La foi en l’humanité est une chose qui se perd facilement.

Evidemment, je dis cela pour ceux qui ne l’auraient pas perdue il y a bien longtemps ; si vous aviez besoin d’idées pour ce faire, il existe des méthodes simples : passer une demi-heure sur Youtube à regarder des gens se filmer eux-même, lire la presse un lendemain de débat important à l’assemblée pour s’apercevoir que visiblement, il n’y avait pas que sur les bancs des députés que ça pionçait, ou plus simplement, consulter Allociné.

Ne parlons pas des commentaires, qui semblent être une annexe des skyblogs, non : parlons de quelque chose de bien plus odieux, à savoir les films les plus attendus en France. Et là, attention : les plus courageux peuvent cliquer ici

Pour les autres, je me permets quand même de faire la liste du top 10 des films les plus attendus :

  1. Promised Land – De Gus Van Sant avec du vent dedans, comme il se doit
  2. Sublimes créatures – "Vous avez aimé Twilight…" attendez, c’est vraiment un argumentaire pour vendre ?
  3. L’écume des jours - Ça faisait longtemps qu’on avait pas vu une adaptation, non ?
  4. Oblivion – Tom Cruise dans le futur avec un fusil
  5. Spring breakers – Des filles en petites tenues et des gros flingues. Curieusement, aucune d’entre elles n’est un gros boudin.
  6. Hunger Games : l’embrasement – La suite du premier volume déjà nul et incohérent jusqu’à la moelle.
  7. Warm Bodies – Ho ça alors ! Un film avec des zombies ! En même temps, vu qu’on annonce en moyenne 5 projets par jour sur ce thème, faut-il s’étonner ?
  8. Jappeloup – Un film sur un gentil cheval en qui personne ne croit qui va se révéler super cool, contrairement au film je suppose.
  9. Hansel & Gretel : Witch Hunters – La suite de Cendrillon contre les nazis
  10. Boule & Bill – Franck Dubosc. Vous voulez un autre argument ou ça ira ?

Et ça, ce n’est que pour les prochains mois ! Ah, comme je rêve déjà…

Du coup, aujourd’hui, arrêtons-nous un peu pour essayer de comprendre comment des gens peuvent tomber si bas. C’est pourquoi je vous propose un simple test qui vous permettra de déterminer s’il est grand temps d’aller vous passer les yeux à la ponceuse pour arrêter d’encourager ce type de productions, car c’est bien là le pire : ces films sont des films que les gens ATTENDENT.

Seigneur.

Alors attention, concentrez-vous et soyez sérieux ; il est temps de sonder votre âme afin de déterminer l’abominable vérité :

Quel spectateur êtes-vous ?

Bien essayé les amis, mais même en costard, les lunettes 3D donnent toujours l’air très con

1 – Ce soir, vous avez du temps libre. Vous pourriez participer à la recherche contre le cancer grâce à votre intelligence supérieure de lecteur de ce blog, mais là, vous avez la flemme :  vous iriez bien au cinéma. Certes, mais pour cela, il va vous falloir déterminer quel film aller voir. Comment procédez-vous ?

A – Vous allez jeter un oeil à quelques synopsis et bandes-annonces tout en tentant de calmer vos sourcils qui, mus d’une vie propre, s’agitent frénétiquement. Malgré tout, vous arrêtez votre choix en fonction de vos propres critères.

B – Vous savez déjà ce que vous allez voir depuis longtemps. Vous guettez ce film depuis si longtemps… vous avez réservé votre soirée 3 mois à l’avance et l’impatience est telle à quelques heures de la séance que vous vous roulez par terre frénétiquement tant et si bien que des passants viennent vous gratter le ventre.

C – Vous constatez que l’un de vos livres préférés vient d’être adapté à l’écran : il serait criminel de ne pas aller voir ce que donne la chose au cinéma, ni une, ni deux, vous arrêtez votre choix !

D – Vous regardez les affiches en vous retournant pour s’assurer que personne ne vous observe. Si cela arrive, vous jetez une capsule de phosphore à vos pieds et disparaissez dans un nuage irritant.

E – Vous lisez Télérama.

2 – Soit ! Votre choix est arrêté. Mais pour l’occasion, pourquoi ne pas inviter quelque à vous accompagner ? Allez, il est temps d’appeler du renfort… mais qui ?

A – Une personne de votre entourage partageant à peu près vos goûts. C’est généralement la même qui vous accompagne à chaque fois.

B – Lorsque vous avez appelé votre meilleure amie, elle s’est mise à crier très fort. Vous aussi. Elle aussi. Vous aussi. Elle aussi. Vous aussi. Votre forfait bloqué a lâché, ainsi que les tympans de tous les petits animaux du quartier, pulvérisés par les ultrasons. Boubouble, le gentil hamster qui courait dans sa roue à quelques kilomètres de là, meurt donc d’une hémorragie des oreilles

C – Vous faites le tour de vos contacts afin de trouver quelqu’un qui soit à la fois disponible et qui n’aurait pas lu le livre. Vous prétextez que vous vous l’emmener pour qu’il découvre ce chef d’oeuvre, mais en fait, c’est juste pour avoir quelqu’un à qui raconter en boucle que vous avez lu le livre parce que vous êtes un érudit, hohoho.

D – Vous faites semblant de proposer à un ami en lui disant que c’est au cas où, hein, que vous dites ça comme ça… il vous répond avec le même désintérêt qu’il n’a rien de mieux à faire, mais arrive quand même avant vous au cinéma.

E – Daniel McMullgican, du blog "Iranian movies & Cheese cakes"

3 – Au moment d’acheter vos tickets, Madame la vendeuse vous signale qu’il est possible de visionner votre film de plusieurs manières… diable, quel choix faire ?

A – Lorsqu’elle vous propose de voir le film en 3D pour un supplément de un euro, vous l’instruisez sur les insultes les plus usitées au XVIIe siècle. Alors que vous n’en étiez qu’au verbe compisser, elle vous donne vos tickets et arrête d’insister. Merci ma bonne dame.

B – De la 3D ? Bon sang, votre vessie va imploser sous l’excitation du moment ! Vous jetez quelques pièces à la bougresse pourvu qu’elle vous donne de grosses lunettes moches afin de voir le seul truc véritablement en 3D de la séance : la pub Haribo !

C – Vous exigez la VO. Non parce qu’en VF, vous avez lu que le scénar était à chier, la VO devrait probablement changer tout cela.

D – Tant que l’on vous autorise à porter une fausse moustache pour aller voir ce film, vous êtes d’accord.

E – En avant première en VO non sous-titrée en présence du réalisateur, Slobodan Gorbisevich qui parlera ensuite de pourquoi il a choisi de faire son film sur les ouvrières des usines de brosse à dents d’ex-Yougoslavie.

4 – Peu avant d’entrer dans la salle, on vous propose de vous fournir en denrées pour vous aider à tenir tout du long de la séance. Qu’achetez-vous ?

A – Rien.

B – Du pop-corn et des bonbons qui font "scccrrrhchchhchchh" que vous ouvrirez super lentement en pensant que personne ne vous entend.

C – De quoi boire : vous avez prévu de parler durant la séance

D – Du sopalin. Madame la marchande est très étonnée.

E – Vous avez emmené vos gougères aux asperges bio.

5 – Coup de chance, vous arrivez parmi les premiers : vous pouvez donc choisir votre place ! Laquelle est la plus confortable ?

A – Au milieu, parce qu’au milieu, c’est mieux

B – Au premier rang pour avoir l’impression de toucher les acteurs. Bon, sauf si c’est un film avec Gérard Depardieu, auquel cas même au dernier rang, vous avez l’impression qu’il vous touche.

C – Qu’importe.

D – Sur les côtés pour ne pas vous faire gauler.

E – Tout au fond, pour pouvoir garder votre chapeau et ne pas vous mêler au petit peuple.

6 – Fort bien, le film ne va pas tarder à commencer, enfin sitôt que les 15 minutes de publicités seront passées. Quel est votre premier réflexe ? 

A – Vous vérifiez avoir bien éteint votre téléphone histoire d’être tranquille.

B – Vous vérifiez que votre téléphone est bien allumé. Il sonnera, vous vous excuserez en le cherchant 45 secondes avant de le faire tomber et de répondre pour dire que vous êtes au cinéma, mais vous le laisserez en mode sonnerie malgré tout, reprovoquant la même scène 10 minutes plus tard (attention, cette scène peut aussi arriver en réunion).

C – Vous tentez de faire du teasing à votre camarade de visionnage en lui disant qu’il y a des choses qui vont le surprendre, et le spoilez donc comme un gros busard en voulant lui donner un indice. Bon bin heu… désolé mec. Mais le livre est super bien, je te l’ai dit ?

D – Vous mettez votre téléphone en mode vidéo et vous pouffez intérieurement lorsque l’on vous rappelle à l’écran qu’il est interdit de filmer le film. De toute manière, au vu de l’intrigue, c’est à se demander pourquoi quelqu’un n’a pas dit la même chose au réalisateur

E – Vous prenez en photo votre gougère aux asperges via Instagram

"Continue de m’appeler Simone, ça ne fait que trois fois que mon téléphone sonne et ils ne m’ont toujours pas pété la gueule, on va les pousser à bout."

7 – Le film a commencé, et diverses idées traversent votre esprit malade : parlez-vous durant la séance ?

A – Non, mais vous mimez super bien le type qui se pend.

B – Vous ne pouvez pas parler ET glousser en même temps, allons !

C – Oui, en vous tournant vers votre voisin à chaque fois qu’une scène n’est pas conforme au livre pour lui signaler. Vous sentez une mystérieuse aura de haine vous entourer peu à peu.

D – Vous respirez un peu fort, mais ça va.

E – Vous essayez d’avoir l’air le plus bouleversé possible à chaque fois qu’une femme aux traits burinés par le temps, la tristesse et l’alcool, produit à la main une brosse à dent en y mettant un savoir-faire connu de nul autre, déversant sa misère et son expérience dans ce produit du quotidien méprisé par l’occident, allégorie du mépris porté par ces mêmes consommateurs ignorants envers ces femmes qui survivent difficilement. Vous le tweetez sur votre iPhone.

8 – Vous remarquez que ce film contient un élément qui revient dans la plupart des films que vous regardez. Lequel ?

A – Du caca.

B – Des gens qui se mettent torse nu pour un oui, un  non, un peut-être, un éventuellement voire pour un ça dépend

C – Romain Duris qui joue un séducteur un peu maladroit qui remet sa vie en question après avoir rencontré Audrey Tautou,

D – Une scène que vous appréciez secrètement en tentant de rester stoïque à côté de votre voisin pour ne pas avouer votre mauvais goût. Mais bon : comme il fait pareil à côté de vous, ça va.

E – Des plans de trois plombes sur un paysage quelconque

9 – Bon par contre, il y a un truc que l’on ne retrouve jamais dans les films que vous allez voir… lequel ?

A – Un scénario (en même temps, quelle idée d’aller voir La Planète des Singes)

B – Des torses velus

C – Le contenu exact de l’oeuvre dont il est adapté

D – Un pull-over

E – Une scène d’action

10 – Soudain, dans l’obscurité de la salle, une voix résonne : quelqu’un parle devant vous !  Sacrebleu, que faire ?

A – Vous profitez du fait d’être derrière lui pour le stranguler : vous dissimulez son regard vide lorsqu’il rend son dernier souffle en renversant son pot de pop-corn XXL sur son crâne. Comme vous êtes taquin, vous dessinez un bonhomme sur le pot, ce qui trompera sa voisine jusqu’à la fin du film, tant l’auteur du propos était visiblement con comme un mort.

B – Vous lui répondez pour lui dire qu’il a tort, ce n’est pas Brian qui vient de mourir, c’est Bob ! Rah, il pourrait suivre un peu.

C – Vous vous mettez à chuchoter à votre voisin pour vous plaindre, persuadé que la rangée derrière-vous ne vous entend ou ne voit pas faire à la lueur de l’écran.

D – Vous faites "chhhhht !" puis faites semblant que ce n’est pas vous quand le coupable se retourne

E – Haaaan ! C’est Slobodan Gorbisevich !

11 – La fin du film arrive. Alors, c’était comment ?

A – C’était une sombre merde. Au fond de vous, vous n’êtes pas étonné. Qu’alliez-vous faire dans cette galère ?

B – Haaaan c’était génial ! Génial ! Vous attendez la fin du générique pour voir s’il n’y aurait pas une petite séquence supplémentaire annonçant une suite, et vous hurlez comme un gros putois lorsque cela arrive. Votre slip, lui, a rendu les armes il y a longtemps.

C – Vous êtes scandalisés, évoquant chaque passage où l’oeuvre n’a pas été respectée. Lorsque votre voisin explique qu’il a trouvé ça très moyen, vous lui expliquez que ça ne l’est pas si on lit le livre. Il vous demande pourquoi vous l’avez emmené voir le film alors ? Vous vous demandez aussi.

D – Ho bin… non mais… heu… bon, bref : vous avez un peu apprécié quand même, mais vous n’osez pas le dire. Vous n’assumez pas.

E – C’était incroyable. Vous utilisez des termes comme "généreux" pour en parler.

12 – Maintenant que la séance est terminée, il est temps de rentrer chez vous : tout le monde dehors ! 

A – Tout le long du trajet, vous recensez le nombre de passages à chier qui constituaient le film. Le temps d’arriver à votre domicile, vous avez réalisé qu’en fait, tout le film était à chier. Vous êtes plein de désarroi.

B – Vous gloussez, vous vous roulez par terre et refaites 17 fois les scènes que vous avez préférées. Le voisinage étant endormi à cette heure, chacun prie pour que l’on vous tire un coup de gros sel dans le museau pour qu’au moins, vous couiniez pour quelque chose. Hélas pour la sérénité nocturne, cela n’arrive pas.

C – Vous expliquez à votre comparse à quel point dans le livre, c’était vachement mieux. Il se tire une balle dans la bouche à mi-chemin. Vous expliquez à son cadavre chaud que dans le livre, quand il y a un suicide, c’est vachement plus dramatique.

D – Vous vous séparez de votre compagnon d’aventure sans piper mot, à l’exception de quelques formules de politesses.

E – Vous restez à la conférence suivant le film, twittant tout du long comme quoi vous êtes à une conférence, c’est fou. Lorsque celle-ci se termine, vous constatez que vous n’avez rien écouté, à l’exception d’une phrase que vous avez twittée en anglais pour dire qu’elle résumait parfaitement votre opinion, même si vous n’êtes pas sûr-sûr de savoir sur quoi elle portait. Ce n’est pas grave : on vous a retweeté.

13 – Vous voilà enfin seul, chez vous, libéré de tout cela… 

A – Vous pleurez longuement en vous demandant pourquoi vous avez fait ça. Vous avez l’impression que l’on a souillé votre âme, génocidé vos neurones, et endommagé votre vue. Vous vous sentez coupable : certes, c’était nul, mais pourquoi être allé le voir ? Pourquoi ?

B – Vous allez sur internet commander tous les posters du film, puis vous commencez à écrire une fanfiction dans laquelle vous créez un personnage qui vous ressemble en tous points, et qui sauve Bob d’une mort certaine avant de vivre une romance avec icelui.

C – Vous faites "pfff" très mort en secouant la tête tout seul. Si vous vivez avec quelqu’un, vous vous débrouillez pour mettre le sujet sur la table pour vous plaindre à nouveau.

D – Vous vous enfermez à double tour. Vous auriez bien besoin d’une douche.

E – Vous allez voir si on a répondu à vos tweets, puis vous uploadez toutes les photos que vous n’avez pas eu le temps de partager en leur donnant à chacune un titre en anglais supposé sonner poète, mais sonnant juste crypto-prout pour le reste du monde.

Jeu : propose à tes amis d’écrire une fanfiction après avoir vu "La Chute"

14 – Si vous aviez un site sur lequel donner votre avis ?

A – Ce blog, parce que vous avez du goût

B – Un forum de fans : vous êtes d’ailleurs très fière de votre signature qui clignote. Vous enchaînez les tests pour savoir quel personnage du film vous êtes, c’est tellement lolilol. Vous filez ensuite mettre 5 étoiles sur Allocine avant de laisser un commentaire hystérique et complètement objectif, bien évidemment.

C – Vous en discutez brièvement sur Doctissimo. Alors que cela n’avait strictemenr rien à voir, on vous annonce que vous devez avoir un cancer ou être enceinte, voire les deux. Vous êtes bien étonné. De dépit, vous allez demander sur Yahoo Answers ce que les gens pensent du film, mais au bout d’un commentaire, le sujet dérive. Vous finissez au bout de 10 minutes avec un message "la communauté a estimé ce commentaire comme étant le plus pertinent" indiquant un commentaire critiquant l’animation das Naruto. Vous décidez qu’internet, c’est quand même de la merde.

D – Vous récupérez les meilleurs moments que vous avez capturés discrètement durant la séance, fier de votre forfait, en faites des gifs, et bombardez les forums du vaste internet avec. Vous êtes bannis des deux tiers d’entre eux et vous vengez en créant des nouveaux comptes et postant plein de gifs qui clignotent pour provoquer les modérateurs. Ahaha, ils seront bien embêtés !

E – Votre blog de photographe Lifestyle.

15 – Comment choisirez-vous votre prochain film ?

A – Vous referez exactement la même erreur

B – Vous referez exactement le même excellent choix

C – Vous guettez déjà la prochaine adaptation d’oeuvre de votre bibliothèque

D – Vous avez honte, mais vous savez que vous recommencerez

E – Vous avez carrément un abonnement à Télérama. Brrrr.

Bien, vous avez terminé ? Alors comptez vos points les enfants, car voici venir l’heure des résultats.

Vous avez un maximum de :

A – Celui qui sait très bien, mais qui y va quand même

Vous avez parfaitement conscience du fait que ce que vous allez voir est mauvais. Personne n’est vraiment sûr de savoir si vous êtes simplement inconscient ou si vous avez vraiment un goût malsain pour la daube, mais toujours est-il que l’on finit toujours par vous surprendre en train de sortir d’un quelconque film à base d’invasion extra-terrestre. Au fond de vous, vous avez le secret espoir d’un jour, être agréablement surpris, mais même en partant avec les pires préjugés, les réalisateurs arrivent toujours à faire plus mauvais que ce que vous aviez prévu. Si votre âme immortelle rejoint un jour les enfers, nul doute que vous trouverez le diable peu créatif en matière de souffrances psychologiques comparé à J.J Abrams.

Votre prochain film ? Oblivion.

B – Celui qui a subi une grosse trépanation 

"Con comme une porte" est probablement l’expression qui vous définit le mieux, même si les portes peuvent parfois arrêter les déferlantes de caca. Dans votre cas, vous êtes plus proche du tourniquet ou du moulin fécal : plus il y en a, mieux vous tournez. Et faites tourner, ce qui est encore plus beau, car votre notion de partage s’approche plutôt de celle de contamination. Si un jour on réouvre les léproseries, nul doute que l’on vous y collera pour préserver les innocents. Il est fort probable que vous notez les films et les commentiez sur différents sites, n’allant jamais dans la demi-mesure et portant aux nues la moindre bouse pourvu qu’il y ait votre acteur préféré dedans. Parfois, vous vous surprenez à nettoyer votre corps avec votre propre langue, et vous demandez si vous ne seriez pas juste un labrador métamorphosé en humain par un quelconque phénomène kafkaïen.

Enfin, non, puisque vous pensez que Kafka est une marque de café en poudre.

Votre prochain film ? Sublimes Créatures.

C – Celui qui va t’expliquer qu’en fait, le livre était mieux 

Personne ne sait pourquoi vous allez au cinéma, et surtout, personne ne veut y aller avec vous. Non pas que vous vous plaigniez, non, mais vous semblez ne toujours pas avoir compris qu’un film et un livre étaient deux choses différentes, et que défendre l’un en invoquant l’autre revenait à expliquer que tiens c’est marrant, la comédie musicale "1789, les amants de la Bastille" ne semblait pas respecter l’Histoire. Il n’y a pas à dire, vous êtes diablement perspicace. Vous n’avez pas aimé le film de votre livre préféré, mais le défendrez jusqu’à la mort en expliquant que si on lit le livre, c’est mieux.

Vous continuez cependant de vous persuader que le prochain film tiré d’une oeuvre que vous irez voir sera fidèle à l’original, et repartez invariablement en bougonnant.

Vos amis complotent pour vous tuer, sachez-le.

Votre prochain film ? L’écume des jours (avec, ça alors ! Romain Duris et Audrey Tautou !)

D – Celui qui nie en bloc à chaque fois qu’il revient du cinéma

Vous n’assumez pas, mais alors pas du tout ce que vous allez voir. Tout comme le jeune malandrin qui maîtrise le nom de chaque actrice porno avant d’expliquer que hohoho, mais hem, héhé, non allons, il ne les connait que parce qu’il les… les a vues sur la couverture chez le marchand de journaux, vous expliquez que si vous avez vu la dernière daube, c’est la faute à votre pote qui vous a emmené contre votre gré parce qu’il ne voulait pas y aller seul. Pote qui raconte exactement la même histoire de son côté, et n’arrive pas à assumer, tout comme vous, qu’il est secrètement heureux de regarder des films absolument nuls puisqu’en fait, il les trouve bien. Vous planquez vos DVD de Fast & Furious avec les photos prouvant que papy avait fait la guerre habillé en Hugo Boss, et brûlerez votre demeure plutôt que d’avouer.

Votre prochain film ? Spring Breakers. Attention à bien suivre, ça a l’air compliqué et original à la fois.

E – Vous êtes un putain de hipster

Attention, regardez bien au-dessous de vous : ho, ça alors ! Du tissu à carreaux ! Ah, je sais, c’était facile, mais il n’empêche : c’est vous qui êtes dedans, ne me le reprochez pas. Vous êtes la lie de cette société, une créature mi-humaine mi-vintage qui ne survit qu’en se nourrissant d’un élitisme culturel autoproclamé. Vous n’avez aucune idée de pourquoi vous faites ce que vous faites, mais vous savez que vous devez le faire au risque de perdre votre identité qui ne se définit que par le rejet de ce qui constitue celle des autres. Paradoxalement plus prévisible qu’un film de Nicolas Cage, vous avez une passion pour les films chiants et les expositions d’art contemporain, car vous vous roulez dans ce vernis intellectuel en espérant vous en enduire pour mieux briller.

Votre prochain film ? Boule et Bill, parce que vous ne méritez pas mieux, rejetons de Satan

Enfin, et pire que tout : si vous aimez tout simplement les bons films, je n’aurais que deux questions à vous poser :

La première, c’est que faites-vous sur ce blog ?

La seconde, c’est que faites-vous encore sur cette planète ?

Un peu de cohérence, nom d’une pipe.

"Hooo, c’est splendide !"

Elizabeth ajuste sa pèlerine d’un geste mal assuré, tentant tant bien que mal de lui trouver une quelconque position où elle l’aiderait à lutter contre le froid ambiant. Hélas, rien n’y fait : l’hiver continue à pénétrer au travers de ses vêtements, alors que le vent, lui, en profite pour rabattre ses longs cheveux bruns sur son visage. De ses doigts délicats, elle les écarte pour mieux jouir du spectacle qui s’offre à elle. A perte de vue, en contrebas, la campagne est blanche : blottis sous des arbres couverts de neige et de givre, quelques animaux se réchauffent les uns contre les autres en faisant fi des deux promeneurs avançant dans la forêt. Au loin, on entend le son si curieux du bois qui craque, gonflé par le gel.

"Oui, Elizabeth, c’est splendide en effet. J’aime la campagne en hiver, profiter du silence, voir la nature paisible, savoir que la neige cache les tombes fraichement creus… hem, voilà, la neige, tout ça quoi.
- J’ai su que vous étiez un homme de goût dès l’instant où je vous ai vu à cette exposition…
- Vous dites ça uniquement parce que c’était vous que je regardais à cet instant précis, petite présomptueuse.
- Hooo Odieux, hihi !"

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La jeune femme se blottit d’autant plus dans sa pèlerine qu’à présent, elle aimerait pouvoir y dissimuler ses joues rougissantes, ou simplement pouvoir accuser les affres de la saison d’ainsi être les seules responsables de la brutale prise de couleurs de son visage. Elle sautille quelque peu en marchant, tant pour décoller la neige de sous ses bottes que pour se réchauffer un peu plus. Sentant la chose, son compagnon de pérégrination lui fait signe de venir se coller à lui pour partager sa chaleur corporelle. Cette fois, elle laisse ses cheveux retomber sur ses joues en pouffant un peu dans une ultime tentative de dissimuler son trouble.

"Elizabeth, vous semblez agitée.
- Je… c’est que… Odieux, est-ce que vous croyez à l’amour véritable ?
- Comme l’amour du mauvais cinéma ?
- Non… comme l’amour… Cupidon, vous savez ? L’Amour, quoi. 
- Aaaaaaaah… non, mais d’accord, oui je vois.
- Parce que je voulais vous demander, ces derniers temps je repensais à vous et moi et je voudrais aller à une nouvelle ét…
- Non Elizabeth. Attendez.
- Pardon ?
- Je vous arrête pour un motif simple : vous êtes en train de dire de la daube.
- Odieux ?! Mais ?
- Tenez, passez-moi ce bâton que je vous explique ça avec un schéma. Vous allez voir, en fait, c’est très simple."

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S’exécutant, la jeune femme fit quelque peu la moue pendant que l’homme à ses côtés, d’une longue branche à peine plus courte qu’un bâton de marche, commença à tracer des signes dans la neige qu’elle ne reconnut pas de suite.

Elle sentait que ça allait mal se passer.

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Toute personne saine d’esprit ayant déjà connu les capacités fécales d’un bambin peut lui souhaiter bien des choses, sauf en plus d’avoir des ailes

A l’approche de la Saint Valentin, comme chaque année, chacun y va de son couplet sur le fait que les bisous, on peut s’en faire toute l’année, que tout ça, c’est rien qu’une fête commerciale, mais mine de rien, il se trouve toujours un clampin pour en parler, particulièrement dans le monde merveilleux de vacuité intellectuelle que constituent les réseaux sociaux. Or, sur ce blog, vous le savez, la vacuité intellectuelle, c’est un peu une passion. Aussi, il convient de traiter à l’approche de ces jours maudits emplis d’une imagerie niaise  à base d’enfants volants tirant des petits coeurs sur les gens, que l’on vous ment.

Oui, on vous ment.

Car si l’Amour est incarné par Cupidon, Cupidon, lui, n’existe pas.

Je pourrais m’en arrêter à cette simple formulation, mais cela serait un procédé quelque peu cavalier : je vois d’ici mes lecteurs s’insurger en me demandant des explications, renverser les tables et les chaises en brandissant le poing, puis, comme ils me lisent au bureau, se faire engueuler par leur patron qui leur demande ce que c’est que ce bordel. Non parce que hé, hein, va falloir se calmer là quand même. Bref ! Aujourd’hui, donc, nous allons prouver scientifiquement que Cupidon n’existe pas. Et que si c’était le cas, on serait bien dans la merde.

Suivez un peu, et ramassez-moi tout le bordel que vous avez mis au paragraphe précédent.

Cupidon est, pour rappel, l’enfant de Mars et de Vénus, respectivement dieu de la guerre et déesse de la beauté. Or, à défaut d’accoucher d’une belle guerre, les deux ont produit une bien étrange créature : le dieu de l’amour. Jupiter, qui était quand même un peu un expert en emmerdes, sentit tout de suite que cette histoire fleurait les embruns de pâté, et demanda donc à ce que l’on se débarrasse de Cupidon, par exemple en le mettant dans un sac et en lui tapant très fort la gueule avec des objets contondants de type massue, marteau ou Christian Jacob. Cependant, Vénus ayant fait un peu sa chochotte, elle décida de cacher le marmot, qui par la suite devint Cupidon. Bon, dans l’histoire originale, Cupidon devient un beau jeune homme, se blesse comme un con en nettoyant son arme (mais si, quel gros busard vous pouvez le dire) et tombe donc amoureux de Psyché, mais suite à toute une histoire, il finit par la fuir jusqu’à ce qu’elle le rattrape quand même, la bougresse, (alors qu’elle ne vole pas elle, bravo la gestion des trois dimensions Cupidon, décidément) et du coup… ils se marient.

Savoir que dans l’histoire même de Cupidon, dieu de l’Amour, le mariage n’intervient pas tant que dure le bonheur, et fait son entrée uniquement pour couper les ailes du bonhomme, c’est assez ironique. Mais passons ! Car cette partie-là de la mythologie est surtout restée aux oubliettes : plus que le jeune homme marié, on a retenu l’enfant à l’arc. Alors soit !

Car que sait-on de Cupidon ?

- Qu’il vole

- Qu’il porte une culotte à la propreté contestable

- Qu’il dispose d’un arc en frêne et de flèches en or

- Que le 14 février il est censé aider les couples à faire brûler la flamme

Aussi, mettons : le 14 février, Cupidon est supposé se promener de par le monde, son arc à la main, pour mieux s’arrêter au-dessus des rues et des demeures, décochant ses traits enchantés pour que chacun trouve son âme soeur, ou que ceux déjà en couple puissent continuer à l’être encore longtemps plutôt que de se faire larguer par texto. Alors calculons !

  • La Terre compte 7 milliards d’habitants. Un peu plus, puisque chaque jour, les rangs de notre espèce grossissent, mais pour faciliter le travail de notre angelot préféré, nous considérerons que nous sommes très exactement 7 milliards le 14 février.
  • Parmi ces 7 milliards d’habitants, on peut considérer qu’il y a 2 milliards d’enfants. Or les enfants ne tombent pas amoureux comme les adultes : eux, il leur suffit d’un échange de BNs à la récré, et c’est parti, ils sont tellement à fond qu’ils vont faire des trucs aussi extrêmes que prêter leurs crayons de couleur, aider l’autre à ne pas tomber du toboggan ou tenir les mains de la maîtresse pendant que l’autre la tabasse. Ah, c’est beau l’enfance.
  • On peut donc considérer qu’il reste 5 milliards de personnes. Mais nous allons encore en retirer 1 milliard arbitrairement pour soulager le travail de notre archer angélique en virant les personnes qui sont incapables de ressentir ses flèches : gens chiants, personnes plongées dans un état second médicalement, personnes dans un état second dans la journée (les gens qui regardent plus de 2 powerpoints par jour, par exemple), les acteurs de "Plus Belle la Vie", puisque sinon, ils pourraient ressentir leur propre amour propre et partiraient donc en hurlant, et enfin moi-même pour des raisons connues de mes lecteurs
  • Cela nous laisse 4 milliards de personnes, dont il faut encore déduire :
  • Les utilisateurs de World of Warcraft, soit 11 millions, parce que merde, Cupidon va pas gâcher de munitions sur des gens qui n’auront pas le temps d’avoir une vie sociale, ya instance là
  • Les gens qui aiment Franck Dubosc, soit 2 personnes, parce qu’à ce niveau, c’est que leur notion même d’amour et d’appréciation est complètement schlass
  • Donc en déduisant 11 000 002 personnes de nos 4 milliards, nous arrivons à un total de 3 988 999 998 personnes qui ne demandent qu’à se faire flécher la gueuler.

Bien ! Maintenant que cela est arrêté, mettons : le 14 février dure 24 heures. Je ne prends pas en compte le décalage horaire : Cupidon est à l’heure de Rome. Donc il va nous faire le boulot, cette feignasse, et sans gruger, ah mais ! Recalculons :

Cupidon va donc devoir toucher, en 24 heures, 3 988 999 998 personnes

Soit, de l’heure, 166 208 333. Et que je vous entende pas gruger, bande de petits rascals : non, il ne divise pas par deux puisqu’il s’occupe de couples. C’est une flèche par personne, c’est la règle.

Soit, de la minute, 2 770 139 personnes à toucher

Soit, de la seconde, 46 169 personnes. Ce qui vous donne à peu près la population de Châteauroux, par exemple. J’en entends qui ricanent : si, même à Châteauroux, on a besoin de Cupidon. Ou d’alcool. Attendez, c’est lequel des deux qui rend heureux à tous les coups ?

Le 14 février, Twitter est rempli de commentaires de gens qui disent ne rien avoir à faire de la Saint Valentin mais en parlent en boucle. Les 364 autres jours, remplacez "Saint Valentin" par "Grand Journal"

Cupidon a donc du boulot. Ce qui expliquerait par ailleurs pourquoi vous n’avez pas forcément trouvé l’âme soeur : vous n’êtes peut-être pas exactement en haut de la pile. Avec un peu de bol, il n’y a qu’un milliard, un milliard cinq de personnes devant vous. Une paille, arrêtez de vous plaindre.

Enfin, c’est toujours moins à attendre que pour une carte grise à la préfecture, mais je m’égare : une chose est sûre, Cupidon ne bosse pas dans l’administration française. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu’au sein de celle-ci on passe plus d’une seconde sur votre cas, rassurez-vous : certains éléments du personnage ont été bien assimilés. Mais je m’égare encore, deux fois en si peu de temps, enfin, cela reste bien normal lorsque l’on parle de mythologie comme le disait Nisos (ce paragraphe inutile vaut 900 points au club des professeur de grec ancien, si vous me lisez les gars et que vous n’êtes pas encore tous morts de vieillesse) . Bref.

Maintenant, mettons : les cibles de Cupidon sont, par un incroyable coup de bol, toujours en moyenne à un mètre l’une de l’autre. D’ailleurs, si elles sont à moins, c’est que soit elles n’ont déjà plus besoin de Cupidon parce que t’inquiète, je gère Suzette, soit qu’elles sont dans le métro, ce qui est certes relativement proche d’une relation sexuelle d’un point de vue frottements et échanges de miasmes, mais ne compte malgré tout pas. Nous considérerons que Cupidon ne dispose pas de grenades, et n’utilise que ses flèches même dans des lieux bondés comme ceux-là. Tout compris, entre les passages où il doit chercher une bonne position de tir, un angle de vue dégagé & co, on considérera toujours qu’il n’y a que ce fameux mètre. Voyez comme je suis conciliant.

Prenons en compte deux autres éléments :

  • Une flèche d’arc peut filer jusqu’à 300 kilomètres heure si bien décochée depuis un tireur immobile
  • Cupidon et sa grosse tête joufflue ne sont pas vraiment aérodynamiques

Vous avez tout bien pris en compte ? Alors c’est parti : bonne Saint Valentin.

D’abord, Cupidon va commencer à se déplacer à 135 fois la vitesse du son. Qu’importe d’où il partira : l’onde de choc sera suffisamment grande pour raser le bled où il se trouvera (Rome, probablement), vaporisant la plupart des habitants et rendant sourd les autres sur plusieurs kilomètres. Il ne fera d’ailleurs par bon se trouver sur sa trajectoire, puisqu’il ne laissera derrière lui que mort et désolation, ainsi qu’une curieuse odeur de brûlé. De toute manière, Cupidon n’en saura rien : vu le nombre de G qu’il se sera pris dans le museau à l’accélération, il sera déjà aveugle et sourd, ce qui expliquerait non seulement sa représentation aux yeux bandés sur plusieurs tableaux (voyez que j’ai raison), mais en plus cela expliquerait pourquoi vous avez toujours l’impression que tout va de travers en amour (encore une fois, tout se tient). Non parce que tirer à l’arc en étant aveugle c’est déjà pas facile, mais tout en faisant péter le mur du son et sans les oreilles, ça devient compliqué.

Mais rassurez-vous : Cupidon va aussi se sentir relativement mal : n’étant pas spécialement profilé pour sa mission, ses grosses joues vont rapidement prendre feu alors que ses yeux vont se dessécher  et si son slip était encore propre à ce stade, il devrait se remplir de tout son tube digestif avant de prendre feu, le fumet qui en résultera lui donnant un certain panache, j’en conviens (les aviateurs amateurs de calembours feront leur marché dans cette phrase).  Incapable de s’arrêter sur sa lancée, il faudra espérer qu’il trouve un moyen de ne pas ralentir s’il veut accomplir sa mission puisque ses ailes se seront sûrement arrachées dès l’accélération, emportant sa colonne vertébrale avec (là encore : le tir à l’arc se complique) et quelques autres morceaux choisis. Finalement, s’il parvient par son statut divin à échapper à la désintégration totale, et que ses doigts flétris par la combustion parviennent à sortir de son carquois ses flèches d’or n’ayant pas fondu grâce à la magie les habitant, il ne lui restera plus qu’à tirer. Easy.

Or, puisqu’il ne pourra plus s’arrêter, et que quand bien même, il devrait assurer un temps de verrouillage de la cible inférieur aux ordinateurs des avions de chasses actuel avant de tirer sa flèche et quitter l’endroit sans même prendre le temps de voir si elle touche, si jamais le projectile n’explosait pas purement et simplement, non content de toucher la personne avec qui vous étiez en train de prendre un dîner romantique, elle va lui décalquer la tête contre la table, envoyer les morceaux sur tous les convives alentours (si le choc ne provoque tout simplement pas une déflagration rasant la salle), probablement vous traverser aussi en ne laissant derrière vous que des restes qui permettront à la TNT de créer un nouveau jeu télévisé autour du principe de l’identification de votre corps, puis elle devrait traverser tour à tour – grâce à sa pointe faite d’un alliage importé droit de l’Olympe mais quand même avec de l’uranium dedans histoire de tenir le choc, donc quand bien même vous auriez survécu, Cupidon vous aurait refilé un cancer, sympa) le sol du bâtiment, le sous-sol, les fondations, commencer à creuser la terre et éventuellement s’arrêter en fumant et sifflant au bout d’un long, long moment.  Moment critique, puisque si la flèche provoque l’amour chez tout ce qu’elle touche et qu’elle pénètre la Terre, cela risque encore de créer des trucs cucus, du genre des chansons de Yannick Noah. Et ça, ça reste probablement la pire conséquence de tout.

Bref.

Une fois la personne avec qui vous mangiez en paix décapitée, votre personne désintégrée, l’endroit criblé de tirs ayant réduit les convives à néant et une forte odeur de chair brûlée s’élevant au-dessus des ruines de votre paisible cité, Cupidon, son petit corps d’enfant noirci et démembré aux lambeaux de chair pendants se posera sur les restes de l’aéroport de Rome dans une tempête de flammes et créera à l’impact avec le sol une onde de choc qui devrait non seulement piquer un peu le bambin, mais dégager l’équivalent énergétique de plusieurs fois Hiroshima. Il est même probable que, pour la déconne, la réaction sismique qui suivrait réveille l’activité volcanique locale et permette aux italiens encore vivants de savourer les joies simples de leur ancêtre Pline l’Ancien (et je ne parle pas de celle d’avoir un neveu con comme Pline le Jeune).

Pour rappel, la bombe larguée sur Hiroshima s’appelait "Little Boy". M’enfin j’dis ça, hein.

Cela fait, nous pouvons donc en tirer plusieurs conclusions :

  • Cupidon, c’est vraiment une super idée, ça donne vraiment envie de passer une bonne Saint Valentin avec lui, quelle belle illustration
  • En fait, il est statistiquement plus probable que ce soit des ninjas qui s’occupent de manier les flèches d’or plutôt que Cupidon, mais ça évidemment, ce n’est pas vendeur alors personne n’en parle, racistes
  • Enfin, statistiquement toujours, même en supposant que chaque année, Satan achète l’âme de 1% de la chrétienté, il aurait toujours plus de crédibilité scientifique dans la possibilité d’accomplir sa mission que la simple existence de Cupidon

Donc, scientifiquement, vous avez moins de chance de rencontrer l’Amour tel que la mythologie nous le décrit que de passer un pacte avec le Diable, ce qui est prouvé très simplement par l’existence pure et simple des conditions d’utilisation d’iTunes.

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"Voilà pourquoi je ne mange pas de ce pain-là ma petite Elizabeth."

Dis-je en achevant de tracer mes schémas dans la neige fraîche avant d’agiter la baguette de bois dans ma main pour fouetter l’air glacial qui nous entourait. Elizabeth fit une moue dubitative en observant les schémas sur le sol, particulièrement en s’arrêtant sur celui où j’avais dessiné des gens en toge tapant un petit sac à l’aide d’un Christian Jacob. Probablement peu convaincue par mes talents de caricaturiste, elle soupira longuement, envoyant de blanches volutes s’envoler loin de ses lèvres rouges.

"Oui mais… tout de même, moi j’y crois, à l’Amour ! 
- Sacrebleu, qu’est-ce que je viens d’expliquer ? C’est bien la peine que je me décarcasse.
- Ca n’a strictement rien à voir ! Une flèche peut nous toucher n’importe quand, ce que je voulais dire, c’est au sujet de vous et moi, parce que… d’ailleurs juste à l’instant, j’ai… je grois… je gru… jgnr…"

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Elizabeth tourna de l’oeil avant de s’effondrer dans la neige avec une délicatesse qui imposait le respect. Dans son cou, l’embout rougeoyant de la fléchette-seringue dépassait de sa chevelure. Souriant, je fis un signe à Diego, vêtu en ninja dans un arbre voisin, son fusil à air comprimé encore sur l’épaule. Le bon serviteur me rendit mon salut et descendit promptement me rejoindre pour m’aider à charger la jeune femme sur un traîneau, charme de la saison. Cela fait, Diego sembla hésiter quelque peu au sujet de quelque chose.

"Hé bien Diego ?
- C’est que… patron je… voilà, les vacances d’hiver arrivent et…
- Certes ?
- Bin je me disais… cela fait 4 ans que je n’ai pas pris de vacances alors je… jre… rgn…"

0

Diego s’effondra à son tour dans la neige, une autre fléchette-seringue plantée dans le cou au travers de la cagoule de son costume oriental. Souriant une fois de plus, je fis un signe de la main à l’autre ninja que j’avais engagé pour suivre le premier, puisqu’on n’est jamais trop sûr. Et encore une fois, la prudence avait payé. Ignorant les grosses gouttes de sueur perlant sous la tenue du tireur que je pouvais voir d’ici, alors qu’il devait se demander si quelqu’un avait été missionné pour l’endormir lui aussi, je contemplais le corps d’Elizabeth étalé sur le traineau, ronflant paisiblement.

"Ah, Cupidon. Qu’importe s’il y a une force qui décoche les tirs, pourvu que je désigne les cibles."

Puis, sifflotant, je repartis profiter des joies simples de l’hiver.

L’été est une saison merveilleuse.

Non pas à cause du soleil radieux éblouissant les touristes lézardant aux terrasses des cafés ou des cris joyeux des fêtards profitant de chaque minute de présence de l’astre céleste pour aller s’ébrouer sur les plages, mais bien parce que qui dit été dit généralement vacances, et qui dit vacances dit automatiquement avalanche de publications honteuses au sein des magazines féminins.

Même si, comme de bien entendu, j’exagère un peu : des publications honteuses dans les magazines féminins, cela tient quelque peu de la lapalissade constante, mais passons.

Ainsi, l’autre jour, alors que je me trouvais invité à un brunch au sein d’une famille d’ancienne noblesse, j’ai eu la joie de trouver sur la table du balcon du château familial un sympathique exemplaire du Figaro – Madame traînant là après avoir été abandonné par l’une des maîtresses de la résidence ; m’étant saisi de l’objet alors que je me trouvais seul dans l’endroit, je pus ainsi découvrir sous mes yeux émerveillés ces petits trésors qui font la joie du quotidien, à savoir, les légendaires tests de l’été ; le Figaro étant déjà d’une qualité rare, vous imaginez bien à quel point les tests de son édition Madame peuvent tout simplement subjuguer les esprits les plus torturés. Ainsi, je ne résiste pas à la tentation de vous indiquer trois exemples des belles choses que vous pouvez-y trouver, à savoir :

Quelle reine de la plage êtes-vous ?

Quel sera le love scénario de votre été ?

Quelle "Holiday addict êtes-vous ?

Si l’on pourra regretter l’utilisation massive et superfétatoire de termes anglo-saxons au sein d’un magazine qui se fait le chantre du drapeau tricolore, chacun sera libre de savourer l’absence complète de protestations féministes vis-à-vis de ce type de publications qui réduisent les donzelles en vacances à des glandouilleuses en manque d’hommes et d’attention, avec d’habiles questionnaires où l’on trouve jusqu’à 5 placements de produits par question (si vous n’avez pas envie d’Iphone, d’Ipod ou de vêtements de marque, passez votre chemin) ; on supposera donc que c’est l’ajout du "Madame" dans le titre qui en fait forcément un papier éminemment respectable et sans connotation sexiste.

Après pareilles lectures, vous imaginez bien que j’étais quelque peu perplexe, aussi fermé-je le magazine pour lui rendre l’utilisation que je comptais lui donner à l’origine – la seule véritablement utile – et le roulai donc pour former une sarbacane et ainsi tirer une fléchette soporifique sur Lucie, l’une des filles de mes hôtes qui venait d’arriver sur le balcon et qui s’effondra ainsi en ronflant contre la rambarde après avoir été touchée à la jugulaire. Afin de pouvoir reprendre en paix mes réflexions, je la poussai donc par-dessus la barrière sculptée, la faisant choir dans un buisson du jardin français en contrebas où j’aurais tout loisir de la récupérer plus tard, puis repris le fil de mes pensées.

Car il ne serait pas dit que ce blog ne donnerait pas à ces damoiselles un peu de détente pour cet été, et afin de m’inscrire dans la droite lignée de ces publications estivales puisque cela semble obligatoire à l’heure actuelle, permettez-moi de vous proposer aujourd’hui, Mesdemoiselles (ah bin oui, ho, il y a deux ans c’était pour ces Messieurs) un test s’inspirant de ceux-ci dessus, mais se rapprochant plus de la réalité pour donner un résultat plus précis aux candidates qui, dans la joie et l’allégresse, se plieront à l’exercice pour en apprendre plus sur elles en s’amusant (rien que ça).

Femme attendant que la marée monte pour en finir après avoir réalisé qu’elle aimait les tests du Figaro – Madame

Alors Mesdemoiselles, à vous de jouer. Mesdames aussi, hein, vous y avez droit.

Test : quelle femme des sables êtes-vous ?

Alors, vacancière tranquille ou séductrice en chasse ? Sûre de vous ou pas encore prête à vous exhiber en maillot ? Vite, répondez à ces quelques questions et découvrez qui vous êtes vraiment, hihihihi !

1 – Vous arrivez à la plage, diable, que de monde sur celle-ci ! Il va vous falloir trouver un endroit où vous installer au milieu de la plèbe. Quel est pour vous le meilleur emplacement ?

A) A proximité de ce charmant petit groupe de surfeurs qui exhibent fièrement leurs torses musclés, leurs longs cheveux blonds battus par le vent salé et leurs tatouages tribaux qui ne sont pas sans rappeler les dessins de votre neveu.  Hmmm, cet été, c’est boyfriends à volonté ! (et peut-être MST, mais les magazines féminins abordent généralement peu cette tragédie estivale)

B) Tout contre le poste des surveillants de la plage, qui eux seuls pourront vous protéger contre toutes les menaces locales : brigands en calebute de bain, malandrins jouant au freesbee ou même hommes des sables (un problème que l’on évoque que trop peu, combien de vendeurs de chouchous abattus par des tirs de blaster chaque été ?)

C) Dans l’eau. Vous n’êtes pas venue là pour rien.

D) Bien en vue, et dos à un endroit par lequel il serait facile de venir vous assommer avant de traîner votre corps.

E) Ce garçon pâle et solitaire sur la plage vous semble tout à fait attirant ; vous disposez habilement votre serviette à côté de lui, espérant qu’il vous remarquera entre deux pages de Naruto. Vous espérez trouver le courage de lui adresser la parole, et vous imaginez que toutes les autres filles de la plage sont comme vous ; ah, si seulement il savait que vous le désirez toutes comme un gros pot de Häagen-Dazs aux noisettes

2 – Le soleil réchauffant le sable au point qu’il devient possible d’y faire quelque chose d’intéressant, comme par exemple y enterrer un enfant 20 minutes (pas plus sinon vous ratez la cuisson), il est donc temps de vous changer. Quel maillot de bain est le vôtre ?

A) Quelque chose qui rappelle à chacun que vous êtes au top du hype : votre bikini David Guetta fera bien l’affaire ; hop ! Une petite duckface sous vos lunettes-mouches, un coup d’Instagram, et tous vos amis Facebook peuvent instantanément jalouser votre tenue de vacances (ou faire suivre aux ornithologues les plus pervers)

B) Le maillot de bain officiel Dark Knight Rises, une pièce et intégralement en kevlar.

C) Un maillot de ?

D) Vous avez patienté toute l’année pour enfin le sortir, mais enfin, vous en avez l’occasion : votre bikini marqué "J’aime l’Odieux Connard" que vous remplissez tout à fait convenablement va faire fureur.

E) Le même que celui de Nami dans One Piece ; vous espérez seulement qu’un connaisseur saura l’identifier et se révélera ainsi à vous : voici un fort beau moyen d’attirer des gens de goût !

3 – La serviette posée sur le sable, vous déposez votre sac d’une demi-tonne (vous êtes une femme, ne me la faites pas) à son côté ; quels merveilleux objets sortez-vous de cette corne d’abondance ?

A) Closer, Public, et bien évidemment Le Figaro – Madame. Vous vous demandez si avec tout ça vous ne pourriez pas avoir votre Bac Littéraire par équivalence, tout de même.

B) Un téléphone portable, une bombe lacrymogène et de la crème solaire conçue par Haroun Tazieff lui-même

C) Pas besoin de sac.

D) Une version imprimée de ce blog, des lettres enflammées, et bien évidemment, un papier prêt à signer expliquant qu’en cas de décès ou de disparition inexpliquée, vous léguez tous vos biens à l’auteur de ce site

E) Des figurines en résine de personnages de manga pour décorer votre serviette, une énorme réplique de fusil façon substitut pénien pour prendre des poses sensuelles sur la plage (et que vous léchez régulièrement sans raison apparente), et bien évidemment une console de jeu portable avec laquelle vous envoyez des messages pour tenter de contacter d’autres joueurs potentiels à proximité

Le test "Quel homme des sables êtes-vous ?" n’était pas vraiment axé sur le même principe.

4 – Parmi vos affaires, vous avez probablement un peu de lecture pour tenter de passer pour une érudite sur le sable alors que tout le monde sait que vous ronflez avec des cahiers de sudoku sur la tête, mais en supposant que l’on fasse semblant de rien; quelle est votre lecture de l’été?

A) Le dernier Margaux Motin. Vous avez deux mois pour le lire, vous pensez pouvoir y arriver s’il n’y a pas trop de bulles dans les cases. Elle vous fait presque autant rire que Jean-Marie Bigard à dire "Poil" et "Trou" 7 fois par page. En même temps, vous pensez que Gilles de la Tourette est un humoriste, donc bon.

B) La presse régionale, qui ne manque pas de vous régaler de détails sur le dernier corps retrouvé découpé dans un ruisseau voisin.

C) Un vieux prospectus trouvé entre deux eaux. On est pas là pour ça, merde.

D) Ce blog.

E) L’intégrale d’Evangélion. Ho, et puis Love Hina aussi, hihihi, c’est tellement rigolo, vous vous sentez comme l’une des jeunes filles de cette série : à forte poitrine et amatrice de geeks maladroits

5 – La température est tellement montée que vous avez loupé la cuisson du marmot que vous aviez enterré. Flûte, il va vous falloir tout recommencer, mais ha ! Vous avez bien mérité un peu de repos, allez donc vous baigner ! Mais comment donc ?

A) Vous tentez de faire la planche, puisque nager est un peu compliqué pour vous, la chose impliquant de synchroniser plusieurs de ses membres à la fois ; vous espérez secrètement que les courants vous porteront vers les surfeurs mignons, et qu’ils vous laisseront dériver dans leur sillage comme une algue à mèches blondes.

B) Vous prenez soin de vous mouiller le nombril durant un bon quart d’heure avant d’avancer dans l’eau jusqu’aux chevilles : il ne faudrait pas risquer une hydrocution. Avec un peu de chance, vous serez entièrement dans l’eau avant la tombée de la nuit.

C) La question est plutôt "Quand allez-vous sortir de l’eau ?"

D) C’est drôlement moins rigolo quand on est pas attachée à un gros caillou au fond d’un sac.

E) Mon dieu, que ce maillot de bain est contraignant pour nager, vite, retirons-le !

6 – Alors que vous gambadiez follement au milieu de familles jouant – mal comme il se doit – au volley, vous avez cru sentir quelque chose vous frôler sous l’eau, de quoi s’agit-il ?

A) Un dauphin ! C’est forcément un dauphin ! Ho, j’ai toujours voulu nager avec les dauphins, c’est trotrobô comme animal, c’est mon rêve depuis toute petite ! Ça et être Miss France.

B) Vous hurlez et tentez de fuir : certes, vous n’aviez de l’eau que jusqu’aux chevilles, mais quoi que ce soit, c’était probablement un truc carnivore surpuissant et hideux. Les requins, par exemple, sont très connus pour attaquer dans quinze centimètres d’eau.

C) Un pneu, c’est évident.

D) Le corps d’une mère de famille que vous avez noyée suite à sa bruyante conversation téléphonique à côté de votre serviette (elle respectait le vieil adage "Plus tu appelles loin, plus tu parles fort")

E) Vous espérez secrètement que ce soit l’un de ces timides garçons de la plage venus vous frôler : vous adorez leur côté pervers. Bon, et puis de toute manière, quoi que ce soit, vous êtes déjà un peu excitée.

7 – Alors que vous sortez de l’eau, exhibant votre corps de rêve (vous pouvez aussi exhiber le corps de quelqu’un d’autre devant vous si le vôtre ne suffit pas à attirer l’attention), vous êtes surprise par le cri typique d’un curieux habitant des plages estivales : le vendeurdechouchouquiveutmeschouchous.

A) Vous en prenez douze paquets, puis allez vous installer à l’ombre pour mater sur votre lecteur DVD portable une quelconque comédie avec Franck Dubosc qui vous fait rire aux éclats.

B) #harcèlementdeplage

C) Vous retournez dans l’eau et plongez façon u-boot surpris par la marine britannique. Vous imitez d’ailleurs très bien la sirène de l’engin au moment de plonger, c’est impressionnant.

D) Vous sortez votre portefeuille en exhibant largement les dizaines de billets emplissant celui-ci pour faire l’acquisition d’un sachet.

E) Vous le regardez avec vos grands yeux humides, vous régalant de sa silhouette malingre : vous adorez ces jeunes gens qui donnent de leur personne en travaillant l’été. Vous lisez la gentillesse dans son regard et déjà, manquez de peu de l’embrasser.

Ah, nager avec les dauphins… un rêve principalement réalisé par les requins qui, ne l’oublions pas, chassent parfois en compagnie de ces gros collabos des mers. Quel bel exemple !

8 – Quelques minutes après cet incident, et alors que vous tentiez de peaufiner votre bronzage, voici qu’une silhouette vous cache le soleil ; ouvrant les yeux, vous découvrez un jeune homme grand, beau et qui a réussi à caler un exemplaire de Proust dans son slip de bain. Son merveilleux sourire semble en dire long sur le fait qu’il souhaite sympathiser avec vous.

A) Ah, oui, Proust… Proust, ça vous dit quelque chose, ce ne serait pas une sorte de sous-Guillaume Musso ?

B) Un livre entier ? Mais alors il cache peut-être aussi une arme ! Vous paniquez complètement et lui lancez du sable dans les yeux avant de vous enfuir en courant tel un renard du désert

C) On ne vous la fait pas : vous l’ignorez superbement.

D) Levant un sourcil, vous lui demandez courtoisement combien de grands auteurs sont passés par son slip. Perturbé par la question, le jeune homme tente vaguement de bredouiller quelque chose, mais la panique est si intense que bientôt, un imposant coprolithe vient charger le slip de bain déjà bien malmené.

E) Vous adorez les intellectuels. Vous adorez les gens qui aiment lire. Vous l’adorez déjà. Privé de son support brutalement arraché, Proust tombe lamentablement dans le sable.

9 – Après une folle journée passée à la plage, le ciel a fini par prendre des tons orangés et quantité de gens sont rentrés chez eux pour regarder l’épisode du jour de Joséphine Ange Gardien. Le soleil s’enfonçant dans les flots sur l’horizon, la nuit gagne peu à peu du terrain.

A) Chic ! Il va sûrement y avoir de petits feux de camp où vous allez pouvoir croiser de sympathiques étudiants équipés de guitares ou mieux, de djembes ! Le whisky-coca va couler à flots et au son des vagues s’écrasant sur la plage, vous écouterez les yeux plein de larmes le même type jouer pour la 37e fois Jeux interdits.

B) Bon sang ! Il est temps de rentrer : vous vous ruez vers le taxi le plus proche et hurlez au chauffeur de vous conduire jusqu’à votre hôtel après lui avoir fait verrouiller les portières. Les rues ne sont pas sûres, à 22h à Monaco.

C) Bain de minuit, me voilà.

D) Vous observez les étoiles filantes, faisant le voeu qu’une pelle vienne vous trouver et vous emmener vers un monde merveilleux où les rivières sont de brandy et les champs de cigares.

E) Vous y cherchez des cosplayers pour passer une soirée détendue, hélas en vain, puisque la police a l’autorisation de tirer à vue sur ces êtres en agglomération pour empêcher leur reproduction.

10 – La nuit est bien avancée, et alors que la lune se reflète paisiblement sur les flots, il va être temps d’aller se coucher… certes, mais où ? 

A) La question n’est pas pertinente : vous ne vous couchez jamais, un peu comme les chevaux (et donc les licornes, ce qui vous rend littéralement hystérique quand vous le racontez) ; non, la vraie question est "avec qui ?". Ou avec quoi, hein, la vie est une aventure.

B) Dans votre hôtel, enfermée à double tour, volets fermés et seulement après avoir appelé vos parents comme vous le faites chaque jour.

C) Un rocher à demi-immergé fera bien l’affaire

D) Un coffre de voiture serait le bienvenu, vous aimez l’aventure et les surprises.

E) Vous suivez dans la rue le premier garçon avec un t-shirt Anonymous en espérant que ce rebelle moderne vous aidera en vous ouvrant sa porte. Vous n’hésiterez pas à l’informer que vous dormez nue et avez des problèmes de somnambulisme pour le motiver.

11 – Alors que vous vous apprêtiez à aller vous coucher, voici qu’un mâle voisin de l’endroit où vous comptiez dormir se présente à votre porte souriant une rose entre les dents ; se retenant de hurler parce que ce couillon a oublié de retirer les épines, il semble prêt à se livrer à vous. Certes, mais que faites-vous ?

A) Vous poussez un petit cri qui n’est pas sans rappeler celui de la belette prise dans les phares d’un poids lourds

B) Comment a t-il fait pour vous suivre jusqu’à l’hôtel ? C’est forcément un psychopathe, vous vous demandez même si vous ne l’avez pas vu dans "Faites entrer l’accusé". Vous appelez la police en leur demandant d’envoyer le RAID, efficace contre les intrus nocturnes.

C) Vous ne vous rendrez pas sans vous battre !

D) Vous entrouvrez la porte et lui demandez s’il a aimé Prométhéus. S’il répond oui, vous la refermez sur ses vertèbres.

E) Avant de lui ouvrir la porte, vous lui demandez au travers de celle-ci s’il est un honnête homme au coeur pur. Et accessoirement, s’il a réussi à tuer Diablo en mode hardcore. Si oui, vous arrachez les verrous pour lui ouvrir plus vite.

Il y a donc vraiment des gens pour regarder cette émission. C’est, disons… curieux.

12 – Cela dit, mettons que le garnement soit à votre goût, quelle arme utilisez-vous pour parvenir à vos fins ?

A) Votre personnalité : vous êtes un vrai petit ange le jour et un diable la nuit ; du moins, c’est ce qui s’est affiché quand vous avez envoyé PERSO au 83838, ce qui vous a donné envie de vous faire tatouer un petit démon sur la cheville. A l’hôpital par contre, eux ont plutôt dit que vous étiez morte cérébralement, mais bon, vous faites plutôt confiance aux numéros de téléphones surtaxés.

B) La menace de votre bombe à poivre : s’il ne se barre pas tout de suite, vous faites fondre son visage dans la minute au point que derrière, il pourra animer Temps X

C) Vous ondulez votre corps luisant, jouant avec les éclatants reflets de la lumière sur celui-ci pour littéralement l’aveugler.

D) Votre verre sans surveillance : vous êtes pragmatique.

E) Votre titanesque poitrine, que vous avez vainement tenté de contenir dans une tenue d’écolière nippone pour d’obscures raisons. Vous lui parlez aussi de la fois où vous vous êtes battue avec deux autres amies lors d’une bataille de polochons en sous-vêtements et qu’il faisait chaud, si chaud…

13 – Encouragé par votre ouverture d’esprit, le filou n’hésite pas à entamer la conversation et pour détendre l’atmosphère et passer pour un homme d’esprit, vous livre un fort bon calembour (une blague à Toto, ce que vous préférez) :

A) Vous gloussez

B) Vous gloussez

C) Vous bavez

D) Vous gloussez (mais vous vous en voulez)

E) Vous gloussez

14 – Ah ! Les choses s’enchaînent, et la nuit s’achève doucement comme vous le souhaitiez… au petit matin, comment vous réveillez-vous ?

A) Techniquement, c’est un peu compliqué : vous ne vous réveillez en fait pas vraiment : étant donné l’état général de vos neurones, il n’y a pas vraiment de différences entre le moment où vous dormez ou non

B) Seule, puisque vous avez refusé tout contact avec l’extérieur, mais vous êtes sûre que quelqu’un vous attend encore de l’autre côté de la porte de votre chambre, et par sécurité, demandez donc à une amie de passer vous chercher.

C) Dans une pokéball. Et merde.

D) Dans un coffre de voiture. Vous êtes heureuse et glapissez un peu jusqu’à ce que quelqu’un tape sur votre conteneur en vous demandant de la fermer. Vous approchez secrètement l’extase.

E) Vierge et pure, car finalement, non, vraiment, vous n’avez pas pu coucher avec l’homme ayant eu le courage de vous aborder : vous préférez tellement les hommes timides, avec un bouc et qui fréquentent la Japan Expo

15 – Bientôt arrive le jour du départ, et après avoir refermé votre quatrième valise alors que vous n’étiez partie que trois jours, il est temps de faire le bilan de l’opération : que retenez-vous de vos vacances ?

A) Rien. D’ailleurs, dans votre vie, vous n’avez jamais retenu grand chose maintenant que vous y pensez.

B) Qu’avoir une bombe à poivre et des amis c’est important, mais qu’une kalashnikov ne serait pas de trop.

C) Que franchement, les dresseurs pokémons, c’est carrément lourd en fait.

D) Que comme on dit chez Jardiland : "Le bonheur, c’est simple comme un coup de pelle"

E) Que finalement, vous auriez dû ouvrir les yeux : pourquoi partir chercher l’amour sur les plages quand finalement il pouvait aussi être chez ce garçon si gentil et toujours à votre écoute dans votre ville natale et qui depuis des années est pour vous votre meilleur ami gay. Vous devez passer à un nouveau stade avec lui.

Attention tout de même à ne pas vous laisser emporter par l’esprit des vacances et à utiliser une pelle de plage : au bon ouvrier les bons outils

Résultats :

Vous avez un maximum de A, vous êtes une truie des sables

Quelque part entre la méduse et Paris Hilton, bien que certains associent régulièrement les deux espèces, la plage est un peu pour vous une sorte de lieu idéal pour votre parade nuptiale ; tout comme la tortue de mer peut faire des milliers de kilomètres pour trouver l’endroit où elle ira pondre, vous revenez éternellement à Saint-Tropez dans l’espoir d’y rencontrer l’amour de votre vie qui, probablement, ne sera pas chercheur au CERN. Votre espèce, bien que nombreuse sur la plage, est souvent considérée comme nuisible par les gens de goût faisant de vous une sorte de cousine éloignée de l’algue verte bretonne. Vous avez donc toutes les chances d’effectivement, trouver pertinents les tests du Figaro – Madame, félicitations.

Vous avez un maximum de B, vous êtes complètement névrosée

Morte de peur 80% du temps, terrorisée les 20% restant, vous faites partie de cette frange de la population qui a un temps permis aux opérateurs téléphoniques de se payer des piscines de diamant, puisqu’obligeant tout votre entourage à envoyer un nombre incalculable de SMS au moindre déplacement pour signifier qu’il était bien arrivé à destination. Si vos proches ont réussi à vous dissuader d’arrêter de leur demander de vous avertir quand ils réussissaient à aller des toilettes à la salle de bain sans se faire agresser/violer/dépouiller, vous n’en restez pas moins complètement obsédée par l’insécurité, faisant de vous un phare dans la nuit pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à une créature hostile. La plage et les vacances sont pour vous le lieu de tous les dangers : vous êtes loin de chez vous et ne connaissez pas les parcs à violeurs qu’il faut éviter passé 17 heures. Finalement, vous auriez mieux fait de rester chez vous et d’économiser votre argent pour la construction d’un bunker.

Vous avez un maximum de C, vous êtes Magicarpe

Pokémon de type eau, vous n’évoluez qu’à partir du niveau 20 en Léviator, faisant que vous passez la plupart du temps immergée à pleurer sur le fait que vous êtes l’un des êtres les plus pourris du jeu. Vous haïssez les gens hantant les plages, puisque ceux-ci vous jettent régulièrement des pokéballs sur la gueule pour un oui ou pour un non, et n’êtes donc pas vraiment une amoureuse des vacances d’été. Vivement le niveau 20, en fait.

Vous avez un maximum de D, vous devriez m’envoyer un CV

Que voulez-vous que je vous dise d’autre ? C’est évident.

Vous avez un maximum de E, vous êtes un mec qui fait discrètement des tests féminins

Pris la main dans le sac ! Fieffé gredin, vous avez choisi toutes les réponses impliquant qu’une créature à la plastique toute droite sortie d’un quelconque manga se jette sur vous en partageant vos passions coupables pour diverses activités réprouvées par Mireille Dumas. Non, hélas, la fille qui sera séduite par votre côté mystérieux simplement parce que vous portez un t-shirt avec une blague geek incompréhensible pour le commun des mortels n’existe pas. Vous devrez donc dans l’immédiat en rester à vos mariages sur des MMO, en attendant que vous arrêtiez de faire des tests féminins en ligne, espèce de galopin. Ah, et oui : vous allez rester le meilleur ami gay, ne croyez pas aux miracles.

Je vous y prendrais, moi.

L’été approche !

Sous la chaleur étouffante de l’astre céleste venu caresser de ses rayons la fragile surface de notre planète, les enfants commencent d’ores et déjà à se lancer dans des batailles d’eau durant lesquelles ils s’inventent les scenarios de mille et une escarmouches ; dans les rues, les strates de tissu superfétatoires recouvrant les corps des gentes damoiselles se sont bien amoindries, et révèlent de-ci de-là quelques merveilles, alors qu’à l’inverse, les mâles ont principalement raccourci leurs manches et ressorti leurs marcels, laissant poindre de fabuleuses touffes de poils hirsutes sous leurs aisselles suintantes alors qu’ils tentent d’aborder les femelles précédemment évoquées d’un "Madmoaselle, bien ou bien ?".

Mais le vrai signe de l’été qui approche, bien plus que le thermomètre qui monte, que l’odeur lourde des barbecues ou celle de papy qui sèche, c’est bien évidemment la prolifération des tests à la con dans les magazines visant à occuper Germaine pendant qu’elle fait bronzer ses fesses sur une plage du cap d’Agde.

Les magazines féminins sont une sorte de terre d’asile pour ces hordes d’interrogations supposées révéler mille et une vérités secrètes sur la nature profonde de leurs lectrices. Aujourd’hui, plutôt que de vous faire un test produit par mes soins, je me permets d’en commenter un formidable trouvé sur auféminin.com, sobrement intitulé "Facebook, Twitter, SMS… testez votre degré d’addiction". Notez que dans mon immense bonté, je vous en propose un qui aille tant aux amies des chromosomes X qu’à ceux qui préfèrent posséder un chromosome Y. Mais allons-y, ne trainons pas, je sens que vous brûlez d’impatience de savoir si vous êtes une sorte d’über-geek ou plutôt l’un des derniers humains à considérer que le Minitel, c’est bien trop moderne pour vous.

"Vous avez UNE nouvelle notification Facebook"

Bref, en route, et déjà, commençons par une petite introduction :

Entre nos copines Miss Cliquetrop et Miss Cliquepas, on a un peu de mal à s’en sortir. Il y a celle qui n’arrête pas d’envahir notre Wall de commentaires – et pas toujours des plus intéressants – et celle qui ne répond jamais à nos mails – pourtant super urgents ! Eh oui, à chacune son comportement vis-à-vis de ces nouveaux modes de communication : Facebook, Twitter, SMS, mails, MSN… 

Bien que le journal n’évoque pas Miss Cliquetruie, celle qui écrit tout simplement comme une sorte de porc ruisselant de gras et de boue dès qu’elle passe près d’un clavier, convenons-en : il existe des gens qui inondent notre "Wall" (je vous rappelle qu’on est dans un magazine féminin : dès que l’on peut remplacer un mot français par un anglais, on le fait. Je soupçonne d’ailleurs chaque magazine d’utiliser la livre sterling comme monnaie et de participer aux élections à la chambre des communes, mais passons) d’étrons électroniques, du genre "Si toi aussi tu es contre le cancer, copie -le sur ton mur… 98% des gens ne le feront pas. Et mes vrais amis ?" . Et bien, tes vrais amis, ils te retrouveront, ils te casseront la gueule à coups de clé à molette et ils balanceront ton corps meurtri dans une décharge à proximité de Niort. Et ce sera pour ton bien.

Enfin bref, oui, tout le monde n’utilise pas internet de la même manière. Et heureusement.

Et vous, comment les gérez-vous ? Etes-vous proche de l’attaque d’apoplexie quand on vous annonce que votre connexion Internet est momentanément interrompue, consultez-vous vos 8 boîtes de réception et autres messageries toutes les 5 min ? Ou au contraire, prenez-vous un malin plaisir à ne pas répondre dans la seconde aux SMS qu’on vous envoie ? Pour connaître votre degré d’addiction à tous ces outils numériques, passez le test ! 

Jean-Charles Nayebi, docteur en psychologie, psychothérapeute et expert en psychopathologie de la modernité *, vous livre en prime quelques conseils pour décrocher. 
A vos clics, prêtes, partez ! 

*Il est également l’auteur de "Cyberdépendance en 60 questions", paru aux éditions  Retz.

Ah, un professionnel à notre service ! Merci Jean-Charles. J’en profite pour préciser qu’un ouvrage qui ne comprend que 60 questions et qui se vend environ 17€ (je vous laisse chercher vous-même), ça nous fait quasiment du 30 centimes la question. Le prix d’un SMS, quoi. Je ne sais pas pourquoi, je sens qu’il y a baleine sous gravier, mais passons et faisons comme on nous le demande (car nous sommes disciplinés, tout de même) : lançons le test.

Mon premier réflexe le matin ? Regarder si j’ai reçu des SMS ! On ne sait jamais… Il s’en passe des trucs pendant la nuit !

• Oui
• Non

Bon, je vais directement entrer dans le vif du sujet : toutes les questions n’auront que deux réponses possibles : "oui" ou "non". Pas de variante possible (faut pas perdre les lectrices avec des choses complexes : elle sont forcément trop bêtes pour comprendre le concept de nuance) : du coup, ça doit pas être trop compliqué comme test à analyser : plus vous avez de "oui", plus vous êtes accro, et point barre. Eeeet bé. Je ne sais pas, mais j’ai comme l’impression que l’on prend les lectrices de magazines féminins pour des connes. J’approuve.

Mais notons plutôt l’intérêt de la question : est-ce que le matin, le premier truc que vous faites, c’est vérifier ce que l’on vous a envoyé durant la nuit comme SMS ? Non parce que techniquement, ça a peu d’intérêt : si quelqu’un vous a envoyé "Je sui en tr1 2 me fèr tabaC LOL" à 2h du matin en sachant que vous pionciez, il y a peu de chances que son SMS ait encore de l’intérêt à 7h00. Il n’existe que trois types de SMS nocturnes :

- le SMS urgent, qui est caduc au petit matin, et qui donc est bon pour la poubelle

- le SMS de la personne bourrée qui vous envoie une connerie/vous déclare son amour/balance un truc qu’elle regrettera le lendemain

- le SMS envoyé par un pote vampire avec, au hasard, une choucroute sur la tête et un duplo en guise de nez. Mais si vous lisez son SMS par un beau matin ensoleillé "Ramène toi j’veu tro te voar", c’est un peu râpé.

Bref, le SMS nocturne, le plus souvent, c’est soit que vos amis sont dans la merde, soit dans l’alcool, mais dans les deux cas, jusqu’au cou. Evidemment, trop consommer du second pouvant provoquer une arrivée impromptue du premier à bien des sens du terme, il y a moult mélanges possibles. Mais tout de même.

Edward a les sms gratuits de 21h à 8h, ce qui est bien quand on est un vampire

Lors d’une conversation téléphonique avec une amie, il m’arrive de dire "LOL" quand elle me raconte quelque chose de drôle.

• Oui
• Non

Soyons clairs : toute personne qui prononce LOL mérite un passage à tabac immédiat. Si vous racontez quelque chose à quelqu’un et qu’il répond LOL, en dehors du fait que l’on franchisse les limites du consternant, c’est aussi réaliser quelque chose de simple : LOL signifiant grosso-modo rigoler bien fort (je sais, laughing out loud, tout ça, ça suffit les pinailleurs), ça revient à dire à votre interlocuteur "J’en ris super fort", mais sans rire. Donc dire "Je suis en train de me foutre de ta gueule". Si quelque chose est drôle, ça fait rire. Dire "Je ris" sans le faire, c’est juste signifier votre mépris à autrui concernant la qualité de son calembour.

Donc autant de raisons de copieusement casser la gueule de l’auteur du LOL incriminé, transformant ainsi son propos en "Lying out Lifeless"

Quand je rencontre quelqu’un en soirée, je finis toujours par lui demander si elle est sur Facebook et si j’ai mon smartphone avec moi, je l’ajoute illico à ma liste de Friends !

• Oui
• Non

Je vous parlais des anglicismes pour un oui ou pour un non : "Friends", donc, puisque comme chacun sait, les réseaux sociaux, ça n’existe pas en version française. "Amis", c’est trop out. C’est Nineties quoi, allo ! Et puis bon, hein, si la personne n’est pas sur Facebook, mais la has-been quoi, comment je lui parle trop pas ! Attends, si ça se trouve, il a même pas de Twitter ! Nan mais comment on peut fréquenter un australopo… un anstralopi.. un austri… un homme préhistorique !

Par contre, le questionnaire ne dis pas ce que fais une jeune fille qui rencontre Emile Louis en soirée. Lui demande t-elle quand même son Facebook ? L’ajoute t-elle parmi ses Friends ? Informe t-elle tout Twitter à coups de "J’ai un nouveau super pote #soirée #amis #gromoche #autobus" ? Visiblement oui : le questionnaire ne précise pas s’il s’agit de quelqu’un qui vous plait ou non : qui que vous rencontriez en soirée, il faut TOUJOURS l’ajouter sur Facebook.

Oui, c’est vrai, dès qu’on me parle de quelqu’un que je ne connais pas, j’ai le réflexe de le googler ou de le facebooker pour voir de qui il s’agit !

• Oui
• Non

Excellent réflexe. En soirée donc, prenons un exemple au hasard.

"Putain, vous vous rendez-compte ? Vivre en URSS sous Staline ? Ca devait être rude.
- Sta..heu… Staline ? Ha, oui, hem, heuuuu, oui, trop dur, ouais. Staline avec un E hein ? Nan je le connais, hein, mais c’est passque… que… quoi ? Staline il est même pas sur Facebook ? Et mais vous vous foutez de ma gueule les gens ? C’est qui ce nobody, là qu’a même pas un wall FB ! Vous l’avez inventé pour vous foutre de moi, hein, LOL ! En plus je viens de regarder URSS c’est même pas sous google map, ça existe pas ! Hé mais pffff comment vous avez failli m’avoir !"
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Je sais : je suis au moins aussi subtil que le test.

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J’ai crée mon blog et je m’efforce de poster un petit quelque chose au moins une fois tous les deux jours. C’est mon journal intime… Mais ouvert à tous !
• Oui
• Non

Encore une fois, notez que ce test a été préparé par un expert ès Le Internet, qui connait bien le principe : oui, quand on a un blog, c’est obligatoirement pour en faire un journal intime ouvert à tous (Oui, je sais. Mais visiblement, le sens du mot "intime" est particulièrement complexe). Moi au départ, sur ce blog, je voulais parler d’analyses boursières, et puis pouf : dès que j’ai voulu poser mes doigts sur le clavier, une force paranormale s’est emparée de moi et a commencé à raconter ma vie dans tous ses détails dans le plus pur style d’une collégienne de 12 ans. Paaaassque bon, je voulais troooop partager avec le monde que je trouve Kévin trop cute, que je voudrais bien en faire mon boyfriend, mais que j’hésite avec Brandon, le garçon de 5eB qui a des poils.

Encore une fois : les lectrices de Auféminin semblent donc condamnées à ne pouvoir ouvrir que des simili-skyblogs persos dans lesquels elles racontent leur vie sans intérêt (car oui, notez-le : plus une vie a d’intérêt, moins il y a de chances qu’on la retrouve sous forme d’un journal intime révélé au monde. Barack Obama, par exemple, ne raconte pas "ses petites anecdotes du quotidien avec humour, lolilol" dans son blog "La bulle de Barack" , alors que ma voisine dont les deux plus beaux jours de sa vie ont été quand elle a acheté un yorkshire et quand David Guetta l’a regardée une fois en boîte, elle, en a un, où elle raconte avec "Umoor et frécheure" ses problèmes de fistules). C’est rude.

Voilà pourquoi un journal devrait rester intime

Malgré tout ce qu’on a pu me raconter, j’ai bien envie d’essayer le nouveau site "chatroulette" qui nous connecte automatiquement et en direct pour chatter en vidéo avec des inconnus.
• Oui
• Non

 
Avec des inconnus, c’est si vous avez de la chance, mesdemoiselles. Il y a plus de probabilité de vous retrouver face à une kikoute que face à un inconnu. Bien que la kikoute ne soit pas forcément connue de vous, j’en conviens, mais elle ne demande qu’à l’être. C’est très affectueux ces choses là.
 

J’ai au moins 2 personnes dans mon PA (Paysage Amical) qui me sont très proches mais que je n’ai jamais vues en vrai. On chatte régulièrement et je leur confie des choses que je n’ai jamais dites à personne.

• Oui
• Non

Le Paysage Amical. Oui oui oui. Hoooo, entendez-vous le doux son d’un pipeau venir caresser nos oreilles ? On dirait une réunion avec des gens du marketing (mes ennemis jurés) : s’ils ne casent pas des anglicismes et des acronymes partout, ils commencent à devenir tout pâles, vomissent au bout de plus de 6 minutes à ce régime, et meurent au bout de 15 s’ils n’ont pas réussi à caser un mot se terminant par -ing entre-temps. Les empêcher de vous tutoyer peut accélérer leur agonie. Ça ou les décapiter avec une lame forgée à l’Académie Française (sinon ils ne meurent pas et reviennent faire du haunting et du poltergeisting la nuit).

En tout cas attention avec qui vous chattez les enfants, hein. On est jamais trop sûrs.

Vous pourriez par exemple tomber sur moi. Petit rappel.

C3linette : Je sais ka toi, je peux tou te dire au moin, tu m’écoute, pa kom les autre au lycée.
Odin_Connor : Dis-moi.
C3linette : Dan ma klass ils se moke parce que je suis allergik o biscuits salés.
Odin_Connor : ils sont vraiment cruels. C’est une allergie grave ?
C3linette : Non, mais kan j’en pran, mes seins triple de volume et aprè je m’évanouis.
C3linette : Toi au moin tu te moke pa, tu voi.
C3linette : Tu é enkor là ?
C3linette : Ouhou ?
Odin_Connor : Pardon, j’étais sur le site de Belin. Tu disais ?

Cela avait commencé avec Ashton Kutcher et Demi Moore et depuis, je suis l’actu et la vie perso des people en temps réel grâce aux messages qu’ils twittent.
• Oui
• Non

Bon, je vais être bref : si ton objectif consiste à suivre la vie perso de gens que tu ne connais pas, tu es juste bonne à passer tes journées à lire les magazines des salons de coiffure. Twitter a enfin brisé un tabou : avant, pour cancaner sur les stars, il fallait dire "Je l’ai lu dans Gala ; je l’achète pas, hein *grosse goutte de sueur* je… je l’ai lu chez… chez le coiffeur !" ; avec Twitter, enfin, vous pouvez essayer d’en savoir plus sur qui couche avec qui sans passer par le marchand de journaux en rougissant.

C’est beau, le progrès.

A un anniversaire, au bureau, en boîte, dès que je suis prise en photo, je prends la pose en gardant à l’esprit que je risque d’être tagguée sur Facebook.
• Oui
• Non

C’est donc ça toutes ces photos de tes fesses, petite filoute ; tu as une manière bien à toi de prendre la pose. Allez, file, va. N’oublions pas la grande tradition Facebook en matière de photos, d’ailleurs :

- les photos de profil, de préférence, c’est une prise à bout de bras en contre-plongée, de préférence la bouche en cul de poule (c’est censé être glamour ?)

- les albums photos ont forcément des noms qui dégoulinent de bons sentiments

- une fille qui veut prendre en photo un monument ne peut pas prendre en photo le monument. Elle doit se prendre en photo ELLE devant le monument. Donc selon le format de la fille, on voit plus ou moins le Parthénon en arrière-plan. "Mais si, là regarde, derrière sa fesse, on voit une colonne !"

J’ai un peu honte mais je me sens plus à l’aise derrière mon pseudo pour faire des commentaires désobligeants sur des forums ou des blogs …
• Oui
• Non

Ah ouais, nan mais je suis bien d’accord : c’est scandaleux ces gens qui prennent des pseudonymes et ouvrent des blogs pour balancer des saloperies sur Nicolas Cage. Moi je ne supporte pas les gens comme ça. Je crois que la seule chose que je déteste plus, ce sont les hypocrites.

Je me surprends parfois à parler avec des phrases qui ne dépassent pas 140 caractères !
• Oui
• Non

Comment c’est trop un signe ! Faire des phrases courtes, c’est vrai que c’est suspect. Par exemple "Ta gueule" ou "Roger, passe-moi le beurre" sont des phrases typiques d’accros au net. Définitivement, mon arrière-grand mère était une foutue geek en avance sur son temps. Je suis sûr qu’elle twittait depuis son sonotone, la coquine.

Autre solution : quand on en est à compter les caractères des phrases que l’on prononce, c’est qu’on a un gros soucis d’autisme.

"Vas y papy, ce soir on les défonce sur Counter-Strike"

J’avoue : je me suis déjà fait passer pour quelqu’un d’autre sur Facebook pour tester la fidélité de mon copain ou pour me rapprocher d’une personne inconnue !
• Oui
• Non

C’est vrai que cette fois-ci à nouveau, c’est une question intéressante. Personnellement, je pense que ça apporte plus de réponses à la question "suis-je paranoïaque au point d’utiliser des techniques perverses ?" que "suis-je accro au net", mais passons. Là encore, méfiez-vous tout de même.

Geisha51 dit : Mon petit Odin, on se retrouve alors bientôt pour une nuit torride…
Odin_Connor dit : Fort bien. Rendez-vous ce soir derrière le Shoppy. Je ferai trois appels de phares.
Geisha51 dit : A ce soir mon amour.
Geisha51 s’est déconnectée
Femme_Furieuse est connectée
Femme_Furieuse dit : Dis-donc petit saligaud !
Odin_Connor dit : ?
Femme_Furieuse dit : Tu crois que je t’ai pas vu ? 
Odin_Connor dit :
Femme_Furieuse dit : Geisha51 ! C’était moi ! TU ALLAIS ME TROMPER ! Salaud ! Enfoiré ! Connard !
Odin_Connor dit : Oui, et ?
Femme_Furieuse dit : Crevure ! Pourriture ! Chien ! Marc-Olivier Fogiel ! Rascal ! 
Odin_Connor dit : Parce que toi tu n’allais pas le faire ?
Femme_Furieuse dit : Non ! Moi je suis fidèle ! Je n’aime que toi !
Odin_Connor dit : Ah oui ? Et Mamadou_10inch ?
Femme_Furieuse dit : … comment sais-tu ? Tu m’espionnes ?
Odin_Connor dit : C’était moi.
Femme_Furieuse dit : Quelle technique dégueulasse ! T’as vraiment aucune morale ! Tendre des pièges aux gens, espèce de
Odin_Connor dit : Bon, maintenant, tu arrêtes de chatter depuis le coffre de la bagnole et tu éteins ton téléphone, sinon à la prochaine aire, je m’arrête et je te pelle la face.
Femme_Furieuse dit : Pardon mon choubidou. 
 
Pour moi, le it-accessoire de 2010 c’est indéniablement mon beau smartphone. En plus, il va avec tout !
• Oui
• Non
 

Là encore, ça répond plus à la question "Suis-je une truie assez pétée de thune pour me payer chaque année un téléphone à 500€ juste parce que c’est l’accessoire à la mode ? Et suis-je assez bête pour être persuadée que je suis encore en 2010, mon cerveau ayant un temps de latence de quelques mois avec le reste du monde ?" plutôt que sur qui est accro à quoi. Ce test est donc définitivement interdit aux pauvres.

Pour respecter mes cycles de sommeil, je me fais désormais réveiller par l’appli Sleep Cycle. C’est tellement moins violent qu’une sonnerie stridente !
• Oui
• Non

Ou qu’être réveillée par les tonitruants pets matinaux de son compagnon. Et il n’y a pas d’application pour ça (à part celle qui envoie automatiquement un SMS "T’as pas intérêt à secouer les draps en hurlant "Haaaa, çui là il fouette !", prince charmant" à celui qui partage votre lit).

Je trouve normal que les bloggueuses de mode puissent assister aux premiers rangs des défilés. Elles sont les vraies lanceuses de tendances ! Bouge de là, Anna Wintour !
• Oui
• Non

Ah, les bloggueuses de mode ! Ces spécialistes des tendances qui partagent toutes une qualité centrale : s’habiller comme un sac pour un prix absolument pharaonique, parce que, tu vois, cette année, c’est la mode des rayures, alors je vais mettre des rayures, et les assortir à mes chaussures, et avec ça, je vais être su-blime, aucun garçon ne pourra me résister (sauf que si les garçons s’intéressaient à ce genre de choses, ils achèteraient des magazines de fringues, pas Playboy ou FHM).

A noter que si les bloggeuses sont les vraies lançeuses de tendances, elles n’ont pas besoin d’assister à des défilés qui, je le rappelle, sont simplement des publicités géantes pour couturiers où les vêtements sont gentiment déposés sur des mannequins anorexiques (c’est important : plus une fille ressemble à un porte-manteau, mieux c’est). Regarder une publicité et en déduire ce qu’il faut acheter, c’est simplement faire étalage du vide sidéral qu’il peut y avoir entre deux oreilles.

Un exemple de chroniqueuse de mode. Voilà voilà.

Pour être sûre de ne plus oublier de prendre ma contraception, je fais confiance à l’appli Ipilule. C’est révolutionnaire.
• Oui
• Non

"Mais quand il n’y a plus de batterie dans mon Iphone, je tombe enceinte comme une nouille. Heureusement, j’ai la fonction I-cintre, qui va me permettre de régler tout cela, hihihihihi".

Quand ma boîte a décidé de bloquer l’accès à Facebook à ses salariés, par "souci de plus grande productivité", j’ai failli appeler la Ligue des Droits de l’homme !
• Oui
• Non

"Par contre, quand ils ont viré Sulimane qui n’avait plus de papiers, je n’ai pas bougé mon cul". Dans tous les cas, formidable incohérence là-dedans : une vraie utilisatrice de Facebook ne peut pas s’indigner autrement que par ses statuts "Colle ceci sur ton mur si toi aussi tu penses que Facebook est un droit" ou "Adhère au groupe  "La vrai Liberté, c’et de pouvoir poké !" Si on est assez nombreux, ils devront céder ! Allez, 100 000 membres !".

Pour les résultats, comme je vous l’ai annoncé, c’est assez facile, mais dans ma grande bonté, je vous en fais la synthèse :

"Si vous avez un maximum de "oui" : vous êtes accro. C’est pas bien."

"Si vous avez un maximum de "non" : vous n’êtes pas accro. C’est bien."

"Et enfin, si vous avez un maximum de "Mais qu’est-ce que c’est que ces tests de merde parfaitement caricaturaux qui doivent supposément révéler quelque chose alors qu’ils se contentent d’enfoncer des portes ouvertes ?", vous avez un QI de plus de 60".

Hmmm, nan définitivement, j’aime les magazines qui prétendent oeuvrer pour la cause féminine tout en s’adressant à un public visiblement construit autour d’un archétype de lycéenne niaise sous LSD.

Et au final, voilà ce que ça donne.

Je vais racheter des balles.

L’été est là, et avec lui, son cortège de magazines regorgeant de fabuleux tests.

Conçus par des experts en Q.C.M, ces derniers sont si perfectionnés qu’ils permettent de révéler sur vous plus de choses que des années de psychothérapie : "Où en est votre libido ?" ; "Savez-vous écouter autrui ?" ; "La mode et vous ?", autant de sujets qui passionnent les foules et motivent quantité de touristes qui iront entourer des A,  des B, des triangles et des ronds afin de tout savoir de leur face cachée, occupant ainsi leurs esprits alors que le soleil de la côte colorera doucement de cuivre leurs épidermes.

Ce blog étant une de vos lectures estivales, il serait bien inconvenant de n’y trouver aucun test apte à vous instruire sur vous-même. Aussi, permettez-moi de vous proposer le grand test de l’été, classique parmi les classiques et donc indispensable à toute littérature qui se respecte :

"Quel type de séducteur êtes-vous ?"

Oui, ça s’adresse aux messieurs (hétérosexuels, mais Têtu est déjà-là pour les autres). Les filles, n’allez pas me dire que vous n’avez pas déjà une pile de magazines proposant "Quelle dragueuse êtes-vous ?" en kiosque, alors bon, hein. Je ne vais pas non plus vous priver de ces lectures sur papiers glacés dont la seule emplette participe à la relance du pays. Je suis un patriote, moi.

Mais ne digressons pas plus, et revenons-en à notre grand test, qui comme tous les tests, ne sera pas prévisible à 5km. Vous avez de quoi noter (attention, entourer les réponses sur son écran est déconseillé) ? Alors allons-y.

Si vous n'avez pas de tablettes, portez un costard. Même à la plage.

"Quel type de séducteur êtes-vous ?"

1 -Vous voilà arrivé en vacances ; vous avez monté vos valises dans la chambre de votre hôtel, entreposé avec soin vos slips sur les étagères prévues à cet effet, et êtes redescendu dans le hall de l’établissement. Soudain, vous l’avez aperçue au bar, vos yeux particulièrement attirés par :

A – Ses beaux yeux clairs, qui ne sont pas sans rappeler la couleur des mers du sud.

B – Ses nibards.

C – Son Ipad.

D – Sa position hors du champ des caméras de sécurité de l’hôtel.

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2Profitant du fait que vous auriez bien besoin vous-même d’un rafraichissement au bar de l’hôtel après le déballage de vos bagages, vous vous asseyez à proximité et vous demandez au barman de lui servir un verre de votre part ; vous lui commandez :

A – Ce qu’elle désire, vous vous êtes assis à côté d’elle et lui avez demandé quel était son cocktail favori en lui proposant de lui offrir.

B – Un redbull, elle va avoir besoin d’énergie avec moi, huhuhu.

C – Vous consultez "1001 cocktails" sur votre Iphone.

D – N’importe quoi pourvu que vous puissiez y glisser du GHB.

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3 – Elle accepte votre invitation et sirote doucement ce que vous venez de lui offrir, avant de vous demander ce qui lui vaut l’honneur d’être ainsi servie par un inconnu :

A – Le plaisir de faire sourire une belle femme.

B – "Je ne suis pas un inconnu, je suis même une star dans les boîtes de nuits de Maubeuge."

C – "J’ai créé le groupe Facebook "si 1000 personnes cliquent sur "j’aime", j’offre un verre à la prochaine meuf que je croise."

D – Diable, le GHB ne semble pas faire effet. Vous seriez vous trompé de verre ? Vous faites semblant de rien lorsque l’octogénaire quelques mètres plus loin s’effondre après avoir fini sa consommation.

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4 – Elle vous donne son prénom : Anya. Elle travaille dans la communication, en tant que graphiste au sein d’une petite entreprise parisienne. Chaque année, elle vient ici se ressourcer, loin de la grisaille de la capitale ; hélas, son récit s’interrompt lorsque l’astre céleste, alors à demi-masqué par un nuage, l’aveugle de l’un de ses rayons :

A – Vous vous saisissez du parasol déporté voisin et le tournez aussi vite que vous pouvez afin de protéger son visage parfait de cette clarté soudaine.

B – "Je fais souvent cet effet là !"

C – Vous avez une application pour ça.

D – Vous vous saisissez du parasol déporté voisin et le tournez aussi vite que vous pouvez tout en faisant une référence de bon goût sur le qualificatif dudit objet et la Pologne.

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Protéger et séduire

5 – Mise à l’aise par votre réaction, elle se prend à vous demander votre nom à son tour ainsi que votre emploi :

A – Vous répondez à sa question avec honnêteté, clarté et simplicité.

B – Vous répondez à sa question avec honnêteté, clarté et simplicité, vous ajoutez par ailleurs le modèle de votre voiture dans la conversation.

C – Vous répondez à sa question avec honnêteté, clarté et simplicité, jusqu’à ce qu’elle demande en quoi consiste votre métier, puisque vous vous lancez alors dans des explications sans fin sur l’informatique, les bases de données et le kernel 32.

D – "Je m’appelle Juan et je suis multimilliardaire, accessoirement mécène de la mode et recruteur de mannequins."

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6 - Elle vous parle de son petit ami, qui ne la rejoindra que dans deux jours puisqu’ayant des vacances décalées :

A – Ah oui, et que fait-il dans la vie ? (Ah, voilà qui tombe mal !)

B – Ah oui, et que fait-il dans la vie ? (Bon, s’il n’est pas militaire, ça devrait aller, vous pourrez lui casser la gueule)

C – Ah oui, et que fait-il dans la vie ? (Vous faites une recherche Facebook)

D – Ah oui, et que fait-il dans la vie ? (Maintenant que vous avez le nom de son ami, vous craignez qu’il n’ait un "accident" en voulant rejoindre la côte)

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7 -Regardant sa montre, elle vous signale qu’elle doit s’éclipser. Elle glisse dans ses excuses de départ que cependant, elle sera à la plage  du Mauroy ce soir avec quelques amis pour une petite fête. Le message étant limpide, vous vous préparez dans la journée en :

A – Rêvant de sa beauté, de ses fossettes lorsqu’elle sourit, de sa manière de passer la main dans ses cheveux… tout en cherchant quelques compliment de bon aloi utiles pour la soirée.

B – Faisant la vidange de la 206, et en m’assurant que tous les néons fonctionnent sous l’habitacle.

C – Mettant à jour votre statut Facebook , Twitter, Myspace, Wink…

D – Remplissant votre sac de plage pour ce soir : serviette, boissons, tenue de rechange, préservatifs, gros caillou et brouilleur de portables.

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8Le soir venu, vous voici rendu à la plage du Mauroy ; autour d’un feu, quelques personnes s’amusent, chantent et discutent, parmi lesquelles Anya. Vous vous approchez et :

A – Saluez poliment la compagnie, en donnant votre prénom et en retenant celui de chacun pour mieux vous intégrer.

B – Saluez tout le monde d’un "Ouesh, ça va ou bien ?" avant de tenter de coller une main aux fesses d’Anya.

C – Demandez s’il y a des joueurs de World of Warcraft dans l’assemblée.

D – Jaugez les copines d’Anya : s’il y en a une seule de mieux cambrée, vous changez aussitôt de cible.

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Si vous pensiez avoir un ticket avec Lara Croft, c'est qu'il est grand temps de vous réveiller et d'aller au travail

9 - Rapidement, la situation devient alarmante : le groupe comprend un jeune homme doué  pour la guitare et le chant, et qui n’a de cesse de faire vibrer tant son instrument que le cœur de ces dames. Vous :

A – Vous dites que vous n’auriez pas dû choisir de jouer de l’accordéon au conservatoire. Vous tentez de jouer un morceau vous même, mais n’atteignez évidemment pas le niveau de l’artiste local. Au moins, vous aurez essayé.

B – Dites que si c’est pour écouter de la musique, vous avez un set de basses de ouf’ dans la 206 ainsi que l’intégrale de David Guetta.

C – Collez votre téléphone contre la guitare de l’individu en lançant votre application identifiant automatiquement les morceaux en train d’être joués.

D – Prétextez vous lever pour aller saisir une bouteille et marchez lourdement sur la main de l’ennemi en invoquant une maladresse. Sans ses doigts, il devrait représenter un niveau de menace moins élevé.

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10Anya se lève en s’excusant poliment et se dirige vers les toilettes de la plage. Quelques minutes après qu’elle soit revenue, vous vous y rendez pour vous soulager d’un besoin pressant, et découvrez dans la cuvette un monstrueux colombin semblant être pointé vers vous, tel un doigt accusateur ; face à l’hostile étron, vous :

A – Vous demandez comment Anya a pu survivre à pareille puanteur ; quel terroriste a bien pu ainsi souiller ce lieu d’aisance ? La damoiselle fut bien courageuse de ne pas défaillir devant la bête. Pourtant, au fond de vous, à la fraicheur moite de l’objet, vous savez qui est la coupable. Mais un vrai gentleman doit couvrir les agissements de sa dulcinée. Si jamais quelqu’un d’autre va aux toilettes et découvre ce truc que même la marée ne saurait emporter vers les égouts, vous vous accuserez pour protéger Anya.

B – Trouvez qu’il est tout à fait anormal qu’un petit cul pareil puisse produire pareil cigare : vous vous attelez donc à produire un baleineau encore plus monstrueux pour bien rappeler qui est le chef, le tout en poussant si fort que vous craignez que vos cris n’attirent l’attention de vos compagnons restés sur le sable.

C – Prenez le monstre en photo et l’envoyez aussitôt sur Facebook avant de marquer votre ami Rémi sur l’image. Vous êtes décidément trop drôle.

D – Figé devant ce coprolithe gros comme un cuisseau de Gérard Depardieu, vous n’en retournez pas moins la situation à votre avantage lorsque vous retrouvez votre place près du feu en accusant le guitariste d’être à l’origine de ce golem fécal ; avant même qu’il ne  puisse nier quoi que ce soit, vous racontez comment vous l’avez vu se rendre aux toilettes tout à l’heure avant d’en ressortir l’air à la fois soulagé et coupable, comme cherchant du regard d’éventuels témoins de son immonde forfait.

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11 – La soirée avance, l’alcoolémie monte alors que le niveau des bouteilles – et celui des conversations – descend ; vous :

A – Vous assurez que personne ne fait de coma éthylique et prenez le parti d’être le capitaine de soirée.

B – Vous lancez dans un concours de boisson afin de montrer que vous êtes bien le plus fort des mâles présents.

C – "Et là, si tu souffles vers l’écran, hop ! Il peut te dire si tu es au dessus du niveau légal du pays où tu es géolocalisé !"

D – Vous proposez aux garçons déjà bien entamés de se lancer avec vous dans une course nocturne à la nage vers la bouée qui clignote, là-bas. Évidemment, une fois qu’ils se sont tous élancés à l’eau, vous faites demi-tour et retournez trouver les filles autour du feu. Demain, la police retrouvera les cadavres emplis d’eau salée et de vodka sucrée de six idiots ivres incapables de reconnaître une supposée bouée clignotante à 50 mètres d’un phare à 5 kilomètres.

Attention à ne pas noyer des gens du côté de Miami, sinon vous aurez affaire à lui

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12 – Il est grand temps de retourner à l’hôtel ; Anya a un peu bu, mais tient encore debout. Vous :

A – la raccompagnez jusqu’à la porte de sa chambre, où vous la laissez après vous être assuré qu’elle allait bien : on ne profite pas d’une jeune fille sous les effets de l’alcool.

B – la raccompagnez jusqu’à la porte de sa chambre, avant de lui demander si elle ne vous inviterait pas à prendre un dernier verre.

C – la raccompagnez jusqu’à la porte de sa chambre, avant de lui demander si vous ne pourriez pas rentrer voir son Ipad.

D – la raccompagnez jusqu’à la porte de sa chambre, avant de vous souvenir que vu ce qu’elle a produit dans les toilettes de la plage, son logis est peut-être occupée par une odeur de souillure tout aussi lourde et méphitique qui ne serait pas sans rappeler le gaz moutarde. Vous la chargez donc sur votre dos, direction votre chambrée, plus saine et aérée.

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13 - Alors que vous ne vous y attendiez pas, elle vous saisit le visage et vous embrasse avant de faire basculer la porte de la chambre devant laquelle vous êtes d’un coup de pied bien senti. Vous :

A – Êtes effectivement surpris, mais ne vous laissez pas gagner par l’ivresse des sens ; voilà un moment de grâce, de romantisme… mais pourtant, sûrement dû à l’alcool ; ses sentiments sont faussés par les litres de whisky Lidl -River cola qu’elle a absorbés à la plage. Vous déposez un simple baiser sur son front et la bordez en lui expliquant que demain, elle réalisera à quel point vous avez fait ce qu’il y avait de mieux pour elle.

B – La pelotez en marmonnant diverses grossièretés.

C – Cliquez sur "J’aime".

D – Lui expliquez qu’elle a intérêt à se calmer avec les portes ; vous profitez de cet élan d’autoritarisme pour prendre votre meilleur accent germanique, sortir vos menottes et votre cravache et lui enseigner la discipline toute la nuit. Les filles sobres sont souvent vachement moins compréhensives de la chose. En partie lorsque vous annoncez que vous filmez le tout "pour les archives du Reich".

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14 - Le lendemain matin, Anya :

A – Vous trouve à sa porte avec le petit déjeuner et de quoi l’aider à faire passer la gueule de bois.

B – Se réveille en humant l’odeur de cigarette que vous êtes en train d’achever. "Alors, heureuse ?", marmonnez vous d’un air confiant.

C – A un nouvel ami Facebook.

D – Se réveille nue dans un terrain vague de Sedan.

Se réveiller dans les Ardennes, c'est, disons, particulier.

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15 – Dans la journée, elle tente de vous appeler pour parler de la veille, vous :

A – Décrochez

B – Raccrochez

C – Votre téléphone fait niveau à bulle, sabre laser, ordinateur, PDA, mais pas téléphone

D – Vous pouvez me rappeler à quel moment ai-je dit que je lui laissais mon numéro ?

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Bien, nous arrivons à la fin du test ; collectez donc vos notes, additionnez vos lettres… et voyons les résultats :

Si vous avez une majorité de A : Vous êtes le meilleur ami gay

Romantique, idéaliste, attentionné, soucieux de sa personne… votre gentillesse n’a d’égal que votre naïveté ; vos cibles comprennent vite que vous êtes tout à fait inoffensif et que vous leur portez trop d’attention pour qu’elles aient besoin de faire le moindre geste à votre égard. Bien sûr, elles viennent 5 à 6 fois par an chez vous afin de pleurer sur votre épaule en vous expliquant qu’elles aimeraient bien savoir où trouver quelqu’un qui s’occupe vraiment d’elles et ne les considère pas que pour leur cul ; pourtant, avant même que vous réagissiez, elles sortiront avec Régis, un militaire à la mâchoire proéminente et au front bas qui se servira d’elles comme table basse lorsqu’il regardera le foot.

La phrase que vous entendez le plus souvent lorsque vous trouvez le courage d’avouer vos sentiments : "Tu sais, je ne voudrais pas perdre notre belle amitié".

Si vous avez une majorité de B : Vous êtes le dragueur beauf

Qu’il faille tourner les serviettes, faire la chenille ou imiter les canards danseurs, vous êtes l’homme de la situation. Pour vous, une femme est un trophée que l’on aime à brandir de temps en temps devant ses amis, et qui doit être l’accessoire de votre suprême virilité. Amateur de belles carosseries en tous domaines, vous êtes l’incarnation de la classe, de l’élégance et du bon goût, quelque part entre Men’s Health et Auto Plus. Vous êtes à la fois le mâle dominant et un homme dominé, puisque vous êtes totalement dépendant des femmes : sans elles, vous vous sentez penaud, et surtout, vos slips ne se lavent plus tout seuls. C’est à croire qu’ils sont de mèche.

La phrase que vous utilisez le plus souvent pour préparer vos plans drague : "Bon les gars, ce soir on va au Macumba : ya d’la meuf de 17 ans bien fraiche et ferme ; pis comme la musique est forte, ça s’entend pas qu’on dit des conneries. En plus ce soir, c’est soirée mousse, ça va trop donner !"

Si vous avez une majorité de C : Vous êtes le geek suprême

Vous êtes un homme du XXIe siècle, fils de la technologie et de l’internet. Les filles avec lesquelles vous êtes allé le plus loin ont des noms qui se finissent en .gif ou en .jpeg. Vous avez bien essayé de vous marier une fois sous World of Warcraft, mais il s’est avéré que cette guerrière Elfe était en fait un mécanicien velu du Minnesota. Depuis, vous continuez votre quête désespérée d’un amour partagé autour de passions communes, celle d’une romance qui fleurirait tant et si bien qu’au moins 200 personnes cliqueraient sur "j’aime". Un jour, vous rencontrerez une jeune fille qui partagera votre passion de l’informatique et des nouvelles technologies, et ce jour là, vous pourrez fonder un foyer, un endroit où vous aurez un chat du nom de "Link", une fille nommée Arwen et un garçon répondant au doux nom d’Harry.

La phrase que vous utilisez le plus souvent pour draguer : "C’est quoi ton profil Facebook ? T’as Gtalk ? Tu as déjà vu les OAV Evangélion ? Je t’ai pas déjà vue sur Youporn ?"

Je mens : en réalité, les geeks ont trop la côte

Si vous avez une majorité de D : Vous êtes le sombre connard

Nonobstant les conventions et la morale, vous êtes devenu un maître du pragmatisme en toute chose. Votre objectif n’est pas de vous poser, ce qui serait un signe de faiblesse, mais bien de profiter pleinement des faiblesses de la nature humain pour combler vos besoins et sentir votre ego boursoufflé se gonfler en se nourrissant du désir d’autrui pour votre personne. Vous avez compris depuis longtemps que le beau sexe n’attendait plus des mâles quelque attention, mais seulement de l’action et une bonne remise en place. Vous n’êtes pas machiste, non, seulement un homme du monde qui a su s’imprégner d’expériences sociales au point de comprendre la vraie nature des femmes : si vous voulez prendre une forteresse, nul besoin de la bombarder de fleurs jusqu’à ce qu’elle se rende ; un bélier fera bien l’affaire, pourvu qu’il ne fasse pas dans le détail. Votre plus gros problème reste le nombre improbable de plaintes déposées à votre endroit dans moult commissariats de France et de Navarre. Mais avec quelques amis au ministère, il n’est nul malentendu qui ne saurait se régler.

La phrase que vous utilisez le plus souvent lors de vos soirées romantiques : "Il va falloir que je pense à acheter une voiture avec un plus grand coffre."

Sur ce, la ville rose m’attend, permettez moi donc de prendre quelques jours de repos. Ho, et pour les petits malins qui ont répondu "D" à chaque fois : j’insiste, vous n’êtes que de sombres connards, pas d’odieux ; pour cela, il vous reste bien du chemin à faire.

Quant à ceux qui ont massivement répondu A : désolé les gars. Ou alors, vous êtes des filles pleines de mauvaise foi qui ont fait le test.

Inutile de nier.

On ne me la fait pas.

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