ça n’empêche pas toute une troupe de fameux cinéphiles de venir expliquer que non non, tout est parfait et peut-être parfaitement expliqué, parce que comprenez-vous, les trucs qui manquent, ce sont des "pistes pour notre imagination". Voire "Vivement le Blue-Ray, qu’on ait les réponses à nos questions" : je sais pas vous, mais moi, quand je paie pour un truc, je demande à ce qu’il tienne debout, pas à devoir payer une deuxième fois pour qu’il soit complet. Mais j’imagine que c’est déjà assez complexe.

De toute manière, petits baratineurs, on ne la fait pas à un vieux cabotin : permettez-moi de vous expliquer la différence entre "Une piste" et "Du rien".

Mettons : Jean-Jacques, quelconque personnage, est en train d’explorer des ruines dont il se méfie car réputées être gardées par de terribles gardes sauvages descendant des anciens habitants de la cité ; n’écoutant que son courage, il décide d’entrer dans les restes d’un temple, que certains prétendent hanté. Quelques jours plus tard, une nouvelle expédition partie à sa recherche retrouve Jean-Jacques contre un mur de l’intérieur du temple, vaguement mort, et sans que l’on sache ce qui lui est précisément arrivé.

Il y a des pistes : les gardiens, les fantômes du temple ou que sais-je ; une légère brume couvre cette partie de l’intrigue afin de la nimber d’une aura de mystère, mais des pistes en partent pour que chacun puisse se faire son idée, et pourquoi pas, se stranguler en soirée sur la meilleure piste à suivre.

Après, si ce procédé est utilisé en boucle, ce n’est plus une légère brume, c’est un brouillard complet, et donc, il n’y a plus rien à voir : on parle donc d’effet Lost.

Vous aimez disserter sur du rien ? Vous aimerez Lost.

Maintenant à l’inverse, prenons : Jean-Jacques, quelconque personnage, est en train d’explorer des ruines dont il se méfie car… pouf, fin de la scène. Quelques jours plus tard, une nouvelle expédition partie à sa recherche s’installe dans les ruines sans inspecter quoi que ce soit et entame une partie de beach volley.

On ne finit pas ce que l’on commence, on raconte du vent et on ne se soucie pas vraiment de ce que l’on raconte : on peut donc parler de film raté. Ou de film de Nicolas Cage pour ceux qui n’auraient pas leur dictionnaire des synonymes sur les genoux.

Le problème principal étant donc que l’extrapolateur n’arrive pas à faire la différence entre les deux, et se contente, quoiqu’il arrive, d’inventer les scènes manquantes à ces films pour tenter de s’inventer une bonne séance. Nul doute que pareille imagination doit fortement les aider lors des passages les plus solitaires de leur vie.

Alors, vraiment, lecteurs, lectrices, n’hésitez plus : allez de par le net et vos soirées croiser ces gens qui, au nom d’une imagination débordante, défendent par eux-mêmes les scripts les plus pourris et mal montés insultant toute forme d’intelligence (et de vie), insistant pour que l’on continue à leur en donner encore et encore ; et à chaque fois que vous en trouvez-un, au nom de tout ce qui est juste et bon, à savoir principalement moi :

Giflez-les très fort.

N’ayez aucune inquiétude s’ils ne comprennent pas d’où ça vient et que vous ne leur expliquez pas : de par leur propre nature, ils s’inventeront un scénario dans lequel ils l’avaient bien mérité.

Et pour une fois, ils auront raison, alors pourquoi s’en priver ?

Qui n’a jamais souhaité obtenir de super-pouvoirs ?

Survoler les embouteillages parisiens en traversant le ciel cheveux, cape et slip au vent, lire les pensées de votre examinateur en plein oral de droit constitutionnel ou bien encore faire léviter la bouteille de bière jusqu’à vous sans avoir à quitter le canapé… autant de rêves qui, jusqu’ici, restaient du domaine de l’impossible, réservés qu’ils étaient à une élite de super-héros qui s’en servaient pour sauver leur voisine & le monde deux à trois fois par semaine. Les nazes.

Mais aujourd’hui, voici venir la démocratisation du surnaturel, la république du parabanal, bref, l’accès égal aux supers-pouvoirs pour tous :

Le phosphénisme et ses machines !

Alors évidemment, mécréants que vous êtes, vous allez vous montrer dubitatifs "Des supers-pouvoirs, vraiment ? Vous ne pipeauteriez pas un peu, là ?" ; nenni mes bons !  Lisez plutôt ce que nous dit ce beau site :

Avant les travaux du Docteur LEFEBURE, on pensait que les pouvoirs supranormaux n’étaient accessibles qu’à de très rares individus, et seulement après une ascèse longue et difficile.
Or, les résultats obtenus par les pratiquants de la méditation gyroscopique ont été si importants que les observations et expériences, effectuées dans le monde entier, ont permis au Docteur LEFEBURE de mettre au point de nouveaux modes d’utilisation encore plus puissants.

Voilà, c’est dit : dans le monde entier, enfin, les gens peuvent avoir accès grâce au phosphénisme, à des "pouvoirs supranormaux", autrefois réservés à "de très rares individus" (les X-Men, donc, probablement). D’ailleurs, les résultats de ces pratiques ont été "si importants", avec des "observations et expériences, effectuées dans le monde entier" qu’aucun média n’a souhaité en parler. Probablement un complot de journalistes de 13h jaloux de ne pas avoir de supers-pouvoirs à mettre au service de leurs reportages sur la fabrication du chabichou.

Dans tous les cas, oui : vous allez avoir facilement accès à des talents surnaturels "EN UNE OU DEUX SEMAINES, A RAISON D’UNE HEURE D’UTILISATION PAR JOUR" (oui, en majuscules s’il-vous-plaît), même si le site ne garantit pas les résultats à 100% ; après tout, les supers-pouvoirs, c’est quand même toujours un peu une question de bol, on peut se retrouver avec des aptitudes de merde. Prenez l’araignée qui a mordu Peter Parker, faisant de lui Spiderman, l’homme qui crée de la toile à volonté et grimpe au mur : juste après avoir attaqué le fameux héros, toujours prise dans sa furie radioactive, elle a aussi planté ses crochets dans Patrick Boussier, le voisin du bon Peter ; résultat, Patrick a obtenu comme seule caractéristique arachnide une pilosité des fesses incroyablement développée. Voyez Bruce Wayne : mettons que dans sa jeunesse, il soit tombé, non pas dans un nid de chauves-souris, mais dans celui de castors : il ne serait donc pas devenu Batman mais Beaverman, le justicier qui emprisonne les méchants dans des barrages de branches et de morve, après qu’il les eut assommé de sa queue plate. Enfin, passons les divers super-héros disparus de l’industrie tant leurs pouvoirs ne leurs procuraient aucun succès : Paprika, la jeune étudiante hongroise capable de parfumer au paprika n’importe quel aliment dans un rayon de 5 mètres autour d’elle (in "Superman contre la bouteille de palinka hantée", 1968), Scatotor, le méchant disposant du pouvoir de contrôler la matière fécale (in "X-Men : Le mystérieux tuning de fauteuil du professeur Xavier", 1993) ou encore Jean-sans-fil, le hacker pouvant connecter son esprit aux Minitels (in "Batman & la SNCF", 1987).

 

M. Fatjoke, le héros qui peut créer des calembours gras à volonté

Bref, si les héros les plus connus ont tous hérité de pouvoirs bien utiles, je ne puis rien garantir pour vous. Tout au mieux puis-je vous souhaiter bonne chance.

Mais passons plutôt à la méthode. Car bon, c’est pas tout ça, mais c’est quoi, le phosphénisme ? Comme nous pouvons le lire ici, le phosphénisme consiste en l’art de se balancer tout en fixant une source lumineuse (lampe, phare de bagnole, soleil… je ne rigole pas), qui vous envoie tout plein de phosphènes, qui une fois synchronisés avec le rythme de balancement de votre cerveau, vous donneront des über pouvoirs comme, je cite la page d’accueil du site : "la télépathie". Un bon début.  Surtout que l’inventeur de la chose, le Docteur Lefebure, ne s’est pas foutu de votre gueule, non, il a voyagé de par le monde pour chercher la meilleure manière de se balancer. Après des décennies à essayer le disco, le zouk et bien sûr la house, notre héros a fini par trouver :

En 1959, le Dr LEFEBURE rencontre un mage indonésien qui lui montre une façon nouvelle d’effectuer les balancements de tête. Arthème GALLIP, Zoroastrien, le premier initiateur du Dr LEFEBURE, lui avait préconisé la pratique des balancements avec un angle plus prononcé. De ces deux méthodes, laquelle était la meilleure ? La technique enseignée par le mage indonésien lui a inspiré l’expérience suivante :
En présence du phosphène le Dr LEFEBURE a pratiqué des balancements à des vitesses différentes. Il s’est aperçu que seul un rythme spécifique entraîne le phosphène, alors que pour tous les autres rythmes, le phosphène restait fixe par rapport à l’axe du corps :
Le rythme de 2 secondes était découvert.

Notez : en 1959, le mec rencontre un "mage indonésien" qui lui montre une nouvelle manière de balancer la tête ("Regarde mec, t’arrive à le faire d’avant en arrière ?" – "Ho, l’enfoiré, c’est un bon !"). Non seulement ça sent déjà très fort la ganja, mais en sus, il y a tout un débat sur l’angle d’inclinaison de la tête ; heureusement, notre bon docteur trouve tout seul la solution en s’écriant "Ouais, quand je penche de cette manière là, je phosphène grave", et hop, ça y est, le débat est réglé. C’est dire s’il devait passionner du monde.

Dans tous les cas, sachez que le phosphénisme va vous permettre d’ouvrir votre "Kundalini", sorte de truc inconscient qui vous permettra d’obtenir les supers-pouvoirs tant attendus. Rien que ça les enfants. Vous avez bien compris le principe ? Balancement + lumière = éveil de votre Kundalini = supers-pouvoirs. Fastoche. A condition bien sûr de savoir comment procéder.

Alors voyons ensemble comment monter une Phosphenic Machine (je n’invente pas).

Lorsque j’ai découvert le phosphénisme j’ai tout d’abord commencé par acheter la lampe phosphénique et le livre Mixage Phosphénique en Pédagogie pour bien maîtriser toutes les bases indispensables du phosphénisme


Je vous coupe avant que vous ne me disiez "Un mixage quoi ?" : le mixage phoshénique en pédagogie, ce n’est non pas un bon vieux mix avec scratchage de platines façon Daft Kepon, mais le fait d’initier des enfants à la phosphénique pour les aider à réviser et devenir plus intelligent (oui, fixer une lampe en se balançant comme un autiste sous ecstasy rend les enfants plus intelligents, c’est comme ça). Exemple :

Pour une leçon de mathématiques, l’élève repense à la formule qu’il étudie pendant la présence du phosphène (NdOC : pendant qu’il regarde une lampe).

Oui, c’est fou : un élève qui se concentre sur un élément particulier longuement et se le répète en boucle l’apprend plus facilement que celui qui n’en a rien à foutre et ne relit rien. Mais ce sont sûrement les lampes à phosphènes qui font la différence : on révise tellement mieux avec une lampe dans la gueule. La Guestapo adorait d’ailleurs faire des interrogatoires phosphéniques, en mettant ses invités dans des conditions proches avant de hurler "Qui est la tête du réseau ? Schnell !". Mais passons. Une fois qu’on a la lampe, pour la modique somme de 300€ (sinon elle phosphène pas assez), donc, que nous faut-il ?

Ayant été très rapidement convaincu du fort potentiel du phosphénisme j’ai tout de suite investi dans un gyrascope car mon objectif restait l’éveil de ma koundalini. Afin d’avoir une utilisation plus confortable j’ai rapidement agrandi les pâles du gyrascope avec du carton revêtu de papier d’aluminium.

Oui, nan, mais nous aussi l’objectif c’est l’éveil de notre koundalini, là, on veut pouvoir faire de la télékinésie sur les jupes en ce début de printemps. Le reste, on s’en tape : les supers-pouvoirs, bordel ! Alors on va aussi se prendre un… un "gyrascope". Très curieusement, ce ventilo miteux que l’on peut agrandir avec "du papier d’aluminium" coûte la bagatelle de 1 000€. Mais quand on veut devenir surpuissant, on ne compte pas. Que seront mille euros quand vous disposerez de pouvoirs fascinants comme lancer des flammes, changer d’apparence ou faire tournoyer vos flatulences ? Vite, la suite !

 

Même Plouffy le basset sait reconnaître un ventilateur quand il en voit un

 

Après quelques semaines d’exercices (NdOC : hé, ho, vous disiez qu’on éveillait son kudunlatruc au bout de deux semaines grand maximum, c’est quoi cette arnaque ? Votre site ne serait pas entièrement crédible et sérieux ?) j’ai rajouté un alternophone afin de faire des exercices de pensée rythmée au 1/6 ème de seconde. Un matratron est également venu se rajouter ce qui m’a permis de faire du 1/6 ème alterné en le branchant sur l’alternophone.

Un alternophone. Un mantratron. Je… dites donc, c’est moi ou il n’y a pas un seul truc crédible dans cette machine ? Bon, regardons donc : 800€ pour un alternophone, appareil pour vous aider à avoir une "pensée rythmée" (que vous pouvez vous fabriquer avec vos vieux écouteurs de baladeurs qui ne marchent qu’une seconde sur deux, et d’un seul côté à la fois, je pense), branché sur un "mantratron". Un truc à mi chemin entre le mantra et les étrons, probablement. 250€. Donc pour 1050€, vous avez en combinant les deux bidules un appareil qui vous dit "Aooom" une seconde dans une oreille puis la suivante dans l’autre. Et même mieux : un bidule dont le son produit "se transmet télépathiquement très facilement". Sachant que c’est une machine à utiliser seul, effectivement : je suis particulièrement télépathe quand il s’agit de transmettre des pensées à moi-même. Mais passons.

J’ai ensuite complété mon installation avec un gyropulsar afin de réaliser des phosphènes pulsant

Un gyropulsar. Pour gyropulser ses phosphènes. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que le mot "gyropulsar" aurait plus sa place dans une phrase comme "Capitaine Needa ! *kschhh* la flotte rebelle tente de s’échapper *kschhh* enclenchez le gyropulsar !" Pour 250€, la bête crée donc un "phénomène pulsant" (?). Que l’on peut coupler à des "balles de ping-pong". Je… hmmm… Amazing gyropulsar, là, quand même.

Maintenant que l’on gyropulse, que l’on lampe-à-phosphène et que l’on mantratronne par alternance, que rajouter pour obtenir la machine de nos rêves ?

Amateur de bricolage je décidais de poursuivre l’aventure en me lançant encore sur les conseils de Daniel Stiennon dans la réalisation d’un siège tournant que j’équipais tout de suite d’un vibreur au 1/6 ème de seconde.

Un siège de bureau rotatif vibrant. J’en veux un. Là, maintenant. Je suis sûr que ça aurait un grand succès devant mes employés.

"Patron, patron ! C’est le jour des augmentations, et vous aviez dit que…
- Attendez, les augmentations ? Il faut que je me concentre sur le sujet. Laissez moi rotato-vibrer sur mon siège.
- …
- Bvvvvvvvv….
- Alors ?
- Non, en fait, cassez-vous de mon bureau, vous n’aurez rien cette année. Et si je vois le moindre signe de grève, je vous gyropulse la gueule.
- Non ! Pas le gyropulsage !"
0

Nom d’une pipe, non mais qu’es-ce que qu’on pourrait faire de plus ridic…

C’est vers cette époque que Daniel Stiennon me fit passer un système de génération de sons tournants que j’allais totalement recâbler pour pouvoir l’adapter au dessus du siège tournant.

Pouvoir écouter Justin Bieber tout en étant en rotation : deux raisons de gerber pour le prix d’une.

Toujours dans le but d’activer la vibration de ma kundalini je rajoutais un générateur de sons basses fréquences balayant les octaves supérieurs du 1/6 ème de seconde que je reliais à un subwoofer et à des bass-pumps.

Non parce que les basses, c’est important quand on écoute du Justin Bieber. Quelle machine perverse. Je ne vois guère comment on pourrait encore plus la…

Pour être vraiment complet dans la liste du matériel que j’utilise, je dois rajouter le vibro-masseur

Ok les gars, vous êtes trop forts.

Je résume tout de même : en vous balançant au rythme d’un mantratron alterné devant un gyrascope à lampe phosphénique, assis sur une chaise vibrante rotative elle-même placée sous un système de génération de sons tournants doublé d’un subwoofer et de bass-pumps, le tout gyropulsé, en vous aidant éventuellement d’un vibromasseur, vous devriez éveiller votre kundalini et obtenir des supers-pouvoirs.

 

Le résultat final. J'ignore si ça permet aussi de voyager dans le temps.

La deuxième option est que vous vous mettiez à gerber en tournoyant.

Heureusement, le site propose aussi des témoignages de personnes ayant essayé la machine et étant forts heureuses du résultat (curieusement, toutes les personnes ont le même style d’écriture), lisons plutôt ce qu’en dit Alain69

Après 2 mn de rotation sur la Phosphénic Machine, j’ai senti une énorme colonne d’énergie très dense de 10 à 15 cm de diamètre qui s’est mise à monter d’un coup en partant du bas de ma colonne vertébrale

Une colonne d’énergie très dense de 10 à 15 centimètres qui s’est mise à monter d’un coup en provenance du bas de la colonne ? Appelons la "vibro-masseur" pour aujourd’hui. Tournons nous alors vers Photon69 (notez les pseudonymes qui varient eux aussi en originalité ; Photon69 revient d’ailleurs 2 fois pour raconter deux versions différentes de sa "première expérience". Quelle coïncidence !) :

Effets ou résultats : Deux jours après la journée d’entraînement, je ressens plusieurs fois par jour, des vibrations au niveau du périnée. En conséquence, je mets mes sens en éveilles sur la sensation. Après analyse, je peux dire que les vibrations sont au niveau du chakra du périnée (Mooladhara), que le phénomène dure généralement entre 5 et 15 secondes. Je n’ai toujours pas identifié le facteur initiateur.

Je pense que le "facteur initiateur" est le même que ci-dessus en fait. Heureusement, Martine (la même qui va à la plage, à la mer, à la montagne, va aussi dans les Phosphenic Machine) relève promptement le niveau :

En visite chez Alain je n’ai pas résisté au plaisir de découvrir la Phosphénic Machine qu’il avait installé pour l’été dans son garage.

Sacré Alain : l’été, il aime bien installer sa Phosphenic Machine ailleurs, pour la promener un peu, qu’elle profite des beaux jours… et Martine a tout de suite succombé lorsque, appuyant son propos d’un lourd clin d’oeil, Alain susurra à Martine "Ça te dirait de me suivre dans mon garage que je te montre ma Phosphenic Machine ?"

Allez, un petit dernier témoignage pour la route ? Christian, ingénieur, nous raconte :

J’ai vu Dieu.
Comme tous les soirs depuis un mois et demi, je me couche tout de suite après ma séance de méditation avec le Gyrascope virtuel.
Quel ne fut pas mon étonnement quand, au petit matin, je fus réveillé par une lumière intense qui semblait baigner tout mon cerveau et mon champ visuel. Cette illumination a été suivie du sentiment aigu de la notion de Dieu. [...] le fait d’être entré en contact avec la lumière divine, ou Dieu, me permet d’aborder mon chemin d’existence avec une toute autre optique.

C’est bien normal. Après avoir suffisamment médité, un matin, Christian s’est réveillé et il a senti une lourde odeur de tabac. Tiens ? Lui qui ne fume pas ? Tournant la tête vers la droite de son lit, quelle ne fut pas sa surprise de tomber sur Dieu en train de fumer sa clope ! "Alors, heureux ?", lui aurait dit le créateur de toute chose avant de se lever en se grattant le fondement pour se faire un café. Christian a gardé de cette nuit magique, tout comme Alain69, le souvenir d’une "énorme colonne d’énergie très dense de 10 à 15 cm de diamètre qui s’est mise à monter d’un coup en partant du bas de ma colonne vertébrale". Du moins, je suppose.

Je rappelle ce que nous disait la page d’accueil :

Les lecteurs pressés, incrédules ou sceptiques pourront se rendre directement à la page des “ témoignages ” pour se faire une idée de ce qu’il est possible d’obtenir avec ce genre de machines. Ils seront alors, je pense, convaincus par le sérieux de la méthode et par l’extraordinaire potentiel de toutes ces machines.

Alors lecteurs ? Convaincus par les témoignages, bande d’incrédules ?

Et puis n’oublions pas tout de même le premier témoin : le mec qui a écrit le site et qui explique que ça marche doit donc, en conséquence, disposer au moins d’un super-pouvoir ! D’après mes premières estimations, ce serait "Le pouvoir de générer des animations de merde pour les coller partout". Un pouvoir partagé avec beaucoup d’utilisateurs de Powerpoints.

Quelle chance. Allez, à vos outils les bricoleurs : je suis sûr que vous êtes déjà impatients d’obtenir vos propres super-pouvoirs.

Vous me raconterez, hein ?

P.S : Merci au lecteur qui m’a indiqué ce fabuleux site. Vraiment.

 

Après le dernier article, nombreux ont été celles et ceux (Matt en tête) à interroger le maître des lieux pour savoir si les magazines masculins méritaient un châtiment semblable à leurs équivalents féminins.

Excellente question s’il en est.

Car l’homme est un animal tant majestueux que mystérieux, qui ne cesse de faire la une de tous les journaux ; à part quelques magazines de seconde zone qui font leurs couvertures sur les marées noires, l’économie ou les animaux à bajoues tel le hamster ou même Carla Bruni, l’essentiel de la presse mondiale n’a de cesse de se concentrer sur l’homme.

Tant de questions se posent au sujet de cet être pas comme les autres : pourquoi est il si velu ? Quelle est cette odeur de houblon qui semble se déplacer avec lui ? Pourquoi met il tant d’ardeur à soutenir les sportifs quand il rechigne bien souvent à remuer son gras ? Vous et moi, nous le constatons un peu plus chaque jour, l’homme est un animal allotropique capable du meilleur comme du pire : il sait réaliser les peintures de la Chapelle Sixtine avec patience comme il peut faire la guerre avec ardeur ; il est capable de vous offrir des fleurs tout comme il peut claquer tout votre plan épargne logement dans le tuning de sa twingo. Oui, s’il est difficile à cerner, l’homme n’en continue pas moins de fasciner une autre espèce de la planète, la femme, qui, inconsciente, essaie malgré tout de le cerner. Cette dernière est par exemple capable de relire entre 5 et 6 fois le même SMS pour essayer d’analyser si "bisous" au lieu de "bises" est vraiment significatif d’une évolution dans la perception de la dite femme par l’homme. Désespérant.

Pourtant, il existe des magazines qui se consacrent uniquement à répondre aux vraies questions que se posent les mâles ; souvent entreposées sous les matelas (un réflexe inné chez le mâle homo sapiens qui peut cacher quantité de choses sous son lit, maîtresses comprises), ces revues abordent différentes thématiques spécifiques aux possesseurs de chromosomes Y : on y retrouve fitness, mode et autre "lifestyle" (mais enfin, qu’est-ce que c’est que cette mode de l’anglicisme ?) tout comme dans son pendant féminin, mais abordé d’une bien différente manière. Par exemple, là où chez nos amis du sexe faible, fitness signifie "comment perdre 2 kilos sur les fesses avant l’été", le mâle lui préfère "comment perdre un peu de son bide à bière avant d’aller draguer". De même, la mode est plutôt portée sur les dernières sorties de voitures qui font vroum plutôt que sur les débardeurs, car l’automobile chez l’homme est ce que la semelle compensée est à la femme.

Ma voiture est énorme, titanesque, turgescente !

Pour notre étude, je vous propose de concentrer notre dissertation, non pas en nous basant sur les multiples thématiques abordées par un seul exemple comme dans le précédent article, mais plutôt en abordant une seule thématique prise au travers d’une revue disposant de pignon sur rue en ligne. Et dans les kiosques, ce qui est tout aussi malheureux.

Et quoi de mieux que la séduction, puisqu’alors que la presse féminine propose aux damoiselles de se faire belles pour la plage, la masculine indique différentes techniques pour mieux obtenir diverses choses des cibles ainsi apprêtées ? Messieurs, prenez des notes, mesdemoiselles, constatez comme les mâles ont des techniques subtiles pour mieux vous approcher.

Attardons nous donc sur  Men’s Health, le magazine du "Mieux vivre au masculin", parce que des fois, il n’est pas facile de vivre sa masculinité dans ce monde grouillant de préjugés.

Men’s Health a effectivement une rubrique sobrement appelée "Sexe", puisque comme chacun sait, le mâle ne cherche rien d’autre dans la séduction qu’une bonne grosse partie de jambes en l’air, qu’il achèvera dans un râle avant de se tourner sur le côté puis de lâcher un petit pet pré-endormissement. On retrouve donc sur cette page quantité de fascinantes études qui nous en apprennent plus sur les aventures reproductives de nos amis les humains ; tenez, par exemple, saviez-vous que les anglaises préféreraient faire l’amour saoules ? Bien que l’article détermine que cela serait probablement dû à un manque de confiance en soi, on peut aussi évoquer une autre théorie : les anglais étant particulièrement moches (et parfois même roux), mieux vaudrait plutôt avoir deux grammes dans chaque œil avant d’espérer se trouver le courage de convoler avec l’un d’entre eux. Je vous rappelle que Lady Diana a tout de même réussi à avoir deux enfants avec le Prince Charles ; il y avait forcément un secret là-dessous, le voici donc enfin révélé. D’ailleurs, preuve en est, c’est bien l’alcool qui l’a tuée (indirectement, mais ne chipotons pas).

Autre étude passionnante, nous apprenons que les coureurs auraient une vie sexuelle plus active ; chose tout à fait compréhensible puisque l’homme habitué au jogging court plus vite et se montre bien plus endurant dès lors qu’il doit poursuivre sa proie dans les sous-bois ; là où nombre de jeunes filles parviennent encore à semer à la course quelques hommes bedonnants suintant le gras et la bière, elles ne font que rarement un pli face à un jogger entrainé. Une fois encore, tout se tient. Comment ? Vous trouvez que je survole le sujet ? Lecteurs, vous êtes bien exigeants, mais soit : arrêtons-nous sur un article qui intéressera tout le monde "Les 11 étapes d’une parfaite séduction"

Avec ça, vous n’aurez plus d’excuses messieurs ; et mesdemoiselles, vous pourrez enfin lire dans le plan de bataille des mâles, même si comme vous le savez (car vous êtes des groupies de George Patton) "Les plans, ça tient jusqu’au premier coup de feu". Alors, allons-y :

Vas-y champion, tu vas toutes les faire tomber.

1/ Sourire
Dès que vous entrez quelque part, vous devez afficher une insolente confiance en vous, sourire, et une fois votre cible repérée, ne pas attendre plus de trois secondes pour aller vers elle.

2/ Prétexte
Toujours avoir quelques phrases d’accroche générales et JAMAIS de « mademoiselle, vous êtes charmante », jamais. L’idéal étant que votre cible soit accompagnée.

Jusque là, tout va bien : soyez Patrick Sabatier et tout se passera bien ; sourire, assurance, et un bon prétexte (mais le magazine n’en cite pas d’exemple crédible, la science travaillant toujours à développer un prétexte qui ne fasse pas immédiatement passer celui qui l’utilise pour un gros lourd).

3/ Détachement
Ignorez-la, adressez-vous en priorité à ses amis, et surtout aux hommes s’il y en a.

Méprisez-là, ne la regardez pas, faites en votre chose : c’est elle qui doit vous désirer, pas l’inverse. Vous pouvez même lui cracher vos noyaux de pêche à la gueule afin de bien lui montrer à quel point vous êtes désintéressé.

4/ Les « negs »
Envoyez-lui une « neg », une insulte accidentelle tendant à suggérer à une belle femme qu’on n’est pas intéressé par elle (ex. : « C’est marrant cette couleur de cheveux, c’est fait maison ? »)

Les "negs" ? C’est comme ça que mon arrière grand-père appelait ses collègues de l’infanterie coloniale à Verdun, mais on va faire avec. Je vous propose le célèbre "C’est ton t-shirt qui gondole ou ce sont tes bourrelets que je vois ?"

5/ Briller
Devenez le centre d’attention du groupe en racontant des histoires, ou en faisant des tours de passe-passe. Intéressez-vous toujours aux hommes et aux femmes les moins jolies.

C’est connu, faire des tours de passe-passe et raconter des histoires ("Alors c’est un chinois, un arabe et un noir qui…") ne vous fait pas du tout passer pour un dragueur ringard digne de la plage de La Baule en 1962 (vous étiez Patrick Sabatier en début de mission, vous voilà Patrick Sébastien ; n’hésitez pas à faire tourner les serviettes pour mieux rentrer dans votre personnage).  Alors n’oubliez pas : adressez-vous aux moches (s’il y a des anglais à table, c’est parfait) et faites un astucieux tour de passe-passe qui saura faire chavirer le cœur de votre cible. Mon petit truc perso reste le coton imbibé d’un substance mystérieuse qu’il faut deviner : lorsque votre victime respirera la chose à pleins poumons pour tenter de déterminer ce que c’est, elle n’aura que le temps de répondre "du chlorofo…" avant de s’effondrer mollement. Payez une tournée à ses amis pour détourner leur attention et chargez là dans le coffre de la Simca 1000. Vous n’avez plus qu’à rouler vers le bois le plus proche armé d’une boîte de préservatifs et d’une pelle. Attention à utiliser tous les objets dans le bon ordre.

6/ « Negs » (2)
Envoyez une nouvelle « neg ».

"Excuse-moi, je n’ai pas compris ton prénom tout à l’heure, tu es Igor ou Grishka Bogdanoff ?"

7/ Enquêter
Demandez au groupe depuis quand ils se connaissent. Si vous découvrez que votre cible est sérieusement engagée avec un membre du groupe, saluez la compagnie et tentez votre chance ailleurs.

Attention cependant : comme cela fait bien dix minutes que vous racontez des blagues bien lourdes et que vous faites des tours de passe-passe ringards, vous pouvez être sûr que tout le groupe vous annoncera qu’ils se connaissent depuis toujours, qu’ils ont fait la légion et que là ils fêtaient leur entrée dans les ordres pour espérer pouvoir se débarrasser de vous. Il faudra utiliser des méthodes plus habiles pour véritablement obtenir les informations escomptées.

"Tu vas me dire si tu as un copain et depuis quand sinon je fais péter le turban de ta copine !"

8/ Isoler
Comme vous l’avez ignorée, faites-vous pardonner en la prenant à part – « viens, je vais te montrer quelque chose ». Profitez-en pour lui toucher l’épaule, ou lui prendre le bras pour la guider. La kinesthésie est capitale à cette étape.

"Viens, je vais te montrer quelque chose" ; pourquoi cette phrase me rappelle toujours le curé de ma paroisse à l’époque où j’étais enfant de chœur ? C’est marrant ça.

9/ Se démarquer
Faites une petite démonstration de vos talents. Par ex. : « Dis un chiffre entre 1 et 10. » (Tablez sur 7.) Puis dites-lui que, si la beauté est une qualité commune, vous ressentez chez elle une énergie/sensibilité/intelligence (au choix) qui la distingue.

Bon, à ce stade, vous l’avez isolée, mieux vaut l’assommer avec un gros caillou que lui demander de deviner un chiffre ou faire un compliment honteux, tant qu’à utiliser des méthodes bien lourdes, autant aller jusqu’au bout du concept.

10/ Pause
Taisez-vous. Si elle relance la conversation, c’est bon signe. Si elle reste muette et jette des regards de biche aux abois autour d’elle, c’est un peu mal engagé.

D’accord, mais si je l’ai assommée avec un gros caillou ?

11/ Conclure
Tentez la tactique du : « Tu as envie de m’embrasser ? » Si elle dit non, rebondissez : « Ah, c’est l’impression que j’avais. » Si la situation ne s’y prête pas, dites que vous devez partir, mais que vous aimeriez reprendre cette conversation un autre jour et prenez son numéro.

Notez bien la chose : en cas d’échec de votre technique de beauf, vous ne lui demandez pas son numéro : vous lui prenez : un taquet coinceur et ensuite, il n’y a plus qu’à fouiller son sac, son téléphone et sa carte SIM. Demander, c’est pour les faibles.

Merci, Men’s Health ; cette technique devrait aider quantité de mâles à devenir de fabuleux tombeurs, pour peu qu’ils se notent le tout sur une petite fiche avant de se rendre en soirée (car certaines étapes prises dans le désordre peuvent mener à de graves malentendus). Cependant, que serait la séduction sans la lecture de tous ces petits signes que nous envoient ces dames pour nous faire passer quelques discrets messages sur leur état d’esprit ? Messieurs, le magazine se propose de vous les dévoiler ; mesdemoiselles, voici de nouvelles clés pour mieux vous faire comprendre grâce aux 25 signes qui montrent qu’elle a envie de vous. A noter que l’article commence fort :

Le langage des femmes est très souvent incompréhensible.

En effet ; elles utilisent régulièrement des termes incompréhensibles tels "trendy-bio", "shopping" ou "égalité des sexes" ; aussi, plutôt que de les écouter, mieux vaut se concentrer sur le langage de leurs corps, autrement plus agréable aux yeux et aux oreilles. Et ça tombe bien, puisque le magazine nous parle de "vingt-cinq signes qui ne trompent pas et montrent que vous êtes sur la bonne voie !" ; c’est donc du sûr à 100% ; découvrons en quelques uns ensemble (non, parce que 25, bon).

Un exemple de femme au langage incompréhensible

1 Elle vous appelle par votre prénom et non par votre surnom parce qu’elle n’est pas un de vos potes et n’a aucune intention de le devenir.

Ou alors votre surnom est "biloute" et elle a reçu un minimum d’éducation ou a plus de 80 de QI.

3 Elle se frotte les lèvres l’une contre l’autre en votre présence.

Elle peut aussi avoir un herpès labial.

7 Ses attitudes commencent à ressembler à celles de Kirsten Dunst.

Attention à ne pas confondre "Kirsten Dunst" et "Kirsten Prout". Ca veut aussi dire que Kirsten Dunst désire tout le monde vu qu’elle a tout le temps une attitude d’elle-même. Quelle coquine celle-là.

9 Elle vous touche plusieurs fois.

Poing fermé et en visant vos gencives, ça ne compte pas : essayez plutôt d’esquiver et ripostez d’un crochet du gauche. Ou utilisez son piercing à l’arcade comme une goupille de grenade (vous pouvez même agrémenter le tout d’un "fire in the hole !" en tirant sur l’anneau métallique).

10 Elle rit fréquemment, nerveusement, même quand il n’y a rien de drôle.

Ça veut surtout dire qu’elle est un peu conne.

13 Elle vous dit que vous ressemblez à une célébrité.

Si elle dit "Carlos", contentez vous de pleurer.

16 Son portable sonne et elle ne répond pas. Mieux, elle l’éteint.

Je suis désiré par un nombre incalculable de femmes en réunion.

18 Elle vous dit que vous avez du talent. Selon les Lois de la chimie de Mick Jagger, cela veut dire qu’elle vous trouve terriblement sexy. Le talent est l’épice de la personnalité.

Ou alors vous deviendrez son meilleur ami gay, celui qu’elle adore car il a un vrai talent pour écouter et qu’on peut parler de tout avec lui.

19 C’est elle qui vous rappelle.

Si c’est pour vous prévenir qu’elle va vous faire un procès pour harcèlement, attention tout de même.

21 Elle est en retard mais curieusement a quand même pris le temps de se maquiller.

On parle de femmes, hein ? Ponctuelle et démaquillée, ça n’existe que dans les livres.

La femme ponctuelle a rejoint la licorne au rang des créatures improbables

23 Elle vous demande si vous savez où se trouvent les toilettes, le vestiaire etc. Quand vous lui indiquez, elle tourne les talons et part dans la bonne direction.

Je vous rappelle que ça fait partie "des signes qui ne trompent pas" ; je n’ai même pas besoin de le commenter, il se suffit à lui-même.

24 Elle est dans la salle de bains depuis plus de 3 minutes, ce qui est plus de temps qu’il n’en faut pour un petit pipi.

Elle fait peut-être un gros caca ?

Non, vraiment, merci Men’s Health, je me sens bien mieux armé maintenant pour aller draguer ; sans compter que je lis autrement mieux les nombreux messages que m’ont envoyés mes collaboratrices & amies et que pourtant je n’avais jamais détectés auparavant. C’est fou le succès que j’ai, en fait. Demain, je n’hésite pas et je vais les séduire. D’abord, je les ignore, et ensuite je leur propose de sortir de la salle de réunion car j’ai "quelque chose à leur montrer" ; de là, tout devrait bien se passer.

Heureusement que les magazines masculins relèvent le niveau par rapport aux magazines féminins et ne tombent pas dans la caricature ; au moins, nous, on a de vrais articles de fond qui portent sur de vrais sujets de société.

C’est à cela que l’on reconnait la supériorité des hommes.

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