Bon, j’avais prévu un autre article à la base.

J’étais heureux, j’étais joie, j’étais bonheur, je me roulais gaiement dans l’herbe humide dès potron-minet, parfaitement inconscient de ce qui allait arriver. J’étais innocent ou presque, je riais en sentant la fraîcheur de la rosée caresser ma peau alors que moi et ma pelle encore pleine de terre retournée riions de nos aventures de la veille. Et puis, il a fallu que je regarde La Planète des Singes : Origines.  Miséricorde, que n’avais-je pas fait ?

Alors vraiment, il serait criminel de ne pas spoiler cet étron dans lequel, je le rappelle, aucun singe n’a joué : en effet, n’importe quel primate aurait refusé le rôle ou serait mort de honte en lisant le script. Sur ces bonnes paroles : spoilons, mes bons !

L'affiche : il y a des explosions dans le fond, vous connaissez la règle !

Tout commence quelque part dans une forêt magique pleine de joyeux chimpanzés en goguette : leurs journées sont bien occupées par leurs occupations habituelles : s’épouiller, se toucher les testicules et jouer avec leur caca (le singe n’est pas sans rappeler certaines personnes âgées). Soudain, alors qu’ils sont concentrés sur ces belles activités, une bande de noirs primates (Claude Guéant, laissez mon compte WordPress tranquille) chasseurs africains sort des fourrés et commence à cavalcader derrière les fiers animaux ; rapidement, les singes sont rabattus vers des pièges et l’un après l’autre, tombent dans les mains de leurs poursuivants. Allez savoir pourquoi : finalement, les valeureux chasseurs ne repartent qu’avec un singe et laissent tous les autres se barrer ; c’est vrai, je les comprends, j’ai moi-même des potes marins pêcheurs qui lorsqu’ils lancent leurs filets font bien attention à ne ramener qu’un thon au port, histoire de s’assurer qu’ils ne gagnent pas trop d’argent. Les singes, visiblement bien cons, plutôt que de se barrer dans la forêt loin du raffut des camionnettes qui s’éloignent, se mettent à poursuivre les véhicules, probablement pour faire un dernier adieu à leur ami sur le départ façon Léonardo Di Caprio dans Titanic. Ne cherchez pas : ce n’est que le début.

Retrouvons le primate en question quelque temps plus tard dans les locaux de Gen-Sys à San Francisco, une société de recherches génétiques qui comprend un programme sur la maladie d’Alzheimer. En effet, le bougre de bestiau velu, qui s’avère être une femelle (appelons-la Loana), a reçu une dose d’un virus fait maison qui doit permettre de réparer les cellules défectueuses du cerveau. Il n’y a que deux effets secondaires : cela semble rendre les animaux particulièrement intelligents, et leur donne aussi les yeux verts, ce qui leur permet de se faire passer pour des singes irlandais ou de pouvoir infiltrer des soirées mousses lors de la Saint Patrick. Loana, donc, prouve par son intelligence que la recherche semble avoir abouti ; en effet, elle réussi avec brio le seul test d’intelligence du coin, c’est-à-dire, un exercice d’empilage de rondelles, plus connu sous le nom de « Test de Lucas« .

Le chef du projet, le jeune et fringuant professeur Will Rodman, est donc tout fou et s’empresse d’aller gambader dans le bureau de son chef de service, Steve Jacobs. Il annonce à ce dernier que son virus contre Alzheimer est prêt pour passer à la phase de tests sur des humains ; le truc est si performant qu’il a rendu Loana intelligente, c’est dire. Steve fait sa chochotte à base de « Hmmmm, je sais paaaaas, j’hésiiiiite« , et finalement après s’être fait longuement supplier, accepte de présenter la chose au conseil d’administration pour qu’il autorise à commencer le recrutement de cobayes humains. Mais au même moment, un drame se joue en coulisse : Loana est devenue super agressive ; c’est con, car le conseil d’administration demande à voir le singe surdoué. Et du coup, lorsque sa cellule est ouverte, la bougresse commence à agresser tous les scientifiques du coin qui n’ont pris aucune précaution (alors que ça fait 5 ans qu’ils bossent avec des singes) ; détail important : le singe semble inarrêtable et TOUTES les vitres de sécurité qui passent à portée sont traversées par la bête qui les éclate sans soucis, sans se faire mal, et sans ralentir. Durant tout le film, il y a un paquet de vitres qui vont subir le même sort consternant. Nous verrons que selon qui agresse qui, le verre est plus ou moins résistant, mais passons. Bref : l’animal, très en forme, saccage tout le laboratoire, traverse tout le service de recherches, emprunte les bons couloirs, défonce la gueule des passants (personne n’intervient), insulte des mères, fait des doigts, arrive dans le hall principal (oui, je sais, il est fort), puis défonce la vitre de la salle de conférence où était le conseil d’administration (comme par hasard ! Plutôt que de filer vers l’extérieur), gâchant un peu la démonstration powerpoint de notre héros, particulièrement lorsqu’ENFIN un garde de la sécurité vide son arme dans la femelle, ce qui achève brutalement le programme de recherche. J’ai envie de dire : quel con ce singe.

Bref : Steve Jacobs est un peu colère et explique que c’en est fini de ces recherches (c’est vrai : vous étiez à 1mm de révolutionner la science, autant tout arrêter et ne surtout pas rentabiliser les millions investis en essayant juste de comprendre le problème d’agressivité : il y a quelqu’un d’autre ici qui a besoin d’un boost cérébral). Will retourne dépité dans le laboratoire ravagé et tombe sur Franklin, son assistant, qui tient dans ses bras un bébé singe : si Loana a été agressive, c’est en réalité qu’elle venait d’accoucher, et que son instinct protecteur s’était mis à parler puisqu’on venait de lui retirer son enfant. Et là c’est très fort : Will est surpris de la nouvelle : il ne savait pas que la femelle était enceinte !

Qu’ouïs-je ? Tu n’avais jamais remarqué qu’elle était enceinte ? Alors que tu bossais dessus ? Pareil, l’accouchement, tout ça, personne n’a trouvé judicieux d’en parler ? Vous étudiez le comportement mais les niveaux hormonaux ne vous intéressent pas ? Ho, et puis ! Ca veut dire que le virus n’a rendu personne agressif, en fait, ça te dirait pas d’en parler à ton chef genre « Hep, au fait : c’est bon, tout est prêt, on peut devenir riches« , nan ? Même pas l’évoquer comme ça, entre deux portes ? Je dis ça pour vous aider, hein, mais non : ils ne le feront pas. Mais qui a pu écrire un truc aussi absurde ? Un singe ? Un lombric ? Un caillou (il faut savoir que le caillou adore écrire des scenarii en cachette) ? Et nous n’avons pas encore dépassé les 10mn de film, c’est beau tout de même !

Le programme étant arrêté, il ne devrait plus y avoir de cobayes ; mais Will décide de prendre le bébé sous son aile et de le ramener chez lui, dans la sympathique maison où il vit avec son père, malade d’Alzheimer. Il est comme ça Willou, il est trop sympa, il se dit qu’ainsi, il pourra changer deux fois plus de couches. Papa Will est bien touché et oublie régulièrement des choses ou n’arrive plus à effectuer certaines activités, comme par exemple jouer du piano ou mettre un slip. Notre bon scientifique présente donc le nouveau résident qu’il nomme : César.

L'oreillette, ça donne tout de suite l'air plus sérieux et Dieu sait que ce film en a besoin

En vrai papa, Will se relève lorsqu’il entend le singe pleurer la nuit, et plutôt que lui péter la gueule comme un vulgaire Joey Starr, il l’emmène dans la salle de bain et balance l’eau chaude non pas pour le noyer (je vous entends dire « Hoooooo… » au fond ! Il n’a pas appelé le singe Grégory !) mais pour reconstituer l’ambiance d’une chaude forêt équatoriale. Heu, mec : il n’a JAMAIS connu la forêt équatoriale, en fait. Donc c’est un peu con ton truc, mais passons. Notre héros prend donc bien soin du bestiau. Le lendemain matin, alors que l’animal n’a même pas deux jours, il voit un biberon et a déjà le réflexe de le chopper pour le téter : il est très fort ; ce qui fait penser à Will qu’il est temps de regarder ses yeux : ils sont verts, signe que l’animal a bénéficié du traitement dans le ventre de sa mère. Je tiens à appuyer ce point : ils ne savaient pas que la mère était enceinte. Je rappelle que ce sont des scientifiques experts du domaine, bravo les mecs.

Trois ans plus tard, on a le droit à des séquences inutiles montrant que l’animal est non seulement intelligent mais super agile (il se promène dans la maison comme dans la jungle et fait des acrobaties dignes d’un yamakazi), et accessoirement a appris le langage des signes pour communiquer avec son maître. Tout le monde est heureux et s’émerveille des progrès du bambin, qui réussit à merveille le test de Lucas. Au passage, c’est aussi une bête aux échecs (attendez, que… quoi, quel est le rapport ? Il passe en 2s d’un exercice bateau à un jeu avec règles et pièces complexes sans compter les stratégies & co. La notion de subtilité ne fait définitivement pas partie de ce film). Voilààà. La prochaine fois, n’hésite pas à continuer sur la même voie : « Il connait les formes et les couleurs. Ah, et oui, j’allais oublier : il a un doctorat de physique quantique« .

Seulement, dans le même temps, l’état de Papa Will s’est sérieusement dégradé (de plus en plus de slips disparaissent) : son fils chéri n’hésite donc pas à aller voler au laboratoire des échantillons du virus qui traînaient sans surveillance pour aller les ranger dans le frigo à côté des bières. Il en injecte un peu à papounet, qui dès le lendemain, plutôt que de faire de bulles de morve, se remet à jouer fort bien du piano et est à nouveau pleinement conscient de son environnement. Mais le même jour, César le singe farceur a décidé de jouer au con : depuis la fenêtre de sa chambre, il a vu des enfants faire du vélo dans la rue, et a donc filé chez le voisin pour essayer d’en tirer un. Enfoiré, va ! Tu comprends les échecs mais pas la propriété privée, petit chacal ? Curieusement, lorsque le voisin en colère lui tombe dessus, le singe qui il y a 10mn faisait des acrobaties de fou n’arrive pas à sauter une barrière d’un mètre de haut avec en plus des prises dessus. Ne cherchez pas à comprendre.

César étant un peu blessé suite à cette altercation, Will, après avoir calmé le voisin et expliqué que son animal voulait juste jouer, l’emmène au zoo. Incroyable coïncidence la vétérinaire n’est pas un gros boudin suant le gras, mais un canon prénommé Caroline. Et figurez-vous que notre gentil singe n’a pas seulement repéré qu’elle était mignonne (il fait le signe « grosses loches » en langage des signes), mais en plus, explique dans sa langue que Will doit inviter Caroline au restaurant . Je ne déconne pas : le singe connait les principes sociaux de la drague humaine et maîtrise parfaitement le concept de restaurant alors qu’il vit planqué dans un grenier aménagé, ce film est incroyable. On ne le voit pas bien à l’écran mais César dit à Will de ne pas oublier le GHB et les capotes et de bien réviser sa position de la toupie moldave. A ce moment là déjà, je bavais une sorte de mousse mêlant bile, salive et sang.

Will et Caroline commencent donc à se fréquenter grâce à leur singe-meetic, et il est décidé qu’il est temps d’emmener papa et le singe en forêt (probablement pour les perdre mais je m’avance un peu) ; ils vont donc de l’autre côté du Golden Gate Bridge, où mystérieusement, il y a une immeeeeeeeeeeeeeense forêt (Google Earth lui a l’air moins convaincu) avec des arbres gigantesques, sortes de substituts péniens sylvestres. Dès qu’il arrive, César devient tout fou et s’en va gambader dans les bois, ce qui fait paniquer ses maîtres (qu’ils sont cons : ne l’ont ils pas emmené pour ça ? Mais enfin, merde ! Allez, je demande juste UNE scène qui se tient ! C’est pas grand chose !).  Mais tout se passe bien quand même.

Les années passent, et l’animal revient régulièrement dans ce parc, où nous le voyons grandir : 5 ans plus tard, ses maîtres lui ont même appris à porter un sweat et un jean, parce que bon, hein, c’est un singe ado, et il doit donc être habillé en racaille en conséquence (comme tous les ados, il fait des caprices, plus d’une fois il a pourri ses couches jusqu’à ce que Will lui achète des Nike). Mais un évènement terrible survient un jour à l’ombre des hauts arbres du parc : la famille Rodman croise un couple promenant un chien en laisse. Et comme César a lui-même une laisse lorsqu’il se promène avec ses maîtres, il le prend mal et constate qu’on le traite comme un animal malgré ce que peuvent dire Will et Caroline. Hooo, et au fait : comme il est intelligent, l’animal est devenu bipède ! Complètement ! C’est incroyable (qui a dit impossible ?) : le virus a aussi modifié son ossature et ses muscles ? Non, mais bon : le spectateur moyen étant un peu con, qui dit singe malin dit singe debout. Voilà, comme ça, personne n’est perdu. C’est très nul, oui, mais avouez : ça vous aide à suivre tellement c’est complexe, non ?

Le singe, après cet évènement, se met à poser des questions philosophiques (oui, oui), du genre « Qui suis-je ? » « Ou vais-je ? » « Est-ce que j’ai fermé le gaz ? » « Et ma main dans ta gueule ? » ; pour répondre à ces questions, Will l’emmène en voiture devant le bâtiment de Gen-Sys et lui explique que sa mère lui a donné la vie là, qu’elle est morte, et que sa vraie place est dans la maison Rodman. Il aborde pas mal de sujets complexes du genre les tests médicaux, la génétique, les expérimentations mais encore une fois, César comprend tout. Paradoxalement, la seule personne qui a l’air d’en chier pour suivre, c’est Caroline. Ami sexiste, si tu me lis, tire-s-en les conclusions qui s’imposent.

De retour chez lui, et comprenant que Caroline est un peu neuneu, Will décide de lui expliquer plus longuement les raisons pour lesquelles il élève César, ses recherches, etc. Il précise dans son exposé « Lorsque j’ai adopté ce singe, j’ignorais que le traitement que j’avais donné à sa mère lui avait été transmis« . Ho, oui grand scientifique ! Des transmissions de virus de la mère à l’enfant, comme c’est surprenant ! Je crois que c’est au programme de 5e en biologie. Pourquoi ce dialogue, pourquoi cette scène qui ne sert à rien à part à mettre bien en avant cette belle incohérence ?

En tout cas, Will remarque aussi que son père semble à nouveau montrer des symptômes d’Alzheimer (il trouve que Nicolas Cage joue bien, est persuadé que Nicolas Sarkozy est un excellent président et regarde le 13h de Jean-Pierre Pernaut – un signe qui ne trompe pas). Il faut donc un nouveau virus plus puissant. Lors d’une crise, il sort même de chez lui à moitié à poil pour aller se poser dans la voiture de son voisin dont la porte était restée ouverte avec les clés sur le contact, allez savoir pourquoi. Papy merdouille un peu en voulant faire un créneau et commence à ravager le véhicule : le voisin en colère vient le sortir de l’habitable et lui fait des gros yeux en lui mettant des coups de doigt sut le buste ; César voyant cela, décide de venir lui maraver sa mouille. Ça tatane sec sous les yeux des habitants du quartier, qui appellent la fourrière de nos amis les animaux pour l’embarquer.

La fourrière, ce lieu qui accueille tous les animaux un peu connards comme par exemple, les chats

Comme il se doit, la fourrière est tenue par trois personnes : un gros avec un bouc (vil), un couard et un Drago Malefoy (mais si.) ; quel endroit maléfique ! Sitôt César arrivé, il est mis dans une sorte de salle sous verrière avec un arbre à singes, de jolis décors, des jeux, etc. Et l’équipe locale assure que la bête sera bien traitée et se plaira dans ce nouvel environnement en attendant que Will obtienne le droit de le récupérer. Comme tout cela semble sympathique ! Tout cet espace pour notre gentil singe, hooo ! Quel décor idyllique ! Je tiens à préciser qu’on ne voit dans la salle où César se trouve qu’une cage vide façon zoo. Rien de bien suspect, donc. Pendant ce temps, Will fait bien attention à ne pas dire au revoir à son singe super intelligent et se barre discrètement pendant qu’il a le dos tourné pour aller remplir les papiers de la fourrière. Pourquoi fait-il un truc aussi débile alors que son singe comprenait tout jusqu’ici ? Il n’y aucune raison, à part que ça arrange bien le scénariste que César se sente trahi et abandonné. C’est vraiment bien fait. On sent que ce sont des professionnels du cinéma et pas trois étudiants avec un stylo bic et du papier à cigarette.

Une fois la famille Rodman repartie, la terrible réalité de la fourrière se révèle : une petite porte s’ouvre dans la verrière où César se trouve et d’où une voix l’appelle : celle de Drago. Lorsque le singe y rentre pour voir ce qu’on lui veut, le piège se referme sur lui : en réalité, derrière la salle deux dizaines de cages contenant chacune un primate attendent, et notre bon animal se retrouve enfermé dans l’une d’entre elles au milieu d’autres animaux beaucoup plus sauvages. Non, depuis la verrière, on entendait pas les bestiaux crier. Ils étaient probablement en train de pouffer genre « Huhuhu, il sait pas qu’en fait le dôme c’est juste pour faire sympa, hihihihi« .

Will, lui, retourne chez Gen-Sys (oui, comme ça, soudain, hop, pif pouf ça le prend) pour expliquer à Steve Jacobs qu’il a avancé ses recherches chez lui et que le produit fonctionne (oui, jusqu’ici, depuis 8 ans, rien n’a changé, merci, tout ça, on le savait déjà, mais visiblement Steve et Will avaient oublié que c’était déjà dans leurs conclusions). Steve refuse pourtant de remettre du pognon dans ces rercherches, jusqu’à ce que notre héros lui annonce que « le produit rend plus intelligent« , ce que là encore, on savait déjà ! Curieusement, donc, et malgré ce déballage de rien, le père Jacobs s’exclame « Quoi ? Mais c’est super ! Vite, je te file tout le pognon que tu veux ainsi que ton ancienne équipe pour que tu relances le programme« .

Je vous la résume :

« Salut Steve, je n’ai rien de neuf ! 
- Moi non plus, et je ne te donnerai pas de pognon.
- Tiens, je te file une information qui n’est pas neuve non plus et que tu avais déjà !
- Comment ? Mais c’est super : tiens, voilà des millions de brouzoufs ! »

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Merci les mecs. En attendant, il faut de nouveaux cobayes ; un cheptel de quelques singes est donc amené au labo, et il faut sélectionner lequel sera choisi pour voir son intelligence boostée : ils prennent donc Koba, un singe avec la gueule à moitié lacérée, borgne, violent et qui en plus est celui qui collabore le moins. Je… mais pourquoi ? Pourquoi ? Y a t-il une seule raison valable à part que si ce n’était pas le cas, ça aurait fait une scène qui se tenait debout ? Non ! C’est le concours du plus mauvais film, allons jusqu’au bout ! Koba le singe street-fighter est donc emmené en salle de soins pour qu’on lui injecte une version plus puissante du virus, désormais sous forme de… gaz ? Plait-il ? En tout cas, durant la manoeuvre, Koba met un coup de tatane dans un tuyau plastique pas sécurisé (je rappelle que c’est un laboratoire high-tech) ce qui contamine Franklin, l’assistant de Will, qui se retrouve à respirer un peu de gaz contenant le virus qui s’est échappé. Va t-il en devenir plus intelligent et quitter le film? Mystère !

Retournons voir ce qu’il advient de César, qui dans sa cellule, se retrouve à bouffer des trucs dégoûtants ; comme Drago est méchant avec lui et se moque de sa personne, il lui balance la mélasse nutritive qui lui sert de repas dans la face ; ce brigand de Malefoy court donc chercher une lance à eau pour lui arroser la gueule façon asile/prison, puis fait remarquer que c’est bien que le singe porte des vêtements, car ça risque de créer des conflits avec ses petits camarades, ce qui sera bien fait pour sa mouille. Quel méchant diabolique, houuu ! S’ensuit une scène formidable qui prouve que les mecs ont voulu aller jusqu’au bout du mauvais : tous les singes ont le droit de sortir de leur cellule pour se rendre dans le dôme-verrière pour la récréation façon Prison Break. Là, sitôt le petit nouveau qu’est César entré, un silence consternant se fait : tous les singes le regardent façon mauvaise série pénitentiaire : les gros qui font de la muscu, les petits à l’air menaçant, les vieux sages au milieu des groupes qui observent, les chefs qui se font épouiller l’air pédant etc. Ne manque que les tatouages nazis.

Ah, au fait : vous vous souvenez de la cage vide au milieu du dôme dont je vous parlais au début ? En fait, c’est la cage du gorille. Mais alors où était-il lorsque César est arrivé ? A Ibiza ? Parti faire les courses ? Non, on ne sait juste pas. C’est beau.

L’un d’entre eux en tout cas, un chef de bande, vient justement tourner autour de César sous les yeux de ses petits camarades, et lui arrache ses fringues avant de s’énerver : une baston commence donc entre les deux, et les gardiens interviennent en conséquence en calmant les deux loulous à coups de seringues de sédatifs. Je fais pareil chez moi quand mes maîtresses se chamaillent dans la cave. Ces chipies alors.

Dans le laboratoire Gen-Sys, Koba, lui, fait des progrès extrêmement rapides puisqu’en quelques heures, il a appris à lire et à écrire tout seul, alors qu’aucun livre ne lui a été soumis : il arrive donc à écrire le nom du Dr Jacobs sur un écran tactile sous les yeux de ce dernier, ce qui l’épate (moi aussi, apprendre l’alphabet sans le voir, c’est balaise). Alors que 10mn avant il dessinait… des fleurs et des bananes. Hmmm oui ? Et quand je parle de fleurs, je parle de pâquerettes, le genre de fleurs que le singe n’a jamais vues (de son oeil unique) ! C’est formidable. Franklin, lui, alors qu’il est en train de bosser avec Will, constate qu’il commence à éternuer du sang, comme tout cela est bien normal ; il s’empresse donc de ne surtout pas en parler aux dizaines de médecins autour de lui et de faire comme si de rien n’était. C’est vrai ; respirer un virus expérimental et balancer du sang par tous ses orifices, pas de quoi s’inquiéter. Heureusement que tu es un scientifique, Franklin.  Hélas pour toi tu es gros : je pense que tu vas mourir. Will, lui, profite du fait que Franklin se soit absenté pour piquer des cartouches de gaz du virus pour essayer de soigner son père avec.

César et Papy font vite ami-ami : c'est la Confréfrie des Couches

Retournons à la case prison : César à son réveil est dans sa cellule, et note qu’il a en face de lui un orang-outan. Allez savoir pourquoi : ce dernier sait déjà que notre singe parle le langage des signes, et comme lui aussi, ex-vedette de cirque, le cause, ils tapent gentiment la discut’ sur le fait que les humains sont méchants et qu’ils n’aiment guère les singes trop malins. Peu de temps après, il a le droit à une visite de Will, qui ne peut le libérer : bien que comprenant tout, il ne saisit pas que ce dernier ne peut pas le sortir aussi facilement de tôle (mais à côté de ça, il comprend des trucs sur les expérimentations génétiques de Gen-Sys : la scène de la visite, encore une fois, ne sert à rien si ce n’est à mettre en avant ce genre d’incohérences, c’est définitivement du grand art. Mais nous verrons que le film va aller encore plus loin dans le concept du « Le public est un con« ). César n’en est donc que plus énervé contre ces enfoirés d’humains qui le traitent mal.

Drago, lui, continue de montrer que les méchants sont forcément bêtes : il emmène un soir des potes à lui boire des bières au milieu des cages. Je… ho. Mouais. Voilà ; en tout cas, un de ses potes va narguer César, et ce dernier en profite pour l’empoigner et lui tirer son couteau-suisse. Quand je vous dis que c’est de la caricature de film de prison, je n’exagère pas. Tel un Mc Gyver, en combinant le bâton, un couteau et deux morceaux de tissu, il parvient à ouvrir le loquet à l’extérieur de sa cellule. Échappant à la surveillance des gardes, il se rend à la cage du gorille, pour lui ouvrir et en faire son pote. Ils se font même des petits signes de tête à base de « maintenant, on est grave des copains ». Le gorille a beau courir dans tout le dôme en gueulant comme un porc, personne ne l’entend. Alors que bon, de nuit, c’est pas trop les bruits environnants qui doivent couvrir ses hurlements, mais passons.

Maintenant qu’il a ce gros bras, notre héros va sortir le caïd qui l’avait agressé de sa cage, pour lui aussi, l’emmener vers le dôme. Là, avec son pote gorille, il l’oblige à se soumettre à lui et à respecter son autorité de chef-singe. Tous les singes peuvent ainsi voir que le pouvoir a changé de main dans la prison fourrière.

Là, lecteurs attentifs, vous me direz : « Dites donc, c’est pas pour dire, mais comment les autres singes peuvent voir la scène ? Ils sont dans leurs cages, à l’extérieur du dôme, quelque part dans un couloir sombre, comme on l’a vu tout à l’heure dans le film, puisque jusqu’ici, aucune cage n’était visible dans la verrière, à part celle du gorille ! C’est même pour ça qu’au départ, Will et César ne s’étaient pas méfiés en arrivant à la fourrière.« 

Et bien si ; toutes les cages, pour arranger l’histoire, se retrouvent avec vue sur le dôme afin de bien voir la scène, ce qui signifie que l’équipe du film n’a pas hésité à dire « Tiens, et si on modifiait le décor pour arranger nos affaires ? De toute manière, les spectateurs sont de gros cons, pourquoi s’emmerder à faire un film cohérent ? Les décors à géométrie variable, c’est tellement mieux !« . Là, donc, on ne parle pas d’oubli ou d’erreur, mais bien de foutage de gueule volontaire : c’est tout de même assez ultime.

Will, chez lui, se prépare à injecter le nouveau virus à son père pour le soigner, mais le vieux corniaud, qui jusqu’ici était gâteux, devient soudain juste assez conscient pour empêcher son fils de le soigner : père et fils s’endorment donc main dans la main, et au réveil, il n’y a plus que le fils : papa est allé explorer l’autre-monde. Adieu, papy.

Notre héros retourne donc chez Gen-Sys pour voir où en sont les recherches (papa vient de mourir : il n’a que ça à foutre), et constate deux choses : d’abord, Franklin, son assistant, n’est pas là. Ensuite, Steve Jacobs a autorisé les recherches sur moult cobayes au lieu de juste Koba, pour faire du pognon. Un grand moment de cette scène est lorsque Will, qui pour faire comprendre qu’il est contre cette dérive de la science et que les animaux sont nos amis, alors pas plus d’un cobaye à la fois, décide d’attraper un chariot qui passait par là sur lequel était posé un singe inconscient sans que l’on sache pourquoi pour le pousser sur 5 mètres avant de le lâcher, j’imagine que c’est pour s’occuper les mains pendant qu’il tape la discussion avec le Dr Jacobs. Probablement qu’il voulait arrêter de fumer : c’était les chariots à singe ou la trompette.

Quelques mois plus tôt, sur le tournage

« … et là, tu discutes avec ton collègue, et en tournant au coin du mur, tu choppes le caddie à singe et tu te balades avec comme si de rien n’était avant de le lâcher un peu plus loin. Surtout, tu ne regardes pas le caddie et tu causes avec ton pote !
- Heu, je… je vois pas bien là !
- Rooooh, allez, fais pas ta pute, j’ai parié avec Michou qu’on pouvait caser ça dans le film sans que personne le remarque ! Fais-moi gagner 20 dollars ! J’en ai perdu 50 quand j’ai parié qu’on ne pourrait pas modifier le décor du dôme, c’était trop gros, ça passerait jamais !
- Bon, va pour le caddie à singe. Mais c’est bien parce que c’est toi !
- Ok, c’est parti : scène 38 : « Will pousse un caddie », on tourne ! »

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Will décide de démissionner puisque le programme lui échappe, au prétexte minable que, je cite : « On ne sait pas ce qu’il en est, il ne faut pas faire plus de tests« . Bah, v’là le scientifique. Et sinon mon poussin, tu faisais quoi jusqu’ici ? Ah oui : toi tu volais des échantillons pour les tester sur ton père. C’est tellement plus responsable.

Attendez, pause ! Ce spoiler est fort long. Si vous avez besoin de faire pipi, c’est maintenant, hein. En attendant, et si on jouait à « Où est Franklin » ? Je vous rappelle le jeu : Franklin est un scientifique d’industrie de pointe qui a sniffé un virus mal connu, et depuis, se met à propulser du sang par tous ses orifices. Attention, question : que fait-il ?

A) Il va à l’hôpital

B) Il va chez Gen-Sys, les créateurs du virus

C) Il pose des RTT et se regarde une saison entière de Gossip Girl

D) Il va au domicile de Will durant les heures de travail, s’étonne de ne pas l’y trouver bien qu’il ait respiré un gaz rendant plus intelligent, décide de courir dans le jardin du voisin sans raison, et lorsque celui s’étonne de trouver un gros sur sa pelouse, lui crache du sang à la gueule avant de repartir chez lui.

Attention, c’est pas facile … suspens… et c’est la réponse D ! Quel homme ce Franklin ! Assez joué. Passons à la suite.

Où est Franklin ? Indice : il est gros et crache du sang ; à vous de jouer les enfants !

Et le Dr Rodman, où est-il justement ? Et bien parti à la fourrière où il tente de corrompre les responsables pour sortir César ; seul souci : si la manoeuvre réussit, c’est César, désormais vénér’ après les humains et promu chef des singes qui refuse de se barrer. Will repart donc un peu déçu… mais César, lui, continue ses plans maléfiques : par exemple, il vole des cookies aux gardes pour les donner aux singes et ainsi montrer qu’il est un bon chef. Il a même une discussion philosophique avec son pote l’orang-outan savant durant laquelle ils discutent du fait que les autres singes sont stupides, et qu’ils doivent tous agir ensemble pour être forts ; histoire d’illustrer son propos, notre pote le singe montre la chose avec des branchettes de bois : une seule est facile à briser, un groupe est bien plus dur.

Oui, c’est un singe qui kiffe les métaphores. En secret dans sa cage, il écrit un bouquin avec de la morve. Ce qui n’est pas sans rappeler BHL.

A un moment, il observe même un garde qui utilise un code pour entrer et sortir du dôme ; à son tour, César apprend le code en le voyant tapé et s’en sert la nuit même lorsqu’il quitte sa cage pour accéder à la verrière. Je rappelle que quelques scènes plus tôt, il n’a pas eu besoin dudit code pour se rendre au même endroit et y libérer son pote le gorille avant d’imposer sa suprématie sur le singe caïd local. En attendant, il ouvre une fenêtre de la verrière (pardon ? Vous voulez dire que depuis le début il savait comment s’échapper mais ne l’a pas fait alors qu’il ne rêvait que de ça ? Booon…). Il n’empêche que le bougre quitte la fourrière pour se rendre tel un ninja jusqu’à chez Will (il a sûrement Google Map pour retrouver la maison) où il trouve le nouveau virus sous sa forme de cartouches de gaz (ça tombe bien, ça arrange ses affaires : il aurait fallu faire des intraveineuses, il y aurait eu du singe en overdose au mètre carré, la vie est bien faite). Il retourne derrière très discrètement à la fourrière (en sautant sur des bagnoles sans raison pour déclencher les alarmes, probablement qu’il a envie de se prendre un coup de fusil par un américain n’aimant guère les voleurs), et balance les cartouches de gaz façon grenades fumigènes en les faisant rouler le long du couloir des cages des singes pour tous leur refiler le virus. Le lendemain matin, donc, on se retrouve avec des primates avec des yeux façon leprechauns. César s’assure en personne qu’ils ont bien tous été contaminés.

Ce qui donne un passage intéressant lorsque le patron de la fourrière passe devant le dôme et constate que tous les singes sont devenus bipèdes (là encore, ne me demandez pas pourquoi) et sont tous en train d’écouter religieusement César qui leur fait un petit discours du genre « Aujourd’hui, nous contrôlons la litière à caca, demain, le monde, et non, il n’y a pas d’étape intermédiaire« . Lorsqu’il aperçoit le responsable humain qui l’observe, le chef singe ordonne la dispersion de ses troupes, qui partent en tous sens en sifflotant les mains dans les poches. Rien de suspect, donc.

Deuxième pause et la deuxième partie de notre jeu « Où est Franklin« . Attention, c’est reparti : que fait-il ?

A) Il est au Macumba de Nervers et il a emballé une brésilienne caliente

B) Il a décidé d’entreprendre des études de philosophie et lit l’intégrale de Kant

C) Il fait des sudokus aux toilettes

D) Il est mort !

Attention attention, celui là, il est pas facile. Concentrez-vous… bon… ok, c’est encore la réponse D : sa concierge le retrouve mouru visiblement ayant éternué du sang jusqu’à être tout sec. Je rappelle que même mourant, il n’a pas eu l’idée d’appeler un médecin. Ou de l’aide, en fait. Vraiment, bravo.

Retour à la fourrière : alors que tous les singes regagnent leurs cellules après la promenade, Drago aperçoit César resté seul dans le dôme ; équipé de sa matraque électrique, et couvert par une fenêtre par un autre employé équipé du fusil à seringues de sédatifs, il se rend sur place et commence à tataner sa gueule au vilain primate. Sauf que la bataille dure, puisque César se défend, et finit même par désarmer son adversaire (l’autre employé, lui, se tripote visiblement puisqu’il n’intervient pas). Aussi, lorsque Drago lui lance « T’es un gros con de singe, pas vrai ?« , César répond : « Noooon ! » IL PARLE (*insérer ici des choeurs angéliques*) ! Je résume, le virus qui est censé juste rendre plus intelligent, non content de modifier l’ossature des singes et les muscles qui vont avec fait aussi pousser des cordes vocales sans compter qu’il modifie la langue, le palais, la dentition, les lèvres… bref. Et ils apprennent aussi instantanément à causer ! Mais ça, il n’y a que les spectateurs qui le remarquent, les scientifiques plus tard diront juste « Ouah, ils sont devenus tellement intelligents qu’ils parlent et marchent sur deux pattes« . Seigneur. On donne vraiment son diplôme de biologie à n’importe qui de nos jours.

Après avoir assommé Drago, César le traîne jusqu’à une cellule vide, toujours sans que l’autre employé, pourtant armé, n’intervienne. Sympa. Autre employé qui, justement, ayant laissé l’insurrection commencer sans bouger, se retrouve avec des tonnes de singes en colère sur les bras qui le choppent et le tabassent. Seul l’intervention de César le sauve, puisqu’il calme les singes et le fait enfermer dans une cellule. Drago, lui, parvient à sortir de la sienne et à récupérer sa matraque électrique pour menacer notre chef singe avec ; mais lorsque ce dernier voit cela, il choppe la lance à eau qui traînait au sol pour lui arroser la gueule avec ; hors : eau + électricité = Drago mort. C’est donc la première victime de la guerre de César.

S’ensuit un grand moment : les singes, désormais libres, foncent dans le dôme, escaladent l’arbre central et passent par… attendez… que… comment ? Ils… ils passent au travers des vitres de la verrière ? Vous voulez dire qu’encore une fois : tous les singes pouvaient se barrer comme ils le voulaient mais ne l’ont pas fait ? Bon, et puis quand bien même, encore une fois, et alors que César sait comment ouvrir les vitres, les singes préfèrent les péter, ça fait tellement plus fou-fou, hihihihihi. Accessoirement, d’une vingtaine de singes (on peut compter les cages et il n’y a qu’un singe par cellule) dans la fourrière, la horde qui s’en échappe fait bien ses 50 individus. Menés par César et son Google Map, ils se rendent vers Gen-Sys, où ils pètent toutes les vitres (c’est pas possible, c’est leur passion), d’ailleurs, sans jamais se blesser soit dit en passant ; ils font des chutes vertigineuses mais visiblement, le singe est un animal qui emmerde la gravité et, ho, oui, j’allais oublier : ils attaquent toutes les caméras de sécurité pour perturber les gardes : oui, ils sont intelligents et ont appris tout seuls, en 2h, ce que c’était comme bidule, ce que ça faisait, et l’intérêt de les détruire. J’ai mal à la tête. J’ai un peu honte de regarder ce film, aussi. Enfin bon : directement et sans la connaître encore une fois, les singes foncent sur la zone de détention des cobayes de Gen-Sys et libèrent Koba et les autres singes intelligents. Visiblement, ils étaient aussi fort nombreux, puisqu’ils commencent à former une immense horde.

L’évasion massive à la fourrière, elle, est vite découverte, et Will, en se rendant sur place, découvre les cartouches de gaz vides du virus, et comprend donc que les singes sont désormais intelligents ; mieux encore, il apprend du garde qui a été enfermé dans une cellule que César parle à présent. Rien que ça.

Il n'y avait plus de budget pour un vrai sabre laser

Steve Jacobs, lui, arrive en premier au boulot comme tous les matins. Etant un peu con, il ne remarque pas de l’extérieur le demi-million de vitres brisées, les voitures rentrées en collision devant le bâtiment, etc : les singes ont rangé leur bordel et remplacé les vitres avant qu’il n’arrive. Mieux, tous les agents du personnel que l’on voyait quelques minutes plus tôt ont disparu et il n’y a aucun signe de vie autour du bâtiment de Gen-Sys pourtant situé en plein centre-ville ; lorsqu’il arrive dans le hall central, le Dr Jacobs constate que les singes sont une bonne centaine et tous le regardent depuis les étages supérieurs sans faire un bruit : oui oui, les bougres ont juste eu envie de faire une blague et ont réussi à prendre d’assaut tout un bâtiment en foutant un bordel monstre sans que personne autour ne le remarque. Et ils attendaient silencieusement le prochain pinpin qui allait entrer en pouffant dans leurs barbes à base de « Pffffff vas-y, Michel, trop lol, on va trop lui faire peur, hihihihi, dis à Emile de fermer sa gueule il va nous pourrir notre plan, pffffff !« . Oui, les singes s’expriment comme des pouffiasses. Mais bon, là, au moins, les singes sont sur la bonne pente.

Les primates sautent donc soudain et par dizaines sur Jacob, qui parvient malgré tout à s’enfuir, et aussi par les vitres de l’immeuble pour aller semer le chaos en ville. Pourquoi attendaient-ils patiemment Steve pour faire ça ? On ne sait pas. Peut-être ont-ils juste envie de déconner. En tout cas, une partie d’entre eux fonce libérer les singes du zoo du coin, et pour ce faire, envoient un gorille défoncer la grille qui cède sous son poids (on va donc dire que c’est un très, très, très gros gorille avec un cul assez lourd pour faire céder le genre de grilles qui arrêtent une voiture). Puis, les singes arrachent les barreaux sans difficultés (ce sont des grilles Ikea ?) et, grâce à leurs bouts pointus, s’en font des lances : rien que ça.

Tiens, juste comme ça : les singes du zoo sont donc aussi intelligents que les autres ? Pourtant, ils n’ont jamais sniffé le gaz qui va bien que je sache… non, vraiment, ce film a été superbement travaillé jusqu’au bout.

A plusieurs reprises, on voit des singes qui grimpent sur tous les bâtiments qui passent, et lorsqu’ils arrivent au sommet, se retrouvent en possession de leurs fameuses lances improvisées, alors qu’ils ne les avaient pas durant leur grimpette : c’est beau. Il y a du talent au mètre carré. Quand je vous dis que même un singe n’aurait pas voulu participer à ce film si on lui avait demandé. Ils ratent TOUTES leurs scènes, sans exception ! C’est incroyable, c’est un concours.

Mais ce n’est pas fini. Dans la course au plus gros étron, la première place  est rude à obtenir ! Dans la scène suivante, après avoir encore traversé des immeubles en passant par les fenêtres sans difficulté, les singes atterrissent sur une avenue couverte de papiers et de journaux qui volent en tous sens (c’est comme ça qu’on reconnait une ville plongée dans le chaos, hein : en cas de papier volant, couchez-vous, c’est un signe de l’apocalypse) ; vous me direz « rien d’extraordinaire« , mais si : Deux voitures de police foncent sur les animaux pour leur rétamer la gueule ; c’est alors que l’orang-outan attrape une plaque d’égout (oui, il sait que c’est amovible) et s’en sert de… freesbee ! Mais oui. Ce qui atterrit dans le pare-brise d’une voiture, heureusement sans le traverser, ce qui prouve que face à une vitre un gros con de singe est plus puissant qu’une plaque en fonte lancée contre une voiture arrivant à pleine vitesse à contre-sens. Bravo. Je ne vous parle pas du carambolage que ça donne, ni du gorille qui jette un lampadaire façon tronc écossais sur l’autre bagnole (le lampadaire était sûrement aussi bien fixé que les barres de la grille du zoo). Voilà. Je vous laisse rêver.

Pendant ce temps, sur le Golden Gate Bridge, toutes les voitures sont prises dans un embouteillage pour cause de gros culs velus de singes qui bloquent la circulation. Il faut savoir deux choses : un, le Golden Gate Bridge est un pont à sens unique (Ah ?), deux, alors qu’il fait un soleil radieux sur la ville, le pont est plongé dans un brouillard londonien terrible histoire de dire « attention, les gens vont être surpris en voyant des singes sortir de la brume« .  Et en effet, les singes commencent à s’attaquer aux bagnoles, faisant fuir les conducteurs apeurés. Caroline, la copine de Will, qui est en voiture avec lui à des kilomètres de là déclare soudain que les singes sont sur le pont. Comment le sait-elle, comment les voit-elle, on ne sait pas, à mon avis, elle a appris le plan des singes en couchant avec : Willy, si tu m’entends, sors la tondeuse, c’est le moment de jouer au coiffeur. Collabo !

En tout cas, sur le pont, les singes prennent le contrôle du coin, et pour de mystérieuses raisons, l’embouteillage ne prend qu’une partie de l’édifice et la dernière bagnole arrivée dans ce bazar est un bus qui s’est mis en travers. Pourquoi ? Comment ? Je… je ne sais pas je… je veux dormir. Je veux être tout seul dans un coin et… et oublier tout ça… oui, avec de la morphine… je… oui… oublier… cette merde…

La police arrive donc avec des dizaines de véhicules et d’agents des forces spéciales, et décide que les voitures civiles c’est bon pour les singes, donc eux se mettent d’un côté du fameux bus qui gêne la circulation et les singes de l’autre. Et au milieu, le brouillard épais qui va bien pour qu’aucun camp ne puisse voir l’autre. Grâce à leur voiture qui voyage dans le temps, Will et Caroline arrivent à temps sur le pont pour essayer de rentrer en contact avec César (oui, ils ont quand même fait près de 10km en quelques secondes depuis le moment où Caroline, située à l’autre bout de la baie, s’est exclamée « Les singes sont sur le pont !« ).

Le virus a rendu les singes plus intelligents, mais c'est pas pour autant qu'ils ne sont pas moins branleurs

Dialogues cultes : un flic, en plein milieu de hordes de civils en train de courir en hurlant à côté de Will s’exclame « Tous les civils sont évacués ! » (Aaaah ? Quel sens de l’observation ma foi curieux ?) ; et lorsque la police envoie une dizaine de cavaliers avec des matraques pour calmer les singes, notre héros déclare « Ils vont tous les massacrer« , comprendre : les singes vont prendre cher. Oui enfin mon lapin, ils chargent à la matraque, mais si tu veux, ils peuvent sortir le 9mm, hein. Deux policiers à pied veulent empêcher Will de s’avancer plus sur le pont, mais heureusement, Caroline fait une diversion, ce qui lui permet de passer. En même temps, avec plusieurs centaines de civils courant partout en hurlant et dans tous les sens, je ne suis pas sûr qu’il y avait besoin d’une diversion, mais bon. On dira que comme ça, Caroline aura servi à quelque chose d’autre qu’être le seul quota féminin du film.

Pendant ce temps, le brouillard varie selon les plans : quand c’est l’hélico de la police qui observe le pont, la brume est juste en haut des arches et le reste clair et visible, quand ce sont les piétons, c’est l’inverse. Les singes, ignorant ces effets spéciaux mal calés foncent en avant sur le pont et arrivent au niveau du bus mal garé. Devinant que pas loin derrière celui-ci (alors qu’ils ne les voient pas avec le brouillard), il doit y avoir la police qui les attend, plusieurs gorilles renversent le véhicule et le poussent pour s’en faire un couvert. On découvre donc au passage que tous les gorilles de la région ont dû respirer du gaz, puisqu’au lieu de se tripoter les testicules en mangeant des bananes, ils participent à l’insurrection et au montage de barricades. D’accord d’accord.

Après avoir rapproché le bus du barrage de la police, les singes s’arrêtent et se regroupent à l’abri derrière : ils attendant que leur leader arrive pour donner l’assaut. Ce qui est fait lorsque César sort de la brume… en chevauchant un destrier volé à la police ! Pendant que ses troupes attaquaient le pont, notre bon singe passait son galop 4. Il est sympa, il adore l’équitation et ne rate jamais un épisode de Grand Galop.

Et quel assaut, quelle bataille ! Aucune balle ne touche les singes, d’ailleurs les flics tirent peu ou pas, et dès qu’un primate les touche, même en leur faisant un croche-pied, une fois à terre, les humains ne se relèvent ni ne tirent plus. Heureusement, enfin, quelqu’un se décide à péter du macaque : l’hélicoptère de la police se pointe avec à son bord une mitrailleuse et Steve Jacobs (que fait-il là ?) qui guide les forces de l’ordre en leur désignant le chef. Je vous rappelle, soit dit en passant, que Steve n’a jamais vu César de sa vie, mais ce n’est pas grave, il sait. La mitrailleuse tonne donc, et les singes s’effondrent et commencent à se mettre à couvert derrière les véhicules de police désorganisés. Petit détail : tous les flics qui avaient été mis à terre sans raison dans la scène précédente ont disparu de l’écran : ils avaient sûrement fini leur service.

Bref : César a l’idée géniale d’aller chercher des énormes chaînes qui traînaient là (normal, d’ailleurs, il sait déjà où chercher ; sûrement un reste de soirée SM policière) puis les jette sur le type qui mitraille à la portière de l’hélico, ce qui le calme sérieusement ; le copilote commence donc à plomber avec son pistolet les singes qui viennent de faire bobo à ses passagers, mais c’est sans compter sur le pote gorille de César qui fait un bond gigantesque jusqu’à l’hélicoptère (tout en se faisant tirer dessus, il encaisse bien et ça le chatouille à peine), ce qui lui permet d’envoyer valser l’hélico. Lequel s’écrase donc à moitié sur le bord du pont, et César se précipite pour retirer de l’épave son pote gorille agonisant. Pour information : poids moyen d’un chimpanzé : 50kg, celui d’un gorille, 200kg (et encore, d’un gorille normal, pas d’un super dense qui défonce des grilles de zoo avec son cul mieux qu’une bagnole) ; en plus il le fait en partie avec une seule main. S’ensuit la fameuse scène cucu de l’agonie (avec évidemment les petits toussotements et la main tremblante du mourant qui serre celle de son ami) genre « Adieu Bob, t’étais un frère – Dis à ma guenon que… que… les bananes… elles sont pour les études des enfants… » puis, le valeureux et surpuissant grand singe s’effondre. César, qui vient d’inventer la religion (ça va aussi avec l’intelligence), ferme donc tendrement les yeux du défunt parce que sinon il ne pourra jamais aller au paradis des gorilles kamikazes où l’attendent moult vierges.

"Attendez, la fin du film approche et je n'ai toujours rien fait !"

Soudain, une voix sort de l’épave de l’hélicoptère écrasé ainsi qu’une main ensanglantée « Aidez-moi ! » : c’est Steve Jacobs qui ne veut pas mourir là ; il veut éviter de choir du pont et de l’épave ; cette grosse andouille ne semble pas réaliser qu’il est entouré non seulement de singes mais aussi de harnais auxquels il pourrait s’accrocher pour se sécuriser plutôt que de tenir d’une main le bord de l’hélicoptère tout en tendant l’autre pour appeler à l’aide. Il est définitivement très con. César, attristé par la mort du gorille, refuse d’aider l’humain qu’il abandonne à son sort, et c’est finalement Koba, le singe borgne et psychopathe qui le tue, en, accrochez-vous, éjectant l’hélicoptère du pont du bout du pied ! Deux orteils contre un véhicule de plus d’une tonne, et l’animal ne sue même pas une petite goutte ce faisant. Steve Jacobs choit avec l’épave dans un cri terrible, allant rejoindre les eaux froides de la baie de San Francisco, c’est trop triste.

Will, lui, qui pendant ce temps jouait à la Game Boy (alors qu’il était sur place), se lance à la poursuite des singes qui continuent d’avancer vers l’extrémité du pont, et emprunte même pour ce faire une voiture de police ; comme il se doit, que trouve t-on juste à la sortie du pont ? De la forêt équatoriale dans laquelle les singes peuvent s’ébattre librement ! Normal. Abandonnant son véhicule, Will arrive sur place et tombe nez-à-nez avec César, et commence à lui dire « Je suis désolé, j’ai merdé, on oublie tout, rentre à la maison, je t’aime ! » (au fait, depuis qu’il s’est rebellé, César a grandi : là, il doit bien faire son mètre 80 et est donc plus grand que son ancien maître, alors que je rappelle qu’un chimpanzé mesure environ 1,20m, mais quand on fait un film intitulé « La Planète des Singes« , qu’est-ce que voulez qu’on lise au moins une fiche wikipédia ? On a pas que ça à foutre). Mais le primate lui susurre à l’oreille « César est à la maison« . Soit ; Will le laissera donc vivre avec les siens, les singes doivent vivre libres. César, lui, se contente de grimper au plus haut arbre de la forêt (ça tombe bien, il était juste à côté), et depuis sa vigie, observe San Francisco, au loin. C’est tellement cool. Et…

FIN

Ho, j’allais oublier : non, après le générique, on ne voit pas l’armée passer ce bois de vilains primates rebelles au napalm (ce qui règlerait la question en deux minutes), par contre, on a le droit à une séquence où le voisin de Will, contaminé par le virus via Franklin, s’en va au travail, et figurez-vous qu’il est pilote de ligne ; ainsi, il va contaminer le m…

Le… le rien ? Gros Franklin n’avait contaminé personne jusqu’ici, il lui fallait tousser du sang sur les gens pour les contaminer ; du coup, un simple masque, et hop ! Immunisé ! Comme quoi, même la petit séquence post-générique, ils la loupent. J’ai envie de dire : chapeau.

Une belle performance que ce film. Si les singes n’avaient pas encore de motif pour en finir avec l’humanité, nous venons de le leur donner.

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