Nous voici au premier jour de septembre.

Alors que certains adolescents paressent tristement dans leurs chambres, incapables de savourer les joies de l’été à la simple idée de la rentrée prochaine, d’autres se précipitent en masse dans divers lieux pour tenter d’organiser le dernier barbecue des vacances, la dernière beuverie à grand coup de mélange alcool- Red Bull (pour pouvoir dire que l’on boit de l’alcool comme un grand, mais avec un goût de bonbon sinon c’est pas bon), ou l’ultime baignade alors que déjà, un vent frais a commencé à souffler rappelant à chacun que bientôt, celui-ci viendra balayer les cours de récréations repeuplées.

Même les médias annoncent avec force l’approche de la funeste date : reportages sur la famille Dubranchu faisant ses courses de rentrée, et expliquant que tout cela coûte horriblement cher une fois les livres et le cartable Spiderman achetés (avec pleurs concernant l’inflation touchant aussi les produits de l’homme-araignée), interviews de Théo, 7 ans, pour savoir s’il est content que ses parents l’aient inscrits dans une classe d’été le remettant à niveau durant les deux semaines avant la rentrée ("Ho oui, merci papa et maman, je m’éclate tellement à faire des exercices de maths pendant que mes potes profitent des beaux jours, trop sympa. Dès que vous êtes vieux, je vous étouffe avec vos couches pleines.") et autres joyeusetés, chacun savourera ce dur labeur journalistique, qui sera bientôt complété par Twitter et Facebook, où se multiplieront les statuts comme "Ho non, pas la rentrée !" et "Pfiou, pas envie" avant de revenir à des choses plus concrètes comme par exemple, la météo ou les calembours sur les vedettes mortes (soit 78% de l’activité des réseaux sociaux).

Elève sentant la rentrée approcher : naturellement, son esprit entre en hibernation pour éviter d’apprendre des trucs durant les prochains mois

Mais pourtant, qui parle des principales victimes de cette rentrée ? De ces baroudeurs anonymes qui, une fois encore, iront à la brèche ? Eux qui affronteront l’ennemi droit dans les yeux, et tomberont parfois face à celui-ci sans qu’aucun monument ne soit dressé à leur mémoire, s’effondrant face aux vagues incultes en utilisant leurs dernières forces pour leur jeter des craies à la gueule ?

Aujourd’hui, et à l’approche de cette belle rentrée 2012-2013, parlons-donc d’une espèce particulièrement mystérieuse :

Les professeurs

A l’origine Homo Sapiens, le professeur (homme ou femme) a fini par renier l’ensemble de ceux de sa race après avoir observé l’avenir de celle-ci dans sa salle de classe. Ce terme désigne cependant un groupe relativement large de créatures allant du professeur de chimie (Homo Sapiens en blouse) à celui de sport (Homo Sapiens en jogging) en passant par les professeurs des écoles, quand bien même nous ne nous attarderons pas aujourd’hui sur cette espèce qui enseigne lâchement à de jeunes gens n’étant pas encore entrés dans la puberté afin d’éviter le maximum d’emmerdes. Les historiens s’accordent à dire que les professeurs sont apparus dès l’antiquité, puisqu’aucune trace de leur existence n’a été retrouvée dans les vestiges préhistoriques. On suppose donc qu’à l’époque, lorsqu’un marmot était trop chiant, plutôt que de le scolariser comme on le fait aujourd’hui, on le donnait directement à un tigre à dents de sabre.

A noter que le tigre à dents de sabre a disparu suite à ce régime alimentaire, bien que certains prétendent que dévorer pareilles créatures l’aurait rendu si malfaisant qu’il aurait évolué pour former l’espèce des professeurs d’allemand. Le débat reste cependant ouvert.

Histoire

Si nous savons que les professeurs sont apparus durant l’antiquité, il faut pour cela remercier les fouilles archéologiques qui ont permis de retrouver les objets du quotidien typiques des enseignants. Ainsi, sur l’acropole d’Athènes, on a retrouvé des restes d’encre rouge, des sacoches en peau de chèvre et bien évidemment, une tablette en marbre de correspondance dans laquelle un professeur avait écrit un mot pour signaler à la maman d’Askeplos qu’il avait encore oublié ses affaires pour le cours d’histoire des Mèdes. A l’époque, il faut cependant rappeler que la principale matière enseignée reste malgré tout la philosophie, avec des professeurs restés célèbres comme Aristote, Socrate ou Platon (dit "le lourd"), tradition parvenue jusqu’à nos jours puisque désormais, la philosophie ne sert plus qu’à former des professeurs de philosophie. Un curieux cercle vicieux.

Evidemment, l’imagerie populaire se souvient surtout, bien plus que des professeurs de l’antiquité, du fait que c’est Charlemagne qui a créé ce corps de métier en inventant l’école. Souvenons-nous en effet que l’empereur à la barbe fleurie, un jour qu’il revenait de la chasse avec son escorte,  découvrit une bande de garnements en train de graver "Prout" (les tags étaient beaucoup plus difficiles à enlever à cette époque) sur sa demeure d’Aix-la-Chapelle. Ni une, ni deux, Charlemagne ordonna à ses cavaliers de courser les fripons et, après les avoir fait encercler, vint s’enquérir des raisons de leur geste : bien vite, et devant les mauvaises histoires bredouillées par les jeunes gens, l’empereur comprit qu’il s’agissait simplement là d’éphèbes oisifs cherchant à s’amuser, et pour éviter que cela ne se reproduise, inventa l’école histoire de les occuper un peu.

"Merveilleuse idée, votre Clémence", ajouta l’un des jeunes gens en baisant le pied de l’empereur ; le même jour en plus de l’école venait donc de naître le premier fayot tête à claques, certains récits ajoutant qu’il s’agissait d’un certain Jean-Eudes Bern, ancêtre du fameux animateur.

L’histoire retiendra que durant des siècles, plus que la fonction de professeur, c’est l’équipement qui évoluera : le marbre deviendra cire, qui se transformera en papier, qui, avec l’imprimerie, permettra enfin de faire des centaines de copies inutiles d’exercices alors qu’il suffisait de les écrire au tableau (là par contre, la craie n’a pas évolué), instaurant une certaine tradition d’utilisation massive et superfétatoire de papier dans la fonction.

De même, le titre servant aux élèves à désigner leur enseignant évolua, allant de "tuteur" à "professeur", puis "hussard noir de la République" avant que ne soient autorisés le "Monsieur" ou "Madame" au XXe siècle (le "Mademoiselle" n’est plus autorisé depuis le XXIe), puis "Ohé enculé", officialisé dans certains établissements sur autorisation préfectorale suite à son utilisation coutumière.

Dans les zones les plus difficiles, des mercenaires contractuels sont envoyés par le ministère. Ici, John Rambo, professeur de français, demandant au petit Léo de réciter Le Corbeau et le Renard

Apparence

Bien loin des coudières en cuir et des colliers de barbe (même pour les femmes, mais oui) restés dans l’imagerie populaire, il faut rappeler que les professeurs sont d’apparence particulièrement variable, ressemblant à tout et n’importe quoi – sauf à Gérard Klein. Certains d’entre eux arborent cependant fièrement les oripeaux de leur fonction, comme la blouse de l’enseignant de matières scientifiques, le jogging du professeur de sport, ou l’odeur de nicotine particulièrement tenace du professeur d’art qui permet à tout observateur averti de savoir d’un simple coup de narine si celui-ci vient de passer ou non en salle des professeurs.

A noter que l’apparence est d’importance chez la caste des professeurs, puisque faisant face à des marmots en pleine puberté, le moindre enseignant un peu soigné sera la coqueluche de ses élèves, quand à l’inverse, le moindre relâchement provoquera moqueries et surnoms divers, du moins, jusqu’à ce qu’un commando cagoulé ne vienne briser les molaires des malotrus à coups de batte (mais si, rappelez-vous de la méthode). Ou un professeur de sport s’étant trompé de salle (c’est assez commun, dans leur oisiveté, ils s’égarent régulièrement).

Il est cependant possible de noter quelques particularités physiques récurrentes permettant d’identifier un enseignant égaré :

  • il a du rouge sous les ongles après avoir passé du temps à chercher comment écrire sur la copie de Dylan "Tu es un étron qui parle" pour résumer sa pensée
  • il compte régulièrement sur ses doigts en marmonnant (il est toujours en train de compter les semaines le séparant des prochaines vacances)
  • il a des traces de craie placées aléatoirement sur sa personne
  • il se plaint pour un oui, un non ou un peut-être (dans l’académie de Normandie)

Le professeur est rarement richement vêtu, et passe son temps à pester lorsqu’il se retrouve bloqué en R19 derrière une monstrueuse berline qui a mis ses warnings pour déposer ce petit merdeux de Kévin-Eudes devant l’établissement local. Parfois, le professeur se dit que bon sang, il aurait sûrement pu être riche s’il avait pris une autre voie, et lui aussi, rouler dans une grosse automobile.

C’est en général à ce moment là qu’il se rappelle qu’il a un diplôme de philosophie et qu’à l’exception de punk à chien, il aurait probablement eu peu d’autres carrières, ce qui lui permet de retrouver promptement la paix intérieure.

Comportement

Bien que souvent considéré comme trop agressif ou passif en fonction des cas, il faut bien noter que le professeur a une qualité rare : il sait conserver une certaine distance avec ses élèves. Non pas par professionnalisme, non, mais tout simplement car il a le plus parfait mépris pour ces créatures qui, jour après jour, tentent de se montrer plus rusées que lui alors que bon, hein, ça fait des plombes qu’il fait ça, ce ne sera jamais que son 249e élève qui cache un smartphone sous la table. Le professeur doit donc s’entraîner jour après jour à faire semblant de s’émerveiller devant la richesse intellectuelle de ses élèves, quand bien même, au fond de lui, il a surtout envie de procéder à une strangulation de masse, ou de manière plus pragmatique, de clouer un quelconque élève à la porte de sa salle de classe avec un panonceau "Je n’enverrai plus de SMS en cours" avec le sang du défunt coupable.

Le métier d’enseignant étant d’aider de jeunes gens à retenir leurs leçons, on peut donc aisément comprendre que le professeur rêve de recourir à des méthodes aussi efficaces (et potentiellement relaxantes).

Le professeur est un être qui doit donc savoir rester stoïque en toutes circonstances, et faire avec les contraintes qui lui sont régulièrement imposées (voir la rubrique Prédateurs) pour tenter de faire semblant que, oui, il apprend bien quelque chose à ses élèves, et non, il ne s’agit pas simplement de les faire bachoter pour qu’ils se barrent enfin de son établissement. Il doit par ailleurs apprendre à maîtriser parfaitement ses 5 sens, afin de par exemple devenir capable de couper son odorat à volonté pour ne plus être enivré de l’odeur de biactol et de vieux pet entourant généralement ses élèves, avoir une vue qui lui permette de repérer une pompe cachée dans une trousse à plus de 25 mètres, et pourquoi pas utiliser son ouïe surdéveloppée pour reconnaître le bruit typique de l’ongle de pouf tapotant sur l’écran de son smartphone. Le professeur est une sorte de sentinelle ultime, bien qu’en fonction des départements, on puisse en trouver de potentiellement plus doués que d’autres : ainsi, par exemple, en Seine-Saint-Denis ou même dans certains quartiers de Marseille, le professeur doit aussi apprendre à développer un 6e sens pour esquiver les balles.

On se souvient par exemple qu’au départ, Matrix n’était autre qu’une biographie d’un professeur de Français de Clichy-sous-Bois.

Lorsque le professeur est las, il se rend à la salle des professeurs, son cimetière des éléphants, où il pourra aller se vautrer avec ses collègues sur quelques chaises en plastique pour maudire le désert éducatif dans lequel ils évoluent. Il trouvera dans cet endroit boisson, nourriture, éventuellement clopes si un professeur d’art traîne, et probablement la photocopieuse qui, comme il se doit, sera encore en rade suite à un bourrage papier dont le coupable ne se sera pas vanté (même si on retrouvera un sujet de physique-chimie sur les lieux du crime).

La meilleure amie de l’enseignant, qui lui permet de pourrir la forêt amazonienne pour se venger de l’humanité

Reproduction

Le professeur se reproduit souvent avec d’autres professeurs, donnant des enfants qui seront un temps élèves, puis professeurs (le basculement de l’autre côté du bureau sera le pivot de leur vie). De fait, le principal lieu de sociabilité de l’enseignant reste la salle des professeurs, où il peut tenter d’observer ses collègues pour essayer de voir s’il n’y aurait pas moyen de moyenner avec l’un ou l’autre. La parade amoureuse de l’enseignant est un phénomène fascinant et étrange à la fois, puisqu’après avoir commencé à baver avec son comparse sur le métier qui est "très difficile, sous-payé et épuisant" (ne leur parlez pas du monde extérieur, l’enseignant est très susceptible), ils se rapprochent en discutant des dernières réformes. Là, généralement, l’un des deux propose une grève ou une soirée romantique correction de copies à l’autre, et partant main dans la main, ils iront échanger leurs fluides (comprendre : leurs cartouches d’encre rouge) chez l’un ou l’autre.

A noter que parfois, un professeur plus chafouin que les autres décide de s’accoupler à une élève que la puberté avait bénie avant l’heure.

Non parce que pour ceux qui ne le sauraient pas, les fiches que le professeur demande à remplir en début d’année avec "nom/prénom/hobby", c’est juste pour avoir le numéro des bombasses de la classe. Et même si le professeur ne s’en sert pas lui-même, il peut toujours revendre les précieuses coordonnées contre espèces sonnantes et trébuchantes. Le professeur est pragmatique. Et personne ne pose jamais de questions sur l’utilité de ces fiches.

Prédateurs

Nombreux sont les prédateurs sur la route du professeur, l’obligeant, jour après jour, à se faire plus fort que ceux qui le pourchassent. Listons-en quelques-uns :

L’élève

Aussi qualifié de "petite fiente", l’élève est le principal prédateur de l’enseignant. Évoluant en groupe allant de 15 à 40, l’élève voit aussi paradoxalement l’enseignant comme son prédateur, et tente donc de s’en débarrasser à tout prix via diverses ruses plus ou moins lamentables, même si cela est généralement plus que moins. On distingue plusieurs sous-catégories parmi les élèves en fonction de leur type d’attaque visant à décourager l’enseignant comme par exemple "celui qui fayotte", "celui qui se croit drôle", "celui qui se croit complice avec l’enseignant", "celui qui est persuadé d’être plus malin", "celui qui arrive automatiquement en retard", "celui qui joue toujours avec un truc sous la table" (attention : dans certains cas, vous ne pouvez pas lui arracher l’objet des mains sans provoquer un hurlement de douleur), "celui qui dort" et "celui qui a déjà eu une vie longue et incroyable et doit donc la raconter à tout le monde". Ces attaques se combinent parfois entre elles, et il faut se rappeler que toutes ces petites créatures agressant ainsi le pauvre enseignant évoluant entre les tables pour distribuer des copies ont ainsi permis à certains observateurs attentifs d’inventer le premier tower-defense.

Pour ralentir ces émissaires du malin, le professeur n’hésite pas à les obliger à prendre plein de livres très lourds dans leurs sacs dont seules 11 pages serviront dans l’année alors que tout le cours est pourtant dedans, à leur faire acheter un cahier d’exercice à 26€ qui servira 2 fois (une spécialité des professeurs de langues), ou à leur donner des listes comme "Achetez un cahier petit format grands carreaux 96 pages" alors que là encore, non seulement la moitié suffirait, mais tout élève un tant soit peu véritablement malin réaliserait que la chose n’a d’autre intérêt de les faire chier, puisqu’aux dernières nouvelles, pour écrire des notes, il n’y a pas besoin d’un format particulier.

Le parent d’élève

Si l’élève est parfois qualifié de "petite fiente", le lecteur attentif devinera en conséquence le terme qui qualifie le parent d’icelui. En effet, le parent d’élève est un être qui, fut un temps, fut un des lourds occupants d’une salle de classe. A ce titre, et puisqu’étant allé à l’école lui-même, il a donc automatiquement un avis sur l’enseignement et la manière de le faire. A l’inverse, le professeur irait chez le parent en question, médecin de profession, lui expliquer son boulot parce que lui aussi est déjà allé consulter un mec en blouse, le parent d’élève hurlerait au scandale. Il faut donc, encore une fois, que le professeur fasse appel à tout son sens du zen pour ne pas planter son stylo rouge (son Excalibur à lui, pour devenir prof, il faut l’arracher d’un rocher situé dans la cour du rectorat de son choix) dans l’oeil du mécréant.

A noter que le parent d’élève aime l’élève, puisque partageant souvent une partie de son ADN. A ce titre, il considère que sa progéniture, tout comme lui, est à la fois sage et brillante. Il ne saurait donc être question de nullité ou de branloutisme chez son marmot qui, en cas de difficulté, ne peut qu’être la victime soit d’une maladie aléatoire, soit de circonstances diverses commençant par "C’est pas sa faute".

Le parent d’élève est souvent la preuve que s’il faut un permis pour conduire une voiture, il en faudrait un pour élever un gosse.

N’importe qui peut faire des enfants. N’importe qui. Brrrr.

L’inspecteur d’académie

Confortablement installé dans un bâtiment où un régiment de Stormtroopers empêche l’accès à toute personne âgée de moins de 21 ans, l’inspecteur d’académie vit dans un bureau où il a une grande carte du territoire sous sa juridiction qu’il regarde en riant maléfiquement. Parfois, il plante un petit drapeau sur celle-ci, et décide en conséquence qu’il ira faire une tournée d’inspection d’un établissement, s’installant dans les classes tel un élève pour voir comment se passent les cours.

Curieusement, l’inspecteur d’académie est probablement le prédateur le plus pourri qui soit, puisque mesurant souvent deux fois la taille d’un élève moyen, le professeur le repère tout de suite et, traditionnellement, fera cours en conséquence pour lui donner satisfaction. Ainsi, l’inspecteur d’académie ne verra jamais ce qu’il se passe vraiment dans les salles de classe, mais s’en moque généralement puisqu’après avoir dispensé quelques fameux conseils sur le cours factice auquel il vient d’assister, il retourne généralement dans son bureau à l’abri des hordes d’élèves pour recommencer à ricaner en se demandant quel lieu il ira hanter demain.

Mais d’abord, il prend un café.

Le ministère

Intelligemment nommé "ministère de l’éducation" alors qu’il s’occupe de tout sauf d’éducation, le ministère change régulièrement de direction et n’a donc pour seul but que d’en indiquer toujours une différente. Ainsi, chaque rentrée ou presque connait sa réforme au nom du nouveau ministre, réforme dont le but et le montage resteront obscurs et ne serviront qu’à donner l’excellent prétexte annuel à diverses manifestations de lycéens et d’enseignants.

Cela fait, le ministre derrière la réforme se retirera, et un nouveau prendra sa place, bien décidé à proposer une nouvelle réforme. L’occasion sera donc parfaite pour le corps enseignant de chanter comme à chaque fois en pareille circonstance la chanson phare du Roi Lion, L’Histoire de la vie (l’enseignant ressemblant le plus à Rafiki ayant le droit de brandir le règlement intérieur vers le soleil durant le récital)

Le journaliste

Apparaissant dans un nuage de soufre à chaque grève, le journaliste s’empresse de faire un reportage que certains appelleraient plutôt un "micro-trottoir". On y apprend que Madame Germain s’estime "prise en otage" par ces écoles qui ferment et ne peuvent donc accueillir son enfant pour la journée, que Monsieur Michot "comprend, bien qu’il soit gêné lui aussi" et que Madame Granlot en a vraiment assez, qu’elle ne sait pas ce qu’elle va faire de Léa aujourd’hui du coup.

A la fin du reportage, l’esprit chagrin ne saura toujours pas pourquoi il y a grève, par contre pourra confirmer que Léa est particulièrement moche et que si Madame Granlot ne sait vraiment pas quoi en faire, c’est peut-être l’occasion aujourd’hui de l’emmener à la rivière.

Le pédagogue

Complètement défoncé au LSD, la coke et diverses autres substances lui permettant de faire vivre plusieurs familles de dealers (il a une carte de fidélité chez certains d’entre eux, et a le droit à une bouteille de rosé toutes les 4 doses achetées), le pédagogue vit dans un monde parallèle qu’il explore de son esprit alors que son corps, lui, reste vissé à la chaise de son bureau couvert de vomi et de guimauve. Parfois, lors de l’un de ses trips acidulés, le brigand a une vision : un Bisounours lui apparait et lui donne une idée, lui dictant d’écrire celle-ci sur une quelconque pétition pour qu’il aille trouver des suivants (on peut par exemple considérer que Moïse était une sorte d’über-pédagogue). En général, il s’agit d’un truc à base de "Il ne faut plus écrire les notes en rouge mais en rose pour ne pas choquer l’enfant", "Il ne faut plus renvoyer d’enfants de la salle de classe pour ne pas les exclure du groupe", ou encore "Il est interdit de hausser la voix".

Le pédagogue n’a généralement pas connu de salle de classe et, si on lui demandait d’en tenir une durant 20mn en y appliquant ses idées, vous pouvez être sûr qu’il finirait par faire cours à l’aide d’une M-60.

Parfois, une pétition de pédagogue atterrit dans une salle des professeurs : elle est alors roulée et fumée, afin de faire honneur à son auteur.

Les pédagogues tels qu’ils se voient

F.A.Q

Je crois que j’ai de mauvaises notes car mon professeur ne m’aime pas, ai-je raison ?

Non. En effet, s’il ne vous aime pas, vous imaginez bien qu’il ne va pas risquer de vous faire redoubler, c’est tout à fait incohérent : au contraire, il devrait vous coller des points partout pour ne plus vous voir l’année prochaine. Non, s’il vous met de mauvaises notes, c’est parce que vous êtes un peu con. Mais rassurez-vous : par contre, il ne vous aime effectivement pas ; il vous conchie même tant et si bien que si son mépris prenait forme, ce serait un monolithe de dédain, que dis-je, un Stonehenge de morgue.

Pourquoi les professeurs refusent que les délégués des élèves assistent au début du conseil de classe ?

Parce que le début du conseil de classe est un moment réservé aux professeurs justement pour se moquer ouvertement des malheureux qu’ils vont juger sans que leurs avocats puissent les défendre. Parfois même, ils rient ouvertement des délégués, puis les font seulement entrer. Les professeurs pouffent alors tout du long de la séance, savourant leur revanche : pour une fois que ce sont eux qui sont en groupe et peuvent se moquer de leurs ennemis isolés, autant y aller.

Professeur de sport, c’est un métier ?

Non, c’est une blague.

Mon professeur d’histoire-géographie est furieux ! Comment lui rendre sa sérénité d’antan ?

Faites-lui un calembour nazi. Les professeurs de cette matière adorent cela : pourquoi pensez-vous sérieusement qu’ils ont choisi cette voie ?

Mon professeur ne se plaint jamais, est-ce normal ?

Pas du tout : c’est le signe qu’il est très malade. Le vrai, bon professeur geint régulièrement sur à peu près tout et tout le monde.

Mon professeur dit qu’il a demandé une mutation, qu’est-ce que cela signifie ?

Qu’il en a assez de vos sales gueules. Il a donc prié les dieux du chaos pour qu’ils lui accordent de se débarrasser de vous. Probablement pour qu’ils lui donnent des cornes ou un truc du genre (en fonction, même si les professeurs sont de suppôts de Tzeentch comme chacun sait), ou bien plus simplement, l’envoient évangéliser les masses dans un endroit où l’on a plus facilement recours à un cutter qu’à un dictionnaire pour réussir un examen. Allez savoir.

Mon professeur me dit que demain, il a "journée pédagogique", mais qu’est-ce donc ?

C’est une journée où les professeurs doivent aller à l’école écouter un autre professeur leur donner des clés pour réussir dans la vie. Autant le dire : ils papotent, envoient des textos et se font ouvertement chier, bref : ils se comportent exactement comme les cancres qu’ils haïssent

Mon professeur veut devenir pédagogue, comment faire ?

Filez-lui du crack en intraveineuse. Quand sa bave prend des teintes arc-en-ciel, c’est bon.

Voilà, vous savez tout.

Bonne rentrée, jeunes gens.