Tony Stark n’a pas eu une vie facile : multimilliardaire, beau, fort, intelligent au point qu’à l’âge de 5 ans il construisait déjà des avions de chasse avec seulement soixante trombones et une barre d’uranium enrichi, il est à la fois l’héritier de l’empire d’armement Stark Industries et de Mac Gyver. Ses parents, morts dans un terrible accident de voiture suite à un problème de plaquettes de freins non détecté au contrôle technique, n’ont jamais pu voir comment leur fils est devenu un homme respecté, un gestionnaire avisé, et un playboy mondialement connu grâce à des films avec moult effets spéciaux, particulièrement Iron Man I.

Dans Iron Man I, le film que je ne vais pas longuement résumer parce que le titre de cet article indique que ce ne sera pas le cas (et que mes titres sont très autoritaires, ce sont un peu les Heinrich Himmler de la typographie, je vous raconterai peut-être un jour ce qu’ils ont fait de mes fonts Comic sans MS), Tony Stark jouait de malchance (à partir d’ici, attention aux spoilers tout de même) : alors qu’il vendait des missiles d’un gabarit qui provoquerait des bouffées de chaleur et de jalousie à notre président, il fut soudain kidnappé par des talibans, parce que personne ne lui avait dit que s’il voulait vendre des armes, il fallait le faire à Washington devant les messieurs avec de l’argent, pas à Peshawar devant des ploucs. Dans l’affaire, Tony fut gravement blessé par Moussa, le petit taliban qui avait confondu le flashball spécial neutralisation douce et le lance-roquette de tonton Abdallah. Il se retrouva donc avec des vieux bouts de shrapnels dérivant dans son frêle petit corps, et ce fut un autre prisonnier des talibans, le docteur Mamadou qui dut lui greffer une batterie de super 5 sur le cœur pour que les électrodes en éloignent les petits bouts métalliques.

Les talibans voulant forcer Tony à leur fabriquer un missile de classe Penian Substitute, ils lui filèrent un fer à souder, des clous, un poster de Françoise Hardy et 6 litres d’huile de castor, et le bougre déjoua la surveillance des gardes pour se fabriquer à la place un mini-réacteur à énergie pour remplacer la batterie Renault, ainsi qu’une armure de guerre top moumoute. Grâce à cette dernière, il s’évadera et retournera au pays de la liberté où il décidera d’arrêter de vendre des armes, de se faire une nouvelle armure plus moderne et de devenir justicier. Il en profitera pour casser la gueule au gros vilain du film qui avait payé les talibans pour le kidnapper, son vice-président qui voulait se débarrasser de lui pour reprendre les rênes de Stark Industries et qui en plus voulait aussi se faire une grosse armure sur le modèle de celle de Tony pour devenir un super méchant.

Bon, j’eus été Tony Stark, du fond de ma grotte talibane, j’aurais plutôt bricolé une radio ou un truc envoyant un signal quelconque pour que l’on vienne me sauver ; mais bon, je suis très lâche. Et les gardes talibans très cons : ils ne savent pas distinguer un mec fabriquant un missile d’un autre se fabriquant un chatoyant réacteur et une armure géante. Alors qu’une radio, c’est déjà plus discret. Sans compter que de retour au pays, j’aurais plutôt essayé de me faire retirer mes restes de schrapnels par une vraie équipe de chirurgiens dans une clinique hors de prix, le résultat étant probablement plus sérieux que celui obtenu par un médecin du travail armé d’une pince à épiler dans une grotte Afghane. Bon, je n’insiste pas, je vois bien que vous froncez les sourcils. Sachez bien que vous ne m’impressionnez pas, bande de jean-foutres.

Mais alors, quelles aventures va connaître notre formidable héros maintenant qu’il est Iron Man, le héros blindé d’alcool le jour et de métal la nuit ? Je vous propose de le découvrir avec Iron Man II. Spoilons donc un peu.

Lorsqu’il y a une explosion dès l’affiche, c’est très mauvais signe

Le film démarre dans la lointaine Russie, patrie de Vladimir Poutine & d’Anna Semenovitch, deux personnages fabuleux parmi lesquels un seul est le bienvenu dans les toilettes tchétchènes. Mais si je commence par une digression, nous voici bien mal partis ; allons donc plutôt dans un petit appartement miteux d’une célèbre métropole venue du froid, dans lequel un vieil homme est en train de mourir de maladie au milieu des papiers peints moisis et des meubles à demi-effondrés que son fils entretient tant bien que mal. Alors qu’il sent l’ombre glacée de la mort se pencher sur lui, l’ancêtre parvient à glisser quelques derniers mots à sa progéniture, concernant la famille Stark.

Car en effet, par le passé, comme l’indiquent les nombreux schémas éparpillés un peu partout, il avait collaboré avec Howard Stark pour créer de nombreuses fabuleuses inventions ; mais aujourd’hui il s’éteint dans la pauvreté la plus totale. Son fils, que j’appellerais Boris, reprend donc le flambeau et commence à travailler sur un mystérieux projet. A la télévision, il a cependant  pu observer la conférence de presse qui achevait le précédent opus de la série : Tony Stark révélant au monde libre qu’il n’était nul autre qu’Iron Man, le justicier 100% alu.

Tiens justement, que fait Tony Stark pendant que notre russe construit d’étranges appareils ? Et bien jeunes gens, il se la donne : il vient inaugurer la Stark Expo, sorte de mini-ville où l’on expose euh… euh… oui, je ne sais même pas ce qu’ils y exposent, on ne le voit pas, ils n’en parlent pas… bon bref, il vient inaugurer la Stark Expo dans sa belle armure d’Iron Man, le tout sous les hurlements de milliers de fans venus approcher le héros d’acier. C’est donc une formidable fête populaire qui se dévoile à nous, sorte de concours Lépine géant ; mais voilà, Tony Stark achève bien vite son discours d’inauguration, lance une vidéo de son vieux père parlant des espoirs qu’il mettait dans l’avenir, et s’éclipse pour aller se faire une petite prise de sang car oui, j’ai une terrible nouvelle à vous annoncer :

Tony Stark est malade.

Oui, des années à coucher avec des top-modèles aux origines plus ou moins douteuses lui ont collé tellement de MSTs dans les veines qu’on le surnomme "Tony chaude-p…. ah ? Attendez, non, je fais erreur, on me dit qu’en fait Tony a un petit soucis avec son réacteur pectoral et ses cartouches de palladium, qui contaminent peu à peu son sang ; le palladium, c’est un peu l’amiante des riches. Or, comme Tony ne survit que grâce à son fabuleux réacteur, il est donc dépendant du palladium pour vivre ; et si celui-ci le tue doucement… par la malepeste, notre héros est condamné. Non, c’est impossible, quelle tension d’entrée de jeu ; va t-il survivre à ce film ?

Ajoutez à cela que le destin s’acharne : une jeune femme lui remet au sortir de l’exposition une convocation lui demandant de se présenter le lendemain matin au congrès des Etats-Unis d’Amérique afin de répondre à quelques questions sur sa formidable armure, que certains considèrent comme une menace pour la sécurité publique.

Le lendemain matin, c’est donc dans une salle remplie de curieux et de journalistes que notre héros prend place ; sous le feu des questions du sénateur Bob (qui est gros, fourbe et bête), il voit rapidement un autre interrogateur apparaître : Justin Hammer, président de Hammer Industries, le nouveau fournisseur de l’armée américaine depuis que Stark a arrêté la production d’armes. Rapidement, les arguments sont mis sur la table : un peu partout dans le monde, les vilains pays terroristes essaient de produire des armures semblables à celle de Iron Man, il faut donc que l’ami Stark donne ses plans pour que l’armée américaine puisse être équipée et prête à répondre à toute menace hostile de ce genre ; Tony Stark répond que voilà, personne n’aura d’armure comme lui avant des années, et que donc dans l’immédiat, son armure est celle d’Iron Man, et qu’Iron Man, c’est lui, donc peau d’zob bande de communistes, jamais vous n’aurez ma propriété privée. Il en profite pour faire quelques blagues qui humilient le pauvre Justin Hammer, qui a tout du vilain qui a réussi grâce à sa fourberie mais qui regrette de ne pas être aussi beau , fort et intelligent que Tony Stark. Bref, il est l’une de ces caricatures de méchants dont tous les plans échouent, et qui sautent sur leurs chapeaux à pieds-joints en s’écriant "Caramba, encore raté !" à chaque nouvel échec de leurs supers plans.

La coupe de cheveux & les lunettes suffisent à tout savoir de ce méchant tout nul.

De retour dans sa villa de Malibu, le bon Tony s’aperçoit que son intoxication au palladium est de plus en plus importante, sans compter que son réacteur consomme les cartouches de plus en plus vite. Tragique destin ! Il décide donc d’accepter cette fin si proche, et démissionne de son poste de président de Stark Industries pour y faire nommer Potts, son assistante. Il recrute donc une nouvelle donzelle pour la remplacer, et oh ? mais tiens, s’il engageait cette jeune fille qui vient d’entrer dans son bureau pour faire signer les papiers de transfert de Stark Industries ? Elle est belle, drôle, intelligente, juriste, ex-top modèle, championne d’arts martiaux, parle 15 langues vivantes plus moult mortes, le tout couramment, de quoi donner le tournis à Heinrich Schliemann. Et la donzelle se prénomme "Natasha".

Tony Stark a beau avoir un QI de 368, il ne voit rien de louche du tout dans ce CV (à commencer par le nom de prostituée de Léningrad tout en haut). C’est vrai qu’un curriculum long comme le bras parfait en tout domaine, ça n’a rien d’étrange ; et puis en plus, les gens avec des noms à consonance communiste ne sont jamais des espions dans les films américains. Jamais, j’insiste. Et là Tony Stark, arrives-tu à trouver la figure de style dans ce paragraphe ? Attention, elle est subtile. Zut, je viens de la refaire.

Bon, en tout cas, il est temps pour Tony Stark de profiter de ses derniers jours sur Terre ; où aller ? Visiter un amour de jeunesse ? En pèlerinage sur la tombe de ses parents ? Faire la tournée des copains ? Non : il va plutôt aller à Monaco, parce que c’est trop cool, et qu’on y trouve des voitures qui vont vavavoum. Ennuyé par la réception mondaine à laquelle il a été convié, le bon Tony a tôt fait d’aller sur le circuit de courses à quelques mètres de là pour en chasser un des pilotes de sa propre écurie afin de prendre sa place : Monsieur s’ennuie et a besoin d’adrénaline, une petite participation inopinée à un Grand Prix lui fera le plus grand bien. C’est aussi ce que je fais lorsque je m’ennuie, mais après deux gardes à vue pour "carjacking", j’avoue m’être quelque peu relâché sur ce hobby.

Hélas, c’est sans compter sur Boris le communiste qui a décidé de profiter de cette belle journée pour se déguiser en technicien de circuit ; comme il a lu le script du film, il a su que Tony Stark allait prendre la place d’un des pilotes de son écurie sur un coup de tête à quelques secondes du départ, et a donc préparé tout son plan en conséquence. Oui parce que sinon, il était impossible de deviner que notre héros allait faire ça, vu que lui-même ne l’avait pas prévu. Bon, et c’est quoi son plan d’ailleurs à notre Boris ? Et bien, il consiste à se rendre sur la piste de course et à se mettre torse nu pour faire hurler les filles du public tout en exhibant fièrement ses bretelles digne d’Iron Man, alimentées par un petit réacteur semblable à celui de l’ami Stark ; notre pendard dispose de plus d’une arme bien mystérieuse : il a une sorte de fouet à énergie qui produit de forts beaux éclairs dans chaque main et fait des figures d’écolières en cours de gymnastiques avec. Ainsi, quelques participants à la course qui passaient à sa portée voient leurs véhicules être purement et simplement mis en pièces par ces fantastiques armes. Notez que la police française, malgré le fait que l’homme soit torse-nu et en train de tenter de tuer des gens, n’intervient en aucune manière ; pourtant, une simple lacrymogène l’aurait déjà mis à mal, voire un coup de flashball ou de taser, éventuellement, une bonne balle de 9mm aurait pu stopper net les passions meurtrière de l’exhibitionniste malandrin. Mais non, le policier français préfère faire "Rohlalala, houuuu, dis-donc, pfouuu, attends on va rédiger un PV tu vas voir, attentat à la pudeur et port d’arme illégal, il va douiller". Merci amis fonctionnaires.

Avec cette tenue, même la police municipale peut vous maîtriser en quelques secondes

Tony Stark qui pilotait tranquillement son véhicule voit brusquement le temps s’arrêter dans un bruit de diapositive :

"Je roule de jour sur une voie prioritaire. Un piéton armé de fouets énergétiques se tient sur la chaussée."

A) Je ralentis.

B) J’utilise mon avertisseur sonore

C) Je contrôle mes rétroviseurs et je le dépasse après avoir enclenché mes clignoteurs gauche

D) Je prends un air étonné

Tony Stark choisit la réponse D et voit sa voiture être coupée en deux ; grâce à d’habiles techniques, il parvient cependant à s’extraire de son véhicule à temps, et à gagner suffisamment de temps pour que son garde du corps et Pepper Potts débarquent sur le circuit avec leur voiture de ville, roulent sur Boris (ce qui ne le tue pas, même coincé entre une voiture et un mur il se bat encore : il doit avoir de sacré abdos), et c’est finalement Tony qui voit ses deux amis lui remettre sa valise contenant son armure, qui doit s’équiper pour finir de casser la margoulette, à l’hystérique russe non sans mal. Une fois cela fait, deux CRS viennent récupérer le malfrat bien mal en point pour le mettre en prison. C’est gentil d’arriver maintenant les gars.

Une fois au trou, Boris reçoit une visite de Tony et bien que n’ayant pas dit un mot jusqu’alors, il se décide enfin à parler : il voulait faire du mal à Iron Man pour que les gens réalisent qu’il n’était pas immortel, tout ça, et donc que de plus en plus de gens s’attaquent à lui jusqu’à le faire choir. Oui alors Boris, si tu veux, il y avait plus simple : Tony Stark passe 95% de son temps hors de son armure ; il suffisait d’envoyer Mourad, ce fantastique tireur d’élite qui a su me débarrasser de mon ex femme avec panache, et pouf, plus de Tony Stark. Sinon, tu pouvais aussi le faire toi-même, c’eut coûté moins cher et été plus efficace que ton numéro de gymnaste chinoise sur le circuit de Monaco. En plus, il est tout pourri ton discours sur "Ahah, je ne voulais pas te tuer, juste te faire saigner" parce qu’on t’a bien vu il y a 5 minutes essayer de le tuer & co, c’est juste parce que l’ami Stark a utilisé moult esquives de ninja qu’il est encore vivant. Alors "Non non, je ne t’ai pas loupé, j’ai fait exprès de te rater, c’est différent", c’est nul comme excuse. Tu es tout simplement mauvais, hors de ma vue.

Boris explique aussi que s’il veut du mal à Tony, c’est parce que son père, qui travaillait avec Howard Stark, a été arnaqué & ruiné par ce dernier qui a profité de tous les bénéfices de ses recherches. Boris vient donc se venger de cette famille de voleurs de poules. Cette nouvelle perturbe un peu Tony, mais pas longtemps non plus. Son soviétique ennemi est rapidement jeté dans une sombre prison française, terrible punition s’il en est quand on connait les lieux ; Rachida Dati aurait bien affirmé le contraire comme à son habitude, mais elle n’était pas disponible pour le film, elle siégeait à Strasbourg. Non, je déconne hein. A Strasbourg, vous avez quand même plus de chances de croiser Iron Man que Rachida Da… ah, mais bon sang, est-ce que je vais arriver à me concentrer un peu sur mon sujet ?

Boris est donc en prison à ruminer sa vengeance : quand soudain un plan d’évasion impliquant un sosie, une pomme de terre, du C4 et quelques gardiens corrompus lui permet rapidement de retrouver la liberté sans même qu’il demande quoi que ce soit : c’est Justin Hammer, le fripon jaloux de Tony Stark qui l’a fait sortir pour profiter de ses immenses connaissances et lui proposer de se venger d’Iron Man une bonne fois pour toute. En tout cas, Justin invite pour commencer Boris dans sa principale usine et lui demande s’il ne voudrait pas rendre commercialisable ses prototypes encore très imparfaits d’armures de combat afin de les présenter à la Stark Expo et devancer notre gentil Tony sur son propre terrain; notre méchant accepte et se met aussitôt au travail.

En France, Boris a eu le temps de passer au Marais s’acheter des lunettes top glamour

A noter que si notre homme était si génial que cela, il faudrait aussi qu’il m’explique pourquoi il n’avait d’ores et déjà pas fait fortune avec ses inventions et ainsi payé des soins corrects à son père malade. Non parce que c’est gentil  de venir d’ex-URSS pour le venger, mais le sauver était aussi une idée à considérer. Enfin, moi je dis ça…

De son côté, Tony Stark profite de ce qu’il lui reste de vie en se murgeant la gueule en faisant de grosses teufs comme un vulgaire auditeur de Fun Radio ; hélas, un soir qu’il est particulièrement en forme pour enchaîner les conneries en s’imbibant de champomy, son vieil ami le colonel William Rhodes vient lui dire que bon, hein, ça suffit les conneries Iron Man, tu te donnes en spectacle, j’ai honte de toi. Mais comme le bon Tony se montre peu réceptif à ses arguments, Rhodes se rend dans sa cave (dont il a le code pour les jours où il s’ennuie), s’empare d’une des armures d’un modèle plus ancien, et retourne pleinement équipé dire à Tony que s’il n’arrête pas les conneries de suite, il lui éclate sa gueule.

Hélas, malgré cette phrase choc, Tony refuse, le combat commence, et au final, c’est la villa de Malibu qui finit avec la gueule amochée ; pour nos deux guerriers, c’est un ex-aequo ; léger avantage à Rhodes qui part avec l’armure qu’il a pris et va la livrer à l’armée américaine pour être améliorée. Sans compter que Rhodes, lui, n’a pas transformé son logis en champs de ruines dans l’affaire. Pensez toujours à vous battre chez autrui, c’est important. Et ne venez pas me contredire avec Sun Tsu, il n’avait aucune idée de ce que signifie "casser son écran plasma dans la confusion".

Tony Stark de son côté est bien embêté ; non seulement il a la gueule de bois, mais en plus on lui a volé une de ses armures. Boh, tant pis se dit il, de toute manière, je vais bientôt crever : au vu de ses prises de sang, il n’en a plus que pour quelques jours. C’est clair qu’elle a l’air de te faire souffrir ta maladie : tu pètes la forme, tu fais des teufs d’enfer tu te bats… nan, on le sent bien que tu as une maladie mortelle qui progresse de jour en jour et qui te condamne à ne pas voir la semaine qui vient. Pour un mourant, ça a l’air d’aller bien ; c’est une maladie qui commence à faire du mal quand en fait ?

Mais ne commence pas à broyer du noir petit Tony, car voici venir Nick Fury, le … heu… le chef de l’association des gentils super héros, ou un truc du genre, le SHIELD. Et devine ce qu’il vient t’annoncer ? Que non seulement il sait ce que tu as comme maladie, mais en plus il a un sérum qui en fait disparaître tous les symptômes en quelques secondes (efficace, d’ailleurs le seul symptôme c’est une sorte de tatouage géant de circuit imprimé). Et devine l’autre nouvelle ? Figure toi que tu sais, ta nouvelle assistance, Natasha ? Et bien en fait, c’est un des agents spéciaux de Nick Fury. Ahah, tu ne t’attendais pas à apprendre qu’en fait c’était une espionne, pas vrai Tony ? C’est vrai qu’on ne l’a pas vu venir. Bon, en tout cas, Nick Fury (même mon chien mériterait un meilleur nom) propose à Tony une issue à la crise : il lui donne un peu de sérum contre sa maladie, et en échange, Tony travaille dur à trouver une véritable solution alternative au palladium pour son réacteur pectoral. Ah oui, c’est bien comme marché ça "Tiens Tony, je te donne 100 balles, et en échange, je te donne un mars". Je ne sais pas quelles études a fait Nick Fury, mais HEC me parait hors de propos.

Avant de partir, Nick Fury parle aussi un peu de  papa Stark à Tony, et lui donne même des documents sur lui à étudier, des fois que ça serve (hmmm je pense que ça va servir). Il explique aussi qu’Howard Stark n’a jamais arnaqué le père de Boris : c’est surtout ce dernier qui a merdé et a tenté de faire un peu d’espionnage et a donc été renvoyé en URSS. Oui, ou alors Nick, j’ai aussi une autre théorie : Howard Stark était Mac Carthyste et s’est fait un malin plaisir d’exploiter un "rouge" avant de le renvoyer au paradis des travailleurs.  Peut-être même que lui et ses amis brûlaient des croix en flamme dans les pelouses d’autres communistes supposés. Mais bon, elle est bien aussi ton analyse Nick. Mais garde là pour toi s’il te plaît.

Samuel L. Jackson à l’annonce du nom de son personnage

Tony se met donc au travail, et regarde en boucle les travaux de son père. Parmi ceux-ci, il trouve des vidéos où il réalise que son père était plus sympathique qu’il ne le pensait ; il constate aussi que son père aime répéter des phrases toutes les 15 secondes comme "Tony si un jour tu regardes ce film, sache que la clé de l’avenir est dans cette ville ! – dit il en montrant une maquette – dans cette ville ! Je répète Tony, si un jour tu as besoin, la solution est LA ! LA ! Regarde bordel, LA ! Tiens, je vais faire des clins d’œil en même temps pour être sûr que tu comprennes !"

Mais Tony ne comprend pas, car tout cela est trop subtil, malgré son intelligence hors-norme. Il se demande où son père aurait pu glisser quelques travaux qui lui seraient utiles dans sa quête d’une solution au palladium… Ce n’est qu’après de longues heures de visionnage qu’il commence à se dire que hmmm, dis-donc, peut-être que mon père a caché quelque chose dans cette maquette de ville ? Ni une ni deux, notre héros va récupérer la maquette (qui malgré les années, a gentiment attendu dans un bureau que l’on vienne s’occuper d’elle), et en l’analysant avec son super ordinateur à scanner laser, il découvre qu’en ne gardant que certains éléments de la maquette et en les remettant dans une nouvelle perspective que ceux-ci forment en réalité un nouvel élément encore inexistant dans le tableau de Mendeleïev.

Mais oui, c’est logique ; Howard Stark s’est dit un matin "Tiens, si je faisais un film des fois que je meure dans un accident de voiture dans lequel j’annonce à mon gosse que j’ai caché les plans d’un élément révolutionnaire dans une pauvre maquette, des fois que ça lui serve dans 30 ans ?" ; va savoir comment il a découvert l’élément en question sachant que ce n’est pas du tout son métier, et quand bien même, pourquoi il ne l’a pas exploité et commercialisé (ou du moins breveté) parce que bon, là par contre c’est exactement son métier ; il ne faut pas chercher. Et figurez-vous que mieux encore, l’élément en question est pile poil ce dont son fils a besoin ! Car évidemment, Howard Stark avait non seulement prévu que son fils se prendrait une roquette en Afghanistant qui l’obligerait à avoir un réacteur collé au thorax, mais en plus avait d’ores et déjà deviné que ce réacteur au palladium poserait des problèmes à son organisme et qu’il aurait un jour besoin d’un nouvel élément pour rectifier le problème. Du coup, il a inventé cet élément à l’avance. Quel homme. Oh, et évidemment, il prévoyait aussi que son fils disposerait d’un ordinateur à scanner laser gneugneugneu ultra-moderne qui pourrait parfaitement décoder les plans de sa maquette. Formidable, quel visionnaire. Sinon papa Stark, t’as pas les numéros des 12 prochains euromillions ?

A ce moment du récit, je n’étonne plus personne en annonçant que Tony Stark n’a besoin que d’un marteau et de trois gouttières pour créer un accélérateur de particules en quelques heures, lui permettant de générer le nouvel élément dont il avait besoin ; aussitôt celui-ci produit, il l’insère dans son petit réacteur et… oh ! miracle ! Non seulement ça marche, mais en plus, c’est encore plus puissant qu’avant ! Ça tombe bien quand même.

Ne demandez pas à Papa Stark combien de temps il lui a fallu pour planquer une formule dans une maquette en carton quand il aurait juste pu planquer un papier.

Au même moment, à la Stark Expo, des milliers de gens se pressent pour découvrir la nouvelle révolution de l’armement annoncée par Justin Hammer. Oui, apparemment, c’est tout à fait naturel d’avoir de la musique, une scène et de faire des pas de danse "cools" pour venir présenter sa nouvelle arme de guerre.  Bon. Tiens, d’ailleurs, les industries Starks n’étaient elles pas censées ne plus produire d’armes ? Mais elles acceptent quand même les vendeurs d’armes qui les détestent en une de leurs "shows" sur leur propre territoire ? Décidément. Bon, ne nous attardons pas, c’est quoi la petite révolution de Hammer Industries ? Deux choses :

- Des armures de guerre à la Iron Man, en nombre et pilotées par des drones, le tout programmé par Boris (qui prétend qu’elles ne sont pas encore capable de combattre, mais qu’elles seront bonnes pour parader à la Stark Expo dans l’immédiat) ; bref, l’idéal pour les guerres futures.

- Le colonel Rhodes et l’armure qu’il a soufflé à Iron Man, repeinte en noir avec des kilos d’armes supplémentaires greffées par-dessus fournies par Hammer Industries là encore. Un nouveau héros, quoi, mais fonctionnaire cette fois.

Hélas, les festivités sont de courte durée pour Hammer, puisqu’Iron Man vient demander ce que c’est que ce bordel et toutes ces armures. La réponse vient hélas bien plus vite que prévu : Boris le communiste a menti : les armures sont parfaitement aptes à combattre, et pilotées par lui-même derrière son petit ordinateur bien caché dans un laboratoire de Hammer Industries. Il a même réussi à pirater l’armure de Rhodes pour la contrôler, et envoie donc tous les drones commencer à raser la Stark Expo et/ou tenter de tuer Iron Man.

Hammer est évidemment un peu paniqué par tout ce bordel ; ça lui fait de la mauvaise publicité de présenter des drones qui attaquent le public de l’exposition. Aussi, plutôt que d’envoyer tous les agents de sécurité du site où se cache Boris pour lui casser sa gueule (puisqu’il sait où il se cache : c’est lui même qui lui a proposé la planque), il demande à Jean-Jacques l’informaticien qui passait par là de tenter de reprendre le contrôle des drones. C’est évidemment un échec cuisant. Et je vais vous surprendre, je sais, mais il en va de même avec la tentative de meurtre des drones sur Iron Man : ils échouent tous, tués tant par Tony et son armure alimentée par son nouveau cœur fort puissant que par Rhodes et la sienne dont il a réussi à reprendre le contrôle. Oui d’ailleurs, je vous passe la scène où Natasha la coquinette en tenue moulante va tenter de stopper Boris chez Hammer Industries, et massacre tous les agents de sécurité (comme quoi, il y en avait pléthore de disponibles) à grands coups de prises & poses racoleuses. Évidemment, aucun agent de sécurité n’a l’idée idiote de lui tirer dessus. Non, à la place, tous essaient de voir qui est le plus fort au judo entre elle et eux.

Au secours, ce film est affreusement nul.

Cette pose de combat ridicule me rappelle Twilight. C’est dire.

Mais ça ne s’arrête pas là : figurez-vous que Boris a réussi à s’enfuir avec une armure de combat qu’il s’était spécialement conçue, avec à nouveau des fouets énergétiques & co (cet homme doit aimer le cuir ; autant de fouets, ce n’est pas normal), et il se rend donc à la Stark Expo pour en finir avec son ennemi juré. Hélas, c’est bien dommage, il perd (ah, mais quel con : il avait lu le script au début du film, il aurait du savoir qu’il était le méchant et ne pouvait donc pas gagner). A noter qu’il vient une fois encore essayer de tuer Tony Stark, tout comme il a essayé de le faire avec ses drones quelques minutes auparavant ; ce n’est pourtant pas le mec qui au début du film expliquait qu’il voulait juste "faire saigner" Iron Man ? Ma théorie était donc la bonne : il racontait juste n’importe quoi car il était trop nul pour réussir à le tuer. Théorie confirmée par le fait que Boris est mauvais perdant : il dispose sur lui d’un bouton qui lance l’auto-destruction de toutes les épaves de drones disséminées ça et là dans la Stark Expo après avoir été vaincus par Iron Man ; ce dernier se lance donc à toute vitesse vers la position de Pepper Potts, sa copine, afin de la sauver du cataclysme.

Oui, il a le temps, car évidemment c’est une de ces fameuses auto-destruction qui font "ATTENTION, AUTO-DESTRUCTION", suivi de gros "bip-bip" pour bien informer le héros du temps qu’il a pour agir, pas le truc bien instantané et fourbe qui prend par surprise. Les kamikazes, eux, on compris ça depuis 70 ans, du Japon à l’Afghanistan, les scénaristes toujours pas. Bon accessoirement les dizaines de civils à côté d’autres drones prêts à exploser, Tony s’en tape cordialement, lui va juste sauver Potts. Et pour une bonne raison : ils n’ont pas le même petit derrière, les autres prolétaires ; aussi, une fois qu’il a sauvé la présidente de Stark Industries, il la dépose romantiquement sur un toit, la bisoute, l’entend dire qu’elle démissionne, lui avoue qu’il était mourant et que c’est pour ça qu’il faisait n’importe quoi, et reprend la présidence de sa boîte et ses responsabilités. Oui tout ça en quelques secondes, il enchaîne, le budget pour clore le film était serré.

Pour terminer, il est décoré par les Etats-Unis ainsi que son ami Rhodes,  et ce par le sénateur Bob histoire qu’il l’humilie un peu et lui montre qui est le vrai héros de la vraie Amérique des vrais américains, celle qui lutte contre les anciens communistes revanchards qui se plaignent qu’on les exploite.

Et… FIN.

Pour conclure, je citerais une jeune fille dont j’ai lu l’avis sur le sujet : "Robert Downey Jr contre Mickey Rourke : Iron Man II, mieux qu’un orgasme".

Mademoiselle, si votre plaisir sexuel se limite à si peu, vous devez régulièrement confondre "jouir" et "péter".