Au travers de l’Histoire, la France s’est battue pour se dresser face aux menaces extérieures et subsister indépendante, fière et droite.

Il faut dire que de tous temps, on a voulu nous envahir : romains, francs, anglais, espagnols, sarrasins, teutons… combien d’armées, fussent elles chaussées d’acier ou de cuir, équipées de lances ou de fusils, ont voulu faire plier notre nation sous le joug d’une autorité infâme et dégradante ? Aux heures les plus sombres de notre pays, alors que l’ennemi semblait disposer de nos terres comme si elles étaient siennes, des hommes et des femmes ont su se lever. Au cœur de la tempête, ils ont compris que les vents déchainés ne devaient pas faire plier le drapeau, mais bien au contraire, le faire claquer comme jamais ; le son du pavillon tricolore battu par les embruns résonne dans le cœur des justes comme le mot "espoir".

Moquez-vous, trublions ! Outragez le drapeau (ou un autre, pour les lecteurs étrangers), baissez les yeux face au regard intraitable de Marianne, riez des frontons de nos mairies, mais sachez-le : cela ne durera pas, car en notre pays, des citoyens continuent de lutter face aux envahisseurs.

Brice Hortefeux est l’un de ceux-là. Car grâce à sa dernière proposition sur… attendez…

Pourquoi riez-vous, sales crypto-gauchistes ? Furoncles staliniens, ne réalisez vous pas ce qu’il vient de se passer ? Comment vous êtes désormais mieux protégées des ennemis de notre pays ? Prenons un peu de recul, voulez-vous ? Voilà. Là, c’est bien. Posez-vous maintenant la véritable question :

Pourquoi la France a t-elle si souvent été menacée d’invasion ?

Bonne question, hein ? Que venait chercher l’ennemi chez nous ?

Des terres ? Que nenni ! De l’argent ? Allons donc, si c’était le cas, ils auraient plutôt envahi Monaco (ce qui est faisable avec 6 SDFs, 3 pistolets factices, 4 gourdes de rosé et une super 5)

Non ; la réponse est en train de faire ses courses chez Yves Rocher : nos femmes.

Les sirènes ont très tôt appris à éviter les vikings, à leur grand désarroi

Souvenez-vous des vikings, terreurs du royaume ! Traversant les mers, remontant nos fleuves, ils débarquaient, mettaient à feu et à sang un couvent, et ne s’enfuyaient qu’après s’être assuré que de la mère supérieure aux novices, toutes avaient eu droit à un peu d’action dans l’ennui de leur vie religieuse. Bientôt, dans toutes les paroisses, le nom de viking devint le synonyme de plaisirs interdits ; ces visages carrés, ces barbes fournies, ces bottes tambourinant les planchers, couvertes de rouille et de sel de mer… on dit que la simple évocation de ce nom provoquait, chez les bonnes sœurs, des soupirs sulfureux qui faisaient rougir jusqu’au plus innocent des enfants de chœur. Évidemment, l’Histoire dans son immensité a fusionné cette période avec les deux qui suivirent ; tout d’abord, celle dite de "La Déchaussée aux moines", durant laquelle les équipages nordiques, attristés de découvrir qu’ils avaient déjà souillé tout ce que le royaume comptait de chaste religieuse, s’en prirent de dépit aux chastes religieux. Après des semaines de mer, lorsque l’on débarquait et que l’on avait plus de nonnes à se mettre sous la main, n’importe quel moine à la tonsure douce et soignée faisait l’affaire. Et lorsqu’enfin le dernier frère fut laissé pour mort, nu comme un vers sur la table du grand réfectoire de l’abbaye de Landévennec après avoir connu les caresses de tout un équipage velu et teigneux, on vit s’ouvrir la troisième et dernière période des invasions vikings, celle dite du "Fléau des caprins", qui, je vous en fais la synthèse, a impliqué quantité de bêlements de bonheur dans tout le royaume.

Au fil des siècles, toutes les invasions visèrent ce même objectif : nos greluches ; les anglais en ayant surtout des moches, ils tentèrent à moult reprises de s’emparer des nôtres, brûlant les moins coopératives. Les teutons, malmenés des centenaires durant par d’imposantes marâtres en costume tyrolien aux tresses blondes et aux bras gros comme des troncs de la Forêt Noire, tentèrent régulièrement de se déplacer de par chez nous pour trouver des compagnes plus coopératives. Les portugais, enfin, pour des raisons que je ne développe pas, firent 7 tentatives méconnues de débarquement sur La Baule afin d’envahir le pays, mais échouèrent à chaque fois suite à des problèmes d’hydrodynamisme de leurs soldats.

Voilà qui explique au moins deux guerres mondiales

Disons le tout net : si la France est le pays de l’amour, c’est parce que nos femmes font rêver le monde, au point que certains matins il a encore rêvé d’elles et que ses draps s’en souviennent.

Attention lectrices : ça ne veut pas dire que je vous estime pour autant, hein. Juste qu’en plus de tous vos défauts (futilité, goût pour les dinderies, amour des enfants), vous êtes la cause de bien des invasions (vous êtes un peu nos Sabines, et je parle plus de celles de Tite-Live que de Paturel), et donc responsables de tant et tant de morts ! Comment pouvez-vous vivre avec le poids de ces péchés, en plus de l’originel ? Non vraiment, vous faites chier quoi, merde.

Bon, que disais-je ? Ah oui, Brice Hortefeux.

Brice Hortefeux l’a bien compris ; face à la force de nos armées (j’en entends qui pouffent au fond, ça suffit), l’ennemi a saisi qu’il valait mieux passer nos frontières individu par individu pour se saisir de nos femmes plutôt que de nous affronter de front ; ça pourrait encore aller si ces petits goinfres se contentaient d’une, mais vous les connaissez, les bicots melons bougnouls rastacouères étrangers, hein, ils en prennent tant qu’ils peuvent.

Le mot est lâché : ils sont polygames. Parce que quand t’as une épouse, ça va, c’est quand il y en a beaucoup que ça pose des problèmes.

Brice s’est donc mis très en colère (certaines mauvaises langues disent "tout rouge", mais je ne mange pas de ce pain là moi, je respecte mes ministres), et a déclaré que désormais, nos amis polygames pouvaient trembler, puisque l’on pourrait les déchoir de leur nationalité française si jamais ils se mettaient en ménage, de fait (pas forcément besoin d’un mariage), avec plusieurs femmes.

On ne rigole plus ; la polygamie est donc mise au même niveau que le terrorisme ou la haute-trahison. Ceinture d’explosifs ou ceinture de chasteté, même combat.

Prenons par exemple Jean-Jacques. Jean-Jacques a 17 ans lorsqu’il rencontre Géraldine, une jeune bourguignonne à la silhouette gracile entretenue par des années de pratique quotidienne de la danse classique. Après deux ans de relation, ils s’installent ensemble à Nevers, leur rêve, où Jean-Jacques travaille comme assistant administratif dans une entreprise produisant des crayons de papier. Un jour, il y croise Raphaëlle, une petite stagiaire aux ressources humaines tout ce qu’il y a de plus sympathique qui se passionne pour l’équitation, le cyclisme et la vie de  Boutros Boutros Ghali. De jour en jour, il sent bien que Raphaëlle l’attire ; il aime toujours Géraldine (tant qu’elle ne grossit pas en tout cas, restons pragmatiques), et pourtant, au fond de lui, quelque chose semble réagir à la présence de la nouvelle venue (ce n’est pas à prendre au sens littéral, hein). Un soir, se sentant coupable, il va confesser ses sentiments pour Raphaëlle à Géraldine (oui désolé les filles, c’est une fiction, hein, dedans il y a un homme honnête mais j’aurais aussi bien pu mettre une manticore, Pégase ou Arthur disant quelque chose de drôle). Cette dernière le prend assez mal, puis essaie de comprendre la situation. Elle demande à rencontrer la jeune fille, et comprend à son tour pourquoi son mari est tombé sous son charme ; je vous passe les détails, mais 4 ans plus tard, Raphaëlle emménage avec Géraldine et Jean-Jacques. Ils sont heureux, la vie est belle et le soleil brille sur Nevers (je vais vraiment loin dans la fiction, là).

Jusqu’au jour où une rangers du GIPN défonce la porte d’entrée de Jean-Jacques à 6h du matin et va le tirer du lit où il dormait du sommeil du juste entre ses deux compagnes ; après avoir reçu quelques coups de matraque pour avoir résisté (il criait "Laissez moi enfiler un slip !" en s’enfuyant vers la buanderie), il est promptement jugé, passe quelques jours en prison où il découvre une nouvelle forme des joies des partenaires multiples auprès de Slözt, son compagnon de cellule bodybuildé, puis est déchu de sa nationalité française. Il est donc menotté et envoyé par charter vers un pays célèbre pour n’exister qu’en théorie : la Belgique.

Alors que la polyandrie, pas de problèmes.

Maintenant, reprenons la même histoire, sauf que cette fois, Jean-Jacques ne confie rien à Géraldine et préfère "rester tard le soir au bureau pour traiter des dossiers", le dossier en question mesurant environ 1,68 pour 59 kilos, et remplissant fièrement ses bonnets B. Géraldine finit par sentir que quelque chose ne va plus dans son couple, et n’arrivant pas à faire parler Jean-Jacques, elle sombre peu à peu dans la dépression au point de commencer à louer des DVDs de Joséphine Ange-Gardien pour oublier le monde qui l’entoure. Raphaëlle, de son côté, pleure régulièrement que Jean-Jacques est un lâche qui jure qu’il va se séparer de Géraldine alors qu’il n’en fait rien, elle se sent manipulée et n’est pas heureuse dans cette vie. Elle finira donc logiquement par ouvrir un skyblog tant elle sera au fond du trou.

4 ans plus tard, Jean-Jacques a donc deux compagnes, toutes les deux malheureuses, mais lorsqu’il croise le GIPN, on le salue cordialement et on l’appelle "tombeur" (alors que chacun sait que si Jean-Jacques s’appelait Jeannine, elle se ferait appeler "salope").

Voilà donc la différence fondamentale entre la polygamie et l’adultère : dans le premier cas, tout le monde est supposément d’accord, ce qui est moins malheureux, que dans le deuxième cas, où il y a mensonges et tromperie. Il a donc été convenu fort logiquement que les coupables de polygamie étaient de sombres enfoirés, quand les coupables d’adultères étaient de braves citoyens.

La morale de cette histoire est donc la suivante : messieurs, pour le respect de ces dames, ne les épousez pas : trompez les.

Ah, et dire que parmi ces expressions françaises intraduisibles de la par le monde, comme "coup d’état" ou "rendez-vous", il y a :

"Ménage à trois"

La francophonie vient d’en prendre un sacré coup.

P.S : Message pour Carlita ; cette histoire, c’est vraiment trop dommage, complique tes projets d’emménager chez moi. En tout cas, tu peux quand même passer à la maison ce soir, j’ai les accessoires pour le "tourniquet slave" dont je t’ai parlé. Diego te raccompagnera discrètement Faubourg Saint Honoré avant 6h, comme toujours. Astique tes pommettes ma louloute.