La rentrée approche.

Alors que derrière les fenêtres, les enfants soupirent longuement en regardant papa ranger le barbecue, sous le ciel se teintant de gris, la nostalgie de l’été s’installe doucement. Finis, les châteaux de sable bâtis à la marée montante pour résister à l’assaut des flots. Terminées, les boissons fraîches à l’ombre à l’heure de la sieste. Oubliées, les cachettes des trésors enterrés sous le Club Mickey, comme par exemple ce cadavre d’étudiante anglaise (oui, bon, hein, j’étais un enfant précoce, mais on m’avait laissé seul avec ma première pelle en plastique, nous savions tous que ça devait arriver).

Cependant, les marmots ne sont pas les seuls à souffler à l’idée de l’été qui se termine. Ailleurs en France, on ajuste sa veste, serre ses lacets et range sa carte du SNES : une nouvelle génération de professeurs s’apprête à monter au front. A vous, jeunes engagés qui allez vous élancer à l’assaut des hordes sauvages pour tenter de les civiliser, à vous qui allez connaître le feu des questions et le roulement de l’artillerie parentale, bref, à vous qui venez de faire une énorme connerie en choisissant comme carrière de rester à l’école quand enfant vous ne rêviez que d’en sortir, permettez à cet humble blog de vous préparer à cette épreuve. Car à l’heure où tous les objectifs sont tournés vers les caddies afin de savoir combien coûte en moyenne la rentrée pour un élève de telle ou telle classe, ou savoir quel cartable est plus solide, il est de bon ton de s’intéresser à celles et ceux qui vont affronter l’enfer.

Le principe est simple, comme au code de la route : une question, 4 réponses, une seule est la bonne.

On se retrouve à la fin de ce test pour voir si vous êtes prêts.

On y va ? Fort bien.

Question1

La bonne réponse était la réponse D

On sous-estime trop souvent l’agenda. Si pour la plupart des pédagogues, l’agenda est un "outil pédagogique d’organisation permettant de donner des repères à l’élève dans le cadre extra-scolaire facilitant son apprentissage", propos en général tenu avec une seringue d’héroïne dans chaque bras, le tout debout sur une licorne, l’agenda n’en est pas moins, en effet, un excellent allié du professeur. Non pas pour les devoirs, non, ceux-ci sont toujours faits la veille au soir et terminés aux alentours de minuit, au son de petits couinement paniqués (l’élève stressé ressemble en de nombreux points au cochon d’inde, le côté kikinou en moins) mais pour d’autres raisons.

En effet : il vous suffit de le consulter au prétexte de "vérifier que les devoirs sont bien notés" et de vous rendre directement aux pages des vacances de Noël pour découvrir, écrit généralement au fluo, quantité de messages personnels à base de "Je t’<3 ma Brenda, je te kiff" ou "T ma besta pour la life BB" ou autres déclarations enflammées ou blague sur tel ou tel enseignant. Vous disposez dès lors d’une mine d’information pour faire chanter n’importe quel trou du cul (c’est une métaphore, hein, pensez à autrui) pour les siècles des siècles.

Vous pourrez alors, dès que le larron s’agitera quelque peu en classe, marmonner quelque chose comme "Vous ne vouliez pas dire quelque chose à Brenda ?" pour voir l’individu changer de couleur et se ranger à votre charisme naturel.

Pensez pratique, que diable.

Question 2

La bonne réponse était la réponse B

"It’s a trap", disait l’Amiral Ackbar en découvrant que ses espions Bothan lui avaient fourni des informations erronées. En hommage au plus célèbre des héros de Mon Calamari, n’hésitez pas à laisser traîner des sujets des futurs contrôles sur votre bureau en évidence, puis de temps à autres, sortez brièvement de la classe pour un prétexte X ou Y, comme par exemple, avoir abusé des pois chiches à la cantoche.

Le jour de l’examen, présentez des sujets différents de ceux que vous avez laissé traîner : vous aurez alors la joie de voir des visages se décomposer, incapables de se plaindre de l’échec de toute leur ruse, puisque cela reviendrait à se dénoncer. N’hésitez pas à lancer quelques commentaires aux plus dégoûtés d’entre eux comme "Ça va ? Vous avez l’air d’avoir un peu chaud." Logiquement, à ce stade, le nombre de petits malins dans votre cours baissera drastiquement, et tous auront l’impression que votre classe est une annexe du Vietnam, booby traps inclus.

Bon par contre, vous n’aurez peut-être pas de cadeaux en fin d’année, du coup. Mais la victoire n’a-t-elle pas une saveur bien plus délicieuse qu’une vulgaire boîte de chocolats ?

Question3

La bonne réponse était la réponse A

N’oubliez pas que l’élève pense être le plus malin : il vous guette et cachera discrètement les objets illicites à votre approche, sauf si vous prétendez ne rien voir, auquel cas le gourgandin ricanera, glissant à son voisin quelque chose comme "Woh l’aut’, comment il a rien capté !". Tournez dans la classe tel un grand fauve, vous rapprochant toujours plus de votre cible, qui, ayant l’impression que vous ignorez tout de son activité, se montrera de plus en plus imprudente.

Au moment où l’andouille ne cache plus sa console (à part si c’est une WiiU, mais là c’est normal, il a juste honte), bondissez et saisissez-vous-en. C’est là que commence le passage le plus doux de tous : vérifiez où se situe le petit bouton à presser à l’aide d’une mine sur la console pour en effacer toutes les sauvegardes, et pendant que le brigand ment comme un arracheur de dents avec des "C’est pas à moi" "Je regardais juste l’heure" ou "Vous avez pas l’droit, faut me la rendre", faites descendre tout doucement la mine d’un critérium vers le bouton "Reset". Peu à peu, le brigand va de moins en moins argumenter et pousser des cris de plus en plus porcins, jusqu’à se rouler par terre alors que vous ne serez plus qu’à un millimètre du bouton en question, gardien de toutes ses parties passées, son propos quelque part entre le rire maladif et la supplication.

Par la suite, vous verrez peu de consoles en classe. Vous pouvez bien évidemment profiter de cette séance de torture psychologique pour faire avouer au bougre tout ce que vous voulez, comme par exemple qui a vidé l’extincteur de la salle de SVT. C’est un peu le procès des templiers, mais en plus rigolo, et sans malédiction ou adaptation de Maurice Druon avec Jeanne Moreau. Vous en sortez gagnant, tout de même.

Question4

La bonne réponse était la réponse C

Lorsque le pédagogue est fatigué d’avoir trop chevauché sa licorne, parfois, il revient en surfant sur un arc-en-ciel pour prodiguer de nouveaux conseils comme "L’importance de la confiance dans le rapport élèves-enseignants". Et en bon enseignant, à vous de suivre son exemple. Et d’en abuser, comme de bien entendu.

Ainsi, lors d’un contrôle, annoncez bien que vous ne voulez voir aucun téléphone portable et qu’ils doivent être dans les cartables, et les trousses sur la table autorisées uniquement si fermées, ce qui peut paraître évident, mais tout de même. Soulignez que c’est faire preuve de confiance envers vos élèves que d’agir ainsi, parce que vous êtes décidément trop sympa, puis laissez l’épreuve se dérouler.

Après environ 20 minutes histoire de laisser la méfiance décanter, saisissez-vous d’une trousse au hasard et faites-la sauter en l’air en sifflotant et en ne rattrapant l’objet que de justesse à chaque fois, marmonnant des choses sur votre maladresse proverbiale. Poursuivez ainsi, et savourez le visage du pauvre propriétaire de la trousse, décomposé, craignant à chaque seconde de voir jaillir de la trousse qu’il avait laissée habilement entrouverte son précieux téléphone portable pour aller s’écraser sur un mur ou une table voisine.

Si jamais la chose arrive, réagissez vite : posez vous en victime blessée moralement, expliquant que vous faisiez tellement confiance à vos élèves que pareille trahison vous paraissait inimaginable malgré vos consignes. Avec un peu de bol, et en cas de procès, c’est peut-être même la famille qui vous devra des sous, tel un Bernard Tapie ayant besoin de quelques millions pour se remettre du drame qu’il a traversé.

Question5

La bonne réponse était la réponse D

Ne réagissez pas : ça encourage le cabotin à poursuivre son oeuvre maléfique. Si le bougre essaie ainsi de se démarquer principalement parce qu’il est à un âge où il a envie d’être distinct des autres, de sortir de la masse, et accessoirement, d’attirer l’attention de Sabrina, la 4eB avec de gros seins, vous ne devez en aucun cas rentrer dans son jeu en réagissant de quelque manière que ce soit. Vous l’inciteriez à rebondir sur votre réaction pour tenter de se présenter, tantôt, en amuseur public, tantôt en martyr, nardinamouk.

Si l’humour local vole généralement à la hauteur d’un flacon d’eau précieuse, il n’en est pas moins que ce genre de blagues vole en escadrille : pour les stopper, inutile de grogner : vous devez tout simplement les mépriser. Avoir une aura de haine, irradier le dédain. Pour ce faire, et dès à présent, n’hésitez pas à répéter votre meilleure Poker Face comme le disait une mauvaise artiste pour qu’à chaque calembour estudiantin, l’auteur d’icelui ait l’impression d’être dans un duel Philippe Bouvard – Tywin Lanister.

Si vous ne savez pas quelle tête faire, je suis sympa, je vous file un modèle : ici, Pitch le chien, dont l’expression pleine de tristesse, de désarroi, de dédain et de haine mêlés sauront vous inspirer, je n’en doute pas. Voyez plutôt :

Mepris

Pitch le chien, ici juste après avoir entendu une blague de Laurent Ruquier

Éventuellement, si vous n’y arrivez pas, filez une image de Pitch le chien à chaque mauvaise blague d’un élève, et au bout de 10, c’est un poster de Nicolas Cage.

Ça va vite le calmer, croyez-moi.

Question6

La bonne réponse était la réponse B

La salle des profs est l’ultime repaire de l’enseignant. C’est là qu’il s’isole des hordes estudiantines qui viennent gratter à la porte (la réponse D est applicable en permanence, et pour les plus farceurs, vous pouvez même déféquer dans le casier de Monsieur Mérichoux : lorsqu’il demandera en classe qui a "mis une surprise dans son casier", un formidable quiproquo devrait naître, ainsi qu’une plainte pour élève battu, mais bon, vous n’avez jamais aimé Mérichoux) pour trouver un peu de calme. Pourtant, parfois, une ombre furtive et généralement bleutée est aperçue du coin de l’œil avant de disparaître : ce sont les professeurs de sport qui, après avoir hiberné dans leur gymnase, se décident à aller finir la cafetière discrètement en salle des profs avant de regagner leur repaire.

L’œil habile peut parfois en surprendre un, fuyant le gobelet à la main (le professeur de sport est le kobold local).

Une seule solution, que ce soit pour empêcher les élèves de venir vous enquiquiner dans votre dernier sanctuaire, ou plus prosaïquement pour empêcher ces rabouins en jogging de venir vous tirer tout le kawa : barricadez-vous en posant un objet lourd contre la porte, comme par exemple un professeur d’art.

Vous pouvez aussi piéger le café, mais de vous à moi : il y a suffisamment d’arrêts maladie comme ça, non ?

Question7

La bonne réponse était la réponse D

Non pas pour envoyer des messages salaces à vos élèves les plus girondes, non, vous risqueriez en retour d’un "Kikoo" de recevoir un "ASV ?" de la part de la maréchaussée. Non : ce mystérieux rituel pour des centaines de milliers d’élèves consistant à découper de petits morceaux de papier pour  y écrire des renseignements comme leur adresse, la profession de leurs parents ou même leurs hobbys, et ce pour chaque professeur, a des utilités bien plus pratiques.

En effet, loin d’être un outil pour mieux comprendre vos élèves (il ne faut pas déconner : je vous ai dit de les mépriser, suivez un peu, merde), ils ‘agit d’un fameux moyen de vous amuser des heures durant. Ainsi, durant les examens, gardez la liste des numéros à proximité de votre personne, et sitôt qu’un bambin vous parait suspect, envoyez-lui un "Sa va ?" sur le téléphone qu’il est censé avoir rangé et éteint. Vous n’avez plus qu’à discrètement profiter du spectacle, au lieu de vous ennuyer à surveiller l’examen, à savoir observer le galopin chercher du regard à gauche puis à droite à la recherche de la personne qui a bien pu le contacter. Il renverra alors avec toutes les précautions du monde et poussé par la curiosité un "T ki ?" et vous n’aurez plus alors qu’à défoncer le brigand lors des corrections, qui quand on rendra les copies, s’étonnera de comment vous avez pu savoir qu’il avait un téléphone sur lui, sachant qu’il avait fait attention à ce que personne ne le voie.

 Vous gagnerez en mystère en plus, n’est-ce pas beau ? Ah, je sais, ne me remerciez pas.

Question8

La bonne réponse était la réponse C

En effet, tel un capitaine Achab furieux, vous pourrez à l’aide de ce fameux ustensile issu de l’industrie japonaise aller rechercher tous vos élèves lorsque ceux-ci traîneront en arrière ou feront toute ânerie dont ils ont le secret. N’oubliez pas de viser une partie non-vitale, comme par exemple le crâne, afin de ramener l’enfant dans un état qui n’éveillera pas de soupçons chez ses parents (même trépané avec un projectile de 5 kilos propulsé au gaz, ces derniers continueront de penser que leur marmaille est absolument géniale).

Si vous avez répondu D, vous n’avez pas compris le jeu : personne n’a encore saisi à quoi servait un inspecteur d’académie. Certains prétendent qu’il aurait autrefois eu une utilité, d’autres qu’il n’est que le résultat d’une partie de Kamoulox qui aurait dégénérée dans un laboratoire de génétique.

Petite précision pour les instituteurs qui me lisent : le lance-harpon étant un peu gros pour vos bambins, n’hésitez pas à l’échanger avantageusement contre un SPAS-12 avec projectiles en caoutchouc ; non content de vous conférer une certaine classe, ce bel outil permet à chaque tir de faire reculer le plus énergique des enfants sur une distance d’environ 6 mètres sans toucher le sol. Tips : si vous lui tirez sous le menton et ce contre un mur d’escalade, vous pouvez reproduire un flipper avec brio.

Question9

La bonne réponse était toutes les réponses

Parce que sérieusement, il ne faut pas déconner.

Question10

La bonne réponse était la réponse D

Aucun enfant n’est con. Non, même pas celui-là là-bas qui s’enfonce des stylos dans les narines en regardant "Les Anges de la Télé-Réalité". Ils sont simplement malades, et vous feriez bien d’y faire attention bande de gourgandins aux mille préjugés. C’est pourquoi, à chaque fois qu’un parent vous explique que son fils est atteint de mille maladies, et vous regarde bizarrement quand vous dites "Oui, je sais pour les MST, mais que voulez-vous, ça se passe toujours comme ça en classe de neige", demandez-lui un certificat médical.

Puis, échangez-les avec vos amis en salle des profs ! Comme dans les paquets de Magic, il y a des cartes communes (hyperactivité, troubles de l’attention), des moins communes (dyscalculie), ou même des rares (Test de QI supérieur à 70). Bientôt, les réunions parents-prof seront pour vous comme un nouveau Noël, et vous l’attendrez avec impatience les yeux embués de joyeuses larmes.

Mais en tout cas, je suis sérieux : avec autant de maladies, les gamins ont les autorisations de se charger comme des mulets, alors si ce n’est pas pour devenir cycliste, je ne vois pas à quoi ça sert.

Voilà ! Ce test est à présent terminé. Comptez vos points !

Si vous avez 10 bonnes réponses

Quelque part dans le désert éducatif, un homme (ou une femme, personne n’est parfait) roule en Fuego, le collier de barbe au vent, les coudières en cuir aux portières. Sur son pare-choc, un autocollant du SNES, sur son pare-brise, un calendrier avec les jours cochés jusqu’aux prochaines vacances. Vous êtes l’ultime guerrier éducatif. Vous êtes la dernière barrière face à l’ignorance. Quand viendra le jugement dernier et que les utilisateurs d’Instagram seront jetés dans les entrailles de la Terre, vous gagnerez votre place au Paradis. Et vous vous ferez un peu chier du coup, mais c’est un autre problème.

Si vous avez 8-9 bonnes réponses

Vous êtes plein de promesses. Lorsque l’on prononce votre nom dans les salles des profs, la température monte d’un cran alors que les visages rougissent, quand bien même si l’on en fait autant dans les soirées étudiantes, certains s’évanouissent alors que d’autres ne tiennent que grâce aux litres de coca-redbull qu’ils ont ingurgité (mais qui n’ont aucun rapport avec leur activité, rappelons-le). L’éducation nationale envisage sérieusement d’engager des troubadours pour compter vos exploits, avec l’espoir, un jour, de faire de vous le guerrier parfait.

Si vous avez 6-7 bonnes réponses

On ne vous connait pas encore, mais au moins, vous savez ce qu’il convient de faire pour tenir au front. Certains se dressent encore au-dessus de vous, mais vous avez suffisamment de bases pour ne pas vous laisser avoir tout de suite par les hordes en face de vous. Un jour peut-être connaîtrez-vous la gloire, mais en attendant, toute votre énergie est concentrée sur votre tâche. Tout espoir n’est pas perdu, accrochez-vous.

Si vous avez 0-5 bonnes réponses.

Vous savez quoi ? Vous avez bien fait de vous trouver un vrai métier loin de l’école.

Question subsidiaire :

Parmi les méthodes expliquées ci-dessus, l’auteur de ce blog en a appliqué la majorité (véridique) dans sa précédente carrière. Sauras-tu retrouver lesquelles ?

Bon courage. Et bonne rentrée.

Comme chaque année à la même saison, voici revenir notre bon ami, le baccalauréat.

Sujet passionnant pour des centaines de journalistes qui meubleront leurs journaux de corrections des sujets de philosophie, ou de micros-trottoirs  à la sortie d’un quelconque lycée parisien afin de savoir si Bianca a ressenti du stress avant l’épreuve, à quelle heure Kévin est sorti, et ce que Gudule pense de ce qu’il fallait répondre, c’est accessoirement l’un des grands moments de la vie du petit Français scolarisé, qui par cette épreuve, en finit avec une bonne partie de son parcours scolaire, et peut donc commencer à s’adonner à d’autres activités, comme par exemple, s’inscrire à la fac pour y sécher les cours ou se planter un tournevis dans l’oreille pour enfin pouvoir devenir suppléant de Nadine Morano.

La chose n’étant cependant peut-être pas évidente pour les passants et passantes sur ce blog venant de par-delà les mers, permettez-moi de vous présenter ce qu’est la chose que l’on nomme "baccalauréat" plus en détails, particulièrement sa place dans le parcours scolaire du jeune fripon étudiant en France.

Lorsque le petit Français naît, tout le monde est content : sa famille est couverte de présents, moult courriers partent pour informer le monde de l’arrivée de Théo/Léo/Enzo/Matthéo parmi nous, et les fabricants de jouets moches se tapent dans les mains hilares ; bref, le pays va bien. Cependant, rapidement, les parents du petit Français réalisent que ce dernier est un peu lourd : il braille en permanence, consomme deux fois son poids en lait, et semble capable de transformer sa chambre fleurie en cloaque du 7e cercle de l’enfer par le seul pouvoir de ses méphitiques déjections. Aussi, vers ses 3 ans, l’enfant est envoyé à l’école maternelle pour tenter de le civiliser un peu, voire de le laisser user de son bavard rectum en d’autres lieux.

D’une durée de 3 ans, l’école maternelle vise à apprendre au petit Français la vie en communauté : grâce à un système de "rituels" matinaux, on permet à l’enfant d’apprendre à apprendre : s’organiser, écouter, éviter de péter la gueule à ses petits camarades à l’aide d’un boudin en pâte à sel pour lui chourer ses BN, autant de compétences qui viendront se mêler à quelques bases comme par exemple, savoir reconnaître son prénom à l’écrit, faire un peu de sport, ou plus prosaïquement, réaliser un collier pour la fête des mères si lourd qu’il permettra de lester sa génitrice le jour où il y aura besoin de toucher l’héritage.

en Afrique, on a pas de pâte à sel, mais on a des idées

Sitôt cela fait, généralement en 3 ans, l’enfant est envoyé vers un nouveau lieu enchanteur : l’école primaire. D’une durée de 5 ans, c’est à cette période que le marmot apprend à lire, écrire, compter, retenir une leçon ou un poème, reconnaître son pays sur une carte et délimiter ses frontières afin de savoir où s’arrête le doux royaume qui est le sien, et où commencent les terres des étrangers qui, avouons-le, sont quand même une sacrée bande de judéo-muslimo-maçons (ne biffez rien, c’est une combinaison gagnante). Il découvre aussi les filles, mais uniquement parce que c’est rigolo de leur tirer les couettes pendant qu’elles jouent à l’élastique.

Vers ses 11 ans, donc, le petit Français subit la plus grande déception de sa vie : alors qu’il attend avec impatience qu’un grand monsieur barbu vienne le trouver le jour de son anniversaire pour lui annoncer qu’il est un sorcier et qu’il va l’emmener dans une nouvelle école pour apprendre la magie (ce qui arrivera, mais uniquement par le biais d’un pédophile lettré), on lui annonce que sa nouvelle école s’appelle plus probablement Jules Ferry que Poudlard ou Beaubâton, et qu’à défaut d’y apprendre la magie, il y apprendra plutôt à reconnaître un triangle isocèle, ce qui est un peu moins impressionnant qu’une boule de feu, mais peut quand même servir de sort de sommeil de zone. Mais surtout, le pré-adolescent découvre un phénomène étrange : les filles se mettent à faire une tête de plus que lui (temporairement, qu’il se rassure, il pourra à nouveau les battre comme plâtre prochainement), et de mystérieuses choses leur arrivent, qui font que notre marmot a de moins en moins envie de leur tirer les couettes, et de plus en plus envie de savoir ce qu’il se passe sous leurs pulls ; d’ailleurs, cette simple idée provoque chez cet être de curieux phénomènes qui feront râler maman au moment de laver ses slips, mais passons. Car après 4 ans de ce traitement, le petit Français s’apprête à passer sa première grande épreuve : le brevet des collèges, sorte de gros contrôle se rapprochant plus de la blague que de l’examen.

Une fois celui-ci validé, il peut donc poursuivre son chemin et se rendre…

Au lycée. D’une durée de 3 ans, celui-ci propose aux élèves de plus ou moins se spécialiser, même si leur intérêt du moment est toujours de savoir ce qu’il se passe dans les vêtements des damoiselles, de fumer des pétards, et de se saouler à la vodka-Red Bull parce que la vodka toute seule, ça pique et c’est pas bon, alors il faut mettre du goût bonbon dedans. Après avoir choisi une simili-spécialisation, l’élève doit donc se présenter en salle d’examen pour y passer, au mois de juin, l’épreuve du baccalauréat.

Mais alors, qu’est-ce donc, le baccalauréat ?

Pour beaucoup, le baccalauréat, c’est un peu l’annonce de la fin de la scolarité "classique", l’épreuve qui sanctionne la réussite du lycée et permet d’enfin sortir de celui-ci pour se rendre à la fac, et commencer à étudier le sujet que l’on préfère, comme par exemple, la philosophie, afin de pouvoir occuper son temps une fois au chômage ou mettre des statuts pédants sur Facebook. Et c’est surtout un diplôme, ce qui donne l’occasion de recevoir une bonne accolade en famille, puis d’aller courir nu autour d’un barbecue fait de cours d’histoire-géographie (ce qui est très mal comme chacun sait, puisque si lorsque l’on dit "Je ne crois pas aux fées", l’une d’entre elles meurt, lorsque l’on déclare "L’histoire-géo ça ne sert à rien", un nouveau Steevy Boulay naît). Toute proposition de réforme dudit diplôme, désormais obtenu par plus de 73% de la population, fait donc descendre dans la rue des hordes de lycéen, parfois syndiqués (qui a rigolé ?) qui hurlent que l’on "dévalorise leur diplôme", que cela va "affecter la qualité de celui-ci", quand d’autres voix leur répondent qu’il faut "revoir le niveau du bac, qui n’a de cesse de baisser" ou à l’inverse "qu’il faut organiser des cérémonies de remises de médailles pour les jeunes lauréats", comme cela se fait dans certaines communes.

Bref, en un mot comme en cent : en France, le baccalauréat est une institution, et gare à celui qui osera toucher à ce précieux sésame !

Sauf que, si nous voulions être plus honnêtes, nous pourrions reformuler la chose ainsi : "le bac est un étron fumant fait papier".

Un élève trichant en tentant de faire celui qui ne regarde pas l’ordinateur qu’il a subtilement placé dans un endroit discret

Journalistes faisant jusqu’à 10 reportages par jour sur le sujet, lycéens défendant la valeur de la chose ou personnes soucieuses de la valeur tant éducative que symbolique du bac, merci de bien vouloir brûler pour l’éternité dans les flammes d’un four à pizza (l’Enfer a un peu trop de panache pour vous).

Et pour argumenter quelque peu mon propos, permettez-moi de citer le site du ministère de l’éducation lui-même, qui nous dit ceci :

Le baccalauréat  sanctionne la fin des études secondaires et ouvre l’accès à l’enseignement supérieur. Il est le premier grade universitaire.

 Et…

C’est tout. Vous pouvez circuler.

Non, amis des débats pourris pouvant douter plusieurs semaines, un simple apprentissage de la lecture vous l’aurait appris:  le baccalauréat n’a pas une "valeur" dont tout le monde parle le temps de quelques débats, hurlant à la baisse future ou présente de celle-ci, en fait, il n’en a tout simplement pas du tout. Et c’est le ministère de l’éducation qui le dit, pourtant guère connu pour s’en prendre à lui-même. Le baccalauréat ne confère aucune compétence, aucune reconnaissance de savoirs particuliers, il est tout simplement un papier officiel reconnaissant que… rien.

"Mais siiiii, il reconnait au moins que vous maîtrisez les programmes enseignés au lycée !", me dira t-on.

Mais même pas, puisqu’il est possible de passer le diplôme sans même passer par le lycée. Et donc de passer l’examen sans maîtriser les savoirs allant avec. Vous pourriez remplacer toutes les épreuves par un concours de strangulation de chats, ça aurait exactement la même "valeur", à savoir, aucune, les instructions officielles actuelles s’assurant avec sévérité que l’on fasse bien attention à ne reconnaître aucune compétence avec le bac. Ainsi, et je suis désolé de révéler la chose au triste monde n’ayant pas connu les entrailles maudites de l’éducation nationale, il faut savoir que :

  • le bac est probablement l’un des rares diplômes au monde où l’on fixe les résultats avant de le soumettre aux étudiants : un discret courrier aux établissements demande généralement quelques semaines avant l’examen de se débrouiller pour arriver au minimum à tel pourcentage de réussite, parce que ça fera tellement plaisir à Monsieur et Madame Michu de voir leur fils diplômé
  • le bac est probablement l’un des rares diplômes au monde où, lorsqu’un enseignant en corrigeant n’atteint pas une certaine moyenne dans ses copies, on lui explique que c’est lui le nul, pas ceux qu’il a corrigé, et qu’il doit donc se débrouiller pour inventer des points imaginaires jusqu’à atteindre un certain seuil
  • le bac est probablement l’un des rares diplômes au monde où l’on ne demande pas obligatoirement à des élèves de savoir vaguement lire et écrire le français : ils peuvent être de formidables astroquiches, on considère que c’est normal (l’élève lui-même se révolte souvent contre les conventions orthographiques et grammaticales, à base de "Vazy c’et bon on conpran c’que j’dit lache la fère !")
  • le bac est probablement l’un des rares diplômes au monde où l’on ajoute tellement de points aux élèves pour un oui ou pour un non qu’il y a chaque année des lauréats obtenant une moyenne supérieure à 20, ce qui est techniquement intéressant quand on se présente officiellement comme un diplôme sérieux

Dernier point essentiel donc, puisque le bac ne reconnait aucune compétence particulière, avoir le bac signifie tout simplement que… l’on a le bac.

La chose est si dramatique qu’elle en est admise dans le subconscient collectif : demandez à un employeur pourquoi il a besoin d’une personne avec le bac (autre qu’une filière professionnelle) puisque ce diplôme est généralement requis plutôt que d’une avec le brevet des collèges, dans la plupart des cas, elle s’avérera bien incapable de répondre, puisqu’incapable de pouvoir désigner une compétence particulière qui ne serait présente que dans le programme du lycée et dont il aurait bien besoin.

"T1 G loopé le bak franC Chaipa pourkoa ! La raje !"

Bon alors mettons, il sanctionne la fin des études secondaires avec du rien saupoudré d’un poil de non-sens, mais alors, au moins, c’est le premier grade universitaire, non ?

Et bien même pas : car si la chose était avérée, on pourrait donc supposer qu’il s’agisse là d’un diplôme certifiant que son possesseur est prêt à suivre des cours à l’université, mais non ; car pour ceux qui ne le sauraient pas depuis quelques années maintenant, nombreuses sont les facultés, dans certaines filières, à commencer l’année… par des cours de français, tant on est pas sûr qu’un possesseur du premier grade universitaire de France maîtrise un minimum la langue du pays. Assez symbolique.

Pour la petite histoire, sachez que certaines facultés ont eu la joie d’en revenir à la distinction entre "et" et "est" dans leurs cours, certains bacheliers ne sachant pas la faire.

Et pas par étourderie, non. Vraiment.

Bref : en fait, le bac ne valide rien, ne prépare à rien, et a une a une valeur très exactement nulle.

A part dans l’imaginaire collectif, ce qui, traduit autrement, signifie que l’on fait stresser des marmots durant des semaines, pourrit le journal télévisé (quoique, en général, il n’y a pas besoin du bac pour le coup pour que le niveau y soit pas), oblige des lycéennes à s’asseoir dans des couloirs en lisant leurs "fiches" (comme déjà évoqué ici, chez la lycéenne, cela signifie "Mon cours écrit en plus petit et avec du fluo") en jurant devant tous les passants qu’elles n’arriveront jamais à savoir tout ça, pour très exactement du vent. A part faire tourner quelques boites de bachotage, ce qui certes encourage l’économie, mais probablement moins que le budget investi dans l’organisation des épreuves, et qui s’avère en général assez conséquent, même si au final, tant que l’on n’aura pas donné une télécommande à chaque enseignant surveillant l’épreuve permettant de faire tirer un satellite en orbite pour qu’il envoie un coup de canon à ions sur l’Iphone discrètement caché sous sa table de Jean-Kévin, on ne mettra jamais assez dans la lutte contre la triche.

Ou à la limite, juste un intérimaire Tchétchène avec une batte à la porte de chaque salle. Je suis sûr que ça marcherait bien.

Rappelons d’ailleurs, en parlant de triche, qu’il est soigneusement rappelé aux surveillants de l’épreuve qu’à part s’ils surprennent Eudes-François avec les réponses tatouées sur son dos parce qu’il avait trouvé l’idée trop géniale après avoir regardé Prison Break (il a donc désormais la liste des verbes irréguliers quelque part au-dessus de son rectum), ou autre preuve formelle qui ne nécessite pas un épisode entier des Experts pour confirmer ce que le surveillant prétend avoir vu, il vaut mieux pour eux dire qu’ils n’ont rien vu. Sinon s’enclenche toute une procédure particulièrement lourde qui s’achève généralement par un procès intenté par les parents dudit Eudes-François qui ne peuvent imaginer que leur Choubidou puisse avoir triché (la preuve, les réponses étaient dans son dos, ce qui prouve qu’il était de bonne foi ou alors juste particulièrement con, mais les lois de l’ADN poussent ses géniteurs à supposer qu’il s’agit de la première solution quand ils sont eux-mêmes victimes de la seconde), et finissent donc généralement par gagner. A moins, bien sûr, que le canon à ions en orbite n’ait raté l’Iphone du brigand et n’ait transformé le vil tricheur en pulpe sanglante, auquel cas, tout va bien. Mieux, même dirais-je.

On pourrait donc résumer la chose ainsi : le baccalauréat en France est une chose si mauvaise que le diplôme a non seulement une valeur nulle, mais qu’en plus l’épreuve en elle-même frise le ridicule.

Aussi, si je voulais conclure (ça m’arrive, parfois), je dirais :

Bon courage à vous, lecteurs et lectrices, qui allez supporter les insupportables babillages à venir sur le baccalauréat à la télévision, à la radio et dans les journaux : soyez forts.

Bon courage à vous, enseignants et enseignantes, qui allez surveiller et corriger des copies qui vous feront saigner des yeux, mais sur lesquelles il faudra inventer des points pour simuler la réussite intellectuelle auprès d’une huître anthropomorphe

Et surtout, bon courage à vous, lycéens et lycéennes, qui allez réviser, perdre du temps, stresser et perdre plusieurs heures à user encre et papier pour un résultat parfaitement inutile.

Un indice tout de même sur le sujet de philosophie qui ne tombera pas encore cette année :

"Sachant que ce diplôme ne sert à rien à part jouer avec les nerfs des candidats qui ignorent pourquoi ils le passent, expliquez pourquoi on n’affecte pas le budget d’icelui à d’autres urgences éducatives, comme par exemple la castration chimique des collégiens ?"

Vous avez 4 heures.

Le son du moteur électrique du fauteuil roulant semble un chuchotement dans les calmes couloirs de l’immense manoir.

Aujourd’hui, comme tous les jours, le professeur Charles Xavier se rend dans une salle de classe de la résidence qu’il a transformée en école, afin d’enseigner à des adolescents quelque connaissance sur le vaste monde. Mais attention ; nous ne parlons pas ici d’une école comme les autres, mais bien de celle des X-Men, c’est-à-dire, un établissement secret réservé aux enfants disposant d’un don surnaturel : créer du feu, de la glace, traverser les murs… et le fondateur de l’école lui-même, le professeur Xavier, est l’un d’entre eux. En effet, il dispose d’un pouvoir formidable : celui d’entendre les pensées d’autrui. Enfin, quand je dis formidable : honnêtement, vous aimeriez entendre les pensées d’adolescents, vous ?

Arrivé devant la salle dans laquelle il enseigne depuis des années, Charles fait pivoter d’un geste son fauteuil, et passe le seuil de la porte pour pénétrer dans la pièce où une vingtaine de jeunes gens sont fort occupés à discuter de sujets divers ; voyant leur professeur arriver, ils le saluent vigoureusement avant de rejoindre leurs tables dans un léger chahut, mélange de bruits de trousses que l’on ouvre et de chaises que l’on tire.

"Bonjour les enfants", s’exclame le professeur en s’installant derrière son bureau. "Aujourd’hui, je vous propose de parler de l’Amérique du Sud, puisque comme vous le savez, nous avons déjà étudié l’Am…" ;

"Ho non, pas l’Amérique du Sud. C’est chiant."

"Tiens ? Kevin a mis son pull moche aujourd’hui. Il devrait apprendre à s’habiller, le pauvre."

"Où j’ai foutu mon stylo bleu ? Raaah, il était là. Merdeuuuuh merdeuuuh meeeeerde, où… hmm… ah… peut-être dans la poche avant de mon sac…"

L’espace d’un instant, le professeur porte ses mains à son visage, comme pris d’une migraine. Il doit se concentrer. Il ne faut pas qu’il prête attention aux pensées de ses étudiants.

"La vache ! C’est moi ou Brenda a encore pris des nichons ? Hmmm… je me la ferais bien !"

"Ourf… qu’est-ce que j’ai mal au bide ! Hoooo… j’aurais dû aller aux toilettes ce matin… vu le baleineau que je dois avoir en bout de toboggan, je dois pas être loin de ressentir ce que sent une femme enceinte."

Le professeur crispe sa mâchoire… il doit… se concentrer… saloperies de jeunes qui pensent à… il faut qu’ils se concentrent sur ce qu’il… péniblement, Charles parvient à articuler "Je… l’Amérique du Sud, donc, que vous connaissez principalement au travers de certains…"

Soudain, il l’entend.

Il écarquille les yeux ; non ! C’est impossible ! Pas cette pensée ! Pas celle-là ! C’est déjà assez dur quand on l’a soi-même alors… non ! Non ! Que… Arrêtez ! Arrêtez !  Dans la tête d’une élève au fond, il peut parfaitement l’entendre. C’est affreux. La plus immonde des pensées est là : pire que l’étudiant qui se souvient du porno qu’il a vu la veille, pire que celui-ci qui repense à la cuite qu’il a prise et qui a encore une grosse migraine… c’est…

Il ose à peine murmurer le nom de cette menace. Déjà, il sent ses tempes devenir douloureuses et le sang bouillir derrière son crâne. Sa vision se trouble, et l’espace de quelques secondes, il manque de choir de son fauteuil.

Qu’arrive t-il au professeur Xavier ? Comment en est-il arrivé là ? Répondons à ces questions en commençant avec un peu d’histoire, en nous tournant vers X-Men First Class.

Spoilons mes bons.

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L'affiche : chez les X-Men, si t'as pas la combi officielle, c'est que tu es méchant(e)

Le film s’ouvre sur un endroit fort joyeux : un camp de concentration polonais en 1944.

Erik Lehnsherr, jeune adolescent juif, a la malchance d’être du peuple élu du mauvais côté des barbelés, et d’être séparé de sa maman qu’il aime tant lors de son arrivée au camp alors que des gardes les emmènent dans deux directions opposées. Sous la pluie battante (c’est une scène triste, il pleut donc comme il se doit, avec des gouttes grosses comme les ficelles de l’intrigue : d’où l’expression "pleuvoir des cordes"), notre jeune héros est soudain possédé par le désespoir et la colère, tant on touche pas à sa mère comme ça, et se met à hurler tout en tendant les mains vers sa maman de l’autre côté du portail qui les sépare : un phénomène étrange se produit alors, puisque tous les barbelés se tordent, les barres métalliques se plient, et les pauvres soldats qui tentaient de traîner l’enfant loin de là s’aperçoivent que même à 5, ils ne sont pas assez forts : c’est comme si le morveux était aimanté. Histoire de bien lui faire comprendre qu’il commence à faire chier, l’un des fiers germains du coin lui colle un coup de crosse dans la gueule, et tout redevient calme (si vous aussi vous avez des enfants turbulents, vous savez ce qu’il vous reste à faire). Seul le portail complètement tordu porte les stigmates de la curieuse scène qui vient de se dérouler sous les yeux de moult témoins, parmi lesquels un médecin du camp : Sebastian Shaw.

Ce dernier est fort intrigué : le petit juif disposerait-il de über-pouvoirs ? Il doit vérifier, et le fait donc emmener dans son bureau, en lui proposant un exercice simple : jeune Erik, veux-tu bien faire bouger cette pièce de monnaie nazie (le choix n’est pas anodin : un bon nazi sait qu’il doit utiliser de l’argent pour motiver un juif, il l’a lu dans "Mein Kampf pour les Nuls") ? L’adolescent se concentre très fort, devient tout rouge, mais ne parvient guère à remuer sa cible. Sebastian tente donc de motiver un peu plus sa victime en faisant amener sa maman dans le bureau, encadrée par deux gardes : il va compter jusqu’à 3, et si une fois cela fait, Erik n’a pas fait bouger la monnaie, Maman Lehnsher devra tenter d’arrêter une balle avec son front, ce qui n’est pas facile, même en supposant que l’on fronce les sourcils très fort au bon moment.

Erik redouble d’efforts, et se concentre incroyablement sous les encouragements de sa maman ; mais las : la pièce refuse de bouger, et Erik entend donc soudain une détonation suivie d’un bruit sourd : Le Docteur Shaw vient de refroidir sa môman, ce qui n’est pas très courtois. C’est donc parti pour une grosse colère du petit bonhomme, qui se met à hurler "Rrrgnneeuuuurrrggnnnnnn" (ou quelque chose de proche), et compresse par la seule force de son esprit, tous les trucs qui passent : une petite cloche qui reposait sur le bureau, un casier de documents, des instruments chirurgicaux ainsi que les tables en métal qui attendaient dans la salle d’à côté derrière une porte vitrée, et même les casques des deux gardes qui étaient là, leur écrasant le crâne avec, ce qui leur fait relativement bobo au point de les tuer. Une fois cela fait, Erik se calme, et le Docteur Shaw, qui hurlait "Ouiiiiii vas-y, fais toi plaaaaais’ !" jusqu’alors en voyant ce spectacle de destruction s’exclame : "Ach ! Bravo kleine galopin ! Ensemble, nous allons faire de grandes choses !" : et lui tendant la main, il voit le petit Erik désormais orphelin venir poser sa petite mimine dans la sienne. Limite il n’ajoute pas "Ach, ch’ai tué ta Maman ! Tu mérites bien ein grosse kinder zurbrize bour gombenzer ! !".

Oui. Le gosse, on bute sa mère devant ses yeux, il devient ivre de rage, et il prend bien soin de ne surtout pas blesser ou pire, tuer, l’assassin de celle-ci, qui est pourtant en face de lui, et couvert de trucs plus ou moins métalliques (il a des lunettes dans la bonne matière, des chaînettes, boutons et montre pour aller avec, un lüger rempli de balles à la main… mais non), sans compter toutes les armes à portée (ex : les instruments chirurgicaux, et je n’ai pas parlé des armes à feu des gardes ou de leurs baïonnettes). Mieux encore, non seulement il épargne le médecin, mais il se fait adopter par lui dans la minute qui suit le meurtre de sa mère par ce dernier sous ses yeux. N’oubliez pas les enfants : si vous voulez devenir ami avec Erik Lehnsherr, pensez à buter un membre de sa famille sous ses yeux.

Qu’il est bête. Ou alors, si, ça peut se tenir : il haïssait peut-être sa mère depuis le jour où elle avait refusé de lui acheter ce skate-board à l’effigie du führer sur le marché de Düsseldorf , et il est fort content d’en être débarrassé grâce à Sebastian Shaw, ce qui explique cette amitié-éclair avec son assassin. Enfin bref, passons, et allons plutôt aux Etats-Unis.

A la même période, donc, il se passe des choses au pays du hamburger : dans un immense manoir, Charles Xavier, jeune morveux, entend des bruits dans la cuisine familiale ; ni une, ni deux, équipé de sa batte de base-ball préférée, il se rend dans la pièce incriminée pour voir qui ose se lancer dans de nocturnes aventures au sein de sa demeure (et potentiellement éclater son museau au responsable) : il tombe nez-à-nez avec sa mère, visiblement en train de taper dans le frigo pour se faire une petite choucroute à 3h du matin. Cependant, on ne la fait pas à Charles : 1) il sait que sa mère ne fout jamais les pieds dans la cuisine, c’est pour la plèbe, 2) elle ne mange pas de choucroute, ça la fait péter, 3) il lit dans les pensées de la bougresse et réalise qu’il s’agit en fait de quelqu’un ayant pris l’apparence de sa mère. Le bon Xavier somme donc l’intruse de montrer sa vraie apparence : celle d’une petite fille à la peau bleue qui se présente sous le nom de Raven. Charles étant un gentil génial, il comprend qu’elle vole dans les frigos pour survivre, et lui propose de vivre avec lui au sein de sa famille : "trop cool", se dit la morveuse, qui accepte.

Bon par contre, v’la l’explication le lendemain : "Papa, maman, j’ai trouvé une roumaine dans la cuisine cette nuit : allez, maintenant, elle va habiter avec nous ! Hein ? Dis ! Allez ! Steuplé papa, on peut la garder ? Je m’en occuperai ! Je lui donnerai à manger ! Je la promènerai ! Je changerai sa litière, alleeeeeeeeez dis ouiiiiiiiiii !". Mais autant papa et maman Xavier avaient dit non pour un chat ou un labrador, autant ils disent ok pour une roumaine métamorphique. Soit.

Mais avançons un peu dans le temps, et retrouvons Charles quelques années plus tard, qui est devenu un fier jeune homme qui se prépare à soutenir sa thèse de génétique sur les mutations dans l’histoire, parce que par exemple, il y a plein de mutations : les couleurs d’yeux, de cheveux, tout ça, paf, mutation. Mais ce n’est pas le genre de sujets qui fait rêver les minettes ; aussi, le soir, dans les pubs, Charles dragouille un peu de l’étudiante : grâce à ses pouvoirs, il peut par exemple savoir ce qu’elles aiment, et ainsi mieux les approcher. Éventuellement, il peut aussi leur ordonner de retirer leurs soutifs, mais il ne le fait que peu ce qui, je dois bien le reconnaître, m’a déçu. En tout cas, ça rend la petite Raven, qui a désormais adopté l’apparence d’une blondinette, assez jalouse, et elle ne se gêne pas pour pourrir ses plans à son simili-frangin. Il faut dire que la puberté est passée par là, et que Raven est en pleine crise existentielle : sa vraie apparence étant socialement contestable, elle doit passer ses journées à se cacher sous d’autres formes. C’est trop nuuuuuuuuuuuul. Encore un peu, et avec sa crise identitaire, elle devenait gothique.

Sauf que pendant que l’on se pose mille et une questions, il s’en passe des choses, ailleurs : à Las Vegas, une certaine Moira MacTaggert, agent de la CIA, est en planque devant un club privé, dans lequel pas mal de beau monde a l’air de se rendre. Elle est là pour surveiller le général Jean-Jacques, un gros ponte de l’OTAN qui vient s’encanailler et qui trame des trucs plus ou moins louches. Moira a l’oeil : après avoir vu sa cible rentrer dans le bâtiment, elle constate que quantité de nanas en sous-vêtements coquins semblent entrer sans encombres ; voilà une excellente ruse pour s’infiltrer dans la place : notre donzelle se désape, et comme elle a toujours des trucs coquins sous sa tenue de travail (et que coup de bol, elle n’est pas un vieux tromblon), elle peut rentrer sans soucis au milieu des autres filles. Vous avez compris les filles ? TOUJOURS mettre des trucs sympas sous votre tenue de travail. On ne sait jamais quand ça pourrait servir.

Une fois à l’intérieur, et suivant le flot, elle arrive dans une salle de jeux cernée par des alcôves où les filles emmènent leurs clients pour des prestations privées avant de tirer un rideau mauve pour isoler le renfoncement du reste de la salle. Moira repère une nana toute vêtue de blanc guider le général Jean-Jacques dans l’une des niches avant, là encore, de tirer le rideau, aussi fonce t-elle à sa poursuite, sauf que lorsqu’elle écarte le bout de tissu pour rejoindre le général et sa pupute : plus personne ! Ils ont disparu !

"Arrêtez de dire que je suis une pupute parce que je m'habille comme ça en réunion ! Je suis une Reine, c'est très différent !"

Crotte alors… comment cela est-il possible ? Mademoiselle fouille et notant un cendrier sur la table, appuie dessus : hop ! Passage secret ! La niche se met à tourner sur elle-même et emmène Moira dans un petit bureau désert couvert de documents marqués "top secret" avec des rapports en russe dedans. Oui : n’importe quelle nana faisant la serveuse dans ce club et nettoyant les cendars’ ou mec écrasant son cigare à cet endroit qui est ouvert au public risque de se retrouver en possession de documents du KGB. Super discret. Surtout dans un club visiblement très fréquenté. Mais ce n’est pas tout : dans une pièce voisine du bureau, l’agent McTaggert entend des voix : toujours équipée uniquement de ses sous-vêtements, elle se dirige donc vers l’origine des bruits et jette un oeil à ce qu’il se passe ; et figurez-vous que ce n’est pas rien.

En effet, le général Jean-Jacques boit tranquillement un verre au milieu de personnes plutôt louches : et tout d’abord leur chef, Sebastian Shaw, ex-médecin dans un camp de concentration que l’on a vu au début du film, mais visiblement toujours aussi jeune (voire plus, comme cela est mystérieux !) mais plus riche et pédant encore qu’autrefois, et qui explique qu’il aimerait que le général accepte de déployer des missiles atomiques en Turquie. Ainsi, le bloc de l’Ouest serait capable de pulvériser l’URSS avant même que celle-ci n’ait le temps de riposter.  Lorsque le général refuse, du fait que cela pourrait être une provocation menant à un conflit mondial, Sebastian présente ses acolytes pour l’effrayer un peu : la pupute blanche est en fait la Reine Blanche, une nana capable de transformer son corps en diamants, ce qui est pratique pour se la péter dans les soirées mondaines, et qui est télépathe à ses heures. Riptide, un type capable de créer des tornades à volonté, et Azazel un mec à la peau rouge et avec une queue de démon pouvant se téléporter selon son bon plaisir, seul ou avec d’autres personnes du moment qu’il les touche. Shaw s’amuse donc du fait que le général soit fort impressionné par les supers-pouvoirs de ses hommes, puis ajoute à cette couche menaçante une belle offre pleine de pognon pour achever de le convaincre, ce qui fonctionne plutôt pas mal tant le général semble aimer le pognon. Une fois cela fait, il fait téléporter Jean-Jacques via Azazel pour on ne sait où.

Moi, quand j’ai un mec qui peut se téléporter avec autrui à volonté, je ne m’emmerde pas à faire construire des passages super-pas-secrets dans des clubs de canaillous sur-fréquentés où tout le monde peut me trouver à n’importe quel moment juste par accident : je dis "Venez Jean-Jacques, rendez-vous au Macumba ce soir dans la loge 8", et une fois dedans, pouf pouf, je le fais téléporter à moult bornes de là dans un bureau tranquille où personne n’a aucune chance de tomber, même en cas de filature de Jean-Jacques. Mais bon, je ne suis pas un méchant supposément génial, moi, je dois forcément me tromper. C’est tellement mieux un passage pourri qui mène droit à des documents secrets (et où il n’y a même pas une lampe ou un son pour avertir les gens dans la pièce d’à côté que le passage vient d’être activé et qu’on risque de les espionner/les déranger).

Moira McTaggert, qui a tout vu sans se faire repérer, file donc vers sa voiture restée devant le club et attrape sa radio pour appeler le patron de la CIA, en pleine réunion au Pentagone : elle lui explique que comme on lui a ordonné, elle a suivi le général Jean-Jacques, mais que celui-ci a été corrompu par des mutants avec des supers-pouvoirs, et que… "Shut up, bitch", la coupe son patron : il ne sait pas ce qu’elle raconte, mais c’est probablement du caca, puisque le général Jean-Jacques n’est pas à Las Vegas, mais bien au Pentagone où il vient d’arriver, et à moins qu’il n’ait fait 10 000 kilomètres en quelques secondes, ça parait compliqué qu’elle puisse l’avoir vu quelques minutes avant dans un club de la célèbre ville des joueurs. McTaggert se fait donc raccrocher à la gueule. Et la réunion commence donc très fort, puisque le général Jean-Jacques, comme on le lui a demandé, demande l’installation de missiles américains en Turquie : pouf, en 2 minutes, c’est voté.

Tout cela soulève plusieurs problèmes :

  • Azazel sait où téléporter quelqu’un au sein du Pentagone sans faire de témoins ? Il sait quelle pièce est déserte et à quelle heure ? Il est fort.
  • Le général ne savait pas que Shaw pouvait le téléporter à Washington en quelques secondes. Alors s’il était attendu à une réunion du Pentagone sur la sécurité mondiale, que foutait-il à Las Vegas ? Il ne pouvait pas rencontrer Shaw un autre jour ? Genre la veille ? Et plus près ?
  • Personne ne semble remarquer autour de la table où tout le monde est en uniforme que Jean-Jacques est le seul mec en smoking.
  • Je suis patron de la CIA, j’ai ordonné une enquête sur un chef d’état-major US, je sais que ce soir, il est à Las Vegas pour rencontrer des gens louches, c’est même pour ça que je prends en pleine réunion les appels des gens censés me tenir au courant de ce qu’il se passe, et ces derniers m’informent que le général vient de disparaître alors qu’il était en plein entretien secret avec des gens frayant avec l’Est. Et au même moment, le même général, que j’ai fait suivre jusqu’à Vegas, apparaît à Washington : sans même penser à l’hypothèse de la téléportation, je soupçonne très très fort que j’ai affaire à un sosie/une ruse quelconque particulièrement louche. Et je suis conforté dans mon hypothèse par l’attitude du général qui à peine arrivé, parle de foutre la zone et de briser l’équilibre de la guerre froide, chose qu’il n’avait jamais faite auparavant.
  • Il suffit d’un général pour prendre une telle décision en une soirée ? Mazette, au Pentagone, ils ont les réunions les plus productives de l’histoire.

Je continue ou ça ira ? Allez, on va s’arrêter là dans l’immédiat.

McTaggert de son côté est toute frustrée de voir que personne ne la croit : plutôt que de souligner les incohérence ci-dessus, ou même de transmettre les documents en russe qu’elle a trouvé dans le bureau à sa hiérarchie et qu’elle avait l’air de trouver particulièrement sensibles quand elle les a vus (elle lit le russe), elle préfère s’exclamer "On va avoir besoin d’un spécialiste des mutants !". Ou d’un cerveau, au choix. Mais comme nous le verrons plus tard, contrairement à sa réputation, Charles Xavier n’a que l’une de ces deux compétences.

Ça tombe bien, quelques jours plus tard, à Oxford, notre bon Charly décroche son diplôme de Professeur pour sa thèse sur la génétique, sous les applaudissements des présents. Il va donc, comme il se doit, se rincer la tronche avec les copains pour fêter ça, histoire de finir la soirée à vomir dans le pub alors que Patrick Sébastien chante "Tournez les serviettes". Mais au milieu de la beuverie surgit la belle Moira, qui explique qu’elle a besoin de toute urgence de son aide. Hop, pour Charles, c’est le moment d’utiliser ses supers-pouvoirs : pouf pouf, il lit ses pensées, découvre ses mensurations, et apprend ce qu’elle a vu à Las Vegas, ainsi que qui sont ses employeurs. Soit, dit le bon Xavier qui sent le danger des vilains mutants que Moira a surpris, je vous aiderai dès demain. Là, j’ai un peu bobo têtête, et puis je peux pas vous aider ET faire tourner ma serviette.

Le pouvoir de Charles Xavier ne marche pas s'il ne lève pas manuellement son sourcil gauche pour faire une tête genre "Ha haaaaa..."

Et donc, quelques jours plus tard, au Pentagone, le professeur Charles Xavier fait une présentation au patron de la CIA expliquant que bon, voilà, oui, il y a des mutants dans la société, et qu’effectivement, ils peuvent avoir des pouvoirs paranormaux comme lancer du feu, se téléporter ou apprécier Nadine Morano. Le chef des services secrets ricane donc en disant que tout cela est ridicule, et reste pessimiste, même lorsque Charles lui explique que lui-même est un mutant et qu’il peut lire ses pensées, et ainsi savoir que depuis une demi-heure, le big-boss de la CIA pense "Il faudra que je pense à sortir Scrappy en rentrant, si je ne veux pas qu’il bousille le tapis. Sacré Scrappy !". Devant le manque de succès de cette démonstration, c’est donc Raven (allez savoir ce qu’elle fichait là) qui décide de changer d’apparence devant tout le monde pour appuyer le propos en faisant une démonstration de son peu banal pouvoir : la CIA est donc convaincue. Et propose aux mutants d’intégrer un laboratoire où ils pourront développer leurs capacités et se regrouper pour lutter efficacement contre les méchants mutants de Sebastian Shaw.

Mais justement : avant d’aller au laboratoire, Charles pense déjà savoir où se cache Shaw grâce à ses grands pouvoirs, et propose à Moira de lancer une opération pour l’arrêter. Après tout : plus tôt ce sera fait, mieux ce sera.

Je parle, je parle… et je suis sûr que pendant ce temps, vous vous arrachez les cheveux en vous demandant "Et le petit Erik dans tout ça ? Qu’est-il devenu ? Je m’inquiète, assez, assez, dites-moi tout !" : j’y viens ! Le petit garçon a bien grandi, et est désormais un adulte grognon qui cherche à retrouver les nazis qui lui ont fait du mal ainsi qu’à sa famille. Oui, il lui a fallu 18 ans pour réaliser que "Ah, oui, merde en fait : Sebastian Shaw, il a pas été gentil de tuer ma mère. J’aurais peut-être dû le buter plutôt que de devenir son pote si j’avais été un peu cohérent.", enfin bon, mieux vaut tard que jamais. C’est donc à Genève qu’on retrouve trace de notre ancien déporté, qui se rend dans une banque du pays du fromage à trous : il a en effet avec lui un lingot d’or frappé du symbole du IIIe Reich, dont il se sert pour rencontrer le directeur local, en charge de ce genre d’opération de dépôt, disons, sensible. Sauf qu’une fois en présence de l’honorable banquier, Erik ne parle pas vraiment ouverture de compte et agios : il utilise plutôt ses pouvoirs magnétiques pour jouer avec ses plombages et le torturer un peu en lui demandant gentiment où se cache l’un de ses clients du nom de Sébastien Shaw. L’homme résiste un peu, mais lorsque le métal commence à lui sortir de la bouche, il finit par cracher le morceau tant au sens propre que figuré : celui qu’Erik recherche est en Argentine ; satisfait, notre héros quitte donc les lieux pour attraper le premier avion pour Buenos Aires.

J’imagine bien Erik dans l’avion l’emmenant au-dessus de l’Atlantique, en train de se dire "Hmmm, je crois que j’ai encore été un peu con : j’aurais dû lui demander une adresse. Je crois que l’Argentine, c’est grand en fait."

Par on ne sait quel raccourci magique (probablement en suivant les traces d’import de bière allemande, sans laquelle le Germain ne peut survivre loin de chez lui), il finit cependant par trouver une petite taverne au milieu de nulle part (oui parce qu’en plus, ce n’est même pas dans une ville ou un village : il retrouve par enchantement un bâtiment installé en plein milieu de la pampa sans autre construction humaine autour. Très fort), et y rencontre trois personnes : le tenancier et deux clients. Erik, bon vivant, engage vite la conversation sur le fait qu’il est allemand d’origine, ce en quoi ses compagnons de bière s’exclament "Ja ! Nous zaussi !" ; mais pas le dernier pour la déconne, notre larron ajoute promptement "Et je suis juif aussi", ce qui provoque moult sifflotements innocents et regards en direction des chaussures de la part des autres présents. Aucun ne pense à détendre l’atmosphère d’un bon "Allons ! A l’époque, nous étions tous dans le même camp !" en faisant de gros clins d’oeils appuyés sur le mot camp, l’humour nazi étant souvent source de malentendus. Erik, lui, remarque vite que ses interlocuteurs sont en train de sortir diverses armes, genre pistolets et dagues SS pour se débarrasser de lui, mais grâce à ses pouvoirs, il les éclate bien vite. Et il note une photo sur le mur sur laquelle on voit Sebastien Shaw en compagnie des nazis qu’il vient de dézinguer devant une photo marquée "Miami". Ni une, ni deux, il s’y rend donc sur le champ.

Là encore, dans l’avion survolant le Brésil, Erik a dû se dire "Roooh, crotte de bique ! Si ça se trouve, la photo avait 15 ans ou même elle avait été prise en vacances et Sebastian n’est plus là-bas depuis longtemps, ou n’a jamais habité Miami ! J’aurais peut-être dû leur demander directement où il était. Décidément, quelle tête de linotte je fais, hihihihi."

Ok. Ce n’est donc définitivement pas notre petit Erik qui va remonter le niveau général.

Mais coup de bol : Sebastian Shaw est toujours à Miami, en effet, puisqu’il réside sur place à bord d’un luxueux yacht. Il se permet même d’y recevoir le général Jean-Jacques, venu réclamer le pognon qu’il a gagné à la sueur de sa corruption sur la question des missiles turcs. D’ailleurs, le haut-gradé a tout prévu : pour être sûr de pouvoir repartir avec son argent sans finir massacré par des mutants aux pouvoirs mystérieux, il est venu avec une grenade qu’il menace de faire exploser si jamais on ne lui donne pas ce qu’il veut. Ce faisant, il tuera tous les présents sur le pont (en même temps, moi, en présence d’un mec capable de me téléporter loin de là pour que je me retrouve tout con avec ma grenade et d’un autre pouvant me souffler vers l’horizon à coups de tornades, j’aurais cherché une autre stratégie). Pas de problèmes ! Répond Shaw : passe-la moi ta grenade, je vais la dégoupiller moi-même : ce qu’il fait. Au point de la faire exploser entre ses mains ! Sauf que : voici que Sebastian lui-même est un mutant… dont le pouvoir lui permet d’absorber l’énergie : électricité, explosions, balles envoyées sur sa tronche… il en absorbe toute l’énergie sans soucis, ce qui le rend totalement insensible à tout cela. Et lui permet en plus de s’en servir pour deux choses :

  • rester jeune et plus ou moins beau
  • utiliser le surplus absorbé comme arme et par exemple, désintégrer un général Jean-Jacques peu coopératif. Ce qu’il fait.

Plus personne ne parlera donc jamais du pauvre Jean-Jacques du film, ou ne cherchera à savoir ce qu’il est advenu de lui. C’est vrai quoi : le patron de la CIA a vu de ses propres yeux que les mutants existaient grâce à Raven, a tout le rapport de Moira dans lequel on lui explique que Jean-Jacques a été corrompu par une puissance étrangère pour faire installer des missiles en Turquie, rapport rendu crédible, y compris sur la partie de la téléportation, par le fait que l’on sache désormais que c’est possible, et voilà que Jean-Jacques, juste après avoir fait passer l’idée des missiles, disparaît.

C’est pas suspect au point que l’on annule/revienne sur la décision de suivre son plan ? Non ? Non.

Passons sur ces évènements, et revenons au yacht en rade de Miami : la nuit est désormais tombée, et tout semble calme. Pourtant, dans l’eau, une silhouette s’agite plus que de raison : il s’agit d’Erik, qui a localisé le rafiot de son ennemi juré et qui prépare une opération commando sur ce dernier. Il nage donc doucement jusqu’au navire, et surgit donc soudainement sur le pont, dérangeant Shaw, la Reine Blanche et Riptide, qui étaient en pleine soirée pyjama à rire de bon coeur en mangeant de la glace. La Reine Blanche perçoit donc dans ses pensées son intention de tuer les présents (heureusement que tu es télépathe ! Sinon, l’arrivée nocturne et discrète d’un mec en tenue commando brandissant un couteau, ça aurait pu te mettre sur la piste aussi), et Riptide réagit promptement en rebalançant Erik à l’eau d’une bonne tornade dans la face. Mais le répit est de courte durée : au loin, incroyable coïncidence, arrive au même moment une corvette de la marine qui ordonne aux occupants du yacht de se rendre : à bord, Moira McTaggert et Charles Xavier guident l’opération visant à capturer le vilain Shaw. Des commandos sur des zodiaques sont rapidement envoyés vers l’ennemi, mais de terribles tornades les renversent et les repoussent comme il se doit. Charles, lui, sent bien la présence d’une télépathe ennemie aux côtés de Shaw, ce qui l’empêche de prendre le contrôle de ce dernier pour l’obliger à se rendre. A l’inverse, la Reine Blanche aussi sent bien qu’il y a un télépathe aux côtés des hommes du gouvernement. Et en plus, dans le même temps, histoire de rendre la situation encore plus chaotique, Erik, depuis l’eau, utilise ses pouvoirs pour manipuler l’ancre du navire de l’ex-médecin de la mort et s’en sert pour commencer à défoncer le pont de celui-ci. Au prix du yacht, j’ai quand même envie de dire que c’est un petit enfoiré.

Vite, s’exclame Sebastian Shaw ! Il faut filer ! Pas de problèmes : son bateau, il l’a piqué à Rastapopoulos : en-dessous du yacht se trouve un véritable sous-marin nucléaire ultra-design, avec même des néons dessus (si) pour faire de la lumière sous l’eau, ce qui est très pratique pour se faire repérer. D’ailleurs, ils les laissent bien allumés, là, alors qu’ils tentent de fuir vite et bien, comme quoi, ça fait vraiment partie des trucs vus comme indispensables par l’équipage. Et je ne vous parle même pas de l’intérieur du submersible : c’est tout propre, design, et tout et tout : le top du top de la classe étant bien évidemment le réacteur nucléaire, lui aussi conçu façon meuble futuriste, à peine plus gros qu’un bureau. Salle du réacteur qui n’est séparée du salon du sous-marin (tout sous-marin a son salon, enfin !) que par une petite porte coulissante. On peut donc boire son thé dans un fauteuil tout en se faisant méchamment irradier la gueule : c’est bien ("Hmmm, il est bon ce martini ; je le savoure pour oublier la douleur provoquée par ce troisième bras qui me pousse sur la fesse"). Pour le reste, le tout fonctionne avec un équipage limité : Azazel, Riptide et la Reine Blanche, qui ont visiblement tous leur BTS de sous-marinier, suffisent à le faire fonctionner.

"Vite, fuyons ! Ah, si seulement l'un d'entre nous avait un pouvoir de téléportation... Azazel, démarre le sous-marin !"

Hé bé. Même aujourd’hui on en a pas des comme ça. C’était moderne, 1962. Tiens d’ailleurs, pourquoi s’enquiquiner à utiliser un sous-marin tuning qui a dû coûter le PIB de la Californie pour fuir quand on a Azazel ? Je ne comprends pas bien. Surtout que pour suivre un mec qui se téléporte, il faut se lever tôt. Enfin bon, encore une fois : le méchant est supposément génial et maléfique, il doit avoir ses raisons.

Revenons en surface, alors que la corvette de la marine se contente de dire "Zut, ils s’enfuient" (retenez bien cela, car comme nous le verrons plus tard dans ce film, tous les marins semblent dénués de réactivité), plutôt que de, je ne sais pas moi, leur balancer une charge sous-marine sur le nez, ou tout simplement, enclencher le sonar pour les suivre. Erik, lui, n’est pas prêt à les laisser se barrer, et tente d’utiliser ses pouvoirs pour stopper le sous-marin en le tirant en arrière, mais hélas, il n’est pas assez puissant : c’est lui qui est tracté vers le fond. A aucun moment, il ne pense que ses pouvoirs pourraient lui permettre, entre autres : de plier les pales de l’hélice pour arrêter le sous-marin, de transformer le gouvernail en cocotte ou autre figure d’origami, ou plus simplement, d’ouvrir une écoutille pour noyer tout ce petit monde : je suis sûr que si Sebastian Shaw peut absorber l’énergie, il a plus de mal quand il s’agit de milliers de litres d’eau. Aucun sens pratique ces jeunes.

C’est donc Charles qui, depuis la corvette, sentant la présence d’un mutant derrière le sous-marin, saute à l’eau façon Alerte à Malibu, le maillot en moins, pour éviter la noyade à ce dernier et le ramener à la surface. Erik est donc un peu colère, puisqu’il ne peut plus que se contenter de voir la lumière du sous-marin tuning s’éloigner sans que personne ne remue le petit doigt. Moi-même, j’étais un peu perplexe.

La mission de capture de Sebastian Shaw est donc un échec. Qu’importe : Charles ne baisse pas les bras, et se rend donc en compagnie d’Erik et de ses autres compagnons habituels dans un laboratoire secret que la CIA se propose de mettre à disposition des mutants pour les aider à protéger l’Amérique des vilains brigands de Shaw. Sur place, ils rencontrent donc un autre mutant : Hank McCoy, dit Le Fauve, qui a la particularité d’être un génie (il a par exemple conçu un supersonique fort moderne, capable de faire du sur-place quand le besoin s’en fait sentir), et donc comme tous les génies de film, il est génial dans tous les domaines scientifiques. Son super-pouvoir n’est cependant pas là : il dispose de gros pieds façon gorille. Voilà. Trop cool. Il peut donc s’accrocher aux branches la tête en bas, ou commander des chaussures pointure 57. C’est ce que j’appelle un beau pouvoir de merde "Regarde ! Je peux écrire avec mes pieds !" : à part exciter Georges Tron, ça n’a que peu d’intérêt. Mais Raven le trouve en conséquence très séduisant : elle aussi au naturel n’a pas un physique accepté de tous, aussi cela la rapproche du jeune scientifique. Qui se propose d’utiliser les gènes de la métamorphe pour créer un sérum apte à donner une apparence "normale" permanente aux mutants sans pour autant supprimer leurs pouvoirs ; la jeune fille bleue est donc très enthousiaste à cette idée. Elle pourrait peut-être enfin couchailler.

Dès le lendemain de leur arrivée, la CIA a une bonne nouvelle pour nos héros : McCoy a reprogrammé en 1h le radar de la base pour en faire un amplificateur d’ondes cérébrales, capable de permettre à Xavier de sentir la présence de mutants sur des milliers de kilomètres, ce qui est moins que le temps nécessaire au montage d’un meuble Ikea. En effet, Charles a prévu de recruter des mutants pour pouvoir combattre l’armée de Sebastian Shaw. L’outil est donc fort pratique : il suffit au jeune professeur d’enfiler un casque pour soudain apercevoir des centaines de mutants dissimulés au sein de la population américaine ; à noter que pendant ce temps, un ordinateur de 1962 d’une puissance d’au moins 8 Ko détecte les coordonnées de chaque mutant ainsi repéré, histoire d’ensuite aller les recruter. C’est très puissant. C’en est à se demander pourquoi on a attendu pour inventer le GPS.

Avec la liste des coordonnées, Charles et Erik s’en vont donc recruter plusieurs larrons :

- Angel Salvadore, une strip-teaseuse qui dispose sur le dos de tatouages représentant des ailes insectoïdes genre petite fée (mais fée prostipute alors), qu’elle peut rendre réelles en un clin d’oeil. Autre pouvoir top classe : elle peut cracher des boules mi-caca mi-acide bien immondes, ce qui ne donne pas trop envie de lui rouler des patins. Ou de lui parler gâteries. Rien que d’y penser, brrrr.

- Sean Cassidy, un adolescent rouquin qui peut projeter en criant des ondes qui font par exemple exploser le verre. Il est donc fort logiquement recruté dans un concert de Justin Bieber, où il gueule au premier rang "Babybabybabyhoooo". J’espère que son surnom de mutant sera "Bâbord", car comme chacun sait, c’est à bâbord qu’on gueule le plus fort.

- Alex Summer, un jeune homme disposant d’un incroyable pouvoir : il peut faire du hula-hoop laser. Oui. Je… comment dire… bon, ne disons rien. Ça n’a pas dû être facile à vivre pour lui. Sa sexualité a dû souvent être remise en cause.

- Darwin, un chauffeur de taxi noir dont le pouvoir est qu’il peut s’adapter pour survivre (des branchies lui poussent par exemple si on lui met la tête dans l’eau, sa peau se transforme en pierre si on le frappe, etc). Même si pour le coup, on s’est foutu de sa gueule : s’il s’adaptait vraiment pour survivre, il serait blanc.

- Nos héros localisent bien un certain Wolverine, mais quand ils l’accostent pour lui proposer un boulot, celui-ci les invite à aller expérimenter certaines pratiques homosexuelles qui désappointent beaucoup nos héros, tant ils ont peu de goût pour les calembours à caractère discriminatoire. Ils le laissent du coup tranquille.

Une fois cette fine équipe réunie, nos héros retournent donc à leur base de la CIA, où ils apprennent une nouvelle intéressante : Shaw a été localisé. Il est quelque part en Russie, où il doit rencontrer dans une datcha isolée un certain général Volkov. Moira McTaggert, Erik, Charles et quelques soldats sont donc dépêchés sur place pour tenter de l’intercepter. Les jeunes, eux, sont laissés à la base pour apprendre à se connaître, et ils font donc une petite teuf qui est l’occasion pour eux de se trouver des noms de code : celui qui crie devient Le Hurleur, l’homme hula-hoop prend le nom de Havok, Darwin est intelligemment renommé Darwin (si), et Raven utilisera désormais le pseudonyme de Mystik (je suis pas sûr qu’elle avait besoin d’un surnom, déjà qu’elle a pas de nom de base). Ils trouvent aussi des surnoms pour Charles et Erik : le premier se voit attribuer le titre de "Professeur X", façon film porno, alors qu’Erik a le droit à "Magneto", même s’il y a eu une hésitation assez longue, certains proposant "Crumble aux Pommes", puisque ce n’était pas plus ridicule. Une fois cela fait, nos fieffés filous font donc une petite fête en se saoulant au coca, et tentent de voir si Mystik peut faire grossir sa poitrine à volonté, ce qui est le vrai intérêt de son pouvoir.

Ce petit con d'Alex, pris sur le fait alors qu'il s’entraînait au hula-hoop laser dans le garage parental.

Mais passons sur ces histoires de rebondissements mammaires, et retournons en URSS voir comment la mission se passe pour nos héros : sur place, tout ne se déroule pas comme prévu ; par exemple, Moira est surprise de tomber sur un checkpoint "signalé sur aucune carte" (salauds de russes ! Ils n’indiquent pas sur les cartes  où ils font des contrôles surprise ! J’espère qu’ils mettront des panneaux "Pour votre sécurité, contrôles militaires" ; ou des checkpoints pédagogiques, j’hésite encore), mais Charles a tôt fait de pénétrer l’esprit des soldats pour leur faire croire qu’il n’y a rien de suspect dans le camion banalisé qu’utilise le commando pour se déplacer. La troupe peut donc continuer jusqu’à la datcha, mais une autre surprise les attend : Shaw n’est pas venu en personne rencontrer le général Volkov : à la place, il a envoyé la Reine Blanche, qui a plus d’arguments pour convaincre un petit vieux ployant sous la charge de ses médailles. Erik, lui, refuse de rester là à observer sans rien faire : il passe donc à l’action malgré les ordres, et fait s’animer les barbelés autour de la base pour entortiller les sentinelles dedans. Et pour les soldats restants, il se contente de les désarmer et de les assommer à l’ancienne. Charles est donc obligé de passer derrière, et s’approche donc d’un soldat entortillé dans les barbelés (qui a la politesse de ne pas crier à l’aide ou de donner l’alarme) pour lui effacer la mémoire grâce à la puissance de son GHB spirituel. Ouais, enfin au réveil, le mec sera toujours enroulé dans du barbelé : j’espère que Charles lui implante au moins de faux souvenirs, genre "Ah ! Hier, on a un peu abusé lors de la soirée mousse au Lenin’s Folies : on aurait pas dû se rouler dans les barbelés en rentrant, huhuhu". Autre curiosité, Charles n’efface la mémoire qu’à un seul garde avant de foncer vers la datcha : tout le reste de la garnison a donc le parfait souvenir de ce qu’il s’est passé. Je ne vois pas trop l’intérêt de rendre amnésique qu’un seul mec quand il y a moult témoins, mais bon. En tout cas, notre professeur rejoint promptement Erik à l’intérieur de la résidence, et ils arrivent rapidement tous deux dans la chambre où le général s’était enfermé avec la Reine Blanche ; ils la trouvent sur place, en train d’hypnotiser le vieil homme grâce à ses pouvoirs.

Ni une, ni deux, elle tente bien de prendre sa forme de diamants pour être plus forte et mieux protégée contre les pouvoirs de ses ennemis, mais ses adversaires sont plus rapides : Charles endort le général pour ne pas être ennuyé (c’est à se demander pourquoi il n’a pas fait ça sur toutes les sentinelles pour aller plus vite au lieu de laisser Erik s’en occuper), et Erik s’occupe lui d’utiliser le métal du pied de lit pour en faire des liens qui se referment sur la vilaine pupute Reine Blanche. Crotte alors, la voici bien ennuyée ! Elle ne peut même pas garder sa forme de diamants, car sinon, Erik s’amuse à la stranguler avec le métal du lit pour la dissuader : et elle n’est pas maso, c’est qu’elle se transforme en diamants, pas en cuir. Ainsi affaiblie, Charles peut pénétrer son esprit et voir ce qu’est le plan de Sebastian Shaw. Attention :

Le bougre veut tout simplement déclencher une guerre nucléaire, comme ça, il ne restera que les mutants sur Terre, et plus d’humains.

Voilà voilà. Car c’est connu : les mutants résistent particulièrement bien aux explosions nucléaires. Et puis ça doit être tellement super de vivre dans un monde en ruines : je suis sûr que Sebastian Shaw a très envie de devenir fermier puisqu’il n’y aura plus personne pour remplir les rayons de son Intermarché. Ou alors, il est juste très con, et il n’y a pas pensé. Je penche plutôt pour cette deuxième option, puisque depuis le début, il a l’air bien débile, quand même, aucun de ses plans ne tenant debout.

Charles, après avoir appris cela, annonce la suite des opérations : on ramène la bougresse blanche vivante à la base, pour la laisser à la CIA (mais oui mon bon Xavier : toi qui aimes tant la vie et l’amour, tu es prêt à livrer une mutante ennemie à la CIA, qui ne la torturera et ne fera aucune expérience sur elle, hein, c’est pas du tout son genre). Sinon, tant qu’à être dans son esprit, tu pouvais la faire changer de camp : c’était simple, efficace, direct et ça te permettait d’avoir un agent double surpuissant. Mais bon, tout comme je ne suis pas aussi génial que Sebastian Shaw, je n’égale pas non plus le professeur Xavier.

Allons plutôt voir ce qu’il se passe pendant ce temps à la base de la CIA, justement, car il se trouve que de curieux évènements sont en train de se dérouler : déjà, des tornades suspectes sont soudainement apparues, alors que les jeunes mutants étaient tranquillement en train de se détendre, et ont commencé à attaquer le bâtiment, et à raser l’amplificateur d’ondes mentales que McCoy avait conçu. Ça ressemble à du Riptide. Par ailleurs, il y a de curieux sons : des petites détonations suivies de long cris : c’est Azazel qui se téléporte très rapidement derrière les gardes, les saisit, les fait réapparaître 100 mètre au-dessus de la base, puis les lâche avant de se téléporter. Un grand moment. Enfin, Sebastian Shaw en personne débarque et rentre dans la base sans soucis, puisqu’absorbant balles et roquettes pour rebalancer le tout sous forme d’énergie pure sur les gardes restants. A noter que ce dernier dispose en plus d’un immonde couvre-chef : un casque au design immonde conçu par les russes, supposé arrêter les ondes psychiques des télépathes : le filou prend ses précautions.

Une fois la base nettoyée, Sebastian et ses acolytes se rendent dans la salle de repos où les jeunes mutants se cachaient, et leur explique la situation : lui, il est gentil (c’est pour ça qu’il vient de tuer une cinquantaine de personnes avec ses gars alors qu’il pouvait se téléporter directement auprès des d’jeun’z pour leur causer sans encombres). Il veut juste que les mutants ne soient plus enquiquinés par les humains, et ne soient plus "esclaves" (dit il en regardant très fort et très subtilement Darwin, qui je le rappelle, est noir), mais plutôt des "rois". Angel, intéressée par ce raisonnement digne de Simplet, décide donc de rejoindre le camp des méchants (elle était strip-teaseuse à la base : un métier pas suffisamment moral, donc elle était forcément méchante au fond : qui montre son cul est forcément corrompu, dit le proverbe). Darwin, lui, fait aussi croire à Shaw qu’il le rejoint, mais il s’agit en fait d’une diversion ! Il crée suffisamment de confusion pour laisser à Havok le temps de tirer un de ses fameux hula-hoop laser, mais bien qu’il touche Sebastian Shaw, ce dernier en absorbe toute l’énergie. Et pour bien expliquer son désarroi, l’ex-médecin de la mort s’approche de Darwin et lui colle deux doigts dans la bouche (gros dégoûtant) avant de faire réapparaître les hula-hoop dedans. Le pauvre malheureux tente bien d’évoluer pour adapter son corps à cette menace, mais malgré plusieurs transformations (en métal, en pierre volcanique, etc), il finit tout simplement par être désintégré par l’énergie dégagée.

Adieu, pote black des héros. C’est tellement original.

Angel, sitôt devenue méchante, devient aussitôt capable de piloter le sous-marin nucléaire de Shaw, alors qu'elle est strip-teaseuse de formation. C'est fou.

Et pendant ce temps, Azazel, Riptide et Shaw se téléportent au loin accompagnés de leur nouvelle copine, Angel. Aussi, lorsque l’équipée qui était en URSS rentre à la base, elle retrouve celle-ci à demi-rasée, avec les jeunes recrues mutantes errant dans les ruines (oui, parce que Sebastian Shaw, il a beau être méchant et dire "Si vous n’êtes pas avec moi, vous êtes contre moi", il ne tue pas les gens contre lui et leur laisse le temps de s’organiser pour contre-attaquer. Je ne cherche plus). Charles propose alors de faire rentrer chacun chez soi, car tout cela est trop dangereux. Mais les filous veulent se battre et se venger. Et puis accessoirement, mon petit Charles, tu les avais pas recrutés pour se battre, justement ? Donc dire "C’est trop dangereux", tu aurais pu y penser avant. Monter une armée avant de se rappeler que la guerre, ça peut faire bobo, c’est un peu con. En tous les cas, la base est désormais inutilisable : le professeur propose donc la résidence de son enfance, le Manoir Xavier et son immense terrain pour en faire le nouveau centre d’entrainement de la troupe : soit.

Et si nous profitions de ce moment pour aller faire un tour à Moscou ? En effet, du côté de la Place Rouge, ça s’agite : Sebastian Shaw est venu achever de convaincre le général Volkov qu’il doit faire installer des missiles à Cuba, en réplique à ceux installés par les USA en Turquie. Et ça fonctionne : le gradé accepte. Et là encore, à lui seul, il parvient à convaincre en deux minutes tout l’Etat-Major soviétique de la nécessité de la manoeuvre : rapidement, l’URSS prépare donc un cargo transportant des missiles nucléaires pour les livrer à l’ami Castro. A noter : les soviétiques sont visiblement persuadés que les américains n’ont pas encore inventé l’avion, et ne peuvent donc pas observer leurs navires de haut : ils mettent donc bien en évidence sur le pont les missiles. Je rappelle qu’à la base, c’est supposé être une opération discrète. Ne manque qu’un panneau géant "ATTENTION : TRANSPORT SECRET DE MISSILES NUCLÉAIRES" au-dessus, et c’est bon.

Les américains apprennent donc, curieusement, la manoeuvre, et la tension commence à sérieusement monter entre les deux superpuissances, qui se rapprochent du conflit.

Éloignons-nous de ces évènements internationaux et retournons si vous le voulez bien à la résidence Xavier, afin de voir ce que font nos joyeux mutants en attendant la suite. Charles s’occupe de chacun pour aider à ce que tous améliorent leurs pouvoirs : il s’entraîne à la course avec Mc Coy, afin qu’il réalise que ses pieds lui permettent de courir bien plus vite que n’importe quel humain. Le même Mc Coy qui a réalisé pour Havok une tenue qui permet de concentrer ses hula-hoops en un seul gros laser qu’il peut tirer depuis son torse, ce qui lui permet de mieux viser. Pour le Hurleur, Xavier et Mc Coy réalisent une… tenue pour voler ?! Quoi ? Mais attendez, son pouvoir c’est de crier ! Vous auriez pas pu lui filer un mégaphone ? Ou un téléphone pour faire "Allô, Sebastien Shaw ? CRIKITUE !" ? Nan ? Parce que ça je suis sûr qu’il ne s’y attend pas. Bon, enfin : sans aucune raison, ils lui filent donc une espèce de tenue de base jump avec laquelle, en criant, il peut voler. Bon bon bon. Et Erik alors ? Et bien Charles lui montre une monstrueuse parabole à plusieurs kilomètres de la résidence, et lui propose d’essayer de la faire pivoter : impossible, trop loin et trop gros. Mais le professeur sait comment guider son ami : en l’aidant à se concentrer sur un souvenir amenant son esprit "entre la fureur et le calme total" : il fouille donc dans son petit crâne pour trouver le souvenir qui va bien, et trouve un passage où, enfant, il priait avec sa mère à la lueur de bougies. Ce souvenir est tellement beau que ça donne la force à notre Magneto de remuer la parabole (j’espère que ça servait pas à un papy à regarder un porno par satellite, sinon il a dû être bien vert "Héééé ma parabole, enfoirééé de Magneto !"). Donc oui, hein : Magneto, pour être au meilleur de sa forme et réaliser des prodiges, il a besoin de penser à un moment heureux : c’est le Peter Pan des X-Men. Sa réputation en prend un coup. Enfin, Moira McTaggert, elle, seule non-mutante sur place, a juste le droit de cuisiner des cookies et de la fermer.

De son côté, Raven continue de piquer sa petite crise sur son physique, parce qu’elle veut être aimée sous sa forme naturelle et bleue, attiser le désir chez les mâles, tout ça tout ça, mais n’ose prendre sa vraie apparence malgré tout pour être acceptée des autres. Erik lui explique donc qu’elle doit arrêter de se cacher et se montrer sous sa vraie forme en s’assumant : et bin elle comprend tellement bien le message qu’elle décide non seulement de rester sous sa forme bleue, mais aussi de ne plus porter de vêtements du tout : en deux phrases, la petite fille complexée se retrouve transformée en nudiste psychopathe. Allez comprendre. Bon, d’ailleurs, Erik en profite pour faire un peu plus qu’ami-ami avec elle, puisque les filles toutes bleues, ça l’a toujours excité. Je vous raconte pas dans quel état Avatar l’a mis, mais passons. Cette histoire a une conséquence : McCoy, lui, a bouclé le sérum permettant d’avoir une apparence normale qu’il avait promis à Raven. Mais lorsqu’il lui apporte, celle-ci n’en veut plus et veut être fière de ce qu’elle est. Il s’injecte donc le produit tout seul, et voit en effet à sa grande joie ses pieds prendre une apparence humaine. Mais son euphorie n’est que de courte durée : soudain, son pied se déforme à nouveau, mais le résultat est encore pire qu’avant : au lieu de calmer ses cellules mutantes, il les a stimulé, rendant sa mutation encore plus importante : sa peau devient bleue comme Raven, de la fourrure lui pousse et tout son corps se déforme : il devient donc mi-homme mi-fauve, mais bleu… heu… il devient "Le Fauve", quoi. Finalement, il se dit qu’il aurait dû se contenter de ses gros pieds et se mettre au basket. Mais c’est un peu tard, parce que là, il a plutôt une grosse tête de félin, des envies de grimper aux murs, de niquer les rideaux et de déféquer dans une caisse en plastoc. La vie est dure pour les fauves modernes. J’espère que le professeur Xavier va le faire tatouer et vacciner.

Et la crise de Cuba dans tout ce bazar, hein ? Les missiles, tout ça, où en est on ? Nos héros décident d’aller regarder à la télé pour suivre l’affaire, et découvrent que l’on est proche de la guerre nucléaire : si le transporteur de missiles soviétiques décide de franchir les lignes de sécurité du blocus américain sur Cuba, il sera détruit sur le champ. Et l’URSS a déclaré que si on lui tirait dessus, ce serait la guerre. Diable !

Sebastian Shaw a bien fait son travail : le conflit mondial est proche. Charles et Xavier, connaissant le plan du méchant, ils le soupçonnent d’être présent en personne sur la zone où les deux flottes vont se rencontrer, histoire qu’il assiste au spectacle et qu’il s’assure que la dernière phase de son plan, le déclenchement de la guerre, commence bien. Le professeur et sa troupe iront donc sur place pour empêcher la guerre et arrêter Shaw. Même si Erik tient à préciser que lui ne se contentera pas de l’arrêter : il lui éclatera sa margoulette jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Le lendemain, donc, nous retrouvons en mer, à proximité d’une petite île, les flottes des USA et de l’URSS se faisant face, avec entre elles le navire de transport de missiles soviétiques, qui s’approche lentement de la ligne qui signifiera le début de la guerre mondiale s’il la franchit. Souvenez-vous bien de ce que je vous ai dit plus haut sur le fait que les marins ne réagissaient à rien dans ce film, vous allez voir.

Un marin durant les évènements du film

Dans chaque camp, on se prépare : on range les uniformes et on sort les casques, observant les mouvements de l’autre, quand soudain ! Un immense supersonique noir survole la zone à basse altitude : l’avion de Charles et ses petits gars ! La CIA leur a prêté l’appareil que McCoy avait conçu de ses mains, et nos héros sont donc tous à bord, équipés de tenues qui doivent leur permettre d’encaisser les accélérations et de "résister aux balles". A noter qu’ils ont aussi emmené McTaggert, dès fois qu’elle puisse servir à quelque chose, et aussi parce qu’elle a la réputation depuis le début du film de porter des sous-vêtements coquins pendant le travail. Il faut aussi savoir qu’aucune des deux flottes ne se pose de questions sur ce qu’est ce supersonique non-identifié : les commandants américains et russes se contentant de marmonner "Ho, tiens !" pendant que l’oiseau noir tourne autour d’eux. Je sais pas, moi ça m’aurait intrigué un minimum. Genre assez pour appeler la base et le signaler, au moins. Ou même juste verrouiller une arme dessus, des fois que. Mais visiblement, pas dans notre cas. Soit.

A bord de la flotte soviétique en tout cas, une nouvelle d’importance tombe : Moscou a donné l’ordre, pour éviter la guerre, de faire faire demi-tour au navire de transport. Pourtant, malgré les appels répétés de la flotte, personne ne répond à bord du navire porteur des missiles… et pour cause : afin de s’assurer que le navire franchisse bien la ligne du blocus américain et déclenche le conflit mondial, Shaw a envoyé Azazel tuer tout le monde à bord. La nef  abandonnée continue donc en ligne droite, sans équipage.

Constatant cela, Charles agit avec célérité : il utilise son esprit pour prendre le contrôle d’un officier soviétique à bord d’un navire de guerre, et le fait appuyer sur un gros bouton rouge, qui envoie un missile faire sauter le bateau fou : hop ! Jamais le navire ne franchira la ligne interdite : le monde semble sauvé. Hmmm ? Vous dites ? Si : dans tous les navires russes, il y a bien un gros bouton rouge qui est calibré pour envoyer automatiquement un missile sur le navire qu’ils sont censés protéger. Ils sont conçus avec cette option en série. C’est comme ça. Vous êtes de mauvaise foi, alors, c’est insupportable. Tout de suite "Woooh, c’est n’importe quoi !"… je vous préviens, je n’irai pas au cinéma avec vous.

Depuis son sous-marin, non loin de là, Sebastian Shaw réalise que son plan génialement naze a échoué : cacaboudin, prout, zut (c’est le méchant, il jure comme pas deux) se dit-il. Comment déclencher la guerre maintenant ? Boh : pourquoi pas en faisant une petite explosion nucléaire dans le tas ? Il se rend donc à la salle du réacteur super-classe ambiance feng-shui de son submersible, et commence à engranger la puissance de celui-ci pour mieux la relâcher plus tard sur ses ennemis. Il peut le faire tranquille : malgré le fait que les deux flottes des plus grandes puissances mondiales de l’époque soient au-dessus prêtes à la guerre et guettant une ruse de l’ennemi, personne n’a pensé à allumer son sonar. C’est… comment dire… ils font quoi, en fait dans ces bateaux ? Ils ne s’intéressent pas aux supersoniques qui les survolent, ils ne cherchent pas à voir si des sous-marins les épient… non. Ils pique-niquent sur le pont. C’est un apéro-Facebook en mer, au mieux. Ils auraient envoyé des navires de pêche qu’ils n’auraient pas fait mieux.

Mais c’est sans compter sur les mutants de Charles, qui eux, cherchent le sous-marin de Shaw : le professeur Xavier, plutôt que de chercher l’esprit de Riptide ou d’Azazel dans le coin pour localiser le sous-marin ennemi, et éventuellement prendre le contrôle dudit brigand pour qu’il fasse remonter le vaisseau de Shaw à la surface, préfère envoyer le Hurleur jouer au sonar. Alors les enfants, sachez-le : apparemment, pour faire sonar, il suffit de crier dans l’eau, et ensuite c’est bon. Ah ? C’est donc si simple que ça un sonar ? On peut le faire soi-même dans son bain pour localiser la savonnette ? Formidable. Enfin bref : on ne sait comment, grâce aux pouvoirs du Hurleur qui a donc sauté à l’eau pour localiser le sous-marin, ce dernier est localisé : c’est donc Erik (tiens, lui aussi il ne pouvait pas "sentir" plusieurs tonnes de métal sous l’eau, au fait ?) qui utilise ses über-pouvoirs en se concentrant très fort sur le souvenir de sa maman pour faire carrément sortir le sous-marin des eaux et le fait léviter au-dessus de la surface de l’océan (bon sang, mais tu pouvais pas juste le noyer, hein ?), avant de le faire s’échouer sur l’île voisine. Durant la manœuvre, le méchant Riptide a juste eu le temps de balancer une tornade sur le supersonique des troupes de Xavier, forçant l’appareil à s’écraser à côté de l’épave du sous-marin.

Les deux groupes se retrouvent donc face à face sur la plage, plus ou moins sonnés puisqu’ils viennent quand même chacun de faire quelques acrobaties pas banales. La bataille s’engage, et rapidement, Azazel téléporte des gens ici ou là malgré eux pour semer la confusion : c’est ainsi que par exemple, Havok se retrouve suite à diverses aventures à atterrir sur le pont d’un des navires américains, où il est fait prisonnier par les marins (Mon Dieu ! Des marins ont réagi à un truc ! C’est fou !). Alors que dans le même temps, le Hurleur, volant au-dessus de la flotte américaine, est poursuivi dans les airs par la vilaine Angel, qui crache de l’acide sur lui et les navires qui passent en-dessous d’elle.

Là encore, aucun marin ne réagit : c’est vrai, se faire attaquer par une greluche volante qui crache de l’acide, c’est tellement incongru que mieux vaut complètement l’ignorer. C’est pas comme si à bord il y avait des fusils, pistolets et autres pièces anti-aériennes qui permettraient de transformer la bougresse qui vient de tuer des soldats sur les navires en couscous et ainsi définitivement lui faire rentrer dans le crâne qu’on ne crache pas sur les gens, et encore moins de l’acide.

Le réalisateur a dû faire son service dans la marine, mal le vivre et vouloir se venger en les faisant tous passer pour des neurasthéniques. Ça me parait être l’explication la plus crédible.

Finalement, malgré le fait qu’il soit poursuivi par une nana avec de sacrés reflux gastriques, le Hurleur parvient à récupérer Havok sur le pont d’un navire (là encore sans que personne ne l’allume) et à le ramener jusqu’à la plage où les autres mutants s’affrontent (je vous passe les détails à base de "pif", "paf" et "ouille"). Et sur le sable justement, il y a un peu plus d’action : Charles, à l’abri de l’épave de son avion, tente d’entrer dans l’esprit de Shaw, mais ne peut le faire tant que celui-ci portera son casque à la con. Il envoie donc Erik à l’intérieur même du sous-marin pour lui malaxer la mouille à coups de tatane.

Mouais. Autre possibilité : Charles prend le contrôle télépathique d’Azazel, qui lui n’est en rien protégé (et apprend ainsi que Shaw est chargé d’énergie comme une bombe atomique), et envoie celui-ci à l’intérieur du sous-marin récupérer Sebastian en un éclair avant de le téléporter loin, très loin, dans un coin désert de l’océan (il peut se téléporter loin : il a bien fait Las Vegas – Washington pour le général Jean-Jacques), où Shaw n’emmerdera plus personne. Et où une éventuelle explosion nucléaire ferait moins de pertes humaines. Mais là encore, Charles n’y pense pas, et préfère envoyer son copain Erik – qui lui a clairement dit qu’il tuerait Shaw – seul à bord du sous-marin, pendant que lui ne fait… heu… rien.

Cet homme vient de se crasher à bord d'un supersonique. C'est visible.

A noter, encore un truc suspect (la liste est méchamment longue, tout de même) : sur la plage à un moment, Mystik, pour déconcentrer Azazel qui allait tuer un des gentils, a pris l’apparence de Sebastian Shaw pour lui ordonner d’arrêter et ainsi faire diversion. Et par on ne sait quel miracle, elle sait comment Shaw est habillé au moment même où elle prend son apparence, alors qu’elle n’a pas pu le voir ! Bravo jeune fille. On dira que c’est l’instinct féminin, hein.

Mais revenons donc à l’intérieur du sous-marin, où Erik finit par trouver l’accès menant à la salle du réacteur nucléaire où l’ancien médecin de la mort fait le plein d’énergie. Ce dernier explique, comme tous les méchants que "Ouiiii les humains sont méchants et inférieurs, on doit les exterminer" (c’est un ancien nazi : il a le droit à ce raisonnement pourri). Ce à quoi Erik répond "Je suis bien d’accord mais je vais quand même te casser la gueule" (oui enfin toi t’étais victime des nazis : ça parait plus chaud d’avoir ce raisonnement sur les races inférieures, du coup, andouille !). Un duel s’engage donc, dans lequel Erik déguste pas mal, puisque le bougre de Sebastian est bel et bien bourré d’énergie (mais attention : il ne s’en sert pas pour tuer Erik, juste pour lui faire un peu bobo pendant qu’il lui fait le célèbre monologue des méchants où il révèle tout son plan, je pensais que ce genre de scène avait disparu en 1995). Mais notre Magneto préféré utilise son pouvoir avec fourberie : il manipule des câbles du sous-marin dans le dos de son ennemi pour s’emparer de son casque d’un coup sec : et hop ! Sebastian Shaw se retrouve paralysé par le fait que Charles, depuis l’épave de l’avion, percevant enfin l’esprit de son ennemi à sa merci, y pénètre et l’empêche de bouger. Il tente bien de gueuler à son pote Erik "Fais pas le con mec, le tue pas, tuer, c’est mal !" (oui enfin mon bon professeur : c’est toi qui a envoyé pour arrêter Shaw le seul type qui voulait sa mort. Et tout seul en plus. Alors bon. ), mais ce dernier récupère le casque anti-ondes mentales et peut enfin se protéger d’une éventuelle influence de son ami Charles. Il sort alors de sa poche une pièce, la belle pièce nazie que Shaw lui avait demandé de déplacer il y a des années et explique qu’il va le tuer dès qu’il aura compté jusqu’à 3, et ce, juste en utilisant cette pièce que le bougre voulait tant voir remuer en 1944 : il compte, et à trois, il la fait bouger tant et si bien qu’elle traverse le crâne du pauvre Sebastian. Bobo.

C’est ce qui s’appelle avoir la monnaie de sa pièce.

Ho ! Non ! Philippe Bouvard, sors de ce corps ! Que disais-je avant d’être possédé par le X-Man de RTL ? Ah oui : Magneto ressort du sous-marin en exhibant le corps de celui qui fut son tortionnaire. Mais il n’a guère le temps de se vanter de son exploit : au loin, il note que les flottes américaine et soviétique sont en train de manœuvrer pour bombarder la plage : les deux camps n’ont pas aimé que les mutants se mêlent de leurs affaires, ils comptent donc bien se débarrasser de cette menace difficile à cerner. Sauf qu’alors que les obus, missiles et autres se dirigent vers nos héros, Magneto les arrête tous de son champ de force ; hésitant à les renvoyer aux agresseurs, il entend Charles lui dire "Ne les tue pas, Erik ! Ils n’ont rien fait ! Ils ne font… qu’obéir aux ordres !" : NON ! Crétin de Professeur Charles, vas tu faire UN truc intelligent dans ce film ? Tu as exploré les souvenirs du petit Erik ! Tu sais qu’il a été victime des nazis ! Et tu sais même que les nazis en Argentine qu’il a tué au début du film lui ont dit "Ne nous tue pas : on ne faisait… qu’obéir aux ordres !" : alors pourquoi tu sors une phrase qui énerverait n’importe quel survivant de la Shoah, gros malin ?

C’est gagné : Magneto commence à rebalancer tout l’arsenal qu’il maintenait en l’air vers l’ennemi et là encore, à bord des flottes, on voit juste chaque commandant expliquer qu’il n’y a plus rien à faire, qu’ils vont mourir tués par leurs propres missiles. Mais enfin, merde ! Et vous  ? Vous allez agir ? Genre même par instinct ? Remuer un sourcil ? Ordonner une manœuvre pour essayer de minimiser les pertes ? Non, là encore : rien. C’est tout bonnement incompréhensible. Je ne sais pas qui a écrit ça, mais il devait avoir envie de finir à 18h.

Heureusement pour ces idiots, Charles passe à l’action et saute littéralement sur Erik pour le déconcentrer (personne d’autre n’y a pensé, tout le monde se contente de regarder en sifflotant) : alors qu’ils entament leur pugilat, les missiles et obus, qui ne sont désormais plus maintenus en l’air par Magneto, tombent tous à l’eau, faisant pousser un grand "ouf !" aux deux flottes, qui ne réitèrent pas l’expérience de tirer.

Un seul humain essaie finalement de faire des trous dans Erik. Ou plutôt, une seule humaine : Moira McTaggert, émergeant de l’épave du supersonique, et voyant Charles en mauvaise posture face à son adversaire, sort son flingue et décide d’allumer celui qui veut du mal au bon professeur Xavier. Sauf que grâce à ses pouvoirs, le vil personnage dévie les balles… et l’une d’entre elles vient ricocher dans le dos de notre héros (attendez, ils ont pas dit que c’était des tenues pare-balles ? Et elles n’encaissent pas un ricochet de pistolet de petit calibre ? On les a arnaqués, dites donc) : Charles s’effondre donc dans un long râle sur le sable.

Erik est fort triste, parce que Charles est tout de même son ami. Ou était, là, leur relation est plus tendue. Mais réalisant que jamais ce dernier ne sera d’accord avec son combat intitulé "Les mutants sont la race supérieure, elle doit dominer le monde, ach !", il décide de tout simplement s’en aller. Et pour ce faire, il invite les anciens sbires de Sebastian Shaw à le rejoindre, ce qu’ils font au nom de la règle du "Tu as tué le chef des méchants et tu es méchant : on te suivra donc sans poser de questions". Des autres mutants, seule cette coquine de Raven accepte de changer de camp, car voulant être "fière d’être mutante" (et ayant fait des gâteries à Erik). La bande des vilains se met donc en ligne en se tenant la main, et Azazel les téléporte donc tous loin de là.

Erik tentant de voir dans quelle pose il a l'air le plus cool avec son casque. Réponse : aucune.

Non, ils n’ont pas besoin de dire "Tenons nous la main, on va se téléporter" ou "Azazel, je vais t’indiquer où nous emmener" : ils savent naturellement qu’est venu le temps de se tenir la main, et Azazel connait la destination voulue par Erik sans même avoir à lui demander. C’est tellement plus classe que "Chef, chef, on fait quoi ? On va où ? Hein chef ?"

Sitôt les brigands partis, tournons-nous plutôt vers Charles, autour duquel les autres mutants se rassemblent en s’exclamant "Aaaah, arrête ton chiqué ! C’est une balle dans le cul, tu n’en mourras pas !" ; sauf que morbleu ! Ce n’est point son popotin qui a été honteusement entamé, mais sa colonne vertébrale : le bougre est donc paraplégique ! Moira est forcément un petit peu déroutée par tout cela, tant elle s’en veut d’avoir tiré la balle responsable du drame.

Aussi, quelques jours plus tard, nous la retrouvons en train de pousser Charles dans son fauteuil roulant flambant neuf, quelque part devant la célèbre résidence de la famille Xavier. Le bon professeur explique à l’agent de la CIA que désormais, c’est ici qu’il regroupera les mutants, afin de les aider et de leur apprendre à maîtriser leurs pouvoirs. McTaggert se contente donc de dire "Ho oui Charles, quelle excellente idée ! Et sachez que je ne dirai jamais que c’est ici que le professeur X et ses alliés, appelons-les les X-Men, se cachent !" ; et pour appuyer son argumentaire, elle décide en sus de rouler un gros patin à notre héros. Mais comme celui-ci n’est pas si gentil qu’il le dit, il en profite pour lui effacer la mémoire (y compris des évènements posts-baiser : j’en connais une qui a dû se réveiller avec de drôles de douleurs elle aussi en bas du dos).

Quelques temps plus tard, c’est au Pentagone que Moira McTaggert se retrouve, en plein interrogatoire face à une table constituée de tous les gradés du coin qui exigent de savoir ce qu’elle sait des mutants. Et si elle connait l’endroit où ils se cachent : non ; en fait, elle ne se souvient même pas des derniers jours, à part d’images floues comme, je cite "des arbres" et "un baiser" (ce qui pousse le patron de la CIA à dire qu’il ne faut décidément rien confier aux greluches) et "moi en train de gémir allongée sur le capot d’un fauteuil roulant de luxe". Pour le dernier, je ne suis plus sûr-sûr, mais ça me parait crédible. La CIA est donc dég’, elle a perdu la trace des mutants.

Mais comme c’est un grand film, je le rappelle : les mutants du professeur Xavier, que la CIA connait vu qu’il leur a fait un exposé complet, sont cachés dans la résidence Xavier dans laquelle Charles Xavier a grandi, indiquée dans l’annuaire à la lettre "X" et qui en plus est sur une propriété gigantesque et immanquable, à côté d’une gigantesque parabole qui a bougé suite à un phénomène mystérieux l’autre jour.

Nan, ils sont vraiment trop bien cachés, ces mutants. Bravo, Professeur X. Jamais la CIA ne pensera aux pages blanches.

Sauf que pendant que Moira est interrogée, ailleurs sur le territoire américain, là où est enfermée la Reine Blanche, de drôles de personnages se présentent : Azazel, Riptide, Angel et Mystik, menés par Erik, qui viennent la libérer sans rencontrer de véritable résistance. Ce dernier a d’ailleurs modifié sa tenue : il a désormais une tunique rouge (moche), une cape (moche et inutile), le casque anti-ondes mentales (qu’il a customisé pour le peindre en rouge et où il a ajouté des décorations dignes d’une Fiat Panda tunée). Formidable. Il informe la damoiselle qu’il vient libérer qu’il l’invite à rejoindre sa bande de méchants, qui remplace celle de Shaw, et qu’il n’est plus la peine de l’appeler Erik. Désormais, il faut l’appeler…

Crumble aux pommes Magnetooooooo… et…

FIN !

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Charles se tient la tête en maugréant, mais la douleur est insupportable : il n’entend plus que ça.

Vous savez, quand vous avez une chanson de merde dans la tête ? Et bien imaginez qu’un télépathe vous entende : non seulement il risque lui aussi de l’avoir, mais en plus, même s’il essaie de penser à autre chose, il continue de vous entendre, vous, constituant une sorte de dolby surround spirituel de musique à chier impossible à évacuer de son esprit.

Le professeur finit par choir de son siège pour de bon. Alors que les premiers élèves paniqués se lèvent de leurs tables pour se porter à son secours, il note que la jeune fille du fond semble continuer de penser à ce tube immonde qui est à la musique ce que Francis Huster est à la comédie. Alors que les premiers adolescents arrivent autour de Charles rampant douloureusement au sol, ils constatent qu’il est déjà trop tard.

Recroquevillé au sol, ils ne peuvent que noter qu’il est en train de marmonner, les yeux révulsés et l’air dément :

"Fr… Fr… It’s… Friday… Friday…Hoooo."

La télépathie est une malédiction. Surtout avec des ados.

Dehors, la lumière décroit doucement. Le soleil est en train de poursuivre sa course vers l’horizon et franchit cette immense ligne d’arrivée avec une certaine mollesse en ces grises heures qui rythment la fin de la journée ; sur le boulevard attenant au bâtiment du bureau, des files ininterrompues de voitures se succèdent, emplies de salariés désireux de retrouver leur foyer après une dure journée de labeur. Derrière moi, alors que je contemple cette immense farandole motorisée, mon bureau n’indique lui en rien que la journée se termine : des dossiers achèvent de vomir leurs contenus hors de leurs sous-chemises, le téléphone semblent avoir décidé de se parer de ses plus beaux atours de post-it (ce qui est tout de même plus agréable à l’œil humain que bien des défilés de célèbres couturiers) et l’ordinateur, loin d’être éteint, laisse entrevoir de nombreuses fenêtres ouvertes affichant des contenus divers & variés.

D’ailleurs, l’une d’entre elles attire mon attention alors que j’en suis tout à ces réflexions : dans un coin de l’écran, quantité de personnages semblent s’agiter dans un mutisme étonnant ; en surimpression, un petit sigle invite l’internaute à rendre la parole et le son à ces vives figures. Et dans cet étonnant silence, se succèdent des scènes de poursuites, de combats, de cascades… sûrement un film d’ac…

Attendez, c’est le titre que je viens de voir là ? Non. Non, ils ont dû se tromper.

Je m’approche, suspicieux, et me rassois face à l’écran qui recommence depuis le début l’enchainement de scénettes avant d’afficher encore une fois le titre du film en question :

Sherlock Holmes.

J’en froncerai presque un sourcil. Mais cessons toutes ces paraboles et venons en à l’œuvre en elle-même. Réalisé par Guy Ritchie (mais si, vous savez, Snatch), Sherlock Holmes est une adaptation cinématographique des aventures du plus célèbre des détectives londoniens, créé par Sir Arthur Conan Doyle. Au vu des critiques d’une célèbre grande chaîne de télévision, qui diffusait les avis de trois rédacteurs de trois journaux différents, le film était proprement formidable ; au vu de la bande-annonce, j’avais quand même un doute.

Mais, ne tergiversons pas et tranchons : spoilons !

L’affiche : Sherlock Holmes est visiblement sponsorisé par Jean-Louis David

Tout commence lors d’une sombre nuit londonienne, alors que de terribles attelages policiers semblent forts pressés d’atteindre une obscure destination au sein de la capitale anglaise. Dans l’un des carrosses filants, au milieu des agents des forces de l’ordre, le Docteur Watson fourbit ses armes ; dans le même temps, courant à pieds et bondissants d’escaliers en terrasses tel un yamakazi facétieux, Sherlock Holmes cavalcade à toutes jambes vers ce qui semble être la même destination. Cependant, ce dernier étant plus rapide que tous les chevaux de la maréchaussée locale, il arrive le premier sur le lieu qu’il désirait atteindre : un accès à un mystérieux souterrain de la capitale.

Hélas, un malandrin y attend notre héros : le panse pleine et le chapeau melon, il patrouille lanterne à la main pour s’assurer que nul ne pénètre cet escalier. Mais lorsque je dis hélas, c’est pour parler du malheur qui guette ce vilain personnage : en effet, plus que yamakazi, Sherlock Holmes est un ninja : il prépare mentalement son attaque en la visualisant ("Bon, d’abord je frappe la mâchoire, puis la côte droite, puis le genou, et ensuite je m’acharne sur les bouboules pour être sûr") puis l’opère à la vitesse de l’éclair : il faut approximativement 1,5 secondes à Sherlock pour porter 12 à 18 coups à son adversaire et le mettre KO, avec une précision telle que tout se passe exactement comme il l’avait visualisé. Dès lors, une fois le vil garde neutralisé, Holmes s’engage dans les escaliers précédemment gardés…

… et arrive dans un souterrain où se déroule une bien étrange cérémonie : deux hommes en tenue de cérémonie mystérieuse ("Hou, je porte une cape à capuchon, comme je suis mystérieux") sont en train de procéder à un étrange rituel sur une jeune fille allongée (quand je dis "sur", ce n’est pas au sens physique du terme, évidement) au centre de la pièce. Celle-ci, comme possédée par les paroles de celui qui semble guider la cérémonie, commence à esquisser quelques gestes laissant à penser qu’elle s’apprête à s’auto-sacrifier d’un bon coup de poignard dans le cœur. Autour de tout ce petit monde, une poignée de gardes aux mines patibulaires vérifie que personne ne vienne déranger ce petit rituel entre amis. Holmes, qui observait tout ça depuis une cachette, échappe de peu à un garde qui arrivait derrière lui grâce à l’intervention providentielle de son vieil ami le Docteur Watson, qui tout comme lui, a de grandes capacités de combattant de l’extrême-orient. Sitôt le garde neutralisé, sitôt les deux compères peuvent se saluer et constater la situation : ils sont deux, en face, ils sont moult, et les renforts policiers de l’inspecteur Lestrade devraient arriver un poil en retard. Et il y a une jeune fille en danger.

Deux contre moult ?

Holmes & Watson dans "Le mystère du Paris Brest"

Allez, c’est jouable, pas besoin de plan : nos deux héros sortent donc de leurs cachettes en poussant de petits cris de tortues ninjas et dès lors, l’un des deux hommes en cape s’enfuit. Les gardes, eux, se jettent en masse sur les intrus, mais se font, disons le clairement, copieusement péter la gueule par nos deux héros qui maîtrisent quand même les arts martiaux, les armes à feu, le combat armé avec arme blanche, poignard, épée, fouet, et tonfa policier. Bref, bienvenue dans le wild wild West London. Une fois cela fait, le grand méchant qui tentait de forcer la jeune fille à se sacrifier en la mettant dans une sorte de transe suicidaire est arrêté par nos deux compères ; il s’agit de Lord Blackwood, un noble éminent comme on en fait plus. Sur ces entrefaits, Lestrade et ses hommes arrivent pour amener les menottes qui manquaient pour conclure l’affaire. Fort bien : Lord Blackwood, sa cape de jeune fille gothique, sa coupe d’officier nazi et son nom de méchant de série Z sont emmenés en prison.

Trois mois plus tard…

Au 221B Baker Street, Sherlock Holmes se fait diablement chier. Alors il joue à tirer dans les murs de sa chambre avec une arme à feu (quel personnage subtil) et à s’enfumer seul dans sa chambre à coups de pipe. Le docteur Watson, qui en a vaguement marre que son colocataire transforme l’ambiance de son cabinet en voisinage de Sarajevo, décide d’aller forcer notre détective oisif à sortir un peu pour qu’il reprenne du poil de la bête. Il lui propose donc d’aller au restaurant le soir même en compagnie de lui-même et de sa fiancée, Mary Morstan. Évidemment, une fois au restaurant, la dite donzelle trouve ça trop cool de manger avec le célèbre Sherlock Holmes, l’homme qui peut tout dire d’une personne en un seul regard, et lui demande s’il pourrait tout dire d’elle de la même manière. Le bon détective se prête donc au jeu.

"Je dirais que vous êtes… gouvernante.
- Oui, hihihi, vous êtes fort !
- Hmmm et je dirais que… que vous avez la garde d’un enfant de 8 ans.
- 7 ans ! C’est incroyable !
- Mais il est grand pour son âge et vous a arrosé d’encre aujourd’hui.
- Ho ! Ai-je de l’encre sur le visage ? Quoi d’autre ?
- Vous avez eu un autre homme que Watson, si j’en juge par la marque d’une alliance à votre main.
- En effet, il est mort…
- Je déduis aussi au lustre parfait de vos lèvres que vous pipez grave.
- Heu… je… hem, si nous parlions d’autre chose ?
- Et aux crins que je vois pris dans vos cheveux, je pense que vous avez d’ailleurs eu des rapports avec un poney aujourd’hui même.
- S’il vous plait je… ho, quelle beau veston, c’est du tweed ?
- Quant à votre manière de vous tenir, petit coquine, et à l’odeur de caca qui émane régulièrement de Watson, j’entrevois que vous pratiquez la so…"

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Le dialogue est hélas interrompu par un jet de vin au visage de Holmes en provenance du verre de Mary : la soirée s’arrêtera là puisque cette dernière se lève et quitte les lieux suivie de près par Watson. Pour la peine, Holmes s’en va lui aussi pour aller boxer dans des combats illégaux en ville. Il est comme ça, faut pas l’faire chier (je vous l’ai dit : il est très subtil). Évidemment, comme c’est un ninja, il n’a aucune peine à massacrer toutes les brutes qui tentent de l’affronter, puisqu’il visualise ("Je frappe la troisième côte droite, puis la margoulette, puis je lui fais un croc-en-jambe et j’en profite pour plonger de la troisième corde le coude en avant") et que pouf, ça passe pile comme il l’avait prévu. Ça lui rapporte d’ailleurs pas mal de sous, cette histoire.

Sherlock s’ennuie, il décide donc d’aller faire du catch

Le lendemain cependant, alors qu’il est encore à palper son argent gagné à coups de bourpifs, notre bon détective est appelé par Lestrade et ses amis policiers : Blackwood, qui a été condamné à mort et doit être pendu le soir même a demandé comme dernière volonté à voir Holmes. Blackwood fait d’ailleurs très peur à tous les prisonniers, qu’il serait capable "d’envoûter" selon les gardiens ; mais cela ne fait pas du tout peur à Holmes, qui découvre le Lord dans sa cellule qu’il a décoré de quantité de crucifix inversés (je salue ici mes lecteurs érudits qui se passionnent pour la question ailleurs sur ce blog), de 666, de Hello Kitty et autres signes ésotériques. Blackwood veut simplement dire à Holmes qu’il n’a réussi en rien à l’arrêter et qu’il y a des puissances supérieures en jeu, et que son esprit est trop étroit pour comprendre ce qu’il se passe réellement, ha ha ha, rire diabolique et effets de manche à gogo, merci d’être venu. Notre détective l’écoute un peu puis s’en va, parce que bon, il n’a pas que ça à foutre non plus. Ce qui n’est pas le cas de Blackwood, puisqu’en fin de journée, il gagne une pendaison gratuite. Et histoire d’être bien sûr que tout s’est bien passé, Watson joue les légistes à la sauvette et constate que l’homme est mort comme il se doit. "Il est tout froid et y bouge pu". Merci docteur.

Le lendemain, Holmes qui était tranquillement chez lui à cuver son vin s’aperçoit que, mordieu, il y a une femme dans sa chambre ! Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Habitué à la proximité moite et moustachue de Watson depuis des années, l’enquêteur ne tolère depuis que très mal toute présence féminine. Pourtant, Irène Adler, une vieille connaissance vient lui faire un petit numéro mi-flirt mi-pourri au cours duquel elle propose à Sherlock une nouvelle enquête : retrouver un nain (c’est pas banal) roux (quel malchanceux) et édenté (dites non au cumul) qui a disparu. Car oui, il faut bien Sherlock Holmes pour retrouver un profil pareil, ça ne doit pas se remarquer du tout. Puis, elle part de Baker Street à folle allure ; cependant, sous déguisement, Holmes la suit (il est intrigué le bougre, une femme, chez lui, rendez-vous compte !) et l’aperçoit monter dans un carrosse où l’attend un mystérieux commanditaire (on ne voit que son manteau et son chapeau haut de forme dépassant de l’ombre) qui lui demande si elle a bien confié la mission voulue à Holmes. D’ailleurs, ce mystérieux personnage semble bien équipé, car l’on constate qu’il dispose dans sa manche d’un astucieux mécanisme lui permettant de faire sortir à toute allure une petite arme à feu pour menacer les malandrins qui l’approcheraient trop. Pratique.

Mais à peine notre détective rentre t-il chez lui pour ôter ses oripeaux et raconter cette petite aventure à son ami Watson qu’un policier entre dans la résidence des joyeux colocataires pour leur annoncer une nouvelle peu banale : Lord Blackwood a ressuscité, on l’aurait vu sortir tranquillement de sa tombe avant de traverser le cimetière d’un bon pas pour aller faire du tourisme dans Londres ou s’acheter des clopes, on est pas encore sûr du motif de l’évasion. Holmes & Watson sont relativement étonnés à cette nouvelle, puisque d’habitude, les gens morts sont relativement casaniers et ne sortent que relativement peu de leurs tombes. Logiquement, "ils sont tout froids et y bougent pu", selon Watson, qui est quand même visiblement bien meilleur karatéka que médecin légiste. Ni une ni deux, ils se rendent au cimetière, où le gardien leur confirme avoir vu Blackwood se promener en sautillant dans les allées humides de ce lieu de repos, sifflotant la Carioca d’un air enjoué. La sépulture du mort, justement, qui était recouverte d’une pierre de 4 tonnes, a d’ailleurs été "ouverte de l’intérieur", or personne ne se souvient que M. Blackwood aie été enterré avec un ou une amie. Pour être sûr, on fait ouvrir le cercueil et à la place de Blackwood se trouve… nom d’une pipe ! Un nain roux & édenté ! Quelle formidable coïncidence, qui met la puce à l’oreille du bon Sherlock : tout semble lié.

Pour information, le comte Dracula de seconde zone, c’est Lord Blackwood.

Hmmm… pour mieux enquêter, Holmes récupère une montre à gousset sur le cadavre et de ce seul indice, il va déduire où se situe la tanière du rouquemoute édenté de petite taille (à ne pas confondre avec certains leaders d’Europe Ecologie, attention les enfants) car il est très fort. Et qu’y découvre t-il ? Un véritable laboratoire mêlant ouvrages scientifiques et textes occultes ; hé bien ! Mais alors qu’il en est encore à fouiller de-ci de-là avec son ami Watson, ils tombent nez à nez avec trois hommes dont un géant (oui, des nains, des géants, c’est assez merveilleux tout ça quand on y pense) venus brûler le laboratoire pour effacer toute trace des travaux du nabot. Du coup, nos deux enquêteurs vont faire ce qu’ils savent faire de mieux : péter des gueules à coups de techniques ninjas ; seul le géant oppose une certaine résistance, mais grâce à un prototype de taser (oui, oui…) trouvé sur place, Holmes arrive à lui électrocuter le cuir jusqu’à le faire fuir. Il le poursuit d’ailleurs jusqu’à un chantier naval où le combat reprend autour d’un navire en construction, mais le vilain géant arrive à s’enfuir, non sans avoir bien castagné Holmes et coulé le navire en cours de construction autour duquel ils se battaient ; du coup, lorsque les autorités arrivent, elles tombent sur les deux détectives et se disent "Tiens, mais c’est Watson et son copain Holmes ! Ceux qui nous aident à résoudre toutes les enquêtes où on en chie ; quoi, ce n’est pas vous qui avez démoli le bateau en construction mais un géant qui a tenté de vous tuer devant une bonne centaine de témoins qui sont d’ailleurs tous à disposition ? Ce n’est pas grave, on va vous coller au trou quand même, plutôt que poursuivre le dit géant."

Ils sont forts dans la maréchaussée londonienne ; qu’ils ne s’étonnent guère d’avoir besoin d’enquêteurs extérieurs.

En prison, après s’être fait tous deux copieusement violés par Gunthar, le détenu bavarois multirécidiviste, Mary vient payer la caution de son fiancé pour que Watson arrête de servir de jouet sexuel à quelques prisonniers même pas grandbretons. Holmes, lui, patiente un peu en racontant des blagues à Toto à ses codétenus avant qu’un inconnu ne paie à son tour sa caution et ne l’invite à monter dans sa voiture ; puis, un sac est placé sur son visage et il est emmené pour une destination tout aussi inconnue pour rencontrer l’homme qui a commandé sa libération… qui n’est autre qu’un important noble londonien, Lord Jean-Mouloud, membre d’une sorte d’ordre templier local (bien que ça ressemble plutôt à des francs-maçons tout ça, mais soit) qui croit en la magie et étudie l’ésotérisme. Il présente d’ailleurs deux de ses "frères" : l’ambassadeur des Etats-Unis à Londres et le ministre de l’intérieur anglais. Puis se met en tête d’expliquer qu’il est le père de Blackwood, qu’il a conçu "lors d’une cérémonie". On doit bien rigoler aux cérémonies du temple, dis donc, vieux cochon.

"Installez vous ici toute nue mademoiselle, c’est pour un rituel magique." ; quelle habile technique de séduction, vous en conviendrez.

Il explique aussi que jusqu’ici, Blackwood a tué tous ses proches pour "augmenter ses pouvoirs", mais que les meurtres n’ont jamais été révélés publiquement. Holmes fait remarquer que dis donc, du coup, s’il tue ses proches, Jean-Mouloud étant son père, ses jours sont comptés. Puis il s’en va, parce que bon, la compagnie est agréable, mais dans ce film, on a déjà pas beaucoup d’actrices, alors si on ne les montre pas un peu de temps à autres, ça va gueuler chez les spectateurs mâles.

Watson apprenant que Holmes fréquente des femmes

Le plus classieux des détectives anglais – car oui, j’ai oublié de vous dire que celui-ci s’est débarassé de son chapeau moche, de son pardessus brun et de sa loupe historiques pour les troquer contre une tenue d’intérieur de bon goût un poil plus élégante – va donc trouver son amie Irène à son hôtel pour l’informer qu’il a retrouvé le nain tant recherché, mais que celui-ci était un peu mort, ce qui est toujours bien embêtant. Cela n’empêche en rien Irène de mettre une petite tenue et de faire son numéro de charme à notre héros histoire de dire que décidément, dans ce film, à part les méchants, personne n’est laid. C’est fou. Holmes la met cependant en garde sur le fait que l’enquête sur le nain semblait toucher quelque chose de beaucoup plus gros, et qu’elle ferait donc bien d’abandonner. Par ailleurs, il lui avoue avoir entraperçu son mystérieux commanditaire dans l’ombre de son carosse le jour où elle était venue lui confier l’enquête, et l’identifie à vue de nez grâce à la craie qui tâchait une partie de son pardessus comme un "professeur". Un professeur ? Dans Sherlock Holmes ? Je me demande bien qui ça peut être. En tout cas, Irène refuse de poursuivre la conversation ou d’en dire plus ce professeur, et pour appuyer son propos, drogue le beau détective, abuse de lui et s’enfuit en le laissant en slip et menotté à son lit. Ca m’arriverégulièrement et pourtant, on en fait pas tout un film.

Pendant ce temps, Lord Jean-Mouloud décide qu’un bon bain lui ferait du bien et s’installe dans sa baignoire tranquillement en regrettant que l’on aie pas encore inventé le plastique, ce qui lui aurait permis de jouer avec un petit canard pour faire passer le temps. Soudain, un corbeau croasse dehors et toutes les bougies s’éteignent brusquement…

"Il y a quelqu’un ?"

s’étonne notre templier en chef avant de se raviser et de recommencer à tenter de transformer manuellement son bain en jacuzzi. Car oui, bien que croyant à moult choses ésotériques et sachant que son fils revenu d’entre les morts cherche à le tuer, il ne s’inquiète pas plus que ça de ce genre de choses. D’accord. Il aurait dû puisque soudain, l’eau de son bain se colore d’une couleur cuivrée fort sombre alors que quelques bulles troublent la surface de cette couche mystérieuse (sûrement dûes à quelques pets lâchés dans la panique) et que Lord Jean-Mouloud se retrouve paralysé. Derrière lui, sortant de l’ombre, Lord Blackwood apparait et le regarde se noyer avant de lui voler sa chevalière de racaille indiquant qu’il est un chef templier (c’est un ordre très secret, aussi on en affiche son appartenance en toute circonstance grâce à une imposante bagouze bling-bling). Enfin, le meurtrier disparait dans la nuit… ça fait peur.

Un templier incognito

Au petit matin, une femme de chambre indique à la police qu’elle vient de retrouver un Sherlock Holmes en slip menotté à un lit de son hôtel et signale qu’elle aimerait bien que ces messieurs des forces de l’ordre viennent le virer de là, qu’elle puisse faire les draps et aérer la chambre. Ca tombe plutôt bien, puisque le policier qui vient chercher notre héros lui annonce du même coup que dans la nuit, Lord Jean-Mouloud a trouvé la mort d’une manière bien étrange ; ni une ni deux, ils se rendent sur les lieux (Sherlock s’est rhabillé entre-temps, rassurez-vous), et rapidement Holmes découvre d’où a bien pu surgir le meurtrier : un petit cabinet secret (avec un passage qui fait un gros "crrrr" quand on l’ouvre ; oui, Lord Jean-Mouloud dans son bain arrivait à entendre un croassement dans la rue jouxtant sa demeure, mais pas l’énorme "crrr" de son propre passage secret situé juste à côté de lui sans aucun bruit parasite pour le couvrir) contenant divers ouvrages et parchemins supposément magiques. Notre homme les embarque donc pour les étudier au calme.

Mais la nuit venue, il se passe ces choses étranges (plus encore que les précédentes, cela s’entend) sur la cité londonienne endormie, anesthésiée qu’elle est par une diluvienne pluie glacée ; sous celle-ci, une silhouette se faufile : celle de l’ambassadeur des Etats-Unis qui se rend à une réunion de l’ordre du temple. Mais à peine est-il arrivé qu’il découvre une surprise de taille : sous la houlette du ministre de l’intérieur anglais qui anime la soirée, la sauterie laisse rapidement place à l’arrivée de Lord Blackwood qui vient revendiquer sa place de maître de l’ordre en tant que fils de son père. Il explique qu’il veut rendre sa grandeur à l’Angleterre, fonder un empire mondial, faire qu’il dure dix mille ans et là on comprend bien pourquoi il porte sur le dos ce soir un manteau de la gestapo assorti à sa coupe de cheveux : il est une sorte de fasciste-pré-nazi anglais du XIXe siècle, ce qui n’est pas rien. Seul un homme s’oppose à ce qu’il prenne les commandes de l’ordre et se serve de celui-ci et de son réseau pour réaliser ses sombres projets : l’ambassadeur des Etats-Unis, qui sort son revolver pour appuyer son propos. Mais lorsqu’il tente de presser la gâchette, il prend instantanément feu et se defenestre dans la panique ; cela conforte l’autorité de Blackwood, puisque personne d’autre ne veut tester ses pouvoirs de magicien pyromane. Les frères de l’ordre sont donc invités à prêter allégeance à leur nouveau sire et à boire à une sorte de coupe du Graal local pour symboliser cette soumission. La première décision de Blackwood est d’ailleurs de demander au fourbe ministre de l’intérieur qu’il déclare Holmes hors-la-loi et le fasse arrêter, la seconde de proposer que le pudding devienne le plat unique de l’humanité. Quelle cruauté sans limites… ce Blackwood ne respecte donc rien.

De son côté, Holmes poursuit tranquillement son enquête et étudie le cadavre de l’un des larrons qui étaient venus tenter de brûler l’entrepôt du nain roux. Avec l’aide de Watson et de divers gros pétards qui provoquent chez lui des déductions un peu louches mais qui sont toujours justes malgré tout (même si elles sont capilloctractées, mais il faut bien quelques raccourcis scénaristiques), il en déduit que cet homme provenait d’un entrepôt jouxtant la Tamise et qu’il conviendrait d’aller y jeter un oeil. Ni une ni deux, nos deux héros prennent un bateau et infiltrent les lieux où l’on découpe du cochon à foison à coups de scie mécanisée. Alors qu’ils en sont à se demander si tout cela est bien kacher, la voix de Blackwood se fait à nouveau entendre pour lâcher des propos du genre "haha, je suis revenu", "hou, que je suis maléfique", "ma magie est surpuissante" ou encore "mes pouvoirs côtoient allégrement ceux de Sylvain Mirouf" ; pour démontrer ses affirmations, Blackwood apparait brièvement derrière nos héros avant de disparaître à une vitesse folle. Puis, il se décide à faire ce que tout méchant doit faire :

"Ha ha ha, Sherlock Holmes, regardez qui est suspendue à ce crochet se dirigeant droit vers les scies à cochons : votre amie Irène ; pourrez vous la sauver d’une mort affreuse ? Ho ho ho, quelle cruauté et surtout, quelle originalité ! Je suis formidable !"

Puis toute la mécanique se met en marche et Irène se dirige droit vers les scies mécaniques. Aussi incroyable et surprenant que cela puisse paraître, elle échappe cependant à son terrible sort puisqu’elle est sauvée par Holmes & Watson. Vraiment, je ne m’y attendais pas.

Holmes & Watson se demandant dans combien de films on a déjà fait ce coup-là

Allez, c’est pas tout ça, mais il est encore temps de poursuivre Blackwood ; celui-ci est en effet en train de s’enfuir mollement à bord d’un bateau à vapeur qui fait pout-pout. Malheureusement, Watson qui court sur le quai pour le rattraper déclenche par accident un piège de Blackwood sous la forme d’un détonateur relié à…disons… toutes les caisses du quai qui étaient bourrées de poudre, soit approximativement une centaine, toutes juste à côté de lui. Ca détruit le quai, en partie le bâtiment, propulse Holmes & Irène à 50 mètres en arrière…fondu au noir.

Quelques temps plus tard, Sherlock est réveillé par un de ses potes flic qui lui apprend qu’il est désormais recherché et lui demande de fuir. Il lui explique brièvement que non, Watson n’est pas mort malgré la quantité d’explosions suffisantes pour transformer un troupeau d’éléphants en petit tas de cendres. Et Sherlock constate qu’Irène a disparu. Ni une ni deux, malgré le fait que lui aussi aie souffert des explosion, il s’enfuit en bondissant avec la grâce du cabri. Comme quoi, finalement, ces explosions, ce n’était pas grand chose, à peine un peu de sons et de lumières.

Notre fier détective décide donc d’accélérer un peu l’enquête en allant se cacher dans une petite chambre perdue dans Londres pour y étudier les livres qu’il avait piqué dans le cabinet secret de Lord Jean-Mouloud. Car oui, il les avait toujours sur lui, et non, l’explosion du quai n’a même pas corné une page ou sali la couverture. Il procède donc à un rituel issu d’un livre et forme au sol pentacle, croix, photos de Madame de Fontenay et autres figures sataniques. Lorsqu’il a achevé le rituel, Watson et Irène arrivent dans sa cachette et constatent qu’il a tout salopé le parquet à coups de craie, un coup à ne pas récupérer sa caution, tiens. Watson qui, d’ailleurs, a juste un bras en écharpe, et seulement durant un plan , car six secondes plus tard, il est à nouveau frais et pimpant. Cette explosion, décidément, c’était très surfait. Ou alors nos deux héros régénèrent leurs blessures à une vitesse surhumaine, allez savoir.

En tout cas, Holmes explique à ses deux invités qu’il a compris le plan de Blackwood, et qu’il sait même où sera le prochain meurtre, car en prenant une carte de Londres et en y affichant la position des cadavres de Blackwood (tiens ? Comment Holmes a t il su où l’on avait retrouvé les cadavres des meurtres dont seuls les membres de l’ordre avaient la connaissance ? On ne le saura jamais), il obtient pile poile une figure semblable au sigle de l’ordre simili-templier, à laquelle il ne manque qu’un meurtre dans un seul endroit pour la compléter : le parlement (quelle coïncidence, il ne manquait plus qu’un seul endroit, pas besoin de jouer aux probabilités !). Ho !

Cette discussion est interrompue par l’arrivée d’une horde de bobbies casqués menés par Lestrade, et Holmes a juste le temps de dire à Watson et Irène de fuir par une trappe tout en leur donnant des instructions sur papier pour la suite (car il a déjà un plan). Et une partie de son plan génial consiste à se faire arrêter par la police. Il attend donc Lestrade de pied ferme et se laisse volontiers menotter, puisque décidément il aime ça. Et est donc emmené directement au ministère de l’intérieur, où il demande à parler seul à seul avec le ministre, ce que celui-ci accepte. Là, une scène merveilleuse s’engage, puisque le ministre, pourtant au courant que Sherlock Holmes est à la fois doué, filou et son ennemi, décide de lui faire toute la conversation (où il révèle évidemment tous ses plans en détails)… en lui tournant le dos. Chose que le héros avait prévu semble t-il (il peut prévoir plusieurs heures à l’avance quand et comment les gens vont agir de manière incohérente ? C’est…étonnant, comme pouvoir), puisqu’il en profite pour fermer la trappe de la cheminée, la fumée ne sortant donc plus par la voie habituelle, elle envahit alors le bureau du ministre. Du coup, lorsque ce dernier se retourne enfin, il ne voit plus Holmes, remplacé par un épais brouillard ; il se saisit donc d’un scattergun (une sorte de petit pistolet/fusil à double canon scié) et commence à chercher notre détective dont seule la voix se fait entendre… ils conversent quelque peu, et le ministre finit par lâcher que oui, il va y avoir un gros attentat au parlement réalisé par son maîîître Blackwood. Sherlock Holmes, qui a profité de tout cela pour tranquillement s’asseoir visiblement sur une chaise derrière le ministre qui guette encore ce qui pourrait sortir de la fumée de la cheminée, le remercie alors pour lui avoir confirmé l’info et s’enfuit en sautant par la fenêtre directement dans la Tamise en évitant les tirs du templier colérique. Il contracte donc d’un coup d’un seul la peste et le choléra, tant la Tamise est polluée (sans compter les gens qui y coulent des navires en construction), avant de monter à bord d’un navire où l’attendaient Watson et Irène. Aucun des deux ne lui fait remarquer que son plan était pourri, en particulier le passage où, au lieu de sauter rapidement et sans se faire voir par la fenêtre, il remercie le ministre histoire de bien se faire tirer dessus avec une arme qui remplit l’air de plomb à courte portée. Mais tous les plombs l’ont évité, un miracle, probablement. En attendant, ils prennent la route du parlement pour en infiltrer les égoûts, où devrait se situer l’équipe terroriste qui prépare l’attentat selon les propos du ministre.

Le célèbre ministre qui tourne toujours le dos à ses interlocuteurs

Et effectivement, dans les égoûts, une équipe de vilains (dont le géant contre lequel Sherlock avait combattu) surveille une énigmatique machine, rapidement identifiée comme étant une machine à gaz radiocommandée que le nain aurait préparé dans son atelier à la riante époque où il ne nourrissait pas les asticots. Alors oui, ce génie avait inventé le taser, les gaz de combat et la radiocommande mais il vivait dans la misère et travaillait pour un méchant de série Z. Pourquoi pas. En tout cas, Irène, Watson et Holmes attaquent les gardes et les rossent violemment. Au-dessus d’eux, dans la salle du parlement où sont réunies Chambre des Lords et Chambre des Communes, Lord Blackwood fait une apparition publique remarquée en faisant fermer les portes de la salle avant de commencer un discours sur le reich de 1 000 ans qu’il prépare pour la Grande-Bretagne. Il explique aussi que tous ceux qui ne sont pas avec lui mourront au douzième coup de midi… et en effet, au douzième coup, il appuie sur la télécommande qu’il a dans son dos et… ach ! rien ! Holmes et sa bande ont désamorcé sa bombe à gaz ! Lui qui avait tout prévu en s’immunisant juste lui et ses potes templiers en les faisant boire l’antidote dans l’espèce de coupe du Graal en leur faisant croire que c’était juste un symbole d’allégeance ! Il s’énerve donc et part en marmonnant quelques jurons vers les égoûts, qui sont visiblement très bien desservis depuis la salle principale du parlement britannique pour les jours de colique collective.

Suite à diverses courses poursuites entre les principaux protagonistes, Blackwood finit par sortir des égoûts pour déboucher au sommet de Tower Bridge en construction où sont déjà Holmes et Irène. Là, le combat final s’engage, où Irène est rapidement mise hors-de-combat avant que Blackwood ne succombe à son tour à un terrible coup du sort : à force de batailles et de vibrations, poulies et chaînes se balancent sur le chantier et par un incroyable hasard, elles finissent par former un noeud autour du cou de Blackwood qui finit ainsi pendu – pour de bon – au-dessus de la Tamise comme un bon vieux pirate. Dans l’intervalle, Sherlock a eu le temps de révéler tous les secrets de la soi-disante "magie" de Blackwood :

- Il a "envoûté" des prisonniers en les payant pour faire semblant et ainsi effrayer les autres

- Il est sorti de sa tombe en faisant briser par avance la pierre de quatre tonnes qui couvrait sa sépulture et en recollant les fragments avec une colle qui disparait sous l’effet de la pluie (ha oui mais dans ce cas, il aurait dû prendre les 4 tonnes de pierres sur la gueule, et non les écarter vers l’extérieur, non ? Oubliez.)

- Il a tué son père grâce à un produit paralysant tout bête qu’il a versé dans son bain

- Il a fait prendre feu à l’ambassadeur des Etats-Unis en sabotant son revolver et en ajoutant à cela un bidon de liquide inflammable qu’il a déversé sur lui pendant qu’il pleuvait, ainsi il n’a rien remarqué (attendez, il n’a rien remarqué ? et la pluie n’a pas rendu la prise de feu plus difficile ?)

Puis, Sherlock réveille enfin Irène qui était un peu assommée, et celle-ci, après avoir avoué qu’elle kiffait grave sa race l’enquêteur londonien lui révèle l’identité de son mystérieux commanditaire qu’elle refusait jusqu’ici de dévoiler : le professeur Moriarty. Bon, il reste un dernier mystère à éclaircir : comment Blackwood avait il survécu à sa première pendaison ? Après une petite expérience de retour à Baker Street, Sherlock a la réponse : grâce à un discret harnais et à un élixir lui permettant de simuler la mort histoire de feinter le légiste ("Watson, espèce de grosse quiche !" – "Uiii, mais il bougeait pu ! Et pis il était tout froid !"). Mais tout cela est rapidement interrompu par l’irruption d’un policier (ça n’arrête pas, entre ça et les passages avec des menottes, c’est terrible) qui révèle que l’affaire ne semble pas tout à fait terminée : on a retrouvé le cadavre d’un bobby qui venait en renfort dans les égoûts à la suite de Holmes et Watson ; celui-ci a été tué à bout portant par une arme de petit calibre : le genre exact de celle dont dispose le professeur Moriarty pour repousser les malotrus. Mais que venait faire Moriarty dans cette histoire finalement ? Et bien une chose toute simple : il venait voler le système de radiocommande de la machine à la fin de la bataille pour le revendre une fortune parce que quand même, c’est révolutionnaire ce truc.

"Watson, ne bougez surtout pas : je crois qu’il y a une femme juste derrière moi"

Et donc, sur cette ouverture d’une originalité formidable : FIN.

Tiens, j’y pense : si au lieu de faire tous ces efforts pour revenir d’entre les morts, Blackwood avait déployé les mêmes pour ne pas se faire chopper, n’eut-ce point été plus simple et efficace ? On ne le saura jamais. En attendant, j’attends avec impatience la sortie du film Sherlock Holmes où c’est un détective, pas un ninja.

Pas sûr qu’il sorte de suite.

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