Comme chaque année à la même saison, voici revenir notre bon ami, le baccalauréat.

Sujet passionnant pour des centaines de journalistes qui meubleront leurs journaux de corrections des sujets de philosophie, ou de micros-trottoirs  à la sortie d’un quelconque lycée parisien afin de savoir si Bianca a ressenti du stress avant l’épreuve, à quelle heure Kévin est sorti, et ce que Gudule pense de ce qu’il fallait répondre, c’est accessoirement l’un des grands moments de la vie du petit Français scolarisé, qui par cette épreuve, en finit avec une bonne partie de son parcours scolaire, et peut donc commencer à s’adonner à d’autres activités, comme par exemple, s’inscrire à la fac pour y sécher les cours ou se planter un tournevis dans l’oreille pour enfin pouvoir devenir suppléant de Nadine Morano.

La chose n’étant cependant peut-être pas évidente pour les passants et passantes sur ce blog venant de par-delà les mers, permettez-moi de vous présenter ce qu’est la chose que l’on nomme "baccalauréat" plus en détails, particulièrement sa place dans le parcours scolaire du jeune fripon étudiant en France.

Lorsque le petit Français naît, tout le monde est content : sa famille est couverte de présents, moult courriers partent pour informer le monde de l’arrivée de Théo/Léo/Enzo/Matthéo parmi nous, et les fabricants de jouets moches se tapent dans les mains hilares ; bref, le pays va bien. Cependant, rapidement, les parents du petit Français réalisent que ce dernier est un peu lourd : il braille en permanence, consomme deux fois son poids en lait, et semble capable de transformer sa chambre fleurie en cloaque du 7e cercle de l’enfer par le seul pouvoir de ses méphitiques déjections. Aussi, vers ses 3 ans, l’enfant est envoyé à l’école maternelle pour tenter de le civiliser un peu, voire de le laisser user de son bavard rectum en d’autres lieux.

D’une durée de 3 ans, l’école maternelle vise à apprendre au petit Français la vie en communauté : grâce à un système de "rituels" matinaux, on permet à l’enfant d’apprendre à apprendre : s’organiser, écouter, éviter de péter la gueule à ses petits camarades à l’aide d’un boudin en pâte à sel pour lui chourer ses BN, autant de compétences qui viendront se mêler à quelques bases comme par exemple, savoir reconnaître son prénom à l’écrit, faire un peu de sport, ou plus prosaïquement, réaliser un collier pour la fête des mères si lourd qu’il permettra de lester sa génitrice le jour où il y aura besoin de toucher l’héritage.

en Afrique, on a pas de pâte à sel, mais on a des idées

Sitôt cela fait, généralement en 3 ans, l’enfant est envoyé vers un nouveau lieu enchanteur : l’école primaire. D’une durée de 5 ans, c’est à cette période que le marmot apprend à lire, écrire, compter, retenir une leçon ou un poème, reconnaître son pays sur une carte et délimiter ses frontières afin de savoir où s’arrête le doux royaume qui est le sien, et où commencent les terres des étrangers qui, avouons-le, sont quand même une sacrée bande de judéo-muslimo-maçons (ne biffez rien, c’est une combinaison gagnante). Il découvre aussi les filles, mais uniquement parce que c’est rigolo de leur tirer les couettes pendant qu’elles jouent à l’élastique.

Vers ses 11 ans, donc, le petit Français subit la plus grande déception de sa vie : alors qu’il attend avec impatience qu’un grand monsieur barbu vienne le trouver le jour de son anniversaire pour lui annoncer qu’il est un sorcier et qu’il va l’emmener dans une nouvelle école pour apprendre la magie (ce qui arrivera, mais uniquement par le biais d’un pédophile lettré), on lui annonce que sa nouvelle école s’appelle plus probablement Jules Ferry que Poudlard ou Beaubâton, et qu’à défaut d’y apprendre la magie, il y apprendra plutôt à reconnaître un triangle isocèle, ce qui est un peu moins impressionnant qu’une boule de feu, mais peut quand même servir de sort de sommeil de zone. Mais surtout, le pré-adolescent découvre un phénomène étrange : les filles se mettent à faire une tête de plus que lui (temporairement, qu’il se rassure, il pourra à nouveau les battre comme plâtre prochainement), et de mystérieuses choses leur arrivent, qui font que notre marmot a de moins en moins envie de leur tirer les couettes, et de plus en plus envie de savoir ce qu’il se passe sous leurs pulls ; d’ailleurs, cette simple idée provoque chez cet être de curieux phénomènes qui feront râler maman au moment de laver ses slips, mais passons. Car après 4 ans de ce traitement, le petit Français s’apprête à passer sa première grande épreuve : le brevet des collèges, sorte de gros contrôle se rapprochant plus de la blague que de l’examen.

Une fois celui-ci validé, il peut donc poursuivre son chemin et se rendre…

Au lycée. D’une durée de 3 ans, celui-ci propose aux élèves de plus ou moins se spécialiser, même si leur intérêt du moment est toujours de savoir ce qu’il se passe dans les vêtements des damoiselles, de fumer des pétards, et de se saouler à la vodka-Red Bull parce que la vodka toute seule, ça pique et c’est pas bon, alors il faut mettre du goût bonbon dedans. Après avoir choisi une simili-spécialisation, l’élève doit donc se présenter en salle d’examen pour y passer, au mois de juin, l’épreuve du baccalauréat.

Mais alors, qu’est-ce donc, le baccalauréat ?

Pour beaucoup, le baccalauréat, c’est un peu l’annonce de la fin de la scolarité "classique", l’épreuve qui sanctionne la réussite du lycée et permet d’enfin sortir de celui-ci pour se rendre à la fac, et commencer à étudier le sujet que l’on préfère, comme par exemple, la philosophie, afin de pouvoir occuper son temps une fois au chômage ou mettre des statuts pédants sur Facebook. Et c’est surtout un diplôme, ce qui donne l’occasion de recevoir une bonne accolade en famille, puis d’aller courir nu autour d’un barbecue fait de cours d’histoire-géographie (ce qui est très mal comme chacun sait, puisque si lorsque l’on dit "Je ne crois pas aux fées", l’une d’entre elles meurt, lorsque l’on déclare "L’histoire-géo ça ne sert à rien", un nouveau Steevy Boulay naît). Toute proposition de réforme dudit diplôme, désormais obtenu par plus de 73% de la population, fait donc descendre dans la rue des hordes de lycéen, parfois syndiqués (qui a rigolé ?) qui hurlent que l’on "dévalorise leur diplôme", que cela va "affecter la qualité de celui-ci", quand d’autres voix leur répondent qu’il faut "revoir le niveau du bac, qui n’a de cesse de baisser" ou à l’inverse "qu’il faut organiser des cérémonies de remises de médailles pour les jeunes lauréats", comme cela se fait dans certaines communes.

Bref, en un mot comme en cent : en France, le baccalauréat est une institution, et gare à celui qui osera toucher à ce précieux sésame !

Sauf que, si nous voulions être plus honnêtes, nous pourrions reformuler la chose ainsi : "le bac est un étron fumant fait papier".

Un élève trichant en tentant de faire celui qui ne regarde pas l’ordinateur qu’il a subtilement placé dans un endroit discret

Journalistes faisant jusqu’à 10 reportages par jour sur le sujet, lycéens défendant la valeur de la chose ou personnes soucieuses de la valeur tant éducative que symbolique du bac, merci de bien vouloir brûler pour l’éternité dans les flammes d’un four à pizza (l’Enfer a un peu trop de panache pour vous).

Et pour argumenter quelque peu mon propos, permettez-moi de citer le site du ministère de l’éducation lui-même, qui nous dit ceci :

Le baccalauréat  sanctionne la fin des études secondaires et ouvre l’accès à l’enseignement supérieur. Il est le premier grade universitaire.

 Et…

C’est tout. Vous pouvez circuler.

Non, amis des débats pourris pouvant douter plusieurs semaines, un simple apprentissage de la lecture vous l’aurait appris:  le baccalauréat n’a pas une "valeur" dont tout le monde parle le temps de quelques débats, hurlant à la baisse future ou présente de celle-ci, en fait, il n’en a tout simplement pas du tout. Et c’est le ministère de l’éducation qui le dit, pourtant guère connu pour s’en prendre à lui-même. Le baccalauréat ne confère aucune compétence, aucune reconnaissance de savoirs particuliers, il est tout simplement un papier officiel reconnaissant que… rien.

"Mais siiiii, il reconnait au moins que vous maîtrisez les programmes enseignés au lycée !", me dira t-on.

Mais même pas, puisqu’il est possible de passer le diplôme sans même passer par le lycée. Et donc de passer l’examen sans maîtriser les savoirs allant avec. Vous pourriez remplacer toutes les épreuves par un concours de strangulation de chats, ça aurait exactement la même "valeur", à savoir, aucune, les instructions officielles actuelles s’assurant avec sévérité que l’on fasse bien attention à ne reconnaître aucune compétence avec le bac. Ainsi, et je suis désolé de révéler la chose au triste monde n’ayant pas connu les entrailles maudites de l’éducation nationale, il faut savoir que :

  • le bac est probablement l’un des rares diplômes au monde où l’on fixe les résultats avant de le soumettre aux étudiants : un discret courrier aux établissements demande généralement quelques semaines avant l’examen de se débrouiller pour arriver au minimum à tel pourcentage de réussite, parce que ça fera tellement plaisir à Monsieur et Madame Michu de voir leur fils diplômé
  • le bac est probablement l’un des rares diplômes au monde où, lorsqu’un enseignant en corrigeant n’atteint pas une certaine moyenne dans ses copies, on lui explique que c’est lui le nul, pas ceux qu’il a corrigé, et qu’il doit donc se débrouiller pour inventer des points imaginaires jusqu’à atteindre un certain seuil
  • le bac est probablement l’un des rares diplômes au monde où l’on ne demande pas obligatoirement à des élèves de savoir vaguement lire et écrire le français : ils peuvent être de formidables astroquiches, on considère que c’est normal (l’élève lui-même se révolte souvent contre les conventions orthographiques et grammaticales, à base de "Vazy c’et bon on conpran c’que j’dit lache la fère !")
  • le bac est probablement l’un des rares diplômes au monde où l’on ajoute tellement de points aux élèves pour un oui ou pour un non qu’il y a chaque année des lauréats obtenant une moyenne supérieure à 20, ce qui est techniquement intéressant quand on se présente officiellement comme un diplôme sérieux

Dernier point essentiel donc, puisque le bac ne reconnait aucune compétence particulière, avoir le bac signifie tout simplement que… l’on a le bac.

La chose est si dramatique qu’elle en est admise dans le subconscient collectif : demandez à un employeur pourquoi il a besoin d’une personne avec le bac (autre qu’une filière professionnelle) puisque ce diplôme est généralement requis plutôt que d’une avec le brevet des collèges, dans la plupart des cas, elle s’avérera bien incapable de répondre, puisqu’incapable de pouvoir désigner une compétence particulière qui ne serait présente que dans le programme du lycée et dont il aurait bien besoin.

"T1 G loopé le bak franC Chaipa pourkoa ! La raje !"

Bon alors mettons, il sanctionne la fin des études secondaires avec du rien saupoudré d’un poil de non-sens, mais alors, au moins, c’est le premier grade universitaire, non ?

Et bien même pas : car si la chose était avérée, on pourrait donc supposer qu’il s’agisse là d’un diplôme certifiant que son possesseur est prêt à suivre des cours à l’université, mais non ; car pour ceux qui ne le sauraient pas depuis quelques années maintenant, nombreuses sont les facultés, dans certaines filières, à commencer l’année… par des cours de français, tant on est pas sûr qu’un possesseur du premier grade universitaire de France maîtrise un minimum la langue du pays. Assez symbolique.

Pour la petite histoire, sachez que certaines facultés ont eu la joie d’en revenir à la distinction entre "et" et "est" dans leurs cours, certains bacheliers ne sachant pas la faire.

Et pas par étourderie, non. Vraiment.

Bref : en fait, le bac ne valide rien, ne prépare à rien, et a une a une valeur très exactement nulle.

A part dans l’imaginaire collectif, ce qui, traduit autrement, signifie que l’on fait stresser des marmots durant des semaines, pourrit le journal télévisé (quoique, en général, il n’y a pas besoin du bac pour le coup pour que le niveau y soit pas), oblige des lycéennes à s’asseoir dans des couloirs en lisant leurs "fiches" (comme déjà évoqué ici, chez la lycéenne, cela signifie "Mon cours écrit en plus petit et avec du fluo") en jurant devant tous les passants qu’elles n’arriveront jamais à savoir tout ça, pour très exactement du vent. A part faire tourner quelques boites de bachotage, ce qui certes encourage l’économie, mais probablement moins que le budget investi dans l’organisation des épreuves, et qui s’avère en général assez conséquent, même si au final, tant que l’on n’aura pas donné une télécommande à chaque enseignant surveillant l’épreuve permettant de faire tirer un satellite en orbite pour qu’il envoie un coup de canon à ions sur l’Iphone discrètement caché sous sa table de Jean-Kévin, on ne mettra jamais assez dans la lutte contre la triche.

Ou à la limite, juste un intérimaire Tchétchène avec une batte à la porte de chaque salle. Je suis sûr que ça marcherait bien.

Rappelons d’ailleurs, en parlant de triche, qu’il est soigneusement rappelé aux surveillants de l’épreuve qu’à part s’ils surprennent Eudes-François avec les réponses tatouées sur son dos parce qu’il avait trouvé l’idée trop géniale après avoir regardé Prison Break (il a donc désormais la liste des verbes irréguliers quelque part au-dessus de son rectum), ou autre preuve formelle qui ne nécessite pas un épisode entier des Experts pour confirmer ce que le surveillant prétend avoir vu, il vaut mieux pour eux dire qu’ils n’ont rien vu. Sinon s’enclenche toute une procédure particulièrement lourde qui s’achève généralement par un procès intenté par les parents dudit Eudes-François qui ne peuvent imaginer que leur Choubidou puisse avoir triché (la preuve, les réponses étaient dans son dos, ce qui prouve qu’il était de bonne foi ou alors juste particulièrement con, mais les lois de l’ADN poussent ses géniteurs à supposer qu’il s’agit de la première solution quand ils sont eux-mêmes victimes de la seconde), et finissent donc généralement par gagner. A moins, bien sûr, que le canon à ions en orbite n’ait raté l’Iphone du brigand et n’ait transformé le vil tricheur en pulpe sanglante, auquel cas, tout va bien. Mieux, même dirais-je.

On pourrait donc résumer la chose ainsi : le baccalauréat en France est une chose si mauvaise que le diplôme a non seulement une valeur nulle, mais qu’en plus l’épreuve en elle-même frise le ridicule.

Aussi, si je voulais conclure (ça m’arrive, parfois), je dirais :

Bon courage à vous, lecteurs et lectrices, qui allez supporter les insupportables babillages à venir sur le baccalauréat à la télévision, à la radio et dans les journaux : soyez forts.

Bon courage à vous, enseignants et enseignantes, qui allez surveiller et corriger des copies qui vous feront saigner des yeux, mais sur lesquelles il faudra inventer des points pour simuler la réussite intellectuelle auprès d’une huître anthropomorphe

Et surtout, bon courage à vous, lycéens et lycéennes, qui allez réviser, perdre du temps, stresser et perdre plusieurs heures à user encre et papier pour un résultat parfaitement inutile.

Un indice tout de même sur le sujet de philosophie qui ne tombera pas encore cette année :

"Sachant que ce diplôme ne sert à rien à part jouer avec les nerfs des candidats qui ignorent pourquoi ils le passent, expliquez pourquoi on n’affecte pas le budget d’icelui à d’autres urgences éducatives, comme par exemple la castration chimique des collégiens ?"

Vous avez 4 heures.

"Sam, Sam !"

L’homme en costume éponge d’un geste pataud la sueur qui barre son front, jetant un coup d’oeil discret vers la piscine à côté de lui dont l’eau claire semble l’appeler plus sûrement que la sirène le marin. Mais les rafraîchissements attendront : dans l’immédiat, il se dirige en soufflant vers le type dans la chaise longue occupé à bronzer sous le soleil de Californie ; arrivé à son niveau, il lui tend un paquet de feuillets déformés là où ses doigts poisseux se sont posés.

"Sam, nouveau rôle pour toi ! Lis-moi ce script, tu vas a-do-rer."

Ouvrant un oeil, Sam Worthington se redresse en réajustant son caleçon de bain kaki, puis attrape les papiers d’un geste sec avant de se plonger dans leur lecture en prononçant chaque syllabe avec difficulté.

"A… va… teur… tar ? C’est un gros mot ?"

L’homme en costume plie ses sourcils en accent circonflexe, avant de tenter une réponse, habitué à ce genre de commentaire de la part de son client.

"Non, c’est une sorte de… heu… incarnation. 
- Comme les ongles ?
- Non, non Sam, pas exactement. Bon, laisse tomber, je t’explique : James Cameron prépare un nouveau gros film.
- Avec des ‘splosions ?
- Heu… non, non. En fait, ce serait une fable écologique ; c’est l’histoire d’un physicien en fauteuil roulant qui, un jour, est envoyé dans une colonie terrienne, sur une planète exploitée pour son minerai. Mais en fait, sur place, il y a de grands indigè… de grands indiens bleus de trois mètres, et le physicien devient leur ami et fait tout pour convaincre les terriens d’arrêter leur folie. Tu vois ? C’est sympa, ça pourrait te sortir de ton image d’acteur… disons, bourrin. En tant qu’agent, j’ai déjà déposé ta candidature pour ce film, et Cameron te veut pour le rôle ! Il ne veut que toi, il dit que tu as exactement le visage du personnage qu’il imaginait !
- Non, c’est nul.
- Que… quoi ? Mais enfin ? James Cameron ! Et un synopsis intéressant, regarde un peu, merde !
- Naaan… nan, tu vois, moi je dis, ça va pas intéresser les gens. En fait, le héros, il devrait pas être physicien mais G.I
- Mais tu ne joues QUE des G.I, arrête ! Le grand raid ! Mission évasion ! Tes petits rôles dans des séries ! Stop !
- Et le G.I, en fait, il serait tellement fort qu’il prendrait le contrôle d’un des machins bleus, là. Et ensuite avec, il péterait la gueule de tous ceux qui le feraient chier, comme ça, spleuh. Et pis ça se passerait dans une jungle façon Vietnam, avec des méchants qui larguent du napalm. Mais je leur mettrais des coups de boule, parce que je serais un G.I avec des balls grosses comme des pastèques. Même que je pourrais chevaucher un putain de dragon, comme ça je l’attrape, tac-tac, j’lui mets sa race. Et puis il y aurait une princesse, pour que je puisse baisouiller à la fin. Et aussi plein de grosses explosions partout, et pis des robots géants, tiens. Rappelle Cameron, dis-lui que c’est ça ou rien.
- Sam, je t’en conjure ! Je ne peux pas faire ça ! Il faut que tu…
- Au boulot. T’es mon agent, Tom, alors obéis. 
- Ok, ok Sam… je pense que Cameron refusera tu sais, il n’est quand même pas assez niais pour accepter un truc pareil, mais c’est ta carrière, hein, tu fais ce que tu veux. Bon, je t’ai aussi amené le script d’un autre film. L’histoire de l’enfant d’un dieu grec qui découvre ses origines, et s’ensuit toute une réflexion sur la religion.
- Nan, tu sais quoi ? Le héros, ce devrait être un guerrier. Et alors à un moment, les dieux, ils s’opposent à lui, mais là, schpleuh, il les marrave. Alors ils lui envoient des heu… des bestioles géantes, mais là, paf, il leur éclate la gueule, et pis à un moment, il y a un monstre – géant aussi -, et je le défonce. Pis, si ya une princesse, ce serait cool, parce que à la fin, je baiserais bien. Tiens, rappelle-les aussi, propose leur mon idée. Raah, je devrais être scénariste."

Tom reprit la pile de papiers qu’il avait amené, puis s’en alla en direction de la sortie de la villa en quête de sa voiture. Sitôt dedans, il éclata en sanglots, peu avant de déclencher son airbag en se frappant la tête contre le volant, son habitacle peinant à étouffer les insanités qu’il hurlait. Pour tout dire, Tom était un peu fatigué.

Sam réussira t-il à jouer un rôle autre qu’un G.I ? Tom sortira t-il de dépression ? Le pitch proposé par ce dernier a t-il été accepté ? Et si oui, était-ce pour "Le Choc des Titans" ou "La Colère des Titans" ? Attention, ce dernier point n’est pas bien facile à déterminer.

Mais pour vous aider dans votre quête de réponses : spoilons, mes bons !

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L'affiche : d'entrée de jeu, on note que le héros ne sait pas de quel côté on utilise un trident. C'est prometteur

Notre film s’ouvre sur des gravures, dans lesquelles on peut voir Persée tapant sur la gueule de moult malandrins : il s’agit du résumé de l’épisode précédent, avec pour l’expliquer la douce voix off – mais suave – de Zeus, maître de l’Olympe. Souvenez-vous : les humains ne priaient plus les dieux et ne croyaient plus en eux, ce qui est très vilain ; la chose affectant leurs pouvoirs, les dieux, aveuglés tant par leur colère que par le kitsch de leurs costumes, déchaînèrent leurs forces afin de terroriser les hommes. Mais Persée, fils de Zeus et d’une humaine, qui n’avait pas grand chose à voir avec la choucroute, n’apprécia guère d’être ainsi ennuyé, et décida de bourrer tout ce qui passait, qu’il s’agisse de scorpions géants, de méduses, de krakens ou de prêtresses Io. Cependant, et malgré ses penchants zoophiles, ce ne fut que dans ce dernier cas que Persée s’installa dans une relation.

Après ces évènements, notre héros décida de se retirer afin de reprendre sa vie de pêcheur, malgré l’offre que Zeus lui avait fait de vivre dans son turbo-palais, tant sentir le vieux thon et chopper le scorbut paraissait plus intéressant que se cuiter à l’ambroisie entre quelques divins édifices de l’Olympe. Il est comme ça, Persée, simplet. Hélas, la vie n’a pas été tendre avec le bon demi-dieu : s’il a eu un fils, Hélios (un quart de dieu, donc), avec Io, cette dernière n’a pas survécu à l’accouchement (c’est ça de copuler avec des demi-dieux ; d’où l’expression "avoir les yeux plus gros que le ventre"), faisant de notre loulou un veuf inconsolable (mais pas trop, vous l’imaginez bien). Il a par ailleurs promis à feu sa femme qu’il ne se "séparerait jamais de son fils", ce qui est particulièrement con, à moins qu’elle n’ait voulu l’empêcher de l’abandonner sur une aire d’autoroute, et aussi qu’il n’en ferait jamais un homme de guerre. En tout cas, vu la première partie de la promesse, j’en connais un qui va avoir une vie amoureuse difficile ("Je peux rester pour regarder ? J’ai promis à ta mère de ne jamais te laisser"), mais passons.

Persée veille donc désormais sur son jeune fils, âgé d’une douzaine d’année, à qui il apprend chaque jour comment vivre comme un honnête pêcheur (comprendre : ravager des préfectures en demandant des subventions européennes). Pour illustrer ce nouveau mode de vie, notre héros a donc désormais les cheveux longs au lieu de son crâne rasé, exactement comme un certain John Rambo.

Mais un soir, alors qu’il rentre dans sa demeure faite de bois, de cailloux et de morve telle celle du castor joyeux, Persée tombe nez à nez avec un vieux barbu en tenue chatoyante au chevet d’Hélios endormi : Zeus ! Qui explique venir régulièrement "voir son petit fils dans ses rêves". Pauvre gamin, encore une fois, papy qui débarque au beau milieu de ses rêves érotiques, voilà qui devrait intéresser son psy.

Laissant cela de côté, Zeus explique à son fils le but de sa visite : aujourd’hui, il n’est pas venu lâcher un gros kraken sur le voisinage (il utilise cette expression pour mal d’activités, dont certaines à connotation scatophile : c’est un garçon dur à suivre), non, il est plutôt venu chercher de l’aide.

"Persée, mon fils ! Tu le sais : les hommes ne prient plus les dieux. Nous perdons nos pouvoirs… et les murs du Tartare, la prison souterraine des titans, commencent à s’effondrer ! Leurs monstres s’en échappent, ravageant le monde, mais bientôt, ils seront légion ; et lorsque le dernier mur sera tombé, alors se dressera Kronos, mon père, et rien ni personne ne pourra l’arrêter. Mais si nous agissons maintenant ensemble, dieux et demi-dieux unis, alors, nous pourrons stopper cette apocalypse ! Comprends-tu Persée ? Le monde a besoin de toi.
- …
- Persée ?
- Mon colonel…
- Je… Persée, je… – psssst… Sam ! Ton texte !
- Hein ? Mon colonel, c’est pas ma guerre. Je vis en paix avec les pêcheurs maintenant, j’ai les cheveux longs et tout, beuaaaar. Je peux pas venir t’aider à heu… tuer les heu… les trucs souterrains… les tunnels vietcongs là… désolé mon colonel. 
- Hem, heu… ouiiiii Persée, d’accord, je comprends : tu préfères rester avec ton fils car tu l’as promis à Io, c’est ça que tu voulais dire en fait, voilà voilà. Soit, je disparais alors, le Tartare m’attend !"
  

Et dans un éclair pétaradant, Zeus disparaît (ce qui ne réveille pas Hélios, pourtant à un mètre : ce gamin doit être sourd, et si ce n’était pas le cas, maintenant, ça l’est), laissant derrière lui Persée, qui est trop con pour comprendre que s’il voulait vraiment protéger son fils, il vaudrait mieux qu’il suive Zeus, car à moins qu’il n’apprenne à Hélios comment respirer dans l’espace, il fera peut-être moins le malin quand le monde sera détruit par Kronos. De la même manière, personne n’a demandé à Zeus "Dis-donc, c’est quoi le plan ? Tu descends péter des gueules dans le Tartare, mais en quoi ça va changer quelque chose si, comme tu le dis, les murs sont fissurés ? Tu y vas avec ta truelle magique ? Tu comptes faire une invocation de parpaings ?" ; il n’y a pas que les murs du Tartare qui sont troués, dites-donc. Enfin : tel père, tel fils.

Dans la nuit, Persée cauchemarde un peu : il s’imagine au coeur d’une immense bataille durant laquelle un monstre de lave haut de plusieurs kilomètres ravage la contrée et le tue, lui et son fils. Malgré un réveil brutal, il ne se pose donc pas plus de questions que ça, murmure "Beuar", et s’en retourne vers le monde des songes refaire son rêve préféré, celui où il attaque la Corée du Nord à lui seul, armé d’un simple batteur à oeufs (et où il fait des blagues sur "bien battre les jaunes" : c’est vraiment son songe favori, et de loin).

Ces blagues racistes mises de côté, Zeus, pendant ce temps, s’en va aux enfers retrouver ses alliés pour la mission commando du jour : Poséidon, son frère, et Arès, son fils, respectivement dieu des mers et dieu de la guerre. Ne me demandez pas où sont les autres dieux quand leur chef a besoin d’eux : il y avait probablement un barbecue super important, du coup, ils se sont dit que le trio devrait suffire à régler l’émeute de prisonniers du Tartare. Après tout, entre Zeus et son foudre capable de transformer n’importe qui en merguez (il manque un peu au barbecue, là-haut), Arès et sa grosse masse d’arme lui permettant de violenter son prochain comme personne, et Poséidon et son trident dont le grand pouvoir lui permet de faire apparaître un mérou une fois par jour n’importe où (l’ennemi est souvent déstabilisé par le poisson frétillant sur le sol), il y a quand même une sacrée force de frappe. Arès fait cependant quelques remarques concernant l’absence de son demi-frère Persée, qui a préféré aller à la pêche plutôt que de sauver le monde, et sous-entend que c’est bien là un signe d’une certaine lâcheté et d’une sexualité qu’il réprouve, mais Zeus fait semblant de rien (il crie "LALALA JE N’ENTENDS RIEN" quand on lui en parle).

"D'aaaaccord Persée. La pêche, c'est plus important que de sauver le monde."

Bref : une fois au fond des enfers, Zeus et ses deux compagnons vont donc rencontrer Hadès, qui depuis le précédent épisode n’a pas trop changé : il est toujours un peu bougon d’avoir été enfermé par son frère pour régner sur ce coin pas très glamour, et encore un peu plus de s’être fait tatane dans le dernier volet après avoir tenté de prendre le pouvoir sur l’Olympe durant le vaste bordel qui régnait. Aussi, lorsque le roi des dieux débarque tout pimpant en disant "Salut Hadès ; dis, on a besoin de ton autorisation pour traverser les enfers et aller jusqu’au Tartare vu qu’il n’y a pas d’autre moyen, tu pourrais nous passer les clés steuplé ? Merci gros.", le maître des enfers n’apprécie que moyennement que l’on se moque de sa petite brioche, et décide de faire son grognon à base de "Nooooon Zeus, tu as été méchant avec moi ; à mon tour !" et soudain, surgissant de partout autour de nos larrons, de gros monstres déboulent en crachant feu et lave, vomissant leur chaude bile sur le groupe des gentils.

Zeus a beau se défendre à coups de foudre, et Poséidon jouer du trident, ce dernier a tôt fait de se ramasser un vieux jet de pierre fondue dans la tronche et de se sentir un peu moins bien pour le coup. Mais surtout, la situation dégénère lorsqu’Arès, plutôt que de lutter face aux créatures, commence à péter la gueule à son dieu de la foudre de père, l’assommant à grands coups de masse enchantée.

Mais enfin ? Garnement ? On ne met pas sa masse de bataille dans la margoulette de son papa, qu’est-ce qu’on t’a appris à l’école, hmmm ?

Enfin voilà, ça va mal : Hadès et Arès semblent alliés pour ouvrir le Tartare, Poséidon est plus proche du méchoui que du dieu, quant à Zeus, il est désormais l’otage des méchants. D’ailleurs, Arès lui confisque son foudre, car c’est quand même une arme rigolote dont il ferait bien usage les jours où il n’a pas envie d’aller acheter des merguez à Intermarché.

Je me demande bien qui il va falloir appeler pour libérer Zeus prisonnier derrière les lignes ennemies, tenez.

Justement : pendant ce temps, du côté du village des pêcheurs innocents, Persée est en train d’enseigner les rudiments de la chasse au poisson à son fils ("Beuuuh, tu vois, tu jettes un filet sur les poissons… et là, tu te sautes dessus et tu leur pète la gueule à coups de poings, raaaah, enfoirés de gardooooons ! – Du calme papa, arrête ! Calme-toi ! – ‘foirééééééés poissoooooons !"), quand soudain, un curieux météore traverse le ciel, s’écrasant en plein milieu des habitations de la petite communauté ; mais hélas, nenni de satellite soviétique comme on aurait pu le penser : il s’agit d’une créature monstrueuse qui, allez savoir pourquoi, voyage sous cette forme peu banale de caillou volant. Celle-ci a un corps de lion, une queue de serpent ainsi que deux têtes, dont l’une crache du venin inflammable et l’autre fait allume-gaz : ainsi, en travaillant de concert, celles-ci peuvent jouer du lance-flammes et cuire les malheureux villageois rassemblés alentour, ce qui est quand même fort pratique.

"Comment ?" s’exclame Persée en voyant des flammes s’élever au coeur du petit bled côtier "Du napalm ? On nous bombarde, beuuuh !"

Et ni une, ni deux, le bougre fonce dans sa Persée-cave (une cachette souterraine où il avait rangé sa vieille armure et son épée) avant d’aller voir de quoi il retourne, et pourquoi pas, péter quelques dents au passage. Aussi, lorsqu’il parvient au milieu des habitations, il n’est pas déçu ; érudit comme il l’est de par son statut de demi-dieu grec, il note donc "Hooo… un gros chat… heuuuu… viens-là minou… minou minou minou… viens que je te pète ta mouille, greu." et commence à tenter de coller des coups d’épées sur le pauvre animal qui lui, n’en demandait pas tant, occupé qu’il était à faire un gros feu de camp avec les indigènes. Je vous passe les détails de l’affaire, mais grosso-modo, notre héros constate que son fils est un con, puisqu’il finit toujours par se retrouver en face de la Chimère, immobile, à crier "Pôpaaaa !" plutôt que de courir, et afin de protéger sa progéniture, Persée décide de taper sur la gueule du bestiau avec tout ce qui passe : épée, porte, gros caillou, ancre (si, si) et finalement, le tue grâce à une habile technique : il l’immobilise grâce à des chaînes, puis strangule la tête à venin pour lui faire cracher son fioul, avant de raconter une blague belge à l’allume-gaz qui du coup, produit une étincelle, et brouf.

"Reeeeuuh… saloperie de chat." résume donc notre héros en regardant la bête brûler dans son carburant comme une vulgaire épave d’hélicoptère dans un film de guerre. Puis, il va se faire recoudre à vif son épaule blessée dans la bataille en faisant "Greeeuaaah" comme le gros baroudeur à big balls qu’il est. A défaut d’avoir des melons dans le slip, notre homme a des pastèques sous la toge ; heureusement, celle-ci est suffisamment longue pour protéger nos chastes yeux déjà bien vulnérables pour cause de lunettes 3D.

Reuuuh... pas... sûr sûr... que ce soit... un chat...

Peu après, Persée va trouver son fils, Hélios, non pas pour lui demander comment il a réussi l’exploit de toujours se téléporter devant la chimère, mais plutôt pour l’informer de la suite : "Viens, mon fils, il faut que l’on parle de cette attaque à Zeus au colonel. Pour ça, on va aller au Mont des Idoles, une montagne dominée par immense temple poste radio et l’y appeler en priant sur sa fréquence" ; Hélios suit donc son papa pour aller rencontrer son divin papy, et lorsque les deux pêcheurs arrivent en haut de la montagne (oui, visiblement, c’était juste à côté), ils s’agenouillent en marmonnant "Meugneugneu Zeus, vas-y, ramène-toi, fais pas ta pute".

Sitôt cela fait, pouf ! Une figure se matérialise à leur côté : "Mon colonel ?" ; non ! Il s’agit de Poséidon, gravement blessé et boitant aidé de son trident, qui vient agoniser dans les bras du héros (… non, mais sérieusement ?) :

"Persée… aaah… Persée je… je vais mourir, je le sais… même les dieux peuvent mourir…
- Raaah, Lieutenant Poséidon ! Bon sang, accrochez-vous, j’entends les hélicoptères ! Vous avez été touché par du napalm, putain de guerre !
- Que… Saaam, ton texte on t’a dit ! Je sais que toutes les scènes y sont, mais c’est pas un film de guerre de seconde zone malgré les apparences ! Heeem, hum, broum…Persééée…. je me meuuuurs…
- Beuheuheu… lieutenant, vous étiez comme un oncle pour moi…
- Je SUIS ton oncle, bougre de con !
- J’vais vous trouver un chirurgien… le meilleur… il va vous rafistoler en moins de deux… Hélios ! Héliooos ! Passe-moi les sulfamides bordel !
- Bon, ok, on va faire autrement. Perséeee… Hadès et Arès, ton propre frère… ils ont trahi Zeus ! Ils le retiennent prisonnier dans le Tartare, le vidant de ses forces pour réveiller Kronos ! Tu dois aller le libérer, sinon, le monde sera détruit !
- J’irai les libérer… on abandonne pas un Américain derrière les lignes ennemies !
- Il est gre… hum… bon : pour retrouver Zeus dans le Tartare, tu dois trouver le Déchu, le seul à pouvoir t’y emmener ! Mais pour trouver ce Déchu, tu auras besoin de l’aide d’un autre demi-Dieu… Agénor, mon fils ! Il est actuellement avec la reine Andromède. Trouve mon enfant, et, s’il en est digne, donne-lui ce trident ! Je… Aaaaaargh…
- Noooooooooon !"

Après ces ultimes paroles, le dieu des mers ferme les yeux une dernière fois, puis meurt, son corps se transformant en sable avant de se disperser aux quatre vents. Persée, lui, serre fort le trident du défunt dans la main, se jurant de le remettre à son fils Agénor, puis décide qu’il est temps de se mettre en route pour une nouvelle aventure. Il s’en va donc confier Hélios à la petite vieille de service de son village natal, puis fait appel à sa bonne vieille monture (il siffle un bon coup et c’est bon) : Pégase, le cheval qui vole et terrorise les paysans tant on imagine pas les effets du crottin lâché en altitude sur les malheureux au-dessous. Désormais plus mobile que jamais, Persée s’en va donc voir Andromède.

A ce stade du récit, plusieurs choses :

  • Andromède, c’est la reine que Persée a sauvé dans le 1 (enfin à l’époque, elle n’était que princesse, mais elle a pris du galon)
  • Andromède n’est pas dans sa ville natale, mais dans un camp militaire depuis lequel elle lutte contre les monstres échappés du Tartare. Ne me demandez pas comment Persée a su cela et y est allé directement : je n’en sais rien
  • Andromède, c’est la seule nana du camp bourré de vieux mâles n’ayant pas vu la gueuse depuis des semaines, elle en profite donc pour allumer toute la troupe en portant sa petite armure de donzelle qui ne protège pas grand chose, et probablement encore moins sa vertu. Coquine, va

En arrivant au camp, Persée est accueilli en héros (ce qui ouvre le droit au buffet avec des chips à la cantoche), puisqu’étant quand même un peu un demi-dieu ayant bourré un kraken à lui seul dans l’épisode précédent, puis est amené à la tente de commandement d’Andromède, qui est évidemment une stratège hors-paire de roploplos. Hmmm, bref.  En tout cas, les choses vont mal : les monstres sont de plus en plus nombreux et forts, ce qui complique un peu les choses. Mais Persée explique qu’il y a une solution à tout cela et résume donc la situation : pour sauver le monde, il doit sauver Zeus, pour cela, il lui faut le Déchu, et pour ce faire, il a besoin d’Agénor, le personnage que l’on a pas encore présenté. Et donc, Andromède serait bien gentille de lâcher ses conneries pour lui filer un coup de main, non mais ho, remue-toi un peu femme, qui va faire la vaisselle du camp sinon ?

Lecteur expérimenté de ce blog, spectateur blasé du cinéma, à ce stade, vous savez déjà qui est Agénor, celui que notre Persée est venu chercher. Après tout : si le héros est un guerrier courageux, et qu’il a trouvé sa donzelle courageuse à l’instant, à votre avis, qui est le dernier personnage, sachant qu’il doit servir de guide ? Allez, concentrez-vous : qui est le personnage qui sert TOUJOURS de guide dans ces cas-là ?

Mais oui : c’est un voleur !  Evidemment un peu lâche, qui aime se mettre dans des situations pas possibles et fait tout le temps des blagues. Et comme il se doit, il est emprisonné à ce stade du récit.

En effet, Agénor est un rigolo avec une tête de rasta qui est emprisonné dans les cellules du camp (oui, c’est un camp avec des tentes, mais allez savoir comment, Agénor est enfermé dans une cellule en dur avec de vrais murs et tout) qui a été envoyé là car il a un peu collé la reine avant de tenter de lui tirer ses bijoux. Persée va donc le trouver pour l’informer que son père, Poséidon, est désormais plus le dieu des pâtés de sable que de la mer, ce qui chagrine un peu le margoulin, mais ha ! Pour le réconforter, il lui propose une aventure : trouver le Déchu… et Agénor confirme savoir où se cache le bougre. Qu’on lui file le trident, un navire fort rapide, quelques hommes et en route ! Il mènera la troupe à destination ! Faites-moi confiance, c’est pas comme si j’étais un type qui jusqu’ici, avait juste tenté d’arnaquer la reine !

Quelqu'un a demandé un personnage secondaire voleur/rigolo/guide ultra-générique ?

Pas de problème : la reine n’a aucun souci avec ce concept, puisque elle qui l’avait fait enfermer dit "Bon ok, laissez tomber : mettez tout ce qu’il demande à sa disposition, et puis filez lui son poids en or" (… oui, hein ?). D’accord, on peut dire que tu es facile à convaincre toi, dis-donc. Je le redis : coquine, va ! Enfin, passons : Andromède, avant de partir avec Persée, Agénor et une poignée d’hommes par bateau (oui alors, je dis ça comme ça, hein, genre ils étaient au bord de la mer, mais le réalisateur fait pareil : ils se téléportent à un port, puisqu’ils n’étaient pas vraiment sur la côte, en fait ils en étaient très, très loin, on l’a vu dans les plans aériens de Persée sur Pégase lorsqu’il est arrivé, c’est vraiment magique ce film) donne les ordres à son armée : "Mettez-vous en marche et attendez-nous au pied de la montagne Spiridion, puisque c’est un peu l’issue de secours du Tartare. Du coup, c’est là qu’on devrait arriver quand on ressortira, et si on meurt, vous pourrez y faire l’ultime bataille contre les titans tranquille, mais si, vous savez, l’ultime bataille où l’on pense que tout est perdu et où finalement un truc nous sauvera au dernier moment."

Ok, qui a baillé ? Qu’il se dénonce. Bon, reprenons.

La fine équipe embarque donc à bord d’un fort beau navire, et la discussion s’engage rapidement entre les différents présents ; Agénor ouvre les hostilités en expliquant qui est le "Déchu" : il s’agit en fait d’Héphaïstos, le célèbre di…

"Qui çaaaa ?"

Lâche innocemment Andromède la bouche grande ouverte. Oui, vous avez bien lu : la "Reine de Grèce" (c’est son titre selon le film : pas d’une cité, hein, de toute la Grèce, cela dit, vous m’étonnez qu’avec une patronne pareille, ça aille mal là-bas), qui dans le 1, appartenait à une famille spécialisée dans les questions divines, ne sait même pas qui est Héphaïstos. L’occasion pour Persée, avec son CAP Pêche artisanale, d’expliquer au spectateur de quoi il retourne.

"Beuuuuh… Héphaïstos, c’est l’armurier des dieux.
- En effet – ajoute Agénor – il s’agit plus exactement du forgeron qui a réalisé le foudre de Zeus, la fourche d’Hadès et le trident de Poséidon. Ces trois armes assemblées forment…
- Mégazord ?
- Heu… non, non, ça forme une grosse lance magique.
- Un lance-roquettes ?
- Je… Persée heu, écoute, ta gueule. Bon, on va juste dire qu’il faut assembler le bousin pour obtenir une arme capable de tuer Kronos, d’accord ?
- Tuer… huuuur… tuer… compris…"

En attendant, Agénor embraie et propose de se rendre sur l’île d’Héphaïstos, que PERSONNE n’a jamais pu trouver. Du coup, il faudra m’expliquer comment on sait qu’il y est, puisque personne n’y est allé, mais pourquoi pas. Mais comment faire alors, pour trouver un endroit dont on ne sait même pas où il se situe ?

Détail, détail, malheureux ! Il suffit pour ce faire à Agénor de prendre le trident de son père dans ses mains et PAF, ça fait un GPS. Mais enfin ? Il n’a jamais touché ce truc de sa vie, comment sait-il le faire fonctionner ? Et comment savait-il seulement que ça avait ce pouvoir ? Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Même Rahan et son couteau étaient plus crédibles pour s’orienter !

Enfin : bientôt, le navire ainsi guidé par un trou du script arrive en vue d’une île au haut-relief couverte d’une épaisse forêt : l’île du Déchu.

A noter, chose importante, Persée donne une consigne importante aux soldats entourant la troupe : surtout, quoiqu’il arrive, ils ne doivent jamais au grand jamais prier comme ils en ont l’habitude Arès, dieu de la guerre, car sinon, il les trouverait aussitôt et leur péterait la gueule, puisque du côté des titans, ce gros filou.

Et alors là, je me tourne vers le pitch qui tourne depuis 2 films maintenant, et qui est à la base de l’intrigue : les dieux font des plans foireux JUSTEMENT parce que plus personne n’a la foi et ne les prie et qu’ils perdent leurs pouvoirs en conséquence. Or, les personnages passent tous leur temps à prier, à expliquer qu’ils sont des demi-dieux, ce que tout le monde accepte sans sourciller, et à combattre des monstres pas bien naturels, le tout sur fond de divinités qui apparaissent à la première pensée pieuse venue.

Du coup, j’ai comme l’impression qu’il y a un vague contresens. Un peu comme si toute l’équipe d’un film à 125 millions de dollars n’avait pas réussi à écrire un pitch de moins de 5 lignes tenant de bout. Mais non, hein, entre nous, ce serait gros. On parle de professionnels, là quand même.

Que disait-on ? Ah oui : la petite troupe arrive sur l’étrange île d’Héphaïstos et débarque pour s’enfoncer dans les bois, mais bien vite, il réalisent que tout l’endroit semble encombré de pièges divers (évidemment, vous imaginez bien que celui qui tombe dedans est Agénor, juste après qu’on lui ait dit "Attention aux pièges !" et qu’il ait joué le type à qui on ne la fait pas), et de curieux cris gutturaux semblables à ceux de Céline Dion commencent à résonner alentour… bientôt, le sol tremble sous les pas de quelque monstrueuse créature, et soudain parait entre les arbres un immense cyclope paré d’un gourdin de beau calibre, bientôt rejoint par un second (de cyclope, pas de gourdin)

Encore une fois, passons sur la scène d’action, mais alors que les hommes en arme apeurés tentent de survivre face à l’assaut des viles créatures, Persée lui parvient à faire choir l’ennemi et à placer son arme sur la gorge d’un des géants, juste au moment où un vieux cyclope arrive sur place et demande à ce que l’on épargne son frère au sol ; puis reconnaissant le trident de Poséidon dans les mains des humains, il se propose d’oublier tout ce gros malentendu à base de gourdins dans la gueule ("C’était pour de rire") et d’aller prendre un thé et des petits gâteaux chez Héphaïstos, le maître des lieux. Avec un peu de bol, il aura peut-être même un ou deux macarons.

La fine équipe traverse donc l’île, avec comme il se doit, le plan officiel façon "Seigneur des Anneaux", où sonne une musique pompeuse alors qu’une caméra aérienne tourne autour de l’équipe progressant en file indienne sur une quelconque crête verdoyante. Attendez, même les plans sont déjà vus ? Mais enfin ?

Le cyclope est un être très con : quand il a le choix entre utiliser sa grosse main ou caler un bon gros coup de gourdin, il choisit la première solution pour mettre toutes les chances du côté du héros

Nos larrons arrivent finalement à une bicoque mal entretenue, où un vieux fou s’appuyant sur une canne les accueille, parlant tantôt à ses visiteurs, tantôt à lui-même. Voyant le trident de Poséidon dans les mains d’Agénor, il s’inquiète du sort de son possesseur original, puis explique que de toute manière, tout cela, ce n’est plus guère ses affaires ("Je m’en braaanle !") : il s’est retiré du monde il y a bien des années, et tout ça, il s’en tape un peu. Maintenant, il porte des sandales à carreaux, rigole très fort au théâtre quand il y a Lagafos qui joue, et sent chaque jour plus fort qu’hier mais bien moins que demain. Tout au mieux peut-il confirmer que oui : il est bien celui qui a forgé les armes des dieux autrefois, et oui, une fois assemblées, elles forment…

"Je saisUn lance-roquettes ! Raaaah !"

Chut, Sam, en tout cas, oui : une arme qui peut tatane Kronos sévère. Mais hein, tout le monde sait que ça ne va pas servir, puisque Zeus va être sauvé avant que ses forces ne soient vidées pour réveiller le titan, hein ? Ça ne va pas du tout se finir en réveil de gros titan colérique ? Je veux dire : c’est pas comme si c’était le titre du film, non ?

En tout cas, Héphaïstos complète son récit d’une information importante : oui, il connait le chemin jusqu’au coeur du Tartare : c’est lui qui a conçu cette prison "en partant de l’extérieur pour que ce soit la prison la plus sûre de la Création, j’ai donc dû laisser un passage pour avancer vers l’intérieur quand je réalisais cette grande oeuvre". Hmmm oui ? Ou alors : sachant que c’était une prison conçue pour être éternelle, tu aurais pu commencer par l’intérieur : c’était plus rapide, plus sûr et plus efficace, puisque tu n’avais pas à laisser la moindre porte derrière toi. Mais, bien qu’odieux, je n’ai pas la nature divine du bon Héphaïstos : c’est moi qui dois me tromper.

Le dieu de la forge refuse cependant d’emmener nos amis dans cette affaire : il ne s’est pas retiré du monde pour s’en mêler à nouveau, hein, merde alors ! Et nooooon, la destruction du monde connu par Kronos, ça ne l’intéresse pas non plus. Par contre, lorsqu’il aperçoit clairement Andromède, jusqu’ici un peu en retrait, il s’exclame : "Hooooo, tu me rappelles ma femme, Aphrodite ! Tiens, bah du coup, je vais vous aider !"

Comme quoi, l’avenir du monde est un argument qui ne pèse rien, contrairement au contenu d’un bon décolleté (des arguments universels). Je pense que les scénaristes ont confondu Héphaïstos et Tortue Géniale, quelque chose du genre.

Bref : ne me demandez pas comment, mais pif pouf, sans transition, la fine équipe n’est plus du tout sur l’île, mais quelque part sur le continent, dans une zone désertique, à avancer tranquillement (ils n’ont pas emmené de cyclopes, c’est bête, j’aurais pensé que ça pouvait servir comme gardes du corps, mais visiblement, non) guidée par Héphaïstos en personne, qui explique qu’il va les mener jusqu’à l’entrée du labyrinthe qu’il a construit menant jusqu’au coeur du Tartare. Sans guide, PERSONNE ne pourrait survivre au TERRIBLE labyrinthe, ce pourquoi il a fait une carte, qu’il confie à Agénor mais juste COMME CA par hasard, pas du tout comme s’il allait MOURIR avant de pouvoir emmener la troupe à destination.

Non, qu’allez-vous penser, mauvaises langues.

En tout cas, la fière compagnie finit par arriver, au milieu du désert local, face à une immense tour de pierre pivotant sur elle-même (elle est sûrement alimentée par un générateur quelconque) présentant des centaines de portes, mais dont une seule est la bonne, explique l’architecte des lieux en se lançant dans l’ascension du monument (qui, là encore, n’a jamais intrigué personne, alors que pourtant, ça a l’air visible à des dizaines de kilomètres à la ronde, mais vous savez, les tours géantes-pivotantes-labyrinthe, c’est très surfait) ; finalement, le groupe arrive, dans les hauteurs de la tour, à une petite plate-forme devant une porte fort complexe qu’Héphaïstos entreprend d’ouvrir.

C’est alors qu’apparaît… Arès !

Armé de son foudre et de sa grosse masse, il est venu car un soldat a paniqué et a invoqué Arès.

Oui oui, vous avez bien lu : lorsque des cyclopes de 10 mètres de haut leur tombaient dessus pour les tuer à coups de tronc d’arbre, les larrons tenaient bon et ne priaient même pas Arès l’espace d’une seconde, par contre, là, ils sont en face d’une porte fermée et perdent du coup tous leurs moyens invoquant le dieu de la guerre, qui, aux dernières nouvelles, n’est pas serrurier. Mais ? Enfin ?

Bon, encore une fois, passons : le dieu déchaîné commence à massacrer tout le monde (comprendre : toute la troupe sauf les héros, évidemment), et Persée, Agénor et Andromède ne doivent leur salut qu’à Héphaïstos, qui parvient à ouvrir la porte du labyrinthe et à la refermer sur eux avant de mourir en retenant Arès (il… s’accroche à sa jambe. Autant vous dire qu’un vieux sucrant les fraises bavant sur ses sandales neuves, ça paralyse complètement le pauvre divin guerrier). D’ailleurs, Arès après coup dit juste "Zut". Non, il n’essaie même pas de rouvrir la porte ou même de simplement voir si elle est fermée pour, au pire, la défoncer avec sa masse céleste, il se contente de ne strictement rien faire. Au fait, t’avais pas un pouvoir de téléportation mec, hmmm ? Ça pourrait servir non ? Ooookay. T’es bien le frère de Persée, toi.

De l’autre côté de la porte, donc, nos héros sont eux plongés dans la pas-obscurité : ne me demandez pas comment, alors que c’est censé être un truc impénétrable, c’est visiblement rempli de fenêtres et autres trou menant sur l’extérieur illuminant un gigantesque, titanesque, monstrueux labyrinthe de plusieurs dizaines de kilomètres carrés au sein duquel des plates-formes bougent, des bâtiments vont et viennent et des parois apparaissent et disparaissent à volonté. Un beau bordel, donc, mais lumineux pour que quand même, les héros en chient un peu moins. Cependant, comme tout cela parait fort compliqué, après avoir avancé d’environ 10 mètres, Agénor se met à hurler "Noooon mais c’est trop nul ici, cette carte ne sert à rien, du coup, je la balance dans le vide !", et joint le geste à la parole.

Voilà : le guide des héros étant le personnage rigolo par excellence, jeter le seul plan pouvant leur permettre de sortir au coeur d'un labyrinthe est pour lui un réflexe tout à fait naturel. Formidable.

C’est complètement con ? Ça n’a aucune logique ? Alors attendez, parce que le meilleur arrive.

Désormais sans la moindre carte, nos loulous avancent au hasard, jusqu’à ce que Persée sente ses bigs balls prendre le dessus, et qu’il commence à marmonner "C’est nul ce film, beuuh, j’aime pas quand faut réfléchir. Si seulement on pouvait sortir de ce labyrinthe simplement en pétant la gueule de quelqu’un !"

Sitôt cela dit, et probablement entraîné par le poids des balls précédemment évoquées, Persée choit de la plate-forme où lui et ses amis étaient, et achève sa mésaventure plusieurs dizaines de mètres plus bas, sans le moindre bobo, dans un autre coin du labyrinthe sans que ses amis ne puissent le rejoindre, le voir ou même l’entendre : il est désormais seul.

"Beuuuuh."

Mais soudain, un mouvement dans le couloir où se trouve notre héros le fait se retourner : il aperçoit son fils, Hélios, courant le sourire aux lèvres, jusqu’à passer à côté de lui en disant "Il fait froid ici, hein papa ?".

Il n’en faut pas plus à Persée pour partir à sa poursuite en hurlant le nom de son fils ; à aucun moment, il ne se rappelle qu’il a confié son fils à une vieille de son village, pas à un labyrinthe aux dernières nouvelles, et donc que tout ceci ressemble diablement à un piège. Et ça ne manque évidemment pas : après quelques mètres, le fils de Zeus débouche dans une salle à colonnades où son fils semble avoir disparu, et découvre que ha ! Il ne s’agissait que d’une illusion ; à défaut de son marmot, il n’y a qu’un immense humanoïde au visage porcin (non, pas bovin : porcin), la tête encadrée de deux imposantes cornes, qui charge notre loulou et commence à essayer de le rétamer. Héphaïstos avait visiblement oublié de dire qu’il avait mis des monstres dans son labyrinthes, monstres qui se nourrissaient sûrement depuis des siècles de… heu… champignon. Voilà. Et de mousse. Ah, les herbivores des labyrinthes, terrible.

"Ho, cool, une gueule à péter, reeeeuuh approooooooooche que je te malaxe le museau à la sandale, raaaaaeuuuurgh" dit donc Persée, l’écume aux lèvres, trop heureux de ne plus avoir à réfléchir. Autant vous le dire, le pauvre monstre ne fait pas le poids, puisque le demi-dieu a tôt fait le lui masser les gencives à coups de poing, jusqu’à ce qu’enfin, il parvienne à briser une corne de l’animal et s’en serve de pieu pour en finir avec le bestiau qui, du coup, est plein de désarroi : il aurait mieux fait de continuer à bouffer des champignons et à lécher de la mousse.

Du coup, et comme ce film n’a strictement aucun sens, tout le décor du labyrinthe se met en mouvement, et là, attention :

  • Il regroupe Persée avec ses potes (le labyrinthe a un détecteur de groupes pour les rassembler automatiquement, un vrai rêve de touriste japonais)
  • Il ouvre une porte juste devant eux qui ne mène pas aux portes du Tartare, non, mais carrément directement au coeur du Tartare en fait, c’est encore mieux, à 10 mètres seulement de l’endroit où Zeus est retenu !

Voilà : en fait, pour le labyrinthe, il n’y avait besoin ni de carte, ni de guide, ni même de marcher : juste de bourriner le premier truc qui passait.

Beau boulot Héphaïstos. C’est à se demander pourquoi tu as fait un labyrinthe géant, en fait. Tu t’es un peu fait chier pour rien.

Bref  : au coeur du Tartare, Zeus repose donc, enchaîné à un rocher devant un immense précipice, ses forces s’écoulant de lui sous la forme d’un torrent de lave coulant vers une immense créature pierreuse de plusieurs kilomètres de haut : Kronos !

Pour la petite histoire, une petite scène montrant Zeus enchaîné se réveillant après sa capture nous a appris quelques petites choses entre temps : si Hadès et Arès se sont alliés contre le dieu des dieux, c’est non seulement parce qu’ils sont cons, mais aussi parce que Kronos leur a promis (sachant qu’il était endormi, ne me demandez pas comment, peut-être parle t-il dans son sommeil, auquel cas j’espère qu’ils n’ont pas pris ses propos au sérieux entre deux "Zzzz… rr… oui Scarlett Johansson, allons chez moi prendre un dernier verre que je te monte la pierre polie dont je t’ai parlé, Rrrrrrrzzzzzz" ) l’immortalité. Oui, je sais, ils l’ont déjà aussi, mais ce dernier a visiblement dit : "Les humains ne croient plus en vous et ne prient plus, même si ce film montre exactement le contraire : libérez-moi et je les tuerai tous, et vous rendrai immortels malgré leur disparition, mais pour ça, capturez mon fils Zeus, qui m’a enfermé ici, et donnez moi sa force". A noter que durant cette scène, Zeus a presque convaincu Hadès qu’il faisait une connerie, en lui disant "Tu te souviens pourquoi j’ai dû enfermer Kronos notre père ? Parce qu’il voulait tous nous tuer. Tu as pensé à ce détail avant de le réveiller ?", et a eu pour seule réponse "Hoooo, peuchère, cacaboudin".

"Mais ? Persée, tu es venu ? Comment as-tu pu rentrer ? En fait, il n'y avait pas besoin d'aller voir Hadès ? Un coup de bigot à Héphaïstos et pouf, c'était bon, droit au but ? Ho bin flûte alors, je me demande pourquoi je me suis fait chier, tiens."

Donc, disais-je : nos héros arrivent face à Zeus enchaîné, mais le pauvre semble presque vidé de toutes ses forces, alors que Kronos, lui, semble sur le point de se réveiller ! Vite ; en quelques coups de trident, ils détruisent les chaînes du roi de l’Olympe et commencent à tenter de s’enfuir jusqu’à ce que soudain, Arès apparaisse pour empêcher cette évasion ; heureusement, coup de bol, Hadès apparaît à son tour, et tente de retenir le dieu de la guerre, hurlant "Non mais en fait, j’ai changé d’avis, c’était un plan de merde, il faut rendormir Kronos ! Si seulement j’avais réfléchi plus de 3 secondes avant d’accepter l’offre d’un vieux psychopathe géant constitué de roche fondue qui parle dans son sommeil !".

Pas de bol pour le seigneur des enfers, le maître de la guerre ne semble pas d’accord, et s’empare de la fourche d’Hadès pour la lancer en direction de Zeus… et la planter dans son cul (… oui, c’est très perturbant) alors qu’il est en train d’être traîné vers le labyrinthe par son fils. Motivé par cette soudaine douleur rectale, le roi des dieux décide d’invoquer ses faibles pouvoirs restant pour se téléporter en compagnie de ses trois libérateurs jusqu’au camp des hommes d’Andromède, situé comme prévu, à la sortie du Tartare, là où il y a marqué "sortie de secours, ne pas obstruer avec un camp militaire" (Zeus savait déjà où se téléporter : en fait, tout le monde sait en permanence où se trouve ce camp, semble t-il).

Tous les soldats s’inclinent en voyant Zeus sur les épaules de Persée courant vers l’infirmerie (encore une fois, je rappelle que tous ces gens sont censés ne pas croire du tout dans les dieux, d’où le plan d’Hadès, alors que là, on s’incline devant le premier vieux à barbe venu en marmonnant "Hooo, bin c’est Zeus, ça alors ! Prosternons-nous !"). Finalement, sous la tente, Persée se décide à retirer la fourche du cul de Zeus, en ajoutant : "Plus qu’une pièce et on a le lance-roquette machin magique, là, le truc sa race, bordel" (il se comprend) pendant que Zeus peine à articuler "Et mon cul, tout le monde s’en fout". Un plan de bataille commence donc à germer dans l’esprit malicieux du demi-dieu :

  • Heu ouais, heuuuu Andromède là, heu, toi, Agénor et l’armée, vous retenez les monstres, tu vois ? Genre avec des tranchées et des lance-flammes. Grosse baston, genre.
  • Et pis moi, heu, bin j’provoque Arès en duel, j’le bute, j’lui reprends le foudre, et ensuite j’assemble ça avec le trident et la fourche qu’on a pour obtenir le lance-roquettes magique. Quoi la lance ? La lance quoi ? Lance-grenades ? Je comprends pas ce que vous me dites, j’ai mal à ma tête de GI aux cheveux longs.

Comme il se doit, donc, Andromède prépare l’armée à un combat désespéré, creusant tranchées et fosses à flammes pour l’ennemi (qui craint sûrement beaucoup les trucs profonds et le feu, puisqu’il vient du fond de l’enfer, qui, dans cette version, est profond et enflammé)(attention, quand je dis profond : je parle pas de l’aspect intellectuel, hein), alors qu’Agénor part en première ligne guider les forces-avancées devant retenir l’ennemi.

Persée, lui, sait comment amener Arès à le combattre : il joint les mains et fait une prière à son frère, l’invitant à le rejoindre sur le Mont des Idoles pour s’y battre en duel et voir qui est le meilleur des fils de Zeus. Il ajoute évidemment à sa prière, pour s’assurer de la présence de son ennemi, quelques commentaires bien sentis sur la potentielle sexualité déviante du dieu grec histoire de le provoquer un peu, ce qui fonctionne à merveille tant Arès n’aime pas trop qu’on remette en question son hétérosexualité dans les casernes. Chacun note donc sur son agenda "14h, Mont des Idoles : baston finale en duel dans un lieu désert cf 97% des mauvais films d’action".

Mais c’est sans compter qu’Arès est plus grognon que prévu : il n’a pas trop aimé ces commentaires sur les jupettes qu’il aime porter, aussi décide t-il de se venger : en se téléportant hors des enfers, ne me demandez pas pourquoi, Persée a laissé tomber derrière lui un petit couteau de bois que son fils lui avait offert comme porte bonheur. Cela donne une idée géniale au dieu de la guerre : tiens, s’il invitait Hélios à la fête ?

A 14h, donc, les frères ennemis se retrouvent au Mont des Idoles, et Arès explique qu’Hélios assistera au duel pour voir son père mourir, ce à quoi le marmot répond que bon, ça le fait un peu chier, il aurait plutôt préféré regarder Pokémon, mais bon, si Arès promet de finir Persée à coups de pokéball quand il n’a plus beaucoup de vie, il promet de faire un effort. En tout cas, et encore une fois, le duel est un classique : Persée est grognon mais perd tant son ennemi lui est supérieur, jusqu’à ce que, comme il se doit, il finisse au sol, Arès au-dessus de lui racontant sa vie au lieu d’abaisser son arme pour le coup fatal (et comme il est immortel, techniquement, ça risque de prendre un moment) ; du coup, Hélios s’ennuie tellement qu’il ramasse une arme pour achever cette histoire, créant ainsi une diversion permettant à Persée, jusqu’alors au sol à demi-assommé, de bondir sans bruit tel un ninja hors de l’endroit où il gisait pour revenir en pleine forme planter le divin brigand d’un bon coup bien senti, et ainsi le contempler se transformer en statue de sable avant de disparaître. Le foudre de Zeus récupéré sur son cadavre, Persée dispose donc de quoi bricoler l’arme ultime.

Le Mont des Idoles, célèbre pour ses statues géantes décapitées sans raison

"Reeeuh, ça doit se monter comme un M-16. Bande moi les yeux mon fils, regarde ton papounet"

Hopopop, Persée nous fait donc un épisode de papa Bricole, et ne me demandez pas comment, mais un trident, une fourche et un foudre assemblé, ça ne donne pas une merde sans nom, mais une bien belle lance bien droite.

"Hoooo ? Beuh. J’ai dû mal monter, où qu’on fixe la roquette ?" dit donc Persée en s’étonnant de l’apparence de la longue et fine arme divine, avant de se dire que bon, c’est pas grave, chargé ou pas, il mettra le bidule dans la gueule de Kronos, et on verra bien ce que ça donne.

Car justement : au même moment, devant les yeux ébahis de l’armée d’Andromède, moult monstres ont surgi et commencé à ravager les rangs des fiers soldats sans subir le moindre dommage, parant les lances et les lames, et s’élançant au-dessus des flammes et des tranchées garnies de pieux mises en place sur leur passage. Personne ne peut donc les arrêter ? Si ! Car Hadès, lui, n’est pas resté les bras croisés : il a décidé de revenir auprès de son frère Zeus et, apparaissant sous la tente de l’infirmerie, il utilise ses pouvoirs pour soigner son frangin ; ainsi, le duo Hadès-Zeus à nouveau réuni, ils peuvent se mettre en route pour aider l’armée en éclatant tous les ennemis qui passent en claquant des doigts et en prenant des poses cool (véridiques, c’est Wild Wild Greece).

Marrant parce que moi, je me souviens qu’au début du film, le même Zeus, en pleine forme et armé en sus de son foudre, n’avait pas réussi à en claquer un seul au moment de l’embuscade d’Hadès. Comme quoi, hein, c’est vraiment magique.

Mais finies les réjouissances ! Au moment où l’espoir commençait à revenir dans les rangs grecs, voici que la montagne Spiridion qui faisait face à l’armée explose littéralement (mais rassurez-vous, aucun gros caillou ne ratterrit sur les gentils, c’était un mont en mousse, ouf), et qu’en sort… Kronos, gigantesque colosse de lave de plusieurs kilomètres de haut ! Si le bougre est lent, il n’en est pas moins destructeur : d’un simple mouvement du bras, des milliers de litres de lave s’échappent de son corps et vont massacrer les pauvres soldats qui n’étaient pas encore assez éloignés de l’endroit : la situation semble désormais bien mal engagée, car rien ne pourrait arrêter le titan !

Zeus et Hadès eux-même parviennent seulement à le ralentir, jusqu’à ce que Kronos décide de se déchaîner, envoyant une tempête de flammes en direction du divin duo de ses enfants ; et là, allez savoir pourquoi, plutôt que de se défendre à deux, Zeus pousse son frère à terre, puis décide de former un bouclier tout seul pour le protéger : ça fait cool, mais du coup, il est mortellement blessé dans l’affaire, ses pouvoirs seuls n’ayant pu le protéger, lui, quand bien même ils ont épargné le reste.

Non vraiment : quel con.

De son côté, Persée arrive en direction du monstre, chevauchant Pégase ; il prend bien aussi la tempête de flammes en plein dans la gueule, mais lui, pour se protéger il heu… attendez… je… heu…

Il baisse la tête.

Voilà voilà : nenni de pouvoir divin ou quoi que ce soit : il prend la tempête en plein en face de lui, mais il suffisait de baisser la tête pour ne même pas avoir un cheveu roussi ; c’est affreusement nul. Et Pégase alors, il survit comment ? C’est un cheval ignifugé ? Tu l’as enduit de téflon avant de décoller ? C’est incroyable ce que c’est mauvais mais bon, finissons : Persée arrive à portée du titan avec sa lance, mais plutôt que de lui coller dans la gueule, il utilise une stratégie bien à lui.

Image rare : Pégase survolant un champ de ses propres déjections

"Reuuuh, j’l’ai vue dans Star Wars !"

Et en effet : plutôt que de coller la lance entre les deux yeux de son ennemi, Persée décide d’attendre qu’il ouvre la bouche pour s’engager dans sa gorge façon Etoile Noire (Comment ? S’il ne fait pas top chaud dans un monstre de lave ? Mais non, ça va : d’ailleurs, il ne sue même pas, et ses cheveux sont encore fougueux dans le vent), et une fois bien engagé dans le bestiau, de balancer sa lance. Mais attention, hein, pas droit comme un javelot où je ne sais quel truc logique : même ça il le loupe ; il balance le truc façon largage de mikado, et on peut donc voir la lance rebondissant contre les parois du monstrueux gosier, jusqu’à ce que comme ça, pouf, ça fasse exploser le monstre (ça a dû toucher le réacteur).

Au sol, tous les soldats exultent en voyant le puissant ennemi dispersé en tous sens, et, curieusement, eux qui semblaient vaguement sensibles à la lave deux minutes plus tôt semblent désormais s’en moquer maintenant qu’elle provient des restes de leur ennemi : c’est la lave de la victoire, elle ne brûle pas, probablement. Peut-être même qu’elle sent la guimauve et qu’elle est douce comme un câlin de maman.

Persée lui-même s’est sorti de l’affaire alors qu’il était au coeur de l’explosion : toujours impeccable sur son Pégase préféré, il survole l’armée victorieuse, sans avouer qu’il n’a dû sa survie qu’à une sortie éclair par le rectum de l’ennemi juste avant la détonation finale. Malgré la forte odeur de caca magmatique qui le suit, il se rend donc sous la tente de commandement pour faire ce qu’il doit faire, c’est-à-dire, rouler un gros patin à Andromède (qui ne fait aucune remarque sur l’odeur), car c’est quand même la seule nana du film, et il ne serait pas dit qu’un héros resterait célibataire à la fin, même s’il s’agissait d’un veuf éploré jusque là. Agénor, lui, fait des blagues pas drôles pour ponctuer le tout, comme depuis le début, en fait.

Finalement, Hadès apparaît, annonçant à Persée que son père veut le voir ; il est donc emmené auprès de Zeus agonisant sur le champ de bataille désert (oui, tout le monde l’a abandonné, y compris les milliers de soldats grecs qui s’étaient prosternés devant lui dix minutes avant), qui lui dit ne rien regretter : tout comme lorsque Persée a combattu Arès, Zeus explique que c’est la vue de, lui, son fils qui lui a donné la volonté de tenir face à son ennemi. Et que l’avenir est donc entre de bonnes mains de bourrin.Il ajoute par ailleurs que bon, voilà, il va mourir, et que les hommes n’ont plus besoin de dieux : c’est le début d’un âge nouveau, où on est plus emmerdé à tout bout de champ par un type se téléportant dans la chambre de son fils la nuit et qu’il faut chasser à coup de balai en hurlant au pervers. Cela dit, le roi des dieux s’éteint, devenant, à son tour, une statue de sable qui ne perdure que quelques secondes avant que le vent ne la désintègre.

"Mon colonel…"

Hadès pose sa main sur l’épaule du divin orphelin, et lui annonce qu’avec ce décès, lui-même a perdu ses pouvoirs. Peut-être sera t-il plus heureux en tant que simple humain ? Une question fascinante, dont la réponse paraîtra sûrement sitôt qu’Hadès découvrira que désormais, il doit cultiver des poireaux s’il veut manger ou faire la queue à Pôle Emploi.

Persée, lui, s’en va retrouver son fils, et maintenant qu’il a trouvé une autre donzelle, il n’a plus rien à faire de sa promesse à Io (qui ça ?) : alors que les dieux sont désormais finis, et que le monde est plus sûr sans monstres ou titans et qu’enfin, son fils pourrait vraiment vivre en humble pêcheur en sécurité, il se décide à lui filer sa grosse épée (mais ? Mais pourquoi faire nom d’une pipe, puisqu’on vous dit que le monde est plus sûr que quand tu refusais de lui enseigner le maniement des armes ! Tu profites de la chute de l’autorité divine pour en faire un brigand, hein, avoue chenapan ? En fait, tu guettais un moment où agir, rabouin !), et celle-ci pèse fort dans les bras du pauvre marmot, qui peine à la soulever. "Elle est trop lourde pour toi ?", dit Persée en regardant sa progéniture en chier comme un âne.

"Non", répond l’enfant en pointant la lame vers les cieux avec le même air pas très futé que son pater alors que des veines pètent sur son front et…

FIN !

Comme toutes les princesses, Andromède combat en première ligne sans casque ni bouclier, parce que ça ne va pas avec ses yeux

____

Quelques jours plus tard, on retrouva Tom, pendu dans son petit bureau d’agent pour acteurs dont la vitrine donnait sur une grande avenue de Los Angeles.

Une partie d’Hollywood se laissa émouvoir par le tragique destin de cet homme de l’ombre, membre d’une profession dont le rôle consister à guider les acteurs sous les projecteurs, quand eux-même n’entraient jamais dans la lumière des spots. L’autre partie d’Hollywood aurait bien voulu se laisser aller à tant de sentiments, mais de nombreuses injections de botox ainsi que des talents de comédiens souvent limités obligèrent les malheureux à ne pas s’exprimer. Le jour de l’enterrement, au milieu de la foule des anonymes venus rendre un dernier hommage à leur ami fidèle, on pouvait trouver quantité de stars ; chacun, tour à tour, vint déposer une dernière rose blanche sur la tombe de ce symbole du métier, puis lorsqu’il fut mis en terre, chacun s’en retourna à ses activités. Hollywood est une mère cruelle qui ne se laisse pas affecter par la perte de ses enfants : business is business.

Les journaux oublièrent Tom et son tragique destin, et bientôt, l’enquête fut close et plus personne ne s’intéressa aux motifs ayant mené un homme dans la force de l’âge à si terrible fin. Jusqu’à ce petit jour de mai où, en débarrassant le bureau qui était resté clos, un déménageur chicanos prénommé Pedro déplaçant une armoire fasse apparaître un imposant tas de papiers mal reliés, mal en point et corné, ayant visiblement été jeté avec force en direction de la corbeille mais qui, en ratant sa cible, avait trouvé ce curieux refuge derrière le meuble en métal. Approchant la chose de ses yeux, le travailleur examina quelques instants la chose ; il s’agissait d’un imposant script paraphé en divers endroits d’un "SW", et couvert de ratures maladroites indiquant "Pas un professeur, un soldat", "A un moment, il défonce un élève au lance-grenade" et "Il couche avec la vice-principale à la fin. P.S : voir si on ne peut pas mettre un élève géant, aussi, pour lui péter la gueule". Quelque part au-dessus de cet ensemble chaotique fait de commentaires rouges couvrant le texte sobre et noir constituant le document original, on pouvait encore lire :

"Proposition de film – Le Cercle des poètes disparus"

Pedro sourcilla un instant puis, haussant les épaules devant ce non-sens complet, jeta la chose à la corbeille, avant d’amener le tout à la benne.

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