Comme chacun sait, je suis partisan des économies d’énergie, à commencer par la mienne.

Aussi, et comme le précédent article traitait des compétences hors du commun de nos amis de la presse (qui s’étonnent que leurs ventes baissent, rappelons-le, mais c’est la faute de la télé, d’internet, de la crise et des ninjas), permettez-moi dans une subtile transition de débuter celui-ci avec les critiques du film Snowpiercer : le Transperceneige.

Attention, c’est parti :

5/5 "La richesse de "Snowpiercer" est telle qu’il faudrait le voir encore et encore pour cerner tout ce qui fait de ce film l’oeuvre complexe et politique qu’on n’attendait plus."

- Cinema Teaser

5/5 "Une œuvre cinématographique à la fois divertissante, spectaculaire et foncièrement abstraite."

- Le Monde

5/5 "(…) un film d’action éblouissant sans jamais quitter l’espace clos d’un train lancé autour du monde."

- Les Inrockuptibles

5/5 "[Pour] Dans "Snowpiercer", on passe de l’effroi au burlesque, de l’action à la philosophie le temps d’une séquence dialoguée ou d’une explosion de violence. (…) Du caviar à la louche pour cinéphiles affamés. (NDOC : Ah oui, rien que ça)"

- Paris Match

Nul doute qu’avec des critiques pareilles, les lecteurs qui attendaient la critique d’un chef d’oeuvre seront satisfaits. Alors, Snowpiercer, véritable révolution politico-cinématographique ou épopée digne d’un Tchoupi fume du shit ? Ni une, ni deux : spoilons, mes bons !

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L’affiche : rien que le concept est bancal. Ça valait bien une adaptation cinématographique.

Notre film s’ouvre sur de jolies images de "chem-trails", à savoir ces belles traînées blanches laissées par les avions volant à haute altitude et dans lesquelles les théoriciens du complot voient la preuve que l’on tente de les empoisonner en diffusant des produits chimiques dans l’atmosphère. D’autres personnes y voient surtout la preuve de l’existence de la condensation, mais elles n’y connaissent rien, puisqu’alors que ces images défilent devant nous, on entend des extraits de journaux télévisés annonçant qu’il s’agit bien là d’une dispersion officielle et à grande échelle des gouvernements mondiaux d’un agent chimique révolutionnaire devant refroidir notre planète qui chauffe un peu trop : il contient en effet des extraits de l’humour de Kad Merad, ce qui pourrait refroidir n’importe quoi.

Sauf que ça a tellement bien marché que du coup, le globe a gelé au point d’anéantir toute forme de vie (oui, toute. Toute. Arrêtez de chipoter : si les humains ne peuvent pas survivre, c’est connu, tout le reste meurt).

Heureusement, les humains ont eu une idée géniale : embarquer à bord d’un train qui fait le tour de la Terre puisque c’est connu, les rails, ça ne demande aucun entretien, ça n’a aucun souci avec le froid et la neige comme vous le diront tous les cheminots qui ont déjà travaillé en hiver (ou les gens qui ont tenté de prendre le RER), et en plus, ça permet d’accueillir un monde fou. Bref, moins pratique qu’un bunker, qu’une voiture ou même qu’une mule avec une cagoule, nos survivants collectent donc des Smiles toute l’année. Tout cela commence fort et nous n’en sommes qu’au pitch.

Toujours est-il qu’il est temps d’aller voir dans le train qui fend la nuit et la neige de quoi il retourne.

En effet, à l’intérieur, nous retrouvons Curtis, un héros cool à la barbe bien taillée et son jeune ami, Relou le relou. Tous deux font partie de la 3e classe à bord du train, qui vit dans les wagons de queue ou à part des couchettes et le minimum vital, il n’y a quasiment rien. Et en plus, la sécurité du Snowpiercer n’est pas tendre avec eux et vient recenser la population des 3e classe tous les… deux ou trois jours. Ce qui est très logique, puisqu’on ne sait jamais : ils pourraient tous mourir sans que personne ne le remarque, ou à l’inverse, invoquer l’esprit du Grand Lapin pour forniquer comme des bêtes furieuses et se reproduire en 48 heures.

Ou alors, c’est juste que la sécurité se fait chier, allez savoir. Le dernier jeu de carte a dû geler.

Bref, l’ambiance pue un peu la révolte, puisque non seulement se faire recenser en boucle, c’est un peu lourd, mais en plus, le seul repas autorisé  consiste en une "barre de protéines" , truc noir et flasque distribué une fois par jour aux malheureux qui doivent trouver moyen de s’en contenter tant bien que mal. Mais c’est aussi l’occasion de s’amuser un peu, puisqu’un mystérieux inconnu glisse des messages dans les barres protéinées, et que Curtis, qui est donc notre héros, essaie donc de les réunir puisque chaque message contient un mot, un nom ou un indice sur comment aider la révolte qui gronde.

Qui les aide ? Pour quel mystérieux motif ? Et surtout, comment Curtis fait-il pour toujours obtenir le message sachant qu’il ne sait jamais dans quelle barre il est ?

Que de questions.

D’ailleurs, aujourd’hui, Curtis est bien embêté : une passagère annonce à celui-ci que c’est son fils (à elle, pas à notre héros : c’est un vieux mâle célibataire) qui a la barre protéinée contenant le message du jour. Sachant que ni le gamin, ni la plupart des gens n’ont commencé à manger leur barre, par quel miracle sait-elle qu’un message se cache dans son miam ? Elle a probablement une vision à rayons X : j’espère que Curtis porte bien son slip en plomb.

D’ailleurs, le gamin est évidemment énervant et refuse de donner la barre de protéines. Mais plutôt que de lui éclater la gueule contre une couchette ou une porte (chacun peut avoir sa petite préférence), Curtis préfère longuement négocier pour que finalement, le trou du cul (qui évidemment court partout et écoute à peine quand on lui parle) lui donne la barre de protéines et qu’il découvre dedans la fève qui pour le coup, est un message disant :

Namgoong Minsoo

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Relou le relou, illustration. Ici, Relou le relou apprend que non, il ne pourra pas surfer aujourd’hui.

Si l’avis de la plupart des passagers est que cela signifie "Celui qui lit ça est un con" en coréen ou un nom de soupe Liebig, Curtis a une toute autre idée : grâce à ses connaissances encyclopédiques tirées de son… sa… hem, ses connaissances encyclopédiques parfaitement justifiées, il sait que Minsoo est un expert en sécurité qui pourrait ouvrir les portes des voitures du train et donc leur ouvrir la voie vers l’avant et ses richesses. Curtis va donc en parler à Gandalf, le vieux sage manchot du train. Gandalf est en effet un des ingénieurs ayant bossé sur le Snowpiercer, mais après s’être visiblement fait doubler par Wilford, l’actuel propriétaire du train, il a fini en 3e classe. Feinté, papy. Les deux papotent donc d’un plan à mettre en place pour aller trouver Minsoo, qui serait retenu dans la voiture-prison plus à l’avant, et c’est l’occasion d’aborder un sujet qui reviendra en boucle avec toutes les personnes que Curtis va croiser :

"Curtis, tu es si sombre, si cool et si charismatique, tout le monde veut te suivre !
- Non, je suis dark et torturé, je ne suis pas un leader.
- Alleeeeez faipataput’ !"

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Mais, si : il fait un peu sa pute.

Il n’empêche que le lendemain, une fois encore, la sécurité oblige tous les 3e classes à se regrouper, et plus particulièrement, à mettre leurs enfants au premier rang. La rumeur court : Wilford, qui "adore les enfants" (… non, rien) viendrait en chercher un nouveau, comme une vulgaire Angélina Jolie faisant du shopping en Afrique. Il a donc missionné un sbire, ou plutôt une sbirette, Jeannine. Celle-ci vient donc observer les enfants et les mesurer… lorsqu’elle entend un mystérieux éternuement dans les rangs des 3e classe. Et grâce à ses supers pouvoirs, non seulement elle identifie instantanément l’éternuement comme celui d’un enfant planqué dans les rangs, mais en plus, elle identifie la maman qui a planqué le marmot dans ses jupes du premier coup (encore une histoire des rayons X). Notre bougresse embarque donc le marmot planqué ainsi qu’un autre, et cela provoque une émeute chez nos amis de 3e classe, difficilement maîtrisée par la sécurité.

Dans l’affaire, une chaussure est envoyée sur Jeannine par le père d’un des enfants, que nous appellerons Roro.

Fâchée d’avoir été traitée comme un vulgaire Georges W. Bush, Jeannine demande donc à la sécurité d’agir. Ce qui est bien vite chose faite puisque Roro est saisi par les hommes en armes, qui font appel à une petite chef locale, Gertrude, pour faire un speech sur pourquoi c’est méchant de jeter des chaussures sur les gentils riches qui viennent chercher des ch’tites n’enfants, le tout en faisant un geste bizarre sur lequel nous reviendrons. C’est donc fait pendant que Roro subit son châtiment : il est condamné à garder son bras au-dehors du train durant 7 minutes (ça tombe bien, le train est équipé figurez-vous en petits orifices permettant de juste passer un bras sans que le froid ne pénètre, c’est merveilleux, ils avaient pensé à tout au départ), ce qui, d’après les calculs des larrons du bord, devrait le geler entièrement.

Et en effet : 7 minutes plus tard, Roro n’a plus un bras mais un Miko. La sécurité lui pète donc au marteau, et c’est donc Roro le manchot qui rejoint les siens, un peu bougon. On lui a pris son enfant et son bras droit, maintenant, comment va-t-il se soulag… hem, comment va-t-il faire au quotidien ?

Du coup, le soulèvement gronde, si fort qu’il est prévu pour le lendemain. En effet, Curtis a noté que les chargeurs des armes de la sécurité étaient tous vides : ils ont dû trop tirer lors de la dernière insurrection, 4 ans auparavant. Avec des lames et masses de fortune, il est donc probablement possible de leur péter la gueule. Et en attendant de libérer Minsoo, l’expert en portes, Curtis propose de fabriquer un bélier à partir de… hem. Bon, vous savez quoi ? On va dire que la sécurité leur a laissé les barils de barres protéinés. Et que mieux encore, ils s’emboîtent pour faire un bélier parfait avec parties démontables pour coincer les sas que l’on tenterait de refermer.

Ça tombe bien, dites-donc.

Le lendemain, le plan est donc mis à exécution : au moment du recensement, les 3e classes sortent tout ce qu’ils ont pu bricoler comme armes et tombent sur le coin du nez des pauvres gardes qui n’ont effectivement plus de balles (quel dommage que personne n’ait pensé à juste faire passer les barres protéinées par une trappe et les laisser dans leur crottin). Ils leur tapent donc le museau puis aidé de leur bélier (sur lequel Curtis grimpe, probablement pour rendre la manœuvre plus ardue, il doit aimer faire chier), passent les portes de sécurité et tabassent tout le monde sur leur passage jusqu’à arriver à la prison du coin.

L’occasion donc d’ouvrir les cellules, qui sont en fait plus ou moins des tiroirs de morgue qui contiennent des mecs en stase, mais qui se réveillent comme des fleurs, et avec grâce s’il-vous-plait : pas une courbature. Ils doivent avoir été condamnés à faire du yoga à perpet’. Minsoo, l’expert en sécurité, est donc bien vite libéré et même s’il ne parle pas anglais, ça tombe bien, le coin grouille de traducteurs universels qu’on avait laissé là, houplà. Les choses sont bien faites. Minsoo cependant n’est pas du genre reconnaissant d’être sorti de sa prison. Il a plus urgent : déjà, il veut sortir sa fille Yuna de stase, ce qui tombe bien puisqu’elle est dans le tiroir d’à côté, hop, debout. Yuna est déjà une adulte, je précise, puisque nous reviendrons plus tard sur la pyramide des âges de ce train. Puis, Minsoo explique qu’il veut bien aider nos héros, mais pas gratuitement : il veut être payé en Schnoof, la drogue du train faite de vieux rejets chimiques. Soit : il aura une dose par porte ouverte. Prêt ?

Non, attendez, pas prêt.

D’abord, j’aimerais faire un point : à chaque fois que nos héros s’apprêtent à avancer dans le train, ils évoquent la voiture suivante. Et au début, faisaient même des plans du train avec des barres protéinées. Du coup, à chaque fois qu’ils avancent d’une voiture, on a le droit à une scène. Du coup, calculer la longueur du train est facile : là encore, on en reparlera pour bien montrer à quel point la réalisation insiste sur sa capacité à se vautrer.

Plan

La preuve par l’image : ici, Curtis expliquant à Gandalf la succession des wagons à l’aide de barres protéinées pour bien expliquer que non, il n’y a pas d’ellipse, tout le train ne fait que quelques wagons, regarde papy, j’ai fait un plan.

Maintenant que c’est dit, nous sommes prêts. La voiture suivante n’est pas n’importe laquelle : c’est celle qui produit les barres protéinées.

A l’intérieur, il n’y a qu’un 3e classe qui avait été réquisitionné comme ouvrier et qui montre à Curtis la matière première de ces barres : ces milliers et des milliers d’insectes.

"Caca !" se dit Curtis. Oui, certes, pourquoi pas mais et sinon, tu ne te demandes pas où les mecs arrivent à trouver quotidiennement plusieurs milliers voire centaines de milliers d’insectes vu les cuves ? Non ? Bon, ce n’est sûrement qu’un détail inintéressant : après tout, ce n’est que la base de la survie de toute une partie du train, ça ne méritait pas d’explication rationnelle. Qu’importe : Curtis a déjà des questions, comme "Qui met des messages dans les barres protéinées ?" le larron en charge est incapable de répondre précisément, mais ajoute qu’un message est arrivé aujourd’hui où l’on peut lire "Eau".

"La citerne !" s’exclame Gandalf, qui accompagne l’expédition. "Elle est deux voitures plus loin, et qui contrôle la citerne contrôle toute l’eau du train et peut donc négocier ce qu’il veut, comme de la coke et des p… la liberté, tout ça." C’est effectivement très intéressant, on demande donc à Minsoo de s’activer pour ouvrir la prochaine porte. Mais pendant qu’il y travaille, Curtis va trouver sa fille, Yuna. Et lui demande :

"Toi qui a des pouvoirs de voyance, qu’y a-t-il de l’autre côté de la porte ?"

Que… pardon ?

Des pouvoirs de voyance ? Depuis quand ? Attendez, il n’en a jamais été question du film, d’où Curtis sort-il soudainement ça ? Bon, on va dire que c’est lui qui a des pouvoirs de voyance. Du coup, Yuna devient subitement voyante (ben oui), et pouf, annonce ce truc formidable : "Il y a un grand danger de l’autre côté de la porte, ne l’ouvrez pas !"

Hé bien merci de ton aide, Yuna. Je propose que tout le monde retourne à l’arrière du train jouer au Uno.

De toute manière, c’est trop tard : Minsoo a déjà piraté la porte qui s’ouvre donc et révèle… une voiture sans meubles contenant seulement une horde de types avec des cagoules et des haches. Parce que oui, quand les mecs ont embarqué sur le dernier train de l’humanité, ils se sont dit qu’une cargaison de 150 haches, c’était parfait pour… couper des arbres qu’il n’y a pas ? Ce film est décidément merveilleux : bref, nos 150 types armés de haches attendent tranquillement dans la voiture et sitôt que les 3e classe y rentrent, une grosse baston éclate avec moult morts de part et d’autre.  Baston qui implique, entre autres, des rebondissements comme "J’ai glissé sur un poisson qui traînait par terre, chef". Oui, un poisson. Au milieu du train. Indice : quand un film a des ficelles que l’on retrouve dans Le Flic de Shangaï, c’est plutôt mauvais signe.

Et puis soudain, pouf, tout le monde s’arrête.

Ah ? Mais ? Que ? Comme ça, hop ?

Si, si : Gertrude, la vilaine experte en speeches, vient d’arriver pour faire un discours parce que c’est… le nouvel an.

Oui, c’est la guerre, mais c’est urgent. Ils font même le compte à rebours.

Qualité, tout ça.

Nouvel an qui est marqué, comme le train fait le tour du monde en très exactement un an, par un passage sur un immense pont (qui s’entretient lui aussi tout seul). Bref, comme c’est le nouvel an, on écoute Gertrude dire bonne année à tout le monde (véridique) avant de compléter un peu en disant que les 3e classe sont des vilains de se rebeller, et que de toute manière, 74% d’entre eux vont mourir.

Bon bon bon.

Une autre connerie, là, au débotté ?

Pas de problème, ce film est un gros étron pour rester courtois : soudain, tous les types équipés de hache sortent de leurs poches… des lunettes de vision nocturne. Parce que là encore, les derniers survivants de l’humanité se sont dit que vraiment, c’était du matériel de première nécessité dans un train illuminé en permanence. Et c’est bien là la ruse : le train passe dans un tunnel, les lumières sont éteintes par les vilains et… commence alors un massacre puisque les amis des haches peuvent défoncer en paix leurs ennemis qui se retrouvent aveugles.

Poisson

Ce plan a lui seul permet de se poser la question "Est-ce vraiment un film sérieux ?"

Dans l’affaire, Relou meurt. Et c’est triste, sauf pour les spectateurs.

Curtis, lui, sent que c’est un peu la panique dans les slips. Mais c’est sans compter sur nos amis de 3e classe qui ont fabriqué des torches. Si. Des dizaines. Et oui, en moins de deux minutes, avec tout le nécessaire qu’ils avaient bien entendu avec eux. La contre-attaque est donc brutale et les 3e classe arrivent donc à tataner correctement les amis des haches et même à capturer la vilaine Gertrude ainsi que divers hommes de main. L’occasion donc d’envoyer les survivants dans la voiture suivante, qui est donc la citerne et qui est équipée en douches (ah bin oui) pendant que Curtis et Gandalf discutent avec Gertrude :

"On contrôle la citerne. Et comme vous l’avez dit dans la scène précédente pour votre discours du nouvel an : c’est la réserve de toute l’eau du train. Si on la contrôle… on contrôle le train.
- Ahaha ! Sauf que non : l’étrave à l’avant du train alimente la citerne, donc ça ne sert à rien !
- Je ne vois pas le rapport : l’étrave brise la glace et pourquoi pas approvisionne la citerne, mais tout ça, c’est à l’extérieur. Donc sans la citerne, ça va être compliqué quand même les enfants.
- Non : le script dit que soudain, pif pouf, mon argument suffit à alimenter en eau tout le train et donc que vous vous désintéressez complètement de la citerne pour laquelle vous venez de combattre et de mourir.
- Est-ce que le script dit autre chose de complètement con ?
- Oui, regardez la page suivante des dialogues ! Et dire que la presse française nous a encensés !"

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Parce que non, ce n’est pas fini : Curtis décide de trouver une utilité à Gertrude en lui demandant "Où sont les enfants qui ont été emmenés ? Et Wilford ? Tu vas devoir nous guider de force, Gertrude !"

C’est un train.

C’est un foutu train.

Si tu veux trouver quelqu’un dans un train, c’est pas bien compliqué : tu avances. Donc Gertrude n’a aucune utilité : c’est comme si tu demandais à ce qu’elle te guide dans un couloir sans portes. Remarque, il y avait aussi une autre option si tu voulais vraiment avoir l’information super pertinente "Les enfants et Wilford sont vers l’avant du train" : demander à Yuna et ses pouvoirs de voyance. Pardon ? Elle les a perdu aussi vite qu’elle les avait gagné et on en parlera plus du film ?

Très bien.

Une seconde, je prends mon sachet de chatons salés. C’est rigolo, c’est comme des chips, ça craque sous la dent, et en plus ça aide à se passer les nerfs pour ne pas craquer devant le film. C’est bon, les chatons salés.

Où en étais-je ? Ah, oui.

Nos héros décident déjà de se reposer un peu et de passer la nuit en profitant de l’eau et de la nourriture qu’ils ont conquis au mépris du danger. L’occasion d’avoir une petite séance de papotage nocturne entre Curtis et Gandalf, dans laquelle Curtis se plaint, car contrairement à Gandalf il a… deux bras. Nous comprendrons plus tard pourquoi (oui, encore, je sais, mais vous allez voir, ce sera une explosion de matière fécale) , même si, rassurez-vous, ça reste très con. Connerie toujours, au matin, les 3e classe décident d’abandonner l’avantage du nombre et de se scinder en deux groupes : un petit commando mené par Curtis ira vers l’avant, pendant que les autres attendrons des nouvelles de la révolution en jouant à la marelle.

Si, si.

Encore une fois, relisez les critiques en introduction de ce spoiler, vous verrez, c’est magique.

Le commando guidé par Gertrude part donc pour la voiture suivante… qui est une serre. Mais attention, hein, il y a bien, pfiou, 8 arbustes et quelques étagères de plantes en pot.

Et c’est tout : quelque chose me dit que tout le monde n’a pas ses 5 fruits et légumes quotidiens.

Qu’importe : la voiture suivante est… un tunnel aquatique ?! Mais ? Mais enfin ! Ça suffit maintenant, les conneries ! Bon, ça explique d’où venait le poisson sur lequel des gens ont glissé quelques scènes plus tôt, mais par contre, l’œil attentif notera que des espèces d’eau douce et salée cohabitent dans le même tunnel. Probablement qu’il y a une langouste qui deale du sel de Guérande au fond. D’ailleurs, savez-vous ce qu’abrite aussi cette voiture ? Un bar à sushis, mais si. L’occasion pour nos héros de s’en régaler, donc. Sans se demander d’où vient le riz, par ailleurs : encore un détail.

Allez, allons voir s’il y a des incohérences dans la voiture suivante : il s’agit là de la chambre froide de la boucherie ! Où carcasses de bœufs et poulets attendent leur heure. On peut donc imaginer sans mal que la voiture suivante est bien évidemment celle où ces animaux vivent en batt…

Ah non, tiens : c’est l’école.

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L’école avec la chambre froide juste derrière : ça ressemble un peu à la Belgique.

Du coup, on peut donc en déduire que les cours sont régulièrement interrompus par des transports de bidoche puisque quelqu’un a oublié de mettre côte à côte les voitures élevage et stockage (on supposera que l’abattoir est avec l’élevage) ? Sans rire : le mec qui a fait le film, il n’a pas pris, je ne sais pas moi, 10 minutes pour dessiner son train sur un bout de papier et vérifier que ça tenait un minimum debout ? Qu’il y avait une logique ? Une cohérence ? Non : après tous, même les professionnels trouvent ça génial, alors pourquoi faire un effort ?

D’ailleurs, en parlant de cohérence, la voiture école n’est peuplée… que d’enfants de 8 ans.

Où sont les autres ? Ils n’existent pas ? Hé bien en effet : dans ce film, soit on est un adulte, soit on est un vieux, soit on a 8 ans. Probablement qu’à partir de 9 ans, on accroche les marmots sur les flancs du train et on ne va les chercher que lorsqu’ils ont 18 ans parce qu’entre les deux, on a rien prévu pour eux. Et toutes les femmes accouchent d’enfants de 8 ans (ça pique un peu sur le coup). Hélas, les enfants kidnappés plus tôt dans le film ne sont pas là : ils ont été emmenés plus à l’avant. Mais comme nous sommes dans une école, profitons-en puisque la maîtresse fait cours, pour en apprendre plus sur l’histoire du convoi légendaire où nous sommes.

Wilford, le propriétaire du train, aurait tout petit déjà eu une passion pour les chemins de fer (et la drogue, je pense). Il a donc monté une société qui a non seulement fonctionné mais lui a permis d’accomplir son rêve : relier les chemins de fer du monde entier (il a fallu une paire de petits ponts, mais sinon, ça va, c’était facile) pour y faire circuler un train de luxe qui ferait le tour du monde en un an. Et qui dit luxe dit train suréquipé, d’où tout le bordel qu’on y trouve en sus d’une machine, La Machine, située en tête de train et qui fournit de l’énergie à tout ce petit monde pour toujours (elle est probablement alimentée par les trous dans le scénario). Donc quand l’apocalypse a débuté, tout le monde a tenté de prendre place dans ce train dont tout le monde se moquait à l’origine.

Le film n’évoque pas le plan français, "l’Arche Ultime", elle aussi conçue comme un train devant rouler pour toujours, probablement puisqu’il a fallu dix minutes après la sortie de la gare pour que la première grève éclate à bord, et vingt pour qu’un incident de voyageur l’arrête définitivement. La France n’était pas prête.

Qu’importe : la voiture-école est aussi l’occasion pour la maîtresse de montrer quelque chose d’intéressant par la fenêtre : 7 formes dans la glace. Ce sont les restes de 7 passagers qui, 15 ans auparavant (le train roule depuis 18 ans soit dit en passant), ont décidé que stop, ça suffisait le bullshit, on s’en va. Menés par une femme eskimo, ils ont fait 50 mètres avant d’être transformés en Apéricubes. Depuis, chaque année, le train passe devant, l’occasion de montrer aux enfants ce qui arrive à ceux qui ne veulent pas suivre les règles du train. Ou l’importance de porter une cagoule.

Détail intéressant : les gestes de la maîtresse n’ont aucun rapport avec ce qu’elle raconte. Par exemple, quand elle parle de "mourir congelé", elle mime un hachoir ou un éléphant tétraplégique, on est pas bien sûr, mais en tout cas, ça n’a aucun rapport avec le froid et toute la classe mime ces mouvements en chœur. Là encore : quel talent, perdre du temps et de l’argent à demander à des acteurs d’apprendre une chorégraphie qui n’a aucun rapport avec la scène, c’est beau. Et mieux encore : c’est encensé.

Qu’importe : un employé du train poussant une brouette remplie d’œufs apparaît dans la classe. En effet, pour le nouvel an, des oeufs cuits dans l’eau de La Machine sont offerts à toute la population du train. L’employé du train semble bien se moquer du commando des 3e classe au milieu de l’école, et leur file des oeufs. Et dans celui de Curtis, il y a un message : "Sang"

Incroyable télescopage : à cet instant précis, le type qui distribuait les œufs, à présent à l’arrière du train, ainsi que la maîtresse d’école sortent tous deux des mitraillettes et commencent à arroser les 3e classe. A l’arrière, les employés du train qui avaient joué de la hache plus tôt et étaient prisonniers sont libérés, et eux aussi récupèrent des armes et ouvrent le feu sur les prolos.

C’est bête, quand même, toutes ces armes que nos larrons avaient depuis le début mais qu’ils n’avaient pas pensé à utiliser plus tôt.

La maîtresse qui joue du flingue est vite calmée par un couteau volant, mais par contre, à l’arrière du train, la sécurité reprend le contrôle de la situation dans le sang. Curtis et son commando sont donc à présent isolés. Quel dommage qu’ils n’aient pas vu cela venir : si seulement quelqu’un dans l’équipe avait des pouvoirs de voyance. Mais je m’égare. Dans l’affaire en tout cas, Gandalf se prend une balle dans la tête, histoire de. En représailles, Curtis en colle aussi une dans Gertrude, parce que hein, flûte, bon, ça suffit maintenant.

Nos larrons décident donc d’avancer dans le train : ils traversent donc la voiture où se situent les cabinets médicaux & les artisans, poursuivent au travers de la voiture salon de coiffure, et traversent la voiture piscine, où il y a de grandes fenêtres. Ça tombe bien (ça alors !) puisqu’à ce moment là, le train est sur des rails formant une gigantesque courbe, et par la fenêtre, on peut donc voir le cul du convoi, convoi qui soudainement, fait près d’une centaine de voitures alors que le film a bien insisté sur le fait qu’il n’en était rien, les personnages comptant régulièrement les portes à traverser.

C’est consternant.

Oui oui : le petit trait noir au fond, c’est bien le (gigantesque) train. Et oui, notre héros est bien en train de mitrailler sa propre vitre en visant une cible minuscule avec une arme pas adaptée.

Mais ce qui l’est encore plus, c’est que depuis la voiture école où les méchants viennent d’arriver, Guy le bad guy, nommé ainsi puisqu’il est l’homme de la sécurité qui a collé une balle dans la tête de Gandalf, prend son fusil d’assaut et décide… de tirer à travers les vitres blindées du train en direction de la voiture, bien plus loin à l’avant, de nos héros (qui je le rappelle, officiellement, n’ont traversé que trois voitures, mais on en voit au moins 50 derrière eux), qui ont eux même des vitres blindées. C’est très con et ça donne une ridicule scène de fusillade entre Guy et Curtis où tous deux se ratent comme des grosses buses en perçant avec peine le verre blindé de leurs propres fenêtres, autant dire pas du tout celle d’en face, le tout dans un train en mouvement.

Sitôt qu’ils ont fini les conneries, Guy et deux hommes de la sécurité se remettent en marche vers l’avant, et probablement en utilisant un trou de ver de Lorentz, se retrouvent dans la même voiture que celle dans laquelle nos héros viennent d’arriver : le sauna. Rapidement, la situation tourne au pugilat, puisque jaillissant des cabines, nos héros sautent sur l’ennemi. Si les deux agents de la sécurité anonymes sont vite morts, Guy ne se laisse pas faire et tue à peu près tout et tout le monde simplement avec ses petits poings (si) jusqu’à ce qu’il ne reste plus que Curtis (qui avait un pistolet mitrailleur mais n’a pas trop tiré sur Guy, c’était pas rigolo), Minsoo et Yuna. Guy est quand même tué dans la bagarre par Curtis, qui lui strangule sa face de margoulin.

Cela étant réglé, nos amis vont aux prochaines voitures : la voiture boîte de nuit, où tous les jeunes du train s’éclatent en prenant de la Schnoof, la fameuse drogue à la mode, puis la voiture pleine de gens qui portent des manteaux de fourrure mais personne ne sait pourquoi, que nos héros dépouillent de leurs oripeaux.

Dites-donc, j’espère que dans ce train, on a pas trop souvent des envies de sushis sinon il faut traverser un sauna, un nightclub, une école, une chambre froide…

Qui a dit "C’est du foutage de gueule pur et simple à ce niveau ?" Bravo, vous venez de gagner un regard approbateur de ma part.

Nos héros continuent donc à progresser et traversent une salle de sécurité où personne ne les embête (ben non ! C’est une salle de sécurité, on ne va pas y mettre des agents de sécurité !) mais je crois qu’à ce stade, nous sommes tous d’accord que c’est tout simplement n’importe quoi depuis le début. Ils peuvent donc arriver à leur ultime destination : une voiture avec un pont au-dessus des rouages d’une étrange machine (La Machine), et en face, une porte avec un "W" doré : celle qui mène à la voiture de tête, la demeure de Wilford.

Yuna s’endort soudainement : comme ça, pouf. Non, aucune explication : elle est dans un coin de l’écran, ils arrivent au terme de leur quête, elle n’en a donc fort logiquement plus rien à péter.

Hmmm, soit.

Minsoo et Curtis décident de s’asseoir pour faire une petite pause avant de pirater l’ultime porte. L’occasion pour Minsoo d’offrir un trésor à Curtis : la dernière clope de l’humanité. Que notre héros allume mais se contente de garder entre ses doigts pendant qu’il raconte sa vie, principalement parce qu’il est con. Et quelle vie raconte-t-il ? Hé bien pas n’importe laquelle ! Il y a 18 ans, il est monté dans le train clandestinement, comme les autres 3e classe. Mais bien vite, un problème s’est posé : il n’y avait pas de nourriture (oui, les mecs ont construit une machine à barres protéinées à partir de rien et lui ont même trouvé un wagon alors que le train était déjà en route depuis un moment, dites-donc !). Les gens ont donc commencé à se dévorer les uns les autres, jusqu’à ce qu’un jour, Curtis tente de manger un bébé. Mais Gandalf a surgi et sauvé l’enfant en coupant son propre bras pour nourrir les affamés à la place.

Cet enfant, c’était Relou.

Comme quoi, il aurait mieux fini en steak.

Par la suite, les barres protéinées sont arrivées, mais Curtis ne s’est jamais pardonné ce moment d’égarement. Ce pourquoi il trouvait triste d’avoir deux bras, plus tôt dans le film, alors que Gandalf en avait courageusement donné un pour les nourrir. Hmmm, soit ? Et après cette histoire inintéressante, c’est au tour de Minsoo d’expliquer la sienne : lui n’a pas prévu d’ouvrir la porte menant à Wilford. Lui, son plan, c’est d’utiliser la Schnoof, qui est inflammable, pour faire sauter une porte condamnée du train et s’enfuir dehors. Car par la fenêtre, il a remarqué que la neige avait un peu diminué en épaisseur : c’est donc que ça se réchauffe, et il pense avoir une chance.

Ah bin oui, du coup, oui, il doit faire bon dehors, tu as raison. Et puis surtout, qu’importe quand quel coin du monde et à quelle altitude tu sors, pas vrai ? Ça n’a sûrement aucune importance.

Au début du film, il n’a pas suffit à un mec de passer le bras dehors pour qu’il gèle d’ailleurs ? Non ? C’était sûrement un autre film, je dois me tromper.

Ho, et puis juste comme ça : si c’était ton plan, pourquoi attendre d’être devant la porte de Wilford et donc te taper la sécurité de touuuut le train pour le mettre à exécution ? Parce qu’il te fallait assez de doses de Schnoof et que tu en gagnais une par porte ouverte ? Et sinon, passer par une fenêtre, ouvrir une porte autrement (ta spécialité, je le rappelle) ou même sortir par n’importe quelle issue, non ? Parce qu’aux dernières nouvelles, tout à l’heure on a parlé de 7 passagers qui avaient "sauté en route" : ils ont bien utilisé une issue, non ?

Okay, vous êtes donc tous particulièrement crétins, j’en prends bonne note.

De toute manière, la scène est interrompue par la porte de Wilford qui s’ouvre d’elle-même et Jeannine, l’adjointe de Wilford qui venait chercher des gosses de 3e classe au début du film, en surgit pour coller une balle dans Minsoo, qui s’effondre, blessé. Puis, elle invite Curtis à rentrer dans ce qui ressemble à un luxueux salon où l’attend en robe de chambre…

EdHarris

"Salut mec, je t’attendais. Et comme à chaque fois que j’attends quelqu’un, je reste en pyjama."

"Ed Harris !
- Wilford, pour être exact, est-ce que moi je te rappelle que tu es le héros de "Captain America", hein ? 
- Bon, si vous m’expliquiez pourquoi vous êtes là, tranquille, en robe de chambre limite en slip à m’inviter alors que je viens pour vous faire du mal ?
- Assieds-toi petit fripon, je vais tout te dire lors d’une de ces scènes qui se veulent intellectuelles simplement parce que nous parlons assis au milieu d’un décor futuriste. Pour commencer, sache que je suis celui qui t’envoyais les petits messages dans la nourriture. 
- Le mec qui m’a envoyé "Water" avant que le script n’explique que la citerne d’eau, indispensable jusqu’à une scène n’avait en fait aucun intérêt après la suivante ?
- Celui-là même. Je t’ai choisi, Curtis, tu as une âme de leader. Tu devais mener la révolte. J’étais de mèche avec mon vieil ami Gandalf depuis le début : lui et moi communiquions chaque soir grâce à un téléphone planqué reliant l’avant à l’arrière du train. Gandalf, comme moi, savait que pour préserver notre système, parfois, il faut le purger. Et donc, quand les 3e classe sont trop nombreux, nous leur offrons une petite révolte des familles. Là, par exemple, nous avions prévu de tuer 74% d’entre vous et de vous arrêter dans la salle avec les haches. Comme ça, il y avait plus de nourriture et de place pour les survivants et tout le monde était content. Ce pourquoi Gandalf soutenait donc l’opération.
- On parle bien du Gandalf qui avait préféré perdre un bras que de laisser Relou mourir quand ce n’était qu’un enfant ? En fait, à côté de ça, tuer des dizaines de passagers et de gosses à la sulfateuse, par contre, il était complètement d’accord ?
- Ah, tiens, oui, c’est vrai que c’est étonnant. C’est bête qu’on ait passé une scène entière à raconter l’anecdote de "Gandalf le sauveur de bébé" et quo’n ait investi dans des prothèses de bras et dans du maquillage pour qu’au final ça ne serve qu’à foutre en l’air l’explication finale.
- Je ne te le fais pas dire."

0

Pendant que nos amis discutent, en tout cas, en queue de train, 74% des gens sont donc en train de se faire réguler la margoulette au gros plomb (avec là encore des gestes qui n’ont aucun sens pour ponctuer le propos de leurs bourreaux, c’est assez formidable, par exemple à un moment ils veulent dire "18 survivants" donc ils montrent… deux doigts. Mais ?).  Et surtout, au milieu du convoi, soudain, Guy le bad guy qui s’était pris des mandales, des coups de couteaux et s’était fait stranguler… se relève.

Oui oui : soudainement, il n’est plus mort. Non, on ne sait pas pourquoi. Yuna, qui pionçait, se relève aussi et va aider son papounet de Minsoo qui, toujours devant la porte de Wilford, a un peu bobo depuis qu’il s’est pris une balle. Ho, et puis soudain (encore), justement, Minsoo et Yuna sont dérangés par l’arrivée de tous les teufeurs de la boîte de nuit qu’ils avaient traversé plus tôt qui veulent tous les tuer.

Ah bon, mais pourquoi, comme ça, hop, ça leur a pris ? "Allez on va en tête de train tuer des gens ?"

Un teufeur essaie de tuer Minsoo, qui se bat sur le pont au-dessus de La Machine, et malgré sa blessure, gagne. Guy le bad guy débarque aussi et prend aussi sa tannée.

Alors vous me direz "Mais que font les autres teufeurs alors ?"

Hé bien ils dansent.

J’ai mal rien qu’à l’écrire tant c’est nul.

Oui, ils sont tous venus là, mais juste pour danser en fait : il n’y avait pas de musique, c’était plus étroit et moins pratique, c’était donc une excellente raison de traverser le train pour venir. Et leurs intentions hostiles ? Disparues, hop. Ils dansent on vous dit.

Quel film.

D’ailleurs, pendant ce vaste bordel, Jeannine, l’assistance de Wilford, sort pour voir qui c’est qui fait du bruit, là, ho, vous vous croyez où, et se fait avoir aussi par Minsoo qui visiblement, bien que mourant 5 minutes avant, pète désormais la forme. Du coup, retournons à l’intérieur de chez Wilford pour voir de quoi il retourne, et où nos deux larrons sont toujours en grande conversation :

"… et c’est comme ça que j’ai compris qu’il ne fallait pas que j’utilise les rails du RER B.
- C’est fascinant Wilford. Mais en attendant, que fait-on à présent ?
- Hé bien Curtis, tu es jeune, tu es fort, tu as déjoué mes plans en partie, donc que dirais-tu maintenant que le nombre d’êtres humains à bord a été régulé grâce à mon habile révolte organisée de prendre ma place ?
- Et par exemple d’avoir une politique sur la natalité plutôt que de réguler la population au fusil à pompe ? Ou de ne pas avoir une prison quand on se plaint d’être trop nombreux ?
- Non. Ce serait bien trop intelligent. Mais tu pourrais toi aussi avoir une robe de chambre moche et te promener en slip toute la journée dans ton compartiment de luxe.
- J’ai une autre question avant : et les enfants qui ont disparu ?"

0

Wilford hoche la tête et va soulever une dalle sous le plancher : on voit alors un enfant faire un geste répétitif au sein des rouages d’une machine située sous le sol. Un geste qui ressemble à celui que faisait Gertrude au tout début du film. Wilford explique : "La Machine à énergie pour le train est éternelle… mais pas ses pièces ! C’est pourquoi je remplace les pièces défaillantes par des enfants."

Oui, c’est un truc connu de garagiste :

"Ah, le carbu a pété.
- Mets un enfant à la place !
- Mgnn… reeeeeentre…. gnnn… voilà, ça r’marche !
- Un pneu a éclaté !
- Mets un enfant !
- Bon sang, l’oscilloscope vient d’imploser !
- Passez-moi le petit épileptique !"

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Oui, c’est connu : les enfants peuvent remplacer n’importe quelle pièce de mécanique ou d’électronique. Moi-même, j’ai remplacé il y a peu la carte mère de mon PC par un enfant grassouillet (il y a plus de place pour les barrettes de RAM). Mais ce film, c’est une comédie ou bien ? Wilford en plus montre le geste que doit faire l’enfant jusqu’à épuisement au sein de la machine : il confirme que c’est celui que faisait Gertrude au début du film. Gertrude qui ne pouvait pas connaître ce geste. C’est donc bel et bien tout simplement nul, raté, et tout ce que vous voulez sur tous les plans.

Cela dit, tout cela énerve un peu notre héros : il pète la gueule à Wilford et fait ce qu’il a toujours rêvé de faire, à savoir, perdre un bras pour sauver un enfant. En effet, en coinçant sa mimine dans les rouages sous le plancher, il donne une chance à l’enfant de s’en sortir, ce qu’il fait. Dès lors, l’équipe ainsi reconstituée va poser le Schnoof, qui est donc inflammable, sur une porte condamnée du train et fait péter le tout pour ouvrir un chemin vers l’extérieur. L’explosion est si forte qu’elle provoque une avalanche (puisque le train passait dans des montagnes à ce moment là, d’ailleurs les décors c’est soit des villes détruites, soit des montagnes, soit des ponts géants, ce train ne connaît que ça et visiblement le monde n’est constitué que de cela) qui renverse le train et provoque donc son déraillement.

Dance

Guy et ses amis danseurs, qui ont tellement plus important à faire que de sauver leurs vies qu’ils regardent ailleurs, notez-le bien.

Du coup, tout le monde meurt dans le crash qui en résulte, sauf Yuna et le petit enfant sauvé que nous appellerons Mokobé puisqu’étant plutôt du genre visible sur fond de neige (non, il n’est pas roux, arrêtez).

Tous deux sortent donc de l’épave du train couverts des fourrures qu’ils avaient trouvées à bord pour des raisons contestables, et constatent qu’ils sont au milieu d’une chaîne de montagne (c’est ballot, il aurait peut-être fallu prévoir). Soudain, un mouvement sur le flanc d’un pic : c’est un ours blanc (parce que oui, froid = ours blanc, les autres ours sont connus pour vivre uniquement du côté de Barcelone) qui doit s’emmerder sec vu qu’il n’y a rien à manger dans le coin. A part peut-être une Yuna et un Mokobé.

Mais la réalisation n’y a pas pensé non plus et à la place, nos deux héros sont contents, puisque cet animal annonce qu’un retour de la vie sur le globe est en cours.

Et sur cette note d’espoir, et avant que nos héros ne se fassent déchiqueter par l’animal affamé je suppose…

… FIN !

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Je crois que la conclusion revient au reste de la presse professionnelle "spécialisée" (donc d’autant plus sévère, on l’imagine) :

4/5 "La pertinence du scénario (…) s’impose comme un modèle d’adaptation réussie à quasiment tous les niveaux. (…) La rencontre du concept fort imaginé par Jacques Lob et de la vision très personnelle de Joon Ho a donné naissance à une mémorable odyssée."

- Mad Movies

4/5 "(…) les moyens colossaux ne brident jamais la folie baroque, le goût du mystère, les visées poétiques et la liberté d’un artiste qui, derrière les oripeaux du genre, balance une méchante parabole politique."

- Première

4/5 "De tous les blockbusters post-apocalyptiques sortis cette année ("After earth", "World War Z", "Elysium"…), "Snowpiercer" est le plus inspiré. (NDOC : La vache, on ne se mouille pas trop par ici, sans la note, on aurait pu penser à une blague)"

- Télérama

Quelqu’un d’autres a quelque chose à dire ?

0/5 "C’est une sombre merde. Et les critiques n’ont bien évidemment rien à voir avec le fait que ce soit tiré d’une bédé française, non ma bonne dame, les experts ne mangent pas de ce pain là. Leur avis de professionnel illustre bien leur niveau de compétence, dire qu’ils sont payés pour cela fait peur. Cela dit, si vous voulez vraiment une histoire de miséreux qui peinent à survivre dans un train pourri, il y a plus simple : prenez le paris-Troyes."

- Un Odieux Connard

Bien, cette fois, je crois que c’est bon.

Parfois, vous avez le spleen.

Il suffit d’un rien pour le faire naître : allumer une télévision, lire les commentaires du Monde.fr, ou plus simplement, revoir l’épisode I de Star Wars. Cela fait, vous n’avez plus qu’une envie : vous isoler. Debout face à une fenêtre balayée par la pluie et le vent à observer les lueurs du monde qui s’éteignent sous le déluge alors que vous tirez tranquillement sur la pipe bavaroise qui vous donne cet air tellement philosophe, vous vous demandez si vivre vaut encore le coup.

La réponse est : oui.

Parce que sinon, comment pourriez-vous continuer à consulter des sites de séduction ?

Sorte de véritable sous-genre de la littérature comique malgré elle, le site de séduction a en plus le bon goût d’être régulièrement mis à jour pour dispenser toujours plus de conseils absurdes qui, à défaut de marcher, vous émerveilleront par leur incroyable capacité à être toujours plus mauvais. Aujourd’hui, donc, penchons-nous sur quelques-uns d’entre eux, parmi lesquels certains déjà évoqués ici mais qui n’ont de cesse de creuser leur propre tombe toujours plus profond, et d’autres, plus récents, qui se sont dits que eux aussi allaient enseigner à l’humanité l’art de la conversation pré-coït (ou pas, vous faites bien ce que vous voulez bande de canaillous).

Nous allons donc procéder, si vous le voulez-bien, en trois étapes :

Apprendre la théorie sur "Comment savoir si une femme est intéressée ou non"  avec "les nouveaux hommes", un site honteusement dénoncé par une lectrice (bien joué, votre ticket de rationnement vous attend) et qui prétend former l’homme de demain, qui visiblement, arrivé au sommet de son évolution, aura commencé  à redescendre si j’en crois ce que j’y lis.

Mettre tout ça en pratique avec "Comment aborder un groupe de filles ?" avec "Art de Séduire", le site qui est un peu à la séduction ce que Nicolas Cage est au cinéma.

Et enfin, pour conclure, ce qu’il se passe lorsque le séducteur se ramasse un échec : "L’histoire de me brûler vif, la trahison et le Best-Of SeductionByKamal2013" du site… bon, c’est marqué dessus, donc "Seduction By Kamal"

Messieurs, vous avez vos calepins ? Mesdames, votre seringue de morphine ? Alors allons-y et apprenons-en plus sur les êtres dénués de chromosome Y, et comment les approcher sans finir lapidé à coups de macarons.

Le tout est bien évidemment vendu avec un emballage "On a trop une classe digne de James Bond". Il faut bien évidemment lire "On a trop une classe digne d’un script de James Bond", ce qui est très différent

Comment savoir si une femme est intéressée ou non ?

Vaste sujet. En effet, contrairement à la plupart des êtres vivants, la femme ne montre pas clairement son intérêt et préfère utiliser un subtil langage secret pour se faire comprendre, ce qui en fait une sorte de Bernardo social des plus intéressant. Elle apprend ce langage très jeune avec ses comparses, probablement lors de soirées pyjamas et uniquement par tradition orale pour ne pas que l’ennemi tombe sur des documents pouvant l’aider. Mais soyez tranquille : sur le site "Les Nouveaux Hommes", tel des commandos britanniques à l’assaut d’un sous-marin allemand pour lui piquer la clé de codage du système Enigma, on a réussi à décrypter l’affaire. Écoutons plutôt ce que ces viles femmes osent nous cacher.

Parce que oui, on peut écouter : il y a une vidéo. Qui commence avec une sorte de… de mise en scène où un homme reçoit un SMS où il est marqué, je cite "J’ai les fruits <3" (effectivement, ces femmes, quel langage mystérieux) pendant qu’un couple jouant divinement bien parle de sauver les baleines (si, si). S’ensuit l’arrivée du présentateur qui devrait bientôt avoir un appel de M6, puisque comme un certain nombre de présentateurs de cette chaîne, il a un sérieux problème pour accentuer ses phrases, et les arrête en plein milieu sans que l’on comprenne bien pourquoi. On va en rester à la transcription qu’il y a en-dessous.

On pourra toujours vous dire que ces choses se sentent, et c’est vrai d’ailleurs, mais en réalité, il existe des indices visuels et auditifs qui peuvent vous renseigner sur les intentions d’une femme.

De là à en déduire qu’en début de phrase, notre homme faisait référence à l’odorat, il n’y a qu’un pas que je ne franchis pas puisqu’il fait un peu peur. En tout cas, j’aime bien le principe de "l’indice auditif". Ce n’est pas verbal, non, c’est auditif. Puisque chacun sait qu’une femme intéressée – mes lectrices confirmeront sûrement – produit des bruits spécifiques pour le signaler, comme des claquements de dents ou des sifflements perceptibles uniquement par les animaux (une femme très intéressée peut tuer un lapin à près de 50 mètres), ou le bruit mélodieux d’un antivol de BMW. Du coup, à la fac, dès qu’il y a un professeur intéressant, ça devient vite le bordel dans tout l’amphithéâtre, mais on va dire qu’elles n’y peuvent rien.

Sacrés indices auditifs, donc.

Si vous lisez cet article c’est que vous avez des yeux

Je trouve ce site un petit peu trop audacieux, tout de même. Mais c’est bluffant, comment a-t-il deviné ? Maintenant qu’il a prouvé sa fine analyse du monde,  alors, comment utiliser nos yeux de béotiens pour décrypter le langage mystérieux de la femme ?

Physiquement, elle va faire en sorte que son corps ne soit pas orienté vers vous, qu’il soit fermé

Effectivement : par exemple, quand elle est tournée exactement dans le sens opposé du vôtre, pose ses jambes sur le sol l’une après l’autre aussi vite que possible et fait ce que l’on appelle dans le jargon de la séduction "un sprint en hurlant", on peut effectivement supposer qu’elle est désintéressée. Quant au fait qu’elle soit "fermée", là, jeunes gourgandins, vous vous demandez de quoi il retourne : il s’agit de croiser les bras. Ou les jambes. Ou les deux. Par exemple, tout le monde se souvient de cette fameuse scène de Basic Instinct où une Madame croise les jambes encore et encore pour bien repousser tous les mâles de la salle. Drame toujours : si croiser ses machins avec ses trucs devant un mâle est un signe évident de rejet, alors on en déduit que les professeurs de yoga doivent être bien malheureux.

Certes, mais donc, quels indicateurs avons-nous qui, à l’opposé, disent que la damoiselle est intéressée alors ? Pas de panique : on y vient, et étudions-en quelques-uns.

Elle ricane (glousse) plus que la normale.

Il y a donc un niveau de gloussement acceptable. Si elle rigole au-dessus du niveau en question, en avant Guingamp, la bougresse est en train de succomber à votre charme. L’autre option, c’est que vous avez la braguette ouverte et qu’elle se fout ouvertement de vous, mais chacun sait que cela ne peut pas arriver : vous êtes un séducteur, que diable. Bon, il est aussi possible qu’elle glousse simplement parce que c’est son principal mode de communication. Vous pouvez donc dès lors appliquer la procédure habituelle : lui coller une étiquette sur le front, la déposer chez UPS et attendre qu’ils la livrent au plateau du Grand Journal pour qu’elle rejoigne les autres dans le public. C’est le cimetière des pintades.

Elle vous demande des informations personnelles (e.g. votre nom, [...]).

C’est vrai que c’est assez osé, tout de même, de demander le nom de la personne avec laquelle on parle. Du coup, maintenant que j’y pense, je crois qu’un nombre incroyable de secrétaires de mairie me désire secrètement (ce que je savais déjà, mais tout de même, je n’avais pas remarqué à quel point elles allaient de l’avant). Si en plus elle vous demande votre date de naissance, vous êtes à quelques secondes de la voir arracher son chemisier en vous criant "Prends-moi toute !" (de manière générale, elles crient relativement peu "Prends-moi moitié" de toute manière, sauf si vous êtes un fétichiste des siamoise mais… raah, arrêtez, vous me déconcentrez).  En tout cas, je suis rassuré : maintenant, je sais que l’administration m’aime. Pourtant, elle n’avait pas l’air jusqu’ici. Il va peut-être juste falloir que je lui réexplique à quelle chemise on s’intéresse.

Une grosse déclaration d’amour annuelle. Maintenant qu’on le sait, c’est quand même plus agréable.

Elle vous contredit en rigolant.

Par exemple en disant "C’est pas possible d’être aussi con". Un excellent signe !

Non parce que vous comprenez, ça n’arrive jamais de contredire quelqu’un en riant bien fort pour souligner tout le mépris que vous inspire son précédent propos. Mais en même temps, je m’avance un peu : si j’ai une certaine maîtrise de la pratique, nous parlons de fille, et les filles, c’est pas pareil. Elles ne peuvent pas mépriser : elles ne sont qu’amour, cours de poney et glaces à la pistache. Non vraiment, tous ces signaux m’ont l’air diablement pertinents.

Mais tout n’est pas que verb… auditif, auditif. Il y a aussi des signes physiques d’attraction !

Son langage corporel est ouvert (e.g. bras non croisés).

Autant vous dire que sur la croix, Jésus était une sacrée allumeuse.

Elle joue avec ses cheveux, ou se recoiffe souvent pour dégager son visage.

Pour ceux qui auraient raté ce moment de bravoure, une andouille quelque part dans le monde a un jour visité l’un de ces sites de séduction en prenant vraiment tout cela au sérieux, et a donc écrit à son rendez-vous d’un soir qui ne voulait pas vraiment le revoir pour lui expliquer que quand même, quelle sale petite chauffeuse de kikounette, elle a joué avec ses cheveux durant la soirée, ce qui prouvait bien qu’elle mourrait de désir, alors hein, bon, dis, elle devrait lui présenter des excuses pour lui avoir ainsi envoyé ce genre de signaux. Bon, il lui explique aussi plein d’autres trucs (en anglais), comme le fait que ce serait bien de sortir ensemble parce qu’il y aurait plein d’aspects "pratiques" et qu’il a plein de sous, mais je vous laisse vous régaler comme des grands. Nous, on continue sur le chemin de la misère sociale (là, c’était juste une station pour faire le plein et s’acheter des boissons hors de prix).

Quand vous êtes assis, elle croise ses jambes de manière à ce que sa jambe la plus haute pointe dans votre direction.

En même temps, si elle est assise en face de vous, faire autrement va devenir compliqué (à moins qu’elle ne repose nonchalamment ses jambes sur ses épaules, mais on a déjà parlé du yoga). Donc à moins que vous ne draguiez dans la station spatiale internationale, l’orientation des jambes va souvent dépendre, j’en suis désolé, de comment vous êtes assis. Attention cependant à ne pas confondre "jambe la plus haute" et "jambe la plus longue", auquel cas, vous draguez un dahu.

Bon, mettons : visiblement, la damoiselle a un intérêt pour vous (à ce stade, mes lectrices doivent être en train de regarder dans quel sens pointent leurs jambes, et notant qu’elles sont toutes orientées vers l’écran où paraissent ces lignes, réaliser que depuis tout ce temps elles meurent d’amour pour ma personne, ce qui était de toute manière indiscutable), passons donc à la partie qui rend tout fou les gens de Les Nouveaux Hommes, à savoir, la démonstration d’un intérêt… sexuel.

Rrrrr.

Elle dit votre nom dans la conversation.

Ou alors, vous vous appelez juste comme ça. Mais bon je chipote. Par exemple, dans "Ecoute, Maurice, on va juste rester amis." ou "Recule Simon, j’ai une bombe lacrymogène", on sent bien que Maurice et Simon vont découvrir de nouvelles expériences sexuelles ce soir. Peut-être avec un certain Monsieur Gunthar dans une cellule de garde à vue, mais tout de même, ça compte.

Elle rigole beaucoup à vos blagues même quand elles ne sont pas si marrantes.

L’autre option, c’est qu’elle ait un humour de merde, hein.

M’enfin je dis ça.

Elle place son sac à main près de vous.

Le sac à main est une véritable extension de la femme : c’est un peu comme si elle vous confiait ses poumons ou ses reins (d’ailleurs à ce sujet… moui, non, rien). Elle ne peut pas juste le poser là parce que vous êtes sur un banc et que c’est plus sûr entre vous que sur le bord, ou même, soyons fous, le mettre là pour ne pas que vous vous rapprochiez trop, espèce de pervers. Elle pose son sac à main près de vous : ELLE VEUT VOTRE CORPS ! C’est pourtant clair.

Je pense que beaucoup de gens vont le garder sur les genoux, maintenant.

"L’amour est dans le sac" comme on dit chez les séducteurs. Ou chez les agents de la maréchaussée qui retrouvent mes anciennes conquêtes. Que de points communs !

Elle penche sa tête sur le côté lorsqu’elle vous parle.

Si elle fait "Haaaaaaaaaan" en même temps, c’est soit que vous êtes une vidéo de chaton, soit qu’elle pense que vous avez 5 ans. Auquel cas, soit votre conversation est tellement pourrie qu’elle en courbe les frontières de la réalité, soit tu n’as rien à faire sur ce site jeune homme, alors maintenant, tu prends mon pied virtuel dans l’interface de ton cul en salopette et tu retournes avaler des morceaux du commissariat Lego.

Si vous étiez tout nu quand elle vous a regardé avec cet air de découverte d’une petite chose mignonne, retenez vos larmes.

Elle se tient de telle manière à ce que ses poignets soient cassés

"Mais ? Mais bordel, pourquoi tu lui as cassé les poignets ?
- Pour qu’elle me désire, ho, l’autre !"

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Elle est à l’aise avec les pauses de la conversation.

Je dirais même que si c’est quand vous ne parlez pas qu’elle a l’air le plus heureuse, c’est super bon signe. Complètement. Mais siiii. Essayez de voir la tête qu’elle fait quand en plus, vous n’êtes pas là ? Voilà, vous avez tout compris.

Elle caresse un objet de forme phallique (e.g. le pied de son verre de vin).

Les femmes de ménage de la tour Eiffel seront heureuses d’apprendre qu’elles excitent le tout Paris.

Ses pupilles se dilatent.

Non, ça c’est le GHB.

Ses lèvres deviennent plus rouges (ses joues aussi) et légèrement plus épaisses.

Ah, oui, que de souvenirs. Elle s’appelait Elodie. Nous étions rencontrés dans une gare, voyageurs perdus dans la nuit. Elle riait à mes bons mots, laissait sa tête se renverser en arrière pour faire onduler la masse de ses cheveux châtains lorsque je lui faisais quelque compliment, et puis finalement, nous avons trouvé un petit restaurant encore ouvert à cette heure tardive. Durant le repas, j’ai tout de suite su que ce soir, elle serait mienne : ses lèvres devenaient plus rouges tout comme ses joues, elles s’épaississaient…

Allergie aux arachides, elle est morte en moins de 7 minutes. J’ai balancé le corps sous le train suivant. "Accident de voyageur", tout ça.

Quel souvenir merveilleux.

Vous avez tout compris ? Alors allons à la conclusion de cet bel article :

Faîtes donc attention à la manière dont vous analysez les signes que vous voyez, et avec un peu d’expérience, vous serez enfin capable de voir ce qui se passe autour de vous. Imaginez alors l’injuste avantage que vous aurez sur les autres. A vous à présent de l’utiliser à bon escient.

Ah bin là Peter, c’est sûr qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Un tel savoir utilisé à mauvais escient… ça pourrait… ça pourrait… attendez, je cherche. Nan, mais je vais trouver, c’est sûr.

J’espère qu’ils en feront un film, où des terroristes s’emparent de leur conseil pour faire le mal. Comme par exemple, monter un site web où ils les diffusent. Hmmm. Je crois que je tiens un truc.

Mais il suffit. Maintenant que ces dames savent qu’il faut arrêter d’allumer ces messieurs en leur demandant leur prénom lorsqu’elles les rencontrent, ou pire, en posant leur sac à main à moins de 20 mètres d’eux, voyons comment régler, grâce à Art de Séduire à présent, une situation fort complexe :

Tous les groupes de filles ne sont pas aussi faciles à aborder les uns que les autres. Ici, Monsieur a tout compris : l’important, c’est d’avoir une tenue bling-bling pour les impressionner.

Comment aborder un groupe de filles ?

Excellente question. En effet, on est pas sans savoir que la femme, parfois, se déplace en groupe. Après avoir retrouvé ses congénère au point d’eau (souvent désigné sous l’appellation de "Starbucks"), elle se met alors à errer dans les rues en supposant que le nombre va lui donner l’avantage et qu’elle ne risquera pas d’être ennuyée par le vieux mâle solitaire qui traîne son poil terne à la recherche de sa prochaine victime. Alors, faut-il attaquer le troupeau ? S’il y en a une en arrière qui a l’air faible et malade, faut-il l’attaquer ? C’était quoi, déjà, le message de Mufasa sur les troupeaux ?

Art de Séduire, le site des séducteurs tellement surdoués qu’ils en font des tutoriaux, vous dit tout.

Comment aborder un groupe de filles quand on est seul, et qu’on a une fille dans notre ligne de mire ? Comment aborder un groupe de filles  quand elles sont nombreuses et que vous ne voulez fermer aucune porte ? Cet article vous permettra de maîtriser en détail tous les cas de figures auxquels vous devrez faire face au moment d’aborder un groupe de filles !

"Maîtriser", rien que ça ! Et vous allez voir, niveau maîtrise, ça se pose là. Tenez par exemple, si vous vous posez la question :

Pourquoi draguer un groupe de filles plutôt qu’une fille seule ?

La réponse est d’une réalité scientifique qui en fera pleurer plus d’un.

Au niveau du raisonnement, on va dire qu’on part sur la théorie des grands nombres, souvent utilisée en séduction. Si je propose à cent filles de coucher avec moi, il y en a bien une qui dira oui ?

C’est ce qu’on appelle : avoir la classe et maîtriser à la perfection l’art de la séduction. On sent qu’il y a du talent derrière, et vous, Mesdames, je suis sûre que vous vous pâmez déjà ! Quand vous irez raconter à vos amies "Alors il essayait de draguer 100 nanas en même temps, mais il n’y a que moi qui ait dit oui, hoooo, c’est trop romantique, hihihihi !" nul doute qu’elles seront si jalouse qu’elles vous passeront directement par-dessus le balcon du 5ème pour se débarrasser de quelqu’un d’aussi chanceux que vous.

Il n’empêche que c’est rigolo, parce qu’en haut du site, j’avais cru lire "Art de Séduire", pas "Statistique de la Misère".  Je dois me faire vieux.

Aborder un groupe de filles a un avantage certain : il y en aura toujours une pour nous sauver, pour discuter avec nous. Allez, je le dis : il y en aura toujours une plus sympa qui aura pitié de nous.

Définitivement : Art de Séduire. J’attends avec impatience les article comme "Comment être gaulé comme Quasimodo pour faire pitié à Esmeralda ?" avec des exercices pour muscler sa bosse à la salle de sport, ou un bon petit "Contracter la lèpre, c’est facile." histoire que vous puissiez faire pleurer ces dames et ainsi, éventuellement, sur une centaine d’entre elles, en trouver une qui couche avec vous par conscience humanitaire.

C’est ce qui est magique dans ce genre de sites : jamais vous ne trouverez des conseils comme "Soyez intéressant" : c’est pour les nazes.

Bon, mais c’est pas tout ça : comment va-t-on aborder ce groupe de filles, tout de même ? Parce que ça fait un peu peur, un groupe de filles !

Commencez par une observation : Une observation sur leur conversation. Une observation sur leur style. Une observation sur un point commun entre les filles (leurs cheveux, leurs sacs à main, leurs rires etc.)

Okay donc on met sa tenue de safari, on sort les jumelles et on cherche un… heu… un point commun entre elles ? C’est une sorte de partie de Qui est-ce ? Mais alors on fait quoi ensuite ?

Hé bien ensuite, c’est tout simple : on ajuste son nœud papillon, on termine son Martini, on approche d’un pas de grand félin vers le petit groupe en question et là, un sourcil légèrement relevé alors que ces dames peuvent soudain deviner les effluves de votre discret parfum, vous faites :

Une remarque sur le bruit qu’elles font "Police des décibels, je vais être obligé d’embarquer votre copine là, les voisins (donnez le nom du village d’à côté) se sont plaints… Je n’aimerais pas être là quand elle a un orgasme…"

… je… comment dire ? Je laisse le soin à mes lectrices de savourer cette phrase, qui je n’en doute pas, est d’ores et déjà en train de les faire rougir tant elle est à la fois drôle et audacieuse. Ou alors, elles sont en train de se frapper la tête avec leur clavier, je ne suis pas sûr.

Non mais sérieusement, qu’est-ce que c’est que ces propos de vieux Jacky qui vient de descendre de sa 306 tunée ?

Je suis consterné. Et ce n’est que le début !

James Bond, 18 minutes après la première photo au début de cet article après un simple article d’Art de Séduire

Autre version selon le site :

Oh les filles, vous avez vu Jacky au Royaume des filles ? Ça m’a vraiment inspiré ! Le truc dans ce film, c’est que les filles ont le pouvoir… Et donc payent des verres aux mecs. Allez-y, draguez-moi, je suis un michto !

Logiquement, la réponse à cet instant précis est "Non, tu es juste une merde." (si vous avez une licorne, c’est le moment de remonter dessus avant de partir au triple galop). Mais c’est peut-être juste moi qui suis un peu sévère.

Une approche à réserver aux plus confiants d’entre vous

Oui, ou à ceux qui n’ont aucun amour propre en fait. Ou à ceux qui n’ont pas compris que "-fiant" était en trop dans cette phrase et qu’il ne s’agissait là que d’une terrible faute de frappe. Ah, les malheurs d’une coquille. Bon, mais mettons : malgré tout votre humour ravageur tiré d’Art de Séduire, pour des raisons tout à fait incompréhensibles, voici qu’une jeune fille vous coupe régulièrement en vous demandant de bien vouloir vous barrer (ce qu’on appelle un "cockblock" sur Art de Séduire) voire, pire :

Vous balance un gros « C’est une soirée entre filles » peu après le début de la conversation

Intolérable. Depuis quand les gens auraient-ils le droit de faire des choses entre eux sans vous avoir sur le dos ?

Pour museler cet opposant à votre programme, donnez-lui du love, donnez-lui de l’importance, écoutez-la, riez avec elle, mettez-la en valeur. Montrez-lui que vous avez compris qu’elle était importante.

Ecoutez-là, montrez-lui que vous la trouvez importante, mais quand elle vous répète encore "C’est une soirée entre filles", mettez-vous à hurler très fort "LA LA LA JE N’ENTENDS RIEN !". L’écoute, oui, mais alors juste sur le principe parce que sinon ça devient super compliqué après. Nul doute que votre charme digne d’un distributeur de tracts à la sortie de la FNAC qui veut absolument vous parler de l’opération "Un tricycle pour Michel" leur donnera envie de passer le maximum de temps avec vous.

Heureusement, Art de Séduire vous propose encore plus d’humour pour détendre l’ennemi.

Ne me mords pas, steuplé ! Je te promets que je suis sympa, un jour j’ai mis la table et j’ai sorti les poubelles à Noël ! Je suis bon, promis !

N’hésitez pas à rajouter "Looool !" à la fin de votre phrase pour plus de panache.

Le problème à force d’être méchant, mes potes se sont barrés, parce qu’ils voulaient vraiment rencontrer des fille…  Depuis, j’ai arrêté les soirées entre mecs, je ne fais plus que des soirées entre filles, c’est vachement plus drôle. Bon alors, pour ou contre la mooncup ?

Messieurs, si vous ne savez pas ce qu’est une "mooncup", ou que vous pensez qu’il s’agit de nom d’un trophée sur Super Mario Kart, sachez simplement que ce c’est pas vraiment le meilleur moyen d’aborder une jeune fille, à moins que la phrase "Alors, tu kiffes les tampax ?" soit selon la plus belle manière de se rapprocher d’autrui.

N’attaquez pas directement sur la partie sexuelle, il y a toujours au moins une fille très prude (ou qui fait semblant d’être prude) qui se cache dans les groupes de filles !

Par contre, elle kiffera la "police des décibels qui craint son orgasme" ou le "débat sur la mooncup" d’entrée de jeu. C’est tout à fait logique, je vois.

Bon, mettons que votre technique soit tellement absurde que, tel un ninja balançant sa grenade au phosphore, vous parveniez à vous incruster dans le groupe avant que qui que ce soit ne réagisse ou ne pleure du sang, que faire ?

Au moment de partir, demandez simplement l’autorisation des filles : "Les copines, je peux vous emprunter Gwendoline un instant avant de partir ? Gwendo, bouche-toi les oreilles, je vais leur dire un secret… En fait les filles, je kiffe bien Gwendo et je vais lui demander son numéro de téléphone, je peux ?" Là, vous verrez très vite si vous avez fait bonne impression pendant la conversation : vous allez découvrir si elles valident votre candidature ou non !

Car contrairement à un légende urbaine qui n’est que trop répandue, la femme ne donne pas son avis par elle-même : fonctionnant via l’Esprit de la Ruche (l’Ordo Xenos étudie encore la question), c’est le groupe qui dit aux individus qui le composent ce qu’il doit faire. Et nul doute qu’avec des phrases comme "je kiffe bien Gwendo", elles seront touchées par votre romantisme et commenceront le rituel de prise de décision (qui consiste en une succession de gloussements accompagnés de mouvements de jambes discrets qui forment en fait des motifs complexes) pour mieux dire que, ta gueule Gwendo, tu donnes ton numéro au Monsieur maintenant, tu vois bien qu’il a la lèpre.

Aperçu de la salle où se rendra Gwendo après avoir reçu 2 SMS du Monsieur pour être sûre de ne pas en recevoir d’autres.

Avec ça, nul doute que la drague de groupes de filles est "maîtrisée" donc.

Vous savez lire les signes ? Vous êtes devenu un expert de la pratique ? Alors il est temps pour nous de nous tourner vers la partie la plus sensible de cet article : parfois, le séducteur, le vrai, celui qui a son propre site est blessé dans son être, meurtri dans son âme. Alors, il couche tout cela sur internet afin de montrer ce que c’est qu’un Homme, un vrai, avec un grand H, comme Huatzefuque.

C’est donc parti pour :

"L’histoire de me brûler vif & la trahison"

Vous le sentez, ce récit qui fleure bon le drame, l’injustice, la haine et l’amour mêlés au point de faire passer un épisode de Game of Thrones pour un vulgaire pastiche de Tournez manège ? Alors allons-y et penchons-nous sur le cas de Kamal, de "Séduction by Kamal", qui en a gros sur son petit cœur de séducteur et tient à le partager avec nous en faisant le bilan de son année de la séduction 2013.

Pour commencer, une simple capture d’écran pour vous donner le ton de l’article quand même. Le sujet serait moins rigolo si les illustrations n’étaient pas si… disons… exagérées ? Hmmm, je reste dans le domaine de l’euphémisme, je le crains.

Mal au bide

Toi aussi, quand tu es ballonné, poste une image de spartiate traumatisé dans une mer de sang. Un vrai séducteur a le sens de la mesure.

Quand je regarde cette image, tout ce que je vois, c’est un type qui pense "C’est fini, les blagues sur les prouts, ça m’fait plus marrer". Passons, maintenant que vous êtes dans le ton, rentrons dans le vif du sujet.

Mais je n’abandonne pas. Jamais. La vie est injuste, tout le monde le sait, et c’est pour cette raison précise qu’on se bat, jusqu’à la mort. This is Sparta. (300 est mon meilleur film en passant-hâte de voir la seconde partie en Mars 2014)

Un excellent film d’homme de goût, soit dit en passant, dont j’ai surtout retenu qu’il avait été entièrement réalisé à l’aide d’un stagiaire ayant la tremblote et le doigt sur le bouton "ralenti". Retirez ledit stagiaire et le film fait environ 18 minutes durant lesquelles on parle essentiellement de slips, d’éléphants et de filles qui dansent toutes nues, mais tout cela est un peu confus. Je n’ai pas dû saisir toute la subtilité de celui-ci comme notre séducteur ici présent. Toujours est-il qu’après nous avoir expliqué qu’il va mieux, merci, l’homme embraie sur un vrai sujet brûlant de 2013 : les FÉMINISTES !

Les fausses accusations qu’a subies le blog (et surtout moi personnellement) ont été soi-disant, la cerise sur le gâteau. L’article de Jean-Baptiste sur "Comment Bien Baiser Sa Femme/Copine" a mis en colère une foule de féministes radicales et racistes

Tout à fait, du racisme. Ce qui n’avait strictement aucun rapport avec le fait que ledit article évoquait le fait que booon, le consentement tout ça, c’était sympa, mais pas obligatoire. Ces féministes vraiment, quelle bande de racistes !

Les pseudo-féministes ont laissé tout ça et ont dit :Ok, on n’aime pas ce Kamal. Il n’est pas Français, on va s’acharner sur lui. Motif? Allez hop, on lui colle l’étiquette de VIOL. Kamal est un violeur de femmes, il faut qu’on le mette en prison et qu’on ferme son blog. Les autres blogs de séduction ? Non, Kamal et puis c’est tout. Allez c’est parti !«

Rappelons que non seulement elles n’ont jamais dit ça, mais que l’équipe de communication du Monsieur, commandée par un jeune avec une mini-crête (juger les gens sur le physique, c’est mal, mais quand ils choisissent de se faire une mini-crête, c’est qu’ils méritent quand même un peu la mort dans d’atroces souffrances), avait par contre de son côté proposé aux blogueuses incriminées d’essayer des sex-toys "pour se détendre".

Ça ressemblait à peu près à ça (hop, de l’anonymat pour tout le monde) même si ça a disparu depuis, mais bon, c’est la magie du net.

Lolwut

Grèce antique toujours, à défaut de spartiate, le vrai séducteur se poste en noir et blanc dans la pose du philosophe pour dire "Je ne vous juge pas, mais quand même, un coup de kiki vous ferait du bien."

Mais les féministes n’avaient pas vaincu, les vilaines !

Et pendant que nos copines les féministes célébraient leur victoire (dans leur forum soi-disant secret) croyant qu’elles ont réussi leur coup malin, celui de détruire un blog qui à la base a été créé pour aider les hommes ET les femmes à se développer et rencontrer la personne idéale, la renaissance était déjà en marche.

Dois-je préciser qu’il y a une autre photo tirée de "300" qui accompagne ce paragraphe ou ça ira ?

En tout cas, on apprend surtout ici que les féministes disposent d’une base secrète (nous l’appellerons la Fem-cave) sur internet (internet est un lieu très secret, il faut le savoir) où elles peuvent se retrouver après un raid contre un site web innocent pour mieux ripailler en mangeant des testicules, leur plat préféré, c’est connu. Mais attention, ça ne suffit pas !

Les féministes me menaçaient de me castrer, de me violer, de me brûler vif, de me tuer et décapiter mon corps puis le jeter pour des chiens assoiffés.

C’est vrai, elles font souvent ça. Elles sont taquines ces féministes ! La police en a d’ailleurs marre de retrouver des cadavres partout castrés, brûlés et décapités, parce que ça sent un peu mauvais et qu’en plus ça fait des tâches sur la chaussée. Bon et puis surtout, ils leur font la morale, parce que merde : vous pourriez au moins jeter la viande cuite à des chiens affamés, parce que assoiffés, c’est moyennement utile quand même.

Allez, une petite conclusion tout en subtilité ?

Le débat était clos : SeductionByKamal.com, ce n’est pas moi. C’est une communauté. Un peuple. Une famille. Une grande famille de différentes races, couleurs, religions et de différents sangs. Un prodigieux mélange de culture qui fait notre union, une incroyable fusion qui fait notre FORCE.

Ou alors, les sites de séduction, c’est juste une bande de pleupleus qui donne des conseils qui vont du mauvais au consternant en s’imaginant brandir des glaives en slip.

Mais après, c’est peut-être moi qui me trompe. Je ne dois pas être sensible à la classe et l’élégance du séducteur 2014.

Mesdemoiselles, n’oubliez pas : si quelqu’un vous approche guidé par les fameux conseils de ces brillants individus, soyez prudentes :

Ayez toujours un chien assoiffé avec vous.

"Candidat suivant !"

Tirant sur sa cravate, Thorin Ecu-de-chêne se redressa dans son siège de cuir, avant d’adresser un sourire en coin à son ami Balin, assis à son côté. La porte du bureau s’ouvrit en grand et laissa apparaîtra une haute silhouette vêtue de gris, qui s’approcha tranquillement du siège situé en face de Thorin. Balin lécha son doigt pour tourner la page du cahier des candidatures, prêt à prendre de nouvelles notes, alors que Thorin jaugeait le nouvel arrivant.

"Bonjour Monsieur. Bon, je suppose que vous avez bien lu l’annonce ? Mon ami Balin et moi-même partons à l’aventure, d’où ces petits entretiens d’embauche pour se trouver de nouveaux compagnons. Alors Monsieur, à qui avons-nous l’honneur ?
- Gandalf. Gandalf le Gris.
- Très bien Monsieur Legris. Dites-nous ce que vous pensez que vous pouvez apporter à notre compagnie ?
- Je… je suis un magicien. Voilà.
- Un magicien ! C’est bien ça ! On a pas mal de guerriers pour l’instant, c’est vrai qu’un magicien, ce serait chouette. Alors, c’est quoi votre truc ? Les boules de feu ? La foudre ? Ho, peut-être la glace ?
- Non je… je fais pas les boules de feu.
- Ah non ?
- Pis pas la foudre. Pis pas la glace non plus. Mais j’fais des trucs supers hein !
- Heu… oui ? Vous auriez un exemple ?
- Hé bien… je peux faire de la lumière avec mon bâton ! Comme ça, s’il fait noir, hop ! Il fait plus noir !"

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Balin fit la moue avant de faire cliqueter son stylo quatre couleurs pour prendre des notes en rouge. Thorin toussota poliment en cherchant le meilleur moyen d’annoncer ce qu’il avait à dire au vieil homme à la mine ravie, qui s’attendait visiblement à les impressionner.

"En fait, nous sommes des nains, Monsieur Legris. Nous voyons naturellement dans le noir. Donc votre bâton à piles, là, à part pour vous et éventuellement pour nous faire repérer…
- Ah ? Non mais, je sais faire d’autres choses je… tenez, les boules de feu !
- Je croyais que vous n’en faisiez pas ?
- Ah non mais dans le genre, je peux… mettre le feu à des pommes de pin ! Ha ha !
- Et ensuite elles explosent ?
- Hein ? Ho non. Après, c’est juste des pommes de pin. En feu. C’est bien quand même, non ?"

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Balin prit doucement sa tête dans ses mains, tentant en vain de cacher son désespoir pendant que Thorin lui tapotait le dos.

"Monsieur Legris… écoutez, franchement, vous êtes un magicien un peu pourri quand même, non ?
- Woh non ! Une fois, j’ai tué des orques !
- Avec votre magie ?
- Bah non, avec mon épée pourquoi ?
- Je… je suis certain que vous pensez être un magicien Monsieur Legris. Vous êtes de bonne foi, vous avez l’air sympa et tout, mais les magiciens, ils ont pas besoin d’épée pour tuer des orques. Vous comprenez ? Il faut arrêter maintenant. 
- Mais… mais une fois face au roi gobelin, j’ai fait plein de vent ! C’est pas de la magie ça ?
- Gandalf… si vous faites du vent, c’est pas parce que vous êtes magicien, c’est parce que vous êtes tout vieux, vous comprenez ?
- Hooo… hoo ch’uis fatigué…
- Bon, vous savez quoi, on va faire un geste. On va faire un contrat de génération, là, le truc de Hollande, si on aide un vieux, on a des allègements de charges pour nos guerriers en CDI. Alors on vous emmène, et puis comme ça, ça vous fera votre sortie. Ça vous ira Gandalf ?
- Merci M’sieur Ecu-de-chêne… on part quand vous voulez, hein. On va où ?
- Taper un dragon."

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Et tout comme s’il y avait eu un roi gobelin dans la pièce, Gandalf déchaîna les vents.

Afin de suivre les aventures de nos amis des Terres du Milieu, il n’en faut pas moins que nous fassions le point sur le volume I de la trilogie. Allons-y donc !

Le Hobbit I : Bilbo Sacquet est un hobbit. Un jour, Gandalf le magicien sénile et 13 nains viennent le chercher en lui proposant de participer à une aventure pour aller reconquérir le Mont Solitaire, ancienne forteresse naine prise par le dragon Smaug il y a fort longtemps. Bilbo est recruté avec le titre de "cambrioleur" parce qu’en bon hobbit, il sait se faire petit et discret. En route, ils affrontent des géants, des gobelins, une salade niçoise, et sont pourchassés par le terrible Azog, un orque qui ferait mieux de se trouver un hobby. Bilbo trouve durant ces pérégrinations un anneau qui rend invisible, ce qui est fort pratique pour faire des blagues. Puis, alors qu’Azog manque de peu d’en finir avec leur compagnie, nos héros sont sauvés par des aigles qui les emmènent jusqu’à leur nid dans les montagnes, parce que ces branlos, sorte de RER B des terres du milieu, ne veulent pas aller plus loin parce que c’est dangereux. Ne pas aller plus loin que son nid, faut-y être con. Dans tous les cas, nous nous en étions arrêtés là. Et le spoiler était ici.

Tout vous revient ? Alors… spoilons, mes bons !

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L’affiche : du feu, même dans la pipe de Gandalf, ça compte dans la célèbre technique "Affiche en feu, film tout foireux".

Notre film s’ouvre dans la petite bourgade de Bree, située non loin de la Comté. En effet, par une nuit pluvieuse durant laquelle on peut croiser un Peter Jackson habilement grimé en villageois dès la première scène, une silhouette trapue s’avance dans les rues et va se poser dans une auberge. C’est Thorin, le chef des nains de l’épisode précédent ! Mais nous sommes quelques mois avant que notre aventure ne commence…

Alors que le bougre savoure pain et fromage en surveillant du coin de l’œil deux humains qui ont l’air de ne pas vouloir lui faire que des câlins, Gandalf le gris vient s’asseoir à sa table. Mais que veut le vieux magicien ?

"Thorin, fils de Thraïn ! Que faites-vous ici ?
- Je mange du fromage de Bree. Même si ça ne vaut pas la Comté !
- Que…
- C’était une blague naine. Non, en fait, je cherche mon père, Thraïn. Des rumeurs disent qu’on l’aurait aperçu par ici.
- Des rumeurs, Thorin. Votre père n’est jamais venu par ici, je vous le garantis, et je doute que vous le retrouviez un jour. Non, en fait, vous savez ce que vous devriez faire ?
- Demander aux habitants de Brie s’ils sont d’accord en hochant la tête ?
- De…
- Non parce que j’adore quand Bree hoche.
- … Thorin, encore une blague comme ça et je vous colle mon bâton dans l’œil.
- Ah non ! Il ne faut jamais coller quoi que ce soit à Bree. Je ne veux pas de Bree colle !"

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Une fois que l’aubergiste a séparé le petit vieux du nain sur lequel il tapait à coup de canne (qu’il appelle pompeusement "bâton"), la conversation peut reprendre, sans humour nain cette fois.

"Thorin, l’ennemi est là, dans l’ombre. Vous savez, les forces des ténèbres ont mis votre tête à prix.
- Ça expliquerait les humains qui me regardent bizarrement. Mais pourquoi ?
- Ils ne veulent pas que vous récupériez votre trône. L’ennemi aimerait que le dragon reste où il est… pour pouvoir le convaincre de rejoindre son camp.
- Ho !
- Hé oui. C’est pour ça que vous devez lever une armée pour reprendre votre trône. Et vous savez que les nains ne s’uniront que si vous leur présentez, l’Arkenstone, le plus beau joyau de votre ancien royaume ! Il va donc vous falloir pour ça réunir quelques amis pour retourner sur vos anciennes terres et… trouver un cambrioleur ! Prêt à quitter Bree pour une belle aventure, Thorin ?
- Pas encore, je suis aussi venu voir Martine.
- Martine ?
- Martine au Bree."

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Alors que Gandalf explose de fureur (d’où l’expression "coup de grisou", parviendra à dire Thorin avant d’être à demi battu à mort), maintenant que nous savons comment tout a commencé, revenons dans le présent, et prenons la suite du premier film.

Et nous voici par une sombre nuit quelque part, dans les montagnes jolies des Terres du Milieu. En effet, Gandalf, Bilbo et les treize nains sont bien embêtés : alors que jusqu’ici, ils ont cumulé bien des aventures et pensaient pouvoir continuer à cheminer en paix, voici que malgré tous leurs efforts, Azog, le vilain orque qui les poursuit depuis l’épisode précédent, a retrouvé leur trace. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que Bilbo, véritable guetteur de la troupe, a repéré une espèce d’ours monstrueux traînant dans le voisinage. Que de dangers ! Bilbo va donc faire son rapport à Gandalf et aux nains.

"Misère les amis ! Azog a retrouvé notre trace ! 
- Alors qu’on a volé sur des kilomètres et des kilomètres à dos d’aigle ? 
- Il… heu… oui. Tiens, c’est vrai ça. Bon, on va dire qu’il connaissait la direction générale où nous allions, et que donc, il nous a retrouvés.
- Dans 800 km² de montagnes au bas mot ? Ce serait pas juste pour rajouter des scènes de course-poursuite aussi inutiles qu’improbables au film, au hasard ?
- Ho. Hem je… écoutez Thorin, nous n’en sommes qu’au début, essayons d’être tolérants et changeons plutôt de sujet. Tenez, par exemple, j’ai repéré une sorte d’énorme ours non loin, je vous avoue que ça ne me rassure pas trop cette histoire.
- Mmmm.
- Gandalf…
- Mmmm… un ours, vous dites…
- Gandalf, écoutez, arrêtez de faire "mmm" pour prendre votre air mystérieux et crachez le morceau si vous savez quelque chose. Alors, cet ours, ami ou ennemi ?
- Ni l’un ni l’autre… mais par contre, cela me donne une idée : je connais une maison non loin où nous pourrons nous abriter pour échapper à Azog. 
- Ah oui ? Ah mais c’est chouette !
- Oui, alors suivez-moi, vite !"
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Gandalf, qui est âgé mais a encore de bonnes jambes, ce qui lui permet d’arriver le premier à La Poste le matin pour faire tomber sa monnaie, demander à voir tous les timbres disponibles ou autres activités de vieux, se lance donc dans une folle cavalcade aussitôt suivi par Bilbo et les nains. Je vous laisse donc deviner ce qu’il se passe : tout le monde court en file indienne sur fond de musique pompeuse, à savoir dans le cas présent au milieu d’une superbe plaine éclairée par le doux soleil qui…

… attendez, on était pas en pleine nuit et en montagne ?

Ce n’est pas grave, la scène est déjà passée, la plaine aussi, et nos héros courent à présent au milieu d’une forêt profonde,  oubliez la plaine qui est déjà loin, ce qui me laisse supposer que non seulement quand Gandalf dit "je connais une maison non loin", il faut comprendre "à moins de 1200 kilomètres" (le bougre doit être Canadien), mais qu’en plus lui et ses amis à courtes pattes ont une vitesse de croisière qui leur permet de doubler les chevaux à la course, ce qui doit aider Gandoulf à tricher au Quinté +. Toujours est-il qu’après cette folle épopée, nos larrons arrivent en vue d’une imposante masure au milieu d’une clairière, et se lançant dans une dernière course vers la porte, ils notent que le gros ours que Bilbo avait vu est derrière eux, et visiblement pas content. Pas de souci cependant, car sitôt la petite équipe entrée dans la maison, elle referme la lourde porte sur la gueule de l’ours. Celui-ci reste un peu coincé dans l’ouverture, mais personne n’en profite pour lui coller un coup d’épée dans la margoulette, ce qui est bien dommage. L’ours, blasé, se replie donc et va grogner aux alentours de la maison.

Pour rappel, voici Azog, l’orque qui a visiblement un jour confondu la grille du barbecue avec son blush. Je n’ai pas d’autre explication quant à la symétrie parfaite de ses cicatrices.

"Qu’est-ce que c’était, Gandalf ? On aurait dit un ours, mais en plus gros et plus en 3D.
- Ça les amis, c’était notre hôte."

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Que ne l’as-tu point dit durant vos 1200 kilomètres de cavalcade, ami Gandalf, parce que si un nain avait effectivement eut l’idée de sortir son épée, votre hôte aurait eut l’air fin (et vaguement mort). Gandalf explique donc l’affaire plus en détail : cet ours, c’est Béorn, un changeur de peau. On retient de lui qu’il peut se transformer en ours, mais qu’il ne se contrôle guère sous cette forme (ça doit pas être pratique quand il se réveille et qu’il trouve des étrons d’ours un peu partout dans sa maison "Raaah mais c’est pas vrai, mais faut que je me contrôle moi un peu !"), et qu’il n’aime pas trop les nains, ce qui est ballot. Mais qu’il n’aime pas trop les orques non plus, ce qui devrait tenir Azog et les siens à distance.

La petite équipe décide donc de dormir chez Béorn, en plus ou moins sécurité, et au petit matin, Bilbo entend la porte de la demeure s’ouvrir : c’est Béorn, sous apparence humaine ! Celui-ci est tout grand et tout poilu, mais surtout, il s’exprime avec l’accent picard, laissant supposer qu’il doit probablement être de Soissons. Béorn est un mec cool : non, il n’en veut pas aux nains de lui avoir mis sa propre porte sur la gueule. Et comme il est sympa, en plus, il partage sa table avec eux.

"Alôrs, lô nains, lô, c’quwô qu’vous fôtes pôr ici ?
- Voyez-vous Béorn, mes amis nains et le hobbit que vous voyez ici m’accompagnent pour une aventure. Et nous avons des orques à nos trousses, c’est embêtant. Ne pourriez-vous pas nous aider à atteindre Mirkwood, plus à l’est ?
- Si, Gandôlf, j’pô. J’pô vô prêter, des pôneys, lô.
- Parfait. Merci Béorn.
- Bon bin j’vô vô les cherchô dans mô harem.
- Haras.
- Chut Bilbo. Oui, Béorn, allez à votre harem, on va se resservir un peu de pain au miel pendant ce temps. Voilà, haha.
- Mais Gandalf, ne l’encouragez pas, on dit "haras" !
- Bilbo, à votre avis, qu’est-ce que vous croyez qu’un changeur de peau célibataire à l’accent picard fait avec 14 poneys chez lui ?
- Il… hoooo. 
- Maintenant, reprenez du pain au miel et faites semblant de rien."

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Après avoir trouvé un cheval à Gandalf et 14 poneys traumatisés à prêter aux petites gens qui l’accompagnent, Béorn prend la route de l’est pour accompagner ses nouveaux amis jusqu’à Mirkwood, prochaine étape sur la route du Mont Solitaire. Mais, laissons un peu nos amis de côté pour aller voir justement ce qu’Azog et ses orques font !

Car de leur côté, ça bougonne : depuis que la troupe est sous la protection de Béorn (qui a expliqué que tout son peuple de changeurs de peau a été exterminé par des orques, ce qui  laisse supposer que les orques savent comment lui meuler la moustache, mais bon), les orques se tiennent prudemment à distance. Et Azog voit une nuit un messager de son noir seigneur lui parvenir : il est convoqué à Dol Gudur, le repaire de celui qui se fait appeler "Le Nécromancien", à 19h en salle 203. Sur place (car oui, il y arrive dans la minute, pif pouf), son patron, qui a la forme d’une grosse ombre flottant en l’air, ce qui est pratique pour griller des places à la cantoche, lui annonce qu’il doit rester à Dol Guldur pour préparer "la guerre qui approche". Mais comme péter la gueule de Thorin est toujours d’actualité, Azog est remplacé au pied levé pour aller courser le nain par un de ses petits copains que nous appellerons Gérard l’orque. et Gérard part donc avec sa petite troupe pour aller tataner du nain.

Cela étant dit, revenons à Gandalf et sa troupe, qui arrivent à l’orée de Mirkwood, une forêt à la bien triste allure : sombre, aux arbres tordus… elle semble avoir été littéralement corrompue par quelque chose (celui qui a dit "Les Balkany" a perdu, mais je reconnais que c’était bien tenté). Sitôt qu’il la voit, Gandalf ordonne donc que l’on relâche les poneys – ils ne seront d’aucune utilité dans les bois – puis il a un flash-back de Galadriel qui lui dit que tiens, au fait Gandalf, ce serait bien de savoir qui est le nécromancien. Ah, quel courage Gandalf ! Une forêt qui fait un peu peur, et hop, ho bah, il se souvient qu’il a un autre truc à faire. Gandalf annonce donc à la troupe deux choses :

  • Il doit partir, c’est super important, quel dommage, lui qui était super impatient d’aller dans les bois qui font flipper, c’est trop bête !
  • Dans la forêt, il suffit de suivre le sentier. Sinon, c’est mal.

Gandalf salue donc ses amis, et alors que les nains lui font part de leur stock d’injures diverses, de remarques homophobes et que les premières paroles de la célèbre chanson "Gandalf a les chocottes" commencent à résonner, il s’éloigne de la troupe pour aller vaquer à ses occupations. Thorin en bon chef des nains prend donc le commandement de la troupe, et la fine équipe s’enfonce donc dans les bois épais. Hélas ! Gandalf ayant crié "surtout, ne perdez pas le sentier", évidemment, la première chose que font les nains consiste à perdre le sentier qui était cependant très mal balisé, j’en conviens. Ils errent donc dans les bois, incapables de retrouver leur chemin, jusqu’à ce que Bilbo note que, ho bin dis, il y a des arbres recouverts d’énormes toiles d’araignées. Tiens, si je jouais avec pour voir ce que ça fait ?

Oui, hein ? Il faut que je le dise ou ça ira ? C’est bien ce que je me disais.

Il ne faut donc pas attendre longtemps pour qu’une horde d’araignées géantes tombent donc sur notre petite troupe, et emmaillote tout ce petit monde dans un gros paquet de toile. Mais visiblement, celle qui s’est occupée de Bilbo n’était qu’une araignée géante faisant son stage de découverte de 3e  dans la forêt de Mirkwood : elle a donc non seulement oublié de piquer Bilbo, mais elle a aussi oublié de faire une toile vaguement solide autour de lui. Du coup, notre héros se réveille, jaillit de son cocon en hurlant, sort son épée et parvient à s’enfuir comme il le peut.

Là, vous allez me dire "Du coup, Bilbo doit sortir son anneau d’invisibilité de sa poche, et éviter d’être enquiquiné" ? Non, non, comme vous y allez.

"Concentre-toi Bilbo… tu ne dois pas te faire repérer, comment faire… raah, cet anneau d’invisibilité qui roule dans ma poche m’empêche de me concentrer !"

A la place, Bilbo se contente de se cacher derrière des branches et/ou de faire diverses acrobaties (et non, les araignées ne sentent plus la toile vibrer : elles on senti Bilbo jouer avec une petite toile à 15 kilomètres de distance, mais le même qui cavalcade à 2 mètres d’elles, hop, plus rien, elles doivent être presbytes de la patte), puis, à force, finit quand même par se dire que bon, allez, il va mettre son anneau, comme ça, pour voir, parce qu’il paraît que c’est pratique, l’invisibilité, quand on ne veut pas être vu. Mais ce n’est qu’une rumeur, on est pas trop sûr.

Et là, miracle ! Vous savez, l’anneau unique, il rend invisible ? Et bien visiblement, il a profité de l’année entre les deux films pour partir en Erasmus, parce que désormais, il fait aussi traducteur universel ! Mais oui, et visiblement, il a pris araignée géante en LV2 parce que du coup, Bilbo entend les bougresses en train de causer entre elles. Mais alors, de quoi ça parle, une araignée géante ?

"Hé les filles ! J’ai trouvé un blog su-per ! Ça s’appelle Margaux Motin, et c’est des jolis dessins, mais des fois, les personnages disent "ta mère" ! 
- Ho dis, c’est super rigolo ! C’est quoi l’adresse ? 
- Tu trouveras, c’est sur la toile !
- Hihihihihi !"

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Ah bin hé, vous avez vu l’humour nain, fallait pas vous attendre à grand chose non plus des araignées géantes, hein. Bref, que disions-nous ? Ah, oui.

"Bon, si on mangeait les nains ?
- Ho oui ! Avec un petit thé, devant Glee, ça va être choupi comme tout !
- Parfait ! Bon, allez allumer tout ça les filles, je ramène les nains."

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Bilbo entendant cela comprend que ses amis vont bientôt passer de vie à trépas, et ni une, ni deux, saisissant son épée, il jaillit au milieu des toiles, toujours invisible, et commence à planter les araignées ; celles-ci hurlent et donnent, bien malgré elles, un nom à son épée : "Dard" (si on devait nommer les armes en fonction de ce que les gens hurlent quand on s’en sert sur eux, une bonne partie de l’armement de Marseille s’appellerait "Bâtard") . Bon par contre, on ne sait pas trop pourquoi, Bilbo retire son anneau pour un oui ou pour un non, quitte à se mettre en danger pour rien, puis le remet, le retire à nouveau… bref. Toujours est-il qu’il parvient à libérer les nains l’un après l’autre, qui prennent alors les armes pour se défendre contre les arachnides. La bataille dure un bon moment (il faut bien remplir le film d’une manière ou d’une autre), et soudain, des renforts inattendus jaillissent des fourrés voisins : des elfes ! Qui mettent en déroute les araignées ! Avec à leur tête un certain… Legolas !

"Alors les nains, on se promène sur nos terres ? 
- Legolas ? Mais ? C’est affreux ! Qu’est-ce qui est arrivé à votre maquillage ?
- J’ai pris dix ans depuis le Seigneur des Anneaux, les gars.
- Oh. D’accord.
- En attendant, vous n’avez rien à faire ici : donnez-nous armes et équipement, nous vous collons au trou !"

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Les nains n’ayant clairement pas l’avantage, ils confient donc tout leur matériel aux elfes, chopines à bière compris, puis sont emmenés dans une forteresse au cœur des bois où on les enferme tranquillement l’un après l’autre. Mais Legolas note quelque chose qui l’embête un peu : il a des vues sur Tauriel, la jolie capitaine qui mène la garde, mais cette dernière a des vues sur Jean-Jacques, l’un des nains de la bande, qui l’a fait craquer au premier regard. Legolas feint donc l’indifférence, mais moyennement bien ("Mais enfin Legolas, notre amitié est trop précieuse, tu mérites tellement mieux que moi !"). Thorin, lui, a le droit a un entretien avec Thranduil, le roi des elfes du cru.

"Thorin Ecu-de-chêne ! Le célèbre roi sous la montagne, parti reconquérir son royaume… vous ici !
- En effet. Je souhaiterais pouvoir poursuivre mon chemin. C’est sympa chez vous, c’est coquet et tout, mais c’est pas tout ça, on a de la route. 
- Thorin, mon bon ami… voilà ce que je te propose : tu veux reconquérir ton trône ? Soit. Je t’y aiderai.
- Ah oui ? C’est bien, ça, dites-donc. 
- Oui, mais en échange… il y a dans le trésor de Smaug certaines pierres qui m’appartiennent… je souhaiterais les récupérer.
- ALORS CA JAMAIS !
- Je… attendez, mais ? Pourquoi vous vous énervez ?
- PARCE QUE VOUS N’AVEZ AUCUNE PAROLE ! Quand la montagne a été attaquée, vous n’avez pas accueilli les réfugiés ! Alors je sais que vous n’avez aucun honneur !
- Nan mais c’est-à-dire que c’est con, votre histoire : je vous parle de pierres que le dragon a. Ce qui signifie que je ne peux les récupérer QUE si je vous aide d’abord. Donc que je suis payé à la livraison. Donc, impossible pour moi de vous lâcher si je veux mon paiement. Du coup, c’est pas logique, votre grosse colère là.
- Ah bin oui. Mais le script dit que ni vous ni moi n’y pensons.
- Il dit quoi ensuite ?
- Il dit que vous me renvoyez au trou.
- Alors soit : au trou, le nain !"

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Et au trou, le nain, donc. Mais retrouvant Balin, son lieutenant, dans sa cellule, Thorin explique que rien n’est perdu : non pas parce que Gandalf peut encore les sauver, non, personne ne compte plus sur papy depuis longtemps, mais parce que les elfes n’ont pas capturé Bilbo ! Celui-ci a eu la bonne idée d’enfiler son anneau peu avant la capture du groupe, et a donc suivi les elfes jusqu’à leur forteresse… donc inutile de passer un marché avec les elfes, puisque Bilbo est là !

Oui, enfin les elfes se proposaient juste de t’aider à reprendre ta montagne directement. Un détail, sûrement : tu n’en as pas besoin. Bilbo va sûrement aussi latter le dragon tout seul.

"Tauriel, les nains que nous avons capturés… est-ce que c’est juste moi ou est-ce qu’ils sont un petit peu nerveux, voire carrément con-cons ?"

S’ensuit une petite scène durant laquelle Tauriel, la jolie elfe, vient discuter avec Jean-Jacques, le gentil nain en cellule. Evidemment, ils parlent de leurs rêves, de leurs déceptions, de la vie, de la mort, et bien évidemment de physique quantique, sans se rendre compte que Legolas a suivi la chose de loin. Aussi, sitôt que Tauriel a quitté le secteur où les nains sont enfermés, le bougre lui tombe dessus.

"Tauriel ! Je vois que ce nain ne te laisse pas indifférente.
- C’est que… il est plutôt grand et bien fait, pour un nain !
- Tu veux dire que tu es attirée par lui ?
- Hé bien je…
- Tauriel, je ne pensais pas devoir en arriver là un jour mais… sais-tu ce que cela donne lorsqu’un nain et une elfe s’aiment ?
- Non ?
- Regarde cette photo d’Eric Zemmour. Maintenant, redis-moi que ce n’est pas une connerie.
- Seigneur je… je vais y réfléchir Legolas je… je ne savais pas…"

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La discussion se poursuit, mais n’y prêtons pas attention : car Bilbo, lui, a bien avancé de son côté. Il a réussi à récupérer les clés des cellules de la forteresse qu’un geôlier avait laissées au clou, et a en plus appris que les elfes avaient un système pour évacuer les tonneaux de vin elfique vides par la rivière passant sous leur base d’opération qui lui a donné des idées. Ni une, ni deux, il va donc libérer ses amis (ce qui est facilité par le fait que tous les gardes que l’on voyait patrouiller avant doivent eux aussi avoir des anneaux d’invisibilité puisqu’ils ont tous disparu), puis les emmène vers les caves de la forteresses, en leur ordonnant de se glisser dans les tonneaux qui attendent sur une trappe d’être évacués par la rivière. Ça tombe bien, il y a… 13 tonneaux très exactement !

Retenez bien cette information. 13 nains, 13 tonneaux. Oui, ça tombe bien, j’en conviens.

Bilbo active donc le mécanisme de la trappe qui va bien, et les treize nains, protégés par leurs tonneaux, sont donc envoyés flotter sur la rivière rugissante. Et quelques instants plus tard, Bilbo les suit, sans tonneau pour sa part. De là, c’est parti pour la séquence "Peter Jackson est tellement mauvais que même les trucs simples, il n’y arrive pas." Ainsi, si l’on suit les pérégrinations sur les flots de nos amis nains (avec même une séquence en caméra go-pro, ça c’est du grand cinéma), selon les plans, le nombre de tonneau, pourtant facile à retenir, varie. Les nains s’arrêtent sur une grille qui leur bloque la route ? Hop ! Il y a soudainement beaucoup moins de tonneaux ! Un nain brise son tonneau ? Il y en a un vide qui l’attend ! Un plan large ? Des tonneaux disparaissent !

C’est tellement simple que se planter là-dessus en est consternant.

Mais en parlant de consternation, sachez qu’il se passe des choses en même temps, puisque les postes de garde elfes sur la rivière en bordure de la forteresse sont pris d’assaut par Gérard l’orque et sa troupe d’environ… 350 orques ? Parce que oui, les elfes ont repéré 13 nains au fond des bois, mais pas 350 orques directement chez eux. Probablement des orques ninjas. Ah, et au fait, sachant que les bois sont super hostiles, comment les orques ont trouvé la forteresse ? Oh, et puis tant qu’à faire, sachant que les nains ne se sont jamais arrêtés dans leur progression, et que là, même en se faisant capturer, ils s’évadent en moins d’une journée, cela veut dire qu’en plus du temps de trajet minimum pris par les nains, Gérard l’orque a trouvé le temps de :

  • attendre qu’Azog revienne au rapport lui passer la main
  • reprendre la route jusqu’à l’endroit où Azog avait arrêté la poursuite
  • retrouver la piste des nains
  • les chercher au fond des bois, pourtant qui rendent fou, le tout hors du sentier et sans se faire voir
  • de les suivre jusqu’à la forteresse elfique
  • de la contourner et de se positionner sur le fleuve, là encore, sans se faire repérer
  • et enfin de lancer l’assaut !

On peut dire que le garçon sait gérer son emploi du temps. Ou alors, c’est juste que c’est nul et complètement artificiel pour là encore, meubler un film creux. D’ailleurs, à ce moment là dans la salle, un intégriste du livre s’est levé et a tenté de s’immoler à l’aide des pages dudit ouvrage ; hélas, Bilbo le Hobbit n’est pas assez épais pour allumer un feu un minimum sérieux. Alors y trouver assez de pages pour faire une trilogie, il fallait bien rajouter quelque chose. Comme par exemple, et à tout hasard, du caca.

En tout cas, les elfes, à l’origine partis à la poursuite des tonneaux sur la rivière, se retrouvent donc à affronter les orques, avec évidemment de fameux passages comme "Legolas tirant des flèches sur les orques, le tout en équilibre sur la tête de deux nains dans leurs tonneaux dévalant la rivière". L’intégriste du livre qui s’était raté quelques instants auparavant est donc revenu, mais cette fois-ci avec un bidon de kérosène. J’en profite pour signaler que durant cette séquence, les nains arrivent à voler des armes aux orques qui leur sautent dessus, s’en servant pour affronter l’ennemi comme pour abattre les obstacles sur leur route. Ça aussi, ça servira plus tard.

Toujours est-il que les tonneaux finissent par s’éloigner, et que Legolas et Tauriel ne peuvent que contempler le spectacle des nains leur échappant, alors que les orques, eux, continuent de descendre la rivière à la poursuite des nains, mais en cherchant un peu moins le conflit avec les elfes. Mais l’un des méchants a été fait prisonnier, l’occasion pour nos amis aux oreilles pointues d’apprendre que les orques se sentent très forts, leur maître nécromancien leur assurant une prochaine victoire sur les peuples libres des Terres du Milieu. Il ajoute aussi qu’il a clairement vu dans la bataille sur la rivière un nain – et comme par hasard, celui qui provoque des palpitations chez Tauriel – se faire toucher par une flèche empoisonnée. Et que donc, bientôt, il ne sera plus, hohoho ! Ni une, ni deux, Tauriel, bientôt suivie par Legolas, décide donc de reprendre la route de la rivière pour aller porter secours au malheureux…

Mais sans emporter de quoi le soigner, hein, quand bien même l’orque a donné le nom du poison. Faudrait pas être trop futé non plus.

Dans l’immédiat, revenons, justement, à ce qu’il se passe chez nos amis trapus. En effet, la rivière locale débouche sur un lac, où les tonneaux des nains viennent s’échouer sur une espèce de petit îlot rocailleux. L’occasion pour eux de savourer la chose, car le lac où ils sont est situé non loin du Mont Solitaire, leur destination, l’aventure touchera bientôt à sa fin ! Mais déjà, ils sont bien embêtés : ils sont comme des couillons sur leur îlot, et n’ont plus le moindre équipement (voilà où je venais en venir : vous savez toutes les armes prises aux orques ? Elles ont disparu parce que ça arrange l’intrigue, hop !), vont-ils devoir manger Bilbo ? Heureusement pour notre héros, une large embarcation s’approche du roc sur lequel ils se sont abrités : elle est conduite par un humain, un certain Bard, qui explique à la petite troupe qu’il est bien étonné de les trouver là : lui, d’habitude, il vient juste ici récupérer les tonneaux que les elfes ont jeté à la rivière pour aller les vendre à Lacville, la cité la plus proche. Alors trouver des nains dans les tonneaux en question… il préfère ne pas trop s’en mêler, c’est un coup à avoir des emmerdes. Mais bon, c’est quand même moyen de la part des elfes de balancer leurs nains usagés à l’eau, c’est pas Fort Boyard ici, sacrebleu.

Sauf que Balin, en bon lieutenant de Thorin et fin diplomate, lui propose tout plein de pognon en échange d’un voyage vers Lacville et d’armes pour qu’ils puissent reprendre leur route.

"Soit ! J’accepte !" dit donc Bard, bateleur mais aussi contrebandier de son état. Le spectateur s’étonne donc en voyant les nains sortir des tonnes de pièces d’or pour le payer : ne venaient-ils pas justement d’expliquer qu’ils n’avaient plus rien sur eux puisque les elfes leur avaient tout pris ? Ils doivent probablement générer des pièces d’or aléatoirement. D’ailleurs, ce n’est pas la seule chose qu’ils génèrent, puisque ratages de bas étage toujours, Bard explique à ses nouveaux compagnons qu’ils doivent se faire discrets, et qu’il va donc les faire rentrer en ville, cachés dans leurs tonneaux. 13 nains, 13 tonneaux, vous vous souvenez (même en faisant fi de la scène précédente) ? Hé bien il y en a désormais, hop, pif pouf, un quatorzième juste pour Bilbo !

La réalisation insiste même avec des gros plans pour être sûr de ne laisser aucune chance à un extrapolator de passage. Le nombre est 13. Ni 12, ni 14.

Quoi, je chipote ? Hé, ho, qui se prétend un réalisateur d’envergure international faisant une trilogie à ouat’mille millions ? Bon, alors.

En tout cas, une fois la petite équipe camouflée, Bard emmène la troupe à Lacville, passant avec quelques ruses les différents postes de garde autour de la cité qui est une sorte de croisement entre Venise et Charleville-Mézières. En effet, s’il n’y a pas de rues, seulement des canaux, la ville est loin d’avoir la splendeur de la cité des doges : c’est plutôt un gros amoncellement de cabanes, le tout dirigé par le Maître, seigneur local qui a un certain goût pour l’argent, mais un peu moins pour le partage. Et à en croire les discussions que Bard a avec des gardes alors qu’il mène sa barque, la cité est au bord de la rébellion, puisque bon, le Maître, il est gentil, mais manger du poisson du lac matin midi et soir, ça va bien 5 minutes, tu t’es cru à Innsmouth pépé ?

Bard achève d’emmener nos amis nains jusqu’à chez lui, mais hélas, se fait repérer par quelques passants qui s’étonnent de voir des nains se promener en ville. En tout cas, à l’abri des murs de sa demeure, Bard leur présente sa petite famille (il a deux filles et un garçon), et propose de tenir sa parole en fournissant des armes aux nains : harpons, maillets, grappins… il leur donne tout ce qu’il a sous la main, mais notre fier humain a bien du mal à convaincre ses nouveaux amis que ses armes valent le prix qu’ils ont payé : eux, ils veulent des épées, des haches, des arcs… et pas ces trucs de récupération ! Petit arnaqueur, va ! Bard leur explique qu’il n’y a qu’un seul endroit dans la ville où il y a tout ça : l’armurerie. Mais qu’il n’ira pas la piller pour leur beaux yeux, faudrait voir à se calmer les barbichus.

En parlant d’arme, Thorin, lui, repère quelque chose par la fenêtre de la maison de Bard : une tour de garde de la ville surmontée d’une baliste… naine ! Bilbo, qui ne connaît pas grand chose à ces histoires là, a donc le droit à un petit récapitulatif : cette arme vient de Dale, la cité  humaine qui était en face du Mont Solitaire et que Smaug a détruit lorsqu’il est arrivé. C’est l’une des rares armes capables d’abattre un dragon pour peu qu’elle soit alimentée en flèches noires, des choses forgées spécialement par les nains. Et le jour où Smaug a attaqué Dale, le seigneur de la ville est allé en personne manier l’une des armes sauf que hélas, trois fois hélas, il n’a pas réussi à blesser la bête avec les 4 flèches noires qu’il avait à disposition !

"Attendez, vous voulez dire que les nains connaissaient des armes anti-dragons et en fabriquaient ?" me direz-vous ?

Oui oui, vous répondrais-je.

"Et vous voulez dire que ces blaireaux de nains ont confié l’arme en question aux humains, mais n’ont pas pensé à en équiper leur forteresse, pourtant appeau à dragons ?"

C’est exactement ça.

"Et qu’en plus, ils n’ont forgé qu’une baliste et 4 flèches en tout et pour tout pour défendre tant Dale que leur montagne ?"

Je suis consterné moi aussi, mais oui.

"Est-ce qu’il vous reste du brandy ? J’en aurais bien besoin, là."

Tenez, et accrochez-vous parce qu’on a pas fini.

Car si la famille de Bard intervient pour dire "Attendez, selon la légende, le Seigneur de Dale a arraché une écaille au dragon dans la bataille quand même !" (chapeau l’artiste, avec un peu de bol, il lui a aussi pété un ongle, quelle glorieuse escarmouche), les nains, eux ont déjà d’autres idées en tête. Comme par exemple, attendre que la nuit tombe pour aller cambrioler l’armurerie de la ville ! Ce qui se passerait bien si dès la première minute, une fois à l’intérieur, nos larrons ne se disaient "Alors, plutôt que de prendre chacun ce dont on a besoin, si on faisait un gros tas d’armes et qu’on filait le tout à… tiens, toi Jean-Jacques, qui a une jambe blessée et est empoisonnée, ça te dirait pas de tout porter dans l’escalier ?". Grâce à ce rebondissement qui prouve qu’encore une fois, Peter Jackson s’y connaît en qualité, le nain ne manque pas de se vautrer, et donc de donner l’alarme. Bien vite, la milice de la ville capture donc les nains et les emmène jusqu’au palais du Maître, qui les accueille sur son parvis.

"Tiens ! Des nains ! C’est pas banal. La rumeur courait en ville qu’il y avait des petits barbus qui courraient les rues était donc vraie…
- En effet. Je suis Thorin Ecu-de-chêne et voici ma fière compagnie.
- Thorin ! Le roi sous la montagne ! On a par ici une vieille prophétie qui dit que quand vous reviendrez, ce sera la fête chez vous, mais moyen pour nos gueules.
- Puis-je savoir d’où sort cette prophétie ?
- Heu… de… c’est… une prophétie. Voilà. 
- Qu’importe : aidez-moi à aller jusqu’au Mont Solitaire, donnez-nous armes et vivres, et lorsque mon royaume renaîtra, je partagerai mon or avec vous tous !
- Okay, tope-là gros."

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Le peuple est donc en liesse à l’idée de voir le royaume des nains renaître et le pognon à nouveau couler à flot, pour que leur ville redevienne une prospère cité marchande et non plus un vulgaire trou à pêche, mais Bard, lui, décide de venir casser l’ambiance, le saligaud.

"Arrêtez ! Bon sang, la prophétie dit que ça va être chaud cacao pour nos museaux, alors ne les laissons pas y aller !
- Ho, le relou !
- Mais pensez au dragon, crotte !
- Bon, écoute Bard… ou dois-je dire… "Bard-le-fils-du-seigneur-de-Dale-qui-a-tiré-comme-une-buse-sur-le-dragon", tu es gentil et tu vas jouer aux billes, ici, on fait la fête."

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Bard, son identité de fils de loser révélée, grommelle donc alors que la ville célèbre l’arrivée des nains chez elle, et dès le lendemain matin, elle équipe ceux-ci, leur confie armes et provisions, et bien évidemment, met à leur disposition une embarcation pour aller jusqu’au Mont Solitaire. Jean-Jacques le nain empoisonné étant tout malade, il reste sur place avec une paire d’autres nains pour prendre soin de lui, pendant que Thorin, Bilbo et les autres se mettent en route.

Commence donc la dernière partie du voyage : nous sommes "le jour de Durin", un jour bien précis de l’année où selon les informations de Thorin, lorsqu’ils auront trouvé le passage secret menant à l’intérieur de la montagne (je n’ai toujours pas compris pourquoi ils ne passaient pas par la grande porte, qui pour rappel, avait un trou béant là où le dragon était rentré, mais bon, hein, les passages secrets, c’est vrai que c’est plus cool), "la dernière lueur du jour de Thorin montrera la serrure". Il faut donc se dépêcher de trouver le passage secret ! Bilbo et les nains courent donc la montagne à la recherche d’un indice pouvant les mettre sur la piste d’ne éventuelle porte secrète mais hélas, ils font chou blanc.

Du moins, jusqu’à ce que Bilbo hurle "Regardez !" et que Thorin commente sa découverte par un "Vous avez de bons yeux maître Sacquet !"

Comment vous annoncer ce que Bilbo désigne et que personne n’avait vu ? Je… bon, je vais faire simple : Bilbo montre du doigt une statue de nain d’environ 150 mètres de haut qui était juste à côté d’eux. Non, je n’invente pas : on parle bien d’une statue de 150 mètres de haut que personne n’avait remarquée, quand bien même ils étaient à 20 mètres d’elle. Voilà voilà. Ah non mais quand on parle de mauvais film, là ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Et dire qu’il y a une version longue, je n’ose y penser.

Histoire d’illustrer mon propos, ça, c’est un bout de la statue, trop large pour l’écran. Les minuscules points sur le manche de la hache ou en bas à droite dans le simili escalier, ce sont nos héros. Voilà, voilà, difficile à repérer comme détail dans la montagne, donc, en effet.

Bref : nos héros grimpent donc sur la statue, qui avait un simili-escalier intégré, et arrivent au sommet de celle-ci pour découvrir une petite plate-forme taillée dans la montagne avec une forme dans la paroi évoquant une porte. La fin du voyage est là ! Ou du moins, devrait ; car Thorin a beau avoir avec lui la clé menant à la forteresse de son père, les nains n’arrivent pas à trouver la serrure, et même lorsque les dernières lueurs du soleil illuminent la porte (ils sont arrivés 2 minute avant la nuit)… nulle serrure n’apparaît. Et le soleil finit par disparaître derrière les montagnes.

"C’est fini." s’exclame donc Thorin. "Nous avons échoué. Partons.". Le bougre jette donc au sol la clé de son père, puis fait demi-tour et commence à s’en aller avec les autres nains.

Oui, là encore, vous avez bien lu : c’est tellement bien écrit que les mecs viennent de risquer leur vie durant des semaines pour arriver là, mais une fois devant la porte, ils n’insistent que deux minutes puis laissent tout tomber. Ah, on sent les mecs motivés, hein, pfou.

Evidemment, Bilbo, lui, est beaucoup plus insistant, et lorsque la lune se lève, c’est elle, "la dernière lueur du jour de Durin" ! Il voit donc une pâle lueur lui indiquer un trou dans la paroi, et appelant les nains pour leur signifier que c’est bon, il a trouvé la solution, il voit donc ces derniers revenir (avec une vitesse, encore une fois, frôlant la téléportation) et ramasser la clé de Thorin pour ouvrir la porte vers les profondeurs du Mont Solitaire… hooo ! Merci Bilbo, sans toi, on retournait chez nous jouer à la crapette jusqu’à la fin de nos jours.

Bilbo et ses amis s’enfoncent donc dans l’étroit passage, découvrant quelques bas-reliefs de leurs ancêtres ("Regardez, celui-ci raconte comment le roi un conçu la défense anti-dragon du royaume un soir de cuite !"), et Thorin explique alors à Bilbo pourquoi il est là : en tant que "cambrioleur" de l’équipe, c’est à lui de partir en éclaireur dans la cité naine abandonnée. Et de trouver le trésor de Smaug pour y prendre l’Arkenstone, le joyau de la montagne, et ramener celui-ci à Thorin pour qu’il puisse, si Smaug est encore vivant, réunir les armées des nains pour venir péter du dragon. Bilbo n’est pas très rassuré, mais allez, en route !

Notre fier hobbit traverse donc les couloirs abandonnés de la forteresse naine, avant de déboucher dans une immense salle, où tant de pièces et de bijoux sont accumulés que l’on pourrait penser à un épisode de La Bande à Picsou. Bilbo, qui n’a pour seule instruction que "Tu reconnaîtras l’Arkenstone au premier coup d’œil", ce qui est un peu flou, voire tout pourri, commence donc à escalader les montagnes d’or en inspectant quelques bijoux ici ou là, mais bientôt, ses mouvements finissent par provoquer de véritables mini-avalanches de pièces… révélant peu à peu le corps d’un immense dragon dormant au-dessous ! Et celui-ci se réveille doucement !

Alors que la majorité des spectateurs dans la salle sont en train d’hurler pêle-mêle des instructions visant à inciter Bilbo à mettre, par exemple, son anneau d’invisibilité (sur son doigt ou ailleurs, on sent une certaine tension) ou sont plus prosaïquement en train de faire des commentaires sur sa maman, le dragon achève donc de sortir de son sommeil, et Bilbo décide tout simplement de se cacher derrière une colonne de l’immense salle au trésor. Après un long moment, et alors que le dragon commence à parler – car oui, il parle ! – en disant "Mmm, il y a comme une odeur…" (les sphincters de Bilbo l’ont trahi), notre héros se décide enfin à mettre son anneau d’invisibilité… puis le retire dix minutes plus tard parce qu’il est un peu con, apparaissant ainsi au dragon, hop. Non mais… bon. C’est donc parti pour un petit moment de dialogue, où Bilbo tente de gagner du temps pour sauver sa vie, alors que du coin de l’œil, il a repéré un énorme joyau brillant d’une lumière surnaturelle : l’Arkenstone !

"Tu es donc là, petit voleur ! Tu sens le nain, mais tu as aussi une autre odeur… qu’es-tu ?
- Je ne suis pas un voleur, ho non, certainement pas ! 
-Alors, dis-moi ce que tu es et viens faire ici !
- Ho, je suis venu contempler votre grandeur, ô, Smaug ! Et je ne suis qu’un… un chevaucheur de tonneau, un ami des aigles, celui qui court sous la colline et par-dessus la colline et…
- Hmmm, j’aime les flatteries, mais ça ne te sauvera pas.  Par contre, tu sais ce que je n’aime pas ? Les réalisateurs qui réécrivent quasiment tous les dialogues d’un livre, mais en laissent des passages entiers dans le style littéraire de l’auteur là où ça les arrange. Parce que du coup mon petit Bilbo, depuis le début du film, jamais tu ne t’es exprimé comme ça, et ça sonne complètement faux.
- Je… heu… ouiii et… ô Smaug le gigantesque et… vous ai-je… ho, et si nous parlions de votre énoooorme sexe ?
- Rhooooohoho… bon, okay, les flatteries marchent un peu !"

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Je vous passe le long dialogue entre Smaug et Bilbo, et profitons-en pour aller voir ce qu’il se passe ailleurs. Comme par exemple, du côté de chez Gandalf ! Vous l’aviez oublié, n’est-ce pas ? Moi aussi ! Car celui-ci, après avoir gambadé à droite et à gauche, a découvert que la prison où les Nazguls, vils serviteurs du terrible sorcier Sauron, étaient enfermés depuis des siècles, avait été ouverte et que cela continue de lui donner des indices sur la mystérieuse identité du nécromancien de Dol Guldur (je me demande bien qui c’est, d’ailleurs. Sylvain Mirouf, peut-être ?). Notre vieux préféré décide donc de se rendre sur place pour en avoir le cœur net, accompagné de Radagast, le magicien amateur de ganja. Sur place, tous deux conviennent d’un plan.

"Radagast, va prévenir Galadriel que je vais explorer Dol Guldur. 
- Certes Gandalf, mais ça ne sentirait pas un peu le piège à con ?
- C’EST un piège à con !"

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"Meugneugneu Gandalf gneugneugneu piège à con gneugneu… j’ai un bâton qui fait de la lumière, il ne peut RIEN m’arriver !"

Là encore, je suis au regret de vous dire que je ne rigole pas : Gandalf dit bien à Radagast que oui, il est conscient que c’est un piège, mais qu’il y va quand même. Pourquoi ? La réponse est dans le dialogue précédent. Ou alors, il a peur que Radagast aussi connaisse les paroles de "Gandalf a les chocottes". C’est donc encore une fois sous les hurlements outrés de la salle de cinéma, alors qu’une partie des spectateurs tente en vain d’allumer des cocktails molotov à partir de Coca Zéro, que Gandalf rentre donc dans la forteresse en poussant de grands cris que l’on pourrait résumer à "HOUHOUUUU LES MECHAAANTS OU ETES VOUS ?" (là encore, c’est tristement véridique). Après avoir ainsi habilement enquêté, les méchants (comprendre : Azog et toute une armée) tombent sur Gandalf et lui distribuent des claques, ce qui étonne bien notre petit vieux. Pire encore, il voit une ombre apparaître et se moquer ouvertement de lui : il comprend alors que cette ombre, le nécromancien comme il se fait appeler, n’est autre que… Sauron !

Je sais, personne ne l’avait deviné. C’est… pfou, formidable.

Gandalf est donc capturé et voit les armées de Sauron quitter Dol Guldur pour aller embêter les peuples libres… flûte ! Merci de ton intervention Gandalf, c’était particulièrement constructif.

Tant qu’à en être à faire le tour de ce qu’il se déroule hors du Mont Solitaire, sachez qu’il se passe des choses du côté de Lacville ! En effet, Jean-Jacques le nain est toujours victime du poison orque, et est désormais en bien piètre état. Et alors que ses amis lui préparent un remède, Bard, lui, a son détecteur de dragon qui se réveille qui s’agite. Oui, comme ça, hop. Il sort donc du grenier… une flèche noire ! La dernière que son père n’avait pas eu le temps de tirer sur Smaug ! Et il court vers la baliste de la ville pour se préparer en cas d’attaque de dragon. Sauf qu’alors qu’il est en route, les gardes l’arrêtent et le mettent en tôle.

Pourquoi ?

Aucune explication. Non, vraiment : aucune. Enfin, si, moi j’ai en une. Elle s’appelle : "C’est juste un rebondissement pourri pour que, dans le prochain film, on puisse nous caser une scène de 15 minutes durant laquelle Bard doit sortir de prison pour aller sauver la ville au milieu de plein d’action." On prend les paris et on se retrouve l’année prochaine pour confirmer la médiocrité de cette trilogie.

Mauvaises scènes d’action toujours, sachez que des silhouettes étranges apparaissent sur les toits de Lacville : il s’agit de Gérard et de ses orques, venus en finir avec les nains ! Et non, là encore, aucun garde de Lacville n’a vu depuis les tours la centaine de mecs en train de se promener sur les toits, ou n’a remarqué les embarcations avec lesquelles ils sont probablement venus. Non, c’est même mieux : alors que jusqu’ici, Lacville grouillait de vie et de gardes, pouf ! Il n’y a plus âme qui vive dans les rues ou même dans les maisons, pas une voix, pas un cri ! C’est fou hein ? Et c’est pas la première fois que ça arrive dans ce film, alors vraiment, quel talent. Ça tombe bien, parce que les orques ne sont pas les seuls à arriver en ville : Legolas et Tauriel sont là ! Pif, pouf, paf, bang, les elfes tuent les orques par dizaines, le tout en prenant des poses cools, jusqu’à ce que l’ennemi soit repoussé. Tauriel peut donc se précipiter au chevet de Jean-Jacques pour le guérir, alors qu’il délire à moitié et débite des dialogues comme "Hooo, belle dame, je suis tout fiévreux mais vous me rappelez une belle elfe du nom de Tauriel, hooo, comme je souhaiterais qu’elle m’aime !".

Moi, je souhaiterais que l’auteur des dialogues meure dans son propre vomi de guimauve, chacun ses vœux mon petit Jean-Jacques. Pour ton cas particulier, j’espère que Legolas et sa photo d’Eric Zemmour vont vite revenir t’aider à comprendre ton erreur.

Mais, assez ! Retournons donc du côté du Mont Solitaire, où Bilbo est en bien mauvaise posture face au dragon, et continue de le flatter pour l’inciter à l’épargner un peu plus longtemps.

"Ô, Smaug le magnifique ! Le terrifiant ! Smaug le maître des airs ! Smaug le puissant ! Smaug le champion de Street Fighter II Turbo !
- Non, allons, tu me flattes trop… et puis je ne suis pas si fort que ça à l’édition Turbo, Balrog il est cheaté, comme on dit dans la Moria.
- …
- C’est de l’humour draconique.
- Il faut que je vous présente Thorin.
- THORIN ! Hahaha, j’étais sûr que ce vieux nain était ici ! Et je vois ce que tu regardes, petit voleur… l’Arkenstone !"

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De là, tout en parlant, Smaug s’amuse à regarder Bilbo cavaler comme une tanche (mais toujours en restant visible, encore une fois, l’invisibilité, pourquoi faire quand on est en danger de mort ?), alors que l’Arkenstone, suite à d’habiles mouvements de Smaug, tombe hors de sa portée à chaque fois qu’il va mettre la main dessus. Une telle précision me laisse supposer que Smaug est probablement une bête au mini-golf, mais passons. Après de très, très longs dialogues, Smaug décide qu’il est enfin temps de tuer Bilbo, et se propose donc de lui cramer le museau. Notre fier hobbit, à défaut de finir en merguez, parvient donc à s’échapper et à regagner l’accès au passage secret par lequel il est arrivé mais y trouve… Thorin ! Qui visiblement, est de mauvaise humeur.

"Bilbo… où est l’Arkenstone ?
- Je… Thorin, je suis un peu pressé là.
- Alors donne-moi l’Arkenstone.
- Je… je l’ai avec moi, oui oui, je ne pipeaute pas, elle est dans ma poche, si je te la donnais là-haut à l’abri ?
- Non, maintenant. Tiens, si je te menaçais avec mon épée pour appuyer ma demande ?
- Thorin… non…"

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"Vous me le dites si je vous fais chier tous les deux, hein !"

Oui, alors Bilbo, juste comme ça : la bonne réplique à donner, plutôt que de pipeauter tranquillement avec ton copain, c’était peut-être "SMAUG, IL EST DERRIÈRE MOI, BOUGE TOI BOUGRE DE CORNIAUD !", mais non, ça devait être un peu subtil. Du coup, soudain, Thorin et Bilbo voient surgir à côté d’eux l’énorme tête de Smaug… et décident donc bien naturellement, alors qu’ils sont juste à l’entrée du passage secret qui est sécurisé, de se mettre à courir dans la direction opposée, galopant dans toute la forteresse naine, bientôt rejoints par Balin et les autres nains de l’expédition, venus à leur rescousse. L’occasion pour moi de parler de l’architecture naine. Une seconde, j’allume mon cigare et prends mon air docte. Voilà.

L’architecture naine est un véritable joyau. Moins chargée qu’une cathédrale gothique mais plus complexe qu’une église romane, on note que celle-ci se caractérise par un certain amour des angles et du respect des règles géométriques basiques, le tout mêlé à un gros complexe d’infériorité qui pousse les nains à ne créer que des choses gigantesques : grosses statues, grandes salles, immenses colonnes… si j’étais Tauriel, je me méfierais. Mais surtout, l’architecture naine se caractérise par un goût certain pour les trucs pas pratiques.  Par exemple, on peut constater durant le film que la moindre passerelle est immense, lisse, et toujours au-dessus d’un vide immense. Ce qui explique le très fort taux de mortalité chez les nains qui, pour peu qu’ils trébuchent ou titubent pour rentrer chez eux, risquent à tout instant une chute de minimum 70 mètres. Idem, leur goût pour la grandeur fait que les mêmes passerelles ou escaliers sont toujours immenses. On en déduira bien volontiers que le nain ayant un besoin pressant doit probablement devoir parcourir des kilomètres avant de trouver des latrines (qui sont probablement immenses, elles aussi) : le risque d’implosion avant d’arriver à destination est donc particulièrement élevé. Surtout quand on connait les courtes pattes des personnages. Mais, assez de cours magistral, prenant un exemple de conception architecturale naine en nous penchant sur la scène suivante :

Thorin et ses amis finissent par se dire qu’ils ne vont pas errer pour l’éternité dans la forteresse en attendant de se faire croquer, et que damned, ils ont été bien cons de faire des salles si grandes en permanence, alors qu’une paire de petits couloirs auraient suffi à arrêter le dragon vu sa taille. Ils vont donc aller aux forges, et essayer d’y trouver quelque chose pour meuler Smaug. Ça tombe bien, non seulement les forges sont en parfait état de marche, mais il suffit d’un souffle de Smaug pour remettre toute la machinerie en route (et donc permettre, évidemment, à des nains de sauter dans tous les sens sur des tapis roulants en esquivant du métal en fusion et autres scènes dignes de Georges Lucas). Thorin ordonne donc à Bilbo d’aller "activer une manette de la forge". Hé bien même ça, ce n’est pas à côté de la forge ! Bilbo doit courir sur 100 mètres, gravir d’immenses escaliers, arriver sur un promontoire surplombant les forges et y trouver la manette !

On applaudit donc bien fort le type qui a dessiné les décors, qui a visiblement lui aussi quelque chose à compenser, mais il faudra que quelqu’un lui rappellequ’il est impossible de faire rallonger son Q.I.

Bref : activant la manette en question, Bilbo permet à une gigantesque quantité d’or fondu de ruisseler jusqu’à un imposant moule (tout était prêt, ça n’attendait plus que ça) derrière lequel bientôt, Thorin et ses amis vont s’abriter (Thorin, pour l’occasion, surfe sur l’or en fusion via un bouclier. Je crois que c’est à ce moment là que quelqu’un au premier rang a hurlé "Tolkien ackbar !" avant d’activer sa ceinture d’explosifs). Smaug ne comprend pas trop bien de quoi il retourne jusqu’à ce que Thorin n’active le système qui brise le moule, et ne se révèle une gigantesque (hé !) statue de nain en or. Qui au bout de quelques secondes, n’ayant pas eu le temps de refroidir, se liquéfie… et le métal en fusion tombe donc sur Smaug !

Le dragon se débat, s’ébroue, mais le liquide lui colle à la peau écaillée jusqu’à ce qu’il disparaisse sous le flot d’or fondu. Les nains sont déjà prêts à crier victoire, lorsque le dragon rejaillit de sous l’or, hurle que Thorin va payer, mais que déjà, il va aller s’occuper de Lacville, histoire de rappeler à la région qui est le patron. Les nains sont donc fort désappointés alors que le dragon, se débarrassant en quelques secondes de l’or qu’il a encore sur lui, quitte la forteresse puis s’envole dans la nuit, maugréant qu’il est la mort, la destruction, l’ouverture facile et autres synonymes de terreur chez les vivants.

Et mettant le cap sur Lacville, il se prépare à faire payer tout ce petit monde et…

… FIN !

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En cette période de fêtes ou certains doivent lire ces lignes, une part de bûche dans une main et un mouchoir imbibé de larmes de sang dans l’autre après cette lecture, je conclurai brièvement :

Que ? Qu’est-ce que c’était que CA ?

Certains films ont connu moult adaptations.

Populaires dans un pays, tournés une nouvelle fois dans un autre avec de nouveaux acteurs pour faire bonne figure, qui ne se souvient pas de La Totale, devenu True Lies, film dans lequel Thierry Lhermitte avait été subtilement remplacé par Arnold Schwarzenegger (on remarque à peine la différence à l’écran) ? Ou bien encore Infernal Affairs, qui passé de Hong Kong à Hollywood, devint Les Infiltrés ? Et encore, je ne vous parle pas de toutes les versions Bollywoodienes, voire pour les plus farceurs d’entre vous, des adaptions liées à la règle 34 de l’internet. Ah, si, ne faites pas semblant.

Pourtant, il est des réalisateurs épris d’originalité qui se battent jour après jour pour réaliser des chefs d’oeuvres parfaitement inadaptables. Roland Emmerich est de ceux-là.

Mais plutôt que de vous l’expliquer, je vous propose de parler tout de suite de son dernier film, "White House Down".

Nous pourrons alors revenir sur la précédente affirmation en conclusion.

Prêts pour une nouvelle plongée dans l’univers de l’un des plus talentueux réalisateurs de son époque ? Alors spoilons, mes bons !

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L’affiche : une explosion, et en plus les gens s’y vantent de leurs trois derniers crimes. Si c’est pas de la provocation, ça.

Tout commence au pays du hamburger, et plus précisément à Washington, alors qu’à l’horizon les teintes roses et orangées annonçant l’arrivée prochaine de l’ami soleil apparaissent. Dans la chambre d’une adolescente de onze ans, un téléphone sonne l’alarme : est-il l’heure d’aller à l’école ? De se préparer à une quelconque excursion ? De commencer à se peigner pour espérer être prête 3 heures plus tard (maudits cheveux longs) ?

Non : nous sommes dans la chambre d’Emily Cale, une adolescente de 11 ans qui comme toutes les petites filles de son âge, a programmé sur son téléphone une alarme pour être informée des moindres faits et gestes du président des Etats-Unis, puisque c’est sa passion dans la vie. Et son téléphone l’informant que l’homme d’état rentre à la Maison Blanche après un fort beau discours à l’ONU, notre bougresse regarde par la fenêtre l’hélicoptère présidentiel qui comme de bien entendu, passe juste au-dessus de sa maison pour lui mettre des étoiles plein les yeux. Parce qu’à 6h du matin, toutes les petites filles de 11 ans adorent se lever par passion pour un leader politique (Emily doit avoir du sang de nord-coréenne).

Je consulte ma montre : oui, nous n’avons même pas dépassé la première minute du film, et nous sommes déjà face à l’un des clichés (ratés) les plus formidables d’Hollywood, à savoir le perso d’enfant écrit avec les pieds, comprendre :

  • Il a une tête de cible d’entraînement pour concours de taloches
  • Il s’exprime comme un adulte et ne s’intéresse qu’à des sujets liés
  • Il dit toujours la vérité (même s’il n’a aucun moyen de la connaître, soit dit en passant)
  • Il a des réactions à peu près aussi naturelles que les lèvres d’Angélina Jolie

Bref, Emily Cale est une sorte de poncif, oui, mais un poncif avec un smartphone. Et puisqu’une caricature ne suffit pas, allons donc voir ce qu’il se passe au même moment dans l’hélicoptère du président des Etats-Unis.

Car en effet, le pays est dirigé par James Sawyer, un puissant patriote dans un film qui ne l’est pas moins, ce qui signifie qu’il n’est évidemment pas un homme politique comme les autres, non, lui c’est un idéaliste qui marche dans les pas d’Abraham Lincoln et qui veut rendre ce pays toujours plus beau (mais pas en s’en prenant aux banques quand même : c’est rigolo comme l’une des plus grandes aventures de Lincoln ne semble jamais passionner ses fans, quel sale communiste ce Abe). Toujours est-il que James Sawyer est plutôt noir, et plutôt originaire d’une famille pauvre. Tellement que dans ses discours à l’ONU, il parle de l’époque où il ne mangeait pas à sa faim, et de comment sa grand-mère a réussi à convaincre un braqueur potentiel d’abandonner son sinistre projet en échange d’un repas chaud.

Pas sûr qu’elle aurait eu le droit à sa page Facebook celle-là.

En tout cas, sortez vos mouchoirs, parce que les extraits des discours de James Sawyer ressemblent fortement aux consignes de coloriage d’un album Mon Petit Poney. Je pense qu’à l’ONU, on fait sortir les diabétiques de l’assemblée avant de le laisser s’exprimer histoire que son discours sirupeux ne s’avère pas fatal aux plus fragiles d’entre eux.

Le président et son petit équipage débarquent finalement à la Maison Blanche, et les gens de son cabinet se congratulent sur la pelouse sans raison pour dire que vraiment, ils font le meilleur boulot du monde. Mouais : m’est avis qu’aucun membre de l’équipe du film n’avait jamais travaillé dans un cabinet politique, mais passons. Car au même moment, à l’autre bout de Washington, le service de nuit s’achève pour John Cale, membre de la police du Capitole et affecté à la sécurité du big boss du sénat que nous appellerons Bob principalement parce que je n’ai pas retenu son nom tant il était charismatique. Et pour bien terminer ses aventures matinales, John escorte donc son patron jusqu’au Capitole pour que lui puisse commencer sa journée, cette feignasse. Mais en chemin, ô, radieuse surprise ! Qui croise John ? Ginette, une amie qui bosse pour le vice-président en balade dans le coin ! Et celle-ci a trois choses à annoncer à notre héros :

  1. *glousse* *glousse* Je t’ai décroché un rendez-vous ce matin comme tu le voulais pour intégrer la sécurité présidentielle !
  2. *glousse* *glousse* Je t’ai obtenu un second passe pour que ta fille monomaniaque puisse t’accompagner
  3. *glousse* *glousse* Tu me dois un dîner, et probablement, un nuit de seske torride à l’arrière d’une R19

STOP ! Ginette, malheureuse, que viens-tu de faire ? Proposer de faire des choses sexuelles avec le héros ? Mais enfin, n’as-tu pas remarqué que tu étais dans un film gentil ? En te comportant ainsi, gueuse, tu oublies qu’une vraie gentille femme de film américain ne propose pas ce genre de chose. Le sexe, c’est pour les vilaines qui ne croient pas en Djizousse. Si tu voulais vraiment te comporter en gentille, tu saurais qu’une bonne copine de héros se contente de rougir quand on l’approche, de glousser quand on lui parle (okay, là-dessus, tu es pas mal), et d’appeler à l’aide avec de petits cris kikinous quand le méchant t’emmène sur son cheval en direction du Canyon de la Muerte.

Mais là du coup, tu vas juste mourir comme une crotte. Adieu, Ginette.

Cela dit, Ginette ne meurt pas tout de suite, non, soyez un peu patients galopins : pour commencer, elle s’en va suivre le vice-président vers de nouvelles folles aventures pendant que John finit officiellement son service, salue son chef Bob et s’en va chez son ex-femme chercher sa fille pour l’emmener à l’école.

Alors bon, vous allez me dire "Voilà au moins une scène qu’ils ne vont pas rater ou barder de poncifs : il suffit que le héros rentre, dise bonjour comment vas-tu yau de poêle, tout ça, et que sa fille grimpe dans la voiture, et c’est plié." Mais ce serait sous-estimer les pouvoirs scatophiles de Roland Emmerich : car à peine John est-il à la porte qu’on lui décharge au museau un nouveau poncif, parfaitement inutile : sa fille lui fait la tête parce qu’il a oublié de venir la voir au spectacle de son école.

Bon alors sérieusement les petits gars, il va falloir arrêter : caser le fait que le héros a raté le spectacle de l’école de sa fille ou le match de base-ball de son fils, ça devient vaguement lourd. Non seulement ça ne sert pas à grand chose, mais en plus, quitte à rajouter des éléments sur la vie des personnages, je ne sais pas, ils ne pourraient pas avoir d’autres activités ? Je veux dire : ce ne sont pas les loisirs qui manquent. Pourquoi faut-il que ce soit toujours le spectacle ou le base-ball ? Une compet’ de judo, un course d’athlétisme ou une lecture publique de Mein Kampf, il y a le choix, sacrebleu.

En même temps, "Papa n’est pas venu à ma compet’ de curling", ça se comprendrait.

Mais ce n’est pas grave : il ne faudrait pas montrer que l’on a fait un effort d’environ 0,5 secondes sur le scénario pour ne pas hurler au spectateur qu’on le prend pour un con.

Bref : John le papa caricatural fait donc monter Emily sa fille caricaturale dans sa grosse voiture caricature, puis salue son ex-femme caricaturale avant de prendre la route (normale, elle, merci). Mais pas pour l’école, petite Emily, papa a une surprise pour toi : que dirais-tu d’aller à la Maison Blanche ?

La jeune fille est donc si heureuse de la chose et joue tellement bien qu’un instant, j’ai cru qu’elle faisait une crise d’épilepsie (ou qu’elle était Marion Cotillard), mais hélas, non. Elle se met alors à lancer aléatoirement des anecdotes historiques sur la Maison Blanche, parce que dans la vie, c’est connu, quand vous dites à quelqu’un "Tiens, si on allait au Louvre ?" il se met à parler tout seul citant Wikipédia. Encore une fois : quel talent.

J’en profite pour le signaler : Emily refuse d’appeler son père "Papa" ou "Papounet" et préfère donc "John". Quelque chose me dit que d’ici une ou deux explosions, elle aura changé d’avis, mais chut, ne spoilons pas, tout cela est tellement imprévisible, je m’en voudrais de vous gâcher le film. Toujours est-il qu’une fois sur place, John est invité à se rendre à l’entretien qu’il a obtenu, mais que petit imprévu, celui-ci se déroule avec Carol Finnerty… un ex amour de jeunesse de notre héros !

Attention, un, deux  : "HO BIN CA ALORS !"

Voilà, merci.

Carol, donc est bien surprise de retrouver John : la dernière fois qu’ils se sont vus, c’était au lycée, mais leur histoire s’étant mal terminée (une sombre histoire de soirée mousse ayant dégénéré), ils sont un peu en froid. Carol consulte donc le dossier de notre héros devant lui, et fait le récit de sa vie après le lycée : petits boulots divers, puis engagement dans l’armée, où le bougre a atteint le grade de sergent. Il a évidemment été décoré pour héroïsme, puisqu’il a sauvé un de ses petits camarades d’un véhicule en flammes. A noter que le script étant décidément d’une rare qualité, ce dialogue de Carol s’y glisse : "Je vois que vous avez sauvé un de vos camarades d’un blindé en feu. Pourquoi ?"

Mais je ne sais pas Carol, qu’attends-tu comme réponse ? "Nan mais c’est parce que je lui avais prêté ma Game Boy je voulais la récupérer" ? "Il était assez cuit, j’aime ma viande saignante" ? "Pardon Carol, mais es-tu un hamster avec une moumoute pour poser des questions pareilles ?" ?

Bref. L’absurde entretien se poursuit avec les états de service militaire de notre larron qui, bien que héros, n’en était pas moins… mais si, allez, vous le savez. Attention : "une tête brûlée" !

Allez, on reprend : "HO BIN CA ALORS !"

Restez vigilants, je sais pas vous, mais moi, je sens d’autres trucs caricaturaux venir. Ne me demandez pas comment je le sais : c’est l’instinct.

Toujours est-il qu’au final, Carol annonce à John que non, le président n’a pas besoin d’un psycho-ouf dans son équipe, et que donc, merci John, bonne journée, et tiens, voici mon pied au cul pour faire bonne mesure. Sitôt sorti de cette rencontre décevante mais mouvementée, John va retrouver sa fille et pour ne pas la décevoir, lui dit que hahaha hihihi, mais si, évidemment que l’entretien s’est bien passé, mais bon, tu sais, on verra, c’est pas fait, et puis bon, c’est l’administration, alors hein bon hé, ho, hein dis. Ta gueule en fait.

Sauf que sur le chemin de la sortie, un guide de la Maison Blanche, prenant le duo pour des touristes, leur propose de se joindre au groupe qu’il s’apprête à emmener en vadrouille. L’occasion idéale de faire plaisir à la petite Emily (notons que le héros, bien qu’habitant à Washington et avec une fille passionnée par le sujet, n’a jamais pensé à proposer cette visite avant, c’est vrai que c’était compliqué), en route donc ! L’occasion idéale pour Emily de montrer qu’elle est définitivement un personnage si puissamment relou que je lui attribue une note de 9,5/10 sur l’échelle de Jean-François Copé. En effet, celle-ci passe son temps à débiter des choses qu’elle a lues sur Wikipédia, comme par exemple l’emplacement des vieux-tunnels-qui-officiellement-n’existent-pas ou du bunker-top-secret-du-président.

Alors que l’ensemble des touristes un peu gavés s’apprêtent à isoler Emily dans les toilettes pour lui péter la gueule à coups de lunettes de WC, une radieuse surprise attend notre petit groupe : James Sawyer, le président des Etats-Unis en personne, débarque au milieu de la visite.

"Bonjour les amis ! Je viens de terminer à l’instant un discours sur le fait que je retirais toutes mes troupes du Moyen-Orient et qu’à la place je mettais le budget de l’armée dans l’aide au développement. Comme ce n’est pas du tout le genre de déclarations qui a des conséquences, et que je n’ai pas non plus un pays à gérer, je me suis dit que tiens, si je venais glander avec les touristes en shorts à fleurs ?"

Autant vous dire que par la grâce de cette arrivée impromptue, les sous-vêtements d’Emily découvrent instantanément l’exotisme d’un climat tropical. La bougresse en profite donc pour demander au président s’il ne voudrait pas répondre à une interview pour sa chaîne Youtube, là, tout de suite, au pied levé, et là encore, James Sawyer accepte parce qu’il a le swag. Histoire d’alimenter un peu plus, le bullshit généralisé, Emily, au lieu de poser une question comme "Ça fait quoi d’être président ?" ou "Elle est devenue quoi, Monica Lewinsky ?" lui demande ce qu’il pense de la crise actuelle au Moyen-Orient (pourquoi pas), particulièrement des conflits inter-régionaux (heu, bon, d’accord, on va dire qu’elle est très en avance) et plus particulièrement de sa position face aux dissidences chiites (en fait, non : va chier Emily).

"Ta question est très intéressante Emily. Vraiment. Ce qu’on va faire c’est que tu vas la reposer à mon garde du corps, là, derrière, et on va voir si tu esquives les clés de bras comme moi les questions."

Je ne déconne même pas, hein. C’est vraiment la question qu’elle lui pose. Ah non mais, quand je vous dis que c’est écrit avec les pieds, je n’exagère pas.

Le président lui répond donc un truc qui tient plus d’une Miss France que d’un homme d’état (ils ont dû inverser les dialogues, je suppose), avant de voir Emily lui dire "Merci président ! Au fait, mon papa va intégrer votre sécurité !". James Sawyer sourit donc tranquillement, avant de se pencher à l’oreille du papa d’Emily pour lui souffler :

"Ce n’est pas beau de mentir aux enfants."
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Ce à quoi John oublie de répondre :

"Et ce n’est pas beau d’avoir lu le script.
- Pardon ?
- Bin oui : je viens à peine de passer l’entretien, on m’a dit non il y a dix minutes. Alors vous m’expliquez comment vous pouvez savoir que je ne suis pas pris ? En plus d’avoir le temps de glander avec les touristes et de faire le kéké sur la chaîne Youtube de titeprincesse_star_81, vous avez en plus trouvé le temps d’aller vérifier aux ressources humaines les résultats de l’entretien d’embauche d’un type que vous n’avez jamais vu ?
- Heeeeeeeeeem hum hem, je… je… hooo, on m’appelle !"

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Quelle attention minutieuse portée à chaque seconde de ce film, c’est impressionnant. Et notez que la plupart du temps, ça n’apporte rien à l’histoire. Non, c’est juste pour rajouter des erreurs. Attendez que je vérifie un truc… budget du film, 150 millions de dollars et… ho ! Mais qu’est-ce que c’est que ça ?

Sony Pictures n’a pas lésiné sur les moyens puisqu’avant même la préparation du tournage du film, 3 millions avaient été dépensés pour acheter le scénario de James Vanderbilt. La société de production avait déjà travaillé avec lui pour The Amazing Spider-Man.

3 millions de dollars. Pour un truc qui est déjà aussi moisi alors que le film n’a même pas commencé. A ce prix là les enfants, gardez bien vos rédactions de CP : à l’argus d’Hollywood, elles doivent bien valoir 1 ou 2 millions de dollars.

Allez, allons donc voir ailleurs si les choses se déroulent mieux. Et rendons-nous à la demeure magique de Martin Walker, patron de la sécurité présidentielle justement, qui se prépare à une nouvelle belle et grande journée. Après s’être brossé les dents et avoir fait les mots croisés de Biba pendant qu’il délivrait ses flancs de l’ennemi intérieur, Martin a donc pris le chemin du travail, mais d’abord, il a salué sa femme :

"Au revoir ma chérie, je vais au travail. Tiens, garde-moi ce pin’s drapeau américain que je porte d’habitude au col, tu veux ? Je ne veux pas le porter aujourd’hui.
- Mais ? Pourquoi ?
- Et puis tiens, laisse-moi te dire que je t’aime comme si c’était la dernière fois.
- Hein ?
- Tiens, t’ai-je dit que je ne m’étais jamais remis de la mort de notre fils, militaire mort en opération spéciale en Iran suite à un ordre du président ?
- Qu’est-ce que… Martin ? Nom d’une pipe Martin : tu serais pas en train de filer des indices gros comme des clients de Wall-Mart aux spectateurs pour leur spoiler le fait que tu es un traître ?
- Pas du tout. Par ailleurs mes indices sont très subtils.
- "Subtil" ? Ah non mais visiblement, t’as pas dû bien lire le dictionnaire, ça explique que tu en chies avec les mots croisés de Biba. 
- Bon allez, je vais au travail, hop."

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Mauvaise idée, on aurait pas dû aller voir de ce côté là en fait, c’est aussi pourri que le reste. Suivons donc l’ami Martin Walker jusqu’à la Maison Blanche, où il retrouve toute l’équipe de la sécurité présidentielle dont sa bonne amie Carol, pour leur dire que ça va encore être une bien belle journée, dis-donc. Mais surtout, et parce que ça faisait bien 45 secondes qu’on avait pas eu un truc vu et revu, on fait soudain rentrer un gâteau dans la salle : figurez-vous que Walker est à une semaine de la retraite !

Allez, tous ensemble : "Tu vas mouriiiiiir !"

Là encore, cet élément n’apporte rien, à part de quoi pleurer de douleur devant autant de nullité. Tout le monde file donc des cadeaux et des tapes dans le dos à papy Walker, en lui disant qu’il manquera à tout le monde. Tous les passants, même dans les couloirs, lui serrent la main en lui disant "Bon bin, bonne retraite hein !".

Je ne suis pas un expert, mais moi j’ai entendu dire que les pots de départ, c’était quand on partait. Non parce que sinon, v’là le reste de la semaine : "Bin t’es pas encore parti toi ? Je t’ai pas serré la main hier en te disant adieu ?". Ambiance.

Durant la petite sauterie, Martin va donc trouver Carol pour s’entretenir brièvement avec elle :

"Carol, tout est calme aujourd’hui et vous travaillez trop. Rentrez chez vous et reposez-vous.
- Mais ? Pourquoi ? 
- Parce que je vous l’ordonne.
- Mais je sais pas, ça sonne suspect. Un peu comme si… comme si vous aviez des accents de traître dans la voix.
- Vous imaginez des choses, niet niet popovitch. Alamdoulila, nardin. 
- Vous devez avoir raison, je vais rentrer chez moi."

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La belle va donc reprendre son automobile et s’en va tranquillement dans les rues de Washington, sans savoir qu’au même moment, il se passe des choses… au Capitole !

En effet, au même moment, au Capitole : "Je propose que la pizza soit désormais un légume"

Car dans les couloirs de celui-ci, un terrible vilain (roux et barbu, c’est dire s’il appelle la mort de ses vœux) rôde. Et comme c’est un vrai professionnel des actions méchantes, il a pensé à noter au bic bleu sur son bras le numéro de la salle où l’attend tout l’équipement pour mettre la zone dans le bâtiment.

C’est vrai que s’écrire dessus comme une collégienne, c’est pro. Comme ça, si la police l’attrape et qu’il n’a pas le temps de se frotter à la salive, hop, toute la maréchaussée sait dans quelle salle aller chercher les preuves de l’odieux forfait. Attendez, je relis plus haut… moui : 3 millions de dollars.

Notre sympathique loulou s’en va donc dans un local d’entretien récupérer son matériel de farceur, à savoir un bleu de travail et du matériel de nettoyage ainsi qu’accessoirement, une bombe. Combinant habilement tout cela (il enfile le chariot, cache la bombe dans le bleu de travail et … attendez, non… ah merde, j’espère qu’il a bien noté l’ordre des opérations sur son autre bras), il ressort donc grimé en technicien de surface, poussant devant lui son chariot piégé. Sitôt qu’il a placé celui-ci dans la salle de la coupole du Capitole, il ricane donc très fort et s’enfuit tel un farfadet maléfique atteint d’incontinence, alors que peu après, derrière-lui, BROUF fait la bombe.

Le bâtiment prend donc un peu cher, mais pas autant que les touristes et agents de sécurité voisins qui font de l’auto-crémation au black.

Carol, qui était en chemin pour chez elle, voit donc l’explosion et se précipite sur place pour aller vérifier que l’évacuation se déroule bien. Et en effet puisque non, Bob, le boss du capitole, n’a pas été transformé en torche humaine, et le vice-président qui était dans le coin va bien lui aussi. Bob est donc envoyé se planquer au Pentagone, pendant que le vice-président est collé dans Air Force One qui décolle aussitôt pour se mettre à l’abri à ouat’mille mètres d’altitudes, histoire que si Washington soit attaqué, tout le monde ne soit pas au même endroit, stratégie dite du "Mile High Club". Et à la Maison Blanche, l’alerte est donnée : la place est verrouillée et tous les agents de sécurité s’arment et vont se poster à toutes les fenêtres prêts à ouvrir le feu sur tout ce qui a l’air suspect : homme armé non-identifié, porteur de turban, ou pire, politicien honnête (mais là, le mot "suspect" frôle l’euphémisme). Le président se retrouve lui enfermé dans le bureau ovale avec quelques conseillers ainsi que son chef de la sécurité, le temps que l’on en sache un peu plus sur ce qu’il se passe au Capitole. Ce qui veut dire que pour John et Emily, la visite touristique s’achève assez brusquement. J’ai envie de dire : remboursez nos invitations.

Surtout que l’alarme s’est déclenchée pendant qu’Emily était aux toilettes en train de réviser ses plus grands airs de cornemuse, ce qui signifie qu’elle est séparée de son papa lorsque la Maison Blanche passe en alerte rouge. Rebondissement !

Résumons :

  • Le président est en sécurité dans le bureau ovale
  • Le vice-président est en sécurité dans Air Force One
  • Le patron du Capitole est emmené au Pentagone pour être mis en sécurité et y arrive sans encombre
  • John est en sécurité avec les autres touristes dans une aile de la Maison Blanche
  • Emily est sur le trône à relâcher des papillons de leur sombre captivité

Tout devrait donc aller pour le mieux. Sauf que…

Sauf qu’un agent de la sécurité de la Maison Blanche remarque qu’un groupe d’ouvriers n’a pas entendu l’alarme. Il rentre donc pour leur dire que dites donc bande de fripons, vous n’avez pas trouvé ça suspect, la grosse sirène, les gens qui hurlent et les types armés qui passent dans des bruits de bottes ? Mais alors qu’il engueule les galopins, l’agent remarque, mais bien trop tard, que c’est un piège : ces ouvriers ont bien trop de moustaches, tant et si bien que même un orchestre mariachi ne pourrait les égaler. Ce qui ne peut signifier qu’une seule chose : ils sont méchants (ou ils ont juste très mauvais goût, dans les deux cas, mieux vaut ouvrir le feu par principe).

Mais avant que notre homme ne commence à leur distribuer des balles dans la tête, les vilains, puisque ce sont bien eux, lui maravent la mouille et lui prennent son arme avant d’y visser un silencieux qu’ils avaient réussi à passer au nez et à la barbe de la sécurité. Dès lors, ils peuvent lancer leur plan super rusé : prendre la Maison Blanche à 12 contre 200 avec un seul pistolet.

Et évidemment, ils y arrivent sans problème.

Normal.

Pour la petite histoire, il faut savoir qu’ils sont un peu aidés par la main du scénariste, puisque déjà, ils tuent tout le monde d’une seule balle, même à 20 mètres de distance, les gens meurent instantanément et sans bruit, et en plus, même leurs corps tombent telles des plumes histoire que dans la salle d’à côté on entende pas qu’il se passe un truc et que l’on puisse se faire massacrer en paix. Probablement que ce sont des gardes en mousse, d’où l’expression.

Bon, après, on pourrait aussi dire, mais ce serait chipoter, qu’il manque un truc. Mais si, un tout petite, qu’on oublie facilement, surtout, à tout hasard, dans une équipe de cinéma :

Les caméras.

Mais si, vous savez ce truc tellement basique que même Intermarché en a pour éviter les vols de yaourts aux fruits ; j’ose vaguement imaginer, mais c’est un peu audacieux, que allez, disons que la Maison Blanche en a ? Auquel cas, ça pourrirait un peu le plan, je suppose.

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Quelques minutes auparavant, dans une Maison Blanche crédible.

"Hardi les amis ! Maintenant que nous avons tué ce garde, allons donc mettre des balles dans la tête de tous les fonctionnaires de la maison !
- OUAIIIIS !
- Krshhhh… krsshhhh….
- Qu’est-ce que c’est que ce bruit ?
- Regardez chef, on dirait que ça vient du haut-parleur ! Là à côté de… ah bin de la caméra, tiens.
- Krshh… un deux, un deux… on m’entend ? Ici Gégé, du PC sécurité. Bon, ceci est un message aux petits malins qui se cachent dans la salle de projection et qui viennent de tuer notre copain Jean-Jacques : on a environ 60 gardes avec des mitrailleuses lourdes qui vous encerclent. Sachant que vous avez un pistolet pour douze et que vous venez connement de tuer votre seul otage potentiel pour lui prendre son arme, soit vous sortez pour vous prendre des coups de bottin dans la gueule, soit on rentre vous mettre des coups de bottine. 
- …
- Krsshh… oui alors en fait on me dit qu’on va juste faire entrer des grenades, histoire de gagner du temps, Bisous !"

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"Des caméras… mais enfin John, aurais-tu oublié que notre priorité à la Maison Blanche était la protection de la vie privée des citoyens ?"

Mais ouf, non : nous sommes dans un mauvais film, donc personne ne pense aux caméras, ni dans un camp, ni dans l’autre. Les méchants, très fier de leur coup annoncent donc sur la radio que la voie est libre : les renforts peuvent arriver. Car oui : des camionnettes de faux ouvriers garées sur le parking de la Maison Blanche et que personne n’avait pensé à inspecter, sortent une paire d’hommes en plus : Jean-Paul Moustache, un terrible commando ressemblant à un croisement entre Arnold Shwarzenegger et Freddy Mercury, et Maurice Ubuntu, un hacker mystérieux. Le chef du commando des méchants, joliment nommé Emile, explique donc ce qu’il convient de faire : Jean-Paul Moustache va aller sécuriser les dernières pièces pas encore prises, comme par exemple la salle où les touristes en visite ont été enfermés, pendant que Maurice va aller au centre informatique de la Maison Blanche pour y lancer un mystérieux piratage (probablement pour trouver le p0rn présidentiel). Emile de son côté a des choses à faire, comme par exemple aller sur le toit avec quelques hommes coller des balles dans la tête des derniers agents de sécurité qui s’ébattaient gaiement tel des lapins soyeux sur la pelouse présidentielle.

Du coup, ça alerte un peu l’équipe dans le bureau ovale, qui jusqu’ici, se faisait les ongles.

"Tiens Walker, vous avez vu ? On dirait un assaut.
- Maiiiiis non. Je vois pas ce qui vous fait dire ça.
- Je sais pas : le fait que depuis les fenêtres je vois mes hommes se faire abattre dans les jardins ?
- Aaaah ouaiiiis. Bon, vous savez quoi président ? On va avertir le Pentagone que ça sent le pâté et aller se cacher dans le bunker présidentiel. Allez les gars : en formation, on escorte le colis jusqu’au bunker."

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Ce qui est dit est fait, le tout, sans croiser de terroristes. Sauf qu’alors que le président ouvre le bunker présidentiel à l’aide son mot de passe secret ("LincolnRoxor"), Walker sort son arme de sa veste et abat son adjoint à la sécurité, les autres agents restants, et accessoirement les deux couillons qui montaient la garde à l’entrée du bunker.

Oui, Walker est vieux et fatigué, mais non, ça ne l’empêche pas d’abattre tranquillou 7 mecs qui avaient leur arme à la main et étaient en alerte maximale sans que ceux-ci ne réagissent. Ils avaient sûrement du lag. Le président est bien étonné, mais Walker histoire d’aider le spectateur un peu con, précise sa pensée :

"Ahaha, je suis un traître !"

En même temps, tu aurais dit que tu étais une licorne, c’est vrai que c’eut été plus surprenant. Mais le bougre poursuit donc : "Ahaha, président ! Votre politique de faire la paix avec les muslims est folie ! Et en plus, mon fils est mort en opération chez eux, et vous voudriez qu’il soit mort pour rien ? Ça ne se passera pas comme ça !"

Sauf que pendant que notre homme soliloque et que les spectateurs pleurent devant ce qui est du niveau d’un téléfilm M6, la situation a évolué dans les niveaux supérieurs de la Maison Blanche.

A savoir que dans la pièce où les touristes de la visite guidée avait été enfermés et où ils attendaient protégés par deux agents, surgit soudain… Jean-Paul Moustache !

"Mon dieu il a une MOUSTACHE !" crient donc les innocents terrorisés en se disant qu’ils ont là affaire à un hipster. Heureusement, le brigand les rassure bien vite en mitraillant la gueule de l’agent de sécurité survivant le plus proche : non, il est juste un terroriste. Tout le monde est donc rassuré. A part peut-être John Cale, qui voyant cela, se dit que c’en est trop, cette visite guidée est vraiment un scandale. Il attrape donc l’arme au sol du garde mort, se fait mitrailler (mais à partir de maintenant, les terroristes vont se mettre à tirer dans tous les sens sauf sur lui) mais parvient à s’enfuir, non sans avoir au passage mis une balle dans le bidou d’un terroriste qui passait par là, parce que plaisir d’offrir, joie de recevoir.

Armé, grognon, mais paniqué, notre héros erre donc dans les couloirs à la recherche de sa fille, qu’il suppose toujours aux toilettes en train de tester le principe des caisses de résonance sur la porcelaine. Mais après avoir constaté que la jeune fille avait dû filer, il entend des voix non loin, et se rendant sur place… aperçoit le président James Sawyer menacé par Martin Walker !

"Palsembleu" s’écrie donc notre héros, ajustant très tranquillement son arme pour abattre Walker qui ne l’a pas vu situé à 5 mètres de lui. Et tirer finalement 30 mètres au-dessus de sa tête parce que sinon, le film serait plus court. Qu’à cela ne tienne : voilà qui suffit à faire diversion, allez hop, John récupère le président et fuit avec lui dans la Maison Blanche, le tout, au passage, en tuant un autre terroriste qui passait par là et donnant une bonne patate à Emile qui lui aussi se promenait. Mais là encore, sans le tuer, ni l’emmener comme otage, non : là encore, le film doit durer.

A noter que nos héros se sont dit que tant qu’à choisir entre foncer vers le bunker présidentiel pour être en sécurité, en ayant juste sur son chemin un papy Walker déjà bien entamé, tellement que m’est avis que c’était le moment de lui jeter une pokéball dans la margoulette, et courir dans toute la Maison Blanche sans aucun abri et avec tout un commando terroriste surentraîné sur le dos, nos héros ont choisi la seconde option.

La bonne nouvelle, c’est que des ficelles si fines et légères, ça permettra potentiellement de lyncher le scénariste sitôt que Diego l’aura retrouvé.

Subtilité toujours, évidemment, nos héros décident intelligemment de s’enfuir en s’enfermant dans un ascenseur voisin. Emile attrape sa radio pour annoncer à tous ses hommes que attention, attention, le président des Etats-Unis et un type qui fait de la gonflette viennent de monter dans un ascenseur, alors que tout le monde se tienne prêt à capturer l’homme d’état et à transformer son copain en art contemporain sitôt que les portes s’ouvriront. "Oui chef !" font donc les vilains avant d’aller se mettre en position. Sauf qu’évidemment, au moment où les portes de l’ascenseur s’ouvrent en arrivant à un étage… ses occupants ont disparu !

"Ça alors !" font donc les terroristes. Avant de… heu… rien.

Nan mais c’est vrai, hein. Après tout, c’est peut-être juste que le président est escorté par Garcimore, du coup autant laisser tomber.

Notez que la cage d’ascenseur est équipée de petites lucarnes au-dessus du palier de chaque étage pour permettre d’écouter les plans de l’ennemi en toute sécurité.

Donc, non : personne ne pensera qu’un ascenseur n’a que deux sorties, et que si les gentils n’ont pas pris la porte principale, ça vaut peut-être le coup d’inspecter la trappe de secours. Parce que oui, nos héros se sont bel et bien tout simplement planqués sur la cabine de l’ascenseur. Et tapent même tranquillement la discut’ sans que personne ne les entende. Ils se permettent aussi de rajouter d’inutiles incohérences (des fois que ça ne suffise pas), par exemple lorsque le président, à un moment où l’ascenseur va au dernier étage et risque donc de les écraser entre la cabine et le mécanisme, décide de coincer sa chaussure dans les rouages pour bloquer la situation et ainsi éviter un funeste destin. Hé bien figurez-vous que si ce geste sauve nos héros, juste en-dessous, la réalisation a aussi oublié que bloquer un ascenseur, bin ça bloquait un ascenseur, et du coup le mec qui montait au dernier étage finit son trajet et arrive à destination sans problème.  Même pas un décalage d’un demi-centimètre avec le palier. J’ai donc deux théories :

  • Soit ce film est réalisé par des branquignolles qui paient pour rajouter des scènes inutiles, sauf pour les incohérences
  • Soit les chaussures présidentielles sont magiques : quand on les écrase, par exemple dans des rouages, elles créent des poches spatio-temporelles ; d’où l’expression "le président n’aime pas qu’on lui marche sur les pieds"

Camarade, choisis ton camp.

Mais attendez, le puits de la médiocrité est plus profond encore ! Inutile de le sonder avec un Nicolas Cage attaché à une ficelle, enfilez directement vos scaphandres, on descend. Car tout de même, à un moment, à force d’entendre deux mecs se raconter des blagues et jouer à Twister sur le toit de la cabine, un terroriste qui prenait l’ascenseur avec des missiles décide de pointer son arme vers la trappe de secours puisque ça semble vaguement suspect, tout de même. Mais avant qu’il ne puisse l’inspecter plus avant, les portes de l’ascenseur s’ouvrent, et un autre de ses copains l’attend pour l’aider à décharger le chargement. Et là attention, dialogue :

"Bin ? Qu’est-ce que tu fais ? Tu as peur d’être attaqué par un ascenseur ? 
- Mais j’ai entendu des bruits suspects !
- Bah, ce sont de vieux ascenseurs, allez oublie et aide-moi à décharger."

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C’est vrai, les ascenseurs sont connus pour faire des bruits ressemblant parfaitement à des voix humaines. Moi une fois, j’ai pris un ascenseur qui imitait à la perfection Raymond Barre, c’était troublant. Et puis bon : on ne parle que d’un ascenseur où deux mecs ont disparu deux minutes avant, mais visiblement, les terroristes l’ont déjà oublié.

Non mais ce film. Ce film.

Mais vous allez me dire : "Bon, d’accord, je veux bien que les terroristes soient cons. Mais à l’extérieur de la Maison Blanche, ils font quoi ? Un Jungle Speed ?". Hé bien, comme je suis sympa, allons donc voir au Pentagone, où justement, la résistance s’organise. A savoir que Bob, le patron du sénat, s’est entouré de tout un tas de généraux et de l’amie Carol pour essayer de faire le point sur ce qu’il se passe. Le tout en ayant une vidéoconférence avec le vice-président à bord d’Air Force One. Et ça discute sec, croyez-moi. Regardons plutôt.

"Ici le vice-président. Bonjour général en chef, bonjour Bob, bonjour Carol. Alors, que se passe-t-il ? Qu’est-ce que c’était que cette bombe au Capitole ?
- Hé bien Monsieur le vice-président, il semblerait qu’il ne s’agissait en fait que d’une diversion. 
- Une diversion ? Mais pourquoi faire ?
- Nous venons d’apprendre que la Maison Blanche avait été attaquée. Non parce qu’on a vu des mecs tirer depuis le toit sur les gens dans les jardins : ça nous a mis la puce à l’oreille. C’est qu’on est de vrais pros.
- C’est vrai que là, je suis bluffé, quel talent. Où est le président d’ailleurs ?
- Aux dernières nouvelles, Martin Walker, son chef de la sécurité, l’emmenait au bunker présidentiel. Il est donc tranquille. On ne peut juste pas le joindre puisque les communications ne passent pas dans le bunker. Nous avons fait appeler la garde nationale et encerclons désormais la Maison Blanche avec plusieurs bataillons et même quelques chars."

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Le vice-président est donc choqué par ces sombres nouvelles. Mais pas autant que l’un des conseillers du Pentagone.

"Excusez-moi ?
- Oui ? Qui êtes-vous ? 
- Caporal Roudoudou, consultant en consulting pour le Pentagone.
- On vous écoute Roudoudou.
- Non, je me disais : c’est con comme plan.
- Que voulez-vous dire par là ?
- Bin, je ne sais pas : vous voulez vous en prendre au président des Etats-Unis, vous ne l’attaquez pas dans l’endroit le plus sécurisé dont il dispose, non ? C’est pas un hasard si tous les présidents qui ont des ennuis les ont toujours quand ils sont de sortie, hein. 
- Heu… oui, bon, mais heu… là ils avaient un super plan avec la… la bombe au Capitole. Voilà. Une diversion. Très malin.
- Rappelez-moi : le but de la diversion, c’était bien de faire passer la Maison Blanche en alerte rouge, c’est ça ?
- Oui je… c’est ça ?
- Donc en plus de l’attaquer leur cible dans l’endroit où elle est le mieux protégée, les terroristes ont en plus pris le temps de déclencher l’alarme AVANT de passer à l’action pour perdre l’effet de surprise ?  C’était ça leur super plan, crier "Coucouuuuuuu on arriiiiiiive" ?
- Ah oui. Nan mais c’est vrai qu’ils sont cons en fait.
- Ah non mais en même temps, vous aussi hein : depuis quand les communications ne passent plus avec un bunker présidentiel conçu justement pour gérer les situations de crise depuis un abri sécurisé ? 
- Heu… non mais c’est parce que moi je suis chez Free, et du coup…
- Sinon vous avez essayé de les appeler sur une ligne fixe, comme ça ? Ou au moins les terroristes, histoire de savoir ce qu’ils veulent ?
- Ah bin, non plus, tiens. Bon, écoutez caporal Roudoudou, vous savez ce qu’on va faire ? On va reprendre le cours du film en essayant de ne pas pleurer, d’accord ?
- Faites comme chez vous les gars."

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Parce que non, alors que la situation dure déjà depuis des heures, personne n’avait pensé à entrer en contact avec l’ennemi, histoire de voir s’ils avaient des revendications comme "Mort à l’Amérique", "On veut du tofu à la cantine" ou "Pitié, arrêtez le blog de Pandora.".

L’équipe du Pentagone se dit donc que ah bin tiens, c’est pas con, oui. Allez hop : ils font le numéro de la Maison Blanche (c’est le 2) et attendent de voir qui décroche au standard.

"Oui allô Martin Walker top trahison 30 minutes j’écoute ? 
- Martin ? Mais ? La Maison Blanche est remplie de terroristes ! Comment sont-ils rentrés ? Où est le président ? Pourquoi avez-vous l’air si sûr de vous ?
- Mais parce que je suis avec les terroristes ! 
- HO ! 
- Hé bin oui. 
- Mais pourquoi Walker ? Pourquoi avoir trahi le pays ?
- Le PRESIDENT a trahi le pays ! Il veut faire la paix avec l’Iran ! Mon fils est mort en opération spéciale là-bas, et je compte bien les faire payer ! Et puis accessoirement, mes hommes et moi voulons 400 millions de dollars, et un Boeing prêt à décoller à l’aéroport le plus proche !
- Mais enfin Walker, vous êtes fou ! Et même si nous acceptions, jamais vous n’arriverez vivant à l’aéroport, vous le savez !
- Carol… c’est bien vous Carol ? Je vous ai renvoyée chez vous ce matin pour ne pas avoir à vous tuer, alors ne vous mêlez pas de tout ça. Et pour le reste, sachez que si je vois un seul sniper dans un rayon de 15 kilomètres de la Maison Blanche, je bute les otages que l’on a avec nous.
- Rascal ! Donnez-nous au moins une preuve que le président est en vie.
- Heu je… hem… heu… oui heu… oui, il est en vie et on… on le tient. Voilà. Merci de nous faire confiance. Bonne journée. Bisous."

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Martin Walker n’est pas très malin : pour donner une preuve de vie du président, il suffisait de frotter très fort un sucre contre le combiné du téléphone : cela aurait ressemblé à la perfection à un discours présidentiel

Et la communication coupe. Tout le monde est donc bien embêté ! Ah, si seulement il y avait encore un espoir au sein même de la Maison Blanche…

… mais l’espoir est là. D’abord, sous la petite forme énervante d’Emily Cale qui a réussi à rester cachée un bon moment, et à filmer un bon paquet de terroristes avec son téléphone. Bon, Jean-Paul Moustache a fini par la repérer et la récupérer, mais avant, elle a quand même trouvé le temps d’envoyer toutes ses vidéos sur Youtube : le monde libre peut donc voir la tête des attaquants de la Maison Blanche ! Et surtout, commenter la vidéo Youtube avec tout le talent des utilisateurs, à savoir "Pouce vert !", "Jador ta chaine suis la mienne stp", "Moi aussi une fois, ma mamie elle a été agressée", puis un long débat sur les agressions de mamies qui après avoir dérivé sur le second amendement, termine sur les nazis. Internet, quoi.

Mais pendant que ça s’écharpe dans les commentaires, à la Maison Blanche, John et James ont réussi à sortir de l’ascenseur pour rejoindre la partie résidentielle du bâtiment, puisque James a eu une riche idée : il faut joindre l’extérieur. Mais comme toutes les communications sont bloquées en cas de crise, les téléphones normaux ne passeront pas. Il faut donc aller chercher le téléphone satellite qu’il a dans sa table de nuit !

Une seconde.

On vient pas de nous expliquer il y a exactement une scène que si, si, les communications passaient, d’ailleurs tellement bien qu’Emily Cale a même pu uploader des vidéos Youtube ?

Non vraiment, bravo.

Mais nos héros ne pouvant pas savoir qu’on est en train de se foutre de la gueule du monde par ici, eux trouvent donc bel et bien dans la table de nuit présidentielle le téléphone satellite. Et dès lors le président annonce donc…

… qu’il ne sait pas qui appeler.

Pourquoi ? Pourquoiiii ? Pitié ! Et la fin qui est encore loin ! Bon bin du coup, c’est John qui, bien qu’ayant perdu son téléphone dans les précédentes fusillades, se souvient par coeur du numéro de Ginette et décide de l’appeler. A bord d’Air Force One, donc, la bougresse prend tranquillement l’appel, et découvre que non seulement John est vivant, mais qu’en plus, il est avec le président. Elle apporte donc le téléphone au vice-président pour que James Sawyer puisse participer aux conversations ayant lieu entre Air Force One et le Pentagone. Et demande donc si on ne pourrait pas envoyer, par hasard, l’armée sauver son présidentiel fessier.

"Oui mais c’est pas possib’ président.
- Ah bon ? Et pourquoi donc ?
- Parce qu’ils ont installé des snipers et des armes lourdes sur le toit. On ne peut pas approcher. Des fois qu’ils tirent.
- C’est vrai que ça serait embêtant de la part de méchants. D’ailleurs, ils ont aussi des missiles, méfiez-vous.
- Des missiles ? Non, ils n’en ont pas d’après nos informations.
- Mais ? Sérieusement, on pourrait arrêter avec les lignes de dialogues qui puent ? Vous n’avez PAS d’informations. Vous ne saviez même pas que j’étais encore en vie, bande de blaireaux ! Et nous, on a VU les missiles, alors excusez-nous, hein. Et puis mon général, tu es gentil mais je suis un peu le chef des armées, alors si je te dis qu’il y a des missiles, je t’ordonne de le croire. Paf.
- C’est pas dans le script ça.
- Non, dans le script je me contente de ne pas insister, ce qui est bigrement stupide. D’ailleurs je… HO ! Ho non, ils arrivent !"

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Et la communication coupe net, car, en effet, deux terroristes occupés à fouiller la Maison Blanche sont en train d’arriver dans la partie résidentielle probablement à la recherche de sous-vêtements à revendre sur e-bay à de jeunes fans comme Emily Cale. Hélas pour eux, ils ne savent pas qu’ils sont soumis à la règle ultime des films d’action, à savoir que si jusqu’ici, ils avaient pu neutraliser toute la sécurité locale grâce à leurs pouvoirs de tireurs divins, désormais, sitôt qu’ils tirent sur des personnages qui portent un nom, ils n’ont aucune chance de les toucher. Une fusillade d’engage donc, au cours de laquelle le président parvient à neutraliser l’un des terroristes à coups de baskets dans la gueule (il a eu le temps de changer de chaussures et de citer la marque des nouvelles, subtil), quant à l’autre ennemi, il prend divers coups de la part de John, avant que là encore, le président ne s’en occupe à coup de mitraillette. Quels hommes.

Calmez vos petits cœurs qui battent la chamade et reprenons.

Une fois la zone sécurisé, nos deux loulous vont dans la cuisine et tentent à nouveau de joindre l’extérieur, mais n’apprennent pas grand chose de plus. Non, par contre, puisqu’il y a une télévision dans la cuisine justement, nos larrons peuvent voir que la Maison Blanche est encerclée non seulement par la garde nationale, mais aussi par la presse (ce qui n’inclut pas Fox News, c’est un blog sérieux ici). Presse qui vient de découvrir les images prises à l’intérieur de la Maison Blanche par Emily, et les diffuse en écrivant non seulement le nom d’Emily Cale, mais aussi en y ajoutant son portrait, histoire que les terroristes sachent bien qui les a balancés et demande une grosse balle dans la tête. Bien bien bien.

Le Pentagone, en voyant les images, décide donc d’essayer d’identifier les membres du commando. Et les terroristes, de leur côté, découvrent les images uniquement parce qu’ils se sont rendus du côté de la cuisine de la partie résidentielle de la Maison Blanche à la recherche de deux de leurs hommes qui ne répondaient plus. Parce que non, ils n’avaient pas pensé à allumer une télévision de leur côté, ou alors juste pour regarder Plus Belle la Vie. Martin Walker, qui mène la petite équipe, râle donc en voyant que des images ont filtré, et surtout, se demande bien par où le président et John ont bien pu filer.

Sachant qu’il n’y a qu’une seule issue. Et que l’autre, c’est un monte-charge.

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"Regardez John, on voit votre fille à la télévision !
- Rah, comment ça s’appelait ce truc de journaliste déjà ? La protection des srouces… des soruces… ah, je sais pu !"

Une fois encore, donc, personne ne pense à y jeter un œil. Du moins, jusqu’à ce que les deux loulous fassent du bruit ("HOLALAL JE GLIIIIISSE") et soient donc obligés de se dépêcher un peu, puisque l’on vient les chercher. Mais rapides comme le guépard, et aidés par les trous du scénario, ils parviennent à échapper aux méchants et à atteindre les sous-sols de la Maison Blanche d’où partent des tunnels, dont un mène à l’extérieur. Tunnel que non, personne ne pensera à utiliser pour rentrer discrètement dans la place, hein, vous l’imaginez bien. De tout le film, ça ne sera même jamais évoqué.

De toute manière, alors que John ordonne au président de fuir par là pendant que lui-même va retourner tenter de retrouver sa fille, nos héros sont bien embêtés : Maurice le méchant hacker du commando, qui est aussi un expert en explosifs, a pensé à piéger le coin. Donc à moins d’avoir un démineur ou un chat à disposition, tout le monde est bloqué. Voilà qui est bien triste : mais ce qui l’est plus encore, c’est que les vilains ont retrouvé la trace des gentils et foncent donc vers les sous-sols pour en terminer une bonne fois pour toute avec cette joyeuse escapade. Ni une, ni deux, nos héros s’engouffrent donc dans un second tunnel, qui mène cette fois… au garage présidentiel !

Bon, sur le chemin, on leur tire dessus dans des couloirs tout étroits, mais encore une fois : même en tirant en rafale dans un passage de 1 mètre de large, les méchants les ratent. C’est fou. Je pense que ce sont des balles venant du consortium La Poste : tu as beau les envoyer encore et encore, elles s’égarent à chaque fois.

Un peu essoufflés, nos fiers gaillards hésitent entre la R19 et la limousine blindée présidentielle, et après une longue réflexion, décident intelligemment (soulignons-le) de prendre la seconde. Ils peuvent donc ainsi tenter de fuir sous le feu ennemi, ce qu’ils font, défonçant la porte du garage pour aller rouler gaiement dans les jardins de la Maison Blanche. La presse et les gens autour sont donc ravis de voir leur président faire le kéké sur le gazon à toute allure, mais bien vite, dans la voiture, on réalise qu’il y a un problème : impossible de fuir, les grilles de la Maison Blanche sont fermées, et tout est renforcé au titane de carbone, rendant compliqué de les défoncer !

La situation empire lorsque sortant du garage présidentiel, deux 4×4 d’escorte surgissent et que du toit ouvrant jaillissent des mitrailleuses lourdes manipulées par les méchants. Qui ouvrent donc le feu sur la voiture blindée qu’ils pourchassent en tournant en rond dans les jardins.

De là, plusieurs choses :

  • Visiblement, la foule tout autour de la Maison sait que ce n’est qu’un film, puisqu’elle ne s’écarte même pas de cette fusillade généralisée à 30 mètres d’elle.
  • Il n’y a pas une seule balle perdue d’ailleurs, merci. Toute s’écrasent bêtement sur la voiture présidentielle, mais sans percer, ça va.
  • Et surtout, top du top : les 3 000 militaires qui encerclent la zone et qui voient le président dans sa limousine se faire tirer dessus par les méchants restent sans bouger, des fois qu’ils puissent être utiles, faudrait pas déconner. Ils ont des trucs plus importants à faire, comme se curer le nez par exemple.

Le président a donc à un moment une brève révélation : tiens, et si j’appelais à l’aide ? Il envoie donc un texto au Pentagone "G cho o Q, ouvré la clotur ;)". Le Pentagone fait donc signe à la garde nationale encerclant la résidence présidentielle : que l’on fasse avancer un char pour qu’il fasse un trou dans la clôture ! Et permette donc à la limousine présidentielle de filer.

"Vroum vroum", fait donc le petit char en passant sur la grille. "Ho, bé hé non alors !" répondent les terroristes sur le toit, en sortant leur lance-missile. "Boum", fait donc le petit char et "Terrorists : win" fait la voix off dans la tête des joueurs de Counter-Strike (pensez à en parler à un psy quand même à l’occasion). C’est donc embêtant, puisque l’épave du char bloque justement le trou qu’il a fait dans la clôture… retour à la case départ, donc.

Sauf que le président se souvient que sous la banquette arrière de la limousine présidentielle, sous les sachets de schnouf, il y a… un lance-roquette !

Si, si. Et même une édition deluxe, puisque celui-ci est tout métallisé et proche de l’outil tuning.

Le président des Etats-Unis empoigne donc l’arme, se met à la fenêtre de la limousine (qui jusqu’ici était mitraillée par ses poursuivants, mais soudainement, les balles s’arrêtent juste le temps qu’il sorte, elles sont sympas quand même) et fait sauter le portail de la Maison Blanche pour sortir en paix. "A nous la liberté !" s’exclament donc les joyeux lurons, des arcs-en-ciel dans les yeux,  en fonçant vers la liberté.

Mais alors qu’ils s’apprêtent à fuir, voici qu’apparaît, sur le balcon de la Maison Blanche, Jean-Paul Moustache qui pointe une arme sur une otage : Emily !

"Mais heuuuuu !" râlent donc nos gais compagnons pendant que le public scande "Tire ! Tire ! Tire !" S’ils fuient, elle meurt. S elle meurt, le film devient un peu moins pénible : elle doit donc vivre et ils doivent abandonner l’idée de filer. John et James se retrouvent donc, tels de vulgaires Vin Diesel, à faire les zazous autour de la Maison Blanche en se demandant pourquoi la garde nationale, qui vient pourtant de se faire attaquer au missile, continue de manger des sandouiches en faisant coucou plutôt que de faire, je sais pas moi, un truc ? Leur véhicule présidentiel, probablement lui-même fatigué par autant d’événements navrants, décide donc de faire une embardée et de finir dans la piscine locale.

Ressortant un peu humides de l’affaire, nos deux héros se retrouvent donc en piètre état face à Emile et l’un de ses hommes qui ricanent parce qu’ils pensent avoir gagné, ce qui est bien bête sachant que le film est loin d’être fini. Vexé, John sort donc une grenade qu’il avait piquée à un méchant plus tôt, et comme les grenades, ça résiste bien à l’eau, si, si, il l’envoie dans le museau du méchant. Et profite de la diversion pour fuir avec James dans un cabanon voisin. Les méchants, à leur tour vexés (ça peut durer un moment) font donc sauter ledit cabanon, sans savoir que nos héros ont déjà trouvé refuge dans les souterrains locaux. Et que grâce à ceux-ci, ils peuvent rejoindre la Maison Blanche en paix.

Dans l’affaire, le président a quand même été un peu blessé, John et James font donc une pause premier soin, comme de vulgaires joueurs de Baldur’s Gate qui tentent de pioncer en plein donjon.

Laissons donc nos couillons héros et allons voir au Pentagone si on a un peu avancé sur un plan de sortie de crise.

En effet, Carol a fait venir la femme de Martin Walker au Pentagone pour qu’elle raconte tout ce qu’elle sait : en fait, Martin Walker a une tumeur au cerveau et n’a plus que trois mois à vivre. Il se moque donc relativement de sa survie, ce qui complique les choses. Mais Carol a plus d’un tour dans son sac : elle demande à Madame Walker d’appeler son mari pour lui dire d’arrêter les conneries et de rentrer maintenant, merde, il est tard. Mais si la tentative est intéressante, ce n’en est pas moins un échec car Martin répond à sa femme que tout ce qu’il fait, il le fait pour la mémoire de leur fils. Sa compagne lui dit donc "Alors fait tout ce qu’il faut." sous le regard accusateur de Carol, qui s’empresse de hurler "Martin, si vous continuez, votre femme passera le restant de sa vie dans une prison fédérale !" mais ça ne l’influence que peu.

Passe-moi le combiné Carol, laisse faire les pros :

"Si tu continues, ta femme on l’envoie à Guantanamo où elle subira tellement de waterboarding que mon vieux, tu auras pour veuve Bob l’éponge"

Mais Carol ne voulant pas me passer le combiné, elle se contente donc de dire que crotte de bique, ils ont été bien feintés. Et va plutôt faire le point avec le général en chef du coin et le vice-président, toujours en train de passer un appel Skype depuis Air Force One.

"Bon, cette histoire de président qui tire des roquettes, moi je pense que c’est bon pour sa réélection, ça fait couillu quand même.
- Monsieur le Vice Président, concentrons-nous, l’heure est grave. Nous n’avons jamais été confrontés à une situation comme celle-ci : nous ignorons où est le président, ou même s’il est encore vivant après ses aventures dans les jardins de tout à l’heure. Dans tous les cas, il est prisonnier de l’ennemi. Il va donc falloir prêter serment. Vous allez être le nouveau président."

Ni une, ni deux, Air Force One disposant toujours d’un kit complet de serment présidentiel, à savoir une copie de la constitution, une Bible, un cheeseburger et un rail de coke (dans l’ordre, vous saluez la constitution, puis vous posez la main sur le hamburger en récitant votre petit speech sur les valeurs de l’Amérique, puis vous fêtez ça avec le rail de coke que vous prenez en roulant l’une des pages de la Bible, c’est très codifié), le vice-président devient donc président. Nous l’appellerons donc président II.

"Félicitations Monsieur le président II, vous êtes désormais président. Alors, on vous écoute, quels sont vos ordres.
- Déjà, je veux savoir qui sont les terroristes qui nous attaquent. On a vu leurs visages à la télé grâce à la vidéo de la petite Emily Cale, alors, ça donne quoi l’identification ?
- Hé bien figurez-vous que ce sont tous les terroristes les plus recherchés du pays, tous plus ou moins activistes d’extrême-droite !
- Les bâtards. Carol, je vois que vous faites une drôle de tête, quelque chose à dire ?
- Non mais en fait j’ai tout le temps une drôle de tête : non, je me disais que je venais de piger. En fait, tous ces gens : ils étaient sur la liste des terroristes recherchés… et c’est pour ça que Martin Walker les a choisis ! Parce qu’il savait qu’ils étaient dangereux et talentueux ! Et surtout, prêts à s’en prendre au plus grand symbole de notre pays ! Regardez, il y a Emile, un ancien de la CIA au Pakistan que nous avons abandonné à l’ennemi pour sauver nos fesses sur une histoire politique. Maurice Ubuntu le hacker, qui travaillait aussi pour nous mais qui a fondu un plomb. Jean-Paul Moustache, un type qui n’aime pas trop les gens de couleur. Et bien d’autres encore ! 
- Bon sang Carol : vous voulez dire que Walker a recruté tous les plus grands ennemis que nous ayons ?
- Oui ! Il avait la liste et s’en est servi… de liste de courses si je puis dire !
- Alors dans ce cas, j’ai une question : comment il les a trouvés ?
- Hein ?
- Bah, je sais pas : ce sont les plus grands ennemis de l’Amérique. Donc on les recherche un peu. 
- Oui ?
- Parce qu’on sait pas où ils sont. Sinon ils seraient déjà au trou. Alors c’est bien gentil d’avoir la liste, mais d’où ils sortent ? il les a tous traqué personnellement en-dehors de ses heures de bureau ?
- Ah ? Ah bin oui tiens. C’est con en fait.
- Je ne vous le fais pas dire. Bon, vous savez quoi ? On va changer de sujet : Carol, général, je vous ordonne de reprendre la Maison Blanche coûte que coûte."

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Le Pentagone ordonne donc à ses meilleurs commandos, les Delta Force, d’aller gagner leur ration d’avoine en libérant le palais présidentiel. Et le patron dudit commando explique sur la radio que hinhin, on va trop les feinter les méchants : ça fait des années qu’on prépare un plan super secret qu’on a même pas partagé avec la sécurité présidentielle justement pour ce genre de situation.

Chuck Norris approuve ce plan : il avait le même.

Ah oui ? Dites m’en plus, vous m’intéressez.

"Hé bin ça consiste à arriver en hélicoptère." D’accord, et ensuite ?

"Bah c’est tout. Et puis en plus, en approchant du côté de la porte principale." Ah mais c’est super. Je comprends que vous n’en ayez pas parlé en fait : c’est juste que vous vouliez pas vous faire virer en annonçant un plan aussi pourri. Non ? Bon.

Le Pentagone signale cependant que si ce plan est absolument génial et que personne n’y avait pensé, il n’en reste pas moins un problème : le toit de la Maison Blanche est toujours couvert de méchants armés avec de quoi dégommer des hélicos, justement.

"Non mais on a prévu le coup : on va voler en rase-mottes dans les rues. Comme ça ils nous verront pas venir.
- Okay, mais une fois arrivé vers la Maison Blanche, vous serez tout nus du coup ?
- Ah oui.
- Vous voulez pas plutôt qu’on utilise, je sais pas moi, un avion ou un drone pour balancer une cacahuète de super haut sur le toit pour libérer la place ?"

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Non, je déconne : le Pentagone n’a pas non plus pensé à ça. C’est connu, l’armée américaine déteste avoir recours à des forces aériennes.

Revenons donc à nos commandos, qui volent dans les rues de Washington à fond les rotors, jusqu’à ce que… un radar les flashe. A ce stade, je ne sais même plus comment vous l’annoncer : oui, la contre-attaque des gentils va échouer non pas parce qu’elle est nulle, mais parce qu’en fait, ils se font flasher par un radar comme une vulgaire Twingo en pente. Car Maurice Ubuntu a pris le temps de pirater tous les radars de Washington, mais si, pour détecter d’éventuels hélicoptères qui voleraient en rase-mottes.

Bon. Donc il peut prévenir ses copains sur le toit, qui attendent donc l’ennemi de pied ferme, voilà voilà.

Mais Maurice n’a pas fini de nous surprendre, puisqu’il a fini de pirater le système de sécurité local, et ricane donc : il a enfin accès à tous les codes du NORAD, le système de défense américain. Farceur comme pas deux, il décide donc de lancer la prochaine phase du plan terroriste, à savoir lancer un gros missile sol-air depuis une base américaine… sur Air Force One !

Et comme à bord, on a oublié que l’appareil avait des contre-mesures, on se contente de voler en ligne droite en faisant "Aaaaah, bah non alors !", et idem pour les avions de de l’escorte. Boum, fait donc Air Force One, avant d’aller s’écraser un peu plus loin. Le vice-président et Ginette, condamnée à mort plus tôt dans le film pour avoir parlé de seske bien qu’étant une femme, meurent donc comme des bouses.

Cela fait, Maurice se dit qu’avec l’arrivée prochaine de commandos, il va quand même mettre les voiles. Il se rend donc aux souterrains de la Maison Blanche, et plus précisément au tunnel qu’il avait piégé.

Et se tue avec ses propres explosifs, sans aucune raison.

Bon. Bin super, merci d’être venu, hein.

On continue ? Non parce que ce n’est pas fini, hélas. Mais je comprendrais si vous vouliez vous arrêter là tant c’est nul.

Donc, le commando des Delta Force arrive avec ses hélicoptères face à la Maison Blanche, bien à découvert et, ô, surprise, les ennemis sur le toit ouvrent le feu à l’arme lourde et au missile, abattant les trois appareils sans trop de soucis. Une séquence fascinante, vous l’imaginez bien.

John, qui a entendu la cavalerie arriver, a bien surgi sur le toit pour essayer de nettoyer les défenses pour faciliter l’arrivée des renforts, mais ça n’a que moyennement bien marché, puisque le dernier appareil a été abattu avant qu’il ne vienne à bout des filous. Le tout, je le rappelle, toujours sous les yeux de moult bataillons de la garde nationale situés à 50 mètres de là, désormais occupés à jouer au rami, j’imagine. Faudrait voir à pas aider, hein, pfou.

Et encore, je vous passe le moment où l’un  des hélicoptères, bien que risquant à tout moment de se faire descendre, décide de dire "Tiens ? Si je faisais du surplace devant le balcon de la Maison Blanche pour voir comment vont les otages par un bout de fenêtre ? C’est pas comme si c’était le genre d’informations qu’on pouvait avoir de loin avec des jumelles sans trop prendre de risques." Non, vraiment. Tout est raté. Tout. Même pour faire voler un hélicoptère d’un point A à un point B, ils arrivent à coller une incohérence.

Bref, après ce catastrophique épisode aéroporté, les terroristes ont quand même perdu un bon paquet de leurs troupes sur le toit. Emile est donc un peu colère, et sait désormais que John est toujours quelque part, et visiblement toujours prêt à passer à l’action avec ses gros muscles huilés. Il a donc bien envie de courir les couloirs pour le retrouver et lui claquer le museau. Mais alors qu’il se promène à la recherche de son ennemi juré, Emile tombe dans un trou du scénario : ça alors, qu’y a-t-il par terre ? Mais ? Tiens, on dirait que John en filant a paumé deux passes pour la Maison Blanche derrière-lui. Passes qui sont impeccables malgré les douze explosions et le passage dans une piscine que l’ami John a connu il y a peu. L’un est au nom de John Cale, d’accord… et l’autre au nom d’Emily Cale : "Ahahah, sa fille fait partie des otages ! " s’exclame donc Emile. "On va rigoler, ça va être la grosse déconne."

Repartons du côté du Pentagone (oui je sais, ce film est complexe à suivre, concentrez-vous) où ça continue de causer sec entre Carol, le général en chef et désormais Bob, le patron du Capitole.

"Bob, écoutez : on est sans nouvelle du président des Etats-Unis, et son remplaçant vient de s’écraser avec Air Force One. Il va falloir prêter serment. 
- Okay, faites péter la coke, la Bible et tout le tatouin.
- C’est parti Bob, on vous écoute pour le serment.
- Je jure d’être gentil et de citer Jésus dans mes discours. 
- Paaarfait. Vous êtes maintenant président des Etats-Unis. Donc pour la seconde fois de la journée, on va générer de nouveaux codes de tir nucléaires et vous les confier. 
- Merci. Maintenant je… heu… je dois appeler ma… ma femme. Voilà. Laissez-moi seul."

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Le nouveau président s’isole donc de manière pas suspecte du tout, dans un endroit entièrement vitré où on peut en plus voir qu’il n’appelle personne et se contente d’utiliser son téléphone de manière mystérieuse, peut-être pour mettre "Je suit présidan lol" en statut Facebook. Sitôt cela fait, il va s’adresser à ses troupes :

"Les amis, on a déjà perdu deux présidents aujourd’hui. Je ne compte pas être le troisième.
- Le ministère du budget nous dit de toute façon que ça commence à bien faire les conneries. Si ça continue, il faudra tellement diviser l’enveloppe des obsèques nationales entre tous les présidents morts que la cérémonie se passera à Mac Donald.
- Je comprends. On va donc arrêter les frais : appelez l’Air Force. On va bombarder la Maison Blanche, tant pis pour les otages. Je viens de me souvenir qu’on avait des avions.
- Mais Monsieur le président ! Le premier acte de votre mandat serait donc de tuer des américains innocents ?
- Il faut bien en finir avec ces pitreries ma petite Carol. La Maison Blanche est perdue, et ils ont déjà piraté ses systèmes pour envoyer un missile abattre Air Force One. Alors hopopop, on siffle la fin de la récré."

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Trois avions sont donc invités à décoller pour balancer suffisamment d’explosifs et de napalm sur la demeure présidentielle qu’il n’en reste que des ruines de la taille d’un cachou. Evidemment, personne ne pense à l’idée que les terroristes, pas cons, ont peut-être eu l’idée de profiter du bunker présidentiel pour être certain de ne pas être emmerdés.

Mais non en fait, parce que comme c’est bien fait, les méchants n’y ont pas non plus pensé.

"Allez c’est bon, je me casse de ce film"

C’est vrai, quoi : quand on a des otages et que le seul objectif est de rester en sécurité le temps d’obtenir ce que l’on veut, qu’est-ce qu’il vaut mieux : s’enfermer dans un bunker ou tenir avec une poignée d’homme un vaste bâtiment où en plus un mystérieux John Cale distribue des claques aux gardes isolés ? C’est chaud.

Bref, les avions sont en route.

Du coup, à la Maison Blanche, on est pas au courant de tout cela et c’est bien dommage. On en est donc encore à chasser le John Cale. Mais les choses deviennent un peu plus faciles maintenant qu’ils ont identifié sa fille : Emile emmène celle-ci dans le bureau ovale, avec son copain Martin Walker et un troisième terroriste, et ils utilisent donc les haut-parleurs de la Maison Blanche pour expliquer la situation.

"Ouhouuuu Jooooohn Cale ! Pour info, nous tenons ta fille, et si tu ne te rends pas avec le président dans les dix prochaines secondes, je mets une balle dans la tête de ta fille.
- Ouiiiiii ! font les spectateurs qui prient secrètement pour que cela arrive depuis le début du film
- Non !" fait le président des Etats-Unis en surgissant de nulle part.

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Emile et Martin sont donc bien contents : ils ont enfin le président. Et John ? Heu… hé bien en fait, ils n’y pensent plus. Non non, là encore, je n’invente pas. Ils le laissent donc courir à son gré dans la Maison Blanche. Le président est donc emmené jusqu’au bureau ovale, où Walker peut lui expliquer son plan.

"Martin ! Bon sang, vous êtes fou, vous aviez juré de protéger le président des Etats-Unis.
- En effet président. Mais je vais bientôt mourir, et rejoindre mon fils, tué en mission secrète en Iran. Mais vous, espèce de traître, vous voulez la paix avec l’Iran maintenant ? Ça ne se passera pas comme ça ! Je le répète encore une fois, pour ceux qui n’auraient pas compris !
- Et vous, d’où sortez vous l’argent pour payer toute cette opération ? Ce sont les lobbies de l’armement, c’est ça ? Parce que je veux la paix, ils veulent la guerre !
- Il est trop tard pour cela, président. Maintenant, tenez : j’ai ici avec moi la mallette nucléaire. Elle ne se déverrouille qu’avec vos empreintes : alors ouvrez-là.
- Jamais ! De toute manière, et vous le savez, les codes nucléaires sont changés sitôt que le président est menacé par l’ennemi. Cela ne vous servirait à rien.
- Hinhinhin… ne vous inquiétez pas de ça, président. Ouvrez-là."

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Dans un coin, le terroriste anonyme qui surveille la scène est quand même bien étonné : lui, il était d’accord pour prendre d’assaut la Maison Blanche. Mais pas pour déclencher un truc grave ! Ah bon, pourquoi ? Tu pensais qu’on attaquait la Maison Blanche juste pour déconner ?

Qu’importe : le président refuse, Walker insiste, il refuse encore, Walker menace la petite Emily Cale qui dit qu’elle est prête à mourir dans la paix dans le monde au lieu de se chier dessus comme il se doit, jusqu’à ce que les alarmes de la Maison Blanche retentissent : il y a un incendie ! En regardant les caméras (car oui, ils viennent enfin d’y penser ; comme quoi, Maurice le hacker avait pensé à pirater tous les radars de Washington des fois qu’il surprenne un hélico volant en rase-motte et à les relier à une alarme, mais pas à faire pareil avec les caméras de la Maison Blanche pour y retrouver d’éventuels fuyards ou poches de résistance, c’est ballot), ils constatent que c’est John qui est en train de mettre le feu !

Non : le bouton "alarme incendie", c’était trop compliqué. Le feu, c’est mieux. Surtout quand on est bardé de grenades et autres explosifs, tu as raison John.

Jean-Paul Moustache et Emile filent donc promptement trouver le brigand, mais ils se font bien évidemment tuer l’un après l’autre lors de duels héroïques où on s’échange coups de poings & co, parce que juste se prendre une balle au coin d’un mur, ça fait tout de suite moins glorieux. Tout cela créant un certain bazar au sein du fameux bâtiment, le président en profite pour essayer d’arrêter Walker, qui visiblement, a mystérieusement reçu les nouveaux codes nucléaires directement sur son vieux bipeur (parce qu’avec Tatoo, votre tribu garde le contact avec vous). La bagarre ne tourne hélas pas vraiment à l’avantage du chef d’état, puisque dans l’affaire, il se ramasse un pruneau dans le bidou. Et s’effondre les yeux clos.

Emily est donc très triste. Et voudrait bien arrêter ce gredin de Walker qui est en train de programmer l’envoi d’un missile intercontinental sur toutes les grandes cités d’Iran. Mais évidemment, quelques secondes avant qu’il n’appuie sur le gros bouton rouge…

… surgit John, qui a récupéré une voiture (il a eu le temps de passer au garage, d’en sortir, de faire le tour du jardin et d’arriver en environ 7 secondes, bravo), a défoncé le mur du bureau ovale, et mitraille sauvagement le vilain Martin Walker, qui rend l’âme. Averti par un coup de fil de Carol que la Maison Blanche va se transformer en pruneau tout sec d’un instant à l’autre, il fait donc évacuer tous les otages aussi vite que possible, et se sent bien bête en tombant sur le président par terre, visiblement mort.

Sauf que haha, non : la balle qu’il a pris a été arrêtée par la montre d’Abraham Lincoln qu’il portait toujours sur lui en vrai patriote. C’est beau.

Et accessoirement, Lincoln devait porter des montres de 115 kilos pour arrêter net des balles modernes. Probablement un truc à base d’uranium : si la balle ne te tue pas, ce sera le cancer.

Mais dans les cieux, il se passe des choses : à savoir que trois avions armés jusqu’aux dents arrivent à folle allure pour raser la Maison. Et que personne n’est au courant du fait que ça y est, les méchants sont vaincus. Ils volent donc bien évidemment et sans aucune raison, eux aussi en rase-mottes, et soudain, voient au milieu de la foule des civils en train de galoper dans le gazon pour fuir la Maison Blanche, la grosse tête à claques d’Emily Cale.

Qui agite le drapeau américain.

"Nom de dieu regardez ça les gars !" hurle donc le chef d’escadrille qui même en volant à Mach 2, a tout à fait le temps de voir ce genre de choses en détails au sol "Je ne sais pas vous, mais moi, je ne tire pas" ajoute-t-il, avant que lui et ses avions ne désobéissent et quittent donc la zone sans avoir largué la moindre bombinette.

Je vous la refais ?

"Les gars, il faut qu’on aille larguer des bombes sur une zone où il y a des otages. Allez, on y va." et une fois sur place : "Attendez, on arrête tout : j’étais d’accord pour tuer des otages, mais alors pas des otages ET un drapeau américain !"

Si vous pouviez bombarder mon cinéma pour m’achever, vous seriez bien urbains.

"Tu peux mourir pour ton drapeau, mais ton drapeau ne mourra pas pour toi."

La Maison Blanche sauvée, les otages aussi, la garde nationale pénètre enfin sur la pelouse, suivie par la presse qui qualifie l’amie Emily de termes aussi cucus que "la nouvelle petite héroïne de l’Amérique".  Et bientôt, l’hélicoptère présidentiel se pose pour révéler Bob, Carol et son copain général, venus reprendre possession des lieux. Sauf que le président Sawyer ne se montre pas : John, en entendant le récit de ce qu’il s’était passé dans le bureau ovale, a une petite idée de qui est vraiment derrière tout ça, et pour résoudre ce mystère, il demande à ce que le président reste caché encore quelques instants en se faisant passer pour mort. John va donc à la rencontre de l’équipage de l’hélicoptère.

"Bonjour John ! C’est moi, Bob, ton patron, tu sais, parce qu’à l’origine, tu bosses pour la police du Capitole.
- Bonjour Monsieur.
- Je suis président maintenant, c’est pas cool ça ? A part si le président Sawyer a survécu bien sûr.
- Non, il est mouru.
- Ah, c’est trop bête, je vais devoir rester président des Etats-Unis… bon et bien c’est pas tout ça mais il va falloir passer le balai par ici maintenant.
- Attendez ! Regardez ce que j’ai trouvé sur le corps de Martin Walker : un bipeur. Ou un tam-tam. Enfin un truc. Contenant les nouveaux codes de la valise nucléaire. VOS codes, puisque vous êtes l’actuel président. Vous pourriez expliquer, sachant que vous êtes le seul à les avoir, comment ils sont arrivés là ? Et sachant qu’avec Martin Walker, vous êtes l’un des derniers dinosaures au monde à utiliser un bipeur ?"

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Et là, comme dans tout mauvais film, Bob lâche la phrase qui revient à hurler "C’EST MOI J’AVOUE TOUT" :

"Vous n’avez aucune preuve !"

Ce qui est une remarque très intéressante sachant que John vient de montrer qu’il avait dans la main le bipeur de Walker, avec donc le numéro d’où provenait les codes nucléaires. Et en passant un coup de fil rapide, c’est bel et bien le téléphone de Bob qui sonne. Il jure donc vengeance pendant que Carol et son copain général lui passent les menottes, puis le président Sawyer, qui était caché, surgit (mais les figurants sont tellement au niveau du film que même ceux qui sont censés être la presse filment tout sauf le président qui vient de revenir d’entre les morts : à la place, ils filment la pelouse, et hélas, là encore, je n’exagère pas).

"Hahaha, non, je n’étais pas mort ! Je faisais juste semblant pour aider John à piéger Bob !
- Président ?
- Oui Carol ?
- Quel rapport entre le fait de vous faire passer pour mort et le fait que John amène les preuves que c’était Bob le traître ?
- Ah bin oui, aucun, tiens. John ?
- Je ne sais pas non plus. D’ailleurs, même si on a aucune preuve ou aucun nom, on va dire qu’en fait, c’était bel et bien le lobby de l’armement qui était derrière tout ça pour se faire toujours plus d’argent !"

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Ah bin alors tout s’explique, attendez que je résume : le lobby de l’armement, pour atteindre l’objectif "faire plus d’argent", a donc :

  • Engagé le président du sénat américain
  • Pour qu’il recrute le chef de la sécurité de la Maison Blanche qui ça tombe bien n’avait plus rien à perdre et perdu un fils
  • Pour qu’il recrute un commando de mecs recherchés, mais que c’est pas grave, en fait il suffit de les appeler pour qu’ils viennent
  • Pour qu’ils posent une bombe au Capitole
  • Pour mettre la Maison Blanche en alerte rouge
  • Pour qu’ils puissent attaquer la place avec encore moins de chances que la normale
  • Pour qu’ils capturent le président Sawyer
  • Pour que le vice-président soit nommé président
  • Pour qu’ils puissent ainsi abattre Air Force One avec un missile piraté
  • Pour que Bob devienne président
  • Pour qu’il puisse filer les codes nucléaires à Walker afin qu’il vitrifie l’Iran, ce qui n’a strictement aucun rapport avec l’objectif original
  • Et que Bob fasse disparaître toutes les preuves en détruisant la Maison Blanche par un bombardement

Et que comme ça, Sawyer arrête de prôner la paix dans le monde et que donc ils puissent continuer à vendre des armes.

Je rappelle que les autres options, un peu plus compliquées j’en conviens étaient :

  • Graisser la patte de parlementaires, comme un vulgaire lobby contre la musique pas chère

Ou, s’ils voulaient vraiment mettre le bazar en Iran :

  • Acheter une ogive nucléaire à 12 roubles à Youri Popovitch, sous-marinier en vacances chez sa tatie de Volgograd, et la mettre dans la gueule de Téhéran (éventuellement en signant "Bisous, la CIA"  s’ils voulaient une guerre nucléaire).

Ignorant le fait que l’ensemble de ce film est un ratage complet, nos héros montent donc dans l’hélicoptère présidentiel, et James Sawyer, après avoir appris que son plan de super paix mondiale était accepté par tout le monde, demande au pilote de faire le tour des plus beaux monuments de Washington, parce que fuck yeah, c’est un vrai patriote et…

… FIN !

Pour rappel : 150 millions de dollars, dont 3 de scénario.

Je vous laisser aller chercher vos rédactions de CP.

"Attends John ! J’ai pas pigé… c’était vraiment ça le plan des méchants ? Tu déconnes ?"

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Vous avez bien suivi le film ? Maintenant, essayons de reproduire ce film chez nous. Bande-annonce (j’aime bien faire des bandes-annonces, il me faudrait un budget) :

Plan sur l’Elysée et le président marchant dans les couloirs en croisant divers conseillers.

Voix off : tout avait commencé comme n’importe quelle autre journée.

"Bonjour Monsieur le Président !
- Bonjour Monsieur le Président !
- Bonjour, bonjour.
- Bonjour Monsieur le Président !"
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Plan sur une salle de briefing.

Voix off : personne ne pouvait seulement s’imaginer que l’ennemi frapperait là où l’on s’y attendait le moins.

"Messieurs, encore une belle journée qui s’annonce sur l’Elysée. L’aigle est au nid, aucune alerte particulière. On applique les consignes habituelles et tout devrait bien se passer. 
- Oui chef."
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Plan sur le palais du Luxembourg qui explose, des touristes hurlant en s’enfuyant dans les jardins. Plan sur le chef de la sécurité présidentielle qui entend la détonation depuis les jardins de l’Elysée.

"Qu’est-ce que c’était  ?
- Cette odeur de gâteaux secs qui brûlent… d’urine rance portée par le vent… mon dieu, ils viennent de faire sauter le palais du Luxembourg ! Code rouge, code rouge, l’Elysée est verrouillé !"
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Plan sur des hommes armés abattant les gardes républicains un par un dans les couloirs.

Voix off : car cette fois-ci, on s’est enfermé avec l’ennemi.

"Pan ! 
- Aaaaah !
- Pan ! 
- Aaaargh !
- Pan !
- Aaaah… mais putain pourquoi est-ce qu’on a juste des épées pour se défendre ? Hein !
- Pan !
- Raaaauuurgh !"
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Plan sur un homme couvert de suie avec un pistolet à la main, l’air grognon dans les toilettes.

Voix off : l’ennemi a commis une seule erreur. Cette erreur, c’est notre espoir. Et il se nomme… Jean Calle !

Plan sur le même homme face au président dans son bureau.

"Président, je suis venu vous sortir de là.
- Mais ? Qui êtes-vous ?
- Je suis Jean Calle, ex-policier municipal. Si ces terroristes n’ont pas payé le parcmètre, je les défonce. 
- Comment êtes-vous arrivés jusqu’ici ?
- On était là pour les journées du patrimoine. Et puis ma fille Emilie adore le parti socialiste. 
- Ah, une vraie patriote !
- En fait ça la fait surtout rigoler."
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Plan sur la limousine présidentielle prise dans une course-poursuite dans la cour de l’Elysée, ce qui revient à faire une course poursuite, mais uniquement en faisant des manœuvres de créneau.

"Président, il y a un lance-roquette à l’arrière, attrapez-le !
- Je ne sais pas m’en servir ! J’ai déjà du mal à critiquer Angela Merkel en public, alors tirer une roquette, pfou !
- Bon sang président, j’ignore qui est derrière tout ça, mais il y a un traître dans votre équipe.
- Sûrement une motion rebelle, je parie que c’est un coup de Martine Aubry."

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Plan sur l’état-major, les ministres tout autour du général en chef, essayant de comprendre ce qu’il se passe en liaison téléphonique avec le président et son sauveur.

"Que dites-vous Jean ? Un traître parmi nous ?
- Oui. Nous pensons que l’un d’entre vous n’est pas vraiment socialiste.
- Ahahahaha !
- Bon, je reformule : l’un d’entre vous est encore moins socialiste que les autres.
- C’est une accusation très grave Calle ! D’ailleurs je… mais ? Où est passé Manuel ?"

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Plan sur le chef de la sécurité présidentielle caché derrière une commode Louis XV pendant qu’on lui tire dessus.

"Le président est en train de s’enfuir, rattrapez-le bande d’incapables ! On vient de tirer la languette du flan, je répète, on vient de tirer la languette du flan !"

Plan sur un sous-marin au large de Brest, les trappes à missiles s’ouvrant lentement. A bord, l’équipage panique complètement alors qu’il a perdu le contrôle.

Voix off : mais cette fois-ci, ils ont attaqué le mauvais pays. 

"Commandant, ils ont piraté l’un de nos missiles ! Ils vont tirer ! Plus rien ne répond !
- Espérons qu’ils ne soient pas au courant de notre meilleur défense : la qualité de notre matériel."

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Plan sur le missile qui décolle, s’élève d’une dizaine de mètres en l’air, pétarade un peu puis retombe en mer dans un vieux plouf.

voix off : ELYSEE PAR TERRE

http://www.elysee-par-terre-le-film.com

Du coup, même si je pense qu’il y a du potentiel : non, vraiment, il y a des films que l’on ne peut vraiment pas transcrire chez nous.

Quelle grande perte.

Ah, G.I Joe.

On ne dirait pas comme ça, mais G.I Joe, c’est tellement d’émouvants souvenirs : pas tant à cause des figurines qui, étant enfant, me permirent d’organiser mes premiers défilés militaires (si Monsieur Hasbro me lit, sachez que vos figurines ayant les doigts pliés pour y clipser des armes, cela a quelque peu brisé l’harmonie des bras tendus de ma fidèle armée mais passons) et de tenir mes premiers tribunaux populaires, non, G.I Joe, c’est tout autre chose.

Car il y a 4 ans sortait le premier volet de ce merveilleux film : l’occasion pour cet humble blog, alors dans ses premières semaines, d’initier une nouvelle rubrique intitulée "Spoiler dans la bonne humeur" puisque comme de bien entendu, le film était une sorte d’étron chaud barbouillé sur grand écran par un casting consternant. C’est donc avec une certaine impatience et un masochisme dont plus personne ne doute que j’attendais le second volet . Et comme tout est qui est mauvais vient par deux (ex : les seigneurs Sith ou les frères Bogdanov), c’est donc en ce beau printemps 2013 qu’est sortie la suite de cette belle perle vieille de 4 ans, cette fois-ci sobrement intitulée "G.I Joe : Conspiration".

Permettez-moi tout d’abord, afin que tout le monde saisisse bien toute la subtilité de l’intrigue, de vous résumer l’épisode précédent.

Duke, un militaire pas très fin intègre l’unité d’élite internationale G.I Joe, chargée de bourrer les méchants où qu’ils soient. Envoyé enquêter sur un trafic de nanomachines, il découvre que les responsables ne sont autres que son ex (devenue méchante à cause de nano-machines), son ex beau-frère "Cobra"(… bon, bref, devenu méchant par passion pour les nano-machines) et accessoirement un certain "Destro" qui, non, n’est pas son ex belle-mère histoire de rester dans le ton, mais un riche industriel spécialisé dans l’armement. Après s’être copieusement fait bourrer la gueule par Duke et ses amis, Cobra et Destro sont envoyés dans une prison secrète. Mais, c’est sans compter sur le fait que dans la bagarre, les méchants ont réussi à remplacer le président des Etats-Unis par Zartan, un de leurs agents qui a copié l’apparence présidentielle grâce aux nano-machines et à une bonne dose d’émail diamant.

Et pour ceux qui voudraient en savoir plus, l’antique spoiler est ici.

Vous avez tout saisi ? Fort bien ! Alors : spoilons, mes bons !

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L'affiche : lorsque l'explosion occupe toute la surface de celle-ci, je vous laisse deviner ce que ça veut dire

L’affiche : lorsque l’explosion occupe toute la surface de celle-ci, je vous laisse deviner ce que ça veut dire

Notre film s’ouvre donc sur l’un des endroits les plus à la mode du moment : la Corée du Nord, ce gigantesque goulag pour coiffeurs des années 80 (ou alors si ce n’est pas le cas, il faudra qu’on m’explique). A la frontière de celle-ci, un petit groupe de soldats progresse discrètement en profitant de l’obscurité : c’est Duke, le célèbre G.I Joe, et ses fameux amis : François le sniper, Ginette la commando, Maurice le soldat et The Rock le gros bourrin (étonnamment, il ne joue pas une couturière, je conviens que cela puisse vous choquer mais faites un effort tas de malandrins). Tous font bien attention de ne pas se faire repérer, car c’est connu, le Nord-Coréen a un côté taquin, et vont donc jusqu’au grillage délimitant la frontière pour faire un gros trou dedans afin de passer car ils sont là, dixit Duke, pour extrader un autochtone soucieux de passer au sud. Soit ! Mais alors comment procéder ?

Et bien c’est simple : sitôt dans la zone, nos loulous commencent par ne surtout pas se cacher, en restant à taper la discut’ dans un coin éclairé à 20 mètres d’un mirador, probablement parce qu’ils ont très envie qu’un garde local leur fasse coucou et leur apporte un kawa (le Nord-Coréen, en bon communiste, aime partager son kawa). Puis, après avoir papoté deux plombes sur des sujets divers et variés n’ayant pour la plupart rien à voir avec la mission et repéré le transfuge qui a réussi à trouver une cachette (lui) juste à côté d’eux, Duke lance l’ordre qui va bien : "François, fait diversion, vite !"

Pour les plus jeunes qui ne connaîtraient pas le sens du mot "diversion", dans le dictionnaire G.I Joe (un ouvrage facile à se procurer puisqu’il ne fait que 7 pages, dont deux à base de variantes de "fuck" et "balls"), la définition est la suivante :

Diversion /di.vɛʁ.sjɔ̃/ féminin. Action qui consiste à faire n’importe quoi pourvu que ça fasse du bruit. Exemple : "Vazy François, fait diversion en tirant dans tous les sens avec ton gros fusil : les Coréens ne nous avaient pas repérés, alors si tu pouvais les inciter à donner l’alerte, ce serait cool". Synonyme : Jérôme Cahuzac.

Et ce qui est dit est fait : c’est vrai quoi, extrader quelqu’un sans donner l’alarme, ça n’a pas la même saveur, nom d’une pipe ! Et puisque nous n’étions déjà pas assez dans une sorte d’épisode de Corky sous acide, Maurice le soldat décide pour déconner de quitter le groupe en ricanant pour aller baisser le drapeau Nord-Coréen local et faire flotter à la place le drapeau des G.I Joe : non parce que sinon, ce serait bête si les nord-coréens ne savaient pas à qui envoyer une ogive nucléaire en remerciement. J’espère qu’il a aussi mis son adresse, sait-on jamais que le colis s’égare. Attendez, je relis quand même mes notes… "G.I Joe est une organisation ultra-secrète… meugneugneu… situation de crise… meugneugneu… éviter que le monde ne bascule…" hmmm d’accord. Bon, qui c’est qui a encore oublié de lire de quoi traitait son film avant de tourner la première scène ?

En tout cas, ça commence bien.

Filons quelques temps plus tard, au pays du hamburger, alors que le président (qui est donc en fait le méchant Zartan, mais ça personne ne le sait) est occupé en salle de réunion avec tous ses conseillers et son état-major à discuter d’une situation un peu tendue : un groupe de terroristes a réussi à piquer une arme nucléaire au Pakistan, et compte visiblement s’en servir pour envoyer un message clair, voire lumineux au monde sur leurs intentions ("Arrêtez avec le Harlem Shake, nardinamouk !" ou quelque chose du genre). Une partie des présents déclare qu’il faut agir de suite, d’autres qu’il faut attendre d’en savoir plus : le président lui, explique qu’il n’est pas homme à rester assis : comment s’appelait cette unité si subtile, déjà, mais si vous savez celle qui a failli faire éclater une guerre avec la Corée du Nord il n’y a pas deux minutes tant ils étaient cons comme des bulots ? Ah oui : les G.I Joe. Envoyez-les, ce sont les meilleurs des meilleurs.

Les G.I Joe reçoivent donc le message, et alors que dans le film précédent ils étaient un organisme international, maintenant ils sont juste au service des Etats-Unis. Et d’ailleurs, sachez que les autres personnages du précédent film, à part une paire, ont tous disparu sans explication. C’est vrai : si maintenant il faut que les suites se suivent, où va le monde ? Enfin bref : les G.I Joe envoient donc sur zone toutes leurs troupes (oui, ils sont comme ça, faut pas trop les chercher) à part Ninja Noir, leur agent super secret qui est occupé ailleurs, soit une bonne dizaine de super avions de transport du futur avec de gros réacteurs qui font pschrouf qui peuvent voler ou se poser en stationnaire, ce qui est très pratique, car l’ennemi ayant été localisé dans une usine d’armement, des G.I Joe peuvent donc être largués sur le toit, sur les côtés, et un peu sur tous les angles du bâtiment en fait façon invasion de rongeurs, sauf qu’aucun défenseur n’avait pensé à disposer des tapettes avec de la testostérone en guise d’appât, la faiblesse ultime des G.I Joe. Dommage.

Mieux encore : malgré cette arrivée massive de gros transporteurs bruyants qui se posent directement sur la margoulette des terroristes locaux, aucun de ces derniers n’entend quoi que ce soit.

Les deux principaux officiers des G.I Joe : je commence à comprendre certains trucs

"Mohammed tu as pas entendu quelque chose ?
- Hein ?
- JE DEMANDAIS SI TU AVAIS ENTENDU QUELQUE CHOSE ? 
- Ah ! Non, rien : avec ce bruit de réacteur, impossible d’entendre quoi que ce soit !"

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Quelque part, ça se tient. Je soupçonne quand même un scénariste d’avoir habilement recasé la blague de la banane dans l’oreille, comme ça, discrétos, pour voir si ça passait. Et, oui, c’est passé. Dramatique, mais pas autant que la suite : poursuivons donc.

Sitôt le dernier terroriste éliminé, nos fameux héros sont plutôt contents : ils viennent en effet de prendre le contrôle de l’installation sans une seule perte, et mieux encore, l’ogive qu’ils recherchaient est bien là et n’attend plus qu’eux ! Après l’avoir soigneusement rangée dans du papier bulle et chargée dans un camion qui n’était pas là 15 secondes avant puisque notre petite armée est arrivée par voie aérienne et a curieusement décidé de ne pas repartir par le même moyen, nos loulous se mettent donc en route au travers du désert, avant de décider de s’arrêter pour la nuit pour faire la fête et picoler, parce que bon, on est jamais qu’en zone hostile avec une ogive nucléaire, qu’est-ce qui pourrait bien nous arriver ? Le Banga coule donc à flot, on sniffe des lignes de Tang et bientôt, tout le monde commence à être un peu dissipé, la rumeur courant même que quelqu’un aurait trouvé du Champomy pour épicer la soirée.

Hélas ! Alors que la fête bat son plein au coeur de la nuit, un curieux son de rotor se fait entendre : il s’agit là du chant d’amour de la flopée d’hélicoptères qui vient distribuer des roquettes sur les commandos d’élite sans défense ! Parce que non, nos guerriers n’ont rien prévu contre les hélicos : on ne leur avait pas dit que ça existait. Du coup, les explosions se multiplient autour de nos vaillants soldats, et bientôt, nombre d’entre eux meurent dans le bombardement, parmi lesquels François le sniper qui reçoit un 10 kilos d’explosifs dans sa moustache naissante, le faisant instantanément passer du statut de militaire couillu à celui d’engrais gentil. Et là, accrochez-vous : Duke, notre fier héros, apercevant une roquette filer sur ses amis décide de voir s’il ne pourrait pas l’arrêter avec ses abdominaux : hélas, ses efforts chez Amazonia ont visiblement été vains, puisque Duke en meurt (petite compensation : la roquette aussi y reste). The Rock, qui a vu son copain avoir une crampe d’estomac explosive sous ses yeux, est choqué mais ne reste pas inactif pour autant : attrapant Maurice et Ginette, il court vers un puits voisin où ce petit monde se jette pour s’abriter. Grand bien leur en prend car le ballet des hélicoptères poursuivant son oeuvre de destruction a tôt fait d’en finir avec le campement des G.I Joe, et nos 3 larrons sont donc les seuls survivants. Bientôt, ils entendent des troupes être déposées à proximité, et un certain nombre de soldats inspectent l’endroit sans pour autant les trouver (ils tirent même quelques balles dans le puits histoire de voir, mais ne touchent personne : si l’un d’entre eux avait eu une grenade, j’aurais pu rentrer chez moi plus tôt, flûte : foutues restrictions budgétaires sur la Défense !).

Mais, retournons plutôt aux Etats-Unis où nous découvrons que le faux président a caché dans sa cave le vrai président, et qu’il le maintient là sous la surveillance d’agents de Cobra qu’il a recruté pour remplacer le service de sécurité présidentiel, et qui ont tous un petit sigle "Cobra" sur le veston. Oui, le même sigle qu’utilisé dans le précédent film par Cobra en personne, comme ça, c’est un peu comme s’il leur mettait une croix gammée sur le col pour bien que tous les gens qui les croisent les trouvent vaguement suspects, ainsi que lui pour les avoir ainsi soudainement tous recrutés alors que c’est quand même le sigle d’une organisation terroriste. Heureusement, personne ne pensera à le faire remarquer du film tant chaque élément semble avoir été choisi avec soin par un scatophile particulièrement pervers. Bref, toujours est-il que faux président et vrai président ont une petite discussion que je vous retranscris ici à peu près :

"Ahahaha… alors vrai-président, tu es dég’ que je sois président pendant que toi tu moisis dans ce vieux bunker de la guerre froide situé sous une résidence de campagne du président !
- Vaguement. Que voulez-vous espèce de sombre rascal ?
- Pas grand chose… je veux juste savoir dans quelle prison secrète est enfermé Cobra… pour le faire libérer ! HAHAHAHAHA !
- Mais quel intérêt avez-vous à le faire ? Non parce que techniquement vous êtes déjà président des Etats-Unis, il a quoi à vous offrir de plus ? Si vous le laissez dans son trou, c’est tout bénéf’ pour vous non ?
- Bé heu… je… heu… que… bon ! On s’en moque, aucune importance ! Dis-moi où est cette prison !
- Vous avez pensé à le demander à vos services plutôt qu’à venir ici en prenant le risque de vous griller ? Non parce qu’en fait, eux ils le savent forcément, hein ! Vous pensez vraiment que seul le président est au courant d’une prison secrète ? Non parce que sinon, c’est compliqué d’y affecter du personnel : "Hé mec, tu commences ton boulot demain à 8h, mais je peux pas te dire où !". Vous êtes con ou bien ?
- Nom d’un petit bonhomme, quelle insolence ! Je suis très loin d’être con : sache que je suis tellement intelligent que je viens de DETRUIRE LES G.I JOE, HOHOHOHOHO ! Grâce à un plan qui va vous épater, vieux barbon : j’ai demandé à mon état-major et tous mes conseiller de les envoyer en mission pour récupérer une ogive volée, et une fois cela fait, j’ai dit qu’ils l’avaient piquée et j’ai donc envoyé l’armée les bombarder, HAHAHAHA ! J’ai gagné!
- Vous saviez que sinon vous pouviez juste signer un papier pour couper leur budget ?
- Ah merde. On a le droit ?
- Personne n’est plus maléfique que l’administration, gros naze. Maintenant, explique-moi comment tu vas t’en tirer puisque tous tes conseillers et généraux sont au courant de ta trahison ?"

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Mais le faux-président n’a pas à répondre à cette question : le script s’en est chargé pour lui en éclipsant complètement le sujet. Il n’a donc plus qu’à aller faire une annonce à la télévision dans l’heure qui suit.

"Bonsoir chers concitoyens. Je tenais à vous annoncer que l’unité d’élite dont vous n’avez jamais entendu parler puisqu’elle était secrète et dont je n’ai aucun intérêt à parler non plus, les G.I Joe, ont trahi le pays. J’ai donc organisé une grosse soirée barbecue durant laquelle aucun membre n’a survécu, voilà pour ça. Le seul survivant, un certain Ninja Noir, a été arrêté et pour ses crimes, sera donc envoyé dans la prison super secrète où nous gardons déjà le célèbre terroriste Cobra enfermé. Je profite de cette allocution pour vous informer que j’ai d’ailleurs formé une nouvelle unité super secrète pour remplacer les G.I Joe, que j’ai intelligemment nommée "Cobra", et qui utilisera le sigle de l’organisation super dangereuse qui va bien et que je suis supposé combattre. Voilà, y-a-t-il des questions dans la salle. Oui Brenda ?
- Monsieur le Président, je n’arrive pas à déterminer si je viens d’entendre votre bouche ou votre anus, pourriez-vous préciser ?"

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Laissons donc le président aux journalistes, et allons plutôt en Allemagne, où il se passe des choses intéressantes. En effet, quelque part en ex-RDA, nous découvrons que Ninja Noir a été fait prisonnier et est emmené par des militaires vers un complexe souterrain qui n’est autre que la fameuse prison secrète évoquée plus tôt, le Fleury-Mérogis du futur. Le directeur local a tôt fait d’accueillir son nouvel invité pour lui expliquer comment cela fonctionne ici : c’est facile, il n’y a que deux autres prisonniers, Cobra le vilain et Destro le méchant, le bras droit du premier, chacun enfermé dans une sorte de gros tube rempli d’un liquide qui paralyse tous leurs membres mais les maintient conscients, les rendant prisonniers de leur propre corps. Parce que oui : dans le camp des gentils démocrates, on est comme ça, on aime bien la déconne. Bref : Ninja Noir a déjà un tube qui l’attend (d’ailleurs, il n’y en a que trois en tout et pour tout : heureusement qu’il n’y a pas eu plus d’un G.I Joe fait prisonnier, sinon il allait falloir se serrer dans les tubes ce qui aurait monté l’ambiance d’un cran), et l’équipe présente commence donc à lui retirer son armure pour le…

Grâce aux nano-machines, Zartan peut aussi se déguiser en Terminator pour faire de bonnes blagues à ses amis.

Ah, oui parce que je ne vous ai pas dit : les mecs ont tout laissé à leur prisonnier, y compris son armure et de quoi planquer ses armes.

Oui, il y a un vrai entraînement derrière pour faire un aussi mauvais film, vous savez ? Enfin bref : lorsqu’ils retirent son casque à Ninja Noir, le directeur recule, étonné : il ne s’agit pas du tout de Ninja Noir, mais de Ninja Blanc, son pire ennemi et allié de Cobra ! Le directeur a donc la réaction qui va bien :

"Mon dieu, ce n’est pas le bon prisonnier ! En plus ce personnage est mort dans le film précédent, qu’est-ce que c’est que ces mecs que l’on ressort du placard sans explication ? Heureusement que le type qui fait ce spoiler avait déjà annoncé cette incohérence 4 ans à l’avance tellement c’était gros qu’ils allaient la faire !
- Ouais, mais alors, qu’est-ce qu’on fait chef ? 
- Bah heu… je suppose qu’on le met quand même dans le tube qui n’était pas pour lui sans prévenir personne de cette découverte qui signifie qu’on a toujours un Ninja Noir en liberté, ce qui intéresserait probablement l’ensemble du monde libre ?
- Okay chef, on va faire ça."

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Et ce qui est dit est fait. Sauf qu’évidemment, personne ne se doute qu’il s’agit là d’un piège (à part bien évidemment l’amiral Ackbar qui s’égosillait dans la salle au même moment en martelant son siège), puisque ce n’est pas du tout suspect, après tout. Mais sitôt plongé dans son tube de liquide paralysant, notre Ninja Blanc se met à pouffer car il en a prévu une bien bonne : il ralentit son coeur pour faire croire qu’il fait un arrêt cardiaque, une technique secrète qu’il a apprise à Koh-Lanta (Si tu as souri, tu es un très vilain personnage, je te félicite pas canaillou). Un peu étonnés, les techniciens le sortent de sa prison pour le réanimer, mais c’est là leur erreur : non seulement leur prisonnier leur refait tous leur museau à coups de tatane, mais comme le film est vraiment mauvais, il fait apparaître des shurikens qu’il n’avait pas 5 secondes auparavant, et s’en sert pour tuer les gardes qui traînaient par là. Puis, il récupère ses sabres, que le directeur de la prison avait intelligemment rangés près d’un escalier, et commence à découper tout et tout le monde pour exprimer son désarroi. Enfin, il détruit la prison de verre retenant Cobra, son maître, qui à défaut de faire apparaître un shuriken, fait apparaître un masque mystérieux tout lisse pour s’en couvrir le visage, comme ça, pif pouf. Mais oui. Cela fait, ils sont alors rejoints par un autre homme que nous découvrons : Firefly. Celui-ci est rentré dans la prison par la grande porte en envoyant de petits drones lucioles explosifs tuer les gardes restants pour ouvrir la voie afin que son maître sorte en paix. Mais, et Destro dans tout ça allez vous me dire ? Et bien le bougre attend toujours dans sa prison de verre que son maître vienne le sauver. Sauf que Cobra annonce que hahaha, non, il va plutôt le tuer parce que… heu… c’est-à-dire…

Non, rien. Comme ça, hop.

C’est vrai quoi : vous avez pour bras droit un ex-industriel de l’armement avec un réseau particulièrement important et des fonds planqués aux quatre coins du monde, pourquoi le tuer ? Non parce que je veux bien comprendre que l’acteur n’a pas resigné pour une telle daube, mais bon, en fait, en retirant cette scène, vous pouviez justement économiser et retirer une incohérence, par exemple avec Destro mourant tué par la rafale d’un garde traversant son tube de verre durant l’évasion. Ça coûtait moins cher et ça se tenait plus : mais il est vrai qu’il ne faudrait pas oublier de bien souligner combien, plus que la volonté de faire facile, il y a de la vraie incompétence derrière. C’est-à-dire que l’on a payé pour se vautrer un peu plus. C’est tout simplement beau.

Toujours est-il qu’alors que Cobra, Ninja Blanc et Firefly sortent tranquillement du complexe, victorieux, le directeur de la prison, blessé, parvient à tirer sur une conduite de gaz au moment où ils passent devant, provoquant une explosion qui aurait bien tué tout ce petit monde si Ninja Blanc n’était pas intervenu pour pousser ses amis à l’abri . Cependant, il en paie le prix, puisque son dos est léché par les flammes et ressemble alors à un mauvais steak : Cobra, après avoir achevé d’une balle le directeur rebelle, termine donc sa spectaculaire évasion en expliquant qu’il va soigner son fidèle agent comme il se doit pour qu’il ressemble à nouveau à un fier ninja et non plus à un menu Flunch. Nous reviendrons sur le sujet, mais puisque je sens bien que vous manquez d’incohérences depuis au moins trois lignes, sachez que Ninja Noir, le vrai, planqué à la sortie du complexe observe le trio sortir. Comment a-t-il su qu’il s’agissait là d’un piège visant à faire évader Cobra ? Pourquoi n’a-t-il pas prévenu, d’une manière ou d’une autre, l’équipe locale ? Et surtout, pourquoi, alors qu’il est armé, bien planqué et face aux pires ennemis qu’il ait jamais connu incapables de se défendre tant à cause de la surprise que parce que Cobra et Firefly sont occupés à soutenir Ninja Blanc blessé, n’intervient-il pas pour sauver le monde ?

Je vous laisse deviner. Attention, concentrez-vous ! Mais oui, c’est ça : rien. Juste comme ça, hop. Un peu plus et je pense qu’il leur faisait aussi la vidange et la pression des pneus pendant qu’ils s’évadaient pour être sûr qu’ils ne tombent pas en rade sur la route de la liberté. Il est comme ça Ninja Noir : trépané serviable.

Mais, assez discuté : retournons du côté du campement dévasté des G.I Joe, au petit matin alors que The Rock, Ginette et Maurice sortent de leur puits pour découvrir les cadavres de leurs amis abandonnés au soleil. Quelque peu grognons, nos larrons font le tour des corps pour récupérer les plaques d’identité, ce qu’il reste de Tang de la veille et faire la moue devant leurs amis tombés au combat, puis décident de se mettre en route pour s’éloigner du coin le plus vite possible, tant il y a un risque que l’ennemi revienne. Chemin faisant, une discussion s’engage, principalement entre The Rock et Ginette.

"The Rock, c’est toi le chef maintenant vu ton grade… que penses-tu de tout cela ?
- Qu’en tant qu’héroïne dans un film écrit avec les pieds, tu dois avoir toutes les bonnes intuitions sans aucune explication. Alors au boulot pendant que je fais ma tête de mec qui réfléchit. Hmmmrr… grrhmmmm… pas facile. 
- Bon, moi je pense qu’alors qu’on a rien vu puisque les hélicoptères volaient de nuit et qu’on a passé une bonne partie de la bataille planqués au fond d’un puits, on a été attaqués par l’armée américaine.
- Grugurummmm.. muuurgnn…. D’accord, nous n’avons pas la moindre raison de penser cela, tu es sur la bonne piste, continue ?
- Je pense toujours sans raison qu’un général seul n’aurait jamais pu donner un ordre comme celui-ci… je pense…. je pense que seul le président des Etats-Unis aurait pu demander à tous nous tuer !
- Alors qu’il nous a envoyés en mission, ce qui l’innocente immédiatement, sauf si évidemment un personnage se met à tout deviner parce qu’il a lu le script ? Bon bin super : en route alors !"

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Et comme une grosse ficelle n’arrive jamais seule, au moment même où ils terminent cette conversation, nos héros tombent nez-à-nez avec un petit aéroport au milieu de nulle part où ils pourront jouer les clandestins le temps de rentrer au pays. C’est tout de même bien fait. Ou magique. Mais c’est là en tout cas. Passons.

Ginette, malgré une nuit passée dans un puits et un bombardement sur le coin du nez a toujours une peau impeccable. Mais, quel est ton secret, Ginette ?

Pendant ce temps, ailleurs, les choses avancent : Cobra a trouvé le temps de se changer pour se trouver un imperméable de cuir qui rappellera évidemment à tout un chacun les plus grandes heures d’Hugo Boss (c’est fou comme les méchants ne s’habillent jamais en tutu), et visite en compagnie de Firefly un complexe ultra-secret, avant d’être bientôt rejoint par le faux-président des Etats-Unis, qui aime bien venir visiter des complexes terroristes clandestins pour ne pas du tout attirer l’attention sur ceux-ci. L’endroit est rempli de soldats portant le sigle de Cobra, et d’énormes satellites attendent sur des plates-formes. Nos méchants peuvent donc eux aussi se mettre à avoir des conversations complètement crédibles :

"Commandeur Cobra, les satellites Zeus seront bientôt prêts à être lancés.
- Parfait, mon plan se déroule à merveille.
- Votre plan ?
- Mais si vous savez, le plan. Le plan. Raaah, le plan ! Je vous fais des clins d’oeil depuis dix minutes bougres de cons !
- Aaaah. Ah nan mais aussi avec votre masque là, on voit pas alors bon, c’est pas facile. Nan mais je me demandais : comment on a pu s’occuper des préparatifs de votre nouveau plan puisque vous êtes seulement sorti de votre isolement depuis moins d’une journée et que le plan que vous aviez avant d’y entrer n’avait rien à voir avec celui-ci ?
- …
- …
- Haaaan ouais. Les clins d’oeil, d’accord."

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Soit. On aurait mieux fait de ne pas revenir voir ce que faisait Cobra : allons plutôt au Japon regarder s’il se passe quelque chose de plus intelligent (oui, je sais, vous non plus n’avez aucun espoir mais faites semblant les enfants). Car au sein d’un dojo, un célèbre maître ninja africain aveugle que nous appellerons donc Amadou reçoit en audience Ninja Noir. Bon, c’est un peu con puisqu’un muet qui tente d’expliquer quelque chose à un aveugle en langage des signes, ça doit prendre un moment (là encore, ils ont payé des accessoires pour grimer pépé en aveugle, alors que ça n’apporte rien à l’affaire à part un nouvel échec, j’en pleurerais de bonheur), mais là encore, la scène débute alors que le vieux maître explique que oui, il a bien compris ce que Ninja Noir lui a expliqué, à savoir que Ninja Blanc était encore vivant et qu’il avait aidé Cobra à s’évader. Amadou confie donc une mission à notre sombre héros : aller capturer le galopin et le ramener au Japon pour qu’il soit jugé pour le meurtre de son maître il y a des années. Ce sera peut-être aussi l’occasion d’en apprendre plus sur les plans de Cobra. Pour l’occasion, Amadou confie à Ninja Noir une de ses disciples pour l’aider : Jinx, personnage lui aussi parfaitement oubliable.

Ni une, ni deux, nos héros partent donc pour ce qui doit être le Tibet, puisque Cobra a envoyé Ninja Blanc se faire soigner dans un monastère là-bas auprès d’une petite vieille qui lui applique divers onguents sur le dos.

Attendez, quoi ? Cobra, le maître des nano-machines, expliquant qu’elles guérissent tout, a envoyé son meilleur agent et sauveur se faire soigner chez une mamie qui va tenter de soigner ses brûlures au troisième degré avec de la compote de pomme et des feuilles de thé ? Je… mais ? Bordel, vous aviez un album Panini des merdes à faire que vous les enchaînez ? C’est quand même, enfin… je crois qu’il vaut mieux nous concentrer très fort sur la suite, d’accord ?

Car au Tibet, donc, alors que Ninja Blanc vient à peine de cicatriser de ses blessures grâce aux soins attentionnés de la mémé locale, que voit-il passer devant sa fenêtre ? Deux ninjas rouges, les habitants du temple local, qui tombent en hurlant. Ni une, ni deux, il comprend qu’il ne s’agit pas là d’une sorte de Jackass à base de cosplay mais bien d’une attaque : il sort aussitôt pour découvrir les assaillants : Ninja Noir et Jinx ! Notre loulou les affronte, et ne succombe que lorsque Jinx lui colle un anesthésiant sous les narines, car si notre ninja préféré sait ralentir son coeur pour simuler un arrêt, il ne sait pas retenir sa respiration : c’est ballot quand même. Nos héros l’enferment donc dans un gros sac de couchage Quechua qu’ils collent à un filin qui attendait là, tendu, en plein milieu de la cour du monastère local, et sitôt cela fait, environ 2789 ninjas rouges leur tombent dessus et les encerclent.

Ah, oui : on parle bien des 2789 ninjas rouges que l’on avait pas vu jusqu’ici alors qu’ils étaient supposés être juste à côté pendant que leur héros blanc se faisait tataner ? Probablement qu’ils faisaient caca.

Enfin bref : nos héros, eux, ignorant cette foule hostile s’accrochent au filin suspendu, envoient le sac Quéchua devant eux, et filent donc le long du câble loin des méchants, qui tentent bien de les poursuivre durant 10 bonnes minutes, mais n’arrivent à rien faire d’autre qu’à se vautrer comme des bouses ou se prendre des coups de tatane, voir des obstacles dans le museau sur la route (obstacle que le sac Quéchua a réussi à esquiver puisqu’il est supposé être devant eux sur le filin, c’est quand même triste d’être un ninja et d’avoir moins de sens de l’esquive qu’un duvet). Après avoir dévalé environ 7 kilomètres de câbles en tous sens, ce qui laisse supposer que nos héros ont tranquillement installé ça en paix durant quatre jours avant leur attaque, ce qui a dû être particulièrement intéressant surtout concernant la partie qui débouchait en plein milieu de la cour du temple ninja ("Nan mais vous inquiétez pas, c’est pour EDF"), Ninja Noir et Jinx triomphent : ils ont leur prisonnier et peuvent donc rentrer au Japon pour que Ninja Blanc passe au tribunal d’Amadou.

C’est donc un peu plus tard que Ninja Blanc se trouve devant l’honorable aveugle. Sauf qu’il se passe quelque chose de peu banal : au lieu d’être puni, Ninja Blanc arrive à prouver d’une manière tout à fait absurde que je vous passe qu’il n’a jamais tué son vieux maître. Qu’au contraire : c’est parce qu’il a été accusé du meurtre qu’il est devenu si plein de haine et qu’il a fui. Mais alors, qui a bien pu tuer le vieux maître ? Là encore, pas de problèmes ou d’enquête, nos larrons se disent "Le seul qui avait intérêt à le tuer, c’était celui qui voulait faire de toi son instrument, Ninja Blanc. Le maître qui t’a recueilli… qui n’était pas du tout un asiatique : c’était Zartan, agent au service de Cobra ! Il t’a manipulé pour faire de ta haine, son arme !".

Vous pensiez que j’exagérais ? Mesdames et Messieurs : Amadou, le maître aveugle qui adore discuter avec son disciple muet

Ah oui. Et sinon, le fait que visiblement tout ça s’est passé 15 ans auparavant alors que Cobra n’est apparu que récemment ? Non ? Et accessoirement : Zartan machin, il est fort en déguisement, mais il y a un moment où ça a dû se voir quand même : il n’est pas maître d’arts martiaux, comment a-t-il pu enseigner quoi que ce soit à Ninja Blanc ?

Diego ? Appelle-moi la compta, je commence à avoir du mal à garder le compte des erreurs dans cette daube. Merci.

Enfin en tout cas, les ninjas de toutes les couleurs, sortes de Télétubbies asiatiques, décident donc de s’unir pour arrêter Cobra. Surtout que Ninja Blanc, bien introduit, peut connaître ses plans… c’est donc fortement intéressant.

Mais soyons sérieux : puisque ce film s’appelle G.I Joe, revenons tout de même aux trois G.I Joe isolés que sont The Rock, Maurice et Ginette et que nous avions laissés plus tôt alors qu’ils avaient trouvé un aéroport pour rentrer au pays. Ayant deviné par la puissance du néant scénaristique qu’ils étaient recherchés par toutes les polices des Etats-Unis, ils se font discrets et décident donc d’aller à un endroit où personne ne pensera à aller les chercher : le gymnase où The Rock a passé sa jeunesse et où les G.I Joe l’ont recruté, coin où en plus il a tous ses potes qui traînent .. bref, le premier endroit où on pensera qu’il viendra. Surtout que les services secrets ont une bonne raison de le chercher : ils ont découvert que ces trois G.I Joe avaient survécu. Mais rassurez-vous : ils ne feront rien pour les retrouver, aussi nos héros peuvent tranquillement s’installer dans le gymnase délabré et récupérer un peu d’équipement pour tenter de prouver leur théorie tout à fait crédible que le président est louche depuis quelques temps :

Pas de problème, Ginette, toujours prête à avancer à partir d’arguments foireux, étudie plein de vidéos des derniers discours du président et parvient à établir que celui-ci est un imposteur ! Comment ?

"Regardez ! J’ai pris des vidéos de lui, et depuis le 10 juin, il n’utilise plus l’expression "une sorte de" mais dit "un genre de". Par ailleurs, ses mains n’ont pas exactement la même position quand il parle ! Cela ne peut vouloir dire que deux choses…
- J’écoute.
- Soit le président a des conseillers en communication…
- Impensable.
- Soit il a été remplacé par un imposteur modifié à l’aide de nano-machines qui a pris son apparence et parvient à duper jusqu’à sa femme et ses enfants !
- HO MON DIEU ! IL FAUT FAIRE QUELQUE CHOSE !"

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Convaincus par ces preuves en carton, nos héros décident d’aller contacter le seul homme qui pourrait les aider : le général Willous, qui visiblement doit avoir faim, puisqu’en ce moment il est dans un film sur deux, et rarement des bons. En effet, le général Willous est le fondateur des G.I Joe : maintenant qu’il est à la retraite, il a peut-être moyen de les aider… mais lorsqu’ils se rendent chez lui, nos larrons découvrent que Willous ne peut pas faire grand chose : on ne l’écoute plus à Washington, il n’a plus le droit de commander la moindre unité, sa prostate commence à montrer de sérieux signes de faiblesse et cette histoire de président imposteur n’est pas la plus crédible qu’il ait entendue. Par ailleurs, sa maison est surveillée par tout ce qui est possible pour s’assurer qu’il reste calme.

J’en profite pour glisser que cette information a encore été glissée par pur goût de rajouter des étrons dans la soupe au caca : nos héros ne tiquent pas, et personne ne les repérera. Cette phrase est juste prononcée pour souligner que nos G.I Joe sont au meilleur endroit pour se faire attraper, mais que ça n’arrive quand même curieusement pas. C’est fou.

The Rock, Ginette et Maurice décident donc qu’ils ont vraiment trop besoin du général Willous pour agir : il leur faut donc une preuve que le président des Etats-Unis n’est pas le président des Etats-Unis pour le convaincre de passer à l’action. Willous, beau joueur, leur file quand même un tuyau s’ils veulent explorer cette piste : il connait un cercle de poker fréquenté par l’un des plus fidèles conseillers du chef de l’état. Ni une, ni deux, l’équipe G.I Joe va donc sur place, et au sortir de la salle de jeu, kidnappent le pauvre membre du cabinet présidentiel avant de lui expliquer comment ça va se passer.

"Salut mec, nous sommes les G.I Joe. Nous venons de t’administrer un puissant sérum qui fait que dans 5 minutes, tu t’endormiras et à ton réveil ne te souviendra de rien. Alors tu n’auras pas de problème de conscience, et nous on aura pas à t’éliminer. Maintenant, on va te dire pourquoi on t’a kidnappé : on a besoin que tu ajoutes un nom à la liste de la prochaine soirée où sera le président. Envoie un mail tout de suite à qui de droit pour arranger ça.
- Oui, ou alors je résiste 5 minutes, et ensuite vous êtes bien feintés.
- Huuuu…. on avait pas pensé à ça. Je me sens comme un sorte de gros Baboulinet, rheuuuu…"

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Malgré ce nouveau ratage, le petit homme coopère bien vite, et dès le lendemain grâce à l’invitation ainsi ajoutée à leur inventaire, nos G.I Joe envoient en infiltration Ginette en robe de soirée pour qu’elle approche le président à une réception où il se rend. La chose est aisée, tant la jeune femme sait utiliser le stratagème universel "über décolleté" qui permet d’approcher tous les hommes de goût (enfin, je crois), et est bientôt invitée à danser par le président lui-même. Récupérant un cheveu sur sa veste à cette occasion, elle l’étudie grâce à son tube de rouge à lèvre – analyseur d’ADN (ne me demandez pas où elle l’a trouvé vu que nos héros n’ont plus aucun soutien) et découvre que le président n’est autre que… Zartan, le maître du déguisement de Cobra ! Ses doutes confirmés, elle fuit bien vite, car la sécurité a repéré qu’elle n’était pas une invitée comme les autres, mais une G.I Joe. A noter d’ailleurs qu’un agent de sécurité qui, la trouvant suspecte, la suivait grâce à un micro-directionnel, n’a par contre rien trouvé de suspect quand elle a donné deux identités différentes à deux personnes différentes en moins d’une minute. Encore une fois : rajout, daube, tout ça. C’est… épuisant, quelque part. Mais impressionnant d’un autre côté. Quel talent.

Heureusement que ce n’est pas le tromblon du régiment qui a survécu, sinon il aurait fallu envoyer The Rock dans la même robe.

A la sortie, The Rock averti par Ginette que le président est un agent de Cobra est prêt à l’abattre depuis une ruelle, mais il est hélas empêché dans sa tentative par Firefly qui, sortant de nulle part, vient lui distribuer des mandales. Ce n’est que lorsque Maurice, qui glandait dans un 4×4 un peu plus loin, repère ce petit cirque qu’il oblige le méchant  à se replier en lui passant dessus avec son véhicule (mais rassurez-vous : il repart quand même en boitant juste un peu, hop). Comme quoi, c’est très surfait les 4×4.

Après cette tentative d’attentat sur le président des Etats-Unis qui ne semble pas émouvoir sa propre sécurité plus que ça, ni inciter à rechercher un peu plus activement les G.I Joe, notre troupe retourne à son gymnase pour tomber nez à nez avec… Ninja Noir, Ninja Blanc et Jinx ! Un peu troublé par cette irruption soudaine d’hommes en collants, nos héros sont un peu tendus jusqu’à ce que Jinx détaille la situation. Cette dernière explique que Ninja Blanc n’est plus méchant, qu’il va les aider à arrêter Cobra, qui l’a manipulé avec Zartan depuis le début (à une période où ni l’un ni l’autre ne se connaissaient, rappelons-le pour la beauté de la chose). Et détaille donc ce qu’il sait du plan de Cobra : ce dernier va utiliser le prochain congrès sur l’armement nucléaire organisé par le président des Etats-Unis pour faire un coup d’état à l’échelle mondiale en déployant une nouvelle arme de destruction massive bien plus terrifiante que toutes les autres : le satellite Zeus… il faut donc agir vite ! Un plan est donc rapidement organisé : d’abord, la troupe se rend chez le général Willous pour lui annoncer qu’elle a récupéré un cheveu dont l’ADN prouve que le président n’est pas le président, comme ils le supposaient : Willous est très impressionné, principalement  parce qu’un cheveu, ça faisait longtemps qu’il n’en avait plus vu un, aussi propose-t-il aux G.I Joe de les aider : il rappelle quelques vieux Joe sur le retour et propose de monter un commando pour intervenir durant le sommet sur le désarmement nucléaire. Et arme tout ce petit monde, car en réalité, sa demeure est une incroyable cache d’armes, avec même un véhicule blindé dans le garage !

Ça c’est subtil les petits amis.

Toujours est-il que le sommet sur le désarmement nucléaire va se dérouler sur un fortin sur une toute petite île seulement reliée à la terre par un ponton, et que l’endroit sera bien gardé. Il est donc convenu de procéder ainsi :

  • Ninja Blanc restera avec Cobra, qui a prévu de débarquer sur l’île pendant le sommet, histoire d’être au plus près pour intervenir au moment opportun. Il filera un déguisement à Jinx pour qu’elle se joigne à l’escorte de Cobra.
  • Maurice et Ninja Noir formeront un commando qui devra infiltrer l’endroit pour soutenir Ninja Blanc et Jinx dès que cela commencera à s’agiter
  • Willous et Ginette iront libérer le véritable président des Etats-Unis, Ninja Blanc ayant révélé dans quel coin il était planqué.
  • The Rock prendra le véhicule blindé et… heu… ira se battre avec trois chars américains qui n’avaient rien à voir avec la choucroute, en fait. Voilà voilà. Que voulez-vous que je vous dise ?

Vous avez bien suivi ? Parfait, alors allons directement voir ce qu’il se passe le lendemain dans le fameux fortin où se déroule le sommet. Dans une salle de conférence, le président des Etats-Unis reçoit les différents chefs des puissances nucléaires, et commence d’entrée de jeu en force, en expliquant que la guerre nucléaire, c’est très vilain, et qu’à ce titre, il ne tolérera pas qu’un pays sorte de cette pièce sans s’être totalement désarmé, nom d’un Francis Cabrel. Les autres chefs d’état se regardent puis, d’un commun accord, lui font un gros doigt (ils sont joueurs).

"Fort bien !" déclare donc le président en sortant la mallette nucléaire américaine. "Dans ce cas moi je vais vider mes réserves nucléaires sur vos gueules, allez hop !". Avant que qui que ce soit ne fasse une remarque scabreuse sur cette expression qui est un peu le facial de l’atome, il a tôt fait de joindre le geste à la parole et de montrer sur écran que tout son bazar est en train de partir vers ses cibles. Un peu choqués, ses interlocuteurs le traitent de fou et répliquent aussitôt en utilisant leurs propres mallettes pour tirer des missiles vers l’attaquant parce que hé, dis, tu vas te calmer ? Tu veux vraiment qu’on te ratiboise la gueule gros malin ?. Histoire de rajouter une bouse sur le scénario, on peut voir sur l’écran que tous les pays tirent leurs missiles dans toutes les directions, et pas seulement sur les USA : c’est vrai quoi, quitte à faire la guerre autant la faire contre tout le monde, c’est plus rigolo.

C’est alors que le président américain ricane et se saisissant de sa mallette, appuie sur le bouton d’autodestruction de tous ses missiles. Souriant, il ajoute "Et voilà ! Moi je suis totalement désarmé et je ne représente plus une menace, à vous les kikinous !". Les autres leaders se regardent, un peu étonnés, puis appuient tous sur le bouton d’auto-destruction pour ne pas que ça dégénère. C’est alors que les portes de la salle de conférence s’ouvrent et qu’entre Cobra, accompagné de Firefly, Ninja Blanc et d’une paire de soldats à lui (dont Jinx, habilement déguisée en ninja rouge). Tout le monde sursaute autour de la table, mais le vil terroriste les invite à rester assis.

"Restez calmes : je tenais simplement à vous informer que je me proclame maître du monde. 
- Mais encore ?
- Et bien vous venez tous de vous désarmer : vous n’avez donc plus d’armes nucléaire pour vous défendre, HAHAHAHA !
-  Oui, parce qu’évidemment on est suffisamment cons pour avoir tiré tout notre arsenal, ce qui est impossible même si on le voulait. On a encore des cartouches. Donc ton plan il pue, en fait.
- Heu… je peux ressortir de la salle et refaire mon entrée quand vous aurez tout tiré ? On dirait que vous avez rien vu et que c’était pour de la fausse, d’accord ? 
- Non.
- Bon, écoutez, vous commencez à me faire chier : le scénario n’a pas prévu cette éventualité, alors on va dire que vous êtes tous désarmés : je disais donc : HAHAHAHA ! Puisque maintenant, je suis le seul à disposer d’armes de destruction massive grâce à mes satellites Zeus que j’ai secrètement fait construire grâce à un trou dans l’intrigue pendant que j’étais en tôle ! 
- Et vous les avez envoyés dans l’espace comment ? Avec un très gros élastique ? Non parce que c’est cool de construire ça, mais sans lanceur…
- Mais vous m’emmerdez avec vos détails ! Tiens, pour la peine, je vais raser Londres et vous expliquer comment fonctionne mon arme : il s’agit d’un satellite qui largue des missiles tout simplement tellement denses qu’en touchant le sol, il rase tout sur des kilomètres sans la moindre retombée radioactive ! Je pourrais donc m’emparer de vos pays sans crainte, HAHAHA ! 
- Il n’y a pas que les missiles qui sont denses par ici. Non parce qu’à quoi ça te sert de conquérir des ruines gros malin ? Et puis quand ton missile qui rase tout sur des kilomètres va toucher une centrale, tu crois que les radiations vont rester chez elles à lire Picsou Magazine ?
- … bouhouhou, j’en ai marre d’être un méchant à chier. Je veux un câlin.
- Roooh, pépère. Allez, allez : rasez Londres Monsieur Cobra, ça ira mieux après.
- Merciiiii… snif…"

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Et en effet : en appuyant sur un bouton qui fait "pouit !", Cobra commande à l’un de ses satellites de larguer un missile lourd comme une playlist de mariage sur Londres, résultant ainsi lors de son impact avec le sol en une onde de choc telle que l’ensemble de la ville est détruite, faisant disparaître un patrimoine historique unique, tel que Big Ben ou encore Geri Halliwell.

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Détail amusant : aucun des plans sur la table n’a le moindre rapport avec l’endroit où ils se rendent. Voilà voilà.

Cobra, satisfait de cette attaque réussie, explique alors la suite de son plan : "A l’heure actuelle, partout dans le monde, mes troupes Cobra sont en train de remplacer vos drapeaux par mon étendard. Quant à vos ridicules capitales, je vais aussi les raser juste par principe puisque ça ne me sert à rien si je les contrôle à part à perdre des troupes, du temps et du butin. Mes autres satellites Zeus sont en train de se mettre en position à l’heure où je vous parle". A ces mots, Ninja Blanc semble soudain décider que le moment est venu d’intervenir (non, pendant que Cobra expliquait qu’il allait raser Londres, il se curait le nez et Jinx devait probablement être occupée à envoyer des SMS à une copine), et commence donc à distribuer du shuriken dans tous les sens, à part sur Cobra quand bien même c’est sa cible principale : il est décidément complètement con. Le grand méchant s’enfuit donc, tout comme le faux président américain, alors que les autres chefs d’états se mettent à couvert puisqu’une fusillade éclate entre Ninja Blanc, Jinx et les hommes de Cobra. Bien vite, ils sont rejoints par Ninja Noir et Maurice, qui ont réussi à infiltrer l’endroit sans trop de problèmes, puisque les gardes ne réagissaient à rien, pas même aux bruits de fusillade autour d’eux. Voilà voilà.

Pendant ce temps, Willous et Ginette arrivent en voiture à la résidence présidentielle où est retenu le vrai président : ils ont du bol parce que, alors qu’ils arrivent en mitraillant à tout va, là encore, aucun agent des services spéciaux ne donne l’alerte (il y en a même un qui se contente de se demander ce qu’il se passe alors qu’on entend clairement des rafales : je ne sais pas mec, qu’est-ce que ça peut être ? Un mec qui s’occupe en faisant péter 50 mètres de papier bulle ?). Quant aux hommes gardant le président dans l’ancien bunker anti-atomique, plutôt que de se dire "Tu entends, on dirait qu’on est attaqués ? Enfermons-nous et appelons du renfort, je doute que l’ennemi puisse enfoncer une porte blindée de 3 mètres d’épaisseur", ils décident de s’organiser à grands coups de "Séparons-nous en groupes de un et allons voir l’un après l’autre ce qu’il se passe !" : autant vous dire que leur plan ne marche que moyennement, et que c’est donc un Willous et une Ginette triomphante qui viennent libérer le président, en profitant pour lui demander une petite baisse d’impôt, là, dis, ho, hein, hé, tu nous dois bien ça, garnement.

Au même moment, loin de là, The Rock a tranquillement fini de préparer son véhicule blindé, qu’ils ont bricolé non pas avant de partir à l’assaut, mais directement sur l’unique ponton menant au lieu de réunion des plus grands dirigeant mondiaux. Oui, vous avez bien lu. Et non, il n’est pas gardé, vous l’imaginez bien. Du coup, notre héros peut passer tranquillement par là avant d’aller cacher la bête dans les fourrés de l’île, à environ 2 mètres des trois chars américains montant la garde qui évidemment, ne remarquent pas du tout le véhicule chenillé non-identifié qui approche. Puis, une fois le niveau d’absurdité suffisamment haut (il faudra que j’invente une unité de mesure, du genre le "Cage" pour ce genre de choses), notre héros passe à l’attaque : les trois malheureux chars qui n’avaient rien à voir avec la choucroute ne peuvent rien faire et se font donc dézinguer gratuitement pour le plus grand plaisir de la foule. C’est gentil d’être venus.

Hélas, au même moment, les trois méchants du film que sont le faux président des Etats-Unis, Firefly et Cobra tentent de s’enfuir. Manque de pot pour eux : Ninja Blanc transperce vite fait le président qui, en mourant, reprend son apparence de Zartan le méchant, et permet ainsi à Ninja Blanc de se sentir vengé de le mort de son vieux maître, Cobra trouve un hélicoptère qui passait par là et s’enfuit avec sans encombre (non, ils n’ont toujours pas pensé aux armes anti-aériennes : on sent que la mort de tous leurs camarades au début du film leur a appris quelque chose, l’hélicoptère doit être une sorte d’archnémésis du G.I Joe). Quant à Firefly, qui s’est retrouvé avec la valise contenant les commandes du système Zeus, il tente bien de s’enfuir en bateau, mais The Rock a tôt fait de le rattraper et de lui refaire le nez à coups de poing. Victorieux, le bougre se saisit donc du système de commande des satellites Zeus qui n’étaient évidemment qu’à une seconde de tirer, et appuie sur le bouton "stopper le tir".Ce qui fait exploser tous les satellites.

C’est un peu radical : je préfère ne pas savoir ce que fait la pédale de frein dans les véhicules de Cobra.

Cobra, sorte de Japan expo ambulante

Zartan est donc mort, le vrai président libéré, le monde sauvé et les troupes de Cobra en déroute : c’est donc une victoire pour les G.I Joe ! Bon, on a perdu Londres et l’arsenal nucléaire américain dans la bagarre alors qu’on avait des agents prêts à intervenir bien avant que tout cela n’arrive, mais quand même, c’est plutôt positif tout ça, non ? Allez, on en a assez eu pour aujourd’hui.

Une cérémonie est donc organisée, où chacun reçoit une belle médaille ainsi qu’un bisou du général Willous. Tout le monde salue donc le drapeau, fier d’être un G.I Joe parmi l’élite des trépanés mondiaux et…

FIN !

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Non, sérieusement, vous croyez vraiment qu’il y a quelque chose à ajouter ?

4 ans pour préparer un tel film, ça valait le coup.

Je ne suis pas déçu.

Vraiment.

"Bonjour Messieurs !"

La porte se referma en claquant derrière le personnage alors qu’il entrait dans la salle de réunion du 33e étage, les fauteuils autour de la longue table ovale pivotant dans un léger son de cuir écrasé alors que leurs occupants se tournaient vers lui. D’un geste, il leur fit signe de rester assis et tout en souriant, vint se placer en bout du table pour consulter la pile de papiers disposés à cet endroit d’un air amusé. Finalement, et s’allumant un cigare, il fit un dernier tour pour observer la circulation en contrebas au travers de la baie vitrée avant de prendre place dans l’imposant fauteuil lui étant réservé.

"Bien, je vois que tout le monde est déjà là.
- Nous vous attendions pour commencer Monsieur Connard. J’aimerais pour commencer vous remercier au nom des investisseurs présents ici aujourd’hui pour avoir accepté de nous consacrer un peu de votre précieux temps.
- Ma bonté me perdra, j’en conviens.
- Hem, fort bien, je… permettez-moi de vous rappeler le sujet de notre entretien d’aujourd’hui : nous aimerions savoir comment vous avez réussi, en pleine crise financière, à trouver des investissements non seulement particulièrement rentables, mais en plus permettant d’obtenir des déductions fiscales. Une question qui, je ne vous le cache pas, nous turlupine quelque peu.
- Interrogation pertinente, mais, laissez-moi commencer."

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Me retournant, j’appuyais sur le bouton de la petite télécommande placée devant moi pour faire descendre l’imposant écran blanc servant habituellement à présenter d’hideux powerpoints aux présents. Tirant sur mon cigare, je me levai pour aller indiquer sur les graphiques qui apparurent les éléments essentiels à la bonne compréhension de mon exposé.

"Investir est une chose risquée. Demandez à 10 experts boursiers leurs meilleures stratégies, ils vous donneront 13 solutions contradictoires. Mon truc ? C’est de maîtriser chaque élément de la mécanique de mes placements.
- C’est-à-dire ?
- Et bien pour commencer, je crée moi-même de nouvelles structures et leur donne toujours une vocation humanitaire. Aides, déductions, je bénéficie de tout cela en quelques instants, sans compter divers avantages complémentaires comme par exemple, une image de grand seigneur qui permet de faire chavirer le coeur des damoiselles dont les joues se teintent de pourpre lorsqu’entre deux coupes de champagne, vous leur contez votre amour de votre prochain.
- Et elles y croient ?
- Ce sont des femmes, Stevens.
- Pardon.
- Donc, disais-je : l’important, c’est de créer une structure que vous allez maîtriser. Puis de la rendre incroyablement rentable en jouant sur la culpabilité des bobos. 
- Je ne saisis pas bien.
- Prenez l’an dernier : j’ai créé une structure permettant à des handicapés de retrouver le chemin de l’emploi en participant à la création de livres audios pour la jeunesse.
- Une intention louable, mais je ne vois pas où c’est rentable. 
- Hé bien pour être exact, je n’ai pris que des gens atteints de Gilles de la Tourette. Non seulement parce que le résultat était des plus intéressants et a sûrement dû enseigner quantité de vocabulaire à de pauvres bambins venus écouter Blanche-Neige, mais parce que les parents, découvrant l’horreur, ne pouvaient même pas se plaindre : ce serait de la discrimination envers des personnages atteints d’un handicap. Tiraillés par leur sensibilité humaniste, il ne leur reste alors qu’une échappatoire : expliquer que non, ce n’est pas nul, c’est juste complètement avant-gardiste. Leurs amis, jaloux de ce vernis culturel obtenu à vil prix et leur permettant de se donner en plus bonne conscience en aidant des personnes en difficulté, se mettent donc à acheter eux aussi en nombre, et plutôt que de reconnaître l’indicible ignominie de mon procédé, ils se retrouvent esclaves de leur fierté et pire, recommandant un produit objectivement honteux. Et moi, je ris.
- Un peu comme chez Apple ?
- Pas de troll avant 10h du matin Stevens, c’est mauvais pour l’estomac. Toujours est-il que le crypto-hipster se lasse vite de tout, puisqu’il court après l’avant-garde. Il faut donc se renouveler chaque année.
- Mais alors, quel est votre plan pour cette année ?"
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Mon regard brilla d’une lueur nouvelle alors que l’idée même de leur révéler mon dernier plan m’emplissait d’une certaine fierté.

"Cette année, j’ai monté une structure qui propose à des adolescents atteints de la maladie de Parkinson de devenir cinéastes. 
- Non mais attendez, là, ça va se voir quand même ! Des morveux bourrés d’hormones qui ne savent pas tenir une caméra, c’est grossier ! Qui irait louer pareille monstruosité ?"
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Mon sourire ne se fit que plus grand face à cette réplique attendue alors que je jetais sur la table une série de journaux.

Cahiers du cinéma – 5/5 : "De cet objet idiot s’écoule une sorte de poésie repoussante et naïve, burlesque et synthétique, vulgaire et bête, une sorte de poésie perdue, à ramasser, à rincer, impropre à la consommation, innommable en somme, mais qui exprime aussi la part poétique et misérable de notre époque."

Critikat.com – 5/5 : "N’aimant rien tant filmer que "l’ingrat" de ce bas monde, l’ex-kid qui a écumé les travées insanes de l’Amérique investit la culture pop des années 2000 pour livrer une bombe irradiant le sentiment d’une époque."

le Monde – 5/5 : "On sent bien que la réalité intéresse moins Harmony Korine que sa représentation fantasmatique, son reflet forgé par la publicité et les clichés sans esprit des industries culturelles."

Les Inrockuptibles – 5/5 : "Korine filme cette débauche de formes et de couleurs avec une énergie folle, variant ses cadrages, balançant des décharges de montage en cut-up, bombardant les mots Spring Break comme un mantra. C’est du Godard boosté au Red Bull."

Stevens sentit la sueur couler le long de sa nuque : "Attendez, Spring Breakers alors ce… c’est vous ?"

Il sentit une vague de dépit monter en lui.

"Vous… vous êtes incroyablement maléfique !"

La preuve ? Spoilons, mes bons !

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L’affiche : toute la subtilité du film résumée en une image

Notre film débute dans une petite ville universitaire des Etats-Unis ou nous découvrons plusieurs personnes qui, bien qu’étant les personnages principaux, auront des prénoms que personne ne retiendra du film tant ils ont été écrits avec soin. Il y a donc blonde 1, qui passe son temps à dormir et se droguer à l’aide de tout ce qui se fume ou s’inhale, blonde 2 et 3, étudiantes en histoire qui passent leur temps à glousser et dessiner des kikoutes en disant "Vivement Spring Break que l’on puisse en tripatouiller plein, hihihuhuhuhu" et enfin Faith, plus sage que ses comparses et appartenant à divers groupes chrétiens typiques des Etats-Unis, ceux où un gros motard avec une moustache en guidon de vélo te dit qu’il kiffe Jésus qui est son meilleur pote parce qu’il est trop cool, et qu’il échangerait ses bottes en croco contre ses sandales quand il le voudrait, ouais mec. Big love.

Car en effet, notre intrigue (ne pouffez pas tout de suite, attendez) se déroule à quelques jours de Spring Break, ces vacances universitaires durant lesquelles les jeunes étudiants américains aiment à aller se retrouver sur les plages pour pratiquer diverses activités comme danser en bikini, faire la chenille tout nu ou voir combien de litres de bière on peut faire rentrer dans le cul de Lulu sans le réveiller. Un grand moment de culture, donc, au même titre qu’une compétition de tuning ou une trépanation de yorkshire (un exercice de précision).

Bref ; faisons le point tout de suite sur un élément essentiel du film : si vous pensiez avoir déjà vu un film réalisé avec les pieds, Spring Break relèvera la barre avec brio. Le film consiste en effet, à 65% (ce n’est pas une blague), en de vastes séquences de gros plans maladroits et mal cadrés placés à la queue-leu-leu le tout pendant que la voix-off de l’un des personnages déclame des vérités digne d’un statut Facebook : "kan ta besoin des gens il sons pas la pour toi alor que toi tu l’et toujour pour eus : moi j’ose dire que j’aimes pas les hypocrite ! Qui osera cliker sur j’aime et partagé sur son mur ?", le tout filmé au ralenti sur fond de musique saturée et de préférence, avec des filles qui montrent leurs seins/fesses, par contre vous ne verrez pas un kiki ou une kikoute, parce que même si le film se veut grave subversif, tu vois, avec des gros mots et des roploplos, il ne faudrait pas qu’un rebelle se sente choqué en voyant un trilili battant au vent. Bref, on dirait que le tout a été réalisé par un lycéen fasciné par Fight Club, Drive et autres niaiseries crypto-philosophiques. D’ailleurs, à en croire le film, Spring Break c’est donc 97% de filles et aucun boudin, bien évidemment, mais c’est sûrement une coïncidence.

Fort bien. Allons-y donc pour un exemple :

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Musique saturée quelconque, ralenti constant

Des filles sautent sur une plage, des bières vont de main en main. Une voiture roule dans la nuit (pour ceux qui ont vu Drive, ce genre de plan rappellera des choses). Quelqu’un montre ses seins en dansant dans l’eau. Une fille fume une cigarette la nuit, dans une ville américaine. Des seins bondissent en gros plans, des filles se font des bisous en se frottant l’une à l’autre. Jean-Paul Sartre lit Tintin en fumant la pipe. Un DJ arrose la foule de danseuses en bikini.

Une voix répète "Spring Break. Le meilleur moment de l’année."

Etc.

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Faith, notre plus ou moins personnage principal et seule brune de notre quatuor, entend dire par des amies de son groupe chrétien que ses amies Blonde 1, Blonde 2 et Blonde 3 seraient en fait trois idiotes. Faith explique que non, elle les connait depuis la maternelle : ce n’est pas parce qu’elles gloussent comme des otaries, se défoncent pour un oui ou pour un non et n’ont aucun sujet de conversation en-dehors des fringues, des garçons et de Sarah Jessica Parker qu’elles sont limitées. Peut-être cachent elles une passion secrète pour la physique nucléaire ? Allez savoir. Toujours est-il que notre héroïne les défend : elles sont géniales et elle veut partir en Spring Break avec elles.

Notre louloute va donc retrouver ses copines pour faire le point : voilà un an qu’elles économisent, il est temps de faire les comptes de l’argent dont elles disposent pour partir à l’aventure, histoire de voir si elles pourront se payer un jacuzzi au champagne, comme tout vacancier lambda qui se respecte. Hélas, horreur : sitôt l’argent sorti des strings et entre deux plans pas du tout racoleurs sur les filles qui se frottent entre elles en s’échangeant quelques cochoncetés, le compte est fait : il n’y a que 325 dollars… soit même pas de quoi partir en Floride, la destination prévue à l’origine par nos amies !

Drame, larmes, perplexité : notre fière équipe est quelque peu dévastée par la nouvelle. Que vont-elles faire ? Devoir se trouver des loisirs intelligents ? Alors ça : jamais ! C’est hors de question ! Car Spring Break, c’est l’endroit "où l’on se révèle, on découvre qui l’on est vraiment, où l’on découvre ce que l’on va faire de son avenir".

Si le gouvernement me lit et qu’il cherche à faire des économies, voilà, maintenant il le sait : il peut mettre tous ses conseillers d’orientation dehors et les remplacer par un baril de bière avec un tuyau à s’insérer dans un quelconque orifice dans le plus grand esprit Spring Break, il semblerait que cela permette au jeune de savoir ce qu’il veut faire. Entre deux bulles de 8-6 ressortant par une narine, nul doute que l’adolescent verra la lumière et saura qu’il est temps pour lui de devenir expert-comptable ou ingénieur en conception de stylos billes. Mais oui.

Quand on vous dit que ce film est philosophique, bon sang.

S’ensuit donc, évidemment (et encore, je vous en ai passé), un nouveau passage se voulant philosophique

Durant Spring Break, certaines jeunes filles découvrent par exemple qui elles sont vraiment : ici, un tacos au fromage

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Musique saturée quelconque, ralenti constant

Les héroïnes se regardent, perdues. Sur une plage, des filles rient en se caressant. De l’argent est dispersé au sol. Quelqu’un lance un concours de pets. Faith va à son groupe chrétien (oui, parce que pour rentabiliser, on vous rebalance des plans que vous avez déjà vus, c’est plus rigolo). Un type mime la masturbation avec une bière. Un spectateur s’endort.

Une voix répète "Spring Break, où l’on se révèle, on découvre qui l’on est vraiment, où l’on découvre ce que l’on va faire de son avenir" (puisque recoller des images déjà vues ne suffit pas : on vous remet aussi les dialogues que vous venez d’avoir pour qu’il se passe encore moins de choses, c’est bien pensé)

Etc.

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Les filles sont donc bien embêtées, que faire pour trouver de l’argent rapidement ? En emprunter à quelqu’un ? Non, cette idée ne sera même pas évoquée. Utiliser le internet, cet objet du démon, pour trouver un plan pas cher et faire de l’auto-stop ? Là encore, personne n’en pipe mot : les jeunes n’ont jamais entendu parler du internet, c’est connu. Acheter des actions Lagardère (hoho, tout de même pas) ? Non : elles vont plutôt braquer un fast-food local.

D’accord.

Non mais c’est un plan, hein, je comprends. Blonde 1, Blonde 2 et Blonde 3, laissant Faith de côté qui n’est pas du genre à participer à ce genre d’action, décident donc de s’armer de pistolets en plastique pour aller trouver un petit restaurant local et, cagoulées, vont donc y semer la terreur avant de s’enfuir dans un véhicule volé. Le stratagème fonctionne à merveille puisque non seulement l’argent est obtenu aisément et rapidement, mais par ailleurs, les filles parviennent à ne pas laisser derrière-elles de traces de leur forfait en brûlant intelligemment leur monture de métal, le tout en restant à danser autour de la carcasse en feu histoire d’être sûres que la police vienne les cueillir sur place, ou à défaut, que l’explosion du réservoir révolutionne leur vision de l’auto-bronzant.

Heureusement, rien ne se passera.

C’est donc un trio radieux qui revient (à pied, je suppose), le vocabulaire toujours d’une richesse à peu près équivalente à celle de candidates de télé-réalité (elles font vraiment des étudiantes crédibles, surtout le genre à vouloir suivre des cours d’histoire, vraiment), pour présenter le butin à Faith et lui raconter comment elles l’ont eu. S’ensuit évidemment un nouveau passage philosophique que je vous passe pour éviter de rendre ce spoiler aussi chiant que le film (pour la première fois de ma vie, j’ai pensé sérieusement à quitter la salle, chose qui n’était jamais arrivé même devant Twilight tant c’était au moins rigolo de nullité et pas simplement consternant).

Nos héroïnes filent donc trouver un bus pour la Floride, car après un nouveau plan séquence (si, si) avec des phrases philosophiques du genre "Nous voilà, nous sommes enfin nous-même, qui osera copier ce message sur son mur ?",  elles ont enfin la joie d’arriver à destination.  Elles peuvent donc s’adonner à des joies simples comme sauter en bikini, se frotter à de (rares) garçons qui ont tous des têtes de champions, sniffer divers trucs, se saouler et évidemment, danser sur René la Taupe.

Un soir, Faith et ses amies se retrouvent donc dans une piscine pour philosopher.

Attendez, j’ai écrit philosopher ? Excusez-moi, j’ai été influencé par les critiques dithyrambiques ci-dessus. Laissez-moi détailler Faith et ses amies.

"Haaaan tu vois Spring Break c’est trop cooool, c’est la vie quoiiiii.
- Mais ouaiiiis c’est incroyable c’est fou quoiiiii.
- Wé.
- Méwé !
- Moi parfois j’aimerais mettre la vie, haaan, en pause, et tu vois, ce serait Spring Break pour toujouuuuurs !
- Han moi je ferais pareil, je voudrais tellement mettre pauuuuse des fois !
- Haaan ouais ?
- Ouaiiiiis.
- Geeenre ?
- Ma foi par exemple lorsque la foudre s’abat dans le soir tombant sur la campagne, illuminant l’espace d’un instant collines et bois et jetant d’étranges ombres sur le monde ; c’est, le temps d’une seconde, l’image de la puissance de la nature, de son aspect aléatoire, et de sa beauté résumée en un simple éclair lumineux. Ce curieux sentiment qui vous étreint lorsque soudain, la nature n’est plus un concept mais une véritable force qui semble tout dominer et nous ramener à notre place. L’écho étrange des plaisirs simples comme lorsque la nuit la fenêtre bat sur les carreaux et que roule ce fameux tonnerre au-dessus des villes endormies alors que l’on est blotti au fond de son lit à l’abri de ses dangers, mais spectateur de sa majesté vautré dans sa paresse.
- …
- …
- Naaaaaan j’rigooooooole j’mettrais pause quand j’fais un prouuuut loooooool !"

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Bref. Dois-je vous laisser deviner ce qui suit ? Vous êtes sûrs ? Vous voulez vraiment que je l’écrive ?

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Musique saturée quelconque, ralenti constant

Les héroïnes dans une piscine. Sur une plage, on boit de la bière à l’entonnoir. Blonde 1 se frotte à Blonde 2. Des jeunes sniffent de la drogue sur le ventre de quelques fières coquines. Gérard Majax conduit un Twingo. Nos héroïnes font du scooter. Un caméraman gerbe.

Une voix répète "J’aimerais tellement faire pause, parfois… Spring Break pour toujours."

Etc.

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La réalisation se dépasse : notez la figurante tout à droite à qui on a pas dit en quoi consistait son rôle.

Le lendemain, nos bonnes amies sont à une nouvelle fête fort intéressante au milieu de 500 personnes occupant un hôtel entier, et où l’alcool et la drogue vont de main en main. Seulement voilà : la maréchaussée, lassée de cette petite délinquance en string, fait une descente et arrête 6 personnes : nos quatre héroïnes ainsi que deux clampins. Chose amusante : les policiers ont réussi à traverser une foule de 500 personnes sans arrêter personne d’autre et sans que les amis de la drogue n’essaient de se barrer : d’ailleurs, nos héroïnes n’en ont même pas sur elles et il est impossible que les fiers agents aient pu les voir consommer, mais ce n’est pas grave, pif pouf magie du scénario, ils les arrêtent.

Encore une séquence avec de la musique et les visages attristés de nos héroïnes que l’on envoie découvrir les joies de la prison (je pense bien sûr aux cours d’origami collectif, quoi d’autre ?), avant d’être envoyées devant un juge qui leur explique que consommer de la drogue, c’est mal, et qu’elles passeront donc deux jours à la prison locale le temps d’apprendre les bonnes manières à moins que quelqu’un ne puisse payer leur caution : cela tombe bien, car il y a dans la salle un certain Alien, aussi appelé "Je suis James Franco déguisé en Joey Starr et comme ce film est mauvais, j’ai dans le cou un tatouage "$" Malabar tellement mal fait qu’en fonction des séquences, on peut voir le contour changer de couleur". Mais comme Alien c’est plus court, nous en resterons à cela. Toujours est-il qu’Alien décide de payer la caution de ces dames au motif qu’elles "ont l’air cool", comprendre qu’elles remplissent leur bikini de manière convenable, et accueille donc les damoiselles à leur sortie de prison posté devant son abominable automobile tunée.

C’est vrai qu’il manquait un Jackie à ce film. Ça volait déjà un peu trop haut.

Séquence-clip-philo (c’est chiant hein ? Imaginez-vous devant, malandrins, mon esprit de sacrifice aura raison de moi)

Alien étant un mec profondément intéressant, il propose d’emmener nos héroïnes avec lui discuter un peu pour faire connaissance en allant s’asseoir sur des tables de pique-nique dans un coin quelconque : ça vend du rêve. Alien est visiblement con comme un tiroir à slips, grossier comme Jean-Marie Bigard et intéressant comme Christine Boutin : un cocktail qui parlera à nombre d’entre vous qui prendront feu rien qu’à cette idée, je n’en doute pas. Alien a aussi une histoire parfaitement inintéressante, et explique accessoirement que son métier, c’est dealer.

C’est très important d’annoncer ses activités illégales, comme ça, à de parfaites inconnues. Non, parce qu’on ne sait pas, hein, peut-être qu’un spectateur n’avait pas encore compris que tu étais foutu de perdre au Trivial Pursuit contre une palourde mon vieux Alien.

Faith, elle, sent bien que quelque chose ne va pas. Pas seulement le tatouage de James Franco qui vient encore de changer de couleur la peau étant subitement devenue rose au-dessous, non : elle pense que… je sais pas… p’têtre qu’un dealer, qui en plus, leur parle beaucoup frics et armes… bin c’est dangereux.

Ah bon ? Qu’est-ce qui te fait dire ça ? Heureusement que la presse a pleuré de bonheur devant ce film.

Toujours est-il que notre héros propose aux jeunes filles d’avoir des activités encore plus intéressantes que dire du rien assis sur une table de pique-nique, comme par exemple en allant dans des bars sans musique jouer au billard au milieu d’énormes types patibulaires en marcels sales qui regardent les filles d’une manière qui laisse supposer qu’ils auraient bien envie de parler de Kant et Spinoza avec elles, probablement à l’occasion d’un débat troglodyte à présidence tournante. Faith commence donc à pleurer, expliquant à ses amies qu’elle n’en peut plus : "C’est pas ça, Spring Break, j’ai un mauvais pressentiment !"

Tu m’en diras tant. Comme quoi, l’instinct féminin, c’est surpuissant : c’est sûr que quand le mauvais pressentiment est juste derrière toi à baver, fait environ 140 kilos de muscles et de tatouages et s’appelle Abubackar, tu peux effectivement supputer qu’il se passe quelque chose de curieux.

Notre héroïne décide donc, à la moitié du film, de se casser de celui-ci (une décision chaleureusement applaudie par la salle) en annonçant au groupe qu’elle rentre chez elle. L’occasion de balancer… hmmm… que… ah, tiens, je me demande bien quoi.

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Musique saturée quelconque, ralenti constant

Faith pleure en gros plan mal cadré. Sur une plage, on écoute du Skrillex. Les héroïnes se disent au revoir. Quelqu’un joue avec un mannequin en se saoulant à la bière. Des ninjas jouent au Time’s Up. Nos héroïnes font du scooter. Un bus file sur les routes. Faith est en gros plan mal cadré, attendez, je crois que c’est un plan sur son gros orteil gauche. Ou bien est-ce un plan large sur James Franco ? Je suis perdu.

Une voix répète "Spring Break… pour toujours."

Etc.

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Problèmes capillaires ? Choix de sombres bouses où tourner ? James Franco, je suis désolé : vous êtes atteint de Nicolas Cagisme.

Blonde 1, Blonde 2 et Blonde 3 abandonnées à elles-mêmes, Alien peut donc les réconforter en leur proposant de venir visiter sa villa. Car non seulement le bougre a une voiture tunée permettant à tout agent de la maréchaussée de le repérer à des kilomètres, mais en plus, le bougre en bon caïd a décidé d’entasser dans son salon contre les murs des tonnes (littéralement) de drogue, ainsi que des armes en quantité non négligeable. Moui je… pourquoi pas. Probablement que comme ça, même depuis le commissariat à trois bornes de là, les chiens peuvent flairer la drogue, et les policiers le blaireau.

Heureusement, comme le film a été écrit aussi bien qu’il a été filmé, cela ne choque personne. Nous voilà rassurés.

Alien présente donc aux filles sa drogue, ses armes, fait le cake en montrant ses nunchakus, et les filles se contentent de glousser encore et encore, parce que bon, depuis le début du film, elles n’ont pas fait grand chose d’autre. A un moment, Blonde 2 et 3 se disent que tiens, puisqu’Alien semble con comme un rat mort, elles pourraient peut-être en profiter, mais finalement non : elles préfèrent se mettre à rentrer dans ses plans, parce que quitte à avoir noté qu’il était idiot, autant lui remettre toute la conduite stratégique de la suite des opérations.

C’est bien normal.

Nos louloutes deviennent donc le nouveau gang d’Alien, le sien ayant été affaibli dernièrement, et vêtues de bikinis et de passe-montagnes roses (si, je… pfou), elles commencent à écumer les endroits à touristes du coin pour prendre leur argent aux pauvres gens. Chose amusante : alors qu’elles prennent grand soin de cacher leurs visages, elles font tous leurs coups avec Alien et sa tête unique découverte permettant à tout clampin de faire remonter la police au coupable et son gang en moins d’une heure. Mais encore une fois : cela n’arrivera jamais, soyez rassurés. Il ne faudrait pas qu’il se passe un truc dans ce film.

En parlant de trucs qui ne se passent pas, ça fait un moment que l’on a pas eu une séquence au ralenti, non ?

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Musique saturée quelconque, ralenti constant

Les héroïnes braquent une salle d’arcade. Sur une plage, on joue au ballon. Alien tabasse un type. Des jeunes se frottent les uns aux autres en s’arrosant. Blonde 1 menace un type avec un flingue. Un spectateur convulse devant tant de nullité. Nos héroïnes jouent avec du pognon qui tombe du ciel façon clip de rap. Des filles sur une plage sucent des glaces fusée de manière très lascive et pas du tout racoleuse.

Une voix répète "Spring Break, Spring Break" bien que cela n’ait strictement aucun rapport avec le film, en fait, puisque ça pourrait aussi bien se passer à la Bourboule

Etc.

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Pendant ce temps, dans une boîte de nuit, nous découvrons Miko, un méchant dont je n’ai pas non plus retenu le nom qui a pour sigle un cornet de glace à trois boules : un truc qui impose le respect au point qu’il se l’est fait tatouer sur le visage (… ho bon sang) et porte un énorme cône en collier. Bref : notre loulou explique qu’Alien et ses nouvelles copines semblent un peu trop prendre leurs aises. Dernièrement, il a eu une petite conversation avec Alien, qui est aussi son ancien meilleur ami même si cette information n’a aucun intérêt, et il a noté que l’appétit de celui-ci grandissait. Il propose donc d’aller calmer tout ce petit monde, par exemple, avec une bonne fusillade, puisque cela permet de poser les bonnes bases d’un bon débat.

Pendant ce temps, Alien, lui, fait des trucs intéressants, comme par exemple jouer du piano en bord de plage (si) en chantant du Britney Spears (si, si) pendant que Blonde 1, 2 et 3 font la ronde en jouant avec des fusils à pompe d’une manière tellement naturelle que Francis Huster à côté aurait pu faire le ballet de Moscou. Le tout est bien évidemment filmé au ralenti pendant que la musique sature et que divers plans coupent le tout et qu’alors que ça n’a toujours plus aucun rapport, une voix off murmure "Spring Break…"

Un soir, donc, les folles aventures s’arrêtent un peu brutalement lorsque Miko vient croiser nos larrons dans sa propre voiture et leur explique que bon, ça suffit les conneries. Il demande donc à son assistante de vider un chargeur d’UZI sur la voiture d’Alien, et si aucun des occupants n’est tué dans l’affaire, Blonde 1 se mange un pruneau dans le bras, l’occasion de recaser une séquence-philo que je vous passe encore une fois, puisque sinon je vais devoir tabasser quelqu’un à coups de clavier pour oublier la douleur dans mes doigts meurtris à chaque fois que j’évoque pareille nullité.

Alien, après avoir sans raison décidé de glander sur un trottoir avec Blonde 1 se vidant de son sang à côté de lui, décide finalement de retirer la balle et de désinfecter le tout au bourbon. La conclusion de Blonde 1 est qu’il est temps pour elle aussi de se barrer du film, par exemple en retournant chez elle. Ses amies la retiennent un peu en lui disant que ça va, rho, c’est juste une balle, c’était strictement amical, mais non : elle prend aussi un bus et rentre chez elle.

Nouveau plan relou durant lequel, cette fois, c’est James Franco qui rappe minablement un truc à base de jeunes filles perdues qui veulent s’échapper de leur cage, parce que c’est de la philo rebelle, tu vois t’as vu. Carpe Diem. Ça veut dire "mange du poisson"  tu vois ? C’est de Schubert, c’est pour ça que c’est en romain, si si la famille.

Toujours est-il que malgré la désertion d’un deuxième élément, Alien décide qu’il ne faut pas se laisser abattre à bien des sens du terme. Après une scène gratuite centrée sur un plan à trois (mais soft, c’est pour des jeunes rebelles) dans une piscine digne des plus grands moments de Loft Story, notre rasta Jean-Edouard décide donc de lancer une opération vengeresse sur Monsieur Miko.

Vous pensez que j’exagère sur le cadrage ? Hooo, la belle main de l’assistante tenant un parapluie dans le champ pour gérer la lumière !

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Musique saturée quelconque, ralenti constant

Blonde 1 prend le bus. Sur une plage, on danse dans l’eau. Alien est dans sa piscine. Des jeunes boivent. Blonde 2 et 3 jouent avec des flingues. Un crapaud s’accouple avec un caillou. Les filles se roulent sur le lit d’Alien au milieu de ses armes. Un pont au loin est illuminé.

Une voix répète "Tu vas le faire ?" environ 2783 fois alors que la séquence ne s’arrête pas.

Etc.

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Notre petite troupe décide donc de prendre un bateau pour aller cartonner le vilain Miko, qui semble-t-il, dispose d’une villa en bord de mer. Notre trio, vêtu de vêtements fluo (bin oui) et d’aucune protection s’arrête donc sur le quai local puis, alors que l’on entend en voix off les filles qui appellent leurs parents pour dire que "Spring Break les a révélées", à savoir qu’elles ne veulent plus étudier l’Histoire mais devenir gansta-puputes (une carrière vaguement différente, on peut comprendre la confusion). Sur le quai, une fusillade éclate donc durant laquelle Alien est bien vite tué, alors que les filles, elles tuent les 30 gardes locaux sans être touchées une seule fois, quand bien même les hommes expérimentés les visent à 1 mètre avec des armes automatiques et ont le bon goût de jouer mal au point de bien tirer dans leur direction exacte pour bien montrer à quel point le film est mal pensé. Les filles tuent donc tout le monde puisqu’à chaque fois qu’elles tirent une balle, il y a trois morts, et finalement, rentrent dans la ville de Monsieur Miko, qui malgré la fusillade, n’a rien entendu et n’est pas sorti de son bain (d’ailleurs, certains gardes n’ont eux-même pas réagi à la fusillade quand bien même ils étaient à deux mètres, tout est raté c’est formidable).

Le pauvre Miko n’a pas le temps de faire grand chose qu’il est abattu par Blonde 2 et 3, qui donc, uniques survivantes de l’affaire, vont prendre la grosse Ferrari orange pétard du Monsieur et quittent les lieux, cheveux au vent, alors qu’une voix répète :

"Spring Break… pour toujours !"

Et… c’est tout. Oui : FIN !

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"Mon Dieu, c’est abominable ! Mais je ne comprends pas, vous aviez dit que votre structure n’accueillait que des adolescents plein d’hormones et de mauvais goût, et Harmony Korine a tout de même 40 ans !
- Vous voulez que l’on re-regarde le film et ses passages à base de seins, de fesses, de filles qui se lesbichent sur fond de Skrillex et de philo caca pour vous convaincre que c’est juste un ado barbu ou ça va aller ?
- Je… ça va aller.
- Je crois aussi."

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Il y eut un blanc dans la salle, alors que les présents se remettaient difficilement de l’indicible horreur qu’ils venaient de voir, puis quelqu’un reprit timidement.

"Bon d’accord, mais alors pour l’an prochain, qu’est-ce que vous prévoyez ?
- Même formule. Un truc qui permette d’écouler n’importe quelle bouse au prétexte de vernis culturel et où les experts du genre préfèrent parler de révolution avant-gardiste plutôt que de reconnaître que l’on se moque d’eux.
- C’est-à-dire ?"

Je pris une dernière bouffé de cigare avant de sourire à l’assemblée.

"Quoi d’autre que l’art contemporain ?"

Bon.

Comme je vous sens turbulents, je crois qu’il est temps de détendre l’atmosphère avec des cartes à jouer. Comme vous le savez, dans un bon débat – comme il a pu y en avoir pas loin d’ici il y a peu – il est aisé de se tirer d’un mauvais pas en utilisant le bon mot au bon moment. En effet, il existe principalement deux manières de débattre : celle consistant à argumenter avec son adversaire, l’occasion de devoir renforcer son argumentation tout en, pourquoi pas, apprenant un ou deux trucs et essayer de convaincre son auditoire, et la technique dite de l’indignation (puisqu’il en était sujet), permettant de se draper dans sa cape l’air outragé en expliquant qu’il ne saurait être question de répondre à un argument, et d’expliquer en quoi il est faux des fois que ça puisse convaincre quelqu’un (fous que vous êtes), en arguant du fait qu’il est rac/mach/droitdelhomm/cycl/paternal (biffez les mentions inutiles) – iste, et que donc, je ne mange pas de ce pain là mon petit Monsieur, le problème de ton argument, c’est toi !

Aussi vous propose-je tout simplement, loin d’un article, cette humble carte issue d’un célèbre jeu où la magie côtoie le pognon que vous pourrez suggérer à vos amis lorsqu’ils utilisent l’argument du néant, par exemple en les invitant à la découper sur leur écran, ou en cas de discussion direct, en leur agrafant sur la joue (vous êtes de gros taquins quand même).

Débat magique

Attention tout de même : si vos amis ont la référence au bas de la carte, vous n’êtes pas obligé de leur péter la gueule tout de suite. Tout comme s’ils ont utilisé des mots en -iste hors-catégorie, comme jeu de piste, moine trappiste ou copiste (sauf en référence à Jean-François, auquel cas c’est mot compte double).

Sur ce, je retourne tirer aléatoirement le gagnant du cigare et répondre aux demandes en mariage. C’est dur, la vie de blogueur.

La foi en l’humanité est une chose qui se perd facilement.

Evidemment, je dis cela pour ceux qui ne l’auraient pas perdue il y a bien longtemps ; si vous aviez besoin d’idées pour ce faire, il existe des méthodes simples : passer une demi-heure sur Youtube à regarder des gens se filmer eux-même, lire la presse un lendemain de débat important à l’assemblée pour s’apercevoir que visiblement, il n’y avait pas que sur les bancs des députés que ça pionçait, ou plus simplement, consulter Allociné.

Ne parlons pas des commentaires, qui semblent être une annexe des skyblogs, non : parlons de quelque chose de bien plus odieux, à savoir les films les plus attendus en France. Et là, attention : les plus courageux peuvent cliquer ici

Pour les autres, je me permets quand même de faire la liste du top 10 des films les plus attendus :

  1. Promised Land – De Gus Van Sant avec du vent dedans, comme il se doit
  2. Sublimes créatures – "Vous avez aimé Twilight…" attendez, c’est vraiment un argumentaire pour vendre ?
  3. L’écume des jours - Ça faisait longtemps qu’on avait pas vu une adaptation, non ?
  4. Oblivion – Tom Cruise dans le futur avec un fusil
  5. Spring breakers – Des filles en petites tenues et des gros flingues. Curieusement, aucune d’entre elles n’est un gros boudin.
  6. Hunger Games : l’embrasement – La suite du premier volume déjà nul et incohérent jusqu’à la moelle.
  7. Warm Bodies – Ho ça alors ! Un film avec des zombies ! En même temps, vu qu’on annonce en moyenne 5 projets par jour sur ce thème, faut-il s’étonner ?
  8. Jappeloup – Un film sur un gentil cheval en qui personne ne croit qui va se révéler super cool, contrairement au film je suppose.
  9. Hansel & Gretel : Witch Hunters – La suite de Cendrillon contre les nazis
  10. Boule & Bill – Franck Dubosc. Vous voulez un autre argument ou ça ira ?

Et ça, ce n’est que pour les prochains mois ! Ah, comme je rêve déjà…

Du coup, aujourd’hui, arrêtons-nous un peu pour essayer de comprendre comment des gens peuvent tomber si bas. C’est pourquoi je vous propose un simple test qui vous permettra de déterminer s’il est grand temps d’aller vous passer les yeux à la ponceuse pour arrêter d’encourager ce type de productions, car c’est bien là le pire : ces films sont des films que les gens ATTENDENT.

Seigneur.

Alors attention, concentrez-vous et soyez sérieux ; il est temps de sonder votre âme afin de déterminer l’abominable vérité :

Quel spectateur êtes-vous ?

Bien essayé les amis, mais même en costard, les lunettes 3D donnent toujours l’air très con

1 – Ce soir, vous avez du temps libre. Vous pourriez participer à la recherche contre le cancer grâce à votre intelligence supérieure de lecteur de ce blog, mais là, vous avez la flemme :  vous iriez bien au cinéma. Certes, mais pour cela, il va vous falloir déterminer quel film aller voir. Comment procédez-vous ?

A – Vous allez jeter un oeil à quelques synopsis et bandes-annonces tout en tentant de calmer vos sourcils qui, mus d’une vie propre, s’agitent frénétiquement. Malgré tout, vous arrêtez votre choix en fonction de vos propres critères.

B – Vous savez déjà ce que vous allez voir depuis longtemps. Vous guettez ce film depuis si longtemps… vous avez réservé votre soirée 3 mois à l’avance et l’impatience est telle à quelques heures de la séance que vous vous roulez par terre frénétiquement tant et si bien que des passants viennent vous gratter le ventre.

C – Vous constatez que l’un de vos livres préférés vient d’être adapté à l’écran : il serait criminel de ne pas aller voir ce que donne la chose au cinéma, ni une, ni deux, vous arrêtez votre choix !

D – Vous regardez les affiches en vous retournant pour s’assurer que personne ne vous observe. Si cela arrive, vous jetez une capsule de phosphore à vos pieds et disparaissez dans un nuage irritant.

E – Vous lisez Télérama.

2 – Soit ! Votre choix est arrêté. Mais pour l’occasion, pourquoi ne pas inviter quelque à vous accompagner ? Allez, il est temps d’appeler du renfort… mais qui ?

A – Une personne de votre entourage partageant à peu près vos goûts. C’est généralement la même qui vous accompagne à chaque fois.

B – Lorsque vous avez appelé votre meilleure amie, elle s’est mise à crier très fort. Vous aussi. Elle aussi. Vous aussi. Elle aussi. Vous aussi. Votre forfait bloqué a lâché, ainsi que les tympans de tous les petits animaux du quartier, pulvérisés par les ultrasons. Boubouble, le gentil hamster qui courait dans sa roue à quelques kilomètres de là, meurt donc d’une hémorragie des oreilles

C – Vous faites le tour de vos contacts afin de trouver quelqu’un qui soit à la fois disponible et qui n’aurait pas lu le livre. Vous prétextez que vous vous l’emmener pour qu’il découvre ce chef d’oeuvre, mais en fait, c’est juste pour avoir quelqu’un à qui raconter en boucle que vous avez lu le livre parce que vous êtes un érudit, hohoho.

D – Vous faites semblant de proposer à un ami en lui disant que c’est au cas où, hein, que vous dites ça comme ça… il vous répond avec le même désintérêt qu’il n’a rien de mieux à faire, mais arrive quand même avant vous au cinéma.

E – Daniel McMullgican, du blog "Iranian movies & Cheese cakes"

3 – Au moment d’acheter vos tickets, Madame la vendeuse vous signale qu’il est possible de visionner votre film de plusieurs manières… diable, quel choix faire ?

A – Lorsqu’elle vous propose de voir le film en 3D pour un supplément de un euro, vous l’instruisez sur les insultes les plus usitées au XVIIe siècle. Alors que vous n’en étiez qu’au verbe compisser, elle vous donne vos tickets et arrête d’insister. Merci ma bonne dame.

B – De la 3D ? Bon sang, votre vessie va imploser sous l’excitation du moment ! Vous jetez quelques pièces à la bougresse pourvu qu’elle vous donne de grosses lunettes moches afin de voir le seul truc véritablement en 3D de la séance : la pub Haribo !

C – Vous exigez la VO. Non parce qu’en VF, vous avez lu que le scénar était à chier, la VO devrait probablement changer tout cela.

D – Tant que l’on vous autorise à porter une fausse moustache pour aller voir ce film, vous êtes d’accord.

E – En avant première en VO non sous-titrée en présence du réalisateur, Slobodan Gorbisevich qui parlera ensuite de pourquoi il a choisi de faire son film sur les ouvrières des usines de brosse à dents d’ex-Yougoslavie.

4 – Peu avant d’entrer dans la salle, on vous propose de vous fournir en denrées pour vous aider à tenir tout du long de la séance. Qu’achetez-vous ?

A – Rien.

B – Du pop-corn et des bonbons qui font "scccrrrhchchhchchh" que vous ouvrirez super lentement en pensant que personne ne vous entend.

C – De quoi boire : vous avez prévu de parler durant la séance

D – Du sopalin. Madame la marchande est très étonnée.

E – Vous avez emmené vos gougères aux asperges bio.

5 – Coup de chance, vous arrivez parmi les premiers : vous pouvez donc choisir votre place ! Laquelle est la plus confortable ?

A – Au milieu, parce qu’au milieu, c’est mieux

B – Au premier rang pour avoir l’impression de toucher les acteurs. Bon, sauf si c’est un film avec Gérard Depardieu, auquel cas même au dernier rang, vous avez l’impression qu’il vous touche.

C – Qu’importe.

D – Sur les côtés pour ne pas vous faire gauler.

E – Tout au fond, pour pouvoir garder votre chapeau et ne pas vous mêler au petit peuple.

6 – Fort bien, le film ne va pas tarder à commencer, enfin sitôt que les 15 minutes de publicités seront passées. Quel est votre premier réflexe ? 

A – Vous vérifiez avoir bien éteint votre téléphone histoire d’être tranquille.

B – Vous vérifiez que votre téléphone est bien allumé. Il sonnera, vous vous excuserez en le cherchant 45 secondes avant de le faire tomber et de répondre pour dire que vous êtes au cinéma, mais vous le laisserez en mode sonnerie malgré tout, reprovoquant la même scène 10 minutes plus tard (attention, cette scène peut aussi arriver en réunion).

C – Vous tentez de faire du teasing à votre camarade de visionnage en lui disant qu’il y a des choses qui vont le surprendre, et le spoilez donc comme un gros busard en voulant lui donner un indice. Bon bin heu… désolé mec. Mais le livre est super bien, je te l’ai dit ?

D – Vous mettez votre téléphone en mode vidéo et vous pouffez intérieurement lorsque l’on vous rappelle à l’écran qu’il est interdit de filmer le film. De toute manière, au vu de l’intrigue, c’est à se demander pourquoi quelqu’un n’a pas dit la même chose au réalisateur

E – Vous prenez en photo votre gougère aux asperges via Instagram

"Continue de m’appeler Simone, ça ne fait que trois fois que mon téléphone sonne et ils ne m’ont toujours pas pété la gueule, on va les pousser à bout."

7 – Le film a commencé, et diverses idées traversent votre esprit malade : parlez-vous durant la séance ?

A – Non, mais vous mimez super bien le type qui se pend.

B – Vous ne pouvez pas parler ET glousser en même temps, allons !

C – Oui, en vous tournant vers votre voisin à chaque fois qu’une scène n’est pas conforme au livre pour lui signaler. Vous sentez une mystérieuse aura de haine vous entourer peu à peu.

D – Vous respirez un peu fort, mais ça va.

E – Vous essayez d’avoir l’air le plus bouleversé possible à chaque fois qu’une femme aux traits burinés par le temps, la tristesse et l’alcool, produit à la main une brosse à dent en y mettant un savoir-faire connu de nul autre, déversant sa misère et son expérience dans ce produit du quotidien méprisé par l’occident, allégorie du mépris porté par ces mêmes consommateurs ignorants envers ces femmes qui survivent difficilement. Vous le tweetez sur votre iPhone.

8 – Vous remarquez que ce film contient un élément qui revient dans la plupart des films que vous regardez. Lequel ?

A – Du caca.

B – Des gens qui se mettent torse nu pour un oui, un  non, un peut-être, un éventuellement voire pour un ça dépend

C – Romain Duris qui joue un séducteur un peu maladroit qui remet sa vie en question après avoir rencontré Audrey Tautou,

D – Une scène que vous appréciez secrètement en tentant de rester stoïque à côté de votre voisin pour ne pas avouer votre mauvais goût. Mais bon : comme il fait pareil à côté de vous, ça va.

E – Des plans de trois plombes sur un paysage quelconque

9 – Bon par contre, il y a un truc que l’on ne retrouve jamais dans les films que vous allez voir… lequel ?

A – Un scénario (en même temps, quelle idée d’aller voir La Planète des Singes)

B – Des torses velus

C – Le contenu exact de l’oeuvre dont il est adapté

D – Un pull-over

E – Une scène d’action

10 – Soudain, dans l’obscurité de la salle, une voix résonne : quelqu’un parle devant vous !  Sacrebleu, que faire ?

A – Vous profitez du fait d’être derrière lui pour le stranguler : vous dissimulez son regard vide lorsqu’il rend son dernier souffle en renversant son pot de pop-corn XXL sur son crâne. Comme vous êtes taquin, vous dessinez un bonhomme sur le pot, ce qui trompera sa voisine jusqu’à la fin du film, tant l’auteur du propos était visiblement con comme un mort.

B – Vous lui répondez pour lui dire qu’il a tort, ce n’est pas Brian qui vient de mourir, c’est Bob ! Rah, il pourrait suivre un peu.

C – Vous vous mettez à chuchoter à votre voisin pour vous plaindre, persuadé que la rangée derrière-vous ne vous entend ou ne voit pas faire à la lueur de l’écran.

D – Vous faites "chhhhht !" puis faites semblant que ce n’est pas vous quand le coupable se retourne

E – Haaaan ! C’est Slobodan Gorbisevich !

11 – La fin du film arrive. Alors, c’était comment ?

A – C’était une sombre merde. Au fond de vous, vous n’êtes pas étonné. Qu’alliez-vous faire dans cette galère ?

B – Haaaan c’était génial ! Génial ! Vous attendez la fin du générique pour voir s’il n’y aurait pas une petite séquence supplémentaire annonçant une suite, et vous hurlez comme un gros putois lorsque cela arrive. Votre slip, lui, a rendu les armes il y a longtemps.

C – Vous êtes scandalisés, évoquant chaque passage où l’oeuvre n’a pas été respectée. Lorsque votre voisin explique qu’il a trouvé ça très moyen, vous lui expliquez que ça ne l’est pas si on lit le livre. Il vous demande pourquoi vous l’avez emmené voir le film alors ? Vous vous demandez aussi.

D – Ho bin… non mais… heu… bon, bref : vous avez un peu apprécié quand même, mais vous n’osez pas le dire. Vous n’assumez pas.

E – C’était incroyable. Vous utilisez des termes comme "généreux" pour en parler.

12 – Maintenant que la séance est terminée, il est temps de rentrer chez vous : tout le monde dehors ! 

A – Tout le long du trajet, vous recensez le nombre de passages à chier qui constituaient le film. Le temps d’arriver à votre domicile, vous avez réalisé qu’en fait, tout le film était à chier. Vous êtes plein de désarroi.

B – Vous gloussez, vous vous roulez par terre et refaites 17 fois les scènes que vous avez préférées. Le voisinage étant endormi à cette heure, chacun prie pour que l’on vous tire un coup de gros sel dans le museau pour qu’au moins, vous couiniez pour quelque chose. Hélas pour la sérénité nocturne, cela n’arrive pas.

C – Vous expliquez à votre comparse à quel point dans le livre, c’était vachement mieux. Il se tire une balle dans la bouche à mi-chemin. Vous expliquez à son cadavre chaud que dans le livre, quand il y a un suicide, c’est vachement plus dramatique.

D – Vous vous séparez de votre compagnon d’aventure sans piper mot, à l’exception de quelques formules de politesses.

E – Vous restez à la conférence suivant le film, twittant tout du long comme quoi vous êtes à une conférence, c’est fou. Lorsque celle-ci se termine, vous constatez que vous n’avez rien écouté, à l’exception d’une phrase que vous avez twittée en anglais pour dire qu’elle résumait parfaitement votre opinion, même si vous n’êtes pas sûr-sûr de savoir sur quoi elle portait. Ce n’est pas grave : on vous a retweeté.

13 – Vous voilà enfin seul, chez vous, libéré de tout cela… 

A – Vous pleurez longuement en vous demandant pourquoi vous avez fait ça. Vous avez l’impression que l’on a souillé votre âme, génocidé vos neurones, et endommagé votre vue. Vous vous sentez coupable : certes, c’était nul, mais pourquoi être allé le voir ? Pourquoi ?

B – Vous allez sur internet commander tous les posters du film, puis vous commencez à écrire une fanfiction dans laquelle vous créez un personnage qui vous ressemble en tous points, et qui sauve Bob d’une mort certaine avant de vivre une romance avec icelui.

C – Vous faites "pfff" très mort en secouant la tête tout seul. Si vous vivez avec quelqu’un, vous vous débrouillez pour mettre le sujet sur la table pour vous plaindre à nouveau.

D – Vous vous enfermez à double tour. Vous auriez bien besoin d’une douche.

E – Vous allez voir si on a répondu à vos tweets, puis vous uploadez toutes les photos que vous n’avez pas eu le temps de partager en leur donnant à chacune un titre en anglais supposé sonner poète, mais sonnant juste crypto-prout pour le reste du monde.

Jeu : propose à tes amis d’écrire une fanfiction après avoir vu "La Chute"

14 – Si vous aviez un site sur lequel donner votre avis ?

A – Ce blog, parce que vous avez du goût

B – Un forum de fans : vous êtes d’ailleurs très fière de votre signature qui clignote. Vous enchaînez les tests pour savoir quel personnage du film vous êtes, c’est tellement lolilol. Vous filez ensuite mettre 5 étoiles sur Allocine avant de laisser un commentaire hystérique et complètement objectif, bien évidemment.

C – Vous en discutez brièvement sur Doctissimo. Alors que cela n’avait strictemenr rien à voir, on vous annonce que vous devez avoir un cancer ou être enceinte, voire les deux. Vous êtes bien étonné. De dépit, vous allez demander sur Yahoo Answers ce que les gens pensent du film, mais au bout d’un commentaire, le sujet dérive. Vous finissez au bout de 10 minutes avec un message "la communauté a estimé ce commentaire comme étant le plus pertinent" indiquant un commentaire critiquant l’animation das Naruto. Vous décidez qu’internet, c’est quand même de la merde.

D – Vous récupérez les meilleurs moments que vous avez capturés discrètement durant la séance, fier de votre forfait, en faites des gifs, et bombardez les forums du vaste internet avec. Vous êtes bannis des deux tiers d’entre eux et vous vengez en créant des nouveaux comptes et postant plein de gifs qui clignotent pour provoquer les modérateurs. Ahaha, ils seront bien embêtés !

E – Votre blog de photographe Lifestyle.

15 – Comment choisirez-vous votre prochain film ?

A – Vous referez exactement la même erreur

B – Vous referez exactement le même excellent choix

C – Vous guettez déjà la prochaine adaptation d’oeuvre de votre bibliothèque

D – Vous avez honte, mais vous savez que vous recommencerez

E – Vous avez carrément un abonnement à Télérama. Brrrr.

Bien, vous avez terminé ? Alors comptez vos points les enfants, car voici venir l’heure des résultats.

Vous avez un maximum de :

A – Celui qui sait très bien, mais qui y va quand même

Vous avez parfaitement conscience du fait que ce que vous allez voir est mauvais. Personne n’est vraiment sûr de savoir si vous êtes simplement inconscient ou si vous avez vraiment un goût malsain pour la daube, mais toujours est-il que l’on finit toujours par vous surprendre en train de sortir d’un quelconque film à base d’invasion extra-terrestre. Au fond de vous, vous avez le secret espoir d’un jour, être agréablement surpris, mais même en partant avec les pires préjugés, les réalisateurs arrivent toujours à faire plus mauvais que ce que vous aviez prévu. Si votre âme immortelle rejoint un jour les enfers, nul doute que vous trouverez le diable peu créatif en matière de souffrances psychologiques comparé à J.J Abrams.

Votre prochain film ? Oblivion.

B – Celui qui a subi une grosse trépanation 

"Con comme une porte" est probablement l’expression qui vous définit le mieux, même si les portes peuvent parfois arrêter les déferlantes de caca. Dans votre cas, vous êtes plus proche du tourniquet ou du moulin fécal : plus il y en a, mieux vous tournez. Et faites tourner, ce qui est encore plus beau, car votre notion de partage s’approche plutôt de celle de contamination. Si un jour on réouvre les léproseries, nul doute que l’on vous y collera pour préserver les innocents. Il est fort probable que vous notez les films et les commentiez sur différents sites, n’allant jamais dans la demi-mesure et portant aux nues la moindre bouse pourvu qu’il y ait votre acteur préféré dedans. Parfois, vous vous surprenez à nettoyer votre corps avec votre propre langue, et vous demandez si vous ne seriez pas juste un labrador métamorphosé en humain par un quelconque phénomène kafkaïen.

Enfin, non, puisque vous pensez que Kafka est une marque de café en poudre.

Votre prochain film ? Sublimes Créatures.

C – Celui qui va t’expliquer qu’en fait, le livre était mieux 

Personne ne sait pourquoi vous allez au cinéma, et surtout, personne ne veut y aller avec vous. Non pas que vous vous plaigniez, non, mais vous semblez ne toujours pas avoir compris qu’un film et un livre étaient deux choses différentes, et que défendre l’un en invoquant l’autre revenait à expliquer que tiens c’est marrant, la comédie musicale "1789, les amants de la Bastille" ne semblait pas respecter l’Histoire. Il n’y a pas à dire, vous êtes diablement perspicace. Vous n’avez pas aimé le film de votre livre préféré, mais le défendrez jusqu’à la mort en expliquant que si on lit le livre, c’est mieux.

Vous continuez cependant de vous persuader que le prochain film tiré d’une oeuvre que vous irez voir sera fidèle à l’original, et repartez invariablement en bougonnant.

Vos amis complotent pour vous tuer, sachez-le.

Votre prochain film ? L’écume des jours (avec, ça alors ! Romain Duris et Audrey Tautou !)

D – Celui qui nie en bloc à chaque fois qu’il revient du cinéma

Vous n’assumez pas, mais alors pas du tout ce que vous allez voir. Tout comme le jeune malandrin qui maîtrise le nom de chaque actrice porno avant d’expliquer que hohoho, mais hem, héhé, non allons, il ne les connait que parce qu’il les… les a vues sur la couverture chez le marchand de journaux, vous expliquez que si vous avez vu la dernière daube, c’est la faute à votre pote qui vous a emmené contre votre gré parce qu’il ne voulait pas y aller seul. Pote qui raconte exactement la même histoire de son côté, et n’arrive pas à assumer, tout comme vous, qu’il est secrètement heureux de regarder des films absolument nuls puisqu’en fait, il les trouve bien. Vous planquez vos DVD de Fast & Furious avec les photos prouvant que papy avait fait la guerre habillé en Hugo Boss, et brûlerez votre demeure plutôt que d’avouer.

Votre prochain film ? Spring Breakers. Attention à bien suivre, ça a l’air compliqué et original à la fois.

E – Vous êtes un putain de hipster

Attention, regardez bien au-dessous de vous : ho, ça alors ! Du tissu à carreaux ! Ah, je sais, c’était facile, mais il n’empêche : c’est vous qui êtes dedans, ne me le reprochez pas. Vous êtes la lie de cette société, une créature mi-humaine mi-vintage qui ne survit qu’en se nourrissant d’un élitisme culturel autoproclamé. Vous n’avez aucune idée de pourquoi vous faites ce que vous faites, mais vous savez que vous devez le faire au risque de perdre votre identité qui ne se définit que par le rejet de ce qui constitue celle des autres. Paradoxalement plus prévisible qu’un film de Nicolas Cage, vous avez une passion pour les films chiants et les expositions d’art contemporain, car vous vous roulez dans ce vernis intellectuel en espérant vous en enduire pour mieux briller.

Votre prochain film ? Boule et Bill, parce que vous ne méritez pas mieux, rejetons de Satan

Enfin, et pire que tout : si vous aimez tout simplement les bons films, je n’aurais que deux questions à vous poser :

La première, c’est que faites-vous sur ce blog ?

La seconde, c’est que faites-vous encore sur cette planète ?

Un peu de cohérence, nom d’une pipe.

En cette période de nouvelle année, où résolutions et espoirs se mêlent, les questions amoureuses vont bon train.

Entre ceux qui viennent de se réinscrire à la salle de sport pour se faire un corps de rêve et tenter de faire choir l’autre sexe, quand bien même ils n’iront que trois semaines, et ceux qui froncent les sourcils très fort en se disant que cette année, ça ne rigole plus, ils vont trouver quelqu’un et rester avec jusqu’au moment où leurs cheveux s’en iront et leurs couches reviendront, il y en a pour tous les goûts.

Aussi, il parait pertinent, sur ce site, de traiter de la question ; mais attention, malheureux, pas en vous proposant un article avec quelques conseils de séduction comme on peut en trouver sur pléthore de coins du web, non ! Il s’agit d’aller chez artdeséduire.com, qui est d’un tout autre calibre que le repaire à love-coach (…) moyen. Alors évidemment, j’en entends déjà me dire "Ah oui, et en quoi est-ce différent, hein ? Ça ne prend pas avec moi, que croyez-vous !" ; mais à ceux-ci, les malandrins, que répondre si ce n’est la chose suivante : là où l’amour est habituellement représenté par Cupidon, angelot voletant, décochant habilement ses flèches pour faire fleurir dans le coeur de chacun la graine de l’amour, artdeséduire.com est plutôt du genre militaire aviné équipé d’un fusil-substitut-pénien dont l’objectif est, à défaut de faire fleurir les graines de l’amour, tenter de mettre une cartouche à tout ce qui passe.

Ma métaphore militaire vous parait grossière et exagérée ?

Las, malheureux, dans ce cas, je vous propose que nous regardions ensemble l’article suivant intitulé, je cite

"Comment Draguer comme un Sniper et toucher sa Target à chaque fois"

Je n’invente pas, vous pouvez le lire en cliquant ici. Mais, commençons plutôt !

Enfin une tenue qui fera craquer les hippies.

Car si le titre vous intrigue, sachez qu’artdeséduire.com se présente comme "le plus grand site francophone sur la séduction", ce qui laisse rêver lorsque l’on constate qu’aucun nom dans le titre de l’article n’est en français. Mais comme le disait Molière "Si le français est la langue de l’amour, l’anglais est plutôt celui de la drague relou et des DJs" (les deux étant souvent associés). De toute manière, artdeséduire.com reste avant tout un site sans prétention puisqu’il propose à ses lecteurs de "faire de vous un homme meilleur, voire à faire renaître l’art perdu d’être un homme", rien que ça. Un "art perdu", donc, qu’heureusement les archéologues de ce beau site ont retrouvé sur un vieux site Aztèque, probablement entre une vieille recette de pizza à la bière et les règles officielles du concours de pets (on pourra me reprocher d’exagérer quelque peu et je le reconnais bien volontiers : les concours de pets, c’était plutôt les Mayas).

Mais assez digressé : entrons dans le vif du sujet.

Vous avez vu la Chute du Faucon Noir ? Ce film de guerre retrace le massacre qu’ont vécu les soldats de la Delta Force à Mogadiscio en Somalie en 1993.

Vous avez vu cette phrase ? Bon, et bien sachez qu’elle n’aura aucun rapport avec le reste de l’article. Et vous pourrez bien le lire en entier, vous n’en trouverez pas. Sauf bien sûr si vous considérez que la femme, cet être curieux, est en fait un gros hélicoptère à abattre. Mais je ne suis pas sûr que commencer une conversation par "J’aime beaucoup tes rotors" soit le top du top pour faire flancher la bête, passons.

Le livre qui inspire cet article est la biographie de Howard Wasdin, Sniper : Navy seals, tireur d’elite dans les forces spéciales. J’ai failli pleurer tellement ce bouquin était prenant (NdOC : et moi cet article nul) et j’y ai trouvé tellement d’analogies avec la séduction que j’ai eu envie de partager ça avec vous.

Nul doute que cette lecture doit faire chavirer les coeurs mais passons : comprenez bien, Messieurs : il y a quantité d’analogies entre l’art difficile du tireur d’élite et celui de la séduction. Si vous arrivez à en trouver d’autres que "Il y a une cible qui va passer un mauvais quart d’heure et un type persuadé d’avoir le plus gros calibre de la région", je suis preneur, puisque là, comme ça, de prime abord, je suis dubitatif. Mais nul doute que l’auteur de l’article va tout nous expliquer.

Y compris l’art difficile de la séduction en fougère.

Les tireurs d’élite ne volent pas. Certains sont héliportés, mais la plupart d’entre eux assurent leurs missions au sol. 

Ce qui est une bonne nouvelle, tant peu de jeunes mâles peuvent se faire héliporter jusqu’à leur lieu de séduction. Le prix du baril, tout ça. Et puis honnêtement, poser son hélico entre deux Twingo n’est pas toujours simple même si, je le reconnais, ça a un certain panache. De toute manière, ramener une jeune fille en véhicule volant est une chose de manière générale assez rare, à part si vous êtes extrêmement riche – auquel cas vous êtes en Belgique – ou Fantomas – auquel cas vous vous contentez de ramener votre propre fille, ce qui prouve que vous n’avez pas compris le jeu.

Sur le field. J’ai été surpris d’apprendre qu’ils bougeaient par équipe de deux. Je pensais que les francs-tireurs avançaient seuls : pas du tout !

Oui, donc encore une fois, on ne dit pas "terrain" mais "field". Pourquoi ? Est-ce parce que "terrain" est trop compliqué à écrire ? Est-ce le même phénomène que celui qui rend les chansons en anglais cool alors que bon, souvent elles sont à peu près au niveau de Jean-Louis Aubert ? Est-ce juste particulièrement con ? Que de mystères.

Ah, non en fait.

En tout cas, voilà : on apprend que les tireurs d’élites n’agissent pas seuls : soit.

De la même manière, apprentis séducteurs ou séducteurs aguerris, le wingman doit être comme un frère pour vous. Il doit assurer vos arrières et couvrir votre retraite si nécessaire. C’est lui qui viendra s’opposer si un AMOG ou une Warpig tentaient de ruiner votre mission.

Et là, attention, nous entrons dans le vif du sujet : les anglicismes, comme pour les termes "techniques", c’est pour faire expert. Sauf que comme chacun sait, plus il y a de termes de ce genre dans un discours, plus c’est signe que celui-ci est foireux. Ainsi, donc, jeune mâle, il t’est recommandé d’avoir toujours à tes côtés un "Wingman", un ailier donc, un frère de sang pour toi, le sniper d’amour, qui n’hésitera pas à se jeter devant toi pour prendre à ta place une balle, un petit four ou plus prosaïquement, une "Warpig" dans le museau. Warpig étant le délicat terme technique servant à désigner une fille dont le physique serait relativement proche du style littéraire d’artdeséduire.com.

On sent tout de suite qu’avec une telle vision de la vie, il est sûr qu’il doit y en avoir, des demoiselles qui tombent devant une telle subtilité. D’ailleurs, je suis sûr que le coeur de certaines de mes lectrices bat déjà la chamade pour l’auteur derrière cette dissertation sur les snipers. Accrochez-vous les filles.

L’"AMOG", puisque je me suis renseigné tout de même, c’est le "Alpha Male Other Guy", soit dans un anglais approximatif (non parce que s’il faut l’utiliser ET le maîtriser, ah bin non alors !), à savoir cet autre type qui attire l’attention de celle que vous voudriez conquérir. Si on en croit artdesuire.com, donc, votre ailier peut donc se jeter sur lui en hurlant "LAISSE LA FILLE TRANQUILLE !" avant de passer avec lui par-dessus le balcon sur fond de Hans Zimmer pour vous laisser le champ libre.

Notez qu’à aucun moment, le site ne parlera du "essayer d’être intéressant" pour attirer l’attention de quelqu’un. C’est vrai, quoi, quelle drôle d’idée. Je vous passe d’ailleurs l’article où l’on explique qu’il ne faut pas parler de choses trop compliquées aux femmes.

Le sniper d’amour le sait : sitôt que l’on parle d’autre chose que de macarons ou de stars qui couchent entre elles à une femme, en général, elle implose.

"Je… tu peux y aller frère d’arme je… je l’ai écoutée parler 30mn de Grey’s Anatomy à ta place… tu en aurais fait autant pour moi… je le sais…"

Au niveau du langage, les snipers de la Navy ont aussi leur code secret qui leur permet de communiquer efficacement et en silence : un nombre de doigt levé, une couleur, des pseudonymes pour aller plus vite et coopérer entre unités. Les règles d’engagement sont communes.

Ainsi, même s’ils n’ont pas été formés tous ensemble, deux SEALS se comprendront toujours car ils utilisent le même code. Il en va de même en séduction, si vous avez besoin d’un wingman improvisé !

Application séduction : Un vrai dragueur formé aux LTR, ONS et autres acronymes et abréviations Artdeseduire saura communiquer facilement avec un autre PUA rencontré en soirée. Les mêmes codes, les mêmes modes de fonctionnement pour faciliter la communication.

Si vous n’étiez pas encore consterné, logiquement, là vous devriez être en plein dedans. On imagine en effet parfaitement des mâles en soirée communiquant entre eux par codes et signes.

"Hmmm attends Jojo, regarde, ya Thomas qui nous fait des signes. 
- Ah ouais attends… il y a… trois… bombes… dans… troglodyte
- Troglodyte, t’es sûr ?
- Nan attends, c’est quoi le signe où tu montres ta bouche ?
- Manger ? Ah nan attends, avec le majeur ?
- Ouais.
- Nan c’est "cuisine".
- Putain, okay team, on commence la procédure : vous sécurisez les accès à la cuisine pour qu’aucun AMOG ou WARPIG ne passe, moi je fais une recon, ensuite je vous dis si c’est des valuable target.
- Hein ?
- Nan je disais "Je vais voir si elles sont jolies".
- Haaan, ouais."

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Au même moment, dans la cuisine.

"Cyrielle, t’as vu les gars là-bas qui se font des signes ?
- Oui, ils ont l’air un peu cons. Je crois qu’ils jouent à la guerre.
- Aaah, c’est ça, je me demandais pourquoi ils se parlaient pas alors qu’ils sont à 5 mètres les uns des autres.
- Ouais. Ho, faites semblant de rien les filles, il y a un de ces trépanés qui vient par ici, essayons de ne pas le conchier trop fort, le pauvre, la vie ne l’a pas gâté."

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Sinon, pour les curieux, sachez que LTR c’est "Long Term Relationship"(relation à long terme, bravo), ONS "One-Night Stand" (table de nuit, d’ailleurs je me suis toujours demandé pourquoi dans les pays anglo-saxons, toutes ces étudiantes s’accrochaient à moi en réclamant des tables de nuit, curieux cette attirance pour le petit mobilier) et PUA "Pick-Up Artist" (voiture de beauf magicienne). Moui, c’est un peu confus.

Il manque quand même "SAC" pour "Site A Chier". D’où l’expression "Un gros SAC". Mais je m’égare.

Cependant, j’ai tendance à croire davantage à cette autre phrase de Wasdin : « Vous ne pouvez faire confiance qu’aux gens avec qui vous vous entraînez et avec qui vous combattez. ». Seuls vos potes proches seront de bons alliés en soirée. Les autres… qui sait ce qu’ils peuvent faire et dire dans votre dos ?

En soirée, c’est la guerre mon colonel. Ne faites confiance à personne à l’exception de votre frère de sang, celui qui a tout vécu à vos côté, de La Soirée Chez Max, dont vous avez encore des flashbacks la nuit impliquant beaucoup trop de gens faisant la chenille, à La Grosse Cuite du 10 septembre 2001, celle où vous aviez passé la nuit avec votre cousin de New-York à vous murger sur son lieu de travail. Vous n’aviez repris conscience qu’à 11h le lendemain, nu dans une tour de contrôle. Vous ne vous l’êtes jamais vraiment expliqué.

Marquage laser des cibles, repérage des environnements où auront lieu les missions de sauvetage : une grande partie de la réussite des opérations est liée à la capacité d’observation des snipers.

Grâce au porte-clé laser, habituellement utilisé par des gens utilisant des Powerpoints chiants (à défaut de warpig, faisons des truismes), vous pouvez désormais marquer vos cibles au laser à grand renfort de délicieuse tirade du type "J’vais m’faire la rouquine là-bas, hop" en faisant tournoyer le laser sur son front pour bien signifier à vos congénères couillons lecteurs d’artdeseduire.com qu’aucune concurrence ne sera tolérée.

Bien évidemment, évitez de le faire si la belle a un chat : c’est un coup à ce qu’elle se fasse lacérer le museau en direct.

Un groupe de lecteurs d’artdeséduire.com à l’écart du groupe durant un barbecue pour mieux marquer les donzelles au laser (au début, ils avaient voulu les marquer au fer rouge aidés du barbecue mais on leur a dit non, flûte)

De ce qu’ils retiendront visuellement dépendront les choix tactiques faits par le commandement. A eux d’estimer le nombre d’ennemis présents, à eux de voir les chemins habituellement empruntés par les forces ennemies.

"On va lui tendre une embuscade sur le chemin des toilettes".

Je crois que quelqu’un a beaucoup fantasmé sur un mauvais bouquin. Mais bon, comme c’est un site de mauvais conseils, ça se tient.

Quand ils rentrent de mission d’observation, les snipers doivent dessiner ce dont ils se souviennent sur des cahiers. Comme une sorte de débriefing. La mémoire est très importante pour eux : s’ils ne se souviennent de rien, ils ne sont d’aucune valeur pour leur pays.

Ce qui expliquerait bien des choses dans le corps enseignants, par exemple, lorsqu’inspectant le cahier de mathématiques d’un élève, ils trouvent des nichons griffonnés partout. Ce n’est pas sa faute : il dessine ce qu’il a observé (et tout ce qu’il a retenu). Ah, sniper, quel mission ingrate !

Application séduction : vous aussi, vous devez observer votre environnement pour en tirer parti. Où sont les toilettes en soirée ? Où sont assises ces filles ? Avec qui sont-elles venues ? Où sont les potentiels cockblocks ? Vous devez tout analyser et observer pour éviter les mauvaises surprises.

"Où sont les toilettes" : une mission digne d’un tireur d’élite. D’ailleurs, sans entrainement, les gens se font généralement dessus. Quant à repérer les filles : d’après mon livre "Escouade de reconnaissance : mémoire d’un scout de France", à ce qu’il parait qu’il est vachement plus difficile de draguer quelqu’un que vous n’avez pas repéré.

Exercice pratique : chez vous, essayez de draguer Pénélope Cruz. Si vous ne la repérez pas dans votre demeure, vous allez voir, vous allez trouver ça vachement plus difficile.

Sauf si vous avez appelé votre gerbille Pénélope Cruz, bien sûr, auquel cas la suite risque d’impliquer Brigitte Bardot. Et ça, personne n’en a envie. Hooo non.

Et la mémoire alors ? Votre mémoire est précieuse. Sur votre chemin vers la maîtrise des dynamiques sociales, vous allez devoir apprendre à retenir les prénoms des gens. Des filles que vous voulez séduire, parce que c’est dur de coucher avec une fille sans connaître son prénom, certes.

Mais aussi celui des mecs qui évoluent dans le cercle social de votre target. Si vous les ignorez trop, si vous ne reconnaissez pas leur présence, leur existence, ils deviendront alors de potentielles menaces. Retenez les prénoms des satellites qui gravitent autour de votre target !

Retenir les prénoms des gens ? Là encore : quel talent, artdeséduire.com.

Il est vrai que tenter de séduire une jeune fille en l’appelant Robert s’avère souvent plus compliqué qu’en utilisant le bon prénom. Quel puissant site de séduction. Mais attention ! Allons encore plus loin dans la daube !

Retenez également tout ce que vous disent les filles sur elles, ça peut toujours être utile quand vous reprenez une conversation avec une de vos targets. C’est surtout utile à tous les dragueurs qui ont de multiples targets simultanément, notamment sur les sites de rencontre en ligne !

Comment ? Retenir ce que les gens vous disent "ça peut toujours être utile quand vous reprenez une conversation" ?

Mais attendez les mecs, vous faites quoi d’habitude quand vous parlez à quelqu’un ? Vous êtes en état de mort cérébrale avec un peu de bave qui coule sur le côté ? Non parce qu’à ce qu’il parait que quand quelqu’un vous intéresse, vous avez des chances de vous y intéresser. M’enfin moi, je dis ça, hein, c’est du détail. J’ose penser qu’à partir du moment où le mec se dit "Hohoho, ce soir, j’ai grave une astuce pour passer pour un malin : je vais essayer de ne pas avoir un petit singe qui joue des timbales dans la tête pendant que l’on me parle", il est temps qu’il prenne ses responsabilités de sniper et aille se tirer une balle dans le bidou (pas dans la tête, puisqu’au vu de ce site, ça ne causerait visiblement pas de gros dégâts chez certains).

Quand un sniper a sa cible dans le viseur, l’abat-il ? Pas toujours. Il attend souvent des confirmations de la part de son commandement. Il peut préparer ce tir pendant des heures, et rater cette fenêtre de tir si on ne lui confirme pas l’ordre. Triste, tragique parfois. Cependant la leçon du sniper Wasdin est assez limpide : s’il rate le premier tir, il a parfois le droit à un second, mais jamais à un troisième. Rater la première occasion est presque toujours synonyme d’échec, très dur à rattraper.

Une cible qui entend un coup de feu se mettra à l’abri, cherchera la provenance et se doutera de quelque chose. Tout ce temps de préparation n’a pas le droit d’être gâché. Pour vous, snipers de l’amour, il en va de même ! La préparation de votre piège à filles peut prendre du temps, mais une fois que vous décidez de le refermer, allez-y franchement ! Ne faites pas dans la demi-mesure. Et surtout : interdiction d’hésiter !

Notez que le sniper de l’amour est si subtil dans son approche qu’il semble parler de chasse à l’éléphant. Avec ça, il est sûr de partir sur de bonnes bases.

Un sniper ne se pose pas la question de savoir si la personne qu’il va abattre est bonne ou mauvaise, si elle a des enfants ou pas. Il faut tirer. Il faut agir. (Si vous lisez le livre, vous verrez que Wasdin est loin d’être un bourrin, il se pose toutes ces questions).

Dit-il, juste avant de se réveiller aux côtés d’une mère de 8 enfants réclamant une pension.

Application séduction : C’est votre hésitation qui rendra votre target hésitante.

Certes, mais alors comment faire, ô, artdeséduire.com ?

Si vous enchaînez humour

Okay.

push-pull

Probablement une technique consistant à pousser puis tirer la cible en continu. Si vous le faites assez et qu’elle a bu du coca, elle peut se mettre à mousser : vous expliquez que c’est probablement la rage, et vous isolez avec elle sous prétexte de l’emmener à l’hôpital. Ah ouais, malin.

Enfin je crois que c’est ça, je m’y perds avec tous ces anglicismes.

kino légers 

Sûrement une technique de combat : c’est quand vous lui faites la prise de Monsieur Spock pour la rendre inconsciente.

et timebridge

Ça, c’est quand vous revenez dans le temps pour vous empêcher de lire des sites aussi pourris.

[...] vous ne devez pas hésiter pour le numclose et le kissclose ! Vos balles doivent être tirées et non rester dans la chambre!

Je ne sais pas ce que c’est mais en tout cas, je constate juste une certaine subtilité dans l’allégorie des couilles. Bravo Monsieur, mais vu vos techniques, je pense que vous dormez sur une armurerie.

Hé, ho, moi aussi je peux jouer : "Soirée Marc Dorcel, allégorie"

« Un certain nombre de mes camarades, ceux que je prenais pour des chevaux de course, étaient de vrais pleurnichards. Ils avaient probablement été à la première place durant la plus grande partie de leur vie. Maintenant qu’ils goûtaient à une épreuve façon BUD/S (son école hardcore), ils n’étaient pas capables d’y faire face. »

J’ai beaucoup aimé la philosophie de ce passage parce que je m’y suis identifié. Premier au lycée, puis dernier en prépa (ahah la claque, de grands moments). Meilleur en drague pendant mes études à Grenoble avec Eros, mais on ne valait pas grand-chose à Paris au début.

Il est vrai que ça ne doit pas être facile, tant chacun sait que la contrairement à la grenobloise, la parisienne a deux têtes et quatre bras (et, oui, les deux têtes font la gueule, voilà… alors… mon quota de préjugés… hop).

Ou alors, autre théorie : c’est juste que si à Grenoble vous les connaissiez déjà, il vous a fallu un peu de temps pour repérer les coins à ploucs à Paris les enfants. Il faut dire que ce n’est pas toujours simple : trouver la frange de la population qui trouve séduisant l’allégorie du sniper qui doit tirer ses cartouches (sic), ça demande pas mal d’efforts, ou au moins une place à un spectacle de Franck Dubosc.

Tout est une simple question d’échelle et d’exigences. Etes-vous assez exigeant envers vous-même ? Est-ce que vous avez tendance à vous contenter du peu que vous faites ? Vous contentez-vous d’être le meilleur parmi des types moyens ? Ou essayez-vous toujours de repousser les limites ? A la fin, Wasdin apprend qu’il n’est pas Dieu. Il apprend l’humilité à la dure, découpé par les balles (ce n’est pas un spoiler, je vous rassure, il l’annonce dès le début du bouquin). De la même manière, même si vous devenez le meilleur en séduction, vous serez rappelé à l’ordre. Vous ne pourrez pas accumuler les campagnes victorieuses sans vous faire d’ennemi ou d’ennemie. Les femmes ont la rancune tenace en amour… Et qui sait, un jour vous tomberez probablement sur une adversaire plus coriace qui comptera plus que vos frères d’armes !

En conclusion, je vous souhaite de goûter à l’hygiène de vie du sniper. Un livre vraiment intéressant, que je vous laisse découvrir !

Et bien, merci mon brave : grâce à vous, nombre de gens vont pouvoir se lancer dans des "campagnes victorieuses" : on se souvient tous de la célèbre "campagne du Macuma", de "l’offensive du parking de Lidl" du printemps 2011, ou encore la désormais "Bataille pour miss camping" de 2012.

Merci, artdeséduire.com. Vraiment, grâce à cet article, je suis sûr que quantité de lecteurs (satisfaits, au vu des commentaires du site, brrr) vont trouver l’amour après avoir passé des heures à attendre la bête déguisés en fougères. Et que quantité de lectrices sont d’ores et déjà en train de prier secrètement pour être dans la ligne de mire de pareils artistes.

Heureusement, chez artdeséduire.com, on sait comment bien terminer un article pour qu’il y ait lâchage de com’, avec une bien belle ouverture :

"Pouvez-vous nous conseiller des films ou des livres qui n’ont rien à voir avec la séduction, mais qui vous ont bien motivé pour le game (NdOC : le jeu de la séduction, tout ça, tu vois ?)?"

Okay, je commence :

Mein Kampf.

Voilà, c’est fini.

La saga Twilight au cinéma vient de s’achever avec la sortie de l’ultime volume, Révélation – 2ème partie, et nul doute que bien des jeunes gens pleurent déjà la fin de pareille épopée de qualité.  Je le ferais bien moi-même, mais toutes mes larmes ayant déjà servi durant la projection de ce film, et pas seulement à cause de l’intensité émotionnelle qui s’en dégageait, je vous propose de passer, petits impatients, directement à notre sujet pour souligner une dernière fois toute la magie de cette série.

Evidemment, pour ceux qui auraient raté le début :

- Le spoiler du premier volet est ici

- Le spoiler du second volet est

- Le spoiler du troisième volet est céans

- Le spoiler du quatrième volet – 1ère partie est deçà

Au passage, vous trouverez sur le lien ci-dessus menant à la 1ère partie un bref résumé des différents épisodes de la saga si vous n’avez pas envie de déguster des pages de spoilers. Cependant, et afin d’être raccord, permettez-moi de faire un bref rappel de ce que fut la partie 1, puisque le film dont nous allons traiter aujourd’hui commence directement à la suite

Twilight  4 – Révélation première partie :

Edward et Bella décident de se marier. Sans que l’on comprenne vraiment pourquoi, les vampires ne brillent plus au soleil une scène sur deux, cela permettant à nos tourtereaux de partir en lune de miel au Brésil sans se faire arrêter pour contrefaçon de boule à facettes. Sur place, copulation il y a et, pif pouf : Bella tombe enceinte. Elle rentre donc au pays, mais l’on constate que l’enfant dans ses entrailles se nourrit de sa force vitale. Après avoir passé deux plombes à se demander ce que pouvait bien manger un bébé vampire, et qui éviterait au marmot de continuer à boulotter sa mère de l’intérieur, c’est finalement le loup-garou du coin, Jacob, qui trouve : "du sang". Pendant que les spectateurs se suicident un par un d’une balle dans la bouche pour échapper à cette intrigue pourrie, Bella accouche, meurt un peu durant l’évènement, et Edward la vampirise donc.

Et nous nous en étions arrêtés là. Passons à la suite, voulez-vous (raah, mais si, bien sûr que vous voulez) ?

Alors spoilons, mes bons !

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L’affiche : lisez bien ce qui est écrit en haut de l’image concernant le "final épique", et quand vous aurez fini le spoiler, revenez voir cette affiche. On se retrouve au procès pour publicité mensongère.

Tout commence là où le précédent film se terminait, à savoir, alors que Bella, fraîchement vampirisée, ouvre ses nouveaux yeux rouges sur le monde qui l’entoure en revenant d’entre les morts.

La douce demoiselle est bien surprise car tout lui semble différent avec ses nouveaux sens de vampires, incroyablement plus développés que ceux des humains. Elle peut donc voir le détail d’une lettre mal imprimée sur un livre entrouvert à l’autre bout de la pièce, sentir l’odeur magique de la forêt entourant la maison des Cullen où elle vient de s’éveiller, entendre un sanglier se soulager dans les fourrés à deux kilomètres de là, bref, c’est super. L’occasion aussi pour elle de réaliser qu’en fait, depuis le début, Edward devait avoir le détail de chacun de ses problèmes de peau à chaque fois qu’il la regardait, mais bon.

D’ailleurs, en parlant de sens surdéveloppés, permettez que pour poser le décor, je vous parle brièvement des effets sonores et visuels, car c’est important pour l’ambiance.

  • Déjà, les effets spéciaux sont les mêmes que ceux des précédents films : le problème n’est pas qu’ils soient mauvais, le vrai souci est qu’ils sont ridicules
  • Comme dans le précédent volume, quelqu’un a oublié que ce film traitait de vampires (un détail), et nos héros peuvent donc se promener au soleil sans qu’il ne se passe quoi que ce soit. Ils sont censés "briller de manière surnaturelle au soleil", mais même sous un ciel bleu à midi, on constate qu’il n’en est rien. Combien de personnes sur le plateau pour oublier ce détail ? Non parce que c’en est un, pas vrai ? Hein ? Hé ? Ho.
  • Finis, les bruits de déglutition dans toutes les scènes ! L’équipe a dû virer le stagiaire qui trouvait rigolo de rajouter ça au milieu des dialogues. On pourrait penser qu’il y a du mieux, mais rassurez-vous : non. A la place, chaque mouvement, chaque geste du film est ponctué par un effet sonore issu des pires oeuvres de kung-fu des années 60. Bella pose sa main sur Edward ? "WOUSH !" ; elle manque de peu de faire mal à quelqu’un "PEUH !" ; et si jamais elle ouvre un livre ? "FROUSH".
  • Ensuite, la musique : c’est insupportable. Personnellement, je n’y prête que rarement attention, mais ici CHAQUE scène du film est ponctuée d’un vieux fond adapté au public, à savoir de préférence du piano et une chanteuse qui ne chante pas mais se contente de marmonner parce que ça fait torturé genre "Iwannalovehumgnunumngumyouforevergnumhumhuhum". On dirait un peu une chorale d’autistes, en fait. Ou Carla Bruni.

En tout cas, voilà, maintenant que vous êtes dans l’ambiance, poursuivons.

Car Edward, justement, est aux côtés de Bella qui s’éveille, heureux de voir sa sympathique épouse et mère de ses enfants revenir du royaume des morts sous la forme d’une immortelle. Bon, il est un peu déçu quand même parce qu’officiellement, la transformation en vampire est supposée transformer la victime en "créature désirable pour qu’elle attire plus aisément ses proies", mais là pour le coup, pas d’bol, c’est resté Kristen Stewart. Remarquez, ça se tient puisqu’il est prévu que ses proies soient des animaux. Mais ne commençons pas à digresser, sinon ça va être le bordel et ça, vous n’aimez pas, petits fascistes. Je vous connais.

Qu’importe : Bella, après avoir fait un gros câlin avec plein d’effets sonores mystérieux à son bel amant ("FROUSH WOUSH PEUH PEUH"), découvre que déjà, elle est super forte maintenant et ça c’est trop cool, hihihihi. Mais bon, hein, c’est pas tout ça de déconner : Edward, où est ma fille ? Où est Renesmée ? Va-t-elle bien ? A-t-elle survécu à son nom moisi ?

"Oui ma chérie, Renesmée va bien. Mais comme tu es une vampire maintenant, il va falloir que tu apprennes à dominer ta soif avant de la voir, sinon, tu risques d’en faire ton quatre heures. Alors, huhu, ce serait rigolo puisque techniquement ta fille te bouffait de l’intérieur quand elle en avait l’occasion, donc si tu la manges à ton tour, ce serait un peu le cycle de la vie et on pourrait tous chanter le thème du Roi Lion, mais bon, non. Viens avec moi Bella : je vais t’apprendre à chasser des animaux pour te nourrir."

Soit, dit Bella, avant de suivre son époux dans les bois voisins, utilisant leur nouvelle super-vitesse (insérez ici les effets spéciaux qui font pleurer de ridicule) pour galoper à folle allure. A noter que Bella part chasser en petite robe cintrée façon "Je vais en boîte" et Edward en chemise blanche et sans même un bavoir, parce que se barbouiller de sang, c’est tellement plus rigolo.

Au même moment, chez les Cullen.

"Ho non, les relous ! Ils sont encore partis chasser en tenue de soirée ! Mais quelle bande de cons !
- Du calme  Esmée, que se passe-t-il ?
- On voit bien que c’est pas toi qui t’occupe du linge, Carlisle ! Tu crois que ça me fait marrer de passer l’éternité à frotter des traces de sang pour récupérer des chemises blanches ? Et puis je te parle pas des traces de boudins dans les slips !
- Quelqu’un m’a appelé ?
- J’ai dit "Boudin dans les slips", Jacob, pas "Boudin en slip !"
- Auuuu temps pour moi."

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Revenons à nos héros : alors qu’ils gambadent joyeusement dans les bois, nos fameux loulous finissent par repérer une cible potentielle : une biche en train de brouter tranquillement. Le pauvre animal ne sait pas ce qui l’attend ! Car déjà, Bella  s’approche de la bête le plus discrètement possible, jusqu’à ce que… ses super sens détectent une autre cible plus alléchante non loin : un type est en train de faire de l’escalade au milieu des bois ! Hmmm, ce sang humain tout chaud… Bella a du mal à se contrôler, et abandonnant la pauvre biche, se met à foncer droit dans la direction de l’humain égaré pour aller en faire son goûter !

"Non !" lui dit Edward en lui courant après "Tu dois te contrôler : il ne faut pas manger des humains ! C’est plein de gras et de pesticides, c’est dégueulasse, on ne sait même pas où ça a traîné !"

Bella hésite au moins, pfou, quatre secondes et se contente de répondre "Ah oui, ok." et pouf, c’est bon, c’est fini, plus jamais elle n’aura envie de manger des gens. Edward glisse donc une remarque sur "l’incroyable self-control" de sa femme, qui pour ma part, me parait surtout être un truc complètement écrit avec les pieds. Je vous la refais juste par principe :

"HO MON DIEU JE SUIS COMPLETEMENT HORS DE CONTROLE
- Non ! Être hors de contrôle, c’est mal.
- Ah oui, tiens, hop, ayé, j’ai fini ma crise."

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Pas de doute, c’est fin nul : c’est bien un Twilight.

Du coup, Bella retourne du côté de sa première cible, la biche, mais comme tout ce film est beaucoup trop cucu pour que notre héroïne fasse la peau à un animal kikinou, c’est finalement un méchant puma qui passait par là (c’est incroyable le nombre de trucs dangereux qui rôdent dans cette forêt, et où, pourtant, toute la population locale semble aimer se promener – comme Bella dans les précédents films – pour un oui ou pour un non) qui se ramasse Bella dans la face. Pauvre bête, personne ne mérite un tel sort. A part, Edward bien sûr. Bref : après être instantanément morte de honte, la bête devient le premier repas vampirique de Bella.

Une fois repue, Bella insiste : maintenant, elle veut voir sa fille. Soit : les époux vampiriques retournent donc à la demeure Cullen, où bien évidemment, tous les vampires niais de la famille attendent. Je dis bien "niais" parce que je vous rappelle que dans Twilight, il n’y a que deux camps : les niais et les méchants. C’est facile : soit tous les gens adorent Bella, et font instantanément des tas de trucs niais comme passer son temps à lui préparer des surprises (ils n’ont rien d’autre dans la vie), soit ils n’aiment pas Bella, auquel cas, ce sont des méchants, car il faut être profondément maléfique pour ne pas la trouver géniale, évidemment.

Bon bin, j’ai trouvé mon camp.

"Ce sera notre petit secret ma petite Renesmée tu es d’accord ? Tu ne dois jamais dire à tes parents pour ce que l’on fait avec le scotch"

La famille de vampires niais s’écarte donc devant Bella, lâchant des "Bella, tu es splendide", "Bienvenue dans la famille !" ou encore "Edward, dis-moi : sur les vampires, ce sont les canines qui sont censées pousser, non ? Pas les incisives ? Tu es sûr que c’est bien toi qui l’a mordue, et non un cochon d’inde ?". Puis, ils révèlent enfin derrière eux Jacob aux côtés d’un immonde bébé en 3d qui a une tête donnant envie de le gifler avec un parpaing : Renesmée.

Evidemment, la maman fond instantanément devant le marmot, qui dispose en plus d’un incroyable pouvoir, comme tous les vampires : le sien, c’est qu’en touchant quelqu’un, elle peut partager des pensées ou des souvenirs. Bon, comme c’est encore un bébé, elle ne peut partager que des pensées comme "Miam", "Dodo" ou "Caca", mais c’est quand même déjà 50% de plus que son père, mine de rien. En tout cas, autre phénomène mystérieux : Renesmée est aussi grande qu’un bébé de 8-9 mois pour un enfant qui ne devrait avoir que quelques heures, tout cela semble donc fort peu banal. Il faudra donc étudier le phénomène, principalement pour savoir quelles fringues acheter pour la bête.

Seulement voilà, les choses étranges ne s’arrêtent pas là : de son côté, Jacob semble réagir curieusement autour de l’enfant. Il se montre très protecteur, trop peut-être, veut tout le temps le toucher… au point que Bella commence à trouver tout cela vaguement suspect. Et que tous les vampires de la maison ricanent, comme s’ils savaient quelque chose. La conversation finit donc par s’engager sur le sujet :

"Jacob ! Dis donc slip-man, c’est quoi le souci avec ma fille ?
- C’est que je… hem je… et bieeeen tu vois Bella, dans la vie, il arrive que les loups-garous comme moi heu…
- Pissent sur leur territoire ? 
- Moui. M’enfin non, là c’est pas exactement… enfin je…
- Jacob !
- Okay : je me suis imprégné de ta fille.
- Pardon ? 
- Tu sais, c’est comme cela que l’on dit chez les loups, parfois, papa loup invite maman loup au restaurant, puis après un bon repas, si papa loup a envie d’aimer très fort maman loup, il lui propose de venir prendre un dernier caf…
- Tu t’es imprégné de ma fille ? Genre tu t’es frotté contre et tu t’en es imbibé comme une grosse éponge ? Hein petit salopard ? 
- Non je…
- Espèce de vieux pédophile ! Tu es tombé amoureux d’un BEBE ? Moche et en 3D en plus ? Et d’abord, qu’est-ce que c’est que ce rouleau de chatterton dans ta main ? Et pourquoi il y en a enroulé tout autour de ma fille ? 
- Bien bien bien, écoute Bella, encaisse déjà la nouvelle, je t’expliquerai un peu plus tard le pourquoi du scotch, je te sens un peu tendue là"

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Disons-le : Bella est un peu grognon de savoir que pour d’obscures raisons, son vieil ami et loup-garou Jacob est tombé amoureux d’un bébé. Elle hésite un temps à appeler la maréchaussée pour que Jacob aille s’imprégner un peu des douches de Fleur-Mérogis, mais finalement, elle décide de s’occuper de plus important : faire du rien et profiter de sa nouvelle vie de vampire. Elle achètera plus tard un collier qui envoie du 220 pour son loup-garou préféré, ça le calmera.

En tout cas, les Cullen ont tout prévu de leur côté pour que Bella profite plutôt de sa nouvelle vie : les vampires niais ont en effet préparé une autre surprise à Bella puisqu’ils ont aménagé une maison au fond des bois pour que… et bien pour qu’Edward et Bella puissent baisouiller en paix. Hélas, je n’invente rien : c’est consternant. Et pas seulement parce que la maison en question, pourtant pas spécialement petite et de style ancien, n’a jamais été évoquée dans les précédents volumes, hein, comprenez-moi bien. D’ailleurs, j’aime beaucoup le principe :

"Salut Bella, bienvenue dans la famille !
- Ecoutez, merci, c’est sup…
- Par contre casse-toi de la maison. Toi et ton pote, vous allez au milieu des bois, on veut pas de vous ici.
- Quoi ? Mais pourquoi ? Il y a trois couples qui habitent dans votre baraque, et Edward a déjà une chambre ! C’est quoi le souci, vous ne baisouillez jamais ?
- Non : on a plutôt décidé de passer l’éternité à jouer au Jungle Speed. Maintenant, barre-toi."

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Nous n’en sommes qu’au début du film, et pourtant, je n’ai déjà plus beaucoup de larmes à verser.

En tout cas, Bella et Edward vont au fond des bois et font ce qu’ils ont à y faire (je vous laisse à vos pensées grivoises). Mais les réjouissances sont de courte durée, et pas seulement à cause d’Edward-gâchette-facile, car un matin qu’ils passent à la demeure Cullen, Bella note que son vieux téléphone portable sonne et affiche "Papounet" sur l’écran.

Comment cela se fait-ce ? Carlisle explique donc ce qu’il en est : depuis que Bella a disparu des écrans radar, son père Charlie appelle deux fois par jour sur son portable. Il ajoute qu’au bout d’un moment, il faudra bien lui dire que sa fille est morte. Et Bella ne pourra bien évidemment plus jamais le revoir, car il ne faut pas révéler aux mortels que les vampires existent (par contre, quand Edward l’a expliqué à une lycéenne de 16 ans, tout le monde trouvait ça parfaitement normal, mais comme ce n’est jamais que le thème des 4 films précédents, je comprends que ce détail ait pu leur échapper). Par ailleurs, il faudra aussi bientôt que les Cullen abandonnent les lieux et quittent la région : avec la mort annoncée de Bella, cela risque d’attirer un peu d’attention sur eux.

Mais, complètement Carlisle. Je suis sûr qu’annoncer au shérif local que sa fille est morte juste après avoir épousé quelqu’un de votre curieuse famille qui vit au milieu des bois, et disparaître dans la foulée n’éveillera pas DU TOUT ses soupçons. Et comme tout agent des forces de l’ordre, il ne sera pas du tout intéressé par le fait d’enquêter sur la disparition de sa propre fille, et ne fera pas tout pour que les suspects soient retrouvés.

Je pense que Carlisle est la preuve que l’on peut vampiriser quelqu’un APRES sa mort cérébrale. Ça reste un légume, mais un légume mort-vivant.

Carlisle, un peu avant qu’un vampire ne lui offre une nouvelle vie

Sauf que Jacob n’est pas d’accord. Pas parce que c’est complètement con, non, il l’est aussi, donc ça ne pose pas de problèmes. Non, lui il ne veut pas que Bella et les Cullen quittent la région… car sinon cela signifie qu’il sera séparé de Renesmée, son amour pour la vie (Marc Dutroux a dit sensiblement la même chose à son procès). Il a donc un plan : si les Cullen veulent fuir le coin pour éviter d’éveiller les soupçons de Charlie Swan, il suffirait de le mettre au courant de l’existence du surnaturel… comme ça, il accepterait la situation telle qu’elle est, et hop, plus besoin de se barrer.

Oui parce que par exemple, les amis de Bella au lycée – qui l’adulaient tous sans raison – eux, on s’en fout. D’ailleurs, sachez qu’ils n’apparaîtront même pas dans le film et ne seront pas évoqués, car comme chacun sait, en cas de disparition d’une personne, son entourage ne s’y intéresse pas du tout. Pas besoin de penser à eux, donc.

D’ailleurs, même la mère de Bella ne sera pas évoquée. Un autre détail sans intérêt.

Je vais reprendre un peu de coke : je reviens.

Jacob, donc, prend donc son solex et se rend chez Papa Swan pour lui dire que Bella est de retour à Forks (officiellement, souvenez-vous, elle était censée être tombée au malade au Brésil durant sa lune de miel et y être hospitalisée, ce qui expliquait son absence et préparait la future annonce de sa mort), qu’elle va bien, mais qu’elle a "changé" depuis qu’elle est revenue du Brésil.

"Changée ? Mais changée comment ?
- Je ne peux pas vous le dire Charlie.
- Je… non, attends, Bella a changé depuis qu’elle est revenue du Brésil tu dis ? D’accord, je comprends. C’est devenu un homme, c’est ça ? Mais comment je dois l’appeler alors ? Bello ? Belninho ? "

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Bon, se dit Jacob, ça va être compliqué cette histoire. Pour mieux faire comprendre le message à Charlie, Jacob décide de "d’abord lui montrer quelque chose" et pour cela il doit… se déshabiller.

"Ecoute Jacob, je sais à quoi ressemble une kikoute figure-toi, j’ai compris le message, alors remets ton slip et emmène-moi voir Bella.
- Raaah mais non ! Regardez plutôt."

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Et hop, une fois dévêtu pour le plaisir des damoiselles de la salle, Jacob se transforme en loup géant, ce qui étonne tout de même un peu papa Swan. "Ça alors, tu as raison ! Tu peux te transformer en chien de Mickey !" s’exclame-t-il "Maintenant, si ça te fait pas trop chier, emmène-moi voir ma fille, ou mon fils, enfin l’autre, quoi". Jacob prend donc les devants et va déjà avertir les Cullen : Charlie Swan sait pour le surnaturel, plus besoin de fuir. Mieux, il vient voir Bella dans 10 minutes, alors préparez-vous les d’jeun’z. Autant vous le dire : ça râle un peu chez les Cullen, ça traîne les pieds, mais puisqu’il faut le faire… autant préparer Bella pour que Charlie ne se rende compte de rien. Après tout, il est désormais au courant pour les loups-garous, pas la peine de tout lui dire sur les vampires dans l’immédiat.

Les Cullen sortent donc de leur poche une paire de lentilles pile à la couleur des yeux de Bella pour cacher leur nouvelle couleur surnaturelle (ne me demandez pas comment ils pouvaient avoir ça sous la main), et lui font un bref entrainement pour… apprendre à ne pas se déplacer à une vitesse vampirique, mais plutôt à une vitesse humaine.

Pardon ? Attendez, depuis le début du film, elle se déplaçait à vitesse humaine, sauf durant le passage où elle chassait et là, soudainement, elle ne sait plus le faire ?

Et bien oui : il lui faut quelques minutes d’entrainement pour être capable de se déplacer à vitesse normale pour ne pas effrayer papounet lorsqu’il arrivera. Mais pourquoi ? Pourquoi ? Hmmm, attendez je… non, c’est bon, j’ai ma réponse : ce film est juste un gros coprolithe. Ah, je suis tête en l’air, parfois.

Donc, lorsque Papa Swan arrive chez les Cullen, grâce au charisme surnaturel de sa moustache, il exige qu’on l’emmène voir sa fille sur le champ, ce qui est fait. Notre homme trouve donc Bella l’attendant paisiblement dans un canapé, et est donc follement heureux de retrouver sa fille qu’il pensait disparue (comprendre : il sourit durant 3 secondes, au moins). Ils papotent donc quelque peu : dis-donc ma chérie, ils sont sympa tes nouveaux pectoraux de mec. Pardon, tu n’as pas changé de sexe ? Ah ? Mais ta mâchoire carrée alors ? Ho. Je… dis-donc, sinon, c’était quoi le message que Jacob voulait me donner ? Toi aussi tu peux te changer en animal ? En cochon d’inde je parie ! Si tu le fais devant moi, je te file une graine de tournesol. Nan, c’est pas ça ? Ah. Mais alors en quoi as-tu changé ? De quoi est-ce que tout le monde me parle ?

Et là, réponse de Bella :

"Je te le dirai plus tard, fais-moi confiance."

Et évidemment, Charlie n’en parlera plus du film, puisqu’après tout, il n’en va que de la vie de sa fille, rien de très intéressant. Idem lorsque quelques minutes plus tard, Edward rentre avec Renesmée dans les bras pour lui présenter sa petite fille : il ne demande d’explication ni sur ce nom de merde, ni sur pourquoi sa fille, qui n’a pourtant disparu que depuis quelques semaines, a déjà accouché et que son enfant a déjà bien deux ans en apparence.

Et bin, avec un Shérif aussi vif d’esprit, le crime doit prospérer à Forks.

Et justement : maintenant que la question est réglée, les Cullen aussi peuvent couler des jours prospères dans la petite ville. Bella et Edward élèvent Renesmée avec joie, mais aussi quelques inquiétudes, car l’enfant grandit bien vite… ce qui signifie aussi qu’il vieillit plus vite que la normale ! Combien de temps vivra-t-il ? Est-il mortel, d’ailleurs ? Dans le doute, les heureux parents tentent de passer le maximum de temps avec leur progéniture pour s’assurer que tout aille bien pour elle. Et qu’en cas de mortalité, ils auront bien rentabilisé l’investissement, ah mais.

Cependant, un jour d’hiver que Bella se promène dans la forêt locale, elle décide de jouer avec sa fille à attraper des flocons de neige. Or, sans aucune raison ni justification, Renesmée se met à voler dans les airs (et ça n’étonne personne) pour attraper les flocons. Pouvoir qui ne sera plus non plus évoqué du film, d’ailleurs, tant c’est finalement peu important. Car la vraie information du moment, c’est que Tanya, une vampire qui passait par là (vous notez vous aussi comme TOUT LE MONDE passe son temps dans ces foutus bois ?) aperçoit Renesmée voler… et s’enfuit avant même que Bella ne lui adresse la parole. Tiens ? Mais pourquoi donc ? Seulement parce que Renesmée a une grosse tête à claques, et qu’une grosse tête à claques volante, ça fait très très peur ?

Notez que le shérif n’a pas non plus remarqué que sa fille avait désormais une température proche de 0. Quel enquêteur.

La réponse tombe quelques semaines plus tard alors qu’Alice, la vampire de la famille Cullen qui peut voir l’avenir (ce qui du coup devrait vaguement aider à savoir si Renesmée est mortelle ou non, mais personne ne pense à lui demander, d’ailleurs, elle-même n’y pense pas) a soudain une vision pendant que tout le monde papotait paisiblement dans la demeure Cullen. Comme il se doit, et puisque c’est une vision d’horreur, elle arrive forcément quand Alice transporte un vase de fleurs, pour pouvoir les faire tomber au sol et rajouter à l’intensité dramatique.

C’est vrai qu’elle aurait eu une boîte à pizza ou du sopalin à la main, ça faisait tout de suite moins théâtral.

Mais en tout cas, quelle vision a eu la bougresse ? Et bien c’est simple : elle voit de la neige qui tombe, et les Volturi qui attaquent les Cullen lors d’une grande bataille… ho ? "Mais comme il neige dans ma vision, cela n’arrivera pas avant les prochaines neiges…" et tout le monde en déduit donc que ce sera pour l’hiver prochain. Malin les gars. C’est vrai que le 15 août, ça paraissait moins probable.

"Soit, mais pourquoi les Volturi voudraient nous bourrer la gueule ?" s’interroge Bella

Et bien je ne sais pas, ça ne fait jamais que depuis le début de la saga que l’on sait que les Volturi sont particulièrement cons et tentent de vous tuer pour un oui ou pour un non, alors c’est vrai ça, pourquoi ? Hein ? Dis donc !

Il y a pourtant une excellente raison derrière tout cela : en effet, Tanya, après avoir vu Renesmée jouer à l’écureuil volant dans les bois, a supposé qu’il s’agissait d’une petite fille vampirisée. Or ! Il est interdit de transformer des enfants en vampire : en bonne collabo, elle a donc foncé voir les Volturi en Italie (ils n’ont pas le téléphone ni la poste, probablement) afin de dénoncer la chose et de toucher des tickets de rationnement pour des poches de sang. Sur place, elle est donc accueillie par Maurice Volturi, le chef des méchants, qui lui demande quel bon vent l’amène. Et en apprenant qu’un crime a été commis, il utilise son pouvoir spécial personnel : pouvoir lire dans les souvenirs des gens en les touchant. Il lit donc l’esprit de Tanya, et y voit donc bien un enfant volant avec sa maman vampire… bref, tout concorde.

Retenez bien le pouvoir de Maurice , ça servira pour la suite.

En tout cas, Maurice prend donc une décision : les Cullen ont commis un crime grave et doivent mourir. Ah bin c’est original, ça tiens.

De leur côté, les Cullen ont d’ailleurs deviné ce que les Volturi pouvaient bien leur reprocher pour qu’Alice ait pareille vision de mort : ils expliquent donc à Bella qu’en effet, ils ont dû apprendre par Tanya pour Renesmée rejouant les plus mauvaises scènes de Smallville (qui a dit "toutes" ?) et la prendre pour un vampire. Or, pourquoi est-il interdit de transformer des enfants en vampire ? Et bien tout simplement car, auparavant, certains vampires l’ont fait. Or, à chaque fois, les enfants, incapables de se contrôler, tuaient tout et tout le monde, ce qui était très moyen pour rester discret. Et puis surtout, devoir se taper des marmots hyperactifs pour l’éternité, brrr. Du coup, c’est désormais interdit, et si quelqu’un s’y risque, non seulement l’enfant est tué, mais aussi son créateur, les potes de son créateur, le clan de son créateur et l’inspecteur des impôts de son créateur.

Par contre, vampiriser une lycéenne débile de 16 ans, c’est déjà beaucoup plus responsable, pas vrai Edward ?

En tout cas, voilà pour la situation. La question est donc : que faire ? Se battre contre les Volturi ? Non, ils sont trop forts. Alors dans ce cas, prouver son innocence, en expliquant qu’il y a erreur : Renesmée a certes un nom criminel, mais n’est en rien un mortel vampirisé mais une créature mi-humaine mi-vampire ? Hmmm oui… mais comment ?

C’est vrai que ce n’est pas facile : sachant que vous êtes de bonne foi et que vous avez un enfant avec un coeur qui bat, comment expliquer la vérité à Maurice Volturi, qui, on l’a vu dans la scène précédente, peut voir dans votre esprit la vérité ?  Roooh. Zut, que faire… aller le voir et ainsi le laisser sonder son esprit, histoire de tout régler en 15 secondes ? Lui amener Renesmée en disant "Elle a le coeur qui bat, c’est ballot hein" ?

Non.

Comme toujours, les Cullen ont un bien meilleur plan : "On va trouver des témoins".

De ? Pardon ? Qu’est-ce que… vous allez faire quoi ?

"Oui, allons aux quatre coin du monde et ramenons des amis pour témoigner que Renesmée est bien un enfant vivant !"

Hein ? Mais bordel, je… même un pneu de Super 5 aurait trouvé un meilleur plan que "Hey les mecs, allons chercher des témoins qui n’ont rien vu et ne connaissent même pas Renesmée pour leur demander de témoigner de quelque chose qu’ils ignorent en face d’un mec qui n’en a pas besoin puisqu’il lui suffit de lire dans l’esprit des suspects pour avoir la vérité !"

Voilà : ça, c’est le coeur de l’intrigue du film. Si vous avez encore des larmes de désespoir, c’est le moment de vous en servir tant tout, oui, tout est absolument nul d’un bout à l’autre.

Mais soit. Car en tout cas, dès le lendemain, Alice et son mari, Jasper (un vampire dont le seul pouvoir est de pouvoir utiliser ses mains comme fer à friser et uniquement sur lui-même) ont filé à l’anglaise en laissant derrière eux un message comme quoi ils partent chercher de l’aide. Carlisle, en bon chef de famille intelligent, considère donc "Qu’ils ont fui pour éviter l’affrontement avec les Cullen".

Nan mais mec, sinon, tu as appris à lire en plusieurs siècles ?

Bella, de son côté, lit le message et note qu’il a été rédigé au dos de la première page du Marchand de Venise, de Shakespeare. Elle en déduit donc que…

… rien.

Si vous vous demandiez encore pourquoi Edward, dont le pouvoir est de lire les pensée, n’avait jamais réussi à le faire sur Bella, vous avez votre réponse : elle ne pense pas. Non parce que là, même le pneu de Super 5 évoqué plus haut est en train de hurler devant tant de bêtise crasse. Et ne me demandez pas pourquoi je vais au cinéma avec un pneu : il y a bien des gens qui y vont avec des fans de Stephenie Meyer, alors pourquoi pas un pneu, hein ? Racistes.

En tout cas, le clan Cullen décide de se diviser pour aller aux 4 coins du monde chercher des témoins, à savoir, des vieux amis de Carlisle pour qu’ils puissent donc ne servir à rien. Mais comme ils sont aussi cons que les autres personnages, tous acceptent de venir chez les Cullen pour que le jour où les Volturi se pointent, ils puissent… non, ils soient là quoi. Peut-être agiteront-ils des petits drapeaux et lanceront des cotillons, enfin on leur trouvera une utilité. Car tous sont d’accord : "On ne vient pas pour se battre, on a aucune chance face aux Volturi : on vient témoigner, c’est tout.". Témoigner de ? Aha, c’est vrai : rien.

Mademoiselle ? Oui, je vais reprendre des pop-corn à la schnouf. Merci bien, vous êtes bien urbaine.

Que disais-je ? Ah oui : un à un, les témoins sont tous rassemblés : un clochard mystérieux (véridique), des irlandais caricaturaux, un bourrin de service, des amazones (!)  dont le pouvoir est de pouvoir manipuler l’esprit d’autrui (un pouvoir intéressant, mais dont personne ne pensera jamais à se servir), etc. Et tous, pour être convaincus du bien fondé de la cause Cullen, acceptent que Renesmée les touche pour qu’elle partage ses souvenirs avec eux et puisse leur montrer qu’elle est mi-humaine. D’ailleurs, à chaque fois qu’elle touche quelqu’un, celui-ci se met à hurler comme un dératé "OUAAAH JE SUIS CONVAINCU, CET ENFANT EST INCROYAB’"

Quand on voit la tronche des témoins, on est pas sûr qu’ils puissent jouer en la faveur de qui que ce soit.

Je serais un vampire, je me méfierais quand même : sachant qu’on parle ouvertement de vampires pouvant manipuler l’esprit, qu’est-ce qui leur dit que Renesmée ne leur implante pas de faux souvenirs tel un Léonardo Di Caprio d’1 mètre 20 (soit 20 centimètres de moins que le vrai, tout de même) pour les convaincre ?

Mais ouf : personne ne se pose la question. Là encore.

Et alors que les Cullen continuent de rassembler des "témoins" (ha non mais je suis malade rien qu’à écrire un truc aussi absurde), deux nouveaux invités se présentent devant le manoir Cullen (ils ont traversé tout le territoire des loups-garous en sautant d’arbre en arbre pour arriver jusque là sans se faire mordre les fesses, suggestion que je faisais dans le spoiler précédent quand les Cullen ne pensaient pas à en faire autant lorsqu’ils voulaient sortir de leur demeure encerclée mais bon, hein, honnêtement : pouvez-vous me rappeler la dernière fois où les Cullen ont pensé à un truc pertinent ? Sur l’ensemble de la saga ?) : il s’agit de Popov et Popov, deux vampires aux accents de l’Est qui expliquent la situation :

"Salut les Cullen ! Nous sommes Popov et Popov, deux vampires ennemis jurés des Volturi. On ne vient pas témoigner, on vient pour se battre même si vous avez expliqué le contraire. D’ailleurs, ne me demandez pas comment nous sommes au courant. On s’est dit que ce serait bien de se joindre à vous, comme ça, quand les Volturi arriveront, je suis sûr que ça jouera drôlement en votre faveur d’avoir à vos côtés des gens qu’ils cherchent à tuer depuis des plombes et ouvertement belliqueux".

Les Cullen réfléchissent, houlà, 6 bonnes secondes et déclarent donc "Ok super, je suis sûr que ça nous aidera à trouver une solution pacifique sans envenimer nos relations avec les Volturi".

A ce moment du film, il a fallu l’intervention de deux vigiles pour que j’arrête de m’imbiber d’essence pour mettre fin au supplice de cette daube infâme. Je vous en prie : essayez de réussir un dialogue, au moins, allez. Même pas une scène : juste un tout petit dialogue. Pour voir.

Allons donc voir si les Volturi, réputés pour leur subtilité et leur intelligence, s’en tirent mieux durant ce temps : mais sans surprise… non.

Je sais, ça ne vous étonne guère, mais bon. Car figurez-vous que le plan des Volturi consiste à… chasser les potentiels témoins des Cullen ? Que… quoi ? Mais ? Puisqu’ils n’ont rien vu ! Comment pouvez-vous savoir qu’ils risquent de témoigner ? Comment pouvez-vous même les identifier puisqu’ils n’étaient pas là au moment de la grossesse de Bella ? Et puis quand bien même : s’ils savaient quelque chose, il suffirait à Maurice de consulter leur esprit, et hop, il saurait !

Mais là, non. On peut donc voir les Volturi pourchasser des types au hasard et leur casser la gueule sans qu’eux-même puissent expliquer pourquoi.

Bref, tout cela dure un long, très long moment, durant lequel, plus que le film, c’est votre vie que vous voyez défiler.

Mais bon, au bout d’un long moment, il finit par se passer un truc : alors que Bella et Edward sont isolés dans leur maison au fond des bois plutôt que de rester groupés au manoir Cullen (c’est vrai, il y a juste des gens qui cherchent pour les tuer, autant s’isoler pour baisouiller, c’est prioritaire), Bella a, et là, accrochez-vous : une idée.

Si.

J’vous jure.

Attrapant le message qu’Alice et Jasper avaient laissé derrière eux, elle réfléchit "Le Marchand de Venise… pourquoi avoir écrit son message sur une page de ce livre plutôt que sur n’importe quel papier qui traînait ? Si j’allais voir le livre…". Et en consultant l’ouvrage, que trouve-t-elle ? Mais ! Un autre message disant "Bella, va à Seattle voir mon ami The Bunk, et détruit ce papier ensuite. Comme tu es la seule dont personne ne peut lire l’esprit (… oui, chhht), je ne peux confier cette mission qu’à toi pour garder le secret loin des Volturi".

Okay, se dit Bella, pas de souci. Dès le lendemain, au prétexte d’aller déposer Renesmée chez Charlie Swan pour la journée (le bougre ne pose toujours aucune question sur le fait que sa petite fille ait l’apparence d’un enfant de 7 ans au bout de 3 mois), elle continue la route jusqu’à Seattle (et ça tombe bien : ce jour là, il pleut, elle ne brillera pas au soleil – mais de toute manière, personne n’y aurait pensé sur le tournage) et va retrouver dans un restaurant son contact, un certain The Bunk (passer de The Wire à Twilight, c’est quand même moche).

Papa Swan a eu le bon réflexe : demander ce que c’était que ce bordel sur Doctissimo (cliquez pour agrandir)

"Hmmmm hmmm. Bonjour Bella.
- Bonjour M’sieur Bunk.
- Mon client, Jasper, qui est d’ailleurs client des services de mon organisme depuis plus de 50 ans et qui, malgré tout n’a jamais vieilli et n’éveille pas du tout mes soupçons, m’a fait une commande : je vous la remets. Voici des faux papiers et de quoi quitter le pays pour un certain Jacob Slip et une certaine Renesmée Cullen, même si ne me demandez pas comment, j’ai une photo actuelle de Renesmée que je n’ai jamais vue alors qu’elle change d’apparence toutes les semaines donc même Jasper n’aurait pu m’en fournir une quand il est venu me voir.
- Merci. Mais… pour deux ? C’est tout.
- Hmmmm hmmm.
- Bon et bien… Merci Monsieur Bunk."

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Bella comprend donc l’affreuse vérité : Alice a vu le futur… mais un futur n’impliquant ni elle, ni Edward. Elle a donc commandé des papiers pour sauver les deux seuls ayant une chance : Jacob et Renesmée. L’enfant vivra… mais sans ses parents. Snif. Que dira le collectif "Un papa, une maman" ? Renesmée sera-t-elle adoptée par un couple gay ? Christine Boutin devra-t-elle intervenir ?

Nous n’en saurons rien. Retournons plutôt nous occuper de notre héroïne.

Puis, de Bella.

Désespérée, Bella, donc, rentre à Forks pour affronter son destin (mais tranquillement : n’oublions pas que des mois se sont écoulés et que les Volturi, plutôt que d’attaquer, se baladent juste aux quatre coins du monde pour tabasser des témoins qui n’ont rien vu pour ne surtout pas qu’ils témoignent de rien le jour J). Et accessoirement, elle s’entraîne à maîtriser son propre pouvoir de vampire : elle est immunisée aux pouvoirs des autres vampires, et peut même projeter sa protection sur quelqu’un d’autre ! Pratique !

En tout cas, Bella en est maintenant convaincue : les Volturi ignoreront la vérité. Ils viennent pour tuer tout le monde, et pas pour rendre véritablement la justice. Et qu’en plus, ils viennent aussi capturer les vampires aux pouvoirs qu’ils n’ont pas encore dans leur album Panini, comme Alice par exemple (ce qui explique sa "fuite"), pour qu’elle les serve. Mais alors, que faire ?

Et bien les "témoins" déjà présents décident que, bah, tant qu’à faire, ils se battront.

Ah. Okay, et bien écoutez, voilà qui fera plaisir à Popov et Popov, je n’en doute pas.

Mais du coup, vous voulez pas vous organiser pour vous battre ? Trouver une tactique, chercher des renforts ? Non ? Non.

En tout cas, le temps lui, ne s’arrête pas et bientôt, l’hiver revient et Noël avec : les premières neiges sont déjà arrivées depuis un bail, mais curieusement, personne ne semble s’en inquiéter (alors qu’Alice avait bien annoncé que l’ennemi viendrait avec la neige), et Bella et Edward continuent par exemple de se préoccuper de choses plus intéressantes comme, par exemple, fêter Noël avec Papa Swan. Chacun ses priorités, hein.

Et non, ni lui, ni sa nouvelle femme ne posent toujours de questions, visiblement, les évènements surnaturels qui les entourent ne les intéressent pas plus que ça. En même temps, je les comprends : l’intérêt n’a jamais été guère stimulé dans cette saga.

Cependant, un beau jour, et sans que personne ne puisse l’expliquer, les Cullen déclarent que "Ah ! Les Volturi attaqueront demain" : là encore, pas besoin de justification, c’est comme ça. Probablement que leur baromètre à blaireaux vient de passer dans le rouge. L’occasion parfaite de faire un grand feu pour passer la dernière soirée avant la bataille à échanger sur les combats passés, celui de demain, et à évoquer des anecdotes sur la cruauté des Volturi ou sur le passé de légume de Carlisle.

Après avoir bien emmerdé tout l’auditoire avec leurs histoires de vétérans et regardé Carlisle baver durant des heures (il bave à intervalles régulier, ce qui en fait une formidable horloge atomique) les vampires voient finalement le jour se lever. Et avec lui, arriver l’heure fatidique de la bataille.

Comme toujours dans Twilight, après avoir expliqué que la situation n’était pas à leur avantage, les Cullen ont décidé de se positionner tous en ligne dans une clairière, histoire de bien se prendre une raclée. Comme quoi, des siècles de bataille et 3 films à se tataner avec le tout venant, ça n’apprend pas grand chose.

Et bientôt, sortant des bois en face d’eux, nos héros voient paraître un large groupe portant cape de crypto-gothique lycéen : les Volturi et toute une petite armée ! Sauf que contrairement à ce que nos héros avaient prévu, les Volturi exigent d’abord quelques explications avant de malaxer des gueules. Ah ? Ainsi, Maurice Volturi lui-même s’avance, demandant à ce qu’Edward vienne lui révéler ses souvenirs pour que la vérité soit enfin connue. Ce qu’Edward fait, malgré une tentative ratée de Bella de l’immuniser aux pouvoirs du vampire (… mais POURQUOI a-t-elle seulement essayé, à part pour risquer d’envenimer la situation sans raison ?! Pourquoi a-t-on payé des effets spéciaux pour rajouter une scène incohérente ?). Ainsi, Maurice peut découvrir la vérité :

  • Renesmée n’est pas un enfant vampirisé, c’est l’enfant d’une humaine et d’un vampire
  • Renesmée a même un coeur qui bat dites-donc !
  • Renesmée vieillit… et ne pose donc pas le problème des enfants vampirisés, qui eux, sont bloqués à un stade où ils sont à la fois puissants et capricieux
  • Il n’y a donc là aucun crime !
  • Enfin si, elle a quand même le nez de son père, et ça, ça mérite bien La Haye.
  • Les méchants engueulent donc Tanya pour leur avoir "menti", oubliant qu’elle était de bonne foi puisque Maurice avait lu son esprit, mais bon, hein, détail puisque ça revient à traiter Maurice leur chef de menteur. Pas de quoi fouetter un chat.

A noter que Maurice est super étonné (il ponctue toutes ses phrases de petits cris ridicules, c’est affligeant tant c’est mal joué), parce qu’un enfant né d’un vampire avec une humaine, en plusieurs millénaires, il n’avait jamais vu ça. Ah ? Vous voulez dire qu’alors qu’on a des vampires bourrés d’hormones, genre Edward qui en est à draguer des lycéennes, personne n’avait pensé à ça avant ?

Hé bé non.

Je sais pas vous, mais moi, je n’ai jamais été si heureux de savoir que la fin du film approchait.

En tout cas, et comme on est plus à ça près, Maurice se lance dans un petit discours : "Très bien, j’ai vu la vérité ! Il n’y a là nul crime. Cependant, nous vivons à une époque où les humains ont créé des armes capables de nous tuer aisément – c’est d’ailleurs pour ça que dans tous les films précédents, personne n’a jamais pensé à utiliser un flingue, nous sommes juste beaucoup trop cons – il nous faut donc être plus discrets que jamais. Or, cet être surnaturel… il risque d’attirer l’attention sur nous ! Il faut donc le tuer ! Et puis on a pas fait la route pour rien, hein, merde, ho."

C’est vrai ça Maurice : vous n’êtes jamais qu’une tripotée de vampires vieux de plusieurs millénaires, cacher des humains pas vraiment humains aux yeux de la société, ça, vous ne savez pas faire, et vous ne pensez même pas que c’est possible.

Notez le sbire de Maurice qui se gratte discrètement en arrière-plan. Classe.

Sérieusement les mecs ?

Heureusement, alors que tout va dégénérer, et comme par hasard, sortent des bois Jasper et Alice, qui se sont dits que ce serait quand même bête de rater l’habituelle scène de fin de film au milieu des bois. Alice vient en effet certifier à Maurice qu’il lui suffit de lire dans son esprit pour voir ce qu’elle a vu dans l’avenir, et donc être sûr que Renesmée ne fera jamais de mal à qui que ce soit. Et que donc, il peut être rassuré.

Maurice pose donc sa main sur Alice, et lisant son esprit… se contente de sourire (il doit surtout consulter les souvenirs où elle joue à la toupie japonaise avec Jasper), et Alice finit donc par se reculer en comprenant "Quoi que l’on dise, qu’importe les preuves, vous êtes venus pour  tous nous tuer ! Et bien soit !" et hop, elle enchaîne avec un grand coup de tatane dans le Monsieur.

C’est donc parti pour 20 minutes d’hostilités, avec la grande bataille finale de la saga.

Je vous la fais courte : plein de gens meurent. Des Cullen, des Volturi, des loups venus participer à la baston… et on notera d’ailleurs que comme dans Bioman, les Volturi, bien qu’en surnombre, font bien attention à ne pas profiter de la chose et gardent des réserves en regardant leurs troupes tomber. Renesmée, elle, fuit sur le dos de Jacob sous forme de loup loin de la bataille. Durant ces 20 minutes, on peut aussi constater qu’outre le fait que les Volturi soient débiles, on note que devenir vampire a appris le kung-fu à Bella, que des types aux pouvoirs surpuissants n’en font rien (un type a une brume qui paralyse, il la fait sur une zone de 12 centimètres cube, un autre peut contrôler l’eau, la terre, le feu et l’air et se contente d’ouvrir une faille au hasard dans le sol, l’amazone qui manipule les esprits ne se dit pas que tiens, si elle le faisait sur le chef des méchants, ce serait vaguement pratique, non : c’est juste nul d’un bout à l’autre).

Finalement, et suite à un combat épique, Maurice Volturi finit par se tataner avec Edward et Bella, et après avoir utilisé sa femme comme projectile (véridique), Edward voit finalement la victoire lui revenir lorsqu’il décapite le vil vilain, et…

… rien.

A ce moment là, la salle a éclaté de rire, fans comme types avec une arme dans la bouche (les vigiles ont dû revenir une seconde fois m’empêcher de faire une ânerie, mais qui serait toujours moins grosse que ce film ; ils ont aussi eu la gentillesse d’essuyer mes larmes de sang), car figurez-vous que… cette scène n’a jamais existé.

Et si.

La bataille finale de la saga, tout ça, non. C’était juste pour occuper 20 minutes de films et justifier que le film mérite deux parties. Car en fait, nous revenons au moment où Maurice lit dans l’esprit d’Alice, et ce qu’il a vu, c’est ce qu’il se passerait s’il décidait quand même de lancer la bataille. Maurice décide donc que mourir n’étant pas son plan du jour, mieux vaut déclarer "Bien, nous ne nous battons pas aujourd’hui. Il ne s’est rien passé d’intéressant jusqu’ici dans ce film, faisons que cela reste ainsi. Mais tout de même ! J’aimerais une preuve que Renesmée ne nous posera pas de problèmes à l’avenir !".

Donc tu demandes une preuve qui ne peut pas exister, mec. C’est un peu con, mais plutôt cohérent avec le reste de cette oeuvre, ma foi. Mais figure-toi que la vie est bien faite, car émergeant de la lisière de la forêt, apparaissent deux larrons en pagne qui approchent d’un pas bien lent, parce que bon, c’est pas comme si la super-vitesse vampirique, ça servait à quelque chose. Qui sont-ils ?

"Je suis Oumpapa", dit le premier "Et voici ma tante Gertrude qui n’a rien à faire là, je sais même pas pourquoi elle me suit, je crois qu’elle s’est attachée. Alice et Jasper m’on ramené ici du Brésil où ils sont venus me chercher, mais ne me demandez pas pourquoi je me pointe 10 minutes après eux alors que nous sommes supposés être arrivés ensemble, je ne le sais pas moi-même. Et je suis votre preuve car moi, je n’ai jamais tué qui que ce soit ou été pris par les humains. Voilà."

"Passionnant" s’exclame donc sincèrement Maurice Volturi "Et bien je suis convaincu par cette preuve vivante : Renesmée ne posera jamais problème, on peut se barrer."

Attendez, je vous la refais :

"Monsieur, pouvez-vous nous prouver que vous n’êtes pas dangereux ?
- Non, mais voici Bob. Bob, explique au Monsieur.
- Bonjour Monsieur le juge. Je n’ai rien à voir avec la choucroute, mais je n’ai rien fait.
- Ho ? Et bien parfait alors : cela prouve tout. Vous êtes libres."

0

Qu… QUOI ?

Tout ça pour ÇA ?

Bouhou…bouhouhou…

Pour ceux qui douteraient : la scène finale. Il fait grand jour, impossible de faire plus et… ho, bah personne ne brille. Du boulot de pro.

En tout cas, les Volturi ne se posent pas la question, et activant leur vitesse vampirique, disparaissent dans les bois heureux d’avoir passé un an à tabasser des gens sans aucune raison pour au final s’apercevoir qu’ils avaient fait le déplacement jusqu’à ce trou de Forks pour rien.

Les Cullen peuvent donc rentrer à la maison fêter le fait qu’il ne se soit rien passé du film autour d’un bon chocolat chaud, laissant derrière eux Popov et Popov, déçus d’avoir raté la bataille finale. Alice, dans un coin de la maison, a soudain une vision : elle voit que, plus tard, Renesmée sortira avec ce grand dadet de Jacob. Et que comme leur a appris Oumpapa le brésilien, il n’y a pas à s’inquiéter : les enfants de vampire et d’humains arrêtent de vieillir à 7 ans, et sont alors immortels. L’avenir n’attend donc plus qu’eux, même si on évoque guère le fait que Jacob n’est pas immortel, lui, et finira donc comme un vieux chien incontinent qui se fait engueuler lorsqu’il souille le tapis du salon. Probablement même qu’Edward l’emmènera se faire piquer.

Puis, la scène finale se révèle à nous : en plein milieu d’un champs de fleurs, Bella et Edward, dont évidemment aucun des deux ne brille malgré le fait qu’il n’y ait pas le moindre nuage, se regardent amoureusement. Soudain, en se concentrant très fort, Bella arrive à partager tous ses souvenirs depuis le début de la saga avec Edward, faisant qu’ainsi, elle n’a désormais plus aucun secret pour lui.

"Mais, comment as-tu fait ça ? – s’exclame Edward – Ton pouvoir vampirique c’est de faire des boucliers, pas la télépathie, tu voudrais dire qu’on va finir la sage sur une autre grosse incohérence balancée comme ça, gratuitement et sans le moindre intérêt ?
- C’est ça."

0

Et alors que la dernière page du livre de Stephenie Meyer apparait à l’écran, on peut apercevoir en surimpression le mot "forever", un doux fondu au noir s’installe et…

FIN !

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Voilà. J’ai presque envie de dire que si j’avais été paresseux, j’aurais pu synthétiser quelque peu le spoiler.

Twilight  4 – Révélation deuxième partie :

Edward et Bella s’aiment. A un moment, il y a un quiproquo avec les Volturi, mais tout se règle sans qu’il ne se passe rien et tout le monde est heureux.

Fin.

Ça valait quand même bien un deuxième film.

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