Quelle invention du diable.

Un immense portique, constitué d’hideuses figures de carton aux tons sombres et aux traits hasardeux, situé juste devant l’un des points de contrôle pré-entrée en salle du cinéma ; au-dessous d’icelui, un employé consciencieux se saisit de chacun des tickets qui lui sont tendus avant de les déchirer avec soin, indiquant ce faisant la salle dans laquelle chaque spectateur est invité à se rendre.

Et sur cette bougresse de construction branlante, on peut lire en grandes lettres pourpres "Twilight 4", aux côtés d’imposantes flèches invitant les personnes souhaitant voir le film à se rendre, obligatoirement, à cet endroit précis.

Qui es-tu, esprit pervers à l’origine de pareille création ? Pourquoi veux-tu obliger les pauvres spectateurs à se dénoncer quant au film qu’ils vont voir ? Est-ce une stratégie pour m’empêcher de baratiner les gens que je croise au cinéma en leur affirmant que je vais voir le dernier film tchèque lion d’or au festival de Venise alors qu’en fait je vais voir Ghost Rider ? Comment vivre dans un monde où les enfants peuvent s’exclamer "Regarde maman, des gens qui vont voir Twilight", en pointant vers nous autres, amoureux des daubes, de honteux doigts accusateurs, alors que les mères de famille responsables en seule réponse leur cacherons les yeux de leurs douces mains en susurrant "Ne les regarde pas ma chérie, ce sont des monstres !" ? N’y a t-il plus moyen de vivre ses perversions en paix ? Je veux dire, à part avec une fausse moustache ?

Bref, ne nous égarons pas plus sur les sentiers caillouteux de pareilles réflexions, et parlons plutôt du sujet du jour : Twilight 4 – Révélation 1ère partie.

Etant un hôte consciencieux, je ne laisserai donc bien évidemment pas mes lecteurs les moins érudits dans l’ignorance, et me permets donc de vous résumer les trois premiers films histoire que personne ne soit perdu. Ce qui donne :

Twilight I – Fascination :

Bella, une fille qui n’a pas de muscles pour fermer la bouche, rencontre au lycée une choucroute sous laquelle se trouve un garçon : Edward. Comme il est trop mystérieux, ils vont causer au milieu des bois (un thème redondant de la saga : les gens passent leur vie dans les bois), et le jeune homme révèle qu’il est un vampire, et que dans le monde de Twilight, les vampires brillent à la lumière du jour comme des diamants. C’est trop choupinou, ils sortent donc ensemble, mais un jour, méchant vampire I, II et III débarquent et veulent tuer Bella parce que ça les fait marrer. La famille d’Edward, les Cullen (d’autres vampires, donc), vient donc en aide à la jeune fille et leur bourre la gueule. Edward et Bella peuvent se faire des bisous en paix. Fin. Pour plus de détails, le spoiler est ici.

Twilight II – Tentation :

Bella et Edward sont heureux, mais suite au précédent épisode, Edward se dit que c’est dangereux pour Bella de traîner avec des vampires. Il décide donc, pour son bien, de s’éloigner d’elle, et part donc en Europe. Bella en est trop dépressive, pleure sur son lit et mange de la glace devant Friends à longueur de journée, jusqu’à ce qu’elle découvre qu’Edward lui apparaît furtivement sous forme d’illusion à chaque fois qu’elle est en danger. Pour le voir tant qu’elle peut, elle se met donc en danger en faisant un truc trop extrême : du solex sans casque. Ce faisant, elle se rapproche de Jacob, un ami indien bodybuildé qui aime courir en slip dans les bois (toujours les bois, vous dis-je) et qui s’avère être un loup-garou. Suite à un quiproquo, Edward pense que Bella est morte dans un accident de solex, et songe à se suicider ; Bella le rejoint donc en Italie pour l’empêcher de faire le con : ils se font des bisous. Fin. Accessoirement, le spoiler est .

Twilight III – Hésitation :

Méchant vampire III, qui avait survécu à la purge des épisodes précédents, revient pour enquiquiner les gentils : il vampirise plein de gens pour se créer une armée et aller taper sur Edward, Bella et leurs amis. Les gentils ont vent de la chose, et les loups-garous s’allient avec les vampires de la famille d’Edward, leurs ennemis jurés, le temps de protéger Bella puisque cette rabouine a un amoureux dans chaque camp. Les méchants se font malaxer la trogne, (dans les bois, étonnant non ?) et Edward et Bella peuvent donc se faire des bisous. Dans la foulée, Edward demande Bella en mariage. Fin. Sinon, le spoiler est céans.

Bien, vous avez tout suivi ? Edward, Bella, les bisous, la choucroute, c’est bon ? Alors en route pour l’épisode IV première partie : spoilons mes bons !

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L'affiche : le concours des plus gros sourcils est lancé ; tremble, Emmanuel Chain !

Le film s’ouvre donc sur la végétation luxuriante des alentours de Forks, la petite bourgade où se situe notre récit ; nous voici bercés par la voix de Bella, qui nous explique que la fin de l’enfance n’arrive pas à un âge précis, car tout cela est bien plus compliqué ; un discours qui d’entrée de jeu, séduira la spectatrice de 13 ans qui se sent à la fois adulte mais incomprise par les vieux qui la considèrent encore comme une adolescente. Continuant à tenter de mettre en émoi ce public dès les premières minutes, le film enchaîne donc avec Jacob, l’indien musclé, qui est tranquillement chez lui lorsqu’il reçoit du courrier ; plissant les yeux très fort en lisant la missive qui lui est adressée, le bougre s’empresse de faire quelque chose de bien normal : il retire son t-shirt en prenant un air fort mécontent et s’en va à demi-nu et sous la pluie courir dans les bois proche de sa maison.

C’est bien normal, vous dis-je : moi aussi, l’autre jour j’ai reçu ma taxe d’habitation, alors du coup, hop, direct en slip et vas-y que je gambade vers les bois les plus proches en prenant l’air grognon (l’air grognon se marie à merveille au slip ; par contre, la combinaison des deux s’accommode bien mal de la présence d’agents de la brigade des moeurs sur votre chemin, sachez-le, ces derniers ne semblent guère à la page en matière de sociologie comportementale face à un pli du facteur).

En attendant, quel est donc ce mystérieux courrier qui met notre indien préféré dans un tel état ? Et bien c’est simple : il s’agit d’une invitation au mariage d’Edward Cullen et de Bella Swan, et comme chacun sait, notre homme étant vaguement amoureux de la jeune fille à l’expression qui n’est pas sans rappeler un sandwich au fromage, on comprend son courroux.

Mais d’autres personnes reçoivent aussi le courrier, à commencer par Papa Swan, le fameux shérif de Forks, qui n’aime guère savoir que sa petite fille va se marier à à peine 18 ans ; son ex-femme, Maman Swan, recevant l’invitation se met elle simplement à glousser et à marcher en trémoussant ses fesses d’une manière fort naturelle qui laisse à penser que mentalement, elle et sa fille en sont à peu près au même stade. Mais justement : et Bella dans tout ça ?

Et bien la jeune fille assiste aux préparatifs du mariage chez les Cullen, dans leur immense résidence au milieu des bois, dont, je le rappelle, toutes les faces sont constituées intégralement de baies vitrées (ce qui est fort pratique quand on est un vampire qui cherche à se faire discret) ; les choses avancent bien, car sachez-le : la noce est demain ! Bella est donc invitée à aller se coucher tôt pour ne pas avoir l’air complètement crevée le grand jour ; cela dit, si elle apprenait à fermer la bouche (elle a eu trois films pour le faire, pourtant), ça aiderait, mais bon. La douce se rend donc chez elle, et on notera dans sa chambre, sur sa table de nuit, ce qui doit être la plus horrible peinture de chien de l’histoire, confirmant que la jeune fille a à peu près autant de goût que du tofu ; mais alors qu’elle contemple son lit sans raison, l’oeil vitreux, elle est surprise par Edward, qui grâce à ses supers-pouvoirs de pervers mort-vivant, a pu rentrer dans sa chambre promptement et silencieusement. Après quelques échanges niaiseux, Edward annonce à Bella qu’il doit lui confesser quelque chose… Mais quoi, vite, dis-nous tout bougre de brigand !

Soit : Edward explique que peu de temps après que Carlisle Cullen l’ait vampirisé au début du XXe siècle, il a décidé de ne pas suivre la voie de suceur de sang animal, traditionnelle chez les gentils Cullen, pour essayer de voir ce que ça faisait d’être un vampire prédateur buvant du sang humain. Il s’est donc essayé à la chose, et a tué plein de gens, mais "uniquement des gens mauvais", car Edward disposant du pouvoir de lecture dans les pensées (seules celles de Bella lui échappent, probablement car son cerveau est déjà cliniquement mort), il peut déterminer en deux minutes si quelqu’un est un potentiel galopin. Ce n’est qu’après quelques année d’errance qu’il est revenu chez les Cullen sucer des écureuils plutôt que des malandrins (mais uniquement de méchants écureuils, hein, du genre ceux qui rackettent des noisettes).

"Je suis un psychopathe qui tue les gens que j'estime mauvais, huhuhu" - "Uiiiii c'est très bien choubidou, hihihi"

"Est-ce que ça change ton opinion de moi ?" demande Edward, l’air penaud, à sa chère et tendre

"Mais non, pas du tout : tu n’as tué que des gens qui méritaient de mourir", lui répond en souriant sa belle avant de l’embrasser. Ah, douce Bella : tu es sage et juste, il y a des gens qui méritent de mourir, et Edward avait bien raison de tuer son prochain en faisant justice lui-même, déterminant qui est bon ou mauvais selon ses propres critères. D’accord, bien bien bien, je vais faire celui qui ne voit pas du tout le message derrière tout cela.

Sur ces entrefaites, Edward s’en va, appelé par ses frères vampires qui veulent lui faire un enterrement de vie de garçon (il va probablement être déguisé en bite géante et vendre des capotes devant la mairie de Forks, ou autre variante du meilleur goût de ce genre de tradition, mais le film ne le précise pas). Bella, de son côté si vous vous posiez la question, n’a juste le droit à rien : les filles, ça reste à la maison quand ça n’a pas son copain pour sortir, ah mais. Du coup, Bella, qui a visiblement une hygiène déplorable, se couche toute habillée. Ah ? Curieux.

Perturbée par cette manière de dormir peu commune, Bella a donc un curieux songe : elle rêve d’un mariage durant lequel tout le monde meurt, ce qui est assez moyen, puisque cela signifie qu’il n’y aura plus personne pour faire la chenille au vin d’honneur ; mais heureusement, bien vite, elle ouvre les yeux et s’en trouve aussitôt rassurée car elle découvre que ça y est, le grand jour est arrivé ! Elle va se marier à l’homme de sa vie (ou de sa non-vie, ça dépend des versions) ; ni une, ni deux, elle va trouver ses copines vampirettes à la maison Cullen pour l’aider à se maquiller, se coiffer et autres trucs que ces dames font en gloussant. Dans le même temps, les invités arrivent sur place et découvrent la résidence, sans savoir que celle-ci héberge des vampires. Papa Swan réagit juste en voyant la collection de chapeaux de diplômés, se demandant ce que ça peut bien être ; moi, j’aurais plutôt réagi sur le fait qu’il n’y avait aucun lit dans toute la maison, mais bon, ce n’est pas moi le superflic.

Accessoirement, simple détail technique : le mariage se passe juste à côté de la maison Cullen (donc, dans les bois, nan mais ils ont vraiment un problème avec la forêt dans cette saga), d’accord, mais surtout, en plein jour.

Mais dites-moi : Twilight, c’est pas une histoire de vampires ? Ça ne pose aucun problème ? Non : aucun vampire ne se met à briller comme une andouille, faisant hurler tous les invités, mystérieusement, ils ont tous mis leur mode "Guirlande de Noël" sur off. On pourra me rétorquer que c’est parce qu’il fait gris et que le soleil est caché derrière les nuages, ce qui est d’ailleurs la même raison pour laquelle Edward & co pouvaient aller au lycée sans risque, mais dites-moi : sachant que la date du mariage a été fixée des mois à l’avance, comment nos loulous ont-ils fait pour prédire que ce jour là, il ferait un ciel gris parfait, sans une seule éclaircie ou même un vague micro-trou dans les nuages ? Ils ont vampirisé Sophie Davant ? Ils pouvaient pas, par sécurité, choisir de le faire une fin d’après-midi en hiver, ou trouver un concept pourri de mariage nocturne ? Non : ce sont juste de gros débilous, mais l’auteur fixe la météo pour s’accommoder de leur bêtise crasse (bien que dans le film, on puisse voir clairement qu’il fait grand soleil, mais chhht, chtttt, du calme, sinon on arrivera jamais au bout de ce navet).

Revenons donc au mariage bourré de vampires se tenant en plein jour, et passons vite : Edward et Bella se disent oui, et enchaînent avec le plus mauvais baiser de l’histoire du cinéma (je crois qu’à un moment, il lui suce la joue et le menton en même temps en esquivant la bouche, ce mec pourrait nettoyer un aquarium en moins de deux avec une bouche pareille) ; tout le monde est donc très content, surtout Bella, parce qu’une fille de 18 ans qui épouse un mec en ayant plus de 90, c’est souvent à l’avantage de la première. La fête commence donc, et tout le monde y va de son petit discours sur le fait que l’amour, c’est trop beau, et autres propos que je vous passe, pendant que les coupes de champagne descendent plus ou moins vite selon les invités.

Voici 4 vampires au mariage. S'ils ne brillent pas sous une lumière pareille, il va falloir me dire quand ça arrive

Seul un drame se joue brièvement : des vampires invités par les Cullen s’insurgent, car le père de Jacob ainsi que l’un de ses fils sont présents, et ils n’aiment pas trop les voir là. Non pas parce qu’ils sont indiens, mais surtout parce qu’ils sentent leur nature de loup-garou (ils puent le chien mouillé) ; Jacob lui-même n’est cependant pas là, probablement en train de bouder dans sa niche, mais c’est sans compter sur Edward, qui à un moment de la soirée, annonce à Bella qu’il a une surprise pour elle : en fait, si, Jacob est venu !

Mais comme il boude un peu, il n’a pas assisté au mariage, et plutôt que de se pointer à la fête et de saluer tout le monde il… il… ho misère : il l’attend dans les bois (que ceux qui ne l’avaient pas vu venir lèvent la main ; c’est fait ? Tranchez là, ça vous apprendre à ne pas suivre) ; bref : Edward y accompagne donc sa douce pour qu’elle puisse échanger quelques mots avec son vieil ami indien qui lui manque quand même un peu : le bougre est en effet en train d’attendre près d’un arbre, après avoir fait le voyage depuis le nord du Canada où il était parti râler (c’est l’équivalent de sa chambre pour un loup-garou) sous sa forme de loup pour la voir ; à noter qu’il est en chemise et pantalon ; dis-moi mec, tu les transportes comment tes fringues quand tu es sous forme animale ? Car d’ailleurs, oui, autre mystère de ce film : à chaque fois que Jacob et ses potes se transforment (ce qu’ils font assez souvent), ils craquent tous leurs vêtements ; mais dès qu’ils prennent forme humaine : hop ! Ils ont au moins un slip, histoire de ne pas exhiber leur trilili au tout venant ; on en déduira que les loups-garous ont ce pouvoir spécial qui leur permet de générer des calebutes à volonté : c’est tout de même assez surpuissant. J’espère que Monsieur Dim va payer des mecs avec des balles en argent pour s’occuper de ces forbans qui ruinent son marché ; mais que disais-je, au fait ?

Ah oui : Bella retrouve donc dans les bois le jeune Jacob pour lui dire qu’il lui manque, et la conversation est assez banale, jusqu’à ce que pour diverses raisons, ils en viennent à parler de la lune de miel, durant laquelle Bella explique qu’elle compte bien coucher avec Edward ; Jacob s’insurge donc aussitôt ! Qu’est-ce que cette que ces histoires de gens qui couchent ensemble durant leur lune de miel ? On ne va pas là-bas juste pour jouer aux échecs avec son âme soeur ? On lui en avait jamais parlé, merde ! Il fait donc un caca-nerveux (encore), se retransforme en loup (encore) et file bouder (encore). Probablement une fois encore au nord du Canada, ce qui ne manquera pas de lasser les fermiers du cru, qui doivent en avoir marre de voir leurs plantations ravagées par des loups-garous adolescents hystériques.

Bref ; après ces évènements, Bella et Edward retournent à la petite fête, où on les bombarde de riz jusqu’à ce qu’ils montent en voiture pour leur grand départ en voyage de noces ; dans la nuit tombée depuis longtemps, la berline conduite par le vampire aux sourcils en mousse file donc vers sa destination : un aéroport où attend un jet privé (oui, oui, rien que ça : je confirme, mademoiselle a épousé un vieux riche), qui s’envole ensuite pour Rio de Janeiro.

Il faudra cependant m’expliquer un truc : ils font USA – Brésil en combien de temps ? Puisque visiblement, en arrivant, il fait encore nuit noire, ce qui là encore, arrange bien les affaires de tout le monde, sinon Edward se serait mis à briller comme une boule à facettes, et il aurait probablement été lapidé à coups de tongs par des brésiliens effarouchés par pareille démonstration surnaturelle.

En tout cas, Rio n’est qu’une étape du périple, apprend Bella : en fait, Carlisle, le "père" d’Edward leur a réservé une résidence de luxe sur une île au large où ils vont pouvoir passer des vacances de rêve ; ho, chouette alors ! Seulement, à peine Bella a t-elle mis le pied dans la résidence qu’elle note qu’Edward louche bizarrement vers le lit ; toute cette histoire sentant la copulation à plein nez, elle se décide à faire ce que toute femme fait quand l’excitation vient à monter :

Elle lui demande de se barrer pour aller se brosser les dents.

Que… comment ? Oui ? Je n’invente pas : Edward, visiblement chaud comme la braise (ou est-ce pour faire romantique et cool, mais je préfère ma version), se décide à aller refroidir son popotin déjà plutôt peu chaud puisque vaguement mort en allant se baigner tout nu à l’extérieur ; Bella, elle, en profite pour se brosser les dents (son haleine de blaireau en décomposition semblait pourtant convenir à Edward quand il l’embrassait jusqu’à présent ; et puis bon, je le comprends: à ouvrir la bouche toute la journée, ça doit être bien aéré là-dedans), puis elle… allez, on se concentre… elle va s’épiler les jambes.

"Mais dis donc Bella, c'est un poil que je vois, là ?" - "Crotte de bique ! Jamais il ne voudra d'une femme aux épaules aussi velues !"

Oui ? C’est indispensable ? Tu trouves ça romantique les 30mn dans la salle de bain à te tirer sur les poils ? Auquel cas, si tu voulais absolument le faire, tu savais que tu allais partir pour ta nuit de noce, mais n’avais pas pris tes précautions en amont ? Ou alors tu es super velue et tes jambes se sont transformées en moon boots rien que durant le voyage en avion ? Il va falloir m’expliquer ; enfin voilà pour la séquence pré-coucherie. Une fois cela fait, Bella s’effondre à moitié, car flûte, elle va faire l’amour, elle ne sait pas si elle sera à la hauteur, mais allez, soyons fous : elle se met aussi à poil et s’en va se baigner avec Edward dans l’océan : sous la lune, Bellouana et Jean-Edward s’apprêtent donc à commencer des trucs dans l’onde claire (même si la scène est difficilement compréhensible, tant de loin, le torse de Robert Pattinson et celui de Kristen Stewart se ressemblent). Puis, Edward amène sa douce jusqu’à couche conjugale, et commence son office (oui, il y a une scène de sexe, Famille de France, ferme les yeux !), y allant si fort que sa puissance surhumaine lui fait éclater les montants du lit et le cul de Bella façon Verdun.

Je fais une pause ami lecteur. Je fais une pause parce que je vous connais, bande de gredins, comme à chaque article sur le sujet, j’ai le droit à un commentaire ou un mail à base de "Edward est mort : donc son coeur ne bat pas… donc comment peut-il avoir une érection s’il n’y a pas de sang qui circule, LOL !"

Lecteur, pour te répondre simplement, si on applique la même logique à tout : son coeur ne bat pas, donc il ne peut pas irriguer ses organes, donc il ne devrait ni parler, ni bouger, ni même penser (même si sur ce dernier point, effectivement, il ne se passe rien). Sauf qu’il gambade en racontant des âneries depuis trois films, et que jusqu’ici, ça ne vous a pas choqué, bande de petits hypocrites ; on voit bien que vous ne vous arrêtez que sur les trililis, les trouloulous et toutes les implications qui vont avec, bande de petits pervers. Alors à la question "Mais comment fait-il ?", débrouillez-vous, imagine-vous un truc si ça vous choque trop, genre un implant digne d’il Cavaliere, ou le fait qu’il s’égorge une poule-noire sur le bas ventre en hurlant "Par le pouvoir de la nécromancie, dresse-toi kiki !",  ou je ne sais quel histoire à base de rigor mortis, mais en tout cas : c’est un fait. Passons donc à la suite.

Cela étant dit, passons au lendemain, où Bella se réveille seule dans l’immense lit, un sourire béat aux lèvres ; c’était formidable (et oui, c’était sa première fois, et non, malgré tout, elle n’a pas du saigner, sinon Edward serait devenu berserk et lui aurait arraché la tête avec les dents en voyant ça ; encore une fois, c’est magique). Cependant, Edward n’est pas du même avis, non pas parce qu’il a tiré un siècle de munitions d’un coup, et qu’il lui en faudra sûrement autant pour recommencer, mais surtout parce que sa force surhumaine a couvert sa désormais femme de bleus ; Bella lui explique que ce n’est pas grave, que c’était super quand même, mais lui n’est pas de cet avis : il ne veut pas faire de mal à sa compagne aussi propose t-il de ne plus baisouiller.

Ho ? Dis ?

Edward, je veux pas te faire un dessin, mais si tu lui fais des bobos quand tu viens butiner la petite fleur de maman abeille, tu n’as qu’à changer de position, hein, madame sur le dessus par exemple et on en parle plus. Ou une autre position, hein, du genre la chaloupe ardennaise ou le houla-hoop à piston infernal, que sais-je ? Mais non : Edward, c’est soit on la fait à l’ancienne, soit rien du tout : bravo.

Rah, je me rends compte que je devrais être conseiller conjugal pour vampires ; je crois que j’ai loupé ma carrière. Attendez, attendez, je digresse encore, vite, revenons à ce fameux film.

Bella est donc quelque peu désappointée de cette décision car, sachant qu’on lui a promis de bientôt faire d’elle une vampire, elle se voit mal passer l’éternité sans un petit coup de sexe de derrière les fagots ici ou là. Elle tente donc de convaincre son doux époux de revenir sur sa décision, mais celui-ci se montre quelque peu obtu ; durant les deux semaines qui suivent, donc, finalement, nos deux larrons se retrouvent à… jouer aux échecs (je n’invente toujours pas). Ça valait le coup d’avoir une île privée ; cela dit, il faut noter un truc : même en plein jour, avec cette fois le ciel dégagé bien cadré dans tous les plans, sur une plage et avec le soleil qui tape, Edward ne brille toujours pas ; c’est quand même ballot de faire un film sur des vampires dont c’est la première faiblesse et l’oublier tout du long, mais passons. Bella tente bien quelques stratégies pour faire craquer son mari, mais toute rate : le déshabillé coquin (elle a oublié de mettre de la poitrine dedans, ça marche moins bien), les regards langoureux (mais bovins), les câlins par surprise (sauf qu’il esquive avec une vitesse surnaturelle)… Edward a du mal à résister, mais y parvient tout de même, bien que, bon, honnêtement mec, tu aurais rempli le frigo de fayots et d’oignons, tu aurais obtenu un tel tue l’amour sur pattes que tu aurais encore plus de facilité à tenir, puisque du coup tu aurais eu l’impression d’avoir épousé une cornemuse, mais passons. Tout le monde n’a pas ma fourberie.

Qu'est-ce qu'on s'éclate en lune de miel !

Le temps passe, en tout cas, et un soir, las, Edward finit par craquer à nouveau, et c’est reparti pour un tour ; le lendemain, en se levant, Bella est à nouveau seule dans son lit, et s’en allant à la cuisine pour petit-déjeuner, elle tombe nez-à-nez avec un mot "Je suis parti chasser, je serai revenu avant que tu ne te réveilles".

C’est ce qu’on appelle le mot le plus con du monde, puisque si la nana tombe dessus, c’est justement qu’elle est réveillée, donc que le mot est foiré. Quand je vous disais que le cerveau de ce mec était définitivement mort depuis un bail.

En tout cas, Bella va se faire chauffer du poulet (je crois que cette scène m’a confirmé à quel point ce film était passionnant : il y avait vraiment besoin de deux parties tellement il y a de choses à raconter !), mais alors qu’elle commence à le déguster, voici qu’elle se sent mal et qu’elle s’en va gerber ; Edward arrivant au même moment, il s’étonne de trouver sa douce en train de rouler des patins à la cuvette des WCs, mais avant qu’il ne devienne jaloux de celle-ci, qui le bat tant en pâleur qu’en goût et QI, Bella se relève et annonce soudain qu’elle vient de réaliser quelque chose : elle n’a pas eu ses ragnagnas depuis un petit moment… Serait-ce que…

"Bloub", fait le ventre de Bella.

"Bloub" ? S’exclame le couple en choeur ? Qu’est-ce que cela signifie ? Edward réfléchit très fort et parvient à 4 solutions :

  • Bella est ventriloque et fait parler son bidou, mais ce qu’elle raconte ce faisant n’est pas bien compréhensible
  • Bella a l’appendicite
  • Bella est enceinte
  • Bon sang, c’est les tacos ; je savais que j’aurais pas dû les acheter à ce type à l’air louche ; Bella, mon amour, je vais fermer la porte, je te laisse rejouer les plus grandes scènes de l’exorciste sur le trône

Edward tombe donc en état de choc, constatant que c’est probablement la réponse 3 ; mais comment ? Comment a t-elle pu tomber enceinte ? Les vampires peuvent se reproduire ? Edward ne le savait pas, il pensait que ce truc mystérieux qui sortait de son corps lorsqu’il était soudain très content avec Bella, c’était du Yop, ou un truc du genre ! Bon sang, un siècle passé à redoubler le lycée pour rien ! Si seulement il avait écouté en biologie ! Voilà que des millions de spermatozoïdes avec de petits crocs se sont lancés à l’assaut de sa femme, que va t-il faire ?

Bella, voyant Edward les yeux dans le vague (quel homme de la situation, chapeau mec, quelle maturité à presque un siècle d’âge), se décide donc à prendre les devants : appeler Carlisle, il est vampire et médecin, il devrait savoir quoi faire ! Ce dernier confirme à Bella : soit elle est enceinte, soit ce sont les tacos, mais dans les deux cas, il recommande de rentrer au pays au plus vite. Edward reprenant ses esprits, lui, demande plutôt conseil à… la bonne.

Là encore, je ne rigole pas. Ce livre s’est vendu en plus.

Car oui, il y a une bonne, qui fait partie d’une tribu locale qui déteste les vampires (Edward le sait, il a donc décidé de l’engager comme bonne, c’est tellement logique), et qui en sait un peu sur leur sujet ; la dame va donc toucher le ventre de Bella, et elle confirme : elle est enceinte. De là, Bella annonce vouloir garder l’enfant, fut-il vampirique, alors qu’Edward, lui, n’en veut pas ; décision est prise de rentrer en urgence au pays, probablement pour faire un lavement à l’eau bénite à Bella, et si ça ne marche pas, trouver un très gros cintre ou un crucifix de poche.

Quelques temps plus tard, au pays, retrouvons Jacob, l’indien qui passe son temps à se plaindre ; cette fois-ci, il est à la plage avec sa "meute" de potes loups-garous, et explique qu’il est sûr qu’Edward va vampiriser Bella pendant la lune de miel, comme le jeune couple l’avait prévu, et donc il se demande quelle excuse ils vont filer à sa famille pour qu’elle ne revienne jamais les voir : tombée d’une falaise ? Accident de voiture ? Cancer de la bouche ouverte ? Dévorée par des canetons sauvages l’ayant confondue avec un flan aux fruits ? Il ajoute aussi qu’il conchie les gens amoureux, qui sont faibles et se laissent embobiner, et que les filles, c’est nul, etc. Bref : Jacob a le niveau de réflexion d’une petite fille de 5 ans ; on dirait une discussion sur le partage des BNs à la récré à l’école maternelle Christian Clavier de Melun. En tout cas, peu de temps après, il apprend une chose qui va dans le sens de ce qu’il pense : Bella n’est pas rentrée de lune de miel ; officiellement, Edward aurait dit qu’elle avait attrapé un virus. Notre jeune loup est donc fort mécontent, puisqu’il détecte là-dedans une excuse pourrie, comme il l’avait prédit, pour couvrir sa vampirisation. Il se rend donc chez les Cullen pour leur expliquer sa façon de penser, et, pourquoi pas, insulter leurs mères.

Sauf qu’arrivé sur place il tombe non seulement sur Bella, visiblement toujours humaine, et surtout avec un ventre énorme ! La famille Cullen lui apprend qu’elle est rentrée de voyage il y deux semaines dans le plus grand secret, et qu’elle est enceinte d’Edward, avec visiblement, un cas de bébé se développant très vite. Et accessoirement, l’affaiblissant beaucoup pour grandir à ce rythme : la bougresse a le teint maladif et les joues creusées par pareille épopée. Cela énerve fortement Jacob, qui ne supporte de voir son amie dans un tel état ; un grand débat se lance alors entre ceux qui veulent "garder le bébé" et ceux qui veulent "se débarrasser du foëtus" (qui a ce stade, n’en est plus un depuis longtemps, mais visiblement, tous les Cullen, le médecin compris, sont des quiches en biologie basique, c’est affreux). Evidemment, c’est le camp "pro-vie" qui l’emporte, vous le devinez, et on ne sent d’ailleurs pas du tout le message de l’auteur derrière, une fois encore.

Un autre problème est soulevé : en gardant l’enfant, Bella met sa vie en jeu ("Mais la vie de l’enfant est plus importante que tout"), ce faisant, il n’est pas sûr qu’elle tienne jusqu’à l’accouchement… or, Bella veut être vampirisée après l’accouchement, et pas avant. Et d’après Carlisle, il sera sûrement trop tard pour faire quoi que ce soit lors de l’accouchement, le pouvoir de transformation des vampires ayant lui-même des limites, presque autant que leur réflexion, c’est dire ! Zut, flûte, cacaboudin, comme le disait Pline le Jeune (qui était un galopin des plus grossiers, comme chacun sait) !

Jacob fait donc ce qu’il fait de mieux : devant cette situation, il part bouder (ça ne fera jamais que trois fois depuis le début du film, et en fait, dans chaque scène où il était), et court rejoindre sa meute sous forme de loup, pour une séquence "animaux qui parlent" digne de Disney : il apprend la situation à ses comparses, expliquant qu’on ne peut pas laisser vivre un monstre aussi inhumain qu’un bâtard humain-vampire sur le point de naître. Ses compagnons loups-garous lui répondent donc "Ok, dans ce cas, on va aller bourrer la gueule au bébé, qui est dans Bella, tu noteras bien, ce qui complique les frappes chirurgicales". Jacob n’étant pas d’accord avec le fait de tabasser Bella, il se fâche donc (merde, c’était quoi ton plan mec ? Tu comptais mettre une lacrymogène dans la culotte de Bella pour faire sortir le bébé comme un vieux renard afin de le tuer en l’épargnant elle ?), il boude donc à nouveau (…) courant cette fois retrouver les Cullen dans leur maison au milieu des bois pour leur expliquer que "Attention, les loups-garous veulent tuer le bébé et Bella en passant, il faut faire attention ! Je ne les laisserai pas faire !" ; mais ouais mec ! Et juste comme ça : qui a prévenu les loups-garous ? Tu serais resté bien sage, tout le monde irait bien ; elle a raison Bella d’avoir hésité entre Jacob & Edward : ils sont tous les deux aussi cons. C’est un peu comme hésiter entre une huître et une moule, mais je m’égare.

La situation devient donc la suivante : les Cullen ainsi que Jacob restent à garder la résidence des vampires toute la journée, pendant que Bella y attend d’accoucher. Et tout autour, dans les bois, la petite meute de loups-garous attend son heure pour attaquer, confrontée à un problème simple : dans l’immédiat, les vampires sont en léger surnombre. La tension est donc palpable.

Passons sur les heures passant dans la maison, avec Edward regardant l’état de sa copine se dégrader en permanence, et que personne ne semble capable d’arrêter. Tout le monde se pose la question : "Mais pourquoi le bébé se nourrit de sa vie à elle ? Que peut bien vouloir manger un bébé vampire ? Si on pouvait lui donner directement, il arrêterait de pomper Bella" ; ce sont des vampires qui s’interrogent, je le rappelle. Hmmm voyons voir les mecs, quel est votre régime alimentaire ? Ah, c’est trop dur. Le ridicule ne tuant pas, mais entamant bien quand même (c’est peut-être ça qui tue Bella, remarquez ?), Edward cherche donc des réponses sur… Yahoo (le placement de produit n’a aucune limite). Oui oui. Encore une fois, vous avez bien lu. Je ne m’étonne plus de rien pour ma part ; on ne sait jamais, des fois que la réponse apparaisse sous le moteur de recherche en indiquant vanhelsing.skyblog.com.

Internet, c'est rude (cliquez pour agrandir)

Autre passage culte : Bella, soucieuse de son avenir proche, décide d’appeler son père pour lui dire qu’elle l’aime ; elle attrape donc un téléphone et obtient son géniteur, qui est donc persuadé qu’elle est actuellement au Brésil ; Bella lui sort alors l’excuse la plus minable du monde : "Papa, en fait, je peux pas rentrer, je vais mieux, mais tu peux pas venir me voir, d’ailleurs si tu prends un avion, sache que je ne serai pas là car en fait je pars dans un hôpital spécialisé en Suisse. Mais sinon, ça va bien, merci." ; oui parce que c’est connu, les gens qui vont bien vont à l’autre bout du monde se faire soigner ("Tout va bien mais il faut prendre des mesures d’urgence" : on dirait du François Baroin, ce qui n’est pas peu dire), et si son père est prêt à prendre un avion pour le Brésil, il ne pense pas à proposer la même chose pour la Suisse : c’est connu, ce pays n’a pas d’avions ou même d’aéroports.  Tout ce discours ressemble à celui bien connu du "Mais non Jeannine, Porky le cochon d’inde n’est pas mort : il est juste parti dans une ferme très loin où il va très bien mais où tu ne peux pas aller le voir". Et le plus beau ? Ça marche. A ce moment, dans la salle, je strangulais un chiot pour me passer les nerfs. Ou était-ce une adolescente ? Je ne sais plus, mais en tout cas ça a un peu jappé avant de mourir.

Sinon, comme ça, détail technique : Bella, ton père il fait quoi ? Policier ? Est-ce que tu penses qu’il va remarquer que c’est le numéro de M. Cullen qui s’affiche quand tu appelles, puisque tu utilises le fixe de la maison ? Avec un indicatif signifiant que tu lui téléphones depuis Forks, et non depuis le Brésil ? Non parce que moi, je dis ça, mais bon, c’est juste au hasard.

Accessoirement, régulièrement, Carlisle Cullen examine Bella, grâce à son cabinet médical à l’intérieur de sa résidence. Cabinet qui donc, est évidemment ouvert sur une immense baie vitrée donnant sur les bois, permettant à tout le monde d’en profiter. Puisque je le rappelle : la maison est supposée être encerclée par des loups-garous qui, du coup, doivent se taper des vues formidables sur Bella montrant où en est son ouverture de col à M. Cullen ; il y en a un ou deux qui ont dû aller se laver les yeux dans la rivière après coup, m’est avis ; c’est ce qu’on appelle "se rincer l’oeil".

D’ailleurs, en parlant de bébé, la situation continue d’empirer : le petit galopin grandit au point qu’il en brise deux côtés à Bella (qui pourtant, continue de se balader comme si de rien n’était. : j’espère qu’elle sera dans les Expandables 2), et l’affaiblit encore et toujours. D’après Carlisle, le bébé est si fort qu’il esquive les ultrasons des échographies et reste complètement furtif (cette petite est enceinte d’un sous-marin russe si vous voulez mon avis). Mais alors que tout le monde est résigné à voir Bella mourir, Edward compris, qui explique qu’il est prêt à mourir de la main de Jacob si cela arrive pour ne pas avoir à vivre cette souffrance, voilà que Carlisle a une idée incroyable :

"Et si on essayait de filer du sang pour que le bébé s’en nourrisse ?"

Ah oui, excellente idée les mecs. 45 mn pour la trouver : heureusement que vous êtes des vampires les gars ; vous pensiez que ça mangeait quoi un bébé vampire ? Des artichauts ? De la mimolette ?

Bref : on amène du sang à boire à Bella, dans un petite gobelet avec paille, pour que ça aille directement nourrir le rejeton ; et en deux minutes chrono, pif-pouf, la bougresse se sent mieux : ah bin en fait, il suffisait de cela pour que tout aille mieux ! Cependant, et puisque le n’importe quoi n’est pas fini, maintenant que l’on sait comment calmer le bébé, tout le monde trouve désormais le fait que la jeune fille soit enceinte tout à fait formidable, et chacun, au lieu de demander qu’on purge l’intérieur de Bella au lance-flammes, réfléchit plutôt au bébé, son nom, son avenir, etc. Bella explique, en se reposant, qu’elle va mieux mais a cependant un peu froid : Jacob se propose donc de se coller contre elle, ce qu’Edward accepte parfaitement, sans même être jaloux, parce que c’est tellement normal, son pire ennemi se frottant contre sa copine au motif de la réchauffer.

Sinon, mec, il y a un truc qu’on appelle la couverture ; c’est assez moderne, ça tient chaud, et ça ne se transforme pas forcément en loup-garou pour partir bouder toutes les 5 mn. Mais tout le monde ne connait pas, j’en conviens, c’est un peu trop récent.

D’ailleurs en parlant de loups : que font les loups-garous qui encerclent la maison depuis maintenant trois plombes ? Et bien rien, pour être exact. Ne voulant pas attaquer un ennemi en surnombre, ils se contentent d’observer, invisibles ; l’idée de tirer un bon coup de fusil dans les baies vitrées pour en finir avec Bella et le gosse ne leur vient pas à l’esprit (c’est bête) ; sinon, pour isoler la bougresse, il suffit aussi d’appeler son papa, dont vous avez le numéro, en expliquant que sa fille est enceinte et au pays, retenue par ces enfoirés de Cullen, qui l’ont battue au point qu’elle en a deux côtes pétées : il va sûrement débarquer en vitesse et, soit fiche la zone en créant une énorme diversion suffisante pour agir, soit la sortir de là et donc empêcher les vampires de pouvoir la protéger correctement.

Mais ce ne sont que des idées ; c’est bien de ne rien faire, aussi, hein. C’est un bon plan.

Finalement, ce sont les vampires qui se décident à passer à l’action : le sang commence à manquer dans la maison, et de fait, Bella recommence à voir son état se dégrader à toute allure ; Carlisle et deux autres vampires décident donc de tenter une percée vers la ville pour aller se ravitailler en poches de sang ; ce faisant, ils courent donc aussi vite que possible, se tatanent avec deux loups qui tentent de les intercepter, et risquant presque de perdre l’un des leurs, parviennent à passer les lignes ennemies.

Voilà qui résume l'action des loups-garous durant tout le film : du rien

Ok, donc les deux camps sont aussi bêtes l’un que l’autre, mais ça, on le savait :

  • Dans tous les films, Edward s’amuse à se promener en forêt en sautant d’arbre en arbre grâce à ses pouvoirs de mort-vivant ; les loups ne grimpant pas aux arbres, pourquoi ne faites vous pas pareil pour passer en paix ?
  • Sinon, vous appeliez un humain de vos connaissances que les loups n’auraient pas osé toucher, et plutôt de votre côté (genre le père de Jacob, au hasard), et vous lui demandiez de vous emmener en voiture au motif que ça pouvait sauver une vie.

Deux plans trop élaborés pour nos quiches mortes-vivantes qui tentent plutôt le "On va courir comme des gros nases et espérer que ça passe". Et ça fonctionne, en plus, c’est peut-être ça le plus navrant.

Nos loups-garous sont un peu dégoûtés d’avoir échoué à arrêter trois macchabées fonçant droit sur eux, et on les comprend ; ils se disent donc "Bon sang ! Que va t-on faire maintenant ? Trois vampires ont quitté la maison, parmi les plus forts, ce qui veut dire qu’il ne reste là-dedans qu’une poignée de loulous en infériorité numérique qu’on peut bourrer facilement… faisons… faisons… allez continuons de ne rien faire". D’accord, bon, moi je laisse tomber.

D’ailleurs, c’est justement le moment que choisit Bella pour commencer à se sentir fort mal, puisqu’elle voudrait bien accoucher mais le marmot étant déjà fort costaud, il ne parvient pas à sortir par la la voie habituelle (moi je pense surtout que c’est parce qu’il a hérité des neurones de ses parents, et que du coup, il ne trouve pas la sortie) ; Edward et Jacob, complètement paniqués, décident donc de pratiquer une césarienne à vif à la barbare en l’absence de médecin, et réussissent sans que Edward, à nouveau, ne devienne fou en voyant les litres de sang que perd sa douce et tendre ; elle commence donc à méchamment mourir, mais tout n’est pas perdu : une vampirisation d’urgence est possible ! Edward sort donc une seringue contenant son "venin"  (on a fait comme les cobras pour l’extraire ? On l’a fait couiner sur le bord d’un verre canines dehors ?) pour l’injecter à sa femme plus très vivante, et la mord aussi un peu partout pour mettre une deuxième dose. Le bébé, lui, qui s’avère être une fille, est emmené couvert de sang dans une salle à côté par une vampirette Cullen qui, là non plus, ne réagit pas à tant d’hémoglobine (dire que les mêmes devenaient fous pour une coupure au doigt dans les films précédents, c’est beau les retournements de concepts). Ho, j’en profite : cette petite fille s’appelle… Renesmée. Non, je n’invente pas. Renesmée. Bella un peu avant l’accouchement avait proposé ce prénom si c’était une fille, expliquant que c’était un jeu entre les prénoms des mamans respectives d’elle et Edward, Renée et Esmée.

Je vois le genre, une vraie maman moderne : "Je vais donner un prénom orthographié n’importe comment et ne ressemblant à rien à mon enfant pour que ce soit original ! Et si je trouve pas, ce sera Léa ou Téa". C’est beau.

Cependant, pour en revenir à Bella, il semblerait que la damoiselle n’ait point survécu à ses blessures, et qu’il soit trop tard pour le venin de vampire… elle meurt donc sur la table d’accouchement du cabinet de M. Cullen.  Jacob en est tout bouleversé, et s’en va dehors pleurer la perte de son amoureuse secrète (mais pas trop quand même, ça se voyait un peu).  Les loups qui observaient la scène en jouant au Trivial Pursuit (bin oui, sinon, pourquoi n’auraient-ils pas déjà attaqué ?) comprennent dès lors la situation : Bella a accouché, mais est morte ; c’est le moment parfait pour attaquer la maison !

Que… pourquoi ? Bon. On va dire que mieux vaut tard que jamais, hein. Allez, hop : tous foncent vers la demeure Cullen afin d’y croquer du vampire, fut-ce du vampire bébé.

Quelques instants avant cette funeste charge, sachez que Jacob est retourné dans la maison car il pense savoir comment passer sa colère : il voulait tuer Edward, mais non ; mieux vaut le laisser pleurer éternellement son amour perdu. Par contre, le bébé, lui, est bien responsable de la mort de Bella : il va le tuer, ce vilain monstre. Sauf qu’à peine a t-il mis un pied dans la pièce où une vampire s’occupe de l’enfant, le nouveau-né déjà bien éveillé le regarde et…

Jacob en tombe amoureux.

Encore une fois, oui, c’est dans le film : il s’en "imprègne", comme il dit, et tombe donc amoureux d’un nouveau-né, faisant de lui une sorte d’über-pédophile, un Marc Dutroux-Garou, enfin bref, un truc peu reluisant. Surtout que vu le prénom de la gamine, ça donne pas vraiment envie de l’aimer, mais bon. En tout cas, si je comprends bien, il va falloir qu’il appelle Edward et Bella beau-papa et belle-maman. Tout cela me parait bien mystérieux.

"Désolé Mademoiselle, j'aime mes femmes comme j'aime mes oeufs : fraîchement cueillis au cul de la poule"

En attendant, dehors, les loups eux ont commencé à attaquer ; mais pas de bol, il se trouve comme ils ont trop traîné (étonnant !), Carlisle et ses deux comparses vampires reviennent d’en ville au même moment, et les vampires sont à nouveau en surnombre pour défendre la demeure sylvestre qui est leur refuge ; les loups s’écrasent donc sur les défenses des buveurs de sang, mais soudain, ils aperçoivent Jacob sortant de la maison, et découvrent grâce à leur sixième sens que celui-ci est "impregné" par le nouveau-né ; or, les loups-garous n’ont pas le droit de s’en prendre aux leurs, ou à ceux protégés par un loup impregné ; ils abandonnent donc tout, comme ça, hop, pif-pouf. Hmm hmm. C’est donc un rebondissement, je le note. Et sinon, quand Jacob protégeait Bella, comme il le faisait depuis le début du film, non ? Ça vous dérangeait pas d’essayer d’attaquer là, c’est fou ! Mais la personne qui a écrit ça, elle vit encore ? Sa propre incohérence ne l’a pas fait disparaître de notre réalité ?

D’ailleurs, coup de bol encore : dans le film précédent, les loups affrontaient des vampires super balaises gorgés de sang humain, et les tuaient en deux coups de cuiller à pot ; là, ils ont beau s’acharner à douze sur des vampires suceurs de lapins qui crèvent la dalle après un long siège, ils ne déchirent même pas un seul de leurs vêtements ; encore une fois, j’insiste : c’est pas banal. Ou alors, écrit avec les pieds, allez savoir.

Les métamorphes repartis, tout le monde s’en va vers la salle d’accouchement où Bella est dans un sale état ; ils s’apprêtent à pleurer sa mort et préparent leur deuil jusqu’à ce que soudain, ho ! Ses cheveux reprennent couleur et volume (les pouvoirs vampiriques comprennent le shampoing magique), sa peau devient pâle et parfaite (fond de teint enchanté), ses côtes et organes se réparent (chirurgie féerique), et ça lui rajoute même du rouge à lèvre et des faux cils (c’est vraiment fabuleux quand même)  et nous avons donc un gros plan sur ses paupières closes…

Qui s’ouvrent soudain sur deux yeux rouges vampiriques !

Et…

FIN

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A la fin du film, il faut noter que moi aussi mes paupières étaient plus ou moins closes.

Et en dessous, l’oeil était aussi méchamment rouge.

Comme quoi, c’est vraiment un film qui sait toucher son public.

"Patron, patron !"

La porte du bureau provoqua un bruit de tous les diables en claquant contre le mur, manquant de peu de renverser un tableau de maître situé non loin ; sous le cadre malmené apparut la silhouette gracile de Ludivine, ma nouvelle secrétaire, tentant péniblement de reprendre son souffle alors qu’elle venait semble t-il de se ruer jusqu’à ce point dans une course de tous les diables en laquelle ses talons hauts ne l’avaient guère aidée. Jetant un oeil par-dessus l’écran de mon ordinateur, je lui fis comprendre d’un simple mouvement de sourcil que je n’appréciais guère d’être dérangé d’aussi bruyante manière.

"Patron, on a un problème !
- Que se passe t-il ? Encore une visite de l’inspection du travail ? Dites leur que nous n’avons jamais vu le dernier inspecteur et assurez-vous que l’accès au potager soit bien fermé.
- Ho non ! C’est bien pire Monsieur Connard ! Ce sont les stagiaires !
- Et bien, quoi, les stagiaires ?
- Elles, elles… (car oui, mes stagiaires sont par un curieux hasard de jeunes filles nubiles. C’est fou, tout de même)
- Ecoutez, je suis très occupé, alors soyez prompte !
- Elles sont devenues comme folles et ne poursuivent plus le travail ; elles exigent qu’on les laisse sortir !"

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Il y eut un long et pesant silence, durant lequel Ludivine se sentit mal à l’aise face au regard inquisiteur de son supérieur.

"Voilà autre chose. Vous avez suivi la procédure en cas de stagiaires revendicatifs ?
- Oui, les ressources humaines sont déjà en train d’utiliser le canon à eau, mais elles ne se calment pas.
- Très bien, je vois qu’il faut tout faire soi-même ici. Allez me faire chauffer un thé, et chargez mon flashball. 
- Bien Monsieur, tout de suite Monsieur."

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Alors que Ludivine s’éloignait au petit trot en direction de son bureau, je sortis du mien afin de me diriger vers la cave d’où sortaient effectivement des cris aussi stridents que nombreux. Au bout du couloir obscur qui s’enfonçait dans les entrailles de l’entreprise, de l’autre côté d’une grille aux barreaux entamés par des générations de dents encore jeunes et fringantes puisque fraîchement libres après des années d’orthodontie, des hordes de stagiaires se débattaient, hurlant alors que le canon à eau déversait des flots d’eau glaciale sur leurs corps pâles.

"C’est bon Mauricet, faites couper l’arrivée de la fontaine à eau."

Le gros type au visage suintant qui maniait la lance s’empressa se s’exécuter, non sans avoir balayé une dernière fois de son jet le mur contre lequel les stagiaires s’étaient regroupées en grognant, derrière le simili open-space ravagé qui avait été, quelques heures plus tôt, leur poste de travail. Je m’approchais donc de la grille, restant à bonne distance pour éviter une tentative de griffure au travers des barreaux ; de toute manière, Ludivine m’apporta mon flashball dans les instants qui suivirent, ainsi qu’un thé ; de tels ustensiles dans chaque main, cela vous pose son homme.

"Stagiaires, qui est votre chef ?"

Il y eut un long grognement, alors que de la masse des corps agglutinés et détrempés sortait une créature aux longs cheveux bruns qui lui collaient au visage, se dirigeant vers la grille en jetant un regard noir aux cadres de l’autre côté des barreaux. J’en profitais pour prendre une gorgée de thé.

"C’est moi. Je m’appelle Ch…
- Tatata ! Tu n’as pas de nom, vile créature ! Ni nom, ni âme, ni même salaire, il ne faut pas déconner. Vous autres stagiaires êtes comme les schtroumpfs : vous n’avez pas de noms humains. Tu seras donc "Stagiaire Chef"" pour les besoins de cette négociation."
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La bougresse ouvrit la bouche en signe d’indignation, mais fut coupée par l’une de ses comparses derrière elle.

"C’est dégueulasse ! Laissez-nous sortir !
- Tais-toi, Stagiaire Renfrognée, ou je te martèle le museau au flashball. Bon, alors, pourquoi tout ce charivari les filles ? 
- Il faut nous laisser sortir ! – Reprit Stagiaire Chef en rabattant une masse de cheveux humides derrière elle
- Pourquoi aujourd’hui ?"

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Un murmure parcourut les jeunes filles accolées au mur, alors qu’elles hésitaient.

"Parce que… parce qu’on a un truc à faire. C’est important. – avoua en rougissant la représentante du groupe
- Et c’est ça qui vous met dans des états pareils ? Ce doit être… ce doit être…"

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Sur le mur, j’aperçus soudain un calendrier à demi-humidifié sur lequel apparaissait un curieux personnage choucrouté ; en dessous de lui, la date du 16 novembre avait été entourée en rouge, et je crus même deviner des coeurs dessinés autour de l’endroit. Je compris alors l’ampleur de la tragédie qui paralysait mes fières troupes.

"Diantre ! Vous… vous êtes dans cet état parce que c’est aujourd’hui que sort Twilight 4 !"

Il y eut un rugissement de plaisir suivi de hurlements hystériques alors que toutes les donzelles se mettaient à nouveau en branle, s’agitant en tous sens en criant ici le nom d’Edward, là celui de Jacob. L’une d’entre elles cria le mien avec la même euphorie, mais c’était bien normal : tout bon patron met toujours une taupe chez les stagiaires. Je fis signe à Mauricet de remettre un coup de canon à eau dans le tas, ce qui calma aussitôt les ardeurs de la petite troupe, et révéla, une fois encore, que cette arme était à la fois un merveilleux outil anti-émeute et un incroyable atout pour les amateurs de t-shirts mouillés.

"Je vais vous calmer, moi, viles gourgandines ; mais comme je suis bon, je ne vais pas me contenter de vous passer à la gégène jusqu’à ce que vous retourniez au travail, non : je vais profiter de l’évènement pour faire le tour des goodies de la licence…
- Moi, j’aimais la licence avant qu’elle ne soit populaire.
- … qui sont sortis ces dernier temps, et qui vont me permettre d’acheter votre obéissance inconditionnelle à vil prix. Et je ne parle pas des livres, hein.
- Moi, j’ai lu les livres avant qu’ils ne soient connus."

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Sur un signe de son supérieur, Mauricet renvoya une giclée d’eau sur la stagiaire qui osait ainsi interrompre son généreux employeur, et la jeune fille s’effondra en reculant, ses immondes et énormes lunettes tombant au sol dans la confusion.

"Je m’en fous, j’étais déjà mouillée.
- Sûrement l’effet Robert Pattison, Stagiaire Hipster ! Et maintenant, il suffit : étudions tous ces merveilleux produits qui iront bientôt décorer votre open-space en cave close pourvu que vous me foutiez la paix ! En route !"
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Chaque nouveau film Twilight est en effet l’occasion d’une invasion de nouveaux produits dérivés, tous plus, disons, "curieux" les uns que les autres. Or, comme chacun sait, calmer des fans de Twilight est toujours un moment difficile : les bougres sont diablement retords, et il faut mille et une ruse pour parvenir à les pacifier sans avoir recours directement à une arme à feu (ce qui est parfois mal vu, allez savoir pourquoi, alors que bon, sérieusement, se servait-elle vraiment de cette rotule ?) le temps de les faire patienter avant de les envoyer voir le film.

Du coup, en attendant le spoiler, jetons nous aussi un oeil chez les experts du cru, par exemple, par ici.

Pour commencer, quoi de mieux qu’un poster ?

Cet outil étonnant qui décore à merveille les chambres d’ados et finit par pendre lamentablement après avoir été percé mille fois de punaises pour tenter de le coller au mur n’a pas fini de se vendre, à l’instar de tout ce qui est moche et que les gens considèrent comme de la déco (comme par exemple, l’émission D&CO, dont vous ne voudriez même pas de poster, alors qu’il se trouve carrément des gens pour leur confier leur maison).

Ainsi, nul doute que votre amie fan de la saga tombera folle amoureuse de vous lorsque vous lui offrirez ce splendide poster "Edward pose une pèche"

Voilà qui explique avec quoi notre fripon colle sa choucroute capillaire

Disponible à moins de 8€, ce formidable atout de décoration intérieure fera la joie des petits et des grands, qui s’amuseront follement de l’originalité de la chose, tant l’imagerie habituelle n’aborde que généralement peu les questions gastriques des morts-vivants. Votre ado fan de Twilight sera heureuse de s’endormir chaque soir sous le regard bienveillant – quoique visiblement constipé – d’Edward, son amour secret (mais affiché au mur), aussi, il serait bien inconvenant de lui refuser pareil présent.

Cependant, il est fort probable que la fan s’exclame "Ah ! Voici que mes amies se moquent de moi à l’école, car je ne puis rivaliser avec elles sur place afin de montrer que c’est moi la plus grande fan de la saga de Stephenie Meyer ; vite ! Que l’on convoque le portefeuille familial ! Il me faut un nouveau produit dérivé auquel elles ne s’attendent pas !" (j’exagère peut-être un peu ; la VO devrait plutôt ressembler à "P’paaaaa, M’maaaaan, alleeeeeeeeeeeez Cindy en a uuuuuuuuuuuuuuuun ! De toute façon, vous m’aimez pas ! Je vais dans ma chambre, et pis après, je vais me tuer je s’rai morte et ce s’ra bien fait car vous serez triste ! Bouhouhouhou !")

Soit ! Le poster d’un vampire en inconfortable position ne suffit pas ? Il y a évidemment bien mieux à disposition !

Le t-shirt Esme, par exemple. Oui, c’est le nom d’un personnage, pas un toussotement ; mais dans ce film connu pour ses bruits de gorge, de langue et autres sons corporels divers, rien d’étonnant. Voici donc la bête :

Quand le bon goût rencontre le merchandising, ça donne ça

Fabuleux, n’est-ce pas ? Conçu par les plus grands experts en conjonctivite, ce fabuleux présent rendra la fan de Twilight heureuse (oui, curieusement, il n’existe pas pour les hommes : c’est étonnant), et ce pour moins de 13€! La damoiselle portant pareil atour pourra ainsi se vanter auprès de ses amies d’assumer parfaitement son amour de ce personnage central de la saga, et rendre ses comparses folles de jalousie en leur montrant qu’elle n’a pas choisi le classique "Edward" ou "Bella". Et pourra provoquer des geysers de sang dans les canaux lacrymaux d’autrui à volonté, ce qui est quand même un grand pouvoir.

Attention cependant : n’oubliez pas que si vous avez de la poitrine, mesdemoiselles, vous déformerez la pauvre Esmée, qui du coup se retrouvera avec une tête plus proche de celle de Grichka Bogdanov que d’Elizabeth Reaser. Terrible destin que de ne pouvoir porter pareil chef d’oeuvre.

Par contre, parents attentifs qui rechignez, n’oubliez pas : avec un tel t-shirt, vous protégez la virginité de votre fille au moins jusqu’à ses 18 ans. Soyez pragmatiques : c’est moins cher que le couvent et c’est votre enfant qui le réclame, alors pourquoi se priver de pareille garantie de chasteté ?

Economies toujours, à vous les joies de ne pas avoir à financer les alliances pour le mariage de vos enfants, car voici venir le modèle Twilight !

Notez les inscriptions "Lamb" (agneau) et "Lion" (je vous laisse deviner) qui permettent de définir une relation de soumission officialisée dans le couple, c'est beau

Si les légendes nordiques disent que les nains étaient de fameux artisans, on en déduira à la beauté de pareils anneaux que les vikings auraient supposés en les voyant qu’ils étaient l’oeuvre de Golgoths gros comme des montagnes et travaillant à la moufle. Avec un si bel anneau à votre doigt, gravé "Lamb" ou "Lion" selon que ce soit vous ou non le patron dans cette relation (il est bon de rappeler à votre esclave sexuel son statut toute la journée et ce à chaque fois qu’il aura sa main dans son champ de vision), vous pourrez briller en société ; attention cependant, il a été observé que dans certaines situations, la personne à qui est destinée le deuxième anneau ne semble pas en vouloir, le qualifiant sous le terme technique de "sombre merde", et disparaissant dans un nuage de fumée à chaque fois que l’on tente de lui passer la bague au doigt (chose que je fais moi-même, sauf qu’en général, la fumée en question contient du zyklon, histoire d’atténuer au maximum les chances de poursuite).

Pour moins de 20€, vous pourrez ainsi permettre à deux âmes de s’unir pour l’éternité autour d’un cadeau à la fois symbolique et original, qui peut aussi servir de marqueur pour une éventuelle rafle un peu plus tard.  D’ailleurs, si jamais l’une des victimes s’exclamait "Ah non, il est moche cet anneau, je n’en veux pas !", n’hésitez pas à changer votre fusil d’épaule et à proposer une autre bague d’un goût exquis :

La bague de fiançailles officielle de Bella !

Une autre manière de dire "Je n'ai aucun goût" à sa moitié

A près de 33€, voici qui encombrera la main de votre douce et tendre à l’aide de près d’un kilo de.. de… matière non identifiée ; évidemment, les plus filous me diront "Ah, mais attendez, j’ai mon honneur, jamais je n’achèterais pareille horreur en signe de mon amour", mais c’est bien là la preuve qu’ils n’ont aucun sens pratique ; souvenez-vous, dans Twilight, Edward, le vampire lobotomisé a recours a bien des méthodes absurdes, comme par exemple :

- Saboter le véhicule de sa douce pour l’empêcher d’aller voir ses amis

- Lui expliquer qu’elle ne doit plus voir sa famille, que la seule chose qui importe, c’est lui

- Lui défoncer la gueule au motif que "c’est pour son bien " (mais si, souvenez-vous, il y a une scène dans laquelle un vampire Cullen fonce sur Bella par soif de sang, et pour la mettre à l’abri, Edward lui met son poing dans la margoulette histoire de l’envoyer voler 5 mètres plus loin, "à l’abri")

- Venir se planquer dans la chambre de sa pas-encore-copine la nuit pour la regarder dormir un air de psychopathe sur le visage

Dans la vraie vie des vrais gens, la damoiselle ainsi courtisée ferait promptement appel à la maréchaussée pour s’occuper du malotru, et ni une, ni deux, Edward se retrouverait tabassé à coups de bottin dans une cellule qui sent l’urine jusqu’à ce qu’enfin Monsieur le juge l’informe que s’il approche encore à moins de 500 mètres de Bella, on retrouvera son corps meurtri sous les roues d’un car de CRS.

Mais pas dans Twilight. Dans Twilight, la donzelle fait juste "Ho, tu es tellement formidable, Edward !" ; alors pensez à tout ce que vous pourrez faire avec un pareil ustensile que la bague-officielle-symbole-d’amour : vous lui défoncez sa twingo parce qu’elle veut voir ses amis ? "Non mais en fait, je fais ça parce que je t’aime, comme dans Twilight : tiens, je te donne cette bague en guise de mon amour". Vous la menottez au radiateur pour l’empêcher d’appeler sa famille (ou le GIGN, sait-on jamais) ? La même chose ! Vous passerez aussitôt du statut de preneur d’otage à celui d’amour parfait, par la magie du syndrome de Twilight, qui bat quand même Stockholm à plates coutures. Evidemment, cette technique s’applique donc aussi aux deux autres situations précédemment évoquées, du genre si vous lui brisez la mâchoire contre la porcelaine des WC parce qu’elle a parlé à quelqu’un d’autre que vous sans autorisation, ou si vous êtes surpris tout nu dans sa chambre à 3h du matin alors qu’elle n’est pas vraiment consentante.

"Je suis pas une ordure, je fais juste comme dans Twilight" permet donc de faire gober n’importe quoi aux fans, et pour ça, nous pouvons remercier quotidiennement Stephenie Meyer pour l’ensemble de son oeuvre. Merci, Madame.

Tout est d’ailleurs prévu : si votre douce a été trop malmenée, aucun soucis ! Quoi de mieux que des vampires pour empêcher le sang de couler des plaies ouvertes ? Voici donc… les pansements Twilight !

Les pansements Twilight, c'est trop dark

A vous, les joies de porter sur votre corps meurtri les objets publicitaires que voici, qui vous permettront de dire que même dans les instants les plus douloureux, toutes vos pensées vont vers cet univers sombre et sensuel à base de vampires niais, de loups-garous niais, et de niaises-niaises (mais qui hésitent sur l’équipe de niais à rejoindre, tant il est vrai que le choix est difficile).

C’est un peu moins classe que des pansements "Le silence des agneaux", mais bon, on fait avec ce que l’on peut. Par ailleurs, cela permet de faire de bien beaux calembours, puisque toutes les pensées des aficionados sont tournées vers l’objet, et non, vers la blessure :

"Ho Seigneur ! Vous m’avez tranché la jugulaire ! A moi, à l’ai…
- Attendez, je vais vous mettre un pansement Twilight.
- Ça alors ! Un pansement Twilight, je ne pensais même pas que ça existait !
- Si si ; allez, choisissez, vous préférez lequel ?
- Je vais prendre celui qui… qui… je… je ne me sens pas… aaah…aaaargh."

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Simple et efficace.

Cela dit, vous vous moquez, mais vous savez, les blessures sont courantes entre fans de Twilight ; c’est un univers relativement violent, avec ses propres conflits, avec d’un côté les amoureuses de Jacob, et de l’autre celles d’Edward, chaque camp défendant son champion devant l’autre, quitte parfois à en venir aux mains (même si ça reste du combat d’écolière, comprendre par là "se taper très très vite sur les mains en poussant de petits cris").

C’est pourquoi, comme dans tous conflits, l’armement se développe en conséquence, et voici qu’afin de semer le trouble jusque derrière les lignes ennemies, les spécialistes ont développé un sac réversible permettant de se faire passer pour un fan de Jacob ou d’Edward selon les situations (par contre il ne permet pas de passer pour un fan de Kant, c’est quand même bien dommage). Voyez plutôt :

D'un côté, c'est laid...

Le génie militaire n’a donc aucune limite, quel audace que ce camouflage ; on attend avec impatience les opérations de propagande, visant à crier en pleine réunion chez l’ennemi "Edward est un con" ou "Jacob, dans ta réserve ou on va te filer des couvertures avec la variole !" ; une méthode plus simple consiste à remplir le sac d’explosif et à se faire sauter au milieu d’une permanence supportant l’un ou l’autre des camps (comprendre un salon de coiffure pour le premier et un salon de toilettage pour le second).

Tout cela est bien affreux ; heureusement, parfois, les trêves existent, et c’est donc l’occasion de se retrouver autour d’un bon goûter. Nous avions déjà vu un modèle de "lunch-box" dans un précédent article, mais voici qu’un nouveau est désormais disponible : après "Pourquoi veux-tu tellement perdre ton âme" écrit sur la boîte à BN, voici…

"You're not the first monster I've met", écrit en gros sur là où l'on cache ses barquettes à la fraise, c'est tellement adapté

A l’heure du goûter, qui va pouvoir impressionner son monde, une fois encore, avec en plus, le thermos intégré ? La fan qui recevra pareil présent risque d’en pleurer d’en bonheur, tant la chose est superbe, avec ses loups, nobles animaux s’il en est, représentés ici ou là aux côtés de divers acteurs du film (mais toujours pas Kirsten Prout, qui manque vraiment à la saga depuis son passage éclair et serait sûrement la reine des cours de récré).

Evidemment, si jamais quelqu’un agitait pareil chose sous votre nez, la bonne réplique serait "You’re not the first shitty thing I’ve met", mais il est fort probable que la chose passe loin au-dessus de l’esprit de votre victime, qui ne comprend pas grand chose à l’anglais de manière générale. Mais que cela ne vous empêche pas de faire le calembour pour autant, hein.

Bref : en un mot comme en cent, avec tout cela, vous voici parés ; à défaut de trouver une place dans la prochaine séance pour vous émerveiller devant le dernier Twilight (en deux parties, comme Harry Potter, mais c’est juste pour respecter le livre, hein, rien à voir avec une histoire de pognon, petits blasés), vous pourrez patienter – ou faire patienter les fans de votre connaissance –  à l’aide de ces fabuleux objets qui, tout de même, devraient apparaître en photo dans le dictionnaire juste en-dessous du mot "qualité".

Pour ma part, je crois qu’en attendant de spoiler la bête, ce qui devrait arriver prochainement, je vais déjà essayer de tenir en m’achetant une discrète paire de chaussettes. C’est dur d’être accro aux bonnes choses.

_______________________________________________

Ludivine entra dans le bureau sur la pointe des pieds, contrastant terriblement avec sa précédente entrée dans l’endroit suite aux évènements de la matinée ; elle se dirigea jusqu’au poste de son patron, et y récupéra la tasse de thé désormais vide avant de s’éclipser par l’endroit où elle était venue, prenant grand soin de mêler aussi bien qu’elle le pouvait vitesse et silence dans son pas. Alors qu’elle s’apprêtait à refermer la porte derrière elle d’un mouvement souple qui fit virevolter sa jupe de fonction, elle entendit qu’on s’adressait à elle depuis l’intérieur.

"Les stagiaires sont au travail ?
- Oui Monsieur Connard. On leur a distribué les objets pour les faire patienter, elles se sont remises à leurs postes. Elles se sont un peu battues pour le poster, mais les pansements ont permis que tout cela se termine relativement bien.
- Parfait.
- Ho, et pour la stagiaire qui nous a averti du début d’émeute en envoyant une lettre de dénonciation, que dois-je faire ?
- Récompensez-là en tickets restaurants.
- Oui mais les autres risquent de comprendre que c’est une agent à vous s’ils me voient lui remettre 30 tickets sans raison, et ils connaîtront son identité.
- Ah, ce serait bien malheureux, j’ai encore besoin d’elle. Faites la venir dans mon bureau.
- C’est-à-dire que… laquelle est-ce ?"

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Ludivine attendit paisiblement les instructions, s’étonnant du soudain silence de son employeur qui sourit de toutes ses dents.

Quelques instants plus tard, la secrétaire se présentait devant la grille de l’open-space souterrain, observant les jeunes filles couvertes d’immondes pansements noirâtres travailler un sourire aux lèvres. Elle hésita à lire le petit mot qu’on lui avait demandé de prononcer, et toussota quelque peu avant de se lancer…

"Stagiaire… heu..."

Il y eut une brève hésitation, et puis elle enchaîna aussi vite qu’elle put

"Stagiaire 95F, vous êtes demandée dans le bureau de Monsieur Connard !"

Une jeune fille aux courbes l’ayant empêché de porter un certain t-shirt se leva et commença à se diriger vers Ludivine. Du fond de la salle, on entendit un vague grognement :

"Moi aussi, je suis passé dans le bureau, et bien avant elle !"

Et Stagiaire Hipster se remit au travail, se souvenant en rougissant de comment elle avait obtenu cet emploi.

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