Le harcèlement de rue est d’actualité.

Suite à diverses aventures, voici que vient sur le tapis de notre fiévreux quotidien un phénomène curieux et pourtant répandu, à savoir les filles et femmes ayant à rencontrer sur leurs chemins des individus qui, à défaut de faire preuve de poésie, n’hésitent pas à audacieusement lancer quelques remarques aux passantes pour leur proposer, entre autres, de venir partager quelques instants de convivialité avec eux dans un style qui n’est pas sans rappeler la légèreté d’un Patrick Sébastien.  En effet, une jeune flamande a réalisé un film traitant de la question, montrant ce à quoi elle avait à faire lorsqu’elle se promenait dans la rue, où quantité de personnages fleurant bon le doctorat en physique nucléaire lui lançaient des propos que l’on pourrait audacieusement qualifier de "peu subtils" (ma maîtrise des euphémismes est sans limite).

Bon remarquez, après, c’est un peu le problème avec les flamands : dans leur langue barbare, même lorsqu’ils vous lancent un salut cordial, le son sortant de leur bouche ressemble à une menace sataniste, mais là n’est pas le sujet.

Non, le sujet est que du coup, un débat s’est créé, et même si Libération se demande encore pourquoi l’assemblée ne s’en est pas encore emparée (voyons voir, on parle bien de l’assemblée qui siffle les ministres en jupe ? Attention, gros travail de journalisme pour trouver la réponse), déjà, quantité de personnes échangent via divers réseaux, dont Twitter (certains appellent ça "un débat" mais là encore, en 140 caractères, c’est conceptuel), pour expliquer qu’il y a quand même des mâles avec de sales attitudes dans les rues, et qu’il serait bon de les calmer à grands coups d’amendes dans la gueule (en cachant par exemple un tout petit policier dans tous les sacs à main, allez savoir ; et encore, parce que vu le sac à main moyen d’une donzelle, le pauvre mourrait étouffé et on ne retrouverait jamais son corps).

La couronne britannique a déjà commencé ses expérimentations génétiques pour créer un Pocket Cop

Alors, Mesdames, Mesdemoiselles, ne jetez pas l’opprobre sur les mâles ; car nous n’avons rien à voir avec tout cela : le mâle est grand, fier et modeste avant tout. Lorsque le mâle se lève, tous les animaux de la forêt le saluent et le respectent, et même le soleil hésite à trop attarder ses rayons sur lui tant sa beauté l’aveugle ; le mâle n’est pas un malotru, et à l’approche d’une femelle, il se montre courtois et lui parle, la rassure, apprend à la connaître. Le mâle écoute en plissant les yeux, comme ça, en faisant "hmmm" et "ho" de temps à autres pour faire croire que vraiment, ça l’intéresse, alors que bon, hein ? Le mâle ne force rien et attend quelque peu que, naturellement, l’opportunité d’aller manger au restaurant se fasse, que des mains se frôlent, que des regards se croisent et que bientôt naisse l’étincelle tant attendue ; il ramènera alors la douce chez lui, lui dira quelques mots doux à l’oreille qui la feront rougir tendrement, puis ils iront tous deux trouver la chambrée pour que, l’espace d’une nuit, tout ne soit plus que caresses et volupté. Finalement, elle lui dira qu’elle l’aime alors que le vent d’été passant par la fenêtre ouverte sur le ciel nocturne rafraîchira leurs corps nus, et il réagira comme il se doit en l’étouffant avec l’oreiller avant de la coincer dans la benne à recyclables en bas du bâtiment parce que, hein, merde, ça va bien 5 minutes les conneries.

Non, Mesdemoiselles, non, Mesdames ! Nous vous en conjurons, ne nous confondez pas avec ces galopins traînant ici ou là et se contentant d’invectiver la passante, car nous n’avons rien à voir pour une simple et bonne raison :

Ce sont des bots.

Je m’explique : lancer des messages grossiers à tous les passants, en masse, et d’une manière qui laisse penser que personne ne serait assez stupide pour y céder, c’est là l’oeuvre non d’hommes mais bien de vulgaires robots : bien plus que du harcèlement, c’est ce qu’il convient d’appeler du "spam de rue" (respect, amitié, spam de rue comme le chantait Akhenaton). Et tout comme pour ces derniers, même si 999 personnes sur 1 000 envoient paître les malandrins, il y a forcément quelqu’un d’assez andouille pour céder, et donc encourager les larrons à poursuivre (et même à se reproduire pour ennuyer la prochaine génération de passantes). Et c’est bien là le vrai problème, car la fautive (et il y en a forcément une) permet d’encourager les bots à reprendre leur dur labeur en se disant que ça finit par marcher, leur truc.

On peut donc légitimement se poser la question : qui est cette personne ? S’enfonce-t-elle des tournevis dans les narines pour être suffisamment stupide pour céder aux sirènes des street bots (à ne pas confondre avec les Back Street Bots, un groupe de musique redondant) ? A t-elle seulement conscience d’être à peu près aussi éveillée qu’un pruneau ?

"Psssst ! Pssssst ! Hey, Mam’zelle ! Z’êtes bien jolie !
- Huhuhuhu uiiiiiiiiiiiiii merci, hihihi !
- Ça te dirait de me filer ton 06, qu’après on aille faire, tif, taf, tu vois ?
- Holala, uiiiiii, mon rêve ! Tiens beau prince, mon numéro est griffoné sur ce bulletin d’abonnement à Closer !
- Ah ? Heu… je… bon bin, ouesh, à plus ma gazelle. Mazette, quelle conne !"

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De là, et avec un peu de chance, la bougresse aura décroché une formidable soirée romantique avec coca-kebab en entrée et clic-clac couvert de pétales de roses en dessert, le tout sur fond de Booba. Shakespeare serait probablement mort de jalousie en lisant le récit de si parfaite soirée. A moins que ça n’inspire le prochain livre de Stephenie Meyer, bien sûr.

Mais que l’on se mette bien d’accord : il n’y a ici nul homme ni mâle dans cette conversation, simplement un être qui n’existe en fait même pas en tant que tel et profite de la faiblesse d’une créature suffisamment stupide pour damner l’ensemble de ses semblables moins idiots pour des générations. Paranoïaques comme vous l’êtes, lecteurs, je sais que vous vous êtes un jour demandés si vous n’étiez pas les seuls êtres conscients, et que finalement, les autres ne faisaient que peupler votre petite histoire. Et bien, ma foi, vous n’aviez pas tout à fait tort : les street bots sont exactement cela, à savoir de simples programmes – en jogging – dans la matrice, ce qui les rend incapables de faire preuve de la moindre initiative en dehors de leur programmation, qui les pousse, elle, à suivre un schéma prédéfini. Même dans leur apparence et attitude.

"Ca va Néo ? Bien ou bien ? Viens là, on va t’poucrave !"

En effet : tout d’abord, il faut savoir que bien que basées sur des modèles d’humains bipèdes, les streets bots sont le plus souvent immobiles, mais généralement dans une position qui prouve qu’ils ne sont même pas foutus de s’adapter à leur environnement. Par exemple, lorsque le street bot est sur un banc, il n’est pas assis sur le banc (pourtant fait pour) mais sur le dossier, tant cela lui donne une stature plus grande et lui permet non seulement de dominer le reste de sa meute mais aussi de voir venir ses victimes potentielles de plus loin. Vestimentairement parlant, il peut y avoir de tout, mais on notera tout de même que généralement, l’absence de goût est visible de loin (la plus belle combinaison étant bien évidemment le jogging-chaussettes remontées-casquette-dans-le-mauvais-sens-parce-que-c’est-programmé-comme-ça qui est un peu au street bot ce que le smoking est à James Bond), même si l’on peut aussi généralement rajouter une certaine capacité à cracher par terre en boucle puisque, puisque nous avons affaire à des robots, il s’agit bien là de leur système de refroidissement à eau.

Amis de l’eau et de l’immobilité bien que relativement bruyant, il est donc souvent facile de confondre le street bot avec un phoque, même si, à la différence de ce dernier, personne ne vient tabasser le premier à coup de pioche – c’est bien dommage – pour lui voler ce qu’il porte – et là on comprend bien pourquoi.

Il en va de même avec leur vocable, qui, comme il se doit, n’est en fait composé que de bribes de phrases que leur programme va chercher dans un vieux fichier Excel pour assembler et spammer la gueuse égarée trop près de leur repaire. C’est assez simple.

D’abord, il y a l’accroche : basée sur les techniques les plus efficaces en milieu hostile, elle est constituée de bruits divers qui, en temps normal, serviraient à appeler Kiki le chien incontinent pour lui dire qu’il va faire sa promenade. Par exemple :

  • Psssst !
  • Ho, ho !
  • *sifflement*
  • Hey, hey !

Cela fait, il convient au bot d’essayer de mieux cibler sa victime en utilisant des termes qui signifient qu’il compte bien s’adresser à une damoiselle et non au tchétchène de 120 kilos qui se promène derrière. Ainsi, il peut ajouter :

  • Mam’zelle !
  • Toi !
  • La pute !
  • Salope !

Alors oui, c’est assez grossier mais il faut croire qu’en réalité, il ne s’agit pas tant de machisme robotisé qu’une forme de Tourette qui laisserait supposer qu’il s’agit là d’un virus se transmettant par l’échange de casquettes. De manière générale, la jeune fille ne se retourne pas, surtout lors de l’utilisation des deux dernières appellations (sauf bien sûr si elles sont équipées d’un UZI)

De là, une petite phrase romantique pour travailler le terrain et les choses sérieuses vont pouvoir commencer :

  • Hé, t’es bonne !
  • Vazy gazelle comment t’es mignonne
  • Ton père, il a volé toutes les étoiles du… heu… Novotel ? Et il les a …heu… mises… dans… ton cul ? C’est ça ?
  • Comment tu m’as allumé !

A noter que la dernière phrase reste symptomatique, puisqu’à en croire les bots, ils sont à peu près tout le temps allumé par tout et tout le monde, ce qui laisse supposer qu’ils sont atteints d’une forme étrange de satyriasis ou de priapisme qui fait qu’ils sont excités en permanence ou presque. Par exemple, si une fille porte une jupe, ça les allume, si une autre sort devant eux à Monoprix, ça les allume, si quelqu’un éternue, ça les allume et si Dora demande où est Babouche, ça les allume (mais là, grave). Ce qui, quelque part, explique le jogging qui est la tenue la plus simple à retirer et changer une fois qu’elle a été souillée par accident ("Désolé les gars, déjà Babouche, mais quand elle a demandé à Chipeur d’arrêter de chiper, je tenais plus") avant d’apporter le tout, penaud, à maman pour la lessive.

Vazy on voit son nombril, comment elle allume trop !

Enfin, donc, le brigand ayant ainsi accroché sa victime peut donc lui proposer d’accomplir son but ultime : procéder à un acte plutôt sexuel avec tact et délicatesse

  • Bon, on baise ?
  • C’est bon, t’as vu comment tu t’habilles ? J’vais t’donner c’que tu veux !
  • Susmab’
  • T’as déjà vu Taxi ? Tu veux le voir ?

Dans le dernier cas, attention tout de même, on a vraiment affaire à un pervers particulièrement dangereux. Méfiance, donc, Mesdemoiselles.

Du coup, si vous voulez programmer votre propre street-bot-relou, vous n’avez donc qu’à combiner des bouts de phrases parmi les exemples précédents. Ce n’est pas bien compliqué et assez facile à faire : si des bots y arrivent, vous ne devriez pas avoir trop de problèmes. Ou alors, il va falloir commencer à vous poser de sérieuses questions. Attention quand même à ne pas trop vous moquer des bots devant eux, auquel cas ils pourraient devenir potentiellement agressif et se déplacer sur quelques mètres depuis leur point d’embuscade pour tenter quelque chose ; mais que l’on se rassure, ils y retourneront vite car en dehors de leur meute, ils sont très vite perdu : d’où le téléphone avec un truc qui fait "Kresshhh ouéoué" (ils parlent de "musique") qu’ils ont toujours à la main et qui leur permet de s’identifier auprès des leurs et de retrouver leur meute au son si jamais ils se sont trop éloignés et qu’ils ne veulent pas se retrouver isolés au risque de faire une connerie comme, par exemple, prendre une carte de bibliothèque (découvrir le fait que le monde n’est pas constitué uniquement que de 50 bribes de phrases à recombiner aléatoirement pourrait les tuer).

Alors, faut-il une loi sur le harcèlement de rue, quand, finalement, tout cela n’est jamais qu’une transposition du spam à la vie réelle ? Du coup, ne pourrait-on pas aussi la transposer à d’autres domaines autre que sexuel, pour des cas comme, par exemple, lorsque l’on est abordé 10 fois par jour par des gens qui vous suivent sur 50 mètres pour vous réclamer du pognon pour aider les enfants d’Asie et vous traitent de tous les noms si vous leur expliquez que si, si, les enfants vous adorez ça mais bien cuit avec des fayots ? Est-ce qu’à partir du moment où quelqu’un a quelque chose à vous vendre, on quitte le domaine du harcèlement pour entrer dans celui du commerce ? Dans le cas contraire, cela signifie t-il que si toutes les racailles disaient au lieu de "J’te paie un verre et puis, bon, tu vois ?" un sympathique "Tu m’achètes un verre et puis, bon, tu vois ?" de bon aloi, ils seraient considérés comme d’honnêtes commerciaux et non comme d’affreux pervers ? Le gouvernement va t-il enfin m’autoriser à transporter dans le métro ma canardière à chenapan pour enfin faire déguerpir ces accordéonistes sous acide traînant du côté du métro ?

Autant de questions qui, dans l’immédiat restent sans réponses à mon plus grand désarroi (et à celui de ma canardière), et me laissent supposer qu’il n’y a qu’une seule solution :

Lle t-shirt captcha

Une question imprimée sur votre vêtementà laquelle n’importe qui doit vous répondre avant de vous adresser la parole, du genre "Qui a écrit le deuxième sexe ?" ou "Quelle est la masse atomique de l’hydrogène ?" si vous êtes particulièrement snob et qui envoie du 220 à l’interlocuteur qui ne sait pas, ce qui vous rendrait inaccessible aux bots qui vous proposent par exemple de financer une pétition contre l’esclavagisme des enfants, ou même aux enfants eux-même qui, de toute manière, n’ont jamais rien d’intéressant à dire (c’est vrai, en avez-vous déjà entendu un seul dire "Je veux une taloche dans la gueule" ?  Alors même si tout ce qu’ils font veut plus ou moins dire ça, non, ils ne le disent jamais directement, et n’expriment donc rien d’intéressant, je suis formel), tout cela restera encore flou un bon moment. 

Alors, avant de trancher ces simples questions, et face au fait que les trottoirs sont devenus les plus grandes boîtes à spam du monde, je vous le demande : selon la loi de l’offre et de la demande, Mesdemoiselles, merci de retrouver l’unique d’entre vous sur 1000 qui accepte le genre de plans foireux des anti-Georges Abitbol de nos rues, et de la trainer devant les 999 autres pour qu’elles puissent la tabasser dans la joie et l’allégresse et faire baisser la demande de ce genre de plans.

C’est un problème à régler entre créatures sans âmes.

Pour ma part, je vais déjà me préparer ma cravate captcha pour le jour où enfin, on comprendra qu’à même maux, même remèdes : "Quel est le meilleur acteur du monde ?

Et si on me répond "Robert Pattinson", ce n’est plus un bot, c’est un blue screen of death.

Ce monde est empli d’êtres fabuleux.

Pour s’en assurer, il suffit de sortir de chez soi ou même, en cas d’agoraphobie, d’allumer son téléviseur afin de réaliser à quel point notre planète est riche ; apercevoir les frères Bogdanov, écouter Nadine Morano ou tout simplement se retrouver dans la file du guichet de La Poste laisse rêveur tant chaque jour semble apporter son lot d’êtres improbables. Pourtant, certains continuent de chercher une échappatoire vers d’autres réalités ; et lorsque l’on a pas les moyens de se payer de la schnouf comme tout bon trader pour gagner son paradis artificiel, il faut bien trouver d’autres solutions ; aussi, le prolétaire misanthrope se tournera plus aisément vers les jeux de rôles, autoroutes d’encre et de papier vers les contrées mystérieuses de l’imaginaire et de divers monde parallèles.

Aujourd’hui, donc, nous traiterons d’un être à la fois incroyable et mystérieux : le rôliste. Pour celles et ceux qui n’auraient aucune notion de la chose, concentrez-vous.

Le Rôliste

Des rôlistes pris en plein effort. Quel instant magique, comme tout cela est majestueux

Définition générale

Le rôliste, ou Homo Sapiens Garygygax est l’appellation qui désigne tout pratiquant de jeu de rôle, et plus particulièrement ceux qui se retrouvent régulièrement autour de ce hobby. Victime de nombreux préjugés, et pas seulement à cause de leurs t-shirts aux motifs contestables, les rôlistes défendent une conception du jeu de rôle souvent floue dans la société contemporaine. Il faut donc bien distinguer plusieurs éléments afin de comprendre de quoi il retourne, car manquer de respect à cette pratique devant ses amateurs revient à prendre le risque de se faire lapider à coups de gommes, dés, fraises tagadas et princes tyranides (si vous ne savez pas ce que c’est, vous avez toutes les chances d’avoir des enfants un jour). Nous ferons donc le distinguo entre :

  • Le jeu de rôle, activité consistant à réunir des joueurs autour d’une table afin d’y suivre un quelconque scénario. Tous les joueurs disposent d’une fiche de personnage, représentant celui qu’ils incarnent : guerrier orc, princesse elfe ou première secrétaire du PS (bien que cette dernière puisse être assimilée au premier exemple sus-cité), tout est possible. Ensemble, ces joueurs vont faire réagir leurs personnages face à diverses situations, déclinant leurs actions ("Je latte la gueule de l’aubergiste"), faisant les dialogues ("Aubergiste, ta bière sent le kobold, je vais te latter la gueule") et vivant les conséquences de celles-ci ("J’esquive l’attaque venant dans mon dos et tente de sortir des douches de Fleury-Mérogis"). Tout comme dans un jeu de société classique, il y a des règles et ainsi, quelques jets de dés permettent de savoir si un personnage réussit ou non une action donnée. Dans tous les cas, pour que l’aventure puisse se passer, l’un des joueurs est nommé "Maître de jeu" : à la fois réalisateur, scénariste et metteur en scène, c’est lui qui déroule l’aventure sous les pieds des joueurs en expliquant scène après scène ce à quoi les joueurs sont confrontés ("En arrivant à l’auberge, vous notez un individu mystérieux qui s’approche de vous"), et qui fait vivre tous les Personnages non-joueurs (PNJ) ("Bonjour nobles étrangers, voudriez-vous apporter ces valises mystérieuses à mon ami Edouard Barde Dur ?"). La partie s’arrête généralement lorsque les joueurs ont résolu un mystère, une enquête ou que sais-je, pourvu que ce soit plus passionnant qu’une partie de Time’s Up (ce qui est tout de même très facile). On parle donc bien ici de rôlistes.
  • Le jeu de rôle grandeur nature, consistant à se déguiser pour vivre une aventure, fort logiquement, grandeur nature. Il y a alors non pas un, mais des maîtres de jeux, portant le titre pompeux "d’organisateurs" bien qu’ils soient généralement dépassés. C’est un concept souvent bâtard, puisque mêlant généralement la liberté des interactions directes (plus besoin de table et de papier) avec des règles à la con totalement opposées au concept pour des raisons qui échappent à toute logique. En effet, aucun être humain normalement constitué ne comprendrait l’intérêt de se déguiser pour ne plus avoir à imaginer les choses autour de papier et de dés si c’est pour derrière, avoir des règles à la con comme "Lorsque Michel porte un bandeau noir, faites comme si vous ne le voyez pas, il est invisible" ou "Lorsque vous frappez, annoncez vos points de dégâts pour que l’on compte les points de vie.". Mais bon, ici aussi on parle de rôlistes, il faut donc oublier les règles régissant notre monde.
  • Les jeux de rôles en ligne, ou jeux vidéos, dans lesquels les seules interactions possibles pour résoudre une aventure sont préprogrammées. Nenni d’inventivité : on ne parle donc pas ici de rôliste, mais juste de joueur de jeu vidéos. Attention : si presque tous les rôlistes jouent aussi aux jeux vidéos, la réciproque n’est pas vraie.
  • Les jeux de cartes et jeux de plateau : Magic et Warhammer trouvent souvent leur place aux côtés des tables de rôlistes, mais bon, ce ne sont pas des jeux de rôles, puisque l’on n’y incarne pas grand-chose, à part un type qui perd du blé. On saluera au passage Magic, le jeu connu internationalement au principe commercial simple "Bonjour ami joueur ! Tu as vu ? Voici la dernière extension de Magic et sa nouvelle règle, "Reblochon magique" ; seules les cartes de cette extension ont la capacité "Reblochon magique" ! Et un joueur avec des cartes comportant cette mention est intouchable, à part par d’autres joueurs en disposant aussi. Cette règle est évidemment là pour rendre le jeu plus intéressant, et pas du tout pour obliger des hordes de gens à acheter encore et encore s’ils ne veulent pas perdre automatiquement toutes leurs parties". Voilà voilà. Oui, on montre ces gens du doigt dans la rue et c’est bien normal. Pour ma part, je suis favorable à ce qu’on leur colle des clochettes aux poignets (histoire qu’on entende les grelots lorsqu’ils piochent) et qu’on réouvre les léproseries sous le nom de "Magiqueries" ou "Freakseries".

Ces quelques principes étant arrêtés, nous pouvons passer à la suite.

Appellations générales

Le rôliste est le terme qui sert à désigner le pratiquant de jeux de rôles de sexe masculin ; pour la femelle, on parle de la rôliste, même si on le fait rarement. Seul le déterminant change, car il n’y a pas assez de femelles pour que l’on se préoccupe de leur donner un nom à part. Osez le Féminisme ne s’est pas encore exprimé sur le sujet, mais on attend avec impatience "La rôliesse", "La rôlistette" ou "Le boudin freak avec les couettes". Il n’y a pas d’autres appellations particulières pour les rôlistes, puisque personne ne les appelle particulièrement. A part leur maman à table le samedi midi lorsqu’ils traînent à descendre en hurlant "J’arrive !" alors qu’ils achèvent de dessiner la carte du donjon de Zankthar le Ténébreux.

Description physique générale

Le joueur de jeu de rôle fait généralement très peur : souvent pourvu d’un fameux embonpoint, ou au contraire paraissant complètement anorexique, il arbore le plus souvent une pilosité parfaitement aléatoire, qui aime tendre vers divers excès esthétiques comme les cheveux longs, les boucs, ou même les queues de cheval. Sa peau est pâle, suite à trop d’heures passées à jouer dans la cave ou le grenier familial (le rôliste n’est pas le bienvenu dans le salon du foyer pour pratiquer son loisir, tant les familles ont peur que les voisins apprennent que leurs enfants participent à ce terrible hobby), et il est rarement considéré comme particulièrement séduisant. De fait, on appréciera par ce propos mon goût des euphémismes, mais passons.

Sa tenue est sombre, généralement portée sur les tons noirs supposés lui donner un côté dark ; pas vraiment gothique, le rôliste n’en suppose pas moins qu’irradie de lui un charisme à la fois mystérieux et sensuel que ne renierait pas un vampire en goguette même si en réalité, les autres perçoivent chez lui une absence complète de goût ainsi qu’une odeur semblable à un oeuf pourri que les pratiquants justifient en invoquant le fait que pour beaucoup, "le jeu de rôle sent le soufre". La source véritable de ces effluves est plutôt liée aux soirées passées entre mâles à manger des chips en tuant des orcs, provoquant diverses émanations (particulièrement de surprise lorsque Gurthüg l’orc a réussi un coup critique) qui imbibent les vêtements des participants d’odeurs de vieux pets. Même si aucun rôliste ne l’admettra. On notera par ailleurs un certain goût pour les motifs médiévaux fantastiques sur leurs vêtements : t-shirts de dragon, t-shirts de filles avec de grosses épées, t-shirts runiques, etc. Les plus hardcore n’hésitent pas à arborer des accessoires signifiant leur statut hors du monde, comme par exemple, ou une réplique de l’Anneau Unique autour du cou, ou un bandeau de Naruto au bras.

En cas de jeu de rôle grandeur nature, le rôliste enfile alors ses plus beaux atours : armures, armes, boucliers en caoutchouc & heaumes elfiques en mousse, c’est l’occasion pour lui de briller en société, avant de se lancer dans de folles aventures champêtres avec ses comparses. Le promeneur passant par là, lui, s’exclamera juste "Qu’est-ce que c’est que cette merde ?", particulièrement lorsqu’il croisera en pleine séance Lukas, rôliste de 30kg tout mouillé, bien décidé à incarner un barbare, un t-shirt déchiré et noué autour de sa taille faisant office de pagne autour de son slip alors qu’il exhibe son torse sans muscles au tout venant en agitant son épée bâtarde en latex devant lui.

De manière regrettable, les rôlistes ne pratiquent pas le jeu de rôle grandeur nature durant les périodes de chasse, tant un orc et un sanglier, c’est quand même un peu pareil, finalement.

A noter que comme l’univers des rôlistes est constitué aux trois quarts de n’importe quoi (et le restant de matière noire), il autorise des exceptions juste pour faire rire : Vin Diesel, par exemple, est joueur de jeu de rôle. On supposera donc, au vu de sa carrure, qu’il joue avec des dés en fonte d’un mètre sur un.

Rôliste tentant de jouer avec les dés de Vin Diesel

Régime alimentaire

A partir des taches retrouvées sur les feuilles de personnage, une équipe d’archéologues et de non-sociologues (des experts en asociaux)  a pu déterminer que 60% de l’alimentation rôliste était constituée de junk food : pizzas, kebabs, Mc Do et coca permettent à la bête de tenir de longues heures alors qu’elle tente de coller sa peignée au prince vampire Maleficious. Les 40% restants se divisent comme suit :

- 20% de nourriture cuisinée par maman qui s’inquiète

- 20% de sucreries glanées ici ou là (mais pas volées à des enfants tout de même : étant petits, le rôliste sait qu’au corps-à-corps l’enfant a des bonus en jets d’esquive, aussi ne l’attaque t-il pas)

Parfois, le rôliste mange des dés, mais par accident,  et uniquement parce qu’il a confondu son dé 20 avec un pepperoni. De fait, le dé essaie donc en général de s’échapper, de préférence en roulant sous les meubles avoisinant (tel le fameux canapé piégeur) afin de ne pas subir pareil sort. Accessoirement, le dé en a aussi assez de rouler dans des paluches suantes et ayant traîné n’importe où. On le comprend : les seins des filles aussi évitent soigneusement les mains des rôlistes (mais sont beaucoup moins pratiques pour déterminer le succès ou l’échec d’un jet de sauvegarde).

Comportement

Le rôliste est à la fois asocial et tribal ; en semaine, il vit à l’écart des autres, troublé par ces gens qui arrivent à réussir des jets de charisme, de séduction et d’étiquette dans le monde réel sans même lancer le moindre dé (ce qui est considéré comme de la triche ou alors c’est juste parce que ce sont des PNJs) ; aussi, lorsqu’enfin, ils retrouvent leurs semblables, ils se réunissent autour d’une table afin d’évacuer le stress et l’incompréhension de la semaine. On assiste alors à un phénomène rare : le concours de bites avec fiches de personnage.

Ayant son petit ego, le rôliste aime comparer son personnage avec celui du voisin afin de mesurer qui a la plus grosse :

"Moi mon perso, il a plus en force que toi !
- Oui mais attends, moi avec ma dextérité, au final, je fais plus de dégâts avec les règles de la 3e édition.
- J’te prends quand tu veux !
- Ah ouais ? Ah ouais ? Et t’as pensé à mon armure en mithril ?
- Gnagnagna mithril gnagnagna !"
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Bien que ce concept n’impressionne personne, puisque vu de l’extérieur, ça reste avant tout deux mecs avec des taches de gras sur le t-shirt en train de comparer des fiches griffonnées au crayon de papier et couvertes de traces de substances diverses. Cette attitude conduit nombre de rôlistes, réunis en clubs, à se battre régulièrement, mais jamais physiquement (il faudrait pour cela qu’ils disposent de force physique), simplement en jeu afin de déterminer qui est le mâle alpha. De fait, toutes les occasions sont bonnes pour se taper sur la gueule.

"MJ : L’homme, après avoir fini son briefing, vous tend alors un dossier contenant les détails de la mission ainsi que moult crédits.
Joueur 1 : Ok, je les prends.
Joueur 2 :  Comment ça "tu" ? Donne-moi le pognon !
Joueur 1 : Non mais je prends pour l’équipe. Et continue comme ça, toi, tu vas voir.
Joueur 2 : Ahaha, attends, avec mes réflexes à fond et mon blaster, je te pourris la gueule quand je veux !
Joueur 1 : Des menaces ? Haha ! Je dégaine, et j’ai +2 à l’init’ avec mon holster spécial !
Joueur 3 : Il reste des Pim’s ? C’est pour finir mon coca.
MJ : Non mais attendez ne vous battez pas devant votre employe…
Joueur 2 : PAF ! Regarde mon jet de fou à l’init’ ! Je passe ; je tire au jugé ; jet de dé : ça passe ! Dégâts ! Ah, tu es mort !
Joueur 1 : Enculé, je refais un perso et je te défonce."

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Ces querelles peuvent atteindre de telles proportions que deux mêmes joueurs peuvent se battre à chaque partie sous divers prétextes pour continuer de tenter d’apaiser leur haine de l’autre. Là encore, vu de l’extérieur, c’est parfaitement ridicule. De l’intérieur aussi remarquez, mais tant pis.

En dehors de cela, le rôliste est plutôt timide, voire carrément taciturne lorsque le café vient à manquer.

Reproduction

Le combat pour la place de mâle alpha est essentiel chez le rôliste, particulièrement lorsqu’une femelle atterrit dans le club pour une raison X ou Y. On ne note que quelques motifs pouvant amener à une telle situation :

  • C’est la copine d’un rôliste (on parle alors de "Miracle"), et il l’a convertie, un peu comme Edward dans Twilight : désormais, elle vit la nuit, se retire de la société et suit partout un type aux cheveux gras.
  • Elle a perdu un pari avec ses copines et elle a pour gage de passer une nuit dans un club de jeu de rôles
  • Quelqu’un l’a droguée

Pour les experts du domaine, c’est l’occasion d’observer un phénomène particulièrement rare : la parade amoureuse du rôliste hétérosexuel (les autres sont punis par Dieu pour leurs péchés). Pour bien comprendre la chose, imaginez une créature qui vit à 98% avec des mâles (et à 2% avec sa maman), qui découvre devant lui un être compatible sexuellement et qui permettrait en plus de tendre vers une certaine apparente réussite sociale, ce qui rendrait sûrement jaloux Benoit, celui qui a tué son personnage de Vampire il y a trois semaines sur un jet de dé chanceux, le petit chacal. Ni une, ni deux, il DOIT la séduire, mais comment ? Il n’y a pas hélas 36 solutions :

  • En lui apprenant les règles du jeu, de préférence en donnant tous ses "trucs" pour lui montrer à quel point on est un foutu érudit – mais sympa quand même parce qu’il file ses tuyaux. Nul doute que Mademoiselle sera charmée en apprenant qu’en se biclassant guerrier/mage, elle aura des avantages non-négligeables sur les points de vie de son personnage (il est plus probable qu’elle se plante un critérium dans la jugulaire pour abréger ce supplice, mais bon)
  • En lui refaisant le coup du mâle alpha, c’est-à-dire en lui montrant à quel point son perso est génial et meilleur que ceux des voisins. Pour le coup, le rôliste se perd souvent dans des anecdotes techniques sur comment il a vaincu une liche Tremere un jour sur une action héroïque (en jeu ; en vrai, il est juste resté sur sa chaise qui a un peu craqué sous son poids dans l’excitation du moment)
  • En essayant d’être drôle, ce qui peut la pousser au suicide rapidement (oui, les blagues sur l’Appel de Cthulhu font perdre leur santé mentale aux auditeurs, c’est comme ça)

De fait, il arrive parfois que la pauvrette cède aux avances des mâles alentours, et elle rentre alors dans un cercle infernal où chacun tentera de la draguer ; on parle alors de tournante rôliste, chacun tentant à son tour un jet de charisme pour récupérer la belle. Cette bataille fera naître bien des conflits en jeux, envenimant encore plus les batailles évoquées précédemment.

Filles toujours, on notera qu’il arrive au rôliste de jouer des personnages féminins ; auquel cas, ce ne sont jamais des boudins.

Femme idéale selon le rôliste : "Comment, tu as vaincu Zankthar et atteint le niveau 27 ? Profite de tes 1D6 points de vie supplémentaires et prends moi toute !"

F.A.Q

Mon rôliste a la voix rauque et répète des choses insensées, a t-il la grippe ?

Non, il imite Gollum. C’est le cas d’un rôliste sur trois, ce qui rend l’imitation un peu lourde pour le tout-venant.

Mon rôliste a explosé sa facture de portable ce mois-ci, et il refuse d’en parler (il s’enferme prétend avoir enchanté la porte de sa chambre à +2 contre les réprimandes et le crochetage), que faire ?

La solution la plus probable est qu’on lui a volé son téléphone et qu’il a un peu honte de ne pas avoir réagi avec autant de force et de réflexe que son personnage de Shadowrun. Vous ne croyez quand même pas qu’il a des gens à appeler : comment voulez-vous qu’il explose sa facture de lui-même ? Ou alors il envoie "Princesse elfe avec 18 en Apparence" au 8 38 38.

D’accord, mais pour le faire sortir de sa chambre ?

Faites rouler des dés devant sa porte : ce bruit rend le rôliste fou et l’oblige à sortir. Cela fonctionne un peu comme un appeau. Combiné avec un piège à ours (selon le gabarit de votre cible), la chose fonctionne à merveille.

Mon rôliste a décidé de passer du jeu de rôle papier au jeu de rôle grandeur nature : est-ce une progression ?

Tout comme le pokémon, le rôliste évolue. Le rôliste papier est considéré comme l’équivalent de Chétiflor (Pokédex 069), son évolution en rôliste grandeur nature équivaut à Boutstiflor (Pokédex 070) et lorsqu’il se retire définitivement du monde seulement équipé d’un D10 et d’un vieux livre de Vampire : La Mascarade à la reliure aléatoire, on considère qu’il devient tel Empiflor (Pokédex 071). Après, je ne suis pas sûr que l’on puisse parler de progression, mais bon.

Mon rôliste serait un pokémon de type plante ? Vous vous moquez de moi ?

Essayez, vous verrez : ils sont sensible au feu. Si c’est pas une preuve.

Mon rôliste ne ramène aucune fille à la maison… est-il homosexuel ?

Non, il est rôliste.

Mon rôliste a ses chaleurs, dois-je le faire castrer ?

Achetez-lui un paquet de Magic : il n’est pas prêt de copuler.

Sophie n’existe pas.

En fait, paradoxalement, si : elle est tangible. Mais c’est à peu près tout. Elle n’est pas laide, sans être particulièrement belle, une sorte de Madame Tout-le-monde qui passe inaperçue dans la plupart des cas ; quelque part, Sophie aurait pu sombrer dans l’illégalité et s’y faire une place, tant il est presque impossible de se souvenir d’elle après son passage : cependant, elle n’a jamais pu s’y résoudre. Ou plutôt n’y a t-elle jamais pensé.

Sophie n’est ni bonne, ni mauvaise : elle se décrit comme franche et détestant l’hypocrisie, défonçant les portes ouvertes de son puissant bélier de lapalissades, avec une bonne foi et une candeur ravissantes qui tendent à pencher vers une véritable méthode Coué. Bien sûr qu’elle bave sur le dos d’autrui, mais jamais beaucoup. Et puis, uniquement sur ceux qui l’ont mérité. Elle aime bien Scène de Ménage sur M6. Ca lui rappelle Chouchou et Loulou, là, le truc sur la 2, avec Alexandre Dujardin. Elle ne s’intéresse pas à la politique, et réagit plutôt aux faits divers ; elle adore les détails, mais n’aime pas quand ils montrent des morts ou des gens faméliques au 20h, parce qu’elle mange devant la télévision et que ça lui coupe l’appétit.

En fait, vous pourriez remplacer Sophie par Valérie ou par Laure, ce serait la même chose. Ce sont de purs fruits de notre société, dont le seul but dans la vie est de ne surtout, surtout pas sortir du lot. D’être normaux. De suivre les conventions. D’être en couple, d’avoir une maison, une barrière blanche, deux enfants qui s’appelleraient Théo et Zoé, et pourquoi pas un Chien.

Vous ne vous êtes jamais demandé si vous n’étiez pas le seul être conscient du coin ? Que tous les autres n’étaient que des personnages inconscients peuplant votre vie pour lui donner un semblant de réalisme ? Sophie et consorts ont choisi leur voie : si Shakespeare voyait le monde comme une scène, de fait il aurait là pléthore de figurants ne demandant qu’à être oubliables à merci.

To bitch or not to bitch, that is the question, hein, dites.

Alors bon sang de bois, pourquoi cette truie sans personnalité continue t-elle de la ramener sur comment vous devriez mener votre vie ?

Notre société comporte en son sein une mystérieuse brigade de gens particulièrement ennuyeux qui ne perdent pas une opportunité de vous expliquer que vous faites de mauvais choix, ou mieux, que vous avez un problème. Par exemple, le grand hobby de Sophie va être d’aller trouver ses copines célibataires pour leur demander pourquoi elles sont seules, et leur donner quelques bon conseils pour réussir, comme elle, à avoir un couple incroyablement chiant dans lequel le plus grand moment d’excitation qui soit est quand Monsieur pète sur le sofa avant de demander si on baise, parce que bon, on est vendredi, et que le vendredi soir, logiquement, ça copule.

Aussi, magie d’internet, on peut donc trouver quantité de conseils de Sophie et consorts traînant de-ci de-là visant à expliquer à leurs semblables (mais pas trop) comment faire pour rejoindre la secte des gens qui ont une vie de merde.

Aujourd’hui, donc, nous nous arrêterons sur un bel article crypto-rebelle de "elle raconte" portant le titre plein de folie de "Célibataire… et alors ?" ; puisque chacun sait que "célibataire" est un gros mot chez Sophie & co (que diraient les gens s’ils savaient ! Vite, il faut retrouver quelqu’un ou je serai la risée de Brenda et Gertrude ! Je dois me marier et avoir des enfants avant elles !) ; aussi, découvrons ensemble ce que signifie "célibataire" par opposition à "couple" chez nos amies du coin.

Après plusieurs années en couple et de concubinage, vous voici de retour sur "le marché". Fini les soirées en amoureux devant un bon film, les sorties romantiques à deux, les textos fougueux (enfin au début en tout cas)..

Voilà : votre couple a déjà intérêt à avoir duré plusieurs années, hein, parce que sinon c’est tout pourri, mais bon : on constate surtout que c’est la fin d’activités passionnantes comme "les soirées en amoureux devant un bon film" ; parce que comme chacun sait, les gens amoureux adorent se faire des soirées cinéma, afin de se prouver leur amour. "Je t’aime mon choubidou – moi aussi mon amour, maintenant ta gueule, j’adore ce passage". Comme premier exemple à citer, il y en avait peut-être d’autres, mais on fait avec ce que l’on peut. Passons.

En attendant de retrouver chaussure à votre pied (quitte à devoir mettre une semelle…), un conseil : profitez!!

Conseil typique de Sophie : retrouvez quelqu’un, quitte à ce qu’il ne vous aille pas. Mesdemoiselles, on s’en tape que vous soyez heureuses ou pas, hein, l’important, c’est que vous ayez un couple qui tient à peu près la route, et de préférence rapidement. Parce que merde, vivre seule, c’est vraiment trop la honte, quoi ! Vous imaginez ? Devoir réussir à ne reposer que sur vous-même, prendre un peu confiance en vous, ne pas dépendre d’autrui… non, quelle situation merdique. Ce serait proprement intolérable.

J’en profite pour rappeler que si un mec écrivait "Les filles, il vous faut retrouver un mec… quitte à vous forcer un peu !", on le qualifierait d’enfoiré de machiste et on ouvrirait la cage d’Isabelle Alonso, non sans l’avoir précédemment titillée avec des tasers pour l’exciter et nourrie uniquement de yaourts durant plusieurs semaines. Mais là, comme c’est un truc de filles, hihihi, c’est "tellement vrai".

Heureusement, l’article nous propose de découvrir toutes les choses bien qu’une célibataire peut faire, contrairement à lorsqu’elle est en couple, et effectivement, c’est tout de même assez révélateur :

1/ Vous allez avoir un "chez-vous". Un petit nid douillet que vous aurez patiemment aménagé pour vous y sentir le mieux possible. Il n’aimait pas vos tentures ? Vous allez enfin pouvoir en remettre !

En effet : si vous habitez avec un mec, c’était forcément "Chez lui" et pas "Chez vous" : manquerait plus qu’une femelle se croie chez elle. Par ailleurs, c’est forcément le mâle qui choisit la déco : si une damoiselle essaie ne serait-ce que d’accrocher un cadre au mur, elle se prend aussitôt une chaise sur la gueule dans un hurlement guttural, et doit promptement s’excuser et ne surtout pas essayer d’aménager un petit chez soi. Non, ça, c’est pour les célibataires. A partir du moment où on a un mec, il faut fermer sa gueule, car le son de la voix d’une femme est sur une fréquence qui énerve naturellement le mâle.

Cela dit, il est vrai que Valérie Damidot a été une femme battue. Remarquez, vu comment elle décore, moi aussi je… hmmm, non rien, rien.

2/ Vous allez avoir le rythme de vie que vous voulez ! Envie de rentrer d’une soirée à 2h du matin sans prévenir qui que ce soit ? Pas de problème ! Vous voulez vous coucher à 20h si vous en avez envie, faites-le, il n’y a plus personne à attendre.

Envie de vous coucher tôt ? C’est interdit quand on est avec Monsieur ! C’est lui qui décide à quelle heure tout le monde va au lit, ce qu’on y fait, et dans quel ordre (non parce que des fois, il y en a qui inversent un peu tout et ça devient vite le bordel). Par ailleurs, le fait d’avoir votre propre vie est aussi particulièrement mal vu, puisque ça supputerait que vous prenez des initiatives, ce qui est très mal.

Mieux vaut donc "attendre" le retour de l’être aimé chez soi, et de préférence, en faisant chauffer la popote. Parce que, hein, c’est pas comme si vous aviez un travail.

3/ Il vous reprochait de trop laisser trainer vos affaires ? Désormais, même si vous étiez loin d’être une bordélique, vous n’êtes plus obligée de ranger le moindre vêtement laissé par hasard sur un bout de canapé.

Car non, la femme ne peut pas être bordélique : le rangement est dans ses gènes. Des équipes de scientifiques n’ont pas hésité à faire des tests, en observant à l’abri derrière une vitre sans tain ce qu’il se passe lorsqu’une femme est lâchée dans une pièce contenant divers objets connus pour faire réagir les doubles chromosomes X : naturellement, elle va rabaisser la lunette des WC (même si elle ne s’en sert pas), ramasse les slips sales, repasse les chemises et passe la serpillière. Alors que dans le même cas, le mâle lâché dans le même milieu hostile va pisser deux mètres à côté de la cuvette, humer les slips pour voir s’il peut les remettre, s’asseoir sur la chemise pour l’aplatir un peu et se mettre la serpillière sur la tête avant de chanter l’intégrale des cantiques de l’OM.

Définitivement, le gène du bordel est sur le chromosome Y. Mais comme la femme est là pour ranger, il faut quand même reconnaître que la nature est bien faite.

Ah bah il peut vous reprocher de laisser traîner un pull

4/ Vous allez pouvoir discuter avec votre meilleure amie tout au long de la nuit si ça vous chante sans avoir peur de gêner votre copain (ex).

Votre "besta", pour rappel, puisque les femmes sont obligées d’avoir une hiérarchie de leurs amies avec une place unique pour une amie désignée par le titre honorifique de "meilleure", celle à qui il faut ab-so-lu-ment raconter toute sa vie (et celle des autres) en détails. Mais par contre, il ne faut pas oublier que votre meilleure amie n’est peut-être pas une grosse pintade, contrairement à vous, et que si vous lui envoyez toute la nuit des "Ma bestouye, sava ? Hihihi ! :)", vous risquez de recevoir en retour "Tu me réveilles encore une fois, je t’explose le museau. T’es peut-être célibataire mais moi la nuit je dors parce que j’ai un métier et une vie, je n’ai plus 14 ans. Maintenant, étouffe-toi avec ton oreiller s’il te plaît ;)".

5/ Vous vous cassiez la tête pour trouver LE cadeau d’anniversaire ou de Noël pour lui faire plaisir ? Plus besoin de courir les magasins ou d’organiser des weekend surprises qui tombent à l’eau. OUF !

Oui parce que, c’est un fait relativement méconnu, mais en cas de célibat, vous perdez aussi tous vos amis. Vous devenez seule au monde, et vous vous inventez juste un ami imaginaire que vous appellerez Wilson pour passer le temps et lui raconter plein de chose la nuit pendant qu’il essaie de pioncer (il finira d’ailleurs lui aussi par vous quitter). Ho, et non, les femmes n’ont pas de parents à qui faire des présents en dehors de leur copain, car comme chacun sait, lorsqu’une famille voit naître une fille au lieu d’un garçon désiré, la bougresse est déposée sur un radeau et envoyée sur le fleuve le plus proche en attendant d’être recueillie par un magasin Pimkie pour lui faire son éducation.

La vie est décidément impitoyable.

6/ Ses potes venaient au moins une fois par semaine jouer à la console ou regarder un satané match de foot. Vous êtes enfin libérées de ceux que vous qualifiez comme "parasites" !

Ah, les ordures ! Cet enfoiré invitait des potes que vous n’aimiez pas… quel dommage que vous n’ayez jamais appris à vous servir d’une poignée de porte ! Sinon, vous auriez pu aller squatter chez vos copines pour regarder des films en bouffant de la glace dans votre pyjama en  pilou. Mais, ah ! A la place, il vous faut supporter ces parasites. Ce n’est pas comme si vous aviez votre avis à donner, ou que vous puissiez vous aussi inviter des gens.

Vous êtes une femme : votre rôle dans ces moments là est de servir de table basse et de ne pas faire tomber le saladier de chips d’un malheureux coup de cul, sinon ça va très mal se finir.

7/ Fini les déjeuners de famille à rallonge. Le neveu de 4 ans qui hurle mais que tout le monde trouve A.DO.RAAABLE, la nièce de 6 ans qui ne connait pas le mot "bonjour". Plus de questions "A quand un petit bébé?" ou "Tu t’occupes mal de mon fils, regarde comme il est pale !"

Décidément, ne pas savoir utiliser une poignée de porte est toujours un handicap relativement nase : sans l’aval de monsieur et de sa famille, impossible de s’enfuir ! Si seulement vous saviez dire "A 14h, on décolle, ta famille me lourde". Par ailleurs, sachez qu’il existe des solutions simples à vos problèmes :

- Pour les neveux, il suffit d’une bonne bouteille d’éther et d’un peu de coton, nul doute que vous passerez un moment de calme lorsque les marmots seront en train de voir leurs neurones se désintégrer à petit feu en ronflant (la dose que vous avez mise était peut-être un peu forte, mais la tête qu’ils ont faite en reniflant valait le coup, ils ne sont plus à 5 points de QI près de toute manière)

- Pour belle-maman, répondez lui dans l’ordre "Je m’occupe déjà d’un gros bébé, dès qu’il aura coupé le cordon, j’y penserai" puis "Dis donc radasse, j’suis ni sa bonne, ni ta gouvernante" ; nul doute que vous passerez beaucoup moins de temps à table dans sa famille.

A noter que les gens comme Sophie sont capable d’écrire ce genre de choses, mais sont les premiers à ennuyer tout le monde à table en disant "Hihihi, à quand le bébé ?" ou "Huhuhu, c’est pour quand le mariage ?" . En effet, ce sont deux étapes obligatoires dans le monde des gens à la vie pré-calculée. D’ailleurs, si mesdemoiselles, vous répondez "Je ne veux pas d’enfants", on vous répondra "Tu n’aimes pas les enfants ?" ; auquel cas, n’oubliez pas de renchérir : "Quand vas-tu héberger une famille de roumains ?" , et lorsque l’on vous dira "Bah, non, j’ai pas envie !", continuez d’un "Pourquoi, tu as quelque chose contre les roumains ?"

Les gens qui ont une vie programmée à l’avance s’étonnent toujours de trouver des gens qui n’ont pas décidé de vivre entre des bornes pour les 70 prochaines années. Ce n’est pas "normal".

8/ Il détestait vos sous-vêtements Petit Bateau alors que vous, vous vous trouviez trop sexy dedans. Vous allez enfin pouvoir vous faire plaisir !

Encore une fois, notons : si Monsieur n’aime pas, il ne faut pas. La femme célibataire a le droit de prendre des décisions. La femme en couple, non : elle se contente de baisser les yeux et d’obéir, avant d’aller faire les carreaux avec sa peau de chamois. C’est bien normal.

J’insiste, mais tout cela est formidablement beau : un homme eut écrit cela, de sombres nuées empliraient le ciel, et bientôt, le tonnerre du féminisme se ferait entendre. Mais là, comme c’est une nana, aucun souci : après tout, comment pourrait-on accuser une demoiselle de tenir des propos rabaissant ses semblables ? Je ne sais pas, ce serait comme un homme féministe, ce serait tout bonnement ridicule. Heureusement que tout cela est impossible, ouf.

Pourquoi aller chez Ikea quand vous avez tout ce qu'il vous faut à disposition ? Et tellement plus classe.

9/ Vous mouriez d’envie de faire un piercing sur la langue mais lui trouvait ça "vulgaire"…surtout vis à vis de beau papa et belle maman. Plus besoin de jouer la petite fille modèle.

C’est vrai, votre but dans la vie est avant tout de faire plaisir à monsieur et à ses parents. Il ne faudrait pas que vous essayiez de faire des choses qui vous plaisent mais qui puissent être désapprouvées, malheureuses. Je tiens à le préciser, si vous doutiez encore une fois de ma théorie, voici qui est fait : on ne parle pas des parents de la damoiselle dans le propos, car elle n’en a tout simplement pas. Élevée chez Pimkie on vous dit.

On dirait un épisode de "Rémi sans famille", mais coaché par une sorte de Vitalis Hilton, dirais-je, et dans lequel Joli-Coeur serait plus une grosse pintade qu’un petit singe.

Mais je m’égare.

10/ Vous allez voir qui vous voulez : mecs, filles, vous êtes libre. Envie d’être seule avec un mec ? Plus de comptes à rendre !

Et vous pouvez même faire autre chose avec que jouer à la marelle ou raconter des blagues à Toto, ce que l’auteur semble mystérieusement avoir oublié dans le passage qui s’ensuit :

Alors, ça ne vous donne pas envie ? Et si vous me dites "Mais..qui me prendra dans ses bras le soir avant de m’endormir ?" ou "Avec qui je retrouverai une vie sexuelle aussi riche ?"

J’ai bien une réponse, mais elle est très égocentrique.

 je ne dirai qu’une chose : tout vient à point à qui sait attendre. Si ce n’était pas lui, c’en est un autre.

Parce qu’encore une fois, votre seul but dans la vie mesdemoiselles, c’est d’attendre qu’un homme vienne faire tout ce qui a été indiqué ci-dessus : vous prendre chez lui sans que ce soit chez vous, imposer sa loi, vous faire fermer votre grande bouche et vous trimbaler partout avec lui en vous demandant de rendre des comptes si vous faites ou dites quoi que ce soit.

Bref, à avoir une belle vie de merde (enfin vous, hein, moi ça me va tout à fait de vous avoir comme table basse).

Mais dans le monde magique des figurants du monde réel, ce qui est important, ce n’est pas de faire des choses qui vous plaisent : c’est d’être à tout prix avec quelqu’un parce que c’est ça qui est "normal", juste avant le bébé et le chien, et que la réussite de sa vie se calcule à l’aune de sa banalité.

En fait, la prochaine fois que vous croiserez Sophie en soirée, soyez-sympa ; quand elle vous sortira ses énormités sur le modèle social à suivre, pensez à lui présenter vos amies les pinces crocodiles et votre batterie de R19 :

Pour une fois dans sa vie, il lui arrivera quelque chose d’étonnant.

Février est un mois gnan-gnan.

C’est comme ça, que voulez-vous : avec la Saint Valentin, vous avez pu constater que bien avant la semaine dernière, tout le monde vous ennuyait avec de sombres histoires de cadeaux, de bisous et autres fleurs. Rien à voir avec le commerce, comme toujours. Par ailleurs, comme si un malheur sirupeux n’arrivait jamais seul, voici que c’est aussi la saison des Enfoirés, qui comme chaque année, reviennent se battre et lutter contre la pauvreté avec toute leur "générosité" (terme générique dont j’ignore la signification tant on le met à toutes les sauces sitôt que l’on parle d’artistes). Générosité qui s’arrête dès qu’il faut prendre plus de 5 minutes pour composer une chanson soi-même : nous avons donc pour la saison 2011 une énième reprise, tant de la musique que des paroles, avec seulement quelques phrases de changées, parce que sinon c’est trop fatigant. A noter aussi que, comme à chaque fois, on trouve parmi les Enfoirés de fabuleux personnages, comme Michèle Laroque, qui vous demande de filer votre pognon pour aider les plus pauvres, mais qui jusqu’en 2010, était en exil fiscal à Las Vegas, parce que donner du fric pour aider les autres, d’accord, mais à condition que ce soit justement le fric d’autrui.

Bref ; en ce mois rose et sucré, laissez-moi faire preuve d’un peu de parité, et me tourner vers nos amies les femmes pour leur proposer de traiter un sujet qui jusqu’ici, n’avait été vu que d’un point de vue masculin : la séduction.

Car les conseils de drague sur internet ne sont pas l’apanage des mâles velus ; moult sites proposent à ces dames de comprendre ces créatures à la fois mystérieuses et peu discrètes que sont les hommes. D’où viennent ils ? Que veulent ils ? Pourquoi s’acharnent ils toujours à pisser debout et à en mettre partout plutôt que de s’asseoir ? Et il y a l’embarras du choix ! Aussi, permettez-moi de vous proposer ce jour un pot pourri de quelques articles trouvés de-ci de-là sur la vaste toile, qui vous donneront, mesdemoiselles, car vous êtes nombreuses à fréquenter ces lieux, les clés pour que les possesseurs de chromosomes Y vous tombent dans les bras. Au moins ça, oui. Hmmm. Mais commençons plutôt.

 

L'homme : subtil, délicat, complexe, léger... un vrai mystère.

Tout d’abord, intéressons-nous à "Comment séduire un homme", fabuleux site qui affiche ainsi d’entrée de jeu le thème central qui est le sien.

Et le site est prévoyant ; en effet, avant de séduire un homme, comment en trouver un de bien ? Excellente question, à laquelle est fournie une toute aussi formidable réponse.

Du coup, comment trouver un mec bien? Sachez qu’il y a des signes qui ne trompent pas. Le mec bien a des qualités bien particulières et il y a des endroits où on a plus de chances de le rencontrer que d’autres.

"Des signes qui ne trompent pas". C’est du sûr à 100% les filles, alors suivez bien, surtout qu’on ne trouve pas le mec bien partout, attention, il a des endroits bien particuliers où traîner. En général, le mec bien défèque aux quatre coins de son territoire pour bien marquer que ce n’est que pour lui et ses congénères. Attention donc à ne pas marcher avec vos sandalettes dans l’un des coprolithes laissés par ces charmants garçons. Mais comment reconnaître le bougre au premier coup d’oeil ?

Le mec bien fait attention à lui. Il a une belle peau: pas d’UV à outrance (signe distinctif d’un homme superficiel) ni de boutons infectés (signe distinctif d’un homme négligé) et encore moins le teint pale (signe distinctif d’un pseudo artiste torturé)

Attention donc : le mec bien n’a rien à voir avec le fait d’être bien. Il a forcément un rayonnement de sa bonté sur son physique. Méfiance donc : si ses cheveux ne sont pas blonds et qu’il n’a pas un cheval sous lui, c’est probablement un fourbe. Et s’il a une rougeur sur la peau, c’est forcément un sinistre enculé. Parfois, le matin, le mec bien a un bouton de fièvre, et il ne peut que constater qu’aujourd’hui, il sera un connard. Et je ne vous parle pas des lépreux.

Tout comme ses ongles. Il ne se les ronge pas (signe distinctif des hommes stressés) et ils sont toujours propres.

L’homme bien n’est pas stressé, et ne travaille pas dans un milieu où il se salit les mains. L’homme bien travaille dans un bureau. Les ouvriers, ça reste quand même de potentiels suppôts de Lénine : autant les éviter comme la peste. Et puis bon, ils sont rarement riches : vous n’allez quand même pas coucher avec un pauvre !

Il n’a pas la pupille dilatée (signe distinctif d"un fan de substances illicites) et n"a pas de cernes (signe distinctif d"un accroc aux jeux vidéos)

Le mec bien n’a pas de cernes, il ne travaille donc jamais tard. Le mec bien est un branleur.

Le mec bien se cache partout. Il ne se fait pas remarquer donc les filles ne le voient pas forcement. Il est vrai que les filles fantasment davantage sur un bad boy ou un beau gosse.

Hé ho ! En début d’article, on nous vendait qu’il se cachait dans des endroits bien particuliers ; c’est quoi ce revirement, là, hop ? On nous aurait menti ? Il serait donc partout ? A noter que le mec bien ne fait pas fantasmer les filles. Allons donc jusqu’au bout du raisonnement : le mec bien, gentil et attentionné, il finit "meilleur pote", et il écoute Micheline pleurer que Brandon est un con 5 fois par mois, tout en sachant que cette dernière restera avec "pour ne pas être toute seule", et que si jamais Brandon la plaque pour Sylvie, celle avec les gros seins, elle viendra pleurer chez le mec bien qu’elle en a marre des salauds et qu’elle veut un type bien, avant d’aller entamer dès le lendemain une relation avec Gunthar, le vigile serbe psychotique du Franprix.

Justement, le site a aussi prévu le coup : Quels sont les bad boys à éviter ? 3 exemples !

 

Les Bad Boys : un gage constant de qualité

Non parce qu’il y a des bad boys fréquentables. Comme celui en photo pour illustrer l’article, le bien nommé Robert Patachon, alias Edward, le vampire dark-mais-kikinou-qui-boit-pas-de-sang-humain-et-qui-brille-au-soleil. Il est assez clair qu’il n’y a pas grand-chose à en craindre. A part ses sourcils, peut-être. Bref, quels sont les trois types de galopins à éviter, mesdemoiselles ?

Au début de votre relation, vous avez eu la surprise de constater qu’il vous avait menti sur certains « petits » points. Il avait des excuses plus ou moins convaincantes et vous avez laissé passer. Aujourd’hui, les mensonges sont de plus en plus gros et les excuses deviennent de moins en moins crédibles, si ce n’est inexistantes

Il faudrait donc éviter les menteurs ? Vous voulez dire, les mecs à qui, un jour vous demanderez "Mon choubidou, qu’est-ce que tu as regardé chez moi en premier ? Qu’est-ce que tu as préféré ?" et qui vous répondront "Tes yeux mon amour. Et j’ai beaucoup aimé ton sens de l’humour".

Hé bin, ça va faire un sacré tri dans l’humanité.

La bonne réponse étant "Tes loches" suivi de "Quand tu as enfin arrêté de causer". Ingénues que vous êtes. Mais donc, second bad boy à éviter ?

Le séducteur n’a qu’une chose en tête: entrer en contact ou être contacté par la gent féminine. C’est une obsession chez lui, il aime plaire, il sent que cela lui donne de l’importance. Il a comme un radar: dès qu’il voit ou qu’il sent qu’une fille lui plait un peu, il ne peut s’empêcher d’essayer de la faire craquer. Forcement, il en veut toujours plus et, un jour, il finit par vous tromper.

Le séducteur serait donc à éviter, tant il a l’habitude de foncer sur tout ce qui est vaguement féminin : en soirée, il bondit sur vos amies. En vacances, il passe son temps à offrir des verres au bar. A la montagne, il poursuit les chèvres en poussant des râles de jouissance ; en un mot comme en cent, il n’est pas sortable. A noter qu’il peut essayer de vous tromper discrètement, en vous pipotant un peu.

Il va également créer une espèce de  routine comme allonger sa journée de travail. Et quand il rentrera, il vous donnera plein de détails sur ce qui se serait passé au travail, ou pas. Un homme qui n’a rien à se reprocher ne s’amuse pas à raconter des choses très précises.

Notez la dernière phrase : un mâle innocent ne peut être précis. Il a beau essayer, il y a un champ de force qui l’en empêche ; s’il raconte une anecdote précise, c’est qu’il vous trompe. Par exemple, s’il vous explique que quand il était gamin, il avait un teckel prénommé Schnaps, c’est incroyablement suspect : ce petit enfoiré s’amuse à vous raconter des choses précises ! Il y a forcément baleine sous gravier ; était-ce un teckel ou bien une top-model suédoise ? S’appelait-elle vraiment Schnaps ? Avait-elle réellement uriné contre la balançoire du jardin ? Autant de question qui en disent long : une histoire trop précise est une histoire suspecte. Un homme est forcément grossier en toutes choses.

Contrairement à cette analyse, qui est très subtile.

Heureusement, dernier conseil pour vous mesdemoiselles, et dernier bad boy à éviter comme un rabouin dans le métro :

Le dealer ment sur ses journées de travail et sur la manière dont il règle ses factures. A part si vous êtes du même monde que lui, il ne vous avouera pas facilement ses activités. Il en va de même avec tous ceux qui ont des activités dangereuses et illégales (impliquant armes, prostitution etc.)

Le dealer. Oui, les filles, il faut éviter les dealers et les gens qui trempent dans des activités illégales, puisque curieusement, la relation devient vite compliquée, surtout lorsque Pedro vous demande si, par amour, vous ne voudriez pas prendre l’avion pour aller voir ses cousins colombiens en vacances à Londres, le tout en vous collant 600 grammes d’une mystérieuse poudre blanche dans le rectum.

Ça peut vous paraître une lapalissade, mais tout le monde ne lit pas "Comment séduire un homme" ; sinon, Florence Cassez se serait méfiée de ce mystérieux vendeur de voitures mexicain qui roulait en véhicules de luxe et disposait d’une formidable villa qui la nuit, résonnait de curieuses voix en provenance de la cave (un peu comme chez moi, en fait). Maintenant, vous voilà prévenues, mesdemoiselles.

 

Ah, si Florence avait lu "Comment séduire un homme" !

Alors évidemment, si jamais vous vous étiez déjà mise en couple avec un fameux dealer, et qu’un soir, après vous avoir avoué sa flamme, il avait ajouté "et si tu tentes de me plaquer, je te balance au fond de la Seine avec des chaussures en béton", "Comment séduire un homme", qui est décidément un site bien prévoyant, vous propose 5 façons pour larguer son mec par SMS. Classe.

La manière la plus pratique de mettre un terme à une relation – surtout si elle fut de courte durée – c’est d’envoyer un texto.

Le texto, arme ultime : ainsi, on peut en quelques lignes, faire passer un message simple comme "Jean-Jacques, tu es une merde ;-)" ou "Boris, c’est fini entre nous, lolilol xptdr". Le site n’explique pas comment, par la suite, réagir aux textos vengeurs ou demandant des explications plus poussées que des mâles pourraient envoyer. Ah si : il explique qu’il faut éteindre son portable.

Et donc, ça arrête les textos ? Je… heu… hem. Bon, on va faire comme si on avait rien lu.

A noter que dans les exemples de SMS types, visiblement, il y a obligation de faire des rimes ; bordel, plaquer son mec par texto, c’est déjà pas bien glorieux, mais alors en faisant du slam, c’est pire : on doit avoir l’impression de se faire jeter par Grand Corps Malade. Exemple :

J’eu aimé un homme autrefois mais depuis de l"eau a coulé sous les ponts

et je vais devoir lui faire part de ma désillusion.

Désolée mais l’envie de continuer à marcher à tes cotés

me manque désormais.

Bonne route.

Formidable SMS, qui permettra en sus de montrer à votre désormais ex que non seulement vous ne voulez plus de lui, mais visiblement vous avez aussi décidé de rejeter le passé antérieur en même temps. Si c’était un SMS pour plaquer Maître Capello ou Bertrand Renard, c’est donc doublement cruel. Sans-coeur !

Mais le SMS n’est pas seulement un outil de rupture, non, c’est désormais l’instrument culte de toute une génération (les filles ne niez pas : on sait que vous dragouillez par SMS, et pire encore, que vous relisez 20 fois chaque texto pour en faire 30 interprétations différentes – "Han il a dit "bises" et pas "bisous" !"); il suffit pour s’en convaincre d’aller voir le site girls.fr, que vous aviez déjà découvert au travers d’un formidable roman photo ; cette fois-ci, figurez-vous que le diable de site prodigue aussi de formidables conseils pour que nos jeunes damoiselles arrivent à trouver l’homme qu’il leur faut, même en terrain difficile.

 

Je vous ai dit qu'il y avait un nouveau roman photo chez girls.fr ?

En effet, comment draguer en classe ? Il existe une méthode simple qui…

Attendez, attendez, on est en train d’apprendre à nos chères têtes blondes à dragouiller en cours plutôt qu’à écouter fidèlement les exploits de nos ancêtres les gaulois ? Voyons voir ça…

La meilleure technique de drague en cours est celle du texto.

Ho bordel. Avec en plus une petite illustration sur "Comment cacher son portable discretos derrière son agenda relevé pour que le prof, il puisse pas voir, hihihi". Bon, je ne sais pas ce qui est le plus ennuyeux : qu’un site s’adressant aux adolescents leur recommande de ne rien branler en cours, ou qu’il ne soit pas foutu de savoir que les adolescents sont beaucoup trop bêtes pour être capables de se servir d’un téléphone discrètement en classe. On retrouve pêle-mêle :

- la méthode "huhu, j’ai mis le vibreur BZZZZZ y a que BZZZZZ moi BZZZZ qui BZZZZZ l’entend, BZZZZZ", méthode qui ne laisse que deux solutions à l’enseignant : soit un élève a un téléphone sur lui en vibreur, soit une élève est en train de prendre bien du plaisir avec son ami Yucki le petit canard. Attention : l’un et l’autre ne sont pas fondamentalement incompatibles.

- la méthode "hihi, je vais relever mon livre discrètement pour envoyer des textos de derrière", méthode qui suppute qu’il existe un seul élève au monde qui ait besoin de poser son livre sur sa table de manière parfaitement verticale pour travailler et non pour planquer un truc louche.

- la méthode "héhé, je vais mettre le téléphone sur mes genoux, trop la feinte", méthode qui s’arrête sitôt qu’on entend le cliquetis du clavier ou le bruit du gros doigt plein de gras de l’adolescente contre son écran tactile, ou simplement que l’on constate qu’elle regarde incroyablement discrètement sous sa table en permanence.

Je rappelle aux enseignants la méthode brevetée : attendre que l’élève range discrètement son portable dans sa pochette/chaussette à votre approche (les adolescents trouvent cela à la mode, profitez-en) et dire "Je suppose que c’est votre gomme dans cette pochette ?" ; l’élève étant fondamentalement bête et mauvais menteur, il répondra "Heuuu oui, c’est ma gomme". Dès lors, vous n’avez plus qu’à vous en saisir en vous exclamant "une si grosse gomme doit formidablement rebondir contre les murs !". Ne vous reste plus qu’à savourer le cri de terreur du marmot, suivi de ses sourds sanglots qui compléteront à merveille le bruit de plastique explosant contre le mur où vous avez accroché cette si belle carte de l’Union Européenne. En cas d’élève rebelle, n’hésitez pas à vous défendre en invoquant le fait que vous étiez persuadé que c’était une gomme, puisqu’il vous l’avait dit. Et que vous ne pensiez pas qu’en sus d’amener du matériel interdit dans l’enceinte de l’établissement, ce brave élève oserait vous mentir. Vous pouvez dès lors vous poser en victime, en enseignant brisé à la confiance trahie. Avec un bon jeu d’acteur, vous pourrez même obtenir un congé pour vous en remettre.

Mais revenons à nos moutons : la drague. Puisque girls.fr vous propose des conseils pour séduire dans un autre lieu original : le cinéma.

Draguer au cinéma ?
Le cinéma est un lieu propice au rapprochement. C’est sans doute le contexte le plus adapté pour un premier baiser… à condition de déjà connaître son partenaire ! Comment faire alors ? C’est simple : avant que le film ne soit commencé, achète un pot de pop-corn salé et va t’asseoir à côté de ta cible. Croques-en un, et exclame-toi : « Beurk, je me suis trompée, ils sont salés! », tout en lui tendant ton pot : « Tu les veux ? Moi je n’aime pas quand ils sont salés… »

Excellent conseil. Même si c’est un coup à se prendre une balle dans la tête. Et ce n’est que justice. Par ailleurs, n’hésitez pas à choisir un film propice à l’emmerdement maximum : pour séduire, mieux vaut que l’autre ne vous réponde pas "ta gueule, j’écoute" lorsque vous lui susurrerez que vous l’aimez depuis toujours. La plupart des films français feront l’affaire, mais ceux impliquant Romain Duris sont d’autant plus recommandés.

 

Parce que parfois, "Chuuuut !" ne suffit pas

Mais girls.fr dispose de bien d’autres articles de qualité comme comment draguer un mec ? Et je ne résiste pas à l’envie de vous citer ce passage :

Parle par négations !
La suggestion ne concerne pas seulement le physique, cela vaut aussi pour ce que tu dis. Une petite technique, c’est de parler en utilisant la forme négative. Au lieu de lui dire : « Tu me plais », dis-lui « Je ne suis pas insensible à tes charmes. » Plutôt que « Tu veux boire un verre ce soir ? », dis-lui « Sache que je ne suis pas opposée à boire un verre avec toi… » Tu fais ainsi le premier pas, tout en lui donnant l’impression que c’est lui qui est en train de te conquérir.

Ça promet d’être compliqué.

"Bonjour mademoiselle, comment vous…
- Je ne vous salue pas.
- Je… ha. Il y a un problème ?
- Il n’y a pas de problème.
- Bon, alors ça va. Je me présente, je m’appelle Kevin, et vous ?
- Je ne m’appelle pas Jacqueline."
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Etc. Espérons que jamais ce site ne tombe entre de mauvaises mains.

"B’soir mad’moiselle, ça vous dirait une petite partie de jambes en l’air avec mes douzes potes et moi dans la cave de mon immeuble ?
- Non !
- Vas-y, comment tu nous chauffes avec tes négations ! Aaah, je l’ai toujours dit, elles disent non mais elles pensent oui ! Merci, girls.fr !
- Mais, mais au viol bordel !"

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Rassurez-vous, dans la série "Comment maquer votre adolescente avec un psychopathe", girls.fr continue de faire très fort avec son test "ton mec est-il un manipulateur ?" ; une petite liste de question est proposée à la lectrice, et si elle répond "oui" à 16 interrogations sur 20, alors elle doit "se méfier". En dessous , c’est tout bon, inutile d’avoir le moindre doute, la confiance est de mise. Même à 15 questions positives sur 20.

Misère.

Heureusement, d’autres sites relèvent le niveau, comme aufeminin.com et sa section pour les d’jeun’z, teemix. Ainsi, on trouve divers conseils pour que ces damoiselles attirent l’attention de nos jeunes éphèbes

La bonne attitude ?
Fais-toi remarquer grâce à de petits détails. Va dans votre café fétiche avec un bouquin (si possible que tu es vraiment en train de lire !), porte des boucles d’oreilles rigolotes ou un sac aux couleurs de ton groupe préféré…

Objectif ? Donner au garçon-de-tes-rêves un prétexte pour débuter la conversation. Tu es une fille qui a des passions (= tu es donc passionnante).

Il y a quand même des livres avec lesquels on ne rencontre personne

Mais oui, tout à fait ! Excellent conseil ! Attention en effet à bien choisir le livre que vous allez prendre, histoire de savoir de quoi il parle ; le coup classique est de se saisir à la volée d’un ouvrage de la bibliothèque familiale et de se retrouver bien embêtée ; cependant, cela n’empêche pas les rencontres :

"Salut, je peux m’asseoir là ?
- Oui, hihihi (vous êtes une fille qui lit Teemix, vous devez glousser)
- J’ai vu que tu lisais le même bouquin que moi. Il te plaît ?
- Heu… oui, je… j’aime bien le personnage central. Ses réactions, son point de vue, tout ça.
- Oui, moi aussi, il a un côté attachant. Je ne connais pas beaucoup de filles qui pensent comme toi."
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De là, la conversation s’engage doucement, les premiers échanges se font, on rit, on rêve, on parle de longues heures… Ah, vous avez bien fait votre choix avant de partir ! Ce "Mein Kampf" a l’air d’être un livre sympa pour être lu par un garçon si mignon!

Mais, tout cela parait bien loin de vous, et je vous comprends : à l’heure qu’il est, vous me lisez sur un ordinateur ou un quelconque support numérique et vous vous interrogez légitimement : depuis votre terminal, comment séduire, là, tout de suite ? Pas d’inquiétudes mesdemoiselles, tout est prévu : elleraconte.com vous propose 9 trucs pour draguer via le net !

Conseil N°4 :
Personne ne vous interdira de chasser plusieurs lapins à la fois, au contraire multipliez vos chances, en revanche, n’hésitez pas à vous noter toutes les infos sur chaque profils. Car rien de plus désolant de se mêler les pinceaux ou de plus se souvenir dès le lendemain. (ex : Thomas aime les voitures et le rnb, mais déteste l’hypocrisie…)

Ah oui, prenez des notes, parce que je ne sais pas qui est ce Thomas, mais il m’a tout l’air d’être un personnage fondamentalement complexe ; les voitures, le rnb… ah, que de songes érotiques vous attendent à l’idée de le retrouver à bord de sa 206 tunée ! Par ailleurs, n’oubliez pas mesdemoiselles : une personne qui se définit, comme 98% des candidats de télé-réalité par "je déteste l’hypocrisie" est une personne qui n’a aucune existence tangible. Non parce que ce poncif, mine de rien, revient à se définir comme "détestant se faire attaquer au lance-flamme" ou "ne pas aimer se faire traiter de porc borgne dans le dos". On appelle ça une lapalissade. Pour le coup, je pense qu’il y a moyen de se passer de notes pour Thomas. En fait, je pense qu’il y a même moyen de se passer de Thomas.

Conseil N°8 :
Ne bluffer pas votre futur conquête par une fausse photo d’une top modèle. Mettez une vraie photo de vous.

C’est vrai. Vous devriez avoir honte de faire ça les filles, c’est quand même scandaleux, et le respect de l’autre ? Laissez-moi vous copier/coller ma dernière conversation avec une jeune fille qui avait essayé de me faire le coup.

"Puce74 – Tu me trouv joli sur mon avatar ?
Odin_Connor – Pour une fille de 16 ans, tu me parais un peu vieille.
Puce74 – …
Odin_Connor – Tu me fais surtout penser à Anna Semenovitch. Je pense que tu bluffes.
Puce74 – k lol c pas ma vrai foto. Atta je la met.
Odin_Connor – Hmmm.
Puce 74 – Tu aime pas ?
Odin_Connor – Si, tu es splendide. Dis donc, tu fais plus que 16 ans, mais pas de partout, c’est rigolo
Puce74 – *smiley lol qui clignote*
Puce74 – C’ ta vrai photo toi ossi ?
Odin_Connor – Bien sûr que c’est ma vraie photo.
Puce74 – On s’est déjà vus ?
Odin_Connor – Oui, je passe à la télé des fois. Je fais une pub dans laquelle John Malkovitch essaie de me tirer mes capsules de kawa. Là sur l’avatar, c’est une photo prise par un pote pendant que je bois mon café.
Puce74 – Jon ki ?
Odin_Connor – Un mec qui connait Justin Bieber. Sinon, tu aimes le café ? Je t’invite à en prendre un. Tu vas voir, j’ai toujours un super sucre en poudre sur moi. Une fois dans ton café, tu verras, tu vas adorer."
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La liste des conseils est encore longue et nous pourrions continuer des heures ; mais je vous laisse découvrir la suite seules, mesdemoiselles.

Comme quoi, on pourra dire que les sites de conseils de drague pour les hommes sont ridicules et sexistes.

Mais finalement, il semblerait que les femmes aient enfin réussi à atteindre la parité, au moins dans ce domaine.

Bravo, mesdames.

 

Le monde va mal.

Crise financière, tremblements de terre, glissements de terrains, famine, maladie, neige en hiver, massacres, situation en Côte d’Ivoire, Francis Huster, incertitude en Tunisie… la litanie des malheurs s’abattant sur notre monde ne saurait s’arrêter à ces quelques exemples, mais il serait vain de vouloir se montrer exhaustif dans l’inventaire du malheur mondial. Régulièrement, nous rencontrons des amis au grand coeur qui n’hésitent pas à dire lorsque sont abordés les tracas de nos contrées "Ne nous plaignons pas : c’est pire ailleurs !", car comme chacun sait, à partir du moment où il y a plus malheureux que soi, il ne faut surtout rien faire.

Heureusement, au coeur de ce chaos mondial, un fier étendard rallie les différentes nations vers un objectif commun de paix et de développement à l’échelle planétaire ; ce drapeau est d’azur et on y trouve de blanches figures représentant notre bonne planète entourée de rameaux d’oliviers. Votre expertise héraldique ne saurait vous tromper : il s’agit en effet de l’Organisation des Nations Unies, ou ONU.

Et devant la ruine de notre monde, face au spectacle des braises de l’insurrection rallumant les feux d’hier pour mieux alimenter les incendies de demain, la fière organisation a décidé de frapper du poing sur la table, de mettre fin à cette intolérable situation.

En effet, depuis le 1er janvier 2011, l’ONU a mis en place un nouvel organisme : l’ONU – Femmes.

 

Une candidate potentielle pour représenter les Femmes à l'ONU

Ah.

Bon, j’entends d’ici les esprits chagrins qui n’hésiteront pas à dire que vu la situation mondiale ces derniers temps, la création d’un tel organisme avec un budget de 500 millions de dollars, ce n’était peut-être pas la priorité.

Malandrins ! Oubliez-vous que nous sommes en janvier ? C’est la période des soldes. Et vu comment se comportent les détentrices d’un double chromosome X dès la vision d’un chemisier à moins 50%, il va bien falloir un demi-milliard pour financer les compagnies de casques bleus que l’on va devoir envoyer chez H&M, Jennyfer et autres Camaieu afin d’éviter de nombreux massacres (chaque année au mois de février, on retrouve de discrets charniers dans des cabines d’essayage isolées, dernière demeure de celles qui n’ont pas réussi à vaincre lors de la bataille pour le sac à main à moins 66% imitation vintage). Mais je suis mauvaise langue : comme nous l’indique le site de l’ONU – Femmes, il y a des raisons bien plus profondes derrière cette création, comme nous l’indique la FAQ

L’entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes — ou ONU Femmes — a été créée par les États Membres pour que l’ONU puisse aider plus facilement ceux-ci à accélérer les progrès en vue de réaliser leurs objectifs en matière d’égalité des sexes

Et c’est connu, pour favoriser la progression de l’égalité entre les sexes, rien de mieux que d’expliquer aux damoiselles que l’ONU ne peut pas s’occuper des hommes et des femmes de la même manière : autant créer un organisme particulier pour ces dames. Si l’on avait décidé de créer l’ONU – Noirs, tout le monde aurait gueulé à la discrimination raciste. Si l’on avait créé l’ONU – Protestants, tout le monde aurait crié à la discrimination religieuse. Si l’on avait créé l’ONU – Nains, tout le monde aurait pleuré à la discrimination physique, avant de proposer un certain Nicolas S. à sa tête. Mais on a créé l’ONU – Femmes, alors on a applaudi.

En juillet dernier, d’ailleurs, on était déjà fou de joie à l’annonce de ce nouvel organisme (qui n’est pas si nouveau : il regroupe en réalité quatre anciennes structures qui ont eu le droit à un coup de peinture avant d’être fusionnées), preuve en est le discours de Mme Tiina Intelmann, ambassadeur estonienne, qui s’est sentie obligée de préciser :

« ONU Femmes, à travers le contrôle à l’échelle du système de ses activités et des rapports de son secrétaire général adjoint, devra être une entité responsable dont les résultats seront examinés scrupuleusement »

Parce que c’est vrai qu’à la base, certains pensaient que ça allait être une entité irresponsable et incontrôlée, qui allait claquer toute sa thune en macarons et louboutins. Très en forme, la bougresse a bien évidemment poursuivi :

le mandat d’« ONU Femmes » prévoit clairement la féminisation des postes de décision au sein même de l’Organisation

Puisque c’est connu, pour gérer ONU – Femmes, il faut des femmes. Et pour gérer des problèmes entre hommes, des hommes. Non, l’égalité des sexes ne peut pas être un combat mené par un homme, c’est comme ça. S’il y en a un qui essaie, son chromosome Y se dissout en libérant du cyanure dans son organisme et il meurt en quelques minutes. Et non, faire de la discrimination positive, ce n’est pas faire de la discrimination, bande d’esprits chagrins. Si vous refusez un homme pour prendre une femme, ce qu’il faut voir, c’est que vous avez pris une femme, et c’est bien. Si vous refusez une femme et que vous prenez un homme, ce qu’il faut voir, c’est que vous avez refusé une femme, et c’est mal. C’est comme ça. Il est important de rappeler aux femmes qu’on ne les recrute pas sur leurs compétences, mais sur leur sexe. C’est ça, l’égalité.

 

Casque bleu s'assurant que les femmes restent bien à l'écart des hommes, pour plus d'égalité

Bien que cela n’apparaisse pas dans le compte-rendu de cette conférence, la même aurait d’ailleurs ajouté :

"Et sur la porte de nos bureaux de New York, on mettra "interdit aux garçons !", hi hi hi ! D’ailleurs, on pense faire venir Isabelle Alonso régulièrement pour donner des conférences, et on a déjà demandé à Pénélope Bagieu de nous refaire notre logo : s’il y a un drapeau bleu pour les garçons, on veut un drapeau rose pour les filles ! Mdr !"

A partir de ce mois-ci, donc, Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili et désormais responsable de ONU-Femmes, pourra réunir régulièrement son conseil de décision afin de lancer la grande lutte pour l’égalité des sexes, mais la salle de réunion étant toujours squattée par ces cochons de mâles, elle devra utiliser une solution alternative, comme organiser des soirées pyjama autour d’un DVD de Bridget Jones et, bien évidemment, d’un pot de Häagens-Dazs. Si les deux tiers des présentes ne parviennent pas à une décision, Mme Bachelet pourra utiliser l’article 49-3 de l’organisme :

"En cas de désaccord entre les participantes, et si une majorité constituée à minima des deux tiers des voix n’a pas pu se constituer, une bataille de polochons déterminera le camp qui l’emporte. Si la réserve de polochons de l’ONU est épuisée, ce sera un combat de catch dans la boue équipée du bikini réglementaire qui permettra de connaitre l’issue du débat."

Ce bel exemple de démocratie devrait donc ravir les oreilles de toutes les femmes en difficulté dans le monde, qui sauront désormais que l’ONU, l’UNICEF et l’UNESCO, ce n’est pas pour elles, non, qu’elles, elles doivent s’adresser à l’ONU – Femmes si elles veulent quelque chose. Heureusement, le budget évoqué précédemment pourrait évoluer par la suite pour couvrir les besoins grandissants de l’organisation, car comme le conclue la conférence de presse annonçant la création de cet organisme :

Les États Membres ont reconnu qu’au moins 500 millions de dollars seront nécessaires pour répondre aux besoins initiaux d’« ONU Femmes ».

Et par ce "au moins", on comprend qu’il faudra plus. Car comme en témoigne Silvio B., détenteur d’un siège à l’ONU, "il faudra sûrement plus, surtout si l’on prend en compte le budget SMS et appels entre copines". D’après les premières informations de ce mois de janvier, et afin d’estimer les besoins de l’organisation pour le budget 2012, Michelle Bachelet aurait déjà hérité d’un téléphone de fonction avec forfait bloqué NRJ mobile pour éviter tout débordement.

 

La première ébauche du drapeau ONU - Femmes

Rassurez-vous donc, mesdemoiselles, ce nouvel organisme travaillera donc véritablement à s’assurer que partout dans le monde, les femmes soient respectées. C’est pourquoi l’Iran n’a pas eu le droit d’y siéger, tant la situation des femmes est catastrophique dans le pays. L’Arabie Saoudite, elle, par contre, a eu une place de choix, puisque chacun sait que ce pays est à la pointe des innovations en matière d’égalité des sexes : les femmes n’ont pas le droit d’y conduire une voiture (tout le monde sait qu’elles en chient sur les créneaux), ou même de prendre de décisions sans l’accord de leur mari (par exemple, si l’une d’entre elles prend une balle durant un match de foot, et que son mari veut voir la fin de la rencontre, elle a intérêt à prier pour que les arrêts de jeu ne durent pas trop, puisqu’il faut l’accord du chef de famille pour avoir accès à des soins médicaux). Rassurez-vous, ce n’est pas uniquement pour ce modèle en avance d’un temps sur le reste du monde que l’Arabie Saoudite a eu le droit à un siège, mais aussi – et surtout – parce que le pays a donné quelques sous à l’organisme pour l’encourager (profitant du fait que les femmes sont vénales et ne sauraient refuser, comme chacun sait), et a donc profité d’une place en tant que "donateur". Alors si vous croyez qu’une organisation va faire les gros yeux à l’un des pays qui la finance, mesdemoiselles, vous vous voilez la face (femme, voile, Arabie Saoud… non ? Hoo, allez.)

Bref, sympathiques lectrices, soyez heureuses : le monde applaudit en ce mois de janvier la naissance de cet organisme qui est là pour s’occuper de vous et de votre considération comme étant l’égal des hommes. Mais bien évidemment dans des structures à part de ces derniers, car chacun sait que la mixité est l’ennemie de l’égalité.

Heureusement qu’il y a des blogs comme celui-ci pour lutter contre les préjugés sur les femmes, pas vrai ? Vous pouvez retourner lire Closer ou Public, maintenant, les filles.

 

 

"Messieurs…"

Tout autour de l’immense table, chacun lève lentement les yeux de l’immense dossier empli de diagrammes qu’il faisait semblant de lire jusqu’ici pour se donner un semblant de sérieux. Peu à peu, les regards se tournent vers l’homme dans l’immense fauteuil à l’extrémité de la table qui vient de se faire entendre.

"Je vous remercie d’être présents aujourd’hui. Comme vous le savez, il n’y a qu’un seul point à l’ordre du jour de notre bureau aujourd’hui : le déséquilibre total dans la parité au sein de notre établissement."
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Toussotements, échanges de regards, consultations rapides du dossier mis à disposition… le silence se fait de plus en plus pesant jusqu’à ce qu’une main se lève timidement.

"- Hem… président ?
- Oui Gadinot ? Vous avez une idée ?
- C’est quoi "la parité", en fait ?"
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Au bruit des soupirs, on devine que la question semble soulager bien des membres de l’assemblée qui n’osaient la poser directement. S’enfonçant un peu plus dans son fauteuil, l’administrateur en chef se prend le visage dans les mains avant de tenter brièvement une réponse :

"La parité, c’est lorsqu’il y a autant de femmes que d’hommes. Une pour un. Vous comprenez Gadinot ?
- Heu… oui. Oui président, c’est tout à fait clair.
- Bien, donc notre problème est le suivant : nous avons bien plus d’hommes que de femmes dans nos rangs, il nous faut donc une solution."
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Là encore, seul le bruit des dossiers compulsés de manière incertaine vient briser le son monotone de la climatisation qui travaille.

"Monsieur le Président ?
- Morandieu, je n’en attendais pas moins de vous. Une suggestion ?
- C’est que… c’est quoi, une femme ?"

Fig 1 : une femme. Des fois, ça fait peur.
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Les regards se tournent une fois encore vers l’homme en bout de table, et on sent que chacun attend une réponse à cette interrogation qui brûlait toutes les lèvres. Le dit personnage semble absolument effondré par la question.

"Je… c’est plus grave que ce que je pensais. Bon, et bien, une femme c’est… c’est comme un homme, mais… enfin, souvent plus petit, déjà, et puis elles aiment bien avoir les cheveux longs et puis… et puis des fois elles ont des… des seins. Ce sont des sortes de protubérances au niveau du torse.
- Ah, mais alors président, ça veut dire que je suis une femme ?
- Non Andriet, vous, vous êtes juste petit, gros et mal coiffé, ça ne compte pas.
- Président ! Moi je sais, j’en ai vu une une fois sur internet, je crois. Elle chantait un truc genre "Chie Wolf", une histoire de loup constipé ou je ne sais pas quoi. La dame elle dansait tout bizarre, même qu’au bout d’un moment, ça me faisait tout bizarre sous la table quand je la regardais.
- Voilà ! Voilà, bien joué Armanson ! C’est ça, une femme, vous avez trouvé !
- Mais Vincent Mc Doom alors, c’est un Monsieur ou une Madame ?"
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7 heures et bien des explications plus tard, le président finissait par jeter l’éponge et confiait à une boîte de communication extérieure à son établissement la mission d’attirer des filles à l’École Centrale Paris. Ainsi naquit…

Mademoiselle fait Centrale

Parfois, il arrive qu’une filière comporte bien plus de membres d’un sexe que de l’autre ; traditionnellement, on suppose qu’une filière scientifique concentrera quantité de mâles, alors qu’une filière littéraire par exemple serait plus à même de regrouper les membres du sexe faible. Est-ce là une fatalité ? Non ; plus le temps passe, plus les choses évoluent et l’équilibre se fait.

Pourtant, dans certains cas, l’équilibre peine à être atteint. Ce n’est en rien grave : après tout, former des damoiselles ou des damoiseaux ne change pas grand chose à l’affaire. Mais à l’Ecole Centrale, quelqu’un a dû s’émouvoir de ces mâles laissés entre eux : beuveries, concours de pets et bizutages idiots ("Mais non, c’est une intégration, c’est très différent !") ont dû finir par lasser les plus endurants ; aussi une âme plus fatiguée que les autres s’est mise à appeler de ses vœux l’arrivée massive de femelles pour occuper les esprits embués par la testostérone des étudiants.

Découvrons ensemble par quelle formidable stratégie l’École Centrale Paris compte attirer ces dames.

Commençons donc par la colonne centrale du site, sobrement appelée "Les billets d’humeur de Mademoiselle C : 20 bonnes (et mauvaises) raisons de faire Centrale"

Et entamons notre étude avec la bonne raison numéro 1


Dire qu’on est Centralienne, c’est trop la classe !

Et là, tout est dit : le premier argument déployé n’est pas la qualité de l’école, ses débouchés ou autres, non, le premier élément c’est que c’est "trop la classe !" ; c’est inquiétant pour la suite. Cependant, on s’adresse à des femelles, qui sont donc forcément des pintades superficielles : il faut donc leur expliquer que bon, la meilleure raison d’intégrer Centrale, c’est parce que la carte étudiante s’accorde parfaitement avec la couleur des derniers escarpins à la mode. Je pense qu’à la base, il y avait un gloussement type "hihihihi" rajouté à côté, mais finalement même cela ne retranscrivait pas à la perfection l’esprit de dinde tant recherché.

"On compte 800 marines pour une femme, imaginez tout ce qui peut vous arriver d'agréable derrière le hangar à munitions les filles !"

Vous en doutez ? Et si nous allions à la bonne raison numéro 7 (soit encore en haut du classement tout de même) :

Il y a environ 4,5 garçons pour 1 fille ! Et en plus, ils sont plutôt intelligents !

Là encore, l’argument pour midinette de 13 ans "Hey, copine ! Tu veux avoir plein de garçons qui te tournent autour ? Inutile d’aller en boite ! Il y a mieux : Centrale ! Là, tu verras, il y a tellement de mecs que tu n’auras que l’embarras du choix ; tu vas pouvoir copuler à foison, et qui sait, peut-être même trouver l’homme de tes rêves !"

Attendez, c’est un site qui vante les mérites d’un club de rencontres ou d’une école là ? Non parce que j’ai comme un gros doute. Malgré tout, poursuivons notre lecture. Tiens, regardons directement derrière la raison numéro 8 :

C’est l’occasion de quitter sa famille ou sa province pour vivre une expérience en Campus, « a l’américaine »

Ah, le "à l’américaine " ! C’est tout de suite plus vendeur. "I speak Wall Street english !", expliquent quotidiennement les affiches dans le métro ; l’exotisme de la terre de Benjamin Franklin n’a pas fini de faire rêver les ménagères. Non parce que c’est vrai, ça fait tellement plus moderne de dire que c’est "à l’américaine". Non parce que les campus, ça n’existe dans aucun autre pays. Et surtout pas en France, quelle idée. Ce sera donc "à l’américaine". Tiens, quelqu’un pourrait m’expliquer ce qu’un campus "à l’américaine" a de différent d’un campus lambda ?

Bon, je vous passe les points où on explique que mesdemoiselles, en faisant Centrale, non seulement vous allez profiter d’un "réseau d’anciens très puissants" (ça sonne comme un Lovecraft), mais aussi vous pourrez obtenir un poste à "haut niveau de rémunération" (c’est important : comment une pintade pourrait elle vivre sans l’argent nécessaire à payer son indispensable Mini Cooper ?), pour me rendre directement au point numéro 17 :

L’école prépare à une multitude de métiers, très variés et accessibles aux femmes

Et là, Monsieur de La Palice arrive avec toute sa fanfare ainsi que sa chorale de soudards : quant on propose à des femmes de suivre une formation diplômée, mieux vaut que ce soit pour des débouchés accessibles aux dames ; non parce que sinon c’est très très con.

"Céline, bravo : tu as suivi ce cursus de 5 ans afin de devenir pionnier de la légion, toutes mes félicitations !
- Merci Monsieur le directeur, hihihi ! J’en ai toujours rêvé !
- Hélas Céline, il est impossible à une femme de rentrer dans ce régiment, puisque le port d’une barbe fournie y est obligatoire depuis 1844 !
- Heu… ha ?
- Vous ai-je dit que votre diplôme n’avait aucune équivalence ? Vous avez donc, malgré vos 5 années d’études, toujours un niveau bac. C’est con, hein ? Adieu Céline ! "

3 ans après son échec, Céline n'a pas abandonné son rêve

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Sérieusement, est-ce que quelqu’un a pensé à relire les "20 bonnes raisons" ? Je n’en suis pas sûr, au vue des "10 idées reçues (et très fausses) sur Centrale".

2e idée reçue : les garçons sont des geeks boutonneux et les filles ont de la moustache
Chères futées ne vous laissez pas influencer par ces affirmations hautement saugrenues. Je peux vous assurer qu’il y a pléthore de très charmants garçons centraliens, vu que quasi toutes mes copines ont trouvé chaussure à leur pied (et n’oubliez surtout pas que nous avons l’embarras du choix vu le ratio filles/garçons) !
Quant aux filles, comment dire ? Jolies, fraîches, pêchues ou réservées, drôles ou sérieuses, connaissant l’usage du maquillage (et de la cire à épiler !), de solides notions de mode, bref des petits canons… avec un cerveau en excellent état de marche !
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Dois vraiment commenter le fait que les lectrices sont surnommées les "futées" ? Façon "Midi les Zouzous" ou autre émission pour enfants ?

J’insiste : ce paragraphe est supposé lutter contre les idées reçues. Et pourtant, qu’y apprend t on ? Qu’il y a trop moyen de moyenner avec les garçons du campus (apparemment, pour attirer de jeunes filles, il faut bien insister sur le fait qu’il y aura des passages impliquant des hommes, des femmes, des corps caverneux et de la spéléologie domestique), et surtout, que toutes les filles qui intègrent Centrale sont "jolies", "avec de solides notions de mode" ; il n’y a pas un boudin ou une fille mal fagotée qui se moque de la marque de son sac, non, bien au contraire, toutes les Centraliennes sont de divines créatures au regard sensuel entourées de quantités de mâles obligés de se battre pour elles tant ils sont nombreux par rapport aux filles.

Heureusement qu’on luttait contre les idées reçues, les caricatures et les raccourcis faciles, pas vrai les futés ?

Du coup, quand on lit quelques lignes plus bas :

5e idée reçue : les élèves-ingénieurs ne sont pas ouverts d’esprit

On a envie de dire "Bin oui vu qu’ils répondent aux préjugés à leur sujet avec d’autres préjugés encore plus gros que les précédents".

Et si vous en doutiez encore, voici venir le passage sexiste quelques pages plus loin (vous ai-je parlé des petits sigles avec du rouge à lèvre ici ou là pour bien dire que c’est un site so girly ?) :

les femmes ont des qualités spécifiques à  apporter au monde de demain : une autre vision, une approche plus pragmatique sur la conduite des projets, une certaine forme d’analyse, un sens plus développé des relations humaines, une façon parfois d’arrondir les angles. Nous, les femmes, sommes moins dans l’égo et  plus dans le résultat, moins dans l’abstrait et plus dans le concret. Des qualités appréciables et… très appréciées dans les entreprises !

Centralienne en 1429 au siège d'Orléans

"Nan passque tu vois Jeanne-Françoise, nous les femmes, et bin on est pas comme les hommes, tu vois, on a pas des préjugés comme eux sur nous, nous on a des qualités spécifiques, que ça veut dire que eux, bin ils les ont pas, comme tu vois être pragmatique tu vois, pis avoir un meilleur sens du relationnel, pis on est plus diplomates et tout et tout. Pis plus concrètes et moins superficielles. Au fait, t’as vu comment Angelina Jolie a pris du cul ?"

L’auteur de ces lignes n’a visiblement jamais travaillé dans un milieu ultra-majoritairement féminin.

Il faut dire que Centrale a l’air d’être un monde à part ; grâce au petit lien des photos du campus, on comprend mieux le problème : à Centrale, les gens vivent dans la nature ; pas une photo d’un intérieur de bâtiment ou d’une salle, rien : les élèves passent leurs journées dehors à brouter paisiblement.

Et effectivement, au vu de ce qui a été écrit ci-dessus, j’ai tendance à pencher pour une forte consommation d’herbe.

J’ai donc bien peur que toutes les futées ayant suffisamment d’amour propre et de bon sens pour ne pas vouloir passer pour des poufiasses girly en mal de mâles (au vu de l’argumentaire déployé ici) mettent les voiles vers d’autres lieux.

Vous savez, une de ces écoles dont l’argument numéro 1 pour attirer reste "On est bons".

Quelle drôle d’idée. Remarquez, ça pourrait créer une mode, ce concept sérieux et mature :

"Hey les girls ! Vous savez que pour toute inscription dans un régiment en partance pour l’Afghanistan, vous avez un free lipstick ? Un p’tit conseil les chipies : attention aux marques de bronzage avec le casque, XD !"

http://mademoisellefaitcentrale.ecp.fr/les-billets-dhumeur-de-mademoiselle-c/10-idees-recues-et-tres-fausses-sur-centrale.html

Soyons brefs.

Mesdames & messieurs, amis lecteurs, vous l’avez remarqué, le blog a légèrement diminué son rythme ces derniers jours. Cela a provoqué, chez vous Monsieur, une crise de manque impliquant force vomi et tremblements : je vous comprends, tant de désarroi, cela n’est guère supportable pour votre fragile organisme. Chez Mademoiselle, cela a plutôt provoqué quelques gémissements et sensuels palpages de débardeur, car tant de sentiments contraires déversés en si peu de temps, cela amène quelques réactions quelque peu étranges.

Pourtant, dans un immonde gargouilli pour l’un et dans un cri à faire rougir vos parents chez l’autre, vous ne posez qu’une seule question : "Pourquoi ?"

Ah, Chronos, terrible ennemi & prédateur de bloggueurs

Le travail, mes doux agneaux, le travail. Terrible chronophage, il semble mâcher chaque jour avec un peu plus de célérité les pages de mon agenda et les digère mollement. Aussi, comme d’habitude en pareille situation, si des articles apparaitront malgré tout prochainement, vous êtes toujours les bienvenus dans les commentaires pour badiner avec le maître des lieux qui trouve toujours quelques minutes de-ci de -là pour venir s’informer du sort de ses malheureux lecteurs & lectrices.

Je m’en retourne donc à mon travail. Un lecteur averti en valant deux, ça devrait faire péter mes statistiques. Et maintenant, qu’est-ce que c’est que ce contrat où on m’empêche de coucher avec mes nouvelles collaboratrices ? J’vous jure, dans quel monde vit-on…

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