"Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, le pétrole, le nucléaire, et toutes ces autres choses appartiennent au passé."

Devant le parterre à demi-endormi de journalistes, militants écologistes et simples curieux venus écouter sa conférence, le professeur Landret entame le bref discours qu’il a prévu de longue date. Sous la chaleur écrasante des spots illuminant la tribune, il peine à tenir sans trembler le papier sur lequel il a écrit les quelques lignes qu’il a prévu de prononcer. Il n’a jamais été un homme de lettres ou de contact ; à cette heure, il préférerait, quelque part, être à l’abri du regard d’autrui dans son laboratoire de recherche, un lieu devenu familier, presque intime avec les années. Il s’éclaircit la voix d’un léger toussotement, puis reprend son propos.

"Nous savons que les énergies renouvelables, ou du moins, les systèmes présentés comme tels, posent aujourd’hui divers problèmes : certains accusent les éoliennes de défigurer le paysage et de produire un bruit gênant, d’autres le solaire de nécessiter des installations trop importantes pour être efficaces, et je vous passe, bien sûr, les questions autour de l’impact des barrages hydroélectriques sur la faune d’eau douce."

Landret laisse flotter ces mots dans l’air pesant de l’endroit, ayant pour seule réponse un lointain son de reniflement couvrant brièvement le bruit de la climatisation tournant à plein régime. Il se décide donc à aller droit au but.

"J’ai l’honneur, aujourd’hui, de présenter au monde ma dernière invention : une source d’énergie propre, inépuisable, et particulièrement silencieuse. Mais, voyez plutôt !"

Se tournant vers l’immense drap disposé derrière lui, le professeur tire sur une cordelette et bientôt apparaît sous la fine protection de tissu lentement soulevée par un treuil automatique une large turbine reliée à une sorte de boîte en bois. Un compteur fixé à la machinerie tournant en silence indique en large lettres vertes étalées sur un écran à cristaux liquides une production d’approximativement 1200 Mégawatts, soit à peine moins qu’un réacteur nucléaire.

Dans la salle, un soupir d’étonnement généralisé s’est fait entendre, et à l’ennui vaguement teinté de curiosité l’on voit succéder une véritable hystérie ; les voix se bousculent, s’entrechoquent et se confondent en milliers de questions, chacun souhaitant savoir comment fonctionne la mystérieuse machine, et déjà, les carnets de notes commencent à se couvrir de gribouillis, les journalistes s’empressant de commencer leurs articles. Le professeur Landret lève alors les mains vers la foule en signe d’apaisement, et le calme revient peu à peu dans la salle, où l’on aperçoit, à perte de vue, les mains levées de celles et ceux souhaitant connaître les arcanes de la machine. Le vieux scientifique pointe alors un doigt vers une main levée, et un journaliste à l’embonpoint évident se lève avant de poser la question qui brûle toutes les lèvres :

"Comment cela fonctionne t-il ?"

Landret, fier de son succès, se dirige alors lentement vers son pupitre, et y pose les deux mains d’un air assuré.

"Voyez-vous", dit-il d’une voix posée, "C’est assez simple : l’objet boisé que vous voyez derrière moi est un cercueil ; dans celui-ci, on peut trouver Alexandre Dumas, à qui je diffuse de manière continue le film Les Trois Mousquetaires – 3D ; la chose est si mauvaise et dénature tant et si bien son oeuvre qu’il se tourne et retourne à une vitesse formidable ; je l’ai donc, tout naturellement, relié à une turbine, transformant ainsi le pauvre hère en ressources capable d’assurer l’avenir de l’humanité. Et comme le film est en boucle, il y en a pour plusieurs siècles."

Un autre journaliste se leva dans le fond de la salle : "Professeur, utiliser un mort comme source d’énergie : est-ce bien éthique ?"

Landret lui jeta un regard noir : "Et utiliser un mort comme source de pognon ?"

Le journaliste hésita quelques secondes. "Bin ça dépend : le film, il respecte l’oeuvre ou pas ?"

Un long silence s’installa dans la salle, durant lesquelles les deux hommes ne se quittèrent pas des yeux. Finalement, le professeur reprit.

"Dedans, Athos est un ninja".

On entendit des centaines de hurlements de douleur, alors que l’information violait chaque neurone de l’auditoire dans une orgie de misère intellectuelle.

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L'affiche : honnêtement, ça ne vous fait pas rêver bande de canaillous ?

Tout commence donc à Venise, au début du XVIIe siècle, alors que la fière cité des Doges est plongée dans l’obscurité de la nuit. Ici et là, sans que l’on sache trop pourquoi, moult feux d’artifices explosent : ce doit être jour de fête, ou alors juste que pour certains, Venise + ère moderne = carnaval toute l’année. Mais ne nous intéressons point à ces menus détails, et allons droit vers le feu de l’action ; quelque part, à proximité d’un canal, un sympathique garde est en train de surveiller une porte, protégeant ainsi la demeure de ses maîtres. Soudain, sa puissante oreille de garde surentraîné perçoit un léger "blub-blub" à la surface de l’eau ; détournant son regard perçant du vide abyssal qu’il mirait jusqu’alors, il observe et note que quelques bulles viennent d’apparaître à la surface : d’où cela peut-il provenir ? Copulation de gardons ? Visite du petit Grégory ? Soulagement gastrique de truite (car la truite est un poisson qui aime la choucroute, comme chacun sait, avec tout ce que cela implique) ? Nenni : venant de l’onde obscure, une lame part et vient saisir le malheureux pour l’amener à lui dans un grand plouf sonore.

Luigi et Jean-Mario, ses deux acolytes qui passaient par là, entendant leur ami choir, s’empressent d’aller sur les lieux pour constater que de l’eau sort l’assassin de feu leur compagnon : un… ninja ! Mais ? Les deux pauvres Italiens, à demi-aveuglés par ce mauvais cosplay, sont forts surpris (sans compter qu’ils savent très bien que ce n’est pas la période de la Japan Expo), aussi ne peuvent ils pas réagir à temps, lorsque le vil oriental sort de son dos deux arbalètes dépliables (sorties de petits tubes histoire de ne pas les mouiller dans l’eau, c’est un ninja organisé) avec lesquelles il transperce les malheureux de ses carreaux. Sitôt cette exécution effectuée, l’homme retire son masque et parait alors son visage : il s’agit d’Athos, le célèbre mousquetaire. Oui, Athos le mousquetaire-ninja, ce film commence très fort, préparez-vous. D’ailleurs, sort alors de l’ombre proche une damoiselle en grande tenue qui embrasse aussitôt le nouveau venu : Milady de Winter, complice de notre héros dans le forfait qu’il s’apprête à accomplir. Après lui avoir refilé ses miasmes en lui tripatouillant la glotte de sa langue, elle lui annonce que ça y est, elle a obtenu la clé qu’ils étaient venus chercher. On se demande donc pourquoi Athos s’est fait chier à faire le ninja mouillé, puisque visiblement, madame a déjà tout fait. Ah oui, ça me revient : pour faire cool. Nous verrons que dans ce film, être cool est la seconde priorité des intervenants, juste après être stupide.

Pendant ce temps, ailleurs en ville, un homme est perché sur les toits, la cape au vent, observant l’horizon d’un air pensif (probablement qu’en réalité il a juste René la taupe en tête) ; sortant un petit crucifix de son col, il s’empresse d’adresser un prière au Seigneur ("Seigneur, vas-y, fais pas ta pute"), avant de tourner son regard vers une gondole passant en contrebas, où un noble local tente de séduire une donzelle ("Coquine, vas-y, fais pas ta pute"), bien que celle-ci se montre réticente. Tel un Batman de l’ère moderne (à ne pas confondre avec l’ère contemporaine si vous ne voulez pas vous faire tabasser par une hordes d’historiens armés de livres ‘Emmanuel Le Roy-Ladurie), il bondit donc vers la barque afin d’y atterrir dans un bruit de tout les diables avant de s’attaquer à ses occupants ; en quelques secondes et sans suer la moindre goutte, il tatane le maigre équipage et obtient même du petit noble qu’il lui confie une clé qu’il portait au cou. Après avoir jeté l’homme au sang-bleu à l’eau, il se décide donc à en profiter pour draguer la jeune fille restée seule à bord : après tout, autant ne pas se déplacer pour rien. Ah, mais.

Enfin, Porthos, lui, a été fait prisonnier par un autre noble du coin ; enchaîné dans un quelconque donjon, et encadré par deux gardes, il voit donc arriver le patron de ses geôliers, qui s’exclame "Hohoho, Porthos, vilain mousquetaire ! Te voilà bien attrapé petit espion, que vas-tu faire, maintenant ?". Le colosse français répond simplement que tout cela fait partie de son plan : il s’est livré volontairement ; sitôt cela dit, il tire sur ses chaînes en point d’en desceller les pierres auxquelles elles étaient reliées, et s’en sert comme arme pour castagner les gardes, puis enchaîner à son tour le noble local. Sa prestation terminée, il lui vole la clé et s’en va bien gentiment poursuivre son aventure. Oui, sinon, vous avez bien lu : le plan de Porthos reposait à 98% sur le fait qu’on l’attache à des pierres mal scellées. Misère.

Athos, Porthos, Aramis et Milady se retrouvent donc tous les quatre dans un palais du coin, et se mettent à expliquer à haute voix leur mission : "Ça y est, nous avons récupéré les trois clés de la cache secrète de Léonard de Vinci, qui abrite les documents des machines secrètes du maître que nous sommes venus chercher pour la France ! Vite ouvrons tout ça et filons !" ; ni une, ni deux, les trois loulous se dirigent vers trois grosses serrures au sol (moi aussi, j’indique l’emplacement de mes caches secrètes avec trois grosses serrures dorées bien visibles marquées "SECRET" des fois que) et y enfoncent les clés ; celles-ci, une fois enclenchées, se mettent à se soulever, pivoter, activer des rouages, bref, faire tout un tas de merdouilles qui prouvent que Léonard faisait plus dans le tuning que dans l’efficacité, avant de faire apparaître un passage s’enfonçant dans les profondeurs de Venise. Nos quatre galopins y entrent donc.

Accessoirement, ce passage nous prouve aussi que si Léonard savait confectionner des serrures formidables, il n’était pas contre pas foutu de savoir à qui en confier les clés. Il aurait inventé la carte bleue qu’il en aurait aussitôt filé son code à un certain "Docteur Djou Djou N’Gomma" lui expliquant qu’il en avait besoin pour débloquer l’argent de son père, mort dans un accident d’avion en laissant 1,2 millions de dollars derrière lui sur un compte bloqué. Quelle andouille ce Léonard.

Revenons au sujet, tout de même. Donc, dans le passage, ha ! Il n’y a qu’un long couloir avec aux murs, des dizaines de têtes sculptées bouche ouverte qui se font face, ce qui intrigue vaguement nos héros (qui n’ont pas besoin d’allumer la moindre lampe : Léonard avait, semble t-il, installé un système d’allumage automatique de torche relativement ridicule) ; serait-ce un piège ? Athos jette un objet dans le couloir pour vérifier, et lorsque celui-ci touche le sol, il enfonce par son poids une dalle à pression qui déclenche alors des dizaines d’arquebuses glissées derrière les têtes sculptées sur les murs de chaque côté de la dalle, transformant ainsi tout potentiel visiteur en pulpe sanglante. "Cacaboudin", s’exclament nos mousquetaires (vocabulaire d’époque typique) ! Comment passer, sachant que l’on vient de découvrir qu’il suffisait de faire pression sur une dalle avec un objet quelconque pour enclencher le piège et ainsi le désamorcer ? Nos gros débiles de mousquetaires commencent donc à réfléchir à la question, alors même qu’ils ont déjà la solution. Ne me demandez pas pourquoi. Mais finalement, c’est Milady qui se décide à agir afin de montrer qu’elle est bien plus bête que les trois autres réunis :

Elle décide de passer dans le couloir en courant.

Fan de Milady à Mogadiscio : "Je vais déminer cette voie de chemin de fer en courant très vite dessus !"

Oui, vous avez bien lu : ils savent comment désamorcer le piège en tout sécurité, sans aucune raison valable, décident d’oublier qu’ils le savent, et le plan de la géniale Milady se résume à dire "Vous inquiétez pas : je vais courir comme sur un string un jour de soldes, et feinter les balles qui ne sont pas aussi rapides que moi !". Et figurez-vous que ça marche : notre donzelle est plus rapide que les projectiles des armes à feu (malgré le fait qu’elle court en tenue de soirée du XVIIe siècle, le genre de truc qui ferait pourtant pleurer un parachutiste), ce qui impressionne fortement les mousquetaires, qui constatent par ailleurs qu’ils ont bien fait de prendre Milla Jovovich : de profil, les balles ne risquent pas de toucher grand chose. Ils auraient eu Jane Birkin, elle pouvait passer en marchant. Mais je m’égare.

Arrivée au bout du couloir, toutes les dalles ont été activées, et donc, toutes les arquebuses ont tiré ; on notera d’ailleurs que les arquebuses étaient situées face à face, faisant ainsi qu’à chaque tir, les balles explosaient la tête sculptée d’en face ; c’en est à se demander pourquoi Léonard s’était emmerdé à sculpter tout ça, à part pour signaler le piège et se rajouter un travail fou. Non vraiment : Léonard kiffait méchamment les trucs surchargés si l’on en croit ce film. Nul doute qu’il aurait apprécié Guy Carlier. Bref. Les mousquetaires, en tout cas, s’engagent donc dans le couloir à la suite de Milady, et arrivent donc dans une pièce emplie de parchemins contenant plans, textes et informations uniques de l’ami De Vinci, traitant de choses plus ou moins révolutionnaires (l’aviation, l’astrophysique, le flan aux fruits). Ils commencent donc à fouiller les lieux à la recherche d’un document particulier (personnellement, plutôt que de sélectionner, j’aurais chargé ma besace et fait le tri à la maison, mais non : nos mousquetaires préfèrent faire leur petit marché sur place, ce qui, nous le verrons par la suite, est encore plus con que l’on ne pourrait déjà le penser).

En surface, un groupe de gardes arrive pendant ce temps : un des nobles qui avait été agressé a fait venir des hommes d’armes afin d’empêcher les français de voler les secrets du génie italien ; il interroge alors le capitaine des soldats afin de savoir si les espions ne risquent pas de s’échapper, et l’officier le rassure : non, il le sait, la cachette de De Vinci n’a aucune autre sortie que l’entrée devant laquelle ils sont.

Car oui, visiblement, même le soldat du coin a visité la crypte secrète. Sachant que trois nobles locaux en avaient la clé, ça se tient : mais dites moi, justement les mecs,  puisque vous pouviez avoir accès à cet endroit quand vous vouliez, et que visiblement, des gens y étaient déjà allés, pourquoi personne n’avait pensé à utiliser les plans de Léonard pour s’enrichir ? Surtout que visiblement, ça contient des trucs tellement géniaux que même les espions étrangers les veulent. Je ne sais pas, moi, je ferais partie d’une riche cité marchande, moi et deux autres gars aurions des clés pour accéder à un lieu contenant de quoi nous faire monstrueusement du pognon, je pense que j’aurais tôt fait de trouver un arrangement (ou de faire stranguler les deux autres pinpins pour récupérer leurs clés avant qu’ils n’aient la même idée) histoire d’aller visiter l’endroit et de pouvoir enfin m’acheter des slips en diamant avec les bénéfices (si quelqu’un vous dit que ce n’est pas confortable, demandez-lui s’il en a déjà essayé : vous verrez, ce sont toujours ceux qui n’y connaissent rien qui la ramènent). Là, non : les mecs ont les clés mais se disent que non, des trucs qui pourraient révolutionner le monde, la science et leurs portefeuilles, ce n’est franchement pas intéressant. Autant se contenter de juste le faire visiter à des gardes pour qu’ils s’exclament "C’est joli ici !". Passons.

Les mousquetaires voient donc arriver derrière eux dans le couloir aux pièges désormais désamorcés par le gros cul de Milady des dizaines de soldats en colère ; ils les retardent donc à coups de mousquet pendant que la lady continue de fouiller l’endroit à la recherche du plan qu’ils sont venus chercher (et oui, à chaque fois qu’elle trouve un document hors de prix qui n’est pas celui qu’elle cherche, elle le repose plutôt que de le garder : bravo ! C’est vrai que Milady n’est pas le genre de personnage qui se ferait un plaisir de revendre ce genre de documents à tous les princes d’Europe, ça ne l’intéresse pas) ; les mousquetaires annoncent par ailleurs que vu le nombre de leurs ennemis, ils vont passer au plan B pour s’échapper, et fixent des explosifs sur le plafond de la pièce où ils sont. Aussi, lorsque finalement, ils trouvent le document qu’ils sont venus chercher (des plans de bateaux volants, encore un truc qui n’aurait pas du tout servi à la noblesse marchande vénitienne, hein ?), ils font sauter le plafond, faisant ainsi que l’eau des canaux s’engouffre et permet à nos héros de sortir par le trou ainsi creusé, alors que les eaux dévalant dans la crypte de Léonard emportent et désorganisent les soldats qui les attaquaient dans le couloir attenant.

Nos quatre héros se retrouvent donc à nager à l’extérieur entre les maisons de Venise, riant à gorge déployée car ils viennent de réussir leur mission, et très intelligemment, de détruire un immense patrimoine intellectuel et scientifique, en prenant bien soin de sauver le minimum de documents puisqu’ils refusaient d’en emporter plus que prévu alors que tout le monde y aurait été gagnant. On applaudit bien fort nos andouilles.

Pour fêter ce qui est considéré par les scénaristes comme un brillant succès ("Chef ! Je vous ai rapporté le livre que vous m’aviez demandé, par contre, j’ai fait brûler la bibliothèque d’Alexandrie en passant ; j’ai bien mérité une promotion, non ?"), la petite troupe se réunit dans un coin discret pour trinquer à son exploit. Hélas, Milady, qui répétait jusqu’alors mourir d’amour pour Athos, se tourne vers lui d’un air désolé pour lui annoncer qu’elle doit le trahir. Comment ? S’exclame notre moustachu ; Me trahir ? Et la tête se met subitement à lui tourner, ainsi qu’à ses camarades : la bougresse a mis de la drogue dans leurs verres ; zut, ils n’auraient peut-être pas dû faire confiance à une créature à la fois femme et anglaise, deux défauts majeurs, particulièrement pour le gentilhomme français du XVIIe siècle, mais bon. Remarquez, aujourd’hui encore, hein : une femme qui mange de la saucisse au petit-déjeuner est déjà en soi un être profondément maléfique.

Nos trois hommes s’effondrent donc, incapables de se mouvoir correctement : ils se mettent à battre des pieds en l’air, à vainement agiter leurs bras, et à peu de choses près, ressemblent furieusement à des danseurs de tektonik (même leurs pantalons créent le doute chez le spectateur). Milady s’empare alors des plans du bateau volant, et d’une pièce voisine surgit… le Duc de Buckingham (il était caché dans la cuisine, entre le sauciflard et les surgelés ? Quelle classe)  ! L’ennemi juré des mousquetaires, un fourbe d’anglais (pléonasme, je sais), qui vient narguer nos loulous et récupérer les plans de la damoiselle. Il déclare donc : "Hahaha, je suis trop maléfique, je voulais ces plans. Grâce à vous, je les ai : bravo ! Bon par contre, je suis particulièrement con, puisque je prends un risque inutile en venant ici, car outre le fait que même drogué vous auriez pu me coller un coup de pistolet chanceux, il ne me sert à rien d’être ici à part à vous indiquer qui est désormais en possession des plans de l’aéronef. J’ajoute que bien que vous soyez les meilleurs hommes de mon ennemi, le roi de France, et que je pourrais vous tuer, là, tout de suite, histoire d’être tranquille, surtout en sachant que je viens connement de vous révéler que j’étais celui qui vous avait volé, je ne vais rien faire. Hmmmm, je suis content d’avoir voyagé 3 semaines jusqu’à Venise juste pour faire du rien et vous permettre de me pourchasser ! Bisous."

Notez la petite boucle d'oreille pour dire que le Duc est trop cool. J'ai dit cool, ne lisez pas autre chose

Mon Dieu, c’est vraiment trop maléfique ! Les trois mousquetaires parviendront-ils à se venger ? Arrêteront-ils la drogue ? Iront-ils en désintox avec le scénariste ? Faisons un fondu au noir et laissons une année s’écouler…

Et effectivement ; une année plus tard, nous voici en France, dans la belle campagne du royaume du jeune Louis XIII, où un freluquet s’entraîne à l’escrime avec son père : il s’agit de D’Artagnan, éphèbe gascon, qui apprend de son ex-mousquetaire de géniteur comment tataner les ennemis du pays (ce qui comprend bien évidemment les bourguignons comme chacun sait) ; celui-ci, avant de lui dire "Ça y est, mon fils, tu sais tout de l’escrime", lui apprend tout de même une dernière botte, consistant à embrocher un adversaire disposant de deux lames. Je ne sais pas pourquoi, mais je pense que ça servira. Passons ; Papa D’Artagnan a d’autres dialogues débiles à sortir à son fils, histoire de varier les plaisirs, comme par exemple : "N’oublie jamais, mon fils, quelle est la première arme du mousquetaire ! – Oui, père, je sais ; son épée, l’arme traditionnelle du mousquetaire ! – Non, mon fils : son coeur" ; oui, d’accord, sinon la réponse "Le mousquet" pouvait aussi être acceptée : on a même marqué ça dans le nom pour être sûr que tout le monde comprenne, mais visiblement, c’était encore un peu trop dur. Soit ; D’Artagnan fils veut donc partir à Paris pour entrer chez les mousquetaires, la prestigieuse garde d’élite du roi ; pour ce faire, sa mère lui confie un vieux cheval à demi-lépreux pour l’emmener : Sarah Jessica Parker Bouton d’Or.

Alors qu’il fait route vers la capitale, notre jeune héros s’arrête cependant dans une bonne auberge afin de claquer le peu d’argent que sa mère lui a confié en chopines de bières, poulets crus et filles de joie (du moins, je le suppose) ; mais alors qu’il descend de sa monture, des hommes attablés à l’extérieur et vêtus d’un curieux uniforme rouge et noir se moquent de son cheval, ce qui, à l’époque, est l’équivalent d’une insulte moderne concernant les moeurs de votre maman. Mordieu, s’exclame D’Artagnan, il n’en sera point ainsi ! Il va donc demander au capitaine de la troupe, un borgne à l’air peu aimable, s’il ne voudrait pas s’excuser auprès de son canasson ; l’officier refuse, et se voit en conséquence défié par le jeune gascon, qui tire son épée afin de régler la question : bravo fier mousquetaire ! Défier tous les types en uniforme qui passent pour un oui ou pour un non est sûrement le meilleur moyen de rentrer dans un corps d’élite de l’armée ! Enfin : le capitaine, Rochefort de son nom, sort son pistolet et plombe le bras de son freluquet d’adversaire plutôt que de s’ennuyer à tirer son épée, car comme tous les Rochefort, il fait à sa guise. C’est fourbe, certes, mais au moins, le morveux la ramène un peu moins. Mais encore un peu quand même : le vil officier sort donc sa lame pour l’achever au sol, lorsqu’évidemment, à la dernière seconde, un carrosse passe, duquel une voix féminine demande à ce que l’on épargne le mignon galopin : il s’agit de Milady de Winter, qui se rend à Paris pour voir le cardinal de Richelieu sous l’escorte du capitaine de sa garde, Rochefort ! D’Artagnan est donc sauf, alors que tant sa sauveuse que ses gardes s’en vont pour la capitale. Soit : il attend un peu et reprend la route derrière.

Lorsque D’Artagnan arrive à Paris (je… non, ne parlons pas de Paris au XVIIe siècle selon ce film), il s’en va donc poser son cheval dans une ruelle marchande, lorsque soudain, qui aperçoit-il, là-bas, dans la foule ? Le capitaine Rochefort ! Vite, il est encore temps d’aller lui redemander réparation, et de se reprendre une balle dans l’autre bras ! Le gascon se lance donc à la poursuite de son ennemi en fendant la foule, mais ce faisant, bouscule un type qui se renverse son alcool sur la chemise : Athos ! Lui aussi demande réparation au jeune effronté, et lui donne rendez-vous à Saint-Germain, à midi, pour lui apprendre la politesse. Soit, dit D’Artagnan, avant de repartir en courant. Mais sans aucune raison, il traverse soudainement une échoppe de tailleur qui n’était pas sur la rue (oui, il s’amuse à rallonger le chemin qu’il prend quand il fait une poursuite, je crois qu’il est assez con pour devenir lui aussi mousquetaire), et bouscule cette fois Porthos, qui essayait de nouvelles tenues. Hop, ils s’engueulent, et donc, nouveau duel : Saint-Germain, à une heure. D’Artagnan reprend sa poursuite, mais s’aperçoit qu’il a perdu Rochefort dans l’affaire (ça t’apprendre à courir dans des boutiques n’ayant aucun rapport avec l’histoire) ; il retourne donc à son cheval, mais ho ! Un employé municipal est en train de lui coller une amende pour gros caca sur la chaussée (véridique), et il y a donc nouveau conflit ; ça tombe bien, il s’agit d’Aramis (Paris fait environ 75m²), un nouveau duel est donc lancé : Saint-Germain, à 2h.

Oui, Saint-Germain, à l’époque, c’est un peu le parking de Shoppy, tout le monde s’y donne rendez-vous pour la baston.

Pendant ce temps au palais royal, Milady de Winter vient d’arriver pour son entretien avec le cardinal de Richelieu. D’ailleurs, en parlant de palais, on notera que celui-ci, situé dans un splendide écrin de verdure au coeur de Paris, a l’apparence du Louvre à l’extérieur (jusqu’ici, ça se tiendrait presque), mais de Versailles à l’intérieur, ce qui pose vaguement problème, entre autres puisque l’on peut donc y apercevoir la galerie des glaces, qui rappelons-le, n’existe pas encore et n’a par ailleurs rien à faire là, mais bon. Ne chipotons pas : c’est un film avec des mousquetaires ninjas et des bateaux volants, on ne va pas non plus trop en demander. Bref, que disais-je ? Ah, oui : le cardinal de Richelieu reçoit Milady dans son bureau, car oui, il aime bien recevoir ses espions en public, histoire que tout le monde sache bien qui est à sa solde. Ajoutons à cela le fait que son lieu de travail est formidablement classe : il y a au sol une immense carte de l’Europe, sur laquelle le cardinal aime à placer des figurines représentant les différentes armées de tous les pays (il s’en sert probablement pour jouer à Warhammer en cachette, il cache le livre d’armée des Elfes Noirs dans le tiroir de droite de son bureau) afin de mieux visualiser les forces dont chacun dispose. Ainsi, n’importe quel livreur de donuts peut, rien qu’en livrant le cardinal, découvrir tous les secrets militaires de la France. Quel formidable génie. Rappelez-moi : quel personnage, jusqu’ici, a réussi à simplement ne pas être idiot ? Ah, oui, c’est ça : aucun.

Revenons sur l’entretien en soi entre le cardinal et son espionne : Milady informe Richelieu que Buckingham a construit "la machine", et qu’il va ainsi prendre un fameux avantage militaire. D’ailleurs, le Duc sera bientôt en France pour venir discuter de paix au nom de son père le Roi Jacques avec le Roi Louis XIII. Mais bon : chacun sait que le vrai pouvoir est aux mains du cardinal, car Louis est jeune et un peu niais : dans le film, c’est une sorte de queer seulement intéressé par la mode qui ne comprend rien à rien et se contente de se demander de quelle couleur doit être son prochain slip. Le cardinal se lasse d’ailleurs de le servir, tant il le trouve stupide.

Mais allons voir D’Artagnan : celui-ci se rend donc à midi à Saint-Germain afin d’y rencontrer son adversaire ; ça tombe bien, l’endroit n’est constitué que d’une place et de 6 maisons, ce qui permet de s’y retrouver facilement (en même temps, c’est proportionnel à la taille de Paris dans les scènes précédentes), et rapidement, le gascon voit arriver son premier adversaire, Athos, accompagné de ses deux témoins pour le duel, Porthos et Aramis : D’Artagnan réalise donc qu’il a défié les trois mousquetaires, les trois vaillants héros qu’il adule et qu’il souhaite rejoindre dans le corps d’élite du roi, ce qui lui fait durcir les tétons sous son blanc chemisier ; mais voilà qui ne l’empêche pas pour autant de vouloir se battre, par ailleurs, jusqu’à ce que soudain débarquent de nulle part  des dizaines d’hommes portant les armes du cardinal de Richelieu, et commandés par Rochefort : ne me demandez pas comment ils ont deviné qu’ils étaient là, il doit y avoir une sorte d’Elisabeth Tessier au cabinet du cardinal. Rapidement, ils encerclent les trois mousquetaires et D’Artagnan, les sommant de déposer les armes au motif qu’ils… attendez, non, ils n’ont aucun motif en fait. Ils viennent juste faire une petite scène d’action inutile. Pour vous la faire brève, nos quatre héros sont des rois de l’épée, et donc, ils ont tôt fait de défaire tous les soldats qui s’opposaient à eux, les assommant, blessant ou tuant selon la situation. Rochefort, lui, ne reste pas sur place et se contente de s’enfuir sans demander son reste.

Attention : dans cette scène, les mousquetaires du Roi affrontent les mousquetaires du cardinal ; comptez le nombre de mousquets visibles

Au milieu de la bataille, alors que le quartier est parfaitement désert, surgit de nulle part une donzelle en grande tenue et à l’air innocent (ahaha, tu ne trompes personne : tu es une femme !), portant à la main un panier de fleurs fraîchement arrangées : cette image était tellement consternante sur l’échelle du Cucu-la-Praline que plusieurs lapins qui vivaient à proximité du cinéma ont soudainement été victimes d’une diarrhée d’arcs-en-cielaussi soudaine que brutale ; la choses a d’ailleurs été fatale à plusieurs lagomorphes, tant les arcs-en-ciel, ça pique un peu pour sortir. Et donc, au milieu de ce chaos, D’Artagnan apercevant la donzelle se décide à combattre tout en contant fleurette à la jeune fille, prénommée Constance, à base de "Mademoiselle, bien ou bien ? Z’êtes bonne !" ; mais la damoiselle est aussi farouche que péteuse, et fait donc remarquer à notre héros que s’il est doué pour manier l’épée, il l’est moins pour manier l’esprit. Venant de la part de la seule habitante du quartier qui visiblement, a été assez bête pour se pointer en plein milieu d’une bataille géante dont l’écho des échanges de coups d’épée devait être perceptible dans toutes les rues attenantes, j’aurais tendance à dire qu’il y en a qui ne devraient pas trop la ramener, mais bon. D’Artagnan non plus ne le note pas (il n’est lui même pas étonné de trouver une nana transportant des fleurs en plein milieu de la baston générale, ce qui est pourtant peu banal avouons-le), ce qui prouve bien qu’ils sont faits pour s’entendre.

A la fin de la bataille, les quatre héros sortent vainqueurs et indemnes, alors que la garde du cardinal est complètement en déroute : depuis les fenêtres du quartier, tous les habitants les acclament, car allez savoir pourquoi, ils ont deviné qu’il s’agissait des trois mousquetaires, dont la photo ne circule pourtant pas vraiment dans Voici et Public à l’époque, bien qu’ils soient quatre et qu’aucun d’entre eux ne porte un uniforme de mousquetaire. Ils sont forts à Saint-Germain. Je n’aimerais pas jouer à Qui-est-ce ? contre eux.

Cette aventure permet à D’Artagnan de fraterniser avec les trois larrons, qui l’emmènent dans leur maison, où l’on vit entre hommes en se nourrissant de chips, de bière et en discutant de Kant et de Spinoza tout en effectuant d’audacieux concours de pets. Ils ont sur place un serviteur gras et benêt, Planchet, qui s’occupe des courses et de la gestion de la maison au quotidien. C’est dans ce lieu oublié des femmes et du savon que notre jeune gascon découvre que les mousquetaires ne sont plus les héros qu’il imaginait : depuis la trahison de Milady et l’échec de la mission de Venise, ils ne croient plus en rien. En même temps, faire confiance à une femme : quelle idée les gars, vous ne pouvez vous en vouloir qu’à vous même.

Cependant, rapidement, nos larrons sont convoqués au palais royal afin de répondre des évènements du jour : en effet, le cardinal a appris que des mousquetaires du roi s’étaient battus avec les hommes de sa garde, et il demande au jeune Louis XIII de punir les coupables. Nos trois mousquetaires et D’Artagnan se rendent donc au Louvre afin d’y rencontrer le roi et le cardinal. Seulement voilà : le roi est bête, et donc, quand il apprend que 4 de ses hommes sont si forts qu’ils ont pu se débarrasser aisément de 40 de ceux du cardinal, il est si fier que plutôt que de les punir, il propose de les récompenser, ce qui fait enrager le cardinal. En même temps mec, tu serais autre chose qu’une grosse andouille, tu rappellerais que dans l’affaire, il y a eu des morts, et donc des veuves et des orphelins, et hop, le roi serait obligé de sévir, et méchamment, s’il ne voulait pas que se répande dans le royaume l’idée que le roi couvrait des meurtriers, ou pire, les récompensait pour s’amuser de la chose. Mais non : il reste juste à faire "Raaah, sacrés mousquetaires ! Je les aurai un jour, oui, je les aurai !". Consternant : je rappelle qu’il est supposé être un génial politicien. On dirait du Nadine Morano tant c’est mauvais.

Durant ce grand moment, la reine vient honorer de sa présence tout ce petit monde, et alors qu’elle déclame des platitudes, on voit paraître derrière elle ses servantes ; D’Artagnan aperçoit alors parmi elles… Constance ! La bougresse de Saint-Germain qui n’avait rien à faire là était donc en réalité une membre de la suite de la reine (qui avait donc encore moins de choses à faire là, c’est formidable). Saperlipopette, c’est pas banal ! Paris et sa région sont décidément bien petites !

Après cet entretien, le cardinal de Richelieu s’en va, humilié par la décision du roi de récompenser ceux qui ont tué ses hommes. Il grogne, râle, geint, se roule par terre et devient tout rouge et accessoirement, décide d’en finir avec cette situation : le pouvoir doit lui revenir à lui, et pas à ce jeune roi incompétent. Pour ce faire, il faudrait que le pays entre en guerre, et qu’ainsi, le peuple se tourne vers lui plutôt que vers le souverain peu expérimenté. Mais comment déclencher une guerre ? Hmmm, sachant qu’il y a des négociations au sujet de la paix avec l’Angleterre qui doivent arriver sous peu, puisque le Duc de Buckingham va venir à Paris, voici une belle occasion qui se profile ! J’imagine que le cardinal va comploter pour faire échouer les négociations et ainsi aller tout naturellement vers la guerre et… ha ? Non, non, excusez-moi : j’ai fantasmé sur un plan simple et efficace ; le cardinal fait plutôt venir Milady et lui explique son plan : elle va aller voler le collier que la reine a eu en cadeau de mariage du roi, et déposer dans le bureau de celle-ci de fausses lettres d’amour du Duc de Buckingham dans lesquelles il dit avoir reçu de la reine le collier. Milady ira alors cacher le collier à Londres, et ainsi, lorsque le roi voudra savoir si les lettres sont vraies, il lui suffira de voir que le collier a disparu, et qu’il est désormais à Londres ! Il sera ainsi en colère et déclarera la guerre à l’Angleterre, et tout le monde acclamera le cardinal comme chef pour mener le pays à la bataille ! Quel plan merdique diabolique ! Soit : Milady va donc s’exécuter.

Le lendemain, donc, tout le palais royal est en alerte, et tous les mousquetaires (y compris D’Artagnan, qui a été intégré au corps d’élite, comme ça, pouf, car il a pour seul mérite d’avoir tué des agents de l’état dans l’exercice de leurs fonctions) et gardes du roi sont alignés dans la cour pour attendre le Duc de Buckingham ; seulement voilà, celui-ci est en retard… et il s’avère qu’alors que chacun attend un carrosse, en réalité, c’est du ciel que vient le noble anglais, lorsque parait au-dessus du palais un formidable bateau volant, coque de navire classique attachée sous un ballon d’air ! Larguant ses amarres, il descend vers le sol jusqu’à se poser. On notera d’ailleurs que si les soldats qui menacent de se prendre une ancre remuent un peu pour l’esquiver, tous les autres présents ne remuent même pas une oreille ou ne tournent même pas la tête : un bateau volant, c’est tellement commun ! En tout cas, après avoir défoncé les pavés du Louvre à coups d’ancre de marine en s’amarrant, le Duc de Buckingham descend de son navire et insulte courtoisement le roi de France en public  en lui expliquant qu’il s’habille comme un ringard ; évidemment, personne ne réagit, puisque là encore, un diplomate qui insulte d’entrée de jeu le suzerain du royaume, c’est bien normal. Il s’en va ensuite discuter avec le cardinal de Richelieu, puisque nous découvrons que c’est lui qui va effectuer toutes les négociations seul et en l’absence du roi. Heu…. ha ? Cardinal, vous voulez dire que vous dirigez de manière autonome les négociations de paix mais que vous ne voyez pas comment vous servir de cette occasion pour entrer en guerre ? La vieillesse, c’est vraiment moche.

Sinon, au passage, je résume la situation : le Duc de Buckingham se comporte au palais comme un gros con, et insulte tout le monde, y compris et surtout le roi devant témoins. Dans le même temps, le cardinal monte un complot pour que le roi se sente insulté par le Duc de Buckingham, car il a besoin de cela comme prétexte pour entrer en guerre. Mais non, jamais le cardinal ne pensera à utiliser les vraies insultes du Duc, à la place, il préférera continuer sa machination pourrie. Voilà voilà. Je vous laisse seuls juges.

Ça fait quand même deux occasions pour le cardinal (les négociations et les insultes) d’obtenir ce qu’il veut de manière directe, simple et légale, mais non. Non mais sérieusement ? Il a envie de se donner des handicaps ? Il se trouve trop bon ?

Dans le même temps, donc Milady est passée à l’action : perchée sur le toit du Louvre, elle compte bien aller accomplir sa mission en infiltrant les appartements de la reine ; tel un petit Tom Cruise, elle se laisse donc descendre via un filin accroché à sa tenue commando (si…) jusqu’à une fenêtre donnant sur le bureau de l’épouse du jeune suzerain, et a tôt fait de crocheter la serrure pour pénétrer sur place ; elle dépose alors promptement des documents qu’elle a réalisés elle-même supposés être écrits de la main du Duc de Buckingham. Cependant, une fois cela fait, elle doit encore voler le collier de la reine… qui est caché dans un passage secret, qu’elle connait parfaitement, puisqu’espionne formidable de son état. Seulement voilà, comme à l’époque, on avait pas encore inventé les lasers dans tous les sens pour empêcher les cambrioleurs d’agir comme dans tout bon film de monte-en-l’air, nos scénaristes se sont dit "Et si on remplaçait les lasers par des fils ?" ; et ce qui fut dit – probablement avec de la schnouf plein les naseaux – fut fait : lorsque Milady arrive en vue du collier de la reine, elle fait apparaître en soufflant sur de la poudre pour créer une légère fumée, une série de fils de fer si fins et coupants qu’ils tranchent un ruban en une dizaine de morceaux rien qu’en le lançant en l’air et sont en temps normal parfaitement invisibles.

C’est là qu’il va falloir m’expliquer un truc : sachant que les fils prennent toute la largeur de la pièce, comment fait la reine quand elle veut prendre son collier ? Elle passe avec sa grosse cisaille et met du scotch sur les câbles derrière ? Elle a dressé des hamsters pour aller chercher le collier et le reposer ? Ne cherchons pas à savoir : c’est complètement con.

"Avec une bonne dizaine de hamsters, tu peux tout faire", comme le disait Hamtaro

Heureusement, Milady l’est aussi : tout comme pour le piège de De Vinci, plutôt que d’avancer prudemment en coupant les fils, elle utilise la même technique dite du "Banzaï !"  et fait donc juste un plongeon au ralenti entre les câbles, se faufilant ainsi en un seul saut ridicule entre toutes les défenses improbables de l’endroit. Elle arrive donc jusqu’au collier et s’en empare, par contre, nous n’avons pas le droit à la scène dans laquelle elle tente de repartir en faisant un autre saut consternant : on ne voudrait pas qu’un spectateur se brise les côtes en riant ce faisant. Ou se brise lui même les côtes pour tenter d’achever le supplice qu’est ce film. Entre Ninjathos et Miladyamakazi, ça devient un peu dur de suivre sans penser sérieusement à la mort. Ce film est sûrement orienté vers les gothiques.

Cela fait, Milady s’en va trouver le cardinal : elle va repartir vers Londres avec le Duc de Buckingham, qu’elle a séduit, afin de déposer le collier chez lui dans la tour de Londres. Cependant, soucieuse de ne pas avoir d’ennuis au cas où elle soit prise, elle demande à ce que le cardinal lui signe un papier de sa main dans lequel il serait dit "Le porteur de ce message a fait ce qu’il a fait sur mon ordre". Hahaha, c’est ridicule, c’est tellement flou, qui accepterait de signer un tel truc, ce serait comme mettre sa signature au bas d’un contrat blanc sans savoir ce qu’il va… "J’accepte", dit donc le cardinal, qui a bien envie que ses agents secrets se promènent avec sur eux des preuves comme quoi ils bossent pour lui. Comment ? Non mais ce film. Ce film. Une huître pourrait manipuler le cardinal tellement il est idiot. Et c’est censé être l’un des génies de cette histoire. Je… je sens de grosses larmes monter en moi. Franchement, Milady a dû être tellement contente de tomber sur un crétin pareil que, comme dirait Ned Stark, "Winter is coming" (attention : ce calembour nécessite une connaissance de Game of Thrones de niveau 1 et une maîtrise de l’anglais de niveau 2).

De son côté, le roi, lui, est devenu sans que l’on sache pourquoi super copain avec D’Artagnan, qu’il ne connait pourtant ni d’Eve, ni d’Adam. Ensemble, ils dissertent donc sur un sujet bien particulier : les filles, ces êtres mystérieux. Le roi explique par de subtiles hyperboles qu’il ne parvient pas à s’assurer de l’amour de la reine, et qu’il a les mains – entre autres -moites en sa présence. D’Artagnan lui répond donc qu’il doit être lui-même avec la reine, que c’est comme ça que l’amour naîtra comme une fleur radieuse. Ou alors qu’il doit l’enfermer dans la cave et la violer avec barbarie, et ce avec l’ensemble de sa garde. Je ne me souviens plus bien de ce passage, je crois que j’étais en train de dormir.

Mais, las ! A peine le Duc de Buckingham reparti pour Londres avec Milady dans son bateau volant, le roi, qui prenait à peine confiance en lui pour aller séduire la reine, tombe sur les fausses lettres que Milady avait cachées dans le bureau de celle-ci : il craint qu’elle ne soit, en fait, amoureuse du Duc de Buckingham, ce rascal d’anglais ! Vite : il va se confier au cardinal, qui lui explique avoir une solution simple ; dans les lettres, il est dit que la reine a fait cadeau au Duc, en gage de son amour, du collier qu’elle avait reçu pour son mariage. Il suffit donc, pour s’assurer de la véracité de ces échanges et sentiments, d’organiser un bal et de demander à la reine d’y porter ces bijoux : si elle vient avec, tout va bien. Sinon… ce sera la honte, et donc, la guerre ! Le roi approuve cette stratégie.

Encore une fois, le cardinal se met lui-même des bâtons dans les roues : il pourrait aussi dire au roi "Ok, on va tout de suite aller voir dans les appartements de la reine s’il y a le collier, ça va être vite vu, et s’il n’y a rien, on la tabasse à coups de chaussettes remplies de sable, et on abandonne son corps dans un terrain vague près de Nogent". Mais non : il ne faudrait surtout pas être intelligent/efficace/logique : n’oublions pas que le spectateur est avant tout une variante de Meles meles, mustélidé plus connu sous le nom de Blaireau.

La reine, ayant découvert que son collier a disparu, comprend que le cardinal est derrière tout cela, et cherche à manipuler le roi ; après être allée voir l’homme d’église (qui, pour information, lorsqu’il s’ennuie, combat ses propres gardes à l’épée pour s’entraîner : moi qui pensais que les cardinaux n’étaient pas vraiment de fins bretteurs, puisque n’ayant pas le droit de porter les armes, je suis fort étonné, mais bon, ça aussi, ça doit faire cool), elle a lu dans ses yeux qu’en effet, il était bien à l’origine du complot, et s’effondre : tout est perdu ! Tout ! Comme une blogueuse sans macarons, elle se met alors à sangloter, jusqu’à ce qu’une solution lui apparaisse : il y a bien des hommes qui pourraient lui venir en aide : les mousquetaires ! Eux sauraient aller récupérer le collier à temps et ainsi déjouer l’odieux complot ! Vite, Constance, ma chérie, va trouver ces braves hommes vivant en colocation dans un recoin quelconque de Paris ; suit les effluves de houblon et de méthane et tu trouveras leur repaire !

A la nuit tombée, Constance parait donc à la porte de nos fiers héros, demandant à s’entretenir avec eux. Pas de problèmes : D’Artagnan la fait rentrer, probablement dans l’espoir de la faire boire, mais avant qu’il n’ait eu le temps de mettre du GHB dans son verre, celle-ci se met à proposer une mission à la troupe : sauver la reine en récupérant son collier chez le Duc de Buckingham. Il faut quelques minutes de réflexion aux mousquetaires pour se décider, mais c’est finalement Constance qui, en roulant un gros patin à D’Artagnan, le convainc d’obéir. Ni une ni deux, la troupe se prépare donc à aller en Angleterre récupérer les bijoux de la reine de France, mais c’est alors qu’une voix bien connue retentit à la fenêtre : le capitaine Rochefort, de la garde du cardinal, est là avec ses hommes pour arrêter les mousquetaires et les empêcher d’accomplir leur mission, car le cardinal se doute qu’ils pourraient tenter, une fois encore, de sauver la France et la maison royale ! Rochefort est un homme aussi fort que les autres protagonistes de ce film : il n’a quasiment pas emmené d’hommes armés de mousquets, ce qui est bien dommage, surtout quand on va affronter des loulous qui gagnent à l’épée à 1 contre 10 sans se fatiguer, en sachant que parer une balle est bien plus difficile que de parer une épée, mais bon. Par ailleurs, pour faire sortir les mousquetaires de leur repaire, il leur explique que s’ils ne s’exécutent pas, il mettra le feu au bâtiment, ses hommes disposant de nombreuses torches prêtes à servir. Capitaine, c’est pas pour vous ennuyer, mais bon : si vous commencez à mettre le feu à une maison en bois et torchis de l’époque, vous risquez de brûler un tiers de Paris : ça me parait, disons, curieux comme méthode. Curieux, c’est ma manière à moi de rester poli, hein, je précise. Enfin bon.

Il est de toute manière interrompu par Planchet, le serviteur de la maison, qui parait à la fenêtre de la demeure pour vider un pot de chambre bien rempli sur le porte-parole de Rochefort, un officier fort mécontent d’être ainsi humilié ; la chose est en fait une diversion que certains seraient tentés de qualifier d’habile, puisqu’elle permet aux portes de l’écurie attenante de s’ouvrir à la volée pour qu’en sortent à toute allure les habitants de la maison, qui partent au triple galop en bousculant les soldats dans l’étroite rue faisant face à la demeure. Non, personne n’est blessé, pas un coup d’épée ne part, les hallebardiers ne pensent même pas à pointer leurs armes vers les chevaux, et mieux encore, les rares mousquets ouvrant le feu ne touchent pas : pourtant, des cavaliers prenant toute la rue en largeur, ça paraissait difficile à rater. Et bien si, ils le font. Je pense que la garde du roi est constituée en grande partie d’handicapés mentaux et moteurs pour des histoires de subventions. Ou un truc du genre.

Quelques temps plus tard, bien après cette nuit chaotique, nous retrouvons nos héros à Calais ; on découvre que dans leur fuite, ils ont emmené avec eux Constance (Quel intérêt ?) et Planchet (Sachant qu’il servait de diversion avec un pot de chambre dans la maison quelques secondes avant que tout le monde ne puisse fuir par l’écurie, il va falloir m’expliquer comment il s’y est pris pour échapper aux hommes du cardinal et rattraper ses employeurs), et surtout, que le cardinal de Richelieu a fait boucler les ports pour que personne n’embarque vers l’Angleterre sans autorisation. Sur place, d’ailleurs, l’officier du cardinal qui avait été humilié par Planchet à coup d’urine sur la tronche et quelques hommes guettent les allées et venues, attendant les mousquetaires. La question qu’il faut se poser est donc "Sachant que les héros sont partis au triple galop vers Calais avant tout le monde, comment se fait-il que a) le courrier contenant l’ordre du cardinal de boucler le port soit arrivé avant eux b) les hommes du cardinal, partis comme le courrier après eux, soient arrivés avant eux?". Personnellement, j’attends encore la réponse. J’imagine que le cardinal a envoyé un SMS à la capitainerie de Calais "C booclé lol :)" puis a envoyé ses hommes par train jusque là-bas. Enfin. Dans tous les cas, Constance propose de se déguiser en mousquetaire pour attirer les hommes du cardinal loin du port ; pendant ce temps, les vrais hommes du roi pourront grimper à bord d’un navire et appareiller, afin de gagner l’Angleterre tranquillement.

Heureusement, c'est une jolie fille qui lui demande de sauver la France. C'eut été Igor & Grichka, le royaume pouvait crever la gueule ouverte

Pendant ce temps, en Angleterre, nous découvrons que Milady a acquis les faveurs du Duc de Buckingham comme il se doit, celui-ci ne pouvant guère s’empêcher de la couvrir de baisers. La damoiselle, cependant, n’a pas perdu l’esprit : elle indique à son noble amant qu’elle sait que les mousquetaires vont bientôt venir faire un sale coup au château du Duc, et qu’il faut être sur ses gardes. Elle ajoute qu’heureusement, elle connait leurs habitudes :

  • Ils envoient en général Athos par le fleuve, car c’est un excellent nageur
  • Aramis par les toits, car c’est le plus agile
  • Porthos en guise de leurre frontal, sa force pouvant le dégager des chaînes de ses geôliers et affronter toutes les menaces

Mais au même moment, les mousquetaires, au fond de la cale de leur navire, disent que justement : Milady est dans le camp d’en face, et que pour avoir travaillé avec eux, elle connait leurs habitudes : il faut donc faire… exactement l’inverse !

Ah ? Du genre :

  • Porthos dans le fleuve, pour qu’il se noie et qu’on le retrouve échoué comme un gros éléphant de mer alcoolique ?
  • Athos par les toits, pour qu’il glisse et finisse ninja-tétraplégique ?
  • Aramis en frontal, pour qu’il ne puisse pas se dégager de ses chaines et finisse humilié dans les douches d’une quelconque prison anglaise ?

Non. Ils ont un plan, et un bien meilleur, surtout en sachant qu’ils sont désormais plus nombreux que trois… ils vont donc agir dès le lendemain.

Et justement : lorsque le jour se lève sur Londres, Milady décide de mettre les voiles ; elle explique au Duc qu’elle n’a pas peur des mousquetaires, non, hein, c’est pas son genre, et cette curieuse odeur dans l’air n’a rien à voir avec la terreur qui s’empare, d’elle, c’est juste les saucisses du petit déjeuner qui passent mal, et qu’en fait, si elle veut partir, c’est parce qu’elle ne veut pas voir Athos mourir. Elle ajoute avec une subtilité rare que "Ho, et les mousquetaires tenteront sûrement de vous feinter en vous racontant des histoires comme quoi je participe à un complot dans lequel je vous manipule, mais surtout, ne les croyez pas", ce qui mettrait la puce à l’oreille de n’importe qui ; bravo Milady, vous êtes décidément trop forte en matière d’intrigues. Et sitôt cela dit, elle monte dans un carrosse et demande à quitter Londres le plus vite possible. Buckingham, lui, dans le doute, fait doubler toutes les garnisons du coin histoire de calmer tout ce qui parlerait vaguement français et chercherait à faire le malin dans son secteur.

Arrivés à Londres, les mousquetaires eux commencent à mettre leur plan à exécution en se débarrassant discrètement d’un garde (qui fait partie d’une patrouille qui n’entend pas leur copain se faire stranguler à un mètre d’eux) qui passait par là afin de proposer sa défroque à D’Artagnan qui, ainsi grimé, va pouvoir infiltrer le château du Duc et farfouiller dans le trésor pour y retrouver le collier de la reine, car nul doute que Milady a caché son butin là afin de s’assurer que nul ne puisse douter de la culpabilité du Duc. Le gascon passe donc aisément les gardes, mais sitôt dans la place forte, comprendre, l’endroit où il y a le plus de gardes et où son déguisement lui sera le plus utile il… le retire. comme ça, hop, probablement au prétexte que ça lui tient chaud et que ça lui fait des auréoles sous les aisselles : ainsi, il est très vite intercepté par les gardes locaux, qui s’étonnent de trouver un mec qui se promène en chemisette en plein milieu de leur ronde, ce que l’on peut comprendre à moins d’être garde dans un quelconque Sofitel.

D’Artagnan est donc mené au Duc de Buckingham dans les bureaux personnels de ce dernier, où il peut voir que le bougre d’anglais a déjà mis sur la table toute une panoplie d’instruments de torture divers (pinces, fers, clous ou DVDs de Twilight) afin de se préparer à obtenir du jeune français qu’il avoue le plan que lui et ses compères ont mis sur pied. Sauf qu’au lieu de s’uriner dessus le visage couvert de larmes et de morve, le fripon s’exclame "Hahaha, quelle heure est-il M. Le Duc ? 14h ? Alors regardez par la fenêtre !" ; et en effet, à la seconde près, on voit paraître derrière une vitre du bureau le bateau volant de Buckingham avec à son bord les trois mousquetaires qui commencent à arroser l’endroit de coups divers, allant du lance-flammes à manivelle (un outil fort utile sur un bateau volant afin de contrer d’éventuelles attaques de pigeons) au canon à répétition en passant par la bonne vieille bombe des familles. Tout de même, ils sont forts ces mousquetaires : il s’est passé quoi entre le moment où D’Artagnan a infiltré dans l’endroit aidé de ses copains et son arrivée dans le bureau du Duc ? 10, 15 minutes ? Ce qui signifie que pendant ce temps, les trois mousquetaires sont repartis, sont allés jusqu’au quai d’amarrage du bateau volant, ont défoncé toutes les garnisons pourtant doublées qui gardaient le véhicule, ont appris à le manier, sont devenus de tels experts dans la question qu’ils n’ont besoin que d’être trois au lieu de tout un équipage pour manoeuvrer l’engin, ont volé jusqu’à la forteresse, positionné leur bidule jusqu’à la fenêtre qui allait bien, et le tout, sans qu’aucun des 600 gardes du coin ne donne l’alerte. C’est assez impressionnant je dois dire, surtout pour arriver pile à l’heure, sachant que 10s  de retard auraient suffi à retrouver D’Artagnan fraîchement castré à la brique avouant d’une splendide voix enfantine l’intégralité du plan de ses amis. C’eut été ennuyeux. Heureusement, tout s’est bien goupillé.

Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin : les mousquetaires arrosent tant et si bien le bureau du Duc de projectiles qu’ils tuent à peu près tout ce qui s’y trouve, à l’exception du Duc (c’est ballot, quand bien même on voit une énorme explosion ravager tout l’endroit) et de D’Artagnan, qui visiblement, esquive les shrapnels, flammes et balles de ses compagnons aspergeant l’endroit à l’aveuglette : personnellement, j’aurais commencé à me demander s’ils n’essayaient pas aussi de me tuer avec un plan aussi nul.

Cela étant fait, nos héros repartent donc victor…

Heu… attendez : le plan c’était "D’Artagnan rentre dans la forteresse puis on vole le bateau volant pour l’en sortir" ? Que… quel intérêt ? Il n’aurait pas fallu qu’il récupère un objet, une information avant de sortir ? Non ? Vous vouliez juste rigoler ? J’avais un plan encore meilleur pour vous : "D’Artagnan fait la grasse mat’ et nous aussi, comme ça, personne n’a à s’évader de la forteresse". Le lecteur taquin me dira sûrement "Mais, peut-être qu’ils voulaient juste que D’Artagnan fasse diversion pendant qu’ils volaient l’aéronef ?" , mais même pas puisque l’engin en question était situé hors du château, que D’Artagnan n’a en aucun cas empêché les gardes de continuer à patrouiller normalement et que les trois mousquetaires n’ont visiblement eu aucun mal à s’en emparer sans l’aide de qui que ce soit, fut-ce de D’Artagnan. Non, ils se sont juste rajoutés une étape complètement inutile dont le seul objectif était de montrer des explosions.

C’est marrant, je ne me souviens pas de ce passage, pourtant dans le livre. Pourtant, c’est le premier truc affiché au générique "D’après l’oeuvre d’Alexandre Dumas". ma mémoire doit me jouer des tours.

Comme tous les personnages, le Duc est idiot et trouve donc rigolo qu'on lui bombarde la gueule. Normal.

A bord, les héros se donnent donc de grandes tapes dans le dos à base de "Qu’est-ce qu’on lui a mis au Duc !" ; mais finalement, la vérité tombe : "Certes, mais avec tout ça, on a toujours pas le collier, on est un peu niais en fait !". Ah oui, tiens, c’est vrai se dit Athos. Heureusement, il a aussi la réponse à cette question "Je connais Milady : elle n’aura pas laissé le collier sur place en sachant que l’on était à sa poursuite et que l’on comptait le récupérer au château ; elle a donc dû le confier à la seule personne en qui elle ait confiance : elle-même !". Et en effet, pendant ce temps, dans la campagne anglaise, un carrosse file promptement : à son bord, Milady savoure le fait qu’elle porte elle-même le plus précieux collier du royaume de France ! Sauf que soudainement, la voiture s’arrête au milieu de nulle part, et la bougresse entend de curieux bruits sur le toit… elle regarde sort donc la tête à la fenêtre pour demander au cocher de quoi il retourne… et découvre que celui-ci n’est autre que Planchet, le domestique des mousquetaires ! Et celui-ci vient d’harnacher le véhicule à d’immenses câbles largués par l’aéronef volé de nos héros ! Ceux-ci se mettent donc à remonter le véhicule jusqu’à la cale (qui s’ouvre en plus, c’est formidable : Léonard de Vinci avait même pensé à mettre sur ses plans une cale ouvrante avec treuil géant pour faire monter des carrosses en plein vol, c’est quand même bien fait), où ils peuvent ainsi faire Milady prisonnière, et récupérer sur elle le collier. Ainsi qu’en bonus, la lettre du cardinal disant "Le porteur de cette lettre a fait ce qu’il a fait sur mon ordre", lettre qui permet par exemple à son possesseur de déféquer sur la voie publique avec une certaine classe. Mais revenons au sujet.

Comment ? "Bin vous voyez, c’est pour ça qu’ils ont fait leur plan pourri à la tour de Londres : ils avaient besoin du bateau volant pour capturer Milady !", dis-tu, fieffé lecteur, qui, décidément, a envie de me contredire ? Avant que je n’envoie mon ami Danko dit "Brise-phalanges", s’occuper de toi, pense à ceci : bon déjà, encore une fois, leur plan avec D’Artagnan s’infiltrant dans la forteresse pour ne rien y faire ne servait à rien, mais surtout, sachant qu’ils avaient un homme de confiance aux commandes du carrosse de Milady, il suffisait juste de l’attendre à pied tranquillement en un point X ou Y pour repartir tout aussi tranquillement avec elle et le collier sans provoquer le moindre accident diplomatique avec Buckingham du genre "On te lance des bombes à la gueule pour se marrer" ou "Tiens, on te vole ton bateau", particulièrement en période de négociations de paix. Le risque était alors proche de 0, et l’efficacité de 100%, alors que le plan de nos héros inversait plutôt les statistiques. Si ce sont les agents d’élite du roi, je n’imagine pas comment sont les autres. "Tiens Maurice, le roi nous a demandé d’aller acheter du pain : allons le payer en volant la bourse du roi d’Angleterre après l’avoir tabassé au nom du roi de France, je suis sûr que ce sera particulièrement intelligent".

Mais revenons à bord du navire volant de nos héros, qui fait désormais route vers la France poussé par le souffle puissant d’Eole ; alors qu’ils survolent la Manche, Athos décide d’avoir une petite explication avec Milady : elle a trahi les mousquetaires, le roi, la France, mais surtout, son petit coeur meurtri. De fait, il est de son devoir de l’éliminer : l’amenant au bord du bastingage, il la braque alors de son pistolet, mais réalise qu’il l’aime encore et ne pourra tirer avec son pistolet (je précise). Milady, comprenant ce dilemme, et regrettant sa méchanceté passée, décide alors de lui faciliter la tâche en se jetant par-dessus bord : basculant en arrière afin de trouver la mort par elle-même, elle choit en direction de la mer, avant de disparaître dans les flots agités qui l’attendent plusieurs centaines de mètres plus bas. C’en est fini de la bougresse, et à bord, tout le monde est quelque peu choqué des évènements, mais la discipline reprend le dessus, et l’on reprend rapidement la route vers Paris.

Hélas, tout n’est pas si simple : alors que la nef survole les verdoyantes campagnes situées au nord de la capitale, de curieuses lumières paraissent dans les nuages : il s’agit d’un autre bateau volant, ouvrant le feu sur celui de nos héros ! Car oui : des cieux descend alors un immense galion, bien plus grand que le frêle esquif de nos héros, frappé aux armes du cardinal de Richelieu (comment a t-il su que les mousquetaires étaient en bateau volant ? Et comment le message a t-il pu arriver avant eux, qui se déplacent en volant ? Mystère : Elisabeth Tessier, deuxième round !) ! Discret et de bon goût, le véhicule a en guise de figure de proue une immense représentation de la grande faucheuse, ce qui est très classe, à laquelle est ligotée… Constance, la copine de D’Artagnan ! Ho non, c’est vrai qu’elle avait servi de diversion pour quitter Calais, elle est donc entre les mains des hommes de Richelieu ! Crottouille, comment la tirer de ce mauvais pas, se dit notre gascon préféré ?

Mais il n’a point le temps de réfléchir que le navire ennemi cesse le feu, et s’approche de celui de nos fiers mousquetaires pour négocier ; Rochefort, qui commande l’appareil du cardinal, propose à Athos & co la chose suivante : ils rendent leur collier aux hommes du cardinal, et en échange, ils acceptent de leur rendre la fille. Ho, et accessoirement, ils ne les transforment pas en couscous à coups de canon.

Pourquoi ? Pourquoi les mecs ? Pourquoi négociez-vous ? Vous êtes les méchants, vous avez une puissance de feu largement supérieure, un navire entier avec des tonnes de soldats à la manoeuvre alors qu’en face ils ne sont que 5 pour s’occuper de tout, et surtout, ce sont vos ennemis jurés : si vous cartonnez le bateau des mousquetaires, non seulement vous les tuez, et faites ainsi grand plaisir au cardinal (Rochefort serait-il opposé au fait d’avoir une promotion ?), mais en plus, le collier de la reine a peu de chances de survivre au crash, et quand bien même, il sera perdu au milieu de nulle part. Au pire, il sera retrouvé bien après le début de la guerre, et le cardinal pourra ainsi dire "Vous voyez, on a retrouvé le collier de la reine dans l’appareil écrasé d’Athos et ses copains ; entre ça et le fait qu’ils soient allés agresser gratuitement le Duc de Buckingham en pleine période de négociations de paix, je crois pouvoir affirmer qu’il s’agissait de vils rascals cherchant à déstabiliser le royaume. Le fait d’en avoir débarrassé la France fait de moi un héros luttant pour la paix", et hop, il asseyait encore un peu plus sa légitimité de protecteur du royaume face au roi qui, lui, était non seulement le chef de ces hommes mais aussi celui qui les avait fait récompenser après avoir assassiné tout un tas de gens à Saint-Germain.

Mais non. A la place, ils négocient inutilement ; en tout cas, après un petit couplet d’Athos sur le fait qu’on ne peut pas laisser une femme en danger, les deux navires se rangent côte à côte, et sont ainsi échangés D’Artagnan, amenant le collier de la reine avec lui, contre Constance, qui va ainsi dans le navire de nos héros. Au passage, il faudra m’expliquer comment les aéromarins (oui, j’aime les néologismes) ont réussi à délier Constance de leur proue en plein milieu du ciel. Mais allez, on va être sympa et passer là-dessus. Ce sera déjà ça, tant, jusqu’ici, l’histoire ressemble déjà beaucoup à une sorte de barbouille fécale sans aucune logique.

En tout cas, sitôt D’Artagnan à bord du navire des hommes du cardinal, ceux-ci récupèrent le collier et commencent à s’éloigner de l’embarcation volante des mousquetaires ; et déclarent alors que "Hohoho, on a menti : en fait, on va tuer tes potes quand même !", et hop, nos larrons ouvrent le feu sur le frêle esquif, ce qui est déjà plus intelligent que l’inutile négociation précédente ; mais c’est sans compter sur la ruse de nos héros, qui n’hésitent pas à plonger vers un nuage d’orage à proximité, qui a eu la gentillesse d’apparaître alors qu’il n’était pas là dans le plan précédent ; le navire des vilains s’enfonce donc lui aussi dans l’endroit, ouvrant toujours le feu sur sa cible (qui malgré tous les dégâts qu’elle prend, continue de parfaitement voler, merci), mais est bien vite secoué par les vents tumultueux qui l’entourent ; l’équipage panique, les mousquetaires ne sont plus visibles, et pire encore, D’Artagnan profite de la confusion pour tenter de récupérer le collier, mais se retrouve bien vite poursuivi par Rochefort lui-même, qui comme tous les méchants, lorsqu’il a D’Artagnan à la merci de ses pistolets, préfère lui faire la causette ("Je vais te tuer ! Oui ! Là  ! Maintenant ! Je compte jusqu’à trois… un… deux… attends, je vais continuer de te causer encore deux plombes")  jusqu’à ce qu’une secousse le déstabilise et que son adversaire puisse ainsi en profiter pour filer.

Le capitaine de Rochefort est tellement méchant qu'il tient son épée sur le côté, comme un gangsta East Coast

Au sortir du noir nuage d’orage (qui va donc à nouveau disparaître comme il était venu, il a joué son rôle, merci mec), les hommes de Richelieu constatent alors que tel un fieffé baron rouge, le bougre de navire ennemi a profité des moments précédents pour habilement manoeuvrer (alors qu’encore une fois, ils sont une poignée à bord pour manoeuvrer un navire à demi-détruit) et se placer derrière les vilains ; haha, les rôles sont inversés : à eux de tirer sur leurs ennemis ! D’ailleurs, ils sont tellement en colère que, non seulement encore une fois ils s’en foutent totalement de la sécurité de D’Artagnan en tirant sur le navire où il se trouve (de toute manière, encore une fois, il va miraculeusement tout esquiver), mais en plus, ils écrasent leur nef sur celle de l’ennemi (oui…) pour l’aborder sauvagement. Hardi ! Rapidement, sur le pont du navire du cardinal, la bataille fait donc rage, les mousquetaires mousquettant tout ce qui passe à portée puisqu’étant vaguement colères. Mais après pareil carambolage, le navire du cardinal est tout de même bien entamé, et les deux vaisseaux filent donc vers le sol, ce qui tombe bien, puisqu’ils arrivent droit sur Paris (ils auraient été au-dessus de Maubeuge, c’eut perdu un peu de panache).

Au bout de quelques instants, le galion volant du cardinal s’écrase donc sur Notre Dame, au grand dam du touriste japonais moyen, et Rochefort ainsi que D’Artagnan se retrouvent à se battre, non plus seulement à bord du navire, mais aussi sur les toits de la cathédrale ; les coups pleuvent, mais, ha ! Voici que le capitaine Rochefort s’avère dominer le gascon à l’épée… et finit, traître qu’il est, par même sortir une seconde lame pour s’aider ! Mais c’est sans compter la botte spécialement conçue pour cette situation que Papa D’Artagnan avait apprise à son fils au début du film, et qui donc, permet à notre jeune héros de trifouiller la bidoche du fier capitaine du fer froid de son arme. Il l’achève donc d’un "Je vous avais bien dit de présenter vos excuses à Bouton d’Or", et tout est fini (mais pas le film, ce qui donne envie de pleurer) Cela étant fait, D’Artagnan peut donc récupérer en paix le collier de la reine, et aller retrouver ses autres amis dans l’épave du navire qui attend sur le toit de l’édifice religieux en fumant.

Finalement, nos héros font donc redécoller leur vaisseau, celui qu’ils ont volé à Buckingham donc, car non, malgré le fait qu’il ait été bombardé, écrasé contre un galion volant puis sur une cathédrale, il peut encore servir. Certes, il vit ses dernières heures, mais tout de même : c’est du bel ouvrage. Ainsi, alors que le bal va commencer au palais royal, et que Louis XIII attend de voir si la reine va porter le fameux collier pour savoir s’il doit la faire tabasser ou non, il voit surgir un bateau volant en flammes qui s’écrase à quelques mètres de l’orchestre qui s’accordait. Pour information : c’est tellement banal, vous dis-je, que les musiciens ne regardent même pas la chose, trop occupés à s’accorder, et qu’aucun soldat ne réagit. Les gens, en fait, regardent à peine. A croire que même les figurants sont blasés du niveau du film. Pas autant que vous et moi, mais quand même.

Les mousquetaires sortent donc de l’épave, et les seuls soldats du coin qui réagissent s’avèrent être les hommes du cardinal, qui a ordonné de les empêcher de rentrer au palais afin qu’ils ne puissent pas ramener le collier tant recherché. Le roi lui-même s’étonne de cette curieuse arrivée (mais pas du fait que ça n’étonne que lui alors que le pinpin de base semble s’en moquer), et vient s’enquérir de la source de tout ce charivari. Le cardinal, lui-même approche afin de s’informer un peu de ce qu’il va se dire, et est tout étonné : Athos & co se la jouent sympa, puisqu’ils inventent, sans aucune raison, une histoire pour couvrir le cardinal : "Bon, sire, en fait, on vous a rapporté le vaisseau volant que vous vouliez parce que vous étiez jaloux du Duc de Buckingham, et en chemin, on a tué un espion de l’ennemi : Rochefort ! D’ailleurs, c’est même le cardinal qui nous a ordonné tout cela, preuve en est, regardez, on a une lettre de lui qui dit qu’on a fait ce qu’on a fait sur son ordre !" ; le roi demande au cardinal si tout cela est vrai, tout heureux d’apprendre cela, et ce dernier, gêné, confirme :  "Oui, mon bon roi, j’ai effectivement envoyé les mousquetaires se débarrasser d’un espion et vous rapporter un navire volant, puisque vous en vouliez un, hohoho !"

Non, le roi n’est pas choqué de voir que le bâtiment porte encore le drapeau anglais ce qui est un monstrueux incident diplomatique, et l’histoire est superbement crédible : ce n’est pas comme si le suzerain du royaume allait apprendre dans les 10 prochaines minutes que le cardinal avait menti au roi sur le fait que le royaume n’avait aucun bateau volant, un énorme aux armes de la maison Richelieu étant écrasé à cette heure sur Notre Dame. Du coup, l’histoire du "Vous vouliez un bateau volant, il m’a fallu envoyer des hommes en prendre un aux anglais" ne tient pas une seule seconde.

Mousquetaires, mousquetaires, expliquez-moi pourquoi vous couvrez le cardinal, alors que vous savez qu’il a tenté de renverser le roi, et que vous avez une preuve de plusieurs tonnes sur Notre Dame qui prouve qu’il se fout de la gueule d’un peu tout le royaume. Sans compter la lettre que vous avez prise à Milady et le collier que vous avez récupéré. Alors, pourquoi le couvrir et ainsi mettre tout le pays dans la merde ? Ah oui : parce que c’est cool. Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ?

La reine, donc, arrive depuis le palais et s’approche du roi, avec à son cou, son collier (sachant que les mousquetaires sont là et n’ont pas eu le temps de lui remettre, comment l’objet est-il arrivé là ? Téléportation ? Tiens, et d’ailleurs, Constance, qui était avec les mousquetaires, comment fait-elle, elle aussi pour rejoindre la suite de la reine ? Même chemin ? Ne cherchons pas), ce qui rassure le roi, qui s’en va donc danser avec elle pour ouvrir le bal comme dans les plus grands moments de La Boum, alors que le cardinal continue de maugréer, et qu’en fond, tel un feu d’artifice, le ballon d’air du vaisseau volant écrasé dans les jardins royaux commence à prendre feu sans, qu’encore une fois, qui que ce soit prête attention à ce truc à la fois extraordinaire et dangereux.

Constance et D’Artagnan se font de gros bisous, les trois mousquetaires, eux, moins, puisque Familles de France les regarde, puis ils se réunissent tous à la sortie du palais royal, sortent leurs lames et les posant les unes sur les autres, pointées vers le ciel, s’exclament : "Un pour tous, et tous pour un !" Et donc…

"Bravo les amis, grâce à vous, le cardinal sévit toujours et vous l'avez couvert, Notre Dame a pris cher, le monde a perdu des trésors de De Vinci et vous avez provoqué l'Angleterre pour qu'elle rentre en guerre, soit pile le plan de Richelieu que vous deviez empêcher : chapeau les mecs"

FI…

Attendez, non ! J’allais oublier le principal ! Il y a une scène derrière !

Nous voici à bord d’un bateau, alors que quelqu’un ouvre péniblement les yeux… c’est Milady, sauvée des eaux, encore trempée jusqu’aux os qui se réveille sur le pont d’un navire : le Duc de Buckingham vient de la recueillir à bord de son vaisseau de guerre personnel (pas flottant, cette fois). C’est vrai qu’on ne voyait pas du tout venir qu’elle allait survivre. Le noble anglais lui explique qu’elle a survécu car des pêcheurs l’ont recueillie, et qu’elle est désormais en sécurité à bord. Car lui et l’immense flotte anglaise font désormais route vers la France pour se venger de l’humiliation que les mousquetaires lui ont imposée (je vous l’avais dit que ça déclencherait une guerre), et l’on découvre que l’armada anglaise est tant maritime qu’aérienne : des dizaines de vaisseaux volants arrivent !

A noter qu’il faudra m’expliquer comment Milady a survécu, sachant que réunir une petite armada comme celle-ci, ça doit prendre quelques jours au moins, et que les pêcheurs qui l’ont recueillie, ils sont sympas, mais qu’est-ce qu’ils ont fichu pour qu’elle se réveille encore trempée comme à peine sortie de l’eau à bord du navire du Duc ? Ils la traînaient derrière leur bateau inconsciente dans un filet à l’eau pour la garder au frais jusqu’à ce qu’ils la refourguent, toute morue qu’elle est ? Et le Duc, là, s’il avait toute une armée de bateaux volants : pourquoi n’en a t-il lancé aucun à la poursuite de son propre navire ?

Je… Mon Dieu… ils arrivent à rajouter des scènes de 30s à la fin pour continuer de se mutiler le pied à coups d’incohérences. Vite, allez, allez…

FIN

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La salle était vide depuis longtemps, et par terre, de petites boules de papiers chiffonnées témoignaient de l’intense activité des journalistes qui l’avaient occupée quelques heures plus tôt. Assis sur le bord de l’estrade, le professeur Landret réfléchissait. Alors, c’était ça, révolutionner le monde ? Inventer une nouvelle source d’énergie et le révéler au public pour le plus grand bien de l’humanité ? Toute sa vie, il avait pensé qu’il se sentirait… différent. Changé. Qu’il aurait l’impression d’avoir accompli quelque chose ; mais il n’en était rien. Quelque part, il était presque déçu.

Un mouvement dans un coin de la salle le tira de ses rêveries. Un type avec une tête de fouine rangeait un ordinateur portable et une carte de presse, visiblement venant à peine d’achever un document qu’il tapait ; croisant le regard du scientifique, il l’interpella :

"Professeur, une dernière question… vous dites que votre source d’énergie est l’avenir de l’humanité mais… il n’y a pour l’instant qu’un seul réacteur ; a t-on des ressources pour en produire d’autres ?"

Landret réfléchit un instant. Il s’étonna que la question n’ait pas été posée plus tôt. Il se gratta le menton, et sortit de sa veste les plans froissés d’un autre réacteur, qu’il tendit au journaliste ; ce dernier les saisit avant de les observer longuement. Puis, il roula des yeux, et fixa le professeur d’un air choqué, alors que le plan s’échappait de ses mains.

"Vous… vous n’avez pas le droit de faire ça !"

Le professeur eut un petit rire nerveux, tout en se dirigeant vers le papier qui venait de tomber. Il jeta un coup d’oeil au journaliste, puis à son plan.

Oui, en combinant le cercueil de Bram Stoker, une turbine et des DVD de Dracula, le dernier spectacle de Kamel Ouali, il pouvait probablement obtenir une production énergétique au moins deux fois supérieure.

L’avenir paraissait lumineux pour les vivants.