Comme chacun sait, je suis partisan des économies d’énergie, à commencer par la mienne.

Aussi, et comme le précédent article traitait des compétences hors du commun de nos amis de la presse (qui s’étonnent que leurs ventes baissent, rappelons-le, mais c’est la faute de la télé, d’internet, de la crise et des ninjas), permettez-moi dans une subtile transition de débuter celui-ci avec les critiques du film Snowpiercer : le Transperceneige.

Attention, c’est parti :

5/5 "La richesse de "Snowpiercer" est telle qu’il faudrait le voir encore et encore pour cerner tout ce qui fait de ce film l’oeuvre complexe et politique qu’on n’attendait plus."

- Cinema Teaser

5/5 "Une œuvre cinématographique à la fois divertissante, spectaculaire et foncièrement abstraite."

- Le Monde

5/5 "(…) un film d’action éblouissant sans jamais quitter l’espace clos d’un train lancé autour du monde."

- Les Inrockuptibles

5/5 "[Pour] Dans "Snowpiercer", on passe de l’effroi au burlesque, de l’action à la philosophie le temps d’une séquence dialoguée ou d’une explosion de violence. (…) Du caviar à la louche pour cinéphiles affamés. (NDOC : Ah oui, rien que ça)"

- Paris Match

Nul doute qu’avec des critiques pareilles, les lecteurs qui attendaient la critique d’un chef d’oeuvre seront satisfaits. Alors, Snowpiercer, véritable révolution politico-cinématographique ou épopée digne d’un Tchoupi fume du shit ? Ni une, ni deux : spoilons, mes bons !

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L’affiche : rien que le concept est bancal. Ça valait bien une adaptation cinématographique.

Notre film s’ouvre sur de jolies images de "chem-trails", à savoir ces belles traînées blanches laissées par les avions volant à haute altitude et dans lesquelles les théoriciens du complot voient la preuve que l’on tente de les empoisonner en diffusant des produits chimiques dans l’atmosphère. D’autres personnes y voient surtout la preuve de l’existence de la condensation, mais elles n’y connaissent rien, puisqu’alors que ces images défilent devant nous, on entend des extraits de journaux télévisés annonçant qu’il s’agit bien là d’une dispersion officielle et à grande échelle des gouvernements mondiaux d’un agent chimique révolutionnaire devant refroidir notre planète qui chauffe un peu trop : il contient en effet des extraits de l’humour de Kad Merad, ce qui pourrait refroidir n’importe quoi.

Sauf que ça a tellement bien marché que du coup, le globe a gelé au point d’anéantir toute forme de vie (oui, toute. Toute. Arrêtez de chipoter : si les humains ne peuvent pas survivre, c’est connu, tout le reste meurt).

Heureusement, les humains ont eu une idée géniale : embarquer à bord d’un train qui fait le tour de la Terre puisque c’est connu, les rails, ça ne demande aucun entretien, ça n’a aucun souci avec le froid et la neige comme vous le diront tous les cheminots qui ont déjà travaillé en hiver (ou les gens qui ont tenté de prendre le RER), et en plus, ça permet d’accueillir un monde fou. Bref, moins pratique qu’un bunker, qu’une voiture ou même qu’une mule avec une cagoule, nos survivants collectent donc des Smiles toute l’année. Tout cela commence fort et nous n’en sommes qu’au pitch.

Toujours est-il qu’il est temps d’aller voir dans le train qui fend la nuit et la neige de quoi il retourne.

En effet, à l’intérieur, nous retrouvons Curtis, un héros cool à la barbe bien taillée et son jeune ami, Relou le relou. Tous deux font partie de la 3e classe à bord du train, qui vit dans les wagons de queue ou à part des couchettes et le minimum vital, il n’y a quasiment rien. Et en plus, la sécurité du Snowpiercer n’est pas tendre avec eux et vient recenser la population des 3e classe tous les… deux ou trois jours. Ce qui est très logique, puisqu’on ne sait jamais : ils pourraient tous mourir sans que personne ne le remarque, ou à l’inverse, invoquer l’esprit du Grand Lapin pour forniquer comme des bêtes furieuses et se reproduire en 48 heures.

Ou alors, c’est juste que la sécurité se fait chier, allez savoir. Le dernier jeu de carte a dû geler.

Bref, l’ambiance pue un peu la révolte, puisque non seulement se faire recenser en boucle, c’est un peu lourd, mais en plus, le seul repas autorisé  consiste en une "barre de protéines" , truc noir et flasque distribué une fois par jour aux malheureux qui doivent trouver moyen de s’en contenter tant bien que mal. Mais c’est aussi l’occasion de s’amuser un peu, puisqu’un mystérieux inconnu glisse des messages dans les barres protéinées, et que Curtis, qui est donc notre héros, essaie donc de les réunir puisque chaque message contient un mot, un nom ou un indice sur comment aider la révolte qui gronde.

Qui les aide ? Pour quel mystérieux motif ? Et surtout, comment Curtis fait-il pour toujours obtenir le message sachant qu’il ne sait jamais dans quelle barre il est ?

Que de questions.

D’ailleurs, aujourd’hui, Curtis est bien embêté : une passagère annonce à celui-ci que c’est son fils (à elle, pas à notre héros : c’est un vieux mâle célibataire) qui a la barre protéinée contenant le message du jour. Sachant que ni le gamin, ni la plupart des gens n’ont commencé à manger leur barre, par quel miracle sait-elle qu’un message se cache dans son miam ? Elle a probablement une vision à rayons X : j’espère que Curtis porte bien son slip en plomb.

D’ailleurs, le gamin est évidemment énervant et refuse de donner la barre de protéines. Mais plutôt que de lui éclater la gueule contre une couchette ou une porte (chacun peut avoir sa petite préférence), Curtis préfère longuement négocier pour que finalement, le trou du cul (qui évidemment court partout et écoute à peine quand on lui parle) lui donne la barre de protéines et qu’il découvre dedans la fève qui pour le coup, est un message disant :

Namgoong Minsoo

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Relou le relou, illustration. Ici, Relou le relou apprend que non, il ne pourra pas surfer aujourd’hui.

Si l’avis de la plupart des passagers est que cela signifie "Celui qui lit ça est un con" en coréen ou un nom de soupe Liebig, Curtis a une toute autre idée : grâce à ses connaissances encyclopédiques tirées de son… sa… hem, ses connaissances encyclopédiques parfaitement justifiées, il sait que Minsoo est un expert en sécurité qui pourrait ouvrir les portes des voitures du train et donc leur ouvrir la voie vers l’avant et ses richesses. Curtis va donc en parler à Gandalf, le vieux sage manchot du train. Gandalf est en effet un des ingénieurs ayant bossé sur le Snowpiercer, mais après s’être visiblement fait doubler par Wilford, l’actuel propriétaire du train, il a fini en 3e classe. Feinté, papy. Les deux papotent donc d’un plan à mettre en place pour aller trouver Minsoo, qui serait retenu dans la voiture-prison plus à l’avant, et c’est l’occasion d’aborder un sujet qui reviendra en boucle avec toutes les personnes que Curtis va croiser :

"Curtis, tu es si sombre, si cool et si charismatique, tout le monde veut te suivre !
- Non, je suis dark et torturé, je ne suis pas un leader.
- Alleeeeez faipataput’ !"

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Mais, si : il fait un peu sa pute.

Il n’empêche que le lendemain, une fois encore, la sécurité oblige tous les 3e classes à se regrouper, et plus particulièrement, à mettre leurs enfants au premier rang. La rumeur court : Wilford, qui "adore les enfants" (… non, rien) viendrait en chercher un nouveau, comme une vulgaire Angélina Jolie faisant du shopping en Afrique. Il a donc missionné un sbire, ou plutôt une sbirette, Jeannine. Celle-ci vient donc observer les enfants et les mesurer… lorsqu’elle entend un mystérieux éternuement dans les rangs des 3e classe. Et grâce à ses supers pouvoirs, non seulement elle identifie instantanément l’éternuement comme celui d’un enfant planqué dans les rangs, mais en plus, elle identifie la maman qui a planqué le marmot dans ses jupes du premier coup (encore une histoire des rayons X). Notre bougresse embarque donc le marmot planqué ainsi qu’un autre, et cela provoque une émeute chez nos amis de 3e classe, difficilement maîtrisée par la sécurité.

Dans l’affaire, une chaussure est envoyée sur Jeannine par le père d’un des enfants, que nous appellerons Roro.

Fâchée d’avoir été traitée comme un vulgaire Georges W. Bush, Jeannine demande donc à la sécurité d’agir. Ce qui est bien vite chose faite puisque Roro est saisi par les hommes en armes, qui font appel à une petite chef locale, Gertrude, pour faire un speech sur pourquoi c’est méchant de jeter des chaussures sur les gentils riches qui viennent chercher des ch’tites n’enfants, le tout en faisant un geste bizarre sur lequel nous reviendrons. C’est donc fait pendant que Roro subit son châtiment : il est condamné à garder son bras au-dehors du train durant 7 minutes (ça tombe bien, le train est équipé figurez-vous en petits orifices permettant de juste passer un bras sans que le froid ne pénètre, c’est merveilleux, ils avaient pensé à tout au départ), ce qui, d’après les calculs des larrons du bord, devrait le geler entièrement.

Et en effet : 7 minutes plus tard, Roro n’a plus un bras mais un Miko. La sécurité lui pète donc au marteau, et c’est donc Roro le manchot qui rejoint les siens, un peu bougon. On lui a pris son enfant et son bras droit, maintenant, comment va-t-il se soulag… hem, comment va-t-il faire au quotidien ?

Du coup, le soulèvement gronde, si fort qu’il est prévu pour le lendemain. En effet, Curtis a noté que les chargeurs des armes de la sécurité étaient tous vides : ils ont dû trop tirer lors de la dernière insurrection, 4 ans auparavant. Avec des lames et masses de fortune, il est donc probablement possible de leur péter la gueule. Et en attendant de libérer Minsoo, l’expert en portes, Curtis propose de fabriquer un bélier à partir de… hem. Bon, vous savez quoi ? On va dire que la sécurité leur a laissé les barils de barres protéinés. Et que mieux encore, ils s’emboîtent pour faire un bélier parfait avec parties démontables pour coincer les sas que l’on tenterait de refermer.

Ça tombe bien, dites-donc.

Le lendemain, le plan est donc mis à exécution : au moment du recensement, les 3e classes sortent tout ce qu’ils ont pu bricoler comme armes et tombent sur le coin du nez des pauvres gardes qui n’ont effectivement plus de balles (quel dommage que personne n’ait pensé à juste faire passer les barres protéinées par une trappe et les laisser dans leur crottin). Ils leur tapent donc le museau puis aidé de leur bélier (sur lequel Curtis grimpe, probablement pour rendre la manœuvre plus ardue, il doit aimer faire chier), passent les portes de sécurité et tabassent tout le monde sur leur passage jusqu’à arriver à la prison du coin.

L’occasion donc d’ouvrir les cellules, qui sont en fait plus ou moins des tiroirs de morgue qui contiennent des mecs en stase, mais qui se réveillent comme des fleurs, et avec grâce s’il-vous-plait : pas une courbature. Ils doivent avoir été condamnés à faire du yoga à perpet’. Minsoo, l’expert en sécurité, est donc bien vite libéré et même s’il ne parle pas anglais, ça tombe bien, le coin grouille de traducteurs universels qu’on avait laissé là, houplà. Les choses sont bien faites. Minsoo cependant n’est pas du genre reconnaissant d’être sorti de sa prison. Il a plus urgent : déjà, il veut sortir sa fille Yuna de stase, ce qui tombe bien puisqu’elle est dans le tiroir d’à côté, hop, debout. Yuna est déjà une adulte, je précise, puisque nous reviendrons plus tard sur la pyramide des âges de ce train. Puis, Minsoo explique qu’il veut bien aider nos héros, mais pas gratuitement : il veut être payé en Schnoof, la drogue du train faite de vieux rejets chimiques. Soit : il aura une dose par porte ouverte. Prêt ?

Non, attendez, pas prêt.

D’abord, j’aimerais faire un point : à chaque fois que nos héros s’apprêtent à avancer dans le train, ils évoquent la voiture suivante. Et au début, faisaient même des plans du train avec des barres protéinées. Du coup, à chaque fois qu’ils avancent d’une voiture, on a le droit à une scène. Du coup, calculer la longueur du train est facile : là encore, on en reparlera pour bien montrer à quel point la réalisation insiste sur sa capacité à se vautrer.

Plan

La preuve par l’image : ici, Curtis expliquant à Gandalf la succession des wagons à l’aide de barres protéinées pour bien expliquer que non, il n’y a pas d’ellipse, tout le train ne fait que quelques wagons, regarde papy, j’ai fait un plan.

Maintenant que c’est dit, nous sommes prêts. La voiture suivante n’est pas n’importe laquelle : c’est celle qui produit les barres protéinées.

A l’intérieur, il n’y a qu’un 3e classe qui avait été réquisitionné comme ouvrier et qui montre à Curtis la matière première de ces barres : ces milliers et des milliers d’insectes.

"Caca !" se dit Curtis. Oui, certes, pourquoi pas mais et sinon, tu ne te demandes pas où les mecs arrivent à trouver quotidiennement plusieurs milliers voire centaines de milliers d’insectes vu les cuves ? Non ? Bon, ce n’est sûrement qu’un détail inintéressant : après tout, ce n’est que la base de la survie de toute une partie du train, ça ne méritait pas d’explication rationnelle. Qu’importe : Curtis a déjà des questions, comme "Qui met des messages dans les barres protéinées ?" le larron en charge est incapable de répondre précisément, mais ajoute qu’un message est arrivé aujourd’hui où l’on peut lire "Eau".

"La citerne !" s’exclame Gandalf, qui accompagne l’expédition. "Elle est deux voitures plus loin, et qui contrôle la citerne contrôle toute l’eau du train et peut donc négocier ce qu’il veut, comme de la coke et des p… la liberté, tout ça." C’est effectivement très intéressant, on demande donc à Minsoo de s’activer pour ouvrir la prochaine porte. Mais pendant qu’il y travaille, Curtis va trouver sa fille, Yuna. Et lui demande :

"Toi qui a des pouvoirs de voyance, qu’y a-t-il de l’autre côté de la porte ?"

Que… pardon ?

Des pouvoirs de voyance ? Depuis quand ? Attendez, il n’en a jamais été question du film, d’où Curtis sort-il soudainement ça ? Bon, on va dire que c’est lui qui a des pouvoirs de voyance. Du coup, Yuna devient subitement voyante (ben oui), et pouf, annonce ce truc formidable : "Il y a un grand danger de l’autre côté de la porte, ne l’ouvrez pas !"

Hé bien merci de ton aide, Yuna. Je propose que tout le monde retourne à l’arrière du train jouer au Uno.

De toute manière, c’est trop tard : Minsoo a déjà piraté la porte qui s’ouvre donc et révèle… une voiture sans meubles contenant seulement une horde de types avec des cagoules et des haches. Parce que oui, quand les mecs ont embarqué sur le dernier train de l’humanité, ils se sont dit qu’une cargaison de 150 haches, c’était parfait pour… couper des arbres qu’il n’y a pas ? Ce film est décidément merveilleux : bref, nos 150 types armés de haches attendent tranquillement dans la voiture et sitôt que les 3e classe y rentrent, une grosse baston éclate avec moult morts de part et d’autre.  Baston qui implique, entre autres, des rebondissements comme "J’ai glissé sur un poisson qui traînait par terre, chef". Oui, un poisson. Au milieu du train. Indice : quand un film a des ficelles que l’on retrouve dans Le Flic de Shangaï, c’est plutôt mauvais signe.

Et puis soudain, pouf, tout le monde s’arrête.

Ah ? Mais ? Que ? Comme ça, hop ?

Si, si : Gertrude, la vilaine experte en speeches, vient d’arriver pour faire un discours parce que c’est… le nouvel an.

Oui, c’est la guerre, mais c’est urgent. Ils font même le compte à rebours.

Qualité, tout ça.

Nouvel an qui est marqué, comme le train fait le tour du monde en très exactement un an, par un passage sur un immense pont (qui s’entretient lui aussi tout seul). Bref, comme c’est le nouvel an, on écoute Gertrude dire bonne année à tout le monde (véridique) avant de compléter un peu en disant que les 3e classe sont des vilains de se rebeller, et que de toute manière, 74% d’entre eux vont mourir.

Bon bon bon.

Une autre connerie, là, au débotté ?

Pas de problème, ce film est un gros étron pour rester courtois : soudain, tous les types équipés de hache sortent de leurs poches… des lunettes de vision nocturne. Parce que là encore, les derniers survivants de l’humanité se sont dit que vraiment, c’était du matériel de première nécessité dans un train illuminé en permanence. Et c’est bien là la ruse : le train passe dans un tunnel, les lumières sont éteintes par les vilains et… commence alors un massacre puisque les amis des haches peuvent défoncer en paix leurs ennemis qui se retrouvent aveugles.

Poisson

Ce plan a lui seul permet de se poser la question "Est-ce vraiment un film sérieux ?"

Dans l’affaire, Relou meurt. Et c’est triste, sauf pour les spectateurs.

Curtis, lui, sent que c’est un peu la panique dans les slips. Mais c’est sans compter sur nos amis de 3e classe qui ont fabriqué des torches. Si. Des dizaines. Et oui, en moins de deux minutes, avec tout le nécessaire qu’ils avaient bien entendu avec eux. La contre-attaque est donc brutale et les 3e classe arrivent donc à tataner correctement les amis des haches et même à capturer la vilaine Gertrude ainsi que divers hommes de main. L’occasion donc d’envoyer les survivants dans la voiture suivante, qui est donc la citerne et qui est équipée en douches (ah bin oui) pendant que Curtis et Gandalf discutent avec Gertrude :

"On contrôle la citerne. Et comme vous l’avez dit dans la scène précédente pour votre discours du nouvel an : c’est la réserve de toute l’eau du train. Si on la contrôle… on contrôle le train.
- Ahaha ! Sauf que non : l’étrave à l’avant du train alimente la citerne, donc ça ne sert à rien !
- Je ne vois pas le rapport : l’étrave brise la glace et pourquoi pas approvisionne la citerne, mais tout ça, c’est à l’extérieur. Donc sans la citerne, ça va être compliqué quand même les enfants.
- Non : le script dit que soudain, pif pouf, mon argument suffit à alimenter en eau tout le train et donc que vous vous désintéressez complètement de la citerne pour laquelle vous venez de combattre et de mourir.
- Est-ce que le script dit autre chose de complètement con ?
- Oui, regardez la page suivante des dialogues ! Et dire que la presse française nous a encensés !"

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Parce que non, ce n’est pas fini : Curtis décide de trouver une utilité à Gertrude en lui demandant "Où sont les enfants qui ont été emmenés ? Et Wilford ? Tu vas devoir nous guider de force, Gertrude !"

C’est un train.

C’est un foutu train.

Si tu veux trouver quelqu’un dans un train, c’est pas bien compliqué : tu avances. Donc Gertrude n’a aucune utilité : c’est comme si tu demandais à ce qu’elle te guide dans un couloir sans portes. Remarque, il y avait aussi une autre option si tu voulais vraiment avoir l’information super pertinente "Les enfants et Wilford sont vers l’avant du train" : demander à Yuna et ses pouvoirs de voyance. Pardon ? Elle les a perdu aussi vite qu’elle les avait gagné et on en parlera plus du film ?

Très bien.

Une seconde, je prends mon sachet de chatons salés. C’est rigolo, c’est comme des chips, ça craque sous la dent, et en plus ça aide à se passer les nerfs pour ne pas craquer devant le film. C’est bon, les chatons salés.

Où en étais-je ? Ah, oui.

Nos héros décident déjà de se reposer un peu et de passer la nuit en profitant de l’eau et de la nourriture qu’ils ont conquis au mépris du danger. L’occasion d’avoir une petite séance de papotage nocturne entre Curtis et Gandalf, dans laquelle Curtis se plaint, car contrairement à Gandalf il a… deux bras. Nous comprendrons plus tard pourquoi (oui, encore, je sais, mais vous allez voir, ce sera une explosion de matière fécale) , même si, rassurez-vous, ça reste très con. Connerie toujours, au matin, les 3e classe décident d’abandonner l’avantage du nombre et de se scinder en deux groupes : un petit commando mené par Curtis ira vers l’avant, pendant que les autres attendrons des nouvelles de la révolution en jouant à la marelle.

Si, si.

Encore une fois, relisez les critiques en introduction de ce spoiler, vous verrez, c’est magique.

Le commando guidé par Gertrude part donc pour la voiture suivante… qui est une serre. Mais attention, hein, il y a bien, pfiou, 8 arbustes et quelques étagères de plantes en pot.

Et c’est tout : quelque chose me dit que tout le monde n’a pas ses 5 fruits et légumes quotidiens.

Qu’importe : la voiture suivante est… un tunnel aquatique ?! Mais ? Mais enfin ! Ça suffit maintenant, les conneries ! Bon, ça explique d’où venait le poisson sur lequel des gens ont glissé quelques scènes plus tôt, mais par contre, l’œil attentif notera que des espèces d’eau douce et salée cohabitent dans le même tunnel. Probablement qu’il y a une langouste qui deale du sel de Guérande au fond. D’ailleurs, savez-vous ce qu’abrite aussi cette voiture ? Un bar à sushis, mais si. L’occasion pour nos héros de s’en régaler, donc. Sans se demander d’où vient le riz, par ailleurs : encore un détail.

Allez, allons voir s’il y a des incohérences dans la voiture suivante : il s’agit là de la chambre froide de la boucherie ! Où carcasses de bœufs et poulets attendent leur heure. On peut donc imaginer sans mal que la voiture suivante est bien évidemment celle où ces animaux vivent en batt…

Ah non, tiens : c’est l’école.

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L’école avec la chambre froide juste derrière : ça ressemble un peu à la Belgique.

Du coup, on peut donc en déduire que les cours sont régulièrement interrompus par des transports de bidoche puisque quelqu’un a oublié de mettre côte à côte les voitures élevage et stockage (on supposera que l’abattoir est avec l’élevage) ? Sans rire : le mec qui a fait le film, il n’a pas pris, je ne sais pas moi, 10 minutes pour dessiner son train sur un bout de papier et vérifier que ça tenait un minimum debout ? Qu’il y avait une logique ? Une cohérence ? Non : après tous, même les professionnels trouvent ça génial, alors pourquoi faire un effort ?

D’ailleurs, en parlant de cohérence, la voiture école n’est peuplée… que d’enfants de 8 ans.

Où sont les autres ? Ils n’existent pas ? Hé bien en effet : dans ce film, soit on est un adulte, soit on est un vieux, soit on a 8 ans. Probablement qu’à partir de 9 ans, on accroche les marmots sur les flancs du train et on ne va les chercher que lorsqu’ils ont 18 ans parce qu’entre les deux, on a rien prévu pour eux. Et toutes les femmes accouchent d’enfants de 8 ans (ça pique un peu sur le coup). Hélas, les enfants kidnappés plus tôt dans le film ne sont pas là : ils ont été emmenés plus à l’avant. Mais comme nous sommes dans une école, profitons-en puisque la maîtresse fait cours, pour en apprendre plus sur l’histoire du convoi légendaire où nous sommes.

Wilford, le propriétaire du train, aurait tout petit déjà eu une passion pour les chemins de fer (et la drogue, je pense). Il a donc monté une société qui a non seulement fonctionné mais lui a permis d’accomplir son rêve : relier les chemins de fer du monde entier (il a fallu une paire de petits ponts, mais sinon, ça va, c’était facile) pour y faire circuler un train de luxe qui ferait le tour du monde en un an. Et qui dit luxe dit train suréquipé, d’où tout le bordel qu’on y trouve en sus d’une machine, La Machine, située en tête de train et qui fournit de l’énergie à tout ce petit monde pour toujours (elle est probablement alimentée par les trous dans le scénario). Donc quand l’apocalypse a débuté, tout le monde a tenté de prendre place dans ce train dont tout le monde se moquait à l’origine.

Le film n’évoque pas le plan français, "l’Arche Ultime", elle aussi conçue comme un train devant rouler pour toujours, probablement puisqu’il a fallu dix minutes après la sortie de la gare pour que la première grève éclate à bord, et vingt pour qu’un incident de voyageur l’arrête définitivement. La France n’était pas prête.

Qu’importe : la voiture-école est aussi l’occasion pour la maîtresse de montrer quelque chose d’intéressant par la fenêtre : 7 formes dans la glace. Ce sont les restes de 7 passagers qui, 15 ans auparavant (le train roule depuis 18 ans soit dit en passant), ont décidé que stop, ça suffisait le bullshit, on s’en va. Menés par une femme eskimo, ils ont fait 50 mètres avant d’être transformés en Apéricubes. Depuis, chaque année, le train passe devant, l’occasion de montrer aux enfants ce qui arrive à ceux qui ne veulent pas suivre les règles du train. Ou l’importance de porter une cagoule.

Détail intéressant : les gestes de la maîtresse n’ont aucun rapport avec ce qu’elle raconte. Par exemple, quand elle parle de "mourir congelé", elle mime un hachoir ou un éléphant tétraplégique, on est pas bien sûr, mais en tout cas, ça n’a aucun rapport avec le froid et toute la classe mime ces mouvements en chœur. Là encore : quel talent, perdre du temps et de l’argent à demander à des acteurs d’apprendre une chorégraphie qui n’a aucun rapport avec la scène, c’est beau. Et mieux encore : c’est encensé.

Qu’importe : un employé du train poussant une brouette remplie d’œufs apparaît dans la classe. En effet, pour le nouvel an, des oeufs cuits dans l’eau de La Machine sont offerts à toute la population du train. L’employé du train semble bien se moquer du commando des 3e classe au milieu de l’école, et leur file des oeufs. Et dans celui de Curtis, il y a un message : "Sang"

Incroyable télescopage : à cet instant précis, le type qui distribuait les œufs, à présent à l’arrière du train, ainsi que la maîtresse d’école sortent tous deux des mitraillettes et commencent à arroser les 3e classe. A l’arrière, les employés du train qui avaient joué de la hache plus tôt et étaient prisonniers sont libérés, et eux aussi récupèrent des armes et ouvrent le feu sur les prolos.

C’est bête, quand même, toutes ces armes que nos larrons avaient depuis le début mais qu’ils n’avaient pas pensé à utiliser plus tôt.

La maîtresse qui joue du flingue est vite calmée par un couteau volant, mais par contre, à l’arrière du train, la sécurité reprend le contrôle de la situation dans le sang. Curtis et son commando sont donc à présent isolés. Quel dommage qu’ils n’aient pas vu cela venir : si seulement quelqu’un dans l’équipe avait des pouvoirs de voyance. Mais je m’égare. Dans l’affaire en tout cas, Gandalf se prend une balle dans la tête, histoire de. En représailles, Curtis en colle aussi une dans Gertrude, parce que hein, flûte, bon, ça suffit maintenant.

Nos larrons décident donc d’avancer dans le train : ils traversent donc la voiture où se situent les cabinets médicaux & les artisans, poursuivent au travers de la voiture salon de coiffure, et traversent la voiture piscine, où il y a de grandes fenêtres. Ça tombe bien (ça alors !) puisqu’à ce moment là, le train est sur des rails formant une gigantesque courbe, et par la fenêtre, on peut donc voir le cul du convoi, convoi qui soudainement, fait près d’une centaine de voitures alors que le film a bien insisté sur le fait qu’il n’en était rien, les personnages comptant régulièrement les portes à traverser.

C’est consternant.

Oui oui : le petit trait noir au fond, c’est bien le (gigantesque) train. Et oui, notre héros est bien en train de mitrailler sa propre vitre en visant une cible minuscule avec une arme pas adaptée.

Mais ce qui l’est encore plus, c’est que depuis la voiture école où les méchants viennent d’arriver, Guy le bad guy, nommé ainsi puisqu’il est l’homme de la sécurité qui a collé une balle dans la tête de Gandalf, prend son fusil d’assaut et décide… de tirer à travers les vitres blindées du train en direction de la voiture, bien plus loin à l’avant, de nos héros (qui je le rappelle, officiellement, n’ont traversé que trois voitures, mais on en voit au moins 50 derrière eux), qui ont eux même des vitres blindées. C’est très con et ça donne une ridicule scène de fusillade entre Guy et Curtis où tous deux se ratent comme des grosses buses en perçant avec peine le verre blindé de leurs propres fenêtres, autant dire pas du tout celle d’en face, le tout dans un train en mouvement.

Sitôt qu’ils ont fini les conneries, Guy et deux hommes de la sécurité se remettent en marche vers l’avant, et probablement en utilisant un trou de ver de Lorentz, se retrouvent dans la même voiture que celle dans laquelle nos héros viennent d’arriver : le sauna. Rapidement, la situation tourne au pugilat, puisque jaillissant des cabines, nos héros sautent sur l’ennemi. Si les deux agents de la sécurité anonymes sont vite morts, Guy ne se laisse pas faire et tue à peu près tout et tout le monde simplement avec ses petits poings (si) jusqu’à ce qu’il ne reste plus que Curtis (qui avait un pistolet mitrailleur mais n’a pas trop tiré sur Guy, c’était pas rigolo), Minsoo et Yuna. Guy est quand même tué dans la bagarre par Curtis, qui lui strangule sa face de margoulin.

Cela étant réglé, nos amis vont aux prochaines voitures : la voiture boîte de nuit, où tous les jeunes du train s’éclatent en prenant de la Schnoof, la fameuse drogue à la mode, puis la voiture pleine de gens qui portent des manteaux de fourrure mais personne ne sait pourquoi, que nos héros dépouillent de leurs oripeaux.

Dites-donc, j’espère que dans ce train, on a pas trop souvent des envies de sushis sinon il faut traverser un sauna, un nightclub, une école, une chambre froide…

Qui a dit "C’est du foutage de gueule pur et simple à ce niveau ?" Bravo, vous venez de gagner un regard approbateur de ma part.

Nos héros continuent donc à progresser et traversent une salle de sécurité où personne ne les embête (ben non ! C’est une salle de sécurité, on ne va pas y mettre des agents de sécurité !) mais je crois qu’à ce stade, nous sommes tous d’accord que c’est tout simplement n’importe quoi depuis le début. Ils peuvent donc arriver à leur ultime destination : une voiture avec un pont au-dessus des rouages d’une étrange machine (La Machine), et en face, une porte avec un "W" doré : celle qui mène à la voiture de tête, la demeure de Wilford.

Yuna s’endort soudainement : comme ça, pouf. Non, aucune explication : elle est dans un coin de l’écran, ils arrivent au terme de leur quête, elle n’en a donc fort logiquement plus rien à péter.

Hmmm, soit.

Minsoo et Curtis décident de s’asseoir pour faire une petite pause avant de pirater l’ultime porte. L’occasion pour Minsoo d’offrir un trésor à Curtis : la dernière clope de l’humanité. Que notre héros allume mais se contente de garder entre ses doigts pendant qu’il raconte sa vie, principalement parce qu’il est con. Et quelle vie raconte-t-il ? Hé bien pas n’importe laquelle ! Il y a 18 ans, il est monté dans le train clandestinement, comme les autres 3e classe. Mais bien vite, un problème s’est posé : il n’y avait pas de nourriture (oui, les mecs ont construit une machine à barres protéinées à partir de rien et lui ont même trouvé un wagon alors que le train était déjà en route depuis un moment, dites-donc !). Les gens ont donc commencé à se dévorer les uns les autres, jusqu’à ce qu’un jour, Curtis tente de manger un bébé. Mais Gandalf a surgi et sauvé l’enfant en coupant son propre bras pour nourrir les affamés à la place.

Cet enfant, c’était Relou.

Comme quoi, il aurait mieux fini en steak.

Par la suite, les barres protéinées sont arrivées, mais Curtis ne s’est jamais pardonné ce moment d’égarement. Ce pourquoi il trouvait triste d’avoir deux bras, plus tôt dans le film, alors que Gandalf en avait courageusement donné un pour les nourrir. Hmmm, soit ? Et après cette histoire inintéressante, c’est au tour de Minsoo d’expliquer la sienne : lui n’a pas prévu d’ouvrir la porte menant à Wilford. Lui, son plan, c’est d’utiliser la Schnoof, qui est inflammable, pour faire sauter une porte condamnée du train et s’enfuir dehors. Car par la fenêtre, il a remarqué que la neige avait un peu diminué en épaisseur : c’est donc que ça se réchauffe, et il pense avoir une chance.

Ah bin oui, du coup, oui, il doit faire bon dehors, tu as raison. Et puis surtout, qu’importe quand quel coin du monde et à quelle altitude tu sors, pas vrai ? Ça n’a sûrement aucune importance.

Au début du film, il n’a pas suffit à un mec de passer le bras dehors pour qu’il gèle d’ailleurs ? Non ? C’était sûrement un autre film, je dois me tromper.

Ho, et puis juste comme ça : si c’était ton plan, pourquoi attendre d’être devant la porte de Wilford et donc te taper la sécurité de touuuut le train pour le mettre à exécution ? Parce qu’il te fallait assez de doses de Schnoof et que tu en gagnais une par porte ouverte ? Et sinon, passer par une fenêtre, ouvrir une porte autrement (ta spécialité, je le rappelle) ou même sortir par n’importe quelle issue, non ? Parce qu’aux dernières nouvelles, tout à l’heure on a parlé de 7 passagers qui avaient "sauté en route" : ils ont bien utilisé une issue, non ?

Okay, vous êtes donc tous particulièrement crétins, j’en prends bonne note.

De toute manière, la scène est interrompue par la porte de Wilford qui s’ouvre d’elle-même et Jeannine, l’adjointe de Wilford qui venait chercher des gosses de 3e classe au début du film, en surgit pour coller une balle dans Minsoo, qui s’effondre, blessé. Puis, elle invite Curtis à rentrer dans ce qui ressemble à un luxueux salon où l’attend en robe de chambre…

EdHarris

"Salut mec, je t’attendais. Et comme à chaque fois que j’attends quelqu’un, je reste en pyjama."

"Ed Harris !
- Wilford, pour être exact, est-ce que moi je te rappelle que tu es le héros de "Captain America", hein ? 
- Bon, si vous m’expliquiez pourquoi vous êtes là, tranquille, en robe de chambre limite en slip à m’inviter alors que je viens pour vous faire du mal ?
- Assieds-toi petit fripon, je vais tout te dire lors d’une de ces scènes qui se veulent intellectuelles simplement parce que nous parlons assis au milieu d’un décor futuriste. Pour commencer, sache que je suis celui qui t’envoyais les petits messages dans la nourriture. 
- Le mec qui m’a envoyé "Water" avant que le script n’explique que la citerne d’eau, indispensable jusqu’à une scène n’avait en fait aucun intérêt après la suivante ?
- Celui-là même. Je t’ai choisi, Curtis, tu as une âme de leader. Tu devais mener la révolte. J’étais de mèche avec mon vieil ami Gandalf depuis le début : lui et moi communiquions chaque soir grâce à un téléphone planqué reliant l’avant à l’arrière du train. Gandalf, comme moi, savait que pour préserver notre système, parfois, il faut le purger. Et donc, quand les 3e classe sont trop nombreux, nous leur offrons une petite révolte des familles. Là, par exemple, nous avions prévu de tuer 74% d’entre vous et de vous arrêter dans la salle avec les haches. Comme ça, il y avait plus de nourriture et de place pour les survivants et tout le monde était content. Ce pourquoi Gandalf soutenait donc l’opération.
- On parle bien du Gandalf qui avait préféré perdre un bras que de laisser Relou mourir quand ce n’était qu’un enfant ? En fait, à côté de ça, tuer des dizaines de passagers et de gosses à la sulfateuse, par contre, il était complètement d’accord ?
- Ah, tiens, oui, c’est vrai que c’est étonnant. C’est bête qu’on ait passé une scène entière à raconter l’anecdote de "Gandalf le sauveur de bébé" et quo’n ait investi dans des prothèses de bras et dans du maquillage pour qu’au final ça ne serve qu’à foutre en l’air l’explication finale.
- Je ne te le fais pas dire."

0

Pendant que nos amis discutent, en tout cas, en queue de train, 74% des gens sont donc en train de se faire réguler la margoulette au gros plomb (avec là encore des gestes qui n’ont aucun sens pour ponctuer le propos de leurs bourreaux, c’est assez formidable, par exemple à un moment ils veulent dire "18 survivants" donc ils montrent… deux doigts. Mais ?).  Et surtout, au milieu du convoi, soudain, Guy le bad guy qui s’était pris des mandales, des coups de couteaux et s’était fait stranguler… se relève.

Oui oui : soudainement, il n’est plus mort. Non, on ne sait pas pourquoi. Yuna, qui pionçait, se relève aussi et va aider son papounet de Minsoo qui, toujours devant la porte de Wilford, a un peu bobo depuis qu’il s’est pris une balle. Ho, et puis soudain (encore), justement, Minsoo et Yuna sont dérangés par l’arrivée de tous les teufeurs de la boîte de nuit qu’ils avaient traversé plus tôt qui veulent tous les tuer.

Ah bon, mais pourquoi, comme ça, hop, ça leur a pris ? "Allez on va en tête de train tuer des gens ?"

Un teufeur essaie de tuer Minsoo, qui se bat sur le pont au-dessus de La Machine, et malgré sa blessure, gagne. Guy le bad guy débarque aussi et prend aussi sa tannée.

Alors vous me direz "Mais que font les autres teufeurs alors ?"

Hé bien ils dansent.

J’ai mal rien qu’à l’écrire tant c’est nul.

Oui, ils sont tous venus là, mais juste pour danser en fait : il n’y avait pas de musique, c’était plus étroit et moins pratique, c’était donc une excellente raison de traverser le train pour venir. Et leurs intentions hostiles ? Disparues, hop. Ils dansent on vous dit.

Quel film.

D’ailleurs, pendant ce vaste bordel, Jeannine, l’assistance de Wilford, sort pour voir qui c’est qui fait du bruit, là, ho, vous vous croyez où, et se fait avoir aussi par Minsoo qui visiblement, bien que mourant 5 minutes avant, pète désormais la forme. Du coup, retournons à l’intérieur de chez Wilford pour voir de quoi il retourne, et où nos deux larrons sont toujours en grande conversation :

"… et c’est comme ça que j’ai compris qu’il ne fallait pas que j’utilise les rails du RER B.
- C’est fascinant Wilford. Mais en attendant, que fait-on à présent ?
- Hé bien Curtis, tu es jeune, tu es fort, tu as déjoué mes plans en partie, donc que dirais-tu maintenant que le nombre d’êtres humains à bord a été régulé grâce à mon habile révolte organisée de prendre ma place ?
- Et par exemple d’avoir une politique sur la natalité plutôt que de réguler la population au fusil à pompe ? Ou de ne pas avoir une prison quand on se plaint d’être trop nombreux ?
- Non. Ce serait bien trop intelligent. Mais tu pourrais toi aussi avoir une robe de chambre moche et te promener en slip toute la journée dans ton compartiment de luxe.
- J’ai une autre question avant : et les enfants qui ont disparu ?"

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Wilford hoche la tête et va soulever une dalle sous le plancher : on voit alors un enfant faire un geste répétitif au sein des rouages d’une machine située sous le sol. Un geste qui ressemble à celui que faisait Gertrude au tout début du film. Wilford explique : "La Machine à énergie pour le train est éternelle… mais pas ses pièces ! C’est pourquoi je remplace les pièces défaillantes par des enfants."

Oui, c’est un truc connu de garagiste :

"Ah, le carbu a pété.
- Mets un enfant à la place !
- Mgnn… reeeeeentre…. gnnn… voilà, ça r’marche !
- Un pneu a éclaté !
- Mets un enfant !
- Bon sang, l’oscilloscope vient d’imploser !
- Passez-moi le petit épileptique !"

0

Oui, c’est connu : les enfants peuvent remplacer n’importe quelle pièce de mécanique ou d’électronique. Moi-même, j’ai remplacé il y a peu la carte mère de mon PC par un enfant grassouillet (il y a plus de place pour les barrettes de RAM). Mais ce film, c’est une comédie ou bien ? Wilford en plus montre le geste que doit faire l’enfant jusqu’à épuisement au sein de la machine : il confirme que c’est celui que faisait Gertrude au début du film. Gertrude qui ne pouvait pas connaître ce geste. C’est donc bel et bien tout simplement nul, raté, et tout ce que vous voulez sur tous les plans.

Cela dit, tout cela énerve un peu notre héros : il pète la gueule à Wilford et fait ce qu’il a toujours rêvé de faire, à savoir, perdre un bras pour sauver un enfant. En effet, en coinçant sa mimine dans les rouages sous le plancher, il donne une chance à l’enfant de s’en sortir, ce qu’il fait. Dès lors, l’équipe ainsi reconstituée va poser le Schnoof, qui est donc inflammable, sur une porte condamnée du train et fait péter le tout pour ouvrir un chemin vers l’extérieur. L’explosion est si forte qu’elle provoque une avalanche (puisque le train passait dans des montagnes à ce moment là, d’ailleurs les décors c’est soit des villes détruites, soit des montagnes, soit des ponts géants, ce train ne connaît que ça et visiblement le monde n’est constitué que de cela) qui renverse le train et provoque donc son déraillement.

Dance

Guy et ses amis danseurs, qui ont tellement plus important à faire que de sauver leurs vies qu’ils regardent ailleurs, notez-le bien.

Du coup, tout le monde meurt dans le crash qui en résulte, sauf Yuna et le petit enfant sauvé que nous appellerons Mokobé puisqu’étant plutôt du genre visible sur fond de neige (non, il n’est pas roux, arrêtez).

Tous deux sortent donc de l’épave du train couverts des fourrures qu’ils avaient trouvées à bord pour des raisons contestables, et constatent qu’ils sont au milieu d’une chaîne de montagne (c’est ballot, il aurait peut-être fallu prévoir). Soudain, un mouvement sur le flanc d’un pic : c’est un ours blanc (parce que oui, froid = ours blanc, les autres ours sont connus pour vivre uniquement du côté de Barcelone) qui doit s’emmerder sec vu qu’il n’y a rien à manger dans le coin. A part peut-être une Yuna et un Mokobé.

Mais la réalisation n’y a pas pensé non plus et à la place, nos deux héros sont contents, puisque cet animal annonce qu’un retour de la vie sur le globe est en cours.

Et sur cette note d’espoir, et avant que nos héros ne se fassent déchiqueter par l’animal affamé je suppose…

… FIN !

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Je crois que la conclusion revient au reste de la presse professionnelle "spécialisée" (donc d’autant plus sévère, on l’imagine) :

4/5 "La pertinence du scénario (…) s’impose comme un modèle d’adaptation réussie à quasiment tous les niveaux. (…) La rencontre du concept fort imaginé par Jacques Lob et de la vision très personnelle de Joon Ho a donné naissance à une mémorable odyssée."

- Mad Movies

4/5 "(…) les moyens colossaux ne brident jamais la folie baroque, le goût du mystère, les visées poétiques et la liberté d’un artiste qui, derrière les oripeaux du genre, balance une méchante parabole politique."

- Première

4/5 "De tous les blockbusters post-apocalyptiques sortis cette année ("After earth", "World War Z", "Elysium"…), "Snowpiercer" est le plus inspiré. (NDOC : La vache, on ne se mouille pas trop par ici, sans la note, on aurait pu penser à une blague)"

- Télérama

Quelqu’un d’autres a quelque chose à dire ?

0/5 "C’est une sombre merde. Et les critiques n’ont bien évidemment rien à voir avec le fait que ce soit tiré d’une bédé française, non ma bonne dame, les experts ne mangent pas de ce pain là. Leur avis de professionnel illustre bien leur niveau de compétence, dire qu’ils sont payés pour cela fait peur. Cela dit, si vous voulez vraiment une histoire de miséreux qui peinent à survivre dans un train pourri, il y a plus simple : prenez le paris-Troyes."

- Un Odieux Connard

Bien, cette fois, je crois que c’est bon.

Ah, Percy Jackson !

Pour ceux qui auraient raté le précédent article sur le sujet, en même temps, c’était en 2010 (oui, vous étiez jeunes en ce temps là), une petite séance de rattrapage s’impose. Et comme j’entends déjà les plus fainéants d’entre vous se rouler par terre en arguant que non, ils ne veulent pas se taper un pavé entier pour savoir ce qu’il s’est passé dans l’épisode précédent, permettez-moi dans mon incommensurable bonté de vous résumer celui-ci de manière vaguement plus synthétique qu’à l’accoutumée. Et d’en remettre une couche sur ce qui fait tout le sel de la saga Percy Jackson, à savoir une telle resucée de Harry Potter que Quentin Tarantino pourrait l’avoir signée.

Vous en doutez ? Mécréants. Lisez plutôt le pitch :

Percy Jackson est un enfant malheureux et maltraité. Un jour, un étrange monsieur barbu (Chiron) vient lui annoncer qu’il ne sait pas tout sur ses véritables origines et qu’en réalité, il dispose de pouvoirs magiques puisqu’il est un "sang-mêlé" (oui, même le terme de "demi-dieu", puisqu’il est fils de Poséidon et d’une humaine, a été changé pour sonner comme du Harry Potter).  Percy est donc envoyé dans une école où l’on apprend aux demi-dieux à maîtriser leurs pouvoirs, école protégée du monde extérieur et des méchants par une immense barrière magique. Il y traînera avec son meilleur ami, le maladroit Grover, ainsi qu’Annabeth, la Mademoiselle Je-sais-tout locale. Cependant, il s’y fera aussi un rival, Luke, un blond aux cheveux plein de gel qui a pour armoiries des serpents (puisque fils d’Hermès). 

Et comme indiqué dans le précédent spoiler, chaque livre de la saga originale représente une année dans cette école mystérieuse.

Vous avez saisi le concept ? Bien, alors résumons l’épisode précédent.

Zeus est grognon : quelqu’un lui a tiré son foudre. Après avoir accusé les gitans, Zeus décide de pointer du doigt le seul fils de Poséidon : Percy Jackson, quand bien même celui-ci n’est même pas au courant de l’existence des dieux grecs.  Dans le bordel général qui s’ensuit, Percy découvre ses véritables origines, se rend compte que tiens, ce gros bâtard de Luke est peut-être derrière le vol puisqu’il n’est jamais que le fils du dieu des voleurs (entre autres), et après moult aventures pour retrouver l’objet volé durant lesquelles il décapitera la méduse, ira jusqu’aux enfers (qui se trouvent sous Hollywood, c’est pertinent) et défiera Hadès lui-même, Percy retrouve le foudre, colle sa tannée à Luke, sauve l’Olympe (qui est sur l’Empire State Building, sic) et peut rentrer chez lui faire la fête en se saoulant au Sirop Sport.

Pendant que notre héros célèbre sa victoire et que les avocats de J.K Rowling se roulent par terre dans leur bureau, allons donc nous intéresser à la suite des aventures de notre demi-dieu préféré : spoilons, mes bons !

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L’affiche : deux tiers occupés par des flammes/explosions, c’est une sorte de messie des bouses.

Tout commence quatre année avant les événements que votre humble serviteur vient de vous conter, alors que quatre enfants courent à toutes jambes dans les bois en hurlant (nous sommes probablement dans l’Yonne) pour essayer d’atteindre le "camp des sang-mêlés" et y trouver la sécurité, auprès des leurs, quand bien même des demi-titans et autres créatures mythologiques n’aimant pas trop tout ce qui est de sang divin les coursent pour leur meuler la gueule. Oui, ils sont taquins. Nos 4 larrons sont : Annabeth, Luke, Grover et une certaine Thalia. La course-poursuite se déroule plutôt bien pour nos jeunes loulous, puisqu’ils parviennent à atteindre la porte du camp ou presque quand bien même leurs ennemis sont si loin qu’ils ne sont même pas en vue.

Sauf que Grover, qui rappelons-le, est mi-black mi-satyre (soit deux fois plus de plaisir) se vautre comme un gros étron en poussant des cris comme "Aïe aïe ouïe, je m’ai fait malheuuuu ! Sachant que je peux encore sautiller, comment va-t-on atteindre cette porte, qui est à seulement 5 mètres de nous et que nos ennemis sont encore loin ?". Excellente question Grover, mais ne t’inquiète pas, Thalia a la réponse :

"Ne vous inquiétez pas, je vais les retenir !" s’exclame-t-elle en brandissant un canif.

Alors que nous n’en sommes qu’à 2 minutes de film et que déjà, tout le monde dans la salle se regarde en se demandant pourquoi ces andouilles ne passent pas juste la porte du camp qui est juste derrière-eux, et à quoi rime cette séquence moisie, l’inévitable arrive : des cyclopes se pointent et pètent la margoulette à Thalia, pendant que ses amis, les yeux embués de larmes, s’enfuient en passant la porte du camp des sang-mêlé qui était donc juste à côté, en hurlant des choses comme "Naooooon, Thaliaaaa !", "Hooo c’est trop triiiiiste !" ou "Si seulement elle n’avait pas été intellectuellement plus proche de l’endive que de l’être humaiiiiiin !".

Sauf que Thalia n’était pas n’importe qui : c’était la fille de Zeus. Aussi pendant qu’elle agonisait sur le sol moussu de la forêt jolie, son divin père décida de lui donner une chance de continuer à vivre sous une autre forme : non pas celle d’asticots, hélas, non ; il transforma plutôt son corps en bois, et de celui-ci naquit un immense arbre magique capable de générer un bouclier empêchant tout ennemi des sang-mêlés d’entrer dans le camp de ceux-ci. Ainsi naissait la plus grande protection du camp qui…

Hopopop, attendez ! Qu’est-ce que c’est que ces carabistouilles ?

Vous voulez dire que jusqu’à il y a 4 ans, il n’y avait aucune barrière de protection au camp des demi-dieux ? Alors expliquez-moi :

  • Pourquoi nos héros pensaient être en sécurité simplement en passant la porte du camp si elle n’avait aucune protection ?
  • Pourquoi n’y avait-il pas de gardes autour du camp si on peut y entrer comme dans un moulin ?
  • Pourquoi personne n’a-t-il simplement pensé à escorter les nouveaux élèves lorsqu’ils venaient au camp depuis des siècles ?

Non parce que du coup, à la place des méchants, personnellement j’aurais miné les bois pour commencer. Ça aurait rendu l’arrivée des nouveaux élèves un poil plus spectaculaire (une sorte de Poudlard Afghan), mais bon. Ça ou un peu de napalm sur la clairière où ils campent, nul doute que les experts auraient été bien étonnés en retrouvant du satyre calciné répandu sur 150 mètres sur les lieux du crime.

Bref.

Revenons à nos jours, alors que Percy Jackson est occupé avec ses amis demi-dieux à pratiquer quelque olympiade dans leur camp. Enfin je dis olympiade : ça ressemble quand même plus à Intervilles qu’autre chose, mais bon. Pour être tout à fait exact, une sorte de grosse structure en bois pleine d’obstacles tourne au milieu du camp, et moult demi-dieux tentent de l’escalader pour atteindre son sommet en se battant entre eux ; le premier qui attrapera le disque accroché tout en haut de la structure aura gagné et pourra faire ce que tout bon vainqueur fait : narguer ses adversaires, expliquer que tout ça, c’est du talent, voire utiliser son dictionnaire des insultes homophobes pour qualifier la performance de ses petits camarades.

Percy, fils de Poséidon, a sur cette épreuve une principale concurrente : Clarisse, fille d’Arès, le dieu de la guerre. Mais cette dernière restant une femelle avant tout, c’est fort logiquement qu’elle se fait griller la politesse par Percy, qui atteint le sommet avant elle. Sauf qu’au moment où celui-ci va se saisir du disque de la victoire, il entend les cris d’un certain Jean-Jacques, qui s’est pris les pieds dans une échelle de corde au bas de la structure, et celle-ci tournant sur elle-même à environ 2 kilomètres heure, il est traîné sur le sol ce qui lui donne principalement l’air bête.

"Zut", se dit Percy. "Soit je prend ce disque à 50 centimètres devant moi, l’épreuve s’achève, ce qui arrête en plus la structure de tourner, et du coup je sauve Jean-Jacques et j’ai gagné, soit je fait des pirouettes dans tous les sens avant d’essayer de décrocher le malheureux qui n’est même pas en danger à la volée, le tout pendant que la structure tourne encore, ce qui veut dire que Jean-Jacques va avoir l’air bête durant un peu plus longtemps, et en plus je perds." utilisant ses neurones d’être mi-homme mi-crustacé, Percy décide donc de prendre la seconde option, et va donc sauver Jean-Jacques d’un non-danger.

Clarisse profite donc de la chose pour reprendre l’avantage et aller gagner l’épreuve.

Percy va donc bouder dans son coin, parce qu’il avait déjà pensé à plein d’insultes homophobes à balancer du haut de sa victoire, mais que là du coup, c’est râpé. Ses amis Annabeth, fille d’Athéna, et Grover le satyre viennent donc lui remonter le moral, même s’il est vrai que sur toutes les dernières épreuves et jeux du camp des sang-mêlés, Percy est toujours arrivé second derrière Clarisse. Il est donc un peu dég’, et commence à se poser des questions (mes lectrices seront heureuses d’apprendre que, non, une femme ne peut pas être tout simplement meilleure qu’un homme : c’est forcément qu’il y a un problème quelque part. J’approuve complètement ce message, bien évidemment). Il va donc trouver l’étendue d’eau la plus proche, et plutôt que de s’y jeter avec un gros cailloux en pendentif, au grand désarroi des gens de goût, il décide de se lancer dans un long monologue en espérant que Poséidon l’entende.

"Les gars ? Qui a laissé Percy tout seul ? Vous savez bien qu’il est un peu con, il est persuadé que Poséidon est le dieu de toutes les eaux, et non des mers et des océans. Tu m’étonnes que son papounet réponde pas : l’autre jour, il soliloquait devant les waters."

J’essaie de vous synthétiser son passionnant propos :

"S’trop nul, je me fais battre par Clarisse alors que je pensais être plus important qu’un vulgaire personnage secondaire sans même un kiki, si ça se trouve, j’ai sauvé l’Olympe dans le film précédent que parce que j’ai eu du bol, Tu sais quoi Poséidon ? On va faire comme dans toutes les bouses : après le premier film où je découvre mes pouvoirs, le second film est basé sur mes doutes, d’accord ?"

Sauf que Poséidon ne répond pas. Percy grommelle donc que c’est trop injuste, et ne remarque même pas, sitôt qu’il a tourné le dos à l’étendue d’eau voisine, l’onde claire s’agiter brièvement, signe soit que Poséidon l’a entendu, soit qu’une truite vient de faire une soirée fajitas. Personnellement, j’ai déjà choisi mon camp.

Quelques temps plus tard, donc, alors que Percy continue d’être moqué par Clarisse et que Dionysos, le crypto-directeur du camp, lui file toutes les tâches ingrates comme passer le rateau ou lire le scénario de ce film, un événement inattendu se produit. A savoir que Dionysos et Chiron le centaure (qui était Pierce Brosnan dans le précédent film mais est désormais incarné par celui que les plus vieux reconnaîtront comme étant Giles de Buffy contre les vampires – si les mots "trilogie du samedi" vous disent quelque chose, c’est que vous commencez sérieusement à vous fripper) convoquent Percy à leur maisonnette pour lui annoncer une chose incroyable :

Percy a un demi-frère. Et celui-ci vient d’arriver au camp.

"C’est pas banal mon bon Percy. Non parce que des enfants des trois dieux principaux, à savoir Zeus, Poséidon et Hadès, il n’y en a pas des masses. En fait, il n’y a plus que toi. Et puis en plus, ton frangin, c’est le fils d’un dieu et d’une nymphe, c’est donc… UN CYCLOPE !"

Et en effet, s’écartant, Chiron et Dionysos laissent apparaître un adolescent avec un œil unique.

"RON !" s’exclament donc en chœur tous les spectateurs en voyant arriver un adolescent grand, benêt, maladroit, vaguement roux, mal habillé et qui va devenir le meilleur ami de Percy. Le réalisateur étant allé jusqu’à maquiller l’acteur pour lui donner un petit quelque chose de l’interprète du célèbre Wesley, j’imagine que chez les avocats de J.K Rowling, on sortait la caisse de champagne avec son slip sur la tête à ce stade. Mais non, non.  Il ne s’appelle pas vraiment Ron, ça se verrait quand même : puisque Percy rime avec Harry, mais c’est une coïncidence, sachez que le nouveau venu aux cheveux vaguement de feu s’appelle… Tyson.

Oui hein ? Ça s’appelle : le pouvoir de l’imagination.

Bref. Alors que tout ce petit monde prend un peu de temps pour faire connaissance, et que l’on découvre qu’Annabeth n’aime pas vraiment les cyclopes, obligeant Tyson à porter des lunettes de soleil pour camoufler sa choquante différence (qu’est-ce que ce serait si elle ne vivait pas dans un monde rempli d’être mythiques), un autre événement inattendu se produit bien vite. A savoir que le camp est remué par de terribles secousses, et on entend des chocs sourds : quelque chose est en train de s’attaquer à la barrière magique ! Vite, tous les larrons du camp se dirigent vers l’origine du bruit, mais sans armes des fois que ce soit juste un type qui fasse ça pour rigoler, et à leur grande surprise… la barrière se brise, et un immense taureau d’airain apparaît, galopant dans leur direction avec des intentions vaguement hostiles !

Chacun y va donc de sa petite acrobatie pour essayer d’éviter le taureau et/ou d’attirer son attention pour le détourner d’une cible trop facile, mais même les armes ne parviennent pas à venir à bout de la bête, tout ricoche sur sa carapace ! La bête crache le feu, fait sortir de la vapeur de ses naseaux, semble mue par une quelconque fournaise abritée dans ses flancs… ah, quel terrible ennemi ! Si seulement il y avait parmi les héros du camp, je ne sais pas moi, un fils de Poséidon et une immense étendue d’eau juste à côté histoire d’envoyer quelques milliers de litres sur le bestiau et éteindre ses ardeurs !

Mais non, c’est vrai que c’était un peu compliqué comme idée. Faisons plutôt du rien. Des fois que le taureau meure d’ennui, allez savoir.

Ça tombe bien, puisque de son côté, le taureau fait n’importe quoi : des fois il peut briser des murs, des fois non, ça dépend si ça arrange le script ou pas, il fait jaillir des pointes de ses cornes pour un oui ou pour un non, mais quand on lui attrape et que ça pourrait servir à arracher les mains du mécréant qui tente ainsi de se saisir de lui, il ne le fait pas, etc. Bref, c’est une quiche d’airain. Tant et si bien que poursuivant ce galopin de Percy Jackson dans un endroit à l’écart (tout le reste du camp n’a alors plus aucun intérêt pour la question, et se contente de partir à la cueillette aux champignons, seul notre héros s’intéresse encore au taureau, je ne rigole pas, tous les autres personnages disparaissent et/ou passent à autre chose), l’animal finit par commettre une terrible erreur : il ouvre grand la gueule, offrant ainsi au fils de Poséidon la possibilité de lui balancer dans la margoulette sa meilleure arme : son stylo qui peut se transformer en épée (cadeau de son papounet dans l’épisode précédent). Le taureau avale donc le Bic, et celui-ci se transformant soudainement en puissante lame dans ses entrailles, il brise ce qui lui sert de cœur, provoquant une série de convulsions chez la bête, le tout suivi d’une puissante explosion, mais pas trop quand même, faudrait pas que notre héros situé à 2 mètres douille.

Et en effet, il s’en tire bien, merci. C’est sympa de vous inquiéter.

Le taureau le moins aimé de l’histoire du cinéma : avant même que ne se termine la scène où il apparaît, les personnages n’en ont déjà plus rien à faire.

Sauf qu’alors qu’il gît à terre, Percy entend un rire maléfique – comprendre digne de Cauet – résonner autour de lui. Ouvrant péniblement les yeux, il aperçoit alors… Luke !

"Hahaha, Percy Jackson ! Tu as vaincu mon taureau… mais pas moi !
- Mais, c’est impossible, je t’ai noyé à la fin du un et on a jamais retrouvé ton corps !
- Oui, c’est fou comme les gens dont on ne retrouve jamais le corps on une fâcheuse tendance à revenir, tu ne trouves pas ? 
- C’est vrai que j’ai comme une impression de déjà vu. Mais au fait, tu veux quoi ?
- Juste te dire… que l’on te manipulait, Percy Jackson ! Tu ne connais pas la prophétie à ton sujet ? Ton ami Chiron te ment ! Il se sert de toi comme un pion ! Suis-moi, et comme d’autres sang-mêlés, tu te battras pour la liberté des nôtres au lieu de baisser la tête sous le joug des dieux tyrans !
- Okay mais quel rapport avec le fait d’envoyer un taureau d’airain essayer de tous nous tuer ?
- Ah ? Heu… kof kof kof… ho ! Je t’ai montré mon médaillon qui fait téléporteur ? Regarde : POUF !"

0

Et dans un nuage de fumée, Luke disparaît au grand étonnement de Percy. Damned, voilà un artefact fort pratique ! Est-ce que comme dans tous les films impliquant de la téléportation, cela va porter préjudice à l’intrigue ? Hmmm, comme tout cela est mystérieux !

Toujours est-il que pendant ce temps là, Chiron et les sang-mêlés du camp, totalement désintéressés par cette histoire de taureau tentant de tous les tuer, sont donc tranquillement allés à l’arbre de Thalia (et en marchant s’il-vous-plaît, rien ne presse, on les attaque juste) pour constater que si la barrière avait cédé, c’est parce que l’arbre a été empoisonné ! "Mais par qui donc ?" se demande Chiron, sans se dire que tiens, en fait, peut-être que ça aurait été intelligent de surveiller un minimum l’arbre, qui est un peu le cœur de toute la sécurité du camp, histoire d’éviter ce genre de soucis. Mais là encore, c’était un peu compliqué.

"Par Luke !" s’exclame donc en retour Percy Jackson, surgissant de la foule des adolescents.

"Luke ? Le mauvais groupe ?
- Non Chiron ! Luke, le vilain fils d’Hermès de l’épisode précédent ! Il est de retour !
- Mais comment peux-tu le savoir ?
- Bin, je l’ai vu. Vous savez, en tuant le taureau d’airain, celui dont vous ne savez même pas qu’il est mort mais qui vous intéresse tellement peu que vous ne posez aucune question dessus. 
- Bon. Bin il n’empêche que de mon côté, il va falloir que je cherche un antidote pour Thalia…
- Une seconde Chiron ! Luke a parlé d’une prophétie à mon sujet !
- "Ce film sera nul à chier jusqu’au bout" ?
- Non, une autre !
- Hmmm… alors il t’en a parlé… je ne savais pas si tu étais prête à l’entendre mais… soit."

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Chiron explique donc à notre héros que s’il le souhaite, il peut aller dans la petite maison au sein du camp où se trouve le bureau de Dionysos, et se rendre au grenier. Là, il aura des réponses.  Percy hésite un peu, parce que bon, hein, ça fait peur les greniers, mais comme c’est un ouf malade, il s’y rend. Et entre deux vieilles caisses de vaisselle, de fringues trop petites et de VHS (je vous rappelle que ces gens ont connu l’antiquité) de Xena la guerrière, il tombe nez à nez avec un vieux cadavre plutôt féminin qui s’anime à son approche et se présente comme… la Pythie de Delphes !

C’est rigolo, parce que moi je pensais que la Pythie de Delphes, elle était plutôt à Delphes, pas au fin fond d’une grenier américain. Mais bon, c’est comme l’Olympe qui n’est pas sur l’Olympe mais à New York, c’est du détail. Mais je trouve ça sympa de stocker des cadavres de femmes dans son grenier. C’est un peu mon antithèse : moi, elles sont vivantes et à la cave. C’est à cela que l’on reconnait les hommes de goût.

Bref, le cadavre au fumet de fromage se met à marmonner des choses mystérieuses comme "Tu veux une prophétie ? Pour savoir l’avenir, il faut connaître le passé" ou "Et s’il-te-plaît, vieux bulot ? Les jeunes n’ont plus de respect, petit con va." Puis commence à raconter un peu ce que Percy devrait savoir, puisque bon, il passe ses journées dans un camp de demi-dieux grecs, mais comme tous les personnages de ce film, ses connaissances mythologiques sont proches du zéro absolu. Je ne sais pas ce qu’ils font de leurs journées, mais ça doit être intéressant.

Or donc, par le passé, Kronos, le père des dieux, dévora ses fils. Mais trois d’entre eux, Zeus, Poséidon et Hadès, lui claquèrent le museau et envoyèrent ses restes dans le monde souterrain du Tartare. Mais une prophétie raconte qu’un jour, Kronos se réveillera, et qu’un demi-dieu enfant de l’un des trois dieux aînés qui butèrent Kronos une première fois reviendra, et que de sa lame, il sauvera l’Olympe, ou au contraire, le mènera à sa perte, le tout avant son vingtième anniversaire.

"Intéressant." se dit Percy. Avant d’ajouter "Mais attends, c’est pourri comme prophétie ! "Oui alors il y a quelqu’un, bon, on sait pas trop qui en fait, il va faire un truc. Mais on sait pas si ce sera en bien ou en mal." Dis-donc mémé morte, tu te fous de ma gueule ? Rends-moi mon pognon !".  Quoique, non, attendez j’ai peut-être fantasmé cette seconde partie : Percy étant un peu con, il trouve vraiment cette prophétie intéressante. Et va en parler au sage centaure Chiron. Qui se gratte le menton en prenant l’air pensif, avant de se rappeler que c’est peut-être pas la peine vu ses dialogues.

Un été sans brumisateur, et voilà ce qui arrive.

"Hmmm Percy… tu sais ce que cela veut dire ? Que tu es le héros de cette prophétie ! Puisque Zeus n’a plus d’enfants, pas plus qu’Hadès, et que tu es le seul fils et héritier de Poséidon !
- Bin… et Tyson, qu’on a rencontré il y a deux scènes de cela ? 
- … heu… attends, non, on en parle pas dans le script. Je vois pas.
- Bon bin faisons semblant de rien.
- Ouiiiii, Percy, tu es le seul fils de Poséidon, c’est donc toi le héros de la prophétie !" 

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Quelle révélation, sachant qu’apparemment, même Luke semblait au courant de la prophétie et du fait qu’elle concernait Percy, puisqu’il lui a annoncé lui-même. Sinon, juste comme ça, c’est pas pour embêter mais : la prophétie ne donne pas de date. Du coup, pourquoi elle concernerait forcément des gens vivant en ce moment ? Après tout, les dieux étant immortels et visiblement fertiles, elle peut très bien concerner Gloubitz Jackson, bâtard divin qui naîtra dans 3 500 ans,

Mais non, personne n’y pense. C’est forcément un des demi-dieux actuels.

D’ailleurs, quitte à poser des questions sur l’avenir, je me serais inquiété d’autres problèmes si j’avais été l’un des demi-dieux locaux.

"Monsieur Chiron, je peux vous parler ?
- Oui, Odieux fils d’Odin ? Tu te plais ici ? Cet Erasmus entre panthéon polythéistes était vraiment une riche idée.
- Moui, mais bon, il y a un truc qui me titille.
- Ahaha, jeune garnement ! Tu veux savoir s’il existe des juments chez les centaures, c’est ça ?
- Non, c’est bon, je suis déjà au courant pour Sarah Jessica Parker. Non, je me demandais : pourquoi on ne parle jamais de demi-dieux adultes ? Non parce que vous nous rabattez les oreilles avec Percy Jackson et ses copains, mais une fois qu’ils sont un peu âgés, ils font quoi, les demi-dieux ? Parce qu’il n’y a pas un seul adulte sur le camp, mine de rien.
- Heu… hem je… heu… hé bien ils vont dans… dans une ferme ? Mais loin, trèèèèès loin, on ne peut pas aller les voir, pfoulala. Mais ils sont heureux là-bas, hein ? 
- Je sais pas. J’ai l’impression que vous me prenez pour un con. Un tout petit peu.
- Hohoho je… bon, je dois y aller d’accord ?."

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Laissons de côté ces questions sans grand intérêt, puisque visiblement ça n’intéresse personne, pour nous tourner vers ce qu’il se passe au sein du camp : Annabeth, inquiète des événements en train de se dérouler, a fait des recherches sur son iPad (probablement même sur Twitter, histoire d’avoir les infos les plus foireuses du net) et découvert que le seul moyen de sauver l’arbre de Thalia qui est en train de mourir du poison, et donc de rétablir la barrière autour du camp, est de trouver la toison d’or, mythique relique permettant de guérir et ressusciter tout et tout le monde. Elle va donc expliquer la chose à Dionysos, qui pense qu’en effet, c’est une solution plus efficace que d’attendre un hypothétique remède produit par Chiron. Il fait donc réunir tous les jeunes du camp dans le petit amphithéâtre local, et leur explique la situation en quelques mots.

"Sang-mêlés ! Nous sommes tous en danger, maintenant que la barrière qui protégeait notre camp est tombée ! Nous devons agir… ou risquer l’extermination ! 
- Oui mais comment on a fait jusqu’à il y a 4 ans ? Parce qu’on survivait sans la barrière, jusqu’alors, non ? 
- Lalala, je n’entends rien ! Bref, comme je vous le disais, nous risquons la destruction totale ! Sauf si nous trouvons la toison d’or, capable de soigner l’arbre de Thalia ! J’ai donc décidé…
- … qu’on y allait tous histoire de maximiser nos chances de réussite ?
- Non ! Ce serait intelligent ! Je propose donc de n’envoyer qu’une minuscule équipe, pendant que tous les autres se tripotent au camp ! C’est pas une super idée ?
- Non. 
- Rabat-joie ! Je propose donc d’envoyer… DEUX PERSONNES ! Soit l’effectif minimum ! Et j’ai choisi pour ce faire Bob le satyre, et Clarisse la fille du dieu de la guerre ! Voilà, c’est votre quête, réussissez-là, bon courage ! Les autres, demain, c’est atelier pâte-à-sel, bonne nuit !"

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Et c’est donc sur ce consternant discours, malgré tout ovationné par le public, que deux champions partent donc sauver les leurs.

Sauf que Percy Jackson est un peu jaloux : c’est lui le héros, normalement, crotte de bique ! Et puis la prophétie, tout ça… nan, il sent que cette mission est pour lui ! Il va pas se laisser doubler par une vulgaire greluche, sacrebleu ! Il va donc trouver ses amis Grover et Annabeth et leur propose donc de partir à la recherche de la toison d’or eux aussi.  Tous les trois filent donc dans la nuit hors du camp, en essayant de pas se faire chopper par les patrouilles de sang-mêlés, qui n’ont pas besoin de savoir qu’un autre groupe part concurrencer Clarisse et Bob.

Sauf que Tyson, en boulet du groupe, arrive en courant derrière eux et pourrit leur mission d’exfiltration ninja en faisant un bruit incroyable avec son sac à dos. Toutes les troupes de gardes alentours les repèrent donc ainsi qu’un monstre que l’on voit traîner dans le coin et qui… heu… non, en fait rien.

Non non, vraiment : dans un plan on voit qu’un gros monstre rode à 15 mètres de tous les sang-mêlés, et ensuite on en parle plus.

C’était vraiment très intéressant. Vous me rappelez l’intérêt de la chose à part appuyer une incohérence ?

Bref, après avoir sorti une excuse débile aux gardes locaux comme "Heuuu… non mais en fait… c’est normal qu’on parte du camp parce que… nous aussi on… on monte la garde", le tout en expliquant la chose sans la moindre arme à la main pour être crédible, nos héros filent dans les bois avant de s’arrêter parce qu’Annabeth a un problème. Un problème d’environ 1 mètre 90 et avec un œil unique : elle ne veut pas d’un cyclope dans le groupe. Elle ne précise pas pourquoi, mais elle déteste les cyclopes (même si le spectateur a quand même sa petite idée sur la question). Percy insiste donc en disant que bon, quand même, c’est son demi-frère, et Grover lui argue que jusqu’ici, tous les satyres qui ont recherché la toison d’or (car ils sont naturellement attirés par elle, d’où le fait que Clarisse soit elle aussi partie avec un satyre pour lui servir de guide) sont morts, probablement tués par Polyphème, le cyclope la gardant. Du coup , un cyclope dans sa propre équipe pour faire de la diplomatie, ça parait intéressant. Annabeth grommelle un peu, puis accepte.

Dans cette scène, la réalisation a tout simplement oublié de donner ses pattes de bouc au satyre. Après tout, ce n’est que l’un des trois personnages principaux, on oublie vite.

"Mais avant, nous devons faire quelque chose… Tyson, tu dois… attends, j’ai un objet super rare, qui coûte super cher, que je ne prévoyais d’utiliser qu’en cas d’extrême-urgence… et c’est une extrême-urgence… voilà, du brouillard magique en flacon ! Tu t’en mets un peu sur le visage et ça donne l’air normal à ce qui ne l’est pas." Aussitôt que le garçon s’est appliqué un peu de la chose, son visage change : il parait avoir deux yeux, parfait !

Tout de même, deux choses :

  • Vous étiez seuls, entre vous et au fond des bois : je ne vois pas où était l’urgence. Ni l’intérêt, en fait.
  • Juste pour rigoler, j’en aurais mis un peu sur Grover. Voir si ça le changeait en blanc. Histoire de tester le concept de "normalité" grec.

Racisme mis à part, et bien que ce concept m’inspire quantité d’idées (quid d’asperger un frère Bogdanov ? Un ornithorynque ? Jane Birkin ?), nos héros reprennent la route. Et commencent à se poser des questions : au fait, où faut-il aller ? Hé bien c’est simple : la toison d’or se trouve au cœur de la "mer des monstres", plus connue chez les humains comme "le triangle des Bermudes" (oui, Polyphème vivait en fait au large des côtes américaines, on peut dire qu’Ulysse s’est vraiment bien paumé en rentrant à Ithaque, qui était probablement Cuba, en fait). Il faut donc aller en Floride, et vite, histoire de s’élancer de là… mais comment ? Annabeth râle donc dans le vide.

"Maintenant qu’on a un clone de Ron dans l’équipe, tout ce qu’il nous manque, c’est un truc comme la voiture volante des Wesley ou le Magicobus. 
- Nan mais arrête Annabeth, on a déjà tellement pompé jusqu’ici qu’on a même attiré l’attention d’un ex-directeur du FMI.
- Oui, mais justement : on a plus rien à perdre, pas vrai ? Alors c’est parti : ouhouuuuu voiture magiiiiiiique !"

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A peine notre héroïne a-t-elle poussé ce cri laissant les spectateurs plus que dubitatifs, certains étant morts de honte à ce stade, qu’entre les arbres apparaissent deux phares, une voiture volante bien pourrie arrivant à folle allure, le tout en prenant des trajectoires approximatives  et en se divisant en deux pour éviter certains obstacles. Du jamais vu on vous dit. Il s’agit d’un taxi enchanté conduit par… les trois Grées ! Trois vieilles femmes aveugles ne se partageant qu’un seul oeil, et qui n’ont aucune raison de servir de taxi, mais de vous à moi, est-ce que nous-même avons une raison de suivre ce film ? En échange de quelques drachmes, elles se proposent donc d’emmener nos héros en Floride. Et se lancent donc dans une série d’acrobaties en voiture qui se veulent spectaculaires et drôles, mais le sont à peu près autant qu’une soirée cabaret de Pouf le cascadeur. Durant le voyage, cependant, Percy suite à diverses aventures se retrouve avec leur œil entre les mains, et plutôt que de faire des blagues avec (le nul), n’accepte de leur rendre qu’en échange d’une information supplémentaire sur la prophétie qui le concerne, et que visiblement, elles connaissent. Elles ricanent et s’accordent pour ne lui donner qu’un indice : quatre nombres. Cela fait, et découvrant que leurs passagers n’ont en fait pas assez de drachmes pour la course, les Grées larguent nos loulous… à Washington.

"Cacaboudin !" s’exclament donc nos héros, bien loin de leur destination. Mais, tant pis : autant reprendre la route avec les moyens du bord, à savoir les petits pieds. Sauf qu’au détour d’une ruelle, nos valeureux héros se font agresser… par trois autres sang-mêlés ! Qui commencent à distribuer des coups de tatane avant de se saisir de Grover… et d’utiliser un médaillon de téléportation pour se barrer loin de là sans que ses amis ne puissent le sauver ! "Double cacaboudin !", ajoutent donc nos héros, bien ennuyés par la tournure des événements, et sans se demander comment les méchants on pu les retrouver, sachant qu’ils venaient de se faire larguer à un endroit imprévu par les Grées, donc impossible à connaître.  "Sûrement des alliés de Luke", constate intelligemment Percy en ignorant les trous gros comme des Twingo dans le scénario.  "Si on veut retrouver Grover, notre seul guide vers la toison et néanmoins ami, il faudrait retrouver Luke… autant dire que c’est fichu !" complète-t-il rapidement, avant qu’Annabeth ne l’interrompe. Elle a une idée.

Hoooo. Une idée. Comme vous y allez.

"Oui, allons chez UPS ! Car ce film n’est pas du tout sponsorisé, et je tenais à dire qu’UPS est dirigé par Hermès lui-même !". Pas de problème, ça tombe bien : il y a un UPS à 50 mètres d’eux, et surtout, il est tenu non pas par un vulgaire sous-fifre d’Hermès, mais par le dieu des messagers en personne. Une chance pareille, c’est formidable tout de même. Et mieux encore, Hermès est un garçon des plus compréhensif.

"M’sieur Hermès, M’sieur Hermès ! Vous sauriez où est votre fils ?
- Ça dépend, c’est pourquoi ?
- C’est pour lui péter la gueule.
- Pas de problème : je vais demander aux deux serpents de mon Caducée qui font des blagues relou de faire une recherche sur Luke. 
- Super, merci M’sieur Hermès !
- Accessoirement, je vais vous donner deux cadeaux : une bombe contenant tous les vents de la Terre. Je l’ai appelée "La Misou-Misou"
- …
- Je… hem. Et je vais aussi vous donner une rouleau de ruban adhésif qui, s’il entoure un objet, le fait disparaître ! Idéal pour les soirées bondage qui tournent mal.
- D’accord, mais pourquoi vous nous donnez tout ça ? Je veux dire : vous auriez pas plutôt de objets utiles dans ce genre de mission, comme des gilets en kevlar ou des grenades lacrymogènes ? Ou même une balise GPS, je sais pas ?
- Hohoho je… non. Je ne sais même pas pourquoi je vous file tout ça. En attendant, tenez, mes serpents ont trouvé des  infos : mon fils attend tranquillement sur un yacht au large de la Floride, le  Bad Boys Boat.
- Très bien, on y va alors.
- Pensez à dire à mon fils de ma part qu’être méchant, c’est pas bien. Et pour le reste, Je propose de faire une ellipse pour que vous arriviez plus vite à destination sans explication.
- Très bien !"

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Après "Mon fils a failli déclencher une guerre divine dans le volume précédent", retrouvez Hermès dans "Mon fils veut commettre un génocide contre tous ceux de sang divin". Et comme toujours, notez comme il s’en fout et laisse Percy Jackson se démerder.

Et en effet, une ellipse plus tard, nos amis bloqués à Washington se retrouvent sur la côte est (non, vraiment, laissez tomber), prêts à poursuivre leur formidable quête pour sauver Grover, qui lui-même pourra les mener jusqu’à la toison d’or grâce à ses grands pouvoirs de satyre. En même temps, s’il s’agit juste de trouver un mec qui peut renifler l’or à des kilomètres, il suffisait de prendre un j… heu, l’oncle Picsou, L’oncle Picsou, bien sûr. Hem. Toujours est-il qu’en effet, au large de la côte, on peut voir le Bad Boys Boat, attendant tranquillement on ne sait quoi. Probablement les héros. Enfin, moi je dis ça, hein. Mais c’est vrai que c’est une bonne cachette, la mer, quand on essaie d’échapper au fils de Poséidon. Bref.

Nos héros sont bien embêtés : comment se rendre jusqu’au navire ennemi ? Si seulement l’un d’entre eux était capable de contrôler les flots, ça serait pratique, mais après tout, ils ne sont que deux enfants de Poséidon sur trois membres de l’équipe, alors bon, hein, c’est quand même pas d’bol. Non, à la place, Tyson se rend au bord de l’eau et prie Poséidon de les aider à se rendre jusqu’au yacht. Percy a à peine dit "Laisse tomber, papounet répond jamais quand je lui parle, il nous snobe."  que déjà, l’eau s’agite un peu et qu’en sort… un hippocampe ! "Rhooo, le chouchou !" grogne Percy en contemplant le résultat de la demande de piston, un animal grand format de la mythologie, pas un hippocampe d’aquarium, et surtout complètement arc-en-ciel, ce qui ne fait pas trop sérieux quand on veut aller tabasser des gens mais puisqu’il n’y a pas vraiment de possibilité de choisir le coloris de sa monture, tant pis : autant la chevaucher, et en avant droit vers le yacht.

Sinon, sachant qu’on était sur un bord de mer urbanisé, ça va les enfants ? Pas trop de soucis avec les 2 058 témoins qui ont vu trois adolescents invoquer une créature mythologique avant de foncer vers un yacht amarré ? Et ne me faites pas le coup du "Non mais les humains ne peuvent pas voir les créatures fantastiques" puisque :

A) Si, puisqu’aux dernières nouvelles, les gens voient très bien Tyson, qui est pourtant un cyclope. Tellement qu’Annabeth veut qu’il se mette du brouillard magique sur la gueule pour ne pas choquer le quidam.

B) Quand bien même, j’imagine que voir trois merdeux chevaucher du rien avant de se lancer à folle allure à l’assaut de l’océan, ça éveille quand même quelques suspicions.

Mais bon, c’est sûrement un détail, une fois encore.

En tout cas, la monture de nos amis les emmène à bon port, et leur permet de monter à bord du yacht sans déclencher l’alarme. Du moins, dans un premier temps, car bien vite, ils s’aperçoivent que l’endroit est peuplé non seulement de Luke, mais aussi de ses amis ayant kidnappé Grover, ainsi que d’une paire de gros bras et même d’une manticore. Autant dire qu’une fois tout ce petit monde au courant de la présence de nos héros à bord, la résistance ne fait pas long feu. Luke peut donc triompher en bon gros méchant (vous ai-je dit que lui et tous ses amis méchants s’habillaient en noir pour bien insister, quand les vêtements de nos héros sont multicolores, voire Quadricolor ?) et patrouiller sur le pont de son luxueux navire en contemplant ses prisonniers pour leur faire l’un de ses discours dont vous avez le secret.

"Hahaha ! Percy Jackson et ses amis ringards ! Alors les amis, vous veniez tenter de m’arrêter ?
- Dis-nous plutôt où est Grover ! Et pourquoi tu l’as kidnappé !
- Ah, Percy Jackson… tu es à la hauteur de ta réputation de créature mi-homme mi-bigorneau ! Ecoute plutôt : j’ai kidnappé Grover car moi aussi je cherche la toison d’or… et il me fallait un satyre pour la trouver ! Alors j’ai envoyé ton ami au nom ridicule avec quelques-uns de mes meilleurs hommes pour aller chercher le précieux artefact.
- Mais que veux-tu en faire ?
- Crois-tu que tu es le seul à avoir quelqu’un à sauver ? Moi, j’ai quelqu’un à ressusciter !
- Jésus ?
- Idiot ! Quelqu’un de bien plus important !
- On avait dit qu’on laissait Claude-François là où il était !"

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Bien décidé à appuyer son propos d’un geste théâtral, Luke retire une toile d’un gros objet, et révèle… le sarcophage de Kronos !

"Ah ! Kronos ! Il a juré vengeance contre les dieux, et je la lui donnerai ! Et il fera de moi et des miens des sang-mêlés libre, sans dieux pour les commander !
- Arrête, tu es fou Luke ! Et puis sache que ton papa Hermès nous a dit de te dire que tu devais arrêter d’être méchant, car être méchant, c’est mal !
- ET POURQUOI IL VIENT PAS ME LE DIRE EN FACE D’ABORD ?
- Hooou, toi, tu as de grosses daddy issues.
- MÊME PAS VRAI !
- D’ailleurs, excuse-moi mais, est-ce que ton plan repose entièrement sur le fait qu’un titan plurimillénaire en colère s’allie à des adolescents énervants par pure sympathie pour eux ?
- PARFAITEMENT !
- Bon bin faudra pas venir pleurer quand tu te feras malaxer la tronche par Kronos alors, hein.
- C’est ça ! En attendant, gardes, mettez-moi ces gourgandins dans la prison de notre navire bien aménagé, et allons faire des trucs de vrais adolescents immortels & maléfiques, comme par exemple, jouer à Call of Duty avec des pseudos à consonance grossière ! Hahahaha !"

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Pendant que Percy réalise alors qui était ce mystérieux "[FILS2RMS]Pr0uT_23" qui arrêtait pas de le tuer sur tous les serveurs la semaine dernière, lui et ses amis sont envoyés dans la prison locale, où ils sont chacun enfermés dans une cage différente, et sans garde bien sûr. Histoire d’aller jusqu’au bout du concept, personne n’a fouillé nos héros, et on a même laissé leur sac à dos dans la même pièce qu’eux (mais hors d’atteinte). Percy râle donc bien naturellement ! "Crotte de bique ! Nous sommes enfermés dans ces cages à poule faites principalement avec du petit grillage ! Rah, et dire que je n’ai que mon stylo capable de se transformer en grosse épée sur moi ! Et mon demi-frère cyclope si fort qu’il a pu arrêter tout seul un taureau d’airain qui le chargeait ! Comment allons-nous nous sortir de cette situation ?"

Ah oui : et non, bien sûr, personne n’a vu/entendu arriver une animal marin de plusieurs tonnes approchant en surface en faisant splich-sploch avec sa queue.

Heureusement, et pendant que R… Tyson essaie de faire rire les spectateurs pourtant déjà sous Prozac en leur infligeant des blagues comme "Je suis fils de Poséidon mais j’ai quand même le mal de mer parce que je suis un personnage rigolo, ho ho ho !", Percy se concentre très fort et utilise ses pouvoirs de contrôle des eaux pour déclencher une tempête qui fait dangereusement tanguer le bâtiment ; rapidement, celui-ci bouge tant et si bien que le sac d’affaire de nos héros arrive à la portée de la main d’Annabeth, qui peut donc y saisir… le pistolet à adhésif magique qui fait tout disparaître ! Avec celui-ci, en deux temps trois mouvements, nos larrons s’ouvrent un chemin hors de leurs geôles et se préparent à fuir du navire.

Pendant ce temps, sur le pont, non, personne n’a fait de lien entre cette tempête de 37 secondes sortie de nulle part, puisqu’il n’y a à nouveau plus un seul nuage à l’horizon (je n’exagère pas), ce qui n’est pas du tout suspect, et les fils de Poséidon à la cale dont les pouvoirs sont pourtant connus. Du coup, la petite troupe peut tenter de fuir en paix, même si comme il se doit, durant leur périple vers un canot de sauvetage, ils se font repérer par un sang-mêlé en goguette. Quelques coups de poings et cris plus tard, l’alerte est donnée sur tout le bateau.

"Vite : sortons ce que nous avons de mieux pour arrêter des demi-dieux gênants !" s’exclame donc Luc, se précipitant avec ses hommes sur…

… la réserve locale de mini-matraques télescopiques.

Je résume : nous sommes au XXIe siècle, les types utilisent toute la technologie moderne, contrôlent des entreprises comme UPS, utilisent des voitures (magiques, même, cf les Grées) ou des yachts mais SURTOUT n’utilisent pas d’armes à feu, parce que sacrebleu, pour affronter des demi-dieux, des monstres mythologiques ou autres, faisons bien attention à prendre des trucs faits pour taper sur des altermondialistes moustachus. Heureusement que Percy Jackson n’a pas la présence d’esprit de sortir son épée, sinon la situation serait probablement vite réglée. Le résultat ressemblerait probablement à ce qu’il se passerait si on introduisait Conan le Barbare dans une soirée piñata.

En tout cas, après un peu de bagarre pourrie, nos loulous parviennent à grimper dans le canot de sauvetage du yacht, mais Tyson ayant fait tomber le moteur à l’eau (ho ho ho, la dernière fois que j’ai autant ri, c’était avec jar Jar Binks je crois, c’est dire mon niveau d’hilarité à cet instant précis), nos héros sortent leur objet magique donné par Hermès qui avait décidément tout prévu : la bombe Misou-Misou contenant tous les vents de la Terre. Celle-ci, bien orientée (puisque le vent sort directement de la bombe) devient un véritable propulseur de fortune dont les joyeuses émanations ont tôt fait d’emmener nos amis loin du yacht.

A noter que Percy est resté en arrière pour faire gagner du temps à ses amis le temps qu’ils éloignent le canot, et que pour les rejoindre, il a tout naturellement et sans même y réfléchir, créé une vague géante juste sous ses pieds lui permettant de surfer jusqu’à l’embarcation alliée.

Ah oui, c’est bien ce pouvoir. Tu peux m’expliquer pourquoi tu ne t’en es pas servi pour rejoindre le Bad Boys Boat ? A part pour nous faire subir une séquence ridicule avec un hippocampe kitsch ? Non ? Bon.

En tout cas, pendant ce temps, ça grogne sévère sur le bateau des méchants.

"Hmmgnmgnmgn… je me vengerai, Percy Jackson ! Tu gagnes cette manche mais…
- Oui mais chef, on aurait des flingues, ça serait pas arrivé vous savez !
- Oui bin, hin, faut faire avec ce qu’on a ! Et ces galopins nous filent sous le nez, alors hein ! Ça ne nous laisse pas beaucoup d’options, ils filent plus vite que notre yacht ne peut aller !
- Ah bah, pas de problème alors chef : on a un médaillon de téléportation permettant d’emmener plusieurs personnes d’un côté et une manticore nourrie au yaourt depuis des semaines de l’autre. Si on utilise le premier pour balancer la seconde sur le canot, il y a moyen de bien rigoler.
- Heu je… heu… bon écoute heu… 
- Roudoudou.
- Roudoudou, c’est ça. On est méchants, mais pas trop tu le sais ? On veut bien réveiller Kronos pour qu’il détruise le monde, mais tuer trois merdeux sur un canot, c’est un peu chaud quand même. Tu sais quoi ? On va faire un UNO. Mais un UNO maléfique, hein, histoire de maintenir un standing. Avec deux fois plus de cartes +4.
- C’est vrai que c’est super maléfique.
- Ah bin hé, tu parles au chef des méchants là quand même."

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Pendant que se déroulent ces terribles activités maléfiques sur le yacht de Luke (et encore, ils auraient pu jouer au Time’s Up), à bord du petit canot qui file à folle allure, nos héros décident qu’il est temps de discuter un peu. D’abord, Percy décide de faire confiance à Tyson et de le lui montrer en lui filant la bouteille Misou-Misou afin qu’il contrôle les vents et propulse l’embarcation. C’est pas bien dur, il suffit de tenir la bouteille. En tout cas, cette preuve de confiance touche Tyson, qui se lance dans un discours cucu sur le fait que jusqu’ici, personne ne l’avait vraiment vu comme quelqu’un sur qui se reposer. Et qu’il aimerait bien être aussi fort et courageux que Percy. Quant à Annabeth, elle prend la parole à son tour pour se mêler à cette conversation sur la gentillesse.

"Hé bien Percy, à mon tour de t’avouer quelque chose. Tu sais, je tenais à te dire… j’ai une bonne raison de ne pas aimer les cyclopes. 
- Ah oui ?
- Oui, quand j’étais plus jeune, mon amie Thalia a été tuée par un cyclope. Depuis, je les hais tous.
- Hé bah putain, v’la les raccourcis. 
- Tu ne sais pas ce que c’est ! D’ailleurs, une fois, un noir m’a volé mon portefeuille, du coup…
- HEM HUM HUM HEM HEM JE PROPOSE D’ARRÊTER CETTE CONVERSATION."

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Et donc, pendant que grâce à son explication sur les cyclopes, on comprend qu’Annabeth est une sorte d’Eric Zemmour, mais en fille d’Athéna (heureusement que c’est la déesse de la sagesse, sinon qu’est-ce que ce serait), Tyson continue d’être habité par son personnage de Ron/Jar Jar en faisant tomber à l’eau la bombe de Misou-Misou. Ce qui était un vent puissant et glorieux devient donc juste une vieille bulle de lendemain de cuite, et l’embarcation s’arrête alors bêtement au milieu de l’océan, à la grande consternation du reste de l’équipage.

"Tyson, tu es vraiment une grosse merde", aurait dû dire Annabeth à ce stade, mais le dialoguiste a sûrement trouvé que ça n’aidait pas à rendre son personnage "attachant". Dur.

A noter que Tyson n’a pas de sourcil : il a donc beaucoup moins d’expressions faciales. Moi, je pense que son sourcil a simplement bondi hors de son visage à la lecture du script, mais ce n’est qu’une théorie.

Heureusement pour les plus jeunes spectateurs, le film ne devient pas le récit sordide d’une jeune fille bloquée au milieu de l’océan avec deux adolescents plein d’hormones et une sombre histoire de cyclopes, et embraie directement : autour de l’embarcation bien embêtée, surgissent des choses ressemblants d’abord à des ailerons de requins, puis à d’immenses rochers triangulaires en s’extirpant des eaux… qui s’avèrent en fait être d’immenses dents ! c’est Charybde, la gardienne de la mer des monstres, qui est tout simplement en train d’avaler tout cru le misérable esquif ! En moins de quelques instants, nos amis sont donc gobés… et emmenés dans le ventre de la bête.

Si Percy se dit qu’il est celui qui a le plus de chances de survie à la fin du processus de digestion, puisqu’étant déjà un peu une sorte d’étron qui parle, notre trio est bien vite étonné d’entendre d’autres voix résonner autour d’eux : un curieux navire rafistolé est échoué non loin dans les flancs du bestiau, et à son bord, tout un équipage de zombies (souvenez-vous de la règle universelle : "Quand on atteint le niveau 0 de l’inspiration, on met des zombies") en train de faire des réparations de fortune… sous le commandement de Clarisse, la championne des sang-mêlés !

"Hooo, bin c’est pas banal !" se disent donc nos loulous avant d’approcher de l’engin et d’être aperçus par son équipage. Clarisse est un temps fort surprise de trouver Percy Jackson et ses amis ici, puisqu’ils sont supposés se tripoter au camp des sang-mêlés avec les autres, mais elle accepte tout de même de leur faire un point de la situation.

"Bon, les petits amis, je vous cache pas que cette aventure ne se présente pas vraiment bien. Déjà, j’ai perdu Bob le satyre : il a voulu faire le kéké durant un combat contre un monstre, maintenant c’est plutôt Bob le kébab. Du coup, on a erré un peu sur la mer des monstres sans lui pour nous guider, et puis on s’est fait manger. Et nous voilà. Oh, et ce bateau et cet équipage de marins confédérés morts et ressuscités, c’est un cadeau de mon papounet. Maintenant, le souci, c’est que si on ne trouve pas un moyen de sortir d’ici rapidement, on va ressortir, certes, mais sous forme fécale. Une expérience sûrement fantastique pour tout scatophile qui se respecte, mais tout de même, je ne veux pas finir en crotte parlante : j’ai entendu dire que ceux à qui ça arrivaient étaient parfois remontés dans des filets de pêche par accident, et revendus comme candidats pour des émissions de télé réalité. Ça fait super peur."

Percy réfléchit donc à un moyen de sortir tout le monde de cette malheureuse situation, lorsqu’il aperçoit quelque chose sur le bateau qui lui donne une idée.

"Ho ! Mais dis-moi Clarisse, il fonctionne le gros canon à l’avant de ton bateau ?
- Oui, bien sûr. Pourquoi ? Je ne suis que fille du dieu de la guerre, tu imagines bien que je ne vois pas le rapport entre être à l’intérieur d’un monstre, avoir un gros canon et chercher un moyen de s’en sortir.
- J’ai une super idée : si on tirait au gros canon pour se sortir du vilain monstre ?
- Par papounet, mais c’est une excellente idée ! Vite, faisons comme ça, heureusement que je t’ai attendu pour y penser !"

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Alors que ma voisine dans la salle se tranchait les veines en sanglotant (je ne suis pas aussi cruel qu’on le dit : je l’ai laissée faire, elle ne méritait pas de supporter plus), j’observais donc nos héros occupés à tirer partout jusqu’à crever les flancs de la bête monstrueuse et d’utiliser le trou comme sortie pour leur petit navire. Et sitôt revenus à la surface, aidés par la poussée d’Archimède, Poséidon et accessoirement le script, nos larrons font donc un point de la situation.

"Bon, bah c’est pas tout ça, mais on a toujours pas de satyre pour nous guider hors de ce merdier.
- Oh mais… attendez ! 
- Quoi Percy ?
- Je viens de développer un nouveau pouvoir sans aucune raison ! Désormais, je suis le meilleur navigateur du monde et je vois la latitude et la longitude partout où je me trouve ! Et vous vous souvenez des chiffres que nous ont donné les Grées dans la voiture ? Ce sont des coordonnées ! Suivez mes indications, lancez les moteurs et nous allons nous rendre sur l’île de Polyphème !"
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Ah non mais, ce film est très subtil, vraiment. Le héros qui sort un pouvoir magique de nulle part et sans aucune raison, c’est chouette. Attendez, où est-ce que ma voisine a mis son canif ? Ah, voilà.

Bref : suivant les indications sorties de nulle part de l’ami Percy, nos héros se rapprochent de l’île de Polyphème, l’occasion pour Tyson d’en dire un peu plus sur celle-ci, puisqu’évidemment, et comme toujours, les autres personnages bien que vivant dans une école d’être issus de la mythologie grecque n’en connaissent quasiment rien. En tous cas, Tyson explique que l’île est "Circéland" (…) l’île de Circé que celle-ci a transformé en parc d’attractions (……) même pas pour piéger les gens, non, juste parce que ça la faisait marrer (………) mais que le jour J, elle a juste oublié que son copain cyclope Polyphème avait pour habitude de manger des gens (…………) et donc, il a dévoré les premiers visiteurs. Mais ça va, personne n’est venu le buter pour autant pour venger un fils ou une fille, et Circé, elle, n’est tout simplement plus évoquée et on en parlera pas du film (…………… oui, je suis de plus en plus dubitatif, mais vous aussi je suppose, on pourra donc faire un club à ce stade). Polyphème vit donc sur l’île au parc abandonné, et doit donc avoir la toison d’or pas loin. Et ça tombe bien, car l’île en question apparaît bientôt devant la proue du bateau.

Notez qu’on a eu du bol ; imaginez qu’ils aient croisé Circé reconvertie en foraine : "Allezallezc’estpartitoutlemondes’amuuuuuuuseouiiiii!Quic’estquidécrochelepompon?Lepomponc’est letourgratuit,zouyeeeeah…allezmesptitscochonsonfaittourneronfaittourneeeer!"

Personnellement sachant que le bateau a un canon suffisamment puissant pour calmer un monstre comme Charibde, mon plan aurait consisté à faire "Houhouuuu Polyphèèèèèème !" avant de lui expliquer Verdun grandeur nature, mais nos héros étant plutôt du genre brouillons, ils préfèrent plutôt s’infiltrer discrètement. Et trouvent rapidement dans le parc un accès vers la grotte de Polyphème (là encore, à l’aide d’une raisonnement absurde, puisqu’ils voient "un gros trou" – le parc en est pourtant criblé, mais c’est un détail – et en suivant les rails d’une vieille attraction, arrivent à destination, quand bien même l’attraction en question et les rails sont trop petits et faibles pour supporter Polyphème, mais bon, on est plus à ça près, comme souvent). Et sur place, Polyphème, cyclope d’environ 12 mètres de haut, discute tranquillement avec… Grover !

Car le cyclope a très mauvaise vue (non, il n’est pas aveugle ; on va dire que c’est parce qu’il porte sur lui la toison d’or, qui guérit les yeux crevés, mais pas la myopie visiblement) et notre larron s’est déguisé en femme avec un faux œil sur la tête pour faire croire qu’il était une gentille femme de chambre cyclope et ne pas se faire manger. Dès que Polyphème s’est éloigné, nos héros font signe à Grover, qui explique être piégé ici depuis un moment maintenant, puisque les hommes de Luke qui l’accompagnaient ont été dévorés par le monstre. Trop heureux de retrouver ses amis, il échafaude avec eux un plan – pourri – pour voler la toison, consistant en diversions ridicules et transmission du précieux objet de l’un à l’autre façon passe à dix après l’avoir ôté des épaules du monstres. Non, l’idée d’attendre qu’il pionce était un peu trop complexe. Ils décident donc de passer à l’action n’importe quand et surtout, n’importe comment. La dernière fois que j’ai vu un plan aussi pourri, il était signé de la main du général Gamelin, c’est dire.

En plus, Polyphème a le bon goût d’être un peu con : lorsqu’un petit humain lui vole son bien, il le poursuit, et sitôt qu’il le jette à quelqu’un d’autre, même s’il est à un mètre de celui qui vient de lancer l’objet, il ne le tue pas et se contente de courir partout. Alors qu’en écrasant la tronche des différents loulous autour de lui, rapidement, ils auraient forcément un peu moins de possibilités de se jeter la toison l’un à l’autre, à part si on compte sur de la pulpe sanglante pour filer un coup de main. Autre détail : la vue de Polyphème change du tout au tout dans cette scène, puisqu’il repère le moindre détail, partout, en permanence. C’est lassant, tous ces ratés, hein ? Bah, finalement, c’est dans la moyenne actuelle, en fait.

En tout cas, après s’être bien amusés aux dépends du géants, nos filous parviennent à s’enfuir et à relâcher une grosse pierre derrière eux qui n’attendait que ça pour empêcher Polyphème de les poursuivre. Tout le monde est donc bien content, jusqu’à ce qu’ils entendent un toussotement poli à leurs côtés : Luke ! Lui et ses amis sont là et menacent nos héros… d’une arbalète. Hmmm. Bon, pourquoi pas, allez, on va dire que c’est déjà mieux que la matraque en mousse.

"Hé bien les amis… j’ai été retardé par une partie de UNO qui a dégénérée mais me voici : vous avez fait tout le travail pour moi, à présent, donnez-moi la toison.
- Jamais ! Et puis d’abord, comment êtes-vous arrivés ici ?
- Heu je… je suppose que c’est avec notre médaillon de téléportation ?
- Alors oui, ça se tient, mais comment avez-vous su que cette île était ici, justement, puisque vous n’aviez ni satyre, ni Percy Jackson et ses pouvoirs cheatés avec vous ?
- Ho. Je… heu… hem. Bon, écoutez, puisque je sens qu’il ne vaut mieux pas poursuivre sur ce sujet, je vais plutôt vous apprendre la vie en tuant l’un d’entre vous. Tiens, Tyson par exemple, paf."

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Et joignant le geste à la parole, ce gredin de Luke décoche un carreau à Tyson, qui le prend en plein poitrail, avant de chuter dans l’une des failles parcourant les alentours de la grotte de Polyphème, et de disparaître dans l’eau en contrebas. Percy est donc très en colère, comprendre, il fait des mouvements bizarres avec ses sourcils et sa bouche, ce qui donne l’impression qu’il convulse, mais juste du visage. Quel talent.

"Brigands ! Vous avez tué mon demi-frère ! Je ne l’ai pas vu mourir directement, mais son corps blessé  vient de faire une chute à laquelle personne n’aurait pu réchapper avant de disparaître ! Et c’est pas comme rien que dans ce film, on m’avait déjà fait le coup une fois du mec supposé mort qui en fait ne l’est pas !". Oui, Percy, en effet. Et puis c’est pas comme si depuis deux films, on expliquait qu’en tant que fils de Poséidon, l’eau guérissait tes blessures (du coup, vous pouvez techniquement baratiner n’importe quelle fille de Poséidon en lui proposant un concours de t-shirt mouillé au prétexte de la rendre temporairement  immortelle, soyons pratiques). Du coup, vraiment, on y croit à mort.

Luke profite cela dit de la situation pour se faire remettre la toison d’or sans avoir à tuer quelqu’un d’autre pour appuyer son propos, et surtout un quelqu’un d’autre qui ne guérit pas dans l’eau. Puis, il fait attacher nos héros dans un coin du parc d’attraction, et ricane en installant le sarcophage de Kronos non loin, avant de le couvrir de la toison d’or. Aussitôt, le sarcophage se met à rayonner, et tous les gentils sont un peu inquiets, parce que ça a l’air vaguement dangereux. La dernière fois qu’ils ont vu un sarcophage rayonner comme ça, c’était à Tchernobyl lors d’une sortie scolaire. A ce qu’il paraît qu’avant cette date, Grover n’était pas un satyre, mais bon, c’est une autre histoire. Car visiblement, ressusciter un titan prend tu temps, ce qui laisse l’occasion à la troupe de discuter. Ou plutôt, à la troupe de passer de la pommade à Percy, en lui disant qu’il est génial, qu’il a douté de lui tout ce film, mais que là on a vraiment besoin de lui parce que c’est lui le vrai héros. Et évidemment, Clarisse, qui jusqu’ici l’humiliait, décide que bon, allez, vas-y Percy, t’es le meilleur, je compte sur toi. Une fois couvert de pommade, Percy et son gros ego peuvent donc passer à l’action, et profitant du fait qu’il n’a toujours pas été fouillé par les méchants avant d’être attaché (… et si, non mais vraiment, c’est lourd), il sort son épée pour couper ses liens et ceux de ses compagnons.

Parce que oui, s’il n’y a pas des filles pour lui crier "Vas-y Percy, t’es le meilleur", le bougre ne fait rien. Hmmm. Je pense qu’il est temps d’offrir à Percy un abonnement à certains magazines pour l’aider à se bouger de lui-même, si je puis dire.

Jeu : essaie de retrouver l’expression qu’essaie de jouer notre acteur. Non parce que moi, en regardant très fort cette image, tout ce que j’entends c’est "Gnééé, gna brille !"

Remarquant leur évasion, les méchants ressortent donc leurs propres armes, à savoir, les mini-matraques. Non, pas l’arbalète. C’est dangereux une arbalète, ils pourraient blesser quelqu’un. Un combat ridicule s’ensuit donc, durant lequel Percy va trouver Luke, et les deux commencent à se battre à un mètre du sarcophage de Kronos couvert de la toison d’or. Percy finit par se retrouver en mauvaise posture, mais il est sauvé au dernier moment par… Tyson !

"Tyson ! Mais tu n’es pas mort ?
- Je suis tombé dans l’eau (c’est la faute à Rousseau) en étant touché tout  à l’heure, donc j’ai guéri de ma blessure. Et me voilà.
- Ah bin oui. D’accord."

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Ce fabuleux rebondissement passé, nos héros se lancent donc dans une sorte d’étrange dialogue à base de "Tu es mon frère, je t’aime", "C’est bon d’avoir quelqu’un", "Le pouvoir de l’amitié est le plus fort" et autre "Je t’apprécie même si tu es un peu con". Sur le coup, j’ai pensé très fort à un épisode de Corky. Et les deux restent donc là tout en s’enlaçant. Pas juste 3 ou 4 secondes, hein. Plutôt de l’ordre de la minute.

Alors que même sans bouger, juste en tendant la main, ils pourraient retirer la toison d’or du sarcophage à côté d’eux et arrêter la résurrection de Kronos.

Mais non.

C’est nul. Nul. Ce film sue la médiocrité.

Du coup, et grâce à ce genre de scène qui donne envie de pratiquer le vaudou avec une perceuse, le sarcophage se met à briller et s’ouvre, et en sort… Kronos ! Qui, pour rappeler qu’il est méchant, est très grand, très rouge, tout cornu et griffu… bref, il sort plus de la Bible que du Tartare. Soit. Déjà que les Enfers dans le volume précédent étaient à base de flammes géantes et de damnés hurlant, ça se tient cela dit.

Luke, qui était par terre dans un coin à se remettre de la baston, se précipite donc vers le titan ressuscité :

"Ôôô, maître ! Vous marchez à nouveau parmi les vivants, prenez votre revanche, je suis votre serviteeeeeur ! Je me nomme Luke, fils d’Hermès, je suis l’un de vos descendants, si je puis dire… ensemble, nous triompherons !
- C’est à dire que tu as pas d’utilité pour moi, tu sais ? Hein ? Tu es conscient que tu as plus besoin de Biatcol que moi de toi ?
- Maiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis !
- Bon, allez hop, tu veux me servir ? Tu seras une excellente Knacki."

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Et se saisissant du galopin, Kronos l’avale d’un coup comme il avala ses propres enfants. Puis, il commence à tabasser tout et tout le monde aux alentours, gobant même Grover, pendant que Percy Jackson décide qu’il est temps d’utiliser son épée, celle de Poséidon, pour tuer Kronos. Ni une, ni deux, il charge le géant, et commence à le découper avec aisance. Kronos hurle donc des trucs comme "Hooo, tu es Percy Jackson, celui de la prophétie !" jusqu’à ce que suite à diverses pirouettes, Percy lui mette évidemment un coup fatal, renvoyant Kronos droit vers son sarcophage pour y roupiller quelques siècles de plus, au minimum.

Tout le monde est donc bien content, surtout qu’en mourant, Kronos a relâché ceux qu’il avait dévoré, qu’il s’agisse de Luke (qui suite à divers rebondissements, se retrouve piégé avec Polyphème pour avoir été méchant) ou de Grover. Tout le monde peut faire la fête et cette fois-ci penser à intelligemment retirer la toison d’or du sarcophage (non parce que sinon, ça peut faire une boucle un moment). Personnellement, j’aurais ressorti le ruban adhésif magique pour faire disparaître définitivement Kronos, mais bon. On peut pas penser à tout. Voire pas penser tout court. En tous cas, les gentils triomphent, et… oh mon dieu, on avait oublié la manticore de Luke !

En effet, celle-ci qui était probablement partie lire Courrier International aux toilettes pendant la bataille, est revenue à la charge… et blesse mortellement Annabeth ! La bête ne survit pas longtemps à son exploit, la coalition des gentils ayant tôt fait de la violenter en retour. Mais tout le monde va donc au chevet d’Annabeth, qui agonise en disant des platitudes comme "C’était une belle aventure", "Je vais mourir" ou "Milla Jovovich" (techniquement, c’est ne platitude, arrêtez de critiquer maintenant). Puis, elle fait un bruit comme "Uuurgaaargl" et meurt.

"Ha nan mais c’est bon, on a la toison d’or en fait", se disent les autres face à cette scène qui se veut dramatique, mais en fait non.

Et pouf, elle n’est plus mourrue.

Ceci était l’une des scènes les moins intéressantes de l’histoire du cinéma, on applaudit bien fort s’il-vous-plait.

Ah, j’oubliais : l’arbre de Thalia, c’est ça. Avec son petit corps camouflé au pied de son tronc. Et probablement des lapins qui lui défèquent dessus régulièrement. Bien joué, Zeus, vraiment, bon plan.

Toujours est-il que nos héros s’en retournent donc triomphalement vers le continent et plus spécifiquement le camp des sang-mêlés, où Percy a remis la toison d’or à Clarisse pour qu’elle puisse accomplir la quête dont elle avait été chargée, à savoir la ramener au pied de l’arbre de Thalia. Bien vite, et sous l’influence du précieux artefact, l’arbre revit et rétablit ses boucliers, et tout le monde peut donc aller faire la fête et dire que hahaha, l’aventure c’est super, Percy tu es génial, Clarisse tu es gentille tu rentres dans le rang maintenant, et Tyson est enfin accepté par tout le monde, même cette grosse raciste d’Annabeth. Le nectar d’ambroisie coule à flot, les adolescents sont heureux, déjà on commence à jouer à "Action ou Vérité"…

Et…

… aaaaattendez ! Comme si tout cela ne suffisait pas, alors que tout semble fini, tout le camp entend dire qu’il se passe quelque chose à l’arbre de Thalia : tout le monde s’y rend donc et découvre qu’au pied de l’arbre, là où le petit corps de la jeune fille transformée en bois était encore visible… celle-ci est revenue à la vie par le pouvoir de la toison (mais a laissé l’arbre debout quand même, merci) !

Et, oui, puisque vous vous posez la question :

  • Alors que son cadavre était toujours celui d’une fillette, c’est une jeune fille de 17 ans qui est au pied de l’arbre. Non mais sérieusement ?
  • Oui, ses vêtements ont grandi avec elle : vraiment, la toison d’or pense à tout. Quelle petite prude celle-là.
  • En même temps, si en l’espace de quelques heures, son corps s’est mangé plusieurs années de puberté, soit elle ressemble actuellement à un crumble framboise, soit elle est tellement pleine d’hormones que même les satyres vont implorer pitié

Mais tout cela, nous n’en saurons rien. Car Percy soliloque alors un peu sur "Un autre enfant de l’un des trois dieux aînés ? Mais alors, ça veut dire que la prophétie change, ce n’est plus forcément moi qui en suis le héros, c’est peut-être Thalia ! Et j’ai peut-être tué Kronos sans aucune prophétie pour guider mon bras !" Oui, Percy. D’ailleurs, ton commentaire est tellement pertinent que je te rappelle que même Kronos en personne a prononcé ton nom en disant que ça faisait des plombes, depuis que la prophétie avait été énoncée, qu’il t’attendait. Du coup, ton commentaire est moisi. Je laisse donc le mot de la fin à ton petit camarade d’Erasmus préféré.

"Monsieur Chiron ?
- Odieux fils d’Odin, qu’est-ce que tu veux encore ?
- Pas grand chose, sage centaure, je me disais juste… l’arbre de Thalia malade mettant tout le camp et l’ensemble des sang-mêlés en danger, Kronos le père des dieux revenant pour les tuer… 
- Va droit au but.
- Okay : du coup, ils étaient où les dieux ? Non parce que c’était quand même un peu un complot pour les tuer ainsi que tous leurs enfants. Et ne me dites pas qu’ils savaient pas, non seulement ils voient tout, mais Percy et Tyson ont causé avec Poséidon durant le film, sans compter Hermès, le messager des dieux, qui était au courant de tout. Alors expliquez-moi pourquoi ils ne sont pas intervenus directement pour distribuer des claques au lieu de tout faire reposer sur une bande de trous du cul aux réflexions dignes des plus grandes heures de Caramail ?
- Ils étaient… heu… occupés ?
- Par un truc plus important que leur propre père échappé du Tartare revenant exterminer leur race.
- Bon j’ai un… un truc de centaure à faire. 
- Un tiercé ?
- Mrblgnmbgl."

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Et sur cette énième incohérence…

… FIN !

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Alors je ne sais pas vous, mais moi, du coup, apprendre que plusieurs suites étaient déjà annoncé, ça m’a mis des étoiles dans les yeux.

Surtout quand je lis cette critique de TéléCinéObs, rappelons-le, équipe de spécialistes :

"Les producteurs ont choisi de privilégier le scénario (…) au détriment des effets spéciaux, franchement bâclés.""

Je crois que nous n’avons pas la même notion de "privilégier le scénario".

Après, je ne suis pas un professionnel, hein.

"Bonjour Messieurs !"

La porte se referma en claquant derrière le personnage alors qu’il entrait dans la salle de réunion du 33e étage, les fauteuils autour de la longue table ovale pivotant dans un léger son de cuir écrasé alors que leurs occupants se tournaient vers lui. D’un geste, il leur fit signe de rester assis et tout en souriant, vint se placer en bout du table pour consulter la pile de papiers disposés à cet endroit d’un air amusé. Finalement, et s’allumant un cigare, il fit un dernier tour pour observer la circulation en contrebas au travers de la baie vitrée avant de prendre place dans l’imposant fauteuil lui étant réservé.

"Bien, je vois que tout le monde est déjà là.
- Nous vous attendions pour commencer Monsieur Connard. J’aimerais pour commencer vous remercier au nom des investisseurs présents ici aujourd’hui pour avoir accepté de nous consacrer un peu de votre précieux temps.
- Ma bonté me perdra, j’en conviens.
- Hem, fort bien, je… permettez-moi de vous rappeler le sujet de notre entretien d’aujourd’hui : nous aimerions savoir comment vous avez réussi, en pleine crise financière, à trouver des investissements non seulement particulièrement rentables, mais en plus permettant d’obtenir des déductions fiscales. Une question qui, je ne vous le cache pas, nous turlupine quelque peu.
- Interrogation pertinente, mais, laissez-moi commencer."

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Me retournant, j’appuyais sur le bouton de la petite télécommande placée devant moi pour faire descendre l’imposant écran blanc servant habituellement à présenter d’hideux powerpoints aux présents. Tirant sur mon cigare, je me levai pour aller indiquer sur les graphiques qui apparurent les éléments essentiels à la bonne compréhension de mon exposé.

"Investir est une chose risquée. Demandez à 10 experts boursiers leurs meilleures stratégies, ils vous donneront 13 solutions contradictoires. Mon truc ? C’est de maîtriser chaque élément de la mécanique de mes placements.
- C’est-à-dire ?
- Et bien pour commencer, je crée moi-même de nouvelles structures et leur donne toujours une vocation humanitaire. Aides, déductions, je bénéficie de tout cela en quelques instants, sans compter divers avantages complémentaires comme par exemple, une image de grand seigneur qui permet de faire chavirer le coeur des damoiselles dont les joues se teintent de pourpre lorsqu’entre deux coupes de champagne, vous leur contez votre amour de votre prochain.
- Et elles y croient ?
- Ce sont des femmes, Stevens.
- Pardon.
- Donc, disais-je : l’important, c’est de créer une structure que vous allez maîtriser. Puis de la rendre incroyablement rentable en jouant sur la culpabilité des bobos. 
- Je ne saisis pas bien.
- Prenez l’an dernier : j’ai créé une structure permettant à des handicapés de retrouver le chemin de l’emploi en participant à la création de livres audios pour la jeunesse.
- Une intention louable, mais je ne vois pas où c’est rentable. 
- Hé bien pour être exact, je n’ai pris que des gens atteints de Gilles de la Tourette. Non seulement parce que le résultat était des plus intéressants et a sûrement dû enseigner quantité de vocabulaire à de pauvres bambins venus écouter Blanche-Neige, mais parce que les parents, découvrant l’horreur, ne pouvaient même pas se plaindre : ce serait de la discrimination envers des personnages atteints d’un handicap. Tiraillés par leur sensibilité humaniste, il ne leur reste alors qu’une échappatoire : expliquer que non, ce n’est pas nul, c’est juste complètement avant-gardiste. Leurs amis, jaloux de ce vernis culturel obtenu à vil prix et leur permettant de se donner en plus bonne conscience en aidant des personnes en difficulté, se mettent donc à acheter eux aussi en nombre, et plutôt que de reconnaître l’indicible ignominie de mon procédé, ils se retrouvent esclaves de leur fierté et pire, recommandant un produit objectivement honteux. Et moi, je ris.
- Un peu comme chez Apple ?
- Pas de troll avant 10h du matin Stevens, c’est mauvais pour l’estomac. Toujours est-il que le crypto-hipster se lasse vite de tout, puisqu’il court après l’avant-garde. Il faut donc se renouveler chaque année.
- Mais alors, quel est votre plan pour cette année ?"
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Mon regard brilla d’une lueur nouvelle alors que l’idée même de leur révéler mon dernier plan m’emplissait d’une certaine fierté.

"Cette année, j’ai monté une structure qui propose à des adolescents atteints de la maladie de Parkinson de devenir cinéastes. 
- Non mais attendez, là, ça va se voir quand même ! Des morveux bourrés d’hormones qui ne savent pas tenir une caméra, c’est grossier ! Qui irait louer pareille monstruosité ?"
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Mon sourire ne se fit que plus grand face à cette réplique attendue alors que je jetais sur la table une série de journaux.

Cahiers du cinéma – 5/5 : "De cet objet idiot s’écoule une sorte de poésie repoussante et naïve, burlesque et synthétique, vulgaire et bête, une sorte de poésie perdue, à ramasser, à rincer, impropre à la consommation, innommable en somme, mais qui exprime aussi la part poétique et misérable de notre époque."

Critikat.com – 5/5 : "N’aimant rien tant filmer que "l’ingrat" de ce bas monde, l’ex-kid qui a écumé les travées insanes de l’Amérique investit la culture pop des années 2000 pour livrer une bombe irradiant le sentiment d’une époque."

le Monde – 5/5 : "On sent bien que la réalité intéresse moins Harmony Korine que sa représentation fantasmatique, son reflet forgé par la publicité et les clichés sans esprit des industries culturelles."

Les Inrockuptibles – 5/5 : "Korine filme cette débauche de formes et de couleurs avec une énergie folle, variant ses cadrages, balançant des décharges de montage en cut-up, bombardant les mots Spring Break comme un mantra. C’est du Godard boosté au Red Bull."

Stevens sentit la sueur couler le long de sa nuque : "Attendez, Spring Breakers alors ce… c’est vous ?"

Il sentit une vague de dépit monter en lui.

"Vous… vous êtes incroyablement maléfique !"

La preuve ? Spoilons, mes bons !

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L’affiche : toute la subtilité du film résumée en une image

Notre film débute dans une petite ville universitaire des Etats-Unis ou nous découvrons plusieurs personnes qui, bien qu’étant les personnages principaux, auront des prénoms que personne ne retiendra du film tant ils ont été écrits avec soin. Il y a donc blonde 1, qui passe son temps à dormir et se droguer à l’aide de tout ce qui se fume ou s’inhale, blonde 2 et 3, étudiantes en histoire qui passent leur temps à glousser et dessiner des kikoutes en disant "Vivement Spring Break que l’on puisse en tripatouiller plein, hihihuhuhuhu" et enfin Faith, plus sage que ses comparses et appartenant à divers groupes chrétiens typiques des Etats-Unis, ceux où un gros motard avec une moustache en guidon de vélo te dit qu’il kiffe Jésus qui est son meilleur pote parce qu’il est trop cool, et qu’il échangerait ses bottes en croco contre ses sandales quand il le voudrait, ouais mec. Big love.

Car en effet, notre intrigue (ne pouffez pas tout de suite, attendez) se déroule à quelques jours de Spring Break, ces vacances universitaires durant lesquelles les jeunes étudiants américains aiment à aller se retrouver sur les plages pour pratiquer diverses activités comme danser en bikini, faire la chenille tout nu ou voir combien de litres de bière on peut faire rentrer dans le cul de Lulu sans le réveiller. Un grand moment de culture, donc, au même titre qu’une compétition de tuning ou une trépanation de yorkshire (un exercice de précision).

Bref ; faisons le point tout de suite sur un élément essentiel du film : si vous pensiez avoir déjà vu un film réalisé avec les pieds, Spring Break relèvera la barre avec brio. Le film consiste en effet, à 65% (ce n’est pas une blague), en de vastes séquences de gros plans maladroits et mal cadrés placés à la queue-leu-leu le tout pendant que la voix-off de l’un des personnages déclame des vérités digne d’un statut Facebook : "kan ta besoin des gens il sons pas la pour toi alor que toi tu l’et toujour pour eus : moi j’ose dire que j’aimes pas les hypocrite ! Qui osera cliker sur j’aime et partagé sur son mur ?", le tout filmé au ralenti sur fond de musique saturée et de préférence, avec des filles qui montrent leurs seins/fesses, par contre vous ne verrez pas un kiki ou une kikoute, parce que même si le film se veut grave subversif, tu vois, avec des gros mots et des roploplos, il ne faudrait pas qu’un rebelle se sente choqué en voyant un trilili battant au vent. Bref, on dirait que le tout a été réalisé par un lycéen fasciné par Fight Club, Drive et autres niaiseries crypto-philosophiques. D’ailleurs, à en croire le film, Spring Break c’est donc 97% de filles et aucun boudin, bien évidemment, mais c’est sûrement une coïncidence.

Fort bien. Allons-y donc pour un exemple :

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Musique saturée quelconque, ralenti constant

Des filles sautent sur une plage, des bières vont de main en main. Une voiture roule dans la nuit (pour ceux qui ont vu Drive, ce genre de plan rappellera des choses). Quelqu’un montre ses seins en dansant dans l’eau. Une fille fume une cigarette la nuit, dans une ville américaine. Des seins bondissent en gros plans, des filles se font des bisous en se frottant l’une à l’autre. Jean-Paul Sartre lit Tintin en fumant la pipe. Un DJ arrose la foule de danseuses en bikini.

Une voix répète "Spring Break. Le meilleur moment de l’année."

Etc.

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Faith, notre plus ou moins personnage principal et seule brune de notre quatuor, entend dire par des amies de son groupe chrétien que ses amies Blonde 1, Blonde 2 et Blonde 3 seraient en fait trois idiotes. Faith explique que non, elle les connait depuis la maternelle : ce n’est pas parce qu’elles gloussent comme des otaries, se défoncent pour un oui ou pour un non et n’ont aucun sujet de conversation en-dehors des fringues, des garçons et de Sarah Jessica Parker qu’elles sont limitées. Peut-être cachent elles une passion secrète pour la physique nucléaire ? Allez savoir. Toujours est-il que notre héroïne les défend : elles sont géniales et elle veut partir en Spring Break avec elles.

Notre louloute va donc retrouver ses copines pour faire le point : voilà un an qu’elles économisent, il est temps de faire les comptes de l’argent dont elles disposent pour partir à l’aventure, histoire de voir si elles pourront se payer un jacuzzi au champagne, comme tout vacancier lambda qui se respecte. Hélas, horreur : sitôt l’argent sorti des strings et entre deux plans pas du tout racoleurs sur les filles qui se frottent entre elles en s’échangeant quelques cochoncetés, le compte est fait : il n’y a que 325 dollars… soit même pas de quoi partir en Floride, la destination prévue à l’origine par nos amies !

Drame, larmes, perplexité : notre fière équipe est quelque peu dévastée par la nouvelle. Que vont-elles faire ? Devoir se trouver des loisirs intelligents ? Alors ça : jamais ! C’est hors de question ! Car Spring Break, c’est l’endroit "où l’on se révèle, on découvre qui l’on est vraiment, où l’on découvre ce que l’on va faire de son avenir".

Si le gouvernement me lit et qu’il cherche à faire des économies, voilà, maintenant il le sait : il peut mettre tous ses conseillers d’orientation dehors et les remplacer par un baril de bière avec un tuyau à s’insérer dans un quelconque orifice dans le plus grand esprit Spring Break, il semblerait que cela permette au jeune de savoir ce qu’il veut faire. Entre deux bulles de 8-6 ressortant par une narine, nul doute que l’adolescent verra la lumière et saura qu’il est temps pour lui de devenir expert-comptable ou ingénieur en conception de stylos billes. Mais oui.

Quand on vous dit que ce film est philosophique, bon sang.

S’ensuit donc, évidemment (et encore, je vous en ai passé), un nouveau passage se voulant philosophique

Durant Spring Break, certaines jeunes filles découvrent par exemple qui elles sont vraiment : ici, un tacos au fromage

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Musique saturée quelconque, ralenti constant

Les héroïnes se regardent, perdues. Sur une plage, des filles rient en se caressant. De l’argent est dispersé au sol. Quelqu’un lance un concours de pets. Faith va à son groupe chrétien (oui, parce que pour rentabiliser, on vous rebalance des plans que vous avez déjà vus, c’est plus rigolo). Un type mime la masturbation avec une bière. Un spectateur s’endort.

Une voix répète "Spring Break, où l’on se révèle, on découvre qui l’on est vraiment, où l’on découvre ce que l’on va faire de son avenir" (puisque recoller des images déjà vues ne suffit pas : on vous remet aussi les dialogues que vous venez d’avoir pour qu’il se passe encore moins de choses, c’est bien pensé)

Etc.

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Les filles sont donc bien embêtées, que faire pour trouver de l’argent rapidement ? En emprunter à quelqu’un ? Non, cette idée ne sera même pas évoquée. Utiliser le internet, cet objet du démon, pour trouver un plan pas cher et faire de l’auto-stop ? Là encore, personne n’en pipe mot : les jeunes n’ont jamais entendu parler du internet, c’est connu. Acheter des actions Lagardère (hoho, tout de même pas) ? Non : elles vont plutôt braquer un fast-food local.

D’accord.

Non mais c’est un plan, hein, je comprends. Blonde 1, Blonde 2 et Blonde 3, laissant Faith de côté qui n’est pas du genre à participer à ce genre d’action, décident donc de s’armer de pistolets en plastique pour aller trouver un petit restaurant local et, cagoulées, vont donc y semer la terreur avant de s’enfuir dans un véhicule volé. Le stratagème fonctionne à merveille puisque non seulement l’argent est obtenu aisément et rapidement, mais par ailleurs, les filles parviennent à ne pas laisser derrière-elles de traces de leur forfait en brûlant intelligemment leur monture de métal, le tout en restant à danser autour de la carcasse en feu histoire d’être sûres que la police vienne les cueillir sur place, ou à défaut, que l’explosion du réservoir révolutionne leur vision de l’auto-bronzant.

Heureusement, rien ne se passera.

C’est donc un trio radieux qui revient (à pied, je suppose), le vocabulaire toujours d’une richesse à peu près équivalente à celle de candidates de télé-réalité (elles font vraiment des étudiantes crédibles, surtout le genre à vouloir suivre des cours d’histoire, vraiment), pour présenter le butin à Faith et lui raconter comment elles l’ont eu. S’ensuit évidemment un nouveau passage philosophique que je vous passe pour éviter de rendre ce spoiler aussi chiant que le film (pour la première fois de ma vie, j’ai pensé sérieusement à quitter la salle, chose qui n’était jamais arrivé même devant Twilight tant c’était au moins rigolo de nullité et pas simplement consternant).

Nos héroïnes filent donc trouver un bus pour la Floride, car après un nouveau plan séquence (si, si) avec des phrases philosophiques du genre "Nous voilà, nous sommes enfin nous-même, qui osera copier ce message sur son mur ?",  elles ont enfin la joie d’arriver à destination.  Elles peuvent donc s’adonner à des joies simples comme sauter en bikini, se frotter à de (rares) garçons qui ont tous des têtes de champions, sniffer divers trucs, se saouler et évidemment, danser sur René la Taupe.

Un soir, Faith et ses amies se retrouvent donc dans une piscine pour philosopher.

Attendez, j’ai écrit philosopher ? Excusez-moi, j’ai été influencé par les critiques dithyrambiques ci-dessus. Laissez-moi détailler Faith et ses amies.

"Haaaan tu vois Spring Break c’est trop cooool, c’est la vie quoiiiii.
- Mais ouaiiiis c’est incroyable c’est fou quoiiiii.
- Wé.
- Méwé !
- Moi parfois j’aimerais mettre la vie, haaan, en pause, et tu vois, ce serait Spring Break pour toujouuuuurs !
- Han moi je ferais pareil, je voudrais tellement mettre pauuuuse des fois !
- Haaan ouais ?
- Ouaiiiiis.
- Geeenre ?
- Ma foi par exemple lorsque la foudre s’abat dans le soir tombant sur la campagne, illuminant l’espace d’un instant collines et bois et jetant d’étranges ombres sur le monde ; c’est, le temps d’une seconde, l’image de la puissance de la nature, de son aspect aléatoire, et de sa beauté résumée en un simple éclair lumineux. Ce curieux sentiment qui vous étreint lorsque soudain, la nature n’est plus un concept mais une véritable force qui semble tout dominer et nous ramener à notre place. L’écho étrange des plaisirs simples comme lorsque la nuit la fenêtre bat sur les carreaux et que roule ce fameux tonnerre au-dessus des villes endormies alors que l’on est blotti au fond de son lit à l’abri de ses dangers, mais spectateur de sa majesté vautré dans sa paresse.
- …
- …
- Naaaaaan j’rigooooooole j’mettrais pause quand j’fais un prouuuut loooooool !"

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Bref. Dois-je vous laisser deviner ce qui suit ? Vous êtes sûrs ? Vous voulez vraiment que je l’écrive ?

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Musique saturée quelconque, ralenti constant

Les héroïnes dans une piscine. Sur une plage, on boit de la bière à l’entonnoir. Blonde 1 se frotte à Blonde 2. Des jeunes sniffent de la drogue sur le ventre de quelques fières coquines. Gérard Majax conduit un Twingo. Nos héroïnes font du scooter. Un caméraman gerbe.

Une voix répète "J’aimerais tellement faire pause, parfois… Spring Break pour toujours."

Etc.

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La réalisation se dépasse : notez la figurante tout à droite à qui on a pas dit en quoi consistait son rôle.

Le lendemain, nos bonnes amies sont à une nouvelle fête fort intéressante au milieu de 500 personnes occupant un hôtel entier, et où l’alcool et la drogue vont de main en main. Seulement voilà : la maréchaussée, lassée de cette petite délinquance en string, fait une descente et arrête 6 personnes : nos quatre héroïnes ainsi que deux clampins. Chose amusante : les policiers ont réussi à traverser une foule de 500 personnes sans arrêter personne d’autre et sans que les amis de la drogue n’essaient de se barrer : d’ailleurs, nos héroïnes n’en ont même pas sur elles et il est impossible que les fiers agents aient pu les voir consommer, mais ce n’est pas grave, pif pouf magie du scénario, ils les arrêtent.

Encore une séquence avec de la musique et les visages attristés de nos héroïnes que l’on envoie découvrir les joies de la prison (je pense bien sûr aux cours d’origami collectif, quoi d’autre ?), avant d’être envoyées devant un juge qui leur explique que consommer de la drogue, c’est mal, et qu’elles passeront donc deux jours à la prison locale le temps d’apprendre les bonnes manières à moins que quelqu’un ne puisse payer leur caution : cela tombe bien, car il y a dans la salle un certain Alien, aussi appelé "Je suis James Franco déguisé en Joey Starr et comme ce film est mauvais, j’ai dans le cou un tatouage "$" Malabar tellement mal fait qu’en fonction des séquences, on peut voir le contour changer de couleur". Mais comme Alien c’est plus court, nous en resterons à cela. Toujours est-il qu’Alien décide de payer la caution de ces dames au motif qu’elles "ont l’air cool", comprendre qu’elles remplissent leur bikini de manière convenable, et accueille donc les damoiselles à leur sortie de prison posté devant son abominable automobile tunée.

C’est vrai qu’il manquait un Jackie à ce film. Ça volait déjà un peu trop haut.

Séquence-clip-philo (c’est chiant hein ? Imaginez-vous devant, malandrins, mon esprit de sacrifice aura raison de moi)

Alien étant un mec profondément intéressant, il propose d’emmener nos héroïnes avec lui discuter un peu pour faire connaissance en allant s’asseoir sur des tables de pique-nique dans un coin quelconque : ça vend du rêve. Alien est visiblement con comme un tiroir à slips, grossier comme Jean-Marie Bigard et intéressant comme Christine Boutin : un cocktail qui parlera à nombre d’entre vous qui prendront feu rien qu’à cette idée, je n’en doute pas. Alien a aussi une histoire parfaitement inintéressante, et explique accessoirement que son métier, c’est dealer.

C’est très important d’annoncer ses activités illégales, comme ça, à de parfaites inconnues. Non, parce qu’on ne sait pas, hein, peut-être qu’un spectateur n’avait pas encore compris que tu étais foutu de perdre au Trivial Pursuit contre une palourde mon vieux Alien.

Faith, elle, sent bien que quelque chose ne va pas. Pas seulement le tatouage de James Franco qui vient encore de changer de couleur la peau étant subitement devenue rose au-dessous, non : elle pense que… je sais pas… p’têtre qu’un dealer, qui en plus, leur parle beaucoup frics et armes… bin c’est dangereux.

Ah bon ? Qu’est-ce qui te fait dire ça ? Heureusement que la presse a pleuré de bonheur devant ce film.

Toujours est-il que notre héros propose aux jeunes filles d’avoir des activités encore plus intéressantes que dire du rien assis sur une table de pique-nique, comme par exemple en allant dans des bars sans musique jouer au billard au milieu d’énormes types patibulaires en marcels sales qui regardent les filles d’une manière qui laisse supposer qu’ils auraient bien envie de parler de Kant et Spinoza avec elles, probablement à l’occasion d’un débat troglodyte à présidence tournante. Faith commence donc à pleurer, expliquant à ses amies qu’elle n’en peut plus : "C’est pas ça, Spring Break, j’ai un mauvais pressentiment !"

Tu m’en diras tant. Comme quoi, l’instinct féminin, c’est surpuissant : c’est sûr que quand le mauvais pressentiment est juste derrière toi à baver, fait environ 140 kilos de muscles et de tatouages et s’appelle Abubackar, tu peux effectivement supputer qu’il se passe quelque chose de curieux.

Notre héroïne décide donc, à la moitié du film, de se casser de celui-ci (une décision chaleureusement applaudie par la salle) en annonçant au groupe qu’elle rentre chez elle. L’occasion de balancer… hmmm… que… ah, tiens, je me demande bien quoi.

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Musique saturée quelconque, ralenti constant

Faith pleure en gros plan mal cadré. Sur une plage, on écoute du Skrillex. Les héroïnes se disent au revoir. Quelqu’un joue avec un mannequin en se saoulant à la bière. Des ninjas jouent au Time’s Up. Nos héroïnes font du scooter. Un bus file sur les routes. Faith est en gros plan mal cadré, attendez, je crois que c’est un plan sur son gros orteil gauche. Ou bien est-ce un plan large sur James Franco ? Je suis perdu.

Une voix répète "Spring Break… pour toujours."

Etc.

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Problèmes capillaires ? Choix de sombres bouses où tourner ? James Franco, je suis désolé : vous êtes atteint de Nicolas Cagisme.

Blonde 1, Blonde 2 et Blonde 3 abandonnées à elles-mêmes, Alien peut donc les réconforter en leur proposant de venir visiter sa villa. Car non seulement le bougre a une voiture tunée permettant à tout agent de la maréchaussée de le repérer à des kilomètres, mais en plus, le bougre en bon caïd a décidé d’entasser dans son salon contre les murs des tonnes (littéralement) de drogue, ainsi que des armes en quantité non négligeable. Moui je… pourquoi pas. Probablement que comme ça, même depuis le commissariat à trois bornes de là, les chiens peuvent flairer la drogue, et les policiers le blaireau.

Heureusement, comme le film a été écrit aussi bien qu’il a été filmé, cela ne choque personne. Nous voilà rassurés.

Alien présente donc aux filles sa drogue, ses armes, fait le cake en montrant ses nunchakus, et les filles se contentent de glousser encore et encore, parce que bon, depuis le début du film, elles n’ont pas fait grand chose d’autre. A un moment, Blonde 2 et 3 se disent que tiens, puisqu’Alien semble con comme un rat mort, elles pourraient peut-être en profiter, mais finalement non : elles préfèrent se mettre à rentrer dans ses plans, parce que quitte à avoir noté qu’il était idiot, autant lui remettre toute la conduite stratégique de la suite des opérations.

C’est bien normal.

Nos louloutes deviennent donc le nouveau gang d’Alien, le sien ayant été affaibli dernièrement, et vêtues de bikinis et de passe-montagnes roses (si, je… pfou), elles commencent à écumer les endroits à touristes du coin pour prendre leur argent aux pauvres gens. Chose amusante : alors qu’elles prennent grand soin de cacher leurs visages, elles font tous leurs coups avec Alien et sa tête unique découverte permettant à tout clampin de faire remonter la police au coupable et son gang en moins d’une heure. Mais encore une fois : cela n’arrivera jamais, soyez rassurés. Il ne faudrait pas qu’il se passe un truc dans ce film.

En parlant de trucs qui ne se passent pas, ça fait un moment que l’on a pas eu une séquence au ralenti, non ?

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Musique saturée quelconque, ralenti constant

Les héroïnes braquent une salle d’arcade. Sur une plage, on joue au ballon. Alien tabasse un type. Des jeunes se frottent les uns aux autres en s’arrosant. Blonde 1 menace un type avec un flingue. Un spectateur convulse devant tant de nullité. Nos héroïnes jouent avec du pognon qui tombe du ciel façon clip de rap. Des filles sur une plage sucent des glaces fusée de manière très lascive et pas du tout racoleuse.

Une voix répète "Spring Break, Spring Break" bien que cela n’ait strictement aucun rapport avec le film, en fait, puisque ça pourrait aussi bien se passer à la Bourboule

Etc.

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Pendant ce temps, dans une boîte de nuit, nous découvrons Miko, un méchant dont je n’ai pas non plus retenu le nom qui a pour sigle un cornet de glace à trois boules : un truc qui impose le respect au point qu’il se l’est fait tatouer sur le visage (… ho bon sang) et porte un énorme cône en collier. Bref : notre loulou explique qu’Alien et ses nouvelles copines semblent un peu trop prendre leurs aises. Dernièrement, il a eu une petite conversation avec Alien, qui est aussi son ancien meilleur ami même si cette information n’a aucun intérêt, et il a noté que l’appétit de celui-ci grandissait. Il propose donc d’aller calmer tout ce petit monde, par exemple, avec une bonne fusillade, puisque cela permet de poser les bonnes bases d’un bon débat.

Pendant ce temps, Alien, lui, fait des trucs intéressants, comme par exemple jouer du piano en bord de plage (si) en chantant du Britney Spears (si, si) pendant que Blonde 1, 2 et 3 font la ronde en jouant avec des fusils à pompe d’une manière tellement naturelle que Francis Huster à côté aurait pu faire le ballet de Moscou. Le tout est bien évidemment filmé au ralenti pendant que la musique sature et que divers plans coupent le tout et qu’alors que ça n’a toujours plus aucun rapport, une voix off murmure "Spring Break…"

Un soir, donc, les folles aventures s’arrêtent un peu brutalement lorsque Miko vient croiser nos larrons dans sa propre voiture et leur explique que bon, ça suffit les conneries. Il demande donc à son assistante de vider un chargeur d’UZI sur la voiture d’Alien, et si aucun des occupants n’est tué dans l’affaire, Blonde 1 se mange un pruneau dans le bras, l’occasion de recaser une séquence-philo que je vous passe encore une fois, puisque sinon je vais devoir tabasser quelqu’un à coups de clavier pour oublier la douleur dans mes doigts meurtris à chaque fois que j’évoque pareille nullité.

Alien, après avoir sans raison décidé de glander sur un trottoir avec Blonde 1 se vidant de son sang à côté de lui, décide finalement de retirer la balle et de désinfecter le tout au bourbon. La conclusion de Blonde 1 est qu’il est temps pour elle aussi de se barrer du film, par exemple en retournant chez elle. Ses amies la retiennent un peu en lui disant que ça va, rho, c’est juste une balle, c’était strictement amical, mais non : elle prend aussi un bus et rentre chez elle.

Nouveau plan relou durant lequel, cette fois, c’est James Franco qui rappe minablement un truc à base de jeunes filles perdues qui veulent s’échapper de leur cage, parce que c’est de la philo rebelle, tu vois t’as vu. Carpe Diem. Ça veut dire "mange du poisson"  tu vois ? C’est de Schubert, c’est pour ça que c’est en romain, si si la famille.

Toujours est-il que malgré la désertion d’un deuxième élément, Alien décide qu’il ne faut pas se laisser abattre à bien des sens du terme. Après une scène gratuite centrée sur un plan à trois (mais soft, c’est pour des jeunes rebelles) dans une piscine digne des plus grands moments de Loft Story, notre rasta Jean-Edouard décide donc de lancer une opération vengeresse sur Monsieur Miko.

Vous pensez que j’exagère sur le cadrage ? Hooo, la belle main de l’assistante tenant un parapluie dans le champ pour gérer la lumière !

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Musique saturée quelconque, ralenti constant

Blonde 1 prend le bus. Sur une plage, on danse dans l’eau. Alien est dans sa piscine. Des jeunes boivent. Blonde 2 et 3 jouent avec des flingues. Un crapaud s’accouple avec un caillou. Les filles se roulent sur le lit d’Alien au milieu de ses armes. Un pont au loin est illuminé.

Une voix répète "Tu vas le faire ?" environ 2783 fois alors que la séquence ne s’arrête pas.

Etc.

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Notre petite troupe décide donc de prendre un bateau pour aller cartonner le vilain Miko, qui semble-t-il, dispose d’une villa en bord de mer. Notre trio, vêtu de vêtements fluo (bin oui) et d’aucune protection s’arrête donc sur le quai local puis, alors que l’on entend en voix off les filles qui appellent leurs parents pour dire que "Spring Break les a révélées", à savoir qu’elles ne veulent plus étudier l’Histoire mais devenir gansta-puputes (une carrière vaguement différente, on peut comprendre la confusion). Sur le quai, une fusillade éclate donc durant laquelle Alien est bien vite tué, alors que les filles, elles tuent les 30 gardes locaux sans être touchées une seule fois, quand bien même les hommes expérimentés les visent à 1 mètre avec des armes automatiques et ont le bon goût de jouer mal au point de bien tirer dans leur direction exacte pour bien montrer à quel point le film est mal pensé. Les filles tuent donc tout le monde puisqu’à chaque fois qu’elles tirent une balle, il y a trois morts, et finalement, rentrent dans la ville de Monsieur Miko, qui malgré la fusillade, n’a rien entendu et n’est pas sorti de son bain (d’ailleurs, certains gardes n’ont eux-même pas réagi à la fusillade quand bien même ils étaient à deux mètres, tout est raté c’est formidable).

Le pauvre Miko n’a pas le temps de faire grand chose qu’il est abattu par Blonde 2 et 3, qui donc, uniques survivantes de l’affaire, vont prendre la grosse Ferrari orange pétard du Monsieur et quittent les lieux, cheveux au vent, alors qu’une voix répète :

"Spring Break… pour toujours !"

Et… c’est tout. Oui : FIN !

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"Mon Dieu, c’est abominable ! Mais je ne comprends pas, vous aviez dit que votre structure n’accueillait que des adolescents plein d’hormones et de mauvais goût, et Harmony Korine a tout de même 40 ans !
- Vous voulez que l’on re-regarde le film et ses passages à base de seins, de fesses, de filles qui se lesbichent sur fond de Skrillex et de philo caca pour vous convaincre que c’est juste un ado barbu ou ça va aller ?
- Je… ça va aller.
- Je crois aussi."

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Il y eut un blanc dans la salle, alors que les présents se remettaient difficilement de l’indicible horreur qu’ils venaient de voir, puis quelqu’un reprit timidement.

"Bon d’accord, mais alors pour l’an prochain, qu’est-ce que vous prévoyez ?
- Même formule. Un truc qui permette d’écouler n’importe quelle bouse au prétexte de vernis culturel et où les experts du genre préfèrent parler de révolution avant-gardiste plutôt que de reconnaître que l’on se moque d’eux.
- C’est-à-dire ?"

Je pris une dernière bouffé de cigare avant de sourire à l’assemblée.

"Quoi d’autre que l’art contemporain ?"

"Ça n’a pas l’air d’aller patron ?"

Diego fronça un sourcil, notant la boîte de cigare encore pleine à cette heure avancée de la soirée, son employeur étant là, enfoncé dans son fauteuil près du feu de cheminée. Il nota que celui-ci se contentait simplement, de temps à autres, de jeter un peu de petit bois dans l’âtre, alimentant les flammes jetant une lueur orangée et tremblante alentour.

"Je me fais vieux Diego. Je n’ai plus les bonnes références, je crois qu’il faut que je fasse autre chose. De la peinture, peut-être ?
- Allons, il ne faut pas vous laisser aller comme ça… vous ne voulez pas que je fasse monter une stagiaire ?
- Non. Je veux rester seul à contempler l’âtre reflétant mon âme se consumant dans les affres du web. Va, Diego. J’ai besoin d’être seul."

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Le serviteur hésita, ne pouvant accepter de voir son employeur dans pareil état. Mais après des années de bons et loyaux services, il commençait à connaître le bougre.

"Bien, alors je me retire Monsieur. Vous ne voulez rien d’autre ?
- Non, je veux du temps pour m’assagir. Quitter mes vices.
- Vous voulez dire que vous résisterez désormais aux tentations ?
- Parfaitement.
- Alors ça ne vous dérange pas si je pose ce DVD sur ce guéridon par exemple.
- Pas du tout. Du tout. Rien, pas un picotement. Je… hem, quoi comme DVD ? Par pure curiosité bien sûr.
-  The Darkest Hour.
- Le… le film que j’avais raté ?
- Celui-là même.
- Je… non, ça ne me fait strictement… je… rien… du tout.
- Voulez-vous que je vous lise le pitch ? Il y est question d’envahisseurs et de jeunes américains benêts. 
- Gnnnn…. gnnnnn…. je…. dois… résister…
- Saviez-vous que ce film est si mauvais qu’il y a une erreur de cohérence rien qu’entre le pitch officiel et le film ? D’ailleurs il parait que…
- DONNE-MOI ÇA !"

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Diego eut juste le temps d’esquiver la sombre silhouette de son maître, se saisissant de l’objet avant de le faire tourner sous son oeil brillant de cruauté tout en ricanant. Puis, son rire se fit plus guttural et d’un pas assuré, il disparut en direction du salon.

L’humble employé se demanda si, quand même, il ne venait pas de faire une connerie.

Car : The Darkest Hour est-il si mauvais que cela ? Après tout, certaines critiques furent tout à fait positives. Aussi, il convient de vérifier de quoi il retourne : spoilons mes bons !

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L’affiche : des explosions ET de la désintégration ? Monsieur l’ambassadeur, vous nous avez vraiment gâtés.

Tout commence quelque part au-dessus de notre bonne vieille Terre, au sein d’un avion russe pour être précis. A bord, Sean et Bean, deux américains à l’humour digne d’un épisode de Samantha Oups, et aux têtes qui semblent appeler les balles à sanglier, sont occupés à se chamailler avec les hôtesses parce qu’ils refusent d’éteindre leurs téléphones portables avant d’atterrir, pour la simple et bonne raison que… hé bien qu’ils sont trop cools. Tiens, j’ai écrit cools ? Curieux. Qu’importe ! L’hôtesse la plus proche leur fait quand même les gros yeux, jusqu’à ce que soudain, toute l’électricité de l’avion lâche : c’est la panique à bord. Du moins, un temps seulement, car bien vite la lumière est rétablie, le commandant de bord rappelant aux passagers que les avions russes n’ont pas besoin d’électricité : ils sont entièrement conçus à partir d’anciennes pièces de Trabant et peuvent donc continuer de voler, même avec une aile sur deux. L’évènement ayant calmé nos deux héros, l’avion peut donc atterrir en paix.

En plein jour d’ailleurs, alors que la scène se déroulait en pleine nuit. Oui, je sais, maintenant cela arrive dans la plupart des films. C’est beau, ce vaste naufrage d’Hollywood, mais, passons.

Nos deux héros arrivent sur la terre bénie de Lénine, Khrouchtchev et autres Gérard Depardieu pour échanger diverses stupidités, et rouler des mécaniques auprès des autochtones, et nous apprenons d’ailleurs le métier de nos deux génies : ils ont conçu une application smartphone pour le tourisme haut de gamme et sont à Moscou pour y obtenir les sous de quelques gros investisseurs. Et pour le détail, sachez que Sean incarne donc l’archétype du "Je suis cool, mais pas aussi intelligent que mon ami Ben, si seulement je pouvais arrêter de le décevoir et prendre ma vie en main" et Ben le meilleur ami du héros. Et tu sais ce que ça veut dire Ben ! Hmmm, il ne manquerait plus qu’un méchant avec un bouc, une moustache ou même une coupe de cheveux discutable et…

Ho !

Alors que nos héros rentrent dans l’immeuble où ils ont rendez-vous ce jour là, ils découvrent que la réunion avec les investisseurs pour leur projet a été commencée… et pénétrant dans la salle de réunion, ils y trouvent Skyler, un ancien associé qui les a doublé, fait cavalier seul et vend leur idée pour son seul profit !

Pour information, Skyler a un bouc, une moustache ET une coupe de cheveux discutable. Et en plus, il est européen. Ouch.

Je devrais faire une sorte de bingo des poncifs pour s’occuper devant un film. Attendez, je me note ça quelque part. Voilà. Nous disions ?

Ah, oui: dépités, nos héros décident d’aller faire ce qu’il y a de plus raisonnable : se saouler parce que bon sang, le milieu des applications touristiques a l’air d’être drôlement compliqué en fait, mieux vaut laisser ça aux grandes personnes. Entre deux rails de vodka et quelques verres de coke (non non, nous sommes en Russie ne l’oubliez pas), nos héros rencontrent donc deux jeunes filles : Natalie, une fille cool, et sa meilleure amie Anne, une bimbo blonde (là encore, jeu : devine qui va mourir). A noter que tous sont américains, et tous, bien que jeunes, riches, branchés et passionnés de téléphonie sont équipés de vieilles bouses de 1999. Il en va de même pour Anne, qui bien que photographe professionnelle, se prend en photo à bout de bras en faisant des duckfaces (véridique) avec un appareil d’un autre âge (mais numérique quand même). L’accessoiriste avait dû fuir le tournage, ils n’ont dû trouver que celui de Louis la Brocante pour le remplacer au pied levé. Toujours est-il qu’au sein de la même boîte de nuit où ils ont trouvé refuge traîne aussi le méchant Skyler, mais tout le monde reste à bonne distance histoire de ne pas en venir aux mains.

Mais pendant ce temps, à l’extérieur, un curieux orage comme celui qu’avait traversé l’avion peu avant de perdre le courant au début du film semble se former au-dessus de la ville… et pour respecter la tradition et bien, celui-ci se rapprochant de Moscou, il coupe le jus dans toute la ville, plongeant la boîte dans l’obscurité en plein milieu d’un bon vieux Patrick Sébastien. Dur. Comment on va savoir ce qu’il faut faire tourner maintenant, hein ?

Après que 7 personnes ont imité le bruit du fantôme, comme dans n’importe quel lieu comportant des lourds dont on éteint les lumières (un outil pratique pour détecter les lourds), notre petite troupe sort de l’endroit avec le reste des convives pour descendre dans la rue comme une bonne partie des moscovites, constatant au passage que toutes les batteries des téléphones ont lâché. Nos héros s’étonnent doublement en voyant au-dessus d’eux d’étranges aurores boréales orangées s’agiter en silence avant de laisser choir de petites boules orangées vers le sol. D’ailleurs, l’une d’entre elles se pose au milieu de la foule, qui effrayée, s’écarte promptement.

C’est sans compter sur la police locale, qui n’aime pas trop les atterrissages non autorisés de boules orangées et semi-translucides sur des places interdites au stationnement : l’un des agents des forces de l’ordre essaie donc de s’approcher pour étudier scientifiquement le phénomène à l’aide de la technique élaborée dite du "Et si j’appuie là, est-ce que ça fait pouitch ?"

Mais en fait non : ça fait plutôt proutch.

"Attendez les amis, j’ai déjà vu ça dans Harry Potter 7, c’est probablement un message du ministère de la magie"

Sitôt le truc en contact avec le fier fonctionnaire, celui-ci est instantanément désintégré. Et évidemment, aussitôt, d’autres boules arrivent en renfort pour courser les humains qui s’enfuient, les désintégrant tour à tour. On constate au passage que les boules perçoivent les humains comme des sources de chaleur ou d’énergie, qu’elles chassent goulûment.  Une sorte de gros Pac-Man, quoi.

Nos héros, entre deux hurlements, courent donc avec une partie de la foule vers l’abri de la boîte de nuit qu’ils venaient de quitter (et où même sans électricité, il y a toujours une lumière correcte, c’est fou) et tentent bien de fermer derrière eux, mais les boules poussent fort ladite porte, si fort que Sean, le petit jeunot blond et Youri, le gros videur de 280 kilos de muscles sont propulsés en arrière sur au moins, pfou, deux mètres. Sean se relève donc aussitôt, alors que Youri est… mort ? Tué par la chute. Ah. Bon. On va dire que Youri était très malade alors. Ou alors il a lu le script, ce qui expliquerait l’horreur visible sur son visage.

En tout cas, l’un des serveurs, dans la tradition de son pays, balance un cocktail molotov dans la gueule de l’un des envahisseurs, ce qui a l’air de moyennement lui plaire, mais nos héros s’en soucient peu : dans l’immédiat, ils cavalent. Comme il se doit, Skyler prouve qu’il est très méchant en abandonnant sa copine d’un soir au détour d’un couloir, l’enfermant avec une boule orangée pour mieux s’échapper ; mais plutôt que de réconforter la belle, lui proposer un resto, un dernier café puis une soirée Twister pour parler de tout ça, l’envahisseur se contente de lui désintégrer la gueule, faisant ainsi preuve d’un certain manque de savoir vivre : comme le savent tous les gentlemen, on ne désintègre pas le premier soir. Tsss.

Nos héros cavalcadent donc au milieu de la foule, et bien évidemment, ils sont les seuls à s’en tirer, Skyler compris, en allant se cacher dans la réserve de la boîte de nuit, probablement histoire de faucher une ou deux bouteilles avant de mourir. Sauf que visiblement, même si les aliens ont une vue particulièrement élaborée, ils n’ont pas pensé à regarder de ce côté là : la petite troupe peut donc s’isoler… et entendre que peu à peu, les sons de bataille déclinent au-dessus d’eux. Le temps se met donc à passer, et l’on voit les cartons et bouteilles de la réserve descendre, Skyler s’engueuler avec tous les autres parce qu’il est méchant (l’avais-je dit ?), et les réserves continuer de s’épuiser jusqu’à ce qu’enfin, une fois vides, quelqu’un s’interroge :

"Depuis combien de temps sommes-nous là-dedans ?"

Ho, bin sachant que vous avez vidé les réserves d’une boîte de luxe à vous 5, ça doit bien faire 1 mois et qu…

"27 heures." répond Skyler

Hein ?! Non mais attendez, vous buvez 20 bouteilles de l’heure ? Bouffez 60 boîtes d’olives chacun, que vous avez vidé tous les cartons ? Bon sang, et avec tout ça, vous n’êtes même pas enfermé avec des toilettes à disposition ? Je… vous cherchez à mourir d’une diarrhée collective ? Remarquez, pas sûr que les aliens viennent vous chercher si vous barbotez là-dedans, c’est vrai. Un habile stratagème, j’en conviens.

Toujours est-il que c’est donc avec un gros mal de bide que la troupe décide de ressortir de sa cachette, puisque l’on entend désormais plus rien. Certes, la progression est prudente, car l’ennemi semble capable de devenir plus ou moins invisible, mais la destination elle est décidée : l’ambassade américaine. Bon, Skyler a bien proposé une ambassade européenne, parce que c’est plus près, mais on lui a dit de la fermer, parce que l’Europe, c’est quand même pas un truc très sérieux. C’est donc après avoir trouvé quelques sacs à dos qui attendaient là (?) et fouillé 17 secondes le bar pour emporter quelques bouteilles (mais aucun objet utile, merci de poser la question) que nos héros partent à l’aventure, à l’extérieur de la boîte de nuit.

Dehors, Moscou est déserte. Les avenues sont emplies de voitures abandonnées, et les rues couvertes de la cendre qui reste des habitants du coin. Ici ou là, une paire de kalachnikov abandonnées laisse deviner que des gens se sont défendus avec un résultat, disons, relativement moyen. Attention cependant, car malgré ce spectacle de désolation, nos héros progressent sur les grands boulevards à découvert, hurlent en tombant de leurs talons pour les filles (véridique), et en s’interpellant pour les garçons. Ce qui donne :

"Là ! Regardez ?
- QUOI BEN ? JE NE VOIS RIEN !
- MAIS SI LA, LE BRUIT QUI VIENT DE LA BAS !
- J’ENTENDS RIEN ! PEUT-ETRE PARCE QU’ON HURLE ?
- APPROCHONS-NOUS DISCRÈTEMENT EN L’ANNONÇANT A HAUTE VOIX !
- D’accord !"

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Mais enfin ? Bon, bref ; le bruit en question est vite identifié : c’est une mamie qui a survécu et est en train de murer ses fenêtres. Nos héros s’approchent d’elle trop heureux de voir une survivante et lui demandent leur chemin, aidés de Skyler qui est le seul de l’équipe à parler le russe, mais écoutons plutôt.

"Skyler, demande lui où est la rue Popovski !
- *en russe* Madame, où est la rue Popovski s’il vous plait ?
- *en russe* C’est vous les bougres de cons qui hurlez au milieu des rues ? Vous avez pas envie de mourir un peu ?
- *en russe* J’ai un bouc et une moustache, vous croyez sérieusement que je vais arriver jusqu’au générique ? Alors autant pourrir les autres, ha !
- Que dit-elle Skyler ?
- Heu… elle dit qu’elle a très peur.
- *en russe* C’est malin, mais vous voulez pas plutôt que je vous prête un rasoir ?
- *en russe* Mamie, tu es une femme rusée, mais ce bouc, je le porte comme mon père, qui lui-même le tenait de son père, et même si aucun n’a jamais atteint la fin d’un film, c’est comme ça.
- Skyler ! Alors, cette rue ?
- Roh, les relous. Bon, elle dit que c’est tout droit.
- Alors on peut à nouveau parler très fort ? OKAY LET’S GO !"
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Hélas, malgré ces riches indications, nos héros se perdent encore. Sacrebleu ! Sans GPS et véritable carte, ils se demandent donc où ils pourraient en avoir une. Raaah, bon sang, où serait-ce possible d’en trouver ? Je n’arrive pas à me concentrer avec tous ces véhicules portières ouvertes autour de nous aux vide-poches remplis de papiers ! Tant pis… si seulement nous étions dans une ville vaguement touristique, peut-être pourrions nous trouver des boutiques de souvenirs ou offices de tourisme qui en ont… si seulement je n’étais pas un professionnel du tourisme, et si seulement nous n’étions pas sur la place Rouge, peut-être que je saur… OH SI, JE SAIS ! IL NOUS FAUT UNE VOITURE DE POLICE !

Je… ah oui. C’est une idée remarquez. Une mauvaise, absurde, incohérente et écrite avec les pieds, mais une idée me dit mon dictionnaire.

Mais ce n’est pas fini ! Car trouvant une voiture de police abandonnée sur la place, Sean et Ben foncent pendant que les autres vont se cacher, et rentrent donc dans le véhicule pour y prendre un… pied de biche !

Oui oui. Et vous savez pour quoi faire ?

Pour ouvrir la voiture !

Si.

Sean, occupé à chercher de quel côté on rentre dans une voiture

Parce que figurez-vous qu’ils ont deviné que la police russe rangeait toujours ses cartes dans son coffre (comme ça, quand ils en ont besoin, c’est pratique), et qu’ils ont oublié que tant qu’à être dans la voiture, plutôt que refermer les portières (ils l’ont fait, j’insiste sur l’illogisme complet de toute cette scène), il suffisait soit de rester dedans et d’atteindre ledit coffre, soit d’appuyer sur le gros bouton avec un signe de coffre ouvert visible sur le tableau de bord. Raaah… en tout cas, après cette série d’incohérences, nos héros pas peu fiers fouillent le véhicule et peuvent rajouter à leur inventaire une carte plus précise (en russe, mais bon), et des fusées éclairantes, que nos larrons préfèrent aux armes juste à côté. Chacun son truc. Non parce que même si elles ne servent à rien contre les envahisseurs farceurs qui ont visiblement disparu, dans un monde post-apocalyptique, ça peut servir. Maintenant, on a compris que vous étiez idiots les gars : ce serait juste gentil d’arrêter de le prouver. Je pense que si l’on écrivait un jour une biographique de Jar-Jar Binks, on y trouverait la plupart des scènes de ce film.

Sauf que pendant leur petite fouille, Kiki, un chien errant s’est approché, les a dépassé sans même tenter l’accouplement sur une jambe, et a aboyé un peu plus loin… avant d’être brutalement désintégré (c’est rare dans un film, mais c’eut été un chiot ou un chaton, c’est lui qui désintégrait l’autre par le pouvoir du kawaii) par un alien qui attendait là, immobile ! Un bruit de pet liquide plus tard (les boîtes d’olives et la vodka en intraveineuse font effet), nos héros se planquent donc paniqués derrière la voiture de police, hurlant à leurs amis d’aller se cacher dans un bâtiment voisin. L’alien s’approche donc lentement du véhicule, et Sean et Ben, eux, n’échappent à la mort que grâce à une ruse qui avait échappé à tous les moscovites : il suffisait de se cacher sous la voiture, et hop, les aliens ne les voient plus. L’envahisseur inspecte donc l’endroit sans trouver de cibles, et s’en va donc en sifflotant probablement pour désintégrer d’autres chiens un peu plus loin.

Bien bien bien, c’est très intéressant ma foi. Sinon, quand est-ce que ça arrête d’être nul ?

Une fois l’alien parti, l’équipe finit donc par se regrouper dans un centre commercial voisin, où Skyler se met évidemment à paniquer, comme quoi ça ne sert à rien, le monde entier a dû tomber, on va tous mourir, d’ailleurs, il y a une grosse épave d’avion à côté d’eux, bref, rien n’échappe aux envahisseurs. Mais Sean, en héros qui a enfin l’opportunité de révéler ses talents de meneur, explique qu’il faut garder espoir et surtout, utiliser ce que l’on sait : l’ennemi semble faire réagir les sources d’électricité. Quand il a foncé sur la voiture de police, toutes ses ampoules se sont allumées. Donc, en sortant la nuit, il devrait facile de voir, de très loin, si des aliens invisibles squattent, puisque les lumières à côté d’eux seront allumées ! Soit ! En sus, il propose de porter des ampoules sur soir, pour savoir si l’ennemi est proche : c’est un peu leur épée de Bilbo, le côté cosplay en moins.

Ça tombe bien, nos héros décident de passer la soirée dans le centre commercial à attendre qu’il fasse vraiment noir pour sortir, et en profitent pour prendre des vêtements plus pratiques que ceux qu’ils portaient en boîte. Sauf que pendant qu’ils se changent, les ampoules qu’ils portent désormais en pendentifs s’allument : l’ennemi approche ! Ni une ni deux, tout le monde se planque… sauf Sean qui lui décide de rester dans la vitrine du magasin où il était à se faire passer pour un mannequin, immobile. Et figurez-vous que ça marche !

Ce qui permet à Sean d’en déduire que… allez, jouons :

A)  les aliens sont cons comme des ânes morts

B) les aliens ne perçoivent pas les mouvements

C) les aliens ont une vision basée sur la détection des ondes électromagnétiques, or, la vitrine a bloqué celles-ci, le rendant invisible !

D) il a eu un gros coup de moule

Et non, ce n’était pas la réponse A, puisque Sean est incapable de faire cette déduction en étant au même niveau qu’eux, et bien la C, qu’il sort comme ça, de nulle part; et qui s’avère évidemment parfaitement exacte. Non parce que : comment sais-tu pour la vision électromagnétique  bougre de con, puisque toi tu ne regardes pas le film et n’a donc pas vu qu’elle voyaient les humains en orange et le reste du monde en gris ?

Ah mais oui, ça me revient : tout s’explique dans le fait que ce film est un gros coprolithe.

D’ailleurs, vous vous souvenez des avenues de jour, désertes et silencieuses ? Et bien parlons-en : sitôt que nos héros ont échappé à la patrouille de bouboules, ils décident de foncer – il fait suffisamment noir à présent – pour atteindre l’ambassade, à moins de 2 kilomètres. Et depuis que Sean a dit que dans le noir, voir les aliens seraient plus simple, et bien toutes les avenues résonnent du bruit des alarmes de voitures dès que les aliens passent à côté d’elles ! C’est quand même bien fait. Probablement qu’ils jouaient à la crapette en journée.

Arrivés à l’ambassade (instantanément ou presque, probablement que Sean, est en fait Gérard Majax et dispose de toute une panoplie de sorts de téléportation), la troupe constate que comme le reste de la ville, celle-ci a été ravagée par les créatures de l’espace. A l’intérieur, des restes d’équipement de soldats, douilles & co permettent d’imaginer ce que fut la bataille, et Skyler s’empresse de ramasser un fusil d’assaut sous le regard courroucé de ses amis, parce que les armes c’est pour les méchants, et que les gentils ne comptent que sur le pouvoir de l’amour pour se défendre, ainsi qu’un certain piston de la part du script. Sean explique qu’à défaut de trouver de l’aide, il faut grimper sur le toit de l’ambassade "pour connaître le meilleur trajet".

D’accord, mais, comme ça, question : "le trajet pour où ?". Non parce que vous êtes arrivés au seul endroit que vous vouliez atteindre alors… non ? Non, cette question n’intéresse aucun membre de l’équipe ? Très bien. Probablement un détail : après tout, vous allez juste risquer votre vie pour ça.

Et dire qu’il y a 20 minutes encore, nos héros se promenaient comme ça durant des heures dans Moscou sans rencontrer le moindre problème ou bruit. C’est fou comme l’intrigue change, comme ça, pouf

Mais Skyler, qui a décidément envie de se donner toutes les chances, déclare cependant que lui ne grimpera nulle part : non pas qu’il ait lui aussi constaté que le propos de Sean n’avait aucune logique, non : il n’a juste pas envie. Il se sépare donc en groupe de 1 et attend à la porte de l’ambassade que… heu… rien. C’est quand même incroyable les efforts qui ont été déployés pour faire de ce film une sorte d’étron flottant à niveau constant.

De leur côté, nos 4 autres loulous fouillent l’endroit et tombent, pile au moment où leurs fusées éclairantes improvisées en torches rendent l’âme, sur… des lampes à huile ! Car figurez-vous que peu avant de mourir, les derniers résistants de l’ambassade sont descendus dans les souterrains du coin, sont tombés sur des lampes à huiles chargées, mais oui, ont remonté le tout, réussi à contacter par radio des villes d’Europe ou moins de 10 survivants répondaient ici ou là, rédigé un rapport complet sur tout cela dans un cahier, rangé le tout, laissé la radio (qui marche mystérieusement), et sont allés mourir pour ne pas déranger.

Vraiment : sympas les gars. La prochaine fois mettez aussi des bières au frais, ce sera tip top.

En tout cas, sur la radio, nos héros captent un message en russe diffusé en boucle. "Si seulement on savait le traduire !" s’exclament-ils, "Ah mais au fait, il y a Tyler à la porte de l’ambassade ! Non attendez, j’ai mieux : oublions jusqu’à l’existence de son personnage le temps qu’il lui arrive une merde !". Et ce qui est dit est fait : nos héros s’interrogent sur qui pourrait traduire le russe (… soupir) en se plaignant. A noter d’ailleurs que plus le temps passe, plus on sent que, et là, vous allez être surpris, Natalie se rapproche de ce leader de Sean. Rrrrr.

Mais qu’importe, nos héros décident de grimper sur le toit pour observer la ville et constatent que les aliens s’en prennent à tout ce qui est électrique… et creusent donc pour s’en prendre aux câbles. Sauf que soudain, des coups de feu résonnent dans les rues un peu plus loin ! C’est Skyler qui a décidé de… repartir. Tout seul. En pleine rue. En tirant au hasard.

Ah ouais. Rappelez-moi : Skyler c’est bien le lâche ? Le lâche qui part tout seul alors qu’il était à l’abri ?

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Quelques temps plus tôt, à Hollywood.

"Et moi je te parie que j’écris tout un scénar avec ce fusain que j’ai trouvé par terre!
- Hahaha, pari tenu !
- Attends, je commence… mon fusain est sombre… je vais appeler ça… l’heure… la plus… sombre… rah, ça coule quand j’écris.
- Heu John… nan mais… en fait en le regardant là, je suis pas sûr que ce soit un fusain"

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Découvrant ainsi que Skyler est en train de filer, nos héros se rappellent soudain que, ha tiens, comme le dit Ben, "Il pourrait nous aider à traduire le message ! Il a des notions de russe !". Oui Ben, des notions : tellement qu’il le parle couramment depuis le début du film. Ah, que serait un film sans des dialogues rajoutés expressément pour ne rien apporter, à part des incohérences ? Peut-être un bon film, allez savoir. Mais c’est déjà bien de vous rappeler qu’il connait le russe, oui, pfou. Vous auriez eu cette idée il y a 20 minutes, vous n’aviez qu’à descendre un escalier pour lui parler.

Mais Skyler étant évidemment une andouille, il a décidé que ho bin en fait, il ne va plus faire attention aux lumières qui s’allument pour savoir où sont les aliens. Il va plutôt se promener en faisant du rien. Ce qui ne manque pas d’attirer l’attention d’un alien qui était occupé à mâchouiller un Claude François, célèbre objet conducteur d’électricité dont les aliens raffolent. Sean et Ben, partis à sa poursuite, arrivent trop tard : le pauvre est déjà coursé par l’alien entre deux rangées de voitures !

Bin je ne sais pas : dites-lui de se cacher dessous ? Ça vous a sauvé. Non ?

Non : nos héros se contentent de lui hurler "Cours, peut-être que les aliens sont mauvais en athlétisme", ce qui ne suffit pas : l’alien, vexé par ce commentaire qui lui rappelle ses mauvaises notes de sport à l’université galactique de Xlurb-21 en Schlurfball, se saisit donc de Skyler, le désintégrant sur le champ.

Ça alors, le type moustachu, à bouc, à coupe de cheveux louche, méchant, lâche et européen est mort ! Attendez : je vais payer un mime pour jouer la surprise à côté de moi pendant que je continue de rédiger cet article.

Retournant à l’ambassade sans que l’alien ayant mangé leur ami ne s’intéresse à eux, Sean et Ben (qui me font penser à Ben et Nuts à chaque fois que j’écris leurs noms, c’est affreux, cela dit eux aussi sont visiblement à base de noix) annoncent à leurs copines que bon bin, pour Skyler, c’est grillé (hohoho). Quel choc ! Si je m’attendais à ça. D’ailleurs Anne se lance alors dans un jeu d’actrice absolument immonde à base de "Ho mon dieu non je me tiens la tête en la secouant, je suis tellement bouleversée par cette nouvelle". Mais sa panique est de courte durée, car bientôt, l’espoir renaît : nos héros aperçoivent là-bas, dehors, un immeuble avec un dernier appartement allumé, et une silhouette humaine s’y déplaçant. N’ayant rien de mieux à faire, Sean invite ses amis à le suivre là-bas, afin de savoir comment quelqu’un, ici, peut encore avoir de l’électricité et vivre sans être inquiété.

Alors qu’il faisait nuit noire, et que l’immeuble avait l’air d’être à 50 mètres, il fait grand jour lorsque la troupe arrive à proximité. Heureusement, Sean explique ce phénomène par un "Dépêchez-vous, le soleil se lève !". Oui, et puis vite visiblement, pfou, c’est décidément très dur à gérer tout ça. En tout cas, filant dans l’immeuble à bon rythme, la troupe est heureuse de tomber au détour d’un couloir sur d’autres humains : Sergueï un vieux russe à moitié fou qui a transformé son appartement en forteresse barrée de fer, et Vika une fille ayant survécu par miracle s’étant réfugiée chez lui, attirée elle aussi par la lumière.

Une ville abandonnée… un truc apocalyptique… un groupe de survivant apercevant de nuit la lumière d’un immeuble et y découvrant un vieil excentrique ainsi qu’une fille survivant dans un appartement barré de fer avec des caddies plein le couloir…

Dans quel autre film ai-je déjà vu ça ? Bon, je ne m’en souviens pas, mais je me connais, en général ma mémoire me revient environ 28 jours plus tard.

En tout cas, Sergueï explique ce qu’il a compris : les aliens sont constitués d’énergie, ce qui explique qu’ils soient invisibles. Et en transformant son appartement via divers bricolage en grosse cage de Faraday, il l’a ainsi rendu indétectable et impénétrable pour les envahisseurs. Ce qui, vous l’avez compris, signifie que depuis le début, toutes les voitures que l’on a vu remplies de cendres, ce n’était pas possible puisque les bestiaux n’ont pas pu y entrer ou même les approcher si l’on en croit Sergueï. Mais si on s’arrête à des détails, aussi ! En tout cas, rassurez-vous : personne ne pensera à utiliser une cage de faraday ambulante pour se déplacer, ouf. C’est pas comme si on venait de leur dire comment survivre à coup sûr.

Vous pensez que je mens quand je dis que la réalisation a poussé le vice jusqu’à montrer des voitures impeccables remplies de cendres pour bien montrer que les aliens ont largement violé des cages de Faraday ? Savourez.

Attendez, il faut que j’aille rejeter quelques pièces à mon mime pour qu’il feigne l’intérêt pour ce film. Hmmm. Voilà.

De leur côté, nos loulous tendent la radio qu’ils ont trouvé à Vika pour qu’elle traduise le message diffusé en boucle : la marine russe est encore debout ! Un sous-marin nucléaire attend les survivants sur la rivière, au nord de Moscou, et expliquent qu’ils partiront demain matin. Ils expliquent aussi que d’autres sous-marins d’autres nationalités ont la même mission ailleurs dans le monde. Sergueï confirme : un sous-marin russe ! Une énorme cage de Faraday sous-marine ! La cachette ultime face aux envahisseurs ! Sans compter que s’ils l’approchent, étant donné l’état de la marine locale : paf, tétanos direct ! Parfait : le temps pour les filles de rassembler de la nourriture dans les autres appartements de l’immeuble pendant que les hommes jouent avec un gros canon bricolé par Sergueï (hmm…. je me demande ce qu’en dirait lecinemaestpolitique… ou juste Freud) supposé tuer les aliens par micro-ondes, et c’est parti !

Enfin ça le serait si tout se passait bien. Parce qu’évidemment, non : il y a encore trop de personnages à ce stade du film. Alors que les filles rassemblaient des pots de glace à la pistache en gloussant sur le fait que Sean, il est quand même trôbô, un alien a un kilomètre de là aperçoit, au travers des murs et des vitres, nos donzelles en train de faire leurs courses. Hein ? Comment ça on nous a expliqué plus tôt que les aliens ne pouvaient pas voir au travers des vitres, et que les murs bloquaient aussi leur vision dans tous les autres plans depuis le début du film ? Détail, détail : regardons plutôt la scène suivante, où l’ennemi a foncé à toute allure pour aller chasser les donzelles et les obliger à se replier. Car en rentrant dans l’appartement, évidemment, elles ne le ferment pas bien la porte derrière elles, ce qui résulte dans l’entrée de l’alien dans la cage, puis en la désintégration de Sergueï et Anne (ne faites pas les surpris, elle ne comptait pas coucher avec le héros, comment pouvait-elle espérer avoir ses chances ?)  dans la foulée pendant que tout le monde fuit par une fenêtre en emportant l’arme de Sergueï avec eux. Vika, elle, a réussi à filer de son côté, et rejoint les autres en bas pour découvrir que Sergueï incarne désormais une nouvelle forme de litière écologique pour son chat qui, pour sûr, se fera un plaisir de rendre hommage à son vieux maître en couvrant ses restes de gros colombins.

Mais alors que la créature qui a tué le vieil homme course nos valeureux larrons, voici qu’une étrange troupe s’interpose entre eux et la bête : des… comment vous décrire ça ? Disons, le casting de Mad Max. Mais avec des têtes de héros de l’Union Soviétique. Appelons-les "Mad Marx". Ceux-ci laissent l’ennemi d’outre espace venir à eux, puis le canardent, le passent au feu, et le finissent et la roquette lorsqu’il semble un peu perturbé par tout cela : sans le tuer, cela le blesse, et il s’enfuit donc dans de petits cris confus vers des cieux moins plombés, non sans laisser derrière lui une sorte de… griffe ? Ah bon. Bien bien. Là encore, sachez que dans la scène précédent, Sergueï a expliqué que les aliens étaient constitués d’énergie pure, ce pourquoi son arme fonctionnait sur eux. Depuis quand l’énergie pure a des griffes ?

Encore un qui doit être convaincu que s’il ouvre une pile LR6, il trouvera un pokémon.

Bref : ramenés au QG des Mad Marx, qui sont bien évidemment tous parfaitement anglophones (en fait, à part la petite vieille de tout à l’heure, sachez que tout le monde l’est dans ce film), la situation est vite expliquée : eux sont ici pour se battre. Les histoires de sous-marin, ils s’en moquent, ils n’abandonneront pas Moscou, ainsi que les femmes et les enfants à leurs côtés. Mais c’est sans compter sur l’arme secrète de Sean, qui aimerait bien leur aide pour atteindre le sous-marin qui est encore loin : le discours sur l’amour et l’amitié et le fait que quand on est gentil, on s’entraide, alors gros Popov, tu vas abandonner tes concepts ringards comme "gnagnagna femmes et gnignigni enfants" pour me suivre, m’obéir et m’aduler, d’accord ?

Et en effet : le chef des Mad Marx approuve, et décide de lâcher leur planque à l’ennemi, laissant probablement leurs familles se faire désintégrer la gueule, juste parce qu’un petit con lui a dit que ce serait pas cool de pas l’aider. Ce film est… je… je crois qu’il est temps que l’on m’amène mon sac à chatons. Enfin bref : pour débuter ce périlleux voyage, l’équipe propose de passer par le métro, endroit passablement peu visité par l’ennemi comparé aux rues. C’est marrant, parce que moi au début du film, j’ai quand même vu des gens courir en hurlant des heures dans les rues sans rencontrer d’ennemis. Mais, bon, je comprends : je suis un peu lourd à faire références toutes les deux minutes aux évènements antérieurs : c’est pas comme si l’on était censé suivre une suite d’évènements liés les uns aux autres, ouf. Toujours est-il que si le métro permet de progresser vite et bien, il finit tout de même par se trouver un vilain pour squatter l’endroit en lieu et place des habituels chanteurs de Bamba vous réclamant de la monnaie. Si tout le monde arrive à l’éviter, Vika, elle, se retrouve suite à un léger retard en mauvaise posture, chose que Ben ne peut tolérer. Heureusement, puisqu’équipé du fusil à micro-ondes de Sergueï, il va pouvoir ajuster le méchant alien et lui bourrer la gu…

Ah non tiens. En fait,  il le jette au sol et décide de courir droit vers Vika, et ce complètement à découvert pour… pour… pour rien.

Rappel : Ben est le membre le plus intelligent du groupe.

Qu’importe : s"il parvient à ainsi pousser Vika vers un abri sûr, le pauvre Ben est attrapé par le vil ennemi, qui a soudain de petites mains (mais si, allez hop ! On change d’ennemis en cours de film, on est plus à ça près !) pour lui attraper les jambes et faire durer le moment où il le traîne jusqu’à lui avant de le désintégrer, comme l’y destinait son rôle de pote du héros.

La main d’un méchant : jusqu’ici, ils ne s’en servaient jamais et n’en avaient d’ailleurs pas, mais à partir d’ici, ils n’utiliseront plus que ce curieux appendice qui ne désintègre pas. Ah oui, quand même.

Sean qui évidemment, est un héros choqué, mais visiblement, personne ne sait jouer le choc autrement dans ce film qu’en gonflant les joues. Aussi Sean se transforme donc temporairement en hamster, puis toute l’équipe peut reprendre son chemin sans que l’alien ayant tué Ben ne se décide à les poursuivre, probablement parce que le réalisateur lui a dit de ne pas le faire. Ah, ces aliens, au début du film ils tuaient les humains par paquet de 200, maintenant, un seul et ensuite ils ne font plus rien. C’est si beau. Ce qui permet donc à l’équipe de poursuivre dans les tunnels du métro pour finalement arriver sur la rivière locale et se jeter à bord d’un bateau qui attendait là, déserté : ne reste plus qu’à le laisser dériver en se planquant dans la cale en suivant le courant jusqu’à ce qu’il porte tout le monde jusqu’au sous-marin, plus bas sur la rivière. Le bateau a d’ailleurs le bon goût de ne pas s’échouer, probablement doué d’une conscience propre qui l’incite à tout faire pour quitter ce film.

A l’intérieur, c’est évidemment la séquence émotion sur Ben, qui était le meilleur d’entre nous, tout ça. Et laisse donc augurer bien des choses sur ce que doit être le pire, alors, vu que Ben semblait à peine plus futé qu’un lombric. Et pas un lombric premier de la classe, hein.

Mais tout ne s’arrête pas là, ce serait trop simple ! Arrivés à 100 mètres du sous-marin, le bateau est renversé par un terrible coup du sort : une berge s’effondre sur lui, car les aliens continuent de forer le sol à la recherche de minéraux pour se nourrir, suppose-t-on (mais comme c’est le héros qui le suppose, cela devient aussitôt vérité). Le naufrage a donc lieu, et lorsque les têtes font surface, il manque un des Mad Marx à l’appel, ainsi que… Natalie ! Drame : Sean vient de perdre sa nouvelle copine, et seule fille mignonne survivante du film (Vika n’a pas l’âge légal). C’est intolérable ! Tout le monde nage donc jusqu’au sous-marin qui est tout près, et la discussion s’engage avec le commandant du bord.

"Salut les kids, je suis le commandant Marco Ramius, bienvenue à bord : allez, on met les voiles !
- Non, on ne peut pas ! Mon amie Natalie a disparu par là-bas *indique une direction générale sur le fleuve* il faut aller la chercher !
- Oui et puis quelques milliards de personnes aussi ont disparu, alors on va p’têtre pas non plus risquer notre dernier sous-marin pour ça ?
- Si parce que Natalie, c’est ma copine, et j’invoque le pouvoir de l’amour et de l’amitié qui sont plus important que tout, surtout dans les pires moments.
- Vendu si tu fermes ta gueule."
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Et en effet : le commandant accepte de décaler le départ de son sous-marin pour la retrouver, ce qui tombe bien, car un demi-kilomètre à l’intérieur de Moscou, une lumière vient de paraître au-dessus des toits : une fusée de détresse.

"C’est Natalie !" s’exclame heureux comme tout le brave Sean.

Oui, ou alors c’est une fusée de détresse, Natalie est un poil moins brillante. Non parce que comme en plus elle vient d’être tirée dans la direction opposée à celle que tu indiquais et où votre bateau avait chaviré, cela signifierait que Natalie a survécu à la noyade, est sortie de l’eau sans s’occuper du sous-marin voisin ni de toi qui l’appelait, aurait escaladé des berges bétonnées lisses sans problème, couru au travers de ruines et d’aliens hostiles, réussi à non seulement refaire sa distance avec le sous-marin, mais en plus à y ajouter 500 mètres dans une direction opposée, puis, seulement, elle aurait décidé de tirer une fusée de détresse. En fait, Natalie, c’est Gandalf.

Ça vous parait improbable ?

Et bien peut-être, mais comme il a dit "C’est Natalie" et qu’il est le héros, ça devient aussitôt vrai, et tout le monde accepte sans sourciller.

Aussi les Mad Marx décident d’accompagner notre héros, non sans d’abord charger et dupliquer – mais si ! – le fusil à micro-ondes que Sergueï avait mis des jours à construire. On va donc supposer que c’est, allez, 16 heures plus tard que nos héros décident d’aller la chercher : sympa. Mais non, rassurez-vous : la gestion du temps est tellement lamentable qu’il ne s’est en fait écoulé que moins de deux minutes, la petite équipée peut donc partir rassurée pour aller botter du cul d’outre-espace et sauver du cucu d’outre-Atlantique.

La troupe, guidée non pas tant par la fusée que par l’instinct magique de Sean qui sait pister sa copine dans un vieux complexe industriel sans avoir bien vu d’où était parti son signal de détresse (probablement que Natalie sent très fort), parvient promptement à localiser la jeune fille, abritée dans un ancien trolley à l’arrêt. Sauf que voilà : un bestiau attend déjà sur place… et fonce sur nos héros ! Mais pas de bol pour la pauvre créature : celui-ci teste son arme, et le fusil à micro-ondes permet d’abaisser les défenses de ces êtres qui deviennent alors vulnérables aux bon vieux plombs. On découvre alors le visage de ces créatures : de petites têtes de mort volantes. Vous vous attendiez à des poneys ? On est pas dans des lasagnes ici, enfin, soyons sérieux.

Si vous aussi, vous vous demandez comment un être constitué d’énergie peut soudain devenir une tête de mort volante, levez la main ? Merci.

Bref : Sean, après avoir cartouché l’animal et laissé ses amis s’occuper des autres qui arrivent, s’en va trouver sa belle dans son trolley abandonné, mais avant de pouvoir lui faire un gros câlin, un autre méchant vient les surprendre (il venait juste se rincer l’oeil en profitant de son invisibilité, mais il a été capté quand il a fait réagir l’autoradio par erreur en lançant le thème de Ghost). Aucun tour de potier mais quelques coups de fusil à micro-ondes plus tard, le bougre faisait moins son malin, ses défenses abaissées, et ne restait plus qu’un projectile pour le tuer : la griffe que son confrère avait perdu lors de son combat contre les Mad Marx, que Sean lui lance !

Pouf, il la prend sur le coin du museau, et alors que la griffe n’est même pas pointue ou lancée fort, ne me demandez pas pourquoi : ça le tue. Probablement qu’il a trop honte.

Misère, il suffisait alors de leur balancer des cailloux ? Mais… c’est nul ! C’est… oooooh seigneur mais comment peut-on rater un film à ce point ?

Une douce musique de piano pose alors l’ambiance, probablement parce que le réalisateur a oublié qu’il filmait un groupe de gens ayant vu plusieurs millions de morts à Moscou, au milieu d’un coin pourri entouré d’aliens hostiles, mais passons : c’est romantique, point. Ils peuvent donc retourner au sous-marin sans encombres, car qui dit musique au piano dit que l’ennemi n’a plus le droit de venir briser l’ambiance. Là, les Mad Marx expliquent qu’eux vont rester ici : c’est là, leur combat.  Haaaa… heureusement qu’il y a eu cette séquence alors parce que sinon, je rappelle qu’à leur première arrivée au sous-marin, ils ne se sont pas fait prier pour grimper dedans. Comme quoi, le combat de toute une vie change vite en 10 minutes.

Sean et Natalie peuvent donc enfin se faire des bisous, et avec l’aide d’un marin, Natalie fait remarcher son téléphone via les récepteurs du sous-marin, et reçoit alors un message de sa mère  "BB c maman t ok ? Moi oci LOL" , mais le message n’explique cependant pas, elle, comment elle a pu avoir un téléphone qui marche vu que c’est déjà un miracle pour Natalie. Probablement qu’elle a sa propre parabole de sous-marin nucléaire soviétique avec elle.

"7 milliards de morts et c’est belle-maman qui survit. Quelle journée de merde"

Tout se termine sur une ultime transmission radio : partout dans le monde, la résistance d’organise, et bientôt, ça va meuler sévère de l’envahisseur.

Souriant, Sean se penche donc sur une carte, et probablement avant que le commandant ne lui demande pour qui il se prend et qu’il ne finisse tabassé par toute une bande de marin d’ex-URSS, il propose de passer à l’action et…

… FIN !

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"Alors, ça va mieux patron ?"

Diego observa son patron, de retour dans son fauteuil, à profiter de la chaleur de l’âtre.

"Hmmm.
- Vous… vous êtes revenu dans votre fauteuil, comme tout à l’heure ? Quelque chose ne va pas."

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Le serviteur fit un bref pas en arrière en notant l’oeil courroucé se tournant dans sa direction.  Il toussota, cachant le frisson qui lui parcourut son échine comme il le pouvait.

"Il y a des choses que tu ne peux pas comprendre, j’ai besoin de plaisirs simple comme alimenter mon foyer. Va, laisse-moi seul Diego."

Interloqué, le valet disparut sans un bruit, se demandant s’il avait réussi sa mission et si son maître avait retrouvé son envie de haïr son prochain. Il haussa les épaules, presque déçu, s’interrogeant sur le plaisir que pouvait bien trouver son supérieur à nourrir le feu.

Il ne put entendre, au travers de l’épaisse porte derrière laquelle son employeur se reposait, le bruit d’un sac que l’on fouillait, le son d’un miaulement léger et mignon tournant sous les plafonds, puis le cri typique d’un chaton fendant l’air tiède avant de finir au feu pour rejoindre le DVD d’une abominable daube.

"Ça va drôlement mieux", me dis-je.

Spoiler Corp, salle de réunion, 15:32

Resserrant délicatement le noeud de ma cravate d’un air concentré, je fais fi des regards embarrassés tournés vers moi autour de la table. Certains jouent nerveusement avec les papiers empilés devant eux, quand d’autres semblent savourer leur café comme si c’était le dernier.

"Je crois vous avoir dit que j’attendais vos idées", dis-je tout en martelant la table de mes doigts. "Noël approche, et nous devrions pour l’occasion faire quelque chose de spécial sur les spoilers. Alors ?"

Après un long moment durant lequel tout le monde chercha à éviter de croiser mon regard en prenant l’air faussement concentré, une main se leva.

"Berthier ?
- On pourrait faire un lip-dub ?
- Et ma main dans la gueule, vous la voulez Berthier ? Vous vous croyez en 2010 ? Soyons sérieux. 
- Mais c’est sur quoi le spoiler cette semaine ?
- Bilbo.
- Vous allez faire un avertissement sur tous les relous qui vont obligatoirement comparer au film pour tout justifier, parce qu’ils pensent probablement que les films tirés d’un livre, il faut les regarder avec l’ouvrage sur les genoux ?
- Non, parce qu’ils le feront quand même dans tous les commentaires qu’ils pourront.
- Oh, j’y pense, patron, si pour une fois on mettait carrément des extraits entiers du film à spoiler ?
- Hmmm… Moui, c’est pas con, Ludivine. Et vous savez pourtant à quel point ça me fait mal de vous dire ça. Mais on a pas les droits par contre. Bon, Véronique, appelez-moi Peter Jackson.
- Tout de suite Monsieur Connard, hihihihi !"

0

La secrétaire gloussa tout en composant le numéro, avant d’enclencher le haut-parleur. Il y eut quelques toussotements nerveux avant que finalement, quelqu’un ne décroche.

"Hello ?
- Peter Jackson ? Ici Monsieur Connard, de la Spoiler Corp. Ecoutez, on aimerait bâcher votre film, là Bilbo, parce que bon, c’est quand même un peu un scandale. Vous pourriez nous filer les droits pour exploiter vos images ? Ça nous aiderait bien.
- What ? Fuck no !
- Allez Peter, un petit effort. L’esprit de Noël, tout ça, le partage, hein ? On ne connait pas ça chez les gros geeks barbus ?
- Listen you cocksucker, I’m not gonna give you a single picture for your shitty spoil.
- Ah oui mais non, parce que d’habitude j’utilise au moins des images, même si j’ai pas les vidéos.
- Then fuck you."

0

Il y eut un bruit de combiné puis le son strident de la ligne coupée dans le haut parleur.

"Alors, qu’est-ce qu’il a dit Monsieur Connard ? C’est oui ? Hihihihi !
- Véronique, je sais que vous maîtrisez fort mal l’anglais, mais sachez que chez ce peuple, étonnamment, "cocksucker" est souvent synonyme de négation. D’ailleurs, il ne veut même pas que nous utilisions les images de son film.
- Aucune ? Mais !
- Non, Berthier. Aucune.
- Mais… comment allez-vous faire ?"

0

Me tournant vers une fenêtre pour observer la ville s’agitant en contrebas, je me contentais de répondre en ignorant les visages confus de mes conseillers.

"Je n’ai pas toujours eu un blog. Comment croyez-vous que je faisais avant ? Nous allons reprendre les vieilles méthodes.
- Ho non ! Vous n’allez pas…"

0

Ludivine manqua de peu de s’étrangler avec son café, et regarda son mug avec une terreur à peine contenue.

"Si Ludivine. Allez me chercher tous les mugs de l’étage : la cafette est réquisitionnée. Et si je choppe un seul employé à boire du café autrement que dans ses mains meurtries, vous pouvez lui dire qu’il est inutile qu’il revienne demain. Nous allons refaire les plus grandes scènes de ce film. Et vous verrez, il sera difficile de faire la différence avec l’original, à part éventuellement sur le nombre d’images à la seconde, ou alors il faudra vraiment être de mauvaise foi. Et pour une fois, ceux qui me reprochent d’écrire trop pourront se contenter des images."
0

La petite troupe des employés s’ébroua rapidement, parcourant tout l’étage pour se saisir de tout ce qui ressemblait plus ou moins à un conteneur à café. La journée allait être longue pour beaucoup de salariés. Mais à la fin de celle-ci, il y aurait un spoil illustré. Tremble, Peter Jackson : tu vas voir comme il est aisé de réaliser des scènes meilleures que les tiennes !

Alors, pour celles et ceux qui souhaitant en savoir plus sur "Le Hobbit : un voyage inattendu", spoilons mes bons !

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Intro

Notre film s’ouvre sur la riante contrée de La Comté, verdoyante terre des hobbits, ces sympathiques petits êtres aux pieds velus qui passent leur temps à se rouler dans l’herbe ou à la fumer en fonction de l’humeur du jour (parfois les deux en même temps, auquel cas le hobbit se transforme instantanément en merveilleuse fontaine de jardin). Nous y retrouvons Bilbo Sacquet, vieux hobbit qui s’apprête à célébrer son anniversaire en compagnie de nombreux amis. Près de lui, son gros relou de neveu, Frodon, est occupé à farfouiller dans la maison pour des raisons qui lui appartiennent. Histoire de faciliter la narration, il balance aléatoirement des lignes de dialogue du genre "Ho bin hé, ce serait pas une vieille épée que je vois là ? Vite oncle Bilbo, raconte-moi toute ta vie et avec les détails s’il-te-plaît". Heureusement, Bilbo est déjà dans l’ambiance : il est en train de mettre la dernière touche à l’ouvrage qu’il a écrit sur la première aventure qu’il a vécue, celle qui lui permit, un jour, de découvrir l’anneau.

Les deux hobbits papotent de tout et de rien durant un moment, et le spectateur moyen s’emmerde déjà ferme, surtout quand les dialogues continuent de se vautrer du genre :

"Frodon, il faudra que tu veilles sur cette demeure quand je serai…
- Quand tu seras quoi oncle Bilbo ?".

0

Ah mais je ne sais pas mon petit Frodon, c’est tellement compliqué ! Tu t’attends à quoi ? Qu’il te réponde "Quand je serai aux putes ?". D’ailleurs, notez-le, c’est important : dans ce film, tout le monde parle comme Horacio Caine dans les Experts. A savoir qu’on aime bien tourner le dos à son interlocuteur en prenant un air philosophe, les yeux dans le soleil couchant. C’est rigolo la première fois, moins la septième surtout en moins d’une heure. J’en profite pour le souligner : sachez que pour faciliter ces scènes, le soleil est TOUJOURS en train de se lever ou de se coucher. Eunebeulibibeule.

Bref, alors que Bilbo est pensif, le regard tourné vers une fenêtre et que Frodon lâche nonchalamment "Mais vas-y pépé, prends ton temps, parce qu’on a un peu 9 heures de film à tenir avec 300 pages de bouquin, alors on est pas sorti des ronces", celui-ci décide finalement de congédier son couillon de neveu, et de reprendre le fil du livre de ses aventures. Une occasion parfaite pour nous la conter, donc (oui, Frodon voulait l’entendre et il lui demande donc de foutre le camp pour la raconter en paix à personne, c’est tellement logique), puisque figurez-vous que nous en sommes déjà à 10 minutes de film et le titre d’icelui apparaît seulement puisqu’il n’a pas commencé.

bilbofrodon

Nous voici donc quelques années auparavant, 60 pour être exact, alors que Bilbo est encore un jeune et fringuant hobbit qui, pour gagner du temps de film, débite les descriptions du livre en voix off (mais si, je ne blague pas) pendant que la caméra illustre son propos. Mais à cet âge là, Bilbo n’avait rien d’un aventurier, non : c’était un branleur de hobbit comme les autres, qui passait ses journées à fumer devant chez lui comme un vulgaire punk à chien devant Monoprix. Et rien n’aurait dû bousculer sa tranquillité, si ce n’est une vielle histoire (oui, remontons encore un peu dans le temps).

Autrefois, il existait un royaume prospère dans les Terres du Milieu : le royaume d’Erebor, royaume de nains installé sous une montagne sobrement appelée "Mont Solitaire" puisqu’au milieu de nulle part. Il s’agissait là, comme bien souvent chez les nains, d’une imposante forteresse souterraine, dont le portail vers la surface, à flanc de montagne, faisait face à une ville humaine nommée Dale qui profitait des richesses issues du royaume : or et argent en quantité, objets forgés avec un soin sans pareil, et surtout, une énorme marché potentiel de peignes à moustaches. Sauf qu’à force d’accumuler des richesses, y compris une splendide pierre semblable à nulle autre appelée "Coeur de la Montagne", cela a fini par attirer, non pas des traders, mais une bête un poil moins dangereuse : un dragon. Un beau matin, donc, à Dale on a humé l’air et on s’est dit "c’est marrant, ça sent un peu le bouc ce matin" ; sauf qu’avant même de pouvoir accuser les nains et leur hygiène contestable, une imposante créature ailée a plongé des cieux et a commencé à cramer un peu tout à l’aide de son haleine de chacal. Après avoir nettoyé le coin, la bête a défoncé les portes de la forteresse naine, et a commencé à distribuer des cachous au tout venant : malgré une résistance acharnée, les nains ne purent tenir la place, et bientôt, eux qui étaient riches et arrogants se retrouvèrent rejetés de leur foyer, sans abri ni richesses. Alors que le dragon s’endormait paisiblement au milieu de la salle au trésor de la forteresse désertée, parce que déféquer sur des lingots, c’est quand même la classe, des colonnes de réfugiés nains quittaient l’endroit et se dispersaient… mais l’un d’entre eux ne rêvait que de reprendre l’endroit : Thorin, dernier descendant du dernier roi local, et héritier de droit du trône d’Erebor. Il passa donc des années à échafauder un plan mais… revenons déjà à La Comté.

Car oui : à la Comté, le jeune Bilbo, occupé à profiter du banc devant chez lui pour fumer la pipe, voit bientôt débarquer devant chez lui un autre illustre branleur : Gandalf le gris, surnommé ainsi à cause de sa consommation abusive de schnaps. Après un dialogue sans intérêt sur le fait de ce que l’on entend lorsque l’on se dit bonjour, Gandalf explique qu’il ne passe pas tout à fait dans le coin par hasard : il est à la recherche d’un amateur d’aventures. Et même si Bilbo transforme son slip en bourbier à la seule évocation de ce mot, il pense que celui-ci serait le hobbit de la situation, tout simplement parce que…

… heu…

Gandalfbilbo

Moui. Non, en fait, il a juste décidé qu’un bourgeois fumeur de pipe et pétochard serait l’aventurier idéal. Il est comme ça Gandalf : vous voyez qu’il n’a pas usurpé son titre de "gris", le bougre. Bref : Bilbo en ayant assez de ces magiciens bourrés en guenilles qui déambulent sur les routes en ennuyant les honnêtes gens, et décide donc d’aller se réfugier derrière sa porte avant que le vieux ne commence à lui réclamer une ou deux pièces d’or pour rester propre. Sauf que c’est sans compter sur la légendaire lourdeur de Gandalf, qui est du genre à redemander trois fois le Petit Bonhomme en mousse (d’où son amour des hobbits) aux DJs en soirée, et qui s’avance donc vers la porte de Bilbo pour la saloper au cutter en y gravant un signe.

Oui. Vous voyez l’état du RER ? Ne cherchez plus : vous pouvez remercier Gandalf.

Bref, après avoir fait le relou, le magicien s’en va donc et laisse Bilbo finir sa journée en paix. Sauf qu’au soir tombé, voici que l’on frappe à la porte de notre hobbit ! Se dépêchant d’enfiler une robe de chambre pour aller ouvrir, le pauvret se retrouve nez-à-nez avec un nain au crâne rasé, couvert de tatouages, et parlant avec un fort accent de l’ex-URSS. Le bougre semble persuadé qu’une réunion doit se tenir chez Bilbo le soir-même, puisqu’il a bien vu sur la porte le signe gravé par Gandalf et entre sans trop écouter le hobbit gueuler qu’il salope le tapis, puis va taper dans son garde-manger. Quelques minutes plus tard, un autre nain débarque à son tour à la porte, et s’en va rejoindre son compère dans l’orgie de saucisson en cours. Bilbo n’a pas le temps de les traiter de malotrus, de sacripants, voire d’insulter leurs grosses mères que l’on frappe une fois encore : cette-fois, ce sont deux nains d’un coup qui arrivent. Puis 8, accompagnés de Gandalf en personne. Tous semblent heureux de se retrouver là, expliquent qu’ils se sont perdus de vue si longtemps, puis se lancent dans une orgie fromagère sans pareille. Enfin, un dernier nain arrive, l’air cool (comprendre : il regarde ailleurs et en tournant le dos quand on lui parle, donc) : Thorin, le dernier roi d’Erebor.

Gandalfexpert

Bilbo a donc désormais, en sus d’un magicien, 13 nains chez lui. Permettez-moi de les lister :

  • Thorin
  • Balin
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Jean-Jacques
  • Fat-Jean-Jacques

Et donc, Thorin, c’est le boss (qui est tellement cool qu’il ne ressemble pas non plus à un nain, on dirait juste Aragorn avec une barbe et des chaussures orthopédiques) et Balin, c’est le vieux sage (qui sert à occuper l’espace que Gandalf laisse vide quand il est au bar). Les autres, vous pourriez les interchanger, vous en servir pour caler une porte ou autre, ça serait la même. Bref.

Arrivenains

En tout cas, sachez que les nains sont de joyeux compagnons amoureux de la chanson, et ils n’hésitent pas à se lancer en des choeurs joyeux tout en faisant la vaisselle (fascinant), à chanter en prenant l’air cool au garde-à-vous devant un feu de cheminée parce que leur foyer leur manque, ou autre. Rien de bien intéressant, donc. Finalement, tout de même, les nains acceptent d’expliquer à Bilbo pourquoi ils sont venu piller son frigo et boucher ses chiottes : c’est tout simplement parce que Gandalf leur a expliqué que Bilbo ferait un formidable 14e membre à leur compagnie, et qu’il s’agit d’un excellent cambrioleur, ce qui est toujours utile lorsque l’on veut s’infiltrer quelque part, fut-ce une ancienne forteresse.

"Nan mais attendez, attendez, on s’emballe pas les gars : je ne suis pas un cambrioleur. En fait, je n’ai même pas de métier : tout ce que l’on sait, c’est que je fume la pipe toute la journée en comptant mes orteils.
- Ah, oui, je vois, vous êtes un peu un branleur, en fait ?
- C’est ça.
- Et l’aventure, ça vous tente au moins, non ?
- Non, ça me fait même cordialement chier mes bons amis.
- Et bien formidable, merci Gandalf, bien joué les Ressources Humaines."

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Sauf que Gandalf étant un peu la béquille du scénario, il se contente de balancer "J’AI DIT QUE BILBO SERAIT SUPER ALORS VOUS DISCUTEZ PAS". Et de marmonner des trucs comme quoi Bilbo, c’est un hobbit donc un cambrioleur naturel, et qu’il a un coeur gros comme ça alors il sera parfait, même s’il ne le sait pas lui-même (oui, c’est nul, chut). Pas de problème : les nains soumettent donc à Bilbo un contrat lui expliquant son paiement en cas de succès de l’opération (1/14e des richesses trouvées, Gandalf étant bénévole). Il lui suffit de le signer pour accepter, mais le bougre hésite. Et continue d’écouter les nains causer de ce qu’est l’aventure exacte dans laquelle ils veulent le plonger.

Vous vous souvenez des colonnes entières de réfugiés nains qui quittaient le plus grand royaume de leur race il y a quelques paragraphes ? Et bien à l’idée d’aller le reconquérir, seuls 12 ont répondu à l’appel de Thorin. Ah bon, mais pourquoi ? On ne le saura jamais. Les autres avaient sûrement piscine. Et au fait, pourquoi le reconquérir maintenant ? Parce que les nouvelles disent que les oiseaux retournent se poser sur le Mont Solitaire, chose qu’ils ne faisaient plus du vivant du dragon qui y a élu domicile, Smaug. Et les prophéties disent que ces oiseaux revenant sur le mont sont le signal de la reconquête pour les nains. Thorin a donc une théorie : plus personne n’a vu Smaug sortir de sa tanière depuis 60 ans. Il est peut-être tout simplement mort de sa belle mort au milieu de ses richesses mal acquises, tel un vulgaire petit vieux devant un épisode de Derrick… et la forteresse et ses trésors sont donc sans protection ! Il faut par conséquent que les nains aillent vite réoccuper l’endroit, sinon, il sera pillé, et jamais Erebor ne renaîtra. Et pour cela, les nains ont deux outils dans leur quête : une carte pour les ramener chez eux, et supposée garder le secret d’un accès caché à la forteresse, ainsi qu’une clé pour ouvrir ledit passage. Ce qui est très pratique puisque "l’entrée principale est scellée".

Pardon ? Scellée ?

Attendez, on parle bien de l’entrée principale qu’un gros cul de dragon de plusieurs dizaines de tonnes a défoncé au début du film pour se frayer un chemin ? Celle où à chaque fois que Peter Jackson se sent obligé de faire un plan sur la forteresse abandonnée quand ils en parlent, on voit encore le trou géant dans la façade ? Et ne me dites pas que tout s’est effondré derrière le dragon quand il est rentré : on a eu droit à un beau plan de colonnes de réfugiés fuyant par ladite ouverture tout à l’heure. Mais c’est peut-être un dragon portugais qui, une fois son forfait accompli, a posé de petits parpaings derrière-lui, hein. Salauds de dragons qui prennent le travail des honnêtes artisans : on se souvient de la fois où ils ont construit le stade de France, ça commence à bien faire. Mais je m’égare.

Teufnain

En tout cas : l’idée de finir dans l’intestin grêle d’un dragon, malgré son exotisme, ne ravit pas Bilbo qui explique qu’il décline purement et simplement l’offre d’emploi. Il va plutôt aller se pieuter ; Et si demain les potes squatteurs de Gandalf (j’insiste : il tague, s’invite avec des potes, squatte et pille le frigo des honnêtes gens contre leur avis : il est quand même plus clodo grognon que magicien joyeux) sont encore là, il y aura distribution de coups de pieds velus au cul. Compris ?

Bilbo passe donc une nuit brève mais tranquille, et à son réveil, sa demeure est vidée des nains et autres magiciens, qui ont même pris le soin de nettoyer les traces de vomi de la veille. Trop heureux d’être ainsi de nouveau tranquille, le hobbit a du mal à contenir sa joie, mais finit cependant par croiser le chemin du contrat des nains l’invitant à rejoindre leur compagnie, qu’ils ont abandonné là. Le consultant, Bilbo fait un peu la moue, et puis allez : au diable la cohérence, après avoir bataillé des heures pour être tranquille, il décide de partir à l’aventure, allez hop !

Ne cherchez pas, c’est comme ça, pif pouf.

Bref : saisissant son manteau et ses affaires, le fier hobbit traverse donc la Comté en courant, tentant de rattraper la troupe des nains partie à l’aube. Et c’est heureux, car les petits barbus ne sont pas loin, et voyageant à dos de poney (seul Gandalf a un cheval pour se la péter), lui en ont même gardé un. Heureux de voir un nouveau membre rejoindre la troupe, même si celui-ci ne semble guère taillé pour l’aventure, nos héros cheminent donc lentement vers leur lointaine destination : l’intestin grêle de Smaug le Mont Solitaire.

La troupe voyage donc tranquillement jusqu’à un premier arrêt dans une forêt où nos héros entendent de lointains cris, que les nains identifient comme étant ceux d’orques. De petites troupes de ceux-ci écument en effet le pays, à la recherche d’or à piller, de fermes à brûler et de bons films à regarder. Autant vous dire qu’ils rentrent souvent bredouille sur ce dernier point mais là n’est pas la question. C’est l’occasion parfaite pour Balin, en vieux sage du groupe, d’expliquer que Thorin leur chef a trois ennemis jurés :

  • Les orques
  • Les elfes
  • Les utilisateurs d’Instagram

Les orques, déjà, parce que figurez-vous que quelques années après que les nains aient fui Erebor, le père de Thorin réunit une armée de vétérans de son royaume afin d’aller reconquérir… le royaume nain de la Moria, occupé par des orques.

Moui. Et sinon reconquérir TON royaume, non ? Non parce que je ne sais pas : tu aurais pu te rencarder sur comment buter un dragon et voir ce qu’il était possible de faire (du genre lui balancer du bétail empoisonné à grignoter). Non ? Mais peut-être préfères-tu aller tataner des types qui n’ont rien à voir avec la choucroute dans l’espoir de récupérer une forteresse probablement recouverte de fientes goblinoïdes au trésor dilapidé depuis des siècles ?

Qu’importe : durant la bataille, le père de Thorin est tombé sur le roi orque de la Moria, Azog, un gros orque albinos du genre bougon. Après avoir cordialement pété la gueule à papa Thorin, il tenta de tuer son fils. Sauf que Thorin réussit à se protéger d’un coup mortel en utilisant une branche de chêne qui traînait là, obtenant ainsi le surnom de "Thorin Ecu-de-Chêne", et contre-attaqua en tranchant le bras du margoulin. Dixit Thorin lui-même "Azog est probablement mort de ses blessures, hohoho, personne n’aurait pu survivre à celles-ci, même si on ne retrouva jamais son cadavre, hahaha".

Oui, vous venez bien de lire une phrase moisie issue des plus mauvais James Bond. Je me demande tellement si Azog est mort, holala ! Et si on va le revoir dans le film ! En tout cas, depuis, Thorin n’aime pas trop trop les orques (même si je doute qu’il les aimait avant, mais bon).

Donc sinon, Thorin n’aime pas trop non plus les elfes. Pas tant à cause de leur côté prout-prout ma chère que du fait que le jour où Smaug a attaqué la forteresse de ses ancêtres, les elfes s’étaient pointés avec toute une armée (Ah ?! Mais comment sont-ils arrivés si vite ? Nous ne le saurons jamais, tant chacun sait qu’en sus, une armée, c’est tellement rapide à déplacer) mais se sont dit qu’en fait, bof, les dragons c’est dangereux, cassons-nous. Et ce sous les yeux des réfugiés nains sortant encore à demi-cuits du royaume en flammes. Oui parce que non, les elfes ne se sont pas non plus dit "Tiens, des réfugiés, aidons-les" : non, ils se sont cassés en se disant que ça leur apprendrait l’humilité, à ces gros blaireaux de nains.

Du coup, Thorin leur en veut un peu, là encore.

Pour les utilisateurs d’Instagram, je crois qu’il n’y a même pas besoin d’explication : on comprend juste que Thorin est un nain de bon sens.

Flashback

Cela dit, on découvre que les orques qui traînent dans les bois ont repéré la troupe des nains. Chevauchant des ouargues, ces sortes d’énormes loups, ils restent à bonne distance et semblent très intéressés par cette cible, puisque l’un d’entre eux déclare "Préviens le maître que nous les avons trouvés".

Je me demande TERRIBLEMENT qui est le "maître", sachant qu’on vient d’évoquer un seul orque avec un nom qui en plus, ça tombe bien, est supposé être l’ennemi juré de Thorin. Dites bonjour à l’intrigue Hollywoodienne écrite sur un coin de nappe.

En tout cas, pas d’attaque cette nuit là : nos héros peuvent donc reprendre la route, sans que Bilbo ne fasse remarquer à Balin que c’est quand même curieux : il vient de lui raconter toute l’histoire de Thorin avec un accent de l’ex-URSS que certains nains semblent avoir et d’autres non, alors qu’ils sont tous originaires de la même forteresse. Mais bon, hein, s’il faut commencer à être cohérent aussi, pfou.

Le lendemain, la troupe qui progresse paisiblement finit par arriver à une ferme en ruine : visiblement, dans le coin, les orques se font plaisir. Gandalf propose donc aux nains de ne pas passer la nuit là, et de plutôt pousser jusqu’à Fondcombe, le havre elfique situé non loin.

"Comprenez-vous Thorin, il serait plus sûr de passer la nuit chez les elfes.
- Nan. On va dormir ici.
- Mais enfin, pourquoi ?
- Parce que les elfes, c’est rien que des gros pédés.
- Oui non mais d’accord, mais justement Thorin, pourquoi croyez-vous que j’ai envie de passer la nuit là-bas ? 
- … 
- Bien, bon, je vois, puisque c’est comme ça, moi, j’me casse, bande d’homophobes."

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Et ce qui est dit est fait, puisque vexé par ces nains qui refusent de l’écouter, Gandalf grimpe sur sa monture et quitte la compagnie. On sent bien que quelques nains ne sont pas d’accord avec leur chef et qu’ils aimeraient bien que le vieux grigou reste encore un peu pour leur raconter comment autrefois, il fut aussi Magneto, mais ils n’en disent rien. Et installent donc leur camp pour la nuit dans les ruines de la ferme ravagée.

L’ambiance est bonne, le souper correct, et Bilbo se retrouve chargé d’aller apporter leur pitance à Jean-Jacques et Jean-Jacques qui montent la garde près des poneys. Sauf qu’en arrivant, les deux compères ont l’air bien préoccupés : ils ont beau compter et recompter, il manque des poneys.

"Où sont-ils ?
- C’est bien le problème Bilbo, nous ne savons pas.
- Peut-être qu’ils sont partis parce qu’ils avaient un truc à faire. Genre regarder Koh-Lanta, non ?
- Bilbo, ce sont de fucking poneys. 
- Pardon.
- Les fuckings poneys ne regardent pas Koh-Lanta. Encore, on chevaucherait des yorkshires, je vous dirais que c’est crédible, mais là, non, vous racontez des conneries mon vieux Bilbo, les poneys sont beaucoup trop intelligents. Tenez, rendez-vous utile et inspectez les traces autour du campement, vous devez savoir faire ça, non ?"

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Et des traces, Bilbo, Jean-Jacques et Jean-Jacques en trouvent vite. Des grosses traces de panards d’un fort beau calibre à côté d’arbres renversés… la chose qui a fait ça devait être vaguement balaise. Et les nains vaguement sourds pour ne pas entendre des arbres que l’on déracine à 5 mètres d’eux. Mais je dis ça, hein, bon. En tout cas, en suivant les empreintes, nos héros aperçoivent la lumière d’un feu… et trois trolls en train de préparer un ragoût, les poneys manquants à côté d’eux prêts à être découpés !

"Bon, Bilbo, là ça va être chaud patate mon gars. 
- Hein ?
- Non parce que tu es un cambrioleur, c’est ça ?
- Même pas, non. Je suis juste une quiche avec du poil aux pattes.
- Parfait. Bon alors écoute, tu vas aller voler les poneys. 
- Super plan les mecs : c’est tellement crédible : les trolls ne vont pas DU TOUT le remarquer, après tout, ce n’est que leur repas, repas qui bouge, pue et fait du bruit. S’il se barre, ils vont sûrement rester là à se dire que ce soir ils mangeront des carottes. Non, moi j’ai un meilleur plan : on va chercher les autres et on leur éclate la gueule tant qu’on a l’avantage de la surprise. Parce que même si je réussis à les voler, les trolls vont comprendre qu’il se passe un truc et commencer à courir les bois. Et sachant qu’ils sont à 20 mètres de notre camp, ils ne nous rateront pas.
- Ta gueule Bilbo. Tiens t’en au script.
- Ah oui, pardon : "D’accord les amis, comptez sur moi !""

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Bilbo approche donc discrètement (comprendre "vêtu de sa veste rouge pétard") le camp des trolls, et note que ceux-ci parlent le langage commun, et sont en train de disserter sur la recette du soir. Faisant fi de leurs considérations culinaires, Bilbo s’approche donc des poneys et…

Non, attendez, je vous la fais.

Bilbo tente de détacher les poneys. Mais non, c’est risqué. Bon, il retente. Mais non, c’est vraiment risqué. Bon, allez : il retente. Ah non, un troll va le voir. Mais non. Bon, il reretente. Ah mais pfou, la corde est épaisse. Ah ! Un troll va le voir. Ah, non, c’est bon, rien en fait. Bon, il rereretente. Mais bon, c’est risqué. Tiens, un troll a un couteau ? Bon est-ce qu’il le vole ? Nan, déjà, il retente une fois encore de détacher les poneys. Mais non. Ah ! Un troll va le voir. Bon, le couteau ? Allez, il y va et s’avance. Non, en fait, non, il recule. Il retourne aux poneys. Ah, mais bon, le couteau quand même… bon, allez, il y va. Ah ! Un troll va le voir ! Vite, il se cache. C’est bon ? Allez, il va détacher les poneys. Tiens, la corde est trop épaisse ? Ah si seulement j’avais… ah mais oui, le couteau ! Bon allez : il y va. Oh ! Un troll va le voir ! Il se cache. Mais il le veut ce couteau ! Mais c’est risqué. Bon, il avance. Moui, non, il recule.

C’est chiant hein ? Imaginez-vous dans la salle face à cette scène sans fin. Vous le sentez poindre, le gros soupir ? Bon enfin en tout cas, voilà : maintenant, vous savez comment on peut faire 9 heures de film à partir d’un petit livre.

Bref : je vous passe encore les multiples hésitations et rebondissements sans intérêt : Bilbo finit par se faire attraper par les trolls lors d’une manoeuvre peu habile, et se retrouve comme une andouille.

Heureusement, Jean-Jacques et Jean-Jacques avaient surveillé la chose de loin, et prévenu leurs potes nains : ils volent donc à la rescousse du hobbit, les armes à la main, et s’ensuit une longue séance de combat sans intérêt, avec des passages "lol" hollywoodiens typiques, du genre l’un des nains un peu débilet qui combat… au lance-pierre. Okay, d’accord. Non mais en plus, c’est super drôle, hein, je viens de me péter deux côtes en le regardant tant le rire m’étreint. Voilà voilà. Merci, Peter Jackson.

Trolls

Donc, le combat dure encore et encore, jusqu’à ce que les trolls prennent Bilbo en otage, expliquant qu’ils vont un peu lui déchirer la gueule si les nains ne se calment pas tout de suite. Bien urbains, ces derniers obéissent… et finissent donc saucissonnés, prêts à être passés à la broche. A noter que les nains sont allongés à côté de leurs armes, mais ne pensent pas à essayer de défaire leurs liens avec les lames de ces dernières. Je… misère, c’était si dur de ne pas filmer les armes juste à côté pour virer une incohérence ? Allez, laissons tomber.

"Putain, bien joué Bilbo.
- Je parle bien aux nains qui viennent de faire une séquence de 5 minutes de combat avec des trolls qui n’ont même pas une égratignure à la cheville ?
- Ah oui, tiens, c’est rigolo. On dirait que le réalisateur a oublié de signaler que les coups d’épée dans la gueule, ça faisait vaguement mal. Je veux bien qu’ils aient la peau épaisse, mais dans le Seigneur des Anneaux, même des flèches les tuent. C’était pourtant lui aussi qui le réalisait, non ? Il devrait s’en souvenir, c’est ce qu’il racontait durant plus de 10 heures de film !
- Oui, mais en fait, c’est juste nul. 
- Ah oui, tiens."

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Un peu ennuyé à l’idée de se faire grignoter, Bilbo cherche une ruse pour gagner du temps car les trolls ont une faiblesse : ils se transforment en pierre à la lumière du jour ! Or, l’aube n’est pas loin… il tente donc sa chance pour gagner du temps.

"Attendez amis trolls ! Vous ne devez pas cuire les nains à la broche !
- Ah oui et pourquoi ?
- Parce que je suis Pierre Martinet, et que je suis un traiteur intraitable. 
- Ça se tient, on t’écoute mec.
- Et bien heu… pour cuisiner des nains il… heu… il faut les écorcher vif."

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Pardon ? Tu veux gagner du temps et tu demandes à ce que tous les nains soient tués, là, tout de suite, alors que jusqu’ici ils étaient seulement attachés à une broche (ils n’avaient même pas la broche dans le cucu, ce sont des trolls sympas) ? Mais tu es complètement con mon pauvre Bilbo ? Bon, qu’importe : il baratine encore un peu, et aperçoit du coin de l’oeil une forme qui fait woush-woush entre les arbres : Gandalf ! C’est aussi un ninja !

Aussi, après avoir fait gagner suffisamment de temps au magicien, Bilbo regarde avec bonheur celui-ci apparaître et fracasser une grosse pierre d’un seul coup de son bâton, découvrant derrière celle-ci la ligne d’horizon où, déjà, le soleil apparaît. A peine les rayons ont-ils touché les trolls que ceux-ci sont instantanément transformés en pierre : ouf ! La troupe est sauvée.

"Merci Gandalf ! T’assures chaussure !
- T’inquiète chaussette. Je suis comme ça moi, je suis…
- Oui enfin si tu pouvais nous détacher, ce serait cool aussi, hein."

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S’empressant d’effectuer la tâche demandée, le magicien gris libère ses compagnons et disserte avec eux : c’est étonnant, des trolls si loin de leurs cachettes habituelles, à savoir essentiellement les forums de Hardware.fr. Mais puisqu’ils vivaient dans le coin, ces trolls devaient sûrement avoir une caverne pour s’abriter des rayons du soleil. Et un butin ! Allez les gars, tous sur le loot !

En fouillant un peu, nos héros trouvent bien une cachette, contenant pas mal d’or et d’objets précieux pris sur des voyageurs malheureux, ainsi que quelques épées peu banales : Tranchegueule, une épée qui bourre pas mal et que Gandalf s’attribue, Pètegob, une lame célèbre pour avoir transformé du gobelin en kiwi tranché à la chaîne, que Thorin récupère, et enfin une petite épée elfique qui est remise à Bilbo, et dont la lame devient bleue à chaque fois que des ennemis sont proches. Une sorte de Tom-Tom, quoi "Bon sang Thorin, mon épée devient bleue, ralentit sinon la gendarmerie va flasher les poneys !".

Une fois tout le monde équipé, on décide d’enterrer l’or pour le récupérer plus tard, parce que ce n’est pas comme si on avait des poneys pour le transporter et que ça pourrait servir à acheter du matériel avant de se lancer à l’assaut du Mont Solitaire. Et ce n’est pas non plus comme si, en cas de réussite de la mission, les nains ne comptaient pas repasser par ici (bin oui, ils partent reconquérir leur terre natale, je le rappelle, c’est justement pour y rester). Bref, c’est très con. Mais on est plus à ça près.

Traveling

Car soudain, un bruit terrible se fait entendre : quelque chose d’autre approche au travers des bois à folle allure ! Un troll grognon ? Une meute d’orques ? Non ! Un truc qui n’a strictement rien à voir avec l’intrigue : Radagast le magicien brun et son traîneau tiré par des lapins !

Je… bon, oui, c’est nul, mais faisons semblant de rien quant au niveau consternant de ce film et détaillons un peu, car lors d’un bref flashback, nous apprenons qui est Radagast.

Figurez-vous que Gandalf le gris n’est pas le seul magicien des Terres du Milieu : il y a aussi Saroumane le blanc, le PDG de la United Magic Rabouins, et trois autres compères dont Radagast le brun. Lui, son truc, normalement, c’est de vivre au fond des bois complètement défoncé à la ganja. Comme c’est un film trop lolilol, les oiseaux lui font caca dessus et vivent dans ses cheveux. Bref, c’est un gros hippie.

Sauf que ces derniers temps, rien ne va plus dans la forêt jolie où il se pique habituellement : non pas qu’elle soit envahie d’autres toxicomanes, non, son vrai problème c’est que tous les animaux meurent. Et un jour, parmi les agonisants, Radagast a trouvé Kiki le hérisson, et a décidé de lui sauver la vie. Oui. Il est comme ça Radagast, à côté, Brigitte Bardot est une sorte d’Hitler animalier. Emmenant Kiki à l’abri de sa demeure, Radagast le tourne et retourne dans tous les sens, tentant de lui administrer moult remèdes voire de partager ses pétards avec lui pour apaiser ses souffrances. Hélas, l’animal finit tout de même par clamser : c’est la tristesse. Mais Radagast réalise une chose : si aucun remède n’a sauvé l’animal, c’est probablement que… il est en réalité victime d’un sort ! Vite : utilisant sa magie, le bougre tente d’exorciser le hérisson (je le redis, cette séance ne sert à rien) même s’il est mort, détail, et note que de sombres formes apparaissent devant ses fenêtres : des araignées géantes sont en train d’attaquer sa maison dans le même temps !

Et vous savez le plus fort ? C’est ce que ça n’a strictement aucun rapport ! Puisqu’alors que les bestioles commencent à tout péter pour rentrer tuer le mage, elles s’arrêtent net lorsqu’il finit d’exorciser le hérisson et que celui-ci se réveille. Et s’en vont tranquillement en sifflotant après avoir fait du rien.

Mais ? Pourquoi ? POURQUOI ? Si c’était pour tuer le mage, pourquoi s’arrêter ? Si c’était pour empêcher l’exorcisme de Kiki le hérisson, pourquoi ne pas savater son responsable ? Je… qui a pu écrire une telle merde ? Ça n’a strictement aucun sens.

Bon allez, on enchaîne : Radagast se demande ce que c’est que ce bordel, et décide d’aller suivre d’où venaient les araignées : d’une forteresse abandonnée dans les bois. Or, celle-ci a été réinvestie par un être maléfique : un nécromancien que nous appellerons Saucarré tellement il est difficile de deviner de qui il s’agit. Or, celui-ci a ramené à la vie des morts, dont un spectre qui tente de tabasser Radagast lorsque celui-ci approche de trop près. Heureusement, grâce au pouvoir de sa ganja enchantée, non seulement il parvient à se débarrasser du brigand, mais aussi à lui rabouiner son arme. Il s’en va donc en gambadant gaiement, bondit sur son ridicule traîneau à lapins, et fonce, fonce…

Jusqu’à arriver à Gandalf et aux nains près de la grotte des trolls (qu’il a localisés comment ? Ah oui : pouf), nous ramenant donc à notre aventure. Radagast conte donc son histoire, et même si Gandalf ne pige toujours pas ce que ces foutues araignées voulaient faire en défonçant la maison pendant l’exorcisme de Kiki le hérisson, il estime que tout cela est assez important à prendre en compte : il se passe quelque chose de louche dans les Terres du Milieu, et il compte bien identifier qui est ce mystérieux Monsieur Saucarré lorsqu’il en aura l’occasion.

Sauf que soudain, un autre bruit se fait entendre : encore ?!

Oui ! Cette fois, ce sont les orques sur ouargues qui ont rattrapé les nains et s’apprêtent à les boulotter : pas de souci, dit Radagast, j’ai un fucking traîneau à lapins, et vu mon odeur de pétard, je peux faire une diversion tranquille. Vous pendant ce temps : barrez-vous.

Plan qui est donc fidèlement suivi. Et qui permet donc à tous les ouargues et orques de courser un traîneau à lapins, ce qui non seulement donne l’air très con, mais les fait courir un moment. Ça ressemble un peu à une course de lévrier, sauf qu’au moins avec les lévriers, vous avez une petite chance de ne pas faire que perdre du fric à les regarder.

Radagast

"Mais ça doit pas être facile à manoeuvrer en forêt un traîneau, non ?" me direz-vous puisque vous méprisez mes comparaisons animalières de toute votre morgue. Mais soit, je vais répondre à votre légitime question car…

La forêt a disparu. Les trolls, tout ça, c’est fini. Tout le monde vient de se téléporter au milieu d’une sorte de lande désertique idéale pour filmer des courses poursuites. Je… oh la vache. C’est diablement mauvais. Mais, au montage, ils ne se sont pas dit "Tiens c’est rigolo, on a pas du tout fait les tournages aux mêmes endroits, ça va peut-être se voir ?" et bien non. Le fait de passer d’une forêt super dense à une lande sans un seul arbre jusqu’à l’horizon n’a visiblement choqué personne. Ou alors, ils se sont juste dit "Les spectateurs sont beaucoup trop cons, on s’en fout.".

Moi je penche déjà pour une option, je vous laisse deviner.

En tout cas, la diversion dure un moment, mais les orques finissent cependant par repérer les nains. Et Radagast par… heu… sortir du film. Voilà voilà.

Les nains, eux, se disent que ça fait beaucoup d’orques à affronter quand même, et heureusement, découvrent l’entrée d’une curieuse galerie dans le sol de la lande : ni une, ni deux, ils bondissent tous dedans, alors qu’au même moment, des elfes surgissent de nulle part (on ne les avait vus sur aucun des plans dévoilant tout jusqu’à l’horizon 15 secondes avant, alors qu’en fait, ils étaient à 50 mètres de là, c’est fou, on dirait encore que ce film n’a même pas la qualité de réalisation d’une série B, c’est magique) et boutent les orques qui tenteraient la poursuite.

Les nains, eux, peu pressés de rencontrer des elfes, décident d’explorer la galerie et de la poursuivre pour mieux tomber au bout de celle-ci sur…

Fondcombe.

Attendez, on parle bien de Fondcombe, la riante vallée elfique ? Celle que là encore, on aurait dû peut-être voir, si les nains étaient juste à côté, lors des plans larges sur la lande ? Non plus ? Surtout quand les personnages insistent tous sur le fait que "Ouah, on était juste à côté !" . Mais arrêtez ! Arrêtez le massacre ! Mais bordel, pourquoi est-ce que ce film semble être un enchaînement constant de ratages mis en évidence par les dialogues pour ceux qui les auraient loupés ?

Allez, je… bon, on est pas sorti. Continuons.

A Fondcombe, donc, les nains râlent un peu contre Gandalf, qui leur avoue que bon, okay, il a un peu tout fait pour les emmener dans cette direction, mais pour leur bien. Mais que l’on se rassure : les elfes se montrent accueillant avec leurs hôtes nains, et pardonnent même le côté bourru de Thorin, qui les traite en ennemis potentiels voire fait des commentaires sur tous ces elfes qui jouent à se claquer les fesses avec leurs serviettes dans les vestiaires après leur match hebdomadaire de croquet.

D’ailleurs, on notera que Peter Jackson a fait un effort : je ne sais pas si vous vous souvenez, mais dans Le Seigneur des Anneaux, le bougre avait un don pour prendre au casting des elfes qui avaient tout sauf des têtes d’elfes. Difficile de ne pas oublier le célèbre Elfe Gropif et son ami Elfe Fatass, ce dernier étant probablement la risée de la Lorien avec son bide en avant qui laissait supposer que contrairement aux autres elfes, il ne devait pas vraiment sauter de branche en branche, ou alors uniquement si on l’hélitreuillait. Encore un qui avait passé trop de temps vautré sur sa branche à mater du porn d’écureuils (le seul disponible sur place) au lieu de faire de l’exercice, mais passons.

Bref : à Fondcombe, Gandalf explique à Thorin que le maître des lieux, Elrond, est un érudit. Et comme la carte que les nains ont pour se rendre au Mont Solitaire est supposée contenir un message secret sur une entrée cachée selon Gandalf, il propose de demander de l’aide aux elfes. Thorin traîne un peu les pieds, et finit par accepter : à la lumière de la lune qui, ho bin ça tombe bien alors, est PILE alignée de la bonne manière pour lire le message caché sur la carte, il parvient à obtenir un message codé : "Quand la grive pète les cailloux, jouez donc du biniou" ou un truc du genre. Sûrement un message laissé derrière eux par les bretons, cet autre peuple mystérieux de la Terre du Milieu.

Bien : cela étant dit, Elrond invite Gandalf à le suivre. Car d’autres personnes sont ici et veulent le voir… à savoir Galadriel et Saroumane ! Gandalf fait donc sa tête de mauvais élève qui ne veut pas aller dans le bureau du directeur, et suit donc son hôte jusqu’à arriver face aux deux autres larrons assemblés autour d’une table.

"Alors Gandalf ! Comme ça on part à l’aventure son avertir son copain Saroumane ? C’est pas très sympa ça ! 
- Non mais désolé, mais en fait je voulais vous prévenir, mais en fait, tu vois, et bin le message, il a dû se perdre. Mais d’ailleurs, comment saviez-vous que l’on viendrait ici ?
- On a lu le scénario, comment veux-tu que l’on ait pu faire autrement ? Parce qu’en plus, c’est pas la porte à côté, hein.
- Okay. Bon, en attendant, je vous explique : j’accompagne les 13 nains parce que je pense qu’ils ont raison de vouloir reprendre leur royaume, et parce que si en plus on pouvait ne plus avoir Smaug le dragon sur les bras, ce serait pas mal cool.
- Moui. Autre chose ?
- Et bien en plus, figurez-vous que j’ai peur qu’une force maléfique ne soit en train de revenir en Terres du Milieu. Radagast m’a raconté qu’il a vu des morts se relever sous les ordres d’un mystérieux nécromancien qui avait l’apparence, le goût et l’odeur de Sauron. D’ailleurs, j’ai ramené comme preuve une épée que Radagast a fauchée à l’un des morts-vivants : une épée qui est supposée être enterrée avec son proprio depuis des plombes.
- Alors et d’une, ça prouve rien parce que Radagast, il est sous acide toute la journée, et de deux, si ça se trouve il a récupéré cette lame sur un mort après s’être découvert une passion nécrophile.
- Crédible.
- Oui, quant à Sauron, hohoho, hahaha ! Attendez, il a disparu et on a jamais retrouvé son corps ! Ca ne peut pas être lui !
- Vous avez remarqué comme dans tous les films, dès qu’un personnage dit cela, le mec dont il parle revient instantanément d’entre les morts ?
- Ah oui, c’est vrai que c’est très con. Une scène de plus avec des dialogues ratés ?
- C’est ça. Et je pense que c’est pas fini."

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Et en effet, on monte le niveau d’un cran. Galadriel, qui jusqu’ici n’avait servi à rien, décide de devenir… télépathe ! Comme ça, pif-pouf ! Ainsi, elle peut discuter avec Gandalf pendant que Saroumane grogne comme quoi il n’était pas au courant de cette histoire de nain, que c’est scandaleux, et qu’il va confisquer son carnet de correspondance pour mettre un mot à ses parents. Mais que dit Galadriel ?

"Gandaaaaalf… Gandaaaalf… je communique avec vos pensées ! 
- Mes ?
- Je me disais bien qu’il y avait de l’écho. Bon, je tenais juste à vous dire : je suis grave d’accord.
- De ?
- La quête, le dragon, Sauron, tout ça… j’approuve. Continuez votre quête. Et allez, avouez : vous restez ici à discuter avec nous juste pour nous occuper pendant que les nains se barrent. Comme ça, Saroumane ne pourra pas les arrêter.
- Ah bon, ils se b… hahaha, hem non : oui, complètement, c’était mon plan depuis le début."

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Et en effet : après avoir suivi Gandalf papoter encore quelques minutes pour dire du rien, et échanger avec Galadriel sur le fait qu’il lui suffit de l’appeler pour qu’elle apparaisse (quelle fille facile), le tout en tournant le dos à son interlocuteur en regardant le soleil se lever doucement, nous en revenons aux nains.

Fondcombe

Ces derniers se sont en effet barrés discrètement à l’aube, et marchent en file indienne sur un énième passage étroit pendant que la caméra tourne autour d’eux avec une musique pompeuse (… soupir). Après avoir traversé moult décors, nos héros finissent par une nuit de tempête à chercher un abri, errant sur une corniche glissante de montagne. Sauf qu’en réalité, il ne s’agit pas d’une corniche mais… d’une cavité dans la jambe d’un géant des montagnes assoupi ! Je vous passe les détails, mais le géant se lève, se tabasse avec des potes, se vautre, bref, encore 5mn de séquence hors de prix avec des géants qui se tapent sur la gueule probablement suite à un match de football des montagnes ayant mal tourné. A noter que durant l’affaire, Bilbo manque de peu de tomber, et ne doit son salut qu’à des nains qui lui tendent la main de justesse. Mais là encore, Peter Jackson  se vautre, en choisissant de mettre Bilbo en péril juste à côté de nains avec des lances. Et qui ne pensent pas à s’en servir pour lui tendre : à la place ils se contentent de faire l’habituel "Gnnn attrape ma main ! Aaaah mon bras est trop court !", etc. Non vraiment, c’est vu, déjà vu,  et même pas bon. Et gratuitement incohérent, donc. Vivement la prochaine fois : "Vite, mon bras est trop court ! Ah, et ces 12 mètres de corde enroulés sur mon épaule qui gênent mes mouvements !".

Nos nains s’en tirent malgré tout, et râlant sur le fait que Gandalf ne les ait pas encore rejoints, ils décident de s’abriter après ces aventures dans une grotte voisine, relativement petite et donc sûre puisque sans galeries inexplorées.

Profitons-en pour nous rendre complètement ailleurs : dans de vieilles ruines, loin de là, où les cavaliers orques et leurs ouargues sont venus faire leur rapport à leur chef… qui leur tourne le dos, l’air philosophe, mais en regardant la lune cette fois. Mais ? Bon sang, ça vous dirait pas de faire UNE SCENE où les gens se regardent quand ils se parlent ? C’est nul ! Nul ! Bon sang, vous allez voir, les mêmes mecs qui se moquent des Experts vont quand même réussir à trouver ce film génial alors qu’on y trouve les mêmes ficelles.

Bref, qui est le chef des orques ? Et bien figurez-vous – et là attention, c’est super incroyable – qu’il s’agit d’Azog, le seul orque avec un nom cité précédemment dans le film, et supposé mort ! Il lui manque toujours un bout de bras, mais les orques ayant de fichus chirurgiens, ils lui ont greffé à la place une pince à barbecue. Probablement pour animer les soirées de la Moria en agitant des merguez. Bon, c’est cool tout ça, mais à quoi sert cette scène ? Et bien aux orques à expliquer leur échec à leur maître :

"Seigneur Azog-main-de-merguez, nous avons échoué, huuu… les elfes… les elfes ont surgi alors que nous avions encerclé les nains… ils nous ont échappé !
- Alors tu mourras de ma main. Je veux la tête de Thorin Ecu de Chêne !"

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Et notre homme exécute en effet le serviteur défaillant d’un seul coup de sa puissante musculature, puis s’en retourne caresser son ouargue personnel, aussi albinos que lui, en continuant de contempler l’horizon nocturne.

"Et sinon chef, vous pourriez nous expliquer pourquoi, alors que vous êtes un peu le boss de la Moria,vous vous baladez avec quatre pauvres orques et cinq ouargues à travers tout le pays alors que vous êtes supposé être un seigneur de guerre surpuissant ? Vous n’avez rien de mieux à faire ? Vous avez pas de hobby ? Ça vous dirait pas d’essayer le ping-pong par exemple ? On peut vous greffer une raquette à la place de la main si vous voulez hein !"

Mais le chef orque n’aime pas le ping-pong, parce que ça oblige à regarder son adversaire en face. Aussi, la scène s’arrête ici.

Revenons à nos nains : alors que ces derniers pioncent tranquillement dans leur grotte de montagne, Bilbo se réveille, et note que la lame de son épée est devenue incroyablement bleue : ho bon sang, c’est qu’il y a pléthore d’ennemis à proximité ! Et en effet : soudain, le sol de la grotte s’ouvre littéralement en deux, et nos héros chutent tous dans une sorte d’immense toboggan en pierre (mais super patiné, hein, ils n’ont même pas une égratignure ou un accroc) et se retrouvent dans une cage au beau milieu d’une immense cavité sous la montagne où se balancent d’innombrables passerelles au-dessus d’un gouffre béant menant à une rivière souterrain.

Géant

Et nos héros ont à peine le temps de se demander ce qui leur l’arrive que des dizaines de gobelins jaillissent de partout et fondent sur eux, les empêchant de sortir leurs armes et les emmenant en une masse grouillante sur les passerelles vers une destination inconnue. Dans l’affaire, Bilbo parvient à s’échapper en… heu… marchant à 4 pattes. Et non, aucun gobelin ne remarque ce type en rouge vif entre eux, et ils le laissent donc derrière eux sans même le remarquer. Mais ? Mais ? Bouhouhou ! Arrêtez, s’il vous plait !

Bilbo se croit temporairement à l’abri, mais, erreur ! Un gobelin isolé l’a repéré se faufilant sur les passerelles, et bondit sur lui pour lui bourrer la gueule, oui ma bonne dame, le gobelin est comme ça. Hélas, la mêlée est si confuse entre les deux larrons que bientôt, ils tombent de leur passerelle et disparaissent dans l’immense gouffre au-dessous d’eux. Ouch.

C’est donc après une chute d’environ 400 mètres que nous retrouvons Bilbo, frais comme un gardon. Pardon ? Justifier sa survie ? Ahaha, mais non enfin, pourquoi ? On fait des incohérences à la pelle depuis deux heures maintenant, vous croyez vraiment qu’on va prendre le temps de faire un effort avec ce genre de détail ? Bref : Bilbo note que le gobelin qui l’avait agressé est tombé non loin… et qu’une autre créature est présente avec eux ! Elle, bien en forme : une créature grise et maigre aux yeux ronds qui donnent envie de la gifler qui tousse régulièrement en faisant "Gollum ! Gollum !". Le bougre n’a pas repéré Bilbo, et se contente de sourire devant le gobelin inconscient : après l’avoir fini à coups de caillou sur la face, il compte bien le manger, ce qui, disons le, effraie un peu notre héros témoin des évènements, qui ne comprend guère ce qu’est cette étrange créature. Créature qui en tabassant le gobelin, a perdu un curieux anneau derrière elle, ainsi que des clés de BMW.

Sitôt que la chose a disparu avec sa prise, Bilbo récupère son épée (qui par un fameux hasard, était non seulement tombée à côté de lui, mais en plus couverte par des champignons pour éviter que l’on ne puisse voir sa lumière bleutée, c’est quand même bien fait), l’anneau qui était à côté, mais pas les clés de la bagnole parce que dans ce film, aucune route ne semble faire plus de 40 cm de large pour obliger tout le monde à se balader en file indienne alors bon, ça ne servirait à rien. Puis, il commence à s’avancer dans les profondeurs de la montagne. Bien vite, le fanfaron tombe nez-à-nez avec un petit lac souterrain obscur, où Gollum est en train de s’apprêter à manger sa proie. Mais entrapercevant la lumière de la lame de Bilbo, il l’abandonne, et tel un ninja, disparaît dans l’obscurité avant de réapparaître à côté de notre héros quelques instants plus tard, prêt à lui caillasser la margoulette.

Sauf que Bilbo est vif : il parvient à pointer son épée vers lui, arrêtant instantanément la créature qui ne semble guère aimer les lames elfiques (sa pire phobie après le savon, les dialogues cohérents et les imitations pathétiques). Intrigué, Gollum se demande qui peut bien être ce petit visiteur qui prétend se nommer Bilbo Sacquet et être un hobbit. Mais notre héros n’a guère de temps à perdre : il veut avant tout sortir d’ici. Et comme Gollum s’ennuie, il propose un jeu à Bilbo. Un duel d’énigmes.

Enigmes

Remarquez, ça aurait pu aussi être une partie de Time’s up, alors quelque part, ne nous plaignons pas.

Si Bilbo gagne, Gollum lui montre la sortie. Si Gollum gagne, il lui montre son gosier. Il sortira aussi, d’une certaine manière, mais aura un peu moins de succès à la Comté, disons.

Soit, dit Bilbo. J’te prends quand tu veux.

Et c’est parti pour 6 énigmes. Pas une ou deux, hein : 6. Et à chaque fois, les personnages réfléchissent pendant de longues, longues minutes à base de "Rhoooo", "Attendez", "Mais si je le sais !" et hop, 15 minutes de meublées dites-donc. Cette scène est infernale, sans fin, et je vous avoue que j’ai prié pour que l’on me sorte de cette salle tant c’était non seulement nul, mais que les ficelles pour rallonger la sauce étaient si grosses que j’aurais pu me pendre avec. Et j’en ai vraiment eu envie.

Finalement, ce n’est que lorsque Bilbo pose la question "Qui c’est le plus fort, l’hippopotame ou l’éléphant ?" que Gollum sèche et que le concours est gagné. Mais le bougre étant mauvais perdant, il se dit que allez, bon : il va buter Bilbo quand même, parce que ça commence à bien faire les conneries quand même. Sauf que fouillant dans la poche de son pagne (si, si) pour y prendre l’anneau, son précieux, qui a le pouvoir de le rendre invisible, le bougre constate qu’il l’a perdu. Et que Bilbo l’a probablement volé. Ce gros bâtard.

C’est donc la grosse colère. Si.

Bilbo sent bien que tout cela flaire bon le pâté, et tente donc de s’enfuir, mais, las ! Gollum connait bien les tunnels et s’avère diablement rapide. Du moins, jusqu’à ce que, presque par hasard, Bilbo enfile l’anneau qu’il avait récupéré lorsque l’étrange personnage l’avait perdu, et devienne soudain invisible (d’ailleurs, si vous avez déjà vu le Seigneur des Anneaux, sachez que Peter Jackson recycle jusqu’au moindre plan : l’anneau qui tournoie au-dessus de Bilbo, la main dressée vers le ciel, l’objet qui ratterrit pile à son doigt, le tout au ralenti… Rrrzzz…) ! Suivant Gollum au travers du labyrinthe sous la montagne, celui-ci finit par l’amener devant une sortie. Sortie où Bilbo aperçoit… les nains !

Car pendant ce temps, il s’est passé des trucs du côté des nains, mais oui.

Après avoir été capturés par les gobelins, ceux-ci les ont emmenés devant Grogob, le roi local, qui s’est un peu moqué d’eux et a immédiatement reconnu Thorin (comment ? Probablement qu’ils ont Facebook sous la montagne), redoublant donc de mauvais esprit envers ce roi sans royaume. Il a quand même un peu flippé en notant que les nains se promenaient avec Pètegob, la lame connue pour être un peu le Baygon à gobelins. D’ailleurs, il a peur au point de reculer en hurlant rien qu’en la voyant posée au sol, alors que comme nous le verrons quelques minutes plus tard, la même dans les mains des nains, cette fois-ci grognons et équipés, ne lui fera pas du tout peur. Comme quoi, hein, mais bon : s’il fallait essayer de tenir plus d’une minute sans faire d’incohérences, aussi, hein…

Car justement : alors que les gobelins s’apprêtent à dépecer et torturer les nains histoire de déconner un peu, voici que soudain, une explosion lumineuse projette tout le monde au sol (mais sans les blesser, quand bien même ça désintègre tout ce qu’il y a à côté. Ah) c’est Gandalf ! Comment a-t-il su pour les nains prisonniers ? Comment est-il arrivé jusqu’à la salle du trône sans se faire croquer le cucu par les gobelins en maraude ? Et bien, c’est bien simple : ça ne mérite aucune explication !

"Allez les nains, remuez-vous le derche" leur hurle le magicien pistonné par le script bancal.

Aussi, sautant sur leurs pieds, nos héros se saisissent de leurs armes, et s’ensuit une bataille que je décrirai ainsi :

  1. Les nains courent sur une passerelle en essayant de fuir
  2. Soudain, 8D6 gobelins leur tombent dessus en faisant "Grrreeeuu"
  3. Grâce à d’habiles moulinets, tous les gobelins tombent dans le vide
  4. La troupe peut continuer

Répétez ça sur, disons, 12 passerelles, et vous avez l’intégralité de la scène. Oui, c’est assez chiant. Pas autant qu’un duel d’énigmes sans fin, mais pas loin quand même. Au final, le roi des gobelins, donc, qui a pour principal rôle de hurler le nom de chaque arme brandie par les gentils pour rappeler qu’ils ne se battent pas avec des couteaux à beurre (d’ailleurs, il ne donne pas qu’un nom c’est du genre "HO REGARDEZ ! ILS BRANDISSENT TRANCHEGUEULE, L’EPEE QUI MEULE SEVERE, AUSSI CONNUE SOUS LE NOM DE MARTEAU A MARGOULINS ! SAVIEZ-VOUS QUE CHEZ LES ELFES ON L’APPELLE N’GOLO, CE QUI SIGNIFIE AUSSI "FENDOIR A BLAIREAUX ?" : en fait, ils ne sont pas poursuivis par le roi des gobelins mais par Wikipédia) rattrape le petit groupe de fugitifs pour qu’ils ne puissent échapper à sa sapience. Et comme je vous le disais, le pauvre a beau hurler qu’il craint toutes ces lames plus que tout, même quand il n’y a personne pour les tenir, il n’est plus impressionné du tout sitôt qu’elles sont brandies face à lui par des guerriers expérimentés. Oui, c’est absolument nul, mais si vous ne le remarquez que maintenant, bon.

Bastonnains

Bref : en tout cas, après avoir vaincu le roi des gobelins super facilement, je vous passe les détails mais nos héros ont eux aussi tous chuté dans le gouffre sous les passerelles gobelines, tout comme Bilbo l’avait fait un moment plus tôt. Là encore, et après un curieux effet spécial bien raté, ils survivent tous à une chute de plusieurs centaines de mètres, et n’ont même pas un bleu lorsque le cadavre du roi des gobelins choit sur leur gueule depuis la même hauteur alors qu’il doit bien peser sa tonne cinq. Du détail on vous dit.

Par conséquent, c’est comme ça que Bilbo et les nains se sont retrouvés au même endroit. Et ont pu se retrouver près d’une sortie, qu’ils ont prise sans trop se faire prier.

A noter qu’une fois dehors, Bilbo n’a pas encore retiré son anneau et est donc encore invisible, aussi entend-t-il Thorin dire, lorsque Gandalf demande où est Bilbo, que "Cette petite fiente a probablement fui pour retourner dans son confort petit bourgeois". Il n’en faut pas plus à Bilbo pour aller retirer son anneau dans une cachette (il veut garder ce secret pour lui) et surgir en disant "Ahaha, et bien non Thorin, je suis là parce que je suis trop un mec cool."

Tout le monde embraierait bien sur le sujet, sauf que soudain, nos héros constatent une chose terrible : Azog et ses ouargues les ont retrouvés ! Vite, il n’y a pas une minute à perdre, fuyons !

Hélas, l’endroit n’est pas vraiment pratique pour ce genre d’exercice, puisque nos héros découvrent qu’ils sont en fait sur une falaise, et qu’il n’y a logiquement au bout de celle-ci que le vide… tant pis ! Gandalf donne l’ordre de grimper aux arbres, tant les ouargues sont connus pour être des quiches en escalade, puisqu’à l’école ils séchaient pour aller fumer derrière le gymnase. Les nains ont donc tôt fait d’agir en conséquence, et de noter qu’en effet, la troupe est bien commandée par Azog, le terrible ennemi de Thorin.

Histoire de quand même leur bourrer un peu la gueule et de riposter face aux ouargues, Gandalf utilise ses puissants pouvoirs de mage, non pas pour refaire une énorme explosion dans leur face mais pour… enflammer des pommes de pin. Hmm. Moui, d’accord. Bien bien bien. Jetant le tout dans la gueule des ouargues, ceux-ci reculent alors que le sol s’enflamme devant eux. Mais pour autant, rien n’est gagné. Car non seulement l’ennemi n’a reculé que de quelques mètres, mais en plus le grand arbre dans lequel la troupe a trouvé refuge commence à montrer des signes de faiblesse. Pas de problème : Gandalf décide d’en parler à un papillon.

"Papillon, petit papillon, pourrais-tu nous aider ?
- Ecoutez Gandalf, je suis un papillon. Vous croyez quoi, que je vais vous ramener un hélicoptère ? 
- Papillon, petit papillon, tu te bouges ou c’est Baygon."

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Un peu blasé, le papillon se casse donc. Et pendant ce temps, Thorin, lui, en a un peu marre de poireauter dans un arbre : il décide donc d’en descendre pour aller se détendre un peu, par exemple en cassant la gueule à Azog. Bon, petit détail : Azog (orque géant) monté sur Mirza (ouargue géant) charge à pleine vitesse le nain, et lui enfonce sa masse d’arme en plein dans la gueule.

Vous allez me dire "Ho non, Thorin meurt ?"

Non. Ça lui fait juste une coupure au nez.

Non, je ne déconne pas. Et puis pas une grosse coupure, hein, vous savez, ces blessures de film qui sont toujours entourées de noir comme si le mec avait à demi-brûlé en prenant le coup. Ah non mais c’est moisi jusqu’au bout, hein ! D’ailleurs, pour en rajouter une couche, Mirza choppe Thorin dans sa gueule et le mâchouille un petit moment, mais ça va, merci là encore, ça ne lui fait rien. Détail amusant : lorsque Thorin se libère de la gueule de l’animal et tombe au sol d’une hauteur d’environ un mètre cinquante… cela l’assomme.

Vous vous souvenez des chutes de 400 mètres il y a 10 minutes qui ne faisaient pas un bleu ? Oui, moi aussi.

Arbre

Bref, finalement, c’est Bilbo qui doit voler à la rescousse du nain, et s’il tient Azog à distance par le pouvoir de la coolitude, il ne parvient pas à le vaincre. Et alors que les ouargues vont en finir avec tous ces petits personnages… les renforts ramenés par l’ami gentil Papillon arrivent ! Il s’agit des aigles géants, les potes de Gandalf, qui devaient donc être juste à côté pour qu’un papillon vole jusqu’à eux en 2 minutes. En tout cas, ils emportent dans les airs les nains, conscients ou non, les magiciens et les hobbits, et les emmènent loin d’Azog et sa troupe, jusqu’à une plate-forme rocheuse en sécurité.

De là, et alors que le soleil venait à peine de se coucher, hop, il se relève déjà (non mais c’est si compliqué que ça à gérer ? Un stagiaire saurait le faire !) pour dévoiler un spectacle intéressant : au loin, le Mont Solitaire est visible !

"Voilà qui promet de belles aventures", s’exclament nos héros en regardant l’horizon, alors qu’une grive s’envole devant eux. "Même si comme à chaque film, Gandalf appelle les aigles à la fin au lieu de s’en servir de taxi aérien pour que l’on arrive à destination sans risquer 20 fois notre peau."

Et la grive, ignorant les trous de l’intrigue, volant jusqu’au Mont Solitaire, tape un escargot si fort contre la paroi rocheuse que cela résonne jusqu’au coeur de l’ancienne forteresse naine (oui, c’est un oiseau sous stéroïdes), où la caméra déambule jusqu’à la salle du trésor… où il y a du mouvement : un museau s’agite, un oeil s’ouvre : Smaug est encore vivant, et bien vivant, contrairement à 20% des spectateurs morts de vieillesse durant la scène des énigmes !

Et… FIN !

Aigles

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"Cate ! Cate ! Tournez-vous Cate ! Souriez !"

Les photographes se pressent sur les bords du tapis rouge, poussant sur le cordon de sécurité malgré la vigilance des agents chargés de s’assurer de l’intégrité d’icelui. Dans les derniers rangs des preneurs d’images, certains sont déjà occupés à contempler leurs prises du jour. "Radieuse", "épatante", "incroyable" : les mots ne manquent pas pour qualifier la photogénie naturelle de l’actrice. Pour les photographes, la journée a été bonne. Il est rare qu’une comédienne d’un tel niveau prenne autant de temps pour poser.

Une bien belle rencontre, en somme.

"Espèce de monstre !"

Lance cependant Cate au travers de son bâillon, alors que je la dépose dans le coffre de ma berline. "Que croyez-vous ? Tout le monde doit être à ma recherche à l’heure qu’il est ! Je suis supposée être en train de monter les marches, ils vont s’en apercevoir, toute la ville sera bientôt à vos trousses espèce de dégénéré !"

Me tournant vers l’agitation visible au coin de la rue, alors que des badauds vont et viennent en tournant les têtes vers les marches où l’on entend distinctement les cris de "Cate ! Par ici Cate ! Souriez, oui !", je me contentai de sourire vers elle.

"J’en doute, jeune fille. J’en doute."

Et refermant le coffre sur la malheureuse, j’imaginais déjà la magie du jour à venir.

Demain, les plus grands magazines auraient pour couverture une salade niçoise.

"Reconnaissez-vous celui qui vous a fait ça ?"

Silencieuse, derrière le miroir sans tain, elle observe le petit groupe d’hommes alignés contre un mur, chacun portant un numéro devant eux, inquiets. Certains esquissent quelques mouvements en direction du fonctionnaire non loin d’eux, s’indignant silencieusement de leur présence en ces lieux, mais sans obtenir, à leur grand désarroi, de réaction de l’intéressé. Pour certains, le geste est légitime : ils ignorent tout des raisons pour lesquelles la maréchaussée peut bien leur faire subir pareil sort. Pour d’autres, le doute les gagne peu à peu : est-ce un crime passé qu’ils croyaient oublié dont la procédure vient finalement de reprendre ? Ou bien ont-ils fréquenté les mauvaises personnes une fois de trop ? En tout cas, pour l’un d’entre eux, une chose est sûre : il sait. La peur au ventre, il espère encore secrètement qu’il s’agisse d’une autre enquête, d’une coïncidence ou autre, mais au fond de lui, il n’a aucun doute : il est déjà condamné.

Le miroir sans tain tremble légèrement lorsqu’elle désigne le numéro 3. Celui-ci a vu le mouvement, son reflet s’étant légèrement agité lorsque sa victime a, depuis l’autre côté, pointé sa personne.

"Numéro 3, vous restez. Les autres, dehors."

Il rentre la tête dans ses épaules, regardant les autres suspects lui jeter un regard méprisant et dégoûté alors qu’ils sortent sous la surveillance du policier de faction. Il n’a pas à attendre longtemps pour que paraisse l’imposante silhouette du lieutenant Hémont, frottant sa barbe aussi rase que ses cheveux tout en s’approchant du jeune homme d’un air circonspect. Il prend son temps, savoure la différence de corpulence entre lui et le frêle garçon de 17 ans qui roule des yeux paniqués tout en tirant sur les pans de son t-shirt démesuré.

"Assieds-toi.
- Ecoutez Monsieur, je…
- Assieds-toi trou du cul."

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L’officier lui désigne du bout du doigt une chaise usée un peu plus loin, et attends qu’il se soit assis pour aller lui-même prendre place de l’autre côté de la table.

"Alors…. hmmm, Ludovic. C’est bien ton prénom ?
- Oui…
- Tu es bien né le 21 mai 1995, Ludovic ?"

0

Le garçon observe l’officier sortir de son veston un bloc-note qu’il commence à soigneusement remplir d’une écriture raide.

"Je t’ai posé une question je crois.
- Heu, oui Monsieur.
- Est-ce que tu sais pourquoi tu es là Ludovic ?
- Je… je… quelqu’un a porté plainte contre moi ?
- A toi de me le dire.
- Ecoutez Monsieur je… je ne sais pas, et puis vous savez, j’aimerais prévenir ma famille que je…
- Ta famille est déjà prévenue. On est allé chez toi, on a fouillé ta chambre. Et regarde ce qu’on a trouvé, espèce de petit dégénéré !"

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L’homme jette nonchalamment sur la table une photographie qu’il vient de tirer de son veston. A sa simple vue, le garçon se plie en deux, instantanément en pleurs.

"Ho mon dieu, non ! Vous savez ! Vous savez tout !
- J’en ai connu des monstres, mais des comme toi ? Une Wii ! Il faut être un sacré pervers. Et sous ton lit, on a aussi trouvé une Playstation 2 ainsi qu’une paire de manettes ! Tu inities tes amis à tes déviances, crevure ! Ta famille est dévastée. Elle pensait que tu étais un brave garçon, et qu’est-ce qu’on a dû lui annoncer ? Que tu jouais aux jeux vidéo.  Que tu étais devenu un violeur, et que tu avais abandonné ta victime dans la paille avant de disparaître. C’est vraiment… immonde, mais tu vois, la justice rattrape toujours les détraqués dans ton genre."

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Le policier observa quelques instants le jeune homme en pleurs, puis se retenant de peu de cracher par terre pour signifier son dégoût, il décida de lui laisser quelques instants pour réfléchir à ce qu’il avait fait. Sortant de la salle d’interrogatoire, il se risqua à jeter un nouveau coup d’oeil à la photographie de la console. Dans un soupir, et alors que la lourde porte de la salle se refermait derrière lui, étouffant les sanglots du jeune homme il murmura :

"Foutus jeux. Sans eux, le métier serait plus facile"

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On l’oublie trop souvent, mais Adolf Hitler était super fort à Transport Tycoon.

Les chasses aux sorcières, c’est sympa.

Contrairement à bien des loisirs, la chasse aux sorcières permettait à qui pratiquait celle-ci de développer tant son corps que son esprit : il fallait être bon en athlétisme pour courser la suspecte, avoir quelques notions de lutte et savoir correctement faire des noeuds (être scout ou marin, par exemple, pouvait aider à la pratique de cette activité riche en émotions). L’esprit n’était pas en reste, puisqu’à l’occasion du procès de la suspecte, on apprenait moult choses concernant la théologie, le satanisme et même le latin, puisqu’à la grande époque de ce hobby, on lisait la Bible dans la langue de Pline. Tous les camps profitaient par ailleurs des effets bénéfiques de l’exercice, puisque si la sorcière pouvait à cette occasion elle aussi s’améliorer en athlétisme, on lui proposait en général aussi gratuitement des cours de natation. Un loisir sain et respectable, donc, contrairement à ces gros bâtards (mais oui) de jeux vidéos.

Car figurez-vous, même si nombre d’entre vous sont déjà au courant et m’ont même écrit à ce sujet, que les jeux vidéo sont au coeur de la dernière chasse aux sorcières en cours. Il fallait bien que leur tour arrive : il y a quinze ans, c’était plutôt les jeux de rôles qui occupaient le rôle du suspect idéal, Mireille Dumas recevant sur son plateau quantité d’experts pour dire que comme on avait déjà vu des criminels pratiquer ledit loisir, c’était donc que ledit loisir créait les criminels, les poussant à faire tout ce que les jeux de rôles peuvent proposer, à savoir tenter un backstab‘ audacieux sur une vieille, mettre un coup de pelle vorpale à une gourgandine, ou plus simplement, faire des échecs critiques à tous ses jets de séduction.

Oui mais voilà : maintenant, les jeux vidéo offrent des suspects plus intéressants, puisque plusieurs faits divers ayant défrayé la chronique avaient été réalisés par des gens qui, dans leurs loisirs, avaient entre autres le jeu vidéo. Il n’en fallait pas plus pour Le Point (encore eux), pour frapper un grand coup grâce à un bien bel article subtilement intitulé : Jeux vidéo : permis de tuer rédigé par Claire Gallois, écrivaine de son état. Vous êtes prêts ? Alors allons-y.

Commençons donc avec l’accroche :

Breivik, Merah et beaucoup d’autres en étaient accros. Un passe-temps qui peut se révéler mortel…

On commence donc fort, avec deux tueurs d’un fort beau calibre (hem), parce qu’on aurait pris Rémi et Jean-Paul qui ont tiré deux canettes de Red Bull chez Auchan après avoir joué à Deus Ex, ça aurait forcément moins claqué. Mais bon, c’est vrai que c’est plutôt pratique comme accroche : beaucoup de gens jouent aux jeux vidéo, qui se sont largement démocratisés, du coup, statistiquement, nombre de criminels sont joueurs. Bon, des enseignants, des médecins et des avocats aussi, mais bon, hein, si on commence à chipoter avec des détails !

Alors que les marionnettistes de l’UMP offrent un spectacle lamentable, notre gouvernement ne sait même plus comment il s’appelle. Entre les reculades de ses annonces – la dernière, le mariage pour tous – et les dérobades au sein de sa majorité, il en néglige l’essentiel : la nouvelle génération. Notre espoir. On lui a, vite fait, bien fait, passé une couche de maquillage pour dissimuler sa mauvaise mine – réforme supposée de l’éducation, emplois d’avenir (sans avenir) et puis basta. On la laisse s’amuser dans son coin, ou désespérer, au choix… avec les jeux vidéo dont la croissance est exponentielle.

Jeune, on ne s’occupe pas de toi. Jeune, on te méprise. Jeune, tu ne joues pas au jeux vidéo parce que ça t’amuses, non tu y joues parce que… tu désespères.

Ah ? Attendez, ce ne serait pas un loisir, en fait ? Que les gens pratiquent parce qu’ils ont ENVIE de le pratiquer ? Non : c’est par désespoir.

"Je… Thomas, je me sens mal.
- Hein ?
- Tout ce mal être, cette impossibilité à trouver des repères dans notre société je… je crois que tout cela, c’est trop dur pour moi. Je songe à faire une connerie.
- Arrête !
- J’hésite entre me tuer et acheter une WiiU. 
- Ho bordel. Je suis ton ami, je peux pas te laisser faire n’importe quoi : tiens, prends mon rasoir et fais vite."

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C’est tout de même inquiétant. Mais alors, on se tournerait vers ce genre de loisirs par désespoir, dites-vous ? Du coup, la télévision, c’est un peu le même combat ? Et la lecture aussi ? Sachant que Claire Gallois a pour principal métier l’écriture, on saluera donc qu’elle le fasse pour occuper les dépressifs. Madame, merci.

Ce n’est pas un souci au ministère de la Culture. On ne perd pas son temps avec des distractions qui ne contribuent pas à la promotion des arts. Call of Duty, Dishonored, Assassins Creed, Grand Theft Auto, Manhunt ? C’est qui, c’est quoi ?

"Aziz !
- Oui professeur ?
- Amène la lanterne ! Regarde ce que je viens de trouver mon garçon ! C’est splendide !
- Qu’est-ce que c’est ? 
- Une perle ! Un article en ligne d’un journal sur un sujet moderne écrit comme il y a 2 000 ans !
- Comment ça ?
- Hé bien, sois attentif ! Cette personne écrit sur un sujet concernant les dernières technologies sans même les utiliser ! Il lui aurait suffit de taper "Jeux vidéo ministère culture" et en 0,46 secondes dixit Google, elle aurait eu 2 530 000 résultats qui lui donnaient tort ! 
- Vous voulez dire qu’elle n’a même pas pris 1 seconde pour vérifier l’idée qu’elle s’était faite du sujet ? Et qu’on la publie quand même ?
- C’est ça Aziz ! Ho, quand le British Museum va savoir ça ! Vite, continuons à fouiller : sa momie ne doit pas être bien loin !"

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Bon, je caricature un peu : c’est vrai qu’il faut ajouter aux 0,46 secondes le temps de taper sur son clavier et de cliquer sur un lien, et c’est un peu long, il faut bien le reconnaître. Après, c’est vrai qu’il n’était pas évident de déterminer, même sans lien, que le ministère de la culture pouvait avoir un certain intérêt pour les jeux vidéo : une industrie qui brasse autant de pognon, ce serait bête de l’oublier, puisque, allez savoir pourquoi, le grand public a souvent tendance à acheter plus de Super Mario que de Picasso.

Enfin bon, hein : si maintenant il faut vaguement s’intéresser à un sujet pour en traiter, où va le monde, je vous le demande. Je devrais demander au Point de me proposer d’être l’invité d’une tribune intitulée "Journalisme : permis de dauber".

La WiiU, où la console dont personne n’a compris l’intérêt.


À défaut, la ministre Aurélie Filippetti pourrait prendre connaissance des jugements en cour d’assises pour les joueurs qui sont passés à l’acte.

C’est vrai ça ! Je veux dire, gérer la culture, en France, ça prend quoi ? Une heure ? Deux par jour, peut-être ? Non : elle ferait mieux de demander les rapports des jugements en cour d’assises pour savoir si les criminels jouent au jeux vidéos. Je propose que le ministère des transports étudie aussi la question, pour savoir si les criminels prennent parfois le métro, ou que le ministère du tourisme fasse la corrélation entre Disneyland et meurtre avec barbarie.

Bon, après, je pourrais être un peu vicieux et faire remarquer que c’est rigolo de demander à quelqu’un d’étudier un sujet pour savoir de quoi il retourne, quand on a soi-même pas pris 4 secondes pour faire une recherche Google alors qu’en plus on écrit dessus. Mais ce n’est pas du tout mon genre : ce serait un peu un tacle à la jugulaire, et ça, moi, jamais. Pas plus que je ne ferai remarquer que si on lisait lesdits jugements en cour d’assise, on remarquerait que d’autres facteurs vaaaguement plus causant que le jeu vidéo sont impliqués, ce qui reviendrait à dire que Claire Gallois se tire des balles dans le pied.

Non, n’insistez pas. Il suffit. Passons plutôt à la suite.

 Le processus est simple : une dépendance grandissante à la violence. À côté de ces jeux, le cannabis, c’est "la santé par les plantes", comme le disent certains habitués. Le premier Permis de tuer a été attribué au seul James Bond, en 1989. Deux ans plus tôt, le même 007 s’illustrait dans Tuer n’est pas jouer. Maintenant, c’est l’inverse : jouer, c’est tuer, plus besoin d’être James Bond.

Si quelqu’un voit le rapport avec James Bond, à part pour avoir son article qui ressort auprès des gens cherchant à en savoir plus sur l’actualité cinéma du moment (mais non, ce ne serait pas ça tout de même, rhooo, ce serait si petit), je veux bien qu’il m’aide parce que là, je n’ai pas. Encore : la bougresse aurait tenté un parallèle avec la violence sur les écrans et s’était appuyée sur tous les travaux sur le sujet depuis plus de 20 ans, on aurait peut-être eu quelques éléments un peu sérieux et expliquant cette curieuse invocation mais…

… non.

"Si vous continuez dans cette direction, vous allez peut-être dire quelque chose d’un peu approfondi.
- Ah ? Bon bin alors je m’arrête là."

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Ah oui, c’est vraiment impressionnant quand même. Je suis bluffé.

Voyez Andy qui, à 16 ans, abat à coups de fusil ses parents et ses deux petits frères en Corse. Andy, que ses parents appelaient "l’enfant du miracle" parce qu’ils avaient mis 10 ans à l’avoir. Devant ses juges, il ne donne pas d’explication. Il raconte qu’il a entendu une voix à laquelle il n’a pas pu résister. Andy, grand amateur de jeux vidéo.

Ami lecteur, jeu (mais pas vidéo, que l’on se rassure) : retrouvez le problème parmi les deux affirmations suivantes.

A) Andy joue à des jeux vidéos

B) Andy entend des voix qui lui disent de tuer toute sa famille.

Attention, ce n’est pas facile facile ! Heureusement, notre bonne écrivaine nous donne la réponse : c’était bien évidemment la A (raah, arrêtez de dire que c’est faux, vous êtes d’une mauvaise foi, c’est super relou).

Rapport d’un psychiatre à la cour : les jeux vidéo habituent à l’excès. Ils font croire que la mort est une solution et qu’on peut recommencer indéfiniment puisqu’on a plusieurs vies. On a beau colorer le sang en vert, il y a une répétition de la destruction délibérée qui maintient le joueur dans une fascination parfois sans borne.

Du sang vert ? Je… en 1998, peut-être ? Moui, bon. Mais sinon, vous voulez dire que les gens qui jouent au jeux vidéo croient VRAIMENT ce qu’ils voient dedans ?

Au même moment, à la rédaction du Point.

"Putain Maurice ! T’as encore laissé publier un article foireux ! Non mais qu’est-ce que tu fous ?
-Hahaha, nan mais t’inquiète pas, j’ai fait ça pour déconner et voir ce que ça faisait. Nan, j’ai fait une sauvegarde de ma carrière juste avant de publier, je ferai un quick load tout à l’heure."
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Cela dit, cela rendrait le dialogue de nos amis délinquants un poil plus coloré.

"Hooo mon Dieu, des malandrins armés ! Vous voulez mon sac, c’est ça ?
- Vazy la vieille, donne ton loot ! Donne ton loot !
- Mais enfin, je ne comprends pas ?
- Putain, je suis sûr qu’elle a trop du violet dans son inventaire ! C’est une mémé niveau 60 au moins ! 
- Ecoutez, on entend déjà un gyrophare, je crois que…
- Putain, les modos ! On va se faire kick-ban ! Vazy, prends le scooter et prends l’aggro sur toi, moi je passe en stealth, on se retrouve au respawn !"

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Ah oui, non attendez : en fait, ça donnerait des mecs avec un vocabulaire proche de celui des consultants en consulting. Oubliez ça.

C’est ridicule cette histoire d’addiction. Chez moi, tout va très bien : tenez, voici une capture de ce que percevaient mes rétines lors de mon rendez-vous d’hier soir, tout est ok.


 

Quant à Breivik, l’assassin de 72 jeunes en Norvège, il s’est déclaré "fan absolu" de Call of Duty et reconnaît avoir passé des semaines à "se former" sur la manière de tuer. Mohamed Merah aussi y consacrait un temps considérable

Breivik a aussi reconnu être un chevalier du temple franc-maçon qui aurait dû devenir régent de Norvège. et Merah revenait de camps d’entraînements où l’on formait les gens à faire des trucs rigolos, comme tirer dans la foule, et un peu de lavage de cerveau pour rigoler. D’ailleurs, personne ne se souvient qu’il ait invoqué son classement à Call of Duty avant ou après ses meurtres. Mais alors du coup, est-ce à dire que si ces deux ânes avaient joué aux Sims, à la place, ils se seraient promené partout avec un losange verre au-dessus de la tête, auraient bouché leurs chiottes 5 fois par jour et seraient morts si jamais quelqu’un avait retiré l’échelle pendant qu’ils étaient à la piscine ?

Il va falloir que j’y pense.

Et il en a, des adeptes. Il suffit de se rendre sur jeuxvideo.com et de découvrir les commentaires quasi pros des amateurs. "Il était plongé dans le noir dans une salle de bains ultrafroide. Il entend les 12 flics s’avancer…, il se lève en mode Fus Ro Dah, tire, met un high kick sur un bouclier. Il aurait pu tenter le 1080…" Même les services secrets ignorent peut-être ce langage codé.

Du langage "quasi-pro". Sur jeuxvideo.com. A base de Fus Ro Dah et de high kick.

Fonctionnaires des services secrets, n’hésitez plus à appeler Claire Gallois, visiblement, elle touche grave sa bille et sait reconnaître de vrais assassins à la solde de la mafia quand elle en voit. J’en déduis donc que quantité de tueurs professionnels doivent faire des "Fus Ro Dah" lors de leur sombre besogne, à savoir, définition du Fus Ro Dah pour ceux qui ne connaîtraient pas : "Projeter les gens en l’air grâce à un cri magique prononcé dans la langue des dragons."

Hé bah putain. Je commence à comprendre pourquoi elle disait que le cannabis, c’était drôlement cool et sans dangers plus haut. Ça a l’air d’être de la bonne

Il vaut peut-être mieux que les services secrets ne montent pas tout de suite tout de suite une cellule pour étudier quels sont les potentiels terroristes draconiques en activité. Mais peut-être que eux sont au courant du fait que se baser sur les commentaires de jeuxvideo.com n’est que rarement une bonne idée, à part si vous faites une étude sur les retours clients des utilisateurs de Biactol ? Rho.

Parallèlement, un dénommé Vinogradov, en Russie, publie un manifeste sur Internet dans lequel il s’en prend à l’humanité tout entière et dit sa volonté de la détruire. Et puis il tue cinq de ses collègues de travail. Il jouait à Warcraft, dans lequel les héros sont uniquement des tueurs.

Word of Warcraft est un jeu qui a de graves conséquences, c’est vrai : ses utilisateurs ont parfois un langage mystérieux, des rétines en plomb pour résister aux couleurs flashy de l’univers et une sexualité souvent proche de celle de l’oursin, mais en dehors de ça, ils sont rarement dangereux. D’ailleurs, aux Etats-Unis, la plupart des congrégations religieuses prônant l’abstinence avant le mariage vous le diront : abonnez vos enfants à World of Warcraft, logiquement, ils arriveront propres comme des sous neufs au jour J. Pensez juste à préparer un budget chips.

Non, le fait que Vinogradov veuille détruire l’humanité, ça peut être compréhensible : peut-il a -t-il vu un épisode des Ch’tits à Mykonos, Par contre, le fait qu’il tue 5 personnes, ça prouve juste qu’il ne savait pas s’y prendre. Les gens qui veulent vraiment faire du mal à l’humanité sont soit dictateurs, soit vendeurs chez Apple.

Ce garçon était tout simplement très mal documenté.

Probablement que la notice sur l’extermination des humains qu’il avait trouvé était en langue des dragons, et que comme il n’était pas Claire Gallois, il n’a pas tout pigé. Mais si, la langue que même les services secrets ignorent. Raah, suivez un peu, nom d’une pipe.

Sur ce même site, un gentil papa écrit : "Vingt millions de personnes jouent à Warcraft et il n’y a pas vingt millions de serial killers." Excellent argument. Une gentille maman ajoute : "J’ai quand même dit à mon fils qu’écraser les gens pour le plaisir, cela ne se fait pas dans la vraie vie." Quel bon sens ! De l’avis unanime des psys et des éducateurs, la plupart des enfants qui abusent de leur console sont plus agressifs et renfermés que les autres.

C’est là que les choses deviennent intéressantes. Rassurez-vous : ça va aussi s’arrêter très vite, il ne faudrait pas que ça dure.

Après ne pas avoir répondu aux arguments qu’elle cite elle-même (c’est du grand art, mais nous verrons qu’elle fera mieux), la bougresse nous explique donc que les jeux vidéos rendent plus renfermé et agressif. Accusations souvent balayées d’un revers de la main par les défenseurs de l’industrie, et pourtant : dire "Ho non mais ça n’a AUCUN impact" est un peu facile. Mais le problème, c’est qu’il n’y a pas que deux côtés à la barrière, à savoir "Non mais ça ne fait rien du tout" et "Si, si, même que les tueurs, c’est parce qu’ils jouents à Counter Strike". Les jeux vidéos, comme la télévision, cela répond à un principe simple : chaque chose a son public, et chaque public ses limites. Vous n’allez pas coller un marmot de 5 ans devant Alien, sinon, à défaut de devenir un terroriste, il risque de venir vous les briser menues en pleine nuit parce qu’il est persuadé qu’une bestiole va venir lui pondre dans la gorge en pleine nuit. Après lui avoir copieusement pété la gueule pour l’aider à se rendormir, vous regretterez donc (si vous êtes joueur, vous pouvez même revenir à 4h du matin poser  votre main sur sa bouche en hurlant "Attention, il est sur votre tête lieutenant Ripley !" mais ça, je rappelle que ce n’est rigolo que si vous dormez chez des amis et que ce n’est pas votre progéniture. Des amis que vous ne comptez pas revoir, d’ailleurs). C’est un peu pareil pour les jeux vidéo, la télévision et un peu tout.

Du coup, lorsque l’on parle d’enfants qui "abusent de leur console" (sic), là encore, quel est le problème ? L’abus ou la console ? Le fait que certains publics se retrouvent face à des jeux non-adaptés, au même titre que des films ou bien est-ce que tous les publics sont sensibles de la même manière ? Notre vertueuse écrivaine n’en dit rien. Et alimente donc le moulin de non-arguments de l’autre camp.

On voit bien que chez les jeunes gens, l’interface de séduction est beaucoup plus limitée.

Fin de la partie où il aurait pu se passer quelque chose d’intéressant, et où l’on aurait pu parler du fait que :

- dire que laisser un gamin 6h par jour devant n’importe quelle activité n’a strictement aucun impact sur lui, c’est un peu con

- dire que les jeux vidéos sont des usines à tueur, c’est un peu idiot

Mais encore une fois : s’il faut commencer à s’intéresser à un sujet autrement que de manière manichéenne, où va-t-on ?

En tout cas, suite à tout cela, notre bonne Claire Gallois a vu moult gens sur le vaste internet s’indigner avec plus ou moins de mauvaise foi ; elle a donc décidé, en réponse, de poursuivre le débat au travers d’un second article de qualité, prenant la suite d’icelui. Profitons-en pour en savoir plus !

Rarement une chronique sur les jeux vidéo violents aura déclenché une pareille agressivité. Pourquoi tant de bruit pour une simple question d’actualité, celle de la violence grandissante dans notre société, reflétée par ailleurs dans les jeux vidéo ? Pourquoi ce "bad buzz" répercuté sur les réseaux sociaux par des hommes, que des hommes, très peu de jeunes ? Où se cache donc le nombril de ces messieurs entre 30 et 45 ans ?

Vous noterez qu’alors que le premier article fait régulièrement des généralités sur "le jeu vidéo", on découvre que pif pouf, en fait, elle ne parlait que des jeux vidéos violents. Aaah, d’accord. Mais alors toutes ces phrases à base de "Rapport d’un psychiatre à la cour : les jeux vidéo habituent à l’excès." par exemple ? Ça n’a jamais existé, en fait ? D’accord. D’ailleurs, en parlant de choses qui n’existent pas : si vous n’êtes pas un homme entre 30 et 45 ans et que vous n’êtes pas d’accord avec cette dame, sachez qu’en fait, vous n’existez pas (les jeux vidéos ont dû vous rendre fous au point de vous laisser croire le contraire). Femmes : le jeu vidéo n’est pas pour vous. Si vous essayez d’y toucher, vous prenez instantanément feu. Jeunes : vous êtes les premiers à être d’accord avec elle. Vous n’êtes pas du tout le public visé par les Call of Duty & co.

Non. du tout. Chut. Ecoutez-là.

Ce deuxième article a à peine commencé, et il y a déjà beaucoup de talent.

 Le manager de jeuxvideo.com me demande des excuses publiques "pour offense gratuite à son site". Si cela peut lui remonter le moral, je les lui accorde, sans trop en comprendre le motif, mais bon… Je ne lui en demande pas, même si les internautes dont il a eu la courtoisie de me communiquer les commentaires ne sont pas très positifs. "Va laver les chiottes au lieu d’écrire des articles de merde." Ou encore : "On va la pourrir, cette morue." Respectons la liberté de parole. Y compris celle de mes rares défenseurs. Zerok 54 : "Je suis d’accord avec elle. Votre fascination pour les armes, la guerre, la torture fait peur. Heureusement qu’en vrai vous êtes des pas-de-couilles qui rasent les murs." Un autre : "Le pire, c’est qu’elle n’a pas tort. Combien de fois j’ai vu des mecs vanter les qualités de Breivik." Fin de ces échanges désarmants.

Je ne sais pas si citer "Zerok 54" est la meilleure stratégie de défense pour être crédible, mais bon. Au moins, et au travers de la grossièreté des exemples cités, on peut espérer que l’auteure aura saisi la morale de cette histoire : les forums de jeuxvideo.com ne sont pas le meilleur endroit sur lequel baser sa réflexion. Et donc l’article précédent, CQFD. Enfin bon, je dis ça mais j’ignore s’il y avait vraiment quelque chose à prouver, en fait.

Notez aussi qu’est cité en exemple de "défenseur", un internaute qui dit "Le pire, c’est qu’elle n’a pas tort. Combien de fois j’ai vu des mecs vanter les qualités de Breivik." dedans, là encore, on ne comprend pas non plus le rapport entre jeux vidéos et vanter les mérites Breivik, mais c’est pas grave. Ce n’est pas comme si c’était le thème de l’article. Le type aurait dit "Le pire, c’est qu’elle n’a pas tort. Une fois, j’ai vu une tomate", c’était la même. Vivement une chronique "Gears of Wars : l’ennemi des radis ?".

En réponse à ceux qui me reprochent "une documentation inexistante", je dirai qu’ils peuvent facilement vérifier l’exactitude des propos de Breivik face à la presse, l’addiction de Merah à Call of Duty, rapportée par son frère sur BFM, ou le rapport de l’expert psychiatre du jeune Andy, en pleine cour d’assises. L’un des gros malins qui m’ont écrit rétorque : "Ouais, mais il mangeait aussi des frites, Merah, alors c’est peut-être les frites qui l’ont poussé à tuer." 

Oui non mais d’accord : "J’ai donné trois exemples. Et bien figurez-vous qu’ils sont vrais". Certes, mais tout le reste du propos, en fait, celui qui montre qu’en fait, même 5 secondes de recherches juste pour s’assurer que l’on ne disait pas d’âneries n’ont pas été prises ? Et qui est celui qui se fait bâcher en boucle ? Non ? Rien ? Mais enfin ?

En même temps, tout le monde sait que les frites poussent à bien des horreurs : il n’y a qu’à voir l’état de la Belgique.

Et là attention, des fois que ça ne suffise pas, on nous remet un peu de puissance :

On me reproche aussi de faire l’amalgame entre jeux vidéo et tueurs. L’argument est recevable, sauf que je n’ai jamais dit ou pensé que les joueurs accros étaient des tueurs en puissance,

Rappel : du titre du précédent article "Jeux vidéo : permis de tuer". Accroche : "Breivik, Merah et beaucoup d’autres en étaient accros. Un passe-temps qui peut se révéler mortel…" suivi de quantité d’exemples de tueurs dont on explique que dites-donc : ils jouaient au jeu vidéo. Mais à part ça, ça n’a jamais été dit, hein. Allez, mettons : nous sommes un peu con et nous avons mal compris. Pas d’amalgame donc.

Sauf que quelle est la fin de la précédente citation ?

et si un Prix Nobel avait fait partie du lot, cela se saurait.

Ah ? Tiens, on dirait un amalgame pourri du genre "Les jeux vidéos rendent bêtes". Non, je dois me tromper. Faire un article de justification dans lequel on affirme ne pas faire d’amalgames avant d’en faire un dans la même phrase…. non. Non. Impossible.

Ou alors peut-être bien que ce sont les articles sur le jeu vidéo qui rendent bête, diable.

Maintenant, face à l’ignorance que vous me prêtez sur le sujet, il y a la vôtre, envers les conventions de Genève. Le 13 mars 2012, le Parlement européen a adopté, à la quasi-unanimité, un rapport appelant les États membres à mieux contrôler la vente et l’utilisation des jeux vidéo violents. Il envisage la mise en place d’un bouton rouge qui désactiverait l’accès à un jeu, à certaines heures ou à certaines parties du jeu. Ce bouton rouge serait extrêmement utilisé avec un jeu comme Call of Duty, si l’on en croit l’excellent article de Quentin Girard sur Slate.

Les conventions de Genève n’interdisent pas la guerre ni de tuer. Elles précisent seulement que les prisonniers doivent être traités avec humanité et être protégés contre les actes de violence. Si vous jouez à World of Warcraft dans lequel de nombreuses missions imposent d’assassiner quelqu’un et de ramener sa tête, vous êtes en pleine violation de l’article 3 commun aux quatre conventions de Genève qui précise que "les mutilations, les traitements cruels, tortures et supplices" sont prohibés. Quant à Call of Duty, lors de la Mission Cachette, vous devrez fermer les yeux, pour ne pas être accusé de complicité, lorsque votre capitaine torture et abat froidement un blessé… Peut-être n’est-il pas stupide de montrer que, même dans le virtuel, il peut y avoir une éthique.

Oui. Je sais. C’est odieux : dans les jeux vidéos, on ne respecte pas la convention de Genève. Ni la loi, souvent. Parfois, on joue même des assassins, imaginez donc !

D’ailleurs, et en tant qu’experte, notre bonne dame nous cite pour se justifier "l’excellent article de Quentin Girard sur Slate". pour justifier son propos. Et là, premier paragraphe dudit article concernant un papa pensant comme Claire Gallois : " Michael Stora, psychologue spécialiste des jeux vidéos, a confirmé mon intuition: «A première vue, ce père n’a pas compris les principes des jeux vidéos. Comme le jeu en général, ce sont des aires de transgression où l’on joue avec les lois et ses pulsions agressives. C’est un excellent espace de récréation, même pour l’adulte.»"

Attendez ? Vous voudriez dire qu’elle a réussi, pour se justifier, à citer un article qui lui donne tort ? Mais ?

Mais enfin Madame ! Saviez-vous que la convention de Genève interdit aussi les mutilations ? Y compris se tirer des balles dans le pied, et surtout à répétition ? Et vous voulez dire que ce serait donc ça, votre article pour justifier du fait que le précédent n’était pas juste une vaste blague ? Mais je… je… oh bon sang, c’est incroyablement mauvais. Je crois que moi aussi, j’ai envie de violence, maintenant. Comme quoi, il n’y a pas que les jeux vidéos qui poussent au crime.

En attendant, j’espère tout de même qu’on nous fera bientôt un jeu respectant ces principes : on y jouera un personnage qui respecte tout, et dont le but est de ne choquer personne. Le gameplay sera un peu mou, c’est sûr, mais on pourra marquer des points en faisant du rien, ce qui sera très gratifiant.

Je pense qu’on l’appellera "Sim François Hollande"

Maintenant, vous savez pourquoi la photo est coupée à ras du crâne : c’est pour planquer le losange vert.

Bon, enfin, je parle, je parle… mais on pourrait encore continuer un petit moment, mais là, de suite, il faut que je vous laisse, on frappe à ma porte.

"Monsieur Connard ?
- Moui ?
- Nous venons vous parler de Jésus Christ notre sauveur.
- Ah non j’ai pas le temps là. Par contre, ma porte a grand besoin de salut, je vous laisse voir ça avec elle. Méfiez-vous, elle est timide.
- Nenni ! On va vous parler de Jésus que vous le vouliez ou non !
- Je serais curieux de savoir comment.
- Facile : FUS RO DAH !"

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Appuyé contre l’une des rambardes de l’escalier du commissariat, le lieutenant Hémont regarda la silhouette de Ludovic se courber pour rentrer dans le véhicule qui l’emmenait à la prison la plus proche pour qu’il y prenne ses quartiers. Jamais le garçon n’avait cessé de pleurer, particulièrement lorsqu’on lui avait égrené toute la liste des jeux vidéo que l’on avait retrouvé cachés sous une latte du parquet de sa chambre. Des choses qui lui avaient retourné l’esprit au point de le faire passer à l’acte. Il avait brisé une vie.

"Bravo lieutenant."

Le commissaire Grodon, pipe à la bouche, était venu s’installer à côté de l’officier pour regarder le spectacle de la voiture de police s’éloignant, le violeur à son bord, les gyrophare balayant de leur triste lumière les bâtiments alentours. Ils restèrent immobiles jusqu’à ce que finalement, tournant au bout de l’avenue, la voiture disparaisse. Durant quelques instants, on entendit plus que le léger son des bouffées de tabac que le commissaire tirait goulûment alors que les deux hommes restaient figés à contempler un spectacle qui n’était plus.

"Merci commissaire mais… pour un d’arrêté, combien encore en liberté ?
- C’est notre métier de le savoir, lieutenant. Et de faire diminuer ce chiffre.
- Mais tout cela n’est qu’un symptôme ! Que fait-on pour la cause ? Les jeux vidéo ? C’est ça, le virus !
- Le temps nous le dira, lieutenant. Le préfet vient de m’avertir que la chose était prise très sérieusement en haut-lieu. Le jeu responsable de ce triste fait divers devrait bientôt être interdit, si tout va bien."

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Le commissaire fit quelques pas, observant les rares étoiles visibles dans le ciel de la métropole. Puis se tourna brièvement, l’air toujours aussi placide.

"Ho, lieutenant, j’allais oublier : le Poney Club vous remercie d’avoir rapporté sa Ponette.
- Après ce qu’elle a subi, c’était bien le moins. Sans elle, jamais on aurait arrêté le salaud qui s’infiltrait dans les écuries pour… et qui l’a…"

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Il serra rageusement les poings, puis jeta au sol la jaquette du jeu ayant causé tant de malheurs, avant de s’en retourner à l’intérieur du commissariat pour s’oublier dans la paperasse. Le commissaire le regarda faire, puis tirant une nouvelle fois sur sa pipe, observa la jaquette à demi-brisée au sol tout en affichant un sourire énigmatique.

"Tes jours sont comptés, engeance corruptrice : bientôt, plus personne ne saura que tu as existé… Léa Passion Cheval !"

Ça vous est tous arrivé un jour.

Alors que vous étiez en train de lire un quelconque ouvrage, ou de réviser on ne sait quelle leçon, arrivé en bas de la page vous avez réalisé que vous n’aviez pas la moindre idée de ce que vous veniez de lire. L’inquisition espagnole aurait pu défoncer la porte et vous sommer d’expliquer le sens de ce que vous veniez de consulter en vous menaçant de quelconques abominables tortures, comme de vous faire assister à une conférence de Bernard-Henri Lévy, vous n’auriez su trouver le moindre mot pour résumer ce que vos yeux étaient supposés avoir assimilé.

Pourtant, en relisant, tout cela vous disait bien quelque chose : vous l’aviez lu, mais votre cerveau n’y avait trouvé aucun sens.

C’est exactement le métier des experts, non pas ceux de la série à base de caméra qui zooment suffisamment pour pouvoir accuser Cricri la fourmi du meurtre de Crocro le haricot, mais bien de ces abominables créatures dont la vie consiste à rédiger des textes imbitables et des Powerpoints qui attaquent la rétine (mais si, ceux où chaque changement de diapo a une animation différente, souvenez-vous), et dont l’objectif ultime est de se faire payer pour intervenir lors d’interminables réunions auxquelles tout le monde assiste mais personne ne trouve d’intérêt (à part de faire avancer la cause de l’euthanasie).

Et bien, parfois, il arrive que l’un de ces experts soit pris sur le vif : c’est le cas de Jacques-Alain Miller, psychanalyste hantant les colonnes du Point pour expliquer longuement aux lecteurs en quoi sa science et son expertise lui permettent de disséquer la situation politique française mieux que personne. Et si cela fait trop longtemps que vous n’étiez pas tombé sur un texte capable de vous anesthésier le cerveau dès le premier paragraphe, alors régalez-vous : l’article complet est . Aussi, plutôt que de critiquer le quelconque baratin d’un expert classique lors d’une réunion, observons tous ensemble le propos d’un de ces fameux larrons pour avoir ainsi une référence commune à bâcher.

Pour ceux qui n’auraient pas suivi la situation politique française de ces dernières semaines, puisque vous étiez trop occupé à chercher un article capable de vous expliquer quel était l’intérêt de la WiiU (à ce qu’il parait qu’on peut en trouver sous le sabot des licornes) ou simplement que vous habitez une contrée sauvage et reculée comme le Québec (ne nie pas, ami trappeur), permettez-moi de résumer la semaine dernière :

L’UMP, principal parti de droite de l’échiquier politique français, organisait des primaires pour désigner son prochain patron. Hélas, les deux candidats arrivés au coude à coude, Jean-François Copé et François Fillon, ont eu bien du mal à se départager, se proclamant tour à tour vainqueur et accusant l’autre d’avoir triché comme de vulgaires équipes d’Intervilles. Finalement, diverses commissions ont proclamé Jean-François vainqueur d’une poignée de voix, et François a décidé de faire tous les recours possibles puisque continuant de douter des résultats. Finalement, et après s’être bien bagarrés, François a fait appel à Alain Juppé, éminence grise locale, pour qu’il vienne essayer de trouver une solution diplomatique en s’interposant tel un petit casque bleu (ou une vachette, si l’on reprend la référence précédente).

Vous avez compris ?

Jean-François et François se chamaillaient pour savoir qui avait gagné, et Alain a été appelé pour une mission bisous.

Rien de bien compliqué.

Dans le monde des experts, tout le monde s'éclate en réunion et meurt d'envie de les entendre un peu plus analyser les choses

Dans le monde des experts, tout le monde s’éclate en réunion et meurt d’envie de les entendre un peu plus analyser les choses

Du moins, jusqu’à l’intervention de Jacques-Alain Miller, expert et psychanalyste, rien que ça, qui à défaut de vous expliquer la situation a… heu… bon, regardons ensemble la puissance de notre expert local ! Et attention, parce que là, on peut carrément parler d’artiste. Lisez plutôt.

Le jour se lève, le cessez-le-feu tient toujours. On respire. On attend le "teafortwo-plus un" prévu dimanche à 19 heures, qui doit réunir à Paris Jean-François Copé et François Fillon à l’initiative d’Alain Juppé.

Premier paragraphe et première ligne : on reconnait l’expert à sa capacité à caser des anglicismes pour un oui ou pour un non. Par exemple, ici c’est plutôt pour un non, puisqu’en fait, ça n’a rien à voir avec un tea for two puisqu’ils sont trois et que notre homme lui-même l’admet. Mais bon, il avait envie, alors il l’a mis parce qu’il trouvait ça rigolo.

C’est à cela que l’on reconnait les pros.

On voudrait s’y introduire, n’est-ce pas, comme une petite souris. Une journaliste politique, Geneviève Tabouis, est restée célèbre pour ses émissions de radio, les Dernières nouvelles de demain, qui débutaient sempiternellement par la formule : "Attendez-vous à savoir…" Nous n’avons ici ni ses dons de pythonisse, ni ses réseaux d’informateurs privilégiés. Voyons si nous pouvons risquer quelques prévisions en prenant les choses comme Rouletabille, par "le bon bout de la raison".

L’expert aime aussi le name-dropping, le name-bombing (oui, moi aussi je sais mettre des anglicismes partout) et autres petits bonheurs qui servent ici à dire "Vous vous souvenez de Machine ? Ouais, Machine et son émission et tout… vous voyez ? Non parce que moi, je connais bien. Et bien en fait rien à voir !". Je ne sais pas vous, mais quelque chose me dit que le Monsieur est payé au caractère. A défaut de rouler ses billes, autant les placer.

[...] La Maison Fillon sera dépecée. Une négociation s’entame. Demandons-nous quel est, pour chacun des protagonistes, son impératif majeur.

Nous dit-on quelques lignes plus bas. C’est rigolo de mettre dès le début de l’article sa conclusion "Fillon a perdu". Savourons le type qui commence son analyse par un constat sorti de nulle part pour s’appuyer dessus par la suite. Mais c’est vrai que c’est pratique, tout de même puisque du coup on a toujours raison. On appelle ça un axiome, c’est très rigolo comme principe. "Mais non, je n’ai pas tort puisque j’ai dit que j’avais raison !".

Mais ne nous arrêtons pas là, car après quelques paragraphes de vent à répéter la même chose, notre homme décide de continuer sa fine analyse dans ce qui, je le rappelle, prétend être un site de journalisme :

Le principe de Jean-François Copé fait-il la preuve de son égoïsme ? Mérite-t-il une censure morale ? Est-ce le fait d’un "voyou", comme le suggère Marianne ce matin ? Non, pas nécessairement. Le président en exercice de l’UMP soutient que ce n’est que justice que de lui reconnaître sa victoire, et, dit l’adage, "Fiat justitia, et pereat mundus", traduit par "Que justice soit faite, quand bien même le monde devrait en périr". Ce fut la devise de Ferdinand Ier, empereur du Saint-Empire germanique, et Kant la commente dans l’une des annexes de son Projet de paix perpétuelle de 1795. Cette sentence, juge-t-il, est cavalière, mais elle est vraie, et elle témoigne de "l’idée, rationnelle et pure, d’un devoir-être inconditionnel" (J. Boulad-Ayoub, "La prudence du serpent et la simplicité de la colombe…", 1997).

Si vous regardez bien, sur un paragraphe de 7 lignes, seules les deux premières ont un rapport avec le sujet. A partir de la 3e, notre puissant psychanalyste se contente de coller lui-même un adage puis de l’analyser en balançant des références et citations pour faire mec qui a travaillé son sujet. Sauf que ça n’a aucun rapport avec la choucroute. La choucroute est un plat typique du Saint Empire Romain germanique, et comme le disait Léopold-Guillaume d’Hasbourg "Ch’est bon". Cette sentence, certes cavalière mais bien vraie, témoigne du fait que la choucroute est à la fois "délicieuse, fournie bien que parfois bourrative, et du genre à parfumer le lit conjugal" (A. Misou-Misou, "Musique de chambre et pétomanie, ode aux plus grands airs"). Hooo bon sang, je ne sais pas ce qui m’a pris je… je… je crois que je suis fin prêt à écrire pour le Point.

Kant détermine le "mundus" ici en question comme "les méchants en ce monde", et on voit en effet Jean-François Copé prêter à François Fillon des motifs infâmes : ressentiment, envie, mépris du suffrage universel, invitation au suicide collectif… On dira que c’est fort injuste pour François Fillon, et qu’il est dans cette affaire le gentil, l’homme honnête, décent, désintéressé, qui n’a pas d’autre impératif avoué que : "Il faut sauver l’honneur du parti !" Sans doute. Cependant, l’honneur d’un parti politique, c’est là une notion très aventurée, dont il n’est pas avéré qu’elle ait la moindre traduction pratique. Même à admettre que l’honneur d’un parti politique est quelque chose qui puisse se perdre, rien ne prouve qu’il ne puisse se raccommoder, comme le pucelage des filles de Venise selon Casanova. D’une façon générale, concernant les rapports de la morale et de la politique, les propos de François Fillon et de ses partisans témoignent d’une conception qui les a mis hors jeu, comme on le verra en revenant à la négociation en cours à l’UMP.

Si vous ne vous êtes pas endormi à mi-chemin (mais je sais que vous êtes fort puisque vous me lisez ; très honnêtement, je ne serais pas moi, je ne me lirais pas, je suis beaucoup trop bavard), et que vous êtes toujours en train de chercher ce que Kant et Casanova viennent faire dans cette analyse qui pour l’instant, ne dit strictement rien à part "Vous voyez, je vous l’avais dit que François Fillon s’était perdu, bon, je n’ai toujours amené aucun fait, mais promis, je le fais plus tard". Et comme vous l’aurez deviné : ça n’arrivera pas. Peut-on raccommoder l’honneur d’un crypto-journaliste ? Qu’en dirait Casanova ? En parlerait-il aux filles de Venise ? Ou est-ce un coup à les faire fuir tant elles ont autre chose à faire que d’écouter du vent ? Quant à Kant, que vient-il faire là, à part sonner de manière rigolote dans "Quant à Kant" ? Mystère.

D'autres adeptes du name-bombing : les hipsters. Un principe rigolo, qui consiste à dire qu'à défaut de comprendre quelque chose, on connait quelqu'un qui sait.

D’autres adeptes du name-bombing : les hipsters. Un principe utile pour eux qui consiste à dire qu’à défaut de comprendre quelque chose, ils connaissent quelqu’un qui sait. Intelligence et éducation, deux choses différentes.

On peut raisonnablement prévoir son issue. Il suffit de s’inspirer de la théorie mathématique des jeux, voire simplement de la théorie des ensembles. Dans le contexte du duel Copé-Fillon, dont l’enjeu était la présidence de l’UMP, nous étions devant un jeu "à somme nulle" : ce que l’un perd, l’autre le gagne, et vice versa ; c’est Fillon le président, ou c’est Copé. Pas de milieu. Tout change avec l’apparition dans le jeu d’un nouveau joueur, Alain Juppé. Non pas que nous ayons maintenant trois joueurs. Comme nous l’avons expliqué, il se substitue au joueur Fillon. Seulement, et tout est là, il ne s’y substitue pas à la même place.

Vous connaissez la théorie des jeux ? La théorie des ensembles ? Non ? Ce n’est pas grave, lui non plus.

La preuve : en fait, il ne va plus en parler, ni même y faire référence, c’était juste pour les caser. Ce n’est pas beau, ça, tout de même ? Mais là encore, personne ne lui a fait remarquer.

Notez d’ailleurs le : "Non pas que nous ayons maintenant trois joueurs. Comme nous l’avons expliqué, il se substitue au joueur Fillon. Seulement, et tout est là, il ne s’y substitue pas à la même place."

Attention, définition du verbe "substituer" selon le Larousse : Mettre quelqu’un, quelque chose en lieu et place de quelqu’un, de quelque chose d’autre. "Substituer (se)" : Prendre la place de quelqu’un, de quelque chose. Mais ce n’est pas grave, notre expert et journaliste n’a pas froid aux yeux : il vous explique que quelqu’un prend la place de quelqu’un d’autre, mais pas à la même place. Hmmmoui, on peut appeler ça du caca. Aussi. Mais c’est un peu direct, il ne faudrait pas brusquer l’animal. Je rappelle tout de même qu’il écrit dans un journal ayant pignon sur rue, si en plus il faut faire des phrases qui veulent dire quelque chose, mais où va-t-on ?

Le fait capital, c’est que, désormais, l’enjeu n’est plus le même. Alain Juppé a su l’énoncer avec une parfaite lucidité. Jeudi après-midi, dans le communiqué où il posait son premier "ultimatum", il écrivait ceci : "Ce qui est désormais en cause, ce n’est plus la présidence de l’UMP, c’est l’existence même de l’UMP." Ce dit est transformationnel. Il change la nature même de la situation, et la logique qui l’anime. Nous n’avons plus affaire à un jeu à somme nulle, où les joueurs sont des adversaires se disputant le même gain. À la différence du duel Copé-Fillon, le duel Copé-Juppé est un jeu du type coopératif.

"Coopératif". Là encore, un mot relativement compliqué, puisque non seulement faire des duels coopératifs est relativement compliqué, mais en plus, rappelons que la "coopération" était tellement amicale qu’au final, elle n’a duré que 25 minutes, mais j’y reviendrai (et moi, je le fais : mais je n’écris pas dans un grand journal, je ne dois pas savoir, enfin je dis ça…). Ah et au fait, sinon, François Fillon là-dedans ? Non parce que qu’il est quand même un peu à l’origine de tout cela, ça vaut le coup d’encore en parler ou bien ? Non ?

Et bien non. Oublions-le.

Quel sens de l’analyse. C’était quand même pas compliqué : il n’y avait que trois personnages à retenir. Dont deux impliqués depuis le début et un qui se proposait de débarquer le temps d’une réunion. Résultat ? Et bien notre expert vire l’un des principaux protagonistes et garde celui qui vient à peine d’arriver. Je… d’accord. Et donc, comme ça, vous êtes expert en analyse politique. Ah. J’espère qu’on vous ne confiera pas la question du Moyen-Orient un jour sinon, j’imagine bien : "Bon, dans le conflit Israël-Palestine, je pense que ça ne vaut pas le coup de parler d’Israël. Les conflits avec plus d’une personne, c’est trop compliqué".

Simplifions. D’un côté, "sauver l’UMP". De l’autre, "sauver la présidence Copé, l’UMP dût-elle en périr". L’impératif Juppé est-il incompatible, antagoniste, avec l’impératif Copé ? Réponse : les deux se recoupent partiellement, il y a une intersection, et c’est précisément "l’existence de l’UMP". Pour simplifier encore davantage, disons que nous sommes devant une situation de "choix forcé", au sens de Lacan, et qu’il illustre de l’exemple "la bourse ou la vie" (cf. Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, 1973).

En 5 lignes, il y a deux tentatives de simplification, dont une faisant référence à un livre que tout le monde n’aura pas lu, tant Lacan sert plus à caler les bibliothèques qu’à les remplir. Mais c’est pas mal ; "Simplifions et article : il s’agit d’une "bouse à grumeaux" au sens de Diomède, comme on peut le trouver dans mon livre de chevet, Diomède contre Goldorak, 2007".  Mais rassurez-vous, j’exagère quelque peu : l’homme développe sa "simplification", me laissant là aussi dubitatif quant à la présence d’un dictionnaire à ses côtés.

Vous voilà arrêté sur une route de campagne par des brigands de grand chemin, comme le jeune Barry Lyndon dans le film de Kubrick. Le capitaine Feeney, les armes à la main, vous réclame votre bourse. La lui donner ou pas, vous êtes libre, vous avez le choix. Si vous cédez, vous perdez votre bourse. Si vous résistez, vous perdez et votre bourse et la vie. Dès lors, votre choix est forcé. Vous livrez votre bourse, puisque, dans tous les cas, elle est déjà perdue. Le choix entre les deux termes proposés se limite donc à perdre les deux, ou bien n’en conserver qu’un, toujours le même, la vie, certes écornée d’une perte inévitable..

Après un peu de name-bombing, notre puissant larron nous donne donc un exemple pour vous expliquer la situation… qui là encore, n’a aucun rapport. Puisqu’il vous explique que voilà, dans la bourse ou la vie, vous perdez automatiquement la bourse. Sauf que dans le cas présent, aucune perte n’est automatique, puisque c’est d’ailleurs tout l’objectif des négociations en cours, et celui de tous les participants : il n’y a donc aucun rapport.

Excellent exemple : l'un des thèmes de Barry Lyndon est

Excellent exemple : l’un des thèmes de Barry Lyndon est "Peut-on baratiner tout le monde" ? Le bougre n’a pas dû le regarder en entier.

Un détail, évidemment. Un de plus.

Sauf bien sûr, si on sort de son chapeau un raisonnement débile pour expliquer que si, si, perte inévitable il y a.

Dès lors que l’impératif d’Alain Juppé est le "primum vivere", la vie de l’UMP (et il n’est entré dans le jeu que pour le promouvoir), les jeux sont faits : Jean-François Copé gardera la présidence. Quant à François Fillon, il est hors jeu. Il est là, mais ce n’est que pour signer sa reddition. La question de savoir si on lui permettra de sauver la face, et de quelle manière, n’intéresse pas notre logique.

Ah. Bon bin, nous dit-on : François Fillon va se faire défoncer quoiqu’il arrive. C’est rigolo parce que l’ensemble des faits semblent donner tort à notre auteur, encore une fois, mais que sont les faits face à une analyse de pareille qualité ? Et puis d’ailleurs, il a bien raison : "savoir si on lui permettra de sauver la face, et de quelle manière, n’intéresse pas notre logique.". Car oui, là encore, c’est tout à fait clair : cela n’intéresse pas la logique d’un analyste, de savoir si un duel autour de la tête d’un parti, une main sera tendue pour éviter l’implosion dudit parti… là encore thème central de l’article.

On imagine bien le rédacteur en pleine conversation avec son relecteur.

"Attends mais en fait, ton article parle d’une problématique et finalement tu n’en parles pas. Par contre tu cases Kant et le Saint Empire Romain Germanique, tu m’expliques ?
- Ouais c’est un truc intellectuel, tu peux pas comprendre. Tu n’as pas dû assister à assez de réunions.
- Mais c’est malhonnête !
- Pas si je dis… attends, passe-moi mon papier…. gnnn… ça… nous… intéresse… pas. Voilà.
- Ah oui, ça marche vachement mieux maintenant. Z’êtes fort quand même.
- L’expérience petit. J’ai tout appris aux éoliennes. A part la partie productive."
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Et parce qu’un bon article ne finit pas sans une bonne conclusion :

Bien que purement formelle, notre analyse de ce samedi matin nous amène donc à prévoir que la "médiation Juppé" ne capotera pas, quels que soient les aléas qu’elle rencontrera. Des soubresauts, des affects, il y en aura, mais ils se plieront en définitive à la logique du choix forcé.

Voilà. Donc ça, c’était samedi dernier, la veille de la fameuse rencontre. Notre homme, après avoir pinaillé des heures, expliquait donc que quoiqu’il arrive, c’était plié et tout allait rouler. Résultat ?

Dimanche, Alain Juppé est allé voir François et Jean-François, au bout de 25 minutes, il s’est barré en disant que tout le monde était trop con, et Jean-François a expliqué en coulisses qu’il était bien content de s’être débarrassé de ce fauteur de troubles qui venait tenter de lui piquer la couronne. Et dans la foulée, François est parti en emmenant avec lui une partie des députés du parti, sans compter un bon paquet de militants qui ont rendu leur carte de dégoût.

"Coopératif" et qui "ne capotera pas", donc ?

Chez les vrais journalistes, quand on raconte n’importe quoi, en général, on s’excuse un peu après. Mais à la rédaction du Point, non. On fait même mieux.

"Hey, salut Michel !
- Salut Gégé.
- T’as vu ce qu’il s’est passé dimanche ? En fait, on a grave raconté n’importe quoi !
- Qui c’est qui s’occupait de l’article ?
- Un expert vaguement médiatisé…  Jacques-Alain Miller. J’ai pas trop compris le rapport entre la psychanalyse et la politique, mais en tout cas il s’est planté comme un gros busard.
- Super, réserve-lui la prochaine tribune sur le sujet."

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Et ce qui fut dit fut fait. Oui, c’est complètement surréaliste, mais c’est comme ça. Et non, personne n’est allé bâcher ce fameux commentateur : il s’en est même trouvé pour l’inviter et disserter avec lui de l’actualité. D’ailleurs, pour le coup, plutôt que de recommencer l’exercice à nouveau, l’article en question étant aussi consternant – si ce n’est plus – que le précédent,  je vous laisse tout seul profiter du festival : on vous explique que ça y est, c’est fini, qu’il n’y a jamais eu de problème (ah oui, quand même), et que tout cela a été "très adroit", soit l’exact opposé des faits, mais là encore, ce n’est pas grave, puisqu’après tout, personne ne semble rien dire.

Et là encore, tout une série de professionnels n’ont vu strictement aucun problème à non seulement raconter à peu près n’importe quoi dans ses colonnes, mais aussi à recommencer sans même prendre en compte le fait que c’était complètement à côté de la plaque.

Du vent, des erreurs grossières et une mauvaise maîtrise d’un sujet pourtant connu enrobé d’une teinte de professionnalisme semi-intellectuel étalés sans vergogne à un public à qui l’on prétend analyser la situation, sans compter que le coupable est aussitôt invité à revenir pour recommencer…

Mesdames et Messieurs : on applaudit bien fort les experts.

Voilà, c’est fini.

La saga Twilight au cinéma vient de s’achever avec la sortie de l’ultime volume, Révélation – 2ème partie, et nul doute que bien des jeunes gens pleurent déjà la fin de pareille épopée de qualité.  Je le ferais bien moi-même, mais toutes mes larmes ayant déjà servi durant la projection de ce film, et pas seulement à cause de l’intensité émotionnelle qui s’en dégageait, je vous propose de passer, petits impatients, directement à notre sujet pour souligner une dernière fois toute la magie de cette série.

Evidemment, pour ceux qui auraient raté le début :

- Le spoiler du premier volet est ici

- Le spoiler du second volet est

- Le spoiler du troisième volet est céans

- Le spoiler du quatrième volet – 1ère partie est deçà

Au passage, vous trouverez sur le lien ci-dessus menant à la 1ère partie un bref résumé des différents épisodes de la saga si vous n’avez pas envie de déguster des pages de spoilers. Cependant, et afin d’être raccord, permettez-moi de faire un bref rappel de ce que fut la partie 1, puisque le film dont nous allons traiter aujourd’hui commence directement à la suite

Twilight  4 – Révélation première partie :

Edward et Bella décident de se marier. Sans que l’on comprenne vraiment pourquoi, les vampires ne brillent plus au soleil une scène sur deux, cela permettant à nos tourtereaux de partir en lune de miel au Brésil sans se faire arrêter pour contrefaçon de boule à facettes. Sur place, copulation il y a et, pif pouf : Bella tombe enceinte. Elle rentre donc au pays, mais l’on constate que l’enfant dans ses entrailles se nourrit de sa force vitale. Après avoir passé deux plombes à se demander ce que pouvait bien manger un bébé vampire, et qui éviterait au marmot de continuer à boulotter sa mère de l’intérieur, c’est finalement le loup-garou du coin, Jacob, qui trouve : "du sang". Pendant que les spectateurs se suicident un par un d’une balle dans la bouche pour échapper à cette intrigue pourrie, Bella accouche, meurt un peu durant l’évènement, et Edward la vampirise donc.

Et nous nous en étions arrêtés là. Passons à la suite, voulez-vous (raah, mais si, bien sûr que vous voulez) ?

Alors spoilons, mes bons !

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L’affiche : lisez bien ce qui est écrit en haut de l’image concernant le "final épique", et quand vous aurez fini le spoiler, revenez voir cette affiche. On se retrouve au procès pour publicité mensongère.

Tout commence là où le précédent film se terminait, à savoir, alors que Bella, fraîchement vampirisée, ouvre ses nouveaux yeux rouges sur le monde qui l’entoure en revenant d’entre les morts.

La douce demoiselle est bien surprise car tout lui semble différent avec ses nouveaux sens de vampires, incroyablement plus développés que ceux des humains. Elle peut donc voir le détail d’une lettre mal imprimée sur un livre entrouvert à l’autre bout de la pièce, sentir l’odeur magique de la forêt entourant la maison des Cullen où elle vient de s’éveiller, entendre un sanglier se soulager dans les fourrés à deux kilomètres de là, bref, c’est super. L’occasion aussi pour elle de réaliser qu’en fait, depuis le début, Edward devait avoir le détail de chacun de ses problèmes de peau à chaque fois qu’il la regardait, mais bon.

D’ailleurs, en parlant de sens surdéveloppés, permettez que pour poser le décor, je vous parle brièvement des effets sonores et visuels, car c’est important pour l’ambiance.

  • Déjà, les effets spéciaux sont les mêmes que ceux des précédents films : le problème n’est pas qu’ils soient mauvais, le vrai souci est qu’ils sont ridicules
  • Comme dans le précédent volume, quelqu’un a oublié que ce film traitait de vampires (un détail), et nos héros peuvent donc se promener au soleil sans qu’il ne se passe quoi que ce soit. Ils sont censés "briller de manière surnaturelle au soleil", mais même sous un ciel bleu à midi, on constate qu’il n’en est rien. Combien de personnes sur le plateau pour oublier ce détail ? Non parce que c’en est un, pas vrai ? Hein ? Hé ? Ho.
  • Finis, les bruits de déglutition dans toutes les scènes ! L’équipe a dû virer le stagiaire qui trouvait rigolo de rajouter ça au milieu des dialogues. On pourrait penser qu’il y a du mieux, mais rassurez-vous : non. A la place, chaque mouvement, chaque geste du film est ponctué par un effet sonore issu des pires oeuvres de kung-fu des années 60. Bella pose sa main sur Edward ? "WOUSH !" ; elle manque de peu de faire mal à quelqu’un "PEUH !" ; et si jamais elle ouvre un livre ? "FROUSH".
  • Ensuite, la musique : c’est insupportable. Personnellement, je n’y prête que rarement attention, mais ici CHAQUE scène du film est ponctuée d’un vieux fond adapté au public, à savoir de préférence du piano et une chanteuse qui ne chante pas mais se contente de marmonner parce que ça fait torturé genre "Iwannalovehumgnunumngumyouforevergnumhumhuhum". On dirait un peu une chorale d’autistes, en fait. Ou Carla Bruni.

En tout cas, voilà, maintenant que vous êtes dans l’ambiance, poursuivons.

Car Edward, justement, est aux côtés de Bella qui s’éveille, heureux de voir sa sympathique épouse et mère de ses enfants revenir du royaume des morts sous la forme d’une immortelle. Bon, il est un peu déçu quand même parce qu’officiellement, la transformation en vampire est supposée transformer la victime en "créature désirable pour qu’elle attire plus aisément ses proies", mais là pour le coup, pas d’bol, c’est resté Kristen Stewart. Remarquez, ça se tient puisqu’il est prévu que ses proies soient des animaux. Mais ne commençons pas à digresser, sinon ça va être le bordel et ça, vous n’aimez pas, petits fascistes. Je vous connais.

Qu’importe : Bella, après avoir fait un gros câlin avec plein d’effets sonores mystérieux à son bel amant ("FROUSH WOUSH PEUH PEUH"), découvre que déjà, elle est super forte maintenant et ça c’est trop cool, hihihihi. Mais bon, hein, c’est pas tout ça de déconner : Edward, où est ma fille ? Où est Renesmée ? Va-t-elle bien ? A-t-elle survécu à son nom moisi ?

"Oui ma chérie, Renesmée va bien. Mais comme tu es une vampire maintenant, il va falloir que tu apprennes à dominer ta soif avant de la voir, sinon, tu risques d’en faire ton quatre heures. Alors, huhu, ce serait rigolo puisque techniquement ta fille te bouffait de l’intérieur quand elle en avait l’occasion, donc si tu la manges à ton tour, ce serait un peu le cycle de la vie et on pourrait tous chanter le thème du Roi Lion, mais bon, non. Viens avec moi Bella : je vais t’apprendre à chasser des animaux pour te nourrir."

Soit, dit Bella, avant de suivre son époux dans les bois voisins, utilisant leur nouvelle super-vitesse (insérez ici les effets spéciaux qui font pleurer de ridicule) pour galoper à folle allure. A noter que Bella part chasser en petite robe cintrée façon "Je vais en boîte" et Edward en chemise blanche et sans même un bavoir, parce que se barbouiller de sang, c’est tellement plus rigolo.

Au même moment, chez les Cullen.

"Ho non, les relous ! Ils sont encore partis chasser en tenue de soirée ! Mais quelle bande de cons !
- Du calme  Esmée, que se passe-t-il ?
- On voit bien que c’est pas toi qui t’occupe du linge, Carlisle ! Tu crois que ça me fait marrer de passer l’éternité à frotter des traces de sang pour récupérer des chemises blanches ? Et puis je te parle pas des traces de boudins dans les slips !
- Quelqu’un m’a appelé ?
- J’ai dit "Boudin dans les slips", Jacob, pas "Boudin en slip !"
- Auuuu temps pour moi."

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Revenons à nos héros : alors qu’ils gambadent joyeusement dans les bois, nos fameux loulous finissent par repérer une cible potentielle : une biche en train de brouter tranquillement. Le pauvre animal ne sait pas ce qui l’attend ! Car déjà, Bella  s’approche de la bête le plus discrètement possible, jusqu’à ce que… ses super sens détectent une autre cible plus alléchante non loin : un type est en train de faire de l’escalade au milieu des bois ! Hmmm, ce sang humain tout chaud… Bella a du mal à se contrôler, et abandonnant la pauvre biche, se met à foncer droit dans la direction de l’humain égaré pour aller en faire son goûter !

"Non !" lui dit Edward en lui courant après "Tu dois te contrôler : il ne faut pas manger des humains ! C’est plein de gras et de pesticides, c’est dégueulasse, on ne sait même pas où ça a traîné !"

Bella hésite au moins, pfou, quatre secondes et se contente de répondre "Ah oui, ok." et pouf, c’est bon, c’est fini, plus jamais elle n’aura envie de manger des gens. Edward glisse donc une remarque sur "l’incroyable self-control" de sa femme, qui pour ma part, me parait surtout être un truc complètement écrit avec les pieds. Je vous la refais juste par principe :

"HO MON DIEU JE SUIS COMPLETEMENT HORS DE CONTROLE
- Non ! Être hors de contrôle, c’est mal.
- Ah oui, tiens, hop, ayé, j’ai fini ma crise."

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Pas de doute, c’est fin nul : c’est bien un Twilight.

Du coup, Bella retourne du côté de sa première cible, la biche, mais comme tout ce film est beaucoup trop cucu pour que notre héroïne fasse la peau à un animal kikinou, c’est finalement un méchant puma qui passait par là (c’est incroyable le nombre de trucs dangereux qui rôdent dans cette forêt, et où, pourtant, toute la population locale semble aimer se promener – comme Bella dans les précédents films – pour un oui ou pour un non) qui se ramasse Bella dans la face. Pauvre bête, personne ne mérite un tel sort. A part, Edward bien sûr. Bref : après être instantanément morte de honte, la bête devient le premier repas vampirique de Bella.

Une fois repue, Bella insiste : maintenant, elle veut voir sa fille. Soit : les époux vampiriques retournent donc à la demeure Cullen, où bien évidemment, tous les vampires niais de la famille attendent. Je dis bien "niais" parce que je vous rappelle que dans Twilight, il n’y a que deux camps : les niais et les méchants. C’est facile : soit tous les gens adorent Bella, et font instantanément des tas de trucs niais comme passer son temps à lui préparer des surprises (ils n’ont rien d’autre dans la vie), soit ils n’aiment pas Bella, auquel cas, ce sont des méchants, car il faut être profondément maléfique pour ne pas la trouver géniale, évidemment.

Bon bin, j’ai trouvé mon camp.

"Ce sera notre petit secret ma petite Renesmée tu es d’accord ? Tu ne dois jamais dire à tes parents pour ce que l’on fait avec le scotch"

La famille de vampires niais s’écarte donc devant Bella, lâchant des "Bella, tu es splendide", "Bienvenue dans la famille !" ou encore "Edward, dis-moi : sur les vampires, ce sont les canines qui sont censées pousser, non ? Pas les incisives ? Tu es sûr que c’est bien toi qui l’a mordue, et non un cochon d’inde ?". Puis, ils révèlent enfin derrière eux Jacob aux côtés d’un immonde bébé en 3d qui a une tête donnant envie de le gifler avec un parpaing : Renesmée.

Evidemment, la maman fond instantanément devant le marmot, qui dispose en plus d’un incroyable pouvoir, comme tous les vampires : le sien, c’est qu’en touchant quelqu’un, elle peut partager des pensées ou des souvenirs. Bon, comme c’est encore un bébé, elle ne peut partager que des pensées comme "Miam", "Dodo" ou "Caca", mais c’est quand même déjà 50% de plus que son père, mine de rien. En tout cas, autre phénomène mystérieux : Renesmée est aussi grande qu’un bébé de 8-9 mois pour un enfant qui ne devrait avoir que quelques heures, tout cela semble donc fort peu banal. Il faudra donc étudier le phénomène, principalement pour savoir quelles fringues acheter pour la bête.

Seulement voilà, les choses étranges ne s’arrêtent pas là : de son côté, Jacob semble réagir curieusement autour de l’enfant. Il se montre très protecteur, trop peut-être, veut tout le temps le toucher… au point que Bella commence à trouver tout cela vaguement suspect. Et que tous les vampires de la maison ricanent, comme s’ils savaient quelque chose. La conversation finit donc par s’engager sur le sujet :

"Jacob ! Dis donc slip-man, c’est quoi le souci avec ma fille ?
- C’est que je… hem je… et bieeeen tu vois Bella, dans la vie, il arrive que les loups-garous comme moi heu…
- Pissent sur leur territoire ? 
- Moui. M’enfin non, là c’est pas exactement… enfin je…
- Jacob !
- Okay : je me suis imprégné de ta fille.
- Pardon ? 
- Tu sais, c’est comme cela que l’on dit chez les loups, parfois, papa loup invite maman loup au restaurant, puis après un bon repas, si papa loup a envie d’aimer très fort maman loup, il lui propose de venir prendre un dernier caf…
- Tu t’es imprégné de ma fille ? Genre tu t’es frotté contre et tu t’en es imbibé comme une grosse éponge ? Hein petit salopard ? 
- Non je…
- Espèce de vieux pédophile ! Tu es tombé amoureux d’un BEBE ? Moche et en 3D en plus ? Et d’abord, qu’est-ce que c’est que ce rouleau de chatterton dans ta main ? Et pourquoi il y en a enroulé tout autour de ma fille ? 
- Bien bien bien, écoute Bella, encaisse déjà la nouvelle, je t’expliquerai un peu plus tard le pourquoi du scotch, je te sens un peu tendue là"

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Disons-le : Bella est un peu grognon de savoir que pour d’obscures raisons, son vieil ami et loup-garou Jacob est tombé amoureux d’un bébé. Elle hésite un temps à appeler la maréchaussée pour que Jacob aille s’imprégner un peu des douches de Fleur-Mérogis, mais finalement, elle décide de s’occuper de plus important : faire du rien et profiter de sa nouvelle vie de vampire. Elle achètera plus tard un collier qui envoie du 220 pour son loup-garou préféré, ça le calmera.

En tout cas, les Cullen ont tout prévu de leur côté pour que Bella profite plutôt de sa nouvelle vie : les vampires niais ont en effet préparé une autre surprise à Bella puisqu’ils ont aménagé une maison au fond des bois pour que… et bien pour qu’Edward et Bella puissent baisouiller en paix. Hélas, je n’invente rien : c’est consternant. Et pas seulement parce que la maison en question, pourtant pas spécialement petite et de style ancien, n’a jamais été évoquée dans les précédents volumes, hein, comprenez-moi bien. D’ailleurs, j’aime beaucoup le principe :

"Salut Bella, bienvenue dans la famille !
- Ecoutez, merci, c’est sup…
- Par contre casse-toi de la maison. Toi et ton pote, vous allez au milieu des bois, on veut pas de vous ici.
- Quoi ? Mais pourquoi ? Il y a trois couples qui habitent dans votre baraque, et Edward a déjà une chambre ! C’est quoi le souci, vous ne baisouillez jamais ?
- Non : on a plutôt décidé de passer l’éternité à jouer au Jungle Speed. Maintenant, barre-toi."

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Nous n’en sommes qu’au début du film, et pourtant, je n’ai déjà plus beaucoup de larmes à verser.

En tout cas, Bella et Edward vont au fond des bois et font ce qu’ils ont à y faire (je vous laisse à vos pensées grivoises). Mais les réjouissances sont de courte durée, et pas seulement à cause d’Edward-gâchette-facile, car un matin qu’ils passent à la demeure Cullen, Bella note que son vieux téléphone portable sonne et affiche "Papounet" sur l’écran.

Comment cela se fait-ce ? Carlisle explique donc ce qu’il en est : depuis que Bella a disparu des écrans radar, son père Charlie appelle deux fois par jour sur son portable. Il ajoute qu’au bout d’un moment, il faudra bien lui dire que sa fille est morte. Et Bella ne pourra bien évidemment plus jamais le revoir, car il ne faut pas révéler aux mortels que les vampires existent (par contre, quand Edward l’a expliqué à une lycéenne de 16 ans, tout le monde trouvait ça parfaitement normal, mais comme ce n’est jamais que le thème des 4 films précédents, je comprends que ce détail ait pu leur échapper). Par ailleurs, il faudra aussi bientôt que les Cullen abandonnent les lieux et quittent la région : avec la mort annoncée de Bella, cela risque d’attirer un peu d’attention sur eux.

Mais, complètement Carlisle. Je suis sûr qu’annoncer au shérif local que sa fille est morte juste après avoir épousé quelqu’un de votre curieuse famille qui vit au milieu des bois, et disparaître dans la foulée n’éveillera pas DU TOUT ses soupçons. Et comme tout agent des forces de l’ordre, il ne sera pas du tout intéressé par le fait d’enquêter sur la disparition de sa propre fille, et ne fera pas tout pour que les suspects soient retrouvés.

Je pense que Carlisle est la preuve que l’on peut vampiriser quelqu’un APRES sa mort cérébrale. Ça reste un légume, mais un légume mort-vivant.

Carlisle, un peu avant qu’un vampire ne lui offre une nouvelle vie

Sauf que Jacob n’est pas d’accord. Pas parce que c’est complètement con, non, il l’est aussi, donc ça ne pose pas de problèmes. Non, lui il ne veut pas que Bella et les Cullen quittent la région… car sinon cela signifie qu’il sera séparé de Renesmée, son amour pour la vie (Marc Dutroux a dit sensiblement la même chose à son procès). Il a donc un plan : si les Cullen veulent fuir le coin pour éviter d’éveiller les soupçons de Charlie Swan, il suffirait de le mettre au courant de l’existence du surnaturel… comme ça, il accepterait la situation telle qu’elle est, et hop, plus besoin de se barrer.

Oui parce que par exemple, les amis de Bella au lycée – qui l’adulaient tous sans raison – eux, on s’en fout. D’ailleurs, sachez qu’ils n’apparaîtront même pas dans le film et ne seront pas évoqués, car comme chacun sait, en cas de disparition d’une personne, son entourage ne s’y intéresse pas du tout. Pas besoin de penser à eux, donc.

D’ailleurs, même la mère de Bella ne sera pas évoquée. Un autre détail sans intérêt.

Je vais reprendre un peu de coke : je reviens.

Jacob, donc, prend donc son solex et se rend chez Papa Swan pour lui dire que Bella est de retour à Forks (officiellement, souvenez-vous, elle était censée être tombée au malade au Brésil durant sa lune de miel et y être hospitalisée, ce qui expliquait son absence et préparait la future annonce de sa mort), qu’elle va bien, mais qu’elle a "changé" depuis qu’elle est revenue du Brésil.

"Changée ? Mais changée comment ?
- Je ne peux pas vous le dire Charlie.
- Je… non, attends, Bella a changé depuis qu’elle est revenue du Brésil tu dis ? D’accord, je comprends. C’est devenu un homme, c’est ça ? Mais comment je dois l’appeler alors ? Bello ? Belninho ? "

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Bon, se dit Jacob, ça va être compliqué cette histoire. Pour mieux faire comprendre le message à Charlie, Jacob décide de "d’abord lui montrer quelque chose" et pour cela il doit… se déshabiller.

"Ecoute Jacob, je sais à quoi ressemble une kikoute figure-toi, j’ai compris le message, alors remets ton slip et emmène-moi voir Bella.
- Raaah mais non ! Regardez plutôt."

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Et hop, une fois dévêtu pour le plaisir des damoiselles de la salle, Jacob se transforme en loup géant, ce qui étonne tout de même un peu papa Swan. "Ça alors, tu as raison ! Tu peux te transformer en chien de Mickey !" s’exclame-t-il "Maintenant, si ça te fait pas trop chier, emmène-moi voir ma fille, ou mon fils, enfin l’autre, quoi". Jacob prend donc les devants et va déjà avertir les Cullen : Charlie Swan sait pour le surnaturel, plus besoin de fuir. Mieux, il vient voir Bella dans 10 minutes, alors préparez-vous les d’jeun’z. Autant vous le dire : ça râle un peu chez les Cullen, ça traîne les pieds, mais puisqu’il faut le faire… autant préparer Bella pour que Charlie ne se rende compte de rien. Après tout, il est désormais au courant pour les loups-garous, pas la peine de tout lui dire sur les vampires dans l’immédiat.

Les Cullen sortent donc de leur poche une paire de lentilles pile à la couleur des yeux de Bella pour cacher leur nouvelle couleur surnaturelle (ne me demandez pas comment ils pouvaient avoir ça sous la main), et lui font un bref entrainement pour… apprendre à ne pas se déplacer à une vitesse vampirique, mais plutôt à une vitesse humaine.

Pardon ? Attendez, depuis le début du film, elle se déplaçait à vitesse humaine, sauf durant le passage où elle chassait et là, soudainement, elle ne sait plus le faire ?

Et bien oui : il lui faut quelques minutes d’entrainement pour être capable de se déplacer à vitesse normale pour ne pas effrayer papounet lorsqu’il arrivera. Mais pourquoi ? Pourquoi ? Hmmm, attendez je… non, c’est bon, j’ai ma réponse : ce film est juste un gros coprolithe. Ah, je suis tête en l’air, parfois.

Donc, lorsque Papa Swan arrive chez les Cullen, grâce au charisme surnaturel de sa moustache, il exige qu’on l’emmène voir sa fille sur le champ, ce qui est fait. Notre homme trouve donc Bella l’attendant paisiblement dans un canapé, et est donc follement heureux de retrouver sa fille qu’il pensait disparue (comprendre : il sourit durant 3 secondes, au moins). Ils papotent donc quelque peu : dis-donc ma chérie, ils sont sympa tes nouveaux pectoraux de mec. Pardon, tu n’as pas changé de sexe ? Ah ? Mais ta mâchoire carrée alors ? Ho. Je… dis-donc, sinon, c’était quoi le message que Jacob voulait me donner ? Toi aussi tu peux te changer en animal ? En cochon d’inde je parie ! Si tu le fais devant moi, je te file une graine de tournesol. Nan, c’est pas ça ? Ah. Mais alors en quoi as-tu changé ? De quoi est-ce que tout le monde me parle ?

Et là, réponse de Bella :

"Je te le dirai plus tard, fais-moi confiance."

Et évidemment, Charlie n’en parlera plus du film, puisqu’après tout, il n’en va que de la vie de sa fille, rien de très intéressant. Idem lorsque quelques minutes plus tard, Edward rentre avec Renesmée dans les bras pour lui présenter sa petite fille : il ne demande d’explication ni sur ce nom de merde, ni sur pourquoi sa fille, qui n’a pourtant disparu que depuis quelques semaines, a déjà accouché et que son enfant a déjà bien deux ans en apparence.

Et bin, avec un Shérif aussi vif d’esprit, le crime doit prospérer à Forks.

Et justement : maintenant que la question est réglée, les Cullen aussi peuvent couler des jours prospères dans la petite ville. Bella et Edward élèvent Renesmée avec joie, mais aussi quelques inquiétudes, car l’enfant grandit bien vite… ce qui signifie aussi qu’il vieillit plus vite que la normale ! Combien de temps vivra-t-il ? Est-il mortel, d’ailleurs ? Dans le doute, les heureux parents tentent de passer le maximum de temps avec leur progéniture pour s’assurer que tout aille bien pour elle. Et qu’en cas de mortalité, ils auront bien rentabilisé l’investissement, ah mais.

Cependant, un jour d’hiver que Bella se promène dans la forêt locale, elle décide de jouer avec sa fille à attraper des flocons de neige. Or, sans aucune raison ni justification, Renesmée se met à voler dans les airs (et ça n’étonne personne) pour attraper les flocons. Pouvoir qui ne sera plus non plus évoqué du film, d’ailleurs, tant c’est finalement peu important. Car la vraie information du moment, c’est que Tanya, une vampire qui passait par là (vous notez vous aussi comme TOUT LE MONDE passe son temps dans ces foutus bois ?) aperçoit Renesmée voler… et s’enfuit avant même que Bella ne lui adresse la parole. Tiens ? Mais pourquoi donc ? Seulement parce que Renesmée a une grosse tête à claques, et qu’une grosse tête à claques volante, ça fait très très peur ?

Notez que le shérif n’a pas non plus remarqué que sa fille avait désormais une température proche de 0. Quel enquêteur.

La réponse tombe quelques semaines plus tard alors qu’Alice, la vampire de la famille Cullen qui peut voir l’avenir (ce qui du coup devrait vaguement aider à savoir si Renesmée est mortelle ou non, mais personne ne pense à lui demander, d’ailleurs, elle-même n’y pense pas) a soudain une vision pendant que tout le monde papotait paisiblement dans la demeure Cullen. Comme il se doit, et puisque c’est une vision d’horreur, elle arrive forcément quand Alice transporte un vase de fleurs, pour pouvoir les faire tomber au sol et rajouter à l’intensité dramatique.

C’est vrai qu’elle aurait eu une boîte à pizza ou du sopalin à la main, ça faisait tout de suite moins théâtral.

Mais en tout cas, quelle vision a eu la bougresse ? Et bien c’est simple : elle voit de la neige qui tombe, et les Volturi qui attaquent les Cullen lors d’une grande bataille… ho ? "Mais comme il neige dans ma vision, cela n’arrivera pas avant les prochaines neiges…" et tout le monde en déduit donc que ce sera pour l’hiver prochain. Malin les gars. C’est vrai que le 15 août, ça paraissait moins probable.

"Soit, mais pourquoi les Volturi voudraient nous bourrer la gueule ?" s’interroge Bella

Et bien je ne sais pas, ça ne fait jamais que depuis le début de la saga que l’on sait que les Volturi sont particulièrement cons et tentent de vous tuer pour un oui ou pour un non, alors c’est vrai ça, pourquoi ? Hein ? Dis donc !

Il y a pourtant une excellente raison derrière tout cela : en effet, Tanya, après avoir vu Renesmée jouer à l’écureuil volant dans les bois, a supposé qu’il s’agissait d’une petite fille vampirisée. Or ! Il est interdit de transformer des enfants en vampire : en bonne collabo, elle a donc foncé voir les Volturi en Italie (ils n’ont pas le téléphone ni la poste, probablement) afin de dénoncer la chose et de toucher des tickets de rationnement pour des poches de sang. Sur place, elle est donc accueillie par Maurice Volturi, le chef des méchants, qui lui demande quel bon vent l’amène. Et en apprenant qu’un crime a été commis, il utilise son pouvoir spécial personnel : pouvoir lire dans les souvenirs des gens en les touchant. Il lit donc l’esprit de Tanya, et y voit donc bien un enfant volant avec sa maman vampire… bref, tout concorde.

Retenez bien le pouvoir de Maurice , ça servira pour la suite.

En tout cas, Maurice prend donc une décision : les Cullen ont commis un crime grave et doivent mourir. Ah bin c’est original, ça tiens.

De leur côté, les Cullen ont d’ailleurs deviné ce que les Volturi pouvaient bien leur reprocher pour qu’Alice ait pareille vision de mort : ils expliquent donc à Bella qu’en effet, ils ont dû apprendre par Tanya pour Renesmée rejouant les plus mauvaises scènes de Smallville (qui a dit "toutes" ?) et la prendre pour un vampire. Or, pourquoi est-il interdit de transformer des enfants en vampire ? Et bien tout simplement car, auparavant, certains vampires l’ont fait. Or, à chaque fois, les enfants, incapables de se contrôler, tuaient tout et tout le monde, ce qui était très moyen pour rester discret. Et puis surtout, devoir se taper des marmots hyperactifs pour l’éternité, brrr. Du coup, c’est désormais interdit, et si quelqu’un s’y risque, non seulement l’enfant est tué, mais aussi son créateur, les potes de son créateur, le clan de son créateur et l’inspecteur des impôts de son créateur.

Par contre, vampiriser une lycéenne débile de 16 ans, c’est déjà beaucoup plus responsable, pas vrai Edward ?

En tout cas, voilà pour la situation. La question est donc : que faire ? Se battre contre les Volturi ? Non, ils sont trop forts. Alors dans ce cas, prouver son innocence, en expliquant qu’il y a erreur : Renesmée a certes un nom criminel, mais n’est en rien un mortel vampirisé mais une créature mi-humaine mi-vampire ? Hmmm oui… mais comment ?

C’est vrai que ce n’est pas facile : sachant que vous êtes de bonne foi et que vous avez un enfant avec un coeur qui bat, comment expliquer la vérité à Maurice Volturi, qui, on l’a vu dans la scène précédente, peut voir dans votre esprit la vérité ?  Roooh. Zut, que faire… aller le voir et ainsi le laisser sonder son esprit, histoire de tout régler en 15 secondes ? Lui amener Renesmée en disant "Elle a le coeur qui bat, c’est ballot hein" ?

Non.

Comme toujours, les Cullen ont un bien meilleur plan : "On va trouver des témoins".

De ? Pardon ? Qu’est-ce que… vous allez faire quoi ?

"Oui, allons aux quatre coin du monde et ramenons des amis pour témoigner que Renesmée est bien un enfant vivant !"

Hein ? Mais bordel, je… même un pneu de Super 5 aurait trouvé un meilleur plan que "Hey les mecs, allons chercher des témoins qui n’ont rien vu et ne connaissent même pas Renesmée pour leur demander de témoigner de quelque chose qu’ils ignorent en face d’un mec qui n’en a pas besoin puisqu’il lui suffit de lire dans l’esprit des suspects pour avoir la vérité !"

Voilà : ça, c’est le coeur de l’intrigue du film. Si vous avez encore des larmes de désespoir, c’est le moment de vous en servir tant tout, oui, tout est absolument nul d’un bout à l’autre.

Mais soit. Car en tout cas, dès le lendemain, Alice et son mari, Jasper (un vampire dont le seul pouvoir est de pouvoir utiliser ses mains comme fer à friser et uniquement sur lui-même) ont filé à l’anglaise en laissant derrière eux un message comme quoi ils partent chercher de l’aide. Carlisle, en bon chef de famille intelligent, considère donc "Qu’ils ont fui pour éviter l’affrontement avec les Cullen".

Nan mais mec, sinon, tu as appris à lire en plusieurs siècles ?

Bella, de son côté, lit le message et note qu’il a été rédigé au dos de la première page du Marchand de Venise, de Shakespeare. Elle en déduit donc que…

… rien.

Si vous vous demandiez encore pourquoi Edward, dont le pouvoir est de lire les pensée, n’avait jamais réussi à le faire sur Bella, vous avez votre réponse : elle ne pense pas. Non parce que là, même le pneu de Super 5 évoqué plus haut est en train de hurler devant tant de bêtise crasse. Et ne me demandez pas pourquoi je vais au cinéma avec un pneu : il y a bien des gens qui y vont avec des fans de Stephenie Meyer, alors pourquoi pas un pneu, hein ? Racistes.

En tout cas, le clan Cullen décide de se diviser pour aller aux 4 coins du monde chercher des témoins, à savoir, des vieux amis de Carlisle pour qu’ils puissent donc ne servir à rien. Mais comme ils sont aussi cons que les autres personnages, tous acceptent de venir chez les Cullen pour que le jour où les Volturi se pointent, ils puissent… non, ils soient là quoi. Peut-être agiteront-ils des petits drapeaux et lanceront des cotillons, enfin on leur trouvera une utilité. Car tous sont d’accord : "On ne vient pas pour se battre, on a aucune chance face aux Volturi : on vient témoigner, c’est tout.". Témoigner de ? Aha, c’est vrai : rien.

Mademoiselle ? Oui, je vais reprendre des pop-corn à la schnouf. Merci bien, vous êtes bien urbaine.

Que disais-je ? Ah oui : un à un, les témoins sont tous rassemblés : un clochard mystérieux (véridique), des irlandais caricaturaux, un bourrin de service, des amazones (!)  dont le pouvoir est de pouvoir manipuler l’esprit d’autrui (un pouvoir intéressant, mais dont personne ne pensera jamais à se servir), etc. Et tous, pour être convaincus du bien fondé de la cause Cullen, acceptent que Renesmée les touche pour qu’elle partage ses souvenirs avec eux et puisse leur montrer qu’elle est mi-humaine. D’ailleurs, à chaque fois qu’elle touche quelqu’un, celui-ci se met à hurler comme un dératé "OUAAAH JE SUIS CONVAINCU, CET ENFANT EST INCROYAB’"

Quand on voit la tronche des témoins, on est pas sûr qu’ils puissent jouer en la faveur de qui que ce soit.

Je serais un vampire, je me méfierais quand même : sachant qu’on parle ouvertement de vampires pouvant manipuler l’esprit, qu’est-ce qui leur dit que Renesmée ne leur implante pas de faux souvenirs tel un Léonardo Di Caprio d’1 mètre 20 (soit 20 centimètres de moins que le vrai, tout de même) pour les convaincre ?

Mais ouf : personne ne se pose la question. Là encore.

Et alors que les Cullen continuent de rassembler des "témoins" (ha non mais je suis malade rien qu’à écrire un truc aussi absurde), deux nouveaux invités se présentent devant le manoir Cullen (ils ont traversé tout le territoire des loups-garous en sautant d’arbre en arbre pour arriver jusque là sans se faire mordre les fesses, suggestion que je faisais dans le spoiler précédent quand les Cullen ne pensaient pas à en faire autant lorsqu’ils voulaient sortir de leur demeure encerclée mais bon, hein, honnêtement : pouvez-vous me rappeler la dernière fois où les Cullen ont pensé à un truc pertinent ? Sur l’ensemble de la saga ?) : il s’agit de Popov et Popov, deux vampires aux accents de l’Est qui expliquent la situation :

"Salut les Cullen ! Nous sommes Popov et Popov, deux vampires ennemis jurés des Volturi. On ne vient pas témoigner, on vient pour se battre même si vous avez expliqué le contraire. D’ailleurs, ne me demandez pas comment nous sommes au courant. On s’est dit que ce serait bien de se joindre à vous, comme ça, quand les Volturi arriveront, je suis sûr que ça jouera drôlement en votre faveur d’avoir à vos côtés des gens qu’ils cherchent à tuer depuis des plombes et ouvertement belliqueux".

Les Cullen réfléchissent, houlà, 6 bonnes secondes et déclarent donc "Ok super, je suis sûr que ça nous aidera à trouver une solution pacifique sans envenimer nos relations avec les Volturi".

A ce moment du film, il a fallu l’intervention de deux vigiles pour que j’arrête de m’imbiber d’essence pour mettre fin au supplice de cette daube infâme. Je vous en prie : essayez de réussir un dialogue, au moins, allez. Même pas une scène : juste un tout petit dialogue. Pour voir.

Allons donc voir si les Volturi, réputés pour leur subtilité et leur intelligence, s’en tirent mieux durant ce temps : mais sans surprise… non.

Je sais, ça ne vous étonne guère, mais bon. Car figurez-vous que le plan des Volturi consiste à… chasser les potentiels témoins des Cullen ? Que… quoi ? Mais ? Puisqu’ils n’ont rien vu ! Comment pouvez-vous savoir qu’ils risquent de témoigner ? Comment pouvez-vous même les identifier puisqu’ils n’étaient pas là au moment de la grossesse de Bella ? Et puis quand bien même : s’ils savaient quelque chose, il suffirait à Maurice de consulter leur esprit, et hop, il saurait !

Mais là, non. On peut donc voir les Volturi pourchasser des types au hasard et leur casser la gueule sans qu’eux-même puissent expliquer pourquoi.

Bref, tout cela dure un long, très long moment, durant lequel, plus que le film, c’est votre vie que vous voyez défiler.

Mais bon, au bout d’un long moment, il finit par se passer un truc : alors que Bella et Edward sont isolés dans leur maison au fond des bois plutôt que de rester groupés au manoir Cullen (c’est vrai, il y a juste des gens qui cherchent pour les tuer, autant s’isoler pour baisouiller, c’est prioritaire), Bella a, et là, accrochez-vous : une idée.

Si.

J’vous jure.

Attrapant le message qu’Alice et Jasper avaient laissé derrière eux, elle réfléchit "Le Marchand de Venise… pourquoi avoir écrit son message sur une page de ce livre plutôt que sur n’importe quel papier qui traînait ? Si j’allais voir le livre…". Et en consultant l’ouvrage, que trouve-t-elle ? Mais ! Un autre message disant "Bella, va à Seattle voir mon ami The Bunk, et détruit ce papier ensuite. Comme tu es la seule dont personne ne peut lire l’esprit (… oui, chhht), je ne peux confier cette mission qu’à toi pour garder le secret loin des Volturi".

Okay, se dit Bella, pas de souci. Dès le lendemain, au prétexte d’aller déposer Renesmée chez Charlie Swan pour la journée (le bougre ne pose toujours aucune question sur le fait que sa petite fille ait l’apparence d’un enfant de 7 ans au bout de 3 mois), elle continue la route jusqu’à Seattle (et ça tombe bien : ce jour là, il pleut, elle ne brillera pas au soleil – mais de toute manière, personne n’y aurait pensé sur le tournage) et va retrouver dans un restaurant son contact, un certain The Bunk (passer de The Wire à Twilight, c’est quand même moche).

Papa Swan a eu le bon réflexe : demander ce que c’était que ce bordel sur Doctissimo (cliquez pour agrandir)

"Hmmmm hmmm. Bonjour Bella.
- Bonjour M’sieur Bunk.
- Mon client, Jasper, qui est d’ailleurs client des services de mon organisme depuis plus de 50 ans et qui, malgré tout n’a jamais vieilli et n’éveille pas du tout mes soupçons, m’a fait une commande : je vous la remets. Voici des faux papiers et de quoi quitter le pays pour un certain Jacob Slip et une certaine Renesmée Cullen, même si ne me demandez pas comment, j’ai une photo actuelle de Renesmée que je n’ai jamais vue alors qu’elle change d’apparence toutes les semaines donc même Jasper n’aurait pu m’en fournir une quand il est venu me voir.
- Merci. Mais… pour deux ? C’est tout.
- Hmmmm hmmm.
- Bon et bien… Merci Monsieur Bunk."

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Bella comprend donc l’affreuse vérité : Alice a vu le futur… mais un futur n’impliquant ni elle, ni Edward. Elle a donc commandé des papiers pour sauver les deux seuls ayant une chance : Jacob et Renesmée. L’enfant vivra… mais sans ses parents. Snif. Que dira le collectif "Un papa, une maman" ? Renesmée sera-t-elle adoptée par un couple gay ? Christine Boutin devra-t-elle intervenir ?

Nous n’en saurons rien. Retournons plutôt nous occuper de notre héroïne.

Puis, de Bella.

Désespérée, Bella, donc, rentre à Forks pour affronter son destin (mais tranquillement : n’oublions pas que des mois se sont écoulés et que les Volturi, plutôt que d’attaquer, se baladent juste aux quatre coins du monde pour tabasser des témoins qui n’ont rien vu pour ne surtout pas qu’ils témoignent de rien le jour J). Et accessoirement, elle s’entraîne à maîtriser son propre pouvoir de vampire : elle est immunisée aux pouvoirs des autres vampires, et peut même projeter sa protection sur quelqu’un d’autre ! Pratique !

En tout cas, Bella en est maintenant convaincue : les Volturi ignoreront la vérité. Ils viennent pour tuer tout le monde, et pas pour rendre véritablement la justice. Et qu’en plus, ils viennent aussi capturer les vampires aux pouvoirs qu’ils n’ont pas encore dans leur album Panini, comme Alice par exemple (ce qui explique sa "fuite"), pour qu’elle les serve. Mais alors, que faire ?

Et bien les "témoins" déjà présents décident que, bah, tant qu’à faire, ils se battront.

Ah. Okay, et bien écoutez, voilà qui fera plaisir à Popov et Popov, je n’en doute pas.

Mais du coup, vous voulez pas vous organiser pour vous battre ? Trouver une tactique, chercher des renforts ? Non ? Non.

En tout cas, le temps lui, ne s’arrête pas et bientôt, l’hiver revient et Noël avec : les premières neiges sont déjà arrivées depuis un bail, mais curieusement, personne ne semble s’en inquiéter (alors qu’Alice avait bien annoncé que l’ennemi viendrait avec la neige), et Bella et Edward continuent par exemple de se préoccuper de choses plus intéressantes comme, par exemple, fêter Noël avec Papa Swan. Chacun ses priorités, hein.

Et non, ni lui, ni sa nouvelle femme ne posent toujours de questions, visiblement, les évènements surnaturels qui les entourent ne les intéressent pas plus que ça. En même temps, je les comprends : l’intérêt n’a jamais été guère stimulé dans cette saga.

Cependant, un beau jour, et sans que personne ne puisse l’expliquer, les Cullen déclarent que "Ah ! Les Volturi attaqueront demain" : là encore, pas besoin de justification, c’est comme ça. Probablement que leur baromètre à blaireaux vient de passer dans le rouge. L’occasion parfaite de faire un grand feu pour passer la dernière soirée avant la bataille à échanger sur les combats passés, celui de demain, et à évoquer des anecdotes sur la cruauté des Volturi ou sur le passé de légume de Carlisle.

Après avoir bien emmerdé tout l’auditoire avec leurs histoires de vétérans et regardé Carlisle baver durant des heures (il bave à intervalles régulier, ce qui en fait une formidable horloge atomique) les vampires voient finalement le jour se lever. Et avec lui, arriver l’heure fatidique de la bataille.

Comme toujours dans Twilight, après avoir expliqué que la situation n’était pas à leur avantage, les Cullen ont décidé de se positionner tous en ligne dans une clairière, histoire de bien se prendre une raclée. Comme quoi, des siècles de bataille et 3 films à se tataner avec le tout venant, ça n’apprend pas grand chose.

Et bientôt, sortant des bois en face d’eux, nos héros voient paraître un large groupe portant cape de crypto-gothique lycéen : les Volturi et toute une petite armée ! Sauf que contrairement à ce que nos héros avaient prévu, les Volturi exigent d’abord quelques explications avant de malaxer des gueules. Ah ? Ainsi, Maurice Volturi lui-même s’avance, demandant à ce qu’Edward vienne lui révéler ses souvenirs pour que la vérité soit enfin connue. Ce qu’Edward fait, malgré une tentative ratée de Bella de l’immuniser aux pouvoirs du vampire (… mais POURQUOI a-t-elle seulement essayé, à part pour risquer d’envenimer la situation sans raison ?! Pourquoi a-t-on payé des effets spéciaux pour rajouter une scène incohérente ?). Ainsi, Maurice peut découvrir la vérité :

  • Renesmée n’est pas un enfant vampirisé, c’est l’enfant d’une humaine et d’un vampire
  • Renesmée a même un coeur qui bat dites-donc !
  • Renesmée vieillit… et ne pose donc pas le problème des enfants vampirisés, qui eux, sont bloqués à un stade où ils sont à la fois puissants et capricieux
  • Il n’y a donc là aucun crime !
  • Enfin si, elle a quand même le nez de son père, et ça, ça mérite bien La Haye.
  • Les méchants engueulent donc Tanya pour leur avoir "menti", oubliant qu’elle était de bonne foi puisque Maurice avait lu son esprit, mais bon, hein, détail puisque ça revient à traiter Maurice leur chef de menteur. Pas de quoi fouetter un chat.

A noter que Maurice est super étonné (il ponctue toutes ses phrases de petits cris ridicules, c’est affligeant tant c’est mal joué), parce qu’un enfant né d’un vampire avec une humaine, en plusieurs millénaires, il n’avait jamais vu ça. Ah ? Vous voulez dire qu’alors qu’on a des vampires bourrés d’hormones, genre Edward qui en est à draguer des lycéennes, personne n’avait pensé à ça avant ?

Hé bé non.

Je sais pas vous, mais moi, je n’ai jamais été si heureux de savoir que la fin du film approchait.

En tout cas, et comme on est plus à ça près, Maurice se lance dans un petit discours : "Très bien, j’ai vu la vérité ! Il n’y a là nul crime. Cependant, nous vivons à une époque où les humains ont créé des armes capables de nous tuer aisément – c’est d’ailleurs pour ça que dans tous les films précédents, personne n’a jamais pensé à utiliser un flingue, nous sommes juste beaucoup trop cons – il nous faut donc être plus discrets que jamais. Or, cet être surnaturel… il risque d’attirer l’attention sur nous ! Il faut donc le tuer ! Et puis on a pas fait la route pour rien, hein, merde, ho."

C’est vrai ça Maurice : vous n’êtes jamais qu’une tripotée de vampires vieux de plusieurs millénaires, cacher des humains pas vraiment humains aux yeux de la société, ça, vous ne savez pas faire, et vous ne pensez même pas que c’est possible.

Notez le sbire de Maurice qui se gratte discrètement en arrière-plan. Classe.

Sérieusement les mecs ?

Heureusement, alors que tout va dégénérer, et comme par hasard, sortent des bois Jasper et Alice, qui se sont dits que ce serait quand même bête de rater l’habituelle scène de fin de film au milieu des bois. Alice vient en effet certifier à Maurice qu’il lui suffit de lire dans son esprit pour voir ce qu’elle a vu dans l’avenir, et donc être sûr que Renesmée ne fera jamais de mal à qui que ce soit. Et que donc, il peut être rassuré.

Maurice pose donc sa main sur Alice, et lisant son esprit… se contente de sourire (il doit surtout consulter les souvenirs où elle joue à la toupie japonaise avec Jasper), et Alice finit donc par se reculer en comprenant "Quoi que l’on dise, qu’importe les preuves, vous êtes venus pour  tous nous tuer ! Et bien soit !" et hop, elle enchaîne avec un grand coup de tatane dans le Monsieur.

C’est donc parti pour 20 minutes d’hostilités, avec la grande bataille finale de la saga.

Je vous la fais courte : plein de gens meurent. Des Cullen, des Volturi, des loups venus participer à la baston… et on notera d’ailleurs que comme dans Bioman, les Volturi, bien qu’en surnombre, font bien attention à ne pas profiter de la chose et gardent des réserves en regardant leurs troupes tomber. Renesmée, elle, fuit sur le dos de Jacob sous forme de loup loin de la bataille. Durant ces 20 minutes, on peut aussi constater qu’outre le fait que les Volturi soient débiles, on note que devenir vampire a appris le kung-fu à Bella, que des types aux pouvoirs surpuissants n’en font rien (un type a une brume qui paralyse, il la fait sur une zone de 12 centimètres cube, un autre peut contrôler l’eau, la terre, le feu et l’air et se contente d’ouvrir une faille au hasard dans le sol, l’amazone qui manipule les esprits ne se dit pas que tiens, si elle le faisait sur le chef des méchants, ce serait vaguement pratique, non : c’est juste nul d’un bout à l’autre).

Finalement, et suite à un combat épique, Maurice Volturi finit par se tataner avec Edward et Bella, et après avoir utilisé sa femme comme projectile (véridique), Edward voit finalement la victoire lui revenir lorsqu’il décapite le vil vilain, et…

… rien.

A ce moment là, la salle a éclaté de rire, fans comme types avec une arme dans la bouche (les vigiles ont dû revenir une seconde fois m’empêcher de faire une ânerie, mais qui serait toujours moins grosse que ce film ; ils ont aussi eu la gentillesse d’essuyer mes larmes de sang), car figurez-vous que… cette scène n’a jamais existé.

Et si.

La bataille finale de la saga, tout ça, non. C’était juste pour occuper 20 minutes de films et justifier que le film mérite deux parties. Car en fait, nous revenons au moment où Maurice lit dans l’esprit d’Alice, et ce qu’il a vu, c’est ce qu’il se passerait s’il décidait quand même de lancer la bataille. Maurice décide donc que mourir n’étant pas son plan du jour, mieux vaut déclarer "Bien, nous ne nous battons pas aujourd’hui. Il ne s’est rien passé d’intéressant jusqu’ici dans ce film, faisons que cela reste ainsi. Mais tout de même ! J’aimerais une preuve que Renesmée ne nous posera pas de problèmes à l’avenir !".

Donc tu demandes une preuve qui ne peut pas exister, mec. C’est un peu con, mais plutôt cohérent avec le reste de cette oeuvre, ma foi. Mais figure-toi que la vie est bien faite, car émergeant de la lisière de la forêt, apparaissent deux larrons en pagne qui approchent d’un pas bien lent, parce que bon, c’est pas comme si la super-vitesse vampirique, ça servait à quelque chose. Qui sont-ils ?

"Je suis Oumpapa", dit le premier "Et voici ma tante Gertrude qui n’a rien à faire là, je sais même pas pourquoi elle me suit, je crois qu’elle s’est attachée. Alice et Jasper m’on ramené ici du Brésil où ils sont venus me chercher, mais ne me demandez pas pourquoi je me pointe 10 minutes après eux alors que nous sommes supposés être arrivés ensemble, je ne le sais pas moi-même. Et je suis votre preuve car moi, je n’ai jamais tué qui que ce soit ou été pris par les humains. Voilà."

"Passionnant" s’exclame donc sincèrement Maurice Volturi "Et bien je suis convaincu par cette preuve vivante : Renesmée ne posera jamais problème, on peut se barrer."

Attendez, je vous la refais :

"Monsieur, pouvez-vous nous prouver que vous n’êtes pas dangereux ?
- Non, mais voici Bob. Bob, explique au Monsieur.
- Bonjour Monsieur le juge. Je n’ai rien à voir avec la choucroute, mais je n’ai rien fait.
- Ho ? Et bien parfait alors : cela prouve tout. Vous êtes libres."

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Qu… QUOI ?

Tout ça pour ÇA ?

Bouhou…bouhouhou…

Pour ceux qui douteraient : la scène finale. Il fait grand jour, impossible de faire plus et… ho, bah personne ne brille. Du boulot de pro.

En tout cas, les Volturi ne se posent pas la question, et activant leur vitesse vampirique, disparaissent dans les bois heureux d’avoir passé un an à tabasser des gens sans aucune raison pour au final s’apercevoir qu’ils avaient fait le déplacement jusqu’à ce trou de Forks pour rien.

Les Cullen peuvent donc rentrer à la maison fêter le fait qu’il ne se soit rien passé du film autour d’un bon chocolat chaud, laissant derrière eux Popov et Popov, déçus d’avoir raté la bataille finale. Alice, dans un coin de la maison, a soudain une vision : elle voit que, plus tard, Renesmée sortira avec ce grand dadet de Jacob. Et que comme leur a appris Oumpapa le brésilien, il n’y a pas à s’inquiéter : les enfants de vampire et d’humains arrêtent de vieillir à 7 ans, et sont alors immortels. L’avenir n’attend donc plus qu’eux, même si on évoque guère le fait que Jacob n’est pas immortel, lui, et finira donc comme un vieux chien incontinent qui se fait engueuler lorsqu’il souille le tapis du salon. Probablement même qu’Edward l’emmènera se faire piquer.

Puis, la scène finale se révèle à nous : en plein milieu d’un champs de fleurs, Bella et Edward, dont évidemment aucun des deux ne brille malgré le fait qu’il n’y ait pas le moindre nuage, se regardent amoureusement. Soudain, en se concentrant très fort, Bella arrive à partager tous ses souvenirs depuis le début de la saga avec Edward, faisant qu’ainsi, elle n’a désormais plus aucun secret pour lui.

"Mais, comment as-tu fait ça ? – s’exclame Edward – Ton pouvoir vampirique c’est de faire des boucliers, pas la télépathie, tu voudrais dire qu’on va finir la sage sur une autre grosse incohérence balancée comme ça, gratuitement et sans le moindre intérêt ?
- C’est ça."

0

Et alors que la dernière page du livre de Stephenie Meyer apparait à l’écran, on peut apercevoir en surimpression le mot "forever", un doux fondu au noir s’installe et…

FIN !

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Voilà. J’ai presque envie de dire que si j’avais été paresseux, j’aurais pu synthétiser quelque peu le spoiler.

Twilight  4 – Révélation deuxième partie :

Edward et Bella s’aiment. A un moment, il y a un quiproquo avec les Volturi, mais tout se règle sans qu’il ne se passe rien et tout le monde est heureux.

Fin.

Ça valait quand même bien un deuxième film.

"Wilhelm, à table !"

Jacob cria une nouvelle fois en direction de la chambre de son frère, ne s’étonnant pas de voir celui-ci passer la porte complètement débraillé, des taches d’encres maculant sa chemise usée qui, il y a longtemps, avait été parfaitement blanche. Se dirigeant vers la salle à manger, ledit Wilhelm renifla bruyamment tout en tapotant sur son vêtement pour vainement tenter d’aplatir les plis qui le parcouraient à force d’être resté assis à écrire à son pupitre. Jacob l’observa se diriger jusqu’à la chaise qu’il occupait toujours à l’heure du repas, près de la fenêtre, puis se dirigea vers lui avec les assiettes qu’il venait de remplir d’une soupe délicieusement odorante.

Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’une lumière semblable à celle d’un éclair et accompagnée d’une formidable détonation éclata au milieu de l’endroit l’espace d’un instant, soufflant tout ce qui se trouvait alentour, Jacob compris.

Se relevant péniblement couvert de soupe, de croûtons de pains et de chou, le pauvre homme toussota, cherchant au milieu de la fumée emplissant maintenant l’endroit son frère, qu’il trouva en train de se redresser aux côtés de sa chaise renversée, observant l’endroit où autrefois se dressait une table et son couvert : désormais, il y avait à sa place un homme aux vêtements faits d’une matière que Jacob n’avait jamais vue, en Saxe, en Prusse ou ailleurs, des volutes de fumées s’élevant au-dessus de lui comme s’il sortait d’un feu, et qui releva d’énormes et épaisses lunettes de son visage carré avant de consulter une sorte de boîtes couvertes de petites lumières clignotantes. "J’ai réussi !", lança t-il dans un allemand à l’étrange accent.

"W… was ?! - parvint à articuler Wilhelm, se tenant prudemment à distance 
- Nous sommes bien en 1812 ? A Cassel ?
- Heu… ja ? 
- Et vous deux – l"étrange homme se tourna tour à tour, l’air possédé, vers les deux hommes perdus par les évènements – vous êtes Jacob et Wilhelm Grimm ? 
- Oui… mais… qui êtes-vous ? Que faites-vous dans notre demeure, et pourquoi avez-vous ainsi saccagé ma soupe ? – Jacob sentit un étrange courage mâtiné d’effluves de chou monter en lui
- Ecoutez-moi bien : je suis un voyageur temporel, et je viens du XXIe siècle car j’ai besoin de vous, frères Grimm ! 
- Que dites-vous ? Je dirais bien que ce sont des sornettes, mais votre arrivée impromptue rend votre récit un peu moins idiot qu’il ne semblerait à première vue. Que voulez-vous ?
- Dans le futur, des amis à moi utilisent une invention qu’on appelle le cinéma pour raconter des histoires comme celles que vous écrivez. Or, je voulais adapter une des vôtres, Blanche-Neige et les Sept Nains, pour faire comme mes copains, mais il se trouve qu’il y manque des éléments pour qu’elle soit véritablement parfaite selon les critères du XXIe siècle. Alors vous allez la modifier tout de suite ! 
- Et pourquoi ferions-nous ça Monsieur ?
- Parce que si vous ne le faites pas, j’utiliserai ceci – il sortit un curieux mousquet de sa veste – c’est ce qu’on appelle un Desert Eagle, cela peut tuer deux gaillards comme vous en un éclair. Alors au boulot les petits gars, je n’ai pas que ça à faire."

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Sous la menace de son arme futuriste, l’homme obligea les deux frères à sortir papier, encre et plume, et les fit s’asseoir autour d’un guéridon voisin.

"Alors déjà, Blanche-Neige, c’est une princesse mais REBELLE d’accord ? Et elle adore faire du cheval en armure lourde pour décapiter des gens à l’épée.
- Mais ? Mais enfin, qu’est-ce que ? 
- ECRIVEZ ! Ensuite, elle kiffe grave le chasseur, qui lui apprend à faire du wiki-woush avec des couteaux pour faire des trucs de ninjas
- wiki… woush… ninja… ach, moins vite, moins vite !
- Et à un moment, il y a un troll, et le troll il fait BAM, BAM ! Comme ça, mais woush ! L’autre il esquive, et ensuite…"

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Quelques heures plus tard, l’étranger avait terminé son étrange dictée, et la nouvelle version de Blanche-Neige, intitulée "Blanche-Neige et le Chasseur" était prête. Après avoir expliqué que s’ils parlaient de lui à qui que ce soit, il reviendrait du futur pour les abattre, le voyageur temporel s’en vint, laissant derrière lui les deux frères quelque peu étonnés, et inquiets de l’avenir de l’humanité.

Quel monstre a bien pu naître de cette nouvelle visite du conte des frères Grimm ? Spoilons, mes bons !

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L’affiche : "Par le producteur d’Alice au pays des merveilles". Ah oui, donc il y a vraiment un pervers qui aime violer les contes avec barbarie, d’accord.

Le film s’ouvre sur un splendide jardin paisiblement endormi sous la couche neigeuse d’un froid hiver ; établi au sein d’une splendide forteresse, il voit déambuler en son sein, silencieuse, une charmante dame qui n’est autre que la reine du royaume local, comme nous le dit la voix off locale. Soudain, que ne voit-elle pas ? Une rose rouge, éclatante au milieu de la nature endormie ; "Bordel, c’est pas la saison !" se dit promptement la monarque, avant de tenter de se saisir de la fleur, mais ha ! Voici que se piquant sur les épines de celle-ci (malgré ses gants d’hiver, la reine a dû tenter de stranguler le pauvre végétal), trois gouttes de son sang royal viennent choir sur la neige, et à la vue de cet étrange contraste, la noble dame murmure :

"Ah, si seulement j’avais un enfant à la peau blanche comme la neige, aux lèvres rouges comme le sang et aux cheveux noir comme ceux d’un corbeau, je serais tellement heureuse !"

Le Destin, entendant sa prière, exauce le voeu de la reine ; et quelques mois plus tard, probablement après avoir fauté avec un gothique par eugénisme, voici naître une splendide enfant : Blanche-Neige (la reine penchait au départ pour "Rouges-Lèvres" sur le même principe, mais une péripatéticienne d’un village voisin travaillant sous le même nom, cela parut être une mauvaise idée).

Quelques années plus tard, Blanche-Neige a grandi ; c’est désormais une enfant réputée dans tout le royaume pour "sa beauté et son caractère rebelle" ; car dans toute bonne histoire, la princesse est "rebelle", mais c’est en général le narrateur qui le dit tant, dans les faits, la princesse en question accepte parfaitement l’ordre établi, à commencer par le fait d’avoir de par sa naissance le droit d’avoir une dizaine de serviteurs et l’opportunité de péter chaque soir dans des draps en soie. Mais c’est vrai que "princesse rebelle" sonne mieux que "princesse pétomane". Ce détail passé, nous découvrons que Blanche-Neige a un ami d’enfance qui l’accompagne dans ses jeux : William, fils d’un duc local, le Duc (notez que c’est recherché). Ils rient, courent, échangent des plaisanteries… il fait beau sur le royaume et le monde est heureux !

Hélas, un hiver, une chose terrible arrive : la maman de Blanche-Neige tombe malade, ce qui est le genre de chose qui arrive quand on passe ses journées à se promener dans les jardins du château à chercher des roses alors qu’il fait – 12. Elle finit par mourir, ce qui attriste le roi qui, contrairement à nombre d’autres personnages de ce film, n’est guère nécrophile. Et si les malheurs s’arrêtaient là…

… mais quelques mois plus tard, voilà qu’une étrange armée rôde sur les terres traditionnellement défendues par le suzerain, obligeant celui-ci à partir à la guerre pour botter des culs à la centaine. Lui et ses copains les joyeux cavaliers multicolores, sorte de gay-pride équestre, galopent donc à travers le pays pour finalement trouver l’ennemi à la sortie d’un bois : un bon millier de lanciers en armures noires ne laissant pas paraître le moindre centimètre de peau, en rangs, immobiles et prêts à se battre.

Le roi, voyant autant de lances face à ses chevaux, décide donc de faire la chose la plus logique du monde : charger n’importe comment, et de face s’il-vous-plait, histoire d’être sûr de se prendre une branlée ; mais par un curieux mystère, les soldats ennemis semblent n’avoir pris des armes longues que pour la déco, et décident de les lâcher sans s’en servir pour sortir des épées. Ha ? D’accord, pourquoi pas. Mais sinon vous avez vraiment pas envie d’utiliser vos lances sur les dadas ? Enfin bon. Bientôt, les soldats en noir désarçonnent les cavaliers royaux, obligeant ces derniers à se battre à pied en une fiévreuse mêlée. Mais ha ! Voici que portant un coup d’épée à un ennemi, le roi voit celui-ci se dissoudre en milliers de petits morceaux noirs !

"Bon sang les gars ! Ces soldats ils sont…
- Démoniaques, sire ?
- Oui, enfin, on s’en fout ! Ces petits morceaux noirs… je crois qu’ils sont constitués de cachous ! Vite, sucez-les très fort !"

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Ce propos malheureux se mariant aux tenues contestables de l’ost royal, l’armée ennemie a tôt fait d’être mise en déroute, et voici sur le champ de bataille le papa de Blanche-Neige victorieux ! Mais au milieu des piles de cachous constituant les défunts, il aperçoit derrière les anciennes lignes gardées par l’ennemi un chariot abandonné, et l’ouvrant, trouve à son bord une dame blonde plutôt bien faite de sa personne se présentant sous le nom de "Ravenna" (ce qui sonne comme "Dark Mistress of Hell" et n’est pas du tout suspect), et la sauve ainsi des méchants qui la retenaient prisonnière.

"Le roi décida donc de se marier avec elle dès le lendemain", nous dit la voix off.

"Qu’est-ce qui vous fait penser que je suis maléfique ? Arrêtez enfin !"

Pardon ? Même pas un petit restau, non? Non parce que si ça se trouve, elle rigole comme une truie devant Secret Story ou adore René la taupe ! Sinon, mon roi, ça vous intéresse pas de savoir d’où sortait cette armée qui a ravagé vos terres, pourquoi elle retenait cette donzelle et d’où elle sort, comme ça ? Non ? Non : l’appel de la coucherie n’attend pas.

De retour au château, donc, la future reine rencontre la jeune Blanche-Neige, et lui dit qu’elles seront super copines, tu verras. Puis, une cérémonie est organisée pour unir le roi à sa nouvelle épouse ; cela fait, passons aux choses sérieuses : il est temps que le roi montre à la désormais Reine ses techniques de joute en privé. Sauf que… tout ne se passe pas comme prévu : alors que le suzerain s’apprête à imiter l’éléphant devant madame, voici qu’il se sent fort mal…  que… que se passe t-il ?

"Du poison, mon roi : alors ouiiiii je sais, tu ne vas pas m’écouter parce que tu es trop occupé à crever, mais permets-moi de te raconter ma vie en détails pendant ce temps. Tu sais comme on est, nous, les filles : on papote, on papote, et pis vous les garçons, vous écoutez jamais, hihihi… heu, hem : oui, je disais : ma vie. Alors je suis née dans un petit village de la Creuse, où un jour, ma maman, voyant une armée arriver, a senti que ça allait barder pour sa gueule. Elle m’a donc jeté un sort qui fait que je serai éternellement jeune et belle en absorbant ces qualités à autrui ; elle savait en effet que la troupe en approche était celle d’un roi qui me voulait comme épouse pour remplacer son vieux boudin à la maison. Du coup, en restant jeune… moi je n’aurais pas ce problème ! Bref : le filou m’a non seulement emmenée, me séparant de mon frère, mais en plus, il a vaguement buté ma môman. Donc, j’étais un peu colère. Et je l’ai tué. Et depuis, je trompe des rois en les épousant puis les tuant, puisque vous êtes tous les mêmes : vous ne pensez qu’au sexe avant de nous jeter, nous autres, les filles ! Girls power !
- Je… mais ? Tu… es juste pleine de préjugés pourris ? Tu es… Eric Zemmour faite reine je… je te pardonne pour le poison : je vais mourir de honte avant qu’il ne fasse vraiment effet. Voilà : Aaaargh."

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Le roi mort, la vilaine reine s’empresse donc d’aller faire ouvrir les portes du château afin que son armée personnelle (cette fois constituée d’humains tout à fait normaux) s’empare de l’endroit (oui, les gardes du coin n’avaient pas remarqué les 3 000 hommes en train de camper sous les remparts, ils avaient des armures en velours pour ne pas faire de bruit) ; le combat s’engage donc entre serviteurs de la nouvelle reine et du défunt roi, et bientôt, les troupes de feu le suzerain sont obligées de quitter les lieux dans le désordre le plus complet, jusqu’à ce que la Reine fasse abaisser la herse pour empêcher au maximum de rebelles à son autorité de s’enfuir : et si le jeune Guillaume parvient à quitter l’endroit in-extremis avec son père, il aperçoit derrière la grille qui vient de tomber, désormais prisonnière des murs de son propre château et orpheline, la pauvre Blanche-Neige. Ho bin non alors !

La Reine, elle, fait porter dans ses nouveaux appartement un immense miroir à qui elle pose cette légitime question "Miroir, mon beau miroir, qui est la plus belle du royaume ?", et même si au début le miroir cite une série d’actrices de charme, sitôt que la Reine l’a menacé d’un bon gros parpaing dans la margoulette, il lance un chétif "Maiiiis toiiiii, ma reiiiineuuuh, bien sûr". Satisfaite de cette réponse, le règne de la nouvelle propriétaire du royaume peut donc commencer, sans que quiconque ne tente la moindre contre-attaque sur le château bien sûr, ce qui est quand même bien fait.

Hélas, le règne de la donzelle est "si maléfique que la nature se retourne contre elle-même" nous dit la voix-off, ce qui est un peu con de sa part, puisque du coup, elle devrait s’en prendre à la Reine et pas à elle-même, mais passons : les récoltes pourrissent sur pied, les fleurs fanent, la terre devient boue, bref, il faudra m’expliquer ce que l’on mange au château puisque plus rien ne vit à des centaines de lieues à la ronde. Ou alors, on se fait des galettes de boue, ce qui doit rendre les banquets particulièrement joyeux et faire la fortune des vendeurs de dentifrice. Mais plutôt que de répondre à ces questions pourtant essentielles, le film propose de sauter dans le temps, comme ça, hop.

Nous retrouvons donc, bien des années plus tard, Blanche-Neige, désormais adulte : sa peau est toujours blanche comme la neige, ses lèvres rouges comme le sang, et ses cheveux noirs comme ceux d’un corbeau ; par contre, elle a aussi les dents du lapin, ce qui est un peu plus curieux, tant feu sa mère n’avait pas demandé au Destin un rejeton avec une dentition de lagomorphe, mais soit. On comprend vite qu’à la puberté, ça a un peu merdé et plus que les seins, ce sont donc les incisives qui ont poussé, transformant l’innocente Blanche-Neige en Kristen Stewart, ce qui n’est vraiment pas très sympa.

Mesdames et Messieurs : la plus belle fille du royaume. Chhht.

Enfermée dans une tour isolée du château depuis toutes ces années, au sein d’un cachot dans les hauteurs, les journées de Blanche-Neige ne semblent pas passionnantes : elle dort, observe la course du soleil, entretient le feu de sa petite cheminée pour se réchauffer et surtout, tente d’apprendre à fermer la bouche (mais POURQUOI cette actrice N’ARRIVE PAS à FERMER LA BOUCHE ?!). On peut aussi le dire : elle se fait un peu chier. Et à en croire une jeune fille qui vient d’être installée dans le cachot en face du sien, le monde extérieur ne va guère mieux : la reine terrorise la région, les paysans sont soumis, tout le monde est persuadé que Blanche-Neige est morte lors de l’assaut de la forteresse des années auparavant, et le seul espoir de ce monde réside dans une petite forteresse tenue par le Duc, accessoirement père de William, l’ami d’enfance de Blanche-Neige. Mais si l’endroit accueille quantité de réfugiés souhaitant fuir les forces de la reine, il n’a pas suffisamment de forces pour tenter de reconquérir le royaume qui fut autrefois prospère. Blanche-Neige déprime donc d’autant plus. Et prie, car oui, Blanche-Neige récite des prières chrétiennes. Oh. Soit.

Quittons le cachot de notre héroïne pour aller retrouver la Reine et sa nouvelle couronne (qui est devenue noire et calibrée sur l’architecture gothique sans raison), qui elle, s’éclate pas mal à prendre des bains de lait en se soulageant dedans pour imiter la présence de gros chocapics,  courir dans le château en agitant sa cape noire ou causer avec son miroir, qui a plein d’histoires drôles en stock : c’est un peu le Jean Roucas de la miroiterie. Mais un jour, voici qu’un brigand qu’elle jugeait dans la salle du trône pour avoir tenté de piller l’un des convois royaux tente, dans un acte désespéré, de l’agresser : saisissant le poignard à la ceinture d’un garde voisin, il se jette sur la filoute et lui plante sa lame dans le bidou ! Hélas pour le petit anarchiste, les choses ne se passent guère selon son plan :

  • La Reine ne meurt pas, ho ?
  • En fait, il a beau avoir bien planté la lame, celle-ci ressort sans même être tachée de sang.
  • La Reine va même bien en fait, merci
  • Elle est un peu grognon-grognon
  • Du coup, d’un mouvement de la main, elle lui fait exploser le coeur, selon une technique qu’elle a vue dans Kill Bill
  • Le jeune chenapan meurt donc, un peu surpris pour le coup, reconnaissons-le.

En conséquence de quoi, la Reine se retire dans ses appartements, un peu fatiguée par ces derniers évènements : pour tout dire, elle semble même un peu… vieillie : elle a dû puiser dans sa magie pour survivre et doit donc refaire ses réserves si elle veut retrouver son teint de jeune fille ; ça tombe bien, son frère, Coupaubol, nommé ainsi pour de contestables motifs capillaires (s’il a lui aussi la jeunesse éternelle, pour la beauté, c’est râpé), a la solution. En effet, le bougre a jugé bon d’aller chercher la jeune fille installée dans le cachot en face de celui de Blanche-Neige et de la livrer à la Reine, et là, attention : grâce au pouvoir d’un crypto-baiser lesbien, la Reine absorbe la jeunesse et beauté de la pauvrette, qui de son côté, vieillit de manière accélérée ; sa peau se fripe, ses cheveux blanchissent, ses organes descendent et elle n’est plus tout à fait étanche. Alors que pour Ravenna, ça roule : sa peau est plus lisse, ses cheveux plus éclatants, sa croupe plus rebondie… vous voyez le topo. Cela fait, elle remercie son frangin de ce petit quatre heures, et s’en va taper la conversation avec son miroir, ce qui doit faire plaisir à son frère d’être ainsi snobé au profit d’un élément de déco. Bref.

"Miroiiiir, mon beau miroiiiir, qui est la plus belle du royauuuuume ?
- Hem… je… écoutez, je suis un miroir d’accord ? Donc techniquement, je suis paaaas vraiment calé en matière de…
- Je crois t’avoir posé une question, miroir. Alors, c’est qui qu’est la plus belle ?
- Humgrumblblblfugrmblancheneignegmrbmblteum.
- Pardon ? J’ai cru entendre un truc au milieu de tes toussotements !
- Okay : j’ai dit Blanche-Neige, ma reine. Mais en même temps, j’ai toujours été excité par les lapins, alors vous comprenez, je…
- COMMENT OSES-TU !
- Oooon se calme, on se calme ; écoutez ma reine, j’ai un tuyau pour vous : si vous mangez le coeur de cette fille à la beauté supérieure à la vôtre, vous serez éternellement jeune et belle, vous n’aurez plus jamais à absorber les forces de qui que ce soit. Bon, ce sera un peu gore, mais hein, quand même, c’est pas mal, non ?"

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La Reine hésite quelques instants, se demandant si elle doit tabasser ou remercier son miroir, puis fait appeler son frère pour qu’il aille chercher Blanche-Neige : ce midi, c’est viande rouge (la Reine adore Buffalo Grill).

Sauf que pendant ce temps, dans le cachot de Blanche-Neige, il se passe des trucs : par la seule étroite fenêtre de l’endroit, deux oiseaux entrent, piaillant un peu partout (et chiant au passage dans tout l’endroit), semblant indiquer à Blanche-Neige l’orifice par lequel ils sont entrés : cela donne une idée à notre héroïne : tiens, si je regardais par la fenêtre ?

Parce que oui, en 10 ans et quelques, l’idée ne l’a pas traversée. Voilà voilà.

Et que voit-elle ce faisant ? Ho bin ça alors ! Un gros clou de maçonnerie qui dépasse ! Hmmm, ça pourrait servir à égorger quelqu’un : merci les oiseaux psychopathes ! Allez hop, on embarque le bidule, et on va vite sur sa paillasse car des pas approchent de la cellule : il s’agit de Coupaubol !

Feignant le sommeil (la bouche entrouverte), elle laisse le bougre s’approcher d’elle et prétend se réveiller en le voyant ; celui-ci lui explique qu’elle est si belle que depuis fort longtemps, il l’observe depuis la porte de sa cellule lorsqu’elle dort (… attendez, attendez : cette actrice ne joue que dans des films où des gens avec des coupes à la con la regardent dormir comme des pervers ou c’est moi ?). Mais qu’aujourd’hui, c’est un peu moins rigolo, puisqu’il vient la chercher pour que la Reine en personne l’exécute. Désolé, c’est ballot, mais c’est comme ça. Allez, suis-moi Blanche-Neige, fais pas ta mauvaise tête, hein, dis.

Sauf que la princesse ne l’entend pas de cette oreille, et improvise un plan digne de Prison Break : déjà, elle attrape son clou de combat dans son inventaire, en met un bon coup dans le visage du Monsieur qui recule en titubant, puis, en profitant pour se saisir de ses clés, fuit la cellule avant de refermer la porte sur l’homme désormais balafré.

A noter que tous les gardes présents dans le couloir des cachots depuis le début du film ont eux disparu, n’entendant pas les hurlements du frère de la Reine à demi-défiguré par une princesse cucu qui a trouvé son arme grâce à de gentils oiseaux innocents ("Piou piou piou, ouiiii,  Blanche-Neige, arrache-lui l’oeil, saigne-le comme une truie… heu… Piou piou piou. Hem.". La jeune fille se lance donc dans une cavalcade éperdue au travers de la tour, finissant par déboucher dans la cour du château où, hélas, des gardes la repèrent : ni une, ni deux, apercevant un orifice d’évacuation d’eau, elle se jette dedans et parvient à échapper à ses poursuivants en déambulant au travers des conduits creusés sous le château, jusqu’à déboucher au milieu d’une falaise battue par les eaux (le château est bâti sur une presqu’île qu’il occupe entièrement) : sauf que le ressac local plus que violent ne fait pas peur à la princesse, qui se jette à l’eau sûre de son coup (au passage, sachez que Blanche-Neige était parfaitement vêtue pour l’aventure dans son cachot : solide pantalon sous sa robe, bottes de voyages en bon cuir, etc. C’est bien fait quand même, ils avaient tout prévu pour l’aider à s’évader). Et effectivement, ça n’arrête pas la bougresse, qui emmerde tant les flots que les courants, et nage donc pépère jusqu’à une plage voisine située sous les murs de la forteresse où ses amis les oiseaux la guident jusqu’à un… un… heu…

Un cheval blanc.

"Cui cui cuiiii tuetoutetafamilleavecuncouteauàhuîtres cui cuii cuiiii piou piouuuuu"

Dis-donc Blanche-Neige, tes oiseaux là, ce sont des hirondelles européennes ou africaines ? Non parce que pour héliporter un cheval, elles doivent être balaises quand même. Et depuis la forteresse, ça ne les a pas choqué de voir débarquer un cheval, comme ça, pouf pouf, juste sous les murs ? Non ? Personne n’a eu envie de capturer ce bidule qui vaut une fortune ? Excusez-moi mais on est qu’au début du film là, est-ce que ce truc a seulement été relu ?

En tout cas, la forteresse justement s’agite tout de même un peu, puisque quelques cavaliers sont envoyés à la poursuite de la princesse qui, elle, de son côté, se découvre des talents de reine de l’équitation sur le dos de l’animal sauvage-mais-pas-trop (il n’a pas de selle ni aucun équipement : il est tout pur, par contre il se laisse monter par la première prisonnière venue qui a probablement pris des cours dans sa cellule durant les 10 dernières années en chevauchant des rats pour aussi bien cavaler). La poursuite dure donc un long moment, les paysages défilant jusqu’à ce qu’enfin, Blanche-Neige constate que son cheval avance moins bien : en effet, ils viennent d’arriver dans un marais, et le pauvre animal est en train de tenter d’imiter l’immersion périscopique avec brio ; notre héroïne a juste le temps de sauter sur la terre ferme voisine pour voir ses poursuivants se rapprocher, et continue donc de filer à pied vers la forêt toute proche, aux arbres tordus et à l’herbe inexistante.

Les cavaliers à sa poursuite se contentent donc de dire "Ho non, un marais ! On ne peut pas continuer à cheval !" et… font demi-tour.

Vous n’avez pas de pieds les gars ? Maman vous a interdit de salir vos bottes ? Enfin, je veux dire : vous devez ramener à la reine une fille en robe (même si elle a sa tenue de voyage sans aucune raison en dessous, c’est vrai), qui a pas dû beaucoup faire de sport dans sa cellule de 9m² (n’est pas Sarah Connor qui veut) depuis près de 10 ans et qui tente de vous semer à la course, vous, soldats ; vous ne pensez pas que ça pourrait aller vite cette histoire ?

Hé bin non.

Bon, et bien continuons avec Blanche-Neige toute seule, puisque s’aventurant au milieu des arbres déformés, elle se prend les pieds dans une racine et atterrit sur des champignons qui lui envoient moult spores à la tronche ce faisant : et figurez-vous que c’est hallucinogène, puisque soudain, tout autour d’elle devient affreusement hostile : les arbres ont des visages, des insectes courent en tous sens, des créatures monstrueuses s’accrochent aux branches alentours ou les animaux se transforment en Bogdanoff… c’en est trop pour la bougresse, qui s’évanouit purement et simplement sur place, mais proprement quand même histoire de pas trop se défigurer avec une branche ce faisant. Elle marmonne donc faiblement "Ouaaah putaaain le triiiiip" puis s’endort. A plus tard, ganja girl.

La Reine, elle, de son côté, est très mécontente : ses cavaliers n’ont pas rattrapé Blanche-Neige au motif que "Nan mais elle est arrivée dans la sombre forêt, on ne peut pas la poursuivre là-dedans, parce que… heu, et d’une, c’est une forêt, et de deux, elle est sombre. Voilà." ; oui, en même temps, elle n’était pas dans la sombre forêt quand vous l’avez lâchée les gars : vous l’avez laissée en plan pas loin de la lisière sitôt qu’il aurait fallu salir ses jolies bottes dans la gadoue. Trooooop dur. Mais bon, c’est pas comme si décevoir la Reine vous faisait risquer la mort, pas vrai ? En tout cas, la Reine justement demande à ce que l’on aille chercher quelqu’un connaissant les bois en question pour y retrouver la bougresse. Et ça tombe bien : juste à côté du château, dans un petit village, Chasseur le chasseur est occupé à se prendre une cuite. Et entre deux rots au parfum de 8-6, il se retrouve attrapé par Coupaubol et quelques gardes, venus le quérir pour l’emmener jusqu’à la Reine. Sitôt tracté jusqu’à la salle du trône contre son gré, et pendant qu’il essaie de ne pas vomir sur le tapis local, le bougre reçoit de la Reine ses instructions : aller chercher une fille perdue dans la sombre forêt et la ramener au château. Certes, ça n’intéresse pas trop le Chasseur, mais bon : comme la Reine lui jure en pouffant et croisant tous les doigts (elle a d’ailleurs des orteils très souples) que s’il le fait, elle ressuscitera sa défunte femme avec sa puissante magie, l’homme des bois décide d’accepter la mission, et accompagné de Coupaubol et de quelques gardes, il part donc pour la sombre forêt.

Après avoir un peu cavalcadé, la troupe arrive donc à l’orée du bois de mauvaise réputation, et commence donc à s’enfoncer en son sein, chacun suivant avec attention chaque pas de Chasseur pour ne point tomber dans l’un des nombreux pièges de l’endroit. Et au bout d’un petit moment… le Chasseur tombe sur Blanche-Neige, la rattrapant alors qu’elle tente de cavaler loin de lui.

"Mais… tu es un lapin ?! Ferme la bouche pour voir ?
- Je… je n’y arrive pas Monsieur le Chasseur ! Et je ne suis pas un lapin : je suis une jeune fille qui veut échapper à la mauvaise Reine !
- Ah bah ouais mais bon, moi je m’en tape un peu tu sais. Tiens, voilà une carotte à grignoter."

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Mais alors que Blanche-Neige tente d’expliquer que bordel, non, elle n’est point un petit animal de la forêt, voici paraître Coupaubol et ses hommes qui étaient un peu à la traîne pour un dialogue d’anthologie :

"Bravo Chasseur ! Tu as retrouvé la fugitive. Maintenant DONNE-LA MOI !
- Sachant qu’on est supposés repartir au château tous ensemble, je ne comprends pas trop pourquoi tu parles ainsi, mais je vais faire semblant de rien. A moi de lire mon texte inutile : OKAY MAIS RENDS-MOI MA FEMME D’ABORD !
- Ah oui, c’est con en effet, sachant que c’est la Reine qui est supposée faire ça et qu’elle est à plusieurs bornes, ça n’a aucun sens… bon, allez, continuons. NON ! JE NE TE RENDRAI JAMAIS TA FEMME, HA HA HA ! JE SUIS DIABOLIQUE ! NOUS T’AVONS MENTI ! MAINTENANT, DONNE-MOI LA FILLE !"

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Voilà, notez, et c’est important, que le méchant, pour négocier dit : "Donne-moi ce que je veux, et en échange, je t’entube", plutôt que de simplement baratiner le pauvret et rentrer au château pépère. C’est à ce genre de détails que l’on comprend que c’était un film pour Kristen Stewart.

Bref, du coup, le Chasseur devient colère, et décide de péter la gueule aux malandrins au service de la Reine, mais comme c’est un gentil, il n’a pas compris comment on se sert d’une hache : comme dans les séries de mauvaise qualité où tous les personnages ont des tenues flashy et n’utilisent jamais leur arme convenablement pour ne pas tuer, voici que le Chasseur frappe… avec le manche de son arme.

"Attention, j’ai une hache, si vous continuez, je ne m’en servirai pas"

Hmmm, d’accord. Tu es persuadé que ton arme est un tonfa et non une hache. Le fer au bout ne te met pas sur la voie ? Non ?

Cela dit, il a quand même tôt fait de mettre en vrac la margoulette de ses ennemis, Coupaubol résistant bien un peu, mais finissant tout de même par choir dans un tas de champignon dégageant des spores hallucinogènes, et se contentant donc de rester au sol les yeux dans le vague, hurlant simplement "Chasseur, je te tueeeeerai !".

Et comme le Chasseur est sympa (ou trépané), il ne le tue ou ne le capture pas, histoire de bien laisser Coupaubol aller prévenir la Reine pour qu’elle puisse envoyer rapidement des troupes à leurs trousses, plutôt que de simplement supposer que la sombre forêt a eu raison de la petite expédition. C’est très malin. Mais bon, hein… ça n’étonne plus personne à ce stade ("ce stade" ayant été franchi dès le pitch du film, en fait). Le Chasseur embarque donc Blanche-Neige avec lui, et décide de l’aider à fuir la sombre forêt ainsi que les troupes de la Reine. Il en profite, au détour d’un arbre, pour sans aucune raison se tourner vers la jeune fille et lui dire :

"Si un jour quelqu’un tentait de te tuer, tu dois esquiver comme ça puis riposter avec un couteau comme ceci."

Ho bin ça alors je me demande bien si ça va servir dans ce film, dites ! Surtout en sachant que le Chasseur, dès la scène suivante, n’en a plus rien à faire d’expliquer les rudiments de la self-défense à notre louloute, prouvant bien que ça sortait tout simplement de nulle part de manière ni naturelle, ni logique. Merci. Mais comme l’aventure ne s’arrête jamais contrairement aux incohérences, alors que les deux compères s’apprêtent à sortir de la sombre forêt après avoir longuement marché, ils doivent passer par un pont de pierre où l’on retrouve dispersés des ossements guère rassurants. Hmmm… avançons sans précautions, pour voir. Ce sont peut-être juste les restes de gens qui ont fait des crises cardiaques tous en même temps et au même endroit. Moui, ça doit être ça.

Cette théorie parait crédible à nos héros, jusqu’à ce qu’un énorme troll surgisse de derrière un arbre, soucieux de se faire un bon repas à base de pauvres humains ; et si le Chasseur lutte courageusement mais un peu connement ("Tiens, prends un coup de manche dans la gueule vilain monstre de deux tonnes  ! Ah, si seulement j’avais une hache au bout de mon manche !"), c’est finalement Blanche-Neige qui le sauve en heu… bin… en… en regardant le troll.

Je ne blague pas : elle se contente de regarder la bête dans les yeux, et allez savoir si ça attendrit l’animal ou si c’est plus simplement que ce dernier a l’impression de contempler deux fenêtres vers le vide intersidéral (moi je vote pour cette option des deux mains), mais la bête se calme et fait demi-tour (le regard de Blanche-Neige doit être nourrissant : il n’a plus besoin de manger des gens. Combien de calories par clin d’oeil ?). Probablement qu’elle cauchemardera encore de longues semaines de ce qu’elle vient de voir. "C’est cool", dit donc le Chasseur sans poser de questions, avant de reprendre la route jusqu’à une rivière voisine marquant la fin de la sombre forêt.

Mais pas question de faire trempette, car sur l’eau paraissent bientôt de frêles embarcations couvertes d’archers aux visages dissimulés par des voiles : il s’agit en fait d’une tribu de femmes vivant dans le coin, qui décide de prendre sous son aile nos deux loulous, tant ce n’est pas tous les jours que l’on voit émerger des gens de la sombre forêt ! Mais alors, qui sont-elles, ces formidables archères ? Et bien il s’agit de donzelles du royaume ayant fui pour ne pas finir comme petit goûter pour la Reine et son besoin de jeunesse et de beauté : d’ailleurs, pour se prémunir de la chose, elles se sont volontairement fait des cicatrices au visage pour que leur beauté ne soit pas appétissante aux yeux de la vilaine patronne du royaume. Ok, c’est une technique comme un autre. L’autre option, c’était de poster des photos de duckface sur Facebook : avec ça, vous êtes hideuses pour l’éternité. Mais bon, on va dire que les cicatrices ça marche aussi pas mal.

En attendant, la plus vieille et évidemment la plus sage d’entre elles a tôt fait de reconnaître Blanche-Neige, et informe le Chasseur de ce qu’il vient d’accomplir : il vient de sauver, non pas une paysanne crasseuse et débilette, mais la fille (tout aussi débilette) du défunt roi des griffes de sa tyrannique belle-mère ! Bravo, tu es un héros qui s’ignore : allez, disent les femmes du coin, vous pouvez passer la nuit ici pour vous reposer, vous l’avez bien mérité (et elles ne disent pas du tout ça car elles aimeraient bien aller voir le Chasseur prendre son bain tout nu, nooon).

Mais pendant ce temps, Coupaubol, lui, n’est pas resté inactif ! Après avoir averti la Reine de son échec, ce dernier a réuni une nouvelle troupe de cavaliers, et a recruté en chemin un mystérieux et surdoué archer…  qui n’est autre que William, l’ami d’enfance de Blanche-Neige ! Apprenant que son amie était vivante mais en danger, il a décidé de partir à son secours ; et grâce à ses pouvoirs de divination et de téléportation, il s’est trouvé pile sur le chemin de Coupaubol pour rejoindre la troupe à la poursuite de la princesse ! Bien joué mec ! Mais du coup, tu n’aurais pas pu te téléporter auprès de Blanche-Neige, plutôt ? Détail.

Pendant ce temps, de l’autre côté du pays, durant la nuit, près de la rivière, Blanche-Neige se réveille pour constater que des flèches enflammées commencent à tomber sur le village des femmes : bin, ça alors ! C’est pas banal ! Qu’est-ce donc ? Et bien ce sont tout simplement les hommes de Coupaubol qui passent à l’assaut, et commencent à massacrer toutes les donzelles, qui courent partout en hurlant ! Vite, Chasseur, à l’aide !

Blanche-Neige vient d’apercevoir la chevelure de Coupaubol : on la comprend.

Oui, et puis neurones aussi, à l’aide :

  • Comment les méchants ont-ils su où était Blanche-Neige ? Ils bénéficiaient des pouvoirs de devin de William ?
  • Comment sont-ils arrivés aussi vite, sachant qu’il a fallu plusieurs jours à Blanche-Neige et au Chasseur pour arriver là ? Là aussi, les pouvoirs de téléportation ont été mis en commun ?
  • Excusez-moi, mais les dizaines d’archères de combat d’il y a 10 minutes, elles sont où ? Non parce que d’après ce que l’on a vu, la troupe de Coupaubol est à peu près 10 fois inférieure en nombre aux guerrières locales, alors quoi ? Elles étaient occupées à un concert de Justin Bieber ?
Bref : alors que la bataille fait rage, voici que William apparait, utilisant ses talents d’archer pour trahir ses compagnons d’arme et commencer à envoyer de la flèche dans tout ce qui tente de poser la main sur les damoiselles du cru. Blanche-Neige l’aperçoit brièvement, mais très vite, tous deux sont séparés par les flammes des incendies ravageant l’endroit. Et à défaut de William, c’est le Chasseur qui attrape Blanche-Neige par la main pour l’emmener loin du village, fuyant Coupaubol et sa troupe en s’enfonçant dans la nuit. William est un peu dégoûté, car il sent bien comment va se finir cette histoire : elle va coucher avec le Chasseur bad boy, et lui deviendra son meilleur ami gay. Rah, la vie s’tronul.
En tout cas, le lendemain matin, alors qu’ils traversent un bois voisin, Blanche-Neige et son compagnon sont surpris par un terrible piège (le classique lasso qui les suspend à un arbre la tête en bas), mais qui a bien pu le tendre ? La réponse arrive vite lorsque 7 petits personnages bourrus et bien armés sortent des fourrés alentours afin de voir ce qu’ils viennent de prendre : un Chasseur et un… heu… hmm… c’est pas bien clair.
"On dirait une… une sorte de cochon d’inde.
- Non, un cochon d’inde ça a l’oeil qui pétille beaucoup plus. Je pense à une espèce de méduse, mais avec des dents.
- Hmmm, ça se tient, mais que ferait-elle aussi loin de la mer ?
- VOS GUEULES JE SUIS UNE PRINCESSE BOUGRES DE CONS !
- Ah non, pour brailler comme ça, ça doit plutôt être un lamantin."
 
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Mais alors que la petite troupe est toute à sa discussion et hésite à libérer ses prisonniers, ne sachant gère ce qu’ils font là, voici que résonne dans la forêt un son de cavalcade : les cavaliers de la Reine ! Vite, il faut prendre une décision : libérer les malheureux ou les laisser aux soldats de la vilaine dame ? Les nains hésitent.

"Il faut la libérer, je la reconnais : c’est la fille du défunt bon Roi !"

Déclare le… seul nain aveugle de la troupe, que nous appellerons donc Gilbert. Il l’a sûrement reconnue à son haleine. Mais bref : avec cette information, les nains décident donc que Blanche-Neige et son pote Chasseur sont plutôt dans le même camp qu’eux, à savoir, contre la Reine, et les libèrent donc pour mieux les emmener en direction d’une étrange grotte… qui s’avère en fait être un long tunnel débouchant sur un endroit magique !

En effet : la troupe sortant du souterrain rocheux arrive en file indienne dans une sorte d’immense coin de forêt où tout est beau et joyeux, où les oiseaux chantent, les fées filent entre les arbres et les animaux ne sont point effrayés par les hommes ; comme tout cela est fabuleux ! Blanche-Neige s’émerveille devant des nuées de papillons, des champignons jolis ou des sangliers en train de chier dans les fourrés dans une série de bruits liquides, ah, quel lieu merveilleux !

Les nains, eux, n’en ont pas grand chose à faire de tout ça, et organisent juste une petite teuf durant laquelle le plus neuneu des nains, appelons le Simplet à tout hasard, décide de danser avec Blanche-Neige car on sent bien que ça le perturbe de voir une femelle après toutes ces années passées dans des mines seulement peuplées de gros barbus. Par ailleurs, l’un des nains remarque que tous les petits maux de la troupe semblent apaisés en la présence de la princesse : plus de chaude pisse, de constipation, de points noirs ou autre, car elle est si gentille et pure que "Tout guérit autour d’elle" (même si les neurones, eux, semblent prendre cher dans le même temps) ! Ah, elle pourrait donc guérir le royaume ! En attendant, ça suffit : il faut pioncer mes petits amis. On avisera demain sur ce qu’il faut faire.

Et effectivement, une fois la nuit passée, au réveil, Blanche-Neige sent comme un appel ("Blanche-Neige… Blanche-Neige… ramène ton cuuuul") au coeur de la forêt : hooo ! Qu’y a t-il là-bas ? Mais un splendide cerf, bien sûr, tout blanc et vaguement féerique semble-t-il, qui contemple la princesse de haut en bas (et sans rigoler : bravo le cerf). Les nains ainsi que le Chasseur, alertés par la disparition de la donzelle à leur réveil ont filé à sa poursuite (ils l’ont géolocalisée en lisant le script, là encore), et arrivent donc dans la clairière au moment où le noble animal (pas Blanche-Neige, l’autre) s’incline devant la fille du bon Roi, afin de signifier, dixit les nains, qu’elle est bénie entre toutes (et que c’est pour ça que les oiseaux sont ses amis et lui indiquent comment arracher les yeux des gens avec des clous de maçonnerie quand elle s’ennuie dans sa cellule).

Ce qui n’interpelle pas vraiment Blanche-Neige, qui semble trouver tout cela bien normal, quand bien même elle nous claquait des prières chrétiennes au début du film. Petite païenne, va !

Hélas, alors que cette scène enchanteresse fait lâcher des "Hooo" et des Haaa" à la troupe, voici qu’une flèche sortie de nulle part vient exploser la gueule du pauvre cerf, qui brame un peu avant de se transformer en nuée de papillons blancs (oui, il ne peut pas juste mourir dans ses boyaux en vomissant de la bile, ce n’est pas considéré comme suffisamment enchanteur, je ne comprends pas) : les hommes de Coupaubol viennent de trouver le chemin jusqu’à la clairière (là encore, comment ont-ils su que cette dernière existait/que c’était là que Blanche-Neige était ? Mystère), et commencent à attaquer le groupe (mais en débutant avec le cerf qui n’avait rien à voir avec la choucroute pour bien informer qu’ils sont là : bravo les gars).

Le Chasseur et les nains cherchent encore à comprendre ce que ce pauvre cerf venait faire là, et pourquoi il semblait être une cible prioritaire pour les méchants

Détail intéressant, il faut savoir qu’il n’y a, au dire de Coupaubol lui-même, qu’un seul archer dans sa troupe, et il s’agit de William. Alors d’où sort ce nouvel archer qui vient de buter un cerf pour rigoler ? Ah, bah de nulle part en fait. Le scénario l’a généré aléatoirement, pouf. Tiens d’ailleurs, sur la même thématique : d’où sortaient les flèches enflammées qui ont ravagé le village des femmes quelques scènes auparavant ? J’en connais un qui va devoir s’expliquer.

Bref : les nains commencent à foncer vers les agresseurs, alors que deux d’entre eux, dont Simplet, aident Blanche-Neige à aller se planquer loin de tout combat ; hélas, l’archer rabouin les a suivis, et décide donc de faire du carton de nain ; mais Simplet, voyant son compagnon ainsi menacé, se jette devant lui en hurlant "Noooon" au ralenti comme une sorte de tout petit Kévin Costner (ce qui n’est pas très intéressant, puisque plus le garde du corps est petit, moins il couvre de surface lorsqu’il se jette devant vous). Ho no, Simplet is down ! Hurle Blanche-Neige en voyant le petit être ainsi percé d’une flèche se lancer dans la grande scène de l’agonie tremblotante ("Accroche-toi Simplet, les hélicos arrivent ! Je les entends ! Dis pas de bêtises, tu vas t’en tirer !") ; mais hélas, nenni d’hélicos : le nain trépasse purement et simplement, sans se transformer en nuée de jolis papillons, lui (ce n’est pas un nain enchanté, lui, et visiblement, Blanche-Neige ne guérit par les blessures par flèches avec la pureté de son petit coeur, cette grosse nase).

Heureusement, sortant de nulle part, William arrive et tue le vilain archer avant qu’il ne continue le massacre, et se rue vers Blanche-Neige en hurlant "C’est moi, William ! Souviens-toi, c’est moi qui te tirais les cheveux étant petit !"

A noter que malgré le fait que William a massacré une partie des hommes de Coupaubol lors de la bataille dans le village des femmes au bord de la rivière, le frère de la Reine ne l’a pas pour autant viré de sa troupe ou supposé qu’il puisse être un traître, et l’a donc emmené avec lui jusqu’au bout, parce que c’est bien normal. Dieu que ce film est nul (je précise, si vous n’aviez pas encore remarqué).

Bref : dans la clairière magique, la bataille fait rage, et les méchants sont rapidement mis en déroute, entre autres parce qu’ils se font taper dessus à coups de manche de hache par le Chasseur qui n’a toujours pas compris comment utiliser son arme, et ils préfèrent donc fuir plutôt que de poursuivre cette ridicule baston. Finalement, Coupaubol lui-même décide de venir se battre en duel avec le Chasseur, et comme il se doit, le méchant prend l’avantage sur le gentil, jusqu’à ce qu’au moment d’en finir, il se lance dans un monologue sans intérêt ("Hahaha, je suis méchant et je vais triompher, hohoho !") Profitant de la chose selon la règle traditionnelle des films sans inventivité, le Chasseur se reprend donc et pousse son ennemi contre un tronc d’arbre renversé, un peu pointu et habilement situé, ce qui lui pique un peu le dos : Coupaubol agonise donc quelques secondes empalé sur le bidule, son corps se mettant à vieillir particulièrement vite alors que la magie qui l’habitait disparaît, puis il meurt enfin, ce qui fait pousser un long soupir aux coiffeurs du monde entier enfin libérés de cette ignominie (la copine d’ignomickey. Si. Si, j’ai le droit. Arrêtez : ce calembour reste bien au-dessus du niveau de ce film, chut maintenant). Heu heu hem, reprenons.

La bataille ainsi achevée, tout le monde se réunit donc au milieu des bois afin de dresser un fort beau bûcher en l’honneur de Simplet, avec moult chansons en son honneur plus ou moins repompées sur le Seigneur des Anneaux pour accompagner le défunt dans son voyage vers l’au-delà des nains, un monde où le Styx est un ruisseau et où Charon est Passe-Partout. Et autour du bûcher, une décision est prise : il ne faut plus fuir, il faut combattre la Reine. Et pour ce faire, il serait bon de se rendre au château du Duc, le père de William, afin de trouver les hommes et femmes de bonne volonté prêts à se battre pour leur liberté. En route, donc !

Ainsi, et dès le lendemain, la petite équipe se met en marche, et là encore, avec des plans pas du tout repompés sur un autre film précédemment évoqué : toute l’équipe en file indienne, avançant péniblement dans d’immenses décors sauvages et ce, avec des prises de vues tournantes autour d’eux sur fond de musique pompeuse. Non vraiment, on a jamais vu ça ailleurs. D’ailleurs sur certaines affiches, si vous regardez les armoiries du père de Blanche-Neige sur son bouclier ou le style de la couronne de… oui non, cherchez-vous même tous les trucs repompés sinon il faudra un deuxième article entier : poursuivons.

Bref : un matin, alors que tout le monde pionce dans une forêt enneigée (il faut savoir que les saisons semblent être une notion toute relative dans le coin), Blanche-Neige entend comme un app…

Ho, merde ? Mais vous avez pas envie de la ligoter en fait pour éviter qu’elle ne se lève chaque matin pour suivre une quelconque voix mystérieuse ? C’est quoi le problème ? Et puis tant qu’à y être, comment se fait-il que j’arrive à voir Blanche-Neige sur fond neigeux, alors que sa peau est supposée être de la même couleur ? Ho le Destin ! Remboursez ! Produit défectueux !

Mais revenons à nos moutons : la voix qui appelle Blanche-Neige n’est autre que celle de William l’attendant un peu plus loin, qui lui dit qu’il l’aime fort, lui roule un patin puis, comme il est sympa, lui propose… une pomme. Blanche-Neige est trop contente : quel excellent petit déjeuner plein de vitamines ! Hop, elle croque dedans et… ho… elle se sent mal ! Regardant la pomme dans sa main, elle réalise que celle-ci n’est qu’une illusion et qu’il s’agit en fait…

D’une couille.

Pardonnez ma grossièreté, mais franchement, à moins d’un curieux kiwi, je ne vois pas trop ce que ça pouvait être d’autre. A noter aussi, accessoirement, qu’alors que dans la scène juste avant celle-ci, on a vu la Reine ricaner et changer de forme, j’ai quand même eu le droit, dans les sièges derrière moi, à une série de nanas qui ont marmonné "Ho bin ça alors ! C’était la Reine !".

En même temps, ça ne se fait pas de croquer des balls sans connaître leur origine, coquinette

C’est vrai que c’était pas évident à deviner, bravo les filles. Mais bref : la Reine dissipe son sort la transformant en William, et alors que Blanche-Neige est à demi-paralysée sur le sol froid, la méchante se penche sur elle et se lance dans le monologue qui va bien, une fois encore.

"Hahaha, Blanche-Neige ! Te voilà bien feintée ! Je vais te tuer car tu es plus belle que moi, et que ce faisant, je deviendrai jeune et belle pour l’éternité ! Alors que, à l’inverse, si jamais tu survivais à cette rencontre, sache que tu es la seule du royaume à avoir le pouvoir de me tuer, seul un sang plus beau que le mien pouvait lever mon sortilège de jeunesse ! Mais tu vas mourir, tu l’imagines bien, ce n’est pas comme si j’étais en train de disserter à haute voix pour te révéler le secret pour me vaincre  à 10 mètres de tes potes en train de se réveiller et qu’ils allaient venir me pourrir, hein !"

Du coup, incroyable hasard : William et le Chasseur, réveillés par ce bruyant monologue, foncent droit vers la vilaine bougresse pour lui tatane la gueule, mais cette dernière reprend la forme qui lui permet de voyager rapidement, à savoir celle d’une nuée de corbeaux, et s’enfuit aussi vite qu’elle le peut, laissant malgré tout derrière elle un ou deux corbeaux morts (et quelques fientes) massacrés par nos héros durant son échappée. Hélas, pour Blanche-Neige, par contre, il est trop tard : allongée dans la neige, elle semble paisible, les yeux clos et le corps froid, et William, à cette vue, ne sait que faire et pris de panique et de désir à la fois, l’embrasse tendrement.

Ce qui a pour conséquence de…

Rien.

Bon, bin ok les mecs : vous pouvez allumer le bûcher alors. Vous avez fait cet honneur à Simplet, vous allez quand même le faire à une princesse non ? Et bien visiblement, non : William, le Chasseur et les nains préfèrent se trimbaler (comment et pourquoi ? Nous l’ignorons) le corps de la défunte pour le restant de leur voyage, l’emmenant jusqu’à la destination finale du convoi : le château du Duc. Là, le corps de Blanche-Neige est emmené jusqu’à la chapelle locale et vêtu d’une splendide robe blanche, avant d’être laissé en place pour une veillée funèbre où, finalement, personne ne veille parce que sinon ça gênerait le prochain monologue. Personne ?

Non ! Le Chasseur est lui sur place en train de se cuiter et de soliloquer sur la vie qui est trop vilaine, sa défunte femme qui lui manque et Blanche-Neige qui était trop pure pour mourir. Et comme il n’a que ça à faire, et que tout comme William, il a un certain penchant pour la nécrophilie (mais enfin, c’est quoi votre problème avec ça ?), il décide de rouler un petit patin au macchabée, qui se met alors à pleurer avant… de s’éveiller !

Hooo ! Comme c’est choupinou. Moi aussi je pleure. Mais pas pour les mêmes raisons, je crois, enfin passons.

Blanche-Neige sort donc toute pimpante de la chapelle, et décide donc de faire ce que tout bon film pourri doit faire : le passage du discours à la troupe locale sur le courage et la liberté (je fais le même de temps à autres à mes commerciaux pour les motiver, le sabre dressé sur mon pur sang arabe se cabrant en humant l’odeur d’un marché public). Ainsi, voyant émerger dans la cour la princesse ressuscitée, le peuple de l’endroit accourt autour d’elle (probablement pour cramer la gueule de ce mort-vivant), et elle commence donc d’une manière que je n’ai toujours pas pigé, à savoir qu’elle marmonne "Le givre… le feu…" puis lance "Un jour, le fer fondra… et en fondant, il se tordra". Pardon ? Blanche-Neige, c’est un code pour de la coke ? Pour le reste, c’est du classique :

"Les amis, nous avons le choix : vivre à genoux ou mourir libre ; je sais que ça fait 10 ans que vous vivez complètement désespérés en expliquant que vous n’avez pas les moyens de reprendre le château de mon père à la Reine, mais par un habile trou dans le scénario, dans 5 minutes, on aura sans aucune raison une armée si grande qu’elle ne pourrait pas tenir dans ce château ! Alors, qui est avec moi ?
- Moi !
- Moi !
- Et moi aussi !
- Excusez-moi, êtes-vous un lamantin ?
- Et moi !"

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Et au son des acclamations des gens massés dans la cour autour de la princesse, l’espoir renaît dans le château du Duc. Et dans les heures qui suivent, une monstrueuse armée de cavaliers quitte l’endroit avec à sa tête Blanche-Neige, vêtue d’une armure de plates (… je ne commente pas) et armée d’une grosse épée, afin d’aller reprendre le château de son père ! Bon, ils n’ont pas pensé à prendre de fantassins, de béliers ou d’échelles, mais nul doute qu’en lançant très fort les chevaux contre les murs, il se passera quelque chose. Ne restent au château du Duc que les femmes ainsi que Gilbert le nain aveugle, qui du coup, va pouvoir s’en donner à coeur joie. Bien joué mec, tu sais comment tirer parti de la situation.

Mettre une grosse armure, oui, mais surtout pas de casque, malheureux ! Ça décoiffe et ça fait pas joli, ho non alors.

Bref : cavalcadant joyeusement, toute l’armée multicolore (ils ont ressorti les uniformes de l’époque du roi, ils n’auraient vraiment pas dû) arrive en vue du château de la Reine, où déjà, toute la défense locale se met en place, préparant de quoi bien accueillir l’ennemi : huile bouillante, projectiles enflammés, DVDs de Cauet, etc.

Mais comment ouvrir les portes de l’endroit, se disent les hommes, réalisant qu’ils ont été bien débiles de partir aussi vite et sans préparation tout ça parce qu’une nana revenant d’un bad trip avait décidé de se lancer dans un discours cucu. Mais Blanche-Neige a la solution :

"Mes nains, mes fidèles nains : vous allez infiltrer la forteresse pour y lever la herse en passant par le conduit que j’avais utilisé pour m’enfuir, car vous n’imaginez pas que ces gens en auraient déduit qu’il faudrait y poser une grille pour empêcher d’autres évasions !"

Et en effet : personne n’y a pensé. D’ailleurs, personne n’a pensé non plus que dans la scène où Blanche-Neige s’échappait, l’accès extérieur du conduit était à plusieurs dizaines de mètres en hauteur, à flanc de la falaise qu’occupe le château, avec le ressac balayant tout en-dessous… bref, un truc inaccessible. Mais là, visiblement, ça ne pose aucun problème, puisque nous retrouvons grâce à un habile saut dans le temps directement les nains à l’intérieur de celui-ci, débouchant à l’intérieur de la cour du château où toute l’armée de la Reine attend tranquillement la bataille. Et là, attention, on sent le film de qualité :

TOUS, je dis bien TOUS les figurants qui se retrouvent dans une position où ils pourraient apercevoir les nains en train d’avancer prudemment dans la cour se retournent discrètement en regardant ailleurs, quand bien même on les a bien vus apercevoir les petits gars. Qui plus est, les nains chuchotent et se déplacent tout équipés en faisant "glang glang" à 50 centimètres derrière les gens leur tournant le dos sans que ces derniers ne se retournent. Mieux encore, tous les gardes sont tournés dans une direction où ils ne surveillent… rien. Pas vraiment la cour, pas vraiment l’extérieur… non : ils regardent un mur, un poulailler, enfin bref. Là, on imagine bien le type qui a dû placer ces pauvres figurants en leur expliquant que désolé, c’est un film de merde ici, il va falloir faire du n’importe quoi. Enfin.

Les nains, ainsi aidés par la production, arrivent donc jusqu’à la salle contenant le mécanisme de la herse, et après en avoir massacré tous les gardes sans que personne n’entende rien (normal), commencent à lever la grille (ce qui là encore, ne fait pas bouger plus que ça l’armée massée dans la cour, qui trouve bien normal que la porte s’ouvre toute seule).

Blanche-Neige et son armée ont eux foncé droit vers la herse avant même qu’elle ne soit complètement levée, faisant qu’on les retrouve ainsi à patienter à la porte, en gueulant "Alleeeeez, heuuuuu, ouvrez quoi !". Heureusement, personne n’a l’idée de leur tirer des flèches dans la gueule pendant ce temps, ou même de leur verser de l’huile bouillante sur le museau afin qu’à nouveau, Blanche-Neige ne soit plus la plus belle fille du royaume, mais plutôt la plus grosse merguez. On ne verra la garde ne faire ça que 10mn plus tard, quand toute l’armée royale sera rentrée, et qu’il ne restera plus que deux clampins à l’extérieur des murs, ce qui n’est plus vraiment utile, mais bon.

En tout cas, la herse finit par se lever, et tout le monde rentre là-dedans en distribuant coups d’épées, de bouclier, de hallebarde ou de nain trempé dans l’amidon (une arme redoutable), créant un immense chaos dans la cour de l’endroit ; seule, observant les évènements depuis son balcon, la Reine attend elle que quelqu’un pense à lui mettre un coup d’arbalète dans la gueule. Mais comme cela n’arrive pas, elle finit par rentrer, non sans avoir jeté un regard de défi à Blanche-Neige, qui lui a rendu, car n’ayant que ça à faire malgré les 480 types surentrainés contrairement à elle tentant de la tuer en même temps, mais c’est un détail. Ni une, ni deux, elle se fraie donc un chemin à l’épée jusqu’au donjon local (là encore, sans jamais avoir manié l’épée, elle défait tous ses opposants), qu’intelligemment, aucune troupe ne défend. Et cavalcadant dans les escaliers, elle finit par arriver jusqu’à… la Reine, sa mortelle ennemie.

Celle-ci, dans la plus grande salle de son donjon, se contente de tourner le dos à la nouvelle arrivante en murmurant "Hohoho, tu ne m’auras jamais Blanche-Neige !" puis, promptement, se retourne pour engager le combat avec la princesse. Et si celle-ci met du coeur à l’ouvrage, cela ne suffit pas : les sortilèges de la Reine l’aident à esquiver tous les coups, voire à en caser deux ou trois dans la gueule de la pauvre bougresse, et Blanche-Neige finit bientôt au sol, désarmée. Quelques-uns de ses amis, parmi lesquels William et le Chasseur tentent bien de venir l’aider, mais la Reine invoque alors quelques-uns de ses bons vieux soldats cachous (souvenez-vous !) pour les retarder, voire les tuer (oui, tu aurais aussi pu les invoquer avant pour renforcer ton armée humaine et ainsi vaincre tranquillement les troupes de Blanche-Neige, mais c’eut été trop logique, je comprends). Ho non, tout semble perdu, un peu comme ma santé mentale à ce stade !

Se penchant sur Blanche-Neige, la Reine décide d’en finir, et s’apprête donc à la transpercer d’une lame…

… quand soudain la princesse en difficulté lui claque la technique de self-défense que le Chasseur lui avait apprise sans aucune raison dans la forêt, à part bien sûr pour cette situation précise, et détourne donc l’arme de la Reine avant de lui planter un poignard dans le bidou comme une experte !

Je ne sais pas vous, mais je trouve que cette image résume parfaitement la fidélité de "l’adaptation" par rapport à l’oeuvre originale.

Ah ! C’en est fini, se dit la Reine ; ma magie est vaincue, je suis vaincue, un sang plus beau que le mien a eu raison de moi ! Si seulement je n’avais pas fait de la daube depuis le début du film… euuuh… greuuu… reuuuh… argh (dit-elle tout en vieillissant à vitesse grand V, et titubant avant de s’effondrer au pied de son maudit miroir). Je… mon visage… je me transforme en Brigitte Bardot, c’est affreux ! Je… je crois que je préfère… mourir. Argh bis. Les soldats cachous s’effondrent, l’armée du château se rend… le royaume est libéré ! Sonnez trompettes, chantez oiseaux, renaissez fleurs!

S’ensuit donc, sans aucune transition (c’en est même impressionnant), la grande scène finale où l’on retrouve Blanche-Neige montant sur le trône lors d’une grande cérémonie où tout le monde est très content, et où elle… heu… et on me dira que je me répète, mais là : vous avez un plan de 30 secondes où Blanche-Neige, sa nouvelle couronne toute jolie (contrairement à celle trop dark de la Reine, hop, re-transformation !) posée sur sa tête, regarde dans le vide la bouche entrouverte sans qu’il ne se passe rien. Rien ! On la voit juste garder la bouche entrouverte, le regard vide, sans rien dire. Et, sur ce plan sans aucun intérêt à part rappeler le niveau consternant tant de ce film que de son actrice principale…

… FIN !

Mais ? Où suis-je ? Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

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"Major, puis-je vous parler ?"

Quittant des yeux le spectacle lui faisant face, Henry Rathbone se tourna vers son interlocuteur en levant les sourcils, interrogateur.

"Monsieur le Président ?"

Le président était inquiet, pour sûr. Il avait ce pli sur le front que Rathbone connaissait bien et qu’il n’avait vu que trop souvent, à chaque fois que quelque chose de sombre se profilait à l’horizon. En général, ce pli signifiait que Rathbone allait devoir quitter sa demeure rapidement pour aller rencontrer un quelconque personnage s’étant mis en tête de menacer la sécurité du pays. Mais pas aujourd’hui.

"Henry, j’ai besoin de toute votre confiance. Ce que je vais vous dire pourrait être interprété comme de la folie par tout homme non averti, mais je veux croire en vous. Le puis-je ?
- Bien sûr Monsieur le Président.
- Henry… écoutez, il y a des années par une nuit d’hiver, un homme est venu me voir alors que j’essayais d’écrire sur ma vie, et sous la menace d’une curieuse arme, il m’a forcé à changer des éléments de ma biographie…
- Monsieur ?
- Cet homme : il prétendait venir du XXIe siècle… une sombre histoire de "sineyma" ou quelque chose du genre… il… il m’a… il m’a forcé à écrire que dans ma jeunesse je… je… c’est trop dur.
- Que vous ?
- Que je… chassais des êtres… étranges. Que c’était ma passion !
- Des noirs Monsieur ? – lança le major, hésitant
- Rah, mais non ! J’ai si honte aujourd’hui… Henry, vous devez partir sur l’heure et agir seul : j’ai caché le brouillon de cette biographie, mais je vous conjure d’aller la détruire pour ne jamais être exploitée par ce fou du futur, un cheval vous attend dehors, rendez-vous à…"

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Il sembla à Rathbone qu’un éclair venait de frapper juste derrière sa chaise, et il chut de celle-ci en percutant la rambarde du balcon, peinant à se relever en apercevant au milieu de la fumée un homme en étrange tenue qui se contenta, le visage à demi-caché par de monstrueuses lunettes, de maugréer :

"Je vous avais dit de ne jamais en parler : que vous le vouliez ou non, vous serez connu comme un chasseur de vampire !"

Et là, au milieu du balcon du théâtre Ford, l’homme ouvrit le feu sur Abraham Lincoln dans un rire dément qu’Henry n’oublierait jamais.

Comme chaque année à la même saison, voici revenir notre bon ami, le baccalauréat.

Sujet passionnant pour des centaines de journalistes qui meubleront leurs journaux de corrections des sujets de philosophie, ou de micros-trottoirs  à la sortie d’un quelconque lycée parisien afin de savoir si Bianca a ressenti du stress avant l’épreuve, à quelle heure Kévin est sorti, et ce que Gudule pense de ce qu’il fallait répondre, c’est accessoirement l’un des grands moments de la vie du petit Français scolarisé, qui par cette épreuve, en finit avec une bonne partie de son parcours scolaire, et peut donc commencer à s’adonner à d’autres activités, comme par exemple, s’inscrire à la fac pour y sécher les cours ou se planter un tournevis dans l’oreille pour enfin pouvoir devenir suppléant de Nadine Morano.

La chose n’étant cependant peut-être pas évidente pour les passants et passantes sur ce blog venant de par-delà les mers, permettez-moi de vous présenter ce qu’est la chose que l’on nomme "baccalauréat" plus en détails, particulièrement sa place dans le parcours scolaire du jeune fripon étudiant en France.

Lorsque le petit Français naît, tout le monde est content : sa famille est couverte de présents, moult courriers partent pour informer le monde de l’arrivée de Théo/Léo/Enzo/Matthéo parmi nous, et les fabricants de jouets moches se tapent dans les mains hilares ; bref, le pays va bien. Cependant, rapidement, les parents du petit Français réalisent que ce dernier est un peu lourd : il braille en permanence, consomme deux fois son poids en lait, et semble capable de transformer sa chambre fleurie en cloaque du 7e cercle de l’enfer par le seul pouvoir de ses méphitiques déjections. Aussi, vers ses 3 ans, l’enfant est envoyé à l’école maternelle pour tenter de le civiliser un peu, voire de le laisser user de son bavard rectum en d’autres lieux.

D’une durée de 3 ans, l’école maternelle vise à apprendre au petit Français la vie en communauté : grâce à un système de "rituels" matinaux, on permet à l’enfant d’apprendre à apprendre : s’organiser, écouter, éviter de péter la gueule à ses petits camarades à l’aide d’un boudin en pâte à sel pour lui chourer ses BN, autant de compétences qui viendront se mêler à quelques bases comme par exemple, savoir reconnaître son prénom à l’écrit, faire un peu de sport, ou plus prosaïquement, réaliser un collier pour la fête des mères si lourd qu’il permettra de lester sa génitrice le jour où il y aura besoin de toucher l’héritage.

en Afrique, on a pas de pâte à sel, mais on a des idées

Sitôt cela fait, généralement en 3 ans, l’enfant est envoyé vers un nouveau lieu enchanteur : l’école primaire. D’une durée de 5 ans, c’est à cette période que le marmot apprend à lire, écrire, compter, retenir une leçon ou un poème, reconnaître son pays sur une carte et délimiter ses frontières afin de savoir où s’arrête le doux royaume qui est le sien, et où commencent les terres des étrangers qui, avouons-le, sont quand même une sacrée bande de judéo-muslimo-maçons (ne biffez rien, c’est une combinaison gagnante). Il découvre aussi les filles, mais uniquement parce que c’est rigolo de leur tirer les couettes pendant qu’elles jouent à l’élastique.

Vers ses 11 ans, donc, le petit Français subit la plus grande déception de sa vie : alors qu’il attend avec impatience qu’un grand monsieur barbu vienne le trouver le jour de son anniversaire pour lui annoncer qu’il est un sorcier et qu’il va l’emmener dans une nouvelle école pour apprendre la magie (ce qui arrivera, mais uniquement par le biais d’un pédophile lettré), on lui annonce que sa nouvelle école s’appelle plus probablement Jules Ferry que Poudlard ou Beaubâton, et qu’à défaut d’y apprendre la magie, il y apprendra plutôt à reconnaître un triangle isocèle, ce qui est un peu moins impressionnant qu’une boule de feu, mais peut quand même servir de sort de sommeil de zone. Mais surtout, le pré-adolescent découvre un phénomène étrange : les filles se mettent à faire une tête de plus que lui (temporairement, qu’il se rassure, il pourra à nouveau les battre comme plâtre prochainement), et de mystérieuses choses leur arrivent, qui font que notre marmot a de moins en moins envie de leur tirer les couettes, et de plus en plus envie de savoir ce qu’il se passe sous leurs pulls ; d’ailleurs, cette simple idée provoque chez cet être de curieux phénomènes qui feront râler maman au moment de laver ses slips, mais passons. Car après 4 ans de ce traitement, le petit Français s’apprête à passer sa première grande épreuve : le brevet des collèges, sorte de gros contrôle se rapprochant plus de la blague que de l’examen.

Une fois celui-ci validé, il peut donc poursuivre son chemin et se rendre…

Au lycée. D’une durée de 3 ans, celui-ci propose aux élèves de plus ou moins se spécialiser, même si leur intérêt du moment est toujours de savoir ce qu’il se passe dans les vêtements des damoiselles, de fumer des pétards, et de se saouler à la vodka-Red Bull parce que la vodka toute seule, ça pique et c’est pas bon, alors il faut mettre du goût bonbon dedans. Après avoir choisi une simili-spécialisation, l’élève doit donc se présenter en salle d’examen pour y passer, au mois de juin, l’épreuve du baccalauréat.

Mais alors, qu’est-ce donc, le baccalauréat ?

Pour beaucoup, le baccalauréat, c’est un peu l’annonce de la fin de la scolarité "classique", l’épreuve qui sanctionne la réussite du lycée et permet d’enfin sortir de celui-ci pour se rendre à la fac, et commencer à étudier le sujet que l’on préfère, comme par exemple, la philosophie, afin de pouvoir occuper son temps une fois au chômage ou mettre des statuts pédants sur Facebook. Et c’est surtout un diplôme, ce qui donne l’occasion de recevoir une bonne accolade en famille, puis d’aller courir nu autour d’un barbecue fait de cours d’histoire-géographie (ce qui est très mal comme chacun sait, puisque si lorsque l’on dit "Je ne crois pas aux fées", l’une d’entre elles meurt, lorsque l’on déclare "L’histoire-géo ça ne sert à rien", un nouveau Steevy Boulay naît). Toute proposition de réforme dudit diplôme, désormais obtenu par plus de 73% de la population, fait donc descendre dans la rue des hordes de lycéen, parfois syndiqués (qui a rigolé ?) qui hurlent que l’on "dévalorise leur diplôme", que cela va "affecter la qualité de celui-ci", quand d’autres voix leur répondent qu’il faut "revoir le niveau du bac, qui n’a de cesse de baisser" ou à l’inverse "qu’il faut organiser des cérémonies de remises de médailles pour les jeunes lauréats", comme cela se fait dans certaines communes.

Bref, en un mot comme en cent : en France, le baccalauréat est une institution, et gare à celui qui osera toucher à ce précieux sésame !

Sauf que, si nous voulions être plus honnêtes, nous pourrions reformuler la chose ainsi : "le bac est un étron fumant fait papier".

Un élève trichant en tentant de faire celui qui ne regarde pas l’ordinateur qu’il a subtilement placé dans un endroit discret

Journalistes faisant jusqu’à 10 reportages par jour sur le sujet, lycéens défendant la valeur de la chose ou personnes soucieuses de la valeur tant éducative que symbolique du bac, merci de bien vouloir brûler pour l’éternité dans les flammes d’un four à pizza (l’Enfer a un peu trop de panache pour vous).

Et pour argumenter quelque peu mon propos, permettez-moi de citer le site du ministère de l’éducation lui-même, qui nous dit ceci :

Le baccalauréat  sanctionne la fin des études secondaires et ouvre l’accès à l’enseignement supérieur. Il est le premier grade universitaire.

 Et…

C’est tout. Vous pouvez circuler.

Non, amis des débats pourris pouvant douter plusieurs semaines, un simple apprentissage de la lecture vous l’aurait appris:  le baccalauréat n’a pas une "valeur" dont tout le monde parle le temps de quelques débats, hurlant à la baisse future ou présente de celle-ci, en fait, il n’en a tout simplement pas du tout. Et c’est le ministère de l’éducation qui le dit, pourtant guère connu pour s’en prendre à lui-même. Le baccalauréat ne confère aucune compétence, aucune reconnaissance de savoirs particuliers, il est tout simplement un papier officiel reconnaissant que… rien.

"Mais siiiii, il reconnait au moins que vous maîtrisez les programmes enseignés au lycée !", me dira t-on.

Mais même pas, puisqu’il est possible de passer le diplôme sans même passer par le lycée. Et donc de passer l’examen sans maîtriser les savoirs allant avec. Vous pourriez remplacer toutes les épreuves par un concours de strangulation de chats, ça aurait exactement la même "valeur", à savoir, aucune, les instructions officielles actuelles s’assurant avec sévérité que l’on fasse bien attention à ne reconnaître aucune compétence avec le bac. Ainsi, et je suis désolé de révéler la chose au triste monde n’ayant pas connu les entrailles maudites de l’éducation nationale, il faut savoir que :

  • le bac est probablement l’un des rares diplômes au monde où l’on fixe les résultats avant de le soumettre aux étudiants : un discret courrier aux établissements demande généralement quelques semaines avant l’examen de se débrouiller pour arriver au minimum à tel pourcentage de réussite, parce que ça fera tellement plaisir à Monsieur et Madame Michu de voir leur fils diplômé
  • le bac est probablement l’un des rares diplômes au monde où, lorsqu’un enseignant en corrigeant n’atteint pas une certaine moyenne dans ses copies, on lui explique que c’est lui le nul, pas ceux qu’il a corrigé, et qu’il doit donc se débrouiller pour inventer des points imaginaires jusqu’à atteindre un certain seuil
  • le bac est probablement l’un des rares diplômes au monde où l’on ne demande pas obligatoirement à des élèves de savoir vaguement lire et écrire le français : ils peuvent être de formidables astroquiches, on considère que c’est normal (l’élève lui-même se révolte souvent contre les conventions orthographiques et grammaticales, à base de "Vazy c’et bon on conpran c’que j’dit lache la fère !")
  • le bac est probablement l’un des rares diplômes au monde où l’on ajoute tellement de points aux élèves pour un oui ou pour un non qu’il y a chaque année des lauréats obtenant une moyenne supérieure à 20, ce qui est techniquement intéressant quand on se présente officiellement comme un diplôme sérieux

Dernier point essentiel donc, puisque le bac ne reconnait aucune compétence particulière, avoir le bac signifie tout simplement que… l’on a le bac.

La chose est si dramatique qu’elle en est admise dans le subconscient collectif : demandez à un employeur pourquoi il a besoin d’une personne avec le bac (autre qu’une filière professionnelle) puisque ce diplôme est généralement requis plutôt que d’une avec le brevet des collèges, dans la plupart des cas, elle s’avérera bien incapable de répondre, puisqu’incapable de pouvoir désigner une compétence particulière qui ne serait présente que dans le programme du lycée et dont il aurait bien besoin.

"T1 G loopé le bak franC Chaipa pourkoa ! La raje !"

Bon alors mettons, il sanctionne la fin des études secondaires avec du rien saupoudré d’un poil de non-sens, mais alors, au moins, c’est le premier grade universitaire, non ?

Et bien même pas : car si la chose était avérée, on pourrait donc supposer qu’il s’agisse là d’un diplôme certifiant que son possesseur est prêt à suivre des cours à l’université, mais non ; car pour ceux qui ne le sauraient pas depuis quelques années maintenant, nombreuses sont les facultés, dans certaines filières, à commencer l’année… par des cours de français, tant on est pas sûr qu’un possesseur du premier grade universitaire de France maîtrise un minimum la langue du pays. Assez symbolique.

Pour la petite histoire, sachez que certaines facultés ont eu la joie d’en revenir à la distinction entre "et" et "est" dans leurs cours, certains bacheliers ne sachant pas la faire.

Et pas par étourderie, non. Vraiment.

Bref : en fait, le bac ne valide rien, ne prépare à rien, et a une a une valeur très exactement nulle.

A part dans l’imaginaire collectif, ce qui, traduit autrement, signifie que l’on fait stresser des marmots durant des semaines, pourrit le journal télévisé (quoique, en général, il n’y a pas besoin du bac pour le coup pour que le niveau y soit pas), oblige des lycéennes à s’asseoir dans des couloirs en lisant leurs "fiches" (comme déjà évoqué ici, chez la lycéenne, cela signifie "Mon cours écrit en plus petit et avec du fluo") en jurant devant tous les passants qu’elles n’arriveront jamais à savoir tout ça, pour très exactement du vent. A part faire tourner quelques boites de bachotage, ce qui certes encourage l’économie, mais probablement moins que le budget investi dans l’organisation des épreuves, et qui s’avère en général assez conséquent, même si au final, tant que l’on n’aura pas donné une télécommande à chaque enseignant surveillant l’épreuve permettant de faire tirer un satellite en orbite pour qu’il envoie un coup de canon à ions sur l’Iphone discrètement caché sous sa table de Jean-Kévin, on ne mettra jamais assez dans la lutte contre la triche.

Ou à la limite, juste un intérimaire Tchétchène avec une batte à la porte de chaque salle. Je suis sûr que ça marcherait bien.

Rappelons d’ailleurs, en parlant de triche, qu’il est soigneusement rappelé aux surveillants de l’épreuve qu’à part s’ils surprennent Eudes-François avec les réponses tatouées sur son dos parce qu’il avait trouvé l’idée trop géniale après avoir regardé Prison Break (il a donc désormais la liste des verbes irréguliers quelque part au-dessus de son rectum), ou autre preuve formelle qui ne nécessite pas un épisode entier des Experts pour confirmer ce que le surveillant prétend avoir vu, il vaut mieux pour eux dire qu’ils n’ont rien vu. Sinon s’enclenche toute une procédure particulièrement lourde qui s’achève généralement par un procès intenté par les parents dudit Eudes-François qui ne peuvent imaginer que leur Choubidou puisse avoir triché (la preuve, les réponses étaient dans son dos, ce qui prouve qu’il était de bonne foi ou alors juste particulièrement con, mais les lois de l’ADN poussent ses géniteurs à supposer qu’il s’agit de la première solution quand ils sont eux-mêmes victimes de la seconde), et finissent donc généralement par gagner. A moins, bien sûr, que le canon à ions en orbite n’ait raté l’Iphone du brigand et n’ait transformé le vil tricheur en pulpe sanglante, auquel cas, tout va bien. Mieux, même dirais-je.

On pourrait donc résumer la chose ainsi : le baccalauréat en France est une chose si mauvaise que le diplôme a non seulement une valeur nulle, mais qu’en plus l’épreuve en elle-même frise le ridicule.

Aussi, si je voulais conclure (ça m’arrive, parfois), je dirais :

Bon courage à vous, lecteurs et lectrices, qui allez supporter les insupportables babillages à venir sur le baccalauréat à la télévision, à la radio et dans les journaux : soyez forts.

Bon courage à vous, enseignants et enseignantes, qui allez surveiller et corriger des copies qui vous feront saigner des yeux, mais sur lesquelles il faudra inventer des points pour simuler la réussite intellectuelle auprès d’une huître anthropomorphe

Et surtout, bon courage à vous, lycéens et lycéennes, qui allez réviser, perdre du temps, stresser et perdre plusieurs heures à user encre et papier pour un résultat parfaitement inutile.

Un indice tout de même sur le sujet de philosophie qui ne tombera pas encore cette année :

"Sachant que ce diplôme ne sert à rien à part jouer avec les nerfs des candidats qui ignorent pourquoi ils le passent, expliquez pourquoi on n’affecte pas le budget d’icelui à d’autres urgences éducatives, comme par exemple la castration chimique des collégiens ?"

Vous avez 4 heures.

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