L’invasion a commencé.

Pas de cris, pas de cavalcades endiablées dans nos rues en proie au chaos ni même de coups de feu… non. Malgré le fait que les zombies nous envahissent, personne ne semble réagir. Pire, certains présentent même un certain enthousiasme devant la chose ; ils trouvent cela attrayant. Face à des hordes décomposées, pourtant, il n’y a pas grand plaisir à trouver, à moins d’avoir quelque mystérieuse perversion. Mais aujourd’hui, la chose semble acceptée :

Les zombies sont à la mode.

Films, livres, bédés, clips… chaque année, ce sont des centaines de nouvelles aventures à base de cadavres ambulants qui arrivent un peu partout, tel un perfide débarquement que nul ne souhaiterait repousser à la mer. Pire encore, sur les blogs, ces sites du démon, et particulièrement ceux traitant de bédé, il devient quasiment impossible de ne pas avoir droit à une petite aventure mort-vivante. La chose semble même tellement passionnante que des aficionados se regroupent en marches zombies, occasions de se déguiser en macchabées pour aller déambuler dans les rues de quelques grandes cités et crier à la face du monde son amour pour les revenus.

Passion mystérieuse, le zombie m’échappe. Non seulement parce qu’en soi, il manque un peu de tenue, mais aussi parce qu’il est souvent au coeur d’une aventure toujours identique : des morts-vivants apparaissent pour une raison X ou Y (la raison importe toujours peu), mais des groupes de survivants tentent de… heu… survivre. Et ensuite il y a des… hmmm… rebondissements ? Toujours le même aussi : des gens qui se font mordre voilà, et ça pose des dilemmes comme "Han, je le tue alors ou pas ? Parce que c’est mon copain quand même !". Et c’est à peu près tout.

 

Et ce sont les mêmes qui se moqueront des groupies de Justin Bieber

Mais alors, d’où vient cette passion pour le zombie ? Et puis d’abord, sont ils si méchants ? Sont ils eux même passionnés par les humains, autrement que gastronomiquement ? Verra t-on un jour une émission intitulée 30 millions de zombies ? Peut on distinguer un zombie d’un lépreux ? Comment convaincre mon voisin que le zombie est le degré 0 de l’originalité, aux côtés des elfes, nains et autres dragons ? Autant de questions auxquelles il convient de répondre à l’aide d’une bonne vieille présentation de ce phénomène de mode :

Le Zombie

Mammifère anthropophage de la famille des morts-vivants, le zombie est une créature souvent lente, maladroite et connue pour son manque de savoir-vivre. Résultat de la rencontre inopinée d’un corps humain avec un phénomène que les scénaristes n’essaient que rarement de justifier autrement que par un "c’est magique" ou "c’est un virus" (le mot "zombie" signifie en rwandais "panne d’inspiration"), il passe en général le plus clair de son temps à déambuler sur les grandes avenues le regard vide, ce qui le rapproche beaucoup de certaines vedettes de la télé-réalité.

Bien que servant souvent de cible aux armes de la police, le zombie bénéficie d’une certaine sympathie de la part d’internautes ne prenant aucun risque, ce qui tend à le rapprocher de certains insurgés nord-africains. Il dispose aussi de tout un fan club qui l’idolâtre depuis sa prestation hors-norme dans le clip Thriller, faisant de lui un être reconnu de par le monde.

Apparence

Le zombie a l’apparence d’un être humain en mauvaise santé, généralement avec de gros problèmes de peau. Il prend le plus souvent la forme d’une personne âgée entre 18 et 50 ans, le zombie évitant soigneusement certaines catégories de population : on recense en effet très peu de bébés zombies, d’adolescents zombies (qui sont trop maladroits pour faire correctement du skate ou qui se décomposent s’ils se collent trop aux baffles du Macumba), et de zombies grabataires. Il a aussi une très forte odeur corporelle, puisque négligeant les règles les plus élémentaires de l’hygiène, sans compter un régime alimentaire fort peu varié. A bien des titres, on peut donc comparer le zombie à un joueur de World of Warcraft, mais il est aisé de distinguer le joueur du mort-vivant, tant le second a suffisamment de bon sens pour ne pas mettre son fric dans un jeu en ligne.

Le zombie est très pudique : dans toutes ses apparitions, on notera que le zombie ne laisse pas paraître ses parties génitales ou son fessier crasseux : ce n’est pas parce que l’on est mort que l’on a pas le droit à son petit slip en coton. Si un zombie étourdi partait chasser l’humain sur les grandes avenues en oubliant d’enfiler un calebute, sa femme l’obligerait à rentrer au domicile familial (probablement un caveau) afin de lui fournir le sous-vêtement réglementaire ; puis, déposant un baiser sur son front décomposé, elle le laisserait retourner gambader non sans lui avoir laissé un peu de cerveau dans sa lunch-box Twilight pour son goûter. Il en va bien sûr de même avec les femelles zombies, qui s’assurent toujours de porter un chaste débardeur afin de cacher ce que d’autres ne sauraient voir. Tous ces éléments apparaissent bien sûr dans la charte des valeurs mortes-morales de Famille Zombies de France.

Bref, pour échapper à une attaque de zombies, n’hésitez pas : promenez vous à poil. Les bougres ne voudraient pas prendre le risque d’avoir des nudistes dans leurs rangs et vous laisseront tranquilles. En conséquence de quoi, Paris Hilton a peu de chances d’être attaquée.

 

Des zomb... attendez. Attendez, je... si, des zombies. Forcément.

Régime alimentaire

Le zombie est anthropophage, et à ce titre, vit en général à proximité des humains, qui constituent la base de son alimentation. Bien que peu difficile quant au choix de ses victimes (exceptés les cas de nudisme évoqués ci-dessus), le mort-vivant a une fâcheuse tendance à préférer le cerveau aux autres parties du corps, cet organe étant non seulement un met de choix, mais accessoirement relativement mou, ce qui permet aux dents mal entretenues du zombie de s’y attaquer à peu de frais. Mystère scientifique : le zombie sait comment accéder au cerveau, et trouve toujours un moyen d’ouvrir une boîte crânienne à la main, ce qui laisse supputer qu’il maîtrise le kung-fu.

Amateur d’un Dîner Presque Parfait, le zombie n’hésite cependant pas à effectuer quelques mises en bouche en allant mordiller les bras, jambes et autres extrémités de ses victimes. Taquin, il se propose parfois de laisser une victime partir vivante, mais mordue, afin que ses amis hésitent : doivent ils l’abattre tout de suite et ainsi éviter la naissance d’un nouveau zombie, ou bien l’emmener avec eux en supputant que dans les 10 prochaines minutes, ils vont découvrir avec leurs connaissances de camionneurs le sérum qui empêchera l’inévitable ? Curieusement, ils choisissent quasiment toujours la seconde option, et échouent dans les mêmes proportions, sans surprise.

Méprise courante de vocabulaire, le zombie est bien anthropophage sans être cannibale : il ne mange pas ses congénères ; mystérieusement, ces derniers ont d’ailleurs quasiment tous la boîte crânienne intacte, ce qui laisse entendre qu’ils ont été attaqué par des zombies qui n’avaient pas envie de les manger, probablement parce qu’ils étaient déjà rassasiés, après avoir repris deux fois de la choucroute aux fruits de mer à la cantoche. Dans tous les cas, pourquoi ne mange t-il pas ses petits compagnons qui contiennent eux aussi du bon cerveau ? Préfère t-il les repas chauds ? Ne pourrait il pas apprendre à se servir d’un micro-onde, comme tout le monde ?

A noter que si 90% de l’activité quotidienne du zombie consiste à quêter de la nourriture ou à se rassasier, c’est qu’il est tiraillé par la faim, et qu’à ce titre, son estomac est encore fonctionnel. Il convient donc de supposer que le zombie doit déféquer régulièrement ; cependant, dans les films du genre, même après 5 ans de domination zombie, les rues des villes ne comportent même pas un tout petit étron de mort-vivant. Deux solutions se présentent donc : soit le zombie, dans sa pudeur bien connue, ne sait plus utiliser une porte mais sait toujours aller aux ouatères, soit il ne fait pas caca. La communauté scientifique a bien tenté de résoudre cette question en utilisant la technique dite de "La Bête du Gévaudan" , c’est-à-dire en bourrant un cadavre chaud de dragées Fuca, mais à chaque fois ces gredins de macchabées ont tout grignoté autour de la dragée sans les avaler. Au CNRS, on en peste encore de désarroi.

Sociabilité

Le zombie est particulièrement communautaire, et se montre très agressif avec tout ce qui n’est pas zombie, ce qui provoque régulièrement des poussées de médiatisation autour de ceux-ci, particulièrement en période électorale, phase critique durant laquelle ils font souvent monter le score du Front National. Intégriste, il refuse d’apprendre le français et se contente généralement de parler le greugreu, langage basé essentiellement sur des grognements et gémissements plus ou moins longs et graves, qui lui permettent de communiquer avec ses congénères.

A noter que le zombie n’a pas une vie passionnante, ce qui s’accorde parfaitement avec les limites de son langage. De fait, comme toutes les personnes qui n’ont rien à dire sur leur vie et ses anecdotes sans intérêt, le zombie a un blog où il parle de lui (on se souvient tous de quelques blogs zombies célèbres comme celui de la désormais célèbre Pénélope Jolicul et son "Ma mort est tout à fait fascinante")

Pour le reste, le mort-vivant se promène généralement en bande et agresse les honnêtes passants en profitant de sa supériorité numérique. Faisant fi tant des lois que des bonnes manières, il n’hésite pas à s’en prendre aux forces de polices venues au secours des honnêtes gens, et ce malgré les nombreuses lois votées à chaque nouvelle agression visant à augmenter les peines de prison pour les zombies agressifs, peines allant jusqu’à leur supprimer la nationalité.

A noter que le zombie ne vote pas, et n’a aucun remord à faire monter les chiffres de l’abstention. Cependant, il réagit tout de même à certains stimuli politiques. On le comprend un peu.

 

On peut même s'acheter des zombies de jardin. Formidable.

Aptitudes physiques

Le zombie est en général lent, maladroit, mais déterminé dans son but bien que sa démarche ne le laisse pas forcément paraître. Bien qu’il ait oublié tout de son ancienne vie, et n’hésite pas à égorger sa belle-mère sans aucun scrupule (hmmm quoique attendez, a t-il vraiment tout oublié du coup ?), il continue de se comporter en bipède raisonnable. Il a cependant oublié quantité d’autres choses : utiliser une clé, une arme, changer un pneu, etc. Il se contente généralement d’avancer les bras en avant en poussant des grognements, mais dispose d’un sixième sens incroyable lui permettant de détecter n’importe quelle porte qu’un idiot de survivant aurait oublié de verrouiller en revenant de la boulangerie. Il arrive alors toujours à ouvrir la porte, de préférence au moment où un humain s’exclame "crotte, la porte de derrière !".

Résistant, le zombie a beau manger comme quatre, il n’a jamais besoin de boire, s’inscrivant ainsi à l’opposé complet de son ami le vampire. La chose est complétée par le fait qu’il ne sait pas nager, mais que personne ne pense jamais à s’abriter sur un bateau avec de quoi pêcher et traiter l’eau. Ils ne sentent quasiment pas la douleur, et ont besoin d’un bon coup dans la tête pour mourir pour de bon ; à noter qu’il y a toujours au début d’une invasion de zombie toute une brigade d’andouilles pour viser leurs orteils, leurs avant-bras ou autres et s’exclamer "sacrebleu, mais où tirer pour les tuer ?". Le zombie a donc non seulement peu de répartie, mais en plus, il pourrit les dialogues d’autrui.

Prédateurs

Le zombie est un être mal-aimé et relativement incompris qui a un prédateur essentiel : le nerd, qui en général a développé une véritable passion pour l’étude des zombies et n’hésite pas à discuter de ses capacités de survie en cas d’attaque de zombies entre le fromage et le dessert. Spécialiste de toutes les stratégies de survie, le nerd n’hésitera pas à disserter des heures sur le meilleur outil à utiliser pour frapper le zombie, les zones où il est le plus sensible, les meilleurs moyens de se protéger…

Bien sûr, recevoir des leçons de survie post-apocalyptique de la part de mecs qui arrivaient péniblement à survivre à un cours de sport pourra sembler paradoxal à certains, mais il ne faut pas brusquer le nerd.

Mitraillé, décapité, écrasé, le zombie connait mille et une mort supplémentaires en sus de celle qui l’a amené à son curieux statut de mort-vivant, tant les nerds rivalisent d’ingéniosité pour en finir avec son auguste personne. La haine réciproque qu’éprouvent ces deux espèces tient en grande partie du fait qu’elles sont concurrentes et possèdent beaucoup de points communs : l’hygiène, le manque de variété dans l’alimentation, l’aspect obsessionnel et monomaniaque, le manque complet de sociabilité, le style vestimentaire, l’incapacité à approcher une jeune fille sans la faire fuir, la maladresse… entre ceux qui ont perdu la vie et ceux qui n’en ont jamais eu, le combat semble éternel.

A noter que curieusement, le nerd semble prêt à se battre pour sa survie en cas d’invasion zombie, ce qui est bien inutile quand l’on sait que dans un monde ravagé, internet ne survivrait guère longtemps. Coupé de 4chan et autres Facebook, le nerd mourra probablement de lui-même peu après sa connexion, sa non-vie n’ayant aucun sens dans un monde sans web.

Reproduction

Le zombie ne se reproduit que par transmission de sa maladie, ce qu’il fait en mordant un autre être vivant ou en partageant son sang au prétexte de devenir le meilleur ami d’un naïf. Contrairement à son lointain cousin le vampire, le zombie ne trouve que peu de victimes susceptibles d’accepter son doux baiser. Très jaloux de ce dernier, le mort-vivant n’hésite pas à envoyer régulièrement des courriers à Stéphenie Meyer afin que cette dernière laisse enfin un peu de place aux zombies, trop délaissés par la bit-lit classique au prétexte que les gens en décomposition avancée seraient un poil moins ragoûtants que les vampires aux sourcils soyeux. La HALDE a bien évidemment été saisie afin de mettre fin à cette terrible discrimination.

Nonobstant ces faits, le zombie se reproduit en général de manière assez rapide, puisqu’il est toujours mis en scènes dans des oeuvres dans lesquelles il se déplace par meutes allant de plusieurs dizaines à plusieurs milliers d’individus.  Bien que certains soupçonnent le zombie de se reproduire uniquement pour toucher les allocs’, il aurait été démontré que seul l’instinct guiderait notre bourricot qui n’hésiterait pas à mordre autrui encore et encore, et ce, sans protection aucune, ce qui en fait une créature particulièrement appréciée du pape.

 

Vous comptez vraiment sur lui pour vous sauver la vie ?

F.A.Q

Un zombie est-il forcément humain ?

Non. Un zombie peut aussi être un animal : vache-zombie, hamster-zombie, ornithorynque-zombie… tout est possible. Cependant, la plupart des films et livres font abstraction de ce fait, tant ce serait quand même moche de voir le héros mourir à cause d’une piqûre de moustique-zombie pendant qu’il pionçait. Ou éventuellement, le voir dévoré par une horde de yorkshires morts-vivants. Brrrr.

Mon zombie est très vieux et n’a plus de dents, que faire ?

Plusieurs raisons à cela : votre zombie était peut-être anciennement un vieux qui était déjà bien entamé avant de devenir zombie, ou tout simplement son hygiène bucco-dentaires a eu raison de ses dernières molaires ; triste spectacle que celui d’un zombie désarmé qui se retrouve à sucer ses victimes très fort. A noter justement qu’en suçant très fort, votre zombie a tout comme vous plus de chance d’attraper quelque chose plutôt que de refiler son virus ; n’hésitez pas à lui acheter des petits pots de cerveau pré-mâché et à assurer vous-même son alimentation.

Mon zombie est musulman, doit-il manger halal ?

Oui ; la question des religions est régulièrement abordée, mais trop souvent évincée par une communauté scientifique n’ayant que faire de la spiritualité de ces créatures. Comme votre zombie ne boit pas, vous n’aurez déjà pas trop de problèmes à gérer son interdiction d’alcool, mais pour le reste, sa nourriture doit être égorgée le regard tourné vers la Mecque, le tout en prononçant les mots sacrés. Sinon, vous pouvez aussi aller chez Quick.

Mon zombie prétend qu’il doit aller présenter "Temps X" , dois-je lui mettre un coup de pelle ?

Ce n’est pas un zombie, je comprends votre méprise. Mais oui, mettez lui tout de même un coup de pelle.

J’ai donné à manger à mon zombie, mais il ne semble pas en vouloir. Est-il malade ?

Vous avez probablement donné du cerveau de mauvaise qualité, acheté dans un magasin discount, à votre zombie. Cet être est à la fois simple et complexe, et vous ne devez pas lui donner les premiers prix de l’alimentation : la plupart des pâtés de cervelle que vous trouvez en grande surface sont constitués à partir des restes de candidats du Loft (vous ne vous êtes jamais demandé ce qu’ils étaient devenus ?) ; inutile de vous préciser que votre zombie sent bien qu’il n’y a pas là-dedans toutes les vitamines que contient un vrai cerveau, et se refuse donc à le manger.

Au secours ! Une invasion de zombies ! Je ne sais que faire, car je n’ai pas envie de me mettre toute nue pour leur échapper !

Soit, votre pudeur vous honore. Il existe une solution alternative : munissez vous d’une dizaine de chiots, de chatons ou de lapins nains et faites vous une ceinture avec. Avez-vous déjà vu un seul film ou livre sur une quelconque catastrophe, fut elle une invasion de morts-vivants, durant laquelle il arrivait du mal à un chiot kikinou, à un chaton mignon ou à un lapin trognon ? Non. Vous êtes donc en sécurité. Dirigez vous vers le bateau le plus proche, et une fois en sécurité à bord, n’hésitez pas à jeter votre ceinture et ses otages à l’eau : il ne faudrait pas que ça fasse ses bouches supplémentaires à nourrir à bord.

Moi top modèle rousse (rousse comme Moscou, pas rousse comme cheveux de feu), je très peur de zombies ; voisin de moi, nerd, dire que lui pouvoir protéger moi ; puis-je confiance faire ?

Non. Il n’a jamais eu de vie, comment pourrait il protéger la vôtre ? Cependant, ma chambre est une cachette sûre. Dépêchez-vous, vite, je crois qu’ils arrivent.