Ah, 1er avril, jour merveilleux où chacun se sent libre d’exprimer les plus mauvais calembours et plus odieux canulars, couverts qu’ils sont par une tradition pluriséculaire. On fait de fausses déclarations, de falsifiées révélations, et surtout, les enfants s’en vont coller quelques poissons dans le dos des adultes avec plus ou moins d’adresse.

Le bel âge polisson ! Aujourd’hui encore, je perpétue cette époque bénie en clouant des morues dans le dos de quelques femelles dont les tenues multicolores ont attiré mon œil alors qu’elles sortaient de leurs emplettes chez Jennyfer. Mais en ce beau jour de printemps, alors que j’étais tranquillement en train de fignoler l’un de ces petits travaux (j’avais tordu le clou sur la colonne vertébrale, il me fallait tout recommencer), j’aperçus fugacement un petit lapin.

Un petit lapin en pleine cité ? Comme cela est peu banal ! Prenons le en chasse, me dis-je, laissant sur place mon maillet et mes clous de chantier. L’animal me posa bien quelques problèmes tant sa vigueur et sa célérité étaient supérieures en tout point aux miennes. Mais l’acharnement paie : au terme d’une brève course poursuite, le léporidé s’infiltra dans une vieille bâtisse bordant une rue fort peu fréquentée. A peine avais-je poussé la porte entrouverte de l’édifice que celle-ci se referma derrière moi dans un bruit lourd, suivi d’un autre indiquant que l’on venait de m’enfermer de l’extérieur. L’obscurité du lieu s’illumina soudain lorsqu’un écran blanc parut sur un mur et j’entendis la voix de Satan résonner à mes oreilles :

Bienvenue mon ami, bienvenue ! Cet endroit est parfaitement clos, il n’y a aucun moyen de s’en échapper ; installe toi confortablement, tu n’en ressortiras que dans une heure et quarante-neuf minutes, une fois que tu auras visionné le dernier Tim Burton !

Bon sang. Mes travers zoophiles m’ont perdu : plus jamais je ne suivrai un lapin que je ne connais pas.

L'affiche : Johnny Depp, du maquillage décalé, et hop, les fans de Tim Burton affluent.

Il ne s’agira pas ici de débattre du fait que tout cela respecte le livre ou non, que le film porte très mal son titre (“Alice au Pays des Merveilles” ne relate que le premier voyage d’Alice ; le second, c’est-à-dire traité ici est “de l’autre côté du miroir”), ou encore de savoir à quel point Lewis Carroll aimait les promenades en barque avec des enfants. Contentons nous de le spoiler, voulez-vous ?

Cette belle histoire commence alors qu’Alice n’est encore qu’une enfant ; son père, un ambitieux aux idées folles tente vainement de convaincre ses associés qu’il faut installer des comptoirs commerciaux en Asie. Alors qu’il discute de cela, Alice arrive et raconte à son papa l’affreux cauchemar qu’elle vient de faire, dans lequel il y avait des animaux qui parlaient, un lapin en retard, un chapelier… bref. Mais évidemment, papa Alice est un type attentionné pour sa fille qui la rassure, et lorsque celle-ci s’interroge sur sa santé mentale, il lui glisse deux trois mots gnans-gnans sur le fait que haha, oui elle est folle, mais beaucoup de gens bien le sont. Tim Burton, tu es vraiment formidable : ta phrase cucu, on ne sent pas du tout qu’elle va ressortir plus tard dans le film. Oh non, pas du tout. Quels beaux sabots tu as dis moi, aurais tu visité la Hollande récemment ?

Mais revenons au sujet : les années passent, papa Alice est mort et un jour Alice elle-même doit se rendre à une fête dans la campagne anglaise en compagnie de sa mère. Cette dernière s’indigne du fait que sa fille soit une petite délurée qui ne porte ni bas ni corset, ce qui est proprement scandaleux, j’en conviens (mesdemoiselles, vous qui me lisez, j’espère que vous approuverez mon propos. Et pourquoi pas des femmes en pantalon ?). Une fois à la fête en tout cas, Alice est présentée à un jeune homme, Hamish, le fils de la famille qui organise la fête, qui n’est autre que celle d’un ancien associé de feu papa Alice qui a racheté sa société après sa mort. Hamish est très coincé, très prout-prout, mais surtout, très roux ; bref notre jeune fille rêveuse et libertaire ne le trouve guère à son goût. Seulement voilà, durant la fête, Alice apprend qu’en réalité il va la demander en mariage, et que toute la fête a été arrangée pour cette occasion. Un coup monté ! Exactement comme moi devant ce fi…

Nt nt. Continue ou je t’oblige à le voir en 3D !

Fort bien Satan, j’obtempère. Comme si j’avais envie de payer 4€ de plus pour avoir mal à la tête. Et dire qu’il y a des malins pour y emmener leurs compagnes et qui se plaignent ensuite de leurs migraines. Mais que disais-je avant cette interruption ?

Le mariage.

Ah, oui, merci, le mariage. Hamish invite donc Alice à venir le rejoindre dans un coin du jardin, où il va pouvoir faire sa demande en mariage devant l’ensemble des invités présents. Sympathique ma foi. Seulement, après avoir posé la question essentielle (“Veux tu passer le restant de tes jours à contempler ma rouquemoutitude chaque matin lorsque tu te réveilleras ?“), Alice hésite, ne sait que répondre, hésitant entre accepter ce mariage forcé et assumer ses envies de liberté, d’anarchisme, de cocktails molotovs et de lutte anticapitaliste. Mais finalement, c’est en apercevant un lapin vêtu d’un gilet lui faisant signe à l’aide d’une montre à gousset (je comprends sa surprise, c’est tout de même fort original : chacun sait que les lapins utilisent des montres à quartz) qu’elle choisit de partir en courant, laissant Hamish penaud devant ses invités.

Un lapin qui n'a pas de rolex à 50 ans a raté sa vie.

A la poursuite du lapin, Alice finit par apercevoir ce dernier qui rentre dans un grand trou sous un vieil arbre : c’est donc tout naturellement qu’elle y rentre la tête la première. Les enfants, vous qui me lisez, ne le faites pas en vous promenant en forêt : mettre son nez dans un terrier de lapin revient à prendre un fort risque de se couvrir le nez d’excréments divers et de recevoir quelques coups de dents éventuels. Remarquez, ça arrive aussi aux adultes urbains lors de certaines soirées privées qui… heu… attendez, je m’égare.

Alice chute hélas dans le trou et choit sur plusieurs centaines de mètres croisant des objets divers & variés (horloges, chaises, lits, exemplaires dédicacés de Mein Kampf, chandeliers…) flottants, tombants ou encore prenant des trajectoires aléatoires. Notre héroïne finit cependant par toucher le sol sans dommage et se trouve au milieu d’une salle avec des portes toutes verrouillées. Cependant, sur la seule table de la salle, elle trouve une minuscule clé, qui ouvre une minuscule porte, bien trop petite pour elle. D’ailleurs, on constante qu’elle est observée à travers les serrures à son insu par des personnages qui se demandent si elle est bien “la” Alice, et en doutent fortement. En tout cas, notre jeune anglaise a bien de la chance : à côté de la clé, sur la table, il y a une bouteille marquée d’une étiquette “Drink me” : ni une ni deux, elle en avale goulument le contenu, tout comme si elle avait lu “vodka-fraise“.

Coup de chance pour elle, pas de GHB dans le mystérieux liquide : elle se met simplement à rétrécir. Sauf que comme une grosse maligne, elle n’a pas pensé à laisser la clé sur la porte ou avec elle ; à la place, elle l’a laissée hors d’atteinte pour sa nouvelle taille sur la table. Là encore, ça tombe bien, car un minuscule gâteau “Eat me” l’attend. Et une fois avalé (cette fois, elle a dû y lire “0%” pour y mettre tant d’empressement) , elle grandit, tant et si bien qu’elle est plus grande qu’à l’accoutumée. Malgré tout, elle finit par ouvrir la minuscule porte, par reprendre un peu de potion pour rétrécir et en route pour sortir de cette pièce.

Dehors, le monde est… disons “jardin à l’anglaise kitsch avec sa touche Tim Burton“. Alice s’y rend compte qu’elle est effectivement bien plus petite que les fleurs & champignons environnants. Mais elle rencontre bien vite toute une troupe de personnages facétieux : une souris et un dodo ainsi que d’autres animaux qui parlent tous, deux jumeaux obèses et le lapin à la montre à gousset. Tous discutent afin de savoir si Alice est “la bonne” ou non, et la bougresse ne sait qu’y répondre. Ils vont donc consulter le vieux sage du coin, Huggy la chenille toxicomane. Complétement défoncée et à la ramasse, cette dernière présente à Alice l’Oraculum (ou un truc du genre), un parchemin qui indique que dans quelques temps, le “jour Fabieux“, Alice, la Alice qu’ils cherchent pétera sa gueule au Jabberwocky, une sorte de dragon local. C’est bien indiqué sur le parchemin avec la petite illustration qui va bien montrant une Alice en armure & épée cassant sa gueule à la bête. Quant à savoir si notre héroïne est bien “l’élue” (original comme concept, je n’avais jamais vu ça dans un film, ce concept de héros qui serait l’élu, le sauveur d’un monde…), Huggy répond que c’est encore loin d’être le cas ; Alice en déduit qu’elle n’est donc pas la bonne (halala Alice, tu pourrais noter la tournure de phrase trop subtile, c’est du Tim Burton quand même…).

Non vraiment, ne filez jamais de LSD à une chenille

Ils sont cependant interrompus par l’arrivée des troupes de la Reine Rouge, menées par Stayne, le Valet de la Reine. Apparemment, c’est l’heure de la rafle (mais sans Gad Elmaleh, ce qui rend tout de suite la chose moins insupportable), et tout le monde se fait embarquer. Tout le monde ? Non ! Alice, bien que poursuivie par un gros monstre local que nous appellerons le “Grogreugreu“, puisque c’est gros et que ça fait greugreu, arrive à s’en sortir, non sans que la souris qui faisait partie du groupe qu’elle venait de rencontrer n’éborgne le monstre pour faire diversion (c’est ce que j’appelle une sacrée diversion). Alice fuit donc, mais finalement, c’est un chat souriant, volant et semi-invisible doué de pouvoirs de téléportation (un chat ninja, quoi, les collants en moins) qui lui apparait et se propose de la guider jusqu’à la prochaine étape de son périple : le chapelier et ses potes. Les méchants, eux, s’en retournent au palais où Stayne expose à la Reine Rouge sa dernière prise : l’Oraculum. La Reine peut donc y constater que tiens, apparemment, son Jabberwocky domestique  va se faire péter les gencives à coups d’épée par Alice dans les jours à venir. Alice serait donc de retour ? Elle fait immédiatement envoyer toute une troupe pour la trouver et l’emprisonner, troupe menée par Stayne accompagné d’un chien dont il a pris la famille en otage, et qu’il ne libérera que si ce dernier le mène à Alice. Le clébard s’exécute donc sur le champ.

De son côté, Alice arrive à la super teuf du Chapelier dans une petite clairière, où celui-ci accompagné d’un lapin psychopathe et d’une souris névrosée attendait patiemment notre héroïne depuis ce qu’il semble être des années. Le Chapelier est fou, raconte n’importe quoi et a une tenue qui ferait rêver bien des grands couturiers ; mais il a aussi du bon sens : lorsqu’il entend arriver Stayne et sa troupe, il fait boire de quoi rétrécir encore plus à notre bonne Alice avant de la planquer dans sa théière (qui, coup de bol, est vide, sinon elle aurait infusé directement). Lorsque les méchants arrivent, la folie de la petite troupe finit par les lasser, et le Chapelier fait juste comprendre au chien (qui s’appelle Bayard soit dit en passant)  qui renifle un peu trop la théière qu’il est membre du réseau “Liberté pour le Peuple & Mort à la Reine Rouge“, une association loi 1901 locale. Bayard décide donc de se barrer et d’emmener les méchants sur une fausse piste pour soulager le Chapelier et ne pas révéler la présence d’Alice. Gentil toutou.

Bon, que faire de tout ce temps gagné ? Mais pourquoi pas emmener Alice chez la Reine Blanche, la seule capable de s’opposer à la Reine Rouge ? En route ! Montée sur le Chapeau du plus flashy des héros, Alice se voit emmenée d’un bon pas vers les terres de la gentille Reine. Mais en chemin, ils croisent les ruines d’un village brûlé il y a longtemps, et là, c’est parti pour le flashback du Chapelier dans le plus pur style “Je me rappelle, au Vietnam…

Le Chapelier Fou en 68 à Da Nang

Car oui, dans son flashback, le chapelier est un peu moins crade et ne sent pas autant les excréments qu’aujourd’hui. Il est au milieu du riant village avec la Reine Blanche, dont il était le Chapelier officiel (sachant qu’elle porte une couronne, ça ressemble méchamment à un emploi fictif tout de même !). Hélas, alors que les gens étaient heureux, chantaient et dansaient, le Jabberwocky est venu et a cramé tout ce qui passait à sa portée. Il était suivi de peu par Stayne et les troupes de la Reine Rouge, qui célébrèrent cette victoire facile sur la Reine Blanche obtenue grâce à leur dragon domestique. Depuis ce jour, on sent que le Chapelier est un peu tendu quand on lui parle de la Reine Rouge et de son armée.

Bon, cela dit, pendant qu’ils regardaient leur flashback (“Ouah, t’as même le son surround sur les tiens ! Vas-y tu as tes souvenirs en Blue-Ray ?“), Stayne et ses copains (malgré le chien censé les emmener sur une fausse piste) reviennent à la charge, et le Chapelier a juste le temps de planquer Alice et son chapeau dans un coin avant d’être arrêté et emmené par les troupes ennemies. Il dit juste à Alice qu’il faut qu’elle se rende chez la Reine Blanche. La seule qui puisse aider tout ce petit monde, il le rappelle (mais qui n’a visiblement pas non plus fait grand chose jusqu’ici vu la situation actuelle).

Alice décide donc de… de… de pioncer. Ah. Bon. Pourquoi pas. A son réveil, Bayard, le chien collabo la retrouve et se propose de l’emmener jusqu’à la Reine Blanche (il ne sort que des excuses pourries pour justifier le fait qu’il ai emmené Stayne et ses hommes jusqu’à eux quelques heures plus tôt alors qu’il devait les emmener sur une fausse piste, mais ça n’a pas l’air de déranger Alice). Notre anglaise préférée refuse : elle veut plutôt aller aider le Chapelier et ses amis les animaux au palais de la Reine Rouge.

Excellent plan Alice. Dis moi, tu as bien le choix entre aller chercher à ton aide une Reine qui a toute une armée et qui connait bien l’ennemi ou bien foncer la tête la première dans un lieu qui t’est inconnu peuplé de personnes aux mœurs douteuses, le tout pour agir alors que tu ne mesures qu’environ cinq centimètres ? D’accord, et tu as donc choisi la seconde option. Pourquoi pas, ça doit être le fait d’avoir respiré trop d’émanations pétaradées d’Huggy la chenille qui te rend comme ça. Enfin j’espère, sinon c’est juste que tu es sotte.

Bayard, lui en tout cas, refuse l’idée (“Ton plan est complétement con ma petite Alice“), mais suite à un discret coup de pieds d’un scénariste, il finit par accepter. Et dépose la jeune fille à côté des douves qui sont remplies de toutes les têtes coupées par la Reine Rouge. Ca ne la décourage pas, elle s’infiltre au travers des pierres de la muraille et arrive dans le jardin de la Reine Rouge qui était en train de jouer au croquet Elle y retrouve ses amis les animaux capturés, qui la servent désormais contraints et forcés. Profitant du fait que le lapin blanc passe près d’elle, elle lui taxe du gâteau qui fait grandir (oui, c’est un lapin dealer, il a toujours ça sur lui) ainsi que de barrettes de shit pour  trouver l’énergie de continuer de monter des plans comme le précédent. Elle prend un poil trop de gâteau et grandit donc jusqu’à être un peu plus grande que la Reine et sa cour. Mais comme la Reine a une grosse tête et que sa cour porte faux-nez, faux-ventres, faux-seins et autres pastiches disproportionnés pour eux aussi avoir une particularité qui plaise à la Reine, cette jeune fille démesurée qui apparait dans la cour du jardin plait à sa Seigneurie. Qui d’ailleurs ne reconnait pas Alice (la dernière fois qu’elle l’a vu, c’était une enfant), ce qui convient bien à cette dernière.

La Reine Rouge se demande si elle a une tête à chapeaux

S’ensuivent quelques échanges de gentillesses à la cour où Alice est invitée, et où elle retrouve le Chapelier qui devient rapidement l’homme aux fonctions éponymes de la Reine Rouge (qui elle aussi porte des couronnes et c’est bien tout : non mais quel arnaqueur). Notre jeune héroïne  apprend en sus que le château renferme la seule arme capable de tuer le Jabberwocky : l’épée Vorpaline. Celle-ci est planquée dans la niche du Grogreugreu, mais elle passe un deal avec lui : elle lui rend son œil (celui qu’il a perdu en la poursuivant au début du film et qu’elle a récupéré auprès de la souris qui s’en était saisie) et en échange, elle lui prend l’épée. Soit ! Et comme le Grogreugreu est sympa, il ajoute au marché la close “et on devient les meilleurs amis du monde !” ; parfait, c’est conclu. On peut dire qu’il n’est pas rancunier. Ami lecteur, je suis sûr que toi aussi, si je te rosse, que je t’éborgne et que je te propose de te rendre ton œil en échange de ton portefeuille, toi aussi tu trouveras que je suis super sympa et voudras devenir mon meilleur ami.

Hélas, dans le même temps, Stayne qui avait tenté de draguer Alice dans un coin de couloir (il lui expliquait que sa grande taille l’excitait fortement, il y en a plus à aimer) est dénoncé à la Reine Rouge par une courtisane qui avait observé la scène. Il s’en défend en expliquant à la Reine Rouge que mais non, il n’a pas dragué Alice, c’est elle qui a tenté de le violer alors que lui il veut rester pur et chaste pour sa Reine, qui est la plus belle du monde entier. Cette dernière en prend bonne note et décide donc de faire exécuter Alice, par jalousie dont elle apprend la véritable identité quelques minutes plus tard (jusqu’ici, je vous le rappelle, elle pensait juste que c’était une inconnue de passage). Grâce à une diversion du Chapelier, elle arrive cependant à s’enfuir à dos de Grogreugreu, mais son ami fan de chapeaux est condamné à mort par la Reine Rouge une fois l’évasion terminée puisqu’il n’a pas pu s’échapper, lui. C’est trop triste.

Bon, c’est pas tout ça, mais où va aller Alice maintenant ? Mais au château de la Reine Blanche, l’endroit par lequel elle aurait dû commencer ! Là-bas, elle découvre la Reine, une pâlotte aux attitudes de Vincent Mac Doom (mais en plus viril quand même) qui vit à la tête d’un royaume dédié aux échecs (alors qu’il s’agit de cartes à jouer pour la Reine Rouge, comme chacun sait). La Reine explique que voilà voilà, l’épée Vorpaline vient compléter une armure qui doit servir au champion de son armée pour aller maraver du Jabberwocky, et qu’Alice serait très bien dans ce rôle. C’est trop cool, mais Alice ne veut pas tuer qui ou quoi que ce soit ! La Reine trouve ça trop dommage. Alice lui demande pourquoi elle ne le fait pas, elle ? Parce que ses principes lui interdisent, lui répond t-on. Et là, Alice devrait répondre “Les miens aussi, c’est con hein ?” mais non. Grosse déception. Elle croise aussi Huggy la chenille au château, qui est toujours autant accro à la fumette et qui lui avoue la vérité : oui, elle est bien “la” Alice.

Alice, constatant que l'intrigue aussi est au fond du trou

Quelle révélation, je ne m’y attendais pas.

Bon, pendant qu’on enfonce des portes ouvertes, que se passe t-il chez la Reine Rouge ? Et bien c’est le jour de l’exécution du Chapelier ! Va t il mourir ? Attendez, je réfléchis… je regarde ma montre… Hmmm vu qu’il reste encore 30-35 minutes de film, j’aurais tendance à penser que non. Mais va savoir.

Et bien croyez moi ou non, effectivement, il ne meurt pas ! Grâce à son pote le chat ninja qui non content de voler, de disparaître à volonté, de se téléporter & co, peut aussi prendre l’apparence de qui il veut. Sa polymorphie lui permet donc de prendre la place du supplicié et de disparaître lorsque la hache tombe. Dès lors, le vrai Chapelier peut surgir derrière la Reine (pour la planter d’un bon coup de couteau ? Non parce que tu la hais, tu es fou, tu as eu 60 occasions depuis le début du film, mais visiblement tu n’es pas débrouillard) pour… faire un discours cucu sur le fait que tous les gens à sa cour portent des pastiches et lui mentent depuis le début sur leurs difformités supposées. Elle crie donc qu’il faut tous les tuer. Or, cette fois le Chapelier s’adresse à la foule, aux gardes et refait un second discours cucu (n’en jetez plus !) pour les motiver à ne plus obéir à la Reine Rouge. Hélas, le plan tourne court lorsque la Reine fait lâcher l’un de ses monstres domestiqués pour calmer tout le monde. Il n’empêche que dans la panique, le Chapelier et ses amis les animaux arrivent à s’enfuir… jusqu’au château de la Reine Blanche (oui, ils courent super vite et personne ne les poursuit).

La Reine Rouge se dit donc que bon, avec tout ça, il va peut-être falloir lancer une grande bataille. Nan parce que c’est Tim Burton mais bon, quand on a une grosse licence et des effets 3D, personne ne résiste à l’idée de caser une bataille épique! Le jour Fabieux arrive donc finalement, et une fois revenue à une taille normale grâce à l’aide de la Reine Blanche, Alice a accepté d’être la championne locale pour aller claquer un dragon (quoique, à l’inverse, en te gavant de gâteau, une géante c’est toujours pratique dans une bataille, enfin pour ce que j’en dis). C’est donc vêtue de l’armure locale et montée sur son Grogreugreu personnel qu’Alice arrive sur le champ de bataille.

Les deux armées se retrouvent sur un plateau d’échecs géants mais… mais juste comme ça, pour rigoler. L’échiquier ne sert à rien, mais soit. Les deux Reines en arrivant choisissent donc leurs champions respectifs : le Jabberwocky pour les rouges, et Alice pour les blancs. Le duel peut donc commencer sous le regard des deux camp. Mais ! Le Chapelier intervenant en un bref instant dans le duel pour sauver Alice, la Reine Rouge ordonne qu’on le décapite, et donc, la bataille s’engage entre les troupes rouges et blanches (ne manque que Léon Trotsky pour faire bonne mesure).

Mais intéressons nous surtout au duel, voulez-vous ? En effet, juste à côté du champ de bataille, il y a un vieux temple romain en ruines (probablement bâti par des romains du Pays des Merveilles) ; et au sein de celui-ci, il y a des restes d’une tour avec un escalier à colimaçon. Ça tombe bien, les observateurs avertis auront noté que dans l’Oriculum, l’image de la prophétie indique bien qu’Alice en armure pétera sa gueule au Jabberwocky depuis le haut d’une tour.

Contrairement à Jeanne d'Arc, Alice ne finira hélas pas brûlée vive

Bon, moi, je serais un Jabberwocky, on me dirait “Tiens, tu sais, la seule personne au monde disposant d’une arme pour te tuer t’attends pile en haut de la tour où il a été prédit par un parchemin magique qui ne s’est jamais trompé que si tu y allais tu créverais comme une daube. Tu veux pas y aller ?

Bin je ne sais pas, j’aurais tendance à répondre “Non merci, sans façon ; tiens, je vais plutôt aller cramer la Reine Blanche, son armée et tous ses potes, comme ça mon camp aura définitivement gagné. Et comme ça, cette grosse andouille d’Alice aura poireauté dans sa tour en voyant tous ses amis se faire dessouder. D’ailleurs, pour la tuer sans prendre de risques, j’enverrais des troupes lambda, le genre dont aucune prophétie ne dit qu’elles échoueront si elles vont la chercher en haut de sa tour, elles.

Mais visiblement non : le Jabberwocky – pourtant au courant de la prophétie vu que la Reine à eu l’Oriculum un temps – se rend pile à l’endroit où il est dit qu’il mourrait de la main d’Alice et devinez quoi ? Et bien il meurt décapité de la main d’Alice (puisqu’elle avait dû prendre l’option “combat en armure de plates avec épée médiévale” en option à Oxford durant ses études, ce qui expliquerait ses prouesses physique et sa maîtrise des armes). Incroyable.

Les deux armées arrêtent donc le combat, et celles de la Reine Rouge refusent d’obéir à leur maîtresse dont le champion vient de tomber. La Reine Blanche condamne donc la Reine Rouge et Stayne, son valet, à passer le restant de leur jour dans un coin de néant où “personne ne vient jamais les voir ou leur parler” ; ce doit être l’île de Ré (coucou Lionel) ou la Creuse, j’hésite. Stayne, qui avait fait semblant d’aimer sa maîtresse pour être bien vu crie donc au désespoir, et tente même d’assassiner la Reine plutôt que de passer sa vie avec, mais échoue. Ils sont donc tous deux emmenés vers leur nouvelle destination.

Le Chapelier en profite donc pour lancer la minute disco du film, en claquant de la musique et en entamant une superbe danse pleine d’effets spéciaux, la übergigue ou un truc du genre (je vous avoue que ça m’a laissé perplexe). Et la Reine Blanche, elle, va recueillir un peu du sang du Jabberwocky et le propose à Alice : si elle le boit, elle retournera chez elle. Le Chapelier lui propose plutôt de rester (on sent qu’il aimerait bien un peu plus que ça genre organiser des plans impliquant Alice, des animaux qui parlent et des histoires de plomberie mais bon, de toute manière elle refuse), mais elle repart vers la verte Angleterre.

On retrouve donc Alice qui ressort du trou où elle était tombée avant que ne commence cette barbante aventure, et retourne à l’endroit où elle avait abandonné le roux Hamish : voilà, non, elle ne l’épousera pas, qu’elle lui dit, nom d’une pipe. Elle va prendre sa vie en mains, et elle va reprendre les affaires de son père. Aidée de l’ancien associé de son géniteur (celui qui aurait donc pu devenir son beau-père), elle propose donc d’aller créer de nouveaux comptoirs de commerce en Chine, et s’embarque à bords du Wonder, le navire qui la portera jusqu’au pays du riz collant où elle pourra exploiter ces fourbes jaunes dans des usines 16 heures par jour. Alors que le navire appareille, un papillon bleu se pose sur son épaule : c’est Huggy la chenille toxico qui s’est transformée en Huggy le papillon sous acides.

FIN

Je… laissez moi sortir… je…